House Proceedings — 23 September 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-09-23
Quebec — Debates (Hansard)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme
la députée. Et, pour votre déclaration, j'invite Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Simard :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je souhaite aujourd'hui rendre hommage à Mme Marie-Jeanne Boulianne, une
belle centenaire native de Baie-Sainte-Catherine qui habite à Saint-Siméon et
dont c'était l'anniversaire dimanche dernier.
Mme Boulianne est mère de
quatre garçons, qu'elle
a eus avec son défunt époux, M. Charles
Boulianne. Elle est grand-mère de
quatre petits-enfants et arrière-grand-mère deux fois. Depuis le 23 août 2013, elle habite au centre d'hébergement
et de longue durée de Saint-Siméon.
Elle est reconnue comme étant, entre
autres, une dame aimable, très
gentille, joviale et aimant la
musique. Plusieurs citoyens se rappellent d'elle comme ayant tenu l'épicerie
de Baie-Sainte-Catherine durant 48 ans avec son Ti-Charles, comme les gens
l'appellent, qui aimait lui rendre visite,
semble-t-il, avec leur perruche sur
la tête. Si j'étais native de là, j'aurais certainement
d'aussi beaux souvenirs de Mme Boulianne, que je sais à l'écoute actuellement et qu'il me fera grand plaisir de
rencontrer prochainement en personne. J'en profite pour saluer sa famille,
les citoyens de ces municipalités de même que le personnel et les résidents qui vivent avec Mme Boulianne au
quotidien. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Pour la prochaine
déclaration, j'invite Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Merci, Mme
la Présidente. Je tiens à souligner aujourd'hui le 30e anniversaire
d'un organisme communautaire bien implanté dans notre région, soit le centre Inter-Femmes
de Repentigny. Le centre Inter-Femmes offre un milieu de vie permettant aux femmes
vivant une situation difficile dans leur vie de briser leur isolement et
d'obtenir auprès des intervenantes et
bénévoles aide, écoute et réconfort. Le centre a pour mission de supporter ces
femmes, de les outiller afin
d'améliorer leur vie et de favoriser leur autonomie. Le but du centre est
d'aider les femmes à développer leur potentiel,
leurs habiletés, leur savoir-faire et surtout
d'y croire. Le centre Inter-Femmes se fait un devoir, depuis des années,
d'offrir à sa clientèle une gamme diversifiée d'activités telles que des
ateliers, des cafés-rencontres, des repas communautaires,
des formations, des conférences et des sorties. Le centre
Inter-Femmes est d'abord et avant tout un lieu de respect et de soutien.
Merci à toute l'équipe pour votre implication, votre engagement, votre
dévouement et votre contribution à l'émancipation des femmes de Repentigny.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. J'invite maintenant la
députée de Richmond à prendre la parole.
Vallières : Merci. C'est
avec beaucoup de fierté aujourd'hui, Mme la Présidente, que j'invite mes
collègues de l'Assemblée nationale à souligner
le 30e anniversaire d'une
entreprise fort dynamique de la circonscription que
je représente, il s'agit de Baultar concept. Située à Val-Joli, Baultar
se spécialise dans la conception et la fabrication de planchers composites, de
sièges et autres accessoires destinés à l'industrie du transport par autobus et
ferroviaire. L'expertise des 90 employés qui
y travaillent est telle que l'entreprise offre maintenant des solutions de
transport à travers le monde. Je
profite donc de ce 30e anniversaire pour
féliciter le président, M. Simon
Archambault, ainsi que toute l'équipe pour ce savoir-faire qui répond aux plus hautes
exigences de l'industrie, mais surtout qui fait aussi ma fierté, celle des
gens du Val-Saint-François, de l'Estrie et certainement de tout le Québec
aussi. Encore félicitations!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. J'invite
maintenant le député de Matane-Matapédia pour sa déclaration.
Bérubé : Mme la Présidente, lors du dernier
congrès annuel de la Fédération des Villages-relais
du Québec, qui se déroulait à Amqui,
la ville de Mont-Joli a reçu le prix
Inspiration 2014 parmi neuf villes en nomination. Par cette distinction, les membres du jury ont reconnu l'excellent travail de la
ville de Mont-Joli afin de bonifier l'offre touristique de notre région,
dans le but de rendre toujours plus agréable le séjour de nos visiteurs.
Depuis l'arrivée de l'autoroute 20 à Mont-Joli,
la ville a procédé à un vaste chantier d'embellissement des espaces publics. Ainsi, des parcs, un circuit de
fresques murales historiques et un programme de restauration des édifices
du centre-ville
ont été mis en place. De plus, le Château Landry, qui est un édifice
patrimonial de Mont-Joli, deviendra, dès
l'automne, un lieu de diffusion culturelle privilégié. Tous ces efforts ont
permis d'améliorer le secteur touristique et le milieu de vie des
citoyens de Mont-Joli.
Permettez-moi
d'offrir toutes mes félicitations aux artisans de ce vaste chantier avec, en
tête, Mme Danielle Doyer, sa
mairesse… et de conservation patrimoniale. Je pense particulièrement aux
bénévoles, aux employés municipaux et aux élus qui ont su travailler de
concert afin d'atteindre leur objectif. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Je reconnais
maintenant le député de Sainte-Rose pour sa déclaration.
M. Habel :
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de rendre hommage au triathlète
ultradistance et ultramarathonien qu'est
Yves Beauchamp. Tout dernièrement, soit le 24 août, Yves Beauchamp et sa
houppette participaient fièrement à
la fête familiale organisée par l'Association des résidents de Champfleury de
ma circonscription, Sainte-Rose. En
2012, M. Beauchamp terminait la saison vice-champion du monde, soit
deuxième place, de l'ultratriathlon. Récemment sélectionné pour courir
le Tour de France FootRace 2015, il fait
partie des 40 athlètes choisis dans le
monde.
Souhaitons à Yves
Beauchamp tout le succès mérité à ce premier Tour de France FootRace, qui se
tiendra du 28 juin au 9 août 2015. Vous le reconnaîtrez facilement à sa
houppette, coupe de cheveux qui le distingue des autres coureurs du monde. Je suis persuadé que ce superathlète saura faire
honneur au Canada, au Québec et aux gens de ma circonscription. Bonne
chance! Nous sommes avec toi, Yves. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Mme la Présidente, je désire souligner aujourd'hui
l'exploit exceptionnel d'un citoyen de Notre-Dame-de-Grâce. Carl
Anderson, 78 ans, a fait le choix, en 1969, d'enfiler ses chaussures de
course pour une bonne cause, celle de la
lutte contre le cancer. Depuis, il a parcouru près de 170 000 kilomètres,
soit cinq fois le tour de l'équateur.
C'est le 14 septembre dernier, lors de la course Terry Fox de Montréal, qu'il a
finalement dépassé la barre des 100 000 milles.
Over the years, he's raised close to
$800,000 for charity. The biggest share of this sum has been for cancer
research, the cause
closest to his heart since the passing of his mother and two sisters due to the
disease. His volunteer work earned him The Governor General's Caring
Canadian Award in 2005.
Je tiens à exprimer ma très grande fierté et mon admiration envers cet
homme qui a su combiner ses deux passions : la course et
l'altruisme.
Congratulations,
Mr. Anderson, you are a true inspiration to all Quebeckers!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Au tour
maintenant de notre collègue députée de Bourassa-Sauvé pour sa
déclaration du jour.
Mme de Santis :
Merci, Mme la Présidente. C'est un plaisir pour moi de prendre la parole
aujourd'hui pour souligner le 25e
anniversaire du club d'âge d'or Notre-Dame-de-Pompei masculin. En 1989, le père
Rinaldo Vecchiato et le regretté
député Bill Cusano ont aidé à fonder le club qui est toujours aussi dynamique
un quart de siècle plus tard.
Grâce
au dévouement et à l'engagement bénévole de son président Tommaso Barone et des
membres de son comité exécutif :
Salvatore Galasso, Francesco Colacone, Luciano Pantalena, Giacomo Mancuso, Antonio Rossi et Orazio Mancini, des
dizaines et dizaines de retraités, jeunes et moins jeunes, de Montréal-Nord et
des environs participent à diverses activités qui leur permettent de garder la
forme, de briser l'isolement et de participer à la vie de la communauté.
nom de l'Assemblée nationale, je salue tous les membres, je félicite son comité et je souhaite (s'exprime en
italien) au club d'âge d'or Notre-Dame-de-Pompei masculin. «Auguri»! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Et, pour
conclure les déclarations du jour, j'invite M. le député d'Abitibi-Ouest
à faire sa déclaration.
Gendron : Oui, Mme
la Présidente. Le 7 juin dernier, près de 1 000 anciens employés
de la compagnie Normick-Perron se
réunissaient au Colisée de La Sarre à l'occasion des grandes retrouvailles
marquant le 75e anniversaire de
l'entreprise et le 25e anniversaire de la vente de ce fleuron de
l'économie québécoise. À cette occasion, comme député, j'ai remis la Médaille de
l'Assemblée nationale à trois hommes exceptionnels, MM. Jean, Normand et
Michel Perron, qui non seulement ont dirigé l'entreprise familiale, mais
l'ont conduite au plus haut sommet.
En 1939, lorsque leur
père, Henri Perron, ouvrait une première scierie à Val-Paradis, qui aurait pu
prédire qu'il procédait à l'acte fondateur de l'un des plus grands empires
forestiers de l'histoire de l'Amérique du Nord? La famille Perron a participé activement au façonnement de notre identité
collective. Ils ont été des modèles de détermination, d'innovation et de réussite, inspirant toute une
génération d'entrepreneurs partout au Québec puis, bien sûr, en région.
titre de député d'Abitibi-Ouest et au nom de tous les résidents de l'Abitibi,
je remercie les fils de la forêt pour leur apport inestimable au
développement de la région. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Ceci met fin à la rubrique des
déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 58)
Le Président :
Mesdames messieurs, bon début de semaine. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir. J'ai le plaisir de souligner la présence dans nos tribunes de
l'ambassadeur de la Confédération suisse Son Excellence Beat Nobs. Son
Excellence l'ambassadeur est accompagné du consul général à Montréal M. Beat
Kaser.
Nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
M. le Président, appelez l'article a, s'il vous plaît.
Président : Alors, à l'article a du feuilleton, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière présente le projet de loi n° 192, Loi modifiant la Loi concernant la lutte contre la
corruption en matière de protection des dénonciateurs. M. le député.
Picard : Merci, M. le Président. Ce projet de loi a pour objet
de modifier la Loi concernant la lutte contre la corruption afin d'élargir la portée des dispositions concernant la
protection des dénonciateurs d'actes répréhensibles et d'en confier la
responsabilité au Commissaire à la lutte contre la corruption.
précise que toute décision, activité ou pratique qui met en danger la
pérennité, l'intégrité et la santé financière d'un organisme ou d'une personne du secteur public, qui est contraire à
une loi ou à un règlement ou qui ne respecte pas les principes
d'économie, d'efficience et d'efficacité constitue un acte répréhensible.
prévoit que toute personne assujettie à la
Loi sur la fonction publique doit
divulguer tout renseignement relatif à un
acte répréhensible d'un ministère ou d'un organisme public et que toute
personne qui fait une dénonciation peut exiger l'anonymat.
projet de loi élargit les pouvoirs du commissaire afin de lui permettre
d'assurer la protection de toute personne dénonçant un acte
répréhensible prévu par la loi.
Il prévoit que
quiconque exerce des mesures de représailles contre une personne qui fait une
dénonciation ou collabore à une vérification
ou à une enquête concernant un acte répréhensible commet une infraction. Le
projet de loi précise également ce qui constitue une mesure de
représailles.
Enfin,
le projet de loi prévoit l'imposition de mesures disciplinaires aux
fonctionnaires exerçant des représailles à l'encontre des dénonciateurs.
Merci, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie du projet de loi?
Président : Oui. Alors, est adopté.
Le Président :
À la rubrique… Est-ce qu'il y a une question, M. le leader de l'opposition?
Président : Non. Alors, à la rubrique Dépôt de documents — alors, je vois que c'est une question
personnelle, je ne m'en occuperai pas, évidemment — Mme
la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Merci, M. le Président. Conformément à l'article 92
de la
Loi sur la police, j'ai l'honneur de déposer l'avenant à l'entente sur la prestation des services policiers
dans les communautés d'Odanak et de Wôlinak pour la période du 1er avril 2014 au 31 mars 2018 entre le Conseil de bande
d'Odanak, le Conseil des Abénaquis de Wôlinak, Sa Majesté la reine du chef du Canada et le gouvernement du Québec, ainsi que les ententes sur la prestation des
services policiers pour la période du
1er avril 2014 au 31 mars 2018 avec les communautés suivantes : Eagle Village-Kipawa, Essipit,
Pikogan et Timiskaming.
Le Président :
Très bien. Ce document est déposé. Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, il me fait plaisir de déposer le
rapport annuel de gestion 2013‑2014 du ministère de la Justice.
Le Président :
Le document est déposé. Mme la ministre de la Réadaptation.
Charlebois : Merci, M. le Président. Permettez-moi de
déposer le rapport annuel de gestion 2013‑2014 de l'Office des personnes
handicapées du Québec.
Président : Le document est déposé. À la rubrique Dépôt de
documents, pour ma part, je dépose cinq décisions du Bureau de
l'Assemblée nationale.
j'ai également reçu le préavis d'une motion qui sera inscrite dans le
feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Conformément à l'article 97.1 de notre règlement, je dépose donc
copie de ce texte.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
des finances publiques et député de Montmorency.
Bernier : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission des finances publiques qui, le 18 septembre 2014, a procédé à
l'élection à la vice-présidence de la commission.
Le Président :
C'est déposé.
Alors, à la rubrique
Dépôt de pétitions, M. le député de Terrebonne.
M. Traversy :
Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale du Québec, signée par 191 pétitionnaires, désignation
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits évoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le 1er juin 2004 est entrée en vigueur la
Loi sur le harcèlement
psychologique reconnaissant le droit pour tout salarié d'avoir un milieu
de travail exempt de harcèlement psychologique;
«Considérant qu'il revient
à la victime de faire la preuve [de l'harcèlement psychologique] exercé;
«Considérant
que les mécanismes et [les] processus de traitement consistent très souvent à
réduire, [et à] banaliser la situation d'harcèlement, décourageant ainsi
la dénonciation [des victimes];
«Considérant que le
pouvoir de l'employeur influe sur le témoignage des témoins des actions
vexatoires;
«Considérant
que le phénomène d'intimidation dans nos écoles est un indicateur que très
jeune nous adoptons des comportements
[violents] et qu'une réflexion s'impose sur la violence comme outil de gestion
en milieu de travail en ce qui a trait aux habitudes, aux comportements,
[et] aux relations interpersonnelles et à la résolution de conflits;
«Considérant que le
harcèlement a non seulement un effet néfaste pour la personne harcelée, mais
aussi sur l'ensemble de ceux qui en sont témoins;
«Considérant que la
Belgique a procédé en 2013 à la révision de sa loi;
«[...]l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Les
signataires de cette pétition demandent à l'Assemblée nationale du Québec
d'apporter une modification de la Loi
sur les normes du travail portant sur le harcèlement psychologique ainsi que
son application, afin de rendre le harcèlement dissuasif et permettre à la victime de démontrer les torts qui lui sont
infligés plutôt que de prouver ce qu'elle [a subi], ceci pour le bien
des travailleurs et professionnels de tous les milieux de travail du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. Je crois
que vous en avez une autre, M. le député de Terrebonne.
Traversy : M. le Président, on dit : Jamais deux sans
trois. Ne parlez pas trop vite. J'aimerais saluer tout d'abord, dans les tribunes, la présence de Mme Line
Bélanger, Louise Doyon et M. Tomy-Richard Leboeuf McGregor, qui sont
avec nous aujourd'hui et très sensibilisés à la prochaine pétition.
dépose donc l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale du
Québec, signée par 20 448 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits évoqués
sont les suivants :
«Considérant
que de 2004 à 2012 le nombre de personnes en attente d'un [don d'organe] est
passé de 872 à 1250 et que le nombre de donneurs est en en stagnation;
«Considérant que le temps moyen d'attente pour
l'obtention d'un organe est en augmentation d'année en année et qu'un
nombre croissant de Québécois décèdent en attente de ce don d'organes;
«Considérant
que le don d'organes est parfois le seul traitement [...] possible pour sauver
la vie [des] gens gravement malades;
«Considérant la
complexité d'obtenir le consentement médical d'un donneur potentiel et de son
entourage;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
citoyens et citoyennes du Québec, demandons au gouvernement [...] de changer la
loi actuelle afin que le consentement au don d'organes soit obligatoire,
tout en offrant aux gens refusant d'y consentir la possibilité de faire
connaître leur refus au moyen d'un registre.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. Et, comme vous le disiez si bien, jamais deux
sans trois. C'est encore à vous pour une troisième pétition.
Traversy : Merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 667 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que de 2004 à 2012 le nombre de
personnes en attente d'un [don d'organes] est passé de 872 à 1 250 et que le nombre de donneurs est en
stagnation;
«Considérant
que le temps moyen d'attente pour l'obtention d'un [don d'organes] est en
augmentation d'année en année et qu'un nombre croissant de Québécois
décèdent en attente d'un don d'organes;
«Considérant que le
don d'organes est parfois le seul traitement médical possible pour sauver la
vie de gens gravement malades;
«Considérant la
complexité d'obtenir le consentement médical d'un donneur potentiel et de son
entourage;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
citoyens et citoyennes du Québec, demandons au gouvernement du Québec de
changer la loi actuelle afin que le
consentement au don d'organes soit obligatoire, tout en offrant aux gens
refusant d'y consentir la possibilité de faire connaître leur refus au
moyen d'un registre.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Je pense
que c'est votre dernière. L'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant — si
j'ai un consentement, puisque la pétition
est non conforme — M. le député de Chapleau. Est-ce
que j'ai un consentement? Consentement. M. le député de Chapleau.
Carrière : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
787 pétitionnaires. Désignation : citoyens de la municipalité
de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau ou utilisateurs
des plans d'eau touchés.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le Plan de gestion du touladi au Québec 2014‑2020 est un danger pour notre région qui est
déjà dévitalisée;
«Considérant
que cette nouvelle réglementation aura une incidence directe sur la diminution
de notre économie et restreindra un loisir qui fait
partie de nos
traditions hivernales;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
citoyens de la municipalité de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau ou utilisateurs
des plans d'eau touchés par la restriction
de la pêche blanche sur les lacs à touladi, demandons à l'Assemblée nationale
d'entreprendre toutes les démarches nécessaires
afin de trouver une solution, un compromis ou l'abolition de la loi interdisant
la pêche d'hiver, toutes espèces confondues, sur tous les plans d'eau de
la zone de pêche n° 10 sur les lacs à touladi.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. J'ai aussi
reçu une demande de Mme la députée de Repentigny pour déposer une
pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement.
Mme la députée de Repentigny, nous vous écoutons.
Lavallée : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 137 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport a autorisé la commission
scolaire des Affluents à construire
une école primaire pour les enfants francophones du secteur Valmont-sur-Parc en
mai 2013 sans aucun terrain planifié;
«Considérant que de
juin à décembre 2013 la commission scolaire des Affluents, la commission
scolaire Sir-Wilfrid-Laurier et la ville de Repentigny ont regardé des
scénarios sans succès;
«Considérant
que, suite à l'échec des négociations, certains parents ont entrepris des
pourparlers avec la ville de Repentigny en février 2014;
«Considérant
que le 5 mars 2014 la ville de Repentigny a présenté aux parents un
nouveau scénario, soit l'utilisation d'un
terrain inutilisé d'une superficie de 220 000 pieds carrés adjacent à
l'école Franklin Hill, appartenant à la commission scolaire
Sir-Wilfrid-Laurier;
«Considérant
que la proposition de la ville a été présentée aux responsables des écoles
francophones et anglophones du MELS, qui ont conclu que c'était le
meilleur compromis pour répondre aux besoins du secteur;
«Considérant
que le MELS a initié des discussions
en mars 2014 sur cette solution novatrice avec les deux commissions scolaires;
«Considérant
que les deux commissions scolaires ont été dans l'incapacité d'arriver à une
entente;
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport d'intervenir dans le processus d'obtention du terrain vacant détenu par la
commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier afin
d'arriver à une solution avant la fin de l'année 2014, sans quoi des
centaines d'enfants seront sans école de quartier en septembre 2016.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de cette
pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège, mais, avant de commencer la période de questions,
je vous informe qu'afin de souligner la Journée mondiale des sourds, qui se tient cette
année le 27 septembre,
les périodes de questions des 23, 24, 25 et 30 septembre
seront diffusées en direct avec
interprétation en langue des
signes québécoise. Les diffusions en reprise comporteront l'interprétation en
langue des signes québécoise et le sous-titrage.
Nous en sommes maintenant à la période
de questions et de réponses orales. Je cède la parole à M. le député de
Marie-Victorin.
M. Drainville : Merci, M. le Président. Alors, au moment où on se
parle, le Minerva Gloria est ancré au port de Sorel-Tracy. C'est un superpétrolier
qui fait 250 mètres de long, 44 mètres de large. C'est l'un des plus gros navires à n'avoir jamais circulé sur le Saint-Laurent entre
Québec et Montréal. Ce navire géant vient récupérer un chargement de pétrole brut issu des sables bitumineux. Pour la
première fois de notre histoire, le fleuve va servir de voie d'exportation
pour les hydrocarbures issus des sables bitumineux.
M. le Président, si le fédéral veut que le
Saint-Laurent devienne une autoroute pour exporter le pétrole bitumineux
de l'Alberta, les Québécois ont le droit de dire non, ils ont même le devoir de
dire non pour protéger notre fleuve et l'intégrité de notre territoire, et c'est au gouvernement du Québec de dire non en notre
nom.
Alors, est-ce que le ministre des Ressources naturelles
peut nous expliquer pourquoi est-ce que le Québec accepte de prendre ce risque-là? Où est notre intérêt?
Pourquoi accepter que le fleuve devienne une simple voie d'exportation pour
le pétrole de l'Ouest?
Président : M. le ministre des
Ressources naturelles.
Arcand : M. le
Président, j'ai remarqué, depuis le début, M. le Président, que le député de
Marie-Victorin semble ne pas être
très en faveur du projet d'Enbridge, il est opposé au projet de TransCanada, et
là il arrive aujourd'hui avec une question qui porte, évidemment, sur
le refus de transporter du pétrole.
Je tiens à le dire, M. le Président, le respect et
la sécurité des personnes, la protection de l'environnement, c'est une
priorité pour notre gouvernement. Et le député de Marie-Victorin sait très bien
que plusieurs volets de ce transport des
hydrocarbures, comme les mesures de la qualité, de contrôle des navires, les
inspections, ce sont tous des éléments qui
sont de compétence fédérale, M. le Président. Les navires qui transportent le
pétrole doivent quand même satisfaire des
normes extrêmement rigoureuses, des spécifications,
et d'ailleurs la réputation de Transports Canada est celle d'être
parmi les plus strictes au monde, M. le Président. Alors, nous allons
surveiller la situation de près…
Président : En terminant.
Arcand : …nous
sommes assurés que nous allons travailler, M. le Président, dans l'intérêt des
Québécois.
Président : Permière
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le Président, selon Radio-Canada, il y a
parfois moins d'un mètre entre le dessous de la coque des superpétroliers et le fond du fleuve. Et le
fleuve, c'est notre principal réservoir d'eau potable,
M. le Président, ici, au Québec.
Alors, on va prendre un risque immense pour faire passer du pétrole qui va être
exporté vers le golfe du Mexique, vers les raffineries de la Louisiane
et du Texas.
Alors,
je repose la question, M. le Président : Pourquoi prendre ce risque-là? Il
dit : Je me fie sur Transports Canada. Transports Canada, n'a pas
fait la job à Lac-Mégantic. Pourquoi…
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, d'abord, premièrement, il faut bien le dire, nous avons
annoncé, le 30 mai dernier, une évaluation environnementale
stratégique sur tous les éléments, dont, entre autres, le transport des
hydrocarbures, M. le Président.
Maintenant, notre
rôle, M. le Président, c'est au niveau, évidemment, de la délivrance d'un
certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement sur la
réception et l'entreposage de pétrole lourd aux installations de la compagnie à Sorel-Tracy
actuellement. Et le député de Marie-Victorin doit savoir qu'un ministre ne se
mêle pas de la délivrance des certificats d'autorisation. Et, si ça a
été délivré, c'est parce que les normes étaient rigoureuses, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, on rapporte également que les superpétroliers ne pourront être
chargés qu'aux deux tiers, car ils risqueraient de toucher le fond du
fleuve. M. le Président, c'est bien clair qu'on aura toujours cette tentation d'en mettre toujours un petit peu plus
dans le bateau pour le rentabiliser davantage. Pourquoi prendre ce risque-là,
M. le Président? Est-ce que le ministre est en train de nous dire que le
gouvernement du Québec ne peut rien faire…
Le Président : Chut! S'il
vous plaît!
Drainville : …pour
protéger l'intégrité du fleuve, pour protéger l'intérêt des Québécois? Pourquoi
prendre ce risque-là, M. le ministre, s'il vous plaît?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : Comme vous le savez,
sur les questions de sécurité, de toute façon, les gouvernements travaillent
ensemble, et certainement cette situation va être regardée parce qu'elle touche
directement Transports Canada.
La question,
M. le Président, c'est de savoir qu'est-ce qu'on veut exactement au Québec.
Est-ce qu'il veut que ce soit
TransCanada qui transporte ça par pipeline? Est-ce qu'il veut que ce… Qu'est-ce
qu'il veut exactement? Le transport par train, ce n'est plus correct. Le
transport par camion, ce n'est plus correct. Qu'est-ce qu'il veut exactement?
Alors, nous
allons travailler à prendre en sorte qu'il y ait les meilleures ressources
disponibles et que la sécurité, M. le Président, soit au rendez-vous
dans ce dossier et nous allons travailler de pair avec le gouvernement fédéral.
Le Président : Principale, M.
le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, le déficit des régimes de retraite représente un problème
sérieux pour plusieurs municipalités au Québec. Le projet de loi
n° 3 sur les régimes de retraite du secteur municipal est très important. L'entente qui encadrera ces régimes servira
vraisemblablement de modèle à l'ensemble des régimes à prestations déterminées
à travers le Québec. C'est plus de 35 % des Québécois qui seront
directement touchés par cette réforme.
Par conséquent, il est impératif que les
parlementaires détiennent l'information la plus juste possible afin de trouver
la solution la mieux adaptée. C'est une question de respect envers les milliers
de travailleurs retraités et les municipalités concernées. On va légiférer sur
des déficits passés sans les connaître.
Ma question
est la suivante : Considérant l'importance du problème, le ministre
peut-il surseoir de deux semaines le
début de l'étude détaillée pour s'assurer que nous ayons les évaluations
actuarielles à jour avant d'entreprendre l'étude
article par article?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau :
Alors, je remercie le député de Sanguinet de m'adresser la première question
depuis la 41e législature, M. le
Président. Et je connais son intérêt pour le projet de loi n° 3. Il vient
lui-même, dans le préambule, de le décrire comme étant un projet de loi important. Mais, en nous demandant de produire
immédiatement des études actuarielles
que nous ne
possédons pas encore — parce que les études actuarielles seront disponibles vers la fin du mois
d'octobre ou fin du mois de
septembre... fin du mois d'octobre, plutôt — il
retarde, essentiellement, le processus d'adoption d'un projet
de loi qui est très important.
Et je
constate que, par ses questions, l'opposition
officielle a changé carrément d'idée,
puisque, dans le projet de loi n° 79, lorsque la leader de l'opposition était titulaire
du portefeuille, elle avait demandé des évaluations actuarielles qui seraient produites
en juin 2013 et, dans une
déclaration antérieure à juin 2013, elle souhaitait que le projet de loi n° 79 soit adopté avant le dépôt des études actuarielles.
En ce qui nous concerne, nous
estimons que le projet de loi
n° 3 est un projet de loi urgent, ce que tous s'entendent pour dire, c'est un projet de
loi important, et nous allons aller
de l'avant selon la procédure parlementaire pour nous assurer que les
régimes de retraite...
Le Président : En terminant.
M. Moreau : ...retrouvent une santé financière et
que leur pérennité soit assurée.
Le Président : Première complémentaire, M. le député
de Sanguinet.
Therrien : M. le
Président, le projet de loi n° 79 ne s'attaquait pas aux déficits passés. Le projet de loi n° 3 brise
des contrats. On revient sur des signatures, on brise des ententes négociées de
bonne foi, on appauvrit des retraités, on
ébranle la confiance des Québécois dans les contrats, on fragilise celle des
travailleurs envers les régimes de
retraite avec des impacts économiques
néfastes. Le gouvernement fait tout ça sur la base de déficits dont il ignore l'ampleur. C'est
inacceptable.
ministre va-t-il s'assurer que nous ayons les évaluations actuarielles au
31 décembre 2013 ou non?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
Moreau : M. le Président, à la
demande de l'opposition officielle et à la demande du deuxième parti d'opposition, nous nous sommes engagés à déposer les amendements en bloc avant l'étude
article par article. J'ai indiqué, lors du débat
sur le principe, et je l'ai répété lors du
débat sur la motion de report que nous impose,
à l'heure actuelle, l'opposition que, lorsque les informations seront rendues
disponibles, elles seront rendues publiques, pas
plus à moi qu'à eux, à tout le monde, lorsque nous les aurons. C'est ce
qu'on va faire, M. le Président.
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député
de Sanguinet.
Therrien : M. Alban
D'Amours, celui-là même qui a été au coeur de la réflexion sur les régimes de
retraite au Québec, disait que — et je cite — «la
restructuration des régimes ne devrait être obligatoire que si la situation financière
l'exige». Quelle est cette
situation financière? Peut-on le savoir, M. le Président? Nous, ce qu'on veut, c'est
des chiffres.
Le Président : M. le ministre des Affaires
municipales.
M. Moreau : M. le Président, la leader de
l'opposition déclarait, lorsqu'elle était titulaire du portefeuille et lorsqu'elle était en charge du projet de loi
n° 79 : «Ça fait un an et demi qu'on
travaille là-dessus. Vous pouvez être sûre d'une chose, le gouvernement,
élections ou pas, va faire avancer cette loi-là et va voir à pérenniser les régimes de retraite — elle n'avait pas la situation que le député
de Sanguinet nous demande aujourd'hui. Alors,
normalement, mon calendrier m'amène [en] juin. Alors, je ne vois aucun problème pour se
rendre à juin pour l'adoption de ce projet de loi là…»
ne vois aucun problème, moi non plus, à ce qu'on aille de l'avant pour adopter le projet de loi n° 3, M. le Président.
Le Président : Principale, Mme la députée de
Rivière-des-Prairies... Pointe-aux-Trembles.
Léger : La semaine dernière,
le ministre de l'Éducation a affirmé ici même, et je cite, qu'«il n'y aura pas
de coupures au niveau des services aux élèves, les services seront protégés».
le Président, malheureusement, ce n'est pas ce
qui se passe en réalité sur le terrain. Chaque jour, on apprend que l'on coupe directement dans les services aux
élèves. La commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke a annoncé que l'aide aux devoirs sera purement et simplement
coupée à 100 %. Elle a aussi annoncé que l'aide alimentaire et l'aide à
la réussite pour les étudiants des milieux
défavorisés seront considérablement amputés. La commission scolaire ajoute
qu'elle fait ces coupures à la suite des pistes d'économies présentées par
votre ministère.
le Président, pendant que le ministre s'entête à conserver sa prime, le
ministre va-t-il reprendre contact avec la réalité et constater que ces
coupures touchent directement le service aux élèves?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Les
commissions scolaires doivent être responsables. La semaine dernière, on a donné la consigne, et elle est très
importante : ils doivent éviter… ils ne doivent pas faire de coupure au
niveau des services directs aux élèves.
le Président, on le répète et on va le répéter encore, la députée pourra
continuer à s'obstiner, mais, si j'étais elle, plutôt elle devrait encourager ces commissions scolaires à revenir
et prendre des bonnes décisions. Et la décision est tout
simplement : couper dans la bureaucratie, revoir les structures, mais
surtout protéger les services à l'élève.
Le Président :
Première question complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, la commission scolaire des
Découvreurs, dans la circonscription du ministre, sur l'aide aux devoirs, le président de cette
commission scolaire, M. Fortier, a récemment affirmé dans Le Soleil ,
et je cite : «…les commissions
scolaires ont reçu le feu vert du gouvernement à ce sujet. "On avait
l'assentiment du gouvernement qui nous disait que, sur l'ensemble des
mesures, on pouvait aller piger là-dedans"…»
Est-ce que le
ministre va avouer qu'il a téléguidé les coupes directes dans le service aux
élèves?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, je le répète,
les services doivent être maintenus. L'aide aux devoirs, les livres dans les bibliothèques, tout ça doit
être maintenu, et les commissions scolaires devront prendre leurs
responsabilités.
comprends, M. le Président, qu'il va y avoir des élections scolaires bientôt,
que les conseils des commissions scolaires
ne se réuniront pas avant quelques semaines, mais, au cours de cette année, on
s'attend que les mesures qui soient prises
par les commissions scolaires, ça va être de protéger les services à l'élève
et, M. le Président, on va y tenir à tout prix.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, la seule personne qui croit le ministre de l'Éducation, c'est
le ministre de l'Éducation. Tout
le milieu de l'éducation le contredit. Le ministre de l'Éducation est en train de mettre la pagaille dans le milieu de l'éducation.
conserve sa prime, il multiplie les bourdes, il improvise, il ne fait pas ses
leçons et il n'a pas le sens du devoir qui
lui incombe comme ministre de
l'Éducation. Va-t-il avouer que les
coupes qu'il a décrétées touchent directement les jeunes, les enfants et les familles du
Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : C'est étrange, M. le
Président, ce matin, je rencontrais
les représentants de la fédération
des parents. J'ai rencontré des fédérations
des commissions scolaires, tant anglophones que francophones. J'ai
rencontré des syndicats.
Et ce que dit la députée, ça n'a pas de sens. On veut travailler avec les gens,
on veut avoir des collaborateurs.
Tous savent qu'il y a une rigueur budgétaire à apporter. Il y a des efforts
budgétaires à apporter, puis l'Éducation va contribuer.
Est-ce
qu'elle voudrait, la députée, qu'on continue à avoir un déficit de
5,6 milliards, comme son gouvernement voulait? M. le Président, ça serait irresponsable de sa part. Puis elle
peut essayer de mettre plusieurs éléments accolés un à côté de l'autre,
ce que je peux lui dire : Ça n'a même pas de sens.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
le ministre de l'Économie est en train de faire une tournée des médias pour expliquer le mauvais bilan d'Investissement
Québec. Et ce qu'il dit essentiellement aux journalistes, c'est : À
l'avenir, Investissement
Québec n'investira plus, sauf si c'est payant pour les Québécois. Or, le
dossier probablement le moins payant d'Investissement Québec dans toute
son histoire, c'est le dossier de la cimenterie en Gaspésie. C'était le Parti
québécois qui l'a annoncé, mais le Parti libéral l'a appuyé lorsqu'il est
arrivé au pouvoir.
Ce projet, M.
le Président, non seulement il ne fait pas de sens économiquement — pensez-y, 450 millions pour 200 emplois, donc plus de 2 millions de
dollars par emploi — mais, en
plus, ne fait pas de sens au point de vue environnemental. C'est grave,
là, c'est le dossier… le projet le plus polluant de toute l'histoire du Québec.
Et le député de Marie-Victorin, là, qui aime ça
déchirer sa chemise, j'ai hâte de lire sa lettre ouverte sur la cimenterie en Gaspésie, parce que le PQ a dit,
hier, qu'il n'avait pas de problème avec ça qu'il n'y ait pas de consultations
publiques. Donc, il y a deux vieux partis qui ne veulent pas de consultations
publiques.
M. le
Président, on a appris dernièrement qu'en plus du 450 millions il y a des
crédits carbone qui ont été donnés par le gouvernement. Moi, je voudrais
savoir, dans le deal, qu'est-ce…
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : Alors, M. le Président, d'abord, on parle de
450 millions, mais, en fait, on devrait parler de 350 millions
parce que le gouvernement a investi
350 millions, la Caisse de dépôt ayant fait l'autre 100 millions. J'y
reviendrai tantôt.
Dans le
350 millions, le chef de la deuxième opposition est un comptable
professionnel, un CPA, alors je suis persuadé… puis je n'ai pas à lui
rappeler la différence entre une dépense et un investissement et une dépense et
un financement. Alors, ce qu'on a fait dans
ce dossier-là, on n'a pas fait de subvention, on n'a pas fait de cadeau, on n'a
pas fait de dépense, on a investi dans une cimenterie qui va être
profitable.
Et ce que je
veux dire, quand je dis qu'on investit dans une cimenterie qui va être
profitable, c'est qu'on a exigé… comme
je l'ai dit récemment dans les journaux, on va exiger les rendements normaux
d'un actionnaire dans ça, comme tous
les autres actionnaires, comme Beaudier, comme tous les autres actionnaires
privés, comme la Caisse de dépôt, et on exigera, des prêts que nous faisons, des taux de rendement sur ces
prêts-là en fonction du risque qui est encouru, des taux de marché. Et
je peux vous assurer, avec les garanties qui ont été prises à l'intérieur de ça
et avec le groupe qui a été constitué, que ce sera payant pour l'ensemble des
Québécois, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, en plus du 350 millions puis du 100 millions de la
caisse, il y a des crédits carbone qui
ont été donnés aussi pour que la cimenterie n'ait pas à payer, lorsqu'on aura
la bourse du carbone, pour ses crédits carbone. C'est de l'argent des
Québécois.
Est-ce qu'on peut savoir, dans le deal, il y en
a pour combien de crédits carbone?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : D'abord, écoutez, les crédits carbone sont l'apanage, si vous
voulez, ou la responsabilité de mon collègue, qui est absent
aujourd'hui. Mais je voudrais revenir sur un point, parce qu'on a parlé de
450 millions, et je voudrais qu'on revienne au 100 millions de la
Caisse de dépôt.
En fait, le
chef de la deuxième opposition est un grand partisan de la Caisse de dépôt qui
investit au Québec. On lui demande
d'investir le moins possible ailleurs. Il faut qu'elle investisse au Québec, il
faut qu'elle contribue au développement
économique du Québec. Bien là, je ne comprends plus parce que, voyez-vous,
c'est exactement ça que la caisse a fait. Elle a mis 100 millions
dans la cimenterie McInnis, elle a investi au Québec, elle crée des emplois au Québec, et là on n'est pas encore content. Il va
falloir qu'on me donne un peu de direction parce que je ne sais vraiment
plus où je m'en vais avec ce parti-là, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, comment le ministre de l'Économie peut-il dire : Les
crédits carbone qu'on a donnés, là,
je ne le sais pas, c'est mon collègue qui s'occupe de ça? Il n'y a pas 50
deals, il y a un deal avec la cimenterie. Donc, en échange des
investissements, on devrait savoir ce que les parties apportent à la table.
Comment le
gouvernement libéral peut-il être crédible d'aller à New York, faire des beaux
discours puis, en même temps,
investir dans le projet le plus polluant au Québec? Encore une fois, là,
c'est : faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.
Le Président : M. le ministre
du développement maritime.
D'Amour : Alors, merci beaucoup, M. le Président. Nous allons parler
de notre monde un peu en Gaspésie. Ce
que ça représente en Gaspésie, c'est 200 à 300 emplois pour les travailleurs,
pour les familles, pour les commerçants, pour les sous-traitants. C'est important pour l'économie de la Gaspésie,
mon collègue le disait tantôt. C'est un placement qui sera rentable pour
les Québécois et qui sera surtout rentable pour la Gaspésie, c'est important,
il faut le souligner.
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Bonnardel :
…a demandé trois fois quel était le coût de ces crédits du carbone? Si le
ministre ou les ministres ne peuvent répondre, qu'ils nous déposent,
d'ici ce soir, quel est…
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier :
Le chef de la deuxième opposition a utilisé beaucoup de mots, beaucoup d'idées,
dont celle d'une entente, et, dans
cette entente-là, il est prévu le développement économique d'une région. Je ne
sais pas si vous la connaissez, mais
nous, on la connaît. Et notre collègue est en train de parler de l'économie de
la Gaspésie, M. le Président, peut-être que ça pourrait les instruire.
Le Président : Allez,
continuez, M. le ministre délégué aux Transports. Il vous reste quelques
secondes.
D'Amour : M. le Président, pour une fois que la CAQ s'intéresse aux
régions, c'est pour nuire. Moi, je tiens à dire aux Gaspésiens qu'on va s'occuper de la Gaspésie, qu'on va
s'occuper du Bas-Saint-Laurent, qu'on va s'occuper des
Îles-de-la-Madeleine, comme c'est notre rôle en tant que gouvernement, M. le
Président.
Le Président : En principale,
M. le député de Granby.
Bonnardel :
M. le Président, justement, on s'occupe des régions. Orléans Express est
présentement devant la Commission des transports pour sa demande de
couper des trajets en région et réduire la fréquence de ses services. Cette situation inquiète beaucoup de régions qui
dépendent grandement des services d'Orléans Express. Une chose est
claire au Québec, notre grand territoire oblige d'avoir un bon service de
transport interurbain.
Or, le
vice-président, M. le Président, de Keolis Canada, la société qui gère Orléans
Express, a déclaré, hier, que, si la
Commission des transports du Québec tranche en faveur du maintien des services… Et je le cite : «Nous avons vécu
cette situation au Nouveau-Brunswick, en 2012, le gouvernement n'a pas voulu alléger nos opérations. Nous avons
dû les cesser complètement.»
La menace est
très claire : si on n'autorise pas les demandes d'Orléans Express, la
pérennité des services est en danger. Et nous sommes tous d'accord que
couper des trajets vers certaines régions est inacceptable. Est-ce que le ministre
prend cet ultimatum au sérieux? Et quel est son plan si la Commission des
transports refuse ce que demande Orléans Express?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Poëti :
M. le Président, je remercie le
collègue de sa question. Effectivement, c'est une situation importante,
et c'est pour cette raison que le ministère
a agi dans les règles de l'art, c'est-à-dire de répondre à des demandes d'urgence, immédiates, pour ne pas abandonner de région,
exactement ce qu'on veut faire. Et ces demandes-là, sachons-le, avaient déjà
été demandées à des précédents gouvernements, qui les avaient refusées.
Dans cet angle-là, je dois aussi rappeler au
collègue que la Commission des transports est un organisme indépendant qui fait son travail actuellement, qui
a fait des rencontres aussi, et qu'ils vont donner évidemment le résultat
de ces consultations publiques là. Et, forts
de ces consultations publiques là, bien on va régler la situation, on va la
travailler et, au lieu de travailler pour créer un comité, on va
travailler pour trouver la solution. Merci.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel :
Bien, M. le Président, on est rassurés de savoir que ce ne sera pas un comité
qui va s'occuper des régions du Québec.
Maintenant, le ministre ne peut pas
attendre qu'il y ait une décision, le matin même, qui soit négative pour qu'on
ne soit plus capables de desservir ces régions. Est-ce que, oui ou non, il a un
plan?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : J'espère que le collègue de l'opposition ne me demande
pas de ne pas respecter les règlements, ne me demande pas de m'immiscer dans les décisions de la commission. Il me
semble que, minimalement, lorsqu'un organisme indépendant travaille,
justement, dans les règles de l'art, il faut toujours bien attendre la réponse
de ça.
je veux le rassurer parce que déjà on est en marche sur ce problème-là, déjà on
a agi et, à travers un programme normé,
aidé cette compagnie-là pour ne pas abandonner les régions. Alors, soyez
assurés que, lorsque la décision va tomber, on sera prêts, M. le
Président.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui. M. le Président, oui, le ministre des Transports a
choisi de donner une aide d'urgence de 450 000 $
à Orléans Express. Quelle sorte de suivi le ministre entend-il faire de cette
aide d'urgence? Quelle sorte de balises a-t-il mises en place par rapport à cette aide? À quelle sorte de
reddition de comptes il doit s'attendre en fonction de cette aide?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : Alors, écoutez, dans cette aide d'urgence qui est
autorisée, qui est normée et qui est réglementée, il est très clair que cette situation-là est prévue. Et,
si jamais, dans un des secteurs où on a donné de l'argent, Keolis ou Orléans
décidaient d'abandonner, ils devront
rembourser. Cette aide-là est claire, elle est précise, c'est pour ne pas
abandonner les régions, c'est écrit
dans le document que nous avons transmis. Et, de cette façon-là, personne ne va
être perdant. Au contraire, c'est une assurance pour la continuité du
service pour les régions. Et personne ne va perdre de l'argent.
Le Président :
Principale, M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. En cette saison de chasse, le
gouvernement libéral a congédié 16 agents de protection de la faune. Ces coupures s'ajoutent
aux 70 postes qui étaient toujours à combler, ce qui signifie qu'en ce
moment le quart des effectifs nécessaires à la protection de la faune
québécoise sont à la maison.
Pire
encore, certains agents ont reçu la directive de ne pas sortir à plus de
30 kilomètres de leur bureau régional afin de diminuer les factures d'essence. Non seulement cette décision
met en péril la sécurité des citoyens en forêt, mais elle ouvre toute
grande la porte à un festival du braconnage au Québec au cours des prochains
mois.
Afin
d'éviter que l'irréparable se produise dans les forêts cet automne, est-ce que
le ministre de la Faune va revenir sur sa mauvaise décision?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : Merci, M. le Président. Donc, quoique les crédits
du ministère de la Faune, de la Forêt, donc, et des Parcs soient à la
hausse cette année, ce qui nous a permis de faire des investissements dans
l'ensemble des régions du Québec pour couper
le maximum de bois, il y a aussi le volet de la Faune qui avait un budget
déficitaire, donc c'est-à-dire que
les dépenses étaient au-delà des revenus accordés. Alors, on a demandé de faire
un plan de restructuration au niveau du ministère de la Faune, qui s'est
traduit par des réductions, nécessairement, des effectifs.
général, je veux rassurer mon collègue de Beauharnois, parce que l'ensemble des
effectifs sont des travailleurs syndiqués. Les agents de conservation de
la faune, dans toutes les régions du Québec, les bureaux sont ouverts, les permanents sont là. Ils sont supportés par des
assistants… ils sont assurés par des assistants aussi d'aide dans les zecs,
dans les pourvoiries, donc, de plus de
475 personnes. Et on a demandé de faire un lissage à travers l'ensemble du
Québec pour maintenir les grands territoires de chasse cet automne.
Donc,
SOS Braconnage fonctionne. J'invite toute la population à continuer de faire…
donc, de nous rapporter les cas lorsque nécessaire. Deuxièmement, donc, on s'est assurés aussi qu'il y
a une règle de restrictions budgétaires. Oui, il faut qu'il se rapporte aujourd'hui pour
diminuer les dépenses. Et il n'y a pas de petites dépenses…
Le Président :
En terminant.
Lessard : Nécessairement, toutes les dépenses comptent quand on veut
restructurer un ministère. Je
pense que, si vous aviez commencé…
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le Président. Lors de l'étude
des crédits, le ministre
s'est engagé à remplacer le départ de
chaque agent de protection de la faune par un diplômé du centre de formation
Duchesnay. Sur le terrain, c'est plutôt
le contraire qui s'est produit, car nous
apprenions récemment qu'en raison des coupures du gouvernement la cohorte 2014 a été annulée et qu'aucun agent ne sera formé cette année.
Doit-on comprendre que la faune du Québec n'a
plus besoin de protection? Le ministre va-t-il revenir sur sa mauvaise décision
encore une fois?
Le Président : M. le ministre de la Forêt.
Lessard : La bonne décision pour les agents de la faune et pour ceux qui
viendront, c'est d'avoir un budget
équilibré, d'avoir un budget
stable, prévisible, qui prévoit les départs à la retraite, qui prévoit aussi
les entrées dans les écoles. L'an
passé, vous aviez un déficit structurel de 2,5 millions de dollars. Je veux rassurer la population du Québec,
on travaille à ce plan de redressement là,
s'assurer une sécurité à travers toutes les régions du Québec. Tous les bureaux sont ouverts pour la chasse. Maintenant, pour l'avenir, on serait en mesure de
continuer de développer la ressource pour maintenir la sécurité, autant dans les boisés, pour les chasseurs du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Alors, M. le Président, j'aimerais,
tout d'abord, saluer les gens qui sont ici, des agents de la faune qui ont été affectés par ces coupures, les
étudiants du cégep d'Alma ainsi que les représentants des travailleurs des
agents de la faune du Québec. Ils sont avec nous aujourd'hui.
Donc, moins
d'agents sur le terrain, moins d'agents à l'école, la faune, la sécurité des
Québécois en forêt sont des victimes du gouvernement libéral. Afin de corriger ce
manque de respect, le ministre peut-il s'engager à rencontrer les
intervenants ici présents à la fin de la période de
questions?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : Quand on est un travailleur de la faune, on veut
avoir une sécurité. La sécurité est
basée sur le fait qu'on a des budgets
récurrents, donc que nos dépenses soient rencontrées par les crédits qu'on a à
offrir. C'est ce qu'on a proposé. On
a un plan de redressement qui est demandé au ministère de la Faune, on un
cran d'arrêt dans les dépenses. On
s'assure que toutes les dépenses qui seront faites, ce sera aussi pour protéger
non seulement la ressource, mais que l'activité de chasse demeure
un exercice agréable, au Québec. Alors donc, on a procédé à un redressement, on
n'a pas seulement touché le volet des agents de conservation, mais il y a
eu des coupures aussi au ministère ici, à Québec. Donc, on
a quand même 53 personnes qui…
Le Président :
Oui, M. le député.
Bergeron :
Article 79, la question
est simple : Est-ce qu'il va
rencontrer, oui ou non, les agents de la faune? C'est simple.
Le Président :
Est-ce qu'on pourrait écouter la… Est-ce qu'on pourrait avoir la…
Le Président :
M. le député de Verchères, j'aimerais entendre la fin de la réponse. Après ça, on pourra…
Lessard : Je pense que la
question était bien posée, M. le Président. Je pense qu'il n'a pas besoin…
Le Président : En terminant.
Lessard : …de son collègue pour faire…
réitérer…
Le Président : En terminant.
Lessard : Puis c'est important, ce que j'ai à vous dire parce qu'on va le
redresser, le budget…
Le Président : C'était une prochaine question. Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : Merci.
Le Président : Mme la leader, s'il vous plaît! Je
suis debout ici, j'attends une question.
Le Président : S'il vous plaît, assoyez-vous!
Assoyez-vous, s'il vous plaît!
Président : Assoyez-vous, s'il vous plaît! À la période de
questions, on le sait, je connais l'ordre dans lequel les questions doivent se poser, je le connais. Mais il faut se lever. Il faut se lever, c'est tout ce que j'ai à dire. Je vous écoute.
Maltais : …j'ai dit
simplement, c'est qu'il n'était pas dans votre angle de vision et qu'il ne
s'est pas levé rapidement. Il faut l'excuser,
c'est tout.
Le Président : M. le député de Terrebonne,
levez-vous.
Une voix :
Il est dans l'angle mort…
Le Président :
L'angle mort…
M. Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. Je
vais mettre des vêtements plus voyants et moins
sobres la prochaine fois.
Depuis
quelques semaines, le gouvernement libéral a décidément déclaré une guerre
totale aux familles du Québec : report du développement des places en service de
garde, abolition du tarif unique et
de l'universalité, création d'une taxe famille pour faire payer encore
plus la classe moyenne, coupures d'allocations
dans le milieu défavorisé. Finalement, M. le
Président, on apprend la semaine dernière que le premier ministre du Québec
trouve le Régime québécois d'assurance
parentale beaucoup trop généreux et qu'il faudrait le sabrer. On a pourtant
prouvé, la semaine dernière, qu'il en coûterait beaucoup plus au
gouvernement de couper l'assurance parentale que de la
conserver.
Alors,
quel est l'objectif du ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale? Est-ce que ce serait de faire un cadeau aux
entreprises sur le dos des familles québécoises? On aimerait savoir, monsieur.
Le Président :
M. le ministre de la… Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : Merci, M. le Président. D'ailleurs, j'étais flattée, je croyais qu'on se chicanait
pour pouvoir me poser une question, mais j'ai compris que ce n'était pas
le cas.
M. le Président, le premier ministre l'a bien dit, on est en train de revoir l'ensemble
de nos programmes. L'objectif
du gouvernement en place n'est pas de promettre de fausses places
en garderie, n'est pas de faire en sorte qu'on promet des financements
à des organismes communautaires sans mettre les sous de côté. L'objectif du
gouvernement, c'est de conserver l'ensemble des programmes qu'il existe
au Québec pour les familles du Québec.
Par contre,
on le dit et on le répète, dans le principe même de la possibilité de pouvoir
se procurer ces services… Donc, la
volonté qu'on a, c'est de bien voir comment on fait les choses pour pouvoir les
conserver, puisqu'au Québec, M. le Président, on le dit et on le répète,
c'est la meilleure place pour avoir une famille et l'élever.
Président : Première complémentaire, M. le député de
Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. La question s'adressait à la
ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale. On parle du RQAP ici. En coupant le RQAP,
qu'est-ce que les libéraux vont atteindre comme objectif, M. le Président?
Ils vont alléger le fardeau fiscal des
entreprises. Et, de l'autre côté, qu'est-ce qu'ils vont faire? Ils vont tout
d'abord instaurer une taxe famille et faire payer davantage les parents
pour les services de garde au Québec.
Alors,
ce que je pose à la ministre de la Solidarité sociale et de l'Emploi :
Est-ce que la stratégie du gouvernement…
Traversy : Merci. M. le Président, le ministre de la Solidarité
et de l'Emploi : Est-ce que c'est d'alléger le fardeau fiscal des
entreprises sur le dos des familles québécoises et…
Le Président :
M. le ministre de la Solidarité sociale.
Blais : M. le Président, la ministre ou le ministre, ça va me faire
plaisir, bien sûr, de répondre à la question. Rappelons tout d'abord
que, hein, c'est assez simple, nous avons un plan. Et ce plan, il consiste à
quoi? À regarder l'ensemble, hein,
l'ensemble de nos programmes. Et nous sommes intervenus sur la place publique,
nous avons ouvert un site Internet
pour que les gens puissent se prononcer sur ce plan, nous fournir des idées, et
ensuite nous prendrons… bien sûr, nous prendrons des décisions.
Vous
savez très bien qu'il n'y a aucune… aucune décision n'est prise en ce moment.
Quand nous aurons… des solutions seront prises, nous aurons à les présenter, nous
aurons à les justifier devant la population et ici même. Ça nous fera plaisir.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Le plan du gouvernement
libéral, jusqu'à ce jour, c'est de couper dans la famille. En tout cas,
c'est ce qu'on voit.
Est-ce
que le ministre est conscient que, depuis le début de l'année, il y a environ
43 000 nouvelles naissances au Québec?
À chaque fois que le gouvernement décide de retarder d'un mois les congés
parentaux, ce sont 43 000 poupons qui vont devoir rentrer en
service de garde beaucoup plus tôt que prévu.
Est-ce
qu'il peut déposer ici les analyses qui l'ont conduit à cette réflexion?
J'imagine qu'il a dû faire ses devoirs, qu'il a dû demander les impacts qu'une
telle réflexion pourrait apporter. J'aimerais qu'il puisse les déposer
aujourd'hui en cette Chambre.
Le Président :
M. le ministre de la Solidarité sociale.
Blais : M. le Président, on a le même intérêt pour la famille. Et
aucune, aucune décision n'a été prise, faut-il le rappeler. On fait une citation, ici, d'un ensemble
d'hypothèses qui sont présentées à la population comme des décisions. Ce
ne sont pas des décisions. Et bien sûr, lorsque des décisions seront prises,
nous nous présenterons devant la population du Québec et nous fournirons les
justifications. Le débat aura lieu.
Le Président :
Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le Parti libéral avait pris
l'engagement, en campagne électorale, de faire une étude sur un troisième lien entre Québec et Lévis, une
promesse électorale de dernière minute qu'il nous avait empruntée. Et le
ministre du Travail avait dit : On n'a pas le choix de faire cette
étude-là.
Mais,
le 13 juin dernier, le ministre des Transports a fermé la porte en nous
répondant : Cette étude-là de faisabilité pourrait friser les 5 millions, nous n'irons pas là. Et là le
ministre du Travail est revenu à la charge en disant : Pour les deux prochaines années, il n'y en aura pas,
d'étude, on pourra la faire après. Méchant flip-flop. Pendant que les ministres
disent une chose et son contraire, les gens
de Lévis, M. le Président, ils veulent savoir. Ils veulent savoir si le
gouvernement prend cet enjeu au sérieux.
Ma question
est fort simple : Qui dit vrai maintenant? Est-ce qu'il peut nous
confirmer qu'il y a une étude ou non qui va se faire? Sinon, quand?
Président : M. le ministre des Transports.
Poëti : M. le Président, je dois rappeler au collègue que le
mandat est quatre ans et que nous avons dit clairement que les deux premières années, comme gouvernement
responsable, seraient difficiles pour les Québécois parce qu'il y a des
décisions importantes à prendre. Alors, ce qu'on a dit, c'est qu'effectivement,
au cours des deux prochaines années, nous
n'allons pas faire cette étude, mais nous avons l'intention de la faire dans
notre mandat. Alors, je veux juste lui rappeler que deux plus deux, ça
fait quatre. Alors, il nous en reste deux, il en restera deux autres.
dois aussi souligner une autre étape assez importante. Je ne sais pas s'il
avait eu l'occasion de rencontrer le maire
de Lévis qui, lui-même, ne réclame pas cette étude-là, qui, lui-même, en collaboration
avec le maire de Québec, ne réclame
pas ça, et que, quant à lui, ça pourrait attendre 10 ans. Alors, nous, on va
attendre deux ans de plus, monsieur. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : …millions, M. le Président, le ministre des
Transports devrait peut-être parler avec la candidate libérale dans
Lévis. Janet Jones a dit hier sur les ondes de CHOI Radio X : «Il y a une
étude de faisabilité qui se fait présentement, j'aimerais beaucoup voir les
coûts, l'impact et s'il y a d'autres alternatives.»
Est-ce
que la candidate libérale détient des informations privilégiées que le ministre
des Transports ignore? Sinon, est-ce qu'elle induit les gens de Québec
et de Lévis en erreur?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : M. le Président, je ne sais pas si, dans l'ancien
temps, on pensait de gagner des comtés avec de l'asphalte, je ne sais pas si c'est encore votre intention, mais,
en ce qui nous concerne, ce n'est pas ça. Et on ne fera pas une élection,
M. le Président, basée sur une candidate qui
actuellement de notre côté, un candidat qui de leur côté évidemment essaient
d'expliquer aux citoyens pourquoi ça serait
les meilleures personnes. C'est la démocratie qui va décider ça, comme elle l'a décidé
ça ne fait pas longtemps, et ça a été très clair. Alors, la démocratie, moi,
j'y crois, et c'est ce qui nous a mis ici aujourd'hui.
Alors,
je rappelle encore au député, le collègue, qu'un mandat, c'est quatre ans et
que, cette étude-là, on avait dit qu'on la ferait. Alors, il reste
encore quatre ans.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le premier ministre disait de
Janet Jones : Elle a une connaissance fine des dossiers. Il
faudrait peut-être changer ses post-it et lui donner le bon post-it.
Maintenant,
est-ce que le ministre des Transports peut nous dire ouvertement, pour les
citoyens de Lévis et de Québec, quand il fera cette étude?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : On va retomber en mathématiques encore, M. le
Président. De toute évidence, quatre ans, deux ans… On a dit : On vit une période difficile. Nos
objectifs sont clairs. On tient nos promesses, on va y aller. Alors, il reste
quatre ans. On va attendre deux ans, il reste deux ans.
Mais je lui
demanderais aussi, au député, peut-être de demander à ses représentants de
parler un peu avec la communauté de Lévis,
principalement leurs élus qui ne réclament pas cette étude-là, qui ne la
veulent pas. Alors, c'est ça.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci, M. le Président. Depuis la semaine dernière, les voix, et non les
moindres, se multiplient pour
dénoncer le scénario de la fermeture des conservatoires en région. Outre les
étudiants, les professeurs, les musiciens, les élus locaux, Yannick Nézet-Séguin, Marie-Nicole Lemieux, Marc
Hervieux, Karina Gauvin, Diane Tell, hier, seulement pour en nommer quelques-uns, ont tous écrit ou
fait des déclarations publiques pour interpeller la ministre de la Culture
pour lui demander clairement de rejeter le scénario de la fermeture des
conservatoires en région.
Donc,
ma question est toute simple : Est-ce que la ministre peut nous dire
aujourd'hui, en plus de devoir constater que près de 28 000 signatures ont été apposées à la pétition
dénonçant cette fermeture anticipée, si elle entend ces voix et si elle
va rejeter le scénario de la fermeture des conservatoires en région?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
David (Outremont) : Alors, M. le Président, je vais recommencer par le
début, et je suis vraiment, vraiment désolée
d'avoir à recommencer cet exercice, parce que j'ai l'impression qu'on assiste
vraiment à une campagne de peur complètement
inutile. Et, au lieu d'avoir créé des problèmes de gouvernance avec les
conservatoires depuis le mois de janvier 2014, nous, on travaille à
créer des solutions pour le problème des conservatoires. Alors, ce qu'on fait…
effectivement vous pourrez nommer tous les noms que vous voulez, des gens qui
se sont… qui ont des craintes par
rapport à ça, ce que j'ai dit et redit, c'est que je vais me mettre au travail
à partir du moment où j'aurai un rapport, que, de toute évidence, vous
semblez avoir et que je n'ai pas. Alors, si ce rapport-là parle de fermeture,
je n'ai jamais employé, moi, la ministre de
la Culture, le mot «fermeture». Et je vous répète ce que j'ai dit : Ça
sera moi qui déciderai en bout de ligne,
et nous allons travailler à conserver l'éducation et l'enseignement supérieur
en région. Et, je l'ai dit, je vais
aller dans toutes les régions. J'ai déjà commencé, grâce à votre collègue,
d'ailleurs, de Rimouski, à rencontrer les gens de la région de Rimouski.
Je ferai toutes les régions…
Le Président :
En terminant.
Mme David
(Outremont) : …et nous allons pouvoir conserver l'enseignement
supérieur.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : C'est très simple, si la ministre estime que c'est de la peur qui est complètement non liée à la réalité, si
elle estime que c'est quelque chose qui n'a rien à voir avec la réalité, on va être très, très
heureux de l'entendre nous dire qu'elle rejette ce scénario.
C'est tout simplement
cette question-là qu'on lui demande depuis la semaine dernière. Tous les
milieux sont inquiets. Il y avait
une rencontre, vendredi, du conseil
d'administration, avec une recommandation. Est-ce qu'elle rejette
le scénario de la fermeture des conservatoires en…
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
David (Outremont) : J'ai l'impression qu'il y avait un gouvernement
qui était au pouvoir précédemment qui
a fait face aux problèmes de déficit structurel des conservatoires. Est-ce que
ce précédent gouvernement, M. le Président, a fait son travail? La
réponse, c'est non, et le déficit n'a pas cessé d'augmenter.
Nous
nous attaquons directement à cette question de déficit et nous allons le faire
intelligemment, pas à partir de rumeurs,
pas à partir de rapports qu'on n'a jamais lus, que je n'ai même pas sur mon
bureau. Quand j'aurai le rapport, je pourrai l'analyser, et on
continuera le travail, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Est-ce que la ministre est en train de nous dire
que, vendredi, il y avait une rencontre du conseil d'administration qui entérinait une recommandation
à l'effet de fermer les conservatoires en région et qu'elle n'a toujours
pas cette recommandation entre les mains?
c'est très simple, ce que je lui demande : Est-ce qu'elle rejette, elle,
le scénario de la fermeture des conservatoires en région? Ça va mettre fin à toutes les craintes. Elle peut dire en une
phrase qu'elle rejette ce scénario, tout le monde va être heureux et
soulagé au Québec.
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, M. le Président, la députée de Joliette peut
entretenir le mythe tant qu'elle veut,
je répète, je n'ai pas ce rapport-là, il n'avait pas été adopté, à ma dernière
connaissance, et je ne sais même pas quand est-ce qu'il va être adopté. J'attends de recevoir
ce rapport, que je lirai. Ce n'est qu'un rapport avec des recommandations.
Et moi, je vais m'attaquer très sérieusement
à la question du déficit des conservatoires et à la question de l'enseignement
supérieur en région, contrairement à nos prédécesseurs.
Le Président :
Principale... Principale, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, le gouvernement vient de procéder à la
nomination d'un psychologue comme grand
patron du service informatique du Québec, et un service qui a besoin de plus
qu'une petite thérapie. C'est aussi un ancien
employé du Parti libéral, M. le Président. Cette personne devra gérer des
dossiers de plus de 3 milliards de dollars et s'occuper de l'épineux projet SAGIR, l'analyse des logiciels libres
et redresser le Centre de services partagés du Québec.
Journal de Montréal rapporte qu'une personne hautement placée dans la
gestion de l'informatique dénonce cette nomination, et je le cite :
«Quand tu es malade, tu appelles un médecin. Quand tu veux [un] pont [...]
solide, tu appelles un ingénieur. Et là, quand on veut redresser
l'informatique, on appelle un psychologue.»
le Président, pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas procédé à un appel de
candidatures externes pour combler ce poste qui nécessite pourtant des
connaissances techniques très pointues?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Coiteux :
M. le Président, je trouve ça intéressant... je trouve ça intéressant qu'on
remette en question la compétence des
psychologues. Je vais répondre à la question très rapidement. D'abord,
M. Jean-Guy Lemieux, qui a été nommé par le gouvernement...
Coiteux : …M. Jean-Guy Lemieux, qui a été nommé par le
gouvernement, a toute notre confiance. Il a une longue feuille de route comme gestionnaire de l'État, et c'est la
personne qui est tout à fait désignée pour faire en sorte que les Québécois...
Le Président :
...entendu la question…
Président : Ça, c'est vous qui le dites. S'il y a quelqu'un qui
n'a rien à dire ici, c'est n'importe qui, sauf le ministre. M. le
ministre, continuez, s'il vous plaît.
Coiteux : Alors, M. Jean-Guy Lemieux est la personne toute
désignée pour remplir le mandat que le gouvernement lui confie : de faire en sorte que les
Québécois en aient pour leur argent dans les investissements importants qu'on
fait en informatique chaque année et pour recentrer le Centre des
services partagés sur ses missions essentielles.
Maintenant,
je connais une compagnie importante, qui s'appelle le Canadien National, le CN,
qui est dirigée par un
président-directeur général qui a fait un bac en psychologie. C'est une des
meilleures entreprises au pays. Alors, s'il vous plaît, un peu de
respect.
Le Président :
Alors, cela met fin à la période des questions et réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, comme il n'y a pas de votes
reportés, nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : J'aimerais un peu de silence, s'il vous plaît.
Alors,
à la rubrique des motions sans préavis et en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant le gouvernement pour cette première
motion. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Mme la Présidente, si vous le permettez, considérant le décès de M. Gilles
Latulippe… Je sais qu'il y a une motion réservée et présentée par l'opposition officielle, et je crois que, compte tenu de la situation,
du contexte, il serait peut-être
préférable que la première des motions que nous débattions, et peut-être
que nous concluions avec une minute
de silence, soit celle sur Gilles Latulippe. Alors, je vous propose
d'interchanger les premiers rôles, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Alors, y a-t-il consentement pour changer l'ordre de présentation des
motions? Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais : À ce
moment-là, on s'entend que le consentement sera automatique sur la dernière motion que nous allons présenter, qu'on fait simplement un
échange de motions et qu'il y aura consentement à
l'effet de la motion qu'on va être obligés de reporter. Sinon, on la
fera en temps et lieu, la motion sur M. Latulippe, que nous respectons
tout autant que le gouvernement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Je n'entendais
pas, sur une motion de Gilles Latulippe, qui est décédé aujourd'hui, avoir une discussion de ce genre. Je continue de penser que
nous devrions avoir une motion dans l'ordre des choses de cette Assemblée
pour un personnage extraordinaire pour notre société, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Si je peux me permettre, M. le leader, c'est que nous avons besoin d'un
consentement pour déroger de l'article. Mme la leader.
Maltais : Écoutez, j'ai connu personnellement
M. Latulippe, là, on n'est pas là-dedans. Nous voulons tous et toutes assurer notre plus
profond respect envers M. Latulippe. Or, normalement…
M. Latulippe, nous avons appris de
façon prématurée son décès ce matin. Alors, ce qu'on a fait, c'est qu'on a
demandé une motion pour que toute l'Assemblée
nationale puisse, au bon moment, faire cela.
Maintenant, il y avait d'autres motions urgentes qui étaient sur la
table. Ce qu'on essaie de savoir du gouvernement, c'est si tout simplement… Il n'a qu'à
dire : Oui, oui, il y aura consentement pour qu'on continue les trois motions qui étaient
déjà présentées par les oppositions. Sinon,
je comprendrai que le gouvernement trouve une drôle de façon de continuer le
débat sur les motions que nous voulions présenter.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la leader de l'opposition
officielle. Si je peux me
permettre, M. le leader, s'il n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre
selon l'ordre établi.
Fournier : Mme la Présidente, je ne croyais pas que nous avions
à marchander. Ce que je crois qui est important, c'est que…
Fournier : Si vous me permettez de terminer. Honnêtement,
honnêtement je pense que, quand on regarde la situation… qu'on puisse
procéder avec la motion sur M. Gilles Latulippe, et nous allons faire tous
les aménagements qu'il y a pour les autres
motions que vous voulez. Depuis le début que nous sommes ici, depuis cette
législature, on n'a pas cessé de
poser des gestes pour démontrer qu'on pouvait travailler ensemble dans ce
Parlement, de faire… de tendre la
main vers les autres. Il me semble que, lorsqu'on parle de Gilles Latulippe, on
ne fait pas de marchandage, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais :
Je rappelle qu'ici le leader du gouvernement touche un sujet sensible, j'ai
connu personnellement M. Latulippe.
Alors, je lui demande simplement d'adopter un autre ton, de ne pas parler de
marchandage, ce qui n'est pas le cas,
mais de bien comprendre la suite des travaux. Alors, puisqu'il a dit oui à
notre demande, nous disons oui à la sienne.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, si je comprends bien, nous allons
déroger de l'ordre des motions qui
était préalablement présenté. Et nous allons débuter avec un membre de
l'opposition officielle, et j'invite Mme la députée de Joliette à
présenter sa motion.
Hivon :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la ministre de la Culture et des Communications, la députée
d'Iberville et la députée de Gouin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale du Québec rende
hommage à Gilles Latulippe, comédien, humoriste, auteur, et directeur artistique de grand talent [...]
chevalier de l'Ordre national du Québec, décédé dans la nuit du
23 septembre 2014;
«Qu'elle
souligne sa contribution exceptionnelle à la culture québécoise, en particulier
au théâtre et à la télévision;
«Qu'elle
reconnaisse aussi l'ampleur et le rayonnement de son oeuvre qui s'est déployée
pendant plus de 55 ans;
«Qu'elle transmette ses condoléances à sa
famille, à ses proches, à ses collègues ainsi qu'à ses très nombreux
admirateurs partout au Québec.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée. Alors, je pense que nous pourrions déjà
tenir une minute de silence… ou on va… Y aura-t-il un débat? D'accord,
excusez-moi.
Fournier : Il y a un consentement sur cette motion pour qu'il y
ait un débat, deux minutes chaque intervenant : d'abord, la députée de Joliette, la députée de la
coalition — qui
n'était malheureusement pas identifiée — la députée de Gouin et...
Fournier : …d'Iberville, la députée de Gouin et la ministre de
la Culture et des Communications. Par la suite, Mme la Présidente, il
pourrait y avoir une minute de silence.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup. Alors, je suis prête à reconnaître Mme la députée de Joliette pour son intervention.
Hivon : Merci,
Mme la Présidente. Chaque génération
a eu le bonheur de connaître et d'admirer ses idoles, ses artistes de talent, ses icônes culturelles. Au
Québec, ce n'est pas une génération, c'est une succession de générations qui
ont pu rire, rire aux larmes même, parfois, devant le travail extraordinaire de Gilles Latulippe. 55 ans de travail acharné pour tenir à bout de bras un genre
humoristique et théâtral, les variétés, qui a fait notre plus grand bonheur et
qui se taillera une place de choix
dans l'histoire québécoise de la culture populaire et de la culture tout
court, Mme la Présidente. Parce que
M. Latulippe était un homme de culture sous toutes ses formes, un homme qui ne
voyait pas la culture comme quelque chose de distant mais quelque chose
de près des gens, qui servait à les réunir.
Je me
souviens encore de ces moments de fête où, alors que j'étais toute petite
fille, je réussissais à obtenir une permission
pour écouter une émission avec Gilles Latulippe. De mon époque, c'était Les
Brillant. Alors, avant, il y a eu Symphorien . Après, évidemment, il y a eu, bien
sûr, tous les rôles dans les séries, Sel
et Poivre … Poivre et Sel , dans les autres séries, les anges… Les Démons du midi . Avant, on l'avait
connu dans son premier rôle, dans Bousille et les justes, du
frère Nolasque, dans Cré Basile , avec le Capitaine Bonhomme.
De la façon
la plus naturelle du monde, Gilles Latulippe a accompagné les Québécois.
Il a réuni les familles en les faisant
rire en coeur. Son travail n'était pas de la Comédie-Française, ce n'étaient
pas non plus des sitcoms américaines, c'était
une télévision toute québécoise, dont
il a d'ailleurs participé grandement à l'essor. Une télévision empreinte des
éléments qui nous ressemblent et qui nous
touchent : la famille, la relation entre le travailleur et son patron,
l'évolution des relations hommes-femmes et, bien entendu, la candeur et
l'authenticité qui ont fait la marque des personnages de Gilles Latulippe. On s'y identifiait aisément. Il
a su toujours mettre un sourire aux lèvres des Québécois. Il a su égayer
notre quotidien. Évidemment, il procurait
l'illustration parfaite que la culture peut être source de bonheur et de grande
émotion, et c'est important de s'en rappeler.
Au moment de
lui dire adieu, il convient de souligner que rares sont les personnes qui ont
tant donné au milieu de la culture et
qui ont inspiré autant de nouveaux talents, notamment, bien sûr, en dirigeant
le Théâtre des Variétés, où il a d'ailleurs
laissé la place à toutes sortes de gens, des talents comme Rose Ouellette,
comme Manda Parent. Il a même, on apprend,
donné des rôles à des gens qui avaient de la difficulté à boucler leurs fins de
mois, parce que Gilles Latulippe, c'était aussi une personne
exceptionnelle dans sa vie, faite de générosité, d'entraide, de simplicité.
Donc, au nom
de l'opposition officielle, je souhaite offrir, bien sûr, mes plus sincères
condoléances à la famille de M.
Latulippe, à ses proches et à tous les Québécois qui, aujourd'hui, sont en
deuil. Parce que je pense que M. Latulippe faisait bel et bien
partie de
notre grande famille.
Merci, M.
Latulippe. Merci pour ces millions de rires. Merci d'avoir tant donné de
vous-même, encore cet été, en jouant, en faisant rire des centaines de
personnes, d'avoir tant apporté à la culture québécoise. Vous êtes un géant, un
géant de petite taille mais un géant qui, pour toujours, marquera notre univers
et bien sûr continuera à nous inspirer encore longtemps.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je
reconnais maintenant Mme la députée d'Iberville pour son intervention.
Mme Samson :
Merci, Mme la Présidente. Nous en conviendrons tous, 77 ans et 22 jours
n'auront jamais été suffisants. Cette
période de temps nous aura permis de connaître ce brillant artiste, comédien,
humoriste et auteur qu'était Gilles
Latulippe… de créer et de contribuer à ces oeuvres culturelles grandioses qui
ont marqué nos jeunesses, qui ont marqué
notre histoire et qui, désormais, font
partie intégrante de l'identité et de la
culture québécoises. Mme la Présidente, je crois parler au nom de toutes les Québécoises
et de tous les Québécois, même ceux et celles qui l'ont connu moins et qui
auraient tellement gagné à le connaître, lorsque je dis que, la joie de vivre,
l'humour et le brio artistique de notre cher Symphorien Laperle, nous en
aurions pris 77 années de plus, certainement, au minimum.
J'ai
eu le privilège de côtoyer M.
Latulippe à différentes étapes de sa carrière et de la mienne. C'était un homme
que j'ai qualifié ce matin de tout simplement charmant. C'était un homme formidable. C'est avec beaucoup
de tristesse que je me joins à la députée
de Joliette pour rendre hommage à ce grand de la télé et du
théâtre, un homme généreux et vrai, notre gentilhomme du vaudeville québécois
qui nous a malheureusement quittés ce matin.
J'aimerais
évidemment offrir, au nom de ma formation
politique, mes condoléances les plus sincères à la famille
de M. Latulippe et à tous ses proches, c'est-à-dire à tous les Québécois. Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant la députée
de Gouin.
David (Gouin) : Merci, Mme la Présidente. Je voudrais simplement ajouter la voix à celle
de mes collègues pour dire que c'est vraiment avec tristesse que j'ai
appris, que nous avons appris le décès de Gilles Latulippe, qui est vraiment
une légende québécoise. Je
pense que c'est ce qu'il est devenu.
Il nous a tant fait rire, pendant si longtemps en plus. Et je voudrais offrir d'abord mes
sincères condoléances, bien sûr, à ses proches et à sa famille.
veux saluer la contribution de M. Latulippe à la comédie et au rayonnement de
la culture francophone. Il était doté
d'un sens de spectacle hors du commun et il a vraiment su nous égayer, les Québécoises,
les Québécois, au petit écran, sur les planches. Je ne saurais oublier non plus la fondation du Théâtre
des Variétés en 1967. Il l'a quand
même dirigé sans subvention, à bout de bras à certains moments, durant
33 ans. Ce théâtre est devenu le temple du burlesque. Il faut se
rappeler que «La Poune», que nous aimions tant, qu'Olivier Guimond se sont
produits aussi, bref, que de grands artistes. Tout récemment, il jouait
encore dans un théâtre d'été pour la 20e année consécutive.
je pense qu'on perd aujourd'hui un comédien hors
du commun. Il a dit une fois, en entrevue, M. Latulippe : «La vie est trop
courte pour regarder des drames.» Il
y en a beaucoup, de drames, beaucoup
de choses nous inquiètent. On a bien
besoin aussi de gens qui nous font rire comme lui, et je dirais qu'en ce moment
on en aurait particulièrement
besoin. Merci, M. Latulippe.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Et enfin j'invite la ministre de la Culture et des
Communications à prendre la parole.
David (Outremont) : Alors, Mme la Présidente, je me joins à mes collègues parlementaires afin de rendre hommage au comédien,
humoriste et auteur Gilles Latulippe, décédé aujourd'hui.
Avec
un style bien personnel, ce comédien irrésistible a su, tout au long de sa
carrière, faire preuve d'un immense talent
qui a réjoui des centaines de milliers de ses concitoyens. Héritier du
burlesque américain, il avait cette faculté de déclencher des cascades de rires en incarnant des personnages typés et
d'une drôlerie universelle. Il s'est imposé comme l'un des Québécois les plus doués pour l'humour de notre histoire.
Le Théâtre des Variétés, qu'il a fondé en 1967, constitue, à ce jour, l'un des plus grands succès de la scène
au Québec, réussite qu'il devait, aimait-il rappeler, à une
équipe qui savait s'adresser à une faculté universelle, celle du rire.
À ceux qui le
connaissaient bien, M. Latulippe laisse le souvenir d'un homme humble et bon,
qui est devenu immensément populaire en
demeurant authentique et près des gens. L'annonce de sa disparition est un
choc, car celui qui venait de célébrer 55 ans de carrière était,
jusqu'à tout récemment, actif sur la scène.
J'ai
d'ailleurs le plaisir de rappeler qu'au nom du Québec
tout entier le gouvernement a remis, en 2009, l'insigne de chevalier
de l'Ordre national du Québec, l'une des plus prestigieuses marques de reconnaissance
de l'État québécois.
Mme la Présidente,
Gilles Latulippe est un pilier du panthéon de l'humour québécois. Je le
remercie pour son inestimable contribution à la culture québécoise. Merci
beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, je vous invite à vous lever et à
tenir une minute de silence.
• (15 h 30 — 15 h 31)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Nous
allons maintenant poursuivre avec la rubrique des motions sans
préavis. Et je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant le gouvernement
et je cède la parole à M. le ministre du Travail.
Hamad : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement en cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Sanguinet, le député de Johnson et la députée
de Gouin :
«Que l'Assemblée nationale souligne le 50e
anniversaire du Code du travail du Québec;
«Qu'elle
réaffirme le rôle essentiel de cette loi qui constitue depuis 1964 la
principale pièce législative encadrant les relations du travail au
Québec;
«Qu'elle
reconnaisse que le code est un outil efficace pour encadrer les relations du
travail au Québec, tout en sachant préserver le nécessaire équilibre
entre le développement économique et la justice sociale.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? Mme la leader du
gouvernement.
Mme Vallée :
Mme la Présidente, il y a consentement pour la tenue d'un débat de deux
minutes, maximum, par intervenant, et
les interventions se feraient dans l'ordre suivant : le ministre du
Travail, le député de Sanguinet, le député de Johnson et finalement la
députée de Gouin.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie. Je suis maintenant prête à céder la parole à M. le
ministre du Travail.
Hamad :
Merci, Mme la Présidente. C'est un honneur pour moi de prendre la parole en
cette Assemblée pour souligner les
50 années d'existence du Code du travail du Québec. Je suis convaincu...
Il y a quatre autres collègues qui ont occupé ces postes-là, et j'ai
l'honneur de le représenter. C'est le 1er septembre 1964 qu'il est entré
en vigueur.
Réforme
charnière associée à la Révolution tranquille, le code demeure la principale
pièce législative encadrant les relations du travail au Québec. Au
moment de son adoption, le Code du travail marquait un point d'arrivée et un point de départ dans l'histoire du droit québécois
du travail : un point d'arrivée, car le code consolidait diverses lois; un
point de départ, car il annonçait une
volonté d'embrasser les lois du travail en un tout cohérent, un véritable code.
Le code a su traverser le temps et demeurer un outil efficace pour encadrer les
relations de travail au Québec. On en parle encore comme étant un des
systèmes de relations de travail les plus progressistes en Amérique du Nord qui
a su préserver le nécessaire équilibre entre le développement économique et la
justice sociale.
Comme
l'indiquait l'éminent spécialiste en relations industrielles M. Gérard
Dion en 1979 : «Aucune législation du travail n'est parfaite. Elle demande constamment des ajustements pour
tenir compte des dynamismes inhérents aux relations de travail [...] aussi du comportement des agents. Cependant,
elle doit suivre une ligne directrice en conformité avec les valeurs acceptées dans la société.
[...]C'est cette philosophie qui était à la base du Code du travail en 1964 et
qui a inspiré tous les mécanismes qui ont été mis en place à cette
époque.» Fin de la citation.
Cette
commémoration des 50 ans du Code du travail en 2014 répond à un devoir de
mémoire. Elle représente une occasion
de prendre la mesure du long chemin parcouru. J'invite d'ailleurs mes collègues
à se rendre sur le site Web du ministère du Travail pour connaître plus
en détail l'histoire du code. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
ministre. Je reconnais maintenant le député de Sanguinet pour son
intervention sur cette motion.
Therrien :
Merci, Mme la Présidente. Il y a 50 ans entrait en vigueur le projet de
loi 54, le Code du travail, qui
remplaçait les dispositions archaïques des lois précédentes et plaçait le
Québec comme une des juridictions parmi les plus progressistes en
Amérique du Nord quant aux droits des travailleurs. Le Québec avait vécu, dans
les décennies précédentes, de grands
conflits ouvriers parfois violents. On n'a qu'à penser aux grèves du textile, à
la grève de l'amiante à Asbestos ou à la grève des mineurs de
Murdochville pour constater à quel point la situation s'est améliorée pour les
travailleurs québécois.
La démarche
pour en arriver au Code du travail ne s'est pas faite sans embûche. Le premier
ministre Jean Lesage avait même
rabroué les grévistes de la Régie des alcools en déclarant — phrase célèbre : «La reine ne négocie
pas avec ses sujets.» On se souvient
d'ailleurs qu'un des ministres du gouvernement Lesage avait bravé son premier
ministre en encourageant les
grévistes en leur disant : Ne lâchez pas! C'était un certain René
Lévesque. Les syndicats, quant à eux, mettent
de la pression sur le gouvernement en menaçant la grève générale si des
modifications ne sont pas adoptées au projet
de loi 54. Son adoption a fait l'objet de beaucoup de débats, mais on reconnaît
unanimement aujourd'hui que le Code
du travail a été un grand pas en avant pour les travailleurs. Entre autres,
certains travailleurs du secteur public et parapublic se voient reconnaître le droit de grève. Avec le code, on
reconnaît désormais le droit d'association à plusieurs nouveaux corps de métier, dont les architectes,
les comptables, les médecins, les ingénieurs et les travailleurs agricoles.
Non seulement
le Code du travail a représenté une avancée majeure pour les travailleurs, mais
son adoption a aussi pavé la voie pour tous les progrès subséquents dans
les droits des travailleurs, notamment l'adoption, en 1977, par le gouvernement de René Lévesque de la loi antibriseurs de
grève et de l'obligation pour l'employeur de prélever les cotisations syndicales à la source. Si les
Québécois sont aujourd'hui protégés par un régime de droit du travail
progressiste, c'est, entre autres,
parce qu'il y a 50 ans, en tant que peuple, on se donnait un code du
travail. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Johnson.
Lamontagne : Mme la Présidente, chers collègues, nous avons l'occasion
aujourd'hui de nous exprimer sur le 50e anniversaire de l'adoption
du Code du travail.
Vous savez,
Mme la Présidente, il y a, dans la vie des parlementaires, des moments où nous
pouvons participer à l'histoire du Québec, et le 22 juillet 1964,
ça a été un de ces moments-là. Ce jour-là, après maintes réécritures, les parlementaires dotaient le Québec de la loi la
plus structurante de son histoire en matière de travail en adoptant le Code
du travail. À compter de cette date, le code
est venu encadrer les relations de travail, notamment celles entre employeurs
et syndicats. Écrit selon les réalités de
son époque, le Code du travail a subi depuis quelques modifications, tantôt
mineures et tantôt plus vastes.
Mme la
Présidente, le 50e anniversaire de l'adoption du Code du travail pourrait
être l'occasion de nous questionner sur
l'opportunité de le moderniser, et, dans ce contexte, plusieurs souhaiteraient
notamment voir revisités certains aspects réglementant la pratique du syndicalisme, et notre parti est de ce
nombre. L'établissement du vote secret et la réforme des règles
d'accréditation syndicale, entre autres, nous apparaissent comme des
incontournables d'un code du travail nouveau.
Nous joignons nos voix à celles de nos collègues pour souligner ce
50e anniversaire et nous souhaitons pouvoir oeuvrer, dans un avenir rapproché, au grand chantier qui donnera aux
Québécois et aux Québécoises un code du travail renouvelé, actualisé aux
réalités modernes. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Au tour
maintenant de la députée de Gouin d'intervenir sur cette motion.
Mme David
(Gouin) : Merci, Mme la Présidente. Au nom de ma formation politique,
je veux souligner aujourd'hui le 50e
anniversaire du Code du travail, qui est un outil essentiel au respect des
droits des travailleuses et des travailleurs québécois.
Le Code du travail, c'est le pilier des
relations de travail au Québec. Il représente l'une des grandes avancées héritées de la Révolution tranquille, qui a
encadré les relations de travail et reconnu le droit d'association. Comme toute
avancée sociale, ce code est le fruit d'une
lutte acharnée de générations de syndicalistes et de plusieurs de nos
prédécesseurs en cette Chambre, que
je salue aujourd'hui et dont je reconnais le travail. Comme toute avancée
sociale, elle est toutefois fragile.
Le Code du
travail a de la difficulté à faire face aux nouvelles réalités du travail, et
plusieurs lock-out dans l'univers des
communications nous l'ont bien démontré. L'impact des nouvelles technologies et
du télétravail doit être pris en compte dans la modernisation du code. Les mesures visant à empêcher des recours
à des briseurs de grève doivent être renforcées. Pour faire face à cette nouvelle réalité, j'ai déposé pour Québec
solidaire un projet de loi tout simple qui vient colmater cette brèche.
L'invitation est lancée au gouvernement de s'en inspirer.
Au nom de ma
formation politique, je tiens donc à
offrir toute notre solidarité, d'une
part, au mouvement syndical
mais, aussi, à tous ceux et celles qui oeuvrent quotidiennement à l'amélioration
des milieux de travail. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce que cette…
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant,
pour la prochaine motion, je suis prête à reconnaître un membre du
groupe formant l'opposition officielle et j'invite M. le député de Jonquière à
présenter sa motion.
Gaudreault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec la députée de Gouin, la…
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un petit moment, M. le député. Je
crois que M. le leader du gouvernement voulait intervenir.
M. Fournier :
…leader de l'opposition, le leader de la deuxième opposition avant de procéder
aux autres motions. Il en reste quelques-unes, là : il reste celle de
l'opposition officielle, celle de la deuxième opposition aussi, il y en a aussi une chez les indépendants. Mais
juste avant… Il y a des gens qui attendent en commission parlementaire parce qu'il y a des consultations particulières
qui ont été appelées, et, considérant qu'il y a eu quelques débats sur des
motions, disons qu'on a perdu un peu de
temps en commission, alors que les gens attendent. Alors, je crois qu'on peut
constater un consentement pour appeler la commission, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, s'il y a consentement, je
vais passer tout de suite à la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions.
Et je vous
avise que la Commission des relations avec les citoyens se réunira aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques sur l'examen des rapports sur les activités
du Fonds de soutien aux proches aidants.
Alors, merci. Je suis désolée, M. le député de…
Présidente (Mme Gaudreault) : Oui. Attendez. M. le député de
Jonquière, est-ce que vous aviez terminé votre motion?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui. Allez-y. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Juste une question de règlement, Mme la Présidente, avec tout le respect que je
vous dois. Dans l'ordre de préséance,
pour la troisième motion, avant de donner notre O.K. pour la deuxième motion du
Parti québécois, mon collègue le leader adjoint a sa motion à déposer.
Maltais :
…reconnu…
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui.
Maltais : Je sais
qu'il y a eu un…
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Selon l'ordre, M. le…
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Veuillez vous asseoir un moment,
là. Selon l'ordre que j'avais au départ, c'est que c'était un membre du groupe formant le gouvernement; ensuite,
l'opposition officielle et le deuxième groupe d'opposition. Donc, M. le
député de l'opposition officielle n'a pas terminé sa motion.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Non, non, c'est parce que, si je comprends bien…
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Veuillez vous asseoir, s'il vous
plaît. Je crois qu'au début nous avons dérogé
de, justement, l'ordre de présentation. Et on s'était entendus qu'on allait
poursuivre, selon l'ordre prévu au départ, après cette motion suite au
décès de M. Gilles Latulippe. Alors, moi, je pense que…
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Allez-y, M. le leader.
Bonnardel :
Mme la Présidente, avec tout le respect que je vous dois, la motion de Gilles
Latulippe était la deuxième motion du
Parti québécois où, oui, nous avions donné notre accord, sans problème, mais ça
n'enlevait pas le fait que la troisième motion… préséance aujourd'hui,
séance n° 1, était celle du deuxième groupe d'opposition. Voilà.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, Mme la leader, vous pouvez
vous asseoir. Ce n'est pas ma lecture, là, de ce qui a été consenti tout
à l'heure.
Alors, on va poursuivre selon l'ordre
établi au départ. Et puis on s'était entendus pour présenter la motion suite
au décès de M. Latulippe en premier. Alors,
je vais, si vous le voulez bien, je vais demander à M. le député de Jonquière
peut-être de reprendre du début, puisque vous avez été interrompu. Merci.
M. Fournier :
...en tout…
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui, M. le leader du gouvernement.
Fournier : En tout respect. Bien, je n'ai aucun problème qu'il
se lève, mais je pense que vous allez devoir demander le consentement de
la Chambre pour qu'il procède à une deuxième motion, je crois.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Non. Mais non. Mais, tantôt, on s'était rendus à
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui.
Maltais : …vous l'avez nommée deux fois, cette décision,
elle est très claire et elle correspond à l'entente qu'il y a eu avant. On a convenu… Vous avez décidé
deux fois… Le leader du gouvernement est en train de contester la
décision de la présidence.
Fournier : …des choses, j'ai déjà annoncé que j'allais
consentir, sauf que, si vous ne demandez pas le consentement, la motion va être irrégulière. Il doit y avoir une
étape : pour une deuxième motion, de demander le consentement. Je vous
l'offre déjà, en plus.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui. Bien, moi, je croyais que… si
vous me permettez, M. le leader, je
croyais que ça faisait
partie du consentement, là, mais, bon. Si vous voulez
bien, on va, pour la forme, demander de…
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant, M. le leader du
deuxième groupe d'opposition. Je vais vous demander de vous asseoir.
je comprends bien, tout à l'heure on a dérogé de l'ordre prévu au départ, et on
s'était, tout le monde, entendus pour
pouvoir faire passer cette deuxième
motion du groupe de l'opposition
officielle en premier. Et, à ce moment-là, on n'a pas demandé de
consentement pour déroger à l'article 84.1, mais il y avait
eu une entente : que vous n'alliez pas demander, que c'était un
consentement qui était un appui…
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui, écoutez, là j'aimerais ça… On a fait…
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : M. le leader, monsieur, veuillez vous asseoir, s'il vous plaît. Veuillez
vous asseoir, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui, vous le relèverez, mais pour le moment… On a dérogé, tout à l'heure, à l'ordre…
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Par rapport à la nature de cette motion, on a voulu faire ça
de façon consensuelle, de présenter cette première motion suite au décès
de M. Latulippe. C'était une motion de l'opposition officielle.
Tout le monde était d'accord pour déroger, et ça supposait que tout le monde consentait à déroger à l'article 84.1.
Si ce n'est pas le
cas, c'est ce que je comprends, alors nous allons demander le consentement à
déposer une deuxième motion par l'opposition officielle, par principe, puisqu'on veut poursuivre nos
travaux dans l'ordre et on veut entendre cette deuxième motion de l'opposition
officielle.
Bonnardel :
…pas de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui.
Maltais : …léger problème. Il y a deux événements
qui sont en train de se passer. Premièrement, il y
avait une entente ici, dans l'Assemblée nationale, à l'effet de transporter la motion pour le décès
de M. Latulippe très honorablement avant les autres, mais j'ai tout
de suite énoncé… Et ça a même failli… Je me suis même fait traiter d'«en train
de marchander». Alors, je savais, moi, que
ça dérogeait aux règles habituelles et j'ai demandé immédiatement l'avis de tout le
monde à l'effet qu'on la fasse passer
d'abord et qu'on continue ensuite le règlement… la feuille de route telle
qu'elle était énoncée, et tout le monde a dit oui. Alors, vous venez…
Maltais : Premièrement, il y a eu une convention entre nous. Deuxièmement, vous
venez de répéter cette convention et
de prendre votre décision. Je vous demande de vous en tenir à votre décision,
qui était tout à fait conforme aux propos de tous les partis à l'Assemblée
nationale.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, si vous voulez me permettre de suspendre un petit instant…
parce que, là, j'ai besoin d'un petit conseil pour la poursuite des travaux. Parce que
c'est ce que je crois que tout le
monde voudrait bien consentir, à ce qu'on poursuive nos travaux. Alors,
un moment, et je vous reviens. Merci.
(Suspension de la séance à 15
h 48)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Bon. Alors, nous sommes prêts à reprendre les
travaux.
suite à une rencontre avec les leaders des formations politiques
présentes, je suis prête à poursuivre la rubrique des motions sans préavis et je vais inviter un
membre du groupe formant l'opposition
officielle, c'est-à-dire le député de Jonquière, à reprendre du début,
s'il vous plaît, afin de rendre honneur à…
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui, M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : Il y a eu
consentement avec les leaders du gouvernement et de l'opposition officielle
pour que le député de l'opposition officielle retire cette motion et
qu'on puisse la reprendre à la fin, donc, qu'on suive l'ordre de préséance des motions, et je vais donner mon
accord après que le député de La Peltrie puisse déposer sa motion pour
qu'on puisse accepter la deuxième motion du Parti québécois.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Je tiens à vous dire, Mme la
Présidente, que j'y consentirai aussi.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, si je comprends bien, il y a consentement pour
changer l'ordre des motions qui avait
été établi dès le départ, et maintenant nous allons présenter la motion du
deuxième groupe d'opposition pour ensuite faire place à la motion de
l'opposition officielle. Est-ce que j'ai bien compris?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
D'accord. Alors, merci beaucoup. M. le député
de La Peltrie, pour votre motion.
Caire : Merci, Mme la
Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec le député de Verchères :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la lettre
envoyée par Mme Hélène Daneault, ex-députée de Groulx, qui
se lit comme suit :
«Chers collègues et amis députés,
«Je viens tout juste d'écouter en reprise la
période de questions et réponses orales du 17 septembre et, à mon grand étonnement, j'ai entendu le leader
parlementaire du gouvernement et l'actuel ministre de l'Éducation comparer ma
situation à la sienne.
Malgré le
respect que je voue à la joute parlementaire, il y a des limites à oser une telle comparaison.
«J'ai
effectivement pratiqué ma profession de médecin durant mon mandat de députée, mais ce à temps vraiment partiel. Les lundis et [les] week-ends étaient entièrement consacrés à mon travail de députée. Il ne me restait
que quelques heures disponibles pour faire le suivi de mes quelque 500
patients déjà inscrits avant même mon élection.
«Par ailleurs,
la grande différence avec mon collègue vient du fait que je n'ai jamais touché
la prime de prise en charge, et ce pour une raison bien
simple : jamais je n'aurais osé inscrire des patients à mon nom, sachant très
bien que je ne pouvais
leur offrir l'assurance d'un suivi à long terme. Régulièrement, je répondais
aux demandes insistantes des patients
en leur disant que si un jour je décidais d'abandonner la politique,
à ce moment j'aurais de la
disponibilité pour eux. [...]à ce
moment uniquement, je pourrais m'engager à les suivre. Il me semble que tout ça
relève du principe même de l'entente,
et que vous devriez tous être en mesure de l'admettre. Mon collègue a fait une
erreur en ne respectant pas l'esprit
de l'entente qu'il a lui-même négociée. Certains diront que ce n'était pas
illégal, certes, mais immoral tout à fait!
Ces patients auraient dû être avisés, dès le début, qu'ils seraient pris en
charge temporairement, en attendant que le visage politique change, et
conséquemment aucune prime n'aurait dû être versée.
mon avis, le débat ne peut plus durer, les sommes doivent être remboursées dans
leur entièreté et les patients redirigés
rapidement vers un médecin qui sera en mesure d'assurer le suivi, car dans tout
ce débat, les grands oubliés ce sont eux, qui se sont retrouvés
orphelins quelques mois à peine après leur prise en charge.
«"Poursuivre la
défense de l'indéfendable ne fait que discréditer le travail de l'ensemble des
élus, tous partis confondus. Il ne fait
qu'entretenir le cynisme de la population à l'égard des politiciens.
L'intégrité et l'honnêteté intellectuelle ne peuvent être qu'au service de beaux discours : ils doivent faire
partie intégrante des actions et décisions quotidiennes, et servir
d'exemple pour l'ensemble de la population.
«"Mes
salutations à tous.
«"Au plaisir de
vous revoir,
«[Donc,]
qu'elle reconnaisse que la situation de Mme Daneault n'avait rien à voir avec
celle du député de Jean-Talon;
«Qu'elle exige la
rétractation du leader parlementaire du gouvernement et du ministre de
l'Éducation, qui ont faussement affirmé que la situation de Mme Daneault
est comparable à celle du député de Jean-Talon;
«Qu'elle
exige, une fois de plus, que le ministre de l'Éducation rembourse la totalité
des primes qu'il a reçues et qu'il remette sa démission.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
M. Fournier : Une question de règlement, Mme la Présidente, avant de
procéder à cet appel de consentement. D'ailleurs,
je suis étonné qu'on ait… Enfin, j'ai laissé, quant à moi, la motion aller
jusqu'au bout parce que je voulais le faire en respect pour notre
collègue, mais de toute évidence il ne s'agit pas des motions que nous voyons
d'habitude.
tiens d'abord à vous rappeler l'article 35.6° de notre règlement, qui dit
que le député qui a la parole ne peut «imputer
des motifs indignes à un député ou refuser d'accepter sa parole». Je vous
rappelle aussi l'article 191 : «Les motions ne doivent contenir ni exposé de motif ni
argumentation.» 193 : «Le président doit refuser tout préavis ou toute
motion contraire au règlement.»
la Présidente, dans cette motion qui est devant nous, non seulement est-ce
qu'il y a une longue argumentation, mais,
qui plus est, on impute des motifs, et je crois que d'entrée de jeu vous
devriez soulever le caractère irrecevable de cette motion et ne pas
appeler au consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je crois que je vais
suspendre quelques instants. Tout d'abord, M. le leader du deuxième
groupe d'opposition, avez-vous un commentaire?
Bonnardel : Oui, Mme la Présidente. Suite au commentaire du
leader du gouvernement, bien je vous invite à relire vous-même, s'il le
faut, cette lettre qui a été écrite par l'ancienne députée, donc, de Groulx et
de me dire exactement où on peut imputer,
selon les articles que le leader du gouvernement a exposés, où on peut imputer,
donc, des motifs indignes, si on peut le dire ainsi, du ministre de
l'Éducation actuel.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vais en prendre justement
connaissance afin de vérifier la recevabilité de la motion.
Et je vais donc
suspendre les travaux quelques instants. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous allons
reprendre nos travaux.
suite au dépôt de la motion du
deuxième groupe d'opposition et aux commentaires du leader du gouvernement,
je suis maintenant prête à rendre ma décision par rapport à la recevabilité de
la motion.
Je tiens d'abord à préciser que, lorsqu'il y a
consentement pour la présentation d'une motion sans préavis, la présidence ne se prononce généralement pas
d'office sur sa recevabilité. Il arrive donc que l'Assemblée se prononce sur des motions qui ne sont pas tout à fait conformes au
règlement. Toutefois, à partir du moment où on soulève la question de recevabilité, la présidence a l'obligation de
statuer en tenant compte des règles de droit parlementaire. En effet, il faut
d'abord qu'une motion sans préavis soit
recevable avant que la présidence demande à l'Assemblée si elle consent à
débattre de cette motion.
leader du gouvernement a soulevé divers motifs d'irrecevabilité dont j'ai pris
connaissance. Parmi les arguments soulevés, on réfère à l'article 191 du règlement, et cet
article précise que «les motions ne doivent contenir ni exposé de motif ni argumentation». La jurisprudence en semblable
matière a décrit un motif comme un mobile d'ordre psychologique, une raison d'agir, et l'argumentation comme tout ce qui
tend à appuyer la conclusion recherchée.
En l'espèce, la
motion telle que rédigée contient des éléments qui entrent dans la catégorie de
«motif» et de l'«argumentation», puisqu'on y fait une démonstration des raisons qui
différencieraient deux situations et des arguments à l'appui de cette prétention. Cela ne doit pas se
retrouver dans le texte d'une motion. Cette
partie doit plutôt se retrouver dans la phase du débat sur une motion dans la
mesure où les termes employés sont parlementaires. En effet, on ne peut faire, en citant une lettre, une chose qui ne
serait pas permise ou interdite dans nos débats. C'est
pourquoi je déclare la motion du député de La Peltrie irrecevable et, étant
irrecevable, je ne la soumettrai pas à un consentement pour en débattre.
Merci.
M. le leader du
deuxième groupe du gouvernement… de l'opposition, pardon.
Bonnardel : Mme la
Présidente, depuis quand les motions n'ont pas d'opinion? Depuis quand les
motions n'émettent aucun argument? Alors, aujourd'hui, vous dites que, suite à la lettre qui a été lue par le député de
La Peltrie, il y aurait des
motifs indignes qui pourraient être matière à interprétation ou à
argumentation. Mais, Mme la Présidente, c'est important, ce que vous donnez comme décision aujourd'hui. Je ne pense pas que vous avez lu la lettre au
complet. Comment vous ne pouvez pas recevoir cette motion, cette lettre aujourd'hui, sans tenir compte, sans tenir compte,
Mme la Présidente, de la situation comme telle?
y a trois points importants, je termine avec ça, je serai court, Mme la
Présidente : il n'y a pas de motif indigne dans cette motion, il y a des
argumentaires dans toutes, toutes, toutes les motions, et la seule chose que
vous aviez à demander aujourd'hui, c'est un
consentement : oui ou non.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bon, alors, M. le leader du deuxième groupe du
gouvernement, je viens de rendre ma
décision, je vous invite à la relire. Elle vous soumet des réponses à toutes
vos questions. Maintenant, je crois que la leader de l'opposition
officielle voudrait intervenir.
Maltais : Oui. Question de
directive et ensuite peut-être une suggestion pour la suite de nos
travaux dans l'avenir, Mme la
Présidente. La question que pose l'irrecevabilité de cette motion, ce que je ne
conteste pas, la question qu'elle
pose, c'est :
Comment peut… quel est l'outil par lequel quelqu'un qui a déjà été député à
l'Assemblée nationale peut se
défendre si, en matière de défense d'un député qui
est présent, un parlementaire se lève et attaque la conduite d'un
autre qui n'est plus présent dans
l'Assemblée nationale? Parce que c'est un peu ça qui s'est passé. Face aux
questions que nous avons envers le
ministre de l'Éducation, un membre du gouvernement s'est levé et a dit qu'une
personne qui n'est plus ici, dans
l'Assemblée nationale, avait la même conduite. En recevant cette lettre, nous
avons ici l'expression d'une ex-parlementaire qui dit : On ne peut
pas entendre ma voix. Je vais être…
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui, s'il vous plaît.
Maltais :
Je ne remets pas en question la décision sur l'irrecevabilité, j'explique qu'il
y a un autre parlementaire, qui est un ancien parlementaire… une ancienne, qui
a voulu s'exprimer.
Alors, ce que je
suggère, c'est que l'ex-parlementaire, si elle écoute nos travaux, écrive à
tous les députés de l'Assemblée nationale et
exprime, sans aller sur le fond de la motion, la difficulté pour un
ex-parlementaire de se faire accuser
outre mesure dans des débats ici, au Parlement, et qu'elle ne peut pas se
défendre, et, si possible, non seulement que ce soit envoyé aux 125 parlementaires, mais que le président de
l'Assemblée nationale nous lise. Ça pourrait aider les débats.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bon, Mme la leader, je vous
remercie, mais… D'abord, le député aurait pu déposer la lettre, tout d'abord, et ne pas l'inclure directement dans
sa motion. Il aurait pu aussi y avoir une question posée à la période de
questions. Il y a toutes sortes d'autres façons de pouvoir débattre de ces
sujets.
Maintenant,
j'ai rendu ma décision, la motion est irrecevable, et nous sommes prêts à
poursuivre les travaux, et, du même coup, j'invite, pour la troisième
fois, je crois, le député de Jonquière à nous présenter sa motion
d'aujourd'hui.
Gaudreault : Mme la Présidente, mon physiothérapeute