Institutions — 6 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-06-06
Quebec — Committees
(Quinze
heures seize minutes)
La Présidente (Mme Beaudoin) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de laCommission
des institutions ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Le mandat de la
commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi
modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date fixe.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Beaudoin (Mirabel) remplace M. Ferland
(Ungava); M. Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides) remplace M. Leclair
(Beauharnois); M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) remplace M. Therrien (Sanguinet); M. Arcand (Mont-Royal) remplace M. Marsan
(Robert-Baldwin); M. Dutil (Beauce-Sud) remplace M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys); et M. Deltell (Chauveau) remplace M. Duchesneau
(Saint-Jérôme).
La Présidente (Mme Beaudoin) : Hier soir, avant l'ajournement de nos travaux et
avec le consentement de lacommission,
le ministre a retiré son premier amendement à l'article 1 et en a présenté un
nouveau. M. le ministre, la parole est à vous, concernant le nouvel
amendement.
M. Drainville : Ah, Mme la Présidente, je pense que l'amendement qui a été déposé hier,
comment dire, s'expliquede lui-même.
Les collègues libéraux ont identifié un irritant. Nous avons proposé tout
simplement de le biffer, de le retirer,de retirer la date du 3 octobre 2016 de notre projet de loi et de
préserver, par contre, le principe sur lequel nous nous étionstous entendus pour des élections à date fixe le
premier lundi d'octobre à tous les quatre ans, et on a convenu, à la fin destravaux hier, qu'on allait réfléchir chacun
de notre côté et qu'on allait se reparler aujourd'hui. Alors, l'heure est venuede se reparler et de voir si on peut avancer
avec cette proposition, cette ouverture que j'ai faite, hier soir, en fin de
soirée. Voilà.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? C'est terminé?
M. Drainville : Non. Non, moi, je pense qu'il faut, Mme la Présidente, maintenant, il
faut entendre le collègue, le député de Beauce-Sud.
va de soi, Mme la Présidente… Je n'ai pas pris la peine de le faire, là, mais
je salue à nouveau tous les gens autour de la table. Je salue également
les gens du Directeur général des élections qui sont avec nous.
Mais
là je pense, Mme la Présidente, que le temps est venu de voir si on peut
avancer avec l'adoption du projet de loi ou pas.
La Présidente (Mme Beaudoin) : À mon tour également, je souhaite la bienvenue à
M. le Directeur des élections ainsi qu'à son équipe.
Maintenant, la parole
est au député de Beauce-Sud, pour une période de 18 min 50 s.
M. Dutil : Merci, madame. Je vois que vous êtes très précise, Mme la Présidente.
Vous me permettrez de faire une salutation tout à fait particulière,
outre le Directeur général des élections, les collègues qui sont ici, au député
de Marie-Victorin et au ministre, dont c'est
l'anniversaire aujourd'hui, m'a-t-on dit. Alors, joyeux anniversaire! Il vient
de passer un cap fort important…
M. Drainville :
Ah! Que c'est gentil, que c'est gentil de le rappeler…
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente (Mme
Beaudoin) : C'est parce qu'il voulait un cadeau.
M. Drainville :
Bien oui, c'est ça. Aïe! Ça serait peut-être ça, le cadeau, Mme la Présidente.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Drainville : Peut-être que le député de Beauce-Sud s'apprête à
m'offrir mon cadeau de fête. On ne sait jamais.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, c'est une petite digression, par rapport au protocole. M. le député de
Beauce-Sud, à vous la parole.
Dutil : Il est évident que
ce ne serait pas une raison pour ne pas mettre les élections ce jour parce que
c'estvotre anniversaire, M. le
ministre, là. On comprend ça. On apprécie l'offre du ministre de faire cet
amendement-là. Onpense que c'est un
des deux pas qu'il y a à faire et qu'il était important de le faire, parce que,
même si, hier, on en a discutéabondamment,
il est peu probable que les élections aient lieu à cette date-là du fait qu'on
est devant un gouvernementminoritaire,
mais nous estimions que c'était un irritant de le mettre dans la loi, de mettre
une date dans la loi alors qu'onsavait
pertinemment que c'était une fête importante, et le ministre, je pense, a
adhéré à ça, a finalement trouvé une façon de faire pour éliminer la
date.
Donc, pour ce
qui est de l'article lui-même, nous sommes heureux d'en être arrivés à ça, bien
que nous l'aurionsété davantage si
ça avait été plus rapide. Mais je comprends que, dans un projet de loi, quand
on discute, on chemine, puison
chemine ensemble, puis, parfois, c'est à la longue de ces discussions-là qu'on
arrive à trouver une solution. Alors, la solution qu'il nous propose, c'est
d'enlever «40e législature» et de parler d'«une législature». Je le dis parce
que… Évidemment, c'est arrivé hier, Mme la Présidente,
on n'a pas relu cet article-là. Je pense que c'est important de le faire.
application du deuxième alinéa de l'article 6 [sur] la
Loi sur l'Assemblée
nationale, les élections généralesqui
suivent l'expiration d'une législature ont lieu le premier lundi du mois d'octobre
de la quatrième année civile suivant celle qui comprend le jour de la
fin de la législature précédente.»
Alors donc,
on a biffé les termes «le 3 octobre 2016 et les élections générales qui suivent
l'expiration», ainsi de suite.
Alors donc,
sans aller plus dans les explications parce que, comme le dit le ministre, l'article
parle par lui-même, donc on comprend
que le 3 octobre 2016 n'est plus la date de l'élection, mais bien le premier
lundi de l'année où elle setiendra.
Et rappelons que c'est peu probable que ce soit en 2016, donc il est peu
probable que ce soit lors de cette date-là.
Ceci dit,
nous estimons — et je l'avais
mentionné — qu'il
faut tenir compte de certains événements qui peuvent seproduire et nous avons fouillé, dans les autres
provinces, ce qui s'y passait pour voir de quelle façon eux autres... est-ce
qu'ils avaient d'abord tenu compte de ça puis de quelle façon ils avaient géré
cette question.
Hier, j'ai
demandé au ministre si on pouvait avoir les dates des 40 élections qui se
sont tenues au Québec — desélections générales, je ne parle pas des
élections partielles, évidemment, il y en a eu d'innombrables, et c'était
mineurpuisque ce n'était pas toute l'Assemblée
nationale qui était en élection — les
dates pour voir de quelle façon implicitementon avait tenu compte de ça. Je ne sais pas si on peut obtenir... si on l'a
aujourd'hui ou si on peut l'avoir pour peut-être ce soir, là. Je
comprends qu'hier soir il était un peu tard pour demander ça.
Je pense que ce serait éclairant de voir comment
se sont comportés les gouvernements successifs. Ça n'a pas toujours été des gouvernements libéraux. Il y a eu
de l'Union nationale, il y a eu du Parti québécois, mais tous lesgouvernements un jour ont décidé d'une date. C'était
la prérogative du premier ministre et, par décret, il choisissait unedate et, moi, à ma connaissance, qui ai fait
partie d'un gouvernement pendant plusieurs années, moi, à ma connaissance,
on regardait où on mettait les pieds pour s'assurer qu'on avait une date qui
convenait au plus large... au plus de gens possible
dans la société pour leur faciliter l'expression démocratique, pour leur
faciliter leur droit de vote, sans égard à leurs opinions. Il y a des groupes
qui sont plus d'un côté, d'autres groupes qui sont plus de l'autre, mais je
pense qu'enbons démocrates ce qu'il
faut quand on fixe une date d'élection, c'est s'assurer qu'il n'y a pas un
empêchement important,un groupe d'y
participer pour quelque raison que ce soit. On est une société, il y a des
habitudes, il y a des traditions, et j'aiévoqué hier qu'implicitement il n'y a aucun premier ministre, j'en suis
convaincu, qui a mis le 24 décembre comme dated'une élection et, implicitement, c'est parce que c'est Noël. C'est
aussi simple que ça, puis il ne faut pas fermer les yeux sur cet
aspect-là.
Donc, on a
regardé, Mme la Présidente, ce qui s'est fait ailleurs. Et, entre autres — entre
autres — il y
a deux modèles, mais l'Ontario, l'Ontario
a un modèle qui, je pense, serait satisfaisant. Le modèle fixe la date des
élections, dans leur cas...
Dutil : Eux, c'est le jeudi.
Ce n'est pas le lundi, c'est le jeudi. Je pense, c'est le premier jeudi d'octobre.
Et ilsont fait un
article qui permet
au Directeur général des élections de tenir compte s'il y a ou non une fête ou
culturelle oureligieuse ou autres
événements. Parce qu'il pourrait arriver que ce soit autre chose que ça qui
nous empêche de la tenir.On a
évoqué, hier, les élections fédérales, on a évoqué, hier, les élections
municipales, et là on a un précédent qui existedans d'autres provinces puis on s'inspire... En passant, on s'inspire
des autres provinces, actuellement. On est l'une desdernières à avoir des élections à date fixe. C'est
fantastique, il y a une certaine expertise qui s'est développée et il y a une
certaine expérience qui s'est développée dans les autres provinces. C'est
fantastique parce qu'on peut profiter de leur façon
de faire pour s'en inspirer. C'est beaucoup plus facile de faire une photocopie
que de faire le premier original. Alors,ce qu'on dit au ministre, c'est qu'on aimerait qu'il regarde ce qui s'est
fait en Ontario puis qu'il nous dise que ça fait du sens de le faire et
à ce moment-là on pourrait débloquer rapidement le projet de loi parce que ça
fait du sens.
Je vous lis… Si vous permettez? Je vous le lis.
C'est à l'article 9 du projet de loi de l'Ontario, 9.1 — c'est
le paragraphe 6.
«S'il est d'avis qu'un jeudi qui serait
autrement le jour du scrutin ne convient pas à cette fin en raison de son importance culturelle ou religieuse, le Directeur
général des élections choisit un autre jour conformément au paragraphe (7) et le recommande comme jour du scrutin au
lieutenant-gouverneur en conseil, lequel peut prendre un décret en ce sens»,
point.
Voyez-vous, il n'y a pas
42 paragraphes pour expliquer ça, et la loi en Ontario donne tout simplement
une certaine souplesse au Directeur général
des élections, en fonction d'événements culturels ou religieux d'importance et
ça va, c'est fait.
Alors, ce que
l'on dit, c'est qu'on est prêts à adopter cet amendement-là, nous, ici, mais on
ne veut pas compromettrenotre droit
de dire : Bien, si on a convenu ça, c'est parce qu'on pense qu'il y a
moyen d'avoir ce paragraphe-là qui existeailleurs et que, ce paragraphe-là qui existe ailleurs, bien, on pourra
le réintroduire dans la loi, et c'est ce qu'on veut demander ultimement
au ministre de regarder avec attention. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Fabre, à vous la parole.
M. Ouimet (Fabre) : Merci, Mme la
Présidente. À mon tour, je tiens à souligner l'anniversaire du ministre. Bonne fête! Bonjour, collègues, bonjour, M. le
Directeur général des élections, votre équipe, mesdames et messieurs qui
nous écoutent à la télé.
Hier, j'ai eu
l'occasion de souligner, effectivement, qu'on reconnaissait, là… La proposition
était intéressantepour dénouer l'impasse.
On a eu longuement l'occasion de discuter l'importance de la question, et je
pense qu'on va avoir l'occasion... j'aurai l'occasion d'y revenir parce
que j'endosse pleinement les propos du député de Beauce-Sud quant à la
nécessité d'une clause d'ajustement pour éviter de se retrouver dans une
situation impossible, parce que le débat qu'on
a eu hier n'est que reporté à une date ultérieure et, en ce qui nous concerne,
les propos qu'on a tenus, hier, quant à l'importance de tenir compte…
par respect pour la communauté juive, c'est vrai, et donc ça souligne la
nécessité qu'il y ait une clause d'ajustement.
Et vous me permettrez très brièvement, Mme la
Présidente, sur cette question-là…
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Fabre, vous avez 17 min 30 s.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. Bien, en fait,
je voulais revenir très brièvement pour insister sur la question de l'importance qu'on puisse envisager, là, cette
clause d'ajustement. Je voulais revenir sur la raison pour laquelle... Il fauttenir compte, par respect pour la communauté
juive, qu'il y ait cette formule d'amendement, parce que, le premier lundid'octobre, nous sommes dans la période où
les fêtes de Rosh Hashanah ou Yom Kippour, pour ne nommer que celles-là,
reviennent périodiquement.
Et, hier, on
a évoqué — je
pense l'avoir fait — la
motion adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale pour souligner le
170e anniversaire. Vous me permettez, très, très brièvement, de citer quelques
propos à ce moment-là.
Donc, l'Assemblée nationale avait adopté, le 5
juin 2002, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale souligne le 170e
anniversaire de la loi du 5 juin 1832, adoptée à l'unanimité, qui a
octroyé aux Juifs l'égalité et la pleine émancipation politique et religieuse.»
Fin de la motion.
Et, à ce moment-là, le premier ministre du
Québec, M. Bernard Landry, avait dit ceci, et vous me permettez, encore une
fois, d'en citer quelques extraits : «…la loi du 5 juin 1832 qui consacre
l'émancipation politique des Juifs symbolise
cette synthèse des valeurs que nous partageons : valeurs de justice, d'égalité,
de respect et d'ouverture. Leurprésence
rappelle aussi que le Québec est depuis longtemps une terre de liberté, une
nation où les droits fondamentaux sont reconnus à l'ensemble des
citoyennes et des citoyens, quels que soient leur lieu de naissance ou leurs
croyances religieuses.»
Un peu plus
loin, le premier ministre poursuit : «Nous sommes fiers que le Québec ait
devancé sur [le] plan del'ensemble
des territoires sous juridiction britannique dont il faisait
partie à l'époque,
démontrant ainsi la qualité de sa fibre démocratique et son profond
attachement aux droits fondamentaux.
«Afin de
souligner l'adoption de cette loi, le premier ministre René Lévesque, il y a
déjà 20 ans, avait remerciéla
communauté juive d'avoir pensé à nous rappeler ce bon coup de nos ancêtres,
car, en fait, c'est la communauté juive qui a eu l'idée d'organiser cet
événement de souvenirs et de gratitude.»
Ce que le
premier ministre Landry fait, c'est un peu une situation comme on vit en ce
moment. C'est que c'est lacommunauté
juive qui avait porté... qui nous avait rappelé cet événement historique pour
nous et c'est la communauté juive qui avait fait ce rappel. C'est un peu
la même situation dans laquelle on se trouve ici avec la loi. Le député de D'Arcy-McGee
a porté à notre attention cette problématique, et il me semble qu'il y a un
parallèle intéressant.
Et un dernier
extrait avant de conclure sur ce point, Mme la Présidente, le premier ministre,
M. Landry dit ceci :«M. le
Président, en commémorant cet événement particulièrement marquant de l'histoire,
nous célébrons, pour paraphraserle
président du Congrès juif canadien, région du Québec, mon ami Joseph Gabay, qui
est présent parmi nous, notre histoirecommune,
dit-il, dont tous peuvent être fiers. Et quel meilleur endroit pour réaffirmer
nos valeurs de tolérance que cette Assemblée nationale qui, voilà 170
ans, en posait les jalons?»
Je suis, Mme
la Présidente, tout à fait d'accord avec les propos du premier ministre Landry
et je pense que sespropos doivent
nous inspirer dans le cadre de nos travaux et pour trouver une solution à cette
difficulté, au-delà du principe que nous partageons tous, d'adopter une
loi pour fixer… avoir une méthode pour fixer la date des élections, il faut s'entendre sur la mécanique, et là on a un
problème très concret. Je pense qu'avec les propos que je viens de rappeler,je pense que nous sommes tous convaincus de
l'importance d'adapter notre loi pour qu'elle témoigne de notre respect
à l'égard de tous les Québécois, dans la
mesure du possible évidemment, et donc je pense qu'il va falloir trouver une
formule.
Ceci dit — et
je pense qu'il est important qu'on garde à l'esprit une chose : partant
du principe… Et là je vaisrevenir
aux objectifs que poursuivait le ministre, que le ministre a soulignés au
moment de présenter la loi. Ce qu'il disait,qu'on voulait que la date des élections
appartienne aux Québécois, et je pense que le ministre soulignait aussi... à
moins que ce soit le député de Chauveau ou d'autres,
ont souligné qu'on ne voulait plus que cette perception que le premier ministre
ou que le parti au pouvoir avait un avantage, tirait un avantage dans le choix
de la date des élections.
Partant
du principe qu'on adopte une loi qui encadre la détermination de la date, il n'y
a absolument rien de sacré dans le fait que ce soit le premier lundi d'octobre
ou le premier lundi de novembre. À partir du moment où il y a une formule qui balise la date... le choix de la date
des élections, on atteint l'objectif poursuivi, et je ne pense pas, Mme la
Présidente, qu'il serait souhaitable qu'on ait un carcan quant à la date.
Ceci
dit, je voudrais profiter de la présence du président des élections... du
Directeur général des élections, parceque,
dans l'amendement, là, au-delà de la question de la date, il y avait un autre
point soulevé par cet amendement et, àmoins
que d'autres collègues veulent parler de la question de la date comme telle, l'amendement
qui élimine le 3 octobre2016, moi,
je voudrais aborder un autre point soulevé par l'amendement, qui est la
question du choix de la date du lundipar
rapport au dimanche. C'est dans l'amendement, et je ne sais pas si je veux...
je ne veux pas ouvrir une autre discussion qui pourrait être reportée à
plus tard.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Alors, il faudrait un consentement. Est-ce qu'il
y a consentement pour discuter du sujet soulevé par le député de Fabre?
Est-ce que vous pouvez expliquer? Ce serait simplement pour demander au
directeur, Me Drouin, des informations. C'est exact, maître...
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. Bien, en fait, Mme la Présidente, c'est que l'amendement
proposé par le ministre, il y a plusieurs
points abordés par cet amendement, et là on discutait de la date, là, le
fait... on enlève la date, on met ladate
du 3 octobre. Le ministre propose qu'on ne mette plus sa date, mais, tout de
même, l'amendement postule que c'est le premier lundi, et j'ai mentionné
que, pour ma part, n'ayant pas participé aux discussions dans le cadre du
comité consultatif, et ayant vécu des
élections municipales, et, depuis que je les connais, c'est le dimanche, je me
demandais cequi était derrière le
choix du dimanche par rapport au lundi... le lundi plutôt que le dimanche et j'aurais
souhaité poser cette question aussi.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Au Directeur général des élections.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a consentement?
M. Drainville : Bien, Mme la Présidente, avant de donner mon consentement, je veux
juste savoir dans quoi ons'embarque,
là, parce que je ne veux absolument pas qu'on se prive d'aborder, de discuter,
de... Mais ma crainte, c'estqu'on s'éloigne
un peu beaucoup de notre amendement, là, et qu'on mette beaucoup de temps sur
une question qui n'estpas
directement liée à l'amendement, dans la mesure ou l'amendement fait référence
au premier lundi d'octobre qui est, encore une fois, le consensus sur
lequel se sont entendus tous les partis.
Alors, je comprends,
là, que le député de Fabre a, disons, appelons ça très positivement, là, une
curiosité intellectuelle d'aller voir un peu ce que des élections le dimanche
impliqueraient. J'imagine que c'est le sens de son questionnement. En même temps, on peut-u s'entendre pour qu'on fasse ça
à l'intérieur d'un temps qui est raisonnablepour qu'on puisse revenir à l'essence du projet de loi? Est-ce que c'est
trop vous demander? Moi, je vais vous le donner,mon consentement, évidemment, là. Mais je veux juste qu'au nom de la
bonne entente qu'on sache un peu... qu'on s'entende sur les termes un
peu de la digression, une sorte de digression qu'on va faire, là.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le député de Fabre, est-ce que c'est
acceptable, là, la proposition du ministre?
M. Ouimet
(Fabre) : Ah! En fait, je comprends, Mme la Présidente, que, puisqu'on
parle d'un amendement, j'ai droit à seulement 20 minutes, alors mon temps
de parole est limité par 20 minutes. C'est ce que j'ai compris.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui.
M. Ouimet (Fabre) : À moins, évidemment… Je pense que c'est une question qui est, là...
au-delà du texte de laloi qu'on va
adopter, on fait référence à un comité consultatif où il y a eu des
discussions, et je vais avouer que j'aimerais ça être là, ne serait-ce
que pour savoir ce qui s'est dit. Mais mettons de côté ma curiosité...
Drainville : Vous savez que les procès-verbaux existent, hein? Ils ne
sont pas publics.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui, oui, ça va. M. le ministre.
M. Drainville : C'est important, ça, qu'on fasse une petite parenthèse. Les
procès-verbaux de ces comités-là, ilsexistent.
Je vous dis juste, M. le député de Fabre, si vous ne le saviez pas, on
pourrait… nous ou le directeur général pourraitsans doute vous les transmettre. On ne peut pas en parler publiquement
parce que ces échanges-là se font confidentiellement.Donc, c'est pour ça que, quand on parle des
échanges, on en parle toujours de façon générale. On parle des résultats desdiscussions, mais on ne va jamais dans le
détail pour respecter, justement, le caractère confidentiel. Mais, si jamais je
vous en informe, M. le député de Fabre, si jamais vous souhaitez les
obtenir, ça nous fera plaisir de vous les transmettre. C'est tout ce que je
voulais vous dire.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Alors, on revient à la demande. Mme la députée d'Acadie
a demandé la parole. À vous la parole.
Mme St-Pierre : Moi, c'est une question de procédure. Est-ce que l'intervention de mon
collègue, s'il pose des questions, ça ampute ses 20 minutes ou si c'est...
Est-ce que c'est à l'intérieur des 20 minutes ou si...
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui. Oui, c'est à l'intérieur des 20 minutes.
Mme St-Pierre : À ce moment-là moi, je ne comprends pas l'intervention, pourquoi vous
demandez le consentement puis qu'on
dise qu'il ne faut pas que ce soit trop long, puisque c'est à l'intérieur de
notre 20 minutes. Première des choses.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Bien, oui. Madame, je vais vous répondre
immédiatement. C'est parce quec'était
simplement pour demander la permission qu'on interroge M. le Directeur général
des élections, tout simplement.
Mme St-Pierre : Ça, ça va, mais c'est parce que le commentaire a été en disant :
Il ne faut pas que ça prenne tropde
temps. Bien, c'est-à-dire, si c'est à l'intérieur de notre portion, c'est que
la remarque est, en bon français, «irrelevant».
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui, oui, je comprends. Vous parlez de la
remarque de M. le ministre. D'accord.
Mme St-Pierre : Et, si le Directeur général des élections est parmi nous, c'est parce
que nous avons le droit de lui poser des questions, que ce soit sur une
question qui soit une autre question, qui touche la question d'une date des élections.
Je pense qu'on ne peut pas empêcher la liberté d'un député de poser des
questions sur les sujets qu'il veut approfondir. Je pense que ça, ça doit être
clair dans notre commission, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Mme la députée, c'est simplement que je dois demander
quand même une permission pour qu'on
interroge M. le Directeur des élections. C'était simplement ça. Alors là, il
semblerait qu'on a leconsentement de
part et d'autre. Est-ce qu'on a le consentement? M. le député de Fabre, si vous
voulez poser des questions à M. le directeur... Je dois demander à M. le
Directeur général des élections de s'identifier aussi.
M. Ouimet (Fabre) : Oui, parce qu'avant d'en venir là, je veux juste savoir, parce que là je
trouve ça... je trouve, c'est des bonnes questions, mais est-ce qu'elles
sont des questions sur mon temps? Parce que je veux bien me limiter à
20 minutes, mais j'aime bien que ce soient mes minutes.
Parce
que je pense sincèrement que c'est un sujet d'intérêt. Parce que là j'apprécie
que je puisse lire lesprocès-verbaux,
mais les gens qui nous écoutent, les Québécois et les Québécoises qui nous
écoutent, parce qu'on est entrain de
discuter de comment on va déterminer la date des prochaines élections, les
élections pour les prochaines législatures...
Nous, on postule que c'est un lundi, parce que c'est un lundi, mais tout a été
discuté... je pense que ça a fait l'objet de discussions. En tout cas, j'ai
déjà lu des commentaires de la part du directeur général sur cette question-là,
et il me semble que la commission parlementaire, c'est l'endroit idéal
pour explorer ces sujets-là.
Ceci
dit, loin de moi l'idée d'aborder un sujet tabou ou quelque chose qui doit
rester derrière des portes closes.Moi,
je suis député seulement depuis le 4 septembre. J'arrive là, on me dit : C'est
le projet de loi n° 3. Je le lis, j'essaiede contribuer du mieux que je peux, mais je pense
que ce sont des questions qui méritent... Et je ne suis pas... je veux rassurer
le ministre, là, je n'ai pas dans l'esprit d'arriver en disant : Oui, il
faut absolument déposer un amendement sur cette question-là. Mais, moi, personne ne m'a expliqué pourquoi on excluait d'emblée
le dimanche, alors qu'on fait ça pour les élections municipales depuis
un bout de temps.
Alors,
voilà, c'est la question que j'aurais aimé que nous puissions... Maintenant, si
je suis le seul intéressé et queça n'intéresse
aucun des téléspectateurs, je pourrai poser ces questions-là... Ah! Le
Directeur général des élections fait signe que ça l'intéresse aussi,
alors j'aimerais, Mme la Présidente, avoir son point de vue sur cette question.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui. Alors, pour répondre à votre question tantôt, c'est
que, quand M. le Directeur général des
élections parle, ça ne compte pas sur votre temps. Ça ne compte pas sur votre
temps. Alors, M. le Directeur général des élections, si vous voulez vous
identifier pour les fins de l'enregistrement.
M. Drouin (Jacques) : Merci, Mme la Présidente. Jacques Drouin, Directeur général des
élections. En passant, je ne suis pas avocat, donc je n'ai pas le
titre
de maître.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Ah! D'accord.
M. Drouin (Jacques) : Je voudrais juste qu'on soit clairs là-dessus. Ce que je peux vous offrir
entre autres, là,c'est une fiche. J'ai
une fiche, qui s'appelle la fiche n° 15, qui reprend l'essentiel de notre
position, de la position du DGEdepuis,
je dirais, au moins une dizaine d'années sur le vote le dimanche. Ça fait
plusieurs années, donc une dizaine d'années,qu'on en parle, on a mis ça assez régulièrement dans nos rapports
annuels de gestion. C'est dans notre rapport qu'on a produit en 2006 sur
améliorer l'accès au vote. C'est un des aspects qui, pour nous, avaient une
certaine importance, notamment en matière de recrutement du personnel
électoral. On a de plus en plus de difficultés à recruter le personnel électoral. C'est devenu un des enjeux les
plus importants d'une campagne électorale.
Vous
avez probablement entendu parler du rapport qui a été produit à la demande de
Marc Mayrand, le Directeur général des
élections du Canada, sur ce qui s'est passé à Etobicoke et qui était
particulièrement lié à des lacunesau
niveau de la formation. Puis pourquoi? C'est parce qu'on ne réussit pas à
trouver le personnel ou, quand on réussit à le trouver, on le trouve sur le tard, donc on les forme sur le tard, en
vitesse, et ça donne les résultats que ça donne. Donc, onpense qu'on aurait un bassin de personnes
susceptibles de travailler pour les élections beaucoup plus grand le dimanche
que le lundi.
Pour nous, aussi,
disponibilité des locaux. À l'heure actuelle, c'est de plus en plus difficile
aussi de négocier avec les écoles, malgré
les dispositions qu'on a dans la loi, où on nous dit que les bureaux de vote
doivent être mis à ladisposition du
DGE, et ce, même gratuitement. C'est difficile de négocier ça de plus en plus,
les congés aux étudiants.Donc, les
étudiants ont congé le jour du scrutin, mais de plus en plus il y a des
garderies en milieu scolaire, donc ce quifait qu'il y a encore des enfants qui sont dans l'environnement d'une
école, et, nous, ça nous oblige à assurer une sécurité. Vous allez
comprendre que c'est nécessaire pour nous. Donc, disponibilité des locaux.
Beaucoup
moins d'employeurs seraient touchés par l'obligation de donner quatre heures
pour voter. Il y a beaucoup moins de monde, je pense, qui travaille le
dimanche que les lundis.
pense aussi que ça aurait un effet positif sur la capacité de certaines
personnes à accompagner leurs parents à aller voter. Il y a des personnes, de
plus en plus de personnes âgées, qui auraient au moins de la famille pour aller
lesaider à aller voter le dimanche.
Et, dans un sondage qu'on a fait, mais honnêtement je ne me souviens pas de l'année,
jecrois que c'est après les... c'est
pour le rapport qu'on a préparé, où c'était à peu près kifkif au niveau de la
participation. On pense qu'il n'y aurait pas plus, pas moins, ça n'aurait
pas d'effet sur la participation, mais ça en aurait un sur la participation des jeunes. Des jeunes. Les jeunes
sembleraient plus enclins à aller voter le dimanche que le lundi. Est-ce que
j'ai pas mal fait le…
Donc,
je vous l'offre, c'est une fiche qu'on a préparée, qui circule depuis... qui a
été présentée, d'ailleurs, aux différents comités techniques et
consultatifs à quelques reprises, mais pour vous dire que nous sommes
évidemment favorables. Administrativement parlant, c'est nettement plus facile
pour nous le dimanche.
Mais,
juste pour terminer là-dessus, si vous me permettez, Mme la Présidente, ça a
quand même un effet important sur l'ensemble des activités du calendrier
électoral parce qu'à peu près tout est calculé en fonction du jour du scrutin.
Donc,les déclarations de
candidature, c'est le... je ne sais pas trop, le 13e jour, je pense, qui
précède... le 16e qui précède celuidu
scrutin, donc il faudrait que ça devienne une autre journée, à moins qu'on
décide d'amputer une journée à la période des déclarations de candidature. C'est la même chose pour la révision.
Le vote par anticipation, c'est les jours moins six, moins sept, donc
tous ces éléments-là doivent être revus dans un contexte de vote le dimanche.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le Directeur général des élections, est-ce que
vous voulez que l'on distribue le document comme tel?
M. Drouin
(Jacques) : Si on veut le déposer?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui.
M. Drouin
(Jacques) : Tout à fait, si vous le désirez. J'en ai une seule copie,
mais on peut le déposer.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui. Ça va...
M. Drouin (Jacques) : Aussi, on a préparé un tableau qui résume l'ensemble des dispositions
canadiennes enmatière d'élections à
date fixe. C'est sous forme de tableau, donc on a, dans toutes les provinces,
comment ils ont réglé ou envisagé la problématique des fêtes religieuses
et culturelles à travers le Canada.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Merci. M. le ministre, vous aviez un commentaire?
M. Drainville : Non, non. Moi, je veux que M. le député de Fabre fasse tout son temps.
Je ne veux surtout pas...
M. Ouimet
(Fabre) : ...20 minutes.
M. Drainville : Non, non, je mettais ma main sur la liste des intervenants quand ce...
le tour... quand les gens, qui sont des gens inscrits, auront pris la parole.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : D'accord. M. le député de Fabre, à vous la parole.
M. Ouimet (Fabre) : Oui, merci, Mme la Présidente. En fait, c'est probablement cette fiche
que j'ai déjà lue.Quand je référais
à avoir déjà vu des commentaires, c'est peut-être à ça. Ceci dit, est-ce qu'il
y a... parce que, là, vousnous avez
fait part des aspects positifs. Est-ce que, dans votre analyse, vous avez
identifié des aspects négatifs au choix du dimanche?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. Drouin, à vous la parole.
M. Drouin (Jacques) : Merci, Mme la Présidente. Moi, je pense que les
aspects négatifs sont beaucoup plus liésau calendrier, aux changements que ça apporterait au niveau du
calendrier. La révision ne commencerait pas le même jour et ainsi de
suite, mais honnêtement, là, des problèmes majeurs au vote le dimanche, moi, je
n'en vois pas.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : C'est bon. Oui, bien, en fait, merci, ça m'éclaire. Il me
reste combien de temps?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Je vais vous dire ça dans quelques secondes.
M. Ouimet (Fabre) : Ah! O.K., c'est correct, prenez votre temps. En fait, ce que... Je
trouve ça intéressant. Bien,encore
une fois, comme je le mentionnais, je n'ai pas participé aux discussions du
comité consultatif. J'ai déjà discuté, avec
des collègues, de cette question-là et je sais qu'il n'y a pas nécessairement
unanimité sur cette question-là, donc je ne veux pas m'avancer trop.
Évidemment,
je serais intéressé de connaître le point de vue des membres de la commission,
qui ont sûrement réfléchi et qui ont sûrement un point de vue,
particulièrement à la lumière des commentaires du Directeur général des élections. Pour ma part, et là je m'exprime en mon
nom, particulièrement en matière de... lorsqu'il est question de modifiernos moeurs, nos us et coutumes en matière
électorale, j'ai toujours accordé un poids certain à l'opinion du Directeur
généraldes élections, qui est là et,
je pense, dont c'est le mandat de nous guider pour prendre les meilleures
décisions possibles lorsqu'on envisage des changements.
Alors,
sur cette question-là, Mme la Présidente, j'entends les remarques du Directeur
général des élections et ça me
suscite des questions, et peut-être que mes collègues pourront ou souhaiteront
y répondre. Mais, M. le ministre, vousavez
entendu comme moi les remarques du Directeur général des élections. Je sais qu'en
démocrate que vous êtes vousavez
longuement réfléchi à la question, alors ce sera évidemment... Je serais
intéressé de connaître votre point de vue sur cette question.
pense, Mme la Présidente, que ça fait le tour sur l'amendement. Il y avait
cette question-là qui me chicotait.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Alors, Mme la
députée d'Acadie, à vous la parole pour 20 minutes.
Mme St-Pierre : Merci, Mme la Présidente. Hier soir, lorsque nous avons terminé nos
travaux, nous avions faitun travail
assez intensif et nous avons vraiment, je pense, réussi à convaincre le
ministre que la date du 3 octobre étaitune date qui venait heurter la communauté juive, et il l'a compris en
fin de soirée, et c'est tant mieux, parce que nous avonsdû vraiment argumenter très, très longtemps. Nous
avons eu notre collègue de D'Arcy-McGee, qui est venu argumenterpendant deux heures hier sur cette question-là.
Ensuite, on a repris ces travaux-là en après-midi. Bon, il y a eu quelqu'un
qui est venu... il y avait un invité, après ça on a continué en soirée. Et il a
vraiment fallu qu'on s'accote sur un pan de l'histoire du Québec pour vraiment
faire pencher la balance.
C'est
à la fois heureux, parce que cela, bien sûr, a un effet pédagogique, parce qu'on
s'est tous rendus à la maisonet on s'est
tous couchés en connaissant un peu plus notre histoire, en la connaissant
davantage en profondeur. Mais, moi,ça
m'a un peu attristée de voir que mon collègue ait dû venir ici expliquer tout
ça devant ses collègues de l'Assembléenationale — collègue qui, entre parenthèses, est un
Québécois, évidemment, né ici, né au Québec, né à Sainte-Perpétue, entre
parenthèses, dans le comté où je suis née — et de voir que ça a pris
autant d'heures avant de faire comprendre l'importance de renoncer à la date du
3 octobre m'a un peu attristée.
Alors,
ça, c'est pour mes sentiments personnels, mais, pour ce qui est du reste, je
pense que nous devons travailleravec
beaucoup de précision. Et M. le Directeur général des élections vient de dire
quelque chose d'assez intéressant sur laquestion des élections le dimanche et par rapport au taux de
participation des jeunes. Et moi, je pense qu'on aurait dû,dans tout ce processus de revoir la loi, inclure
la
loi sur le vote des étudiants à l'ensemble de l'oeuvre. Et là on aurait eu
unportrait très clair et peut-être
qu'on aurait pu, à ce moment-là, faire les changements de dates auxquels il
fait référence.Peut-être aussi qu'on
aurait réalisé qu'on aurait économisé des sous, parce que ce que nous avons
décidé ensemble, on parle de coûts supplémentaires de 2 millions de
dollars.
Donc, tout ça pour
dire qu'il y a des choses qui doivent s'analyser vraiment en ayant toute l'architecture
et de pouvoir voir, si on va dans un sens,
dans un pan d'architecture, bien, peut-être que l'autre pan d'architecture, on
ne le voitpas encore, puis là il y
aurait peut-être des choses qu'on aurait pu faire autrement et peut-être faire,
entre guillemets, mieux. Mais il n'en
demeure pas moins que là nous avons devant nous un amendement qui, à la lumière
de ce qui se passe dans d'autres provinces, n'atteint pas encore,
peut-être, un degré de certitude, et peut-être qu'il faudra qu'on réfléchisse
davantage à ce qui se fait, et vous allez nous donner de la documentation.
Moi,
j'aimerais poser une question au Directeur général des élections sur ce fameux
comité consultatif. Vous allez expliquer aux gens qui nous écoutent puis qui
entendent ce mot-là, cette expression-là, depuis plusieurs, plusieurs heures,vous allez nous expliquer exactement l'effet
décisionnel de ce comité. Est-ce que ce comité fait en sorte que nous, les…
moi,là, députée d'Acadie, je suis
tenue de suivre la recommandation que ce comité-là va me faire ou est-ce que
moi, commedéputée, je peux apporter
un regard différent, un éclairage différent? Est-ce que je peux aller chercher
des informations supplémentaires auprès de vous, me dire :
Expliquez-moi certaines choses, j'ai besoin d'en savoir plus?
dit que les délibérations sont confidentielles. Parfait. Comment se fait-il que
— je ne
vous accuse de rien puisje passe le
message — ça s'est
retrouvé, dans le temps de le dire, dans un journal? Alors, je veux dire,
confidentialité, mon oeil, là. Confidentialité, mon oeil.
Alors, vous allez nous
dire en quoi ce comité-là prend des décisions qui sont des décisions qui
doivent engager tous les parlementaires, puis si c'est le cas ou pas le cas.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
M. Drouin, à vous la parole.
M. Drouin
(Jacques) : Merci, Mme la
Présidente. D'abord, le Comité consultatif, c'est un comité qui est instituéen vertu de la Loi électorale, hein, l'article 520.
C'est un comité qui existe depuis 1977, en vertu, particulièrement, de laloi sur le financement des partis politiques
à l'époque. Et, lors de l'intégration des différentes institutions
démocratiquesen matière d'élection,
le Comité consultatif ou les responsabilités du Comité consultatif ont été
étendues aux activitésd'opération
électorales mais pas sur les activités de la représentation électorale, donc n'a
pas son existence au niveau de la carte électorale. C'est un comité où
on étudie les différentes modifications à apporter à la Loi électorale. C'est
un comité qui donne son avis, qui traite d'un
certain nombre de dossiers avant que les parlementaires les étudient en
commission parlementaire.
Et, pour répondre directement à votre question,
je ne pense pas et je suis absolument certain que ça n'enlève d'aucune façon le droit des parlementaires à
adopter des dispositions différentes, quant à moi. Mais c'est quand mêmeun outil qui a donné des résultats
intéressants, je dirais même très intéressants, au cours des dernières années,
par le faitqu'on peut les discuter
de façon beaucoup plus informelle — je pense qu'on a abordé cette question-là
hier soir — on
étudie de façon plus informelle, beaucoup plus facilement, je dirais, avec
moins de procédure, les différents dossiers.
Habituellement, ce n'est pas un texte de loi qu'on
étudie en comité technique ou en commission... en Comité consultatif, ce sont des sujets : Est-ce qu'il
est opportun de modifier la loi électorale pour... Un des beaux exemples qu'onpeut donner, c'est pour avoir une liste
électorale permanente. Ça avait fait l'objet de plusieurs comités consultatifs,
mais on n'a pas décidé là des
dispositions législatives à mettre dans une loi pour mettre en place une liste
électorale permanente, mais on avait échangé sur le principe d'en faire
une.
Comme les
nouvelles modalités, je vous dirais, je peux prendre cet exemple-là, qu'on a
depuis quelque tempspour voter, ce
sont des nouvelles modalités dont on a discuté au sein des comités, mais qui,
par la suite, ont fait l'objet de modifications législatives.
Pour terminer
peut-être là-dessus, sur le fait que les réunions sont à huis clos, il faut
comprendre quand mêmequ'il y a
beaucoup de monde autour de la table, il y a même beaucoup de monde à l'extérieur
de la table. C'est difficilede
garder vraiment étanches les états de nos échanges. C'est arrivé, à deux ou
trois reprises, où des dossiers ont filtré, maisce n'est pas arrivé souvent, bien honnêtement. C'est arrivé cette
fois-là, c'est arrivé il y a quelques années sur les bulletinsde vote avec photo. Donc, il y a une dizaine d'années
peut-être, on avait déjà décidé au Comité consultatif... il y avait unconsensus sur le fait de mettre en place un
bulletin de vote avec photo et il y a eu du coulage, et des députés l'ont su
avant d'arriver à leur caucus, ce qui
a fait... ce qui a apporté une certaine frustration, je dirais, qui a fait
avorter complètement le projet. C'est pour ça qu'on essaie de garder le
huis clos le plus longtemps possible.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Mme
la députée de l'Acadie.
St-Pierre : Merci, M. le
Président. Donc, si on regarde l'amendement qui nous est arrivé hier, qui a
été... Il y a eu une suspension d'environ, je ne sais pas, là, il était
tard, peut-être 15 minutes, 20 minutes, maximum. Et cet amendement-là, bon, est venu faire en sorte qu'on
ampute la date du 3 octobre 2016 et que l'on continue en
disant : «…lepremier lundi du
mois d'octobre de la quatrième année civile suivant celle qui comprend le jour
de la fin de la législature précédente.»
Parlez-nous
des autres provinces. Est-ce qu'il y a des provinces qui ont trouvé une
solution pour justement... parceque
vous avez fait référence tout à l'heure à comment... Vous l'avez déposé, mais j'aimerais
vous l'entendre dire. Est-cequ'il y
a d'autres provinces qui ont vraiment réfléchi sur question-là? Ça, ça a été
écrit rapidement, là, notre amendementd'hier
soir. Est-ce que vous avez l'expérience? Puisqu'on nous a dit, au début des
travaux, que le gouvernement fédérall'a
fait, les autres provinces l'ont fait, ça se fait à l'extérieur du Québec,
partout au Canada, donc il faut qu'on le fasse.Moi, j'ai toujours pensé qu'on était une société distincte, mais
semble-t-il qu'on n'est pas… on ne peut être une... Moi,pour moi, c'est un vent qui vient du Sud, cette
histoire d'élections à date fixe. Mais, bon, puisqu'on en vient à la conclusionque nous sommes prêts pour des élections à
date fixe, comment ça se passe dans les autres provinces quand on fait face...Puis j'imagine qu'ils ont fait face à ce
genre de situation. Et est-ce qu'il y a moyen de trouver une façon de
dire : Bien,peut-être qu'on
pourrait avoir un espace de temps limité, bien sûr, dans le temps, là, pour
empêcher les débordements, là, et qui existe ailleurs?
La Présidente (Mme Beaudoin) :
M. Drouin.
M. Drouin
(Jacques) : Merci, Mme la
Présidente. Vous me parlez de d'autres façons de pouvoir reporter desélections si elles tombent à des dates... Bien, l'Alberta,
en tout cas, ils ont quelque chose d'assez particulier parce que leur
élection à date fixe, c'est une période fixe, ils ont une période à l'intérieur
de laquelle l'élection peut être tenue, donc, entre le 1er mars et le
31 mai d'une année d'élection, et ils fixent. Donc, ça leur donne la
capacité de choisir un dimanche — bien, dans le cas de l'Alberta, c'est un mardi,
je crois — de
choisir la bonne journée. Donc, il y a au Canadaoù on a quelque chose, il y a en Ontario, il y a à l'Île-du-Prince-Édouard
où c'est la même chose : dans le fond, c'est que, si la date du scrutin ne convient pas parce qu'elle
coïncide avec un jour d'importance culturelle — et j'insiste là-dessus — et religieuse, le Directeur général
des élections a certaines dispositions à appliquer.
Mais j'attire votre
attention quand même sur la difficulté que ça peut amener à un directeur
général des élections. Je ne sais pas de quelle façon ils ont défendu cet
aspect-là dans les autres provinces, mais juste regarder le débat d'hier, le débat qui a eu lieu ici entre des
élus autour d'une table, on demanderait à un directeur général des électionsde trancher sur des fêtes religieuses, des
fêtes culturelles, je ne sais pas comment on pourrait s'en sortir. Je pense qu'ilfaudrait absolument que l'Assemblée
nationale balise qu'est-ce qu'on entend par fête religieuse — est-ce que c'est les fêtes juives, musulmanes,
bouddhistes? — les
énumérer, au moins, nous en mettre quelques-unes parce que sinon ça deviendrait impossible. Sinon, il peut y avoir la
possibilité que le Nouveau-Brunswick a mise en place : c'est de l'avis
du premier ministre, qui en avise le lieutenant-gouverneur. Là, on ne demande
plus à une personne désignée ou à un fonctionnaire de l'État, si vous voulez,
de se prononcer sur qu'est-ce qu'une fête culturelle ou qu'est-ce qu'une fête
religieuse. Nous, c'est la solution qu'on privilégie, celle du
Nouveau-Brunswick.
Mme St-Pierre : C'est-à-dire?
M. Drouin
(Jacques) : Le premier ministre, lieutenant-gouverneur; de ne pas donner ça au Directeur général des
élections.
St-Pierre : Mais est-ce que
le Nouveau-Brunswick prévoit un espace dans le temps, ou si c'est... Est-ce
qu'au Nouveau-Brunswick, c'est...
M. Drouin
(Jacques) : ...si fête
culturelle ou religieuse, report au lundi qui précède ou qui suit le jour prévu
pourle scrutin, Nouveau-Brunswick,
et, si c'est des élections fédérales — parce que, si ce n'est pas des fêtes ou… c'est
desélections — à ce moment-là, le report se fait au
quatrième lundi d'août ou au quatrième lundi d'octobre, selon les fêtes.Ça, comme je vous l'ai offert tantôt, on
peut vous remettre copie du tableau où vous avez toutes les provinces
canadiennesavec un petit résumé des
dispositions de modalités de report des élections, tant pour les fêtes
culturelles, religieuses que pour des chevauchements d'élections.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Mme
la députée d'Acadie.
St-Pierre : Merci, madame.
La solution de l'Ontario, ça, il me semble que vous êtes passé un peu vite, là.
M. Drouin
(Jacques) : Bien, l'Ontario...
Oui? L'Ontario, en fait, c'est laissé à la discrétion du Directeur général
des élections et pour tenir compte des fêtes, et culturelles, et religieuses,
et des élections fédérales.
St-Pierre : Donc, quand vous
dites que vous préféreriez que ça soit le premier ministre qui porte ce fardeaupolitique, puisque c'est une décision
politique, finalement, ce que vous nous dites, c'est qu'il pourrait y avoir,
possiblement,un moment de prévu,
dans la loi, qui donnerait un certain pouvoir discrétionnaire au premier
ministre de dire : Bien, moi, je tiens compte ou je ne tiens pas
compte. À ce moment-là, dépendamment du gouvernement qui est en place ou dépendamment de ce que le premier ministre ou la
première ministre veut faire ou veut décider, on pourrait lui donner... Jevais poser ma question autrement :
Est-ce qu'il faut que ça soit écrit noir sur blanc, de dire qu'il reviendrait
au premier ministre de décider si la date peut être reportée ou pas,
puis on le met dans un temps limité, là?
La Présidente (Mme Beaudoin) :
M. Drouin.
M. Drouin
(Jacques) : Merci, Mme la
Présidente. Moi, je pense que, oui, il faut que ce soit placé dans une loi.Il ne faut pas oublier qu'on va voir les
choses venir quand même longtemps d'avance, hein? Si on est dans un contextede gouvernement majoritaire, on parle de
voir cette date-là arriver quatre ans d'avance. Donc, ça laisse vraiment la
possibilitéà un débat ou à la chose
de se décider, est-ce que, oui ou non, les élections qui sont prévues pour le
3 octobre 2016, onles reporte
parce qu'il y a une fête particulière d'une religion particulière. Mais, oui,
il faut que ce soit enchâssé dans la loi.
St-Pierre : Mais — enlevons-nous
de l'idée l'histoire des fêtes particulières — mettons qu'il arrive un drame épouvantable
six mois avant les élections. À ce moment-là, est-ce qu'il pourrait y avoir une
discrétion du premier ministre de
dire : Étant donné qu'il y a quelque chose qui fait en sorte que le Québec
a besoin de reprendre ses esprits,est-ce
qu'il y a quelque chose qui fait en sorte qu'on pourrait donner... À ce
moment-là, est-ce qu'on pourrait donner, dans la loi que nous sommes en
train de voter, une sorte… une forme de souplesse ou de liberté au premier
ministre ou au Conseil des ministres pour
décréter, dans un cadre bien précis, le moment… donc de déplacer l'élection, ou
si ça existe déjà? Je ne sais pas, je ne connais pas la loi par coeur.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
M. Drouin.
M. Drouin
(Jacques) : Merci, Mme la
Présidente. Non, ça n'existe pas. Tout ce qu'on a, c'est la possibilité de
reporter le jour du scrutin pour une situation un peu particulière, mais
reporter l'époque d'une élection, il n'y a rien. D'ailleurs, on s'est posé la question… puis je vais demander peut-être à
Me Coulombe de vous expliquer la situation,mais, quand on a parlé de la pandémie de grippe il y a quelques années,
on était dans une situation où on pensait qu'il allait peut-être y avoir
des élections. Donc, on s'est posé cette question-là : Qu'est-ce qu'on
fait si jamais il y avait vraiment une pandémie de grippe et que ça soit à ce point important qu'on
doive décider de reporter l'élection? Il n'y avait rien. Mais la
pandémie s'étant estompée un peu partout, donc, on n'est pas allés plus loin.
On avait participé, avec l'appareil gouvernemental au complet, de trouver des
solutions à toutes les particularités qui pourraient arriver. Je ne sais pas si, Me Coulombe, vous avez quelque
chose à ajouter. Mais, pour répondre à votre question, bien honnêtement,c'est non, il n'y a rien qui permet au DGE
ni au gouvernement, à l'heure actuelle, de reporter une élection qui est
prévue, à
part le jour du scrutin; s'il s'est passé quelque chose de
particulier, oui, mais sinon, l'élection au complet, non.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Me Coulombe, est-ce que vous voulez intervenir? Et,
si oui, veuillez vous identifier, s'il vous plaît, pour les fins d'enregistrement.
M. Coulombe (Benoît) : Brièvement. Me Benoît Coulombe, de la
Direction des affaires juridiques. Comme ledisait Me Drouin… M. Drouin — mon Dieu, excusez — au niveau des pouvoirs du DGE, on l'avait
examiné. Même le pouvoir de décision spéciale qui existe dans la loi ne
permettrait pas au DGE, quelle que soit la situation de crise, là — puis
là j'englobe toutes sortes de crises, là — de décider d'un report de l'élection. Et on avait
examiné, évidemment,le pouvoir de l'Exécutif,
hein, du gouvernement. Il restait toujours — et on en a abondamment parlé précédemment — la
limite constitutionnelle des cinq ans, hein, qui serait incontournable, même en
cas de crise. Et même à l'intérieur de ce délai-là, constitutionnel, les
pouvoirs de l'Exécutif… Là, évidemment, ce n'était pas notre spécialité, là, il
faudrait peut-être interroger des gens de l'Exécutif,
mais ce qu'on pensait, c'est qu'il faudrait quand même que l'Exécutif, parla voie d'une loi, une voie législative… on
n'est pas sûrs que ça rentrerait dans les pouvoirs de l'Exécutif en tant que
tel là, il faudrait peut-être passer
par la voie législative pour modifier l'article de la Loi électorale, ou est-ce
que ça serait suffisantjuste d'aller
modifier le décret de convocation des lecteurs. Enfin, c'est des questions qui
n'ont pas de réponse claire. Mais la réponse qui est claire, c'est que
le DGE n'a pas ces pouvoirs-là.
Mme St-Pierre : …revenir aux autres provinces où on prévoit de pouvoir peut-être
déplacer la date de l'élection.Est-ce
que vous avez... C'est sûr que c'est récent, ces choses-là, là, on vient de
commencer ça dans tout le Canada. Est-ce que vous connaissez des
endroits où il y a eu des difficultés particulières?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. Drouin.
M. Drouin
(Jacques) : Merci, Mme la Présidente. Non. Honnêtement, les
commentaires que l'on reçoit sont beaucoup...
sont plutôt positifs et ils vont dans le sens de ce que j'ai mentionné,
donc : beaucoup plus facile d'organiser les élections, beaucoup plus de
temps pour trouver des locaux adéquats, rendre les locaux accessibles qui ne le
sont pasparce qu'on a le temps de
voir venir la date, beaucoup plus de temps pour prévoir le recrutement, trouver
notre monde, leformer, le rendre
plus compétent à exercer leurs fonctions. Ce sont des éléments que l'on entend
ou que l'on lit dans les différents rapports.
est allés, justement, il n'y a pas longtemps, et en Alberta et en
Colombie-Britannique pour voir comment ça se passait, allés voir les bonnes
pratiques, et ce n'est vraiment pas un sujet qui est sorti comme étant
problématique. Je peuxpeut-être vous
donner des chiffres : en Colombie-Britannique, ça fait quand même trois
ans qu'on fait des élections à datefixe
et le taux de participation, qui est faible quand même, autour de 50 %,
est assez stable, donc on parle de 50 %, 52 %.
contre, ce qui est intéressant… Je ne veux pas dire par là que c'est ce qui
arriverait ici, mais il reste quandmême
qu'en Alberta on parlait d'un taux de participation de 45 %, 46 %,
40 % jusqu'à la dernière élection générale, où on a quand même
atteint un taux de 54 %. Est-ce que c'est...
M. Drouin (Jacques) :
Non, ce n'est pas fort, mais c'est quand même pas mal plus que... Non, ce n'est
pas beaucoup, honnêtement, mais est-ce que ça peut être un élément qui a joué,
le fait qu'on a pu préparer la population, on
a pu préparer les électeurs en faisant des meilleures interventions
publicitaires, en ayant des capacités plus grandes àfaire la liste électorale, donc en ayant des
interventions ciblées sur certaines catégories d'électeurs qu'on ne peut pas
faire parce que ça va se perdre si l'élection n'a pas lieu?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre : Quant à moi, l'amendement qui est proposé par le ministre ne règle pas
tout à fait la situationparce qu'on
enlève la date du 3 octobre 2016, très bien, mais il va toujours y avoir
des 3 octobre ou des dates qui pourraiententrer dans la fête juive parce que c'est une fête qui est comme un peu
notre... la Pâque, c'est une fête qui n'est pas toujours àla même date, là, la date fluctue, varie. Alors,
comme on n'ouvre pas des lois à tous les jours, puis qu'hier ça a été quandmême un exercice assez long, et il a fallu
vraiment qu'on amène des arguments très pointus, très, très forts, le drame
risquede se reproduire si...
peut-être pas dans les prochaines années, mais il peut se reproduire un de ces
jours. À ce moment-là, comment peut-on faire pour éviter une situation
comme on l'a vécue hier? Bien, enfin... Oui, hier.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. Drouin.
M. Drouin
(Jacques) : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Bien, moi, je vous dirais, je vous répondrais sensiblementla même chose que tout à l'heure. Je pense
qu'une disposition comme celle du Nouveau-Brunswick, c'est celle que l'on privilégie, c'est-à-dire
que le premier ministre s'adresse au lieutenant-gouverneur puis qu'il lui
dit : Bien, regardez, là, il y a une fête qui s'en vient le 3 octobre
2016, l'élection est prévue à cette date-là, je pense que ce serait important
dereporter la date à une autre date,
puis à ce moment-là la date sera fixée en fonction ou en tenant compte des
problématiques.
St-Pierre : Et cela est écrit dans la loi, là.
M. Drouin (Jacques) : Dans la loi du Nouveau-Brunswick, oui. De la même manière que c'est
écrit dans cellede l'Ontario, mais
que c'est le directeur général des élections qui a cette responsabilité, de la
même manière que, dans celle du Canada, la loi électorale fédérale, où
on prévoit que c'est le DGE qui a cette responsabilité-là.
Mme St-Pierre : Merci, M. le directeur général. Donc, Mme la Présidente, moi, je pense
que M. le directeur généralvient de
me donner l'éclairage que je recherchais, c'est-à-dire que je pense qu'il faut
qu'on analyse cette situation-là avec une certaine marge de manoeuvre.
Je ne dis pas toute la marge de manoeuvre, mais une certaine marge de
manoeuvre. Le modèle du Nouveau-Brunswick nous apparaît peut-être — enfin,
à première vue — le
modèle qui enlève cette décision politique là des mains du Directeur général
des élections pour le laisser entre les mains du politique, et je pense qu'il
faut y réfléchir.
Donc,
à mon avis, l'amendement, qui est un bel effort, qui a été déposé par le
ministre hier, en fin de soirée, etsur
lequel nous avons... j'ai réfléchi, d'ailleurs, un peu, hier soir — ça a pris un peu de temps avant que je m'endorme — etje
me demandais si on avait vraiment mis la ceinture et les bretelles, et je pense
que nous ne faisons pas ici… même si, àpremière vue, on salue l'ouverture du ministre, on salue l'effort que
son équipe a fait hier soir, mais nous ne sommes pas dans une situation
où, vraiment, on règle cette situation-là.
moi, je pense que, si d'autres provinces l'ont fait, c'est parce que ces autres
provinces là ont vu qu'il y avait quelque chose là. Et, puisque nous discutons
de cette loi à la lumière de ce qui s'est fait au fédéral et ce qui s'est fait ailleurs au Canada et que nous sommes vraiment à
la traîne dans ce dossier-là, bien, profitons de l'expérience des autres,profitons des... peut-être des libellés,
aussi, des autres lois et profitons de leur expérience, de leur expertise et de
la façon dont ils ont... en fait, la solution qu'ils ont trouvée.
Et je ne sais pas si
la rédaction d'un amendement viendra, cependant je peux... Je pense que les
gens qui ont écouté ce que M. le Directeur
général des élections vient de nous dire ont vraiment compris l'importance de
notre travail et de ce que nous
sommes en train de faire. Ce n'est pas tous les jours que nous allons rouvrir
la Loi électorale. C'est unexercice
qui nécessite, à mon avis, l'unanimité. Il me semble que la Loi électorale...
bien, enfin, à moins que je ne me trompe, mais je pense que la Loi
électorale, c'est une des lois — vous me corrigerez si je me trompe, M. le
directeur général — au
Québec qui est adoptée à l'unanimité.
avec la petite expérience de cinq ans et demi que j'ai, j'ai piloté sept
projets de loi. J'en ai six qui ont été adoptésà l'unanimité. Puis, parfois, ça a été plus long que je pensais, parfois
j'étais peut-être un petit peu... tu sais, je pédalais unpetit peu en dessous de ma chaise, là, puis je me
disais : On peut-u avancer? Et, à la fin, je me disais : Bien, oui, j'ai
unemeilleure loi. Puis, si j'avais
une meilleure loi, c'est parce qu'elle avait été bonifiée par mes collègues d'en
face. Et ça, je le disais, d'ailleurs, en commission parlementaire et je
le disais dans les discours en Chambre.
Donc,
sur sept lois, j'en ai eu six adoptées à l'unanimité. Celle qui n'a pas été
adoptée à l'unanimité, tout le monde,évidemment,
s'en souvient. On a promis, d'ailleurs, de l'abolir, en campagne électorale,
puis ce n'est pas encore fait. Alors, j'ai
bien hâte de voir le jour où on va abolir cette loi-là. Mais je pense que c'est
important que cette loi ici, celle que nous sommes en train de discuter,
soit adoptée à l'unanimité.
Alors, M. le
Président, quant à moi, cet amendement-là ne va pas...
St-Pierre : Mme la Présidente, excusez.
Une voix :
C'est votre karma, Mme la Présidente.
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Je ne sais pas ce qui arrive.
Mme St-Pierre : Surtout que vous êtes habillée en rose, aujourd'hui! Quant à moi, cet
amendement-là, Mme laPrésidente, ne
rencontre pas encore les critères auxquels je m'attends et, je pense, ne
rencontre pas encore les attentes des Québécois en cette matière qui est
si importante.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le ministre, est-ce que vous voulez intervenir à ce
stade-ci?
Drainville : Non. Moi, je souhaiterais que nous puissions voter sur l'amendement,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : D'accord. Oui, M. le député de Chauveau, à vous la parole.
M. Deltell : Oui, merci, Mme la Présidente. D'abord, je vais tout de suite aller au
fond du propos. L'amendement qui est proposé par le ministre, actuellement, n'empêche
en rien que, plus tard, on puisse discuter de ce dont l'opposition
officielle nous parle, à savoir des modalités de report d'élection, parce que c'est
prévu dans l'article 2.
Donc,
on pourrait s'entendre pour adopter le texte proposé pour l'amendement 1,
le premier amendement, quine porte
pas ombrage du tout au fait qu'on peut débattre tout à l'heure, redébattre à
nouveau de la question : Est-ce que, oui ou non, on adopte des modalités d'amendement? Ça, c'est le premier
point que je veux amener, et donc, là, on pourrait au moins avancer d'un
pas. Ça serait déjà ça de fait.
Cela dit, je tiens quand même à revenir au fond
des choses, Mme la Présidente, parce qu'en effet c'est fort intéressant de voir les propos, et commentaires,
et documentations du DGE. Et ce qu'on constate avec le tableau qu'ilvient de nous remettre sur les élections à date
fixe, il y a 10 législatures au Canada qui ont ce processus-là. On prend leCanada, la Colombie-Britannique,
Terre-Neuve, Ontario, Territoires du Nord-Ouest — donc pas une province commetelle — Nouveau-Brunswick,
Saskatchewan, Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Alberta, et ce qu'on constate en
lisant ça,c'est qu'il y a la moitié
des législatures qui n'ont aucune disposition de report. Aucune. Donc, on ne
peut pas parler de cas exceptionnel, c'est moitié-moitié. Ça existe d'un
bord puis ça existe... aussi, ailleurs, ça n'existe pas.
Je tiens à
rappeler, Mme la Présidente… et c'est un peu le jour de la marmotte, là, mais
je dois rappeler que cen'est pas
nouveau, ce débat-là. Le débat des élections à date fixe fait
partie du débat
public depuis longtemps. Le parti dont je suis issu, l'Action démocratique, avait déjà formulé le désir d'avoir ça
dès les années 96, leur première élection. Donc, ça fait longtemps
que c'est dans le débat.
Je tiens à
rappeler aussi que c'était un engagement de l'actuel gouvernement lors de la
campagne électorale, etdonc il ne fallait
pas se surprendre que le gouvernement dépose une loi à cet effet. Je dois
rappeler aussi que le gouvernementa
déposé cette loi-là très rapidement, dès le mois de novembre. Ça ne faisait pas
trois semaines, je pense, que le Parlementsiégeait que, déjà, le ministre — que j'ai eu, en d'autres temps, en
conférence de presse, l'occasion de qualifier d'homme qui légiférait
plus vite que son ombre — avait
agi promptement. Donc, ça fait
partie du débat public depuis des mois — novembre,
décembre, janvier, février, mars, avril, mai, juin — ça
fait sept mois, Mme la Présidente, que c'est dans le débat public.
Je dois
rappeler aussi — puisque,
grâce à la députée de l'Acadie et aux explications du DGE, on a pu comprendrecomment ça marche — un
comité consultatif, ce n'est pas une gang de chums, ça, là, là, ce n'est pas un
club privé, c'estun regroupement de
partis politiques dûment représentés à l'Assemblée nationale qui délèguent des
gens d'autorité deleurs propres
formations politiques, qui discutent ensemble et qui débroussaillent ensemble
des questions pour dégager des consensus.
On comprend
et on se débattra jusqu'à la fin pour que le pouvoir décisionnel absolu
appartienne aux parlementaires.On
est tout à fait d'accord avec ça. Mais le Comité consultatif permet justement
de débroussailler le terrain, de trouverles terrains d'entente et d'aboutir à une conclusion qui doit faire le
consensus. Parce qu'au Québec, en fait, depuis 1977, simes souvenirs sont bons, on a toujours réussi à
déployer le consensus sur les changements apportés aux us et coutumes
électoraux, ce qui est une très bonne chose qu'on doit préserver.
Donc, ça fait
sept... ça fait des années que le débat sur les dates électorales et les
élections à date fixe est dans l'air,que,
dès le mois de novembre — donc
ça fait sept mois — le
gouvernement avait fait son lit, avait proposé cette loi-là, que le Comité consultatif, donc tous les partis
politiques dûment représentés à l'Assemblée nationale, avaient trouvé un
terraind'entente, tout en rappelant,
Mme la Présidente, que c'est ultimement les parlementaires qui décident. On est
tout à fait d'accord avec ça. Il y avait quand même un terrain d'entente.
Dois-je
rappeler, Mme la Présidente, que c'est à ma suggestion qu'on a attendu l'élection
du chef du Parti libéral,par respect
pour cette grande institution politique et cette grande institution québécoise
qu'est le Parti libéral? Puis je le disde façon très sincère. Un parti qui a presque 150 ans d'histoire,
ça commande le respect. Un parti qui a fait élire 50 députés,l'opposition officielle, qui a dirigé le Québec la
moitié du temps depuis la Confédération, ça commande le respect. Ce n'est
pas un club privé, ça, là, là. Ce n'est pas une gang de chums, c'est une grande
institution.
Donc, par
respect pour cette institution-là, nous avons attendu le choix du chef pour
être sûrs et certains que leconsensus
tenait, par respect. Et donc le consensus s'est dégagé quand? Le 28 mars,
sur le fait qu'on s'entendait pour letroisième...
premier lundi d'octobre. Bon. Est-ce qu'on était pour? Est-ce qu'on était
contre? C'est ça, là... On peut refairele débat, mais, fondamentalement, on s'était entendus sur le consensus
des autres partis politiques et que tous les partis politiques s'étaient
entendus sur cette date-là.
Mme la
Présidente, je le dis respectueusement pour mes collègues : Ils sont où,
là? Quelle est la position? Et là onévoque
avec intérêt la question du dimanche. Ce n'est pas inintéressant, là, mais on
fait-u le débat à zéro? Là, on dit tout à l'heure : Écoutez, on est une société distincte, il faut... Puis
moi, je sens que c'est un vent de l'Ouest qui fait en sorte qu'onest pour les élections à date fixe. Mme la
Présidente, si le Parti libéral a changé d'idée, qu'il le dise. Ils ont le
droit, là, ils ont le droit, Mme la Présidente, mais qu'ils l'assument.
Je n'oserais pas répéter ici les paroles du chef de l'opposition officielle, quand, il y a deux semaines, en
période de questions, a parlé de poules pas de tête, mais j'aimerais savoir oùc'est qu'ils s'en vont, et qu'on le sache,
et qu'ils le définissent, et qu'ils le disent. S'ils ne sont plus d'accord avec
desélections à date fixe, qu'ils l'assument.
Je n'ai pas de problème avec ça. Ça va, c'est correct. Ça ne faisait pas
partie
deleur programme électoral. On a
attendu, là ils changent d'idée. Ça arrive, là, ils ont le droit, puis qu'ils
nous le disent. S'ilsne sont pas d'accord
avec le lundi, ils préfèrent le dimanche, ce n'est pas méchant, ce n'est pas
vilain, c'est une idée qui sedéfend,
mais qu'ils le disent. On travaille sur un consensus, alors je suis un peu déçu
de voir que mes collègues, on ne sait plus trop où c'est qu'ils s'en
vont.
Mme la
Présidente, je rappelle notre position à nous, qui est celle du consensus qui a
été établi au mois de mars dernier par le Comité consultatif, où on
avait dégagé l'entente avec tous les partis politiques, qui fait en sorte qu'on
s'entend pour le premier lundi d'octobre. C'est
notre position. Mais je rappelle, fondamentalement, Mme la Présidente, qu'au moment où on se parle, à cette étape-ci des
travaux, l'amendement proposé par le gouvernement n'empêche en rienle fait que, plus tard — donc, dans l'article qui s'en vient, l'article
2 — on
débatte à nouveau du fond comme on vient de le faire, avec intelligence et respect, sur la
question : Oui ou non, est-ce qu'on amène des amendements sur les
modalités d'exception? Mais, sur cet article-là, je tiens à dire qu'on a
le consensus. En tout cas, jusqu'à nouvel ordre, on l'a, maintenons-le. Je
propose l'adoption de cet article-là, par la suite on va procéder.
Avant de
terminer, Mme la Présidente, je veux juste dire un mot. On s'interrogeait tout
à l'heure par le fait que ça apris
des heures et des heures de débat. Il faudrait quand même rappeler que l'opposition
officielle a amené trois amendementsqui
ont été rejetés. On se souvient que le premier amendement qu'ils ont amené, c'était
le... ils voulaient ramener la positionpréliminaire, c'est-à-dire celle du dernier lundi de septembre. Mal leur
en prit, on s'est rendu compte que, deux fois dansles dates qu'ils nous avaient soumises avec le
calendrier des fêtes juives, ça ne fonctionnait pas. Bon. Après ça, il y a eu
l'histoire du 31 octobre — je ne reviendrai pas là-dessus — et
après ça du 7 décembre... du 7 novembre.
Regardez, on
aurait passé les 52 lundis, là, mais à un moment donné, là, ça suffit! Le
gouvernement a fait uneproposition,
dès le début de la soirée, informelle, concernant la question d'enlever la date
qui cause problème. On le savait.De
façon informelle, j'avais tout de suite donné mon accord et j'avais encouragé
le premier... le ministre, pas encore premierministre, le ministre, le ministre… Excusez-moi, je sais que c'est sa
fête, mais je ne lui donnerai pas ce cadeau-là. Laissonsson parti et ultimement la population décider.
Donc — excusez-moi,
un petit sourire fait du bien de temps en temps — leministre
a fait cette proposition, qui, à mon sens, est extrêmement porteuse et
constructive et faisait justement le consensus ou enfin prenait acte du
fait que des déclarations des collègues étaient pertinentes.
Et donc on
dégageait cette date qui, fondamentalement, Mme la Présidente… il faut le
rappeler, là, c'était un débatvirtuel
comme ce n'est pas possible, on parlait d'une élection qui allait avoir lieu le
3 octobre 2016. Et ça, c'était éventuellement, si ce
gouvernement-là n'était pas battu.
Je vous le
dis tout de suite, là, vous allez être battus en Chambre d'ici ce temps-là,
O.K., là? J'ai été fin tantôt,mais
là je vous le dis tout de suite, vous le savez, là, vous ne tofferez pas la run
jusqu'en 2016. Bon. De toute façon, jepense
que je ne surprends personne en disant ça. Dans un gouvernement minoritaire, on
sait que cette loi-là ne peut pas s'appliquer, c'est une loi morale.
Bon.
Et là, Mme la
Présidente, on s'est débattus pendant des heures et des heures sur une question
virtuelle parce que ladate, telle qu'elle
était inscrite dans la loi, c'était virtuel parce qu'on sait que ça ne toffera
pas… excusez de le dire de façon aussi... un peu grossière, mais ça
ne toffera pas la run, ça, là, là. Bon.
Donc, la proposition faite par le ministre était
extrêmement pertinente. Je propose, Mme la Présidente, qu'on soutienne cet amendement-là, qu'on vote cet
article-là et qu'après ça, si l'opposition officielle veut faire le débat sur
lesformules d'amendement et d'accommodement
qui pourraient être faites par rapport à ça, de report d'élection, mais on ferale débat et on y verra quelle sera leur
proposition. Non sans rappeler, Mme la Présidente, que cinq législatures sur 10
auCanada où il y a actuellement des
dates d'élection... des élections à date fixe, il n'y a aucune disposition de
report. Voilà.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Merci. M. le député de Laval-des-Rapides avait demandé la parole auparavant.
À vous la parole.
M. Bureau-Blouin : Je ne souhaite
pas intervenir, finalement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : D'accord.
M. le député de Mont-Royal, vous avez demandé la parole?
M. Arcand : Oui, je voulais juste
peut-être répondre également à mon collègue, ici, de Chauveau, parce qu'évidemment nous avons accepté le principe, et
donc, évidemment, je pense que, même si on accepte le principe, on aquand même le droit, j'espère, de poser un certain
nombre de questions. Et je voulais simplement dire, encore une fois,que, dans ce cas-là, toute la documentation que j'ai
pu faire jusqu'ici là-dessus, ce n'est pas une vérité parfaite. Les élections
à date fixe, il semble y avoir un certain consensus là-dessus, oui, mais c'est
clair que ce n'est pas une vérité parfaite.
Je regarde
les journaux, par exemple, en Grande-Bretagne, où est-ce qu'on dit, de façon
très claire : Est-ce queça fait
des meilleurs gouvernements? Est-ce que le Parlement fonctionne mieux? Ce n'est
pas évident, d'une part. Ça, c'est la première des choses. Deuxièmement,
on se fait dire, à la lumière de l'échange que ma collègue d'Acadie, du comté de l'Acadie, a pu avoir avec le Directeur général
des élections, qu'il y a quand même un certain nombre de choses qui sont
relativement nouvelles pour nous et dans lesquelles il y a certaines
informations que nous ne savions pas.
La première,
c'est que, clairement, il y a un besoin de flexibilité dans la proposition. On
ne peut pas juste décréter des élections à date fixe. Il est clair qu'on
a besoin de discuter de toute la question de la flexibilité à cause de certains
événements, de fêtes, etc. Il est clair qu'on
a besoin de flexibilité. La deuxième chose, c'est que le DGE nous dit
clairementque, s'il doit exercer
certains pouvoirs, à l'intérieur de la loi, les pouvoirs sont mieux d'être
clairs, sont mieux d'être bienbalisés,
si je comprends très bien, et que ce n'est pas à lui à commencer à intervenir
sans que la loi l'encadre très bien à l'intérieur de ça. Ça, ça a été,
je pense, très, très évident.
Troisième
élément que je retiens, c'est qu'il n'y a pas d'orientation très claire sur les
jours, les meilleurs jourspour faire
ça. Le DGE nous dit : Je pense que c'est le dimanche qui est la meilleure
formule. Mais, quand je regarde un peu partout, parfois, c'est le lundi,
parfois, c'est le jeudi, bon, etc. Alors, on se demande mardi : Pourquoi,
cette fois-ci, le gouvernement a décidé que
c'était clairement le lundi, alors que ce que le DGE semble nous dire, c'est
que c'est vraiment,en termes d'accès
au vote, en termes de participation électorale, à la fois également pour les
jeunes et à la fois aussi pour les personnes âgées, où... le dimanche,
ça serait meilleur?
Alors, voilà
pourquoi, Mme la Présidente, on pose quand même toutes ces questions-là, parce
qu'évidemmentle premier article, c'est
l'article qui est quand même assez déterminant, je pense, dans le projet de
loi. Alors, je voulais simplement faire ce point-là pour simplement
dire, à l'intérieur de ça, qu'on a un travail quand même à faire et des questions à poser qui me
semblent, à ce stade-ci, très pertinentes et sur lesquelles on ne peut pas,
comme ça, adopter çaen deux temps trois
mouvements. Je pense que ces questions-là sont très pertinentes, et celles que
le député de Fabre et que le député de Beauce-Sud ont apportées, je
pense que ce sont des questions pertinentes.
Et, en
terminant, je vous dirais la chose suivante. J'ai beau faire
partie d'une
formation politique qui est en faveur,évidemment,
du maintien du lien avec le Canada, ça existe dans plusieurs provinces du
Canada, mais on voit qu'on estdans
un pays décentralisé où il n'y a pas une province qui a tout à fait la même
formule. Il n'y a pas de formule uniformelà-dedans. Et, que je sache, on croit tous que le Québec est une société
distincte, alors travaillons ensemble pour avoirla loi qui corresponde le mieux à nos intérêts et qui fasse en sorte que
le Québec soit vraiment, là, avec la meilleure loi.
Et d'ailleurs
je voyais, entre autres, dans un des textes où on disait qu'au Canada aucune
province ne tient, pourle moment, des
élections la fin de semaine, le Québec pourrait être — je pense que c'est le document du DGE — à l'avant-garde quant à la promotion
même de l'accès au vote, ce qui m'apparaît n'être pas rien non plus.
Ma collègue
de l'Acadie et moi-même venons de comtés où, en particulier dans certaines
périodes, en 2008, je pense, on était tous en peu inquiets du nombre de
personnes qui sont allées voter pour toutes les raisons valables ou pas.
Mais je pense que c'est un débat important sur lequel il faut sortir d'ici avec
la meilleure loi possible. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Beauce-Sud, à vous la parole.
Dutil : Merci, Mme la
Présidente. J'écoutais... Je veux faire le point sur deux aspects, là. Pour ce
qui concernele vote le dimanche, on
a longuement discuté de ça et on avait toute l'information du DGE concernant
les avantages etles inconvénients.
Et donc il y avait des avantages et des inconvénients dans les deux
propositions, puis finalement on atranché
pour maintenir ça le lundi. Est-ce que c'est à tort ou à raison? C'est une
chose, on en a discuté dans nos caucus, je pense, avec l'ensemble de l'information.
Moi, je ne dis pas qu'un jour ou l'autre il ne faudra pas revenir sur cette question-là, ce n'est peut-être pas le moment ici,
là, ou peut-être que, si c'est le moment, ce sera à la fin de la loi pourqu'on regarde, ici, ensemble et
publiquement, l'ensemble des avantages et des inconvénients. Mais, pour l'instant,
on secomprend que le débat, c'est
des élections à date fixe, c'est ce qu'on veut régler ici, et nous avons
mentionné que nous étions favorables.
J'ai dit que j'appréciais que, pour une loi de
ce genre-là, on reporte la discussion après l'élection du chef du Parti libéral. Puis je pense que ça, ça a été fait
de façon harmonieuse avec les autres partis. En tout respect, la loi pour
les élections à date fixe n'avait pas le caractère d'urgence que d'autres lois
ont. Alors, je pense que ce n'est pas parce qu'on
est quelques semaines plus tard qu'on a un problème au niveau de la
loi sur les
élections à date fixe; c'est pour danstrois
ans et demi. On peut-u respirer par le nez, là? On peut-u respirer par le nez,
puis prendre le temps de faire le travailpour lequel on est payés, puis regarder au fond des choses le plus
possible pour essayer d'éviter les erreurs? On est dans les institutions
démocratiques, puis cette loi-là fait un changement de tradition important.
Alors, moi,
tout ce que je dis aujourd'hui, là : Le temps qu'on a passé ici nous a
fait évoluer. Le fait qu'on a écouté M. Tremblay nous a fait
évoluer. Le fait que le DGE est ici, ça nous fait évoluer. Puis c'est ça, notre
travail, c'est de trouver la meilleure façon
de le faire en allant au fond des choses puis en s'assurant qu'on le fait.
Donc, pour ce qui est du débat sur le
dimanche, qui est très pertinent, je ne le nie pas, ce n'est pas l'objet de
cette loi-ci, puis je ne veux pas enarriver
à dévier vers cette question-là qui mériterait probablement une commission
parlementaire à elle seule, probablement. Alors donc, on reviendra
là-dessus.
Le deuxième
point, je viens de le soulever, c'est quoi... On a l'impression... L'impression
qu'on a, là, nous autres, c'est qu'on veut nous presser. Puis le fait qu'on
veut s'exprimer puis le fait qu'on veut apporter... aller au fond des choses, là, a l'air d'être interprété, par la
deuxième opposition en particulier — peut-être
par le ministre, je ne le sais pas,il
ne l'a pas dit clairement comme ça — comme
quoi on a changé d'idée. On n'a pas changé d'idée. On a dit qu'on étaitfavorables à l'adoption d'une loi des élections à
date fixe, et on l'a dit à l'Assemblée nationale, et on a voté, à l'Assembléenationale, pour le principe du projet de
loi. Quand on n'est pas d'accord à l'Assemblée nationale, vous le savez, c'est
clair,puis le projet de
loi n° 33, on est contre puis on va continuer à être contre parce qu'on
on est en conflit d'intérêts. Puis leprojet
de loi n° 14, on est contre parce qu'on pense que ça n'a pas de bon
sens, puis on le dit, puis on est très clairs. Là, on a dit qu'on était
favorables à l'adoption d'un projet de loi à date fixe, mais on veut le faire
correctement.
D'ailleurs,
je veux juste mentionner que, dans le projet de loi initial qui nous a été
déposé, à l'article 129.1, c'est écrit :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article
129, du suivant — l'article
129.1 :
«S'il
constate que le jour du scrutin déterminé conformément au deuxième alinéa de l'article
129 ne concorde pasavec les
exigences de la situation, notamment parce qu'il coïncide avec la tenue d'une
autre élection, le Directeur général des élections peut reporter les
élections au lundi suivant.»
On l'avait,
la disposition, là. Quand on parle de consensus, là, ça en était un, ça, un
consensus. Est-ce que c'est assez précis ou assez clair? Je ne le sais
pas. Mais là on biffe ça, on biffe ça.
L'autre
chose, si on reporte les élections pour une question d'élections fédérales et
que ça s'adonne-tu pas que lepremier
lundi d'avril est le lundi de Pâques, voulez-vous me dire ce qui va se passer?
Je vais vous le dire, ce qui va se passer. On va changer la date. Ça va être le
deuxième lundi. C'est ça qui va se passer. Vrai ou faux? Donc, on a besoind'une certaine souplesse pour régler les
choses, et ça existe dans d'autres législatures. Ils ont fait le même travail
que nous autres, on a fait, puis ils ont procédé.
Alors, ce que je propose, Mme la Présidente,
parce que je ne retarderai pas davantage les choses, là, ce que je propose, là, c'est, si vous me dites qu'on peut
amener un amendement qui nous permet d'introduire ce que j'appellerai la clause ontarienne plus
tard, au prochain article, on va voter cet article-là, on va en avoir un, là,
puis il va être adopté, puis ça va
être réglé parce qu'on est d'accord avec la proposition du ministre s'il enlève
le 3 octobre, puis on trouve quec'est
une bonne idée. Si vous me dites que c'est le moment de présenter notre
amendement, on va le présenter tout de suite, avant de voter. Alors, je
demande votre opinion, de m'éclairer sur ce point-là.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Je vais répondre à votre question, M. le député
de Beauce-Sud, c'est que, là,c'est
une question hypothétique, je ne peux pas répondre à cette question. Alors, si
vous avez un sous-amendement, on val'accepter...
c'est-à-dire qu'on va l'analyser, mais, pour le moment, je ne peux pas répondre
à une question hypothétique. M. le député de Chauveau.
M. Deltell : Oui. Je pense, Mme la Présidente, que l'amendement, tel qu'écrit, qui
est proposé par le ministre, rejoint
l'objectif que nous avons, qui est d'avoir des élections à date fixe, et on s'entend
pour le premier lundi d'octobre.Si
on regarde justement le projet de loi, tel qu'il est écrit, avec le cahier
explicatif, il y a justement, comme vient de sibien le dire le député de Beauce-Sud, l'article 129.1, l'article
2 : Remplacer 129.1 : «…qu'il coïncide avec la tenue d'uneautre élection, le Directeur général des élections
peut reporter une élection au lundi suivant.» Donc là, il y a une modalité
qui explique le fait qu'on peut reporter une élection.
mon point de vue, c'est clair, Mme la Présidente. Ce que je propose et ce que
je suggère à l'opposition officielle,c'est
qu'ils fassent les amendements lorsqu'on sera rendus à l'étude de l'article 2,
et là on pourra regarder ça à tête reposée,voir l'amendement, la date qu'ils proposent, on fait les modalités qu'ils
proposent, et on pourra en débattre. Mais, pour lemoment, je crois que l'amendement proposé par le
ministre pour l'article 1 rejoint le consensus et, à mon point de vue, ne
fait pas problème.
comprends votre prudence concernant le fait que c'est hypothétique, mais l'hypothèse
repose sur : Est-ce que l'opposition officielle va, oui ou non,
proposer un amendement? Voilà. Donc, poser la question, c'est y répondre, particulièrement lorsque c'est l'opposition
officielle qui demande ça. Mais moi, je crois que, tel que le texte est
formulé…puis, si quelqu'un n'a pas
cet avis-là, qu'il nous le dise tout de suite, mais, à première vue, je
vous dirais que l'amendementde l'article
1 rejoint le consensus. Il y a un point de vue différent concernant une date de
report, des modalités de report, qui est tout à fait pertinent dans le
débat démocratique, faisons-le à l'article 2.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Mme la députée de l'Acadie, vous avez quatre minutes.
Mme St-Pierre : Merci, Mme la Présidente. Je veux tout simplement réagir à ce que mon
collègue, gentil collèguede
Chauveau, a dit tout à l'heure. Tout d'abord, nous sommes en faveur d'une
élection à date fixe. Nous avons un projet de loi devant nous et nous allons
prendre tout notre temps pour bien l'analyser, pour accoucher d'un projet de
loi qui est un projet de loi le meilleur possible. Ça, c'est la première
des choses.
Deuxième
des choses, moi, je ne suis pas ici pour avoir un petit ange dans mon cahier de
fin d'année, là, puis despetits
rubans, puis tout ça. Je suis ici pour travailler, puis on va prendre le temps
qu'il faut pour faire bien les choses. Et, je l'ai dit tout à l'heure,
lorsqu'on prend le temps de bien faire les choses, on arrive avec des projets
de loi qui sont bien ficelés puis qui sont bien documentés, puis on est
capables d'argumenter sur nos affaires aussi puis expliquer à nos électeurs
pourquoi est-ce qu'on est arrivés là.
la dernière des choses, quand j'ai un collègue qui est obligé de s'agenouiller
pendant deux heures de temps pourvenir
comprendre que la date du 3 ne marche pas, puis que ça prend Louis-Joseph... la
mémoire de Louis-Joseph Papineau, à9
heures le soir, pour faire comprendre à ce gouvernement-là que les choses ne
devraient pas être faites comme ça, je veux dire, ce n'est pas nous
autres, là, qui retardent les choses.
Alors,
je m'excuse, là, mais moi, je l'ai mal pris. Je l'aime beaucoup, mon collègue
de Chauveau, mais je penseque nous,
on est là pour travailler. Moi, je suis une députée à part entière, je
représente mes concitoyens puis je veux faire les choses correctement.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions du côté de l'opposition?
M. Dutil :
Bien, je peux terminer, Mme la Présidente. On veut juste savoir si on peut
déposer notre amendement.Je
comprends que vous ne répondez pas et vous ne pouvez pas répondre à ma
question. Mon collègue ici me dit que, oui, 129.1 ou 129.2, là, on pourra le faire, et je me fie à lui. Puis on va
voter cette proposition-là du ministre, on en aura und'engrangé. Et je pense que ça démontre notre
bonne foi, on est d'accord avec cet amendement-là, bien qu'on pense qu'il
doit avoir des modalités puis qu'on y reviendra plus tard.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le ministre, est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Drainville : Non. Procédons, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Non? D'accord. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
à l'article 1 est adopté?
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 1?
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui.
M. Ouimet (Fabre) : En fait, l'amendement
remplaçait l'article 1, il n'y a plus rien qui reste, là.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Non.
M. Ouimet (Fabre) : Parce que là...
M. Dutil : ...il y avait un
amendement à l'article 1.
M. Ouimet (Fabre) : À l'article 1?
M. Dutil : …l'article 1, de
clarification, là, qu'on voudrait déposer.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, M. le député de Beauce-Sud, vous avez un amendement à proposer.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Est-ce que vous voulez le lire, s'il vous plaît?
Dutil : Oui, bien sûr.
Alors, il s'agit de... Au lieu de référer à l'article 6, si je me rappelle
bien... à la Loi de l'Assemblée nationale?
Dutil : Ce qu'on propose, c'est
de l'écrire explicitement. Je pense que ça va juste apporter une clarification
et je vous le lis :
L'article 1 du projet de loi est modifié par l'ajout,
à la suite du deuxième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le présent
article n'a pas pour effet de porter
atteinte au pouvoir du lieutenant-gouverneur de proroger ou [de] dissoudre l'Assemblée
législative lorsqu'il le juge opportun.»
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, on va suspendre quelques minutes pour faire des copies.
(Suspension de la séance à 16 h 46)
Présidente (Mme Beaudoin) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux. La parole est au députéde Beauce-Sud concernant son amendement.
Est-ce que, M. le député, vous pouvez relire votre amendement pour les fins
de l'enregistrement?
Dutil : Oui, Mme la
Présidente.
L'article 1 du projet de loi est modifié par l'ajout, à la suite du
deuxième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le présent
article n'a pas pour effet de porter
atteinte au pouvoir du lieutenant-gouverneur de dissoudre l'Assemblée
nationale.»
La Présidente (Mme Beaudoin) : Nous
avons analysé l'amendement et il est acceptable...
Une voix : Il est recevable.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Recevable. Excusez, j'ai dit «acceptable».
Des voix : Ha, ha, ha!
Ouimet (Fabre) :
…très bon, mais…
Présidente (Mme Beaudoin) :
Il est «acceptable», je voulais dire «recevable». Le dépôt est acceptable et
votre amendement est recevable, voilà. À vous la parole, M. le député de
Beauce-Sud.
Dutil : Merci, Mme la
Présidente. Donc, j'espère qu'on va estimer que notre amendement est
acceptable, aussi.Mais j'explique
brièvement les raisons qui nous amènent à ça. Nous craignons, depuis le début,
une vive déception de la part des citoyens qui vont découvrir qu'il n'y aura pas d'élection le
premier lundi de 2016 en toute vraisemblance, et onen a abondamment parlé, et ils ne comprendront
pas, Mme la Présidente. Ils ne comprendront pas ça, ils vont dire : Vousavez débattu d'une loi à date fixe, puis il
n'y a pas de date fixe, puis on va dire… Mais on l'a dit à l'Assemblée
nationale, puis le député de Chauveau l'a dit, puis le ministre l'a dit,
puis tout le monde l'a dit : Ça n'enlève pas les pouvoirs du lieutenant-gouverneur. Et, s'ils nous demandent si
c'est bien écrit dans la loi, je pense qu'on ne doit pas se retrouver endisant : Bien oui, regardez, c'est
écrit là, là, mais là, il faut référer à une autre loi qui dit exactement ça.
Là, regardez, je pense que les citoyens vont nous dire : Des
incorrigibles manques de clarté.
Cette loi-là
touche à tout le monde. Des élections là, ça touche... le choix de la date des
élections, ça touche à tout le monde. Tout le monde est conscient qu'on est en
train de débattre d'une loi d'élection à date fixe et, constatant qu'elles
n'auront pas lieu à date fixe, il va falloir prendre de la salive pour expliquer
à nos citoyens pourquoi ça s'est passé comme ça. Ça va s'être passé comme ça en
toute vraisemblance parce qu'il y aura un renversement de gouvernement
potentiel, étant donné un gouvernement minoritaire avant les élections, et le
lieutenant-gouverneur peut dissoudre l'Assemblée nationale. On veut donc tout
simplement prendre le même texte, exactement le même texte qui est dans la Loi
de l'Assemblée nationale : plutôt que d'y référer, le mettre explicitement
On va nous
dire : Normalement, on ne répète pas la même chose dans une loi quand on
peut y référer. Sur le planlégislatif,
je comprends la notion de ne pas répéter les choses; je comprends parfaitement
ça. Je pense que ça se plaide des
deux côtés, puis je pense que, dans ce cas-ci, étant donné l'importance que ça
a pour les citoyens, je pense que la clartéprime sur la règle qui dit qu'on ne doit pas le répéter, et nous
demandons à la commission de le répéter puis de le mettre explicitement
dans la Loi électorale, comme ça se fait d'ailleurs dans d'autres provinces.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui, très
rapidement. Je suis d'accord avec les propos du député de Beauce-Sud. Vous mepermettrez une minute, Mme la Présidente,
parce que je n'ai pas eu l'occasion, dans le débat précédent, ayant épuisé mon
20 minutes lors de ma première prise de parole. Je voudrais tout de même
souligner...
Parce qu'on a
mentionné, dans le cadre des discussions… particulièrement, le député de
Chauveau a mentionnéque... en tout
cas, moi, j'ai compris de ses propos que certains des débats… certaines des
questions qu'on débattait depuishier
avaient été réglées puis que ce n'était peut-être pas... en tout cas, j'ai
compris qu'il y avait peut-être une perte de tempsdans nos travaux. Peut-être que j'ai mal compris — je
souhaite avoir mal compris — mais
je tiens tout de même à souligner,et,
pour moi, c'est très important : depuis que j'ai prêté serment comme
député et tous les travaux que j'ai faits en commission parlementaire,
je l'ai toujours fait dans le respect des valeurs qui nous guident, qui doivent
nous guider.
Dans le code
de déontologie particulièrement — je
reviens toujours sur la notion de respect des institutions démocratiques,
et, pour moi et au niveau de nos valeurs — à l'article 6, on nous
dit :
«La conduite
du député est empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de
sagesse, d'honnêteté, de sincérité et de justice. Par conséquent, le
député — deuxième
paragraphe :
«2° reconnaît qu'il est au service des citoyens;
«3° fait preuve de rigueur et d'assiduité.»
Tel que l'exprime
l'article 8 du code de déontologie, Mme la Présidente, on nous dit : «Les
députés reconnaissentque ces valeurs
doivent les guider dans l'exercice de leur charge…» Et c'est ce que je fais et
c'est ce que tous mes collèguesfont.
Et je pense que, lorsqu'on fait un débat sur une loi aussi fondamentale que la
Loi électorale, qu'on fait des changements importants avec lesquels nous
sommes d'accord sur l'objectif que nous poursuivons, je ne pense pas que de
prendre quelques heures de plus pour s'assurer
qu'on a la meilleure loi possible, ce soit une perte de temps. Alors, je tiens
à exprimertrès clairement que c'est
l'objectif qui me motive, et toutes mes interventions ne sont guidées que par
ce seul objectif que d'adopter la meilleure loi possible. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le ministre, à vous la parole.
M. Drainville : Alors, Mme la
Présidente, sur l'amendement... Il s'agit bien d'un amendement?
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui.
Drainville : Bon. Alors, sur l'amendement du député de Beauce-Sud,
je dois vous admettre qu'il y a un malaise du côté des juristes du
ministère. Alors, je vais donner la parole, sans plus tarder, à un de nos
constitutionnalistes.
M. Drainville : Comment?
Drainville : Mais bien sûr.
Et il va vous exprimer, donc, le… disons, le malaise qu'il a face à cet
amendement. Et, par la suite, nous disposerons de l'amendement, comme
notre…
Une voix : …règlement…
Drainville : …comme notre règlement le prévoit, oui, voilà. On
va faire notre travail, mais, avant de faire notre travail, de prendre
notre décision, si vous le permettez, avec votre consentement, je vais donner
la parole à Hubert…
M. Drainville : Cauchon — merci — qui est un constitutionnaliste au SAIC et
qui nous accompagne pour l'étude de ce projet de loi. Donc, s'il y a
consentement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui.
Est-ce qu'il y a consentement?
M. Dutil : Consentement.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Consentement. Me Cauchon, pour les fins d'enregistrement, veuillez vous
identifier.
M. Cauchon
(Hubert) : Alors, Hubert
Cauchon, avocat constitutionnaliste au ministère du Conseil exécutif. Je
vous remercie beaucoup, Mme la Présidente.
Effectivement,
l'amendement présenté, et je le dis en tout respect pour le député de
Beauce-Sud, soulève une certaine
interrogation chez nous parce que la substance de l'article concerne un pouvoir
constitutionnel dulieutenant-gouverneur.
Alors, il est évident qu'aucune loi adoptée par le Parlement ne peut toucher au
pouvoir constitutionnel du lieutenant-gouverneur. Par ailleurs, la
substance de cet amendement proposé se retrouve à l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée nationale actuellement, qui est une
disposition qui bénéficie d'une valeur supralégislative. Alors, ça seraitpour le moins curieux que d'avoir deux
dispositions dans deux lois distinctes qui portent sur le pouvoir
constitutionnel du lieutenant-gouverneur. Alors, au niveau de la clarté,
ça sème... en tout cas, de notre point de vue, ce n'est pas un amendement qui ajouterait quelque chose, là, au
pouvoir constitutionnel du lieutenant-gouverneur. Par contre, si c'est lesouhait des membres de la commission d'apporter
cet amendement-là, il me semble, à tout le moins, qu'il faudrait qu'ilsoit cohérent lorsque la commission étudiera l'article
6, de façon à ce que le libellé proposé soit tout à fait miroir avec
celui de l'article 6. Voilà, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre.
Drainville : En d'autres
mots, Mme la Présidente, à l'article 6, on dit : «Seul le
lieutenant-gouverneur peut dissoudre l'Assemblée nationale avant l'expiration
d'une législature.»
Alors, ce que
Me Cauchon vient de nous suggérer en tout respect, c'est que l'amendement du député
de Beauce-Suddevrait peut-être, en
tout cas, selon son avis, se lire comme le libellé de l'article 6 se lit, donc
qu'il faudrait rajouter : «Leprésent
article n'a pas pour effet de porter atteinte au pouvoir du
lieutenant-gouverneur de dissoudre l'Assemblée nationale avant l'expiration
d'une législature.»
Or, je ne sais pas si c'est un amendement qui
conviendrait ou un sous-amendement qui conviendrait. Si ça convient, qu'on le
fasse d'un commun accord et à ce moment-là on pourrait procéder avec l'adoption
Une voix : ...l'amendement.
Drainville : …de l'amendement… enfin, du sous-amendement,
rapidement, et de l'amendement par la suite. Voilà. Et l'adoption de l'article
1 tel qu'amendé, hein?
Présidente (Mme Beaudoin) :
Exact. Alors, M. le député de Beauce-Sud, est-ce que vous êtes d'accord pour
présenter un sous-amendement?
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, on va retirer votre amendement et vous allez...
On va suspendre quelques minutes pour vous
permettre de travailler le sous-amendement.
(Suspension de la séance à 17 h 17)
La Présidente (Mme Beaudoin) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux. M. le député de Beauce-Sud, à vous
la parole.
M. Dutil : Oui. Mme la Présidente,
sur consentement, je demande de retirer mon amendement pour en présenter un
autre.
Une voix : Consentement.
Présidente (Mme Beaudoin) : Est-ce qu'il y a consentement?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de Beauce-Sud, est-ce que vous voulez le
lire?
M. Dutil :
Alors, je vous présente l'amendement suivant :
L'article 1 du
projet de loi est modifié par l'ajout, à la suite du deuxième alinéa, de l'alinéa
suivant :
«Le présent
article n'a
pas pour effet de porter atteinte au pouvoir du lieutenant-gouverneur de
dissoudre l'Assemblée nationale avant l'expiration d'une législature.»am2 adopté, article1
La Présidente (Mme Beaudoin) : Est-ce qu'il y a des interventions, ou est-ce que
vous voulez expliquer votre amendement?
M. Dutil : J'ai fait le point tout à l'heure, Mme la Présidente. Il s'agit d'une
question de clarté. On comprend que ça existe déjà dans la Loi de l'Assemblée
nationale, mais on pense que c'est important de le mettre là parce que ça
touche tout le monde, parce que les
gens ne comprendront pas, si les élections ne sont pas à la date prévue par la
loi, pourquoi il faut le dire, je pense, de façon explicite.
Drainville : Très bien, madame.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions du côté
de l'opposition? M. le ministre, avez-vous des commentaires?
Drainville : On est prêts à voter, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 1
est adopté?
La Présidente (Mme Beaudoin) : S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article amendé...
Des voix :
L'article 1.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : …l'article 1 est adopté?
Des voix :
Adopté.4dv44
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Alors, c'est fait. Nous allons poursuivre nos débats...
Oui, M. le député de Beauce-Sud?
M. Dutil :
Oui. Est-ce que, Mme la Présidente, on pourrait demander une très courte
suspension pour permettre la rédaction de l'amendement dont on a parlé
tout à l'heure?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a consentement pour une courte suspension?
Drainville : On va se dire un cinq minutes? Ça va?
Drainville : Très bien.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : C'est suspendu.
(Suspension de la séance à
17 h 22)
Présidente (Mme Beaudoin) : …s'il vous plaît! Nous reprenons nos
travaux. M. le député de Beauce-Sud, vous avez un nouvel amendement pour
introduire un nouvel article. Est-ce que c'est exact?
M. Dutil : Oui, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Beaudoin) : Veuillez en faire la lecture.
M. Dutil :
Alors, la lecture est la suivante :
Le projet de loi est
modifié par l'ajout, après l'article 1, de l'article 1.1 :
Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 129, de l'article suivant :
«129.0.1.
S'il est d'avis qu'un lundi qui serait autrement le jour du scrutin ne convient
pas à cette fin en raisonde son
importance culturelle ou religieuse, le Directeur général des élections fixe la
date du scrutin dans les sept jours qui suivent ce lundi.»
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le ministre, à vous la parole.
M. Drainville :
Non, non, non. Je mets mon nom sur la liste.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Ah! D'accord. Alors, vous pouvez continuer, M. le
député de Beauce-Sud.
M. Dutil :
Bien, j'avais terminé ma lecture, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce que vous avez des interventions ou des
commentaires?
M. Dutil :
Bien sûr. Bien sûr. Alors, je pense que ce n'est pas une surprise de voir que
cet amendement-là a étéapporté par
nous et du cheminement que je fais, moi, depuis que nous avons commencé à
étudier le projet de loi. Je pensequ'on
se rend compte qu'on a besoin d'une marge de manoeuvre élémentaire. Tout à l'heure,
le député de Chauveau adit qu'il y
avait des législatures qui avaient une marge de manoeuvre puis que cinq autres
n'en avaient pas. Moi, je pensehonnêtement
qu'à la longue les législatures qui n'en ont pas vont se trouver, à une
occasion ou une autre, heurtées avec une situation où la marge de
manoeuvre aurait été nécessaire puis, à mon avis, elles vont légiférer pour la
suite.
L'objectif
n'est pas que les élections ne soient pas à date fixe, l'objectif n'est pas de
changer l'esprit ni le fondde la
loi. Ce n'est pas du tout ça. L'objectif, c'est de tout simplement savoir que,
dans le cours des événements humains, il arrive des situations
particulières. Nous pensons que, dans les 40 élections qui ont eu lieu dans le
passé, de facto les premiers ministres
faisaient cet exercice-là, c'est-à-dire que, quand le premier ministre
décidait : je vais déclencher desélections,
je pense qu'il demandait à ses gens de regarder une date et qu'il demandait à
ses gens de regarder une date qui necausait
pas d'inconvénient pour la tenue d'une élection, de façon à ce que les gens
puissent l'exprimer d'une façon claire et forte, quelle que soit leur
allégeance politique, comme tout bon démocrate. Ce n'est pas parce qu'un groupe
est contrenous ou pour nous qu'on
doit essayer de l'empêcher d'exprimer sa volonté démocratiquement dans le
scrutin. Et donc je pense que de facto elle existait, cette marge de
manoeuvre là, elle existait, cette façon de faire.
Donc, quand un
premier ministre décidait de demander au lieutenant-gouverneur de dissoudre l'Assemblée,
l'exercice avait été préalablement fait. Il
avait dit : Bon, je veux que les élections, à mon avis, se tiennent dans
ce moment-là,ce mois-là ou cet autre
mois-là, et qu'il allait la placer, d'une façon très, très rationnelle, à l'endroit
où, donc, il n'y avait pas de difficulté.
on change la donne et on s'en va vers des élections à date fixe, ce avec
quoi nous sommes d'accord, mais d'unefaçon extrêmement rigide. On passe de trop de liberté, avec une
possibilité, pour un premier ministre, de faire des choix etoù la critique est : il n'y a pas de raison
qu'on favorise un premier ministre de choisir la date de l'élection à son
entièreliberté, là, dans le cadre
des cinq ans. Et on est d'accord avec ce point de vue là et on est d'accord
qu'il faut en arriver àquelque chose
de plus objectif, de moins manipulable puis de plus contraignant. Mais là,
le balancier, là, on l'envoie, là,dans
le mur, là. Tu sais, on passe d'un côté, puis là, bedang, on s'en va
complètement de l'autre côté et on ne laisse aucune marge de manoeuvre.
C'est
pour ça qu'on est allés voir dans les législatures du Canada, comment ça se
passait ailleurs. On a regardéparticulièrement
celle de l'Ontario. Ce que nous vous livrons ici, c'est celle de l'Ontario. On
a écouté tout à l'heure leDirecteur
général des élections qui nous disait que celle qui lui apparaissait la
meilleure était celle du Nouveau-Brunswick, qui est un peu différente de
celle de l'Ontario. Et on pourrait regarder les façons de faire de chacune des
législatures.
le dis d'emblée et tout de suite, Mme la Présidente, on n'est pas attachés à
une formule explicite. On est prêtsà
discuter d'une autre façon de faire, mais ce qu'on souhaite, c'est qu'il y ait
cette possibilité et cette marge de manoeuvre làet qu'on bénéficie de l'expertise et de l'expérience des autres
législatures pour ce faire. Et, s'ils l'ont fait, c'est qu'il y avaitdes raisons. Le débat que nous avons, ces
législatures-là l'ont eu. Le débat que nous avons et qu'on découvre au fur et à
mesure, c'est que ça exige une certaine
souplesse, et ces législatures-là l'ont eue, puis chacun, à sa manière, a fini
par trouver des solutions.
Alors, les élections
à date fixe, dans un système parlementaire de tradition britannique, c'est
relativement nouveau. Ce n'est pas quelque
chose de très fréquent. Puis on connaît les contraintes, hein? On a soulevé
tout à l'heurecelle du
lieutenant-gouverneur qui a le droit de dissoudre l'Assemblée, à la demande du
premier ministre, n'importe quand, bien
qu'il y ait une loi, et celle du lieutenant-gouverneur qui doit dissoudre l'Assemblée
si le gouvernement n'obtient pas... ne maintient pas la confiance de la
Chambre, donc s'il y a une motion de censure.
Donc,
c'est deux exceptions importantes, puis qui demeurent, puis qui doivent
demeurer parce que notre systèmepolitique
est ainsi fait, et je ne pense pas qu'on veuille changer ces grands équilibres
là. Et M. Tremblay s'est très bien exprimé là-dessus quand il est venu
nous dire ça. Oui, des élections à date fixe, mais oui, il y a quand même des
choses qui existent dans la tradition britannique qui sont très
valables, puis il faut les maintenir, il faut s'assurer qu'on poursuit dans ce
sens-là.
Donc, on prend le
texte exact, c'est le texte exact de la loi...
Une voix : Le
même mécanisme.
Dutil : Oui, le même
mécanisme. Évidemment, quant à eux, ce n'est pas le lundi, là, c'est une autre
journéede la semaine — si
je me rappelle bien, c'est le jeudi — donc
on a adapté pour la journée. Mais on prend la même formuleen se disant : Ils l'ont critiquée, ils l'ont
fait, ils l'ont développée, et ça nous apparaît une mesure tout à fait
raisonnableet tout à fait acceptable
d'assurer à la fois des élections à date fixe, mais avec une certaine marge de
manoeuvre tenant compte de certains aléas.
On a mis...
Le texte exact, c'est «son importance culturelle ou religieuse», mais, à la
lumière des discussions, onva
peut-être arriver avec une marge de manoeuvre qui va tenir compte de d'autres
scénarios possibles. Tout à l'heure, on mentionnait que, lors de l'épidémie
de H1N1, bien, il était impossible qu'il y ait des élections... on envisageait peut-être qu'il y aurait eu lieu, à ce moment-là,
de changer les élections. Ça ne posait pas de difficulté à ce moment-là, parce
que c'est le premier ministre qui décidait entièrement de la date des
élections, mais ça poserait une difficulté dans ce cas-ci. On le
comprend.
Si, par un
hasard, comme nous ne souhaitons pas personne, il arrivait une grave épidémie
et que les élections à datefixe
étaient prévues en plein milieu d'une très grave épidémie, il serait bien
légitime de penser que ce n'est peut-être pas la bonne date quand le monde ne peuvent pas sortir de chez eux pour le
faire. C'est peut-être inadéquat puis c'est peut-êtreun exercice qu'il faut faire. Pourquoi celle de l'Ontario
plutôt que celle du Nouveau-Brunswick ou celle de l'Alberta, même? C'est celle qui, à notre analyse... puis on n'a
pas fait une très longue analyse, puis je pense que c'est aux gens du
ministre...qu'ils doivent faire une
plus longue analyse puis nous dire si on erre puis si on s'est trompés, mais, à
notre analyse, çanous apparaissait
celle qui était la plus simple, celle qui était rédigée de la façon la plus
succincte et qui donnait l'espace suffisant pour permettre de régler ce
problème-là, mais on est ouverts aux discussions.
Alors, ce qu'on
dit ici, nous autres, au ministre puis aux membres de la commission, c'est qu'on
est ouverts à cetteformule-là, mais
à d'autres. On veut en discuter, on veut trouver la meilleure solution, mais on
pense qu'on ne peut pasne pas avoir
de soupape. On pense qu'on ne peut pas avoir une élection dite à date fixe sans
aucun égard pour quelqueconsidération
que ce soit, sinon, un bon jour, on va devoir changer la loi. Sinon, bonjour,
et il va arriver une circonstance où on va dire : Comment ça se fait que,
dans cette législature-là, de gens supposément intelligents, alors qu'il y
avait desexpériences de d'autres
provinces, puis qu'il y avait du vécu dans d'autres provinces, puis qu'il y
avait des façons de fairedans d'autres
provinces, on n'ait pas pris le temps de s'asseoir puis de mettre une formule
qui assure la souplesse minimale pour que les élections à date fixe
puissent se faire de façon correcte?
Puis là, bon, on pourrait se retrouver dans une
situation où on fait un projet de loi à la va-vite pour se l'attribuer. Pourquoi ne pas faire le travail
correctement tout de suite? Pourquoi ne pas s'assurer que cette chose-là estdéjà introduite, alors que l'expérience
dit... Je pense que ce ne serait pas sage. Je pense qu'honnêtement, là, on n'auraitpas fait notre travail correctement de
législateur. Le député de Fabre, tout à l'heure, a lu le code de déontologie,
nous a rappelé les raisons pour lesquelles on est là et surtout la façon
dont on doit se comporter pour le faire.
Le processus législatif, c'est un processus qui
est long. Moi, j'ai été élu en 1985 pour la première fois, de 1985 à 1994. Je dois être un... J'ai été ministre
12 ans. Je dois être un de ceux qui a passé le plus de lois. Je pense que j'en ai passé 25, lois. Je n'en ai pas vu une seule qui
a été de courte durée. Puis au début, bien, on est un peu surpris de ça,mais après on finit par se rendre compte que
la sagesse, là, c'est de prendre ce temps qui n'est pas du temps perdu. Une
loi,quand elle est faite, elle est
faite pour longtemps, puis, quand on est obligés de la réouvrir, c'est toujours
difficile. Et j'aitoujours accepté
ça de mes critiques et des porte-parole dans le passé, parce que j'ai compris
que le travail qu'ils faisaientnous
aidait à bonifier la législation, donc majeur, et j'ai toujours compris qu'il
faut avoir les oreilles grandes ouvertes.
Depuis que je
suis revenu au Parlement, depuis 2008, j'ai passé plusieurs lois, mais disons
que les dernières étaientau niveau
de la sécurité publique. Il y a eu trois lois au niveau de la sécurité
publique, et on a pris le temps de faire leschoses. Et je dois vous dire, là, si on relisait les galées de ça, qu'il
y a eu des propositions du porte-parole de l'oppositionque nous avons acceptées volontiers, avec des
modifications puis avec la souplesse qu'il faut, mais que nous avons acceptéesvolontiers. Pourquoi? Parce qu'on améliorait
la loi puis qu'on lui donnait les éléments de perfectionnement qui... on auraitsouhaité qui, dans le premier jet qui est
déposé à l'Assemblée nationale, soient corrects. Mais je n'ai jamais vu, de
toutema carrière politique, une
seule loi qui a été adoptée sans amendement. Je n'en ai pas vu. Y en a-t-il eu?
J'aimerais le savoir, mais, à mon avis, la réponse, c'est non.
Évidemment, on
est dans un système où on nous appelle l'opposition puis on appelle le
gouvernement le gouvernement. Puis
moi, je vous dis, j'aimerais bien mieux changer cette appellation-là, parce que
je pense que, dans lefond, on doit
être les porte-parole puis on doit être les gens qui prennent le temps d'améliorer
les lois. Et nous, puisqu'onn'est
pas ministres, puis on n'est pas accaparés par le quotidien, puis on n'est pas
accaparés par les problèmes du jour, bien, on a le temps de le faire
correctement.
Alors donc,
je pense que c'est raisonnable, je pense que c'est une ouverture qu'on
mentionne au ministre qui estcorrecte.
On a adopté le premier article. On pourrait faire avancer très rapidement le
projet de loi si on trouvait une façonmaintenant
de donner une certaine souplesse pour régler les cas qui pourraient survenir et
qui ne sont pas nécessairement… lieu
simplement à la question religieuse, je l'ai évoqué tout à l'heure. Si on fait
ça, je pense qu'on aura fait oeuvre utile,on aura amélioré le processus, on aura amélioré cette loi-là puis on
pourra ensemble se vanter, comme on l'a fait dans d'autres lois d'ailleurs,
d'avoir amélioré les institutions démocratiques.
Quand je
dis : On l'a fait, on l'a fait avec le ministre actuel des Institutions
démocratiques, et je pense qu'entrele
moment où on a commencé le projet de loi n° 2 et le moment où on a adopté
le projet de loi n° 2 il s'est passé plusieurschoses, mais l'une des choses qui s'est passée, c'est
qu'on était un peu grimpés dans les rideaux, tout le monde, là, parce qu'on était tout
nouveau tout beau, d'un côté comme de l'autre, puis on s'est aperçus qu'en
travaillant ensembleon avait fait
une
loi sur le financement des partis politiques qui était bien meilleure,
beaucoup plus correcte, beaucoupplus
acceptable et surtout qui atteignait l'objectif que l'on visait, qui était de
diminuer la corruption. C'est la même chose ici.On est toujours dans les institutions démocratiques. On est toujours
dans un processus d'amélioration des nos institutionsdémocratiques. Ce n'est pas le financement des
partis politiques, ce n'est pas le vote des jeunes au cégep... les boîtes descrutin au cégep, et à l'université, et dans
les écoles professionnelles, mais c'est une date fixe pour des élections dans
un système parlementaire britannique qui n'était pas initialement
préparé à ce genre de formule là.
Il y a de l'expérience.
Il y a de belles expériences. Il y a des choses qui m'ont étonné. Je pense en
particulier quandMe Tremblay nous a
parlé de l'Angleterre. Ils ont fait, eux autres, une proposition différente. Je
vous l'avais mentionné,au début, je
me disais : Pourquoi pas cinq ans? Puis j'ai finalement renoncé à insister
là-dessus, étant trop minoritaire.En
fait, j'étais tout seul, je l'ai mentionné. Je le regrette. Je vais vous le
dire : Je le regrette, parce que je pense qu'on auraiteu un débat intéressant puis on aurait
peut-être... Vous savez, des fois, les gens minoritaires, ils finissent par
être majoritaires, parce qu'ils ont des arguments et ils finissent par
convaincre les autres.
Et je le regrette parce que je ne suis pas sûr
que je... On n'aurait pas intérêt à faire ce que l'Angleterre a fait, c'est-à-dire forcer la législature à essayer de
tenir jusqu'à cinq ans. Entre autres, il
y aurait une économie. On aurait
20 % de moins d'élections, hein? 20 % de moins d'élections, ça fait
80 millions de moins une fois sur cinq, ça fait 4 millions parannée, là, si on compte vite, là, ça fait
4 millions par année de moins de coûts en moyenne. Bien, tu sais,
peut-être que lepublic aurait aimé
ça d'avoir des élections rien qu'une fois tous les cinq ans puis, tu
sais : on vous fait confiance puis,regarde, laissez-nous la paix pendant cinq ans, puis, après ça, on
jugera de votre travail, vous aurez eu le temps de faire ceque vous voulez. Je ne vais pas plus longtemps
là-dedans parce que je pense qu'il est trop tard pour revenir là-dessus.
Alors donc,
je termine tout simplement en vous disant : On propose quelque chose de
raisonnable. C'est la formuleOntario;
elle est peut-être perfectible. On n'est pas fermés à d'autres formules. Je le
dis d'emblée et je le répète : On n'estpas fermés à d'autres formules. C'est celle que nous, pour l'instant,
avec l'étude qu'on a faite, on a privilégiée, mais, si leministre a une formule différente, on est prêts à
en discuter. Ce que l'on veut, la seule chose qu'on demande, c'est une
certaine ouverture pour permettre une certaine souplesse, parce que, des
problèmes, dans le futur, il va y en avoir.
Et je ne
ramène pas ça à simplement une question religieuse. Je pense qu'on a évolué,
tous ensemble, depuis qu'onétudie le
projet de loi. On constate qu'on passerait d'un système d'une trop grande
souplesse, avec un arbitraire du premierministre, à un système complètement figé qui dit : Bien, c'est ça
puis ça ne peut pas être autre chose que ça, alors quedans la vie, malheureusement, dans la vie, il se
passe des affaires différentes et, dans la vie, il faut accepter qu'il puissey avoir des souplesses, sinon le système ne
fonctionne pas. Il y a quelqu'un qui m'a déjà dit : Vous savez, conduire
uneauto, ce n'est pas tenir un
volant sans qu'il bouge. Conduire une auto, c'est : tu rajustes, tu
rajustes constamment, puis, situ ne
le fais pas… On oublie ça parce que, quand on a conduit une auto, on ne s'en
rend plus compte. Mais, si tu ne rajustespas, tu es dans le clos assez vite, hein? Ça se passe assez... Parce que
tu n'es jamais parfaitement enligné, et c'est exactementle cas de notre loi ici. On pense qu'on est
capables d'être parfaits, puis d'avoir une date qui va toujours être la même,
puisque cette date-là va marcher
tout le temps, puis ce n'est pas vrai. On est comme un conducteur d'automobile,
il faut avoir la possibilité de faire de petits ajustements constamment.
Et cette formule-là, que nous proposons ici, permettrait certainement de faire
ces petits ajustements là.
Alors, je
plaide auprès du ministre, je plaide auprès de la deuxième opposition pour
dire : Est-ce que c'est ça, laformule?
C'est ce qu'on vous propose. Mais, si vous nous dites : Bien, on est
fermés à toute proposition, on va être