House Proceedings — 22 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-11-22
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
bon mercredi matin à tous. Je vous invite, chers collègues, à bien vouloir vous
asseoir.
Alors, nous
en sommes à la rubrique Déclarations de députés, et cette première déclaration
sera celle de M. le député de Joliette.
St-Louis : Merci, M. le Président. Les Auberges du coeur sont
des ressources bien connues au Québec. Ces maisons d'hébergement pour
jeunes en difficulté et sans-abri représentent un véritable réseau provincial
pour les jeunes vivant une précarité au niveau du logement.
On sait, M. le Président, que les maisons
d'hébergement mixtes traditionnelles ne peuvent répondre de manière optimale
aux besoins distinctifs des femmes, particulièrement si elles ont un enfant.
C'est pourquoi l'Auberge du coeur Roland-Gauvreau de Joliette a récemment
inauguré le Pavillon pour elle, un tout nouveau pavillon dédié aux jeunes femmes vivant en situation d'itinérance ou à
risque de l'être. Une alternative adaptée à la réalité qui se veut une réponse
sur mesure à un problème spécifique.
Je me réjouis
que l'on ait enfin, dans Lanaudière, une ressource supplémentaire et adaptée à
l'itinérance au féminin. Bravo, mais
surtout merci à l'Auberge du coeur Roland-Gauvreau et aux marraines derrière
cette belle réalisation. Longue vie aux Auberges du coeur! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Joliette. La
prochaine déclaration, je reconnais Mme la députée des Mille-Îles.
Dufour : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je profite de
l'occasion pour souligner la Journée nationale de l'habitation.
L'importance
d'un logement va au-delà d'un simple abri. Il s'agit d'un droit humain
fondamental. Il conditionne le bien-être de nos concitoyens, la
stabilité de nos communautés et la prospérité de notre société québécoise.
En cette
Journée nationale de l'habitation, ne nous contentons pas d'uniquement soulever
l'importance de l'habitation ou de
reconnaître la gravité de la crise, non, il faut s'engager à trouver des
solutions tangibles. Ensemble, nous pouvons et nous devons outrepasser les différences politiques et travailler à un
avenir où chaque citoyen aura accès à un logement sûr et abordable.
La force de
notre société réside dans le bien-être de ses citoyens, et il est de notre
responsabilité collective de veiller à ce que chaque individu ait la
possibilité de se construire un foyer et un avenir.
Bonne journée nationale de l'habitation! Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée des Mille-Îles. Et
je reconnais maintenant Mme la députée de Saint-François.
Hébert : M. le Président, M. Jean-Charles Doyon, ici
présent, a le don de rendre heureux les gens avec qui il crée des liens
en s'impliquant dans plusieurs projets en même temps.
Sa vocation
de service remonte à l'école primaire. Il a été aussi pompier, copropriétaire
d'un restaurant La Cage aux sports et conseiller municipal. Il y a
27 ans, il faisait
partie des fondateurs du Festival des traditions du
monde de Sherbrooke, dont il dirige
aujourd'hui les opérations et le financement privé. M. Doyon dirige aussi
La Classique Pif, un grand tournoi
de balle qu'il commanditait lorsqu'il avait son restaurant. Depuis 1995, il
organise à Fleurimont la collecte des paniers de l'espoir de La
Fondation Rock-Guertin pour les familles démunies.
Homme
d'équipe, il partage les nombreuses reconnaissances qu'il a obtenues avec les
centaines de bénévoles qu'il a mobilisés, avec sa conjointe Lynda et leurs
trois fils ainsi que leurs six petits-enfants.
Quand
je vois M. Doyon devant la parade, M. le Président, c'est pour une bonne cause,
qu'elle soit sportive, culturelle ou caritative. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Saint-François. Et bienvenue à l'Assemblée nationale,
M. Doyon.
Je reconnais
maintenant, pour la prochaine déclaration, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président.
Je veux souligner aujourd'hui le rayonnement de La Ruelle Films, une
boîte de production et de distribution documentaire qui est située dans Gouin,
ma circonscription, et qui brille ces jours-ci
à l'étranger avec ses projections du film Je vous salue, salope : La
misogynie au temps du numérique , un film de Léa Clermont-Dion et
Guylaine Maroist.
documentaire reçoit beaucoup de visibilité dans les médias à travers le monde,
notamment en France. Ça a suscité la
publication d'une lettre ouverte qui a été lancée et qui a amassé plus de
70 cosignataires de renom. C'est un rayonnement impressionnant qui
n'aurait jamais été possible sans les partenariats nationaux qu'a établis La
Ruelle Films avec plusieurs organisations,
notamment Amnistie Internationale France et la Ligue des droits de l'Homme. De
notre côté de l'océan, ce film-là a également été projeté aux
États-Unis, à Los Angeles, un peu partout.
veux donc féliciter l'équipe de La Ruelle Films ainsi que les deux
documentaristes, qui font en ce moment briller la culture québécoise mais aussi son esprit critique. Ça part de la
circonscription de Gouin et ça se rend partout dans le monde. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Gouin. Et nous poursuivons avec Mme la députée
de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa :
Merci, M. le Président. Comme
vous le savez sûrement, un 30e anniversaire, ça se fête en grand. Aujourd'hui, je me lève au salon bleu pour souligner
l'anniversaire de notre Centre d'études collégiales en Charlevoix, le
seul établissement d'enseignement supérieur dans ma circonscription.
Depuis
la première rentrée, en 1994, plus de 2 000 étudiants y ont obtenu
leur diplôme. Il est grand temps de regarder avec fierté le chemin parcouru. Chaque année, 250 nouveaux
étudiants intègrent l'établissement. Le CECC, à travers les époques, s'est adapté aux besoins locaux en
éducation et a permis surtout de retenir nos jeunes dans notre communauté, au
grand bonheur de nos entreprises.
CECC, c'est plus qu'un cégep, c'est une communauté, une famille qui a su tisser
des liens très forts entre les enseignants, le personnel et les étudiants. Des
amitiés s'y sont forgées, des talents et des passions se sont développés.
Aujourd'hui,
nous pouvons être fiers de la réussite de nos étudiants et du rôle vital que le
CECC joue dans le tissu social et économique de Charlevoix. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Et je reconnais, pour la prochaine déclaration, M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le Président. Permettez-moi de
reconnaître aujourd'hui la contribution exceptionnelle de M. Élie Farah
au développement économique du Québec en lui remettant la Médaille de
l'Assemblée nationale.
M. Farah
a choisi le Québec comme terre d'accueil, amorçant rapidement une brillante
carrière, tant académique que
professionnelle, notamment chez Montréal International, où il a pu instaurer
des normes élevées de gouvernance, devenant un modèle pour de nombreuses agences de prospection d'investissements.
Son approche, alliant performance et collégialité, son coaching rigoureux et bienveillant ont inspiré
plus d'une génération de gestionnaires et de professionnels, dont certains
aujourd'hui occupent des rôles clés dans des
organisations dédiées au développement économique du Québec. J'espère que
vos voix s'ajoutent à la mienne pour exprimer notre profonde gratitude envers
M. Élie Farah.
Aujourd'hui,
M. le Président, très honoré d'honorer un citoyen avec ma collègue la députée
de Laval-des-Rapides. Nous sommes
tous fiers de votre contribution au Québec. Nous sommes tous fiers de votre contribution
au développement économique de notre Québec. Merci beaucoup. Et
amplement méritée, votre Médaille de l'Assemble nationale. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Nelligan. Et, M.
Farah, bienvenue à l'Assemblée nationale.
Alors, je
reconnais maintenant, pour la prochaine déclaration, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, M. le Président.
Il y a 100 ans débutait l'histoire à succès de Premier Tech, un leader
mondial qui fait la fierté de notre région.
Alors que tout a commencé avec la tourbe de
mousse de sphaigne, Premier Tech est aujourd'hui devenu un chef de file dans
plusieurs domaines qui contribuent à nourrir, à protéger et à améliorer la
planète grâce à des produits et services à
la fine pointe de la technologie. Pour citer son président et chef de la
direction, Jean Bélanger, ici présent dans les tribunes, la croissance soutenue de l'entreprise «est le fruit de
l'engagement et de la passion de milliers d'équipiers partout dans le
monde».
Premier Tech,
c'est une présence mondiale mais avec de profondes valeurs locales,
100 ans de succès qui reposent sur
une vision, un travail d'équipe et de profondes valeurs d'innovation,
100 ans d'implication significative en éducation, en santé et dans
le sport.
Jean, ainsi
qu'à toute la grande équipe de Premier Tech, bon 100e et merci de faire la
différence. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata. Et, évidemment, M.
Bélanger, bienvenue à l'Assemblée nationale du Québec.
Je cède maintenant la parole à M. le député de
Jean-Talon pour sa déclaration.
Paradis : M. le Président, quatre travailleurs en éducation
de la région de Québec forcés d'être en moyens de pression sont ici, dans les tribunes : Danny
Ouellet, technicienne en éducation spécialisée à l'école secondaire de
Rochebelle, Kathy Campagna,
éducatrice spécialisée à l'école Madeleine-Bergeron, Pascal Blanchette,
professeur à l'école secondaire de
l'Horizon, Édith Gravel, enseignante en première année à l'école Marguerite-D'Youville.
J'aimerais les féliciter et les remercier
pour le rôle essentiel qu'ils jouent en étant là tous les jours pour le futur
de nos enfants et du Québec, pour tenir notre système d'éducation à bout
de bras.
M. le Président, je suis père de deux enfants,
je sais pourquoi ils sont à la maison aujourd'hui, je sais pourquoi les travailleurs de l'éducation sont en grève
alors qu'ils voudraient être avec les élèves dans les écoles. C'est parce que
le gouvernement n'est pas à la table
des négociations, préférant négocier sur la place publique. C'est parce que le
gouvernement offre de les appauvrir.
Ne lâchez
pas. Votre rôle auprès de la jeunesse mérite d'être reconnu à sa juste valeur.
On ne vous lâchera pas. Merci.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Jean-Talon. Et je
souhaite la bienvenue à vos invités dans nos tribunes, ici, à
l'Assemblée nationale.
Je cède maintenant la parole à M. le député de
Masson pour sa déclaration.
M. Lemay : M. le Président, au
Québec, nous comptons 77 500 Chevaliers de Colomb qui viennent en
aide aux citoyens les plus vulnérables, et
aujourd'hui est une journée historique pour l'ensemble des Chevaliers de
Colomb, car le premier regroupement
entièrement virtuel, le conseil Célestin V, voit le jour dès maintenant, et ce,
dans ma circonscription.
Sur les
plateformes en ligne, les membres auront droit à plusieurs activités, comme par
exemple des balados, des formations ainsi que des projets innovateurs.
Et, en embrassant la technologie, les barrières physiques n'existent plus, ce
qui permettra aux membres de se réunir malgré la distance physique, une
mobilité réduite ou une impossibilité à se déplacer
et ainsi partager leurs idées, leurs projets et leur fraternité. Cette
initiative marque un tournant majeur dans l'histoire de l'organisme,
soulignant ainsi leur engagement à rester à l'avant-garde.
Et, en
terminant, M. le Président, j'aimerais saluer la présence parmi nous, ici, dans
les tribunes, de M. Denis Desjardins, grand chevalier de
Colomb, accompagné de toute sa délégation. Tous ensemble, souhaitons-leur une
grande réussite, à ces Chevaliers de Colomb. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Masson. Et
bienvenue aux Chevaliers de Colomb à l'Assemblée nationale du Québec.
Je cède maintenant la parole, pour la prochaine
déclaration, à M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Merci, M. le Président. Vous serez certainement
d'accord avec moi, ce n'est pas simple de faire de la diversification
économique dans nos régions. Eh bien, mardi dernier, chez moi, à Val-d'Or, j'ai
eu le plaisir de participer à une grande nouvelle, soit l'obtention par
Avionnerie Val-D'Or du certificat STC de Transport Canada permettant de
remotoriser le BX Turbo Beaver et ainsi donner une seconde vie à cet ultime
avion de brousse certifié en 1948.
Cette certification,
jumelée au moteur turbopropulseur PT6A-34 de Pratt & Whitney et une
nouvelle génération d'ailes plus
performantes, permet d'améliorer le Beaver en offrant une plus grande
fiabilité, plus de puissance, une amélioration de la capacité cargo et une meilleure autonomie de vol. C'est maintenant
à Val-d'Or, en Abitibi-Témiscamingue, que cette expertise sera offerte chez Avionnerie Val-d'Or, qui peut d'ailleurs
bénéficier de la troisième piste la plus longue du Québec avec ses
10 000 pieds.
terminant, félicitations aux dirigeants qui ont persévéré dans ce projet pour
réussir ce tour de force! Longue vie à Avionnerie Val-d'Or! Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député d'Abitibi-Est. Et nous poursuivons maintenant
avec Mme la députée de Bertrand.
Mme Duranceau :
Merci, M. le Président. Je
souligne aujourd'hui la tenue de la Journée nationale de l'habitation.
Cette
journée rappelle l'importance fondamentale de l'habitation dans le quotidien
des Québécoises et des Québécois. C'est par là que tout commence. Avoir accès à
un toit décent, c'est la base. C'est ce qui nous permet de grandir, de
nous développer, de nous réaliser.
Depuis
plus d'un an, à
titre de ministre responsable de l'Habitation, je m'applique à
ce que nous soyons en mesure d'augmenter
l'offre en construisant davantage de logements. Nous y réussirons
collectivement en améliorant nos façons de faire pour être plus
performants.
Parallèlement,
nous ne lésinons pas sur les moyens financiers, et la récente mise à jour
économique de mon collègue le ministre
des Finances vient confirmer notre volonté d'en faire davantage. Une somme de
1,8 milliard est notamment réservée pour la construction de 8 000 nouveaux
logements sociaux et abordables.
28 et 29 novembre prochains se déroulera le Rendez-vous de
l'habitation 2023, où tous nos partenaires seront réunis afin
d'échanger sur notre vision pour les prochaines années. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Bertrand. Et nous concluons cette rubrique
avec la déclaration de M. le député de Terrebonne.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, aujourd'hui, j'ai
l'honneur de rendre hommage dans cette Chambre à une ancienne collègue en or, Mme Chantal
Leblanc, qui a pris sa retraite en juin dernier. Elle est d'ailleurs ici
présente avec nous.
Pendant
cinq ans, elle a fait preuve d'écoute, de sensibilité et d'empathie en aidant
des citoyens de ma circonscription à
surmonter plusieurs épreuves. Cette femme au grand coeur et dédiée à sa
communauté a aussi porté la voix des citoyens de son quartier au conseil municipal de la ville de Terrebonne de 1997 à
2001, laissant derrière elle un héritage important. Au nom de tous les
Terrebonniens, je tiens à la remercier pour son apport dans notre communauté.
Sur une base plus personnelle, j'aimerais
souligner que Chantal a été une des grandes responsables de ma première
campagne électorale en 2018 et de ma deuxième en 2022. Donc, je la remercie
pour le succès qu'on a encouru.
pour les années à venir, je lui souhaite de passer des moments de qualité
entourée de son Pierre, de ses deux enfants, Émilie-Ève et
Mathieu-Charles, et ses petits-enfants. Bonne retraite, Chantal!
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Terrebonne. Et,
évidemment, je salue Mme Leblanc, ici présente dans nos tribunes. Alors, cela
met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 56)
La Présidente : Bonjour, tout le
monde. Bienvenue chez vous. Le parlement du Québec, c'est votre maison.
Messieurs dames les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il
vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, M. le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs présente le
projet de loi n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en
matière de transition énergétique. M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Il me fait plaisir de présenter le projet de loi n° 41.
Ce projet de
loi édicte la
Loi sur la performance environnementale des bâtiments. Cette loi
octroie au ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
certains pouvoirs, dont celui de déterminer
les renseignements relatifs à la performance environnementale des bâtiments qui
doivent lui être déclarés et celui de
déterminer les distributeurs d'énergie qui doivent élaborer et administrer une
plateforme numérique permettant de transférer au propriétaire d'un
bâtiment des renseignements relatifs à la consommation énergétique de ce
bâtiment.
De plus, la
loi édictée octroie au gouvernement le pouvoir de déterminer, par règlement,
les bâtiments auxquels doit être
attribuée une cote de performance environnementale ainsi que les méthodes de
calcul applicables à l'attribution de cette
cote. Elle lui attribue également le pouvoir d'établir des normes en matière de
performance environnementale des bâtiments,
par exemple des normes à respecter lors de la réalisation de travaux de
construction, de rénovation ou de démolition d'un bâtiment ou des cotes
de performance environnementale devant être atteintes par les bâtiments.
La loi
édictée prévoit aussi la tenue, par le ministre, d'un registre public de la
performance environnementale des bâtiments
ainsi qu'une obligation d'affichage et de divulgation de la cote obtenue par un
bâtiment dans certaines circonstances. Des sanctions administratives pécuniaires
et des sanctions pénales sont également prévues en cas de manquement aux
différentes obligations.
Par ailleurs,
le projet de loi modifie diverses lois, notamment afin de fusionner le Fonds de
transition, d'innovation et
d'efficacité énergétiques au Fonds d'électrification et de changements
climatiques et de reprendre, dans la
Loi sur le ministère du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs, des dispositions législatives
relatives aux distributeurs d'énergie qui se trouvent actuellement dans
la
Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune.
Enfin, le projet de loi apporte des
modifications de concordance et prévoit des dispositions transitoires et une
disposition finale.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Je reconnais M. le
leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme
la Présidente, nous souhaitons la tenue de consultations particulières en lien
avec ce projet de loi. Merci.
La Présidente : M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...entendre
la suggestion des groupes des oppositions, Mme la Présidente.
La Présidente : Alors, est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
La Présidente : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bonjour, Mme la Présidente. De nouveau, je vous demande d'appeler l'article b
du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article b du feuilleton, Mme la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie présente le projet de loi n° 43,
Loi sur l'apostille des documents destinés à être
produits dans un État étranger
partie à la Convention de La Haye du
5 octobre 1961 supprimant l'exigence de la légalisation des actes publics
étrangers. Alors, Mme la ministre.
Mme Biron :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Ça me fait plaisir de vous présenter le
projet de loi n° 43.
projet de loi reconnaît l'apostille comme moyen d'attester l'origine d'un
document qui doit être produit dans un
État étranger
partie à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961
supprimant l'exigence de la légalisation des actes publics étrangers.
projet de loi habilite le ministre de la Justice à délivrer l'apostille et
prévoit la tenue d'un registre des apostilles.
Enfin,
le projet de loi permet au gouvernement de déterminer, par règlement, des
normes relatives à l'apostille et contient des dispositions transitoires.
Présidente : Je reconnais le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme la Présidente, nous
allons prendre connaissance de ce projet de loi et nous sommes ouverts à
avoir des échanges avec le leader du gouvernement pour la suite des choses.
Présidente : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme la Présidente,
vous me permettrez de formuler un souhait pour l'ensemble des leaders en cette Chambre. Le projet de loi déposé
par ma collègue la ministre des Relations internationales nécessite d'être
approuvé, et il y aura une entente internationale également en lien avec la
conclusion de cet accord-là par le Canada. Si
le Québec veut être en mesure d'exercer pleinement ses compétences et sa
juridiction dans le cadre de l'apostille des documents émanant de l'État québécois, il est nécessaire d'adopter le
projet de loi d'ici la fin de la session parlementaire, parce que le Canada s'est engagé à mettre en
oeuvre la convention le 11 janvier prochain. Donc, je sensibilise
l'ensemble des parlementaires à ce dossier sur l'importance de l'adopter
d'ici la fin de la session.
Présidente : Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi?
La Présidente :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, maintenant, M. le ministre de la Sécurité publique. Vous en avez
plusieurs.
M. Bonnardel :
J'en ai un, Mme la Présidente. Mais «kwe», Mme la Présidente.
Permettez-moi
de déposer les ententes, oui, sur le financement complémentaire à l'entente sur
la prestation des services policiers
dans les communautés de Timiskaming pour la période du 1er avril 2018 au
31 mars 2028 et de Kebaowek pour la période du 1er avril 2018
au 31 mars 2023.
dépose également l'Entente de collaboration visant à assurer une présence
policière autochtone dans la communauté de Winneway.
terminant, je dépose les ententes relatives aux modalités de versement de
subventions pour la participation des services
de police de Kahnawake, Lac-Simon, Pikogan, Wendake, Mohawk Police
Service d'Akwesasne, naskapi, Listuguj, abénaquis
au programme de formation sur la détection de la conduite avec les capacités
affaiblies par la drogue pour les exercices financiers 2018‑2019 à
2021‑2022.
La Présidente :
Ces documents sont déposés. Mme
la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Biron : En vertu de
l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales,
je dépose, à
titre de documents, l'engagement international important suivant
ainsi qu'une note explicative sur le contenu et les effets de
l'engagement : la Convention supprimant l'exigence de la légalisation des
actes publics étrangers. Merci.
La Présidente : Alors,
ces documents sont déposés. Même dossier, Mme la ministre des Relations
internationales et de la Francophonie.
Mme Biron : Conformément à
l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales,
je propose la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale approuve la Convention supprimant l'exigence de la
légalisation des actes publics étrangers.»
Présidente : Alors, je vous avise qu'en vertu de l'article 22.3
de la
Loi sur le ministère des Relations internationales, la motion est
présentée mais ne pourra être débattue avant 10 jours. M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Mme la Présidente, je dépose la réponse du gouvernement à la question
inscrite au feuilleton le 26 octobre 2003 par la députée de Vaudreuil.
Merci.
Présidente : Ce document est déposé.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de l'aménagement du territoire et député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui, le
21 novembre 2023, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet de loi n° 39,
Loi modifiant la
Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives.
Présidente : Ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Nous le savons, désormais, c'est clair, la CAQ est incapable
de gouverner, incapable de gérer sainement
les finances publiques. Il s'agit d'un mauvais gouvernement, le gouvernement
caquiste, un gouvernement qui est déconnecté.
L'exemple
en titre, patent, c'est le 7 millions de dollars donné aux Kings de
Los Angeles. Encore une fois, c'est économiquement
injustifié, surtout, Mme la Présidente, quand on regarde les autres événements
majeurs financés par l'État québécois dans la grande région de la Capitale-Nationale. Carnaval de Québec reçoit 1 million d'aide, il y a 38 millions
de dollars de retombées économiques. Tournoi pee-wee reçoit
250 000 $, c'est 14 millions de retombées économiques. Le
Festival d'été de Québec reçoit 1,9 million de dollars, Festival
d'été de Québec, et c'est des retombées économiques de 23 millions.
Rappelez-vous que le Festival d'été de Québec, la dernière édition, c'était
11 jours, et il y a eu plus de 1,5 million d'entrées.
Rien
de tout cela, en matière d'analyse de retombées économiques, n'a été... n'est
venu justifier la mauvaise décision d'un gouvernement brouillon. Les tentatives
de justification du ministre des Finances ne tiennent pas la route quand
il dit : On veut donner un signal à la
ligue nationale, mais qu'une semaine avant il disait : Ah! non, non, il
n'y a pas de signal. Manque de cohérence. Et le ministre évalue, parce qu'il
fait un lien avec le retour des Nordiques de Québec, à 10 % les chances
que les Nordiques reviennent.
Alors,
le premier ministre fait un pari sportif qui coûte 7 millions de
dollars aux Québécois. Va-t-il annuler son pari sportif?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, je veux d'abord resituer le débat. On se souvient tous qu'un
gouvernement libéral a investi
400 millions de dollars de l'argent des Québécois,
400 millions de dollars, pour essayer de convaincre la Ligue nationale de hockey
de ramener les Nordiques à Québec. Il y en a qui y croient, il y en a qui n'y
croient pas, au retour des Nordiques.
C'est vrai que ce n'est pas simple, avec M. Bettman. J'entendais hier
M. Péladeau dire qu'il y croyait puis qu'il pensait que c'était possible.
Donc, Mme la
Présidente, le ministre des Finances a amené des activités pour une semaine à
Québec, à l'automne 2024, d'abord pour montrer cet amphithéâtre, qui est
vraiment extraordinaire puis qui est d'envergure de la Ligue nationale de hockey. Maintenant, Mme la Présidente, je suis très
conscient que, dans le contexte des négociations de conventions collectives, il y a des gens qui sont
en désaccord avec ça. Donc, on l'assume. Je pense que c'est encore important
d'y croire, au retour des Nordiques, puis
c'est important aussi que cet amphithéâtre, bien, serve à ce pour quoi il a été
construit, c'est-à-dire avoir des matchs de la Ligue nationale de
hockey.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente,
l'amphithéâtre sert déjà à de multiples événements, entre autres de la ligue
junior majeur du hockey, là. Si le
ministre des Finances veut voir des Québécois jouer au hockey, bien, il n'a pas
besoin de les importer de Los Angeles.
premier ministre, aussi, en novembre 2011, avec sa rencontre avec le maire
Labeaume, à l'époque, maire de Québec, il était d'accord avec
l'amphithéâtre, ça fait qu'on va régler cet autre dossier là.
premier ministre, le premier ministre est un premier ministre parieur. C'est un pari
sportif. 10 % des chances de ravoir les Nordiques de Québec? Parfait, moi,
je parie 7 millions de dollars là-dessus. Allez-vous reculer, oui ou
non?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente,
c'est important de le répéter, le Parti libéral était d'accord avec
l'investissement de
400 millions de dollars d'argent public dans l'amphithéâtre, qui est
pour la ligue nationale, qui n'est pas... Je m'excuse, là, oui, on peut avoir
des matchs de la ligue junior majeur, mais c'est un amphithéâtre, là, qui a été
construit avec une taille, des tableaux, avec l'objectif d'avoir une équipe de
la ligue nationale. Québec solidaire était d'accord avec l'investissement de
400 millions de fonds publics,
puis le Parti québécois, en particulier Pauline Marois, était
d'accord avec l'investissement de 400 millions.
Présidente : En terminant.
M. Legault :
C'est vrai que Louise Beaudoin puis Pierre Curzi n'étaient pas d'accord,
mais les autres du PQ étaient d'accord.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay :
En tout cas, ceux qui ne sont pas d'accord, hier, puis qui l'ont dit
clairement, c'est les députés caquistes de
Jonquière, de Beauce-Nord puis de Lac-Saint-Jean. Ils disent que c'est contre
leurs valeurs de parier. Un pari sportif,
7 millions de dollars, c'est contre leurs valeurs, vos trois députés,
c'est contre leurs valeurs de parier sur le retour des Nordiques de Québec. 7 millions de
dollars pour deux parties, ça va coûter cher la saison complète, Mme la
Présidente.
Alors,
j'ai questionné le ministre de la Capitale-Nationale il y a deux
semaines : incapable de nommer un seul projet d'envergure initié et
livré par la CAQ.
Il peut-tu m'en
nommer un, ce matin, le premier ministre?
Présidente : La réponse du premier ministre.
Présidente : Ah! M. le leader. Question de règlement? Laquelle?
M. Jolin-Barrette : ...on s'adresse à vous,
je crois, dans cette Assemblée. Je pense que le vouvoiement est de mise
aussi entre collègues...
La Présidente :
Je suis debout, cher collègue.
Et, la fin de sa question, il l'a faite... il l'a faite comme il le fallait.
M. le premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, je vais vous donner des faits, des chiffres. De 2014 à 2019,
les infrastructures, à Québec, dans la Capitale-Nationale, c'étaient
6 milliards. Pour 2019-2024, avec un gouvernement de la CAQ, c'est 9,1 milliards. C'est une
augmentation de 50 % des infrastructures, investi dans la Capitale-Nationale. Que dire de plus?
Présidente : Attention! Je vous entends. Troisième complémentaire.
M. Tanguay :
Bien, dès leur arrivée au pouvoir, Mme la Présidente, la première décision
qu'ils ont prises quant à la Capitale-Nationale, c'est d'annuler 5 milliards de grands projets. Ils ont...
5 millions. Ils n'ont rien livré. Ils n'ont rien initié, ils n'ont
rien livré.
parle du Centre Vidéotron. C'est libéral, initié en 2011, livré en 2015. Ça a
coûté 30 millions de moins. Essayez de faire mieux que le 400 millions qui était prévu. Alors, c'est
une réalisation libérale, le Centre Vidéotron, puis on en est fiers.
La promenade
Samuel-De Champlain, ne ramenez pas ça, c'est libéral aussi.
Pouvez-vous nommer un
seul élément, à part que de dire... à part que de dire...
Présidente : Alors, je vous rappelle qu'on s'adresse à la présidence.
On écoute maintenant...
Présidente : Je vous entends. On écoute maintenant la réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, bien, c'est dur à
suivre. Le chef du Parti libéral, il vient de nous dire qu'il est fier d'avoir
construit le Centre Vidéotron pour
éventuellement avoir le retour des Nordiques, mais de l'avoir construit avant
d'avoir la confirmation qu'on aurait
le retour des Nordiques. C'est ça qu'il vient de nous dire, Mme la Présidente.
Si on parle de pari, là, je pense que c'est dur à battre,
400 millions.
Maintenant, la phase III,
Samuel-De Champlain, 193 millions, allez voir, c'est une réalisation
de la CAQ.
La Présidente :
Monsieur... Est-ce une question
principale ou une question de règlement? Une principale. Alors, en
question principale, je reconnais le député de Nelligan. On vous écoute.
M. Derraji :
Mme la Présidente, nous assistons encore une fois, aujourd'hui, à une autre
séance de patinage. Le premier ministre
avait une question très simple de la part du chef : qu'il nous parle des
retombées économiques. C'est un comptable de formation. Il sait
manipuler les chiffres, il connaît les deux colonnes.
La Présidente :
Oui, là, je... Il y a un mot que
j'ai entendu. M. le leader du gouvernement, vous allez me dire que le mot qu'il
a utilisé est non parlementaire. Je vous invite à le retirer. Vous le savez,
que vous ne pouvez utiliser ce verbe.
M. Derraji :
Il sait travailler avec les chiffres, Mme la Présidente, il sait travailler
avec les chiffres.
Présidente : M. le leader du gouvernement. Brièvement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, vous
avez demandé au leader de l'opposition officielle de retirer le mot, il
ne l'a pas retiré, je ne l'ai pas entendu de mes oreilles, Mme la Présidente.
Présidente : Bon, nous allons...
La Présidente :
Ne vous interpelez pas d'un côté
ou de l'autre de la Chambre. Il y a des questions, aujourd'hui, je veux
toutes les entendre. Vous retirez le mot.
La Présidente : Et poursuivez votre
question.
M. Derraji :
Il sait travailler avec les chiffres et il sait équilibrer les budgets.
La question, elle est
très simple, très, très simple. Vous investissez 7 millions de
dollars pour zéro retombée économique, vous n'avez
aucune étude. En fait, vous avez mis dans le pétrin l'ensemble de vos collègues
parce que, jour après jour, il n'y a pas de solidarité, ils sortent pour
vous dire que ça va mal dans le comté.
Alors,
Mme la Présidente, la question est très simple : Comment, aujourd'hui, le
ministre des Finances peut justifier la dépense de
7 millions de dollars sans retombée économique réelle?
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme la Présidente,
merci beaucoup. J'étais certain que j'allais avoir une question sur la
mise à jour fédérale, mais je me suis trompé. O.K.
Alors,
hier, j'ai eu l'occasion de discuter en débat de fin de séance avec le député
de Marquette, un excellent débat, courtois,
des arguments. Et puis, si je résumerais, là, il y a eu plusieurs critiques. En
fait, ce qu'on nous dit, c'est que l'État ne devrait pas se mêler de ce
genre d'événement.
J'entends
ces critiques. Le seul problème, c'est qu'on est déjà pas mal investis, là. On
a construit un amphithéâtre, 400 millions de dollars, pour une équipe
de la ligue nationale, et il n'y en a pas. Alors là, on fait des efforts
de promotion pour amener des événements
majeurs comme un championnat du monde de hockey féminin, un camp
d'entraînement, des parties de saison
régulière, et ça, ça va permettre de promouvoir Québec comme destination de
hockey. Et, si, un jour, il y a une expansion, bien, il n'y aura pas
d'investissement public...
Présidente : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...puisque nous aurons fait notre travail et qu'on a déjà
l'amphithéâtre.
Présidente : Première complémentaire.
M. Derraji :
Mme la Présidente, 7 millions de dollars pour deux matchs, c'est
inacceptable. Ne cherchez pas d'autres excuses, votre patinage continue sans
aucune valeur ajoutée.
Oublions
maintenant les arguments que je viens de vous dire. «Contre mes valeurs.» Ça,
c'est vos collègues au sein de votre
caucus. De la grogne chez les députés caquistes . Ça, c'est votre collègue de Beauce-Nord. Aujourd'hui, votre
collègue députée de Saint-Maurice—Laviolette vous dit la même chose.
La Présidente : On s'adresse à la
présidence. Ce n'est pas un tableau didactique. Et la réponse du ministre des
Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme la Présidente.
Bien, encore une fois, j'étais certain qu'on allait parler de la mise à jour
fédérale. Mais je reviens sur cet investissement. Puis on aurait pu parler
aussi de la mise à jour du Québec, là, adaptation aux changements
climatiques, logement, lutte à l'itinérance, banques alimentaires.
Alors,
vous... Il y a des critiques, je les entends, je les assume. C'était mon idée,
c'est ma responsabilité. Je suis ministre des Finances, ministre responsable
des Québécois d'expression anglaise, ministre responsable de l'Internet
haute vitesse et ministre responsable du retour des Nordiques.
Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : J'entends la critique que
l'État ne doit pas se mêler de ce genre d'événement, je l'entends, mais
on a un amphithéâtre...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente, je parle
de sa mise à jour économique, je sais qu'il veut fuir sa mise à jour économique. Les 7 millions de dollars,
une semaine avant, il disait qu'il ne restait plus d'argent dans les coffres de
l'État. Une semaine après, il disait quoi? Chèque ouvert pour deux
matchs, pour quatre jours, 7 millions de dollars.
la Présidente, ce que j'invite, aujourd'hui, c'est les collègues du ministre
des Finances de se lever et de voter pour la motion du mercredi. Dites non à
votre ministre des Finances. Vous avez une occasion de suivre la population
et non pas suivre la ligne de parti. J'espère que vous allez voter pour.
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Oui. Bien,
Mme la Présidente, le budget du Québec est de 150 milliards de
dollars annuellement. La mise à jour
avait 4,3 milliards d'initiatives ciblées pour le logement, la lutte à
l'itinérance, l'adaptation aux changements climatiques, la formation de la main-d'oeuvre, l'investissement des
entreprises, les banques alimentaires, une mise à jour qui a été, somme
toute, appréciée, avec des gestes ciblés.
Quant aux gestes
reliés à cet événement, j'entends les critiques, et ce que je vous dis...
Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...c'est que nous devons
faire des gestes pour promouvoir la candidature de Québec à long terme
pour une expansion. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Marquette.
M. Ciccone : Peut-être que le ministre ne me croira pas, Mme la Présidente, mais je
me lève aujourd'hui parce que je
l'apprécie, le ministre. J'apprécie le ministre, puis on partage la même
passion, qui est le hockey. Cependant, je lui offre une autre occasion
de faire amende honorable.
Hier,
le ministre, les bras croisés, nous a parlé, Mme la Présidente, pour justifier
cet investissement-là ou cette dépense-là, il a voulu justifier en parlant du
classement des Kings de Los Angel. Et même, Mme la Présidente, il est allé plus loin que ça, il nous a parlé de
la ligne du centre, la ligne du centre des Kings de Los Angeles. Pensez-vous sincèrement
que les citoyens qui en arrachent présentement sont concernés avec la ligne du
centre des Kings de Los Angeles?
y a un dicton, Mme la Présidente, qui dit que la nuit porte conseil. Alors,
peut-il, une fois... peut-il, une fois pour toutes, avouer qu'il s'est gouré
royalement et qu'il retire la dépense de 7 millions de dollars aux Kings
de Los Angeles?
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, bon, j'entends. On a
eu ce débat-là hier. C'était un débat respectueux. Et puis, si je résume les arguments qui m'ont été donnés hier, je
dirais, encore une fois, que l'État ne devrait pas se mêler de ce genre
d'événement. Parce que ce qu'on m'a dit hier, c'était que, si on devait mettre
une dizaine de millions pour le championnat du monde de hockey junior, ça, ce serait correct, que, si on devait
investir pour la coupe Memorial, ça, ce serait apprécié. Alors là, on me
dit : Cet événement-là, particulièrement celui-là, on ne l'aime pas.
Alors, je vous entends.
Moi,
ce que je n'aime pas, c'est qu'on a un amphithéâtre de la ligue nationale qui
est vide. Et puis on m'a demandé de
faire des efforts pour ramener une équipe de la ligue nationale. Et puis il y a
des étapes. Il y aura un camp d'entraînement. Ensuite, il y aura des
matchs de saison régulière, un championnat du monde de hockey féminin, un
championnat du monde de hockey junior. Un
jour, il y aura une opportunité pour ramener une équipe de la ligue nationale.
Ce seront des fonds privés, parce que les Québécois ont déjà contribué
avec leur amphithéâtre.
Présidente : Première complémentaire.
M. Ciccone : L'art de tout mélanger, Mme la Présidente. On parle de
retombées économiques.
Maintenant,
j'aimerais entendre la ministre responsable du Sport, cette fois-ci. Je l'ai
interpelée sur le sport de Bishop's et hier sur les 68 fédérations
sportives, elle a choisi de ne pas répondre.
répète ce que j'ai dit hier : 5 millions est donné en frais
d'opération pour les 68 fédérations sportives au Québec
présentement. Va-t-elle faire front commun avec moi et demander le transfert
des 7 millions donnés aux Kings et le redonner aux fédérations sportives,
qui en ont terriblement besoin?
La Présidente :
La réponse de la ministre responsable du...
La Présidente :
S'il vous plaît! La ministre
responsable du Sport et du Loisir. On vous écoute. Il n'y a qu'elle qui
a la parole, on l'écoute.
Mme Charest : Merci, Mme la Présidente.
Heureuse d'avoir une ovation de l'autre côté, vous êtes contents de m'entendre.
Bien,
en fait, je suis très contente de pouvoir me lever puis de réitérer tous les
investissements qu'on a faits pour le sport amateur au Québec, tout ce qu'on a
fait pour faire progresser le sport, pour le rendre intègre et sain pour nos
athlètes.
Je veux juste
rappeler que, depuis qu'on est au pouvoir, on a triplé les investissements dans
le développement du sport, on a augmenté de façon phénoménale les
investissements pour de l'infrastructure. Dans le dernier mandat, 1 milliard de dollars pour de
l'infrastructure. Nos engagements pour la campagne électorale étaient de
1,5 milliard pour de l'infrastructure, on a déjà
300 millions...
Présidente : En terminant.
Mme Charest :
...un appel de projets directement là, là, présentement, jusqu'au
5 décembre...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Ciccone : Mme la Présidente, ce que je comprends dans la réponse de la ministre,
là, c'est qu'elle cautionne la décision
de son collègue des Finances. Elle refuse de doubler le budget des fédérations
sportives avec cet argent-là, c'est ce qu'on comprend, parce qu'elle n'a
pas répondu.
Alors, je donne une
autre chance, parce que je suis une bonne personne, Mme la Présidente.
Allez-vous m'aider à convaincre le ministre
des Finances à retirer le 7 millions de dollars donné aux Kings et
doubler... et doubler le budget des fédérations sportives? C'est simple.
Oui ou non?
Présidente : La réponse de Mme la ministre.
Mme Charest : Oui, merci. Je conviens
que c'est une bonne personne, mon collègue de Marquette. Maintenant, je
réitère tout ce qu'on a fait pour le sport au Québec, puis les investissements
que je vous ai... dont je vous ai parlé ne comprennent
même pas ce qu'on a fait pour le parascolaire, 150 millions qu'on a mis
pour faire en sorte que nos élèves au secondaire
puissent avoir des activités, les programmes particuliers aussi, qui fait en
sorte que nos élèves, là, qui aiment le sport, peuvent rester accrochés à l'école. Donc, je réitère à quel point
nous sommes investis, à quel point le sport est important pour le
gouvernement du Québec, et je suis très fière du travail qu'on a fait. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente :
Pas de bravo. En question
principale, je reconnais le chef du deuxième groupe d'opposition. La
parole est à vous.
M. Nadeau-Dubois : Les parents du Québec
sont derrière la grève. Les écoles sont fermées, ce n'est pas facile pour
personne, mais il y a huit parents sur 10 qui appuient les travailleuses et les
travailleurs. Aïe! Ce n'est pas rien, ça. Ça veut
dire que c'est les Québécois les plus affectés par la grève qui sont les plus
solidaires. C'est parce que ces gens-là ont compris ce que le premier ministre, lui, n'a pas compris. On n'aura
jamais des bonnes écoles, on n'aura jamais des bons hôpitaux, on n'aura
jamais des bons services s'il n'y a pas du monde qui travaille dedans puis si
ces gens-là n'ont pas un bon salaire puis
des bonnes conditions. De toute évidence, la stratégie du premier ministre a
échoué. Diviser pour mieux régner, là, ça ne marche plus au Québec.
Hier, le premier
ministre a enfin admis qu'il offre moins que l'inflation à la majorité des
travailleuses et des travailleurs qui sont en grève. Dans le personnel de
soutien dans nos écoles, là, c'est 12 % qui vont dans les banques alimentaires. Ces gens-là ont le drapeau du Québec
sur leur chèque de paie, mais ne sont pas capables de payer leur épicerie.
J'ai
une question très simple, très simple pour le premier ministre, ce matin.
Est-ce que le premier ministre peut nous
dire... parmi les 400 000 personnes en grève, est-ce qu'il peut nous
donner un exemple d'une personne qui ne mérite pas l'inflation?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente.
D'abord, c'est vrai que les Québécois aiment les enseignants, aiment les
infirmières, puis c'est la même chose pour moi. Ils ont un rôle primordial dans
notre société. Si je pense aux infirmières, ce
qu'elles ont fait pendant la pandémie, c'est extraordinaire. Si je pense aux
enseignants, bien, écoutez, ils s'occupent de ce qu'il y a de plus
important, nos enfants.
Maintenant, ce n'est
pas mon argent qui est en jeu, c'est l'argent des Québécois, l'argent des
contribuables québécois. Puis la réalité, c'est qu'on offre une augmentation de
salaire de 14,8 % sur une masse salariale d'à peu près 60 milliards.
Ça fait que, faites votre calcul, 1 % de plus, c'est 600 millions.
Maintenant,
on prévoit que, pour la durée de la prochaine convention, l'inflation devrait
s'élever à 12,7 %, donc on offre
14,8 %, et on est ouverts à revoir la distribution du 14,8 %, mais,
pour ça, il faut que les syndicats viennent à la table. Donc, moi, j'invite les syndicats à revenir à la
table puis à discuter avec la présidente du Conseil du trésor pour qu'on trouve
une répartition équitable de ce 14,8 %.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre parle
toujours de ce que ça va coûter, de bien payer le monde. Il fait de la politique à court terme. Ça nous coûte combien, le
décrochage scolaire? Ça nous coûte combien, les agences de placement? Ça nous coûte combien, comme société, quand un
enfant ne reçoit pas l'aide dont il a besoin pour surmonter ses difficultés
d'apprentissage? Ça nous coûte combien,
comme société, quand on échappe un enfant à la DPJ? Ça nous coûte combien,
des services publics qui craquent de partout?
premier ministre n'a pas répondu à ma question. Est-ce qu'il peut me nommer un
travailleur, une travailleuse qui ne mérite pas l'inflation?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, écoutez, si on écoute les propositions des syndicats, là, on
parle d'au moins 6 % de plus, ça veut dire 3,6 milliards. Est-ce que
Québec solidaire peut nous donner le début du commencement d'où on trouverait ce 3,6 milliards de dollars?
C'est tellement facile d'aller sur la place publique puis de parler du
7 millions pour ravoir les
Nordiques à Québec, mais on parle de 3,7 milliards pour répondre aux
demandes. Est-ce qu'il peut nous faire une suggestion concrète?
Présidente : En terminant.
M. Legault :
On le prend où?
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre
n'assume pas son offre. Il n'assume pas le fait qu'il propose moins que l'inflation à la majorité des gens qui sont en
grève. Hier, j'ai parlé à Amélie, Sandra, Véronique, trois orthophonistes, ce
n'est pas des enseignantes, ce n'est pas des infirmières, des orthophonistes.
Je leur ai demandé quelle question elles voulaient poser au premier ministre, la voici : Comment
il va régler le problème de pénurie de personnel dans les écoles? Il manque
vraiment beaucoup de gens. Les tâches sont très, très lourdes.
ne me répond pas. Est-ce qu'il peut leur répondre, à Amélie, Sandra et
Véronique? Pourquoi moins que l'inflation aux orthophonistes?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je
vais répéter ce que j'ai dit, on offre une augmentation de 14,8 % sur une
masse salariale de 60 milliards. Je suis certain que le co-porte-parole de
Québec solidaire est capable de faire le calcul, mais on juge que ce n'est pas suffisant, on demande des
milliards de plus. On les prend où? On les prend où? Est-ce qu'il peut faire une suggestion?
La Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Verdun. On vous écoute.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la Présidente.
Dans quelques jours, le ministre de l'Environnement s'envole à Dubaï pour vanter les efforts du Québec en lutte
aux changements climatiques. Mais qu'en est-il vraiment? On le sait, la part du lion des efforts qu'on doit faire,
c'est en transport, c'est 43 % de nos émissions. Mais que fait la CAQ? Ils
nous montrent une politique de
mobilité durable dans laquelle on met, oui, 10 milliards de dollars.
Mais c'est quoi, le résultat? Parce
que tous les voyants sont au rouge. L'usage de l'auto solo a augmenté, au
Québec, les GES ont augmenté, et la CAQ a refusé d'investir pour éviter les coupures de services dans le
transport en commun, sans parler qu'ils font tout pour que Québec n'ait
jamais un tramway.
ministre de l'Environnement, est-ce qu'il peut reconnaître qu'on est en train
de rater complètement nos cibles de
réduction en matière de GES pour le transport? Va-t-il demander à ses collègues
de se réveiller et de se grouiller? Parce que 2030, bien, c'est demain
matin.
Présidente : La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente. Bien, bien heureuse d'avoir une question
sur la Politique de mobilité durable,
parce que c'était l'essentiel de la question de la collègue de Verdun. Et ça me
donne l'occasion de montrer mon tableau,
Mme la Présidente, vous savez que j'ai toujours mon tableau, qui n'est jamais
loin, parce qu'on peut en rire, mais, Mme
la Présidente, à un moment donné, je le dis souvent, un gouvernement parle par
ses actions, par ses investissements, par
ses choix budgétaires. Or, ce tableau-là, la
partie bleue, la
partie bleue est
la part des investissements du gouvernement dans le transport collectif. J'invite la collègue de Verdun... Et je
peux lui en fournir une copie, aussi. Peut-être ce n'est pas tout le monde qui
le voit bien, là, même si j'ai mis en bleu. La CAQ, ici, regardez la part en
bleu, ça, là, c'est la part du
gouvernement en transport collectif. Et ça, ici, avant, c'est les libéraux, là.
On voit. La plus petite
partie bleue, c'est les libéraux. Et la plus grosse
partie bleue, c'est la CAQ. Alors, ça, c'est
les investissements de la CAQ en transport collectif, Mme la Présidente,
qui n'ont jamais été aussi élevés.
sur le transport collectif, on pense souvent spontanément au transfert modal
des passagers, mais les marchandises, c'est
très important. Or, dans la première année de mon arrivée aux Transports, on a
conclu la réalisation de nos deux chemins de fer :
870 millions en Gaspésie, où le premier ministre était...
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...440 millions, chemin de fer Québec Central.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la Présidente.
Parlons donc des résultats du plan de transport durable. Ça, c'est les cibles
du gouvernement, la réduction de l'usage de la voiture solo. Ça, c'est la
réalité : une augmentation de l'utilisation de l'auto solo. Ça, ça
veut dire quoi? On augmente nos émissions de GES.
doit réduire dans le transport. La COP s'en vient. Qu'est-ce qu'on va dire?
Qu'on est la province de la climatopassivité?
Présidente : La réponse de la ministre des Transports.
Mme Guilbault : J'ai l'occasion de répondre une seconde fois. Donc, j'étais
en train de dire : Oui, le transport collectif,
l'augmentation du transfert modal pas seulement pour les citoyens de manière
individuelle, mais aussi pour nos marchandises. La députée, qui se
préoccupe de l'environnement, doit comprendre aussi qu'il y a des marchandises
qui circulent dans des camions. Or, tout ce
qu'on peut mettre comme marchandises dans le maritime ou dans le ferroviaire,
c'est un gain en GES, c'est un gain en efficacité énergétique.
Alors,
je répète, là, nos deux chemins de fer qu'on possède, au gouvernement du
Québec, on est en réalisation pour réhabiliter les rails, pour mettre
plus de marchandises, donc moins de camions sur les routes.
sur les voitures, Mme la Présidente, l'important, aussi, c'est d'électrifier.
Je pense que QS est plus ou moins contre l'électrification des
voitures...
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...mais
nous, vous voyez, à la CAQ, on est pour beaucoup moins de GES sur les... dans
l'air.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais ça rappeler le bilan
des résultats du vrai effet sur la réduction
des gaz à effet de serre, parce qu'on est en train de rater une cible qui est
déjà insuffisante. La ministre doit se rappeler,
là, que c'est de 17 mégatonnes de CO 2 que son plan doit réduire, mais ça n'arrive même
pas à la cheville, les efforts qu'ils
sont en train de mettre. Pire encore, on augmente nos GES en transport. Je
rappelle, on passe de 27,2 à 31,6 mégatonnes. J'espère que c'est
ça, le bilan que la CAQ va aller montrer à la communauté internationale, parce
que...
La Présidente :
La réponse du ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la
Faune et des Parcs.
M. Charette : Merci, Mme la Présidente.
La collègue mentionne qu'on rate nos cibles. Moi, les indicateurs, les
indicateurs que nous avons indiquent le contraire. Si on se rappelle de la
première présentation du plan de mise en oeuvre, on avait 42 % du travail identifié. Dès l'année suivante, grâce à
des investissements supplémentaires, on est passés à 51 %. Au printemps dernier, on était à 60 %. Et,
entre le PMO 2 et le PMO 3, c'est 1,4 milliard de dollars
supplémentaires qui ont été ajoutés.
Et à chaque année, en décembre, on présente le bilan des émissions de gaz à
effet de serre. Donc, dans les prochaines semaines, on fera le même
exercice. Et cet exercice-là démontre que...
Présidente : En terminant.
M. Charette : ...depuis l'arrivée de la Coalition avenir Québec, on progresse dans la
bonne direction année après année.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Laurier-Dorion. La parole est à vous.
M. Fontecilla : Merci, Mme la Présidente.
En septembre dernier, lors d'une entrevue, la ministre de l'Habitation nous disait qu'elle ne comprenait pas la fixation
des gens sur la cession de bail, alors que le bobo, selon ses termes, c'est la clause G du bail, là. C'est drôle, dans son projet
de loi n° 31 il n'y a rien sur la clause G. Je ne sais pas si la ministre
pose le bon diagnostic, mais c'est un diagnostic quand même. Alors, pourquoi ne
pas proposer un remède au bobo dans son projet de loi?
ministre sait que la clause G ne sert pas à grand-chose parce que la majorité
des locateurs ne la remplissent pas. La vraie solution est de faire
évoluer la clause G vers un registre des loyers.
tombe bien, Vivre en ville vient d'offrir au ministre... à la ministre un
registre des baux très facile à implanter. Si elle croit réellement que
le bobo, c'est la clause G, pourquoi refuse-t-elle ce beau cadeau de Noël?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Merci, Mme la Présidente.
Alors, on va reprendre, aujourd'hui, les discussions puis l'analyse du projet de loi n° 31. Donc, il y aura lieu,
potentiellement, là, de discuter de ce dont mon collègue de Laurier-Dorion
parle.
ailleurs, on a écouté tout le monde en commission parlementaire, et il y a des
gens qui, effectivement, proposent un
registre des loyers, puis il y en a d'autres qui pensent que ce n'est pas la
panacée non plus. Moi, Mme la Présidente, je travaille sur augmenter l'offre de logements. C'est ça, la tension dans
le système, c'est qu'il manque de logements. Et alors tout le monde se rabat
sur toutes sortes de mécanismes pour tenter de régler leurs cas, là. Mais, de
manière générale, il faut augmenter
l'offre de logements. Je pense qu'avec ce que le ministre des Finances a
annoncé la semaine dernière, 1,8 milliard, on est en bonne position pour faire bouger les choses. Et il ne faut pas
s'en aller encore dans des mesures administratives, puis des registres, puis des choses qui vont
finalement coûter cher pour pas nécessairement des impacts réels sur le
terrain.
Alors,
moi, je travaille tous les jours sur augmenter l'offre de logements avec des
partenaires comme les fonds fiscalisés puis comme d'autres partenaires
communautaires ou privés qui ont des bonnes idées puis qui font que les choses
peuvent avancer plus rapidement.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fontecilla : Il
y a beaucoup de problèmes dans le monde du logement, entre autres les hausses
abusives de loyer. Et, lors des
consultations sur le projet de loi n° 39, on a appris que le gouvernement
voulait instaurer une taxe de 3 % sur les logements vacants. Fort bien, mais les municipalités ont clairement
affirmé qu'on manque de données sur les bâtisses de trois logements et
moins.
Comment
peut-on taxer les logements vacants si les données sont incomplètes? Savez-vous
comment on pourrait le faire, Mme la Présidente? En instaurant un
registre des loyers. La ministre s'engage-t-elle...
La Présidente : La réponse de la
ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest : Oui, merci, Mme
la Présidente. Alors, oui, hier, on a eu la chance d'écouter nos parties... nos
partenaires, en fait, pour les consultations du projet de loi n° 39, que
j'espère que nous allons pouvoir l'étudier très prochainement. Alors, évidemment, en ce qui concerne vos demandes, on
entend toujours les municipalités, on va travailler, si on peut accepter leurs demandes, mais il faut
comprendre qu'au niveau de l'habitation, comme ma collègue l'a très, très
bien spécifié, il faut augmenter l'offre.
Et, au niveau
du registre des loyers, je l'ai dit assez longtemps, le registre des loyers,
c'est quand même 20 millions de
plus et un autre 20 millions à chaque année de plus. Alors, je vais
laisser bien travailler ma collègue à l'Habitation, ce qu'elle fait très
bien avec le projet de loi n° 31.
La Présidente : En terminant.
Mme Laforest : Et, pour les
municipalités, on continue le travail, de mon côté.
La Présidente : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Le
registre des loyers de Vivre en ville, là, coûterait à peu près 1 million
par année. La ministre a l'air de trouver ça trop cher. Ça, ça veut dire
qu'avec deux matchs des Kings, on peut payer sept années de registre des
loyers, combattre pendant sept ans les hausses abusives de loyer.
Le premier ministre demande toujours des
solutions à Québec solidaire. Là, il y en a une, elle est clés en main. Est-ce
que les locataires du Québec vont enfin pouvoir compter sur lui?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Merci,
Mme la Présidente. 1,8 milliard, 8 000 unités, je pense que c'était
une bonne annonce, ça, la semaine dernière,
Mme la Présidente. Là, on est dans l'exécution. Il faut sortir ces unités-là le
plus rapidement possible. Puis
lisez-les, là, les commentaires, là, il faut augmenter l'offre, c'est ça qui
fait qu'il y aura une pression à la baisse sur les loyers.
Le registre
des loyers, ce n'est pas ça, la solution. Il faut plus de logements, il faut
plus de logements à des coûts qui
sont abordables, puis il y aura un effet domino sur toute la chaîne, Mme la
Présidente, puis c'est ce sur quoi nous, on a décidé de travailler, pas
d'autres dédales administratifs qui vont coûter plus cher à l'État, livrer du
logement.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mme
la Présidente, un conciliateur vient d'être nommé, mais le gouvernement
continue de négocier sur la place
publique à travers les médias. Le gouvernement parle d'un effort colossal aux
tables de négociation. Les travailleurs de l'État affirment que le gouvernement est aux abonnés absents. Le
gouvernement répète que l'augmentation moyenne offerte aux travailleurs de l'État, c'est 14,8 %. La réalité, c'est
que, pour trois quarts des travailleurs concernés, c'est 10,3 % sur cinq ans, moins que l'inflation. Le
gouvernement affirme que chaque point d'augmentation, c'est 600 millions.
La réalité, c'est 420 millions que ça représente. Il faut remettre
les pendules à l'heure pour le public.
Est-ce que la présidente du Conseil du trésor
peut commencer en répondant à la question du premier ministre? Où se trouve
l'argent pour donner des conditions adéquates aux travailleurs de l'éducation
et de la santé qui sont ici aujourd'hui?
Dans Northvolt? Dans les chèques et les baisses d'impôt pour les plus fortunés?
Dans les salaires des médecins non révisés? Chez les Kings de...
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. On va donner une chance à la
négociation. C'est ce que j'ai entendu de
chefs syndicaux ce matin. Ça me donne espoir qu'enfin on va pouvoir avoir la
rencontre que je veux avoir, c'est-à-dire
parler des enjeux qui sont prioritaires. Prioritaires pour qui? Prioritaires
pour les Québécois, Mme la Présidente. Qu'est-ce qu'on essaie de faire
avec cette négociation-ci? Quelle est la responsabilité puis la priorité du
gouvernement? Améliorer les services à la
population. Ça veut dire quoi? Quand vous allez, le week-end, la fin de
semaine, dans une urgence, il va y
avoir des infirmières pour vous accueillir, parce qu'on veut mettre des mesures
pour qu'il y ait des infirmières pour vous
accueillir. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que les parents vont être informés
en juin de s'ils ont un enseignant dans leur classe, pas à la veille. On
ne veut pas revivre la rentrée scolaire chaotique. Alors, c'est ça qu'on veut
faire.
Tantôt,
on a donné des exemples. De quoi on parlait quand on a donné des exemples, de Québec
solidaire? On parlait de la charge de
travail. Alors, c'est sur l'organisation du travail qu'on veut travailler,
c'est notre priorité. On va donner une chance à la négo. C'est également
ma position. On va se parler aux tables.
Présidente : Pas de bravo. Première complémentaire.
M. Paradis :
Pour donner la chance aux négos, là, ça prend quelqu'un de l'autre côté de
la table de négociation.
Est-ce que la
présidente du Conseil du trésor reconnaît que les représentants des
travailleurs de l'État ont offert de
négocier de manière intensive, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, s'il
le faut, et qu'il n'y a pas eu de réponse à cette offre?
Présidente : Mme la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Ma disponibilité, celle
de mes équipes, celle du gouvernement, elle est totale, aux tables de
négociation. Je l'ai dit, il y a du travail qui se fait présentement.
Par contre, des sujets doivent être abordés de façon prioritaire. Et, présentement, qui est en attente? C'est le
gouvernement. En attente de quoi? D'un retour sur les enjeux qui sont majeurs,
l'organisation du travail, et pas juste pour
les citoyens, j'ai donné des exemples, Mme la Présidente, pour les citoyens,
mais également pour les conditions de
travail. On nous dit, les enseignants : Ma tâche, elle est trop lourde. On
veut travailler... On donne des aides à la classe là-dessus. Les
infirmières nous disent : On est débordées, on ne veut plus de TSO. C'est
là-dessus qu'on veut travailler.
Présidente : En terminant.
Mme LeBel :
Ça prend leur collaboration.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Paradis : Alors, sur ce thème des
thèmes majeurs, continuons sur le thème de la transparence et de la franchise.
Actuellement, il y a des offres
différenciées pour les infirmières, les psychologues et les travailleurs en
début de carrière. C'est le quart des travailleurs qui sont concernés
par l'offre jusqu'à 14,8 %.
Est-ce
que la présidente du Conseil du trésor reconnaît que, pour trois quarts des
travailleurs, c'est l'offre de base de 10,4 % qui s'applique, moins
que l'inflation?
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Sur la table, il y a
14,8 %. Là-dedans, il y a ce qu'on appelle les mesures sectorielles, Mme
la Présidente. Dans les mesures
sectorielles, il y en a pour tout le monde. Il y en a pour les ouvriers
spécialisés. Il y en a pour les gens qui
sont considérés comme les plus bas salariés de l'État, c'est-à-dire en bas de
52 000 $. Il y en a pour tout le monde, dans les mesures
sectorielles du 3 %.
vous savez, Mme la Présidente, on veut également améliorer la précarité.
J'entendais parler des employés de soutien.
C'est justement ce qu'on veut faire avec les aides à la classe, leur permettre
d'avoir un horaire plein, travailler 37 heures par semaine,
améliorer leur quotidien. C'est une excellente nouvelle pour eux.
Présidente : En terminant.
Mme LeBel :
On va les rendre permanents.
La Présidente :
Pas de commentaire après la réponse.
En question principale, je reconnais maintenant le député de
Marguerite-Bourgeoys. On vous écoute.
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, la population de ville LaSalle croît deux fois plus vite
que la moyenne montréalaise. En transport
collectif, ville LaSalle est très mal servie. Pour vous donner une idée, il
faut compter seulement 10 minutes
en voiture entre LaSalle et le centre-ville de Montréal, mais, en autobus, il
faut compter plus d'une heure pour faire le même trajet.
2021, le gouvernement annonçait une enveloppe pour créer un transport collectif
dans le sud-ouest de Montréal. L'ARTM
étudie le projet mais n'a toujours pas présenté les tracés. Et, pire encore,
dans les dernières semaines, nous avons appris que le bureau d'étude a,
encore une fois, retardé les consultations. Après la mise en service du REM de
l'Ouest, la réalisation de la ligne bleue et du REM de l'Est, LaSalle sera le
seul arrondissement sans aucun mode de transport structurant.
Est-ce que la
ministre peut nous garantir que le projet du grand Sud-Ouest ira de l'avant et
inclura un transport structurant qui passera par ville LaSalle?
La Présidente :
La réponse de la ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien, je vais répondre sur le
grand Sud-Ouest auquel fait référence le collègue, mais je ne peux pas
m'empêcher de rebrandir mon tableau, Mme la Présidente, parce que non seulement il y a plus d'investissement que
jamais en transport collectif depuis que la CAQ forme le gouvernement, mais
il y en a beaucoup dans la métropole, où siège le... où est la circonscription
du député de Marguerite-Bourgeoys.
Alors,
Mme la Présidente, je pense qu'il faut reconnaître, là, que non seulement on
investit plus que jamais dans le
développement du transport collectif, mais aussi dans le soutien à l'exploitation
du transport collectif. Puis c'est important de le dire et de le redire,
parce qu'il y a beaucoup de choses qui peuvent se dire, mais la réalité des
faits et des chiffres, Mme la Présidente,
c'est ce tableau-là, ici, alors j'aimerais que, entre autres, le député de
Marguerite-Bourgeoys en prenne acte.
le grand Sud-Ouest, eh bien, je vais informer mon collègue que les
consultations vont être faites par l'ARTM sur le projet du grand Sud-Ouest. Ça
a été confirmé cette semaine. Je l'ai confirmé à Mme Plante, qui s'est
déclarée satisfaite hier, par texto, sur le fait qu'il y aura des
consultations sur le grand Sud-Ouest menées par l'ARTM en décembre.
Présidente : Première complémentaire.
M. Beauchemin : Le transport collectif
aide au développement économique de l'ensemble du Québec, et j'inclus, évidemment, ville LaSalle. Les sociétés de
transport à l'échelle du Québec demandent de l'aide. Il y a de la place pour
l'amélioration, optimisation des ressources, certes, mais, en bout de piste,
l'objectif du gouvernement devrait être d'offrir un service efficace,
attirant de transport structurant.
La ministre peut-elle
nous montrer un plan pour assurer la pérennité d'un éventuel transport
structurant pour ville LaSalle et le sud-ouest de Montréal?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, Mme la Présidente, je vais reprendre les propos de mon
collègue dans sa précédente question,
où il nommait avec beaucoup d'éloquence tous les projets qui sont en
réalisation sous le gouvernement de la CAQ, le REM, qui avait été initié avant
nous, la ligne bleue, qu'on a passé en réalisation, qui est en train de se
faire, le prolongement du SRB Pie-IX, qui est en train de se faire, tout ça
dans la métropole, en plus de tout ce qu'on finance comme lignes d'autobus et
soutien à l'exploitation, comme je l'ai dit tout à l'heure. Et, sur le grand
Sud-Ouest, je viens de lui confirmer que les consultations, c'était l'objet
de sa question, les consultations vont avoir lieu en décembre.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Beauchemin : La
ministre confie en entrevue à La Presse que le ministère des Transports était moins bon pour concevoir ses propres
transports collectifs que de construire des routes. On voit maintenant que la
Caisse de dépôt a un nouveau mandat de transport collectif pour Québec. Plus
tôt cette année, la caisse a obtenu le mandat du REM de l'Est.
Est-ce que la
ministre peut nous confirmer qui va réaliser le transport collectif pour ville
LaSalle et le sud-ouest de Montréal?
M. Beauchemin : La réponse de
la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, Mme la Présidente, je pense que, là, on mélange
plusieurs choses, là. Sur le grand Sud-Ouest,
qui est l'objet de la question, je viens de confirmer au député, on est à un
stade beaucoup plus... on n'est pas au
même stade que pour d'autres projets. Alors, les consultations, et c'est ça qui
était l'objet de la question et c'est ça qui était l'objet aussi des discussions, donc, nous avons confirmé cette
semaine, via l'ARTM, à l'administration municipale de Montréal que les
consultations sur le grand Sud-Ouest auront lieu en décembre.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Cette semaine,
nous avons eu les nouveaux chiffres de l'inflation, et, encore une fois, les
prix de l'épicerie augmentent, et augmentent
plus vite que le reste. La semaine dernière, Metro et Loblaws ont dévoilé leurs
résultats du troisième trimestre, et
Metro s'enligne pour des profits records de 1 milliard de dollars. Depuis
la pandémie, les trois grosses
chaînes d'épicerie ont doublé leurs profits, et pas juste à cause de
l'inflation, mais aussi et peut-être surtout parce que leurs marges de
profit ont doublé.
Mme la
Présidente, le gouvernement répond présent quand il est question de donner des
millions à des multimillionnaires
pour un match de hockey, présent quand il faut donner des subventions à des
multinationales dont le siège social est au Luxembourg, présent quand il faut
baisser les impôts pour les plus riches. S'il vous plaît, peut-il répondre
présent pour les Québécoises et les
Québécois, qui voient ces grandes chaînes se gaver pendant qu'ils ont du mal à
remplir leur épicerie?
Est-ce que le
gouvernement va accepter notre proposition d'une enquête sur les marges de
profit pour les grandes chaînes d'épicerie?
M. Beauchemin : La réponse du ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Alors, effectivement, on a
eu, hier, les chiffres d'inflation au Canada et au Québec, et je vais faire des
chiffres ronds, là, l'inflation est approximativement à 3 % au Canada,
4 % au Québec, et il y a une
part de ça qui est, évidemment, toujours de l'inflation dans l'alimentation et le logement,
au Canada et au Québec.
Pourquoi
l'inflation est plus élevée au Québec qu'au Canada? Bien, d'une part, parce
qu'on a augmenté le salaire minimum
de 7,5 %, puis ça a un impact sur plus... sur non seulement ceux qui
travaillent au salaire minimum, mais sur beaucoup de gens, parce que les tarifs de services de garde ont baissé
dans le reste du Canada mais pas au Québec, parce que nous sommes l'inspiration
de la politique du gouvernement fédéral pour réduire les tarifs de garde, et,
finalement, bien, parce que le marché du travail est beaucoup plus serré
au Québec, et donc les hausses de salaire ont été plus élevées.
Quant aux
gestes que le gouvernement pose, je rappelle qu'on a plafonné les tarifs, qu'on
a donné 2 000 $ pour les aînés à faibles revenus, qu'on a
amené une baisse d'impôt.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Bouazzi : Mme
la Présidente, je pense que le ministre des Finances n'entend pas ce qu'on dit.
Les profits sont passés d'un peu plus
de 2 milliards à 6 milliards depuis la pandémie, et pas juste parce
qu'il y a de l'inflation, parce que les marges de profit ont aussi
doublé depuis la pandémie.
Ce qu'on demande au gouvernement aujourd'hui :
de juste faire une enquête pour comprendre ce qui se passe derrière ces chiffres-là. Ce n'est pas normal
qu'on ne prenne pas le parti pris des Québécoises et des Québécois quand on
voit tout cet argent qui est là-bas et tous les bonus qu'ils ont pendant que...
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui,
Mme la Présidente. Alors, je vous confirme que l'économie ralentit et que les
taux d'intérêt sont élevés, ce qui va permettre la poursuite de la réduction de
l'inflation, et puis on s'en va vers une destination de 2 %. Donc,
l'inflation va descendre plus vite au Québec simplement parce qu'elle est plus
élevée. Et puis je rappelle pourquoi elle est plus élevée : parce qu'on a
bonifié le salaire minimum de 7,5 %, parce que le marché du travail est
plus serré, que les salaires ont augmenté plus vite au Québec, parce que les
tarifs de services de garde ont été réduits dans le reste du Canada alors
qu'ils n'ont pas été réduits au Québec, parce que nous sommes l'inspiration du
gouvernement fédéral. Et le gouvernement fait quoi? Il aide les aînés, il
plafonne les tarifs...
Présidente : Voilà. Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis. Pour ce faire, je cède la place au deuxième vice-président de
l'Assemblée nationale. Merci beaucoup pour votre attention. Bonne fin de
journée à tous.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente.
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis,
je reconnais maintenant un membre formant l'opposition officielle et je
reconnais Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le Président.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le député de Matane-Matapédia, la députée
de Vaudreuil et le député de Marguerite-Bourgeoys :
«Que
l'Assemblée nationale s'inquiète de l'action grandissante au Québec et au
Canada de réseaux de passeurs liés à de puissantes organisations
criminelles internationales;
«Qu'elle exprime sa
préoccupation profonde face à cette situation et qu'elle demande au
gouvernement fédéral de collaborer
pleinement et étroitement avec le gouvernement du Québec, notamment en matière
de sécurité publique, afin d'enrayer les passages illégaux de la
frontière.» Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci,
Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président, il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
y a consentement, sans débat. Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji :
...demande un vote électronique, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
le vote électronique est demandé, Mmes et MM. les députés. Alors, je
vous invite, s'il vous plaît, à bien vouloir prendre votre boîtier et à
enregistrer votre vote dès maintenant.
Alors, le vote est maintenant
terminé. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 106
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Derraji : ...cette
motion soit envoyée au cabinet du premier ministre du Canada, M. Justin
Trudeau.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Ce sera fait, M. le leader. Alors, je suis maintenant
prêt à reconnaître un membre formant le deuxième groupe d'opposition, et je reconnais
M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Je demande le consentement
de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec le ministre responsable de la Lutte contre
le racisme, la députée de D'Arcy-McGee, le député de Jean-Talon, la
députée de Vaudreuil et le député de Marguerite-Bourgeoys :
«Que l'Assemblée nationale dénonce les
actes haineux antisémites et islamophobes commis à Montréal contre des
lieux ou des personnes appartenant aux communautés juives, arabes ou
musulmanes;
«Que
l'Assemblée nationale condamne tout particulièrement les violentes attaques qui
ont visé l'école Azrieli Talmud Torah, l'école Yeshiva Gedola, la
synagogue de la congrégation Beth Tikvah et le bâtiment de la Fédération CJA.»
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président, il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, il y a consentement. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Adopté. Oui, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Leduc :
Est-ce qu'on pourrait envoyer
copie de cette motion aux groupes mentionnés dans la motion, s'il vous plaît?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
évidemment, ce sera fait, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition
et je reconnais M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Maurice-Richard, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale salue le leadership des villes de Prévost, Candiac,
Saint-Hilaire et Montréal, dans leur interdiction
des systèmes au gaz dans les nouveaux bâtiments résidentiels, et ce, afin de
contribuer à la réduction des gaz à effet de serre;
«Qu'elle
souligne l'engagement de la Caisse de dépôt et placement du Québec d'atteindre
un objectif d'émissions nettes de zéro gaz à effet de serre de son
portefeuille global d'ici 2050;
«Finalement, qu'elle
demande à la Caisse de dépôt et placement du Québec, en tant qu'actionnaire
majoritaire d'Énergir, de respecter l'autonomie
réglementaire des villes du Québec dans leurs efforts de lutte aux changements
climatiques.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque (Chapleau) :
Non, M. le Président, il n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
n'y a pas de consentement. Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître un
membre formant le gouvernement et je reconnais M. le ministre de la Justice.
Jolin-Barrette : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que le nombre de signalements de leurre d'enfants au Canada
a augmenté de 815 %, entre 2018 et 2022, selon le Centre canadien de la
protection de l'enfance;
«Qu'elle affirme
qu'il faut tout mettre en oeuvre pour protéger nos enfants contre ce fléau
grandissant;
«Qu'elle souligne les
conséquences dévastatrices qu'un tel crime peut avoir sur les enfants qui en
sont victimes;
«Qu'elle
rappelle qu'à travers l'adoption de la loi C-26 en 2015, les
parlementaires fédéraux ont exprimé la volonté du peuple de punir sévèrement les auteurs de ce type d'infraction par
l'imposition de peines minimales d'emprisonnement;
«Qu'elle
constate que le 3 novembre 2023, dans une décision partagée, la Cour
suprême du Canada a invalidé les peines
minimales obligatoires pour l'infraction de leurre d'enfants, allant ainsi à
l'encontre de cet exercice démocratique et des efforts déployés afin de
rebâtir la confiance des personnes victimes envers le système de justice;
«Qu'enfin,
elle demande formellement au Parlement fédéral d'utiliser la clause de
souveraineté parlementaire afin de rétablir les peines minimales
obligatoires dans les cas de leurre d'enfants.» Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président, il
y a consentement. Et je vous demanderais un vote électronique, s'il vous
plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
le vote électronique est demandé, chers collègues. Alors, je vous invite
dès maintenant à bien vouloir utiliser votre boîtier et à enregistrer votre
vote dès maintenant.
Alors, le vote est
maintenant terminé. Alors...
Le Vice-Président (M. Lévesque) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! On évite de s'interpeler, on est à l'étape du
vote. S'il vous plaît!
Alors, M. le
secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 106
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
M. le Président, je vous demanderais de bien vouloir envoyer une copie au
gouvernement fédéral de même qu'au Parlement fédéral. Merci.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Ce sera fait selon votre demande, M. le leader adjoint
du gouvernement.
Alors, nous en sommes
maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions, et je vais
vous céder la parole à nouveau, M. le leader
adjoint du gouvernement. Puis j'invite les collègues qui doivent quitter le
salon bleu, s'il vous plaît, à le faire dans le silence pour permettre
la poursuite des travaux. Merci de votre collaboration.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission de la culture et de
l'éducation va poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 23, la Loi
modifiant principalement la
Loi sur
l'instruction publique et édictant la
Loi sur l'Institut national d'excellence
en éducation, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des
services sociaux va poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 15, la Loi visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission des
finances publiques entreprendra les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 35, la Loi
concernant la mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le
budget du 21 mars 2023 et modifiant
d'autres dispositions, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
13 h 05, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de l'aménagement du
territoire poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 31, la Loi
modifiant diverses dispositions
législatives en matière d'habitation,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Il y a consentement.
Alors, nous en sommes
maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup, M. le
Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 4
du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, bien sûr. Merci beaucoup. À l'article 4 du
feuilleton, M. le ministre de la Cybersécurité et du Numérique propose
l'adoption du principe du projet de loi n° 38, Loi
modifiant la
Loi sur la gouvernance et la
gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des
entreprises du gouvernement et d'autres dispositions législatives.
Y a-t-il des interventions? Je reconnais M. le ministre
de la Cybersécurité et du Numérique.
Caire : Merci, M. le Président. Donc, évidemment heureux
d'intervenir sur le principe du projet de loi n° 36,
projet de loi omnibus qui, M. le Président, a pour objet, je dirais, de
renforcer la capacité du ministère de
la Cybersécurité et du Numérique à accomplir son mandat. Renforcer en quelle
matière? Bien, M. le Président, d'une part, je dirais, sur la capacité du gouvernement dans sa transformation numérique.
Et je vais vous donner quelques chiffres pour illustrer mon propos.
Actuellement,
au gouvernement du Québec, on a 2 538 projets en ressources
informationnelles différents, 2 538. On va investir, dépenses et investissement, à peu près
5,4 milliards de dollars. C'est 25 000 ressources,
M. le Président, qui travaillent
sur les différents projets en ressources informationnelles. Je pense, M. le
Président, qu'on peut dire qu'eu égard aux efforts qui sont déployés les Québécois sont en droit de s'attendre à
une transformation numérique qui va nous amener plus loin.
Le constat que nous faisons, au ministère, c'est
qu'il y a beaucoup de projets et que ça ne nous amène pas nécessairement à
l'objectif priorisé par le gouvernement. Donc, le projet de loi prévoit, M. le
Président, que le ministère de la
Cybersécurité... le ministre de la
Cybersécurité et du Numérique pourra
proposer au gouvernement du Québec un portefeuille de projets
prioritaires.
Alors, la
notion de portefeuille de projets prioritaires existait déjà dans la loi
actuelle. Maintenant, ce qu'on vient améliorer,
c'est le fait qu'il y aura présentation de ce portefeuille de projets
prioritaires au gouvernement, et donc que le gouvernement adoptera le portefeuille de projets prioritaires. Ça
devient donc... ce sont donc les priorités du gouvernement qui seront
mises de l'avant.
Ce faisant,
les ministères concernés auront l'obligation de prioriser ces projets-là. M. le
Président, il a été constaté, dans
les dernières années, que quelquefois il pouvait y avoir une distorsion entre
ce qui était priorisé par le gouvernement et ce qui était priorisé par
les ministères et organismes. Avec le projet de loi, on vient s'assurer que les
priorités du gouvernement sont les priorités des organismes concernés. Ça
permet aussi d'édicter certains règlements de la part du ministre pour s'assurer une centralisation de la
gestion de ces projets-là et s'assurer, évidemment, que les priorités sont bel
et bien respectées.
Autre élément
qui est amené aussi, c'est l'obligation qui est faite au ministre de la Cybersécurité et du Numérique de faire un bilan d'étape des différents projets.
Donc, l'état d'avancement des projets, qui est déjà diffusé, oui, sur Internet,
mais des projets prioritaires, sera porté à l'attention du Conseil des
ministres de façon à s'assurer qu'évidemment les ministres et les ministères concernés par les projets prioritaires
feront le suivi nécessaire et adéquat. Donc, M. le Président, je pense que c'est un élément important du projet
de loi pour s'assurer d'une accélération de la transformation numérique du
gouvernement. Donc, un peu moins de projets, mais un peu mieux de projets.
M. le
Président, une autre avancée, je dirais, que je souhaite faire à travers ce
projet de loi là, c'est en matière de cybersécurité.
Quand je suis... quand le premier ministre m'a fait l'honneur de me nommer ministre délégué à la Transformation
numérique, dans le dernier mandat, M. le Président, le concept de cybersécurité
n'existait même pas au gouvernement. On ne
parlait pas de cybersécurité, on parlait de sécurité de l'information, etc. Et
donc, ce concept-là, on l'a défini à travers la première politique de
cybersécurité que j'ai eu l'occasion de déposer en 2020, mais malheureusement
le constat était que nos ministères et
organismes, en matière de cybersécurité ou, je devrais dire, de protection des
systèmes d'information, travaillaient en silo. Donc, un incident était
géré localement, la hiérarchie était du bas vers le haut, et généralement il
n'y avait pas de communication, il n'y avait pas d'interaction et il n'y avait
pas surtout de support d'un organisme à l'autre.
Et je vous dirais que l'expertise aussi était à géométrie variable, donc la
capacité à réagir à un même... à un événement de façon adéquate était à
géométrie variable.
Un des
éléments importants, ça a été de mettre tous ces ministères et organismes là en
réseau à travers le Réseau gouvernemental
de cyberdéfense. Évidemment, cette organisation-là se faisait dans le contexte
de la loi qu'on connaît, la LGGRI, à travers la loi n° 95.
Ça a permis de mettre les entités du gouvernement qui étaient soumises à la loi
en réseau. Et je vous dirais que les
résultats que nous obtenons aujourd'hui sont extrêmement positifs. Je n'ai
aucun problème à regarder les
Québécois puis leur dire : Aujourd'hui, le gouvernement du Québec est
meilleur qu'il ne l'a jamais été à protéger ses systèmes d'information, à protéger nos renseignements personnels, je
dirais à protéger aussi le fonctionnement de l'État. Et la pandémie a
été une école qui a accéléré cette capacité-là, bien évidemment, mais de ça en
est sorti un réseau gouvernemental de cyberdéfense qui est beaucoup plus
efficace.
Ceci étant, M. le Président, je ne voudrais pas
non plus laisser l'impression qu'on a atteint le niveau qu'on est en droit de s'attendre. Il y a encore du travail à
faire. Et un des éléments clés pour ce faire, M. le Président, c'est d'étendre
le périmètre de ce réseau. Et la loi que je
propose aujourd'hui va nous permettre, de collaboration avec le ministre
concerné, d'inclure les entreprises
de l'État au Réseau gouvernemental de cyberdéfense. On pense à nos actifs
stratégiques, M. le Président.
Évidemment, on va penser à nos grandes sociétés d'État qui, actuellement, sont
en marge de ce réseau. Et, pour moi, ça
nous prive d'une efficacité dans notre capacité à assumer ce mandat de
cybersécurité, qui est celui du ministère maintenant, pleinement et
efficacement.
Un autre
élément qui est important, M. le Président, c'est le fait que, le ministère de
la Cybersécurité, son mandat ne se
limite pas aux actifs de l'État québécois. Son mandat, sa responsabilité,
maintenant, s'étend sur l'ensemble du territoire québécois. Donc, la cybersécurité devient une mission régalienne de
l'État, comme l'est la santé, l'éducation, la sécurité publique. C'est très innovateur, M. le Président.
Je vous dirais qu'il n'y a pas de... il n'y a pas d'équivalent ailleurs au
Canada, ou en Amérique du Nord, ou... je dirais même, il n'y en a pas en Europe
non plus. Il y a beaucoup d'agences gouvernementales qui font ça, mais, un ministère, c'est une
première. Et donc nous sommes évidemment à élaborer la stratégie pour assumer
pleinement cette fonction-là, et le pouvoir
réglementaire qui devrait en découler, bien, nécessite qu'on fasse, je dirais,
une collecte d'information, qu'on
puisse tester des hypothèses avant d'agir de façon définitive, soit par voie de
législation, soit par voie réglementaire.
donc le projet de loi nous permet de mettre en place des projets pilotes pour
une durée de trois ans, renouvelables maximum un an, qui vont nous
permettre de tester, je dirais, un contexte normatif et nous permettre de
vérifier des hypothèses sur des façons de fonctionner, des façons de faire,
notamment avec la société civile, l'entreprise privée, les milieux communautaires, les milieux académiques et
donc de travailler de concert avec ces groupes-là dans des hypothèses et des projets pilotes. La loi nous permet, nous
donne l'agilité de faire ça, et je pense que cet élément-là, il est
névralgique, M. le Président, parce
que je pense que tout le monde va être d'accord pour dire que, sur ces
aspects-là, on n'a pas le droit de manquer notre coup. Et donc c'est un
outil qui va être extrêmement, extrêmement important.
Toute la
notion aussi des, bon, signatures de clés publiques, les répertoires, les
registres, qui sont des éléments de cybersécurité, bon, la
responsabilité, elle est au ministère de la Cybersécurité, l'opération est au ministère
de la Justice. Il faut comprendre que ce
sont des vestiges d'une époque où il n'y avait pas de ministère et où les
responsabilités pouvaient être octroyées
à différentes organisations, dépendamment du caractère général de ce qu'on
avait à faire. Aujourd'hui, il y a un
ministère de la Cybersécurité, il y a une expertise au ministère de la
Cybersécurité, et cette façon-là de fonctionner, compte tenu du nouveau
contexte, doit s'adapter à ce contexte-là. Donc, par arrêté ministériel, le
projet de loi me permettra éventuellement de
rapatrier ces fonctions-là au ministère. Et je dis bien «éventuellement», parce
que, bon, il faut y aller par étapes puis il faut faire les choses dans
l'ordre, parce que ce sont quand même des infrastructures qui sont extrêmement
importantes au niveau de la sécurité, des communications, etc. Donc, ça va être
important de le faire, mais de le faire correctement et en partenariat avec les
acteurs.
M. le
Président, le dernier point, et c'est peut-être le seul point où j'ai senti
qu'il y avait des objections, et je veux prendre peut-être un peu plus de temps pour expliquer la position du
gouvernement parce que je pense que c'est nécessaire, c'est sur le
retrait de l'approbation des règles de gouvernance pour une source officielle
de données par la Commission d'accès à
l'information. Peut-être faire un peu l'historique, M. le Président, puis
expliquer la démarche, démarche qui s'inscrit d'ailleurs dans les événements récents. Puis ça va me permettre
peut-être de répondre à certains éléments que ma collègue de Mont-Royal—Outremont a soulevés par
rapport à la SAAQ.
Quand je suis
arrivé en fonction... vous savez, moi, je viens du milieu de l'informatique, M.
le Président, et une des choses que
j'étais à même de constater, c'est que la façon dont le gouvernement du Québec
entreposait et gérait les données,
c'était difficile, pour en dire le moins. Je vous donne un exemple. D'entrée de
jeu, je l'ai dit, on a 577 centres de traitement de l'information.
Donc, ça, c'est 777 endroits où on entrepose de la donnée. Pour vous
donner un exemple, je pense que la France en
a huit. Ça vous donne une idée, là, qu'il y a quelque chose qui ne marche pas
quelque part. Puis là je pourrais
vous donner d'autres exemples, là, où on démontre assez clairement
que le Québec avait perdu le contrôle, mais totalement, de cette situation-là. Pourquoi, M. le
Président? Parce qu'on a surmultiplié les bases de données. Pourquoi on
a surmultiplié les bases de données? Parce
que c'est... Parce que la réglementation, le cadre législatif dans lequel les
organismes, les ministères et
organismes travaillent est tellement complexe, tellement contraignant, tellement
contre-productif que les ministères et organismes qui avaient le droit
d'avoir accès à ces informations-là les collectaient.
Alors, ça, ça
veut dire quoi? Ça, ça veut dire, M. le Président, qu'on a surmultiplié les
bases de données complètes. Et ça, c'est
important, M. le Président... parce que je l'ai entendu en commission
parlementaire : Le gouvernement du Québec veut centraliser les informations. Non, ce n'est pas ce qu'on veut
faire. Ce n'est pas l'objectif des sources de données de centraliser les informations. C'est
qu'actuellement, sur un même individu, ses renseignements concernant son
identité vont se retrouver dans des
centaines de bases de données différentes. Toutes les informations qui
concernent... les informations complètes sur son identité vont se
retrouver dans des centaines et des centaines de bases de données différentes.
M. le Président, chaque base de données est une
chance de perdre ce renseignement-là, de se faire voler ce renseignement-là ou de faire fuiter ce
renseignement-là. Donc, vous comprenez immédiatement que cette façon de faire
là surmultiplie les risques par
rapport à la protection des données, par rapport à la protection des
renseignements personnels. Donc, en
plus de ne pas avoir le contrôle des endroits où on va stocker les informations
et d'en assurer la sécurité physique, la
sécurité logicielle et l'expertise pour la maintenance, en plus, on
surmultiplie le risque en surmultipliant ces bases de données là. Tout ça parce que deux organismes du
gouvernement, donc deux bras du gouvernement, ou deux doigts d'une même
main, ne sont pas capables de se parler parce qu'on a mis trop de contraintes
pour protéger les renseignements personnels,
mais on obtient exactement l'effet contraire : non seulement on ne protège
pas les renseignements personnels des Québécois, mais on augmente le
risque.
Donc, la
décision qui a été prise... et là-dessus, M. le Président, je veux saluer la
collaboration de l'ancien député de La
Pinière, Gaétan Barrette, et l'actuel député de Rosemont, qui ont été des
collaborateurs, parce qu'on a eu ces discussions-là,
et l'idée que je leur ai soumise, puis qu'ils ont acceptée, puis qu'on a
travaillée ensemble, c'est la constitution de sources officielles de données. Qu'est-ce que c'est, une source
officielle de données, M. le Président? C'est très simple : on prend des renseignements d'une même nature et
on va en confier la gestion à un organisme en particulier, et, à partir de là, l'ensemble des autres organismes du
gouvernement qui auront besoin de ces renseignements-là d'une même nature
devront s'abreuver à cette source-là, pour
s'assurer, d'une part, d'arrêter de surmultiplier le nombre de fois où une même
donnée va se retrouver dans l'espace gouvernemental, pour s'assurer d'avoir
l'intégrité de la donnée.
Puis là je
vais revenir là-dessus, sur l'intégrité de la donnée, M. le Président, parce
que ça a fait l'objet d'une confusion par
rapport à l'audit qui a été déposé par PricewaterhouseCoopers sur l'utilisation
du service d'authentification gouvernementale,
mais ça va permettre d'assurer l'intégrité de la donnée, M. le Président, puis
ça va nous permettre de mieux
protéger la source officielle. Parce qu'évidemment, les ressources n'étant pas
illimitées, puis en ayant moins de bases de données, les ressources
peuvent être évidemment octroyées au bon endroit pour s'assurer de faire le
travail.
Et ça va
aussi amener un avantage qui, à mon avis, en lui-même, justifie tout le
travail : ça va simplifier la vie du citoyen. Pourquoi, M. le Président? Parce que, si vous faites affaire
avec un des 305 organismes du gouvernement puis qu'à chaque fois vous êtes
obligé de répondre à ses questions parce que lui a besoin d'information pour
vous donner le service, vous vous transformez en commis de l'État. Et
j'ai donné un exemple là-dessus, récemment, où on inscrit son enfant à l'école. L'enfant est en sixième année, il s'en
va au secondaire. Alors, qu'est-ce que l'école secondaire va vous demander?
Pourriez-vous me transmettre le dernier bulletin de votre enfant? Et moi de
répondre : Pourquoi je ferais ça? Parce que c'est vous, le ministère de
l'Éducation, qui produisez le
bulletin. Pourquoi vous, du ministère
de l'Éducation, me demandez de parler avec le ministère de l'Éducation pour
demander au ministère de l'Éducation qu'il me produise un document du ministère de l'Éducation pour que je redonne au ministère de l'Éducation ce document-là qu'il produit? Parce que
c'est ça, la réalité, là, n'est pas dans l'organisation telle qu'elle est, M.
le Président. Souvenez-vous quand je vous parlais de toutes les banques de données où on collecte plein...
Alors... Puis après ça on va me demander son certificat de naissance, mais
pourquoi le gouvernement du Québec me demande de prouver que mon fils est venu
au monde? Je veux dire, il va à l'école depuis la maternelle jusqu'à la
sixième année, puis vous me demandez encore de prouver qu'il existe. Voyons,
vous parlez-vous?
Alors, c'est ça, M. le Président, la source de
données. On va se parler. On va se parler puis on va arrêter de poser des
questions au citoyen pour lesquelles on connaît la réponse, parce que c'est
nous qui produisons la réponse. On va
arrêter de faire ça. On va arrêter de transformer le citoyen en commis de
l'État. Le citoyen n'est pas un commis de l'État. Le citoyen, l'État est à son
service, ce n'est pas l'inverse. Alors, c'est ça, les sources de données, M. le
Président. C'est des entités qui sont capables de se parler, de
s'échanger des informations dont les entités ont besoin.
Et c'est le débat qu'on avait quand on a adopté
la loi n° 95, M. le Président, la question n'est pas
de savoir si l'organisme va avoir
l'information, parce que la loi prévoit que l'organisme a besoin de
l'information pour donner le service, la question est de savoir qui va
lui donner cette information-là. Est-ce que ce sont les autres entités du
gouvernement? Auquel cas, on libère le
citoyen d'avoir à faire ça ou on va demander au citoyen de courir après
l'information à notre place. Bien, la
loi n° 95, qui a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée
nationale, répond à cette question-là, c'est à l'État, c'est aux entités
de l'État de se parler entre eux pour être capables de donner des services aux
citoyens. Alors, ça, c'est...
Maintenant,
je parlais tout à l'heure d'intégrité de l'État, puis je reviens sur ce que je
disais par rapport à un commentaire qui a été fait par ma collègue de Mont-Royal—Outremont, cette surmultiplication des bases de données a amené évidemment une
incohérence dans les informations, parce que les mises à jour ne se font pas
toujours partout. En fait, elles ne se font pas du tout partout. Donc, quand
une base est mise à jour, les autres ne le sont pas nécessairement. Et donc on va retrouver des bases de données qui
concernent peut-être un même citoyen, pour lesquelles les informations ne
seront pas synchronisées. Par exemple, Stéphane quelque chose, à la RAMQ, bien,
c'est Stéphane pas de e, puis le même Stéphane
quelque chose, à l'Agence du revenu, c'est Stéphane avec un e. Alors, ça, ça
peut sembler ridicule, M. le Président, mais... Tant que personne ne se parle, il n'y a pas de problème. Mais ce
que la source officielle de données a amené comme obligation, c'est
d'identifier l'individu. Alors là, on a un problème, M. le Président, parce
qu'on a un Stéphane avec un e puis on a un
Stéphane pas de e. Est-ce que c'est le même Stéphane, puis juste victime d'une
erreur d'inscription? Est-ce que
c'est deux Stéphane, auquel cas, on ne peut pas éliminer un individu en
prétendant qu'il est l'autre? Ou est-ce que c'est une tentative de
fraude?
Alors, oui, effectivement, la création du
registre d'identité comme source officielle de données a amené cette difficulté-là, c'est vrai, on parle de 7 %
des cas au moment de la création des comptes dans le registre d'identité. Ça a
été souligné par Price Waterhouse
comme étant un élément qu'on connaissait. Oui, on le connaissait, on le
connaissait tellement qu'on a légiféré pour créer des sources de données pour
faire en sorte que ça n'arrive plus. Mais vous remarquerez, M. le Président, que ce commentaire-là est aussi dans la
section du rapport des problèmes inévitables. Donc, l'auditeur reconnaît
qu'il était inévitable qu'on rencontre des
problèmes, parce que, de savoir qu'il va y avoir une désynchronisation des
bases de données, on le savait, mais, de savoir quels sont les individus
qui seraient touchés par ça, on ne pouvait pas le savoir jusqu'au jour où l'individu créait son identité
numérique. Mais, au moins, aujourd'hui, je peux rassurer les collègues et leur
dire que ce que le gouvernement est en train
de faire, et qui va prendre quand même un certain temps à se mettre en place,
mais où on va dans la bonne direction et où on a réitéré d'ailleurs avec le
projet de loi n° 3 en santé, puis mon collègue en Éducation, avec
le p.l. n° 23, continue dans cette direction-là... On
va régler ces problèmes-là.
Maintenant,
M. le Président, pourquoi ce grand détour? Bien, parce que, quand on a fait la
loi, initialement, il y avait un
certain nombre d'éléments. Évidemment, c'était du droit nouveau, on était dans
un univers où la théorie, elle était claire, puis la direction vers
laquelle on voulait aller, elle était claire, mais il y avait une espèce de
prudence naturelle qui a fait en sorte qu'on
a dit : Bien, O.K., on va soumettre les sources de données au régime
général de protection des renseignements
personnels, régime général qui s'est mis en application cet automne, les
derniers éléments, donc deux ans après l'adoption de la loi n° 95. Et d'ailleurs, là-dessus, c'est un désaccord que j'avais avec...
que nous avions, le ministère, avec
la CAI, qui disait que la loi n° 95 amenait un régime particulier. Non, ce n'est
pas un régime particulier, parce que le
régime général s'applique. D'ailleurs, c'est le seul des trois où le régime général
s'applique. Et, en plus, on a pris des dispositions, dans la LGGRI
actuelle, pour ajouter, je vous dirais, des éléments de prudence.
Puis,
troisième élément de prudence qu'on a rajouté, c'était l'obligation de faire
approuver les règles de gouvernance par la CAI, bon, et là on se
demande : Mais pourquoi vous voulez retirer cette obligation-là? Parce
qu'avec la pratique, maintenant, donc, on a
une source de données qui a été constituée, qui est là depuis un an, on regarde
aussi les réflexions qui se font dans le p.l. n° 3,
on regarde les réflexions qui se font dans... c'est-à-dire, l'adoption du p.l. n° 3, les réflexions avec le p.l. n° 23,
qui a été amendé, d'ailleurs, soit dit en passant, pour aller vers le fait que
les règles sont transmises et non approuvées
par la CAI, bien, on se dit, un, c'est une étape qui n'a pas de plus-value,
parce que tous les pouvoirs de la CAI sont respectés. Le pouvoir de
recommandation de la CAI est respecté. Le pouvoir d'ordonnance de la CAI est
respecté. Le pouvoir de surveillance de la CAI est respecté. Et donc, du fait
d'aviser la CAI des règles de gouvernance, la CAI a toute latitude pour agir avant, pendant
et après, exactement comme c'est le cas présentement. En plus, on harmonise
les régimes, parce que, comme je le dis, M.
le Président, toutes les lois qui ont été adoptées après celle-là n'ont pas inclus
cette disposition, ni le p.l. n° 3, ni le p.l. n° 23,
ni la loi n° 64, qui est maintenant la loi n° 25. Aucune autre loi qui touche le secteur public, notamment, n'a
amené cette indication-là.
Et je
rajouterai le dernier argument. M. le Président, je pense personnellement que
non seulement il n'y a pas de valeur ajoutée à le faire comme ça, je
pense qu'on rajoute une certaine couche de bureaucratie. On fait en sorte que, dépendamment de quelle sera la charge de travail
de la CAI à ce moment-là, parce que c'est... Tu sais, évidemment, c'est
cyclique, là. Je veux dire, la CAI, à un moment donné, il y a des «peaks» puis
il y en a un peu moins. Donc, si on arrive dans le bon temps, bien, tant
mieux, si on n'arrive pas dans le bon temps, bien, tant pis.
Et finalement on met la CAI dans une situation
où elle pourrait avoir à désapprouver des règles qu'elle a approuvées, parce que, si la CAI approuve les
règles, et qu'en vertu de ces règles-là elle fait une enquête, et qu'il y a une
situation qui se produit, mais que les règles ont été respectées, bien, la CAI
va faire quoi? Elle va dire : Bien, finalement, c'était correct puis ce
n'est plus correct. Alors, M. le Président, on pense même que ça va donner une
meilleure latitude à la CAI sur son pouvoir de... oui, c'est ça, son
pouvoir de surveillance.
Donc, M. le
Président, pour ces raisons-là, nous souhaitons, par le projet de loi,
harmoniser la LGGRI sur les autres régimes législatifs et sans qu'il y ait
d'impact, de notre avis, sur la capacité de la CAI à agir et à bien faire son
travail.
Alors, M. le
Président, voilà, en gros, les éléments de la loi. J'ai bien hâte d'entendre
les collègues et surtout de commencer l'étude
article par article.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le ministre. Et je reconnais
maintenant Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Il me fait plaisir de prendre la parole ce matin dans le cadre des débats
entourant l'adoption du principe du projet de loi n° 38
déposé par le ministre de la Cybersécurité et du Numérique le 1er novembre dernier, intitulé Loi modifiant la
Loi sur la gouvernance et la
gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement et d'autres
dispositions législatives. Ce projet
de loi apporte diverses modifications à la
Loi sur la gouvernance et la gestion
des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement, qu'on appelle
communément la LGGRI, ainsi qu'à la
Loi sur le ministère de la Cybersécurité
et du Numérique.
Nous allons,
bien entendu, travailler de façon rigoureuse lors de l'examen approfondi du
libellé du projet de loi afin de
traiter adéquatement des enjeux qui ont été mis de l'avant lors des
consultations particulières, notamment par la Commission de l'accès à l'information, mais nous, à
l'opposition officielle, nous ne pouvons pas appuyer le gouvernement à ce
stade-ci, à l'étape du principe du
projet de loi n° 38. Nous estimons que certains éléments du projet
de loi sont louables, mais nous voterons contre le principe.
Il y a
quelque chose d'irréaliste dans la démarche, M. le Président, je dirais même
quelque chose de surréel. Il importe de
souligner qu'il y a quelque chose de très étonnant dans le fait que le
gouvernement se retrouve déjà dans une situation où il doit apporter des modifications substantielles à la loi
constitutive du ministère de la Cybersécurité et du Numérique et à la
LGGRI, moins de deux ans après la création du ministère.
Le projet de loi est loin d'être parfait. Nous
sommes sensibles à la préoccupation de la CAI, la Commission d'accès à l'information, au sujet des articles 10 et 19 qui
transforment l'obligation de faire approuver en amont, par la CAI, les règles de gouvernance applicables à une source
officielle de données gouvernementales en une simple obligation de
transmission. Le ministre en a parlé, et je pense que c'est un sujet qu'on va
devoir approfondir en étude détaillée. Je reviendrai sur cet élément un
peu plus tard.
Pour être
claire, là, je vois d'un bon oeil qu'on vienne préciser les pouvoirs du
ministre. On a besoin d'un leader, on a besoin d'un véritable chef d'orchestre
pour diriger l'immense virage numérique de l'État et coordonner les efforts
en matière de cybersécurité, je le dis
depuis longtemps. Mais tout ceci est irréaliste. Le ministre, jusqu'à
maintenant, il n'a pas démontré de leadership, il n'a pas démontré qu'il avait
une vision claire et il n'a pas su s'entourer d'une équipe forte pour mener à bien cette vision. A-t-il démontré jusqu'à
maintenant qu'il incarne le leadership de la transformation numérique au
Québec? Non, M. le Président. Comment se fait-il qu'on réalise aujourd'hui que
cette grande transition numérique découlant des initiatives de transformation
numérique des organismes publics ne puisse être effectuée en silo et sans aucun
leadership gouvernemental? C'est surprenant,
M. le Président. Un conseiller transversal qui intervient selon le degré de
sophistication des organismes gouvernementaux, ça ne fonctionne pas. Bien sûr
que ce n'est pas assez. Oui, ça prend un réel leadership du ministre, et le projet de loi vient clairement
enchâsser ce leadership à l'article 11. Oui, oui, en vertu de
l'article 11, l'article 19 de la LGGRI serait ainsi modifié pour y
ajouter le libellé suivant : «Le ministre assure le leadership de la
transformation numérique et de la cybersécurité
de l'administration publique.» Il me semble que ça va de soi, M. le Président.
Comment se fait-il qu'on soit obligé
d'inscrire ça dans une loi? On a ici un ministre imputable, un ministre
responsable de la Cybersécurité et du Numérique.
Le projet de
loi n° 38 vient donner plus de pouvoirs au ministre. On vient clarifier,
préciser ses pouvoirs, son rôle et ses responsabilités. On y crée aussi ce que
je qualifierais de lien d'autorité, une forme de hiérarchie entre le ministre
et les organismes publics pour la mise en
oeuvre des projets en ressources informationnelles. Il y a des pistes
intéressantes à étudier, là, parce
que, vraiment, il est temps non seulement qu'on vienne l'enchâsser dans la loi,
mais qu'on le voie dans les faits, dans la réalité.
Au niveau des outils, on permet au
ministre ou au gouvernement d'émettre des arrêtés, des décrets ou des
directives et on prévoit également la
possibilité de mettre sur pied des projets pilotes. Cette idée semble
raisonnable étant donné la rapidité avec
laquelle le ministère... — le
ministère! — le
numérique et la cybersécurité évoluent. Oui, c'est intéressant que le ministre puisse disposer d'un levier pour
tester des normes, mais est-ce que tout ça est suffisamment encadré? Ça reste
à voir et ça fera l'objet de nos discussions durant l'étude détaillée.
projet de loi établit également une mécanique permettant une priorisation des
projets, une gouvernance centralisée de la gestion du portefeuille des
projets prioritaires ainsi qu'un meilleur encadrement et un meilleur suivi de
ceux-ci. Ce n'est pas une mauvaise idée du
tout. Rappelons qu'il y a actuellement, le ministre l'a mentionné,
2 538 projets en ressources informationnelles
en cours au sein de l'administration publique québécoise. C'est énorme. Je
reconnais qu'ils ne peuvent pas tous
être menés de front en même temps, mais ce qu'il faut, c'est qu'il faut allouer
les ressources adéquates aux plus prioritaires d'entre eux.
Donc,
à cet égard-là, je ne peux pas être contre l'objectif qui est mis de l'avant,
là, d'avoir une vision commune, claire, cohérente, engagée des priorités gouvernementales en transformation
numérique. C'est ce qu'on demande depuis longtemps puis c'est étonnant que ça n'avait pas été fait de
cette façon-là dès le départ. Mais, encore une fois, est-ce que tout ça est réaliste dans l'état actuel des choses? Je vais y
revenir, là, mais on a affaire à un ministère où il y a énormément de postes
vacants. On ne semble pas avoir l'expertise à l'interne pour mener à bien même
ces projets prioritaires là. C'est inquiétant.
projet de loi «établit expressément l'obligation des organismes publics
d'appliquer les orientations, les stratégies, les politiques, les standards,
les directives, les règles et les indications d'application pris en vertu de la
LGGRI et prévoit que la responsabilité du respect de cette obligation incombe
au plus haut dirigeant de l'organisme». Est-ce que c'est vraiment la formule gagnante?
Le ministre a-t-il pris le pouls du terrain afin de s'assurer que ce soit
réaliste?
lisais avec intérêt un mémoire qui a été déposé cette semaine, là, dans les
derniers jours, par la Fédération des cégeps. Je pense, ça vaut la peine qu'on
lise certains des passages. Ils ont exprimé, dans leur mémoire, leurs
«préoccupations à l'égard de certaines propositions du projet de loi n° 38 qui seraient susceptibles d'affecter plus particulièrement les cégeps.
Elle estime que certaines modifications sont
nécessaires afin de favoriser l'atteinte des objectifs du projet de loi n° 38. En effet — selon
eux — certains
changements proposés sont particulièrement importants quant au fonctionnement
opérationnel des organismes publics et, à cet égard, la fédération regrette
que les délais impartis pour la concertation soient si courts, car ils ne favorisent pas les échanges
constructifs requis avec les parties prenantes et les autres personnes
intervenant dans le réseau de l'éducation.»
me semble qu'on aurait pu prendre le temps de bien consulter ces organismes. On
a... Ça fait deux ans, là, que le
ministère est en place. Je pense qu'il faut faire les choses correctement pour
la suite, pour assurer qu'on ait... qu'on réalise les projets dans les
délais et sans frustration pour les Québécois et Québécoises.
Dans leur mémoire, la
fédération exprime de sérieuses réserves face à l'étendue considérable du
pouvoir accordé au ministre. Encore une
fois, la fédération est préoccupée par l'empressement démontré par le gouvernement
dans les étapes de cheminement du
présent projet de loi à l'étude, projet de loi déposé le 1er novembre
2023, des consultations particulières annoncées le 13 novembre,
pour le 21 novembre. «La fédération considère que les délais impartis ne permettent pas aux personnes intervenant dans le
réseau de se concerter afin de considérer adéquatement les conséquences
majeures que représentent les changements législatifs proposés.»
D'ailleurs,
hier, durant les consultations, on devait avoir plusieurs intervenants. Il y en
a plusieurs qui se sont désistés. Moi, je ne sais pas pourquoi. Est-ce que
c'est parce qu'ils n'étaient pas prêts? Ils n'avai