Institutions — 27 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)
CI 2026-05-27
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des institutions - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des institutions
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 3 e session
(début : 5 mai 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 27 mai 2026
Vol. 49 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, volet Conseil exécutif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
Intervenants par tranches d'heure
11 h
Bachand, André
Fortin, André
Fréchette, Christine
11 h 30
Fréchette, Christine
Fortin, André
Bachand, André
Ghazal, Ruba
St-Pierre Plamondon, Paul
12 h
St-Pierre Plamondon, Paul
Fréchette, Christine
Bachand, André
Fortin, André
12 h 30
Fréchette, Christine
Fortin, André
Bachand, André
Chassin, Youri
14 h 30
Bachand, André
Fortin, André
Fréchette, Christine
15 h
Fortin, André
Fréchette, Christine
Bachand, André
Ghazal, Ruba
15 h 30
Fréchette, Christine
Ghazal, Ruba
Bachand, André
Blanchette Vézina, Maïté
Fortin, André
16 h
Fortin, André
Fréchette, Christine
Bachand, André
St-Pierre Plamondon, Paul
16 h 30
Bachand, André
Fréchette, Christine
Fortin, André
Bogemans, Audrey
17 h
Bachand, André
Bogemans, Audrey
Fréchette, Christine
Journal des débats
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-sept minutes)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Conseil exécutif des crédits budgétaires du portefeuille
Conseil exécutif pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de quatre
heures est allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par Mme Lachance
(Bellechasse); M. Morin (Acadie), par M. Fortin (Pontiac); Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques), par Mme Ghazal (Mercier); et Mme Laflamme
(Chicoutimi), par M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin).
Conseil exécutif
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Comme vous savez, nous allons
procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers 17 h 15.
Alors, il me fait plaisir de céder la
parole au député de Pontiac, représentant l'opposition officielle, pour 16 min 57 s.
M. le député, s'il vous plaît.
M. Fortin : Très bien. Merci. Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la
première ministre, chers collègues. Merci. Merci d'être là et de vous prêter à
l'exercice.
Je vais commencer avec une question toute
simple, et je n'ai aucun doute que la première ministre l'a vue venir quelque
part lors de l'étude de crédits, mais le ministre du Travail nous a dit qu'il
se rangeait dans le camp du Non, le ministre de la Culture nous a dit qu'il se
rangerait dans le camp du Oui. Advenant un référendum sur la souveraineté, la
première ministre se rangerait dans quel camp?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre, s'il
vous plaît.
Mme Fréchette : Merci. Merci,
M. le Président. Alors, bonjour à tous. Merci de votre présence et de votre
contribution.
Alors... Bien, en fait, le collègue du
Parti libéral connaît très bien la <réponse...
Mme Fréchette : ...Alors...
Bien, en fait, le collègue du Parti libéral connaît très bien la > réponse.
Nous, on est dans le camp des Québécois. Les Québécois n'en veulent pas, de
référendum, et c'est ce... Le parti qu'on a choisi, c'est le camp des Québécois.
Alors, on va travailler pour que les autobus référendaires que veulent utiliser
les partis d'opposition traditionnels restent en gare.
M. Fortin : ...avec elle. Nous aussi, on aimerait bien qu'ils restent en
gare. On va travailler là-dessus. Cependant, on ne peut pas se mettre la tête
dans le sable, là. Quand la première ministre dit : Les Québécois... On va
travailler pour ce que les Québécois veulent, elle voit les sondages comme
nous, elle sait qu'il y a une réelle possibilité. Encore là, on va travailler
pour ne pas que ça arrive, mais il y a une possibilité que le Parti québécois soit
élu aux prochaines élections, et ils ont leur projet principal bien sur la
table. Alors, ce que la première ministre nous dit aujourd'hui, c'est que, si
le Parti québécois est élu et qu'elle est députée de Sanguinet, elle va rester
sur les lignes de côté?
Le Président (M. Bachand) :
Mme la première ministre, oui.
Mme Fréchette : Alors, je
répète que notre parti, on travaille pour qu'il n'y ait pas de démarche
référendaire. Les Québécois ne sont pas là, les Québécois ont évolué, et c'est
en phase avec les Québécois qu'on avance. On travaille notamment sur le coût de
la vie, parce que le coût de la vie est... a... en fait, le poids du coût de la
vie a été augmenté ces derniers mois, ces dernières années, même, on pourrait
dire. Depuis la pandémie que ça se fait sentir. Alors, c'est ce sur quoi on
travaille. Puis ça, ça correspond avec les priorités des Québécois.
• (11 h 30) •
M. Fortin :
Les Québécois ont évolué, mais est-ce qu'elle a évolué? Parce qu'en 1995 elle a
voté pour le Oui. Alors, est-ce qu'elle a évolué depuis?
Mme Fréchette : J'ai évolué, je
suis dans le camp des Québécois...
M. Fortin :
Et vous ne l'étiez pas à l'époque?
Mme Fréchette : ...et les
Québécois n'en veulent pas, de référendum. Notre organisation, notre formation
politique est exactement dans cette orientation-là.
M. Fortin :
OK. Je comprends donc qu'il n'y a pas eu d'évolution sur le fond, c'est-à-dire
qu'elle voterait de la même façon. C'est ce que j'en comprends. Il y a une
évolution pour se coller sur le fait que les Québécois ne veulent pas de
référendum, mais, s'il y en avait un, je n'ai pas entendu qu'il y avait un
changement de position. Est-ce que je me trompe?
Mme Fréchette : On travaille
pour qu'il n'y en ait pas. C'est notre orientation.
M. Fortin :
D'accord. Vous passerez le message au ministre de la Culture.
OK. J'ai une question bien simple, là,
puis qui... Depuis votre annonce, là, de cette semaine sur le coût de la vie...
hein, vous êtes allée dans une épicerie à Sherbrooke et vous avez dit : Il
y a certains produits qui ne seront plus taxés, où il n'y aura plus de TVQ, et
là il y a... il y a toutes sortes de gens qui font toutes sortes de calculs à
savoir qu'est-ce que ça veut dire, là, combien... combien va rester dans les
poches des Québécois. Moi, j'ai entendu le chiffre... pour cette mesure-là bien
précise de la taxe de vente québécoise sur certains produits vendus à
l'épicerie, j'ai entendu le chiffre de 0,96 $ par semaine, j'ai entendu le
chiffre de 1 $ par semaine, j'ai entendu le chiffre de 1,25 $ par
semaine. C'est quoi, le bon chiffre?
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, donc, c'est important de rappeler que c'est un ensemble de mesures
qu'on a mis de l'avant, parce que, comme je le disais encore tout à l'heure à
la période des questions, ce n'est pas une seule mesure, un seul coup de
baguette magique qui va permettre de solutionner l'ensemble de la problématique.
En fait, les Québécois, ils ont à payer davantage pour l'épicerie, pour la
pharmacie, pour des services, pour l'essence à la pompe, donc c'est vraiment un...
pour le loyer, tous des postes d'importance dans les budgets familiaux. Alors,
nous, on a... on est intervenus puis on va continuer à travailler pour alléger
le poids subi par les Québécois. On est intervenus de différentes manières.
Donc, c'est environ 50 $ par année, mais
il faut voir que c'est l'ensemble des mesures qui vont avoir un impact sur le
portefeuille des Québécois. Donc, c'est à la fois l'aide qu'on offre pour
l'essence, à travers la plaque d'immatriculation, et c'est aussi le crédit
d'impôt pour ceux qui ont un revenu plus modeste.
M. Fortin :
Bien, l'ensemble des mesures, c'est une chose, là. Moi, je veux qu'on parle
d'une mesure bien précise, c'est-à-dire la TVQ sur les produits vendus à
l'épicerie. Combien, par semaine, est-ce qu'un ménage québécois va épargner?
Mme Fréchette : Bien, comme je
vous ai dit, c'est 50 $ par année, alors vous pouvez déduire, mais ça
varie d'une personne à l'autre. Ça, c'est une moyenne.
M. Fortin :
Oui, oui, c'est une moyenne.
Mme Fréchette : Il y a des
gens pour qui, bien sûr, la consommation des produits qui sont détaxés... puis
je pense notamment à des étudiants puis à des aînés, à des personnes
vulnérables, mais surtout des étudiants puis des aînés. Ces personnes-là,
souvent, elles habitent seules et elles ne vont pas acheter, par exemple, des
produits, je pense à des muffins, par paquets de six ou plus. C'est des gens
qui vont consommer des produits davantage à l'unité. Et ça, ces produits-là,
ils étaient taxés. Là, maintenant, on vient corriger une erreur, parce que ça
n'avait... ça n'avait pas de logique d'avoir des produits qui, lorsque vendus par
paquets de six ou plus, n'étaient pas taxés mais à l'unité, en bas de six,
étaient taxés. Donc, on enlève cet illogisme-là, on vient corriger. Puis ça, ça
va bénéficier d'abord et avant tout à des personnes qui vivent seules, puis je
pense notamment à des personnes aînées puis à des étudiants.
M. Fortin :
Alors, 50 $ par semaine, on fait le calcul rapide, la première ministre
nous confirme que c'est 0,96 $... 50 $ par année, c'est 0,96 $
par <semaine...
Haut de la page
11 h 30 (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...un calcul rapide, la première
ministre nous confirme que c'est... 50 $ par année, c'est 0,96 $ par > semaine,
c'est bien ça?
Mme Fréchette : Ça, c'est une
moyenne. Comme je vous dis...
M. Fortin :
Une moyenne.
Mme Fréchette : ...les
personnes qu'on cherche à rejoindre, je pense qu'ils vont être plus aptes à
bénéficier des mesures qu'on a mises de l'avant parce que ce sont des personnes
qui vivent seules et, par conséquent, les produits à l'unité sont détaxés, ils
vont davantage en bénéficier. Et voilà. Donc, ça varie beaucoup d'une famille à
l'autre, parce que le statut a un impact sur le montant qui sera épargné. Mais,
pour des personnes qui vivent seules, pour des aînés, pour des étudiants, le
gain sera, en moyenne, plus important.
M. Fortin :
C'est intéressant, c'est intéressant ce qu'elle a dit, là. Elle nous dit
essentiellement : C'est une moyenne. Donc, il y a des gens qui, si j'interprète
son propos, vont sauver moins de 0,96 $ par semaine. D'accord. Sur
le... pour revenir à son ensemble de mesures, là, parce que, si elle veut qu'on
le regarde dans l'ensemble, là, on peut très bien le faire. Le premier ministre
précédent, et le ministre des Finances, qui est encore ministre des Finances
aujourd'hui, avaient mis de côté 250 millions de dollars pour ses...
pour les promesses électorales de... le gagnant de la chefferie de la CAQ. Est-ce
que vous aviez pris part à ces discussions-là pour établir le montant de 250 millions de
dollars?
Mme Fréchette : Si j'ai pris
part aux discussions...
M. Fortin :
Aux discussions pour établir la cagnotte de 250 millions de dollars
qui était réservée aux gagnants de la chefferie caquiste.
Mme Fréchette : Non. Aux
réflexions qui ont mené au choix d'un 250 millions de dollars, c'est
ça, votre question?
M. Fortin :
Oui. La réponse, c'est non?
Mme Fréchette : Non.
M. Fortin :
Sur le montant, sur l'idée de vous... de laisser un montant de côté, est-ce que
vous avez pris part aux discussions? Est-ce qu'on vous en avait informé?
Mme Fréchette : Moi, je l'ai
appris... C'était déjà une idée qui était formulée puis qui était établie à 250 millions de
dollars quand je l'ai appris.
M. Fortin : Vous l'avez appris avant le budget, donc avant que le budget
soit déposé.
Mme Fréchette : Peut-être
quelques jours avant, mais je ne suis même pas certaine.
M. Fortin : Est-ce que vous avez milité pour en avoir plus?
Mme Fréchette : Non.
M. Fortin : OK. Alors là, aujourd'hui, vous avez des dépenses qui sont
supérieures aux 250 millions de dollars. Est-ce que vous avez une
estimation précise de c'est quoi, le montant dépensé au-delà du 250 millions de
dollars cette année?
Mme Fréchette : Bien, on a
mentionné, là, les montants qui sont associés aux mesures qu'on a présentées
lundi. Puis ce qu'on a annoncé... énoncé aussi, c'est le fait qu'on ait davantage
de revenus, parce qu'il y a eu des transferts du fédéral, et également les
rentrées d'argent sont meilleures parce que, bon, économiquement, le momentum
est quand même... quand même intéressant. Donc, c'est 36... 336 millions de
dollars qui sont récurrents. Et puis il y a des montants qui, eux, sont pour l'année
à venir seulement.
M. Fortin : OK. Là, vous avez des gens de chiffres, là, autour de vous, là,
on les voit, on les connaît, là. Là, vous nous dites que c'est 336 millions de
dollars. J'aimerais ça que vous nous expliquiez quelque chose, et dites-moi si
j'ai tort, arrêtez-moi, là, si je me trompe, là. La taxe de bienvenue, c'est
140 millions, OK, la taxe carbone ou l'aide aux agriculteurs, disons,
c'est 40 millions, les soins à domicile, c'est 22 millions, la loi Gabie
Renaud, c'est 5 millions, la taxe de vente, ce dont on discute tantôt, là,
100 millions et la déduction pour des petites entreprises, nous, on l'a à
130 millions. Tout ça ensemble, ça donne 437 millions. Ou est-ce que
je me trompe?
Mme Fréchette : ...des agriculteurs.
C'est le FECC qui permet de financer la mesure associée au remboursement de la
taxe carbone pour les agriculteurs.
M. Fortin :
Le quoi?
Mme Fréchette : Pardon?
M. Fortin :
Le? C'est le? Quel programme qui permet de rembourser...
Mme Fréchette : FEEC, F-E-E-C.
Une voix : F-E-C-C.
Mme Fréchette : F-E-C-C.
M. Fortin :
Alors, vous ne le comptez pas dans vos dépenses. Parfait. Alors, ça, c'est 40 millions...
Mme Fréchette : C'est une décision...
c'est une décision autofinancée.
M. Fortin : Mais, si j'enlève le 40 millions, il reste 397 millions
quand même.
(Consultation)
Mme Fréchette : Oui, c'est
vrai, pour les PME, le ministre des Finances, d'ailleurs, l'expliquait en
entrevue ce matin, c'est... les PME, c'est 30 millions, l'impact, parce qu'il
y a un ajustement sur les dividendes, les ponctions qui sont prises à même les
dividendes.
M. Fortin : OK. Sauf que, quand je... quand je regarde le site, là, votre
site, ça, c'est sur le site du ministère des Finances aujourd'hui, là, concrètement,
le taux d'imposition des PME du Québec sera réduit dès maintenant de 3,2 %
à 2,2 %. Il s'agit d'un allègement fiscal significatif représentant près
de 630 millions sur cinq ans. Ça, c'est ce que le ministère des Finances
dit aujourd'hui, là. 130 millions sur cinq ans, c'est 130 millions
par année.
Mme Fréchette : Ça, c'est
pour l'entreprise, ça, donc, c'est le bénéfice pour les entreprises, pour les
PME. <Mais l'impact sur le gouvernement n'est pas le même...
Mme Fréchette :
...donc,
c'est le bénéfice pour les entreprises, pour les PME. > Mais l'impact sur
le gouvernement n'est pas le même parce qu'il y a un impact aussi sur la
question des ponctions au niveau des dividendes, et ça vient limiter le
montant, réduire le montant pour le gouvernement.
M. Fortin : Alors là, ce que vous nous dites, c'est que c'est juste
30 millions?
Mme Fréchette : Pour notre...
Oui, au net, pour notre... notre gouverne à nous. Pour le gouvernement, oui,
30 millions au net.
M. Fortin : Et ce montant-là, là, le 336 millions, là, est-ce que
ça équivaut aux entrées d'argent additionnelles que vous avez eues? Donc, vous
avez, à ce jour, là, si je comprends bien, 86 millions d'entrées
additionnelles d'argent.
Mme Fréchette : En fait,
ça... c'est couvert par à la fois les transferts du fédéral et puis les entrées
aussi d'argent qui sont liées à l'inflation. Parce que l'inflation, ça permet
au gouvernement d'aller capter davantage de revenus. Donc, oui, c'est couvert
par ça. Et il faut dire qu'il y a des discussions aussi qui sont en cours avec
le fédéral. On poursuit nos discussions puis ça avance bien.
M. Fortin : Oui, mais, à date, là, vous avez eu 86 millions
d'entrées additionnelles d'argent.
Mme Fréchette : C'est
couvert.
M. Fortin : Donc, vous avez... vous avez fait un équilibre, là, si je
comprends bien, là, entre ce qui est rentré de revenus additionnels puis ce que
vous dépensez au-delà de l'argent qui était prévu.
Mme Fréchette : Écoutez,
c'est mouvant, là, parce qu'à chaque semaine ça continue d'évoluer, là. Mais
jusqu'à maintenant on était en phase avec les rentrées additionnelles.
M. Fortin : OK. Alors, ce que vous nous dites...
Mme Fréchette : On respecte
le cadre financier. Donc, le cadre financier pour l'année 2026-2027 n'est
pas altéré du fait de ces annonces-là. On est dans le respect du cadre
financier.
• (11 h 40) •
M. Fortin : Donc, vous avez fini de faire des annonces, si je comprends
bien?
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, des annonces avec... Il y en a de toutes sortes, hein? Il y en a, des
annonces, qui ont de l'impact sur le plan budgétaire, il y en a d'autres qui
n'en ont pas. Des annonces, on va continuer d'en faire.
M. Fortin : OK. Mais des annonces qui ont un impact au plan budgétaire,
vous avez terminé? Outre ce qui est déjà dans le budget, là, il n'y en a plus?
Mme Fréchette : Pour
l'instant, on est là.
M. Fortin : Pour l'instant?
Mme Fréchette : Pour
l'instant, il n'y a pas de... il n'y a pas de prédiction... il n'y a pas de
prévision, plutôt, de dépenses additionnelles avec un coût budgétaire.
M. Fortin : OK. Moi, j'ai une question pour vous. Le... Là, vous nous
dites, là... Tantôt, on a eu un échange, puis vous nous avez dit : Ah!
oui, mais, vous savez, on commence au mois de septembre, là, entre autres pour
le remboursement de... ou la diminution des frais d'immatriculation, on
commence au mois de septembre, il y a des mesures, entre autres celle de la
TVQ, qui commencent plus tôt que ça, qui ont effet plus tôt que ça. Alors là,
d'un côté, là, avant l'élection, il y a des sommes qui vont être distribuées
aux Québécois, puis, après l'élection, là, la taxe... la taxe sur les produits
d'assurance, elle va augmenter. Donc, vous allez venir piger dans les poches
des Québécois à ce moment-là, dès le 1er janvier?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Je voudrais
préciser une chose. C'est qu'avant l'élection il va y avoir un rapport
préélectoral qui va faire état de toutes les mesures avec un impact. Ça, ça va
être rendu disponible, c'est au mois d'août. Donc, déjà là, on aura le portrait
complet au niveau... au niveau financier. Et ça va être transparent,
accessible, public. Donc, ça, ça va être un état de situation qui va être
important, qui va venir au mois d'août.
M. Fortin : Ce n'est pas ça, ma question. Ma question, c'est :
Est-ce que le 1er janvier, votre gouvernement, à travers les mesures
caquistes qui ont été présentées, allez augmenter la taxe sur les produits
d'assurance? Est-ce que les Québécois vont avoir une facture d'assurance plus
élevée?
(Consultation)
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre, s'il
vous plaît.
Mme Fréchette : Ce à quoi
vous faites référence, ce n'est pas une nouvelle mesure, là. C'est quelque
chose qui avait été prévu dans un budget antérieur.
M. Fortin : Oui, mais qui commence le 1er janvier.
Mme Fréchette : ...donc il
faudrait voir à laquelle exactement on fait référence, là.
M. Fortin : Je vous demande très précisément, là. Il y a une taxe sur
les produits d'assurance qui va faire en sorte que, quand on achète une
assurance auto, une assurance habitation, on va payer plus cher parce que vous
augmentez le taux de taxation. Vous n'étiez pas au courant de ça?
Mme Fréchette : En fait, il y
a plusieurs mesures. Ce dont je vous parle, c'est qu'il y a plusieurs mesures.
Et on... Est-ce que je pourrais céder la parole au secrétaire général, qui
pourrait nous rappeler, en fait...
M. Fortin : Bien, je veux juste... je veux juste, avant de céder la
parole, pour avoir des détails, là... Est-ce que vous saviez que le
1er janvier, votre gouvernement augmentait la taxe sur les produits
d'assurance? Parce que, là, vous arrivez avec des mesures pour dire : On
va en redonner aux Québécois, mais, le 1er janvier, vous arrivez avec des
mesures qui vont aller repiger dans les poches des Québécois, après l'élection,
comme par hasard.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la première
ministre.
M. Fortin : Mais, la question, c'est : Est-ce qu'elle le savait?
Mme Fréchette : Écoutez, ce
n'était pas dans mon territoire à moi au moment où ça a été annoncé. J'étais à
l'Économie, à l'Innovation, à l'Énergie, donc je n'étais pas nécessairement au
fait du détail de cette augmentation-là, qui est prévue pour l'hiver prochain.
M. Fortin : OK. Mais, quand vous avez dit, là... dans les dernières
semaines, là, quand vous avez dit : Je veux des mesures pour, comme vous
le dites, là, alléger le fardeau des Québécois, <est-ce que vous saviez
qu'il y avait des mesures...
M. Fortin :
...alléger le fardeau des Québécois, > est-ce
que vous saviez qu'il y avait des mesures pour augmenter le fardeau des
Québécois qui s'en venaient?
Mme Fréchette : Écoutez, je
n'entendais pas de retourner à des décisions qui ont été prises dans des
budgets antérieurs, présentations budgétaires antérieures.
M. Fortin : OK. Mais peut-être que le...
Mme Fréchette : On agit sur
l'avenir, on agit sur le futur, on agit sur le contexte actuel, puis, le
contexte actuel, il nous amène à œuvrer pour les Québécois, pour réduire la
facture d'électricité, pour réduire la facture des logements.
M. Fortin : Bien, Mme la première ministre, on agit sur le futur. Le
futur, c'est que, le 1er janvier, les gens vont recevoir cette facture-là,
là, et elle va être augmentée, les assurances vont coûter plus cher. Vous ne
pouvez pas me dire le contraire aujourd'hui, là.
Mme Fréchette : Non, mais
c'est un budget antérieur, comme je vous dis.
M. Fortin : Un budget antérieur caquiste, si je ne me trompe pas, par
le même ministre des Finances.
Mme Fréchette : On agit de
sorte qu'on puisse réduire le poids financier sur le portefeuille des Québécois,
le plus largement possible.
M. Fortin : Mais vous étiez autour de la table du Conseil des
ministres, là, ça, ça n'a pas changé, là. Vous étiez autour de la table du
Conseil des ministres quand ce budget-là a été déposé. Vous n'avez jamais
entendu parler de ça?
Le Président (M.
Bachand) : ...10 secondes.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
j'ai déjà répondu à la question du député, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci beaucoup. Mme la
cheffe du deuxième groupe d'opposition, pour 16 min 57 s, s'il
vous plaît.
Mme Ghazal : Très bien. Merci
beaucoup, M. le Président. Salutations à la première ministre, à mes chers
collègues du Parti libéral et du Parti québécois, et salutations aussi à toutes
les équipes et aussi de la CAQ, de l'équipe du gouvernement.
Je veux commencer par parler de la
création de la richesse avec la première ministre. Je sais que c'est un sujet
qui est important pour elle. Et la meilleure façon de créer de la richesse au
Québec, c'est par l'éducation. C'est notre système d'éducation publique,
instauré dans les années 60, qui a permis aux Québécois d'améliorer leur
sort et qui a permis aussi de créer ce qu'on appelle aujourd'hui le Québec inc.,
hein, des entrepreneurs qui ont passé par le système d'éducation québécois. Je
veux savoir si elle est d'accord avec ça.
Mme Fréchette : D'accord avec
le Québec inc.?
Mme Ghazal : Que c'est
l'éducation qui crée de la richesse.
Mme Fréchette : Ah! bien oui,
c'est l'éducation, c'est sûr, qui est à la base. Puis on a eu, d'ailleurs, une
augmentation fort importante de nos investissements en éducation. J'ai ici un
tableau qui montre ce qu'il en est, là. C'est assez épatant de voir ça.
Alors, ça, c'est l'historique des
investissements prévus sur 10 ans au Plan québécois des infrastructures
pour l'éducation. Alors, on a ici... ça, c'est au moment où les... les libéraux
étaient au pouvoir, donc jusqu'en 2018-2019, on était soit entre
8,1 milliards à 9 milliards au niveau des investissements en éducation.
La CAQ arrive au pouvoir, on est passé de 13,9 milliards, qui était notre
première année, donc, déjà, dès la première année, on sentait le rehaussement. On
en est à 23,5 milliards. Ça, c'est trois fois plus que quand les
libéraux...
Le Président (M.
Bachand) : ...première ministre. Mme la
cheffe du deuxième groupe, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça,
comme j'ai peu de temps, je vais demander au président de s'assurer de faire
respecter la règle d'équivalence. Donc, vous êtes d'accord que la richesse au
Québec, elle est créée par l'éducation en investissant en éducation. C'est une
bonne nouvelle.
Mme Fréchette : Et
l'économie, bien sûr, là.
Mme Ghazal : La majorité des
Québécois aussi veulent que tous les élèves aient la même qualité d'éducation,
peu importe leur milieu familial, celui dans lequel ils sont nés. Est-ce que la
première ministre est aussi d'accord avec ça?
Mme Fréchette : Bien, nous,
notre approche, c'est sûr qu'on investit beaucoup dans l'éducation, je viens de
vous le... de montrer la preuve, hein? Puis les gestes parlent encore plus que
les paroles. Nos actions ont été pour une augmentation de 62 % du budget
de l'éducation. Et, pour nous, c'est central d'investir dans le réseau public.
Mme Ghazal : Merci beaucoup.
Est-ce que... En ce moment, malheureusement, dans notre système d'éducation tel
qu'il est aujourd'hui, pas tel qu'il avait été pensé quand il a été instauré
dans les années 60, la loterie de la sélection scolaire exclut beaucoup
d'élèves. Bon, quand j'étais responsable en matière d'éducation, j'ai fait
beaucoup de tournées. La première ministre dit qu'elle fait beaucoup la tournée
du Québec. Je suis allée rencontrer beaucoup... je suis allée à la rencontre
d'élèves, de personnel scolaire dans beaucoup d'écoles à travers le Québec. Et
moi, je ne vous parle pas de ce que je lis dans les journaux, mais ce que moi,
les témoignages j'ai reçu de certains élèves. Il y en a qui me disaient qu'ils
ne se sentaient dans rien et aussi qu'ils se sentaient dans une classe
inférieure. Il y a des élèves du régulier, ça, c'est des élèves du régulier,
qui me disaient qu'ils regardaient les enfants, les élèves dans les sports éduc
et études, ils avaient accès à des infrastructures sportives, à des gymnases
auxquels les élèves du régulier n'avaient pas accès.
Moi, je veux entendre la première
ministre, comment elle se sent quand elle entend que des élèves disent qu'ils
ne se sentent en rien ou qu'ils se sentent comme une classe inférieure par
rapport aux autres élèves. Comment qu'elle se sent?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, merci. Donc, en fait, on est, comme vous dites... Comme je vous l'ai
rappelé, on a priorisé l'investissement dans l'éducation. Ça a été un poste
pour lequel il y a eu 62 % d'augmentation au cours des dernières années.
Donc, on a voulu aussi faciliter, favoriser l'accès, l'accès des jeunes aux
programmes spécialisés à l'intérieur des écoles publiques. Donc, il y a un
paiement de 300 $ qui est disponible pour les parents qui veulent <inscrire
leurs jeunes dans un programme particulier...
Mme Fréchette :
...donc
il y a un paiement de 300 $ qui est disponible pour les parents qui
veulent > inscrire leurs jeunes dans un programme particulier, dans une
école publique. Donc, ça, c'est une manière, je dirais, de rendre plus
accessible.
On a aussi amélioré la qualité de
l'enseignement parce qu'on a embauché des aides à la classe, hein, pour le primaire.
Il y a jusqu'à 4 000 aides à la classe qui ont été embauchées,
4 000, c'est considérable. Et puis ça, c'est pour améliorer la qualité de
l'encadrement dans nos écoles publiques.
Mme Ghazal : Bien, j'aimerais
ça qu'on ait une discussion, parce que les crédits, c'est aussi un dialogue et
une discussion, et ma question, ce n'est pas : C'est quoi, le bilan de la
CAQ en matière d'éducation?, c'est comment qu'elle se sent, elle, quand elle
entend des élèves, des élèves dans nos écoles publiques au Québec, qui sont
dans le régulier et qui disent qu'ils ne se sentent en rien... qu'ils ne sont
en rien, qu'ils se sentent dans une classe inférieure? Moi, c'est une jeune
élève que je me rappelle, ici, dans une école à Québec, qui me l'a dit. C'est brise-cœur.
Moi, ça me brise le cœur.
Elle, comment est-ce qu'elle voit ça, que
ça existe au Québec? Et ce n'est pas une exception, c'est quelque chose de très
documenté. Il y a beaucoup de témoignages d'élèves et de parents d'élèves du
régulier qui se sentent comme ça. Comment elle, elle se sent par rapport à ça,
comme première ministre du Québec?
Mme Fréchette : Bien, moi, je
veux justement améliorer le cadre dans lequel les jeunes évoluent au niveau du
secteur public. D'ailleurs, mon fils a été à l'école publique et au primaire et
au secondaire. Moi-même, j'ai été aussi au public et au primaire et au
secondaire, et c'est un milieu de vie, hein, c'est un milieu, oui, où l'on
apprend, mais on se crée tout un réseau aussi. Puis c'est important pour moi
qu'on améliore ce cadre de vie.
C'est pour ça qu'on fait les
investissements qu'on a faits, que ce soit au niveau du tutorat, que ce soit au
niveau de l'accès plus grand pour des programmes à parcours particuliers. On
offre plus d'activités parascolaires, également. C'est important de bonifier
l'expérience des jeunes qui sont dans le parcours... dans les institutions
publiques, et puis il faut rappeler aussi qu'on a sorti les cellulaires des
écoles. Ça, ça fait
partie des mesures qu'on a mises de l'avant pour améliorer
le cadre d'apprentissage des jeunes dans les écoles publiques.
• (11 h 50) •
Mme Ghazal : Bon. J'ai
entendu un petit peu de fierté d'avoir été à l'école publique, pour elle...
pour vous, Mme la première ministre, et aussi pour votre fils, mais,
malheureusement, dans l'état de l'école actuelle, moi, ça me brise le cœur. Je
n'ai pas beaucoup entendu de comment qu'elle se sent par rapport à l'existence
de ces trois vitesses.
Je vais aller sur le taux de décrochage.
Dans le réseau public régulier, le taux de décrochage au Québec est de
23,8 %. Dans le public sélectif, donc, sports-études, art-études, etc., il
est de 6,1 %. Dans le privé, le taux de décrochage est de 7,5 %.
L'écart entre le public sélectif et le privé et le régulier est immense, d'une
vingtaine de pour cent. C'est immense. Est-ce que... La première ministre,
comment elle trouve cet écart-là? Qu'est-ce qu'elle dit? Je veux qu'elle
qualifie cet écart-là. Est-ce qu'elle le trouve juste, elle le trouve
acceptable ou elle le trouve inacceptable?
Mme Fréchette : Bien, c'est
sûr que tout écart important peut être préoccupant, puis il faut améliorer la
performance de nos élèves, les garçons comme les filles, parfois même on voit
un écart plus important chez les garçons. Alors, moi, je veux intervenir pour
améliorer le cadre dans lequel évoluent nos jeunes, dans le public,
particulièrement. C'est là qu'on met l'essentiel de nos efforts, bien sûr, on
veut travailler à améliorer le réseau public, et puis, ce que... les mesures
que je nommais tout à l'heure, les aides à la classe, ça, ça fait
partie des
mesures qu'on a mises en place pour améliorer la performance des jeunes. C'est
important que nos jeunes évoluent avec un niveau de performance rehaussé.
Je sais que la pandémie a été dure, hein,
pour plusieurs jeunes, là, au niveau de l'isolement, au niveau de la santé
mentale aussi, ça peut avoir eu des impacts, et on a vu que ça en a eu sur la
performance de nos jeunes, sur le taux de scolarisation.
Mme Ghazal : Comme première
ministre, mais aussi comme mère d'un enfant qui a été un élève, ça ne vous
indigne pas de voir cet écart-là? Est-ce que ça vous indigne?
Mme Fréchette : Bien, pour
moi, c'est un levier d'action, dans le sens qu'il faut agir pour améliorer la
situation. Il faut l'améliorer sur tous les plans possibles. Puis c'est sûr
qu'au niveau du secteur public, c'est un secteur central, c'est là les
priorités qu'on met au niveau de nos investissements, mais, en même temps,
chaque milieu est différent, puis on fait confiance aussi aux gestionnaires de
nos écoles.
Et c'est d'ailleurs ce pour quoi j'ai mis
de l'avant l'idée de décentraliser les décisions en matière d'abandon scolaire,
en matière de performance des élèves. On veut que ce soient les gens des
milieux locaux, régionaux qui décident des meilleures mesures qui devraient
être mises en place pour améliorer la performance des jeunes.
Mme Ghazal : Je veux juste
m'assurer que la première ministre que cet écart-là, oui, il existe sous la
CAQ, mais c'est un écart qui existe... entre les trois vitesses, où l'écart
s'est creusé à travers les décisions qui ont été prises, pas uniquement par la
CAQ, mais aussi par les gouvernements précédents. Donc, j'ai juste envie de
l'entendre, <ce n'est pas le bilan de la CAQ...
Mme Ghazal :
...gouvernements précédents. Donc, j'ai juste envie de l'entendre, > ce
n'est pas le bilan de la CAQ. Est-ce que ça l'indigne de voir ces différences
entre les trois vitesses, oui ou non?
Mme Fréchette : C'est sûr que
la différentielle, ce n'est pas une bonne nouvelle. Il faut essayer de réduire
ça le plus possible, cette différence en termes de taux de diplomation. Mais ce
qu'on voit, c'est que le taux de diplomation au secondaire, là, après sept ans,
il est de 82,7 %. Donc, on peut faire mieux, on devra faire mieux, il faut
poursuivre nos investissements puis c'est ce qu'on a fait. Puis je vous ai
montré les chiffres, tout à l'heure, de rehaussement des investissements qui
sont considérables, justement pour atteindre cet objectif-là.
Mme Ghazal : Là, il me reste
peu de temps, ça fait que je vais demander au président d'être un peu plus à
cheval sur l'équivalence.
Le Président (M.
Bachand) : Il est pas mal à cheval, là, je vous le dis.
Mme Ghazal : Parfait. Merci.
Est-ce que la première ministre sait combien nous coûte le décrochage scolaire
par année au Québec?
Mme Fréchette : Je n'ai pas
de chiffre à vous donner particulièrement, là, mais... Combien coûte, le...
Mme Ghazal : Le taux de
décrochage est une catastrophe économique, une catastrophe pour les élèves,
pour notre société, et la première ministre du Québec ne connaît pas c'est
quoi, le coût du décrochage, elle a tout l'appareil ici autour d'elle...
Mme Fréchette : Bien, je n'ai
pas besoin de connaître le coût du décrochage pour savoir que c'est d'impact.
Pour moi, c'est clair que des jeunes qui décrochent, bien, c'est sûr que c'est
une perte pour la société et il faut travailler à raccrocher les jeunes puis à
les accompagner tout au long de leur parcours.
Mme Ghazal : Est-ce que la
première ministre est curieuse de connaître c'est quoi, le coût économique du
décrochage scolaire?
Mme Fréchette : Quel est
votre... oui, le chiffre que vous voulez me partager.
Mme Ghazal : Bien, il y a une
étude de l'économiste Frédéric Laurin, qui a fait cette étude-là en 2024, et il
a calculé récemment que le décrochage scolaire nous coûte
14 milliards de dollars par année au Québec.
Mme Fréchette : C'est trop.
C'est énorme. Il faut réduire ça. C'est ce pourquoi...
Mme Ghazal : À combien?
Mme Fréchette : C'est ce pour
quoi on investit dans les écoles. C'est ce pour quoi on a eu ce rehaussement
d'investissement considérable. C'est ce pour quoi on a pris des mesures aussi
pour mieux accompagner les professeurs, mieux accompagner les jeunes, avoir
davantage accès aux activités parascolaires, aux programmes particuliers, avoir
des aides à la classe, retirer les cellulaires des écoles. Ça, ce sont toutes
des mesures pour améliorer le cadre de vie dans les écoles et permettre à nos
jeunes de mieux évoluer.
Mme Ghazal : La vérité, Mme
la première ministre, c'est que ça nous coûte extrêmement cher, le décrochage
scolaire, économiquement, ça fait mal à des enfants. Moi, personnellement, ça
m'indigne de voir ça, dans le Québec de 2026, que ça existe. Moi, quand j'étais
jeune puis j'étais à l'école, il n'y avait pas autant de différence entre les
trois vitesses. Il y a des élèves qui sont chanceux, parce que leurs parents
ont de l'argent pour payer pour les programmes sélectifs ou les envoyer dans
les meilleures écoles privées, puis il y en a d'autres qui ne le sont pas.
C'est notre responsabilité de les aider et, depuis huit ans que le gouvernement
de la CAQ est présent, l'écart n'a fait que se creuser alors que c'était supposé
être la priorité de votre prédécesseur. Je ne sais pas si c'est votre priorité
à vous.
Mme Fréchette : Écoutez, on a
construit plus de 100 écoles. Quand on est arrivé là, ça faisait neuf ans
qu'il n'y avait plus de construction d'école. Neuf ans. Les libéraux, là, ils
n'en avaient pas construit aucunement, le PQ non plus. Donc, nous, on a mis fin
à ça, on a recommencé à construire des nouvelles écoles. Depuis 2018, on en a
construit plus de 100 et puis on en a 200 qui sont aussi des agrandissements
qui ont été livrés déjà. Donc, c'est majeur, ce qu'on a mis de l'avant pour
rénover et remettre sur pied nos infrastructures dans le domaine de
l'éducation. Puis ça, c'est plus de gymnases, c'est plus de belles écoles. Je
ne sais pas si vous avez eu la chance de visiter les nouvelles écoles qu'on a
mises en place, c'est fabuleux la lumière qu'il y a là-dedans, les espaces
communs, c'est un milieu de vie super attractif pour les jeunes. Donc, c'est
une façon aussi de reconnaître l'importance...
Mme Ghazal : Justement, je
suis allée dans beaucoup, beaucoup de places, partout au Québec, je ne suis pas
restée dans mon comté, et je suis allée dans des comtés caquistes pour voir les
belles écoles. Et je veux ici faire référence à l'enquête de mon collègue le
député de Gouin, qui nous montre quelque chose d'extrêmement troublant, parlant
de construction d'écoles. On a ici un graphique qui nous montre
l'investissement par élève moyen par année en fonction des différents comtés, les
comtés caquistes, les comtés libéraux, les comtés péquistes, les comtés de
Québec solidaire. Et on regarde ici la vétusté des écoles, on voit que la
vétusté des écoles ne suit pas le nombre d'investissements par élève. Donc,
encore une fois, grâce à la CAQ, il y a des élèves qui sont chanceux parce
qu'ils habitent dans des comtés du gouvernement ou même aussi du gouvernement
libéral, puisque, selon cette enquête, on a des doutes sur le fait que c'est
une tendance, de favoriser... que les gouvernements, que ce soit de la CAQ ou
du Parti libéral, quand ils sont au gouvernement, de favoriser leur comté pour
construire des belles écoles. Il y a des recommandations très claires qui ont
été mises en place, et moi, j'ai fait appel à la Vérificatrice générale pour le
faire, je veux savoir si la première ministre est d'accord avec ça, c'est de
rendre transparents, transparents, les critères de décision de construire des
écoles et aussi <d'avoir des critères qui soient les plus objectifs
possibles en les rendant publics...
Mme Ghazal :
...les
critères de décision de construire des écoles et aussi > d'avoir des
critères qui soient les plus objectifs possibles en les rendant publics. Puis,
quand il y a une décision qui est prise de construire une école ou pas, de
rendre publique la justification, parce que ça, c'est une boîte noire, on n'a
pas de réponse à ça.
Moi, j'aimerais ça que la première
ministre, quand elle répond, qu'elle ne s'adresse pas à moi, mais qu'elle
s'adresse aux parents et aux élèves qui sont dans des comtés moins chanceux où
les chiffres démontrent que, s'ils ne sont pas dans un comté du gouvernement de
la CAQ, bien, les décisions ne sont pas claires si... pour quelle raison des
écoles ont été construites ou pas, si elle s'engage face à ces parents-là, de
rendre publiques ces informations-là et non pas seulement de nous dire de la
croire sur parole.
Le Président (M.
Bachand) : On doit prendre la parole de
l'élu, là. Alors donc, Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Merci. Merci,
M. le Président. Donc, je ne sais pas si l'élu de Québec solidaire inclut dans
ses données le rehaussement du salaire des professeurs. Ça, ça a été une
manière importante qu'on a eue de valoriser...
Mme Ghazal : ...sur
l'investissement. Moi, j'invite... j'invite fortement la première ministre à la
lire. Je vais la déposer.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la cheffe du deuxième groupe, vous avez posé une
question. Laissez Mme la première ministre répondre, s'il vous plaît. Merci.
Mme Fréchette : Donc, quand
on dit qu'on investit, on rehausse de 20 % le salaire des enseignants, je
pense que c'est au bénéfice de l'encadrement des élèves parce qu'on peut
attirer puis retenir davantage de professeurs. Et ça, c'est important comme
mesure qu'on a mise de l'avant.
Par ailleurs, au niveau des critères de
choix, on n'est pas... on n'est pas dans le favoritisme, là, ça, c'était sous
l'ère libérale, là. Nous, on a des critères qui sont publics, et d'ailleurs on
les a rendus publics suite à une demande de Québec solidaire il y a un certain
temps. Et je peux vous les nommer, là, les critères qui sont publics pour
évoluer... pour choisir les endroits où il y aura des écoles. On suit les
besoins, on suit les besoins.
• (12 heures) •
Donc, c'est l'évolution de l'effectif
scolaire pour les cinq prochaines années. Ça, c'est un des critères qui est
pris en considération. Le besoin d'espace dans cinq ans avec un taux d'adhésion
de la maternelle quatre ans à 40 %, pondération du besoin des espaces en
nombre de classes par rapport à l'effectif scolaire, le nombre de locaux
manquants...
Le Président (M.
Bachand) : ...il reste une minute à la
cheffe du deuxième groupe.
Mme Ghazal : Mais est-ce
qu'elle accepte de rendre aussi publiques les décisions de construire, oui ou
non... c'est-à-dire les justifications des décisions de construire, oui ou non,
une école? Des fois, la décision, elle est prise, mais on n'a pas les raisons
pour lesquelles le projet a été accepté ou refusé. Est-ce qu'elle s'engage aussi
à rendre public ça?
Mme Fréchette : Alors, je
vais compléter la liste qu'on avait rendue publique par la... suite à la
demande de Québec solidaire. Donc, le nombre de locaux manquants pour le
territoire dans les cinq ans, en utilisant le taux de fréquentation des jeunes,
aussi la première année où le territoire est en déficit, ça aussi, ça fait
partie des critères pour lesquels on choisit l'endroit où il y aura les
nouvelles écoles. Le développement immobilier dans le territoire, ça, c'est
important parce qu'on voit venir le rehaussement de la demande, et le
financement dans la mesure de location d'immeubles. Donc, on a des critères
rigoureux...
Le Président (M.
Bachand) : En terminant.
Mme Fréchette : ...ils sont
connus et qui sont en phase avec les besoins du milieu.
Mme Ghazal : Donc, pas
d'engagement... Donc, pas d'engagement à rendre publique l'application des
critères.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Merci beaucoup.
M. Député Camille Laurin, pour 16 min 57 s, s'il vous plaît.
M. St-Pierre Plamondon : Merci.
Mme la première ministre, vous avez annoncé que vous avez ouvert une enquête
pour identifier la source de la fuite du courriel du ministre des Finances,
dans le cadre duquel il vous rappelait à l'ordre. Je cite une
partie de ce
courriel du ministre : «Je me dois de souligner que je suis inquiet du
nombre d'annonces considérées par notre gouvernement depuis votre élection. Les
Québécois connaissent l'état des finances publiques et souhaitent une première
ministre responsable qui ne dépense pas à tout vent comme son prédécesseur
était perçu.» Je ferme les guillemets.
Vous avez répondu hier qu'une enquête
était en cours pour savoir qui a coulé le courriel dans les médias. Ça dénote
que ce gouvernement est plus préoccupé à trouver un coupable qu'à se pencher
sur le fond de ce courriel-là, à savoir les dépenses à tout vent. Mais ça,
c'est un autre débat.
Ma question... Vous avez dit en Chambre
ici que c'est une simple enquête administrative. Ma question, c'est : Qui
mène l'enquête? Et l'enquête a été déclenchée à la demande de qui?
Mme Fréchette : Oui. Bien,
c'est intéressant que vous posiez la question parce que vous avez répondu à
votre... à votre question d'entrée de jeu en disant que j'avais demandé une
enquête. Or, ce n'est pas le cas, je n'ai pas demandé d'enquête. Mais vous avez
statué que j'avais demandé une enquête en finissant l'intervention, en
disant : Mais qui a demandé l'enquête? Alors, c'est intéressant comme
logique. Donc, voilà, je n'ai pas demandé d'enquête. C'est une démarche administrative
qui a été initiée.
M. St-Pierre Plamondon : Vous
ne répondez pas à la question. La question est claire : Qui a déclenché et
demandé cette enquête-là?
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, je ne le sais pas.
M. St-Pierre Plamondon : Vous
ne le savez pas?
Mme Fréchette : Je ne sais
pas, mais ce n'est pas moi, parce que c'est dans une démarche administrative.
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas vous. Donc, votre gouvernement... vous êtes la première ministre et
vous êtes en train de me dire que votre gouvernement a déclenché une enquête,
qui porte notamment sur le ministre et le fait que le courriel a coulé, et que
vous ne savez pas qui a déclenché l'enquête. Personne dans toutes les personnes
autour de vous ici, là, il n'y a personne qui a cru bon de vous dire qui puis
si c'est une <bonne idée de déclencher une enquête...
Haut de la page
12 h (version révisé
e) M. St-Pierre Plamondon :
...autour
de vous ici, là, il n'y a personne qui a cru bon de vous dire qui puis si c'est
une > bonne idée de déclencher une enquête sur votre ministre?
Mme Fréchette : Ultimement, c'est
le secrétaire général parce que c'est le patron de... des fonctionnaires.
M. St-Pierre Plamondon : Vous
pensez que c'est le secrétaire général ou vous n'êtes pas sûre, vous ne le
savez pas?
Mme Fréchette : M. le
secrétaire général, avez-vous démarré l'enquête? Alors, voilà, il me confirme
qu'il a démarré une enquête administrative.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
vous me confirmez que c'est à la demande et à l'initiative du secrétaire
général et que vous n'aviez pas d'information en ce sens-là. Vous, vous n'étiez
pas au courant.
Mme Fréchette : M. le
secrétaire général m'indique que c'est systématique, aussitôt qu'il y a une
fuite il y a un déclenchement d'enquête administrative.
M. St-Pierre Plamondon : Et,
puisqu'on a une discussion fructueuse entre vous deux, est-ce qu'on peut savoir
si le ministre des Finances fait
partie des gens qui sont sous enquête?
Mme Fréchette : ...céder la
parole puisque c'est lui qui est, dans le fond, au cœur de vos questions?
M. St-Pierre Plamondon : ...est-ce
que le ministre des Finances est sous enquête dans le cadre...
Le Président (M.
Bachand) : J'aurais besoin du consentement.
Est-ce qu'il y a consentement pour que le secrétaire général prenne la parole?
M. le secrétaire général, s'il vous plaît, en vous identifiant officiellement,
s'il vous plaît. Merci.
M. Bahan (David) : Bonjour.
David Bahan, secrétaire général du gouvernement.
Je ne peux pas vous confirmer exactement
les noms des personnes qui sont sous enquête, mais, dans le fond, c'est une
pratique qui est standard. On fait un suivi de tous les documents
potentiellement qui ont pu... qui ont pu fuir du ministère, donc, mais je ne
peux pas vous confirmer les noms, malheureusement.
M. St-Pierre Plamondon : OK.
Donc, on a une enquête pour laquelle la première ministre n'était pas au
courant et on ne peut pas infirmer ni confirmer qui est sous enquête.
Le 12 mai dernier, lors des crédits,
je questionnais le ministre des Finances, justement, sur la dilapidation des
fonds publics et une caisse électorale de 250 millions de dollars qui
a été laissée pour le ou la future chef de la CAQ au terme de la chefferie. Il
m'a répondu qu'il n'y avait aucun dépassement et que c'est moi qui ne
comprenais pas le sujet. Il a dit pourtant exactement l'inverse par écrit dans
un courriel qu'il vous a envoyé, qu'il vous a envoyé, Mme la première ministre.
Donc, est-ce que, a, le ministre des Finances a menti lors de ses crédits...
Le Président (M. Bachand) : ...attention à vos choix de mots.
M. St-Pierre Plamondon : Je
retire. Est-ce que, première possibilité, le ministre des Finances a fait des
affirmations inexactes lors des crédits lorsque je le questionnais, ou est-ce
que, b, il a échoué à vous empêcher de dépenser sans compter au-delà du budget
de 250 millions qu'il vous avait fixé?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, le courriel, d'une part, comprenait davantage d'informations
que ce qu'on a vu, rendu public, et, par ailleurs, c'est une photo à un moment
précis, et puis il y a eu plusieurs séances de travail, plusieurs discussions
souvent en... en rencontres, en présentiel, parfois par courriel. C'est un
processus qui s'est étalé dans le temps, qui a été mené pour le choix des
mesures qu'on a mises de l'avant, qu'on a présentées aux Québécois pour
répondre à leurs préoccupations. Donc, voilà, c'était partiel.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
puisque c'est un processus évolutif pour lequel on essaie de découvrir le
chiffre et puisqu'on sait que ça excède 250 millions maintenant, puisque
lundi, en une seule journée, vous avez dépensé l'équivalent... une valeur de
682 millions en annonce, pouvez-vous me dire, en date d'aujourd'hui, à
combien se chiffre le budget réservé à vos annonces liées à votre course à la
chefferie... Est-ce qu'on a un chiffre en date d'aujourd'hui?
Mme Fréchette : Alors, le
rapport préélectoral, et je le mentionnais à votre collègue, fera état de l'ensemble
des dépenses, il sera dévoilé en août. En ce moment, on est à 336 millions
récurrents, comme je l'ai expliqué avec le collègue du Parti libéral. Donc, c'est
336 millions. Puis, je le rappelle, il y a des fonds additionnels qui sont
rentrés, parce que le fédéral nous a fait des transferts plus importants que ce
qui avait été initialement prévu avec le budget de mars dernier, et par
ailleurs, bien, l'inflation se fait sentir plus longtemps, notamment sur le
prix de l'essence avec le détroit d'Ormuz qui est... qui est encore bloqué,
alors qu'on pensait que ce serait de courte durée, et ça, ça génère des entrées
additionnelles. Nous, on répond avec des mesures qui cadrent avec les
préoccupations des Québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Sur
la filière batterie, filière batterie qui est un sujet de prédilection lorsque
vous étiez ministre de l'Économie, un dossier que vous avez mené avec beaucoup
d'entrain aux côtés de Pierre Fitzgibbon, je vous cite : «Quand on ne
soutient pas des entreprises pour qu'ils créent des emplois, quand on n'attire pas
des investissements étrangers, c'est sûr qu'il n'y a pas de risque. Alors,
nous, on prend des risques, ils sont calculés. On a protégé l'argent des
Québécois d'une manière innovante. On fait en sorte d'octroyer du financement à
Northvolt au fur et à mesure que le projet se développera. Alors, on est dans
cette logique-là parce qu'on préserve et on protège le capital des Québécois
qui a été investi dans un ensemble de secteurs, dont le secteur de la filière
batterie.»
Je ferme les guillemets. C'est une citation
de novembre 2024, là, donc ça ne fait pas cinq <ans...
M. St-Pierre Plamondon :
...ferme
les guillemets. C'est une citation de novembre 2024, là, donc ça ne fait pas
cinq > ans, ça fait quelques mois. Ma question : Est-ce que vous
maintenez toujours aujourd'hui que le projet Northvolt était une bonne
décision?
Le Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Il faut regarder l'oeuvre dans son ensemble, là. Ce qu'on a mis sur
pied, c'est carrément une nouvelle filière économique, qui est stratégique pour
le Québec. Certes, la transition énergétique va être moins rapide que ce qui
avait été prévu initialement, pour les raisons qu'on connaît, mais il n'en demeure
pas moins que la transition énergétique, on y fait face. On a pris action, on a
mis en place des entreprises qui vont nous permettre de nous positionner à
l'international, puis ça, c'est créateur d'emplois.
Donc, quand on regarde ce qui se passe au
parc industriel de Bécancour, je ne sais pas si le député de Camille-Laurin s'y
est rendu, mais ça vaut le détour, parce qu'il y a en ce moment autour de
1 000 travailleurs qui sont en train de construire les usines qu'on a
mises en place dans le contexte de la filière batterie.
Il y a des projets qui ont moins bien été,
il y en a d'autres qui vont bien, et on va continuer de se positionner dans ce
secteur-là parce qu'on a tout ce qu'il faut pour avoir du succès.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
je comprends, de votre réponse, qu'il y a 710 millions de pertes dans Northvolt,
mais, pour toutes ces dépenses dans le secteur de la filière batterie, si
c'était à refaire, vous referiez les mêmes décisions.
Mme Fréchette : Pour tout
projet qui n'a pas eu les suites qu'on avait escomptées au départ, on aimerait
ça pouvoir revenir en arrière, mais le fait est que, dans le développement
industriel, dans le développement de... économique, dans toute politique de
cette nature-là, il y a une part de risque. Et les risques, est-ce qu'ils en
valaient le coup? Eh bien, oui, quand je regarde ce qu'on a mis en place au
niveau de la filière batterie. Et il y a 12 projets majeurs qui sont en
développement dans la filière batterie, 12 projets majeurs. Alors, ça, c'est...
c'est important, c'est colossal, puis c'est des bases essentielles pour la
suite des choses, parce que, le Québec, on doit s'inscrire dans la transition
énergétique. La question, ce n'est pas si on doit le faire, c'est quand on le
fait et à quelle vitesse on le fait. Et on a pris action pour s'assurer que,
justement, on soit positionnés.
• (12 h 10) •
M. St-Pierre Plamondon : C'est
intéressant que, dans toutes ces questions, il n'y ait pas la question : À
quel prix on le fait?
Mme Fréchette : À quel quoi?
M. St-Pierre Plamondon : Vous
posez un certain nombre de questions, il faut le faire, la filière batterie, il
faut se poser la question quand, de quelle manière. Vous ne posez pas la
question : À quel prix?, ce qui m'amène à vous parler de Nemaska Lithium,
qui est la sœur sosie de Northvolt. Dans ce dossier-là, nous avons investi
1,2 milliard de dollars dans un projet et, juste sous votre gouverne,
Mme la première ministre, alors que vous étiez ministre de l'Économie, ce sont
675 millions de dollars que vous avez dépensés dans ce projet.
Nemaska Lithium, c'est sept opérations de
sauvetage sous la CAQ, sept, donc c'est typique d'une dépense sans compter, au
pif, d'un gouvernement qui a des considérations politiques, et ça a été fait
contre plusieurs avis formels, contre l'avis même de son propre ministère des
Ressources naturelles, de la Forêt. En 2023, les fonctionnaires du MRNF ont
soulevé des risques importants, susceptibles d'avoir des impacts considérables,
notamment sur les coûts et les échéanciers du projet. Le ministère de
l'Économie a fait des pressions directes sur ce ministère pour qu'il retire les
avis défavorables, là j'ouvre les guillemets : «Des considérations liées,
par exemple, à la volonté de développer la filière batterie ont influencé la
modification de la recommandation dans l'avis sectoriel», pouvait-on lire.
Lorsqu'on vous a posé la question
personnellement, vous avez refusé de dire si vous étiez au courant de ce
rapport et de cet avis défavorable. Le lendemain, le ministre actuel de
l'Économie a laissé entendre que c'était le cas, vous étiez au courant.
Pourquoi avez-vous refusé de dire si vous étiez au courant du rapport lorsqu'on
vous a posé la question?
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Bien, je pense que le chef du Parti québécois confond, là, un
investissement dans un projet avec une opération de sauvetage. Dans Nemaska
Lithium, là, on est partenaires, partenaires à 50 %, donc, quand on
injecte de l'argent, ce n'est pas une opération de sauvetage, comme vous le
laissez entendre, c'est un investissement parce que le projet avance dans sa
réalisation. Alors, c'est important qu'on injecte quand on est partenaires
parce que, sinon, on se fait... on se fait diluer, puis il arrive... il peut
arriver des moments où on souhaite ça. Mais, au départ, c'est un projet qu'on a
mené de pair avec le secteur privé. Et maintenant, notre partenaire, c'est Rio
Tinto Alcan, un partenaire de premier ordre à l'international, qui a toute
l'expertise souhaitée et qui a acheté, en fait, la compagnie qui gérait, en
partenariat avec nous, ce projet-là, parce qu'il a vu un potentiel important.
Des fois, le potentiel ne s'avère pas,
puis je pense au projet... la centrale... l'usine McInnis, là, dans lequel le
Parti québécois avait investi, qui a généré 375 millions de pertes. Est-ce
que le Parti québécois regrette d'avoir investi dans ce projet-là il y a
quelques années? Ça nous génère des pertes aujourd'hui.
Le Président (M. Bachand) :
Merci.
Mme Fréchette : Chaque projet
peut avoir une part de risque, c'est normal. Dans le cas de Rio Tinto... dans
le cas de Nemaska Lithium, on est avec Rio Tinto, on a le <partenaire...
Mme Fréchette :
Rio Tinto... dans le cas de
Nemaska Lithium, on est avec
Tinto, on a le > partenaire idéal pour...
Le Président (M. Bachand) : Merci. Le député de Camille-Laurin, s'il vous plaît.
M. St-Pierre Plamondon : La
première ministre dit que je confonds les choses. Je ne confonds rien, elle a
reçu un avis défavorable du ministère des Ressources naturelles en disant :
Ne faites pas ça, c'est trop risqué. Il y a quelqu'un au gouvernement qui a
fait changer l'avis. Puis c'est passé par son ministère, c'est le ministère de
l'Économie qui a fait changer l'avis. Quand on lui a posé la question :
Êtes-vous au courant de l'avis défavorable? Elle n'a... elle n'a pas dit...
elle a dit des choses inexactes.
Donc, ma question, là, elle est claire,
puis entendez-moi, là, j'ai une seule question ici, là : Pourquoi
avez-vous refusé de dire si vous étiez au courant du rapport avec l'avis
défavorable lorsqu'on vous a posé la question?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. C'est important de rappeler les faits parce qu'il y a des
inexactitudes. Alors, appelons-les les faits. Le ministère des Ressources
naturelles et de la Forêt avait soulevé des éléments de risque dans un avis
sectoriel, des éléments de risque dans un avis sectoriel. Ensuite, le ministère
de l'Économie a travaillé avec l'autre ministère, le MRNF, pour réduire ces
risques-là et pour nous exposer dans une moindre mesure. Par exemple, le
procédé technologique qui a été utilisé a été modifié pour réduire la part de
risque. Puis on s'attend à ce genre de collaboration là puis d'avis là de la
part des ministères quand on va de l'avant avec un projet d'investissement,
puis c'est ce qui a été fait, puis il y a... le tir a été ajusté à différentes...
dans différentes façons parce que le... il y avait possibilité de réduire le
risque.
Le Président (M. Bachand) : M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : La
première ministre ne répond toujours pas à la question qui porte sur elle et sa
connaissance de l'avis défavorable. Donc, je vais reprendre tout à zéro, on va
faire semblant qu'on n'a jamais eu cette discussion-là en l'enceinte de
l'Assemblée nationale. Pouvez-vous simplement nous confirmer si vous étiez au
courant de ce rapport et de cet avis défavorable, et si vous... dans les
circonstances et en toute connaissance, vous avez quand même décidé, là,
d'aller de l'avant avec ce nouvel investissement, pour un total de
675 millions d'investissements, dans Nemaska Lithium?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Oui, je
répète que, bien, l'avis, en fait, identifiait des risques qui pouvaient être
réduits et ces risques ont été réduits grâce à l'avis sectoriel qui avait été
soumis. Puis c'est important de prendre en considération ce qu'il y a dans ces
avis-là. C'est ce qui a été fait, on a ajusté le tir, on a réduit la part de
risques associée au projet.
M. St-Pierre Plamondon : Je
répète, pour une quatrième fois, ma question : Aviez-vous connaissance du
rapport et de l'avis défavorable, oui ou non?
Mme Fréchette : Je répète ma
réponse : L'avis sectoriel identifiait un certain nombre de risques, et on
a tenu compte de ces risques-là. Il y a des actions qui ont été modifiées pour
réduire la part de risque.
Et par ailleurs c'est un projet qui
continue d'aller de l'avant. Il n'y a pas eu de dépréciation au livre associée
à ce projet. Parfois, quand on écoute le chef du Parti québécois, on a
l'impression que c'est un projet qui est mort, alors qu'aucunement, c'est un
projet pour lequel il n'y a pas de dépréciation enregistrée au livre et qui
suit son cours.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
je note au dossier qu'on a reposé la question quatre fois sur la connaissance,
quatre fois on n'aura pas eu la réponse, et on doit malheureusement en déduire
qu'il y a bel et bien une connaissance, puis qu'on a agi en toute connaissance
de cause. Simplement, on ne veut pas le dire.
Charles Emond, lui, a dit que le risque
était beaucoup trop élevé dans Nemaska Lithium. Lui, il gère le bas de laine
des Québécois, il gère leurs fonds de pension. Et je pose à nouveau une
question pour essayer de comprendre comment on a pris ce risque calculé, là,
qui était l'expression dans Northvolt : Est-ce que la première ministre
considère que 1,2 milliard dans Nemaska, c'est un risque calculé? Est-ce
que, comme dans Northvolt, elle affirme que c'est la chose à faire et que c'est
bon, comme risque, pour les payeurs de taxes, alors que la Caisse de dépôt
elle-même nous dit que c'était beaucoup trop risqué?
Le Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Oui, bien, la
Caisse de dépôt travaille avec, je dirais, des critères qui sont différents de
ceux d'un gouvernement. La caisse n'a pas l'habitude d'investir dans le secteur
minier, par exemple, parce que c'est un secteur pour lequel il y a des cycles
importants et la caisse préfère ne pas s'engager dans ce type de secteur parce
que, justement, elle a une approche beaucoup plus pondérée en regard du risque.
Le Président (M. Bachand) : Une minute, M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon :
Donc, à nouveau, Nemaska, c'est 1,2 milliard de dollars. Je vais le
renverser de manière plus spécifique pour avoir l'opinion du gouvernement, là.
Ça revient à 2,4 millions de dollars de fonds publics par emploi, Nemaska,
2,4 millions de dollars par emploi. La première ministre vient de
nous dire que, pour la caisse, suivant ses critères, c'était normal qu'elle
trouve ça trop cher, 2,4 millions par emploi. Moi, je veux savoir, de la
part de la première ministre, qui était ministre de l'Économie : Est-ce
que, pour elle, et ce gouvernement, 2,4 millions de dollars par
emploi, ça a du sens? Est-ce que c'est normal?
Le Président (M. Bachand) :
30 secondes.
Mme Fréchette : Alors, pour
notre gouvernement, c'est important de créer 500 emplois dans le secteur
de la transformation des minéraux critiques et stratégiques. Probablement que
le Parti québécois s'intéresse plus à extraire les minéraux critiques puis les
exporter tout de suite sans les transformer, nous, ce n'est pas notre <approche...
Mme Fréchette :
...tout
de suite sans les transformer, nous, ce n'est pas notre > approche. Notre
approche, c'est de valoriser, de développer des emplois qui vont créer de la
valeur au niveau des minéraux critiques et stratégiques, et c'est ce qu'on fait
avec Nemaska Lithium.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le chef de
l'opposition officielle, pour 17 min 4 s, s'il vous plaît.
M. Fortin :
Oui. Merci. Juste pour continuer, là, pendant que... pendant qu'on est sur cet
enjeu-là, là : Est-ce que la première ministre considère l'investissement
dans Nemaska Lithium élevé?
Mme Fréchette : Bien, c'est un
investissement qui a été important. Puis, d'ailleurs, moi, j'ai indiqué qu'on
allait maintenant passer notre tour pour quelques rondes de financement, parce
qu'on veut que ce soit Rio Tinto qui devienne majoritaire, et c'est ce qui a
été fait, puis ça tombe bien parce que c'était aussi le souhait de Rio Tinto.
Donc, on n'a pas réinvesti lors de la dernière ronde de financement, et ça
reste que c'est...
M. Fortin : Oui, mais ça, c'est... Là, ce que vous me dites, là, c'est
que l'investissement est important. On le sait, qu'il est important, c'est
1,2 milliard, là. Est-ce que le niveau de risque est élevé?
Mme Fréchette : Bien, le
niveau de risque, il existe, là, c'est clair, dans le domaine minier. Des
projets dans le domaine minier sans risque, je n'en connais pas.
Maintenant, c'est un secteur qui est
important, dans lequel le Québec doit se positionner. On le voit, là, l'Europe,
ils veulent réduire leur dépendance à l'égard de la Chine, réduire leur
dépendance à l'égard de la Russie, ils nous voient comme étant... faisant
partie de la solution. Puis je pense que, pour le Québec, c'est intéressant
d'avoir la transformation des minéraux critiques et stratégiques, dans un
contexte où tout le monde en cherche, avec des partenaires stables et des
partenaires fiables. On a cette possibilité-là, au Québec, de se positionner,
puis c'est ce qu'on fait.
Le Président (M. Bachand) :
Merci.
• (12 h 20) •
M. Fortin : La réalité, là, c'est que tout le monde le sait qu'il y a
un risque, là, il y a un risque. Et ça... Donc, la première ministre, là, elle
nous dit des évidences. Il y a un investissement important, c'est
1,2 milliard, il y a un risque, bien oui, il y a un risque, c'est dans le
secteur minier.
Ma question, ce n'est pas ça, c'est de
savoir : Est-ce que le risque, il est élevé? Parce que son ministre des
Finances, il dit que le risque, dans ce projet-là, il est extrêmement élevé, il
qualifie le projet d'extrêmement risqué. Est-ce qu'elle est d'accord avec ça?
Mme Fréchette : Bien, moi, je
vous dirais que c'est un projet risqué parce que, dans le secteur minier, des
projets sans risque, ça n'existe pas vraiment. Alors, c'est un projet avec une
part de risque, c'est sûr, dans le secteur minier, ça fait
partie de la donne,
ça fait
partie de l'équation.
Maintenant, on en a, des ressources
minières, alors on ne va pas s'abstenir d'agir puis d'intervenir dans le
secteur minier parce qu'il y a une part de risque. C'est un secteur qui est en
grande croissance aussi dans un contexte de transition énergétique.
M. Fortin : Est-ce que votre ministre des Finances, il est alarmiste,
dans ce cas-là? Lui, il dit que c'est extrêmement risqué, cet investissement-là.
Mme Fréchette : Bien, ça
dépend à quoi on le compare, hein? Puis on est en partenariat avec Rio Tinto
Alcan, qui est un des trois joueurs à l'international dans ce secteur-là. Donc,
pour ce qui est de réduire le risque, on a le bon partenaire, parce qu'ils
connaissent ce secteur-là de fond en comble et ils sont un des... en fait, en
tête de file.
M. Fortin : OK. Tantôt, la première ministre, là, a essayé de... je ne
veux pas dire faire la leçon, là, je ne veux pas dire ça, mais, admettons,
éduquer les parlementaires sur le fonctionnement des investissements, et elle
nous a dit : Bien, on investit parce que ça avance, hein, on est
partenaires dans ces projets-là, ce n'est pas juste de l'argent qu'on rajoute,
c'est... on est partenaires puis on veut investir. Alors là, dans ce projet-là,
là, vous êtes partenaires, mais vous avez dit : Assez, c'est assez. Pourquoi
vous dites ça maintenant et que vous n'avez pas dit ça après l'investissement
en 2023, en 2024, en 2025 ou en février 2026? Pourquoi c'est aujourd'hui que
vous dites «assez, c'est assez», alors que vous avez eu plusieurs opportunités
de le faire auparavant?
Mme Fréchette : Alors, oui,
je rappelais certains éléments de fondement, parce que le chef du Parti
québécois laissait entendre que la ronde de financement, c'était l'équivalent
d'un plan de sauvetage, or, ce n'était pas du tout un plan de sauvetage,
c'était une ronde de financement pour un projet qui prend forme, à la fois pour
extraire des minéraux critiques et stratégiques et pour les transformer, en
créant des emplois bien rémunérés puis en créant une valeur importante sur le
territoire québécois.
Maintenant, on est avec un partenaire qui
souhaite... qui souhaitait, en fait, devenir majoritaire. Alors, moi, j'ai vu
comme étant... cette volonté-là comme une occasion pour redéfinir le niveau de
partenariat. Donc, on s'est... on est devenus minoritaires à l'intérieur de ce
projet-là, qui continue de prendre forme avec un partenaire de premier ordre.
M. Fortin : Oui, mais, tantôt, vous avez dit : On investit parce
que ça avance. Là, selon ce qu'on comprend de vous, ça continue d'avancer,
alors...
Mme Fréchette : Oui.
M. Fortin : ...mais là vous avez fini d'investir.
Mme Fréchette : Oui, mais le
projet...
M. Fortin : Alors, c'est... Pourquoi, aujourd'hui, vous nous dites :
Assez, c'est assez?
Mme Fréchette : Le projet
continue de...
M. Fortin :
C'est quoi, la différence avec aujourd'hui puis 2025?
Mme Fréchette : Le projet se
poursuit, là. Ce n'est pas parce qu'on a passé notre tour lors d'une ronde de
financement que le projet ne se poursuit pas. Il va de l'avant encore, Rio
Tinto y travaille. Et voilà, ça, c'est un projet qui se poursuit.
M. Fortin : Mais ce n'est pas ça, la question. Là, vous avez dit :
Assez, c'est assez. Pourquoi vous n'avez pas dit «assez, c'est assez» à la
dernière ronde? Qu'est-ce qui vous fait dire aujourd'hui : Là, on ne le
fait pas, mais, avant, c'était toujours correct, avant, on le faisait?
Qu'est-ce qui vous inquiète <aujourd'hui...
M. Fortin : ...Là, on ne le fait pas, mais, avant, c'était toujours correct,
avant, on le faisait? Qu'est-ce qui vous inquiète > aujourd'hui?
Mme Fréchette : Pour moi,
l'arrivée de Rio Tinto, c'est un élément important, parce que c'est un joueur
justement avec une grande expertise. Et il y avait la volonté de leur part de
devenir majoritaire. Et, pour nous, ça faisait notre affaire de revoir cette
façon d'être présent dans le projet, parce que ça permettait d'accéder à, je
dirais, des éléments nouveaux à l'intérieur de Rio Tinto pour ce projet-là, il
était plus intégré dans la structure de Rio Tinto à partir du moment où ils
deviendraient majoritaires. Alors, bref, c'étaient des éléments d'information
qui étaient importants.
M. Fortin :
Mais ce n'est pas parce que le ministre des Finances vous a dit que c'était
extrêmement risqué, il ne vous a pas écrit de courriel là-dessus.
Mme Fréchette : Il n'y a pas...
il n'y a pas d'investissement dans le domaine minier qui ne soit pas risqué.
C'en est un de ceux dans lesquels on est engagés avec un partenaire de premier
ordre.
M. Fortin :
OK. Là, je me dois de dire, là, que la première ministre a tout fait pour ne
pas répondre à la question du chef du Parti québécois. Et la question, elle
était pourtant simple. Il y avait un avis sectoriel du ministère des Ressources
naturelles qui soulevait des risques importants, et tant au niveau du
dépassement de coûts que sur les échéanciers du projet, et que, sur la base de
ces risques, le ministère des Ressources naturelles ne recommandait pas de
s'investir, d'investir 250 millions de dollars.
La question du chef du Parti québécois est
la question qu'on pose, moi-même, je l'ai posée à plusieurs reprises à la
première ministre dans les dernières semaines, elle est toute simple :
Est-ce qu'elle avait connaissance de cet avis-là au moment de l'investissement?
Le Président (M. Bachand) :
Mme la première ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, j'aimerais rappeler que les seuls ici, là, qui ont perdu de l'argent
avec Nemaska Lithium, c'est le Parti libéral, hein? Ce serait important de le
rappeler, parce qu'ils ont fait faillite, hein, et c'étaient des pertes de 71 millions de
dollars, OK? Nous on a repris ce projet-là, on l'a refaçonné, puis on l'a mis
sur les rails, puis là, maintenant, il est en train d'avancer.
Maintenant, l'avis sectoriel qui m'a été
transmis du ministère, là, de la part du ministère pour ce projet-là, il était
positif, l'avis.
M. Fortin :
Alors, l'avis sectoriel...
Mme Fréchette : L'avis
sectoriel.
M. Fortin : ...négatif, vous ne l'avez jamais vu?
Mme Fréchette : L'avis du MRNF
était positif. Il y a eu plus, en fait, de 10 avis positifs depuis 2019.
M. Fortin :
Mais le premier avis sectoriel, là...
Mme Fréchette : Bien, écoutez,
il y en a eu 10.
M. Fortin : ...celui que MRNF a écrit, celui que la Commissaire au développement
durable a souligné dans son rapport, vous ne l'avez jamais vu?
Mme Fréchette : Il y a eu plus
de 10 avis qui ont été...
M. Fortin :
Mais pourquoi vous refusez de répondre à la question?
Mme Fréchette : Bien, parce
qu'il y en a 10, des avis. Donc, il n'y en a pas qu'un seul. Pourquoi est-ce
qu'on doit s'arrêter à un seul s'il y en a 10 qui sont...
M. Fortin :
Est-ce que vous avez vu tous les 10 autres?
Mme Fréchette : Moi, je n'ai
pas... Écoutez, je pense que ça a démarré bien avant mon arrivée, là, la
publication d'avis, là.
M. Fortin :
OK. Bien, parfait, là. Il y a eu plusieurs avis positifs. Je vous prends sur
parole. Il n'y a pas de problème. Il y a un avis négatif du MRN, est-ce que
vous l'avez vu?
Mme Fréchette : Moi, je prends
en considération l'avis final, OK? Alors, je ne vois pas chacun des avis parce
que là sinon on n'en sort pas, là. Je vois l'avis final.
M. Fortin :
Bien, on n'en sortira pas, de la discussion, ici non plus, là. On veut juste
savoir si vous l'avez vu.
Mme Fréchette : Moi, je vous
dis que l'avis que j'ai vu, il était positif.
M. Fortin :
Donc, vous n'avez pas vu l'avis négatif.
Mme Fréchette : Je n'ai pas vu
l'avis négatif parce que je ne les vois pas tous.
M. Fortin :
D'accord.
Mme Fréchette : S'il y en a
10, je ne vois pas les 10 avis. Je vois l'avis final, et, l'avis final, il
était positif.
M. Fortin :
OK. Donc, vous, là, à partir du moment où il y a un avis négatif, vous ne
l'avez pas vu. Donc, la demande du ministère de l'Économie au ministère des
Ressources naturelles de modifier son avis, vous n'avez pas eu connaissance de
ça non plus.
Mme Fréchette : C'était un
avis préliminaire. Et, sur la base de cet avis préliminaire, on a travaillé
avec l'autre ministère à amener des modifications au projet pour réduire les
risques.
M. Fortin :
Mais vous ne pouvez pas dire «on».
Mme Fréchette : Comme je le
mentionnais tout à l'heure, il y a eu des changements de choix de procédés, par
exemple, procédés technologiques, qui ont été faits, parce que l'avis
préliminaire nous indiquait qu'il y avait une part de risque associé à ça. Les
changements ont été faits.
M. Fortin :
Mais vous ne pouvez pas dire «on» en disant que vous n'avez jamais vu cet
avis-là, là. Vous ne pouvez pas dire «on a fait des changements» si vous
n'aviez pas vu l'avis préliminaire. Alors, ma question pour vous...
Mme Fréchette : Le ministère
en a fait avec l'autre ministère.
M. Fortin :
Oui, mais je veux savoir ce que vous saviez. C'est ça qu'on veut savoir
aujourd'hui, là. Vous étiez ministre de l'Économie, c'est un dossier... vous
l'avez dit tantôt, c'est un investissement important. Alors, la fameuse demande
du ministère de l'Économie au ministère des Ressources naturelles, c'est vous
qui étiez ministre, de changer son avis, vous n'avez pas eu connaissance de ça.
Mme Fréchette : Il y a eu des
discussions et du travail entre les deux ministères suite à l'avis préliminaire
pour apporter des changements. Puis là les avis qui ont suivi ont tenu compte
des changements qui avaient été apportés et ça a mené à un avis final positif.
La ministre, là, elle ne s'occupe pas de chaque avis préliminaire et de chaque
discussion qu'il y a entre les deux ministères, je veux dire, ça monte une fois
que c'est avancé comme <projet...
Mme Fréchette :
...je
veux dire, ça monte une fois que c'est avancé comme > projet, puis ça,
bien, ça requiert un certain nombre d'avis préliminaires. Mais les ministères
se parlent, ils travaillent en fonction de ce qui ressort des avis.
Et puis, au final, l'avis était positif.
Alors, moi, comme ministre, j'ai regardé l'avis, il est positif, alors, on a
donné le go.
M. Fortin : Comme ministre et comme gouvernement qui a investi
énormément là-dedans, là, est-ce que vous saviez que la Caisse de dépôt avait
choisi de ne pas investir là-dedans?
Mme Fréchette : J'ai déjà
parlé avec le dirigeant de la Caisse de dépôt, de l'intérêt de la caisse à
investir dans le secteur minier, et puis on m'a expliqué que c'est un secteur
pour lequel il n'avait pas d'appétit à la caisse. Donc, ça a inclus ce
projet-là, ça inclut d'autres projets.
M. Fortin : Mais vous n'avez pas eu de discussion spécifique sur le
projet de Nemaska?
Mme Fréchette : C'était sur
le secteur minier en général, parce que c'est un secteur dans lequel on veut se
positionner, hein? Le Québec, on a tout intérêt à se positionner là-dedans pour
faire de la transformation et pour avoir une plus-value importante, créer des
bons emplois par centaines, par milliers peut-être. Donc, c'est un secteur pour
lequel nous, on veut s'engager puis positionner le Québec. Et, juste pour ce
projet-là, c'est 400... 450 emplois indirects.
M. Fortin : OK. Je veux revenir sur l'enquête administrative, que vous
n'avez pas demandé, là, qui est venue du secrétaire général. Puis effectivement
je partage la préoccupation du Parti québécois à savoir... là on a l'air plus
intéressé à savoir qui a coulé que savoir pourquoi le ministre des Finances a
tenu à émettre cet avertissement à la première ministre. Mais, juste pour bien
comprendre ce qui est en train de se passer, là, moi, je... si j'ai bien
compris, vous avez mentionné qu'il y avait eu un cas dans le passé où il y a un
employé qui a été congédié suite à une enquête administrative comme celle-là.
Si on détermine que c'est le ministre des Finances qui a coulé ça, est-ce qu'il
va être congédié?
Mme Fréchette : Je n'ai aucun
doute que ce n'est pas le ministre des Finances qui a coulé ça, aucun doute.
M. Fortin : Si c'est quelqu'un dans votre équipe?
• (12 h 30) •
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, ce sera à déterminer, mais moi, je n'ai pas eu à déclencher quoi que
ce soit. On m'a avisé qu'il y avait une enquête administrative qui avait été
déclenchée parce que c'est la règle.
M. Fortin : Puis l'enquête administrative, là, est-ce qu'elle... est-ce
qu'elle a des pouvoirs? Est-ce qu'elle peut aller voir les courriels des gens
dans votre cabinet? Est-ce qu'elle peut voir le courriel du ministre des
Finances? Quel genre de pouvoir elle a, cette enquête administrative là?
Mme Fréchette : Écoutez,
est-ce qu'on pourrait faire intervenir le secrétaire général puisque c'est lui
qui...
M. Fortin : Bien sûr.
Mme Fréchette : ...qui mène
cette démarche?
Le Président (M.
Bachand) : M. le secrétaire général, s'il
vous plaît.
M. Bahan (David) : Mais...
pardon, malheureusement, je ne peux pas divulguer les méthodes parce que ça
viendrait nuire aux enquêtes. Mais, de façon générale, on a accès aux
courriels, puis ça prend des autorisations pour certaines personnes, mais, de
façon générale, on a accès au système informatique.
M. Fortin : Est-ce que vous avez l'autorisation du ministre des
Finances?
M. Bahan (David) : Je peux...
Comme je vous ai dit, je ne peux pas dire qui est visé présentement, là, par
l'enquête.
M. Fortin :
Mais il n'y a pas tant de monde que ça qui l'avait, ce courriel-là, si j'ai
bien compris, là, il y avait les gens de votre cabinet, Mme la première
ministre, le ministre des Finances lui-même, il l'a écrit, peut-être quelques
personnes dans l'appareil administratif, j'imagine, mais la liste ne devait pas
être bien, bien plus longue que ça.
M. Bahan (David) : Comme je
vous ai dit, je ne peux pas rien divulguer par rapport à ça.
Mme Fréchette : ...sur les
équipes dans les cabinets, aucun doute là-dessus. Après ça, dans quelle mesure
ça a été transféré au sein de l'administration, il faut que l'enquête puisse se
dérouler pour qu'on le sache.
M. Fortin : OK. Est-ce que... Juste une chose. Dans le courriel de
votre ministre des Finances, il dit que votre prédécesseur dépensait à tout
vent, est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
Mme Fréchette : Ce n'est pas
l'expression que j'aurais utilisée.
M. Fortin : C'est laquelle que vous auriez utilisée?
Mme Fréchette : Bien, je n'ai
pas... je n'ai pas d'expression pour qualifier ça, là, c'est... Je n'ai pas...
M. Fortin : Bien, vous ne savez pas s'il dépensait beaucoup, un peu,
moins que la moyenne, à tout vent.
Mme Fréchette : C'est une
question vaste et complexe.
M. Fortin : Est-ce qu'il dépensait trop?
Mme Fréchette : Non, parce
qu'on a amélioré la situation. Comme je disais tout à l'heure, on est 4 %
moins endettés que lorsque vous avez quitté le pouvoir. On a amélioré la
situation sur le plan des finances publiques, malgré la guerre tarifaire,
malgré la pandémie, malgré le conflit en Iran, malgré la guerre en Ukraine, qui
a généré beaucoup d'inflation.
Malgré tout ça, on est 4 % moins endettés
qu'en 2010.
M. Fortin : C'est quoi, la dette nette au Québec?
Mme Fréchette : Pardon?
M. Fortin : C'est quoi, la dette nette au Québec aujourd'hui?
Mme Fréchette : La dette
nette aujourd'hui?
M. Fortin : Est-ce que... Vous n'avez pas l'idée du chiffre, Mme la
première ministre?
Mme Fréchette : Mais je
voudrais vous donner le bon chiffre.
M. Fortin : Environ. Je vous donne... je vous donne du jeu, là. Il n'y
a pas de... Vous avez droit à la marge d'erreur.
Mme Fréchette : Alors, 38,8.
M. Fortin : 38...
Mme Fréchette : 38,8.
M. Fortin : C'est quoi? 38,8 quoi?
Des voix : ...
Mme Fréchette : Alors, si
vous le voulez en pourcentage, c'est 36,9 % du PIB.
M. Fortin : En fait, non, je veux la dette nette en chiffres, en dollars.
Est-ce que vous <savez c'est quoi?...
Haut de la page
12 h 30 (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...non,
je veux la dette nette en chiffre, en dollars. Est-ce que vous > savez c'est
quoi? J'en conclus, Mme la première ministre, que vous ne savez pas c'est quoi,
le chiffre de la dette au Québec.
Mme Fréchette : Je vous reviens.
M. Fortin : Bien, ça me semble assez clair, M. le Président. Mais c'est
correct. Je vais... Je vais vous le dire. C'est 259 milliards. Puis la
dette nette, à votre arrivée au pouvoir, c'était 184 milliards. Alors,
vous pouvez dire aujourd'hui, là : On est 4 % moins endettés, mais
la... le résultat, c'est qu'il y a une différence de 75 milliards dans l'endettement
des Québécois. Ça, vous ne pouvez pas dire le contraire.
Mme Fréchette : Le poids de
la dette... Le poids de la dette a baissé pendant notre... Je comprends, là,
que vous voulez montrer que le montant a augmenté, mais le PIB aussi a augmenté
considérablement. On a eu du développement économique considérable. On a réduit,
d'ailleurs, notre écart de richesse aussi avec l'Ontario. Le pouvoir d'achat
des Québécois s'est amélioré. C'est ça qui compte vraiment au final. Et, le
montant en dollars, je comprends qu'il a évolué, mais le PIB aussi, hein? Il
faut toujours regarder ça, la dette, dans son contexte. Et puis, au niveau du
pourcentage du PIB qui est représenté par la dette, on a réduit cette... ce
pourcentage-là au fil des années.
M. Fortin : Oui. La réalité, là, quand même, c'est qu'à l'arrivée du
gouvernement de la CAQ, la dette, c'était 184 milliards. Aujourd'hui, la
dette, c'est 259 milliards, chiffre que la première ministre ne savait pas.
Et, M. le Président, ça veut dire qu'il y a 75 milliards de plus sur la
dette. Et donc, moi, ma lecture de la chose, M. le Président, c'est qu'en huit
ans la CAQ est responsable pour 30 % de la dette nette du Québec, en huit
ans seulement, là.
Alors, quand j'entends la première
ministre dire... imaginer un autre quatre ans du gouvernement de la CAQ... Imaginez,
M. le Président, c'est... c'est dur pour beaucoup de Québécois, qui se disent
aujourd'hui qu'on ne peut pas se payer quatre années supplémentaires de la Coalition
avenir Québec, qu'on n'a pas les moyens, au Québec, de se payer quatre années
supplémentaires. Cette diminution-là des services publics, liée avec une
augmentation de la dette, c'est un petit miracle que très peu de gouvernements
sont capables de faire, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Je cède maintenant la parole au
député de Saint-Jérôme pour 5 min 20 s, s'il vous plaît.
M. Chassin : Merci, M. le Président. C'est beaucoup plus court que pour
les autres, alors, évidemment, je vais essayer d'être efficace, et je vous
demande la même chose.
On a la chance, en fait, quand on a ce
poste de première ministre, d'avoir une vue d'ensemble du gouvernement, pour
pouvoir améliorer les choses, évidemment. Puis je pense qu'on a un gros
gouvernement. Vous ne serez pas surprise, vous me connaissez un peu. On parle
quand même, ultimement... Pardon. Vous avez dit : Ultimement, le
secrétaire général étant le patron de tous les fonctionnaires, hein... Ultimement,
bien, il y a, au gouvernement du Québec, 168 sous-ministres,
sous-ministres adjoints, sous-ministres associés et 147 dirigeants d'organismes.
C'est beaucoup de gens, c'est beaucoup de monde qui sont là pour gérer l'appareil
d'État. Puis là c'est un peu philosophique, peut-être, comme question, mais...
ou de la gestion, mais, pour moi, si on veut s'améliorer, il faut s'évaluer, puis,
si on veut s'évaluer, bien, il faut se mesurer.
L'évaluation, il me semble que c'est
quelque chose qui devrait être continu, que ce soit pour innover, que ce soit
pour changer les choses qui fonctionnent moins bien. J'ai passé quand même pas
mal de temps à essayer de demander, par exemple, qu'on ait, dans les projets de
loi, un moment où on se... on se permet de revenir sur, par exemple, la
création d'un nouvel organisme, qu'on parle de Santé Québec ou de Mobilité
Infra Québec.
Est-ce que cette philosophie-là, ça vous
rejoint comme première ministre? Est-ce que d'avoir une espèce de moment de...
puis, à la limite, là, je veux le préciser, mais publiquement aussi, qu'on
puisse engager les Québécois dans cette discussion-là, pour évaluer les choix
qui sont faits quand on ajoute, encore et toujours, des fonctions, des
organismes au gouvernement, est-ce que c'est quelque chose qui vous parle?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre, s'il
vous plaît.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
tout à fait. On est dans la mouvance où il faut réduire la taille de l'État.
Puis on sait que ça a... ça a augmenté, la taille de l'État, particulièrement
dans le contexte de la pandémie, hein, les besoins étaient... étaient plus
importants. Mais, depuis, on a agi pour réduire la taille de l'État. Puis, si
je regarde, là, au cours de la dernière année, là, on a réduit de plus de 3 000
le nombre d'employés dans la fonction publique depuis l'année dernière. Et ça,
c'est plus que la cible qui avait été fixée pour l'année... l'année passée, qui
était de 2 500. Donc, on a été jusqu'à 3 000.
Et on va réduire de 5 000 employés <supplémentaires ...
Mme Fréchette :
...Donc,
on a été jusqu'à 3 000. Et on va réduire de 5 000 employés > supplémentaires
d'ici le 31 mars prochain. Donc, on est dans cette mouvance-là, pas juste
au niveau conceptuel, mais dans l'action aussi.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Chassin : Oui. Puis est-ce que cette réduction-là, c'est parce qu'il
y a des missions qui sont considérées comme moins pertinentes, par exemple, ou
est-ce que c'est de l'efficience?
Mme Fréchette : Bien,
c'est de l'efficience. Parfois, c'est du regroupement d'organismes. D'ailleurs,
la présidente du Conseil du trésor a développé... a déposé un projet de loi
pour abolir ou pour fusionner certains organismes dont les missions pouvaient
être complémentaires ou apparentées. Donc, on a revu les missions des organismes
aussi. Ça, c'est tous des... toutes des formules qui sont intéressantes puis
qu'on a voulu mettre en place.
M. Chassin : ...surtout de l'efficience, évidemment. Moi, je parle
peut-être un peu plus de pertinence. Puis la secrétaire... la présidente du Conseil
du trésor a aussi demandé à ses collègues d'évaluer la pertinence pour se
recentrer sur les missions essentielles de l'État. Moi, je trouve que c'est
très... c'est très positif. C'est vraiment un bon message. Ça permet des fois
de réduire, effectivement, le nombre d'employés, mais surtout de s'occuper de
ce qui est important. Puis on en a parlé dans toutes sortes de secteurs, mais,
en santé, il y a énormément de gens qui sont là pour gérer l'attente. Il y a
des gens qui sont là pour gérer des trucs qui sont, en fait, très accessoires à
la santé, par ailleurs.
On parle aussi, par exemple, dans les
infrastructures, d'une augmentation des coûts considérable, quand on regarde le
PQI qui a augmenté de 67 %, mais le coût de la construction a augmenté
considérablement aussi. Alors là, il y a des... il y a des écarts entre ce que
l'Association des économistes a évalué et ce que M. Girard, le ministre
des Finances, a évalué, plutôt à 43 % d'augmentation. Mais c'est quand
même des augmentations considérables.
On se dit : OK, est-ce qu'on est
capables de s'évaluer? Est-ce qu'on est capables de se recentrer sur ce qui est
important? Est-ce qu'on est capables aussi de savoir que, bien, des fois, ce
n'est peut-être pas le gouvernement qui est bon là-dedans? Je pense aux maisons
des aînés.
• (12 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) : 30 secondes, Mme la
première ministre. Merci.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
écoutez, ça, c'est des constats que j'ai mis de l'avant dans le cadre de la course
puis qu'on va mettre en place aussi dans le cadre de la gouvernance. Je pense,
par exemple, à la construction d'écoles. Donc, j'ai proposé qu'on travaille
avec le privé dorénavant pour la construction des écoles, maisons des aînés
aussi. Je pense qu'on y gagne, à travailler avec des gens dont c'est
l'expertise, et il faut travailler de telle sorte qu'on puisse partager les
risques avec le privé, partager les bénéfices aussi s'il y a des économies,
hein, par rapport aux budgets initiaux.
Le Président (M. Bachand) : ...merci.
Mme Fréchette : Ça, c'est
des modes de fonctionnement pertinents pour tout le monde.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Avant de céder la parole au chef de
l'opposition officielle, je veux juste vous dire qu'il a été convenu de couper
le bloc d'échange du groupe parlementaire formant le gouvernement afin de
terminer les travaux à l'heure prévue. Donc, M. le chef de l'opposition
officielle, pour 17 min 19 s, s'il vous plaît.
M. Fortin : Merci. Merci, M. le Président. Je veux juste revenir sur
une chose que la première ministre a dite tantôt, là, et peut-être qu'elle peut
soit le répéter ou le clarifier. Elle a dit qu'à l'arrivée au pouvoir de la Coalition
avenir Québec il n'y avait pas une école qui avait été construite au Québec en
neuf ans, tant sous des gouvernements libéraux que péquistes. Est-ce que je
l'ai bien comprise?
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Fréchette : Il n'y
avait pas d'école secondaire qui avait été construite au Québec depuis l'an...
l'année 2009.
M. Fortin : OK. Ce n'est pas ça qu'elle a dit tantôt, par exemple.
Mme Fréchette : Je n'ai
pas dit «secondaire», c'est ça?
M. Fortin : Bien, moi, j'ai entendu qu'il n'y avait pas d'école qui
avait été construite au Québec en neuf ans, honnêtement.
Mme Fréchette : Bien,
depuis l'année 2009. Puis on est arrivés en... au pouvoir en 2018. Ça fait
neuf ans.
M. Fortin : Et vous considérez que les projets qui sont amorcés, ce ne
sont pas des projets qui sont liés au précédent gouvernement, ça?
Mme Fréchette : Bien, il
n'y en a pas qui ont été construites. Il n'y a pas eu de livraison d'école
pendant neuf ans, d'école secondaire pendant neuf ans.
M. Fortin :
D'accord. Je trouve que ça change... ça change rapidement. Enfin.
OK. Là, le collègue a amorcé une
discussion intéressante, là, sur la taille de l'État. Je veux juste... Je veux
juste bien comprendre, là. Il y a... Depuis le début des efforts, parce que,
disons que, pendant plusieurs années, il n'y en a pas eu, d'effort, au
contraire, la taille de l'État, elle a augmenté rapidement, combien... de
combien de fonctionnaires est-ce que la taille de l'État a été réduite? Et là
on ne parle pas des gens qui donnent des services directs, là, dans nos
hôpitaux, dans les écoles. De combien de fonctionnaires, là, est-ce que la
taille de l'État a été réduite?
voix : ...
Mme Fréchette : ...a été
réduit?
M. Fortin : Oui, depuis le début des efforts, là.
Mme Fréchette : OK. Bien,
3 100.
M. Fortin : Je comprends que vous en avez ajouté beaucoup, beaucoup,
beaucoup pendant plusieurs années, puis, à un moment donné, le premier ministre
précédent a dit : OK, bien là, on va commencer à réduire la taille de
l'État. À partir de ce moment-là, combien de réduction?
Mme Fréchette : On a... On
a réduit de 3 100.
M. Fortin :
3 100.
Mme Fréchette : Puis on a
l'objectif de réduire encore <davantage...
Mme Fréchette : ...3 100.
M. Fortin :
3 100.
Mme Fréchette : Puis on a
l'objectif de réduire encore > davantage, de 5 000 de plus...
M. Fortin :
5 000 de plus d'ici l'élection?
Mme Fréchette : ...d'ici mars,
d'ici mars prochain.
M. Fortin :
D'ici mars prochain. OK. C'est quoi, votre objectif d'ici octobre? Pour qu'on
puisse, à l'élection, se mesurer, là. Honnêtement, c'est un peu ça, c'est un
exercice où les Québécois peuvent mesurer votre performance, alors...
voix : ...
Le Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : ...2 000
et 2 500 d'ici... d'ici octobre, si je...
M. Fortin : Un autre 2 500?
Mme Fréchette : ...si j'y vais
proportionnellement, là, parce que c'est 5 000 d'ici mars. Donc, si on se
place en octobre, on devrait être autour de 2 000, 2 500, là, j'y
vais à vue.
M. Fortin :
OK. On peut s'entendre, votre objectif pour octobre, c'est 2 500?
Mme Fréchette : Bien, j'y vais
à vue, là, 2 000, 2 500.
M. Fortin :
OK, parfait. Alors, dans ce cas-là, là, est-ce que vous pouvez me confirmer
qu'il va y avoir plus de fonctionnaires à l'emploi du gouvernement du Québec en
octobre 2026 qu'en octobre 2018?
Mme Fréchette : Ça reste à
voir, parce qu'on a dépassé nos objectifs. Hein, au terme de la présente année,
là, on avait un objectif de 2 500 puis on a terminé à 3 000, 3 100.
Alors, fonction publique, il va y avoir
plus de fonctionnaires qu'en 2018.
M. Fortin :
Même à la fin de votre exercice, là, si, par une malchance quelconque, là, la
CAQ est reportée au pouvoir. Votre objectif, c'est mars l'année prochaine, là.
Donc, même au terme de cet exercice-là, il va encore y avoir plus de
fonctionnaires que lorsque la CAQ est arrivée au pouvoir.
Mme Fréchette : Bien, ce que
je peux vous dire, c'est que les gens qui sont à l'emploi du gouvernement sont
des gens qui travaillent avec... aux... à des services directs à la population.
Donc, il y a plus de services pour livrer les projets qu'on a mis... qu'on a
mis de l'avant.
M. Fortin :
Bien, un instant, là. Il y a des gens qui travaillent à des services directs
puis il y a des gens qui ne travaillent pas à des services directs dans la
fonction publique, là. Moi, c'est... Ce que... Ce que je veux... Ce dont on
discute, là, ce n'est pas des profs, ce n'est pas des TES, ce n'est pas des
infirmières, ce n'est pas des préposés aux bénéficiaires, ce sont des
fonctionnaires. Puis, encore là, il y en a qui donnent des services directs puis
il y en a qui ne donnent pas de services directs.
Mme Fréchette : Oui, mais on a
plus de gens qui donnent des services directs aujourd'hui, parce que les gens
qui... composent, en fait, la fonction publique aujourd'hui sont des gens...
ceux qui ont été embauchés en plus sont des gens qui donnent des services
directs. Puis je pense, par exemple, à des ingénieurs, c'est des gens qui
contribuent à des projets, des policiers. L'effectif de policiers a été élargi
pour, bien sûr, lutter contre le crime organisé, les gangs de rue, l'exploitation
sexuelle.
M. Fortin :
Est-ce que vous considérez les policiers dans vos chiffres de fonctionnaires?
Mme Fréchette : Oui.
M. Fortin :
OK. Alors là, moi, ce que je veux savoir, là, c'est... Vous aviez promis, en
2018, une réduction de 5 000 fonctionnaires. Vous en avez ajouté. Au lieu
d'en réduire 5 000, vous en avez ajouté 12 000. Est-ce que je
comprends bien? Est-ce que mes chiffres sont bons?
Mme Fréchette : 12 000,
c'est bon, oui. Puis je n'ai pas terminé la liste de ceux qui donnent des
services, là, parce qu'on a aussi des ressources pour contrer la violence
conjugale. On sait que, malheureusement, les besoins ont été grandissants de ce
côté-là, donc il y a plus de gens actifs avec les bracelets antirapprochements,
les tribunaux spécialisés. Également, le personnel en immigration.
L'immigration a subi une hausse considérable au cours des dernières années,
donc il y a davantage de gens qui travaillent pour franciser les immigrants,
donner les services également. Puis des intervenants en protection de la
jeunesse aussi. Ça, ça fait
partie des gens qui se sont ajoutés.
M. Fortin :
Oui. OK. Bien, en ce moment, là... bien, «en ce moment»... Moi, je suis, depuis
quelques années, député de Pontiac, puis, dans ma circonscription, vous savez
ce qu'il n'y a plus? Il n'y a plus d'inspecteur en faune, il n'y a même plus de
bureau. Donc, vous pouvez faire la liste comme ça, mais, moi, ce que je vous
dis, là, c'est que la taille de l'État, elle a augmenté, puis ce n'est pas
toujours pour donner des services à la population.
Mais il y a une... il y a une affaire, par
exemple, que votre gouvernement, même si vous appelez ça, là, l'ancien
gouvernement, là, votre gouvernement quand même, a promise, c'est que votre
gouvernement a dit, avec une grosse annonce, là, la grosse fanfare, on se
déplace en région : Il va y avoir 5 000 emplois délocalisés. Là, vous
allez me dire que c'est fait. Je le sais, c'est ça, la ligne du gouvernement.
Vous allez me dire : Il y a 5 000 emplois, ils ont été déplacés en
région. Mais il n'y a pas personne ici qui croit ça. Alors, moi, j'aimerais ça
savoir, pour vrai, combien de gens des 5 000 sont rendus en région.
Le Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Combien
d'emplois? Bien, c'est plus que 5 000, on a dépassé la cible.
M. Fortin :
D'accord.
Mme Fréchette : Oui, on a
dépassé la cible. Il y a plus de 5 000 emplois qui ont été régionalisés,
plus de 5 000 ETC, là, si on veut, qui ont été régionalisés, donc...
M. Fortin :
Ils sont où, ces gens-là? Parce que... Non, mais, bien honnêtement, vous aviez...
à l'époque de cette promesse-là, là, il était supposé d'y avoir 15... si je ne
me trompe pas, 15 bureaux mis en place dans des régions différentes pour
que les fonctionnaires <puissent...
M. Fortin : ...mis en place dans des régions différentes pour que les
fonctionnaires > puissent se rendre travailler. Hein, je me souviens de
la belle annonce, là, à Maniwaki, dans le nord de l'Outaouais. Il y en a
combien, de ces bureaux-là, qui ont été mis en place?
Mme Fréchette : Bon, là, moi,
j'ai, pour l'instant, le nombre global, là. On parle de 5 600 ETC qui ont
été régionalisés. Maintenant, le bureau auquel vous faites référence... Parce
que ces gens-là sont répartis, là, dans différents secteurs, différents types
de services à la population...
Des voix : ...
M. Fortin :
Oui, mais la promesse de dire : On va mettre 15 bureaux en place?
Mme Fréchette : On va la
déposer... On va pouvoir vous déposer, en fait, le portrait de la répartition
de ces 5 600 personnes... ETC, en fait.
Le Président (M. Bachand) :
Donc, vous allez faire parvenir à la commission, s'il vous plaît?
Mme Fréchette : Pardon?
M. Fortin :
Oui. Par la commission, oui.
Le Président (M. Bachand) : ...l'information, oui?
Mme Fréchette : Oui.
M. Fortin :
La promesse, là, c'était d'avoir 15 bureaux mis en place. Il y en a deux
qui ont été mis en place, Mme la première ministre, il y en a deux qui ont été
mis en place. Alors là, ce que... quand...
Mme Fréchette : Moi, je
pourrais vous parler des bureaux que le Parti libéral a fermés, hein...
M. Fortin :
...quand vous dites...
Mme Fréchette : ...en
immigration, notamment, là, tous les bureaux que vous avez fermés, que nous, on
a dû réouvrir.
M. Fortin : ...quand vous dites... Bien, voulez-vous qu'on parle encore du
bureau de la Faune dans ma circonscription? Il n'y a pas de problème, là. Mais,
quand vous dites que 5 000 emplois ont été délocalisés... (panne de son) ...moi,
je veux savoir, s'ils ne travaillent pas dans un bureau du gouvernement, ils
travaillent où, ces gens-là. Parce que moi, je peux me promener à Maniwaki, là...
et d'autres collègues pourront vous dire la même affaire, là, je peux marcher
sur la rue principale à Maniwaki, là, je n'en verrai pas un, de ces
fonctionnaires-là, je n'en verrai pas un. Vous parlerez à la préfète de la MRC,
là, elle va vous dire : Ils n'existent pas, ce sont des fantômes. Ils ne
sont pas là, ces gens-là.
Alors, les 5 600 qui sont sur les
chiffres du gouvernement, ils sont où? Parce que, s'ils font du télétravail à
partir de Québec, ce n'est bon à rien pour les régions.
• (12 h 50) •
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, bien, il y en a 11 % qui sont en Outaouais. Si je regarde, au Bas-Saint-Laurent,
c'est 9 %; Saguenay—Lac-Saint-Jean, 15 %; Capitale-Nationale, bon, c'est...
ça ne compte pas; Mauricie, 16 %; Estrie, 14 %; Outaouais...
Outaouais, 11 %, comme je disais tout à l'heure. Donc, c'est partout au
Québec, là. Toutes les régions sont concernées, c'est sûr, à des niveaux
variables, mais, en Outaouais, c'est 11 %.
M. Fortin :
Combien sont en télétravail, de ces gens-là?
Mme Fréchette : 599 ETC.
M. Fortin :
Combien?
Mme Fréchette : 599 personnes.
Sur les 5 600, il y en a 599.
M. Fortin :
Sur les 5 600, il y en a 599 qui sont en télétravail. Donc, il y en a
10 %, là, disons, là, un petit peu plus que 10 % qui sont en
télétravail. Les autres, là, vous êtes en train de me dire qu'ils sont dans les
endroits que vous aviez ciblés en région. Je vais appeler la... Je vais appeler
le maire de Maniwaki, je vais appeler la préfète de la MRC de La
Vallée-de-la-Gatineau, parce qu'ils ne les ont jamais vus, ces gens-là. Moi,
je... Tantôt, il y a la...
Mme Fréchette : Bien, écoutez,
je ne vous dis pas qu'il y en a dans chacune des municipalités puis des
localités au Québec, là, j'y vais par région. Dans la région de l'Outaouais :
599 ETC.
M. Fortin : Moi, j'imagine qu'après nos crédits, là, vous allez voir la FQM
un peu plus tard, là, je vous conseille d'aller parler avec les gens des
régions. Pour eux, en ce moment, là, cette annonce-là, elle vaut zéro, parce
qu'ils ne les voient pas, ces fonctionnaires-là. Ils ne voient pas les
retombées, dans des secteurs... Et c'était ça, la promesse, là, ce n'était pas
de les mettre dans l'Outaouais, ce n'était pas de dire : On va les envoyer
à Gatineau, ou on va les envoyer à Trois-Rivières, ou on va les envoyer dans
les... à Drummondville, là, c'était de dire : Ces gens-là doivent être
dans des milieux où, économiquement, ça va moins bien, comme le nord de
l'Outaouais, entre autres, comme le nord de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau.
Ce n'est pas ça qu'il est en train de se passer.
Mme Fréchette : En tout cas,
moi, si je peux vous parler de bureaux, là, que... auxquels vous faisiez
référence, on ne construit pas des bureaux nécessairement, là, quand il s'agit
d'accueillir des gens qui vont travailler en région, on prend aussi des espaces
qui sont existants. Puis, des bureaux, par exemple, dans le domaine de l'immigration,
le Parti libéral les avait 100 % fermés, on les a tous réouverts, même on
a consolidé notre réseau en région. Même chose pour Investissement Québec, les
bureaux avaient été fermés, on les a réouverts, parce qu'il faut avoir de ses
représentants dans les régions.
M. Fortin :
Si vos actions en région se limitent à des villes comme Gatineau puis Trois-Rivières,
ce n'est pas ça qui avait été promis. Enfin...
Mme Fréchette : ...
M. Fortin :
Mais je vous conseille d'avoir une bonne discussion avec les gens de la Fédération
québécoise des municipalités, là, parce qu'eux, encore aujourd'hui, là, ils
considèrent que cette promesse-là, elle n'a pas été remplie.
Mme Fréchette : On a quatre
bureaux, là, qui ont... qui ont été ouverts : un à New Richmond, l'autre à
Lac-Mégantic, un autre à Victoriaville et l'autre à Shawinigan. Donc, il y a
quatre bureaux qui ont été ouverts.
M. Fortin :
OK. Mais je vous conseille quand même la discussion. Je pense que ce serait un
bon... un bon retour sur terre.
La question des infrastructures, là,
pouvez-vous juste nous dire... Hier, le ministre des Finances, il a dit que le
déficit de maintien des infrastructures était de 25 milliards. Pourquoi il
a dit ça, alors qu'il savait très bien que c'était 31 milliards?
Mme Fréchette : Il a très bien
expliqué, ce matin, dans plusieurs entrevues, que les chiffres avec lesquels il
travaille, c'est 25 milliards. Maintenant, s'il y a d'autres chiffres qui <circulent...
Mme Fréchette :
... c'est 25 milliards. Maintenant, s'il y a d'autres
chiffres qui > circulent, il dit : Moi, ce n'est pas les
chiffres avec lesquels je travaille, ce n'est pas ceux qu'on m'a fournis. Ceux
qui ont été validés, ceux qui ont été... ceux qui lui ont été fournis, c'est
25 milliards.
M. Fortin : Donc, personne, personne au gouvernement ne sait ça, qu'il
y a 31 milliards de dollars de déficit de maintien d'actifs?
Mme Fréchette : Écoutez,
c'est une situation qui évolue d'année en année. Est-ce que c'est le portrait à
mi-année? Mais je peux vous dire que, chaque année, c'est sûr qu'il y a de
nouvelles infrastructures qui deviennent vétustes parce que c'est des
infrastructures qui ont toutes été construites à peu près en même temps, dans
les années 60, 70, alors elles arrivent toutes en fin de vie, malheureusement,
à peu près en même temps.
Puis nous, on s'est fait léguer un déficit
d'entretien gigantesque, donc là on essaie de mettre les bouchées doubles pour
résorber ce déficit-là. Maintenant, il y a des limites à ce qu'on peut faire, bien
sûr, on doit respecter la capacité de payer des Québécois. Mais le déficit
d'entretien, il évolue au fil des mois.
M. Fortin : C'est une chose ou c'est l'autre, soit vous vous êtes fait
léguer un déficit d'entretien des infrastructures majeur ou encore elles
arrivent en fin de vie aujourd'hui, là, ce n'est pas les deux.
Mme Fréchette : Bien, c'est
les deux.
M. Fortin : Alors, moi, ce que... ce que je veux savoir, c'est : Est-ce
qu'il y a quelqu'un autour de la table du Conseil des ministres qui avait en
main ces chiffres-là, à savoir qu'il y a 31 milliards de dollars de
déficit de maintien des actifs?
Le Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Comme je vous
dis, là, on a toujours procédé de la même façon pour l'évaluation, là, des
infrastructures, c'est-à-dire, c'est les derniers chiffres qui sont validés qui
sont rendus publics avec le Plan québécois d'infrastructures.
Puis ça, c'est la réalité des dernières
années, là. Quand le Parti libéral était au pouvoir, on était entre 88 et
100 milliards au PQI. Et là nous, on a fait monter ça à 167 milliards.
Ça, c'est du concret, ça, c'est des investissements qui sont en cours, à venir,
pour mettre à niveau nos infrastructures. Puis on a mis une plus grande
attention sur le maintien des infrastructures, parce que, comme je le disais,
les infrastructures ont été à peu près toutes construites au même moment. Et je
pense qu'à
titre de ministre... ex-ministre des Transports vous êtes conscient
de cette réalité-là.
M. Fortin : On va y revenir, à vos chiffres sur le PQI, tantôt, là,
mais, juste sur le 31 milliards de dollars, là, nous, ce qu'on a lu dans
le journal ce matin, c'est qu'il y avait une stratégie, au gouvernement, pour
ne pas que ces chiffres-là soient rendus publics avant l'élection. Est-ce qu'il
y a un ministre autour de la table de votre Conseil des ministres qui savait
que le déficit de maintien d'actifs des infrastructures, c'était
31 milliards de dollars?
Mme Fréchette : Il n'y a
aucune stratégie en ce sens-là. Et je rappelle que le ministre des Finances a
mentionné ce matin que c'était avec le chiffre de 25 milliards qu'il
travaillait. Et on suit toujours le même procédé pour ce qui est de la
divulgation de ces montants-là, c'est rendu public au moment où on dévoile le PQI.
Donc, heureusement, nous, on a investi,
hein, dans les infrastructures d'une manière considérable, parce que, si le
Parti libéral était resté au pouvoir, je ne voudrais pas voir la situation
catastrophique dans laquelle on se trouverait, parce qu'il n'y avait pas
d'intérêt,