Health and Social Services — 12 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CSSS 2020-02-12
Quebec — Committees
Ce sont des
formations qui sont offertes. Ce sont des formations qui sont suivies. Et il y a
des professionnels qu'on peut mettre
à contribution dans notre société pour simplifier la chose, pour qu'un citoyen
qui a besoin, pour une raison ou une
autre, ou qui veut simplement avoir une confirmation, mais qui veut avoir un
diagnostic, qui a besoin d'un diagnostic, peut-être même en lien avec...
pour faire une preuve pour son travail, pour faire une preuve pour les études,
pour avoir une compensation quelconque
de la Société de l'assurance
automobile du Québec, de la CNESST peut-être,
mais qui a besoin d'un diagnostic de santé mentale, pour qu'elle ne se
retrouve pas nécessairement dans une situation où ce soit nécessairement le médecin ou l'infirmière
praticienne spécialisée qui puisse
offrir ce diagnostic-là, mais qu'on mette à contribution tous les autres professionnels du Québec
qui, par le code, les codes déontologiques, peuvent faire ces choses-là,
mais qui, par la loi, ne peuvent pas les faire en ce moment.
Alors, on
vient un peu suggérer à la ministre de faire ce rattrapage-là pour que la loi en
vienne au même niveau que le code.
Alors, on demande à la ministre ce qu'elle en pense. On a eu un début
d'explication, hier, mais disons qu'à travers les amendements qu'on
propose, là, on veut le mettre sur la table officiellement, qu'on pourrait, à
travers uniquement l'article 3.1, permettre aux psychologues de
diagnostiquer les troubles mentaux, permettre aux psychologues qui détiennent une attestation de formation de
diagnostiquer les troubles neuropsychologiques et pour les conseillers
en orientation qui détiennent une
attestation de formation, de diagnostiquer les troubles mentaux. Je demande à
la ministre si elle est ouverte à faire ces modifications-là à ce
moment-ci.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la ministre.
Mme McCann : Oui. M.
le Président, je demanderais juste
quelques minutes, vu qu'étant donné qu'on vient de les recevoir, les amendements, deux d'entre eux, là, pour nous concerter, puis
on va vous revenir rapidement, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va suspendre.
(Suspension de la séance à 11 h 32)
Président (M. Provençal)
Nous reprenons nos travaux. Mme la
ministre, vous avez consulté les
membres de votre équipe et vous êtes présentement en mesure de donner des
explications au député de Pontiac.
Mme McCann : Oui, effectivement. Merci pour cette suspension, parce qu'il
y a quand même beaucoup d'implications,
hein, au niveau des amendements qui ont été déposés par le député de Pontiac.
Et j'ai avec moi Me Nolin, de l'Office des professions, qui va
expliquer davantage qu'est-ce qu'on peut faire par rapport à ces amendements.
Moi, d'entrée
de jeu, ce que je veux dire à l'Assemblée, à la commission, M. le Président, c'est que j'avais déjà l'amendement qui touche les psychologues
et les conseillers en orientation hier, hein, qui avait été déposé. Et donc, j'ai saisi la ministre de la Justice de
cette demande et je vais lui transmettre certainement les demandes contenues
dans ces amendements, parce que le dossier doit être travaillé au niveau du ministère
de la Justice, qui a la responsabilité du Code des professions.
Alors, je
vais vous demander, M. le Président, si on peut donner la parole à Me Nolin pour
donner de plus amples explications.
Président (M. Provençal)
Consentement? Me Nolin, vous vous nommez et votre fonction, s'il vous plaît.
M. Nolin (Patrick) : Bonjour.
Patrick Nolin, directeur des affaires juridiques à l'Office des
professions du Québec. Donc, en complément,
un petit peu, de ce que la ministre soulignait, évidemment que l'office a été
informé, là, des
demandes qui sont en lien avec le remplacement du terme «évaluer» par le terme
«diagnostiquer». Toutefois, au niveau des travaux au sein de l'office,
l'analyse de ces demandes-là n'a pas été faite encore, évidemment.
Il faut comprendre que le domaine de la santé
mentale, particulièrement, il y a une série d'activités qui sont partagées dans ce domaine-là. Il y a une réforme
qui a été faite par ce qu'on appelait le projet de loi n° 21, qui est
devenu la loi n° 28. Donc, c'est une réforme qui date
de 2009, entrée en vigueur début des années 2012. Donc, depuis ce temps-là, il y a eu quand même des guides
d'application et des travaux qui ont été faits entre les ordres, en
collégialité, pour s'assurer qu'il y avait
une interprétation commune des dispositions et que le travail pouvait bien se faire
entre les différents professionnels à ce niveau-là.
Donc,
évidemment que d'arriver aujourd'hui avec une demande de ce type de
modifications là, ça impliquerait, à tout
le moins, qu'il y ait des consultations auprès de nos partenaires, parce que
l'office fonctionne beaucoup avec ce type de consensus là et de travail de consultation avec les ordres
professionnels. Et comme ça ne faisait pas l'objet, vraiment, du projet de loi, on était plus au niveau des
infirmières IPS, bien, à ce moment-là, ce volet-là n'a pas été analysé par
l'office.
Quand on
parle d'une analyse, évidemment, qu'on va faire, entre autres l'analyse des
formations pour savoir si la formation
permet de faire ce type de diagnostic là, on sait qu'il y a eu des groupes qui
se sont ajoutés. On pense, notamment, les sexologues qui ont été ajoutés
dans le système professionnel depuis la réforme, où ça se faisait à peu près de
façon concomitante.
Donc, c'est
pour ça qu'à ce stade-ci, pour l'office, bien, c'est plus difficile, là, de
pouvoir conseiller le gouvernement pour dire : Il faut aller en ce
sens-là, au sens de l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci. Je vais me concentrer, M. le Président,
là, pour cette partie-là de mon intervention, sur ce qui est dans le 3.1, c'est-à-dire les psychologues et les
conseillers en orientation. Comme la ministre l'a dit, là, l'amendement
lui avait été transmis hier. Alors, ils ont
pu au moins prendre le temps de le lire et peut-être de mesurer certaines
implications ce matin.
Mais ce que
j'essaie de comprendre, par exemple, dans l'explication de Me Nolin, ces
propos-là ont été amenés il y a plusieurs mois déjà, là, au cours de la consultation, entre autres
par l'Ordre des psychologues. Et moi, ce que j'ai entendu de la part de l'Ordre des psychologues,
c'est que non seulement ils peuvent contribuer à faciliter l'accès pour
le patient, ce qu'on voudrait tous pour qu'ils
puissent avoir un diagnostic en santé mentale, mais surtout, ce que j'ai
entendu, c'est un peu un cri du coeur, hein,
parce qu'on ne les ouvre pas à répétition, ces lois-là. On ne
les ouvre pas souvent, même.
Les travaux qu'on fait là, c'est vrai que c'est
des travaux exhaustifs, c'est des travaux quand même qui prennent beaucoup de temps en commission, qui prennent beaucoup de temps à l'Assemblée, qui prennent
beaucoup de temps de consultation.
Alors, c'est vrai que ce n'est pas des choses qu'on fait tout le temps, et je
ne voudrais pas qu'on manque
l'opportunité, tandis que ces propos-là ont été amenés par l'ordre il y a
plusieurs mois déjà, M. le Président, alors que je pense qu'on était probablement au mois d'octobre ou au mois de
novembre quand on a fait les consultations, là.
Je comprends la préoccupation du gouvernement,
de dire : Bien, on n'a pas eu le temps de consulter tout le monde qu'on a besoin de consulter, mais il n'y a
pas de raison pour ça, M. le Président. Dans le cadre de la consultation
sur le projet de loi n° 43,
ces propos-là ont été amenés par l'Ordre des psychologues. Alors, je ne sais
pas qui manque à l'appel au niveau de
la consultation, là, mais je vous avoue qu'aujourd'hui je suis déçu qu'on nous
dise : Bien, on n'a pas eu le temps de faire les consultations
nécessaires auprès des autres, parce qu'on sait ce que les psychologues, eux,
veulent, mais auprès des autres.
Si on parle
de la formation spécifiquement, cependant, M. le Président, j'aimerais qu'on
nous dise, peut-être qu'il y a
quelqu'un dans l'équipe, l'équipe ministérielle, ça peut être Me Nolin, ça
peut être quelqu'un d'autre, là, qui nous dise en quoi un psychologue, à
première évaluation peut-être ou avec les travaux qui ont déjà été faits, ne
pourrait pas diagnostiquer un trouble
mental, selon sa formation. Pourquoi un psychologue qui peut l'évaluer,
aujourd'hui, qui peut l'évaluer ne pourrait pas le diagnostiquer?
Le Président (M. Provençal)
: Mme la ministre. Excusez.
Mme McCann :
Oui. M. le Président, on pourrait certainement répondre, là, à la question du
député de Pontiac, mais je pense
qu'il faut dire clairement que le projet de loi, là, sur lequel on se penche
aujourd'hui, ça n'ouvre pas le Code des
professions, là. Le principe, là, de ce projet de loi, évidemment, on touche
tout ce qui tourne autour, là, des infirmières praticiennes
spécialisées. Alors, on n'ouvre pas le Code des professions.
Quant à la
question sur la formation des psychologues, on peut donner une réponse, M. le
Président, mais à la base, là, on n'ouvre pas le Code des professions
avec le projet de loi.
M. Fortin : Bien, juste une chose avant qu'on passe la parole
à monsieur... à Me Nolin, par exemple. Je comprends qu'on n'ouvre pas le Code des professions, mais
hier on a dit qu'on amendait, qu'on changeait je ne sais plus combien de
lois, M. le Président, mais c'était
beaucoup, c'était plusieurs. Et, bien honnêtement, l'explication initiale que
j'ai entendue de la part de la ministre :
Bien, le Code des professions, ça dépend de la ministre ou du ministère de la
Justice. Peut-être, mais il y a une
partie de la
Loi sur les infirmières
aussi qui dépend de la ministre de la Justice et de son ministère. Alors, je
n'accepte pas cette explication-là. On est ici, autour de la table, pour
s'assurer d'élargir l'accès aux patients, hein? Puis, si on a besoin de dire : Bien, on ouvre une loi ou on ouvre
une autre, on est là-dedans, on en ouvre une panoplie, de lois, en ce
moment.
La ministre nous présente une loi, un
projet de loi qu'elle appelle la loi modifiant la
loi sur les infirmières
afin de favoriser l'accès aux services de
santé. Mais on est là-dedans, là, favoriser l'accès aux services de santé.
C'est ça qu'on veut faire. L'objectif,
c'est le même. Alors, si on a besoin d'ouvrir une énième loi pour le faire ou
un code des professions, dans ce
cas-ci, je ne vois pas pourquoi on se dirait : Bien, parce qu'on ne le
fait pas dans le projet de loi initial, on ne peut pas le faire. S'il y
a une volonté autour de la table, on peut tout faire, et il n'y a pas de raison
de ne pas procéder.
Alors,
je trouve l'explication un peu courte, M. le Président, un peu... Je trouve ça
de valeur qu'on ne se donne pas les
outils pour faire le travail qu'on veut vraiment faire. Le travail qu'on veut
vraiment faire, là, c'est améliorer l'accès aux services de santé. Le projet de loi en fait un bout, mais il peut aller
bien plus loin avec les amendements qu'on propose.
je vous l'ai dit tantôt, là, ce n'est pas facile, pour un patient, de voir un
médecin ou une des 50 IPS en santé mentale qu'il y a au Québec, tandis qu'il y a
5 000 psychologues. Et là je parle juste des psychologues pour le
diagnostic des troubles mentaux. Tous ces
psychologues-là, on leur dit : Bien, vous pouvez évaluer les troubles
mentaux, mais vous ne pouvez pas les diagnostiquer. Alors, j'essaie de
comprendre pourquoi la ministre n'est pas prête à prendre ce pas supplémentaire
là, alors qu'elle savait ou elle se doutait très bien qu'on allait déposer des
amendements en ce sens-là ou qu'on allait, à
tout le moins, avoir la conversation avec elle suite à ce qu'on a entendu, tous
ensemble, en commission parlementaire.
Le Président
(M. Provençal)
: Mme
la ministre.
Mme McCann : Alors, M.
le Président, moi, je réitère que
j'en ai parlé avec la ministre de la Justi