Public Finance — 2 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2017-11-02
Quebec — Committees
Le Président (M. Bernier) : Mme
la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Oui. M.
le Président, d'abord, vous me
permettez de saluer le travail du ministre et de son équipe pour trouver les voies de passage possibles. Alors, j'apprécie son ouverture,
et ça répond à beaucoup de mes interrogations puis la préoccupation
que j'avais.
J'ai quand même quelques questions pour juste
m'assurer de... avant de redéposer un sous-amendement, s'il y a lieu, dépendant
qu'est-ce que le ministre va me répondre. Quand, dans le deuxième paragraphe, il
dit : «Pour l'application du paragraphe 2° du
premier alinéa, l'autorité ne peut désigner un organisme public que lorsque
l'exercice des fonctions prévues aux paragraphes 1° et
1.1° du premier alinéa...», que fait-il du 1.2°, qui est celle de veiller au
maintien d'une cohérence? Voilà ma première question.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti :
Écoutez, je suis désolé, c'est parce que je cherchais le paragraphe exactement
que vous lisiez. Si vous l'avez entendu, si vous voulez y répondre, moi,
je l'ai échappée, là.
Mme Léger : ...la première
partie reste la
même, de l'article 20, là, alors c'est la deuxième... Bien, presque la
même.
Le Président (M. Bernier) :
L'élément 2°.
Mme Léger :
L'élément 2°, tel quel, dans celui-là vous ajoutez : Par l'ajout, à
la fin, des alinéas suivants. Là, vous dites :
«Pour l'application du paragraphe 2° du premier alinéa, l'autorité ne peut
désigner un organisme public que lorsque l'exercice des fonctions prévues aux paragraphes 1° et 1.1° du
premier alinéa...» Je me pose la question parce que le 1°, c'est
d'examiner le processus d'adjudication et l'attribution d'un contrat public, le
1.1°, c'est d'examiner l'exécution d'un contrat public, mais le 1.2°, c'est
veiller au maintien d'une cohérence. Alors, ma question : Pourquoi qu'on
n'a pas aussi mis le 1.2°?
M. Poëti : Mme Arav
va vous donner le détail.
Président (M. Bernier) : Mme Arav. Consentement pour
que Mme Arav puisse prendre la parole aujourd'hui? Oui?
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Alors, cet article-là ne vise pas les organismes publics.
Ce qu'il vise, c'est la cohérence entre ce que va faire l'AMP et le bureau de l'inspecteur général de la ville
de Montréal, qui, lui, va garder certains pouvoirs en vertu de cette
loi-là, en vertu de l'article 58.1 qui arrive en amendement... ou qui a
été déposé en amendement, là, à l'automne 2016,
suite à l'introduction des municipalités à l'intérieur du projet de loi. Donc,
c'est de s'assurer qu'il y a une certaine cohérence entre ce que fait le
BIG pour les contrats de la ville de Montréal avec ce que fait l'AMP pour le
reste des contrats publics donnés au niveau du Québec.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée.
Mme Léger :
O.K. Alors, pourquoi qu'on ne l'a pas dit ainsi? Pourquoi qu'il n'est pas dit
ainsi? Parce que c'est en lien avec la ville de Montréal, en fin de
compte.
Mme Arav (Carole) : C'est aussi
une cohérence avec la ville de Montréal, effectivement.
Mme Léger : Puis
pourquoi on ne l'a pas précisé?
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav (Carole) : Bien, en
fait, on parle de «veiller au maintien d'une cohérence dans l'examen des processus», donc la façon de le faire, ainsi que
l'examen de l'exécution. Donc, si on parle vraiment d'examiner les
processus et d'examiner l'exécution, c'est l'AMP et le BIG qui peuvent le
faire. Ça sert aussi, on me dit, à l'intérieur même de l'autorité, là, il y a
plusieurs personnes qui vont faire des examens, donc de s'assurer d'une
cohérence à travers les différentes personnes.
Mme Léger :
O.K. O.K. Un peu plus loin dans ce même paragraphe là, bon : «...1.1° du
premier alinéa a permis de constater
des manquements répétés au cadre normatif démontrant des lacunes importantes...»
Pourquoi le mot «importantes» est absolument là? On n'aurait pas pu dire
juste «des lacunes en matière de gestion contractuelle»?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti :
Bien, en fait, ce qu'on comprend par ça, «importantes», c'est que le pouvoir de
l'AMP peut être de résilier un
contrat. Le pouvoir est, à mon avis, important, je ne vous dirais pas extrême,
mais je dirais que c'est pas mal la décision,
je vous dirais, la plus lourde, là, lorsqu'on résilie un contrat. Donc, on ne
veut pas, pour des raisons que j'appellerai mineures, être capables de le faire, on veut qu'il y ait une raison pour
laquelle l'autorité décide de faire évidemment... de désigner une
entreprise, là.
Alors, c'est le volet de... la conséquence de
l'action de l'AMP qu'on retrouve ici. C'est pour ça qu'on dit
«important», parce que ça nous apparaît important.
Mme Léger : Est-ce
que... Parce que parfois ça pourrait
être de nature moins importante. Le contrat lui-même, là, la situation à
vérifier est peut-être une petite... mais ça ne fait peut-être pas juste deux,
trois fois, ça fait peut-être 100 fois, ça devient comme important. Alors, ce qui fait... est-ce que,
là, en disant ça... C'est parce que je m'interroge souvent sur des petits contrats qu'on cumule, la situation de petits
contrats. Alors, ajoutons une grande panoplie de petits contrats, c'est toujours les mêmes mauvaises
habitudes qui se prennent, donc ça devient... Ce n'est pas important
dans le sens du contrat lui-même, de la
situation unique, mais c'est l'ensemble de l'oeuvre qui devient que... Alors, est-ce que l'AMP va pouvoir malgré tout ou
il faut vraiment que ce soit une situation où il y a une lacune importante? Une
série de petites lacunes deviennent-elles une lacune importante?
M. Poëti : C'est exactement ce que j'allais vous dire, c'est-à-dire que... une petite situation qu'on ne qualifie pas d'importante, mais, comme vous l'avez souligné, en
vous citant, vous dites : Une centaine de fois, cette petite chose
là devient important, là. Alors, à ce moment-là, par la définition de
l'«important», oui, ça le deviendrait.
Mme Léger : Est-ce
que... Parce que, si je me rappelle
les travaux que nous avons faits hier, madame a dit que c'est toujours par
rapport à un contrat, c'est toujours l'AMP face à un contrat. Donc, est-ce que,
là... Même s'il y a eu une série de lacunes,
d'autres petites situations, on parle toujours du même contrat. Mais, s'il y avait
eu aussi d'autres types de contrat...
C'est la limitation qu'on se donne qui m'inquiète parce que
parfois ça peut être un petit contrat mais qui apporte effectivement une série de lacunes au fil du
temps. Je m'inquiète du mot, qui porte peut-être à restriction sur
l'interprétation que peut faire l'AMP.
M. Poëti :
Je veux minimalement vous rassurer sur... Lorsque l'AMP va faire une
vérification contractuelle mais de la
gestion, c'est global, c'est global. Alors, c'est pour ça que je veux vous
rassurer là-dessus. C'est global. Ce n'est pas parce que c'est un plus
petit événement, mais le plus petit événement étant provoqué à plusieurs
reprises, il devient important en ce qui me concerne. C'est mon interprétation,
c'est notre interprétation de ça.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. C'est l'interprétation du projet de loi.
M. Poëti : Exactement.
C'est ce que j'ai dit, notre interprétation du projet de loi.
Mme Léger :
Est-ce que ce mot-là, «important», porterait à confusion ou porterait à
interprétation, qui ferait que ce serait
vu peut-être pas comme une lacune importante? Parce qu'il y a le mot
«important». L'enlever, quel problème ça aurait de l'enlever, dans le
fond? Je vais vous le faire à l'envers, ça va être plus simple.
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Oui. En fait, le mot «important», ce qu'il vient dire,
c'est qu'il ne faut pas que ce soient des petites lacunes, il faut que ce soit quelque chose qui est répété de
façon importante. Parce qu'on comprend que, quand l'AMP va désigner un organisme pour aller faire sa
gestion contractuelle, elle va pouvoir aller jusqu'à la résiliation d'un
contrat en cours avec les conséquences que ça
emporte. Il faut voir qu'il y a une gradation, à l'intérieur de la loi, je
vous l'expliquais un petit peu hier, il y a ces pouvoirs d'intervention. Ça
fait deux fois qu'elle intervient puis qu'elle pense qu'il y a des lacunes répétées qui ne sont pas importantes — on va le voir plus tard, quand on va être
rendus à 29 — bien, elle peut recommander à un organisme
public d'être accompagné d'un autre organisme public. Il y a une série de recommandations qu'elle peut faire, déjà, pour
régler des petites choses avant d'arriver à la gestion contractuelle qui,
elle, ça fait que l'ensemble de la situation fait qu'il y a des lacunes
importantes.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Poëti :
Il faut rappeler que c'est un organisme de surveillance, là. Je veux dire,
c'est sa base même, c'est sa motivation
même, c'est sa mission, là. Je ne crois pas, on est convaincus que l'AMP ne
fera pas d'analyse sémantique sur le terme «important». Si c'est
justifié, ils vont le faire.
Mme Léger : Et ça peut
être contestable quand même par un organisme ou une municipalité, le...
Mme Léger :
Ils peuvent-u aller devant les tribunaux, un organisme ou une municipalité qui
est en désaccord?
Le Président (M. Bernier) : Mme Arav.
Mme Arav (Carole) : Il y aurait
les recours judiciaires comme révision judiciaire, etc., là. Mais il n'y a pas de recours à ça, là, c'est sans appel. Je la mets
en gestion contractuelle, puis elle prend des décisions, puis c'est sans
appel. On ne peut pas... On n'a pas de
palier supplémentaire. Ça fait qu'à moins de prouver qu'il y a quelque chose de manifestement déraisonnable, donc d'aller en révision
judiciaire, il n'y a rien à faire. Puis ça, les tribunaux, ils disent toujours
qu'ils ne se mettent pas à la place de l'organisme, et il faut vraiment que la
décision prise par l'organisme soit manifestement déraisonnable.
M. Poëti : Ça
n'exclut pas les recours civils, mais le travail de l'AMP va être bien encadré
sur le plan législatif.
Mme Léger :
Dans l'autre paragraphe qui suit : «Le gouvernement ou l'autorité, selon
le cas, détermine les conditions et les
modalités...» J'apprécie qu'on puisse mettre «ou», c'était une préoccupation
que j'avais, mais vous avez ajouté «selon le cas». Alors, ce qui
détermine, «selon le cas»... C'est quoi, «selon le cas»?
M. Poëti :
«Selon le cas», c'est soit l'autorité ou le gouvernement. C'est ce que ça veut
dire.
Mme Léger :
Ah! O.K. Pas dans le sens «selon le cas»...
M. Poëti :
Non, soit l'autorité ou le gouvernement.
Mme Léger : Est-ce
que ça prête à interprétation, la
manière qu'il est dit, que vous l'avez dit ainsi? Moi, je l'ai
interprété différemment, là. Alors, si moi, j'interprète différemment, il va y
en avoir d'autres.
M. Poëti :
Bien, c'est parce que, dans la ligne qui le précède : «Le gouvernement ou
l'autorité, selon le cas», c'est pris ensemble, là. Je comprends que
vous en avez eu un questionnement, mais, en le relisant une autre fois,
là : «Le gouvernement ou l'autorité,
selon le cas, détermine...» Peut-être que c'est la façon de le dire, mais il
est assez clair, là, donc : «Le gouvernement ou l'autorité, selon
le cas, détermine les conditions...» Je ne crois pas que ça porte...
Mme Léger : Le
gouvernement ou l'autorité détermine les conditions. Pourquoi vous avez ajouté
«selon le cas», d'abord?
M. Poëti : En fait, le débat ici de l'explication, c'est un
ou l'autre. Alors, c'est selon le cas. C'est soit l'autorité soit le gouvernement, mais c'est un ou l'autre, c'est selon le cas, ça
ne peut pas être les deux, là. Là, il y aurait peut-être une possibilité de confusion, en
disant lequel... On pourrait laisser entendre que c'est soit le gouvernement ou c'est l'autorité. Là, on dit «selon le cas».
Mme Léger :
J'y reviendrai.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. Bien, à mon tour de saluer l'effort. Je vois que, sur
le fond, l'amendement répond aux préoccupations.
Mais,
comme ma collègue, moi, je vais m'interroger sur le paragraphe où on dit, dans le fond, que, pour que
l'AMP puisse procéder à une vérification de
la gestion contractuelle, il faut d'abord et avant tout qu'il y ait eu une
plainte. Donc, de sa propre autorité,
l'autorité, elle ne peut pas le faire, parce qu'on dit qu'il faut que le
paragraphe 1° ou le paragraphe 1.1° s'applique. Et, au paragraphe 1°, on examine le processus,
blablabla, à la suite d'une communication de renseignements effectuée en vertu du
chapitre VI, donc il
faut qu'il y ait quelqu'un quelque part qui ait levé un drapeau rouge. Puis
1.1°, c'est la même chose, là, donc, on
examine l'exécution d'un contrat à la suite d'une intervention ou d'une
communication d'un renseignement. Donc, ce
que je comprends, c'est que, de sa propre autorité, l'AMP ne pourrait pas
dire : Bon, bien, moi, je m'en vais chez vous puis je vais vérifier
la gestion contractuelle, si tant est que cette gestion-là n'a pas fait l'objet
d'une communication, d'un signalement, d'une plainte.
M. Poëti :
Pas nécessairement comme vous le dites, je dirais non à ce que vous venez
d'affirmer. Maintenant, j'explique la
nuance, c'est que l'autorité peut, de son propre chef, désigner, mais
évidemment il faut qu'elle ait constaté ou qu'elle ait connaissance d'une situation qui va provoquer chez elle une
désignation. Ce qu'on veut faire par ça, c'est un peu la protéger de
pressions extérieures, là, tu sais, sur... tout d'un coup quelqu'un dit quelque
chose qui n'est basé sur absolument rien, là, ou selon eux bien important, mais
on n'a aucun motif. Je pense que l'autorité, on lui donne le pouvoir de le faire d'elle-même, mais il faut que
ça arrive. Il faut qu'elle ait cette connaissance-là, là. On veut juste
la protéger d'une pression indue, là, qui viendrait de je ne sais où.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député.
Caire :
Non, bien, je vais laisser madame peut-être répondre directement.
Le Président
(M. Bernier) : Mme Arav, avez-vous...
M. Poëti :
Allez-y. Je veux que vous entendiez ce que j'entends.
Caire :
Oui, allez-y. On est en famille, là.
Le Président (M. Bernier) :
Allez-y.
Mme Arav (Carole) :
Il faut voir la structure. C'est-à-dire que, d'elle-même, elle peut intervenir
en tout temps. Donc, on dit :
Avant qu'elle aille en gestion contractuelle, l'important, c'est qu'elle ait constaté
qu'il y avait quelque chose qui
nécessitait la gestion contractuelle. Donc, si elle voit quelque chose qui
mérite son intervention, elle va aller faire des interventions auprès d'une organisation. Au cours d'interventions, elle
peut se rendre compte qu'il y a quelque chose de plus important et de
plus grave, et là dire qu'elle va s'en aller en gestion contractuelle. Donc, ce
n'est pas d'enlever des pouvoirs à l'AMP, mais c'est vraiment de la mettre à
l'abri de pressions extérieures ou de...
Caire :
Si elle est dans l'application... Excusez-moi de vous interrompre. Allez-y, je
m'excuse.
Mme Arav
(Carole) : Non, j'ai terminé.
Caire :
Donc, si elle est dans l'application de son pouvoir en vertu de
l'alinéa 1° et que, dans le processus d'adjudication,
elle se rend compte qu'il y a peut-être un autre problème sur la gestion
contractuelle, ce que vous me dites, c'est que ça, ça pourrait
représenter une communication ou ça pourrait correspondre aux éléments de
l'article 1 qui l'autorise à faire une vérification de gestion
contractuelle plus large.
Mme Arav
(Carole) : Si elle arrive à constater qu'il y a des manquements
répétés dans le cadre de sa vérification, elle pourrait s'en aller...
Caire :
La communication ou le renseignement obtenu par l'AMP ne doit pas
nécessairement être communiqué par un tiers.
M. Poëti :
Ni d'une plainte.
Caire : Ni d'une plainte. Donc, l'AMP, dans le cadre de son
travail, qui aurait connaissance de... ça, ça répond aux exigences des
alinéas en question.
Caire :
O.K. Évidemment, on comprend qu'elle ne va pas à la pêche, là. Ça, ce
principe-là, je le comprends, là.
M. Poëti :
On se rejoint.
Caire : Mais il y a un élément significatif qui l'amène à
lancer une vérification de la gestion contractuelle, et ça, ça peut être
de l'interne, de sa propre initiative, de sa propre action, je vais le dire
comme ça.
Caire :
O.K. C'est bon.
M. Poëti :
En fait, on vient de lui donner, là, suite, évidemment, à des commentaires, des
discussions qu'on a eues... puis on permet maintenant que ça puisse être
possible.
Caire : O.K. Moi aussi, j'ai accroché sur la notion de
«répétés» et «importantes», mais je vais commencer par «répétés», parce qu'«importantes» vous
avez donné une amorce de réponse. Un complément d'information, parce qu'il y a des affaires qui me chicotent. Pourquoi est-ce qu'il faut amener la notion de répétition? Pourquoi est-ce que
le fait de constater qu'il y aurait
manquement au cadre normatif... Puis ça revient un peu dans l'élément... ça
revient un peu à ce qu'on
se disait. Si, dans le cadre d'une
vérification d'adjudication de contrat, je constate qu'il y a un manquement
aussi dans la gestion contractuelle, est-ce que ce ne serait pas une base
suffisante pour dire : Bien, je vais aller voir, justement, si ça, ce n'est pas un manquement répété?
Comprenez-vous ce que je veux dire? C'est que, là, j'ai un élément qui me
dit : Woups! il y a quelque chose qui ne marche pas. Ce n'est peut-être
pas grave, c'est peut-être grave, je vais aller voir.
M. Poëti :
Mais, si c'est un manquement...
Caire :
Mais, juste pour compléter...
M. Poëti :
O.K., allez-y. Je pensais que vous aviez fini, excusez.
Caire :
Parce que j'aborde aussi la notion d'«importantes». Puis le ministre, comme
ancien policier, sait que des fois on a
juste un petit élément, puis on tire un fil, puis on dit : Bon, bien, tu
sais, c'était juste un petit fil, ce n'est pas grave, mais des fois on découd le gilet, là. Alors, est-ce que le fait
d'amener la notion d'«importantes» et de «répétés» ne va justement pas lui enlever cette possibilité-là
d'aller faire juste une petite vérification rapide puis dire : Non,
finalement, ce n'était pas si important que ça?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti :
Ce n'est pas notre interprétation et ce n'est pas notre intention non plus par
cette loi-là. Un manquement mineur, appelons-le comme ça, en soi, peut
être géré.
Caire : Si je peux
me permettre, M. le ministre, est-ce qu'on pourrait juste ne pas le qualifier?
Parlons de manquement, pas mineur, pas majeur, juste un manquement. Je ne sais
pas s'il me suit dans mon raisonnement.
M. Poëti : Oui, mais pourquoi
j'avais souligné «mineur», juste pour finir mon idée, c'est qu'un manquement
mineur ne requiert peut-être pas l'intervention de l'Autorité des marchés
publics, mais un petit manquement mineur répété
100 fois, un peu comme la députée l'a souligné, là, on peut comprendre la
mauvaise foi ou une intention de la part d'une entreprise ou d'un organisme, de dire : C'est répété. Alors,
on ne met pas de balise sur en deçà de l'importance de ceci, mais on met une balise sur... L'AMP ne va
pas intervenir sur des manquements mineurs qui peuvent être corrigés à
même l'entreprise, qui peuvent être corrigés à même d'autres paliers
d'encadrement normatif. Maintenant, s'il est répété à l'infini, même s'il est
mineur, bien là on pourrait penser à de la mauvaise foi, et là l'autorité
pourrait le faire.
Caire :
Mais moi, je suis tout à fait le raisonnement du ministre puis je suis
entièrement d'accord que l'AMP... si
le manquement est mineur. On s'entend qu'on ne met pas en place une AMP pour
corriger des problèmes de virgule, là. Ça,
je l'entends. Le questionnement que j'ai, c'est qu'en mettant cette balise-là,
qu'il faudra interpréter nécessairement, sur, un, la répétition et, deux, le degré d'importance, pourquoi est-ce qu'on
ne dit... Là, j'ai l'impression qu'il faudrait travailler en amont.
Avant de dire que c'est répété, avant de dire que c'est important, il faut
toujours bien aller voir. Et là j'ai l'impression,
puis corrigez-moi si je me trompe, là, je n'ai pas de problème, j'ai
l'impression qu'on va devoir s'enfarger à dire : Bon, bien est-ce que c'est répété, est-ce que c'est
important? Là, il va falloir qualifier l'importance du manquement,
commencer à dire : Bien, ça, c'est-u un manquement?
Puis
j'entends là-dedans qu'il y a une notion qu'il faut faire confiance puis il
faut s'en remettre au jugement de l'AMP.
Bien, justement, pourquoi ne pas enlever ces balises-là et laisser l'AMP
dire : Je ne sais pas si c'est répétitif, je ne sais pas si c'est important, je sais juste que
moi, je pense que je devrais aller voir, puis, vérification faite, un, ce n'est
pas répétitif, deux, ce n'est pas important,
trois, ça peut être corrigé par un tiers? Et j'ai l'impression qu'on est en
train de mettre comme une espèce de barrière à l'entrée qui n'est pas
absolument nécessaire puis sur laquelle, éventuellement... Bon, l'univers juridique étant ce qu'il est, il y a
certainement des gens à quelque part qui vont dire : Bien, écoutez, l'AMP,
vous n'avez pas à vous en mêler, ce n'est
pas répétitif, ce n'est pas important puis... Pourquoi ne juste pas enlever ça
et laisser l'AMP juger, faire confiance à l'AMP puis laisser l'AMP juger
de la nécessité de son intervention ou non?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti : Bien, en
fait, c'est exactement ce qu'on veut. Et l'autorité peut... elle a la totale
discrétion de faire ce qu'elle veut, elle a
cette discrétion-là. Et, dans un cas où c'est juste un petit fil, comme vous le
soulignez, pour garder la caricature,
elle peut faire une intervention volontaire. Donc, l'AMP peut faire une
intervention. Elle-même peut aller voir une situation dans un organisme
de son propre chef. Alors, on l'encadre sur le volet de le faire, on est... à
l'article 50, apparemment, qu'on va
pouvoir le définir, vous allez le comprendre davantage, mais de son propre chef
peut le faire. On ne la limite pas, là. Au contraire, on lui a donné un
peu plus de dents.
En plus, on
dit : Lorsqu'elle va le faire de son propre chef, elle va le publier sur
son site Internet, en plus, ce qu'elle a fait. Alors, tu sais, non seulement on ne veut pas cacher, mais on veut
placer la transparence à la tête de nos intentions dans ça.
Donc, on ne limite d'aucune façon. Elle a la
totale discrétion, capacité d'intervenir pour un petit ou un grand manquement. Maintenant, ce qu'on veut, ce n'est
pas répondre à toutes les petites choses, là, parce qu'il y a des
petites choses. Mais, maintenant, qu'une
petite chose peut devenir une grande, on l'a soumis, et je ne veux pas le
répéter, à ce moment-là on interviendrait.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Caire :
Puis je viens de jeter un coup d'oeil à l'article 50, effectivement. Ceci
étant dit, je comprends l'intention du
ministre, puis on est à la même place. Puis, sans vouloir ergoter sur les mots,
mais, je veux dire, le législateur ne parle pas pour ne rien dire, M. le Président. Je pense que ce n'est pas à vous que
je vais enseigner ça. Il n'en demeure pas moins que, si moi, je suis un organisme X, je lis la loi
puis je dis à l'AMP : Bien, écoutez, non, non, vous ne venez pas vérifier
notre gestion contractuelle, parce que, oui,
vous nous avez dit, il se passe telle affaire, mais ce n'est pas répétitif puis
ce n'est pas important, donc, techniquement, vous ne pouvez pas nous
désigner comme organisme à être vérifié. Puis là l'AMP va... Bien, oui, O.K., je suis obligé d'admettre que je n'ai pas
constaté de caractère répétitif et/ou que le manquement n'est pas si
grave que ça. Donc là, on se met à quantifier les choses.
Mais, vous
savez, M. le Président, là, en tout cas, je suis convaincu que, dans la mesure
où l'intention est de laisser justement
l'AMP travailler puis se faire son propre jugement, ces deux mots-là
n'apportent rien comme outil à l'AMP. Si ça se trouve, ça pourrait même apporter des outils à ceux qui ne veulent
pas que l'AMP vienne mettre son nez dans leurs affaires. Moi, je pense qu'on devrait les enlever. S'ils ne sont pas là,
ils ne sont certainement pas limitatifs et restrictifs pour l'AMP, puis en les maintenant là, bien, moi, je
pense au contraire qu'on donne des outils à ceux qui voudraient pouvoir limiter l'action de l'AMP. Et les enlever, dans le
fond, c'est un geste, dire à l'AMP : Bien, on vous fait confiance
puis on va vous laisser travailler.
M. le Président, j'aurais un amendement à
déposer.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va être un sous-amendement, M. le député.
Caire : Un
sous-amendement, pardon.
Le Président (M. Bernier) :
Avant de présenter votre sous-amendement, avez-vous un commentaire?
M. Poëti : Oui. En fait,
je pense qu'on dit presque la même chose mais de façon différente. La députée
de Pointe-aux-Trembles va être contente que je recite la commission
Charbonneau, mais, dans ce cas-ci, je veux juste quand même le dire,
puis ce n'est pas négatif, là...
Mme Léger : Ce n'est pas
dit à la légère.
M. Poëti :
Effectivement. Mais c'est vous qui m'aviez un petit peu ouvert le chemin avec...
Alors, S outenir
et intervenir de façon graduelle , c'est une recommandation :
«L'essentiel du mandat de
l'AMP, responsable de l'intégrité des
marchés publics, consisterait à jouer un rôle de surveillant et
d'accompagnateur des DOP. Pour plusieurs d'entre eux, il suffirait
d'offrir un soutien pour assurer la maîtrise de leur activité contractuelle.
Dans d'autres cas, lorsque l'organisation n'arrive pas, pour diverses raisons, à démontrer le plein contrôle de
ses opérations, des mesures plus
sévères devraient être envisagées. En d'autres termes, l'AMP devrait pouvoir
intervenir de façon graduelle auprès des DOP dont les processus de passation des
marchés publics comportent des failles ou lorsque le marché public dans
lequel ils passent un contrat montre des indices de malversation.»
Alors, je pense
qu'on est pas mal en lien avec ça. Je vais prendre votre proposition de sous-amendement. Nous
avions l'intention de répondre à votre demande.
Le volet d'«importantes», je
pense que peut-être... je ne peux pas dire une inquiétude,
mais on va juste s'assurer que l'AMP puisse en tout temps faire toujours
son travail. Et, au moindre questionnement
qui n'est pas un questionnement de fond mais qui pourrait être un questionnement
interne de correction, ce n'est pas à l'AMP nécessairement de devoir le faire.
Mais on va recevoir votre amendement.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, d'accord pour une proposition de sous-amendement, M. le député de La Peltrie.
Faites-en lecture.
Caire : Oui. Alors,
à l'article 20, modifier le premier alinéa du deuxième paragraphe par la
suppression des mots «répétés» et «importantes».
Président (M. Bernier) : Merci. Je vais suspendre quelques instants pour qu'on puisse faire les
photocopies.
(Suspension de la séance à 12 h 17)
Le Président (M. Bernier) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, nous en étions à un sous-amendement présenté
par le député de La Peltrie à l'amendement déposé par le ministre. Commentaires
sur votre proposition de sous-amendement, M. le député de La Peltrie?
Caire : Oui, bien,
bref commentaire, M. le Président, parce que je ne veux pas faire indûment du
temps puis je pense que le ministre a
compris l'essentiel de mon propos. Je considère qu'il n'y a pas de désavantage
à retirer ces mots-là. Donc, sur
l'esprit de l'article 20, je considère que la notion de répétition
et d'importance amène une
possibilité de limiter la capacité de l'AMP
à faire son travail. De les retirer n'oblige pas l'AMP ou n'amène pas l'AMP sur
des chemins où l'AMP ne devrait pas
aller. C'est simplement une question aussi de faire confiance à l'organisme.
Donc, moi, je pense que l'article 20 ne serait pas loin d'être
parfait si on enlevait ces deux mots-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Poëti : Mais en fait c'est que la plaidoirie qui est
faite ici, c'est que 50, là, répond clairement à ça, là, O.K.? Mais la raison pour laquelle on tient à garder «importantes» et
«répétés», c'est que l'encadrement d'une gestion contractuelle pour une entreprise ou un organisme, c'est l'activité
probablement la plus importante, là. La conséquence est grave, mais je
dis juste que la gestion contractuelle... Alors, l'AMP ne pourrait pas se
retrouver sur une base permanente de gestion contractuelle
pour des manquements que peut-être j'exprime mal en disant mineurs ou corrects. Ils
peuvent se corriger d'une autre
façon. Une gestion contractuelle d'une entreprise, d'un ministère, c'est majeur, là, et on ne veut pas et on
ne croit pas que l'AMP devrait répondre à
tous ces manquements-là qui ne sont pas des manquements d'ordre
d'importance ou répétés.
Alors,
je vous demande juste votre collaboration dans le sens où 50... Puis peut-être
on pourrait regarder 50, mais 50
répond à ça, cette préoccupation-là. Et ce pourquoi les juristes veulent absolument
garder «répétés» et «importantes» : parce qu'ils ouvrent la porte
à, à mon avis, une mauvaise interprétation peut-être de certaines personnes ou
de gens, qui diraient : Bien là, l'AMP
ne veut pas le faire. Ce n'est pas qu'elle ne veut pas le faire, c'est que
c'est un manquement mineur qui peut être encadré
d'une autre façon. Mais une gestion contractuelle est l'exercice le plus
exigeant, et le faire pour une situation
comme celle-là, bien, souvent, il y a d'autres exemples où on a pris des moyens
énormes pour un petit, petit problème
ou on a un problème important puis on n'a pas les moyens. Dans ce cas-ci, un
problème important, on a les moyens,
mais, pour un petit problème, l'AMP ne devrait pas faire de gestion
contractuelle globale de l'entreprise ou du ministère. C'est ce que les juristes veulent et ce pourquoi ils m'ont
convaincu de pouvoir garder ces termes-là. Mais je veux vous rassurer qu'ils ne vont pas limiter l'AMP à
être capable de travailler... Au contraire, on a ajouté, avec vos propositions...
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire : J'admets tout à fait que l'ensemble de l'article a
augmenté les possibilités de l'AMP, là, je ne suis pas à nier ça, au contraire. J'ai regardé 50, puis
justement 50 amène une balise sur les capacités de l'AMP à agir. Je redis
que le fait de retirer ces mots-là n'amène
pas une obligation à l'AMP de faire quelque chose, elle donne la possibilité à
l'AMP de faire quelque chose. Moi, je pense
que ce qu'on est en train de faire, puis je sais que le ministre est à la même
place que moi, là, c'est extrêmement
important. Et on devrait toujours réfléchir, comme législateurs, toujours dans
le cadre du gros bon sens puis du
raisonnable, à donner le plus de possibilités possible — de possibilités possible, wow! — de possibilités à l'organisme de faire son travail et de se
dire : On met en place un organisme de surveillance. Faisons-lui confiance
pour la suite des choses, de la même façon
qu'on va faire confiance à la Vérificatrice générale, de la même façon qu'on va
faire confiance au Protecteur du citoyen, où on va dire : Bon, bien,
écoutez, comme on a fait dans le cas de 87... Dans le cas de 87, c'était justement le leitmotiv, de dire : Bien, écoutez,
on donne un mandat au Protecteur du citoyen, et il faut lui donner
le maximum de latitude possible de réaliser son mandat.
là je comprends la balise, je comprends l'objectif
de la balise, ceci étant, mais il n'en demeure pas moins qu'elle est limitative. Et, à l'inverse, on pourrait effectivement dire : Bon, bien, l'AMP a cette balise-là de caractère répétitif
et important qui va faire en sorte qu'on ne pourra pas la lancer sur toutes
sortes de pistes toutes plus farfelues les unes que les autres. Puis je l'entends, ça. Mais, à l'inverse, à l'inverse,
si l'AMP se dit d'elle-même : Écoutez, moi, j'aurais envie d'aller voir ce qui se passe là, mais il n'y a
pas de caractère répétitif, puis je ne suis pas capable de quantifier ou de
qualifier l'importance... et là c'est là où je me dis : Bon, bien, je suis
un peu limité.
Donc, je vais arrêter
là, M. le Président.
M. Poëti :
Exactement sur la fin de ce que vous venez de dire, si elle voulait le faire,
c'est 50 qui lui donne la possibilité de le faire. Moi, je recevrais votre amendement
et le sous-amendement si ça limitait, exactement comme vous
le dites, l'autorité à pouvoir agir, mais 50
lui donne complètement la capacité de décider d'elle-même
d'y aller. Écoutez, moi, nous avons voulu faire un pas. On a été à
l'écoute de vos préoccupations. On a tenté d'y répondre au maximum. Les
juristes... Et je prends le terme parce que c'est important, parce que le
risque que ça nous pose, c'est des critiques importantes
de l'extérieur qui pourraient venir sous-entendre que l'autorité ne peut pas le
faire ou ne veut pas le faire. Ce n'est pas vrai. La loi lui permet de
le faire dans 50, c'est très explicite. C'est malheureusement le plus loin que
je pourrais aller.
Le Président
(M. Bernier) : Parfait. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Oui, M.
le Président. Je suis en accord avec
le sous-amendement que le collègue de La Peltrie
apporte parce que j'avais cette question-là tout à l'heure. Il a rajouté le mot
«répétés», effectivement. Mais je vais y aller de l'autre côté pour mieux saisir, là, parce que
pourquoi craindre... Tout à l'heure, on parlait d'une situation mineure... Parce
d'inscrire «répétés» et «importantes», à
mon avis aussi, c'est comme freiner
l'AMP. Là, on écoute les explications du ministre. Il dit : S'il y avait une situation mineure, il
ne faut pas que l'AMP commence à
gérer le petit quotidien de la vie courante.
Je comprends, mais pourquoi craindre qu'elle fasse ça? De son
propre chef, elle ne le fera pas parce
qu'elle a la marge de manoeuvre pour faire ou ne pas faire, alors elle
ne le fera pas. Elle peut, mais elle ne doit pas. Ça fait que l'important, c'est qu'elle peut, lui donner la
possibilité du «peut». Puis, si je le prends à l'inverse, qu'est-ce que
l'AMP ne peut pas faire? Je veux avoir la réponse,
l'inverse, parce que, là, on lui dit qu'est-ce qu'elle peut faire, mais, dans
le contexte qu'on est là, dans le
même contexte, elle ne peut pas faire n'importe quoi, elle, non plus, là.
Restons dans le contexte, là. Mais qu'est-ce qu'elle ne pourrait pas
faire, qu'on lui empêcherait de faire, dans le fond? Est-ce qu'elle est
limitée?
M. Poëti :
Elle ne peut pas faire rien qui n'est pas là. C'est le projet de loi. Elle est
guidée par le projet de loi, l'AMP,
et 50 lui donne des pouvoirs sur une base d'initiative, elle-même, de faire ça.
C'est pour ça que je ne me sens pas complètement
mal à l'aise de devoir refuser votre amendement parce que ça lui donne ce
pouvoir-là, à 50, qui est clair. Elle
peut le faire. Mais ce qui pourrait arriver, par exemple, c'est se faire
reprocher de ne pas le faire, mais elle a le droit de le faire. Donc, on met, à mon avis, en péril un
peu l'AMP sur toutes sortes d'attaques externes qui pourtant ne seraient
pas justifiées, et là, bien, basé sur un
projet de loi, soyons le plus clairs possible. Moi, je réitère ça et ce sera
mon commentaire. Si elle était
limitée pour pouvoir agir et n'aurait pas la capacité elle-même d'initier des
vérifications, je vous suis. Elle a cette capacité-là. On a tenté au
mieux de répondre à votre amendement.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
O.K. Je vais reprendre. Qu'est-ce que les mots «répétés» et «importantes» lui
empêcheraient de faire, d'abord?
Qu'est-ce qui lui empêcherait de faire... Parce qu'en ajoutant, en ayant ces
mots-là, là, qu'est-ce que l'AMP ne pourrait pas faire?
M. Poëti :
Mais c'est ce qu'on a dit tantôt, je voulais être sûr qu'on avait bien compris,
c'est ce qu'on a dit tantôt. En fait, c'est que, s'il s'agit d'un manquement
mineur... Vous l'avez souligné, votre exemple était bon, d'un manquement mineur
qui ne regarde pas l'AMP nécessairement, là.
Mme Léger : Mais si
l'AMP veut le faire, donc, je ne lui donne pas la possibilité, dans le fond.
Mme Léger : O.K. Vous
répondez toujours par le 50. On va aller...
M. Poëti : Bien, c'est parce que c'est la réponse. Ce
n'est pas parce que je veux m'en servir, ce n'est pas un
joker, là, ou un as, là, mais c'est 50. C'est pour ça que je le sors, parce que
lui me permet de faire ça.
Le Président (M. Bernier) : Ce
n'est pas votre carte frimée.
M. Poëti : Exact. Non,
mais elle est bonne à votre réponse, 50... à votre question.
Mme Léger : Est-ce
que le 50 va... Je comprends que vous m'envoyez au 50, je
comprends, là, mais ça fait que, dans le fond, le 50... Vous
dites que le 50 va répondre aux préoccupations qu'on peut avoir, mais, dans le 50, on ne
parle que d'un processus. Alors, est-ce que ça comprend tout ce qu'on dit, là?
M. Poëti : Pas de limite
à 50. Puis il y a un amendement pour l'exécution qui s'en vient aussi.
Mme Léger : O.K. Puis la
gestion?
Une voix : Non, 50, ce n'est
pas la gestion.
Mme Léger : Ça fait que c'est
juste celui-là pour la gestion.
M. Poëti : Oui, exact.
On est en affaires, Mme la députée.
Mme Léger : O.K. On
arrête là. On ne peut pas...
Président (M. Bernier) :
Est-ce qu'il y a d'autres
questionnements sur le sous-amendement? Non. Est-ce que le
sous-amendement proposé par... Oui?
Mme Léger : Vote
nominal.
Président (M. Bernier) :
Vote nominal. Vote nominal sur la
proposition de sous-amendement. M. le secrétaire, la parole est à vous.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Le Secrétaire : M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys)?
Le Secrétaire : Mme de
Santis (Bourassa-Sauvé)?
Le Secrétaire :
M. Girard (Trois-Rivières)?
M. Poëti :
M. Girard (Trois-Rivières) est contre.
Le Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
Le Secrétaire : M. Huot
(Vanier-Les Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?
Le Secrétaire :
M. Bernier (Montmorency)?
Le Président
(M. Bernier) : Abstention.
Le Secrétaire :
C'est rejeté.
Président (M. Bernier) : Donc, le sous-amendement est rejeté.
Nous revenons à l'étude de l'amendement à l'article 20 tel que déposé par le ministre. Autres commentaires
sur l'amendement déposé par le ministre à l'article 20? Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles?
Mme Léger :
Ça me va, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Ça vous va. M. le député de La Peltrie, ça
vous va? Est-ce que l'amendement à l'article 20 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 20 tel
qu'amendé. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
L'article 20 tel qu'amendé. C'est l'amendement du... oui, O.K. On ne l'a
peut-être pas tout vu, là, le trois, là, excusez-moi, on va regarder le
trois, là.
Président (M. Bernier) : Là, on a adopté l'amendement à
l'article 20, donc maintenant nous en sommes aux discussions sur
l'article 20 tel qu'amendé. Ça va?
Président (M. Bernier) : M. le député de La Peltrie, ça va?
Est-ce que l'article 20, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. Donc, l'article 20, tel qu'amendé,
est adopté. Nous en sommes donc maintenant à l'article 21.
M. Poëti :
M. le Président, concernant l'article 21, nous avions déposé un
amendement. On aimerait pouvoir le retirer et en déposer un autre.
Le Président
(M. Bernier) : Je vous en prie. Il n'a jamais été présenté...
M. Poëti :
...précédent de 20.
Le Président
(M. Bernier) : Monsieur... Si vous voulez m'écouter, M. le
ministre.
Donc,
l'amendement à l'article 21 antérieur n'a jamais été présenté. Donc, pour
moi, ce que vous allez présenter, c'est un amendement à
l'article 21. D'accord?
M. Poëti :
Parfait. Parce qu'on avait... O.K.
Le Président
(M. Bernier) : Donc, je vais suspendre quelques instants pour en
faire la distribution.
(Suspension de la séance à
12 h 34)
Président (M. Bernier) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, nous en étions à l'article 21, et vous déposez un amendement qui vient modifier en totalité l'article 21.
Donc, je vous invite à présenter votre
article 21 amendé.
M. Poëti : Merci,
M. le Président. Donc, à 21 :
«L'autorité peut vérifier l'application de la présente loi. Elle peut en outre vérifier si le processus d'adjudication
ou d'attribution d'un contrat public, si l'exécution d'un contrat public
ou si la gestion contractuelle d'un organisme
public visé au paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 20
s'effectue conformément au cadre normatif auquel l'organisme public
concerné est assujetti.»
Aux commentaires :
Cet amendement vise à permettre à l'Autorité des marchés publics de vérifier également
l'ensemble de l'application de la loi ainsi que l'exécution d'un contrat. Le
pouvoir de vérifier l'ensemble de l'application de la loi pourra notamment être utilisé pour
constater l'exercice de représailles prévu aux articles 47, 55 du projet de loi et s'assurer du respect des
ordonnances que l'autorité rendra en vertu de l'article 27.
Président (M. Bernier) :
Merci. Donc, sur l'article 21 tel
qu'amendé, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Bien là, la
différence que je vois avec l'amendement précédent, qui aurait pu être déposé, que
le gouvernement n'avait pas déposé, mais qu'on avait eu vent de... On se
comprend?
Le Président (M.
Bernier) : On se comprend.
Léger : On se
comprend. Là, avec ce nouvel amendement là qui nous est déposé... ou l'amendement qui nous est déposé, vous rajoutez «désigné par le gouvernement». C'est ça, la différence. Alors, je veux savoir pourquoi
qu'on doit ajouter ça. Il ne peut pas le faire par lui-même?
M. Poëti :
On l'enlève. On ne l'ajoute pas, M. le Président, je crois qu'on l'enlève.
Mme Léger :
Ah oui! O.K. Bon, bien là, ça vient de répondre.
M. Poëti :
Pas de problème.
Léger : Ça vient de
répondre. C'est remplacer l'article 21 du projet de loi par le suivant.
Je n'ai peut-être pas le bon,
là. Ah! c'est l'ancien. O.K. Alors, voilà, je comprends très bien. Excusez-moi.
Merci, je comprends.
Le Président (M.
Bernier) : Ça vous va?
Mme Léger :
Moi, j'avais comme quoi qu'on ajoutait celui-là dans mes mains. Ça va. On
n'avait pas le bon.
Le Président (M.
Bernier) : O.K. M. le député de La Peltrie, ça va? Est-ce que l'amendement
à l'article 21 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 21, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
L'article 22.
Poëti : Alors, M. le Président, l'article 22 : «L'organisme
public visé par une vérification doit, sur demande de l'autorité, lui
transmettre ou autrement mettre à sa disposition dans le délai qu'elle indique
tout document et tout renseignement jugés nécessaires pour procéder à la vérification.»
commentaires :
L'article 22 du projet de loi confère à l'Autorité des
marchés publics le pouvoir d'exiger d'un organisme public qu'il lui
fournisse tout document et tout renseignement qu'elle considère nécessaires
pour effectuer sa vérification.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : «Dans le délai qu'elle indique». Donc, l'Autorité des
marchés décide du délai. C'est aujourd'hui, c'est aujourd'hui. Dans une
semaine, c'est dans une semaine.
M. Poëti :
Exactement, Mme la députée.
Léger : Est-ce qu'il y a d'autres situations qui ne sont pas de
la vérification? C'est vraiment... Parce que, là, l'article 22 est en fonction de... c'est
«visé par une vérification». Donc, vérification, c'est l'ensemble de l'oeuvre,
de ce que je comprends.
M. Poëti :
Oui. Elle peut tout vérifier.
Léger : Dans le comité de suivi de la commission Charbonneau,
ils indiquaient... dans les auditions, les consultations, ils disaient
que, dans le cadre de... il n'y avait pas la situation de veille, c'était...
Parce que, là, ce n'est vraiment que quand on fait une vérification, mais
est-ce que ça inclut aussi, s'ils voulaient faire une veille de...
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
M. Poëti :
Il y a un amendement qui va venir un peu plus loin, sur le volet, 30.2, d'une
veille, c'est un peu plus loin, qui couvre la veille.
Mme Léger : Qui va couvrir la
veille. O.K. Parce que, de ce que disaient... Donnez à l'AMP des pouvoirs spécifiques pour obtenir des informations dans le
cadre de son mandat de veille, car l'article 22 ne vise que le cadre
de la vérification. C'était ce qu'ils nous disaient.
M. Poëti : ...vient un peu
plus loin.
Mme Léger : O.K. Ça va.
M. Poëti : On suit encore...
on s'inspire encore de la recommandation Charbonneau.
Le Président (M. Bernier) :
Ça va? Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire :
Bien, juste peut-être une petite question, parce que moi aussi, j'ai un peu
tiqué sur les délais qu'elle indique. Donc, c'est l'AMP qui va dire à
l'organisme : Tu me donnes tel, tel, tel document puis tu as
24 heures pour me les donner?
M. Poëti : Exactement.
Caire : Est-ce que
ce n'est pas un peu excessif, là? Je veux juste... Est-ce qu'on ne pourrait pas
parler de délai raisonnable?
M. Poëti : Vous me surprenez
un peu...
Caire : Oui. Non,
je sais, mais c'est parce que, là, je me mets à la place de l'organisme qui se
fait dire : Tu as 24 heures pour
faire ça, puis qui dit : Bien, je n'ai pas le personnel, je n'ai pas les...
on est en fin de semaine, on est... Je
ne sais pas, là, j'essaie juste de voir... C'est parce que ne pas respecter un
délai de l'AMP, on s'entend que ça risque d'avoir des conséquences.
M. Poëti : Oui, mais il y a
des raisons à ça, puis Mme Arav va vous les donner.
Caire : O.K. Je
vous écoute.
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Bien, entre autres, elle peut faire des vérifications pour
le processus d'adjudication, donc pendant
les processus d'appels d'offres, où elle peut annuler des appels d'offres. Les
appels d'offres sont publiés pendant des
périodes de 15 à 30 jours. Ça fait qu'il y a des délais, on va le voir,
lors des cas... des plaintes, etc. Les délais sont très courts, donc on
ne peut pas laisser un délai raisonnable.
M. Poëti : Bien, il sera
toujours raisonnable mais compte tenu des circonstances.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député, ça vous va? O.K. Est-ce que l'article 22 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Article 23. M. le ministre.
M. Poëti :
Alors, M. le Président, l'article 23 : «Dans le cadre d'une
vérification, toute personne autorisée peut :
«1° pénétrer,
à toute heure raisonnable, dans l'établissement d'un organisme public ou dans
tout autre lieu dans lequel peuvent être détenus des documents ou des
renseignements pertinents;
«2° utiliser tout ordinateur, tout matériel ou
tout autre équipement se trouvant sur les lieux pour accéder à des données contenues dans un appareil électronique,
un système informatique ou un autre support ou pour vérifier, examiner,
traiter, copier ou imprimer de telles données;
«3° exiger
des personnes présentes tout renseignement pertinent ainsi que la production de
tout livre, registre, compte, contrat, dossier ou autre document s'y
rapportant et en tirer copie.
«Toute personne qui a la garde, la possession
ou le contrôle des documents visés au présent
article doit en donner
communication à la personne qui effectue une vérification et lui en faciliter
l'examen.»
Le Président (M.
Bernier) : Merci.
Poëti : Aux commentaires :
L'article 23 détermine les
pouvoirs dont dispose un vérificateur de l'Autorité des marchés publics lorsqu'il effectue une
vérification sur place. Ces pouvoirs lui permettent principalement d'entrer
dans tout lieu, d'utiliser, sur ces lieux, tout matériel électronique contenant
des données pertinentes à la vérification et d'exiger
de toute personne présente la communication de documents, de renseignements
pertinents pour en tirer copie. Le vérificateur
ne peut donc pas prendre possession de documents ou d'équipements présents sur
les lieux de la vérification.
pouvoirs prévus à l'article 23 sont similaires à ceux que détiennent
habituellement les personnes chargées d'effectuer des vérifications. Le
vérificateur serait soit un membre du personnel de l'autorité, soit un tiers
autorisé conformément à l'article 26 du projet de loi.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Oui. M. le Président, j'ai vu cet article-là dans
d'autres projets de loi, dans d'autres lois. Il a parlé du Vérificateur général. Quel autre type de loi?
Est-ce qu'il a une liste qui peut nous dire d'autres lois qui ont la même
écriture?
Poëti : Bien sûr.
Loi sur l'AMF,
loi sur le lobbyisme, Loi du
MTQ et la loi de l'UPAC. Je peux vous donner le numéro de l'article ou
vous envoyer une copie de cette page-là qui est...
Président (M. Bernier) : Vous voulez faire des photocopies?
Tous les parlementaires vont recevoir une copie de cet article, on va le
déposer au niveau du secrétariat.
Léger : Est-ce que tous ces organismes-là c'est le même, même
libellé ou il y a des ajustements qui ont dû être faits pour l'AMP?
Poëti : En fait, oui, c'est la même chose, selon le contexte de
l'AMP, là il faut ajuster, AMP, mais oui, c'est le même libellé, à
l'exception, évidemment, du terme de l'AMP par rapport aux autres organismes.
Mme Léger :
Quand vous dites, dans le premier paragraphe, «pénétrer, à toute heure
raisonnable, dans l'établissement d'un
organisme public ou dans tout autre lieu», le «tout autre lieu», c'est quoi?
Est-ce que «tout autre lieu» peut être un sous-contractant?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Poëti : En fait, ceci répond à ce qu'on ne sait pas,
c'est-à-dire que tout autre lieu, au départ, qu'on ne savait pas ou qu'on n'avait pas, qui nous amène à penser,
avec des motifs, de dire qu'il y a d'autres
ordinateurs dans un bâtiment avoisinant, dans un étage différent, dans
un bureau qui n'était pas dans ceux prévus à la base. Donc, on ne veut pas
limiter l'AMP à être capable d'intervenir dans un autre local relié, évidemment,
au travail de l'AMP.
Léger : Donc, dans le fond, il laisse l'espace nécessaire, dépendant du type de dossier, dépendant du
type de vérification qu'elle doit faire, d'aller ailleurs. Donc, ça lui laisse
l'espace, ce qui est bien aussi.
M. Poëti :
Exactement.
Mme Léger :
O.K. Ça va.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, M. le Président. Pour ma compréhension, parce que, là, le ministre
nous dit que... Ce que je comprends,
c'est que cet article-là, il est standard par rapport à d'autres lois
sur d'autres vérificateurs, l'UPAC.
Donc, législativement, ça a passé le test,
parce que, par exemple, si on parle d'un cabinet d'avocats qui serait protégé
par le secret professionnel dans le cadre d'une négociation avec...
j'imagine qu'il y a quand même les garanties de protection nécessaires pour...
Poëti : Oui, bien sûr, pour répondre à votre question, ça
n'exclurait pas des poursuites éventuelles, mais je dis juste que, dans
la loi... elle est faite comme ça, puis ça a été éprouvé.
Caire :
C'est beau.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Quelqu'un qui refuserait, j'imagine qu'il y a des sanctions. Peut-être qu'on le
voit plus loin, mais on fait quoi avec ça, là?
M. Poëti :
On le voit plus loin, je vais vous donner l'article. 26.1.
Le Président (M.
Bernier) : On approche.
M. Poëti :
Puis il y a un amendement à 26.1 qu'on vous a déjà... C'est un nouvel article.
Mme Léger :
Ça fait que, donc, il y aurait des sanctions. O.K.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? Est-ce que l'article 23 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) :
Article 24.
M. Poëti :
Merci, M. le Président.
L'article 24 : «La personne autorisée à
effectuer une vérification doit, sur demande, s'identifier et, le cas échéant,
exhiber le document attestant son autorisation.»
Aux commentaires :
Compte tenu des pouvoirs dont est investi le vérificateur, celui-ci doit avoir
en main le document attestant qu'il est
autorisé à effectuer une vérification.
L'article 24 du projet de loi
prévoit que, sur demande, le vérificateur
doit s'identifier puis montrer son autorisation. Tel que mentionné dans les
commentaires de l'article 23, le vérificateur sera soit un membre
du personnel de l'Autorité des marchés publics, soit un tiers autorisé
conformément à l'article 26 du projet de loi.
Le Président (M.
Bernier) : Mme la députée.
Mme Léger :
C'est un
article assez clair, là.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va?
Mme Léger :
C'est correct.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 24 est adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté.
L'article 25. M. le
ministre. Je sais que vous aurez un amendement, mais on va débuter avec
l'article 25. Par la suite, vous proposerez votre amendement.
M. Poëti :
M. le Président, est-ce que vous nous permettriez de retirer l'amendement et...
Président (M. Bernier) : ...pas encore déposé, donc vous pouvez...
On va vous fournir une copie d'un nouvel amendement.
Poëti : Oui, je sais. C'est parce que moi, je vous l'avais
donné, c'est ça, j'ai la même réponse que tantôt. Mais que ça se
reproduise, je ne le dirai plus. Mais je pense que c'est bon que vous le
sachiez.
Le Président (M.
Bernier) : Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 49)
Président (M. Bernier) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, si vous voulez nous présenter l'article 25
et par la suite nous présenter votre amendement, M. le ministre, avec
les commentaires.
M. Poëti :
Alors, l'article 25, M. le Président : «L'autorité peut faire enquête
pour s'assurer que la gestion contractuelle
d'un organisme public visé au paragraphe 2° de l'article 20
s'effectue conformément au cadre normatif auquel cet organisme est
assujetti.
«L'autorité
est alors investie des pouvoirs et de l'immunité des commissaires nommés en
vertu de la
Loi sur les commissions d'enquête (chapitre C-37), sauf du
pouvoir d'ordonner l'emprisonnement.»
Commentaires :
L'article 25
du projet de loi prévoit que l'Autorité des marchés publics peut également
faire une enquête pour s'assurer que la gestion contractuelle du ministère des
Transports ou d'un autre organisme public désigné par le gouvernement respecte
le cadre normatif.
Le deuxième aliéna précise que, lorsqu'une
enquête est effectuée, les enquêteurs disposent des pouvoirs et de l'immunité dont sont investis les commissaires
nommées en vertu de la
Loi sur les commissions d'enquête, abstraction
faite du pouvoir d'emprisonnement.
Les pouvoirs
d'enquête visés au deuxième alinéa comprennent le pouvoir de contrainte des
personnes à témoigner et à produire
des documents. De tels pouvoirs ne peuvent être exercés lors d'une
vérification. L'enquêteur sera soit un membre du personnel de
l'autorité, soit un tiers autorisé conformément à l'article 26 du projet
de loi.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
L'amendement.
M. Poëti : L'amendement.
Donc, l'amendement de l'article 25 :
L'article 25 du projet de
loi est modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa et
après «paragraphe 2°», de «du premier alinéa»;
2° par l'insertion, après le premier alinéa, du
suivant :
«L'autorité
peut également faire enquête sur la commission d'une infraction prévue aux
articles 26.1 et 57.1.»;
3° par le remplacement,
dans le deuxième alinéa, de «L'autorité est alors investie » par «Pour
les fins du premier alinéa, l'autorité est investie».
Aux commentaires : La première modification
est une mesure de concordance découlant des changements apportés à l'article 20
du projet de loi.
La deuxième
modification confère à l'autorité le pouvoir d'enquêter en matière pénale pour
démontrer qu'une infraction d'entrave
ou de représailles a été commise. Précisons que des amendements seront
présentés pour introduire des dispositions pénales à cet égard.
La troisième
modification limite l'exercice des pouvoirs et de l'immunité des enquêteurs que
confère la
Loi sur les commissions
d'enquête aux seules enquêtes administratives effectuées en vertu du premier
alinéa. En effet, la Cour Suprême du
Canada a établi en 2002, dans l'arrêt Jarvis, que lorsqu'une enquête avait pour
but d'établir la responsabilité pénale d'un administré, un certain
nombre de protections constitutionnelles en matière de perquisition, et
d'atteinte à la liberté, et à la sécurité de
la personne s'appliquaient, dont celle empêchant que l'administré de même que
les tiers soient contraints de
produire des documents pour les besoins de l'enquête, sauf sur obtention d'un
mandat judiciaire. Puisque la
Loi sur les commissions d'enquête confère
des pouvoirs de contrainte, ces pouvoirs ne peuvent être utilisés que dans le
cadre d'enquêtes administratives, soit les enquêtes visées au premier alinéa de
l'article 25.
«L'autorité peut faire enquête pour s'assurer
que la gestion contractuelle d'un organisme public visé au paragraphe 2°
du premier alinéa de l'article 20 s'effectue conformément au cadre
normatif auquel cet organisme est assujetti.
«L'autorité peut également faire enquête sur la
commission d'une infraction prévue aux articles 26.1 et 57,1.
«Pour les
fins du premier alinéa, l'autorité est investie des pouvoirs et de l'immunité
des commissaires nommés en vertu de la
Loi sur les commissions d'enquête
(chapitre C-37), sauf du pouvoir d'ordonner l'emprisonnement.»
Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles sur l'amendement à l'article 25 et l'article 25,
selon votre...
Mme Léger : Bien,
dans le fond, c'est de la concordance. Ça détermine vraiment le pouvoir
d'enquête, là, et puis il y a des sanctions, les références au 57, entre
autres, qui est là. Ça fait que je pense que c'est bien.
Mais il y avait un groupe qui est venu nous dire
que ce n'est pas clair, la définition du cadre normatif. Alors, qu'est-ce que
c'est... La notion de cadre normatif, est-ce qu'on le définit quelque part ou
on prend pour acquis que tout le monde sait ce que c'est, un cadre normatif?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre, Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Oui. En fait, le cadre normatif, c'est toute loi,
règlement, directive, politique qui s'applique à la gestion
contractuelle. C'est vraiment l'ensemble.
Mme Léger : Est-ce qu'on
le définit quelque part? Est-ce qu'on le dit quelque part dans le projet de
loi?
Mme Arav (Carole) : Non.
Mme Léger : Parce qu'il
revient tout le temps et souvent.
Mme Arav
(Carole) : C'est un terme usuel, là. Quand on parle du cadre normatif
c'est vraiment l'ensemble, là.
Mme Léger :
On prend pour acquis qu'on sait ce que c'est, un cadre normatif, mais est-ce
qu'il y a d'autres types de loi qui l'expriment?
Le Président (M. Bernier) : ...de
quelle façon on traite ce sujet dans d'autres lois?
Mme Arav (Carole) :
Bien, en fait, c'est que, quand on écrit, ça réfère vraiment à l'ensemble de ce
qui gouverne, en fait qui oblige
quelqu'un de faire quelque chose. Ce cadre-là n'est pas le même en matière
contractuelle puis il n'est pas non
plus le même en matière de contractuel pour les organismes et ministères qu'il
l'est pour le milieu municipal, et là la loi va viser les deux.
Alors,
les lois, règlements, directives, politiques qui régissent le milieu municipal
et les lois, règlements, directives, politiques qui régissent le milieu
des organismes publics et des réseaux de la santé et de l'éducation ne sont pas
les mêmes. Ça fait que, dans le fond, quand
on parle de cadre normatif, on réfère à l'ensemble des obligations légales
qu'a quelqu'un de faire quelque chose.
Mme Léger :
Pourquoi qu'on n'a pas tenu bon de le définir dans le projet de loi?
M. Poëti :
La réponse, bien, elle est peut-être simple, mais c'est le sens usuel du terme.
Bienvenue avec nos juristes, mais
l'idée, c'est qu'ils ont le bon mot pour la bonne chose. Donc, eux autres, ils
disent, dans le sens usuel du terme, ça répond exactement à ce que vous dites. Mais je sais que c'est plus
judicieux... c'est plus juridique dans le vocabulaire.
Mme Léger :
Oui, c'est ça. Je vérifierai puis on... de mon côté pour voir si on ne peut pas
l'améliorer à ce niveau-là, mais le reste est correct.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci. Peut-être un simple commentaire de procédure,
M. le Président. Là, on étudie l'article 25, qui fait référence à l'article 26.1, qui n'existe pas,
et donc, là, on présume que les parlementaires vont adopter
l'amendement, là. Donc, procéduralement, je
pense qu'il aurait été plus logique de commencer par voir si on acceptait un
article
qui n'existe pas avant d'adopter un
article qui y fait référence, là.
Mais là je les regarde... puis je le dis en tout respect, mais j'ai regardé
26.1, je n'ai pas d'objection, mais ça ne demeure pas moins qu'on présume qu'on
va adopter l'amendement à l'article 26.
Le Président
(M. Bernier) : On peut statuer sur le sujet. Par contre, on peut
suspendre 25 puis revenir à 26.
Caire : Non, non, je comprends. Je veux juste... Tu sais,
peut-être qu'une prochaine fois on aurait été mieux de faire
l'article 26 puis s'assurer que les parlementaires l'adoptent.
Le Président
(M. Bernier) : Je ne fais que présider, je ne rédige pas les...
Caire :
J'en suis tout à fait conscient, mais je voulais juste faire ce commentaire-là,
tout à fait respectueusement.
M. Poëti :
On en tient compte, M. le Président. En fait...
Caire :
Ceci étant, je n'ai pas de commentaire sur l'article 25. Ça me paraît
correct.
Le Président
(M. Bernier) : C'est bien. Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 25 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Est-ce que l'article 25, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. Merci.
Donc,
si on regarde l'heure, je vous remercie de votre collaboration, et, compte tenu
de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où
elle poursuivra son mandat. Je suspends.
(Suspension de la séance à
12 h 59)
Président (M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des finances publiques reprend ses
travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 108, Loi favorisant la surveillance des contrats des organismes publics
et instituant l'Autorité des marchés publics.
Lors
de la suspension de nos travaux cet avant-midi, nous en étions à discuter
l'article 26, pour lequel je demande au ministre de bien vouloir nous le présenter et nous en
faire la lecture. Et il y aura, bien sûr, un amendement qui sera également
déposé en regard de l'article 26.
M. Poëti : Exact. Exact, M. le Président. Donc,
l'article 26 : «L'autorité peut, par écrit, confier à une personne qui n'est pas membre de son personnel et qui
remplit les conditions prévues aux paragraphes 1° et 2° de
l'article 5 le mandat de conduire une vérification. À cette fin,
elle peut déléguer à cette personne l'exercice de ses pouvoirs.
«L'autorité peut également aux mêmes conditions
confier à une telle personne le mandat de conduire une enquête. Cette personne
est alors investie des pouvoirs et de l'immunité visés au deuxième alinéa de
l'article 25.»
commentaires :
L'article 26 du projet de loi prévoit que l'Autorité des marchés publics peut confier à un tiers le mandat d'effectuer une vérification ou une
enquête. Une telle personne devra toutefois être de bonnes moeurs et ne pas avoir été
déclarée coupable d'une infraction criminelle ou d'une infraction prévue dans
l'une ou l'autre des lois visées à l'article 183
du Code criminel. Le tiers qui se voit ainsi conférer un mandat de vérification
ou d'enquête pourra exercer les mêmes pouvoirs que ce projet de loi
confère à l'autorité.
Le Président (M. Bernier) :
L'amendement.
M. Poëti :
L'amendement. Alors, à l'amendement, l'article 26 : Remplacer la deuxième phrase du
deuxième alinéa de l'article 26 du projet de loi par la
suivante :
«Lorsqu'il
s'agit d'une enquête visée au premier alinéa de l'article 25, cette
personne est alors investie des pouvoirs et de l'immunité visés au
troisième alinéa de cet article.»
commentaires : La modification proposée est de concordance avec celles
effectuées à l'article 25 du projet de loi. En effet,
puisque les membres du personnel de l'autorité chargés de faire des enquêtes ne
peuvent utiliser les pouvoirs de contrainte que leur confère la
Loi sur
les commissions d'enquête que dans le cadre d'enquêtes administratives, les
enquêteurs de l'autorité qui ne sont pas des membres du personnel doivent être
soumis aux mêmes limitations.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
Donc, sur l'amendement et sur l'article 26, Mme
la députée de Pointe-aux-Trembles. Bon après-midi, madame.
Mme Léger : Oui, merci,
M. le Président. Bien, l'article,
dans le fond, confère à l'autorité qu'elle peut
déléguer à une autre personne l'exercice de ses pouvoirs. Cette autre personne
peut être qui, cette autre personne?
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav ou M. le ministre.
M. Poëti : Bien, des
enquêteurs privés, en fait, qui pourraient se joindre à l'équipe, du renfort,
dans certains cas, des experts.
Mme Léger : Donc, ça n'a pas rapport nécessairement avec désigner une autre personne à l'intérieur de l'AMP telle quelle. Parce qu'à un moment donné
on disait qu'il y avait des pouvoirs qu'on était... les gens qui
seraient à l'AMP, il y en aurait qui auraient des pouvoirs plus
particuliers parce que c'est des spécialisations, mais là on est plutôt des
personnes en dehors de l'AMP, de ce que je comprends. C'est à l'extérieur de
l'AMP, dans le fond.
M. Poëti : En fait, des firmes externes occasionnelles qui
pourraient venir aider dans un dossier, précisément, où on a des
besoins, qui sont investies de ces pouvoirs-là sur une base temporaire durant
un dossier.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée.
Mme Léger : Donc, tous
les pouvoirs qu'elle a d'une enquête, des articles précédents, elle peut
déléguer ce pouvoir-là à cette personne-là, c'est ce qu'on comprend, à une
tierce personne.
M. Poëti : Oui, exact,
une tierce personne dans le cadre d'une enquête que l'AMP va guider, va mener.
Le Président (M. Bernier) : Ça
va? M. le député de La Peltrie, ça va?
Caire : Tout va
bien, M. le Président, oui.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 26 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'article 26, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Adopté.
Vous avez un amendement introduisant l'article 26.1. M. le ministre.
M. Poëti : Bien sûr.
Alors, la lecture de 26.1 : Ajouter, après l'article 26 du projet de
loi, le suivant :
«26.1. Commet une infraction et est passible
d'une amende de 4 000 $ à 20 000 $ :
quiconque entrave ou tente d'entraver l'action d'une personne qui effectue une
vérification ou une enquête, refuse
de fournir un renseignement ou un document qu'il doit transmettre ou de le
rendre disponible ou encore cache ou détruit un document utile à une
vérification ou à une enquête;
quiconque, par un acte ou une omission, aide une personne à commettre une
infraction prévue au paragraphe 1°;
«3° quiconque, par un encouragement, un conseil,
un consentement, une autorisation ou un ordre, amène une personne à commettre
une infraction prévue au paragraphe 1°.
«En cas de récidive, l'amende est portée au double.»
commentaires : L'Autorité des marchés publics sera notamment appelée à
effectuer des vérifications dans le cadre
du traitement des plaintes qui lui seront formulées et des renseignements qui
lui seront communiqués. Or, aucune disposition
pénale n'est prévue à l'égard d'une personne qui entraverait le travail de
l'autorité ou aiderait ou inciterait une personne à entraver le travail de l'autorité. La modification proposée
vise à ajouter des infractions pénales pour couvrir ces comportements.
La Loi
concernant la lutte contre la corruption, à l'article 14.1 et 14.2, ainsi
que la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes publics, articles 34 et 35, prévoient de telles
infractions.
Président (M. Bernier) : Merci. Sur l'article 26.1, madame...
sur l'amendement qui introduit l'article 26.1.
Mme Léger :
Oui. Quand on parle de «quiconque», est-ce que «quiconque» peut être une personne, un organisme, une personne
morale? Est-ce que ça comprend tout ça?
M. Poëti : Ma
compréhension, c'est l'ensemble de l'oeuvre. C'est ce que vous avez dit, ça
comprend tout.
Mme Léger : O.K. Et puis là, quand c'est de 4 000 $ à 20 000 $, bon, ce
chiffre-là, est-ce que c'est juste pour l'AMP qu'on a ça ou on fait
référence à d'autres types de
loi sur les autres instances qu'on a déjà
nommées?
M. Poëti : Exactement
ça, c'est en concordance avec les autres lois complètement.
Mme Léger : Est-ce
qu'il y a une différence... Est-ce que c'est l'AMP qui décidera entre
4 000 $ et 20 000 $? Si c'est un organisme ou une personne morale, ce n'est peut-être pas
4 000 $. Entre une personne et une personne morale ou un
organisme, il y a une différence, à mon avis.
Le Président (M. Bernier) : Une
personne physique puis une personne morale.
M. Poëti :
Oui, bien, en fait, souvent, la façon dont ça procède, une première fois on est
souvent au minimum, puis, dépendamment
de la gradation ou de la répétition, il y a des augmentations dans les amendes
qui peuvent être données.
Mme Léger :
Et, dans le premier paragraphe, on met «ou de le rendre disponible ou encore
cache ou détruit un document». S'il
le falsifie, d'autres types que juste «cache ou détruit», est-ce que ça
comprend tout dans ça? Si on falsifie, mettons, un document.
M. Poëti :
Pour moi, par ma définition, il entre dans «entraver», falsifier rentre dans
«entraver». Si vous faites un geste qui est autre chose, même, c'est
«entraver»...
Mme Léger :
O.K. Puis, en cas de récidive, l'amende est portée au double?
En cas de trois
fois... Qu'est-ce qui se passe quand ça ne finit pas, là?
M. Poëti : ...chantier
de construction. Non, c'est une joke. Mais...
Mme Léger : Si ça ne
finit pas, là, qu'est-ce qu'on fait avec, quand c'est recommencé une troisième
fois?
Le Président (M. Bernier) : On
le met en faillite.
Mme Léger : Non, mais à
un moment donné...
M. Poëti : Bien, ça va
être double tout le temps, jusqu'au maximum. Mais là, si on double le maximum...
M. Poëti :
Non, ce n'est pas grave, là. Blessez-vous pas, monsieur, là. Alors, c'est des
montants élevés, ça ébranle même nos gens ici.
Des voix : Ha,
ha, ha!
M. Poëti :
Non, mais, c'est ça, ça va aller au double, puis ensuite on va aller au maximum
de l'amende. Là, ça commence à être sérieux, là, 20 000 $ au
double.
M. Poëti :
On me dit aussi qu'au niveau municipal, s'il y avait trop d'infractions qui se
répéteraient, on pourrait mettre en tutelle l'organisme ou le...
Mme Léger : Parce que
c'est dans les organismes publics. O.K.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de La Peltrie, ça vous va? Est-ce que l'article 26.1, tel que...
l'amendement qui introduit l'article 26.1 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Adopté. Nous en sommes donc à l'article 27, et pour lequel aussi vous avez
un amendement.
M. Poëti :
Oui, M. le Président. Donc, je vais vous lire l'article 27 : «Au terme d'une vérification ou d'une
enquête, l'autorité peut :
«1° ordonner
à l'organisme public de modifier, à la satisfaction de l'autorité, ses
documents d'appel d'offres public ou
d'annuler l'appel d'offres public lorsqu'elle est d'avis que les conditions de
l'appel d'offres n'assurent pas un traitement intègre et équitable des
concurrents, ne permettent pas à des concurrents d'y participer bien qu'ils soient
qualifiés pour répondre aux besoins exprimés ou ne sont pas autrement conformes
au cadre normatif;
«2° ordonner
à l'organisme public de ne pas donner suite à son intention de conclure de gré
à gré un contrat public lorsqu'elle
est d'avis qu'un plaignant ayant manifesté son intérêt est en mesure de
réaliser ce contrat selon les besoins et les obligations énoncés dans
l'avis d'intention, l'organisme devant alors recourir à l'appel d'offres public
s'il entend conclure ce contrat;
«3° ordonner à l'organisme public de recourir à
un vérificateur de processus indépendant pour les processus d'adjudication
qu'elle indique;
«4° désigner
une personne indépendante pour agir à
titre de membre d'un comité de sélection
pour l'adjudication d'un contrat public qu'elle indique;
«5° ordonner
à l'organisme public, malgré l'interdiction de divulguer des renseignements
relatifs à l'identité d'un membre
d'un comité de sélection prévue au paragraphe 2° du premier alinéa de
l'article 58.1 de la
Loi sur les contrats des organismes publics, qu'il lui transmette, pour
approbation, la composition des comités de sélection pour les processus
d'adjudication qu'elle indique;
lorsqu'elle exerce les fonctions qui lui sont dévolues en application du
paragraphe 2° de l'article 20, suspendre, pour la durée qu'elle fixe, l'exécution de tout
contrat public ou résilier un tel contrat si elle est d'avis que la gravité
des manquements constatés au regard de la gestion contractuelle justifie la
suspension ou la résiliation.
«Lorsque l'autorité rend une ordonnance, elle la
rend publique sur son site Internet. Lorsqu'il s'agit d'une ordonnance rendue en vertu des paragraphes 1°
et 2° du premier alinéa, elle requiert de l'exploitant du système
électronique d'appel d'offres qu'il y inscrive sans délai une mention décrivant
sommairement cette ordonnance.»
commentaires : La sous-section 2 de la deuxième
section du
chapitre III précise les pouvoirs que l'Autorité des marchés
publics peut exercer au terme d'une vérification d'une enquête. Ces pouvoirs
peuvent, selon le cas, prendre la forme d'ordonnances ou de recommandations.
Le Président (M. Bernier) :
L'amendement.
M. Poëti : L'amendement : Modifier
l'article 27 du projet de loi par le remplacement de ce qui suit le
paragraphe 4° du premier alinéa par ce qui suit :
«5° ordonner,
malgré toute interdiction de divulguer des renseignements relatifs à l'identité
d'un membre d'un comité de sélection ou permettant d'identifier ce
membre comme tel, que l'organisme public lui transmette, pour approbation, la
composition des comités de sélection pour les processus d'adjudication qu'elle
indique;
lorsqu'elle exerce les fonctions qui lui sont dévolues en application du
paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 20, suspendre, pour la durée qu'elle fixe, l'exécution de
tout contrat public ou résilier un tel contrat si elle est d'avis que la
gravité des manquements constatés au regard de la gestion contractuelle
justifie la suspension ou la résiliation.
«Les décisions de l'autorité sont publiques et
elle doit les rendre disponibles sur son site Internet. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'une décision rendue en vertu du
paragraphe 4° du premier alinéa, l'identité de la personne désignée
pour agir à
titre de membre d'un comité de sélection ne doit pas être
divulguée.
«De plus, à
la suite d'une décision rendue en vertu des paragraphes 1° ou 2° du
premier alinéa, l'autorité requiert de l'exploitant
du système électronique d'appel d'offres qu'il y inscrive, sans délai, une
mention décrivant
sommairement cette décision.
«Malgré le premier alinéa, lorsque la
vérification ou l'enquête concerne un organisme municipal, toute
décision de l'autorité prend la forme d'une recommandation au conseil de
l'organisme.»
commentaires : Compte tenu que les pouvoirs des organismes municipaux sont
exercés par un conseil composé d'élus, cet
amendement vise principalement à préciser que, lorsque l'autorité agit auprès
de ces organismes, sa décision se
traduit par une recommandation faite au conseil de celui-ci plutôt que par une
ordonnance — dernier
alinéa de la modification proposée.
En outre, les
modifications apportées au paragraphe 5° permettent que l'autorité puisse
recommander à un organisme municipal de lui transmettre
la composition d'un comité de sélection, et ce, malgré l'interdiction de
divulguer des renseignements relatifs à l'identité d'un membre d'un comité de
sélection contenue dans diverses lois municipales.
plus, les modifications proposées visent à assurer la confidentialité de
l'identité des membres de comités de sélection que l'autorité pourrait
désigner ou recommander de désigner en vertu du paragraphe 4° du premier
alinéa.
Président (M. Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles,
sur l'amendement et l'article, donc, discussion globale.
Mme Léger :
Oui, bien, c'est quand même un gros article, M. le Président, là.
Président (M. Bernier) : Oui, c'est un gros article, Mme la
députée, je suis parfaitement d'accord avec vous.
Mme Léger :
D'abord, le comité de suivi de la commission Charbonneau disait que le début de
l'article 27, où on dit «au
terme d'une vérification ou d'une enquête»... le comité proposait plutôt
«lorsqu'une situation le requiert». Alors, pourquoi on n'a pas répondu
au comité de suivi sur leur recommandation?
M. Poëti :
On va vous répondre. Elle va le commenter.
Le Président
(M. Bernier) : Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Alors, dans le fond, l'autorité, elle agit par vérification
ou enquête. Alors, quand on lui soumet
une situation ou que d'elle-même elle intervient, elle fait nécessairement soit
une vérification soit une enquête, et c'est à la suite de ça qu'elle
peut arriver avec des ordonnances ou des recommandations.
Mme Léger :
Ça fait qu'en fin de compte, une vérification, c'est une situation qui le
requiert?
Mme Arav
(Carole) : Oui.
Mme Léger :
On peut en conclure ça. O.K. Je comprends, je comprends.
Dans
la dernière partie, lorsque l'autorité rend une ordonnance... Parce que
l'article donne à l'AMP d'ordonner, de
résilier, tout ça, donc lui donne ces pouvoirs-là qui sont importants qu'elle
puisse avoir. «Lorsque l'autorité rend une ordonnance, elle la rend publique sur son site Internet», etc. «...elle
requiert de l'exploitant du système électronique d'appel d'offres qu'il y inscrive sans délai une mention
décrivant
sommairement cette ordonnance.» Alors, si elle ne le fait pas,
qu'est-ce qui se passe, l'AMP? C'est-u le
Conseil du trésor qui s'occupe à vérifier ça? Je vous ramène un peu à la
question de ce matin, là.
Mme Arav
(Carole) : En fait, le premier paragraphe vise les cadres de
soumission, ça fait que les ordonnances vont probablement résulter en un changement de délai pour les
soumissionnaires de pouvoir déposer leur soumission, ça fait qu'automatiquement ça va être inscrit dans le
SEAO, le SEAO qui est le système électronique d'appel d'offres du
gouvernement. Peut-être vous en avez entendu parler.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
Mme Léger : Si l'AMP est en défaut de le faire, bien, ça s'en
va, j'imagine, au Secrétariat du
Conseil du trésor.
Mme Arav
(Carole) : Bien, nous, on
fait toujours de la veille sur ce qui se passe sur le SEAO, évidemment,
là, pour s'assurer que tout est suivi correctement et fait correctement. Ça
fait qu'on va continuer à le faire à cet égard-là.
Mme Léger : Vous comprenez
que ma question au sous-ministre, hein, vous comprenez dans quelle atmosphère que...
M. Poëti :
Je me mets à votre place quelques secondes, mais la bonne nouvelle de la
réponse de ce matin, c'est qu'il y a,
premièrement, des vérifications internes de commandées, actuellement, je n'utilise pas le terme «enquête», là, mais c'est vraiment des vérifications administratives
urgentes, et des changements vont être apportés rapidement. Je ne suis
pas mal à l'aise de dire...
Mme Léger : Vous êtes en train de me dire que vous m'avez
donné une bonne réponse ce matin, c'est ça que vous êtes en train de me
dire?
M. Poëti : Bien, votre question
était excellente, alors ça prenait une réponse.
Mme Léger : On peut être un peu en désaccord quand même,
M. le Président, ce n'est pas grave. Mais j'avais...
Le Président (M. Bernier) :
Mme la députée...
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci,
M. le Président. Au paragraphe 6°, on
dit que l'autorité, bon, dans l'application du paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 20,
peut suspendre, pour la durée qu'elle fixe, l'exécution de tout contrat public
ou le résilier, si un tel contrat...
résilier le contrat si, bon, elle pense qu'il y a eu des manquements
graves, mais, au niveau de l'exécution du contrat, est-ce qu'il y a un délai? Je vous donne un exemple. Est-ce qu'on
pourrait arriver en plein milieu du chantier Turcot puis dire : Oh! il y a
des manquements, on arrête tout ça, puis là on... Vous comprenez ce que je veux
dire? Quelquefois, l'exécution d'un
contrat requiert qu'on avance quand
même... Puis là je prends Turcot
comme exemple, mais je pourrais prendre
la réparation d'un viaduc qui est endommagé, une situation d'urgence qui
nécessite que... Bon, vous allez me dire : Les situations d'urgence, peut-être pas, parce qu'on n'ira pas par appel d'offres, là,
mais, disons, dans le cas où on est allés
en appel d'offres, puis il faut quand même avoir une certaine célérité dans
l'exécution des contrats, on se dit : Woups! Vous avez pensé que c'était urgent, vous avez
tourné les coins ronds. Il n'y avait pas de malversation, mais vous êtes
allés peut-être un peu vite. On arrête ça,
on arrête l'exécution du contrat, O.K., sauf qu'on se ramasse avec une route
qui n'est pas praticable, un tuyau
qui est sur le bord de la route, qui demande juste... Vous comprenez? Puis je
pense que le ministre comprend ce que
je veux dire, là. Jusqu'à quel point l'Autorité des marchés publics peut aller
de l'avant avec une mesure comme celle-là puis que c'est l'intérêt
public qui va être servi?
M. Poëti : Donc, c'est
28 qui pourrait répondre à notre question, M. le député, qui n'est pas
très loin mais...
Caire : J'en
conviens. Me laissez-vous quelques secondes, que je consulte l'article 28
susmentionné?
Le Président (M. Bernier) : Pas
de problème, M. le député, allez-y.
M. Poëti : Bien sûr. On
a pris le même temps, là.
M. Poëti : Si vous permettez, M. le
Président, est-ce que
je peux... Il y a 115, également, qui donne un pouvoir au...
M. Poëti : Je m'excuse,
je n'ai pas le bon numéro. Il y a un autre
article qui donne le pouvoir au président
du Conseil du trésor d'autoriser la continuité — ce
serait 117 — des
travaux, compte tenu de la situation que vous soulevez.
Caire : Parce
que la balance des inconvénients, à un moment donné, peut être plus grande
d'arrêter le contrat. Donc, ce que vous me dites, c'est que 115 va
répondre à ça.
M. Poëti : Exact. À 117.
On me dit qu'à 117... Désolé.
Caire : 117. Bien,
je vais faire un acte de foi, M. le Président, là, pour faire...
Le Président (M. Bernier) :
Non, mais, si vous voulez le vérifier, vous pouvez le vérifier, M. le député de
La Peltrie.
Caire : Bien, O.K.,
oui, j'aimerais bien, effectivement.
Caire : Donc, le
président du Conseil du trésor pourrait dire : Nonobstant les
irrégularités constatées, on demande à
l'entité de poursuivre le contrat parce que la balance des inconvénients va
être plus grande à arrêter le chantier en plein milieu que...
M. Poëti : Tout à fait.
Caire :
O.K. Maintenant, question qui se pose à ce moment-là : Quelles sont les
autres conséquences que l'AMP pourrait
prévoir dans une telle situation? Parce qu'on comprend qu'il n'y a pas eu de
malversation, on s'entend, il y a eu
une irrégularité dans l'adjudication du contrat. L'AMP fait une vérification,
l'AMP se rend compte qu'on n'a pas suivi
le cadre normatif pour l'appel d'offres et le respect des règles. Le contrat a
été octroyé, on est à un pourcentage x de l'exécution, trop avancé, le Conseil du trésor dit : Non, là, vous
allez faire plus de mal que de bien, mais en même temps l'entreprise ou l'organisme public qui n'aura pas
suivi les règles...
M. Poëti : 29, les
pouvoirs de recommandation.
Caire : Il me fait travailler fort. O.K.
Puis essentiellement 29 va dire quoi, là? Parce que c'est quand même un
article important.
M. Poëti : Si on ne va
pas en résiliation, il y a autre chose possible.
Caire :
Résiliation, vous dites?
M. Poëti : Si on ne va
pas à la résiliation, il y a autre chose possible.
Caire : Oui, c'est
ça, c'est ce que je me demandais. Qui serait quoi? De faire en sorte que
l'entité...
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav, pouvez-vous nous renseigner?
Mme Arav
(Carole) : Bien, on peut lui
faire des recommandations, au dirigeant de l'organisme,
sur l'attribution des contrats, sur
la gestion des contrats. On peut faire une recommandation aussi que lui
soit désigné un autre organisme qui
va l'aider dans l'attribution de ses contrats futurs. Alors, il y a
toute une série de mesures, à 29, qui sont présentes avant la
résiliation d'un contrat.
Caire : O.K. Puis
est-ce qu'à ce moment-là, par exemple, le paragraphe 4° ne pourrait pas
s'appliquer automatiquement lors d'appels
d'offres subséquents? C'est-à-dire, est-ce que l'AMP ne pourrait pas dire :
Bon, bien, compte tenu des circonstances, le Conseil du trésor prend la décision de faire
poursuivre le contrat, mais nous, on pense que, pour les prochains appels d'offres, on va vous désigner
un observateur indépendant... bien, en fait, une personne indépendante
qui va faire
partie du comité? Est-ce qu'on ne pourrait pas dire que 4°
s'applique automatiquement, par exemple?
Mme Arav (Carole) : Bien, 4°
s'applique pour un contrat particulier, donc elle peut désigner, effectivement,
un membre sur le comité de sélection, un secrétaire de comité de sélection pour
un contrat. Il ne s'applique pas pour tous les contrats.
Caire : Oh! non, non, non. Bien, c'est l'essence de ma question.
Mais est-ce qu'on pourrait dire, par
exemple, que 4° s'appliquerait
automatiquement pour le prochain contrat qui serait à être donné par l'entité,
là, dire qu'on comprend qu'il n'y a
pas eu de malversation, mais vous avez mal fait les choses, ça fait qu'on va
vous envoyer un chien de garde?
Mme Arav (Carole) : Bien, pour
chacun des contrats, par contrat...
Caire : Mais pas
pour tout.
Mme Arav (Carole) : Oui, c'est
ça, pour un, oui.
Caire : Non, non, mais je ne dis pas de façon permanente,
mais je dis : Est-ce que l'AMP pourrait dire, par exemple,
de façon automatique : Compte tenu du contexte, on va continuer la poursuite du
contrat, mais le prochain contrat, on va désigner une personne
indépendante qui fera
partie du comité, mais que ce soit une application
automatique?
M. Poëti : On me dit
qu'on pourrait avoir une ordonnance pour faire ça.
Caire : O.K.
Parfait. J'imagine que, bien, dans le cas où le contrat n'a pas été démarré,
c'est les mêmes dispositions qui s'appliquent, le président du Conseil du
trésor pourrait dire : Je vais quand
même autoriser l'adjudication du contrat. Parce que, là, on dit : Bien là,
le contrat a été démarré, puis il y a une balance des inconvénients, là. Mais,
dans le cas où le contrat n'a pas été octroyé... ou est-ce qu'à ce moment-là il
est obligé de retourner en appel d'offres?
M. Poëti : Non. Moi, je pense que c'est la première avenue
qui s'applique, celle qu'on a déjà discutée, c'est-à-dire que le contrat, compte tenu des inconvénients puis de la situation qui pourrait être jugée urgente ou mauvaise, la
continuité, et après ça avoir une ordonnance pour suivre cette entreprise-là
dans un contrat éventuel suivant.
Caire : Puis, dans ces circonstances-là, est-ce que
c'est le Conseil du trésor qui a le dernier mot ou ce serait l'AMP? Est-ce que le Conseil du trésor, par exemple, pourrait dire : Nous, on évalue que la balance des
inconvénients est plus
importante à résilier le contrat qu'à le poursuivre, puis
ça, c'est sans appel, ou l'AMP pourrait dire : Non, nous, on pense...
Qui a l'autorité, entre l'AMP et le Conseil du trésor, dans une situation comme
celle-là? Qui est imputable?
M. Poëti : Dans ce
cas-ci, c'est le Conseil du trésor.
Caire : C'est le
Conseil du trésor qui a le dernier mot. O.K. C'est beau.
Président (M. Bernier) : C'est beau, M. le député de La Peltrie? Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Oui. Je reviens pour quelques
points suite aux consultations, juste comme pour répondre à... Je tiens toujours
compte quand même, tu sais, les organismes qui viennent nous
voir puis qui ont vraiment... ils mentionnent d'une façon plus particulière certaines recommandations. Puis c'est bon qu'on ait la réponse, puis ça permet de leur
répondre.
Je pense à la Corporation des entrepreneurs
généraux, qui ont dit de rajouter un 2.1° en disant :
«27.2.1° ordonner à l'organisme public
d'accepter un concurrent évincé d'un processus d'homologation, de qualification ou de sélection lorsqu'il est d'avis
qu'un plaignant ayant manifesté son intérêt est qualifié et a démontré
sa capacité de réaliser ce contrat selon les besoins et les obligations
énoncées dans le document d'appel d'offres.»
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Oui. Alors, l'AMP
a aussi les pouvoirs d'intervenir dans les processus d'homologation et
de qualification de biens. C'est l'article 59, qu'on va voir plus tard,
qui va permettre cela.
Mme Léger : Est-ce que
l'article 59 va répondre à ça exactement ou...
Mme Arav (Carole) : Bien, oui.
En fait, 59 se lit...
Mme Léger : Non, je n'ai
pas besoin d'y aller, je me fie à ce que vous allez me dire. On y reviendra,
mais...
Mme Arav (Carole) : O.K. Oui,
ça va répondre à vos préoccupations.
Mme Léger : Il y en
avait une deuxième, ils rajoutaient un septième élément :
«7° imposer
aux organismes publics des règles quant aux critères qui peuvent être utilisés
pour homologuer les produits, préqualifier ou sélectionner des candidats
aux marchés publics.»
C'est assez spécifique, là, mais ça...
Mme Arav
(Carole) : En fait, la
réponse est non. En fait, les pouvoirs de l'AMP sont de faire respecter le
pouvoir du cadre normatif, ils ne sont pas pour indiquer de nouvelles règles ou
donner de nouveaux critères.
Mme Léger : Ça fait que le cadre normatif devrait être
suffisant. Ce que vous êtes en train de me dire, c'est que le cadre normatif est suffisant. Non, ça ne me répond
pas vraiment. Vous ne trouvez pas nécessaire, dans le fond, d'imposer de
nouvelles règles.
Mme Arav
(Carole) : En fait, le
pouvoir de l'AMP, c'est de contrôler et de surveiller les règles existantes,
ce n'est pas de déterminer à la place des
organismes publics les critères et les choses qui doivent être dans leurs
appels d'offres.
Mme Léger : O.K. L'Association des constructeurs de routes et
grands travaux du Québec aimerait qu'on puisse définir les termes «gestion contractuelle» et
«manquements». La gestion contractuelle était surtout dans l'article 20,
mais «manquements» est dans celui-là... dans
le sixième paragraphe, où on dit, entre autres : «...tel contrat
si elle est d'avis que la gravité des manquements constatés...» Tout ça.
Elle trouve que le mot «manquements» serait à définir.
Mme Arav
(Carole) : Alors, le mot
«gestion contractuelle», on l'a défini un peu plus tôt quand on l'a vu. Le
mot «manquements», bien, c'est le sens usuel des termes, c'est de ne pas avoir
respecté quelque chose qui est à faire.
Mme Léger : O.K. Un
dernier élément pour les groupes.
Le Président (M. Bernier) :
Allez-y, Mme la députée.
Mme Léger : Ça vient de
TechnoMontréal particulièrement. Ils disaient : «Diffuser toute décision
ou ordonnance de l'AMP sur le site Internet de l'organisme visé, sur le site de
l'autorité ainsi que sur toute autre source d'information jugée pertinente par
l'AMP.»
Mme Arav (Carole) : En fait,
l'AMP va le faire sur son site à elle, ça fait que c'est comme ça qu'elle va
être diffusée. L'important, c'est que les
gens sachent vraiment où trouver l'information. Si on l'éparpille
un peu partout, les gens pourraient en perdre. Ça fait que, là,
l'important, c'est qu'elle, elle le diffuse correctement sur son site.
Mme Léger :
Mais cet organisme-là, s'il l'a présenté, probablement qu'il trouvait que ça ne
suffisait pas nécessairement que ce soit juste sur l'AMP. Cette
information-là, à l'AMP, vous pensez que c'est suffisant puis que, les
gens, ça les satisferait?
M. Poëti : Ça n'existait pas avant l'AMP, comme tel. Alors,
compte tenu de la création de l'AMP, le site va être évidemment
le point de référence le plus important. Si quelqu'un cherche quelque part,
inévitablement, par ma logique, il va aller sur celui de l'AMP, là.
M. Poëti : ...si on le
mettait sur un autre, sur un autre site.
Mme Léger : Dans le
SEAO, ça n'aurait pas été pertinent de le mettre en disant que cet appel
d'offres a été modifié pour telle...
M. Poëti : On me dit
qu'il va y avoir des indications, dans le SEAO, s'il y a des changements de
délai, des changements de critères, mais...
L'avis formel va être celui de l'AMP, mais le SEAO va avoir certaines informations aussi.
Mme Léger : Et ce n'est
pas l'AMP qui va lui donner? Ce n'est pas le...
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Oui. Le SEAO,
c'est le site qui permet aux soumissionnaires d'avoir l'information en temps réel sur les besoins qu'ils ont. Donc, cet
article-là prévoit que, s'il y a une ordonnance de l'AMP qui touche un
critère, qui touche un addenda, qui fait modifier un délai, bien, le
gestionnaire du SEAO va devoir indiquer ces choses-là sur le SEAO. Si l'AMP rend d'autres ordonnances, elles
n'ont pas de lien avec la mission du SEAO qui est vraiment un site d'appels d'offres, là, d'ouverture de marchés,
donc, que les gens puissent connaître les appels d'offres qui sont là et
les conditions qui sont rattachées à ces appels d'offres là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Ça va?
Le Président (M. Bernier) :
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 27 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Est-ce que l'article 27, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Article 28. M. le ministre.
M. Poëti : Merci, M. le
Président. «Une décision de l'autorité visée au paragraphe 6° du premier alinéa
de l'article 27 doit être motivée et transmise sans délai au dirigeant de
l'organisme public et au contractant visés.»
M. Poëti :
C'est ça, oui. «Une décision de l'autorité visée au paragraphe 6° du premier
alinéa de l'article 27 doit être motivée et transmise sans délai au
dirigeant de l'organisme public et au contractant visés.
«La décision
visée au premier alinéa de suspendre l'exécution d'un contrat public prend
effet à la date et pour la durée que l'autorité fixe et celle de
résilier un contrat public prend effet à la date que l'autorité fixe.»
Aux commentaires :
L'article 28 du
projet de loi prévoit que la décision de l'Autorité des marchés publics de suspendre l'exécution de tout contrat public ou
encore de résilier un tel contrat doit être motivée et transmise sans
délai tant à l'organisme public qu'à l'entreprise
partie au contrat visé.
Le deuxième alinéa de l'article 28
détermine notamment à quel moment la suspension ou la résiliation d'un contrat
prend effet.
Le Président (M. Bernier) :
Votre amendement.
M. Poëti : L'amendement,
l'article 28 : Remplacer, dans le deuxième alinéa de
l'article 28 du projet de loi, «La décision» par «Lorsqu'elle concerne un
organisme public autre qu'un organisme municipal, la décision».
commentaires : Étant donné qu'à l'égard des organismes municipaux
l'Autorité des marchés publics n'émettra que des recommandations, le
deuxième alinéa de l'article 28 du projet de loi ne peut s'appliquer à ces
organismes.
Président (M. Bernier) : Merci. Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
«Lorsqu'elle concerne un organisme public autre qu'un organisme municipal».
Qu'est-ce qui se passe avec l'organisme municipal? Il a ses propres
règles?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Oui. En fait, aux organismes municipaux, on n'a qu'un pouvoir de recommandation
mais non négligeable, là, comprenez bien ça.
Quand vous aurez une... Vous savez, la philosophie de donner davantage
d'autonomie aux villes, ils auront un appui
professionnel de haut niveau avec l'AMP qui va émettre une recommandation. À
deux égards, c'est comme ça, parce
que... Pourquoi c'est comme ça? Parce que, dans un premier temps, il y a une
responsabilité puis une imputabilité
de la ville de prendre l'action nécessaire. Et, dans un deuxième temps, sur le
plan des juristes, qui est tout à
fait, à mon avis, louable, c'est que la transaction contractuelle a eu lieu
entre la ville et le contractant. Le gouvernement n'étant pas... ou l'autorité n'étant pas un
signataire de l'entente, il faut que ce soit celui qui a fait l'entente dans le
processus contractuel qui le suspende ou décide d'appliquer notre
recommandation.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
Mme Léger :
Donc, l'autorité municipale, qui n'est pas visée là parce que c'est un... elle
a sa propre réglementation et ses
propres pouvoirs, comment elle peut suspendre l'exécution d'un contrat public
et prendre effet? C'est selon sa propre juridiction qu'elle va pouvoir
le faire, ses propres pouvoirs qu'elle va pouvoir le faire?
M. Poëti :
Basé sur la recommandation de l'AMP. Alors là, ils sont, si vous me permettez
l'expression, sur le plan technique,
vraiment bien appuyés par des spécialistes qui disent : À la lumière de ce
qu'on a fait comme enquête, comme
vérification, on vous recommande de suspendre ou on vous recommande... Alors, à
ce moment-là, il m'apparaît beaucoup
plus facile et réaliste pour la municipalité d'appliquer cette
recommandation-là. Mais ils sont responsables de l'entente
contractuelle, puis ce pour quoi c'est eux qui doivent la résilier, pas le
gouvernement.
Mme Léger :
Je comprends l'aspect général de l'explication du ministre, mais on sait par la
commission Charbonneau, d'une part... Vous
avez assisté à la commission Charbonneau. Entre autres, il y avait des
problèmes pas mal dans certaines
municipalités. Alors là, l'AMP, elle peut être en mode de conseil ou en mode
d'accompagnement, en tout cas, peu
importe comment qu'on peut le dire. Si on laisse la municipalité avec tous les
droits qu'elle peut avoir, puis la décentralisation qu'on connaît, puis
tout ça, je m'inquiète du processus général puis des conséquences de la
commission Charbonneau par rapport au monde municipal.
Puis
là on ne vient pas le régler pour le monde municipal, à mon avis. J'ai une
inquiétude générale de tout ce qui s'est
passé avec les municipalités. Est-ce qu'ils auront les outils nécessaires? Ou
en tout cas comment on peut être sûrs que... Parce qu'en créant l'Autorité des marchés publics on crée, tu sais...
c'est un nouvel organisme qui... on lui donne un mandat suite aux recommandations, d'ailleurs, de la
commission Charbonneau, on lui donne le mandat, mais on ne le donnera
pas d'une façon directe aux municipalités. Vous comprenez, je pense, mon point,
M. Poëti :
Oui, je le comprends très bien. Il y a un ajout qui va peut-être vous rassurer,
dans le sens où, si jamais quelque
chose comme ça aurait eu lieu sans publication, alors l'AMP va publier les
recommandations qui sont faites à la municipalité.
Il y a une forme de transparence qui fait que publiquement on aura dit que la
ville Y a reçu une recommandation de
suspendre ou d'annuler, de résilier un contrat. Je vois mal comment la
municipalité... En fait, je laisse à la municipalité son pouvoir, mais elle
devra expliquer... Sur le plan de l'imputabilité, ça m'apparaît intéressant,
cette décision-là à la municipalité
d'expliquer, si elle décidait de ne pas la suivre, et ce sera sa décision,
d'expliquer publiquement ou à qui le demandera : Mais pourquoi vous
ne le faites pas?
je pense que les municipalités nous demandent depuis longtemps cette forme
d'indépendance là, cette forme de pouvoir
de décision. Maintenant, lorsqu'ils pouvaient... Ils auraient pu dire,
avant : On n'avait pas les outils, le terme que vous avez utilisé pour dire qu'on était bien... le
terme est mauvais, mais je n'ai pas trouvé autre chose, bien ferré, si
vous voulez, bien justifié d'appliquer une
suspension puis tout ce qui pourrait arriver. Alors, avec une équipe comme
celle de l'AMP, de spécialistes qui
vont venir, arriver et justement donner cette... Et on va le publier. Je vous
dis, moi, je pense qu'on travaille en collaboration pour que
l'imputabilité soit vraiment au rendez-vous.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée.
Mme Léger :
Et, pour que l'AMT... l'AMP, pardon — l'AMT, ça, c'est un autre dossier, ça — l'AMP puisse publier, est-ce qu'il lui faut une plainte? Comment elle peut arriver à
le faire, ça, même si ce n'est pas dans son domaine tel quel qu'elle
peut vérifier?
M. Poëti :
Bien, il faut inévitablement soit qu'elle-même aurait amorcé une vérification
ou qu'il y a eu une plainte, pour arriver à
une décision qui est soit résilier ou suspendre, suspendre ou résilier le contrat.
Donc, inévitablement, en aval... en amont il y a eu une plainte ou ils
l'ont initiée eux-mêmes, il y a eu un événement.
Alors là, ils arrivent avec une décision, on
informe la municipalité, on le publie, tout ça en même temps. Et, à partir de
là, la municipalité... Si j'étais un maire d'une municipalité ou un directeur
général, j'apprécierais avoir une équipe comme celle de l'AMP qui va venir me donner cet appui-là qu'ils
n'ont pas toujours, puis qu'ils n'avaient pas, et qu'ils pouvaient être complexés. Et ils n'en
traitent pas souvent non plus dans certaines municipalités plus petites. Ce
qui ne sera pas le cas de Montréal. Eux sont indépendants. Je parle de la ville
de Montréal.
Mme Léger :
Ça fait qu'en fin de compte, ce qui est intéressant, c'est s'assurer qu'on ait
des lanceurs d'alerte qui soient protégés. Parce qu'on attend toujours
le projet de loi municipal. On a travaillé fortement. J'ai entendu mon collègue, cette semaine, en parler, mais c'est sûr
que c'était... Ça devait être dans quelques mois, puis... Mais
effectivement les lanceurs d'alerte, dans le domaine municipal, d'une part,
c'était tellement important, quand on a fait le projet de loi n° 87 des lanceurs d'alerte, que le
ministre de l'époque avait dit : Bien, ça va être mon collègue du
municipal, puis on va en faire un
projet de loi express pour ça parce que, donc, c'était comme plus qu'important
qu'on ne le mettrait pas dans le grand
projet de loi n° 87 qui donne les grands pans de l'ensemble du Québec. On
faisait un projet de loi particulier juste au municipal, mais je ne l'ai pas encore, là. Alors, si on veut s'assurer
que tout se fasse correctement... Et les contrats, entre autres, étaient un élément important. Bien, c'est
sûr que les lanceurs d'alerte, il faut les protéger, puis actuellement
ils ne le sont pas, protégés. Alors, c'est
sûr que ça n'aide pas. Alors, je relance au ministre qu'il faut un projet de
loi, de ne pas oublier de parler à son collègue des Affaires municipales pour qu'il puisse déposer son projet
de
loi sur les lanceurs d'alerte.
M. Poëti : Bien, au moins, je vais au moins vous rassurer,
on m'informe clairement que, dans ce projet de loi là, pour les
lanceurs d'alerte reliés à l'AMP, il y a des articles qui les protègent. Mais
je suis exactement ce que vous dites, et probablement que,
lorsqu'on aura terminé ceci, ils pourront peut-être... Peut-être, je ne sais
pas parce que ce n'est pas moi qui fais circuler les projets de loi.
Mme Léger : Non, mais
vous pouvez l'influencer quand même, hein?
M. Poëti : Mais je suis
de l'avis que c'est important, ce que vous soulevez.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de La Peltrie.
Caire : Oui, merci,
M. le Président. Je dois vous
confesser que, là, j'ai un problème profond avec l'amendement qui est proposé. Parce que j'écoutais
l'argumentaire du ministre. Bien, il
faut comprendre que, dans une municipalité...
Bien là, on parle de l'autorité municipale,
là, on parle du conseil de ville, en bon français. Le conseil de ville va, en
séance publique, normalement, entériner la signature d'un contrat, normalement. Et là on dit que
l'AMP va pouvoir aller voir le conseil
de ville et dire : Le contrat que tu as signé ne répond pas au cadre
normatif, donc tu ne respectes pas les règles, mais on te laisse le
choix, on te laisse l'autonomie de ne pas respecter les règles. Et ça, à mon
avis, ça ne relève pas de l'autonomie municipale.
Tu sais,
c'est comme si on disait au ministère
des Transports : Tu ne respectes
pas notre cadre normatif, mais on te
laisse l'autonomie de ne pas respecter les règles. Si on met en place une AMP,
c'est parce qu'on veut un tiers neutre qui veut justement s'assurer que les autorités, quelles qu'elles
soient, qu'elles soient provinciales ou municipales, respectent les règles.
Et là on dit : Quand on est une entité provinciale, publique provinciale,
on va devoir respecter les règles, et l'AMP va s'en assurer. Mais, si on
est une entité municipale, bien là, on donne une amnistie aux municipalités par
rapport à l'autorité du tiers neutre qu'est
l'AMP. Je ne vois pas là un acte d'autonomie municipale, je vois juste qu'on
enlève des dents à l'AMP, là.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti : Je ne suis pas de cet avis sur ce que j'entends,
pour la bonne raison que, sur le plan contractuel, donc, deux tiers, là, qui font ensemble...
Dans ce cas-ci, c'est une municipalité qui établit un contrat avec un tiers. Ils ont
une difficulté, il y a une plainte qui est
portée, de la municipalité, d'un citoyen, d'une autre raison, qui s'en vient
à l'AMP. L'AMP étudie la situation,
l'analyse et arrive avec une recommandation à la ville en disant : Nous, on a constaté,
qui ne pourrait pas être une faute nécessairement
de la ville, qui pourrait être une faute de la personne qui a signé le contrat
avec elle ou un autre type de faute à l'intérieur de ça, sur le cadre normatif
non respecté, et ça a échappé à la ville. Alors, à partir de là, on avise la ville : Voici où il y a difficulté sur le
cadre normatif, et nous, on vous demande de suspendre et de corriger
certaines choses... ou à ce point grave qu'on vous demande de la résilier. On
donne la recommandation, un service-conseil expert à la municipalité.
Puisqu'elle
est, et ça, je pense que c'est le point le plus important
de la réponse... puisqu'elle est la signataire du contrat entre elle et un contractant, nous n'avons
pas le pouvoir, nous-mêmes, comme l'AMP, de le résilier. On n'a pas ce pouvoir-là. Et je pense que, lorsque je fais appel
à l'autonomie des municipalités, évidemment, leur imputabilité puis leurs décisions, bien, ils
doivent l'assumer, et ils ont le pouvoir de faire exactement
ce qu'on recommande. Si jamais,
comme vous dites, ils décident de ne pas le
faire, ça sera leur responsabilité, leur imputabilité et leur responsabilité d'expliquer et de dire pourquoi.
Maintenant, de venir s'ingérer dans le contrat m'apparaît juridiquement pas possible.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député.
Caire : Bien, on a
un profond désaccord, M. le Président. D'abord, le pouvoir, on le donne ou on ne le
donne pas, mais, je veux dire... Puis, en
tout respect, là, tout ça découle de lois qui relèvent du gouvernement provincial, là. Je veux dire, je suis un partisan de l'autonomie
municipale, aucun doute, mais n'en demeure pas moins que les municipalités
relèvent de lois provinciales. Donc, quand
on dit qu'on n'a pas le pouvoir de le faire, on n'a peut-être pas envie de se
donner ce pouvoir-là, ça, on pourra avoir un débat philosophique là-dessus,
mais on l'a, le pouvoir. Alors, il s'agit de garder l'article 28 dans sa
forme actuelle, d'une part.
D'autre
part, je reprends le scénario du ministre, un conseil municipal, en séance
publique, entérine la signature d'un
contrat avec un tiers, admettons un contrat de déneigement pour la ville. L'AMP
enquête, se rend compte que les parties,
sans identifier laquelle précisément, mais les parties n'ont pas respecté le
cadre normatif, n'ont pas respecté les règles
qui l'amènent à conclure que la résiliation, renons l'exemple d'une résiliation
selon le paragraphe 6° de l'article précédent,
que la résiliation est la chose à faire. Si l'entité relève directement du
gouvernement, donc si c'est le MTQ ou toute autre entité, on va résilier
le contrat, mais, si cette entité-là est municipale, bien là on lui donne une
amnistie, on dit : Au nom de
l'autonomie municipale, je vais vous laisser le choix de revenir sur la
décision que vous avez prise en conseil
de signer... de ne pas honorer le contrat ou en tout cas de résilier le contrat
ou non. Mais il faut comprendre que la municipalité et le tiers, ils ont
déjà entériné le contrat, là, ils l'ont signé, ils sont allés en séance du
conseil, le conseil a voté, on entérine le contrat, bingo! On avance, là. Et...
Caire :
Mais juste pour... Non, mais juste pour conclure...
M. Poëti :
Non, non, c'est correct.
Caire : Et, si on crée l'AMP, c'est justement parce qu'on
veut avoir ce tiers neutre qui est capable d'avoir une distance et qui est capable d'arriver puis de
dire : Bon, bien, écoutez, après vérification, on se rend compte que vous
n'avez pas respecté le cadre normatif. Et là
il y a un certain nombre de mesures de gradation, parce que ça peut être de
dire : On va annuler l'appel d'offres, on va vous demander de
modifier l'appel d'offres. Donc, il y a une gradation dans les possibilités qui
va jusqu'à la sentence ultime, qui est la résiliation du contrat. Et moi, je ne
vois pas là-dedans une tutelle ou une
hypothèque, pas plus que ça l'est si on le fait avec le MTQ ou tout autre
ministère, qu'on le fasse avec une entité municipale.
M. le Président, la beauté d'inclure les municipalités dans le projet de loi
n° 108, c'était justement d'avoir ce chien de garde là qui venait
permettre de dire : Non, non, non, si on ne respecte pas les normes... Et
ma collègue de Pointe-aux-Trembles a tout à
fait raison, puis le ministre l'a dit et l'a répété, c'est 9 milliards
pour le gouvernement du Québec,
13 milliards pour les municipalités. Et là on vient d'enlever peut-être
pas toutes les dents, mais au moins une
partie du dentier à l'AMP, là, en disant : Bien, vous ne pourrez
jamais, vous allez faire une recommandation... Puis, je comprends, le ministre, il me dit : Oui, mais
ça va être public. Oui, mais la séance de conseil où le contrat a été
adopté, c'est une séance publique, là. Ça fait que, quand on a signé le
contrat, c'était public.
vous allez me dire qu'on ajoute un élément de plus, on pointe du doigt le fait
qu'il y a eu non-respect du cadre normatif.
Je comprends, mais je pense que cet amendement-là réduit la capacité de l'AMP à
faire son véritable travail. Et de
dire à une municipalité : Vous n'avez pas respecté les règles, ce n'est
pas de réduire son autonomie, je veux dire, on ne peut pas voir le non-respect des règles comme un geste d'autonomie.
Tu sais, c'est comme... Je vais reprendre l'exemple du ministre. C'est comme si la police rentre sur
le territoire d'une municipalité puis dit : Bon, bien, il y a eu
infraction au Code de sécurité routière,
mais, au nom de l'autorité... de l'autonomie municipale, je vais juste envoyer
une recommandation, dire : La prochaine fois, faites votre stop.
Bien non, il y a une règle, vous la respectez, c'est tout. On ne peut pas être
autonome dans le respect des règles ou non, là.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Bien, écoutez, c'est clair d'emblée que l'Autorité des marchés publics n'est
pas un tribunal. Partant du principe
qu'elle n'est pas un tribunal, elle ne peut pas, sur une base juridique, venir
résilier un contrat entre deux parties, qui plus est une autonomie municipale
où est-ce qu'on parle qu'ils sont souverains dans leurs
décisions, qu'ils nous ont demandé à tellement
de reprises d'avoir cette autonomie-là. L'autonomie implique, pour moi, directement l'imputabilité et la responsabilité
des succès et des difficultés, parce qu'il faut assumer l'imputabilité toutes catégories,
Alors, au niveau du
gouvernement, on fait exactement l'exercice que vous dites, c'est-à-dire que
nous allons demander au ministère de
résilier ou suspendre, et il devra le faire, ça sera exécutoire parce que nous
sommes les signataires de ce
contrat-là. Dans le cas des municipalités, nous ne le sommes pas. Et il
m'apparaît, sur le plan juridique, impossible de se substituer à l'autorité municipale qui a conclu le contrat. Mais je
vois mal comment l'autorité municipale, bien qu'elle ait le droit... de ne pas appliquer cette
recommandation-là. Et ce sera sa responsabilité d'expliquer ou de dire
pourquoi elle ne le fait pas.
Alors, à ce niveau-là,
c'est mettre en doute la capacité des villes de ne pas faire le travail pour
lequel ils sont responsables. L'enjeu est
là. Ce n'est pas qu'on ne voulait pas le faire. Les chiffres, je vous les ai
donnés tantôt, on peut les revalider sur le nombre de contrats, on parle
en milliards. Ce n'est pas le nombre qui m'embête, ce n'est pas ça. Il y aura plus de monde, si c'était juste ça. Le
problème, c'est la signature juridique, c'est-à-dire que le gouvernement
vient s'ingérer à l'intérieur...
Et là, s'il y a une chose que j'ai eue dans mes
rencontres, M. le député, là, c'est le volet juridique. J'ai posé exactement votre question, pour vous rassurer,
parce que je me demandais pourquoi on ne pouvait pas le faire. Et
j'étais un peu de votre avis aussi. J'espère
qu'à la fin de mon explication vous allez être du mien parce qu'ils m'ont
convaincu par la logique du fait que vous
êtes le signataire de ce contrat-là, d'arriver pour une problématique
normative, de suspendre pour une
période de quelques jours, de quelques semaines, que le gouvernement passe
par-dessus l'autorité municipale pour lui imposer ça. Ça ne nous paraît
pas possible, et on ne peut le faire.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Caire : Bien, M. le
Président, là, je pense que c'est peut-être la première fois, là, mais on a un
profond désaccord. L'ensemble de ces
entités-là sont créées par des lois qui relèvent de... qui ont été votées à
l'Assemblée nationale. Que ce soit
l'AMP, que ce soient des municipalités, que ce soit le ministère des
Transports, je veux dire, l'ensemble de ces entités-là sont des entités juridiques au sens d'une loi du Québec.
Et donc, lorsque le MTQ signe un contrat, c'est cette entité juridique
là qui s'engage contractuellement.
L'AMP n'est pas plus le signataire d'un contrat
qui implique le MTQ et un tiers qu'elle ne l'est lorsqu'une municipalité, quelle qu'elle soit, signe un
contrat avec un tiers. Donc, l'AMP n'est jamais le signataire d'un contrat.
L'AMP est cette instance de surveillance dont on est en train de doter le
Québec pour s'assurer que l'ensemble de nos entités publiques, incluant l'entité municipale, respectent le cadre normatif.
Et donc, si l'AMP peut exiger d'une entité juridique comme le MTQ, ou un
autre ministère, ou une autre entité publique qu'elle résilie un contrat, quel
est l'obstacle infranchissable, juridique,
qui fait en sorte que l'AMP ne pourrait pas avoir la même autorité sur une
entité municipale? Je veux dire, c'est tout le cadre juridique
provincial qui gère toutes ces entités-là.
Donc, si on
laisse l'article 28 tel qu'il est, je comprends que l'AMP aurait
l'autorité pour résilier un contrat, donc, sur l'aspect légal, je suis loin de comprendre la même chose que le
ministre, là. Peut-être que je ne suis pas vite, là, ça se peut, mais tout ça relève de lois provinciales,
tout ce monde-là relève de lois provinciales. On ne parle pas d'une
entité fédérale, auquel cas, là, on comprend
que, constitutionnellement, il y aurait comme un problème, là. Mais, au point
de vue constitutionnel, là, l'autorité provinciale peut s'exercer sur toutes
ces entités-là. Puis je comprends qu'au niveau municipal on aime moins ce
discours-là, mais c'est une réalité législative.
Maintenant, le but de l'AMP... Parce qu'il
y a l'aspect légal, il y a l'objectif. L'objectif, c'est de doter le Québec d'un tiers neutre qui va s'assurer que, dans
l'adjudication des contrats, puis même au
niveau de l'appel d'offres, on en a parlé avec le ministre,
donc dans toutes les étapes, de la
préparation de l'appel d'offres à l'appel d'offres, au processus d'appel
d'offres, à l'adjudication de contrats et même à la gestion de contrats, on a
un tiers neutre qui est capable de s'assurer
que les règles sont respectées. Et là ce que le ministre nous dit avec son
amendement, c'est que tout ça est vrai, sauf pour les municipalités, auquel cas le pouvoir qu'on donne à l'AMP
va être un pouvoir de leur dire : Vous n'avez pas respecté les règles, maintenant il vous appartient
de décider si vous allez respecter les règles ou non. Puis, pour moi, ce
n'est pas plus logique de faire ça avec une municipalité que ce le serait de le
faire avec le MTQ. On ne peut pas laisser le MTQ décider s'il a envie ou non de
respecter les règles d'octroi de contrat. Il doit le faire et, au même titre,
les municipalités doivent le faire.
Puis je vais aller plus loin que ça, M. le
Président. Je suis convaincu... Puis j'entends comme le ministre les
revendications des municipalités sur l'autonomie, je les soutiens, mais je n'ai
jamais entendu un maire, je n'ai jamais entendu
un conseiller municipal venir me dire : Je revendique le droit de ne pas
respecter la loi, de ne pas respecter les règles. Ça, je n'ai jamais entendu ça. Alors, je pense qu'au contraire
l'ensemble de la population sera bien servie par une AMP capable de
faire son travail, et là je m'excuse, mais cet amendement-là vient hypothéquer
la capacité de l'AMP de faire son travail avec les municipalités.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Poëti :
C'est sûr, M. le Président, en tout respect, je suis en... effectivement, on a
un profond désaccord parce que, dans
la même veine que le député de La Peltrie vient de soulever que peut-être
que les municipalités n'aiment pas ça, mais
en même temps je n'ai jamais entendu une municipalité qui a dit : Je ne
veux pas suivre le règlement. Alors, dites-moi pourquoi, en hypothèse, et je n'aime pas trop les hypothèses, où est-ce
que l'AMP va faire une recommandation hypothétique de résilier, pourquoi qu'ils ne le feraient pas.
Vous venez de dire : Ils ne le font pas, ils ne le font pas. Alors, nous,
on veut respecter l'entité
municipale. Et les temps changent dans le domaine des municipalités et du
gouvernement. Ce qu'on appelait les
créatures, c'est un... Vous ne l'avez pas dit comme ça, mais ce n'était pas
trop loin, les créatures du gouvernement.
Ce n'est pas négatif, mais vous l'avez presque dit comme ça. Et j'entends
depuis longtemps, moi, l'inverse, ce pour quoi on tente de répondre
davantage à l'autonomie des municipalités, et ça m'apparaît bien de le faire.
Maintenant,
est-ce que la capacité des municipalités plus petites... Est-ce qu'elles ont
cette capacité-là d'expertise, de
faire une analyse d'un contrat puis d'être capables de prendre la décision de
le résilier en se disant : Peut-être qu'on va se placer dans un volet jur