Health and Social Services — 14 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-02-14
Quebec — Committees
Charlebois : Bien
que ça ne traite pas de l'article 3, et en guise de démontrer toute mon
ouverture au dialogue, je vais répondre au
député de Borduas et lui dire que nous allons appuyer les pharmaciens dans
leurs démarches auprès du gouvernement fédéral pour qu'ils puissent avoir accès à ce marché-là, mais ce n'est pas au Québec
de vendre du cannabis thérapeutique.
Le Président (M. Merlini) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
Jolin-Barrette : M. le Président, je suis d'accord avec la ministre, et je pense que l'Ordre des pharmaciens,
lorsqu'ils sont venus nous présenter leur mémoire, avait une position qui est
juste, et nous appuyons également cette position-là, à l'effet que, lorsqu'on
considère un produit étant comme un médicament, ça devrait être vendu dans une pharmacie, et non pas les règles actuelles
applicables, où vous pouvez commander directement au producteur. Et je le dis à la ministre, nous
allons l'appuyer sur cette démarche-là avec le gouvernement fédéral, parce que
je pense que c'est important d'envoyer un signal clair que la consommation de
cannabis, autant soit-il médical, médicinal, bien, il y a des conséquences, il y a des risques associés à la consommation de
cannabis, et il faut faire en sorte que les gens qui reçoivent une prescription
soient conseillés par un professionnel de la santé.
Et il ne
s'agit pas d'un aspect corporatiste de la chose, et l'Ordre des pharmaciens est
là pour assurer la protection du
public, et, à ce titre-là, je pense que leur mémoire était empreint de sagesse,
mais il faut faire en sorte de les supporter dans cette démarche-là et surtout expliquer au gouvernement fédéral que, si, pour n'importe quel autre médicament, celui-ci doit se retrouver en vente, en laboratoire, contrôlé par un professionnel de la
santé qui a étudié et qui va expliquer aux gens... et souvent le pharmacien, c'est la première ligne,
en matière de santé, pour conseiller les gens, mais il faut faire en
sorte de ne pas banaliser ce produit-là et
que, pour le médicinal, ça se retrouve dans les pharmacies. Alors, j'indique à
la ministre très clairement que, là-dessus, on se retrouve sur le même
point.
Charlebois :
Tout à fait. On va appuyer... on va travailler en ce sens-là, mais ce n'est pas
dans le projet de loi n° 157 que ça peut se retrouver.
Président (M. Merlini) : Ça va? Est-ce que j'ai d'autres interventions
à l'amendement sur l'article 3? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, en fait, c'est parce que... Bon, je remercie la ministre, depuis hier
soir j'ai l'impression qu'il y a eu des
discussions, puis maintenant on souhaite aller vers les pharmacies pour des
fins médicales. Je remercie aussi le député de Borduas, parce que, là, on sent que tout le monde est dans la même
direction. Mais j'essaie de comprendre qu'est-ce qui nous empêcherait de l'écrire dans le projet de loi
n° 157. Parce que, même si on me dit : Il y a des dispositions au
fédéral, éventuellement le fédéral pourrait
modifier ces dispositions, mais nous pourrions déjà adopter l'encadrement de la
vente de produits pour des fins médicales.
Rien n'empêche de l'inscrire tout de suite dans le projet de loi, de l'encadrer
tout de suite, et, lorsque le fédéral
aura fait son bout de chemin et aura compris le gros bon sens, comme nous,
bien, éventuellement, nous aurions déjà légiféré, alors on ne se
retrouverait pas avec un vide.
Et, très
clairement, là, ça peut s'écrire probablement dans un ou deux articles, et,
compte tenu qu'on entend un consensus
autour de la table, je ne pense pas que ça peut être très, très difficile
arriver plus loin dans le projet de loi et d'inscrire ce volet-là, qui pourrait être très, très court. Je comprends
que le projet de loi n° 157, c'est pour l'encadrement du non-médical, mais rien ne nous empêche... ou à
moins qu'on me dise : C'est totalement impossible, totalement
impossible. Comme on va adopter la loi qui
va dire tolérance zéro au volant, et pourtant on a déjà annoncé que ce ne sera
pas applicable, on ne l'appliquera pas, mais on va l'adopter quand même
et on sait que, plus tard, il y aura des moyens de détecter la tolérance zéro,
et là ça va devenir applicable.
Alors, dans
la même logique, ce que nous souhaiterions, ce serait que les gens qui
entourent la ministre puissent déjà
réfléchir à ce qu'un petit peu plus loin dans le projet de loi on puisse amener
ce volet-là, qui n'enlèvera rien au projet de loi et qui pourrait nous permettre de compléter ce volet qui nous
apparaît important et pour lequel j'entends un consensus autour de la table, là. Alors, est-ce qu'il y a
quelque chose qui pourrait nous empêcher à ce qu'un peu plus loin dans
le projet de loi on puisse aborder ce volet-là?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Bien, M. le Président, comme je l'ai indiqué précédemment, on n'est pas dans le
bon canal, là. Le cannabis médical ou
le cannabis thérapeutique doit être traité par le gouvernement fédéral. Vous
savez qu'il y a un crédit d'impôt qui
est applicable, hein? Quelqu'un qui achète du cannabis médical, ça peut constituer
des sommes assez importantes, il y a
un crédit d'impôt. Alors, si c'était
vendu d'aventure par la Société
québécoise du cannabis, ce
qu'une députée nous a fait valoir hier, que
quelqu'un pourrait aller à la Société
québécoise du cannabis, bien, il y aurait
perte du crédit d'impôt pour le citoyen.
Je pense que c'est assez considérable et assez important de faire en sorte que les Québécois puissent obtenir leurs crédits d'impôt.
Je veux juste ramener à l'attention
que ce sont sur des prescriptions de médecins, qu'ils soient Québécois
ou non, les gens obtiennent une
prescription pour obtenir du cannabis médical. Je rappelle qu'on n'est pas dans
le bon forum, parce que le forum, c'est
carrément le forum du gouvernement fédéral, qu'on
compte défendre les pharmaciens pour qu'ils puissent obtenir leur part du marché et qu'ils puissent
agir en interaction pour le citoyen, pour le bénéfice du citoyen.
Mais, ceci étant dit, pour être considéré
cannabis aux fins médicales, il faut que la personne puisse acheter d'un producteur
autorisé. Alors, allons défendre au gouvernement fédéral, puisque le cannabis pour des fins thérapeutiques
est dans le champ de compétence fédéral.
Je pense que c'est là qu'il va falloir aller défendre ça. Et, honnêtement, l'intention n'est pas d'ajouter ça au n° 157,
non seulement ça, mais ce n'est pas de notre champ de compétence.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Labelle.
Pagé : Bien, prenons
la question autrement. Si le gouvernement fédéral avait
légiféré pour le rendre... Bien, en fait,
même, il l'a déjà rendu légal. Alors, qu'est-ce qui empêche Québec
d'écrire dans sa loi que, lorsque le fédéral aura décidé de... en fait,
lorsque ça sera reconnu par Santé Canada comme médicament... En fait, c'est
légal pour des fins médicales, mais ce n'est
pas reconnu par Santé Canada. Alors là, il y a comme un vide. Mais, si demain
matin Santé Canada dit : Oui, maintenant,
on le reconnaît comme médicament, alors qui va légiférer pour dire à quel
endroit que ça doit être vendu? C'est
Québec. Ce n'est pas le fédéral qui va dire : Bien, voilà, on reconnaît
que c'est un médicament; maintenant, nous
allons décider à quel endroit vous allez le vendre au Québec.
Non. Non, à ma connaissance, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
Alors,
écoutez... Regardez, je ne veux pas qu'on passe trop de temps là-dessus,
mais il m'apparaît important
de continuer à réfléchir. Et, le moment
venu, un peu plus loin dans le projet de loi, il faudra qu'on
dépose des articles qui iront dans le
sens de ce qu'on vient de mentionner, parce que ce n'est qu'une question
de temps où Santé Canada va le reconnaître, et, à partir de ce moment-là... On n'est pas en train de dire qu'il y aura un remboursement d'impôt. Il y a des
médicaments qui peuvent être vendus dans les
pharmacies puis qui ne sont pas éligibles au crédit d'impôt ou en remboursement
avec l'assurance médicaments. Ce n'est pas
de ça dont on parle. Alors, c'est tout
simplement l'endroit et par qui ça
doit être vendu. Et, comme le disait
mon collègue de Borduas, il
faut que ce soit vendu par des
professionnels de la santé, et d'autant plus que la ministre, elle est responsable
de la santé publique, de la santé publique.
Alors,
des gens qui vont avoir une prescription, qu'on les envoie
chez un producteur, qu'on les envoie chez un non-professionnel de la santé, il
me semble qu'il y a un vide là, là.
Alors, moi, là, je dirais ce matin — parce
que je ne veux pas qu'on passe trop
de temps là-dessus : Fermons le débat, mais j'invite la ministre,
avec les gens qui les entourent, à réfléchir
comment on pourrait introduire ce volet-là pour qu'éventuellement nous ayons déjà réglementé en fonction de ce
qui manifestement s'en vient à court ou moyen terme.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Labelle.
Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement à l'article 3? Je n'en vois pas. Je mets donc
l'amendement de la ministre aux voix. Est-ce que l'amendement proposé
par la ministre est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 3 tel qu'amendé.
Est-ce que j'ai des interventions? M. le député de Labelle.
Pagé : Oui. Merci, M. le Président. Alors, hier, quand on a retiré notre amendement,
il y avait trois volets. Le volet n° 1,
on a fait un compromis, tout le monde ensemble, et on a accepté, effectivement, l'amendement
déposé par la ministre. Je la remercie. Je pense que ça répondait à nos
attentes. Il y a un deuxième volet qu'on a laissé de côté, mais il y a un volet qui nous apparaît important
et qui a été mentionné par un très grand nombre de personnes et
représentants des groupes importants, qui est celui des objectifs de rendement.
Alors, la motion que
je dépose se lirait ainsi...
Une voix :
...d'amendement?
M. Pagé :
...motion d'amendement, oui.
Le Président (M.
Merlini) : Allez-y, oui.
Pagé : La
motion : Modifier l'article 16.1 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec
(chapitre S-13) inséré par l'article 3 du présent projet de loi par
l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «sans objectif de dividende».
Le Président (M.
Merlini) : Merci.
M. Pagé :
Alors, je vais faire des photocopies pour distribuer à tout le monde?
Le Président (M. Merlini) : Oui. Alors, je suspends donc quelques instants
pour permettre les copies et la distribution.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux. Tous les membres ont pris connaissance de la proposition d'amendement du député
de Labelle. Et je porte encore une fois à votre attention... Il manque, comme
hier, le mot «et». Alors, si vous regardez
la fin de la phrase : À la fin du premier alinéa, de «et sans objectif de
dividende». Alors, c'est une petite correction manuscrite qu'on vous
apporte.
M. le député de
Labelle, à vous pour vos explications.
Pagé : Bon, alors, par l'introduction de cet amendement, M. le
Président, nous voulons répondre à la préoccupation
qui nous a été très clairement mentionnée par... je renomme encore, là, que
quelques-uns des groupes, qui nous
apparaît des groupes fondamentaux dans l'adoption de cette loi, où... Avant
tout, nous voulons la faire en fonction de la santé publique et de la sécurité publique. Mais, au niveau de la
santé publique, on sait que c'est une grande préoccupation pour tout le monde. Je répète ceux et celles qui
sont venus nous dire : Il ne doit pas y avoir de notion de profits.
J'expliquerai tantôt pourquoi qu'on
parle de dividendes. Mais ceux qui sont venus nous dire : Inscrivez dans
la loi que 100 % des profits ne doivent pas aller... ne doivent pas être versés vers le fonds consolidé,
il ne doit pas y avoir cette notion de profits et de dividendes, alors