CAT — 17 February 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2017-02-17

Quebec — Committees

CAT — 17 February 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2017-02-17

Quebec — Committees

Alors, le

Saguenay—Lac-Saint-Jean,

au fond, est symptomatique de ce que vivent plusieurs, plusieurs régions

périphériques du Québec, plusieurs régions qu'on peut également identifier

comme ressources du Québec, avec un accroissement de la population faible,

voire négatif ou, à tout le moins, neutre.

Je veux

souligner que les pires statistiques d'accroissement annuel moyen de la

population sont dans les deux MRC du

comté du premier ministre, dans le comté de Roberval, soit les MRC de

Maria-Chapdelaine et Domaine-du-Roy, où on ne peut même plus parler de croissance de la population, mais bien de

décroissance parce qu'on parle de pertes de plus de 170 personnes pas en cinq ans, pas en trois ans,

des pertes de plus de 170 personnes annuellement sur les deux territoires

entre 2011 et 2015. Donc, c'est une donnée extrêmement importante.

Puis je sais que le ministre a une formation en

économie, alors il sait très bien que, si on a une démographie décroissante,

bien, c'est difficile, après ça, d'avoir une croissance économique parce qu'on

n'a plus suffisamment de population. On a

une population qui décroît, donc qui consomme moins, qui fait de la

productivité économique en baisse également

parce qu'elle n'est plus là. Elle décroît, au lieu de croître. Donc, on ne peut

pas avoir une courbe de croissance si la population, d'autre part, est

décroissante.

Mais ce

qui me préoccupe le plus, c'est concernant ce qu'on appelle le bilan

migratoire. Le Saguenay—Lac-Saint-Jean

s'était doté d'une formidable stratégie de

migration des jeunes pour obtenir un bilan migratoire positif. Même, cette

stratégie, M. le Président, était

copiée dans d'autres régions. La stratégie que s'est donnée le Saguenay—Lac-Saint-Jean au fil des ans a été un modèle qui a été copié dans d'autres

régions, avec la... en fait, ce qu'on a appelé la stratégie MigrAction. Donc,

ça a donné des résultats parce qu'entre 2004 et 2012 le solde migratoire du

Saguenay—Lac-Saint-Jean

était passé de moins 3 777... Vous

savez, la fameuse image des autobus jaunes, là, qu'on disait : Il y a un

autobus jaune qui quitte la région

par jour ou par semaine, alors c'était de moins 3 777. En 2012, on l'avait

renversé — les

autobus, ils revenaient, ils

retraversaient le parc — à plus de 332 personnes, alors que, pour 2014‑2015, la région enregistre

son bilan migratoire le plus défavorable en six ans. Et ça, ça correspond

exactement au même moment où le gouvernement libéral a coupé les budgets

de la stratégie régionale de MigrAction.

Donc, au même

moment où les jeunes, au forum jeunesse, qui étaient derrière la stratégie

MigrAction se sont vu couper leur budget, bien le bilan migratoire des

jeunes a décliné exactement au même moment. Alors, quand on dit qu'il y a des compressions qui ont des

conséquences, quand on dit que l'austérité a des conséquences, nous en avons

ici des preuves très marquantes, très évidentes.

Par ailleurs,

le taux de chômage, ce n'est pas plus reluisant. On a un taux de chômage qui

s'établit à 7,6 % le mois dernier

dans la région, donc qui est encore bien au-dessus du taux de chômage à

l'échelle du Québec, qui s'établit à 6,3 %. Alors, ajoutez à ce contexte-là le vieillissement de la main-d'oeuvre,

le retrait de la population active, qui fait diminuer le nombre de chercheurs d'emploi, et c'est la

réalité tout à fait vécue au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Un taux d'activité de

60,7 %, un taux d'emploi de 56,1 %, qui est plus bas que celui du

Québec, qui est à 60,7 %, M. le Président.

Le nombre

d'emplois dans la région, bien, ce n'est pas compliqué, c'est stagnant. C'est

toujours le même niveau qu'en 2013.

Donc, 130 000 emplois dans la région présentement, le même niveau qu'en

2013. Vous me permettrez de faire une

petite parenthèse pour rappeler, parlant d'emplois, de la fermeture tout à fait

inqualifiable, la fermeture tout à fait inacceptable de l'usine de Graphic Packaging à Jonquière. Et, malgré les appels que j'ai faits à

plusieurs reprises, malgré également les appels du syndicat des travailleurs, on parle

d'autour de 140 travailleurs à l'usine de Graphic Packaging, qui est une cartonnerie, M. le Président, dans ma circonscription, donc 140 travailleurs, malgré les appels répétés de

ma part, des élus locaux aussi, municipaux et des travailleurs, le

gouvernement du Québec n'a absolument rien fait. Le gouvernement du Québec n'a pas assumé de leadership. Le gouvernement du

Québec a laissé les choses aller, de sorte qu'aujourd'hui, si jamais

vous venez au Saguenay, j'irai vous montrer ça, M. le Président, c'est un site

littéralement à l'abandon. On a une usine qui, présentement, est à vendre pour

taxes puis qui est train de tomber en morceaux.

On a appris, la semaine dernière dans le comté

du premier ministre, la fermeture de la scierie, la fermeture temporaire de la scierie de Saint-Thomas-Didyme.

Et je termine en vous disant, M. le Président, autre triste record qui

met la table pour l'interpellation, triste record de saisies de maisons depuis

le début de l'année.

Le Président (M. Auger) :

Merci.

M. Gaudreault :

Donc, il y aura six fois plus de saisies de maisons cette année que l'an passé

si ça continue. Merci.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Jonquière. Je cède

maintenant la parole à M. le ministre pour également une période de 10

minutes.

M. Coiteux : Oui, merci, M. le

Président. D'abord, avant de parler du fond, simplement sur la question de la

présence ou non du premier ministre, oui, peut-être qu'ils ont convoqué pour

l'interpellation le 2 février, mais bien avant

cela, le 11 novembre dernier, le premier ministre avait déjà annoncé très

publiquement qu'il allait participer de façon très active au sommet sur

l'emploi, là, au rendez-vous national sur l'emploi, qui était prévu déjà les 16

et 17 février. Donc,

s'ils avaient pris connaissance de cette communication très publique sur la

page du premier ministre, ils auraient compris

que c'était mal choisir la date, s'ils tenaient absolument à compter sur la

présence du premier ministre. Donc, le premier ministre aurait été tout

à fait heureux d'être présent, mais il avait déjà annoncé sa participation

longtemps d'avance, le 11 novembre dernier, au rendez-vous national de

l'emploi.

le député de Jonquière parle de grands défis démographiques, mais des grands

défis démographiques, ça veut dire

aussi des grands défis sur le plan de l'emploi, sur le plan de la capacité

d'avoir des employés qualifiés, que ça soit par la formation des gens qui sont déjà ici au Québec ou des nouveaux

venus, de leur intégration. Alors, c'est de ça qu'on discute. Donc, je pense que le premier ministre

est aussi aujourd'hui en train de travailler pas seulement pour l'ensemble

du Québec, mais particulièrement pour sa région parce que c'est un enjeu qui

est quand même très important.

fois que j'ai dit cela, si on va maintenant sur le fond, je trouve ça quand

même un petit peu surprenant, le choix

du thème de l'opposition officielle pour cette interpellation parce que, c'est

vrai, on a mentionné tout à l'heure une certaine stabilité de l'emploi sur

une longue période, mais ça cache des mouvements qui ne sont pas à l'avantage

de l'opposition officielle. La dernière fois

qu'ils ont été au gouvernement, ça a duré 18 mois, effectivement, mais,

savez-vous quoi, M. le Président, au

cours de ces 18 mois, il s'est perdu, dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, 9 900 emplois. 9 900 emplois ont été perdus en seulement 18

mois. Le taux de chômage, qui était à 8,6 % dans la région en octobre

2012, qui correspond à l'arrivée du

gouvernement du Parti québécois pour cet intervalle de 18 mois, ce taux de

chômage, qui était 8,6 %, était rendu à 11 % en avril 2014.

Ça, c'est la réalité des chiffres.

Et, à l'opposé de

cela maintenant, donc, depuis un an, il y a 2 800 qui ont été créés dans

la région et, depuis avril 2014, il y a

8 000 emplois qui ont été créés dans la région. Alors, Dieu soit loué

qu'il y ait eu une création d'emplois après

ces 18 mois de saignée de l'emploi parce qu'autrement on ne serait pas dans une

stabilité de l'emploi au Lac-Saint-Jean, au Saguenay—Lac-Saint-Jean.

On aurait été, au contraire, dans une chute assez dramatique.

taux de chômage aujourd'hui au Saguenay—Lac-Saint-Jean, je ne dis pas qu'il est totalement

satisfaisant, on veut toujours faire mieux, mais il est de 6,9 %,

comparativement à 11 % en avril 2014. Alors, si on voulait de limiter

à ces chiffres-là, on dirait : Mais

pourquoi sommes-nous interpellés sur une supposée inaction, alors que les

gestes qu'on a posés, puis je ne dis

pas que c'est la seule chose qui a contribué, mais les gestes que nous avons

posés partout au Québec, mais notamment au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

ont contribué à une reprise très importante de l'emploi et une baisse

extrêmement importante du chômage?

y a plusieurs raisons à cela, pourquoi on a eu du succès depuis avril 2014 et

pourquoi l'opposition officielle au gouvernement n'en a pas eu pendant

ses 18 mois de pouvoir. C'est parce qu'on change beaucoup de manière de faire

au Québec depuis avril 2014. Et je sais qu'aujourd'hui on va sans doute parler

du nouveau modèle de développement économique

régional et du Fonds d'appui au

rayonnement des régions. J'en suis convaincu, qu'on va en parler, c'est

important. Mais, justement,

moi, je ne suis pas nostalgique de l'ancien modèle, pas du tout, contrairement à l'opposition officielle, qui veut toujours revenir à

cet ancien modèle. Pourquoi? Parce que l'ancien modèle, c'est un modèle où

nous... Puis évidemment les fonctionnaires du ministère des Affaires

municipales, en qui j'ai une grande confiance et j'estime grandement leur

expertise comme celle des autres ministères... Mais, néanmoins, on ne pouvait

pas avoir seuls les meilleures idées, toutes

les meilleures idées pour le développement des régions, il faut que les gens des régions

puissent dire leur mot. Et c'est ça, la nouvelle approche.

Alors,

la nouvelle approche, c'est que chacune des régions va écrire son propre

chapitre de la stratégie québécoise

de l'occupation et de la vitalisation du

territoire en choisissant ses priorités. Et, une fois ses priorités établies,

elle va se doter de son propre comité de sélection des projets et elle

va sélectionner les projets qui seront financés par le Fonds d'appui au rayonnement des régions. Alors, ça,

c'est développer les régions avec les élus des régions et en tenant compte

des priorités des régions, même en en

faisant une obligation gouvernementale, de venir en appui aux priorités

des régions. Et on parle de 100 millions de dollars qui vont aller à cette seule fin, en plus de tout

ce qu'on fait par ailleurs, d'ici une période de cinq ans. Alors, moi, je ne suis pas nostalgique du tout de

l'ancien modèle. Au contraire, je pense que le nouveau modèle va être un

modèle beaucoup plus intéressant pour l'ensemble des régions.

Puis

c'est d'autant plus intéressant d'en parler qu'en vérité ce modèle-là, il est

largement inspiré de la vision que les

gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean ont développée, notamment lors du sommet économique régional qu'ils ont

tenu en 2015. C'est ça,

la source d'inspiration principale de la nouvelle façon de procéder en matière de développement économique

régional. Et donc les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui sont des gens très fiers, qui sont capables de se retrousser les

manches, bien, ils peuvent être fiers d'une

chose en plus, c'est qu'ils ont inspiré la prochaine stratégie d'occupation et

de vitalisation des territoires du Québec,

ils ont inspiré l'orientation que le gouvernement entend prendre avec la création du FARR. Et le FARR, ce n'est pas le seul

instrument qu'on utilise, mais c'est quand

même, au cours des 10 prochaines

années, 810 millions de dollars qui

vont être investis dans les régions grâce au FARR, dans toutes les régions du Québec.

Alors, ça va me faire plaisir qu'on

en parle aujourd'hui parce

que c'est un véritable acte de

modernisation, c'est un véritable acte aussi de confiance à l'égard des

régions.

parlant de confiance, autre raison pour laquelle je suis un petit peu surpris qu'on soit interpellés là-dessus, faire confiance,

ça veut dire donner de l'autonomie.

Bien, moi, je me souviens qu'en 2012 le député de Jonquière, qui était

alors ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du

territoire, avait dit, il avait annoncé qu'il avait

l'intention de déposer une loi-cadre pour accorder aux élus une plus grande

autonomie, des nouvelles compétences pour

assurer la gestion des services au plus près du citoyen. Je ne dis pas qu'il

n'a pas été occupé pendant ces 18 mois, le député de Jonquière, ministre des

Affaires municipales et aussi ministre des Transports. Je le sais, ce que ça

représente comme travail. Je suis certain qu'il était occupé. Mais, en

tout cas, ou lui ou son gouvernement ne lui a pas permis de déposer un tel projet de loi, alors que nous, au

contraire, on a déposé un tel projet de loi, qui s'ajoute à toutes les autres initiatives de confiance à

l'égard des élus municipaux, des élus

régionaux, des MRC. On est en train de mettre en oeuvre la plus grande décentralisation de pouvoirs du gouvernement du Québec vers les municipalités de toute l'histoire du Québec.

Alors, c'est ça qu'on est en train de

faire. Et là je ne vous ai pas parlé des grandes stratégies nationales qui ont

un impact aussi au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Que ça soit la stratégie de l'aluminium, que ça soit le Plan Nord, il y a

des investissements concrets qui sont associés à ces initiatives du gouvernement

du Québec.

Alors, écoutez, moi, ça

va me faire plaisir de parler de ces questions-là aujourd'hui, mais je vais en

donner quelques-uns, là, de certains de ces

événements ou de ces investissements que nous avons faits depuis le sommet

économique régional. Mentionnons le dépôt de deux rapports des groupes

de travail, soit celui de forêt... fonds d'investissement et celui de forêt...

celui des... fonds d'investissement et celui de forêt, où on traite des enjeux

relatifs à l'arbre et à la maximisation de

la possibilité forestière. Parlons du dévoilement du guide des

bonnes pratiques pour la mise en place des partenariats durables entre

la communauté innue et le milieu régional, une réalisation du groupe de travail

sur les Premières Nations, la tenue d'une

journée entrepreneuriale qui a permis à plus de 130 participants de discuter

des enjeux et alimenter le groupe de travail sur l'entrepreneuriat, un investissement

de 85 000 $ d'Emploi-Québec pour réaliser un diagnostic de l'utilisation des technologies

numériques au sein des entreprises de la région relativement aux travaux du

groupe de travail sur le numérique, un aménagement d'une bleuetière d'enseignement

et de recherche qui permettra de réaliser des tests et des expérimentations sur

la culture du bleuet afin de maintenir la compétitivité de l'industrie régionale. C'est un projet qui a reçu une aide de 42 600 $ du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de

l'Alimentation du Québec.

Également, le 6 juin

2016, le premier ministre a confirmé la signature d'une entente de

collaboration entre le gouvernement du

Québec, la ville de Saguenay et les partenaires locaux en vue d'implanter une

zone industrialo-portuaire, une ZIP, comme on dit à Saguenay, une

annonce qui s'inscrit — je

parlais des grandes stratégies nationales tout à l'heure — dans

la Stratégie maritime du Québec.

y a eu d'autres investissements qui ont été faits avec le concours du gouvernement

ou l'appui du gouvernement de

différentes manières : les Serres Toundra, la Société de la Vallée de

l'aluminium, qui a reçu une bonification de son budget de

750 000 $ sur trois ans. Et j'en ai tellement d'autres! J'aurai

l'occasion d'en reparler. Mais, voyez-vous, il doit y avoir une raison pour laquelle, plutôt que de perdre le nombre

d'emplois que j'ai mentionné tout à l'heure sur une période de 18 mois, lorsque le Parti québécois

était au pouvoir brièvement, bien, nous, depuis avril 2014, on a renversé

la tendance. Il s'est créé des emplois dans la région. Le taux de chômage a

chuté à moins de 7 %. Alors, on doit faire quelque chose de bien, et ça va me faire plaisir d'en discuter au cours

des prochaines minutes, M. le Président. On aura l'occasion, donc, d'approfondir chacune de ces choses-là, mais je pense

qu'on n'a pas à avoir honte de notre bilan, bien au contraire, surtout

lorsqu'on le compare à ces 18 mois.

Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Nous allons

maintenant débuter la période d'échange. M. le député de Jonquière, vous avez la parole pour les cinq... Mme la députée

de Chicoutimi, pour les cinq prochaines minutes. Mme la députée.

Mme Jean :

Merci. Merci, M. le Président. D'entrée de jeu, chers collègues, permettez-moi

quelques minutes pour parler de ma région.

Saguenay—Lac-Saint-Jean,

comme vous devez vous en douter, est une magnifique région où l'on retrouve,

entre autres, non seulement des paysages à

couper le souffle, qui comprennent un lac qui est vu comme une mer, un fjord

qui donne des panoramas époustouflants, qui

permet d'ailleurs d'avoir une industrie touristique intéressante, non seulement

des ressources naturelles à profusion, que ce soit le bois, l'eau, l'électricité,

non seulement des industries créatrices d'emplois,

qu'on pense à Rio Tinto, mais qu'on pense aussi à tout le tissu industriel du

Saguenay—Lac-Saint-Jean,

non seulement des infrastructures

urbaines modernes qui font l'envie de plusieurs, on a juste à penser à

l'autoroute qui nous amène chez nous, mais aussi toutes les

infrastructures qu'on a localement, mais une région où l'on retrouve aussi une population qui est fière et dynamique, une

population qui n'a pas froid aux yeux, une population qui est prête à relever

les défis que la vie moderne lui propose.

Saguenay—Lac-Saint-Jean

offre un potentiel de développement et de prospérité extraordinaire en plus

d'offrir un milieu de vie où urbanité

et ruralité se côtoient. Mais tout ce potentiel, toute cette prospérité et même

ce milieu de vie extraordinaire est menacé par les politiques

centralisatrices mises en oeuvre par le gouvernement libéral depuis qu'il est au pouvoir, des politiques qui affaiblissent

les leviers de développement de la région, des régions en général, mais en

particulier de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, des politiques qui nous éloignent

des centres de décision et des milieux d'influence, des politiques qui

diminuent les services offerts à la population, des politiques qui imposent aux

citoyens de la région des déplacements indus

de plusieurs heures pour avoir accès à des services dont ils ont pourtant

droit, ces déplacements qui non

seulement sont épuisants, mais qui sont coûteux en argent, en temps, en perte

de productivité et de qualité de vie.

Mais est-ce que cette situation émeut le gouvernement? On ne le sent pas. Le

gouvernement impose son bulldozer de la centralisation, et ce, malgré

les effets dévastateurs de cette politique.

N'ayant que quelques

minutes aujourd'hui, je n'aurai pas le temps d'énumérer la liste complète des

impacts violents de ces politiques au

Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Permettez-moi de vous en présenter quand même quelques-unes.

D'abord,

parlons de l'élimination des plateformes de développement économique et de

concertation, tels les CLD, la conférence régionale des élus, et

j'ajouterais même le Centre québécois de recherche et de développement sur l'aluminium, qui est aussi menacé par les budgets

qui sont moins intéressants et aussi par le laisser-aller d'un créneau

semblable à Montréal, qui s'appelle AluQuébec.

Saguenay—Lac-Saint-Jean,

nous sommes audacieux et dynamiques, mais cette audace et ce dynamisme doivent être concertés pour assurer notre

développement à son plein potentiel. Avec l'élimination de ces plateformes de concertation par une diminution substantielle des

financements qui y étaient associés, le gouvernement applique sa politique

de diviser pour mieux régner.

bien, je rappelle au gouvernement que la prospérité du Québec passe par la

prospérité des régions et que cette prospérité exige des outils de

concertation. Je demande donc aujourd'hui au gouvernement de redonner à la région

du Saguenay—Lac-Saint-Jean des outils de concertation

indispensables pour notre développement, certes, mais aussi pour le

développement de tout le Québec.

Mais,

M. le Président, le gouvernement ne se limite pas à éloigner nos outils de

concertation. Le gouvernement impose

sa politique de centralisation dans le domaine si important qu'est celui de la

santé. Il faut croire que cette priorité que les libéraux annonçaient, la santé, c'est la priorité, est modulable selon

qu'on soit en région ou dans les centres.

La région du Saguenay—Lac-Saint-Jean

paie la note de cette centralisation. Cette politique nous dépouille de services de santé auxquels nous avons droit. En

guise d'exemple, la directive récente du ministre

d'interdire toute chirurgie de l'oesophage à l'hôpital de Chicoutimi

sous une apparence d'économie ou pseudo-base scientifique, c'est plutôt en transfert des coûts sur la population

régionale que se fait cette économie. Ce sont maintenant les citoyens du Saguenay—Lac-Saint-Jean non seulement patients, mais aussi leurs proches qui paient la

note en transport, en pertes de revenu,

et en perte de productivité, et en perte temps. Sans compter que cette

directive entraîne non seulement une perte de service, mais fragilise la présence des spécialistes dans notre

région, entraîne des délais de diagnostic et des complications que cela

pourrait entraîner. D'ailleurs, ce matin, le Conseil des médecins faisait une

sortie sur le même sujet pour le dénoncer, ce qui est quelque chose de rare.

deuxième élément éloquent, c'est la création hâtive et improvisée d'Optilab,

une oeuvre du ministre Barrette dans

son élan vers la centralisation. C'est à Chicoutimi que seront

transférés les échantillons qui proviennent de La Baie, Jonquière,

Alma, Roberval et Dolbeau-Mistassini. Les conséquences de cette centralisation

sont multiples. Par manque de temps, je vais passer tout droit, effectivement.

Malgré

les affirmations du premier ministre et du ministre de la Santé que les services à la population

ne souffriraient pas de la réorganisation, force est de constater qu'ils

se sont trompés.

Alors, je continuerai

tout à l'heure à mon deuxième bloc.

Président (M. Auger) :

Merci beaucoup. Nous allons maintenant poursuivre. M. le ministre, vous avez également

cinq minutes.

M. Coiteux : M. le

Président, quelle centralisation?

J'entends le terme, il est répété et répété comme un mantra, mais il n'y

en a pas, de centralisation. C'est le contraire qu'on fait. C'est exactement le

contraire qu'on fait.

sais qu'il y a... j'ai pris ce terme-là depuis hier puis je le réutilise à

nouveau parce que je pense qu'il décrit bien la situation,

il y a de la nostalgie pour un modèle qui est pas mal moins intéressant pour les régions que le nouveau modèle qu'on propose. Il y a de

la nostalgie, je ne sais pas pourquoi parce que ce modèle-là, en particulier

récemment, là, d'octobre 2012 à avril 2014, si ce modèle fonctionnait si bien,

pourquoi s'est-il perdu tant d'emplois au Saguenay—Lac-Saint-Jean?

Pourquoi le taux de chômage a-t-il tant augmenté au Saguenay—Lac-Saint-Jean? Est-ce que c'est parce que

ce modèle-là fonctionnait bien?

C'est vrai qu'on a

remis en question l'ancien modèle. C'est vrai qu'on a remis en question

l'ancien modèle. Mais, dans l'ancien modèle,

c'était du mur-à-mur partout. C'était le gouvernement du Québec qui

disait : Chaque région doit

avoir son conseil de ceci, son CLD de cela, il y a tel pourcentage qui va à

ceci, il y a tel pourcentage qui va à cela. Tout était hypernormé

partout pareil. Ça se peut qu'à deux ou trois endroits dans un Québec très

divers ça pouvait peut-être fonctionner.

Mais justement le Québec est tellement divers que chacune des régions a besoin

d'avoir son propre modèle.

Alors,

le premier geste non pas de centralisation, mais le premier geste de

décentralisation qu'on a posé comme gouvernement,

ça a été de mettre la MRC au coeur des décisions en matière de développement

économique local. Allez demander à

une MRC aujourd'hui si elle préférerait revenir à l'ancien modèle, où elle

n'était pas au coeur des décisions en

matière de développement économique local, y compris au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Elles vont tous vous dire que le

nouveau modèle est bien supérieur, bien plus intéressant parce qu'ils sont

capables de prendre des décisions qui sont davantage

ancrées sur les besoins du milieu. On n'a pas coupé dans les fonds disponibles

pour le financement des projets, on a

cessé de financer des structures administratives très lourdes, qui prenaient

une part des budgets, là, qui ne laissaient pas grand-chose pour les

projets, en vérité, puis qui obligeaient toutes les régions à avoir le même

modèle.

même avant l'arrivée du FARR, quand on ajoute l'aide à la voirie locale, quand

on ajoute la bonification du Fonds de

développement des territoires, qui est justement cet instrument qu'on a mis

entre les mains des MRC, on était déjà en pleine expansion des moyens à

disposition des MRC et des régions pour financer directement des projets de

développement économique locaux. Et là on ajoute un autre instrument, qui est

le Fonds d'appui au rayonnement des régions.

C'est vrai qu'il n'est pas comme l'ancien modèle. C'est vrai qu'il n'est pas du

tout comme l'ancien modèle. S'il était

comme l'ancien modèle, là, on déciderait, nous, à Québec : Vous allez

faire ça, ça, ça et ça dans une structure qui est faite comme ça, avec

telle personne qui est là, avec tel pourcentage de dépenses administratives

admissibles. On répéterait l'ancienne manière

de faire les choses. Une vision qui va du haut vers le bas, une région qui

vient de... centralisatrice, merci, hein, qui vient de Québec vers les

régions.

Ce n'est pas ça qu'on

va faire. Je l'ai expliqué tout à l'heure. La voie a été tracée par le Sommet

économique régional du Saguenay—Lac-Saint-Jean où se sont réunis tous les acteurs

présents, puis ils ont dit : C'est quoi, nos priorités comme région? Qu'est-ce qu'on veut développer pour les

prochaines années? Le député de Jonquière, tout à l'heure, nous a parlé des défis démographiques. Bien, si

justement c'est un enjeu important pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean, qu'est-ce qui empêche le

Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans la définition de ses priorités, dans la prochaine

stratégie d'occupation et de vitalisation,

de mettre l'accent sur les défis démographiques, de mettre l'accent sur les

défis de formation? Rien ne va les

empêcher parce que la nouvelle stratégie va prendre les priorités données par la région,

pas données par le gouvernement, données par la région, puis on va l'intégrer

dans la stratégie nationale d'occupation et de vitalisation. Et

c'est à ça que va servir le 100 millions de

dollars, à terme, du phare FARR, c'est de financer les projets qui vont

correspondre aux priorités de chacune des régions.

y en a 17, là, quand on compte Montréal et Québec, mais le FARR va en appuyer 15 parce que Montréal

et Québec, on les

traite différemment. On n'est pas dans le mur-à-mur. Les fonds vont aller directement aux projets. C'est ça qu'on va faire. Bien plus que ça, la loi

est ainsi faite que, lorsque les priorités des régions, décidées par les

régions, vont devenir

partie intégrante de la stratégie d'occupation et de

vitalisation du territoire du Québec, les ministères et les organismes,

ils vont être obligés, je dis bien obligés, de se mettre au service des

priorités régionales de chacune des régions.

Alors,

il va y avoir un

chapitre Saguenay—Lac-Saint-Jean déterminé par les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, puis il va y avoir un gouvernement du Québec et l'ensemble de ses ministères qui va être au service des priorités définies

par les élus régionaux, de la société civile

aussi, du Saguenay—Lac-Saint-Jean. C'est ça, le nouveau modèle. Je n'ai aucune nostalgie pour

l'ancien.

Le Président

(M. Auger) : Merci. Nous allons poursuivre. M. le député de Dubuc,

également cinq minutes.

M. Simard : Merci

beaucoup, M. le Président. D'abord, permettez-moi, M. le

Président, de vous saluer, bien sûr,

de saluer mon collègue, M. le ministre de la Sécurité publique, et

également mes collègues de l'opposition officielle, député de Jonquière

et députée de Chicoutimi, et bien sûr député d'Arthabaska. Merci d'être ici

avec nous.

D'entrée de jeu, M.

le Président, comme le ministre, j'ai été un petit peu surpris d'entendre la

demande d'interpellation de mes collègues.

La raison, M. le Président, c'est que, bien sûr, si c'est vrai que le

passé est garant de l'avenir, je me

serais... en tout cas, tout au moins, pour l'instant, j'aurais une petite gêne

de demander ça parce qu'en réalité, M.

le Président, j'entendais tout à l'heure le député de Jonquière parler de

démographie. À ce que je sache, M. le Président, la démographie, c'est directement relié à la capacité de gagner sa vie.

Et, si on parle maintenant... si on dit que le passé, c'est garant de l'avenir, je vais faire un petit

peu un rappel, pendant les minutes que j'ai, là, de ce qui s'est passé d'abord

dans le passé et maintenant également pour l'avenir.

me souviens très, très bien qu'en 2003 j'étais président de la CRE, lorsque

j'étais au municipal, j'étais président de la CRE du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Je parlais très souvent avec mon collègue de Jonquière à

ce moment-là. On avait un taux de chômage, M. le Président, qui

oscillait, écoutez, entre 12.5 % et 13 % de chômage jusqu'en 2003. En 2003, c'est le parti... un nouveau gouvernement

libéral qui est entré en poste, et véritablement on avait un problème démographique important. La raison, c'est qu'il y

avait à peu près un autobus par mois qui partait pour ailleurs. On avait

un problème majeur. Il fallait qu'on y travaille.

C'est quoi qui s'est

passé? On a travaillé en collaboration, bien sûr, avec le gouvernement du

temps, le gouvernement de M. Charest,

pour s'assurer qu'on créait de l'emploi dans notre région. Qu'est-ce qui s'est

passé à ce moment-là? On a vu momentanément, au fur des mois et des

années, la diminution du départ des jeunes vers d'autres régions, Montréal et Québec, bien sûr, pour

commencer justement à gagner leur vie chez nous. Donc, le taux de chômage est

passé, de 2003 à 2012, M. le Président, avant la venue du Parti québécois au

pouvoir, passé de 12,5 %, 13 % à un taux de 7,9 %, M. le Président. Ça, c'est

intéressant. Puis, par la même occasion, ce n'est pas moi qui l'ai dit tantôt,

c'est le député de Jonquière qui a

dit que, oh! momentanément, on était correct. On n'avait plus de départ des

jeunes vers l'extérieur parce qu'ils pouvaient gagner leur vie chez

nous. C'est intéressant, ça.

Maintenant,

le Parti québécois est entré au pouvoir en 2012. À partir du moment où le Parti

québécois est entré au pouvoir, en

2012, on a commencé encore une fois à voir le taux de chômage grimper. On est grimpés

jusqu'à 11 %, M. le Président.

Ah! momentanément, encore une fois, les jeunes partaient pour aller ailleurs.

Pourquoi? Parce que les jeunes ne sont pas en mesure de gagner leur vie

chez nous.

Donc,

à partir de là, M. le Président, si on a encore une fois attrapé cette

maladie-là, il y a quelque chose qui me dit que, si ça marchait, si ça marchait, les décisions de développement

économique du Parti québécois, on le saurait, mais ce n'est pas ça qui se passe. On a une

augmentation de chômage à toutes les fois qu'ils sont là. Pourquoi, je ne le

sais pas, je laisse réfléchir les

gens là-dessus, parce que leur première préoccupation, ce n'est pas le

développement économique de notre région, M. le Président.

Quand ils ont été au

pouvoir, M. le Président, ils étaient cinq, cinq députés péquistes dans notre

région, dont trois ministres importants, M.

le Président. On aurait pu poser des gestes importants pour essayer de créer un

momentum pour véritablement diminuer,

encore une fois, le taux de chômage, continuer à faire travailler nos jeunes.

Ce n'est pas ça qui est arrivé, M. le

Président, véritablement. Qu'est-ce qu'il est arrivé? C'est, encore une fois,

on a augmenté le taux de chômage, et

puis on a créé encore du malheur dans toutes les familles de notre région. Je

pense que ce n'est pas ça qu'ils voudraient

faire, véritablement, mais ils ne réussissent pas à le faire. C'est ça qui est

tannant pour la région. C'est ça qui est plate.

Mais,

véritablement, nous, au Parti libéral, au gouvernement, on met tous les efforts

nécessaires pour développer notre région. Et j'y reviendrai plus tard, M. le

Président, là-dessus parce que c'est comme ça qu'on va réussir à gagner.

Si on veut être en mesure que... avoir un

Québec fier, avoir des régions des fières, il faut qu'on puisse nécessairement

créer des emplois et s'assurer que

les gens, dans toutes les régions du Québec, vont être en mesure de mettre du

pain sur la table de leur famille, et comme ça il n'y a personne, M. le

Président, qui va partir vers l'extérieur. Merci, M. le Président.

Le Président

(M. Auger) : Merci. M. le député de Jonquière, pour également

cinq minutes.

M. Gaudreault :

Oui. Écoutez, M. le Président, je ne veux pas reprendre, là, tout ce qui a été

dit par le ministre et le collègue de

Dubuc, là, mais le ministre n'arrête pas de nous dire, là, «la nostalgie».

C'est son nouveau terme, là, depuis quelques jours. Il parle de

nostalgie.

Bien, moi, je

trouve premièrement que c'est arrogant envers les gens des régions, qui ne sont

pas nostalgiques. Tout ce qu'ils veulent, là, c'est avoir de l'emploi et

du développement dans leur région.

Puis, s'il

parle de nostalgie, là, parce qu'il n'arrête pas de nous dire... puis le député

de Dubuc y a fait référence, aux

situations de l'emploi entre 2013 et aujourd'hui, là. Institut de la

statistique du Québec, là, je n'invente rien, là. Le nombre d'emplois au Saguenay—Lac-Saint-Jean en 2013 : 128 000. Le

nombre d'emplois aujourd'hui, en 2016 : 126 700. On ne me parlera pas d'une augmentation d'emplois,

là. Et c'est l'institut de la statistique qui nous le dit. Emplois à temps

plein en 2013 : 101 600. Emplois à

temps plein aujourd'hui, 2016 : 99 600. Alors, ce n'est pas une

augmentation du nombre d'emplois, ça, c'est une diminution du nombre

d'emplois.

Puis le député de Dubuc nous a dit... on avait

trois ministres forts à l'époque où on était au gouvernement, au Parti québécois, on se serait attendus à un geste

important. Savez-vous quel geste important qu'on a fait, M. le Président?

Tellement important que le gouvernement,

quand il est arrivé en place, ils l'ont maintenu? C'était d'organiser le sommet,

le sommet de la région en 2015.

On a perdu

les élections en 2014. Le gouvernement, avec M. le premier ministre, qui était

ministre de la région, n'a pas eu le

choix de maintenir cette belle initiative, qui était saluée partout, sauf

qu'ils en ont fait à peu près n'importe quoi parce qu'il y a eu

10 chantiers en juin 2015, j'y étais. On avait deux minutes de droit de

parole, là, autour de la table du sommet de

2015. Le député de Dubuc était là aussi. Donc, le gouvernement a modifié la

trajectoire d'un vrai sommet que

nous, on avait commencé à planifier comme gouvernement. On avait deux minutes

de droit de parole autour de la table. 10 chantiers qui ont été

établis, 10 sur des enjeux fondamentaux de la région. Le ministre vient de nous

dire : Ah! il y a eu deux rapports de

suivi. Deux sur 10. Ça va faire deux ans qu'on a ce chantier-là, qu'on a eu ce

sommet-là. J'arrête ici parce que je vais m'emporter.

Mais ce dont

il est important de parler aujourd'hui... Puis je voudrais qu'on arrive à la

fin de cette interpellation avec des

résultats, avec des résultats pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean en compagnie du gouvernement. Moi,

je veux parler de Rio Tinto. C'est un

enjeu fondamental au Saguenay—Lac-Saint-Jean, je n'ai pas besoin d'insister là-dessus. Vous venez d'une région, M. le Président, où Rio

Tinto a été impliqué également, à Shawinigan. Mais, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est encore extrêmement présent.

C'est un producteur privé d'électricité. Il détient de lit de la rivière Saguenay, c'est quand même

extraordinaire. Puis il y a eu une entente de continuité signée en 2006 et des

ententes d'investissement qui allaient avec ça, également.

Ce dont on

s'aperçoit, 10 ans après la signature de l'entente de continuité, c'est

que nous sommes encore en attente, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

d'investissements majeurs qui avaient été annoncés et convenus dans l'entente

de continuité. Il y a eu évidemment des

réalités du marché international. Depuis 2006, Alcan a été achetée par Rio

Tinto. D'ailleurs, le gouvernement libéral de M. Charest, à l'époque, n'avait pas levé le petit doigt pour

s'opposer à ça parce que le

siège social d'Alcan était à Montréal. Et, au mois de janvier, donc il y a quelque

semaines à peine, dans le comté du député de

Dubuc, Rio Tinto a annoncé des réductions d'emplois à l'usine de

Grande-Baie, qui est un modèle à travers tout le monde l'aluminium, l'usine Grande-Baie est un modèle. 103 emplois de

moins qui ont été annoncés. C'est souvent les jeunes qui vont en subir les conséquences. On en a rencontré, nous,

comme députés, des travailleurs de Grande-Baie.

Alors, la question, et on n'a jamais eu de

réponse là-dessus, on avait proposé de faire le bilan de l'entente de continuité 10 ans après en commission parlementaire. Le grand patron de Rio Tinto,

Gervais Jacques, dans une lettre ouverte il y a une semaine, à peu près,

dans Le Quotidien , a dit qu'il était prêt à collaborer.

Alors, moi,

je veux voir avec le gouvernement comment on peut faire le bilan de cette entente

de continuité parce qu'on a de grands atouts à offrir à la compagnie

au Saguenay—Lac-Saint-Jean :

une main-d'oeuvre de qualité, une énergie à bon marché, l'aluminium le plus vert au monde, des produits de niche, une

expertise. Entre une commission parlementaire,

où on fait le bilan de l'entente de continuité, et l'ouverture manifestée par

Gervais Jacques de Rio Tinto, où on

est capables de trouver la piste d'atterrissage avec le gouvernement pour

s'assurer, en 2017, pas d'avoir juste des mauvaises nouvelles, mais des

bonnes nouvelles de Rio Tinto?

Le Président (M. Auger) :

Merci. M. le ministre.

M. Coiteux : Oui. Je vais parler, bien sûr,

de Rio Tinto puis de l'aluminium, mais, comme le député

de Jonquière a commencé son dernier bloc sur la question

de l'emploi, vous me permettrez d'y revenir. Le député

de Jonquière a dit une

chose qui est tout à fait exacte quand il a commencé. Il a dit : On a

défi démographique au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Puis ça a été confirmé par

mon collègue député de Dubuc. C'est vrai qu'il y a un défi démographique. Il y

a un défi démographique au Québec

dans son ensemble, hein? La population, dans le segment

qui, habituellement, est actif sur le marché du travail, est en

diminution aujourd'hui au Québec, peut-être dans certaines régions davantage

que dans d'autres, mais elle est en diminution. Donc, c'est certain qu'il

y a un impact là sur l'économie.

Mais je

rappellerai que, pour maintenir à peu

près la stabilité de l'emploi

au Saguenay—Lac-Saint-Jean, il a quand même

fallu récupérer du terrain qui a été perdu entre octobre 2012 et avril 2014,

hein? Les 9 900 emplois perdus

pendant cette période-là, s'il avait

fallu qu'on en reste là, le bilan que nous montrait le député de Jonquière

serait pas mal pire, n'est-ce pas?

Mais, depuis, il s'en est créé 8 000. Hein, le point de départ, là, c'est

de renverser la tendance. Puis cette tendance a été renversée. Puis c'est pour ça, en

bonne partie, pas uniquement, mais c'est pour ça qu'en bonne

partie le taux de chômage, il a diminué dans la région puis

que les autobus qui partent vers Montréal et Québec puis qui ne ramènent

pas les jeunes, qui les laissent à Montréal

ou à Québec, bien, leur cadence a diminué un peu. Je ne suis pas en train de

dire que tout est réglé, là, je ne suis pas en train de dire que tout est

réglé.

le député de Jonquière avait peur de s'emporter en parlant du sommet

économique, mais mon collègue député de

Dubuc avait raison lorsqu'il a dit, tout à l'heure : Oui, mais il y avait

cinq députés puis trois ministres, puis des ministres importants, là, des ministres de la région qui

avaient de l'envergure au gouvernement, et puis ils ne l'ont pas organisé,

pendant ce temps-là, le sommet. 18 mois. Ils

ne l'ont pas organisé. Ça a été quoi, la vision du développement de la région

qui a été mise sur pied, qui a été mise de

l'avant par le gouvernement pendant ces 18 mois? Puis c'est quoi, la vision du

développement économique de l'opposition

officielle pour l'ensemble des régions du Québec, à part de dire :

Revenons donc à comment on faisait les choses dans le bon vieux temps?

C'est quoi, leur vision? Je n'en vois pas, de vision.

Maintenant,

venons-en à Rio Tinto parce que c'est quand même important. J'ai eu d'ailleurs,

moi, le... C'était avant que je sois

au gouvernement, là, ceci dit, je suis allé dans la région depuis aussi. Mais,

avant même d'être dans la région, je

suis allé visiter les installations de Rio Tinto Alcan, notamment pour

constater les investissements qu'il faisait dans AP60.

Vous savez, ça ne

veut pas dire que tout va bien dans l'industrie de l'aluminium, là. Puis ce

n'est pas juste un phénomène québécois, puis

ce n'est pas juste un phénomène Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est un marché mondial, là,

l'aluminium, qui a ses propres paramètres et puis qui dicte un petit peu ce qui

se passe partout dans le monde. Mais néanmoins

les investissements que prévoyait faire initialement Rio Tinto Alcan dans la

région, notamment, là, par rapport à

AP60, là, je mentionnais que j'ai visité les installations, Rio Tinto Alcan

s'était engagé à investir 570 millions. Or, dans les faits, ils ont investi 1,3 milliard de

dollars dans la région pour AP60. La modernisation de la centrale de Shipshaw,

c'est un engagement initial d'investir

135 millions. Dans les faits, ils ont investi 282 millions de

dollars. Et même dans un contexte de

l'industrie de l'aluminium qui n'est pas facile à l'échelle mondiale,

l'entreprise a investi près de 300 millions de dollars au cours de

la dernière année.

Alors,

est-ce qu'on voudrait que ça soit plus que ça? Oui, bien sûr, on souhaiterait

que ça soit plus que ça, et on travaille

avec Rio Tinto Alcan. Et on a mis sur pied une stratégie québécoise de

l'aluminium aussi, donc, qui a été dévoilée à Saguenay le 19 juin 2015. On a alloué à ça, nous, comme gouvernement,

justement pour appuyer les efforts des entreprises qui investissent dans la région notamment,

32,5 millions sur trois ans. Et l'un des outputs de cela, puis ça ne sera

pas le seul, c'est un des premiers,

mais il va y en avoir d'autres, c'est qu'on a accordé un financement à la

Société de la Vallée de l'aluminium

pour un projet parce que, dans le fond, ce qu'on veut aussi, ce n'est pas

seulement de produire des lingots puis

de la toile... pas de la toile, mais des tôles d'aluminium. Ce qu'on veut,

c'est produire aussi des produits transformés à même l'aluminium. Et là on a alloué 750 000 $ à ce projet-là.

Puis ça, c'est un output direct de la stratégie québécoise de l'aluminium.

Alors,

il est faux de dire que Rio Tinto Alcan n'investit pas dans la région. Il est

très faux, archifaux, de dire que le gouvernement

n'appuie pas, par ses politiques et ses stratégies, de l'investissement dans le

secteur de l'aluminium dans la région.

Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Nous allons

poursuivre avec M. le député de Dubuc. Cinq minutes également, M. le

député.

M. Simard :

Merci, M. le Président. Je suis encore une fois, M. le Président, estomaqué

d'avoir entendu mon collègue de Jonquière, qui parle du sommet comme

quelque chose qui ne rend pas service à la région. Après qu'on a eu fini ce sommet-là, M. le Président, l'ensemble

des régions du Québec voulait avoir la possibilité d'en faire un, M. le Président. Pourquoi? Parce que les gens avaient

besoin de se donner une vision sur le développement de leurs régions,

alors que, dans la nôtre, c'est fait maintenant.

n'est pas fait de n'importe quelle façon, M. le Président. Il y a eu 1 200

personnes qui se sont rencontrées pendant, je vous dirai, une bonne

partie de l'année 2015, c'est-à-dire tout le

printemps, avant le jour J du sommet. Et puis ces gens-là se sont posé des questions. Ils ont laissé leur

famille, ils sont allés dans des rencontres des différentes MRC pour parler

des sujets qui les intéressent, pour

s'assurer que notre région, sur les 10 prochaines années, va avoir un

développement intéressant et une

vision globale pour ne pas tirer un petit peu n'importe comment, n'importe où.

C'est ça qui s'est passé là-dessus, 1 200 personnes.

Maintenant,

par la suite, le premier ministre a rencontré, justement, les leaders de la

région pour être en mesure de se donner un travail, un suivi par rapport à ce

qui s'est donné lors de la journée du sommet. On a réuni, dans des tables de travail... 11 tables de travail qui vont

sur les différents sujets, différentes priorités qu'on s'est données pour se

développer. 150 personnes ont été choisies

pour ces tables-là, mais, sur les 11 tables, il y avait un président et, la

plupart du temps, deux coprésidents

qui travaillaient sur ces tables-là, M. le Président, et qui ont, eux, quant à

eux, réuni 150 personnes qui ont

travaillé pour être en mesure, dans les différents thèmes, là... travailler

pour se donner une vision pour être en mesure de se donner les outils pour qu'on puisse, nécessairement dans les 10

prochaines années, être en mesure de se développer.

quand j'entends, moi, mon collègue qui vient dénigrer le travail de ces

gens-là, M. le Président, je trouve ça regrettable,

honnêtement. Puis je suis convaincu, peut-être, que ce n'est pas ça qu'il

voulait faire, là, mais une chose est certaine,

c'est ça qu'il a fait dans ses propos, M. le Président. Et ça, un petit peu, ça

me choque, ça a tendance... parce que

c'est un sommet économique qui a été fait par le monde de la région pour le

monde de la région. Et, véritablement, je pense qu'on n'a pas encore fini le travail. On le sait, il y a quelques

tables qui ont remis leur analyse, et, le ministre l'a dit tantôt, le nouveau fonds qui va être

disponible au niveau du développement et du rayonnement des régions va servir

à mettre en place différents choix que la région va avoir faits.

On est en avance, M. le Président, sur

les autres régions qui devront faire un exercice semblable pour prioriser

des projets, et chez nous, dans notre

région, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

on a l'avantage d'avoir fait ce travail-là

et on est en avance. Donc, si on

travaille ensemble avec mes collègues de l'opposition, on va être en

mesure, encore une fois, de mettre

l'épaule à la roue tout le monde ensemble pour aller plus rapidement

vers les objectifs qu'on poursuit tout

le monde ensemble de créer de l'emploi, d'arrêter les jeunes de s'en

aller ailleurs et véritablement d'avoir un avenir chez nous.

Quand

je regarde, M. le Président, l'ensemble des projets qu'on a sur la table à

dessin au moment où on se parle, là,

je pense qu'on va avoir la possibilité, si on travaille ensemble, de ramener les gens

chez nous parce qu'ils vont être en

mesure de bien gagner leur vie, de se

rapprocher de leur famille et de bénéficier de la qualité de vie qu'on a dans

notre région, parce qu'il faut le

dire, chez nous, on a une qualité de vie incroyable. On est proche de la

nature, des grandes files d'attente

pour s'en aller au travail, on ne connaît pas ça, M. le Président, chez nous.

Quand ça prend sept minutes de plus, on prend un air, et, véritablement,

on a une qualité de vie incroyable.

véritablement, le sommet économique qui a été établi chez nous, par les gens de

chez nous, aidés par l'ACCORD, par

les fonctionnaires pour s'assurer, justement, du suivi de cet exercice-là, M.

le Président, ça va servir notre région. Et ça ne sera pas des fonctionnaires qui vont avoir fait ça. Ça ne sera pas le

gouvernement à Québec qui va avoir fait ça. Ça va être des gens de chez nous qui vont avoir

travaillé pour leur famille, qui vont avoir travaillé pour le bien de la

population, pour qu'on puisse se

développer, et on va avoir une vision, on ne tirera pas sur tout ce qui bouge,

là, on va avoir une vision globale pour être en mesure d'être des

gagnants, M. le Président, et c'est comme ça, moi, que je vois ma région.

Le Président

(M. Auger) : Merci, M. le député. Nous allons poursuivre. Pour

les cinq prochaines minutes, M. le député d'Arthabaska.

M. Lefebvre :

Merci beaucoup, M. le Président. Je voudrais commencer à mon tour par saluer le

ministre des Affaires municipales,

Occupation du territoire, député de Dubuc, député de Jonquière, Mme la députée

de Chicoutimi. Merci aujourd'hui de

me donner l'occasion de ma première intervention dans le cadre d'une

interpellation. Comme vous vous en

doutez, je vais revenir aujourd'hui sur le sujet que j'ai abordé cette semaine

en période de questions, sur l'entente de continuité signée par Rio

Tinto.

Mais

avant je vais faire un petit détour qui va me permettre de démontrer pourquoi

je crois qu'il est primordial que le

gouvernement en fasse plus pour la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Vous le savez, les jeunes quittent

la région du Saguenay. Encore en

décembre dernier, le président de la chambre de commerce du Saguenay-Le Fjord,

Carl Côté, disait dans Le

Quotidien , et je cite : «J'entends des gens d'affaires dire à leur

enfant de ne pas rester dans la région parce qu'il n'y a pas d'avenir

pour eux ici. Il faut réagir collectivement, rapidement. En région, l'exode

s'accentue.»

Vous

voyez, ça, ça me préoccupe beaucoup quand le président de la chambre de

commerce, M. le Président, parle à un

journaliste d'une problématique de la sorte. Et les données de l'Institut de

statistique démontrent que son affirmation, elle est vraie. De 2011 à 2015, le nombre de jeunes de moins de 20 ans

au Saguenay—Lac-Saint-Jean

a diminué de 4 %. La même chose

pour les 35 ans, qui a diminué également de 4 %. Pendant ce temps-là, la

population des 50 ans et plus a

progressé de 6,8 %. Bref, la population du Saguenay—Lac-Saint-Jean, M. le Président, vieillit, et ceux

qui devraient la remplacer et assurer

la vitalité de la région, bien, eux, ils quittent. Leur nombre diminue. L'âge

moyen y est supérieur de deux ans à l'âge moyen de l'ensemble du Québec.

Dans 20 ans, M. le Président, l'âge moyen sera de 49 ans.

C'est

vrai que le Québec au complet vieillit. Mais, quand les jeunes quittent une

région, c'est une région qui vieillit encore

plus vite. Et, quand une région vieillit encore plus rapidement, il faut se

demander pourquoi. Alors, pourquoi ils quittent?

Dans le même article,

M. Côté mentionne qu'une des problématiques, c'est qu'il n'y a pas de

grands projets gouvernementaux ou de grands

projets privés. Dans les années 90, début des années 2000, ce type de projets

permettait aux jeunes d'avoir un

emploi et surtout un emploi de qualité. Mais maintenant ils constatent qu'il

n'y en a plus pour les retenir.

J'ai

regardé les statistiques de l'emploi dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et j'ai été surpris de ce que j'ai

vu.

Malgré ce qui se passe au Québec, ce qu'on voit, c'est que, depuis le mois

d'août dernier, le taux de chômage de la région augmente. Et j'aimerais

corriger le ministre au niveau du pourcentage de chômage que le ministre avait mentionné à 6,9 %, il est bien rendu à

7,6 %, comparativement à 6,3 % pour le reste du Québec, soit

1,3 % de plus. Au-delà de ça, il

y a une

partie de l'explication qu'il est encore plus difficile de trouver un

emploi en région. Et, quand on regarde les

salaires, un élément d'information encore plus significatif, en 2016, le

pouvoir d'achat des travailleurs du Saguenay—Lac-Saint-Jean

a diminué de 2 %. Le coût de la vie augmente, mais les salaires ne suivent

pas.

Pendant

ce temps-là dans le reste du Québec, les salaires ont progressé de 3 % et

le pouvoir d'achat de 1 %. Alors, les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean gagnaient, en 2016,

2 300 $ de moins que dans le reste du Québec. Ça, ce qui dit que, malgré le fait que, dans le reste du Québec,

le taux de chômage se porte relativement bien, le pouvoir d'achat des

travailleurs du Saguenay, eux, augmente. La situation se détériore. Les gens

qui trouvent des emplois doivent accepter de moins hauts salaires. Il ne

faut pas oublier qu'il y a eu également une hausse de 1 000 $ au

niveau des taxes, des différents tarifs depuis trois ans. Je crois que ça peut

expliquer pourquoi que les jeunes quittent la région.

crois également que c'est pour ça que le président de la chambre de commerce a

dénoncé la situation. L'économie, il

faut être honnête, du Saguenay—Lac-Saint-Jean, présentement, est morose. Et c'est pour ça que je vous

ai parlé de Rio Tinto cette semaine et que

je vous en parle. C'est un exemple de la vision gouvernementale. Je répète les

propos de mon collègue de Jonquière, qui

rappelle que Rio Tinto a annoncé récemment la diminution de 103 emplois.

Je le répète parce que c'est important, ces emplois-là, pour la région. On

comprend que Rio Tinto va demander au gouvernement de reporter les investissements qu'il

devait réaliser d'ici la fin de 2018. Le gouvernement du Québec, dans ce dossier, ne fait rien pour exiger que Rio Tinto

respecte ses engagements et laisse aller les choses. L'économie de la région, M. le Président, doit être stimulée. C'est

la clé principale pour retenir les jeunes en région, mais malheureusement

les derniers développements laissent croire

que le ministre responsable de la région, qui est aussi le premier ministre, a

peu d'intérêt pour la question du développement économique de la région.

Le Président

(M. Auger) : Merci, M. le député d'Arthabaska. M. le ministre,

toujours cinq minutes.

M. Coiteux :

Vous me permettrez de commencer par saluer le député d'Arthabaska pour sa

première expérience en matière de...

Il n'est pas l'interpelé, il fait

partie des interpelants, mais néanmoins il

participe à une interpellation. Donc, bienvenue

dans cet autre aspect de la vie de l'Assemblée nationale. Et je suis certain

qu'au-delà de nos divergences on trouvera

des occasions de travailler de façon collaborative, certainement. Mais

divergences il y a sur un certain nombre de choses, puis il va falloir

qu'on s'en parle un peu ce matin.

J'étais

quand même... j'écoutais bien, là, il y a des aspects de ce que nous a dit le

député d'Arthabaska qui étaient un

petit peu en porte-à-faux avec ce qu'on entend du leader de la deuxième

opposition, qui est le chef de son parti, parce que j'ai entendu que l'emploi progressait bien au Québec, j'ai entendu

que le pouvoir d'achat progressait au Québec, donc la capacité des ménages d'acheter des biens et

services progressait. Donc, c'est un peu en porte-à-faux avec le discours,

qui est parfois un peu misérabiliste, qu'on

entend du côté de son parti. Mais il me dit :

Malgré le fait que ça va

très bien dans l'ensemble, c'est ce

que j'ai entendu, c'est vraiment ce que j'ai entendu, je ne pense pas m'être

trompé, ça va très bien dans

l'ensemble, il y a des défis particuliers dans certaines régions, dont le

Saguenay—Lac-Saint-Jean.

C'est ce que j'ai entendu. Je voulais

juste le noter parce que ça veut dire qu'on pourra avoir des débats un petit

peu équilibrés, peut-être, avec son chef au cours des prochains jours,

des prochaines semaines, puis ça sera bon de se le rappeler.

Ceci

étant, il n'en reste pas moins que la situation s'est améliorée au Saguenay—Lac-Saint-Jean depuis 2014. La situation s'est améliorée. Est-ce qu'elle s'est

améliorée au-delà de toutes nos espérances? Non, non, non. Puis c'est pour ça qu'on veut travailler ensemble avec tout

le monde pour faire en sorte qu'on ait encore de meilleurs résultats. Puis le

premier ministre est le premier à se

préoccuper de ça, comme tous les membres du gouvernement, puis tout le caucus

de notre côté, puis particulièrement

le député de Dubuc, qui est un député de la région. On a tous à coeur le

développement de la région. Mais il

faut quand même partir de la réalité des faits, puis la réalité des faits,

c'est qu'il s'est quand même créé,

depuis avril 2014, plus de 8 000 emplois dans la région puis que ça a

largement contribué à stabiliser la situation par rapport à ce déclin très important de l'emploi que je ne pars pas à

la dernière crise financière mondiale, là, en 2008, que je pars juste en

octobre 2012. Puis c'est un autre parti qui a gouverné pendant cette

période-là.

C'est

important de le noter parce que l'approche, pas par intention de mal faire...

je suis d'accord avec le député de Dubuc,

je ne peux pas imaginer un instant que le député de Jonquière, ou la députée de

Chicoutimi, ou d'autres membres de leur formation avaient l'intention de

mal faire en matière de développement économique au Lac-Saint-Jean ou au Saguenay—Lac-Saint-Jean, je suis certain qu'ils n'avaient

pas cette intention. Mais les résultats, malheureusement, n'ont pas été là. Puis il y a peut-être parce que les

instruments qu'ils utilisaient ou qu'ils n'utilisaient pas n'étaient pas les

plus appropriés. Alors, la situation

s'est améliorée. Mais elle n'est pas encore totalement à la hauteur de nos

espoirs. C'est pour ça qu'il faut continuer de travailler.

député d'Arthabaska a dit que c'était important de retenir les jeunes familles.

Oui, absolument, c'est archi-important, encore plus dans un contexte

d'une démographie qui est difficile. Mon collègue de Dubuc a dit tout à l'heure : Le premier ingrédient pour

retenir les familles, il faut qu'il y ait des jobs. J'en conviens. Donc, c'est

une bonne chose d'avoir renversé la

tendance négative, puis d'avoir créé 8 000 emplois, puis d'avoir abaissé

le taux de chômage. C'est un

ingrédient important. C'est probablement l'ingrédient le plus important. Mais

il faut aussi que ce soit des milieux accueillants.

Est-ce que le gouvernement peut tout faire? Non, mais le gouvernement a fait un

certain nombre de choses dans la

région, directement liées à ce que disait le député d'Arthabaska, comment faire

en sorte que ce soit des milieux accueillants pour les jeunes familles.

vais donner des exemples. Ce n'est pas nécessairement des projets à coups de

centaines de millions de dollars, mais ça peut avoir un impact dans des

communautés locales...

Le Président

(M. Auger) : Juste un instant. M. le député d'Arthabaska?

Le Président

(M. Auger) : Pardon?

Une voix :

Le député se sent mal. Il a une chute de pression.

Le Président

(M. Auger) : Oui. Je vais suspendre quelques instants.

(Suspension de la séance à

11 h 1)

Le Président (M. Auger) : Nous

reprenons nos travaux. M. le ministre.

M. Coiteux : Bien d'abord, écoutez, l'interruption est

due à un malaise du député

d'Arthabaska, à qui je souhaite

le plus prompt rétablissement, là. On est

tous préoccupés, là, et je pense que ça va être dans nos pensées par la suite

de nos discussions.

Alors,

j'étais en train, dans mon échange

avec le député d'Arthabaska, de parler de certains investissements qui n'étaient pas nécessairement des investissements à

coups de centaines de millions de dollars, mais qui avaient un impact direct pour la... dans le fond, l'attrait des

municipalités locales au Lac-Saint-Jean pour les familles. On a financé

notamment la rénovation de la salle communautaire d'Hébertville, on a

financé le réaménagement du centre multifonctionnel L'Ascension-de-Notre-Seigneur, on a travaillé sur la bonification de

l'offre touristique de la Fondation Jardin Scullion dans la

partie est

du Lac-Saint-Jean, la rénovation du chalet d'accueil du club «Perce-Neige» de

Bégin. Ce sont des investissements qui,

parfois... puis ils sont... Dans les programmes du MAMOT, là, ça peut être

différents volets de nos programmes d'infrastructure, mais ce sont tous

des investissements qui contribuent.

Président (M. Auger) : Merci. Nous allons poursuivre. M. le

député de Dubuc. M. le député, cinq minutes.

M. Simard : Oui, merci, M. le Président. Maintenant,

M. le Président, je veux revenir un peu sur, bien sûr, ma région, qui, par rapport à ce qu'on a dit

dans... par rapport à l'emploi. Tout à l'heure, j'entendais le

député de Jonquière,

qui parlait justement des difficultés dans

le haut du lac, c'est-à-dire plus dans le comté du premier ministre. C'est facilement comprenable, M. le Président. Pour les gens

du... Est-ce qu'on continue, là? Est-ce qu'on continue, M. le Président? O.K., je ne savais pas si

vous aviez arrêté la séance, là.

Le Président (M. Auger) : Absolument

pas, monsieur.

M. Simard : O.K., d'accord, merci. Parce qu'en réalité, M. le Président,

on est dans une industrie forestière. Le Saguenay—Lac-Saint-Jean correspond à peu près à 28 % de l'industrie forestière du Québec.

Donc, lorsque la forêt a des

difficultés, là, on a eu une accalmie qui fait que, bon, le taux d'emploi est quand même

supérieur à ce qu'il était parce que

la crise forestière qu'on a passée, qui ne finissait plus de finir, a eu des

impacts majeurs au niveau de la forêt et dans le haut du lac, bien sûr, M.

le Président.

Maintenant,

au moment où on se parle, oui, il y a une accalmie, mais je vous dirai que les

problèmes collatéraux, ils ont

demeuré parce que ça ne se reprend pas du jour au lendemain nécessairement, une industrie telle la forêt, qui... ça fait quasiment 10 ans qu'on a des problèmes. Mais

une chose est certaine, M. le

Président, c'est que le premier ministre a posé des gestes qui sont très importants. Tout à l'heure, le député de Jonquière parlait des deux MRC, et, véritablement, le premier ministre le sait, ça, c'est dans son comté, et il veut nécessairement être en mesure de donner la chance aux gens de son comté qui bénéficient justement

de cette industrie forestière, mais, momentanément, depuis plusieurs

années, ont des difficultés.

Donc, qu'est-ce qu'on a fait? Le premier ministre a travaillé justement pour que le projet

de... le 26 millions accordé au

zoo se fasse et qu'on puisse nécessairement donner les coudées franches pour être en mesure

d'aider le secteur touristique parce

qu'on le sait on veut augmenter...

Avec cet investissement-là, la région va mettre aussi un investissement, c'est un projet de 32 millions. Maintenant, on va augmenter l'achalandage, on veut augmenter

l'achalandage de 25 %, de passer

de 150 000 à 200 000,

chose qui va rendre service à l'ensemble de la région parce qu'en réalité le

zoo — il faut

connaître la région — est dans le haut du Lac-Saint-Jean, et,

véritablement, quand on arrive par le parc des Laurentides, on traverse la région, donc on passe dans tous les beaux

villages et on risque nécessairement d'avoir des retombées sur l'ensemble

de la région.

Maintenant,

on a aussi, comme gouvernement, investi dans les serres qui vont produire des

concombres. Tout le monde en parle,

là, ça a eu beaucoup de couverture

médiatique, très souvent négative pour toutes sortes de raisons, M. le Président, parce

qu'on le sait les syndicats sont en

maraudage, etc. Donc, on en a parlé amplement. Mais, à terme, c'est une entreprise

qui va engager 400 personnes, M. le

Président, 400 personnes dans le haut

du lac. Ça vient diversifier l'économie forestière d'une

façon extrêmement importante. Donc, de là l'importance que tout le monde de la région pousse

dans ce projet-là pour être en mesure qu'on réussisse cette

démonstration-là.

Emploi-Québec investit... si ma mémoire est

bonne, c'est 600 000 $ pour former les travailleurs de cette industrie-là, ces 400 employés qui,

nécessairement... Des serres, chez nous, on n'en a pas. On a Serres Sagami chez

nous, mais, dans le haut du lac, il

n'y en a pas. Donc, il faut former ces employés-là. 600 000 $ pour

être en mesure de bien former ces

employés-là avec une technologie qui est inexistante au Québec, une technologie

qui va permettre, encore une fois, d'être plus productif.

Soit dit en

passant, M. le Président, pour ceux que ça intéresse, IGA, tu sais, c'est

l'annonce du commanditaire, vend les

concombres de... qui se font à Saint-Félicien. Et également, si vous allez chez

Subway, M. le Président, vous mangez

des concombres de Saint-Félicien.

Donc, c'est partout au Québec. Ça, c'est le message du commanditaire, soit

dit en passant.

Mais comme

ça, M. le Président, si on met tout le monde l'épaule à la

roue, on va tous être gagnants parce

que ce sont des nouveaux emplois, qui

sont inexistants, qui viennent justement diversifier l'économie du haut du lac, et,

comme l'a dit le député de

Jonquière, je pense que le haut du lac mérite qu'on mette

ensemble les gens de la région au travail, arrêter — justement,

des fois, il faut choisir nos mots — de dénigrer cette

entreprise-là, lui donner toutes les coudées franches pour qu'elle soit

gagnante partout au Québec, M. le Président. Merci.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Dubuc. Pour les

cinq prochaines minutes, Mme la députée de Chicoutimi.

Mme Jean : Merci. Je profiterai quand même de l'occasion

pour souhaiter un prompt rétablissement au député d'Arthabaska, qui, on

me dit, va déjà quand même un peu mieux. Donc, les nouvelles sont bonnes.

prendrai l'opportunité qui m'est offerte aujourd'hui pour partager avec vous

mes inquiétudes sur trois sujets. D'abord,

suite aux événements dont nous avons été témoins récemment, alors que la

Fondation Hôtel-Dieu de Sorel recevait une

directive ministérielle, l'interdiction d'acquérir un appareil permettant de

diagnostiquer les cancers du poumon, parce qu'il considère que les patients n'ont pas besoin de cet ajout de

service et qu'ils n'ont qu'à se déplacer à Saint-Hyacinthe, ça a été la

réponse du ministre, le ministre Barrette a appliqué le même argument

pseudo-scientifique qui justifiait l'interdiction

des chirurgies d'oesophage à Chicoutimi, qui était basé sur le volume plutôt

que le service à la population.

Mais

là n'est pas la question. Ce qui m'inquiète aujourd'hui est que nous avons à

Chicoutimi une institution dont nous

sommes très fiers, La Fondation de ma vie de l'hôpital de Chicoutimi. Depuis sa

création, en 1980, La Fondation de ma

vie supporte financièrement son hôpital sur des projets prioritaires

d'acquisition d'équipements médicaux de pointe et des projets

d'aménagement pour l'amélioration des soins aux usagers. La fondation soutient

également la mission universitaire de son

hôpital en finançant des projets de recherche et en supportant le programme

d'enseignement offert aux jeunes

médecins qui choisissent la région pour suivre leurs études. Grâce à son

dynamisme et à son implantation solide dans la communauté saguenéenne,

elle a remis, imaginez-vous bien, 20 millions de dollars à l'hôpital.

le Président, nous nous inquiétons du sort réservé à notre fondation. Nous nous

inquiétons des décisions qui empêchent

une population locale de se doter d'équipements de pointe. Est-ce que le

gouvernement libéral appliquera à l'Hôpital de Chicoutimi et sa fondation la

même médecine qu'il a faite à Sorel-Tracy? La question mérite d'être posée.

L'autre

sujet dont je tiens à vous parler touche l'éducation et, plus précisément,

l'éducation des jeunes autochtones. M.

le Président, le projet d'école hors réserve a été initié à Chicoutimi. Ce

projet vise la persévérance scolaire et la réussite des élèves. Il s'agit de la seule école autochtone

hors réserve du Québec. 20 jeunes autochtones y participent, divisés en deux classes : maternelle, deuxième année. En

plus du programme régulier de l'école québécoise, les jeunes y ont accès

à des ateliers en innu et en attikamek. On y intègre des parents d'élèves

autochtones dans les comités de parents. Les partenaires

impliqués sont le Centre d'amitié autochtone du Saguenay, la commission

scolaire, le ministère de l'Éducation du

Québec et le Conseil en éducation des Premières Nations. Amorcé en septembre

2016, le projet prendra fin en juin 2017 pour des raisons financières,

parce que le gouvernement du Québec a refusé de renouveler son financement.

Pourtant,

le projet est prometteur et crée un engouement auprès non seulement de la

commission scolaire, qui désire poursuivre

le projet, mais aussi auprès de l'Assemblée des premières nations du Québec et

Labrador et aussi, et surtout, auprès des parents, qui, eux aussi,

souhaitent voir l'expérience se poursuivre. M. le Président, nous demandons au ministère de l'Éducation et au ministre délégué

aux Affaires autochtones de reconduire le financement de cet important

projet pour l'avenir des jeunes autochtones.

Enfin,

je profiterai des courtes minutes qui me restent pour mentionner qu'au Saguenay—Lac-Saint-Jean nous comptons sur une industrie

agricole importante. Cette industrie repose sur le dévouement, l'audace et

l'ingéniosité des agriculteurs. Ils

ont à coeur le bien de la population et le bien de leurs bêtes. Ils déplorent,

entre autres, la disparition des abattoirs

québécois, qui les met à la merci des abattoirs américains. En plus de voir

leurs bêtes, qu'ils chérissent, transportées pendant des heures et des

heures avant leur destination finale, ils voient leurs revenus fondre au

soleil. Est-ce que le gouvernement étudie des opportunités pour aider ces producteurs?

n'est pas le seul problème rencontré par nos agriculteurs. Ils sont face à un

sérieux problème de relève et de transfert

aux enfants. Ce problème est accentué par des politiques fiscales qui,

malheureusement, avantagent la vente à des acheteurs étrangers. Comme résultat, la ferme est vendue à des personnes

ou des entreprises localisées à l'extérieur de la région. Le problème n'est pas qu'ils soient

étrangers, mais que, souvent, la terre se retrouve en exploitation intensive

qui risque d'être néfaste à court et moyen termes.

gouvernement du Québec a adopté en 2015 de nouvelles mesures fiscales pour

favoriser le transfert d'entreprises familiales à la génération

suivante. Toutefois, ces mesures se retrouvent bloquées à Ottawa, qui n'emboîte

pas le pas. Est-ce que le gouvernement

libéral entend faire les pressions qui s'imposent auprès d'Ottawa pour corriger

la situation?

Enfin,

je voulais terminer sur une note joyeuse parce que j'attire l'attention sur le

fait qu'au Saguenay—Lac-Saint-Jean

on fait une production de la luzerne, qui

est l'aliment principal pour les bêtes, sans OGM. Donc, il y a des démarches

qui sont entamées pour être reconnue

comme la région agroboréale et nordique, qui permettrait d'être reconnue comme

une production biologique, ce qui

donnerait un avantage stratégique particulier aux producteurs de la région. On

espère que le gouvernement du Québec

va continuer d'ailleurs les actions qui sont enclenchées là-dedans, et qu'ils

vont poursuivre, et surtout mettre

des actions pour pouvoir accélérer le processus pour avoir cette

accréditation-là le plus vite possible.

Le Président

(M. Auger) : Merci. M. le ministre.

M. Coiteux :

Alors, merci, M. le Président. Bon, beaucoup d'éléments, beaucoup d'éléments

dans l'intervention de la députée de Chicoutimi.

Évidemment, le premier

bloc portait sur le secteur de la santé. D'abord, il faut bien comprendre

l'objectif qui est poursuivi par le

gouvernement puis l'objectif qui est poursuivi notamment par le ministre de la

Santé dans les réformes qui sont

mises en place partout au Québec, là. Ce n'est pas seulement au Saguenay—Lac-Saint-Jean, mais bien entendu que ces

réformes-là se déclinent partout au Québec.

Il y a deux

grands objectifs. D'abord, c'est l'accès, hein? C'est vraiment d'améliorer

l'accès. Donc, il y a toute une série

de mesures qui font en sorte qu'au Saguenay—Lac-Saint-Jean aussi l'accès à un médecin de

famille est facilité par les réformes qui sont mises en place, et il y a

une progression là aussi.

Il y a

évidemment aussi des mesures et des réformes qui visent à favoriser une plus

grande productivité, mais ce que ça

veut dire en définitive : un plus grand nombre de patients qui sont

traités et qui sont vus par les médecins spécialistes, qui sont

poursuivis par les réformes.

Il y a un

changement aussi dans la façon d'organiser les services de santé sur le

territoire, non pas pour retirer des

économies du secteur de la santé puis les transférer dans d'autres missions du

gouvernement, mais, au contraire, les réinvestir

directement dans les soins à la population. Et c'est vrai au Saguenay—Lac-Saint-Jean, comme c'est vrai au

Centre-du-Québec comme c'est vrai partout ailleurs, en Gaspésie, à Laval, peu

importe.

L'alternative, qui serait de ne rien faire,

évidemment, c'est qu'il n'y aurait pas d'amélioration de l'accès, il n'y aurait

pas d'augmentation de la productivité des médecins, et on se retrouverait dans

un contexte, puis on en a abondamment parlé,

avec les défis démographiques qu'on a, il y a une explosion de la demande, si

on n'est pas capables de se

réorganiser, bien, ça va vouloir dire du rationnement, et du rationnement, et

du rationnement, ce qu'on ne veut pas faire,

ce que nous ne ferons pas. Donc, le premier objectif des réformes, au Saguenay—Lac-Saint-Jean comme ailleurs, c'est

d'améliorer l'accès.

Mais il y a

deuxième objectif aussi, c'est la qualité des soins, puis la qualité des soins

est importante. Et, dans cette question de savoir à quel endroit

certaines opérations sont réalisées dans un rayon qui est raisonnable, là,

c'est pour donner la meilleure qualité de soins aux patients. Puis je convaincu

que les citoyens, les familles, les résidents du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

eux aussi, lorsqu'ils vont subir une certaine intervention chirurgicale ou un

certain type de traitement, veulent

avoir accès aux meilleurs soins possibles, accès aux meilleurs spécialistes

possibles. Et ça, bien, toute la

pratique, l'expérience et les études sérieuses qui sont faites sur le sujet

montrent que, pour certains types d'intervention, on a avantage à les concentrer à certains endroits

pour qu'il y ait un volume d'opérations suffisamment important pour que chaque personne qui va avoir à l'intervention

chirurgicale ou au traitement ait le meilleur traitement ou la meilleure

intervention chirurgicale possible.

Alors, moi, je suis convaincu que les citoyens

du Saguenay—Lac-Saint-Jean

ne sont pas différents des autres là-dessus

et veulent les meilleurs soins. C'est ça, l'objectif qui est poursuivi par le

ministre. Il y a des prises... Il y a des échanges parfois assez musclés dans cette Assemblée autour de ses

réformes, mais c'est vers là qu'on s'en va, dans ce double objectif de

l'accès et de la qualité des soins.

Concernant

les nations autochtones... On parlait, donc, des projets en éducation, des

projets qui sont d'autres natures avec

les communautés autochtones. Je suis content d'en parler parce que je ne suis

pas seulement ministre des Affaires municipales

et de l'Occupation du territoire, je suis aussi ministre de la Sécurité

publique. Et j'ai eu l'occasion d'aller à quelques reprises, d'ailleurs,

dans la région, notamment pour travailler avec la communauté de Mashteuiatsh.

Je suis content de dire, d'ailleurs, que,

pour prévenir un certain nombre de situations qui peuvent avoir même un impact

sur la réussite scolaire, on a travaillé avec la communauté de

Mashteuiatsh pour mettre sur pied un projet lié à Prévention jeunesse. C'est une des premières choses,

d'ailleurs, que j'avais faites lorsque je suis devenu ministre de la Sécurité

publique, c'est de mettre en place un

programme qui est destiné à mettre en interaction, en travail ensemble des

intervenants parfois des milieux

policiers, des intervenants des... ça peut être un centre jeunesse, comme ça

peut être une commission scolaire, comme

ça peut être une autre entité du secteur public québécois, et des travailleurs

sociaux, puis des groupes communautaires qui sont engagés sur le terrain.

Et on met en place, à Mashteuiatsh, un tel projet.

Il me reste peu de temps, sinon pour dire que

j'ai entendu le message sur la luzerne sans OGM. Simplement pour saluer le fait qu'en Europe ils aiment bien

les importations agroalimentaires sans OGM. Alors, profitons-en pour

faire la promotion des produits du Lac-Saint-Jean.

Le Président (M. Auger) :

Merci, M. le ministre. M. le député de Dubuc.

M. Simard :

Merci, M. le Président. D'abord, M. le Président, moi, je carbure aux emplois,

et, véritablement, vous savez, ce qui m'intéresse, moi, c'est que les

gens puissent demeurer chez nous, mais y travailler, bien sûr.

j'entendais, tout à l'heure, le ministre parler de Mashteuiatsh. Je dois vous

dire que, lors du sommet économique, il

y a une table importante qui a fait un guide sur les bonnes pratiques pour être

en mesure de faire du partenariat avec les

gens de Mashteuiatsh. Ça a été fait par Mme Paul, et moi, je la salue puis

je la remercie du travail qui a été fait parce que ça peut même devenir, je vous dirais, un modèle pour les autres

régions qui ont aussi des communautés autochtones chez eux, qui veulent travailler avec les

Premières Nations. Et, véritablement, je la remercie, et ça va servir à

l'ensemble du Québec.

Maintenant,

M. le Président, vous le savez, j'en ai parlé tout à l'heure, notre région,

c'est une région forestière. On a la

forêt et aussi on a l'aluminium. Donc, dans les créneaux d'excellence, on le

sait, ça fait

partie des créneaux d'excellence de notre région. Et,

véritablement, le gouvernement met tout en oeuvre pour s'assurer que les gens,

les travailleurs forestiers puissent bien

gagner leur vie et bien sûr que les gens qui, eux, travaillent ou encore vont

en vacances sur un territoire forestier puissent le faire parce que

le gouvernement investit 13 millions de dollars pour

l'accès aux territoires publics dans notre région. Et ça va servir, oui,

les entreprises forestières, ça va servir également

les différents amateurs fauniques, les chasseurs, les pêcheurs, ceux qui vont prendre des photos

dans la forêt, M. le Président. Donc, il

faut avoir accès au territoire,

et le gouvernement est préoccupé par ça parce que ça, c'est du tourisme. Et, à

ce moment-là, pour bénéficier de la possibilité d'aller en forêt, bon, il faut

que le territoire soit bien couvert au niveau de son accès. Et ce montant-là va

servir cette possibilité-là.

Maintenant,

M. le Président, le gouvernement aussi a investi dans la forêt privée cette année

pour qu'on puisse s'associer avec la

forêt privée pour créer des emplois. On a un 2,5 millions qui a été mis au niveau de la mise en valeur de la forêt privée, les propriétaires privés

de la forêt sont satisfaits de cet investissement, et bien sûr on va continuer

à travailler avec ces gens-là parce qu'on va créer des emplois, M. le

Président.

Maintenant,

une chose qui est importante à la base véritablement de l'industrie forestière,

c'est la sylviculture. Donc, on sait, quand on jardine... parce que la

forêt, c'est un jardin. Si on ne le jardine pas, si on travaille mal, si on n'y travaille pas, la forêt ne poussera pas. Donc,

ça ne créera pas d'emplois. Le gouvernement sait ça et, véritablement, a

annoncé, dans le dernier budget et aussi

dans les budgets précédents, 225 millions en sylviculture pour s'assurer

que d'abord, premièrement, il y a de

la prévisibilité au point de vue des entreprises et également il y a de la

stabilité par rapport aux emplois, ce

qui donne aux familles justement le goût... ceux qui gagnent leur vie avec

l'industrie sylvicole puissent avoir une assurance que, sur les deux

prochaines années, ces gens-là vont pouvoir gagner leur vie. Et le gouvernement

est préoccupé par ça. Et dernièrement, le

premier ministre l'a annoncé, 2016‑2017, 2017‑2018... Donc les gens, les

contracteurs, les travailleurs savent exactement qu'ils vont être en

mesure de bien gagner leur vie à ce niveau-là, M. le Président.

Et toujours dans le domaine forestier, M. le

Président, on a une grande préoccupation, c'était lors de la fermeture — je n'ai pas beaucoup de temps, mais je vais

continuer tout à l'heure, M. le Président — de Louisiane-Pacifique à Chambord, quand même une industrie importante.

Et on a toujours travaillé en collaboration. Le gouvernement, le premier

ministre, avait ouvert, pour trouver des

projets d'investissement, un bureau de projets à Saint-Félicien, qui lui

voulait... ce bureau-là cherchait des projets pour se servir de cette

matière ligneuse là. Et, véritablement, il y avait le 31 décembre 2016 où ça

terminait, les choix ont été faits sur quatre entreprises. Pour les nommer au

moment où on se parle, ces entreprises-là

sont Elkem Métal, dans le comté de ma collègue de Chicoutimi, qui va recevoir

des approvisionnements forestiers, et

également Scierie Dion à Petit-Saguenay. Soit dit en passant, c'est 20 emplois

à Petit-Saguenay. C'est à peu près

comme, je vous dirai, quasiment 2 000 emplois à Montréal. C'est très

important. Ces gens-là vont avoir un avenir. L'entreprise a investi, et

ils vont pouvoir gagner leur vie. J'y reviendrai plus tard, M. le Président.

Le Président (M. Auger) :

Merci, M. le député. M. le député de Jonquière.

M. Gaudreault :

Oui. Juste rappeler, hein, l'Institut de la statistique du Québec : 2013,

128 000 emplois, 2016, 126 700

emplois. Alors, ça, c'est les chiffres bruts. Je sais que le ministre des

Affaires municipales est un homme de chiffres, alors il pourra

certainement en prendre considération.

Mais ce sur

quoi je veux insister et qui me renverse ici ce matin, c'est l'absence de

réponse du gouvernement sur Rio

Tinto. Il faut absolument revenir là-dessus. Moi, je ne reviens pas de la

réponse du ministre tout à l'heure. Je n'en reviens pas. On avait déjà eu le

modèle du premier ministre, qui s'était posé comme porte-parole de la compagnie

au lieu d'être porte-parole des travailleurs

de la région et de l'ensemble des Québécois. Bien là, on voit que le ministre

des Affaires municipales a choisi la même façon de faire, donc d'être le

porte-parole de la compagnie au lieu d'être le porte-parole des travailleurs

puis des gens de la région.

Je ne reviens pas également qu'on n'ait même pas

relevé dans mon intervention de tout à l'heure la situation à Grande-Baie, dans le comté du député de Dubuc, l'usine de Grande-Baie, 103 emplois qui

vont disparaître à l'usine de Grande-Baie

de Rio Tinto. La seule réaction du gouvernement et du député

de Dubuc, ça a été de dire :

C'est un problème de communication. Même si Rio Tinto communique bien,

c'est 103 emplois de moins pareil.

Alors, il ne

faut pas faire la... il faut être capable de faire la différence entre pointer

la lune et la lune. Alors, on ne regarde

pas le bout du doigt, on regarde ce qu'on pointe. Alors, quand le député et le

premier ministre nous ont dit après la perte

des 103 emplois : C'est un problème de communication de la compagnie, ils

le diraient avec des fleurs ou ils le disent avec un marteau, puis c'est 103 emplois de moins. Puis le ministre et le

gouvernement n'ont pas réagi à ça. C'est ça qui est scandaleux, M. le

Président.

Et moi, je

suis doublement scandalisé du fait que la seule réponse du ministre, ça a été

de nous dire : On la soutient, la

compagnie. Par exemple, on a mis en place une stratégie québécoise du

développement de l'aluminium. C'est ce qu'il nous a dit tantôt. Il nous a vanté la stratégie québécoise du

développement de l'aluminium. La stratégie québécoise, ce qu'il n'a pas dit, c'est 2015‑2025, donc sur 10 ans,

elle n'est pas juste pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean, elle s'applique pour l'ensemble du Québec, sur tout le territoire

du Québec, et il y a 32,5 millions sur 10 ans, 32,5 millions. Et ça,

c'est sa réponse, en disant : On

a la stratégie québécoise de l'aluminium pour soutenir Rio Tinto. C'est une

farce, M. le Président, de nous dire

ça. C'est une farce parce que, savez-vous quoi, juste pour l'année 2016, Rio

Tinto a vendu ses surplus de mégawatts,

126 MW, à Hydro-Québec, ça aussi, c'est un autre scandale, pour

25,7 millions. Donc, Hydro-Québec a acheté... Hydro-Québec est déjà

en surplus de 11,9 TWh, a acheté les surplus de 126 MW de Rio Tinto

pour 25,7 millions. Le ministre nous a

dit : Rio Tinto respecte l'entente de continuité parce qu'ils ont construit

la 13e turbine à Shipshaw autour de 200 millions. Bon, bien, à ce

rythme-là, là, ils vont la payer en 10 ans, là, en vendant

25 millions par année à Hydro-Québec de

surplus d'électricité, ils vont payer leur turbine. Wow! C'est tout un

développement économique, ça, c'est tout un respect de l'entente de

continuité.

Alors là, je

reviens sur mon propos d'origine. Arrêtons ici, là, de juste se lancer des

choses. Moi, je veux du concret. Gervais Jacques, le directeur général

des opérations Atlantique aluminium de Rio Tinto, a tendu la main parce que c'est vrai que Rio Tinto, là, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est le plus gros dossier. Il a

tendu la main, il dit : «Concrètement — puis je le cite — nous collaborerons, entre autres, avec le

Regroupement des Chambres de commerce du

Saguenay—Lac-Saint-Jean

pour jeter les bases d'une nouvelle approche permanente d'échange avec le

milieu.» Ça, c'est Gervais Jacques

qui dit ça. Les chambres de commerce sont prêtes à collaborer. Nous, on a

proposé une commission parlementaire.

Le seul, à date, qui ne s'est pas prononcé sur ça pour essayer d'avoir un

avenir concret de l'aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est le

gouvernement.

Alors, on

est-u capables de trouver une piste d'atterrissage entre la commission parlementaire

qu'on a demandée, la main tendue de

Gervais Jacques, l'ouverture à avoir une approche permanente d'échange avec le

milieu pour faire le bilan de

l'entente de continuité dans le contexte que je viens d'énoncer? Parce que, si

Rio Tinto continue de vendre ses surplus énergétiques, on pourra même

dire que c'est en contravention avec le deal de 1963 sur la nationalisation de

l'électricité, parce qu'Alcan, dans le temps, a échappé à la nationalisation

pour créer des emplois...

Le Président (M. Auger) :

Merci, M. le député.

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre, cinq minutes.

M. Coiteux :

Oui. Bien, tant mieux que Rio Tinto Alcan, par le biais de M. Jacques, ait

une main tendue à l'égard du milieu dans

lequel l'entreprise opère, au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Tant mieux, mais il n'a pas parlé

d'une commission parlementaire, à ce

que je sache. Ça, c'est une demande du député de Jonquière ou de son groupe

politique, mais c'est un autre enjeu,

c'est une autre histoire. Puis ce n'est pas à moi de disposer à savoir s'il y a

une commission parlementaire ou pas

sur le sujet. Mais ce n'est pas ça qu'a dit M. Jacques. Ce qu'a dit

M. Jacques, c'est que, pour assurer des investissements qui vont être porteurs dans l'ensemble de la région au

cours des prochaines années, bien, il faut qu'on travaille tous ensemble. Puis tous ensemble, bien, quand on a une

stratégie de l'aluminium, ça veut notamment dire que le gouvernement,

dans le «tous ensemble», joue son rôle également. Et j'aimerais indiquer à cet

effet que les sommes dont j'ai parlé tout à

l'heure, qui sont consacrées à la stratégie de l'aluminium, sont sur trois ans,

ce n'est pas sur 10 ans. Donc, il ne faut quand même pas étirer

l'élastique comme le fait le député de Jonquière là-dessus.

Mais allons

au fond des choses là-dessus. Il faut faire attention comment on présente les

choses. Lorsqu'on dit qu'il y a des

emplois qui vont disparaître, c'est une chose de faire des mises à pied comme,

malheureusement, certaines entreprises

le font sans préavis parfois, puis ce

n'est pas acceptable, puis de dire : Bien, voici, on a les enjeux

suivants, et, au cours des prochaines années, par attrition, il y aura un

certain nombre de personnes qui ne seront pas nécessairement remplacées. Ce

n'est pas vrai que dans l'aluminium, c'est vrai dans plusieurs

secteurs. Et, si ça se fait de cette manière-là, bien, ça se fait d'une

façon qui est quand même plus respectueuse des gens.

Mais il faut mettre ça dans un contexte beaucoup

plus large, qui est qu'il y a eu création d'emplois, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

au net, au cours des derniers deux à trois ans, et que c'est ce qui a permis

justement au bilan de l'emploi... Le

député de Jonquière revient sur comparer l'emploi entre deux dates. Ce qu'il

oublie de dire ou ce qu'il omet de

dire à tout le monde ici, c'est que, s'il n'y avait pas eu une récupération

fulgurante de l'emploi depuis avril 2014, le bilan serait extrêmement négatif parce qu'il y a eu plus de

9 000 pertes d'emploi dans la région au cours des 18 mois au cours desquels il y avait trois ministres qui

étaient de la région au sein d'un gouvernement du Parti québécois, puis

il y avait cinq députés de la région, puis il y a eu 9 900 pertes

d'emplois. Et puis il n'y a pas eu de sommet économique régional puis il n'y a pas eu de stratégie de l'aluminium non plus.

Donc, à quelque part, ce qu'on est en train de faire, c'est certainement

en train de produire des résultats.

Le député de

Jonquière parle d'une richesse naturelle qu'on a, qui est fort importante, qui

est l'hydroélectricité. Et on l'a au

Saguenay—Lac-Saint-Jean

puis on l'a dans d'autres régions du Québec, mais le Québec dans son ensemble a

un atout qui est formidable Et si je relie ça au marché mondial de

l'aluminium, parce que, malgré tout, là, les usines... Puis j'ai parlé des investissements de 1,3 milliard pour AP60, j'ai

parlé de l'investissement de 282 millions à Shipshaw, j'ai parlé des investissements de

300 millions de Rio Tinto Alcan en 2016, 300 millions. Ça se fait

dans un contexte qui a un impact sur

la région qui est très fort, mais ça se fait dans un contexte mondial où ils

ont des compétiteurs. Et il existe une

chose comme le prix mondial de l'aluminium, et ils doivent en tenir compte dans

leurs décisions d'investissement. Et en tenant compte de l'ensemble de

ces facteurs, oui, l'entente de continuité est respectée.

Mais nous, on

a un avantage sur beaucoup d'autres. Au cours des dernières années dans le

secteur de l'aluminium, là, il y a

deux développements très importants qui ont eu un impact jusqu'au Saguenay—Lac-Saint-Jean, mais qui n'ont rien à voir avec ce qu'on pourrait vouloir faire

ici, au Québec. Il y a eu une production subventionnée à très grande échelle

en Chine qui a déstabilisé le marché mondial. Et puis il y a eu les pays du

golfe Persique également qui ont augmenté fortement

leur capacité de production d'aluminium. Et ça a entraîné une pression très,

très forte sur le prix, qui oblige une

entreprise comme Rio Tinto Alcan, qui oblige dans les faits toutes les

entreprises du secteur de l'aluminium, à faire des investissements technologiques importants. Puis c'est comme ça qu'on

va maintenir ce secteur-là comme un secteur de pointe chez nous puis c'est comme ça qu'on va maintenir l'emploi dans

un secteur aussi important que celui-là. Et les chiffres que j'ai

partagés avec vous tout à l'heure montrent que ces investissements-là dans la

région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

ils sont au rendez-vous et ils respectent l'entente de continuité. Et ça, c'est

important de le dire.

Mais ils se

font justement en tenant compte du fait que notre aluminium à nous, il n'est

pas fait avec du pétrole, il n'est

pas fait avec du gaz, il est fait avec de l'hydroélectricité. Et donc c'est de

l'aluminium propre du point de vue de la lutte aux changements

climatiques. Et il va falloir aussi, M. le Président, au cours des prochaines

années et même dès maintenant, miser là-dessus parce qu'il y a des entreprises

qui viennent au Québec à cause de ça.

Le Président (M. Auger) :

Merci, M. le ministre. Dernière intervention... bien, dernier échange, M. le

député de Dubuc, pour une minute.

M. Simard :

M. le Président, je n'ai pas beaucoup de temps, mais une chose est certaine, M.

le Président, dans le dossier de Rio

Tinto, oui, j'ai intervenu moi de même pour dire que c'était une très mauvaise

communication de l'entreprise. Moi,

je peux comprendre qu'une usine, il faut que ce soit rentable, il faut que ce

soit efficace pour justement rentrer

en compétition avec les autres. Ça, je comprends ça, il y a des choses à faire,

mais il faut le faire avec leurs partenaires,

leurs partenaires, d'abord le gouvernement, bien sûr, également les

travailleurs, qui sont extrêmement importants pour atteindre les objectifs qu'ils veulent atteindre. C'est avec eux

qu'il faut qu'ils travaillent. Ils n'ont pas à aller dans les médias

avant que personne d'autre puisse savoir qu'est-ce qu'ils vont faire.

Maintenant,

M. le Président, c'est une entreprise que je respecte, Rio Tinto, parce qu'en

réalité elle fait travailler quand même passablement de monde chez nous.

Une chose est certaine, M. le Président, eux, du Parti québécois, ils étaient là lorsqu'il y a eu une grève à Alma.

Qu'est-ce qu'ils ont fait, M. le Président, avec Rio Tinto? Ils n'ont rien

fait. Ils ont fait la file avec les

autres, ils ont été dehors avec les travailleurs puis ils ont brandi toutes

sortes de choses. Je n'ai rien... je respecte les travailleurs, puis

moi, je travaille pour les gens chez nous, M. le Président.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Dubuc. Nous en

sommes maintenant aux dernières interventions. M. le ministre, vous avez

la parole pour 10 minutes.

M. Coiteux :

Merci, de me donner la parole pour 10

minutes, M. le Président. Je vais en profiter pour faire un

récapitulatif d'un certain nombre de choses qui ont été dites aujourd'hui qui

sont importantes.

D'abord, je disais

que j'étais surpris de l'interpellation parce que notre bilan, comparativement au

bilan de la précédente administration, qui

était justement celle du Parti

québécois, dans laquelle participait

le député de Jonquière,

notamment, notre bilan était bon, pas parfait, j'en conviens. Il faut améliorer

les choses, mais notre bilan était comparativement

très bon. Mais néanmoins je suis heureux de cette interpellation parce que ça a

été l'occasion de montrer justement ce qu'on fait, quelle est l'action qu'on met,

quelles sont les actions qu'on met de l'avant pour que les gens voient

qu'il y a des résultats qui accompagnent des actions très concrètes.

Alors,

notre gouvernement pose plusieurs gestes en matière d'économie, en matière de santé, en matière d'éducation dans

toutes les régions et bien entendu aussi au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et je rappelle que le taux de chômage, qui était de 11 % en avril 2014, bien, on a

réussi à le diminuer à 6,9 %. Quand je dis «on», je pense qu'on a

participé par nos politiques, par la stabilité qu'on amène, par la

prévisibilité qu'on amène, mais aussi parce que les gens se prennent en main

à l'échelle régionale aussi, et ça, c'est extrêmement important.

C'est tellement important qu'on a l'intention d'appuyer pour l'avenir encore davantage

cette prise en main par les gens de la région, cette prise en main de leur développement économique local. Ça a donné

des fruits dans la dernière année. Il y a 2 220 emplois qui ont été créés

dans la région au net dans la dernière année.

Nous

avons notamment soutenu des entreprises comme Serres Toundra,

26 millions de dollars. Le député

de Dubuc en a parlé tout à l'heure, du grand succès de cette

entreprise. D'ailleurs, ça m'a donné quelques idées pour le lunch. Alors,

ça a permis la construction du nouveau

complexe de serre hydroponique consacrée à la culture de concombres et pour la

transformation de ses travailleurs et

l'amélioration... la formation, pardon, la formation de ses travailleurs et

l'amélioration de l'efficacité

énergétique. On a inauguré un nouveau centre de services de Revenu Québec à

Saguenay qui a permis la création de

20 emplois. On a inauguré le bloc opératoire de l'hôpital de Roberval, un

projet qui représente un investissement de 8 250 000 $.

Nous avons investi

près de 900 000 $ pour la mise en oeuvre de plusieurs initiatives

régionales visant à améliorer les conditions

de vie des personnes aînées et à lutter contre l'intimidation. Nous avons

annoncé 290 000 $ pour favoriser la mobilité étudiante et

ainsi attirer dans les quatre cégeps de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean

des étudiants venus des grands centres, pas

des gens qui prennent l'autobus partant du Saguenay—Lac-Saint-Jean pour aller à Montréal ou à Québec, le contraire, qui partent d'ailleurs

pour aller étudier là-bas. Nous avons mis en place un programme d'études en techniques d'éducation spécialisée au

Centre d'études collégiales de Chibougamau, un établissement affilié au

cégep de Saint-Félicien.

Sommet économique régional du Saguenay—Lac-Saint-Jean a engendré de nombreuses retombées,

et puis je l'ai dit au cours de

l'interpellation, des retombées pour la région, mais des retombées pour tout le

Québec parce que ce sommet-là a

inspiré directement la création du Fonds d'appui au rayonnement des régions. Et

c'est quelque chose qui était d'ailleurs une des recommandations du

groupe de travail Forêt - fonds d'investissement.

y a eu l'annonce au Forum Innovation Bois, à Rivière-du-Loup, de près d'une

quarantaine de mesures accompagnées d'investissements

gouvernementaux de plus de 488 millions de dollars, notamment une mesure

apportant des modifications au Fonds

Valorisation Bois, une autre recommandation du rapport dévoilé en juin dernier

par le groupe de travail Forêt - fonds d'investissement.

Alors, les

différentes stratégies gouvernementales se déploient dans toutes les régions du

Québec, mais on voit bien que non

seulement le Saguenay—Lac-Saint-Jean

n'est pas en reste du point de vue de la réception de ces investissements,

mais aussi est un inspirateur, un inspirateur de nombreuses décisions du

gouvernement dans l'ensemble des régions.

Parlant

du Plan Nord, parlons un peu du Plan Nord. On a inauguré une antenne régionale

le 21 septembre 2015 du Plan Nord

dans la région. Le programme PIQM, volet 4.1, des infrastructures du Plan Nord

a permis notamment de financer la mise en service d'une tour de

télécommunications à Girardville. C'est un investissement de

201 867 $ du gouvernement sur un projet de 302 800 $.

L'aluminium,

on en a parlé abondamment,

aujourd'hui. L'annonce de la

stratégie a été faite à Saguenay le 19 juin 2015 au lendemain du sommet économique régional dans la foulée où la Société de la

Vallée de l'aluminium a été reconnue comme groupe de travail pour

poursuivre la réflexion.

Et, dans le

cadre du discours du budget 2015‑2016, une enveloppe de 32,5 millions $ sur trois ans a été annoncée pour débute la réalisation de la stratégie, qui,

elle, se déploiera sur 10 ans. C'est une enveloppe qui va permettre de

générer des investissements importants.

Afin de

poursuivre les efforts liés développement de projets de transformation de

l'aluminium, parce que c'est

le futur aussi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, région haute du créneau d'excellence transformation de l'aluminium,

la Société de la Vallée de l'aluminium a

reçu une aide de 750 000 $

sur trois ans justement dans le cadre de la stratégie pour l'accélération de projets de transformation au

Saguenay—Lac-Saint-Jean.

D'ailleurs, un pont en aluminium de courte portée a été installé dans la municipalité de Saint-Ambroise à

l'été 2015, et d'autres projets de ce type pourraient suivre.

Le 20 mai

2016, le premier ministre du Québec, qui est responsable également de la

région, avec la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation

et ministre responsable de la Stratégie numérique ont justement dévoilé le Plan d'action en économie numérique. C'est un

plan d'action qui prévoit des investissements du ministère de l'Économie,

de la Science et de l'Innovation de 200 millions

de dollars au cours des cinq prochaines années, auxquels s'ajoutent des investissements de 100 millions de dollars

pour le déploiement d'infrastructures numériques à travers les régions du

Québec. Et il y a des rencontres de

consultation qui se sont tenues. Il y en a une en particulier qui s'est tenue

en rapport avec cette stratégie numérique justement au Saguenay—Lac-Saint-Jean

le 6 février dernier.

Je tiens à rappeler à cet effet que le numérique

a été l'un des thèmes discutés lors du sommet économique du Saguenay—Lac-Saint-Jean et que, justement, un groupe de

travail issu de ce sommet poursuit actuellement des travaux à cet effet. Et d'ailleurs une aide financière de

85 000 $ d'Emploi-Québec a été octroyée pour réaliser un projet de la

présence du numérique dans l'économie

de la région. Et ça, ça s'ajoute au fait que ma collègue, la ministre de

l'Économie, de la Science et de

l'Innovation, ministre responsable de la Stratégie numérique, a officiellement

lancé le programme Québec branché le 19 décembre 2016.

Stratégie maritime maintenant. Annoncée en juin

2015, la Stratégie maritime, dont je rappelle le caractère totalement nouveau parce que c'est la première de

l'histoire du Québec, qui présente une vision qui va jusqu'en 2030 pour positionner le Québec comme porte d'entrée pour

les grands marchés du nord-est de l'Amérique du Nord, comporte un plan d'action avec un cadre financier de

1,5 milliard $. Et d'ailleurs ça prévoit la création de zones

industrialo-portuaires. Et justement, justement, le 6 juin 2016,

l'implantation d'une zone industrialo-portuaire à Saguenay, au port de Grande-Anse, a été annoncée dans le cadre de la

Stratégie maritime. Et encore une fois, et encore une fois, c'est une annonce

qui s'inscrit dans la suite des travaux du

sommet économique régional où l'idée de créer une telle zone

industrialo-portuaire avait été mise de l'avant.

Alors, on le

voit, ça a donné des résultats, le sommet économique du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Quand mon collègue député de Dubuc disait : C'est un

peu dommage que le député de Jonquière ne valorise pas à sa pleine valeur

ce sommet économique par ses propos, c'est

un peu dommage parce que, voyez-vous, il y a toute une série de gestes qui

ont un impact directement sur le Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui sont issus des travaux qui ont

suivi ce sommet économique régional.

Mais, encore plus fondamentalement, pour la

suite des choses, pour revenir à ce qu'est le nouveau modèle de développement économique régional qu'on met de

l'avant partout au Québec, bien, ce sommet-là a également inspiré la nouvelle stratégie d'occupation et de

vitalisation des territoires du Québec, qui, je rappelle, repose sur une vision

qui va des régions vers le

gouvernement plutôt que du gouvernement vers les régions. On est en train, là,

d'aller dans toutes les régions du Québec pour justement discuter de

cette approche avec les élus régionaux, les préfets, les maires. Parfois, il y a d'autres gens qui se joignent à ce groupe.

Il y aura peut-être des sommets régionaux qui vont être organisés dans la foulée de tout cela pour permettre à chacune

des régions de définir ses propres priorités, pour permettre à chacune de

ces régions de se doter de son propre comité

de sélection des projets, pour permettre à chacune des régions de présenter les

projets qui ont été sélectionnés par les

régions pour que le gouvernement puisse les financer avec le Fonds d'appui au

rayonnement des régions.

Ça, c'est une

vision novatrice. Ça, c'est une vision d'avenir. Ça, c'est une vision qui

dit : Regardez, on a fait les choses

de manière différente dans le passé, mais notre Québec a changé, nos régions

ont changé, mais ils ont toujours

le même désir de se développer, ils ont

toujours le même désir de retenir les jeunes et les familles sur leur territoire,

puis nous, on va être là pour appuyer

chacune des régions du Québec et le Saguenay—Lac-Saint-Jean en particulier, qui faisait

l'objet aujourd'hui de nos discussions. Merci.

Le Président (M. Auger) :

Merci, M. le ministre. Également pour 10 minutes, M. le député de Jonquière.

M. Gaudreault : Oui. Le ministre aime beaucoup parler de la nostalgie, mais, quand je l'écoute,

j'ai l'impression qu'il fait de la projection envers lui-même parce

qu'il n'arrête pas de nous parler de bilan, donc du passé, ce qui est nostalgique, alors que nous, on veut parler

d'avenir, parler du développement de la région. Mais, quand même, de l'entendre

sur sa nostalgie à lui

m'a permis de constater qu'il met en valeur des annonces que nous avons faites

comme gouvernement du Parti québécois

en 2013. Alors, je veux le remercier de se faire le porte-parole, là-dessus, de

nos réalisations. Je le remercie moins

d'être porte-parole de Rio Tinto, mais, sur nos réalisations, juste trois, comme

ça, que j'ai pris au vol : Revenu Québec, les emplois au centre-ville d'Arvida, 16 millions, c'est l'annonce

que j'avais faite comme ministre et qui s'est réalisée par après. La

tour de Girardville, qui va avoir son signal cellulaire, 16 juillet 2013, avec

le collègue Denis Trottier à l'époque, on

l'avait annoncée. Une chance que le gouvernement actuel l'a maintenue, ça

aurait bien été le boutte s'il ne l'avait

pas maintenue. Le pont d'aluminium de Saint-Ambroise, je suis bien heureux

aussi que le ministre en parle, c'est dans

le comté du collègue de Dubuc, parce que moi, comme ministre des Transports, je

tenais à inclure davantage puis à

tenir compte davantage du matériau aluminium dans nos infrastructures parce que

le plus grand pont d'aluminium, qui tient

depuis plus de 50 ans, il est dans mon comté, c'est le pont d'aluminium

d'Arvida. J'invite le ministre Coiteux... le ministre des Affaires municipales à venir le visiter la prochaine fois

qu'il passera dans la région, on l'a rénové. Alors, je me disais : Si ce pont-là tient debout, puis

il est fait en arche, puis il est haut depuis 50 ans, on peut bien essayer le

matériau ailleurs, entre autres, sur

une rivière à Saint-Ambroise. Je suis heureux de voir que le ministre en parle

aujourd'hui. Mais c'étaient des réalisations, effectivement, à l'époque

où nous étions au gouvernement.

Mais une des

réalisations de son gouvernement, puis je le dis une dernière fois, là, parce

qu'à chaque fois qu'il est intervenu,

le ministre, il nous a parlé du taux de chômage, moi, je vais lui dire encore

une fois que 2013, le nombre d'emplois au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

128 600, et, en 2016, le nombre d'emplois au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

126 700. C'est-à-dire, 2013,

128 000 emplois au Saguenay—Lac-Saint-Jean et 126 700 en 2016. Alors, je

sais que c'est un économiste, le

ministre. Donc, entre 128 000 et 126,7, c'est une baisse d'emploi en trois

ans. Et il y a eu là-dessus, bien,

deux ans de gouvernement libéral. Alors, qu'on ne vienne pas me parler des taux

de chômage qui sont différents, considérant

une baisse de la population active, de plus de gens qui vont à la retraite.

Mais je tiens à lui redire, pour ne pas qu'il l'oublie, ces chiffres-là,

qui sont importants.

Mais il reste

une chose, c'est que je suis déçu des résultats de cette interpellation. Je

suis déçu des résultats de cette interpellation pour plusieurs raisons,

puis on va les énumérer. Je ne sais pas trop par où commencer, tellement qu'il y en a, mais on va commencer au moins par la

chirurgie de l'oesophage. Ça, moi, je suis outré parce que, ma collègue

en a bien parlé hier, puis c'est dans les journaux ce matin, le Conseil des

médecins et dentistes et pharmaciens du CIUSSS

du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

Hôpital de Chicoutimi, sont sortis pour dénoncer cette décision du collègue du

ministre, le collègue en Santé. Ils sont sortis. Le ministre nous dit sur les

questions de la santé puis de la chirurgie : Notre but, c'est d'améliorer l'accès, c'est d'améliorer la productivité

des médecins. Jamais il ne parle de patients. La seule fois qu'il en

parle, c'est qu'il dit que les citoyens, au fond, ils veulent des soins de

qualité, alors que les médecins de l'Hôpital

de Chicoutimi, qui connaissent ça, les chirurgiens thoraciques dans ce secteur

ultraspécialisé, ils ont sorti des études

qui démontrent hors de tout doute, puis c'est les études plus récentes que

celles invoquées par le ministre de la Santé, ça démontre hors de tout

doute qu'il n'y a pas plus de morbidité de la population s'il y a moins de

chirurgies. Puis le meilleur exemple, c'est

de dire : Oui, à Québec, ils en font plus qu'à Chicoutimi aux hôpitaux de

Québec. Au lieu d'en faire cinq, six

par année, ils en font 25, mais ils sont plus de chirurgiens. Donc, au fond,

chaque chirurgien en fait à peu près cinq, six par année. Donc, ça ne

change rien. Qu'ils en fassent cinq, six à Québec ou qu'ils en fassent cinq,

six à Chicoutimi, ce qui est important, c'est de maintenir la spécialité chez

nous. Et un patient qui est pris d'un cancer de l'oesophage, on va le faire traverser le parc des Laurentides, loin de

ses proches, de ses proches aidants, et ça, on appelle ça des soins de qualité? Puis on appelle ça

améliorer l'accès? Pourquoi? Parce que c'est juste... il faut voir la

productivité des médecins. C'est être complètement déconnecté de la

réalité.

Alors, on n'a pas eu l'once du début d'une

réponse sensible et collée aux réalités des patients du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Puis ce ne sont pas juste les députés

du Parti québécois qui disent ça, c'est la fondation de l'Hôpital de Chicoutimi — c'est rare qu'une fondation fait une sortie

politique — le

Conseil des médecins de l'hôpital — c'est rare qu'ils font une intervention politique — plus nous, plus d'autres dans la région.

C'est un des dossiers que je me fais le plus parler, moi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean quand je me promène sur la rue Saint-Dominique, à

Jonquière. Les gens sont préoccupés

par ça parce que c'est le début d'une diminution des services de santé spécialisés au Saguenay. Zéro sensibilité de la part de ce gouvernement

sur cet enjeu-là.

Aucune réponse non plus sur l'école autochtone

hors réserve, la seule au Québec, un modèle unique au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

dans le comté de ma collègue de Chicoutimi. Aucune réponse là-dessus.

Écoutez,

j'avais prévu tout un chapitre, là, sur la question du nouveau fonds d'aide au

rayonnement des régions. Je peux quand même,

dans le temps qu'il me reste, faire un petit mot parce que le ministre

aime bien dire que tous ceux qui

critiquent ça, c'est des nostalgiques, hein, des nostalgiques d'une époque.

Bien, c'est drôle, je ne sais pas s'il va dire qu'André Paradis, le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, qui déplore

que les nouvelles normes soient gérées de la façon centralisée par le ministère... bien, lui, il

déplore ça. Alors, c'est probablement un nostalgique, M. Paradis. Même chose

avec la préfète de la MRC du Domaine-du-Roy

dans le comté du premier ministre, c'est sûrement aussi une nostalgique parce qu'elle aussi, elle dit qu'elle croit que la CRE était une bonne table pour

favoriser la concertation régionale. Elle conclut qu'avec la table des

préfets la région conserve quelque chose, sauf qu'il n'y a plus de structure

pour échanger et travailler en concertation.

C'est madame la nostalgique, là, selon le gouvernement libéral, madame

la nostalgique, qui est la préfète de la MRC dans le comté du premier

ministre.

Le ministre

nous dit : Ces fonds-là vont être gérés en concertation avec la CAR. C'est

le fun, parce que la CAR, là, bien, c'est les employés de la fonction

publique dans notre région,

conférence administrative régionale. Entre 2015 et 2016, ils sont passés de 961 emplois à 924 pour les

employés dans le secteur Saguenay, Jonquière, Lac-Saint-Jean-Ouest et Alma,

de 961 à 924 en un an. Ça

aussi, c'est une diminution des employés de la fonction publique chez nous,

qui sont supposés supporter les élus locaux, comme le prétend le ministre,

pour gérer les fonds.

temps file. Je n'ai pas le choix de revenir sur Rio Tinto. Ça,

c'est la mégadéception de cette interpellation. Et j'ai voulu, on a voulu, arriver avec quelque chose de constructif. On a, d'une

part, nous, proposé un bilan de

l'entente de continuité et des

ententes d'investissement avec Rio Tinto en commission parlementaire. O.K., je comprends que ce n'est pas la responsabilité du ministre, il faut

qu'il parle de ça avec son leader, mais on n'a jamais eu de réponse. Ça fait

six mois que j'en parle, on n'a pas encore eu de réponse.

De l'autre

côté, on a la compagnie elle-même qui est prête à mettre une structure

permanente de concertation avec la

région. Ça veut dire qu'il y a une ouverture. Après ça, on a un autre joueur,

entre guillemets, de la société civile, qui est le Regroupement des chambres de commerce du Saguenay, qui dit :

Nous, on est prêts à jouer un rôle là-dedans.

Moi, je dis : Comme député, je

suis prêt à travailler là-dedans aussi, ma collègue de Chicoutimi,

même chose, mon collègue de Lac-Saint-Jean, même chose. Puis je tends la main à mon collègue

de Dubuc, qui est d'une autre formation politique, pour avoir une structure

permanente de concertation avec la grande compagnie, pas pour gérer un plan de

stratégie de développement de l'aluminium sur l'ensemble du Québec, puis

la stratégie est 2015‑2025, M. le

ministre, là, donc

avec 32,5 millions, là. Ce n'est pas de ça qu'on parle. On parle d'avoir des investissements structurants de Rio Tinto parce

que, oui, il y a un contexte mondial, le ministre

en a parlé, mais, quand il parlait, j'avais vraiment l'impression

d'entendre un porte-parole de la compagnie, vraiment l'impression

d'entendre un porte-parole de la compagnie qui fait comme se défendre

de ne pas investir dans la région parce qu'il y a la Chine, parce qu'il y a le

Moyen-Orient. C'est vrai, la Chine, le Moyen-Orient,

on pourrait parler même du dumping par la Russie, du dumping par la Chine. Il y a

eu plein de fermetures d'usines

d'aluminium aux États-Unis dans la dernière année, c'est catastrophique, parce qu'il

y a d'autres pays qui interviennent avec toutes sortes de pratiques que

nous pourrions par ailleurs discuter.

Mais l'enjeu

n'est pas là, c'est qu'on a un aluminium unique au Saguenay—Lac-Saint-Jean puis on a une entente de

continuité. Ça, c'est unique aussi. Pourquoi

je dis que l'aluminium est unique? Parce qu'il est produit avec

une énergie verte, renouvelable, et

l'avenir est dans les marchés de niche pour un type d'aluminium comme au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Ce que je déplore, c'est que

le gouvernement n'a pas su saisir cette opportunité d'assumer un

leadership. Présentement, ce que

nous sentons au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est une absence totale de leadership pour s'assurer qu'on amène

la région plus loin, s'assurer qu'on va être

capable de produire un aluminium qui va être unique à travers le monde dans

des produits de niche, l'aluminium le plus vert. Merci, M. le Président.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Jonquière. Bien, merci à vous tous, chers collègues,

pour votre collaboration ce matin. Je souhaite également un prompt

rétablissement au député d'Arthabaska, bien sûr.

Et, compte

tenu de l'heure, je lève la séance, et la commission, ayant accompli son

mandat, ajourne ses travaux au mardi 21 février 2017, à

9 h 45, où elle poursuivra un autre mandat. Merci beaucoup.

(Fin de la séance à 12 h 1)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2017-02-17
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-41-1 journal-debats CAT-170217
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiercd9e4437ee33d0a83530f36f5b653bf59d2ea84a

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