Labour and the Economy — 27 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CET 2017-04-27

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 27 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CET 2017-04-27

Quebec — Committees

(Onze heures vingt minutes)

Président (M. Busque) :

Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de

bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.

La commission

est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires

du volet PME, innovation, productivité, exportations du portefeuille Économie,

Science et Innovation pour l'exercice financier 2017-2018.

Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?

La Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. LeBel (Rimouski) est remplacé par Mme Jean (Chicoutimi).

Président (M. Busque) :

Merci, Mme la secrétaire. Alors, puisque nous avons débuté nos travaux à

11 h 20, et une période de deux heures doit être consacrée à l'étude

de ces crédits ce matin, est-ce que j'ai le consentement pour poursuivre nos

travaux au-delà de l'heure prévue, soit 13 h 20?

Des voix : Consentement.

Le Président (M. Busque) : Merci.

Alors, comme nous n'avons pas de remarques préliminaires, je suis dès maintenant

prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition

officielle. Alors, Mme la députée de Chicoutimi, la parole est à vous.

Jean : Merci, M. le Président. Alors, bonjour à tout le

monde, bonjour, Mme la ministre, bonjour, collègues du gouvernement, collègues de la deuxième

opposition, il me fait plaisir d'être

avec vous ce matin à cette étude de crédits.

La première

partie d'échange porterait sur l'exportation.

Ce matin, on avait une nouvelle d'un déclin de l'exportation de 3,2 % par

rapport à 2016, par rapport à l'année précédente, ce qu'on a aujourd'hui, ce qui est quand même alarmant. Et je me demandais

comment on peut s'expliquer cette baisse-là, d'autant plus que le dollar va

bien.

Est-ce que, selon la ministre, c'est l'effet

Trump? Comment elle s'explique qu'une baisse de l'exportation des produits québécois

puisse arriver à ce moment-ci?

Le Président (M. Busque) : Alors, Mme

la ministre.

Anglade : Bien, écoutez,

premièrement, il y a toujours des variations importantes d'un mois à

l'autre. Ce que l'on constate dans

les exportations, c'est que, si on regarde l'année précédente, il y avait

des baisses qui étaient importantes au

début de l'année, il y a eu un rattrapage en septembre, octobre, novembre,

décembre. Là, on constate effectivement deux mois où il y a eu une baisse. On ne peut pas expliquer d'un mois

à l'autre les variations. Ce qu'on peut faire, par contre, c'est de nous

assurer qu'on ait réellement un plan de match pour répondre à la situation des

exportations.

Dans ce qui a

été annoncé au mois d'octobre dernier, nous avons déployé... Et, M. le Président, je veux juste... je n'ai pas

l'habitude encore de faire... d'échanger avec la députée de Chicoutimi,

alors je veux juste m'entendre : Est-ce qu'elle préfère que je donne des réponses courtes pour pouvoir échanger

ou bien est-ce que j'élabore davantage? Alors, je veux juste qu'elle me donne une indication, parce que je pourrais parler

de la stratégie des exportations puis rentrer dans le

détail de ça, mais je veux juste m'assurer que vous ayez le temps nécessaire,

donc.

Le Président (M. Busque) : Alors, Mme

la députée.

Mme Jean : Bien, je préfère des

réponses courtes, effectivement, aller au vif du sujet.

Mme Anglade : O.K. Alors, ce que je

dirais, c'est que c'est vraiment la stratégie... Ce qu'il faut voir dans le lancement de la stratégie en octobre 2018,

c'est une volonté d'être beaucoup plus agressif sur les marchés. Et évidemment

on pourra entrer dans le détail de cette stratégie,

c'est sûr que ça va porter fruit à terme. On est en train d'embaucher

les nouvelles personnes aux États-Unis

pour augmenter les exportations. Donc, justement, on veut les promouvoir davantage.

Le Président (M. Busque) : Alors,

merci, Mme la ministre. Mme la députée de Chicoutimi.

Mme Jean : Oui, merci. Je comprends, des fluctuations de

mois en mois. Il reste quand même un constat que les exportations ont

diminué de beaucoup et ont diminué de beaucoup principalement vers les États-Unis

lorsque notre dollar est fort.

sais aussi qu'on a une panoplie, déjà, de programmes qui existent, il y en a plusieurs,

il n'y en a pas seulement qu'un. Il y a

la stratégie qui a été déposée, mais il y a

plein de programmes, il y

a une panoplie de programmes

qui existent.

J'aimerais

savoir si, au gouvernement, il y a une analyse de l'efficacité de ces programmes-là,

puisqu'on... et on doit constater que

le résultat n'est pas là, depuis deux ans on est en baisse au niveau

des exportations. Il y a des programmes qui existent. Est-ce que le gouvernement fait l'analyse de ces programmes-là

par rapport à ce qu'ils coûtent et par rapport à ce qu'ils rapportent?

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la députée. Alors, Mme la ministre.

Anglade : Alors, bien sûr

qu'il y a des analyses qui sont faites par rapport aux programmes, et c'est ce qui a conduit justement à la

stratégie des exportations qui a été lancée au mois d'octobre dernier.

Ce qu'il faut

comprendre, c'est que les choses évoluent sur les marchés étrangers, et il faut

que notre système d'accompagnement pour les exportations soit plus approprié. Et ce que je veux dire par

là, c'est que, plutôt que de faire des exportations, de viser des marchés, de viser des zones

géographiques, c'est de le faire par marchés. Ce que j'entends par là, puis je donnais l'exemple

la dernière fois, de dire, si, par

exemple, il y a

un hôpital qui se construit au Texas, est-ce qu'on peut se retourner vers le Québec

et voir à ce que des technologies médicales puissent pénétrer ce marché-là,

mais aussi, par exemple, de l'agroalimentaire pour cet hôpital ou bien du

matériel de construction pour cet hôpital? Donc, c'est de se retourner, de trouver vraiment,

pour les exportateurs, quel est le marché cible que l'on veut atteindre spécifiquement.

s'est dotés, dans la stratégie, d'un indicatif très pointu pour les

exportateurs. Si on regarde les dernières années, les exportations à l'international, finalement, aux États-Unis, ont crû. En moyenne, les exportateurs croissent

de 5 % au niveau de leurs ventes à l'international. On veut

accompagner 4 000 entreprises

pour qu'elles connaissent une croissance importante, de 10 % en moyenne. Donc, c'est ce que l'on souhaite

faire. Et c'est d'ailleurs pour cela, donc, qu'il y a eu ce lancement de la stratégie exportation. Donc, quand

vous me dites : Est-ce qu'il y a eu des programmes qui ont été

revus, analysés, revisités?, bien, c'est ce

qui a permis de faire, justement, le changement de cap avec la stratégie des

exportations.

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée Chicoutimi.

Jean : Intéressant comme réponse. J'entends effectivement qu'il peut y

arriver, par exemple, qu'il y ait une construction

d'hôpital et que ça demande des équipements médicaux. Je sais... ou j'ai

entendu parler qu'il était extrêmement difficile

pour les PME d'être accréditées pour pouvoir vendre justement dans le système

médical, dans le système de santé québécois. Et on sait qu'une PME qui

pourrait avoir accès justement à un marché local, donc le marché québécois du système de santé, pourrait certainement aider

ensuite à favoriser l'exportation, parce qu'on comprend qu'une

entreprise, une PME, qui peut avoir un

client important dans le monde médical ici, au Québec, pourrait peaufiner le

produit, s'assurer que ça fonctionne et aussi avoir un premier client

crédible, ce qui fait que, lorsqu'elle se retrouve à l'exportation, ses chances

de pouvoir vendre à l'exportation sont maximisées.

Or, est-ce qu'il y a

actuellement du travail qui se fait entre le ministère du Développement

économique et le ministère de la Santé pour

que, justement, on puisse éliminer les barrières d'accès que nos entrepreneurs

ont actuellement pour accéder à ce marché-là? Est-ce qu'il y a des

démarches qui sont faites actuellement là-dessus?

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Alors, Mme la ministre.

Mme Anglade :

Honnêtement, c'est une excellente question, parce qu'elle met le doigt sur un

des enjeux importants que nous avons, qui est de faire en sorte qu'on est

capables d'exposer nos technologies, d'être la vitrine, finalement, de ce que nos petites entreprises peuvent démontrer dans le

domaine médical. Or, vous avez raison de dire qu'actuellement nous

n'avons pas cette flexibilité-là. Alors, votre question, c'est : Est-ce

qu'il y a des démarches? Dans les prochaines

semaines, on va parler du lancement de la stratégie des sciences de la vie. Et

les sciences de la vie, justement, il

y a eu beaucoup de réflexions dans les discussions par rapport à ce point-là.

Et ce que je peux vous dire, sans dévoiler le tout, c'est qu'il faut

absolument qu'il y ait un arrimage entre le ministère de la Santé et le

ministère de l'Économie pour qu'on puisse

avoir ces entrepreneurs qui aient... je ne dirais pas... je dirais peut-être,

pignon sur rue, jusqu'à un certain

point, pour pouvoir démontrer leurs technologies, qu'on puisse agir comme

vitrine technologique. Je pense que le rôle

d'un gouvernement, c'est, entre autres, d'être capable d'agir et de démontrer

les technologies pour que ces entreprises-là puissent émerger à

l'international.

Le Président (M.

Busque) : Alors, merci, Mme la ministre. Mme la députée.

Jean : Oui, merci. Je comprends effectivement ce que la ministre

annonce au niveau des sciences de la vie et les sciences à ce niveau-là. Et, au Québec, on a effectivement des

entreprises qui développent des technologies de haut niveau. Et moi, je parle plus des produits qui

seraient accessibles dans le réseau de la santé québécois. Je comprends

qu'on peut dire : Faire une vitrine.

Faire une vitrine, c'est une chose, c'est-à-dire qu'on démontre une

technologie, mais ça ne veut pas dire

qu'elle est implantée dans le réseau. C'est deux choses très... vraiment

différentes. En tout cas, dans la vie des entreprises, c'est une chose vraiment différente. Intéressant d'avoir

une vitrine, mais encore plus intéressant d'avoir des implantations dans

le réseau.

Est-ce que, dans les négociations, les

discussions, on va parler justement de permettre de favoriser

l'implantation des produits québécois dans le réseau de la santé québécois?

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.

Anglade : D'accord. Dans le budget qui a été présenté, on a parlé d'un

bureau de l'innovation qui va voir le jour. Donc, quand je faisais

référence aux vitrines, je parlais du bureau d'innovation. Mais l'objectif de

ce bureau de l'innovation, c'est quoi? À

moins que vous me parliez de produits courants, moi, je parle de produits

novateurs que l'on veut rentrer. À moins que vous me parliez de...

Mme Jean :

En fait, je vous parle des deux.

Mme Anglade :

O.K. Alors, moi, je vais vous répondre vraiment sur les produits novateurs,

parce que c'est là-dessus qu'on a misé

particulièrement. L'objectif d'avoir un bureau de l'innovation, c'est qu'on

soit en mesure de tester la valeur de

la technologie ou du produit pour ensuite, bien sûr, retourner et l'implanter

dans l'appareil gouvernemental. Parce

qu'ultimement, si le produit est meilleur, s'il a été testé, comment on est

capables de le déployer? Et le

meilleur moyen de le faire, c'est de le

faire évidemment avec le ministère

de la Santé, au sein même du ministère de la Santé. Donc, l'objectif

ultime, ce serait vraiment de le faire déployer au sein du ministère.

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la ministre.

Jean : Absolument. Donc, je ferais juste un conseil là-dessus :

d'étendre effectivement la politique non pas seulement aux technologies en devenir et celles qui sont porteuses

aujourd'hui, ce qui est très intéressant, mais aussi les produits qui sont disponibles, que nos

entrepreneurs actuellement vendent à l'extérieur, mais qu'ils vendent

difficilement dans notre propre système de réseau, et je pense qu'il y aurait

du travail à faire là-dessus pour que ça puisse se faire.

Anglade : Et là j'ai juste une question pour... j'ai une question pour

vous, quand vous dites ça. Je veux juste bien comprendre. Dans les produits... les produits auxquels vous faites

référence ne sont pas nécessairement de nouvelles technologies, ce

serait pour déplacer à l'intérieur de l'appareil gouvernemental des produits

non québécois? Est-ce que c'est...

Mme Jean :

Ce serait pour que, dans les appels d'offres, lorsque c'est nécessaire, les

barrières qui existent actuellement... j'ignore actuellement lesquelles

barrières, mais il y a des barrières qui existent actuellement pour les

manufacturiers des producteurs de produits médicaux québécois pour entrer dans

le système de réseau de la santé québécoise,

donc, l'idée, c'est de pouvoir travailler avec le ministère de l'Économie pour

faire diminuer ces barrières-là qui empêchent ou qui nuisent à l'entrée

des produits québécois dans le réseau de la santé.

Je vous amènerais sur

un autre domaine, parce que je sais que les minutes passent allègrement. Oui,

il y a des politiques au niveau de

l'exportation, il y a la Stratégie québécoise en exportation qui a été déposée

en octobre dernier, et autre chose

aussi. Souvent, ces stratégies-là incluent des supports, autant à la grande

entreprise qu'à la PME. J'aimerais savoir :

Est-ce qu'on est capable de savoir les pourcentages de montants ou les montants

d'argent qui sont consacrés à la PME

versus les montants qui sont consacrés à la grande entreprise? Parce qu'on

s'entend que la grande entreprise, c'est une chose, et des montants peuvent paraître faramineux, mais il est

important de savoir à quel point le gouvernement fait son effort pour

directement les PME, qui sont les entreprises à supporter principalement.

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la députée. Alors, Mme la ministre.

Mme Anglade : Merci. Étant donné que 98 % du tissu

économique québécois est composé de PME, essentiellement l'ensemble de

l'accompagnement se fait au niveau des PME, parce que les grandes entreprises

en règle générale ont déjà accès à des

marchés d'exportation, puis ce n'est pas nécessairement là qu'on a besoin de

s'impliquer. Nous, on a besoin de s'impliquer auprès de petites et

moyennes entreprises qui veulent commencer à exporter, celles qui exportent

déjà puis qui veulent aller plus loin.

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Chicoutimi.

Mme Jean :

Oui, merci. À ce moment-là, j'aimerais ça qu'on m'explique, par exemple... Dans

la Stratégie québécoise de l'exportation qui

avait été déposée, on annonçait un montant de 536 millions dont,

là-dessus, il y avait la majeure

partie qui était déjà des sommes annoncées, il y avait 125 millions

d'argent neuf, et que, de ma compréhension de la lecture, il y avait 25 millions sur ce montant-là qui étaient

consacrés aux PME, ce qui n'est pas un gros pourcentage, en fait c'est,

quoi, moins de 20 %, autour de 20 %, 25 %. Donc, j'aimerais

savoir, dans cette stratégie-là, est-ce que mes chiffres sont exacts ou, s'ils ne sont pas exacts, quel pourcentage est

consacré à la PME. Et là je ne parle pas de l'accompagnement, je parle d'argent qui est consacré justement pour

aider les entreprises dans leurs efforts d'exportation.

Le Président (M.

Busque) : Mme la ministre.

Mme Anglade : Excusez-moi, je veux

juste comprendre, parce que là on parle de l'argent additionnel.

Mme Jean :

225 millions, oui.

Mme Anglade : Le 225 millions

additionnel. Là-dedans, il y a un montant de 88...

Jean : ...25 millions qui étaient consacrés aux PME. Donc, la

balance était consacrée à la grande entreprise.

Anglade : Non, parce que, dans le 125 millions, il y a un montant

de 88 millions qui est consacré... c'est le «patent box». Alors, la

boîte, ce qu'on appelle, là, le... elle est capable d'innover, là. Dès qu'une

entreprise investit dans les technologies,

il y a des déductions qui sont associées à ça, puis le 88 millions qui

faisait

partie du 125 dont vous parlez touche en fait les moyennes

entreprises, peut-être moins les petites entreprises, mais les moyennes

entreprises, définitivement. Mais peut-être qu'on pourrait décliner le

125 millions, si vous voulez, puis qu'on les passe un par un. On peut

faire ça également.

Le Président (M. Busque) : Alors,

Mme la députée de Chicoutimi.

Jean : Est-ce que je comprends que, dans le 88 millions, il n'y a

pas de grande entreprise qui est là-dedans, c'était seulement des PME

qui étaient incluses dans ce montant-là?

Mme Anglade : C'est essentiellement

toujours des PME qui sont visées, essentiellement toujours.

Anglade : Oui, absolument, parce que, comme je disais tout à l'heure,

les grandes entreprises n'ont pas vraiment besoin d'un accompagnement

supplémentaire.

Peut-être préciser également que, dans les

initiatives que l'on prend, il y a également le Centre de croissance accéléré qu'on a mis en place sur les États-Unis,

et là, ce n'est pas directement des petites entreprises, mais c'est plus

des moyennes qui exportent déjà que l'on veut accompagner encore plus, qui a

été mis de l'avant. Mais les petites puis moyennes, moyennes plus, qu'on accompagne, mais les

grandes entreprises ne sont pas visées directement par la stratégie des exportations.

Le Président (M. Busque) : Merci,

Mme la ministre. Mme la députée.

Jean : Merci. Il reste quand même

qu'effectivement il y a un gros effort à faire avec l'exportation

américaine, parce qu'avec des baisses de

3,5 % d'exportation pour 2016 il n'y a pas de quoi être fier. Il y a des

efforts à faire là-dessus. Et on

constate que, les efforts qui ont été faits jusqu'à maintenant, il faut croire

qu'ils n'ont pas porté fruit, parce que ce n'est pas un bilan reluisant.

Je vous amènerais pour... en ayant les réponses

aux questions qu'on a posées, le programme PerforME, qui remplace le programme des gazelles qui avait été

initialement proposé, il y a un comité national qui existe pour analyser

les mises... les candidatures ou les projets qui sont déposés. Ce comité-là a

eu six rencontres. Dans ce que j'ai compris, il

y a eu 196 candidatures, appelons ça comme ça, de déposées, il y a eu

196 projets de candidature de déposés et il y a eu 196 projets qui ont été considérés comme

prioritaires. J'aimerais qu'on m'explique comment toutes les candidatures

qui sont déposées deviennent prioritaires?

Le Président (M. Busque) : Merci,

Mme la députée. Mme la ministre.

Anglade : Vous faites référence donc à la stratégie PerforME, et la

stratégie PerforME relève de la ministre qui est responsable spécifiquement des PME puis de l'Allègement

réglementaire, c'est Lise Thériault. Donc, il faudrait que je laisse ma

collègue répondre spécifiquement à cette question-ci.

Le Président (M. Busque) : Merci,

Mme la ministre.

Anglade : Elle a une période de crédits qui touche spécifiquement à ce

volet-là. Il y a une période de crédits assumée par la ministre Lise

Thériault, c'est la semaine prochaine.

Mme Jean : ...pour ça, là.

Mme Jean : On est ici pour ça,

les...

Le Président (M. Busque) : Oui, Mme

la ministre.

Mme Anglade : Si vous regardez les

périodes de crédits, elles sont divisées de différentes manières. Il y a la

ministre responsable de l'Allègement réglementaire et spécifiquement des PME et

du programme PerforME, et ce temps-là est alloué la semaine prochaine. Donc, ce n'est pas ce qui est

couvert ici. Je ne pourrais pas... je ne vais pas couvrir quelque chose

qui est dans la...

Mme Jean : On posera la question à

ce moment-là. Ça va aller à la semaine prochaine.

Le Président (M. Busque) : Parfait.

Merci, Mme la ministre. Alors, Mme la députée de Chicoutimi, il reste une

minute.

Mme Jean : Il reste une minute.

Mme Jean : Jeudi? En fait, ma

question portait beaucoup là-dessus. Je n'aurais pas d'autre question pour le

moment, en fait.

Le Président (M. Busque) : Oui,

parfait. Alors, on pourra prendre le temps qui reste et le transposer à votre

prochain bloc, madame.

Mme Jean : Parfait. Je vous

remercie.

Président (M. Busque) : Merci, Mme la députée. Alors, voilà ce qui met

un terme au premier bloc. Alors, pour le

deuxième bloc, je vais reconnaître la

partie gouvernementale. Alors, pour ce

faire, je vais donner la parole au député de Laval-des-Rapides.

M. Polo :

Merci beaucoup, M. le Président. Je salue également la députée de Chicoutimi,

qui s'est jointe à nous ce matin, et

je salue aussi le ton plus léger, de sa part, et plus respectueux,

contrairement à son collègue de Sanguinet. Bref, je voulais au moins que

ce soit dans les galées.

M. le

Président, j'aimerais m'adresser à la ministre, aujourd'hui pour ce premier

bloc, sur le sujet de la recherche et de

l'innovation. Lors du dernier budget, plusieurs mesures ont été annoncées sur

ce sujet-là, notamment ici, au Québec, bien sûr, mais également au

niveau canadien, et puis je pense que c'est un domaine très important. Elle a

fait différentes annonces, et c'est

important d'élaborer sur le sujet, de mieux comprendre également sa vision, ce

qu'elle attend, bien sûr, de ce domaine-là, de quelle façon le Québec

peut continuer à se distinguer et même aller plus loin dans le domaine de la

recherche et l'innovation.

Mais, comme

vous êtes familier, disons, avec mon approche, j'aimerais juste faire peut-être

une mise en contexte pour bien

présenter ma question à la ministre, si c'est possible, M. le Président. Tout

d'abord, il faut comprendre qu'au Québec

avec... puis on a élaboré sur la discussion, puis on vient d'en parler ce matin

également, l'importance d'exporter, l'importance

de se distinguer, de vendre nos produits et nos services à l'international,

l'importance de s'ouvrir, d'avoir... d'être

présents à travers les accords commerciaux, que ce soit dans le reste du

Canada, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou ailleurs, dans le

monde. Pour une économie de 8 millions de personnes où près de 50 %

de notre PIB provient des exportations, il

est de plus en plus important de rester compétitifs, non seulement... et nous

en avons bénéficié au cours des dernières

années grâce à la faiblesse du dollar canadien versus le dollar américain, mais

c'est important de miser sur notre capacité

à nous distinguer sur des questions d'innovation, sur des questions de créativité, sur les questions, bien sûr,

des produits de notre recherche, à ce niveau-là, au Québec.

Et donc, à ce

niveau-là, d'ailleurs, M. le

Président, l'un des aspects qui est

mentionné par le Conference Board, c'est

que — qui

ont fait une analyse de 26 juridictions

analysées — le

Québec se positionnait au huitième rang au niveau, justement, de l'innovation. Ceci dit, on a encore

beaucoup de défis, notamment au niveau de la commercialisation de cette

recherche, notamment au niveau de la propriété intellectuelle, également. Ma

collègue de Chicoutimi, je me rappelle, il y a à peu près un an et demi, deux

ans, on a fait une belle annonce conjointement justement dans le domaine de

l'innovation. Donc, avant sa vie politique, c'est un domaine... qu'elle s'y

connaît bien, et je suis convaincu qu'elle va élaborer d'autres questions en

lien avec le sujet de l'innovation, à ce niveau-là.

Donc, c'est

un enjeu économique très important pour l'économie québécoise. Les éléments

qu'il faut mentionner, à ce

niveau-là, d'entrée de jeu... M. le Président, quand on regarde comment que le

Québec se distingue, il se distingue notamment

au niveau de l'investissement en recherche et innovation au Québec. Par contre,

le défi particulier que nous avons à

ce niveau-là, c'est principalement au niveau de la commercialisation. Je vais

juste reprendre ici un document, M. le Président,

qui fait un peu la nomenclature des investissements annoncés lors du dernier

budget, notamment. Par exemple, au niveau

des fonds de recherche — et je pense qu'on a le scientifique en chef qui est avec nous ici,

M. le Président — c'est plus de 180 millions de dollars

additionnels sur cinq ans qui ont été annoncés en soutien aux fonds de

recherche.

J'aimerais, si

c'est possible, avant de poser ma question directement à la ministre, demander

peut-être le consentement de mes

collègues pour — parce

que nous avons le bénéfice d'avoir le scientifique en chef avec nous,

c'est une personne qui joue un rôle très

important, justement, pour rassembler, mobiliser les forces vives du domaine de

la recherche au Québec — peut-être l'entendre, pour commencer, sur

justement son rôle, le travail qui se fait au niveau des forces vives, au niveau de la recherche, et l'importance

de cette recherche-là, de ce travail qui se fait au niveau de la

recherche, et de comment... de quelle façon

la concertation et la mobilisation conjointe, justement, fait avancer le Québec

à ce niveau-là. Donc c'est, pour commencer, une première question

d'ordre général, M. le Président.

Le Président (M. Busque) : Parfait. Alors, merci, M. le député de Laval-des-Rapides. Alors, j'aimerais avoir le consentement

afin que M. le scientifique en chef puisse s'adresser...

Des voix :

Consentement.

Le Président (M.

Busque) : Oui? J'ai le consentement. Alors, je vais vous demander de

vous identifier, s'il vous plaît, monsieur.

M. Quirion

(Rémi) : Oui. Bonjour. Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec.

Merci beaucoup, M. le Président, et merci aux députés. On a été très heureux dans

le dernier budget du gouvernement

du Québec. L'augmentation qui a été mentionnée, de 180 millions de dollars

sur cinq ans, va permettre vraiment des investissements significatifs dans des grands secteurs, dans

trois grands secteurs essentiels pour l'économie du Québec de

demain.

Le premier, la

relève, la formation de la prochaine génération de chercheurs, d'entrepreneurs.

Donc, ça, c'est un bloc d'environ 40 %.

Des budgets devraient être dédiés à la relève, et, bien sûr,

c'est l'excellence. Nous, les bourses, c'est

toujours des bourses d'excellence. Ce qu'on veut ajouter

dans le volet, ici, c'est vraiment des formations en milieu de pratique, alors davantage d'opportunités pour

nos jeunes étudiants, dans les collèges et les universités, d'avoir des

stages en milieu de pratique. Ça existe déjà, mais on pourrait en avoir plus.

Et on veut élargir aussi les stages en milieu de pratique, oui, dans le milieu industriel, dans le milieu privé, mais aussi dans les OBNL,

tout ce qui est l'innovation sociale, par

exemple, qui est très, très

important. Et le Québec a des forces dans ce secteur-là. Donc, je pense

qu'on a beaucoup à faire, et il y a beaucoup d'intérêt de la part des

étudiants.

L'autre grand volet,

c'est des programmes d'infrastructure, donc des grands réseaux de recherche,

des grands centres de recherche à travers le Québec, dans tous les secteurs,

que ce soient des sciences sociales, des sciences humaines, de l'art, de la culture, de différents types de génie, de

sciences pures, de mathématiques, d'intelligence artificielle et, bien

sûr, dans le domaine de la santé,

donc donner de l'infrastructure, réseauter les chercheurs québécois

pour qu'ils soient le plus

compétitifs possible au niveau canadien, donc aller chercher des subventions

du gouvernement fédéral, et aussi à l'international. On veut ouvrir davantage

les opportunités pour nos grandes équipes de recherche, puis avoir des partenariats

internationaux, et, dans certains cas, dans nos niches d'excellence, vraiment,

de diriger ces grands réseaux internationaux, donc pas seulement d'être

un collaborateur, mais vraiment d'être capables de prendre en charge de grands

réseaux internationaux. Et ça peut se faire, par exemple, dans le domaine du

nordique, dans le domaine de l'Arctique. Ça

peut certainement se faire aussi avec les investissements récents dans le

domaine de l'intelligence artificielle et dans plusieurs autres

secteurs.

Le troisième grand

secteur, c'est ce qu'on appelle nos grands défis de société, qui avaient été

identifiés il y a quelques années, donc une approche, vraiment, de recherche

très transdisciplinaire, dans notre jargon de la recherche intersectorielle, et vraiment, là, sur nos grands

défis. Les grands défis de société au Québec, c'est quoi? Par exemple,

les changements démographiques, le vieillissement de notre société. Le Québec

est une société âgée. Donc, en termes de productivité, par exemple, ça pose

problème. Donc, il faut trouver des façons de s'assurer qu'on va tous vieillir

en santé et mourir en santé, si on veut, là.

Je pense que notre collègue, le collègue de Mme Anglade, le collègue à la

Santé serait très heureux de ça.

L'autre

grand, grand défi, c'est tout ce qui est impact des changements climatiques sur

notre société ici, au Québec, des

impacts sur la santé, des impacts sur la façon de construire des villes, des

impacts sur l'agriculture, bien sûr. Donc, je pense qu'il y a énormément

à faire de ce côté-là.

Et le troisième grand

défi, qui a été déjà mentionné, jusqu'à un certain point, c'est tout ce qui est

relié à la créativité et à l'entrepreneuriat,

donc d'amener nos jeunes qui veulent créer leurs propres entreprises... les

aider, peut-être, en termes de

formation un peu plus transversale. Oui, avoir une formation d'ingénieur, mais

peut-être, en même temps, quelques concepts d'économie, de gestion, de

finance, d'éthique, etc. Donc, ça aussi, on voudrait faire des avancées

là-dedans au cours des prochaines années.

Le Président (M.

Busque) : Alors, merci, M. Quirion. Alors, M. le député de

Laval-des-Rapides.

Polo : Merci, M. le Président. Puisque nous avons le plaisir d'avoir

le scientifique en chef, je vais en profiter, M. le Président, parce que, bien sûr, la ministre aura l'occasion de

répondre aux questions des collègues des oppositions. Ceci dit, M. Quirion a une grande expertise, qui

est reconnue dans le domaine au Québec. Et nous parlons beaucoup...

Quand on parle de recherche et innovation dans le domaine, beaucoup font

référence notamment à ce qui se fait en Allemagne, le modèle allemand à ce

niveau-là.

je sais que le scientifique en chef a l'occasion, non seulement ici, mais à

l'étranger aussi, de constater, de voir, de comparer un peu, là, non seulement, notre modèle, de le vanter

également, notre modèle, mais également, peut-être, d'identifier certains éléments, là, de ce qu'on

voit ou ce qu'on peut constater ou analyser à l'étranger, ailleurs, et

regarder de quelle façon il y aurait peut-être certaines améliorations à

apporter à ce niveau-là.

Donc,

peut-être, M. Quirion, peut-être élaborer un peu plus sur, justement, l'analyse

que vous faites, là, de notre écosystème et également ce que vous avez

constaté ailleurs dans le monde à ce niveau-là.

Le Président (M.

Busque) : Merci, M. le député de Laval-des-Rapides. Alors, M. Quirion.

M. Quirion (Rémi) :

Merci beaucoup. Question très, très importante. Et, lorsqu'on parle de

recherche et innovation, encore une fois c'est beaucoup l'excellence, donc on

veut être les meilleurs ou parmi les meilleurs au monde. Et il faut prendre exemple lorsqu'on voyage et on rencontre des

collègues à l'international. C'est de voir ce qui se fait dans d'autres

pays dans le monde et essayer d'adapter tout ça à la situation ici, au Québec.

Je pense qu'on est assez fortunés. Le Québec a

créé les collèges, les cégeps il y a plusieurs, plusieurs années maintenant, dans les années 1960. Au niveau des

collèges, maintenant on a des centres de transfert technologique, les

CCTT. Il y en a partout sur le territoire

québécois. Il y en a qui, je dirais, sont un peu plus du côté industriel, mais

il y en a aussi dans le domaine de

l'innovation sociale. Ça, c'est un modèle assez unique. On a bien sûr, aussi,

notre réseau d'universités partout sur le territoire québécois.

Là où ça

manque un petit peu, mais il y a quand même beaucoup d'avancées depuis quelques

années, et je pense que, dans le

budget du Québec, c'était mentionné aussi il y a quelques semaines, vraiment,

les liens entre ces ordres-là, ce qu'on

appelle les partenariats interordres entre les collèges, entre les cégeps,

entre les CCTT et entre les universités. Donc, ça, il y en a de plus en plus, en particulier en région. Je pense qu'on

pourrait faire un peu mieux, et ce qu'on pourrait ajouter, c'est des

liens encore plus forts avec la PME. Ça a été mentionné, la majorité des emplois

au Québec, les nouveaux emplois, c'est créé

par la PME, et ça, faire des liens encore plus solides entre la petite et

moyenne entreprise, les collèges, CCTT et les universités, je pense que

ce serait gagnant-gagnant pour tout le monde.

Le Président (M. Busque) : Merci, M.

Quirion. Alors, M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Polo : Justement, M. le

Président, j'ai eu l'occasion, dans le cadre de mes fonctions comme adjoint

parlementaire, de faire une tournée de neuf villes, où on a pu rencontrer tout

près de 250 entrepreneurs et entreprises, notamment à Chicoutimi, justement

en lien avec le domaine de la recherche et de l'innovation, et effectivement

c'est un des... parmi les échos qu'on a reçus à ce moment-là, c'est comment, justement,

mieux arrimer les secteurs de la recherche,

tout le travail qui se fait, que ce soit au niveau... dans les centres universitaires, que ce soit au niveau des CCTT et autres mentionnés par le scientifique en chef, puis de quelle façon tout

ça peut être mis à contribution pour les PME, pour justement l'entreprise,

pour justement l'industrie, afin que la commercialisation se fasse de meilleure

façon. Un des modèles qui ont été

développés, M. le Président, qui s'appelle les centres de valorisation ou les

organismes de valorisation de la recherche, à ce

niveau-là, et comme ils émanent des

milieux académiques, des milieux universitaires que M. Quirion connaît très bien, peut-être

nous expliquer la genèse et le contexte de ce... un des éléments de cet

écosystème-là, et le pourquoi, et les bienfaits de ces organismes-là, comme

tels.

Le Président (M. Busque) : Alors, merci,

M. le député. M. Quirion.

M. Quirion

(Rémi) : Oui. Tout ce qui

est centre de valorisation en milieu universitaire, Université

Laval, McGill, Montréal, Sherbrooke et autres, donc, ça a

commencé, il y a peut-être 25, 30 ans maintenant, des investissements assez sérieux pour faciliter la valorisation de la recherche en

milieu académique, donc d'aider les chercheurs sur le terrain à développer une

compagnie, un plan d'affaires pour créer une nouvelle compagnie, prendre des

brevets, et tout ça.

On a fait des

progrès. Il reste du travail à faire. Et, je pense, c'est un des objectifs

aussi, au cours des dernières années au niveau des fonds de recherche et au

niveau du ministère, de s'assurer que les gens travaillent plus

étroitement ensemble. Parce que la masse

critique, dans chaque secteur, est relativement petite. Donc, d'avoir

l'expertise adéquate, par exemple,

dans un réseau universitaire, ce n'est pas simple. Donc, c'est pour ça aussi

que les gens se sont mis en réseau beaucoup.

L'Université McGill avec les autres universités à Montréal travaillent très

étroitement ensemble maintenant pour avoir des masses critiques dans

différents secteurs, un peu comme on voit aux États-Unis ou en Allemagne.

Donc, il

reste un bout de chemin à faire. Je pense que ça va être fait dans le contexte

des nouvelles stratégies qui vont

être annoncées bientôt. Mais c'est très important ici de travailler ensemble

pour augmenter notre capacité d'être très réactifs au niveau québécois, au niveau canadien, mais en particulier à

l'international. Et, avec ce qu'il se passe au sud, ça donne des opportunités pour les réseaux québécois,

à la fois les collèges et les universités. Beaucoup de chercheurs et

d'étudiants songent à venir au Québec et au Canada maintenant. C'est plus

difficile, plus compliqué avec la situation aux États-Unis, même en Europe,

avec le Brexit. Donc, on a vu, par exemple — les universités

montréalaises — un

nombre de demandes d'admission très élevé

cette année, d'excellents étudiants qui viennent d'Asie, qui viennent

d'Europe. Donc, je pense qu'il y a une opportunité à saisir là. Inclure aussi

des jeunes chercheurs, et l'aspect de transfert, de valorisation de la recherche va être un élément très important pour

attirer, là, des chercheurs très, très compétents, qui sont présentement

aux États-Unis mais qui seraient peut-être intéressés à venir chez nous.

Le Président (M. Busque) : Merci, M.

Quirion. M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Polo : Mais justement M. Quirion

parle de l'attrait, l'attraction, là, de chercheurs très compétents, à ce niveau-là, et, à ma connaissance, il y a certains

programmes qui sont sur pied et qui sont utilisés. La ministre a, dans

ses responsabilités précédentes à sa vie politique, également contribué à

l'attraction de talents à l'international. Mais particulièrement on commence à

se distinguer dans certains domaines.

Puis on

termine présentement notre bloc, mais j'annonce déjà que je vais continuer

peut-être à vous poser d'autres questions

un peu plus tard sur l'intelligence artificielle, M. Quirion, parce que c'est

un domaine où on a une niche, puis il

y a déjà des annonces et même l'attraction de certaines entreprises qui

souhaitent s'investir ici, au Québec, et c'est un domaine que vous

connaissez très bien.

Mais

parlez-nous un peu des programmes qui sont justement utilisés pour attirer les

meilleurs talents, justement, à venir se greffer à notre écosystème de

recherche et innovation.

Le Président (M. Busque) : Merci, M.

le député. M. Quirion.

M. Quirion

(Rémi) : Merci. Les programmes en partenariat très souvent avec le

gouvernement fédéral, des chaires d'excellence qui permettent d'attirer

des chercheurs de très haut niveau de partout à travers le monde. Et ce qu'on fait plus spécifiquement au Québec, ici, c'est

aussi des programmes de chercheurs boursiers. Donc, on participe, de

façon importante, au salaire du chercheur

qui est recruté dans une université dans tout le réseau québécois. Donc, ça,

c'est un avantage majeur que les

autres provinces, la majorité des

autres provinces canadiennes n'ont pas présentement. Donc, il

y a un outil, un programme

ici qui nous permet d'attirer des personnes de très bon niveau. C'est certain

que, par la suite, il faut donner l'environnement adéquat, que ce soit

en termes de relève, d'étudiants qu'on peut recruter, ou en termes d'infrastructures, donc l'équipement de pointe en milieu

académique est toujours très important, et les liens avec l'industrie, pour plusieurs

chercheurs dans plusieurs secteurs, est aussi prioritaire.

Le Président (M. Busque) : Merci, M.

Quirion. M. le député.

M. Polo : Combien de temps il nous

reste?

Le Président (M. Busque) : Deux

minutes.

Polo : Deux minutes?

Parfait. Dans ce cas-là, ce que je vais faire, M. le Président, je vais

vouloir me garder ces deux minutes-là

pour élaborer un peu plus sur la question de l'intelligence artificielle, parce que je

pense que M. Quirion aurait peut-être beaucoup de choses à nous partager

à ce moment-là. Ça fait que juste peut-être les transposer pour le prochain

bloc.

Président (M. Busque) :

Parfait, M. le député. Alors, le temps restant sera ajouté au prochain

bloc, alors c'est parfait. Alors, pour le prochain bloc, je vais céder

la parole au deuxième groupe d'opposition et je vais reconnaître M. le député

de Johnson.

M. Lamontagne : Merci beaucoup, M.

le Président. Bonjour...

Mme Anglade : ...le temps?

Le Président (M. Busque) : Oui, certainement.

Alors, 23 minutes pour M. le député.

Lamontagne :

23 minutes. M. le Président, quand on vient parler, au Québec,

là, d'innovation, on vient parler de productivité, on vient parler

d'exportations, on parle de nos PME, on a parlé de développement économique,

les derniers jours, avec Mme la ministre, ça

pointe tout dans la même direction, puis la direction vers où ça pointe, c'est

de trouver une façon de faire en sorte qu'on

exploite le potentiel puis les talents qu'on retrouve sur le territoire du

Québec au maximum. On s'entend tous là-dessus.

Puis, si on

est pour parler de tout ça, là, en 2017, le premier vecteur qui peut nous

permettre d'aspirer à tirer le maximum du potentiel de toutes les

ressources de talent qu'on a sur le territoire du Québec, c'est

l'infrastructure de communication numérique,

l'Internet haute vitesse. Moi, quand on me parle, mettons, du

manufacturier 4.0, bien, moi, juste sur mon territoire, là, à

100 kilomètres de Montréal, là, j'ai des manufactures qui ne sont même pas

à 2.0 parce que l'infrastructure n'est pas là.

Ça fait que,

si on veut parler d'innovation puis de productivité, d'exportations, il faut

regarder quelles sortes de moyens on

se donne pour aller au maximum de nos capacités. Puis, quand on contemple les

moyens qu'on se donne, on contemple

la situation qu'on a aujourd'hui au Québec, c'est là qu'on réalise que, je vous

dirais, le frein le plus important qu'on

a à l'exploitation de notre potentiel, c'est... je ne dirai pas la désuétude,

je ne dirai pas ça, mais c'est à quel point on a du chemin à faire en termes d'infrastructures de communication

numérique, là, l'Internet haute vitesse, pour se comparer avec plein d'autres nations dans le monde qui sont

nos premiers compétiteurs. Quand la ministre est enthousiaste puis elle m'explique tous les beaux programmes qu'on a, puis

qu'on veut compétitionner, là... il y a combien d'États, dans le monde,

qui ont une infrastructure qui est tellement mieux adaptée à la réalité de 2017

que la nôtre?

Puis, dans ce

contexte-là, c'est certain que, quand la ministre, l'an passé, a annoncé, le

20 mai, 100 millions pour brancher

le Québec, je trouvais que ce n'était vraiment pas beaucoup puis qu'après ça,

l'objectif au 19 décembre, bien là, on a mis de la viande autour de l'os puis on a vraiment expliqué qu'est-ce

que c'était, on a donné un certain nombre de mois pour roder le projet, puis on a dit : Notre

objectif, c'est cinq mégabits, là, qu'on veut avoir, minimum, quand ailleurs

dans le monde, je veux dire, c'est 30, 50,

100, il y a des places, c'est 1 000 mégabits. Mais là, ce matin, je

lis, là, il y a de quoi qui est

sorti : «Plus d'argent nécessaire pour Internet haute vitesse en région.»

La ministre fait une sortie, elle nous explique, cinq mois après avoir fait ses annonces, là : «À mon avis, on va

avoir besoin de plus d'argent, il faudra faire plus que ce qui est sur la table, puis ce n'est pas vrai

qu'avec cinq mégabits un citoyen est en mesure de fonctionner.» Après ça,

elle explique qu'elle va donner un mandat à l'Institut de la statistique pour

actualiser l'information qu'on a par rapport à l'Internet vitesse au Québec.

Alors,

moi, quand je vois ça, un, en l'espace de quatre ou cinq mois, on a deux

discours qui sont passablement différents,

19 décembre, cinq mégabits, c'est ça qu'on cherchait à faire, puis

aujourd'hui c'est complètement d'autre chose. Mais c'est surtout de voir

qu'on est au stade où on dit : O.K., ça va probablement en prendre plus,

on va demander de l'information. Mais hier, quand je parlais d'urgence à la

ministre puis qu'elle m'a dit que, finalement, elle était vraiment en mode urgence, bien, moi, quand je vois notre situation

au Québec, puis je vois ce qu'il y a sur la table,

puis je me fais dire par ma ministre

que, là, probablement que ça

va en prendre plus, puis on va

demander de l'information, puis... bien, je suis vraiment inquiet.

Je suis vraiment inquiet puis honnêtement, là, je trouve que mon gouvernement

ne va pas bien par rapport à ça, là.

Le Président (M. Busque) : Alors, merci,

M. le député de Johnson. Mme la ministre.

Anglade : Alors, merci.

Merci. Je remercie le député de Johnson de sa question. Premièrement, je mets au défi le député de Johnson de trouver la citation qui dit qu'on voulait

qu'il y avait des normes. Vous ne m'avez jamais entendu citer, dire qu'on

allait à un objectif de cinq mégabits par seconde. C'est toujours

30 mégabits par seconde dont il a été question, O.K.?

Alors, je pense que ce à quoi vous faites

référence, c'est probablement les normes, les anciennes normes du CRTC

qui avaient été publiées, et les nouvelles normes du CRTC qui ont été annoncées

depuis ce temps-là sont rendues à 50 mégabits par seconde, de nouvelles...

Lamontagne : ...c'est marqué

«cinq mégabits», là, puis le 19 décembre, c'est sur cette base-là que vous

avez fait votre annonce.

Anglade : Écoutez,

je suggère... Alors, je reviens. Jamais je n'ai dit que l'objectif du Québec

devrait être de cinq mégabits par

seconde. Jamais. Lorsqu'on a lancé, on a parlé de 30 mégabits par

seconde, de un. De deux, là où

je vous rejoins parfaitement, c'est

l'importance et l'urgence d'agir sur les... dans toutes les régions du Québec,

parce que tout le monde parle de ça. C'est une priorité pour le Québec,

c'est une priorité pour les Québécois, c'est une priorité pour le gouvernement.

Ce qu'on a

annoncé dans le 100 millions... Quand on a annoncé le 100 millions,

on a dit qu'on allait faire un appel à projets.

L'appel à projets a donc été lancé au mois de janvier pour demander à toutes

les régions du Québec d'y participer. On

a inclus avec nous, dans cet appel à projets, la Fédération québécoise des

municipalités. Ils ont donc participé avec une finalité au mois de mars

pour appliquer. Après discussion avec la Fédération québécoise des

municipalités, on a décidé de retarder la

date limite du programme jusqu'au 21 avril, donc la semaine dernière, pour

pouvoir avoir le maximum de projets

qui couvrent l'ensemble du territoire. Alors, suite à cet appel de projets,

nous avons reçu environ 240 projets pour toutes les régions, avec un minimum de cinq projets pour chaque région

du Québec. Ce que ça va nous permettre de faire, ça, c'est de pouvoir commencer à déployer dès l'automne des projets

d'accès haute vitesse. Donc, on n'est pas dans les belles paroles. On

n'est pas dans le «c'est urgent, mais on ne fait rien». On est dans l'action

concrète aujourd'hui.

Ce à quoi

vous faites référence quand vous parlez de l'Institut de la statistique du

Québec, la dernière étude sur la haute

vitesse dans les différentes régions du Québec remonte à 2013. Elle dit que les

gens ont accès dans 90 % des cas à de la haute vitesse. Le problème

de cette étude-là, qui remonte à 2013, c'est que ce qui est considéré comme de

la haute vitesse, par exemple cinq mégabits

par seconde, n'est pas de la haute vitesse. Donc, on n'a pas le portrait le

plus exact aujourd'hui. Cela dit,

l'étude, qui va être disponible au plus tard à l'automne, de l'institut va nous

permettre de vraiment avoir une image

complète, une photo complète du Québec, de la situation dans laquelle on se

trouve en termes de personnes branchées

à la haute vitesse. Une fois qu'on aura ça, qu'on aura l'ensemble des projets

pour les différentes régions, là on va pouvoir sélectionner les

programmes pour les différentes régions et commencer à déployer à travers le

Québec.

Donc, ça,

c'est l'objectif. Quand je faisais référence au nombre d'argent additionnel

qu'il serait pertinent d'avoir, c'est qu'on sait très bien que le

100 millions ne sera vraisemblablement pas suffisant. Il y a, associé à ce

100 millions là, 125 millions qui

vient du fédéral. Je dis 125 millions, c'est un programme de

500 millions, mettons, on fait une règle rapide, c'est 125 millions pour le Québec. Donc, on va travailler

de concert avec le fédéral pour déployer. Donc, ce serait 225 pour le Québec, au total, si on inclut la

portion du fédéral. Je reste persuadée que ça va nous en prendre plus, et

c'est ce que je... Et je dis : Nous allons répondre aux besoins de la

population. Donc, si ça prend plus d'argent, il va falloir qu'on aille chercher

ces sous pour continuer le déploiement pour l'ensemble des régions du Québec.

Voilà. Merci.

Le Président (M. Busque) : Merci,

Mme la ministre. Alors, M. le député de Johnson.

Lamontagne : Ça fait qu'en date d'aujourd'hui, Mme la ministre, là,

vous, ce que vous venez de me dire, très, très, très rapidement, là, c'est qu'au moment où on se parle, de

s'assurer qu'on a une couverture à 30 mégabits à la grandeur du territoire du Québec, vous n'avez aucune idée

comment ça coûterait, 200, 300, 500 millions. Alors, vous le savez?

Anglade : Non, non, je n'ai

pas dit que je n'ai aucune idée combien ça coûte, j'ai dit que nous avons

un premier 100 millions que l'on a mis

sur la table, et qu'il va falloir voir s'il va falloir qu'on ajoute là-dedans,

et que nous allons répondre à ce

besoin-là. Mais vous comprendrez... M.

le député, qu'il faut

vraiment que l'on ait la lecture la plus réelle de ce qui se passe. On a besoin de

l'Institut de la statistique pour nous donner la photo la plus complète, mais

on est très conscients du fait qu'il y a

des besoins qui sont importants et, en étant très conscients... On a les 240 projets

qui ont été déposés, on est très conscients de ça, et, nous, ce que l'on

veut, c'est les déployer.

Président (M. Busque) : Merci, Mme la ministre. Donc, M. le député de Johnson.

Lamontagne : Merci. Ce que

je rajouterais à votre intervention, Mme

la ministre, là, dans ce que vous

avez demandé, vous avez donné trois mois ou

quatre mois aux gens pour présenter des projets. O.K., on s'entend là-dessus qu'il

y a la majorité des projets qui vous

ont été présentés, probablement qu'il y

avait déjà pas mal de travail qui

avait été fait pour être capable... non, c'est toutes des choses fraîches qui

sortent...

Mme Anglade :

Bien, je dirais... Allez-y, allez-y.

Lamontagne : En tout cas,

je soupçonne qu'il y a quand

même un petit peu de travail qui

avait été fait dans le passé. O.K.

Moi, le dossier de la couverture Internet haute vitesse, là, la

hautevitessisation du Québec, si on veut, là, ça, ça devrait être un chantier national. Ça devrait être

un chantier national, puis c'est certain que d'attendre après les

acteurs puis les MRC, ça, c'est tout

correct, là, mais, en bout de ligne, il

y a un leadership qui doit venir,

moi, je dirais, du gouvernement puis qui est personnifié par la ministre.

Ça devrait vraiment être un chantier national.

Puis

l'autre chose aussi, c'est qu'au lieu de parler, de voir ça comme une dépense

puis dire : On a 100 millions, on va essayer d'avoir un 150 millions, on va essayer d'en rajouter

un peu puis après ça aller négocier, puis tout ça, avec vos collègues, là, si on voit ça comme un chantier

national puis qu'on est conscient qu'à chaque journée qui passe puis

qu'on n'a pas une installation de classe

mondiale à la grandeur du territoire, ça nous coûte de l'argent, ça nous coûte

du potentiel, bien, c'est une infrastructure. Alors, c'est de traiter ce

dossier-là comme un dossier d'infrastructure.

Alors,

moi, ce que je voudrais entendre rapidement, est-ce que c'est un chantier... ça peut être un

chantier national pour le Québec? Puis, deuxièmement, on peut-u traiter

ça comme des infrastructures?

Le Président (M.

Busque) : Alors, merci, M. le député de Johnson. Mme la ministre.

Mme Anglade :

Quand vous parlez de chantier national, je pense qu'on l'a établi comme étant

une priorité gouvernementale, pas une priorité du ministère de l'Économie, une

priorité gouvernementale. L'annonce a été faite en présence du premier ministre. Lorsqu'on parle d'un chantier national,

pour moi, ce qui est important, c'est qu'on en fasse une priorité nationale, c'est ça qui est

important, c'est ce qu'on fait présentement. Je ne sais pas, quand vous nous

dites «un chantier national», ce que vous avez en tête spécifiquement, je crois

que là on est rendu à faire du déploiement dans les différentes régions du

Québec et en faire une priorité. La manière, dont vous présentez, vous

dites : On va aller négocier.

faut qu'on trouve l'argent quelque part, puis il n'y a pas de doute là-dedans,

mais, comme c'est une priorité du gouvernement,

comme c'est une priorité des Québécois... Parce que, fondamentalement, encore

une fois, vous faites le tour des

régions, nous faisons le tour des régions, on est présents sur le terrain,

cette question-là revient de manière systématique. Donc, on est très conscients qu'il va falloir

qu'on fasse des efforts pour soutenir ça. C'est pour ça qu'il y a un

premier 100 millions puis c'est pour ça que ce que je dis, c'est que

probablement qu'il va en falloir plus, mais on va répondre aux besoins de la population.

Le Président (M.

Busque) : Merci, Mme la ministre.

Lamontagne : Je pensais

conclure là-dessus, Mme la

ministre, mais quand vous

dites : «Probablement

qu'il va en falloir plus», là, moi, ça

n'enregistre pas. Je peux comprendre peut-être que vous ne savez pas le montant exact,

là, mais c'est sûr, sûr, sûr, en 2017, là,

que, 100 millions, là, on ne réussit pas à faire ça pour le Québec.

Dites-moi pas : M. le député, probablement que ça

va en prendre plus. C'est : M. le député, assurément, ça va en prendre beaucoup plus, puis on

va tout mettre en oeuvre pour le déployer rapidement. C'est ça que je voudrais

entendre.

Le Président (M.

Busque) : Merci, M. le député de Johnson. Mme la ministre.

Anglade : Je me pose la question, M. le député de Johnson. Je ne sais

pas, peut-être que ce n'est pas clair dans

ma réponse. Ce que je dis : On veut s'assurer qu'il y ait accès à haute

vitesse pour tous les Québécois, déployé en 2021, c'est ce qu'on a annoncé, pour 30 mégabits par seconde.

Parallèlement à ça, le CRTC a aussi annoncé qu'il y avait même une

nouvelle norme qu'il voulait monter pour aller à 50 mégabits par seconde.

Alors,

quand vous me dites : Moi, ce que je veux entendre, là, c'est :

assurément, c'est une priorité, assurément, c'est une priorité, quand vous me dites : Est-ce qu'on est

convaincus que tout le monde va être mobilisé là-dedans?, oui, je suis convaincue que tout le monde va être mobilisé

là-dedans. Je ne sais pas si c'est mon niveau d'énergie que je dois

déployer pour expliquer la priorité, mais c'est définitivement une priorité.

quand vous me dites : Est-ce qu'on a une idée précise?, écoutez, on a reçu

les 240 projets, on va les analyser dans le détail. Si vous avez une technique pour donner un chiffre plus

exact que celui du 100 millions que nous avons annoncé, je suis

tout ouïe. Je suis prête à prendre votre proposition au meilleur de nos

connaissances. C'est pour ça qu'on a annoncé

le 100 millions, puis on va l'évaluer au fur et à mesure avec plus

d'information, cet été, quand nous en aurons plus. Je ne peux pas être

plus claire que ça.

Le Président

(M. Busque) : Merci. M. le député de Johnson.

M. Lamontagne :

Merci, M. le Président. Alors, vous me dites que, dans votre programme, 2021,

30 mégabits à la grandeur du Québec. O.K. Parfait. Excellent.

Au niveau des exportations, l'an passé j'avais

discuté brièvement avec vous et le président d'Investissement Québec. Année après année, on démarche, là, pour

avoir des investissements directs étrangers ici, au Québec. Là, je pense

que, l'an passé, c'était 900 quelques

entreprises, là, qu'on avait démarchées, puis finalement on a 30, 40 ou

50 projets qui fonctionnent comme

investissement. Puis moi, je vous avais soulevé : écoutez, quand on fait

un effort de démarchage au niveau de

900 entreprises dans le monde pour les amener investir chez nous puis...

s'il y en a 40 qui investissent sur les 900, bien, il y en a quand même 860 autres avec qui on est entrés

en contact puis avec qui on a fait du développement puis on s'est

connus.

Alors, le

point que je vous avais amené l'an passé, c'était : Est-ce qu'on s'assure

que tous ces efforts-là qu'on fait pour

contacter des gens pour qu'ils s'en viennent chez nous... Même s'ils ne s'en

viennent pas chez nous, nous autres, on a plein de choses à vendre au

Québec, là. Ça fait qu'année après année est-ce qu'on s'assure qu'auprès de

toutes ces entreprises-là qu'on rencontre on

fait la démarche dans l'autre sens? Peut-être que vous ne venez pas investir

chez nous, mais nous autres, on a bien du stock à vous vendre puis qu'on

a... On a-tu une démarche pour faire ça?

Le Président (M. Busque) :

Alors, merci, M. le député de Johnson. Mme la ministre.

Mme Anglade :

Oui. Bien, forcément que ça va dans les deux sens. Forcément que ça va dans les

deux sens. Et, quand on fait de

l'attraction d'investissement direct étranger, qu'on rencontre les entreprises,

les entreprises, ce qu'elles veulent

quand on fait de l'attraction d'investissement direct étranger, c'est trois

choses fondamentalement, hein? Elles cherchent

à avoir du talent, elles cherchent à avoir accès à un marché, elles cherchent à

avoir des coûts qui sont raisonnables ou plus bas que ce qu'ils ont

ailleurs.

Lorsqu'on parle d'accès au marché, accès au

marché, c'est quoi? C'est la capacité de vendre, d'avoir des fournisseurs. C'est toute cette dynamique-là qui

est étudiée. Donc, évidemment, dans les discussions qui sont faites pour

attirer des personnes ici, il y a toute la

relation de la chaîne de fournisseurs qui doit être évaluée de par l'entreprise

parce que c'est dans son intérêt de venir.

Pourquoi une entreprise du secteur des sciences de la vie viendrait s'installer

au Québec? C'est parce que justement

elle pourrait avoir accès non seulement à du talent, mais à des produits du

Québec qui ne sont pas loin, autour desquels elle se délocalise. D'où

l'importance, dans cette stratégie-là, de lier les investissements directs

étrangers à des grappes qui, elles, ont accès à tout le réseau de fournisseurs.

Donc, si vous prenez, par exemple, la grappe de

l'aérospatiale, une entreprise qui vient s'établir ici, elle vient s'établir ici puis elle dit : Ah! bien, je

vais pouvoir avoir un fournisseur de telle pièce, un autre fournisseur de telle

pièce. Ah! ça, c'est intéressant, et là elle

a intérêt à venir ici. Si l'entreprise décide de ne pas y aller, le travail qui

a été fait, de dire que tous ces fournisseurs-là existent, etc.,

évidemment qu'il se poursuit et qu'elle pourra avoir des liens avec ces

fournisseurs-là par la suite.

Donc, il y a effectivement un lien à faire de

part et d'autre avec les investissements directs étrangers. En plus, indépendamment des investisseurs directs

étrangers, on accompagne les entreprises sur des marchés d'exportation

pour qu'ils puissent donc pénétrer ces nouveaux marchés et qu'ultimement eux

aussi soient capables d'avoir pignon sur rue à l'international.

Le Président (M. Busque) :

Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de Johnson.

M. Lamontagne : Mme la

ministre, encore au niveau

des exportations vraiment à petite échelle, parce que c'est des cas que

j'ai dans mon comté, il y a peut-être des programmes qui existent. J'ai fait des recherches puis je

n'ai pas eu de réponse. Mais j'ai le

cas, exemple, d'une petite entreprise qui a réussi à développer de quoi qui est apprécié dans le monde maraîcher puis

qu'ils exportent, là. Il y a peut-être 50 % de leurs ventes qui se font

aux États-Unis, et puis là ils ont commencé

à avoir des demandes, mettons, de l'Australie, une demande de l'Italie, et puis

ce que ces gens-là

m'expliquent, c'est que le frein à ce qu'ils puissent se déployer ailleurs,

c'est vraiment le coût de transport, O.K.?

Alors, lui,

ce qu'il m'explique, il dit : La journée que je vais pouvoir remplir un

conteneur de 100 de mes machines, je n'aurai pas de problème de

transport là. Mais aujourd'hui il faut qu'il en envoie un, ou deux, ou trois,

ou quatre en Australie ou en Italie, puis là il se ramasse que, par l'addition

du coût de transport, ça devient prohibitif. Il n'est plus compétitif puis il

ne peut pas vendre.

J'ai fait des

recherches, je n'ai pas rien trouvé qui pouvait voir s'il y avait quelque chose qu'on peut faire pour ça. Peut-être que vous avez des réponses à nous donner? Je

parle un peu en leur nom aujourd'hui parce

qu'ils sont un petit peu découragés. Est-ce qu'il y a de quoi qui peut être fait? Est-ce qu'il y a de quoi aujourd'hui qui est possible? Je vais avoir une autre question

pour vous après ça. Juste aller vite si c'est possible.

Mme Anglade : Mais une question

rapide pour vous. Est-ce qu'ils ont parlé avec Export Québec?

Lamontagne : Je dirais que

je crois qu'ils ont parlé à Export Québec ou avec des gens dans le

Centre-du-Québec, la CQI, ou c'est les centres...

M. Lamontagne : ...c'est ça, je

pense que...

Anglade : Parce qu'effectivement il y a un moyen d'accompagner, de

faire une analyse par rapport aux coûts, par exemple, des transports

puis de voir de quelle manière on est capable de les accompagner. Ce qu'ils

vivent comme situation, là, c'est vécu par

beaucoup d'autres entrepreneurs, d'où la pertinence de la question d'ailleurs,

mais c'est pour ça qu'on a des programmes

pour justement les accompagner. Mais là vous dites : Je n'ai pas de

programme. Moi, ce que j'inviterais à faire,

c'est de parler avec Export Québec. Mettons-les en relation tout de suite

après, si vous voulez, pour répondre spécifiquement à ce besoin-là.

Le Président (M. Busque) : Merci,

Mme la ministre. M. le député de Johnson.

Lamontagne : Parfait. Coq-à-l'âne, productivité. On a récemment le

groupe des HEC qui ont sorti un nouveau rapport sur la productivité puis

qui avait quand même un commentaire assez... pas dévastateur, mais assez sévère

envers tout notre programme de crédits à la

recherche et développement, et tout ça. Puis vous savez que, chez nous,

c'est quelque chose qu'on remet en question,

pas l'idée d'accompagner, mais on fait... Aujourd'hui, de la façon dont on le

fait, là, les crédits de recherche et

développement, qui est quand même le plus gros poste, je pense, du ministère de

l'Économie, est-ce qu'on le fait de la bonne

façon? Puis les HEC nous disent : Ce n'est pas vraiment de la bonne façon,

là. Ce n'est plus la façon de faire, là.

Je sais que vous vous apprêtez à déposer une

politique au niveau de l'innovation bientôt. Alors, qu'est-ce que vous entendez faire avec tout le régime des

crédits à la recherche et développement tel qu'il est aujourd'hui? Est-ce

que vous entendez venir vraiment jouer

là-dedans puis changer ça fondamentalement ou continuer dans la même vague

puis essayer d'ajuster ça un petit peu? Sans que vous nous révéliez votre

nouvelle politique, là, quelle direction vous allez donner à ça?

Président (M. Busque) : Merci, M. le député de Johnson. Alors, Mme la

ministre, pour encore 1 min 30 s, s'il vous plaît.

Anglade : 1 min 30 s. Alors, question essentielle que

celle de la productivité. En effet, il y aura effectivement des éléments de réponse dans la stratégie de

recherche et d'innovation. On ne va pas... les crédits, hein, on ne va pas

rentrer dans le crédit spécifiquement puis regarder et revisiter les crédits en

recherche et développement dans la stratégie de recherche et d'innovation.

Cela dit, il

est clair qu'on a besoin d'avoir un moyen pour faciliter la recherche et

développement dans nos petites entreprises,

mais ce que disait aussi l'étude dans la productivité, c'est l'importance aussi

d'investir dans toute la machinerie, l'outillage,

etc., tous ces volets-là qui doivent être traités, et la formation, et ça, on

tente de régler ça avec le manufacturier innovant et les programmes de formation qu'on est en train de mettre en

place. Puis là je ne sais plus combien de temps il reste, là, mais...

Voilà.

Le Président (M. Busque) :

30 secondes, Alors, merci, Mme la ministre. M. le député de Johnson.

M. Lamontagne :

Une dernière question pour M. le scientifique en chef, rapidement. Vous aviez

mentionné que vous aviez un problème d'accès aux données à cause de la

loi à l'accès à l'information, puis je pense que le ministre responsable a dit qu'il allait essayer de vous

accompagner là-dedans. Où on en est aujourd'hui, là? Il vous

accompagne-tu un peu? Ça va-tu mieux? Ça a-tu l'air à...

M. Quirion

(Rémi) : Merci. On a fait des progrès. Il reste du travail à faire et,

dans le dernier budget du Québec, il y

avait l'annonce de la création d'un comité piloté par les Finances, pour le

ministère des Finances, pour essayer de résoudre tout ça rapidement.

Président (M. Busque) : Merci, M. Quirion. Alors, voilà qui met fin au

bloc du deuxième groupe d'opposition. Je

vous remercie. Alors, pour le prochain bloc d'une durée de 20 minutes, je

reconnais la

partie gouvernementale et je cède la parole à Mme la

députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.

Mme Simard :

Merci, M. le Président. Alors, comme c'est ma première intervention dans le

cadre de cette étude de crédits, je

vais d'abord saluer mes collègues de l'Assemblée nationale, également la

ministre, de même que les gens qui l'accompagnent dans le cadre de cet

exercice.

Aujourd'hui,

j'aimerais qu'on s'entretienne sur les femmes en sciences, parce qu'on le sait,

elles sont encore peu nombreuses

aujourd'hui, et ce, malgré plusieurs actions et initiatives entreprises dont,

par exemple, le concours Chapeau, les

filles! Alors, on observe chez les élèves qui passent du primaire au secondaire

une baisse importante de leur intérêt pour les sciences et les technologies de même qu'une baisse de confiance

également en leur capacité de réussir dans ces matières. Selon certaines

études, les jeunes filles auraient perception de facilité inférieure à celle

des garçons concernant les disciplines mathématiques, sciences et technologie

et également univers social. C'est un constat, en effet, qui se reflète dans la part des diplômes décernés aux

femmes en sciences pures et appliquées et qui se reflète également dans d'autres secteurs.

Cela fait en

sorte que, dans un

article publié le 7 février 2017, M. Marco

Fortier, du quotidien Le Devoir , souligne que la parité hommes-femmes reste à faire dans les plus hautes sphères universitaires. Et je vais me permettre de

citer quelques extraits, donc, de cet

article. On dit que les femmes représentent, donc... les représentantes,

pardon, des 15 plus grandes universités de

recherche au pays ont obtenu une moyenne de 343 903 $ de la Fondation

canadienne pour l'innovation en 2016, comparativement à 599 593 $

pour les chercheurs, la différence étant de 42,6 %. On dit aussi qu'au sein des chaires de recherche du Canada, de

l'Université de Montréal, depuis sept ans, les chercheuses détiennent seulement entre 20 % et 23 % de ces

chaires. Les chercheuses signent aussi moins d'articles dans les revues

savantes que les chercheurs, toutes disciplines confondues. Elles sont

l'auteure principale de 27,3 % des articles parmi les 15 plus grandes

universités de recherche au pays.

Personnellement,

je trouve qu'il y a de beaux modèles parmi les femmes, donc les femmes qui

exercent ou qui ont exercé une profession de science au Québec. Et,

parmi ces femmes, il y en a plusieurs que je vais vous citer, donc, en commençant par Francine Décary, qui est une

immunohématologue. Le Québec est aujourd'hui doté de l'une des

meilleures entreprises de services

transfusionnels au monde grâce au leadership et au sens de l'innovation de

celle-ci, qui a, entre autres, hissé

Héma-Québec au rang de l'excellence. Victoria Kaspi en est une autre, une

astrophysicienne. Cette dernière et ses collaborateurs ont détecté un champ magnétique exceptionnellement

intense dans une étoile à neutrons. C'est à son équipe, d'ailleurs, que l'on doit le test le plus

rigoureux publié à ce jour de la théorie générale de la relativité d'Albert

Einstein. Brenda Milner, neuropsychologue. La communauté — excusez-moi,

j'ai vraiment une crampe, excusez-moi — la communauté scientifique

internationale salue en elle l'une des fondatrices de la neuropsychologie,

cette nouvelle science qui associe les sciences des comportements et de la

neurologie.

Je vais poser

ma question maintenant et je reviendrai, si je peux le faire, par la suite.

Alors, sachant qu'il y a des avancées,

tel que présentées dans le bilan de la progression des Québécoises en sciences

et en technologie de 2003 à 2013, particulièrement en sciences

naturelles et appliquées, j'aimerais savoir quelles sont les actions qui ont

été entreprises par le gouvernement afin de

stimuler la passion des sciences chez les jeunes filles et pour encourager

également les femmes à poursuivre des carrières en recherche.

Le Président (M. Busque) : Alors, je

vous remercie, Mme la députée. Alors, Mme la ministre.

Anglade : Je vais simplement faire un court commentaire pour dire à

quel point la question des femmes en science

est une question qui est, pour moi, très importante, de par ma formation d'abord,

et de voir à quel point le niveau de diversité que ça amène donne des

résultats concrets. J'ai eu la chance moi-même de voir ce qui se passait la

semaine dernière à Expo-Sciences, où la majorité des jeunes qui présentaient

étaient des femmes.

Donc, il y a

plusieurs initiatives que l'on soutient, mais j'aimerais profiter de la

présence du scientifique en chef pour

lui céder la parole, pour qu'il puisse parler des programmes plus en détail,

avec le consentement, M. le Président.

Le Président (M. Busque) : Merci,

Mme la ministre. Alors, M. Quirion.

M. Quirion

(Rémi) : Merci. Merci beaucoup. Sujet très, très, très important pour

la société québécoise, pour les fonds

de recherche du Québec. J'ai mentionné auparavant, là, 40 % de nos budgets

vont à la relève, les budgets des fonds de recherche vont à la relève, et il faut trouver moyen d'attirer plus de

jeunes femmes en recherche, science, génie, mais aussi les sciences humaines, les sciences sociales et le

domaine... le secteur de la santé. Ce n'est pas unique au Québec, peut-être un peu malheureusement, hein, globalement, en

Amérique du Nord, les États-Unis, le reste du Canada, il y a moins de femmes qui vont choisir de faire carrière en

génie, de faire carrière en sciences plus dures, même d'aller dans le

domaine de l'intelligence artificielle, par exemple. C'est surtout des garçons

qui sont dans ce secteur-là.

J'ai eu la

chance de participer très récemment à l'élaboration d'un rapport pour le

gouvernement fédéral, le rapport Naylor,

sur les investissements en recherche fondamentale, et on a mis beaucoup d'emphase sur la participation, trouver

des moyens d'augmenter la participation des femmes en recherche et innovation au Canada. Donc, parmi ces moyens-là qui sont suggérés, et, je pense, ça s'applique ici très bien,

au Québec, et on fait déjà des choses dans ce

sens-là, c'est d'initier tous les jeunes,

mais en particulier les jeunes femmes, dès l'école primaire et l'école

secondaire, à la science pour ne pas qu'ils soient effrayés par des questions de science, les mathématiques, la chimie, qui

semblent un peu trop compliquées. Dans les

faits, ce n'est pas vraiment... Lorsqu'ils se mouillent un peu, très souvent ce qu'on voit,

c'est que, par la suite, c'est la jeune fille qui dirige l'équipe, par

exemple, pour construire un robot avec des collègues masculins de

secondaire III ou secondaire IV.

Donc, je

pense, c'est vraiment de leur donner le goût. Et comment on peut donner

le goût? C'est avec des mentors, hein?

Il y en a quelques-uns qui ont été mentionnés, mais il y en a

d'autres, comme par exemple, à l'Université

McGill, Vicky Kaspi qui a reçu un prix du fonds Nature et Technologies

récemment. Vicki travaille dans le domaine de l'astrophysique. Ça fait peur

aussi lorsqu'on voit ça, ce qu'elle fait, essayer de trouver des nouvelles

nébuleuses, des nouvelles façons de voir comment l'univers prend de

l'expansion, mais elle est une leader mondiale. C'est une des meilleures candidates canadiennes,

québécoises pour éventuellement un prix Nobel. Donc, avoir ce genre de

personne là sur la place publique, les voir — Julie

Payette aussi, par exemple — c'est

des exemples qui peuvent peut-être

intéresser d'autres, des jeunes, à faire carrière en sciences, des jeunes

femmes à faire carrière en sciences.

doit aussi, nous, de notre côté, avoir des programmes beaucoup

plus flexibles. Les programmes qu'on a, par exemple le programme

de relève, des programmes de bourse à la maîtrise, au doctorat, sont très

souvent assez carrés, hein? Tu

commences, tu fais des études secondaires, ton collège, le premier cycle, le

deuxième cycle, le troisième cycle et, si tu déroges un petit peu de ça, bien là, tu n'es plus éligible pour les

bourses. Donc, il faut, et ça, on veut le faire, avoir des programmes

beaucoup plus flexibles qui permettent à une jeune femme,

un jeune homme aussi, d'arrêter puis de faire d'autres choses, ou peut-être

aussi de donner de meilleures conditions pour les congés de maternité, par

exemple. Et maintenant on est rendu à six à huit mois de congé parental pour

une jeune femme qui fait, par exemple, ses études doctorales. Aussi, lorsque nos jeunes chercheurs

vont à l'extérieur pour avoir une formation additionnelle, surtout

lors des études postdoctorales, on va payer.

Le fonds Nature et Technologies couvre les frais pour le déplacement, pas

seulement du titulaire de la bourse, mais de la famille.

Donc,

il faut trouver des façons d'aider, d'encourager les jeunes femmes à penser à

faire des carrières en recherche. Ce

n'est pas gagné d'avance, mais je pense qu'avec des modèles, si on peut avoir

quelques modèles, et des règles plus flexibles dans nos programmes de financement

de la relève, on va y arriver.

Le Président

(M. Busque) : Merci, M. Quirion. Alors, M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Polo : Oui, bonjour. Merci beaucoup, M. le Président. J'avais déjà annoncé au scientifique en chef que

j'allais revenir avec peut-être

des questions en lien avec l'intelligence artificielle. Je

pense que c'est important d'élaborer sur ce sujet-là, M. le Président, parce

qu'on en entend de plus en plus parler, que ce soit dans les domaines concernés, dans le domaine de la recherche, bien sûr,

Montréal et le Québec se distinguant de plus en plus dans ce

domaine-là ou prenant une place de leadership

dans ce domaine-là, notamment. Mais également parce

que c'est un sujet qui a été présenté

au grand public il y a de cela quelques semaines, lorsque le chercheur

Yoshua Bengio a été invité à Tout le monde en parle notamment, et il a

fait du mieux que possible de vulgariser un peu qu'est-ce que l'intelligence

artificielle.

Puis

je pense que c'est important de poursuivre dans cette voie-là pour le bienfait

des Québécois, parce

que c'est un domaine qui aura une

importance grandissante non seulement ici, au Québec, mais dans l'économie mondiale. Et

nous avons quelque chose qui est en train de se développer au Québec, notamment

à travers M. Bengio, mais également à travers les entreprises qui

ont annoncé et reconnu que Montréal se distinguait, le Québec se distinguait

dans ce domaine-là.

veux juste vous faire peut-être une courte liste, là, de quelques éléments

d'information que j'ai, puis par la suite je vais inviter M. Quirion à élaborer d'où on est parti et où on est

rendu aujourd'hui dans ce domaine-là. Puis par la suite on poursuivra sur les défis à ce niveau-là et comment

continuer à se distinguer dans le domaine de la recherche et dans le

domaine de l'intelligence artificielle, compte tenu qu'il y a d'autres

juridictions d'autres endroits dans le monde qui s'intéressent de plus en plus

à ce sujet-là.

Tout

d'abord, l'automne dernier, c'est l'entreprise Google, au mois de novembre

dernier, qui annonçait l'octroi de

4,5 millions de dollars en recherche sur l'intelligence artificielle à

Montréal. Ce n'est pas rien. C'est quand même une multinationale internationale très reconnue. Au

mois de janvier dernier, c'est l'entreprise Microsoft qui achetait,

faisait l'acquisition d'une start-up

montréalaise, Maluuba, et qui annonçait qu'au cours des deux prochaines années

elle allait doubler en taille le

nombre de ses effectifs, le nombre de ses employés au Québec, et également elle

annonçait aussi qu'elle versera, sur une période de cinq ans,

6 millions de dollars en subventions pour la recherche en recherche

intelligence artificielle à l'Université de Montréal et 1 million à

l'Université McGill.

Donc,

pour commencer, M. Quirion, expliquez-nous d'où on est partis et comment

tout ça, cet écosystème, cette grappe,

si on peut dire, cet élément distinctif du Québec et de Montréal au niveau de

l'intelligence artificielle... d'où on est partis, et où on est

aujourd'hui, et pourquoi c'est si prometteur.

Le Président

(M. Busque) : Je vous remercie, M. le député. Alors,

M. Quirion.

M. Quirion

(Rémi) : Merci. Merci beaucoup. Oui, en effet, on entend parler très,

très... à tous les jours, finalement, d'intelligence artificielle. On

utilise des éléments d'intelligence artificielle, chacun d'entre nous, avec nos

téléphones intelligents. C'est un développement très, très, très rapide au

cours des quelques dernières années.

Mais j'aimerais commencer

en soulignant encore une fois l'importance de la recherche fondamentale. M. Bengio, qui est notre leader dans le

domaine à l'Université de Montréal, un chercheur exceptionnel, a développé

des algorithmes. C'est un peu une façon

d'analyser des grandes bases de données en utilisant des mathématiques très

avancées. Il a développé un nouveau domaine,

un nouveau secteur qui s'appelle l'apprentissage profond. Donc, tu as une

grande base de données, mais vraiment c'est

comment analyser les données avec des algorithmes, créer ce domaine-là

d'apprentissage profond. Lorsqu'il a

fait ça, il y a environ une quinzaine d'années, il avait énormément de

difficultés à se faire financer. Donc,

il appliquait pour des subventions de recherche au Canada, dans le monde, même

chez nous, au Québec, et souvent les gens disaient : Bien, à quoi

ça sert? Ça sert à quoi? Pourquoi? Pourquoi il fait ça? Ça ne servira jamais à

rien. Maintenant, c'est la vedette. Mais ça

montre aussi qu'il faut continuer à investir en recherche fondamentale,

recherche non dirigée, pour avoir un nouveau

secteur, dans 10, 15 ans, qui va être associé peut-être à la physique

quantique ou à d'autres grandes nouveautés, de grandes découvertes de

nos chercheurs. Donc, très important d'investir en recherche fondamentale, et Mme la ministre en entend parler

assez souvent, puis je pense que le Québec est positionné de ce côté-là.

Depuis quelques

années, donc, beaucoup d'intérêt pour ce secteur-là, et c'est arrivé qu'une

équipe à Toronto et l'équipe à Montréal travaillaient

sur des sujets assez complémentaires. Ils ont collaboré, et finalement ça a

vraiment permis la création de ce secteur-là

de l'apprentissage profond relié au domaine de l'intelligence artificielle. Et

ça, c'est intéressant, par exemple,

pour trouver une place de stationnement au centre-ville de Montréal ou ici, à

Québec, mais, si on en reste là, ce

n'est pas vraiment fabuleux. Vraiment, ce qui va être très intéressant... et on

commence à l'avoir dans le domaine de

la santé, par exemple, et ça, très probablement que les Google vont être là,

mais aussi des opportunités pour les petites et moyennes entreprises. Et

c'est peut-être ça, avec ce qui se fait présentement à Montréal, à l'Université

de Montréal avec l'équipe de Yoshua Bengio,

c'est de transférer ces nouvelles façons de faire là, ces nouvelles

applications là dans des secteurs où on utilise de très grandes bases de

données. Et bien sûr, en santé, on en a beaucoup, le transport intelligent dans une ville, beaucoup, toutes les

infrastructures, l'eau, par exemple, comment tout ce que les...

s'assurer qu'on ne perd pas trop d'eau dans les souterrains, vraiment tout ce

qui est exploration minière. De plus en plus, des outils d'intelligence

artificielle sont utilisés dans ces secteurs-là.

Donc,

ce que ça démontre, c'est que c'est partout. Mais ce qui est très important

aussi, c'est la formation. Donc, on va

devoir former nos jeunes pour qu'on continue à être des leaders dans le domaine

de l'intelligence artificielle — finalement, les descendants scientifiques de Yoshua Bengio, si on veut — mais on va devoir aussi former les

travailleurs dans tous les secteurs

pour qu'on comprenne un peu plus ce que ça veut dire, l'intelligence artificielle, comment ça peut être

utile à une petite et moyenne entreprise, que ce soit pour de la mise en marché, que ce

soit pour améliorer les processus en termes de manufacturier plus innovant.

Donc, intelligence artificielle, investissement

très important au Québec, le gouvernement du Québec, le partenariat avec le gouvernement canadien, le secteur privé de plus en plus. Et ce

qui est encore plus intéressant, en

tout cas pour moi, c'est vraiment

les opportunités pour nos jeunes de créer des petites et moyennes entreprises

dans le secteur. Il y en a plusieurs dans la région de Montréal, il y en

a ici, à Québec, aussi. Il y en a une, par exemple, qui est

partie du laboratoire de Yoshua Bengio, Element AI, qui se

développe à une vitesse folle à Montréal, et je pense que la moyenne d'âge des employés si c'est 25, 26 ans, là...

Ceux qui ont 30 ans, ils sont prêts à prendre leur retraite, presque. Ça

bouge très, très, très vite, très dynamique et très, très, très stimulant.

En terminant,

peut-être, pour s'assurer du développement futur de

l'intelligence artificielle, il y a deux éléments qui, pour moi, sont absolument essentiels. Le premier, on parle beaucoup

d'intelligence artificielle, là, mais on a besoin d'intelligence humaine en premier pour aller vers

l'intelligence artificielle. Donc, nos jeunes, la relève, très important.

On a parlé des femmes en sciences il y a

quelques minutes. Dans le domaine de l'intelligence artificielle, par exemple dans l'équipe de Montréal, de l'Université

de Montréal, et c'est un peu la même

chose à l'Université McGill, c'est difficile d'attirer nos jeunes Québécois, Canadiens de faire des carrières dans le

secteur, pas seulement les jeunes femmes, les jeunes hommes aussi. Pourtant, il y a de l'emploi et

c'est des emplois très bien rémunérés, mais on n'a pas trouvé encore la

façon de les attirer. Et je dois dire qu'à

l'Université de Montréal, par exemple, si on n'avait pas d'étudiants du

Maghreb dans le secteur de l'informatique et de l'intelligence

artificielle, on manquerait beaucoup, beaucoup de main-d'oeuvre dans ce

secteur-là.

L'autre élément très important — et

j'ai des collègues ici, la directrice du fonds société et culture, là, Louise Poissant — c'est

tout le volet d'acceptabilité sociale. Donc, c'est un volet qui va devenir de plus en plus important parce que, très certainement, Bengio et son équipe vont être capables de

développer les nouveaux algorithmes qui vont nous emmener encore plus

loin, mais, si globalement la société ou les gouvernements ne sont pas prêts à

aller là ou ont certaines craintes par rapport à certains aspects de

l'intelligence artificielle, les impacts que ça peut avoir sur notre société,

ça va devenir très compliqué.

Donc, il faut

s'assurer que, dans les équipes que l'on forme, c'est vraiment

très intersectoriel, très multidisciplinaire, d'avoir des experts en sciences humaines, en sciences sociales, en arts,

en culture dès le point de départ dans ces genres de grands projets là.

Donc, c'est à peu près ce que je vous dirais pour l'instant.

Président (M. Busque) :

Merci, M. Quirion. Alors, M. le député de Laval-des-Rapides,

il reste 1 min 20 s.

M. Polo :

1 min 20 s. Bien, écoutez, je vais être... ce que je veux faire,

c'est qu'on va reporter ce temps-là au prochain bloc. Je sais que mes collègues

souhaiteraient poser d'autres questions également. Merci.

Président (M. Busque) :

Je vous remercie, M. le député de Laval-des-Rapides. Alors, ce qui met un terme à ce bloc de

la

partie gouvernementale. Pour le prochain bloc, qui sera dédié à l'opposition

officielle pour une durée de 18 min 35 s, je reconnais la députée

de Chicoutimi.

Le Président (M. Busque) : Oui,

ma chère.

Mme Jean : Je pensais qu'on

avait 20 minutes. Merci.

Je ferais du

chemin sur l'intelligence artificielle. J'entends effectivement ce qui est dit par nos collègues et les personnes ici, et je suis d'accord avec qu'est-ce qui se dit sur cette

importance, l'importance de ce nouveau créneau qui est porteur, qui est porteur en découvertes scientifiques, qui est porteur en création d'emplois. J'ai une certaine

inquiétude, en même temps, lorsque j'entends : On va créer une grappe

industrielle, que je salue, d'ailleurs. Je pense que le Québec doit embarquer

dans ce créneau-là qui est porteur, et on a l'intelligence qui est nécessaire,

je dis, l'intelligence humaine nécessaire pour être dans ce domaine de pointe, et je suis

entièrement d'accord avec ça. Là où ça m'inquiète, c'est lorsque j'entends que ça se passe à Montréal.

Est-ce qu'une grappe doit être spécifiquement à Montréal? On parle de l'Université de Montréal,

on parle de l'Université McGill, on parle de Google qui va investir dans Montréal,

on parle de Microsoft qui va investir

à Montréal, 7 millions, des millions de dollars qui

sont investis, le gouvernement va investir 100 millions. Dans la

vision de l'intelligence artificielle au Québec, est-ce qu'il y a une vision de

faire en sorte que le développement de ce créneau-là

ne se limite pas seulement qu'à une région qui est montréalaise, mais qui

doit aussi s'imbriquer dans l'ensemble de

la société québécoise partout dans les régions? Et j'aimerais savoir

quelle est cette vision-là et comment ça va se décliner.

Le Président (M. Busque) :

Merci, Mme la députée. Alors, Mme la ministre.

Mme Anglade :

Il est évident que, lorsqu'on regarde l'intelligence artificielle... Donc,

d'abord, contente de constater qu'on s'entend sur l'importance à accorder à

l'intelligence artificielle et à la création d'une grappe dans ce domaine. Et savoir que cette

grappe a une incidence... évidemment, on veut qu'elle ait une incidence

ailleurs dans le monde, mais une

incidence partout au Québec. Pour ce faire, il faut effectivement qu'il y ait

des joueurs autres que simplement des joueurs de Montréal. Évidemment,

une grande

partie réside à Montréal, mais il y a d'autres joueurs aussi.

Intelia, par exemple, à Joliette, c'est un

exemple. Il faut que les éléments d'optique-photonique, qui sont très ancrés à

Québec, fassent

partie de tout ça.

Donc,

un des éléments dans le déploiement, dans la mise en oeuvre — parce qu'on a annoncé des chiffres, là,

mais maintenant il va falloir qu'on le

déploie de manière plus spécifique — c'est justement de prendre en considération

ces pôles d'excellence que nous avons ailleurs, à l'extérieur de Montréal, et

qu'ils soient notamment intégrés dans la grappe.

Mme Jean :

J'aimerais rajouter, je trouve ça intéressant d'entendre ça, que, oui, on pense

aussi aller à Québec, mais il y a des

pôles qui vont se créer. C'est des nouveaux pôles qu'il faut créer. Il ne faut

pas seulement qu'aller dans les pôles conventionnels,

qu'on pense à Québec et à Montréal, par exemple, pour la photonique, que je

connais bien, mais on a une occasion

exceptionnelle ici, au Québec, en se concentrant sur l'intelligence

artificielle, en mettant des millions de dollars là-dedans, de justement en créer ailleurs, des pôles, de ne pas être non

plus à la remorque de ce qui existe. Si on attend toujours à ce qu'ils existent, ça ne se créera

pas. Je pense que le gouvernement devrait avoir une vision de dire :

J'utilise cette opportunité-là non pas pour seulement consolider ce qui existe

déjà dans nos deux pôles principaux, mais qu'on pourrait en créer d'autres ailleurs, dans d'autres régions, donc éclater

ça et faire en sorte que, justement, l'intelligence humaine de partout au Québec puisse participer à

l'évolution et à l'émergence de ce créneau-là de l'intelligence

artificielle.

Est-ce

qu'il y a une vision, justement, dans le 100 millions, de faire en sorte

que, non, ça ne se limite pas à aider et à investir dans les deux pôles

principaux à Québec et à Montréal, mais qu'il y a une vision de dire :

Oui, on va faire un effort pour que ça se

développe et que ça s'implante dans les autres universités, dans les autres centres

et dans les autres entreprises qui sont ailleurs et qui sont dans les

régions du Québec?

Le Président

(M. Busque) : Merci, Mme la députée. Alors, Mme la ministre.

Mme Anglade :

Merci. On ne peut pas parler d'intelligence artificielle puis de dire qu'on va

miser sur ce qu'on a déjà. Pour moi, c'est deux portions de phrase qui

s'affrontent parce que, quand on parle d'intelligence artificielle, par définition ça va être du développement par la

suite, par définition. Donc, ce n'est pas de dire : On va juste s'appuyer

sur ce qui existe déjà puis on ne va pas... Au contraire, on veut en développer

davantage. Tout à l'heure, oui, j'ai parlé de Québec,

mais j'ai aussi parlé de Joliette. Et je pense que Joliette est un exemple de

ce que nous devons avoir à l'intérieur même

de l'intelligence artificielle, dans le déploiement que l'on veut faire, et que

l'ensemble des Québécois puissent en bénéficier, puissent y contribuer.

Donc, oui, dans le déploiement, dans la mise en oeuvre de ce qu'est l'intelligence

artificielle, il va y avoir des éléments par rapport à tout l'aspect régional.

Puis

j'aimerais spécifier, l'intelligence artificielle ne peut pas se développer

sans des grandes collaborations. C'est impossible

pour nous de dire : On va développer avec quelques joueurs, etc.,

l'intelligence artificielle. Il va falloir qu'au contraire on mise sur toutes nos forces et tous nos talents. Lorsqu'on

regarde le Québec et qu'on regarde la population du Québec, c'est évident que ce que l'on veut faire,

c'est aller chercher partout les possibilités qui vont pouvoir

contribuer à cette grappe industrielle qu'on est en train de créer. Donc, je

pense qu'on a des modèles. Intelia à Joliette est un bel exemple à suivre.

Le Président

(M. Busque) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.

Mme Jean :

Donc, je comprends que, oui, il y aura une intention de faire en sorte que ça

se décline partout au Québec et non pas seulement qu'à quelques

endroits.

Je vais revenir à ma

question de tout à l'heure, lorsque je parlais du programme PerforME — je

sors de l'intelligence artificielle — qui est un programme important pour les PME,

pour l'exportation, qui sont des sujets dont on traite aujourd'hui. On m'a mentionné qu'on va parler de ça la semaine

prochaine, mais, la semaine prochaine, ce n'est pas ces sujets-là qui vont être discutés. Ça va être,

si je me souviens bien... attendez... Donc, j'aimerais ça avoir ma

réponse aujourd'hui. La semaine prochaine,

jeudi, donc, c'est PME et développement économique régional. Moi, je vous

parle du programme PerforME, qui n'est pas dans ce contexte-là — et

j'aimerais avoir ma réponse parce que ce ne sera pas la semaine prochaine que ça va se discuter — où c'est un programme extrêmement important

parce que ça prend nos PME pour en

faire des grandes entreprises. C'est un programme ciblé pour faire émerger,

faire grandir des entreprises qui ont le potentiel de devenir nos

Bombardier de demain. Donc, c'est un programme, pour moi, qui est au coeur,

justement, de la PME, exportation, innovation et croissance.

Donc,

ma question est... Lorsque je lisais les réponses qu'on avait reçues, il y a eu

196 candidatures et 196 dossiers retenus comme prioritaires. Il y a un comité national qui en fait

l'analyse, et le comité national s'est réuni six fois pour dire qu'on accepte toutes les candidatures. J'aimerais

savoir comment ça fonctionne, ce projet-là, pour dire... quels sont les critères. Comment ça se fait qu'il y a 196 — d'ailleurs, juste 196 — et que les 196 ont été acceptées? Donc, est-ce

que c'est nécessaire que le comité se rencontre? Comment ça fonctionne, tout

Le Président

(M. Busque) : Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Alors, Mme la

ministre.

Mme Anglade :

Alors, comme mentionné précédemment, c'est la ministre responsable,

Mme Thériault, qui s'occupe de ce

volet-là. Alors, avec votre consentement, je peux céder la parole au

sous-ministre qui travaille avec Mme Thériault pour répondre à la

question, si ça vous convient.

Le Président

(M. Busque) : Merci, Mme la ministre. Alors, est-ce que j'ai le

consentement?

Le Président (M. Busque) :

Parfait, alors, M. le sous-ministre.

M. Dumas (Jocelin) :

...d'information. C'est en février...

Président (M. Busque) :

Excusez-moi, M. le sous-ministre, j'aimerais que vous vous identifiiez, s'il

vous plaît.

M. Dumas (Jocelin) : Oui.

Jocelin Dumas, sous-ministre au ministère de l'Économie, de la Science et de

l'Innovation.

Bien, je peux

peut-être fournir à la députée quelques informations complémentaires. C'est en

février 2015 que le gouvernement

a lancé la stratégie PerforME. Nous en sommes maintenant à la cinquième cohorte

d'entreprises qui sont accompagnées.

Ça fonctionne sur la base de projets, les entreprises nous présentent des

projets, en général des projets d'expansion pour augmenter leur capacité

de production, qui mènent la plupart du temps aussi à des exportations.

Alors,

jusqu'à maintenant, il y a 195 projets qui nous ont été présentés. Et, de

ces 195, il y en a 163 qui ont été retenus. Ils représentent

540 millions d'investissement, là, jusqu'à maintenant.

Le Président (M. Busque) : Je

vous remercie, M. le sous-ministre. Alors, Mme la députée de Chicoutimi.

Mme Jean :

Merci. Moi, les réponses qu'on avait reçues, c'était 196, 196. Avouez que

c'était... de quoi se poser des questions là-dessus. Mais ça va aller

pour le moment. Merci pour la réponse.

J'aurais une

question concernant les centres collégiaux de transfert technologique. Il y en

a une quarantaine, je pense, au

Québec, qui sont spécialisés dans différents domaines qui se retrouvent dans

nos collèges. Ces centres-là offrent des

services de recherche et de développement aux entreprises, et je comprends que

le gouvernement mise beaucoup sur cette

structure-là pour pouvoir venir en aide, ou aider, ou faire le développement

que les PME ont besoin de faire faire dans leur quotidien.

Je voulais

savoir : Est-ce que, dans la mise en place et le support qui est donné aux

centres collégiaux de transfert technologique,

il y a une prise en compte qu'il y a des services, dans le privé, qui existent

qui font la même chose? Donc, est-ce que le gouvernement s'assure de ne

pas rentrer en compétition avec des services qui sont déjà existants sur le marché? Parce que du service de R&D, ça

existe, et là on en crée un parallèle qui est financé par l'État. Est-ce qu'il

y a un questionnement là-dessus, justement, de créer un système

parallèle de quelque chose qui existe déjà dans le marché?

Le Président (M. Busque) :

Excusez-moi.

Président (M. Busque) : Non, j'étais en communication en

sourdine. Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Alors, Mme la ministre.

Mme Anglade : Oui, parfait. Merci, M. le Président. Alors, effectivement, les CCTT

sont des organes extrêmement pertinents,

surtout pour créer les liens avec l'entreprise. Et je comprends que vous avez

peut-être des exemples concrets que vous

pourriez partager avec nous, où il y a vraiment du travail qui se fait en

parallèle et qu'il y a une concurrence, peut-être. Bien, je comprends

qu'il y a quand même une base qui amène cette réflexion-ci, mais, si vous me

permettez...

Mme Jean :

Ce n'est pas du travail parallèle, c'est qu'il y a des firmes qui offrent du

service de développement de produits, du service de développement, ce

qu'offrent les centres collégiaux de transfert technologique. C'est le même

service, là.

Mme Anglade :

Alors, je vais profiter de la présence du scientifique en chef pour, vraiment,

lui céder la parole sur ce sujet des... avec votre consentement, M. le

Président.

Le Président (M. Busque) : Oui,

allez-y. Je pense que vous aviez déjà le consentement pour pouvoir parler.

M. Quirion

(Rémi) : Merci. Merci bien. Très bonne question aussi. Il est certain

que l'évolution des CCTT au cours des dernières années... Je pense que

les dirigeants, les directeurs des différents CCTT ont beaucoup d'énergie, beaucoup d'enthousiasme, ils veulent aller de

l'avant. Et, dans certains cas peut-être, ça a mené un peu à un

dédoublement de certains types de services.

Ce qu'on aimerait, à l'intérieur des stratégies du gouvernement du Québec et

les partenariats que les fonds de recherche ont aussi avec les

CCTT — on

en a plusieurs, comme par exemple des dégagements de professeurs au niveau collégial pour avoir plus de temps dans les CCTT,

des placements d'étudiants dans les CCTT — c'est de voir vraiment... de cibler un peu plus l'aspect

de recherche appliquée. Donc, ce n'est pas rendu vraiment encore un service qui peut être

donné de façon très large, c'est d'aller de la recherche fondamentale, qui est souvent un peu plus en milieu universitaire.

CCTT et la recherche appliquée... Il

y en a aussi dans les universités,

bien sûr, mais le CCTT est là pour faire ce genre de transfert là et moins, peut-être,

l'aspect, je dirais, un peu plus, entre

guillemets, là, qui est très

important, mais qui est peut-être

un peu plus routinier... donc vraiment plus l'aspect de recherche appliquée. C'est ce

qu'on discute présentement

avec le Réseau Trans-tech et d'autres partenaires des CCTT.

Le Président

(M. Hardy) : Merci, M. Quirion. Mme la députée de Chicoutimi.

Mme Jean : Oui, je

comprends la différence entre la

recherche fondamentale puis la recherche appliquée qu'on applique, justement, dans les centres collégiaux de transfert

technologique. Ma question était... Pour en connaître plusieurs au Québec,

des firmes, des firmes de génie, des firmes d'ingénieurs qui offrent ce

service-là et qui se retrouvent en compétition financière, donc qui ne sont pas

compétitifs par rapport à ce qui s'offre dans les CCTT, donc c'est une problématique que je voulais savoir si le gouvernement était sensible à ça. Et, à

partir de là, est-ce qu'il y a des avenues qui ont été analysées, par exemple s'il y avait des

firmes qui peuvent offrir le même service qui auraient pu être aussi subventionnées? J'imagine que l'idée de base,

c'est de rendre accessible de la connaissance ou une capacité de faire

de la recherche et développement pour les

PME, qui peut se faire au sein des CCTT mais qui peut se faire aussi dans des

firmes privées. Est-ce que c'est quelque chose avec lequel le gouvernement est

sensible et qui pourrait trouver peut-être des avenues parallèles pour que tout le monde soit capable d'offrir ce

service-là sur le marché au même prix, avec les mêmes conditions?

Le Président

(M. Hardy) : Mme la ministre.

Mme Anglade :

Les CCTT sont des organismes qui sont évalués chaque trois à cinq ans. Lors de

ces évaluations-là, un des éléments

qui est essentiel, c'est de s'être assuré de la complémentarité des services

qui sont offerts. Donc, si, justement,

on regarde ce qui est offert sur le marché et ce qu'ils font, c'est d'assurer

qu'on ne soit pas en train de faire des chevauchements de services entre

les CCTT. Et forcément, après, le plan d'action qui découle de ça, c'est

d'assurer cette complémentarité-là.

Le Président

(M. Hardy) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.

Mme Jean :

Oui, merci. Une question d'un autre ordre qui touche les PME mais dans le

domaine du bois. On entend parler

beaucoup, depuis plusieurs mois d'ailleurs, de l'arrivée de la taxe

d'importation imposée par le gouvernement américain sur nos exportations

à nous de bois d'oeuvre. Naturellement, cette nouvelle taxe a un impact

financier très important dans le milieu,

dont auprès des PME qui oeuvrent dans ce domaine-là, qu'on pense aux scieries,

qu'on pense aux travailleurs, qu'on

pense à tous ces gens qui travaillent dans le milieu du bois d'oeuvre. Je

voulais savoir quelles sont les

mesures qui sont mises en place pour pouvoir permettre à nos entreprises, nos

PME, de pouvoir passer au travers. Je sais

qu'il y a le programme Essor qui existait. Je voulais savoir est-ce qu'il a été

bonifié, et de combien il a été bonifié, puis de connaître, naturellement, les conditions, les critères qui seront

donnés aux PME pour être capables d'avoir accès à ce finance-là à des conditions qui feront en sorte

que, financièrement, ça va effectivement leur permettre de passer à

travers cette difficile période.

Le Président

(M. Busque) : Merci, Mme la députée. Alors, Mme la ministre.

Mme Anglade :

Alors, dans le conflit du bois d'oeuvre que l'on a, au Québec nous avons une

industrie qui représente environ 60 000 personnes qui travaillent

dans ce secteur-là, mais spécifiquement, dans le domaine du bois d'oeuvre, on parle de 178 entreprises. Pour ces 178 entreprises, elles sont

affectées par les droits compensatoires, en effet, et donc ces droits compensatoires là, d'en moyenne

20 %, ont une incidence directe sur les liquidités de ces entreprises-là.

Lorsque nous avons

réuni les gens du côté syndical, du côté des municipalités, du côté de

l'industrie, nous avons décidé d'établir un

programme en prévision de ce qui allait se passer. Pour établir ce

programme-là, nous avons regardé la meilleure avenue, et pour nous

c'était le programme Essor. Mais évidemment que le programme Essor ne s'applique pas directement au contexte

actuel. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de modifier ce

programme-là et que, le 12 avril dernier,

les critères de ce programme-là ont été revus et approuvés, encore une fois, en prévision de ce qui allait se déployer cette semaine.

Lorsque

l'on regarde les critères du programme, ce que l'on souhaite faire, c'est

permettre aux 178 entreprises qui pourraient

manquer de liquidités à cause des droits compensateurs d'avoir accès à des

prêts ou des garanties de prêt qui pourraient

couvrir jusqu'à 75 % des droits compensateurs qui leur sont imposés,

jusqu'à 75 %. Donc, toute l'information leur a été communiquée. Pourquoi

75 %, jusqu'à concurrence de? Parce qu'il y a également le fait qu'on est

dans un contexte qui est, au point de vue économique, pour ces entreprises-là

de l'autre côté de la frontière, plus favorable, entre guillemets — puis je vais vraiment qualifier ce que je veux dire par «plus

favorable» — que dans

la dernière crise. Avec le secteur de

la construction américaine qui est en forte hausse, on s'attend à ce que les

clients américains puissent absorber une

partie importante des droits

compensateurs qui leur sont imposés et donc qu'on passe un peu la facture aux clients américains, somme toute. Mais, encore

une fois, le programme est là pour les 178 entreprises. Elles ont

reçu l'information. Il y a des mises à jour quotidiennes et il y a une équipe

tactique qui a été mise en place pour répondre spécifiquement à la demande de ces

entreprises-là.

Le Président

(M. Busque) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.

Mme Anglade : Ah! peut-être...

Le Président (M. Busque) :

Excusez-moi.

Mme Anglade :

Juste peut-être un dernier point, parce que la question a été posée. La

question a été posée : Est-ce que le programme Essor a été bonifié

spécifiquement? J'imagine que ça veut dire : Est-ce qu'il y a des montants

additionnels qui sont associés à ça? Bien

évidemment qu'il y a des montants additionnels qui ont été prévus. Et,

encore une fois, on a dit qu'on allait être là à la hauteur des besoins de

l'industrie.

Le Président (M. Busque) :

Alors, je vous remercie, Mme la ministre. Mme la députée de Chicoutimi.

Mme Jean :

Juste me confirmer un détail. Pour avoir accès au 75 % de financement du

montant qui est demandé par les

droits compensatoires, est-ce que c'est vrai que l'entreprise doit avoir

atteint le maximum de sa marge de crédit, pour avoir accès à ce prêt-là?

Le Président (M. Busque) :

Merci, Mme la députée. Mme la ministre.

Mme Anglade : Bien, la réponse

courte, c'est non. Mais, non, ce n'est pas...

Mme Jean : Donc, c'est une

légende urbaine?

Mme Anglade : Bien, une légende

comme... hein, je ne sais pas d'où vient cette...

Mme Jean : Bien, ça me rassure

un peu.

Mme Anglade :

Peut-être préciser que, de la manière dont on va fonctionner, il faut qu'on

analyse les besoins de liquidités de

l'entreprise et qu'on l'analyse sur une période de deux ans pour évaluer

jusqu'à quel montant elle pourrait avoir des droits compensateurs. Pas

des droits compensateurs, pardon, mais la compensation, justement, des droits

compensateurs.

Président (M. Busque) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Mme la

députée de Chicoutimi, pour les dernières 25 secondes.

Mme Jean :

C'est peut-être là, j'imagine, que la conclusion que les gens arrivent au fait

que c'est au maximum de la marge de

crédit, ça peut être considéré comme quoi vous avez des liquidités, vu que vous

avez encore une

partie de la marge de crédit qui est non utilisée. C'est

la conclusion que moi, j'en fais, là, à la lecture de ce que j'entends.

Le Président (M. Busque) : Mme

la ministre.

Mme Anglade :

Bien, écoutez, s'il y a un enjeu quelconque puis il y a des problèmes, moi, je

suis porteuse, si vous... que vous me dites spécifiquement quelles sont

les entreprises et puis qu'on puisse en discuter.

Le Président (M. Busque) : En

vous remerciant beaucoup. Alors, ça complète le...

Mme Jean : J'ai juste une

petite chose à demander. Tout à l'heure le sous-ministre a quand même donné des

chiffres différents de ce qui était dans

notre cahier qui nous a été donné. J'aimerais savoir : Est-ce que le

cahier va être remis à jour, parce

que c'est des documents qui sont publics, puis est-ce que cette information va

être corrigée dans le cahier?

Président (M. Busque) : Étant donné que le temps dédié à votre

bloc est terminé, peut-être que vous pourriez répondre en dehors du

temps de la commission, parce que le temps de ce bloc-là est complété.

Mme Jean : C'est pour le public

aussi et pour nous, avoir des documents qui sont...

Président (M. Busque) : Est-ce que vous avez la réponse ou est-ce

que vous allez revenir avec une réponse?

Mme Anglade : M. le

sous-ministre va répondre.

Le Président (M. Busque) :

Pardon?

Mme Anglade : Bien, je

m'excuse, ils vont vérifier et vous revenir dès que possible, là.

Le Président

(M. Busque) : Alors, parfait. Alors, nous en sommes présentement

au dernier bloc de la

partie gouvernementale pour les prochaines

22 minutes, et à ce

titre je vais reconnaître la députée de Fabre.

Mme Sauvé : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je veux

saluer la ministre, toute l'équipe, les collègues des oppositions et de

l'équipe gouvernementale, évidemment.

C'est avec un plaisir non dissimulé que je vous

parlerai de la promotion des sciences, on en a parlé tantôt, la promotion de la culture scientifique. C'est bien

important pour moi. Ça me tient bien à coeur, et je sais que c'est un

dossier très important également pour la ministre.

D'abord,

d'entrée de jeu, une petite parenthèse tout de suite en démarrant. Bien sûr que

la promotion de la culture scientifique, ça passe également par la

recherche. Et, dans le budget, donc, 2017-2018, dans le plan économique du

Québec, il y a des crédits additionnels de 180 millions pour les cinq

prochaines années pour justement encourager la recherche, ce qui représente un rehaussement de 20 % du Fonds de

recherche du Québec. Alors, ce n'est pas rien. Qu'est-ce que ça veut dire aussi, concrètement, des mesures

de financement telles que celle-là? Bien, ça veut dire, entre autres,

des projets comme les stages en entreprise,

stages d'innovation où il y a des centaines d'étudiants qui bénéficient

d'expériences concrètes. C'est aussi l'expérience de partenariats gagnants.

Alors, c'était ma petite parenthèse d'entrée de jeu.

Donc, la

promotion de la culture scientifique, pourquoi c'est important au Québec? On en

a parlé en lien avec la place des

filles en sciences, mais il faut

regarder que, le portrait actuel, quand on regarde à l'Institut de la statistique du Québec,

sur l'ensemble des gradués universitaires, il y a seulement 23 % qui ont étudié dans les

domaines principaux des sciences.

Pourtant, quand on regarde sur l'information du marché du travail

d'Emploi-Québec, à peu près tous les grands métiers, les possibilités,

les opportunités d'emploi en lien avec les sciences sont en perspective

favorables.

Alors, on le sait, la santé du marché du

travail, elle est très, très présente. Il y a des emplois très intéressants en sciences. Il y a des sciences émergentes

également. On a parlé, bien sûr, de certains éléments comme

l'intelligence artificielle. Il y en a

d'autres. On peut penser à la nanoélectronique, les métiers des TI, la

«fintech» et la robotisation. Donc, ce

sont des sciences émergentes qu'il faut adresser en termes d'opportunités

d'emploi sur le marché du travail présent et à venir.

Alors donc,

les statistiques nous démontrent d'un côté que la place des jeunes gradués en

sciences, c'est nettement insuffisant.

Il y a des perspectives favorables, il y a des sciences émergentes, alors il

faut adresser la question. Et vous vous doutez que ma question, un peu

plus tard, va certainement porter sur l'adéquation.

Alors, le

portrait au Québec, quand on regarde en matière de ressources humaines, de

personnes qui travaillent au niveau

des sciences, on fait bonne figure. Il y a un petit recul, mais on se classe

quand même au premier rang au Canada et au cinquième rang parmi les pays de l'OCDE, avec 15,4 personnes en

recherche par millier de personnes actives. C'est au niveau de la littératie où là on a un grand travail

à faire, et travailler encore et toujours à l'ensemble du développement d'une culture scientifique globale par une

diversité d'activités. Le gouvernement du Québec y croit. Il y a de

multiples partenariats. Il y a une table,

dont je parlerai tantôt, de partenariats qui font la promotion de la culture,

qui a été relancée. Il y a des

activités diverses. Donc, on y croit, le financement est au rendez-vous, les

activités sont là actuellement, mais il faut continuer de le faire de

façon très importante.

J'aimerais un

petit peu y aller avec... question de vous parler des actions précises et

concrètes du gouvernement. J'aimerais un peu me ramener à mon passé et

la connaissance des jeunes, la connaissance des jeunes qui peuvent envisager... Et j'ai beaucoup aimé le mot de

M. Quirion tantôt, «initier», initier les jeunes, initier les femmes au

domaine des sciences. Pour moi, quand on regarde le parcours des jeunes et

comment, de façon optimale, on peut l'intéresser aux divers domaines des

sciences, il y a quatre grandes étapes.

D'abord,

amener l'étincelle. Comment on stimule l'intérêt des jeunes à envisager une

carrière dans les sciences? Donc, il

y a plusieurs façons. Il faut explorer les métiers. Il faut avoir accès à des

modèles. Et ça, je le redis, on en a parlé tantôt, les femmes en sciences, mais il faut regarder vraiment jusqu'à

quel point on fait émerger les modèles qu'on a au Québec, les gens qui se sont démarqués, et je

pense, bien sûr, à la ministre qui a un parcours en sciences, mais donc

des gens qui sont des modèles pour nous et des modèles accessibles pour les

jeunes, faire en sorte qu'on les rencontre, qu'on peut leur parler et qu'on

partage cette étincelle.

Évidemment,

il y a un aspect qui est très, très, très important, et ça vient, encore là, de

mon expérience avec les jeunes :

gérer la peur des mathématiques. C'est excessivement terrain, mais c'est

excessivement présent. Comment on gère la

peur des mathématiques? Parce que c'est clair que, pour la majorité des jeunes,

il y a une corrélation significative entre bon en maths, carrière en sciences. Alors, il faut travailler à

démystifier ça. Parce qu'il y a une diversité présentement dans les métiers liés aux sciences qui ne nécessitent

pas nécessairement une expertise incroyable au niveau des mathématiques.

Il faut démystifier cette place-là et briser un peu cette corrélation-là. Tant

qu'on ne l'aura pas fait, et on y travaille, le gouvernement y travaille, on aura des jeunes qui vont passer à côté de

peut-être à la hauteur de ce qu'ils pensent en mathématiques.

Deuxième

aspect. L'étincelle est là, on a vu des métiers, on a rencontré des modèles,

c'est intéressant, on commence à

démystifier que les maths, ce n'est pas absolument incontournable, il faut

maintenir l'étincelle. Et ça, pour ça, bien, il faut s'assurer que, du

primaire au secondaire, au cégep jusqu'à l'université, il y a des conférences, il

y a des ateliers, il y a des symposiums, on

maintient l'étincelle, on maintient le désir. Et ça, c'est très, très

présent. Il y a l'aspect lecture aussi, permettre... On a tous lu ou nos jeunes ont tous

lu les revues Les Débrouillards . Comment inciter les jeunes à

maintenir l'étincelle, une fois qu'elle est

bien là, à travers tout le parcours scolaire, à travers aussi leurs activités

dans leurs quartiers, en lien avec leurs parents? Donc, ça, encore là, il

y a des choses très importantes.

Une fois que l'étincelle est maintenue,

troisième étape, comment on oriente les jeunes? Comment on leur explique qu'il

y a des possibilités de formation? Parce qu'il y

a plusieurs programmes de

formation à toutes les étapes du parcours scolaire. Comment on informe les jeunes

de ces diverses possibilités? Encore là, et je pense évidemment...

là, je vais devenir un petit peu dans mon chauvinisme habituel en étude de crédits, je vais penser à

Laval et au collège Montmorency, qui

offrent non seulement des activités excessivement stimulantes pour les jeunes

en science, mais qui offrent aussi des services qui permettent de

démystifier quels sont les meilleurs programmes pour bien orienter les jeunes.

Étincelle, maintien de l'étincelle, orientation,

directions pour accompagner, les jeunes. Après ça, il faut les reconnaître. Il faut leur rendre hommage. Il y a

des concours qui existent, il y a des promotions qui existent. La

ministre nommait tantôt une activité, et je vais en reparler, avec cette jeune

fille qui a gagné le prix, tout à fait extraordinaire. Alors, il faut

reconnaître le parcours, et faire en sorte de dire bravo, et faire en sorte que

ces jeunes-là deviennent des modèles pour ceux qui suivront.

Alors, je

reviens à l'étincelle. Bien, l'étincelle, il y a NovaScience avec, entre 2013

et 2016, 3 000... 3 millions, pas 3 000, 3,4... voyons! — je suis fatiguée un petit peu, les semaines

sont longues — 3 000 400 jeunes qui ont bénéficié des multiples activités de NovaScience de 2013 à 2016. Il y a le concours

Imagine, il y a eu des finalistes qui ont permis... qui ont pu un petit

peu explorer, dans un premier temps, l'expérience, leur vision de la science.

Il y a évidemment des concours de promotion,

aussi, des sciences. Je pense à Tout ça en toi, Tout ça en eux , qui

invite les jeunes, encore une fois, à oser entreprendre une carrière.

Les outils sont là, les outils sont diversifiés, et l'étincelle se produit dans

bien des cas. Il faut continuer et continuer à le faire.

Moi, je vais

vous dire qu'à Laval on est bien, bien chanceux parce qu'on a plusieurs

infrastructures, musées qui existent

pour stimuler l'intérêt pour les sciences. Ce sont autant des laboratoires que

des présences en salles de classe. Et là

il y en a, vous excuserez l'énumération, mais ils sont nombreux. Il y a d'abord

la centrale de la Rivière-des-Prairies, pour voir un petit peu tout le secteur de l'électrification dans les

années 30, donc une belle découverte. Le Centre d'interprétation de l'eau, donc, très important au niveau de la

mémoire collective pour l'évolution des technologies liées à l'eau. Qui

ne connaît pas le Cosmodôme de Laval? On

pourrait lever notre main, là, mais je pense qu'il n'y a pas grand monde

autour de la table qui ne pas connaît le Cosmodôme. Et là il y a une petite

fierté, et je sens que l'émotion aussi est celle de mon collègue de Laval-des-Rapides, lorsque je parle du Musée

Armand-Frappier, il y a une petite fierté, là, lavalloise, là. Alors, Musée Armand-Frappier, ce sont des présences en

classe, ce sont des camps scientifiques, des ateliers week-end, des

cafés scientifiques, des visites animées. Je

peux vous dire qu'on va là et c'est clair qu'il y a quelque chose qui se passe

quand on est un jeune et on va au Musée

Armand-Frappier. Alors, c'est un bijou de notre culture scientifique à Laval,

et je souhaite les saluer tout

particulièrement. Alors, c'est un peu le portrait de ce qu'on vit et de ce

qu'on a comme richesse de promotion culturelle scientifique à Laval, et

l'étincelle, donc, est là.

Au niveau du

maintien, bien, je pense évidemment à la table de concertation — j'en

ai parlé — qui

a été relancée pour les organismes de

promotion, qui a été relancée par le gouvernement. Il y a l'investissement

aussi, je parlais, au niveau des

lectures, donc promouvoir la science à travers... Oui, on lit sur la science,

pour les jeunes, avec Les Débrouillards .

Je reviens à l'activité où était la ministre, en

compagnie, d'ailleurs, je pense, de Luc Langevin, porte-parole d'Expo-Sciences, d'Hydro-Québec. Écoutez,

cette jeune fille là, là, Victoria Chouinard, qui a remporté... c'est une

élève de cinquième secondaire. Il faut absolument

que je vous parle un peu de son projet, parce que c'est fabuleux. Elle, elle

est en train de révolutionner un petit peu les méthodes traditionnelles pour référencer les espèces marines.

Alors, elle a mis à l'épreuve une

nouvelle méthode de référencement beaucoup moins évasive, basée sur l'ADN. Ce n'est pas

rien. Niveau secondaire V. Et elle a

gagné le prix. Alors, bravo! Bravo! Si elle écoute, je la salue. Merci à la ministre

d'avoir été présente. C'en est un, exemple,

ça. Elle, là, la jeune Victoria Chouinard, elle devient un modèle pour les gens

qui sont dans sa classe, dans son école, dans sa région. Alors, ça,

c'est le maintien de l'étincelle.

Pour ce qui est de l'orientation, j'ai déjà participé, il y a quelques

années, à une belle journée, au collège Montmorency, où on travaillait

avec les conseillers d'orientation, avec le comité sectoriel de main-d'oeuvre

TechnoCompétences à démystifier les métiers

des TI, à faire en sorte que, oui, on n'a pas nécessairement besoin de

mathématiques, oui, il y a plusieurs

programmes qui existent, est-ce qu'on peut rencontrer des conseillers d'orientation,

est-ce qu'on peut démystifier la diversité

des métiers, entre autres, liés aux TI. Alors, ça, c'est une façon très

conviviale. Et il y a beaucoup de journées carrière dans les collèges à

travers le Québec, il y a beaucoup d'activités comme celle-là. Il y en avait

une d'ailleurs, au mois de novembre, sur les

héros de la science au collège Montmorency. Alors, faire en sorte qu'on oriente les jeunes de façon très,

très diversifiée.

Alors, pour ce qui est de l'hommage, j'ai parlé

d'Expo-Sciences, mais il y a aussi, et là je reviens aux filles, Les filles et les sciences, le duo électrisant!. C'est

quelque chose qui existe à travers les régions du Québec. Le 18 mars

dernier, ça a eu lieu à Québec,

150 étudiantes qui étaient là. Alors, une autre belle façon à reconnaître

l'importance de s'impliquer au niveau des sciences.

Alors, je

pense que vous avez bien compris ma passion pour le sujet. Donc, maintenant, ma

question à la ministre sera la

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Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2017-04-27
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-41-1 journal-debats CET-170427
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierd07e4c2103e0403071dd447d4c196ee532044db7

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