Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 25 February 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-02-25
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 25 février 2025
Vol. 47 N° 51
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures cinquante-trois minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'Agriculture, des Pêcheries, de l'Énergie et des Ressources
naturelles ouverte. La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements ce matin?
Le Secrétaire : Oui, M. le Président.
M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Poulin (Beauce-Sud); M. Ciccone (Marquette),
est remplacé par Mme Garceau (Robert-Baldwin; et M. Fortin (Pontiac) est
remplacé par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, la semaine dernière, jeudi
dernier, en fait, pour être plus précis, nous étions à l'étude d'un sous-amendement
qui avait été proposé par, si ma mémoire est bonne, la députée de Robert-Baldwin,
qui avait été aussi un sous-amendement à la députée de Bourassa-Sauvé,
concernant un
article sur lequel on était à l'étude, le 14.1, plus précisément,
à l'article 4 du projet de loi. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé, je vous laisse la parole.
Mme Cadet : Oui, merci, M. le
Président. Donc, effectivement, nous étions à l'étude de cet amendement. Est-ce
qu'on peut le revoir à l'écran pour le bénéfice de tout le monde, s'il vous
plaît?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
qu'on descende un peu plus bas.
Mme Cadet : Oui, merci.
Le Président (M. Montigny) : On
va rouler encore. Ça nous amène vers la fin, hein...
Mme Cadet : Oui, c'était le
septième, c'était le septième, oui, à la toute fin.
Le Président (M. Montigny) :
...ça nous amène vers la fin, le numéro 7.
Mme Cadet : Exactement.
Voilà. Donc, nous, ce que nous proposions, donc, de veiller à ce que toute
croissance, en fait, que... qu'à 14.1, pour l'accomplissement de sa mission en
matière d'énergie, que le ministre, donc... le ministre, donc, soit responsable
de veiller à ce que toute croissance de la production d'énergie se réalise en
considérant l'amélioration de la consommation globale d'énergie. L'objectif,
ici... Nous avions entendu les... de la ministre et les bémols, donc, qu'elle
avait apportés, donc, à la première mouture de cet amendement, donc, en disant qu'en
fonction... lui apparaissait trop contraignant.
Donc, l'objectif, ici, avec notre sous-amendement,
était de tendre une perche et de bien concevoir que notre... ce que nous
souhaitons apporter ici, là, ce n'est pas, ce n'est absolument pas, donc, de
contrainte, en fait, que des projets qui soient partis se mettent sur pause en
fonction, donc, d'une certaine grille, là, qui verrait que, bon, il n'y aurait
pas eu une amélioration globale de la consommation d'énergie. Ce n'était
absolument pas ça.
Donc, pour clarifier le libellé initial
que nous avions présenté, pour nous assurer que le législateur, mais évidemment
que l'ensemble de la population et les employés du ministère qui sont
tributaires de l'accomplissement de la mission, en matière d'énergie, de la
ministre, donc qu'il y ait la même compréhension de l'amendement.
Bien, l'objectif, ici, donc, était d'y
aller, donc, en considérant l'amélioration de la consommation globale d'énergie,
et donc que, dès le départ, et on parlait de la micropousse, là, on était dans
cette allégorie-là dès le départ, que lorsque... puisqu'à l'article 3, l'article
qui a été soumis, le libellé qui a été soumis par la ministre elle-même, visait
à ce que la gouvernance énergétique, que la gestion responsable et intégrée des
ressources énergétiques se fasse tant dans une perspective de transition
énergétique que de développement économique... bien, ça nous semblait naturel
que ce libellé puisse se refléter aussi à l'article 4 de l'accomplissement de
la mission.
Donc, je sais que... j'imagine, la
ministre a eu l'occasion de réfléchir un peu dans les derniers jours à cette
proposition d'amendement, donc je me tournerais tout de suite vers elle avant
de poursuivre plus amplement, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Mme la ministre, peut-être?
Mme Fréchette : Oui, bien, rapidement
en fait, bien, ma position…
Mme Fréchette : ...le fait n'a
pas changé depuis notre discussion, jeudi dernier. Pour moi, il y a quand
même... Je comprends que le mot «considérant» est un peu plus atténué que «en
fonction de», mais l'idée de lien entre la production d'énergie et la
consommation globale d'énergie demeure. C'est juste que ça m'apparaît quand
même moins, comment dire, fort, mais la logique reste la même. Et ça, pour moi,
ça pose un enjeu, que la logique reste la même. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Cadet : ...pourquoi ça
pose un enjeu, exactement?
Mme Fréchette : Bien, c'est
parce qu'en fait, il faut veiller à ce que toute croissance de la production
énergétique se fasse en considérant qu'il y a eu amélioration de la
consommation globale d'énergie, que toute croissance de la production d'énergie
doit dépendre de l'amélioration de la consommation globale. On voit que la
logique reste la même. Je comprends que le mot «considérant» est moins fort que
«en fonction de», mais ça reste que toute croissance de la production d'énergie
doit se faire considérant la consommation globale. Ça fait un effet de
conditionnalité encore ici. Même si le terme est moins fort, l'idée d'une
conditionnalité demeure pour moi.
Mme Cadet : Je sais que Mme
la ministre, donc, vous parlez, donc, de dépendance ici. Vous avez dit, donc,
«dépendre de», là. L'objectif, encore une fois... puis on essaie, donc,
d'avoir, donc, ces échanges-là pour nous assurer qu'en fait ces deux leviers,
donc, puissent aller de pair et non pas, donc, l'un, donc dépendant de l'autre,
ce faisant donc en... en fait que les éléments, donc, de consommation globale
d'énergie ne soient pas subordonnés, donc, à la croissance de la production
d'énergie, là, l'objectif étant, bien, dès le départ, donc quand on... alors
qu'on a, donc, des impératifs de croissance, bien, qu'on puisse se poser la
question de façon initiale et non pas par la suite, là, et non pas de façon
subordonnée, encore une fois. Donc, c'est un peu ça, donc, l'objectif du
libellé ici.
Puis aussi, j'aimerais vous ramener...
parce ce que, là, on est à l'article 4, hein? Parce que je sais que la
semaine passée, donc, puisque vous amenez des éléments de conditionnalité...
puis la semaine dernière, donc, vous nous disiez : Bon, sinon quoi, comme
si nous étions dans des articles d'opérationnalisation. J'aimerais entendre Me
Marois là -dessus, là, sur l'article 4, donc ce que ça signifie en fait
dans la... bien, en fait, en matière, donc, de gouvernance, donc les
articles 3 et 4, les articles de mission, donc comment ils devraient être
interprétés par la suite une fois adoptés.
Le Président (M. Montigny) : Bon,
à ce stade-ci, on a besoin d'un consentement, parce qu'on... une nouvelle
séance. Alors, on veut savoir si on a consentement pour que M. Marois
puisse prendre la parole.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Consentement.
Parfait. M. Marois.
M. Marois (Samuel) : Est-ce
que je dois me représenter?
Le Président (M. Montigny) : ...nouvelle
séance, on doit le faire.
M. Marois (Samuel) : Donc,
Samuel Marois, avocat au ministère de la Justice. Bonjour. Ce sont tous des
articles de mission, donc volontairement rédigés en termes très larges, on est
dans les principes.
L'article de mission en énergie, à l'article 3, c'est
lui qu'on a suspendu. C'est une mission générale en énergie. Ici, on est plus
dans la poutine administrative des opérations, de ce qui se fait dans le
ministère. Puis c'est ce que j'aurais à dire sur ces articles-là. C'est comme
ça que je les interpréterai.
• (10 heures) •
Mme Cadet : Donc, dans un
cours d'interprétation des lois, donc en droit, donc pour les étudiants en
droit première année, deuxième année, donc ils apprendraient
qu'essentiellement, donc, ce sont des articles qui doivent être interprétés de
façon large et libérale.
M. Marois (Samuel) : Bien,
effectivement, ces articles de mission, ce sont des principes, des objectifs.
Donc, on n'est pas dans une norme très technique ou très précise ici, là,
effectivement.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
Donc, je reviens à vous, Mme la ministre. Donc, quand vous nous parlez, donc,
de conditionnalité ou de... les exemples que vous nous avez offerts la semaine
passée, quand vous nous disiez : Bien, en raison, donc, de cet article-là,
donc il faudrait, par exemple, suspendre des projets qui seraient en cours
d'exécution parce que la consommation globale d'énergie ne serait pas
améliorée, ce qu'on saisit ici du libellé qu'on retrouve au paragraphe 7° de
l'article 4, c'est qu'essentiellement, puisqu'il s'agit d'articles de mission,
puisqu'il s'agit d'articles qui doivent bénéficier d'une interprétation large,
d'une interprétation, donc, beaucoup plus globale sur l'intention du
législateur et l'intention législative qui sous-tend la rédaction, donc, de ces
articles, le risque que vous y voyiez, c'est un risque qui... en fait, je
n'aime pas dire hypothétique, là, mais qui ne serait pas interprété... en fait,
il n'y a personne qui l'interpréterait de cette manière-là par la suite. Donc,
les fonctionnaires du ministère, donc ceux qui seraient... ceux qui, encore une
fois, qui sont tributaires de la réalisation de la mission...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Cadet : ...ceux qui
doivent vous soutenir dans l'accomplissement de cette mission-là ne seraient
pas tenus à la conditionnalité que vous avez émise ou à la dépendance que vous
avez émise, l'objectif ici étant, comme on l'a dit à l'article 3, donc,
que nous avons suspendu, bien, puisqu'en matière d'énergie, la ministre a pour
mission d'assurer une gestion responsable et intégrer les ressources
énergétiques dans une perspective notamment de transition énergétique, bien,
ces éléments-là, donc, doivent se retrouver. Peut-être que le libellé, ici, si
on le met ici, donc, puis évidemment, la semaine dernière, on en a discuté,
donc, de plusieurs qui étaient peut-être trop précis ou qui vous liaient, donc,
ou qui se retrouvaient sous la responsabilité de votre collègue à l'Environnement.
Ici, ce n'est clairement pas le cas. Puis je pense que, ça, vous nous l'avez
énoncé. Donc, puisqu'on se retrouve dans votre bassin de possibilités, dans les
pouvoirs qui vous sont... qui sont investis comme ministre de l'Énergie,
considérant, donc, les explications que vous avez reçues, donc j'aimerais
encore une fois comprendre quel est le problème, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. La parole est à Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Alors, je vais prendre un autre exemple. Je comprends la
logique. Bon, ça ne pourrait peut-être pas interrompre des projets de
production énergétique en cours, mais prenons un autre exemple où, là, on
aurait à planifier des projets de production énergétique et que la consommation
globale d'énergie n'ait pas été à la hauteur de ce qui était souhaité pendant
la dernière année. Là, ce que je comprends, c'est qu'il faudrait, en quelque
sorte, peut-être revoir nos plans de production d'énergie si la consommation
globale d'énergie n'avait pas été celle qui était souhaitée. Parce qu'il y a un
lien de causalité. C'est la logique de causalité qui continue d'exister. Alors,
qu'est-ce qu'on devrait faire suivant votre proposition? Advenant que la
consommation globale d'énergie ait été moins... ait été supérieure à celle
prévue ou souhaitée, qu'est-ce qu'il adviendrait de la planification de la
production d'énergie? Vous souhaiteriez la revoir ou non? Si vous ne souhaitez
pas la revoir, à quoi bon mettre cet ajout, cet amendement? Et si vous
souhaitez la revoir, bien, c'est donc qu'il y a un lien de causalité. Alors, c'est
le questionnement qui m'habite. Et moi, je ne suis pas prête à mettre un lien
de causalité entre ces deux notions-là. Et s'il n'y a pas d'impact, à quoi bon
l'amendement? Ça serait ma question.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
J'avais une demande de parole du député de Jean-Talon. M. le député de
Jean-Talon, vous avez la parole. Je vais revenir à vous, collègue députée,
bientôt.
M. Paradis : Merci. Bonne
semaine, tout le monde, Mme la ministre, toute l'équipe gouvernementale,
collègues des banquettes de l'opposition.
On est à l'article 14.1. Et, l'objectif
des partis de l'opposition, c'est d'aider la ministre à inscrire au coeur du
projet de loi les objectifs annoncés du projet de loi qui ne s'y retrouvent pas
clairement pour l'instant.
Revenons à l'historique, là, de nos
amendements. On a d'abord demandé que soit inscrit dans cet
article qui parle
des responsabilités de la ministre le fait qu'aujourd'hui, comme ministre de l'Énergie,
elle doit prendre conscience d'où on est au Québec, dans le monde, quant à nos
obligations envers les générations futures, compte tenu qu'il y a une augmentation
de la production des gaz à effet de serre et qu'on n'atteint pas les objectifs
qu'on s'est fixés.
On a dit : Bien, il y a des objectifs
de carboneutralité en 2050, ils sont connus de tout le monde, puis ça, ça a été
non. Ensuite, on a dit qu'il fallait préciser qu'on s'en allait vers... de la
transition énergétique vers la carboneutralité. Ça, on attend des nouvelles. Ça
va peut-être arriver. Puis, ensuite, on a dit : Bien, il faut inscrire l'efficacité,
la sobriété énergétique et aussi la conversion vers des énergies renouvelables
au coeur des responsabilités de la ministre. Et la réponse, c'est non. Puis on
nous sort toutes sortes d'arguments de cohérence ou que ça créerait de l'incohérence
ou des difficultés d'interprétation. Et honnêtement, je ne les vois toujours
pas.
Et là, on est rendus... on est rendus
loin, là. On est rendus, est-ce qu'on est capables de lier ou non le fait d'améliorer
la consommation d'énergie au fait d'en produire de la nouvelle. Et j'avoue que
là, je ne comprends pas la résistance. Puis là, on nous dit : Bien là, ce
n'est pas lié l'un et à l'autre...
M. Paradis : ...alors, on
parle de la micropuce, de changer la micropuce. On ne peut plus avoir la
micropuce de 1963 en tête, on doit avoir la micropuce de 2025. Et, la micropuce
de 2025, elle vient placer l'efficacité, la sobriété et la réduction de la
consommation d'énergie en amont. Parce que, pour décider si on va développer la
capacité de produire, il faut savoir ce qu'on est capables de réduire comme
consommation d'énergie. Pour que les gens qui nous écoutent, là, comprennent
bien, c'est ça, le débat qu'on a. On n'est pas dans un débat de sémantique. On
est en train d'orienter l'ensemble des lois du Québec en matière d'énergie.
Et je vais citer votre propre
gouvernement, Mme la ministre, dans son plan de... directeur en transition,
innovation et efficacité énergétique, version 2018, mise à niveau, 2026. Je le
réitère, j'aurais aimé avoir un nouveau plan, beaucoup plus à jour, puis une
nouvelle vision. Mais, la vision, on ne l'a toujours pas. Et, le problème qu'on
croit percevoir, c'est qu'actuellement il y a des communications, oui, la
transition, l'efficacité, c'est important, mais, quand vient le temps de la
concrétiser dans le projet de loi, c'est non. Alors, replions-nous sur ce plan,
c'est votre gouvernement qui parle. Puis je voudrais savoir si vous êtes
d'accord avec ce que votre gouvernement dit et pourquoi on ne peut pas écrire
ça dans le projet... dans le de loi. Le plan directeur commence en disant
qu'«il s'attache à repenser la consommation d'énergie et à réduire les
émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation et à la production.»
«Consommation», «production».
Un peu plus loin, le plan dit qu'«il
importe en tout temps de prioriser l'exploitation du potentiel d'efficacité
énergétique et celui de sobriété énergétique, une approche de consommation
énergétique durable visant à réduire les besoins à la source.» C'est votre
gouvernement qui dit ça, Mme la ministre.
Un peu plus loin, il dit encore :
«Pour concrétiser la transition énergétique, la priorité doit être accordée à
réduire la demande absolue en énergie au Québec.» C'est votre gouvernement, Mme
la ministre, qui dit ça. Puis c'est pas mal tous les experts qui disent ça. Alors,
moi, quand j'entends que, non, attention, on va créer une difficulté en liant
la consommation à la production, mais oui, mais c'est exactement ça qu'on veut
faire. Plus on réduit la consommation, moins il y a de besoins de produire de
l'électricité. Produire, produire, produire, ça, c'est la micropuce d'après la
nationalisation. Autre temps, autre mentalité. Aujourd'hui, dans la micropuce
du ministère, pas du ministère de l'Environnement seulement, du ministère de
l'Énergie, dans sa micropuce, ça doit commencer par comment on fait pour
réduire. C'est votre gouvernement qui parle. Les exemples qu'il donne, c'est
l'électrification des véhicules. Il dit : C'est bien de passer aux
batteries, mais ce qu'il va falloir faire aussi, c'est réduire à la source, moins
de véhicules sur la route. Bien, c'est la même chose en production d'énergie.
Alors, pourquoi on n'accepte pas de lier la production à une amélioration de la
consommation? On est rendus à notre deuxième, troisième ou quatrième solution
de repli qu'on vous propose pour qu'on soit clairs dans le projet de loi.
Alors, pourquoi ne pas dire, dans le projet de loi, ce que votre gouvernement
dit par ailleurs dans ses propres politiques?
• (10 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, M. le député. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
merci, M. le Président. Merci à tous. Bien, justement, je trouve qu'on est au
cœur du questionnement avec la fin de la question du député de Jean-Talon.
Effectivement, c'est notre discours gouvernemental, puis c'est ce que je
rappelais d'ailleurs ces derniers jours. On est sur tous les angles, à la fois
la conversion, à la fois l'efficacité énergétique, la sobriété énergétique, la
transition énergétique au sens large. Ça comprend l'ensemble de ces dimensions-là.
Mais ces dimensions-là doivent être mises de l'avant. Pour qu'on atteigne nos
objectifs et qu'on puisse se positionner également adéquatement en matière de
transition énergétique. Elles doivent être mises de l'avant en simultané. La
logique derrière l'amendement ferait en sorte que l'élément production
d'énergie serait lié... puis c'est le terme que vous avez utilisé, pourquoi ne
pas lier ces deux notions, alors, la production de l'énergie, si elle est liée
à la nature de la consommation globale…
Mme Fréchette : ...énergie, ça
veut dire qu'on met une condition à nos plans de production de l'énergie. Or,
pour atteindre nos objectifs, dans les temps qui nous sont impartis, il nous
faut faire tout en simultané. Si on retient nos plans de développement de la
production d'énergie, eh bien, c'est qu'on mettra un ralentissement sur, par
exemple, la production d'énergie solaire, d'énergie éolienne,
d'hydroélectricité. Et, considérant le temps qui nous est imparti, on ne peut
pas mettre à «on» ou à «off», activer, aller de l'avant ou pas, dépendant de
l'évolution de la consommation globale de l'énergie. Et c'est ce que propose
cet amendement en liant ces deux notions. Et notre plan, c'est d'aller de
l'avant sur ces trois fronts en même temps, en simultané, de telle sorte qu'on
puisse atteindre nos objectifs de rehaussement de la production de l'énergie
renouvelable tout comme de décarbonation également et...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Mme Fréchette : Voilà.
Le Président (M. Montigny) :
Je ne voulais pas vous couper, madame...
Mme Fréchette : Et d'un
meilleur usage de l'énergie. Comme gouvernement, c'est ce qu'on propose comme
discours. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, M. le député de Jean-Talon, j'ai d'autres collègues qui ont demandé la
parole, mais je vais vous laisser finir, comme on avait convenu, là, la semaine
dernière.
M. Paradis : Est-ce que la
ministre est en train de nous dire qu'elle ne veut pas qu'il y ait un tel lien
qui soit effectué dans le projet de loi, que l'atteinte d'objectifs de
meilleure consommation de l'énergie n'est pas une condition au développement de
plus de capacité de production énergétique? Est-ce que j'ai bien compris la
ministre, qu'elle ne veut pas que ça soit lié puis qu'elle ne veut pas que ça
soit conditionnel?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
ces deux notions-là, ce sont deux objectifs que l'on met de l'avant et qu'on
souhaite atteindre. Le rehaussement de la production d'énergie avec une
dimension de conversion, l'efficacité énergétique accrue et la sobriété
énergétique accrue, ce sont trois objectifs qu'on se donne, et il faut avancer
sur ces trois axes-là. Si on met un axe de côté, on n'arrivera pas à nos
objectifs, ultimement.
Quand on parle de réduire notre
consommation d'énergie fossile, il va falloir avoir une énergie de
remplacement, qui est une énergie renouvelable. Si cette énergie-là n'est pas
disponible, qu'est-ce qui va arriver? Bien, on va rester avec notre
consommation d'énergie fossile. Donc, l'élément production d'énergie
renouvelable nous permet d'avancer sur le chemin de la décarbonation. Ce n'est
pas «drill, baby, drill», là. Ça, c'est au sud. Nous, on est dans la production
d'énergie renouvelable. Alors, certes, il va falloir améliorer notre
consommation d'énergie, j'en suis, nous en sommes comme gouvernement, mais, si
on met un holà, parce que notre consommation globale d'énergie n'est pas
satisfaisante, si on met un holà sur les plans de développement de la
production d'énergie renouvelable, eh bien, la diminution de notre dépendance
aux énergies fossiles, elle ne va pas... elle ne va pas survenir. Donc, voilà,
c'est la logique de la nécessité d'avancer sur ces trois plans.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député, allez-y.
M. Paradis : Moi, je sens
plutôt, j'ose le dire, une timidité, une réserve idéologique à parler
clairement de transition, de sobriété, de décarbonation, de réduction de la
consommation dans le projet de loi. Parce que là, descendons sur le plancher
des vaches. L'amendement, encore une fois, pour que ceux qui nous écoutent le
voient bien, c'est de dire qu'on va veiller, la ministre doit veiller à ce que toute
croissance de la production d'énergie se réalise en considérant, en considérant
l'amélioration de la consommation globale d'énergie.
J'aimerais que la ministre me dise où,
dans cet article-là, elle voit un empêchement à la décarbonation puis à la production
d'énergie renouvelable pour décarboner les parties de notre économie qui
demandent à être décarbonées, qu'elle nous dit que ça va mettre un frein, un
holà. Je veux savoir, dans ce libellé, où elle voit ça, parce que moi, je peux
vous le dire, je ne le vois pas du tout. Je ne vois aucun empêchement à faire
la décarbonation, qui est prévue d'ailleurs... on l'espère, qu'on va le... on
va le mettre encore plus clairement ailleurs. Mais j'aimerais savoir en quoi de
dire que la croissance de production d'énergie doit se réaliser en
considérant... ce n'est pas écrit «conditionnellement» en plus, là, on aurait
pu, c'est écrit «en considérant», c'est-à-dire qu'on regarde la consommation
d'énergie, je veux savoir en quoi ça donne le résultat qu'elle nous dit, là,
voir ou craindre, que ça va empêcher de faire le reste. Je veux... Je veux
savoir.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Alors, c'est «en considérant l'amélioration»...
Mme Fréchette : ...je veux
attendre qu'il termine son échange. C'est bon. Alors, il faut que... selon ce
libellé là, que la croissance de la production d'énergie soit accompagnée d'une
amélioration de la consommation d'énergie globale. Si cet accompagnement là, si
cette réalité n'est pas à la hauteur de ce qui avait été fixé comme objectif,
qu'est-ce qu'il advient de la production d'énergie prévue? C'est ça que
j'attends qu'on m'explique du côté des oppositions.
Qu'est-ce qui arrive si l'amélioration de
la condition globale d'énergie n'est pas à niveau souhaité? Qu'est-ce que ça
induit comme impact sur la production d'énergie? Est-ce qu'il y en a un,
impact? Et, si oui, de quelle nature? Et, s'il n'y a pas d'impact, à quoi bon
cet amendement? J'aimerais qu'on me réponde à cette question parce que depuis
tout à l'heure que je n'ai pas de réaction ou de commentaire là-dessus.
Donc, pour moi, soit qu'il y a un lien de
causalité, et, s'il y en a un, bien, ça va être un problème pour le
développement de nos plans de production énergétique, et, s'il n'y a pas de
lien de causalité, s'il ne faut pas que ce soit accompagné d'une amélioration
de la consommation globale d'énergie, nos plans de production d'énergie, eh
bien, je ne comprends pas, dans ce cas-là, pourquoi il faut apporter cette...
ce lien là entre les deux notions.
M. Paradis : ...je suis quand
même étonné par votre... par la question de la ministre, là, parce qu'on a
proposé... on a proposé des formulations beaucoup plus claires, beaucoup plus
robustes pour inclure spécifiquement, dans vos responsabilités, de veiller à ce
qu'il y ait une transition vers plus d'efficacité énergétique, plus de sobriété
énergétique, mais ils ont tous été refusés, les amendements. Là, on est rendus
à dire : Bien, est-ce qu'on pourrait mettre dans vos responsabilités de
considérer l'amélioration de la consommation globale d'énergie? C'est important
que ce soit écrit dans vos responsabilités, parce que...
Je vais vous retourner la question. Ce
n'est pas anodin, ce qu'on est en train de faire. Voici l'architecture des
premiers articles de la loi qu'on est en train de modifier. D'abord, la
mission. Dans la mission, on l'a dit dans les premiers jours, il n'y avait
presque rien sur la transition, sur l'efficacité, sur la sobriété puis sur la
décarbonation. On va voir ce qui va se passer au Conseil des ministres,
mercredi, si on est capables de... Ça, c'est la mission, c'est de dire pourquoi
le ministère existe. Deuxième étage, c'est les responsabilités, c'est l'article
qu'on est en train de discuter ensemble. Puis, en dessous, il y a
l'opérationnalisation de tout ça, notamment avec le PGIRE.
Actuellement, dans les responsabilités...
il y a six paragraphes dans les responsabilités qui vous sont confiées. Ça fait
plusieurs fois que je l'indique, mais ces six paragraphes là sont liés pas mal
tous à la production. Alors, vos inquiétudes, là, sur le fait que, hou! on ne
sera plus capables de produire... Vos six responsabilités nommées sont liées à
la production. Moi, j'aimerais que vous me disiez, Mme la ministre, dans vos
responsabilités... Ce n'est pas anodin. S'il vous plaît, Mme la ministre, ne me
parlez pas de l'autre étage, en dessous du PGIRE, on va y arriver. Là, on est
en train de dire quelles sont les responsabilités, en 2025, de la ministre de
l'Énergie, vos responsabilités.
Puis ne parlez pas de la mission. La
mission, on l'a vue, puis on n'a pas vu encore les résultats. Là, on est dans
vos responsabilités. Je veux savoir, dans ces six paragraphes, quelles
responsabilités... quel libellé fait référence à la... à la sobriété, à
l'efficacité. Je veux savoir où sont, dans vos responsabilités, ces mots-là
actuellement, sans l'article 7... le paragraphe 7°. Ça, c'est la proposition
d'amendement qu'on a sous les yeux, après les autres qui ont été refusés. Dans
les six qui existent actuellement, où sont ces mots là, où sont... la référence
au fait que vous devez penser à ça?
• (10 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Juste
pour commencer, je souligne que je n'ai pas eu la réponse à ma question, à
savoir quel est l'impact s'il n'y a pas d'amélioration de consommation globale
d'énergie tel que souhaité. Qu'est-ce qu'il propose qu'il advienne? Je n'ai
toujours pas eu cette réponse-là, parce que ça... c'est quand même au cœur de
la discussion que l'on a.
Et puis, par ailleurs, au niveau de
l'efficacité énergétique et de la transition et de la sobriété énergétique,
comme je le rappelais, le souhait, c'est que ce soit inscrit dans la mission,
pour être bien au clair sur les différentes composantes de la transition
énergétique. C'est quelque chose qui est déjà dans notre PMO, le plan de mise
en œuvre, et je pense que ça pourrait être à propos de l'inclure. On va voir si
c'est... si c'est possible. Et par ailleurs le PGIRE viendra vraiment établir,
de manière très claire, ce qui est à faire en matière d'efficacité énergétique,
de sobriété, et de production, et de conversion d'énergie. Donc, à ce
niveau-là, on va être très détaillés, clairs, sur les mesures qui sont à
prendre, et ça va se faire à travers un processus participatif, par ailleurs.
Donc, c'est notre proposition...
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je vais... je
vais répondre à votre question, là, mais, pour l'instant, là, c'est vous, de
vous qu'on veut avoir des réponses. Je n'ai pas de réponse, moi, à ma question.
Je veux savoir... dans vos responsabilités nommées dans le projet de loi
actuellement, je veux savoir où, dans l'article 14.1, on parle d'efficacité, de
sobriété, de consommation d'énergie, comme vous le faites si éloquemment dans
votre plan de transition gouvernemental puis dans vos communications.
Moi, je veux savoir, dans cet article-là,
où sont les mots sur lesquels quelqu'un peut se baser pour dire : Vous
avez, dans vos responsabilités, de veiller à une transition vers plus
d'efficacité, plus de sobriété, une consommation plus raisonnable. Je veux
savoir où sont les mots, dans cet
article 14.1, qui vous confient ça comme
responsabilité?
Le Président (M. Montigny) : ...merci,
M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, on revient à la discussion d'il y a quelques jours, à savoir
que c'est mon collègue à l'Environnement qui a la responsabilité, dans ses
fonctions, au quotidien, de travailler sur les notions d'efficacité énergétique
et de sobriété énergétique. Donc, c'est important de bien départager les rôles
quand il s'agit des fonctions. Il faut que les deux... les deux rôles se
complètent, ne se chevauchent pas, et c'est ce pour quoi il y a eu cette
répartition, faite il y a quelques années, des responsabilités en matière de
production d'énergie, et en matière d'efficacité énergétique, et de sobriété.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. M. le député, avez-vous d'autres interventions? M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : ...les
Québécoises et les Québécois qui nous écoutent, ce qu'on doit comprendre
maintenant, c'est que la ministre de l'Énergie refuse que la question de
l'efficacité, de la sobriété, de la consommation raisonnable soit, se retrouve
dans l'article qui établit ses responsabilités. Elle dit : Moi, ce n'est
pas de mes affaires, c'est des affaires du ministère de l'Environnement. Je ne
suis pas d'accord, mais je veux que les Québécois et les Québécoises le sachent.
En 2025, c'est ça, la vision de ce gouvernement du domaine de l'énergie.
Maintenant... c'est un moment
intéressant... pour répondre à la question, je suis surpris que la ministre me
pose, à moi, la question de pourquoi ça devrait être dans le projet, puis ça
change quoi. C'est que, si ce n'est pas inscrit dans le projet de loi, ce ne
sera clairement pas une priorité du ministère, parce que ce n'est pas sa
responsabilité. Elle, elle a la responsabilité de produire, produire, produire.
C'est ça... c'est ça que la loi lui confie comme responsabilité, comme dans les
années 60, comme dans les années 70, 80, 90, alors qu'on est en 2025.
Si c'est inscrit dans le projet de loi,
comme on le veut, ça oblige la ministre à toujours considérer la consommation
d'énergie. Et la réponse, c'est oui. Si on est toujours en train de produire
puis de développer, parce que là, on n'arrive pas à satisfaire aux besoins, ça
doit être parce qu'on ne donne... on ne fait pas assez d'efforts puis que ce
n'est pas assez clair que c'est dans la responsabilité de la ministre de faire
en sorte qu'on consomme moins. Et, si on n'y arrive pas, bien, ça veut dire
qu'il y a des gens qui peuvent remettre la ministre devant ses responsabilités
si c'est inscrit.
Actuellement, on n'isole pas... on n'a pas
encore d'assez bons programmes pour isoler les maisons, on n'a pas encore
d'assez bons programmes, à Hydro-Québec, pour réduire la consommation, on ne
met pas assez d'efforts là-dedans, on ne met pas assez d'argent là-dedans.
Donc, non, on ne construira pas d'autres barrages, puis, non, on ne construira
pas autant d'autres capacités, parce qu'on doit mettre plus d'efforts sur la
réduction de la consommation. C'est ça, l'impact. Les lois ont un impact, les
responsabilités ont un impact. Si ce n'est pas inscrit, la ministre va pouvoir
faire ce qu'elle nous semble dire qu'elle va faire c'est-à-dire, elle, sa job,
c'est de développer la capacité de produire. Mais c'est en amont qu'il faut
penser à la sobriété, c'est en amont qu'il faut penser à l'efficacité.
La façon dont la ministre nous explique
l'architecture de la loi, c'est la façon des décennies passées. On pense
d'abord à la production, puis, après ça, il y a un autre ministère, peut-être,
qui pourra travailler pour voir si on ne peut pas être un peu plus efficaces.
C'est l'inverse en 2025. On doit commencer par penser à la sobriété, à
l'efficacité, à une consommation raisonnable, à la décarbonation, en même temps
qu'on pense à la production. Parce que là, il n'y a personne, ici, qui est en train
de dire : On ne développera pas puis on ne fera pas...
Je le redis, le projet de loi, il est
beurré, de bord en bord, d'articles puis de dispositions qui favorisent la
production, mais il n'y a pas grand-chose sur l'efficacité, la sobriété, la
décarbonation, la consommation raisonnable. C'est à ça que ça sert de l'écrire
dans vos responsabilités, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la ministre.
Mme Fréchette : ...Président,
merci. Donc, en fait, le député de Jean-Talon vient confirmer qu'il faudrait
réviser nos plans de production énergétique advenant que l'amélioration de la
condition... de la consommation globale d'énergie ne soit...
Mme Fréchette : ...au
rendez-vous, si elle souhaitait. Et nous, ce que l'on dit, c'est que si on veut
se... réduire notre dépendance en matière d'énergies fossiles, il faut des
énergies alternatives disponibles, il faut aussi une meilleure efficacité
énergétique, une sobriété énergétique accrue. Mais ces deux éléments là, d'efficacité
et de sobriété, ne pourront pas à eux seuls répondre au virage de transition
énergétique que l'on met de l'avant. Ça ne pourra pas suffire. Il va falloir
également avoir un rehaussement de la production d'énergie, énergie
renouvelable, donc énergie propre. Alors, de ce côté-là, il va falloir faire en
sorte d'œuvrer et de travailler cet angle-là, de production d'énergie. Même
s'il advenait que l'amélioration de la consommation globale d'énergie ne soit
pas à niveau, donc, c'est l'existence même de ce lien entre ces deux notions
qui posent un enjeu, parce qu'on ne pourra pas mettre de côté nos plans de
production d'énergie pendant deux ans, trois ans, parce que la consommation
globale d'énergie n'aura pas été au rendez-vous. Alors, il faut agir sur l'ensemble
de ces plans-là. Puis ça ne vient pas justifier qu'il faille moins en faire sur
l'efficacité énergétique, la sobriété, pas du tout. Et mon collègue à
l'Environnement est à plein dans cette mission. Et, comme gouvernement, on
pousse également pour que cette mission, ces objectifs-là soient atteints.
Maintenant, on a besoin d'avancer sur l'ensemble des fronts. Et c'est ce pour
quoi cet amendement-là ne peut pas refléter la logique dans laquelle on
s'inscrit. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Très bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Cet échange nous
ramène à d'autres échanges qu'on a eus précédemment et nous montre à quel point
le gouvernement n'était pas prêt à nous présenter le projet de loi n° 69.
Je suis stupéfait d'entendre la ministre
remettre en question l'idée que, pour déterminer nos besoins de production, on
n'ait pas considéré des objectifs puis des cibles en matière de réduction de la
consommation. Je suis stupéfait par ce que je viens d'entendre de la ministre,
qui dit : Ah! bien, c'est... vous êtes bizarre de sembler lier les deux ou
même de mettre une conditionnalité. C'est en... C'est ça qu'il faut faire en
2025. Est-ce que la ministre est en train de nous dire qu'on a des plans de développement...
Puis c'est la question qu'on a posée, là. Il y a des eu beaux projets qui ont
été annoncés récemment, mais c'est lié à quelles cibles de réduction de la
consommation?
C'est pour ça qu'on demande un plan.
Depuis des mois qu'on dit : Comment ça se fait qu'on est venus en
commission sans vision puis sans plan du gouvernement? Est-ce que vous êtes en
train de nous dire que vous n'avez pas de cibles en matière de réduction? Ça
fait qu'on produit, on produit, on produit, on verra après, si on est meilleurs
dans la consommation. Où sont les plans en matière de... je donne des exemples
concrets, là, d'isolation, d'aide aux foyers qui... pour qui c'est plus
difficile de se chauffer en hiver, de modification des habitudes de
consommation des Québécois? S'il n'y en a pas, de plan de réduction, bien oui,
c'est sûr qu'on va... Envoye! Construisons des barrages puis des parcs éoliens
partout.
• (10 h 30) •
Il n'y a personne ici qui remet en
question... puis le projet de loi, certainement, ne le remet pas en question
parce qu'il parle de développer la production. Fort bien. Mais, oui, c'est lié.
Comment ça se fait que la ministre est surprise puis semble remettre en
question le fait que nous on lie ça? Le problème, c'est que le projet de loi,
lui, il est juste d'un côté ou presque juste d'un côté. Parce que je repose la
question, puis la ministre n'y répond pas. Elle n'y répond pas. Parce que tout
le monde qui lit l'article a des yeux pour voir. Et c'est clair.
L'article 14.1, qui établit les responsabilités de la ministre de
l'Énergie en 2025, ne parle que de production. Vos uniques responsabilités sont
liées au développement de la capacité de production. Et, ça, c'est un problème.
Le problème que vous me posiez ces questions-là, de dire : Bien là, est-ce
que... est-ce que ce serait une bonne chose de lier les deux? Oui, c'est une
bonne chose de lier les deux. On est en 2025. C'est ça que tous les experts
nous disent. Même l'industrie nous dit ça : Changements climatiques,
réduction des gaz à effet de serre, réduction de la consommation. Vraiment, on
en est là, en 2025, à ne pas accepter de lier les deux? Quand je dis «lier les
deux», là, pour les Québécoises et les Québécois, c'est lier le développement
de la capacité de production à la réduction de la consommation, à l'efficacité,
à la sobriété.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
moi, de mon côté aussi, je suis très étonnée d'entendre que, par exemple,
advenant que la consommation globale d'énergie ne soit pas satisfaisante en
termes d'amélioration, que le député de Jean-Talon veuille que l'on dise, par
exemple...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Fréchette : ...l'Alliance
de l'Est de l'énergie : Bien, désolés pour votre plan de développement d'un
parc éolien. On n'est pas à niveau en ce qui a trait à la consommation globale
d'énergie, alors on va devoir attendre, le temps que ça revienne à niveau,
avant de donner le go à votre projet de développement d'un parc éolien. Parce
que c'est ça, la proposition qui est faite, là, on me l'a confirmé, là, dans
les différentes interventions, il faut que ce soit lié. Donc, si c'est lié, eh
bien, on va devoir repousser dans le temps des développements de parcs
solaires, de parcs éoliens. En quoi est-ce que ça répondrait à notre mission de
s'engager plus avant dans la transition énergétique? Moi, je cherche la
réponse, et, franchement, je ne vois pas en quoi, collectivement, ça nous
permettrait davantage de décarboner et de nous engager dans un meilleur usage
de l'énergie dont on dispose et que ça nous amènerait à reposer moins sur les
énergies fossiles.
On a besoin de ces parcs solaires, ces parcs
d'énergie éolienne. Pour les avoir, encore faut-il que l'on passe à l'action,
et que l'on... qu'on les construise, et que, si jamais il y a un enjeu avec l'amélioration
de la condition globale d'énergie, que ces projets-là ne soient pas mis de côté
un certain temps. On serait à l'encontre de notre mission globale, du ce pour
quoi on a ce projet de loi là, n° 69, on veut l'avoir du fait de la transition
énergétique dans laquelle on veut s'engager. Alors là, on viendrait mettre,
comme je disais, un lien, une conditionnalité entre l'atteinte de notre
objectif et l'amélioration de la consommation globale. C'est mettre trop de
choses à risque pour atteindre nos objectifs que d'avoir ce lien-là et cette
causalité entre les deux notions. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon, je veux juste vous informer qu'il
vous reste à peu près trois minutes, là, sur le sous-amendement. Alors, je vous
laisse la parole, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Soyons
clairs, là. Je vais faire attention à comment je dis les choses, là. Mais
effrayer les gens, là, avec le fait qu'on va interdire les projets de
production avec ce qu'on est en... ce dont on est en train de discuter, ce n'est
absolument pas vrai. Que les gens de l'Alliance de l'Est et les autres soient
rassurés, il n'y a rien dans nos amendements qui aurait cet effet-là, c'est la
ministre qui est en train d'exagérer. Je m'excuse, là, mais ça... ce n'est pas
vrai que ce qu'on propose mettrait un frein à tous les projets de production,
ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai, puis il n'y a aucune des oppositions qui
parle de ça.
Le problème est inverse, le problème est
complètement inverse. Le projet de loi ne parle que de ça, de production, et
nous, on veut que ce soit un projet de loi qui nous lance vers les prochaines
décennies, pas qu'on soit en train de regarder tout ce qu'on a fait jusqu'à
maintenant, dire : On va reproduire ça. On est en 2025.
Et là ça fait trois, quatre fois que je
pose la question à la ministre, puis, je veux que les gens le sachent, la
ministre est incapable de réponse parce qu'elle la connaît, la réponse :
il n'y a rien dans ses responsabilités relativement à l'efficacité, la sobriété
et la consommation raisonnable, rien, rien. Cet article-là, qui est au cœur...
qui dit : Voici, en 2025, comment la ministre doit se considérer, voici
les responsabilités dont elle est la porteuse, il n'y a rien dans le projet de
loi qui va dire qu'elle s'occupe d'efficacité. Je le redemande, et elle ne
répond pas, parce qu'il n'y a rien. On les a devant nous, les mots. Il n'y a
rien, ça ne fait que parler de production.
Alors, le problème, il est inverse, et qu'on
ne fasse pas peur... le fait que là, les oppositions sont en train de dire :
On va arrêter de produire. Nous, on est dans le discours de 2025, de dire :
Bien, maintenant il faut le voir globalement. Mais le projet de loi penche
uniquement d'un côté.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Pour information, il ne vous resterait que 40 secondes, là, environ, M.
le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, je peux redire ce qui a déjà été dit, mais je ne suis pas sûre que ça
apporterait des éléments nouveaux, si ce n'est que, si cet ajout d'une prise en
considération de la consommation globale d'énergie n'est pas une condition à
rencontrer, à quoi sert cet amendement? Je ne vois pas la nécessité d'ajouter
ça, si ce n'est pas pour faire... pour établir une condition à certains projets
de production d'énergie. Et, bon, le député de Jean-Talon dit que ça n'aurait
pas cet impact pour l'ensemble des projets. Est-ce que c'est juste certains
projets qui seraient impactés? Puis, si ça n'a pas d'impact, à quoi bon faire
cet ajout? Donc, je reviens au questionnement de départ. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. J'ai d'autres collègues qui ont demandé la parole, dont M. le
député de Jacques-Cartier. Alors, vous avez la parole, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Rebonjour, chers collègues. Mme la ministre, je vous entends sur
vos inquiétudes, mais moi, je suis peut-être un petit... plus «optimistic» que
ça ne va jamais être un enjeu, parce qu'on va avoir du succès sur le côté d'avoir
une amélioration...
M. Kelley : ...de la
consommation globale de l'énergie. Je ne pense pas que c'est une contrainte, ni
comment c'est écrit. Présentement, en ce moment, c'est en considérant
l'amélioration qui va arriver. Et, pour moi, je veux juste, Mme la ministre,
présenter une couple d'arguments pourquoi je pense que c'est nécessaire
d'ajouter ça ici, pourquoi, en ce moment... logique.
Bien, première des choses, premier des
éléments, quand on parle de... le PGIRE, le plan de gestion, c'est lié à
l'efficacité énergétique. Je sais qu'on va arriver à ça dans nos discussions
sur la prochaine
section mais c'est... c'est
partie du PGIRE. Puis on va
réviser ça chaque six ans. Alors, quand même, dans notre objectif de s'assurer
qu'après six ans tout va bien, ou le mieux que possible, je pense qu'il y a une
certaine logique qu'on parle, oui, de... le fait que vous avez le devoir de
s'assurer qu'avant qu'on puisse dire plus, qu'on a continué à faire des gains
dans l'amélioration. Ça fait du sens, puis ça va arriver, ça va fonctionner.
Moi, je ne suis pas inquiet, je ne pense pas que ça va créer... ni bloquer des
projets. Je pense qu'on est loin, loin de ça. Ça va ajouter à... oui, à la
liste des tâches qui sont sous votre responsabilité, pas juste les
responsabilités du ministre de l'Environnement. C'est directement en lien avec
le dossier de l'énergie.
Puis j'ajoute aussi, Mme la ministre, que,
dans le plan d'Hydro-Québec, qui a été présenté par M. Sabia, on commence avec
une meilleure consommation et moindre utilisation de l'énergie. C'est le
point numéro 2, ça arrive avant le point numéro trois, qui est plus de
production. Et je me rappelle très bien quand M. Sabia était en commission. Il
a vraiment misé sur le fait qu'il faut avoir une meilleure consommation de
notre énergie globale. On sait que, dans le plan d'Hydro-Québec, leur cible,
c'est de dégager de 1 600 à 1 800 mégawatts de puissance
supplémentaire sur un horizon de 2035, puis dans le document d'Hydro-Québec,
c'est clairement indiqué que cette énergie est équivalente à un complexe de La
Romaine. C'est énorme, c'est une bonne chose.
Puis, oui, c'est sûr qu'on veut s'assurer
qu'avec la production qu'on va faire, qu'il y ait aussi... pas une production
illimitée non plus. On sait que ce projet d'Hydro-Québec va coûter beaucoup
d'argent à tous les clients d'Hydro-Québec, et ils vont être obligés de payer
pour ça. On va prêter beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent pour le faire.
Alors, c'est sûr... en même temps, Mme la ministre, juste de s'assurer que le
côté de la meilleure consommation va mieux, et tout à fait logique dans les
politiques du gouvernement, dans les plans d'Hydro-Québec et, quand même, de
qu'est-ce qu'on va discuter ici avec le plan de gestion intégrée. C'est un des
éléments.
• (10 h 40) •
Et, comme je dis, je ne suis pas inquiet.
Oui, je suis un grande fan de l'énergie solaire, l'énergie éolienne et, quand
même, je n'ai rien contre les barrages, je n'ai rien contre le fait qu'on doit
maximiser la production de nos barrages existants, tout ça est vrai, mais je
sais que, quand même, avec les différentes suggestions qui étaient mises de
l'avant par Hydro-Québec, on peut mettre en place des incitatifs pour accélérer
la meilleure consommation d'énergie. Et c'est certaine... C'est parti de la
transition énergétique, c'est parti de notre plan d'action, c'est parti de ce
projet de loi, quand même, on a des éléments, on peut trouver le mot
«efficacité énergétique» dedans, on a eu des bonnes discussions. Et je
comprends qu'on arrive avec une discussion, M. le Président, qui est fortement
intéressante, hyperimportante sur le plan politique, mais je pense qu'ajouter
ça, c'est un bon ajout pour la loi, ça va ajouter un petit peu de clarté. Et je
ne vois pas ça comme une contrainte, Mme la ministre, et c'est tout à fait...
Il faut avoir aussi un petit peu de prudence avec toute l'énergie qu'on va
produire dans les prochaines années, parce que qu'est-ce qu'on va voir dans les
autres juridictions en même temps, c'est que des gens ont... produire beaucoup
d'énergie, beaucoup des projets, ils ne sont pas capables, des fois, de se
connecter sur le réseau, des fois on a des parcs éoliens qui ne restent et ne
demeurent pas branchés au gros réseau dans certaines juridictions. Alors, un
petit peu de prudence n'est pas nécessairement une mauvaise chose, de continuer
de planifier, puis s'assurer que le PGIRE marche, que le PGIRE est dans la
bonne direction est hyperimportant.
Alors, ça, c'est mes arguments, M. le
Président. C'est sûr que je vais voter en faveur de l'amendement proposé par le
député de Robert-Baldwin, mais j'ai entendu les discussions, les débats, tout
le monde amène des bons points, la ministre, mes collègues, le député de
Jean-Talon, ma collègue de Bourassa-Sauvé, mais, pour moi, dans la logique des
discussions qu'on a eues depuis la semaine dernière, je trouve que cet
amendement marche bien, ce n'est pas trop, trop contraignant pour la ministre.
Et ça, c'est mes arguments, M. le Président. Merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la...
Le Président (M. Montigny) :
…Mme la ministre, souhaitez-vous prendre la parole à ce stade-ci?
Mme Fréchette : Non.
Rebienvenue au député de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
J'avais d'autres demandes d'interventions de collègues, dont, effectivement Mme
la députée de Bourassa-Sauvé. Et j'ai aussi le député de Maurice-Richard
qui m'a demandé la parole. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : O.K., merci, M.
le Président. Donc, vous aurez compris un peu plus tôt que je ne voulais pas
écouler, donc, toute mon enveloppe de temps et me retrouver prise en défaut et
pas en mesure, donc, de conclure sur cet amendement, dans mes discussions avec
la ministre. Puis… été éclairée par les… l'argumentaire soumis à la fois par le
député Jean-Talon et le député de Jacques-Cartier.
Mme la ministre, à mon tour, donc, de
vous… de vous ramener. Donc, le collègue de Jean-Talon l'a cité, tantôt, et j'ai
trouvé ce document, donc, très intéressant, donc, le plan directeur en
transition, innovation, efficacité énergétique, donc soumis par… déposé,
plutôt, par l'ancien ministre de l'Énergie en 2022, donc, un ministre cabinet
de votre formation politique. Et là-dedans, donc, ce qu'on… ce qu'on conçoit,
ce qu'on peut… ce qu'on retrouve comme énoncé, quand je le… Voilà. Donc, on
nous parle, donc, encore une fois, des fondements de la transition énergétique,
qui ont été abordés ici, hein, vous les avez abordés, vous-même, la semaine
dernière, Mme la ministre, en nous présentant, donc, bon, la réduction de la
consommation énergétique globale, donc la sobriété énergétique, l'efficacité
énergétique, puis ensuite, donc, la conversion. Donc, le… ce qu'on nous appelle,
donc, aussi, dans le troisième pilier, là, donc, s'assurer que, bon… qu'il y
ait une transformation, donc, des sources énergétiques, à travers, notamment,
l'électrification. Dans ce document, on peut y lire, donc, l'affirmation
suivante, donc : «S'il est nécessaire d'agir dès maintenant et en parallèle sur
les trois piliers, il importe en tout temps de prioriser l'exploitation du
potentiel d'efficacité énergétique et celui de sobriété énergétique.» Je le
répète, Mme la ministre, donc, «s'il est nécessaire d'agir en parallèle sur les
trois piliers», parce que je pense que vous avez parlé de l'effet de
simultanéité, un peu plus tôt, «il importe en tout temps de prioriser
l'exploitation du potentiel d'efficacité énergétique et celui de sobriété
énergétique». Est-ce que vous êtes d'accord avec cette affirmation, Mme la
ministre?
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Allez-y, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. J'ai expliqué que le concept de transition énergétique incluait
trois composantes : la conversion énergétique, l'efficacité énergétique,
la sobriété énergétique. Et je suis d'avis que, pour atteindre nos objectifs et
nous engager plus avant dans la transition énergétique, il va être important de
s'avancer sur ces trois axes.
Mme Cadet : Je vous entends,
Mme la ministre, mais ce n'est pas ça, ma question ici, là, ce que… Ici, donc,
l'affirmation qui se retrouve, donc, dans ce plan directeur du ministère de
l'Énergie, déposé par le gouvernement caquiste en 2022, on retrouve
l'affirmation suivante…
Une voix : …
Mme Cadet : 2018? O.K., merci,
merci. Ça que ça disait, en haut… dépôt 2022. Merci. S'il est nécessaire
d'agir dès maintenant et en parallèle sur les trois piliers… Donc, on comprend,
donc, en 2018, donc, c'est encore plus… ça fait même encore plus longtemps que
cette réflexion-là, donc, est amorcée au ministère de l'Énergie, là, c'est ce
qu'on comprend. «Il importe de… en tout temps, de prioriser l'exploitation du
potentiel d'efficacité énergétique et celui de sobriété énergétique.»
Moi, ce que je comprends, quand je lis
ceci, puis il me semble que l'affirmation est assez claire ici, c'est qu'on
nous dit qu'en fait, bien sûr que les trois piliers sont absolument importants,
ceux de la sobriété, de l'efficacité et de la conversion énergétique. Donc, ces
trois piliers-là, donc, c'est vraiment… donc, ce sont les socles, les
fondements de la transition énergétique. Donc, ils sont indissociables les uns
des autres lorsqu'on parle de transition énergétique, mais ce que le document
nous affirme ici aussi… Donc le document du… qui a été déposé par l'ancien
ministre de l'Énergie, on comprend, donc en 2018, on nous dit : Bien, il
faut en tout temps, même si, donc, les trois piliers sont indissociables… il
faut en tout le temps prioriser l'exploitation de ce potentiel d'efficacité et
de sobriété énergétique.
Vous l'avez dit, donc, pour vous, donc,
ces principes-là, donc, sont… ils sont importants. Il me semble que, si on dit…
si votre gouvernement nous dit qu'il faut prioriser l'exploitation de ce
potentiel-là, à quel moment est-ce que ça se reflète dans le projet loi qui
nous est déposé? Encore une fois, à l'article 4, à l'article 14.1, on
établit ici vos responsabilités. Donc, si, à la mission, donc, vous nous avez
dit : Oui, oui, donc, vers la transition énergétique, qui comprend les
aspects de sobriété, d'efficacité et de conversion énergétique, donc on est
prêt, donc, à les… à les décliner de façon précise à la mission, si… et vous-même,
vous l'avez dit, ça se retrouve au PGIR, mais ici dans l'article des
responsabilités de votre ministère, bien, quand on pense, donc, à la façon de
le déployer, bien, il me semble…
Mme Cadet : ...il me semble
qu'en 2018, déjà, votre ministère nous disait : Bien, la manière dont il
faut le déployer, c'est en priorisant l'exploitation de ce potentiel
d'efficacité et de sobriété. Ici, le libellé...
Le Président (M. Montigny) : ...
Mme Cadet : Ah! c'est... bon,
voilà.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y.
Mme Cadet : Le libellé, donc,
nous enjoint, donc, d'exploiter ce potentiel d'efficacité puis de sobriété
énergétique, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Désolé, il ne vous reste plus de temps. Mme la ministre.
Mme Fréchette : En
conclusion, en fait, tout ce qui est... tout ce qui est présent dans ce
document-là est encore valide, seulement, les responsabilités associées à ces
responsabilités-là sont maintenant départagées différemment entre le ministère
de l'Énergie et le ministère de l'Environnement, et, en tout temps pour notre
gouvernement, l'efficacité énergétique et la sobriété énergétique est une
priorité et va être une priorité. Maintenant, ça ne doit pas vouloir dire que
ça doit être une condition à remplir avant d'aller plus avant sur des projets
de développement d'énergies renouvelables, l'éolien, le solaire. Donc, c'est
une priorité, ça le demeure, ça l'a été et ça continue de l'être. C'est
départagé en termes de responsabilité ministérielle comparativement à l'époque
où ce document a été déposé, mais ça reste que c'est valide encore pour notre
gouvernement. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup Mme la ministre. Maintenant, j'ai une demande d'un autre collègue pour
prendre la parole, c'est le député de Maurice-Richard. Vous disposez d'autour
de 20 Minutes.
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président. J'ai entendu Mme la ministre nous dire qu'elle ne voulait pas
qu'on mette un lien entre, en gros, la production globale d'énergie et
l'amélioration de la consommation globale d'énergie, elle a même donné
l'exemple que ça pourrait stopper les productions d'éoliennes si on fait de
telles conditions. Ça fait que ma première question pour la ministre,
c'est : Quelle est... Est-ce qu'elle a une idée de la différence
d'efficacité entre une voiture électrique et une voiture avec un moteur à
explosion?
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Pardonnez-moi,
j'ai manqué la dernière
partie de la question, mes excuses.
M. Bouazzi : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
M. le député.
Mme Fréchette : Mes excuses.
M. Bouazzi : Il n'y a pas de
problème. Donc, ma première question est pour vous, Mme la ministre :
Est-ce que vous avez une idée de la différence d'efficacité entre un moteur
électrique et un moteur à explosion?
Mme Fréchette : D'efficacité?
M. Bouazzi : Exact.
Mme Fréchette : Bien... bien
oui. Le moteur électrique, M. le Président...
M. Bouazzi : Je peux vous
donner la réponse, si vous voulez, hein, ce n'est pas grave. Ce n'est pas un
quiz, là, je voulais juste...
Le Président (M. Montigny) : Allez-y...
Mme Fréchette : O.K. Allez-y.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
M. le député, à votre convenance.
• (10 h 50) •
M. Bouazzi : Donc, une
voiture électrique atteint à peu près 90 % d'efficacité, alors qu'une
voiture à essence, dans le meilleur des cas, atteint 40 à 45 %
d'efficacité, c'est-à-dire qu'évidemment, dans une voiture à explosion, il y a
une énorme
partie de l'énergie qui part en chaleur, quand on le sait bien,
la... un moteur, ça chauffe et la chaleur ne va pas dans les roues qui
tournent. Mon point, c'est... Mme la ministre, c'est qu'à chaque fois qu'on va
changer une voiture à essence pour une voiture électrique nous répondons à une
telle condition dans un facteur de 100 %, de 100 %, et il n'y a pas
une éolienne qu'on ne construira pas parce qu'on n'est pas capable d'être
efficace. Là où le bât blesse, Mme la ministre, c'est qu'actuellement, et là
j'ai les chiffres devant moi, donc, la diminution, la consommation d'énergie des
voitures grâce à l'introduction des voitures électriques est de moins 46 %
actuellement au Québec, mais, comme on a introduit une énorme quantité de VUS,
qui, elle, augmente de 201 % exactement la consommation d'énergie, on est
rendus à avoir des nouvelles ventes qui atteignent 80 % de VUS au Québec.
Bien, malgré le fait qu'on introduit de l'électrique, on est en train de faire
tout sauf optimiser notre consommation d'énergie. Et donc il n'y aura jamais,
jamais un projet qui consiste à dire : Je veux être efficace et
électrifié, qui n'arrive pas, ce qui n'arrive pas. C'est la réalité qui est
devant nous. Le projet de loi tel qu'il est ne peut pas empêcher cette tendance
lourde qui existe depuis votre arrivée au pouvoir maintenant, depuis 2018, qui
consiste à dire : Non seulement on augmente le parc de VUS et d'obésité
énergétique dans laquelle on vit, mais, de l'autre côté, on n'est même pas
capable de dire : O.K., à partir de maintenant, on va électrifier, on va
construire des éoliennes et on va le faire dans un concept d'optimisation et de
sobriété de notre énergie. C'est vraiment une petite contrainte, Mme la
ministre, par rapport à une réalité qui est problématique, parce que, si on ne
met pas ça, la situation actuelle qui ne fait qu'empirer étant donné...
M. Bouazzi : Le genre de
parc automobile qu'on a transformé depuis les 20 dernières années, bien,
est absolument possible. Or, si ceci est possible, il n'y a aucune chance qu'on
réussisse une transition énergétique. Donc, je vous invite à revoir tous vos
arguments en tout respect, là, et d'accepter un tel amendement qui franchement,
d'après nous, est terriblement mou, là. C'est comme une situation, là, mais ça
serait le minimum possible.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M.
le Président, écoutez, je réitère ce que j'ai indiqué tout à l'heure, à savoir
que si cet amendement, en fait, si l'amélioration de la condition globale, la
consommation, pardon, globale d'énergie n'a pas d'incidence sur la production
d'énergie, pourquoi avons-nous cet amendement? C'est ma question de départ. Je
suis d'avis qu'il faut avancer sur les trois axes simultanément et on va mettre
la gomme, toute la gomme, pour faire en sorte d'atteindre nos objectifs le plus
rapidement possible. Mais le libellé tel qu'il est là mettrait potentiellement
un pied sur le décélérateur advenant que la consommation globale d'énergie ne
soit pas au rendez-vous telle que souhaité initialement. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Bouazzi : La semaine
dernière, M. le Président, j'ai posé la question à la ministre pour savoir si
les 150 à 200 térawattheures qu'Hydro-Québec prévoit produire de plus
d'ici 2050, donc dans les 25 prochaines années, ce chiffre-là ne venait
pas de son gouvernement, venait d'on ne sait où. Mais ce qu'elle m'a confirmé,
c'est bien ça, Mme la ministre, j'espère vous avoir bien compris, Hydro-Québec
a dit dans leur «forecast», là, dans la prévision que d'ici 25 ans, ils
vont avoir besoin de 150 à 200 térawattheures et que ce chiffre-là ne
venait pas de vous.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, tel
qu'indiqué la semaine dernière, j'ai rappelé que ça vient du plan
d'Hydro-Québec, qui a converti en fait nos ambitions... objectifs politiques,
règles que l'on a, qui sont en vigueur ou qui le seront dans un avenir plus ou
moins rapproché en mégawatts, si vous voulez. Hydro-Québec a fait une
traduction énergétique de notre nos propositions gouvernementales.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, Mme la ministre, M. le député.
M. Bouazzi : Je comprends
qu'Hydro-Québec ait fait ça sur les politiques que vous avez mis de l'avant
jusqu'à 2030‑2035, mais jusqu'à 2050, en tout respect, vous n'avez aucun
programme qui va jusqu'à 2050, c'est bien ça? C'est-à-dire le chiffre pour
2050... Il y a deux chiffres dans le rapport d'Hydro-Québec. Il y en a un qui
dit... Si mes souvenirs sont bons, on parle de 65 térawattheures comme
première livraison. Et ensuite, si on va jusqu'en 2050, on arrive à 150 à
200 térawattheures annuels puis de 150 à 200 térawattheures. C'est de
celui-là dont je parle. Ni le plan pour une économie verte ni quoi que ce soit
ne se rend à la carboneutralité 2050. Le Plan pour une économie verte ne
sera même pas à identifier 100 % de ce qu'il faut faire pour atteindre nos
objectifs de 2030, ce qui fait qu'on se doute qu'il n'y a pas les objectifs de
2050, en tout respect, Mme la ministre. Je veux juste que ce soit clair pour
tout le monde. Et s'il vous plaît, si j'ai mal compris, corrigez-moi le chiffre
de 150 térawattheures ou de 200 térawattheures, donc la fourchette
qui a été mise dans le plan d'Hydro-Québec pour dire voici ce qu'on doit faire
jusqu'à 2050, ce chiffre-là n'a pas été fourni par votre gouvernement, c'est
Hydro-Québec sur Dieu seul sait quoi, parce qu'on n'a pas vu l'équation, s'est
dit : Moi, je dois doubler ma capacité d'ici 2050. C'est oui ou non, Mme
la ministre, s'il vous plaît, là. C'est oui, vous avez fourni le chiffre ou
non, vous ne l'avez pas fourni.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président, je... J'ai l'impression d'avoir déjà répondu quelques fois à
cette question-là. Alors, je ne vois pas qu'est-ce que je pourrais...
M. Bouazzi : Donc, c'est
non. C'est juste. C'est juste pour être clair. Vous n'avez pas fourni ce
chiffre-là.
Mme Fréchette : Ce chiffre-là
a été élaboré par Hydro-Québec sur la base des ambitions et projections... pas
projections, mais programmes du gouvernement. Et par ailleurs, le plan pour ce
qui est d'avoir un plan au cours des 25 prochaines années, bien, c'est le
PGIRE qui va nous le fournir, ce plan, sur la base de nos différentes sources
énergétiques, de l'efficacité énergétique, la sobriété, la conversion que l'on
pourra générer au cours des prochaines années. Ça fera notre plan, notre
feuille de route pour les 25 prochaines années. Et c'est à ce moment-là
que va être élaboré, donc, le plan dont le collègue déplore l'absence. Et ce
plan-là, on veut l'élaborer en partenariat, en collaboration avec les
différents acteurs qui vont être invités à contribuer à cette discussion. Donc,
avec une approche participative, on va élaborer ce plan qui est important...
Mme Fréchette : ...puis qui
va nous faire notre feuille de route.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : C'est...
Laissez-moi être d'accord avec la ministre. C'est vrai que je déplore l'absence
du PGIRE, mais ce n'était pas l'objet de ma question.
Actuellement, on a un plan, c'est celui
d'Hydro-Québec. Et, dans ce plan-là, est-ce que, oui, vous... oui ou non, vous
avez vu, vous, une équation qui explique pourquoi on a besoin de 150 à 200 térawattheures ? Est-ce que... Parce que, rendons-nous
compte, là, ce n'est pas de l'argent de Monopoly, là, ils ont besoin de 180
milliards de dollars pour arriver... 180 milliards de dollars. Je ne
sais pas si on se rend compte, là. Le budget de l'État du Québec, là, pour tout
faire fonctionner, c'est moins de 160 milliards. Eux, ils ont besoin, à eux
seuls, là, 180 milliards de dollars. Et là ils nous disent : On a
besoin de ça pour avoir 150 à 200 térawattheures d'ici 2050. Est-ce que... Mme
la ministre, avez-vous vu une équation qui explique pourquoi on se rend là?
Aucun de vos programmes ne se rend là, là. Ça fait qu'il n'y a pas : La
somme de nos programmes fait en sorte qu'on a besoin de ça, là. Il y a une simulation
quelque part qu'Hydro-Québec a faite, ou toute seule dans son coin et vous l'a
montrée ou toute seule dans son coin et vous ne l'a pas montrée, qui explique
pourquoi on a besoin de 150... Mais honnêtement c'est des questions simples.
Moi, en fait, ma question vient après, mais j'aimerais bien qu'on réponde à
celle-là pour pouvoir poser la suivante Est-ce que vous avez...
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
avez vu, oui ou non, une simulation qui explique pourquoi on a besoin de 150 à
200 térawattheures?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, j'aimerais rappeler, en fait, que ces sommes-là d'investissements
qui sont requis par Hydro-Québec vont être dépensées au fil des ans. Bien sûr,
ce n'est pas une dépense qui va survenir d'ici trois ans, c'est un plan pour
les 25 prochaines années qu'on est en train de travailler, et, par conséquent,
les investissements qui seront requis vont se dérouler aussi sur une période de
moyen et long terme, on pourrait dire. M. Sabia, d'ailleurs, le rappelait il y
a quelques jours lors d'une conférence qu'il a donnée, la semaine dernière. Et
c'est
partie prenante de ce plan d'Hydro-Québec. Et le PGIRE va nous permettre
justement d'identifier la route pour nous permettre d'atteindre ces
objectifs-là et de nous inscrire dans le... à la fois le plan d'action
d'Hydro-Québec, mais aussi, pour le Québec, de nous inscrire dans la transition
énergétique. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Très bien. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : C'est vraiment
très dur d'avoir des réponses de Mme la ministre, M. le Président.
Effectivement, 180 milliards sur 25 ans, ce n'est pas d'un coup. C'est quand
même un peu plus de 8 milliards en moyenne par an. Sachant que le trou
récurrent, actuellement, dans notre budget est de 4 milliards, avouons, Mme la
ministre, que c'est quand même énormément d'argent. Et j'espère quand même, et
je comprends... je prends... je prends comme hypothèse, étant donné que je n'ai
pas de réponse, que Mme la ministre n'a jamais vu une simulation qui explique
le chiffre de 150 à 200 térawattheures. Je n'ose pas croire qu'elle ne veut pas
nous dire qu'elle a vu ce document ou pas. Il y a toutes sortes de mots non
parlementaires qui me viennent à l'esprit. Ça fait que je vais considérer
qu'elle ne l'a pas vu, ce qui me permet de poser ma deuxième question.
• (11 heures) •
La Romaine, là, c'est 8,5 térawattheures.
Ça a pris 11 ans de construire La Romaine, c'est quatre barrages. 200
térawattheures, c'est 20 Romaine, l'équivalent de 20 Romaine en 25 ans. La
Romaine, ça a été 8,5 térawattheures en 11 ans. Est-ce que Mme la ministre
pense un seul instant qu'atteindre 200 térawattheures dans le projet
d'Hydro-Québec en 25 ans a une chance d'aboutir?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Écoutez, au Québec, on a vraiment une expertise avérée, là, puis
reconnue à l'échelle internationale en matière d'énergie, là. Ce n'est pas
anodin, ce que l'on a développé au fil des dernières décennies comme talent,
comme expertise, comme savoir-faire. Et c'est tout ça qu'on va mettre à contribution
pour atteindre l'objectif. Et, bien sûr, ça ne réside pas que dans un seul
projet, ça va être une multitude de projets, notamment d'efficacité énergétique
et de sobriété, mais également de production d'énergie qui sera mise à
contribution.
Et un des éléments qui, je pense, mérite
d'être souligné, c'est qu'on va le faire aussi en partenariat avec les
Premières Nations. Et ça, c'est important. C'est un changement de paradigme
important. Les Premières Nations sont des partenaires de premier plan, et on
est en train de développer, je dirais, une relation, un partenariat avec eux
très constructif et porteur à la fois pour la société québécoise et les
Premières Nations elles-mêmes. Donc, ça, ça va être un élément, je dirais,
d'accélérateur, d'accélération du développement des différents projets qui vont
être mis de l'avant au fil des prochaines années.
Je pense qu'on a tout ce qu'il faut, on a
tout ce qu'il faut pour s'inscrire dans cette transition énergétique avec les
ambitions qui sont présentes dans le plan. Et les retombées pour le Québec vont
être majeures, vont être majeures parce qu'Hydro-Québec est au cœur de cette
transition-là, et Hydro-Québec...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) Mme Fréchette : …appartient
aux Québécois. Alors, ce sont les Québécois. J'entends souvent qu'on veut mieux
répartir la richesse du côté de Québec solidaire. Hydro-Québec, c'est un acteur
de répartition de la richesse de manière assez considérable. Alors, c'est ça qu'on
met au cœur de notre plan pour les prochaines 25 ans… 25 années.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Je n'entends
toujours pas de réponse à ma question, en tout respect. Je me demande… Des
fois, j'entends les partis d'opposition quand même parler très, très longtemps.
Je me dis : Est-ce qu'ils font du temps ou pas? Mais c'est quand même
spécial que ça vienne du parti gouvernemental, M. le Président. Ma question est
simple, et j'en arrive à la suite… Parce que tout ça, c'est pour parler… l'idée,
c'est d'aboutir quelque part.
Moi, je vous… je vous donne… bon, tant
pis, vous ne répondrez pas à la question, produire l'équivalent de 20 Romaine
en 25 ans, alors que ça nous a pris 11 ans d'en faire une seule, ce n'est
pas raisonnable. Le diplômé en ingénierie que je suis de Polytechnique capote
un peu quand il voit ce genre de chiffres, honnêtement, là, ce n'est pas
sérieux, là. C'est-à-dire qu'un étudiant de poly qui arrive avec une courbe
comme celle-là, bien, techniquement, il coule son cours, parce que ce n'est pas
vrai qu'on fait l'équivalent de 20 Romaine en 25 ans quand on en a
fait une seule en 11 ans. C'est absolument dingue, délirant qu'en 2025 on
a une commission parlementaire où on n'est pas capable de dire : Ah! Il va
falloir compter sur l'efficacité, la sobriété énergétique. Nous n'y arriverons
pas, nous n'y arriverons pas.
Donc, ma question, c'est de dire… je vais
partir de la prémisse que la ministre a dit : Nous n'y arriverons pas, parce
que je ne peux pas croire qu'elle pense qu'on va y arriver. Donc, moi, je vais
vous dire, Mme la ministre, ce plan-là d'Hydro-Québec n'est pas basé sur la
sobriété et l'efficacité énergétique. Aucune chance. Non seulement ça, mais, en
plus, il n'a aucune chance d'aboutir. Parce que, je le rappelle, 20 fois l'équivalent
de la Romaine en 25 ans, quand ça a pris 11 ans d'en faire une seule,
ce n'est pas raisonnable.
Ça fait que cet amendement, qui est mou,
rappelons-le, qui est mou, qui dit juste que, si on produit plus d'énergie… on
n'a pas juste parlé renouvelable, là, d'énergie tout court, là. Si on a besoin
de plus d'énergie, prenons en considération l'amélioration de la… la
consommation globale de l'énergie, c'est… c'est quand même… c'est quand même
quelque chose que… Je ne peux pas croire qu'on va voter contre ça, honnêtement.
Encore une fois, c'est mou, là, nous, on
en a proposé d'autres qui étaient plus clairs, qui ne sont, par ailleurs, pas
si contraignants que ça. Tout ce que ça dit, c'est : S'il vous plaît! Prenez
en compte l'efficacité, la sobriété, et pas juste la production. Ce projet de
loi au complet est centré sur la production.
Je rajouterais un dernier point, et ça va
être un amendement qu'on va amener plus tard. Oui, bien sûr, au Québec, on a
une expertise dont on est fiers, et d'ailleurs il serait temps de la mettre de
l'avant et pas de transférer toutes nos richesses au privé. Parce que cette
expertise-là, dont on est fiers, elle est à l'intérieur d'Hydro-Québec. Ça fait
25 ans qu'on ne compte plus sur elle pour la suite des choses. Et ça nous
coûte vraiment… ça nous coûterait sacrément moins cher, mais on y reviendra
plus tard. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Maurice-Richard. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Juste pour rappeler, en fait, que je comprends la référence à la
Romaine, mais là il faut voir que le plan dans lequel on s'engage va mettre à
contribution, je dirais, la très grande majorité des régions du Québec. Donc,
ce ne sera pas une Romaine fois je ne sais plus quel multiplicateur. Ça va être
le Saguenay qui se met en action pour développer à la fois son énergie solaire,
son énergie éolienne. Ça va être le Bas-Saint-Laurent qui va se mettre à
contribution, ça va être les industriels qui vont être également actifs pour
aller chercher les gisements d'efficacité énergétique qui existent dans nos
industries, dans nos entreprises.
Oui, ce seront aussi potentiellement des
barrages, des ouvrages hydro-électriques. Puis l'entente avec Terre-Neuve va
nous permettre d'aller de l'avant de manière assez pertinente et efficace de ce
côté-là. Hydro-Québec a différents scénarios pour atteindre les objectifs qui ont…
qui sont présents dans leur plan de développement. Le PGIR va nous permettre d'aller
de manière encore plus précise et détaillée sur le comment on va pouvoir se
rendre à destination. Ça, c'est prévu dans la prochaine étape, mais
Hydro-Québec, déjà, a un certain nombre de scénarios qui permet de refléter, en
fait, l'atteinte de ces objectifs dans son plan d'action.
Et voilà, tous seront mis à contribution.
Et c'est en multipliant les efforts qu'on va pouvoir atteindre cet objectif-là.
Je pense que la sensibilisation aussi des gens va aller croissante. On le sait,
les changements climatiques sont à l'œuvre, et je pense que ça nous sensibilise
tous, autant que nous sommes. Chacun pourra décider de la voie à suivre, mais c'est
sûr que nous, on va les inciter à adopter les mesures les plus efficaces.
Merci.
M. Bouazzi : Vous voyez, M.
le Président, c'est le cœur du problème. On a entendu tous les exemples qu'a
donnés la ministre, moi...
M. Bouazzi : ...Mme la
ministre. Moi, je n'ai pas entendu plus de transports en commun, moins de
voitures, plus de voitures électriques, moins de voitures à essence, des
thermopompes partout à travers tout le Québec, des nouvelles formes de... de
l'isolation de tous les bâtiments, des nouvelles boucles énergétiques qui
réutilisent de l'énergie perdue des usines pour pouvoir en faire de
l'agriculture urbaine, etc. Tous les exemples qu'elle a donnés sont des
exemples de production, et c'est là d'où vient l'importance de rappeler dans un
projet de loi et, du coup, à la ministre qu'une de ses responsabilités c'est de
s'assurer qu'il y a de l'efficacité et de la sobriété tout le temps, et que le
seul réflexe qu'a ce gouvernement c'est du drill baby drill, de... de non
seulement des années 70, mais en pire, parce que, nous, au Québec, dans
les années 70, on s'est dit c'est en commun, l'eau qui coule sur notre
territoire, c'est une richesse commune, Hydro-Québec, c'est une richesse
commune. Et voilà maintenant 25 ans qu'on est en train de bousiller le commun
qu'est Hydro-Québec en donnant toutes les éoliennes, sans exception, au privé.
Vous me dites l'Alliance de l'Est... Le privé, mais il se lèche les babines.
Moi, j'ai été, il y a deux ans, dans l'événement, là, des producteurs de
l'énergie renouvelable, le... un des porte-parole du groupe a eu le culot de
sortir et nous dire : Il y a... si vous n'avez pas eu... gagné des appels
d'offres, ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde. C'est ça
qu'ils se disent dans le privé, c'est ça qu'ils se disent dans le privé. Ça
fait que c'est pire que les années 70, parce que nous avons eu des
visionnaires sur la question commune, sur les richesses communes dans les
années 70. On est rendus en 2025 et on réfléchit comme des néo-libéraux de
1990. Je veux dire, redonnez-nous les mêmes exemples, Mme la ministre, mais
avec l'efficacité et de la sobriété et pas juste de la production, s'il vous
plaît, ne me démontrer pas que j'ai raison alors que vous donnez les exemples.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, je constate que le député de Maurice-Richard fait de l'écoute
sélective parce que j'ai parlé, dans mon intervention, tout à l'heure, d'aller
chercher les gisements d'efficacité énergétique chez les industriels. Alors
qu'il m'explique en quoi c'est une mesure de production d'énergie d'aller
chercher les gisements d'efficacité énergétique, industrielle. Je l'écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
M. Bouazzi : C'est un bon
point, mais c'est insuffisant. C'est bon, on a fait le tour.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, juste valider... Oui.
Alors, M. le député, je vous laisse la parole. Je vous reviendrais avec le
temps qu'il vous reste, là, on va le calculer.
• (11 h 10) •
M. Kelley : M. le Président,
je veux juste ajouter à la discussion, parce que ma collègue de Bourassa-Sauvé
était en train de faire le point, le lien entre comment ce gouvernement, quand
même, dans leur propre politique met la sobriété et l'efficacité énergétique
avant tout parce que c'est écrit noir sur blanc dans notre document, que ça,
c'est l'objectif, puis encore d'aider la ministre, les ministères puis le gouvernement
d'être cohérent dans leurs actions et dans tous leurs documents que ce n'est
pas écrit dans une part qu'il faut aller de l'avant avec et en... excusez-moi,
avant tout... toutes avec l'énergie et efficacité énergétique. Puis, dans un
autre coin, on dit : Bien, c'est juste de la production. Il faut avoir un
lien entre les deux. Encore, ça, c'est pourquoi on a déposé l'amendement.
Mais je reviens dans le document qui est
testé par ma collègue puis aussi par le député de Jean-Talon, et pour qu'on...
qui disait : La transition énergétique, la priorité doit être accordée à
réduire la demande absolue en énergie au Québec. Alors, quand même, dans un
document du gouvernement, l'objectif, avant de produire plus d'énergie, c'est
de réduire le montant global. Et on revient encore, ça, c'est exactement
qu'est-ce qu'on a écrit dans l'amendement, dans une façon qui est pas mal
générale et globale, mais c'est cet élément-là, Mme la ministre, c'est que,
quand même, la politique du gouvernement... la mission de votre collègue
responsable pour la transition énergétique, c'est qu'avant que je pose la
question comment je peux produire plus d'énergie, c'est de commencer avec la
question de la sobriété et l'efficacité énergétique. Et ça doit aller avec
toutes vos actions aussi, Mme la ministre, ça doit aller en la même direction.
Alors, ça, ça s'ajoute, selon moi, des arguments pour ajouter notre
amendement... pour accepter notre amendement, Mme la ministre, parce que c'est
quand même la mission de votre gouvernement qu'avant qu'on pense à produire
plus d'énergie, on commence à la base qu'il faut consommer moins d'énergie.
Point.
Le Président (M. Montigny) :
Merci...
Le Président (M. Montigny) : ...Merci,
M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci.
Effectivement, c'est la mission de notre gouvernement et c'est ce dans quoi on
est actif et engagé. Maintenant il faut voir qu'il y a une part des
responsabilités, auxquelles réfère le député de Jacques-Cartier, qui relèvent
du ministre du collègue à l'Environnement. Alors, c'est en ce sens-là qu'on est
actif dans la vision qui est mise de l'avant par le député et, à nous deux, on
forme un tout qui nous amène à être présent à la fois dans la conversion, dans
la réduction et l'efficacité énergétique. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec ce
sous-amendement? Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de ce sous-amendement. Est-ce que ce
sous-amendement...
Mme Cadet : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Parfait. Nous irons par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
Le Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
Le Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
Le Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
Le Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
Le Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
Le Secrétaire : M. Dubuc,
Tremblay?
M. Tremblay : Contre.
Le Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc), excusez-moi. M. Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est rejeté. Nous revenons donc à la proposition
d'amendement qui avait été déposée. On se souviendra, là, qu'on avait déjà eu
un tour de parole. Oui, Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : M. le
Président, puis-je proposer de suspendre les travaux?
Le Président (M. Montigny) : Avec
plaisir. Je vais donc suspendre les travaux quelques instants.
Mme Fréchette : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 14)
Haut de la page
11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 32)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons nos travaux immédiatement. Merci, chers collègues.
Maintenant, nous revenons donc à la proposition d'amendement à l'article 4
pour la
section 14.1 du projet de loi. Alors, est-ce qu'il y a des
interventions? Oui.
M. Kelley
: Non. Je
pense que c'est bon.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait.
M. Kelley
: M. le
Président, on peut aller à un vote par appel nominal pour notre amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Merci beaucoup. Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
passer au vote sur la proposition d'amendement par appel nominal. M. le
secrétaire.
Le Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
Le Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
Le Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
Le Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
Le Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
Le Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
Le Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, la proposition d'amendement est rejetée.
Nous revenons donc à l'article 4 dans
la
section IV, 14.1. C'est la
partie où nous étions. Oui, M. le député de
Maurice-Richard, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Nous avons
un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Alors, il y a un amendement qui a été déposé. Nous allons donc
suspendre pour laisser le temps d'afficher la proposition d'amendement de mon
collègue Maurice-Richard. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 34)
(Reprise à 11 h 35)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. Nous avons reçu la proposition d'amendement
du député de Maurice-Richard. Il est donc affiché présentement à l'écran. Mais
ce député de Maurice-Richard, je vous laisse la parole pour la présentation de
votre proposition d'amendement.
M. Bouazzi : Donc, ajouter à l'article 14.1
de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation proposé par l'article...
proposé par l'article 4 du projet de loi à la fin du... à la fin, des
paragraphes suivants :
«7° d'établir les orientations, les
objectifs et les cibles à atteindre en matière de transition, d'innovation, d'efficacité
de sobriété énergétique.»
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, M. le député. C'est parfait. Est-ce qu'il y a des interventions
en lien avec cette proposition? M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Cette
proposition découle directement des commentaires de la Vérificatrice générale
pour le projet de loi n° 41. Donc, Mme la ministre, la Vérificatrice
générale s'inquiétait déjà, à l'époque du projet de loi n° 41, de la
division des responsabilités entre votre ministère et celui de l'Environnement.
Et donc je lis, là, une
partie du verbatim. Donc, elle parle de la... les
responsabilités du MEIE. Donc, c'est la responsabilité de déterminer les
orientations, les objectifs et les cibles à atteindre en matière... en la
matière. Elle parle... En fait, je vais... je vais lire trois sections du verbatim
de la Vérificatrice générale. Et je pense que tous les membres, ici, accordent
beaucoup d'importance à ce que la Vérificatrice générale a à nous dire, M. le
Président. Donc, le ministre... le ministère de l'Environnement s'est alors vu
confier les responsabilités en matière de transition, d'innovation et d'efficacité
énergétique. Seule la responsabilité de déterminer les orientations, les
objectifs et les cibles à atteindre en la matière a été confiée au ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, du MEIE. Donc,l là, elle parle un
peu de la loi. Ensuite, elle le dit : En prenant connaissance de ces
multiples changements j'ai certes... j'ai certaines...
M. Bouazzi : ...interrogations,
notamment les suivantes - donc, ça, c'est la Vérificatrice générale qui parle
toujours - qu'adviendra-t-il des cinq cibles de la politique énergétique qui
avaient été transférées du plan directeur en juin 2022? Qui sera le réel
responsable de la transition énergétique, alors que, d'une part, le MEIE doit
établir les orientations, les objectifs et les cibles à atteindre et que,
d'autre part, le ministre de l'Environnement doit assurer la gouvernance
intégrée. Dans le rapport portant sur le FECC, j'ai constaté que le ministère
de l'Environnement n'exerçait pas une gouvernance intégrée efficace de la lutte
contre les changements climatiques pour permettre la cohérence, la coordination
des actions à l'échelle gouvernementale. Le projet de loi - donc là, elle parle
du projet de loi n° 41 - le projet de loi vient ajouter le soutien à la
transition énergétique dans la gouvernance intégrée de la lutte contre les
changements climatiques. Compte tenu des lacunes observées dans mon rapport,
cet ajout me préoccupe.»
Et là, elle dit : «De plus, je
m'interroge non seulement sur la signification de l'expression "soutien à
la transition énergétique", mais également sur la manière... la manière
dont le ministre de l'Environnement sera en mesure d'intégrer pleinement cet
enjeu dans la gouvernance intégrée, étant donné que l'innovation et
l'efficacité énergétique ne semblent pas y être prévues. D'autant plus que,
depuis octobre 2022, le MEIE a la responsabilité d'établir les orientations,
les objectifs et les cibles à atteindre en matière de transition, d'innovation
et d'efficacité énergétique... - je répète ce que je viens de dire, c'est la Vérificatrice
générale qui parle en commentant le projet de loi n° 41 - d'autant plus
que, depuis octobre 2022, le MEIE a la responsabilité d'établir les
orientations, les objectifs et les cibles à atteindre en matière de transition,
d'innovation et d'efficacité énergétique.»
Donc, ma première question pour la
ministre : Est-ce qu'elle pense que la Vérificatrice générale a erré en
faisant une telle affirmation?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Merci. Alors, je vois, là, l'amendement qui est mis de l'avant par
le député de Maurice-Richard et... en matière de transition, d'innovation,
d'efficacité et de sobriété énergétique. Et j'entends aussi les propos, les commentaires,
en fait, qu'avait émis la Vérificatrice générale. Et j'aimerais l'inviter à
regarder l'article 14.2 puisque le deuxième paragraphe reprend les idées
qui sont mises de l'avant par le député de Maurice-Richard. Si on regarde les
six premières lignes du deuxième paragraphe, on dit : «Le plan peut porter
sur toutes les sources d'énergie consommées au Québec - et on parle du plan, le
PGIRE, bien sûr, qui est l'élément clé, donc - le plan peut porter sur toutes
les sources d'énergie consommées au Québec et il contient notamment un état de
situation et des besoins énergétiques au Québec. Il établit des orientations à
respecter et des objectifs et des cibles à atteindre en matière d'énergie et
d'efficacité énergétique.» Donc, c'est là qu'on retrouve, en fait, l'essentiel
de ce qui est... ce qui est mis de l'avant à travers l'amendement. Le concept
d'efficacité énergétique et de transition si s'y trouve.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être sûr de comprendre, au niveau du PGIRE, il y a la notion d'efficacité. Le
PGIRE est sous votre responsabilité, mais vous ne voulez pas avoir l'efficacité
comme étant une de vos responsabilités. Est-ce que j'ai bien compris? Parce que
le 14.2, c'est le PGIRE, le 14.1, c'est vous. Nous, on pense que vous devriez
avoir l'efficacité... puis pas juste nous, là, de ce qu'on comprend, de ce que
Mme la Vérificatrice générale a dit. Et elle ne l'a pas dit en sachant qu'il y
avait un PGIRE. À l'époque, on ne savait pas qu'il y avait un PGIRE. Donc,
comment ça fonctionne, Mme la ministre?
Mme Fréchette : Alors, le
PGIRE va effectivement cibler les cibles en matière d'efficacité énergétique.
Comme on... Quand on parle des moyens pour atteindre cette efficacité
énergétique, il s'agit de mon collègue à l'Environnement. Mais le PGIRE va
intégrer le volet... les cibles... le volet des cibles énergétiques à atteindre
pour le plan d'ici les 25 prochaines années. Le PGIRE.
Le Président (M. Montigny) : Juste
un petit instant. Merci beaucoup, Mme la ministre. Je veux juste, avant de
poursuivre, là, vous informer que j'apporterai une petite correction de forme à
la commande de l'amendement en plaçant, là, «les paragraphes suivants» par «le
paragraphe suivant» au singulier. Vous pouvez continuer, M. le député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Le PGIRE, là, il fait trois choses... enfin, il fait bien des
choses, là...
M. Bouazzi : …mais il en fait
trois par rapport à l'énergie. Moi, ce que je ne comprends pas, là, c'est
comment… Parce que je relis ce que dit la Vérificatrice générale : Le MEIE
a la responsabilité d'établir les orientations, les objectifs et les cibles à
En quoi «établir les orientations, les objectifs et les cibles à atteindre en
matière d'efficacité énergétique» ne devrait pas… Parce que c'est ça, votre
point, là. Nous, on n'est pas en train de vous enlever la production, il y a de
la production partout, ne vous inquiétez pas. En… sur quelle base est-ce que…
Vous, l'efficacité, vous dites : En fait, ce n'est pas moi, c'est ça que
vous dites. Je comprends, là, vous dites : Ce n'est pas moi, c'est un
autre ministre, et la sobriété encore moins, on s'entend. C'est… c'est bien ça,
là? Je veux juste être sûr de comprendre votre point. Parce qu'on ne peut pas
dire : Dans le PGIR, je le fais, mais je ne veux surtout pas que ce soit
assigné à moi. Je veux dire...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, c'est le mandat de notre gouvernement de s'engager dans la transition,
l'efficacité, la sobriété et l'innovation. Ça fait
partie de la mission
associée au ministère et à celle de mon collègue également. Ça fait partie… ça
va faire
partie du PGIR, qu'on va élaborer. Donc, ces notions-là sont bien
présentes, à la fois dans la mission et dans le PGIR, qui est à venir. Donc,
c'est le reflet de notre engagement gouvernemental en matière des ces…
d'efficacité et de sobriété.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. M. le député.
M. Bouazzi : M. le Président,
comme vous le savez peut-être, j'ai passé… j'ai passé 15 ans à la Banque
canadienne de développement, pendant de nombreuses années comme architecte
d'affaires, puis comme vice-président adjoint. Et une des idées d'avoir une
mission, donc, d'un point de vue stratégique, c'est d'avoir des actions tactiques
qui répondent à la mission. Est-ce que… est-ce que Mme la ministre est d'accord
avec moi pour dire qu'une mission… enfin, des actions et des responsabilités
doivent être rattachées à la mission? Si aucune action n'est rattachée à la
mission, on s'entend que c'est ou des très mauvaises actions ou des très… ou
une très mauvaise mission, ou les deux, d'ailleurs.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Alors, bien, j'aimerais, en fait, rappeler que, le
point 14.2, que j'ai lu tout à l'heure et qui fait référence au fait qu'on
établit des orientations à respecter, des objectifs, des cibles à atteindre en
matière d'énergie… d'énergie et d'efficacité énergétique, on est ici dans la
mission. Donc, on a le concept des cibles, des orientations en matière
d'efficacité énergétique, dans la mission, à 14.2. Alors, il faut voir… là, on
est à l'étude
article par article, mais il faut voir l'ensemble de l'article
pour avoir le portrait complet. Donc, ces notions-là se retrouvent à 14.2.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
M. Bouazzi : Alors, on avance
un peu. Donc, je reprends un peu ce qui se passe normalement, là, et puis, là,
pour le coup, je vais peut-être étonner les personnes autour de cette table.
Donc, moi, la seule expérience que j'ai, elle est semi-publique, là, elle n'est
pas dans le public, mais, disons, dans le privé, l'idée, c'est d'avoir une
mission et de voir quels sont les différents acteurs qui ont une stratégie
tactique. Et puis, ensuite, ça descend comme ça un certain nombre de personnes
responsables pour voir comment chacun d'eux se rajoute, se rattache à cet… à
ces objectifs tactiques, qui eux-mêmes se rattachent à la mission.
Je comprends le PGIR, là, mais la personne
la plus importante, qui a le plus de pouvoir, qui a le plus d'influence, dans
le ministère, qui est censé répondre à la mission, c'est vous, Mme la ministre,
ici, on parle de vos responsabilités à vous. Et, dans vos responsabilités à
vous, on continue à se dire : Bien non, moi, cette partie-là de la
mission, ce n'est pas ma responsabilité. Rappelons, d'ailleurs, qu'elle n'est
pas encore dans la mission, là, on espère toujours la voir débarquer dans la
mission. Vous avez une réunion au Conseil de ministres, tantôt, pour en parler.
Mais, en imaginant que ça marche, je veux dire, comment est-ce qu'on peut
expliquer que la personne la plus… qui a le plus de pouvoir dans le ministère
et, d'ailleurs. On l'espère, une des personnes qui a le plus de pouvoir dans le
Conseil des ministres, n'a pas la responsabilité associée à deux des trois
piliers de la mission.
Je comprends le PGIR, là, mais vous, là,
pourquoi ce n'est pas votre responsabilité? Est-ce… en fait, en fait, et
honnêtement, je ne voudrais pas qu'on tourne en rond, ça fait que je suis prêt
à m'arrêter de mon côté, si la ministre…
M. Bouazzi : ...si la
ministre répond à une question simple, c'est... je pense, c'est ça qu'elle dit
depuis le début, c'est de dire : Moi, l'efficacité, la sobriété
énergétique, ce n'est pas dans... Donc, l'accomplissement à la mission en
matière d'énergie de la... la ministre est responsable. Donc : Ce n'est
pas des responsabilités de moi, en tant que ministre, de faire vivre
l'efficacité et la sobriété. Si elle me dit : Oui, ce n'est pas de ma
responsabilité, ma seule responsabilité, c'est de produire plus, plus, plus, on
a compris, on est juste en désaccord, on est déconnecté avec les gens qui ont parlé,
mais c'est ça que c'est. Est-ce que j'ai bien compris votre point, Mme la
ministre?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, merci. Alors, bien, mes responsabilités en matière d'efficacité énergétique,
c'est de cibler... de dresser les grandes orientations, comme on l'a rappelé au
cours des derniers jours. Le PGIRE va nous donner le chemin à suivre en matière
d'efficacité, de sobriété, de conversion. J'aurai bien sûr à m'inscrire, c'est
au cœur de ma mission de m'inscrire, en phase, en convergence avec le PGIRE,
que l'on aura la possibilité de développer prochainement. Donc, je le rappelle,
14.2, on est au cœur de la mission, et il est question là d'établir les
orientations à respecter, objectifs pour l'efficacité énergétique, entre autres
choses. Donc, j'aimerais peut-être inviter Me Marois pour un complément
d'information sur le texte.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème, sans problème. Nous avons déjà eu le consentement de l'ensemble des
membres de la commission. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui,
bonjour. Je voulais juste vous ramener dans la structure de la loi qu'on étudie
en ce moment. On est dans des modifications à la
Loi sur le ministère de l'Économie
et de l'Innovation puis, les articles qu'on insère à 14.1 et suivants, on est
dans le
chapitre 1 qui concerne la mission, les responsabilités du
ministre. Donc, effectivement, tous ces articles-là concernent la mission et
les fonctions et responsabilités du ministre... de la ministre, je m'excuse.
C'est sûr qu'on ne va pas répéter dans chacun des articles tous les éléments de
ces responsabilités-là. Le texte de l'amendement que vous proposez, on voit un
peu votre inspiration, c'est l'article 17.1.2 de la loi actuelle, LMRNF,
Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, qui reprend
essentiellement ce libellé-là, sauf la sobriété énergétique, qui est... ça, je
vous le concède. Donc, cet article-là est abrogé. Mais la façon dont on le traduit
dans le projet de loi, c'est vraiment dans le deuxième alinéa de
l'article 14.2. On a les orientations en efficacité énergétique, en
énergie, ce qui est, en soi, assez large, là, qui peut englober tout ça, vous
avez aussi l'innovation, puis le plan est établi dans une perspective de
transition énergétique de sorte que, comme on en a discuté, comme la transition
énergétique comporte les trois composantes qui sont conversion, sobriété,
efficacité, tout est dans tout, là, si je peux dire, là, tout est inclus, là,
dans cet article-là, là. Donc, il faut voir 14.1, sur lesquel porte votre
proposition d'amendement, et les... 14.2 et les autres articles de cette
section-là comme un ensemble.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Maître. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : J'exprimerais
une incompréhension, un malaise. La ministre vient de dire : Ne vous
inquiétez pas, c'est au cœur de ma mission. Je répète exactement les mots
qu'elle a dits : C'est au cœur de ma mission. La preuve, c'est plus tard
ou avant.
L'article 14.1 s'appelle : «Pour l'accomplissement de sa
mission en matière d'énergie, le ministre — ou, dans ce cas, c'est la ministre
est responsable — est responsable : de», et là il y a six points, j'ai
calculé, il y a une centaine de mots. Et cette chose qui est au cœur de sa
mission n'apparaît nulle part. Bien, les mots ont un sens, Mme la ministre. En
quoi c'est au cœur de la mission si on ne le met pas dans le paragraphe qui
parle de votre mission? Et puis...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Bouazzi : ...et puis,
juste pour répondre, mon inspiration, notre inspiration, c'est plus la
Vérificatrice générale qui s'inquiète, là, c'est plus qu'un autre projet de
loi. Je veux dire, on essaie d'écouter ce que nous disent les gens qui sont
censés nous conseiller de manière non partisane, et ils ont raison de
s'inquiéter, et tous les spécialistes qui sont venus ici, en commission,
s'inquiétaient aussi. Ça fait que c'est un truc qui est au cœur de la mission,
mais il n'apparaît pas dans la mission, il apparaît plus tard, avant... mais
surtout pas pendant. D'ailleurs, on espère qu'elle va paraître au moins, la
sobriété, quelque part, là, mais, pour l'instant, ce n'est nulle part dans le
projet de loi, on s'entend.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, donc, c'est au cœur de la mission, le PGIRE, et le PGIRE, il fait
l'objet de trois alinéas complets dans l'article 14.2. Donc, encore là,
j'invite le député, comme Me Marois l'a fait, à regarder la...
Mme Fréchette : ...globalité.
À 14.2, on a les éléments qui sont afférents à la mission de la ministre, qui
précise notamment les notions d'efficacité énergétique et de cibles à établir,
d'objectifs à établir. Donc, ça s'y se trouve à 14.2. C'est tellement important
qu'on en a fait trois alinéas à 14.2. Donc, c'est particulièrement fort. Par
ailleurs, j'ai proposé aussi d'intégrer la notion de transition énergétique
dans la mission de manière plus précise avec ses composantes, parmi lesquelles
l'efficacité énergétique et la sobriété énergétique. Donc, voilà, ça, c'est une
discussion que l'on aura l'occasion de reprendre très prochainement. Mais 14.2
vous avez là les éléments qui font, encore là, partie, comme le rappelait Me
Marois, de la mission et des responsabilités. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il vous
resterait environ 10 minutes, là, M. le député de Maurice Richard. Pas
d'autres interventions? Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous serions
prêts à mettre aux voix la proposition d'amendement.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Par vote nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
Le Secrétaire
Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
Le Secrétaire
M. Bussières (Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
Le Secrétaire
M. Sainte-Croix (Gaspé)?
M. Sainte-Croix :
Contre.
Le Secrétaire
M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
Le Secrétaire
M. Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
Le Secrétaire
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
Le Secrétaire
Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
Le Secrétaire
M. Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, la proposition d'amendement est rejetée. Nous revenons
donc à l'article. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député.
Vous avez probablement une proposition d'amendement.
M. Kelley
Exactement. On va transférer ça. On demande une suspension.
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons donc suspendre quelques instants.
M. Kelley
: Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 54)
(Reprise à 11 h 58)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Nous sommes présentement à l'étude du projet
de loi n° 69. Nous avons une nouvelle proposition d'amendement de la part
du député de Jacques-Cartier. C'est bien ça?
M. Kelley
: C'est
bien ça, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait! Je vous laisse la parole pour la présentation de votre proposition.
M. Kelley
: Bien
sûr, M. le Président, l'article 14.1 de la
Loi sur le ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, modifié par l'article 4 du
projet de loi, est modifié par l'ajout, après le dernier paragraphe, du
suivant :
«7° de s'assurer de la disponibilité des
blocs d'énergie nécessaire aux entreprises opérant au Québec.»
Alors, M. le Président, je vais commencer
avec l'explication pour quoi le Parti libéral du Québec trouve que c'est
important. On va insérer un petit peu dans la mission en matière d'énergie du ministre,
de la responsabilité de mettre le Québec d'abord. Et quand même, je pense que
la ministre va être contente parce qu'on a eu des discussions et des débats
autour du mot des entreprises étrangères. O.K., d'accord. Il y a des
entreprises qui sont déjà établies ici depuis des années, comme dans votre
comté, M. le Président, qui emploient des gens, qui sont parties de la fabrique
de l'économie régionale. Tout à fait d'accord avec ça. Une entreprise qui est
ici depuis 40 ans, on peut penser à la forge... les Forges de Sorel, à
Tracy, une entreprise qui est là depuis la Deuxième Guerre mondiale, qui a
fabriqué des armes pour les Forces canadiennes dans la Deuxième Guerre
mondiale. Quand même, si leurs actionnaires sont principalement d'une autre
section, bien, c'est une entreprise pas mal québécoise. Puis y a des gens qui
travaillent pour cette entreprise. Cependant, je trouve que ça, c'est une
entreprise québécoise, un important acteur dans le coin de Sorel-Tracy. Alors,
ici, on ajoute une mission. C'est clairement pour la suite des choses avec le
bloc d'énergie que c'est la mission du ministère et de la ministre de s'assurer
qu'il y a des blocs d'énergie qui sont disponibles pour nos entreprises en
avant qu'on prenne en considération les Northvolt de ce monde, qu'on n'a pas
des entreprises qui sont mises de côté, mises dans la file d'attente pour des
blocs d'énergie. Puis on passe des autres entreprises qui arrivent ici, puis
leurs projets tardent et tout ça. Puis on a les gens qui sont juste à côté puis
disent : Bien, moi, j'ai besoin un bloc d'énergie pour le projet de
développement pour décarboniser mon entreprise, et c'est un non. M. le
Président, c'e