Transportation and the Environment — 24 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2017-04-24
Quebec — Committees
Notre gouvernement défend publiquement
son régime forestier. Oui, notre ressource est abondante et renouvelable
et elle est bien gérée. Par ailleurs, le
gouvernement, grâce à sa Charte du bois, vise à favoriser une plus grande
utilisation du bois dans de nouveaux
marchés. Aussi, l'industrie des produits forestiers a développé de nouveaux
produits. Ces produits innovants
ainsi que plusieurs autres produits forestiers, par leur faible empreinte
carbone, peuvent notamment jouer un rôle
clé dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques, ce qui
m'amène à vous parler de ce rendez-vous incontournable qu'a été le Forum
Innovation Bois.
À cette occasion et
lors des travaux préparatoires, les principaux acteurs de l'industrie des
produits forestiers québécois se sont rassemblés pour partager une vision
commune de l'avenir de leur industrie. Cet événement du 31 octobre dernier était en fait la conclusion d'une longue
démarche lancée en avril 2016 par la création de cinq grands chantiers
qui représentent les principaux secteurs de l'industrie des produits
forestiers, soit le sciage, les panneaux, la construction en bois, les pâtes et
papiers et bioproduits et la bioénergie.
Nous
avons également profité de cette rencontre pour dévoiler notre Plan de travail
Innovation Bois, qui comporte près
d'une quarantaine de mesures gouvernementales visant à favoriser la
transformation et la modernisation de l'industrie des produits forestiers. Ce plan de travail est
accompagné d'investissements de 84 millions d'ici 2021‑2022, soit
38 millions annoncés au Forum
Innovation Bois et 46 millions supplémentaires, au dernier budget de
mars 2017. De plus, tout projet porteur qui s'inscrit dans cette
vision et qui s'ajoute à notre plan de travail recevra une attention
particulière.
C'est
le forum stratégique gouvernement-industrie qui rendra compte de ces mesures,
une quarantaine de mesures, bien sûr,
mais quatre axes d'intervention : premièrement, favoriser la transition
vers une industrie innovante, deuxièmement, investir dans la modernisation, adaptation, amélioration des équipements
et des technologies, troisièmement, appuyer, adopter et modifier des réglementations et des politiques publiques,
quatrièmement, renforcer la filière québécoise et son environnement
d'affaires. De plus, nous nous sommes engagés à adopter une nouvelle stratégie
de développement de l'industrie des produits forestiers en 2017. Mais ce n'est
pas tout. 225 millions par année, pendant deux ans, ont été annoncés pour les travaux sylvicoles, l'industrie
a besoin de cette prévisibilité-là, sans oublier 28,5 millions pour la
forêt privée et 6 millions additionnels en forêt privée pour la
mobilisation des bois.
Et, tant qu'à parler
de forêt privée, je me permets de mentionner de nouveau nos efforts pour lutter
contre la tordeuse des bourgeons d'épinette,
la TBE. Donc, nous avons annoncé 10 millions pour de l'arrosage qui serait
effectué par la SOPFIM, la Société protectrice des forêts pour les
insectes et les maladies, dans les forêts privées des petites superficies dès
l'an prochain.
plus, le ministère prévoit, au cours des quatre prochaines années, des
investissements de 17,3 millions afin de renouveler les équipements et
moderniser les infrastructures de production sylvicole. En somme, l'industrie
des produits forestiers doit se
renouveler et assurer son rôle de chef de file en développement d'écomatériaux
et de bioproduits sur les marchés internationaux. Nous allons
accompagner les entreprises et les centres de recherche sur cette voie.
J'aimerais
maintenant faire état des réalisations dans les domaines de la faune et des
parcs. L'année 2016‑2017 a été
marquée par d'importantes annonces. Citons, par exemple, la bonne nouvelle que
j'ai annoncée récemment pour la pêche au bar rayé dans la baie des
Chaleurs, le comté de mon collègue de Bonaventure, à savoir la limite de prises
quotidiennes qui passe d'un à deux bars
rayés, et la saison de pêche, pour cette pêche, allongée cette année. C'est
grâce aux mesures d'exploitation progressive et au suivi rigoureux
implantés au cours des dernières années que de telles modalités d'exploitation plus permissives peuvent être mises en place en
2017. Également, je dresse un bilan très positif de la première année de mise en oeuvre du Plan de gestion du saumon
atlantique. Le Québec rayonne à l'international et il est maintenant
chef de file en matière de gestion du saumon.
printemps 2016, nous avons rendu public le Plan d'action pour
l'aménagement de l'habitat du caribou forestier. Élaboré en collaboration avec les différents intervenants concernés, ce
plan vise la mise en oeuvre d'une approche crédible et pondérée qui permettra, à terme, le maintien de
l'habitat du caribou forestier au Québec. Des décisions plus difficiles mais
nécessaires ont également dû être prises concernant notamment la fermeture de
la chasse au caribou migrateur, une question
de gestion responsable, à la suite du dernier décompte des populations. La
prochaine année devrait nous permettre de déterminer des pistes pour
atténuer les conséquences de cette fermeture sur les pourvoyeurs du
Nord-du-Québec.
Également,
la récente découverte de la carpe des roseaux dans le Saint-Laurent nous a
contraints à prendre des mesures
visant à limiter la propagation de cette espèce aquatique envahissante, dont un
encadrement plus serré de l'usage des poissons
appâts. Par ces décisions, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs assure
un juste équilibre entre la
conservation de nos richesses fauniques et le développement économique selon
les meilleures pratiques et les principes du développement durable.
Nous
reconnaissons l'importance d'investir dans le domaine de la faune, comme en
font foi les mesures annoncées dans
le récent discours sur le budget. Les pêcheurs en particulier ont de quoi se
réjouir. C'est un plan de 15 millions pour le développement de la pêche au saumon et de la pêche sportive au Québec
qui a été annoncé pour les cinq prochaines années. De plus, des investissements importants ont également été
annoncés pour la production piscicole gouvernementale ainsi que pour
l'embauche de nouveaux agents de protection de la faune.
effet, le gouvernement du Québec prévoit, à l'occasion du 150e anniversaire de
la nomination des premiers gardes-chasse
et gardes-pêche du Québec, une enveloppe de 24,5 millions sur cinq ans,
dont 20,5 millions permettant d'embaucher
40 agents de protection de la faune supplémentaires et d'optimiser
l'utilisation des ressources déjà en place. Ces mesures prévoient également 4 millions pour l'intégration des
autochtones aux activités de protection de la faune en milieu nordique.
C'est grâce
au réinvestissement d'une
partie des revenus issus de la vente des permis de
chasse, de pêche et de piégeage que
nous continuons de soutenir diverses initiatives qui permettent de favoriser
une relève des utilisateurs et un meilleur accès aux ressources.
Par exemple, nous avons
récemment annoncé un programme d'aide financière pour l'accès aux plans d'eau. L'objectif est de soutenir les projets
d'organismes municipaux souhaitant améliorer leurs infrastructures de mise à
l'eau d'embarcations de plaisance tout en maintenant des coûts
abordables pour les pêcheurs sportifs.
Pour ce qui
est de nos parcs nationaux, je souligne un nouveau venu en 2016, le parc
national... Ulittaniujalik... Jean, comment qu'on dit ça?
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre, j'en profite pour vous dire qu'il vous reste une minute.
M. Blanchette : Oui, mais je
rentre dedans. Mais enfin...
Une voix : Ulittaniujalik.
M. Blanchette : Ulittaniujalik,
qui a été créé en partenariat avec les communautés inuites de Kangiqsujuaq et Kuujjuaq ainsi que les communautés naskapies de
Kawawachikamach — celle-là,
je la connais. Aussi à venir en 2018, le
parc Opémican dans la région du Témiscamingue. Grâce à ce réseau de 27 parcs
nationaux, les Québécois et les Québécoises ont la chance de profiter d'un immense terrain de jeu pour tous ceux et
celles qui pratiquent des activités de plein air et d'observation
d'espèces fauniques.
Comme vous le
voyez, nous agissons sur bien des plans. Le but est de se donner des moyens de
favoriser à la fois la protection et
la mise en valeur de nos ressources forestières et fauniques pour les
générations actuelles et celles de demain.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Alors, Kawawachikamach, c'est ça?
M. Blanchette :
Kawawachikamach, ça va, mais les autres, c'est plus compliqué.
Président (M. Iracà) : C'est plus difficile. Alors, nous allons
maintenant débuter, si vous le permettez, avec le porte-parole de l'opposition officielle et député
de Bonaventure... à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de
sept minutes. La parole est à vous.
M. Roy :
Merci, M. le Président. D'entrée de jeu, je tiens à vous saluer, et je tiens à
saluer le ministre, ainsi que les
députés du gouvernement, mes collègues de la CAQ ici présents, ainsi que les
sous-ministres et fonctionnaires qui accompagnent
le ministre, et, bien sûr, mes fidèles collaborateurs, Vincent et Mélanie, qui
sont avec moi aujourd'hui.
M. le
Président, le premier ministre s'était engagé, le 8 décembre dernier, à
donner des garanties de prêt à l'industrie du bois d'oeuvre si le gouvernement fédéral ne le faisait pas. Je le
cite : «On sera là à la hauteur requise.» À partir de ce moment,
les communautés forestières s'attendaient à des résultats.
Or, trois mois plus tard, en mars, rien dans le
budget fédéral, rien non plus dans le budget du Québec malgré l'engagement du premier ministre. Le premier
ministre a par la suite dit qu'il ne voulait pas mettre en place l'aide qu'il
avait promise à l'Assemblée nationale parce
qu'il avait peur d'être pris pour cible par les Américains. Complètement
absurde.
La semaine
passée, un autre recul. Le ministre a contredit son premier ministre. Il est
revenu à la case départ en faisant appel à Ottawa, qui avait refusé, en mars,
d'aider les travailleurs par des garanties de prêt et en ne mettant rien
dans son budget. La seule chose qu'a fait le ministre pour les 60 000
travailleurs, c'est un communiqué conjoint avec l'Ontario. C'est pour ça que
rien n'est réglé dans le dossier.
Les premières
pénalités entreront en vigueur demain. Nous demandons au ministre qu'il annonce
sans tarder que les garanties de prêt
seront disponibles dès cette semaine pour les entreprises, de manière
rétroactive. J'aimerais quand même
informer le ministre qu'en 2005 le fédéral avait débloqué 800 millions de
dollars et qu'en 2006 le gouvernement du Québec avait offert
425 millions de dollars en garanties de prêt.
Nous sommes
intervenus à plusieurs occasions pour demander ces garanties de prêt là. Nous
avons été, moi et mon collègue de Beauharnois, directement à Ottawa.
Nous sommes sortis avec le Bloc pour demander l'aide du fédéral. Nous avons réussi quand même à arracher du premier
ministre un engagement envers les travailleurs forestiers du Québec. Donc, il est temps de livrer la marchandise. Les
travailleurs forestiers ne sont pas des résidents de seconde zone. Merci.
Je vais remettre le temps sur...
Président (M. Iracà) : Oui. On va remettre le temps qu'il vous
reste... Mme la secrétaire, environ deux minutes. Alors, nous sommes rendus, avec le deuxième groupe
d'opposition, à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de
cinq minutes. Je cède la parole au député de Masson.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Donc, à mon tour de saluer nos collègues, M. le
ministre et toute son équipe qui est
avec lui, nos collègues du gouvernement et mon collègue de Bonaventure, de
l'opposition officielle. J'aimerais aussi saluer mon collègue, député
d'Arthabaska, de ma formation politique, et notre recherchiste Fanny Cantin.
Vous savez,
le ministre, tout à l'heure dans ses remarques préliminaires, en a parlé
largement, de la crise du bois d'oeuvre.
Donc, on aura l'occasion de revenir et aussi parler de la carpe du roseau, et
de tout ce qui a trait aux poissons appâts, ainsi qu'autant le caribou migrateur que le
caribou forestier. Donc, ça a été des sujets qui ont pris la place lors de la
dernière année, donc on en discutera
en lien avec les crédits. Ce qui a été annoncé dans le budget, justement, il y
a eu plusieurs mesures pour
lesquelles nous avons des questions. Il y a aussi eu le dépôt cette année du
plan d'action de développement durable du ministère des Forêts, de la
Faune et des Parcs, là, qu'on aura l'occasion de revenir.
Mais, bref,
comme mon collègue le député de Bonaventure, pour nos remarques préliminaires
on va s'arrêter là, M. le Président. On gardera le temps supplémentaire
pour nos questions.
Président (M. Iracà) : Merci. Merci, M. le député de Masson, on
va reporter le temps, environ 3 min 50 s.
Je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle. M. le député de Bonaventure, la parole est à vous pour un
temps d'environ 20 minutes.
M. Roy :
Merci, M. le Président. M. le ministre, en octobre 2015, le retrait des
poursuites d'un dossier de pêche sur
la Côte-Nord pour une question de traduction a forcé le ministre à mettre de
côté plusieurs dossiers de pêche. L'avocat d'un client aurait invoqué le fait que son client ne parlait qu'anglais,
sa langue maternelle, et que l'ordonnance de pêche n'était disponible qu'en français seulement. En
réaction, le DPCP se serait retiré du dossier en ne présentant plus de preuve
et aurait retiré tous les dossiers de pêche rendus à la cour, par prévention,
en raison de l'ordonnance non traduite.
Entre octobre
2015 et juin 2016, bien que toutes les infractions découlant de l'ordonnance de
pêche soient retirées ou annulées
avant de se rendre en justice, aucune directive n'a été donnée aux agents de la
faune, qui ont continué à donner des infractions normalement. En juin
2016, l'ordonnance a été finalement... Je recommence. En juin 2016, l'ordonnance a finalement été traduite, et les
agents ont eu l'indication qu'ils pouvaient de nouveau s'en servir. J'ai ici
l'ordonnance, M. le ministre, M. le Président, datée d'avril, mais la signature
est du 13 juin 2016.
Donc,
question très simple : Entre octobre 2015 et juin 2016, combien de
dossiers en lien avec la traduction de l'ordonnance ont été abandonnés?
Le Président (M. Iracà) :
Merci. M. le ministre.
M. Blanchette :
Avec la permission de la commission, je laisserais répondre la sous-ministre
associée à la Faune puisque c'est elle qui a géré le dossier, si j'ai le
consentement.
Le Président (M. Iracà) : Alors,
est-ce que j'ai le consentement du... M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Écoutez, j'aimerais entendre le ministre là-dessus. C'est quelque chose
d'extrêmement grave. On a laissé des
agents de la faune travailler de manière stérile pendant plusieurs mois en
travaillant sur des enquêtes, mais en sachant très bien que le résultat de leur enquête allait être stérilisé par un refus de porter en justice les accusations.
Donc, j'aimerais avoir la réponse, en premier lieu, du ministre.
Président (M. Iracà) :
Alors, ce que je comprends, c'est... dans un premier temps, le député de Bonaventure souhaite la réponse du ministre
à cette question. M. le ministre.
M. Blanchette :
O.K., je vais répondre partiellement.
Dans le fond, c'est que l'ordonnance de traduire a été plus ou moins donnée le 15 juin 2016, et la décision du
DPCP était à l'effet qu'il n'avait pas les temps requis pour le faire. Et
donc il s'agit d'environ 1 000 dossiers, donc ce n'est pas banal, là, et
les gens ont utilisé cet argumentaire-là.
Maintenant,
pour cette question, puisqu'on ne veut pas entendre la sous-ministre associée à
ce dossier-là, écoutez, c'est
vraiment à la Justice. Ce n'est pas moi qui peux répondre à ça. C'est une
décision du DPCP, ça ne relève pas de moi. Si j'avais été là pour défendre nos agents de protection de la faune,
bien sûr que j'aurais insisté. Mais cette question-là va au ministère de
la Justice.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Écoutez, on a un délai de sept mois, sept mois où les agents ont travaillé de
manière stérile. Pourquoi on n'a pas
été en mesure de traduire le document en anglais pour répondre à
l'environnement législatif, là, pour répondre aux prétentions du DPCP? Pourquoi ça a pris sept mois
avant de traduire l'ordonnance? Et, pendant ce temps-là, on a laissé
travailler des centaines d'agents de la faune à monter des dossiers qui étaient
tout à fait impossibles à déposer. Donc, quelle est la cause de cette période
de temps où on n'a pas traduit?
Le Président (M. Iracà) :
Merci. M. le ministre.
M. Blanchette : Je vais le dire
en français, on n'aura pas besoin de traduction pour ça. Nous, les agents de protection de la faune avaient très bien
travaillé, avaient monté leurs dossiers, et c'est une décision qui appartient
au DPCP. Le DPCP ne relève pas du
ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, il relève du ministère de la
Justice. Je n'ai pas d'insistance auprès d'eux, je n'ai pas de prise
auprès d'eux.
Oui,
les agents de protection de la faune, d'ailleurs que je salue parce que leur
commandant est ici, en arrière, ont très
bien travaillé. Je ne nie pas ça, c'est essentiel à bien considérer. Mais je
n'ai pas de prise puisque c'est vraiment au ministère de la Justice. Donc, j'invite l'opposition officielle à
reposer sa question à qui de droit, c'est-à-dire à la ministre de la
Justice, qui gère et qui est responsable du DPCP.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Écoutez, bon, en termes de pénalités ou d'amendes qui n'ont pas été reçues,
quelle somme ça pourrait représenter, les 1 000 dossiers
abandonnés?
Le Président (M. Iracà) :
Monsieur...
M. Blanchette : Vous ne
souhaitez toujours pas que la sous-ministre associée réponde, là?
Président (M. Iracà) : Alors, je comprends qu'il y a une demande,
là, de la part du ministre à l'effet que la sous-ministre associée
puisse répondre à la question qui est demandée. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Bien,
écoutez...
M. Blanchette : Sinon, je peux
répéter la même...
Le Président (M. Iracà) : M. le
député! M. le député!
M. Roy : Je pense que la question est claire. Vous nous
référez... Bon, vous dites que c'est de la responsabilité du DPCP de
répondre à la question, sauf que, moi, la question, c'était : Pourquoi la
traduction n'a pas été faite? Ça a pris sept mois à traduire, le fameux... l'ordonnance, qui aurait été facilement
traduisible assez rapidement pour donner pleins pouvoirs aux agents de la faune pour effectuer leur travail de manière
cohérente, efficiente et avec des résultats par rapport à l'ensemble des dossiers.
Donc, moi, la
question est là : Pourquoi on a attendu sept mois? Je ne crois pas qu'on
puisse mettre ça sur le dos de la DPCP. C'est une question de traduction
à l'intérieur du ministère.
Le Président (M. Iracà) : Merci,
M. le député de Bonaventure. M. le ministre.
M. Blanchette : Si la traduction avait été amorcée dès que nous
avons su que le DPCP envisageait de retourner le dossier, on l'aurait fait. Nous, on ne s'attendait pas à ce que le DPCP
annule ça. Et, honnêtement, on l'aurait fait, là. Je veux juste vous rassurer, on ne travaille pas dans
le vide, on ne travaille pas à vide. Le travail des agents de protection
de la faune répartis sur l'ensemble du territoire... avaient les choses bien en
main.
Maintenant,
c'est quelque chose hors de notre contrôle. Le DPCP ne relève pas du ministère
de la Forêt. Il y a toujours
des échanges avec le ministère de la
Justice, et ce sont les avocats du
DPCP qui ont préféré mettre leur énergie ailleurs et annuler cette traduction-là. Quand même qu'on insisterait,
on peut passer toutes nos 20 minutes que vous avez sur le sujet,
mais la réponse est toujours la même : Ce n'est pas moi qui influence le
DPCP.
Le Président (M. Iracà) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : À partir de
quel moment le ministère a pris conscience du dossier et de l'importance de
celui-ci?
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
M. Blanchette : Écoutez,
la traduction a été amorcée dès que
nous avons su que le DPCP envisageait de défendre les dossiers. Mais on n'a pas pu poursuivre lorsque
le DPCP nous a informés qu'il abandonnait ces poursuites-là. Cette décision-là ne nous appartient pas. C'est les
avocats du DPCP. Je peux le répéter en anglais si vous le souhaitez, en
espagnol, j'aurais plus de misère, mais c'est la même réponse : Ça
ne relève pas du nous.
Le Président (M. Iracà) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Bien, je répète la question : À partir de
quel moment, à quelle date votre ministère a pris connaissance
de la problématique?
M. Blanchette : Écoutez, les gens ont écrit la réponse en français.
Ça, c'est le travail des agents de protection
de la faune. La poursuite était toute
montée. La preuve était faite, puis c'est beaucoup d'énergie de la part
des personnels du Service de la protection
de la faune, chez nous. Toute la réponse était faite. Et c'est le DPCP qui nous
a dit : Bien là, il faut faire traduire les choses, sinon on va les
perdre. Et c'est les gens qui s'opposaient à cette décision-là qui ont joué la carte de la traduction. Honnêtement, ce n'est pas de notre faute, de notre ministère à nous, puisqu'on
était prêt à traduire. C'est le DPCP qui a pris une décision qui allait
à l'encontre de...
M. Blanchette : Et on l'a su, puis, si on peut compléter, là, parce qu'il a l'air à insister, on a su en octobre
qu'il fallait traduire. Donc, entre
juin et octobre, là, bien, la décision qu'il fallait traduire, c'est en octobre
parce qu'il faut bien comprendre que,
dans la plupart des cas, rares sont les fois qu'on exige la traduction. Les
gens qui ont eu à défendre leur dossier
ont pris cet angle-là. Et maintenant on ne peut pas tout faire traduire toutes
les poursuites qu'on a, puisque la plupart se font en français. C'est
l'angle qui a été utilisé. Je n'ai pas d'autre chose à ajouter sur le sujet.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Bonaventure, et pour un temps restant de 10 minutes.
M. Roy :
Bien, écoutez, vous nous dites que le ministère a pris connaissance du dossier
en octobre 2015, si je comprends bien et que...
M. Blanchette : Pour la
traduction.
M. Blanchette : Pour la
traduction, en octobre.
M. Roy :
Et cette dernière s'est faite et a été livrée en juin 2016. On parle de sept
mois, sept mois d'attente. Vous étiez
au courant de la problématique en octobre 2015, et la traduction est déposée en
juin 2016. Donc, écoutez, nous, on considère qu'on a une problématique
majeure ici, où on a laissé des agents de la faune travailler sur des dossiers
en sachant très bien que l'ensemble des dossiers
allait être retiré parce que, bon, on ne pouvait pas poursuivre tant et aussi
longtemps que la traduction n'aurait pas été
faite. Donc, écoutez... Puis l'autre question, c'était : Les dossiers
abandonnés, là, ça correspond à quelle somme non perçue en amendes pour
le ministère?
Le Président (M. Iracà) :
Merci. M. le ministre.
M. Blanchette :
Est-ce qu'on peut suspendre un peu les travaux? Je vais aller vérifier les
choses, puisqu'on ne peut pas laisser parler la sous-ministre associée.
D'ailleurs, je souligne la non-collaboration là-dessus, là. Mais c'est correct,
je vais... on suspendrait les dossiers.
Président (M. Iracà) : Alors, pour suspendre, ça prend le
consentement. Et on va devoir prendre le temps soit sur la
partie gouvernementale ou soit extentionner le temps, là, de
nos travaux si on suspend. Alors, je suppose que vous allez le prendre
sur le temps de la
partie gouvernementale, M. le ministre?
Le Président (M. Iracà) :
Est-ce que j'ai le consentement?
Le Président (M. Iracà) :
Alors, je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 29)
Président (M. Iracà) : À l'ordre,
s'il vous plaît! À l'ordre! Nous allons reprendre nos travaux. Il y avait
eu une demande de suspension pour que le ministre puisse consulter.
Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Blanchette : O.K. Si on refait l'histoire, là, en termes factuels, en octobre 2016, on se fait
annoncer ce que...
M. Blanchette :
Oui, tout à fait. En octobre 2015, on se fait annoncer que l'ordonnance
générale — ça, on
parle de règlement,
essentiellement — doit
être traduite. Et, contrairement à ce que le député de Bonaventure annonce,
c'est ça d'épais. J'ai demandé si
c'était 1 000 pages, ils m'ont dit : C'est plus que ça. Donc,
c'est ça d'épais, là, la traduction. Ça,
c'est important à considérer, la traduction, l'ordonnance en version française,
parce qu'il y a une mise à jour qui a
été faite le 1er avril 2016,
O.K.? Est-ce que tout le monde me suit? On a une ordonnance générale à être
traduite en anglais, mais, en plus, le 1er avril 2016, il y a eu une ordonnance à faire.
Et, cette ordonnance-là, il y a eu des modifications. Ça fait que ça, c'est important à mentionner. La
traduction s'est faite — document ça d'épais — de février 2016 jusqu'au 13 juin
Tout
le monde m'a suivi? Nous, on avait commencé la traduction en anglais, donc
c'est quand même quelque chose d'important. On était sur le point de la
terminer le 13 juin 2016, sauf que le DPCP, le 8 juin, nous a lancé
qu'il n'attendrait pas la traduction et
qu'en plus c'est qu'il ferait une rétroactivité sur plusieurs dossiers, ce qui
a amené, au total, 1 218 dossiers à être abandonnés. Est-ce
que c'est clair pour tout le monde?
traduction de l'ordonnance a été faite, elle était presque terminée. Maintenant
qu'elle est faite, elle est faite. C'est
des règlements, c'est une ordonnance, même si l'ordonnance est très épaisse.
Notre travail, on l'a fait. Les travaux de traduction ont été terminés le 13 juin, mais ça s'est échelonné
de février jusqu'au 13 juin. Et le DPCP, avant qu'on remette la
traduction, lui, le DPCP, a pris une décision le 8 juin, donc à cinq jours
de la terminaison, et il n'a pas attendu la traduction. Il a fait
abandonner 1 218 dossiers parce qu'il a embarqué d'autres dossiers
là-dedans.
Et, concernant la
question du député de Bonaventure, c'est qu'il est impossible de connaître la
valeur de ça puisque... la raison est
simple, c'est que ça prend... quand il y a des poursuites, c'est toujours le
juge qui va trancher en disant que ça
vaut tant ou tant, etc., selon la poursuite, et là il accepte des choses, il en
retranche, etc. Ce n'est jamais si simple
que ça. Et les valeurs de ces poursuites-là, bien, c'est toujours le juge qui
détermine la chose lorsque la poursuite est terminée. Ça fait que, donc, d'estimer une valeur, ce n'est pas si
simple que ça. C'est l'information que j'ai dans l'état actuel des
choses.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Donc, selon nos informations, le document a
586 pages. Donc, est-ce que c'est un délai raisonnable pour
traduire un document de cette ampleur-là? Ça reste à voir. J'aurais une
question, oui, pour M. le ministre.
Le Président
(M. Iracà) : Allez-y.
M. Roy :
Est-ce que les individus qui ont reçu les infractions et dont les dossiers ont
été abandonnés ont été en mesure de récupérer ce qu'on leur a
enlevé : saisie de cannes à pêche, saisie de leur équipement?
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Bonaventure. M. le ministre.
M. Blanchette :
Vous ne voulez toujours pas entendre la sous-ministre?
Le Président
(M. Iracà) : M. le député de Bonaventure, il y a une demande, là,
de la part du ministre.
Président (M. Iracà) : Bon, alors, vous souhaitez faire entendre
Mme la sous-ministre? Alors, avant de prendre la parole, Mme la sous-ministre, je vais vous demander de vous nommer,
ainsi que le titre, pour les fins d'enregistrement.
Mme Grignon (Julie) : Oui. Alors, Julie Grignon, je suis sous-ministre
associée à la Faune et aux Parcs. Alors, comme élément d'information,
suite à une rencontre avec le DPCP il y a un mois de ça, il a été convenu que
nous commençons l'opération de remettre aux personnes les objets qui auraient
été saisis dans le cadre de ces dossiers-là.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, Mme Grignon. M. le député de
Bonaventure.
M. Roy :
Ça répond à ma question.
Président (M. Iracà) : Alors, merci, Mme Grignon. La réponse
semble être satisfaisante. Alors, M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Mais la question qui suit : Est-ce que les gens ont été avisés? Est-ce que
les personnes qui croient... et qui cherchent
leur équipement et qui se sont racheté des équipements de pêche, comme de bons
amateurs de pêche qu'ils sont, est-ce qu'ils ont été avisés? Et à partir
de quel moment?
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député. Alors, est-ce qu'il y
a toujours consentement pour que Mme Grignon puisse répondre à la
question? Mme Grignon.
Mme Grignon (Julie) : Ces personnes-là seront avisées. L'opération est
déjà amorcée, mais je ne peux pas vous dire combien ont été avisées,
combien ne l'ont pas encore été.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, Mme Grignon. M. le député.
M. Roy :
Ça répond à la question. J'aimerais remettre le temps sur un autre bloc qu'il
me reste.
Président (M. Iracà) : Merci. Alors, effectivement, le temps sera
remis sur un autre bloc, il restait un temps d'environ trois minutes.
Alors,
nous allons procéder maintenant pour une prise de parole de la
partie
gouvernementale pour un bloc de 20 minutes. Je cède la parole au
député d'Abitibi-Est. La parole est à vous.
M. Bourgeois : Merci,
M. le Président, M. le ministre, toute votre équipe, les oppositions, à la fois l'opposition officielle et la deuxième
opposition, ça me fait plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui. Vous comprendrez, M. le
Président, l'Abitibi-Est, c'est une région forestière. Même si les gens parlent beaucoup
de mines, on est très, très, très forestiers. Donc, on est très, très, très préoccupés du contexte et de tout
l'accompagnement que le ministère fait au quotidien avec l'ensemble
de l'industrie forestière, que ce soit dans les travaux en forêt, donc les
travailleurs forestiers qui sont à pied d'oeuvre directement en forêt, les travailleurs qui sont dans les
usines, tout le monde qui est associé à cette grande industrie.
Comme vous le disiez
si bien, M. le ministre, 60 000 emplois au Québec, 60 000 familles
qui vivent de cette industrie-là au
quotidien. Et évidemment je pense qu'il y avait clairement des attentes énormes
en lien avec le budget, donc avec les
crédits dont on discute aujourd'hui, pour assurer la pérennité de cette
industrie dans des régions comme la mienne.
M. le ministre, vous vivez, dans le quotidien, à la fois comme ministre mais
aussi comme député, avec les gens de l'industrie,
avec des citoyens qui travaillent dans ce domaine-là et veulent voir cette
industrie-là se développer. Vous avez réalisé
beaucoup de travaux dans la dernière année pour justement garantir un
accompagnement adéquat. Et, à la lumière du budget qui vient d'être adopté et dont on discute les crédits
actuellement, je pense que c'est important de préciser des éléments, à l'intérieur de cela, qui vont
permettre aux gens, dans chacun de nos comtés, de réaliser pleinement l'action
que le gouvernement prend à tous les jours pour faire en sorte qu'ils puissent
gagner leur vie de façon digne et sentir clairement l'appui du gouvernement en
lien avec ces actions-là.
Moi,
M. le ministre, j'aimerais ça que vous nous entreteniez un peu plus directement
sur ces éléments-là parce qu'ils se
déclinent dans une multitude d'actions. Et je ne veux pas minimiser celles-ci.
Je veux qu'on soit capable d'avoir le
portrait le plus large possible, M. le ministre, parce que, pour un travailleur
forestier qui, dans le quotidien, là, met ses bottes, s'en va en forêt
comme ce matin, là, quand il fait moins 14°, là... disons qu'on aime la nature,
on aime ça être à l'extérieur, mais des fois
on trouve ça froid encore, rendu à cette période-ci de l'année. Mais, ces
gens-là, il faut qu'ils sachent clairement comment notre gouvernement les
accompagne dans le quotidien pour qu'ils puissent gagner leur vie, comment aussi, dans le quotidien, on pose des
gestes pour accompagner cette industrie-là avec les défis qui se présentent.
Vous
avez une charge fort importante. Les oppositions nous reviennent souvent sur
ces enjeux-là dans le secteur forestier.
Mais, depuis le début de notre mandat, M. le ministre, je pense qu'on a
démontré clairement notre volonté d'agir de façon à accompagner et à développer tout le secteur forestier. Et
moi, M. le ministre, j'aimerais ça que vous puissiez nous détailler un peu plus ces actions-là parce
que ça mérite d'être souligné de façon appropriée parce que c'est un élément
que, trop souvent, on a tendance à sortir
certains éléments négatifs, mais on doit reconnaître le travail qui a été fait,
les engagements qui ont été pris, le
quotidien. Je pense juste, entre autres, au niveau des travaux sylvicoles qui,
depuis le début de notre mandat, sont soutenus, sont maintenus dans un registre
de sommes qu'on n'avait jamais vues auparavant.
Donc,
là-dessus, M. le ministre, j'aimerais vous entendre pour que l'on puisse savoir
clairement c'est quoi, nos engagements
et comment ils vont se décliner sur le terrain pour tous ceux qui, tous les
jours, oeuvrent dans le secteur forestier.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député d'Abitibi-Est. M. le ministre.
M. Blanchette :
Alors, merci, cher collègue. Écoutez, dans le cadre des deux derniers budgets,
ça a été très, très riche pour le
secteur forestier. Et je tiens... je profite de la question, dans le fond, pour
faire un peu ce bilan-là. Le Québec est
en bien meilleure santé économique et financière, c'est important de le
mentionner, parce que, oui, le Parti québécois avait annoncé des choses, notamment avec le rendez-vous sur la forêt,
mais malheureusement il y avait beaucoup plus de promesses puisque les sommes
d'argent n'ont jamais été aux crédits. Donc, c'est zéro dollar qui a été
consacré à ça. Et nous, on a pu
effectivement prendre des initiatives pour soutenir cette économie-là,
forestière, dans toutes nos régions du Québec.
Cela
nous permet d'investir davantage dans les services à la population
lorsqu'on fait l'équilibre
budgétaire, ce qui n'avait pas été fait puisque,
disons, toutes les mesures du rendez-vous forestier et bien d'autres que le Parti québécois nous avait promises, ça
allait bien au-delà des moyens financiers. Et on a accumulé, je dirais, un
manque à gagner de l'ordre de 5 milliards. Donc, nous, il a fallu faire ce ménage-là auprès
de notre population de
façon à pouvoir prendre des décisions et accorder des budgets et des crédits,
ce que nous avons fait lors des deux derniers budgets, un de mon collègue
prédécesseur et l'autre lors du dernier budget de mars 2017. Ça fait que nous
faisons ce que nous avions dit que nous ferions
pour améliorer la qualité et le niveau de vie des Québécois.
Et là-dessus, quand on parle d'économie régionale, c'est vraiment... la base, c'est souvent la forêt. Et donc, en
continuité, on a eu le plaisir de bien mettre en oeuvre le régime forestier, ensuite de ça d'écouter les demandes de
l'industrie, les demandes des partenaires. On a fait le Forum
Innovation Bois, commencé par mon
collègue député de... Laurent Lessard, mon collègue ministre
de la Forêt, de la Faune et des Parcs précédent, c'est-à-dire le député
de Lotbinière.
Une voix :
Lotbinière.
M. Blanchette : Oui, c'est
ça. Puis l'industrie forestière, qu'on tient à soutenir parce qu'elle est effectivement dans un contexte où le
conflit sur le bois d'oeuvre... J'espère que j'aurai une question
éventuellement là-dessus. Mais essentiellement, au Forum Innovation Bois qu'on a institué, ça nous a
permis de développer 39 mesures. Ces 39 mesures là, c'est important de le
mentionner, étaient vraiment... qui représentent 38 millions de nouvelles
sommes d'argent accordées, ces
39 nouvelles mesures là et ces nouveaux budgets là ont été un peu à
l'écoute pour les cinq chantiers que nous avions, que j'ai faits dans mes remarques préliminaires
tout à l'heure. Et c'est beaucoup l'industrie qui nous disait : On veut ou
on aimerait telle ou telle mesure, ce qui fait qu'on s'en est inspiré pour
pouvoir développer et accorder des budgets rattachés à ça.
Pourquoi 39 mesures? C'est beaucoup, puis les
gens ont dit : Bon, on va perdre le monde. Non, c'est parce qu'il y
a toutes sortes de cas d'espèce différents, et on voulait s'adapter justement
à la demande de la part des industriels.
Et essentiellement, lors du budget de 2017‑2018,
si je prends celui-ci, on a voulu injecter de façon supplémentaire aux 38 millions les 46 millions en
innovations dans le secteur forestier, donc, pour le Programme innovation bois,
22,5 millions supplémentaires,
la scierie de l'avenir... Il faut bien faire comprendre aux collègues, puis
c'est important, autant la
partie gouvernementale
que la
partie d'opposition, la scierie de l'avenir, ce n'est pas une seule
entreprise, ce n'est pas un seul plan
de production, ce sont toutes sortes de segments de production qui peuvent permettre
de parfois défaire des goulots d'étranglement
qu'on peut avoir, soit au triage soit au scan, à toutes sortes d'étapes lors de
la chaîne de production. La scierie de l'avenir, c'est FPInnovations qui
y travaille.
On a ajouté
2 millions pour Cecobois, qui a un peu le mandat de regarder quels
seraient les matériaux à plus faible empreinte
carbone à mettre de l'avant dans la construction, et un 4 millions
supplémentaire pour les nouvelles plateformes de développement des panneaux composites et des bois d'ingénierie
composites, qui sont essentiellement l'avenir, c'est important à
mentionner.
Au moment de la publication du budget, deux entreprises,
maintenant, dont une dans mon comté, Tembec à Témiscaming, mais c'est aussi
vrai pour d'autres entreprises, ont pu bénéficier de 22 millions investis
en tarif rabais d'électricité, c'est-à-dire le tarif L moins 20 %.
Ça donne des liquidités aux entreprises et ça permet en contrepartie un investissement. On sait que le Parti québécois
avait donné des tarifs réduits L moins 20 % aux entreprises Alcoa, et nous,
on était un peu pris avec cette
générosité-là. On a dit : On va faire la même chose, mais essentiellement
on va demander, en contrepartie, des
investissements, ce qui a été fait dans les deux cas. Donc, on accorde le tarif
L moins 20 % en contrepartie que
les entreprises investissent, ce qu'elles font. Et, honnêtement, ça modernise,
ça innove et ça permet de consolider des emplois, donc ce qui n'est pas
une mauvaise idée.
Caribou
forestier, on a ajouté un 7 millions autant pour le plan de rétablissement
que l'inventaire aérien qu'on pourra
faire dans la zone de Lac-Saint-Jean et Côte-Nord. Donc, c'est vraiment une
large zone dans laquelle on retrouve le caribou forestier, et on a
besoin de mettre nos données à jour là-dessus.
Il y a un
40 millions supplémentaire qu'on a ajouté, soit 17,3 millions pour
l'infrastructure de production de plans forestiers et un 10 millions pour la tordeuse des bourgeons
d'épinette pour les forêts privées, c'est-à-dire les petites forêts privées, essentiellement. Donc, c'est vraiment
important à considérer. Le budget qu'on a déposé, parce que je viens de vous donner les mesures budgétaires dans
l'industrie forestière, a été souligné par le Conseil de l'industrie
forestière, et le
titre était L'industrie
forestière salue le soutien à l'innovation et à la transformation du secteur. Avec
votre permission, je vais faire la lecture de deux petits paragraphes.
Le Président (M. Iracà) :
Allez-y, M. le ministre.
M. Blanchette :
«Ce budget s'inscrit dans la foulée du Forum Innovation Bois, événement auquel
le gouvernement avait convié
l'industrie en octobre 2016 et qui avait permis de dégager des pistes d'actions
prioritaires pour permettre au
secteur forestier d'accélérer son processus d'innovation, et lui permettant de
continuer à être un moteur de l'économie du Québec.»
Puis c'est
toujours André Tremblay... c'est-à-dire que je cite André Tremblay.
«Les crédits prévus au budget vont permettre
de soutenir l'innovation ainsi que la diversification de l'industrie, précise
M. André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec. Elles
s'inscrivent dans la continuité des efforts réalisés principalement
l'ensemble des intervenants pour s'assurer de maintenir le secteur compétitif
sur la scène internationale.»
Donc, ça,
c'est tiré du Conseil de l'industrie forestière au lendemain du budget. Les
gens étaient très contents qu'on puisse les accompagner. Nos
39 mesures qu'on avait au Forum Innovation Bois, le 38 millions plus
le 46 millions, ça commence à être de
très bonnes mesures pour accompagner notre industrie forestière. Et je
terminerai parce que, la journée du 31 octobre, on a annoncé le
225 millions de travaux sylvicoles par année. En fait, j'ai battu un
record. Un record, c'est-à-dire que c'est la première fois qu'on annonçait
aussi tôt, le 31 octobre, pour les travaux qui suivraient les deux années
suivantes. Donc, ça a été un record que j'ai battu, comme ministre des Forêts,
de la Faune et des Parcs.
C'était
une demande que l'industrie nous faisait puisqu'elle avait besoin de
prévisibilité pour autant ses équipements, sa main-d'oeuvre, ses contrats, etc. Puis je tiens à rappeler que
225 millions, la forte proportion s'en va auprès de Rexforêt, qui attribue les différents contrats par appels
d'offres. C'est comme ça que ça fonctionne. Mais les gens ont salué cette
initiative-là, qui était, de fait, très
riche. Donc, ça a été un bel accomplissement, et j'en suis très fier. Merci, M.
le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. J'anticipe que le
député d'Abitibi-Est a une autre question pour un temps restant
d'environ cinq minutes.
M. Bourgeois :
Parfait. Merci, M. le Président. Évidemment, M. le ministre, je suis bien
heureux d'entendre ces précisions-là
et je veux aller un peu plus loin. Tout à l'heure, notre collègue de
l'opposition officielle a fait mention de l'enjeu qui se présente devant
l'industrie du bois de sciage. Chez nous, là, le bois de sciage, là, c'est
fondamental, là. Les acteurs les plus importants dans le
domaine forestier actuellement sont situés un peu partout sur le territoire de
l'Abitibi-Témiscamingue et approvisionnent des usines aussi qui font à la fois
de la pâte et papier.
Mais cette
industrie-là du sciage, M. le ministre, il faudrait qu'on remette les pendules
à l'heure. Vraiment, là, on regarde
les efforts... Moi, dans le quotidien, on travaille avec votre équipe. Les
députés, chacun dans nos comtés, on vit avec à la fois la population, les élus municipaux qui nous interpellent,
qui veulent qu'on puisse accompagner adéquatement cette industrie-là face aux enjeux qui se
présentent, qui sont, pour une partie, d'une décision qui ne nous revient pas.
Mais nous, on peut agir dans le
quotidien avec le ministère, avec votre équipe, il y a des travaux qui se font,
il y a une diversification. Il y a le développement d'autres essences
qui facilite d'améliorer le coût de la fibre.
Mais, M. le
ministre, pouvez-vous nous donner l'heure juste sur ce dossier-là?, parce qu'il
y a des engagements clairs, notre
collègue de l'opposition officielle l'a dit, le premier ministre s'est engagé.
Vous l'avez répété, vous travaillez en collaboration. Puis pouvez-vous
nous donner l'heure juste là-dessus, M. le ministre?
Président (M. Iracà) : Alors, merci, M. le député d'Abitibi-Est.
Je vous suggère de donner l'heure juste en dedans de trois minutes, s'il
vous plaît, M. le ministre.
M. Blanchette :
Vous êtes dur, M. le Président, mais je comprends que vous avez le rôle ingrat
de maintenir le temps. Écoutez, il s'agit d'un très fragile équilibre.
Les industries du sciage, cher député d'Abitibi-Est, vous l'avez mentionné, vont utiliser certaines essences. Il y
en a pour lesquelles il y aura des brans de scie récupérés ou des copeaux
récupérés. Parfois, les copeaux de résineux
s'en vont dans l'industrie des pâtes
et papiers, et les brans de scie de feuillus
peuvent s'en aller dans la production de panneaux.
Il faut bien comprendre que, dans cette filière
de production là des 60 000 emplois, c'est de tout ça dont il est question.
Il s'agit d'un équilibre très fragile entre les différentes industries
de sciage, de panneaux et de pâtes et
papiers, puis, si on enlève un joueur
là-dedans, il y a soit un surplus ou une pénurie de matériaux à
utiliser dans l'industrie intégrée.
Je tiens à
mentionner que, sur le conflit sur le bois
d'oeuvre, tous au Québec,
autant le gouvernement du Québec, l'industrie,
les regroupements des municipalités,
soit la Fédération québécoise des municipalités ou l'Union des municipalités du Québec, que les syndicats des
travailleurs ont tous uni leurs voix pour nous défendre, pour défendre
l'industrie forestière du Québec. Notre message sera porté sur toutes les
tribunes par tous les moyens.
honnêtement, les municipalités en ont fait... Puis j'ai 136 lettres de la part
des municipalités pour appuyer notre industrie
forestière, lettres, de fait, de représentation auprès du gouvernement fédéral,
40 lettres, syndicales cette fois-ci, faites
pour les mêmes raisons, une trentaine de lettres de la part de l'industrie.
Tout le monde est monté aux barricades, du côté du gouvernement fédéral, pour exiger des garanties financières
et a fait des représentations soit à leurs affiliations canadiennes ou
même leurs affiliations américaines.
J'explique. Prenons le cas des municipalités.
Elles ont fait des représentations auprès des regroupements des municipalités canadiennes qui se retrouvaient à
Ottawa, qui elles-mêmes ont fait des représentations auprès des municipalités
américaines. Même chose pour l'industrie forestière. Ils ont été faire des
représentations auprès des autres industries forestières
des autres provinces et la fameuse coalition de l'industrie forestière
américaine. Je conviens qu'ils n'ont pas eu beaucoup d'écoute. Et même chose pour la
partie syndicale. Il y avait
des affiliations qui se faisaient sur le plan canadien, incluant la
Colombie-Britannique, et pour lesquelles... aussi du côté américain.
Toutes ces
représentations-là ont été faites et bien faites. Et, contrairement à ce que le
député de Bonaventure disait, écoutez,
on a pu discuter des vrais enjeux avec nos commettants, avec nos provinces. On
tient à mentionner qu'eux... je ne suis
pas convaincu que les enjeux interprovinciaux ou internationaux auraient pu
être mieux défendus puisqu'ils ont un peu la vision d'être un peu repliés sur soi quand il s'agit de faire des
alliances stratégiques avec l'international ou l'intercanadien.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Le prochain bloc appartient au deuxième groupe d'opposition pour un temps de 20 minutes, et
je cède de ce pas la parole au député d'Arthabaska. La parole est à vous.
M. Lefebvre :
Merci, M. le Président. M. le ministre, collègues du gouvernement, de
l'opposition, collègues du deuxième groupe, sous-ministre et invités,
merci beaucoup de nous donner le temps aujourd'hui de pouvoir parler.
Et, comme
j'ai beaucoup de respect pour la fonction de ministre, M. le ministre, je vais
répondre à votre demande de poser des questions sur le bois d'oeuvre. Ce
que vous nous avez fait comme portrait tantôt, de mon côté, ce que j'entends n'est pas tout à fait le même constat.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler, on en a parlé, l'industrie vit une
nouvelle crise. On est en début de négociations, mais il faut se
rappeler que l'entente est échue depuis octobre 2015. On attend le jour J, qui est demain, pour savoir si on va
imposer ou non des droits compensatoires sur les exportations du bois d'oeuvre
canadien par rapport aux États-Unis. On parle d'une surtaxe qui peut varier de
25 % jusqu'à 40 %. Les producteurs, naturellement, demandent des
garanties de prêt à Ottawa et à Québec, naturellement, pour financer cette
surtaxe-là.
Vous l'avez
dit, l'industrie forestière emploie 60 000 personnes. On est tous d'accord
avec ça et on est tous d'accord que
c'est une industrie qui est très importante. Mais je peux vous dire que
présentement les gens de l'industrie sont inquiets, que ce soit au
Saguenay, en Abitibi, sur la Côte-Nord. De mon côté, dans mon ancienne vie,
j'ai été manufacturier de structures de
bois, donc c'est des gens que j'ai côtoyés, que je connais quand même bien. Et,
quand je vois l'Association de
l'industrie forestière de l'Ontario et le Conseil de l'industrie forestière du
Québec qui disent avoir eu de nombreuses rencontres pour des discussions au cours des derniers mois, mais qui
sont déçus de ne pas avoir convaincu le gouvernement fédéral
d'instaurer un programme efficace de garanties de prêts à taux commercial
pour le secteur, j'ai des questions dans le
sens, tout d'abord, au niveau du nombre de rencontres qui ont été
effectuées. On voit ici, dans le rapport... on me dit qu'il y a eu deux rencontres impliquant les représentants du ministère avec le gouvernement américain au cours de l'année 2016‑2017.
Je me demande comment, en deux rencontres, on peut amorcer des négociations
pour une entente. Alors, j'aimerais entendre le ministre là-dessus.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député d'Arthabaska. M. le ministre.
Blanchette : O.K.
C'est important de mentionner, pour mettre en perspective, il
s'agit de la cinquième crise. Donc,
ce n'est pas un nouveau conflit. Bien, c'est un nouveau conflit, mais on en a
déjà vécu un cinquième, c'est comme... Et là, entre octobre 2015 et...
bon, il y a eu toutes les élections américaines, c'est ce qui nous a permis de
pouvoir essayer d'entreprendre ces démarches
auprès du gouvernement fédéral, mais essentiellement ça n'a pas toujours été... Comment
je pourrais dire ça? Quand tu commences un nouveau gouvernement, tu as tout à
mettre en place, et c'est ce que le gouvernement de M. Trump a pu avoir
à mettre de l'avant.
qu'il est important de mentionner là-dedans, je citerais quelque chose pour un
peu réfléchir, c'est que ceux qui savent ne parlent pas et ceux qui
parlent ne savent pas. Petit adage pour dire que, bien, nous sommes en demande présentement auprès du gouvernement d'Ottawa. Nous
avons besoin de leur illustrer la nécessité de leur aide, ce qu'on a fait. C'est important, c'est le gouvernement
fédéral qui négocie avec le gouvernement américain, et on a été en étroite
collaboration. Vous avez parlé des deux
rencontres avec le gouvernement américain, mais, dans la fédération canadienne,
c'est important de rappeler que le rôle du
Québec a été influent, mais auprès du gouvernement fédéral. Nous, c'était notre
vis-à-vis en la matière.
Ensuite,
il faut s'assurer que les stratégies que nous adoptons et leur mise en place ne
seront pas mésinterprétées par les Américains,
donc une certaine délicatesse à prendre là-dedans. Il faut prendre le temps de
faire les choses et surtout de bien
faire les choses. Ça fait que nous espérons que notre province, fortement
libérale fédérale sur le palier des élections fédérales, recevra une écoute attentive à Ottawa et que les gestes en
conséquence le prouveront. On est en train de... On a eu, nous, plusieurs rencontres. Il y a eu
effectivement deux rencontres impliquant les fonctionnaires du ministère. Là,
je parle des gens entre le ministère du Québec et du fédéral, c'est ça?
Une voix :
Puis avec les Américains.
Blanchette : Avec les Américains. Avec les Américains?
Une voix :
Oui, à Washington.
Blanchette : Oui. Ensuite de ça, la rencontre... c'est-à-dire, il y a
eu plusieurs rencontres. M. Chrétien a, lui, été en contact avec le
gouvernement américain. C'était notre représentant officiel. Il a fait
plusieurs représentations, plusieurs voyages à Washington pour tenter
d'avoir des échanges avec le gouvernement américain, ce qu'il a eu.
y a eu des rencontres parce que les avocats du ministère de l'Économie, de la
Science et de l'Innovation qui travaillent pour nous, des avocats
américains qui travaillent pour nous sur ce dossier-là et qui nous
représentent, l'industrie forestière
québécoise, à Washington, eux aussi ont fait des représentations. Donc, je
tiens à rassurer le collègue, le député
d'Arthabaska, que ce n'est pas parce qu'il n'y a eu que deux rencontres avec le
gouvernement américain que tout le reste ne s'est pas fait. Tantôt, je l'ai
mentionné, les syndicats en ont fait, les municipalités en ont fait, les
industries en ont fait. Il y a eu plusieurs représentations.
Contrairement à ce que le collègue de Bonaventure nous dit, il y a eu
énormément d'échange qui s'est fait, c'est un des dossiers les plus cruciaux
sur lequel on a fortement travaillé.
ailleurs, j'ajouterais la chose suivante... parce que, quand on est dans ces
négociations-là, internationales, c'est toujours bon d'avoir le maximum d'appui. Or, on a été cherché l'appui de
l'industrie forestière ontarienne et l'appui du gouvernement ontarien. On a tissé des liens très serrés avec la province
voisine parce qu'il faut bien se situer : 50 % de la production forestière vient de la
Colombie-Britannique, 30 % du Québec — là, je parle de l'ensemble canadien — et 20 % pour l'Ontario, ce qui
veut dire qu'ensemble, le Québec et l'Ontario, on est à 50 % ou près de
50 % de la production canadienne. On a
même émis un communiqué conjoint entre le gouvernement de l'Ontario et le
gouvernement du Québec, là je parle
sur le plan politique, auprès du gouvernement fédéral. Donc, on a bien
travaillé ensemble, et, à chaque fois qu'on a eu des rencontres avec le fédéral, puis j'en ai eu plusieurs lors des
événements fédéral-provinciaux, nos deux provinces parlent d'une seule voix. Et encore la dernière
fois, qui s'est faite au mois de mars, si je ne m'abuse, autant le gouvernement
ontarien que nous, on a travaillé vraiment sur le même aspect.
J'aimerais
vous citer, si vous me permettez, M. le Président, deux petits paragraphes
encore : «À quatre jours de décision — on comprendra que ça fait trois jours — attendue par les États-Unis sur l'imposition
d'un droit compensateur sur le bois d'oeuvre, les associations
forestières de l'Ontario et du Québec ont uni leurs voix ce matin pour dénoncer
l'inaction du gouvernement fédéral dans ce dossier.»
vous avez la citation. Et je prends la peine de lire le deuxième : «L'Association
de l'industrie forestière de l'Ontario — l'OFIA — et le Conseil de l'industrie forestière du
Québec — CIFQ — disent avoir eu de "nombreuses
rencontres et discussions au cours
des derniers mois" — on a toujours travaillé en étroite collaboration avec le CIFQ et
on apprécie d'ailleurs leur aide et leur partenariat — et
[se disent] "déçues" de ne pas avoir "convaincu le gouvernement
fédéral d'instaurer un programme efficace de garantie de prêts à taux
commercial pour le secteur forestier".»
Donc,
c'est important à considérer, beaucoup, beaucoup de choses se sont faites. Le
gouvernement du Québec n'a jamais
travaillé seul. On a toujours travaillé en table des partenaires. Tout le monde
était mobilisé. On a tenu plusieurs tables
d'échange et communiqué... au moins deux conférences de presse conjointes. Et,
croyez-moi, demain, il pourrait y en avoir une autre. On verra les
résultats, les annonces que le gouvernement américain fera.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député
d'Arthabaska.
Lefebvre : Votre citation, j'en avais cité une
partie tantôt, mais ce
qu'on retient également, c'est qu'ils sont déçus de ne pas avoir convaincu le gouvernement. Alors, à ce moment-là,
on se doit, en tant que gouvernement provincial du Québec, de justement
les écouter et d'aller à leur aide pour pouvoir avoir une entente avec le
fédéral.
J'aimerais
entendre le ministre sur... On dit que la négociation avantagerait la
Colombie-Britannique avec des quotas
au détriment du Québec et de l'Ontario, vous en avez parlé dans votre
allocution. Si Ottawa impose des quotas, comment voyez-vous ça par rapport à la Colombie-Britannique, qui, en
passant, dans la même citation qu'on utilise tous les deux... Je vais vous en lire une
deuxième : «Les deux associations reprochent au gouvernement Trudeau de
proposer des pistes qui n'auront
aucun impact immédiat, [sur] le développement du marché asiatique. Notons que
cette voie favorise l'industrie de la Colombie-Britannique, qui a un
accès naturel à ce marché et qui y écoule déjà 30 % de son bois.»
Alors, qu'est-ce que
le ministre entend faire si les quotas sont imposés?
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le ministre.
Blanchette : Ce serait dramatique pour le Québec s'il y avait des
quotas qui étaient imposés, puis je vais un peu revenir sur la
Colombie-Britannique parce que c'est un des joueurs clés dans cette
négociation-là.
Colombie-Britannique, comme vous n'êtes pas sans le savoir, a des billes,
qu'eux autres appellent des «logs», pas
mal importantes, parfois d'ici au mur. Donc, on n'est pas capables de faire le
tour, là, avec nos simples bras. Il faut être plusieurs personnes pour faire ça. Ceci fait en sorte que, quand on
traduit ça ou qu'on transforme ça en bois d'oeuvre, il y a peut-être une
perte de moins de 5 % de résidus forestiers en bran de scie et en copeaux,
et 95 % qui s'en va en transformation
bois d'oeuvre. C'est important à considérer parce qu'ils ont des niveaux
d'efficacité qu'on ne peut pas atteindre
étant donné la taille des billes. Au Québec, en Ontario, on a des billes
sensiblement les mêmes, et, croyez-moi, parfois c'est des petites billes dans lesquelles on peut travailler, ce
qui fait qu'on peut avoir entre 30 % et 35 %, dépendamment de la taille des billes, de résidus forestiers,
soit des copeaux, soit du bran de scie, etc. Donc, c'est important à
considérer, que les PME se retrouvent énormément plus au Québec, en
Ontario et au Nouveau-Brunswick.
Je reviens avec la
Colombie-Britannique. Elle bénéficie, à cause de sa proximité avec le
Pacifique, de tout un marché, qu'on appelle
l'Asie, qui est un marché en développement. Ensuite de ça, ce qu'il faut
savoir, c'est que l'industrie forestière de Colombie-Britannique, c'est
parmi les plus grosses. Elle est majeure et a beaucoup d'établissements de production au sud des États-Unis, Floride, autour,
etc., mais une bonne capacité de production, pas une petite, une très
bonne capacité de production. Advenant des quotas, ils pourraient se mettre à
produire de façon maximale du côté américain,
écouler en exportation du côté asiatique, voire même — et on espère que ça ne se réalisera
pas — dumper
au Québec. Ce qui veut dire que nous,
au Québec, qui sommes des PME et non pas des grandes entreprises à l'image des
entreprises de Colombie-Britannique, nos
PME, qui ont moins d'efficience, pas qu'ils ne travaillent pas fort, ils
travaillent très fort, ils ont de la
technologie, etc., mais ils peuvent difficilement compétitionner avec les
entreprises de Colombie-Britannique, nous, s'il
y avait des quotas, bien, on pourrait
être perdants là-dedans, perdants sur deux plans : perdants sur les exportations en raison des droits
compensatoires qu'eux autres n'auront pas à payer, et perdants aussi parce qu'il y aura une surproduction qui pourra se
faire là-bas, et perdants également parce qu'on pourrait se voir dumper,
c'est-à-dire écouler une
partie des
productions de l'industrie forestière, des produits forestiers de la Colombie-Britannique,
sur les marchés de l'Est du Canada, d'où l'importance de protéger nos
industries forestières.
Votre analyse, elle
est bonne. Je vous voyais opiner du bonnet, sans vouloir vous mettre les mots
en bouche, mais, essentiellement, c'est très
critique. Cette industrie-là, c'est vraiment crucial pour l'ensemble de notre
industrie, de nos 60 000
emplois. C'est vraiment très fragile, et, croyez-moi, le gouvernement du Québec
sera derrière les entreprises, en
parfaite harmonie avec les partenaires que sont les municipalités, les
syndicats, l'industrie et les associations patronales, telles que la Fédération des chambres de commerce,
le Conseil du patronat du Québec et Conseil de l'industrie forestière du
Québec.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Bien, merci, M. le ministre. Écoutez, on a exactement le
même portrait. On fait les mêmes constats. Moi, ce que j'aimerais
savoir, c'est : Quel est le plan de match du ministre si, à ce moment-là,
on y arrive?
Le Président (M.
Iracà) : M. le ministre.
Blanchette : Écoutez, je l'ai mentionné tout à l'heure, il faut être
discret sur... il faut s'assurer que les stratégies que nous adoptons et
leur mise en place ne seront pas mésinterprétées par le gouvernement américain.
fais juste lancer un scénario : Si on dévoilait peut-être une série de
mesures qu'on a et que c'était entendu par le gouvernement américain, il pourrait peut-être même changer ses taux, ce
qu'on ne veut pas. Donc, on n'est pas naïfs, puis je pense qu'il faut
bien comprendre le dossier, qu'il ne faut pas s'étirer sur les différentes
mesures.
Cela
étant dit, inquiétez-vous pas, on sera là pour défendre notre industrie, c'est
trop crucial, c'est trop primordial. Je
vous demande un peu de patience parce que les mesures devraient sortir cette
semaine, dès que les droits compensatoires seront annoncés.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre.
Lefebvre : Merci, M. le ministre. J'entends bien ce que vous me dites,
alors j'ai bien hâte de pouvoir faire la suite des choses avec vous dans
ce dossier-là.
Au 28 février
2017, les droits de coupe impayés totalisaient 12,3 millions des comptes à
recevoir de 120 jours, et, comme je
vous le disais, M. le ministre, je viens du domaine privé, et, nous, les 120
jours dans le privé, c'est la différence si on fait de l'argent ou si on
n'en fait pas. Alors, j'ai encore un réflexe d'entrepreneur en moi.
J'aimerais savoir : Les droits de coupe,
est-ce qu'il y en a encore des impayés des années précédentes? Premièrement, j'ai quatre questions, ça fait que
je vais vous les dire en rafale. Quels types d'entreprises qui ne paient pas
leurs droits de coupe? C'est-u de la petite
entreprise, c'est-u de la moyenne, c'est-u de la grande entreprise? Est-ce que
vous parvenez toujours à récupérer les
droits de coupe impayés ou si, comme dans le privé, il y a un pourcentage qui
est perdu à jamais? Et que
faites-vous si vous ne parvenez pas à collecter? Est-ce qu'il y a des
conséquences pour ces mauvais payeurs là?
Le Président (M. Iracà) : Merci. M.
le ministre.
Blanchette : Juste en résumé, les types, la taille, ce que je
comprends? Après ça, les conséquences pour celles qu'on ne collecte pas?
Puis les deux autres choses, c'est quoi?
Lefebvre : C'est-à-dire, là, les droits de coupe impayés, s'il y en a
eu dans les années précédentes, quels types d'entreprises qui ne paient pas, si c'est de la petite, moyenne ou
grande entreprise, et est-ce que vous parvenez toujours à récupérer les
droits impayés, et, sinon, quelles sont les conséquences pour ceux qui ne
paient pas.
Blanchette : Avec votre permission, j'espère avoir la collaboration,
je laisserais parler le sous-ministre associé. Ça va?
Président (M. Iracà) : Alors, je peux m'assurer. J'ai le consentement,
M. le député? Alors, avec le consentement, je vous demanderais de vous
nommer, ainsi que votre titre, avant de répondre à la question.
M. Brizard (Ronald) : Oui. Bonjour.
Ronald Brizard, sous-ministre associé au secteur Forêts.
Donc, il
n'est pas inhabituel de faire face à des situations où des entreprises ont de
la difficulté à payer les sommes dues
au gouvernement, que ça soit au niveau des droits de coupe, que ça soit au
niveau des organismes de protection pour
la forêt, SOPFEU, SOPFIM. Donc, à chaque année, on fait face à ces
situations-là. Le gouvernement, on est là pour supporter les
entreprises, mais, encore une fois, on demande à ce que les entreprises
respectent leurs obligations.
Donc, il y a différentes mesures qu'on peut
instaurer, notamment des mesures qui permettent de convenir d'ententes d'étalement de la dette des
entreprises, donc qui permettent d'étaler les dettes sur une période à
convenir, que ça soit sur six mois, un an, deux ans, qui permettent aux
entreprises de poursuivre leur opération, mais qui, au fur et à mesure de la réalisation de l'entente, respectent
ou remboursent les sommes qui sont versées au gouvernement. À terme, s'il y avait défaut de respecter l'entente d'étalement,
il est possible, au ministre, de résilier les garanties d'approvisionnement
aux entreprises et de voir avec elle, bon, s'il n'y a pas de mesure, de plan
correcteur possible, de résilier les garanties d'approvisionnement pour
protéger les investisseurs et protéger le gouvernement en regard aux mauvais
créanciers.
Le Président (M. Iracà) : Merci. Un
petit ajout, M. le ministre?
Blanchette : Oui. En fait,
je pose la question de précision. Est-ce que ça s'adresse surtout aux
petites, moyennes ou grandes entreprises?
M. Brizard
(Ronald) : De façon
générale, c'est surtout les petites entreprises qui sont touchées par un
dossier de mauvaises créances vis-à-vis le gouvernement du Québec.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le Président. M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Oui. Est-ce qu'on a déjà
résilié un contrat?
M. Brizard (Ronald) : Oui, on a...
oui.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
Brizard. M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Merci. On
remarque, en regardant les données des différentes régions, que des
pourcentages assez élevés d'enchères
n'ont pas été octroyés. Je veux juste aller me faire une petite référence,
si vous me permettez. C'est ça. Puis on voit qu'ils n'ont pas été
octroyés dans plusieurs régions. J'ai du 58 %, 56 %. Comment on peut
expliquer cette situation-là, M. le ministre?
Le Président (M. Iracà) : Merci. M.
le ministre ou M. Brizard... La parole est à...
M. Brizard (Ronald) : Oui, d'accord.
Le Président (M.
Iracà) : ...M. Brizard. Vous avez 1 min 40 s pour répondre.
M. Brizard
(Ronald) : D'accord. Donc,
comme dans tout système, là, d'accès à une ressource, il peut arriver
toutes sortes de conditions qui font en
sorte que, pour une année donnée, il n'y a pas de marché ou il n'y a pas finalement de demande pour acquérir des produits. Donc, il y a là l'expression
d'une situation économique pour certains produits, pour certaines essences à l'échelle du Québec.
Donc, le marché libre traduit cette variation-là de la demande pour certains
produits, puis donc elle est fidèle à la réalité économique de la situation que
vous décrivez et elle varie dans le temps.
Donc, il y a
des produits, il y a des essences sur lesquelles, sur le marché libre, on va
vendre, il y a un preneur sur
90 % des offres qu'on va faire sur le marché libre, mais il y a d'autres
situations où on va être en deçà, puis ça va être les chiffres que vous avez indiqués, notamment
pour des produits très spécifiques. Mais en moyenne, à l'échelle du Québec,
on vend sur le marché libre... c'est-à-dire
il y a un acheteur qui va acheter les bois offerts sur le marché libre à un
taux de 85 %.
M. Lefebvre : Si vous permettez...
Le Président (M. Iracà) : Oui, pour
30 secondes.
Lefebvre : Oui. Il reste 30
secondes, puis j'ai une question très rapide. Par rapport aux deux années
précédentes, ça a l'air de quoi, cette année versus les deux années
précédentes?
Le Président (M. Iracà) : M. Brizard
M. Brizard (Ronald) : On n'a pas
dénoté, là, de situation particulière, là. On est toujours aux environs... en
moyenne, il se vend... tout près de 85 % des lots offerts sur le marché
libre vont trouver preneur, donc.
M. Lefebvre : Ce portrait-là est pas
mal le même portrait qu'il y a eu l'année passée et l'autre année d'avant.
M. Brizard (Ronald) : Tout à fait,
oui.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. Brizard. M. le député d'Arthabaska, merci
beaucoup. Le prochain bloc appartient à la
partie gouvernementale. Alors, je vais céder la parole au député de Mégantic
pour un bloc d'environ 20 minutes, M. le député. La parole est à vous.
Bolduc : Merci, M. le Président. On vous salue. Et je voudrais saluer M. le ministre et toute son équipe pour la présentation de cet après-midi sur les crédits budgétaires. Je salue aussi
mes collègues de la
partie gouvernementale
ou des partis d'opposition.
Donc, en
guise d'introduction, M. le ministre, je dois tout d'abord dire qu'on a encore du
chemin à parcourir, mais on a fait beaucoup de chemin. On a fait beaucoup
de chemin, surtout si l'on considère que, sous le gouvernement du PQ, il n'y
avait pas de ministère de la Forêt. Le ministère dépendait finalement
de l'Environnement, et les éléments en Forêt se retrouvaient inclus dans le ministère
des Ressources naturelles. Donc, il y
a eu tout un amalgame à partir, comment je dirais ça, d'une désorganisation totale à créer un ministère,
à créer finalement, là, un plan stratégique et de mettre en
place toute une série d'actions qui, aujourd'hui, se traduisent par toutes sortes d'actions. Et
nous allons un peu élaborer là-dedans.
Entre autres, on va parler du Forum Innovation Bois, qui s'est tenu à Rivière-du-Loup, qui est un peu, finalement,
l'évolution de la création d'un ministère,
qui est l'organisation des activités, et je pense que c'est un
prolongement naturel de dire : On va considérer les acteurs de la
forêt, et de ça beaucoup de choses s'en viennent.
Et moi,
j'aimerais aussi parler un peu, en introduction, de quelques-uns des chantiers,
en fait, sur lesquels vous êtes
impliqués puis sur lesquels vous allez avoir la chance d'élaborer. Je voudrais
parler des chantiers de sciage. Puis, M.
le Président, je veux élaborer un peu
là-dessus parce
que je pense que le comté de Mégantic,
c'est un comté qui est à 80 % de
bois, et naturellement la plupart de ces chantiers-là ont des
conséquences dramatiques chez moi. Donc, je pense qu'il est important
aussi pour la population d'entendre un peu ce qui se passe là.
Historiquement, dans tous les villages du comté,
il y avait des moulins à scie, principalement de bois mou. Naturellement, avec les années, il y a eu une espèce de consolidation, et plusieurs municipalités ont perdu leurs moulins
à scie, mais d'autres ont eu des croissances
du développement, qui a fait que maintenant on a moins de moulins à scie,
mais ils sont plus gros, plus efficaces et généralement beaucoup mieux
intégrés. Je dois noter que beaucoup de ces moulins à scie là se sont
spécialisés et ont mis des contextes technologiques. En fait, on avait
traditionnellement à manipuler tout le bois
manuellement, et maintenant c'est des équipements automatisés qui font le
travail, qui permettent une productivité et un rendement très accrus,
sujet très important dans une région où, maintenant, on a un manque chronique de main-d'oeuvre. Donc, l'automation
joue un rôle très important dans l'élaboration de l'industrie et le maintien
économique de cette industrie-là. Donc, ça, c'est un point qui est très
important.
Et aussi il y
a eu de plus en plus de développement de bois franc, qui est un autre segment
de l'industrie qu'on retrouve à plusieurs endroits dans le comté de Mégantic et
dans l'Estrie en général parce que le sud du Québec est très riche en produits feuillus, et ce qui a développé
encore là un autre type d'approvisionnement et d'industrie qui est très important pour mon secteur. Naturellement, on a
aussi, vous en avez parlé précédemment, on a le chantier des panneaux. Et, comme vous le savez bien, on a une très grosse
usine de panneaux chez nous qui fabrique énormément de produits. Et, en fait, elle est une
des plus grosses en Amérique du Nord. Il est très important de maintenir
l'intégration de l'ensemble des
acteurs parce qu'il est très clair que le comté de Mégantic ne peut pas fournir
une telle usine et que l'ensemble de l'approvisionnement
doit venir de l'étendue du Québec. Et, encore là, ça offre des défis très,
très, très importants pour maintenir
les emplois dans ma région et de s'assurer que l'économie va continuer à
prospérer. Et nous faisons tout ce qui nous est possible pour s'assurer
que ce type d'entreprise là va continuer à maintenir un niveau d'activité
adéquat et maintenir sa compétitivité parce
qu'elle est quand même propriétaire d'une entreprise internationale qui, elle,
regarde le monde entier comme un marché.
est très important de s'assurer que l'industrie forestière québécoise
maintienne sa compétitivité non seulement en Amérique du Nord, mais dans les contextes mondiaux. Vous en avez parlé
tout à l'heure en parlant de la Colombie-Britannique, du marché asiatique. Et le nouveau contexte, avec
le Brexit et les ententes européennes, nous offre aussi certaines opportunités dans le temps pour retrouver nos
produits en Europe, surtout avec le défi que vous nous avez parlé précédemment, qui est le défi du bois d'oeuvre et
des tarifs que les Américains pourraient nous imposer. Je pense qu'il
faut garder une certaine ouverture d'esprit quant à regarder ce qu'on pourrait
faire avec ça.
qui m'amène aux chantiers de construction de bois parce que je pense que le
gouvernement a pris des initiatives très
importantes en faisant les modifications aux standards de constructions pour
permettre d'aller jusqu'à 12 étages pour les chantiers. Et ça pourrait nous permettre, quand on s'ouvre, je
dirais, l'esprit, les idées à de nouvelles façons de faire, de voir comment on pourrait peut-être vérifier ce
qu'il va se passer en Europe. Qui sait, peut-être qu'on pourrait avoir aussi, là, des opportunités très intéressantes.
Donc, je dis juste qu'on voit qu'à l'intérieur de tout ça il y a des
opportunités, puis je vous donnerai la chance d'élaborer un peu plus
tard là-dessus.
autre chantier sur... en fait, les deux autres sont encore beaucoup plus, pour
moi, des sujets sensibles parce que
j'y ai travaillé pendant longtemps, celui des pâtes et papiers, qui est, pour
moi... en fait, j'ai travaillé pendant 17 ans dans ce segment-là, et il était très clair qu'il devrait y avoir dans le
temps une consolidation de l'industrie pour plusieurs raisons et, le Québec étant une grande région
productrice de papiers sous toutes ses formes, qu'il y aurait un ralentissement
économique et une intégration de ces
usines-là parce que, finalement, l'informatique ne nous a pas aidés et que les développements technologiques, les cultures des
bois hybrides, les technologies mondiales, le développement de certaines
régions du monde aussi, entre autres en
Asie, où d'autres développements se sont produits, qui ont fait que ça a créé
des défis très considérables à l'intérieur des pâtes et papiers.
y a eu aussi du développement technologique. On a parlé d'intégration aussi de
technologies d'énergie, en fait, parce
que certains résidus forestiers sont utilisés de façon à générer de l'énergie
et finalement rentabiliser les coûts de production. Donc, tout ça crée une complexité dans un marché qui est de
plus en plus intégré, de plus en plus difficile, avoir toutes les
composantes, surtout pour les gens qui travaillent ou qui voient seulement des
camions de bois passer aller-retour. Je sais
bien que, chez moi, on le voit, là, à tous les jours, on voit des billots dans
une direction, du bois fini dans
l'autre, des camions, comment je dirais ça, de particules de bois. Il nous
passe toutes sortes de choses dans toutes les directions, puis les gens ne comprennent pas trop ce qui se passe.
Naturellement, ça n'inclut même pas, ça, l'importation de bois
américain, etc. Donc, la complexité est là.
le dernier né de cette série d'activité là, c'est les chantiers bioénergie où
on, de plus en plus, crée toutes sortes nouveaux produits, en partant des nanoparticules ou des produits qui
vont dans les grades alimentaires et qui s'étendent à toutes sortes d'activités aujourd'hui, en allant
du méthanol à l'éthanol. Puis, encore là, c'est un dossier très important,
si vous considérez qu'Enerkem est aussi un de ces grands acteurs là, qui est
aussi dans le comté de Mégantic.
Il y a beaucoup,
beaucoup, beaucoup de ces enjeux-là, M. le ministre, qui sont très, très
importants pour non seulement le comté de
Mégantic, mais aussi l'Estrie, où on retrouve encore là, vous savez, une usine
comme Domtar, à Windsor, qui
s'alimente en grande
partie dans le comté de Mégantic en bois grâce à leurs
12 000 hectares d'approvisionnement de terres. Il y a du stock beaucoup. Donc, pour moi, la forêt chez nous,
c'est important pour toutes ces raisons-là. Donc, je pense qu'on va
suivre attentivement, M. le ministre, tout ce qui va se passer là-dessus.
Et vous avez
développé, l'automne passé, ce Forum Innovation Bois, qui s'est tenu à
Rivière-du-Loup en octobre 2016 puis qui
avait comme objectifs de rassembler les partenaires et de créer une vision
d'avenir partagée. Pour moi, je
voudrais, là, vraiment que vous nous donniez un peu de retour sur cet
événement-là, le suivi des mesures, puis de bien voir quelles sont vos intentions, puis comment vous voulez
travailler dans le temps sur ce dossier-là, puis comment on va s'assurer
que mon comté va continuer à se développer avec toutes ces opportunités-là que
vous nous présentez.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député de Mégantic. M. le ministre.
Blanchette : Oui. Je
remercie notre collègue. Il n'est pas en conflit d'intérêts parce que
toutes les régions du Québec sont impactées par l'industrie forestière. Donc,
la question, elle est des plus pertinentes, c'est qu'on va le
faire vivre à travers les cinq chantiers sur les résultats de ce que ça
a pu donner.
Dans un premier temps, je tiens à mentionner, M. le Président, que ces cinq chantiers-là, auxquels on vient de faire référence, avaient été choisis et retenus
par, je dirais, le besoin de la cause puisqu'on était un peu à la croisée des
chemins. Vous savez, l'industrie forestière,
ce sont nos racines, je ne fais pas de mauvais jeu de mots, mais c'est... Au
tout début de la colonie, on exportait les
grands mats de bateau faits en pin blanc du côté européen. On a même eu des
ententes internationales pour faire ça. Et au fil des années, au fil des
décennies pour ne pas dire des siècles, on s'est toujours adaptés aux derniers
marchés. La croisée des chemins veut dire que peut-être qu'on a plus de
valeur ajoutée à faire qu'avec du
bois d'oeuvre. Je ne tiens pas à dénigrer le bois d'oeuvre puisque
c'est vraiment une industrie fort importante pour le Québec, mais essentiellement
est-ce qu'il y a moyen de faire plus de valeur ajoutée? On en est là.
Un des
bénéfices d'avoir fait ce Forum Innovation Bois là a été de rapprocher les gens
du ministère par
rapport aux gens de l'industrie, et il y avait les municipalités et les syndicats
qui étaient en périphérie lors du forum. Mais essentiellement il y a eu des chantiers sur lesquels l'industrie et le gouvernement ont décidé de travailler ensemble, d'où
l'aboutissement du plan de travail Innovation Bois sur lequel on retrouve les
39 mesures auxquelles on en a ajouté au dernier budget.
Mais essentiellement ce travail-là, c'était ce que l'industrie demandait. Il y a eu, lors de ce Forum
Innovation Bois... puis là j'ai un
chantier en main, mais il y en avait cinq, dans les cinq chantiers, c'était
unanime, tout le monde parlait du défi ou de l'enjeu de la main-d'oeuvre, c'est-à-dire du renouvellement de main-d'oeuvre puisque c'est vraiment très critique.
Donc, d'avoir écouté, on a pu faire nos représentations,
et je tiens à mentionner tout le travail de titan qu'Emploi-Québec est en train de faire pour s'assurer d'avoir une
main-d'oeuvre compétente, qualifiée pour pouvoir faire fonctionner nos usines, peu importe le type de
chantier, que ce soit bioénergie, construction en bois, panneau, pâtes et
papiers, sciage, etc. C'est important à
mentionner que, maintenant, on a, avec les mesures du forum, qui valaient
38 millions de nouvelles sommes
d'argent, et les 46 millions qu'on a ajoutés récemment... donc, il y a
84 millions qui ont été mis à la disposition
des entreprises pour pouvoir développer, innover, s'adapter, moderniser,
transformer nos usines pour ce que j'appelle le virage de demain.
Si je les
prends un après l'autre, prenons construction en bois, on fait vivre la Charte
en bois parce qu'on veut que les constructions à multiples étages
puissent se faire. On souhaite... puis j'ai un beau projet avec la commission scolaire Marie-Victorin dans le comté de
Longueuil, si je ne me... Non, c'est dans le comté de Marie-Victorin. En tout
cas, c'est la commission scolaire
Marie-Victorin qui, j'espère, est dans le comté de Marie-Victorin, mais je dis
ça sous toute réserve, là. C'est peut-être dans la ville voisine, à
côté, là.
Une voix : C'est à Longueuil.
M. Blanchette :
C'est à Longueuil, bon. La commission scolaire Marie-Victorin va construire une
école en bois de plus de trois
étages. On est en train de développer un guide de construction parce qu'on veut
faire... on veut bien protéger nos
enfants lors des feux et on veut s'assurer que, si jamais il y a un feu, qu'on
puisse avoir le temps d'évacuer, etc. C'est essentiel pour la protection
de nos enfants. Et il y aura un guide de construction.
Traditionnellement, on a tendance à dire :
Ah! le béton va mieux nous protéger. Mais le béton émet des gaz à effet de serre, alors que le bois le séquestre. Ou
l'acier en émet aussi lorsqu'on le produit, alors que le bois les séquestre.
En fait, un mètre cube de bois va séquestrer
l'équivalent d'une tonne de CO 2 . Donc, on veut favoriser
l'utilisation des bois.
Il y a
plusieurs entreprises, je pense à Chantiers de Chibougamau qui fait des arches
immenses. On a ça à Laval, au centre
sportif de Laval, de ville de Laval, et dans bien d'autres endroits. On fait
même des ponts en bois; c'est dans le comté
de mon collègue d'Ungava. Donc, on a des beaux projets. Tout récemment, il y
avait une construction de 12 étages à Québec même que... on a inauguré les choses. Et essentiellement, si
tout le monde se mettait à utiliser plus de bois, on pourrait s'assurer que le Québec non seulement
produise avec ses entreprises, mais en plus crée de l'emploi, crée de la
richesse et protège les emplois chez nous.
On a
différents projets là-dedans et que je tiens à mentionner parce que, dans
chacun des chantiers, on retrouvait des
bons développements. Il est tout à fait avisé de dire que les papiers, pâtes et
cartons sont un chantier pour lequel il y a eu beaucoup de réflexion. Oui, l'informatique, iPad, iPhone,
ordinateurs, diminue la consommation de papier, mais en même temps le carton est de plus en plus utilisé
par Internet étant donné les livraisons. Donc, ce marché-là est en croissance.
Le papier
journal, le papier surcalandré, donc, on en utilise, mais il y a tout de même
une diminution. Alors, est-ce qu'on pourrait faire ce qu'on appellerait
de la bioénergie, soit de la biomasse pour faire le chauffage ou produire de
l'hydroélectricité, ou soit encore du biocarburant pour autant remplacer les
hydrocarbures, histoire d'économiser... c'est-à-dire
favoriser la diminution de gaz à effet de serre, ou même, à partir de notre
flotte de camions au gouvernement du
Québec, par exemplarité, pouvoir rendre possible l'utilisation du biocarburant
comme essence nécessairement pour faire fonctionner notre flotte de
camions, d'autos, etc.?
Ça fait que
ces idées-là novatrices demandent un peu plus de réflexion que tout simplement
des lancements. Mais je tiens à
mentionner que, pour la ville de La Tuque, qui ont un projet intéressant
d'utilisation de biomasse à des fins de production de carburant, ils
sont en train — avec
Neste, on a annoncé ça à Montréal — de vouloir développer tout ce
chantier-là, et le gouvernement les accompagne en matière de financement
d'études pour prendre ce virage-là.
Donc,
panneaux, la même chose, est-ce qu'on peut faire plus? Certainement. C'est des
grands consommateurs...
Le Président (M. Iracà) :
15 secondes, M. le ministre.
M. Blanchette : Combien?
Le Président (M. Iracà) : 15
secondes.
M. Blanchette : Seigneur!
M. Blanchette : Ça va aller,
hein?
Président (M. Iracà) : Alors, bien, écoutez, vous pouvez vous
reprendre, j'imagine, dans un prochain bloc, M. le ministre.
M. Blanchette :
Suggestion très pertinente.
Le Président (M. Iracà) :
Alors, nous allons procéder à un autre bloc avec l'opposition officielle.
M. le député
de Bonaventure, puisque vous aviez reporté du temps, ça vous laisse
22 minutes pour questionner M. le ministre. Alors, M. le député de
Bonaventure, la parole est à vous.
M. Roy :
Merci, M. le Président. M. le ministre, il faut parler du poisson appât, hein?
Le ministre des Forêts, de la Faune
et des Parcs a déposé un règlement mur à mur interdisant les poissons appâts
l'été et interdisant les poissons appâts vivants l'hiver. Sans aucune période de transition et de consultation,
le gouvernement libéral a annoncé aux pêcheurs et aux petits entrepreneurs qu'il mettait fin soit à
leur loisir soit à leur gagne-pain. Pire, le gouvernement a changé un règlement
sans même s'assurer que les juridictions
voisines comme celles de l'Ontario et des États américains fassent de même,
où les gens ont le droit de pêcher avec des ménés. Deux poids, deux mesures.
Le ministère
des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario consulte aussi pour
moderniser son règlement sur les
poissons appâts. J'ai ici une copie, M. le ministre, de la Politique
stratégique relative à la gestion des appâts en Ontario . Intéressant parce que, dans la
partie «Finalité», l'Ontario veut moderniser
son règlement tout en conservant «les ressources
que constituent les appâts et assurer la pérennité de [l']industrie». Donc,
c'est un picot qui est extrêmement important : assurer la pérennité
de l'industrie.
Le milieu de
la pêche est unanimement contre le règlement du gouvernement. Des milliers de
citoyens ont également signé des
pétitions sur le site de l'Assemblée nationale. Même le chef algonquin Jean-Guy
Whiteduck disait n'avoir jamais été consulté malgré l'obligation
gouvernementale, confirmée par la Cour suprême, de devoir le
faire. Le biologiste du conseil de
bande est d'avis qu'il n'y a aucun danger d'utiliser des poissons appâts en
circuit fermé. Donc, on a un
article ici qui a été publié
dans La Gatineau le 13 avril 2017.
Sans même avoir
consulté les citoyens et les entreprises touchés, le ministre affirme, après avoir
signé l'arrêt de mort de plusieurs entreprises, qu'il les accompagnera
non pas pour les relancer, mais pour distribuer des pamphlets expliquant les nouvelles règles sans se soucier de
l'économie régionale et de nombreux villages qui vivent de
l'industrie.
Question : Pourquoi avez-vous refusé à plusieurs
reprises à des organismes et à des citoyens de dévoiler le questionnaire du mois de novembre et sa
méthodologie? Et, dans les réponses que nous avons reçues ou les réponses de
demande d'accès à l'information, qui
refusent l'accès au fameux questionnaire, vous soulignez l'article 22. Et
l'article 22 dit : «Un organisme
public peut refuser de communiquer un secret industriel qui lui appartient.» Et
là j'aimerais vous entendre là-dessus.
Comment pouvez-vous en arriver à, bon, émettre l'article 22 pour interdire
d'avoir l'accès à l'information en postulant qu'il y a un secret
industriel là?
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Bonaventure. M. le ministre.
M. Blanchette :
Je remercie le collègue de Bonaventure pour la question, M. le Président, parce
que c'est essentiel de donner les
meilleures réponses puisque cette information-là ne s'est pas toujours rendue.
Vous savez qu'il y a 100 pêcheurs commerciaux
présentement qui capturent des poissons
appâts. Beaucoup le font dans le fleuve Saint-Laurent, en fait,
c'est une forte majorité et ça représente une valeur de revente de
l'ordre de 2,3 millions. Donc, ce n'est pas banal.
On compte actuellement 50 exploitants de viviers de poissons appâts au Québec.
Et refaisons un peu l'histoire, elle est importante. Le 8... C'est-u ça?
Non, pas le 8 mars. À Contrecoeur.
M. Blanchette : O.K. Ce n'est vraiment pas la date que j'ai là. En tout cas, c'est important à mentionner, il
y a eu la capture, dans les filets, d'une carpe asiatique, une carpe des
roseaux. On pensait qu'elle était stérile, mais, dans les faits, les tests
ont mené que, non, au contraire, elle était fertile. Et il faut bien préciser
que la découverte de ça nous a très inquiétés.
On ne sait pas si ça venait par la rivière Hudson de New York,
qui se verse dans le lac Champlain, ou si ça venait par les Grands Lacs, donc Mississippi, Grands Lacs
et par le fleuve. On ne pourrait pas assurer cette certitude-là. Mais essentiellement
on a retrouvé la carpe dans le fleuve Saint-Laurent.
M. le Président, je sais que c'est à la mode actuellement de s'afficher contre la science,
mais on va prendre un peu de recul et examiner les arguments qui appuient notre
décision. Nous avons eu le courage de prendre une décision basée sur les preuves scientifiques et des faits avérés plutôt qu'à des fins opportunistes et clientélistes.
C'est important à considérer. J'aime
à rappeler à mon collègue, qui semble avoir des oublis ou des trous de mémoire,
je le dis en tout respect, qu'une
partie de la réglementation que nous avons annoncée en février dernier avait déjà été
annoncée en 2012, à savoir la fin de l'utilisation des poissons appâts
morts en été dès avril 2017.
Le fait est
qu'en 18 mois qu'ils ont été là, bien, ils n'ont rien changé parce qu'on a dû
prendre nos responsabilités. Il y
a eu plusieurs tests, dans le fleuve Saint-Laurent, qui ont été pris, des tests d'ADN. Les tests
d'ADN de poissons, c'est des
spécialistes qui prennent ça, et ils ont identifié à plusieurs
endroits stratégiques dans le fleuve,
à proximité parfois des rivières
Saint-François et Richelieu, je dis «à proximité», je n'ai pas dit «dans» la
rivière Richelieu, mais essentiellement la présence de carpes des
roseaux dans le fleuve Saint-Laurent.
S'il fallait
que ça s'avère vrai, que ça remonte après ça les effluents, nous serions dans
le trouble. Et les études ont
démontré que le commerce et l'utilisation des poissons appâts étaient des
vecteurs d'introduction d'espèces aquatiques envahissantes. Ce que j'appelle espèces aquatiques envahissantes, bien
sûr, il y a la carpe asiatique, mais il y a des espèces non indigènes, c'est-à-dire qui n'ont pas été
produites ici. Et, dans les viviers, il y a eu des tests de faits — les viviers pour les poissons appâts. Puis il y a des organismes
pathogènes qui ont été identifiés à peu près à 24 %. Donc, soit le quart
de tous les viviers dans lesquels on
retrouvait des organismes pathogènes : bactéries, virus et maladies. Donc,
c'est important à mentionner que les
poissons appâts, on a dû prendre une décision relativement rapide, basée sur la
science, étant donné les ADN et les échantillons trouvés dans les
viviers.
Autre
phénomène, il est très difficile de faire la différence à l'oeil nu, lorsque
les ménés sont juvéniles, sont tout petits,
entre une carpe asiatique ou un autre type de poisson indigène versus des poissons
non indigènes. Ça, je tiens à le mentionner,
puis ce n'est pas évident. Et, si on fait 1 % d'erreur à chaque fois,
bien, ça prend 1 % d'erreur, puis ils peuvent se reproduire, et là ça peut créer effectivement
une infestation puisqu'on n'a pas de prédateur pour ces poissons-là. Donc,
j'ai agi et je continuerai d'agir afin de
prévenir l'invasion dans nos plans d'eau et afin de protéger notre diversité
aquatique.
ce qui concerne l'Ontario, l'Ontario a entamé, à la fin février 2017, un
processus de réflexion visant à revoir l'encadrement de l'utilisation des
poissons appâts. Est-ce que le député est en train de me reprocher que le
Québec a été leader en la matière?
J'espère bien que non. Je sais que ce n'est pas dans son intention et je ne
veux pas remettre ça en question,
même s'il peut le penser, ce que je doute, mais le Québec a assumé son
leadership en la matière, je tiens à le mentionner.
M. Blanchette :
Puis, par rapport au sondage que... l'industrie ontarienne...
M. Blanchette : Ah! le résultat du sondage par rapport au poisson appât, là, ça va s'en venir. Je tiens à le rassurer, là, le
rapport est à venir.
M. le Président,
pendant que la science nous met en garde, ici et ailleurs, sur les risques de l'utilisation
des poissons appâts, bien, au PQ, on trouve
que ce qui se fait aux États-Unis, ça marche. On est totalement dans l'erreur.
C'est une infestation. La
problématique, elle est dans quelques Grands Lacs, il y en a cinq, et on est en
train de faire monter ça vers le nord. Ce n'est pas rassurant, mais pas
du tout. L'Ontario n'est pas un modèle en la matière.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Roy : Écoutez, je
pense, c'est une discussion que nous
avons déjà eue, et, bon, les fonctionnaires du ministère nous
ont présenté l'ensemble de la problématique et ils sont très professionnels.
Ma question était très simple : Pourquoi avoir refusé à plusieurs reprises de
dévoiler le questionnaire, la méthodologie? Et est-ce que vous vous engagez à
déposer le sondage aujourd'hui?
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Blanchette : Permettez-vous à la sous-ministre associée à la Faune de pouvoir répondre à cette question-là?
Le Président
(M. Iracà) : M. le député, il vient d'avoir une demande...
Président (M. Iracà) :
Je présume que c'est oui. Alors, M.
le député acquiesce. Toujours
Mme Grignon. Alors, la parole est à vous.
Mme Grignon (Julie) : Oui. Alors, je ne pourrais pas vous donner de façon
précise les règles. Ce que l'on a, nous, c'est que, normalement, des données brutes de sondage ne sont pas
rendues publiques. Par contre, il est clair que nous ferons un rapport, donc que nous rendrons
facilement compréhensibles ces résultats-là et que ce rapport-là sera public.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, Mme Grignon. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Est-ce que vous pouvez m'expliquer la notion de
secret industriel? Pourquoi vous refusez l'accès au questionnaire et à la méthodologie en invoquant le
secret industriel? Nous, c'est vraiment une question qui nous interpelle, et j'aimerais avoir
une réponse à ça.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député. À la question, je cède la
parole à M. le ministre ou Mme Grignon?
Mme Grignon
(Julie) : Il faudrait qu'on vous revienne pour savoir les raisons
exactes pour lesquelles cette réponse-là vous a été donnée par les personnes
responsables de l'accès.
Président (M. Iracà) :
Alors, vous pouvez, à ce moment-là... je comprends qu'il y a un engagement
pour revenir là-dessus. Alors, l'écrit devra être envoyé à la secrétaire
de la commission pour qu'on puisse faire les suivis.
M. Blanchette : Je vais juste
le...
Le Président
(M. Iracà) : M. le ministre.
M. Blanchette : Je vais prendre le
temps de le dire, c'est qu'on s'engage à donner une réponse de définition parce
que les gens de l'accès à l'information ne sont pas... on a beaucoup de
personnes, on a consacré 17 000 heures professionnelles, mais là on
va en ajouter quelques-unes, là.
Le Président (M. Iracà) : C'est
bon.
M. Blanchette : Mais c'est
correct, on s'engage à la fournir.
Le Président (M. Iracà) :
Parfait. Alors, il y a un engagement qui est noté ici. M. le ministre.
M. Blanchette : Peut-être pour
compléter aussi, c'est que les gens du ministère avaient déjà eu un briefing technique, c'est-à-dire un échange avec
les oppositions — vous
étiez là aussi — sur
le sujet du poisson appât. Mais on va répondre à la question de façon
plus spécifique.
Le Président (M. Iracà) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Au-delà
des résultats d'enquête, que nous
avons hâte d'analyser, est-ce que vous pouvez vous engager à déposer le
questionnaire lui-même aujourd'hui?
Le Président (M. Iracà) : Merci,
M. le député. Mme Grignon, je suppose.
Mme Grignon
(Julie) : Oui, je n'ai pas
avec moi le questionnaire. Le questionnaire était public parce qu'il a été répondu par plusieurs personnes. On peut trouver une façon de
transmettre, peut-être avec la réponse qu'on fera demain, de transmettre également les questions du
questionnaire. Je n'y vois pas de problème particulier. Ça a été fait par un
envoi à un échantillon...
Mme Grignon
(Julie) : Bien, ça s'est
fait par Internet, mais est-ce qu'il est sur Internet? Non. Mais on pourrait, en
même temps que de répondre à l'autre question, fournir les questions du
questionnaire.
M. Blanchette : Donc, on
s'engage à faire suivre le questionnaire.
Président (M. Iracà) : Deuxième engagement, alors un envoi...
M. le ministre s'engage formellement, à cette commission, à fournir les questions du
questionnaire, qui seront transmises, toujours à Mme la secrétaire, pour qu'on
puisse faire le suivi. M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Bien, juste pour épuiser... épuiser, oui, absolument. Écoutez, on a de la suite
dans les idées. Mis à
part le sondage
en ligne dans le cadre de... bon, vous avez consulté combien de pourvoiries,
centres de pêche, pêcheurs commerciaux, associations touristiques? Est-ce que ces gens-là ont été consultés,
premièrement? Si oui, à quelle fréquence? Combien? Bref, j'aimerais
savoir qui a été consulté parce que le son de cloche que nous avons, c'est
qu'il y a des gens qui ont l'impression de ne pas avoir été consultés.
Donc, ce
serait important que nous ayons la liste. Sans être nominatifs,
pas besoin d'être nominatif, nous nommer M. Untel, mais on aimerait savoir combien de pourvoiries ont été
consultées, de centres de pêche, de pêcheurs commerciaux et d'associations
touristiques.
Le Président (M. Iracà) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Blanchette : Cher collègue, je vous soupçonne de connaître la
réponse, mais je vais vous répondre pareil. Ces travaux-là, d'évaluation sur la carpe asiatique, les poissons appâts,
c'étaient des démarches faites essentiellement avec les universitaires. C'étaient des
travaux scientifiques qui ont été faits. Et les intervenants en la matière
n'ont pas été consultés. C'est des travaux
scientifiques d'évaluation qui ont été faits, et, lorsqu'on a découvert
l'ADN, là les gens du ministère se sont mis à travailler et à analyser
les choses et les risques.
Juste bien
faire attention sur deux préventions que je tiens à faire. Ce n'est pas parce
qu'on interdit les poissons appâts
qu'on arrête la pêche nécessairement. Il y a eu un événement fort important
qui s'est fait dans le Lac-Saint-Jean,
où on avait introduit une espèce indigène,
et pour lequel il a fallu faire des correctifs, et par la suite on a utilisé des agrès de
pêche faits, comment je pourrais dire ça, artificiellement, là, sans poisson
appât... et qui a apporté un certain nombre de résultats.
Pour être en
déplacement dans plusieurs régions du Québec, il y a plusieurs
régions qui ne sont pas impactées. J'étais
à La Tuque... puis, pour eux autres, il
faut bien comprendre que ce n'est que
pour les affluents du fleuve, incluant le grand lac Témiscamingue et la rivière des Outaouais. Ça fait que ce
n'est pas dit que les poissons appâts touchent tout le monde puisqu'il y en a plusieurs pour lesquels c'est déjà
défendu depuis plusieurs années. Donc, c'est important
à mentionner, ça.
M. Blanchette : O.K. Le sondage a été fait auprès de certains pêcheurs
qui étaient dans les échantillons. Mais je suis d'accord avec vous que ce n'étaient pas les fédérations
auxquelles vous faites référence. Il était prévu de le faire, mais la découverte de l'ADN de la carpe a modifié
le processus, et on a basé les choses sur la science pour pouvoir prendre
nos décisions.
J'ai par ailleurs, si cela vous intéresse, on peut déposer le document, une photo des ménés,
les différents ménés. Celle-ci est la
carpe asiatique. Mais vous comprendrez que c'est des millions de ménés qu'on a
à gérer, et, de faire le tri de ça... je ne voudrais pas être celui qui
est embauché pour faire cette tâche-là.
Si vous
souhaitez qu'on dépose le document, on va le faire avec grand plaisir. On est
ouverts à l'information, donc peut-être les faire circuler. Mais essentiellement ce n'est pas quelque chose de facile. Quand on a pris notre décision,
c'est vraiment la science qui a pris cette décision-là, pas
juste sur la carpe asiatique parce qu'on l'avait découverte, mais
aussi, encore une fois, sur les organismes pathogènes, mais aussi les
espèces non indigènes qui pourraient s'ajouter dans nos différents
milieux.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, je prends acte du dépôt de document.
Il y aura des copies qui seront distribuées. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Merci,
M. le Président. Travaux sylvicoles
non commerciaux, le 38 millions en appel d'offres. Écoutez, selon
nos informations, fort à parier que l'ensemble
de l'enveloppe des appels d'offres ne sera pas investi cette
année. En date du 14 avril, on
nous parle de 9 millions de travaux sylvicoles non commerciaux prêts à
être soumis en appel d'offres. Donc,
l'histoire est simple, les gens sur le terrain ont besoin d'avoir de la
prévisibilité. Vous en avez parlé tout
à l'heure, M. le ministre. Et, si on ne sort pas des appels d'offres, comment voulez-vous qu'ils
définissent leur main-d'oeuvre, leur transport, l'ensemble des travaux
qu'ils auront à effectuer?
Donc, on se
retrouve à la même problématique que les années précédentes où on s'en va vers une
situation où l'ensemble de l'enveloppe ne sera pas
investi dans les travaux. Et là c'est des centaines de travailleurs qui vont
être pénalisés. C'est un paquet de monde,
donc, et vous vous étiez engagé à corriger le tir de votre prédécesseur. Et là
j'aimerais vous entendre là-dessus.
Est-ce que vous vous engagez à faire en sorte
que l'ensemble de l'enveloppe des appels d'offres sorte le plus rapidement
possible pour permettre à l'ensemble des entrepreneurs d'avoir de l'efficience,
de la prévisibilité puis de donner une chance aux travailleurs sylvicoles, aux
travailleurs forestiers, qui ne savent jamais sur quel pied danser, où ils
vont travailler et comment ils vont faire pour gagner leur vie?
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Bonaventure. M. le ministre, à la question.
M. Blanchette :
Écoutez, la question est assez précise, je demanderais au collègue de pouvoir
faire intervenir le directeur des
opérations régionales, qui gère ces programmes-là. Vous comprendrez que ce
n'est pas moi qui est au courant de tous les appels d'offres. Le sous-ministre
adjoint, Daniel Richard...
Le Président (M. Iracà) :
Alors, est-ce que j'ai le consentement du député de Bonaventure?
M. Roy :
Écoutez, ça ne sera pas long, on va revenir au sous-ministre, mais, nous, ce
qu'on vous demande à vous, en tant
que ministre qui êtes responsable de votre ministère, c'est un engagement de
votre
part comme quoi l'ensemble des
sommes va être annoncé non pas au mois d'octobre, quand les neiges vont
arriver, mais le plus rapidement possible.
M. Blanchette :
Mais, rassurez-vous, là, j'ai bien compris la question, là. C'est juste que la
réponse, il faudrait... c'est peut-être mieux aux Opérations régionales.
Une voix : La réponse, c'est
oui...
M. Roy : On va... O.K.
M. Blanchette :
Oui. O.K. Pour l'engagement, là, oui, mais, si vous voulez avoir des détails...
parce que ce que j'ai compris, c'est que les chiffres ne coïncident pas,
là, entre les vôtres puis ceux-là, là.
M. Roy : ...avoir
changé, écoutez...
Le Président
(M. Iracà) : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour que
le sous-ministre puisse répondre à la question. Vous connaissez la
formule, alors votre nom et votre
titre avant de répondre à la question.
M. Richard
(Daniel) : Daniel Richard, sous-ministre associé aux opérations régionales.
Alors, pour répondre directement à
votre question, il a été prévu cette année d'émettre 24 millions en appels
d'offres. Il y a déjà une première série d'appels d'offres qui ont été lancés. Elles
ont été lancées parce que les visites de chantiers se sont tenues l'année
passée, en 2016. Alors, il reste l'autre portion sur laquelle les visites de
chantiers vont se tenir très prochainement, et, aussitôt que les visites de
chantiers vont être réalisées, les appels d'offres vont être lancés.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. Richard. M. le député.
M. Roy :
Lorsque vous parlez de visites de chantiers, est-ce que c'est avant la
planification des travaux, ça?
M. Richard (Daniel) : C'est-à-dire qu'on fait la planification des
travaux. Lorsque les éléments sont bien identifiés, on fait un appel aux entrepreneurs pour venir
visiter les lieux et procéder à un appel d'offres en bonne conformité avec
Rexforêt.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. Richard. M. le député.
M. Roy :
Question assez large : Comment ça va dans la planification des travaux
avec l'ensemble des entrepreneurs?
Le Président
(M. Iracà) : M. Richard.
M. Richard
(Daniel) : Ça va beaucoup mieux que l'année passée.
Le Président
(M. Iracà) : M. le député.
M. Roy :
C'est un son de cloche que nous n'avons pas nécessairement, entre autres au
niveau de la planification du réseau
routier, par exemple, des chemins d'accès. Là, c'est parce qu'il y a quelque chose
que je ne comprends pas, là. Vous nous dites que vous allez annoncer
24 millions d'appels d'offres.
M. Richard
(Daniel) : Alors, oui, dans nos budgets, 24 millions en appels
d'offres.
M. Roy :
Mais l'enveloppe...
M. Richard
(Daniel) : De quel item vous parlez, exactement?
M. Roy :
Bien là, moi, je...
M. Roy :
Les travaux sylvicoles non commerciaux en appels d'offres.
M. Richard (Daniel) : En appels d'offres, il y en a 24 millions
qui sont prévus, et là je parle en travaux d'exécution.
Le Président
(M. Iracà) : M. le ministre, vous vouliez ajouter quelque chose?
M. Blanchette :
Oui, parce qu'on a fait allusion aux chemins forestiers. Il est tout à fait
vrai que le programme, tel qu'il
était configuré, amenait un peu d'insatisfaction, pour ne pas dire de
frustration, de la part de l'industrie pour les chemins forestiers. On a revu en général, globalement, ce programme-là
pour rendre les admissibilités plus simples et l'autorisation plus
simple également. On vient de revoir tout ça.
ne peut pas avoir l'expérience de l'an passé où ça a mal été, mais on pense
que, cette année, et ça a été dit à la satisfaction
du Conseil de l'industrie forestière... Ah! j'ai dit chemins forestiers. C'est
les chemins multiressources, on s'entend. C'est le bon terme à utiliser,
là. Et les chemins multiressources devraient avoir moins d'insatisfaction dans l'application, et l'utilisation, et l'accès au
financement. Pour les chemins multiressources, on a revu le programme de fond
en comble. Et on a reçu, de la part du
Conseil de l'industrie forestière, leur aval. Ça fait que je tiens à rassurer
le député qui avait l'air inquiet là-dessus.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député, en terminant.
M. Roy :
Moi, j'aurais aimé avoir une date, une date où... vous me dites
24 millions, là... vous allez l'annoncer. Est-ce qu'on va se rendre
au mois de septembre?
M. Richard (Daniel) : La seule chose que je peux affirmer, c'est qu'on
va faire tout le nécessaire pour les rendre disponibles dans les meilleurs temps possible. Est-ce que ça va être
comparable à l'année passée? La réponse, c'est non. On va tout mettre en
oeuvre pour les libérer dans les meilleurs délais possible, considérant les
visites de chantiers.
Le Président (M. Iracà) :
Merci. Alors, ceci met fin au bloc. Vous allez pouvoir vous reprendre au prochain.
Nous sommes maintenant avec la
partie
gouvernementale pour un bloc de 20 minutes. Et on m'indique que c'est le
député d'Huntingdon qui prendra la parole pour ce prochain bloc. Alors,
la parole est à vous.
M. Billette : Merci beaucoup, M. le Président. Vous allez me permettre de vous saluer
en entrée de jeu, saluer également le
ministre, les gens de son cabinet, l'équipe également et surtout mes collègues
ici du parti gouvernemental, de
l'opposition officielle et du deuxième groupe d'opposition. Donc, c'est un
plaisir de vous retrouver en commission parlementaire, vous tous ici,
et, je dois vous dire, pour un sujet qui est vraiment...
Lorsqu'on
parle des régions du Québec, l'économie des régions, on parle souvent de
l'agriculture. Mais, d'autres régions également, la foresterie est
omniprésente, et c'est le coeur et le poumon même de plusieurs régions aussi au
Québec — je regarde mes collègues — peut-être moins dans la région de
Huntingdon, on a exclusivement de la forêt privée ou le peu qu'il en reste, mais je pense que, pour
toutes les régions, le Québec, même, c'est une
part importante du produit
intérieur brut et surtout des emplois, ce
qui permet à des familles de pouvoir subvenir à leurs besoins en travaillant
dans la forêt.
me souviendrai, M. le Président, de mes premières interventions au niveau de la
forêt, un domaine que je ne connaissais
pas du tout avant d'être ici élu, ce fut le projet de loi n° 57 en 2019‑2020
où on mettait en place le nouveau régime
forestier. Et je pense que c'était un tournant important au niveau du Québec,
au niveau de la gestion de sa forêt dans
toutes les régions du Québec. Et, je veux dire, il y avait un poste important
qui avait été nommé à l'époque, qui était le Forestier en chef. Plusieurs gens se demandaient ce qu'était le
Forestier en chef. Et, je vais dire, c'est une tâche qui est très importante. On pourrait même parler du Bureau
du Forestier en chef parce qu'on parle souvent que c'est un individu qui est ici avec nous aujourd'hui, mais c'est une
équipe avant tout et une équipe de gens comment importants. Et les mandats,
je pense, étaient clairs, définis dans le
projet de loi n° 57, qui est devenu une loi, qui n'est maintenant plus un
projet. C'était de planifier et gérer
la forêt québécoise, la forêt publique, et tout ça, par différents mandats, des
différents objectifs qui étaient
imposés dans la loi, que ça soit pour les possibilités forestières également
qu'on retrouvait dans les différentes régions
au niveau régional, aussi bien au niveau local avec les forêts de proximité,
toutes ces choses-là, la gestion et le maintien
à jour du manuel en tant que tel d'opérations forestières, établir les outils
de calcul également pour savoir bien planifier
notre forêt, assurer une pérennité au cours des années, un bilan quinquennal
également, ça fait déjà cinq ans, la loi,
c'était en 2009‑2010, et tout ça, la mise en place, c'est tous les cinq ans que
ça arrive, et surtout des recommandations à vous, M. le ministre, à toute l'équipe ministérielle, mettre en place
pour êtres sûrs et certains... je pense que c'est, oui, une ressource qui est renouvelable, mais il faut
en faire une gestion équitable, une question juste pour en assurer notre
survie, de pérennité à travers les
générations et s'assurer que ceux qui vivent de la forêt aujourd'hui, que leurs
enfants et leurs petits-enfants pourront en vivre également pour les
années à venir.
Donc,
on a reçu de la part du Forestier en chef, il y a quelques jours maintenant,
les prévisions, une augmentation. Je
pense que ça a été bienvenu, ça a été salué également par l'industrie de façon
importante. On n'a qu'à prendre aussi bien,
là... j'ai quelques citations ici dont je ne ferai pas état, M. le Président,
je pense que plusieurs en ont lu, que ça soit Rémabec, que ça soit des compagnies comme Produits forestiers Résolu,
qui est un joueur très important dans le milieu, Green Leaves, la coop du Petit-Paris également, le maire de Roberval, la
MRC. Donc, on voit qu'il y a unanimité au niveau de la satisfaction pour l'augmentation du volume en tant que tel à
travers le Québec, et ça, aussi bien au niveau des élus municipaux, régionaux que de l'entreprise privée.
Et, je vais dire, ça a été bienvenu. Et plusieurs attendent à ce moment-ci,
là, de pouvoir voir l'attribution beaucoup plus, qu'on pourrait dire, précise.
Puis
j'aimerais, M. le ministre, que vous nous précisiez à ce moment-là, si c'est
possible ou sinon par votre Forestier en
chef, comment que ces nouveaux volumes là ont été attribués, sur quoi qu'ils se
sont basés pour dire : Oui, on peut augmenter le volume à travers les régions de façon locale, de façon
régionale. C'est toujours une interrogation. Il y a des gens qui vont nous
dire : On en donne beaucoup trop. D'autres vont nous dire : On n'en
donne pas assez. Mais, je pense,
c'est des moyens, des méthodes qui ont été mis en place, des outils également
pour permettre de développer cela. Donc,
j'aimerais vous entendre, vous ou le Forestier en chef. Moi, je serais prêt à
donner son consentement si vous nous demandez
de l'entendre. Mais je veux surtout savoir de votre part, M. le ministre, les
outils, la manière, la procédure en tant que telle qui nous ont amenés à
ce résultat-là.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Huntingdon. Je cède la parole
à M. le ministre.
M. Blanchette :
Oui. Juste avant de céder la parole au Forestier en chef, juste mentionner deux
mots importants. La première, c'est
qu'il y a toujours une séparation des pouvoirs entre le ministre et le
Forestier en chef parce qu'on veut avoir
une analyse de l'état de situation de notre forêt québécoise la plus objective
possible, et ça a été prévu comme ça sur le plan réglementaire et
législatif, puis c'est correct comme ça.
Deuxièmement,
dire, pour travailler de près avec le Forestier en chef, bon, de près
occasionnellement, quand on a des
échanges, j'apprécie beaucoup toute cette équipe-là qui se retrouve un peu
partout répartie au Québec et essentiellement qui font un travail
d'arrache-pied, de rigueur, d'intégrité, de professionnalisme. Et présentement,
quand ils font leurs possibilités forestières, le Forestier en chef pourra
préciser tout ça, ils le font en argumentant, en disant oui, non, etc., mais
en expliquant les choses. Donc, il y a un souci de transparence sur la
méthodologie et les façons qu'ils calculent.
honnêtement, j'apprécie énormément le travail
d'arrache-pied que ces gens-là font pour faire avancer le Québec en
fournissant les volumes de bois, mais en
même temps en ayant la tête au-dessus
de la mêlée pour s'assurer que les calculs de possibilités forestières soient le plus rigoureusement faits,
de façon à ne pas se retrouver dans le trouble. Ça fait que c'est important de le mentionner puis d'avoir en tête l'indépendance
entre les gens du ministère et le Forestier en chef. Et là-dessus,
bien, je demanderais la permission au président d'introduire Louis Pelletier,
qui est le Forestier en chef du Québec.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, je présume, M. le
député de Huntingdon, que j'ai le consentement pour entendre...
M. Billette :
Oui. Il n'y a pas de problème, M. le Président.
Le Président
(M. Iracà) : Parfait. Excellent! Alors, M. le Forestier en chef,
vous connaissez la procédure.
M. Pelletier
(Louis) : Oui. Louis Pelletier, Forestier en chef. Je tiens à saluer M.
le président, M. le ministre, MM. les députés et mes collègues.
Alors,
je tiens à vous rassurer aussi sur ce que vient de dire le ministre.
En aucun temps il n'y a eu interférence politique, peu importe de
quelle interférence politique on peut parler, dans la détermination de la possibilité forestière du Québec. Ça, d'entrée de jeu, je tiens à le dire.
Je vous rappelle le
rôle du Forestier en chef, c'est de déterminer les possibilités forestières du Québec
sur des données scientifiques qui sont
robustes, sur des stratégies d'aménagement qui sont locales en région. On
conseille aussi le ministre sur des éléments qui ont un impact sur la ressource,
et, à la demande du ministre, il peut nous donner des mandats à clarifier certains éléments sur notre foresterie
québécoise. On exerce ces mandats-là, bien sûr,
avec indépendance sur des bases scientifiques, comme il a été mentionné tout
à l'heure. Un autre aspect, c'est qu'on est transparent dans nos décisions. Tous les éléments, les décisions, nos
calculs, notre méthodologie de calcul, les commentaires qu'on a reçus de
la part du public sont sur notre site
Internet et sont accessibles. On a reçu, lors de la dernière détermination
qu'on a annoncée, en novembre
dernier, près de 230 commentaires qui sont accessibles et qu'on a reçus, qu'on a
analysés, qu'on a traités en
partie
dans nos calculs. Et, si on ne les a pas retenus, on a mentionné aussi pourquoi.
Donc, c'est venu bonifier notre calcul et notre détermination de la possibilité
forestière.
Donc,
dans un cadre général du calcul, je vous ai parlé d'une revue externe, mais,
avant, ça prend des données d'inventaires
forestiers, qui sont fournies par la Direction des inventaires forestiers du Québec,
ça prend des courbes de croissance aussi, des données de croissance, qui
sont produites par la Direction de la recherche forestière du Québec. Excusez,
je vais prendre une gorgée d'eau.
Le Président
(M. Iracà) : Prenez votre temps.
M. Pelletier (Louis) : Ah non! Dites-moi pas ça parce que
je vais tout le prendre, votre temps. Je vous ai écouté.
Le Président
(M. Iracà) : En neuf minutes.
M. Pelletier (Louis) : Ah! ça
va être moins que ça. Donc, on est
basé aussi sur des données scientifiques, sur des prospections à long terme. Je vous ai parlé
des stratégies locales tout
à l'heure pour élaborer nos stratégies
d'aménagement avec le milieu, avec
les opérations régionales dans chacune des régions du Québec.
Et à la fin on fait des consultations externes
pour finir par une détermination, on prend acte des grands enjeux que notre
forêt vit actuellement. Je peux vous dire que, globalement, la forêt va bien, mais il y a quand même
des points d'attention à avoir, que
ce soit au niveau
de la tordeuse des bourgeons de
l'épinette... Vous le savez, elle a débuté en 2009, il y a
près de sept ans, sur la Côte-Nord. On est
à près de 7 millions d'hectares touchés aujourd'hui au Québec.
Elle a traversé au Bas-Saint-Laurent, elle débute en Gaspésie, on a vu des signes avant-coureurs dans la région de Charlevoix, et elle est présente au Saguenay—Lac-Saint-Jean et en Abitibi. Donc, on la suit de façon très rapprochée pour voir son
évolution. À cela, bien sûr, il y a une planification de récupération, je reviendrai un petit peu plus
tard, pour cibler les peuplements qui sont les plus fragiles et susceptibles
par cette ép