House Proceedings — 17 September 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-09-17
Quebec — Debates (Hansard)
Mme Nichols : Merci, Mme
la Présidente. Citoyens, citoyennes,
élus, maires, mairesses, je tiens à vous souhaiter une bonne Semaine de
la municipalité.
Vous savez que vos élus municipaux travaillent
très fort durant cette pandémie afin que votre municipalité continue à maintenir les services essentiels, à
soutenir la population et soutenir les entreprises, tout en mettant les
conditions en place pour une relance
économique durable dans toutes les régions. Nos municipalités doivent être au
coeur de cette relance économique du Québec, et c'est en leur donnant
les moyens que nous ferons profiter l'ensemble des Québécois et des Québécoises.
Comme ancienne mairesse et préfet, je sais que
les défis sont de taille, pour nos municipalités, et je pense, entre autres, à l'équilibre budgétaire. Et je sais
aussi que nos élus font tout en leur possible pour offrir à nous, à vous, chers
citoyens, un milieu de vie où il fait bon de vivre.
En mon nom et ceux de mes collègues, je tiens à
dire un grand merci aux élus municipaux et à leurs équipes respectives. À tous,
bonne Semaine de la municipalité!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, Mme la députée de Vaudreuil. Et maintenant je reconnais M. le
député d'Orford.
M. Bélanger : Merci, Mme
la Présidente. L'été 2020 a bien
été différent, et je tiens à féliciter les intervenants du milieu touristique de ma région. Les Québécois
ont redécouvert leur Québec, et des entreprises ont profité de l'occasion pour
se réinventer, s'ajuster et même offrir des
nouveautés. Par exemple, la Mine Capelton, dans le canton de Hatley, a reçu une
formule pour offrir des visites guidées
privées au lieu des visites de groupe. Le Ciné-Parc Orford s'est allié avec
Moment Factory pour offrir un
divertissement hors de l'ordinaire. La Grange du parfumeur a offert son Jardin
des senteurs à Magog. Bleu Lavande a offert
gratuitement ses champs fleuris tout l'été à Fitch Bay. Le Vignoble Le Cep
d'argent a lancé un nouveau vin et a
remporté trois médailles d'or à la Coupe des nations de ses produits. Le marais
de la Rivière aux Cerises a battu des records d'achalandage pour ses
promenades en kayak.
Je pourrais
continuer et vous donner d'autres exemples, mais je veux dire merci aux
entreprises pour leur initiative. Merci
à Tourisme Cantons-de-l'Est, Tourisme Memphrémagog et surtout aux visiteurs.
Place, maintenant, à la prochaine saison, celle des flambées de couleurs
d'Orford dans nos magnifiques paysages. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député d'Orford. Et maintenant je
cède la parole à M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, cette crise que nous traversons tous est un moment éprouvant pour les familles de ma
circonscription, la circonscription de Viau, mais c'est aussi une occasion où nous
avons pu découvrir de belles histoires d'amitié et de solidarité.
Et, au nom de
ces histoires d'amitié et de solidarité, je vais vous en parler d'une, celle de
Paul Evra, de Faustin Philostin et de
Simon Pellerin. Paul Evra, qui est un directeur d'un organisme communautaire,
Faustin Philostin, intervenant à l'école Louis-Joseph-Papineau, et Simon Pellerin, le chef Simon Pellerin, qui
est chef à l'école Louis-Joseph-Papineau, ils ont décidé ensemble de mettre la main à la pâte. C'est-à-dire
de faire quoi? De cotiser entre eux afin de fournir un repas, un panier
d'épicerie à quelque huit familles. Mais, rapidement, la parole a parcouru
toute la communauté, et des généreux donateurs se sont joints à eux afin de
mettre en place le projet Agir ensemble, projet qui a permis, à ce jour, de
livrer à quelque 55 familles, à chaque
semaine, un panier d'alimentation et des repas chauds. En date du
15 septembre, c'est quelque 1 150 livraisons qui ont été
effectuées.
Alors, à Simon Pellerin, Faustin Philostin et
Paul Evra, un grand merci au nom des familles de Saint-Michel.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Viau. Maintenant, je cède la
parole à Mme la députée de Montarville.
Mme Roy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'invite
l'Assemblee à se joindre à moi aujourd'hui pour souligner le
100e anniversaire des Archives nationales du Québec.
2 septembre 1920 représente une date charnière de notre histoire. En
créant les Archives nationales, le gouvernement
du Québec posait un geste fort pour la préservation de notre mémoire
collective. 100 ans plus tard, ce sont 15 millions
de photographies, 13 millions de documents numérisés et des milliers de
films qui sont conservés et mis en valeur
dans les 10 centres des Archives nationales. S'ajoutent à ce nombre déjà
imposant les documents de 2 300 ministères et organismes
publics et l'équivalent de 67 kilomètres de documents textuels.
Je salue les
artisans de cette importante institution, qui sont garants de notre mémoire
collective, notre histoire et notre culture. Patrimoine documentaire accessible
à tous les Québécois, les Archives nationales racontent de grands pans
de notre histoire et sont une immense source de fierté. Bon centenaire à nos
Archives nationales!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, Mme la députée de Montarville. Et la prochaine déclaration
sera celle de M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. La Marche de la fierté
des aînés se tiendra le samedi 19 septembre à Montréal, et ce sera
l'occasion pour nous de reconnaître les droits et la dignité des aînés.
Cette marche
est d'autant plus importante dans le contexte actuel, où nous avons été
rappelés, une fois de plus, que les droits des aînés sont encore
fragiles et pas toujours respectés.
Cette belle
initiative vise également à renforcer les liens de solidarité
intergénérationnels et reconnaître le travail essentiel de celles et ceux qui prennent soin des personnes vulnérables.
J'en profite ainsi pour reconnaître le travail exceptionnel des tables de concertation des aînés de ma
circonscription. La table des aînés de Parc-Extension
et la Concertation locale des aînés de Villeray, C-LAVI, travaillent
d'arrache-pied pour améliorer leurs conditions de vie. Ces deux regroupements
sont un exemple de ce qui fait la force du Québec : la solidarité,
l'entraide et la lutte pour la dignité.
Merci à ceux et celles qui mènent ces combats et
merci aux personnes aînées de nous avoir légué le Québec d'aujourd'hui. Bonne
Marche de la fierté aux aînés!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Laurier-Dorion. Maintenant, je me tourne vers M. le député de Vanier-Les
Rivières.
M. Asselin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est toujours avec fierté que je souligne
le travail essentiel des organismes
du comté de Vanier-Les Rivières. Intégration TSA, c'est d'eux que je veux
vous parler aujourd'hui. C'est un milieu
de formation adapté à une clientèle de 21 ans et plus présentant un
trouble du spectre de l'autisme. Ils offrent des programmes
d'intégration sociale et socioprofessionnelle.
de leurs initiatives, le projet Libellule, permet à des adultes autistes de
suivre une formation adaptée de 3 200 heures. Au terme de ce
parcours socioprofessionnel, les participants deviennent des travailleurs
d'exception et sont intégrés au marché du
travail régulier. En mai dernier, Intégration TSA a d'ailleurs été
lauréate d'un concours du Conseil québécois
des entreprises adaptées pour leurs pratiques innovantes en développement de
l'employabilité à long terme de la clientèle TSA.
J'aimerais
féliciter Mme Guylaine Deschênes, fondatrice de l'organisme, et toute
l'équipe d'employés et d'administrateurs pour tout ce qu'ils ont
accompli ces dernières années. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Vanier-Les Rivières. Et maintenant je cède la parole à M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je désire souligner aujourd'hui l'engagement
exceptionnel d'une citoyenne de ma circonscription, une pionnière de
Pointe-Lebel, Mme Ginette Côté.
C'est
à l'entrée à la maternelle de sa fille, en 1977, que Ginette commence son
implication dans le monde scolaire. Porte-parole
des parents et de sa communauté pour la construction d'une nouvelle école dans
son village, elle est déterminée à
s'impliquer pour le mieux-être des jeunes et de sa population. Sa feuille de
route dans le monde scolaire est pour le moins impressionnante. Elle a oeuvré six ans au sein d'un comité d'école, puis
quatre ans comme commissaire, avant d'accéder à la présidence de la
commission scolaire de l'Estuaire, en 1987.
Suite à l'abolition
de la démocratie dans le monde scolaire, qui privera dorénavant nos communautés
d'une gouvernance de proximité, Ginette a dû
accrocher son sac à dos, et elle profite maintenant d'une retraite bien
méritée. Celle qui a travaillé plus
de 40 ans sans retenue afin de que tous aient accès aux mêmes chances de
réussite et pour que nos écoles soient belles et accueillantes mérite un
A plus sur son bulletin.
Au nom des citoyens de René-Lévesque, je tiens à
remercier sincèrement Mme Ginette Côté pour son implication remarquable et inestimable.
Merci, Ginette.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de René-Lévesque. Et maintenant je reconnais M. le député de Rousseau.
M. Thouin :
Merci. Bonjour, Mme la Présidente, chers collègues.
veux saluer, ce matin, un grand homme de Rousseau, M. Gilles
Mailhot, un homme d'idées, de caractère, un visionnaire qui, malheureusement, nous a quittés dernièrement, mais qui laisse
derrière lui un important gage industriel dans la circonscription de Rousseau.
Entrepreneur d'exception, il a façonné le paysage industriel de Rousseau,
voire de la région de Lanaudière. Au fil des ans, depuis le début des
années 70, il a fondé Mailhot hydraulique, ITI Hydraulik puis Canada
Hydraulique Équipment. Aujourd'hui, ces entreprises comptent des
centaines d'employés et jouissent d'une solide expertise dans la conception et la fabrication de vérins hydrauliques, des
équipes d'ingénierie et de design à la fine pointe de la technologie, qui sont garantes de solutions innovantes.
tiens à saluer cet homme, Gilles Mailhot, un grand, comme le furent ses
ambitions pour Rousseau. M. Mailhot, merci. Montcalm, Rousseau,
soyons fiers. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Rousseau.
Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, bon jeudi. Nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Le Président : ...de
téléphones!
Le Président : À la rubrique
Dépôt de documents, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bonnardel : Bonjour, M.
le Président. Je dépose, au nom de
mes collègues, les documents suivants : le rapport annuel 2019‑2020
du Conseil interprofessionnel du Québec, le rapport annuel 2019‑2020 du
commissariat aux plaintes et à la qualité
des services du CIUSSS—Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal,
le rapport des activités 2019‑2020 du Comité consultatif pour l'environnement de la Baie James
ainsi que le rapport annuel de gestion 2019‑2020 de la Régie du logement.
Merci, M. le Président.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
À la rubrique Dépôt de documents, toujours, eh
bien, pour ma part, je dépose la lettre que m'a adressée la cheffe de l'opposition officielle, dans laquelle
elle m'informe des désignations suivantes : le député de D'Arcy-McGee à la
fonction de membre du Bureau de
l'Assemblée nationale, en remplacement du député de Nelligan; la députée de
Jeanne-Mance—Viger à la fonction de membre suppléante du Bureau
de l'Assemblée nationale, en remplacement de la députée de Laporte.
Mme la troisième vice-présidente et députée de
Hull.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le Président, je propose que ces
adoptées.
Président : Merci. Donc, en application de l'ordre spécial,
j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs
groupes sur cette motion. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Je vous
remercie. En conséquence, cette motion est donc adoptée.
Enfin,
un dépôt d'une lettre que m'a adressée Mme la députée de Châteauguay, dans laquelle elle m'informe de sa démission à
titre de
présidente de la Commission des relations avec les citoyens. Cette démission
prenait effet le 16 septembre 2020.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, je comprends qu'il y a
consentement pour que je procède à des dépôts de rapports de
commissions? Consentement.
Je dépose le rapport
de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles qui, les 15 et
16 septembre 2020, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le projet
de loi n° 35, Loi visant à moderniser certaines règles relatives
à la publicité foncière et à favoriser la diffusion de l'information
géospatiale.
dépose également le rapport de la Commission
des finances publiques qui, les 15 et
16 septembre 2020, a procédé au
débat sur les crédits supplémentaires n° 1 pour l'exercice
financier se terminant le 31 mars 2020 adoptés le
17 mars 2020.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, merci, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
119 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que
l'actuelle pandémie a dramatiquement aggravé le sort des aînés au Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«De donner la
priorité aux soins à domicile;
«D'augmenter le salaire de façon satisfaisante du
personnel oeuvrant tant à domicile qu'en CHSLD et en résidence privée;
«D'offrir un meilleur
accès aux soins, peu importe le milieu de vie;
mettre immédiatement en place un projet pilote "d'assistants de vie"
pour les personnes handicapées vivant en CHSLD;
«De transformer les
CHSLD et les résidences privées pour aînés en vrai milieu de vie, notamment
en :
«Maintenant les liens
conjugaux de sorte que les couples en fin de vie ne soient plus séparés;
«Réduisant la
médication, quand c'est médicalement justifié;
«Laissant les
résidents se coucher et se réveiller à l'heure qui leur convient;
«Établissant une
fiche de soins et un programme personnalisé d'exercices;
«Augmentant
les sommes consacrées aux repas axés sur les produits saisonniers québécois et
servis à la température adéquate;
«Intégrant les
bienfaits de la zoothérapie;
«Réseautant
des aînés avec des personnes vivant seules et avec des enfants, chaque
résidence étant jumelée avec une classe;
recourir aux technologies de mieux-être comme des toilettes avec fonction
automatique de lavage et de séchage;
«De fournir
l'équipement médical et le matériel de protection adéquats en quantité
suffisante;
«De nommer un
protecteur des aînés du Québec;
décentraliser la gestion des CHSLD et des résidences pour aînés vers les
centres locaux de services communautaires.»
Et je certifie que
cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de la pétition est déposé. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le Président. Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
124 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que la cote de rendement au collégial — CRC — en prenant en compte la force et la dispersion des
groupes, donne au départ une chance égale à tous dans [...] les collèges;
«Considérant
les nombreuses heures consacrées par les étudiants pour obtenir de bonnes notes
et augmenter leur [cote];
«Considérant
qu'une session peut grandement influencer l'admission à l'université, notamment
pour les programmes compétitifs;
«Considérant que les
élèves seront pénalisés par l'incapacité d'augmenter leur CRC;
«Considérant les
impacts pour le futur;
«Considérant les
conséquences psychologiques telles que la dépression;
«Considérant
la résolution 2020-03-27 adoptée par le Bureau de coopération
interuniversitaire qui permet deux
méthodes de calcul, où la CRC de la session hiver 2020 n'est pas
considérée si elle est plus basse que celle de l'automne 2019;
«Considérant que le
ministère a permis à ceux qui ne pouvaient pas continuer leurs cours de faire
une demande pour une session incomplète, sans présenter [de] note médicale;
«Considérant
qu'en raison des circonstances il est possible de modifier le calcul de la CRC
pour accommoder les étudiants des cégeps qui peuvent uniquement
attribuer une mention d'équivalence;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de reconsidérer sa
décision de ne pas comptabiliser les résultats de la session d'hiver
dans le calcul de la CRC et d'adopter :
«La résolution
2020-03-27 établie par le BCI; ou
«Un nouveau calcul de
la CRC pour la session hiver 2020; ou
«Une
nouvelle résolution qui prend en considération les étudiants qui sont en mesure
d'obtenir une meilleure CRC.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
4 035 pétitionnaires. Désignation : citoyens, citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le gouvernement n'a pas donné aux centres de services scolaires
et aux directions d'école des consignes claires sur le maintien de l'enseignement
musical;
«Considérant que des
directions d'école abolissent les cours de musique pour ne pas jongler avec des
consignes contradictoires provenant de la Direction de la santé publique, de la
CNESST et du ministère de l'Éducation;
«Considérant que le Programme de formation de l'école québécoise atteste que
"dans la culture d'aujourd'hui, la musique
joue un rôle primordial sur le plan artistique, social et économique,
et elle occupe une grande place dans la vie des jeunes";
«Considérant que l'enseignement
musical est une source de motivation scolaire, de raccrochage scolaire et
d'accomplissement personnel;
«Considérant que les
enseignants de musique contractuels ou à statut précaire, dont certains sont des
musiciens professionnels, voient leur emploi menacé par la fermeture des
programmes de musique;
«Considérant que les enseignants de musique savent s'adapter
et se réinventer pour offrir un enseignement dynamique et de qualité malgré les
contraintes sanitaires;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«De reconnaître l'importance
de l'enseignement de la musique;
se positionner pour un maintien de l'enseignement musical dans les établissements scolaires du
Québec, et ce, dès la rentrée 2020;
«D'harmoniser
les consignes entre la Direction de la santé publique, la CNESST et le ministère de l'Éducation pour permettre les adaptations nécessaires
à une reprise harmonieuse, réaliste et égalitaire de l'enseignement musical;
«De prendre les
moyens nécessaires pour protéger l'éducation musicale dans les écoles du
Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci, M.
le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
2 994 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la centralisation du système de
santé et de services sociaux découlant de la réforme de 2015 a privé les
régions, dont celle de Sorel-Tracy, de l'autonomie nécessaire pour répondre
adéquatement aux besoins et aux priorités de la population;
«Considérant
que cette centralisation des pouvoirs a entraîné une déconnexion entre les
centres décisionnels et les lieux où sont dispensés les services;
«Considérant que la lourdeur administrative
actuelle est un obstacle à l'efficience de la dispensation des soins santé et
de services sociaux dans les régions;
«Considérant que l'absence de gouvernance et de
direction locales prive les établissements d'une autonomie indispensable à l'administration de soins [de
santé] adaptés à leur clientèle, en fonction de leurs besoins et
caractéristiques propres;
«Considérant
que les établissements de proximité n'ont pas l'autonomie budgétaire nécessaire
pour s'autogérer, en fonction des réalités particulières de leur milieu;
«Considérant
que les organisations de travail locales et les différents salariés souhaitent,
par une décentralisation, participer
et être impliqués dans les décisions en fonction du réel besoin [de] personnel
de la santé et des services sociaux ainsi que des usagers;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de procéder à une
décentralisation du système de santé en
redonnant à chaque établissement de santé du Québec une gouvernance locale
ainsi qu'un réel pouvoir décisionnel et de conférer une plus grande autonomie [établissant] de façon à réellement
mettre le patient au coeur du système et accroître l'adéquation entre
les soins dispensés et les besoins de la population.»
Et je
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Et je la
dépose au nom de mon collègue député de Richelieu.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est déposé. À nouveau, M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 691 pétitionnaires.
Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
la résolution 2003-07-06, adoptée unanimement par le conseil municipal
d'Armagh, demandant au ministère des
Transports qu'une étude soit réalisée
afin de modifier la courbe de la route 281 près de l'intersection du
8e Rang afin de la rendre plus sécuritaire;
«Considérant qu'à l'époque la direction de Chaudière-Appalaches
du ministère des Transports s'était engagée à étudier la problématique évoquée
par la résolution de la municipalité d'Armagh;
«Considérant
que plusieurs accidents de la route ont été répertoriés dans ce secteur depuis
1997, dont deux mortels;
«Considérant qu'une nouvelle résolution
2020-03-12 adoptée unanimement par le conseil municipal d'Armagh demande une rencontre urgente avec la direction
territoriale du ministère des Transports afin de discuter sur les correctifs
à apporter pour rendre la courbe plus sécuritaire;
«Considérant qu'un projet de réaménagement de
l'intersection de la route 281 et du 8e Rang est présentement à
l'étude à ce même ministère;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'analyser la configuration du
tronçon de la route 281 à la hauteur du 8e Rang à Armagh afin
de la rendre plus sécuritaire pour tous les usagers de la route.»
Et je
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition et je la
dépose au nom de la députée de Bellechasse.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député d'Arthabaska, à nouveau.
M. Lefebvre :
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 398 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'une fermeture des magasins le dimanche permettrait aux citoyennes et
citoyens [...] de se reposer davantage, [et] de dédier du temps à leur
développement personnel et d'être en contact avec la nature;
«Considérant
les bienfaits physiques, psychologiques, familiaux, communautaires,
environnementaux et sociaux d'un jour de repos par semaine;
«Considérant
qu'une grande part des [Québécois] et [Québécoises] ont accueilli favorablement
la fermeture des magasins le dimanche durant les mois d'avril et de
mai 2020, fermeture qui s'est passée harmonieusement et sans heurts;
«Considérant que la loi fédérale du dimanche a
été invalidée par la Cour suprême le 24 avril 1985;
«Considérant
que plusieurs États et pays à travers le monde ayant une économie moderne,
innovante et florissante ont choisi de fermer les magasins un jour par
semaine;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale de réinstaurer de manière
permanente la fermeture des magasins le dimanche, à l'exception des commerces
essentiels, notamment en modifiant la
Loi sur les heures et les jours
d'admission dans les établissements commerciaux, adoptée en 1990 et révisée
plusieurs fois depuis.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition et je la
dépose pour mon collègue député de Sainte-Rose.
Président : Et cet
extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une demande de M. le député d'Arthabaska pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il
consentement pour la présentation? Consentement. M. le député.
M. Lefebvre : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 181 pétitionnaires.
Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
la résolution 2003-07-06 adoptée unanimement par le conseil municipal d'Armagh
et demandant au ministère des
Transports qu'une étude soit réalisée afin de [moderniser] la courbe de la
route 281 près de l'intersection du 8e Rang afin de la rendre
plus sécuritaire;
«Considérant qu'à
l'époque la direction de Chaudière-Appalaches du ministère des Transports
s'était engagée à étudier la problématique évoquée par la résolution de la
municipalité d'Armagh;
«Considérant
que plusieurs accidents de la route ont été répertoriés dans ce secteur depuis
1997, dont deux mortels;
«Considérant qu'une
nouvelle résolution 2020-03-12 adoptée unanimement par le conseil municipal
d'Armagh demande une rencontre urgente avec
la direction territoriale du ministère des Transports afin de discuter sur les
correctifs à apporter pour rendre la courbe plus sécuritaire;
«Considérant
qu'un projet de réaménagement de l'intersection de la route 281 et du
8e Rang est présentement à l'étude à ce même ministère;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'analyser la configuration du
tronçon de la route 281 à la hauteur du 8e Rang [d']Armagh
afin de le rendre plus sécuritaire pour tous les usagers de la route.»
je certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition et je la dépose pour ma collègue députée de
Bellechasse.
Président : Et cet
extrait de pétition est déposé. Enfin, j'ai reçu une deuxième demande de M. le député d'Arthabaska pour la présentation d'une pétition non
conforme. Y a-t-il consentement? Consentement. M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
45 pétitionnaires. Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'une fermeture des magasins le dimanche permettrait aux citoyennes et
citoyens [...] de se reposer davantage, [et] de dédier du temps à leur
développement personnel et d'être en contact avec la nature;
«Considérant
les bienfaits physiques, psychologiques, familiaux, communautaires,
environnementaux et sociaux d'un jour de repos par semaine;
«Considérant
qu'une grande part des Québécois et des Québécoises ont accueilli favorablement
la fermeture des magasins le dimanche durant les mois d'avril et
mai 2020, fermeture qui s'est passée harmonieusement et sans heurts;
«Considérant que la
loi fédérale du dimanche a été invalidée par la Cour suprême le
24 avril 1985;
«Considérant
que plusieurs États et pays à travers le monde ayant une économie moderne,
innovante et florissante ont choisi de fermer les magasins un jour par
semaine;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons à l'Assemblée nationale de réinstaurer de manière permanente la
fermeture des magasins le dimanche, à
l'exception des commerces essentiels, notamment en modifiant la
Loi sur les
heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux,
adoptée en 1990 et révisée plusieurs fois depuis.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition, et c'est déposé pour mon collègue député de
Sainte-Rose.
Le Président :
Merci. Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Alors, merci, M. le Président. Heureuse de me retrouver en cette Chambre. Et je
salue tous mes collègues de l'ensemble des formations politiques.
M. le Président, le nombre de cas de
la COVID augmente, la courbe est en croissance. On se rend compte qu'on
est en plein dans la deuxième vague de la pandémie, et l'intensité des points
de presse du premier ministre en témoigne également.
premier ministre demande aux Québécois d'être résilients et d'être responsables
par rapport à cette pandémie, mais,
en contrepartie, les Québécois demandent au gouvernement d'être à la fois en
contrôle de ses réseaux de santé et d'éducation,
mais également de faire preuve de transparence. Et là je dois dire, M. le
Président, que la transparence n'est pas
au rendez-vous. Pour preuve, la mise à jour des projections et des scénarios en
juin, qui n'a pas été faite depuis cette période. Hier, le premier
ministre a décidé de demander qu'il y ait une mise à jour qui soit faite.
Alors,
est-ce qu'en cette Chambre le premier ministre peut s'engager à rendre publics
les projections et les scénarios qu'il a lui-même demandés dès la
semaine prochaine en cette Chambre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui. M. le Président, d'abord, bien, je veux souhaiter, moi aussi, la bienvenue
à la cheffe de l'opposition officielle.
On est contents de la voir en santé. Et puis on espère qu'elle va être positive,
même si elle a eu un test négatif.
Écoutez,
la cheffe de l'opposition officielle parle d'une deuxième vague. Les
spécialistes nous disent : On n'est pas dans une deuxième vague. On a à peu près 30 cas par jour, nouveaux
cas, par million d'habitants. Juste pour vous donner une comparaison, aux États-Unis ils ont
110 nouveaux cas par million, en France ils ont 120 nouveaux cas, par
jour, par million, donc trois fois plus que nous autres.
Deuxièmement,
la cheffe de l'opposition officielle parle de contrôle. Le plus important,
c'est le contrôle des hôpitaux, puis
je veux lui dire qu'à chaque jour on suit le nombre de personnes qui sont dans
les hôpitaux à cause de la COVID, dans les
soins intensifs. Ça suit pas mal la courbe qui était optimiste au mois de juin.
Et, M. le Président, actuellement, c'est plus difficile de suivre le nombre de cas. Donc, j'ai demandé, pour le nombre
de cas, de revoir les prévisions. Puis je veux rassurer la cheffe de l'opposition officielle. Aussitôt que
j'aurai des nouvelles prévisions, je vais les rendre publiques, comme je l'ai
fait depuis le début de la pandémie.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci beaucoup, M. le Président. Et j'apprécie que le premier ministre les
rende publiques puisque la transparence est essentielle pour que les
gens adhèrent aux positions du gouvernement. Mais trouvez-vous ça normal, M. le Président, que nous soyons mieux informés
par des citoyens sur des médias sociaux que par notre gouvernement à tous ici, en cette Chambre? Trouvez-vous ça normal
qu'il y ait plus d'information sur les pastilles de goût de la SAQ que sur le
code de couleurs du premier ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui. J'aimerais que la cheffe de l'opposition officielle nous donne un exemple.
Je suppose qu'elle veut peut-être
parler des écoles. Maintenant, dans les écoles, on a aujourd'hui 410 cas,
au cumulatif, de personnes qui ont été infectées. Il y a
141 classes qui sont fermées, 13 de moins que selon le dernier rapport.
le Président, je pense que toutes les données qu'on a sont rendues publiques.
Donc, j'aimerais ça peut-être que sa question soit un peu plus précise
pour savoir qu'est-ce qu'elle souhaiterait avoir de plus.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. M. le Président, ça n'a pas l'air de déranger le
premier ministre que ce soit
Patrick Déry qui nous informe sur Twitter ou même que ce soit
Olivier Drouin qui donne des informations, sur le Web, sur le
nombre d'écoles qui sont avec des cas de COVID.
M. le Président, le
premier ministre disait, à l'époque où il était ministre : «Les parents
aiment mieux avoir de l'information
incomplète et biaisée que de ne pas en avoir du tout.» Je demande au premier
ministre de faire une exception et de fournir de l'information qui soit juste
et complète pour nos écoles.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
Bon, peut-être que la cheffe de l'opposition officielle avait écrit sa question
complémentaire avant ma réponse précédente. Donc, je vais répéter ma
réponse précédente.
Il y a actuellement
410 personnes qui ont été infectées, depuis le début de l'ouverture des
écoles : 322 élèves, 88 membres
du personnel. Il y a 141 classes qui sont fermées. Tout ça, M. le
Président, ça représente moins de 1 % des élèves. Donc, je pense
que ça vaut la peine pour les 99 % qui ont leurs cours sans problème de
poursuivre.
Et puis, bien, j'aimerais peut-être, dans sa
prochaine question, qu'elle soit plus claire, là. Quelles données lui manquent...
Le Président : En terminant...
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, hier, on a reçu des informations qui ne venaient pas du gouvernement,
par rapport à des codes de couleurs. M. le Président, quand il a fallu obtenir
des informations pour les écoles, il a fallu que ce soit un citoyen qui fournisse ces informations-là. Alors,
chaque fois, on a été informés par d'autres sources que le gouvernement.
Ce qu'on demande au gouvernement, c'est plus
de transparence et qu'on n'ait pas des citoyens qui aient besoin de s'engager
pour avoir ces réponses.
Est-ce que le
premier ministre comprend maintenant pourquoi on demande une commission
d'enquête indépendante par rapport à la gestion de cette crise?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, je pense que le ministre de la Santé a bien expliqué les codes
de couleurs. Le document qui a été rendu public hier, c'est un document de
référence. Donc, il y a une
partie de jugement. Si, dans une région, le problème, c'est surtout dans les bars, bien, il
risque d'y avoir une conséquence sur la fermeture des bars. Donc, il faut
s'adapter. Donc, ce sont des références, c'est un guide qui donne des
indications à la Santé publique de chaque région. Mais moi, j'ai confiance, la Santé publique de chaque région va
prendre les bonnes décisions selon le code de couleurs où on sera rendus.
Je pense que l'Ontario, d'ailleurs...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...envisage de
faire la même chose que nous autres.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Transparence et contrôle, deux choses qui manquent au gouvernement en ce
moment. Je l'ai dit, je le répète : Le dépistage, c'est notre
rempart contre le confinement.
J'ai demandé au ministre de la Santé, mardi,
s'il était prêt pour une possible hausse de l'achalandage dans les régions qu'il allait décréter jaunes. Visiblement, il ne l'était pas, parce qu'encore une fois c'est le chaos dans les
cliniques de dépistage : des
heures d'attente, des cliniques qui sont complètes à 9 h 30 le matin,
des gens qui se présentent à plusieurs reprises et qui sont revirés de
bord. Ça fait des semaines que le problème perdure dans les cliniques de
dépistage. Le gouvernement joue avec le feu.
Il ne doit pas être la cause du reconfinement parce qu'il n'est pas capable de
gérer le dépistage au Québec. Et, depuis plusieurs jours, on sent que le
gouvernement est en train de perdre l'adhésion des Québécois à cause de
situations comme ça.
Alors, je
demande au ministre de la Santé s'il est d'accord avec le premier ministre que
c'est normal d'attendre autant d'heures dans les cliniques de dépistage.
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, merci, M. le Président. Je pense que je vais reprendre plusieurs
éléments que j'ai expliqués à la députée de Maurice-Richard,
là, au cours des derniers jours.
Je pense que les gens comprennent,
particulièrement pour ceux qui sont passés dans la zone jaune au cours des dernières semaines, puis la Capitale-Nationale est
un bel exemple de ça, qu'il y a eu une importante augmentation du nombre
de tests qui sont faits. Et je pense que les
gens doivent comprendre aussi qu'on fait tous les efforts pour accélérer le
processus, que ce soit au dépistage lui-même mais aussi pour donner les
résultats.
J'aimerais
aussi rappeler... Parce qu'on a parlé ce matin avec le P.D.G. de la
Capitale-Nationale, du CISSS, parce que
ce sont les CISSS qui sont responsables du dépistage dans chacune de nos
régions. Il m'a expliqué aussi qu'il essaie de trouver, en ce moment, l'équilibre entre ne pas faire de délestage,
parce qu'ils ont besoin du personnel, et... de trouver le juste milieu pour faire le
dépistage correctement. On va lui fournir du personnel additionnel. Parce que
la bonne nouvelle, c'est que les gens veulent aller se faire dépister.
On est en train de trouver des méthodes aussi, M. le Président, pour être capables de donner des rendez-vous aux gens qui
sont en file, pour leur permettre de ne pas attendre et de venir dans des
rendez-vous. Donc, on est en train de prendre les moyens pour améliorer le
système, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
M. le Président, le ministre s'est engagé à plusieurs reprises à ce que le
délai soit de 24 à 48 heures maximum pour recevoir un résultat de
test. À l'heure actuelle, sur le terrain, les gens peuvent attendre quatre
jours, cinq jours, voire une semaine. Au
printemps, on a vécu un confinement général. En ce moment, ce qu'on est en
train de vivre, c'est des milliers de
Québécois qui sont confinés individuellement pendant des jours et des jours à
attendre leur résultat, qui ne vient pas.
Alors,
ce que je demande au ministre, c'est : Est-ce qu'il est prêt? Est-ce qu'il
va le faire rapidement, mettre les ressources nécessaires pour s'assurer
de respecter sa promesse de 24 à 48 heures?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, j'aimerais rappeler aux Québécois qu'on va respecter
tous nos engagements. Et l'engagement qu'on a de donner un service de qualité
lors du dépistage, il est là, on y est commis.
sais qu'il y a des choses à améliorer, je l'ai expliqué. On a besoin
d'équipement additionnel pour le dépistage. On a acheté cet équipement-là, mais on est plusieurs provinces, on est
plusieurs États à avoir besoin de cet équipement-là. On a besoin de personnel additionnel. On est en
train d'en trouver. On peut faire des transferts interrégions, parce que ce ne
sont pas toutes les régions qui sont dans la zone jaune non plus.
Alors,
il y a plusieurs choses qu'on discute. Moi, je reparle aujourd'hui, à l'heure du midi, avec les P.D.G. de tous les CISSS et des
CIUSSS. C'est quelque chose qui est important pour nous, et on y travaille, M.
le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Moi, j'entends le ministre, il constate beaucoup,
il fait beaucoup de suivis, mais je n'entends pas de plan, je n'entends pas de stratégie. Les Québécois,
ce qu'ils veulent, à l'heure actuelle, là, ce sont des résultats. Je veux
juste aviser le ministre,
là, s'il n'est pas au courant, il y a l'hiver, en plus de ça, qui s'en vient.
Donc, je ne sais pas s'il y a un plan pour ça, là, mais, je vais
l'aviser très à l'avance, les gens n'iront pas attendre pendant cinq heures à
moins 5°, moins 10°. Puis manipuler des écouvillons, là, avec des mitaines, ça
va pas mal moins bien.
Donc, il faut qu'il y
ait une stratégie là-dessus. En ce moment, on se demande s'il y a un pilote
dans l'avion.
Le Président :
...de la Santé et des Services sociaux
M. Dubé :
M. le Président, je vais répéter ce que j'ai dit plusieurs fois cette semaine à
la députée de Maurice-Richard,
je vais le répéter pour nos Québécois
aujourd'hui. Nous avons un plan, j'ai expliqué le plan en neuf étapes, la
stratégie de dépistage fait
partie de
ce plan-là. Nous avons en ce moment à améliorer le temps de réponse que l'on
donne aux Québécois, mais la plus belle nouvelle, M. le Président, c'est
que les Québécois viennent se faire dépister. Et ça, je crois que c'est à nous, maintenant, de leur donner le service
qu'ils méritent, la qualité du service, mais on va le faire dans les prochains
jours parce qu'on y travaille depuis plusieurs semaines, M. le
Président. Merci.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Vous savez, M. le Président, dans les étapes de déconfinement, rien n'est
obligatoire, sauf une chose : le
retour dans les écoles primaires et secondaires. Pour rassurer les parents,
j'ai proposé au ministre de la Santé qu'on ait des équipes de santé dédiées aux écoles pour faire du dépistage rapide
en priorisant les élèves et les équipes-écoles ainsi que les parents. Le 10 août, il était en
conférence de presse. Il a dit : Je veux rassurer les parents, je
comprends, on va créer un corridor sanitaire scolaire. Il est revenu à
la charge, le 27 août, toujours avec cette promesse.
est rendus le 17 septembre. Les parents attendent. Les enseignants ne sont
plus dans leurs classes, pour plusieurs. On est rendus à
140 enseignants.
Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe? Allez-vous
tenir votre engagement?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, écoutez, M. le Président, je vais le répéter à chaque fois que c'est
nécessaire. Moi, je suis... On s'est
engagés très clairement à donner un service de qualité. Je pense qu'on a mis en
place dans chacune des écoles un contact direct avec nos gens de santé
publique et avec aussi nos gens des différents CISSS et CIUSSS dans toutes les
régions.
Le premier ministre a bien expliqué, tout à
l'heure, on parle en ce moment de 1 % de contagion de toutes nos écoles,
sur 3 000 écoles. C'est de ça dont on parle en ce moment. Je crois
qu'il est normal, en ce moment, au cours des deux
dernières semaines, où il y a eu une période d'ajustement... Moi, j'ai parlé à
plusieurs collègues, dont mes collègues en Ontario. Tout le monde a eu les mêmes enjeux dans les premières
semaines d'école. Alors, nous, c'est important d'y travailler, mais je pense aussi, comme je l'ai expliqué hier, M. le
Président, qu'il est tout à fait normal qu'il y ait ce genre d'enjeu là
au début.
Maintenant,
je demande la patience. Je pense que nos parents ont été très patients. Et je
demande aussi la patience à
l'opposition, parce que, dans les prochains jours, on aura mis les solutions en
place, et elles fonctionneront efficacement. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Je veux bien être patiente, là,
mais le ministre a promis ça le 10 août, ça fait cinq semaines, un
corridor sanitaire scolaire pour
prioriser le dépistage auprès des élèves, des enseignants et des parents. Mardi,
les avocats du gouvernement étaient
devant le tribunal pour défendre le plan de rentrée scolaire. Au micro, les
avocats du gouvernement ont
dit : Ce n'est pas le mandat qu'on a reçu, tout le monde est égal face à
la COVID. Qui dit vrai? Le ministre ou les avocats?
Le Président : M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux, s'il vous plaît.
M. Dubé : Je demanderais
peut-être à la députée... Puis je pense qu'elle a assez d'expérience pour
savoir que, justement, ce cas-là est devant
les tribunaux en ce moment, ça fait que j'aimerais bien comprendre qu'elle peut
se restreindre là-dessus. D'ailleurs, je ne peux pas répondre parce que,
justement, ce cas-là est devant les tribunaux. Merci.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : M. le
Président, il vient de démontrer
qu'il plaide des deux côtés de la bouche. D'une part, il veut plaider
devant les parents : On a vraiment, là, à coeur vos enfants, les
enseignants aussi, mais, d'autre part, aujourd'hui, il n'est pas capable de rassurer les parents, les enseignants, les
équipes-écoles qui tiennent à bout de bras, en ce moment... Il n'est pas
capable de le faire. Mais ses avocats sont en train de dire qu'on est tous
égaux devant la COVID, chose qui est
fausse. Le personnel de la santé, là, c'est
eux qui sont sur la première ligne. Les parents, les enseignants, c'est eux, en ce moment, qui sont obligés d'être dans les écoles. La
moindre des choses, c'est que vous, vous parliez d'une seule voix, en
disant : Effectivement, on va tenir...
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bon, écoutez, là, j'ai fait mon point très clairement,
M. le Président, concernant ce que le syndicat a amené devant les
tribunaux. Je pense que tout le monde est très conscient, M. le Président, aussi que, notamment, la FAE est en période de négociation
syndicale sur les conventions collectives, M. le Président.
Alors donc, je demanderais à la députée de
prendre un petit peu de recul et de comprendre...
M. Dubé : M. le
Président, M. le Président, je demanderais à la députée de
prendre un peu de recul et de comprendre que, l'engagement que nous avons pris,
nous l'avons pris avec les parents, avec les enfants, de pouvoir se faire
tester le plus rapidement possible. On a eu un début d'école qui s'est très
bien déroulé...
Président : En terminant.
M. Dubé :
...et je pense, M. le Président, qu'on veut suivre dans les prochains jours.
Merci.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : Merci, M. le Président. J'aimerais raconter une
histoire, ce matin, au premier ministre. C'est une histoire vécue. Il y
a quelques jours, un père de famille a contacté ma collègue de Sherbrooke.
C'est un citoyen de la circonscription du premier ministre, la circonscription
de L'Assomption. Il a trois enfants en centre de la petite enfance présentement. Au moindre symptôme — rappelons-nous
quand nos enfants étaient petits, ils en ont, des symptômes — ils
se sont fait renvoyer à la maison, et c'est
exactement la chose à faire. Sauf que ce que ça veut dire, c'est qu'à chaque
fois son épouse a manqué des journées
de travail pour rester avec les enfants. Conséquence, elle s'est fait mettre à
la porte de son travail. Maintenant,
cette famille a peur, peur de perdre ce qui leur reste, les économies, la
maison, si le calvaire continue. Voilà ce que vivent les familles du Québec
au quotidien, M. le Président.
premier ministre et moi, on a la chance que, si on est malades, on
peut faire du télétravail, on peut même tomber vraiment malades et continuer
à avoir notre salaire, mais ce n'est pas le cas pour plusieurs
familles au Québec. D'ailleurs, je propose depuis des mois au premier
ministre de garantir 10 journées
de congé pour les familles qui en ont besoin, pour les personnes, pour
les travailleurs, travailleuses qui en ont besoin.
Qu'est-ce
que le premier ministre a à répondre à son commettant? Qu'est-ce qu'il
répond, d'ailleurs, à toutes les familles du Québec dans cette
situation?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, d'abord, le gouvernement fédéral a annoncé qu'ils vont financer 10 jours de congé pour tous les travailleurs partout au Canada.
Donc, le montant pour couvrir ces frais-là devrait nous être transféré d'ici la
fin du mois. Le ministre du
Travail va mettre en place les
mesures pour s'assurer que les travailleurs puissent en bénéficier.
Maintenant,
M. le Président, c'est inacceptable qu'un employeur congédie un employé parce qu'il a été atteint de la COVID puis qu'il a été obligé d'être chez lui ou parce qu'un de ses enfants était à la maison. Donc, j'aimerais avoir les coordonnées de la personne dont nous parle la
cheffe de Québec solidaire, puis on va s'assurer que la personne, là, soit
réintégrée.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : M. le
Président, il y a
de l'argent qui va être transféré, qui a va être une
compensation, mais ce que le gouvernement
fédéral annonce, qui va tout régler le sort des travailleurs, travailleuses,
c'est un projet de loi qui n'est même pas
déposé, qui n'est même pas adopté, dans un gouvernement minoritaire. On offre
une proposition depuis le mois de mars
au premier ministre, de dire : Protégeons notre monde. Ça fait
partie de
nos responsabilités. Pourquoi le premier ministre attend encore après
Ottawa?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, on n'attend pas après Ottawa. Je répète ce que je viens de lui
dire : J'aimerais avoir les coordonnées de la personne.
On ne peut pas, au Québec... un employeur ne peut pas congédier un employé parce que l'employé
ou un de ses enfants est atteint de COVID puis doit être à la maison. Donc,
j'aimerais avoir les coordonnées. Puis le
ministre du Travail travaille à s'assurer, là, que ce soit respecté.
Mais le principe est clair, là, on ne tolérera pas ça au Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : Écoutez, le nombre de travailleurs, travailleuses qu'il y a
au Québec, là, votre ministre du Travail
va être pas mal occupé, hein? Le congé dont on vous parle, la banque de congés,
c'est d'obliger les employeurs à soutenir financièrement la réalité de nos familles. C'est ça, hein? Les Walmart
de ce monde, les Couche-Tard, là, ils n'ont pas besoin qu'on les aide
pour qu'ils puissent soutenir nos familles.
Pourquoi
ne pas décréter une banque de congés qui aiderait vraiment nos concitoyens qui
doivent se retirer présentement?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M.
le Président. D'abord, je veux saluer
l'empathie de ma collègue pour les personnes qui doivent s'isoler, donc qui
ont besoin de prendre des congés maladie. Le 23 septembre, comme l'a dit
le premier ministre, Ottawa va annoncer les paramètres de la Prestation
canadienne de maladie pour relance économique. Le 9 septembre, nous avons adopté, au Conseil
des ministres, un décret pour
protéger le lien d'emploi des personnes qui doivent s'absenter du
travail pour s'isoler en vertu d'une ordonnance ou d'une recommandation de la
Santé publique. Donc, interdiction de congédier, suspendre ou d'imposer des
sanctions ou des mesures de représailles à l'égard de ces personnes-là qui vont
s'absenter pour ce motif. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M.
le Président. Le 13 mai dernier,
je me suis levé dans cette Chambre pour déplorer les ratés du gouvernement dans le déploiement des opérations de dépistage
de la COVID-19. Quatre mois plus tard, force est de constater que le
problème demeure. Le dépistage, en temps de pandémie, c'est le nerf de la
guerre, M. le Président.
Voici
ce que les gens vivent depuis le début de la semaine au Québec. Bromont,
un kilomètre de file d'attente, plus de 150 personnes. Rimouski, jusqu'à 6 h 30
d'attente pour se faire tester. Longueuil, ce matin même, des centaines de
véhicules faisaient la file quelques
heures avant l'ouverture de la clinique. La population s'impatiente, les gens
rebroussent chemin. À cela, bien,
s'ajoutent évidemment, on en a parlé tout à l'heure, les délais pour
obtenir des résultats, qui peuvent dépasser une semaine.
ne contrôlera jamais la pandémie sans un processus de dépistage efficace. Ça
devrait être la priorité du gouvernement. Et là on nous parle de manque d'équipement,
on nous parle de déplacement de personnel.
M. le Président, est-ce
que le ministre peut encore dire aujourd'hui, 10 jours après avoir déposé
son...
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors, M.
le Président, j'apprécie encore la
question du député des
Îles-de-la-Madeleine parce que je pense que les gens voient l'équilibre
délicat, là, dans lequel on travaille en ce moment sur la question du
dépistage.
Lorsque
je parlais, dans les derniers jours, avec les P.D.G., ce qu'ils nous ont
bien expliqué aussi, et c'est pour ça que nous en avons fait l'appel
avec le premier ministre dans les derniers jours, c'est que, chaque fois qu'on
a des cas additionnels, et on en a eu beaucoup
dans les dernières semaines, ça met une charge sur le personnel.
Et ce personnel-là, quand
on a été obligé de le déplacer d'ailleurs pour venir faire du dépistage, on a été obligé de
faire du délestage, par exemple, au
niveau des chirurgies ou d'autres
services. Et ça, pour nous, c'est très difficile, parce qu'en ce moment on veut assurer le
service partout.
Est-ce
que ça nous cause, en ce moment, des délais dans le dépistage? La réponse,
c'est oui. Et là c'est ça qu'on est en
train d'essayer de trouver, cet équilibre-là. Mais la dernière chose qu'on
veut, c'est que les Québécois ne viennent pas se faire dépister. On est
très heureux d'être capables d'être passés à plus de 25 000 tests par
jour, M. le Président, je l'ai répété plusieurs fois. Et je demande aux
Québécois de continuer à venir se faire tester, et on va améliorer le service
au cours des...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
M. le Président, on vient de parler du nombre de tests. Oui, il y en a un plus
grand nombre. Ça, c'est une chose.
Mais, pour faire un travail efficace, l'opération, c'est de tester, mais c'est
aussi de tracer les contacts, d'isoler les gens qui sont porteurs. Ce
sont les maillons faibles de la prise en charge de la COVID-19 au Québec après
six mois de pandémie.
Actuellement,
le ministère lui-même ne semble avoir aucun indicateur pour évaluer la
performance du traçage au Québec. Aucune idée du nombre de personnes
déployées, aucune idée du nombre de personnes qui y sont affectées...
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
O.K. Alors, je vais continuer d'expliquer ce que j'ai expliqué pas mal souvent
au cours des derniers jours, puis je pense
que le député le comprend. Cette charge extraordinaire qui est arrivée dans les
dernières semaines, elle est
importante. On continue d'y travailler. Et, je le dis, j'ai parlé à mes
différents collègues, notamment en Ontario, ils ont les mêmes enjeux. On
est tous en train de travailler.
Écoutez, je le
répète, là, 12 000 tests qu'on faisait au mois de juillet et au début
d'août, on est rendus à 25 000, 26 000 tests par jour. On vise
même à aller jusqu'à 35 000 tests par jour.
Je pense qu'on est
capables de tester la population. Est-ce qu'on peut améliorer la vitesse à
laquelle on le fait? La réponse, c'est oui.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
J'ai expliqué les différentes étapes du processus, M. le Président. On y
travaille.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Le ministre semble surpris que le nombre de cas augmente ou que le nombre de
demandes de dépistage augmente. Regardons le
milieu scolaire. On savait qu'en rouvrant les écoles on allait devoir tester
des gens. Hier, on a déposé une motion, refusée par la CAQ.
Pourquoi? Pourquoi
faire attendre une enseignante cinq jours pour les résultats d'un test alors
qu'on a besoin de suppléants et on manque de
personnel? Pourquoi faire attendre des parents cinq jours, le temps que leur
enfant ait le résultat du test? M. le Président, quel est le plan?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors, comme je l'ai expliqué plusieurs
fois, M. le Président, je vais revenir, on a demandé à nos différents
P.D.G. de CISSS et de CIUSSS, parce que
c'est la responsabilité, dans chacune des régions, de s'assurer du
dépistage. On va rediscuter. Je vais
leur en parler encore ce midi, dans notre appel hebdomadaire, pour être certain
qu'on peut accélérer. Et, je le répète, la qualité du service qui est
donné à nos citoyens, on fait le suivi.
est très contents que les citoyens viennent se faire tester, que ce soit dans les
écoles ou que ce soit dans la
contamination communautaire. Donc, on va continuer d'y travailler avec beaucoup
d'intérêt dans les prochaines semaines. Merci.
Le Président :
Question principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Au Québec, nous avons près de
10 000 résidences privées où sont
établis des services de garde en milieu familial. Ces services sont assurés par
presque exclusivement des femmes. Ces femmes prennent soin de plus de 90 000 enfants
partout au Québec.
Cinq
mois après la nomination du ministre de la Famille, en mars 2019, l'entente
relative au financement public de ces services de garde a pris fin. Ça fait un an et
demi, M. le Président, maintenant, et le ministre de la Famille n'a toujours
pas réussi à négocier une nouvelle
entente. L'offre du gouvernement est l'équivalent de 12,83 $ l'heure, soit
beaucoup moins que le salaire minimum, qui est à 13,10 $ de
l'heure.
Dans
quatre jours, M. le Président, lundi, ce sera la grève générale, partout au
Québec, des services de garde en milieu
familial. La présidente du Conseil du trésor peut-elle reprendre le dossier de
son collègue le ministre de la Famille, qu'il a laissé traîner, et le
régler?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : Bonjour, M.
le Président. Ça me fait plaisir de
répondre au nom de mon collègue le ministre
de la Famille. Les services de garde éducatifs à l'enfance sont au coeur de notre politique
gouvernementale. On a travaillé ça en trio de ministères, avec mon collègue aussi ministre délégué à la Santé, avec le programme Agir tôt. On compte sur les gens qui travaillent au quotidien, avec des services
exceptionnels. Oui, on a parlé beaucoup du préscolaire, mais ce qui se passe dans
nos services de garde éducatifs dans les CPE et dans les autres garderies,
c'est extrêmement important. C'est pour ça que mon collègue le ministre de la
Famille travaille si fort à garder le contact, à garder le lien avec les gens
sur le réseau et à alimenter ma collègue au Conseil du trésor pour qu'on trouve ensemble une
solution qui va être à l'avantage de tous, à l'avantage, bien sûr, des familles, de
celles et ceux qui donnent les services tous les jours, mais je vous dirais
surtout pour nos enfants, parce que
nos enfants ont besoin de travailler dans un cadre sain, sécuritaire, avec des
gens qui sont heureux d'aller travailler.
négociation suit son cours. Je pense qu'il y a eu 36 rencontres à la table
de négociation. Il faut laisser le temps aux négociations d'arriver à
terme.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, quelle ironie d'entendre le ministre de l'Éducation se lever à la place de la présidente du Conseil du trésor puis de
plaider à un programme gouvernemental qui s'appelle Agir tôt! Quelle ironie!
mars 2020, ça faisait un an qu'il n'y avait plus d'entente, puis le ministre de la Famille a affirmé quoi? Je le cite : «...je pense, personnellement, que
c'est un peu tôt pour faire la grève.» Fin de la citation. Le 6 mai, le
ministre a avoué, et je le
cite : «Si je me mêle de tout ça, c'est la meilleure façon que les
négociations ne se passent pas très bien.» Fin de la citation.
Il vient
de me plaider le programme Agir tôt. Ils peuvent-u agir? Ils sont 150, ce matin,
devant les bureaux de la ministre.
Le Président : Mme la
présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui, bien, j'apprécie toujours
d'avoir l'occasion de répondre à une petite question de mon collègue.
D'ailleurs, je pensais que ça allait me manquer, donc je suis contente d'avoir
l'occasion de le faire ce matin.
Effectivement,
il y a 150 personnes devant mon bureau. Ça va me permettre de rectifier
aussi l'allégation de cette... de la
présidente du syndicat local, là, qui prétendait que je refusais de la
rencontrer, alors que, le 15 septembre, un rendez-vous a été fixé avec
elle, et on lui a expliqué que malheureusement, ce matin, j'étais prise à l'Assemblée nationale, je ne pouvais pas les
rencontrer.
Mais, vous savez, le service de garde en milieu
familial est un service important pour nos parents, important pour le gouvernement. Et effectivement mon collègue prétend, là... Le
2,89 $ de l'heure, ce qui est à la base de tout ça, c'est le calcul. Il faut comprendre que ces
gens-là sont des travailleurs autonomes, donc, il y a des subventions, il y a
des avantages fiscaux. À la table de négociation, on devra établir ce
calcul.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le
Président, que la ministre dise que
moi, je ne comprenne pas, c'est une chose, mais qu'elle dise que les représentantes de la FIPEQ ne comprennent
pas, c'en est une autre. Ça explique peut-être pourquoi qu'il n'y a pas d'entente depuis
un an et demi.
Effectivement,
ils sont 150 devant son bureau de comté ce matin. C'est la grève tournante en
Mauricie, dans sa région. Ultimement,
c'est les parents, M. le
Président, quand il n'y a pas de
service de garde, c'est les parents qui doivent rester à la maison.
Les offres, en janvier, du gouvernement avaient
été qualifiées de dégradantes, irrespectueuses et inacceptables. Ils ont-u
d'autre chose que des offres dégradantes à...
Le Président : Mme la
présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Bon, merci, M. le
Président. J'ai eu des rencontres avec mon collègue le ministre de la Famille. Ce matin, la présidente de la
section de la
Mauricie est rencontrée par mon bureau, j'aurai l'occasion de discuter avec
elle. Il est vrai que les
négociations sont menées par le ministère de la Famille, présentement, mais le
Trésor s'implique. Mais il est important de remettre les pendules à
l'heure et d'établir mutuellement la bonne base de calcul.
On a à coeur
les services de garde en milieu familial, je pense que c'est le message que je
veux lancer ce matin. Les négociations vont s'intensifier, et on entend
régler le dossier le plus rapidement possible.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : M. le Président,
dans le réseau de l'éducation, en ce moment, on a une bombe à retardement, et le ministre ne semble pas s'en rendre compte.
Et je ne parle même pas du nombre d'éclosions, mais bien de la pénurie de personnel. On voit en
ce moment les mêmes signaux qu'on a vus dans le réseau de la santé au
printemps, du personnel à qui on confie d'autres tâches que leur rôle
habituel parce qu'il manque de monde, du personnel qui circule d'un
établissement à l'autre pour faire
des remplacements, du personnel épuisé qui se demande combien de temps ils vont
résister avant de tomber en burn-out ou de démissionner.
Ça rappelle
malheureusement ce qu'on a vu dans les CHSLD. Les personnes qui sont dans le
réseau, elles sont à bout, elles sont en
détresse psychologique, elles ne sont même pas certaines de se rendre à Noël.
Et, si on continue de nier leur réalité comme le fait en ce moment le
ministre, on risque de les perdre.
printemps dernier, la ministre de la
Santé avait eu la décence de
reconnaître le problème dans son réseau, de demander de l'aide et de mettre en oeuvre des moyens pour trouver des
renforts. Quand est-ce que le ministre
de l'Éducation, lui, va reconnaître que son réseau est précaire et qu'il
a besoin d'aide?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, personne, au gouvernement, ne nie ce qui se passe dans les
écoles, absolument pas. On visite de
nombreuses écoles, je parle avec tous les partenaires, avec les représentants
nationaux de tous les partenaires, mais
aussi directement avec les gens du terrain, des enseignants directement sur le
terrain, des directions d'école, des employés de soutien, pour savoir ce
qui se passe.
Effectivement, c'est
difficile comme rentrée, on ne s'en cache pas, parce que c'est une rentrée
totalement atypique, une rentrée en période
de pandémie mondiale. Mais l'écho qu'on a, c'est que, bien que ça a été,
évidemment, un peu compliqué dans les
premiers jours parce qu'il fallait se réapproprier une nouvelle façon de faire
l'école, il y avait des parents qui avaient un peu d'anxiété, avant la rentrée,
il y avait aussi des gens du personnel qui vivaient de l'anxiété, ce qu'on
voit, c'est que, là, au fil des jours, au
fil des semaines, bien que ce soit toujours différent, la pression baisse. Et
c'est ce que dit notamment
Mme Hélène Bourdages, de l'Association montréalaise des directions
d'établissement, elle dit : La pression commence à baisser.
Ceci
dit, ce n'est pas le temps de lâcher. On est là pour soutenir les gens qui sont
sur le terrain, et c'est pour ça qu'on a investi cette année plus de
100 millions de dollars de plus que l'an dernier...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...pour aider tout le personnel et mieux les soutenir.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
En ce moment, le ministre nous fait état des postes qui ont été comblés, là,
pour trouver des titulaires, mais il
est incapable de nous dire combien de groupes ont été confiés à des personnes
qui ne sont pas légalement qualifiées et
qui vont donc avoir besoin de leurs collègues pour y arriver. Sur le terrain,
il y en a, de la détresse, on la ressent vraiment, et les gens, ils
sourient pour rassurer les parents, pour rassurer les enfants, c'est leur rôle,
c'est ce qu'on leur demande, mais ils sont
au bord de l'épuisement. Et, à date, ce que le ministre a fait pour la pénurie,
c'est un site Web, une campagne de pub. Ce n'est vraiment pas assez. Donc,
j'aimerais que le ministre...
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation, à vous la parole.
M. Roberge :
M. le Président, pour combattre la pénurie, on a fait beaucoup de choses en un
peu moins de deux ans. On a assoupli
les règles pour faire venir des nouveaux talents, des gens qui ont des
baccalauréats en français, en maths, en histoire. On a créé des nouvelles formations, et les gens répondent
présent. Les taux d'inscription dans cette nouvelle formation sont en
hausse très, très importante.
oui, on traverse un moment difficile, qui est... il faut le dire, les gens
n'aiment pas l'entendre, de l'autre côté, mais qui est vraiment l'héritage des dernières années, parce qu'il y a
eu un désengagement en éducation, sous les précédents gouvernements, mais on est en train de passer à
travers. Au début de la rentrée, il nous manquait environ 300 enseignants à temps plein. Maintenant, le
dernier chiffre que j'ai, c'est 119, et ça baisse à chaque jour.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Quand la ministre de la Santé a lancé un appel à l'aide, au printemps dernier,
en quelques jours il y a
10 000 personnes qui ont répondu. Quand on a amélioré les conditions
de travail des préposés, on en a trouvé du monde. Il y a des tâches comme la surveillance de la
désinfection qui peuvent être confiées à des gens qu'on peut former rapidement,
ça libérerait les profs.
solutions, il y en a plein. On a offert notre aide, avec les collègues de
l'opposition, mais le ministre, il n'écoute pas l'opposition, il n'écoute pas les gens sur le terrain. En ce moment,
il est dans le déni, puis il y a encore juste le premier ministre qui a
confiance en lui.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, au contraire, ma collègue semble déconnectée des partenaires
du réseau de l'éducation. Les trois
plans qu'on a déposés dernièrement, celui de la mi-juin, celui du début du mois
d'août, celui de la mi-août, avec notre
plan pédagogique, avec 100 millions de dollars, 20 millions
décentralisés pour vraiment donner toute la flexibilité à chaque école, à chaque équipe-école d'utiliser les
sommes pour répondre aux besoins en fonction du personnel disponible et
en fonction de la réalité de chaque école, ça a été extrêmement bien reçu par
tous les acteurs du réseau de l'éducation. Puis
on va continuer de les écouter parce que c'est avec eux et grâce à eux qu'on va
passer à travers, qu'on va faire vivre une belle année scolaire à nos jeunes.
Le Président : Question
principale, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : M. le Président,
Montréal, c'est près de 50 % de l'économie québécoise. Depuis, mars
dernier, le centre-ville est
pratiquement fermé. 92 % des travailleurs ne sont plus là, 5 % à
10 % à peine des bureaux sont fonctionnels. C'est 10 ou 15 ans de renouveau économique qui est mis en péril.
C'est le retour en force des terrains vagues, des enseignes placardées, des commerces qui ferment. La ville de
Montréal est en déficit, les entrepreneurs crient à l'aide. La
quasi-disparition de l'activité commerciale met en péril la vitalité
démographique et la qualité de vie des citoyens.
M. le Président, le gouvernement est-il
conscient? A-t-il une solution pour éviter le pire? Est-ce que la ministre déléguée à la Métropole a un début de plan pour
relancer Montréal ou va-t-elle demeurer muette comme elle l'a été depuis
le début de cette pandémie?
Y a-t-il quelqu'un dans ce gouvernement qui
s'intéresse à ce qui se passe à Montréal? C'est quoi, votre plan?
Le Président : Mme la
ministre au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. C'est en effet une question
préoccupante, qui nous interpelle depuis déjà plusieurs mois. Le
centre-ville de Montréal s'est vidé à cause de la pandémie. On a mis en action
plusieurs éléments, entre autres un
50 millions via le fonds local d'urgence qui a été mis en place pour aider
les entreprises de Montréal à prendre
leur souffle à travers cette pandémie. Le ministre de l'Économie, Pierre... le
ministre de l'Économie, oui, a travaillé
de pair avec la ville de Montréal pour travailler à un plan de relance pour relancer ce fameux
centre-ville de Montréal qui subit les contrecoups de cette
pandémie.
Ce qui se passe, actuellement, c'est qu'on
travaille extrêmement fort avec tous les partenaires, les services de développement économique à la ville, aussi avec les acteurs municipaux pour trouver les meilleures solutions.
Ma collègue ministre responsable de
la Métropole est aussi impliquée dans ce plan. Puis il y a d'autres mesures qui
viendront compenser, évidemment, pour tout ce qui se passe à cause de la
pandémie à Montréal.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : M. le Président,
en transport collectif, je vais vous donner simplement un exemple, l'Ontario a
donné 2 milliards de dollars,
tandis que le Québec a donné 400 millions. Ça, c'est l'année de
l'environnement. L'agence régionale de
transport, à Montréal, prévoit des déficits à répétition.
La société de
transport ne sait plus quoi faire, doit couper les services en ajoutant
des coûts pour les mesures anti-COVID.
Où est le plan du ministre des Transports pour
permettre à ces sociétés de maintenir le service?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel : M. le
Président, le député m'a posé la question, et j'ai répondu maintes et maintes
fois que cette aide de 400 millions
était une première aide importante, mais qu'on savait que, d'ici la fin de
l'année 2020‑2021, ce serait encore une fois très difficile pour
les sociétés de transport au Québec.
Je leur ai mentionné, je
leur ai parlé que nous allions continuer de travailler avec le fédéral. Mon
collègue des Finances finalise une entente
avec le gouvernement fédéral pour être capable de supporter de façon
additionnelle les sociétés de
transport partout au Québec. Et très, très bientôt nous pourrons annoncer,
donc, une aide additionnelle pour les sociétés de transport au Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Mon collègue a raison, M. le Président. Les entrepreneurs dans nos
municipalités en région crient à
l'aide, ils ont aussi des difficultés financières. Nos municipalités veulent
bien les aider, ils veulent aider les entrepreneurs locaux, la petite
entreprise familiale sur le coin de la rue, nos municipalités veulent être là
pour les aider, mais nos municipalités n'ont pas les moyens de les aider.
Est-ce que le
gouvernement est là? Est-ce que le gouvernement a un plan? Parce que c'est une
question de survie pour nos entreprises, qui sont au coeur de nos
municipalités.
Le Président : Mme la
ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. Une question fort pertinente
puisque le gouvernement n'a pas attendu à réagir à cet élément, parce
que les PME, les petites entreprises, les travailleurs autonomes, les coops,
les entreprises d'économie sociale nous tiennent à coeur.
Pour ce
faire, on a mis en place le fonds local d'urgence, un fonds de
250 millions de dollars géré par les MRC dans toutes les régions du Québec. Ce fonds a été utilisé
par plusieurs entreprises. Aujourd'hui, à ce jour, plus de
5 000 interventions ont été
faites, en moyenne à 35 000 $ par intervention. Ce sont des prêts
pour les entrepreneurs. Les entrepreneurs nous remercient d'ailleurs
d'avoir créé cela puisque c'est...
Le Président : En terminant.
Mme Proulx (Côte-du-Sud) :
...c'était nécessaire pour eux au moment où ils en avaient besoin.
Le Président : Question
principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, ce matin, quand on lit l'article de Lisa-Marie
Gervais , du Devoir , sur ce qu'ont vécu les demandeurs d'asile pendant la pandémie, bien,
comme Québécois, moi, j'ai été un petit peu gêné, parce que, dans notre
société de droit, les demandeurs d'asile ont aussi des droits.
Quand le
gouvernement décide de donner accès aux services de garde aux travailleurs de
la santé, c'est pour eux autres
aussi, d'autant plus qu'eux autres, bien, ils n'ont pas de famille, ils n'ont
pas de parents puis de grands-parents pour garder leurs enfants.
Pourtant, 93 % d'entre eux se sont fait dire non.
définition, pandémie ou non, ils ont le droit d'avoir l'accès aux services de
santé. Pourtant, les deux tiers ont eu
des problèmes à avoir accès aux services de santé. M. le Président. Même
malades, plusieurs n'ont pas pu être testés pour la COVID. Ce n'est pas
juste inacceptable, c'est illégal, M. le Président.
Alors, la question est simple : Quel est le
plan du gouvernement pour garantir que les services auxquels les demandeurs
d'asile ont droit vont leur être rendus en tout temps à partir de maintenant?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, M. le Président, encore une fois, je pense que non seulement la
question est pertinente, mais à peu
près tous les jours je signe des demandes d'exception ou de dérogation pour des
gens qui ont besoin d'avoir des services.
Je pense qu'on va avoir des discussions, justement, avec notre ministre qui est
responsable pour s'assurer qu'on peut
le faire. Mais, en attendant, j'aimerais assurer, en tout cas, tous mes collègues, de chaque côté de la Chambre, que, pour
nous, c'est une préoccupation, parce qu'on ne refusera pas des services à des
gens qui auraient, par exemple, la COVID,
peu importe leur nationalité. Alors donc, moi, ce que je dis, c'est qu'on va
continuer, on va continuer à faire... Puis, s'il y a des dérogations auxquelles on me fait des demandes spécifiques,
je vais continuer de les traiter cas par cas, comme je l'ai fait depuis
plusieurs semaines, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Oui, c'est bien
plate, mais c'est ne pas une exception, c'est un droit, pour les demandeurs
d'asile, M. le Président. Alors, c'est n'est pas une réponse, ça. Alors, M. le Président, là, ce que l'on veut, c'est un plan. Alors, je vais vous dire
une chose, si une hirondelle ne fait pas le printemps, les réponses, ça non
plus, ce n'est pas un plan. Le gouvernement n'est pas juste là pour édicter des lois et des règlements,
il est là aussi pour s'assurer qu'elles soient mises correctement en application. Et là, manifestement,
ses officiers, les gens sur le terrain ne le font pas, probablement parce
qu'ils n'ont pas été formés. Encore une fois, quel est le plan?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge :
Par rapport aux questions sur les services de garde éducatifs
à l'enfance, je veux préciser que les gens
qui font des demandes d'asile ont accès aux services de garde non
subventionnés, mais ils ont ensuite accès au service de crédit d'impôt
pour faciliter l'accès à ces services de garde. Il y a donc de l'accessibilité.
Pour ce qui
est des tests COVID, parce que je pense que mon collègue a fait aussi référence
aux tests COVID, les gens qui sont demandeurs d'asile ont
accès aussi au dépistage.
Donc, on fait
le maximum de ce qu'on peut faire. On collabore aussi avec le gouvernement fédéral, parce
qu'on n'est pas seuls sur ce terrain-là. De notre côté, la main est
tendue, et on remplit toutes nos obligations.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, je suis content que le ministre de l'Éducation corrige le
ministre de la Santé sur le fait qu'ils
ont le droit, légalement, à ces services-là et ce ne sont pas des demandes
d'exception. Maintenant, M. le Président, ce que je recherche, ce matin, c'est le plan qui
va faire en sorte que les gens qui sont sur le terrain sous votre
responsabilité, les deux ministres,
soient informés des droits qu'ils doivent appliquer, ce qui n'a pas été le cas.
À date, ça, ça a été un échec flagrant. Quel est votre plan pour
corriger la situation, maintenant?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge :
Bien, M. le Président, je pense que mon collègue a mal compris certaines
informations. Les gens sur le terrain
ont toute l'information nécessaire. Les gens dans le réseau de l'éducation ont
l'information nécessaire, notamment pour
accueillir les enfants qu'on dit sans papiers. Maintenant, les enfants qui sont
sans papiers ont accès à notre réseau d'école publique, ils ont accès aussi à certains services de garde. Comme je
l'ai déjà mentionné, s'il y a un problème d'information, c'est peut-être le fait que mon collègue ne
s'informe pas suffisamment avant de poser une question sur un sujet pourtant
très important.
Le Président : Question
principale, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, tout le monde ici souhaite que le gouvernement réussisse dans
la gestion de la crise, mais, pour ça, il faut que les messages soient
cohérents, il ne faut pas qu'il y ait de confusion.
Cette semaine, le premier ministre a tenu un
point de presse solennel, il a jugé la question de la situation dans laquelle on se trouvait critique. On a des files
de dépistage partout, on a des régions qui changent de couleur, on a des
entreprises, certaines entreprises, qui
ont peur de devoir fermer, on parle d'envoyer la police chez les gens. M. le Président,
je pense que la situation est suffisamment critique.
Mais aujourd'hui le premier ministre s'est levé
avec un ton plus jovialiste par rapport à la situation. Alors, que s'est-il passé entre le fait qu'on entre dans une
deuxième vague, mardi, et qu'on soit dans une situation critique, et
aujourd'hui le ton beaucoup plus jovialiste du premier ministre? Que
s'est-il passé entre les deux tons?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
Bon, je ne sais pas si les gens qui nous écoutent ont senti un changement de
ton, je pense que j'ai le même ton
depuis six mois. On fait notre possible pour s'assurer de freiner la
propagation du virus. On s'assure de mettre en place
des tests. Il n'y a pas longtemps, on nous critiquait parce qu'on ne faisait
pas 14 000 tests par jour; on en fait maintenant 25 000, tests, par jour. Maintenant, le ministre de la
Santé a mis en place un système de code de couleurs qui est tellement
apprécié que l'Ontario veut le copier.
Donc, j'ai de
la difficulté, là, je ne vois pas le ton jovialiste, là. Je vois un ton très
critique, là, du côté de la cheffe du Parti libéral, mais je sens que la
population voit qu'on fait notre possible pour freiner la contagion.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
Nous allons
passer à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions, je reconnais maintenant Mme la
cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je demande donc le consentement de l'Assemblée pour
débattre de la motion suivante
conjointement avec la cheffe de l'opposition officielle, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que la transparence des autorités publiques
est l'un des remèdes contre la méfiance envers les institutions;
«Qu'elle
prenne acte du fait que de nombreux Québécois et [...] nombreuses Québécoises
peinent à comprendre les tenants et
aboutissants du système d'alerte régionale annoncé récemment par le
gouvernement du Québec, notamment les conséquences concrètes qu'entraîne
le passage d'un état d'alerte à un autre;
«Qu'elle
prenne acte du fait qu'un document présentant ces éléments a été publié hier
sur les réseaux sociaux par un lanceur d'alerte citoyen;
«Qu'elle prenne acte de la réponse du
gouvernement à la divulgation de ce document, ce dernier ayant affirmé qu'il
s'agit d'un "document de travail";
«Qu'en
conséquence, l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de
publier, dans les 24 prochaines heures,
ses projections épidémiologiques pour la deuxième vague, le fonctionnement de
son système d'alerte régionale et les indicateurs
permettant d'évaluer la capacité du réseau de la santé et des services sociaux
à faire face à la deuxième vague de la pandémie de COVID-19; et
«Que cette motion devienne un ordre de l'Assemblée.»
Le Président : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
M. Bonnardel :
Pas de consentement.
Le Président : Pas de consentement.
Je reconnais maintenant M. le député de Rimouski.
M. LeBel : M. le Président, je sollicite
le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec la députée de Vaudreuil, le député de Laurier-Dorion, le député de
Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale déplore l'entêtement du gouvernement fédéral à établir
ses propres conditions en matière de financement de logements sociaux,
un domaine qui relève de la compétence exclusive du Québec;
«Que l'Assemblée
nationale déplore également
le manque de progrès évident dans la négociation entreprise par le gouvernement caquiste qui dure depuis près de deux ans maintenant, pour dégager les quelques 1,5 G$ disponibles dans l'entente fédérale-provinciale-territoriale
sur le logement;
«Que l'Assemblée nationale rappelle que le ministre
des Finances a affirmé publiquement en mai dernier que l'argent attendu du gouvernement fédéral dans le cadre de sa stratégie
nationale pour le logement ne devrait pas empêcher le gouvernement "d'aider les citoyens à se
loger" et qu'il a "la capacité financière pour répondre à la crise
des logements sociaux";
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'assumer sa
responsabilité et de donner la priorité à des chantiers de logement social dans son plan de relance économique, afin de
répondre, dans les plus brefs délais, aux besoins actuels en logement
social.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Bonnardel :
Pas de consentement.
Le Président : Pas de
consentement. M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Mont-Royal,
la députée de Mercier, le député de Jonquière, le député de Chomedey
et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale souligne
la semaine du Défi sans auto solo qui se tient du 14 au 20 septembre 2020;
«Qu'elle
rappelle que le secteur des transports est le principal émetteur de GES au
Québec, responsable de 43 % des émissions;
«Qu'elle
reconnaisse que le gouvernement du Québec doit continuer d'encourager le
développement d'une mobilité durable;
«Qu'elle rappelle que
le transport collectif, le transport actif et le covoiturage sont des leviers
importants pour réduire les émissions de GES et la congestion routière; et
«Qu'elle
encourage ainsi les citoyens et les organisations à participer au Défi sans
auto solo, tout en respectant les règles sanitaires en vigueur.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Président : Je vais
donc du côté de vos groupes parlementaires respectifs pour l'application du
vote. M. le leader adjoint du gouvernement?
M. Bonnardel :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le
consentement de cette Assemblee afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le premier ministre, la députée de Mercier,
le député des Îles-de-la-Madeleine,
le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale exprime ses sincères condoléances au peuple libanais ainsi qu'aux
membres de la communauté d'origine libanaise vivant au Québec, et plus
particulièrement aux familles touchées par cette tragédie;
«Qu'elle
rappelle l'importance de se souvenir que les explosions du 4 août dernier
ont fait 200 victimes, ont blessé plus de 6 500 personnes
et ont fait des milliers de sans-abris [dans la ville de] Beyrouth;
«Qu'elle
souligne le courage et la résilience du peuple libanais face aux multiples
épreuves auxquelles il a été confronté;
«Qu'elle
affirme la solidarité et le soutien de tous les Québécois et [...] Québécoises
à la population du Liban dans ces moments douloureux;
«Finalement, qu'elle
observe une minute de silence à la mémoire des victimes.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Bonnardel : M. le Président, il y a consentement pour un
débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : la cheffe de l'opposition
officielle, le premier ministre, la députée de Mercier et le député des
Îles-de-la-Madeleine.
Le Président :
Nous comprenons qu'il y a consentement pour qu'il y ait des intervenants et que
la durée des interventions soit limitée à un
maximum de deux minutes. Tout d'abord, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
À vous la parole.
Mme Anglade : «Puis, d'un coup,
c'était comme si on frappait le bâtiment, comme si une tornade s'infiltrait à l'intérieur. [...]J'ai juste pensé que la mort
venait et je ne pouvais plus rien faire pour y échapper», Madeline, habitante
de Beyrouth. «On a dit aux enfants de
s'éloigner des vitres, on a cru entendre un bruit d'avion et senti comme un
grand vent.» Marie-Claude, habitante
de Beyrouth. Ces quelques témoignages ouvrent une mince fenêtre sur
l'indicible. Ils proviennent de
personnes qui ont vécu l'horreur. Ils traduisent aussi la force, le courage et
la résilience d'un peuple qui est victime d'une tragédie et des épreuves
qui ne l'épargnent pas.
Ceci ne
saurait pas être plus vrai alors qu'il y a quelques jours seulement un incendie
a frappé le quartier du port de
Beyrouth et que les traumas du 4 août étaient encore très vifs. En effet,
le 4 août 2020, la capitale libanaise a subi une double explosion meurtrière en son coeur même, à
son port. Des quartiers entiers ont été rasés, des établissements scolaires
ont été intégralement détruits, des centres
hospitaliers ont été endommagés, et plus de 350 000 personnes,
aujourd'hui, sont maintenant sans abri.
Comprendre la
tragédie, c'est aussi réaliser ce que veut dire être chez soi, à son bureau,
dans les rues de sa ville, un mardi à
18 heures, puis voir le cours de sa vie complètement basculer, basculer
dans le chaos le plus total de façon violente. Aucun être humain n'est
constitué pour se préparer à ça.
On ne peut pas occulter le fait que, depuis le
début de 2020, toute la planète survit à un rythme de pandémie. Le Liban n'y fait pas exception. À la crise
sanitaire s'ajoute une crise économique majeure et maintenant une tragédie
humaine. Il est impossible de rester indifférent, et au contraire nous
devons faire preuve d'empathie et de compassion.
Le Québec et
le Liban sont liés depuis des décennies. Les Libanais sont installés au Québec
depuis plus de 100 ans, et nous
sommes liés par notre appartenance à la francophonie, bien sûr, mais aussi par
des valeurs communes, humaines de résilience
et de solidarité. Je me souviens encore être en troisième année et avoir un
jeune Libanais qui venait s'établir au Québec parce qu'il fuyait la
guerre dans son pays.
La plus
importante communauté libanaise au Canada a fait le choix du Québec comme terre
d'accueil, alors je pense qu'il est important pour nous d'être avec eux,
en communion avec eux. Et aux Québécois et aux Québécoises d'origine libanaise, à la diaspora libanaise qui vit cette
catastrophe, je leur dis : Nous sommes de tout coeur avec vous, à vos
côtés. Merci, M. le Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui, merci, M. le
Président. Le 4 août dernier, on a eu des images qui étaient terribles qui
venaient du Liban, deux explosions au port
de Beyrouth, des dizaines de morts, des milliers de blessés, des milliers de
maisons détruites. Quelle tristesse!
M. le Président, le peuple québécois, depuis longtemps, est très proche du Liban, d'abord
parce qu'on travaille ensemble dans
les organisations de la Francophonie, mais surtout on a une communauté
libanaise très importante au Québec. D'ailleurs, la présidente de la
CAQ, Alice Khalil, est d'origine libanaise. On a un de nos candidats,
aussi, à la dernière élection, Marc Baaklini, qui a travaillé avec Alice pour organiser une
commémoration en respectant toutes les règles de la santé publique. Mon épouse a pu y participer,
c'était d'une tristesse absolue. Et, bien sûr, les gens de la communauté
libanaise au Québec sont inquiets, ont encore des familles, des amis
là-bas.
Donc, mes
pensées sont avec cette communauté. On est avec vous, tout le peuple du Québec
est avec vous. Donc, au nom du gouvernement, en mon nom personnel, je veux offrir mes plus sincères condoléances
aux familles, aux proches des victimes, au peuple libanais et aussi à
tous les Québécois d'origine libanaise. Merci, M. le Président.
Le Président : Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, M.
le Président. Je suis honorée et
surtout très, très touchée de prendre la parole pour parler de cette motion pour commémorer le drame terrible
qui a eu lieu le 4 août au Liban. Et je veux aussi remercier la cheffe
de l'opposition officielle de nous
donner l'occasion de nous commémorer, de garder vivant à notre mémoire ce drame
horrible, parce que
c'est sûr qu'avec la pandémie, avec les problèmes qu'on vit, petit à petit, les
yeux du monde se détournent du Liban,
qui, lui, doit continuer à vivre avec ce drame, ce drame sans fin, des
catastrophes l'une après l'autre qui s'ajoutent, et, donc, merci.
L'histoire du
Liban est intimement liée à l'histoire de ma famille. Je suis née à Beyrouth au
début de la guerre civile du Liban,
qui a duré pendant 15 ans, donc dans les années 70. Mes
grands-parents et arrière-grands-parents ont été forcés de quitter la Palestine en 1948 à cause d'une
autre guerre, celle-là, qui a fait en sorte qu'ils ont perdu le pays de leurs
ancêtres, et donc de mes ancêtres.
Donc, ma famille, toute ma famille élargie fait
partie de ces milliers de Palestiniens qui se sont réfugiés au Liban au courant des dernières décennies. Ils ont
vécu beaucoup de jours heureux mais d'autres beaucoup
moins heureux. Ce serait trop long de
vous dire tous ces drames que ma famille a vécus. Mais il y en a
un en particulier qui reste très vivant en ma mémoire, celui qui s'est passé en 2006, où ma grand-mère,
que j'appelle affectueusement «Teita»... qui a vu sa maison, en 2006,
détruite sous les bombardements israéliens. Et ça a été un moment très, très
marquant dans ma famille.
Même si mes parents ont quitté le
Liban, une partie, donc, de ma famille élargie y vit toujours.
Heureusement, ils vivent
dans des régions plus éloignées que l'endroit où a eu lieu l'explosion, mais
certains ont quand même senti le souffle de cette explosion, leur
maison trembler, même s'ils vivaient loin. C'est dire à quel point la force de
l'explosion était extraordinaire. Et, comme beaucoup, beaucoup
de Québécois, j'ai, moi aussi, des amis et des anciens
collègues d'origine libanaise qui ont
été touchés de plus près, des membres de leurs familles ont été blessés.
D'autres, les vitres de leurs maisons et de leurs appartements ont été
détruites, et, les maisons aussi, il y en a qui ont perdu leur maison.
Vous
savez, les jours suivant l'explosion, comme beaucoup de Québécois,
j'ai vu ces images, j'ai vu ces histoires, j'ai vu ces vidéos circuler, des vidéos apocalyptiques. J'étais
incapable de détourner les yeux et le regard de mon cellulaire pour regarder ces images. À un moment donné, il a fallu que j'arrête pour ma santé mentale, et je suis certaine que
c'est la même chose pour d'autres. Je pense,
entre autres, à cette jeune enfant de trois ans, Alexandra. On
a vu des images d'elle qui est décédée dans les bras de ses parents.
Malgré
sa force et sa résilience, le peuple libanais a besoin de nous, a besoin du
monde, mais a besoin de nous aussi, les
Québécois et les Québécoises. Et d'ailleurs je veux remercier la ministre des Relations internationales d'avoir répondu à mon appel et qui a
offert une aide pour le peuple palestinien. Je suis certaine que, ce geste de solidarité,
oui, il a été apprécié par moi et la communauté
libanaise énormément. Beaucoup de gens m'appelaient pour dire : Il faut que
nous aussi, les Québécois, on fasse quelque chose, et ça a été vraiment
très apprécié.
Québécois, on partage beaucoup de choses avec le
peuple libanais, moi, je peux faire la comparaison, puisque je
vis dans les deux cultures : leur amour de la liberté, de la culture, de
la littérature. Ils aiment aussi beaucoup, beaucoup
faire la fête, rire, la bonne bouffe. Je pense
que, du côté des Libanais c'est encore plus, parce que, quand je regarde
les plats que nous, on fait, c'est tout le temps énormément de bouffe, on adore ça, on aime beaucoup
ça. Et peut-être, ce côté-là, ce côté de bon vivant, c'est peut-être
ça, le secret de leur résilience.
veux terminer en citant les paroles
d'une chanson très populaire d'une diva libanaise qui s'appelle Majida El
Roumi. C'était mon idole de jeunesse.
Elle a chanté beaucoup de chansons d'amour, c'est ce que je répétais, mais elle
avait aussi beaucoup de chansons patriotiques, dont une qui est extraordinaire,
très, très belle, et ça s'appelle Oh Beyrouth , «ya Beirut» :
«Lève-toi
d'en dessous les décombres
Comme
une fleur d'amandier en avril
Lève-toi
de ton chagrin, lève-toi
révolution naît des entrailles du chagrin.» Merci.
Président : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Merci à ma collègue de Mercier pour ce touchant
témoignage.
Tout d'abord, au nom du Parti québécois et de tous les
Québécois que nous représentons ici, à l'Assemblée nationale, je souhaite, à mon tour, témoigner
ma solidarité et mon soutien au peuple libanais ainsi qu'à sa diaspora, une
diaspora bien implantée au Québec, d'ailleurs, et depuis fort longtemps.
événements tragiques du 4 août ont réduit en poussière, encore une fois,
beaucoup d'efforts. Ils ont fauché beaucoup
de vies. Ces explosions sont venues briser l'élan et les espoirs d'un peuple
déjà tellement éprouvé par l'histoire. Pour un temps, tout s'est arrêté
à Beyrouth. Puis, évidemment, petit à petit la vie renaît. Les Libanais se
relèvent encore et toujours.
Ce grand peuple est admirable, et nous souhaitons tous qu'il
obtienne justice, car la tragédie du 4 août aurait pu
être évitée. La négligence et l'incurie de
certains ont mené Beyrouth à sa triste réalité actuelle. Les responsables
devront répondre de leurs actes, bien sûr, ou plutôt de ce qu'ils ont
omis de faire.
Mais le plus important demeure que la population soit
soutenue pour qu'elle puisse se reconstruire encore. Je suis fier qu'au Québec un grand mouvement de solidarité se soit
spontanément exprimé dès qu'on a entendu parler de cette tragédie. Les Libanais et les Québécois ont en
effet beaucoup en partage, notamment, on l'a mentionné, l'usage de la langue
française. On s'est par conséquent tous
sentis proches, plus que jamais, du peuple libanais, de ce peuple courageux,
résilient et digne.
C'est donc avec émotion que je rends hommage aux quelque
200 victimes, à leurs proches ainsi qu'aux milliers de personnes s'étant tout à coup retrouvées devant le défi
de leur vie. Je leur souhaite à tous, à toutes de trouver l'énergie et la sérénité nécessaires pour se relever. Nous
serons toujours à vos côtés. Recevez, chers Libanais, chères Libanaises, nos
plus sincères condoléances. Les Québécois souhaitent que vous trouviez le plus
tôt possible et une fois pour toutes, la tranquillité d'esprit et la
prospérité. Merci, M. le Président.
Président : À cette
étape-ci, je vais vous demander de nous indiquer le vote de vos groupes en
fonction de cette motion. M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
M. Bonnardel :
Pour.
Le Président :
Mme la députée de Mercier?
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Président : Cette
motion est donc adoptée. Je vous demanderais de vous lever pour observer
une minute de silence, s'il vous plaît. Recueillons-nous.
• (11 h 25 — 11 h 26)
Le Président : Je vous
remercie.
Nous en
sommes à la rubrique Avis touchant
les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bonnardel :
M. le Président, j'avise cette
Assemblée que la Commission des
transports et de l'environnement entreprendra
les consultations particulières sur le projet
de loi n° 46, Loi modifiant la
Loi sur la conservation du patrimoine
naturel et d'autres dispositions,
aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée d'une heure, à la
salle du Conseil législatif, et de 15 heures
à 17 h 35, à la salle Marie-Claire-Kirkland, ainsi que le mardi 22 septembre,
de 10 heures à 12 h 35, à la salle du Conseil législatif;
La Commission
de l'économie et du travail poursuivra les consultations particulières sur le
projet de loi n° 51, Loi visant
principalement à améliorer la flexibilité du régime d'assurance parentale afin
de favoriser la conciliation famille-travail, aujourd'hui, de 15 heures à 16 h 40, à la salle du
Conseil législatif, ainsi que le mardi 22 septembre, de 10 heures à
11 h 50, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Président : Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143
du règlement concernant l'horaire des travaux des commissions?
Consentement.
Pour ma part,
je vous avise que la Commission des finances publiques se réunira en séance de
travail aujourd'hui, à
13 h 30, pour une durée de 30 minutes, à la salle du Conseil
législatif, afin de poursuivre l'organisation du mandat prévu à l'article 292 du Règlement concernant l'étude
de la politique budgétaire du gouvernement et de l'évolution des finances publiques.
Je vous avise
que la Commission des relations avec
les citoyens se réunira en séance de
travail aujourd'hui, à 14 h 20, pour une durée de 30 minutes, à la salle du Conseil législatif, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition concernant le
tarif journalier à 8,25 $ pour tous les services de garde.
Je vous avise également que la Commission de
l'administration publique se réunira aujourd'hui, à la salle Pauline-Marois, en séance de travail, après les affaires courantes, et ce, jusqu'à 13 heures,
afin de préparer l'audition du ministère des Transports du Québec sur le
chapitre 2 du rapport de novembre 2019 du Vérificateur général du Québec intitulé Activités du Centre de gestion de
l'équipement roulant , en séance publique, de 15 heures à 18 heures,
afin de procéder à l'audition du ministère des Transports du Québec et en séance de travail de conclusion, de 18 heures
à 18 h 30, afin de terminer les observations, conclusions ou
recommandations de la commission à la suite de l'audition;
La Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle des mineurs se réunira en séance de travail virtuelle le vendredi 18 septembre, de 13 heures à
16 heures, et le mardi 22 septembre, de 8 heures à 10 heures,
afin d'organiser les travaux de la commission.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée,
eh bien, je vous avise que l'interpellation prévue pour le vendredi 25 septembre 2020 portera sur le sujet
suivant : La gestion et la préparation du gouvernement caquiste face
à la deuxième vague de la pandémie de
COVID-19. Mme la députée de Maurice-Richard s'adressera alors au ministre de la Santé
et des Services sociaux.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Et je suspends pour quelques instants. Merci à
toutes et à tous.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Vous pouvez
prendre place. Et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, Mme la Présidente, afin de débuter nos travaux, aujourd'hui, je
vous demanderais d'appeler l'article 7 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors,
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles propose l'adoption du principe du
projet de loi n° 50, Loi concernant la location d'une
partie des forces
hydrauliques de la rivière Shipshaw. M. le ministre, je vous cède la
parole.
M. Julien : Oui, merci, Mme la Présidente.
Chers collègues, grand plaisir de vous voir ici aujourd'hui.
Alors, je
suis heureux de soumettre aujourd'hui à l'adoption du principe le projet de loi
n° 50 visant à louer une
partie
des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw à l'entreprise Produits
forestiers Résolu Canada. Les membres de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, et de l'énergie et des ressources naturelles se sont réunis le
25 août dernier à l'occasion des consultations particulières sur ce projet
de loi.
Rappelons
ici, Mme la Présidente, que le projet de loi n° 50 est très important pour
le développement économique de la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Il vise à assurer la pérennité des activités de Produits forestiers Résolu
Canada et à générer des
investissements manufacturiers structurants pour la région. Le renouvellement
pour les 20 prochaines années de
l'entente de location des forces hydrauliques et les conditions qui s'y
rattachent sont essentielles à un moment où l'industrie forestière, vous en conviendrez, est plus que
jamais appelée à se moderniser et à faire preuve d'innovation dans les défis
de cette industrie.
Ces mesures
coïncident en effet, Mme la Présidente, avec l'implantation prochaine à
Kénogami d'une usine pilote dans
laquelle l'entreprise fabriquera du filament de cellulose, un nouveau produit
aux débouchés prometteurs pour les résidus forestiers. Les activités
intégrées de PF Résolu Canada, qui bénéficiera de ces droits hydrauliques,
regroupent près de 18 établissements répartis sur l'ensemble du territoire
du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Toutes les opérations forestières effectuées
par l'entreprise au Saguenay—Lac-Saint-Jean génèrent plus de 2 600 emplois directs dans la
région et près de 9 000 emplois indirects à l'échelle du
Québec.
Je l'ai
maintes fois répété, Mme la Présidente, le projet de loi n° 50 s'inscrit
dans une tradition de continuité, celle de l'utilisation des forces
hydrauliques de la rivière Shipshaw. Le projet de loi n° 50 reprend
essentiellement les mêmes éléments
que les deux projets de loi appliqués par les gouvernements précédents. La
différence, c'est que nous proposons quelques
ajustements afin de tenir compte de la réalité actuelle, de la réalité vécue
actuellement par l'industrie forestière, qui n'est certainement pas la même que
celle d'il y a 20 ans. Comme vous le savez, ce secteur industriel doit
présentement conjuguer avec des enjeux
importants, notamment en raison de la chute drastique de la demande mondiale
pour le papier journal.
Le projet de
loi n° 50, nous en sommes convaincus, propose une approche équilibrée.
D'une part, elle est équilibrée parce
qu'elle tient compte de la réalité économique de l'industrie et, d'autre part, elle tient compte également d'investissements structurants qui vont
permettre à PF Résolu Canada de moderniser ses installations et de mieux faire
face, justement, à ces défis de l'industrie, pour assurer,
justement, la pérennité, dans cette région, des emplois directs et indirects.
Le 25 août dernier, nous avons eu la chance
d'entendre plusieurs intervenants en commission parlementaire. Un consensus clair s'est dégagé dans ces
consultations. En effet, tous les intervenants souhaitent que le gouvernement
aille de l'avant avec le renouvellement
des droits hydrauliques de Produits forestiers Résolu Canada. Des experts
universitaires, des représentants de l'industrie et de la communauté
locale qui vivent à proximité du barrage Jim-Gray ont appuyé le projet de loi n° 50 de façon très nette. Bien
sûr, nous avons eu aussi... nous avons eu des discussions, nous avons entendu
des préoccupations des syndicats et de
certains élus municipaux, dont le désir profond, on les comprend, est de
protéger les emplois et d'assurer la
qualité de vie des citoyens. Selon nous, l'adoption du projet de loi n° 50
représente justement un moyen incontournable pour arriver à ces fins, à
ces objectifs.
En terminant, Mme la Présidente, nous croyons
fermement que l'adoption du principe du projet de loi n° 50 s'impose. Le contexte que connaît actuellement
l'industrie forestière l'exige. Je rappelle que le projet de loi n° 50
concerne le renouvellement des droits
hydrauliques consentis sous cette forme par les gouvernements précédents, et
ce, depuis 1999. Il n'a pas, le projet
de loi, l'intention ni la prétention, certainement, de régler l'ensemble des
enjeux de l'industrie forestière, mais
il représente certainement et clairement pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean une occasion à saisir et un projet
structurant pour l'industrie et pour le maintien des emplois en région.
Sur ce, Mme la Présidente, je vous remercie,
chers collègues également, de votre attention.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre de l'Économie
et des Ressources naturelles. Et je vais maintenant céder la parole à Mme
la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Donc, pour cette loi, ce projet de loi n° 50, Loi concernant la location d'une
partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw, on a eu l'occasion
d'entendre plusieurs groupes qui ont émis, oui, des
points favorables mais des préoccupations. Et moi aussi, je veux faire un peu la même chose, je vais amener les
points qui sont favorables et positifs et
d'autres qui pourraient être modifiés peut-être au courant de l'étude détaillée
du projet de loi.
Donc,
c'est sûr que nous sommes favorables au fait que l'État québécois reçoive son
dû pour l'exploitation du potentiel hydraulique
renouvelable par l'industrie, donc, ici, PF Résolu. On rappelle que l'État
québécois est fiduciaire, au nom de tous
les Québécois et toutes les Québécoises, du potentiel hydraulique de nos
rivières, de cette richesse, donc, commune qui nous appartient.
suis heureuse aussi que cette énergie renouvelable continue à maintenir des
emplois en région, de bons emplois. Le
barrage Jim-Gray dont il est question ici, c'est 3,1 millions de
redevances pour la municipalité de Saint-David-de-Falardeau, où se trouve le barrage, et ces revenus aussi vont
percoler à travers les quotes-parts pour toute la MRC. Et on a eu aussi les
élus municipaux qui sont venus nous
en témoigner et dire à quel point c'était important que cette location continue
à travers le temps.
y a aussi un autre élément dont le ministre vient de parler, et c'est les
conditions, dans le fond, qu'on donne ou qu'on soumet... ou plutôt qu'on exige à l'entreprise, à l'industrie, pour
utiliser nos forces hydrauliques, et c'est notamment des investissements manufacturiers structurants. On
parle ici, notamment, là, toute l'intention de PF Résolu d'implanter à la
papeterie de Kénogami son usine de production de fibres cellulosiques.
Donc, c'est un produit innovant du bois qui est très intéressant pour notre économie. On parle ici de toute la filière
de la chimie verte. C'est une nouvelle, aussi, façon pour le Québec de valoriser les résidus de production
en produits secondaires, parce qu'on sait qu'aujourd'hui, dans l'industrie des
pâtes et papiers, ça ne va pas très bien, donc il faut absolument qu'il y ait
des innovations, sinon on ne pourra pas durer dans le temps. Parce que c'est ça, l'objectif, c'est d'avoir des bons
emplois mais pas seulement à court ou moyen terme, mais péreins dans le
temps, et ça prend des investissements en innovation. Et donc la fibre
cellulosique, c'est un secteur d'avenir,
selon des experts aussi qui ont été entendus. La production aussi a quelque
chose d'intéressant pour la compagnie, de le faire ici. La production d'une
tonne de fibre cellulosique nécessite trois fois plus d'électricité qu'une
tonne de papier kraft, et donc l'entreprise a intérêt d'avoir une
électricité moins chère, ce qu'elle obtient en étant ici, dans cette région.
Maintenant,
les éléments, les préoccupations... les éléments plus négatifs, puis ça, ça a
été dit à plusieurs reprises et répété, puis aussi peut-être que le
ministre l'a vu à travers les questions des partis de l'opposition, c'est le
montant d'investissement de
100 millions de dollars sur 10 ans. 100 millions de dollars peut
sembler beaucoup, mais, quand on compare
aux années précédentes, c'est-à-dire au bail précédent, c'était
150 millions, et 100 millions, c'est encore plus inférieur qu'avant, où c'était 350 millions, donc on ne
parle plus des mêmes ordres de montants. Et, dans le fond, le prétexte invoqué
pour dire pourquoi est-ce qu'on demande moins que dans les années passées,
c'est vraiment le contexte, comme je le mentionnais,
difficile pour l'industrie des pâtes et papiers. Et donc c'est l'entreprise qui dit : Bien, c'est ce que je peux payer pour continuer à avoir ces droits-là. Et ce qu'on
comprend, c'est que, dans les négociations, qui ne se font pas, évidemment,
de façon ouverte, il y a
des négociations qui se font avec le gouvernement et l'entreprise, l'entreprise, elle dit : Voici, moi, ce que je suis prête à payer. Et on a l'impression, peut-être que le ministre peut corriger cette impression,
qu'il a dit : Parfait, je prends ce montant, je le mets dans le projet
de loi, et ça sera ça. Mais peut-être qu'il pourra nous en dire un peu plus sur l'ampleur des négociations et qu'est-ce que l'entreprise offrait pour finalement se rendre à 100 millions. Parce que ce qui est important, là-dedans, c'est de
maintenir la valeur du kilowattheure, de notre électricité, qui devrait
augmenter plutôt que diminuer. C'est quand même
un privilège aussi pour l'entreprise,
d'utiliser cette force hydraulique. Donc, il faut que ce soit
gagnant-gagnant des deux côtés.
Surtout,
moi, j'ai été très préoccupée ou... je n'en revenais pas d'un témoignage des
syndicats de l'entreprise, qui sont
venus et qui nous ont dit : Bien, l'entreprise a déjà fait ces
dépenses-là, selon l'estimation des investissements que lui, ce
représentant syndical, voit. C'est-à-dire que ce qu'il y a dans le projet de
loi, même si c'est un contrat de location de 2022 à 2032, le gouvernement
permet de comptabiliser, dans le 100 millions, les investissements qui ont
été faits depuis 2018, donc quatre ans
avant. Et, l'entreprise, je pense qu'elle avait déjà fait un grand nombre
d'investissements, en fait,
60 millions à Saint-Félicien, 38 millions à Kénogami,
12 millions à Saint-Thomas-Didyme, Girardville, et 13 millions
à la scierie de La Doré. Mais, si je reviens
plus à qu'est-ce que PF Résolu a fait, il y a une bonne
partie de ce
100 millions qui a été dépensée.
Je pense, c'était 60 millions, puis il en reste 40 millions pour les
10 prochaines années. Donc, c'est sûr que la région et les travailleurs ne sortent pas gagnants d'une telle
entente. Donc, il faudrait absolument revoir le montant.
Cela
dit, je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, nous allons voter
pour le principe. Pourquoi? Parce que c'est un renouvellement d'un bail pour un
barrage déjà existant, pour alimenter des usines qui offrent déjà des
emplois en région. C'est sûr que personne ne
va... En tout cas, je ne peux pas dire pour les autres oppositions, mais c'est
difficile d'être contre cela.
Aussi,
il y a toute la question dont je parlais, du développement de produits
innovants, qui est une piste intéressante pour une transition verte et,
donc, pour avoir des emplois péreins dans le temps. Ça, c'est important.
Puis
aussi ce sera possible pour l'opposition, et j'espère que le ministre aura cette ouverture, d'amender aussi le
projet de loi pour tenir compte des préoccupations pas seulement des groupes
d'opposition, mais aussi des groupes qui sont venus présenter leurs
mémoires durant les consultations. Voilà. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Mercier. Maintenant, je suis prête à reconnaître le prochain
intervenant, qui sera M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vais commencer par une
partie de
ma conclusion, et, tout comme ma
collègue de Mercier, je ne ferai pas durer le suspens. De toute façon, le
ministre et moi, on s'en est parlé le 25 août dernier. Je pense que, de façon
générale, on a tous pris note des différentes recommandations des groupes qui
sont venus présenter cette
journée-là, mais nous sommes en faveur. Et nous allons nous assurer de
travailler en collaboration afin de
faire cheminer ce projet de loi là, et surtout dans l'intérêt des emplois, dans
l'intérêt du développement économique de la région et dans l'intérêt de
l'industrie, notamment de l'industrie forestière, également.
Ceci dit, je
vais quand même prendre le temps de faire un résumé, si vous me le permettez,
Mme la Présidence, des différentes interventions qui ont eu lieu,
justement, le 25 août dernier.
introduction, Mme la Présidente, le p.l. n° 50 vise à encadrer, tel
que mentionné antérieurement, l'allocation des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw, puis particulièrement il
vise à autoriser le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles à louer une
partie des forces
hydrauliques du domaine de l'État à la rivière Shipshaw à Produits forestiers
Résolu en échange d'une promesse
d'investissements manufacturiers structurants dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, constitue la continuité de la loi adoptée en 1998 et prévoit un
investissement de 100 millions d'ici la fin du bail, bail qui
devrait commencer en 2022 et donc se terminer en 2032. Le projet de loi
n° 50 va permettre également de sécuriser un approvisionnement crucial d'énergie pour les usines de Kénogami et
d'Alma et va permettre de poursuivre le développement de projets
porteurs tels que les filaments de cellulose et la production de papier grade
SCA plus.
Le projet de
loi n° 50 permet d'injecter un niveau de prévisibilité dans les dépenses
de la compagnie et d'atteindre des marchés plus compétitifs. Produits
forestiers Résolu, dont le siège social est à Montréal, est un chef de file
mondial dans l'industrie des produits
forestiers. Les activités intégrées de Résolu au Saguenay—Lac-Saint-Jean regroupent près de 18... en fait, regroupent quelque 18 établissements
et opérations forestières réparties sur tout le territoire. C'est une
entreprise qui génère
2 600 emplois directs dans la région, 3 600 emplois
indirects à travers le Québec et crée près de 9 000 emplois indirects
partout. Notons également que, des
9 000 retraités de Résolu au Québec, plus de 4 000 se trouvent
dans cette région, et les retombées économiques pour le Québec sont de
l'ordre de 1,8 milliard de dollars.
Dès les années 60, PFR a joui d'une
exception à la nationalisation de l'hydroélectricité puisque la production d'hydroélectricité sur la rivière Shipshaw était
connectée directement a