Institutions — 26 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CI 2018-04-26

Quebec — Committees

Institutions — 26 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CI 2018-04-26

Quebec — Committees

La mise en oeuvre de la nouvelle politique internationale se fait dans une perspective

interministérielle. D'ailleurs, le ministère, en tant que coordonnateur

de l'action internationale du Québec, s'est doté de nouveaux mécanismes de concertation avec les autres ministères

et organismes actifs à l'international afin d'améliorer nos

pratiques et d'assurer une meilleure

cohérence de notre action. Dans cet esprit, cinq... priorités, dis-je,

retiennent notre attention : le Plan

Nord, la Stratégie maritime, la promotion de l'offre éducative,

l'électrification des transports, de même que le numérique et l'intelligence

artificielle.

Dans le

contexte international actuel, il est important pour le Québec de mobiliser son

réseau de partenaires au Québec comme

à l'étranger sur la base de priorités clairement définies. En effet, les

pourparlers sur la modernisation de l'ALENA

se déroulent depuis près d'un an sur fond de politiques protectionnistes

américaines et d'échanges... d'échéances, dis-je, électorales à venir chez nos deux voisins du Sud. L'enjeu de

l'intégration nord-américaine est d'importance vitale pour l'économie du Québec et son avenir. Face à

ces défis, le Québec a été constamment présent sur le terrain pour

appuyer des entreprises dans les secteurs de

l'aéronautique, de l'aluminium, du bois, du papier et de l'agroalimentaire,

pour ne nommer que ceux-là.

Depuis

l'arrivée au pouvoir du nouveau président américain en janvier 2017, le premier

ministre et les membres du Conseil

des ministres ont effectué 40 missions aux États-Unis et ont reçu 19

délégations américaines au Québec. Nos équipes

dans les neuf représentations du Québec aux États-Unis et à la Délégation

générale du Québec à Mexico, de même que les principaux ministères et

organismes concernés par la renégociation de l'ALENA, collaborent étroitement à

l'élaboration des éléments de positionnement sur les enjeux nord-américains et

leur mise en oeuvre.

Nous

travaillons aussi de près avec les autorités fédérales canadiennes ainsi

qu'avec les parties prenantes, soit les milieux d'affaires, les syndicats et associations sectorielles de part

et d'autre de la frontière. Cette action s'inscrit dans la mise en place d'un nouveau dispositif de

diplomatie et d'influence axé sur la concertation et la mobilisation des

équipes gouvernementales et du réseau ainsi

que leurs partenaires externes, car, de tout temps et en tout contexte,

l'efficacité de notre action est tributaire de la qualité des

partenariats que nous avons tissés.

Dans ce

contexte nord-américain en mouvance, la diversification de nos relations revêt

un intérêt stratégique pour notre diplomatie. Le premier ministre a

effectué une mission d'envergure en Chine en janvier dernier alors qu'il était accompagné d'une délégation de 116 entreprises, 16

organismes et huit centres de recherche. Le Québec a mis le temps, l'énergie et les moyens à développer des relations

avec la Chine dès le milieu des années 80. La qualité de nos

relations en est le reflet. Dans cette

perspective, nous devons en faire davantage sur l'Asie comme sur l'Afrique et

l'Amérique latine pour développer de

nouvelles collaborations qui ouvriront des portes pour les Québécois qui ont

des projets à l'étranger.

Par ailleurs,

l'accord économique et commercial global Canada-Union européenne, qu'on appelle

AECG ici et qu'on appelle le CETA

là-bas, est entré en vigueur de manière provisoire le 21 septembre 2017. Nos

représentations sur le territoire européen, en particulier à Bruxelles,

mais aussi à Paris, Munich, Rome, Barcelone, et Rome, et Londres, expliquent à leurs interlocuteurs européens les

avantages de cet accord. Elles accompagnent aussi les entreprises québécoises

qui souhaitent utiliser l'AECG comme un levier pour développer des occasions de

marché en Europe.

Nous nous félicitions

que les relations entre le Québec et le nouveau gouvernement de la République

française soient assises sur des bases

solides et renouvelées dans la foulée de la Rencontre alternée des premiers

ministres du Québec et de la France

qui s'est déroulée très récemment à Paris, c'est-à-dire le mois dernier. Que ce

soit en matière d'économie numérique

et d'innovation, de climat, de jeunesse, de promotion de la langue française ou

d'égalité femmes-hommes, nos gouvernements

ont ouvert un nouveau

chapitre de la relation directe et privilégiée entre le

Québec et la France, qui se définit aussi désormais comme stratégique et

structuturelle.

Le gouvernement du Québec est membre à part

entière de l'Organisation internationale de la Francophonie et apporte à ce

titre une contribution constante au développement de l'OIF, de ses instances et

des organismes qui en dépendent. Nous

travaillons à une Francophonie efficace, transparente, dotée de mécanismes de

reddition de comptes. À l'approche du

sommet d'Erevan, en Arménie, nous croyons que la Francophonie peut jouer un rôle constructif sur les

grands enjeux internationaux et contribuer au développement de ses membres, notamment

sur le continent africain.

promotion du français ainsi que la défense des droits et libertés de la

personne sont des valeurs qui se trouvent au coeur de l'engagement du Québec en Francophonie. Le Québec

continuera à s'investir sur les enjeux globaux. Il prendra la parole dans les enceintes internationales, notamment

à l'UNESCO, où il compte une représentante au sein de la Délégation permanente du Canada. Cette influence, nous

entendons également l'exercer en suivi du Colloque international sur

la sécurité alimentaire

et la nutrition à l'heure des changements climatiques que nous avons organisé

avec l'appui de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture,

dont l'acronyme est la FAO, en septembre 2017 à Québec.

Comme

vous le savez, le Canada sera l'hôte du prochain sommet du G7 qui se

tiendra au Québec, plus précisément à La Malbaie, les 8 et 9 juin prochain. Le gouvernement du Québec collabore à l'organisation de cet événement d'envergure avec les autorités fédérales. Les thématiques

rendues publiques par le premier

ministre Justin Trudeau interpellent

le Québec en premier chef. Le gouvernement du Québec compte jouer un

rôle actif à cette occasion. Il participera aux activités auxquelles il sera

convié, de même qu'aux événements en marge du sommet.

Québec est fier de la collaboration qui se poursuit en faveur d'une action

mutuelle dans les pays francophones les

plus vulnérables et les plus exposés aux conséquences des changements

climatiques. À cet égard, le Québec entend continuer de soutenir des

actions concrètes sur les enjeux climatiques, et son leadership est reconnu. La

solidarité internationale continuera

d'occuper une place toujours aussi importante dans le déploiement de notre

action au cours des prochaines années, s'inscrivant en droite ligne avec

le programme de développement durable de l'horizon 2030.

Cher

M. le Président, j'aurais encore bien des choses à vous dire, mais je pense

qu'on aura l'occasion de débattre pendant

ces trois heures. Alors, je veux, encore une fois, remercier mes collègues de

l'Assemblée nationale, aussi ceux et celles

qui nous écoutent par la magie des ondes et les journalistes qui vont suivre de

près nos débats. Merci beaucoup.

Président (M. Auger) : Merci, Mme la ministre. Vous auriez eu

besoin de ma générosité du 24 minutes, je crois, mais le 24 minutes, c'est que je dois le répartir. Donc, les sept

prochaines sont à la disponibilité du porte-parole de l'opposition

officielle. M. le député de Verchères.

M. Bergeron : Je vous

remercie, M. le Président. Je profite de l'occasion pour saluer la ministre, saluer le

personnel du ministère qui l'accompagne, les gens du cabinet qui sont avec

elle. Je veux saluer tout particulièrement M. Robert Keating. Lui et moi, à une époque où nous étions un peu plus jeunes, nous étions rencontrés pour la première fois à Tokyo alors

que vous y défendiez les intérêts du Québec et que je siégeais, à l'époque,

dans un autre Parlement. Alors, personne n'aurait pu présumer à ce moment-là, quand nous nous sommes rencontrés,

que, quelques années plus tard, nous serions assis d'un côté et de l'autre de la table pour l'étude des crédits du

ministère des Relations internationales. Alors, comme quoi le destin nous réserve souvent des surprises.

Alors, très heureux de vous retrouver, M. Keating. Et puis, bien,

comme je le disais à vos gens tout à l'heure, on va essayer de passer un trois

heures des plus agréable.

Pour moi, l'exercice

de l'étude des crédits est un exercice qui est inscrit au coeur même de notre système

parlementaire, notre système démocratique. Il est le résultat,

en grande partie, de la lutte qu'ont menée les Patriotes qui visait à ce qu'on obtienne un gouvernement véritablement démocratique et responsable et un gouvernement qui réponde de ses actes aux

élus du peuple, un gouvernement qui se verrait attribuer ses crédits par les élus

du peuple. Et, dans la foulée de ce

mouvement populaire formidable qui a eu cours au XIXe siècle, en 1840, on

a obtenu ce gouvernement véritablement

démocratique et responsable qui, malgré ses

travers, constitue, pour paraphraser incorrectement Winston Churchill,

encore le moins mauvais système

qu'on puisse connaître. Alors, le système idéal, s'il existait, on l'aurait déjà mis en

place, puis il serait probablement répandu sur toute la surface de la terre. Ce n'est pas le cas, et je

pense qu'à cet égard nous avons un rôle à jouer pour entretenir la démocratie au Québec

et peut-être rayonner, justement, à travers le monde,

et c'est un peu ce dont il est question ici aujourd'hui.

J'ai

eu l'occasion, comme député fédéral, d'agir comme porte-parole en matière d'affaires

étrangères, institutions financières

internationales, commerce international Asie-Pacifique, et ce que j'ai toujours

dit aux ministres auxquels j'ai fait face, et c'est ce que j'ai dit à la

ministre lorsque je suis arrivé en poste, je lui ai dit : Je ne suis pas

le critique de l'opposition officielle, je

suis le porte-parole de l'opposition officielle. Pour moi, c'est très

important. Et c'est particulièrement important

dans le dossier des relations internationales parce que le dossier des

relations internationales est l'un des rares où il y a à peu près unanimité de l'ensemble des formations politiques

quant à l'importance de la présence internationale du Québec, d'une part, quant à l'importance pour le

Québec de parler d'une seule voix à l'étranger, et conséquemment ça implique que nous devions travailler de la façon

la plus collégiale possible. J'ai offert à maintes reprises à la ministre

ma collaboration. À mon grand désarroi, elle n'a pas eu recours à cette

collaboration très souvent, mais je la lui réitère aujourd'hui. Je lui réitère cette offre de collaboration visant à faire

rayonner le Québec et faire rayonner le Québec d'une seule voix.

Donc,

c'est dans cet esprit de collaboration que j'entreprends cette étude des

crédits. Bien sûr, on va poser des questions,

bien sûr, on va chercher à obtenir des réponses, mais à aucun moment on ne va

chercher à mettre qui que ce soit en

boîte parce qu'il n'y a pas d'intérêt pour personne, au niveau de l'image du

Québec à l'étranger, que ce genre de manoeuvre

soit effectuée du côté des relations internationales. Alors, je nous souhaite

un bon trois heures d'étude de crédits.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Verchères.

J'imagine que les trois dernières minutes restantes, vous voulez les

reporter sur vos blocs d'échange.

M. Bergeron :

Vous êtes un homme perspicace, M. le Président.

Président (M. Auger) : Toujours, toujours. Donc, pour la suite

des choses, M. le porte-parole du deuxième groupe d'opposition, M. le

député de Deux-Montagnes, pour cinq minutes, pour vos remarques préliminaires.

M. Charette :

Merci, M. le Président. Et aussi vous confirmer que je serai très bref à ce

moment-ci pour reporter le temps

ultérieurement pour permettre les échanges. Donc, à Mme la ministre, au

personnel du cabinet, aux gens du ministère, merci pour votre présence. C'est un ministère, mon collègue de Verchères

le mentionnait, qui a toute sa pertinence et qui est doté d'une fonction publique drôlement efficace et

appréciée. Donc, votre éclairage, cet après-midi, sera apprécié. Aux collègues ministériels également, salutations, mon

collègue de Verchères. Vous me permettrez de saluer Romain Vignol, qui

est mon fidèle collaborateur sur les dossiers.

Donc, échange

très certainement pertinent à ce moment-ci, compte tenu du dépôt du budget, là,

il y a quelques semaines. Donc, ce

sera un plaisir d'échanger sur ces enjeux avec, oui, des questions qui — en fait, je ne reprendrai pas les mots de mon collègue de Verchères — sont pertinentes à ce moment-ci. Ce n'est

pas qu'il y ait de grandes divergences au niveau de la gestion de nos relations internationales. Effectivement,

c'est un ministère qui, au fil des années et des mandats, a relativement fait l'unanimité au sein des

différentes formations politiques, mais il y a tout de même des questions

qui se doivent d'être posées. C'est dans

l'intérêt public, là, de connaître un petit peu les orientations

gouvernementales et voir ce que l'on

fait avec les deniers publics. Donc, je ne serai pas plus long à ce moment-ci,

mais ça va tout simplement nous laisser plus de temps pour les échanges

ultérieurement. Merci, M. le Président.

Président (M. Auger) : Merci. Donc, 3 min 30 s

supplémentaires au niveau des blocs d'échange. Nous allons maintenant, justement, débuter les échanges pour

un premier bloc de l'opposition officielle pour 16 minutes. M. le

député de Verchères.

M. Bergeron :

Merci, M. le Président. Puisque l'actualité le commande, je vais aborder une

question qui avait retenu mon

attention l'année dernière, soit celle du nouveau lieu d'établissement de la

Délégation générale du Québec à Paris,

qui constitue non seulement le premier, mais j'irais presque jusqu'à dire le

bateau-phare de notre représentation à l'étranger.

Donc, on avait eu des échanges, Mme la ministre et moi, des échanges informels

sur le projet du gouvernement du Québec, et je pense que nous étions

tous et toutes d'accord qu'il y avait nécessité de faire en sorte que notre Délégation générale soit au coeur de la capitale

française, près du Quai d'Orsay, près des lieux décisionnels français.

Donc, il n'y a pas de désaccord de ce

côté-là. Donc, il y avait, je dirais, de notre côté, un accueil favorable au

fait qu'on veuille investir pour l'achat d'un nouveau lieu

d'établissement pour la Délégation générale.

J'avais exprimé

une déception à l'effet que, dans le différentiel des revenus de la vente et du

coût d'achat, le profit, si je puis

dire, ne revienne pas dans l'escarcelle du ministère pour améliorer la

représentation à l'étranger, mais les choses étant ce qu'elles sont, on a

dû se satisfaire de cette situation lorsqu'on en a discuté l'année dernière. Maintenant, on apprend que les coûts estimés à ce jour pour l'achat de ce

nouveau bâtiment, son aménagement sont significativement plus importants

que ceux qui avaient été escomptés au départ. Est-ce qu'il y aura

un nouveau C.T. qui sera octroyé au ministère des Relations internationales pour compenser pour cette augmentation

significative des coûts escomptés ou est-ce

que le ministère devra trouver à même ses enveloppes les sommes requises pour

procéder à ce déménagement?

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre.

Mme St-Pierre :

Merci, merci beaucoup pour la question. Effectivement, ce matin, on a vu, tout

comme par hasard, dans un journal qu'on parlait de la Délégation

générale du Québec à Paris.

Tout d'abord,

sur la question des sommes d'argent, dans le dernier... ce qu'on appelle le

PQI, programme québécois des

infrastructures, on voit que la somme qui est indiquée, c'est 50 millions,

donc ça va être un projet majeur. Et ce que la formule comptable n'indique pas, c'est qu'évidemment on va vendre aussi

la délégation. Donc, on a un bâtiment à vendre et on va acheter

ailleurs, mais ce n'est pas inclus, ce n'est pas calculé dans le

50 millions, ça va arriver après, lorsque la transaction sera terminée. Tout ça pour dire que c'est comme deux silos,

et on va évidemment agir de façon très rigoureuse.

On sent qu'on

a, vous l'avez si bien mentionné, besoin de se rapprocher. La Délégation

générale, présentement, on la trouve

un peu trop excentrique. Les coûts ont augmenté, puisqu'il y a des... ça va

très vite en Europe et en France, il y

a une bulle, surtout à Paris, il y a un bulle immobilière, notamment à cause du

Brexit, alors il y a des choses qui ont changé depuis l'année dernière. Mais ce qui n'a pas changé, c'est notre

volonté, vraiment, d'agrandir notre délégation, c'est-à-dire lui donner

plus d'envergure, lui donner aussi les moyens d'accompagner le plus possible,

notamment, les petites et moyennes entreprises

qui veulent aller sur le continent européen. Avec l'accord de libre-échange

Canada-Union européenne, ça nous

ouvre des portes très grandes. On parle d'un marché de 500 millions de

personnes, donc les petites et moyennes entreprises, évidemment, ont besoin d'accompagnement là-dedans. Donc, on

veut donner plus d'envergure à la délégation sur cet aspect-là, qui est l'aspect de l'économie du Québec, puis

surtout ça vient bien en lien avec notre politique, parce qu'on parle de rendre le Québec, les Québécois,

les Québécoises plus prospères. Donc, c'est ce qui est inscrit dans

notre nouvelle politique.

Également, sur la question du rayonnement du

Québec au plan culturel...

Le Président (M. Auger) :

...Mme la ministre.

Mme St-Pierre :

C'est trop long, mon affaire, hein?

Le Président

(M. Auger) : Oui, mais, écoutez, je vais équilibrer le temps

entre la question et la réponse. Et M. le député de Verchères, là, irait pour

une autre question.

M. Bergeron : Vous êtes revenue,

cette année encore — puis

c'est bien qu'il en soit ainsi — sur le fait qu'il y aura un solde sur la vente de l'actuelle délégation du Québec qui va

faire en sorte que les coûts ne seront pas ceux qu'on a escomptés, du moins pour le trésor public. Mais,

pour le budget du ministère, ça n'a aucune incidence, puisque le produit

de la vente n'ira pas dans le budget du

ministère mais bien dans le fonds consolidé, alors donc le 50 millions qui

est indiqué au PQI sera requis de

toute façon pour procéder aux travaux et à la transaction. Maintenant, ce qu'on

lisait aujourd'hui dans le journal,

c'est que c'était évalué à peu près à 50 millions, donc le montant qu'on a

au PQI, mais ça, évidemment, ça exclut tous les imprévus, toutes les

contingences, toutes les augmentations que pourrait amener la spéculation qui a

cours présentement au niveau de la bulle

immobilière à Paris. Donc, est-ce que ces sommes seront suffisantes, ou est-ce

qu'il faudra aller chercher un C.T.

additionnel auprès du Conseil du... des fonds additionnels auprès du Conseil du

trésor, ou sinon faudra-t-il aller chercher quelque part dans les

tiroirs du ministère ce qu'il faut pour payer ça?

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre.

Mme St-Pierre :

En fait, vous savez, cette démarche, elle va se faire de façon très rigoureuse,

et évidemment on n'ira pas dans une

direction où on va ouvrir complètement les vannes, là. On a un budget, il y a

un budget qui est prévu. Oui, le

fruit de la transaction va se retrouver au fonds consolidé, mais à la fin de la

journée, ce sera le montant moins la transaction.

Par exemple, si vous avez une maison qui vaut 250 000 $ puis qu'elle

est payée, vous voulez vous acheter une maison de 400 000 $,

bien, ce que vous allez mettre dans le 400 000 $, c'est moins les

250 000 $.

M. Bergeron : Mais ce n'est pas

clair comme ça, Mme la ministre, parce que... Reprenons votre exemple, là. Mettons, je m'achète une maison à

450 000 $ puis je vends ma maison à 200 000 $, mais je prends

le 200 000 $ puis je le donne

au voisin, en bout de piste, ça demeure 450 000 $ que je dois payer.

Ce que je veux dire, c'est que, pour les sommes allouées au ministère des Relations internationales, ça n'a pas

d'incidence, là, ça n'a aucune incidence parce que les sommes ne vous reviendront pas «anyway», alors ça va

devoir être pris à même le budget des Relations internationales, qui

avait d'ailleurs été prévu au budget de

l'année dernière, là. Je pense qu'on prévoyait 39 millions, si je me

souviens bien, aux crédits l'année dernière.

Mme St-Pierre :

Et on voit cette année que le montant a été augmenté. Alors, on va travailler

dans ces limites-là, et je pense

qu'on est capables d'aller chercher un bâtiment qui va répondre exactement à

nos besoins. Et je voulais ajouter tout à l'heure, d'ailleurs, en plus d'un équipement qui va faire en sorte

qu'on va pouvoir faire de l'accompagnement de nos petites et moyennes

entreprises, on veut aussi que les créateurs, les artistes québécois aient un

lieu également, donc il y aura un équipement

multifonctionnel. Donc, on ajoute aussi à la délégation, on ajoute à ce qu'elle

peut offrir à ceux et celles qui ont

besoin des services de la délégation. Mais c'est vrai, c'est un exercice

comptable, mais il n'en demeure pas moins que l'argent va dans les

coffres du gouvernement.

M. Bergeron : Comprenez-moi

bien, moi, ce qui me préoccupe, Mme la ministre, c'est quand vous...

Mme St-Pierre :

Ça ne va pas dans mes poches à moi.

M. Bergeron :

Non, non, je comprends très bien. Mais comprenez-moi bien, moi, ce qui me

préoccupe, c'est que, si, en bout de

piste, il en coûte 60 millions, 65 millions de dollars, est-ce que le

10 millions, le 15 millions qui manquera, vous allez réussir à l'obtenir auprès du Conseil

du trésor ou vous allez devoir gratter dans les tiroirs et couper dans

les services du ministère pour être capable d'éponger ce surplus-là?

Parce que,

là, je constate que, d'après les évaluations qu'on voit dans le journal

aujourd'hui, ça serait autour de 50 millions.

On nous dit qu'au PQI il y a 50 millions, mais ça, c'est sans tenir compte

des imprévus, des contingences, sans tenir

compte de la spéculation qui a cours présentement au niveau de la bulle

immobilière dans la capitale française. Alors, on peut présumer raisonnablement, sans s'alarmer inutilement, que les

coûts vont être plus élevés que 50 millions. Or, ce qu'on a

budgétisé, c'est 50 millions. Donc, on va aller chercher où le reste?

Est-ce qu'on va aller le chercher dans le fonctionnement du ministère? Et c'est

là qu'est ma préoccupation.

Quand vous me

parlez de l'utilité du nouveau bâtiment pour les petites et moyennes

entreprises, pour les créateurs québécois,

j'en suis. Ce n'est pas là-dessus qu'il y a une inquiétude de ma part. On est

d'accord avec vous qu'il faut procéder à

ce changement. Ma préoccupation, c'est que je ne voudrais pas qu'il y ait des

vases communicants puis qu'en bout de piste

on soit obligés de couper une délégation générale ici, une délégation générale

là, dix postes ici, 20 postes là, puis qu'en bout de piste on soit moins bien représentés ailleurs parce qu'on se

sera retrouvés dans une situation où il aura manqué d'argent pour faire

ce qu'on veut faire.

Mme St-Pierre :

Il y a des étapes lorsqu'on est dans un projet immobilier. Comme ancienne

ministre de la Culture, on en a fait

plusieurs. Il y a des étapes, il faut préparer des dossiers, il faut avoir un

dossier d'opportunité, il faut arriver avec des chiffres.

Vous présumez

que ça va coûter plus. Moi, je vous dis, la démarche est très rigoureuse. C'est

vrai qu'on fait face à un marché qui

est très, très, très volatil, ça, je ne vous le cacherai pas, je pense que

n'importe qui qui lit les journaux le sait, le voit. Mais la démarche est importante, et il

est important qu'elle soit très rigoureuse. C'est-à-dire, si vous achetez

un bâtiment et que vous avez des

restaurations à faire sur ce bâtiment-là, il faut qu'on soit capables

d'évaluer, avant de prendre notre décision finale, si ça vaut la peine

de continuer ou pas.

Autrement dit, on ne s'embarquera pas dans une

affaire puis, au bout de deux mois, on va dire : Ah! tiens, il y a telle surprise, il y a telle surprise, il y a

telle surprise. Ce n'est pas comme ça qu'on veut précéder. Quand j'étais à

la Culture, on a bâti la Maison symphonique

à Montréal. Le budget était, si ma mémoire est bonne, 266 millions de

dollars, puis on est arrivés sur notre budget de 266 millions de dollars,

il n'y a eu aucun dépassement. Alors, on est capables d'arriver avec des

chiffres très clairs.

Si jamais — si jamais — la

bulle immobilière continuait puis qu'on ne veut continuer dans cette

décision-là, il faudra qu'on prenne la décision. Ce n'est pas le bar ouvert,

là, c'est : on veut se doter d'un équipement moderne qui va faire en sorte

qu'on puisse faire rayonner le Québec davantage. C'est notre... vous l'avez

dit, je vais reprendre votre expression...

Comment vous l'avez qualifiée, la délégation à Paris? Enfin, c'est notre

vaisseau amiral de toute notre diplomatie québécoise. Celle qui est là

commence à être un peu vieillotte, puis il faut lui donner vraiment un... il

faut moderniser les installations, il faut

que les employés soient dans des bureaux

plus adéquats, puis on veut également

ajouter à cela un équipement

multifonctionnel pour faire en sorte qu'on puisse offrir des services aux entreprises

et aux créateurs.

M. Bergeron : Mais, encore

une fois, Mme la ministre, comprenez-moi bien, je suis tout

à fait d'accord avec ça. Il n'y a aucun désaccord de principe, sur le fond de la question, à ce sujet. Ma

préoccupation, c'est simplement qu'on ne se retrouve pas en situation où on doive couper ailleurs dans les

services du ministère des Relations internationales pour en arriver à

réaliser ce projet, avec lequel on est d'accord. Et je ne doute pas de la bonne

foi de qui que ce soit, je pense qu'effectivement on est capables de faire les

choses de façon rigoureuse. Il y a un certain nombre de choses qui nous échappent, ce qu'on appelle les imprévus, les

contingences et surtout la bulle immobilière qui a cours présentement et

qui donne lieu à une importante spéculation. Ça, on n'a aucun contrôle

là-dessus.

Or, à ce

jour, d'après les chiffres qu'on lit dans le journal aujourd'hui, on est déjà à

une évaluation de 50 millions, on

a 50 millions au PQI. S'il y a des imprévus, des contingences et

spéculations immobilières, on va se retrouver avec un montant plus

élevé. Moi, ce que je veux savoir, puis je repose la question une troisième fois :

Est-ce qu'on pense être capable d'aller

chercher les sommes au Conseil du trésor ou est-ce qu'il faudra qu'on coupe

quelque part dans les services du ministère des Relations

internationales? C'est ça et juste ça, ma préoccupation.

Le Président (M. Auger) : Il

reste trois minutes à l'échange.

Mme St-Pierre :

D'abord, ça serait... vous êtes dans une hypothèse totale, mais ça ne serait

pas dans une coupure des services

parce que ce ne sont pas les mêmes budgets. Il y a un budget en immobilisations,

puis les budgets du ministère, du fonctionnement, et tout ça, ce n'est

absolument pas la même chose. Et, si le passé...

M. Bergeron :

Donc, ce que je comprends de ce que vous me dites, Mme la ministre, il y a un

engagement de votre part de ne pas couper dans les autres services du

ministère.

Mme St-Pierre :

Non, on ne coupera pas dans les autres services du ministère. On a fait nos

efforts, puis les efforts sont faits.

M. Bergeron : Voilà. Parfait.

Mme St-Pierre :

Mais ce que je peux vous dire, si le passé est garant de l'avenir, si vous

regardez les autres transactions que nous

avons faites à Munich, à Bruxelles, à Londres, les transactions ont toutes été

faites dans les règles de l'art et dans les...

M. Bergeron : Oui, oui,

absolument. On aura l'occasion d'y revenir un peu plus tard...

Le Président (M. Auger) :

2 min 30 s.

M. Bergeron :

...mais il n'en demeure pas moins qu'on pourra remarquer que, dans certains

cas, il y a eu une baisse de la valeur immobilière d'un certain nombre

de nos actifs.

Mais quoi

qu'il en soit, vous me permettrez de passer sur un autre sujet sur lequel il

n'y a aucun désaccord, encore une

fois, le fameux dossier de Raif Badawi. Alors, vous comme moi souhaitons

ardemment le retour de... la venue, en fait,

ce n'est même pas le retour, de Raif Badawi au Québec, qu'il puisse rejoindre

enfin sa famille, parce que ses enfants continuent de grandir sans lui, et, lui, sa situation personnelle, sa

situation physique continue de se détériorer dans les geôles saoudiennes. Et je sais de quoi je parle parce que

j'ai déjà été impliqué, comme député fédéral, dans la libération d'un

autre prisonnier qui est décédé, après sa

libération, des suites des conditions de détention terribles qu'il avait subies

en Arabie saoudite. Alors, il y a péril en la demeure, il y a urgence

d'intervenir.

Je ne sais

plus quoi faire pour amener les autorités publiques à poser les gestes qui

doivent être posés pour faire en sorte que cet homme puisse enfin être

libéré et venir au Québec. Mais est-ce que notre premier ministre, qui a des

contacts privilégiés en Arabie saoudite, a fait aller ses contacts pour faire

en sorte qu'on puisse accélérer la libération de

M. Badawi? Est-ce que vous êtes en contact avec vos vis-à-vis au niveau

fédéral pour que les engagements du premier ministre ne se limitent pas qu'à des selfies qui

ont été pris avant la campagne électorale, qu'il y ait des gestes

concrets qui soient posés pour qu'on puisse obtenir enfin des résultats?

Le Président (M. Auger) : Une

minute, Mme la ministre.

Mme St-Pierre :

Une minute?

Le Président (M. Auger) : Une

minute.

M. Bergeron : On pourra

empiéter sur l'autre bloc.

Mme St-Pierre :

O.K., on pourra en parler, mais on a posé beaucoup de gestes. D'abord, il n'y a

pas une rencontre... dans toutes les rencontres que nous faisons, nous

parlons du cas de Raif Badawi. Nous avons amené le cas à l'Organisation

internationale de la Francophonie lors du dernier sommet. Nous avons, comme gouvernement,

émis le certificat de sélection de Raif

Badawi. Le premier ministre a été clair lors de la rencontre à Madagascar, et

nous suivons ce dossier de près, et

avec mes collègues du Parlement à Ottawa, mes vis-à-vis au Parlement à Ottawa,

que ce soit M. Dion ou Mme Freeland, la question de Raif

Badawi revient à toutes les rencontres.

Le Président (M. Auger) : Oui,

oui, très rapidement.

M. Bergeron :

...je vais embarquer sur l'autre bloc, M. le Président. Juste une question. À

votre avis... parce qu'on parle

beaucoup de cela, et c'est la demande de Mme Ensaf, la question est de

savoir est-ce que vous pensez que l'octroi de la citoyenneté canadienne

à M. Badawi pourrait faire en sorte d'accélérer les choses quant à sa

libération.

Mme St-Pierre :

Bien, la question revient, évidemment, au gouvernement fédéral. Mais ce que le

gouvernement fédéral a souvent dit dans le

cas de M. Raif Badawi, c'est que, comme il n'est pas un citoyen canadien,

c'est plus difficile de plaider sa

cause. Alors, peut-être que la citoyenneté... mais je n'en sais rien, mais

peut-être que la citoyenneté canadienne pourrait aider. Mais la question doit être posée au gouvernement

fédéral, c'est au gouvernement fédéral de prendre cette décision-là. De

notre côté, on a fait tout ce qu'on avait à faire et on continue de le faire.

M. Bergeron : Mais qu'est-ce que le gouvernement fédéral vous

répond à ce sujet-là, sur la citoyenneté canadienne? Vous dites que vous

êtes en contact avec vos vis-à-vis, ils vous disent quoi par rapport à ça?

Mme St-Pierre :

On n'a pas de réponse officielle du gouvernement fédéral sur cette question-là.

Le Président (M. Auger) :

Excellent. Nous allons poursuivre avec...

Le Président (M. Auger) : ... — bienvenue — le

premier bloc du gouvernement pour 15 minutes. M. le député d'Orford.

M. Reid :

Merci, M. le Président. Bien que la question dont on vient de discuter

m'intéresse, je vais revenir à la question

dont on parlait avant, c'est-à-dire les relations avec la France. La

coopération franco-québécoise est née d'une volonté de faire oeuvrer Québécois et Français aux progrès

scientifiques, aux progrès économiques, sociaux et culturels des deux sociétés. Depuis plus d'un demi-siècle,

cette volonté politique qui transcende les allégeances partisanes ne

s'est jamais démentie de part et d'autre de

l'Atlantique. Le Québec et la France ont noué, au fil des ans, des liens

féconds fondés sur l'intérêt mutuel

des populations, mais également sur un encadrement politique et administratif

qui favorise la pérennité et l'expansion du périmètre de ces échanges.

Cette

relation transatlantique unique puise ses origines dans une histoire et une

langue communes, et je vais revenir sur

cette histoire. Les relations aux niveaux local et régional entre le Québec et

la France — et je

répète ici, aux niveaux local et régional aussi — s'inscrivent,

entre le Québec et la France, en parallèle des relations à l'échelon national.

La coopération à ce niveau est dite, entre

guillemets, décentralisée, un terme emprunté au vocabulaire administratif

français pour désigner les entités locales

et régionales; ici, on dit plus volontiers «régionales». Au Québec, il s'agit

des municipalités régionales de comté, les MRC, des villes et des

municipalités; en France, il s'agit des régions, des départements, des métropoles et des communes, qui sont aussi

désignées comme des collectivités territoriales ou locales. La

coopération décentralisée est un des traits

distinctifs de la relation franco-québécoise. En effet, la diplomatie

québécoise est l'une des plus présentes et des plus dynamiques dans les

régions françaises.

J'aimerais peut-être... parce que c'est

intéressant d'inscrire ces relations, là, dans le contexte historique, j'ai demandé au ministère de me fournir des données

historiques. J'ai eu beaucoup de données historiques, donc il a fallu

que je choisisse, et je ne pouvais pas

parler de tout, évidemment, mais je pense qu'on peut commencer par la visite du

général de Gaulle en 1960. Et ensuite le

ministre Jean Lesage, le premier ministre, a effectué sa première visite

officielle en France et a rencontré André Malraux, un géant, évidemment, de la littérature

mondiale, qui était premier ministre à l'époque, et je pense que c'est là où la maison du Québec a été

fondée, si mon information est bonne. En 1965, le ministre de

l'Éducation, Paul Gérin-Lajoie, signe, avec

son homologue français Christian Fouchet, la première entente internationale du

Québec, donc, entente internationale sur un

programme d'échange et de coopération dans le domaine de l'éducation. Et cette

entente-là m'intéresse particulièrement

parce que mis à part... Bien, en fait, quelques années après la visite du

général de Gaulle au Québec en 1968,

on a eu la création de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, et,

personnellement, j'ai eu la chance de pouvoir

profiter des programmes de cet office-là et j'ai étudié en France pendant trois

ans, un peu plus de trois ans, j'ai fait

mon doctorat. Et avec un ensemble d'éléments qui étaient très facilitants pour

les Québécois, autant l'inscription, la carte de citoyenneté, enfin tout ce qu'il fallait pour s'installer dans

un pays qui était différent du nôtre, à l'époque — encore

plus qu'aujourd'hui, puisqu'aujourd'hui même

la mode est la même partout, à l'époque ce n'était pas le cas — et j'en ai beaucoup bénéficié, et, je

pense, beaucoup, beaucoup d'étudiants en ont bénéficié des deux côtés.

Ce qui est

intéressant quand on part de ce moment-là, c'est qu'à partir des années 70

il y a eu des échanges entre les premiers

ministres. Et je trouve que ça vaut la peine... Je ne vais pas les citer parce

que j'en avais deux ou trois pages, mais

je vais prendre les échanges qu'il y a eu, parfois trois fois, avec les mêmes

personnes, mais en commençant en 1974, Robert

Bourassa et Jacques Chirac, qui n'était pas président à l'époque, qui était

premier ministre; ensuite René Lévesque et le premier ministre Raymond

Barre en 1977, 1979, 1980, c'était déjà une habitude, là; M. René

Lévesque, le premier ministre René Lévesque aussi et Pierre Mauroy en 1982 et

1983; René Lévesque et Laurent Fabius en 1984 et 1985; ensuite Robert Bourassa

et Michel Rocard en 1989; Jacques Parizeau et Édouard Balladur en 1995; Lucien

Bouchard et Alain Juppé en 1996.

Et je m'arrête un petit moment, parce qu'en 1996

on avait déjà une bonne habitude, on avait déjà des liens extrêmement forts, et, pour ma part, j'ai été mêlé

un peu aux liens entre les universités, donc au niveau de l'éducation.

Et à cette période-là, il y a deux ententes... enfin, il y a plusieurs ententes

qui ont été signées, mais en 1996 précisément, il y a eu deux ententes extrêmement importantes, je pense, qui sont

encore aujourd'hui très importantes dans les relations que nous avons. L'Accord-cadre franco-québécois

sur la reconnaissance des diplômes et la validation des études, qui a

été... cet accord de 1996 favorise les échanges d'étudiants entre le Québec et

la France en fixant des modalités de reconnaissance

réciproque des diplômes et la validation des études. La reconnaissance mutuelle

des diplômes contribue de manière

déterminante à l'augmentation du flux des échanges d'étudiants. Je pense, si ma

mémoire est bonne, que c'était une

entente qui a été signée ici, à Québec, du côté français, par le premier

ministre qui était Juppé à ce moment-là. Et moi, j'avais l'honneur d'être de président de la Conférence des recteurs à ce

moment-là, et donc j'avais assisté à cette rencontre-là.

Mais la prochaine, la deuxième convention qui a

été signée en 1996, j'ai représenté, moi-même, les recteurs québécois à cette signature à Paris, si ma mémoire

ne me trompe pas, là, et c'est la convention-cadre sur les cotutelles de

thèse entre les établissements d'enseignement supérieur québécois et français, qui

a été mise en place en 1996. Donc, cette convention vise à favoriser la mobilité des étudiants au doctorat en

fixant les modalités pour la réalisation de cotutelles de thèse entre les établissements d'enseignement

supérieur québécois et français. Plus précisément, elle permet à un

doctorant d'être supervisé par deux

directeurs de thèse, l'un au Québec, l'autre en France, et de recevoir un

diplôme de doctorat de chacun des deux pays après une soutenance unique.

Et c'est

clair que ces ententes-là ont contribué à faire progresser le Québec. Il avait

déjà fait des grands pas au niveau

de, par exemple, là, toute la recherche, des doctorats, etc. Quand j'ai décidé

de faire mes études de doctorat en 1970,

il n'y avait pas de doctorat au Québec qui correspondait à ce que je voulais

faire et il y avait peu de programmes de doctorat au Québec, il fallait aller aux États-Unis ou en France. Le

programme de l'office m'a facilité les choses. Il y avait même des bourses, qui n'existaient pas, pour aller

aux États-Unis, où ça coûtait beaucoup plus cher, il n'y avait pas de gratuité. On avait la gratuité française, et tout

ça. Et par ailleurs ces ententes-là qui ont été signées ont augmenté

également. Et on voit aujourd'hui des universités comme la petite Université de

Sherbrooke, qui, il y a 40 ans, ne prétendait pas beaucoup à la recherche, là, sauf un peu en médecine, et qui,

maintenant, est une des 13 grandes universités de recherche canadiennes. Donc, ces éléments-là contribuent

aussi à l'importance de nos... que nos chercheurs peuvent développer sur

le plan international. Et je pense, si ma

mémoire est bonne, là... en fait, si mes informations sont bonnes, que ces

ententes-là sont encore extrêmement productives au moment où on se parle.

Lucien

Bouchard et Lionel Jospin se sont rencontrés en 1997, en 1998 et en 2000; Jean

Charest et Jean-Pierre Raffarin, en 2003 et 2004; Jean Charest et

François Fillon, en 2008 et 2010 — donc, autrement dit, régulièrement, généralement aux deux ans, il y a ces ententes-là

au plus haut niveau de gouvernement; et finalement Pauline Marois et Jean-Marc

Ayrault, en 2013; le premier ministre actuel et Manuel Valls, en 2015 et 2016;

et tout récemment, la ministre en parlait

tantôt, le premier ministre actuel avec Édouard Philippe, et c'est en mars

dernier. Lors de cette dernière rencontre, des engagements bilatéraux

ont été pris, et il y a eu cinq feuilles de route qui ont été présentées.

Je veux juste savoir s'il me reste un peu de

temps...

Le Président (M. Auger) :

7 min 30 s.

M. Reid : ... — sept

minutes, ça me donne le temps — parce que c'est très intéressant, les

cinq sujets, les cinq feuilles de route qui

ont été présentées, j'aimerais ça en parler un tout petit peu avant de pouvoir

poser une question. Je vais y aller

un peu plus vite parce que, finalement, ma question, je n'aurai pas le temps de

la poser si je raconte tout, mais en

gros, première feuille de route sur la croissance, innovation numérique et

l'intelligence artificielle. Là-dedans, il y avait des objectifs importants. Le Québec et la France

affirment leur détermination à assurer la mise en oeuvre exemplaire pour

l'ensemble des volets accord économique et

commercial global entre la France et l'Union européenne. Le Québec et la

France s'entendent

pour que l'innovation, la science et la technologie servent de levier de

croissance au développement des deux

nations. Les deux gouvernements encouragent, à tous les niveaux, l'échange

d'expériences dans le numérique et le développement de l'intelligence

artificielle.

Bon, j'ai

donné les détails pour la première feuille de route. Je ne pourrai pas le faire

pour toutes les feuilles de route,

mais il y en a quatre autres. Je vous donne les titres : la lutte contre

les changements climatiques, l'énergie et le développement durable, il y a des objectifs très intéressants, la jeunesse,

l'éducation et le sport, une quatrième feuille de route sur la langue

française, la culture et l'innovation sociale et une cinquième feuille de route

sur l'égalité entre les hommes et les femmes.

Ce qui est

intéressant peut-être là-dessus et ce sur quoi j'aimerais entendre Mme la

ministre, c'est d'abord... parce que

j'ai donné un peu de détails sur la question de l'intelligence artificielle. Ça

m'intéresse d'autant plus que bientôt je participerai à une rencontre avec des sénateurs français et dont un de

ses sujets, de cette rencontre-là, c'est l'intelligence artificielle. C'est intéressant aussi parce que

l'intelligence artificielle pose des questions éthiques et des questions qui

vont se traduire à plus ou moins long terme par des législations. Bien sûr, la

France et le Québec ont des législations très différentes,

ont des concepts qui ne sont pas les mêmes, là, mais on est quand même au Code

civil et il y a des intérêts de part

et d'autre, comme il y en a eu d'ailleurs dans des discussions qu'on a eues sur

l'édition génomique, qui intéresse les deux

gouvernements. Alors, j'aimerais que la ministre, peut-être, nous parle un tout

petit peu de ces sujets-là. Est-ce que, dans la collaboration avec la France, cet enjeu-là s'organise, est en

train de s'organiser? J'aurai quelques questions aussi s'il nous reste

du temps.

Le Président (M. Auger) : Cinq

minutes à l'échange.

Mme St-Pierre :

Merci. C'est un sujet, évidemment, c'est un... L'intelligence artificielle, ce

sont des mots qui sont sur toutes les lèvres. Mais ce qui est clair et

reconnu sur la scène internationale, c'est que le Québec est en train de se

développer vraiment un leadership exceptionnel dans le domaine de

l'intelligence artificielle. On voit à Montréal des chercheurs qui vont vers Montréal, on voit des entreprises également

s'installer à Montréal, et nous, on croit que le Québec est vraiment

l'endroit idéal pour développer ces grandes institutions de recherche en

intelligence artificielle.

Cependant, il

y a des secteurs dans l'intelligence artificielle qui doivent également être

analysés. Je pense aux changements

dans les métiers, aux changements importants que ça va apporter dans différents

corps de métier, également sur les

questions éthiques. Il y a des questions éthiques très importantes qui se

posent dans les questions d'intelligence artificielle.

On a eu des

rencontres lors de la visite alternée à Paris, le premier ministre en a parlé,

évidemment, avec le président Macron,

en a parlé également avec le premier ministre français, mais on a eu aussi

l'occasion de rencontrer des chercheurs et aussi le député Villani. Ce qu'on veut faire au Québec, et on l'a

annoncé récemment, on veut qu'il se crée, à Montréal, l'Organisation mondiale de l'intelligence

artificielle. On a accordé un mandat à Montréal International, qui est

l'organisme accrédité pour accueillir les

organisations internationales à Montréal, pour mettre en place cet

organisme-là, et on va aller se

chercher des partenaires par la suite. Et ces partenaires-là, évidemment, on va

demander... et on a souligné à la France que ça serait fort intéressant d'avoir la France comme partenaire. Il y a

d'autres pays également, on parle d'Israël, on parle de... et tout ça pourrait donner à Montréal encore

plus d'importance sur la question de l'intelligence artificielle. Moi,

je pense que c'est un sujet — puis tout le monde le sait — qui va changer complètement nos vies. Mais

nous, nous nous sommes dit :

Bien, c'est vraiment au Québec et à Montréal plus particulièrement qu'on peut

créer ce, entre guillemets, hub mondial

de l'intelligence artificielle. On est très, très engagés et très déterminés à

faire en sorte que Montréal soit vraiment l'endroit... et c'est déjà en train de se définir dans le monde comme

étant l'endroit où se développe toute la recherche, tout ce qui touche

les droits des travailleurs, tout ce qui touche les questions éthiques et aussi

les questions, évidemment, économiques.

M. Reid :

Merci. J'ai une autre... enfin, j'ai d'autres questions. Une autre,

certainement, qui me tient à coeur et qui va vous intéresser sûrement,

Mme la ministre, c'est la question des propositions qui sont... j'aimerais

savoir les propositions qui seront portées

par le Québec et la France à l'Organisation internationale de la Francophonie,

mais en prenant soin, malgré tout, de

dire que la France et le Québec ont des valeurs communes dans l'ensemble, mais

que des fois il y a des petites

différences. Et une de ces différences-là, c'est au niveau, par exemple, de la

langue écrite, de la langue... comment

on parle et comment on dit. Je ne sais pas s'il y a une uniformisation qui se

fait ou des efforts qui se font dans ce sens-là entre nous. Parce que, tu sais, nous, au Québec, c'est assez

simple, on met tout au féminin puis on dit : Tout va bien, et de temps en temps ça crée des problèmes. Je me

rappelle, moi, comme représentant des conférences des recteurs du Québec, d'avoir demandé, à la délégation, à Mme le

chancelier des universités de Paris, qui venait se présenter comme Mme le chancelier, et de dire : C'est

curieux, au Québec, on vous appellerait Mme la chancelière, et elle a

dit : J'espère que non parce

qu'une chancelière, en France, c'est une espèce de paire de pantoufles à deux

pieds qui réchauffe les pieds. Alors,

je m'étais mis les pieds dans les plats, c'est le cas de le dire, et dans ce

sens-là, parfois, on y va de façon un peu simpliste. Mais malgré tout nous avons des valeurs extrêmement fortes au

niveau de la présence des femmes et des hommes, et quelles sont ces valeurs-là qui sont portées ou les actions qui sont

portées quand on parle de l'ensemble de la francophonie?

Mme St-Pierre :

Évidemment, le Québec est très fier de siéger au sein de l'Organisation

internationale de la Francophonie, et nous

travaillons très fort à faire en sorte que le Québec soit vu vraiment comme le

vaisseau amiral de la défense de la

langue française en Amérique du Nord. Et c'est vraiment avec cette... je

dirais, on arrive vraiment avec cette énergie-là au sein de

l'Organisation internationale de la Francophonie, et on nous voit comme étant

assez, je dirais, exemplaires

parce que nous ne formons que 2 % de la population en Amérique du Nord et,

malgré ce petit nombre, 2 %, nous continuons à protéger et à faire

la promotion de la langue française.

Je fais juste

un aparté, je trouve ça intéressant, l'histoire de la chancelière, parce que

j'ai vu récemment que la nouvelle

ambassadrice, Mme Isabelle Hudon, tient au

titre d'ambassadrice, et je

l'ai félicitée sur les médias sociaux parce que c'est important. Nous, on y croit énormément, on le fait depuis 20

ans, mais ce n'est pas encore entré là-bas. Et je pense qu'on est capables aussi de montrer que ce

sont des termes auxquels on tient et on ne changera pas notre

personnalité parce qu'on arrive en France. J'ai vu une très belle entrevue avec

Mme Carrère d'Encausse, qui tenait à son titre, à l'Académie française,

d'académicien... C'est fini?

Président (M. Auger) : Mme la ministre, c'est tout le temps que

nous avions. Nous devons poursuivre avec le premier bloc du deuxième

groupe d'opposition. M. le député de Deux-Montagnes, pour les 17 prochaines

minutes.

M. Charette : C'est gentil. Merci, M. le Président. À mon tour de revenir sur la question de la Délégation générale

du Québec à Paris. J'ai pris connaissance du

texte dans Le Journal de Montréal comme nous tous ce matin et je

dois vous avouer qu'il y a

plusieurs éléments qui m'inquiètent à la lecture de ce texte, notamment lorsqu'il est question : «Peu

importe les coûts, le Québec ne compte pas

reculer.» C'est toujours inquiétant lorsqu'il n'y a pas de balises précises.

Donc, une première question très

simple : Quel est le montant maximum que le ministère ou le gouvernement a

convenu de payer jusqu'à maintenant pour se doter d'une nouvelle

infrastructure sur le côté de Paris?

Mme St-Pierre :

Bien, si vous lisez les chiffres au PQI, c'est un projet de plus de

50 millions de dollars. Ce que je

peux dire là-dessus, c'est que la phrase «peu importe les coûts»... je

m'excuse, là, mais à un moment donné ce sont les taxes des Québécois et des Québécoises, il n'est pas question pour nous

de partir dans un exercice qui ne serait pas fait de façon rigoureuse. Tout va dépendre, évidemment, du

marché. On a vu que le marché a beaucoup évolué depuis l'année dernière, ce qui veut dire que, possiblement, la Délégation

générale du Québec va être vendue possiblement plus cher que ce qu'on

aurait pu penser, que ce qu'on aurait pu avoir l'année dernière. Il y a

vraiment... ça bouge beaucoup là-bas.

Mais, moi, ce

que je peux vous dire, c'est que ça va être fait dans toutes les normes de

rigueur budgétaire. Et, quand on est

dans un dossier d'infrastructure, on a des chiffres devant nous, on fait faire

des études, on a un dossier d'opportunité et on n'arrivera pas en disant

au premier entrepreneur pour faire les travaux, puis...

Le Président (M. Auger) : Oui,

M. le député de Deux-Montagnes.

M. Charette :

Ma question était très brève, donc j'espérerais aussi des réponses très brèves.

En fait, vous ne m'avez pas rassuré,

en tout respect. Je vous demande le prix maximum, et là vous me parlez du

minimum. Le minimum, c'est ce qu'indique le PQI, c'est-à-dire

50 millions, mais est-ce que ça pourrait être 60 millions? Est-ce que

ça pourrait être 70 millions? Est-ce

que ça pourrait être 80 millions? J'imagine, comme ministère, vous vous

êtes fixé un maximum. Là, on a le

minimum. Quel serait le maximum que le ministère serait prêt à consentir pour

se doter de nouvelles infrastructures?

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre.

Mme St-Pierre :

Nous avons l'intention d'agir de façon très rigoureuse, comme je l'ai dit à

plusieurs reprises depuis le début de

cette commission parlementaire. Nous avons inscrit... c'est inscrit au PQI,

c'est 50 millions de dollars. Nous

allons vendre une bâtisse, qui est la Délégation générale du Québec à Paris, à

la fin de l'exercice. Ça va, évidemment... les chiffres... le calcul va se faire : le coût de la nouvelle Délégation

générale du Québec à Paris, incluant l'équipement multifonctionnel, moins la vente de la Délégation

générale... du bâtiment de la rue Pergolèse, donc c'est simple comme ça, là.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Deux-Montagnes.

M. Charette : C'est simple,

mais pas rassurant. Vous comprendrez que les Québécois peuvent se poser des questions avec une réponse comme celle-ci. Le

maximum n'est pas identifié. Et, en immobilier, il y a un principe qui

est relativement simple, c'est-à-dire ne pas

acheter en période de bulle immobilière. Vous l'avez mentionné à plusieurs

reprises, il y a une bulle, présentement,

sur le côté de l'Europe. Quant à moi, elle n'est pas à elle seule responsable

du fait qu'on passe du simple au

double en termes de montant, comme c'était mentionné. Donc, oui, une bulle

immobilière, mais sans doute pas avec

le dos aussi large pour doubler les budgets par rapport à ce qui avait été

anticipé l'année dernière. Mais, dans tous les cas, acheter en période de bulle immobilière, ce n'est pas une bonne

idée pour une simple et bonne raison, le marché va se stabiliser, et, dans un an, deux ans, sinon

trois, les prix risquent de baisser et sans doute aussi rapidement

qu'ils ont augmenté. Donc, si éventuellement on devait payer 70 millions pour

cette nouvelle infrastructure et que, dans deux

ans, trois ans, cette valeur-là était ramenée à 50 millions, par exemple,

c'est le Québec et le ministère qui seraient grands perdants.

Donc, la

suggestion que je pourrais vous faire à ce moment-ci, c'est : ne

bousculons pas l'échéancier. Déjà que le projet semble avoir été largement modifié sur l'espace d'une année,

laissons le temps au marché de s'adapter, laissons-nous le temps d'évaluer nos besoins pour s'assurer

de payer le prix juste. Mais en n'ayant pas de maximum et en voulant

acheter en période de bulle immobilière, on a les deux facteurs pour une

catastrophe budgétaire annoncée, là, on a tous les éléments pour,

malheureusement, passer à côté d'une occasion qui ne se représentera sans doute

pas dans les mêmes conditions.

Le Président

(M. Auger) : Mme la ministre.

Mme St-Pierre : C'est votre opinion, en tout respect, M. le député. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que nos besoins ont été identifiés. La Délégation générale

du Québec à Paris que nous avons présentement a été analysée sur la pertinence

de restaurer la délégation, parce

qu'elle a quand même

besoin de restauration majeure. C'est un édifice qui date de 1960... qu'on a acheté en 1960, qui n'a eu

à peu près pas de rénovations. Quand je vous disais les

besoins, c'est compte tenu de l'accord de libre-échange Canada-Union

européenne, ça veut dire qu'on va avoir plus... on veut plus d'activités, on veut plus d'activités sur le

continent européen, et on a très bien identifié ce qu'on a besoin en termes

de mètres carrés, on a identifié ce qu'on a

besoin aussi en termes de proximité, parce qu'on se trouve un peu trop

excentriques, et la démarche va se faire de

façon très rigoureuse. Il n'y a rien qui va se faire sans avoir été analysé de

façon rigoureuse, je peux vous en

donner l'assurance. On ne se garrochera pas dans un projet qui va arriver à la

fin du processus comme étant un

projet qui va dépasser complètement les bornes. On va y aller avec les normes,

évidemment, de Paris, les normes de la France et on va travailler de

façon très rigoureuse.

Président (M. Auger) : Je vais permettre une autre question et je

vous rappelle que j'équilibre le temps de la question et la réponse. M.

le député de Deux-Montagnes.

M. Charette :

Merci, M. le Président. On le mentionnait, le dossier des relations internationales, c'est un dossier qui est relativement consensuel au niveau de l'Assemblée nationale, au niveau des différentes formations politiques. La suggestion

que je pourrais vous faire à ce

moment-ci, outre de ne pas bousculer,

ce serait de ne pas engager le Québec, à

quelques mois d'une élection, dans une décision qui devrait engager le prochain

gouvernement, parce

que, bien honnêtement, de notre côté, il y a de sérieuses réserves en fonction des réponses que vous nous avez fournies et des éléments qui sont contenus dans l'article.

Encore une fois, deux sources d'inquiétude de notre côté :

un budget qui ne semble pas bien

délimité et surtout une intention de vouloir acheter en période de bulle

immobilière. Mais, ceci dit, je comprends bien ce que vous mentionnez.

Au niveau des

évaluations qui sont faites, est-ce qu'il y a des dossiers ou des documents que vous seriez

prête à déposer à la commission au niveau

des évaluations de ce qu'aurait pu coûter la mise à niveau de l'actuelle

délégation versus les coûts qui

pourraient être associés à l'achat d'une nouvelle propriété? Est-ce que ce sont

des documents que vous seriez prête à déposer devant la commission?

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre.

Mme St-Pierre :

Non.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Deux-Montagnes.

M. Charette : La réponse, elle

est franche et directe.

Le Président (M. Auger) : On

l'a entendue.

M. Charette : Et pourquoi non?

On parle de deniers publics, on parle d'argent... tout de même de sommes

importantes.

Mme St-Pierre : On va être très transparents sur notre démarche.

On a identifié nos besoins en termes

de mètres carrés, on sait que nous

voulons une infrastructure multidisciplinaire, nous savons que nous voulons

nous rapprocher des lieux de pouvoir, nous nous trouvons trop

excentriques, et nous voulons faire un investissement qui est pour les 25, 30 prochaines années. Alors, il n'y a

personne qui va y aller de façon excitée là-dedans. Ce qu'on va faire, c'est que, lorsque nous aurons trouvé l'endroit où nous voulons nous

installer, nous allons faire les calculs pour voir comment c'est

faisable, et, si ce ne l'est pas, si c'est complètement irresponsable de le

faire, on ne le fera pas.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Deux-Montagnes.

M. Charette : En tout respect, vous m'avez répondu exactement

la même chose qu'à ma question précédente. La question, elle était pourtant fort

simple : Pourquoi refuser le dépôt de pareils documents? Ce n'est

rien pour rassurer, encore une fois, le ou les contribuables qui

seraient à l'écoute cet après-midi.

Ceci dit, toujours

dans une question de gestion, j'aimerais vous amener maintenant

sur le dossier de l'OIF. Il a été aussi

question de transparence ces derniers mois. Il y a le premier ministre du Canada, qui, encore récemment, a pu visiter les bureaux de l'OIF, rencontrer sa secrétaire générale, lui exprimer le souhait d'une

plus grande transparence, également un souhait

que vous avez pu partager par le passé. Je pense que c'est le souhait qui est

partagé de tous ici. Ceci dit, la secrétaire générale, au moment de cette visite récente du premier ministre, a parlé

d'un code de la transparence qui serait proposé aux différents pays et gouvernements membres de la

Francophonie, donc, code qui serait sans doute adopté au moment du prochain sommet. Est-ce qu'à ce moment-ci ce code

ou ces intentions vous ont été partagés? Est-ce que vous avez plus d'information sur les intentions de la secrétaire

générale pour regagner peut-être la confiance qui a été ébranlée en

matière de gestion des deniers de l'OIF?

Président (M. Auger) : Mme la ministre.

St-Pierre : On n'a pas vu de document, mais nous avons

signalé... signifié notre ferme intention

de faire

partie du comité qui va

analyser et bâtir le code. Donc, nous allons être... enfin, c'est notre

souhait, c'est ce que nous avons demandé à l'Organisation internationale

de la Francophonie de faire

partie de ce comité. Comme vous le savez, nous

avons un délégué à l'Organisation internationale de la Francophonie, et c'est

lui qui pourrait siéger sur ce comité.

M. Charette : Parfait. Donc, la demande a été formulée, mais est-ce que

vous avez eu une réponse à ce moment-ci? Est-ce que cette présence est

garantie?

Mme St-Pierre :

À ma connaissance, on n'a pas encore eu la réponse, mais je ne pense pas que ça

va être un problème.

M. Charette : On sait que le premier ministre du Canada a

réitéré une confiance sans équivoque à la secrétaire générale. Est-ce

que cette confiance sans équivoque

est la même de votre côté? Est-ce que, pour vous, c'est un appui qui est déjà

acquis dans l'éventualité du prochain sommet? Peu importe ce que ce code dira,

et ce, peu importe quelles décisions seront

prises, est-ce qu'on peut déjà prendre pour acquis... est-ce que

vous seriez... pour acquis, c'est-à-dire

que vous seriez prête à réitérer votre confiance à l'actuelle secrétaire

générale?

Mme St-Pierre :

Bien, tout d'abord, il n'y a pas de course, c'est clair. Pour le moment, on n'a

pas de nom, il n'y a pas ni d'autre candidat ni candidate. Moi, ce que

je peux vous dire sur le travail de la secrétaire générale, c'est que

nous sommes fiers d'appuyer une Canadienne et une Québécoise qui est à la tête

de l'Organisation internationale de la Francophonie.

le plan de la gouvernance, nous avons exprimé des souhaits, nous avons été

très clairs et très transparents sur ces

souhaits concernant la gouvernance, alors, ça, c'est un aspect. Il y a

l'histoire du code, là, cette idée d'un code, donc on voit qu'il y a quelque

chose qui évolue. Ils vont travailler à l'élaboration d'un document pour faire

en sorte que ça réponde aux questionnements, qui sont très légitimes, de la

part de ceux et celles qui contribuent à l'Organisation internationale de la Francophonie. Nous faisons

partie des plus

importants contributeurs, et l'argent vient des contribuables québécois, donc,

ça, c'est normal.

Pour ce qui est du

reste, bien, je pense qu'en termes d'ouverture, d'égalité entre les hommes et

les femmes, rapprochements vis-à-vis

les jeunes, il y a des choses extraordinaires qui ont été

faites au cours des dernières années, et là-dessus nous sommes très

satisfaits.

Président (M. Auger) :

Désolé, je vais permettre la prochaine question, Mme la

ministre. M. le député de Deux-Montagnes.

M. Charette : En fait, pour rassurer peut-être

la ministre, nous sommes aussi fiers, comme Québécois

et comme Canadiens, d'avoir une

Canadienne à la tête de l'organisation de la Francophonie, mais en même temps

cette nécessité de transparence et de

bonne gestion ne doit pas être diminuée pour autant. On reconnaît qu'il y a du

bon travail qui a été fait, et là

n'est pas la question. C'est une organisation qui a toute son importance, mais

qui fait cruellement défaut lorsqu'il est question de transparence au

niveau des états financiers, notamment. Est-ce que, dans vos exigences auprès

de l'OIF, il y a celle qui voudrait que les états financiers soient dorénavant

rendus publics par l'OIF?

Le Président

(M. Auger) : Mme la ministre.

Mme St-Pierre :

Nous avons fait quelques remarques sur les questions de transparence par

rapport à l'Organisation internationale

de la Francophonie. Nous ne dérogerons pas de cette volonté de faire en sorte

que l'Organisation internationale de la Francophonie soit plus

transparente par rapport à ses dépenses.

Maintenant,

c'est une organisation qui est indépendante. Nous faisons

partie des plus

importants contributeurs, nous

pouvons avoir des exigences et des attentes, surtout des attentes. Et nos

attentes font en sorte que nous voulons siéger au sein du comité qui va

préparer le code de gouvernance.

Le Président

(M. Auger) : 3 min 30 s.

M. Charette :

Vous l'avez mentionné, le Québec est effectivement un des principaux

contributeurs, mais je pense que vous

n'avez pas fait erreur lorsque vous avez, au départ, mentionné «exigences». Je

pense que le mot «exigences» est plus adéquat que le mot «attentes».

Donc, je pense que, pour le Québec, qui est un des importants contributeurs de

l'organisation, exiger une reddition publique des budgets et des états de

compte ne serait pas farfelu.

Donc,

je comprends qu'il y a des attentes de votre côté. Je vous demanderais maintenant

d'avoir des exigences. Est-ce que ça pourrait être formellement une

demande que, tous ensemble, nous adressions cet après-midi à l'OIF, c'est-à-dire de rendre publics ses états

financiers année après année, ne serait-ce que pour mettre en confiance les

États contributeurs, mais également les citoyens des différents pays et

gouvernements membres sur la pertinence de cette organisation? Vous êtes convaincue de sa pertinence, je le suis, je suis

convaincu que nous les sommes tous, mais il y a des gens qui peuvent avoir des doutes, et la meilleure

façon de régler ou de mettre de côté ces

doutes-là, c'est une plus grande transparence et, minimalement, de

rendre publics les états financiers.

Mme St-Pierre : Les états financiers de l'Organisation internationale

de la Francophonie sont analysés à chaque année par... enfin, cette

année, c'était la Cour des comptes du Maroc. Il y a un comité aussi au sein de

l'Organisation internationale de la

Francophonie qui analyse les états financiers. Maintenant, nous, on demande

d'aller faire un pas de plus, c'est-à-dire de voir comment on pourrait avoir un mécanisme de reddition de comptes plus transparent, et je pense que

c'est très bien compris, le message est très bien passé. Et moi,

je suis très confiante qu'on va avoir une formule, à Erevan, qui va

satisfaire l'ensemble des membres de l'Organisation internationale de la

Francophonie.

Le Président (M. Auger) :

1 min 30 s.

M. Charette : Le compromis que l'on pourrait se proposer cet après-midi...

Je comprends que diffuser et rendre public,

ce n'est pas forcément la même chose. Est-ce que vous seriez prête à exiger

minimalement que les gens désireux de consulter,

ne serait-ce que sur place, les états financiers puissent le faire? C'est le

cas dans de petites organisations, c'est le

cas dans de grandes organisations et c'est certainement nécessaire

lorsqu'il est question d'une organisation

internationale qui est financée uniquement à

travers des contributions de pays, de gouvernements, donc, membres. Est-ce

que ça pourrait être le compromis?

Est-ce qu'on pourrait, tous ensemble, cet après-midi, exiger que, pour

ceux et celles qui le souhaitent, ne serait-ce que sur place, consulter

les états financiers en question?

Mme St-Pierre : D'abord,

les rapports annuels sont publics, ça, c'est une chose. Et évidemment il n'y a

pas d'exercice, comme on a ici, d'étude des

crédits. Il y a une commission qui siège, qui analyse les dépenses, et ce

qu'on a demandé à l'Organisation internationale de la Francophonie, c'est de se

doter d'un mécanisme plus transparent, et je pense

que le message a été très bien entendu. Et moi, je suis très confiante que,

lorsque nous allons arriver au prochain sommet de l'Organisation

internationale de la Francophonie, on va avoir un cadre très, très, très clair.

Président (M. Auger) :

Merci. Ce qui met fin à ce bloc. Nous allons maintenant poursuivre avec le

deuxième bloc du gouvernement pour 15 minutes. M. le député de Saint-François.

M. Hardy : Merci,

M. le Président. Je tiens à saluer Mme la ministre et les gens qui l'accompagnent, mes collègues du côté gouvernemental,

du côté de l'opposition officielle et du deuxième bloc d'opposition.

Nous allons,

M. le Président, changer de continent, on s'en va à Cuba. Ça fait que je vais

regarder les relations entre le Québec et Cuba. Après les États-Unis et

le Mexique, Cuba est la troisième destination voyage en importance des Canadiens, qui représentent, par ailleurs, les

premiers visiteurs étrangers de l'île. Environ 40 % du nombre total de

touristes canadiens proviennent du Québec, soit plus de 500 000 Québécois

qui visitent Cuba à chaque année.

Par ailleurs,

les entreprises canadiennes et québécoises disposent d'un statut privilégié

auprès de Cuba, le Canada n'ayant

jamais rompu ses liens diplomatiques avec l'île alors que l'embargo économique,

commercial et financier imposé par

les États-Unis à Cuba se poursuit sous l'ère du président Trump. En parallèle,

Raúl Castro a débuté, à petits pas, un processus

de réforme de l'économie cubaine vers la... libéralisation — c'est un mot que... la langue m'a fourché un

peu dessus. Dans ce contexte, plusieurs pays tentent de se positionner sur le

marché cubain.

À l'occasion

du septième congrès du Parti communiste cubain en avril 2016, Raúl Castro a

annoncé qu'il se retirait à la fin de son mandat, annonçant une

transition politique à la tête de l'État cubain. Les 605 députés de l'Assemblée

nationale et les 1 265 délégués aux

assemblées provinciales ont obtenu l'assentiment de la majorité, soit 50 %

plus un, des citoyens de leurs

circonscriptions respectives. Les députés, dont plus de la moitié feront leur

entrée à l'Assemblée nationale, ont

désigné parmi eux, le 19 avril, les 31 membres du Conseil d'État ainsi que le

président de cet organe exécutif suprême qui succédera à Raúl Castro. Le nouveau président, Miguel Díaz-Canel,

s'est engagé à poursuivre l'actualisation du modèle économique lancé par son prédécesseur. Le

développement des relations plus soutenues entre le Québec et Cuba s'inscrit

dans la volonté de chacun de diversifier leurs partenariats internationaux

alors que le gouvernement cubain oeuvre à actualiser son système économique et

social et que le Québec souhaite renforcer sa capacité d'action et d'influence internationale. La première mission du premier ministre du Québec à Cuba, en septembre 2016, a permis d'établir

des liens directs avec les plus hauts

dirigeants du pays, en plus de stimuler les relations économiques

et d'appuyer les démarches d'entreprises

québécoises. La ministre

des Relations internationales a signé

à cette occasion une déclaration

commune de coopération, et, dans cet esprit,

un premier appel de projets de coopération Québec-Cuba a été lancé. Je

reviendrai sur ce sujet dans quelques instants.

En février

dernier, la ministre des Relations internationales effectuait une nouvelle

mission à Cuba à l'occasion de la

Foire internationale du livre de La Havane, accompagnée de 32 auteurs, éditeurs

et artistes québécois. Cette mission a permis

également de consolider les relations politiques avec Cuba et de poursuivre les

démarches visant l'ouverture de notre représentation

à La Havane. Le Bureau du Québec à La Havane a débuté ses opérations

en septembre 2017. La ministre

a effectué une mission à Cuba afin de

procéder à l'inauguration officielle du bureau. Je vous vois ici en coupant le

ruban, accompagnée de

Mme Paquette-Côté, qui est la directrice générale, je crois, de la

maison... du bureau de Cuba. Et puis, disons, selon elle, selon

Mme Paquette-Côté, plusieurs secteurs sont prometteurs, tels que les

transports, les énergies renouvelables et

l'agroalimentaire, un domaine où il existe une forte demande, notamment

pour approvisionner le marché touristique

cubain. Et puis ce bureau-là a commencé ses activités le 6 septembre 2017

avec l'arrivée en poste de Mme Paquette à

titre de directrice, que

vous aviez déjà mentionné dans un communiqué.

La présence

du Bureau du Québec à La Havane, comme je vous ai dit, a débuté

ses opérations en septembre 2017. Quand vous êtes allée à Cuba, vous

vous êtes entretenue avec de nombreux partenaires cubains d'importance, dont le

ministre du Commerce extérieur et l'Investissement étranger, M. Rodrigo

Malmierca Díaz, au sujet de la mise en oeuvre de la Déclaration commune de coopération Québec-Cuba.

La présence du Québec à Cuba permet de poursuivre le développement d'un réseau de partenaires

influents, de saisir les opportunités d'identifier plus facilement les niches

de collaboration intéressantes. Ici, je regardais dans un communiqué que les

affaires sont très bonnes. Disons que Terracam, une filiale cubaine du Groupe Lussier, a augmenté son chiffre

d'affaires de 100 % dans les

cinq derniers mois et contribue pour 10 % à un chiffre d'affaires

de 200 millions de dollars pour l'entreprise de Sainte-Julie, au Québec,

donc c'est bien.

Et aussi, en novembre dernier, le Québec est

devenu la seule province à ouvrir un bureau à La Havane. Sa représentante,

Mme Paquette-Côté, priorise le commerce et les investissements, mais ne

néglige pas pour autant les échanges culturels entre Québec et Cuba.

Donc, comme

j'indiquais plus tôt, il y a eu des appels de projets pour Québec-Cuba. L'appel

de projets a été lancé le 1er

novembre dernier lors de la mission de la ministre à La Havane et à

l'occasion de l'inauguration officielle du Bureau du Québec à La Havane. Il s'agit là du

deuxième appel de projets pour Québec-Cuba. À la suite de discussions avec

les parties cubaines, il a été convenu que

cette édition sera ouverte à tous les secteurs, en accordant une priorité à

ceux ciblés par la Déclaration

commune de coopération Québec-Cuba. On parle de recherche, de science,

d'innovation, de développement durable, etc. Il me reste combien de

temps, monsieur?

Le Président (M. Auger) : Huit

minutes.

M. Hardy :

Huit minutes. Ayant pris fin le 22 décembre 2017, l'appel de projets a suscité

le dépôt de 20 dossiers, dont 16 ont

retenu l'attention des évaluateurs de par leur qualité et la possibilité de

retombées concrètes qu'ils représentaient. Les critères d'évaluation sur

lesquels s'est appuyé le comité conjoint sont les suivants : premièrement,

renforcer les échanges institutionnels entre

Québec et Cuba, encourager le partage des expertises et le développement de

partenaires durables, favoriser une

connaissance et une compréhension plus fine des deux sociétés, augmenter la

mobilité internationale des travailleurs, des jeunes, des chercheurs,

des entrepreneurs, des artistes et des étudiants. En outre, une attention particulière a été accordée aux principes québécois

de développement durable ainsi qu'à la réalisation d'au moins une priorité de la politique internationale du Québec.

Donc, les 16 projets qui ont été retenus, je les ai ici, mais là, moi, je

n'en ferai pas la nomenclature. Si vous voulez le faire, Mme la ministre, vous

pourriez le faire.

Donc, M. le Président, j'aimerais demander à Mme la

ministre d'élaborer peut-être

encore un petit peu plus sur la relation Québec-Cuba. Et pouvez-vous

nous donner des exemples concrets de collaboration entre Québec et Cuba?

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre, en vous rappelant qu'il reste six minutes au bloc d'échange.

Mme St-Pierre : Oui. Merci beaucoup. C'est un sujet qui, évidemment,

m'allume énormément, parce

que cette idée d'avoir un bureau à

Cuba, je la caressais et je me disais : Saisissons l'occasion. Les

relations diplomatiques avec les États-Unis avaient été rétablies, et, comme il y a énormément

de Québécois qui vont à Cuba à chaque année, il y a une relation qui s'est établie depuis des années et des années avec cette

île. Et je pense qu'il y a aussi des

secteurs pour lesquels on peut avoir

une excellente collaboration. Vous en avez mentionné quelques-uns, dont

l'agroalimentaire. Notre modèle coopératif au Québec les intéresse

énormément.

Il y a aussi toute la question du tourisme. On

le sait, c'est une île qui accueille énormément de touristes, et il y a eu un accord — vous me demandiez des exemples — avec notre institut d'hôtellerie et du

tourisme et l'équivalent là-bas pour faire de la formation dans le

domaine touristique. Alors, ça, c'est un secteur qui a vraiment énormément d'avenir et qui peut être développé facilement. Je

pense aussi que la relation, elle s'est établie assez rapidement. On a

pu faire les premières démarches il y a à

peine deux ans, et déjà on a notre représentation là-bas. On a eu l'aide,

évidemment, du gouvernement fédéral, et nous

sommes établis dans l'ambassade du Canada là-bas. Cependant, nous voulons, bien

sûr, faire nos choses à notre manière et

développer des créneaux : agroalimentaire — notre mouvement coopératif les

intéresse énormément — le

secteur du tourisme.

Vous avez

parlé de Terracam. C'est une entreprise qui fait affaire avec l'île depuis 20

ans, une vingtaine d'années. C'est

une entreprise qui fait du recyclage de camions, d'autobus et d'ambulances et

c'est une entreprise qui a établi une très

belle relation là-bas, mais avec l'ouverture que nous avons eue, l'ouverture du

bureau, on a vu que — Mme Lussier l'a dit d'ailleurs dans un reportage récemment — leur

chiffre d'affaires a augmenté. Ils ont ouvert un bureau officiellement là-bas. Ils veulent aller dans le port de Mariel

ouvrir un équipement où ils vont amener des pièces de rechange, puis ça peut être comme un endroit qui serait peut-être

comme un garage où ils pourront aller faire des réparations mécaniques.

Donc, il y a

des choses vraiment intéressantes qui se font. Je pense que c'est quelque chose

qui va s'établir en profondeur. Mais,

bien sûr, le régime reste un régime qui s'en va vers une économie plus

socialiste. Ils n'iront pas vers... je

ne pense pas qu'ils vont aller vers une économie capitaliste, mais ils sont en

forme... il y a des grands changements qui s'opèrent dans l'île. C'est une population très éduquée, c'est une

population, dans le domaine des sciences de la santé, qui... c'est ça, c'est un endroit, dans le domaine

des sciences de la santé, qui est très avancé, dans le domaine de la

recherche, aussi, scientifique, notamment en

neurologie. On a fait des ententes avec l'institut de neurologie là-bas, il y a

des ententes de coopération en

recherche. Donc, c'est très intéressant, ce n'est pas loin, il y a des petites

et moyennes entreprises ici qui peuvent

développer des créneaux là-bas. C'est clair que l'embargo est toujours un frein

énorme parce que l'embargo peut vouloir

dire, pour des entreprises, d'avoir des représailles si elles vont faire

affaire, par exemple, sur le territoire américain, mais il y a beaucoup de petites et moyennes

entreprises au Québec qui manifestent leur intérêt. Alors, je pense que

c'est une bonne chose, et le fait d'avoir

notre présence concrètement là-bas, ça envoie un excellent message aussi non

seulement aux autorités gouvernementales

là-bas, mais aussi aux entreprises ici qui veulent un accompagnement. Ça veut

dire qu'il y a

un numéro de téléphone et une adresse, il y a des gens qui peuvent les aider,

des gens qui peuvent les guider. Je pense que j'ai pas mal fait mon...

Le Président (M. Auger) : Deux

minutes.

M. Hardy :

J'ai peut-être une autre petite question d'intérêt... La sécurité des gens, de

nos gens qui sont là-bas, il n'y a

aucun problème? Parce qu'il y a eu, disons, des décibels, là, que les... pour

les oreilles, l'ambassade a rappelé ses gens. Est-ce que les gens sont

revenus ici?

Mme St-Pierre :

C'est la même situation pour nous. Notre représentante, puisqu'elle avait une

famille, des enfants et un époux

là-bas, elle a été également rappelée. Elle va cependant y aller de temps en

temps comme représentante, mais elle

a été rapatriée, puisque c'est maintenant un poste... ce sont des postes sans

accompagnement. Alors, le gouvernement fédéral...

le gouvernement canadien n'a pas fermé l'ambassade, mais il a décrété que les

diplomates là-bas, ce sont des diplomates qui sont... on appelle ça «non

accompagnés». Donc, les autorités cubaines collaborent à l'enquête sur ce phénomène, ce qui s'est produit. Donc, nous, ce

qu'on va faire, c'est que, pour les prochains mois, notre représentante

va y aller de façon ponctuelle, et ensuite

on va recruter quelqu'un qui va accepter d'y aller en étant non accompagné.

Mais on ne fermera pas notre bureau, on va essayer de faire des embauches, de

recruter des locaux là-bas.

M. Hardy : Merci, Mme la

ministre.

Le Président (M. Auger) : Il

resterait une minute. On peut la reporter au prochain bloc.

M. Hardy : Vous pouvez la

reporter.

Président (M. Auger) : Avec plaisir. Donc, deuxième bloc de

l'opposition officielle pour 15 min 30 s.

M. le député de Verchères.

M. Bergeron : Si vous

me le permettez, M. le Président, je vais poursuivre sur le point qui, à la

toute fin, a retenu l'attention de

notre collègue du deuxième groupe de l'opposition, c'est-à-dire la direction de

l'Organisation internationale de la

Francophonie, mais sous un angle un peu différent. Comme vous le savez,

l'Afrique est le continent émergent. C'est le continent émergent à plusieurs égards, sur le plan démographique. C'est

le continent émergent pour l'avenir de la langue française à travers le monde. C'est le continent émergent sur le plan

économique, compte tenu des ressources considérables que recèle le

continent. Et donc il faut investir énormément de nos efforts, de nos énergies

vers l'Afrique.

Or, on se

souviendra qu'au moment de la nomination de Michaëlle Jean, l'Afrique

considérait qu'il aurait... qu'elle aurait

dû... les pays africains considéraient qu'ils auraient dû... qu'il aurait été de mise, à tout le moins, que le prochain ou la

prochaine secrétaire générale de

l'OIF soit originaire du continent.

Par un jeu de tractation sur lequel je ne peux pas m'épancher ici, on en est venu à la nomination

de Michaëlle Jean. Sa nomination a et continue de faire grincer des dents

en Afrique, on l'a vu, là, dans un reportage

récent, où on estime que la désaffection, que la perte d'influence de l'OIF

lui est directement imputable, entre autres de par sa gestion pour le moins

erratique, opaque et par ses frasques dépensières.

On se

retrouvera éventuellement dans une situation où il nous faudra prendre une

décision pour la suite au niveau de l'OIF. Comme mon collègue

l'évoquait, le gouvernement du Canada a fermement pris fait et cause en faveur

du renouvellement du mandat de l'actuelle

secrétaire générale. Dans l'intérêt de l'organisation, dans l'intérêt des

relations du Québec avec l'Afrique, ne serait-il pas de mise de réévaluer

l'appui que le Québec a pu donner à la candidature de Michaëlle Jean

lorsque viendra le temps de renouveler son mandat?

Mme St-Pierre :

Nous continuons de donner notre appui à la secrétaire générale parce que, sur

différents sujets concernant l'Organisation internationale de la

Francophonie, les choses ont progressé. Moi, je pense à toute la notion d'égalité hommes-femmes. L'arrivée d'une femme à

la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie a envoyé un

message très puissant aux femmes de la francophonie.

Deuxièmement,

si on regarde la question de rapprochement, également, avec les jeunes, les

jeunes se sentent... Mme la

secrétaire générale est très sur le terrain et va vraiment... et elle est très

ouverte aux projets des jeunes, à ce que les jeunes amènent comme énergie à l'Organisation internationale de la

Francophonie. Je peux vous dire, sur le plan de la...

M. Bergeron : ...voyager par

grand voilier à nos frais, oui, en fait, entre autres.

Mme St-Pierre :

Ce que je peux vous dire, par contre, sur la question de l'administration, on a

remarqué... on a vu des choses pour

lesquelles on s'est dit : Bien, il faudrait peut-être aussi changer la

façon de rendre publiques certaines dépenses.

Et il y a des redditions de comptes qui se font, il y a des commissions, nous

siégeons sur les commissions. Mais ce qu'on

souhaite, et on l'a dit clairement, puis on l'a dit publiquement, puis on ne se

dédit pas là-dessus, nous souhaitons qu'il y ait peut-être une nouvelle façon de faire, une nouvelle approche, un

nouveau modèle et nous sommes très disposés à aider l'Organisation

internationale de la Francophonie dans ce sens.

Pour

ce qui est de la question que vous avez posée dans votre préambule, vous avez

parlé de l'accession de Mme Jean

à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie, je vous rappelle

que les pays africains n'avaient pas de

candidature commune, et c'est comme... et il y a eu des débats. C'est un

consensus autour de la table. Le consensus s'est fait autour de la secrétaire générale, et on

a fait campagne en sa faveur. On a vu un ancien premier ministre du

Québec qui est allé en France faire campagne

contre une Québécoise, contre une Canadienne pour cette accession à

l'Organisation internationale de la

Francophonie. Nous, nous continuons d'appuyer une Québécoise à la tête de

l'Organisation internationale de la

Francophonie. Et cependant nous avons été très clairs sur comment nous voulons

que... sur la question de la gestion, la façon de faire pour peut-être

adopter un autre modèle.

Le Président

(M. Auger) : M. le député de Verchères.

Bergeron : Est-ce que je comprends... très rapidement, parce qu'on

n'épiloguera pas indéfiniment sur cette question-là, mais est-ce que je dois comprendre de votre réponse

qu'advenant... quand viendra le temps de renouveler le mandat de la secrétaire générale de l'OIF, compte

tenu des critiques qui lui sont adressées dans le continent africain, si

les pays membres de l'OIF du continent

africain devaient s'entendre sur une candidature commune, vous

continueriez d'appuyer, malgré tout, la

candidature de Michaëlle Jean contre ce candidat commun ou cette candidature commune

du continent africain pour le secrétariat général de l'OIF?

Le Président

(M. Auger) : Mme la ministre.

Mme St-Pierre :

Vous interprétez mes paroles. Tout d'abord, la question ne se pose pas parce

qu'il n'y a pas de course à la direction

de l'Organisation internationale de la Francophonie. Et ce que je peux vous

dire là-dessus, c'est qu'à la fin...

je vais utiliser un anglicisme, à la fin de la journée, tout se fait par

consensus, il n'y a pas de vote à l'Organisation internationale de la

Francophonie. Lorsque le sommet a lieu, il y a trois étapes au sommet : il

y a les sherpas qui se rencontrent, il y a

les ministres responsables du dossier de la francophonie et il y a les chefs

d'État et de gouvernement, et c'est comme ça que ça fonctionne, et ça se

termine par un consensus. Il y a eu un consensus, la France s'est jointe à ce

consensus autour de Mme Jean lors du sommet de Dakar. Et les choses se

font par consensus. Ce n'est pas une...

M. Bergeron :

Si le continent africain, lors d'une prochaine nomination, devait arriver avec

une candidature commune, ce que vous nous

dites, c'est que vous continueriez d'appuyer la candidature de Michaëlle Jean,

à ce moment-là.

Mme St-Pierre :

On va continuer des discussions. Pour nous, c'est clair que la secrétaire

générale fait un travail très

important, et le message auprès des femmes, le message sur l'égalité entre les

hommes et les femmes, moi, je le trouve fort. Et d'avoir une femme à la tête de l'Organisation internationale de

la Francophonie, ça envoyait un message puissant aux femmes, pas uniquement les femmes canadiennes, pas uniquement les

femmes françaises, mais également les femmes africaines.

M. Bergeron :

Si les pays africains devaient arriver avec une candidature féminine?

Mme St-Pierre :

Vous êtes dans les hypothèses, les hypothèses, les hypothèses. Ce que je peux

vous dire, c'est que, pour le moment, la question ne se pose pas, puis

on va voir la suite des choses.

Le Président

(M. Auger) : 7 min 45 s.

M. Bergeron :

Puisqu'il est question d'Afrique, l'année dernière, lors de l'étude des

crédits, vous nous avez dit que la délégation à Dakar était la tête de

pont de la représentation du Québec en Afrique. Entre-temps, vous avez ouvert à

Abidjan. Est-ce qu'il y a d'autres projets

sous peu? Parce que vous nous avez donné la liste — je m'excuse, je n'ai pas eu le temps de la prendre en note — vous nous avez parlé d'Hanoi, Guadalajara,

mais il n'y avait pas d'autres villes africaines, à ce que j'ai compris.

Mme St-Pierre :

Oui, on s'en va en Afrique du Nord, au Maroc très prochainement. On est en

discussion avec le gouvernement marocain. Les discussions vont très

bien, et très prochainement on va ouvrir un bureau à Rabat.

M. Bergeron : À Rabat. Donc, Rabat, Hanoi, Guadalajara, puis il y avait

quoi aussi? Est-ce que c'est les seules qui sont prévues, en termes

d'ouvertures? Vous avez donné la liste tout à l'heure, je n'ai juste pas eu le

temps de la prendre en note.

Mme St-Pierre :

Il y a Tel-Aviv... Tel-Aviv, Singapour. En fait, on change un peu... on s'en va

dans tous les continents, là, mais, si on

reste sur le continent africain, ça sera trois représentations. On souhaite que

Dakar devienne une délégation générale, bureau à Abidjan et bureau en

Afrique du Nord, au Maroc.

M. Bergeron :

Excellent. Pendant qu'on met beaucoup d'emphase sur l'Afrique, on constate qu'il

y a une apparente désaffection à l'égard de

l'Asie. Il y a eu fermeture du bureau de Hong Kong, et on

constate que les budgets pour l'Asie

sont au plus bas. On prend l'exemple du bureau de Tokyo, qui a vu son budget

diminuer de 10 % — et vous avez à côté de vous quelqu'un qui est particulièrement intéressé par ce

qu'il se passe à Tokyo — comment est-ce qu'on peut expliquer ça?

Mme St-Pierre :

Les budgets sont établis en fonction de comment on veut... en fonction de nos

priorités, mais aussi en fonction de

notre agilité. Si on décide d'ouvrir à un endroit... bien, c'est-à-dire, il

faut être capables de le financer, et

je pense que, si Tokyo... Tokyo fait un excellent travail et Tokyo est capable

de faire le travail avec le budget qu'on lui accorde.

Il y a aussi... il peut y avoir des fluctuations

par rapport au taux de change, là. Peut-être que M. le... mon

sous-ministre... pas mon sous-ministre, mais le sous-ministre pourrait en dire

davantage, si vous le... C'est M. Robert Keating.

Président (M. Auger) : J'ai besoin d'un consentement. Est-ce

qu'il y a consentement pour l'intervention? Consentement. Votre nom,

votre titre, et par la suite vous pourrez continuer la réponse.

M. Keating

(Robert) : Bonjour, M. le Président. Robert Keating, je suis

sous-ministre au ministère des Relations internationales et de la

Francophonie.

Dans le cas

de Tokyo, il faut... vous avez absolument raison, Mme la ministre, il y a des

questions de devises, alors, ça,

c'est un élément, et aussi un renouvellement du personnel à Tokyo. Il y avait

beaucoup de gens qui étaient là depuis

de très nombreuses années. J'ai connu un attaché commercial qui était là depuis

25 ans, M. Inagaki, qui a quitté ses

fonctions. Alors, vous voyez, donc, on rajeunit le personnel, mais

automatiquement on diminue les salaires aussi. Donc, cette diminution

vient tenir compte du fait que le personnel est beaucoup plus jeune à l'heure

actuelle, donc on paie moins de salaires.

M. Bergeron :

La ministre avait commencé sa réponse en disant «en fonction de nos priorités».

Je comprends donc que l'Asie n'est pas moins prioritaire pour le gouvernement?

Mme St-Pierre :

L'Asie est tout à fait prioritaire, puisqu'on veut ouvrir à Singapour, on ouvre

au Viêt Nam également. Alors, c'est l'Asie, là.

M. Bergeron :

C'est bon. Je vais revenir sur le cas des infirmières françaises qui se sont

installées au Québec avant

2014. On a longuement échangé, l'année dernière, sur cette question. Que je

sache, il y a bien peu de choses qui, depuis un an, ont évolué. Il y a

encore un certain nombre d'institutions hospitalières qui se traînent les pieds

dans ce dossier-là. Le ministre Barrette a

dit... le ministre de la Santé — pardon, M. le Président — a dit, en décembre dernier, qu'il renvoyait la balle... en fait, il a renvoyé la balle dans le camp

des hôpitaux, peu étonnant, mais ce qu'on nous dit, du côté des hôpitaux, c'est que, si on n'a pas les

ressources additionnelles requises pour augmenter la rémunération, on ne

peut pas augmenter la rémunération. Alors,

c'est un peu le jeu du chat et de la souris ou de l'oeuf ou la poule. Est-ce

que ça relève du ministère de la Santé et

des Services sociaux, est-ce que ça relève des hôpitaux ou est-ce que ça ne

relève pas d'une volonté politique du

gouvernement de régler une situation qui a été signalée à son attention par

l'ex-premier ministre Valls, par l'ex-président Hollande? Quand est-ce

qu'on va finir par régler ce dossier-là?

Mme St-Pierre :

Bien, le message a été clair, c'est les établissements qui doivent rétablir la

situation, puis les établissements

doivent le faire dans leur cadre budgétaire. Alors, la décision ne relève pas

de nous, mais la décision relève des

établissements. Nous, ce que nous encourageons, c'est que les établissements

puissent donner, évidemment, le maximum. Ces établissements-là ont des

décisions à prendre, et la décision revient aux établissements.

M. Bergeron :

C'est une question de volonté politique, je suis désolé, là. Je veux dire,

maintenant qu'on est dans les plaines verdoyantes puis qu'on n'est plus dans l'austérité, on ne

peut pas simplement renvoyer la question aux hôpitaux puis dire :

Arrangez-vous avec les budgets que vous avez. Ils sont déjà insuffisants, les

budgets de nos institutions hospitalières, vous le savez, et là ça nous fait

mal paraître à l'égard de nos amis français, qui vous ont fait le message à deux reprises à travers l'ex-premier ministre

Valls, à travers l'ex-premier ministre Hollande. Il va falloir qu'on

règle ça puis qu'on arrête d'en parler à

chaque étude de crédits année après année. Est-ce que c'est un problème...

On en parlait également concernant les médecins, concernant les

vétérinaires. Est-ce que c'est simplement un problème corporatif qu'il faudra qu'on règle à travers... de

façon législative? Je vous ai

offert, à cet égard, ma collaboration l'année dernière. Je vous réitère ma collaboration. Mais il faut

qu'on cesse de parler de ce dossier-là année

après année puis qu'on le

règle une fois pour toutes.

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre, 1 min 30 s.

Mme St-Pierre :

Bien, c'est un sujet, tout d'abord, qui n'a pas été abordé... Je n'étais pas

présente lors de la rencontre entre M. le premier ministre et M. Macron, mais j'étais présente lors de

la rencontre avec M. le premier

ministre français, et cette question-là n'a pas été

abordée. Alors, lorsque vous dites que la question est continuellement

abordée, elle n'est pas abordée. Nous, ce que nous avons dit, c'est que les...

M. Bergeron : Le

premier ministre Valls l'avait abordé lors de son voyage.

Mme St-Pierre :

Oui, ça, je m'en souviens très bien.

M. Bergeron :

Absolument.

Mme St-Pierre : Mais ce que je vous dis, c'est que nous, nous

avons donné le message. J'ai envoyé le message aux établissements de faire en sorte que les infirmières françaises

soient traitées sur le même pied d'égalité que les infirmières québécoises

en ce qui regarde leur scolarité. Maintenant, il y a

des conventions collectives, et je pense que ça relève des conventions collectives. Et, si un employé se sent lésé dans son milieu de travail par rapport à ses conditions financières, j'ai été moi-même assez longtemps une déléguée syndicale pour savoir qu'il y a des moyens qui peuvent être utilisés

pour aller faire valoir ses droits.

Le Président (M. Auger) :

30 secondes.

M. Bergeron :

Vous le reportez.

Le Président (M. Auger) : On va

le reporter, bien sûr. Donc, troisième bloc du gouvernement. M. le député

d'Ungava, pour 15 minutes.

M. Boucher : Alors, merci

beaucoup, M. le Président. Bon après-midi ou bonne fin d'après-midi à Mme la ministre. Je peux vous dire que partout où vous

passez, Mme la ministre, vous nous rendez fiers de vous, puis c'est

toujours un plaisir de lire de vos nouvelles

et de vous suivre, là, soit à travers l'actualité ou sur Facebook. Pour moi,

c'est un plaisir et un honneur de siéger au côté de vous.

Ceci étant

dit, je vais vous parler d'un dossier qui me tient à coeur, la jeunesse,

premièrement parce que je suis jeune,

moi-même. Pas si mal, presque personne n'a ri, donc ça a bien passé, c'est bien

parti. Mais plus sérieusement, vous savez,

souvent, dans les nouvelles, ou dans les discussions, ou, peu importe, dans les

journaux, il y a des tendances parfois à

désaffecter ou rejeter la jeunesse, hein? La jeunesse, quand on... Moi, j'ai

toujours pour mon dire, quand on commence à dire que c'était bien mieux dans mon temps, c'est peut-être parce

qu'on commence à être vieux. Juger la jeunesse, «ils ne sont pas comme ci, ils sont trop comme ça»...

Personnellement, je trouve que les jeunes d'aujourd'hui sont éveillés, cultivés, renseignés, innovateurs, puis je suis

plein d'admiration pour eux autres, puis je pense qu'on doit être là pour

leur donner un petit coup de main puis peut-être, des fois, juste la petite

poussée qu'ils ont besoin, là, pour atteindre leurs objectifs.

Moi, dans mon

comté, la jeunesse, c'est important. Vous savez que, bon, le comté d'Ungava, ce

n'est pas un gros secret, la

communauté crie, inuite et la communauté des Jamésiens... chez les Cris et les

Inuits, 60 % de la population a en bas de 25 ans, donc la pyramide des âges est complètement inversée

par rapport au reste du Québec. C'est tous des jeunes, là, qui se prennent en main, qui sont innovateurs,

des jeunes leaders de demain, qu'on peut dire. Et puis, à travers ça,

bien, le gouvernement du Québec a adopté des

politiques, là, bon, qui ne s'appliquent pas seulement aux jeunes du Nord,

vous allez me dire, mais qui sont quand même...

les jeunes du Nord sont quand même inclus dans ça, une politique, bon,

pour avoir des objectifs autour de la jeunesse.

J'aimerais,

Mme la ministre, dans un premier temps, que vous me décriviez un peu... Bon,

concernant l'entrepreneuriat, par

exemple, on parle d'encourager la culture entrepreneuriale chez les jeunes,

soutenir le démarrage d'entreprises

par des jeunes, faciliter la reprise d'entreprise. Puis c'est souvent un

problème, Mme la ministre, bon, parfois, le père ou, en tout cas, la personne, le propriétaire de l'entreprise a

son garçon, ou sa fille, ou ses garçons, ou ses filles qui vont

reprendre la relève, mais parfois il y a des entreprises où il n'y a pas de

relève. Et puis c'est arrivé de voir des entreprises

qui étaient quand même florissantes puis qui doivent carrément procéder à la

fermeture parce que le propriétaire décide

que, bon, c'en est assez pour lui, là, il veut prendre une retraite bien

méritée puis il ne réussit pas à passer la main, souvent, à un jeune qui ne demanderait pas mieux, mais qui n'a peut-être

pas les outils pour le faire. Donc, faciliter la reprise d'entreprise, c'est quelque chose d'important, soutenir, bon,

les jeunes entrepreneurs agricoles aussi puis faciliter l'accès des jeunes aux lieux décisionnels pour

préparer la relève. On a des programmes... bon, qu'on parle du programme

Créneau carrefour jeunesse, le Défi

OSEntreprendre, ça... pardon, que je soutiens, d'ailleurs, à travers mon

soutien à l'action bénévole dans mon

coin, chez nous, qui s'adresse autant à des jeunes du primaire, secondaire,

aller jusqu'à l'université, que de

jeunes entrepreneurs qui veulent démarrer leur entreprise puis en faire leur

gagne-pain puis leur milieu de travail, la Fondation de l'entrepreneurship, le Regroupement des jeunes chambres de

commerce et puis, en terminant, Les Offices jeunesse internationaux du

Québec.

Alors,

parlez-moi de ça un petit peu, là, les politiques du gouvernement par rapport

aux jeunes puis pour venir en aide aux jeunes.

Mme St-Pierre :

Bien, je suis très contente d'aborder ce sujet parce que la jeunesse est une

partie importante de l'action du

ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Nous avons Les

Offices jeunesse — M. Robitaille est ici, puis je vais peut-être, si vous me permettez, lui passer la

parole pour expliquer comment, vraiment, on se déploie et on se développe davantage dans ce

secteur-là — et il y

a aussi, également, les programmes de Québec sans frontières, qui sont des stages de coopération internationale

qui sont accordés à des jeunes qui veulent aller dans des pays émergents

pour aller chercher une expérience puis

aussi apporter leur expertise. Donc, ça, c'est fort intéressant. Moi, ce que je

vous dis, c'est qu'il y a vraiment un engouement très fort.

L'Office

franco-québécois pour la jeunesse célèbre ses 50 ans cette année. J'ai été

moi-même une stagiaire de l'Office

franco-québécois pour la jeunesse dans mon jeune temps, et c'est une expérience

qui est extraordinaire parce que ça

ouvre les horizons. Et aujourd'hui il y a un appétit pour les relations

internationales, il y a un appétit pour l'international, les jeunes ne voient plus

de frontières. Et évidemment nous, on se dit : Bien, il faut offrir le

plus possible... Et l'organisation que

dirige M. Robitaille, bien, c'est une organisation qui est capable de

s'adapter facilement aux changements, les nouvelles technologies, l'innovation. Les jeunes, les

entrepreneurs, les étudiants, les artistes, également ceux et celles qui

décrochent et qui ne voient plus d'avenir

devant eux, bien, on a aussi la possibilité de les amener dans des expériences

qui vont les remettre peut-être — et même, on voit de très,

très beaux succès — dans

le droit chemin.

Alors, on a

développé, au fil des ans... et ça, c'est indépendamment, là, des

gouvernements, il y a eu une volonté de vraiment enrichir l'offre jeunesse. Et nous, on a décidé d'accélérer,

d'en donner encore plus parce que c'est tellement, tellement, tellement enrichissant. Et il y a un

volet aussi qu'on a décidé d'aborder parce que c'est dans l'air du

temps, c'est-à-dire on entend beaucoup

parler, dans l'actualité, de toutes les questions #metoo, agressions sexuelles,

harcèlement sexuel, et on veut que les

jeunes qu'on envoie en stage soient aussi accompagnés sur ces questions-là. Et

on va mettre des mécanismes en place

pour qu'ils aient des outils, s'il arrive des problèmes, des situations, pour

qu'ils aient des outils pour être

capables d'immédiatement dénoncer. Et nous, on aura les ressources pour les

accompagner s'il arrive des situations comme celles-là.

Est-ce que vous permettriez que je donne la

parole à notre...

Président (M. Auger) : Avec consentement. J'ai besoin d'un

consentement. Est-ce qu'il y a consentement pour l'intervention?

Consentement. Votre nom, votre titre, et par la suite vous pourrez continuer la

réponse.

M. Robitaille

(Michel) : Oui. Michel

Robitaille, président-directeur général des Offices jeunesse

internationaux du Québec.

Alors, comme la ministre l'a dit, Les Offices

jeunesse internationaux du Québec ont une progression assez fulgurante depuis quelques années. L'an dernier,

on a permis à 4 720 jeunes Québécois, Québécoises d'aller dans 92

pays, et on note une augmentation marquée de

jeunes entrepreneurs. Par exemple, il y a une politique gouvernementale maintenant qui demande, lors de missions

commerciales du premier ministre ou de ministres, d'avoir au moins 10 %

de jeunes qui sont âgés de 35 ans ou moins, donc beaucoup d'entrepreneurs.

On a parlé de Cuba tout à l'heure. À Cuba, notamment, on a envoyé une

délégation de jeunes entrepreneurs.

Également,

nous avons organisé, l'an dernier, la Grande rencontre des jeunes entrepreneurs

du monde francophone, en collaboration avec la Jeune Chambre de commerce

de Montréal, où on a réuni 600 jeunes entrepreneurs pour du maillage, pour que les jeunes — on avait une délégation de 102 jeunes

entrepreneurs provenant de 21 pays de la francophonie — puissent

découvrir le tissu entrepreneurial du Québec afin de favoriser les maillages. À

partir de cette rencontre-là, on a

identifié une opportunité pour des femmes entrepreneures, alors on a envoyé une

douzaine de femmes entrepreneures en

Roumanie pour assister à une grande rencontre des femmes entrepreneures de la

francophonie. Donc, c'est quelque chose de permanent dans nos priorités.

Et avec la

loi n° 139 qui a été adoptée juste avant les fêtes, on commence une

mobilité interprovinciale et intra-Québec

qui vient ajouter des opportunités en mobilité aux jeunes, parce que, jusqu'à

l'adoption de cette loi, nous ne faisions que de la mobilité internationale, mais il y a des grandes opportunités

également dans les autres provinces canadiennes au niveau de

l'entrepreneuriat et des autres secteurs également. Et même rapprocher des jeunes

qui sont, par exemple, à Sept-Îles qui

voudraient aller à une foire commerciale en Abitibi, on sait, ça coûte plus

cher que partir de Montréal, aller à Paris. Donc, notre volonté, c'est

vraiment de favoriser l'expansion et les échanges en matière d'entrepreneuriat,

et la mobilité internationale est souvent source de naissance d'entreprises.

On parle

beaucoup de Nicolas Duvernois depuis quelque temps, et Nicolas Duvernois a fait

son premier voyage avec nous en

France lorsqu'il pensait à créer, donc, sa compagnie Pur Vodka, vous

connaissez. Et on pourrait en nommer plusieurs

autres, de jeunes entrepreneurs qui sont allés voir les meilleures pratiques

dans leurs secteurs, beaucoup dans l'agroalimentaire,

on l'a vu dans les microbrasseries, par exemple, avec la mobilité avec la

Belgique il y a quelques années. Alors,

ces partenariats qui sont créés viennent favoriser l'éclosion de nouvelles

compagnies, de partenariats parce que, lors de la Grande rencontre des jeunes entrepreneurs du monde francophone, on

a créé un réseau, un cyberréseau de jeunes entrepreneurs pour continuer,

malgré des distances, à établir ces partenariats-là et surtout à créer des

alliances.

Donc, c'est notre objectif et c'est ce que nous

faisons. Là, j'ai parlé d'entrepreneuriat, mais on le fait en engagement citoyen, on le fait également beaucoup

à la culture. Notre académicien, Dany Laferrière, a aussi fait son

premier voyage avec l'OFQJ. La déléguée

générale du Québec à Paris, actuellement, Line Beauchamp, est une ancienne de

l'OFQJ. On était à Paris pour la Rencontre

alternée des premiers ministres, il y a eu une réception pour souligner les

150 000 jeunes qui ont participé pendant les 50 ans de l'OFQJ,

on a été accueillis à l'Hôtel du ministre des Affaires étrangères. Le Secrétaire d'État aux Affaires étrangères,

M. Lemoyne, est un ancien de l'OFQJ, Annick Girardin, ministre du

gouvernement français, est une ancienne de l'OFQJ.

Donc, c'est

un réseau... et vous en avez parlé tout à l'heure, cette relation

franco-québécoise... M. le député, cette relation franco-québécoise nous sert dans toutes nos actions au Québec,

que ce soit le milieu universitaire, que ce soit dans les autres milieux et même en pays tiers. Parce que ce qu'on fait

maintenant avec la maturité de nos relations avec la France, par exemple, on se rend en pays tiers. On

vient de créer un parcours numérique francophone pour lier quatre

grandes manifestations du numérique, il y a

ici la Semaine numérique de Québec, qui s'est tenue il y a deux semaines, hein,

le WAQ à Québec, avec le Web2day à Nantes,

le KIKK de Namur et l'Africa Web Festival à Abidjan, où on permet à des jeunes entrepreneurs du secteur numérique d'aller

ensemble dans ces grandes rencontres pour développer de nouveaux

marchés.

Le Président (M. Auger) : Il

reste quatre minutes, M. le député d'Ungava.

M. Boucher :

Merci beaucoup. Vous savez, bon, Les Offices jeunesse internationaux du Québec

autant que l'Office franco-québécois pour la

jeunesse, chez les Cris et les Inuits, c'est à peu près inconnu, si ce n'est

pas du tout connu. Vous savez que,

les jeunes, bon, au Nunavik, par exemple, le taux de suicide est 10 fois

supérieur à la moyenne canadienne.

C'est sûr que, bon, Les Offices jeunesse ne sont pas la panacée universelle à

régler tous les problèmes sociaux, mais...

Puis souvent, bon, j'essaie de les intéresser à ça, dire aux futurs leaders de

demain ou même des jeunes en difficulté qui ont de la misère à trouver leur chemin : Des fois, aller

connaître une autre expérience, c'est l'occasion de se recentrer puis d'amener cette expérience-là chez lui pour

dire : Bien, voici comment je peux appliquer ça dans mon milieu. Il

y a la barrière du langage, hein? Bon, de

plus en plus de jeunes Inuits et jeunes Cris parlent le français, puis c'est

très bien, sauf qu'il y a quand même

une vaste majorité qui parlent soit cri ou inuktitut et l'anglais. Quel message

je peux livrer, là, à ces jeunes-là

pour dire : Écoutez, la barrière du langage ce n'est pas une barrière,

justement, vous avez votre place dans ça, même si vous n'avez pas de

maîtrise du français? Quel message je pourrais leur livrer, là, au retour?

Le Président (M. Auger) : Mme

la ministre.

Mme St-Pierre : Bien, les

programmes sont ouverts, évidemment, à tous, puis, comme vous dites, il y a

peut-être, entre guillemets, des

clientèles qu'on ne rejoint pas. Et l'office n'a pas de bureaux régionaux, sauf

qu'on a des contacts avec nos partenaires régionaux. On a des contacts

avec nos partenaires régionaux, mais on a quand même développé des programmes

spécifiques, et je pense qu'on peut peut-être demander un complément de

réponse.

Le Président (M. Auger) :

M. Robitaille.

M. Robitaille (Michel) : Oui.

Alors, nous sommes très près des communautés autochtones. Nos relations ont commencé avec Wapikoni, hein, qui se rendait dans

toutes les communautés réaliser des films. Et là, maintenant,

on travaille avec les organismes

jeunesse des communautés autochtones. Et on ne vient pas leur proposer quelque chose, on dit : Vous nous

proposez des projets qui vous tiennent à coeur, des projets qui peuvent être

profitables à votre communauté, et nous, on vous aide à les réaliser.

Et il n'y a pas de barrière linguistique, parce

que, bien sûr, les jeunes qui participent à nos programmes vont beaucoup

en francophonie, mais 92 pays l'an dernier, on va dans des pays... on va en

Chine, on va en Amérique latine, on va

en Europe de l'Est, on va partout. Donc, on a des documents,

on peut s'exprimer en anglais. 41 %

de nos effectifs de l'OQAJ... de

l'OQAJ... des Offices jeunesse internationaux du Québec sont de nationalités

autres que canadienne d'origine. Donc,

on a 11 nationalités au sein des Offices jeunesse, les gens parlent à peu près

toutes les langues que vous pouvez imaginer,

donc on peut s'adresser dans la langue de nos clientèles et on a des documents,

également, qu'on leur donne qui sont dans leur langue.

Alors, notre

accès à cette clientèle qui, parfois, est éloignée... parfois, il faut faire la

première démarche, on en est conscients.

Et, depuis un an, on a une directrice du développement des programmes qui fait

la tournée de tous les organismes

premières nations autochtones, inuites pour, justement, leur faire part de ces

programmes et voir comment, ensemble,

on peut donc les aider à aller à la rencontre d'autres communautés autochtones

ou de faire des... par exemple, un grand

spectacle qui a été réalisé avec Petite-Vallée, Chansons rassembleuses, où ce

sont des chanteurs de communautés premières

nations qui sont avec des chanteurs qui ne sont pas des Premières Nations pour

partager la culture. Alors, c'est ça, nous,

on travaille au développement professionnel, développement personnel et à la

rencontre des gens pour que chacun puisse profiter de ce qu'elle a à

apporter à l'autre.

Président (M. Auger) : Merci. Nous allons maintenant poursuivre

avec le deuxième groupe d'opposition, le deuxième et dernier bloc, pour

16 min 30 s. M. le député Deux-Montagnes.

M. Charette :

Merci, M. le Président. Petite question de fonctionnement : Est-ce que

c'est au ministère ou dans les différentes

délégations qu'on fait de la veille médiatique sur ce qui se dit ou s'écrit sur

le Québec? Comment le ministère fonctionne-t-il à ce niveau-là?

Mme St-Pierre :

Bien, on pourra peut-être avoir un complément de réponse, si vous voulez, avec

le sous-ministre, mais évidemment la veille médiatique se fait dans

chacune des représentations, chacune des délégations, il s'en fait également au ministère. Alors, ça se fait aux deux

endroits, mais on a des rapports diplomatiques fréquents. S'il y a une situation qui, entre guillemets, éclate quelque

part, les rapports arrivent sur l'étude de l'analyse de la situation, mais

aussi comment les médias réagissent à la situation.

M. Charette :

Et, lorsqu'une situation est rapportée et qu'elle semble fausse, est-ce que

c'est dans l'habitude du ministère ou

des délégations de tenter d'intervenir auprès du média qui aurait diffusé une

mauvaise information ou une information inexacte concernant le Québec?

Mme St-Pierre :

Je vois où vous voulez venir. Moi, je ne suis pas de celles qui veulent

intervenir parce que j'ai déjà vraiment fait ce métier-là, je ne suis

pas de celles qui veulent intervenir dans le travail journalistique. Le travail

journalistique doit se faire de façon très

rigoureuse. Et, si quelqu'un se sent lésé par rapport à ce qui a été écrit, un

article qui a été écrit dans un magazine ou

dans un journal, bien, vous pouvez toujours entrer en contact avec la rédaction

du journal et corriger... demander une réplique.

M. Charette : Mais le

Québec ne s'assure pas de protéger ses intérêts? S'il y a une fausseté qui est

mentionnée, il n'y a aucune réaction qui vient du gouvernement pour tenter de

corriger le tir parce que l'information, c'est inexact? Il n'y a aucune, aucune

intervention qui est faite à ce niveau-là?

Mme St-Pierre :

Ça dépend du sujet.

M. Charette :

Et donnez-moi un exemple où pareille intervention a eu lieu par le passé pour

corriger une information qui aurait été inexacte.

Mme St-Pierre :

On était intervenus l'année dernière dans une situation... Washington Post ,

si ma mémoire est bonne, là, vous...

puis je sais qu'on est intervenus également au New York Times , mais pas

dans le sens, en fait, de dire : Votre information est fausse, de

dire : Voici notre opinion sur cette information-là.

M. Charette :

Quels étaient les sujets à ce moment-là?

Mme St-Pierre :

Bien, si vous me donnez une petite seconde, je vais me rafraîchir la...

Le Président

(M. Auger) : ...une autre question par la suite, pendant la

recherche, là.

M. Charette : Et peut-être... oui, ça va me laisser le temps de compléter

mon intervention. Vous avez deviné

de quel sujet de fais mention à travers

l'article tout à fait erroné du journal, tout de même prestigieux, The Economist.

Je voyais d'ailleurs une citation

du premier ministre qui disait que «je regrette que le Québec attire

l'attention de cette façon-là».

Ceci

dit, tout le monde s'entend, politologues, spécialistes en la matière, il n'y a

pas de parti d'extrême droite au Québec,

il n'y a pas de parti prônant la xénophobie ou autre au Québec, et je pense que

ce serait du ressort du ministère de le

confirmer pour, justement, ne pas teinter l'image du Québec, pour ne pas qu'il

y ait cette mauvaise perception. Donc, pour

vous, ce n'était pas nécessaire d'intervenir pour dire : Écoutez, non, il

n'y a pas d'extrême droite au Québec représentée à l'Assemblée

nationale? Ce n'était pas une intervention qui vous semblait nécessaire?

Mme St-Pierre :

Moi, je vous réitère que vous avez tout à fait le droit d'entrer en contact

avec la rédaction du magazine et de

dire que ce n'est pas votre lecture de l'événement, de demander un droit de

réplique, et il y a une

section pour les droits de réplique. Je peux

vous dire que c'est tout à fait normal, si vous voulez le faire, de le faire,

et c'est...

L'article portait, à ma

connaissance, sur la Coalition avenir Québec, ne portait pas sur la réputation

du Québec, mais sur la Coalition

avenir Québec. Alors, si vous ne vous retrouvez pas dans cette définition, je

pense que vous avez tout à fait la légitimité

d'intervenir auprès du magazine, et de demander une réplique, et de demander

une entrevue avec votre chef.

Le Président

(M. Auger) : M. le député de Deux-Montagnes.

M. Charette :

Je pense, au contraire, que c'est la réputation du Québec qui était visée à

travers une déclaration tout à fait

fausse, de l'aveu de toute personne sensée. Et j'ai une série d'articles qui a

paru aussi dans la presse internationale, un

article dans Le Monde :

Mafia sicilienne et corruption gangrènent le Québec , on faisait

largement référence au gouvernement libéral

que vous représentez. Autre article, dans Le Figaro cette fois-ci :

Sept personnes arrêtées pour

corruption , encore largement

référence au gouvernement et au Parti libéral, que vous représentez. Dans

Le Monde cette fois : Scandales

immobiliers de grande ampleur au Québec , avec, plusieurs fois, ministres et

autres représentants du Parti libéral représentés. Un

article The Economist

aussi : Corruption in Québec : Digging deeper .

Quels

types d'interventions le gouvernement ou le Parti libéral a-t-il fait dans

cette perspective-là? Vous n'avez pas senti

bon rétablir soit la réputation du parti ou soit le Québec? Ce n'est pas le

rôle du ministère des Relations internationales que d'intervenir lorsque

soit l'information, elle est inexacte ou elle diffamatoire dans certains cas?

Le Président

(M. Auger) : La réponse, Mme la ministre.

Mme St-Pierre :

Nous croyons énormément à la liberté de presse, alors je pense qu'il ne faut

pas non plus commencer à censurer les

journalistes. S'il y a des articles le matin, on se lève puis on n'est pas

d'accord avec l'article... et l'article a été écrit, puis c'est la

liberté de presse.

que je peux vous dire, l'exemple que je voulais vous donner, c'est... on est

intervenus au Washington Post parce qu'il y avait eu un

article qui parlait de l'ensemble du Québec et des

Québécois comme étant des racistes. Ce n'était pas notre parti politique, c'était le Québec. Alors

là, dans l'article de l' Economist, on parle de la Coalition avenir

Québec. Si vous considérez que vous êtes

lésés, que votre réputation est entachée, bien, vous avez tout à fait le droit

d'intervenir auprès du journal en question puis de dire : Ce que

vous dites, on n'est pas d'accord avec ça.

Le Président

(M. Auger) : La prochaine question.

Mme St-Pierre :

Si vous voyez des citations de ministres dans des articles, c'est parce que le

journaliste n'a pas eu le téléphone, a appelé l'article... a appelé

le...

Le Président (M. Auger) :

Merci.

M. Charette :

...pas référence à des citations de ministres, on nommait des représentants du

Parti libéral associés à cette corruption, là, qui sévit au Québec.

Donc, pour vous, il n'y avait pas matière à réaction de ce côté-là davantage.

Pour les fins

de la commission, je vais déposer, M. le Président, ces articles, qui étaient

largement... il y en avait d'autres, là, je ne les avais pas tous cités,

de Reuters également, The Economist , un autre.

Le Président (M. Auger) : C'est

bien.

M. Charette : Je vais les

déposer à la commission, s'il vous plaît, M. le Président, étant donné que...

M. Boucher : M. le Président.

Le Président (M. Auger) : Oui.

M. Boucher : ...qu'il dépose

aussi l'autre

article concernant la Coalition avenir Québec.

Le Président (M. Auger) : Oui,

effectivement, oui, O.K.

M. Boucher : Que tout ça soit

déposé.

Le Président (M. Auger) : Qu'il

a cité en exemple?

M. Boucher : C'est ça, que tout

ça soit déposé en lien...

M. Charette : M. le Président,

je ne l'ai pas avec moi, mais étant donné que...

Le Président (M. Auger) : On

peut faire en sorte qu'elle soit déposée aussi, là, aucun problème.

M. Charette : Effectivement,

étant donné que le Parti libéral aime bien le citer, il

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCI 2018-04-26
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions ci-41-1 journal-debats CI-180426-2
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiercf06b9be6ff201cfeef4f5d17e30b399cfba0b6f

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