Labour and the Economy — 26 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2023-04-26
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-huit minutes)
La Présidente (Mme
D'Amours) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Emploi des crédits budgétaires du
portefeuille Emploi et Solidarité sociale pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 2 h 30 a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Dufour (Abitibi-Est) est
remplacé par Mme Tremblay (Hull).
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par périodes d'échange, incluant les questions et les réponses. La mise
aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué,
soit cet après-midi, vers 16 heures.
suis maintenant prête à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour le premier échange. Donc, Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente, et merci à vous, Mme la ministre, chers collègues,
de vous prêter à cet exercice aujourd'hui. Donc, Mme la ministre, bienvenue.
Nous échangions, il y a quelques instants, hors micro sur cette première, de
part et d'autre, pour l'étude des crédits.
Je commencerais
d'emblée ma période d'échange en souhaitant mieux connaître vos intentions,
votre vision, Mme la ministre, sur ce ministère qui est à la fois à vocation
économique et sociale. Je vous mets un peu en contexte. Il y a quelque temps, je lisais à temps perdu, donc, les plateformes de
la Révolution tranquille et je réalisais à quel point... ce qui me
frappait, en fait, dans ce que je lisais, c'est que le Québec, selon ce qui
était indiqué, contribuait, en fait, pour abriter environ 50 % des
chômeurs au Canada. C'est intéressant, aujourd'hui, de constater à quel point
la situation, elle a changé, à quel point
notre taux d'emploi a augmenté et à quel point nous sommes dans des conditions
qui sont uniques à travers notre histoire.
Mais j'ai cette
impression qu'à l'intérieur, donc, du ministère de l'Emploi, qu'à l'intérieur,
donc, la vision des quatre dernières années,
que le changement de paradigme ne s'est pas nécessairement fait en lien avec le
changement de la situation économique et de la situation de l'emploi au
Québec. Donc, vous êtes une nouvelle ministre, donc c'est votre première étude
de crédits, comme nous le mentionnions plus tôt. Donc, j'aimerais vous entendre
sur ce changement de paradigme et quelle est votre vision pour le ministère de
l'Emploi.
Mme Champagne
Jourdain : Alors, «kuei, kuei». Bonjour à tous. Premièrement, je vous
remercie pour cette belle introduction là suivie d'une question. J'aimerais
exprimer, dans le fond, tout mon bonheur d'être ici avec vous ce matin. C'est une... effectivement, une
étape importante dans notre mandat puisque c'est une première pour moi, vous
l'avez dit, c'est une première pour d'autres personnes aussi. Vous avez eu la
chance de faire d'autres études de crédits,
mais c'est vos premiers, vous aussi, donc très intéressant. Et on a aussi la
chance d'avoir des collègues qui ont un peu plus d'expérience à ce
niveau-là. Donc, ça risque d'être très enrichissant à tous les niveaux,
notamment pour les citoyens et les citoyennes du Québec, mais aussi pour nous,
à
titre de parlementaires.
Je voudrais, dans le
fond, aussi remercier, dans un premier temps, les équipes du ministère et de
mon cabinet, qui sont avec moi aujourd'hui
et qui ont travaillé fort pour qu'on puisse échanger aujourd'hui. Je sais que,
de votre côté, c'est un exercice qui est aussi demandant. La
préparation, elle est demandante, puisqu'on veut avoir les meilleurs échanges
pour aller au bout des questions et des idées. Et je veux vous présenter
quelques personnes qui nous accompagnent : Mme Annick Laberge,
sous-ministre à l'Emploi et à la Solidarité sociale; Mme Annie Boucher, qui est
secrétaire générale; M. Roger Tremblay, qui est sous-ministre associé; Mme
Annik Leblanc, qui est adjointe de M.
Tremblay; Jean Lortie, président de la CPMT; Julie Poirier, directrice de la
CPMT; Francis Gauthier, sous-ministre adjoint; Marie Gendron,
présidente-directrice générale du RQAP.
On a aussi Mme
Caroline Drouin, Isabelle Bemeur, Dany Roy, Marie-Claude Rioux, qui sont tous
sous-ministres adjoints aussi, et M. Hermel Grandmaison, Directeur de l'état
civil. Dans mon cabinet, je me permets aussi, en dernier, de vous présenter
Sébastien Lépine, qui est directeur du cabinet; Étienne Bouchard, conseiller
politique; Émilie Paquet, conseillère politique régionale; Mme Bénédicte
Trottier, qui est avec nous comme attachée de presse et qui est responsable des
travaux parlementaires.
Maintenant,
je suis contente que vous me demandiez ma vision pour ce ministère-là parce que
ça va me permettre de vous présenter d'emblée les priorités qui, dans le fond,
mènent nos travaux cette année. Alors, en début de mandat, il nous a été demandé, par rapport à nos ministères
respectifs, de mettre en lumière trois priorités qui mèneront nos actions
au courant de l'année. Et, vous savez, au niveau de l'emploi, au niveau du
ministère de l'Emploi, j'ai la responsabilité,
à
titre de ministre, de m'assurer qu'on réponde aux besoins du marché de
l'emploi et qu'on aligne les bonnes stratégies en ce sens-là.
Alors, les
trois priorités que j'ai présentées au premier ministre vont comme suit,
la première priorité étant bien sûr de
poursuivre l'Opération main-d'oeuvre qui a été lancée en janvier 2022... annoncée
en novembre 2021, mais lancée en janvier 2022. Donc, la
première priorité était bien sûr de poursuivre cette opération-là, mais aussi
de valider au fur et à mesure où les données et les résultats se font
connaître, de valider, dans le fond, les mesures qui font
partie de cette
opération main-d'oeuvre là. Elles sont au nombre d'environ 80. Alors, on veut
mesurer ce qui fonctionne bien, ajuster ce qui fonctionne moins bien et
peut-être retirer les choses pour lesquelles on n'a pas le succès escompté. Il y a bien sûr des résultats qui
vont arriver en cours d'année, il y en a d'autres qui vont arriver dans les
cinq prochaines années, et on aura l'occasion d'échanger là-dessus.
Une autre de mes
priorités, et c'est une priorité qui me tient aussi beaucoup à coeur, c'est
celle de faire en sorte qu'on intègre le plus grand nombre... le plus grand
nombre de personnes qui sont issues des clientèles éloignées du marché du
travail en emploi. Il n'y a pas de meilleur contexte que celui dans lequel on
est, celui de pénurie de main-d'oeuvre, pour le faire. On pourrait dire qu'on
aurait pu travailler à ça encore plus fort depuis des... de nombreuses années,
mais je pense que le contexte est propice, que l'ouverture de nos employeurs
est au rendez-vous et que, maintenant,
chacune des personnes qui désire se réaliser dans un emploi et qui désire
intégrer le marché du travail devrait être en mesure de le faire. Donc,
ça, c'est ma deuxième priorité.
Et ma troisième
priorité est bien sûr celle de revoir ou d'aller en... d'avoir une consultation
et de voir à des aménagements sur la loi du 1 %. Pour nous, ce véhicule-là
est un véhicule extrêmement important puisqu'il permet de former la
main-d'oeuvre, dans le fond, sur... en milieu de travail. Et on le sait, dans
une optique où on se doit... et on doit accompagner, accompagner nos
entreprises dans l'augmentation de leur productivité, c'est une des clés qui, selon moi... c'est une des solutions, selon moi,
qui est extrêmement importante pour y parvenir. Alors, c'est un peu ma vision
pour le ministère. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Je vous rappelle qu'il faut... Je suis la gardienne
du temps... et qu'il faut respecter aussi le temps des collègues. Ça fait que,
donc, d'avoir des réponses peut-être un petit peu plus courtes, Mme la
ministre. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, merci pour ces élément, et effectivement,
nous aurons l'occasion, donc, d'en discuter. En fait, j'ai, au cours de cet
échange, donc, plusieurs questions, autant sur la validation des mesures de l'Opération main-d'oeuvre, les clientèles
éloignées du marché du travail et la loi du 1 %. Donc, on aura
l'occasion d'y revenir.
Je me tourne vers
l'information sur le marché du travail, donc le diagnostic que vous avez publié
sur les 500 professions, sur l'état d'équilibre du marché du travail.
Donc, ce document qui émet des prévisions en matière d'emploi et qui... qui
compare, donc, ces diagnostics pour l'ensemble des 16... pour 16 régions
administratives. On était où... ce qu'on
sait déjà, sur le terrain, donc, à savoir qu'il manque de travailleurs de façon
chronique sur l'ensemble du territoire. On le sait, il y avait
250 000 postes vacants au troisième trimestre de 2022 pour
178 900 chômeurs.
De façon
prédominante, il semble, selon ce document, que c'est la demande de
remplacement, donc les départs à la retraite en grande partie, qui motive
actuellement les postes vacants. Donc, 71 % des 1,6 million d'emplois
qui seront pourvus au Québec au cours de la période 2022‑2031 seront par des
personnes qui ne sont pas actuellement sur
le marché du travail, ils le seront en raison des départs à la retraite. On a
mentionné la stagnation de la population active, la population 15-64 ans.
Donc, on voit qu'il y aurait donc 1,6 million de postes vacants
d'ici 2031.
Je voudrais peut-être
plus vous entendre, et de façon plus concise, sur le plan, donc pas
nécessairement, donc, me détailler, donc,
l'Opération main-d'oeuvre, mais bien savoir si, lorsque ces chiffres vous sont
soumis annuellement comme ils l'ont été récemment... bien, en fait, quel
plan est mis de l'avant. Donc, comment est-ce que vous mettez à jour, donc,
votre opération? Comment est-ce que vous ajustez? Voilà le terme que je
cherchais.
Mme Champagne
Jourdain : Parfait. Alors, c'est certain que, d'emblée, mon ministère
offre une multitude de services pour s'assurer qu'on intègre le plus grand
nombre de gens en emploi. C'est ce qu'on a fait durant... bien, c'est le pourquoi de l'existence du ministère,
entre autres, d'accompagner les gens, mais aussi de répondre aux besoins
du marché du travail. Et c'est important, je pense, tout de même de revenir sur
l'Opération main-d'oeuvre puisque c'est une
initiative qui a été mise sur pied pour faire en sorte... pour faire en sorte
qu'on réponde à cette pression-là qu'on vit.
Alors, vous savez, la
pénurie de main-d'oeuvre, vous en avez un peu parlé, et je vous entendais dire
qu'on... dans votre introduction, qu'on est dans une condition unique à travers
notre histoire, mais on n'est pas dans une condition unique par rapport à la
pénurie de main-d'oeuvre dans un contexte géographique, géographique, puisque
ça touche l'ensemble des pays industrialisés. Maintenant, on a décidé comme
gouvernement de prendre les choses en main
et d'aller de l'avant avec une vaste opération qui va permettre de répondre aux
besoins de la pénurie de main-d'oeuvre. Et c'est ce qu'il fallait faire
puisqu'on devait avoir des mesures supplémentaires, une stratégie
supplémentaire pour pouvoir y parvenir. Et cette Opération main-d'oeuvre là va
permettre à terme, dans les cinq prochaines années, d'attirer,
de former et de requalifier près de 170 000 travailleurs d'ici 2026.
Donc, c'est une opération qui demande aussi de bons investissements. On parle
de 3,9 milliards de dollars.
Cadet : Merci. Quand je demandais, donc, comment est-ce
que vous ajustez le tir... Donc, par exemple, quand on regarde les
derniers chiffres, donc, on voit la part de l'emploi total, en 2021, 2026 et
2031, par groupes de professions. Vous avez parlé de l'Opération main-d'oeuvre,
où... Donc, par exemple, au niveau