CAT — 22 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 22 octobre 2024
Vol. 47 N° 75
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 76, Loi visant principalement à accroître la qualité de la construction et la sécurité du public
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
10 h 30 (version non révisée)
(Dix heures trente-sept minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous! Alors, je déclare le quorum de la Commission de l'aménagement
du territoire. Je demanderais peut-être juste de vérifier vos sonneries au
niveau de vos appareils électroniques. Alors, la commission est réunie ce matin
afin de participer aux auditions publiques sur le projet de loi n° 76, Loi
visant principalement à accroître la qualité de la construction et la sécurité
du public.
Est-ce que nous avons des remplaçants ce
matin, Mme la secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Poulet (Laporte) est remplacée par Mme Mallette
(Huntingdon); M. Ciccone (Marquette) est emplacé par Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey); Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé); M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce matin nous allons recevoir Me Éric Thibaudeau, de... du
bureau de... associé de... avocat, et l'Ordre des architectes du Québec. Alors,
nous avons... nous commençons par les remarques préliminaires. Alors, je laisse
la parole à M. le ministre. Vous avez six minutes pour les remarques
préliminaires.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. Un bon retour en commission ce matin.
C'est un projet de loi dont les objectifs
sont assez clairement exprimés, là, «accroître la qualité des travaux de
construction et sécuriser la population du Québec». Évidemment, il y a des
mesures qui concernent la qualification des entrepreneurs et l'augmentation de
la productivité. Il y a à peu près une trentaine de mesures dans ce projet de
loi là. Ça répond à des besoins qui sont essentiels.
On a vu des cas qui ont été documentés sur
la place publique, on a réalisé au cours des dernières années qu'il y avait eu
une augmentation quand même assez substantielle du nombre de non-conformités.
Quand je dis «non-conformités», c'est des vices de conception ou des vices de
construction. De 2019 à 2023, il y a eu une augmentation de 40,5 % par
inspection de la RBQ qui a révélé une non-conformité, et le ratio du nombre de
non-conformités détectées par inspection est passé pour la même période de 1,07
à 1,66. Et bon, tous s'entendent... J'ai vu les commentaires relativement consensuels
des associations d'entrepreneurs : Il faut s'améliorer, c'est beaucoup
plus coûteux de reprendre. Mais, encore une fois, au-delà des dommages
matériels, il y a souvent des drames humains qu'on ne peut pas accepter au
Québec.
• (10 h 40) •
Donc, dans les mesures importantes... Puis
je vais y aller de façon très télégraphique, parce qu'il y a beaucoup de
dispositions, mais en même temps...
M. Boulet : ...il y a une
finalité qui va être de nature réglementaire, parce que la Régie du bâtiment du
Québec regroupe une expertise en collaboration avec les partenaires clés,
notamment les professionnels que sont les ingénieurs, les architectes et les
technologues.
Donc, il y aura des inspections
obligatoires, conformément à un plan de surveillance, une attestation de
conformité avant de rendre le bâtiment accessible à la population, avec les
codes de construction puis les normes de construction établis par les
municipalités, une formation initiale obligatoire pour permettre aux
entrepreneurs, avant de passer l'examen qui est administré par la Régie du
bâtiment du Québec, d'avoir les compétences essentielles pour s'assurer de
faire un travail qui est le plus compatible possible avec le Code de
construction.
Il y a un élargissement aussi du pouvoir
réglementaire de la RBQ pour les cautionnements de licences pour qu'ils
puissent s'appliquer quand on construit une maison neuve. Même si
l'entrepreneur ne détient pas la sous-catégorie de licence appropriée, il y a
un encadrement d'un processus de médiation et d'arbitrage pour l'application de
la garantie de construction résidentielle. Il y a la bonification du registre
des titulaires de licence, et ça, ça fait suite à un rapport en 2021 du bureau
du Vérificateur général, pour que notamment la population soit informée des
annulations ou des suspensions de licences qui ont été imposées à des
entrepreneurs, population qui est à la quête d'un entrepreneur qui est le plus
fiable possible.
Il y a l'inspection des bâtiments par des
personnes qualifiées. On va s'assurer qu'il y ait une formation continue pour
les inspecteurs, et, je le répète, il y a des groupes qui vont parler de
l'importance d'avoir des inspecteurs qui sont bien qualifiés, et de le faire
dans une perspective collaborative avec les entrepreneurs pour ne pas que ça
occasionne de délais. L'APCHQ, notamment, nous le rappelait, dans la mesure où
il y a une symbiose entre les entrepreneurs puis les inspecteurs, ça va bien
aller.
Il y a un régime de sanctions
administratives pécuniaires. Il y a la possibilité, outre d'imposer pour un
régisseur la suspension ou l'annulation d'une licence, des correctifs ou des
mesures pour assurer la continuité des travaux. Il y a le délai de carence de
12 mois pour qu'un entrepreneur puisse faire une nouvelle demande de licence
quand il a été refusé. Bon, il y a évidemment la possibilité de poursuivre des
dirigeants suivant la procédure pénale. Il y a la concordance qui s'impose avec
la
Loi sur les maîtres électriciens mécaniciens en tuyauterie.
Donc, je suis hypercontent d'amorcer ça
avec mes collègues gouvernementaux, mes collègues du Parti libéral, mes
collègues de Québec solidaire. Je suis convaincu qu'avec les groupes on va
bonifier, on va avoir des perspectives nouvelles. Tout projet de loi est
perfectible, donc allons de l'avant. Et merci beaucoup, M. le Président. Je
pense... j'ai respecté mon temps.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, vous êtes dans les temps. Merci, M. le ministre. Alors, nous allons
maintenant du côté de l'opposition officielle, et je pense entendre la députée
de Bourassa-Sauvé. C'est bien ça?
Mme Cadet : Oui. Bonjour, M.
le Président...
Le Président (M. Schneeberger) : Bonjour.
Mme Cadet : ...merci
beaucoup. Bonjour, M. le ministre, bonjour, chers collègues, et salutations
donc à... donc aux groupes que nous entendrons à l'occasion de ces
consultations particulières aujourd'hui et tout au long de la semaine.
Le ministre, donc, vient de le dire, donc,
lui-même, donc, je pense qu'il s'agissait d'un projet de loi attendu. M. le
Président, moi, j'ai eu l'occasion au cours de la dernière année et demie, donc
depuis que je suis titulaire donc de ce dossier, donc, de rencontrer quelques
acteurs du milieu, qui eux-mêmes, donc, ont souligné donc l'importance de
revoir le modèle des inspections au Québec et qui oeuvraient déjà en ce sens.
Donc, à cet égard, donc, nous arrivons donc, bien, à une étape qui, je pense,
va susciter l'attention du milieu.
J'ai moi-même aussi posé plusieurs
questions au ministre, notamment à l'occasion de l'étude des crédits
budgétaires, donc sur la question de la qualité de la construction. Ma collègue
des Mille-Îles, donc notre porte-parole en matière d'habitation, a aussi eu
l'occasion de se lever en Chambre, au salon bleu, pour poser des questions donc
au ministre sur... sur cet enjeu, et notamment donc sur ce que le ministre a
lui-même qualifié donc de drames humains qui se sont produits qui ont été...
qui ont fait l'objet donc de différents reportages au sein de l'actualité au
cours des dernières années.
Donc, nous voici donc aujourd'hui, le...
donc à cette étape charnière, donc, comme je viens de le mentionner. Le
ministre, donc, a nommé donc différentes, donc, dispositions qui se trouvent
dans le projet de loi, puis, bien évidemment, M. le Président, donc, nous
aurons des questions qui seront donc également alimentées et qui seront
bonifiées par l'apport, donc, des groupes et experts que nous entendrons en
commission parlementaire cette semaine...
Mme Cadet : ...Bien, d'ores et
déjà, ce que je peux vous dire, M. le Président, c'est que, donc, même si le
projet de loi, donc, ne le précise pas, ne précise pas, donc le type de
bâtiment visé, le ministre non plus, dans ses remarques préliminaires, donc, ne
l'a pas fait. Donc, on demeure neutre sur le type de bâtiments couvert. Bien,
c'est ma compréhension ici, notamment, donc, à la suite, donc, de... des
écueils qui ont fait l'objet, donc, d'articles dans l'actualité, que le projet
de loi, donc, permettra essentiellement, donc d'assujettir la construction des
grandes tours à condos à des normes minimales d'inspection. On sait en ce
moment, donc, dans le résidentiel, seuls les ouvrages, donc, neufs, de quatre
étages et moins sont inspectés systématiquement par GCR. Les grands tours à
condo, elles, elles ne sont pas assujetties. Ils ne sont pas obligés non plus
de souscrire à une garantie privée. Donc, on en comprend qu'ici, donc, avec le
projet de loi, donc, on s'attaquera donc à cet enjeu. Le ministre l'a mentionné.
Donc, dans le projet de loi, je pense qu'on aura l'occasion, donc, d'étudier
avec beaucoup d'attention, donc, toutes les mesures de résolution alternatives
des différends, donc de médiation et d'arbitrage. Parce qu'on sait pour ces...
pour ces tours, là, donc... pour ces types de construction là qui ne sont pas
assujettis à... bon, à GCR, par exemple, ils doivent se tourner vers, en fait,
les personnes... les acheteurs mécontents doivent se tourner vers les tribunaux
de droit commun pour faire valoir leurs droits, ce qui ne représente pas
toujours un chemin en ligne droite, M. le Président. En fait, on dirait même
que c'est souvent un chemin sinueux.
Il y a... Je ne peux pas passer sous
silence, donc, un des cas qui a été plus documenté dans l'actualité, soit celui
du Faubourg Boisbriand, donc qui est un malheureux porte-étendard du cauchemar
que ça peut représenter pour les citoyens quand la qualité de la construction
n'est pas au rendez-vous. On se rappellera qu'en 2023 près de
200 résidents ont appris qu'ils vivaient avec des problèmes d'infiltration
et des vices cachés au Faubourg Boisbriand en raison de problèmes qui n'avaient
jamais été décelés lors de la construction 15 ans plus tôt. Je pourrais
vous en nommer d'autres, M. le Président. Donc, il faut à tout prix éviter que
tous les nouveaux propriétaires vivent, donc, de ce type de cauchemar là.
Lors de l'étude du projet de loi
n° 51, j'ai souvent répété que les Québécois, ce qu'ils souhaitaient,
c'est qu'au Québec, on construise mieux, qu'on construise plus vite et qu'on
construise à moindre coût. Lors du 51, ma formation politique le PLQ, nous
étions, donc, en faveur de ce projet de loi en disant, donc : On pourrait
faire... On pourrait aller plus loin. Bien, il nous permettait de faire des pas
pour construire plus vite et à moindre coût. Ici, bien, ce qui va nous
préoccuper, c'est de s'assurer qu'on construise mieux pour le bien de
l'ensemble de la population, pour le bien commun, M. le Président. Et on espère
qu'on aura de très, très bons échanges, comme toujours avec le ministre sur
cette question. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la députée. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et j'entends le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Ce n'est pas de coutume qu'on fait notre commission sur le travail
avec vous, alors toujours apprécié d'avoir votre présidence ici. Merci à tous
les gens qui sont disponibles pour venir nous parler dans les prochaines
heures, prochains jours. On les remercie de leur implication dans le débat
public.
Je trouve que c'est un sujet important
parce qu'on parle beaucoup de construire plus au Québec. Évidemment, à Québec
solidaire, on est toujours insatisfait du nombre de logements sociaux notamment
qui sort du programme PHAQ, mais ça, c'est un débat, peut-être plus pour le...
pour le salon rouge.
Cela étant dit, la quantité de logements
ne doit pas faire... ne doit pas se faire aux frais de la qualité des logements
et des constructions de manière plus générale. Je pense que là-dessus on
partage un objectif commun, le ministre et moi. Après ça, quand... comment
exactement on le mettra en vigueur, cet objectif-là, et on le réalisera? C'est
ce qu'on va découvrir à travers le projet de loi que j'ai... que j'ai parcouru
dans les derniers jours, qui me semblait, pour l'instant du moins, assez
intéressant. Je suis toujours intéressé, justement, de voir ce que disent les
groupes qui viennent nous parler.
Cela étant dit, la plupart du temps, quand
le ministre dépose un projet de loi, très rapidement, mon téléphone commence à
sonner avec des groupes qui sont inquiets, qui manifestent des inquiétudes, qui
veulent se mobiliser. Cette fois-ci, le téléphone était très tranquille, M. le
Président, suite au dépôt du projet de loi du ministre. J'ai hâte de voir si
c'est parce que tout le monde est somme toute plutôt d'accord, que le téléphone
est resté tranquille. On découvrira ça dans les prochains jours.
Cela étant dit... Ça, c'est sur le fond.
Sur la forme, je ne peux pas m'empêcher de souligner, M. le Président...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Leduc : Déjà.
Le Président (M. Schneeberger) : Déjà.
M. Leduc : Bien, on y
reviendra plus tard. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Déjà.
Excusez-moi. Alors, il y avait... Est-ce que le député de Saint-Jérôme voulait
aussi faire des remarques?
M. Chassin : S'il y a consentement...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Chassin : ...bien sûr.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
consentement. Vous avez une minute.
• (10 h 50) •
M. Chassin : Merci, M. le Président. Alors, merci d'être là. Merci de
votre consentement. Peut-être juste renchérir...
M. Chassin : ...renchérir un peu sur la collègue qui mentionnait, dans
le fond, qu'on construise mieux, effectivement. Quel est le coût en termes de
rapidité? Quel est le coût en termes de coûts financiers? Moi, c'est ce qui va
m'intéresser évidemment, et puis, à la limite, le fardeau réglementaire que ça
peut comporter. Il y a un certain nombre de pouvoirs puis des réglementations à
définir, donc mes questions vont essentiellement porter là-dessus. Je pense que
c'est important de réaliser que, quand on fait des choix, bien, on renonce
aussi à quelque chose et donc on renonce, entre autres, par exemple, à une
certaine rapidité, une certaine efficacité si on met trop de charges sur la
qualité. Ça fait que voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, député de Saint-Jérôme. Alors, les remarques préliminaires, est-ce
qu'il y avait d'autres personnes qui souhaitaient? Non, ça va. Alors, les
remarques préliminaires sont terminées. Alors, nous allons débuter maintenant
les séances. Alors, j'accueille le premier groupe ce matin, et c'est Me Éric
Thibaudeau, associé avocat du bureau... En tout cas, je ne sais si le titre, il
est bien.
M. Thibaudeau (Éric) : Avocat.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
je vous laisse vous présenter. Bonjour, à vous trois, je vous laisse vous
présenter et vous avez un 10 minutes pour nous soumettre votre mémoire.
M. Thibaudeau (Éric) : M. le
Président, merci de nous accueillir aujourd'hui en commission parlementaire. M.
le ministre. Bonjour, Mmes, MM. les députés, merci de nous accueillir. C'est la
première fois que j'ai l'honneur, le bénéfice d'être convoqué personnellement
par une commission parlementaire au lieu d'être ici pour représenter un groupe
ou un client. Étant tellement mal à l'aise, je me suis accompagné d'un groupe.
Alors, je vous présente Mme Ariane Lebeau qui est stagiaire avec moi, ainsi que
Mme Cinthia Gauvreau. Nous sommes tous à l'emploi chez BCF avocats et fiers d'y
être.
Nous allons commencer en vous parlant
aujourd'hui et en échangeant avec vous de ce que personne ne vous parle. Je
n'ai pas entendu personne en discuter aujourd'hui. On vous a fait parvenir un
mémoire environ une demi-heure avant le début de la séance. On a été devancés
de 48 h. Alors, on a travaillé très tard et très tôt ce matin pour vous
produire un document que Mme la secrétaire de la commission dispose.
Ceci étant dit, la raison pour laquelle
nous avons accepté avec joie l'invitation, nous sommes une équipe de
professionnels spécialisés en matière réglementaire de l'industrie de la
construction, que ce soit en matière de CCQ, de RBQ, de CNESST, d'AMP, bref,
tous ces organismes étatiques, si je puis dire, qui interviennent sur les
chantiers auprès des entrepreneurs que nous représentons.
Il y a de très bonnes avancées et je salue
le courage du ministre de mettre de l'avant des mesures telles que le
développement de nouveaux standards de construction, les mesures de contrôle de
qualité, l'amélioration et de l'efficacité des interventions de la RBQ, qu'il
puisse y avoir des délivrances ou des maintiens de licences, mais
conditionnels, ce qui n'était pas possible dans la loi, c'était ou on l'a
gardait, ou on la suspendait ou on l'annulait. Maintenant, le régisseur ou la
régie pourrait imposer des conditions pour la maintenir. C'est vraiment une
belle avancée selon nous, très utile dans bien des cas ce sera. Et également,
bien, que la délivrance de la licence soit assujettie à des formations
obligatoires plutôt que la simple réussite de tests, également excellente
initiative.
Ceci étant dit, il y a deux grandes
préoccupations en ce qui me — je vais dire plutôt que nous, puisque
je suis invité à
titre personnel — mais qui me concerne dans ce
projet de loi. Tout d'abord, les sanctions administratives pécuniaires, un
chapitre entier nouveau présenté dans la loi, les articles 159.1 et
suivants, ainsi que les présomptions de culpabilité pénale qui se retrouvent
dans les futurs potentiels articles 201.0.1 et 201.0.2.
Je commence avec d'abord les sanctions
pécuniaires pour deux raisons. L'objectif avoué, écrit, publicisé du projet de
loi, si j'ai bien compris, M. le ministre, est évidemment d'assurer et
d'augmenter la qualité autant de la formation des entrepreneurs que des travaux
qu'ils réalisent, et avec égard, personnellement, je crois que l'imposition de
telles peines ou sanctions administratives ne sera pas d'utilité pour
l'atteinte de cet objectif. Payer une amende, que ce soit trois mois, six mois,
sept mois ou 18 mois, arrêt Jordan, au pénal après la commission de
l'infraction et l'accusation, ça n'empêchera pas que le mal aura été fait et
qu'il devra être réparé, première chose.
Le rapport de gestion au 2023‑2024, tout
frais, tout chaud, M. le ministre, que vous avez produit auprès de vos élus et
du gouvernement pour l'année 2023‑2024, au mois de septembre dernier,
dénombre 5 906 avis de correction...
M. Thibaudeau (Éric) : ...qui
ont été remis aux entrepreneurs et 19 902 éléments de non-conformité
qui ont été relevés dans ces avis-là. Si notre compréhension du projet de loi
est exacte, et je crois qu'elle l'est, ça fait d'autant d'avis avec des
sanctions disciplinaires... pas disciplinaires, excusez-moi, administratives pécuniaires
qui pourraient être émis et, selon le projet de loi, qui peuvent être contestés
au Tribunal administratif du travail Division construction. J'entrevois avec
pessimisme un engorgement du tribunal de contestation de tels avis. Pourquoi?
Parce qu'il y a, au-delà du montant de l'amende et de l'infraction, en vertu de
la
Loi sur la santé-sécurité du travail, par exemple... on parle de constats
qui... les plus petits, qui varient de 2 000 $ environ à
14 000 $. Et pourtant, au bureau, et Mme Gauvreau pourrait vous
en parler, on doit représenter plus d'une cent cinquantaines de mandats par
année dans ces dossiers-là. Pourquoi? Pas à cause du montant d'argent, à cause
de l'impact réglementaire puis de la condamnation sur la licence. Vous n'êtes
pas sans savoir qu'une annulation de licence, c'est la mort de l'entreprise et
ne devrait être réservée qu'aux cas extrêmement graves, mais même une
suspension de licence pour certains entrepreneurs de quelques semaines peut
résulter en des obligations contractuelles de multimillions de dollars et faire
en sorte littéralement de les mettre en faillite.
La lecture que nous faisons du projet de
loi fait en sorte qu'en combinant ces avis-là, émis sous le nouveau
chapitre 6.1, avec l'article 62.0.1 qui commande à un entrepreneur
d'être constamment en mesure de démontrer sa probité, ses bonnes mœurs et ses
compétences, ferait en sorte que la régie non seulement émettrait des avis...
excusez moi, des avis... des sanctions administratives, pécuniaires via un
département serait, par ailleurs, avec son département, des enquêtes en mesure
d'ouvrir un dossier parce qu'il y aurait trop de ces avis. Le dossier serait
remis au département ou à la direction du contentieux, qui émettrait un avis
d'intention de suspension ou d'annulation de licence, et le dossier sera référé
au bureau des régisseurs de la RBQ qui relève directement du P.D.G. J'y
reviendrai un peu plus tard.
Donc, on aurait les enquêtes, les
policiers, si je puis dire, qui émettent des avis avec des amendes, avec l'enquêteur,
avec le contentieux, avec même le juge qui pourrait mener tout cela sous le
même chapiteau. Et ça, ça nous inquiète.
Nous suggérons fortement aux législateurs,
et vous le verrez, c'est la conclusion qu'on vous soumet, de retirer
l'article 29 du projet de loi no 76 et de renoncer aux sanctions
pécuniaires. Ceci étant dit, nous sommes sensibles... bien que nous
représentions les entrepreneurs souvent et les donneurs d'ouvrage, nous sommes
sensibles à l'objectif du législateur et c'est pourquoi nous proposons plutôt
d'opter pour un un système, si je puis dire, semblable à celui dans la
Loi sur
la santé et sécurité du travail. Nous vous invitons à élargir les pouvoirs de
la RBQ en matière d'ordonnances et de non-respect ou d'irrégularités, et que
ces ordonnances-là soient exécutoires nonobstant appel. Et comme en matière de
CNESST et de LSST, ça ferait en sorte que les entrepreneurs seraient obligés de
se conformer immédiatement, à moins qu'ils s'adressent aux tribunaux pour
obtenir un sursis. Ce système-là est en place depuis 1985, depuis une
quarantaine d'années, avec la LSST, a fait ses preuves et fonctionne.
• (11 heures) •
Si le législateur souhaite tout de même
maintenir ce régime de sanctions administratives pécuniaires, nous vous
invitons fortement à rendre l'adoption en vertu de 159.1 d'un code ou d'un
cadre qui est prévu à cet article-là par la Régie du bâtiment, une condition
sine qua none à la mise en œuvre des articles suivants. Car la Régie du
bâtiment a déjà promis au législateur, en 2011, dans l'adoption de
l'article 62.0.1, qu'un règlement et un cadre seraient adoptés pour
encadrer les poursuites et les démarches légales faites en vertu de cet
article-là. Vous regarderez au mémoire, on vous a reproduit l'entièreté des
représentations de la ministre de l'époque, Mme Thériault, et qui, sans
équivoque, pas l'ombre d'un doute, pas d'interprétation, ont dit noir sur
blanc, en vertu d'un règlement qui sera adopté par...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Thibaudeau (Éric) : ...adopté
par la RBQ, la RBQ viendra clairement et précisément indiquer c'est quoi être
probe et avoir de bonnes mœurs pour un entrepreneur. Or, 13 ans plus tard.
MM., Mmes les députés, il n'en est rien, il n'en est rien, et l'article 62.0.1
un est utilisé à toutes les sauces pour reprocher à des entrepreneurs des
gestes certes qui peuvent être répréhensibles, mais qui n'ont absolument rien à
voir avec l'activité d'être un entrepreneur en construction. Dans le cadre de
vos questions, je pourrais vous donner des exemples si vous voulez.
Je terminerai en vous disant à cette étape-ci — je
pense que notre mémoire sera assez clair, là, sur nos positions — que
vous devriez utiliser le présent projet de loi pour corriger justement deux
éléments importants dans la loi sous sa forme actuelle. Un, donner une
indépendance réelle judiciaire aux bureaux des régisseurs afin qu'ils ne
relèvent plus de l'autorité du P.D.G. de la RBQ, alors que ceux qui intentent
les recours devant lui relèvent également du P.D.G. de la RBQ. Et finalement,
nous vous suggérons de mettre un délai de rétroaction ou de prescription si
vous voulez pour l'article 62.0.1 parce que présentement la régie enquête
et reproche des comportements d'il y a 20, 25, 30 ans, et je vous le dis à
titre d'avocat de la défense, vous irez trouver des motifs de défense dans un
dossier d'il y a 25 ans dans vos dossiers, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci pour votre excellente présentation. Alors, nous allons maintenant débuter
une période d'échange avec le côté ministériel, et je laisse la parole à M. le
ministre.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. Bien, d'emblée, je vous remercie de votre présence et je sais que ça
a été requis. Maintenant, moi, je n'ai pas eu l'opportunité de lire votre
mémoire, et vous savez mon intérêt pour les technicalités juridiques, donc j'ai
besoin de lire ce mémoire-là et vous préciser qu'on va tout étudier avec
attention et considération. Puis moi aussi, j'ai la même sensibilité qui a été
exprimée par certains de mes collègues de faciliter les processus puis de s'assurer
du retour à la conformité la plus diligente possible parce que vous le notez,
il y avait un impératif de revoir le modèle d'inspection, puis les objectifs de
ce projet de loi-là sont manifestement louables. Et j'ai répété ce que ma
collègue de Bourassa-Sauvé mentionnait. Au printemps, on a fait une loi pour
construire plus et là'on fait une loi pour construire mieux. Il va falloir être
extrêmement préoccupés par les coûts que ça engendre.
Mais je vais vous laisser un peu revenir
sur la présomption de culpabilité pénale, là, mais pour les SAP, simplement
faire un peu de pédagogie, là. Ce n'est pas nouveau, ce processus-là, et
évidemment ça vise à permettre ou à donner un corridor qui est plus rapide. Ça
élargit les moyens d'intervention, ça permet une certaine gradation des
sanctions, ça permet aussi une intervention quand il y a un manquement clair à
la loi ou un règlement pour que la personne qui est concernée puisse prendre
les mesures appropriées le plus rapidement possible. Tu sais, dans le projet de
loi, on en réfère aux personnes qui refusent de transmettre à la régie un
document ou un renseignement exigé, fournit un renseignement qui est inexact,
fait défaut de se conformer à un avis de correction, fait défaut d'avoir un
permis, un certificat ou une licence. C'est quand même de quoi la sanction
administrative qui nous permet d'intervenir plus rapidement parce que la
procédure pénale, vous le savez mieux que moi, c'est long, c'est compliqué,
puis ça ne donne pas les résultats souhaités dans des délais intéressants.
Donc, ça contribue à l'amélioration de la qualité. Ça réserve aussi les recours
au système judiciaire pour les infractions les plus graves et aussi aux
personnes qui sont récidivistes, là, que ce soit en entrepreneur ou autres.
Moi, j'ai toujours trouvé que ça améliorerait la crédibilité des organismes.
Puis au cours des dernières années, puis je vais
finir là-dessus, je vais vous poser une question plus directe, là, mais il y a
plusieurs organismes gouvernementaux notamment qui ont ajouté les SAP à leurs
interventions. Il y a la...
M. Boulet : ...Commission
d'accès à l'information, il y a le ministère des Transports, le ministère de
l'Agriculture, Pêcheries, Alimentation, la Société de l'assurance automobile du
Québec, l'Autorité des marchés financiers, la Régie des alcools, des courses et
des jeux, le ministère de la Famille et l'Autorité des marchés publics. Le but,
je pense que vous le comprenez bien.
Je me préoccupe de votre commentaire où
vous semblez requérir l'indépendance des régisseurs face à notamment la
présidence, direction générale de la Régie du bâtiment du Québec. Pouvez-vous
m'exprimer ou me donner des exemples clairs qui contribuent à alimenter cette
pensée-là, que l'absence d'indépendance joue un rôle qui est nocif ou qui est
contraire à l'atteinte des objectifs que nous visons dans le projet de loi? Je
ne sais pas si vous me connaissez bien. En quoi l'absence d'indépendance nuit
et quels sont les exemples qui me permettraient de me convaincre qu'on doit
ajouter une couche d'indépendance au Bureau des régisseurs? Puis je comprends
le parallèle que vous avez fait à la CNESST. Vous comprenez mes sensibilités à
cet égard-là. Ça fait que je vous laisse aller.
M. Thibaudeau (Éric) : Merci,
M. le ministre, de votre question et j'aurai, peut-être, des commentaires sur
les délais dont vous avez parlé également. Revenons sur l'indépendance que
d'autres devraient, selon moi, bénéficier le Bureau des régisseurs.
M. Boulet : Qui a peut-être un
litige en cours, hein? Excusez-moi, là, ça fait que...
M. Thibaudeau (Éric) : Tout à
fait, il y a un litige en cours. Nous soulevons le non-respect de la charte en
vertu de l'article 23. Vous le verrez dans notre mémoire.
M. Boulet : Et c'est vous qui
êtes dans ce dossier-là, hein?
M. Thibaudeau (Éric) : C'est
moi qui est dans ce dossier-là, effectivement, et c'est...
M. Boulet : D'où la pertinence
de votre présence ce matin.
M. Thibaudeau (Éric) : Absolument
pas, puisque vous m'avez invité alors que ce litige n'était pas connu, à moins
que la Régie du bâtiment vous en ait parlé, ce qui me surprendrait. Et ce n'est
pas moi qui vous en ai parlé. Alors, ce n'était pas connu de la commission qui
m'a invité. Ceci étant dit, le litige, il nous fera plaisir de transmettre à la
commission les documents s'il le faut pour qu'elle puisse voir le raisonnement
entier plutôt que celui résumé qu'on vous présente. Mais essentiellement,
écoutez, vous avez... vous regarderez l'organigramme de la Régie du bâtiment.
Le contentieux fait
partie du bureau du président-directeur général de la RBQ,
fait
partie de son département, pas d'un autre département, pas d'une autre
vice-présidence, fait partie... relève directement du P.D.G. Et vous regarderez
sur le même organigramme, le Bureau des régisseurs relève directement de qui?
Du président-directeur général? Il y a là — vous êtes juriste de
formation et avocat comme moi — une grande préoccupation d'apparence
de partialité et de non-indépendance, premièrement.
Deuxièmement, nous avons recensé, c'est
écrit dans notre mémoire, de janvier 2021 au 31 décembre 2023, tous les
recours, 100 % des décisions rendues par le Bureau des régisseurs. On
parle de 80 décisions environ, plus ou moins, M. le ministre, je n'ai pas
le chiffre exact... condamnent l'entrepreneur à une suspension ou une annulation
de licence. Je crois en la qualité de mes confrères et consœurs du contentieux
de la Régie du bâtiment, mais vous conviendrez avec moi que c'est un taux de
succès faramineusement élevé. Je n'ai pas l'impression que 80 %... que
80 avocats en défense dans 80 cas se sont trompés dans les
prétentions qu'ils présentaient au tribunal.
Donc, d'ailleurs, puisque vous parliez du
recours, permettez-moi de dire ce qui suit : la position de la Régie du
bâtiment, autant publique que dans ses recours, est à l'effet que : Non,
non, non, le Bureau des régisseurs est dans un autre bureau séparé, on n'entend
pas parler d'eux, ils font leur petite affaire, ne vous inquiétez pas. Alors,
vous savez quoi? Si c'est vrai, je vous invite à leur donner la pleine
autonomie, au Bureau des régisseurs, qu'ils ont supposément factuellement et
qu'ils méritent. Car n'oubliez pas, les décisions du Bureau des régisseurs ne
sont pas... on ne peut pas les contester et tenir un procès de novo où on
présente des témoins et des faits devant un autre tribunal, on peut seulement
aller en appel du tribunal administratif... au tribunal administratif du
travail Division construction sur des questions pures de droit ou mixte de
faits et de droit.
• (11 h 10) •
Donc, je pense que c'est important et ce
n'est pas... je tiens à le dire, là, j'entretiens d'excellentes — je
pense, en tout cas, je ne sais pas s'il pense la même chose — relations
avec le P.D.G. de la RBQ. Quand on se croise, on jase, on a toujours des belles
discussions intéressantes. Ce n'est pas une attaque à la Régie du bâtiment,
cette suggestion là, c'est de donner aux justiciables l'apparence
d'impartialité et d'indépendance d'un tribunal important. Écoutez, on parle de
fermetures d'entreprises...
M. Thibaudeau (Éric) : ...puis
pas de Joe la binerie du coin de la rue, de deux employés, d'entreprises
parfois de dizaines, de centaines, de milliers d'employés. Je pense qu'une
telle démarche mérite d'avoir cette reconnaissance-là à
titre de tribunal.
D'ailleurs, la jurisprudence, dont une qu'on vous cite de mémoire, reconnaît
que le Bureau des régisseurs est un tribunal au sens du droit administratif.
M. Boulet : Oui, c'est une
excellente présentation. Je vais en prendre connaissance. J'ai besoin d'être
alimenté. Ça me préoccupe comme juriste que sur 80 cas, 100 %
aboutissent à la même décision, annulation ou suspension. En même temps, dans
le projet de loi, on s'assure du pouvoir d'émettre d'autres ordonnances que la
simple annulation ou la suspension. Ça peut être un retour à la conformité ou
des mesures qui permettent de respecter la loi ou un règlement, là, parce
qu'actuellement c'est limité. Ça fait que je comprends que le Bureau des
régisseurs n'ait rendu que ces deux types de décisions là, la loi les contraint
à ça. Ceci dit, que dans 100 % des cas, on aboutisse à la même conclusion,
ça, ça me préoccupe, et que ça génère une apparence de partialité, je suis
aussi sensible à cet aspect-là, puis qu'il y a un appel seulement pour les
questions de droit pur ou de questions mixtes, comme vous le soumettez,
j'aurais besoin d'approfondir cet élément-là. Mais...
M. Thibaudeau (Éric) : Écoutez,
M. le ministre, je tiens à vous rappeler, et vous le lirez, je souligne cette
excellente initiative que maintenant on puisse émettre les licences avec
conditions à respecter. Je pense que c'est vraiment une...
M. Boulet : Bien, oui, vous
l'avez mentionné.
M. Thibaudeau (Éric) : ...très,
très, très belle porte de sortie.
M. Boulet : O.K. Super! Ceci
dit, le litige actuellement, est-ce que vous êtes en mesure de donner un peu
plus d'informations sur le litige dans lequel vous êtes impliqué que je ne
connaissais pas par ailleurs, Me Thibodeau?
M. Thibaudeau (Éric) : Essentiellement,
on parle de la régie qui utilise les articles 70, paragraphe 1°, qui est
des déclarations de culpabilité à la LSST notamment, et l'article... le fameux
article dont je parlais un petit peu plus tôt, 62.0.1, est essentiellement
l'entreprise a reçu un avis de qu'on doit se présenter devant le Bureau des régisseurs
pour débattre d'est-ce que la licence doit être maintenue, suspendue ou
annulée. Et donc, dans le cadre de ce débat-là, ça fait plusieurs années que je
le prétends, je l'ai déjà soulevé dans d'autres dossiers qui se sont réglés par
ailleurs avec la Régie du bâtiment. On soulève des questions de
constitutionnalité, d'indépendance du tribunal.
Vous verrez aussi notre quatrième
recommandation, M. le ministre, on soulève des questions de prescription. J'en
ai parlé en terminant ma présentation. On allègue en utilisant 62.0.1 des
comportements des années parfois, dans un dossier que j'ai déjà fait, dont la
décision est rendue, auquel vous pourriez référer dans l'affaire LJP qui s'est
rendue aux dates et on soulève des questions prescription. On reproche des
comportements de 1990, des infractions de 1990 en invoquant le plumitif, puis
c'est impossible, littéralement impossible pour nous de présenter quelques
preuves, M. le ministre, puisque la documentation n'existe plus, la divulgation
de preuve n'existe plus, les éléments de défense n'existent plus. Alors, on
vous... c'est pour ça qu'on le recommande, parce que, dans plusieurs litiges,
on vous dit c'est un problème. Je vous dirais qu'avant la commission
Charbonneau, dans ma carrière, j'avais eu l'occasion de faire peut-être cinq
dossiers avec la RBQ. Depuis la commission Charbonneau, le changement de la
loi, notamment en 2011, on parle de dizaines de dossiers par année. Donc, ça a
pris son essor, la RBQ fait valoir ses pouvoirs, elle les utilise, et c'est correct,
et les objectifs sont louables.
Cependant, comme on le note dans le
mémoire, vous le verrez quand on accorde de tels pouvoirs à un organisme, je
pense que c'est important de bien les encadrer, et c'est pour ça que pour les
sanctions administratives pécuniaires, on vous suggère que, parfait à 159.1,
vous prévoyez un cadre, bien, on vous suggère fortement que toute l'application
de la
section soit sujette à l'adoption de ce cadre-là avant qu'on applique les
articles suivants. Donc que ça devienne sine qua non, parce que sinon, je
crains, et c'est une opinion purement personnelle qui n'engage que moi, je
crains de revivre 62.0.1 où présentement on doit défendre quelqu'un. Par
exemple, un dossier que j'ai fait avec une des corporations et non pas la régie,
j'ai dû défendre un individu qui fait un super bon travail, aucun reproche
d'aucun client, d'aucun donneur d'ouvrage, mais M. a un problème d'alcoolisme
depuis des années. «He fell of the wagon...
M. Thibaudeau (Éric) : ...comme
on dit en anglais, à un moment, et a été accusé au criminel parce qu'il a
commis un acte à un moment donné où il est en état d'ivresse. Et j'ai passé
l'audience. Ça a duré toute une journée, il a fallu déplacer des donneurs
d'ouvrage, il a perdu des contrats. Puis j'ai dû expliquer : Écoutez, il
n'y a aucun lien entre ça puis... Personne ne lui reproche rien comme
entrepreneur depuis des années. Il est parfait. Mais il a quand même fallu se
défendre auprès de la corporation pour maintenir cette licence-là.
Donc si, comme la régie l'a dit à la
ministre de l'époque, en 2011, il y avait eu un cas précis où on intervient,
par lequel le justiciable... On a appris ça dans nos premiers cours de droit
administratif en première année de notre BAC en droit, je pense, M. le ministre,
mais en droit administratif, quand on donne des pouvoirs à un organisme, il
faut quand même que ces pouvoirs-là soient... ces pouvoirs-là soient assez
détaillés et précis pour que le justiciable sache à quoi s'en tenir. Et
maintenant, avec 62.0.1, et n'oubliez pas, à 159.7, vous prévoyez donner à la
régie le pouvoir, par règlement, de convenir de d'autres dérogations, avec
d'autres amendes, avec d'autres... Nous, on vous suggère dans le mémoire que ce
pouvoir-là devrait demeurer un pouvoir législatif et non pas être un pouvoir
réglementaire. Parce que, là, la régie va devenir le législateur, celui qui
émet les avis, celui qui invoque le 62.1 et celui qui donne les budgets au
tribunal, qui rend les décisions. C'est beaucoup de pouvoir.
M. Boulet : C'est
intéressant. J'aimerais ça que vous en reparliez, là, mais dans le dossier de
l'entrepreneur qui avait des problèmes d'alcoolisme, des problèmes reconnus
comme étant involontaires, alcoolisme reconnu comme étant un handicap au sens
de la Charte des droits et libertés de la personne, donc protégée contre toute
discrimination ou distinction, à moins qu'il y ait un lien, je pense que vous
l'avez présenté comme ça, qu'il y ait un lien entre la nature de l'infraction
puis sa capacité d'exécuter son travail. Tu sais, s'il y a un lien entre les
deux, il y a une possibilité d'intervenir, mais il avait quand même... il
bénéficiait d'une certaine protection en vertu de la Charte des droits et
libertés de la personne. Quelle est l'issue de ce dossier-là, Me Thibaudeau?
M. Thibaudeau (Éric) : Alors,
une décision partagée a été rendue. Et heureusement la majorité a donné raison
à mon client et lui a permis de maintenir sa licence. On a quand même des
membres du comité qui ont estimé qu'à cause de son alcoolisme, il ne devrait
pas être détenteur d'une licence, pour protéger le public. J'aimerais, si vous
permettez, M. le ministre...
M. Boulet : C'est une
maladie, oui.
M. Thibaudeau (Éric) : ...parce
que vous avez dit quelque chose que bien des gens croient, dont, je pense, les
députés ici, est faux. La position de la Régie du bâtiment dans le 62.0.1,
c'est que les bonnes moeurs, ou les mauvaises moeurs, n'ont pas à avoir de lien
avec l'activité d'entrepreneur. Et je vais profiter de mon immunité
parlementaire pour vous dire ce qui suit. Un avocat du contentieux, il y a
quelques années, m'a dit, mais je ne donnerai pas son nom, m'a déjà dit, quand
je lui ai dit qu'il y a un lien entre ce que vous reprochez à mon client, bien,
ça a été... Il m'a répondu : La loi n'exige pas ça. Il n'y a pas de cadre
qui le dit. Et nous, notre mandat à la RBQ, c'est de pousser cet article-là le
plus loin qu'on peut.
M. Boulet : Bien, voyons
donc!
M. Thibaudeau (Éric) : Bien,
M. le ministre, vous regarderez, on vous cite plusieurs décisions dans notre
mémoire où ce qui est reproché n'est pas en lien avec l'industrie de la
construction.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Nous avons dépassé un peu. Nous avons dépassé le temps, mais je
pense que c'était quand même très pertinent, je pense, pour tout le monde.
Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. Vous avez à
10 min 24 s, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Effectivement, donc, c'était très pertinent. Donc, il y avait
consentement, là, pour le dépassement du temps, pour vous permettre, Me
Thibaudeau, de terminer vos propos. D'abord, bonjour à vous. Bonjour, Mme
Gauvreau. Bonjour, Mme Legault. Me Thibaudeau, je vais reprendre là où on vient
de se laisser. Donc, je vous ai... je vous ai bien entendu, vous avez bien
spécifié que lorsqu'on accorde un tel pouvoir à un organisme, c'est important,
donc, de bien l'encadrer, donc, afin notamment de permettre de respecter les
principes de justice naturelle. Donc, vous l'avez, je pense, étayé, donc, de
façon très limpide au cours de votre échange avec le ministre.
• (11 h 20) •
Dans ce cadre-ci, vous nous dites, bon,
l'article 29, 159.1, donc, la régie... donc, on dit : «La régie élabore et
rend public un cadre général d'application des sanctions administratives
pécuniaires.» Vous dites : Il faudrait absolument, donc, que la régie
adopte ce cadre général d'application, là, avant...
Mme Cadet : ...de mettre en
œuvre les autres dispositions 159.2 et suivantes. Je veux vous entendre, ou
plus largement, vous avez parlé donc de 62.0.1, du fait que ce cadre
d'application là n'a jamais été adopté et du fait que, dans le projet de loi,
actuellement, donc, il y a 159.1, mais il y a quand même, donc, plusieurs
articles qui, essentiellement, disent : Bien voilà, la régie peut adopter,
pourra adopter tel ou tel règlement, notamment, là, sur le cadre, donc,
général, donc, des inspections. Quelle est votre crainte, en particulier face à
cette façon de procéder par le législateur?
M. Thibaudeau (Éric) : Bon.
Quelques commentaires. Merci pour votre question, Mme la députée. Tout d'abord,
la lecture que je fais, et elle est peut-être erronée, mais la lecture que je
fais du projet de loi fait en sorte que 159.3 à 159.6 pouraient, dès l'adoption
et l'entrée en vigueur de la loi, s'appliquer. Donc, des avis avec sanctions
administratives pécuniaires, sans adoption de 159.1, sans aucun cadre, sans
aucune balise pour les agents ou les décideurs, je vais les appeler comme ça,
de la RBQ de décider quand est-ce qu'ils émettent des avis ou non. Donc, je ne
vois pas qu'est-ce qui empêcherait... Mettons que la régie n'adopte pas le
fameux cadre ou se traîne les pieds pendant cinq ans pour adopter le cadre
prévu à 159.1, je ne vois pas qu'est ce qui l'empêche d'appliquer les articles
159.3 à 159.6, je crois. C'est pour ça que notre première suggestion, c'est
d'enlever les sanctions pécuniaires, je vais vous expliquer pourquoi
rapidement, mais que, si on les garde, je pense qu'on devrait faire une
condition, vraiment, sine qua non, M. le ministre, les députés, de faire ça,
faites ça, adoptez ce cadre-là, puis on va vous laisser, après, émettre des
avis avec des sanctions administratives, pécuniaires, mais tant que le cadre ne
sera pas adopté, no go.
Moi, la suggestion primaire, pourquoi on
ne devrait pas mettre les sanctions pécuniaires, c'est... L'idée est bonne, on
le voit, vous l'avez dit, M. le ministre, dans plusieurs autres domaines, ça a
son efficacité, mais ce sont d'autres domaines, avec leurs particularités, et
ça fonctionne pour ces raisons-là. On parle de délais, le projet de loi prévoit
qu'un tel avis, avec une sanction monétaire... pécuniaire, pourrait être
contesté. Le projet de loi prévoit également que la sanction est non
exécutoire, si elle est contestée. C'est prévu qu'elle est contestée au
Tribunal administratif, division construction qui compte - j'aurais pu
vérifier, dans les derniers jours, on a manqué de temps, je m'en excuse - mais
je pense qu'il compte six ou sept décideurs. On a un potentiel de milliers de
décisions administratives contestées et, croyez-moi, ils les contesteront, les
entrepreneurs qui vont se ramasser devant... sur le bureau de six ou sept
personnes qui devront tenir des audiences.
Donc, présentement, le délai à cette
division-là, pour entendre les autres recours dont ils ont juridiction, varie,
à
part les matières qui sont prévues à être jugées d'urgence, varie entre
quatre et sept mois. Donc, je reçois un avis, j'ai 30 jours pour le contester.
Ça me fait un mois et demi, mettons, on va dire. Je le conteste, je suis au
tribunal. Si le tribunal garde la même efficience qu'actuellement, ce qui me
surprendrait beaucoup, on va se ramasser sept mois plus tard. Ça ne sera pas
une journée d'audience, parce que ça va être sur des questions techniques,
pointues qui requièrent parfois des experts. Donc, ça va prendre plusieurs
jours. La décision, le Tribunal administratif du travail, si les normes restent
pareilles, a trois mois pour rendre sa décision, on est rendu presque à un an.
En matière pénale, on a Jordan, et,
croyez-moi, Mme Gauvreau peut vous en parler, elle en gère, des dossiers
pénaux, avec moi, Mme Legault commence à faire pas mal de représentations aussi.
Jordan fait son effet, puis la plupart des dossiers entre l'accusation qu'on
reçoit, et 90 % se règlent, on est en dedans du 15 à 18 mois aisément, là.
Quand il y a des procès qui procèdent vraiment, on déborde un peu. Ça fait que
se ramasser au TAT avec ça, il y a une décision un an plus tard, est-ce que ça
va vraiment corriger plus rapidement les situations qu'on reproche aux
entrepreneurs versus le pénal? Moi je ne pense pas, c'est personnel. Mais oui,
je suis un fan fini de santé, sécurité, comme le sait le ministre, j'ai débuté
ma carrière là-dedans jusqu'en 2007, je ne faisais pratiquement que ça. Puis je
peux vous dire une chose, quand l'inspecteur de la CNESST arrête tous les
travaux sur un chantier, parce qu'il n'y a pas de garde-corps au troisième
étage, puis il dit : Il n'y a rien qui...
M. Thibaudeau (Éric) : ...avec
50 personnes qui travaillent à leur taux horaire pendant deux jours de
temps assis chez eux à être payé, là. Vous savez quoi? Les garde-corps, ils se
posent vraiment vite. Puis ils peuvent contester. Ils le font parfois. Parfois,
ils vont demander un sursis dans des cas plus graves, mais la réalité, c'est
que 99 % des cas, nos clients entrepreneurs en construction obtempèrent
immédiatement, corrigent la situation. Moi, j'invite le législateur à élargir,
parce qu'il y en a déjà des pouvoirs de suspension de travaux, là, pour la
régie, puis d'émettre certaines ordonnances. Moi, je vous inviterais à,
excusez-moi l'expression anglophone, à «buff up», à renforcir ces pouvoirs-là,
à les élargir. Rendez-les plus costauds, mais laissez tomber les avis
pécuniaires administratifs, je pense qu'on risque de manquer la cible et
surtout, puis ça, c'est ma grande préoccupation d'engorger les tribunaux.
Mme Cadet : Merci beaucoup
pour le partage de cette préoccupation-là. D'abord, sur votre premier point,
là, sur votre lecture, on partage la même lecture, Me Thibaudeau, là. Je pense
qu'à 159.2 on dit : La sanction peut être imposée par la régie à quiconque
fait défaut de respecter la présente loi ou ses règlements dans les cas et
conditions qui sont prévus. Donc, je pense que c'est assez noir sur blanc, là,
qu'il n'y a pas d'obligation, là, d'avoir un cadre général, donc, d'application
qui soit adopté, là, avant de mettre en œuvre, donc, les
dispositions 153... 159.3 et suivantes, là. Donc, on en fait la même
lecture.
Sur votre deuxième point, vous dites
qu'élargir, donc, les pouvoirs de la RBQ en matière d'ordonnance, mais vous
voulez dire, donc, de... De les renforcer comment exactement?
M. Thibaudeau (Éric) : Ça, je
n'ai pas eu le temps, honnêtement, de penser à des textes législatifs qui
permettraient de faire ça avec le court délai de quelques jours qui nous a été
octroyé. Mais définitivement, on peut le faire, je veux dire, il y a plusieurs
lois où c'est possible, là, je parle de la CNESST depuis tantôt, il y a
d'autres organismes où c'est pareil. Je pense qu'on peut définitivement songer
à ça. Je tiens à le dire, c'est important pour moi, parce que j'ai perdu
plusieurs heures de sommeil dans les derniers jours en me disant : Je suis
convoqué personnellement, je me sens un devoir. Je ne suis pas là pour
personne. Puis on vous a parlé de dossiers dans lesquels je suis impliqué, je
ne suis pas là pour ce client-là puis je ne suis pas là pour mes autres
clients. By the way, dans mon bureau, des dossiers de clients avec des avis
d'intention, là, il y en a pas mal plus qu'un, ça fait que je ne suis pas ici
pour un client. Puis ça me préoccupe, la qualité de la construction. Je suis
tanné de me faire dire par des clients en construction toutes les... les
mêmes... excusez, le mot m'échappe, mais les mêmes histoires anciennes qu'on
entend sur la construction. Je suis tanné de ça, je veux une industrie qui
s'améliore. J'en veux de la meilleure qualité. Je veux que mes clients soient
tenus à des bons et hauts standards. Ceci étant dit, comme on l'a écrit dans le
mémoire, je pense que ça doit se faire tout en maintenant un équilibre entre le
pouvoir étatique d'intervention ou quasi étatique avec la RBQ et les
justiciables, parce que quand quelqu'un décide à la RBQ qu'il émet ces avis-là
puis qu'il, permettez-moi l'expression, rentre dans le tas, là, ce n'est
vraiment pas facile de vivre la situation puis de s'en défendre. Alors, j'ai
une grande préoccupation, comme juriste, de préserver cet équilibre-là. Puis je
pense qu'on peut donner plus de pouvoirs à la RBQ, notamment avec des
ordonnances exécutoires nonobstant appel tout en évitant des dérapages dans des
dossiers avec une tonne d'émissions, par exemple, de sanctions pécuniaires
administratives à des justiciables. Parce que, présentement, à moins qu'on ne
force l'émission du cadre de 159.1 avant que toute la
section du
chapitre 6.1 ne soit applicable, je ne vois pas qu'est-ce qui empêche là-dedans
les écarts que vous pourrez constater dans certaines jurisprudences, qu'on a
présentement depuis 12 ans, 13 ans avec l'article 62.0.1. Alors,
l'idée, je le répète...
Le Président (M. Schneeberger) : 30 secondes.
M. Thibaudeau (Éric) : ...je ne
suis pas contre la... je ne suis pas contre la RBQ ici. Au contraire, j'ai
beaucoup de plaisir avec eux, on a des bonnes discussions. Oui, on a des
litiges. On en a avec le DPCP pour les constats d'infraction, mais je pense
qu'il y a des moyens de rendre et d'atteindre les objectifs plus efficacement.
Mme Cadet : Et vous pensez
que, dans le projet de loi, donc, certains éléments devraient se retrouver du
côté législatif et non pas du côté de la RBQ, leur permettre d'élaborer, donc,
des règlements sans leur donner d'échéance pour le faire.
M. Thibaudeau (Éric) : Bien,
écoutez, à 159.7, on n'a rien de moins que d'inventer de nouvelles infractions,
de nouvelles amendes et de nouvelles gradations de sanctions, puis c'est un
pouvoir réglementaire à la régie, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends
le député de Hochelaga-Maisonneuve pour 2... 3 min 28 s.
• (11 h 30) •
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour. Content de vous entendre avec vos collègues. Restons sur la
question des amendes, c'est le bout qui m'a le plus attrapé, attiré
l'attention, là, pendant votre présentation...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Leduc : ...un de vos
arguments principaux pour dire que ce n'est pas un bon chemin à emprunter, c'est
l'éventuel embourbement avec les tribunaux parce que les propriétaires de
licence ne voudront pas la perdre, bon, etc. Si on avait des bons tribunaux qui
fonctionnent, seriez-vous en accord avec les applications des amendes?
M. Thibaudeau (Éric) : Bien,
je pense qu'on a d'excellents tribunaux qui fonctionnent très bien, qui
fonctionnent beaucoup mieux qu'ils ne fonctionnaient avant Jordan. Les choses
vont beaucoup plus rapidement.
Ceci étant dit, j'aime toujours rappeler à
mes confrères poursuivants de différents organismes, il y a un passage dans l'arrêt
Jordan qui dit que... qui tape sur les doigts d'un peu tout le monde. Les
tribunaux doivent devenir plus efficaces, les défendeurs, dont je suis, doivent
arrêter de mettre des bâtons dans les roues pour rien et d'abuser de procédure,
mais la Cour suprême dit aussi que les poursuivants, au lieu d'émettre des
constats d'infraction tous azimuts pour toutes sortes d'infractions, devraient
se concentrer sur les cas qui valent vraiment la peine et trouver d'autres
moyens d'intervention pour corriger des situations dérogatoires. Le pouvoir d'émettre
des ordonnances exécutoires un peu plus large que ce qu'il y a présentement
dans la loi, c'est un exemple de ça, je pense, et c'est pour ça que je fais la
recommandation, mais...
M. Leduc : Parce que moi, ce
que j'ai entendu souvent, dans la construction, puis on a eu de nombreux
échanges dans le projet de loi précédent, c'était... sans, donc, peut-être,
tomber un peu dans la caricature, mais que c'était d'une facilité déconcertante
d'obtenir une licence d'entrepreneur en construction puis que c'était bien
difficile de la perdre. Il fallait quasiment se forcer.
M. Thibaudeau (Éric) : Je
suis en total désaccord avec cette affirmation.
M. Leduc : Je comprends, mais
c'est un peu ce que j'entends. Il y a certaines personnes qui plaidaient ça,
puis ce n'étaient pas... des personnes, j'assume, quand même, sérieuses qui
venaient nous dire des choses comme ça, mais... Ça fait que l'idée d'appliquer
des amendes, c'était peut-être pour donner un signal, de dire : Là, on va
resserrer un peu la vis.
M. Thibaudeau (Éric) : Mais
il y a des amendes, présentement. M. le député. Dans le projet... pas dans le
projet, dans la loi, il y a un
chapitre entier sur les dispositions pénales. On
parle d'infraction de 15 000$, 35 000 $, qui vont jusqu'à dans les
centaines de milliers de dollars. Elles sont là, les infractions. Et des
dossiers pénaux dans les constats d'infraction, RBQ, on a un demi-million de
dollars d'infractions en jeu pour des gens qui ont des petites entreprises, qui
ont oeuvré sans licence pendant six mois alors qu'ils croyaient bien faire.
Rapidement, je vous donne l'exemple du :
Moi, je construis des escaliers, je les fabrique en usine, mais je ne les
installe pas. Je vous donne ça à vous parce que vous avez une licence. Je vends
un escalier à Mme Legault et je lui dis : Inquiète-toi pas, c'est 10000$,
je fais l'escalier puis je fais installer par quelqu'un qui est licencié, qui
est propre, qui a sa licence, que tout va bien, bien, je viens de commettre une
infraction de 35 000 $ si je suis incorporé. Pourquoi? Parce que, dans mon
contrat, en lui vendant des travaux de construction, une toute petite
partie de
l'installation que vous, vous allez faire, j'ai agi comme entrepreneur en
construction parce que la définition d'entrepreneur, dans la loi, c'est de
faire soi-même ou de faire faire des travaux.
Et on a plusieurs cas, à chaque année, d'entreprises
tout à fait gentilles et honnêtes qui nous disent : Bien là, je fais quoi
avec ces constats d'infraction là? C'est une infraction, et les amendes sont
sévères.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. C'est déjà terminé. Alors, nous allons maintenant du côté des députés
indépendants. Alors, j'entends le député de Saint-Jérôme pour 2 min minutes 38
M. Chassin : Merci, Me Thibaudeau, c'est fort pertinent. Est-ce que le
régime, dans le fond, de sanctions administratives pécuniaires, n'est pas là...
j'imagine, là, sans vouloir prêter des intentions au ministère ou au ministre,
pour simplifier, pour avoir, finalement, un régime de sanctions dissuasif qui n'est
pas que pénal? Dans le fond, j'ai l'impression que c'est un peu l'intention qui
vient... qui vient dissuader les comportements.
M. Thibaudeau (Éric) : Bien,
écoutez, je... Dans le système actuel, il faut d'abord référer le dossier au
DPCP, qui décide si la preuve est suffisante pour émettre des infractions, et
le fardeau de preuve du DPCP, et le «hors de tout doute raisonnable». Et une
condamnation peut avoir un effet, éventuellement, pour une suspension ou une
annulation de licence devant la régie. Là, l'effet concret de ça, c'est de
court-circuiter tout ça. C'est un agent de la régie qui va l'émettre, «God
knows» ça va être quoi, le fardeau de preuve qu'ils vont eux-mêmes s'imposer
dans le cadre qui n'existe pas. Le fardeau de preuve devant le TAT, tel que
rédigé un projet de loi, ce n'est plus le «hors de tout doute raisonnable», c'est
la balance des probabilités. Puis moi, je m'inquiète beaucoup de cette
situation-là.
M. Chassin : Mais donc le pénal est quand même relativement lourd, puis,
comme vous le dites, ça ouvre, pour les sanctions administratives, la porte à
on ne sait trop...
M. Chassin : ...encore, parce que le cadre de référence n'est pas là.
Puis je pense qu'on a tous entendu votre intérêt à ce qu'il soit adopté avant.
Est-ce que, puis là je vous pose la question un peu, est-ce que ça peut être
dissuasif, peut-être pour ne pas faire certaines erreurs, mais est-ce que ça
peut être dissuasif aussi d'entreprendre, d'avoir des sanctions comme ça, qui
peuvent être lourdes, qui peuvent être avec un fardeau de la preuve difficile,
par exemple? Est-ce que ça peut pousser des gens qui, dans une industrie où il
y a plusieurs personnes qui vont prendre leur retraite, à dire : Ah,
savez-vous, je ne vais peut-être pas fonder d'entreprise puis être entrepreneur
en construction longtemps parce que, ouf! c'est lourd, à votre avis?
M. Thibaudeau (Éric) : Peut-être.
Non, non, peut-être. Moi, je fais juste vous dire que la réalité de 159.8, là,
c'est : Aucune sanction administrative pécuniaire ne peut être imposée à
une personne ou une société pour un manquement à la disposition qui a engendré
un constat d'infraction lui étant antérieurement signifié. J'ai deux ans pour
émettre un avis administratif puis, les infractions pénales, j'ai trois, cinq
ou sept ans. La réalité, là, c'est qu'il va y avoir des avis d'émis
administratifs puis des constats d'infraction, il va y avoir les deux qui vont
être émis en même temps. Mais l'objectif annoncé de la loi, c'est d'apporter et
de changer les comportements ou de corriger les déficiences rapidement. Puis
moi, pour les raisons que j'ai expliquées à la députée de l'opposition, la
première opposition, je pense qu'on manque la cible. Écoutez, je ne suis pas en
train de vous dire : Laissez tomber puis laissez ça de même. Je vous donne
une clé, je vous donne une clé qui ne fera pas plaisir à bien de mes clients,
de vous dire : Donnez-leur plus de pouvoir pour des ordonnances
exécutoires immédiatement. Vous voulez des problèmes qui se règlent, ils vont
se régler, ils vont se régler vite en chantier, parce que ce n'est payant pour
personne quand on intervient d'avoir un chantier arrêté.
M. Chassin : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci beaucoup, pour votre présentation.
Nous allons suspendre quelques instants
afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 11 h 37)
(Reprise à 11 h 42)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Maintenant, nous recevons l'Ordre des architectes
du Québec. Alors, bonjour à vous trois. Dans un premier temps, je vous laisse
vous présenter chacun à tour de rôle, et, par la suite, vous débutez votre
présentation. Vous avez un maximum de 10 minutes. Allez-y!
M. Corriveau (Pierre) : Merci.
Merci. Bonjour à tous. Merci énormément de nous donner cette occasion. Je suis
Pierre Corriveau, président de l'Ordre des architectes du Québec et
architectes. Jean Pierre.
M. Dumont
(Jean-Pierre) : Jean-Pierre Dumont,
directeur affaires juridiques et secrétaire de l'Ordre des architectes.
M. Desparois (Sébastien-Paul) : Bonjour.
Sébastien Desparois, architecte et directeur général à l'Ordre des architectes.
M. Corriveau (Pierre) : Merci
à tous. Écoutez, d'emblée, M. le ministre, mesdames, messieurs, membres de la
commission, nous vous remercions de nous accueillir et de nous permettre
d'échanger avec vous sur le projet de loi n° 76, la Loi visant principalement à
accroître la qualité de la construction et la sécurité du public.
Ce projet de loi s'avère très important
pour nous, en ce que, comme l'évoque son titre, il concerne des enjeux au cœur
même de la mission de l'Ordre des architectes du Québec, la protection du
public et la qualité de la construction. L'Ordre des architectes du Québec est
responsable de la régulation de l'accès à la profession d'architecte et de
l'encadrement de l'exercice de l'architecture. L'ordre regroupe actuellement
près de 5000 architectes et plus de 1200 candidats à la profession d'architecte
qu'on appelait avant les stagiaires. Notre profession est jeune, dynamique,
presque à parité hommes- femmes et sur le plan de la main-d'œuvre, en équilibre
relatif sur l'horizon 2033.
C'est avec grand intérêt que l'ordre
accueille le projet de loi à l'étude. Nous plaidons, depuis longtemps, en
faveur de la mise en place au Québec d'une surveillance obligatoire des travaux
par des professionnels, un mécanisme essentiel pour garantir la qualité et la
pérennité de nos bâtiments. En 2019, lors des consultations sur le projet de
loi n° 29, qui visait à moderniser la
Loi sur les architectes, nous avions
salué le fait qu'ajouter la surveillance des travaux à la liste des actes
réservés pour assurer une meilleure protection du public. Il s'agissait là
d'une avancée majeure dans la mesure où le cadre légal affirme maintenant la
valeur de faire exécuter cette surveillance par des professionnels et reconnaît
la compétence de ces derniers pour exercer cette activité avec rigueur et
professionnalisme.
Parallèlement, toutefois, la surveillance
des travaux, en tant que telle, demeurait à ce jour non obligatoire. Il s'agit
pourtant là, à nos yeux, du maillon manquant de la protection du public. Le
projet actuel fait un pas majeur dans la bonne direction. Nous ne pouvons,
donc, que saluer cette avancée significative. En effet, le Québec ne peut plus
ignorer les défaillances fréquentes observées ces dernières années dans le
domaine des immeubles d'habitation en copropriété, par exemple, tant d'un point
de vue de sécurité physique que financière, les drames humains qu'elles
engendrent sont trop criants pour continuer à passer outre. Cela a été entendu
enfin. Ce n'est évidemment pas généralisé, mais il reste qu'un trop grand
nombre d'immeubles présentent des défaillances importantes qui révèlent
l'importance de mieux protéger les propriétaires et les occupants. La
surveillance des travaux...
M. Corriveau (Pierre) : ...un
professionnel qualifié est un moyen efficace de prévenir les problèmes de
manière proactive dès le début du chantier et au fur et à mesure de
l'avancement des travaux de construction. Cela a d'ailleurs été bien compris
par l'État. Comme vous le savez, il recourt à ce mécanisme de surveillance et
de contrôle qualité dans tous ses projets d'infrastructures publiques. Il
s'agit pour lui d'une prudence élémentaire qu'il souhaite aujourd'hui,
heureusement, rendre, à terme, quasi universelle. Nous le redisons, il s'agit
d'une avancée majeure qui nous réjouit. L'ordre est aussi satisfait de
constater que le rôle que peut jouer le professionnel est reconnu dans le texte
législatif.
Nous avons toutefois certaines
préoccupations, mais aussi beaucoup de questions, sur les moyens envisagés pour
mettre en œuvre l'obligation de surveillance des travaux au Québec. Au premier
chef de nos préoccupations, le choix de confier la responsabilité du contrat de
surveillance à l'entrepreneur. Cette disposition, qui porte un risque de
conflit d'intérêts fondamental et difficile à gérer, teinte fortement la
lecture que nous faisons du présent projet de loi.
Ce lien contractuel entre surveillant et
surveillé compromet l'indépendance du professionnel et induit en soi le risque
de compromettre même son objectivité. S'en remettre au code de déontologie du
professionnel pour parler... pour pallier une lacune législative ne nous
semblerait ni productif ni responsable. Il est crucial que... crucial que le
professionnel chargé de la surveillance soit indépendant afin d'agir dans
l'intérêt du donneur d'ouvrage, qu'on pourrait associer ici au propriétaire du
bâtiment, comme cela se fait dans des contextes législatifs comparables.
À cet effet, l'Ordre des architectes
recommande, recommande avec insistance que l'article 2 du projet de loi soit
modifié pour confier la responsabilité de la conclusion du contrat de
surveillance au propriétaire du bâtiment. Cette continuité contractuelle entre
le propriétaire et le professionnel simplifie d'ailleurs les processus et
apporte plusieurs avantages en termes de délais. Ainsi, pour favoriser une
compréhension mutuelle des multiples... aussi, pardon, pour favoriser une
compréhension mutuelle des multiples intervenants touchés par ce projet de loi,
l'ordre suggère que le texte législatif assure une meilleure cohérence avec le
Code civil, les lois, les normes et contrats types utilisés dans le monde de la
construction. Entre autres, une référence explicite aux lois professionnelles
nous apparaît essentielle pour dissiper toute ambiguïté quant au respect de ces
dernières.
Toujours dans un esprit de clarté et de
cohérence, l'ordre considère qu'il est essentiel de clarifier la distinction
entre inspection et surveillance. Ces termes sont trop souvent utilisés ou
compris de façon interchangeable. La surveillance, telle que définie dans le
Manuel canadien de pratiques de l'architecture, est une activité proactive et
continue. Elle vise à prévenir et à résoudre les problèmes de chantier tout au
long du projet. Parallèlement, l'inspection est généralement perçue comme un
examen ponctuel d'un élément ou d'un assemblage précis à une étape donnée de la
construction. En ce sens, il serait judicieux d'adopter une terminologie qui
s'arrime mieux à la réalité de la
Loi sur les architectes et autres lois et
règlements en vigueur, voire même aux décrets qui régissent encore à ce jour
les contrats entre le gouvernement et ses professionnels de la construction.
L'ordre préconise par ailleurs
l'utilisation généralisée du terme «surveillance» dans le projet de loi. Cela
nous apparaît mieux arrimé aux objectifs visés. Notons d'ailleurs que le terme
«surveillance» peut inclure des inspections, ce qui semble bien compris dans le
texte lorsqu'il y est question du plan de surveillance.
Dans un autre ordre d'idées, l'ordre
aimerait inciter le législateur et les autorités réglementaires à résister à la
tentation de standardiser les plans de surveillance. Un plan de surveillance
doit prendre en compte les natures diverses des projets de construction.
Ceux-ci varient en termes d'usages, de complexité, de type de construction, de
délais et d'environnements d'insertion. Ils varient aussi en fonction du ou des
lieux de construction, par exemple, quand on parle de préfabrication. Il est
donc impératif que les professionnels disposent de la latitude nécessaire pour
élaborer un plan en fonction des risques et des caractéristiques spécifiques à
chaque projet. Nous croyons que le projet de loi pourrait être plus explicite à
cet égard.
Nous craignons par ailleurs que le nombre
minimal de trois inspections, un terme à définir, on se le rappellera,
n'induise de manière pernicieuse un réflexe de nivellement par le bas.
• (11 h 50) •
Aussi, afin de remplir ses promesses de
qualité et de protection, le projet de loi ne devrait pas limiter l'attestation
finale à la conformité aux seuls codes de construction et règlements
municipaux. Il devrait aussi attester de la conformité de la construction aux
plans et devis suite à la construction. Ceux-ci sont, en soi, la garantie que
l'ouvrage répond non seulement aux exigences réglementaires, mais aussi aux
attentes du client et aux ententes qu'il aura prises avec son entrepreneur en
signant son contrat. Quoique ne touchant pas directement la sécurité des
occupants, le respect de ces ententes doit être validé pour mieux protéger les
acheteurs. Comme on l'a dit plus haut, l'ordre invite l'État à s'inspirer des
meilleures pratiques...
M. Corriveau (Pierre) : ...de
surveillance qu'il applique déjà pour ses propres projets. Ceux-ci sont connus
et utilisés... celles-ci sont connues et utilisées par le large éventail des
acteurs de la construction qui participent conjointement à la qualité du
construit. Avoir une compréhension commune permet de mieux collaborer.
Notre dernier point concerne la notion de
responsabilité. Les professionnels et les entrepreneurs devraient être
considérés comme des partenaires conjoints de la démarche de qualité du projet.
Le projet de loi actuel devrait donc prévoir des mesures pour assurer une
répartition équitable des responsabilités entre ceux-ci. L'instauration d'une
surveillance obligatoire généralise la responsabilité solidaire des
entrepreneurs et des professionnels en vertu du Code civil du Québec.
Or, la possibilité pour l'entrepreneur de
disparaître après la fin du projet a toujours posé problème. Ce phénomène bien
documenté crée un déséquilibre important dans la répartition des
responsabilités, il vient fragiliser le système professionnel, en plus de
générer une faille importante dans la protection des propriétaires et usagers.
L'ordre considère donc essentiel que le régime d'assurance et/ou les règles
d'incorporation des promoteurs et entrepreneurs en construction fassent
rapidement l'objet d'une révision afin que le public puisse bénéficier d'une
meilleure garantie et d'une meilleure pérennité de cette garantie.
L'Ordre des architectes du Québec est
convaincu que la mise en place d'une surveillance obligatoire des travaux
encadrés de manière adéquate est une étape essentielle vers l'amélioration de
la qualité des constructions au Québec. Après la politique nationale
d'architecture et d'aménagement du territoire, le projet de loi n° 76
représente un autre bris d'inertie majeur à cet égard. Je vous remercie de votre
attention. Nous sommes... nous restons à votre entière disposition, mes
collègues et moi, pour répondre à vos questions. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous allons maintenant débuter une
période d'échange avec M. le ministre. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Boulet : D'abord, bonjour
à vous trois. Merci de votre présence, merci de la qualité de votre mémoire qui
est, par ailleurs, très constructif, Pierre. Puis je pense que, sur le fond, on
s'entend. Puis que vous fassiez référence à la sécurité physique, financière,
puis les drames humains qui se cachent malheureusement derrière tous les vices
qui ont été documentés sur la place publique, j'aime bien que vous qualifiiez
le projet de loi de pas majeur, parce que je pense qu'il y avait un consensus
clair de la nécessité de revoir le modèle d'inspection.
Sur le risque de conflit d'intérêts,
Pierre, puis je vais adresser de façon assez superficielle, là, parce qu'on a
peu de temps, on pourra s'en reparler éventuellement. Je sais qu'en
Colombie-Britannique notamment, on réfère aux donneurs d'ouvrage ou aux
propriétaires. Je sais que d'autres lois, mais... C'est plate que je réfère
tout le temps au Code de déontologie, mais ça fait quand même référence à
l'objectivité puis à l'impartialité. Puis moi, j'ai une formation d'avocat puis
j'ai eu des mandats de donner des avis juridiques sur la conformité d'une
action avec des lois. Les comptables font exactement la même chose. Les
médecins en matière de santé-sécurité font exactement la même chose. Toujours
dans une perspective de respect de la conscience professionnelle de la personne
à qui le mandat est confié. Ça fait que, moi, quand un entrepreneur confie par
contrat à un ingénieur ou à un architecte le mandat de faire un plan de
surveillance, de s'assurer des inspections puis, ultimement, d'émettre une...
de voir à la confection d'une attestation de conformité, je n'y vois pas là un
risque de conflit d'intérêts, mais je respecte ce qui est dans la loi,
cependant, de la Colombie-Britannique, mais on le fait dans la perspective où
l'entrepreneur ou la propriétaire constructeur connaît le milieu, connaît les
professionnels, comme celui qui décide dans son entreprise de confier un mandat
à un avocat, un notaire, un comptable ou un médecin. Mais on pourrait en
discuter longtemps. Mais c'est sûr qu'il y a toujours matière à réflexion. Mais
Pierre, oui, je voyais que vous vouliez faire un commentaire. Allez-y, Pierre.
M. Corriveau (Pierre) : Écoutez,
je vous dirais que, selon nous, les avantages n'ont rien à voir avec les
inconvénients, le nombre d'inconvénients que l'on y voit. La notion de
surveillance surveillée, puis je n'irai pas trop... revenir, là, sur le
conflit, mais pour nous, enlève une forme de marge de manœuvre aux
professionnels. Et, encore une fois, on s'oblige à lui donner l'obligation de
respecter son code de déontologie alors qu'on lui met devant une énorme
tentation, parce que l'entrepreneur et lui vont vouloir entretenir de bons
rapports et, à long terme, vont peut-être finir par développer des bonnes...
des saines habitudes. Mais dès le.
M. Corriveau (Pierre) : ...corporatives,
mettez-le entre guillemets, et ça peut amener de manière pernicieuse un certain
laxisme de la part du professionnel. Bien sûr, l'ordre est là pour s'assurer
que ce laxisme n'existe pas. Bien, si on met la tentation, on la rend régulière
par le biais d'une loi, ça nous... ça nous dérange. Puis, je veux dire, on peut
lister la suite d'inconvénients que l'on voit. On a parlé d'inconvénients tant
en termes de délais. On parle... parce que là, tout à coup, le contrat de
surveillance est pris avec un tiers. Et donc il faut que ce tiers-là apparaisse
dans le dossier un jour ou l'autre. Mais surtout, puisque vous demandez que le
permis de construction soit signé, contienne une attestation de surveillance,
vous ne pourrez pas demander votre permis de construction avant la... que le
contrat soit passé avec l'entrepreneur, ce qui amène un délai évident d'emblée.
Il y a toutes sortes de petits problèmes comme ça qui font que nous, on
considère qu'on est mieux de garder la continuité des services professionnels
puisqu'il y a un professionnel qui a déjà été embauché par le client, par le
propriétaire pour faire ses plans et devis. On voit mal pourquoi il ne faut pas
que ça se continue et pourquoi ça devient presque obligatoire que ce soit
quelqu'un d'autre puisqu'il y a cette notion de conflit d'intérêts qui nous
fait teinter notre appréciation. Sébastien... Jean-Pierre aussi, peut être que
vous avez des choses à rajouter.
M. Boulet : Non, mais
Pierre...
M. Corriveau (Pierre) : Oui,
pardon.
M. Boulet : ...simplement
pour vous rassurer, là. Tu sais, en vertu de la
Loi sur le bâtiment, tous les
donneurs d'ouvrage ont une licence d'entrepreneur, ça fait qu'ils sont...
M. Corriveau (Pierre) : Ah!
bien sûr.
M. Boulet : ...implicitement
visés, là, parce que c'est des entrepreneurs. Et donc ils contribuent à la
relation contractuelle avec le professionnel qui va faire la surveillance,
l'inspection puis émettre l'attestation de conformité. Puis l'article 16
actuel, avant le p.l., prévoyait déjà que l'entrepreneur émettait une
attestation de conformité des travaux de construction au Code de construction.
Ça fait que je pense qu'on dit à peu près la même chose, là. Tu sais, c'est...
M. Corriveau (Pierre) : On
dit à peu près la même chose.
M. Boulet : Oui, oui, tout à
fait. C'est pour ça que je vous dis, sur le fond, je pense qu'on est pas mal du
même avis. Puis encore une fois je vais y aller de façon un peu télégraphique,
là, mais il n'y aura pas d'impact du projet de
loi sur le respect des lois
professionnelles, parce que je sais qu'en vertu de vos lois respectives, vous
avez des actes réservés. Ça fait qu'il n'y a pas de... on ne veut pas créer de
confusion, puis ce n'est pas un projet de loi qui vise à contredire ou à violer
une loi professionnelle. Je tenais quand même à vous le mentionner.
Les notions d'inspection puis de
surveillance, Pierre, c'est sûr qu'on peut s'embarquer dans une lutte de
sémantique, mais le sens commun est clair. Puis vous faites
partie
d'ailleurs... Pierre, vous m'en avez déjà parlé lors d'une rencontre d'un
comité coordonnateur inspection, qui a été mis en place par la Régie du
bâtiment du Québec, puis que vous me confirmiez non seulement votre présence,
mais votre engagement à ce comité-là. Bien, vous élaborez avec le Bureau de
normalisation du Québec un guide de bonnes pratiques en matière d'inspection.
C'est ça, moi, ma barrière de protection, puis, Pierre, je compte beaucoup sur
l'Ordre des architectes, par votre présence et votre implication, pour vous
assurer qu'il n'y ait pas de... qu'il n'y ait pas de confusion dans la façon de
faire.
• (12 heures) •
Plans de surveillance, je suis d'accord
aussi. Tu sais, ça varie en fonction de la nature du bâtiment, la complexité,
le lieu, que ce soit du préfabriqué, je pense qu'on s'entend, puis qu'il y ait
une compréhension commune, ce n'est pas... Tu sais, vous faisiez, Pierre,
référence à ça, mais en tenant compte de la diversité des travaux, ce n'est pas
tout le temps une compréhension qui est commune à tout le monde. Puis moi aussi
je ne suis pas un partisan du nivellement par le bas. On parle d'un projet de
loi qui vise à améliorer la qualité. Puis vous le précisez, c'est au cœur de
votre mission. Il faut encore s'assurer que ce soit compatible avec ce que le
professionnel identifiera comme une nécessité d'inspection et de surveillance.
Puis vous faisiez référence aux plans et devis, pour moi, ce n'est pas
incompatible, là. Moi, je vois beaucoup ce projet de loi là comme un projet de
loi de normes minimales. Tu sais, ceux qui pratiquent en droit du travail
savent l'impact de la
Loi sur les normes du travail. Qu'un plan de surveillance
fasse référence spécifiquement à des plans et devis, moi, je n'ai pas... je
n'ai pas d'enjeu, Pierre, avec ça. Je sais qu'il y a des groupes qui vont
dire... qui vont venir devant nous en consultations particulières, puis ils
vont dire : Ça ne devrait pas faire
partie des plans et devis. Bien,
minimalement, ce qui est important, c'est que ça respecte le Code de
construction puis les normes de construction qui sont établies au sein de
chaque municipalité. Ça fait que c'est sûr que...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Boulet : ...il y a du
travail à faire. Il y a l'exercice d'un pouvoir réglementaire, puis votre
contribution au comité coordonnateur, ça va véritablement jouer un rôle
important.
M. Corriveau (Pierre) : Est-ce
que...
M. Boulet : Oui, Pierre,
allez-y.
M. Corriveau (Pierre) : Non, j'avais
l'impression qu'on avait perdu la connexion. Bien, très rapidement, j'entends
ce que vous dites puis je suis très sensible à l'ensemble de vos interventions.
La notion du... Le comité coordonnateur, à ma connaissance, puis peut-être que
je me trompe, là, corrigez-moi, bien, je ne pense pas que ce comité-là soit
inscrit dans le projet de loi. Et, justement, puisqu'on parle de plan de
surveillance, il y aurait peut-être un très grand intérêt à ce que ce... les
travaux de ce comité coordonnateur soient nommés quelque part pour qu'au moins
on sache que ça existe. Votre mémoire introductif est très bien fait, mais,
justement, certains des paramètres qu'il prend pour acquis n'apparaissent pas
dans le projet de loi. Et c'est, nous, peut-être un peu là qu'on dit :
Peut-être qu'il y aurait mieux moyen de... il y aurait moyen de rajouter
certains éléments. Jean-Pierre, Sébastien, revenir peut-être sur le conflit d'intérêts,
s'il y a lieu, là.
M. Dumont (Jean-Pierre) : Oui, bien, à ce sujet-là, je peux... je peux enchaîner,
Pierre. D'abord, je veux rassurer, M. le ministre, les parlementaires, le code
de déontologie des architectes, effectivement, il est présent, il est là, il
est appliqué, bien entendu. Notre propos est plus au niveau de créer les
conditions favorables pour que, justement, il ne soit pas en frein. C'est dans
ce sens-là que nos commentaires sont faits.
Et je vous dirais qu'au niveau du lien
contractuel, de façon... de façon... comment je pourrais le résumer assez
facile? C'est à partir du moment où l'entrepreneur général conclut un contrat
avec le professionnel chargé de la surveillance. Veux veux pas, il y a des
éléments comme la rémunération ou la sélection même du surveillant de chantier
qui va être fait. Et à ce sujet-là, c'est sûr, c'est qu'on considère... ce n'est
pas un environnement... environnement professionnel favorable, justement, à
avoir une surveillance adéquate. On veut juste... C'est simplement la mise en
garde qu'on tient à faire aujourd'hui.
M. Boulet : Oui. Je
comprends, Jean-Pierre. Puis, oui, j'ai fait les commentaires sur la notion de
donneur d'ouvrage, là, qui est systématiquement détenteur d'une licence d'entrepreneur
et qui est un entrepreneur.
Je voudrais juste revenir, Pierre,
peut-être... Je ne sais pas combien il me reste de temps, M. le Président. Cinq
minutes? Mais, tu sais, quand je réfère à une loi qui contient des normes
minimales, tu sais, les plans et devis, là, tu sais, ce qu'on réalisait, c'est
que 28 % des chantiers visités nous permettaient de détecter une
non-conformité à des codes. Est-ce que, minimalement, le respect du Code de
construction, puis je le répète, là, minimalement, parce qu'on aura à le redire
lors de l'étude détaillée, le respect puis la compatibilité des travaux avec le
code de construction puis les normes municipales devraient nous permettre de
réduire ce pourcentage-là où l'ensemble des éléments de non-conformité, Pierre?
M. Corriveau (Pierre) : Écoutez,
il y a deux volets à votre question. La réponse est oui, absolument. Est-ce que
ça peut réduire cette attestation de conformité? Elle est excellente, l'idée de
l'inscrire est excellente, mais vous la demandez deux fois. Vous la demandez au
niveau du permis de construire, on doit fournir l'attestation de... j'oublie
les termes, là, Jean-Pierre, là, tu me corrigeras, l'accréditation de
conformité par le professionnel...
M. Dumont (Jean-Pierre) : Déclaration.
M. Corriveau (Pierre) : Déclaration,
merci, de conformité par le professionnel à la municipalité qui va émettre les
plans. Donc, déjà, cette notion de conformité au code et règlements en vigueur,
elle a été vérifiée par la municipalité par le biais d'une déclaration de
conformité qui a été inscrite par le concepteur, qui a été rédigée par le
concepteur.
De redemander la même chose à la fin de la
construction peut pallier, effectivement, à certaines modifications qui
auraient été apportées, mais c'est presque anecdotique par rapport au fait que,
si on demandait la conformité aux plans, au Code de construction, aux
règlements et aux plans et devis... lequel apporterait une valeur ajoutée, je
vous en ai parlé la dernière fois, très, très forte par rapport à l'investissement
que fait le propriétaire, celui qui va acheter le bâtiment. Il a une garantie
que les ententes qu'il a prises avec son concepteur ont été respectées par l'entrepreneur.
Et ça, au niveau de la qualité, au niveau du paiement, au niveau de la sécurité
financière, c'est un enjeu extrêmement important et c'est ce qui nous importe
le plus, c'est que, si on veut apporter une valeur ajoutée à tout ce magnifique
travail que vous avez fait, la meilleure façon, c'est de demander la conformité
aux plans et devis. Bien sûr, encore une fois, en plus du code de... de la
conformité, ça ne nous dérange pas de redemander la... l'idée n'est pas
mauvaise, mais...
M. Corriveau (Pierre) : ...la
plus-value, c'est réellement la conformité aux plans et devis.
M. Desparois (Sébastien-Paul) : Et
à ce sujet... Oui, merci, Pierre. Si je peux me permettre d'ajouter. Dans le
mémoire, c'est pourquoi on précise qu'on privilégierait une surveillance plutôt
qu'une inspection. C'est que la surveillance est un processus en continu, un
dialogue collaboratif avec l'entrepreneur. Donc, lorsqu'il y a surveillance, il
y a là la meilleure occasion pour le professionnel de réviser les plans et
devis advenant une non-conformité à des plans. Donc, c'est le dernier moment
avant la mise en service du bâtiment pour s'assurer de la conformité globale.
M. Boulet : Oui, puis,
là-dessus, je pense que j'ai fait un commentaire, il n'y a rien qui empêche un
entrepreneur d'exiger que le plan de surveillance assure le respect des plans
et devis. Comme je l'ai aussi mentionné, il y a des groupes qui vont dire que
ça ne puisse pas être intégré à la surveillance. Mais je le répète, le plan de
surveillance peut contenir des éléments pour s'assurer de la conformité non
seulement au cas des normes municipales, mais aussi aux plans et devis. Ça fait
qu'au moins j'aurai exprimé cette intention-là. On est au niveau des
consultations particulières, mais moi, ça... Il reste combien...
Le Président (M. Schneeberger) : 1
min 30 s.
M. Boulet : 1 min 30 s.
Alors, Pierre, je vais vous laisser compléter. Je vous ai félicité. Puis j'ai
compris que votre présence au comité coordonnateur, avec la nécessité pour le
Bureau de normalisation du Québec d'établir un guide de bonnes pratiques en
inspection, vous souhaiteriez qu'on en parle plus, Pierre, ou qu'éventuellement
le projet de loi y fasse référence? Mais c'est sûr qu'on ne peut pas, dans un
projet de loi, en tout cas techniquement, faire référence à tous les travaux
qui s'articulent autour de la mission de la Régie du bâtiment du Québec, mais
c'est important de mentionner ce que vous avez soumis dans votre mémoire, qui,
par ailleurs, Pierre, je n'ai pas eu le temps d'en prendre connaissance, mais
on va continuer de l'analyser avec considération et attention. Puis, le cas
échéant, on pourra se... on pourra se reparler. Pierre, peut-être vous laisser
le temps qu'il me reste pour faire un commentaire additionnel. Merci beaucoup.
M. Corriveau (Pierre) : Seulement...
Merci, c'est très gentil. Puis, M. le ministre, encore une fois, tient au fait
que le contrat soit passé directement avec l'entrepreneur, puis je vous
rappelle que celui-ci doit faire... répondre à une soumission sur prix la
plupart du temps. Et s'il demande plus à son professionnel, forcément, plus que
le minimum qui est exigé, il va être un peu plus cher que l'autre qui va... qui
ne le demandera pas, et c'est là qu'est le risque. Et c'est la raison pour
laquelle, encore une fois, on considère que les avantages du contrat passé
directement avec l'entrepreneur et le... via le... au professionnel sont
moindres que les avantages de continuer le système actuel, qui est de continuer
avec le donneur d'ouvrage, qui est le client et le propriétaire comme les
autres législations font.
M. Boulet : Merci et à
bientôt.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et
j'entends la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Corriveau, M. Desparois et M. Dumont,
merci pour votre présentation. Et j'ai bien écouté avec beaucoup d'attention
vos échanges avec M. le ministre. Je vais justement donc continuer sur cette
même lancée sur la question, donc, du risque de conflit d'intérêts que vous
avez soulevée à plusieurs égards en ce qui a trait à ce que... au fait, là, que
l'entrepreneur soit celui qui conclut le contrat. Vous avez dit, qui, je pense,
M. Dumont, que l'objectif pour vous, c'était de créer les conditions
favorables pour que, donc, les normes, là, éthiques, donc ne soient pas
enfreintes.
Vous avez dit, donc, que les autres
législations, c'est le donneur d'ouvrage, mais là vous avez parlé, précisément,
dans votre mémoire, de la Colombie-Britannique. Je comprends que c'est comme ça
ailleurs au Canada aussi. Je vous vois hocher de la tête. Ici, bon, le projet
de loi, donc, est neutre sur le plan du type de bâtiment, mais, dans le fond,
on sait, dans le milieu, il y a déjà des inspections dans d'autres...
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Bien, neutre, le
ministre me parle, là, en même temps que je vous adresse, en disant : Non,
non, il couvre... il couvre tout. Ce qu'on comprend, là, c'est que dans les
secteurs, dans le secteur non résidentiel, en fait, c'est le donneur d'ouvrage,
là, qui le donne, parce qu'il y en a déjà, des inspections, puis c'est comme ça
que ça fonctionne. Donc, pour vous, outre le fait, puis peut-être que vous
pouvez préciser quelles sont les autres législations, les autres juridictions
qui ont, donc, cette même précision, donc, dans leur législation. Et d'autre
part, bien, nous dire comment ça se passe dans les autres secteurs d'activités
dans le secteur de la construction.
• (12 h 10) •
M. Corriveau (Pierre) : Avant
de passer la parole à Sébastien, je voudrais juste mentionner la surveillance
dont on a parlé tantôt, ce n'est pas nécessairement les autres que le
résidentiel, c'est tous les projets qui sont faits par le gouvernement du
Québec sont des projets surveillés...
M. Corriveau (Pierre) : ...alors
ça nous exclut, là, de, mettons... la plupart des projets industriels, des
éléments comme ça. Sébastien.
M. Desparois (Sébastien-Paul) : Oui,
bonjour. Merci, Mme la députée. Votre question est très pertinente. Ailleurs au
Canada, on va assumer les activités, on va les assimiler, les activités de
surveillance, à ce qu'on appelle en anglais, là, «contract administration»,
donc l'administration du contrat entre le client propriétaire et
l'entrepreneur. Ça fait qu'il y a donc cette culture-là que l'architecte ou le
professionnel qui effectue la surveillance agit comme arbitre pour s'assurer
que ce qui est construit est conforme au contrat de construction, lequel
contient les plans et devis.
Au Québec, il est coutume que le
professionnel qui fasse la surveillance soit engagé par le client. Donc,
d'avoir un entrepreneur qui engagerait un architecte pour la surveillance, on
serait, là, en rupture avec les us et coutumes de l'industrie.
Donc, nous, ce qu'on prône, bien, d'une
part, c'est une compatibilité avec l'industrie, mais aussi un mécanisme pour
s'assurer qu'un professionnel qui vient agir, le rempart, là, dans une logique
contractuelle entre... client propriétaire qui demande une construction par un
entrepreneur.
Mme Cadet : Merci. Puis, oui,
effectivement, c'était ma compréhension que... bon, que les chantiers publics
du gouvernement du Québec sont déjà surveillés et que c'est le donneur
d'ouvrage qui le fait, donc, dans ces cadres-là.
Donc, vous nous préciser qu'en fait, donc,
ici, ce qui est précisé, donc, à l'article 16 amené par l'article deux du
projet de loi, donc, ce sera sans rupture complète avec ce qui se fait déjà
ici, non seulement avec ce qui est déjà prévu dans les autres juridictions
canadiennes, mais aussi ce qui est fait au Québec, sachant que le projet de loi
couvre tout... bien, donc... couvre donc, ici, donc, tous les types de
bâtiments.
Vous avez aussi mentionné... si j'ai bien
compris, là, je pense que vous faisiez référence, un peu plus tôt, à la
disposition du troisième alinéa de l'article 16 : «L'entrepreneur ou le
constructeur propriétaire ne peut entreprendre de travaux de construction à
moins d'avoir conclu un tel contrat. C'est à ça que vous faisiez référence un
peu plus tôt, quand vous nous disiez : Bien là, ça risque d'occasionner
des délais?
M. Corriveau (Pierre) : Oui.
C'est-à-dire que, s'il n'a pas... et merci de le mentionner, s'il n'a pas
encore son contrat, l'entrepreneur, il ne peut pas confirmer qu'il a... parce
qu'on ne sait pas qui sera l'entrepreneur adjudicataire du projet. Donc, on ne
peut pas aller chercher un permis de construction tant et aussi longtemps que
le contrat n'est pas passé avec l'entrepreneur. Or, très souvent, pour réduire
les délais, sitôt que nous avons les plans et devis complétés, en même temps
qu'on amorce le processus d'approbation, parce qu'il y a très souvent des
processus d'approbation, d'approbation, et de soumission, et de
réapprobation... pendant qu'on fait ces processus-là, on demande le permis
directement à la municipalité. C'est le client qui va, à ce moment-là, déposer
la demande de permis. Et, quand l'entrepreneur est sélectionné, il a
immédiatement son permis puisque la municipalité a eu le temps de l'émettre.
Or, si on attend qu'il soit choisi et
qu'il ait pris entente, bien, généralement il va l'avoir prise au sein même de
sa soumission... Et c'est un autre cas d'espèce, là, où on vient créer le bris
de continuité des services architecturaux, c'est-à-dire que, s'il doit le faire
dans son temps de soumission, bien, il a été obligé de prendre ses propres
professionnels, la plupart du temps, et donc ce ne sera pas nécessairement ceux
qui ont fait les plans et devis qui vont faire la suite de la surveillance. Et
donc on part avec quelque chose qui a... qui s'appelle un bris de service, là,
un bris de continuité, en ce que la personne qui fait la surveillance, si elle
doit apporter une modification aux plans et devis initiaux, va apporter cette
modification sans tout le bagage de réflexion qui a été initiée par les
échanges, programmes, et les échanges entre les besoins du client, et les
possibilités du chantier, et tout ça fait qu'il faut reprendre en
partie ce
travail-là pendant le chantier. Donc, il peut y avoir, même, à cause de ce
processus-là, de bris de continuité de services, des délais qui sont imputables
à cette décision-là.
Encore une fois, on ne voit pas, nous,
la... suffisamment de raisons, puis, en fait, on ne comprend pas vraiment non
plus la raison initiale, là, qui fait qu'on passerait le contrat directement
avec l'entrepreneur pour la surveillance. Sébastien, Jean-Pierre. Pardon.
Mme Cadet : ...
M. Desparois (Sébastien-Paul) : J'ai
envie de vous laisser poser votre question et on en complétera au besoin.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
Bien, en fait, M. Corriveau, donc, vous nous avez un petit peu amené, donc, sur
votre recommandation six, ici, au niveau, donc, des plans et devis. Parce qu'en
fait la question que je me posais, c'est qu'en fait, s'il y a... Vous demandez,
donc, de «spécifier que l'attestation de conformité doit viser la conformité
aux plans et devis en plus de celle au code». Le ministre, donc, nous a
répondu, plus tôt, que, donc, ce serait possible. là, que l'entrepreneur, donc,
pourrait conclure le contrat, puis aussi inclure la conformité aux plans et
devis, parce que ce serait une des normes, donc, minimales. Mais, en fait,
sachant que...
Mme Cadet : ...le
propriétaire... pourrait lui-même, donc, conclure ce contrat-là, dire :
Bien moi, je veux une surveillance quant aux plans et devis. Si ce n'est pas
inclus au projet de loi, est-ce que vous pensez qu'il y aurait plus, donc, de
risques de litige... en fait, donc, ça créerait plus de confusion ou plus
d'incertitude de ne pas l'inclure puis de laisser ça, en disant : Bien, de
toute façon, c'est minimal, donc, chaque personne pourra le vérifier comme il
le souhaite et ajouter à son gré des dispositions de conformité
supplémentaires?
M. Corriveau (Pierre) : C'est
exactement la compréhension que l'on en a, mais je... Voilà.
Mme Cadet : Mais, je pense,
M. Desparois, vous vouliez ajouter, oui.
M. Desparois (Sébastien-Paul) : Merci.
Oui, tout à fait. Bien, si je peux me permettre de compléter. Effectivement,
c'est sûr que la Régie du bâtiment a juridiction sur la conformité des
constructions. Par rapport à des plans et devis, ça vient enchâsser plein
d'autres besoins du projet. Donc, une conformité aux plans et devis peut venir
s'assurer, en fait, qu'il y a une protection réelle de l'investissement du
propriétaire, là, qui a commandé ces plans et devis là. On peut enchâsser aussi
la conformité à des programmes de certification, des enjeux de qualité, de
performance. Donc, les plans et devis sont infiniment plus englobants. Et, au
niveau du préjudice qui pourrait être subi par un client, mais une conformité
seulement... c'est-à-dire au cas des... c'est bien, mais ça n'apparaît pas
suffisant du point de vue des préjudices globaux qui pourraient être subis.
Mme Cadet : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...secondes.
Mme Cadet : Ah! mon Dieu,
déjà! On prévoit beaucoup de choses, donc, par règlement, dont le fait que la
régie pourrait prévoir d'autres professionnels, d'autres organismes. Est-ce que
vous en voyez d'autres qui devraient peut-être être mis directement dans la
législation?
M. Dumont
(Jean-Pierre) : Sur ce plan... Pierre...
M. Corriveau (Pierre) : Non,
vas-y, vas-y!
M. Dumont
(Jean-Pierre) : C'est ça. Sur ce plan-là,
ça fait
partie de nos inquiétudes par rapport au projet de loi de laisser à la
réglementation le soin de définir d'autres professionnels. Alors, c'est une
mise en garde qu'on indique dans notre mémoire également.
M. Corriveau (Pierre) : ...autres
professionnels.
M. Dumont (Jean-Pierre) : Oui, c'est ça, à toute autre personne, c'est ça,
exactement. Nous, on a...
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus de temps, peut-être, vous pourrez continuer à la fin, mais on a plus
de temps. Je m'excuse, on a déjà 10 secondes passées. Je m'excuse. J'essaie de
régler le temps.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition. Alors, j'entends le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, mais je
laisserais peut-être terminer monsieur, il était dans une belle lancée.
M. Dumont
(Jean-Pierre) : Oui, merci beaucoup. Très,
très rapidement, en fait, nous, on prend comme prémisse qu'il va y avoir
respect des lois professionnelles, c'est une.... c'était notre lecture.
Maintenant qu'on le lit à la lettre, on se rend compte que «architecte ou
ingénieur ou une autre personne», ça, maintenant, il y a un doute ici, puis on
ne veut surtout pas que, bien entendu, on puisse arriver à enfreindre les lois
professionnelles par un règlement de la régie. Donc, il faut savoir que, dans
le milieu, les architectes surveillent les travaux d'architecture, les
ingénieurs surveillent les travaux de génie dans chacune de leurs catégories,
et les technologues professionnels, par délégation, par autorisation
réglementaire, surveillent également les travaux. Alors, c'est important de
maintenir cet équilibre-là.
M. Leduc : Merci. Bien,
bonjour à vous trois. Content de vous avoir ici. Dans le fond, j'aimerais
peut-être vous entendre sur l'échange qu'on a eu précédemment, je ne sais pas
si vous avez eu l'occasion de l'écouter, avec Me Thibaudeau, qui se
positionnait en défaveur de toute la
partie sur les amendes qui allaient être
imposées. Peut-être, c'est un petit peu moins votre domaine ou ça vous touche
un peu quand même, est-ce que vous avez un commentaire par rapport à ça?
M. Corriveau (Pierre) : De
mon point de vue, honnêtement, on n'a pas analysé le projet de
loi sur ces
facettes-là de façon très, très précise. Ce que l'on peut dire, c'est qu'on
apprécie beaucoup qu'il y ait un meilleur contrôle... non pas des
entrepreneurs, mais bien du système de la construction, que ce contrôle-là ne
peut qu'être bénéfique. Mais peut être que tous les moyens... Je laisse les
entrepreneurs discuter spécifiquement, parce qu'eux autres connaissent mieux
les tenants et aboutissants de ces paramètres-là. Mais, de façon générale, la
professionnalisation, excusez le terme, mais l'augmentation des compétences des
entrepreneurs, comme celles des professionnels d'ailleurs, est toujours
bénéfique.
M. Leduc : C'est parfait.
M. Corriveau (Pierre) : Et
Sébastien voulait...
M. Leduc : Oui, allez-y.
• (12 h 20) •
M. Desparois (Sébastien-Paul) : Oui,
merci. Bien, si je peux me permettre, en effet, il y a plusieurs dispositions
réglementaires, notamment, le Code de sécurité qui vient donner des
responsabilités au propriétaire de l'ouvrage. Donc, ça nous apparaît plus...
peut-être plus cohérent, là, parce que le propriétaire étant celui qui doit
être protégé d'un éventuel préjudice. Donc, la question des pénalités aux
entrepreneurs...
M. Desparois (Sébastien-Paul) : ...éventuellement,
c'est moins. C'est moins l'objectif de notre prise de position, mais on est
favorables à une responsabilisation du propriétaire dans la conformité du
bâtiment.
M. Leduc : Combien de temps,
M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : 20 secondes.
M. Leduc : Bien, on va vous
dire merci, on va passer au prochain appel. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons maintenant du côté du député de Jean-Talon pour 2 min 12 s.
M. Paradis : Merci. Vos
commentaires sur le potentiel conflit d'intérêts dans le cas où c'est
l'entrepreneur qui est responsable de passer un contrat de surveillance me
paraissent extrêmement intéressants. Maintenant, j'aimerais ça l'analyser du
côté du propriétaire ou du futur propriétaire d'une maison unifamiliale, là,
qui en a déjà beaucoup sur sa table de travail quand il fait construire, puis
c'est compliqué, puis là tu ne connais pas ça, puis là on te dit : Oui,
mais là c'est toi qui dois passer le contrat de surveillance. Et je le mets
tout de suite en lien avec la deuxième question, je vais vous les poser
ensemble parce c'est un peu la même chose, très intéressant ce que vous dites
sur le plan de surveillance, qui ne doit pas être trop standardisé, modulable,
mais là, encore une fois, le futur propriétaire qui, lui, ne connaît pas ça, tu
sais, il a plus de chance peut-être de ne pas aller là où il devrait aller.
Alors, comment vous conciliez ça, ces points très légitimes, mais avec la
difficulté pour les gens qui sont tout seuls face à plein d'experts de gérer
déjà la construction?
M. Corriveau (Pierre) : Écoutez,
je peux vous dire que votre question est extrêmement intéressante, parce
qu'elle pointe quelque chose, c'est que vous êtes allé chercher un exemple de
la maison privée par un petit propriétaire, etc. Et les problèmes, je crois,
que l'on tente de régler aujourd'hui sont ceux des multiplex, des projets d'un
peu plus grande taille. Et on les gère avec cette mentalité du petit
propriétaire que l'on veut tous protéger, mais il faut que le projet de loi
soit plus généralisé puis prenne en compte des constructions d'une beaucoup
plus grande ampleur, puisque les cas problèmes les plus médiatisés puis ceux
que l'on cherche à régler rapidement, là, sont un peu là, là. Tu sais, quand
on... je ne nommerai aucun projet, mais on a des scénarios d'horreur en tête
quand on parle de ces projets-là, c'est eux qui doivent être réglés. Il ne
s'agit pas ici du petit propriétaire qui construit son unité à lui, il s'agit
d'un propriétaire qui va acheter l'unité construite par quelqu'un d'autre. Et
c'est là que l'on veut que le quelqu'un d'autre en question ait été un peu
mieux défini. Sébastien, Jean-Pierre, oui.
M. Desparois (Sébastien-Paul) : Oui.
Un grand merci. Votre question est très pertinente, hein, ça pose aussi la
question, là, des bâtiments qui sont assujettis ou pas à une loi
professionnelle. La maison individuelle, unifamiliale, là, jusqu'à une certaine
limite, souvent, il n'y a pas d'architecte là-dedans. C'est là où un régime
d'inspection peut être intéressant. Et là où le projet de loi est muet, c'est
sur le type de bâtiment qui va être assujetti à l'un ou à l'autre. Et
l'inquiétude de l'ordre, c'est d'amalgamer les deux. Donc, dans certains
contextes, un régime d'inspection pourrait être jugé suffisant, on n'est pas là
ce matin pour en débattre, mais le projet de règlement qui sera déposé...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Desparois (Sébastien-Paul) : ...devra
clarifier cet élément-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Nous avons déjà passé un petit peu de temps. Alors, nous allons
maintenant du côté du député de Saint-Jérôme pour le même temps, 2 min 12 s.
M. Chassin : Merci, M. le Président. Alors, bonjour à vous. Vous avez,
dans votre présentation, si je ne m'abuse, mentionné, à un moment donné, que ça
permet, ce projet de loi, d'aller davantage dans les bonnes pratiques des
chantiers de construction dans le secteur public, de pouvoir, dans le fond, là,
les adopter puis les émuler. Évidemment, vous m'avez fait peur en parlant de
ça, parce qu'en général les constructions dans le secteur public sont longues,
sont coûteuses, et, évidemment, vous comprenez qu'elles sont de très grande
qualité, mais il y a d'autres facteurs qui jouent aussi. Est-ce que vous
trouvez que c'est... Peut-être, vous voulez préciser vos commentaires
là-dessus?
M. Corriveau (Pierre) : Oui,
c'est-à-dire qu'on s'était... on a parlé de s'inspirer de ces méthodes-là,
c'est-à-dire de s'inspirer des méthodes déjà en place pour créer un système qui
est adapté aux besoins actuels. C'est clair que tous les donneurs d'ouvrage
n'ont pas nécessairement la même infrastructure décisionnelle, gestionnaire, de
gestion que l'ensemble des ouvrages d'ouvrage potentiels et qu'ils n'ont donc
pas la capacité d'arriver avec une forme de lourdeur. Mais les systèmes, les
rouages en place ne sont pas lourds en soit.
M. Chassin : Mais justement, de s'en inspirer, parce que le ministre
dit, ça, c'est un peu minimal, en quelque sorte. Est-ce que vous considérez,
par exemple, que la régie, qui a un pouvoir, dans le règlement, là, de définir
quels seront les types de bâtiments assujettis, est ce que vous considérez
qu'il doit y aller d'abord peut-être plus ciblé ou est-ce que vous êtes plutôt
de l'opinion d'y allez largement?
M. Corriveau (Pierre) : Très
rapidement là-dessus, parce qu'il nous reste peu de temps, dans le mémoire
introductif déposé par le gouvernement du Québec, il y est clairement indiqué
que...
M. Corriveau (Pierre) : ...on
veut y aller progressivement. Et, pour être très honnête, je pense que c'est la
meilleure des solutions. Il faut laisser le temps à l'industrie de s'adapter.
Cette surveillance des travaux généralisée que l'on souhaite obtenir à terme,
si elle arrivait demain matin, pourrait devenir problématique. C'est drôle
parce qu'on a eu cette conversation en 2019. J'étais en présentiel à ce
moment-là, mais... où on avait posé cette question-là sur le fait : Est-ce
qu'on doit le faire partout, immédiatement ou par étapes? L'intention du
gouvernement à l'heure actuelle est de le faire par étapes, aller vers le plus
urgent pour aller ensuite vers la généralité.
M. Chassin : Merci beaucoup.
M. Corriveau (Pierre) : Je...
On est d'accord avec ça.
M. Chassin : Bien gentil.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour votre présentation. Alors, ce qui met un terme à nos travaux de
ce matin.
Nous revenons cet après-midi après la
période de questions, environ vers 16 h 05. Merci. Bon dîner à tout
le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 26)
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16 h (version non révisée)
(Reprise à 16 h 08)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux. Je vous rappelle que nous poursuivons les consultations particulières
et auditions publiques sur le projet de loi n° 76, Loi visant
principalement à accroître la qualité de la construction et la sécurité du public.
Alors, cet après-midi, nous recevons l'Ordre
des ingénieurs du Québec, la Corporation des