House Proceedings — 13 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-09-13
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Lévesque) : Bon mercredi matin, chers
collègues. Je vous invite à vous asseoir, s'il vous plaît.
Alors, nous
en sommes à la rubrique Déclarations de députés, et cette première déclaration,
aujourd'hui, sera celle de M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci
beaucoup, M. le Président. Je tiens à rendre hommage, aujourd'hui, à un
entrepreneur important de la Beauce
qui nous a quittés l'été dernier, M. Clément Bédard, un entrepreneur,
évidemment, bien connu et fondateur des Pères Nature, que l'on retrouve
du côté de Saint-Georges et de Sainte-Marie de Beauce.
M. Bédard,
on va le dire, était un précurseur, un homme extraordinaire, visionnaire, qui a
démarré ces grands marchés en Beauce
avec l'optique d'offrir des produits frais aux Beaucerons à tous les jours.
Avec les années, Les Pères Nature, avec ses différents restaurants, est
devenu une véritable institution. À chaque fois qu'un visiteur vient en Beauce,
je l'amène, évidemment, aux Pères Nature.
M. Bédard
était un homme de caractère, libre d'esprit, oui, je l'ai dit, visionnaire,
mais également rassembleur pour amener,
évidemment, Les Pères Nature le plus loin possible. Je sais qu'il transmet à
ses enfants, qui sont les gestionnaires, présentement, du Pères Nature,
ses valeurs.
Alors, mes
sympathies, évidemment, à la famille Bédard, à l'équipe des Pères Nature. Et,
je sais, d'où il est, il va continuer à nous enseigner de bien manger.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Beauce-Sud. La prochaine déclaration sera celle de Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Je suis fière de souligner le grand succès de la Fête
interculturelle de Notre-Dame-de-Grâce 2023,
qui fait de NDG un quartier qui est si extraordinaire, une communauté forte où
les nouveaux arrivants du monde entier sont accueillis à bras ouverts.
The NDG Intercultural Festival is an
event where we celebrate diversity and inclusion, two of my most closely held
values. We are made stronger, not weaker, because of our diversity, something I
believe could be true for every community across
Québec.
En terminant, j'ai été heureuse de participer et
d'admirer sur place les différentes représentations de danse et de chant. Et je tiens à remercier surtout Bienvenue à
NDG, la Table interculturelle NDG et le Conseil communautaire NDG pour
l'organisation d'un événement si rassembleur et extraordinaire. Merci. Et
bravo!
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et nous poursuivons avec M. le député de
Joliette.
M. St-Louis : Merci,
M. le Président. Par les temps qui courent, le mot «inflation» est sur toutes
les lèvres, une réalité économique
qui frappe durement l'ensemble de notre société et, du même coup, des milliers
de citoyennes et citoyens de la circonscription de Joliette.
M. le
Président, 2023 marque le 30e anniversaire de Moisson Lanaudière, et je
tiens à souligner en cette Chambre la contribution d'un organisme des
plus importants pour la région et pour notre circonscription.
Installé à
Joliette depuis sa fondation, Moisson Lanaudière répond à 111 000 demandes
mensuellement, distribue plus de 2
millions de kilos de denrées par année, ce qui représente une valeur de 18
millions de dollars année après année. Tout cela est possible grâce
au travail indispensable de dizaines de bénévoles dévoués.
J'aimerais
féliciter et surtout remercier tous les membres du conseil d'administration
ainsi que toute l'équipe qui entoure
Mme Céline Gauthier, directrice générale de l'organisme. Un immense merci
à tous ceux qui se sont impliqués de près ou de loin depuis maintenant
30 ans.
Longue vie à
Moisson Lanaudière! Merci d'être un acteur important dans notre circonscription
et de faire la différence. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Joliette. La prochaine déclaration sera celle de M. le député
de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
M. le Président. J'aimerais saluer aujourd'hui le courage et la détermination
d'une citoyenne de ma circonscription, Maureen Vachon.
Le 19 mars
2019, à 48 ans, Maureen a appris qu'elle était atteinte d'un cancer
métastatique de stade 4. Après une cinquantaine
de traitements qui n'ont pas fonctionné ou, en tout cas, fonctionné
partiellement, elle a décidé de les arrêter et de se trouver, et je la cite, un beau projet de fin de vie. C'est un
projet fou : marcher 1 250 kilomètres du Chemin du Québec, qui va de
Montréal à Cap-Gaspé, aller-retour. Elle a tout vendu ce qu'elle possède, elle
a quitté son domicile le 24 avril dernier,
et vendredi la semaine passée, 2 500 kilomètres plus tard, elle a
finalement accompli cette impressionnante aventure. C'est une marche qu'elle a fait pour elle, bien
sûr, pour se sentir, je la cite, libre et en santé, mais surtout elle l'a fait
pour recueillir des dons pour la Maison de soins palliatifs
Saint-Raphaël, où elle a décidé de terminer ses jours.
Maureen, votre énergie et votre détermination
sont une inspiration pour moi, pour tout le Québec. Toutes mes félicitations,
toutes nos félicitations pour cet accomplissement exceptionnel!
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Gouin. La prochaine déclaration sera celle de Mme la députée
de Saint-François.
Mme Hébert : M. le
Président, née à Coaticook en 1933, Mme Lisette Lahaie fait rayonner
Brompton depuis qu'elle s'y est installée, en 1956.
Ses engagements sont innombrables. À son arrivée
à Brompton, elle épouse son mari, chef de police chargé de restructurer certains services, dont celui des pompiers. À
45 ans, mère de trois enfants, elle entame des études en rédaction et en communication à l'Université de Sherbrooke.
À partir de 48 ans, elle visite une cinquantaine de pays. À 60 ans,
elle devient directrice du HLM, poste
qu'elle occupera jusqu'à l'âge de 72 ans. À 90 ans, elle est encore
chroniqueuse dans le journal local,
coordonnatrice et responsable des communications de la nanobrasserie,
présidente du comité du patrimoine et animatrice de l'assemblée générale
de La Maison des jeunes.
nombreuses occupations la gardent vibrante. Ce qui est certain, c'est que, si
vous entendez parler de quelque chose
qui se déroule à Brompton, c'est presque impossible que Mme Lahaie n'y ait
pas contribué d'une manière ou d'une autre.
Félicitations! Bravo pour votre engagement,
Mme Lahaie! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Saint-François. Et je reconnais maintenant M. le député de
Jean-Lesage pour sa déclaration.
M. Zanetti : On
est en septembre 2023, les trois mois que nous venons de vivre ont été les plus
chauds depuis le début de l'histoire
de l'humanité. Cet été, le Québec a vu partir en fumée plus d'arbres qu'il n'en
faut pour recouvrir la superficie du
Costa Rica. Nous avons vécu notre mois de juin le plus sec des
100 dernières années. Des quantités de pluie records se sont
abattues au Québec en juillet. Certains cultivateurs ont perdu jusqu'à
75 % de leurs récoltes.
La semaine
dernière, l'ONU a déclaré que l'effondrement climatique a commencé. Pendant ce
temps, le Canada devient un des leaders
mondiaux de l'expansion du secteur pétrolier et gazier. Le gouvernement
québécois s'y soumet et consent à ce que notre argent serve à
subventionner l'industrie pétrolière et la destruction de notre planète.
Chers
collègues députés, si ce que je viens de vous lire ne vous donne pas froid dans
le dos et que ça vous engourdit, je vous invite à plonger en vous-même
et à laisser fleurir le sentiment d'urgence que la situation impose.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Jean-Lesage. Nous poursuivons, pour la prochaine déclaration,
avec M. le député de Jonquière.
M. Gagnon : Merci, M. le
Président. Vous savez, M. le Président, l'ensemble des collègues sont fiers de
leur circonscription. On a tous des fiertés et des richesses, et, quand on les
accumule, c'est ce qui fait la beauté du Québec.
Mais
aujourd'hui je veux prendre parole ici, M. le Président, pour sensibiliser mes
collègues à une fierté de Jonquière, oui,
mais une fierté qui nous fait rayonner à l'international. Attention, M. le
Président, ce n'est rien de moins, cette fierté, que la Céline Dion du métal à l'international. Je parle ici d'un groupe
international qui a pris naissance à Jonquière en
Malgré leur
popularité, comme je le mentionne, internationale, ils n'oublient pas leur
Jonquière. Merci à ce groupe, malgré
la popularité, de continuer à jouer à Jonquière en musique, malgré... à ce
groupe de demeurer présent cet été à Kénogami en fête. Ce groupe-là, merci
à ce groupe de demeurer accessible.
Le 19 août dernier, j'ai remis la médaille
du député à un groupe international mais de Jonquière, Voïvod.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Jonquière. Et nous poursuivons avec Mme la députée de Hull.
Mme Tremblay : Bonjour,
M. le Président. J'aimerais aujourd'hui souligner le 45e anniversaire de
la Ligue de fers de Gatineau.
En 1977, Michel Massie et Pierre Dupéré ont
fondé la Ligue de fers, qui ne comptait au départ que huit joueurs. 45 ans plus tard, ce sont des amateurs de
partout en Outaouais qui se réunissent pendant la période estivale au parc
Saint-Jean dans une atmosphère
amicale, chaleureuse et de franche camaraderie. J'ai d'ailleurs eu le bonheur
de partager quelques parties avec eux et j'ai pu constater le grand
plaisir qui y règne.
La longévité
de leur organisation témoigne du véritable sentiment d'appartenance qu'ils ont
su créer au fil des ans. Vous avez
non seulement créé un espace pour s'amuser et socialiser, mais vous contribuez
à briser l'isolement et à construire des amitiés.
En terminant,
j'aimerais saluer le président actuel, Jean Marcil, et tous les membres de la
Ligue de fers de Gatineau. Bon 45e anniversaire! Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Hull. Et nous poursuivons avec M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, aujourd'hui, c'est avec un grand plaisir que
je tiens à souligner le 35e anniversaire d'un organisme de
Vanier-Les Rivières qui se nomme Alphabeille Vanier.
Alphabeille — c'est
un beau nom, quand même, avouez-le — a
pour mission d'offrir une démarche d'alphabétisation populaire aux
résidents du secteur, le tout en misant sur l'entraide des participants. Pour y
arriver, l'organisme organise souvent des
ateliers en lecture, écriture, en calcul et aussi en informatique. Alors, de
nos jours, ces éléments sont essentiels, et la contribution de chacun
reste déterminante pour les utilisateurs.
Je tiens à
saluer toute l'équipe d'Alphabeille Vanier et les remercier pour l'important
travail qu'ils font depuis 35 ans, soit d'aider à l'alphabétisation
de notre communauté.
Bon anniversaire, Alphabeille Vanier!
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Vanier-Les Rivières. Et nous poursuivons avec M. le
député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M.
le Président, Saint-Jean-sur-Richelieu a vécu, à la mi-août, la
40e édition de ce grand festival qu'est L'International de montgolfières. On pourrait, comme pas mal tout le
monde cet été, se plaindre des aléas de dame Nature, mais le fait est que ce fut l'occasion pour les
gens de chez nous de se réapproprier ce symbole universel qui est devenu notre
marque de commerce.
J'ai profité
de cette édition anniversaire pour souligner l'importance de la grande famille
des aérostiers de chez nous et
d'ailleurs en remettant une médaille du député de l'Assemblée nationale à une
des premières femmes pilotes, qui est d'ailleurs
citée dans La féerie des montgolfières au Québec , un très beau livre
paru en 2000 et signé par Hélène Viens. Cette
pilote de nos débuts, qui vole toujours, disait à l'époque, et je cite :
«Une montgolfière, c'est doux, calme, gracieux, plein de belles
couleurs, on dirait que c'est fait pour les femmes.» Fin de la citation. Que
dire? Wow!
Merci,
Danielle Francoeur, d'avoir été une vraie pionnière du ciel. Et longue vie à
L'International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, la
capitale de la montgolfière!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Saint-Jean. La prochaine déclaration sera
celle de M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Merci, M. le Président. Alors, ce samedi, le 16 septembre, aura
lieu un événement dont on est très fiers, un événement annuel qui se
tient à Saint-Jérôme, le Salon des aînés, qui se tient au Quartier 50+.
C'est
le moment, évidemment, où les aînés sont mis à l'honneur, où on découvre toutes
sortes de services qui sont offerts
et aussi où on reçoit, à travers des conférences, à travers toutes sortes
d'événements, plusieurs invités, plusieurs artistes chouchous des
Québécois. Il y a Geneviève Schmidt, qui est porte-parole, et Marie-Claude
Barrette, qui a pris part aussi au
lancement, la grande Béatrice Picard, qui a la cause des aînés à coeur depuis
très longtemps et qui est, évidemment, la marraine de cette édition.
Alors,
M. le Président, je tiens à féliciter tous les partenaires sans qui l'événement
n'aurait pas été possible, Guillaume Nadon, toute l'équipe du Salon des
aînés, et je nous souhaite aussi de prendre soin de nos aînés.
Bon Salon des aînés à
tous!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Saint-Jérôme. Et la dernière déclaration de
cette rubrique sera celle de Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci, M. le Président.
Étant moi-même une ancienne journaliste, je prends la parole, ce matin,
en solidarité avec nos médias locaux.
a tous entendu parler de la décision de Meta, qui bloque maintenant la
diffusion d'articles journalistiques sur les réseaux sociaux comme Facebook.
Nos médias ont donc accès à beaucoup moins de visibilité. Il est urgent que les
citoyens et les citoyennes revoient leur
manière de s'informer et s'habituent à consulter directement les sites de nos
médias traditionnels.
médias sont tellement importants, surtout dans les plus petites communautés
comme la nôtre. On l'a vu lors des inondations de Baie-Saint-Paul, devant une
tragédie sans nom, des milliers de Charlevoisiens solidaires étaient collés
à leurs radios pour avoir les dernières
informations et dévoraient les journaux. On ne s'en rend pas toujours compte,
mais, lorsqu'il y a des tempêtes de
neige, lorsque les routes sont bloquées, que les écoles sont fermées, quand une
députée comme moi fait des annonces,
ce sont nos médias locaux qui relaient l'information. Ils sont professionnels,
rigoureux, passionnés, et leur travail mérite d'être souligné. Je prends
donc ce temps pour leur dire merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Et cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Mmes, MM. les députés, nous
allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Alors, j'ai le
plaisir de souligner la présence des nouvelles boursières et nouveaux boursiers
de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui sont ici. Ils auront l'occasion de
travailler en alternance auprès des députés du groupe ministériel et des groupes d'opposition dans le cadre de leur stage de
10 mois à l'Assemblée nationale. Alors, ce stage, ce programme s'inscrit
dans la mission éducative de l'Assemblée nationale du Québec en offrant à ces
jeunes une occasion de plonger au
coeur de l'activité parlementaire, et ce, sur une base quotidienne, pour
10 mois. Alors, je vous souhaite de profiter pleinement de cette
expérience.
Nous allons
poursuivre les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme la
Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous
plaît.
La Présidente :
À l'article a du feuilleton,
Mme la ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente
du Conseil du trésor présente le projet de loi n° 33, Loi concernant les conventions collectives des
constables spéciaux et des gardes du corps du gouvernement du Québec.
Mme la ministre.
Mme LeBel : Merci, Mme
la Présidente. Effectivement, je
présente aujourd'hui le projet de loi n° 33, qui est la Loi concernant les conventions collectives
des constables spéciaux et des gardes du corps du gouvernement du Québec.
projet de loi permet que la convention collective des constables spéciaux et
celle des gardes du corps du gouvernement du Québec soit d'une durée excédant
celle de trois ans qui est prévue à l'article 111.1 du Code du travail,
à la condition que la première convention
expire au plus tard le 31 mars 2028 et que la seconde expire au plus
tard le 31 mars 2032.
Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi?
Présidente : Adopté.
À la rubrique
Dépôt de documents, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je dépose la réponse à la question
inscrite au feuilleton le 23 mai 2023 par le député d'Hochelaga-Maisonneuve et la réponse à la question inscrite au
feuilleton le 23 mai 2023 par la députée de Chomedey.
Présidente : Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 60 pétitionnaires, au nom de la
députée de Vaudreuil. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant la
volonté du gouvernement à intéresser les citoyens du Québec envers la politique
municipale;
«Considérant que le
gouvernement provincial incite les citoyens à se présenter lors des élections
générales municipales;
«Considérant
que certaines municipalités ont des administrations qui s'offrent les pleins
pouvoirs dans le but de ne pas publiciser les informations concernant
les séances publiques extraordinaires des conseils municipaux;
«Considérant
que le Code municipal du Québec ne contient aucune disposition prévoyant que
les administrations municipales
soient dans l'obligation d'informer les citoyens lors [...] d'une tenue d'une
séance extraordinaire de leur conseil municipal;
«Considérant que les
taux de participation lors des élections municipales sont de plus en plus bas;
«Considérant
que les citoyens sont en droit de s'attendre à un minimum de transparence de la
part de leur conseil municipal;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec d'instaurer une disposition dans le Code municipal
afin que les administrations municipales soient dans l'obligation de diffuser
dans les meilleurs délais les informations concernant les séances
extraordinaires demandées par le conseil municipal.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de
Jean-Lesage.
M. Zanetti : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 7 067 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont
les suivants :
«Considérant
que le Québec connaît une pénurie de places en services de garde éducatifs à
l'enfance sans précédent depuis plusieurs années;
«Considérant
que des milliers de places en milieu familial ont été perdues entre 2018 et
2022, exacerbant la pénurie de places en services de garde éducatifs à
l'enfance dans les régions;
«Considérant que
plusieurs dizaines de milliers d'enfants — 33 356 selon les
derniers chiffres du ministère de la Famille — sont en attente d'une place
en service de garde sur La Place 0-5 partout au Québec;
«Considérant
que des dizaines de milliers de parents d'enfants en attente d'une place, et
principalement des mères, sont
contraints de renoncer à leur activité professionnelle et sont ainsi privés de
revenus au terme de leurs prestations du Régime québécois d'assurance
parentale — RQAP;
«Considérant
que le réseau des services de garde éducatifs à l'enfance ne sera pas complété
avant plusieurs années et que des
milliers de parents devront renoncer à leur activité professionnelle et donc à
leurs revenus et [leur] indépendance financière dans le futur;
«Considérant
que le Québec connaît une crise inflationniste importante depuis plusieurs mois
exerçant une pression supplémentaire
sur la situation financière déjà fragilisée des parents en attente d'une place
en services de garde éducatifs à l'enfance;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de fournir un soutien
financier temporaire aux parents ayant dû renoncer à leur activité
professionnelle et laissés sans revenus faute de place en services de garde
éducatifs à l'enfance pour leurs enfants.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 047 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que
l'article 58 de la
Loi sur les normes du travail stipule qu'un salarié qui
entre au travail a minimalement droit à une indemnité égale à trois heures
de son salaire horaire habituel;
«Considérant
que le même
article fait une exception qui exclut et discrimine les
11 000 chauffeurs d'autobus scolaires du Québec, les privant
de ce droit fondamental;
«Considérant
que les chauffeurs d'autobus scolaires font normalement deux sorties par jour
et dépassent régulièrement les trois heures de travail à chaque
sortie;
«Considérant
que ces salariés sont assujettis à leur employeur 12 heures par jour afin
de répondre à toute urgence pendant les heures de classe;
«Considérant
que ce travail exige d'énormes responsabilités et des compétences reconnues qui
consistent à conduire, prendre soin et protéger la vie de jusqu'à
72 [élèves] dans des conditions souvent dangereuses;
«Considérant
que cette loi est la source première de très faibles salaires dans le métier et
qu'elle contribue largement à l'augmentation de la pénurie de
main-d'oeuvre;
«Considérant
que, le métier étant maintenant exercé par une majorité de femmes qui
travaillent pour des salaires très
modestes afin de faire vivre leurs familles, cette loi archaïque et sexiste
frappe directement les femmes parmi les plus démunies du Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de modifier l'article 58
de la
Loi sur les normes du travail pour éliminer l'exception qui vise
et discrimine les chauffeurs d'autobus scolaires.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de
Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale signée par
3 771 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
l'urgence d'agir contre les changements climatiques et la nécessité de réduire
l'émission des gaz à effet de serre pour assurer un avenir viable;
«Considérant
qu'au Québec les véhicules routiers émettent plus du tiers des GES et que les
émissions provenant des transports routiers ont augmenté de plus de
59 % depuis 1990;
«Considérant
que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
recommande d'éviter d'élargir les routes existantes ou d'en construire des
nouvelles afin de ne pas ajouter de nouvelles sources d'émission de GES;
«Considérant
que ces prolongements routiers menacent les rares boisés et milieux humides
d'un secteur comptant parmi les plus
grands îlots de chaleur de l'île de Montréal, où le taux de canopée est de
4,7 % — comparativement
à 24 % dans l'ensemble de la
ville — et
allant à l'encontre des objectifs de protection de la biodiversité, essentielle
à la résilience des milieux urbains;
«Considérant
que l'ajout de nouvelles routes n'améliore pas les problèmes de congestion
routière, mais entraîne plutôt une hausse de la circulation;
«Considérant que ces
routes serviront principalement au port de Montréal et à Ray-Mont Logistiques,
situé à 100 mètres des résidences — contrairement
à la norme de 300 mètres — et
dont les nuisances affectent déjà la santé et la qualité de vie des
résidentes et [...] résidents;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec d'abandonner le projet de
prolongement du boulevard [l'Assomption] et de l'avenue Souligny dans la
circonscription [de] Camille-Laurin, à Montréal.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont :
Mme la Présidente, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 197 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que,
selon la Communauté métropolitaine de Québec, les travaux de réaménagement du
pont de Québec représentent une fenêtre d'opportunité incontournable qui doit
être saisie afin de développer l'offre de mobilité active dans la région;
«Considérant
que le pont de Québec est un lien interrives stratégique pour les cyclistes et
les piétons et que le réseau cyclable est actuellement déficient;
«Considérant
qu'il faut miser sur des infrastructures modernes, sécuritaires et efficaces
pour favoriser l'utilisation du transport actif;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de prévoir un espace suffisant
pour accueillir une piste multifonctionnelle efficace assurant la
sécurité des piétons, des cyclistes et des autres usagers sur le pont de
Québec.»
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
145 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que le Québec est la seule province canadienne qui ne permet pas l'adoption
internationale aux États-Unis;
«Attendu que le
Secrétariat à l'adoption internationale a imposé des règlements contraignants
en matière d'adoption internationale;
«Attendu que des
interprétations des lois internationales ont été faites sans contrôle
gouvernemental;
«Attendu
que c'est le ministre responsable des Services sociaux qui établit les
règlements et la surveillance en matière d'adoption internationale;
«Attendu que les
personnes adoptées à l'étranger ne bénéficient pas des services de l'assurance
maladie ou des CLSC à leur arrivée au Canada en raison de l'ambiguïté de leur
statut;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au ministre responsable des Services sociaux :
«De modifier les
règles de l'adoption internationale afin de la rendre plus accessible aux
familles québécoises;
«Que
les familles qui réussissent à adopter à l'étranger puissent avoir accès aux
mêmes soins de santé que les parents naturels dès l'arrivée de l'enfant
au Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orale, et je cède la
parole, pour sa question principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. La dernière
session parlementaire, nous avons pu démontrer, lors de cette session parlementaire, que le gouvernement est un
gouvernement brouillon, pas fiable. À l'aube de sa sixième année, le constat est implacable : ils sont
incapables de livrer. Avec la CAQ, ça craque de partout. Avec la CAQ, les
problèmes empirent. Avec la CAQ, Mme la Présidente, c'est le temps qui passe,
c'est le temps qu'on perd. Voilà ce qui définit bien la CAQ, qui, sur tous les enjeux quotidiens, il n'y a
aucune amélioration tangible dans la vie de nos concitoyens et de nos
concitoyennes.
L'enjeu
numéro un, le coût de la vie, assomme les Québécoises et Québécois, et le
gouvernement est incapable de mettre
en place des solutions qui fonctionnent. Pire, ils prennent les mauvaises
décisions, Mme la Présidente. Rappelez-vous le débat sur les tarifs d'Hydro-Québec. La CAQ avait l'idée de génie,
puis le premier ministre défendait ça, de lier les tarifs d'Hydro-Québec
avec le taux d'inflation. Le premier ministre, grand visionnaire, disait à
l'époque... à notre collègue Carlos Leitão , qui avait
dit : Faites attention, il y a un concept qui existe qui s'appelle
l'inflation, le premier ministre lui répond : «Je ne sais pas sur
quelle planète il vit.»
«...nous, on pense
[...] qu'on ne verra plus ça, des années d'inflation de 5 %, 6 %...» Bien,
l'inflation, en 2022, c'était 6,7 %.
Encore une fois,
incapable de livrer. Le temps qui passe, le temps qu'on perd.
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Je ne sais pas si demain ça va être en
chantant qu'on va avoir la question du chef de l'opposition officielle.
Je sais qu'il aime les karaokés.
Écoutez, 15 ans
libéral, je pense que c'est important de le rappeler, 15 ans libéral, qu'est-ce
qu'on a eu pendant ces 15 années
libérales? Bien, des taxes scolaires, là, qui pouvaient varier du simple au
double d'une région à l'autre. On a réglé le problème libéral.
Rappelez-vous aussi
la taxe libérale sur les garderies, hein? On a demandé à la classe moyenne de
payer plus. Qu'est-ce qu'a fait le gouvernement de la CAQ? Bien, on a aboli
cette taxe libérale sur les garderies.
Maintenant,
Hydro-Québec. Mme la Présidente, à plusieurs reprises, pendant les
15 années libérales, les augmentations
de tarifs chez Hydro-Québec ont été supérieures à l'inflation, ce qui est
inacceptable, Mme la Présidente, parce
que, on le sait, l'inflation, ça ressemble un peu à l'augmentation des moyens
des Québécois. Or, le gouvernement libéral a augmenté de plus que l'inflation
les tarifs d'Hydro-Québec. Qu'est-ce qu'on a fait, le gouvernement de la CAQ?
On a limité les augmentations. D'abord, il y
a eu une année où on a remis 500 millions, puis on a gelé les tarifs.
Donc, ça, ça a eu un impact sur toutes les années suivantes. Après, Mme
la Présidente, on a dit : Plus jamais ce ne sera plus que l'inflation.
Puis, étant donné qu'il y a une inflation exceptionnelle, on a dit : Pas
plus que 3 %.
Présidente : En terminant.
M. Legault : Donc,
Mme la Présidente, moi, je suis prêt à comparer notre bilan avec celui des
libéraux...
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, on s'en rappelle tous, j'étais
là, ils étaient là, ils déchiraient leurs chemises sur les trop-perçus d'Hydro-Québec. Ils
disaient : C'est épouvantable. Il y a une pétition qui avait été signée.
Puis notre collègue ici, à ma droite, le disait, défendait... puis lui, au
pouvoir, il allait rembourser. Ils n'ont pas remboursé l'entièreté de ce
qu'ils promettaient, les trop-perçus d'Hydro-Québec.
Le temps qui passe,
le temps qu'on perd. Vous avez nié pendant trois ans la crise du logement. On a
perdu trois ans, au Québec. Aujourd'hui, la
crise frappe de plein fouet. La CAQ, ce n'est pas fiable. C'est le temps qui
passe puis le temps qu'on perd.
Présidente : Je vous rappelle qu'on s'adresse à la présidence. La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. C'est le même chef de l'opposition officielle
qui disait : Nous, on est contre ça, de donner des chèques aux
Québécois.
Maintenant, revenons
sur Hydro-Québec, parce que c'est important de bien préciser ce qui est arrivé.
D'abord, on a remis des chèques, pour
500 millions de dollars, aux Québécois. Ensuite, on a gelé les tarifs
d'Hydro-Québec. Ça représente, si on
avait donné le 2 % d'inflation, 200 millions. Sauf que ce qu'il faut
comprendre, Mme la Présidente, c'est qu'ensuite,
l'augmentation de l'inflation, on perd toujours le 200 millions, donc, au
bout de cinq ans, ça fait 1 milliard, plus le 500 millions.
Présidente : En terminant.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Alors, Mme la Présidente, je ne sais pas si on
peut avoir la traduction de ce qu'a dit le premier ministre, parce que, là, il a perdu tout le monde, il a
perdu tout le monde. Là, il est en train de nous dire : Ça va venir, ça va
venir dans cinq ans, parce que leur
fameux coup de génie, là, du projet de loi n° 34, c'est de dire : Ça
va être l'inflation, puis, dans cinq
ans, on va vous repayer. Bien oui, c'est ça, les Québécois, financez
l'inflation. Là, ils ont corrigé leur erreur historique mais à moitié,
ils ont capé ça à 3 %.
crise, encore, pénurie de main-d'oeuvre niée pendant trois ans, un autre
dossier où on a perdu trois ans. Le temps qui passe puis le temps qu'on
perd.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, je corrige le chef de
l'opposition officielle. On a donné 500 millions puis on a gelé les tarifs, on arrive aux cinq ans.
Donc, on ne parle pas des cinq prochaines, on parle des cinq dernières. Donc,
on a remis 1,5 milliard, comme promis,
aux Québécois, ce qu'il fallait démontrer. On me dit que peut-être qu'il y en a
qui ne savaient pas ce que ça voulait dire, CQFD.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : ...Mme la Présidente, que le premier ministre, il
a tout dit ce qu'il avait à dire. Il restait encore du temps sur le cadran, mais il a tout dit ce qu'il
avait à dire, circulez, il n'y a rien à voir. Bien, on ne va pas circuler,
parce que ça ne va pas bien, Mme la
Présidente. Le Québec craque de partout. Les belles promesses caquistes, on en
a soupé. En santé, c'est pire que
pire. En services de garde, c'est pire que pire. En éducation, il manque de
profs, puis ils ne savent pas où donner de la tête, Mme la Présidente.
n'y a pas de direction, il n'y a pas de vision. La CAQ, c'est brouillon. C'est
autant de temps qu'on perd, autant de temps qui passe, dans la sixième
année caquiste.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, bien, Mme la Présidente, on a vu qu'étant
donné que le chef de l'opposition officielle n'avait plus d'arguments
concernant le coût de la vie, parce qu'on a augmenté l'aide sociale de
50 %, on a remis des chèques, on a baissé les impôts, etc., il est
maintenant rendu sur la santé. Mme la Présidente, quand on est arrivés, les
libéraux nous avaient laissé une situation
où on avait 6,4 millions des Québécois qui avaient un médecin de famille.
On est maintenant à 6,9 millions.
Il y a 500 000 Québécois de plus qui ont accès à un médecin de
famille ou un GMF. Ça, c'est des résultats.
La Présidente :
On a bien écouté la question, on
entend la réponse. On garde le silence pendant que les collègues
s'expriment.
Mme la députée de
Saint-Laurent, en question principale. On vous écoute.
Mme Rizqy : Offre d'emploi : le ministre de l'Éducation
cherche 1 000 enseignants. Entrée en poste : hier. Environnement
de travail unique : chaud et humide en été, quelques canicules; glacial en
hiver, ici on ouvre les fenêtres pour avoir une bonne qualité d'air. Nous vous
garantissons que le ciel ne vous tombera pas sur la tête, mais peut-être le plafond. Milieu de travail stimulant, des
collègues qui vont arriver et partir chaque semaine. Pour une ministre, on
peinture une fresque sur la rue,
mais, une fois quittée, elle est disparue, ce n'était que pour les vues.
Conditions de travail. Vous rêvez du salaire des enseignants en Ontario?
Continuez à rêver, vous n'êtes quand même pas député. Vous trouvez la tâche trop difficile? Pas de problème, vous irez jouer
et faire des dodos dans une classe de maternelle quatre ans. Vous espérez
être permanent? Non, minute, vous serez
d'abord contractuel. N'ayez crainte, ce sera perpétuel. Exigence : être un
adulte. Un diplôme un atout.
Présidente : Alors, la...
La Présidente :
Pas de commentaire après les
questions. La réponse du ministre de
l'Éducation. On l'écoute comme
nous avons écouté avec attention la question.
Drainville : D'abord, Mme la Présidente, je salue la députée de
Saint-Laurent pour cette première question. Je
lui souhaite par ailleurs bonne réflexion pour ce qui est de sa course au
leadership. On verra la décision qu'elle prendra. Ce sera intéressant.
Ce sera intéressant de voir cette réflexion-là.
Maintenant,
pour ce qui est de la rentrée scolaire, pour ce qui est de la rentrée scolaire,
Mme la Présidente, je tiens quand même
à souligner l'extraordinaire travail des centres de services scolaires et des
équipes-écoles. En date du 14 août, on avait 8 558 postes à combler, et, en date de lundi, on
avait 1 032 postes à combler. Il y a eu du travail extraordinaire qui
a été fait pour donner à nos enfants un enseignant, une enseignante devant la
classe.
Maintenant, Mme la
Présidente, il faut valoriser la profession d'enseignant, d'enseignante, et on
a pris plusieurs mesures pour le faire au cours des dernières années. On a
monté les salaires d'une manière substantielle. On a créé un programme de tutorat, 130 000 élèves qui
s'en sont prévalus. Ça, ça vient en aide aux enseignants, parce qu'on prend des
élèves qui ont des difficultés dans une
matière ou dans une autre, et la tutrice, le tuteur va les aider dans cette
matière-là. Programme...
Présidente : Première complémentaire.
Mme Rizqy : Le
premier ministre est revenu en politique pour l'éducation. Quelle était sa
première priorité? L'éducation. Il nous a
promis un redressement. Voici ce que nous avons eu : explosion
d'enseignants non qualifiés, près de
30 000; explosion d'élèves en échec en français, en orthographe, 52 %
qui échouent. Maintenant, on a même des plafonds qui tombent sur les
élèves.
Alors,
moi, je veux savoir, le grand redressement, cette grande priorité, ça commence
quand, faire plus, faire mieux?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Bien, je vais vous dire une
chose, Mme la Présidente, nous, on ne coupera pas dans les budgets de l'Éducation, ça, c'est sûr. Parce que c'est ça qui
s'est passé dans le dernier mandat du Parti
libéral. Et, comme on le sait, Mme la Présidente, la majorité des budgets, en éducation,
ça va en salaires. Quand ils ont coupé dans le budget de l'éducation, ils ont envoyé des gens à la
retraite, ils ont précarisé des enseignants, des professionnels, des
éducatrices, des TES. Nous, on a augmenté le budget de l'éducation de
1 milliard par année, en moyenne, depuis cinq ans.
Parlant
de plafond, on a augmenté les budgets pour les rénovations, les agrandissements
et les constructions de nouvelles écoles de 9 à 22 milliards, une
augmentation de 150 %. On est fiers de ça.
La Présidente :
En terminant.
Drainville : Depuis plusieurs semaines, j'inaugure des nouvelles
écoles, Mme la Présidente.
La Présidente : S'il vous plaît! On
garde le silence. Deuxième complémentaire.
Mme Rizqy : Mme la Présidente,
l'offre d'emploi, c'est basé sur des faits. Moi, j'aimerais savoir : Le
premier ministre, il va faire quoi pour
bonifier cette offre d'emploi? Parce que moi, je serais un petit peu gênée, on
le voit, en éducation, ça craque de partout.
Et pourtant le premier ministre n'arrête pas de dire : Ça a été ma
priorité, ma raison de revenir en politique.
Alors,
aujourd'hui, qu'est-ce qu'il compte faire réellement en éducation? Parce que,
pendant ce temps-là, on cherche encore des enseignants, puis ça ne se
bouscule pas aux portes.
La Présidente : M. le ministre.
Drainville : Mme la Présidente, les défis sont là, on ne les
nie pas. On n'est pas jovialistes. On les voit, les défis, et on les
prend un par un et on apporte des solutions.
Sur le
français, on a décidé de lancer la refonte du programme. Sur le français,
300 $ de livres, de nouveaux livres par année, par classe, dans les écoles du primaire au public. Sur les
non légalement qualifiés, des 30 crédits qui permettent aux personnes qui
ont déjà un bac dans une matière enseignée ou connexe d'aller chercher leur
brevet d'enseignant. On veut continuer à valoriser avec les aides à la classe.
C'est sur la table, présentement, plusieurs centaines de millions de
dollars pour avoir des aides à la classe dans les écoles primaires du public.
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : On va continuer à
investir dans l'éducation. C'est notre priorité, Mme la Présidente.
La Présidente : En question...
La Présidente : Pas de bravo. En
question principale, le député... Ça en prenait un pour commencer la session.
En question principale, M. le député de Pontiac.
On vous écoute.
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. Le premier ministre veut parler
de résultats en matière de santé. Parlons de
résultats. Je vais vous parler des patients en attente d'une chirurgie
oncologique qui excèdent les délais prescrits par le gouvernement. Ça,
c'est des gens qui se sont rendu compte que quelque chose n'allait pas, qui
sont allés consulter, qui se sont fait
référer à un spécialiste, qui ont réussi à le voir, qui ont fait des tests, qui
ont eu un diagnostic de cancer, qui se sont fait dire : Vous avez
besoin d'une chirurgie, et qui attendent, depuis ce temps-là, à côté du
téléphone. Personne, Mme la Présidente, de l'aveu même du ministre, ne devrait
attendre plus de deux mois pour sa chirurgie de cancer. Le problème, c'est que, quand le ministre de la Santé
a annoncé son premier plan de rattrapage en chirurgie, il y avait 353 personnes qui excédaient les délais, en
oncologie, pour le cancer, pour leur opération. Dans le dernier plan du
ministre, il y en avait 591. Aujourd'hui, il y en a 898, Mme la
Présidente.
À chaque fois que le ministre de la Santé
présente un plan, à chaque fois, la situation s'empire. C'est le symbole même,
Mme la Présidente, de l'échec caquiste. Comment le PM tolère ça?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
Dubé : Mme la Présidente, je suis très, très content
d'avoir cette question-là du député pour mettre les choses en
perspective.
Premièrement,
on peut regarder le verre à moitié vide ou on peut regarder le verre à moitié
plein. Ce que j'aimerais dire, le
plan santé qu'on a déposé l'an dernier, ce n'est pas un sprint, c'est un
marathon. Et, quand on regarde la tendance depuis qu'on a déposé le
plan, l'essentiel, c'est des tendances à l'amélioration, puis je vais vous
donner des exemples.
Malgré l'été
qu'on a eu, on a eu une amélioration du côté de nos chirurgies dans l'ensemble.
On est passés d'un pic de 22 000 à 14 000, une amélioration de
25 %. On a eu plus de 180 000 chirurgies qui ont été faites par le
privé pour nous aider. Nos délais de DMS, ce qu'on appelle les durées
moyennes sur civière, sont passés, Mme la Présidente, de 22 heures à 16 heures. On est loin de
notre cible de 14, mais il y a eu une grande amélioration. Et, en plus, il y a
eu une prise en charge, comme vient de le dire le premier ministre, qui
fait qu'on s'est améliorés de 500 000 personnes qui peuvent voir un
médecin. On peut regarder le verre à moitié vide.
Maintenant, sur les chirurgies, Mme la
Présidente, puis je pourrai y revenir, sur l'oncologie...
La Présidente : En
terminant.
M. Dubé : En terminant, je
reviendrai, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin : ...je rappelle au ministre de la Santé que le ministre de
l'Éducation vient de lui dire de ne pas être jovialiste.
Bien, s'il veut regarder la tendance puis parler de chirurgies de façon
générale, voici ce qui s'est passé. À son premier plan, Mme la Présidente,
il y avait 145 000 Québécois qui attendaient une chirurgie. À son dernier
plan, son troisième plan qu'il a présenté au
printemps, 155 000. Aujourd'hui, 158 000 patients attendent la
chirurgie. Le système de santé, là, il craque de partout.
Je répète ma question au premier ministre :
Comment il tolère une telle situation?
La Présidente : M. le ministre de la
Santé, on vous écoute.
Dubé : Je vais continuer parce que je veux finir sur les
chirurgies oncologiques, Mme la Présidente, c'est très important, puis
je répondrai à l'autre question après.
Ce qui est
important, j'ai beaucoup d'empathie pour ces gens-là, beaucoup d'empathie, mais
il y a une chose, le député oublie de regarder l'autre
partie du tableau
de bord qui dit qu'on fait 40 000 chirurgies oncologiques par année. Alors, si, en ce moment, nos chirurgies en retard
de plus que 57 jours varient entre 400 et 800, c'est 1 % à 2 %
des chirurgies qu'on fait dans
l'ensemble de l'année. Alors, oui, on peut s'améliorer. Puis même 1 %,
c'est beaucoup. Et c'est pour ça qu'on a demandé aux chirurgiens, qui
font un très bon travail, de prioriser celles qui sont en retard d'un an...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...pour, après ça, être
capables de passer à travers tout le reste des chirurgies.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Fortin : En début de semaine, j'ai entendu le gouvernement
se péter les bretelles comme quoi il y avait une région au Québec où on avait fait le rattrapage en chirurgie, c'est le Bas-Saint-Laurent. Mais, pendant ce temps là, Mme
la Présidente, en Estrie, il y a 22 % de plus de patients qui attendent
depuis deux mois leurs chirurgies oncologiques, à Montréal c'est
67 %, à Québec c'est 238 %, depuis le fameux plan. Le plan du
gouvernement, là, ça ne peut pas être de dire aux gens de Fleurimont, de
Pointe-aux-Trembles ou de Québec de déménager à Pohénégamook pour avoir des
services. Ça ne peut pas marcher de même.
La Présidente : M. le ministre de la
Santé.
Dubé : Je terminerais... parce que j'aimerais ça avoir
beaucoup plus de temps, Mme la Présidente, beaucoup plus de temps, mais
je terminerais sur deux choses.
Je suis en
train de discuter, avec l'opposition, de p.l. n° 15,
puis qu'est-ce que la Commissaire à la santé nous a demandé, c'est d'avoir des leviers pour être
capables que nos gestionnaires puissent améliorer les choses. Je lui
rappellerai ce point-là et l'exemple qu'il me donne sur les chirurgies
quand on parlera de p.l. n° 15.
Et je termine
en disant, Mme la Présidente : On avance puis on publiera, pour être sûrs
que tout le monde le voit... Les
tendances sont à l'amélioration. Les endroits où ça va moins bien, on met plus
de pression, et c'est pour ça qu'on a besoin de p.l. n° 15,
pour être capables d'avoir des leviers pour nos gestionnaires. Merci beaucoup,
Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du deuxième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Hier, le premier ministre nous a demandé nos
propositions concrètes pour aider les Québécois face au coût de la vie. Il sait
très bien qu'on n'arrête pas d'en faire. Le problème, c'est qu'il n'écoute pas.
Mais je suis un gars persistant, ça fait que, ce matin, je vais lui en
faire une autre.
Le premier ministre peut,
cet automne, améliorer, il a le pouvoir de le faire, améliorer le pouvoir
d'achat d'un demi-million de personnes. Ces
gens-là font rouler nos hôpitaux et nos écoles. Et comment il les remercie? En
proposant de les appauvrir.
Le premier
ministre vient de donner 21 % d'augmentation aux policiers de la SQ, c'est
très bien, ils le méritent. Le premier ministre a donné 30 %
d'augmentation aux députés. Mais, pour les femmes qui travaillent fort pour
nous autres dans les services publics, il offre quoi? 9 % sur cinq ans. Ce
n'est même pas l'inflation. Le premier ministre sort le champagne pour les
députés, mais, pour les femmes qui travaillent fort pour nous autres dans les
services publics, là, il n'y a même pas une Labatt Bleue. Je les comprends
d'être fâchées.
Le premier
ministre est censé être pragmatique. Ça va prendre combien de démissions de
plus, combien de milliers de
démissions de plus dans nos écoles, dans nos hôpitaux pour qu'il les respecte
puis qu'il leur offre... donne une offre qui les respecte?
C'est quoi,
la priorité du premier ministre, cet automne : régler ses comptes avec les
syndicats ou avoir une bonne entente pour les Québécois puis les
Québécoises?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui. Mme la Présidente, pour la première fois dans
l'histoire du Québec, lors de la dernière négociation de conventions collectives, on a fait des offres
qui étaient différenciées. On se rappellera qu'à plusieurs reprises j'ai
demandé à Québec solidaire s'ils étaient d'accord, puis on n'a pas eu de
réponse.
Donc, rappelons qu'on a augmenté de façon
importante, là, on parle en moyenne de 18 %, les enseignants, les
éducatrices, les préposés aux bénéficiaires. Cette année, on veut le faire pour
les psychologues.
Maintenant,
Mme la Présidente, là, ça fait deux fois qu'il utilise l'expression que j'ai
utilisée. Ce que je disais, c'est que,
quand on négocie, par exemple, avec les infirmières, les syndicats nous
demandent, en bon québécois, là, de la Labatt Bleue pour tout le monde,
donc les mêmes augmentations pour tout le monde. Nous, ce qu'on dit, c'est
qu'une infirmière qui travaille à temps
plein devrait avoir une meilleure augmentation qu'une infirmière à temps
partiel, une infirmière qui travaille
de nuit devrait avoir une meilleure augmentation qu'une infirmière qui
travaille de jour, une infirmière qui travaille dans une région éloignée
devrait avoir une meilleure augmentation qu'une infirmière qui travaille dans
les grands centres. Ça, là, c'est ce qu'on propose. Mais évidemment les
syndicats s'y opposent, avec l'appui de Québec solidaire.
La Présidente : Première
complémentaire.
Nadeau-Dubois : Je suis d'accord avec le premier ministre, il est
l'expert des offres différenciées. Quand il a négocié avec le patron de la SAQ, là, il lui a donné 13 %
d'augmentation en une année. Quand il a négocié avec le bon «chummy» au ministre de l'Économie, là, le P.D.G.
d'Investissement Québec, il lui a donné 19 % en une année. Pour les
infirmières, pour tout le monde, c'est 9 %...
La Présidente : Je suis debout. Ça
avait bien commencé. Je vais vous écouter brièvement, M. le leader du
gouvernement, très brièvement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, le chef du deuxième groupe
d'opposition fait en sorte d'utiliser, dans ses questions, des propos qui sont notamment blessants. Et je pense qu'on
doit s'attendre à un certain niveau, Mme la Présidente, à la hauteur de
nos fonctions.
La Présidente : Je vous rappelle...
Présidente : Je vous
rappelle — merci,
M. le leader — de
faire attention, attention aux motifs indignes, attention aux termes, aussi, employés. Je vous demande de
poursuivre. Vous avez... Ah! M. le leader du deuxième groupe, je vous écoute
également.
Leduc : ...question de
règlement... (panne de son) ...ne veut qu'interrompre mon collègue. Passons aux
choses sérieuses.
La Présidente : Non, j'avais
tranché. Je vous écoute, mais j'avais tranché. Faites attention aux propos et
motifs indignes quand on... Je ne vais pas répéter les termes que vous avez
employés, mais on comprend qu'il s'agit de motifs indignes.
Donc, vous avez quand même du temps de parole,
10 secondes, on vous écoute. On poursuit.
M. Nadeau-Dubois : C'est
vrai que c'est différencié. Pour les gens qui sont déjà en haut de l'échelle,
il y a toujours de l'argent, puis,
pour les gens qui sont au milieu puis en bas de l'échelle, il n'y a pas
d'argent. C'est ça, la CAQ. C'est très, très différencié.
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je le répète, on a augmenté de
façon plus importante le salaire des enseignantes, parce qu'il y a plus
de femmes; éducatrices, plus de femmes; préposées aux bénéficiaires, plus de
femmes.
Maintenant,
il s'amuse à parler de l'augmentation des députés. Est-ce que son député de
Rosemont va la prendre, oui ou non, l'augmentation des députés? Est-ce
que tous ses députés de Québec solidaire vont la prendre, ou non,
l'augmentation de salaire?
Présidente : Deuxième complémentaire.
Présidente : Deuxième complémentaire. On vous écoute.
M. Nadeau-Dubois : Une chose est sûre, Mme
la Présidente : de l'autre côté de la Chambre, tout le monde va la
prendre au complet. Ils se sont levés en cette Chambre pour se mettre 30 %
dans les poches, tout le Québec l'a vu.
Pendant
ce temps-là, ce qui est vraiment important, c'est ce que vivent les femmes,
surtout, et les hommes dans nos services publics. Ce monde-là nous ont sauvés
pendant la pandémie, ils travaillent fort puis ils ont vu leur pouvoir
d'achat diminuer. Le minimum du respect,
c'est de leur mettre, sur la table de négo, une offre qui fait en sorte qu'ils
ne perdent pas de pouvoir d'achat. Ça, c'est un geste concret pour
protéger les Québécois...
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : M.
le Président...
La Présidente :
Pardon? Madame!
M. Legault : Mme la Présidente — excusez-moi — le chef de Québec solidaire est en train de nous
dire : Moi, je ne prendrai pas
l'augmentation de salaire, mais certains de mes collègues de Québec solidaire
vont prendre l'augmentation de salaire. Je ne trouve pas ça gentil pour
ses collègues.
Présidente : En question principale, je reconnais le...
Présidente : Silence, je vous prie, je suis debout et je parle. En...
Présidente : M. le leader du gouvernement, je vous entends.
question principale, je reconnais le député d'Hochelaga-Maisonneuve. On
vous écoute, il n'y a que vous qui avez la parole.
M. Leduc : Merci. En mars dernier, on a adopté une motion
unanime ici pour reconnaître le statut de salarié aux étudiants et étudiantes stagiaires du secteur
public. On parle des stages en éducation, en travail social, en soins
infirmiers, en éducation à la petite enfance. On parle d'une majorité de
femmes, puis, on le sait, les femmes qui font un stage ont deux fois moins de
chances d'être rémunérées que leurs vis-à-vis masculins.
Témoignage
d'une étudiante en soins infirmiers : «Je n'arrête jamais. [...]Les jours
de semaine, je vais à l'école, j'ai mes
stages. Le soir, j'étudie, je fais mes travaux, mes préparations de cours et de
stages. La fin de semaine, je travaille de nuit, de jour, de soir, en rotation et toujours en fonction des besoins
de l'hôpital.» Moi, je pense que ce genre de dévouement là, Mme la
Présidente, ça mérite un salaire décent, pas juste des mercis et des bravos.
Quand est-ce que le gouvernement va
enfin poser un geste concret, un geste féministe pour assurer la rémunération
des stages dans le secteur public? Combien de sessions on va attendre encore?
Combien d'autres rentrées gâchées par l'inaction de la ministre?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Et merci pour cette question très pertinente. Je
sais que les associations étudiantes sont avec nous aujourd'hui. Je les ai
rencontrées il y a quelques semaines aussi. Je les rencontre régulièrement. Et
la rémunération des stages fait
partie des enjeux sur lesquels on travaille,
des dossiers sur lesquels on travaille, qui
avancent rondement. Alors, je demande aux gens d'être patients, mais j'ai eu
ces discussions-là, au cours des dernières semaines, et je suis très,
très consciente des revendications à ce niveau-là. Et c'est vrai, et
M. Legault... en fait, le premier
ministre l'a déjà... M. le premier ministre l'a déjà mentionné à quelques
reprises, c'est une priorité, aussi, de rémunérer certains stages dans
le secteur public.
Alors,
on travaille de manière concertée avec plusieurs ministères, dont le ministère
de l'Éducation, dont le ministère de
la Santé, parce que ça relève, évidemment, de certains autres de mes collègues,
donc ça prend une action concertée, mais je peux vous dire que les travaux avancent. J'attends que le ministère
de l'Enseignement supérieur nous monte, au cabinet, les différents
scénarios sur lesquels on travaille depuis déjà quelques mois, mais, bien avant
que la motion soit adoptée, on avait déjà mis
comme priorité la rémunération des stages. Alors, je peux vous dire qu'on
travaille là-dessus. Je vais voir ce
qu'on va me présenter, on va analyser la meilleure façon de compenser ces
stages-là, mais on travaille là-dessus puis on avance. Merci.
Présidente : Première complémentaire.
M. Leduc : Il y a trois ans, la CAQ sortait de son chapeau
les bourses Perspective. C'était la réponse un peu maladroite, un peu
incomplète à la rémunération des stages. Or, la rumeur circule à l'effet que
vous allez financer la rémunération éventuelle des stages en coupant dans des
bourses Perspective, on déshabillerait Paul pour habiller Pierre.
Est-ce
que la ministre peut s'engager à ne retirer aucune bourse Perspective à aucun
programme qui bénéficiera d'une éventuelle rémunération des stages?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Et je suis extrêmement surprise par cette rumeur
qui circule, parce que, honnêtement, il n'y
a pas de rumeur, puis on va clore ça tout de suite. Les bourses Perspective,
c'est un programme extrêmement généreux, qui fonctionne très bien. On ne
coupera pas le budget dans les bourses Perspective pour payer la rémunération des stages. Ça n'a jamais été
évoqué, ça n'a jamais été le cas. Les associations étudiantes sont ici. Alors,
écoutez, je sais très bien qu'on est en
campagne électorale dans Jean-Talon, mais il y a bien une limite à faire de la
politique sur le dos des étudiants et des jeunes, là.
Présidente : M. le leader du deuxième groupe, je vous écoute
brièvement.
M. Leduc : ...on
ne peut pas dire qu'on fait de la politique sur le dos des gens.
La Présidente :
Moi, je vous dirai seulement :
Attention dans vos propos. Jusqu'à présent, tout était quand même dans
les normes. Petit rappel. M. le leader, brièvement.
M. Jolin-Barrette : La ministre de
l'Enseignement supérieur peut très bien énoncer une vérité. Et, de ce côté-ci,
on a des principes, contrairement à Québec solidaire... ont des principes à
géométrie variable.
La Présidente : Non. Alors, Mme la
ministre, vous aviez complété votre réponse. La question, deuxième
complémentaire. On vous écoute, vous avez 30 secondes. Silence, je
vous prie.
M. Leduc : Tant mieux pour les
bourses Perspective, bonne nouvelle. Mais j'étais en point de presse, tantôt, avec les étudiants, étudiantes, puis ça fait des
années qu'ils demandent la rémunération des stages. Mon collègue ici avait commencé le débat dès 2017. Les étudiants nous écoutent en
ce moment, ils sont dans les gradins. Ils veulent plus que des
intentions, ils veulent payer leurs loyers, ils veulent payer leur épicerie.
Pourquoi
la ministre n'est pas capable de s'engager? Et j'aimerais paraphraser ma collègue
de Verdun : C'est quoi, la date?
Présidente : Mme la ministre.
Mme Déry : Alors, j'aimerais bien rassurer tout le
monde : on est engagés dans ce processus-là. Je me suis déjà
engagée, il y a plusieurs mois déjà, et les associations étudiantes le savent,
je leur ai parlé. Je suis très transparente à ce niveau-là avec tout le monde.
Il y a plusieurs enjeux sur lesquels on travaille, et, au cours de l'automne,
il y aura éventuellement, sur certains dossiers, certaines annonces.
vous dis que, dans la rémunération des stages, on avance rondement. C'est un
processus complexe, c'est quand même un chantier complexe. Il va falloir
savoir de quelle manière on va compenser certains stages, quels stages, dans certains domaines publics, vont être compensés.
C'est pour ça qu'on a un effort concerté actuellement. Il y a plusieurs mesures
qu'on a mises de l'avant. La rémunération
des stages est un enjeu, mais il y a plusieurs mesures, en parallèle, qu'on a
mises de l'avant...
Présidente : En terminant.
Mme Déry : ...pour soutenir les étudiants, au cours des
derniers mois. Vous les connaissez, ces mesures-là, on a l'occasion d'en
parler souvent...
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
l'Acadie.
M. Morin : Mme la Présidente, la justice, au Québec, est au
bord du gouffre. Les délais augmentent dans les causes criminelles, civiles, familiales et à cause,
notamment, de l'exode du personnel judiciaire. Ça craque de partout. Il y a un
manque de greffières, greffiers,
huissiers-audienciers. Ces employés essentiels se sentent abandonnés, leurs
salaires sont non concurrentiels.
député de Borduas disait en 2017 : Les délais dans le système de justice,
c'est inacceptable. C'était après l'arrêt Jordan. La CAQ est à l'aube de
sa sixième année, et le député de Borduas est ministre de la Justice depuis
trois ans.
Qu'est-ce que le
ministre de la Justice répond au député de Borduas sur l'état du système?
Présidente : Pas de bravo. La réponse du ministre de la Justice.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, le système de justice, là, ça a
toujours été un défi constant de tous les gouvernements,
mais on est en train de faire les choses différemment. On est en train, Mme la
Présidente, de transformer le système
de justice, de l'amener vers la modernisation, ce que les libéraux n'ont pas
réussi à faire. En collaboration avec ma
collègue la présidente du Conseil du trésor, on est présentement en processus
de reclassification, Mme la Présidente, justement, pour faire en sorte que les greffiers audienciers, les
adjointes à la magistrature, les huissiers-audienciers puissent, Mme la
Présidente, avoir un classement d'emploi qui correspond à leurs tâches, à leurs
tâches qui sont fort importantes dans le
système de justice. Puis il faut comprendre que, sans eux, le système de
justice ne pourrait pas fonctionner, mais c'est un travail conjoint, Mme
la Présidente, l'efficacité du système de justice et les ressources qui y sont
présentes.
Présentement,
il y a des postes d'affichés en chambre criminelle et pénale, suite à l'entente
avec la direction de la Cour du
Québec. Mais il ne faut jamais
oublier qu'en matière criminelle et pénale l'impact d'une décision unilatérale
de la direction de la cour, de changer unilatéralement le ratio, a eu
des impacts dans le système de justice. Je l'avais dit, le DPCP l'avait dit, la
Commission des services juridiques l'avait dit, pour dire...
Présidente : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...il ne faut pas changer
ça unilatéralement, il va y avoir des conséquences. Et on vit, présentement,
les conséquences.
Présidente : Première complémentaire.
M. Morin : Maintenant,
Mme la Présidente, j'aimerais vous parler des arrêts de procédures. J'ai été
procureur de la couronne pendant plus de
30 ans. Des arrêts de procédures, j'en ai déposé à la cour, puis ce n'est
pas de gaieté de coeur, croyez-moi. Ça a un impact sur la société, sur
les victimes.
J'aimerais
savoir, aujourd'hui : Est-ce que le ministre de la Justice en a déjà
déposés, des arrêts de procédures, à la cour? Est-ce qu'il sait ce que
ça fait aux victimes, particulièrement dans les dossiers d'agression sexuelle?
Présidente : M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Je me demande si le
député de l'Acadie a questionné ses collègues du Parti libéral pour savoir
pourquoi ils n'avaient pas modernisé le
régime d'indemnisation des victimes d'actes criminels durant toutes ces
années-là. Je l'avais proposé à sa prédécesseure à de nombreuses
reprises. À chaque mois, à chaque jour, on avait des personnes victimes qui n'étaient pas couvertes par le régime
d'indemnisation. Pourquoi est-ce que le Parti libéral ne voulait pas le faire? Parce que ça coûtait trop cher. Vous étiez
trop cheaps avec les victimes pour faire en sorte de leur octroyer les sommes
nécessaires.
La Présidente :
Oui, je vais vous écouter, M. le
leader de l'opposition officielle. Brièvement. Je vous écoute, mais...
M. Derraji : Premièrement,
ce n'est pas un mot en français, Mme la Présidente. Il faut qu'il le retire et
qu'il réponde à la question du collègue, qui est très pertinente.
La Présidente :
Moi, je vous... (panne de son)
...il n'est pas dans le lexique. Faites attention à vos propos. Faites attention
à vos propos et... Il est dans le lexique? Il est dans le lexique. Alors, je
vous demanderai de le retirer, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...le Parti libéral était
trop pingre. Prenez l'abolition du délai de prescription en matière d'agression
sexuelle, Mme la Présidente. Le Parti libéral refusait d'abolir la prescription
pour faire en sorte que les victimes d'agressions sexuelles puissent
obtenir réparation. Puis vous me dites, aujourd'hui, que je suis insensible à
la réalité...
Présidente : En terminant.
Jolin-Barrette : ...des victimes de violence sexuelle au Québec?
On a mis en place un
tribunal spécialisé. Vous devriez...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Morin : Mme la Présidente, ça craque de partout, en
justice. La situation est tellement grave que les procureurs doivent
négocier des peines à rabais.
J'aimerais
rappeler au ministre que sa mission est de maintenir, au Québec, un système de
justice accessible et de favoriser la
confiance des citoyens. À l'aube de la sixième année du gouvernement caquiste,
le gouvernement est incapable de remplir sa mission de l'État de donner
confiance au public en matière de justice.
Qu'est-ce que le
ministre a à nous répondre?
Présidente : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, on
travaille avec tous les acteurs du système de justice. C'est pour ça que
j'ai relancé la Table Justice, qui va faire
en sorte d'avoir des propositions conjointes. Le gouvernement du Québec a fait
en sorte de déployer des ressources pour le système de justice.
Mais moi, je vais
avoir... j'ai une question pour la députée de l'Acadie. Lui, quand il était
procureur et qu'il se présentait devant la
cour, avec son dossier prêt, devant la cour, et se faire dire : On n'a pas
de date à vous offrir, il y a des victimes,
il y a des accusés, mais la cour refuse de siéger, comment aurait-il réagi
comme procureur? Moi, à
titre de Procureur
général, ça me fâche, et c'est pour ça que j'en appelle à la collaboration de
tous les acteurs, et surtout de penser aux personnes victimes...
Présidente : En terminant.
Jolin-Barrette : ...et de faire en sorte d'avoir des délais qui sont
raisonnables.
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de
Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Le gouvernement de la
CAQ nous dit qu'il en fait assez pour aider les familles avec la crise du coût de la vie. Pourtant, ceux qui ont perdu
le plus de pouvoir d'achat, bien, c'est la classe moyenne. Et en ce moment on vit la rentrée scolaire la plus
coûteuse de l'histoire du Québec. C'est un fardeau immense pour les parents
qui envoient leurs enfants à l'école
publique gratuite. Tout coûte extrêmement cher. Il faut faire quelque chose. Si
la CAQ manque d'idées, nous, à Québec solidaire, on est très généreux
pour leur en proposer.
Il y a quelque temps,
j'ai proposé de doubler le supplément pour les fournitures scolaires. J'ai reçu
beaucoup de témoignages de parents qui me
disaient qu'ils étaient contents de cette proposition-là, mais qu'il y a une autre
facture extrêmement élevée, c'est
celle des services de garde dans les écoles. Ça peut représenter jusqu'à
1 600 $ par enfant par année. Imaginez, pour les familles
nombreuses, comment le fardeau est immense.
Est-ce
que le gouvernement de la CAQ est prêt à étudier la proposition de Québec solidaire d'abolir les frais de garde pour donner un peu d'oxygène aux
familles du Québec qui n'y arrivent plus?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Mme la Présidente, d'abord, je
pense que la première chose qu'on doit dire, c'est qu'on est très conscients que la hausse du coût de la vie impose
un fardeau supplémentaire aux familles, aux parents. On en est conscients.
Et c'est pour ça, Mme la Présidente, qu'on a offert de l'aide aux familles
depuis qu'on est là. Il y a eu plusieurs mesures qui ont été prises pour réduire le fardeau financier des familles. Quand
on a décidé, par exemple, d'abolir la taxe famille du Parti libéral, on a donné une chance aux familles. Quand on a augmenté les
allocations familiales, on a donné une chance aux familles. Quand on a baissé
les taxes scolaires, on a aidé des familles. Quand on a augmenté le montant
pour l'achat des effets scolaires, on
a aidé les familles. Quand on a augmenté la gratuité des projets particuliers
de 200 $ à 300 $, on a aidé les familles. Et
je pourrais donner d'autres exemples.
Maintenant,
Mme la Présidente, dans le cas des frais de garde, bon, il faut savoir que les
frais de garde, d'abord, ils ont été plafonnés, et c'est mon
prédécesseur qui l'a introduite, cette mesure-là. Dorénavant, c'est plafonné à
3 $.
Présidente : En terminant.
Drainville : Avant, les tarifs pouvaient s'élever jusqu'à 22 $.
Je continuerai.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal : ...ça peut aller jusqu'à 9,20 $ par jour. On
n'est plus dans les années 60, là, ça n'a plus sa raison d'être, d'avoir des frais de service de garde parce que
les deux parents travaillent. Il n'y a pas de mère qui est à la maison, qui
attend que l'enfant vienne dîner. Une facture de 1 600 $, là, pour
beaucoup de familles, ce n'est pas un choix, ce n'est pas une option,
ils sont obligés de le payer. Donc, comment est-ce que la CAQ peut justifier
que des familles paient ce montant-là, qui est
énorme, alors qu'on envoie nos enfants à l'école publique gratuite? C'est ça
qu'elle est supposée être, gratuite. Donc, j'aimerais l'entendre.
Est-ce qu'il est prêt
quand même à envisager la possibilité de les abolir?
Présidente : M. le ministre.
Drainville : Alors, ce que j'allais dire, Mme la Présidente, c'est
qu'auparavant les tarifs variaient de 4 $, presque 5 $, à
22,50 $. Et, en 2022, on a adopté, donc, un cadre qui limite la hausse, en
fait, qui limite le montant maximal qui peut être facturé. Et, après ça, c'est
au conseil d'établissement de décider du tarif. C'est 3 $ maximum, mais
c'est le conseil d'établissement qui décide, et sur lequel conseil siègent des
parents, Mme la Présidente. Alors, les
parents peuvent jouer un rôle dans la détermination des tarifs. Et il n'y a
rien dans la loi qui interdit l'adoption d'un tarif famille.
Présidente : En terminant.
Drainville : On pourrait très bien décider d'avoir un tarif famille
pour les services de garde. Ça, on devrait le regarder dans les conseils...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal : Bien, moi, je m'adresse au ministre de
l'Éducation. Lui, il a le pouvoir d'abolir les frais de service de garde. Les familles, là, elles n'y arrivent
plus, c'est beaucoup trop cher. Même les efforts que le gouvernement a faits
ne sont pas suffisants. Si le ministre
entend les parents comme moi, je les entends... Ils nous le disent, ils
m'envoient leurs factures, ils
disent : Ça n'a pas de bon sens, j'ai une famille nombreuse, je n'y arrive
pas, avec la crise du coût de la vie, le coût de l'épicerie, du logement,
etc. Ça coûte extrêmement cher.
Donc,
j'aimerais quand même entendre le ministre, s'il est prêt à envisager la
possibilité de les abolir, tout simplement, pas uniquement de remettre
la décision entre les mains...
Présidente : M. le ministre.
Drainville : Mme la Présidente, on aide les familles depuis cinq ans.
Je vais vous donner un exemple très concret :
l'allocation famille. Alors, avant 2018, 4 818 $, mettons
5 000 $ pour une famille biparentale de trois enfants. Avec la
bonification, l'allocation familiale est maintenant de 7 842 $. C'est
une augmentation de 2 614 $, une augmentation de 63 %. C'est un exemple parmi d'autres, mais ce que je vous dis,
c'est qu'on est très sensibles au sort des familles et on investit pour
les aider.
Bon, maintenant,
est-ce qu'on peut en faire plus? Est-ce qu'on devrait en faire plus?
Présidente : En terminant.
Drainville : La réponse, c'est oui. Il y aura un budget,
éventuellement, et on verra, à ce moment-là, l'aide supplémentaire qu'on pourra
apporter.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, hier,
le premier ministre qualifiait les propositions du Parti québécois de théoriques, notamment sur le fait d'enquêter
sur le cartel du pétrole. Au lieu de se moquer de nous, j'invite le premier
ministre à s'intéresser à ce qui se passe dans son propre caucus.
été, le député de Beauce-Sud a fait une excellente sortie. Constatant une
inexplicable et inexcusable disparité des
prix à la pompe dans sa région, il a écrit une lettre au Bureau de la
concurrence fédéral afin de demander une enquête sur le prix de l'essence. Je l'ai félicité, c'était en juin dernier, et
je tiens à le féliciter à nouveau en cette Chambre. Ce n'est pas rien,
ce n'est pas rien...
M. St-Pierre
Plamondon : Je vous entends rire. Ce n'est pas rien, avoir un député
qui en fait davantage que l'ensemble du
Conseil des ministres afin d'obtenir justice vis-à-vis les pétrolières. Je veux
rappeler que le ministre de la Capitale-Nationale, lui, n'était
carrément pas au courant du gonflement des prix dans la région de Québec.
En juillet, ce sont
encore des députés de la CAQ qui ont mené la charge, et non des ministres. Je
veux saluer les députés de Gaspé et de
Bonaventure, qui ont fait parvenir une lettre similaire au Bureau de la
concurrence fédéral pour exprimer
leur frustration. Évidemment, malgré ces demandes, le bureau fédéral continue
de dormir au gaz. C'est comme ça depuis des décennies.
donc, malgré le fait que tous les signaux pointent vers un cartel, est-ce que
le premier ministre est d'accord avec ses propres députés? Et, si oui,
constatant l'inaction du fédéral, est-ce qu'il peut s'engager à mandater notre
Office de protection du consommateur pour mener une enquête sur la disparité
des prix...
Présidente : La réponse du premier ministre.
Legault : Bien, Mme la Présidente, on va marquer la date, le
13 septembre. On est d'accord, le chef du troisième groupe d'opposition et moi, on a d'excellents
députés, à la CAQ. Je suis d'accord, on a d'excellents députés, à la CAQ. Et le
ministre de...
La Présidente : Ça allait tellement
bien!
La Présidente : Je suis
debout. Je suis debout.
La Présidente : M. le leader!
Ne vous interpelez pas d'un côté ou l'autre de la Chambre. Et, M. le député de Matane-Matapédia, je vous ai entendu. Ne vous
interpelez pas. On a bien écouté la question du chef du troisième groupe d'opposition.
Maintenant, on écoute la réponse du premier ministre. Merci, M. le leader.
M. Legault : Bon, il y en a qui ne
vieillissent plus lentement que d'autres.
Mme la
Présidente, suite aux propositions qui ont été faites par des députés de la
CAQ, le ministre de l'Économie a demandé à la Régie de l'énergie de
regarder toute la question, effectivement, du prix du carburant.
Mme la Présidente, ce que je disais hier, c'est
que, pendant que la CAQ donnait des chèques, augmentait l'aide sociale, baissait les impôts, on avait un chef du
Parti québécois qui a dit, tenez-vous bien : On ne baissera jamais les
impôts, «not on my dead body». Ça, ça va bien, de quelqu'un qui
dit : C'est important, le français.
Maintenant,
Mme la Présidente, on a baissé les impôts. Puis hier, sur Twitter, X, le chef
du Parti québécois a dit : Finalement,
on a changé d'idée, on n'augmenterait pas les impôts, on ne ramènerait pas les
impôts où ils étaient avant que le gouvernement de la CAQ les baisse.
Donc, changement, autre virage au Parti québécois.
La Présidente : Première
complémentaire.
St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, il y avait une excellente
chronique, récemment, dans La Presse , qui s'intitulait L'art de
faire semblant . On appuie ici un mandat à la Régie de l'énergie, mais ce
n'est pas ça, la question. La
question, c'est la concurrence. Donc, comme le dit le député de Beauce-Sud, la
régie va traiter de la question des marges de profit, mais on ne sera
pas plus avancés sur le fait qu'on a un cartel qui fixe les prix et vole les
gens à la pompe.
Est-ce que le
premier ministre va appuyer notre demande d'enquête par l'Office de la protection du consommateur ou
est-ce qu'il va se croiser les bras et encore attendre après le fédéral?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Je me garderais
une petite gêne, à la place du chef du troisième groupe d'opposition, quand il parle de l'art de faire semblant, faire
semblant de vouloir mettre à jour les finances d'un Québec souverain puis de
remettre ça après les élections partielles dans Jean-Talon pour ne pas
parler de référendum puis de souveraineté.
Mme la
Présidente, effectivement, ce qu'il faut voir, c'est si les marges de profit
ont été exagérées chez les pétrolières. C'est ça que la Régie de
l'énergie va faire puis c'est ça qui doit être fait.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, pour septembre 2023, à Québec c'est 1,82 $; Saguenay,
1,65 $; Chaudière-Appalaches, 1,77 $; Outaouais, 1,67 $. Ça fait
des mois que ça dure.
Je ne peux
pas croire que le premier ministre trouve ça normal. Il expliquera ça aux gens
de Jean-Talon, s'il ose faire du
porte-à-porte, mais la réalité, c'est qu'il choisit de rester les bras croisés,
alors qu'on a les leviers ici, à Québec, pour enquêter et briser la
fixation des prix par les pétrolières.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui. Mme la
Présidente, pendant que le Parti québécois demande une commission parlementaire
par semaine, nous, on a augmenté l'aide sociale de 50 %. On a donné
2 000 $ par année aux 70 ans et plus qui sont à bas revenus. On a donné un chèque de 600 $ pour
les personnes qui gagnent moins de 50 000 $. On a baissé les impôts,
entre autres, pour la classe moyenne.
On a baissé les taxes scolaires. On a baissé les stationnements dans les
hôpitaux. On a enlevé la taxe libérale sur les services de garde.
la Présidente, pendant que le Parti québécois demande des comités, des
commissions, des tables, des sommets...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...nous, on agit.
La Présidente : Alors, cela met fin
à la période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis.
Pour ce faire, je cède la place maintenant au deuxième vice-président.
Bonne journée, tout le monde.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, bonjour à tous. On m'informe, et je pense
que c'est vrai, là, en tout cas je
vais vérifier, on aurait le plaisir d'accueillir et de souligner la présence
dans les tribunes de l'ex-député d'Abitibi-Est, M. Alexis Wawanoloath.
Alors, Mmes
et MM. les députés, nous allons maintenant passer à la rubrique Motions sans
préavis. Et, en fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais un
membre formant l'opposition officielle, et je suis maintenant prêt à
reconnaître Mme la députée de Mille-Îles.
Dufour : Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Maurice-Richard, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil. Alors :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le taux de propriété au Québec a connu un
recul lors du recensement de 2021, pour la première fois en près de 50
ans;
«Qu'elle
prenne acte que les mises en chantier domiciliaires ont chuté dramatiquement de
36 % au Québec et plus particulièrement de 54 % à Montréal,
alors que les villes de Toronto et Vancouver connaissent de véritables
embellies;
«Qu'elle rappelle que selon l'Association
professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, le prix médian d'une
maison unifamiliale au Québec a augmenté de 70,1 %, soit 178 000 $,
depuis l'automne 2018;
«[...]Qu'elle constate que l'accès à la
propriété est un rêve qui échappe à une part grandissante de la population
québécoise, notamment les jeunes familles;
«Qu'enfin, elle demande au gouvernement du
Québec de mettre en place des mesures visant à favoriser l'accès à la
propriété, et ce d'ici la fin de la présente année.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
n'y a pas de consentement.
Alors, je
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition,
et je reconnais M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je demande le consentement
de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, le député de Matane-Matapédia
et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale déplore
l'augmentation de l'insécurité alimentaire dans les écoles québécoises;
«Qu'elle
rappelle que l'accès des enfants à une alimentation saine est un facteur
déterminant de l'égalité des chances et de la réussite éducative;
«Qu'elle
salue la mobilisation grandissante d'organismes communautaires et de la société
civile en faveur d'une plus grande sécurité alimentaire des enfants;
«Qu'elle reconnaisse l'expertise de ces
organismes;
«Qu'enfin, l'Assemblée nationale demande au
gouvernement [du Québec] de viser l'élimination de l'insécurité alimentaire
dans les écoles du Québec.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le
Président. Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Il y a consentement. Alors, est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Adopté.
Alors, je suis... Oui, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Très rapidement, est-ce qu'on pourrait envoyer
copie de cette motion au Chantier pour un programme d'alimentation
scolaire universel au Québec, s'il vous plaît?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Ce sera fait avec plaisir, M. le leader.
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition,
et je cède la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M.
le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec la députée
de Saint-Laurent, le député de Maurice-Richard et la députée de Vaudreuil, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale constate les disparités du prix de l'essence entre la Capitale-Nationale,
Chaudière-Appalaches et les autres régions du Québec;
«Qu'elle reconnaisse
que ces disparités touchent particulièrement les citoyens de la Capitale-Nationale;
«Qu'elle demande au gouvernement de mandater l'Office de la protection du consommateur ou tout autre organisme compétent afin de
lancer une enquête sur l'absence de concurrence dans le milieu de
l'essence.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président. Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, il y a consentement. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Adopté.
Je suis maintenant prêt à reconnaître un membre formant le gouvernement,
et je cède la parole à M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de l'Assemblée afin de débattre
de la motion suivante conjointement avec la
députée de Mont-Royal—Outremont, la députée de Mercier, le député des Îles-de-la-Madeleine
et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale rende hommage à Mme Denise Bombardier, qui s'est éteinte le 4 juillet
dernier;
«Qu'elle salue sa
carrière remarquable à
titre de journaliste, essayiste, auteure et animatrice;
«Qu'elle
reconnaisse son apport à la vie culturelle québécoise et, en particulier, à la
production littéraire de langue française;
«Qu'elle offre ses
plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale observe une minute de silence en sa mémoire.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président, vous avez compris qu'il y a
consentement pour un débat de deux minutes
par intervenant dans l'ordre suivant : le ministre de la Culture et des Communications, la députée de Mont-Royal—Outremont, la députée de Mercier et le député de
Matane-Matapédia.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion, un débat de deux
minutes par intervenant et quatre intervenants. Et je cède donc la parole,
comme premier intervenant, à M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe : Merci,
M. le Président. Le 4 juillet dernier, une figure incontournable du
paysage médiatique québécois nous a quittés.
Polémiste, essayiste, journaliste, animatrice et romancière, notamment,
Mme Denise Bombardier a
fait rayonner le Québec bien au-delà de ses frontières. Donc, j'aimerais
aujourd'hui saluer la mémoire de cette grande dame qui laisse une marque
indélébile sur notre société.
la fois forte, sensible et déterminée, Denise Bombardier a non seulement marqué
le Québec, mais aussi toute la francophonie.
Son amour profond pour la langue française, je dirais même un amour ardent et
très combatif, en a fait une remarquable
ambassadrice de la culture québécoise. Pour elle, protéger sa langue
constituait un geste d'ouverture vers les autres francophones de partout
dans le monde, et non une position de repli.
se souviendra évidemment de son franc-parler. Elle ne craignait pas de dire ce
qu'elle pensait. Elle était capable de défendre ses idées jusqu'au bout.
Une femme très audacieuse, qui n'avait pas froid aux yeux.
Grâce à ses qualités
de fonceuse, à sa passion pour la politique, pour les sujets de société, pour
l'actualité, Denise Bombardier a su mener
une riche carrière de plus de 30 ans à Radio-Canada puis dans
d'autres médias par la suite, notamment comme chroniqueuse au Devoir
puis au Journal de Montréal .
prise de position sur l'affaire Matzneff, on s'en rappelle, à une époque bien
différente de la nôtre, a aussi contribué à faire briller la force de
ses convictions ici comme partout dans le monde, un sens des convictions qui a
été porté, évidemment, par son immense talent de communicatrice.
Denise Bombardier ne
faisait pas toujours l'unanimité, c'est vrai, et je dirais même que c'est tout
à son honneur, mais tous et toutes lui reconnaissent de grandes qualités
intellectuelles, une redoutable habileté à analyser notre société et une
enviable combativité.
Donc, à tous les
proches et à tous les amis de cette amoureuse indéfectible de notre belle
langue et de notre culture, qui a marqué le Québec et dont on va se souvenir
longtemps, j'offre, au nom de tous les collègues et en moi-même, nos plus
sincères condoléances. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont.
Setlakwe : Merci, M. le Président. Deux petites minutes sont nettement
insuffisantes pour adéquatement souligner
l'apport de Mme Denise Bombardier à la société québécoise. Je mettrai en
valeur son amour du français et son apport incommensurable à la place
des femmes au Québec.
discours insistant non seulement sur la place du français au Québec, mais sur
sa qualité a contribué à la réflexion collective
sur ces enjeux. Ses vues sur le français et tant d'autres sujets ne vacillaient
pas selon la tendance du moment, elle est
restée cohérente et insistante. Les Québécois devaient non seulement protéger
leur langue, mais bien la parler et l'écrire.
une époque où les femmes commençaient à peine à prendre leur envol dans
l'espace public, Denise Bombardier perce le milieu télévisuel et prend les commandes de plusieurs émissions
d'affaires publiques. Sa rigueur, son professionnalisme et sa curiosité
intellectuelle lui donnent des lettres de noblesse que peu de ses pairs
masculins détiennent.
Pour
une génération de femmes, Denise Bombardier constitue un tremplin vers la
liberté d'opinion. Elle leur donne confiance de s'exprimer en tant que
femme et d'exiger le respect des hommes. Elle leur dit que leurs opinions sont
aussi importantes que celles de leurs pères, leurs frères ou leurs maris. Elle
leur dit qu'elles ont le droit de penser et de s'exprimer. Le Québec perd une
pionnière, une femme forte et courageuse.
Mme Bombardier
était aussi une mère, une épouse, une amie. Mes collègues et moi offrons nos
plus sincères condoléances à sa famille et ses proches. Elle est
partie
beaucoup trop vite et laissera un grand vide.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal : Merci beaucoup, M. le Président. Mme Denise
Bombardier, chroniqueuse, romancière, essayiste, productrice, animatrice
de télévision et polémiste, nous a quittés le 4 juillet dernier des suites
d'un cancer fulgurant, entourée de ses proches.
Fière
Montréalaise, elle a été élevée sur Le Plateau—Mont-Royal. Elle est recrutée à 12 ans pour
faire des entrevues dans une émission
pour enfants à Radio-Canada. Détentrice d'un baccalauréat en arts en 1964,
d'une maîtrise en science politique
de l'Université de Montréal en 1971 et d'un doctorat en sociologie de la
Sorbonne en 1974, Mme Bombardier aura atteint les sommets académiques. Elle aura même été membre active du
Rassemblement pour l'indépendance nationale.
animatrice de télévision coriace, elle aura animé plusieurs émissions, dont Présent
International , Hebdo dimanche , Le Point , Entre les
lignes , Noir sur blanc , Raison Passion . Elle est une figure
incontournable de notre petit écran depuis de très nombreuses années. Mme Bombardier
aura marqué le Québec. Tout le monde, aujourd'hui, se rappelle de son
intervention en 1990 sur le plateau de l'émission de Bernard Pivot, Apostrophes ,
face à Gabriel Matzneff.
Au nom de ma
formation politique, je joins ma voix pour offrir à nouveau mes plus sincères
condoléances à sa famille, ses proches et ses amis. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le
Président, le 4 juillet dernier,
nous avons appris le départ de Denise Bombardier, que certains
appelaient «Madame B». Journaliste, essayiste, auteure, animatrice, Denise
Bombardier disait tout haut ce que d'autres pensaient
tout bas, et heureusement. Denise était à son aise dans les controverses. Elle
connaissait l'art de la satire, elle savait
décocher des pointes. Elle avait, en un mot, le don, j'ai envie de dire,
voltairien du trait d'esprit. Elle conjuguait à son talent rare pour la
polémique une fidélité sans faille à ses convictions, progressistes, certes,
féministes, assurément, et indépendantistes, faut-il le rappeler.
J'ose une
comparaison qui l'aurait peut-être fait sourire.
Malgré qu'elle ait été de tous
ces combats, Denise n'a jamais donné
le bon Dieu sans confession à quiconque, et c'est sans doute pourquoi Denise
manque tant au Québec d'aujourd'hui. Elle
en était cette conscience, elle avait ce bon sens qui, avec répartie, savait
nous remettre à notre place parfois. N'a-t-elle pas disparu au moment même où partout dans la francophonie retentissait
son vibrant plaidoyer pour le droit des enfants, des jeunes filles en particulier? Il en fallait, du front et de la
conscience parfaitement claire pour dénoncer comme elle l'a fait la conduite scandaleuse et criminelle d'un
auteur sur le plateau de Bernard Pivot, dans un pays où les vedettes
littéraires semblaient au-dessus de
tout soupçon. Denise a eu ce front, elle avait cette conscience claire, sûre de
ce qui est juste et qui ne recule devant rien.
Il faut dire
que Denise s'était fait la main. Elle a été la première femme au Québec à
animer une émission télévisée d'affaires publiques, ce qui n'était pas
une mince affaire. Donc, elle a reçu sur son plateau aussi bien René Lévesque,
Pierre-Elliott Trudeau, l'écrivaine
française Benoîte Groult, Georges Simenon, la première ministre d'Israël Golda
Meir, le président français Valéry Giscard d'Estaing et son successeur,
François Mitterrand.
Nous retenons donc de Denise Bombardier le
courage intellectuel, l'intégrité, l'éloquence, l'amour de la langue française, beaucoup, et le sens des convictions.
Je nous souhaite collectivement, au Québec, que nous maintenions cet héritage,
que nous suivions son exemple et débattions respectueusement, comme elle a su
le faire, n'hésitant pas à être en désaccord, mais dans le plus profond respect des opinions. Denise nous a légué
l'exemple. Je souhaite qu'elle nous ait également légué la force de le
suivre.
Merci, M. le
Président, de nous permettre de rendre hommage à une femme qui a livré ses
opinions, mené plusieurs combats en étant profondément Québécoise et
profondément éprise de son peuple, qu'elle aimait tant. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce que cette motion est adoptée?
M. Lévesque (Chapleau) : ...vote
électronique, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, on demande... le vote électronique est
demandé. Alors, j'invite l'ensemble des collègues à utiliser le petit
boîtier et à utiliser son droit de vote.
Alors, le vote est maintenant terminé. Mme la
secrétaire générale.
Secrétaire : Pour : 111
Vice-Président (M. Lévesque) : La motion est adoptée. Alors, les collègues, je
vous invite, s'il vous plaît, à bien vouloir vous lever et d'observer
une minute de silence en la mémoire de Mme Denise Bombardier.
• (11 h 21 — 11 h 22 )
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Je
vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Alors, nous
poursuivons à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. Alors, à
la rubrique... Tout d'abord, oui, M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée
que la Commission des institutions poursuivra
les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi
n° 32, la Loi instaurant
l'approche de sécurisation culturelle
au sein du réseau de la santé et des services sociaux, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 h à 18 h 15,
à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 15, la Loi visant
à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Pauline-Marois;
Commission des finances publiques entreprendra l'étude détaillée du projet de
loi n° 27, la Loi modifiant la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de
vente du Québec et d'autres dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des relations avec les citoyens poursuivra les consultations générales et
auditions publiques sur le cahier de
consultation intitulé La planification de l'immigration au Québec pour la
période 2024-2027 aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50
et de 15 heures à 18 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La
Fontaine;
La Commission
de l'économie et du travail poursuivra les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de
loi n° 29, la Loi
protégeant les consommateurs contre l'obsolescence programmée et favorisant la
durabilité, la réparabilité et l'entretien des biens, aujourd'hui, de
15 heures à 17 h 25, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le leader adjoint du gouvernement.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée. Donc, il n'y en a pas.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour, et je cède à
nouveau la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 3 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : À
l'article 3 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 12 septembre 2023 sur l'adoption du principe
du projet de loi n° 23, Loi
modifiant principalement la
Loi sur l'instruction publique et édictant la
Loi sur l'Institut national d'excellence en éducation.
Et je suis prêt à reconnaître la prochaine
intervenante, et ce sera Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Donnez-moi un moment pour me dégager un peu d'espace.
Alors, projet
de loi n° 23, pour ceux qui se joignent à nous, c'est un projet de loi qui
vise quoi, en fait? Corriger l'autre réforme,
qui était le projet de loi n° 40, qui a été adopté sous bâillon, sous
pression, alors que ça ne fait même pas... à peine trois ans que la loi n° 40 est présentement en contestation juridique après un revers assez
important en Cour supérieure. Récemment,
le gouvernement a choisi d'aller en appel, à notre grande surprise, car la
décision du tribunal était quand même assez
éloquente, très précise, un peu plus de 100 pages, pour nous dire à quel point
que le gouvernement avait écourté les débats et qu'il fallait respecter
les droits, les droits constitutionnels de notre propre charte, hein, la charte
québécoise.
Donc, j'étais
surprise de voir que le gouvernement, in extremis, dépose son appel au lieu de
se dire : Bien, cette fois-ci, on va collaborer, on va travailler,
on va écouter. On va écouter les gens, particulièrement dans la communauté anglophone, qui ont des droits de dire que ce
n'est pas des citoyens de seconde classe, d'essayer de comprendre comment on peut vraiment s'assurer de remettre la réussite
éducative l'enjeu numéro un au Québec. Pas des chicanes : réussite
éducative.
Alors qu'on n'a
même pas fait le bilan de la dernière réforme du gouvernement caquiste, on
plonge dans une nouvelle réforme avec un ministre en Éducation qui est nouveau,
pas nouveau en politique, c'est son retour, mais je trouve assez
surprenant qu'un ministre qui n'a même pas encore un an de métier en poste en
Éducation pense déjà avoir compris le réseau
de l'éducation pour déposer une autre réforme de gouvernance scolaire.
Généralement, lorsqu'on arrive en poste et qu'on est nouveau, on prend
le temps de bien saisir toutes les particularités du réseau, tous les vrais
besoins du réseau.
Je vous avoue
candidement, M. le Président, je suis à l'aube, moi aussi, de ma sixième année
en politique et, en éducation, même si ça fait bientôt six ans que je
suis porte-parole, j'apprends encore. Il y en a énormément à apprendre. Alors, ma grande surprise, c'est de voir quelqu'un
arriver en poste et se dire : Ma priorité en éducation, c'est une
gouvernance scolaire.
permettez-moi de revenir sur nos priorités pour nous, le Parti libéral du
Québec, la réussite éducative. Comment qu'on apprend à l'école, M. le
Président? Première des choses, un enseignant qualifié, pas un adulte, un
enseignant. Ça s'apprend, être
enseignant. Moi, je suis allée, hein, faire de la suppléance. J'ai beau avoir
déjà été professeure à l'université, ça
n'a rien à voir lorsqu'on arrive dans une classe de cinquième année et que,
devant nous, se dressent des élèves, certains qui n'ont pas grand besoin d'aide, ils sont vraiment très, très, très
rapides, plus rapides, même, que l'enseignante, et d'autres que, non, ont
besoin d'une attention plus soutenue. Est-ce qu'on compare la composition de la
classe? Mais il faut le vivre pour le
comprendre. Si je vous dis que, sur 22 élèves, vous en avez 17 avec des
plans d'intervention, ce n'est pas exagéré. Je l'ai vécu puis je l'ai vu. Quand on vous dit que l'orthophoniste va
arriver, elle va arriver éventuellement parce qu'elle doit aussi se promener dans d'autres écoles, parce
qu'elle aussi son poste est précaire, c'est un emploi à temps partiel. Quand
on est chanceux, on a un emploi à temps plein, mais divisé sur différentes
écoles.
Puis cet
enjeu d'avoir un enseignant, je me rappelle comme si c'était hier, 2018, ma
première année ici, au salon bleu,
j'étais assise juste là, je me suis levée puis j'ai dit : Un instant!
Pourquoi vous foncez tête baissée avec les maternelles quatre ans mur à mur quand nous, on
croit, au Parti libéral, à faire du sur-mesure, alors que l'enjeu... on voulait
ajouter des élèves dans une nouvelle classe
pour du préscolaire non obligatoire, mais qu'on n'arrive même pas à avoir des
enseignants dans des classes obligatoires au primaire et au secondaire. On
m'avait dit à l'époque : Ah! vous sortez des épouvantails, Mme la députée
de Saint-Laurent.
Aujourd'hui,
résultat des courses, un record jamais vu dans l'histoire du Québec. On nous
dit, dans le rapport de la Vérificatrice
générale du Québec : Il manque beaucoup d'enseignants et qu'il y a,
présentement dans le réseau, près de 30 000 enseignants non
qualifiés.
Ici, je veux
vraiment faire une distinction. Il y a ce que nous appelons les légalement
qualifiés, ceux qui ont un bac en
mathématiques, en français, en littérature, pouvaient avoir un baccalauréat en
histoire, en chimie, en physique et décider de faire le grand saut pour
devenir enseignant, et vous allez faire ce qu'on appelle une maîtrise
qualifiante. Eux, on les appelle les
enseignants non légalement qualifiés, mais ils sont qualifiés, mais ils doivent
faire leur brevet, mais c'est ce brevet-là qui prend du temps et c'est
ça qu'on doit accélérer pour s'assurer qu'il soit disponible beaucoup plus rapidement sous différentes formules, pour pouvoir
accélérer le temps que ça prend à former en matière... plus en pédagogie,
un enseignant qui est non légalement qualifié.
Mais il y a
ceux qui ne sont pas qualifiés, et c'est là que je veux vraiment attirer votre
attention parce que, via une demande d'accès à l'information, on a découvert
quoi? Mais que, dans les enseignants non qualifiés... dans les enseignants non
légalement... pardon, dans les enseignants qui ne sont pas qualifiés, via une
demande d'accès à l'information, on note qu'il y en a qui ont tout simplement un D.E.C., d'autres une attestation
d'études collégiales, d'autres un diplôme d'études secondaires, mais ils
sont dans une classe.
quand on dit qu'on ne doit pas niveler vers le bas, bien, j'appelle au sens du
devoir le ministre de l'Éducation, de dire : Bien, écoutez, on est
rendus là. On est rendus là. Je ne peux pas vous garantir qu'il va y avoir un
enseignant. Je ne peux pas vous garantir qu'il va y avoir un enseignant non
légalement qualifié, mais on va avoir un adulte. On est rendus là. Je l'ai écouté dans son entrevue à Paul Arcand et j'ai senti
quelqu'un qui a jeté l'éponge. M. le ministre, vous n'avez pas le droit de jeter l'éponge. À
titre de
ministre de l'Éducation, vous avez une obligation de résultat. La mission de
l'État, l'éducation, c'est un droit au
Québec, et ce droit doit être rempli convenablement avec un enseignant, pas une
personne qui a 18 ans. Aller à
l'école, ce n'est pas aller s'asseoir et surfer sur le Net, c'est apprendre. Il
y a des apprentissages, le savoir qui doit être transmis, savoir, savoir
faire, savoir être aussi. Et malheureusement, ce ne sera certainement pas une personne de 18 ans qui vient à peine de
compléter son secondaire cinq qui va aller transmettre ces connaissances-là
alors que cette personne est encore en apprentissage.
Dans le
rapport de la Vérificatrice générale du Québec, qu'est-ce qu'elle indique?
Parce qu'il faut prendre le temps de lire. Elle dit la chose
suivante : Quand j'ai demandé au ministère de l'Éducation ses données, ils
m'ont répondu que je ne les avais pas. Ils
n'ont pas les données. Or, ils les avaient. Donc, c'est l'équipe de la VG qui
est allée dans les banques de données
du ministère de l'Éducation pour fouiller à leur place. En gros, M. le
Président, ce que les centres de services scolaires, les directions d'école remplissent ce qu'on appelle des
infolettres, des infocollectes. Donc, les infocollectes sont complétées,
sont transmises au ministère de l'Éducation, mais, après ça, là, elles sont
tablettées. Personne ne regarde ce qu'on
leur envoie. C'est l'équipe de la Vérificatrice générale qui a fait le ménage
là-dedans pour découvrir que nous avions 30 000 enseignants non qualifiés au Québec et non légalement
qualifiés, alors que ça devrait être fait par le ministère de
l'Éducation.
Alors, c'est
pour ça que je... Permettez-moi de prendre un petit peu de recul. On fait un
projet de loi parce que le ministre dit : Ça me prend plus de
données. Vraiment? Parce que les infocollectes sont remplies par le monde du
réseau de l'éducation. Nous, on a des enseignants qui prennent le temps de
remplir les demandes du ministère de l'Éducation. Nous avons des directions d'école qui remplissent les infocollectes. On
a des D.G. au Québec qui envoient les infocollectes. Dans le ministère de l'Éducation, on n'a personne
pour traiter l'information parmi les 1 000 fonctionnaires. On n'a pas
besoin d'un projet de loi pour ça, M. le
Président. Ce qu'on a besoin, c'est du leadership, puis de dire à la machine,
quand on demande aux gens du réseau
d'éducation qui ont déjà de la broue dans le toupet de remplir des infocollectes,
bien, de s'assurer que cette information-là soit, par la suite, traitée.
Et, oui,
nous, au Parti libéral du Québec, on est pour les tableaux de bord, on adore
les tableaux. Vous comprendrez que moi, je travaille avec beaucoup de
tableaux. On y croit, mais on croit aussi au sens de la responsabilité
ministérielle. Ça suffit, de toujours dire
que c'est la faute des autres. Non. Il y a un ministre en poste, et c'est à lui
de s'assurer que son ministère roule rondement. On ne peut pas toujours
pointer du doigt par le bas.
Et, dans le
rapport de la V.G. vous comprendrez que je l'ai lu, puis il est très important,
ce rapport-là, il a été déposé au
mois de mai, hein, toujours très, très frais, pourquoi qu'on a des enseignants
qui sont qualifiés, donc ceux qui ont fait un baccalauréat de quatre ans
pour être enseignants, qui quittent la profession? Entre 20 % à 25 %
d'entre eux vont quitter la profession dans les cinq premières années. Imaginez
une jeune fille pleine d'espoir, commence son bac, quatre ans avec des stages, pas tous rémunérés
malheureusement, puis on le demande qu'ils soient rémunérés, arrive à l'école,
première journée, soit elle ou une de
ses trois autres collègues quitteront la profession dans les cinq premières
années. Ça, là, c'est des ressources que nous perdons, qui sont formées, mais
c'est aussi des rêves que nous perdons. Parce qu'il y a des gens qui
nous disaient : Moi, j'ai rêvé d'être enseignante, mais, quand je suis
arrivée à l'école, j'ai désenchanté.
Pourquoi on
les perd, M. le Président? Je n'ai pas la réponse, moi, mais la Vérificatrice
générale, elle l'a, la réponse. Elle l'a écrit aussi. Il faut lire les
notes de bas de page. Elles sont importantes dans un rapport. C'est indiqué
qu'en moyenne ça peut prendre jusqu'à sept
ans, obtenir une permanence. Donc, on a besoin d'eux. On n'arrête pas de crier
sur toutes les tribunes : On a besoin de vous, embarquez avec nous,
mais on ne vous offrira pas un emploi qui mène à la permanence. Or, dans la convention nationale, là, les conventions
collectives, là, c'est écrit noir sur blanc : après deux ans, vous êtes supposé être
permanent. Mais, quand on vous offre un emploi de suppléance, quand on nous
offre d'avoir un emploi à temps partiel, quand on vous offre un contrat,
donc être contractuel, ça ne mène pas à la permanence. Donc on vient contourner cette règle de permanence là.
Donc quelqu'un qui, imaginez, là, commence en septembre dans une école, cette personne adore son école, adore sa classe,
rendue au mois de juin, lors de la fin des classes, son emploi est terminé.
Et elle apprend, la semaine de la rentrée, pas la semaine d'avant, là, la
semaine de la rentrée scolaire, elle reçoit un appel, si elle reçoit un appel, parce que, sinon, c'est elle qui doit
appeler : Ah! finalement, on a besoin de toi au centre de services scolaire, mais tu n'iras pas dans la même école,
tu vas changer d'école, puis ça se peut que tu fasses deux écoles différentes,
parce qu'on n'est pas sûrs si on est
capables de te donner une tâche à temps complet à telle école, ou, si tu es
chanceuse, tu peux avoir la même école, mais tu vas avoir différentes tâches.
Ça se peut que tu enseignes l'histoire, la géographie, ah! chimie,
peut-être. Ah! es-tu bonne en anglais? Parce qu'on a aussi besoin de toi en
anglais.
Bien, c'est
pour ça que les gens sont un petit peu découragés. Non seulement votre emploi
est précaire, ne mène pas à la
permanence, mais, au mois de juin, on vous dit bye-bye, et, au mois d'août, à
la rentrée des classes, vous n'avez pas
le temps de préparer vos cours, là, à la rentrée des classes, la semaine de la
rentrée, on vous appelle puis on vous dit : Bien, voici votre nouvelle tâche ou plutôt vos nouvelles tâches, au
pluriel. Nonobstant vos capacités, vous allez apprendre sur le tas, comme on dit. Ça, c'est un petit peu
décourageant, mais c'est surtout énergivore. Après ça, on se demande pourquoi
nos jeunes enseignants ont la langue à terre.
Et, quand j'entends un ministre de l'Éducation
qui, je le rappelle, a été journaliste... Ça, M. le Président, vous le savez, un journaliste rapporte des faits. Puis
habituellement, là, je dis «habituellement», là, on s'assure que, lorsqu'on se
présente à un point de presse, que nos
données sont bonnes. Rentrée scolaire, le 23 août, qu'avons-nous? Le
ministre de l'Éducation fait un point
de presse, tous les journalistes sont conviés, tout le monde arrive. Coup de
tonnerre au Québec, le ministre de l'Éducation annonce à tous les parents, à
tous les élèves, à tout le Québec : Nous avons un trou, il nous manque
près de 9 000 enseignants. La panique est pognée solide. Ça, c'était
le 23 août. Quelques heures après son point de presse, pas quelques
journées après, la même journée, quelques heures après, les D.G. des centres de
services scolaires disent : Minute, ce
n'est pas tout à fait ça, le portrait, là, il ne nous en manque pas de
9 000. Les données que le ministre avait en sa possession pour
faire son point de presse dataient du 14 août.
Je n'ai
jamais vu ça, moi, un ministre qui se pointe à un point de presse avec des données
qui sont déjà expirées, qui datent du 14 août, puis fait un point de
presse avec quelque chose d'aussi explosif, sans valider que l'information
qu'il va dire aux Québécois soit
bonne. Alors, vous comprendrez que ça a été toute une commotion, au Québec. Je
ne l'ai pas entendu s'excuser
là-dessus pour sa méprise. Et je suis un petit peu étonnée de lui, parce
qu'habituellement il est supposé être un petit peu plus rigoureux.
Mais revenons sur son annonce. Il dit : Les
enseignants, là, on a aussi de la misère parce qu'ils ne veulent pas travailler
à temps plein. Ah bon! Première fois que je l'entends, celle-là : des
enseignants qui ne veulent pas travailler à temps plein. En pleine crise
d'inflation, les gens veulent avoir un emploi à temps plein. Or, dans les
offres d'emploi, M. le Président, en date du 14 août... La situation s'est
résorbée, mais pas tant, il nous en manque actuellement 1 000,
enseignants. Mais permettez-moi de revenir sur les offres d'emploi affichées en
date du 14 août : sur les 8 555 postes d'affichés, 6 700 postes à temps
partiel. Venez-vous-en dans nos écoles, on a besoin de vous, mais pas en tout
temps. Quand même!
Alors, moi,
je suis vraiment surprise aussi de ça. Le ministre de l'Éducation fait la
promotion des emplois à temps partiel,
au lieu de se poser la question — puis
il aurait dû se poser la question depuis le rapport de la VG, du mois de mai,
là : Pourquoi on n'est pas capables de recruter puis de retenir nos
enseignants? Bien, évidemment, c'est sûr que ça n'aide pas lorsqu'on dit que
les maternelles quatre ans, c'est moins exigeant, on peut faire une sieste puis
apprendre par le jeu, là. C'est plus
que ça, les maternelles quatre ans. D'ailleurs, je suis un petit peu étonnée,
parce que le premier ministre avait déjà dit que les maternelles quatre ans
allaient révolutionner le réseau d'éducation, puis aujourd'hui, avec le
ministre de l'Éducation, on pense que
la maternelle quatre ans, c'est pratiquement des classes de yoga. Il y a comme
une disparité dans le discours. Alors, comment on fait pour attirer du
monde avec des emplois précaires? C'est impossible.
M. le Président, savez-vous aussi que le
personnel de soutien, c'est plus de 80 % des postes occupés par des femmes, aussi à temps partiel? Des 12 heures,
des 15 heures. Comment on nourrit une famille à coup de 15 heures par
semaine? Moi, je n'arriverais pas, eux autres non plus. C'est pour ça qu'ils
quittent, on leur offre en ce moment des emplois à temps plein beaucoup
mieux rémunérés. Les techniciens en éducation spécialisée, ceux qui doivent
intervenir, là, avec des enfants qui, eux,
peuvent avoir un trouble de comportement, par exemple, pourquoi on leur offre
du temps partiel quand on a besoin d'eux à temps plein?
Quand j'ai fait le bulletin du ministre, bon, il
était un petit peu choqué, j'avais donné un E pour «échec», puis il ne comprenait pas pourquoi. On apprend par les
demandes de l'accès à l'information — donc,
l'information existe, là, pas besoin du p.l. n° 23,
là, on avait l'information — au
niveau des violences dans les écoles, ça a explosé depuis la pandémie.
Avez-vous entendu le plan d'action du ministre de l'Éducation depuis? Non. Nos
enseignants doivent faire des demandes à la CNESST pour intervenir, pour que
l'employeur s'assure de la sécurité des enseignants. Il y a même une décision
du tribunal, qui est venu écrire noir sur blanc que, non, manger des coups à
l'école ne fait pas
partie des descriptions
de tâches. Il faut le faire, se battre jusqu'au tribunal pour avoir ça. Est-ce
que ça, c'est valoriser les enseignants? Est-ce que ça, ça permet de
retenir les enseignants? La réponse, c'est non.
Tout ce que je vous dis, est-ce que vous l'avez
vu dans le p.l. n° 23 ou bien dans les écoles?
Non. Rétention du personnel? Non. Vétusté
des écoles, ce n'est pas des farces, là, quand le journal
titre Le plafond
tombe dans sept écoles au
Québec . Dans une autre école, on
doit fermer parce que c'est tellement chaud que le plancher est glissant. Les
gens tombent. Mais le premier ministre dit : Moi, je doute du
portrait de vétusté des écoles parce que je pense que les D.G. ont pesé sur le crayon. Avez-vous
une preuve ou un commencement de preuve là-dessus? Non, c'est mon pif. Alors,
comment on fait pour améliorer nos écoles lorsque le premier ministre doute du
portrait? En ce moment, il disait : Faire plus, faire mieux. Bien, entre l'arrivée de la CAQ puis le
gouvernement libéral, ça s'est détérioré. On est passés de 48 % de vétusté
à 61 %. C'est pire. Ça, est-ce que c'est dans le projet de loi
n° 23? Non, M. le Président.
Qu'est-ce qu'il y a
dans le projet de loi n° 23? La grande priorité de la CAQ, le Conseil
supérieur de l'éducation, bien, dans sa forme actuelle, on n'en a plus besoin.
Je n'ai jamais entendu qui que ce soit... Et d'ailleurs tous ceux qui sont
venus en commission ont tous dit que c'était une mauvaise idée. Le Conseil
supérieur de l'éducation doit rester intact.
On peut avoir un institut, mais cet institut national pourra avoir des données.
Il n'y a personne qui est contre la
vertu, là. On aime ça. C'est une bonne idée. Mais pourquoi on doit aller
affaiblir le Conseil supérieur de l'éducation? Pourquoi avons-nous
besoin d'un projet de loi pour avoir des données? Est-ce que le ministre est en
train de dire qu'il n'est pas capable de
parler avec sa fonction publique, avec son équipe de fonction publique, pour
avoir des données qui existent? Parce
que, quand il était en point de presse, là, le 23 août, ces données-là, il
les avait. Le projet de loi n° 23 n'était pas adopté.
Le fameux comité pour
l'INEE. Certains professeurs universitaires sont venus en commission à la
demande du gouvernement. Ils ont insisté
fort, hein, au bureau du leader, pour les avoir. Ils ne nous ont jamais dit
pourquoi. Or, on a appris le pourquoi
dans Le Devoir . Ils étaient dans un comité confidentiel, opaque et
rémunéré, certains ont accepté la rémunération, d'autres n'ont pas
accepté la rémunération, je tiens à le dire, qui pousse l'idée de l'INEE,
l'institut national. Aucun d'entre eux n'a jugé bon, lorsqu'ils sont venus en
commission, de divulguer cette apparence de conflit d'intérêts ou ce biais, non. Or, moi, ma question est : Pourquoi
vous n'avez pas divulgué ça? Il me semble que l'honnêteté
intellectuelle, c'est de dire : Si j'ai siégé dans un comité sur la
création de l'INEE et qu'on me demande mon avis en commission parlementaire à
des élus à l'Assemblée nationale du Québec, sur cette idée, bien, c'est sûr
qu'on devrait juste dire : Bien oui, je
suis pour, c'est ma propre idée. On aurait juste dit : Bien, O.K.,
parfait. Ça aurait été juste une question d'honnêteté intellectuelle. Ni le ministre n'a divulgué cette
information-là... Aucun membre de son cabinet ne l'a divulgué et aucun
des intervenants qui a siégé dans ce comité opaque et confidentiel ne l'a
divulgué.
question, c'est : À la demande de qui c'est resté secret? Avez-vous signé
une entente de confidentialité? Si oui, pourquoi vous avez accepté ça? Il me
semble qu'au Québec ce n'est quand même pas huit personnes qui vont réfléchir à
l'éducation de 1,3 million d'enfants. Il me semble qu'on est capables de
faire preuve de transparence au Québec. Il me semble.
terminant, M. le Président, quelle a été ma surprise d'entendre le ministre de
l'Éducation mettre la table pour les violences à caractère sexuel un mois après
avoir reçu le rapport. Je vous rappelle les faits. Nous avons appris dans les
journaux qu'un enseignant aurait mis enceintes non