Culture and Education — 21 September 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2015-09-21
Quebec — Committees
Nous
avons fêté notre 40e anniversaire en 2014. C'est à peine l'adolescence pour une
université. Par contre, nous avons
parcouru un chemin impressionnant. Et nous croyons avoir bien répondu à l'appel
de l'ancien premier ministre, M. Jean-Jacques Bertrand. Actuellement,
nous comptons 9 352 étudiants inscrits à tous les cycles, dont 5 925
au baccalauréat en
ingénierie, et près de 1 700 dans les programmes de cycles supérieurs en
recherche, et ce, sans parler des autres formations de type professionnel au deuxième cycle. Il faut noter
une augmentation importante du nombre d'étudiants en situation de handicap. Selon les experts, en
régime de croisière, ce nombre pourrait atteindre 7 % de l'effectif étudiant.
Depuis
quelques années, la recherche a pris son envol. Nous avons actuellement
16 chaires de recherche, dont neuf du Canada et deux du CRSNG, ce
qui totalise un budget de recherche annuel de 24 millions de dollars.
2014‑2015, les revenus moyens de recherche par professeur étaient de
132 000 $, en hausse de 35 % depuis 2010. De plus,
58 % de nos professeurs ont eu au moins un contrat de recherche avec
l'industrie.
L'école
s'est installée au centre-ville de Montréal en 1997. Elle y occupe actuellement
une superficie de bâtiments de
160 000 mètres carrés. Un potentiel de développement de près de 100 000 mètres
carrés supplémentaires est encore disponible. Pour supporter sa
croissance, l'école a maintenant 750 employés réguliers, en augmentation
de 30 % depuis 2011. Ce nombre inclut
160 professeurs et 32 maîtres d'enseignement. Dû principalement à sa
hausse de clientèle, son budget a crû de 22 % depuis 2011 pour
l'hiver 2015, la firme Léger Marketing a effectué un sondage de perception
auprès de 400 grands dirigeants d'entreprises
québécoises. Cette étude a fait ressortir la notoriété de l'école au sein de la
société. Notamment, 96 % des personnes
interrogées ont une opinion plutôt positive ou très positive de l'ETS.
86 % des dirigeants croient que l'ETS offre une formation de qualité.
80 % des répondants sont d'avis que l'école représente un levier pour le
développement économique du Québec. Et, finalement, à la question :
Spontanément, nommez une école de génie au Québec, 61 % des
répondants ont nommé l'ETS en premier.
40 ans seulement, l'école est passé d'un projet pilote de
50 étudiants à la plus grande école ou faculté de génie au Canada, surpassant à ce
titre Waterloo de
300 étudiants ainsi que Polytechnique et l'Université de Toronto de plus
de 1 000 étudiants au diplôme d'ingénieur.
Par ailleurs,
l'ETS est maintenant la seule école de formation avec stage industriel
obligatoire au Canada. Cette école a
placé 3 200 étudiants en stage avec un revenu moyen de plus de
14 000 $ pour quatre mois. Sur la durée de ses études, un
étudiant gagnera en moyenne 42 000 $. Il demeure cependant un écart
marqué entre les offres de stage des industries
et les stagiaires disponibles. Plus de 30 % des offres de stage de
l'industrie n'ont pas été comblées. Ce pourcentage nous indique que nous
pouvons former encore plus d'ingénieurs sans saturer le marché.
Si nous examinons maintenant l'évolution du
nombre d'inscriptions au premier cycle dans les principales facultés de génie au Québec, nous constatons que,
jusqu'en 2008, ce nombre était relativement stable. À partir de 2008, nous avons vu une augmentation constante des
étudiants dans toutes les universités. Actuellement, les universités
accueillent 4 300 étudiants de plus
qu'en 2008. De ce nombre, l'apport de l'ETS est de 1 500 étudiants.
Ceux-ci sont des étudiants de première génération dans plus de 50 %
des cas pour l'ETS.
De plus, il
faut rappeler que notre clientèle principale détient un DEC technique,
formation qui naturellement ne mène
pas à la poursuite d'études universitaires. Ces deux conditions — être un étudiant de première génération et
être un technicien — portent à croire que ces étudiants ne
seraient probablement pas titulaires d'un diplôme universitaire en génie
si l'ETS n'avait pas existé. En d'autres mots, l'ETS permet une ascension sociale
aux techniciens québécois.
La population
québécoise se stabilisant, l'école en subira probablement les contrecoups, et
sa clientèle au premier cycle risque d'atteindre un plateau. Elle
recrute actuellement environ 30 % des diplômés issus des DEC en technique
physique admissibles. Cette clientèle était de 22 % il y a 10 ans. L'ETS
poursuit donc bien sa mission de formation spécifiquement conçue pour les
diplômés du DEC technique.
Pour répondre
à la demande industrielle, malgré la stabilisation de la clientèle québécoise,
l'école a développé une entente de
partenariat avec les instituts universitaires de technologies de France, les
IUT, ce qui est un bassin important et
naturel de recrutement équivalent au DEC technique québécois. Les IUT diplôment
annuellement 22 000 étudiants, comparativement
à 3 000 étudiants au Québec. À ce jour, plus de 300 étudiants français se
sont inscrits dans nos programmes de
baccalauréat. Une fois diplômés, ces étudiants s'intègrent bien dans la société
québécoise : dans 90 % des cas, des Français demandent un
statut de résident permanent, ils ont déjà une expérience de travail, ayant
réalisé trois stages en entreprise.
De plus,
l'entente entre la commission française des titres et l'Ordre des ingénieurs du
Québec obligent les étudiants français
à travailler une année supplémentaire après leurs études au Québec pour valider
le
titre d'ingénieur. Cette directive encourage
les diplômés français à demeurer au Québec et facilite leur insertion sociale.
Il s'agit donc d'une immigration francophone de qualité, bien formée et
bien intégrée. C'est un apport positif pour le Québec. La hausse des droits de scolarité pour les étudiants français a réduit de
60 % les nouvelles inscriptions à l'automne 2015 comparativement à celles
de l'automne 2014.
Les cycles supérieurs et la recherche
maintenant. L'école a augmenté de façon importante ses activités de recherche, et ce, dans le but de former du
personnel hautement qualifié. Ces grandes directions de recherche recoupent
les grands axes de développement économique du Québec, dont les technologies de
l'information, l'aéronautique, le transport
terrestre, l'énergie et l'environnement. L'an dernier, 58 des professeurs ont
réalisé au moins un projet de recherche avec l'industrie. La formation aux études supérieures est très
importante pour l'économie du Québec, ce sont souvent des titulaires de
maîtrise ou de doctorat qui vont pousser la technologie plus loin, rendre les
produits ou les moyens de production plus avancés, inventer et innover, et
l'ETS y contribue, naturellement.
Examinons maintenant le ratio d'encadrement en
excluant les diplômes d'études supérieures spécialisées. La clientèle aux
cycles supérieurs à l'hiver 2015 était de 1 700 étudiants, ce qui nous
donne un ratio d'encadrement de 4,6
étudiants de recherche par professeur, légèrement sous la moyenne québécoise,
qui est de 4,8. Ce ratio est en croissance, et nous rejoindrons nos
collègues très bientôt.
Parlons du
corps professoral. Une problématique d'accroissement du corps professoral se
dessine; trois aspects sont à
considérer. Premièrement, une
partie du corps professoral de l'ETS prendra sa
retraite dans les prochaines années. En
effet, on estime qu'entre 40 et 50 professeurs vont quitter l'école dans les cinq
à 10 prochaines années. Ils devront être remplacés par de nouveaux
professeurs.
Deuxièmement,
pour maintenir la qualité de formation au premier cycle, l'école devra
augmenter son nombre de professeurs.
Nous avons évalué qu'actuellement, au baccalauréat, 33 % des cours sont
donnés par les professeurs et les
maîtres d'enseignement. Ce pourcentage est faible. Le nombre élevé de chargés
de cours complexifie l'organisation de
l'offre académique. Ceci est dû en
partie à un choix pédagogique. Je
m'explique. Contrairement à d'autres universités où il n'est pas anormal d'avoir une classe de 200 étudiants, à l'ETS,
nous n'avons pas de telles classes. La moyenne du nombre d'étudiants par
groupe au baccalauréat est de 34 étudiants, ce qui augmente le nombre de groupes
et donc les besoins en enseignants. Par
contre, nous avons noté une forte corrélation positive entre la dimension des
classes et la réussite scolaire.
Finalement, pour
poursuivre l'augmentation de la clientèle étudiante au deuxième et troisième
cycle, et ainsi répondre aux besoins de l'industrie, nous devons augmenter le
corps professoral. Pour atteindre un objectif réaliste à 1 000 étudiants en recherche, ce que nous
considérons comme la masse critique nécessaire, il faut augmenter à 200 le nombre de professeurs. Ceci implique une
embauche supplémentaire de 40 nouveaux professeurs en plus du remplacement des départs à la retraite. Au total
donc, 80 à 90 nouveaux professeurs devront être embauchés et encadrés.
Cela entraînera une augmentation de la masse salariale actuelle d'environ
5 millions de dollars.
recrutement des professeurs est une tâche difficile. Pour maintenir son
approche appliquée, l'école recherche un
double profil. D'une part, les candidats doivent être ingénieurs, parler
français, être membres de l'Ordre des ingénieurs, posséder un doctorat. Et d'autre part, ils doivent
avoir un profil spécifique à l'ETS, soit une expérience industrielle. Rares
sont les candidats qui poursuivent ces deux
Au niveau des
relations internationales, nous sommes présents dans 35 pays, notamment en
Chine, en Europe, en Asie et dans les
Amériques. Notre partenaire principal est évidemment la France avec 766
étudiants, tous cycles et tous programmes confondus, à l'automne 2015.
À
titre d'établissement universitaire, nous
savons que la création d'entreprises technologiques est un puissant vecteur de valorisation de la recherche et que les
liens avec l'industrie sont un important moteur pour le développement de
notre économie. Afin d'apporter sa
contribution à l'entrepreneurship, l'ETS a mis en place au fil des années trois
importantes initiatives.
Premièrement, le microprogramme de premier cycle en entrepreneurship auquel
plusieurs dirigeants d'entreprise y
présentent des cas réels d'entrepreneuriat. Deuxièmement, le Centech est un
centre d'entrepreneurship technologique. Il permet à nos étudiants qui ont une idée de création d'entreprise de
la tester. Jusqu'à maintenant, plus de 25 entreprises ont vu le jour. Dernièrement, INGO est une autre
initiative de l'ETS qui nous rapproche de l'industrie en hébergeant sur notre campus des industries innovantes qui
travaillent en collaboration avec nos équipes de recherche et qui emploient
nos étudiants.
Parlons
maintenant du campus de l'ETS. L'ETS est située en plein coeur du centre-ville
de Montréal. Elle a acquis en 1994
l'ancienne brasserie O'Keefe, l'a rénovée et s'y est installée en 1997. À son
arrivée, l'ETS était seule dans le quartier,
véritablement seule. Elle a été un catalyseur pour l'implantation de commerces
et le développement du quartier Griffintown.
Griffintown est le quartier montréalais où l'on retrouve actuellement la plus
grande effervescence en termes de
développement résidentiel. L'ETS est une université urbaine. Sa localisation
est particulièrement intéressante pour sa
clientèle. Elle attire des étudiants provenant de l'ensemble de la province.
Actuellement, 56 % des étudiants proviennent de l'extérieur de l'île de Montréal et de la ville
de Québec. Elle remplit bien sa mission nationale en centralisant l'ensemble
de ses projets sur un seul campus montréalais.
Pour
permettre une grande accessibilité à sa clientèle provenant de l'extérieur de
Montréal, elle dispose d'un parc de résidences étudiantes totalisant
1 125 lits. Ce parc est aussi important que celui de l'Université de
Montréal, et son taux d'occupation est de plus de 96 % à l'année. La
construction des résidences a permis notamment une plus grande mobilité de ses étudiants qui quittent Montréal
pour se trouver des stages à l'extérieur de la métropole. Ils peuvent alors
cesser leur bail, et nous leur garantissons
une place à leur retour de stage. Finalement, le 26 octobre 2015, nous inaugurerons un nouveau bâtiment, La Maison
des étudiants.
Malgré la
dimension importante de son campus, l'école est en déficit d'espace. Actuellement, selon l'évaluation du ministère, l'ETS déclare un déficit de
34 500 mètres carrés brut. Les espaces d'enseignement et de recherche
sont devenus de plus en plus rares, et la
croissance prévue des cycles supérieurs pourrait être limitée par le manque
d'espace. En termes budgétaires,
l'école est fière d'avoir maintenu l'équilibre
tout au long de sa croissance. Cet équilibre est dû à une bonne gestion
des fonds publics.
Vous serez
heureux d'entendre que l'ETS n'a pas fait de déficit budgétaire; par
contre, elle a eu un déficit
structurel, autant en personnel qu'en
espace. Depuis les deux dernières années, nous vivons une stabilisation des
nouvelles inscriptions au premier
cycle, et ce phénomène devrait suivre au cycle supérieur lorsque
l'équipe professorale sera complète. Il sera alors plus difficile, dans
les conditions de financement actuelles, de maintenir cet équilibre.
conclusion, nous pouvons fièrement affirmer que nous avons rempli la mission
qui nous a été confiée en 1974, que,
sans l'ETS, la pénurie actuelle de personnel technique serait beaucoup
plus importante, et l'économie du Québec s'en porterait plus difficilement.
Nous allons développer la filière technologique continue de manière efficace.
D.E.C.-bac, ça fait 40 ans que l'ETS en fait. Nous avons inventé la formule.
Elle fonctionne très bien, du moins c'est ce que les industriels nous
disent. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci beaucoup. Alors, merci pour votre exopsé.
Nous allons
maintenant débuter la période d'échange. Nous commençons avec le groupe
parlementaire formant le gouvernement, et je cède la parole au député de
Papineau.
Iracà : Oui, Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, à
titre d'adjoint au ministre de l'Éducation, ça me fait
plaisir de vous accueillir dans votre
maison, hein, la maison du peuple. Alors, merci beaucoup pour votre
présentation extrêmement détaillée. Et le document, je dois vous dire, a
été... Je lai lu, là. Vraiment, ça a été bien fait.
D'entrée de
jeu, j'aimerais vous dire félicitations. Félicitations à vous, M. le directeur
général et à toute votre équipe, à
l'équipe de gestion. Il y a quelques mots que vous avez mentionnés, extrêmement
importants, dont ceux à la fin, à l'effet que vous avez maintenu un équilibre
budgétaire malgré toutes les situations, les scénarios qui peuvent arriver et
qui sont difficiles. Bien ça, c'est à vous,
prenez le mérite, là. Vous avez ce mérite-là, vous et votre équipe de
gestionnaires qui sont avec vous
aujourd'hui. Je suppose qu'ils sont tous là. Alors, félicitations. Ce n'est pas
facile, mais de prendre la décision de ne pas pelleter par en avant pour léguer des déficits à
vos successeurs et surtout à nos enfants... bien je pense que vous prenez la bonne décision en budgétant
serré à l'intérieur de votre établissement. Alors, c'était mon commentaire
de départ.
Moi,
il y a un sujet que je veux aborder avec vous. Et je vais commencer d'entrée de
jeu simplement avec un sujet, parce
que je veux laisser la chance à mes collègues de poser des questions. Puis je
reviendrai avec d'autre chose plus tard. Et vous en avez parlé, concernant les étudiants étrangers, qui est une
part importante, quand même, là, du succès de votre établissement. Et vous êtes allé les chercher, ces
étudiants-là. Puis vous avez mentionné qu'avec la dernière décision qui avait été prise, là, d'augmenter ou de mettre à
flot les frais pour les étudiants de la France il y a eu une diminution quand
même assez importante, vous avez mentionné 60 %. Est-ce que vous avez un
plan de match pour des efforts à faire peut-être
avec d'autres pays? Parce que, oui, la France, c'est un allié naturel. C'est
notre frère, c'est nos cousins, on les aime. Et je viens de passer une semaine avec eux, la semaine dernière, dans
une mission à la Baie-James. Mais est-ce que vous avez un plan de match pour peut-être attirer d'autres étudiants de
d'autres pays qui auraient peut-être des intérêts à étudier dans le
milieu industriel?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : M. Beauséjour.
M. Dumouchel
(Pierre) : Nous croyons poursuivre dans ce même plan de match là. Il
faut dire que l'année dernière... je ne veux
pas citer la reine, là, mais ça a été l'annus horribilis concernant les
étudiants français. Puis je ne veux pas revenir sur la décision du
gouvernement. On doit vivre avec ces décisions-là.
Pour
nous, c'est un marché qui est très important. Parce que je mentionnais dans ma
présentation qu'on diplôme 3 000 techniciens.
C'est notre principale source d'étudiants, nous, à l'école. Et il y en a
22 000. Donc, il y en a plus que... sept fois plus en France. Ils
s'intègrent très bien, 90 %
restent au Québec, hein? Ils y travaillent. Donc, c'est un bassin très
important.
c'était une année horrible, parce que, pour un étudiant qui veut s'inscrire, la
chose la plus importante, c'est la stabilité.
Il veut savoir, dans les quatre prochaines années, qu'est-ce qui va se produire
pour... Et, avec les changements qu'on
a eus, on est d'accord qu'il y avait beaucoup d'instabilité, on ne savait pas
qu'est-ce qui se produisait. Donc, l'an prochain, on n'aura plus cette
instabilité-là, donc c'est déjà quelque chose qui va se corriger.
L'autre
point, c'était : les frais ont triplé. Probablement, on va être celle qui
a été la plus touchée au Québec, parce que
nos étudiants, ce sont des techniciens qui proviennent de... et ça, je n'ai pas
fait une analyse exhaustive, c'est ce que je crois, ils viennent d'un milieu socioéconomique plus pauvre que ceux qui
vont dans des grandes écoles comme l'École polytechnique de France.
Donc, ça, ça ne nous aide pas, donc on va faire plus de recrutement.
troisièmement, ce qui ne nous a pas aidés, c'est que ce sont... bien, aussi le
visa, des visas d'études pour venir ici, mais ça ne nous touchait pas,
ça, finalement. Mais, pour un étudiant français, on n'a pas la chance de
s'expliquer. Donc, ça, ça n'a pas aidé, là,
il va falloir prendre le temps de l'expliquer. Et finalement ce sont les
directeurs des IUT qui se sont tous
regroupés pour dire : Bien, il va falloir revisiter les ententes qu'on
avait avec les universités. Et ça, il faut faire ça, ce travail-là, cette année. Donc, je pense que ça a été la pire
année. Je ne pense pas que, les années prochaines, on va être encore
dans cette situation-là. Et on croit toujours que ce bassin-là est très
important pour le Québec.
on va chercher et recruter dans d'autres bassins, il faut savoir qu'on est la
seule université qui exige que nos étudiants fassent trois stages
obligatoires à l'industrie. Donc, ces étudiants-là, aussi, s'ils ne parlent pas
la langue, ça devient aussi difficile de s'intégrer, d'où notre désir de
continuer avec la France pour les prochaines années.
M. Iracà :
O.K., donc ce que je comprends... Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui, allez-y.
M. Iracà :
Alors, ce que je comprends, c'est que l'année d'incertitude étant passée, la
prochaine année, le défi va être
d'abaisser les craintes et de manifester encore une plus grande communication
avec les pays étrangers ou la France en sachant le scénario d'avance et
en sachant à quoi s'en tenir à l'avance.
que je comprends de ce que vous me dites, c'est... développement pour d'autres
pays, malgré les barrières de la langue. Ou, des fois, on peut être
surpris, les gens peuvent apprendre assez rapidement des langues...
Dumouchel (Pierre) : Mais ils ont ce désir-là, de le faire, aussi. Ils
ont ce désir-là, de le faire, aussi. Et, si on peut dégager une certaine somme d'argent pour accorder des bourses pour
la première année, pour attirer ces étudiants-là... Parce que, vous savez, nos étudiants, par après,
ils vont travailler puis ils vont accumuler 42 000 $ aussi. Donc, ils
vont pouvoir vivre puis surpasser
cette hausse de 209 % des frais d'inscription, qui correspond à
18 000 $ de hausse pour eux autres.
Donc, si on était capables de dégager une certaine somme d'argent pour les
attirer la première année, après, ils peuvent
survivre plus facilement aussi. Donc, on a cet avantage-là, nous, comme
université, comparativement à d'autres qui n'ont pas des stages rémunérés,
M. Iracà :
Parfait, merci. Ça va. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Ça va, M. le député de Papineau? Alors, M. le
député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, Mme la Présidente. Je vous accueille à l'Assemblée
aussi, M. Dumouchel, M. Fihey, à M. Saad et M. Beauséjour. Merci pour
votre exposé. Je trouve ça très intéressant que vous nous rappelez du fait que vous êtes la seule
instance au Canada avec des stages obligatoires, ce qui est un contexte assez
intéressant quand on parle de notre
environnement ici, au Québec, où il y a un problème majeur, un défi majeur qui
s'impose, c'est-à-dire d'inciter à une
meilleure adéquation formation emploi. Vous savez comme... notre gouvernement,
qu'on parle de quelque 750 000 postes
qui vont s'ouvrir dans les années qui... devant nous. Et le problème,
évidemment, c'est un problème qui existe
toujours, du chômage, mais ça va passer en deuxième comme défi. L'adéquation va
passer devant, on a besoin du monde
pour combler ces postes. Vous l'avez constaté vous-mêmes, et je veux en parler,
le fait que ces stages obligatoires, il restait, si j'ai bien compris,
30 % des places que vous n'étiez pas en mesure de combler.
J'aimerais vous inviter de nous parler
davantage, premièrement, de ce régime de stages obligatoires, de nous parler un petit peu de vos défis, le genre de
collaboration que vous avez avec l'industrie et, en général, des défis devant
vous, parce que je crois qu'on parle d'un modèle qui doit se voir répété dans les
autres instances partout au Québec.
Dumouchel (Pierre) : Je vais démarrer, après je vais demander à mon
collègue de poursuivre. Effectivement, on
a 30 % de stages non comblés, et ça, c'est une excellente métrique, nous, pour savoir si on doit
continuer à former dans des domaines.
Puis on est encore plus précis : on sait que, présentement, en génie civil ou génie de la construction, comme on l'appelle à notre école, et là il y a
trop d'étudiants par rapport à la demande, et le ratio offre de stages industriels
sur stagiaires disponibles est de 0,6. Donc, ça, c'est seulement les industriels
qui viennent nous voir, là. Les étudiants arrivent
par eux-mêmes à se trouver des stages. Mais, dans d'autres
domaines, comme en génie logiciel, ce ratio-là, ce rapport offre de stages industriels
sur stagiaires disponibles tourne autour de 3,5 fois plus. Donc, on pourrait en
placer encore 3,5 fois plus, de gens
en génie logiciel. Puis, en génie des opérations de logistique, c'est 7,5 fois
plus d'étudiants. Donc, ça, c'est une bonne métrique pour savoir si nos programmes
sont pertinents pour l'entreprise.
Effectivement, ça amène aussi toute une logistique pour aller chercher ces stages-là,
et je vais laisser mon collègue compléter à ce niveau-là. M. Jean-Luc Fihey.
Fihey (Jean-Luc) : Merci,
Pierre. Alors, les stages, c'est vraiment ce qui différencie l'ETS, les stages obligatoires,
et ça, il faut comprendre que les
étudiants doivent absolument réussir leurs stages. Si, après un certain nombre de crédits, dépendamment du niveau de stage, ils n'ont pas
réussi à obtenir un stage, ils sont bloqués dans leur cheminement. Donc, on voit que c'est très sérieux pour les étudiants de pouvoir réussir ce
stage, et cela pose un défi à l'école en ce sens que nous devons les
aider à trouver des stages pour pouvoir continuer à cheminer dans leurs études.
Cela pose des défis lorsqu'il y a des périodes
économiques un peu plus difficiles. Ça nous a posé un défi en particulier dans le secteur de génie de la construction,
la commission Charbonneau, il y a eu plus de difficultés au niveau des entreprises en génie en construction, et
l'offre de stages est tombée à 0,6 offre par étudiant. Donc, on était
théoriquement en manque d'offres de stages. Là, l'école a réagi, et on a
augmenté de beaucoup notre bassin d'entreprises qui étaient sollicitées pour les stages, ce qui a permis de
remonter la pente et finalement de pouvoir placer nos étudiants qui sinon
auraient été retardés dans leurs études.
Alors, je dois aussi mentionner les difficultés
qu'on peut avoir avec... le défi plutôt qu'on peut avoir avec les étudiants en situation de handicap puisque
maintenant nous avons une grande croissance à l'école d'étudiants en situation
de handicap. Et c'est non seulement il faut leur donner des accommodements dans
les cours, mais aussi il faut qu'ils réussissent
leurs stages. Donc, on a un double défi ici. Remarquez qu'on constate qu'au
niveau des stages... en fait, les stages
aident beaucoup les étudiants. Et on le disait tout à l'heure, hein, c'est une
fois que le premier stage a été réalisé par les étudiants, c'est
95 % de taux de diplomation. Je ne sais pas si j'ai répondu à la question.
M. Birnbaum : Oui, merci.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui. À vous, M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, Mme la
Présidente. Pouvez-vous me décrire un petit peu le lien typique avec une
industrie en termes d'évaluation du
stage, l'accompagnement par les profs, adaptation, des fois, j'imagine, des
cours didactiques pour répondre aux
exigences de l'industrie en question en même temps que de respecter évidemment
les paramètres du programme? Vous
n'êtes pas là juste pour former les gens pour l'endroit où ils font leurs
stages, ils doivent être formés comme
universitaires en même temps. Pouvez-vous nous parler d'une dynamique, les
leviers dans les mains des deux, l'industrie et l'université, pour
assurer la réussite du programme?
M. Dumouchel (Pierre) : Oui. Je vais
aussi commencer, puis mon collègue pourra continuer.
Dès la
première semaine d'inscription à l'école, l'étudiant est pris en main, on lui
demande de rédiger son CV selon le
format de l'ETS. Tout est informatisé aussi. Donc, quand les industriels
viennent pour recruter, il n'y a rien de papier, tout est électronique, ils peuvent voir chacun des CV de chacun des
étudiants. Pour chacun des étudiants aussi, on va leur faire passer des tests de personnalité pour qu'eux-mêmes puissent se connaître, pour mieux se vendre aussi
auprès d'un industriel. Donc, ça, c'est des choses que nous faisons à
l'intérieur de l'école. On a des gens, des spécialistes, qui accompagnent les étudiants, qui vont aller
vérifier à l'industrie même si le stage se déroule bien, si ça
correspond bien aussi aux besoins
pédagogiques qu'on recherche aussi dans les stages. Je ne sais pas si tu veux
compléter, Jean-Luc, aussi.
M. Fihey
(Jean-Luc) : Oui. Bien, on
peut compléter en disant qu'il y a quand
même... Quand on parle de nos étudiants, du développement de nos
étudiants, il y a le développement des connaissances et il
y a le développement de compétences, hein? Donc, de plus en plus, on insiste sur le développement des compétences. Et, pour nous, les stages
sont un excellent
moyen de vérifier que nos étudiants développent leurs compétences. Et c'est là
que se fait l'aller-retour entre
l'école et le stage. Et nos employeurs doivent remplir un sondage suite au
stage. Nos étudiants doivent remplir une autoévaluation aussi suite au stage. Et ces évaluations-là
sont basées sur les compétences, donc sur le développement des compétences, la capacité de communication, la capacité de réaliser des projets de conception complexe et aussi
l'attitude professionnelle, la déontologie. Donc, tous ces aspects sont
abordés dans le cadre des stages.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Oui, M. le député. Il vous reste une minute et quelques secondes.
M. Birnbaum : D'accord. Bon, une
petite question, bien, qui en dirait long. J'imagine que vous suivez vos étudiants une fois terminé le programme
en termes de leur réussite à se faire placer. Deux questions.
Est-ce que vous avez des données là-dessus? Et est-ce
qu'on note un bon taux de réussite et
de rétention des gens qui viennent de l'extérieur étudier chez vous?
Dumouchel (Pierre) : Là,
c'est le taux de placement des étudiants. Et de rétention, c'est la
persévérance des études que vous vous posez?
Birnbaum : Bien, rétention
des gens qui viennent de l'extérieur, de la France, entre autres. Et y en a-t-il un bon pourcentage qui reste et qui travaille
ici suite à leurs études?
Dumouchel (Pierre) : O.K. Le
taux de placement de nos étudiants frôle le 100 % présentement. Et le taux de rétention, on est en train de regarder ça. On n'a pas des
statistiques là-dessus, sauf pour les étudiants français de premier cycle. Nous avons fait une relance de ces
diplômés-là. Et c'est là qu'on avait 90 % des diplômés français du
baccalauréat qui demeuraient au Québec pour y travailler.
M. Birnbaum : ...que ça conclurait,
parce qu'il me semble que...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, quelques secondes, M. le député.
Birnbaum : Oui, il me semble que voilà une clé stratégique pour vos
efforts de continuer ce recrutement en France. Bon, voilà une chose
convaincante pour les jeunes, même avec les frais de scolarité élevés, à
considérer quand ils font leur choix. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Merci, M. le député de
D'Arcy-McGee. Alors, on va passer du côté de l'opposition officielle. Et
je souhaite la bienvenue à un nouveau membre et porte-parole de l'opposition
officielle en matière d'éducation et
persévérance scolaire. Bienvenue, M. le député de Lac-Saint-Jean. Alors, la
parole est à vous pour une période de 14 minutes.
Cloutier : Merci, Mme la Présidente. Merci de m'accueillir au sein de
votre commission. Distingués collègues, plaisir de vous retrouver. Alors, merci. Merci d'être avec nous ce
matin, puis merci de répondre à nos questions et de nous éclairer.
Je vais poursuivre un peu dans la même voie que
du côté gouvernemental quant à la réussite des élèves, mais surtout par rapport aux besoins du marché du
travail. Vous faisiez référence tout à l'heure à une diminution importante
du côté d'étudiants français, mais je me
demandais jusqu'à quel point vous deviez aller chercher des étudiants à
l'étranger pour réussir à combler le
besoin de main-d'oeuvre au Québec. Est-ce qu'il y a un écart finalement entre
les besoins puis votre capacité à former sur le territoire québécois?
Dumouchel (Pierre) : La seule métrique que j'ai, c'est le ratio au
niveau des stages, que je vous mentionnais tantôt, qu'il y avait plus de
33 % de stages offerts qui n'est pas comblé par nos stagiaires. Donc, pour
moi, c'est une métrique qui dit : Oui, on a encore besoin de former des
ingénieurs au Québec.
Quant à la base d'étudiants québécoise, elle
stagne. Au niveau des diplômés québécois, il y a 3 000 diplômés techniciens qui est notre principale base au
Québec. Et on va en chercher 30 %, de ces diplômés-là. Selon nous, on
sature à ce niveau-là. Parce qu'un
technicien, le diplôme technique, il peut être terminal aussi, contrairement à
sciences de la nature, que, lui,
c'est un diplôme préuniversitaire qui doit nécessairement aller vers
l'université. Et, on remarque, la perte de nos étudiants, c'est surtout autour du premier stage : soit que
l'étudiant a trouvé un emploi, puis il décide de demeurer à cet emploi-là, puis
qu'il ne revient plus aux étudiants. Donc, on a atteint un certain plafond, là,
au niveau du recrutement. Et le nombre d'étudiants gradués, techniciens
collégiens, bien soit qu'il stabilise ou il est en baisse.
C'est pour ça
qu'on veut aller chercher, pour répondre à la clientèle industrielle, aller en
chercher à l'extérieur du pays.
M. Cloutier : Est-ce que la capacité
de formation serait supérieure si vous étiez encore plus aptes à pouvoir déployer une formation sur l'ensemble du
territoire québécois? Parce que je vois que, dans votre mandat, justement,
c'est...
Dumouchel (Pierre) : Il y a des coûts à se déployer sur deux sites
aussi, des coûts administratifs, et nous, on a pris une autre philosophie, c'est qu'on a construit des résidences
étudiantes. On a demandé aux étudiants de se déplacer pour venir à Montréal plutôt que se déployer. Il
fut une époque où on était à Matane, on était à Sept-Îles, on a aussi tenté,
au niveau de certains programmes de deuxième
cycle, de venir à Québec, mais en louant certains locaux, mais je pense qu'on a, dans notre système, l'équivalent de sept
EETP, donc, c'est homéopathique, qu'est-ce qu'on fait à ce niveau, là.
Donc, on croit plus de pouvoir amener les
étudiants vers Montréal en leur accordant les facilités, entre autres, comme les résidences, là. Plusieurs de nos
étudiants vont faire leurs stages en région, ils peuvent retourner au
Lac-Saint-Jean, ils peuvent retourner dans la Beauce, et, pendant qu'ils
retournent, bien, on leur dit : Cessez de payer votre résidence, puis on vous garantit que vous allez avoir une
place en revenant. Puis aussi, le fait d'avoir une assurance d'avoir un lieu
à Montréal, ça les sécurise, surtout si les
étudiants qui viennent de régions ne sont pas habitués d'être dans une grande
ville. Donc, ça les sécurise d'être près de l'école.
Donc, nous, c'est notre approche qu'on a
déployée, puis je pense qu'elle nous sert bien, cette approche-là. Et il y a
des coûts à ça aussi, on est au centre-ville, les coûts de location sont très
élevés, mais mes prédécesseurs ont eu l'intelligence
d'acheter des bâtiments autour, il nous reste 1 million de pieds carrés à
développer qui nous appartient parce que
sinon, on parle de 30 $ le pied carré de location, là, à Montréal, sans
aménagement, là, donc, ça, ça nous coûte très cher, ça, si on n'avait
pas les locaux. On a cette chance-là, et il faut développer ce parc-là
adéquatement.
M. Cloutier : Je lisais tout à
l'heure qu'il y a quand même de la formation qui se fait de manière numérique. Est-ce que c'est une voie que vous avez l'intention
d'emprunter pour accroître la formation qui se fait à partir de moyens
électroniques ou, au contraire, vous souhaitez davantage une présence physique
sur les lieux de l'institution?
Dumouchel (Pierre) : Il faut savoir que chacun de nos cours, on
associe un laboratoire d'enseignement. C'est une autre caractéristique, ça, qu'on est très appliqués, là. Donc, on
suit un cours de mathématique, mais il y a un laboratoire de mathématique aussi associé à ça. Donc, on est
un peu différents des autres écoles. Donc, ce côté, là, de se mettre les
mains à la pâte, c'est un peu difficile de
le faire à distance. Par contre, on regarde... on est en train d'étudier aussi
cette possibilité-là des cours... Je
crois que c'est important de garder les cours en présentiel puis c'est
important aussi que les étudiants se
réunissent en groupes pour essayer de résoudre des problèmes insolubles jusqu'à
2, 3 heures du matin, c'est comme ça qu'on apprend le génie. Les MOOC,
oui, il y a des applications qu'on peut faire, mais une application en présentiel, actuellement, nous, on croit plus à ça
pour le génie, mais on regarde aussi cette possibilité-là de faire
présentiel... On en fait déjà, encore
là, quelques cours à distance, mais, c'est dans une forme présentielle, donc
l'étudiant peut poser des questions au professeur.
Cloutier : Est-ce que vous connaissez le taux d'étudiants qui
proviennent région et qui retournent en région après la formation?
Dumouchel (Pierre) : Là, je vais demander à mes collègues. S'ils n'ont
pas une réponse, moi, je ne connais pas cette...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. Beauséjour.
M. Beauséjour (Mario) : On a à peu
près...
M. Dumouchel (Pierre) : Ah! ça
serait... excusez...
Présidente (Mme Rotiroti) : Ah! vous l'avez, O.K., parce que je
me disais : Si vous n'avez pas le chiffre tout de suite, on pourrait continuer, puis vous pouvez
le transmettre à la commission, on va s'assurer que tous les membres
reçoivent l'information.
M. Dumouchel (Pierre) : O.K. On
pourra répondre ultérieurement à cette question-là.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Parfait. Merci.
M. Dumouchel (Pierre) : O.K. Mme la
Présidente. Merci. Désolé.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, allez-y, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Je vous remercie, Mme la Présidente. Vous avez fait référence tout à l'heure à l'importance pour vous
de pouvoir embaucher des nouveaux professeurs. Vous avez manifesté la volonté
d'embaucher davantage de professeurs féminins. Est-ce que, d'abord,
un, vous avez les marges de manoeuvre financières pour embaucher davantage?
Puis, deuxièmement, avez-vous des pistes pour réussir à atteindre
votre objectif, c'est-à-dire d'embaucher davantage de professeurs
féminins?
Dumouchel (Pierre) : La
marge rétrécit de plus en plus. C'est de plus en plus difficile. Si on n'a pas
eu de déficit, c'est principalement dû à la croissance que l'école a vécue, et la croissance au niveau de l'embauche du personnel n'a
pas suivi la croissance étudiante. Donc, c'est pour ça qu'on a pu survivre dans
ce contexte-là un petit peu plus difficile au Québec actuellement. On croit qu'au niveau du baccalauréat il va y avoir une certaine stabilisation.
Il faut travailler fort là-dessus pour essayer de répondre aux besoins de l'industrie. Mais,
étant donné qu'on est une jeune université au niveau du deuxième et troisième cycle, la maîtrise a été
créée en 1993 et le doctorat en 2000, il y a encore de la croissance qu'on
peut avoir à ce niveau-là et qui pourrait justifier aussi en
partie l'embauche
de nouveaux professeurs.
Cloutier : Puis, par rapport au nombre de chargés de cours, est-ce que
c'est une problématique que vous avez?
Dumouchel (Pierre) : C'est une problématique, mais j'ai mentionné un
taux tantôt, un pourcentage, hein, et, vous
savez, quand qu'on... Je vous disais aussi : On n'a pas de classe de 200
élèves, nous autres, mais nous, on va avoir peut-être six classes. Donc, ça veut dire qu'on a de besoin de beaucoup
plus d'enseignants. Et c'est un choix, c'est un choix de l'école, qui garantit une meilleure persévérance. On a vu une
corrélation positive entre la réussite des études et les classes plus petites. Par contre, ça amène
d'autres contraintes, hein? Il faut bien les choisir, les chargés de cours. Il
faut que les professeurs les
supervisent pour bien... l'homogénéité dans chacun des cours qui va être
offert, dans les six cours, si je
prends l'exemple que j'avais tantôt, de 200 élèves. Donc, ça amène une charge
supplémentaire pour nos professeurs, là,
donc qui doivent accorder plus de temps à faire ce type de travail là que faire
de la recherche. Mais, étant donné qu'on est très près de l'industrie, qu'on peut engager... il y a des
excellents stagiaires qui font de la recherche dans les industries, puis
on peut aller les chercher, mais ils sont très appréciés par nos étudiants
aussi.
Cloutier : Par rapport aux dirigeants puis toute la question de la
rémunération, vous n'êtes pas sans savoir que c'est un sujet qui est quand même dans l'actualité de manière
récurrente, tout dépendamment des universités en cause ou des
institutions. Avez-vous une réflexion sur une politique interne quant à la
rémunération des hauts dirigeants? Est-ce que c'est votre... quant à votre
façon d'établir les sommes en cause? Qu'est-ce qui vous guide finalement?
M. Dumouchel
(Pierre) : Le fait... Excusez-moi! Vous avez fini votre question?
M. Cloutier :
Non, allez-y, ça...
Dumouchel (Pierre) : O.K. Le fait d'être sous le réseau des
universités du Québec, on est limités à ce niveau-là. Mon salaire est... En fait, le salaire de mes
collègues est moins élevé... à la direction, là, les cadres supérieurs, est
moins élevé qu'un directeur de
département dans d'autres facultés de génie d'universités à charte privées. Mon
salaire est aussi plus bas que celui
des directeurs de départements dans les universités. Donc, ça, ça nous amène
une certaine contrainte.
M. Cloutier :
Est-ce que ça vous limite, justement?
M. Dumouchel
(Pierre) : Ça nous limite. Ça nous limite parce que certains n'auront
pas la vocation que mes collègues ont pour continuer là-dedans. Et, je vous
dirais, en tant que professeur... quand je suis passé de professeur à directeur
général, j'ai eu une baisse de salaire de près de 50 000 $.
Cloutier : O.K. Ça, c'est comme choisir de faire de la politique, mais
c'est un autre sujet. Mais est-ce que justement il y a comme un marché,
inévitablement, hein, qui se crée? Est-ce qu'il devrait y avoir des règles,
dans ce marché, plus uniformes justement pour limiter cette disparité dans les
traitements? Est-ce que vous pensez que l'État québécois ou le Québec de manière plus générale devrait avoir une
réflexion qui s'applique à l'ensemble des institutions pour s'assurer
qu'il y ait un minimum de proportion raisonnable d'une institution à l'autre?
Dumouchel (Pierre) : Moi, je dirais : Les universités sont
autonomes, elles ont leurs propres instances, elles ont leurs propres C.A., qu'on fasse confiance à
aux C.A., aux conseils d'administration des universités pour gérer ça. La
place, dans les universités du Québec, est
beaucoup plus restreinte, là. Ce n'est pas le C.A. qui détermine les salaires
des personnes dirigeantes. Donc, ça
peut limiter la qualité des dirigeants. Ça ne touche pas les professeurs, là, ça va toucher les personnes dirigeantes. Mais, vous savez, dans
les universités, souvent, les cadres,
ce sont des anciens professeurs qui deviennent
cadres. C'était mon cas, c'était le cas de tous sauf ceux... le directeur de
l'administration et le secrétaire général. Mais, des fois, on se pose la question : Est-ce qu'on va assumer
une tâche administrative ou on continue la vie de professeur, qui était
une excellente vie aussi?
Cloutier : Vous faites référence au conseil d'administration, mais il
existe quand même des cas au Québec où des conseils d'administration ont autorisé des montants qui sont pour le
moins surprenants. C'est pour ça que je me demande si la... je me
demande...
Dumouchel (Pierre) : Oui. Je n'ose pas être à ce niveau-là, j'ai
l'impression de jouer un jeu politique, et ce n'est pas mon rôle. Par
contre, moi...
Cloutier : ...des règles des hauts dirigeants fait
partie de la
réflexion des administrateurs, à mon point de vue.
M. Dumouchel
(Pierre) : Oui, oui.
M. Cloutier : Je comprends que votre
réseau à vous est davantage encadré, on va le dire comme ça. Mais, par contre, vous vivez de la compétition
inévitablement à l'externe. Et un de nos arguments, qui est un des arguments
qui est servi, c'est
de dire : Oui, mais, si on ne paie pas assez, les meilleurs vont quitter,
on va aller chercher un tel à l'ETS, puis on va l'amener, je ne sais
pas, moi, chez un compétiteur, entre guillemets.
M. Dumouchel
(Pierre) : Oui. Mais je vous répondrais : S'il y a des conseils
d'administration qui n'ont pas fait leur
travail, le problème est là, et c'est là qu'il faut corriger le problème,
plutôt que d'essayer de le contourner
puis d'essayer de proposer des lois
pour essayer de contourner cette chose-là. Je suis plus de la
philosophie : Où est le problème,
et solutionnons le problème où il se trouve.
Cloutier : Je comprends,
mais, les sommes, une
partie importante provient quand même de fonds publics.
Qui dit fonds publics dit une nécessité de reddition de comptes supplémentaire et une obligation, je pense aussi... Nous,
certainement, comme législateurs, mais, de manière plus
générale, comme représentants du public, c'est de s'assurer que les
sommes soient investies des bonnes manières. Puis je profite de votre présence
aujourd'hui pour bien comprendre comment ça
fonctionne puisque vous êtes dans un réseau qui est davantage encadré. Ça
semble bien fonctionner quand même quand on trouve toujours des gens
comme vous, qui ont le courage finalement de faire ce travail, même si des circonstances financières ne sont pas toujours au
rendez-vous, je vais le dire comme ça. Voilà, c'est plus un commentaire
qu'une question.
M. Dumouchel
(Pierre) : Merci, merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup. Alors, on va passer
du côté du gouvernement pour un bloc de 16 minutes. Et je cède la
parole au député de Jean-Talon.
M. Proulx :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci de votre présentation très
structurée et très éclairante. Vous
avez parlé des étudiants de première génération, et je vous ai entendu dire
qu'il y avait 58 %, si ma mémoire est bonne, de ce que j'ai vu...
M. Dumouchel
(Pierre) : Oui, oui.
M. Proulx :
...des étudiants qui, chez vous, étaient de première génération. Vous avez
parlé également des techniciens, là, qui
sont à l'étude chez vous, ce qui fait en sorte que vous avez, bien entendu, des
gens qui, même dans leur entourage,
n'avaient jamais fréquenté l'université, alors... Certaines universités nous
ont dit que ça nécessitait, je dirais, un
encadrement différent ou, en tout cas, il fallait s'y attarder davantage, à ces
étudiants-là, pour s'assurer de la réussite scolaire au bout puis de la diplomation. Est-ce que vous avez remarqué
au fil du temps que, chez vous, c'est à peu près... c'est la même chose? Est-ce que, lorsque vous avez
des étudiants de première génération, ça nécessite plus de soutien? Est-ce que vous avez l'impression qu'ils ont une
diplomation qui est plus tardive ou parfois plus difficile parce que le phénomène est nouveau et le choc est nouveau à la
maison et dans la famille? Comment vous percevez ces étudiants-là par
rapport à ceux qui ont des parents... ont des gens qui, dans leur famille, ont
fréquenté l'université, par exemple?
Dumouchel (Pierre) : On n'a pas vu de différence entre un étudiant de
première génération ou un autre que ses
parents étaient allés à l'université. Il faut savoir aussi qu'on ne contingente
pas nos programmes, hein, nous? Donc, les étudiants qui ont réussi leur diplôme
collégial, bien, ils sont acceptés chez nous. Donc, ça nous a demandé, dès le
départ, d'avoir des initiatives, de prendre
des initiatives à l'intérieur de l'école pour s'assurer de la persévérance de
ces étudiants-là.
Puis
une chose qu'on a faite, entre autres, ce sont les tests diagnostics. Donc,
même avant qu'ils démarrent leur premier
cours, on leur a fait faire des tests diagnostics en mathématique, en science
et aussi en programmation. Et, pour mieux
les diriger, il se peut que certains étudiants vont dire : Mais, vous
allez faire un cours de mathématique supplémentaire pour vous amener au même niveau que les autres
étudiants qui vont venir. Donc, ça, c'était une première initiative qu'on a
faite.
a aussi fait des initiatives de rencontre avec les étudiants pour qu'ils se
préparent pour... Vous savez, le défaut, souvent, des étudiants, c'est la procrastination, là, de reporter, donc,
essayer de les préparer à ne pas faire ça. Il y a d'autres initiatives qu'on a prises puis on s'est aperçus
que ça avait des conséquences aussi. Avant, l'abandon d'un cours, ça se faisait après deux semaines. Là, on a reporté ça à
quatre semaines pour au moins mieux suivre cet étudiant-là. Et il y a plusieurs initiatives, peut-être,
Jean-Luc, tu peux continuer là-dessus ou... Maarouf, oui, vas-y.
Saad (Maarouf) : Juste pour
ajouter — merci — pour
la question très censée, très intéressante, il faut
voir que c'est des étudiants qui sont
là par choix, parce qu'ils ont tout
à fait le choix d'y aller,
travailler, et donc il y a un niveau de sérieux, de maturité assez élevé. Donc, ça ne nous empêche pas de
mettre des moyens sur place pour les aider à mieux performer. Donc, M. Dumouchel a mentionné le test
diagnostic. Ils sont bien encadrés, les nouveaux étudiants, et bien, bien, équipés aussi pour venir en support à ces
étudiants-là. Donc, au niveau
préparation, on prend tous les moyens pour qu'ils réussissent très bien.
Et il y en a, des étudiants, qui passent un an ou deux sur le marché du travail
et ils constatent qu'ils sont déjà saturés,
ils reviennent à l'ETS, donc ils reviennent encore beaucoup plus motivés. Et
une fois qu'on dit : Quand ils
ont fait le stage, le premier stage, ils sont à 95 % jusqu'à la fin de
leur diplôme. Donc, vous voyez, on ne
sent pas qu'ils sont forcés d'être là, et c'est vraiment la dynamique des
classes qui est très, très intéressante à ce niveau-là.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, M. le député.
M. Proulx : Merci, Mme la Présidente. C'est intéressant. Vous
avez dit que les gens étaient motivés, c'est par choix qu'ils étaient là. Il y a — c'est dans l'air du temps et c'est tant
mieux — une
fibre entrepreneuriale, hein, chez les jeunes,
qui se développe, je la sens, je la vois autour de moi. Vous avez mis en place
différentes initiatives, vous en avez parlé tout à l'heure, une m'a
intéressé particulièrement, vous appelez ça le Centech.
Une voix :
Le Centech, oui.
M. Proulx :
Le centre de technologie où des étudiants vont tester, dans le fond, une idée
qui pourrait éventuellement devenir
une entreprise, ni plus ni moins. Vous dites que vous avez déjà des succès, des
entreprises qui existent grâce à ça. Ça
m'apparaît génial, là, si on a une idée, si on veut se diplômer, si on est dans
un métier, dans une profession qui a un taux de placement et qui a de l'avenir, là, c'est le cas de le dire,
d'être en mesure d'aller dans un encadrement expérimenté, je dirais, avec des gens qui ont de l'expérience,
être capable d'aller tester son affaire pour voir s'il y a de l'avenir pour moi
là-dedans comme entrepreneur. J'aimerais ça
que vous nous racontiez un peu ce que c'est, peut-être, si c'est possible,
nous dire aussi quel genre de succès on voit de ça, parce que ça m'apparaît
bien intéressant.
Dumouchel (Pierre) : Donc, c'est un endroit où on veut aider
l'étudiant à démarrer une entreprise. Parce qu'une entreprise, ce n'est pas seulement une idée, c'est
aussi comment on fait un plan d'affaires. Ça nous prend des mentors
technologiques. Et ça, les mentors technologiques, on n'a pas de
difficulté, on a les professeurs pour pouvoir le faire. C'est des mentors
d'affaires, aussi, qu'on a besoin. Donc, c'est d'attirer ce type. Et ça, c'est
un ingrédient primordial d'avoir un mentor
d'affaires aussi qui va te dire : Bien, ton idée, là, elle est peut-être
géniale sur papier, là, mais il y a déjà un brevet là-dedans, oublie ça, tu vas foncer sur un mur de béton, puis
ça ne bouge pas, un mur de béton. Donc, avoir ces gens-là autour pour
tout de suite bien les diriger, c'est important de le faire.
Puis on a la chance,
nous autres, d'avoir 9 500 étudiants. Si on dit, quoi, il y en a 1 %
ou 2 % qui ont la fibre étudiante,
bien, ça en fait beaucoup, ça, qui auraient la fibre étudiante. Il faut leur donner
un environnement. Et l'environnement, c'est
le mentor technologique, c'est le mentor d'affaires, c'est aussi le lieu. Le
lieu, on a de l'équipement de laboratoire qu'il peut travailler avec le professeur, puis c'est des équipements de
laboratoire qu'ils ne pourraient pas se payer dans leur sous-sol, là. Des fois, il y a des
imprimantes 3D qu'on a, qui valent au-dessus de 5 millions de dollars.
Donc, s'il peut avoir une bonne relation avec le professeur, on peut
exploiter aussi ce côté-là.
il y en a un qu'on n'a pas exploité encore et qu'on va mettre en place, mais ça
prend un certain temps d'organiser ça,
c'est au niveau des étudiants qui font leur maîtrise et leur doctorat. Pendant
leur maîtrise et leur doctorat, ils ont fait une invention, et certaines de ces inventions-là méritent d'être
transformées en innovation. Et, là encore, il faut les entourer de mentors pour dire : Prends ton invention
et fais un produit avec ça. Et cette idée-là n'est pas nouvelle, là,
l'Université de Toronto la teste, présentement,
ça s'appelle le Creative Destruction Lab. Et, avec l'Université McGill, avec
Suzanne Fortier, on est en train de
regarder ça, comment on peut travailler en collaboration là-dessus pour créer
ce milieu-là, pour que nos doctorants,
et il y en a de plus en plus, des... enfin, aussi les postdoctorants, surtout,
là. Il n'y a pas seulement des emplois universitaires, mais ils pourraient aussi créer leurs propres entreprises,
aussi, et c'est ça qu'on veut exploiter. Donc, c'est un scoop que je
viens de vous donner, là, mais c'est quelque chose qu'on veut faire dans
l'avenir.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui, allez-y, il vous reste encore du temps.
M. Proulx :
Alors, bonne nouvelle si les choses vont continuer d'évoluer. Vous avez parlé
tout à l'heure des perspectives d'avenir et de la possibilité de
diplômer encore plus d'ingénieurs. Je comprends que, pour M. et Mme
Tout-le-monde et pour les gens qui ne
connaissent peu le génie, l'ingénieur typique, là, c'est celui qu'on connaît,
qui est l'ingénieur-conseil avec les plans. Moi, j'ai fait mon droit,
puis on ne finit pas tous... et voilà.
Une voix :
Avec un jonc.
M. Proulx :
Et avec le jonc. Mais on ne finit pas tous chez les avocats, dans une salle de
cour non plus, à plaider avec la toge. Alors, il y a de la diversité
pour les professionnels. Vous avez — et là c'est moi qui a
peut-être mal compris — évoqué différentes branches ou secteurs, là,
du génie, où on pourrait diplômer sept fois plus d'étudiants qu'on en a
aujourd'hui.
Pouvez-vous
nous donner un peu, par secteur, là, d'activité, sans tomber dans une étude
très, très exhaustive, les secteurs
d'avenir, c'est quoi? Moi, j'ai un jeune fils de neuf ans qui me dit tout le
temps : Moi, papa, je veux devenir un ingénieur. Si, dans quelques années, là, il a le goût puis il veut
continuer, quels sont les secteurs vers lesquels, là, vous nous
dites : Si on avait les moyens, comme le disait le député de
Lac-Saint-Jean, on irait de l'avant.
Dumouchel (Pierre) : Je vais démarrer. On vient tous de profils
différents, je pense qu'on va tous prêcher pour notre paroisse, là, à ce
niveau-là.
Dumouchel (Pierre) : Mais, si j'utilise la métrique d'offre de stages
sur les stagiaires disponibles... et là ce n'est pas nos génies que nous avons... la construction est un peu plus
difficile actuellement. En électricité, en énergie, il semble y avoir encore un
besoin, mais moindre que des domaines tels le génie des logiciels et le TI
d'information. Une compagnie comme
CGI, qui emploie 68 000 employés puis qui sont toujours en croissance, ils
en ont besoin, d'ingénieurs, dans ce
domaine-là. Et on voit les domaines avec les centres de données. Les centres de
données, ce n'est pas là qu'ils emploient beaucoup de gens, mais c'est
de l'analyse de ces données-là, tout ce qui tourne autour de l'analytique, l'intelligence artificielle, ce sont des domaines
qui sont porteurs dans l'avenir. On peut penser aussi que, l'environnement,
ça peut être un domaine qui est porteur dans l'avenir. Mais c'est assez
difficile de prédire, hein, parce que...
Je vais vous
donner mon expérience personnelle. J'ai fait McGill en génie électrique et,
quand j'ai commencé ma maîtrise,
j'étais en synthèse de la voix par ordinateur et, quand j'ai commencé mon
doctorat, c'était la reconnaissance de
la voix par ordinateur. Et, quand j'ai commencé ma maîtrise, la reconnaissance
de la parole, ça n'existait pas. Donc, trois
ans après, il y a un domaine qui est apparu. Quand je faisais ma maîtrise, on
étudiait le codage pour les fax, puis les fax n'existaient pas à l'époque, là, ça commençait. Puis là, aujourd'hui,
là, ils disparaissent. Donc, tout va très vite, c'est de façon
logarithmique, donc...
Mais,
pour les quatre, cinq prochaines années, les domaines du génie électrique,
mécanique, c'est bien. Construction, c'est
un peu plus difficile, mais est-ce que c'est le contexte actuel? Chose
certaine, vous me rappelez, là, il y a un livre de John Ralston Saul, Paradis blues , qui disait que, dans les
années 50, au Québec, on formait des prêtres, dans les années 60, c'était des génies civils. Aujourd'hui, je pense qu'on
forme des ingénieurs en logiciels et en... touche l'intelligence artificielle, c'est... biomédical, aussi, qui peut
être très porteur, notamment avec nos centres universitaires. J'espère que
ça va être créateur d'emplois, ça, créateur
aussi de nouvelles entreprises, étant donné toute cette masse d'argent là qu'on
a investie là, que ça va avoir des effets secondaires au niveau des études et
aussi des industries.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Il vous reste encore quatre minutes, M. le député de Jean-Talon.
Proulx : Vous avez parlé
tout à l'heure de la France comme étant un des partenaires importants à
l'étranger. Vous avez dit que vous
êtes présent dans 35 pays. Toujours intéressé de voir ce que le Québec fait à
l'étranger, puis où on est représenté, et où il faut être fier, là, de
notre présence et de nos actions.
Est-ce que
vous pouvez également nous parler un peu des autres pays ou des secteurs, là,
dans lesquels vous êtes sur la planète, et quel genre d'entente vous
avez avec ces gens-là? Est-ce qu'on forme ici ou vous formez là-bas, par
exemple, des ingénieurs?
Dumouchel (Pierre) : On n'est pas délocalisés. Autant au Québec on
n'est pas délocalisés que... Certaines universités
vont se délocaliser dans d'autres pays. On ne le pratique pas. Ce qu'on fait,
c'est qu'on signe des ententes de collaboration
avec les autres universités, qui peut faciliter la mobilité étudiante et,
aussi, même à certains niveaux qu'on fait de la double diplomation.
Maarouf, tu peux rajouter là-dessus?
M. Saad
(Maarouf) : Nous avons, certainement en Europe, nous avons en Afrique du Nord, mais on a travaillé très, très
fort, les dernières années aussi avec l'Amérique latine. Par exemple, avec le Mexique, nous avons une entente spéciale pour accueillir 10 étudiants au doctorat par année du conseil national.
Donc, ils viennent avec leur bourse. Avec l'Équateur aussi, nous avons une collaboration depuis une
quinzaine d'années. Donc, nous avons formé une quinzaine de professeurs
d'université déjà, à travers juste des programmes de bourse, qui viennent nous
visiter. Avec le Brésil, par exemple, nous avons aussi un travail qui est d'une
vingtaine d'années facilement, et on a au moins une vingtaine d'étudiants
au doctorat qui étaient formés à l'ETS qui sont déjà professeurs.
Donc, vous
voyez, le marché de l'Amérique latine nous intéresse beaucoup; ce sont des latins comme nous, ici, et
ils s'intègrent très bien, ils apprennent le
français, et il n'y a pas de problème. Je pense, dans les prochaines années, on
va continuer, on va poursuivre dans
cette direction, peut-être la Colombie ou peut-être le Pérou, d'autres
pays autour aussi. Donc, c'est un
marché qui nous intéresse beaucoup parce
que les étudiants arrivent avec leur
bourse, ils ont une stabilité financière pour les quatre ou cinq
prochaines années qu'ils passent ici.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, il reste encore deux minutes.
Proulx : Je vais prendre une
dernière question de mon côté dans ce bloc-ci, Mme la Présidente. Vous avez
parlé d'espace tout à l'heure. J'ai vu votre présentation avant, j'ai lu votre document,
je vous ai entendu le répéter, que vous
aviez un déficit d'espace. Une des questions que je vous aurais posée, parce que
je ne connaissais pas la réponse et
que je ne connaissais pas bien l'institution, c'est : Comment est-ce qu'on fait pour développer dans un endroit aussi saturé de Montréal? Moi, pour y avoir vécu un peu et travaillé dans
ce secteur-là, je le comprends bien. Je
comprends que vous avez 1 million de
pieds carrés encore que vous pourriez développer et aménager. Juste pour notre
gouverne, est-ce que ce sont donc des bâtiments qui actuellement sont en
location ou des bâtiments que vous possédez que vous pourriez réaménager version campus et laboratoires, par exemple,
ou ce sont des installations, là, qu'il faudra éventuellement
transformer près du site ou à l'extérieur, là, de la proximité?
Dumouchel (Pierre) : Ce sont
des bâtiments que nous ne pouvons pas utiliser. C'est l'ancienne brasserie Dow,
en grande partie, où il y avait
la grosse cuve, là. Mais là ils brassent... On y brassait du malt, mais, nous
autres, c'est des neurones qu'on brasse. Donc, ce n'est pas le bon endroit,
donc il faut réaménager...
M. Proulx :
...ensemble des fois?
Dumouchel (Pierre) : Bien,
les ingénieurs, beaucoup, effectivement.
Mais il faut réaménager, et ça
prend du temps, et il faut
obtenir les permissions gouvernementales pour ce faire. Et, ça, on peut parler... Le
jour qu'on décide de vouloir agrandir
et la journée qu'on a les clés de l'endroit, c'est quelque chose autour de cinq ans. Donc, il
faut vraiment planifier d'avance.
Donc, là, présentement, j'ai créé un bureau de la recherche institutionnelle pour essayer
de prédire les besoins, la croissance étudiante, quels seront nos
besoins aussi au niveau des espaces, et on va mettre ça en branle.
Mais il y a
une certaine latence là-dedans. Il y a une très grande inertie. J'aimerais ça pouvoir
réduire ce délai-là, mais, actuellement, il faut être réaliste, c'est de cinq ans, ces délais-là.
Nous avons les lieux, effectivement. Il y a peut-être
quelque chose comme 750 000 pieds
carrés d'ancienne brasserie, et on a un terrain vacant aussi qui nous est
disponible, où on pourra avoir 250 000 pieds carrés aussi pour
construire à cet endroit-là.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Alors, le temps est terminé.
On va passer du côté du deuxième groupe de l'opposition officielle, et
je cède la parole à Mme la députée d'Iberville.
Samson : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, chers collègues. Je vous
salue. Bonjour, messieurs. On voit facilement
que les années qui viennent vont vous apporter un défi important au niveau des
ressources humaines. Vous l'avez dit,
renouveler, bon, remplacer les professeurs qui vont quitter à la retraite. Vous
voulez également rehausser ou hausser
le nombre de femmes professeures au sein du corps professoral. Vous avez de
nouveaux besoins, donc vous allez avoir...
Ça va prendre plus que de la chance pour trouver tous les ingrédients à ce
nouveau défi là, là. J'imagine que ça demande une certaine
planification. Ça va bien, par exemple? Ou si...
M. Dumouchel
(Pierre) : Nous, on est conscients du défi qui nous attend. Et, lors
d'une restructuration que j'ai faite
l'année dernière, j'ai prévu des postes de professeurs... Parce qu'il faut
savoir qu'il y a une certaine façon de faire dans les universités. L'embauche
passe par les départements. Donc, j'ai prévu l'embauche... pas l'embauche, mais
deux postes qui vont être occupés par des
professeurs à temps partiel. Un, c'est pour l'embauche proprement dit, parce
que, présentement, la façon qu'on fait
l'embauche, c'est un peu de façon passive, en affichant sur des sites Web ou
des sites spécialisés, les postes qui
sont offerts. Donc là, on veut être plus proactifs, dire que, dans tel domaine...
on recherche un professeur dans tel domaine, puis utiliser nos réseaux
pour essayer d'aller chercher ce professeur-là.
Mme Samson : De les identifier.
Dumouchel (Pierre) : Et qui dit embauche... Il faut bien les encadrer,
ces professeurs-là. Donc, j'ai un autre poste, qui va être assumé par un professeur, pour le mentorat et le
suivi de la carrière, pour l'aider à démarrer la carrière. Et aussi, en amont de ça, il y avait une certaine
longueur dans le processus. Ça partait des départements jusqu'au C.A. de
l'organisation. Mais on va faire des choses en parallèle et on va...
Mme Samson : ...raccourcir tout ça.
Dumouchel (Pierre) : ...réduire aussi le nombre d'intervenants, de
sorte que l'embauche va se faire de façon beaucoup plus rapide.
Donc, ce sont
les trois façons qu'on espère aller chercher plus rapidement des professeurs.
Mais c'est difficile. C'est difficile parce que la compétition est
forte.
Mme Samson : Bien oui, elle est
forte, oui.
Dumouchel (Pierre) : C'est une compétition mondiale parce qu'on veut
aller chercher les meilleurs, et toutes les universités, on se
compétitionne là-dedans.
Samson : Tout à fait, je comprends très bien. On parlait tantôt des
différentes initiatives que vous avez mises de l'avant, puis il y en a
une qui m'a frappée : c'est INGO...
M. Dumouchel (Pierre) : INGO, oui.
Samson : ...où vous accueillez à l'université des entreprises
courantes, là, qui rentrent chez vous, qui travaillent avec vos
professeurs, vos étudiants pour peaufiner, inventer, créer, tester...
Pouvez-vous nous donner un exemple de ça,
parce que ça m'apparaît bien tripant, là. Je trouve ça bien intéressant, là.
Pouvez-vous me donner un exemple?
Dumouchel (Pierre) : Bien, je vais vous donner un exemple.
Présentement, c'est une compagnie qui travaille avec un de nos chercheurs qui font des écouteurs pour filtrer les bruits
en industrie, pour essayer de contrer la surdité des employés. Et cette
compagnie-là travaille en étroite collaboration... Mais là ils vont louer un
espace qui correspond presque à 100 000
pieds carrés, et l'industrie va venir s'installer juste l'autre côté de la rue
de chez nous, et le laboratoire du
professeur va venir s'installer tout à côté, sur le même étage, donc, pour
assurer une meilleure dynamique entre les employés et les étudiants. Et ça, c'est très bien
parce que les étudiants travaillent sur des projets vraiment appliqués. C'est
ça que nos étudiants recherchent.
reste quand même... C'est des projets qui vont mener à des publications, qui
vont mener aussi à la publication de la thèse, là. Ce n'est pas des
employés pour la compagnie, non : il faut qu'ils aient un but de
recherche.
Samson : De recherche. Bien, c'est superintéressant. Puis là je vais
vous poser — et ce
sera ma dernière question, ensuite,
je vais passer la parole à mon collègue — la question qui tue de la néophyte,
là : Si on confiait à l'ETS le soin de régler le cas du dossier
santé, combien de temps ça prendrait, avec vos experts, vos chercheurs puis vos...
Dumouchel (Pierre) : Je vous dirais : Ce n'est pas un problème
technologique, donc on ne serait pas bons pour régler ce problème-là.
C'est plus un autre problème humain, de processus.
Mme Samson :
Ce n'est pas un problème technologique.
Dumouchel (Pierre) : Oui, sauf peut-être ceux qui sont en gestion des
opérations logicielles, comme mon collègue
derrière. Lui, peut-être, il pourrait contribuer là-dedans. Mais la technologie
existe déjà, là. On le mentionnait ce
midi, là : Moi, ça fait peut-être... J'ai acheté quelque chose chez
RadioShack, là, un fil, il y a peut-être... il y a 10 ans puis je suis déjà fiché encore. Puis ils me
connaissent... que j'ai acheté chez... Puis je n'ai pas pris de garantie, mais
ils m'avaient demandé une garantie
sur un fil. Eux sont capables de le faire, mais nous, on n'est pas capables de
le faire dans... Donc, ce n'est pas technologique, le problème.
Mme Samson :
Ce n'est pas technologique. Je vous remercie, monsieur.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Oui, alors je cède la parole
à M. le député d'Iberville... non, de Chambly.
M. Roberge :
De Chambly.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Excuse-moi, désolée.
M. Roberge :
Ce n'est pas grave, on est voisins. Ça va aller, ça va aller.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui, oui, désolée, désolée. Vous êtes en
Montérégie.
Roberge : Moi, je ne sais pas si je dois me réjouir ou me désoler de
votre dernière réponse, mais on va dire que je suis un optimiste : Je vais m'en réjouir. Technologiquement,
il n'y a pas de problème. On regardera du côté de la gouvernance une
autre fois.
Vous
avez parlé plus tôt de... nombre important d'inscriptions d'étudiants français
et vous avez dit... Je veux juste être
sûr que j'ai bien compris : Il y a eu une baisse, cette année, de
60 % du nombre d'inscriptions. Est-ce que c'est bien ce que j'ai
compris?
Dumouchel (Pierre) : De nouvelles inscriptions, oui, pour la première
année, au niveau du baccalauréat seulement, là.
Roberge : O.K. Est-ce que c'est une baisse de demandes ou une baisse
d'admissions? Il y a quand même une différence,
parce que, s'il y a... Supposons qu'il y avait 200 places, peu importe le
nombre de demandes, le nombre d'étudiants ne fluctue pas, mais là on a
60 % moins de Français cette année...
M. Dumouchel
(Pierre) : Inscrits.
M. Dumouchel
(Pierre) : Oui. Il y a eu baisse de 50 % au niveau des admissions
et de 60 % au niveau des inscriptions. Donc, admission, il faut bien
s'entendre, là, c'est que l'étudiant demande une admission, et nous, nous l'acceptons. Donc, comparativement à l'année
dernière, il y a eu une baisse de 50 % là. Et, au niveau des demandes
où... demandes, c'est encore plus en amont, là, une baisse 50 %
aussi.
M. Roberge :
Et ces places-là qui n'ont donc pas été comblées par des étudiants français ne
sont pas restées vacantes. Est-ce à dire que c'est des étudiants québécois qui
en ont bénéficié?
M. Dumouchel
(Pierre) : Non, non, ça ne fonctionne pas comme ça, là, c'est...
M. Roberge :
Mais j'aimerais savoir ce qui est passé avec votre effectif étudiant.
M. Dumouchel
(Pierre) : On n'a pas de quotas, nous. On n'a pas de quotas, on
accepte les étudiants, donc c'est une baisse sèche, là. Par contre, au niveau
du baccalauréat, on a eu somme toute une hausse de 2 % cette année,
comparativement, de nouvelles inscriptions, là, comparativement à l'an passé,
M. Roberge : O.K. C'est
très particulier parce que, bon, vous n'êtes pas les premiers à passer devant
la commission cette année, puis les
administrateurs de d'autres institutions appréhendaient ce qui vous est arrivé,
ils ne l'ont pas vécu, mais, dans votre cas, vous avez été frappé de
plein fouet.
Maintenant,
concernant une clientèle tout à fait différente, les étudiants avec handicap,
ce que j'ai vu, c'est qu'en 2012 vous
en aviez 108; en 2015, 276. Ça reste marginal, mais quand même, en pourcentage,
c'est une grande augmentation. Est-ce que vous avez les moyens de bien
accueillir et de bien accompagner ces étudiants-là?
M. Dumouchel
(Pierre) : Jean-Luc.
Fihey (Jean-Luc) : Alors, oui, nous avons mis en place tous ces
moyens-là. Et il faut dire que, si on revient à la mission de l'École de
technologie supérieure, ça a été toujours l'accessibilité aux études, donc, de
tout temps, on a mis en place des programmes
d'aide aux étudiants, d'accompagnement des étudiants qui avaient des
difficultés d'ordre scolaire, là, à
l'intérieur de l'école, donc on n'est pas vraiment pris au dépourvu du fait
cette clientèle est en croissance. Il
y a un transfert de fonds du gouvernement. On a eu un transfert, nous, de
250 000 $ pour les... puisque maintenant les universités auront la responsabilité de fournir
l'aide qui est demandée par l'étudiant. Avant, c'était le gouvernement qui
l'offrait. Donc, par exemple, s'ils ont
besoin d'une personne pour les accompagner lorsqu'ils prennent les notes en
classe, des choses comme ça, nous,
nous allons... Je vous l'ai dit, on a deux défis, là. On a le défi à
l'intérieur de l'école. Je pense que,
ce défi-là, on est en mesure de le gérer. Mais ça met un peu plus de pression
sur les espaces parce que certains de ces étudiants-là nécessitent, pour les examens, d'être isolés, donc on a
besoin de plus d'espace pour les examens. Et ce qu'ils demandent aussi le plus, c'est d'avoir plus de
temps, plus de temps pour faire leurs examens, pour faire leurs devoirs, donc
on leur accorde ce temps-là. On veut
vraiment aider tous ces étudiants-là. Nous, c'est notre rôle. On pense qu'à
l'intérieur de l'école ils peuvent se
développer et ils peuvent, on l'espère, sortir de là avec un diplôme
d'ingénieur, tout comme les autres
étudiants, et sûrement, comme ils auront fait trois stages, ils auront trouvé
leur voie durant ces stages-là pour le marché de l'emploi.
Roberge : Merci. Il y a eu des compressions dans le réseau
universitaire depuis quelques années. Vous avez continué de bien accueillir vos étudiants ayant des besoins
particuliers. J'ai vu que vous avez réussi à balancer vos budgets. Félicitations! Quelle est la recette... Quelle
partie de l'université a mangé le coup, si j'ose dire? D'après ce que j'ai
compris, la proportion de cours
donnés par des chargés de cours par rapport à la proportion de cours donnés par
des professeurs a augmenté. Est-ce que c'est comme ça que vous avez
réussi à balancer votre budget?
M. Beauséjour (Mario) : Évidemment, comme on disait tantôt, l'école a
connu une très forte hausse de clientèle et c'est ça qui lui a permis d'absorber, finalement, les compressions
budgétaires, même si elles ont été importantes pour l'ETS. Depuis longtemps,
on dit qu'à l'école on a un déficit structurel. Donc, on a un déficit en termes
de nombre de professeurs, hein, de problèmes
d'embauche. Donc, ça n'a pas été un moyen d'équilibrer les finances de l'ETS,
mais c'est plutôt une conséquence du surplus, finalement, qu'on
rencontré.
C'est
sûr qu'avec ça, évidemment, il y a une budgétisation, donc, qui est très serrée,
très rigoureuse, donc, des fonds de
l'école. On a budget qui est centralisé à l'école, donc, qui est fait par le
service des finances, mais ensuite qui est distribué aux unités
budgétaires. Donc, lorsqu'il y a des économies qui sont réalisées, elles ne
sont pas redistribuées dans le service d'à
côté ou quoi que ce soit, là. Il y a vraiment une rigueur par rapport aux dépenses non
récurrentes, puis ça, c'est pratiquement
un budget sur la base zéro qu'on fait, là. Donc, c'est ce contrôle-là qui a
permis, en plus du manque de professeurs... qui est une conséquence du
surplus, là.
Dumouchel (Pierre) : N'eût
été de cette croissance-là, on aura vécu les mêmes contraintes, les mêmes difficultés
que nos collègues vivent dans les autres
universités, là. C'est cette croissance-là et l'impossibilité de suivre cette
croissance-là au niveau de l'embauche des professeurs et des lieux. Je
vous mentionnais tantôt, construire un nouveau bâtiment, ça peut prendre
cinq ans. Donc, bien là on ne peut pas bouger, avant cinq ans, là, vous
comprenez?
Roberge : Ça peut prendre
cinq ans, mais la raison pour laquelle vous n'enclenchez pas, là, aujourd'hui, ce processus-là, c'est parce que vous n'auriez pas les fonds
nécessaires pour bâtir ces bâtiments?
Dumouchel (Pierre) : Non, si
on veut engager, bien, il faut engager de façon intelligente, là. Donc, il faut
justifier la croissance étudiante. Donc, on
est dans ce mode-là, on va justifier cette croissance étudiante là qui est
présente, et aussi justifier auprès
du gouvernement que l'industrie en a besoin aussi. Donc, on est
en train de faire ça pour justifier... Parce qu'on veut agrandir, parce qu'on vit avec un
déficit structurel, là, qui... Heureusement, nos professeurs nous ont
supportés là-dedans, là, et il faut continuer là-dedans. Mais là c'est ça, ça
devient un petit peu invivable, là.
Roberge : Tout à l'heure, vous aviez commencé quelque chose avec ma
collègue d'Iberville par rapport à un partenariat
avec une entreprise où, même, une entreprise s'installait à côté de chez vous.
En Europe, ils appellent ça, je pense,
des «clusters», quelque chose comme ça, une forme de partenariat, une
entreprise, université. Nous, on appelle ça une zone d'innovation. Est-ce que c'est quelque chose qui est
porteur, selon vous, autant pour l'université que pour l'économie
québécoise?
M. Dumouchel (Pierre) : Oui. Oui,
c'est très porteur, puis, au Canada, on en a, des initiatives comme ça. On peut
penser à Communitech à Waterloo, qui a des BlackBerry, qui a OpenText qui est
là-bas aussi. Il y a MaRS aussi à Toronto, avec l'Université de Toronto. Nous, on a l'opportunité, on a
l'espace en plein centre-ville pour pouvoir faire ça.
Et, vous
savez, une des menaces des universités, c'est l'université virtuelle, et, si
on avait le choix de suivre un cours de type MOOC au MIT, vous venez le
faire dans une université canadienne, probablement on va aller au MIT à cause de la réputation qu'il y a derrière cette université-là. Donc, si jamais — si, là, c'est
un grand... — ces MOOC
là, ces universités virtuelles, ces
Wal-Mart de l'université, probablement, il y en a une qui va se développer dans
le futur. C'est peut-être Amazon
qui va être là-dedans, c'est peut-être Google qui va venir accaparer ce
marché-là. Comment on peut se
positionner, nous, les universités québécoises? Et la réponse de l'ETS, c'est
en ayant, à côté de nous, des industries fortes et innovantes qui engagent nos propres étudiants. Des étudiants
vont dire : Bien, moi, si je vais à l'ETS, bien, j'ai une
possibilité d'avoir un emploi intéressant, puis contribuer à la société.
Pour nous,
c'est notre réponse et je pense que c'est très important de réussir ce INGO là
qu'on essaie de développer et on peut
s'inspirer de qu'est-ce qui s'est fait à Toronto, en Europe, mais il faut
l'adapter pour le Québec, ça, c'est sûr.
Roberge : Développer notre modèle à nous-mêmes pour les zones
d'innovation, avec un partenariat, puis c'est une belle... C'est
intéressant de le mettre en opposition aux MOOC, aux universités en ligne, qui
ont quelque chose d'intéressant, mais qui...
on reste plus débranchés. On a beau être branchés virtuellement, mais on est
plus débranchés de la réalité quand
même, puis on n'a pas les deux mains dedans. On n'est pas en stage, un modèle
que vous avez très, très bien développé par ailleurs.
Une voix : Vous avez trois
minutes, M. le député.
M. Roberge : Pardon? Trois minutes?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Il vous reste trois minutes, oui.
Roberge : Je vous remercie, c'est bon. Vous avez parlé de votre façon d'attirer les étudiants de
l'extérieur de Montréal grâce à vos...
M. Dumouchel (Pierre) : Les
résidences?
Roberge : ...vos résidences.
Je vous remercie. Vous avez parlé d'une inauguration le 26 octobre
de La Maison des étudiants. Pouvez-vous m'en parler un petit peu? Ce
n'est pas des résidences, La Maison des étudiants?
M. Dumouchel (Pierre) : Non.
M. Roberge : Qu'est-ce que c'est?
Dumouchel (Pierre) : Ça a beaucoup
évolué avec le temps. Je ne sais pas qui est le mieux placé pour répondre.
Mais La Maison des étudiants, ça a démarré comme étant une entreprise
auxiliaire qui était payée entièrement par les entreprises auxiliaires de
l'école. Donc, les résidences, c'en est une, entreprise auxiliaire, entre
autres. Étant donné qu'on fait
partie du
quartier Griffintown aussi et qu'il y
a des règles d'urbanisme, donc, au
premier étage, on est obligés d'avoir
des entreprises qui viennent s'installer. Donc, il y a
une caisse populaire qui vient s'installer en bas et aussi il va y avoir
une pharmacie Jean Coutu qui va s'installer.
On voulait avoir, au cinquième étage — c'est un édifice de cinq étages — une clinique médicale, mais la personne qui voulait
le faire, son plan d'affaires ne fonctionnait pas, donc on a récupéré cette
partie-là. Et il y a certains services, des
services comme le centre de perfectionnement de l'ETS, qui ont été transférés
aussi dans ces locaux-là. Et, étant donné qu'on est en déficit de locaux qui
originellement étaient une vocation non académique,
bien, on commence à changer cette vocation-là. Donc, pour assurer le nombre de
salles de classe pour cet automne-là,
on a construit cinq salles de classe et trois laboratoires dans cette Maison
des étudiants là. Donc, c'est devenu maintenant un site académique. On
ne l'a pas fait reconnaître, on a demandé de le faire reconnaître...
Une voix : On est en cours.
Dumouchel (Pierre) : On est
en cours de le faire reconnaître. Je mentionnais tantôt : Il y a
une certaine inertie, là, avant de
construire des choses, mais on a la chance d'avoir ce building-là, qu'on
prévoyait pour d'autres utilisations, mais
là on va l'utiliser un peu comme un «buffer» pour s'assurer qu'on peut
continuer à vivre avec cette croissance-là qu'on a à l'université.
M. Roberge : Merci. Une petite
dernière.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
En quelques secondes, oui.
Roberge : Le Conseil supérieur de l'éducation a rendu public un rapport la semaine dernière sur le collégial, mais qui
avait plusieurs pistes sur les harmonisations entre les
formations collégiales et l'université. Vous avez choisi votre voie, vous prenez des gens qui ont fini une
technique. Est-ce que vous pensez que d'autres universités
devraient s'inspirer de ce rapport-là
du Conseil supérieur de l'éducation puis peut-être faire des ponts entre les techniques plus
longues, plus courtes et le réseau universitaire?
Dumouchel (Pierre) : J'ai en
main le rapport, je n'ai pas eu la chance de le lire, donc je peux
difficilement le commenter. Désolé.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup. Il ne reste plus de temps, M. le député de Chambly. Alors, on va passer du côté du gouvernement
pour le dernier bloc de 16 minutes. Alors, je cède la parole au député de Papineau.
Iracà : Merci, Mme la Présidente. Vous semblez extrêmement autonome comme organisme, bien structuré. Et on a posé la question aux dirigeants
d'université qui sont venus nous voir. Je vais vous poser la même question, j'aimerais que vous m'en parliez un peu : En lien avec le siège social de l'Université du Québec, quels sont vos liens, quels sont vos besoins, quelle est votre dépendance par rapport à eux? Avez-vous des liens étroits? Comment ça fonctionne? J'aimerais
vous entendre un peu là-dessus.
M. Dumouchel (Pierre) : On a des
liens étroits avec le réseau de l'Université du Québec : on a des services
partagés avec le réseau et aussi beaucoup
de recherche institutionnelle qui se fait à ce niveau-là. Et, personnellement, pour moi, c'est un réseau qui... bien, le siège social est vraiment important
pour l'ETS et que, si on l'abolissait, bien
ça coûterait plus cher de reconduire
toutes les activités qu'eux font dans chacune des universités,
parce que c'est important d'avoir de la recherche
institutionnelle, de voir notre positionnement avec les autres universités, des
services comme des services de logiciels,
administratifs, ainsi de suite. Donc, si on devait reproduire ça par 10, je ne
suis pas sûr qu'il y aurait une économie d'échelle à ce niveau-là.
Iracà : Quand vous dites qu'il y a
des services partagés, j'aimerais ça un
petit peu vous entendre là-dessus. Au niveau des liens avec les autres universités que vous faites pour
aller recruter différents étudiants, que ce soit à l'étranger ou ici, au
Québec, est-ce que vous passez systématiquement par le siège social ou vous y
allez de votre propre chef?
Dumouchel (Pierre) : Non. On
est de plus en plus autonomes. Il fut un moment où la création de
certains programmes devait aller jusqu'au siège social. C'est moins le cas
présentement. Nos budgets étaient approuvés au siège social auparavant, ce n'est plus le cas
maintenant, c'est notre propre instance, le conseil d'administration qui le
fait. Donc, c'est de plus en plus
décentralisé, le mode de fonctionnement du siège social, ce qui ne nous empêche
pas de faire des collaborations avec
d'autres types d'universités. Entre autres, nous, avec l'Université McGill et
le quartier d'innovations, on a mis
en place un organisme sans but lucratif pour la promotion de l'innovation dans
le Quartier de l'innovation, qui est principalement le quartier
Griffintown.
Et aussi on a
des collaborations, aussi, au niveau académique, avec l'Université Concordia,
on peut en avoir aussi avec les autres universités. Donc, ça, ça
n'empêche pas, à ce niveau-là, de faire des collaborations.
Iracà : Donc, ce que je comprends bien, Mme la Présidente, vous avez des liens directs avec d'autres universités. Le lien de dépendance qui, peut-être,
initialement, était plus nécessaire il y a quelques années, de ce que je comprends, de ce que vous me dites, là, c'est qu'en 2015, aujourd'hui, là, avec ce que vous êtes devenus, le siège social est toujours... Ce que vous nous dites, là, c'est que c'est toujours
intéressant, mais le lien de dépendance est moins fort
qu'il pouvait l'être il y a
quelques années dans le sens où vous créez vos propres contacts à l'extérieur et avec d'autres universités,
là, dans les services que vous offrez, là. C'est ce que j'entends et ce que je
comprends de ce que vous venez de dire.
M. Dumouchel (Pierre) : Oui, effectivement.
M. Iracà : Alors, merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Ça va? Parfait. Merci, M. le député de Papineau. Alors, M. le député de D'Arcy-McGee,
allez-y, vous avez 12 minutes.
Birnbaum : Merci, Mme la Présidente. On a parlé brièvement de votre performance sur
le plan financier et, à juste titre,
mon collègue vous a félicité. On va en convenir, le contexte
n'est pas facile, les exigences sur nous tous, sur tous les établissements de santé et services sociaux, communautaires, sont là, avec un meilleur
horizon dans l'avenir, et c'est pourquoi tout le monde a contribué à
cette tâche-là.
En même temps, on n'est pas sans savoir que c'est un défi. Ça prend de la
sophistication, ça prend un dévouement et
ça prend des stratégies et des protocoles, j'imagine, pour assurer que l'offre
de services, la qualité de l'offre de services continue à développer et à faire
son chemin en même temps qu'on doit faire avancer la chose sans nécessairement
avec une évaluation des finances qui serait à notre goût dans une situation
plus facile mondialement ici, au Québec.
Pouvez-vous
nous parler un petit peu des genres de stratégies et compromis, il faut
le dire, j'imagine, qui ont fait
partie de vos efforts pour continuer
sur un chemin vers des budgets équilibrés?
Le Président (M. Iracà) : M.
Dumouchel.
M. Dumouchel (Pierre) : Je vais me répéter un petit peu, là, mais on a pu
passer à travers ces coupures-là grâce principalement
à notre croissance étudiante, là, et que la croissance au corps professoral et
dans l'espace n'a pas suivi la même...
Et, si on avait vécu ne serait-ce une stabilisation de la clientèle, on aurait
été probablement dans la même situation que plusieurs autres universités.
Donc,
je ne veux pas dire qu'on a été des champions, puis venez regarder notre
recette à l'ETS, non. On a vécu des
moments difficiles, mais on sait que c'est temporaire, on comprend la
motivation derrière tout ça, mais, à long terme, ça peut avoir des
conséquences.
est conscients de ça. Vous savez, dans les universités, il y a quelques fonds
où on va chercher l'argent. Il y a les
fonds de roulement, que le gouvernement contribue, lequel... nous, c'est basé
sur le nombre d'étudiants équivalents temps
plein. Il y a aussi les droits de scolarité, là, qui fait... Et aussi là on ne
contrôle pas, hein, parce qu'on a limité les droits de scolarité, et, si on compare ça avec nos compétiteurs en
Ontario et dans le reste du Canada, qu'eux n'ont pas cette limite-là... Donc, la compétition, on est
capables de la vivre à court terme, mais, à long terme, ça va être extrêmement
difficile à vivre, ce contexte-là.
y a aussi les fonds de philanthropie, mais les fonds de philanthropie, pour les
universités québécoises, sont un peu plus
difficiles. Nous, on commence, on commence une campagne, la campagne est dans
le mode silencieux présentement, mais,
dans les universités canadiennes, sauf pour des universités anglophones, là,
qui existent depuis plusieurs années et
qu'il y a des grands fonds qu'ils peuvent aller accumuler là... Mais nous, on
commence là-dedans. Ce n'est pas avec cet
argent-là... Naturellement, on ne pourra pas prendre cet argent-là pour payer
de l'opérationnel, ça ne durera pas longtemps. Alors, on va épuiser ces
fonds-là.
Donc,
les sources de financement, on n'est pas dans un... comme un vrai marché
capitaliste où on peut, selon la réputation,
essayer d'augmenter les droits de scolarité; on est vraiment limités. Et ces
fonds-là ont été en décroissance au
cours des dernières années en nous disant que ça allait être de façon
temporaire. On comprend ce contexte-là, mais, à long terme, on va avoir plus de difficultés. On va avoir plus de
difficultés à recruter des professeurs, qui vont peut-être se dire : Bien, moi, je ne viendrai pas au
Québec parce que, là, il faut que je supervise sept chargés de cours, je n'ai
pas à faire ça à l'extérieur, puis
mon laboratoire de recherche, il est plus restreint parce que je dois le
partager avec d'autres. Donc, ça, à
court terme, on peut survivre dans ce contexte-là, mais, à long terme, ça va
être très difficile de passer à travers.
Birnbaum : En même temps, pour avoir la fiche que vous avez jusqu'à
date... Et j'imagine que vos projections vont à quelque part dans le même sens. Vous avez parlé des défis en ce
qui a trait aux revenus en même temps, que ça, ça a été une des raisons pourquoi vous étiez en
mesure de garder les choses équilibrées, plus d'effectifs. Sur le plan contrôle
des dépenses, j'imagine qu'il y a des
stratégies. Chaque université nous aura parlé un petit peu de leur stratégie.
Vous devez avoir les vôtres aussi en
termes de, bon, je ne sais pas, gestion des fonds de pension, ratio
maître-élèves. Pouvez-vous nous parler un petit peu de l'approche d'ETS
en tout ce qui a trait au contrôle des dépenses?
Dumouchel (Pierre) : Au niveau des fonds de pension, on a été assez
prévoyants. C'est depuis 2005, si je ne me trompe, qu'ils sont indexés IPC moins 3 %, et, depuis 2005, je
ne pense pas que l'IPC ait dépassé 3 %. Donc, les fonds de pension n'ont pas été indexés, là, quand que
les professeurs prennent leur retraite, ce qui a fait en sorte que notre fonds
de pension est assez solvable.
Ça, tu vas mieux
l'expliquer que moi.
M. Beauséjour
(Mario) : Bien, il faut dire que, bon, le fonds de pension fait
partie
du régime de retraite de l'Université du
Québec, et puis donc le fonds de pension, il n'est pas comptabilisé, le passif
actuariel n'est pas comptabilisé dans
les états financiers de l'ETS, mais il l'est simplement au niveau du consolidé
du réseau de l'UQ. Donc, vous ne voyez pas
l'impact, là, du déficit actuariel du fonds de pension, et ce n'est pas une
donnée qu'on a non plus parce que c'est un régime interentreprises puis il n'y a pas un calcul pour les employés
comme tels de l'ETS, là, donc de tables de mortalité puis tout ça, là, par... On fait tous
partie de
l'ensemble du même régime, c'est pour ça qu'il n'y a pas cette notion-là dans
les états financiers de l'ETS.
Présidente (Mme Rotiroti) : Est-ce que ça va, M. le député?
Oui? Alors, M. le député de Jean-Talon, il vous reste cinq minutes.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Toujours en lien avec ce que nous discutions tout à
l'heure, moi, j'ai deux questions pour vous pour terminer.
Vous
avez évoqué tout à l'heure, je pense, que 33 % des stages que vous offrez
n'étaient pas comblés. Est-ce que c'est ce que j'ai entendu? Oui? C'est
vrai.
Alors,
je voulais vous poser la question avant de vous l'entendre dire, et c'était un
peu dans le même état d'esprit que
mon collègue le député de Lac-Saint-Jean, sur les régions du Québec. Est-ce
qu'il y a, parmi cet immense parc, là, d'entreprises
avec lesquelles vous faites des stages, des gens qui sont hors Montréal? Est-ce
que, si une entreprise, par exemple,
qui est à l'extérieur peut vous offrir des conditions qui vous le permettent?
Est-ce que vous avez à ce moment-là des
partenariats avec des gens à l'extérieur ou c'est principalement... soit pour
des questions de commodité, là, je comprends bien qu'à un moment donné on ne peut pas être partis extrêmement
longtemps, et, comme je ne connais pas la structure, je vous pose la question : Est-ce que ça se
limite principalement au grand marché de Montréal ou vous avez également des
ouvertures... je comprends que là il y en a
à combler, mais est-ce que vous avez également des ouvertures sur l'ensemble
du territoire pour les stages?
Dumouchel (Pierre) : Je sais qu'il y a des ouvertures à l'ensemble du territoire. Mon collègue va pouvoir répondre plus précisément. Mais on n'est même pas limités au Québec,
hein? On a des étudiants qui travaillent chez Tesla présentement, il y en a d'autres chez BMW en
Allemagne, là. Ils choisissent leur compagnie... fabricant d'automobiles,
mais c'est aussi au Québec à travers la région. Et, Jean-Luc, peut-être que tu
peux...
M. Fihey
(Jean-Luc) : Oui. En fait, justement
quand on a eu des difficultés avec le génie de la construction, là on
s'est rendu compte que, si, en particulier, on encourageait nos étudiants à
contacter directement dans les régions les entreprises,
les PME dans le domaine de la construction, ils avaient un taux de succès assez
important à se trouver des stages, même si ce sont des stages payés, on vous l'a dit, en moyenne
14 000 $ par session. Donc, on pense que, effectivement, on n'exploite peut-être pas, entre
guillemets, suffisamment les possibilités de stages en région. Là on l'a fait pour le génie de la construction, et ça a très bien
marché. On a quand même... dans notre ensemble d'entreprises, on fait affaire chaque année avec environ
1 000 entreprises. Et on en a pas loin de 10 000... parce qu'il y a une rotation, etc., dans notre Rolodex d'entreprises, là. Et on a
constaté qu'on pouvait encore développer. Mais c'est la PME, là. Là, il faut
vraiment aller... Et, quand on parle de PME,
on parlait d'une dizaine d'employés, là, hein, en fait, c'est des très petites
entreprises.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le député.
M. Saad (Maarouf) :
...ajouter une petite information. Dans les régions... Nous avons huit
différentes régions qu'on a...
Peut-être vous avez vu dans le rapport. Et il y a à peu près
1 670 entreprises. Et il y en a 762, stages qui ont été réalisés entre 2010 et 2013 dans ces régions-là,
je veux dire, Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, etc. Donc, on a quand même un bon nombre d'étudiants qui vont
retourner dans leur région faire leur stage. Et on peut penser aussi que,
quand un étudiant fait un stage dans une
région, il va y demeurer, y rester. Alors, vous voyez, le retour vers les
régions, c'est concret par ces stages-là.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Encore une minute, M. le député.
M. Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Alors, ce qui est intéressant, c'est de voir qu'effectivement vous
avez choisi... c'est votre philosophie de
concentrer sur un campus ou, en tout cas, sur un site l'ensemble de vos
opérations. Mais, par contre,
annuellement, à l'heure où on se parle, il peut se retrouver des gens partout
sur le territoire du Québec et à
l'étranger, c'est ce que j'entends, et ce qui est intéressant. On n'aura pas
suffisamment de temps pour aborder d'autres sujets, mais moi, je tenais
à vous remercier pour l'échange qu'on a eu aujourd'hui. Merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, on
va passer au dernier bloc, l'opposition officielle, pour une période de
14 min 30 s. Alors, M. le député de Lac-Saint-Jean, la parole
est à vous.
Cloutier : Merci, Mme la Présidente. Je ne serai suffisamment soumis à
l'importance des stages en région et
l'importance surtout du retour des jeunes dans les régions du Québec. J'imagine
que vous êtes déjà sensibilisés, mais il y a un problème de
vieillissement majeur dans les régions du Québec. Et, si on veut que le
territoire québécois soit dynamique partout, il faudra s'assurer qu'il y ait
aussi une relève qui soit présente. Vous savez que, dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, on a d'importants équipementiers,
on a des ingénieurs de grande qualité, on a un besoin de main-d'oeuvre
important. Mais, en même temps, c'est une région, comme beaucoup d'autres au
Québec, qui vit des problèmes de
vieillissement de la population. Puis moi, je crois beaucoup et j'en suis
convaincu que ça passe par le retour des jeunes en région et
particulièrement les jeunes qui sont bien formés et aptes à l'emploi.
Ceci étant
dit, puisqu'encore une fois on est plus dans l'ordre du commentaire, je lisais
tout à l'heure un magnifique reportage, là, sur les accomplissements
d'Yves Beauchamp. Je comprends que vous avez probablement beaucoup à dire sur le Quartier de l'innovation. J'aimerais
ça peut-être que vous nous en glissiez un petit mot, plus par curiosité, mais
aussi pour l'impact que ça a pour la grande région de Montréal.
Dumouchel (Pierre) : Oui. Le Quartier de l'innovation, c'est une
initiative de mon prédécesseur Yves Beauchamp, comme vous l'avez mentionné, et de Heather Blum-Munroe, de l'Université
McGill. Donc, c'est un projet où l'ETS et l'Université McGill sont
cofondateurs. S'est jointe, l'an passé, à nous l'Université Concordia aussi.
Et la mission
du Quartier de l'innovation est un peu similaire à celle du Quartier des
spectacles à Montréal, mais au niveau
de l'innovation. Et cette innovation-là va se faire principalement autour du
campus de l'ETS. Et il y a
quatre volets. Il y a le volet socioculturel, développer le niveau
socioculturel dans le quartier. Il y a le volet urbaniste. Il se développe beaucoup
de choses au niveau du quartier. Il y a le volet aussi
formation et recherche. Donc, ça, naturellement, les universités on est
parties prenantes là-dedans. Et finalement il y a le volet industriel. Donc, à l'industriel, on veut que
viennent s'installer dans la région aussi des industries.
Parce que vous savez qu'en 1856 il y avait une
soixantaine d'industries dans ce quartier-là, de manufactures. Et la majorité
sont... ils ont disparu. Mais moi, j'aimerais ça qu'il y en ait 56 qui
reviennent dans INGO, dans le parc immobilier
qu'on va avoir, pour essayer de stimuler aussi au niveau de l'innovation. Et aussi ça va être, comme je vous le mentionnais tantôt, un facteur d'attractivité
des étudiants qui vont venir. Et non
seulement les étudiants de l'ETS... Parce que cette
initiative-là, c'est une initiative de deux universités. Il s'est joint une
troisième université. Puis ça ne nous empêcherait
pas d'avoir d'autres universités. On est ouvert à ça. On veut développer un
quartier. Mais on a mis un peu sur la
glace l'ajout de d'autres universités parce
qu'il manquait d'industriel.
Il faut qu'il y ait un certain équilibre derrière ça. Et on n'avait pas cet équilibre-là.
Donc, tant qu'on n'a pas d'industriel qui embarque dans ce projet-là, on va retarder
l'ajout de d'autres universités.
Et, si on
peut construire quelque chose comme Communitech... Je vous parlais de l'Université de Waterloo tantôt. Vous savez, Waterloo, avec Kitchener, c'est
500 000 de population. Mais ils ont Communitech dans lequel ils ont BlackBerry. Puis BlackBerry, quand il a chuté, il
y a de ça deux ans, ils ont mis à pied plusieurs personnes, mais ils ont
créé quand même 120 nouvelles entreprises
sur place, parce que les gens veulent rester sur place. Et c'est cet écosystème
économique, socioindustriel et
universitaire... c'est ça qu'on veut recréer. Puis géographiquement, vous
parliez tantôt aussi de sites, les
quartiers innovants, les quartiers intelligents dans le monde, bien on a la
chance de l'avoir en plein centre-ville de Montréal puis on a la chance que c'est l'ETS qui possède cette
chose-là. Puis on veut la partager avec les autres. Donc, on veut créer. Ça prend du temps. Le Quartier des
spectacles, ça a pris une dizaine d'années avant que ça puisse prendre son envol. Donc, le Quartier de l'innovation, on
veut faire la même chose, là, mais au niveau de l'innovation, et à Montréal.
M. Cloutier : Mais êtes-vous
propriétaire du fond des terrains? Comment ça fonctionne, là?
Dumouchel (Pierre) : Le
Quartier de l'innovation, c'est organisme
sans but lucratif, là, avec son
propre conseil
d'administration.
M. Cloutier : Mais qui est
propriétaire des terrains?
Dumouchel (Pierre) : Ah! les
terrains, c'est nous. C'est l'expropriation qui a eu lieu du troisième directeur général, M. Robert Papineau, qui
a eu cette idée-là d'exproprier les anciennes manufactures de la Dow.
Cloutier : Ça s'est fait par
procédure gouvernementale. Parce
que l'université n'a sûrement
pas le pouvoir d'expropriation.
M. Beauséjour (Mario) : Par décret.
Par décret gouvernemental.
Cloutier : O.K.
Donc, vous avez acheté. Vous avez pris possession d'une superficie x puis, sur
cette superficie-là, vous souhaitez
voir s'implanter davantage d'industriels auxquels l'ETS va collaborer à la fois pour de
la formation puis quoi d'autre?
Dumouchel (Pierre) : Oui. La
formation, le transfert technologique,
la valorisation de toutes nos propriétés intellectuelles vers
l'entreprise.
M. Cloutier : Puis à ce stade-ci on
est rendus où dans...
Dumouchel (Pierre) : À ce stade-ci, dans le parc que nous avons, nous
avons développé 80 000 pieds carrés. C'est INGO-1 qu'on appelle dans notre jargon interne. INGO-2 aurait le
double de la superficie et INGO-3, il y aurait 450 000 pieds carrés qui seraient développables là. Et
aussi il faut savoir qu'on a pris possession du planétarium aussi. Et il y a le planétarium, qui n'est pas un
bâtiment patrimonial, mais iconique. On doit garder sa forme, sa volumétrie. Ça,
on voit ça comme l'épicentre de l'innovation
à Montréal, où il pourrait avoir... Ça serait un «hub» de créativité. Il
pourrait y avoir des colloques sur l'innovation, des écoles d'été sur
des thématiques innovantes.
M. Cloutier : Ça, ça se trouve dans
le même Quartier de l'innovation?
Dumouchel (Pierre) : Ça se trouve dans le même quartier, oui. L'ancien
planétarium se trouve... Présentement, nous
avons trois coins de rue, et c'est le quatrième coin de rue qui ne nous
appartenait pas. Donc, c'est vraiment dans notre quadrilatère.
Cloutier : Est-ce que vous vous êtes inspiré d'un modèle ailleurs dans
le monde pour vous lancer là-dedans? C'est quoi, votre source
d'inspiration?
Dumouchel (Pierre) : Je ne connais pas les sources d'inspiration de
mes prédécesseurs. Je sais qu'il y a eu des études de faites par des firmes externes aussi, là. Et c'est surtout...
Il y a beaucoup d'exemples de quartiers innovants comme ça. On a celui de Boston, on a celui de Barcelone
qui est bien connu aussi. Donc, effectivement, on a fait cette étude-là, mais
il faut aussi l'adapter pour le Québec,
M. Cloutier : Est-ce que ce n'est
que de l'industriel ou il y a du résidentiel aussi?
Dumouchel (Pierre) : Dans le
quartier, oui, il y a du résidentiel. Oui, il y a beaucoup
de résidentiel aussi dans le quartier.
Cloutier : Mais vous n'êtes pas propriétaires du fonds de ça?
M. Dumouchel
(Pierre) : Non, on n'est pas propriétaires.
M. Cloutier :
Donc, vous avez certains espaces dans le quartier, c'est ça que je comprends.
Dumouchel (Pierre) : Oui.
Nous, l'ETS, on possède certains espaces dans le quartier. Même l'Université
McGill, elle s'est jointe aussi. Près
du Marché Atwater, ils ont acheté des résidences dans le quartier. Mais il y a
un groupe qui étudie aussi
l'urbanisme dans ce quartier-là, qui fait
partie du quartier innovation, qu'on
tente d'influencer, les grands développeurs immobiliers.
Cloutier : O.K. J'ai
lu aussi, dans les documents de
préparation, l'enseignement de l'anglais pour les programmes de deuxième
et troisième cycle, que ça faisait
partie de vos réflexions quant à l'offre de
services. Je me demandais vous en étiez où dans vos réflexions par rapport à
Saad (Maarouf) : En fait, pour le deuxième cycle, il y a les deux
volets : le volet recherche et le volet formation. Pour la formation, ça se fait toujours en
anglais... en français, pardon, il n'est pas question de donner des cours en
anglais.
Juste pour le volet
recherche en maîtrise et au doctorat, il y a la possibilité de faire le
programme en anglais. En fait, on n'a pas un nombre élevé de cours à faire.
Tout ce que ça nous a pris, un cours à donner en anglais.
Toutefois,
pour récupérer, on oblige les étudiants, avant leur diplomation, de suivre un
cours en français. C'est-à-dire, un
anglophone qui vient à l'ETS pour faire sa recherche, hein, il faut... comme
ça, en anglais, à la fin de sa formation, il sort avec une formation en français pareil. Donc, au niveau maîtrise et
au doctorat recherche, oui, vous avez tout à fait raison, la formation est en cours, elle se donne
en anglais. Il est possible de faire un doctorat dans une langue anglaise.
M. Cloutier :
Il est possible de faire un doctorat en anglais, c'est ça que vous dites?
M. Saad
(Maarouf) : Oui, oui.
M. Cloutier :
Par contre, vous demandez qu'il y ait un cours de français.
Saad (Maarouf) : Suivi. On donne un cours de français élémentaire, et
ça, c'est dédié pour cette clientèle-là, et nous avons deux autres cours de français sur une base volontaire qu'ils
peuvent suivre. Mais il y a un cours obligatoire, oui.
M. Dumouchel
(Pierre) : On a un sondage dernièrement, aussi, auprès des doctorants,
et 93 % disent qu'ils veulent suivre un cours d'immersion en français
aussi.
M. Saad
(Maarouf) : ...un peu plus long.
Cloutier : Je m'excuse, vous... de doctorants en anglais qui demandent
qu'il y ait une immersion en français? C'est ça que je comprends.
Dumouchel (Pierre) : Qui désirent. On a proposé : Si on vous
offrait l'immersion en français, est-ce que ça vous intéresserait?
93 % nous ont dit oui, qu'ils seraient intéressés.
Saad (Maarouf) : Peut-être, si vous me permettez d'ajouter, c'est que
le doctorat, maintenant, est basé... la majorité des doctorants, ils font ça basé sur des articles, des
publications scientifiques. Des gens, en partant, s'ils doivent publier
trois articles, ils n'ont pas le choix.
M. Cloutier :
J'aurais envie de vous amener sur un autre sujet, qui est celui de la
publication scientifique en français. Est-ce que vous avez l'impression que les
publications se font maintenant de plus en plus en anglais?
Saad (Maarouf) : Oui, malheureusement, c'est plus en anglais
maintenant. Les organismes scientifiques sont plus forts en anglais. On souhaiterait bien... Il y a l'ACFAS qui fait
la promotion de la langue française, et on essaie de participer autant
qu'on peut, mais ça reste que c'est très, très limité comparé à...
M. Cloutier :
La force attractive de la langue française, elle est moins...
Saad (Maarouf) : ...à la
force, oui... exactement. Il y a beaucoup,
beaucoup de moyens économiques
en arrière de ça aussi.
M. Cloutier : Parlez-moi des résidences. Tout à l'heure, vous nous avez parlé de l'importance, pour vous, de ce que les élèves soient sur place. Ce que je
comprends également, c'est qu'il manque de place pour les étudiants. Est-ce que vous avez des projets de
construction qui sont en cours?
Dumouchel (Pierre) : Le taux
d'occupation est de 96 %, je
dirais, à l'année, mais il faut savoir que notre offre de cours, nous, s'offre trois sessions par année.
Même l'été, on accorde des cours aussi. À présent, je pense qu'on... avec
ce qu'on a comme résidence, ça nous
convient, là, on n'a pas senti le besoin... Parce que ce n'est pas tous les
étudiants qui veulent aussi aller en résidence, là, c'est principalement la
première année qu'ils veulent être là pour avoir un petit peu plus
d'assurance. Après, ils aiment ça être avec des collègues puis se louer en
colocation des appartements.
M. Cloutier :
C'est bon. Donc...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Il vous reste encore deux minutes et quelques
secondes, M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier :
Sur le Planétarium de Montréal, est-ce que je comprends que vous l'avez eu
gratuitement...
M. Dumouchel
(Pierre) : Oui.
M. Cloutier :
De la ville de Montréal?
Dumouchel (Pierre) : De la ville de Montréal, oui. Dans le cadre du développement du Quartier de l'innovation,
entre autres.
M. Cloutier :
Puis, c'est-u dans le cadre du 375e aussi?
M. Dumouchel
(Pierre) : À l'époque, ce n'était pas dans le cadre du 375e, mais nous
l'avons inscrit dans le projet Je vois
Montréal, et maintenant qui est devenu Je fais Montréal, comme quoi que ça
devrait devenir quelque chose qui devrait être réalisé pour le 375e
anniversaire.
M. Cloutier :
Est-ce que vous bénéficiez de subventions particulières pour...
M. Dumouchel
(Pierre) : Non, non, non.
M. Cloutier :
Comment ça fonctionne pour le financement?
M. Dumouchel
(Pierre) : Nous n'avons pas de subvention particulière, nous avons
eu...
M. Beauséjour
(Mario) : Oui, on l'a eu pour un dollar, pardon, avec la condition...
M. Cloutier :
Vous avez bien négocié, je vous félicite.
Beauséjour (Mario) : Avec la condition d'en faire une réfection pour
un montant minimal de 5 millions de dollars.
Cloutier : Puis vous prenez où l'argent pour faire du développement
immobilier, pour vous lancer... Il me semble,
on dirait bien que vous avez le vent dans les voiles, là, je vais le dire comme
ça, vous avez des beaux projets de développement. Il me semblait... tout
à l'heure, j'ai vu que votre fonds était à zéro, là votre fonds... votre fonds
de...
M. Dumouchel
(Pierre) : De dotation, là?
M. Beauséjour
(Mario) : Fonds avec restriction, peut-être, non?
M. Cloutier :
Il me semblait que c'était celui prévu pour les investissements.
M. Beauséjour
(Mario) : Non.
Cloutier : En tout cas, où je me questionne, peu importe, là, je ne
veux pas aller sur ce tableau-là, je ne veux pas perdre de temps là-dessus,
mais je me questionne sur... comment faites-vous pour investir autant dans des
projets immobiliers, projets d'infrastructure aussi importants dans le
contexte actuel?
Beauséjour (Mario) : Bien, je peux vous donner deux exemples. On est
en train de voir à la construction d'un tunnel entre la Maison des étudiants
dont on parlait tantôt et notre campus principal au montant de 3 millions
de dollars. Ce 3 millions de
dollars là provenait de transferts supplémentaires qu'on avait faits, des
virements du fonds de fonctionnement vers
le fonds d'immobilisation. Donc, on avait un solde non affecté dans le fonds
d'immobilisation de 3 millions de dollars, qui va servir pour
assumer le coût du planétarium.
En ce qui concerne... pas la Maison
des étudiants, par contre, le planétarium comme tel, lui, le 5 millions va
être assumé par les virements du
solde de fonds, du fonds de fonctionnement vers le fonds d'immobilisation,
donc, sur la même base que l'amortissement, donc sur 25 ans.
Cloutier : Dans les projets de développement que vous avez pour le
quartier d'innovation, est-ce qu'il y a des sources de revenus
supplémentaires pour l'ETS?
Dumouchel (Pierre) : Oui. Nous cherchions, dans notre campagne de
financement, des mécènes qui pourraient financer entre autres le
planétarium. Et donc on est en train de travailler là-dessus, là, en ce moment.
M. Cloutier :
Mais est-ce qu'il y a des espaces locatifs, par exemple, qui peuvent être...
Dumouchel (Pierre) : Non. Dans INGO, où les industriels viennent
s'installer, ce sont des espaces locatifs.
M. Cloutier :
Donc, il y a des revenus d'association.
Dumouchel (Pierre) : Là, il y a des revenus, là. Des résidences, ça
s'autofinance aussi, les résidences étudiantes.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci.
Cloutier : Est-ce que l'espace locatif est au coût du marché ou ce
sont des tarifs préférentiels pour attirer?
M. Dumouchel
(Pierre) : Les deux.
M. Dumouchel
(Pierre) : Les deux.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, M. le député de
Lac-Saint-Jean, il ne reste plus de temps. Alors, M. Fihey, M.
Dumouchel, M. Beauséjour et M. Saad, merci beaucoup pour votre contribution à
la commission.
suspends les travaux quelques instants afin de permettre les dirigeants de
l'Université de Laval de prendre place.
(Suspension de la séance à
14 h 58)
Présidente (Mme Rotiroti) : Alors, rebonjour. À l'ordre,
s'il vous plaît! Alors, bienvenue aux
dirigeants de l'Université Laval.
Je vois que vous avez
déposé un document. Est-ce que vous souhaitez que le dépôt soit public?
M. Brière
(Denis) : À votre goût.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : La différence, c'est que, si ce n'est pas public,
c'est distribué uniquement aux membres de la commission.
M. Brière
(Denis) : Uniquement aux membres de la commission, s'il vous plaît, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Rotiroti) : Uniquement aux membres de la
commission. Merci. Alors, bienvenue.
Je vous rappelle que vous disposez de
30 minutes pour faire votre exposé, et, par la suite, on passera à la période d'échange entre les collègues. Alors, je vous prie de vous identifier ainsi que les gens qui vous
accompagnent, et vous pouvez commencer tout de suite avec votre exposé.
M. Brière (Denis) : Alors, Mme la Présidente de la Commission de la culture et de
l'éducation, M. le vice-président de
la commission, Mmes et MM. les membres de la commission, bonjour à toutes et à
tous. Alors, tel que demandé par la présidente,
je vous présente les gens qui m'accompagnent, les collègues qui m'accompagnent
aujourd'hui : à ma droite, Eric
Bauce, le vice-recteur exécutif et au développement; à mon extrême droite,
Josée Germain, vice-rectrice à l'administration et aux finances;
et, à ma gauche, Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités
internationales.
Comme
vous le savez, depuis 2007, j'ai l'extrême privilège de diriger l'Université
Laval, qui jouit d'un positionnement de
chef de file ici comme ailleurs dans le monde. Nos diplômés sont une source certainement de grande fierté. Ils sont plus
de 277 000 répartis à travers le monde, dont plus de 140 000 dans la
région de Québec. En tout, ce sont 10 premiers ministres du Québec, 3 premiers
ministres du Canada
qui font
partie de la grande famille des diplômés de l'Université Laval.
Nous sommes aussi très fiers de
l'histoire de l'Université Laval, première université de langue française en
Amérique, dont les origines remontent à plus de 350 ans.
Dans
le document numéro un que vous avez devant vous,
intitulé l' Université Laval en bref , vous avez des statistiques qui résument bien l'importance de
notre établissement. Je donne quelques exemples : À l'automne 2014,
l'université comptait plus de
40 000 étudiants inscrits à une formation régulière créditée avec
quelque 900 étudiants par année, qui vont, hors Québec, faire un séjour d'études ou de stage. Nous sommes
un leader en matière de mobilité étudiante. L'Université Laval a de plus mérité, en
2009, le prix d'excellence du Bureau canadien de l'éducation internationale
pour son programme Profil
international, seule université, d'ailleurs, seule université québécoise à
recevoir ce prestigieux prix.
Nous
pouvons aussi compter sur le dévouement et l'engagement de quelque
9 700 employés à temps plein et à temps partiel. Nos fonds de
recherche atteignent 325 millions de dollars, soit le sixième rang parmi
les 50 premières universités de
recherche au Canada selon des données publiées par l'ACPAU, qui est
l'Association canadienne du personnel administratif
universitaire.
quelque 270 centres de recherche, chaires, instituts et autres
regroupements de recherche mènent à des travaux à la fine pointe et ont
des retombées partout sur la planète.
Nous
offrons également l'un des meilleurs programmes sportifs
universitaires au pays. Quelque 400 étudiants athlètes évoluent au sein de 14 clubs Rouge
er Or, réputés pour leur réputation et leur tradition d'excellence. Plus de 50 % des
athlètes du Rouge et Or se classent au tableau d'honneur de Sports
universitaires Canada, le SIC, avec une note moyenne de plus de
85 %.
J'aimerais
insister sur les innovations et le développement à l'Université Laval. On a des
résultats, mais, derrière tout ça, il y a beaucoup d'innovations qui ont
été introduites à l'Université Laval, et j'aimerais vous en faire part.
Alors, ces
innovations, je les ai regroupées en six différents thèmes, qui est la
gouvernance, les finances, l'enseignement et
les services aux étudiants, la recherche et la création, le transfert des
connaissances et les services à la collectivité.
Concernant
la gouvernance, l'Université Laval est une université à charte avec une
autonomie qui est à la base de nos statuts
et de notre gouvernance. Deux instances très importantes existent à
l'Université Laval : le conseil universitaire, qui exerce les pouvoirs sur les questions d'ordre
académique, et le conseil d'administration, qui a pour mandat la supervision
de l'administration générale de l'université. Alors, c'est au document deux
qu'on vous a distribué.
conseil d'administration est composé de 30 membres, dont 12 sont des
membres externes, à l'exception du vice-recteur
exécutif et au développement, les vice-recteurs ainsi que la secrétaire
générale y siègent, mais sans droit de vote.
Les membres internes sont répartis de la façon suivante : le recteur et le
vice-recteur exécutif et au développement, un doyen, trois professeurs, un chargé de cours, un étudiant du deuxième
et troisième cycle, deux étudiants du premier cycle, un directeur de
services, un membre du personnel administratif professionnel et un membre du
personnel administratif de soutien. Les
membres externes sont répartis de la façon suivante : sept sont nommés par
le conseil d'administration, trois membres nommés par le gouvernement du
Québec et un membre nommé par la Fondation de l'Université Laval et un membre
nommé par l'Association des diplômés de l'Université Laval.
cours des deux dernières années, le conseil a revu ses façons de faire et sa
gouvernance de façon à mettre en place
quatre comités : le comité d'éthique et de gouvernance, le comité des
investissements immobiliers et des ressources informationnelles, le
comité des ressources humaines et le comité d'audits.
noter que le mode d'élection du recteur à l'Université Laval est unique au
Québec et au Canada. Le recteur n'est pas
nommé par le conseil d'administration, mais il est élu par un collège électoral
d'environ 140 personnes représentant toutes les catégories de membres de la communauté universitaire, dont
les quelque 60 membres du conseil universitaire. Comme vous pouvez
le constater, c'est un processus à caractère collégial et très démocratique.
Sous
la rubrique Finances, tel que l'indique le document 3, l'Université Laval a le
plus bas budget de fonctionnement par
étudiant à temps plein pondéré de toutes les universités avec une faculté de
médecine au Canada, soit 9 092 $, comparativement à la moyenne
canadienne, qui se situe à 12 702 $, selon des données publiées par
le magazine Maclean's en 2014.
C'est
en innovant dans nos façons... et de développer une plus grande synergie entre
les processus administratifs et
académiques que nous avons pu réduire certains coûts et allouer ainsi plus de
ressources aux étudiants et à notre mission d'enseignement et de
recherche.
fait que nous ayons le plus bas budget de fonctionnement s'explique par les
importants efforts de réduction des
dépenses réalisés depuis 2009 pour maintenir l'équilibre budgétaire, un
principe de base à l'Université Laval, soit 119 millions de
dollars. C'est ce qu'on a réduit, nos dépenses, depuis 2009.
conclusion, certainement, on a fait nos devoirs en ce qui concerne les coupures
tout en maintenant l'équilibre budgétaire
à l'Université Laval. On ne peut plus vraiment absorb