Public Finance — 3 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2019-04-03
Quebec — Committees
Alors, ce
qu'on voit à la page I.40, c'est la composition du Fonds des générations,
des différentes classes d'actifs. Ce
que j'aimerais savoir, c'est qu'est-ce qui a changé avec le paiement de 6 milliards qui a été fait d'un coup. Qu'est-ce qui a changé? Est-ce que le fonds a
liquidé des actions? Est-ce que c'est du revenu fixe? Est-ce que les
proportions ont changé de façon significative, 20 % en actifs réels, etc.?
Donc, si vous pouviez nous donner un peu plus d'informations là-dessus.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Puisque le député de Robert-Baldwin y a fait référence et
que les journalistes me reprochent les
réponses courtes, là, je voulais juste préciser, la tradition parlementaire, c'est
une réponse d'à peu près la même longueur que la question? Est-ce que c'est ce qu'on vise? Puisque la Commission
des finances publiques a déjà une réputation d'être une commission...
Le Président (M. Simard) :
Normalement, oui, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : ...qui
travaille bien...
Le Président (M. Simard) :
Normalement, oui, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Pardon?
Une voix : ...un partage
équitable...
M. Girard
(Groulx) : Un partage équitable, O.K. Et, bon, alors, je vais répondre
à cette question.
D'abord,
je tiens à dire, sur le Fonds des générations, que le gouvernement précédent
est notre inspiration puisqu'il avait
décidé de faire cinq versements de 2 milliards étalés sur cinq ans. Et
nous, dans les faits, ce qu'on a fait, le gouvernement précédent avait déjà fait le premier versement de
2 milliards, et là en avril, cette année, on fait le deuxième versement
qui était prévu. Je tiens à mentionner qu'on
n'a pas accéléré 10 milliards, mais on a accéléré 6 milliards, dans
les faits, par rapport à ce qui était proposé par le gouvernement
précédent.
Quant
à la répartition d'actifs, nous avons... le gouvernement ne s'implique pas dans
la gestion du portefeuille, on a un excellent gestionnaire pour ça, qui est la
Caisse de dépôt. Et, lorsque nous avons été élus, ils avaient pris note
de notre engagement. Et, dès le départ, le
ministère des Finances et la Caisse de dépôt ont amorcé des discussions pour
que les retraits soient faits avec le minimum d'impact non seulement sur notre
portefeuille, mais sur l'entièreté des déposants. Et donc ce qui a été fait, on est resté dans la
même politique de placement, et donc ce qui peut avoir changé, ce ne seraient
pas les grandes catégories, actions, revenus
fixes, actifs réels. Ces grandes catégories-là n'ont pas changé. Ce qui peut avoir changé, c'est, à l'intérieur de ces
catégories, la proportion de chacune des sous-catégories. Par exemple, si on
regarde «actions», ce qui peut avoir changé, c'est la
proportion marchés boursiers, placements privés, puisque, par définition, les
marchés boursiers sont plus liquides que les placements privés.
je tiens aussi à mentionner que le 6 milliards, le retrait n'a pas été
fait d'un coup, mais bien en deux opérations de 3 milliards. Une a été faite — et je pense que je peux le dire parce que
ces opérations-là sont passées — avant la chute boursière qui a été assez
rapide en fin d'année 2018. Alors, une a été faite autour de la fin
novembre, et l'autre a été faite autour du mois de mars cette année. Et
donc c'est deux retraits de 3 milliards.
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Leitão :
Très bien. Donc, la composition du portefeuille du Fonds des générations n'a
probablement pas changé de façon majeure. Donc, si c'était risqué avant,
donc ça demeure risqué après parce que ça n'a pas beaucoup changé.
Mais,
nous, ce que... je pense que, sur le fond du Fonds de générations, on est
d'accord. Nous jugerons, et vous aussi... vous avez d'ailleurs répété,
au salon bleu, que c'est un très bon outil et qu'il va demeurer en place, donc
c'est très bien. Là où on a des désaccords, c'est justement
quant à l'effet levier parce qu'un des objectifs, au départ, du fonds c'était qu'une fois
qu'il aurait atteint une masse critique importante ses revenus de placement
seraient de plus en plus importants. Et ce qu'on voit avec le changement qui a été
fait, même si on le compare avec ce qui avait été proposé dans le budget précédent, donc après déjà les
2 milliards par année, on voit
qu'il y a quand même des différences importantes en termes d'évolution
des rendements du Fonds des générations.
exemple, rendu à l'année 2022‑2023, maintenant, dans le budget actuel, on
anticipe à peu près 700 millions de
revenus de placement. Dans le budget de l'année passée, pour la même année, on
anticipait 950 millions. Donc, on voit
que, sur la durée du cadre financier, j'ai fait des calculs très rapides, c'est
à peu près 1,2 milliard de dollars de moins en termes de revenus de
placement qui ne se trouvent plus là. Et cela a un effet important sur nos
ratios nets.
Maintenant,
ma question, c'est que, quand même, et je trouve que c'est très bien, à la
page, cette fois-ci, là, I.21, où on
parle du Fonds des générations et on a les détails du Fonds des générations, là
on voit que, quand même, le ministère des
Finances, c'est tout à fait très bien, a fait des projections de revenus de
placement. Et, encore là, avec un calcul rapide, on anticipe quand même un
5 % de rendement annuel du Fonds des générations, et je trouve que c'est
très bien.
Donc,
encore une fois, je ne vois pas quelle est vraiment l'utilité d'avoir procédé
avec un paiement de 6 milliards d'un
coup, puisque les revenus qu'on laisse sur la table, vu les placements qui sont
quand même significatifs de 1,2 milliard, et puis, avec le temps, évidemment, plus le fonds est rempli, donc
l'effet levier devient de plus en plus important, et ces revenus-là augmenteraient encore, encore de façon
très rapide. En 2023‑2024, avant, on pensait avoir 1 milliard de dollars
de revenus de placement, on ne les aura pas maintenant parce que le fonds est
plus petit.
Donc,
ma question, elle est simple, il me semble : Pourquoi avoir laissé sur la
table quand même au-delà de 1 million de dollars de revenus de
placement?
Le Président
(M. Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Dans les faits, nous n'avons absolument aucune certitude sur
les rendements futurs, ce que nous connaissons sont les rendements
passés. Et ceux-ci, si on fait l'historique du fonds, les rendements du Fonds des générations ont excédé le coût de la dette du
gouvernement du Québec par 2 % sur la période depuis la création du fonds. Alors, s'il était logique de faire
l'hypothèse que cette prime de risque va se reproduire dans les
10 prochaines années, par
exemple, vous auriez raison de dire que d'accélérer les versements va générer
2 % moins de rendements sur le montant qui a été accéléré sur la
période dans le temps.
où je diverge d'opinion avec vous, c'est qu'après 10 ans d'excellente
performance non seulement de l'économie mondiale, mais de l'ensemble des
actifs risqués, les évaluations des actifs sont telles que les rendements
espérés, par définition, sont moins... en
fait, tout ce que je veux dire, c'est que les actifs risqués sont valorisés
plus élevés aujourd'hui qu'il y a 10 ans simplement par la
construction que ça fait 10 ans que leur valeur augmente. Or, le
gouvernement du Québec et tous les Québécois
bénéficient... lorsque l'économie mondiale va bien, que les rendements
boursiers vont bien, tout est corrélé positivement. C'est-à-dire que les
rentrées fiscales sont bonnes, les dépenses peuvent être moins élevées, les rendements sur nos obligations par rapport au
passif de caisse de retraite, les actifs qu'on détient contre ces passifs de caisse de retraite font bien, dans certains
scénarios, même, les taux pourraient monter, ce qu'on n'a pas observé
récemment, et ça aussi, ça aide pour
les passifs, et, bien sûr, le Fonds des générations va bien. Alors, tout va
bien dans le même sens.
inversement, on l'a tous connu, je pense que vous et moi étions dans l'action
en 2007, 2008, 2009, quand ça se met à aller mal, c'est également corrélé,
mais dans l'autre sens. Or, une saine gestion des risques après 10 ans de
bonnes performances des actifs
risqués, c'était simplement de réduire les risques, de réaliser des gains. Et,
oui, les revenus de placement futurs
anticipés, parce que réalisés, on verra, sont moindres, mais on a aussi
cristallisé des gains dans l'année 2018‑2019,
et c'est simplement une saine gestion de risque. Et, en ce sens, on peut
débattre du bien-fondé ou non de ce
6 milliards marginal. Il reste que la réponse à la question que nous
débattons aujourd'hui, on ne pourra probablement pas l'avoir avant cinq ans, parce que, même, vous savez, en décembre, je
pense que les marchés boursiers ont perdu 10 %. Alors, c'était... Et depuis ils ont repris ce
10 %. Et donc il ne faut pas regarder ça sur un horizon à très court
terme. Nous avons réduit les risques
des finances publiques québécoises, dans le cas du Fonds des générations, en
prenant les profits. Et, oui, si tout
va bien dans les cinq prochaines années, ce que je souhaite ardemment, on a
probablement... on aura moins de
rendement que si on ne l'avait pas fait. Par contre, si la situation mondiale
se détériorait pour quelque raison que ce soit ou même s'il y avait des soubresauts dans les marchés financiers,
bien, on aura réduit les risques des finances publiques.
M. Leitão :
Très bien. Merci. Écoutez, je pense qu'on ne réglera pas ça ici maintenant. Je
pense qu'il y aurait eu d'autres moyens de gérer les risques en ajustant
le portefeuille du Fonds des générations, en ayant une plus grande pondération, que ce soient les infrastructures ou d'autres
actifs comme les placements privés. Mais ce n'est pas ici qu'on va
régler ça maintenant.
Alors, je
voudrais arriver maintenant, toujours en parlant du Fonds des générations, à
qu'est-ce qu'on fait maintenant, puisque
nous sommes presque là. Là, ça veut dire en termes d'atteindre nos ratios
dette-PIB. Et donc je pense que le moment est venu d'avoir une conversation un
peu plus large sur quelle est la suite des choses. Est-ce qu'on maintient les
versements au Fonds des générations? Moi, je vous dirais que oui. Moi,
je serais tout à fait en faveur de maintenir le fonds et maintenir les versements au fonds. C'est une
espèce d'épargne obligée. Mais est-ce que vous ne pensez pas qu'on est arrivé
maintenant à une situation où un tel débat
un peu plus élargi sur nos cibles d'endettement, le rôle du Fonds des
générations, on ne devrait pas voir
ça maintenant, commencer, parce que ça prendra du temps, mais commencer ce
débat et l'élargir un peu plus?
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je pense que c'est un très bon point. Je pense que c'est
un débat que nous aurons durant le
mandat de notre gouvernement. Et, oui, la bonne chose à faire, je pense qu'on
s'entend, c'est de maintenir le Fonds des générations. Quant à
l'atteinte des cibles, je vous réfère à la page I.18. La cible de dette
brute-PIB sera atteinte le 31 mars
2021, comme votre gouvernement l'avait prévu, mais la cible de la somme des
déficits cumulés, elle, n'est pas prévue
être atteinte avant le 31 mars 2026. Alors, on n'est donc pas arrivé aux
cibles qu'on s'est collectivement données.
Vous noterez,
à la page I.18, que j'ai fait ajouter une ligne parce que je crois que
l'objectif de dette de la somme des déficits cumulés, un des débats qu'on doit
avoir, c'est si c'est pertinent d'ajouter la réserve de stabilisation
là-dedans. La réserve de stabilisation avait été conçue pour être beaucoup plus
petite qu'elle l'est aujourd'hui. Et, en ce sens, moi, je pense qu'au sens économique... Évidemment, il y a
le sens légal. Au sens légal, nous atteindrons nos cibles des déficits cumulés le 31 mars 2026, mais je pense qu'au
sens économique la vraie atteinte de nos cibles, pour l'instant, ça semble
possible pour 31 mars 2024. Et, en ce
sens, c'est l'horizon pour lequel on doit se poser des questions :
Qu'est-ce qu'on devra faire lorsqu'on atteindra toutes nos cibles de la
loi sur la gestion de la dette et le Fonds des générations?
M. Leitão :
C'est justement là où je voulais aller, parce que, oui, vous avez bien fait
d'ajouter cette deuxième ligne, c'est
très bien, mais pas seulement au sens économique du terme, comme vous le
mentionnez, en ce qui concerne la
réserve de stabilisation, mais, quand on regarde aussi les analyses, que ce
soient les agences de notation ou les marchés financiers, les commentateurs, ce que tout le monde regarde, c'est le
ratio net dette ou la dette nette au PIB. Et cela, on est déjà sous l'Ontario, selon certains calculs. On
est déjà à des niveaux qui semblent être pas mal plus acceptables dans les
marchés financiers. On est déjà à peu près à 40 % pour la dette nette au
PIB.
Donc, c'est
pour ça que je me disais que ce serait maintenant le moment d'avoir ce
débat-là, qu'est-ce qu'on fait et aussi est-ce qu'on se donne d'autres
cibles. Est-ce qu'on se donne d'autres cibles en ce qui concerne la dette
nette? Est-ce qu'on se dit : On
voudrait avoir la dette nette au PIB, qui est présentement proche de 40 %,
est-ce qu'on dit : On va y arriver à 35 % en 2027? Je ne sais
pas.
Donc, c'est ce genre de débat, il me semble...
parce qu'on a besoin d'un ancrage. C'est ce qui nous a aidés à arriver là où
nous sommes. On devait absolument atteindre ce ratio dette-PIB, on l'a presque
fait. Et je pense que là, maintenant, c'est
le moment de se donner une autre cible pour ancrer notre politique budgétaire
pour les prochains 10 ans, et je pense que le moment approprié
serait maintenant pour avoir ce débat-là, commencer ce débat-là.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le président. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci. Je vous amène à la page I.9, parce qu'également dans
un souci de transparence j'ai fait ajouter deux bâtonnets : la dette nette
par rapport au PIB au 31 mars 2019, puisque nous n'avions pas les
comparables des autres provinces à
cette date. Alors, je corrobore votre chiffre de 40 %. Et effectivement la
dette nette par rapport au PIB est la
mesure dont les organismes internationaux favorisent... Et peut-être que, si
c'était à refaire, il aurait fallu peut-être utiliser cette mesure dans la loi
sur la gestion de la dette et le Fonds des générations. Moi, je pense qu'on a
des cibles présentement, et l'atteinte de ces cibles, c'est autour de
2024...
Président (M. Simard) : Merci.
M. Girard
(Groulx) : ...que la deuxième composante des cibles...
M. Leitão :
On en discutera après, parce je pense que...
Le Président
(M. Simard) : C'est ça. Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) :
Oui, mais je veux juste terminer...
Président (M. Simard) : Non, on a dépassé notre bloc de
20 minutes. Je préférerais que vous puissiez revenir plus tard.
M. Leitão :
...il peut continuer de prendre de son temps de son côté.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Alors, merci, merci.
Le Président
(M. Simard) : Non, non, on va clore le présent premier bloc de
20 minutes.
M. Girard
(Groulx) : Je suis vraiment novice dans tout ce ballet.
Le Président
(M. Simard) : Faisons les choses dans l'ordre.
M. Girard
(Groulx) : Merci de me guider.
Le Président
(M. Simard) : Faisons les choses dans l'ordre.
M. Girard
(Groulx) : D'accord.
Président (M. Simard) :
Alors, merci beaucoup à vous deux. Merci pour ces beaux échanges. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré,
à vous la parole.
Mme Foster : Merci
beaucoup, M. le Président. C'est un grand bonheur, ce matin, de pouvoir jaser du budget et... mais je salue le ministre des Finances. Également, je salue tous les autres collègues autour de la table,
partie ministérielle, également les oppositions. C'est un exercice, auquel on se
plie, qui est prévu dans notre procédure parlementaire pour discuter du
budget. On a des heures consacrées à discuter du budget. Alors, c'est un
plaisir pour moi de prendre la parole
dans ce contexte-là. C'est une belle occasion pour faire ressortir certains
aspects du budget. J'aurai également des discussions avec mon
collègue le ministre des Finances à travers tout ça.
intervention va porter plus précisément sur les régions parce que c'est un budget qu'on a déposé que je dis toujours
qui est équilibré, mais qui est humain également. Et il y a plusieurs mesures dans ce budget-là
qui concernent les régions. Les
régions, ça me touche particulièrement
parce que je suis une fille des régions, Charlevoix et Côte-Nord plus précisément. Je regarde mon collègue de
René-Lévesque, où j'ai grandi 20 ans, j'ai passé 20 ans dans
René-Lévesque, à Baie-Comeau, donc, c'est une région qui m'est très,
très chère, et Charlevoix, mes origines, bien sûr.
tant que fille des régions, en ayant grandi dans les régions, j'ai toujours eu
cette conscience de la beauté de nos
régions, cet immense potentiel là, mais aussi leur statut quelquefois, sous
quelques aspects, plus fragile, parce que le Québec, c'est un grand territoire. Il faut l'occuper, ce territoire-là.
Et ça demande une sensibilité plus particulière parce que, souvent, la tentation est très, très forte de
gérer dans une logique du plus grand nombre et d'une densité, mais ce n'est pas
la logique de l'occupation du territoire. C'est contradictoire avec la logique
de l'occupation du territoire. On doit composer,
au Québec, avec des immenses territoires, avec une population qui est moins
dense sur ces territoires-là. Et c'est
une réalité à laquelle je suis particulièrement sensible à travers mes
origines. Donc, c'est pour ça que le premier bloc d'intervention, je
voulais jaser un peu plus des régions.
budget prévoit des investissements de près de 243 millions sur cinq ans
pour venir appuyer les municipalités dans
leurs responsabilités. Ça se décline principalement en cinq mesures, mais il y
en a une kyrielle, d'autres mesures dans
le budget, qui concernent les régions. Mais il y en a cinq dont je voulais vous
jaser davantage aujourd'hui et pour lesquelles j'aurai, un peu plus
tard, des questions également pour le ministre.
Tout d'abord, l'ajout
d'infrastructures communautaires. Il y avait une entente bilatérale intégrée
qui avait été conclue entre le gouvernement du Canada et celui du Québec. Ça
propose de fournir une aide au Québec en matière d'infrastructures dans quatre volets clés, donc les infrastructures
communautaires, culturelles, récréatives. Notre budget à nous, il prévoit des
crédits additionnels de 88 millions d'ici 2023‑2024, ce qui est quand même
une excellente nouvelle, parce que ça
va permettre et ça va aider les municipalités à se doter de meilleures
infrastructures culturelles communautaires. Ces infrastructures-là jouent un rôle très, très, très important dans la
qualité de vie de nos milieux dans les régions parce que c'est là où se bâtit le sentiment
d'appartenance des communautés, autour de ces infrastructures-là. Ça peut
également avoir l'impact sur l'industrie du tourisme.
Moi, j'ai la
chance d'être députée d'une circonscription qui se démarque beaucoup au niveau
du tourisme. Il y a plusieurs des
villes et villages que je représente à l'Assemblée nationale qui ont réussi à
se tailler une place de choix dans l'imaginaire des
Québécois. Je pense, entre autres, mon Dieu, Baie-Saint-Paul,
Sainte-Anne-de-Beaupré, La Malbaie, Pointe-au-Pic,
plus particulièrement Cap-à-l'Aigle, etc. Donc, on a un milieu culturel et
touristique qui est très, très vivant dans Charlevoix.
Les projets
d'exposition d'oeuvres d'art, des musées, des galeries, des ateliers, là, il y
a le MAC de Baie-Saint-Paul, le Domaine
Forget, il y a le Musée de Charlevoix, on a beaucoup d'économusées également.
Donc, je suis très choyée de ce côté-là.
Donc, la
préservation. Je fais une petite parenthèse sur la préservation et la mise en
valeur du patrimoine parce que ce
n'est pas oublié par notre gouvernement. Sera prolongé d'un an le prélèvement
de 19,5 millions sur les revenus de la taxe spécifique sur les produits du
tabac versés au Fonds du patrimoine culturel québécois, je pense que c'est
important de le souligner. Le Fonds du
patrimoine culturel québécois a été mis en place en 2006 et il vise à soutenir
financièrement la connaissance, la protection, la mise en valeur et la
transmission du patrimoine. Le gouvernement prévoit un versement
additionnel de 4 millions à ce fonds pour 2023‑2024, donc dans quelques
années, ce qui élèvera son versement total à 23,5 millions.
Également, le
Conseil du patrimoine religieux du Québec qui va recevoir 25 millions sur
cinq ans. Donc, ça, c'est une mesure importante et qui, je crois, a fait des
heureux, pour leur avoir déjà jasé, là, au Conseil du patrimoine religieux
du Québec. C'était ma petite parenthèse sur
la richesse de la culture et les investissements qui sont importants en région,
en culture, en tourisme, en patrimoine,
parce que ça aussi, c'est le coeur des régions. C'est une forme de soutien qui
est très, très, très importante pour nos régions.
Maintenant,
je voudrais parler, on change complètement de registre, là, de la Sûreté du
Québec, parce que les petites et moyennes
municipalités du Québec supportent une bonne
partie du coût des services rendus
par la SQ sur leur territoire. Entre
autres, j'en ai entendu parler beaucoup dans ma circonscription, je pense,
entre autres, à Boischatel, où ça occupe... ce n'est pas la seule municipalité,
mais ça occupe une très, très forte proportion du budget. Ces services-là sont
essentiels à notre société, à la prévention de la criminalité, au maintien des
milieux de vie sécuritaires partout au Québec, mais on va bonifier l'aide de 75 millions sur cinq ans
pour diminuer la charge financière des municipalités liée aux services de la Sûreté
du Québec. C'est une mesure qui a été bien accueillie.
Je veux
également vous parler de l'appui à la gouvernance municipale. La Commission
municipale du Québec, qui a pour
mandat de favoriser les bonnes pratiques en matière de gouvernance, de
déontologie, d'éthique et de gestion, elle agit aussi à
titre de tribunal administratif et de conseillère auprès du
gouvernement, et on prévoit 38 millions additionnels sur cinq ans pour permettre à la commission de
s'acquitter de ses responsabilités dans un souci d'amélioration continue.
Donc, ça va permettre principalement d'augmenter les effectifs.
Fonds de développement de la Capitale-Nationale. Ma circonscription, Charlevoix—Côte-de-Beaupré, fait
partie de cette grande
et magnifique région qu'est la Capitale-Nationale. Le fonds économique de la
région de la Capitale-Nationale, c'est
un outil de développement touristique, culturel, économique qui est très, très, très important. Le fonds soutient des initiatives, des projets qui contribuent au dynamisme et à la vitalité
des communautés. On prévoit une somme additionnelle de 21,5 millions sur cinq ans, donc ça, ça a été très bien
accueilli également, pour bonifier le financement de projets ayant
pour effet de stimuler l'économie
de la région dont ma circonscription fait partie. C'est une très, très
belle mesure qui est contenue dans notre budget. Vous savez, des fois,
on a le budget, les grandes lignes sortent dans les médias, mais je tenais à rappeler certaines mesures plus
spécifiques et, entre autres, celle-là, qui est plus régionale, dont on entend
un peu moins parler au niveau national, mais qui est très, très
importante pour le rayonnement de notre capitale nationale, là, dans la
province.
Également, le
soutien à la formation des pompiers volontaires. S'il y a un sujet dont
j'entends souvent parler, moi, en région, là, dans ma circonscription, les pompiers volontaires. Ils occupent une place vraiment...
Et je salue leur travail, leur
dévouement, parce qu'ils occupent une place importante dans les
communautés, dans la sécurité de nos communautés.
Au cours des
cinq dernières années, les municipalités du Québec ont bénéficié d'une aide pour la formation de plus de 13 000 pompiers,
mais on confirme notre soutien aux municipalités et aux MRC pour la formation
des pompiers volontaires ou à temps
partiel, mais on le bonifie de 20 millions sur cinq ans, ce qui est très,
très bien accueilli, pour en avoir discuté avec plusieurs intervenants et
plusieurs maires dans ma circonscription.
Un sujet que
je veux aborder également ce matin, qui est contenu... une mesure qui est contenue
dans notre budget, je veux vous
parler des grands projets et d'économie en région, parce que, lorsqu'on
s'éloigne des grands centres... les grands
projets, naturellement, sont toujours très importants dans le contexte
économique, mais les grands projets d'investissement dans les régions qui sont un peu plus éloignées
sont extrêmement porteurs et sont extrêmement importants et vitaux parce
que, souvent, nos communautés reposent sur
quelques grandes entreprises ou quelques grands projets d'investissement.
Donc, je voulais vous en parler, parce que
c'est une de mes grandes fiertés dans notre budget également pour cette année.
De façon à
appuyer les entreprises dans la réalisation de projets d'envergure en région,
nous allons bonifier le congé fiscal pour les grands projets d'investissement.
Le seuil d'investissement pour la qualification d'un projet réalisé dans les régions désignées sera réduit de
75 millions à 50 millions, et je suis particulièrement fière de dire
que la MRC de Charlevoix-Est fait
partie de ces régions désignées. La MRC de Charlevoix-Est est celle qui, dans
la Capitale-Nationale, a le plus fort
indice de dévitalisation, il est à moins six. Il y a eu énormément de
fermetures dans les dernières années, des usines, des secteurs qui étaient autrefois porteurs pour l'économie,
mais il y a eu des fermetures. Je pense, entre autres, à General Cable. Ça a fait très mal. Donc, cette MRC
là pourra bénéficier de cette mesure qui va permettre à des grands projets d'investissement de pouvoir avoir une aide
fiscale qui correspond à 15 % des dépenses d'investissement admissibles
sous la forme d'un congé d'impôt de
15 ans sur le revenu d'une société provenant d'activés admissibles. Donc,
c'est une mesure qui est extrêmement intéressante, et les retombées de
ces projets-là pourront se traduire par une contribution estimée de 650 millions au PIB et des
retombées fiscales de 50 millions. Donc, pour les régions au Québec, c'est
quelque chose de très, très, très important.
Je suis rendue à combien de temps?
Le Président (M. Simard) : Il
reste 6 min 28 s, chère collègue.
Mme Foster : O.K., c'est bon. Je vais vous parler... hein,
je vais avoir le temps de parler au ministre également.
Je veux vous parler rapidement de quelque
chose qui n'est pas forcément dans le 243 millions dont je vous parlais
tout à l'heure, mais, étant docteure
en communications publiques, c'est un sujet qui me tient beaucoup, beaucoup,
beaucoup à coeur : le soutien au
secteur de la presse, de l'information écrite au Québec. En 2013, déjà, il y
avait le Centre d'études sur les
médias à l'Université Laval — je salue mes anciens collègues, d'ailleurs,
de cette équipe de recherche — qui, déjà, alarmait et... alertait, plutôt...
«alertait» est le meilleur terme, alertait sur l'état de la presse écrite, dans
les régions en particulier, au Québec, donc
avait publié un rapport qui s'intitulait Crise des médias et effets
rédactionnels au Québec . Et, très
certainement, je sais, pour avoir eu plusieurs discussions avec mes anciens
collègues de l'Université Laval, la réalité de la presse écrite, en particulier dans les régions, c'est quelque
chose qui était une préoccupation et qui est encore une préoccupation
constante, et il fallait l'adresser.
propriétaires et distributeurs de médias écrits ont vu leurs coûts liés à la
récupération des matières augmenter ces dernières années. Dans un contexte où
l'information migre de plus en plus vers des supports numériques et où
il en résulte des baisses de revenus
importantes pour les entreprises du secteur de la presse, de l'information
écrite, la pression financière additionnelle qu'elles doivent supporter en
matière de collecte sélective peut s'avérer problématique. Et, à ce sujet-là, bien, notre budget adresse la question
en prévoyant une subvention non récurrente de 3 millions à RecycleMédias. Donc, je trouvais important d'en parler. Et
également, j'ai un média plus près de chez nous, chez nous, Le Charlevoisien ,
à qui on a accordé une aide toute récente,
là, pour étudier l'avenir de la presse écrite dans la région et pouvoir faire
un plan d'action, entre autres pour
la transition vers le numérique, mais aussi pour conserver la version papier,
et le quotidien en était très, très heureux.
Donc, je vais arrêter mes interventions ici pour
poser une question au ministre. Je dirais, M. le ministre, il y a plusieurs mesures dont j'ai discuté qui touchent
les régions dans le budget, mais est-ce qu'il y a d'autres mesures dans le
budget qui s'adressent aux régions, qui peuvent être bénéfiques aux régions?
Le Président (M. Simard) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci pour cette question. Et évidemment le développement
des régions, c'est extrêmement important.
Le Québec est un vaste territoire géographique, c'est important de l'occuper.
Et évidemment, pour l'occuper, ça
prend du développement économique. Et Émilie, qui est mon adjointe
parlementaire, est une excellente porte-parole, mais il y en a plusieurs
autres, à la CAQ, qui nous rappellent constamment, au caucus, l'importance des
régions. Et je dois avouer que,
moi-même, né à Sept-Îles, ayant grandi à Québec, mais étant résident de
Montréal depuis déjà plusieurs années,
on a tendance, naturellement, lorsqu'on est urbain, à penser que le Québec,
c'est Montréal, c'est Québec. Et il faut y aller, en région. Alors, déjà, j'ai
sollicité mon collègue des Ressources naturelles pour retourner dans ma région
natale de la Côte-Nord. Évidemment, il faudra qu'il y ait une occasion qui
justifie cette visite.
Les mesures.
Moi, je pense que l'Internet haute vitesse, qui est... l'Internet haut débit,
qui est essentiel au développement
des régions, l'argent est là. On avait les marges de manoeuvre, on a mis l'argent.
Le gouvernement fédéral sera là
aussi. On est vraiment dans... Il faut exécuter. Il faut arrêter de parler de
ça et exécuter, puis c'est important. Je pense qu'au-delà des montants il y a la réalité des gens qui vivent en
région, puis il faut livrer. Et je pense que mettre les fonds dans le
budget pour l'Internet haut débit, c'était la
partie facile. Là, il va falloir
livrer, et ça va prendre une collaboration
exceptionnelle. Et je suis content que... Je ne crois pas qu'il est ici
aujourd'hui. Oui, il est ici, en plus. Mon collègue Gilles Bélanger est
très impliqué dans ce dossier, qui est extrêmement important.
Fonds de
développement agricole. Je pense qu'il est important pour les régions. Et je
tiens à mentionner que, quand on parle régions ici... En concluant? Je
pense que vous semblez m'indiquer que vous voulez que je conclue?
Président (M. Simard) : Non, non, non. Je voulais juste vous
rappeler l'importance de désigner nos collègues par leur nom de
circonscription.
M. Girard (Groulx) : Ah! bien
oui.
Le Président (M. Simard) : Bien
qu'ils soient vos amis proches et qu'on ait tendance à les appeler par leur
prénom...
M. Girard (Groulx) : Non,
non...
Le Président (M. Simard) :
...on est assujettis à une certaine tradition, que voulez-vous.
M. Girard (Groulx) : ...ce
n'est même pas mon ami proche.
Le Président (M. Simard) :
Veuillez poursuivre, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Le député d'Orford. Député d'Orford?
Une voix : Oui, c'est ça.
M. Girard
(Groulx) : D'accord. Le député d'Orford, ingénieur de formation, aura
un défi digne de son excellente formation dans la livraison de cet
important dossier. Et merci de me le rappeler.
Et je pense
que les régions, l'occupation du territoire, ça passe beaucoup par les
ressources naturelles. Et, au Québec, on
a un défi qui est associé à nos cibles... aux changements climatiques et, en
même temps, on a un défi qui est le développement
économique des régions et qui, dans plusieurs cas, passe par les ressources
naturelles. Alors, collectivement, il va falloir trouver le bon équilibre pour
ce faire. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a mis des sommes dans le
budget pour que les processus d'approbation
se fassent plus rondement parce qu'il est possible que des projets soient trop
polluants en rapport à leur contribution économique, mais, au minimum, il
faudrait le savoir. Merci.
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, M. le
ministre. Alors, nous venons de compléter ce deuxième bloc d'échange. Je cède maintenant la parole au
porte-parole du deuxième groupe d'opposition officielle, M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Oui, merci. Merci, M. le Président. Je suis content de passer maintenant, avant
le lunch, pour le premier bloc parce que je lisais une étude, récemment, qui
disait que le niveau d'attention baisse dramatiquement après le lunch.
Puis, comme on aura quelques heures à passer ici...
M. Marissal :
J'ai même lu qu'il y a plus de libérations conditionnelles accordées après le
lunch parce que les juges sont trop fatigués puis qu'ils veulent
expédier les affaires. Mais il n'est pas question de ça ici.
M. Marissal : Il n'est pas question
de ça ici.
Je veux
commencer, évidemment... J'aurai trois blocs de 15 minutes, là, si je
comprends, ou à peu près, quelque chose
comme ça. Je les ai divisés de façon non scientifique. Le premier bloc,
évidemment, qui reflétera nos préoccupations premières, c'est-à-dire la lutte aux changements climatiques. En ce
sens, permettez-moi une analogie, mais le budget et les réponses qu'on a depuis le dépôt du budget, les
réponses du gouvernement, me font penser un peu à cette publicité qu'on voie
à la télé avec Dave Morissette, publicité où...
M. Marissal : Oui, attendez,
là, vous allez comprendre où je m'en vais. Le ministre me regarde avec un air dubitatif. Je vais étaler toute ma culture ici, la
publicité avec Dave Morissette à qui la blonde, la femme demande de changer
une ampoule dans la salle de bains. Puis il
multiplie les visites chez le quincaillier, je ne sais trop si c'est RONA ou un
autre, de toute façon, je ne voudrais pas
leur faire de publicité ici gratuitement, mais finalement le gars, qui
visiblement n'a pas de problème
d'argent, retourne sans cesse à la quincaillerie mais ne rachète jamais la
fameuse ampoule. Il revient finalement
avec toutes sortes d'autres affaires puis il finit par faire la salle de bains
au complet. C'est bien beau, mais ça ne règle pas le problème principal.
Il fait toujours noir dans la salle de bains, il manque toujours une ampoule.
Alors, le
ministre, et ses collègues au Trésor, et le premier ministre nous reviennent
sans cesse avec toutes sortes d'explications,
avec des chiffres différents chaque jour, j'y reviendrai, d'ailleurs, sur les
chiffres, mais finalement ne règlent jamais le problème de la fameuse
ampoule, qui, ici, est évidemment la lutte aux changements climatiques et la
crise climatique, crise climatique qui a été
reconnue d'emblée par le premier ministre. À la première occasion, il s'est
levé comme premier ministre au salon
bleu, dans son discours d'ouverture, il a bel et bien parlé du plus grand défi
auquel l'humanité est confrontée, il a effectivement parlé de crise
climatique.
Or, le
ministre est un homme de chiffres, est un homme de tableaux, est un homme
rigoureux, est un homme qui semble
vouloir atteindre des objectifs. Il nous parle beaucoup d'efficience, d'efficacité.
Ce sont les premiers mots qu'il a utilisés quand il a accepté ses nouvelles
fonctions. Mais il manque quelque chose de fondamental pour un homme de
chiffres, pour un budget, c'est des mesures. On n'a même pas les mesures de
réduction des GES.
Le premier
ministre, à sa grande surprise, a découvert, en arrivant au pouvoir, que le
précédent gouvernement n'avait pas de
plan. Alors, pendant deux semaines, c'était ça, la réponse. On a fouillé dans
les tiroirs du gouvernement précédent, on n'a pas trouvé de plan. Le problème,
c'est que le nouveau gouvernement n'en avait pas plus. Alors, on peut continuer, effectivement, à
reprocher, là, pendant les 20 prochaines années, le règne du précédent
gouvernement, il y aurait matière à
critiques, mais on s'attend aussi, en quelque sorte, à ce que le nouveau
gouvernement arrive avec un plan. Alors, après avoir cherché celui du
gouvernement précédent sans le trouver, il été obligé d'admettre qu'il n'en
avait pas plus.
Alors, j'aimerais ça commencer par une question
assez simple : C'est quoi, la cible... pour le ministre et son gouvernement, quelle est la cible de réduction des
GES puisque le premier ministre nous a déjà dit que 20 % de moins par rapport au niveau de 1990 en 2020, ça, c'est
demain, il nous a déjà dit que ce ne serait pas possible? Alors, quelle est
la suite, et quelles sont les cibles de réduction de GES?
Président (M. Simard) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Oui. Permettez-moi de retrouver ma section.
Alors, merci pour la
question. Je tiens à mentionner que la lutte aux changements climatiques va
évidemment nécessiter toutes les parties
prenantes de la société civile. C'est extrêmement important. Et le gouvernement
précédent avait... Puis, en fait, qui était au gouvernement en 2013?
M. Girard
(Groulx) : C'était vous? Le plan d'action aux changements
climatiques 2013‑2020, je présume qu'il a été conçu en 2012 ou 2013, mais c'est des outils que nous nous sommes
collectivement donnés, et j'imagine que tous les partis à l'Assemblée nationale avaient été consultés, ainsi que les
groupes environnementaux. Et il y a un collègue, hier, qui a fait une intervention, critique en
environnement de la troisième opposition, qui disait que le budget était
didactique. Mais, je pense que c'est important de donner l'heure juste à
la population et de rappeler ce qu'on fait au Québec.
Alors, on a une
bourse du carbone avec la Californie et, autrefois, l'Ontario, et l'Ontario
s'est retiré, et c'est malheureux. Et les revenus de la bourse du carbone, les
cibles d'émission baissent à chaque année, et normalement le prix devrait monter pour le droit d'émettre ou de
polluer. Et ces revenus-là sont transférés dans le Fonds vert, et le Fonds
vert est notre principal outil, on en a
d'autres, mais c'est quand même... lui, sa fin, c'est la lutte aux changements
climatiques, et c'est ce qu'on s'est
donné comme outil. Il semble, à première vue, que ce ne soit pas suffisant
puisque les derniers chiffres que nous
avons pour 2016, et ça, ça précède la cimenterie McInnis, nous amenaient sur
une trajectoire où ça va être très difficile de rencontrer la cible de
2020 sur le territoire du Québec.
Alors,
je vous amène donc à la page E.6 et je réitérerais simplement la cible
qu'on s'est collectivement donnée. Et ça,
je me souviens quel gouvernement a choisi cette cible-là, 37,5 % en 2030
par rapport à 1990. Je me souviens même la façon scientifique que ça a été trouvé, c'est-à-dire que l'Ontario avait
une cible de 37 %, et nous, au Québec, on s'est dit : On va être
meilleurs, alors 37,5 %. Mais évidemment, depuis, l'Ontario a balancé
cette cible, ce qui est problématique. Alors,
la cible, elle est toujours là, elle appartient à tous les Québécois, c'est
l'objectif qu'on s'est donné. Je suis convaincu que c'est ce que le Canada attend du Québec dans sa contribution pour
contenir les changements climatiques à l'intérieur du 1,5°
souhaitable, et c'est la contribution du Québec.
je voudrais terminer en mentionnant deux points qui sont déplorables. C'est que
nos deux principaux partenaires commerciaux reculent au niveau de
l'environnement, c'est-à-dire l'Ontario et les États-Unis, et ça crée une
situation où, oui, il faut continuer à poser
des gestes environnement, et on va le faire. Et mon collègue de l'Environnement
va arriver avec un plan 2021‑2025, parce que, là, on travaille avec
le plan 2013‑2020, on veut l'améliorer, le bonifier mais c'est déplorable que nos deux partenaires commerciaux
aient reculé parce que ça nous met dans un contexte où l'économie est
intégrée, et ces deux partenaires-là, au maximum, font du surplace.
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le ministre. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. On a parlé beaucoup de l'Ontario, là, et des autres partenaires, qui sont
souverains dans leurs décisions, nous
le sommes aussi en matière de lutte aux changements climatiques. Je ne pense
pas qu'on peut juste déplorer ce que
les autres font pour justifier nos ratés et le fait que l'on rate les cibles.
Ma question était plus précisément sur les cibles. Quels sont les gestes et les actions posés dans ce budget qui
auront un impact direct et de combien sur les gaz à effet de serre, donc
sur la réduction des gaz à effet de serre?
Le Président
(M. Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, d'abord, il y a... Si je reviens à l'aspect
didactique de la
section E du budget, on y voit, et je vais voir si je peux vous donner la page... page E.11, on
peut voir que les progrès du Québec qui ont été faits entre 1990 et 2016 ont été faits au niveau du secteur
résidentiel et industriel et que le secteur des transports, lui, a vu ses
émissions augmenter. Alors, tout ce
qui est transport collectif dans le budget vise à travailler sur le secteur des
transports. Roulez vert, évidemment,
la conversion des voitures vers les voitures hybrides et les voitures
électriques, le maintien... Et puis, en plus, je vous rappelle qu'on a
le privilège de gouverner le Québec, on a un rôle de fiduciaires, c'est un
programme qui est populaire chez les
Québécois, alors on l'a maintenu, Roulez vert. Alors, ça, c'est pour le secteur
des transports. Et, bien sûr, il y a aussi des sommes importantes pour
aider les entreprises dans leur adaptation aux changements climatiques.
Alors,
je dirais qu'on travaille sur les deux secteurs, on travaille sur le secteur
qui a les émissions en hausse, et puis
on travaille aussi sur... on est très ambitieux au niveau économique pour le
Québec. On veut amener le Québec à un autre niveau. Mais malheureusement les
émissions de CO 2 et l'économie, c'est corrélé. Alors, si on a du
succès, avec la croissance
économique, à amener le Québec à un autre niveau économiquement, ça va avoir un
effet sur les émissions, et donc
c'est très important d'aider les entreprises à s'adapter et diminuer
l'intensité de CO 2 par unité de PIB, par exemple.
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le ministre. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
C'est un peu paradoxal, M. le Président, parce que le gouvernement caquiste,
une fois au pouvoir, a déploré le
fait que le précédent gouvernement n'avait pas de plan. Et le ministre, depuis
hier, dit et vante même les outils du précédent gouvernement, nous dit :
C'est avec ceux-ci qu'on travaille. N'en ayant pas eux-mêmes, ils prennent ceux
du précédent gouvernement, dont ils déploraient le vide. Je trouve ça un peu
paradoxal.
Alors,
ma question est, puis j'aurais dû la préciser tout à l'heure, gagner du temps :
Quels sont les nouveaux gestes, pas
ceux qui sont tout simplement repris de l'ancien gouvernement, mais les
nouveaux gestes qui ont un impact direct, et de combien, sur les GES?
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Vous savez, il y a un débat... je ne sais pas si c'est des
nouveaux gestes, mais, quand qu'on a un programme puis qu'il n'y a plus de
financement, bien, ça prend des nouveaux gestes pour soutenir le programme.
Et, dans le cas de Roulez vert, quand j'ai...
et le premier ministre m'a donné cette responsabilité, rapidement, je me suis
mis à travailler sur le point, et il
n'y avait pas d'argent pour Roulez vert et il n'y en avait pas plus pour
l'horizon cinq ans. Alors, oui, c'est un outil... En fait, je pense qu'on ne
devrait pas être doctrinaires. Si on a un ancien outil qui est populaire et qui
n'a pas de financement, je pense que c'est un bon choix de le financer,
et c'est ce qu'on fait.
Mon collègue
ministre de l'Environnement a une importante responsabilité, qui est de
développer le plan 2021‑2025 ou
2021‑2026, qui amènera ce que vous cherchez, probablement, les gestes qui vont
nous amener à atteindre la cible de moins 37 % en 2030...
M. Girard
(Groulx) : 30, oui, merci. Mais on connaît déjà une
partie des
solutions, c'est-à-dire plus de transport collectif, réduction de l'intensité de gaz carbonique par unité de PIB
au niveau des industries, conversion dans les énergies propres, alors tout ce
qui est migration du pétrole vers le gaz naturel et évidemment, encore mieux,
vers l'hydroélectricité, ça, c'est
connu. Et, bien sûr, il faut faire de la recherche. Il y a un aspect
technologique de tout le monde cherche le... je ne sais pas c'est quoi,
le mot français du «Holy Grail», mais tout le monde aimerait capter les...
Une voix : Le Saint-Graal.
M. Girard
(Groulx) : Le Saint-Graal? Tout le monde aimerait réussir à capter les
émissions ou, même, il y avait un
ancien président américain qui voulait avoir un aspirateur à CO 2 . La
recherche doit se poursuivre, et donc il faut travailler en ce sens. Il y a la réglementation. Les
gouvernements de l'Ontario et, je pense, l'opposition ou une des oppositions au
fédéral semblent vouloir favoriser la
réglementation. Je dirais que je doute que ce soit suffisant, mais je prends
note de leur approche.
Président (M. Simard) : Merci beaucoup, M. le ministre. Alors,
nous venons de conclure ce troisième bloc d'échange. M. le député de
Rosemont, je vous en prie.
M. Marissal :
...me permettez, on a eu un minidébat au tout début, tout à l'heure, entre le
ministre des Finances et le collègue
de Robert-Baldwin, auquel le député de La Pinière a ajouté sa voix, à
savoir combien de temps on répond, les questions courtes, réponses courtes,
quel est le gentleman's agreement ici. Je constate que la suggestion du député
de La Pinière était probablement la
bonne, on essaie de faire à peu près pareil, parce que, sinon, on prend
beaucoup, beaucoup de temps, puis du
temps, je n'en ai pas tant que ça, surtout qu'en fait il n'y a pas eu vraiment
de réponse. Je pense que ce qu'on cherche d'abord, c'est des réponses
puis, si possible, sans allonger indûment le temps de réponse.
Le Président (M. Simard) :
Alors, M. le député de Rosemont...
M. Marissal :
Je ne veux pas vous dire comment faire votre boulot, mais là je me suis fait
bouffer tout mon temps avec trois non-réponses.
Président (M. Simard) : Non, mais je... Bien, alors, M. le député,
à savoir s'il y a réponse ou non, c'est votre libre interprétation. Quant à la pratique usuelle, de fait, il y a
généralement un temps équivalent entre l'intervention du député de
l'opposition et la réponse du ministre. Donc, j'espère que, ceci étant dit, les
messages sont passés. Je cède maintenant...
M. Girard
(Groulx) : ...mon intention.
Peut-être ai-je dépassé. Je vous le remettrai, je ferai des
réponses plus courtes que vos questions, que vos interventions lors de votre prochaine intervention. C'était mon intention de respecter cet accord.
Président (M. Simard) :
Superbe! Alors, merci beaucoup, M. le
ministre. Merci, M. le député de Rosemont. Je cède maintenant
la parole à mon collègue le député de Maskinongé. Monsieur, à vous la parole.
M. Allaire :
Merci, M. le Président. Salutations à vous tous, chers collègues. Je suis
content aujourd'hui de m'adresser à la commission,
surtout sur le sujet qui me tient beaucoup à coeur, en fait, la transformation du monde
industriel. Donc, on est maintenant
rendus à la quatrième révolution, donc on est rendus à l'économie
ou à l'industrie 4.0. Sujet qui me tient à coeur parce que
j'ai oeuvré, dans les 20 dernières années, en développement économique, mes 12 premières années professionnelles comme commissaire
industriel, après ça quatre années comme gestionnaire, comme directeur général
de CLD, ensuite comme gestionnaire chez Desjardins Entreprises, à Louiseville.
Et, à chaque fois, à chaque fois qu'un
entrepreneur venait me voir pour un projet, je me faisais toujours
un devoir de me déplacer et d'aller visiter son entreprise. Et, à chaque fois,
les constats étaient les mêmes : certains entrepreneurs très allumés
réussissaient à faire le virage technologique, et, dans d'autres cas, c'était plus
difficile. C'était plus difficile parce qu'ils étaient beaucoup, je dirais, ensevelis par l'énorme tâche qui les
incombait d'être gestionnaire. C'est-à-dire que, souvent, c'étaient les maîtres
d'oeuvre et c'étaient souvent des one man shows, ce qui faisait en sorte qu'ils
étaient amenés à faire les opérations, à faire la gestion administrative également puis par faire eux-mêmes... ils
allaient même sur le plancher mettre la main à la pâte pour la production. Ce qui fait en sorte qu'on a
vu un certain décalage entre différents types d'entreprises qui ont réussi
vraiment à prendre le virage parce que
certains gestionnaires sont capables de prendre du recul, et de regarder le marché
évoluer, puis s'adapter à ce marché-là.
Mais, pour d'autres, c'est plus difficile, d'où l'importance de leur apporter
une aide de première ligne à ces entrepreneurs-là.
mon travail, j'ai été amené aussi à voyager un peu à travers le monde, là, je
ne le dis pas pour être prétentieux, mais
juste pour donner un peu de poids à mes arguments. Donc, j'ai voyagé beaucoup
en Europe, en Allemagne, entre autres, à Paris, à Lille, en Belgique, un autre
pays très, très dynamique au niveau industriel. J'ai été aussi plus au sud
de l'Amérique. Donc, j'ai été aussi au Brésil.
Ça fait que, dans chacun des cas, on voit beaucoup de disparités par rapport
à l'évolution puis à l'adaptation aux modèles industriels.
Nous,
au Québec, ici, on n'est pas en avance, mais je pense qu'il faut assurément
développer davantage l'accompagnement
aux entrepreneurs pour qu'ils puissent faire ce virage-là. Et c'est ce que je
salue d'ailleurs dans le dernier budget.
On voit la volonté du gouvernement de vouloir davantage accompagner nos
entrepreneurs. Et, si je fais juste prendre dans mon comté à moi, on
voit déjà des entreprises à succès qui ont été assez allumées pour développer
une offre de services pour accompagner nos entrepreneurs partout au Québec pour
faire le virage de l'automatisation.
je prends un exemple justement en campagne électorale où on a pris le temps
d'aller visiter une entreprise du secteur
du meuble de ma circonscription, qui est Canadel, donc un géant au niveau du
meuble, au niveau mondial, même. Cet
entrepreneur-là a été assez allumé pour constater assez rapidement que, s'il ne
faisait pas le virage de l'automatisation, il y aurait une grande problématique au niveau de sa capacité à produire
puis répondre à la demande. Donc, c'est assez fascinant. Quand on se déplace
puis on va visiter cette entreprise de Maskinongé, on voit les robots se promener
tout seuls, sans chauffeur, sans rien, avec des pattes de chaises, des pattes
de tables sur les différents modules robotisés.
Bien,
on est rendu là, M. le Président. On est rendu à davantage accompagner nos
entrepreneurs pour qu'ils fassent ce virage si important pour le Québec
pour amener ces entreprises-là à être concurrentielles au niveau international.
y a également dans le secteur agricole, ce n'est pas seulement dans le secteur
manufacturier, dans le secteur, on doit
aussi accompagner nos entrepreneurs, si je ne fais que penser à l'entreprise La
ferme Saine-Terre, c'est à Saint-Sévère, une très petite municipalité de ma circonscription, 250 habitants à
peu près. C'est tout petit, mais l'entreprise a fait ce virage technologique là
et lui permet aujourd'hui d'avoir un sain approvisionnement, si je peux le dire
comme ça, qui est complètement automatisé. Les vaches sont complètement
nourries de façon également automatisée, et ce qui fait en sorte qu'il y a un gain de temps et de logistique
qui est assez incroyable pour cette entreprise-là, même dans le secteur
agricole.
pense qu'aujourd'hui, on ne peut pas penser être concurrentiel dans ce
secteur-là sans rendre l'accessibilité à Internet partout au Québec pour nos entreprises. Je regarde mon collègue
d'Orford, je sais qu'il a travaillé très fort avec le ministre de l'Économie, et on sait que ça va venir dans les
prochaines années. Donc, je salue ton travail, cher collègue. Et ça m'enthousiasme beaucoup parce qu'on ne peut
pas penser rendre nos entrepreneurs, nos entreprises concurrentielles
sans qu'ils soient connectés à Internet au niveau de la fibre optique.
Cela
dit, pour bien comprendre aussi où on est rendu maintenant, je pense que ça
vaut la peine aussi de faire un petit
brin d'histoire avec vous, si vous me permettez, M. le Président. En fait, on
dit qu'on est rendu à la quatrième révolution industrielle, donc ça
sous-entend qui en a eu trois avant.
Donc,
si on revient du XVIIIe siècle, là, on voit, ici, il y a eu l'apparition,
là, des premiers moteurs, là, si on veut, donc, pour transformer la matière. Après ça, on se transporte après au
début du XXe siècle où il y a eu une deuxième révolution. Là, c'est l'apparition de l'énergie électrique qui
a permis, là, de faire évoluer justement les moteurs avec l'électricité, qui a permis
le développement, le premier balbutiement de la chaîne de montage.
Proche
des années 70 maintenant, c'est vraiment la révolution industrielle que
nous, on connaît peut-être un peu plus
aujourd'hui, qui est en train de changer. Puis là c'est vraiment les commandes
à machine numérique. Là, c'est les robots, c'est les automates, c'est la
logique programmable qui a commencé à voir le jour. Puis là c'est là qu'on a vu
apparaître au Québec, entre autres, des
très, très grandes industries, des grandes entreprises. On peut peut-être
penser... je regarde mon collègue, à
côté de moi, de Sorel-Tracy... qui est, dans le fond, des grosses entreprises
comme QIT-Fer et Titane, plus proche
de la région de Contrecoeur, qui est Sidbec-Dosco, qui est une entreprise,
d'ailleurs, qui avait été fondée par
le gouvernement, ce qui est quand même assez particulier, mais c'était le
gouvernement qui était propriétaire de cette énorme industrie au niveau
de l'aciérie.
Tout
ça pour dire qu'à ce moment-là on a vu l'évolution du marché avec l'apparition des très grandes industries
au Québec, qui fait en sorte qu'on a été quand même
beaucoup dépendant de ces entreprises-là et qu'il faut maintenant trouver une nouvelle façon de se développer, au Québec,
puis arrêter d'être dépendants de ces très grandes industries
là, donc maximiser le développement de nos petites PME, qui vont être appelées à grandir également,
donc, pour diversifier notamment notre économie régionale.
Depuis les 40 dernières années,
parallèlement à ça, il y a aussi l'ordinateur qu'on a vu apparaître, qui s'est développé de façon assez incroyable et qui fait en
sorte qu'aujourd'hui on est confrontés à cette révolution industrielle
du 4.0 qu'on vit actuellement.
Justement, par rapport à
ce concept, finalement, d'industrie 4.0, qui est relativement récent dans
la sphère industrielle, notamment au Québec, on constate, là, suite à une étude CEFRIO qu'il y a seulement
un entrepreneur sur deux
qui est réellement conscient de l'impact de faire le virage vers
l'automatisation ou vers l'industrie 4.0. C'est quand même assez phénoménal.
Ça fait que,
tu sais, je reviens à mon point de départ qui dit que des entrepreneurs, dans
le fond, ils sont tellement collés
sur leur «day-to-day» qu'ils ne sont pas à même de voir leur propre secteur
évoluer puis, à cause de ça, ils prennent un certain retard, là, au niveau de leur productivité puis de leur
compétitivité, en fait, même. Donc, ce concept est encore méconnu par une grande
partie des entreprises
manufacturières québécoises, dont celles de mon comté, pourtant concerné
au premier chef par cette nouvelle
révolution. J'ajoute également que, sur les 50 % des gens qui ont été
sondés, seulement 30 % désirent
vraiment faire le virage à court terme parce qu'ils n'ont pas cette
conscience-là, vraiment, de l'importance, là, d'aller sur le marché, qui
pourrait leur permettre d'avoir une compétition qui serait beaucoup plus
concurrentielle.
Je ferais penser,
là... je renforcis mon point encore, ce que j'ai dit tantôt, il y a une
entreprise, encore dans mon comté,
qui... l'entrepreneure, elle est remplie de bonne volonté, mais elle fait à peu
près tout ce qui est possible et imaginable de faire comme opération dans l'entreprise. Pourtant, elle a un secteur
qui pourrait vraiment prendre beaucoup d'émergence, entre autres, juste au niveau de la vente en
ligne, ce qu'elle ne fait pas actuellement. Et, si on pouvait lui permettre de
mieux l'accompagner, elle pourrait se
permettre un meilleur développement, assurément, de se joindre des ressources
compétentes pour venir la supporter à ce niveau-là.
M. le Président, il me reste combien de temps,
s'il vous plaît?
Le Président (M. Simard) :
7 min 45 s.
M. Allaire : Quand même, ça va relativement vite, c'est
surprenant. Oui. En fait, le modèle d'affaires est appelé à changer, clairement. Je pense que notre défi, là,
c'est vraiment d'accompagner nos entrepreneurs à revoir le modèle d'affaires.
Donc, ça prend des acteurs de première ligne
pour accompagner nos entrepreneurs, ne serait-ce que pour voir l'impact,
là, sur le mode de gestion, la
main-d'oeuvre, la formation, les audits aussi, qui vont changer. Puis, plus
particulièrement, là, je donne un
exemple, les infrastructures. Un entrepreneur, maintenant, qui veut être
concurrentiel doit revoir l'ensemble des
infrastructures de son entreprise. Si je fais juste penser à ses murs, est-ce
qu'il peut être appelé à développer des murs écoénergétiques qui vont l'amener à être plus efficace, donc à générer
plus de profits parce qu'il va avoir été en mesure de faire une économie à ce niveau-là, qui va lui
permettre de réinjecter des fonds dans l'entreprise et d'évoluer au niveau
technologique, gestion des ressources humaines, développement technologique au
niveau de la R&D, les achats, la logistique,
les opérations, marketing, vente, le service. Bref, beaucoup d'éléments qui
doivent être pris en compte, là, pour la révision du modèle d'affaires
de chacun de ces entrepreneurs-là.
On l'a vu, la
main-d'oeuvre, c'est un défi qui est énorme au Québec, je le vis beaucoup dans
ma circonscription. C'est d'autant
plus important de faire ce virage-là avec nos entrepreneurs pour les amener à
évoluer là-dedans pour combler ce manque de main-d'oeuvre là. Et je
salue ici La Grande Corvée du ministre Boulet, qu'il a mise en branle dans chacune de nos régions et qui va permettre
d'identifier vraiment des besoins concrets puis de répondre à ces besoins-là de
main-d'oeuvre, qui sont grandissants, et
c'est beaucoup de la main-d'oeuvre dans le secteur numérique. Il faut
comprendre que c'est clairement une main-d'oeuvre qui a beaucoup évolué puis
qui va transformer le marché du travail quand ils vont pénétrer nos entrepreneurs...
pas nos entrepreneurs, mais nos entreprises, pardon.
Et pourquoi
ça va être un impact aussi important? C'est qu'en fait nous, quand on est
arrivés en entreprise, on ne
maîtrisait même pas les téléphones. Moi, je me souviens, quand je suis arrivé,
j'ai sorti de l'université, c'était encore des téléphones à flip, là, qu'on appelait. Maintenant, la main-d'oeuvre
va arriver dans nos entreprises, ils vont avoir une pleine maîtrise de tous ces outils-là, ce qui fait
en sorte qu'ils partent déjà avec une longueur d'avance et qu'on peut penser
que ça va être vraiment en mode vraiment accéléré. Il me reste très peu de
temps.
Le Président (M. Simard) :
5 min 13 s.
M. Allaire : Oui, merci.
Président (M. Simard) : Mais, mais, mais il reste cinq minutes
à notre bloc. Nous allons suspendre à 13 heures.
M. Allaire :
J'ai le goût d'enchaîner plus particulièrement avec la MRC de Maskinongé. On
vit de très grands défis. On est
quand même une région qui est relativement industrialisée. On est, par rapport
à la moyenne de la Mauricie, là, on
est à à peu près 8 % plus élevés, on est à 30 %, la Mauricie est à
22 %, et l'ensemble du Québec est à 18 %. Là, je fais des
chiffres ronds, j'arrondis.
Pour nous, c'est 3 000 employés qui
travaillent dans le secteur manufacturier dans Maskinongé. Et on voit, sur toutes les entreprises actuellement, des
affiches immenses qui font appel à de la main-d'oeuvre. C'est d'autant plus important,
je pense, de soutenir ces entrepreneurs-là à faire le virage de
l'automatisation, de s'approprier la nouvelle économie ou la nouvelle
industrie 4.0 pour être capables de demeurer concurrentiels sur le marché
mondial.
Donc, M. le
ministre, je sais que vous avez travaillé fort là-dessus dans votre budget, ce
qui m'amène à vous poser deux...
bien, une question avec des sous-questions, là. Donc, d'abord, de quelle façon
notre gouvernement compte-t-il soutenir
les entreprises manufacturières au Québec pour les aider à s'adapter à ce
changement imposé par la quatrième révolution
industrielle et de créer la richesse de tous les Québécois et augmenter le
potentiel économique du Québec? Si je peux
préciser, j'ai deux précisions à apporter. Donc, est-ce que vous croyez, entre
autres, que l'intelligence artificielle est une source
potentielle de croissance pour le Québec et ses entreprises? Et, si oui,
naturellement, que ferez-vous pour les
soutenir? Et, de plus, comment notre gouvernement va s'assurer que les
entreprises aient les outils nécessaires pour mesurer la maturité numérique et élaborer un plan de transfert numérique
en tenant compte de ses enjeux stratégiques et opérationnels?
Président (M. Simard) : Merci beaucoup, M. le député de
Maskinongé. M. le ministre, il vous reste environ trois minutes, un peu
moins.
M. Girard
(Groulx) : D'accord, merci. Je
tiens à dire que le budget a été fait dans un grand climat de collaboration
et également de consultation. Et les
acteurs... les enjeux que vous soulevez ont été mentionnés par la société civile
dans les consultations. Et on peut
même aussi dire que la rareté de la main-d'oeuvre a été un des points très
importants de nos débats en Chambre avant la période des fêtes. C'est un sujet
qui revenait fréquemment.
Alors, au
niveau de la conversion au numérique, il y a évidemment — je suis à la page D.27 — la bonification du programme Audi
industrie 4.0. Et il y a également des fonds pour la conversion au
numérique. Je cherche la
section exacte.
Je pourrai y revenir. Je vais adresser l'intelligence artificielle. Je vais
vous trouver la
section sur l'aide au numérique.
Au niveau de
l'intelligence artificielle, le rôle du gouvernement, je pense, est beaucoup au
niveau de la recherche, au début du
cycle, et de favoriser la collaboration entre les centres de recherche, les
entreprises, les universités. Et c'est pour
ça qu'avec les surplus 2018‑2019 nous avons accordé des fonds pour
PROMPT-Québec, Mila, Scale.AI et Ivado. C'est vraiment là où le coeur de
l'action du gouvernement se fait, au niveau de la recherche. Et tout ça est
également détaillé dans la
section 3.2
du budget. Et le Québec une expertise en intelligence artificielle. Et
évidemment tout le monde a vu que M. Bengio a reçu un prix
récemment, fait
partie de ce secteur, est un joueur important dans ce secteur
pour l'économie du Québec. Alors, nous amenons aussi un soutien au niveau de la
puissance de calcul, de l'attraction de chercheurs. Et c'est là où nos
interventions se concentrent.
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, M. le
ministre. Alors, sur ces paroles,
nous terminons le bloc qui était
imparti à la majorité ministérielle. À notre retour, ce sera donc l'opposition officielle qui... Non, pardon, le troisième groupe
d'opposition officielle qui prendra
la parole pour une période d'environ 17 minutes. Je vous donne rendez-vous dans cette prestigieuse salle à
15 heures.
Je suspends donc nos travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 1)
Le Président (M. Simard) : ...à
l'ordre! Alors, la Commission des finances publiques reprend ses travaux.
Je vous rappelle que nous sommes réunis afin de
débattre sur le discours du budget, et cela, conformément à l'article 275 de
nos règlements.
Alors, d'entrée de jeu, je laisse la parole au
critique de l'opposition, le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le
Président. Je vais reprendre mon air, puisque j'ai couru.
M. le
ministre, à l'intérieur de votre budget, il y a effectivement des mesures qu'on
a saluées. Je tiens à le dire à cette
commission, qu'il y a de bonnes décisions qui ont été prises pour le
gouvernement, certaines qui touchent la productivité des entreprises. On est d'accord avec vous qu'il était
temps qu'on donne à nos PME du Québec et à toutes nos PME partout sur le
territoire une impulsion pour augmenter leur productivité et créer de la
richesse partout au Québec et surtout dans les régions du Québec. Mais vous
nous avez entendus lors du discours sur le budget, il y a des choix que
nous aurions fait différents.
Alors,
aujourd'hui, M. le ministre, si vous me permettez, j'aimerais que vous
m'expliquiez certains des choix qui ont
été priorisés et de quelle façon vous voulez financer ces choix-là, parce que
c'est souvent la grande question que les gens nous posent en circonscription : Mais pourquoi ils s'entêtent
à décider certaines choses? Et pourquoi ils s'entêtent à mettre de
l'avant des choses qui ne sont pas désirées ou pas voulues intensément dans la population?
Donc, le
premier point que j'aimerais vous apporter à votre attention, M. le ministre, les maternelles quatre ans. Donc, si je prends bien vos chiffres à la
page C.12, puis on va jouer à, je ne veux pas dire à qui dit vrai, mais on
va faire la preuve des faits ensemble
parce qu'on a posé plusieurs questions puis on n'a pas toutes les réponses.
Alors, j'espère que vous allez
m'aider à obtenir les réponses qui manquent pour être capable de compléter, je
vous dirais, cette volonté du gouvernement de la CAQ d'implanter les maternelles
quatre ans.
Donc, à
la page C.12, M. le ministre, nous voyons dans le budget
que, jusqu'en 2020‑2023, le coût
total d'implantation des maternelles quatre ans tournera autour de
1 053 000 000 $. Donc, dans...
M. Ouellet : C.12, oui, dans le budget. Et donc première question
que j'aurais pour vous, très courte : Ces montants-là servent
exclusivement aux frais de fonctionnement, est-ce bien ça?
M. Girard
(Groulx) : ...
Ouellet : Donc, on voit que
vous ventilez, à travers les différentes années, une progression du nombre de
jeunes qui seront accessibles en maternelle quatre ans puis on arrive, en 2023‑2024, avec un montant
annuel de 436 millions pour un montant total, 1 053 000 000 $.
Ça, c'est pour les coûts de fonctionnement.
La question
que j'ai pour vous et qu'on se fait poser : Mais, physiquement, ça va
coûter combien, implanter ces maternelles
quatre ans là partout au Québec? Alors là, je me rapporte au document Plan
québécois des infrastructu res , à la page A.5, je vais
vous permettre...
M. Girard (Groulx) : Oui, je
vous écoute, le temps est précieux.
M. Ouellet : D'accord. Merci. Et donc, à la page A.5, on
voit que, dans le PQI 2019‑2029, il y a, à la deuxième ligne, l'enveloppe maintien d'actif, on parle de
2 578 000 000 $, et ajouter des espaces, y compris
l'implantation progressive de la maternelle quatre ans,
1 864 400 000 $.
Donc, ma
question, M. le ministre : De ce 1,8 milliard de dollars consacrés à
l'ajout des classes et à l'implantation progressive des maternelles quatre ans,
à combien on doit s'attendre que ça va coûter pour les infrastructures
pour les maternelles quatre ans? De ce
1,8 milliard de dollars, M. le ministre, combien de centaines de millions,
combien de milliards, quel est le
pourcentage de cette enveloppe qui sera utilisé pour les maternelles quatre
ans? Parce que, je le répète, là, on a dit
tout à l'heure que, sur cinq ans, ça va coûter 1 milliard pour les frais
de fonctionnement pour les maternelles quatre ans. Alors, j'essaie d'ajouter à ça le coût
d'implantation. Prenez les chiffres totaux sur cinq ans, combien ça va coûter
au trésor du Québec?
Président (M. Simard) : Merci beaucoup, M. le député de
René-Lévesque. J'oubliais, d'entrée de jeu, de vous mentionner que ce
bloc disposait de 23 minutes, hein, pour ce faire. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci. En
fait, je vais juste faire un bref rappel, là, des rôles et responsabilités
quant au PQI. Le ministre des Finances
s'assure que l'enveloppe est à l'intérieur des moyens fiscaux de l'ensemble des
Québécois, et on parle ici, évidemment, des cibles de dette, de l'équilibre
budgétaire, mais essentiellement l'aspect actif-passif, la dette, et
l'aspect revenus-dépenses, l'équilibre budgétaire, sur l'ensemble du cadre
financier.
Alors, vous
avez raison quand vous dites que les montants qui sont là correspondent aux
frais d'opération visant à augmenter
le nombre de classes. Quant à la répartition dans le... quand on rentre dans
les détails du PQI, c'est évidemment mon
collègue secrétaire du Conseil du trésor qui est responsable de ces choix-là.
Moi, je lui donne l'enveloppe de 115 qui a été répartie. Et lui est également en discussion avec le ministre de
l'Éducation, qui est impliqué là-dedans. Mais nous n'avons pas... la raison que vous n'avez pas la
réponse que vous cherchez dans le document, c'est qu'on ne l'a pas fournie,
parce que, si elle était disponible, on vous l'aurait donnée. L'enveloppe est
totale, la somme, et on n'a pas la stratégie complète
du... la répartition complète entre maternelles quatre ans et le reste sur les
années qui suivent. Alors, ce n'est pas disponible. Alors, l'enveloppe
est pour l'ensemble des nouvelles constructions en éducation.
M. Ouellet : Je comprends que vous êtes le ministre des Finances. Vous représentez quand même le gouvernement.
M. Girard (Groulx) : Bien sûr.
M. Ouellet : Ce qu'il est important de comprendre pour M. et Mme
Tout-le-Monde, c'est que, quand on dit qu'on met de l'argent neuf dans le système d'éducation, lorsque le ministre
de l'Éducation nous dit qu'on va
corriger les écoles vétustes, nous,
on a fait un calcul, on trouve que l'argent qui a été mis, ce n'est pas
suffisant. On met 4 milliards, mais ça
en prendrait le double juste pour que, dans 10 ans, nos écoles soient
toutes à jour. Mais il y a quelqu'un qui nous dit quand même au gouvernement que : Faites-nous confiance, il y a de l'argent pour assurer
une meilleure qualité de vie
de nos enfants dans nos écoles.
La crainte
que j'ai, bien honnêtement, M. le
ministre, c'est que, dans le 1,8 milliard, je ne sais pas qu'est-ce qui va vraiment être organisé pour
améliorer le sort des écoles existantes, ajouter des nouvelles classes parce
qu'on a des classes, notamment
à Montréal, qui sont en surpopulation, et les sommes pour
ajouter des classes supplémentaires dans les maternelles quatre ans. Et c'est important pour nous de le savoir, M. le ministre, c'est pour ça que j'insiste beaucoup
là-dessus, c'est parce que, si c'est un montant global, vous avez... Puis,
dans les médias, il y a un chiffre qui est sorti, du Conseil du trésor, de 900 millions. J'ai parlé avec votre collègue
le président du Conseil du trésor, il ne l'a pas confirmé, ce chiffre, lors d'une interpellation, mais vous comprendrez, M. le
ministre, que plus on en prend dans les
maternelles quatre ans, moins
il en reste pour assurer la qualité de nos autres classes et aussi pour l'ajout
de nouvelles classes. Donc, c'est pour ça
que c'est important pour nous de le connaître. Et d'autant plus, M. le ministre, et à votre bénéfice, vous trouvez pertinent de moduler sur
votre budget pendant cinq ans le coût de fonctionnement de l'implantation des maternelles
quatre ans.
Donc, si
cette réflexion-là existe, parce que ces montants-là doivent être assurément reliés à
un nombre d'enfants, et je présume,
vous me le donnerez en mille, M. le
ministre, que 2019‑2020,
lorsqu'on dit que ça
va coûter 36 millions, c'est les fameuses
250 premières classes qui ont été annoncées par le gouvernement, donc
combien y en aura-t-il en 2020‑2021, en 2021‑2022? Ce chiffre-là doit exister. Si ça fait
partie de
vos précisions, M. le ministre, je présume que, dans les scénarios, on
doit avoir un certain pourcentage dans le PQI qui nous dit : Bien, sur
cette enveloppe-là, 60 %, 50 %, 40 % des sommes seront exclusivement dédiées aux
maternelles quatre ans, et le reste va donner x, y ajout de classes. Je
pense que les Québécois, Québécoises mériteraient de connaître ce chiffre-là et
mériteraient de connaître cette qualification-là.
Donc, si vous
ne l'avez pas aujourd'hui, M. le ministre, je crois comprendre qu'on pourrait
l'obtenir prochainement puisque ça
fait
partie du débat public. Et vous n'êtes pas surpris, M. le ministre,
lorsque nous, on dit que cet argent-là, dans les maternelles quatre ans, aurait pu être mis ailleurs. Et
j'aurais d'autres exemples à vous montrer tout à l'heure. On ne dit pas que c'est de l'argent mal utilisé, mais
on est en train de bâtir un deuxième réseau compétitif au réseau des CPE.
Donc, c'est pour ça que, dans notre réplique
au budget, M. le ministre, on a parlé beaucoup de surplus, mais de mauvais
choix. C'est le genre de choix avec lequel on n'est pas d'accord.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je vous
remercie. Puis votre désaccord est enregistré et, je pense, a été bien exprimé.
Peut-être je vous amènerais à la page B.62. Bon, je vous laisse vous y
rendre, B.62 dans le PQI.
M. Girard
(Groulx) : Oui, c'était une feinte. Alors, on y voit que le budget...
L'historique des niveaux d'investissement prévus au PQI, on voit que le PQI 2019‑2029 pour l'éducation,
c'est, vous me permettrez d'arrondir, 14 milliards versus 9 milliards, et l'enseignement
supérieur — là, je
compare le 2019‑2029 à 2018‑2028 — 6,4 versus 6,1. Mais vous avez raison, là, où je vous... vous avez raison qu'il y
a un effort à faire dans le maintien d'actif. Et l'effort est fait. C'est à quel
endroit qu'on donne les chiffres, la répartition en maintien d'actif et en
nouvelles constructions?
M. Girard (Groulx) : Mais la
page où on donne la répartition?
M. Girard (Groulx) : A.24.
Merci.
M. Girard
(Groulx) : Alors, il y a
80 % qui va en maintien d'actif
et 20 % en nouvelles constructions. Alors, je pense que l'ensemble... le
gros effort est fait là où vous seriez solidaire, pour ne pas faire un jeu de
mots, là. C'était de l'humour. C'était une tentative. Puisque personne
ne rit, je vais qualifier ça de tentative d'humour.
M. Girard (Groulx) : Bon,
d'accord.
M. Ouellet : ...M. le ministre, que c'est important pour nous
de connaître ces chiffres-là parce que, de l'autre côté, il y a eu beaucoup de représentations, notamment
des différents CPE, notamment des parents qui voulaient voir le réseau des CPE grandir, grossir. Vous mettez dans le
budget, effectivement, le caractère dégressif de votre promesse de campagne
électorale de revenir au taux unique. On voit effectivement les chiffres
apparaître. C'est un engagement encore sur quatre ans, vous me corrigerez si ça
a changé. C'est toujours sur quatre ans?
M. Ouellet : Non, les CPE au
tarif unique.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Ouellet : Oui, O.K., bon. Et donc le ministre de la Famille
a fait des annonces un peu avant le budget, notamment en remettant à jour les 11 000 piastres...
11 000 places, pardon, 11 000 piastres, 11 000 places
qui avaient été déjà annoncées par le
Parti québécois entre 2011 et 2013, qui n'avaient pas été mises justement dans
les plans d'investissement du gouvernement libéral. Vous les avez
réactivées et vous en rajoutez 2 500.
Donc, les
gens pourraient se dire : C'est super! On va ravoir des places en garderie
telles qu'on le demande, telles que les gens le demandent. Je rappelle qu'il y
a 42 000 personnes qui sont encore inscrites pour avoir des places en CPE pour les zéro-cinq ans, mais, lorsqu'on
regarde dans le plan québécois des investissements, M. le ministre, on se rend compte que les dépenses en infrastructures,
pour ce qui est des CPE, étaient l'année passée, sur 10 ans, de
457 millions, et là on revient avec 402 millions.
Donc,
j'essaie de comprendre bien honnêtement, M. le ministre, puis j'ai peut-être
une lecture erronée, mais vous voulez...
votre gouvernement veut des maternelles quatre ans, on met un montant x,
1,8 milliard. On sait que, si on en a besoin, l'argent sera là, et ce qu'on n'aura pas
besoin pourrait servir à ajouter des écoles ailleurs. Ça, c'est une chose. De
l'autre côté, votre ministre des Familles a
cette volonté de compléter le réseau à une certaine intensité. Vous aviez l'engagement, votre engagement électoral, de
revenir au tarif unique d'ici quatre ans. Donc, les gens seraient en mesure
d'apprécier que, bien, on va revenir à un
tarif unique, ça va devenir intéressant d'aller dans les CPE. Et là, lorsqu'on
voit le coût de construction qu'on va mettre... l'argent qu'on va mettre pour
la construction, pardon, on voit que ça dégraisse. Donc, on a moins d'argent prévu que par les
libéraux, qui n'ont fait aucune nouvelle place sur les annonces qui avaient été déjà faites, mais aucune construction. Et là
vous dites : On va en faire plus parce qu'on va réactiver des places, et
là on est à seulement 402 millions dans le PQI.
Donc,
j'essaie de comprendre, M. le ministre, quelle est, je vous dirais, la... pas
la résultante, mais quelle est la réflexion
qu'on doit apporter à ça en sachant que toutes les énergies et tous les argents
sont concentrés pour la réussite des
maternelles quatre ans, mais tout ce qui est des CPE : Oui, oui,
faites-nous confiance, mais l'argent ne sera pas au rendez-vous.
J'aimerais que vous m'expliquiez ce raisonnement, M. le ministre.
Le Président
(M. Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Ouellet :
Si vous me permettez, M. le ministre...
M. Girard
(Groulx) : Oui.
M. Ouellet :
...dans le PQI, les chiffres que je fais mention sont à la page B.28.
Le Président
(M. Simard) : Précision fort appréciée.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Alors, moi, je vous amènerais à la page B.62,
toujours dans le PQI, et on voit que l'enveloppe pour les centres de la
petite enfance est légèrement en augmentation.
Alors, j'aimerais
revenir simplement vous...
M. Ouellet :
Si vous me permettez, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Oui, allez-y.
M. Ouellet : Sur ce chiffre que vous venez de me donner, là, à B.62, je vois
«centres de la petite enfance», je vois des lignes en termes d'investissement,
mais j'ai aussi «Plan Nord» et j'ai aussi «acquisitions des mains-d'oeuvre et
autres investissements». Donc, j'ai
comme trois colonnes regroupées, puis ce total-là n'inclut pas aussi le Plan
Nord et l'acquisition de main-d'oeuvre et autres investissements? Peut-être que
je l'interprète mal. Si c'est mon erreur, dites-moi-le, là.
M. Girard
(Groulx) : O.K., alors, vous voudriez peut-être aller à B.28. C'est là
que vous étiez déjà?
M. Ouellet :
Donc, le 3,6 milliards que vous faites référence au B.62, là, on le voit
qui est ventilé Plan Nord, 1 milliard...
M. Girard
(Groulx) : Exact.
M. Ouellet :
Donc, c'est 402 millions.
M. Girard
(Groulx) : D'accord.
M. Ouellet : Et l'information que je vous soumettais bien honnêtement, M. le
ministre, c'est que, dans le dernier PQI présenté par les libéraux, ce
chiffre-là était à 457 millions. Donc, moins d'argent, mais une volonté
ferme, je crois, d'augmenter le
nombre de places telles qu'elles ont été annoncées par le ministre, les
premières 2 500 places qui ont été annoncées juste un peu avant le budget, dès cet automne, entre autres,
et la volonté de mettre à jour ces 11 000 places qui avaient déjà été annoncées, qui, dans certains
cas, doivent être mises à jour, je vous l'accorde, puisque les besoins ont
évolué entre-temps.
M. Girard
(Groulx) : O.K., alors, l'explication détaillée, là, juste... c'est
B.29, là, c'est inscrit. Alors, je vais lire : «Dans le cadre du PQI, ce sont
401,8 millions — c'est
exactement le montant de la page B.28 — de dollars qui seront investis dans
les centres de la petite enfance.
«Près
de 90 millions de dollars permettront de maintenir en état les différentes
infrastructures de centres de la petite enfance; et
«[...]310 millions
de dollars permettront la construction de nouvelles infrastructures, permettant
l'ajout de places en garderie.» O.K., alors, il faudrait vérifier ce qui
était en maintien puis en nouvelles places dans l'ancien PQI.
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le ministre. M. le député, il vous reste
encore cinq minutes.
M. Ouellet : Ce que vous me dites, M. le ministre, c'est que
je devrais valider le 457 millions dans le dernier PQI pour savoir
combien d'argent était en maintien et combien d'argent était en construction de
nouvelles infrastructures. C'est ça?
M. Girard
(Groulx) : Bien, ce que je vous dis, c'est que notre 401,8 est ventilé
de la façon suivante : 90 millions pour maintenir les
infrastructures existantes et 310 millions pour en ajouter.
M. Ouellet : Je suis d'accord avec ce chiffre. La question que j'ai pour vous :
Pourquoi on a moins d'argent investi dans les CPE avec votre gouvernement que
l'ancien gouvernement? Quel a été le fruit de votre réflexion lorsque vous avez préparé le budget? Lorsque votre Conseil
du trésor a préparé le Plan québécois des infrastructures, il a dû se regarder : Voici ce qui avait été prévu, et
je vais en faire moins. Si j'ai besoin de moins d'argent, c'est parce que j'en
fais moins. Est-ce que mon raisonnement est bon, M. le ministre?
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Écoutez, je ne sais pas si cette réponse-là va vous
satisfaire, mais je vais vous redonner les
rôles et responsabilités. Le ministre des Finances est responsable de choisir
et... Je veux être clair, là, parce que c'était une décision qui était très importante, parce que, quand même, nous
avions dit, en campagne électorale, que nous pouvions fonctionner avec
100 milliards de dollars pour 10 ans et nous avons ajusté ce chiffre.
Alors, le rôle du ministre des Finances,
c'est vraiment de s'assurer que le 115 milliards fitte dans la gestion de
la dette globale. Et quant aux choix
spécifiques à l'intérieur du PQI, là, on est au niveau du secrétaire du
Conseil du trésor. C'est d'ailleurs lui qui a déposé
ce document. Et évidemment, dans le sujet auquel vous faites référence, bien là
le ministère de la Famille est concerné.
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le ministre. M. le député, il vous reste
trois minutes.
M. Ouellet : D'accord. J'ai mis la main sur le chiffre que vous m'avez demandé de
valider dans le dernier PQI. Les
libéraux avaient mis 70 millions en maintien d'actif. Donc, vous
l'augmentez à 90 millions, tant mieux. Mais ils avaient mis 390 millions pour des nouvelles places,
et vous êtes à 310 millions. Donc, vous comprendrez, M. le ministre, que, pour nous et pour la population qu'on représente,
évidemment, il y a une grande différence dans la volonté de dire : Oui,
les maternelles quatre ans, c'est ce qu'on veut, mais, de l'autre côté, les
CPE, c'est bien, mais on va s'assurer que tout ça va grandir
correctement.
Nous,
on pense que ce n'est pas la bonne chose à faire. Ce qui aurait dû être fait,
c'est de s'assurer de consolider le réseau des centres de la petite
enfance, consolider aussi le réseau des services de garde en milieu familial,
aller probablement plus rapidement au tarif unique pour permettre à plus de
familles de bénéficier d'un tarif moindre. Je comprends
que ce n'était pas l'orientation de votre gouvernement. Mais vous comprendrez aussi pourquoi
nous avons ces questions si pointues, M. le ministre, parce qu'on
cherche à comprendre et à dire aux citoyens et aux citoyennes du Québec : Le choix de la CAQ d'y aller avec les
maternelles quatre ans, grosso modo, présentement,
puis vous me direz si je me trompe, mais,
sur cinq ans, c'est 1 milliard pour son frais de fonctionnement, et j'ai
un fonds d'environ 1,8 milliard pour son implantation. Alors, si
vous ne pouvez me dire de chiffre, je peux présumer que ce 1,8 milliard là
peut être totalement utilisé aussi pour les
maternelles quatre ans. Donc, il ne serait pas erroné de dire que, pour
l'implantation des maternelles quatre
ans, sur cinq ans, ça pourrait coûter au maximum tout près de 3 milliards
au trésor du Québec pour l'implantation.
Le Président
(M. Simard) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bon, je ne confirme pas vos chiffres. Mais là où je vous
entends, je pense que vous êtes très
cohérent, vous avez toujours dit que vous préfériez les CPE aux maternelles
quatre ans. Je vous entends parfaitement. Les maternelles quatre ans
sont un projet excitant, et bien sûr la situation va évoluer. On commence cette
année avec le 200... Bien, on commence.
Permettez-moi de dire qu'on poursuit, on modifie. Bien sûr, elle devient
universelle... pas «elle devient...»,
mais elle devient plus accessible, elle ne sera plus restreinte aux milieux
défavorisés. Nous y croyons, c'est un engagement, on y va et, bien sûr,
on va ajuster le tir.
Alors,
ma compréhension du PQI, c'est que les années plus près de nous sont plus
définitives. On sait exactement ce
qui va se faire dans la prochaine année, et puis c'est pour ça qu'on a une
enveloppe centrale qui vise... À mesure que, dans le cadre du PQI, il y
a des projets qui se précisent, on alloue les fonds. Alors, quand...
Le Président
(M. Simard) : En conclusion.
M. Girard
(Groulx) : En conclusion, j'ai bien enregistré votre opposition aux
maternelles quatre ans. Vous êtes cohérent. Vos messages en Chambre sont
entendus, j'écoute toujours...
Le Président
(M. Simard) : Merci, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : ...j'en suis conscient.
Le Président
(M. Simard) : Merci. Je
cède maintenant la parole au député de Beauharnois. M. le député, vous disposez de 18 minutes.
M. Reid : Merci,
M. le Président. Et tout à l'heure on
a changé de président, alors j'ai cru que vous nous aviez abandonnés.
Alors, content de vous revoir.
M. le Président, tout d'abord, salutations à mes collègues, très heureux d'être
ici aujourd'hui. C'est un grand plaisir pour moi de prendre la parole devant mes chers
collègues du gouvernement et ceux appartenant aux trois groupes parlementaires formant l'opposition.
Comme
l'arrivée du printemps qui procure enfin de la chaleur dans nos coeurs après un
rude hiver, je pense qu'on en sait quelque chose, le budget que nous avons
déposé le 21 mars dernier constitue la venue de plus beaux jours pour
tous les Québécois et Québécoises. En effet,
je suis très fier de souligner plusieurs mesures concrètes qui amélioreront
la qualité de vie de chacun d'entre nous de
près ou de loin, car ce budget représente, M. le Président, l'expression du choix
collectif que nous faisons afin de desservir l'entièreté de la population.
Je désire souligner avec assurance, M. le Président, que nous avons à coeur les situations personnelles de tous les citoyens, peu
importe où ils résident à travers la province, car ce budget se veut avant tout
le budget de tous les Québécois et
Québécoises. Il est primordial de se
rappeler, M. le Président, que nous désirons redistribuer notre richesse commune de
manière à créer un apport positif
dans la vie des contribuables, qui sont avant toute chose des personnes.
Et ces personnes-là, elles viennent avec
leurs parcours de vie qui sont uniques et propres à leur expérience passée.
Nous avons la responsabilité de ne jamais oublier pour qui nous travaillons et de nous
souvenir que ces gens, vous et moi y compris, sont plus que des chiffres dans un exercice comptable. Ce rappel à
l'humanité, M. le Président, il est dès maintenant visible
depuis le dépôt de notre cadre financier.
Même
si je vous parle aujourd'hui en tant qu'adjoint parlementaire du ministre des Transports, je vais débuter mon intervention sur un volet qui m'est très cher, la santé. Dans le
comté de Beauharnois, nous avons l'Hôpital du Suroît, qui connaît des records de taux d'occupation.
Alors, la santé, c'est un enjeu extrêmement important chez nous, puis on souhaite régler la situation. Avec l'éducation et l'économie, la santé constitue la priorité de notre gouvernement, et je crois que c'est clairement visible à la lecture des
crédits octroyés dans ce volet.
Dans
le Plan budgétaire de mars 2018, des dispositions ont été prises
pour répondre aux préoccupations immédiates de la population, mais aussi pour mettre en oeuvre une vision à long
terme. M. le Président, on ne peut citer les actions prises par notre gouvernement en matière de
santé et de services sociaux sans parler, bien entendu, de l'amélioration des
infrastructures pour dispenser ces services.
Notre gouvernement est particulièrement
attentif aux besoins pressants de la population et consacre tous les
efforts pour que les aînés soient traités de façon exemplaire et pour que les
Québécois bénéficient d'un accès rapide aux soins de santé. C'est donc dans un
contexte favorable que je constate que notre gouvernement
s'est engagé à ce que les dépenses en santé et services sociaux progressent de
5,4 % en 2019‑2020 et de 4,1 %, en moyenne, pour les deux
années suivantes.
suis heureux de constater également que les investissements destinés à
construire de nouvelles infrastructures ou à les améliorer se chiffrent à près de 10 milliards de dollars,
dont 1 milliard de dollars pour la construction progressive des maisons des aînés. Il s'agit de montants bien
investis. Des investissements sont consentis à différents projets majeurs,
comme l'agrandissement de l'Hôpital
Pierre-Le Gardeur à 246 lits au lieu de 150 lits prévus initialement.
Nous avons inscrit à l'étude trois
nouveaux projets en santé : la construction d'un nouvel hôpital à
Chisasibi, à la Baie-James, une nouvelle
offre de services hospitaliers en Outaouais, et puis la modernisation de
l'urgence et des unités de soins à l'Hôpital Saint-Eustache, dans les Basses-Laurentides. D'ailleurs, notre
gouvernement prévoit 20,2 milliards de dollars à ce volet au PQI de 2019‑2029 pour offrir aux Québécois et
aux Québécoises de l'ensemble de la province un accès à des établissements qui offrent des soins de santé et
de qualité. La moitié de cette somme, soit 10,1 milliards de dollars,
servira à assurer la continuité des
services offerts aux citoyens. Ça va maintenir en bonne condition les infrastructures
du réseau de la santé et ses
équipements dont il dispose déjà. Par exemple, plusieurs blocs opératoires
seront modernisés, notamment l'Hôtel-Dieu de Lévis et l'Hôpital
Sacré-Coeur de Montréal.
seconde moitié de 10 milliards au PQI en santé va permettre aux
établissements de bonifier l'offre de services offerts aux Québécois et
Québécoises. Des nouvelles sommes disponibles au PQI, ce secteur bénéficie de
près de 2,2 milliards de dollars pour
de nouveaux investissements. Pour vous donner une idée de l'ampleur du réseau
de la santé et des services sociaux, c'est 2 707 bâtiments avec une
superficie totale de 9,4 millions de mètres carrés que le ministère
doit gérer. C'est énorme. Vous imaginez donc
le niveau de complexité qu'implique la coordination de l'ensemble de ce réseau
qui comprend les centres hospitaliers, les CLSC, les CHSLD, les centres de
réadaptation, les centres jeunesse et l'ensemble des immeubles
administratifs.
plus du parc immobilier que je viens de vous décrire, une importante somme
d'argent est consacrée au parc d'équipements
médicaux. Le dénombrement de notre inventaire recense près de
12 000 appareils spécialisés principaux que nous devons entretenir. Notre gouvernement
favorise l'autonomie des personnes tout au long de leur vie. Selon ce que j'ai
pu apprendre en lisant le plan budgétaire, en 2018‑2019, environ
19 millions d'heures de soins de soutien à domicile auront été
réalisées. Il s'agit d'un grand pas vers l'autonomie.
M. le Président, vous
avez entendu Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, la
semaine dernière, souligner l'engagement de
notre gouvernement d'implanter graduellement des maisons des aînés. Nous investirons
donc 1 milliard dans ce projet qui met chaud au coeur, permettant
d'ajouter 2 600 places additionnelles destinées aux personnes âgées ou bénéficiant de soins de longue
durée. C'est un projet dont nous pouvons être fiers collectivement, et des montants additionnels seront prévus au cours
de notre mandat. Le budget 2019‑2020 prévoit donc des investissements de
74 millions de dollars en 2021‑2022 et de 245 millions de dollars en
2022‑2023 et 2023‑2024.
projet des maisons des aînés est un modèle humain plus moderne et mieux adapté
aux besoins des résidents, qui
s'inscrit dans le contexte mondial du vieillissement de la population. Nous
commençons ici, au Québec, à nous occuper convenablement de ceux qui ont bâti la nation et nous voulons devenir
des chefs de file dans ce domaine. Le modèle que la ministre préconise :
mettre en place un milieu de travail qui sera mieux adapté pour le personnel
qui s'occupe déjà avec beaucoup de
soin de nos aînés. Le budget inclut aussi la rénovation de plusieurs centres
d'hébergement et de soins de longue durée, portant à près de 44 000
le nombre de places en CHSLD.
Au
chapitre
des services directs à la population, il est primordial de renforcer et
d'améliorer l'accessibilité des services
médicaux de première ligne. L'ajout de ressources dans les installations des
centres locaux, de services communautaires ou les CLSC dans le budget
représente donc une excellente nouvelle.
M. le
Président, permettez-moi maintenant de vous parler des cliniques d'hiver. Le
nouveau gouvernement se met dans la
peau des Québécois et Québécoises de partout en province qui n'ont
malheureusement peut-être pas accès à un médecin de famille. Même ceux
qui ont la chance d'en avoir un ont probablement fait l'expérience qu'il n'est
pas toujours facile d'obtenir un rendez-vous
le jour même. Nous savons tous comment il peut être pénible de subir l'attente de
l'urgence, à l'hôpital pour un problème
mineur. La plupart d'entre nous avons déjà eu besoin dans le passé de manquer
une journée de travail pour accompagner un
enfant qui a de la fièvre à une journée où il fait moins 40°, un mercredi
matin, par exemple. Pour contrer les problèmes de santé communs tels que la
grippe, la gastroentérite ou d'autres infections hivernales, notre gouvernement
a mis en place, en janvier dernier, des cliniques d'hiver. Le budget de mars
confirme notre volonté de poursuivre cette initiative et d'améliorer
l'accès aux soins de première ligne.
La mise en
place de ces cliniques constituera un moyen efficace de répondre aux besoins de
la population lors des pics épidémiologiques en période hivernale. Il s'agit d'une
initiative qui devrait nous aider à traverser l'hiver. Et, avec l'hiver
qu'on a connu, c'est le printemps, mais, comme on peut le constater, il y a
encore de la neige à Québec, hein, M. le Président, chacun d'entre nous sera
d'accord pour louanger les bénéfices d'une telle idée.
Voici
maintenant des chiffres intéressants qui sont passés sous le radar parmi la
panoplie d'excellentes mesures budgétaires
que nous avons annoncées. Pour le grand réseau de la santé et des services
sociaux, le gouvernement a fait le choix responsable d'investir dans le
budget d'investissement plus du double, cette année, du montant accordé sous l'ancien gouvernement. Par budget
d'investissement, nous entendons la part d'argent qui permet au ministère de la
Santé et des Services sociaux d'assumer ses besoins en développement de
projets informatiques et en achat de matériel et d'équipement. C'est donc 4,8 millions supplémentaires, M. le
Président, qui iront directement à un recalibrage technologique pour
améliorer les systèmes informatisés. Ceci est nécessaire si nous désirons
faciliter les tâches administratives quotidiennes
des 275 000 cadres ou salariés et 20 000 médecins du
Québec. Cela aura pour effet, M. le Président, d'accélérer l'accès aux consultations et services spécialisés
et d'optimiser la qualité et le délai de traitement des analyses de laboratoire
et des examens d'imagerie médicale.
Nous connaissons probablement tous quelqu'un qui travaille dans le domaine de
la santé au Québec qui s'est plaint
du matériel désuet ou inadéquat dans son bureau. La correction de ce problème
fait
partie d'une des grandes orientations globales au ministère, qui
est l'amélioration de la pertinence et de la performance des activités. Nous voulons ultimement rapprocher les
services dispensés par le réseau de la santé aux besoins réels des usagers,
notamment grâce au déploiement de systèmes d'information unifiés.
J'aimerais placer un mot à propos de la
prévention. Pour ce faire, M. le Président, permettez-moi d'effectuer un léger retour en arrière pour nous placer au
moment où nous avons adopté la Loi constituant la Société québécoise du
cannabis. À ce moment, le ministère des Finances a également institué le FRVC,
soit le Fonds de revenus provenant de la vente de cannabis. Les revenus
de ce fonds proviennent principalement des sommes payées par la SQDC à
titre de
dividendes et de la part que nous recevons,
au Québec, du droit d'accise fédéral sur les produits du cannabis. Parmi ces
dépenses, il y a un important virement qui
est attribué à un autre fonds, que nous avons créé, qui s'appelle le Fonds de
prévention et de recherche en matière de cannabis, le FPRMC.
Ce fonds de
prévention, M. le Président, va absorber, en principe, la majorité des revenus.
Après la résorption de tout déficit par la SQDC, son financement sert à
la création d'activités et de programmes de surveillance et de recherche qui concernent les effets du cannabis
sur l'état de la santé de la population. De plus, nous envisageons d'utiliser
le fonds de prévention afin de financer des soins curatifs et des programmes de
prévention des méfaits du cannabis, afin de
promouvoir de saines habitudes de vie. Comme le dit un de mes collègues, même
si le cannabis est rendu légal, M. le
Président, il n'est pas banal. Je crois qu'on l'entend de plus en plus à
l'Assemblée nationale. Nous sommes donc heureux... nous sommes donc
heureux de prévoir — ...
M. Reid :
...oui — que 25 millions
de dollars iront directement au Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis en provenance du Fonds des revenus
provenant de la vente de cannabis. C'est une somme non négligeable qui aidera
nos jeunes, nos communautés et notre réseau de la santé à mieux gérer les effets de la légalisation récente
des produits liés à la marijuana.
Je désire
souligner que nous avons décidé de bonifier le financement du programme
touchant la condition des aînés et
proches aidants de plus de 65 % par rapport au budget de l'année dernière.
Les mesures incluses dans notre budget, M. le Président, sont un pas dans la bonne direction afin de corriger le
système actuellement en place, qui est profondément injuste. Notre politique nationale pour les proches
aidants constitue un développement historique qui touche toute une gamme de services, comprenant une enveloppe
budgétaire de 21 millions de dollars. Vous savez, le Québec compte environ
1,6 million de proches aidants au service des aînés. Au fil des ans, les
proches aidants ont malheureusement vu leurs conditions d'aide se détériorer.
Pour contrer cette
situation, je sais que notre gouvernement s'est engagé à améliorer les
conditions de vie des proches aidants.
J'étais donc encore une fois très heureux d'apprendre que des services de répit
ainsi que des maisons de proches
aidants seront mis sur pied pour améliorer leur qualité de vie, pour les
épauler dans leur rôle essentiel dans la société québécoise.
Je sais aussi
que notre gouvernement, M. le Président, s'est engagé à dévoiler, au cours de
la prochaine année, une politique
nationale coordonnée pour les proches aidants. Il s'agit donc d'une initiative
à suivre. À la lumière de ce que je
viens de vous exposer et en lien avec le budget accordé aux volets Santé et
Services sociaux, voici donc ma question pour vous, M. le ministre des
Finances : Croyez-vous avoir respecté vos promesses en santé?
Président (M. Simard) : M. le député de Beauharnois, merci pour
votre question. Je cède la parole au ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Je me sens
comme le gars, là, qui — ...
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste 3 min 40 s, monsieur.
M. Girard
(Groulx) : ...merci — qui veut compléter son tour de chapeau, là,
puis le filet est désert. Mais je vous remercie pour cette question.
Le premier
ministre a été très clair dans le discours d'ouverture, que nous avions été
élus avec un programme clair, simple
et bien divulgué à la population, transparent. Et, dans ce programme, nous
avions parlé de 4,1 % de financement stable en santé pour quatre ans et 3,5 % en éducation. Et, grâce à
l'amélioration des revenus récurrents... Puis il y a une
section dans le budget qui démontre que
l'amélioration des finances publiques du Québec permet d'estimer, parce qu'on
est toujours dans un cadre d'estimer, que la récurrence des revenus est de
l'ordre de 2,3 milliards. Donc, c'était la marge de manoeuvre avec
laquelle nous travaillions pour le budget 2019‑2020. Et c'est donc là que
nous avons décidé de faire des choix en mettant l'emphase sur les
services en santé et en éducation, d'une part, alors en y allant au-delà de nos
promesses, à 5,4 % pour la santé,
5,1 % en éducation. Et les choix pour 2019‑2020, la répartition :
44 %, santé et éducation; 17 %, économie; 17 %,
environnement; 17 %, les contribuables.
Alors, on
voit que la demande pour l'amélioration des services a pris préséance. Et c'est
en raison des besoins. Et, au niveau
de la santé, le premier ministre a, sous la très forte suggestion de la
ministre déléguée aux Aînés... nous avons décidé de faire un effort
supplémentaire dans les soins à domicile, notamment. Et c'est là que nous
croyons que nous pouvons faire une
différence dans le sens que la plupart des gens qui le peuvent aimeraient
rester le plus longtemps possible à leur domicile.
Pour ce qui est de l'éducation, je sais qu'il y a
beaucoup de débats sur la maternelle quatre ans et je ne
suis pas... j'entends les débats. Ces débats-là sont revenus, même, à la Commission des finances publiques pour les taxes scolaires. Moi, la mesure que j'aime beaucoup,
c'est l'heure de plus par jour au secondaire pour l'école publique. Je pense
que c'est une mesure qui a un potentiel énorme d'aider l'école publique
et de la rendre plus attrayante. Et qui dit école plus attrayante dit élèves
plus heureux dans leur apprentissage et au bénéfice des taux de diplomation,
etc. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Sur ce, je cède maintenant la parole au député de La Pinière
pour un bloc d'environ 20 minutes. M. le député.
M. Barrette : Alors, M.
le Président, je pense
que notre collègue le ministre
des Finances commence à se rompre
très bien à la procédure parlementaire puis je ne qualifierai pas le dernier exercice de 20 minutes, mais
c'était quand même distrayant.
Un des éléments qui était distrayant, parce que
ça touchait le sujet que je veux aborder actuellement et qui va mettre en contexte, mettre en place, en
perspective la raison de mon intervention... Ce matin, la ministre de la Santé a fait
une déclaration qui était éminemment surprenante et qui ne
correspondait pas à la réalité. C'est pour ça qu'on est ici, pour
discuter du budget, parce que parfois on dit des choses, on nomme des choses
qui ne sont pas la réalité.
Alors, ce
matin, la ministre de la Santé a dit, dans un élan très positif comme celui du
député de Beauharnois il y a
quelques instants, qu'elle, vous autres, à
la CAQ, vous étiez bien meilleurs que nous autres parce que,
pour les infirmières, par exemple, pour le personnel, vous aviez ajouté 200 millions de dollars. Et nous, on nous a reproché de n'en avoir injecté
que 17 millions de dollars pour
les ratios personnel-patients. Vous savez, c'est parce que
le 17 millions de dollars, ce n'était que pour procéder au projet ratio, au projet pilote, c'est tout. Ce
n'était pas de l'embauche, c'était pour financer tout ce que ça prenait,
incluant, temporairement au moins, du personnel.
Alors, on a
comparé des choses qui n'étaient pas... pourtant, c'était écrit, là. Il lisait
sa note, là, on le voyait, là, sur sa
note. Ça fait qu'il y a quelqu'un
dans le ministère de la Santé qui va devoir réécrire sa note parce que ça ne
correspond pas à la réalité.
M. Girard (Groulx) : Est-ce que
le 17 correspondait au coût du projet pilote?
M. Barrette :
Je n'ai pas fini, je n'ai pas fini, je n'ai pas fini. Oui, oui, ça va financer
le projet pilote, je l'ai dit il y a quelques instants.
Alors, le
ministre, M. le Président, nous a dit, il y a quelques instants, que sa base de
financement en éducation était de
4,1 % pour les prochaines années et de 3,8 % en éducation. 4,1 %
en santé, 3,8 % en éducation, auxquels, cette année, non pas pour des conditions économiques
exemplaires, mais bien par le travail exemplaire de mon collègue de Robert-Baldwin, on pouvait ajouter des sommes
additionnelles aujourd'hui. Parfait. On est contents, nous, d'avoir, nous,
aidé le Québec. Maintenant, vous en bénéficiez très bien.
La question
que j'ai à poser, là, que je pose, elle est très simple, c'est une question
méthodologique. Alors, je ne veux pas
discuter des choix, là. Ce n'est pas ça, là. Je ne veux pas avoir une
dissertation ou plutôt une lecture du budget. Ça ne m'intéresse pas. On l'a lu, le budget, là. Et là, là, on peut
répéter, répéter, répéter, mais ça devient peu utile. Bien, c'est utile
pour vous autres, là, mais ce n'est pas utile pour moi.
Alors,
aujourd'hui, là, vous en êtes arrivé à la conclusion, vous, ministre des
Finances, c'est votre job, de façon prévisible,
de mettre en place une base à 4,1 % en santé et 3,8 % en éducation.
Quelle est la méthodologie que vous avez utilisée? Je veux entendre la
méthodologie qui vous a permis d'arriver à ces chiffres-là.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, M. le député de La Pinière. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci. Je pense que les chiffres que j'ai dits, je crois
que c'est 4,1 % et 3,5 %, mais je vais répondre sur la
méthodologie, je ne voulais pas...
M. Barrette : ...lapsus, mais
il ne m'en tiendra pas rigueur.
M. Girard (Groulx) : Non, non,
mais je sais que vous voulez une réponse sur la méthodologie et non sur les
chiffres, mais je... juste puisque les chiffres restent...
Alors, le rapport
préélectoral faisait état de coûts de système pour l'ensemble des programmes du
Québec de... une moyenne de... pour
l'ensemble des ministères, de 3,1 %, je ne me serais pas souvenu de la
décimale, j'aurais dit 3 %. 3 %, c'est la capacité de payer du
Québec. C'est à peu près la croissance du PIB nominal. Sur le long terme, les
revenus, 3 %, les dépenses,
3 %, équilibre budgétaire, ça devrait être beau. Le rapport préélectoral
faisait état de coûts de système de
3,8 %, approximativement, en santé et 2,6 % en éducation et
enseignement supérieur. Alors, c'était une information que nous avions tous lors de la construction du
cadre financier pour la campagne électorale. Et les choix avaient été faits à
la lumière de ce que nous connaissions des finances publiques à ce moment-là.
Alors,
l'idée, c'était évidemment de rencontrer les coûts de système et d'en faire un
peu plus. Et, à ce moment-là, on travaillait sur une hypothèse de revenus moins
importante parce que le... En fait, ce qui s'est passé, là, au point de vue
fiscal, c'est que l'année 2017 a été
exceptionnelle pour l'économie mondiale, et ça a permis à la base de revenus
d'être plus élevée. Je m'arrête ici pour ne pas prendre de votre temps.
M. Barrette : Bien, moi, j'ai mon chronomètre et je chronomètre
la chose. On allait effectivement être inéquitables. Ma question, elle est simple, là. Moi, je ne veux
pas savoir ce qu'il y avait dans votre esprit avant d'être élu. Vous êtes au
pouvoir, vous avez vu les livres, vous avez fait des analyses, ce qui vous
amène à déterminer un montant que vous considérez adéquat. Ma question
est sur la méthodologie qui arrive à 4,1 % et, je m'excuse pour tantôt, à
3,5 %. La méthodologie, vous vous basez sur quoi?
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Mais là vous ne voulez pas que je vous parle de la
campagne, le 4,1 %, c'était en campagne.
M. Barrette : Vous avez écrit un budget, dont vous avez la
responsabilité, pour lequel vous avez, à la page H.29, dessiné un tableau qui montre ce que vous
considérez comme suffisant comme financement pour les quatre prochaines années à 4,1 % en santé et à 3,5 % en
éducation. Je demande l'explication méthodologique qui vous amène à conclure
que c'est assez.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Alors, pour ce qui est des coûts de système, je vous
ai donné la source. La source, c'est
l'évaluation du ministère des Finances qui a été fournie en campagne
électorale, page B.58 du rapport préélectoral. Et il y a là-dedans l'évolution des clientèles,
l'évolution des coûts de système, l'inflation, O.K.? Alors, ça, c'est pour la
méthodologie. Quant à la croissance des
dépenses à terme, là, quand on y va, au niveau des dépenses, puis là je ne
chercherai pas dans les pages, je ne
veux pas prendre de temps. Je pense que ça vous irrite, ça fait
partie de la
capacité de payer du gouvernement québécois. Pour le budget 2019‑2020,
nous avons négocié ligne par ligne avec le ministère de la Santé.
M. Barrette : Ça fait, je
pense, la troisième fois, M. le Président, que le ministre des Finances nous
parle de capacité de payer. Moi, je parle de
services à donner et de méthodologie qui nous amène à conclure que 4,1 %,
c'est assez, et c'est ça que je veux
voir. Le ministre a de la misère à me répondre. Il peut demander à ses
collègues comment qu'ils ont fait ça.
Je vais vous donner un exemple, M. le Président, hein? Moi, je pense, parce que
je suis passé par là, que l'augmentation
de personnel, là, qui est requise dans le réseau, requise, c'est bien, bien
plus que 200 millions. Alors là, ça devient une question de
méthodologie.
M. le
ministre des Finances, vous êtes ici pour débattre de votre dossier, vos choix.
Je ne parle pas des choix, là. Alors, ici, là, ce qui est important, je
pense, pour la population, c'est de comprendre, d'avoir des informations sur la
méthodologie pour
justifier le montant, parce qu'à la fin, si la méthodologie est imprécise, ça
donne un résultat qui est inapproprié.
Ça permet à une ministre de dire qu'on investit 17 millions pour
l'embauche de personnel, alors que c'est pas mal plus que ça que ça prend. Méthodologie. Vous prenez ça comment, là?
Puis là je le présenterai sous un autre angle dans quelques minutes s'il
le faut, mais là ce n'est pas clair.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci. Alors, je vous réfère à la page H.23, qui était
probablement la page dans laquelle vous vouliez m'amener, mais... Ça
vous convient?
M. Barrette : Ah! 23? J'ai dit
29? Excusez-moi, 23... tantôt. Moi, je vous montrais le tableau.
M. Girard
(Groulx) : On a un arbitre
indépendant qui pense que c'est la page qu'on voulait converger. Alors, 5.4,
santé et services sociaux, 2019‑2020, 4.1, 2020‑2021, 2021‑2022, 4.1. Les coûts de système sont estimés à 3,8 %. Ajoutez à ça 1,6 % de
mesures, ça donne 5,4 pour 2019‑2020, vous dites que ce n'est pas suffisant, le
200 millions. Le 200 millions est évidemment récurrent dans la base,
et c'est...
M. Barrette :
M. le Président, je répète ma question, là, elle est simple : la méthodologie.
Ce qui m'importe, moi, dans ma
question aujourd'hui, là, c'est très simple. Vous avez fait une évaluation
basée sur du réel, vous avez appliqué une méthodologie qui vous amène à
une conclusion. Je ne la connais pas, votre méthode, c'est ce que je veux voir.
Je vais
prendre un parallèle, M. le Président, parce que ça va montrer à quel point
j'ai un intérêt pour les gens qui sont dans cette situation-là. Il y a un gars
pour lequel j'ai beaucoup d'estime, c'est un gars qui s'appelle Kevin Page, que
le collègue... le ministre doit sûrement
connaître. Il a été directeur parlementaire du budget dans un gouvernement conservateur pendant plusieurs années. Moi, j'ai
assisté à des conférences privées avec lui, là, et lui, il était capable de nous dire, à partir de sa position, qui est la même
que celle du ministre, à nous dire qu'en santé, en éducation, là, on s'en
va ou non dans un mur. Ils ont des
méthodologies pour ça. Moi, je veux voir la méthodologie pour comprendre et
déterminer si le ministre a tiré la bonne conclusion ou non.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je vous permets de vous répondre par le processus
budgétaire, O.K.? La ministre de la
Santé et des Services sociaux est venue me voir avec des demandes qui,
évidemment, incluaient ses coûts de système estimés par son ministère, O.K., ses demandes, et elle avait des
initiatives qui, en toute franchise, pouvaient excéder ce que nous avons décidé
ultimement. Et donc, après ça, c'est la capacité de payer du Québec. Et le
3 % auquel je faisais référence
à long terme, 3 % de croissance de revenus, 3 % de croissance de
dépenses, c'est la capacité de payer du Québec. L'enjeu que nous avons tous avec le vieillissement de la population, c'est
que notre plus gros poste budgétaire, la santé, est celui qui a les coûts de système les plus élevés. Et donc c'est très
important, et là je fais le lien avec la réduction de la dette, de se
dégager des marges de manoeuvre à long terme pour faire face au vieillissement
de la population.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le député.
M. Barrette :
Je n'ai toujours pas de réponse précise. Je pourrais aller plus loin, parce
qu'au ministère des Finances on a à
prendre ça en considération. L'évaluation fondamentale du coût de système ou
l'évaluation du coût de système fondamental, quelle méthodologie
utilisez-vous? On ne l'a pas, la méthodologie, là.
Alors là, le
ministre des Finances nous dit : Voici la capacité de payer. Une phrase
comme celle-là, là, on est obligé de
conclure, faire un lien automatique avec limitations, avec rationnement, avec
peut-être même coupures de services. Alors, je n'ai toujours pas eu de réponse,
moi, sur la méthodologie qui était utilisée sur l'évaluation précise du coût de
système. Je ne l'ai pas encore maintenant.
Alors, le ministre nous dit : Coût de système puis initiatives, pour
employer son terme, elle est là, la capacité de payer. Bien là, moi, ça
peut me faire comprendre que l'addition de ces choses-là, c'est qu'il y a peut-être des initiatives puis pas le coût de
système. Puis, au total, bien, ça permet à des membres de l'aile parlementaire
au pouvoir de faire des discours intéressants, mais qui ne correspondent pas à
la réalité, ce que je vois d'ailleurs dans les crédits. Alors, je répète ma question : La méthodologie, le
ministre peut-il étendre un petit peu, nous éclairer plus que ce qu'il
ne fait actuellement?
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Les coûts de
système ont été calculés par le ministère de la Santé et des Services sociaux,
et c'est dans le cadre des consultations prébudgétaires que...
M. Barrette :
Sauf, avec respect, là, j'ai occupé le poste. Et, dans les coûts de système, il
y avait toujours, toujours, toujours une évaluation qui venait du ministère des
Finances, qui venait dire : Selon nous, c'est telle chose, parce que
vous contrôlez, par exemple, les retraites,
vous contrôlez le RREGOP puis toutes ces affaires-là. C'est chez vous. Vous
avez la réponse
à ma question, parce que moi, je peux vous dire une chose, là, le coût de
système évalué au ministère de la Santé n'est jamais le même que le ministère
des Finances établit. Donc, vous avez une méthodologie, et ça, j'aimerais l'entendre, je ne l'entends pas.
C'est dans la catégorie, là, «been there, done that», là.
Le Président
(M. Simard) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je ne m'attends
pas à ce que vous soyez enthousiaste de cette réponse, mais c'est toujours les
clientèles, les coûts par clientèle et l'estimé, 3,8 %. Et, quand on prend
le 5,4 % moins le 3,8 %, ça...
il y avait de la place pour
1,6 % d'initiative.
M. Barrette :
Très bien.
M. Girard
(Groulx) : Mais vous cherchez la méthodologie précise du ministère des
Finances?
M. Barrette : Bien oui! Vous avez une méthodologie pour
déterminer si vous allez diriger tel montant et faire telle prévision. Vous faites des prévisions, là.
C'est votre job, dans la vie, là, faire des prévisions économiques
et macroéconomiques. Mais, quand vous
descendez dans les différents secteurs, vous faites ça aussi. Là, je vois que
vous n'êtes pas en mesure de me donner l'information que je recherche.
vais changer de domaine, mais je vais poser la même question.
Et là c'est bien, bien, bien plus simple, bien plus simple. On va parler du 250 millions des taxis. Quelle est la méthodologie que vous
avez utilisée pour déterminer le
montant de 250 millions à compenser? Ça, là, ce chiffre-là, il apparaît à
une place, à la page H.9. C'est un chiffre qui apparaît, bang! dans
un tableau : «taxi». Puis là, si le ministre n'est pas capable de me
répondre sur la méthodologie en santé, il
pourrait me dire : C'est trop compliqué pour moi, mais quelqu'un
l'a fait pareil, ils sont ici, là, le taxi, lui, là, ce n'est pas compliqué, ça. Mais il y a un
chiffre qui a été écrit, 250 millions. Alors, la méthodologie pour arriver
à ce chiffre-là est de quelle nature?
Le Président
(M. Simard) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci. La méthodologie... En fait, il y a plusieurs
méthodologies, il y a...
M. Girard
(Groulx) : Pardon?
M. Barrette :
Choisissez celle que vous voulez m'expliquer.
M. Girard
(Groulx) : Non, non, non, je vais vous faire la liste, je vais vous
faire la liste.
M. Barrette :
J'en veux juste une, celle qui vous a amené à l'écriture, à H.9, de
250 millions.
M. Girard
(Groulx) : C'est la somme des évidences, il n'y a pas une méthodologie
parfaite, monsieur le...
M. Barrette :