Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 23 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2019-10-23
Quebec — Committees
Donc, une des
choses qu'elle pourrait nous dire, par
exemple, comme je le mentionnais,
c'était le fonctionnement interne, qu'est-ce qui pourrait être amélioré, de quelle
façon est-ce qu'on pourrait le simplifier, quel impact ça peut avoir, le fait qu'elle ne détermine la tarification
qu'aux cinq ans plutôt qu'annuellement, est-ce que, aussi, une réforme est
nécessaire, et est-ce que cette réforme est ce qui est mentionné dans le projet
de loi n° 34 ou ça pourrait s'articuler autrement.
Et aussi, un des éléments, aussi, qui avaient
été apportés par mon collègue de Jonquière, c'était par rapport à la réponse du ministre de l'Environnement sur ma
question, le lien entre la transition énergétique et le projet de loi
n° 34, et ça aussi, c'est un élément extrêmement important sur
lequel la Régie de l'énergie peut nous entretenir puisque c'est elle, par exemple, qui approuve, normalement, sauf
si le projet de loi n° 34 est mis en oeuvre sans être amendé, c'est elle
qui approuve les projets d'investissement,
et si ces projets-là nous permettent d'atteindre les différents objectifs,
notamment celui de la transition
énergétique, qui est un chantier extrêmement important auquel on fait face
puisque le gouvernement aussi a
décidé de s'engager dans cette voie, en fait, avec l'électrification des
transports. La transition, ce n'est pas uniquement cet élément-là, mais ça en fait partie, c'est un
élément important, et avec la consultation, le PECC, donc, la consultation sur
l'électrification et la lutte aux
changements climatiques. Donc, c'est... ça serait un élément sur lequel on peut
l'entendre.
Moi, hier, quand je posais la question, parce
qu'on... Je voulais amener des groupes qu'on entende ici, dont un spécialiste,
M. Tanguay, qui est un spécialiste et un écologiste reconnu qui a lui-même
été aussi à la Régie de l'énergie, et la
question, c'était : Est-ce que, au-delà de dire, par exemple, oui, on veut
l'entendre ou pas, j'aurais aimé entendre le ministre sur la question de la transition énergétique et sur l'impact du
projet de loi n° 34, notamment de la tarification sur cette transition, et le ministre avait répondu que
ça n'avait aucun lien. Par la suite, il a mentionné qu'il avait compris que
c'était la tarification... c'est la tarification L de l'hydroélectricité. L n'a
pas de lien sur la transition énergétique alors que... Bien, j'aimerais le
réentendre pour être certaine d'avoir bien compris si... qu'est-ce qui a un
lien ou qu'est-ce qui n'a pas de lien avec la transition énergétique, parce que
c'est clair que, comme tous les experts nous l'ont dit — et probablement que la régie aussi nous le
mentionnerait si on pouvait bien l'entendre : La tarification de
l'hydroélectricité, établit de la façon dont c'est mentionné dans le projet de
loi n° 34, c'est clair que ça va avoir un impact sur la transition énergétique,
et, en fait, hier, le député de Jonquière parlait d'Hydro-Québec, qui nous le
mentionnait, qui le mentionnait quand il a regardé le verbatim.
Il y a eu
d'autres personnes aussi, d'autres groupes qui sont venus qui nous en ont
parlé, notamment, par exemple, l'IRIS, qui est venu aussi nous en parler, donc
l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, et, dans son
mémoire, elle mentionne, à la
page 4 : «Nous l'avons vu, tout semble indiquer que la proposition du
gouvernement — donc,
là, ils parlent du
projet de loi n° 34 — pourrait mener à une hausse plus importante que ce que déciderait
la Régie de l'énergie.» Ça, eux,
probablement aussi qu'ils y font référence, d'où le calcul qui a été fait par
M. Jean-François Blain à l'effet que, dans les cinq prochaines
années, si on laissait la Régie de l'énergie faire son travail annuellement,
versus le projet de loi n° 34 qui va
fixer à une augmentation au niveau de l'inflation estimée à 1,7 %, selon
le gouvernement, mais ça aussi, ça pourrait fluctuer, on ne le sait pas,
mais disons, prenons cette estimation-là, et on voyait très bien qu'en moyenne
il y aurait eu une baisse des tarifs d'Hydro-Québec, c'est-à-dire par rapport...
c'est-à-dire que l'augmentation aurait été moins
importante à 1,1 % au lieu de 1,7 %, qui est le taux de l'inflation,
pour les cinq prochaines années. Donc, eux, ce qu'ils disent, c'est une
hausse plus importante que ce que déciderait la Régie de l'énergie, basée sur
cette prémisse.
«Une des conséquences d'une telle politique
serait de favoriser la position concurrentielle du gaz naturel au Québec.» Là,
je ne veux pas ouvrir le débat sur est-ce que le gaz naturel est une énergie de
transition ou pas, mais ça, tout le monde s'entend, c'est quand même une énergie
fossile. Ça, personne ne peut dire : Non, ce n'est pas une énergie fossile. Ça, c'est impossible, donc... Mais, quand
même, l'hydroélectricité qu'on veut
exporter, notamment, eh bien, si le projet de loi n° 34 est adopté tel quel, il va faire en sorte que le
prix, donc les tarifs vont être plus élevés que si on avait laissé la Régie de
l'énergie faire son travail, et c'est clair que ça va avoir un impact. Donc, la
tarification va avoir un impact sur la transition, puisque ça va avoir un
impact sur le tarif de l'hydroélectricité et donc sur la concurrence. Et c'est exactement ce que mentionne le mémoire de l'IRIS : «En
effet, Énergir a la capacité de s'approvisionner en gaz de schiste américain à peu de frais. Cela lui
[permettrait] d'offrir des tarifs très concurrentiels par rapport à
l'hydroélectricité, qui est beaucoup plus propre», on le sait, qui
n'émet pas de gaz à effet de serre ou très, très, très peu. Donc, ça, c'est une
affirmation d'experts par rapport à cette question.
J'aimerais beaucoup
entendre le ministre là-dessus. La Régie de l'énergie pourrait
aussi nous en parler. Qu'est-ce qui faisait, par exemple, qu'il y a des
projets que la Régie de l'énergie refusait ou acceptait, basé sur quoi? Probablement aussi basé sur les objectifs, oui, de la tarification juste, mais aussi
des objectifs que le gouvernement se donne par rapport à la transition
énergétique.
Un autre, aussi, groupe qui est venu nous
parler, c'est la Chaire de gestion du secteur de l'énergie, donc
M. Sylvain Audette, M. Pierre-Olivier Pineau n'était pas présent,
mais c'était en collaboration qu'ils ont présenté un mémoire à la commission. Et eux, ce qu'ils disaient, c'est : «Le
Québec est dans un contexte d'aspiration à la décarbonisation et d'opportunités économiques directement liées à
l'électricité sans carbone, des changements dans le cadre réglementaire
du secteur électrique pourraient être extrêmement opportuns.» Donc, ils nous
disent qu'il y aurait lieu de faire des modifications à la loi pour favoriser
cette décarbonisation de notre économie.
«Le projet de loi n° 34,
par contre, ne vise aucunement à réactualiser le cadre [...] actuel. Il fige
plutôt la tarification de l'électricité dans un carcan politique sans régler
les problèmes de la Régie de l'énergie justifiant la prémisse de la
simplification, mais en créant d'autres, potentiellement plus dommageables pour
le Québec à court, moyen et long terme.» Donc, eux aussi, ils nous disent — contrairement
à ce que le ministre disait hier, mais j'ai hâte de l'entendre à cette
question — que
cette modification de la tarification des tarifs, donc, la modification des
tarifs de l'hydroélectricité avait un impact sur cette décarbonisation de notre
économie, et que le projet de loi, oui, il faut faire des changements, des
modifications réglementaires pour favoriser, au contraire, l'hydroélectricité
ou d'autres énergies renouvelables et envoyer un message, un signal clair aux
entreprises qui veulent investir, eux aussi et elles aussi, dans leur
décabornisation. Eh bien, le projet de loi n° 34 ne
le fait pas.
Il y a aussi,
notamment... peut-être que, là... Ça, c'est des experts qui viennent nous
parler, des chercheurs. Il y a eu aussi... il y a Hydro-Québec qu'on a parlé
hier, il y a aussi l'association des consommateurs industriels d'électricité,
un discours auquel le ministre devrait être sensible, le gouvernement de la CAQ
devrait être sensible, puisque ce sont des entreprises qui, elles aussi, sont
extrêmement inquiètes et ont fait
partie aussi du front commun qui a été fait
contre le projet de loi n° 34 ou, à tout le moins,
pour que le projet de loi n° 34 soit modifié. Et eux,
ce qu'ils disent, ce n'est pas nécessairement
écrit dans leur mémoire, mais ce qu'ils mentionnent, c'est que, par exemple, il
y a des entreprises... Et là je veux que le ministre, vraiment, écoute, parce
que je suis quand même de Québec solidaire, normalement, je défends, et c'est ce que je fais, et je vais continuer à le
faire, les consommateurs, M., Mme Tout-le-monde, les personnes à faibles revenus qui... L'impact du projet de loi n° 34 sur eux, ça, c'est clair, mais les entreprises aussi, si on veut
de gaz à effet de serre, qui veulent elles aussi aller vers la réduction de
leurs émissions, bien, le gouvernement doit les aider. Et donc, c'est
important aussi d'écouter ce qu'elles ont à dire.
Donc, par exemple, la facture d'électricité est
une facture... Quand je parle d'électricité, peu importe la forme d'énergie, ça
peut être le gaz naturel, on le sait, c'est très utilisé dans les usines, dans
les entreprises, et donc eux, c'est une
facture qui prend énormément énormément de place dans leurs coûts d'opération.
Et donc, par exemple, s'ils utilisent l'hydroélectricité,
eh bien... puis qu'ils veulent soumettre... soumissionner sur des projets pour
des marchés à l'international, puis si leur électricité coûte plus cher, parce que c'est fixé, par exemple, à l'inflation, même si c'est à 65 %, même, malgré ça, ils ne voient pas là d'avantage, c'est
quand même inquiétant, parce que le coût de l'électricité n'est plus basé sur...
les tarifs qu'ils paient sur les coûts et
les revenus, mais plutôt sur l'inflation qui est une mesure, comme on l'a dit,
arbitraire et qui peut aussi être modifiée, donc même pas prévisible, mais
disons qu'elle est prévisible si on veut suivre les prétentions du
gouvernement et du ministre. Donc, eux, ce qu'ils disent, c'est que ça va...
quand ils vont soumissionner sur des projets à l'international, par exemple, un
pays qui soumissionne ou une entreprise d'un autre
pays qui eux, c'est au charbon ou d'autres énergies fossiles à très bas prix,
bien, si leurs prix sont fixés à l'inflation, ils n'ont pas plus bas que si la régie avait fait... on avait permis à
la régie de faire son travail annuellement, bien, ils ne sont plus concurrentiels. Et ça, c'est une inquiétude
qu'ils ont, qui est extrêmement importante et à laquelle j'aimerais entendre aussi
le ministre, et la Régie de l'énergie aussi pourrait peut-être nous parler de
cet impact-là.
Un autre élément aussi, par exemple,
si une usine, dans ses procédés, elle utilise du mazout, du gaz naturel ou
d'autres énergies qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre, qui vont donc
à l'encontre de la transition et qui veulent modifier, ils veulent modifier, ils veulent utiliser
l'hydroélectricité, si le coût n'est pas avantageux pour eux, eh bien, ça ne va
pas les inciter, ça ne va pas les inciter à changer leur procédé pour
utiliser l'électricité parce qu'elle ne sera pas concurentielle. Donc, moi, c'est à cet élément-là que je voulais
parler par rapport à la transition énergétique, qui est un élément extrêmement
important et sur lequel, aussi, la régie pourrait nous éclairer.
Et elle pourrait
aussi nous éclairer, comme on l'a dit, sur comment améliorer les processus,
comment simplifier, comment rendre ça plus simple. Il y a des gens qui sont
venus en commission et qui nous ont dit : Bien, au lieu de faire ça aux cinq ans, on comprend peut-être
annuellement, c'est lourd, bien, faisons ça aux deux ans ou aux trois ans. Ça
aussi, j'aimerais entendre la Régie
de l'énergie là-dessus. Si ça arrivait, qu'est-c