Labour and the Economy — 25 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-09-25
Quebec — Committees
(Onze heures trente-quatre minutes)
La Présidente (Mme IsaBelle) : ...séance
de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle qui ont un appareil cellulaire de bien le fermer.
La commission est réunie afin de procéder aux consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 27, Loi concernant
principalement l'organisation gouvernementale en matière d'économie et
d'innovation.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Lévesque
(Chauveau) est remplacé par M. Martel (Nicolet-Bécancour); Mme Sauvé (Fabre) est remplacée par
M. Leitão (Robert-Baldwin); M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est
remplacé par M. Marissal (Rosemont); Mme Richard (Duplessis)
est remplacée par M. Ouellet (René-Lévesque).
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Nous commençons maintenant la période d'auditions.
Alors, nous
accueillons M. Dorval et Mme Kozhaya du Conseil du patronat du
Québec. Vous avez 10 minutes pour votre exposé, et je vous invite à
bien vous présenter avant de commencer. Merci.
Dorval (Yves-Thomas) :
Merci, Mme la Présidente, merci, membres de la commission, de nous avoir
invités à partager avec vous quelques réflexions sur le projet de loi
n° 27. Alors, mon nom est Yves-Thomas Dorval, je suis président et chef de
la direction du CPQ, le Conseil du patronat du Québec qui célèbre son
50e anniversaire. Et je suis accompagné,
à ma gauche, de Mme Norma Kozhaya, qui est économiste en chef et
vice-présidente à la recherche au
CPQ.
En soulignant
que, si ça fait 50 ans qu'on existe, je pense qu'il est plus important de
savoir que nous représentons plus de 70 000 employeurs au Québec,
soit à travers une structure d'associations sectorielles dans tous les
domaines, ressources naturelles, transformation, services, dans tous les
secteurs et ainsi que des entreprises de toutes tailles.
Donc, ça nous
fait plaisir d'être avec vous aujourd'hui, de partager nos réflexions sur le
projet de loi n° 27 et, d'entrée de jeu, de dire qu'évidemment ce projet de loi... les orientations
s'inscrivent directement dans au moins trois des domaines d'intervention principaux parmi les six domaines
d'intervention du CPQ dans sa plateforme économique, à savoir, finances publiques, parce qu'on touche les leviers
financiers des entreprises, les défis publics, l'agilité de l'État, on parle de
structure de services et
d'accompagnement, de moteurs de croissance, puisqu'on parle d'entrepreneuriat,
d'innovation, technologie, marchés
extérieurs, diversité économique. Bref, ce sont des éléments sur lesquels les
gens pourront prendre connaissance de nos points de vue, des points de
vue des membres du CPQ dans notre plateforme économique 2018‑2021.
Nous avons
accueilli favorablement l'annonce du projet de loi. Nous continuons à appuyer
le projet de loi dans ses orientations. Nous croyons que ces
orientations sont pertinentes puisqu'on parle de développement économique,
autant sur une base régionale
qu'internationale. Et on voudrait souligner ici que les objectifs... qu'on
appuie les objectifs du projet de loi
pour une plus grande prospérité. Vous comprendrez que le CPQ, c'est normal,
puisque notre signature, c'est prospérer ensemble, que nous avons mené, au Québec, dans tous les coins, une
campagne sur la prospérité. La prospérité est au coeur de notre mission,
est au coeur des objectifs que l'on poursuit.
On est
également très heureux de voir que l'orientation en matière d'amélioration de
la productivité fait
partie des objectifs
principaux. Juste une petite note à ce sujet-là, Mme la Présidente, hier, nous
tenions notre colloque sur les prévisions salariales, avec nos membres. On avait 140 personnes spécialisées
en rémunération avec nous à Montréal pour discuter des augmentations salariales pour 2020, les prévisions
salariales. C'est une étude que l'on fait chaque année, très courue, qui
intéresse beaucoup les employeurs du Québec.
Et, lors des
discussions, des débats, puisqu'on parlait d'une moyenne d'augmentation
d'environ 2,8 %, pour 2020, des
salaires, des budgets de salaires pour l'année prochaine, pour les employeurs,
plusieurs nous ont demandé : Mais comment vous croyez que certaines
entreprises qui sont à faible marge vont être en mesure de répondre à cette
question? Parce qu'il y a de plus en plus de
contre-offres, les employeurs s'arrachent les employés, on a surenchère d'un
côté et de l'autre. Et
essentiellement les gens sont revenus sur un thème : les salaires vont augmenter
avec la productivité. C'est la productivité, si on peut l'améliorer... c'est de générer plus de valeur par heure
travaillée qui va faire en sorte que les employeurs vont être en mesure de verser des plus grands salaires.
Donc, cette prospérité-là est une prospérité inclusive à chaque fois qu'on
en parle de notre côté.
Stimulation et diversification des exportations,
les projets qui... ce qui fait
partie de ça, du projet de loi, ses objectifs,
et l'attraction d'investissements étrangers, évidemment, pour nous, c'est
au coeur de la prospérité économique
puis du développement économique
du Québec. Pas plus tard qu'il y a deux semaines, on a
publié notre étude sur les grandes entreprises — vous
voyez qu'on est très actifs, comme le gouvernement, Mme la
Présidente — grandes
entreprises au coeur du Québec. Alors, on a fait
une démonstration de la structure des entreprises au Québec, des impacts, des
besoins, notamment en matière d'exportation, d'attirer des investissements
étrangers, et ainsi de suite.
Et il faut savoir, puisqu'on parle de
développement économique et d'aide aux entreprises avec Investissement Québec, il faut savoir quelques données que je
voudrais partager avec vous. D'abord, savoir qu'au Québec il n'y a que
0,18 % des entreprises qui ont
plus de 500 employés, mais qui représentent... qui emploient 27 % de
la main-d'oeuvre au Québec. Je parle d'entreprises privées. Évidemment,
si on inclut les sociétés d'État ou les emplacements, les établissements du secteur public, évidemment, c'est plus grand. Mais
quand on parle des entreprises non du secteur public, on parle de même pas 2 % des employeurs qui ont plus de
500 employés. Et on parle... si on rajoute les entreprises de
100 employés et plus, on ne
parle même pas de 2 % du total. Donc, l'économie du Québec, c'est, plus de
98 %, de la petite entreprise. Si on inclut que la moyenne, c'est
de 100 à 500, et la grande, de 500 et plus, moins de 100 employés, c'est
98 % des entreprises.
Donc, quand on parle d'approche, d'aide, d'accompagnement,
d'investissements, de programmes, il faut tenir compte de ce tissu économique un peu particulier. Et on a du retard
quand on se compare en termes de productivité, mais on a du retard aussi en termes de taille d'entreprise puisqu'au Québec nous n'avons
que 390 entreprises de plus de 500 employés.
Ça représente... la population du Québec, c'est 23 %, alors que les
grandes entreprises au Canada représentent 19 %, celles du Québec, en ligne avec le PIB qui est de 19 %
aussi. Mais quand on se compare avec nos voisins de l'Ontario, la population de l'Ontario, c'est 39 % du
Canada, eux autres, ils ont 44 % des grandes entreprises de plus
500 employés et ils occupent
38 % du PIB. Donc, on a un défi de faire croître nos moyennes à grandes
entreprises, de petites à moyennes, nos
moyennes à grandes entreprises, et c'est là tout le... je dirais, l'intérêt du
projet de loi et surtout des actions que pourrait avoir Investissement
Québec sur le développement de nos entreprises et leur croissance.
Alors, on a regardé
évidemment plusieurs éléments qu'on appuie, notamment l'amélioration de la
puissance du moteur économique que
peut constituer Investissement Québec avec l'ajout de 1 milliard de
capital-actions, 1 milliard pour un fonds pour la croissance des
entreprises. Donc, ce sont des éléments qu'on appuie et qu'on supporte.
Évidemment,
toute cette approche-là, si on parle de développement économique, ça touche des
éléments spécifiques, par exemple,
l'aide aux entreprises, le financement, c'est aussi l'aide pour améliorer la
productivité, pour l'investissement dans
les technologies, et ainsi de suite. Mais les enjeux de développement
économique des employeurs, quand on leur pose la question, le premier enjeu, c'est la question de la main-d'oeuvre.
Donc, évidemment, le projet ne tient pas compte ici de cette question-là, il y a d'autres ministères,
il y a d'autres ministres qui s'en occupent, mais on veut réitérer auprès de la
commission et des membres de la commission
que le développement économique va dépendre beaucoup de ce qu'on va
pouvoir réussir à faire au niveau des enjeux de main-d'oeuvre et de rareté de
main-d'oeuvre.
De la même façon, on parle un petit peu, dans le
projet de loi, de l'intégration du CRIQ, on parle évidemment, dans les
programmes d'investissement en innovation, mais la question de la recherche et
développement, de la science aussi, c'est
des éléments importants pour le développement économique du Québec, et
finalement, quand on pose la question aux
employeurs : C'est quoi, vos plus grands enjeux?, le premier étant la
main-d'oeuvre; le deuxième, le fardeau fiscal; le troisième, la réglementation, évidemment le projet
de loi ne touche pas ça, mais peut aider, par de l'accompagnement aux
entreprises, à naviguer à travers tout ça. Il reste quand même que c'est un
défi très grand.
Dans le
mémoire, Mme la Présidente, nous soulignons évidemment les éléments qu'on
appuie, mais on pose des questions,
et ces questions-là, je les résume brièvement. Au niveau de l'offre du service
clé en main, on a ici une très bonne suggestion,
qu'on déploie des guichets uniques dans chacune des régions. Mais là on voit
tous les ministères qui développent des
guichets uniques. Ça fait beaucoup de guichets, qui deviennent de moins en
moins uniques, pour le service des entreprises ou de la population. Ce qu'on dit, c'est une très bonne initiative, il
faut juste qu'à la fin tout ce soit quand même coordonné et intégré.
Augmenter la
présence du Québec à l'international. Le projet de loi est un peu silencieux
quant au futur d'organisations qui sont déjà impliquées de ce côté-là,
du côté de Montréal International ou de Québec International.
Concernant les comités de développement
régionaux, on appuie fortement, évidemment, des comités régionaux avec la présence du milieu des affaires, mais là
on pose une série de questions, et ces questions-là n'ont pas pour objectif de
dire que ce n'est pas une bonne chose, mais
il faut se poser ces questions-là dans la mise en oeuvre de cette stratégie-là.
Par exemple, est-ce que la présence de ces
comités occasionnerait des délais dans l'approbation des projets? On a déjà des
problèmes en termes de rapidité, il ne faudrait pas que la présence de ces
comités-là ralentisse.
Sur quelles
bases les projets devraient être soumis à l'examen d'un comité et être
sélectionnés pour cela? Y a-t-il un seuil au-dessus duquel les projets
devraient être examinés? Et par ailleurs comment seront gérés les risques de
conflit d'intérêts ou de perception
de conflit d'intérêts lorsque nous avons des gens aussi du milieu des affaires?
On peut se rappeler de certaines situations perçues ou réelles de
certains FIER à l'époque.
La Présidente (Mme IsaBelle) : En
conclusion.
Dorval (Yves-Thomas) : En
conclusion, il y a beaucoup d'autres éléments, je pourrai continuer de répondre
aux questions. Chose certaine, nous croyons que c'est un bon projet de loi, que
ça ne répond pas à tous les enjeux de développement
économique, comme je l'ai mentionné, mais que certainement Investissement
Québec peut être un moteur puissant
pour aider au développement et à la croissance de nos entreprises. Et je suis
prêt à répondre à vos questions avec ma collègue.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci beaucoup. Merci pour l'exposé. Nous
allons maintenant débuter la période d'échange. Alors, M. le ministre, à
vous la parole, et vous disposez de 16 min 30 s.
M. Fitzgibbon : Alors,
merci beaucoup à vous deux. Le rapport est très bien fait, puis je pense que la
plupart des points que vous
mentionnez méritent qu'on s'y penche. Je pense qu'on aura le temps, en
15 minutes, de tout revoir. J'ai des collègues ici, j'aimerais
qu'ils posent des questions aussi. Alors, on aura l'occasion de s'en reparler
après, parce qu'il y a beaucoup de choses là-dedans qui sont dans
l'implantation de la loi et non pas dans la loi comme telle.
Mais
je vais commencer avec quelques questions. Je pense que... Vous parlez
d'investissements étrangers, et je suis d'accord avec vous que
l'existence de Montréal International, Québec International, le nouveau IQ
International, il y a une dose de complexité à ça, mais je pense que ça peut
être bien coordonné. C'est l'intention, à tout le moins.
Donnez-moi
un peu d'idées ou de... votre opinion sur comment on marie ça avec aussi le
développement régional, parce qu'un des enjeux, je pense, qu'on doit
faire, c'est que nos investisseurs étrangers doivent aussi regarder d'autres endroits que Montréal et Québec. Alors, comment...
une couple de pistes de solution qu'il pourrait y avoir pour être sûr
qu'on n'échappe pas ce ballon-là.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, Mme la Présidente. D'abord, première des
choses, je pense que d'avoir un rôle plus central, de travailler avec le
ministère des Relations internationales, d'avoir un objectif plus, justement,
commercialisation, mais aussi attraction d'investissements étrangers,
sans compter la question de l'attraction de la main-d'oeuvre, c'est des éléments importants, d'où l'importance d'une
coordination très grande. Le gouvernement, d'ailleurs, dans le projet de loi,
parle d'un comité de coordination avec le
ministère des Relations internationales, avec Investissement Québec et avec le
ministère de l'Économie et de l'Innovation. Donc, ça commence par là.
Beaucoup
de régions se donnent aussi, soit volontairement ou autre... ont conservé un
conseil de développement économique
ou ont créé d'autres instances au niveau des MRC, par exemple, et ainsi de
suite, par rapport au développement économique et vont faire même des
missions pour essayer d'attirer des joueurs chez eux.
Alors,
tout ça, ça peut amener, vu de l'étranger, plusieurs personnes qui débarquent
sur le terrain, chez eux, pour les
solliciter de toutes sortes de manières. Et n'oublions pas... parce que, là, on
est au gouvernement du Québec, on parle d'une loi à l'Assemblée
nationale, mais il y a aussi d'autres joueurs au niveau canadien, que ce soit
Exportation Canada, développement... la BDC, et ainsi de suite.
Donc,
il y a d'autres joueurs sur le terrain, et c'est un élément que vous allez
retrouver dans notre mémoire vers la
fin, parce qu'il y a beaucoup de joueurs sur le terrain, et comment le rôle
d'Investissement Québec peut être en complémentarité, peut être un
moteur sans faire de la duplication. Et là je rajouterais à ça d'autres joueurs
qui sont des institutions financières déjà sur le terrain, que ce soit dans le
domaine du crédit, que ce soit dans le domaine de capital de risque, etc. Donc,
ça fait beaucoup de joueurs sur le terrain, et honnêtement, pour une population
de 8 point quelques millions d'habitants, c'est beaucoup de monde sur le
terrain.
en même temps, c'est intéressant parce que chacune de ces parties-là sont
vraiment passionnées par le développement de leur région, de leur coin de pays. Et comment peut-on catalyser,
hein, comment on peut ramener tout ça pour en faire de la valeur ajoutée et non pas de la duplication?
C'est un gros défi, et là-dessus j'ajouterais, Mme la Présidente, le rôle
des municipalités.
Alors,
il y a beaucoup de gens, dans le milieu des affaires, qui disent : Oh! les
municipalités, c'est un autre joueur, puis
là, etc., est-ce qu'ils sont bien équipés pour ça? Bien, il y a une réalité
aussi, c'est que les municipalités ont un rôle fondamental dans le développement économique local aussi. Elles ont un
rôle dans des autorisations, que ce soit dans le domaine, des fois, de transport, d'infrastructure, d'acceptabilité, et
ainsi de suite. Donc, comment s'assurer que les municipalités soient
aussi... fassent
partie prenante de tout ça?
Alors, je n'ai pas la
réponse, parce que le Québec s'est doté de multiples organisations sur le
terrain. La seule chose que je sais, c'est
que, vu de l'extérieur, parfois, ça peut avoir l'air un peu complexe, et, Dieu
merci, c'est peut-être là où le rôle
d'Investissement Québec ou du ministère pourra aider en ayant de
l'accompagnement pour essayer d'amener tous ces gens-là ensemble.
Fitzgibbon : D'ailleurs, mon autre question... Je suis d'accord avec
vous parce qu'au début, quand je suis arrivé en poste, je trouvais qu'il y
avait trop de patentes. Je pense, c'est bon d'en avoir beaucoup parce que ça
nous distingue de toutes les autres provinces.
Je dirais même plus
loin, la complémentarité avec le reste du Canada, j'y crois beaucoup, mais je
dois vous avouer qu'Invest Canada, là, qui
est dirigée par un de nos bons Montréalais, des fois, je pense, ils sont dans
notre terrain, là. Ça fait qu'on va
prendre la place, là. Je pense qu'il va falloir faire attention, comment est-ce
qu'on va s'adapter à la mission du Canada, mais je pense qu'on a quand
même des bons outils.
Je veux parler de
l'export, l'exportation. Vous savez que c'est un des deux chantiers importants
pour notre gouvernement, et on a des
programmes, à Investissement Québec, qui existent depuis plusieurs années, qui
fonctionnent bien, le programme PEX, où on aide les compagnies à
exporter, mais je pense qu'il faut d'autres choses, puis vous le mentionnez
dans un de vos paragraphes.
Avez-vous
des idées sur comment on peut, au Québec, s'assurer que nos 2 000,
3 000, 4 000 peut-être sociétés, sur les 250 000, soient plus performantes sur le niveau export? Je ne
parle pas de la compétitivité, productivité. Ça, c'est un enjeu en soi,
là. Un coup qu'elles sont productives, là, assumons ça.
Comment
vous suggéreriez qu'on travaille pour être... parce que je suis d'accord avec
vous, puis il y a plusieurs outils possibles,
et ils ont tous des coûts, alors il va falloir être très parcimonieux sur ce
qu'on va faire. Alors, j'aimerais vous entendre sur ça.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Mme la Présidente, bon, la question de la
diversité des marchés devient importante. Pourtant, on est quand même relativement, en termes de population, un
petit État. Donc, il n'y a pas tant de joueurs que ça.
Comment
peut-on équilibrer entre la diversité et en même temps être performant, ou
est-ce qu'il faut, à un moment donné,
avoir des priorités de marché? Chose certaine, on dépend beaucoup du marché
américain, et le marché américain... je
dirais sans prétention que probablement la plupart des employeurs qui sont déjà
dans l'exportation connaissent bien le marché américain, même s'ils
sous-estiment toujours l'aspect concurrentiel, l'aspect de la réalité des
affaires en milieu américain.
On oublie
trop souvent, d'abord, le commerce interprovincial. Déjà, en termes
d'exportation, est-ce qu'on parle d'exportation
ici ou de commerce interprovincial? On a déjà un joueur quand même avec lequel
on peut travailler puis on a des
traités de libre-échange. Alors, pourquoi ne pas focusser et prioriser des
terrains où est-ce qu'on a déjà, je dirais, une communauté d'intérêts, une entente qui peut accélérer le commerce avec,
notamment, l'Europe? Et il y a d'autres marchés qui s'ouvrent également.
Chose
certaine, c'est qu'à chaque fois qu'on regarde ça, on se dit : Pour une
entreprise... puis j'en ai connu personnellement
des entreprises qui ont fait faillite parce qu'ils ont sous-estimé la
capacité... et de pouvoir intervenir à l'extérieur. Donc, ça nous
prend des réseaux et ça nous prend des partenaires, très souvent, pour
accélérer l'exportation. Il ne faut pas
penser qu'on est capable de tout faire soi-même. Il faut bâtir sur l'expertise
que les gens peuvent connaître en région, y compris les personnes
immigrantes qui sont ici, qui connaissent aussi les milieux dans lesquels on
peut opérer, avec le ministère des Relations
internationales, avec Investissement Québec, avec sa volonté justement
d'accroître, mais il y a les partenaires canadiens. Dans plusieurs
endroits à travers le monde, je veux dire, l'ambassade canadienne ou les
consulats sont aussi des endroits avec lesquels il faut travailler. On ne peut
pas ignorer l'impact ou le réseau qui existe.
À la fin, il
reste qu'on a certaines valeurs aussi. On le voit dans certains cas
d'entreprises qui ont connu des difficultés. Je pense qu'on peut exploiter, justement, les valeurs positives, les
éléments sur lesquels le Québec a des forces. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas accompagner les autres
qui sont dans des nouveaux domaines, etc., mais chose certaine, l'exportation, on a concentré ça beaucoup sur le manufacturier,
et j'en suis, sur les ressources naturelles, et j'en suis, mais de plus en
plus, le marché d'exportation, c'est aussi les services. Il ne faut pas
l'oublier.
Et là-dessus, très souvent, on a quelques grands
joueurs, on pense à des CGI de ce monde, à des SNC-Lavalin, des WSP, mais, dans des projets puis la gestion de
projet, il y a peut-être lieu de voir comment on pourrait aider la création de
consortiums. N'oublions pas que, lorsqu'on fait des grands projets ici,
souvent, c'est des consortiums étrangers qui arrivent ici. Alors,
pourquoi on ne pourrait pas aussi considérer la même chose pour nos services à
l'extérieur?
Fitzgibbon : Dernière question, puis je vais laisser mes collègues...
dont le député d'Orford en a une couple, je suis sûr. Dernière question. Je veux vous entendre, vous en avez
parlé à plusieurs reprises, puis je pense, je suis d'accord avec vous,
mais c'est une espèce de paradoxe, sièges sociaux. On a 250 000 PME
au Québec, donc, techniquement, 250 000 sièges
sociaux. On veut... puis je suis d'accord avec vous que ça prend des bons
sièges sociaux, ça prend de la globalisation.
Ce n'est pas juste un rêve, c'est une réalité, et je pense que, si on maintient
trop de sièges sociaux puis ils ne sont pas assez gros, on va avoir un
enjeu. On peut faire les deux en même temps, c'est sûr.
Alors, votre
vue, vous, je pense que vous l'avez dit, mais je veux le réentendre, c'est que,
s'il y a un choix à faire, puis ce
n'est pas Le choix de Sophie ici, mais d'en laisser partir une couple de
temps en temps, parce qu'on focusse sur d'autres qui vont donner des
gros, vous n'êtes pas en désaccord avec ça.
Dorval (Yves-Thomas) : En
fait, il faut toujours regarder qu'on est aussi des acheteurs étrangers. On
fait quand même des investissements à
l'étranger. Donc, on voit qu'il y a plusieurs «success stories» au Québec,
d'entreprises qui ont progressé grâce
à l'achat, d'acquisition de compagnies. Donc, on ne peut pas avoir cette vision
de dire qu'on va acquérir à l'étranger, mais qu'on veut refuser
complètement des investissements étrangers ici.
C'est sûr
qu'à chaque fois, les gouvernements ont des pressions publiques aussi, hein, pressions
politiques, pressions de... ça part de certaines régions, de certains
types de fournisseurs. Alors, toujours la question, c'est : Qu'est-ce qui
est stratégique ou non? Il n'y a pas une
réponse unique à ça. Il va falloir faire l'examen de chacun des éléments. Mais
c'est sûr que, lorsqu'on est, par exemple, un grand donneur d'ouvrage avec un
écosystème dans lequel on est un joueur majeur, bien, il faut regarder l'aspect stratégique en
disant : Bien, si celui-là part, bien, il y a peut-être une
partie de
l'écosystème qui va souffrir énormément.
Alors, ça, ça
fait
partie des enjeux. Même chose dans une région où un moteur économique et
une entreprise ou un secteur en particulier... l'effet que ça va avoir
complètement sur la région, il n'y a pas de doute. Et notre étude sur les grandes entreprises, on parle du bénéfice des
sièges sociaux, on parle du bénéfice des grandes entreprises. La question des
moyennes entreprises, on croit qu'elles
doivent être aidées à grandir. Dans le fond, toutes nos grandes entreprises,
qu'on parle de Couche-Tard, qu'on
parle de CGI, etc., ont toutes été d'abord des petites qui sont devenues des
moyennes et des grandes. On a eu la chance d'avoir des leaders
inspirants dans ces entreprises-là très souvent. On a eu l'État qui a pu
accompagner, soit comme donneur d'ordres aussi. N'oublions pas qu'un des
éléments pour aider les entreprises à se développer,
c'est que l'État soit un donneur d'ordres ou soit une vitrine pour les
innovations technologiques. On voit trop souvent d'entreprises qui s'en vont à l'exportation, qui n'ont même pas
réussi à avoir un contrat avec le secteur public au Québec.
Donc, pour ce
qui est de la question des sièges sociaux, il y a énormément de bénéfices. On
nage dans un monde de concurrence. On ne peut pas nier qu'il y en a qui vont
venir. Je pense que, là-dessus, on a quand même un bon résultat, une bonne feuille de route sur l'acquisition à
l'étranger. Mais, en même temps, on vit dans un monde d'économie ouverte,
puis il faut travailler avec ça. Alors, la
réflexion doit être une analyse très approfondie de qu'est-ce qui est
stratégique ou non.
La Présidente (Mme IsaBelle) : La
parole est au député... Nicolet-Bécancour, il vous reste
4 min 50 s.
Martel :
Bonjour vous deux. Vous savez, je suis député de Nicolet-Bécancour, et, à
l'intérieur du comté, il y a le parc
industriel de Bécancour, le seul parc industriel qui appartient au gouvernement
du Québec. Et moi, j'aimais ça dire
qu'on pouvait évaluer la performance du gouvernement du Québec en matière de
développement économique un peu en
parallèle avec les résultats obtenus au niveau du parc industriel de Bécancour.
Au fil des années, il y a eu des projets qui ne se sont jamais réalisés.
Je pense, entre autres, à Rio Tinto, STO Oil & Gas, Société métallurgique
internationale, terres rares, Ivco et même une usine hydrolienne. Si tous ces
projets-là s'étaient faits, probablement qu'on aurait eu 7, 8, 9 milliards
d'investissements de plus dans le parc industriel de Bécancour.
Moi, je
prétends qu'un des... On est capables d'attirer des investisseurs, on est
capables de... On a des côtés attrayants. Le parc industriel, c'en est un. Mais moi, je prétends qu'au niveau de
l'accompagnement, quand on a un investisseur intéressé, il manque un peu
d'accompagnement. Le projet de loi qu'on présente, évidemment, on mandate
Investissement Québec à continuer à faire ce qu'ils faisaient, c'est-à-dire
investir dans les entreprises, mais on leur donne aussi un mandat d'accompagnement, justement, pour... Moi, je l'ai
dit, j'étais très heureux de ce projet de loi là. J'aimerais ça avoir votre
opinion par rapport à tout l'aspect d'accompagnement pour réussir, là, à
débloquer des projets.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Merci, Mme
la Présidente. D'abord, un mot pour dire que nous croyons beaucoup aux parcs
industriels, et on a même une alliance avec une corporation des parcs
industriels au Québec parce qu'on croit que les parcs industriels sont
un terreau fertile pour le développement économique.
Donc, pour ce
qui est de la question de l'accompagnement, écoutez, dans le fond, quelles sont
les préoccupations des potentiels investisseurs pour venir s'établir ici ou
pour faire un investissement? Il y a des questions de réglementation, beaucoup. Avant même de parler d'accompagnement
financier et d'aide, il y a une question de réglementation. Souvent, les projets... Puis là je parle de réglementation
ou de l'accompagnement financier, il y a un enjeu commun, c'est la rapidité
de prendre des décisions. Moi, j'ai entendu
des projets qui sont arrivés, proposés, puis la rapidité des décisions n'était
pas là. À un moment donné, on n'est
pas tout seul. Ce n'est pas comme si on était le seul endroit au monde où il
faisait beau, où est-ce qu'on pouvait accompagner... avoir des
entreprises puis qu'on a de la bonne main-d'oeuvre. Il y en a d'autres endroits
à travers le monde, y compris au Canada.
Donc, c'est
important, d'abord et avant tout, d'avoir une certaine agilité puis une
certaine rapidité. Et ça, ça fait
partie
de l'accompagnement. Il faut que les employeurs... Les entreprises qui veulent
investir ici vont se poser la question aussi
sur... O.K. Un, est-ce que je vais avoir mon autorisation environnementale par
rapport à l'impact? Ça, c'est déjà un problème.
Deuxièmement, est-ce que je vais avoir les ressources humaines disponibles?
Parce que la qualité est réputée, mais
la quantité, actuellement, on sait le problème et l'enjeu qu'on a. Alors, c'est
une question légitime que de plus en plus d'entreprises investisseuses
commencent à se poser quand ils viennent au Québec.
C'est possible de répondre à ces besoins-là.
C'est juste qu'il faut avoir plus d'agilité dans tous nos systèmes, y compris éducation et ainsi de suite, pour y
répondre. Puis là, encore là, ça prend une très bonne coordination, pas
seulement avec le ministère des Relations internationales ou le
ministère de l'Économie, puis Investissement Québec, mais avec Emploi-Québec,
avec le ministère de l'Éducation, avec les Affaires municipales. Tout ça, c'est
lié ensemble.
Troisièmement, ils vont se poser la question sur
la fiscalité. Le fardeau fiscal est un peu plus lourd au Québec qu'ailleurs en
Amérique du Nord à cause des cotisations sur la masse salariale. Ils vont se
poser des questions comme celle-là. Par
contre, le coût du loyer est plus intéressant que bien des endroits. Le coût de
la main-d'oeuvre, toutes proportions gardées,
est encore très compétitif au Québec. Ça peut changer avec les raretés de
main-d'oeuvre, mais c'est le cas actuellement.
Ils vont se poser la question également au
niveau de... lorsqu'on a à construire quelque chose. Et ça, c'est un élément qui n'a pas été discuté du tout en termes
de développement économique, la construction, tout l'élément qui touche l'écosystème de la construction. Si on avait
poursuivi, au CPQ, une initiative avec le précédent gouvernement, qui avait
été extraordinaire, de mobiliser tout le
secteur de la construction, parce qu'on a des retards de productivité, on a des
retards d'innovation, on a des retards aussi en termes de
complémentarité...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
En conclusion. Il reste 15 secondes.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Alors, juste
cette question-là, j'ai entendu des investisseurs dire : Oupelaïe! c'est
pas mal plus compliqué au Québec qu'ailleurs. Alors...
M. Dorval
(Yves-Thomas) : C'est moins
productif, ça peut être plus long, puis on n'est pas sûr du délai de résultat.
Ça ne veut pas dire que ça va coûter plus
cher. On a plein de projets où est-ce que les coûts ont été très... mais on a
besoin de travailler sur cet
élément-là, et le ministère de l'Économie peut jouer un rôle au niveau de la
construction comme source d'innovation et de productivité.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Merci pour l'échange. Alors, nous cédons maintenant la parole à la
porte-parole de l'opposition officielle, à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Vous avez 11 minutes.
Mme Anglade :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Alors, merci d'être avec nous. Je
reconnais votre énergie, votre
dynamisme. Vous avez dit que vous êtes actif depuis fort longtemps. On le sait,
on vous voit aller. Alors, contente de vous accueillir ici.
Question spécifique par rapport à ce
qui a été discuté. On se projette dans cinq ans. Comment allez-vous mesurer
l'impact du projet de loi qu'on met de
l'avant? Comment le mesureriez-vous? Qu'est-ce que vous mettriez de l'avant
pour dire : Ça a marché, cette
transition-là, ça n'a pas marché? Qu'est-ce que vous auriez à proposer par
rapport à ça, en termes d'évaluation, évidemment, de productivité, de
mesure?
M. Dorval (Yves-Thomas) : Mme la Présidente, il y a plusieurs types
d'indicateurs de mesure qu'on peut regarder, qui sont, à la fois, ou quantitatifs ou qualitatifs, et ça, c'est
important. On ne peut pas faire l'évaluation que sur des réalisations, des moyens, des activités, des actions.
Malheureusement, ça, c'est trop souvent le cas. Il faut regarder les résultats
aussi au niveau quantitatif mais également qualitatif.
Donc, au niveau
quantitatif, si on a un objectif d'améliorer l'exportation, d'accroître
l'exportation, bien, il faut mesurer
l'exportation aujourd'hui puis voir l'exportation dans cinq ans. Cependant,
pendant cette période de cinq années là, il va y arriver aussi des
phénomènes dans l'économie qui peuvent jouer un rôle. Donc, ce n'est pas
quelque chose avec lequel on peut avoir une
garantie de résultat. D'ailleurs, Investissement Québec devra prendre de plus
en plus de risques dans son approche.
Mais, à tout le moins, on peut se donner des indicateurs en tenant compte de
facteurs incontrôlables qui peuvent
arriver dans l'environnement externe. Que ce soit au niveau de l'exportation,
il faut mesurer : Est-ce qu'on a accru l'exportation? Pas seulement
en termes de dollars constants, mais en termes de valeur aussi ajoutée dans
l'exportation.
Même
chose pour attirer les investissements. Est-ce qu'on a réussi à attirer
davantage d'investissements? Ça, c'est des choses quantitatives qu'on
peut mesurer.
La question du
développement des entreprises, nous, on vient de faire une étude qui n'existait
pas, soit dit en passant, où on a vraiment fait le tour de la structure
économique. Comment peut-on faire passer davantage de petites entreprises... Là, je ne parle pas des très
petites, là, je parle des petites à moyennes et des moyennes à grandes. Ça peut
être un indicateur où on peut dire : Ah! voici, on a réussi, avec
le développement économique, à faire ça.
Comment
on peut améliorer le PIB du Québec? Qui dépend de plein de facteurs, mais le
développement économique en fait partie.
La productivité est
probablement un élément qui est très, très au coeur du long terme. Alors, il y
a des données sur la productivité, comment on va avoir réussi à donner un coup
de pouce. Encore là, ce n'est pas juste Investissement Québec, ce n'est pas juste le ministère. C'est l'ensemble des
interventions gouvernementales, y compris les questions de formation de main-d'oeuvre, y compris la question
d'améliorer tous ces éléments-là. Donc, il y a des indicateurs quantitatifs
qu'on peut utiliser et qu'on doit utiliser pour mesurer la performance.
le qualitatif, à la fin, il ne faut pas que ça se fasse au détriment d'autres enjeux,
parce qu'on parle de développement durable, que ce soit sociaux ou
environnemental. Donc, à la fin, il faut que le résultat net de ça ne soit pas
une situation qui amène le Québec à
contre-courant sur les efforts qu'on doit faire, par exemple, d'amélioration
des émissions de gaz à effet de
serre, de l'amélioration des impacts sur l'environnement ou des écarts qui pourraient se creuser entre les
riches et les plus pauvres.
a l'avantage au Québec d'avoir une société où l'écart entre les
riches et les pauvres est un modèle. Il
y a seulement la Suède et l'Australie, si je ne me trompe pas,
qui ont une performance supérieure au Québec. Mais à travers les pays de l'OCDE, à travers les économies modernes, le Québec
est très égalitaire. Alors, ça, c'est un avantage qu'on a. Bien là, donc,
l'impact doit être mesuré tant au plan quantitatif que, également, qualitatif.
Anglade : Très bien. Merci
pour votre réponse. Je vous amène à un commentaire que vous écrivez dans votre
mémoire. «L'ajout d'un volet de financement des exportations, notamment dans la
perspective de financer des consortiums d'exportation québécois pour le
financement de projets à l'étranger, devrait être aussi considéré.»
J'aimerais
que vous élaboriez là-dessus. C'est toujours... On veut que nos entreprises exportent. Les
programmes que l'on a souvent
sont des programmes qui encouragent des emplois locaux, hein, parce qu'on veut créer des emplois ici. Par contre, le nerf de la guerre, c'est de trouver
des opportunités d'affaires ailleurs. Alors, est-ce qu'il y a des mesures en
particulier auxquelles vous pensez qui devraient être considérées là-dedans?
Dorval (Yves-Thomas) : Étant donnée la taille de notre
économie, quand on veut faire
partie de grands projets à l'étranger, ça prend une certaine masse critique puis ça prend
plusieurs intervenants parfois. Donc, comment on peut favoriser puis aider la constitution de
certains consortiums est un bon exemple. Puis c'est aussi le cas à l'interne
pour faire face à des entreprises qui viennent réaliser des projets ici.
C'est un enjeu important.
Deuxièmement,
on est très axé souvent sur le
manufacturier, ce qui est très bien. Puis le Québec, en passant, fait
très bonne figure en termes de production manufacturière, même si on a des
enjeux, de ce côté-là, très grands. Mais l'économie du savoir, le domaine des
services est aussi très important, et quand on parle de délocalisation
d'entreprise, lorsque le siège social ou
l'activité centrale du quartier général se fait ici, bien souvent, l'ingénierie
de base va se faire ici, la conception de base va se faire ici, le
travail qui génère, dans le fond, davantage de valeur ajoutée par le type
d'emploi.
Ce n'est pas
tellement l'exécution locale qui va apporter beaucoup de valeur ajoutée comme
l'ensemble de l'écosystème au niveau de la valeur ajoutée de la conception, de
la... Et, en plus de ça, le Québec a un potentiel extraordinaire de ce côté-là. Quand je dis extraordinaire, en termes
d'expérience, il ne faudrait pas voir d'ailleurs certaines mesures venir... et non pas, je ne parle pas d'ici
au Québec, mais je parle d'ailleurs au Canada, venir bouleverser un peu
cet écosystème. Mais, en même temps, même si on a un enjeu de main-d'oeuvre, on
a ce potentiel-là extraordinaire.
Anglade : Quelques autres questions. On a peu parlé de secteur quand
même jusqu'à présent. Lorsque vous regardez
le projet de loi, est-ce que vous avez des secteurs en particulier où vous vous
dites : Il faudrait vraiment qu'on... une attention particulière à porter
sur certains de ces secteurs-là, en termes de développement économique au
Québec?
M. Dorval (Yves-Thomas) : Mme la Présidente, c'est peut-être un des enjeux
avec lequel on a le plus de difficulté dans
certaines approches parfois. C'est qu'en même temps qu'on dit : On n'a pas
une masse critique immense, puis qu'il faut
avoir des priorités, en même temps, on est toujours... parce qu'on a un
membership très multisectoriel, qui est dans les tous les domaines, que
ce soit le commerce de détail, que ce soit l'agriculture, que ce soit la
transformation de haute technologie, l'aéronautique, et j'en passe.
Le gros enjeu, c'est
que le gouvernement devienne celui qui décide quels sont les secteurs qui
doivent être privilégiés. Moi, je crois, et
nous croyons, au CPQ, puis c'est normal puisque nos membres sont représentatifs
de tous les secteurs, que tous les
secteurs sont légitimes. Il faut d'abord travailler à faire en sorte que le
secteur puisse lui-même, je vous dirais, avoir la créativité et le
développement de projets et...
Mais
c'est certain que, si on regarde la notion de productivité, et là, là, je me
mets dans les souliers du gouvernement, c'est sûr que les secteurs à
plus grande valeur ajoutée vont modifier plus rapidement l'indice de productivité
au Québec, parce qu'on dit : C'est la
valeur produite par heure travaillée. C'est sûr que lorsqu'on vend un aéronef,
la valeur ajoutée est pas mal grande.
Quand on vend une boulette d'acier, de métal, de fer, c'est moins grand. C'est
pour ça qu'on doit favoriser de la transformation un peu plus
localement. Mais, en même temps, il y a des régions qui dépendent de ça, il y a
des éléments, il y a des emplois, il y a des
régions, puis, à la fin, ça fait
partie quand même de l'ensemble de notre
balance commerciale.
Alors,
comment faire un choix? C'est très difficile. C'est sûr que le gouvernement
doit toujours se dire : Bien, si je peux améliorer la productivité, je vais me concentrer dans les endroits
où il y a plus de valeur ajoutée, et il n'a pas tort en termes d'impact sur le résultat. Mais, en même
temps, ça vient couper les ailes à des entrepreneurs tout à fait légitimes qui
peuvent être dans des secteurs à moins
grande valeur ajoutée et pour lequel, surtout dans plusieurs régions, c'est
l'essence même de la vitalité de la région.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Il vous reste 2 min 20 s. Alors...
Anglade : O.K., je
vais y aller, je vais la prendre. Rapidement, le projet
de loi reste silencieux quant au
futur d'autres organismes, Québec International, Montréal
International, etc. Souhaitez-vous voir une clarification à l'intérieur
du projet de loi?
M. Dorval (Yves-Thomas) : Actuellement, comme on n'a pas de renseignement, on voudrait
avoir, que ce soit le projet de loi ou le gouvernement, mais d'avoir plus de réponses à ces questions-là.
Et, bon... et c'est un peu normal parce
qu'il y a des joueurs qui, actuellement, travaillent avec ces organisations-là.
n'en ai pas parlé parce que je n'ai pas eu le temps, Mme la Présidente, de la
gestion du changement, mais un des plus grands défis du projet de loi,
parce que ça, c'est directement rattaché au projet de loi, ça va être la
gestion du changement. La gestion du
changement, ça veut dire qu'il y a des gens à l'interne puis il y a des gens à
l'externe qui vont être touchés. Il y
a des organismes comme le CRIQ est touché, il y a du personnel qui était dans
un ministère ou du personnel qui
était à Investissement Québec, il y a également des partenaires, des gens qui
sont actuellement en démarche de réflexion d'investissement, etc. La gestion du changement, c'est comment être en
mesure de répondre efficacement, sans ralentir le processus, à tout ça
en même temps qu'on fait des changements.
Alors,
si on travaille actuellement... une entreprise travaille avec Montréal
International, elle va peut-être se poser la question : Qu'est-ce qui va se passer? Si elle travaille avec le
CRIQ, elle va peut-être se poser la question. Donc, ça prend des
messages, pas nécessairement le projet de loi. Le gouvernement peut être
très transparent et très clair quant aux orientations à donner là-dessus.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Le député de Nelligan, à vous la parole. Il vous reste
50 secondes.
Derraji : O.K., je vais être très rapide. Merci pour votre présence.
Vous avez exprimé d'autres inquiétudes dans le même sens que la dernière question de ma collègue, l'intégration du
Centre de recherche industrielle du Québec et du Bureau de normalisation
du Québec. Vous, vous êtes sur le terrain, vous avez vu l'efficacité de ce
centre de recherche. C'est quoi, vos
inquiétudes? Je sais que vous avez proposé quelque chose, qu'un membre soit sur
le conseil d'administration, mais partagez-nous vos inquiétudes par rapport
à ça, à cette fusion.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : En 20 secondes.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Mme la Présidente, je comprends la question. Ce
n'est pas des inquiétudes, ce sont des questions qu'on pose. Et
là-dessus, je pense, c'est très correct de poser des questions pour que le
gouvernement et Investissement Québec, dans le futur, puissent y répondre.
C'est des questions légitimes parce que les gens sont très satisfaits. Ceux qui font affaire avec le CRIQ
sont très satisfaits. Alors, ils veulent s'assurer qu'ils vont être encore très
satisfaits avec les interventions...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, merci. Merci pour l'échange. Nous donnons la
parole, maintenant, au porte-parole du deuxième groupe d'opposition, au député
de Rosemont.
Marissal : Merci, Mme la Présidente. Avant de commencer, je
demanderais le consentement de mes collègues ici pour récupérer le temps
de mon collègue de René-Lévesque qui ne...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Avons-nous le consentement? Alors, vous aurez droit à 5 min 30s
M. Marissal : Wow! Merci.
Bonjour. Je sais que vous êtes un habitué de ce genre d'exercice et j'apprécie
les réponses courtes que vous
formulez. C'est assez clair, de toute façon, dans votre mémoire. J'ai noté
plusieurs éléments dans votre présentation
et je vais continuer sur la question de mon collègue de Nelligan, à laquelle
vous n'avez peut-être pas eu le temps
de répondre complètement, puisque c'était un point que j'ai noté. Vous dites
que le milieu a des questions. Vous vous en faites donc le porte-voix.
Quelles sont ces questions par rapport à l'intégration du CRIQ?
Dorval (Yves-Thomas) : Lorsqu'on parle de changement et de
transformation, c'est normal, tout individu, toute
organisation se pose la question : Qu'est-ce que ça va donner? Quelle va
en être la valeur ajoutée ou qu'est-ce que je risque de perdre?
La gestion du
changement, il y a une crainte. Tu sais, à 90 %, les gens ont toujours une
crainte par rapport au changement. Alors, la question légitime, c'est
dire : O.K., Montréal International a rempli un mandat, et on l'a vu avez l'augmentation des investissements qui sont faits,
Québec International... Il n'y a pas que ces deux organisations-là, c'est
juste qu'elles sont les plus connues qu'on
les a mentionnées. Le CRIQ, les gens sont contents de l'accompagnement, de
l'aide que le CRIQ a pu apporter dans leur développement.
Alors,
comme elles sont satisfaites, quand on fait un changement, on se pose la
question : Qu'est-ce que va donner le changement? Qu'est-ce que je risque de perdre s'il y a un changement?
Est-ce que je vais perdre le lien que j'ai avec le CRIQ? Est-ce que je vais perdre le lien que j'ai
avec Montréal International? Est-ce que la décision ou l'orientation qui va
être prise va prendre plus de temps parce que l'organisation est plus
grande, parce que ça nécessite plus de coordination, parce que, parce que... Mais c'est des craintes normales. On n'est pas
en train de que les gens sont paniqués, là, mais ce sont des questions que les gens se posent, et
j'imagine qu'avec le temps, hein, quand Investissement Québec va être mis
en place, il va y avoir des réponses à ces questions-là, et ainsi de suite. On
l'espère.
Mais
ce qu'il faut faire très rapidement... Personnellement, j'ai travaillé dans de
la réorganisation d'entreprise très souvent. Les gens ont besoin d'être
rassurés rapidement. Quelle va être la ligne, l'orientation? Puis les gens vont
partir avec ça. En autant que les gens sentent qu'à la fin il y a une
valeur ajoutée, il n'y aura pas une perte en cours de route.
Marissal : O.K. Est-ce qu'il n'est pas aussi question... Puisqu'on
parle du CRIQ, est-ce qu'il n'est pas aussi question de l'indépendance nécessaire que le CRIQ doit avoir, justement,
dans ses activités de recherche, ce qui est apprécié aussi, je crois,
par le milieu?
Dorval (Yves-Thomas) : Je ne vois pas, dans un projet de loi, nécessairement
une menace quant à ça, mais c'est des
questions légitimes. Ça fait
partie des questions que les gens peuvent se
poser. Mais le fait est que les gens peuvent penser qu'il va y avoir plus de dirigisme, hein, parfois,
quand on intègre des... Mais, personnellement, je travaille sur le conseil d'administration d'une organisation qui a
été fusionnée entre plusieurs puis je trouve que finalement les choses se
font pas mal bien. Mais beaucoup de
réorganisations n'ont pas réussi dans la vie, que ce soit dans le secteur privé
ou public.
Alors,
c'est des questions légitimes. Ça doit être accompagné... C'est pour ça qu'on
souligne, je pense, pas dans un paragraphe, dans plusieurs paragraphes de notre
mémoire, toute cette gestion de changement, c'est majeur. C'est majeur, c'est la clé du succès. Vous pouvez
implanter la plus belle technologie, SAP, progiciel ou ce que vous voulez, si
vous n'avez pas... si vous ne vous êtes pas
occupé, de manière très importante, de la gestion du changement, et pas juste
avec la clientèle interne... d'abord avec la
clientèle interne, mais aussi avec les clientèles externes, si vous ne vous en
occupez pas, c'est là où des restructurations ou des changements
provoquent des enjeux négatifs plutôt que positifs.
Marissal : Merci. Le temps file, M. Dorval. Un mot sur Montréal
International. Les gens de la CMM étaient ici hier soir... après-midi, je ne sais plus, hier après-midi, et ils
manifestaient certaines craintes quant à la pérennité et à la survie de
l'organisme qu'ils chérissent, de toute évidence. Est-ce que vous partagez, de
un, leur sentiment par rapport à cet organisme et leurs craintes quant à sa
possible disparition?
M. Dorval (Yves-Thomas) : Je reviens sur la même réponse que j'ai faite
tout à l'heure. Ce n'est pas nécessairement des craintes, c'est des questions, des questions légitimes devant
l'inconnu, devant le changement, et, dépendamment des réponses qui
seront apportées, les gens pourront être rassurés ou non. Mais vous avez raison
de souligner ça, il y a des personnes qui
reçoivent, ou qui bénéficient, ou qui travaillent très bien avec ces
organisations-là, et la question... S'ils veulent avoir l'assurance que ça va bien fonctionner
encore, il n'y a pas juste une façon de fonctionner, les choses peuvent
évoluer. Les gouvernements successifs ont modifié des choses. Parfois ça
a fonctionné, parfois ça n'a pas fonctionné.
la question ici, c'est la bonne volonté, puis il faut s'assurer que les gens
qui vont travailler dans ces organisations-là partagent la même direction et participent ensemble. Et, encore une
fois, quand je dis à l'intérieur, mais aussi avec l'extérieur, il faut avoir une communication très transparente,
il ne faut pas que nos dossiers soient ralentis en processus, parce que, si
c'est ralenti, là, on va imputer tout de suite ça aux décisions sur les
changements.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : En conclusion, 30 secondes, 28.
Marissal : ...rapidement, vous parlez des start-up et de l'injection
de capitaux à des moments cruciaux. Quelle forme? Puisqu'il s'agit d'une
aide gouvernementale, quelle forme prendrait cette injection de capitaux?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oupelaïe! 16 secondes.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Dans notre mémoire, on parle de différents types
d'accompagnement selon le stade différent
des entreprises. Il est très clair qu'il y a une vallée qu'on appelle la vallée
de la mort, qui est souvent... qui fait suite à la recherche. Mais, quand on arrive à la commercialisation...
Alors, c'est important de s'en occuper. On l'a vu dans le dernier budget
puis au fédéral aussi, mais c'est important de le souligner.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. Dorval, merci, Mme Kozhaya, du
Conseil du patronat du Québec. Alors, merci pour votre contribution aux
travaux.
Nous suspendons quelques secondes, le temps de
donner au deuxième groupe... de s'installer. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 19)
Présidente (Mme IsaBelle) : O.K. C'est beau. Alors, nous invitons Mme Proulx, Mme Limoges, des
Manufacturiers et exportateurs du Québec. Bonjour. Nous vous invitons à
faire votre exposé de 10 minutes. Vous savez que vous avez 10 minutes
pour faire votre exposé. Et, avant de commencer, nous vous invitons à vous
présenter.
Proulx (Véronique) : Alors,
bonjour à tous. Véronique Proulx, présidente-directrice
générale de Manufacturiers et exportateurs du Québec. Je suis accompagnée de
ma collègue Isabelle Limoges qui est directrice, Affaires
publiques et affaires gouvernementales.
Mme Limoges (Isabelle) : Bonjour.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Vous pouvez commencer. Merci.
Proulx (Véronique) :
Excellent. Parfait. Alors, bonjour. Merci à tous de nous donner l'opportunité
de venir présenter notre mémoire sur le projet de loi n° 27.
Nous avons
cinq grandes recommandations que nous avons formulées, mais, avant de rentrer
dans le vif du sujet, je voulais vous
présenter quelques données sur la productivité des entreprises
manufacturières et aussi sur l'exportation, pour remettre en contexte
nos recommandations.
Alors, je
vous invite à aller à la page 2 de notre mémoire, où on parle d'investissements et de productivité, qui sont en
lien avec les objectifs visés du projet de loi. Alors, au
graphique 1, on parle de la croissance de l'investissement en capital
des entreprises, qui est un très bon indicateur du niveau de
productivité dans le secteur manufacturier. Alors, on voit qu'au cours des cinq dernières années, le Canada a
eu une croissance de 8,8%, alors que le Royaume-Uni et les États-Unis
étaient respectivement à 30,4 %,
28,1 %. Alors, on sait qu'on a un retard de productivité au Québec et au Canada. Ce retard ne fait que
s'accroître.
Le graphique n° 2, ici, on voit
l'investissement direct étranger entre le Québec... entre le Canada, pardon, et
les États-Unis, et ici, on parle de tous
secteurs confondus. Donc, 2009, on était plus ou moins à 20 milliards...
Je n'ai pas le tableau en couleur... Juste
m'assurer que je suis en train de vous donner la bonne donnée. On était autour
de 20 milliards, effectivement,
d'investissements directs entre les deux pays, alors qu'en 2017 les Américains
avaient maintenu leur niveau d'investissements, et nous, on investissait
quatre fois plus.
Qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire qu'on
n'investit pas assez, qu'on a un retard de productivité et que, plutôt que d'investir dans nos usines au Québec,
on est en train d'investir aux États-Unis, au détriment des entreprises, des
usines qui sont ici. Alors, nécessairement, c'est une donnée qui nous préoccupe
beaucoup.
Je vous amène
ensuite à la page 3, le tableau I, on parle d'exportations, parce qu'on
parle beaucoup de diversification des
marchés. Ça fait des années que l'on dit aux entreprises : Vous devez vous
diversifier. Ça fait des années que les
gouvernements se succèdent et mettent en place des mesures pour aider
les entreprises. Et, quand on regarde le secteur de la fabrication, qui est le secteur manufacturier, de 2013 à 2017, il
n'y a pratiquement pas de changement au niveau du pourcentage de nos
exportations sur le marché américain. Pourquoi? Si on va au tableau II, il y a
un début de réponse. On voit les cinq
principales catégories de produits qui sont exportés aux États-Unis et qui
représentent 25 % de nos exportations.
Alors, ce sont tous des produits, dont les chaînes d'approvisionnement
nord-américaines sont excessivement bien intégrées, donc difficile, pour
ces entreprises-là, d'exporter leurs produits sur d'autres marchés.
On remarque
aussi, avec ces produits-là, que ce sont des grandes entreprises qui sont
présentes. Alors, si on veut faire
bouger l'aiguille de la diversification des marchés, ça va vraiment être de
travailler avec les PME et dans une multitude de secteurs d'activité, mais j'y reviendrai dans nos recommandations,
alors... Et je vais passer la question de la pénurie de main-d'oeuvre, on en a beaucoup parlé sur d'autres
tribunes. Je pense qu'on est tous très connaissants sur ce sujet, mais
je pourrai y revenir, au besoin, dans les échanges.
Donc, nos cinq
recommandations sont vraiment... se font sous la loupe de la compétitivité du
secteur manufacturier, soit productivité et diversification des
exportations.
Première
recommandation : des gestes concrets pour supporter le développement
économique. Je suis à la page 4. On
salue la volonté du gouvernement d'inclure, dans la mission d'Investissement
Québec, le développement économique. Maintenant, le développement économique, ça veut
dire quoi? Ça veut dire de prendre plus de risques. Ça veut dire d'accepter
d'avoir un rendement moins élevé parfois que
par le passé. Ça veut dire, donc, d'être capable de bien supporter les
entreprises existantes et les
secteurs d'avenir. Et on demande à IQ, on demande au gouvernement à ce que IQ
puisse devenir le leader pour identifier les secteurs prioritaires et
les filières qui vont construire le Québec de demain, donc les identifier mais également les supporter. Il est évident que nos
membres demandent à ce que IQ ait une vision forte, mais que ça ne se fasse pas
au détriment des piliers économiques, des secteurs plus traditionnels qui
contribuent à la croissance économique depuis de nombreuses années.
Un mot sur
les comités de développement régionaux. Alors, on est très favorables à ce que
ces comités soient mises en place, qu'ils puissent identifier les priorités
régionales, mais on veut s'assurer qu'il y a une vue d'ensemble pour éviter
qu'il y ait une compétition ou une... en
fait, une compétition, c'est le bon terme, entre différentes régions. Donc,
l'information, les priorités
remontent pour qu'on ait une vue d'ensemble et une vue stratégique sur le
développement qui se fait au Québec. On a vu, par exemple, que ça s'est fait
parfois avec les créneaux ACCORD, où il y a une espèce de compétition
interrégionale qui n'a pas lieu d'être. Il faut se rappeler que notre
compétition, elle est internationale, elle n'est pas locale.
Deuxième
recommandation : un accompagnement et les services-conseils pertinents.
Alors, si on veut augmenter la productivité, les exportations, c'est
bien d'avoir de l'argent, mais il faut aussi avoir de l'accompagnement. Alors, relativement au guichet unique, encore une fois,
c'est très bien accueilli. Tous souhaiteraient pouvoir cogner à une seule
porte puis avoir accès à l'ensemble des
services gouvernementaux, mais c'est clair qu'il y a un certain scepticisme,
parce que, depuis de nombreuses années, plusieurs essaient d'implanter
des guichets uniques.
Ce qu'on
propose au gouvernement, c'est de mettre en place un service de conciergerie,
donc que les conseillers aux
entreprises d'Investissement Québec soient en mesure d'accompagner les
entreprises vers les différents programmes, vers les différentes expertises pour qu'ils y aient accès au bon moment.
On ne veut pas demander à l'entrepreneur d'être un expert de l'appareil gouvernemental, mais on peut demander aux
conseillers de IQ de les accompagner dans ce processus-là. Et bien sûr
ça'impliquera de la formation pour les conseillers, pour qu'ils soient en
mesure d'y arriver.
Relativement
au comité du développement régional, encore une fois, pour nous, on est
favorables à cette idée, mais on
demande d'aller au gouvernement d'aller une étape plus loin. Alors, en région,
on va avoir les bureaux de IQ, on va aussi avoir les bureaux de Services
Québec et les bureaux du MIFI maintenant, donc au niveau de l'immigration. Un
entrepreneur qui a un projet de robotisation va se présenter chez IQ pour un
prêt, peut aller au MEI pour une subvention en lien avec l'innovation, il va
aller chez Services Québec pour aller chercher de la formation, du financement
pour la formation de sa main-d'oeuvre. Et,
compte tenu qu'il ne va pas nécessairement trouver la main-d'oeuvre dans sa
région ou au Québec, il va se retourner vers le MIFI pour recruter à
l'international. Donc, le comité pourrait permettre de coordonner l'effort du gouvernement dans le service aux
entreprises dans chacune des régions, s'assurer que les différents ministères
connaissent les offres de services de leurs
collègues, qu'ils soient capables de référer des dossiers, idéalement éviter
que les entreprises aient à cogner à trois ou quatre portes différentes pour
présenter leur dossier dans une seule région.
Relativement
au développement de l'offre de services de IQ, alors on parle de l'intégration
du CRIQ, pour nous, c'est positif. Lorsqu'une entreprise va chercher un prêt
pour un nouvel équipement, pour un robot ou autre, ça peut être pertinent d'avoir le CRIQ qui est intégré à la
structure pour être capable de faire un audit 4.0, de faire une évaluation plus profonde
des besoins de l'entreprise, pour s'assurer qu'elle fasse la bonne acquisition,
qu'elle ait l'accompagnement nécessaire pour le mettre en place et également le
financement.
Ceci étant dit, on comprend que IQ va également offrir d'autres services, pourrait être appelé à
développer d'autres services. Si on
veut que les entrepreneurs se retournent vers Investissement Québec pour aller chercher du support financier, mais du support de façon générale, il faut
s'assurer que les gens qui répondent à l'appel aient une culture d'affaires
très forte. Alors, pour nous, c'est quelque chose qui devra être
apporté, inculqué au sein de l'organisation.
Troisième recommandation : des aides
financières qui ont de l'impact. Alors, je n'irai pas dans le détail de tout ce
qu'on a écrit, mais on pourra y revenir dans les échanges. On nous a... Nos
membres nous ont proposé plusieurs choses,
mais je vous dirais que, de façon générale, les entrepreneurs nous
disent : Cessez de saupoudrer, on veut des aides financières qui ont de l'impact sur les bonnes entreprises.
Et les besoins de la start-up, de la petite, de la moyenne et de la
grande ne sont pas les mêmes. Est-ce qu'on peut avoir un soutien financier qui
est adapté à notre réalité? Et je pourrai y revenir encore une fois dans les
détails ou les différentes mesures qui sont proposées.
Un dernier point sur les financements offerts. Plusieurs
nous ont dit : Il faut que IQ soit complémentaire à l'offre de financement qui existe. Est-ce qu'on
pourrait faire une cartographie, identifier là où il y a des manquements et
qu'Investissement Québec, si c'est possible,
puisse être présente à ces endroits-là? Et je vais faire un lien avec la notion
de développement économique. Quand
une entreprise se présente chez Investissement Québec, par le passé, elle
allait chercher du financement, on
poussait le financement d'Investissement Québec. Maintenant qu'elle a un mandat
de développement économique, il faudra s'assurer de proposer à
l'entreprise le meilleur financement possible, indépendamment qu'il soit chez
IQ ou à l'extérieur, auprès d'un autre prêteur.
Relativement
aux délais, à la paperasse, rapidement, on dit souvent qu'Investissement
Québec, c'est long, c'est lourd, ça
coûte cher. C'est beaucoup les PME qui nous rapportent ces commentaires-là. On
a entendu parler de dossiers qui, parfois, attendent neuf mois avant d'avoir un retour d'une réponse suite à une
demande de prêt. Donc, on demande au gouvernement d'être agile dans les services aux entreprises pour
effectivement confirmer à l'entreprise s'il n'y a pas d'intérêt à le financer,
pour qu'elle puisse se retrouver vers d'autres bâilleurs et ne pas couper son
élan.
Quatrième
recommandation : pour une attraction d'investissement et une diversification
des marchés ambitieux. Je le
mentionnais tout à l'heure, et je vais terminer rapidement, il me reste
une minute, l'aiguille de la diversification des marchés n'a pas beaucoup bougé. Pourquoi? Parce
qu'on a toujours eu des mesures... là, j'ai juste l'anglicisme en tête, de
«one size fits all».
Si on veut vraiment amener les entreprises à développer des nouveaux marchés,
il faut regarder quels sont les
secteurs qui ont la capacité de se développer à l'international, quels sont les
secteurs qui ont la capacité de se diversifier et aussi d'identifier les bonnes entreprises, celles qui ont les
ressources, la capacité pour pouvoir... et la volonté de développer les marchés internationaux, et ce n'est que de
cette façon qu'on arrivera à réellement avoir un impact sur nos exportations
au Québec.
En terminant, une
mise en oeuvre efficace. Alors, on demande au gouvernement de s'assurer que,
pendant la transition, parce qu'il y aura
une transition, il y aura de la gestion du changement, s'assurer que les
entreprises aient accès aux services,
que les délais de traitement ne soient pas retardés et qu'il y ait le plus de
communication possible, un bon plan de
communication, pour bien aiguiller, outiller les entreprises pour pas qu'elles
ne se perdent et qu'elles soient perdantes pendant la transition qui
pourra se dérouler sur quelques années.
Alors,
on offre notre collaboration au gouvernement pour mettre en place des solutions
optimales pour le secteur manufacturier. Je vous remercie de votre attention.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci pour votre exposé. Écoutez,
nous serons obligés... Est-ce que j'ai le consentement ou est-ce que
nous avons le consentement... Parce que nous serons obligés de prolonger
au-delà de midi.
M. Fitzgibbon :
Midi? Il est déjà midi.
Présidente (Mme IsaBelle) : De 13 heures, oui, excusez. Oui,
13 heures, effectivement. Est-ce que nous avons le consentement?
Présidente (Mme IsaBelle) : D'à peu près cinq à six minutes. On est
d'accord avec ou on retranche uniformément le six minutes à tout le
monde. Alors, réponse rapide : On prolonge ou on retranche?
Mme Anglade :
C'est correct.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Pardon?
Mme Anglade :
Nous, c'est bien avec nous.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Donc, on prolonge?
Mme Anglade :
Oui, c'est ce que j'ai compris.
Présidente (Mme IsaBelle) : O.K., on prolonge. C'est parce que,
là, il y a monsieur... Je suis la présidente. Merci. Parce que, là, il y avait
deux questions en même temps. Merci. Alors, nous allons prolonger de cinq à six
minutes.
Nous commençons donc
immédiatement la période de questions. M. le ministre, vous avez
16 min 30 s.
M. Fitzgibbon :
Cinq minutes?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : 16.
M. Fitzgibbon :
16 minutes. Parfait. Alors, merci beaucoup, Mme Proulx et
Mme Limoges, pour votre document qui est, en passant, très bien
fait et très concis, ce que j'aime beaucoup. Ça va faciliter dans mon cas.
peux vous le dire tout de suite, les recommandations 3, 4 et 5, je suis
100 % d'accord avec vous, donc on n'en parlera pas beaucoup. Puis
le numéro 5, sans vouloir... sans avoir la prétention de dire que la loi
va être adoptée, on a commencé à appliquer
certains régimes dans la loi. On est déjà en application. Je pense qu'on va
être capable, au 1er avril 2020, assumant qu'elle est
approuvée, d'être efficace sur le terrain.
contre, j'aimerais vous entendre sur la deuxième recommandation, qui est très
importante pour moi et qui n'est pas facile à cibler, vous parlez
d'accompagnement et de service-conseil pertinents sur le terrain. Comme on
sait, on a 250 000 PME au Québec, 17 régions administratives. On
va créer des bureaux régionaux.
J'aimerais
vous entendre sur comment peut-on s'organiser... parce que le support aux entreprises va être double :
le capital et l'accompagnement humain. Le capital, c'est relativement facile,
là. Là, le capital, on a des mécanismes de comité
d'investissement qu'on va mettre en place. L'accompagnement humain est plus
difficile, puis on n'a pas toutes les ressources
nécessairement au gouvernement, au MEI, pour accompagner les entreprises.
Alors, qu'est-ce que c'est... vous êtes
sur le terrain. Qu'est-ce que c'est que vous nous recommandez de faire,
certaines initiatives ou certaines choses qu'on devrait avoir en tête pour
être efficace sur le terrain comme ça?
Mme Proulx (Véronique) : Bien, je vous dirais que la première chose, c'est
que les gens qui font le financement doivent être capables de faire
rayonner l'offre de services du gouvernement, parce que ça, c'est le premier
point de contact, et souvent, pour
l'entrepreneur, c'est le plus important parce qu'on parle d'argent. Donc, c'est
lui qui doit être capable de dire à
l'entrepreneur : Voici ce qui existe, voici le... il existe... tu parles
d'acheter tel équipement, est-ce que tu as regardé, avec le CRIQ, ce qui
se fait?
Donc, d'être capable de mettre en
valeur l'offre de services du gouvernement, je pense que c'est le premier
point, et ça paraît simple, mais ce
n'est pas simple, parce que ça prend des gens qui ont cette ouverture-là, qui
ont cette connaissance-là et qui sont
capables de rapidement identifier les besoins et les bons services dont
l'entrepreneur a besoin.
Après,
quand on parle d'accompagnement, on comprend que le gouvernement a quand même
des ressources limitées, ressources
humaines. Donc, c'est sûr que, s'il y a une expertise à l'interne qui peut
venir contribuer aux projets des entreprises, c'est bien, mais je sais qu'ils ne sont pas nombreux. Alors, par la
suite, c'est de retourner vers de l'aide externe. D'ailleurs, dans nos recommandations au niveau de l'impact
financier, on en parle, d'être capable de financer des heures de consultation
pour des experts qui peuvent venir
accompagner l'entreprise, par exemple, dans leurs projets de numérisation.
Parce que le dirigeant de PME, souvent, a plein d'idées, il a plein
d'ambition, il a des projets. Il entend parler d'industrie 4.0, mais concrètement, il choisit quel équipement, il fait
ça comment, il forme ses gens comment? Il n'a aucune idée puis il n'a pas le
temps de s'en occuper.
Donc,
si on part du financement, parce que souvent ça va être la porte d'entrée,
c'est là où les gens vont aller, et qu'on
est capable de faire rayonner l'offre de services, et qu'on est capable
d'offrir du support financier... et là je parle de subvention, surtout pour la
PME, pour les aider dans le virage numérique. Les subventions, c'est vraiment
important pour les PME. Pourquoi?
Parce qu'il y a un risque élevé. La grande entreprise, on le sait, a pris le
virage numérique. La PME, elle tarde.
Entre autres, une des raisons qui a été invoquée, c'est justement le manque de
connaissances, de compétences, et le retour sur investissement qui est
inconnu.
M. Fitzgibbon :
O.K. Parce qu'effectivement, là, je pense que le guichet unique, il faut faire
attention, c'est un peu galvaudé, ça. Mais la façon qu'on a, nous, c'est
d'avoir des personnes qui vont mieux recevoir l'entrepreneur, qui vont, après ça, interministériel, regarder qui va
s'en occuper. Ça, je pense que ce n'est pas des experts à chacun des domaines.
Mais
ce que vous dites, c'est que vous seriez ouverte à ce que le gouvernement fasse
ouvrir la BDC, qualifie des consultants
qui pourraient aider à discerner quelles sont les entreprises qui sont prêtes à
recevoir du 4.0 ou de la numérisation. Parce
qu'un des problèmes qu'on va avoir, c'est qu'il faut filtrer nos entreprises.
Ce n'est pas tout le monde qui est prêt à prendre le capital.
Mme Proulx (Véronique) : Mais peut-être sur un modèle différent, dans le
sens où la BDC, ce sont ses consultants.
M. Fitzgibbon :
Les deux.
Mme Proulx
(Véronique) : Mais souvent ce sont ses consultants qu'on est
encouragés à prendre, si on est un entrepreneur.
Moi, ce que je dis, c'est que le support financier soit là pour que
l'entreprise puisse identifier les bons acteurs pour elle.
M. Fitzgibbon :
Dernière question, rapidement, puis je veux être sûr que j'ai le temps puis...
mais on parle beaucoup de l'approche gouvernementale, déterminer quels
secteurs on va privilégier, puis on parle aussi des régions qu'on veut
dynamiser. Donc, la région va devoir se prendre en mains, les comités régions
régionaux.
Comment
on concilie ça? Vous avez dit qu'il faudrait que le gouvernement maintienne,
avec raison, je pense, une stratégie globale de diversification, des
pôles, les clusters... puis, d'autre part, on a les régions qui poussent puis
qui disent : Nous, on a quelque chose
ici qu'on veut dynamiser. Est-ce que c'est... C'est conciliable, de toute
évidence, mais avez-vous des... à haut niveau, en deux minutes, des
pistes de solution?
Mme Proulx (Véronique) : C'est conciliable, mais ce n'est pas évident, là.
Ayant travaillé en région... En fait, je pense que les idées vont venir
des régions, vont remonter, mais il faut s'assurer que les régions travaillent
ensemble et que ce soit complémentaire, pour
pas qu'on soit en train de développer deux choses très similaires, chacun dans
leur silo, dans deux régions différentes. Je l'ai beaucoup vu, par
exemple, dans les sciences de la vie, ayant travaillé longtemps à Laval. Il faut s'assurer que les régions...
l'information remonte pour qu'on puisse amener, encourager fortement les
acteurs à travailler ensemble au bénéfice du Québec.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait, merci. La parole est au député
d'Orford.
M. Bélanger :
Merci, Mme la Présidente. Moi, je veux revenir aux régions, parce que tantôt
vous avez mentionné : Il faut
éviter la concurrence entre les régions. On sait que, bon, il y a un nouveau
pacte qui va se faire au niveau FQM puis UMQ. Puis les régions, les MRC
ont un devoir de se développer économiquement parlant.
Quel
rôle que vous voyez au niveau de... dans le projet, là, qui est la... IQ, avec
le ministère de l'Économie. Quel est le rôle que vous voyez à ce niveau-là de
façon à faciliter, justement, cet écart-là entre la compétitivité des régions...
De quelle façon vous voyez, là, le rôle que IQ doit jouer?
Mme Proulx
(Véronique) : Mais via son comité, le comité de développement,
bien, je pense que c'est là où IQ peut être
à l'affût de tout ce qui se passe dans la région et assumer un certain
leadership pour s'assurer que le développement, qu'il soit... les priorités identifiées puis le développement que l'on
va faire soient bénéfiques à d'autres régions également. Ça prend une structure
où les gens qui sont dans les régions siègent aussi sur un comité plus large
pour qu'on choisisse les priorités collectivement et globalement. Mais
j'entends...
Puis je vais
faire le lien avec l'UMQ ou, dans le fond, les organismes... les villes.
Lorsque les CLD ont été fermés, cette responsabilité-là est revenue au niveau
des municipalités. Et là je n'ai pas fait mention dans le mémoire, mais je
pense que c'est important que ce comité-là de
développement soit en lien avec les municipalités et les villes pour faire le
lien au niveau du développement économique
régional, encore une fois, pour ne pas qu'il y ait deux silos au sein d'une
même région.
M. Bélanger : Donc, vous
sous-entendez une collaboration, peut-être, avec la FQM ou des entités comme
Mme Proulx
(Véronique) : Absolument.
M. Bélanger :
Ma deuxième question, traditionnellement on évaluait, lorsqu'on finançait...
Vous avez parlé de subventions, là. Des fois, le terme «subvention»... On est
obligé de passer par une subvention, je ne suis pas sûr que c'est toujours la meilleure solution, parce que des fois
tu veux mesurer ton retour sur investissement, mais traditionnellement on
mesurait avec le nombre d'emplois créés et l'impact économique direct, que ce
soit d'une usine en particulier.
Comment vous voyez, dans cette
restructuration-là... Qu'est-ce que vous suggérez comme moyens de mesure?
Est-ce que vous suggérez plus l'impact économique indirect? Est-ce que vous
suggérez peut-être l'impact que ça peut avoir
au niveau du Trésor public en termes de retour sur investissement? J'aimerais
ça vous entendre à ce niveau-là, les moyens de mesurer, justement, le
dollar public qu'on va investir au niveau de ces PME manufacturières.
Mme Proulx
(Véronique) : Bien,
généralement, lorsqu'on investit au niveau de l'automatisation et de la
robotisation, on se retrouve avec des salaires... avec des emplois différents,
souvent des emplois plus techniques, mieux payés. Alors, c'est vrai qu'on ne crée pas nécessairement des emplois,
mais il peut y avoir un impact sur la masse salariale parce que ce ne
seront pas les mêmes emplois et les mêmes besoins. Ça peut être un indicateur.
Je vous dirais ici que les entreprises qui
augmentent leur productivité, pour celles qui exportent, devraient être en mesure d'exporter davantage. Donc, ça peut être
une série d'indicateurs que l'on suit pour voir, l'investissement que l'on fait, est-ce qu'il sert à augmenter
réellement la productivité de l'entreprise
et à augmenter sa compétitivité sur les marchés internationaux? Mais
c'est sûr qu'on n'est plus dans la dynamique de création d'emplois.
M. Bélanger : Il nous reste combien
de temps avant que je pose...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
reste sept minutes.
M. Bélanger : Sept minutes.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Sept.
M. Bélanger : Sept. Je peux laisser
mon collègue...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, je m'en occupe. Alors, la parole est au député de Labelle.
Jeannotte : Merci. Bonjour,
Madame. J'ai eu la chance de travailler pendant longtemps en développement économique local et régional. Je crois beaucoup à la synergie, les
vigies de développement économique où est-ce que tous les acteurs
de développement économique étaient assis autour d'une même table. Les CLD, les
SADC, Développement économique Canada, MEI, IQ, BDC, on a tous le même objectif,
puis ça fonctionne.
Là, par
contre où moi, j'ai vécu des difficultés, c'est que les besoins, et
j'aimerais vous entendre là-dessus... dans le
fond, les entrepreneurs, c'est beaucoup...
parce que, quand on fait affaire avec le gouvernement, veux veux pas, il faut
répondre aux impératifs. Il faut répondre.
Alors, le fonctionnaire, il est placé... il fait son travail parce qu'il y a
une machine administrative aussi à qui il doit répondre, parce qu'ultimement
c'est le ministre puis toute la reddition de comptes, etc.
L'accompagnement, le fameux accompagnement, vos
membres, ils ne le voient pas d'un mauvais oeil que, par exemple, un conseiller économique irait s'asseoir
carrément dans la PME. Est-ce qu'il le voit d'un bon oeil? J'aimerais vous
entendre là-dessus.
Proulx (Véronique) : Ça
dépend du conseiller économique. Alors, je vous dirais que, pour la grande entreprise, ce n'est pas nécessairement
nécessaire. Pour la PME, l'accompagnement l'est, mais tout dépend de la
personne.
Je reviens à
la culture d'affaires, dont je mentionnais tout à l'heure... Si vous avez
travaillé en région, vous savez très bien que, dans un bureau régional, il y
certains conseillers avec qui les entrepreneurs aiment travailler et d'autres
moins, puis c'est normal aussi, mais c'est
là où on doit travailler sur la notion de service à la clientèle, d'inculquer
une culture d'affaires pour que les gens soient vraiment en mode
solution avec l'entrepreneur pour l'aider à progresser dans son projet versus que l'entrepreneur ait la perception
qu'il se retrouve avec quelqu'un qui lui met des freins devant lui. Je pense
que la notion...
Jeannotte : ...au niveau de
la formation de ces gens-là aussi, parce que, des fois, ils sont très fort en
finances, mais par contre, au niveau, par
exemple, de l'élaboration d'un plan
d'affaires, il faut également qu'ils soient capables.
J'aimerais
aussi vous entendre, la délégation de pouvoirs. Souvent, dans les administrations publiques, l'autorité, ça
monte dans la machine puis ça va jusqu'au sous-ministre pour pouvoir
approuver les projets d'investissement. Est-ce que
vous seriez favorables à ce que la décision de l'approbation des projets d'investissement descende davantage sur le terrain
plutôt que de laisser le... Par souci d'efficacité et de rapidité dont... vos
prédécesseurs en parlaient tout à
l'heure, c'est important, la rapidité
avec laquelle on travaille quand on travaille sur des projets d'affaires.
Est-ce que vous seriez favorables à ce que la décision soit prise plus
localement plutôt qu'au national, Québec, entre guillemets?
Mme Proulx (Véronique) : Oui, dans la mesure où c'est bien normé et bien
cadré, puis je vais vous faire le parallèle avec Développement économique
Canada. À une certaine époque, les prêts se faisaient en région, et, à un moment donné, il y a eu un changement et tout devait être signé par le ministre,
et là on a eu des délais impossibles au niveau des réponses et la signature des prêts. Donc, oui, il faut bien
le cadrer pour que ce soit équivalent à travers le Québec
et qu'il y ait une certaine cohérence dans ce qu'on supporte ou non.
Jeannotte : Puis finalement, dans la complémentarité, vous le
verriez... IQ, vous le verriez comment au niveau
des outils? On le sait qu'il y a du financement,
c'est quand même assez facile de trouver du financement au Québec. En tout cas, moi, personnellement, je ne vois pas
l'enjeu là, là, mais j'aimerais vous entendre là-dessus. Dans le fond, la
structure présente du projet de loi, vous, vous la voyez favorablement, mais la
valeur ajoutée, vous la voyez comment?
Mme Proulx (Véronique) : La valeur ajoutée de la nouvelle structure, ça va
être dans... mon Dieu, ça va être dans l'efficacité
avec laquelle elle va être capable de supporter les entreprises au niveau des
deux enjeux clés qui sont la productivité
et l'exportation.
Et, si je reviens à
la question pour le financement, souvent on a eu des entreprises qui avaient
des beaux projets, un bon potentiel, le niveau de risque était trop élevé,
alors IQ n'était pas présent. Alors, c'est là où je reviens à la notion d'identifier les filières, les secteurs d'avenir
où on veut se positionner et que IQ soit présent même si le niveau de rendement
est plus faible ou si c'est un dossier qui est très risqué.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. La parole est au député de Nicolet-Bécancour. Il
vous reste 3 min 17 s.
Martel : Merci, Mme la Présidente. Bienvenue à vous deux.
Bravo! Sincèrement, j'aime beaucoup votre mémoire puis je trouve que
vous nous faites penser à des choses vraiment importantes.
Je vais rassurer le
ministre tout de suite, je ne parlerai pas du parc industriel de Bécancour, je
vais parler des entreprises, un peu
comme... je suis certain, tous les députés, souvent, on va aller voir nos
entrepreneurs, des entreprises de zéro-50
employés, potentiel d'amélioration de production, potentiel de faire de
l'exportation, mais le propriétaire, souvent, il est
dans l'usine, il n'a pas beaucoup le temps de s'occuper de ça. Il faut
qu'il gère ses employés, c'est lui qui est un peu le maître à tout faire dans la business.
Est-ce que
vous pensez que ce serait une bonne idée qu'Investissement Québec, là,
dans son rôle d'accompagnement, là,
fasse une espèce de prospection dans ces entreprises de zéro–50 employés?
Arrêtons-nous pas trop sur le... mais vous comprenez le type d'entreprise. Est-ce
que ce serait une bonne idée? Est-ce que
les propriétaires apprécieraient ou ils auraient l'impression un peu de
recevoir des «peddlers», là, qui veulent vendre leurs services? Comment ce serait
perçu, ça?
Proulx (Véronique) : ... pour les inciter à l'exportation?
Martel :
Bien, aller les rencontrer, est-ce que vous avez des projets, est-ce que vous
avez des projets de modernisation, est-ce qu'on peut vous aider.
Mme Proulx (Véronique) : Bien sûr. Absolument. Pour moi, c'est la bonne
approche. Après, il faut travailler avec les acteurs régionaux. Quand on parle d'exportation, il y a les
organismes régionaux de promotion des exportations qui sont présents
aussi, ça fait que ça revient à la notion de complémentarité sur le terrain.
Mais de faire cette approche-là, c'est bien reçu de la part des entreprises, et
ça va permettre à IQ d'identifier ceux qui ont la capacité, parce qu'en bas de
50 employés, ce n'est pas les entreprises qui ont le plus de capacités de se
déployer à l'international.
fait que je reviens aussi à ce que je disais tout à l'heure, il faut cibler les
bonnes entreprises. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas en bas de 50, mais il faut identifier celles qui sont
vraiment dans des secteurs très bien nichés, hautement technologiques,
qui auront la capacité de se déployer à l'étranger.
Martel : Bien, moi, je parle de 50, puis je vous ai dit, ce
n'est pas un chiffre absolu. C'est dans le sens, c'est le type d'entreprise...
évidemment, ce n'est pas toutes les entreprises qui ont ce potentiel-là, mais
la fabrication qu'ils font, l'originalité, etc., ça pourrait être des
produits exportables.
Moi,
j'ai été dans le développement économique pendant une quinzaine d'années. Ce
n'est pas quelque chose qui se faisait systématiquement, d'aller les rencontrer
puis dire : Regarde, je sais, tu es occupé dans ta business, mais on va
t'aider, on... Moi, je pense que ce serait une façon, là, qu'on pourrait...
Mme Proulx (Véronique) : ...façon de faire de la sensibilisation plus
directe, parce qu'en même temps les gens... Quand on parle des conseillers régionaux du MEI, ils ont une
connaissance des entreprises de leur territoire et ils seraient en
mesure de faire ça, si c'est la directive qu'on donne, donc tout à fait.
Martel :
Merci beaucoup.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, nous cédons la parole,
maintenant, à la porte-parole de l'opposition officielle, à la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci. Merci, Mme la Présidente. Moi, je n'ai qu'une
question, ce sont mes collègues qui vont poser la plupart des questions.
Merci, donc, de la présentation.
J'aimerais
qu'on revienne sur quelque chose dont vous avez parlé, vous en faites mention,
votre recommandation au gouvernement
de mettre en place un système de conciergerie similaire au modèle PerforME.
Vous en avez parlé, j'aimerais vous
entendre davantage. Je sais que, par le passé, vous aviez déjà présenté un
certain nombre de propositions par rapport à ça. Comment vous le verriez
déployer, ce modèle, dans les... au sein des différentes instances?
Proulx (Véronique) : Oui. En
fait, l'idée, ce n'était pas de reproduire PerforME, mais ce qui était
intéressant, dans PerforME, c'est la
notion de conciergerie. C'est que l'entreprise avait un conseiller qui lui
était attitré, qui connaissait bien
l'entreprise et qui était en mesure, justement, d'être son expert dans
l'appareil gouvernemental, donc d'identifier les bons ministères, les bons programmes pour pouvoir l'accompagner. Et
c'est ce qu'on recommandait de mettre en place. Alors, je sais qu'il existe le portail d'Entreprises Québec. Le portail
d'Entreprises Québec, il faut connaître les programmes pour y aller. L'entrepreneur ne connaît pas les
programmes, ça prend quelqu'un qui le prend par la main puis qui va l'aider
à naviguer.
Alors, je
reviens, les gens vont aller chez IQ pour aller chercher du financement. Il ne
faut pas juste... Il faut s'ouvrir les oeillères, pas juste regarder le
financement, mais regarder quels sont les autres besoins et accompagner
l'entreprise auprès de l'expertise et des
programmes qui existent au sein du ministère. Donc, c'est vraiment... ça prend
des gens qui ont les connaissances, compétences, identification des
besoins et qui connaissent l'appareil également.
Mme Anglade : Et ces gens-là, ultimement,
ce serait qui que vous verriez occuper ces fonctions-là?
Proulx (Véronique) : Alors, ce
sera au gouvernement de décider s'ils veulent le faire à l'interne ou à
l'externe.
Mme Anglade : ...pas de
recommandation particulière?
Mme Proulx (Véronique) :
Moi, je pense que ça devrait se faire à l'externe parce qu'encore une fois ça
prend des gens qui ont une culture d'affaire
très forte. Et, c'est ça, on les retrouve moins, traditionnellement, de par
leur nature, au sein de l'appareil gouvernemental.
Mme Anglade : Très bien. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) : La
parole est au député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue, mesdames. Merci pour le rapport.
Première question, vous représentez un secteur
pour l'économie du Québec et pour l'économie régionale. Je vous ai entendues lors de la commission de la
planification sur l'immigration. Vous avez évoqué un point superimportant
par rapport à la disponibilité de la main-d'oeuvre. C'est un point que j'ai
déjà partagé avec le ministre de l'Économie, concernant le capital humain.
Vos membres
sur le terrain, maintenant, leur préoccupation majeure, à
part ce que nous
sommes en train d'étudier au niveau
d'Investissement Québec... Est-ce que vous voyez que la mise à jour
d'Investissement Québec, avec des délégations au niveau régional, va
répondre aux besoins de vos membres pour aller chercher cette productivité
qu'on aimerait?
Mme Proulx (Véronique) : En fait, je vous dirais, la préoccupation première, c'est la pénurie de
main-d'oeuvre. Alors, même quand on
leur parle de formation, d'investissement et autre, ils ne sont pas là. On est
dans la pénurie. Mais ceci étant dit,
lorsqu'ils ont des projets, ils veulent avoir accès, ils veulent avoir accès
aux programmes, à de l'information, de
façon simple, efficace et rapide. Il ne faut pas qu'Investissement Québec
soit... on est obligé de passer par là. On souhaite que les entrepreneurs puissent dire : Je m'en
vais chez Investissement Québec, je vais aller chercher le support dont j'ai
besoin pour réaliser mes projets. On n'était
pas là. Est-ce que la structure va le permettre? Je souhaite que ce soit le cas,
surtout avec la coordination qui va se faire entre IQ, MEI, en fait les structures
qui vont être intégrées...
Derraji : Je vous comprends, et c'est pour cela que j'ai commencé avec
cette question, ayant moi-même été sur
le terrain plus que quatre ans. On ne peut pas pitcher en avant un problème
réel, qui est le capital humain, et aller chercher du financement. C'est comme... c'est des choses
qu'on ne peut pas concilier. Et vous avez... une de vos propositions, c'est
les comités de coordination. En quoi ces
comités de coordination, si Investissement Québec met ça en place, va soulager
ou va aider les entrepreneurs à aller de l'avant?
Proulx (Véronique) : Bien,
l'entreprise, la PME de 50, 100 employés, 150, elle ne connaît pas
nécessairement le bureau de Services
Québec, encore moins celui du MIFI, qui était le MIDI, parce que c'est tout
nouveau. Alors, elle ne connaît pas
l'offre de services gouvernementale. Et ce qu'on veut éviter, c'est qu'elle ait
à se présenter trois fois ou, pire encore, qu'elle aille chez IQ puis
qu'on ne lui parle même pas que ça existe et qu'ils sont juste à côté.
Donc, le
comité de coordination, ça commence par les équipes internes, qu'elles se
connaissent, qu'elles sachent quelle
est leur offre de services. Parce qu'on sait qu'au niveau... il y a un nouveau
déploiement qui se fait au niveau de Services
Québec, mais du MIFI également. Le continuum est en train d'être développé, les
services sont en train d'être mis en oeuvre. Donc, je pense que c'est un
moment critique pour amener tous ces gens-là à travailler ensemble pour qu'ils soient au courant de ce qui se fait puis qu'ils soient en
mesure de référer les bons ministères, les bons programmes aux entreprises.
M. Derraji : Avez-vous des exemples
concrets, pour le bénéfice des membres de la commission, où la lenteur
administrative d'Investissement Québec a nui à certaines entreprises en région
ou à certains projets en région?
Proulx (Véronique) : Bien,
je reprends l'exemple du neuf mois de tout à l'heure. Alors, dans les
consultations qu'on avait faites, on
parlait des différentes mesures de financement, et deux entreprises nous ont
dit clairement... deux en région,
donc une dans les Cantons-de-l'Est, l'autre dans le coin de Rimouski, nous
disaient : On a déposé des projets, c'est des projets d'investissement, automatisation, des nouveaux équipements
qui étaient implantés, en fait. On parlait de délais de six mois et neuf mois, ou on n'avait même pas
de retour, aucune réponse. Alors, si, pour le gouvernement... si, pour IQ,
ce n'est pas un bon projet, il faut être capable de le dire pour que
l'entreprise se retourne ailleurs.
Derraji : Six mois de délai ou neuf mois, là, on entame une
réorganisation. Donc, votre besoin à court terme, c'est qu'Investissement Québec continue à répondre
d'une manière très rapide, mais on s'entend qu'une gestion de changement,
ça va prendre encore du temps. Donc, vos préoccupations, c'est vraiment le
délai pour répondre.
Proulx (Véronique) : Oui,
les délais puis la qualité des services, il ne faut pas que ce soient les
entrepreneurs qui en paient le prix.
C'est pour ça que ça va prendre un plan de transition puis de gestion du
changement qui est exceptionnel pour pouvoir y arriver.
Derraji : Dernière question. Au niveau des exportations, il y a une
panoplie d'acteurs. Parfois, c'est bon pour une économie, parfois, ce n'est pas bon. C'est quoi, votre lecture de la
dimension nouvelle d'Investissement Québec au niveau de l'international?
Proulx (Véronique) : Bien,
au niveau de l'international, je trouve ça positif, parce que j'ai toujours...
Ça prenait plus de synergie au niveau de la concertation à l'international, au
niveau de l'action internationale. Donc, je pense qu'avec Investissement Québec
International, c'est l'objectif qui est visé, alors, pour nous, ça, c'est très
positif. D'intégrer les équipes d'Export Québec fait aussi du sens pour
moi parce qu'il y a beaucoup de synergie à faire entre l'attraction d'investissements étrangers et l'exportation. On
parle avec les mêmes entreprises, on est capables d'ouvrir des portes. Donc,
pour nous, c'est favorable de créer cette synergie-là. Il faut que ça puisse
permettre de générer davantage de résultats.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. La parole est au député de
Robert-Baldwin. Il vous reste quatre minutes.
Leitão : Très bien.
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, bonjour. Merci
d'être là. On n'a pas le droit de dire qui est présent, qui ne l'est
pas, mais moi, je n'y étais pas avant, je m'excuse, mais j'ai lu votre mémoire.
J'aimerais vous amener sur un sujet peut-être un
peu délicat, mais que je trouve qui est important dans le contexte du projet de loi n° 27, c'est la
notion de risque versus rendement. Vous avez mentionné tantôt
qu'un des problèmes auparavant, c'était que pour certains projets, puisque
le risque était relativement élevé, donc Investissement Québec ne
participait pas à ce projet-là. Donc là, maintenant,
on s'en va vers une nouvelle structure et donc je présume que IQ version 2.0 serait beaucoup
plus... son appétit au risque serait beaucoup plus élevé. Mais c'est là où j'ai un peu... le
problème que je me pose... la question
que je me pose, c'est : Comment on va gérer ça? C'est-à-dire qu'on veut que IQ prenne plus de risques, mais je ne pense pas
qu'on veuille non plus que IQ perdre de l'argent.
Alors, dans un organisme qui pourrait être beaucoup
plus gros — son
P.D.G. parlait même, à terme, d'atteindre 1 000 employés — donc comment est-ce qu'on peut s'assurer...
parce que ce qui me concerne vraiment, ce qui me préoccupe vraiment, c'est pour les plus petites entreprises.
Pour les gros projets, je pense qu'on s'entend que l'expertise est là, et je
n'ai pas de crainte personnellement. Pour
les PME, pour les plus petits projets, concrètement, comment est-ce que cette
adéquation risque-rendement va se déployer
dans le... Est-ce que vous voyez des obstacles à cela? Comment vous voyez
cette chose-là évoluer?
Mme Proulx (Véronique) :
C'est une très bonne question. J'ai l'impression que vous êtes plus apte que
moi à y répondre. Je ne suis pas économiste
et je n'ai pas été en finances non plus, donc je vais essayer tout de même.
Mais je vous dirais que ça va prendre une diversification du
portefeuille puis déterminer quel est le risque, le niveau de risque, jusqu'où
on est prêt à aller avec les PME.
Mais c'est
clair, je reviens à la notion de filières que l'on veut développer, que l'on veut
pousser, ça peut être un des
indicateurs que l'on peut choisir pour investir dans certains projets plus
risqués dans la petite entreprise. Mais la notion de prise de risque, on l'a entendue autant auprès
de la grande entreprise que de la petite qui disaient : Oui, j'ai un
projet risqué, j'ai un produit qui est
très novateur, on n'est pas encore rentable, IQ ne veut pas nous
supporter. Moi, je pense qu'Investissement
Québec doit être là, dans certains projets. Ce serait peut-être en lien avec
les secteurs prioritaires ou les filières d'avenir qu'ils souhaitent
développer.
Leitão : Donc, ce serait, disons, normal que, si Investissement Québec
va prendre plus de risque, qu'elle soit aussi capable et prête à
accepter certaines pertes, parce qu'inévitablement ça va venir avec le mandat.
Mme Proulx
(Véronique) : Oui, puis je
vais faire le parallèle avec la notion de fonds souverains, auquel j'ai fait
référence dans le mémoire. Plusieurs
pays avec qui nos entreprises compétitionnent ont des fonds souverains
qui investissent massivement dans certaines industries, certaines
entreprises. Au Québec, on a Investissement Québec, alors on s'attend à ce que IQ prenne plus de risques, quitte à avoir
moins de rendement, pour pouvoir supporter et propulser nos entreprises.
M. Leitão :
Très bien. Une dernière question, si j'ai encore un peu de temps.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : 40 secondes.
M. Leitão :
Bon. Très bien, merci. Et la... la question, pardon, c'est, encore une fois, au
niveau des ressources humaines, mais cette
fois-ci, les ressources humaines de IQ puisque, bon, elle va grossir,
1 000 employés, etc. Comment vous
voyez l'intégration de cette nouvelle entité qui arrive avec ce qui se fait
déjà sur le terrain? Il y a déjà des institutions financières qui existent sur le terrain, il y a
déjà des fonds de capital de risque et autres qui sont sur le terrain. Comment
vous voyez, là aussi...
Mme Proulx (Véronique) : C'est un changement de culture drastique, parce
que, justement, IQ avait l'habitude de
travailler en silo pour ses dossiers. Et là, quand on parle de développement
économique, on parle de travailler avec les autres, de faire des projets
communs et même des fois de le laisser à d'autres au bénéfice de l'entreprise.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, c'est tout. Nous donnons
maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition avec le député de
Rosemont.
Marissal : Merci, Mme la Présidente. J'ai une question à la fois très,
très large et qui demanderait peut-être une réponse plus pointue, que je n'ai pas nécessairement trouvée dans
votre mémoire. Notamment, la conclusion me laisse un peu perplexe. Je
comprends que vous appuyiez le p.l. n° 27 avec
modérément d'enthousiasme, parce que vous avez quand même levé quelques
drapeaux rouges.
Mme Proulx (Véronique) : ...favorables. En fait, on est très favorables au
projet de loi. Je crois beaucoup à la synergie
entre les acteurs. Le Québec a toujours travaillé en silo entre les différents
ministères, les différentes organisations qu'il supporte, alors, pour moi, c'est très positif. Mais il y a une
notion de gestion du changement qui va être très importante et qui ne doit
pas être sous-estimée si on veut réaliser le projet.
Marissal : O.K. Alors, la question, là : Ça change quoi, sur le
terrain, le p.l. n° 27 et qu'est-ce qu'on ne peut pas faire, en
ce moment, qu'on pourra faire éventuellement?
Mme Proulx (Véronique) : En
fait, on manque beaucoup d'opportunités. Quand vous êtes un entrepreneur
puis vous allez chez IQ, vous vous
présentez chez Investissement Québec, on va vous parler juste des prêts qui existent
chez Investissement Québec. Et, si on vous ferme la porte ou, au contraire,
on décide de vous financer, on n'est pas en train de regarder qu'est-ce
qui est le plus bénéfique pour l'entreprise, on est en train... on se concentre
uniquement sur le produit d'Investissement
Québec. Alors, on manque des
opportunités pour développer les entreprises à travers la province. Ça, c'est
très clair pour moi.
L'autre
chose, c'est qu'encore une fois, au-delà
du fait qu'ils présentaient seulement leurs produits, ils travaillent
peu avec les autres organisations, autres organismes. Alors, encore une fois,
l'entreprise doit se présenter à trois, quatre, cinq portes différentes.
Madame
faisait allusion tout à l'heure au fait que, dans certaines régions, les
acteurs travaillaient ensemble. Nous, on
mettait en place des tables des partenaires où on mettait autour de la table
autant Investissement Québec, BDC, et autres, et l'entrepreneur présentait son projet une fois, et ceux qui étaient
intéressés poursuivaient avec lui. Mais ça ne se fait pas partout.
Avec IQ et le
regroupement de structures, on espère qu'on va pouvoir être beaucoup plus
efficaces pour aider l'entreprise et lui éviter de faire ça, cet exercice-là.
Marissal : O.K. Vous dites que IQ ne parle que de ses produits. Vous
voulez qu'il parle de quel autre produit?
Proulx (Véronique) : Bien, par exemple, ce qui existe :
les crédits d'impôt, les subventions qui peuvent exister au niveau du MEI, de parler... L'entreprise cherche à s'acheter
un robot. Il existe du financement chez Services Québec pour former la main-d'oeuvre. Qu'on parle de
formation de la main-d'oeuvre aussi. Donc, qu'on regarde plus large que le
seul besoin que l'entreprise a nommé.
M. Marissal :
C'est bon. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : C'est tout?
Présidente (Mme IsaBelle) : Eh bien, on vient de récupérer du temps.
Alors, on vous remercie beaucoup, Mme Proulx, Mme Limoges, de l'entreprise Manufacturiers
et exportateurs du Québec.
Nous suspendons les travaux
jusqu'à 15 heures. Alors, merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à
13 h 02)
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, je vous rappelle que... Nous avons commencé. La
commission reprend ses travaux. Je demande donc à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre leurs appareils. C'est fait.
Alors,
la commission est réunie afin de procéder aux consultations particulières et
aux auditions publiques sur le projet
de loi n° 27, Loi concernant principalement l'organisation gouvernementale
en matière d'économie et d'innovation. Est-ce que ça va? C'est beau?
Nous
souhaitons, pour cet après-midi, la bienvenue à M. Simon Gaudreault, directeur
principal de la recherche nationale à
la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Alors, M. Gaudreault,
vous avez 10 minutes pour votre exposé.
Gaudreault (Simon) : Merci, Mme la Présidente. M. le ministre, distingués membres de la commission,
je me présente, je suis Simon Gaudreault, directeur principal de la
recherche nationale pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la
FCEI, qui est le plus grand regroupement de PME au Canada,
avec 110 000 propriétaires
de PME, dont environ un sur cinq opère au Québec.
Alors,
c'est avec un esprit d'ouverture et de collaboration que la FCEI se présente
aujourd'hui devant la Commission parlementaire de l'économie et du
travail pour faire valoir le point de vue des PME, des PME du Québec, sur
l'avenir d'Investissement Québec et, plus
largement, sur les conditions propices à davantage de développement économique
au Québec. Les PME jouent un rôle
central dans la création de la richesse au Québec. En fait, près de 99 %
de nos entreprises sont des PME et plus d'un emploi sur deux est dans
les PME. Ainsi, les PME sont les premières concernées par les discussions sur
l'aide aux entreprises et l'entrepreneuriat.
Dès le dépôt du
projet de loi n° 27 par le ministre de l'Économie et de l'Innovation en
juin dernier, la FCEI a salué les grandes
orientations préconisées par celui-ci. En effet, la FCEI voit d'un très bon
oeil les efforts d'optimisation de
l'offre gouvernementale en matière d'innovation et de développement économique.
Néanmoins, lorsqu'il est question du
soutien économique favorisé par les PME, il convient de souligner d'abord que
seule une minorité d'entreprises, selon les dernières données de la
FCEI, bénéficient de l'aide directe des gouvernements, tandis qu'une majorité
sont plutôt préoccupées par l'environnement
d'affaires général et, au premier chef, les fardeaux fiscal et réglementaire,
ainsi que les questions de
main-d'oeuvre. Les chefs de PME sont résolument dans la classe moyenne. En fait,
il n'est pas rare que leur rémunération, lorsque mesurée en taux
horaire, soit inférieure au salaire minimum, en raison de revenus relativement
modestes et de très longues heures de travail. La marge de manoeuvre est aussi
plutôt mince.
Ce n'est donc pas
surprenant que, dans un sondage de la FCEI réalisé l'année dernière, seulement
38 % de nos membres québécois ont
indiqué que l'élément des gains ou profits supplémentaires les motivaient à
rester à la tête de leur entreprise,
une proportion qui est plus basse que partout ailleurs au pays. Plus de
50 % ont d'ailleurs indiqué aussi avoir, dans le passé, suspendu leur rémunération ou celle de membres de leur
famille afin de pouvoir payer le reste de leurs employés.
Les entrepreneurs du
Québec ne sont pas que sous pression fiscale et financière, ils manquent aussi
de temps. Lorsque nous avons demandé aux
répondants du même sondage, quels avaient été leur plus grand défi, au cours de
leurs premières années, comme
propriétaire d'entreprise, le choix de réponse le plus populaire, sélectionné à
près de 64 %, a été «jouer
simultanément plusieurs rôles au sein de mon entreprise». En matière de pire
gruge-temps empêchant les entrepreneurs
de consacrer davantage de temps au développement des affaires, à l'optimisation
des opérations ou à l'innovation, on ne peut passer sous silence le
poids de la réglementation.
Notre
dernier grand sondage sur l'impact de la paperasserie révèle d'ailleurs que ce
sont les entreprises de moins de cinq
employés, qui comptent en fait pour la moitié des employeurs du Québec, qui
font le plus les frais de la réglementation. Elles dépensent
6 109 $ par employé pour se conformer à la réglementation, alors que
les entreprises ayant au moins 100 employés dépensent, pour leur part,
1 253 $ par employé.
Par ailleurs, la même
recherche de la FCEI fait quelques constatations préoccupantes. Près de la
moitié des propriétaires de PME du Canada ne
conseilleraient pas à leurs enfants de se lancer en affaires en raison du
fardeau lié à la réglementation. Près de sept sur 10 estiment que
l'excès de réglementation mine la productivité de leur entreprise. Près de huit sur 10 disent que l'excès de règlements
ajoute un stress important dans leur vie. Près de neuf sur 10, enfin, jugent
que la réglementation gouvernementale tient davantage compte de la réalité des
grandes entreprises que des petites.
Au fardeau fiscal et réglementaire s'ajoute bien
sûr, depuis quelques années, de manière beaucoup plus marquée, la problématique
des pénuries de main-d'oeuvre, qui n'a malheureusement plus besoin de
présentation tant elle est répandue et
connue des Québécois. Citons seulement notre dernier rapport sur les postes
vacants où le Québec affichait le taux de postes à pourvoir à
3,9 %, le plus élevé de toutes les provinces, au deuxième trimestre de
2019, à égalité avec la Colombie-Britannique.
Ainsi, comme
la FCEI l'a déjà indiqué dans le passé, s'il veut vraiment jouer un rôle
significatif pour stimuler le développement économique au Québec, le
gouvernement doit d'abord formuler une réponse appropriée à une question fondamentale :
Quelles sont les principales préoccupations des entreprises et comment le
gouvernement peut-il y répondre de la manière la plus efficiente?
Comme le
montre notre mémoire, nos sondages récents indiquent que ces principales
préoccupations, soient les principales
contraintes au développement des ventes ou de la production, ou encore les
principales pressions sur les coûts mentionnées par les PME sont les
pénuries de main-d'oeuvre, qualifiée ou non qualifiée, la pression fiscale et
les coûts réglementaires.
Les membres
de la FCEI affirment que la marge de manoeuvre obtenue par une baisse du
fardeau fiscal irait en priorité dans de meilleures conditions
salariales pour leurs employés et dans de la machinerie susceptible d'augmenter
leur productivité, des objectifs qui sont
d'ailleurs partagés par le gouvernement du Québec. C'est pourquoi les deux
premières de nos sept recommandations
invitent le ministre de l'Économie et de l'Innovation à collaborer avec son
homologue des Finances afin de
réduire puis d'éliminer la contribution des PME au Fonds des services de santé,
qui est une véritable taxe sur le capital humain, qui mine l'essor de
nos entreprises québécoises.
Par ailleurs,
les entrepreneurs québécois estiment qu'environ 22 % de la paperasse qu'on
leur impose est superflue ou excessive et pourrait être éliminée sans
compromettre l'intérêt public. Il est clair que de réduire la paperasse
permettrait à nos PME de consacrer davantage de temps au développement des
affaires, à l'optimisation de leurs opérations ou à l'innovation, et ce, à l'intérieur d'une semaine de travail ayant
toujours la même durée. Donc, c'est un gain de productivité et de compétitivité
potentiellement énorme pour l'économie québécoise. Notre troisième
recommandation encourage donc le ministre à poursuivre activement et sur
plusieurs fronts les efforts en matière d'allègement réglementaire et lui offre
l'expertise et la pleine et entière collaboration de la FCEI à cet égard.
Cela étant, la contribution d'Investissement
Québec, créé en 1998, à l'écosystème québécois du développement économique, est significative. À l'aube des
20 ans d'existence d'Investissement Québec, l'intention du gouvernement du
Québec de bonifier le mandat et la portée de son bras financier est salutaire.
Nous avons donc formulé nos quatre dernières recommandations dans le
cadre des présentes consultations pour suggérer des orientations et des pistes
de réflexion pouvant bonifier le projet de loi n° 27.
Nos membres
nous l'indiquent constamment, au-delà des mesures et programmes gouvernementaux
eux-mêmes, c'est souvent la
démystification et l'accès à ceux-ci qui font défaut. Il faut rejoindre les
dirigeants de PME et leur parler dans leur langage. La FCEI formule donc
comme quatrième recommandation aujourd'hui d'investir dans des outils de communication efficaces afin de rejoindre les
différents segments de la population entrepreneuriale, qu'elle soit actuelle
ou prospective, lesquels segments gagneraient à connaître les services offerts
par Investissement Québec.
Comme mentionné précédemment, la FCEI était
l'une des premières organisations à applaudir le dépôt du projet de loi n° 27 en juin dernier. Dans son
ensemble, il est aligné avec plusieurs demandes historiques de la FCEI et
propose de grandes orientations intéressantes pour soutenir le milieu
des affaires québécois. Le regroupement des bureaux du ministère de l'Économie et de l'Innovation avec les antennes régionales
de IQ afin de créer un guichet unique aux PME en matière d'aide financière et d'accompagnement, de démarchage de nouveaux
marchés, pourrait, à notre avis, contribuer à créer une bonne synergie entre l'offre de services gouvernementale aux
PME, en plus de diminuer la lourdeur administrative.
Mais, en fait, pourquoi on devrait s'arrêter là?
Notre cinquième recommandation suggère en effet au ministre d'unir les forces avec son collègue de
l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et son collègue du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale afin de regrouper tous leurs services aux entreprises sous un même
toit, et ce, dans toutes les régions du Québec.
renforcement de IQ en région proposé par le projet de loi n° 26... 27,
pardon, mérite d'être souligné. Cependant, la FCEI estime que le
ministère devrait orienter ce déploiement avec la mise en place d'une réelle
politique industrielle régionale. En effet,
les données compilées par Réseau Capital démontrent que Montréal reste la
région administrative la plus active en matière d'investissement, de
capital de risque et de capital de développement. En 2017, certaines régions
administratives comme les Laurentides ou la Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine
n'ont obtenu aucun investissement de capital
de risque. Notre avant-dernière recommandation suggère donc au ministre de
procéder à une consultation élargie afin
de mettre en place une politique industrielle régionale dans le but de
coordonner non seulement les actions
de IQ, mais de tout le gouvernement.
Par ailleurs, la bonification du mandat de IQ
signifierait que la taille de cette société serait amenée à doubler. La FCEI croit que le ministre
devrait saisir cette occasion afin d'instaurer ou de renforcer des mécanismes
d'évaluation de programme transparents. Deux fois plus de ressources ne
signifient pas nécessairement deux fois plus de résultats.
De plus, il
est important que IQ demeure agile dans un contexte de
transformation rapide de l'économie. Ainsi, notre recommandation finale est de mettre en place ou de renforcer des mécanismes
d'évaluation de programme transparents afin d'adapter IQ à la même
vitesse que l'économie québécoise.
En conclusion, Mme la Présidente, le projet de
loi n° 27 propose plusieurs orientations intéressantes pour le développement économique du Québec. La FCEI reconnait qu'auprès plus de 20 ans
d'activité, Investissement Québec est à un point charnière de son parcours. Ainsi,
la FCEI appuie ce projet de loi, mais
invite le gouvernement à orienter les actions de IQ grâce à une politique
industrielle régionale et à suivre soigneusement le progrès de la société. En
matière d'optimisation, la FCEI souhaite que
le gouvernement fasse un pas de plus afin de créer un vrai guichet unique pour
les PME qui souhaitent bénéficier des différents services disponibles.
Enfin, la FCEI rappelle que la meilleure aide
possible pour toute entreprise serait d'améliorer l'environnement d'affaires
général au Québec, ce qui passe notamment par un allègement du fardeau fiscal
et réglementaire et l'accès à une
main-d'oeuvre qui répond aux véritables besoins de notre économie. Nous vous
remercions du temps que vous nous avez accordé aujourd'hui pour faire
valoir la perspective des membres de la FCEI. Nous vous offrons notre entière collaboration pour la
suite et nous sommes heureux de répondre maintenant aux questions des membres
de la commission. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, merci pour votre exposé. Nous
allons maintenant commencer la période d'échange. M. le ministre, à vous
la parole. Vous avez 16 min 30 s.
Fitzgibbon : Merci. Écoutez, M. Gaudreault, ça va être assez
simple, là. Je suis d'accord avec tout ce que vous avez dit là-dedans. Je veux dire, c'est très bien
fait. Chacun des points, je suis d'accord. Je dois... je vais mettre un petit
caveat par contre, les deux premières
recommandations émanent de mon collègue Eric Girard aux Finances. Je ne
m'engagerai pas, au nom du ministère des Finances, sur l'allègement
fiscal, mais je comprends qu'il y a des choses là-dedans.
La troisième recommandation sur l'allègement
réglementaire, c'est une tâche qui n'a pas rapport au projet de loi n° 27, une tâche qui m'a été confiée
quand je suis arrivé au gouvernement. Et j'ai avec moi un collègue, Youri
Chassin, qui est un excellent député
à Saint-Jérôme, qui a pris ce dossier-là en main. Je peux vous dire qu'il est
assez efficace parce qu'on commence à
voir déjà des améliorations. Je partage à 100 % le fait qu'on doit faire
un meilleur travail réglementaire, puis
ça, ce n'est pas juste au Québec, c'est au Canada, parce que le commerce
intercanadien, interprovincial, à l'intérieur des ministères... Alors, ça, je suis 100 % d'accord et c'est à
l'agenda au moment où on se parle avec des gens qualifiés pour s'en
occuper.
Du côté d'Investissement Québec, meilleure
communication, ça va de soi. Je pense qu'on est reprochés d'avoir un Investissement Québec qui va être très large.
En même temps, plus il va être large, plus il va être visible, alors le ballon
de plage va être gros de même, alors on va
s'assurer qu'il soit encore mieux connu. Et j'accepte aussi le fait que nous
voulions toucher à
250 000 PME au Québec, il va falloir que... Il va falloir s'aider
nous-mêmes, alors, moi, je pense que c'est une très bonne recommandation. Le détail va être évidemment important.
Investissement Québec a des gens en communication qui vont faire...
Le guichet
unique, je suis d'accord aussi, là. Vous dites, à juste titre, c'est un peu ce
que M. Legault a décidé avant même
que je sois avec lui, c'est qu'il faut simplifier l'entrée des entrepreneurs au
gouvernement. C'est très compliqué, je l'ai dit tantôt en Chambre, je veux qu'il y ait un ascenseur qui vienne à mon
bureau parce que je veux accélérer l'accès à mon ministère, à moi comme personne, mais en plus, je pense qu'il faut que
les entrepreneurs aient l'impression que quelqu'un chez Investissement
Québec va être capable d'au moins faire le dispatching à l'interne.
Alors, je pense qu'Investissement Québec carrément
va être ça. Puis ça va toucher le travail, ça va toucher l'immigration, ça va toucher l'environnement. Pas
que les gens en économie vont faire de l'immigration ou de l'environnement,
au contraire, mais ça va être à nous après ça, avec Youri Chassin puis sa gang,
de gérer l'interne.
Alors, moi,
je pense que ça, ça va se faire, et je pense que ça prend des gens qui sont
capables de comprendre c'est quoi, un
entrepreneur puis comment qu'un entrepreneur réfléchit, qu'est-ce qu'il a
besoin comme services. Puis c'est ça qu'on va faire comme changements
importants au niveau d'Investissement Québec.
Là, je vous
parle plus que je vous pose des questions, mais ce n'est pas grave, c'est... Je
suis d'accord avec ce que vous dites, donc...
Présidente (Mme IsaBelle) : ...ministre de vous souligner qu'on ne
peut pas nommer les noms des députés par leur prénom, mais bien par leur
nom de comté. Merci.
M. Fitzgibbon : Je m'excuse, je ne
recommencerai plus.
Bon, pour les résultats, je vais revenir au...
Les résultats, j'ai fait
part ce matin à ma collègue la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne que j'étais pour être transparent et
je pense que c'est important d'avoir les bonnes mesures de performance.
Investissement Québec, l'année passée, par hasard... par exemple, il y avait 26
ou 27 KPI, il va y en avoir trois cette
année. Alors, je m'engage que les
trois choses qu'on va mesurer vont être pertinentes pour notre politique économique et je vais être très heureux de
faire une reddition de comptes constamment.
Le dernier
point, c'est sur la politique industrielle régionale. Je suis d'accord
avec vous, mais j'aimerais ça vous entendre
sur ce point-là, parce qu'honnêtement
c'est un enjeu qui n'est pas facile, parce qu'on veut, d'une part... j'ai dit
ça ce matin à d'autres groupes d'intervention, je pense qu'on doit, au niveau
du gouvernement, du MEI, être capable de définir des politiques nationales où on veut performer puis, d'autre part, on est
un gouvernement qui veut s'occuper des régions. Alors, est-ce que les
deux sont compatibles? Parce qu'on parle du «bottom-up» puis on parle du
«top-down».
Alors,
j'aimerais ça vous entendre, comment... vous êtes pas mal proche de tout ce
monde-là. Comment vous nous recommandez, comment vous donnez des
conseils au gouvernement pour être efficace et livrer cet objectif-là qui est
fondamental à notre mission?
M. Gaudreault (Simon) : Oui. Merci
pour votre question, M. le ministre. Puis sans vouloir peut-être être trop
prescriptif et spécifique, ce que les membres de la FCEI nous ont dit, quand on
les a consultés sur cet élément-là, hein : Est-ce que vous souhaitez que
le gouvernement du Québec joue un rôle actif dans la planification du
développement économique... On est allés
tester ça, parce qu'on n'était pas franchement certains d'où les membres de la
FCEI, les chefs de PME au Québec
logeaient là-dessus. Ils nous ont dit qu'ils souhaitaient effectivement que le
gou