House Proceedings — 29 November 2018 (42nd Legislature, 1st Session)
2018-11-29
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante et une minutes)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Bon jeudi. Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.
Nous
allons faire la rubrique des déclarations
de députés, la première de cette législature. Je reconnais maintenant M.
le député de Beauharnois. Vous avez une minute pour votre déclaration.
Reid : Merci, M. le Président. M. le Président, le
16 novembre dernier, le comté de Beauharnois était envahi par la fièvre du
football alors que deux de nos équipes locales étaient en action pour tenter de
remporter les grands honneurs de la saison.
effet, l'équipe de football juvénile les Broncos de l'école de la
Baie-Saint-François disputait à domicile la finale montérégienne. C'est dans une lutte enlevante et
remplie d'adversité que les joueurs des Broncos ont remporté les honneurs
contre les Grenadiers de l'école secondaire Louis-Philippe-Paré. Cette victoire
couronnait une saison parfaite.
leur côté, le Noir et Or du collège de Valleyfield a remporté le Bol d'or dans
la division 2 pour une seconde année consécutive au terme d'un match
physique et rapide contre le collège John-Abbott. Le Noir et Or n'en était pas
à sa première conquête du prestigieux trophée, et l'expérience des joueurs fut
cruciale dans des conditions météo particulièrement difficiles.
Tout au long de la
saison, les joueurs des Broncos et du Noir et Or ont su faire preuve de
détermination, de courage et de persévérance
pour se mériter les grands honneurs. Je tiens donc à féliciter les joueurs et
les entraîneurs de ces deux équipes...
Le Vice-Président
(M. Picard) : En terminant.
Reid : ...qui sont
la fierté de notre communauté et qui perpétuent une tradition gagnante au
football scolaire. Merci.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant
la... Oui, vous pouvez applaudir ce
beau succès. Je cède maintenant la parole à M. le député de Jacques-Cartier. La
parole est à vous.
Kelley : Merci, M. le Président. Puisque nous n'étions pas en Chambre le 11 novembre dernier, j'aimerais
saisir l'occasion aujourd'hui afin de souligner le jour du Souvenir.
Cette
année a marqué le 100e anniversaire de l'Armistice, le 11 novembre
1918, laquelle a mis fin à quatre longues années de guerre et de
souffrance.
Québec and Canada's participation
in the Great War was significant, notably on the battlefields of Vimy,
Courcelette, Passchendaele and The Hundred Days battle,
where Canadians from different cultural and linguistic backgrounds stormed
battlefields and fought and died alongside one another.
Le temps a passé, et malheureusement nos anciens combattants de la Première Guerre
mondiale ne sont plus avec nous aujourd'hui. Nous nous souviendrons
toutefois toujours de leur sacrifice.
terminant, il est de notre responsabilité, comme société, de prendre soin de nos anciens combattants et de
tous les membres de nos Forces armées canadiennes qui nécessitent des
services et notre appui. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à Mme la députée
de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Foster :
Merci, M. le Président. L'été dernier, la population de la ville de
Baie-Saint-Paul est passée de 7 000 habitants
à 38 000 en l'espace de quatre jours en raison d'un festival qui a
largement été primé dernièrement. Je parle ici du Festif! de
Baie-Saint-Paul.
Leur
programmation met en vedette les
meilleurs artistes québécois, et d'ailleurs qui se produisent sur plus de
20 sites différents, allant des grandes
scènes aux abords du fleuve en passant par les cours arrière, les ruelles, le
sous-sol de l'église, les comptoirs
de dépanneur. Le concept est unique et il se démarque surtout pour ses valeurs
environnementales.
Aujourd'hui,
j'aimerais souligner leur excellence, reconnue tout récemment dans le cadre de
trois événements majeurs. Premièrement, ils ont reçu la plus grande
distinction au gala des événements écoresponsables du Québec, un Grand Vivat, remis par Loto-Québec. Au gala des
prix Excellence Tourisme, ils ont également été récompensés dans la
catégorie Tourisme durable par le Conseil québécois des événements
écoresponsables. Et ils ont reçu le Prix de la commandite Loto-Québec pour le
projet de la roulotte Le Festif Sirius XM Franco. Alors, bravo aux gens du
Festif!
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. J'aimerais souligner la
carrière et la vie de Jean Pagé, un grand Québécois.
Pendant
47 ans, ses descriptions, commentaires et analyses des événements sportifs
nous ont accompagnés. Il est ici représenté par ses filles Isabelle et
Alexandra. Des générations de Québécois sont témoins de son grand talent de communicateur, de son amour du sport et des
sportifs. Il nous a décrit les Jeux olympiques de 1976, les premiers d'une
série de 10 comme chef d'antenne à Radio-Canada et animateur durant
15 saisons à La Soirée du hockey .
Son talent a
été à maintes fois reconnu, avec divers prix. À notre tour, aujourd'hui, d'honorer sa carrière, sa vie et son dévouement, car M. Pagé est aussi un citoyen engagé, porte-parole de la fondation Procure, entièrement dédiée à la lutte contre le cancer de la prostate. Depuis son
diagnostic, M. Pagé s'implique et sensibilise les hommes au dépistage et la
prévention.
C'est un
honneur pour moi de vous remettre, M. Pagé, 25 années après notre première
entrevue à Radio-Canada, cette
distinction de l'Assemblée nationale du Québec. Sachez que vous êtes une source d'inspiration et
de fierté. Je vous... Je t'en remercie, Jean. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
M. le député. Je cède la parole à Mme la députée de Champlain.
LeBel : Alors, merci, M. le Président. M. le
Président, c'est un honneur pour moi,
aujourd'hui, de mettre en lumière le travail admirable réalisé par un organisme du comté de Champlain qui célèbre cette année ses 35 ans d'existence,
l'Association québécoise de défense des
droits des personnes retraitées et préretraitées des Chenaux. D'ailleurs,
j'aimerais souligner la présence de
Mme Jacqueline Bergeron, qui est la présidente, qui est avec nous dans les
gradins aujourd'hui.
L'AQDR des
Chenaux a une mission qui me rejoint tout particulièrement, soit la défense des
droits, afin que, peu importe leur
statut social, les personnes retraitées et préretraitées soient respectées,
entendues et défendues. L'AQDR des Chenaux
est, selon moi, le parfait exemple de personnes qui, au sein de leur
communauté, se sont prises en main et se sont mobilisées pour quelque chose de plus grand qu'elles-mêmes. En
effet, l'AQDR des Chenaux permet à une clientèle parfois vulnérable de
naviguer à travers notre système de justice afin de le rendre moins intimidant.
Aux bénévoles
du comté de Champlain, sachez que votre travail est apprécié, et votre
contribution également. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Merci, Mme la députée. Je cède la
parole à M. le député de Rimouski.
LeBel : Merci, M. le Président. Je tiens à rendre hommage à la famille
Thibault, du Bic, qui célèbrent leur 80e année de conservation et
de protection d'un canard emblématique du Saint-Laurent, l'eider à duvet.
En 1938,
Ernest Thibault devint gardien de phare de l'île Bicquette, située au large du
Bic. Il constatait des pratiques de braconnage.
M. Thibault s'assura que tout ça prenne fin. Et, après une décennie, l'île,
comptant tout juste 200 nids, a atteint 10 000 nids,
faisant de Bicquette la plus grosse colonie de cette espèce dans le monde.
Son fils
Patrice fonda, en 1991, la Société protectrice des eiders de l'estuaire afin
d'assurer la récolte de ce duvet, réputé
pour sa qualité inégalée. Aujourd'hui opérée par son gendre, Marc Lapointe, sa
fille Danielle et leurs trois enfants, François, Catherine et Geneviève,
la famille s'assure de la conservation de ce canard dont l'environnement
sensible nécessite un respect et un minimum d'impacts.
Il ne fait aucun doute que
le travail de la famille Thibault aura un rôle majeur pour cette espèce.
J'aimerais aujourd'hui souligner leur dévouement et souhaiter longue vie à
cette belle mission familiale. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Rimouski. Je cède la parole à M. le député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci, M. le Président. Le Québec peut compter sur l'apport de nombreux bénévoles
qui s'impliquent activement et qui offrent
de leur temps et argent afin de soutenir une cause qui leur tient à coeur, sans
autre attente que d'avoir le sentiment du devoir accompli. Pour ma première
intervention de cette 42e législature, il me fait donc plaisir de souligner à notre Assemblée nationale
l'implication d'un citoyen de ma circonscription, M. Harold Ste-Marie.
Cet homme
impliqué est un avocat en droit commercial et qui a pris sa retraite en janvier
2018. Au fil des ans, M. Ste-Marie a contribué au développement des
communautés autochtones en mettant en oeuvre des stratégies de développement reconnues par sa communauté. Il sera
notamment reconnu par les membres de l'Ordre des gens d'affaires de
Québec.
En tant que
député de Chauveau, je tiens à féliciter M. Ste-Marie pour le travail
accompli au cours de sa carrière. Et
je lui souhaite une bonne continuité dans ses actions positives pour notre
collectivité. Je ne serais pas surpris qu'on le verrait, dans les
prochaines années, continuer à être très actif pour les gens de Chauveau.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant
la parole à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Il y a quelques années, un projet de transbordement de marchandises voit le
jour sur le terrain L'Assomption Sud. Plusieurs personnes qui habitent
Hochelaga-Maisonneuve s'inquiètent des nuisances qui découleront de ce projet.
Le dossier est complexe, opaque, il est difficile de savoir qui décide de quoi.
Qu'à cela ne tienne, un groupe de citoyens
et citoyennes se prennent en main et démarrent une pétition pour exiger la
tenue d'une consultation publique sur l'avenir de ce secteur industriel.
La première
manche est gagnée par le groupe citoyen, et les consultations débuteront d'ici
quelques semaines. Je tiens donc à saluer aujourd'hui le travail, la patience
et la résilience du groupe Mobilisation 6600 Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, qui ont imposé à des géants
politiques et économiques que l'on tienne compte des préoccupations des gens qui habitent les quartiers
voisins aux aires industrielles et qu'on planifie avec eux et non malgré
eux les grands projets des décennies à venir. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Prévost.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, c'est un honneur et un privilège d'être
de retour à l'Assemblée nationale du
Québec. C'est aussi un privilège d'avoir été élue à Prévost,
une nouvelle circonscription sur la carte électorale. Et cette circonscription est au nord de Saint-Jérôme, c'est
la porte des Laurentides. C'est une circonscription rurale, champêtre,
sportive et culturelle.
Je tiens aussi à féliciter tous les députés ici
présents, à l'Assemblée nationale, et qui ont été choisis de façon démocratique
par leurs citoyens et leurs citoyennes. Nous avons un rôle important à jouer,
celui de représenter nos citoyens, quel que soit le parti politique qui nous a
choisis. C'est ça, la démocratie.
Et d'être de retour dans cette enceinte après
avoir pris trois années de retraite, c'est extrêmement touchant. Et, M. le Président,
je suis la doyenne en âge ici, à cette Assemblée, en tant que députée.
Le Vice-Président (M. Picard) : En
terminant.
Mme Blais (Prévost) : Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, madame... Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Labelle.
Jeannotte : Merci, M. le Président. Je m'adresse à vous en cette
Chambre aujourd'hui pour rendre hommage à un des plus illustres citoyens de la circonscription de Labelle et
souligner une carrière exceptionnelle de 17 ans au plus haut niveau
de l'élite mondiale en ski alpin.
Avec
ses deux titres de champion du monde et ses 25 podiums en coupe du monde,
Erik Guay est le plus grand skieur de toute l'histoire du Canada. Modèle de
résilience, de détermination et d'excellence, Erik Guay est une source de
grande fierté pour toute la région de Mont-Tremblant aussi bien que pour
l'ensemble de la population du Québec et de tout le Canada. Après de longues
années à confronter les risques de blessure grave à tous les instants sur des
pistes vertigineuses et verglacées, à skier à plus de 140 kilomètres à l'heure, Erik revient
chez lui, auprès des siens, dans notre magnifique région de Mont-Tremblant, où
il continuera d'être une grande
source d'inspiration pour tous nos jeunes. Souhaitons à Erik, à ses parents,
Ellen et Conrad, à son épouse Karen et ses quatre superbes filles beaucoup de
bonheur et de succès dans tous leurs projets futurs. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Cette déclaration met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Président : Mmes, MM. les députés, c'est avec tristesse que nous avons appris,
depuis l'ajournement de nos travaux
en juin dernier, le décès de plusieurs anciens parlementaires de l'Assemblée
nationale :
M. Jean-Guy Bergeron, député de Deux-Montagnes de 1989 à 1994;
M. Paul Gérin-Lajoie, député de Vaudreuil-Soulanges de 1960 à 1969; M. John Ciaccia, député de
Mont-Royal de 1973 à 1998;
M. Jean-Joseph Turcotte, député de Roberval de 1958 à 1960;
Mme Lise Payette, députée de Dorion de 1976 à 1981;
Mme Élaine Zakaïb, députée de Richelieu de 2012 à 2014; M. Jean Bienvenue, député de Matane puis
Crémazie de 1966 à 1976; M. Louis O'Neill, député de Chauveau de 1976
à 1981;
Mme Yolande Dumoulin Legault, députée de Deux-Montagnes de 1985 à
1989; M. Richard Le Hir, député d'Iberville de 1994 à 1998; et M. Bernard Landry,
député de Fabre puis de Laval-des-Rapides de 1976 à 1986, puis de Verchères
de 1994 à 2005. Nul besoin de rappeler que M. Landry fut premier ministre
du Québec de 2001 à 2013.
Nous
allons donc nous recueillir quelques instants en ayant une pensée particulière
pour leurs familles et leurs proches, s'il vous plaît.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Alors, je vous souhaite...
Président : La
présence de M. Alexandre
Cloutier dans les tribunes également. Je vous salue, M. Cloutier,
ex-député de Lac-Saint-Jean. M. Cloutier, ex-député de Lac-Saint-Jean,
bienvenue.
vous souhaite une bonne journée. Une belle journée aujourd'hui, du soleil, pas
de neige, tout ce qu'il faut pour avoir une bonne période de questions
et réponses orales, une bonne première session de la 42e législature.
Nous poursuivons donc
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Président : À l'article a du feuilleton, Mme la ministre de la
Sécurité publique présente le projet de loi n° 1, Loi modifiant les règles encadrant la nomination
et la destitution du commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur
général de la Sûreté du Québec et du directeur des poursuites criminelles et
pénales. Mme la ministre.
Mme Guilbault :
Merci, M. le Président. Alors, je dépose le projet de loi n° 1, Loi
modifiant les règles encadrant la
nomination et la destitution du commissaire à la lutte contre la corruption, du
directeur général de la Sûreté du Québec et du directeur des poursuites
criminelles et pénales.
projet de loi apporte des modifications aux modes de nomination et de
destitution du Commissaire à la lutte contre
la corruption, du directeur général de la Sûreté du Québec et du Directeur des
poursuites criminelles et pénales.
Concernant
leur nomination, le projet de loi prévoit qu'ils sont nommés par l'Assemblée
nationale sur motion du premier
ministre et avec l'approbation des deux tiers de l'Assemblée nationale... du
deux tiers de ses membres, pardon. Il
précise qu'avant que le premier ministre ne propose une personne celle-ci est
rencontrée par des députés lors d'un même entretien tenu à huis clos et qu'à cette fin le premier ministre désigne
un député de son parti et demande au chef de chaque autre parti autorisé représenté à l'Assemblée
nationale de faire de même. Le projet de loi exige que, dans les 15 jours
suivant la demande du premier
ministre, les députés lui transmettent un rapport conjoint contenant la
recommandation de chacun sur la candidature de la personne rencontrée et
précise que ce rapport est confidentiel.
Concernant leur destitution, le projet de loi
prévoit qu'ils ne peuvent être destitués que par l'Assemblée nationale sur motion du premier ministre et avec
l'approbation des deux tiers de ses membres, sous réserve de certains cas
spécifiques de destitution déjà prévus dans la
Loi sur la police pour le
commissaire et le directeur général de la Sûreté du Québec.
Le projet de
loi contient aussi d'autres règles particulières relativement à certaines
nominations ou destitutions. Ainsi,
concernant la nomination du directeur général de la Sûreté du Québec, le projet
de loi met en place un processus de sélection et précise que celui-ci ne
s'applique pas lorsque le mandat du directeur général est renouvelé.
Concernant la nomination ou la destitution du
Directeur des poursuites criminelles et pénales, le projet de loi précise que, pour amorcer le processus de
nomination ou de destitution par l'Assemblée nationale, une recommandation
du ministre de la Justice doit avoir été formulée préalablement au premier
ministre.
Le projet de
loi apporte par ailleurs diverses autres modifications en lien avec les
changements proposés aux modes de nomination et de destitution.
Enfin, le projet de loi contient des
dispositions transitoires et de concordance.
Le Président :
Je reconnais le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx : Merci, M. le Président. D'abord,
c'est un projet important. C'est un projet qui va toucher nos institutions.
Est-ce que le leader peut s'engager à tenir des consultations particulières les
plus élargies possible? Nous aurons une liste de groupes à lui soumettre
également, M. le Président.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, il nous fera plaisir de tenir des consultations. Nous
discuterons des groupes à inviter et nous pourrons tenir les
consultations en temps opportun.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, nous saluons l'ouverture de la
ministre et nous souhaitons, si vous
le permettez, M. le Président, qu'elle convoque aussi l'ancien commissaire à
l'UPAC pour qu'on puisse effectivement faire la lumière lorsque viendra
le temps de discuter de ces enjeux.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, on aura des échanges avec les
différents groupes parlementaires en prévision des consultations. Au moment des
discussions que nous aurons avec les leaders des différentes formations politiques, le deuxième groupe d'opposition aura
tout le loisir de soumettre les noms qu'il souhaite en termes de convocations.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
J'entends : Adopté.
À la rubrique, maintenant, Dépôt de documents, M. le
ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge : M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel de gestion 2017-2018 de
l'Institut national des mines du Québec.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : M. le Président, permettez-moi de déposer les rapports
annuels de gestion 2017-2018 et les rapports annuels 2017-2018 sur
l'application de la procédure d'examen des plaintes et l'amélioration de la
qualité des services des centres intégrés
universitaires de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal,
et de la Mauricie et du
Centre-du-Québec, du Centre intégré de santé et de services sociaux de la
Côte-Nord et du Centre universitaire de santé McGill.
Également, je dépose
le rapport annuel de gestion 2017-2018 et le rapport d'activité des plaintes
médicales 2017-2018 et le
rapport 2017-2018 sur les plaintes et la qualité des services de
l'Institut de cardiologie de Montréal. Merci, M. le Président.
Le Président :
Merci, Mme la ministre. Ces documents sont maintenant déposés. Vous en avez
encore? Oui, Mme la ministre, prenez votre temps.
Mme McCann :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer le rapport de gestion 2017-2018
et le rapport annuel 2017-2018 sur l'application de la procédure d'examen des plaintes, la
satisfaction des usagers et le respect de leurs droits de l'Institut universitaire
de cardiologie et de pneumologie de Québec.
Également, je dépose
le rapport annuel 2017-2018 portant sur la procédure d'examen des plaintes
du Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Merci, M. le Président.
le Président, permettez-moi de déposer les rapports annuels de gestion
2017-2018 du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James, du centre intégré de santé et de
services sociaux du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, et du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université
Laval, ainsi que le rapport annuel de la Commissaire locale aux plaintes et à la qualité des services
2017-2018 du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval.
Merci, M. le Président.
le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel 2017-2018 sur
l'application de la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration
de la qualité des services du Centre intégré de santé et de services sociaux de
la Montérégie-Centre, le rapport annuel 2017-2018 de la commissaire aux
plaintes et à la qualité des services du centre hospitalier universitaire
mère-enfant Sainte-Justine.
Également,
je dépose les rapports annuels de gestion 2017-2018 du centre hospitalier
universitaire mère-enfant Sainte-Justine et d'Urgences-Santé. Merci, M.
le Président.
Président : Merci, Mme la ministre. Ces documents sont donc
maintenant déposés. M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation,
s'il vous plaît.
Fitzgibbon : M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel de gestion 2017-2018 des sociétés Innovatech suivantes : Régions ressources,
du Grand Montréal, du sud du Québec, Québec et Chaudière-Appalaches, ainsi que
le rapport annuel de gestion 2017-2018
de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour. Merci, M. le Président.
Le Président : Ces documents sont maintenant déposés. Mme la ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements
climatiques.
Mme Chassé :
M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel de gestion 2017-2018
de RECYC-QUÉBEC et du Comité consultatif de l'environnement Kativik.
Le Président : Merci, Mme la ministre. Ces documents sont maintenant
déposés. M. le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Dufour : M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel
de gestion 2017-2018 de la Fondation de la faune du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Merci, M. le ministre. Ces documents sont également déposés. M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, permettez-moi de déposer l'entente relative à la
notion de groupe parlementaire au fonctionnement
de l'Assemblée nationale et des commissions parlementaires ainsi qu'aux aspects
budgétaires pour la durée de la 42e législature, ainsi que la
proposition de modifications temporaires au règlement et aux règles de fonctionnement de l'Assemblée nationale concernant
la notion de groupe parlementaire ainsi que le fonctionnement de
l'Assemblée nationale et des commissions parlementaires pour la durée de la
42e législature.
Le Président :
Ces documents sont maintenant déposés. M. le leader du gouvernement, à nouveau.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je sollicite le consentement de l'Assemblée pour déroger à l'article 116 de
notre règlement et proposer, conjointement
avec le leader de l'opposition officielle, avec le leader du deuxième groupe
d'opposition et avec le troisième groupe d'opposition, la motion
suivante :
«Que
le règlement et les règles de fonctionnement de l'Assemblée nationale soient
modifiés par les dispositions contenues
dans le document intitulé Proposition de modifications temporaires au règlement
et aux règles de fonctionnement de
l'Assemblée nationale concernant la notion de groupe parlementaire ainsi que le
fonctionnement de l'Assemblée et des commissions parlementaires pour la
durée de la 42e législature ;
«Que
les modifications qu'il apporte au règlement et aux règles de fonctionnement de
l'Assemblée nationale soient en vigueur pour la durée de la
42e législature, et ce, malgré une clôture de la session;
«Que
soient intégralement consignées au procès-verbal de la présente séance les modifications
qu'il contient.»
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour déroger au
premier paragraphe de l'article 116 du règlement?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Est-ce que cette motion est adoptée?
Président : Merci. Pour ma part, je vous avise que j'ai reçu de
M. le chef du deuxième groupe d'opposition des lettres m'informant des nominations suivantes : M. Pascal
Bérubé, député de Matane-Matapédia, à la fonction de chef du deuxième
groupe d'opposition à compter du 10 octobre 2018; M. Martin Ouellet,
député de René-Lévesque, à la fonction de leader du deuxième groupe
d'opposition à compter du 22 octobre 2018. Je dépose donc ces documents.
Je vous avise que j'ai reçu de Mme la chef du
troisième groupe d'opposition des lettres m'informant des nominations
suivantes, qui prenaient effet le 10 octobre 2018 : Mme Manon
Massé, députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, à la fonction de chef du troisième groupe d'opposition; M. Gabriel Nadeau
Dubois, député de Gouin, à la fonction de leader du troisième groupe
d'opposition. Je dépose également ces documents.
Je dépose le rapport préélectoral sur l'état des
finances publiques du Québec du ministre des Finances.
Je dépose les
résultats détaillés des travaux du Vérificateur général du Québec sur le
rapport préélectoral 2018.
Je dépose le rapport annuel d'activité et le
rapport annuel de gestion 2017-2018 du Protecteur du citoyen.
Je dépose le
rapport annuel de gestion 2017-2018 du Directeur général des élections du
Québec et de la Commission de la représentation électorale du Québec.
Je dépose le rapport d'activité 2017-2018 du
Commissaire à l'éthique et à la déontologie.
Je dépose le rapport annuel 2017-2018 de la
Commission de la fonction publique.
Je dépose le
rapport d'activité et de gestion 2017-2018 de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse.
Je dépose
également une lettre que j'ai reçue de Me Tamara Thermitus m'informant de sa
démission en tant que présidente de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse à compter du 29 novembre 2018.
Je dépose une
lettre adressée à la présidence par Me Christiane Constant, dans laquelle elle
l'informe de sa décision de quitter ses fonctions de membre de la
Commission d'accès à l'information à compter du 7 septembre 2018.
Je dépose une
lettre que m'a adressée M. Jean Chartier, dans laquelle il m'informe de sa
décision de quitter ses fonctions de président de la Commission d'accès
à l'information à compter du 31 décembre 2018.
Je dépose une
lettre adressée à la présidence par M. Marc Garneau, ministre fédéral des
Transports, en réponse à une motion adoptée par l'Assemblée nationale le
11 avril dernier concernant la demande d'une commission d'enquête
publique sur les circonstances de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic.
dépose une lettre adressée à la
présidence par M. Jonathan
Wilkinson, ministre fédéral des Pêches et Océans, en réponse à une motion adoptée
le 19 avril dernier concernant la dangerosité du métier de pêche en haute
mer, adressée à son prédécesseur, M. Dominic LeBlanc.
J'ai également reçu
les rapports d'enquête du Commissaire à l'éthique et à la déontologie au président
de l'Assemblée
nationale au sujet de M. Gaétan Barrette, député de
La Pinière, en date du 5 juillet 2018, M. André Lamontagne,
député de Johnson, en date du
22 août 2018, M. François Bonnardel, député de Granby, en date
du 27 septembre 2018, M. Éric
Caire, député de La Peltrie, en date du 27 septembre 2018, et de
Mme Nathalie Roy, députée de Montarville, en date du
5 novembre 2018. Je dépose donc ces documents.
Je dépose la liste
des documents dont la loi prescrit le dépôt à l'Assemblée.
Je dépose une
Et je dépose enfin le
diagramme de l'Assemblée nationale en date d'aujourd'hui.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions.
À la rubrique Interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège ou sur un fait personnel, j'ai reçu, dans
les délais prescrits, de M. le leader de l'opposition officielle une demande
d'intervention sur une violation de droit ou de privilège.
Dans
son avis, le leader de l'opposition officielle allègue que le premier ministre
et le cabinet de ce dernier auraient commis,
prima facie, un outrage au tribunal en transmettant le discours d'ouverture
intégral du premier ministre à des journalistes
alors que ce dernier venait de débuter son intervention au salon bleu. Il joint
à son avis des copies d'articles de
presse qui référeraient à des éléments du discours avant que ces sujets n'aient
été abordés par le premier ministre en Chambre.
L'avis fait également mention de l'intention du leader de l'opposition
officielle de présenter une motion en vertu de l'article 315 et
suivants du règlement.
Vous comprendrez que
je prends cette question en délibéré.
Je reconnais le
leader de l'opposition officielle.
M. Proulx :
Oui, merci, M. le Président. Je reconnais ce que vous venez de dire et j'en
suis très heureux. Vous indiquer que,
si vous souhaitez, parce que c'est votre prérogative, si vous souhaitez
entendre les leaders, je pourrai me rendre disponible pour faire des
représentations. Merci.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, nous souhaitons également faire
des représentations au moment qui vous conviendra.
Le Président :
Alors, je comprends qu'on souhaite discuter du dossier. On fixera un moment
opportun après discussion entre les différents leaders. Merci.
Je vais maintenant
rendre ma directive sur la gestion de la période des questions et la
répartition des autres mesures et des temps de parole pour la durée de la
42e législature.
Je rappelle que la détermination de
cette répartition constitue l'un des tout premiers gestes devant être posés par
la présidence au début d'une nouvelle législature,
de même qu'à chaque fois qu'un changement dans la composition de
l'Assemblée le rend nécessaire.
Lorsque
la présidence se prête à cet exercice, elle doit tenir compte de divers
principes concernant le fonctionnement d'une
assemblée législative comme la nôtre, dont le rôle prépondérant qui revient
traditionnellement à l'opposition officielle, de même que le nombre de
groupes parlementaires et de députés indépendants qui composent l'Assemblée.
Elle
doit aussi le faire en ayant toujours le même objectif en tête, soit d'être
équitable entre les différents partis représentés à l'Assemblée et, le
cas échéant, les députés indépendants afin que chacun puisse jouer pleinement
et efficacement son rôle.
bien, à ce sujet, vous n'êtes pas sans savoir que des négociations ont eu lieu
au cours des dernières semaines entre
les différents partis représentés à l'Assemblée. À l'issue de ces négociations,
il a été convenu, pour la durée de la 42e législature,
que le Parti québécois et Québec solidaire seraient reconnus comme étant
respectivement le deuxième et le
troisième groupe parlementaire d'opposition, et ce, malgré le fait que les
critères prévus au règlement de l'Assemblée ne sont pas rencontrés, soit
d'avoir fait élire 12 députés ou obtenu 20 % des voix aux dernières
élections générales.
effet, le Parti québécois et Québec solidaire ont tous deux fait élire
10 députés et ont obtenu respectivement 17,06 % et 16,10 % des voix. Puisqu'ils comptent le même
nombre de députés, c'est cette différence de pourcentage de votes
obtenus qui a été considérée pour déterminer lequel des deux partis devait être
reconnu comme deuxième et troisième groupe d'opposition.
Cette
distinction sera, entre autres, utile pour déterminer l'ordre dans lequel ces
groupes pourront prendre la parole lors des débats et établir à quel
rang ils pourront exercer leurs droits.
Compte
tenu de cette reconnaissance à
titre de deuxième et de troisième groupe
d'opposition, je souligne que, pour
la toute première fois de son histoire, l'Assemblée comptera quatre groupes
parlementaires. Le fonctionnement de nos travaux devra donc tenir compte
de cette nouvelle réalité parlementaire.
Par ailleurs, lors
des discussions qui ont précédé mon élection comme président, les partis
représentés à l'Assemblée ont aussi convenu d'une répartition pour les
différentes mesures et les temps de parole. Cette répartition est d'ailleurs illustrée en détail dans des
tableaux qui se trouvent en
annexe du document intitulé Entente relative à
la notion de groupe parlementaire,
au fonctionnement de l'Assemblée et des commissions parlementaires, ainsi
qu'aux aspects budgétaires pour la durée de la 42e législature ,
qui a été déposé plus tôt aujourd'hui.
prends acte de cette entente et salue le consensus auquel en sont venus les
partis représentés à l'Assemblée. Compte
tenu que cette entente respecte les décisions rendues par mes prédécesseurs
ainsi que les principes élaborés par la jurisprudence parlementaire en
pareille matière, j'entends, bien sûr, y donner suite.
Pour
ce qui est des détails techniques de cette répartition, je vous réfère aux
tableaux qui se trouvent en annexe, également,
de l'entente mentionnée précédemment. Je précise aussi que ceux-ci seront
réputés faire
partie de la présente directive.
Je vais maintenant
passer en revue les différentes mesures pour résumer les grandes lignes de leur
répartition. D'abord, pour ce qui est de la
période de questions et de réponses orales, je rappelle les grands principes
devant gouverner sa gestion. Tous les
députés peuvent poser des questions au gouvernement, incluant les députés
ministériels. Les questions sont
principalement dévolues aux députés de l'opposition. La notion de groupe
parlementaire constitue un principe qui doit être jumelé avec les deux premiers. Un rôle prépondérant doit être
reconnu à l'opposition officielle. Et finalement la présidence doit
tenir compte de la présence, le cas échéant, de députés indépendants.
respect, donc, de ces principes, voici comment seront réparties les questions
lors de la période de questions et réponses orales.
Les questions seront
réparties selon un cycle de 10 séances.
raison du rôle prépondérant qui lui est reconnu, l'opposition officielle aura
droit à une majorité de questions, dont
les trois premières questions principales, à chaque jour où il y aura période
de questions. Par la suite, les quatrième et cinquième questions principales seront posées par le deuxième et le
troisième groupe d'opposition, en alternance, selon les séances. Les autres
questions seront attribuées de manière à refléter la présence des trois groupes
parlementaires d'opposition, tout en
préservant la prépondérance de l'opposition officielle. Le député indépendant
de Chomedey aura aussi le droit de poser des questions selon une fréquence
déterminée.
même, les députés ministériels, c'est-à-dire les députés qui sont membres du
groupe parlementaire formant le gouvernement et qui ne sont pas
ministres, pourront poser des questions selon les modalités prévues à
l'entente.
Comme
lors des législatures précédentes, seule la première question principale posée
par le chef de l'opposition officielle pourra être suivie de trois questions
complémentaires. Toutes les autres questions principales ne pourront être
suivies que par deux questions complémentaires.
Comme
par le passé, en raison de l'importance de leur rôle, le chef de l'opposition
officielle et les chefs des autres groupes parlementaires d'opposition
disposeront de plus de temps que les autres députés pour poser leurs questions
principales. Ils auront droit à 1 min 30 s plutôt qu'à une
minute.
Dans cette même logique, le premier ministre disposera également de plus de temps que les autres ministres pour
répondre aux questions principales. Ses
réponses seront d'une durée de 1 min 45 s plutôt que le
1 min 15 s prévu pour les réponses des autres ministres
aux questions principales.
questions complémentaires, quant à elles, sont d'une durée maximale de
30 secondes pour tous, et les réponses à ces questions ne pourront
dépasser 45 secondes.
J'en viens maintenant
aux interpellations et aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, ainsi appelées, dans le
jargon parlementaire, «motions du mercredi» puisqu'elles sont débattues
le mercredi en après-midi en période de travaux réguliers.
La répartition de ces mesures se fera
selon un cycle de 11. L'opposition
officielle bénéficiera de la majorité de celles-ci, soit sept, dont les premières de chaque période de travaux.
Chacun des deuxième et troisième groupes d'opposition pourra utiliser deux motions du mercredi et deux interpellations
par cycle.
Pour
ce qui est maintenant des déclarations de députés, il importe de rappeler
qu'elles sont des mesures dévolues à
l'ensemble des députés, incluant les ministres, afin que tous puissent
s'exprimer pendant une minute sur des sujets qui leur tiennent à coeur. Au nombre de 10 à chaque séance, les déclarations
de députés sont la plupart du temps utilisées par les députés pour
s'adresser à leurs concitoyens pour les féliciter pour certains
accomplissements ou encore pour souligner
des moments importants. Les déclarations de députés sont aussi l'occasion pour
les députés qui le souhaitent de s'exprimer sur tout autre sujet,
généralement de nature non partisane, qu'ils considèrent important d'aborder.
Afin
de permettre équitablement à tous les députés qui le souhaitent de pouvoir s'en
prévaloir, les déclarations des
députés sont réparties selon un critère de proportionnalité, c'est-à-dire en
fonction du nombre de députés que compte chaque groupe parlementaire.
Pour
refléter cette proportionnalité, les déclarations de députés ont été
distribuées selon un cycle de 10 séances. Le groupe parlementaire formant le gouvernement aura droit à la majorité
des déclarations, soit un total de 59 déclarations, l'opposition officielle à 24 déclarations et
le deuxième et le troisième groupe d'opposition à huit déclarations
chacun. Le député indépendant de Chomedey aura aussi droit à une
déclaration par cycle.
Concernant maintenant
les débats de fin de séance, je rappelle qu'ils servent en quelque sorte à
prolonger la discussion sur un enjeu soulevé
lors de la période de questions entre un député et un ministre. Il s'agit d'un
maximum de trois débats par séance, qui peuvent avoir lieu à 18 heures,
les mardis et jeudis, en période de travaux réguliers.
Lorsque la présidence
recevra plusieurs demandes pour tenir des débats de fin de séance, elle
accordera à l'opposition officielle deux débats par séance où des débats
peuvent être soulevés, et le deuxième et le troisième groupe d'opposition auront aussi droit en alternance à un débat par
séance chacun. Le député indépendant de Chomedey aurait le droit de
soulever un débat de fin de séance par période
de travaux. Les députés ministériels pourront aussi en soulever selon
une fréquence déterminée.
Pour
ce qui est des motions sans préavis, le règlement prévoit que chaque groupe
parlementaire peut en présenter une à chaque séance et qu'il appartient au
président d'en déterminer l'ordre. Comme par le passé, l'ordre établi permettra
à chaque groupe de présenter, en rotation, la première motion au cours d'une
séance.
termine avec les temps de parole lors des différents débats restreints. Mis à
part un temps de parole qui varie en fonction
de la durée du débat et qui sera attribué au député indépendant de Chomedey, la
moitié du temps restant sera octroyée
au groupe parlementaire formant le gouvernement et l'autre moitié sera répartie
parmi les trois groupes parlementaires d'opposition, proportionnellement
au nombre de sièges qu'ils détiennent respectivement à l'Assemblée nationale.
Les temps de parole
non utilisés seront redistribués aux groupes parlementaires selon cette même
répartition.
Cette répartition
sera ajustée lors des débats restreints sur une motion du mercredi présentée
par un député du deuxième groupe ou du troisième groupe d'opposition, de sorte
que ce groupe ait droit à un temps supplémentaire de 10 minutes lorsque sa
motion est débattue.
C'est
ce qui conclut, donc, la répartition des mesures et des temps de parole pour la
durée de la 42e législature. Je précise
toutefois que, comme ce fut déjà le cas par le passé, la présidence pourrait
être amenée à ajuster cette répartition au cours de la législature
advenant des changements dans la composition de l'Assemblée.
là je termine vraiment pour vous dire que les différents partis représentés à
l'Assemblée ont exprimé le souhait qu'un
comité soit rapidement mis sur pied. Ce dernier aurait pour mission de réaliser
une réflexion à plus long terme sur les
différents moyens qui permettraient de faciliter la mise en place d'une
nouvelle législature et les ajustements nécessaires lorsque des changements surviennent dans la
composition de l'Assemblée, incluant les aspects budgétaires. J'ai l'intention,
bien entendu, de donner suite à cette
volonté et je m'engage à vous accompagner dans cette démarche importante pour
le bon fonctionnement de notre institution.
D'ailleurs,
je compte faire
partie de ce comité qui, à mon sens, constitue un forum idéal
pour aborder toute autre question
pouvant nous permettre d'améliorer nos pratiques en vue de faire de notre
Parlement une institution efficace, moderne et ouverte.
Je vous remercie de
votre très bonne attention.
Bien
là, c'est un moment important. Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales. Je dis
ça et je prends le temps de le dire parce que, je le précisais mardi, la
moitié, plus de la moitié de la députation sont des gens qui, pour la
première fois aujourd'hui, vivront cette période de questions et de
réponses orales. Alors, je vous dirai simplement une chose : Je
vous la souhaite bonne et efficace.
Je cède maintenant la
parole au chef de l'opposition officielle.
M. Arcand : Je suis très heureux, M. le Président, de me lever aujourd'hui pour poser cette première question au nouveau premier ministre.
premier ministre a lui-même dit à son arrivée en poste : Nous avons
laissé la maison en ordre : 215 000
emplois créés au cours des quatre
dernières années, une performance économique qui dépasse celle de l'Ontario,
une cote de crédit rehaussée par les
agences de notation. Et, contrairement à notre arrivée en 2014, ce n'est pas
des déficits que le nouveau gouvernement
a trouvés, mais bien des surplus. M. le Président, la situation enviable dans
laquelle on se trouve aujourd'hui n'est pas arrivée par magie, c'est le
fruit d'un travail collectif.
Les premiers
pas du nouveau gouvernement, cependant, n'ont pas envoyé un très bon signal. Le
gouvernement a, de fait, fait de
nombreux reculs dans les dernières semaines, et on s'aperçoit que gouverner,
c'est beaucoup plus complexe encore
que critiquer, sans parler, M. le Président, que les promesses ont été
nombreuses. Hier, M. le Président, le premier ministre a lui-même
qualifié son discours de moment historique, mais hier il a aussi frappé le mur
de la réalité.
Est-ce que le
premier ministre peut dire aux Québécois que, malgré les marges de manoeuvre historiques dont il dispose, il ne pourra tenir
toutes ses promesses?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : L'autre
côté? Je pensais que ce serait plus difficile comme question.
M. le Président, d'abord, quand on parle d'économie,
il y a plusieurs façons de voir l'économie du Québec. Aujourd'hui, on peut dire
que, comme dans beaucoup de pays industrialisés, le taux de chômage est bas.
Mais le défi aujourd'hui, ce n'est pas l'emploi, c'est l'emploi de
qualité. Malheureusement, le Québec a un salaire moyen 11 % plus bas que l'Ontario. Le défi au Québec, c'est de réduire notre
écart de richesse pour cesser de recevoir de la péréquation. Le Parti
libéral semble satisfait de la situation économique du Québec; nous, on n'est
pas satisfaits de notre côté.
Ensuite, le
chef de l'opposition officielle parle de l'équilibre budgétaire. Il faut
rappeler que cet équilibre budgétaire a été réalisé sur le dos des
contribuables. On a eu des augmentations de taxes et de tarifs qui font
qu'actuellement les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord.
Maintenant, je veux rassurer le chef de
l'opposition officielle, tous les engagements de la CAQ vont être respectés.
Le Président : M. le chef de
l'opposition officielle, complémentaire.
M. Arcand : Bien, je suis très heureux de l'entendre, M. le Président. Cependant, quand je regarde ce que j'ai vu hier dans le discours inaugural, la santé, d'abord,
n'est clairement pas une priorité. Déchirer l'entente avec les
médecins, c'est devenu un
réajustement des salaires. Et vous avez évidemment omis de parler du
90 minutes d'attente à l'urgence.
Alors, M. le Président, est-ce que le premier
ministre va dire aux Québécois
quels sont les projets qu'il ne pourra pas réaliser?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, effectivement, le gouvernement précédent a augmenté de façon très importante le salaire des médecins. On parle d'augmentations d'environ 50 %, et,
dans certains cas, il semble qu'on ait même dépassé le salaire de leurs homologues dans les autres
provinces. Donc, c'est pour ça que le président du Conseil du trésor a convenu
en quelques semaines de ce qu'il n'avait pas
été possible de faire par l'ancien gouvernement, c'est-à-dire faire une étude
indépendante.
Maintenant,
la ministre de la Santé et son équipe ont un plan précis. Il faut axer sur la
première ligne. Il faut éviter que la moitié des patients se rendent à
l'urgence...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...alors qu'ils
auraient pu être traités dans un GMF. Donc, on a un plan, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Arcand : Parce que
déchirer puis réajuster, ce n'est pas tout à fait la même intensité, c'est le
moins qu'on puisse dire.
Quand on
parle d'éducation, M. le premier ministre, on parle également
d'infrastructures, on parle... En fait, pour vous, l'éducation est une priorité, mais, quand on construit un hôpital
ou quand on construit une école, il faut la budgéter et l'inscrire au
Plan québécois des infrastructures.
Est-ce que vous vous
engagez à déposer dès lundi un plan qui va inclure un budget...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, on sait tous qu'il y a un plan d'infrastructures de
100 milliards qui est prévu pour les
10 prochaines années. On pense que c'est possible, à l'intérieur de ce
plan, de rénover les écoles. C'est inacceptable qu'aujourd'hui 50 % des écoles soient en mauvais état. On va régler
le problème, on va déposer un plan en temps et lieu.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Arcand : Bien, je
remarque qu'il n'a pas tout à fait répondu à la question puisqu'encore une fois
il est clair que les efforts qu'il
veut faire en éducation, il va être obligé de couper ailleurs. Ça, ça me semble
particulièrement clair.
Maintenant,
M. le Président, il rencontre aujourd'hui la communauté innue. On va discuter
de plusieurs projets. Le nord du 49e parallèle, c'est 70 % du
territoire québécois.
Est-ce que le premier ministre peut nous
confirmer que le Plan Nord est bel et bien terminé?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
Oui. Dans le Plan Nord, il y a beaucoup de choses, le secteur minier, mais
aussi éventuellement la production d'électricité. Par contre, il faut
comprendre qu'actuellement Hydro-Québec est en surplus d'électricité pour les
20 prochaines années. La Vérificatrice générale a démontré que les anciens
gouvernements ont fait perdre 2,5 milliards
en signant des contrats pour de l'électricité qu'on n'avait pas besoin. Le
nouveau gouvernement va bien gérer le développement de nos ressources
naturelles.
Le Président : En principale,
je reconnais le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Très bien. Merci, M. le Président. Alors, les finances du Québec sont
aujourd'hui dans un excellent état. Rarement un gouvernement aura eu la chance
d'arriver en poste avec une marge de manoeuvre si substantielle.
Cependant, la CAQ a fait une panoplie de promesses en campagne électorale,
souvent mal chiffrées et grandement sous-estimées.
C'est inquiétant, M. le Président, parce que les finances publiques, aussi
bonnes soient-elles, ne sont pas un puits sans fond.
Alors, le
ministre des Finances aura la chance de corriger le cadre financier irréaliste
de son parti lors de la mise à jour
budgétaire la semaine prochaine, mais, pour y arriver, il devra faire des choix
et être transparent. Des programmes devront être coupés ou des promesses
abandonnées s'il veut respecter l'équilibre budgétaire.
Alors, M. le ministre, qui seront les déçus de
votre mise à jour de lundi?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, l'objectif de la mise à jour est de
redonner de l'argent aux contribuables, et c'est ce que nous avons l'intention
de faire. Mais évidemment, par respect pour notre institution, tous les
détails viendront lundi. Je n'ai pas l'intention de donner les détails
aujourd'hui.
Et, quant à
nos promesses, elles avaient une particularité très positive, c'est qu'elles
étaient implantées progressivement
justement pour nous donner le temps de les financer de la même façon. Et soyez
rassuré que nous avons l'intention de
mettre en place toutes nos promesses, et de les financer, et, bien sûr, de
respecter l'équilibre budgétaire.
Le Président : Première
complémentaire, la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : La mise à jour
économique est très attendue dans le monde municipal. Ce sont les élus de
1 131 municipalités qui sont à
bouquer leur budget et qui travaillent à respecter la capacité de payer de
leurs citoyens. Rien, dans le
discours inaugural du premier
ministre, sur les municipalités et sur le transfert du point de la TVQ tel que promis.
La ministre des Affaires municipales peut-elle nous confirmer qu'il
y aura ce transfert d'argent neuf
dans la mise à jour économique,
oui ou non?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales. Oh! M. le ministre des Finances.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il
vous plaît! Vous savez, ceci est le
signe... N'oubliez pas que ceci est le signe de l'apaisement. M. le
ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci. Je peux y aller? Cette promesse a été faite et sera
réalisée. Maintenant, son application est
complexe, et c'est dans le cadre des consultations prébudgétaires que nous pourrons s'assurer d'une
saine mise en application de cette telle promesse.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Très
bien, M. le Président. Alors, en
plus, le gouvernement devra prendre en considération des enjeux
qui n'étaient pas prévus en campagne électorale, à
part ces promesses
irréalistes.
Une de ces mesures
qui a surgi maintenant provient du gouvernement fédéral avec sa nouvelle mesure
d'amortissement accéléré pour stimuler de l'investissement privé. M. le
Président, le Québec aurait avantage à s'harmoniser avec une telle décision.
Alors, M. le ministre,
est-ce que vous pouvez...
Le Président :
M. le ministre des Finances, s'il vous plaît.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, je vous rassure, c'est lundi prochain que je donnerai les détails en
toute transparence à tous les Québécois.
Et l'investissement des entreprises, c'est extrêmement important. Le Québec affiche un
retard, et c'est un des principaux vecteurs qui expliquent notre retard de
richesse, avec les faibles taux de diplomation.
Donc,
j'aurai des précisions à apporter lundi sur ce sujet qui est très important,
l'investissement des entreprises.
Le Président :
Question principale, je reconnais la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Merci, M. le Président. Clairement et plus que jamais, les Québécois souhaitent
que l'environnement soit une priorité
pour le gouvernement. Aux centaines de milliers de Québécois qui se sont
mobilisés, qui ont signé le pacte, quelle
est la réponse du gouvernement, M. le Président? Baisser nos cibles de
réduction de gaz à effet de serre. Est-ce que c'est ça, l'audace dont le premier ministre parlait hier? Est-ce que
l'on doit comprendre que faire preuve d'audace, que rêver pour nos enfants, c'est bon pour plein de secteurs, mais pas
pour celui de l'environnement et certainement par pour celui de la lutte
aux changements climatiques?
Est-ce
que la ministre de l'Environnement a déjà abdiqué, M. le Président, ou est-ce
qu'elle a l'intention de mettre les efforts nécessaires pour atteindre
nos cibles en matière de diminution des gaz à effet de serre pour 2020?
Le Président :
Mme la ministre de l'Environnement.
Mme Chassé :
M. le Président, je remercie ma collègue de l'opposition de me poser la
question et de me donner l'occasion...
du rapport qui a été remis par mon ministère aujourd'hui, qui fait état des
émissions des gaz à effet de serre 2016. M.
le Président, la situation
s'aggrave. Non seulement il y a stagnation, mais il y a une remontée de la
production des gaz à effet de serre depuis 2014. C'est dans cet état que
les gouvernements précédents nous ont laissés.
M. le Président, le mandat que le premier
ministre m'a remis, m'a confié est
très clair : réformer le Fonds
vert et m'assurer que les actions mènent à des réductions
de gaz à effet de serre de
façon efficace. Je suis au travail,
vous pouvez compter sur moi.
Président : S'il vous plaît! Vous savez, on a établi une règle : pas d'applaudissements. Ça se
préparait, je le sentais.
Complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : M. le
Président, la ministre ne répond pas
à la question, mais je pense qu'il va falloir que je
m'habitue, tout comme les journalistes aussi ont l'air d'être en train de
s'habituer, d'ailleurs.
Hier, l'ONU
tirait encore une fois la sonnette d'alarme. Hier, Équiterre,
Greenpeace, la Fondation David-Suzuki, Steven Guilbeault et nombre
d'autres enjoignaient le gouvernement de maintenir les cibles pour 2020.
Est-ce qu'on
doit comprendre que la ministre a déjà lancé la serviette et qu'elle abandonne le rôle
de leader que le Québec a toujours assuré dans la lutte aux changements
climatiques?
Le Président : Mme la ministre
de l'Environnement.
Mme Chassé : M. le Président,
les gouvernements précédents nous ont laissés dans une situation lamentable.
Réalisez-vous que, pour atteindre les cibles de 2020, nous devrions réussir une
performance équivalente en deux, trois ans qu'eux ont réussi à atteindre en
25 ans? Nous sommes fermement engagés à atteindre les cibles de 2030.
Le Président :
Complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Bien, à la
lumière de ce qu'on a vu jusqu'à maintenant, M. le Président, clairement, il y
a quelqu'un qui va être gêné la semaine prochaine à la COP24.
La question,
c'est : Est-ce que ce sera les Québécois ou est-ce que ce sera la ministre de l'Environnement parce qu'elle a abdiqué ses responsabilités?
Le Président : Je reconnais Mme
la ministre.
Mme Chassé : M. le Président, s'il y a un sujet sur lequel on devrait mettre de côté la
partisanerie, c'est l'environnement.
Je me rends à la COP24 avec les résultats qui ont été créés par les gouvernements
précédents. Maintenant, je prends acte et je tire profit de cette occasion
pour pouvoir aller entendre quelles
sont les meilleures pratiques qui se
font à l'international pour nourrir le plan et la réforme que j'ai à faire
concernant le Fonds vert. Merci, M. le Président.
Le Président : Question
principale, je reconnais le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, le Québec s'est donné, pour lutter contre la crise
climatique... d'objectifs de réduction des
gaz à effet de serre. Par rapport à 1990, c'est une réduction de 20 % pour
2020, réduction de 37,5 % pour 2030. Les Québécois sont préoccupés plus que jamais par la crise climatique. Ils
sont 240 000 à avoir signé Le Pacte pour la transition, et ça
continue.
Le premier
ministre a accepté de rencontrer un des initiateurs, Dominic Champagne. À peine
quelques jours plus tard, on constate que c'était pour les apparences quand on
voit que la CAQ envisage d'abandonner l'objectif 2020 de réduction des gaz à effet de serre. Plutôt que
d'abandonner quand ça devient difficile, le premier ministre devrait se
retrousser les manches et agir pour réduire nos émissions.
Est-ce que le
premier ministre s'engage à inscrire dans une loi nos cibles de réduction des
gaz à effet de serre et, comme le
demandent des centaines de milliers de Québécois qui ont signé le pacte et
qu'il devrait signer lui aussi, à les respecter?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, je suis content de la question du chef de la deuxième
opposition, ça va me permettre de
bien mentionner les chiffres qui ont été publiés aujourd'hui pour 2016 — malheureusement, ce sont les derniers
chiffres qui sont disponibles — le bilan des GES, le bilan
libéral.
qu'on voit dans ce bilan, c'est qu'en 2014 on avait au Québec
78,4 mégatonnes d'émissions, en 2015, 78,55 et, en 2016, 78,56. Donc, on voit là que les émissions
augmentent. Donc, depuis 1990, on a réussi seulement à réduire de 9,1 % les émissions de GES. Et on a regardé
dans tous les tiroirs du ministère de l'Environnement, on n'a vu aucun plan
qui nous amène à moins 20 % en 2020.
Donc, on est
en train de faire le travail, on va mettre des prévisions, des estimés jusqu'en
2020, on va faire notre possible.
Mais actuellement, là, à moins que le chef de la deuxième opposition ait des
informations que je n'ai pas, bien, on n'a pas de plan. Il n'y a pas de
plan.
Le Président :
Complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition officielle.
M. Bérubé :
M. le Président, le premier ministre espère depuis si longtemps occuper cette
fonction-là que je suis sûr qu'il avait un plan là-dessus. Il est déjà au
travail : construction d'un troisième lien sans étude, des motoneiges dans
les parcs nationaux, une usine d'urée
polluante à Bécancour. Ça, c'est ce qui se fait actuellement sur la table à
dessin du gouvernement.
Lorsqu'il a
dit, hier dans son discours d'ouverture, qu'il n'allait pas céder à aucun
lobby, est-ce qu'il considère que les centaines de milliers de Québécois qui
lui demandent d'agir en environnement, c'est un lobby qu'il ne devrait
pas écouter, ce lobby des citoyens engagés pour l'avenir de notre planète?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, l'ancien gouvernement, avec tous les outils qu'il avait, n'a
pas été capable de sortir de chiffres
qui sont plus récents que 2015. Puis là le chef de la deuxième opposition nous
dit que nous, là, après quelques semaines au pouvoir, on devrait avoir
eu le temps de bâtir un plan.
M. le
Président, on ne prendra pas de décision, comme le Parti québécois, de
construire une cimenterie en Gaspésie qui représente les émissions de
500 000 voitures. Moi, je serais gêné à la place du Parti québécois.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, le premier ministre ne s'est pas gêné d'annoncer un troisième
lien sans étude parce que c'était son
projet électoral pour la région de la Capitale-Nationale. Nous, on vous propose
quelque chose : adopter un projet de loi anti-déficit climatique
qui va s'inscrire dans une obligation légale de respecter nos cibles. C'est
notre proposition. J'invite le premier ministre à écouter la population du
Québec, qui demande des actions.
Est-ce que le
premier ministre de la CAQ fera preuve d'audace et adoptera un projet de loi
qui va baliser et inscrire clairement les objectifs et les moyens pour y
arriver pour l'ensemble de son...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, ce n'est pas en déposant un projet de loi avec des formules
creuses puis des objectifs qui ne sont pas supportés par un vrai plan...
M. le Président, le Parti québécois était, il n'y a pas si longtemps, pour le troisième lien, là. Je comprends que le nouveau
caucus de 10 députés est maintenant contre le troisième lien, comme Québec
solidaire. Je ne sais pas s'il y a des rapprochements qui s'en viennent avec
Québec solidaire.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! On a dit :
Intensité, mais respect. On écoute. Soyez attentifs, s'il vous plaît!
C'est la première période, on la fait de bonne façon.
M. Legault :
M. le Président, notre gouvernement n'aura pas des phrases creuses, des
promesses creuses. On va avoir des plans de transport en commun qui vont
se réaliser, on va électrifier nos transports, on va avoir un plan...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...un plan
chiffré.
Le Président : Question
principale, je reconnais la chef du troisième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Alors, dans un premier temps, j'aimerais féliciter le
premier ministre et ses collègues pour leur élection. Je leur souhaite maintenant
du succès afin d'oeuvrer dans l'intérêt de l'ensemble de notre population.
Les temps des
slogans électoraux sont terminés. Le moment est venu de répondre aux questions,
et nous en aurons plusieurs. Après avoir passé une campagne électorale complète sans la moindre proposition pour lutter contre les changements climatiques, maintenant qu'il est élu, cette indifférence pour l'enjeu le
plus important de notre époque n'est plus tenable. C'est le moment d'expliquer
à la population quel est son plan pour lutter contre les changements climatiques.
Les souhaits
et les belles paroles ne donnent plus rien. Avant-hier, le premier ministre évoquait la révision des cibles
de diminution de gaz à effet de serre. M. le
Président, ce n'est pas les cibles qu'il faut
diminuer, ce sont les gaz à effet
de serre. Aucune solution viable valable n'est sur la table pour le moment.
Construire un troisième lien pour lutter contre les changements climatiques, non, non, ce n'est absolument
pas croyable. Si c'est ça, son plan, bien, je vous jure qu'on n'est pas sortis du bois. Pendant qu'il propose
des fausses solutions, les compagnies gazières et pétrolières continuent
de forer.
Est-ce que
le premier ministre peut s'engager à interdire toute nouvelle infrastructure qui encourage l'utilisation
des hydrocarbures?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
dans notre plan, hein, dans ce qui a été proposé en campagne électorale, il y a
plusieurs projets de transport en commun. Entre autres, on appuie le projet de
tramway à Québec, on appuie aussi un projet
dans l'est de Montréal, que la chef du deuxième groupe d'opposition
connaît bien. On appuie le REM aussi, un train électrique.
C'est moins clair du côté de Québec solidaire.
Ils étaient contre, ils sont maintenant pour, alors que le PQ est maintenant
contre. C'est compliqué de suivre les deux partis, troisième, quatrième. On
dirait qu'il y en a un qui essaie de se rapprocher puis
l'autre essaie de s'éloigner.
M. le Président, il y a des gens dans les
régions, il y a des gens dans les régions, entre autres, je pense à Chaudière-Appalaches,
qui n'ont pas le volume nécessaire pour être capables d'offrir un transport en
commun à ces personnes-là puis qui ont besoin d'une auto.
Donc, je comprends que la députée dit : Il ne faut plus d'auto nulle part. Ça serait trop facile de dire une
autre phrase, non, je me retiens,
mais on a besoin d'autos encore au Québec. Puis il y a une période de
transition qui est à mettre en place.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la chef du troisième groupe d'opposition.
Le Président : S'il vous plaît!
Attentifs.
Massé : M. le Président, le Québec non
seulement peut sortir de l'économie
des hydrocarbures, mais il doit en sortir rapidement. Il y a deux
semaines, on annonçait la construction d'un gazoduc du Témiscamingue jusqu'au Saguenay. L'Office national de l'énergie nous a déjà
avisés que, d'ici 2035, 80 % de
ce gaz qui va circuler sera fait à partir de fracturation hydraulique.
Est-ce que le premier ministre veut être associé
à ça?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
Il s'agit, M. le Président, d'un projet très important pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean. Puis je regarde le député
de Jonquière, hein, qui ne voulait pas de Quick dans les pipelines mais qui
comprend qu'un projet de milliards, hein... On parle de 7 milliards de
dollars, un projet qui pourrait permettre de remplacer du pétrole. Il faut comprendre, là, que, si on met du gaz pour
remplacer du pétrole, ça améliore les choses, comme, si on fait des barrages
pour remplacer du gaz, ça améliore les choses. Donc, il faut améliorer les
choses, et c'est ce qu'on va faire. C'est ce qu'on va faire, au Québec,
puis on va essayer aussi d'encourager nos voisins à faire la même chose.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la chef du troisième groupe d'opposition.
Massé : M. le premier ministre nous dit que l'impact du gaz naturel,
c'est un peu moins pire que le charbon, le mazout, le pétrole. En fait, c'est comme s'il nous disait que de se
faire passer sur le corps par un minibus, ça fait moins mal qu'un dix-roues. C'est la même affaire, M. le
premier ministre. D'ailleurs, les 20 premières années du méthane, vous
le savez comme moi, c'est 87 fois celui du CO 2 .
Vous voulez vraiment être associé à ça, avec ce
pipeline-là?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, ce qu'il est important de dire, c'est que ce projet va être revu. Il
faudra qu'il y ait une
acceptabilité sociale au Saguenay—Lac-Saint-Jean. On me dit que ça va bien quand
même de ce côté-là. Il faudra aussi que toutes les études environnementales soient faites pour s'assurer qu'il
n'y a pas d'impact sur l'environnement puis il faudra s'assurer aussi que ça amène un bilan qui est meilleur en
termes d'émissions de GES. Mais j'invite la chef du deuxième groupe à aller rencontrer les États voisins, qui utilisent beaucoup le gaz,
essayer de m'aider à les convaincre de transférer à l'hydroélectricité.
On va faire
des efforts pour réduire les GES. On va avoir un plan puis on va suivre ce
plan, et je pense que les...
Le Président : Pour la question
principale, je reconnais le député de La Pinière.
Barrette : M. le Président, dans l'opposition, la CAQ était un parti de promesses toujours
non chiffrées. Pire, en campagne, la
CAQ a promis mer et monde et tunnel, et j'en passe, sans évidemment
les chiffrer dans son cadre financier, tout
fait en campagne pour éviter de parler de l'impact budgétaire
du coût de ses promesses. Les maternelles quatre ans, un coût d'infrastructure de 4,5 milliards
de dollars; les maisons des aînés, 1 milliard de dollars. On entend déjà le premier
ministre reculer sur ses promesses. Reculer, est-ce que c'est ça, l'ambition,
la fierté et l'audace?
M. le Président, pour rassurer et par respect
envers chaque électeur, le président du Conseil du trésor peut-il aujourd'hui s'engager, lors de sa prochaine mise à
jour budgétaire, à identifier soit les sommes additionnelles qu'il va
ajouter au PQI soit les promesses qu'il abandonnera?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, je suis excessivement heureux d'avoir
cette question-là de mon collègue de la Rive-Sud à Montréal, parce qu'au cours des dernières années je l'ai
écouté souvent, même si je n'étais pas en Chambre, ici, et j'ai vu qu'il avait l'art de peut-être
dire beaucoup de choses, et qu'aujourd'hui je vais avoir la chance de répondre.
Premièrement, sur la question des médecins
spécialistes, juste ce petit exemple là...
Dubé : ...s'il vous plaît, M. le Président, j'aimerais bien comprendre
et rappeler que le club des médecins, moi, ce que j'appelle les M & M'S, les ministres médecins, des
dernières années ont accumulé, en termes de dette envers les citoyens du Québec... M. le Président, j'aimerais
bien ça qu'on ait la chance de discuter de ça au cours des prochaines semaines, parce que nous allons avoir sur ça une
réaction très forte pour aider les citoyens qui, par exemple, au cours...
M. le premier ministre l'a dit, pendant les
15 dernières années, les médecins spécialistes ont vu leur augmentation
passer au-delà de 30 %, même de
40 % et de 50 %, et jamais une étude n'a été faite durant ces
15 années là. Nous allons le faire...
Le Président : Première
question complémentaire, M. le député de La Pinière.
Barrette : ...à Montréal, 10 milliards de dollars, contre la
ligne rose en campagne, il est maintenant ouvert, puis, tant qu'à faire, un REM dans l'est de
Montréal. M. le Président, le premier ministre rappelle souvent qu'il est un
comptable agréé, un homme de chiffres.
Alors, M. le Président, ça tombe bien parce qu'un PQI, c'est une liste complète,
précise de projets chiffrés et datés.
Est-ce que le président du Conseil du trésor va
en déposer un? Point final.
Le Président : M. le président
du Conseil du trésor.
Dubé : Encore une fois, ça va me faire plaisir, M. le Président, d'arriver
avec un PQI, ce qu'on appelle un plan québécois des infrastructures, qui
aura été mis à jour.
Cependant,
ce que j'aimerais vous mentionner, M.
le Président : Avec toute
l'équipe du Secrétariat du Conseil
du trésor, on va s'assurer que les choses qui sont dans ce plan-là arrivent réellement.
ferai remarquer qu'au cours des trois dernières années on avait beau dire qu'on
avait 10 milliards de planifiés, on n'était même pas capable d'investir, parce que ces projets-là
avaient été annoncés sans avoir de réelles études qui étaient faites. Alors, on n'ira pas faire la même promesse
pour la même école pendant quatre élections pour arriver que cette école-là
n'a pas encore été construite, M. le Président.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
Alors, on va prendre notre temps puis, quand on reviendra au printemps...
Le Président :
Deuxième question complémentaire, M. le député de La Pinière.
Barrette : Alors, M. le Président, là, on a de la misère à comprendre la CAQ, parce qu'il me semble que des promesses
électorales, ça se fait après avoir réfléchi et consulté, pas avant. Alors, M.
le Président, manifestement, le président du
Conseil du trésor nous annonce aujourd'hui formellement que son gouvernement ne
remplira pas ses promesses.
Alors,
changeons la question : Est-ce que, par respect envers chaque électeur, le
président du Conseil du trésor s'engage aujourd'hui, dans sa mise à
jour, à identifier les projets qu'il vient de choisir d'abandonner?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Dubé : M. le Président, ça va me faire excessivement plaisir de répondre à la question.
Vous allez voir, on va avoir non seulement l'occasion de réaliser tous les engagements
que nous avons faits au cours de la campagne, mais les engagements
que vous retrouvez dans le PQI seront réalisés au cours des prochaines années,
pendant notre mandat, ce qui sera une très grande différence de l'ancien
gouvernement, M. le Président. Merci.
Le Président :
Question principale. Je reconnais la députée de Marie-Victorin.
Fournier : M. le Président, le cas de Bombardier est devenu gênant pour les Québécois.
Après avoir reçu 1 milliard de dollars US, de l'argent des Québécois,
les dirigeants de Bombardier ont annoncé l'abolition de 2 500
postes il y a deux semaines. On s'attendait à une vive réaction de la
part du gouvernement, qui se bombait le torse quand il était de ce côté-ci de la Chambre, mais il s'est écrasé déjà devant les
dirigeants de Bombardier. Ce sont six personnes qui ont obtenu 33 millions de dollars US en
rémunération l'an dernier, 50 % d'augmentation sur deux ans. C'est déjà le
chiffre de l'indécence. Quand on
coupe 2 500 jobs après coup, c'est tout simplement honteux. Le ministre de
l'Économie, lui, n'y voit aucun problème. Il refuse de les critiquer.
Pire encore, il nous dit qu'il serait prêt à investir à nouveau dans Bombardier
sans rien exiger de ses dirigeants.
Puisque
c'est dans leurs portefeuilles qu'il va piger, le ministre peut-il dire aux
Québécois si, oui ou non, il compte réinvestir dans Bombardier?
Le Président :
Ministre de l'Économie, à vous la réponse.
Fitzgibbon : M. le Président, premièrement, je pense que l'annonce qui
a été faite, des coupures éventuelles de
2 500 postes impliquant 2 100 familles, m'a pris très à coeur et,
dans les minutes qui ont suivi, j'ai convoqué une réunion avec tous les intervenants de la grappe
industrielle de l'aérospatiale. Et je suis très confiant aujourd'hui de
reporter que je pense qu'on va atténuer probablement la majorité des
pertes éventuelles d'emploi.
question d'est-ce qu'on va aider ou non Bombardier a été mise hors contexte. Je
pense que l'industrie aérospatiale requiert
l'assistance du gouvernement dans certaines situations et pour tous les joueurs
impliqués. La seule chose que j'ai
mentionnée, c'est que, s'il y avait, à un moment donné, un programme avec des investisseurs
étrangers qui viendraient ici, au
Québec, pour aider à promouvoir notre grappe industrielle... On a quand même
40 000 personnes... on a 20 000 personnes qu'on va devoir
réengager dans les prochains 10 ans à cause des retraites. C'est important
de bonifier cette grappe-là et c'est important que le gouvernement joue
un rôle important pour s'impliquer où ça va être requis.
n'y a pas eu de promesse à Bombardier. Il n'y a pas de demande qui est faite à
notre gouvernement. Et, à ce stade-ci, je suis en mode de comprendre quels sont les
enjeux pour s'assurer qu'on ait une grappe qui soit solide dans les
prochaines années.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier : Justement, M. le
Président, vous vous rappellerez que,
quand Airbus a pris le contrôle de la CSeries, le premier ministre disait que c'était un triste jour pour le Québec.
Pourtant, la semaine dernière, son ministre nous a dit qu'il a proposé à Bombardier l'aide
du gouvernement pour faciliter d'autres coentreprises, donc, en gros, pour
refaire exactement les mêmes erreurs que les libéraux.
Est-ce que le ministre
de l'Économie peut nous dire qui il faut croire, lui ou le premier ministre?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, M. Legault et moi, nous sommes liés à 100 %. Je n'ai
pas voulu critiquer le gouvernement précédent. J'ai dit que l'arrivée d'Airbus
au capital de la coentreprise avec le gouvernement et avec Bombardier était non seulement intéressante, était requise, sinon l'avion ne volerait pas aujourd'hui. Ce que j'ai dit, c'est que
la structure de la transaction aurait pu être différente. Et la question
de la rémunération des cadres n'est pas pertinente aujourd'hui, parce que nous sommes un actionnaire d'une coentreprise. Et, au niveau de la rémunération des cadres, on a un conseil
d'administration et des actionnaires, nous ne sommes pas là. Alors, je pense qu'il
ne faut pas mélanger les dossiers. Et, dans
le futur, si on peut encore intervenir dans des dossiers qui sont porteurs pour
l'industrie aérospatiale, nous allons le faire encore une fois.
Président : Vous me
permettrez un simple petit rappel. Ici, bien, on se doit d'appeler les députés par leurs titres, s'il vous plaît.
Alors, évidemment qu'on s'attarde à ça également.
Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
M. le Président, je vous garantis que les Québécois, eux, ils trouvent ça
pertinent. Et, je tiens à le rappeler
pour qu'on en prenne toute la mesure,
les dirigeants de Bombardier, là, ils ont reçu 1 milliard de dollars US, de l'argent
des Québécois. Avec cet argent-là, d'un côté, les dirigeants graissent leur
rémunération en s'accordant toujours plus de bonus et, de l'autre côté,
ils mettent 2 500 travailleurs au chômage.
ministre va-t-il exiger un minimum de décence et demander aux dirigeants de Bombardier de renoncer à leur
rémunération?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon : M. le Président, je comprends très bien
la population du Québec d'être choquée de la bonification. Ce que je mentionne, c'est qu'il y a
deux dossiers qui sont séparés. Nous n'avons pas d'influence sur la
rémunération, parce que nous sommes, encore une fois, actionnaires de la
coentreprise.
Ceci
étant dit, tous les enjeux sociaux qui touchent Bombardier me touchent énormément.
Le premier, les employés qui vont pratiquement perdre leurs emplois. Nous avons tout
mis en place pour légiférer ça. Deuxièmement, j'ai eu des discussions avec M. Bellemare pour prévoir
quelles seraient les prochaines étapes d'une restructuration et à quel moment
donné on pourrait être impliqués. Les enjeux
sociaux qui sont mentionnés aujourd'hui sont très importants, mais il faut
comprendre le cadre dans lequel nous pouvons influencer et avoir de
l'autorité.
Le Président :
Je reconnais maintenant le député...
Président : ...de Pontiac. Mais ça viendra, ne vous inquiétez
pas. Député de Pontiac, pour votre principale.
Fortin : Merci, M. le Président. Entendons-nous bien, le cannabis est
un produit qui est nocif pour la santé, et, comme parents, on souhaite
tous que nos enfants n'en consomment jamais. Mais aujourd'hui 31 % des
Québécois de 18 à 24 ans font quand même le choix de
consommer du cannabis. Heureusement, ces Québécois peuvent maintenant s'approvisionner de façon sécuritaire en achetant
un produit contrôlé avec une teneur en THC connue, mais la CAQ veut
augmenter l'âge minimal d'achat à 21 ans.
Même si les
experts, même si La Maison Jean-Lapointe, même si l'Association de la santé
publique du Québec, même si les
directeurs de santé publique du Québec, même si l'Institut national de santé
publique du Québec nous disent tous
que 18 ans, c'est l'âge où on peut réduire les méfaits liés au cannabis,
la CAQ veut quand même augmenter l'âge à 21 ans, ce qui va faire en sorte que tous ces jeunes vont se
tourner vers le crime organisé, vont se tourner vers leurs vendeurs du
coin. Les Hell's doivent être crampés, M. le Président.
Pourquoi le gouvernement veut-il forcer ces
adultes à se tourner vers le crime organisé?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Carmant : M. le Président, je veux remercier le député
de Pontiac de me donner la parole
aujourd'hui et j'en profite
aussi pour rappeler à tous nos concitoyens québécois
la raison pourquoi je suis ici aujourd'hui : c'est pour défendre les jeunes et les adolescents, principalement au
niveau de leur développement, de leur santé mentale, pour s'assurer qu'ils
puissent tous avoir un avenir dans la société québécoise.
Revenons au
cannabis. La tragédie à propos du cannabis... et ce que le député a oublié de
mentionner, c'est qu'un tiers des
adolescents consomment du cannabis, consomment, et ça, ça affecte leur réussite
scolaire et ça affecte leur vie. Et
moi, je suis ici pour les protéger et je veux qu'on en parle. Ce que la
science, elle dit à propos du cannabis, c'est que, jusqu'à 25 ans, le cannabis détruit les neurones,
et plus on commence tôt, pire c'est. Et ce qu'on dit aussi, c'est qu'une
consommation peut entraîner un épisode
psychotique chez un jeune. Et ça, il faut les protéger, et ça, on va s'attendre
à les protéger. En augmentant l'âge, ce qu'on fait, c'est qu'on essaie
de retarder la première consommation du cannabis, M. le Président. Nous, c'est clair, le message, à la CAQ : le
cannabis, c'est légal, mais ce n'est pas banal. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député...
Le Président : S'il vous
plaît! Première complémentaire, M. le député de Pontiac.
Fortin : Merci, M. le Président. Les experts en santé publique, M. le
Président, disent tous que 18 ans, c'est l'âge approprié pour
limiter les méfaits, et d'autres, M. le Président, affirment que 25 ans,
c'est l'âge où le cannabis n'affecte plus le développement du cerveau, mais
personne ne parle de 21 ans.
Alors, il
vient d'où, leur 21 ans, M. le Président? Qu'est-ce qu'ils ont fait? Ils
ont fait une moyenne entre 18 et 25? Depuis
quand on utilise une moyenne en santé publique, M. le Président? M. le
Président, qui a inventé, à la CAQ, ce chiffre magique de 21 ans?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Carmant : M. le Président, je le répète, la tragédie, c'est qu'un ado
sur trois consomme de la marijuana. 25 ans, c'est l'âge où les dommages sont maximaux. Mais la FMSQ nous appuie,
l'Association des médecins psychiatres nous appuie, et même je ne suis pas le seul médecin dans la salle qui appuie
21 ans. M. le Président, c'est clair, nous, ce qu'on veut, c'est
protéger le cerveau de nos jeunes. À la CAQ, la marijuana, c'est légal, mais ce
n'est pas banal.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Pontiac.
Fortin : M. le Président, le projet de loi du ministre-médecin
caquiste, ce sera un des premiers projets de loi du gouvernement, et déjà il refuse la consultation. Déjà, il ignore
volontairement la science. Déjà, il augmente plutôt que réduire le risque de dommages liés à la
consommation. Pourquoi? Pour préconiser une approche purement idéologique, M.
le Président.
Est-ce que ce
sera toujours l'approche du gouvernement de choisir l'idéologie, de choisir les
sondages, de choisir le populisme plutôt que la science?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Président : Attention, s'il vous plaît!
Carmant : M. le Président, ce que la science nous dit, c'est que la
marijuana endommage le cerveau, et plus on la consomme tôt, pire c'est.
Ce que la science nous dit, c'est que les épisodes psychotiques surviennent
après une à trois consommations de
marijuana. Ce que la science nous dit, c'est que plus on commence tôt, pire
c'est. Nous, ce qu'on veut, c'est protéger nos jeunes. Chez nous, la
marijuana, c'est légal, mais ce n'est pas banal, M. le Président.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Soyez attentifs.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Mesdames
messieurs, on ne remplace pas les applaudissements par des cris ou par
des rires. Ça va bien. On continue. Alors, je vous demande votre collaboration,
et on continue.
Question principale,
députée de Saint-Laurent. Vous êtes reconnue.
Rizqy : M. le Président, en campagne électorale, la CAQ a promis bien
des choses, dont notamment les maternelles quatre ans mur à mur en cinq
ans. Le premier ministre a même affirmé en plein débat des chefs qu'il est prêt à démissionner s'il n'est pas en mesure de
livrer cette promesse. Quant à son ministre de l'Éducation, il dit qu'il ne
veut pas agir comme un bulldozer ni un rouleau compresseur. Pourtant, il
n'écoute pas son réseau, il n'écoute même pas les centrales syndicales,
les commissions scolaires, les chercheurs dans ce domaine et, en plus,
cette semaine, le pédiatre M. Chicoine.
Alors,
M. le Président, comment le ministre de l'Éducation veut
être proche du peuple lorsqu'il n'écoute pas son propre réseau, qui lui dit clairement que les maternelles quatre ans, c'est irréaliste
mais surtout que, cette promesse des maternelles
quatre ans mur à mur, il ne sera pas en mesure de livrer cette promesse, parce que
son réseau n'a pas ni les ressources ni l'espace adéquat pour répondre à
cette promesse?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, c'est un peu décourageant d'entendre ça. C'est comme si on n'était pas
capables, ça n'arrivera pas. Quel discours défaitiste, M. le Président!
Bien, oui, on est capables, au Québec, de se donner des institutions. Bien, oui, on est capables de bâtir des écoles quand on en
a besoin. On est capables de former des professionnels, de former des enseignants, de mettre en place le meilleur réseau qui soit pour venir
en aide à nos jeunes puis on va le faire en équipe. Je sais, ils ne sont
pas tellement habitués à ça, mais on va le faire en équipe. On va travailler.
travaille avec ma collègue la ministre déléguée à l'Éducation. Je travaille
avec mon collègue le ministre de la Santé.
Je travaille avec mon collègue le ministre délégué à la Santé aussi. Et on
travaille tous ensemble pour que le 0-7 ans, ça soit un moment où on prépare
les jeunes à une réussite scolaire, parce qu'une vraie égalité des chances, là,
c'est d'arriver en première année,
après la garderie, après la prématernelle quatre ans, après la maternelle cinq
ans, en ayant tous les outils nécessaires. Nous,
on a cette ambition-là pour les jeunes puis on vous invite à nous aider à le
faire pour le bien commun.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : M. le Président, est-ce que les commissions scolaires manquent
d'ambition? Est-ce que la Fédération autonome de l'enseignement, qui,
aujourd'hui, écrivait une lettre, manque aussi d'ambition? Est-ce que de
travailler en équipe, c'est aussi de faire
la sourde oreille? Est-ce que c'est aussi de jouer sur les mots, lorsqu'on
dit : Il n'y a pas de problème
de rareté, mais simplement un problème de trouver les enseignants? Est-ce que
notre ministre de l'Éducation peut
aujourd'hui dire qu'effectivement il y a un problème de pénurie d'enseignants
et trouver les enseignants supplémentaires, parce qu'à Montréal on en a
besoin de 800, à la Capitale-Nationale, 200?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, les acteurs du réseau scolaire, je les
connais bien, hein? J'étais dans l'opposition il y a quelques mois. Et,
depuis quatre ans, je parle avec les représentants des centrales syndicales,
les représentants de
l'Association des cadres scolaires et tous ces groupes-là, et la plupart, ils
nous disent que c'est possible. Ils veulent travailler à la solution. Ils veulent bâtir un système qui sera
meilleur. Bien oui, il y en a quelques-uns qui veulent résister contre le changement, mais, les défenseurs du
statu quo, là, il va falloir qu'ils expliquent aux parents pourquoi c'est
normal d'aller au privé pour des
diagnostics, pourquoi c'est normal de ne pas avoir de services. Moi, je pense
que c'est ça... les défenseurs du statu quo, c'est ça qu'il faut qu'ils
disent aux parents.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : M. le Président, je suis tellement heureuse d'entendre M. le
ministre de l'Éducation dire qu'il veut travailler en équipe. Encore
faut-il qu'il donne rendez-vous aux commissions
scolaires, celles qu'il désire
abolir. Elles auraient à,
entre-temps, l'entendre, s'asseoir avec lui et collaborer. Les centrales
syndicales aussi sont inquiètes et aimeraient avoir d'autres rencontres
et discuter avec le ministre de l'Éducation.
Peut-il, s'il vous plaît, ouvrir son agenda? Parce que c'est bien beau de les rencontrer quand
on est dans l'opposition, mais
c'est quand on est au gouvernement que ça compte.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, je pense que ma collègue n'a pas reçu le mémo, mais ça ne faisait pas
24 heures que j'étais nommé ministre
de l'Éducation et je rencontrais la Fédération
des commissions scolaires. C'est le
premier des groupes que j'ai
rencontrés, la Fédération des
commissions scolaires. Après ça, j'ai
rencontré la CSQ, la FAE. Ce n'est pas compliqué, là, tous les acteurs du réseau de l'éducation, on travaille en
collaboration avec eux, et souvent ce qu'ils nous disent, d'ailleurs, c'est qu'ils apprécient cette nouvelle attitude
là parce qu'on ne les met pas devant un fait accompli. On leur dit : Voici la direction que nous
prenons, venez avec nous pour bâtir des nouveaux programmes, des nouveaux
projets, et ils sont d'accord pour collaborer. C'est ça, la nouvelle approche.
Le Président : Bien, cela met
fin à la première période de questions et réponses orales de cette législature.
Bravo à tous et à toutes!
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis.
Donc, à la
rubrique Motions sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre
du groupe formant le gouvernement. M. le ministre de la Famille.
Lacombe : Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour
déposer la motion suivante conjointement avec la députée de Westmount—Saint-Louis, la députée de Joliette, la députée de
Sherbrooke et le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée mondiale de l'enfance qui a été
célébrée le 20 novembre dernier;
«Qu'elle
profite de cette occasion pour réaffirmer la nécessité de défendre et de
garantir les droits de l'enfant, comme le stipule la Convention relative
aux droits de l'enfant qui a été adoptée par l'Organisation des Nations unies;
«Qu'elle
salue l'engagement et le travail essentiel accompli au quotidien par les
différents acteurs de la société pour le respect de ces droits et le
bien-être des enfants;
«Que cette
Assemblée souligne également la Grande Semaine des tout-petits, qui s'est
déroulée à travers le Québec, du 18 au 24 novembre [derniers];
«Qu'elle
reconnaisse l'importance d'agir durant la petite enfance, afin de donner à tous
les enfants les chances de développer leur plein potentiel;
«Enfin, qu'elle reconnaisse la nécessité de se
mobiliser collectivement dans la poursuite de cet objectif.»
Le Président : Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion?
Cette motion est-elle adoptée?
Président : Je reconnais maintenant un membre du groupe formant
l'opposition officielle. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre des Relations internationales et
de la Francophonie, le député de Laurier-Dorion, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec condamne l'attentat perpétré à la synagogue
"Tree of Life" à Pittsburgh, faisant onze victimes le
27 octobre [dernier];
«Que les membres de l'Assemblée nationale
expriment leurs sincères condoléances aux familles ainsi qu'aux proches des
victimes;
«Que l'Assemblée nationale condamne tout acte de
violence à l'endroit de toute confession religieuse;
«Qu'elle réitère le droit fondamental tel
qu'indiqué spécifiquement dans nos chartes des droits et libertés de pratiquer
sa religion en toute liberté et en toute sécurité;
«Qu'enfin,
les membres de l'Assemblée nationale observent une minute de silence à la
mémoire des victimes.»
Le Président : Bien, je vous
invite à vous lever pour une minute...
Président : Ah! je m'excuse. Oui. Bien, je vous demanderai
donc : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Cette motion est-elle adoptée?
Président : Alors, j'ai un peu devancé, mais l'effet est le même.
Je vous demande de vous lever pour une minute de silence, s'il vous
plaît, à la mémoire de ce triste événement et de ceux qui y ont péri.
• (11 h 26 — 11 h 27)
Le Président : Merci. Vous
pouvez vous asseoir.
Je reconnais maintenant un membre du deuxième
groupe d'opposition. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M. le
Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le député de Rosemont, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de résilier le contrat entre le
CUSM et le consortium dirigé par SNC-Lavalin.»
Le Président : Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion? Cette motion est-elle adoptée?
Le Président : Il n'y a pas
de consentement. Je m'excuse.
Je reconnais maintenant un membre du troisième
groupe d'opposition. Mme la chef du troisième groupe d'opposition.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Je demande le consentement, donc, pour présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Maurice-Richard, la
députée de Joliette :
«Que
l'Assemblée nationale salue la participation de plusieurs député-es du
gouvernement à la grande marche pour l'environnement du 10 novembre
dernier, organisée par le collectif La planète s'invite au Parlement;
«Qu'elle prenne acte de l'appui ainsi exprimé
aux trois revendications de cette manifestation, c'est-à-dire l'adoption d'un plan de réduction des gaz à effet
de serre respectant les cibles fixées par le GIEC, l'interdiction de tout
nouveau projet d'exploration ou
d'exploitation des hydrocarbures en sol québécois et la fin de toutes [...]
subventions directes ou indirectes aux combustibles fossiles;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement d'agir en cohérence avec sa présence lors de cette manifestation
en répondant positivement à ces revendications.»
Le Président : Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion?
Le Président : Est-ce qu'il y
a d'autres motions à être présentées? Je n'en vois aucune.
À la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions, il n'y a pas d'avis aujourd'hui.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée...
La période
des affaires courantes est donc terminée. Nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. Aux affaires du
jour, aux affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée
entreprend le débat sur le discours d'ouverture de la première session de la 42e législature et
sur la motion de M. le premier ministre proposant que l'Assemblée approuve
la politique générale du gouvernement.
Conformément
à l'article 49 du règlement, je cède la parole à M. le chef de
l'opposition officielle en lui rappelant que son temps de parole est
d'une durée maximale de deux heures. M. le chef de l'opposition, à vous la
parole.
Arcand : Merci beaucoup, M. le
Président. Je voudrais, aujourd'hui, prendre simplement un moment afin de
saluer l'ensemble des élus ce matin. On peut
dire que la glace est maintenant brisée, nous avons eu la chance de vivre notre
première période de questions. Et on voit qu'on compte beaucoup de nouveaux
élus ici, à l'Assemblée nationale. Au
sein de notre équipe libérale, c'est sept nouveaux élus dont on parle, que nous
accueillons aujourd'hui. Et ce vent de nouveauté
et le fait que nous ayons désormais trois partis d'opposition entraînent,
évidemment, une dynamique différente, et les Québécoises et les
Québécois bénéficieront, je l'espère, de ce changement.
D'entrée
de jeu, je voudrais prendre quelques minutes pour remercier les citoyennes et
les citoyens de la circonscription de
Mont-Royal—Outremont pour leur confiance. L'an dernier, j'ai célébré
mes 10 années de vie parlementaire, ça a été l'occasion également de faire un bilan. Et, à
chaque année, on se pose la question : Est-ce qu'on continue? Est-ce qu'on
a toujours la flamme pour la politique? Et
la réponse ne tarde pas dans mon cas, je me sens privilégié, en fait, d'occuper
cette fonction et de pouvoir défendre les intérêts des citoyens de ma
circonscription à l'Assemblée nationale.
Je tiens
également à féliciter le premier ministre et son équipe. La population vous a
accordé sa confiance, et nous respectons
ce choix. Les défis à relever sont nombreux, et soyez assurés, cependant, que
l'opposition officielle ne sera jamais très loin afin d'exiger ces
réponses. Vous l'avez fait dans le passé, on le fera, nous aussi.
Le premier
ministre a mentionné à maintes reprises hier dans son discours inaugural le mot
«audace». En vertu du Larousse , la définition d'audace dit : «Hardiesse qui
ne connaît ni obstacle ni limite.» J'en conviens, le premier ministre a été audacieux dans ces promesses qu'il a faites
aux Québécoises et aux Québécois. J'oserais même dire qu'il n'y avait presque
pas de limite au possible. Cependant, la réalité est tout autre. Dans son
discours d'hier, le premier ministre s'est limité à réitérer l'ensemble de ces promesses. Est-ce que c'est ça qu'il entend
par avoir de l'audace pour le Québec?
D'ailleurs, on l'a vu hier, on l'a vu depuis
quelques jours dans les discours de certains ministres, les mots reviennent de façon fréquente : humanisme,
ambition, audace, proximité. Ce sont des mots qui ont été utilisés avec excès
dans tous les discours qu'on a pu entendre
depuis le début. On voit même que les experts en marketing de la CAQ sont
vraiment à l'oeuvre dans ce domaine pour
lancer les lignes extrêmement précises. Même, ce matin, on demandait : Est-ce que c'est mieux 18, 25? Pourquoi 21? Et la réponse
automatique était : La marijuana, c'est légal, mais pas banal. C'était
très clair que c'était très, très «marketé» comme réponse.
J'aurais aimé
entendre des objectifs précis que compte atteindre le gouvernement, quelques solutions, à tout le moins, pour les
le premier ministre veut véritablement se laisser une bonne marge de manoeuvre. Au-delà des mots, il y a les gestes. Et hier nous avons eu droit à beaucoup
de paroles, mais à peu de gestes concrets.
Le Conseil des ministres a été formé le 18 octobre dernier. Un gouvernement qui, je dois le souligner, dispose d'un surplus de 3 milliards de dollars, ils n'ont pas à gratter les fonds de
tiroir pour trouver les fonds nécessaires pour financer
leurs initiatives. Le gouvernement a eu près de deux mois pour, au moins, rédiger
une ébauche de la démarche qu'il compte mettre de l'avant pour réaliser
ses promesses-phares.
Au cours des
quatre dernières années, notre saine gestion des finances publiques a permis de
dégager ces marges de manoeuvre, et ce travail a été le fruit d'un effort collectif. Nous l'avons fait
parce que nous avions l'ambition de léguer un Québec prospère aux générations futures. Ces dernières
ont le droit d'espérer un accès à des services publics de qualité, à l'instar des générations qui les ont précédées.
L'égalité des chances, la justice sociale sont des valeurs qui nous sont
chères, et, dans son discours, le premier ministre a assuré que son gouvernement entend gérer les finances de façon responsable,
en évitant les déficits et en continuant à
réduire le poids de la dette publique. Une expression bien de chez nous traduit
bien la situation actuelle, on dit toujours : Les Québécois
sont exigeants, ils voudraient avoir le beurre et l'argent du beurre. Mais le gouvernement actuel,
d'ailleurs, l'avait compris au cours de la campagne électorale,
puisqu'ils ont multiplié ces promesses.
Maintenant, M. le Président, je ne peux vous
cacher mon inquiétude à l'effet que cette marge de manoeuvre disponible va excéder très rapidement
le coût des promesses formulées par le gouvernement. Faire des choix, établir des priorités et dire non,
c'est aussi avoir de l'audace. À vouloir plaire à tout le monde, on finit souvent par ne plaire à personne. Tous les projets ne peuvent être menés en même
temps, et c'est pour ça qu'aujourd'hui j'ai posé des questions, malheureusement sans réponse, au premier
ministre, pour savoir quelles sont véritablement ses priorités et quels sont
les projets qu'il va prioriser.
Hier, nous
avons eu droit, encore une fois, à de longs discours, mais pas beaucoup
d'explications sur les moyens d'y
arriver. Hier, nous avons eu aussi de grands oubliés. Pas un mot en matière de
développement social et communautaire, et,
en mai dernier, notre formation politique a présenté un plan d'action
gouvernemental pour l'inclusion économique et la participation sociale qui prévoyait des investissements de
3 milliards sur une période de six ans. Ce plan prévoyait de sortir
100 000 personnes de la pauvreté en augmentant notamment le revenu
des personnes en situation de pauvreté. Poursuivre
ces investissements dans le logement social faisait
partie également de nos
objectifs. J'invite fortement le premier ministre à en prendre
connaissance.
Également,
les municipalités, elles ont, d'après moi, mordu la poussière au cours de ce
discours. Le gouvernement, pour
l'instant, semble faire la sourde oreille aux demandes des villes, qui sont des
partenaires de première ligne. Où est le 1 % de TVQ qui devait
retourner aux municipalités? Est-ce que c'est quelque chose qui verra le jour?
Dans certains
secteurs, on parle, évidemment, d'agriculture... Le premier ministre a parlé de
certains entrepreneurs en
agriculture, mais pas d'agriculture. L'agriculture est un moteur économique
pour l'ensemble des régions du Québec. Il y a actuellement une grande
inquiétude chez nos producteurs laitiers, pas beaucoup de mots à ce sujet. La
semaine dernière, lors de la mise à jour
économique du gouvernement fédéral, il n'y a eu aucune mesure concrète pour
compenser les producteurs laitiers à
la suite de l'entente commerciale avec les États-Unis et le Mexique, et nous
n'avons pas eu un mot non plus sur
l'accaparement des terres, sur les taxes foncières, qui est un sujet de
préoccupation pour l'ensemble des agriculteurs, et, bien sûr, sur toute
la question de la gestion de l'offre.
En éducation,
le premier ministre a fait part de l'éducation, qui est sa bonne priorité, et
nous sommes, en général, d'accord avec cette orientation. Le Québec est une
société qui est basée sur le savoir, et il est clair que l'avenir du Québec
passe par des efforts considérables, comme
nous l'avons fait, d'ailleurs, dans le passé dans le domaine de l'éducation.
Mais il y a
certains aspects qui sont extrêmement préoccupants. Le premier ministre a dit
dans son discours : Les commissions
scolaires vont être abolies. Il emploie, en fait, le terme «transformées». Et
je crois qu'il faut appeler un chat un chat, donc plus de commissions
scolaires. Elles seraient, semble-t-il, remplacées par des centres de services.
Et, quant à savoir les économies qui
en découleront, il faudra patienter pour attendre ce plan d'action et
l'échéancier, de toute évidence.
Mais, lorsque le premier ministre parle d'assurer une stabilité dans le milieu
de l'éducation, disons que de lancer ce pavé dans la mare sans fournir aucun
détail risque plutôt d'engendrer de l'inquiétude chez plusieurs groupes.
Le financement de l'éducation va être en
augmentation pour l'ensemble de cette législature. Cependant, notre porte-parole en matière d'éducation, la députée de
Saint-Laurent, a soulevé une très bonne question à cet effet plus tôt cette
semaine : Est-ce que le premier
ministre parle du budget avant ou après avoir fait une ponction de
700 millions dans le cadre de sa réforme de la taxe scolaire? C'est
un manque à gagner supplémentaire de 700 millions qui sera récurrent année après année. Moins d'argent, mais toujours
le premier ministre nous assure qu'il va augmenter les services. C'est une équation qu'il sera difficile d'équilibrer
parce que la question va se poser : Est-ce qu'il va puiser dans le budget
d'autres ministères?
Et, encore
une fois, ce qu'on regarde, ce qu'on voit, c'est que les détails sont à venir.
Et, en fait, ceux qui vont écoper le
plus, d'après nous, clairement, ce sont les usagers de notre système de santé.
Hier, en santé, le gouvernement ne
s'est pas prononcé à savoir si le budget serait maintenu ou encore augmenté.
Nous aurons d'ailleurs un indice à ce sujet dans la mise à jour économique de lundi prochain. J'ai trouvé le
discours du trône très discret, entre autres, sur le thème de la santé. J'ai même cru, à un certain moment
donné, qu'il ne l'aborderait pas jusqu'au moment où nous sommes arrivés
à la 57e minute de son allocution. Et les phrases étaient plutôt
inquiétantes : On va avancer un pas à la fois avec les professionnels en soins, on va tenter d'améliorer
concrètement la situation. Mais comment? Et c'est ça que les Québécoises
et les Québécois veulent savoir.
La Coalition
avenir Québec s'est engagée à réduire le délai d'attente à l'urgence à moins de
90 minutes. Hier, aucune mention
à cet effet. Silence radio également pour leur engagement à réduire à moins de
36 heures le délai pour consulter
un médecin ou encore une superinfirmière. Pas un mot en ce qui concerne
l'élimination du temps supplémentaire pour
les infirmières. J'ai entendu, d'ailleurs, le commentaire de Mme Bédard ce
matin qui s'inquiétait justement de cette nouvelle réalité.
Leur plan en
santé semble actuellement se limiter à revoir le mode de rémunération des
médecins. Et, même dans ce domaine, après avoir parlé de déchirer l'entente des
médecins, on ne parle plus maintenant que de réajustement de leur
rémunération. Je pense qu'on sera loin, très loin du milliard promis, M. le
Président.
Pour la
maison des aînés, une promesse-phare de la Coalition avenir Québec en campagne
électorale, une seule phrase :
Les maisons des aînés, c'est le projet d'une génération. Je rappelle que le
gouvernement a promis aux Québécois de bâtir 30 maisons des aînés
dans le présent mandat au coût de 1 milliard de dollars.
Pas plus
d'explication non plus sur ses intentions de souhaiter à tout prix ramener
l'âge légal pour la consommation du
cannabis à 21 ans. Je tiens à rappeler que le projet de
loi sur le cannabis,
qui a été amplement discuté, est présentement le meilleur équilibre que tous les parlementaires ici, à l'Assemblée
nationale, ont pu trouver dans les circonstances. Je souhaite, encore une fois, rappeler que cette
légalisation du cannabis, ce n'est pas une initiative du gouvernement
provincial. Et j'aimerais bien entendre, encore une fois, de façon plus continue
le ministre délégué à la Santé sur cette question.
L'environnement,
la lutte aux changements climatiques, c'est un autre dossier pour lequel le
gouvernement n'a pas énormément
gonflé les attentes, c'est le moins qu'on puisse dire. Lors de son discours
d'assermentation, il a pris soin d'intégrer ce
thème parce que la pression était très forte, mais hier il a parlé d'un défi
colossal pour lequel il fallait se montrer
réaliste en affirmant qu'aucun plan sérieux n'avait été mis de l'avant en la
matière. Il a dit qu'on n'avait pas mis de plan sérieux, mais que fait-il du plan d'électrification des
transports que nous avons déposé? Que fait-il du plan d'action sur les
changements climatiques? Que fait-il du plan directeur en matière de transition
énergétique? Que fait-il de la création de
Transition énergétique Québec qui dispose de fonds substantiels pour aider les
entreprises à réduire, entre autres, les émissions de gaz à effet de
serre?
signal, pour nous, est clair, le premier ministre donne plutôt l'impression de
vouloir reculer par rapport aux signaux qu'il avait pourtant envoyés au
cours des dernières semaines. Il nous a donné, d'ailleurs, des rencontres avec l'instigateur du pacte, M. Champagne, et ça semble
être quelque chose, cette amitié. Je ne suis pas certain qu'elle va durer
très, très longtemps. D'ailleurs, M.
Champagne a écrit déjà un texte ce matin et il livrait encore une fois son
inquiétude par rapport aux orientations futures ou encore au manque
d'orientations du gouvernement dans cette matière.
Cette sensibilité
environnementale ne se reflète pas, en tout cas, dans les actions qui sont
posées et dans les gestes qui sont posés
actuellement. Par exemple, la semaine dernière, pour ne citer que quelques cas
dans cette nature, nous apprenions
que le premier ministre se questionnait sur le bien-fondé d'un BAPE pour le
projet de mine de lithium à Amos. Pourtant, pas plus tard qu'en juillet
dernier, lors d'un passage à Val-d'Or, il avait tenu le discours tout à fait contraire. Le thème environnemental, pour tous les
Québécois, s'est imposé de manière très forte au cours des dernières
années, et particulièrement depuis la récente campagne électorale. Les
citoyennes, les citoyens sont prêts à changer leurs habitudes de consommation,
mais il faut carrément les soutenir en ce sens.
Je dois dire, hier,
que j'ai été soulagé pour une chose, le premier ministre a parlé de pénurie
d'emploi enfin. Je croyais que les experts en marketing, que d'autres
avaient banni ce terme du vocabulaire de la Coalition
avenir Québec, puisqu'ils ne
l'avaient pas prononcé depuis les élections. Mais ce problème, il est toujours
très réel, il est toujours très urgent.
Quand on voit, actuellement, la situation qui est devant nous, quand on se promène dans l'ensemble
des régions du Québec,
on s'aperçoit que, partout dans chacune des régions, à Montréal,
à Québec, dans toutes les régions du Québec,
les entreprises réclament de nouveaux emplois. Il y a
des possibilités énormes. Ce qu'il manque, ce sont des travailleurs et des travailleuses.
sont plus de 215 000 emplois qui ont été créés au cours des quatre
dernières années, et on s'était fixé, nous, un objectif de 250 000 emplois en cinq ans. Et, si
nous avions continué, nous aurions atteint cet objectif. Maintenant,
nous nous étions fixé des cibles
précises également, et je rappelle que, pour les 10 prochaines
années — et
c'est important de le
répéter — on
parle de 1,3 million d'emplois qui seront nécessaires,
qui seront créés au cours des 10 prochaines années. C'est là qu'on
a besoin d'avoir un effort particulier.
premier ministre s'est inspiré de la Stratégie nationale de la main-d'oeuvre
pour relever ce défi de l'emploi. Le
député et le premier ministre ont reconnu hier qu'il fallait agir sur plusieurs
fronts pour relever le défi de l'emploi au Québec. Il faut de la participation, il faut de l'éducation. Mais nous
n'avons entendu aucun discours hier qui concernait, entre autres,
l'amélioration de la productivité pour nos entreprises, qui accusent, on le sait,
un retard en cette matière.
Quant
à la question de l'immigration, le premier ministre a répété ce qu'il dit
depuis des mois, soit de réduire le nombre
d'immigrants qui sera accueilli chaque année au Québec. Et, encore une fois, pour notre part, nous avons toujours jugé, dans le contexte actuel de pénurie de main-d'oeuvre, que cette solution n'était pas optimale. Et d'ailleurs, même dans ce dossier-là, on entendait certaines phrases
de marketing : Accueillons moins, il faut les accueillir, il faut en prendre
soin, etc. Le député de Borduas avait eu,
lui, des échanges avec le fédéral pour la réduction de ce seuil, et nous
souhaitons qu'un plan soit déposé dans un avenir rapproché, et j'espère
que nous aurons la chance d'échanger sur ce sujet.
premier ministre est dur à suivre dans certains domaines. Il a eu
de bons mots récemment pour les employés de la fonction publique, alors
qu'il a parlé, il n'y a pas si longtemps, de réduire de 5 000 emplois
les emplois dans la fonction publique. Il a
dit hier : Le gouvernement doit aller chercher l'adhésion des employés du
secteur public. Il y aura certainement des négociations très intensives
avec les différents syndicats.
Disons
qu'un élément sur lequel nous pouvons certainement tous, à l'Assemblée
nationale, être d'accord, c'est la
volonté de créer de la richesse dans le domaine économique. En tout respect,
tous les gouvernements qui se sont succédé au cours des
50 dernières années avaient passablement tous cet objectif, il n'y a donc
pas d'originalité à ce niveau.
le Président, le premier ministre parle de créer une superpuissance
énergétique. Il est allé récemment à Boston, en Ontario pour amorcer des discussions avec ses homologues. Je l'invite
cependant à être infiniment plus prudent dans ses négociations. Lors de son passage en Ontario, il avait même annoncé
qu'il était prêt à offrir 50 % des emplois à des travailleurs ontariens pour la construction des
barrages au Québec. Encore une fois, vous avez immédiatement entendu les
réactions, entre autres de la FTQ, dans ce domaine. Il avait, dans ce cas-ci,
ouvert son jeu. Il avait dit qu'il voulait aller
dans cette direction-là, alors qu'il n'y a même pas une once de projet avec la
province voisine. Dès le lendemain, d'ailleurs,
dans le Globe and Mail , on disait qu'un représentant du gouvernement de
M. Ford a répété à plusieurs reprises qu'il n'y avait pas d'intérêt pour un tel projet. L'Ontario n'a donc
montré aucun signe et ne montrera pas, avant un nombre d'années très
important, un signe très positif. Et, quelques jours plus tard, également, on
s'est retrouvés face à des déclarations du président d'Hydro-Québec, qui l'a dit de
façon claire, nette et précise, qu'il
n'y aurait aucun barrage au Québec
avant 2038. C'est ce qu'il a dit. C'est ce qu'il a déclaré à cet effet.
Évidemment,
à
titre d'ancien ministre des
Ressources naturelles, je suis également très inquiet d'un autre élément,
c'est le fait qu'il n'y a eu aucune mention hier du Plan Nord dans ce discours
inaugural. Nous avions créé en 2015 la Société
du Plan Nord, qui a été créée afin d'assurer un lien entre les ministères, les
entrepreneurs, les communautés et les organismes
afin de développer des initiatives porteuses au nord du 49e parallèle. Des initiatives
importantes avaient été annoncées au
cours des dernières années. On parle de 100 000 personnes qui vivent au
nord du 49e parallèle. On parle du deux tiers du territoire du Québec
qu'on a besoin de développer dans l'avenir.
On avait annoncé 23 millions de
dollars pour améliorer les services de télécommunications en Basse-Côte-Nord,
pour mettre en place un service de
téléphonie cellulaire. On avait parlé d'un plan d'investissement de
280 millions afin de développer
les installations de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire sur la
Côte-Nord. On avait parlé de la relance
de la mine de fer du lac Bloom, la création de 400 emplois dans ce domaine. On
avait parlé d'améliorer de façon considérable
des investissements dans le secteur public, pour les soins de santé entre
autres, dans le Grand Nord du Québec. On voulait faire en sorte que ces
citoyens ne deviennent pas des citoyens de deuxième zone.
Alors,
encore une fois, on le voit, cette économie au nord du 49e parallèle, elle est
à développer, mais tout le monde reconnaît que c'est une grande
partie de
l'avenir du Québec et que le potentiel, il est immense. Les gens qui vivent
dans cette région ont le droit d'avoir un niveau de service comparable à
l'ensemble des autres régions du Québec.
Je ne parlerai pas
trop longtemps du projet éolien d'Apuiat à Port-Cartier, sur la Côte-Nord,
parce que je sais qu'il y aura une rencontre
cet après-midi entre le premier ministre et les représentants de la communauté
innue. Mais les discussions dans ce domaine
sont en cours depuis 2015. C'est un bel exemple encore une fois parce qu'on a
besoin non seulement de prospérité
économique, mais on a besoin que nos communautés autochtones aient des
scénarios qui sont gagnants, des
projets qui peuvent être gagnants dans ces différentes communautés, que ce
soient les communautés mohawks, que
ce soit la communauté crie, qui a eu
des projets intéressants, que ce soient les Inuits, les Naskapis, les
Innus. Enfin, toutes les communautés
ont besoin d'avoir des projets, ça fait
partie de l'équilibre social que l'on doit réussir à avoir au Québec.
Nous
sommes parvenus à obtenir un consensus dans l'ensemble des communautés
innues qui étaient impliquées dans ce
projet. Encore une fois, je demande au premier ministre de s'assurer
un soutien à ce projet, qui va se traduire par des retombées économiques
importantes pour le milieu. Et je dis au premier ministre aussi encore une
fois : Mettez de la pression sur
Hydro-Québec parce qu'on ne peut pas prendre pour acquis qu'avec ce projet-là,
pour les 25 prochaines années, on ne sera pas capables de vendre
une once d'électricité.
campagne électorale, le premier ministre a promis 400 millions de dollars
sur quatre ans pour poursuivre le déploiement
de l'Internet haute vitesse en région. Il avait promis ça, et nous avons fait
pareil. La seule chose... C'est, encore une fois, un dossier qu'on entend régulièrement lorsqu'on rencontre des
intervenants régionaux. Cependant, je le dis de façon très claire, il y avait une très grande différence entre ce qu'on
avait promis et ce que la Coalition avenir Québec avait promis, c'est que nous, on avait mis ce
400 millions de dollars là dans les dépenses d'opération du gouvernement,
alors que, dans le projet de la Coalition
avenir Québec, il y avait 400 millions qui étaient, entre autres, un
élément qui était entré dans le Plan
québécois des infrastructures. C'est quelque chose qui ne peut pas se faire,
puisque les installations n'appartiennent
pas au gouvernement du Québec. Alors, soyons prudents dans ce domaine. On veut
tous que l'Internet haute vitesse se
rende le plus rapidement possible dans les régions, mais, encore une fois, il
faut placer les chiffres au bon endroit.
Je rappelle également qu'il y a des programmes qui existent, Québec branché,
pour lequel il y avait un partenariat avec
le gouvernement fédéral. Et, pour la révision du rôle bonifié d'Investissement
Québec, nous allons voir de quelle façon cette transformation va
s'opérer.
me permets maintenant de revenir pendant quelques instants, M. le Président,
sur le projet de troisième lien à Québec,
pour lequel le gouvernement a mis la barre très haute. À vouloir brûler les
étapes dans ce dossier, le parti au pouvoir risque de susciter, encore là, beaucoup d'inquiétude. Nous l'avons vu récemment, entre autres avec l'Union des producteurs agricoles,
qui craint que ce projet se fasse au détriment de la protection de nos
territoires agricoles.
sait que les projets sont souvent très longs, prennent du temps, mais c'est la
façon, parfois, dont il faut opérer au cours des dernières années parce que
maintenant, dans nos processus, on consulte davantage. Quelqu'un me donnait un
exemple, entre autres, on me disait :
En 1930, autour des années 30, lorsqu'on a construit l'Empire State Building,
entre le moment où on a décidé de le constru