House Proceedings — 26 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-10-26
Quebec — Debates (Hansard)
Enfin, la
FADOQ Beaulac, fondée en septembre 1982,
fête ses 35 ans. Ses 125 membres, toujours très actifs,
profitent assidûment de toutes les activités organisées.
Je tiens à
remercier tous ceux et celles qui se sont impliqués au fil des ans afin de
contrer l'isolement et améliorer la
qualité de vie des jeunes de coeur de ma circonscription. Félicitations pour
vos anniversaires respectifs et longue vie aux clubs FADOQ de Beaulac,
Saint-Alexis et Saint-Lin—Laurentides!
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Rousseau.
M. le député de Châteauguay,
je vous cède la parole.
M. Moreau :
Merci, M. le Président. Cette semaine, Châteauguay a perdu l'un de ses plus
distingués citoyens, M. Ernest Presseau, et moi, j'ai perdu un
ami.
Ernie, comme tout le monde l'appelait, était une
institution dans notre milieu. Ernie was a well-respected member of our Irish community, part and parcel of
the larger Châteauguay community. Like all members of this community, Ernie was very proud of his Irish roots. His
involment with many groups was well known and highly appreciated, notably
Châteauguay Valley Irish Heritage Society and the Civitan Club. He was best known as parade man. Il était
l'organisateur des
défilés de la Saint-Patrick à Châteauguay et à Montréal. Il était également un
des organisateurs de la fête du Canada à Châteauguay.
Ernie Presseau possédait un sens civique hors du
commun. Toujours impliqué, toujours disponible, toujours généreux, une âme
aidante et charitable. C'est mon ami. He was my friend. Son départ laisse un
vide immense. Je le remercie pour son
engagement, sa contribution, son amitié. Our thoughts are with his children, Laurie and
Patrick. So long, Ernie, so long, my friend.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Châteauguay. M. le député de Deux-Montagnes, à vous la parole.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Je souhaite profiter de cette tribune qui m'est offerte pour
souligner le 20e anniversaire de
fondation du Centre d'aide Personnes traumatisées crâniennes et handicapées
physiques Laurentides. Il est utile
de mentionner que la plupart des membres de cet organisme reviennent de très
loin, que ce soit à la suite d'un accident ou tout simplement en raison
de problèmes de santé.
L'organisme
offre un très large éventail de services : accueil, référence et
information, relation d'aide et écoute active, orientation de la
personne vers des ressources appropriées, soutien et suivi psychosocial
individuel pour les membres et leurs
proches, rencontres de groupe d'entraide ou de partage, activités de loisir
dans un but d'inclusion sociale, et j'en passe.
C'est une
mission tout à fait noble et nécessaire que poursuit l'organisme depuis maintenant
20 ans. Je suis fier de lui
apporter mon soutien et lui souhaite de nombreuses autres années au service de
ces citoyennes et citoyens à part entière. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Deux-Montagnes. M. le député de
Sainte-Rose, à vous la parole.
M. Habel :
Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de souligner la tenue d'une Journée
de sensibilisation aux maladies
neurologiques évolutives en présence des membres de Partenaires neuro qui sont
dans les tribunes et le foyer de l'Assemblée
nationale. Ce regroupement réunit les organismes suivants : Dystrophie musculaire Canada, la Fédération québécoise
des sociétés Alzheimer, Parkinson Québec, la Société canadienne de la sclérose
en plaques et la Société de sclérose latérale amyotrophique du Québec.
Rappelons que
les maladies neurologiques évolutives augmentent constamment et touchent présentement
plus de 200 000 personnes au
Québec. Je tiens ici à remercier les personnes qui oeuvrent dans les organismes
de sensibilisation, les chercheurs,
le personnel de la santé ainsi que les proches aidants qui contribuent tous à
améliorer la qualité de vie de ces personnes touchées par une maladie
neurologique évolutive. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Sainte-Rose. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
à vous la parole.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je me lève aujourd'hui pour souligner le 10e
anniversaire d'une organisation fort importante dans ma circonscription,
l'Association des familles du Centre-Sud.
Déjà 10 ans
que les parents, les enfants, les grands-parents du quartier peuvent se
rassembler et se ressourcer dans ce
chez-soi très collectif, un espace ouvert, chaleureux, authentique,
accueillant, bien à l'image des gens du Centre-Sud, bien à l'image de ce
groupe que nous aimons tant.
Un merci tout
particulier à Pascale Huberty, aux gens du conseil d'administration, successifs, d'ailleurs, il y en a eu
plusieurs en 10 ans, et aux nombreux et nombreuses bénévoles qui insufflent la
vie à l'intérieur de cet organisme. Vous
êtes l'âme de cette maison, la raison pour laquelle les familles y reviennent
jour après jour, année après année. Merci d'exister! Bonne continuation!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
M. le député de Mégantic, à vous la parole.
M. Bolduc :
Merci M. le Président. Le territoire du Haut-Saint-François regorge de
plusieurs joyaux, dont la Fromagerie P'tit
plaisir de Weedon. Il me fait donc grand plaisir ce matin de souligner et de
féliciter en cette Chambre la
fromagerie pour son prix remporté lors de la 19e présentation de Sélection
Caseus, le concours des fromages du Québec.
Grâce
au travail acharné de la famille Grenier et de ses collaborateurs depuis 1997,
la Fromagerie P'tit plaisir de Saint-Gérard,
à Weedon, a récemment été sacrée le meilleur fromage en grains et frais du jour
du Québec. Ce concours a permis de faire rayonner les talents et
l'expertise de notre région, et ce, au Québec et ailleurs.
veux souligner leur contribution à faire grandir et à faire reconnaître l'expertise
de l'industrie fromagère du Québec. Félicitations pour ce prix!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Mégantic. Mme la députée de Montarville, à vous la parole.
Mme Roy :
Merci beaucoup, M. le Président. Je souhaite souligner ce matin le parcours
remarquable de M. Philip Charbonneau,
récipiendaire du prix Reconnaissance Roger-Pedneault en hommage aux personnes
handicapées qui se sont distinguées
dans leur parcours d'intégration au travail au sein d'une entreprise adaptée,
dans ce cas-ci le Groupe AFFI Logistique, dont le siège social est situé
à Boucherville.
Pour
M. Charbonneau, qui vit avec un trouble de l'autisme, intégrer le marché
du travail semblait impossible jusqu'à ce
qu'il soit embauché par le Groupe AFFI Logistique. Cette entreprise offre,
depuis plus de 40 ans, des emplois adaptés aux capacités de personnes
vivant avec des limitations fonctionnelles, soit physiques ou en santé mentale.
Au Groupe AFFI Logistique, Philip
Charbonneau s'est épanoui et fait maintenant
partie du personnel d'encadrement,
rien de moins.
Alors,
M. le Président, M. Charbonneau a toute mon admiration, et je suis fière
de compter parmi ma communauté d'affaires
une entreprise engagée, telle le Groupe AFFI Logistique, qui contribue à
améliorer la qualité de vie des personnes handicapées. Alors,
félicitations! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée
de Montarville. M. le député de Charlesbourg, à vous la parole.
M. Blais :
M. le Président, aujourd'hui, j'invite les députés à se joindre à moi afin de
célébrer la semaine nationale de
l'action communautaire autonome, qui se tient du 22 au 28 octobre 2017 et qui
est principalement portée par le Réseau québécois de l'action communautaire
autonome.
le thème triennal L'action communautaire autonome, c'est toi, c'est moi,
c'est nous! , cette semaine vise à mettre de l'avant le travail constant et
remarquable de différents organismes d'action communautaire autonome et de
leurs regroupements. Au Québec, ce
sont plus de 4 000 regroupements et organismes d'action communautaire
autonome qui sont présents dans
toutes les régions. C'est grâce à leurs différentes actions que nous pouvons
affirmer que ces organismes sont des alliés précieux dans la lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
gouvernement du Québec reconnaît l'importance de l'action communautaire et
contribue, d'année en année, à assure son rayonnement et son
développement. J'invite donc tous mes collègues députés à reconnaître le
travail des organismes d'action
communautaire autonome de leur circonscription afin de mettre en lumière leurs
réalisations. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de
Charlesbourg. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, pour votre déclaration.
Mme Poirier :
Merci, M. le Président. Je souligne aujourd'hui le formidable travail du
fleuriste Pierre-André Jacob, qui
tient la boutique Fleuriste Maisonneuve, dans Hochelaga-Maisonneuve depuis 50
ans, sur la célèbre Promenade Ontario.
Pierre-André Jacob, que tout le monde
appelle P.-A., est un incorrigible bon vivant, un artiste, un charmeur au
coeur tendre. Impliqué depuis toujours avec
l'association des commerçants, avec les Optimistes, avec le Centre communautaire Hochelaga, cherchant sans cesse à
aider, à partager et à transmettre, P.-A. fait
partie des légendes vivantes
du quartier. Je souhaite que son esprit
ouvert, son énergie débordante et son engagement pour la communauté continuent
d'être une source d'inspiration pour les citoyennes et les citoyens, jeunes et
moins jeunes.
Pierre-André Jacob,
mon ami, au nom d'Hochelaga-Maisonneuve et de ces gens que tu as célébrés, décorés,
consolés, égayés et passionnément aimés, je te dis merci pour ces 50 ans
de fleurs, de beauté et de folie! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Cela met un terme à
la rubrique Déclarations de députés, et je suspends les travaux de l'Assemblée
quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 51)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, bonjour à tous et toutes. Nous allons maintenant
nous recueillir quelques instants.
Alors, je vous
remercie.
Alors,
j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de l'ambassadeur
du Burkina Faso, Son Excellence M. Amadou Adrien Koné, à l'occasion de
sa visite d'adieu.
j'ai également le plaisir de souligner la présence de
l'ambassadeur de la République du Mali, Son Excellence M. Mahamadou
Diarra, à l'occasion de sa visite officielle.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes.
Et aujourd'hui il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
à la rubrique Dépôt de documents, je vais céder la parole à M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, je dépose aujourd'hui le rapport annuel d'activité de
la Commission sur les soins de fin de vie pour la période du
1er juillet 2016 au 30 juin 2017.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ce document est déposé.
Maintenant, je cède la parole à M. le ministre de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion.
M. Heurtel :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose aujourd'hui le plan d'immigration du
Québec 2018 du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de
l'Inclusion.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ce document est déposé.
Maintenant, Mme la ministre responsable de la Protection des
consommateurs et de l'Habitation.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel de
gestion 2016-2017 de la Régie du logement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ce document est déposé.
Maintenant, je reconnais M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose la réponse du gouvernement à la question
inscrite au feuilleton le 29 mai 2017 par le député des
Chutes-de-la-Chaudière. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ce document est déposé.
pour ma part, je dépose une lettre qu'a adressée M. le premier ministre au
président de l'Assemblée nationale, dans laquelle il l'informe que les députés
de Fabre, de Richmond, de La Prairie et de Portneuf sont désignés pour
agir à
titre de membres du Bureau de
l'Assemblée nationale et que les députés de Laporte et de Côte-du-Sud sont
désignés pour agir à
titre de membres
l'Assemblée nationale.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, Mme la Présidente, je
nationale soient adoptées.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Maintenant,
à la rubrique de dépôt de rapports de commissions, je vais céder la parole à M.
le vice-président de la Commission des institutions et député de
Verchères.
Bergeron : Mme la Présidente, il me fait plaisir de déposer
le rapport de la Commission des institutions qui, le 25 octobre 2017, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 139, Loi regroupant l'Office
Québec/Wallonie-Bruxelles pour la
jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office Québec-Monde
pour la jeunesse. La commission a adopté le texte du projet de loi avec
des amendements.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Alors, nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je vais céder la
parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Lisée : Mme la Présidente, je ne poserai pas de question au
premier ministre sur le député de Chomedey, on va le laisser lui-même prendre la parole et avoir
plus d'information. Mais quelque chose d'assez intéressant et grave s'est
produit ces derniers jours, et je reviens au
fait que le premier ministre, l'automne dernier, nous a expliqué qu'il allait
faire une grande campagne dans le
reste du Canada pour augmenter le niveau de respect de la différence québécoise
et qu'un jour on pourrait même reconnaître la nation. Alors, faisons un
rapport d'étape.
a déposé une loi n° 62. La première ministre de l'Alberta a dit que
c'était islamophobe. Le Parlement ontarien, unanime, l'a rejetée. Le chef de l'opposition de l'Ontario a déclaré que
ça n'avait pas sa place au Canada. Et hier le premier ministre du Canada a clairement laissé entendre
que, pour lui, il allait défendre les femmes musulmanes et donc probablement
mettre le poids du gouvernement canadien
contre cette législation québécoise. En plus, hier, comme si ça ne suffisait
pas, la majorité des parlementaires à Ottawa ont voté contre une loi qui aurait
demandé aux futurs juges de la Cour suprême pas de parler le français,
juste de le comprendre, juste de le comprendre.
Alors donc, on voit,
depuis que le premier ministre a commencé sa campagne pour augmenter le respect
du Québec et du fait français, un recul du respect du Québec et du fait français.
Alors, comment explique-t-il son échec?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le premier ministre.
Couillard : Sans vouloir
être facétieux, Mme la Présidente, je demanderais à mon collègue de nous rendre
compte de la campagne éternelle du Parti québécois pour la séparation du Québec. Où en sommes-nous? Est-ce que l'idée progresse? Est-ce qu'on recueille des suffrages de plus en plus évidents? Non. Non. Franchement, ce n'est pas évident que ça progresse, parce que les Québécois
demeurent malgré tout... parce qu'il y a toujours des tensions dans un
pays, ils demeurent malgré tout très attachés, pas par résignation, par
affection, très attachés à leur appartenance canadienne. Et ça, ça ne
fait aucun doute.
Alors, sur la question des juges de la Cour
suprême, moi, je pense qu'il faut reconnaître que le gouvernement fédéral, il y
a à peu près un an, a dit que, dorénavant, les nominations de juges de la Cour
suprême seraient des gens bilingues, capables de comprendre et de parler la
langue française. Et il faut se réjouir de cette intention, qui devra certainement
un jour être enchâssée dans un texte législatif. Alors, je pense que, là, il y
a un progrès.
On a des
conversations, nous, avec le fédéral sur le processus de nomination, et les
conversations se déroulent bien. Et
je pense qu'il faut saluer l'intention du gouvernement fédéral de nommer
des juges bilingues. C'est un progrès. Maintenant, il
faut un jour que ce soit enchâssé
dans un texte législatif, et là-dessus je pense qu'on est tous, ici, de la même
opinion.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée : Au moins, le premier ministre ne fait pas
semblant que ça va mieux pour lui. C'est déjà ça. C'est déjà une certaine lucidité.
Il y a 25 ans aujourd'hui, 57 % des Québécois,
dans un référendum, rejetaient une version améliorée de la Constitution de 1982. Même améliorée, ils
n'aimaient pas ça. C'est en vertu de cette constitution que le gouvernement
fédéral contesterait la loi n° 62.
La ministre de la Justice a dit qu'elle
n'écartait pas la clause dérogatoire pour assumer le droit du Québec. Est-ce
qu'il est d'accord avec sa ministre?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le premier ministre.
Couillard : En fait, on est
convaincus que la loi n° 62, parce que ce n'est plus un projet de loi, c'est une loi, respecte les
chartes, incluant la charte québécoise. Et, si je le résumais très rapidement,
ce projet de loi, je le dirais de la façon suivante. Qu'est-ce qu'on fait? On
affirme la neutralité religieuse de l'État, on s'assure d'encadrer les demandes
d'accommodement religieux et on prescrit le
visage découvert pour les services publics, prestataires et bénéficiaires,
selon trois critères : identification, sécurité, communication.
On est convaincus, nous, on est convaincus,
nous, que le projet de loi respecte les chartes.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée : Donc, il refuse d'appuyer ce que sa ministre
a dit hier. Sa ministre a dit : Si les cours disent non, on ne
ferme pas la porte à la clause dérogatoire.
Moi, je
trouve que la loi est mauvaise. Elle est mal conçue. J'ai voté contre, mais
j'appuie le fait que l'Assemblée nationale
doit faire appliquer ses lois, y compris en n'écartant pas la clause
dérogatoire.
Ça, c'est ma position. Est-ce que c'est celle du
premier ministre?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, écoutez, là, le chef
de l'opposition officielle vient
d'annoncer la position de son parti il y a quelques heures, qui est une
version encore plus radicale de la charte des valeurs.
Alors, si
certains émettent des doutes quant au respect des chartes de la loi n° 62,
que pense-t-il du respect des chartes?
Et je parlerais de la charte québécoise, de son projet de charte des valeurs
radicale. Même chose pour le chef de la deuxième opposition.
pense qu'il y a là une démonstration éclatante, Mme la Présidente, il y a là une démonstration éclatante que le Québec
est allé à la limite de ce qu'il était possible de faire dans le cadre de la charte québécoise des droits et libertés. On y tient beaucoup.
On tient aux droits de tous les Québécois et de toutes les Québécoises, quelles
que soient leurs origines. Et, en passant, nous aussi, ce n'est pas d'hier
qu'on défend les droits...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
M. Couillard : ...des Québécoises de
confession musulmane.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En troisième complémentaire, M. le
chef de l'opposition officielle.
M. Lisée : Donc, on note, Mme la Présidente, un désaveu
de la déclaration de sa ministre
de la Justice qui dit, elle, que, si on en vient là, elle va affirmer le
droit des législateurs québécois avec la clause
dérogatoire. Elle ne l'écarte
pas. Le premier ministre refuse de dire ça, on en prend bonne note.
Est-ce qu'il peut au moins arbitrer entre ses deux ministres, de l'Éduction
supérieure et de la Justice, selon lui, son interprétation de sa loi? Est-ce
que des étudiants qui suivent un cours à l'université, pendant le cours,
doivent le faire à visage couvert, ont le droit de le faire à visage couvert?
Oui ou non?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le premier ministre.
Couillard : Si on fait déjà
un premier bilan, là, Mme la Présidente, depuis l'adoption de la loi...
évidemment, on se concentre sur un
sous-élément d'un des éléments de la loi, mais ce que je remarque jusqu'à
maintenant, c'est que personne,
personne ne remet en question le principe de neutralité religieuse de l'État.
Personne ne remet en question... personne ne remet en question la
nécessité d'encadrer les accommodements, et, en passant, on ajoute deux
critères d'égalité des hommes et des femmes,
et également le respect de notre corps législatif, et l'effort réciproque de la
personne qui demande l'accommodement. Il n'y a personne qui remet ça en
doute.
Sur le
visage, personne ne remet en doute les critères d'identification et de
sécurité. Il est certain que, dans une société libre et démocratique, la
question de la communication, ça nécessite des conversations.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
Couillard : On a déjà dit
qu'on voulait parler aux municipalités. On parlera à tout le monde et on va
s'assurer que ce soit fait de façon juste...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En principale, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Mme la Présidente, j'ai vécu, en 19 ans de parlementarisme, bien des
événements, mais ce qui se répète depuis 10 ans, ce sont des charges
menées par des collègues, dont moi, pour mettre fin à la corruption au Québec
et pour voir aboutir les enquêtes. C'est important pour nous.
On apprend ce
matin dans les médias que le premier ministre a reçu il y a un mois un rapport
sur l'implantation d'une norme ISO anticorruption dans les organismes
publics. Il serait question d'une série de mesures pour prévenir, détecter et traiter les problèmes de corruption
notamment en éloignant les influences politiques des décisions et du
cheminement des enquêtes qui portent sur la corruption.
Est-ce que le
premier ministre, à qui, semble-t-il, était adressé ce rapport, peut nous
confirmer qu'il a bel et bien reçu ce rapport et nous dire s'il entend
le mettre en oeuvre?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le premier ministre.
Couillard : ...de répondre à
cette question, compte tenu du contexte des dernières heures. D'abord, il ne
s'agit pas de rapport, il s'agit du
fait qu'on a demandé à notre collègue de Chomedey, en passant, qui en avait
fait un projet, et je pense que c'est
un bon projet, de nous informer davantage sur l'implantation d'une norme ISO
anticorruption — je
m'excuse, je ne me souviens plus du numéro
de la norme, là, on pourra le retrouver — et c'est une bonne idée, et on va avancer dans cette direction. Notre collègue s'est retiré du caucus, mais le ministre qui
est en charge et responsable des marchés
publics, lui, va continuer la démarche. Je pense que c'est une bonne
idée, de façon progressive, d'étendre cette norme, une fois qu'on en aura pris l'habitude,
quant à l'implantation dans un grand nombre d'organismes gouvernementaux. Je pense que c'est une bonne orientation, et le retrait de
notre collègue de Chomedey ne change pas ça.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
On s'entend qu'il ne s'agit pas seulement de finir le ménage, les enquêtes
abouties nous mèneraient là, mais il s'agit de ne pas avoir à le
recommencer.
Alors,
puisque ça concerne, je pense, tout le monde, qu'on a tous travaillé là-dessus,
je pense, entre autres, au Parti québécois,
qui a adopté la loi n° 1 qui nous a permis d'oeuvrer dans ce sens-là,
est-ce qu'il va rendre public ce rapport pour qu'on juge ensemble des
recommandations qui sont faites?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre délégué à l'Intégrité des marchés publics.
M. Poëti : Merci,
Mme la Présidente. Effectivement, la question est à propos et d'actualité, et la norme, évidemment,
ISO 37001 est régie par l'Organisation internationale de normalisation, et c'est une norme qui
s'installe pour travailler en amont,
pour contrer la corruption, et je
pense que l'ensemble
des parlementaires ici est d'accord pour travailler
sur ce dossier-là. C'est dans ma lettre mandat, c'est un travail que j'ai à
effectuer, et j'avais déjà, et je le dis, rencontré le député de Chomedey pour travailler avec moi dans ce dossier-là.
Évidemment, nous allons continuer à y travailler, nous allons faire...
aller de l'avant pour l'implanter dans des organismes, dans des ministères...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
M. Poëti : ...et tout ce qui
peut nous aider à contrer la corruption, on est là.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Je ne
comprends toujours pas pourquoi ce rapport ne serait pas public. Je ne le
comprends vraiment pas. Ça pourrait intéresser tout le monde ici. Je pense qu'on a tous et toutes, ici particulièrement, travaillé à se battre contre la corruption. Deuxièmement, non seulement
il devrait être public, mais on devrait avoir un échéancier.
Est-ce que le gouvernement a un échéancier?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre délégué à l'Intégrité des marchés publics.
M. Poëti : Merci,
Mme la Présidente. J'ai entendu clairement
qu'il ne s'agit pas d'un rapport, et la norme 37001 est connue. Et ce que nous, on fait actuellement, c'est trouver une façon de la mettre en place le plus rapidement
possible dans divers organismes et certains ministères. Nous allons
continuer de le faire.
Je le répète encore une fois, cette norme a été
élaborée par 37 experts internationaux à travers le monde, sur... lesquels on s'est tous entendus pour travailler en
amont du problème. C'est ça qu'on va faire et c'est de cette façon-là
qu'on va avancer.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En principale, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Mme la Présidente, ce matin au FM 93, la
journaliste Pascale Caron-Vézina nous apprend que la Boucherie Richard Morin inc., dont le premier
actionnaire est le député libéral de Côte-du-Sud, a été visée par
130 rapports d'inspection du
MAPAQ mais a eu seulement deux amendes : aliments périmés, couteaux mal
lavés, analyses non conformes pour le
E. coli, porcs réveillés pendant la saignée. Lors d'une récente audience
du Tribunal administratif du
travail, un inspecteur du MAPAQ a allégué que plusieurs rapports d'inspection
auraient été tablettés.
Est-ce que le
ministre de l'Agriculture va immédiatement déclencher une enquête externe et
indépendante sur l'ensemble des
inspections faites par le MAPAQ afin de vérifier s'il y a des irrégularités ou
de la complaisance envers la boucherie Morin?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : M. le ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Lessard :
Oui, Mme la Présidente. Donc, c'est important de répondre à cette question-là
sur le service des inspections, qui
fait des vérifications dans tous les établissements détenant ou travaillant sur
les aliments. On voit que, dans les
vérifications, donc, il y a parfois, donc, des manquements. Et, quand il y a
des manquements, donc, l'inspecteur peut
donc donner un avis ou une plainte, un avis de conformité, là, de se conformer.
L'entreprise a été... pour un entreposage non conforme, a eu une pénalité. Suite aux éléments mentionnés à la
radio, j'ai demandé au sous-ministre de me faire un rapport sur l'intégrité du traitement des
inspections, que ça soit pour cette entreprise-là ou toute autre, donc, pour
s'assurer qu'ils ont la pleine
autonomie et le plein exercice des pouvoirs d'émettre des sanctions
appropriées. Parce que, nous, ce qu'on inspecte, c'est des aliments puis des
établissements.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de
Berthier.
M. Villeneuve :
Mme la Présidente, on parle d'E. coli, d'aliments périmés, de possible
maltraitance animale. Des rapports
d'inspection ont été tablettés. La population a besoin de savoir que les lois
s'appliquent à tout le monde. La seule façon de s'en assurer, Mme la
Présidente, c'est une enquête externe et indépendante.
Pourquoi le ministre
refuse-t-il de déclencher une telle enquête externe et indépendante?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : M. le ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Lessard :
Oui. Je tiens à le mentionner, en fait, ils ont pleine autonomie, les
inspecteurs, ils relèvent du centre d'inspection
des aliments. Et j'ai demandé au plus haut fonctionnaire de mon ministère, le
sous-ministre en titre, de me faire
rapport sur l'intégrité du processus de traitement, s'assurer qu'ils ont la
pleine autonomie d'exercer les sanctions appropriées, qui peut aller de fermeture de l'établissement,
modification, pénalité, etc. Alors, ils vont me faire rapport, et on
pourra le rendre public par la suite.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le député de
Berthier.
M. Villeneuve :
Mme la Présidente, le MAPAQ a inspecté la boucherie Morin deux fois par mois
pendant des années, mais les rapports
ont été tablettés, je tiens à le répéter. Il ne reste qu'une seule option au ministre,
Mme la Présidente, déclencher
immédiatement une enquête externe et indépendante. En refusant de le faire, le
ministre mine la confiance du public envers le processus d'inspection.
Est-ce
que le ministre peut... Est-ce que le ministre veut vraiment donner
l'impression qu'il a quelque chose à dissimuler?
Et est-ce que le ministre est sérieux? Et est-ce que le ministre est sérieux
lorsqu'il nous dit que le MAPAQ va enquêter sur le MAPAQ, Mme la
Présidente?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le député de Berthier, vous savez qu'on ne
peut pas utiliser ces termes, alors veuillez être plus prudent la prochaine
fois. M. le ministre de l'Agriculture.
Lessard : Ceux qui écoutent, autant à la radio qu'à la
télévision, ne veulent pas avoir ce genre d'analyse là faite à l'Assemblée nationale. Ils veulent
s'assurer qu'il y a un processus. Et, on le sait, dans un ministère... Moi, je
dirige les politiques publiques puis
je m'assure qu'il y a un respect de l'administration des inspections. Et ça, ça
s'appelle le sous-ministre en titre.
plus haut fonctionnaire du ministère va me faire rapport. Je pense que c'est ça
que la population s'attend. Donc, suite à ce rapport-là, on pourra le
communiquer, Mme la Présidente, par souci de transparence.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
Legault : Mme la Présidente, quand un parti est au pouvoir
depuis trop longtemps dans une société, on voit la démocratie qui
souffre, et l'histoire le démontre à peu près partout. On commence à avoir des
guerres de clans, des jeux de coulisses à
l'intérieur même du gouvernement, la population devient méfiante et elle perd
confiance en ses institutions.
Depuis des mois, on sent au Québec une
forte odeur de fin de régime. Et aujourd'hui je demande aux Québécois de garder espoir. Dans 11 mois, on pourra
changer de gouvernement. Mais entre-temps le premier ministre doit prendre
ses responsabilités puis poser un geste.
Aujourd'hui,
la confiance des Québécois envers l'Unité permanente anticorruption est
ébranlée. Donc, je propose au premier
ministre de s'engager dès aujourd'hui à ce que le directeur de l'UPAC soit
nommé par un vote du deux tiers de l'Assemblée nationale. Est-il
d'accord avec cette proposition?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, venant d'un parti qui s'abstient dans tous les votes aux deux
tiers, c'est un petit peu surprenant d'entendre
ça. Maintenant, je vais quand même... parce qu'il y avait plusieurs aspects...
Je vois que mes collègues approuvent, de l'opposition officielle, là. Il
y avait plusieurs aspects dans la question du collègue.
Moi, je dirais qu'un
gouvernement qui rétablit l'équilibre budgétaire, qui est capable de baisser
les impôts du monde, financer la santé et
l'éducation puis développer l'économie, avoir des résultats records de création
d'emplois... Encore, ce matin — tiens, il n'en parle pas aux Québécois,
ça — encore
ce matin, on apprend que la rémunération au Québec croît plus vite que dans les autres provinces
canadiennes. C'est un gouvernement actif qui est capable de faire ça. C'est
un gouvernement actif, et renouvelé, et en
constant renouvellement qui est capable de faire en sorte que bientôt
1 million de personnes de plus
au Québec auront accès à des médecins de famille. Je pense que le monde qui
nous écoute, ils voient ces résultats-là.
en passant, personne ne met en doute ces résultats-là. Bien sûr, c'est des
bonnes nouvelles, et on sait que le chef de la deuxième opposition
n'aime pas les bonnes nouvelles.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le
chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Mme la Présidente, les Québécois souhaitent avoir un
premier ministre qui répond aux questions. Ce que je lui dis, c'est que la confiance des Québécois est ébranlée
envers l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption.
Est-il,
oui ou non, d'accord pour que le directeur de l'UPAC soit nommé par un vote du
deux tiers de l'Assemblée nationale? Oui ou non?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, je vois que le chef de la deuxième opposition ne veut pas
appliquer les recommandations de la
commission Charbonneau, et nous croyons au contraire qu'il faut les appliquer.
La commission Charbonneau ne recommande
pas ça. D'ailleurs, il fait la même erreur qu'il fait dans une autre
déclaration récente sur la nomination des sous-ministres.
chef de la deuxième opposition ne croit pas à la démocratie au Québec. Il ne
croit pas que ce soient les élus...
M. Couillard : Non, non, il ne croit pas que ce soient les élus et les structures du
gouvernement qui prennent ces décisions-là.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il y a une question de règlement.
M. Bonnardel :
...des intentions de ne pas croire à la démocratie. Mme la Présidente, je vous
demanderais de rappeler à l'ordre le premier ministre, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Vous pouvez poursuivre.
M. Couillard : Alors, il faut faire le survol des prises de position du collègue
depuis quelque temps. On se souvient qu'il y a quelques années, deux, trois
ans, lui, son programme pour la fonction publique, c'est une purge, une purge
caquiste. On va enlever tous ceux qui ne
sont pas d'accord avec nous autres puis on va les mettre dehors. C'est ça, la
fonction publique qu'il veut avoir. Il veut retirer au gouvernement...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Couillard : ...démocratiquement élu la position... la
possibilité de prendre des décisions, aux institutions de prendre des
décisions, et c'est ça qu'on va faire, nous.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le chef du
deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Mme la Présidente, le premier ministre est dans le déni. Je lui offre une
proposition pour améliorer l'indépendance de nos institutions. Il s'entête
à refuser.
Est-ce que le premier
ministre comprend qu'il a des réflexes de fin de régime?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Je ne vais pas faire d'arithmétique avancée, mais, si je ne me trompe
pas, ça fait plus longtemps que moi que le collègue est en politique.
Alors, quand on parle de vieux partis, quand on parle de vieux partis puis de politiciens d'un ancien siècle, et là je ne parle
pas d'années ni d'âge, je parle d'attitude, la preuve de ça, c'est la deuxième
opposition qui n'a aucune idée moderne, qui
est incapable de voir le véritable changement qui a lieu dans notre société,
en énergie, en transport, dans l'économie, en technologie, dans le numérique,
qui ne voit pas ça, qui reste attaché à des anciens modèles.
Moi, je crois aux
institutions démocratiques et je crois en l'avenir du Québec et à la capacité
d'innover que le Québec a toujours démontrée.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
Mme la Présidente, avec le projet de loi n° 144, le ministre de
l'Éducation enchâsse dans la loi le mode d'emploi pour avoir accès aux
écoles illégales.
Prenons,
par exemple, un jeune garçon de sept ans. Ses parents s'inscrivent à la
commission scolaire pour faire l'école à la maison. Leur projet d'apprentissage
est minimal, ne couvre pas le programme de l'école québécoise, ne comprend ni histoire ni sciences, et jamais ce
garçon-là ne passera un examen du ministère. C'est aberrant, mais ce n'est
pas tout. Cet enfant-là, après avoir fait un
petit peu de français et de maths le matin, pourra passer le reste de sa journée dans une école religieuse, une école qui, jusqu'à
hier, était illégale. Chaque jour de la semaine, il va se retrouver dans une
école où on n'enseigne rien d'autre que la
religion de ses parents. Évidemment, ce petit garçon là n'aura jamais
de diplôme, ne pourra jamais faire sa place dans la société. Et, avec le
projet de loi n° 144, tout ça, ça devient légal.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Mme la Présidente, sincèrement, le collègue de Chambly était avec nous en commission parlementaire hier et pour de
nombreuses heures. Ce qu'on a fait hier, Mme la Présidente, c'est beaucoup de
choses. Mais hier, en fin de séance, on a
fait une chose extraordinaire, c'est qu'on a donné pour la première fois au ministère de l'Éducation
des dents et des pouvoirs pour trouver les
enfants là où ils sont, pour identifier les lieux qui sont des lieux illégaux,
pour pouvoir mettre en place une interdiction et une présomption pour ceux qui
dirigent ces lieux si un enfant ne respecte pas son obligation de
fréquentation scolaire. C'est ça qu'on a fait hier, Mme la Présidente.
Mais
on a fait plus que ça. On a encadré l'enseignement à la maison comme jamais ça n'a été fait, on a
établi des balises, on a fait
intervenir le ministère pour faire le soutien et l'apprentissage, puis on s'est assurés d'avoir un
lien puis une filiation avec la commission scolaire compétente,
linguistique. On a fait tout ce qu'on pouvait faire. Le problème avec le député
de Chambly, c'est qu'il ne comprend ni les lois ni les chartes. Ça s'apprend,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
Mme la Présidente, toutes ces mesures coercitives ne s'appliqueront jamais parce
que le projet d'apprentissage est tellement
minimaliste que tous les projets vont passer. Le ministre a refusé notre amendement
pour exiger qu'un minimum de sciences
soit enseigné aux enfants scolarisés à la maison. Donc, un enfant qui ne
verrait aucune notion de sciences et
qui passerait en toute légalité toutes ses journées dans des écoles religieuses
avec des créationnistes, des gens de l'Église de scientologie, tout ça,
ça sera permis par le projet de loi n° 144.
C'est vrai ou c'est
faux, ce que je viens de dire?
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation.
Proulx : Mme la Présidente, jusqu'à maintenant, nous ne pouvions intervenir avec les tiers. Qui
sont les tiers? Les tiers, ce sont les personnes qui dirigent,
organisent, ont le contrôle de ces établissements. Nous ne pouvions pas travailler avec eux, nous ne pouvions pas les
contraindre, nous ne pouvions pas leur interdire d'avoir sur leurs lieux des
enfants dont on ne respecte pas l'obligation de fréquentation scolaire. L'obligation
de fréquentation scolaire, Mme la Présidente, elle appartient à l'enfant, c'est ses parents
qui interviennent et la commission
scolaire qui doit la faire respecter.
On n'avait aucune dent, aucun moyen, aucun pouvoir pour intervenir. Grâce aux amendements
qu'on a faits, Mme la Présidente, on va pouvoir...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
Proulx : ...trouver les
enfants, on va pouvoir intervenir dans les lieux et on va pouvoir s'assurer
qu'ils aient une scolarisation...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : Mme la Présidente, il y a dans ce projet
de loi des mesures intéressantes,
mais elles ne s'appliqueront jamais parce qu'il a refusé nos amendements pour qu'un
enfant scolarisé à la maison vise même à atteindre le programme. C'était
trop pour lui. Il a refusé notre amendement pour que les jeunes passent les
examens du ministère, c'était trop pour lui.
Même quelques notions de sciences ou d'histoire, sans dire que c'est le programme,
c'était trop exiger pour lui.
La conséquence, c'est que les mesures ne
s'appliqueront pas et que son legs, ça va être de légaliser les écoles
religieuses illégales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre de l'Éducation.
Proulx : Ce que je
comprends, Mme la Présidente, c'est que, pour le député de Chambly, respecter
les chartes et les lois, c'est beaucoup trop pour lui. C'est ça que
j'entends, Mme la Présidente.
La réalité,
c'est la suivante, c'est qu'il y a actuellement des milliers d'enfants qui ne
sont ni à l'école ni en lien avec le ministère de l'Éducation, les
commissions scolaires, et qui font peut-être un enseignement à la maison
approprié, peut-être. Nous aurons, à
l'avenir, Mme la Présidente, des obligations très claires. Nous aurons des
parents qui voudront participer avec
nous parce qu'on respecte leur choix, mais on respecte aussi le droit de
l'enfant à une éducation de qualité et appropriée.
On va être
capable de les trouver dès le début, grâce à la RAMQ notamment, parce qu'on a
également adopté des amendements en ce sens, on pourra faire l'échange
des informations pour s'assurer...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
M. Proulx : ...de savoir qui n'est
pas ou est à l'école. Le problème du député...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En principale, en principale...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
J'étais déjà debout. La députée de Vachon.
Ouellet : Merci, Mme la
Présidente. À la demande du président espagnol, Mariano Rajoy, le Sénat
espagnol se réunit aujourd'hui même
pour débattre de la destitution du gouvernement catalan. C'est une mise sous
tutelle illégale en vertu du droit international, c'est une attaque
frontale contre la démocratie, une attaque grave.
Que l'on soit
pour ou contre l'indépendance de la Catalogne, comme État démocratique, nous ne
pouvons rester indifférents lorsque ce sont des droits fondamentaux,
inscrits dans la charte de l'ONU, qui sont bafoués, méprisés et transgressés. Le président de l'Assemblée
nationale, député de Westmount—Saint-Louis, membre du gouvernement actuel et également président de l'Assemblée
parlementaire de la Francophonie, a appelé publiquement au maintien des
institutions catalanes.
Est-ce
que le premier ministre va demander, lui aussi, comme son député et président,
le maintien des institutions parlementaires catalanes et des pouvoirs
parlementaires catalans élus démocratiquement?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre :
Merci, Mme la Présidente. Alors, évidemment, la situation en Catalogne nous
préoccupe, nous aussi, et ce que le
président de l'Assemblée nationale a fait, à
titre de président de
l'association des parlementaires de la Francophonie,
c'est-à-dire de rendre publique une motion selon laquelle l'association des
parlementaires de la Francophonie demande
le respect des institutions démocratiques et ensuite lance un appel au dialogue
entre la Catalogne et Madrid... Je peux
vous dire également que la Catalogne
n'est pas membre de l'association des
parlementaires de la Francophonie,
mais est observatrice de l'association parlementaire de la Francophonie. Alors, Mme
la Présidente, évidemment,
nous suivrons la situation de près.
Nous avons adopté
ici, à l'Assemblée nationale, à l'unanimité une motion qui va dans le même
sens, et je peux la relire :
«Que l'Assemblée
nationale déplore l'attitude
autoritariste du gouvernement espagnol qui a mené à des gestes de violence à l'occasion du référendum sur
l'indépendance de la Catalogne et qu'elle déplore le nombre de blessés;
[ensuite]
«Qu'elle
appelle au dialogue — comme
l'a fait l'association parlementaire
de la Francophonie — politique et démocratique entre la Catalogne et
l'Espagne afin de résoudre pacifiquement...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
St-Pierre : ...et de façon consensuelle les différends qui
les éloignent...» Je pourrai continuer tout
à l'heure la lecture.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En première complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Le député de
Westmount—Saint-Louis, président, ici, de notre Assemblée
nationale et également
membre du gouvernement, a entériné la motion demandant le respect du Parlement catalan.
Est-ce que la
ministre des Relations internationales est d'accord avec son collègue député de
Westmount et président, ici, de notre
Assemblée nationale pour demander le respect des institutions démocratiques de
la Catalogne, le respect des élus, le respect du Parlement catalan?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Le président
de l'Assemblée nationale, ici, a un devoir de neutralité, mais le président
de l'Assemblée nationale est président
de l'association des parlementaires de la Francophonie, donc c'est à ce
titre
qu'il a appelé la Catalogne et les partis à
respecter les institutions démocratiques. Nous voulons tous que les institutions démocratiques, bien évidemment, soient respectées. Il a aussi
lancé un appel au dialogue, comme nous l'avons fait ici, à l'Assemblée
nationale, à l'unanimité il y a quelques jours.
Donc, je vais
continuer ma lecture. Alors : «...afin de résoudre pacifiquement et de
façon consensuelle les différends qui
les éloignent, dans le respect de la démocratie
et du droit, et avec une médiation internationale si les parties y consentent, pour
conduire les parties à une solution négociée.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
St-Pierre : Seule
une solution négociée pourra résoudre la situation là-bas, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En deuxième complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci,
Mme la Présidente. J'entends que la ministre
refuse d'appuyer le Parlement catalan. C'est incroyable! C'est
incroyable de voir... Parce que c'est notre responsabilité, comme État
démocratique, de faire respecter les droits
fondamentaux. Ça va directement à l'encontre des droits fondamentaux, et je crois
qu'il faut dénoncer Madrid. Il faut
appuyer, peu importe qu'on soit pour ou contre l'indépendance. Ce
n'est pas ça, la question à ce moment-ci, c'est de respecter le
Parlement catalan.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Alors, je rappelle, Mme la Présidente, à la
députée qu'elle a voté cette motion, tout comme nous ici, à l'Assemblée
nationale. Nous l'avons fait à l'unanimité, et elle est conjointe également sur
la motion. Alors, cette motion, je pense qu'elle parle d'elle-même. Elle
lance un appel au dialogue, elle répète à quel point il est important,
évidemment, le dialogue politique et démocratique entre la Catalogne et
l'Espagne. Voilà.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci, Mme la Présidente. Hier, le ministre de la Santé a
fait une sortie avec le président de la FMOQ qui a de quoi révolter les Québécois : annoncer que, malgré
les grandes promesses, les tableaux, les histogrammes, encore un Québécois sur quatre n'a pas de
médecin de famille au Québec en 2017.
Mais,
pire encore, je vais citer un extrait du communiqué de la FMOQ. La lettre
d'entente 321, dont on ne réussit pas
à avoir une copie, prévoit la «prise en charge d'une certaine proportion
de patients vulnérables — je le répète, "d'une certaine proportion de patients
vulnérables" — et
obligation de voir les nouveaux patients dans un certain délai».
Écoutez,
on a des gens malades. Alors, c'est révoltant. Comment se fait-il que les médecins
ne sont pas tenus de prendre en priorité les patients vulnérables? Ils
seraient devant eux, ils les verraient, ils choisiraient : non vulnérable.
Quel est le délai
précis pendant lequel une personne pourrait être laissée en attente avant de
voir...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Barrette :
Hier, il y a eu une excellente nouvelle, Mme la Présidente, pour la population
du Québec. L'excellente nouvelle est que les médecins ont dit clairement, d'une
façon formelle, que les 460 000 personnes, dont une petite
partie sont des patients vulnérables,
seront vues en priorité. Ce que la collègue voudrait savoir, c'est la date,
l'heure, l'adresse où chacun des patients va
être vu. Évidemment, ce n'est pas possible à dire. On ne peut pas dire ça ni
ici, au salon bleu, ni dans un communiqué de presse.
Mais
la bonne nouvelle, c'est que ces patients-là, chacun d'entre eux qui est sur le
guichet d'accès aux médecins de famille va avoir accès à un médecin de
famille, va être pris en charge. Et la prise en charge va se faire sur la base
de la priorisation, qui, elle, est fondée sur la vulnérabilité des patients. Et
c'est quoi, la vulnérabilité? C'est le niveau de problèmes de santé les plus
complexes.
L'engagement
est clair, et ça va se réaliser. Et, hier, ce qu'on a annoncé, c'est de
faciliter ça pour les citoyens, ceux pour qui on travaille. Je ne vois
pas comment...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette :
...on peut tourner cette nouvelle positive là en une nouvelle négative comme...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, Mme la députée de
Taillon.
Lamarre : On a un ministre de la Santé, un ministre de la Santé qui
est incapable de dire à la population quand
les patients vulnérables, les patients malades vont avoir un médecin de
famille. C'est révoltant. C'est un constat d'échec complet. La
proportion qu'on veut pour les gens qui sont malades, c'est 100 %
immédiatement.
Quand est-ce que
100 % des patients vulnérables vont être pris en charge par un médecin de
famille?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : Mme la Présidente, je peux affirmer sans aucune hésitation
que 100 % des patients vulnérables des 915 000 patients
qui ont maintenant un médecin de famille sont vus, et c'est documenté, tout
comme hier, j'ai dit d'une façon très claire
que, dans les 460 000 qui sont sur le guichet, il y en a 1 % qui sont
vulnérables au-dessus de 60 ans, qui
sont ceux qui sont les plus vulnérables, et ça représentait environ
35 000 citoyens. Et, encore une fois, je le répète, il y a 8 000 médecins de famille au Québec,
et, comme les médecins de famille s'engagent à voir ces gens-là en premier...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette :
...il est raisonnable de penser que, dans les prochains, littéralement, jours,
maximum...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En deuxième complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : En France, en Allemagne, aux Pays-Bas, 100 % des gens
malades, pas malades, 100 % ont un médecin de famille. En Ontario,
92 %. Au Québec, 77 %. Après des milliards de dollars de hausses de
salaire, c'est inacceptable, ça démontre l'échec de la méthode Barrette.
Alors, le
ministre peut-il dire — pourtant, il s'en vantait, que c'étaient les premières lettres de
son nom — aux
gens malades à la maison, est-ce qu'il peut dire aux gens malades à la maison
combien d'années encore...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : Bien, évidemment, Mme la Présidente, on est contents
aujourd'hui parce que ce n'est pas des années qu'ils vont attendre, c'est des semaines. Et c'est ça qui a été entendu,
et je tiens à souligner au Parti québécois, Mme la Présidente, qu'il n'y avait aucun geste qui a été
posé par le Parti québécois dans ses 18 mois au pouvoir, que ce qui se
passe aujourd'hui, 915 000 et, bientôt,
plus 460 000 — ça va
faire 1,3 million de personnes — auront accès et seront pris en charge par un médecin de famille. C'est ça, la
réalité. Comment peut-on transformer cette excellente nouvelle? Répondre
aux besoins de la population...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
M. Barrette : ...ici, au salon bleu,
devient une mauvaise nouvelle. On en perd notre latin.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En principale, M. le député de Granby.
Bonnardel :
Mme la Présidente, il y a quelques jours, le Bureau du Surintendant des
institutions financières a confirmé
qu'à partir de janvier il y aura, pour une troisième fois en un an, un resserrement
des règles hypothécaires. Cette
fois-ci, ce sont les acheteurs qui ont 20 % de mise de fonds, mais aussi
ceux qui renouvellent leur hypothèque seront touchés par ces
changements.
Mme la
Présidente, le gouvernement fédéral fait tout pour ralentir le marché
immobilier. En visant Toronto et Vancouver, où il y a des vrais
problèmes, il s'attaque aussi aux familles du Québec qui veulent devenir
propriétaires. Pendant que le fédéral
s'attaque aux familles québécoises, le ministre est resté silencieux dans les
derniers jours. Il y a des familles québécoises qui vont renouveler leur
hypothèque et qui vont devoir accepter des taux beaucoup plus élevés. Certaines
pourraient même se retrouver en difficultés financières.
Qu'est-ce que
le ministre des Finances entend faire pour défendre les Québécois qui subissent
les conséquences de ces décisions?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre des Finances.
Leitão : Merci, Mme la Présidente. Alors, merci beaucoup pour la
question. Ça me permet de mentionner à nouveau
que l'économie du Québec va très bien. Ils ne semblent pas vouloir entendre ces
choses-là, surtout la deuxième opposition.
La création d'emplois a été très forte. On a vu, encore ce matin, la
publication des données sur la rémunération. Donc, une création d'emplois forte, salaires à la hausse, revenus
disponibles des ménages canadiens et québécois en forte hausse, ce qui
leur permet...
Leitão : ... — attendez, calmez-vous un peu, là — ce qui leur permet de pouvoir faire face à
leurs obligations hypothécaires. Le
principal élément, quand on regarde cette question des obligations
hypothécaires, c'est avoir un revenu, avoir
un revenu pour pouvoir payer son hypothèque, pouvoir acheter sa maison, Mme la
Présidente. C'est ça, l'élément essentiel.
Pour ce qui
est des règles hypothécaires, il faut y penser aussi un petit peu, pour ce qui
est des règles hypothécaires, ce qui
est proposé par le BSIF, ce sont des règles prudentielles. Est-ce qu'ils
connaissent le sens du mot «prudentielles»? Je ne suis pas sûr, Mme la
Présidente, parce que la CAQ est tout, sauf prudente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le
député de Granby.
Bonnardel :
Mme la Présidente, le gouvernement abandonne son devoir de défendre les
familles québécoises. Le gouvernement fédéral va restreindre l'achat d'une
première maison aux familles et compliquer la vie de ceux qui vont renouveler
leur hypothèque. Le taux de propriété des Québécois est plus faible que dans le
reste du Canada.
Allez-vous
vous lever ou rester les bras croisés, M. le ministre, et défendre votre
promesse que vous avez faite en 2014 de défendre l'accès à la propriété
des familles du Québec?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Finances.
Leitão : Bon, bien, malheureusement, on a seulement quelques secondes
pour répondre à cette question, qui est
fondamentale, Mme la Présidente, encore une fois, faire un petit peu de
pédagogie avec nos amis de la CAQ, Mme la Présidente. Il y a eu en 2008 une grave crise financière mondiale, une
grave crise financière mondiale qui a été déclenchée, hein, principalement par des règles hypothécaires,
ailleurs dans le monde, qui n'étaient pas prudentielles du tout. Donc,
ce que tous les pays ont fait après ça,
c'est de mettre en place des mesures prudentielles pour resserrer le marché
hypothécaire, pour s'assurer que de tels événements ne se reproduiraient
pas.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Leitão : Le point le plus important dans le marché hypothécaire, c'est
l'accès au crédit, Mme la Présidente. Il faut avoir accès au crédit...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, député de Granby.
Bonnardel : Le ministre des Finances est déconnecté
complètement dans ce dossier. La situation du Québec n'est pas la même
qu'à Vancouver et à Toronto. Il y a un expert de Multi-prêts, Mme la Présidente,
qui affirme que les règles...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant! Il y a une personne qui a la parole, et c'est M. le député de Granby, et je n'arrive pas à entendre sa question.
Bonnardel : Mme la Présidente, il y a un expert de Multi-prêts qui affirme que les règles vont réduire
de 16 % la capacité d'emprunt des Québécois et des
Québécoises. Vous voulez encourager l'accès à la propriété, comme vous l'avez
mentionné en 2014.
M. le ministre,
allez-vous rester les bras croisés ou défendre les familles québécoises?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
Bien sûr, Mme la Présidente, nous défendons les intérêts des familles
québécoises. La meilleure façon de le faire, contrairement aux rires idiots des
collègues, la meilleure façon de le faire pour protéger les familles québécoises, c'est de leur assurer qu'ils ont
d'abord accès au crédit pour qu'ils puissent avoir accès à la propriété. Pour
avoir accès à la propriété, il faut avoir
l'accès au crédit. Pour avoir l'accès au crédit, il faut avoir un marché
hypothécaire qui fonctionne
convenablement. Pour avoir un marché hypothécaire qui fonctionne
convenablement, il faut que les règles soient claires et soient
applicables à tout le monde, Mme la Présidente.
Ce qui se passe au
niveau fédéral, c'est de resserrer les règles hypothécaires, oui. Maintenant...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Leitão : ...pour ce qui est de l'accès à la propriété, il y a des
mesures que les gouvernements locaux, provinciaux et municipaux peuvent
faire, et c'est quelque chose...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Depuis plusieurs années, les professionnels de la santé de
l'Abitibi-Témiscamingue réclament l'installation
d'un appareil d'imagerie médicale... de résonance magnétique, pardon, une IRM
fixe à l'Hôpital d'Amos. Le mois
dernier, à l'unanimité, les membres du conseil d'administration du CISSS de
l'Abitibi-Témiscamingue ont décidé d'aller
de l'avant avec ce projet. Les représentants de tous les milieux,
Rouyn-Noranda, Val-d'Or, La Sarre, Témiscamingue, tous ont appuyé le projet de concentrer les
examens en IRM à Amos. Face à ce consensus unanime de la région, qu'a fait
le ministre de la Santé? Il a imposé sa
solution, une IRM mobile à l'encontre de la volonté du milieu. Pourtant, il y a
une étude scientifique qui a démontré
par le CISSS que cette approche-là diminuerait la capacité de faire 25 % à
30 % des examens. C'est un résultat clair et net de la
centralisation du réseau de la santé opérée par le ministre.
Le ministre
confirme-t-il qu'il désavoue les membres du CISSS de l'Abitibi et que leur avis
unanime n'a aucune valeur?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : Je suis très heureux qu'on me pose cette question-ci, Mme
la Présidente, parce que ça va montrer à
quel point il est important pour un ministre de la Santé, médecin de surcroît,
de penser aux patients en premier. En premier, et, manifestement, le conseil d'administration n'a pas pensé aux patients
en premier. C'est la raison pour laquelle j'ai, effectivement, renversé
une décision.
Alors, je
vais informer la collègue et tout le monde ici que la résonance magnétique, en
Abitibi, est mobile, elle existe
depuis 10 ans, minimum, et que la région elle-même avait choisi de mettre
en place un appareil mobile pour une raison.
La première, les besoins étaient d'un seul appareil. Pas de cinq, pas de six,
pas de sept, d'un. Et ils ont fait le choix judicieux de s'assurer que ce service, qui en est un de proximité, le
soit en proximité. Il est mobile pour faire en sorte que les citoyens de Val-d'Or, de La Sarre,
d'Amos, de Rouyn-Noranda ne prennent pas l'auto l'hiver pour s'en aller
recevoir un examen quand ils peuvent le recevoir chez eux. Le rendre
fixe...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette : ...exigerait à
tout ce monde-là... de tous aller à Amos, c'est insensé.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
L'IRM mobile ne permettrait pas de faire de nombreux examens, 25 % à
30 % des examens nécessaires. Ça
aussi, le ministre devrait le savoir, et il devrait nous en parler. Alors,
j'interpelle le ministre responsable de
l'Abitibi-Témiscamingue, peut-être que lui va pouvoir aider et avoir une
meilleure écoute auprès du ministre de la Santé.
Le président
du C.A. du CISSS de l'Abitibi, Claude Morin, dit : «...il ne faut pas que
ce soit du "rubber-stamping", qu'on nous amène des projets et qu'on
dise oui parce que ça prend une autorisation du conseil. Il faudrait [qu'on
puisse être décisionnel].»
Est-ce que le ministre de...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Barrette : Le déploiement
des équipements doit se faire sous autorisation du ministère. Maintenant, Mme la Présidente, je vais poser la question à ma
collègue, qui n'y répondra sans doute pas. Elle pense comment? Est-ce
que ça lui arrive, à elle, de penser à la
personne qui a 80 ans, qui n'a pas d'auto, qui doit aller de Val-d'Or à
Amos parce qu'à partir de maintenant
on a décidé que la machine ne viendrait plus au patient? Moi, je fais le choix,
Mme la Présidente, d'amener le service, la machine au citoyen. Je n'ai
pas d'enjeu électoral, moi, là-dedans, j'ai un enjeu...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette : ...d'accès confortable
à des examens spécialisés. Comment ça se fait que la collègue n'a pas...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale... Hein, est-ce que je suis en
complémentaire?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Non, c'est terminé, vous avez eu
vos... Il y en a une deuxième. Excusez-moi, c'est parce que j'avais vu Mme la
députée d'Iberville. C'est toujours à Mme la députée de Taillon. En deuxième
complémentaire.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup. Ce qu'on voit, c'est que le ministre décide pour tout le monde.
Quand on a un conseil
d'administration qui a été déterminé par la loi n° 10 avec une
représentation du terrain, une représentation de tout le territoire, des sous-territoires et que ces
gens-là arrivent à cette conclusion-là, sur la base de quoi le ministre, qui
est à Québec, peut savoir mieux que les gens du terrain en Abitibi ce
que ça prend?
Alors, est-ce que le
ministre de la région de Témiscamingue peut se justifier?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Santé et des Services
sociaux.
M. Barrette :
Je suis tellement heureux. C'est un moment de grâce pour moi, Mme la
Présidente, la députée de Taillon est en faveur de la loi n° 10.
J'en suis très heureux.
Ceci
dit, Mme la Présidente, la réalité, là, ce que la collègue nous dit, ce n'est
pas compliqué, je devrais rester immobile
et féliciter une mesure qui serait au détriment des citoyens. N'est-ce pas
normal, Mme la Présidente, que, comme ministre,
je me préoccupe en premier du confort et de l'accès des patients? Ce que j'ai
fait. J'amène la machine aux citoyens, ce qui est le cas depuis plus de
10 ans.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette :
Pourquoi renverser une situation aussi favorable pour les citoyens?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la députée d'Iberville, votre principale.
Mme Samson :
Mme la Présidente, depuis une semaine le pont Gouin, qui relie les secteurs du
Vieux-Saint-Jean et d'Iberville, est fermé à la circulation. Ce chantier
devait rouler 24 heures sur 24 et ne durer qu'une semaine afin de
minimiser les impacts pour les usagers de la région.
comme le gouvernement n'a toujours pas trouvé d'entente avec les ingénieurs,
ces derniers ne travaillent que huit
heures par jour, ce qui signifie que les travaux prendront trois fois plus de
temps à être réalisés. Ces retards ont des conséquences sur les usagers réguliers du pont, mais aussi pour tous les
commerçants des deux rives, dont les affaires sont sérieusement
affectées. Cette situation est inacceptable, et, par son inaction, le
gouvernement nous démontre son manque de considération pour les gens
d'Iberville et de Saint-Jean.
la Présidente, le gouvernement est-il conscient des conséquences de ces
retards? Et que compte-t-il faire pour régler le problème dans les plus
brefs délais?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Transports.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, Mme la Présidente. D'abord, parler de la situation
spécifique du pont Gouin. Effectivement, la
députée mentionne l'importance stratégique du pont Gouin pour les résidents de
la région. Elle a raison de le faire,
et c'est pour ça que le gouvernement investit 94 millions pour
reconstruire le pont Gouin dans cette région-là, parce que c'est un pont
qui est utilisé régulièrement par l'ensemble des gens de la région.
D'ailleurs,
les impacts de la grève des ingénieurs dont elle nous parle sont réels, Mme la
Présidente, le pont Gouin en est un
exemple, mais il y a 50 projets à travers le Québec, pour une valeur
collective, Mme la Présidente, de 51 millions, qui n'ont pas pu se produire au cours de cet été à
cause de la grève des ingénieurs. Il y aura d'ailleurs d'autres projets qui
seront prolongés ou qui auront des délais à cause de la grève des ingénieurs,
Mme la Présidente.
Cependant,
ce à quoi nous, on pense, de côté-ci de la Chambre, c'est comment protéger les
familles, comment s'assurer que
celles-ci peuvent regagner du temps, et c'est pour ça, Mme la Présidente, qu'on va tout mettre en place pour assurer que les projets
soient réalisés le plus rapidement possible.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ceci met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Alors, nous en
sommes, si j'ai le silence... Il n'y a pas eu de suspension. On voudrait
poursuivre, on ne peut pas le faire dans le bruit.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, nous en sommes aux motions sans préavis.
Et, en fonction de nos règles, c'est un membre du deuxième
groupe de l'opposition, et je
reconnais Mme la députée de Repentigny pour la présentation de sa motion sans
avis. À vous.
Lavallée : Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour déposer la
motion suivante conjointement avec la ministre
déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique
et aux Saines habitudes de vie, le
député de Labelle, le député de Mercier, le député de Groulx, la députée de
Vachon, le député de Gaspé et le député de Laurier-Dorion :
«Que
l'Assemblée nationale demande au directeur national de santé publique de se
pencher sur les cas d'intoxications suite à la consommation de boissons
à forte teneur en sucre et alcool, notamment chez les jeunes;
«Que
la ministre de la Santé publique fasse rapport à l'Assemblée nationale quant
aux conclusions et recommandations de son enquête dans les plus brefs
délais.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. Nous proposons de l'adopter sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, est-ce que la motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) :
La motion est adoptée. J'en suis maintenant à un membre du
groupe formant le gouvernement et je reconnais Mme la ministre responsable de l'Enseignement supérieur. Mme la
ministre, à vous la parole.
Mme David :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Lac-Saint-Jean, le député
de Chambly, le député de Gouin, le député de Laurier-Dorion,
le député de Groulx, la députée de Vachon et le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 50e anniversaire du réseau collégial;
«Qu'elle souligne la
contribution des cégeps au développement économique, social et culturel du Québec;
«Qu'elle
réitère l'importance des cégeps dans la formation de citoyennes
et citoyens créatifs, innovants et engagés;
«Qu'enfin, elle salue l'engagement et le travail
accompli par toutes celles et ceux qui ont oeuvré et qui oeuvrent encore
aujourd'hui dans nos cégeps.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Y a-t-il consentement, M. le leader adjoint du gouvernement, pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Oui, tout à fait, M. le Président. Nous proposons des interventions d'une durée
maximale de deux minutes par intervenant et
selon l'ordre suivant : d'abord, la ministre
de l'Enseignement supérieur, suivie
des collègues de Lac-Saint-Jean, Chambly, Gouin et Vachon...
M. Tanguay :
Et Saint-Jean, on m'indique Saint-Jean, Lac-Saint-Jean.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, Saint-Jean.
M. Tanguay :
Saint-Jean, pardon.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Saint-Jean, à la place du lac.
Tanguay : Saint-Jean. Oubliez le lac, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Le lac n'est pas là. Oui, je l'avais dit.
Alors,
c'est toujours la même règle autant que possible parce que,
quand on décide de fixer un temps imparti, il faut essayer de le rencontrer. Mme la ministre, à vous.
David : Oui, M. le Président. Permettez-moi, d'abord, de saluer quelques personnes dans les
estrades, et non les moindres, en
commençant par M. Guy Rocher, ancien sous-ministre au Développement culturel, au Développement social, ex-membre de la commission Parent et
professeur émérite de l'Université de Montréal. M. Rocher.
Et d'autres invités : M. Tremblay, le P.D.G.
de la Fédération des cégeps, Mme Bélanger... plusieurs directeurs généraux de nos collèges, Mme Bélanger, M.
Lambert, M. Dornier, M. Gingras, M. Grou, Mme Lavoie, M. Halpin, M.
Cormier. Alors, plusieurs cégeps qui sont représentés ici.
L'histoire du réseau
collégial en est une de réussite. Les cégeps ont contribué et contribuent toujours
à faire avancer le savoir en enrichissant
continuellement leurs pratiques et en s'adaptant aux évolutions technologiques
et aux multiples changements du monde
actuel. En cette année du 50e anniversaire du réseau collégial, c'est un
immense bonheur pour moi de profiter
de l'occasion pour souligner le travail accompli par toutes
celles et ceux qui ont contribué à cette histoire de réussite, des femmes et des hommes dédiés qui oeuvrent dans
nos cégeps, des gens motivés, passionnés, prêts à donner généreusement
pour accompagner les étudiantes et étudiants dans leur cheminement.
tiens, d'ailleurs, à souligner la présence de tous ces gens
importants qui ont consacré, j'oserais dire, une grande
partie de leur
vie à l'enseignement supérieur et au réseau collégial.
tiens à souligner de nouveau la présence de Guy Rocher, un éminent sociologue
engagé pour le Québec, membre de
la commission Parent, qui a construit le Québec
moderne, qui a participé à la création du réseau collégial et dont on fête aujourd'hui le 50e anniversaire. 12 cégeps sont nés en
1967. Forts de leur capacité à évoluer
avec la société québécoise, les
cégeps sont des lieux d'innovation qui ont joué un rôle important dans son
développement culturel et économique. Ils forment des citoyennes et
citoyens créatifs, innovants, engagés, polyvalents.
cette année du 50e anniversaire du réseau collégial, sachez que c'est un
immense bonheur et un privilège pour moi
de travailler à vos côtés pour dessiner les prochaines années de nos cégeps,
ces cégeps qui font la fierté de tout le Québec.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, Mme la ministre. Je
reconnais maintenant M. le député de Saint-Jean pour son intervention
sur cette même motion. À vous, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, à mon tour de souligner la présence de
M. Guy Rocher, ancien sous-ministre au
Développement culturel et au Développement social et ex-membre de la commission
Parent, qui est à l'origine de la
création des cégeps partout au Québec, et professeur émérite de l'Université de
Montréal; M. Tremblay, P.D.G. de
la Fédération des cégeps; Mme Bélanger, directrice générale du cégep de
Sherbrooke et présidente du Conseil des
directions générales de la Fédération des cégeps; M. Simard, P.D.G. de
l'Association des cadres des collèges du Québec; ainsi que M. Lambert, du cégep Édouard-Montpetit; Mme Laurier,
directrice des communications de la Fédération des cégeps; M. Dornier, directeur général du
cégep de Rimouski; M. Gingras, directeur général du cégep de
Rivière-du-Loup; M. Grou, directeur général du cégep Limoilou;
Mme Lavoie, directrice générale du cégep de Sainte-Foy; M. Halpin, directeur général du John Abbott College; et
M. Cormier, directeur général du cégep Saint-Laurent; et l'ensemble des
directions générales et des directions de
différents départements des cégeps qui sont ici, dans notre capitale nationale,
pour le congrès de la fédération.
le Président, en août 1967, les 12 premiers cégeps ont vu le jour suite aux
recommandations du rapport Parent. Depuis,
c'est 48 cégeps, dans toutes les régions du Québec, partout sur notre
territoire, qui offrent aux jeunes et moins jeunes du Québec une
éducation supérieure de qualité dans des domaines diversifiés.
Je suis fier d'être
un diplômé en sciences humaines du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu. Comme bien
d'autres collègues ici, nous sommes tous
fiers d'avoir eu un diplôme de cégep, pour ceux qui ont eu l'occasion d'étudier
dans les cégeps, parce que, pour
nous, c'est une porte d'entrée vers une autre vie, la vie adulte, donc une
transition vers l'université, vers la
carrière, vers une profession, vers un choix professionnel. Dans mon cas, j'ai
commencé mon implication politique dans
un cégep en fondant une cellule étudiante de mon parti politique. Donc, aujourd'hui, je suis député. C'est en bonne
partie grâce à mon implication à mon cégep. Pour moi, pour mes années
dans un cégep, c'est des années importantes dans mon parcours, mais je
suis certain que pour l'ensemble des étudiants au Québec c'est la même chose.
Pour
le Québec, les cégeps offrent une formation générale
commune à tous les étudiantes et étudiants accédant à l'enseignement supérieur à faible coût, rappelons-le, M. le Président. Pour les régions du Québec, les cégeps permettent
aux jeunes de se former chez eux, dans leurs
régions, mais... aussi des acteurs importants de leur développement économique,
social et culturel. Pour les jeunes du Québec, les cégeps sont une formation
solide, un réseau d'amis, de contacts, une ouverture sur le monde, une
sensibilisation à la démocratie mais aussi une transition vers la vie adulte.
Mais je veux terminer, M. le
Président, en remerciant tous ceux qui ont oeuvré et qui oeuvrent encore
aujourd'hui dans les 48 cégeps, qui font
en sorte qu'ils sont des leviers importants de notre développement régional et
partout au Québec. Merci à tous et à toutes.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député de
Saint-Jean, de votre intervention. Je vous cède la parole, M. le député
de Chambly. À vous.
Roberge : Merci bien, M. le Président. Je veux d'abord saluer toute
l'équipe de la Fédération des cégeps qui est présente ici. Ça m'a fait grandement plaisir d'être à vos côtés hier
pour la fête. Je salue d'ailleurs le talent des directions générales,
qui nous ont donné tout un spectacle. Ce sont des musiciens extraordinaires.
faut saluer aussi toute l'équipe qui travaille dans les cégeps à la grandeur du Québec. Tout le monde, dans un cégep, c'est une
équipe. Il y a les directions, mais il y a
les enseignants, il y a ceux qui s'occupent de la vie étudiante. C'est
vraiment des groupes de personnes qui accompagnent et prennent soin de nos
jeunes. Pour ma part, j'ai, comme sans
doute plusieurs d'entre vous, de très agréables souvenirs de mon
passage au cégep. Ce sont deux années, ou trois années — ou
plus dans certains cas — où
on forge qui on est, on choisit vraiment vers où on va se diriger, soit sur le marché du travail soit en poursuivant des études. C'est aussi un endroit où on revient. Il
faut le rappeler, les cégeps font aussi beaucoup de formation continue ou de perfectionnement par la
voie des A.E.C., notamment. Il faut davantage donner d'autonomie aux cégeps, disons-le, davantage donner d'autonomie
aux cégeps pour qu'ils puissent développer des programmes plus vite et
mieux accompagner les gens qui ont besoin d'acquérir de nouvelles connaissances
et compétences pour le marché du travail. Il y a un équilibre à trouver, par exemple, il faut faire attention, parce
que les cégeps ont une mission aussi,
celle de donner de la formation
générale. D'ailleurs, j'ai un
chapitre du livre publié en 2016,
disons-le, qui parle de ça et qui plaide pour surtout ne pas sacrifier la
formation générale qui est offerte dans les cégeps. Donc, il y a
un équilibre à trouver et à maintenir.
chose est certaine, on peut compter sur notre réseau collégial à la grandeur du
Québec. C'est vraiment un actif,
c'est un acquis pour le Québec, à la grandeur du Québec, autant dans les
centres urbains que dans les régions. C'est grâce à notre réseau des cégeps si on a le meilleur taux de diplomation
en enseignement supérieur au Canada. On peut toujours vouloir faire
mieux. Il faut avoir de l'ambition pour améliorer notre taux de diplomation,
pour s'assurer que nos jeunes, peut-être,
complètent leur parcours plus rapidement. Mais soulignons nos bons coups, on a le meilleur
taux de diplomation en enseignement supérieur, et c'est grâce aux cégeps. Et, si aussi on réussit à garder
des jeunes dans nos régions, c'est
aussi grâce aux cégeps qu'ils peuvent poursuivre leurs études, après le
secondaire, plus près de chez eux, et ça
évite souvent des exils, parce qu'en étudiant plus longtemps ils prennent racine
en tant que jeunes adultes dans leurs régions, et, s'ils vont ailleurs,
bien, ils ont plus de chances de revenir.
Donc, les cégeps,
c'est vraiment un ancrage, c'est un poumon, c'est un incubateur de talents à la
grandeur du Québec. On peut s'appuyer sur leurs succès pour aller
encore plus loin, mais n'oublions pas que c'est un actif. Longue vie aux
cégeps!
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. M. le député de Gouin, pour votre intervention sur cette même motion,
à vous.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je suis très content d'ajouter
ma voix à celle de mes collègues aujourd'hui pour d'abord, bien
sûr, saluer nos invités, mais également
célébrer, souligner... mais, en fait, non, célébrer le
50e anniversaire du réseau collégial.
faut le rappeler, le modèle des cégeps, le réseau collégial, c'est un modèle
unique en Amérique du Nord, mais c'est
aussi un des plus beaux héritages de la Révolution tranquille. Il faut le rappeler, il n'y a pas si longtemps
que ça, le Québec partait de loin en
matière d'éducation, et c'est la commission Parent qui, au début des
années 60, va nous permettre de
rattraper ce retard. Plus spécifiquement, c'est le projet de loi n° 60 qui
va finalement instaurer un ministère de l'Éducation et qui va ainsi, pour ainsi dire, ouvrir toutes
grandes les portes de la modernité pour le Québec. C'est le projet de loi
n° 60 qui, je le disais, va créer un ministère de l'Éducation et c'est
cette même loi qui va également créer les cégeps. Les cégeps sont donc nés de cette loi, mais ils sont surtout
nés de la vision progressiste qui était celle des artisans et des artisanes de
la Révolution tranquille.
m'en voudrais aujourd'hui de parler du réseau collégial sans porter notre
attention sur la formation générale, qui
est un des piliers, sinon le pilier du projet de société qu'incarne le réseau
collégial, cette idée d'un tronc commun de cours, cette idée d'une formation humaniste que tous les étudiants et
toutes les étudiantes ont à suivre, qu'ils veulent devenir infirmiers, techniciens en informatique,
sociologues ou médecins. Cette idée donc, qui est très loin de toute conception
marchande du savoir, elle est au coeur du
projet des cégeps, et c'est important d'en parler aujourd'hui, à l'heure où
cette formation collégiale est de plus en plus remise en question et
sous attaque.
veux donc terminer en saluant, bien sûr, les artisans et les artisanes qui ont
construit le réseau des cégeps — nous en avons un digne représentant aujourd'hui parmi nous — et j'ai également une pensée, je dirais,
pour tous les travailleurs et
travailleuses qui, dans le milieu académique comme non académique, font vivre
les cégeps aujourd'hui, s'assurent donc, bien sûr, du bien-être des jeunes Québécois et Québécoises mais qui plus
largement, en oeuvrant dans les cégeps, contribuent au bien-être de la
société québécoise en entier. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le député de
Gouin, de votre intervention. Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Vachon pour son intervention sur cette même motion. À vous.
Ouellet : Merci, M. le
Président. Il faudra se rappeler qu'avant 1967 les francophones qui désiraient
poursuivre leurs études n'avaient d'autre choix que le collège
classique. Les statistiques de l'année 1960 — j'avais de la misère à y croire, M. le Président — indiquent que seulement 3 % des jeunes
francophones de 20 à 24 ans fréquentaient l'université.
Le rapport
Parent a tout changé. En préconisant la gratuité scolaire et la création du
réseau des cégeps avec des établissements
sur tout le territoire du Québec, c'est l'ensemble des Québécois et des
Québécoises qui ont eu accès aux études supérieures, hommes, femmes, peu
importent les moyens financiers. Mais les cégeps, c'est encore plus que l'éducation. Les cégeps, qui sont implantés dans
toutes les régions du Québec, ce sont aussi de formidables vecteurs de
rayonnement culturel, social et sportif. Ce sont des lieux bouillonnants
d'activités et d'idées.
50 ans, ça se fête. Je salue d'ailleurs Guy
Rocher, grand défenseur de l'État-providence, et les participants au 11e congrès de la Fédération des cégeps qui
sont avec nous aujourd'hui. Les 50 ans du réseau collégial, c'est
également pour moi l'occasion de rendre hommage à tous les professeurs.
Mais j'aimerais, M. le Président, rendre un hommage particulier à ma mère, ma mère, Laurence Juneau, qui a enseigné au cégep
Édouard-Montpetit dès 1968 et qui y a passé toute sa carrière. Ma mère, comme tous les professeurs, a toujours eu à
coeur la réussite de ses étudiants et de ses étudiantes et allait, elle
aussi, contribuer, à sa façon, à ces 50 ans de diffusion du savoir. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie, Mme la députée de Vachon. Et cette dernière
intervention met fin à cette motion en termes de débat.
Est-ce que la motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, c'est clair que oui. Alors,
bravo! Puis on salue nos visiteurs, bienvenus d'être des nôtres.
Je cède
maintenant la parole aux membres du groupe formant l'opposition officielle, et
c'est Mme la députée de Taillon pour la présentation de sa motion sans
préavis. Mme la députée de Taillon, à vous.
Lamarre : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le député de Mercier, le député de Gaspé et la députée de Vachon, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de l'aveu du ministre de la Santé et des
Services sociaux quant à l'échec de sa promesse que 85 % des Québécois
et des Québécoises soient pris en charge par un médecin de famille d'ici le
31 décembre 2017;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de conférer davantage d'autonomie
aux 200 000 professionnels de la
santé afin de permettre aux médecins de famille de prendre en charge davantage
de patients.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Il n'y a pas de consentement. Nous
poursuivons. Je reconnais maintenant M. le député de Groulx pour la
présentation de sa motion sans préavis. M. le député, à vous la parole.
Surprenant : M. le
Président, je sollicite le consentement de l'Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le député de Deux-Montagnes, le
député de René-Lévesque et la députée de Vachon :
«Considérant
que l'ouest, le sud et l'est du Grand Montréal sont actuellement ou en voie
d'être desservis par un réseau de
transport collectif et des axes routiers étant de nature à offrir un service
supérieur à ce qui est offert dans les Basses Laurentides;
«Considérant
que le réseau routier des Basses Laurentides, région qui affiche et qui
continuera d'afficher la plus forte croissance démographique au Québec,
est le plus congestionné du Grand Montréal;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que, malgré les demandes répétées des députés
de la couronne nord, la situation se
dégrade, privant les citoyens des Basses Laurentides de leur qualité de vie et
affectant le dynamisme économique de la région, engendrant des pertes de
plus de un milliard de dollars annuellement;
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement qu'il prenne acte de l'importance
de la situation et qu'il prenne les
mesures nécessaires à l'amélioration de la mobilité des citoyens sur la
couronne nord, notamment et expressément en se ralliant au consensus de
rapidement entreprendre la construction des voies réservées sur l'autoroute
15.» Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Il n'y a pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Il
n'y a pas de consentement.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions, et je cède la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement. À vous la parole.
M. Tanguay : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
relations avec les citoyens complétera les
consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 143, Loi visant
à améliorer la qualité éducative et à
favoriser le développement harmonieux des services de garde éducatifs à
l'enfance, aujourd'hui, à compter de 11 h 30 pour une durée de
1 h 30 min, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Et, M. le Président, la Commission des finances
publiques poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 108, Loi favorisant la surveillance
des contrats des organismes publics et instituant l'Autorité des marchés
publics, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, ainsi que le mardi 31 octobre 2017, de 10 heures à
midi, à la salle du Conseil législatif. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail mardi le 31 octobre 2017, de
9 h 30 à 10 heures, à la salle RC.171, afin de statuer sur la
possibilité que la commission se
saisisse de pétitions concernant, un, la présence d'un médecin de famille à
L'Isle-aux-Coudres et l'ouverture d'une nouvelle clinique et l'embauche
de nouveaux médecins dans Hochelaga-Maisonneuve.
Je vous avise également que la Commission de
l'économie et du travail se réunira en séance de travail mardi le 31 octobre 2017, à... RC.171, de
10 h 30 à 15 heures... ah! ce n'est pas vrai, de
10 h 30 à 11 h 15, afin de statuer sur les observations, conclusions et recommandations à
la suite des auditions des trois fonds de recherche du Québec, et de 11 h 15 à 12 heures, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat
d'initiative concernant l'encadrement législatif des inspecteurs en
bâtiment.
Nous en sommes maintenant à la rubrique
Renseignements sur les travaux. Alors, s'il n'y a pas...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, pas tout de suite.
Alors, je
vous informe qu'aujourd'hui, à 14 h 30, au bureau de Son Honneur le
lieutenant-gouverneur, aura lieu la
sanction du projet de loi n° 130, Loi modifiant certaines dispositions
relatives à l'organisation clinique et à la gestion des établissements
de santé et de services sociaux.
Je vous
rappelle que, lors de l'interpellation prévue pour demain, vendredi 27 octobre
2017, c'est M. le député de Masson
qui s'adressera à Mme la ministre du Développement durable, de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques sur le sujet
suivant : Le manque de cohérence du gouvernement libéral en environnement.
Je vous avise
de plus que l'interpellation prévue pour vendredi le 3 novembre 2017
portera sur le sujet suivant : La
Côte-Nord abandonnée par le gouvernement libéral. Mme la députée de Duplessis
s'adressera alors à M. le ministre responsable de la région de la
Côte-Nord.
Comme on vous
l'avait indiqué, maintenant, je suis prêt à entendre les interventions des
leaders sur la question de privilège
qui avait été soulevée par le leader de l'opposition officielle et député de Matapédia
le 24 octobre dernier. Et c'est
le moment pour entendre vos plaidoiries. Je laisse la parole à M. le leader de
l'opposition officielle pour ce qu'il a à nous dire. À vous.
M. Bérubé : M. le Président,
à la lumière de la preuve soumise avec cette lettre, vous constaterez que la
ministre de la Justice et députée de
Gatineau a commis prima facie un outrage au Parlement en induisant les
parlementaires en erreur par ses
réponses en commission parlementaire lors de l'étude détaillée du projet de loi
n° 62, Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État et visant
notamment à encadrer les demandes d'accommodements religieux dans certains
organismes. Les propos de la ministre ont
entravé les travaux parlementaires en influençant l'action et l'opinion d'une
députée.
Les propos tenus lors de l'adoption
d'un projet de loi sont importants pour comprendre l'intention du législateur.
Ils sont d'ailleurs souvent utilisés par les tribunaux.
La ministre de la Justice indiquait en
étude détaillée, le 19 septembre 2017, sur l'application du visage
découvert dans le transport en commun que celle-ci s'appliquait sur
l'ensemble du trajet.
La députée Taschereau dit alors :
«Donc, on a eu, par exemple, des casseurs qui sont embarqués dans des autobus,
c'est pendant tout le trajet d'autobus que
le visage doit être découvert. Et pour la personne qui donne, bon, c'est sûr,
les chauffeurs d'autobus ont une
règle vestimentaire, puis pour les gens qui sont dans l'autobus c'est pendant
toute la durée du trajet.» La députée de Taschereau.
ministre de la Justice répond : «C'est ça...»
La députée de Taschereau : «C'est
vraiment ce que nous indique, les juristes, lors de la prestation de
services...»
ministre de la Justice : «C'est ça.»
La députée de Taschereau : «...pendant
tout le trajet d'autobus que le visage doit être découvert. Et pour la personne
qui donne, bon, c'est sûr, les chauffeurs
d'autobus ont un... vestimentaire — code — puis, pour les gens qui sont dans
l'autobus, c'est pendant toute la durée du trajet.»
Réponse
de la ministre de la Justice : «C'est ça.» Au texte, M. le Président.
députée de Taschereau revient : «C'est vraiment ce qu'on indique, les
juristes, là : lors de la prestation de services, c'est ce que ça
signifie.»
Réponse de la ministre de la
Justice : «C'est ça. C'est clair, puis [...] et j'avoue que peut-être les
explications que j'ai pu donner n'étaient peut-être pas claires... aussi
claires que ça. Je tiens à réitérer : c'est durant la durée de la
prestation de services, puis il y a des motifs qui expliquent ça.» Au
texte.
L'intention du législateur exprimée
par la ministre est limpide, la députée l'ayant fait répéter à plusieurs
reprises comme je viens de vous le
démontrer. Ces déclarations de la ministre ont eu des conséquences puisque la
porte-parole de l'opposition officielle n'a pas déposé d'amendement à la
suite de ces remarques, comme l'indique l'extrait.
La députée de Taschereau dit :
«Il n'y a donc pas besoin de l'amendement qui dirait : pendant toute la
durée de la prestation de services. C'est déjà clair.»
ministre répond : «Non, c'est au cours de la prestation de services et de
la réception de ce service.»
députée de Taschereau : «Donc, nous nous [épargnons] un amendement, M. le
Président.»
Quelle
est la réponse de la ministre de la Justice? «On vient de gagner
10 minutes.»
la suite de l'adoption du projet de loi n° 62 en cette Chambre, la
ministre a confirmé à Radio-Canada, le 18 octobre 2017, l'interprétation voulant
que l'entièreté du trajet devait se faire à visage découvert, indiquant même que — ouvrez les guillemets — «ça a été très clair en commission
parlementaire». Je dépose une copie de l'entrevue que j'ai juste ici.
Elle a reconfirmé cette interprétation
à TVA — elle a
fait toute une ronde d'entrevues — la même journée. Et je dépose copie de l'entrevue qui est à même la
première. Il est possible d'y lire : «Pour prendre un transport en commun,
il faut avoir un visage découvert. Tout le long du trajet, a précisé la
ministre de la Justice.»
Mais
ce n'est pas tout. Lors du point de presse de mardi dernier, la ministre,
clairement, contredit ses paroles tenues en
commission parlementaire — j'ouvre les guillemets : «Toutefois, une fois que l'on a pris
place dans l'autobus ou dans le
métro, on évolue dans le prolongement de l'espace public. La loi n'entend pas
régir le prolongement de l'espace public.»
Et elle a ajouté — et là je
cite la ministre de la Justice : «On n'oblige pas une personne à conserver
son visage découvert s'il n'y a pas d'interaction avec un employé du service
de transport.»
Lors
du débat de fin de séance, avec ma collègue de Taschereau, de mardi, la
ministre a contredit ses dires en commission,
indiquant — j'ouvre les
guillemets : «J'ai expliqué, ce matin, pour un certain nombre... j'ai
donné les principes d'application pour un certain nombre d'exemples, Mme
la Présidente. J'ai fait un point de presse, j'ai eu la chance d'échanger, de présenter, les principes d'application sont publiés sur le site
du ministère de la Justice, Mme la Présidente. Je pense que les
explications qui ont été données sont claires. L'interaction entre deux
personnes est à la base de cet article-là — fermons les guillemets.»
C'était la ministre de la Justice.
La ministre a de plus
clairement admis avoir tenu des propos contradictoires. Pourquoi je vous dis
ça? Avec Patrice Roy, en direct, à
17 heures, à RDI — ça, c'est mardi — elle a indiqué : «Lorsque la personne
montre à bord du véhicule, si elle a
[un]
titre de transport qui est accompagné d'une photo, la personne doit
s'identifier, et puis, une fois que
la personne s'assoit dans l'autobus ou dans un wagon de métro qui est un
prolongement de l'espace public, il n'y a pas d'interaction avec un membre du
personnel, et le projet de loi vise vraiment les interactions entre les agents
de l'État[...]. Lorsqu'il n'y a pas
d'interaction et qu'on est seulement dans la sphère publique, l'obligation
d'avoir le visage découvert n'est pas nécessaire.»
Patrice Roy de
répondre : «Donc, vous avez changé d'idée?»
ministre de la Justice répond : «J'en suis consciente[...]. Lorsqu'il
n'y a pas d'interaction, il n'y a pas lieu d'avoir cette obligation, et je vous avoue qu'il y a
une telle réaction, parce que, là, on s'est interrogé ce week-end.
On ne vient pas légiférer sur le visage découvert dans l'espace public, mais dans le cadre où il y a
des services entre des citoyens et un agent de l'État.»
Patrice Roy,
journaliste rigoureux : «Vous avez adouci votre projet de loi?»
Réponse de la
ministre : «En fait, le texte de la loi est le même. On ne modifie
aucunement le texte. L'interprétation
que l'on donnait dans le transport public,
le service est tout au long du trajet, mais l'interaction n'est pas en continu
dans le trajet, donc une personne peut être appelée à
s'identifier au moment d'entrer à bord de l'autobus, et il pourrait y avoir des besoins d'identification qui
se manifestent, mais ce n'est pas en continu.»
Elle a reconnu cette confusion en point de
presse le matin même, lorsqu'elle a indiqué que — j'ouvre les
guillemets — «si
mes propos ont pu être appelés à être interprétés, je fais amende honorable et
je m'en excuse».
La jurisprudence maintenant qui sera utile pour
le traitement de cette affaire. Comme l'indiquait le président Jean-Pierre Charbonneau le 28 novembre
2001 — j'ouvre les guillemets : «Selon la doctrine, un outrage au Parlement est
tout acte ou toute omission qui a pour effet d'entraver les travaux de l'Assemblée ou de porter atteinte à son autorité et à sa dignité.» Comme May et Maingot l'indiquent dans leurs traités,
des déclarations délibérément trompeuses peuvent être considérées comme
un outrage.
Le président Peter Milliken a statué à la
Chambre des communes, à Ottawa, le 1er février 2002 — j'ouvre
les guillemets : «En me fondant sur les arguments présentés par les
honorables députés et compte tenu de la gravité de la question, j'en arrive à la
conclusion que la situation qui nous occupe, dans laquelle la Chambre a reçu
deux versions des mêmes faits, mérite que le comité compétent en fasse
une étude plus approfondie, ne serait-ce que pour tirer les choses au
clair.»
Dans sa décision du 27 septembre 2016,
le troisième vice-président indiquait ceci :
«Dans [ce
récent] cas [des] questions de privilège où il devait traiter la notion
d'induire la Chambre en erreur, l'actuel
président de l'Assemblée
nationale s'est référé à deux
décisions de la présidence de la chambre des Communes du Canada.
«À ces deux
occasions, la présidence de la Chambre des communes a donné ouverture, à
première vue, à un outrage au
Parlement pour le motif que des ministres avaient donné deux versions contradictoires des mêmes
faits à la Chambre. Ces déclarations avaient, selon la présidence,
engendré de la confusion. Elle expliquait cette approche en soulignant l'importance
du besoin de clarté dans le déroulement des délibérations ainsi que la nécessité
d'assurer l'intégrité de l'information que le gouvernement fournit à la
Chambre.
«Au sujet de
ce qui constitue des versions contradictoires — M. le Président — l'actuel président de l'Assemblée est venu confirmer que, pour induire délibérément
la Chambre en erreur, et là c'est [quand même important], il faut que le
député qui s'exprime sur un sujet [...] soit
arrivé à donner deux versions qui se contredisent. Il va sans dire que, comme
[...] mentionnait alors le président, une
interprétation différente d'une situation donnée par plusieurs personnes ne
peut donner ouverture à un outrage au Parlement.»
Nous sommes ici en présence d'un aveu de la part
de la ministre, et, de plus, ses déclarations sont clairement contradictoires
et créent non seulement la confusion, mais ont également entravé les travaux
parlementaires de cette Assemblée en
essayant d'influencer le vote, l'opinion et l'action d'une députée, en
l'occurrence notre porte-parole, en utilisant des moyens déloyaux
destinés à surprendre un consentement, comme le stipule l'article 55(10)
de la Loi de l'Assemblée nationale. Nous
estimons que la présidence doit aujourd'hui intervenir sans équivoque et
envoyer un signal clair au gouvernement afin que de telles situations ne
se reproduisent pas et que les parlementaires puissent remplir pleinement leur
rôle.
Devant les
faits dévoilés par la preuve qui vous est soumise, nous considérons que les
agissements de la ministre sont une atteinte à l'autorité et la dignité
de cette Assemblée et donc, prima facie, un outrage au Parlement.
En adoptant
l'approche de la présidence de la Chambre des communes de 2002, la présidence
soulignerait l'importance du besoin de clarté dans le déroulement des
délibérations ainsi que la nécessité d'assurer l'intégrité de l'information que le gouvernement fournit à
l'Assemblée. Si la présidence permet ce genre d'agissements, les ministres
pourront donner n'importe quelle explication afin de faire adopter un projet de
loi et renier, quelques jours suivant l'adoption...
leurs propres explications du projet de loi, tournant ainsi les travaux de
l'Assemblée nationale en ridicule. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : On
vous remercie. Puis — juste
une seconde avant de poursuivre — à deux reprises, vous avez sollicité le
consentement de cette Chambre pour le dépôt de documents.
Y a-t-il
consentement pour déposer les documents évoqués? La réponse, c'est : Oui,
il y a consentement. Merci. Alors, M. le leader du gouvernement,
à vous.
Fournier : Merci. Oui, M. le Président. J'ai discuté avec mon collègue
de la deuxième opposition qui interviendra par la suite puis j'imagine
qu'on pourra compléter pour la fin.
Peut-être
juste, d'entrée de jeu, avant de commencer à faire les remarques que j'avais
prévu faire, simplement vous indiquer
que les propos ou les éléments que mon collègue met de l'avant aujourd'hui qui
ne font pas
partie de la question de privilège telle qu'elle a été déposée
mardi dernier ne peuvent pas être retenus par la présidence, mais on
sait que ça, vous le saviez déjà.
Je vais vous
présenter, M. le Président, un certain nombre d'éléments, bien sûr, m'attarder
d'abord sur le droit parlementaire
qui s'applique en cette matière, revenir sur la loi n° 62, quelques
éléments à retenir pour le débat, revoir — mon collègue
a parlé des déclarations — revoir les déclarations qui ont été faites. J'en arriverai à
établir le fait qu'il y a une cohérence dans la loi et dans les
déclarations et je tirerai une conclusion par la suite.
D'abord, la loi, M. le
Président, le droit parlementaire, ce que nous dit le droit parlementaire.
Bien, d'abord, l'article 35.6° du règlement,
c'est important de le rappeler : «Le député qui a la parole ne peut :
[...]6° imputer des motifs indignes à un député ou refuser d'accepter sa
parole.»
Je tiens à le noter, parce que tout le débat que
nous avons ici met cet élément du règlement en relief.
L'article 55.2° de la Loi de l'Assemblée
nationale : «Nul ne peut porter atteinte aux droits de l'Assemblée. Constitue notamment une atteinte aux droits de
l'Assemblée le fait de : 2° rendre un témoignage faux ou incomplet devant
l'Assemblée, une commission ou une sous-commission.»
Maintenant, si on regardait du côté des
décisions qui ont été prises par la présidence et qui donc forment le corpus de droit qui doit nous guider dans le
règlement de cette question, j'ai un certain nombre de décisions à vous citer;
celle du président Lorrain, du 18 octobre 1988, 67/12, et je cite la
décision : «Selon un précédent anglais de 1963, "l'affaire Profumo", un député pourrait commettre un outrage
au Parlement [...] si, lors d'une déclaration de fait personnel, il
avait délibérément trompé l'Assemblée et l'avait subséquemment reconnu,
renversant ainsi la présomption de l'article
35(6) du règlement[...]. Dans d'autres circonstances, un député ne peut,
conformément à l'article 35(6) du règlement, imputer des motifs indignes à un autre député ou refuser [de prendre] sa
parole.» La décision 67/60 du président Chagnon, du 28 septembre 2011 : «...il faut démontrer le caractère
intentionnel de l'acte pour que la présidence puisse conclure qu'un député a sciemment induit la Chambre en
erreur[...]. [...]le principe fondamental prévu au paragraphe 6° de l'article
35 de notre règlement selon lequel on
doit toujours accepter la parole d'un député. Cette présomption en faveur d'un
député ne peut être renversée que si
celui-ci, lors d'une intervention, induit l'Assemblée en erreur et, par la
suite, reconnaît l'avoir délibérément trompée...»
67/72 du président Chagnon, du 8 décembre 2016,
c'est un peu plus long — je
m'en excuse :
«En ce qui
concerne le deuxième paragraphe de l'article 55 de la
Loi sur l'Assemblée
nationale, deux éléments sont
nécessaires afin qu'une question soit déclarée recevable à première vue sur
cette base. Premièrement, une preuve probante
doit démontrer que le témoin a bel et bien rendu un témoignage faux ou
incomplet. Deuxièmement, bien que, contrairement
aux paragraphes 3° et 4° de l'article 55 de la
Loi sur l'Assemblée nationale,
le deuxième paragraphe ne comporte pas l'expression "dans le
dessein de tromper", il demeure essentiel de constater dans le témoignage
faux ou incomplet allégué une certaine
intention d'induire en erreur ou de nuire au bon déroulement des travaux
parlementaires.
«En effet, il
importe de différencier l'erreur de bonne foi ou le témoignage inexact de
l'omission volontaire de fournir des
renseignements devant une commission ou la Chambre. Ainsi, pour que la
présidence déclare recevable une question
de privilège sur la base de ce paragraphe, elle doit à tout le moins pouvoir
déduire clairement des faits soumis une
intention fautive du témoin. Autrement dit, il faut plus qu'un témoignage non
préparé et malhabile, car un témoignage faux ou incomplet implique une
intention sous-jacente qui doit être démontrée. En effet, le fait de présenter
de faux documents ou de rendre un témoignage
faux ou incomplet devant l'Assemblée ou une commission sont des gestes qui
transposent, en droit parlementaire
québécois, la notion "d'induire délibérément en erreur" qui est
reconnue dans d'autres parlements [de] type britannique.»
Et je
continue toujours de faire la lecture de la décision, M. le Président. «À cet
égard, un précédent du Parlement néo-zélandais
illustre bien la nécessité de déceler une intention fautive afin de constater,
à première vue, une violation de
droit ou de privilège en pareille situation. Dans ce cas, un témoin avait donné
une version des faits lors de son témoignage en commission. Puis, il avait écrit à la commission pour donner une
autre version des faits. La présidence avait alors précisé que, dans un tel cas, il doit être démontré que
toute inexactitude est délibérée puisqu'une tromperie
"innocente"[...] — entre guillemets — ne
remplit pas le critère de l'outrage.»
«Cependant,
pour qu'une question de privilège soit déclarée recevable, à première vue, sous
l'angle du deuxième paragraphe de l'article [35] de la
Loi sur
l'Assemblée nationale, deux éléments sont essentiels : non seulement il
faut démontrer une preuve probante à l'effet
qu'un témoignage incomplet a bel et bien été rendu, mais une intention
d'induire en erreur ou de nuire au bon déroulement des travaux parlementaires
en soustrayant volontairement de l'information aux parlementaires doit
aussi être démontrée.»
M. le
Président, lorsqu'on regarde toutes ces décisions qui ont été rendues,
regardons les éléments qu'il faut en retenir.
Pour donner droit à la question de privilège de l'opposition, le droit
parlementaire nous indique donc qu'il faut, prima facie, démontrer par une preuve probante l'existence d'un
témoignage faux ou incomplet et aussi de démontrer que ce témoignage
faux ou incomplet était fait avec une intention d'induire en erreur ou de
nuire.
Lorsque la
question de privilège est basée sur une fausse prétention et que le plaignant
sait que cette prétention est fausse,
elle devient un moyen de contourner l'article 35.6 et d'imputer des motifs
indignes. Si l'opposition sait que les deux éléments ne sont pas réunis,
sa question de privilège constitue une accusation sans fondement et une
atteinte délibérée à la ministre. Or, justement, l'opposition sait très bien
que les éléments ne sont pas réunis.
À la lecture
de la question de privilège, on constate que l'opposition conclut elle-même
qu'il n'y a pas d'intention d'induire en erreur. Au paragraphe 2° de la
première page de la question soumise, l'opposition écrit, et je cite : «À
la lumière de la preuve soumise avec cette
lettre, vous constaterez que la ministre de la Justice et députée de Gatineau a
commis prima facie un outrage au
Parlement en induisant délibérément les parlementaires en erreur par ses
réponses en commission parlementaire lors de l'étude détaillée du projet
de loi n° 62...»
Pourtant, au
paragraphe 4° de la page 4, lorsque l'opposition arrive à sa conclusion après
avoir fait ses représentations et sa
plaidoirie dans les quatre pages, l'opposition conclut : «...nous sommes
ici devant deux déclarations clairement
contradictoires...» Ce n'est pas la même conclusion que ce qu'on trouve à
l'introduction. L'opposition ne plaide pas
une déclaration intentionnellement fausse. L'opposition accuse la ministre
d'avoir voulu tromper, mais ne plaide et ne conclut qu'à une simple
contradiction dans les déclarations.
présidence, M. le Président, rend ses décisions à l'unanimité du président et
des vice-présidents, avec l'aide des
spécialistes de la table, comme l'indiquait le président le 27 septembre 2016.
Pour faciliter la discussion entre le président et les vice-présidents, je déposerai, à la fin de ma présentation, les
notes que je vous soumets présentement. Je suis convaincu qu'à la seule lecture de la question de privilège
le président et les vice-présidents constateront que l'opposition conclut
elle-même qu'il n'y a pas de déclaration
faite dans l'intention de tromper, et qu'en conséquence la question de
privilège sera jugée irrecevable.
Maintenant,
permettez-moi de m'attarder et à la loi n° 62 et aux déclarations. C'est
quand même le coeur de ce qui est soulevé dans la question de privilège.
Le débat
porte sur des interprétations à donner au libellé de la loi n° 62. C'est à
l'article 1, au deuxième paragraphe, que
l'on définit l'objectif visé par la demande du visage découvert. Je cite :
«...elle vise par ailleurs à reconnaître l'importance d'avoir le visage découvert lorsque des services publics
sont donnés et reçus afin de s'assurer de la qualité des communications entre les personnes, de
permettre la vérification de l'identité de celles-ci ou pour des fins de
sécurité...»
Puis c'est à
l'article 10 que l'on détermine à quel moment le visage doit être découvert. Je
cite un passage : «...de même, une personne qui se présente pour recevoir
un service par un membre du personnel...»
L'article 10 détermine que
c'est à l'occasion de l'interaction
entre deux personnes que s'applique la règle du visage découvert.
L'article
1 détermine le pourquoi du visage découvert, l'article 10 détermine le
moment du visage découvert.
Voyons maintenant
les déclarations. L'opposition a choisi d'isoler une seule
partie de la
déclaration de la ministre du 19
septembre, en omettant des déclarations faites en après-midi puis d'autres en soirée,
dont une qui précède de quelques secondes
les passages délibérément choisis par l'opposition.
L'opposition a choisi d'écarter toute référence au concept de l'interaction qui avait été soulevé par la
ministre de la Justice. En après-midi, vers 17 h 40, le 19 septembre, la ministre déclare, et je cite : «...l'objectif,
c'est de vraiment bien camper l'obligation, pour un membre
du personnel d'un organisme, d'exercer
ses fonctions à visage découvert et, pour une personne qui se présente, de
recevoir un service par un membre du personnel à visage découvert[...].
«...c'est important,
parce que, dans une société libre et démocratique,
il y a une interaction entre les citoyens, et cette interaction commande un certain
degré de communication...»
Plus
loin : «...pourquoi on veut, dans une société libre et démocratique, avoir le visage découvert et exiger
que le visage soit découvert? Mais c'est dans un cadre d'une interaction
sociale qui est ouverte, qui est respectueuse et qui permet aux individus de communiquer, de se connaître, d'échanger et
d'assurer que les individus devant nous sont les bonnes personnes...» Je continue un peu plus loin durant les discussions
qui se tiennent en commission parlementaire : «...nous partageons cette volonté d'assurer une
règle claire d'interaction, de mise en place de définir que nos services
publics sont offerts et sont reçus à visage découvert...»
Un peu plus
loin, toujours en fin d'après-midi : «...pour moi, c'est une règle
d'application générale, c'est une règle qui vient encadrer, d'une certaine façon, notre vivre-ensemble et qui
permet une interaction entre les citoyens, une interaction tout à fait libre d'entrave...» Puis, en soirée,
vers 20 h 40, la ministre déclare ce qui suit : «...il y a des
travaux qui vont se faire en
collaboration avec les municipalités, avec les différents organismes pour la
mise en oeuvre, pour l'accompagnement et
pour identifier les façons d'interagir...» Enfin, quelques secondes avant les
passages utilisés par l'opposition, mais qui omet de citer tous les autres que
je vous lis en ce moment sur les interactions, donc quelques secondes avant, la
ministre déclare ce qui suit :
«...c'est la prestation du service. Ce n'est pas[...]. En tout cas, de la façon
dont on prévoit, on est dans la prestation de services. Donc, tout au
long de l'interaction qui est nécessaire, tout au long de la prestation du service[...], ce service public là est offert et
reçu à visage découvert...» La ministre expose clairement que c'est au sens
de «tout au long de l'interaction
nécessaire» que se comprend «tout au long de la prestation du service public»,
ce qui est l'essence de l'article 10, M. le Président.
L'opposition
omet de citer ces passages sur le concept d'interaction et s'étonne ensuite des
propos de la ministre du 24 octobre en conférence de presse, où elle
fait référence aux interactions. À la question de Tommy Chouinard, de La Presse , elle répond le 24
octobre : «...en fait, lorsqu'il y a une interaction qui est nécessaire,
elle s'applique pendant la durée du
trajet. Donc, si, une fois que la personne a validé son
titre de transport,
comme je le mentionnais, si elle a un
titre
de transport qui nécessite de valider l'identité, à ce moment-là, c'est à
visage découvert. Une fois qu'elle est assise dans l'autobus ou dans le wagon de métro, il n'y a pas d'interaction, à
moins qu'il y ait une vérification faite par un employé de sécurité du
STM, parce qu'il y a, au sein des différents organismes de transport, des
employés de sécurité...»
Dans la seconde
partie de ces réponses, de
celles-ci, elle soutient la possibilité d'interaction non pas pour une question d'identification, mais alors là pour une
question de sécurité, ce qui peut arriver à n'importe quel moment durant
le trajet. Ça non plus, ce n'est pas le
contraire de ce qu'elle a dit en commission, M. le Président. Le 19 septembre,
en commission, elle a exprimé la même
idée en parlant des casseurs dans l'autobus. Elle soumettait alors que, durant
le trajet, il pourrait y avoir une
interaction pour des raisons de sécurité. La ministre a d'ailleurs réitéré la
même idée à la période des questions
du 24 octobre. Je la cite : «...M. le Président, la durée du trajet peut amener une interaction. On entre dans le véhicule, on vérifie le
titre de transport.
Certains titres de transport sont munis d'une carte d'identification avec photo,
certains autres n'en ont pas. Ça dépend du type de transport en question. Il y
a des tarifs privilégiés. Il peut y avoir entre
un membre du personnel de la société de transport et un usager. C'est possible. Donc, évidemment,
il peut, en cours de route, y avoir
une demande présentée à la personne pour s'identifier. Il peut y avoir une
demande pour des enjeux de sécurité...»
Les articles 1
et 10 de la loi ont été expliqués, M.
le Président. Le visage découvert est
requis pour s'assurer de la qualité
de la communication entre les personnes, pour permettre la vérification de l'identité de celles-ci ou pour des fins de sécurité. Par ailleurs, l'article 10
stipule que ces finalités sont analysées au moment où une personne se
présente pour recevoir un service par un membre du
personnel. On parle ici du service personnalisé d'une personne avec une autre. Il s'agit de l'interaction entre deux personnes.
La loi stipule qu'à l'occasion d'une interaction entre deux personnes, le
visage doit être découvert pour assurer la
qualité de la communication, la vérification de l'identité ou pour des fins de sécurité.
L'article 1
définit le pourquoi du visage découvert; l'article 10 définit le moment du
visage découvert.
Dans ses déclarations du 19 septembre et celles du 24 octobre, la ministre
a tenu, en commission parlementaire, en conférence de presse et en réponse à la période
des questions, des propos cohérents et constants. C'est au moment de
l'interaction entre deux personnes qu'il faut analyser si nous sommes devant
une des trois raisons montrant le visage découvert, à savoir : la qualité
de la communication, l'identification et la sécurité.
Si on ne
retient que la preuve soumise par l'opposition, on passe sous silence le fait que la ministre
a parlé des interactions entre les
personnes. Ce n'est qu'en raison de ce raccourci que l'opposition allègue et conclut à une contradiction. Mais c'est faire offense à notre Parlement, M. le Président, de taire des éléments importants des déclarations d'une collègue
pour s'arroger ensuite le droit de porter de telles accusations.
Lorsqu'on
analyse toutes les déclarations, la seule conclusion qui s'impose, c'est qu'il n'y a pas de contradiction. Évidemment, au surplus, et vous l'aurez constaté, il n'y a
aucune preuve prima facie d'intention de tromper, et plus encore il n'y a
aucune preuve d'aveu d'avoir eu l'intention de tromper, M. le Président. L'opposition elle-même admet qu'il
n'y a pas d'intention de tromper ni
d'aveu à cet effet. La conclusion de l'opposition, qui se trouve au quatrième paragraphe
de la dernière page de sa question de privilège, c'