Public Administration — 14 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAP 2019-11-14
Quebec — Committees
Pour débuter, j'aimerais vous présenter
sommairement le ministère et ses secteurs d'activité. Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur
offre sur tout le territoire québécois des milieux de vie propices à la réussite
éducative et à la pratique régulière d'activités physiques, de sports et de
loisirs. Ces milieux de vie sont inclusifs, sains et respectueux de la
diversité des personnes, de leurs besoins et surtout de leurs conditions.
Concrètement, ce que
nous avons en place est un système qui soutient la réussite des personnes tout
au long de leur vie, de la petite enfance à
l'âge adulte. Nos réseaux sont portés par l'engagement exceptionnel de tous les
acteurs et partenaires des milieux. Ces gens préparent des citoyens responsables,
compétents, créatifs mais surtout engagés.
Riche d'une
expérience de plus de 30 ans dans le réseau de l'éducation, je peux témoigner
avec conviction que les intervenants qui accompagnent nos jeunes au quotidien
et les adultes sont profondément et sincèrement animés par cette belle mission
qu'est l'éducation. Chaque année, plus de 1,8 million d'élèves et
d'étudiants fréquentent nos écoles, nos centres d'éducation des adultes, nos
centres de formation professionnelle, nos cégeps mais aussi nos universités.
Outre le personnel enseignant professionnel et de
soutien qui gravite dans leur environnement immédiat, ils sont soutenus
par plus de 1 300 personnes qui oeuvrent au ministère à mettre leurs
compétences et leurs habiletés au service de la population québécoise. Ces gens
travaillent avec nos partenaires des commissions scolaires, des établissements
d'enseignement privés mais aussi de concert avec les collèges et les
établissements universitaires.
En matière de loisir et sport, nous collaborons
avec de nombreux organismes, des fédérations sportives aux clubs locaux
et municipaux, en passant par les instances régionales.
Dans une perspective
administrative, le ministère est composé de huit secteurs d'activité ainsi
qu'une direction générale à l'aide financière aux études : alors,
l'éducation préscolaire, primaire... enseignement primaire et secondaire;
l'enseignement supérieur; gouvernances des technologies, des infrastructures et
des ressources; politiques et relations de travail dans le réseau; territoires,
statistiques et enseignement privé; relations interculturelles, autochtones et
réseau éducatif anglophone; loisir et sport, de même que condition féminine.
Ensemble, dans chacun
de leur champ d'expertise mais en complémentarité, les personnes travaillant au
sein de ces unités : orientent et planifient les services éducatifs
offerts sur tout le territoire en vue de répondre aux besoins de la population québécoise, informent la
population sur le rendement du système d'éducation et sur son évolution et sur l'atteinte des objectifs fixés,
sensibilisent et informent les citoyennes et les citoyens afin qu'ils adoptent un
comportement sécuritaire et de qualité dans la pratique d'activités récréatives
et sportives, contribuent à la formation des acteurs des domaines du loisir et
du sport et soutiennent leurs partenaires pour la mise en place d'un
environnement et d'un encadrement de qualité, soutiennent le développement et
assurent la cohérence des actions gouvernementales visant l'atteinte d'une société
toujours plus égalitaire, assurent une saine gestion des ressources allouées
par l'Assemblée nationale et leur répartition et, finalement, conseillent le
législateur et les autorités ministérielles.
Réalisations 2018‑2019.
J'aimerais maintenant faire état des réalisations du ministère dignes de
mention. Comme l'éducation est la propriété
du gouvernement... est la priorité du gouvernement, vous devinerez qu'elles ont
été nombreuses et variées.
Tout d'abord, à compter de 2020, tous les enfants
du Québec auront droit à la maternelle quatre ans. Cette offre de services bonifiée pour tous nos petits résulte
de travaux qui ont mené au dépôt du projet de loi n° 5 le 14 février dernier.
Rappelons que 106 classes additionnelles de
maternelle quatre ans ont été déployées dans le réseau scolaire en 2018‑2019,
auxquelles se sont ajoutées 266 classes ouvertes en septembre 2019. Au cours
des prochaines années, le déploiement se fera de manière progressive et dans le
respect du choix des parents et de la capacité d'accueil du réseau.
En 2018‑2019,
d'autres travaux législatifs ont été menés ainsi que des chantiers
réglementaires d'envergure. Je fais
notamment référence au projet de règlement pour bonifier le contenu des
apprentissages en enseignement à la maison, au projet de loi pour mieux baliser
les frais exigés des parents ainsi qu'au projet de règlement pour rendre
obligatoires deux récréations de 20 minutes par jour au primaire.
L'ensemble de ces mesures a permis au ministère de préciser certaines balises
et de rehausser certaines exigences, et ce, dans l'intérêt toujours prioritaire
des élèves. Certaines mesures budgétaires qui auront une incidence positive sur
la réussite et le bien-être des jeunes, mais aussi sur le soutien de ceux qui
les accompagnent ont aussi été annoncées lors du dernier budget.
Je fais d'abord
référence aux seuils de services minimaux dans les écoles et à l'ajout des
classes spéciales pour une offre de service
accrue et spécialisée. Mentionnons aussi le déploiement de bourses d'excellence
en formation à l'enseignement, le programme de mentorat pour les futurs
enseignants ainsi que l'ajout d'une heure gratuite d'activités parascolaires au
secondaire pour favoriser un mode de vie actif chez nos jeunes.
Une aide financière également accordée à
l'automne 2018 aux établissements en région du réseau des universités
du Québec afin de leur permettre d'exercer pleinement leur rôle de pôle de
développement socioéconomique régional.
J'ajouterais le
Rapport portant sur la révision du modèle de financement des établissements
collégiaux publics, publié en 2019, lequel a permis au ministère d'actualiser
le modèle de financement des cégeps.
Outre ces réalisations, je me dois de souligner
l'effort d'optimisation de nos processus déployés au sein du ministère
au cours de la dernière année dans une perspective d'amélioration de notre
gestion administrative. Moins flamboyants et plus techniques, ces importants
travaux nous ont néanmoins permis en 2019 de progresser significativement certaines façons de faire et nous en retirons tous
une grande fierté. Je peux citer notamment l'amélioration des processus qui sous-tendent l'élaboration des règles
budgétaires d'éducation, le suivi des dossiers interministériels ainsi que la gestion
des autorisations officielles du ministère.
En dépit de ces
importantes réalisations, nous sommes conscients qu'il y a place à
l'amélioration. Le ministère a été gouverné pendant quelques années en
l'absence d'un plan stratégique. Cette situation s'explique principalement par
de nombreuses réorganisations administratives, plusieurs changements à la haute
direction, par des projets de loi ayant eu des incidences sur la gouvernance
des réseaux et par la tenue de consultations sur d'importantes politiques
ministérielles.
Aussi, nous savons que l'actuel plan
stratégique 2017‑2022 a fait l'objet de certaines critiques, surtout en ce
qui a trait à ces nombreux indicateurs peu orientés vers les résultats.
Nous nous sommes engagés à apporter les correctifs nécessaires
pour le prochain plan, et, soyez certains, nous tiendrons parole.
Un exercice rigoureux a été mené, lequel a pris
appui sur les nouvelles orientations du Secrétariat du Conseil du trésor
et s'est déroulé en étroite collaboration avec ses représentants.
Cette révision, que
j'ai eu le privilège de mener à terme dès mon arrivée, a permis d'en améliorer
plusieurs aspects, notamment en rehaussant
l'optique ou le niveau de résultats visés, ainsi que la pertinence et la
qualité des indicateurs privilégiés
pour en mesurer l'atteinte. Nous serons d'ailleurs en mesure de dévoiler le
fruit de nos efforts dans un avenir rapproché, dans le respect des
échéanciers annoncés.
Aussi, nous prenons également la mesure de
certains défis qui sont les nôtres au regard de la prestation de services
aux citoyens. D'importants chantiers d'optimisation de certains de ces
processus sont en cours actuellement et laissent présager que des progrès
significatifs seront accomplis en ces domaines.
Enfin, je constate
donc que l'année 2018‑2019 a été fort remplie, que le carnet de commandes
des prochains mois est aussi ambitieux et
que plusieurs chantiers structurants mobilisent l'organisation. Je suis
convaincu que les équipes ministérielles
y prendront part avec coeur, guidées quotidiennement par la réussite et
l'atteinte du plein potentiel de tous les jeunes et la satisfaction de
nos clientèles.
J'entreprends ce mandat avec enthousiasme,
confiance et conviction. Les défis sont nombreux, à la mesure des attentes
élevées, mais légitimes, des citoyens, mais je suis également convaincu qu'en
gardant le cap sur notre vision rassembleuse, nous mènerons à bien cette
mission.
Je vous remercie, M. le Président. Nous sommes à
votre disposition, mon équipe et moi, pour répondre aux questions des
membres de la commission.
Le Président (M.
Leitão) : Très bien. Merci beaucoup, M. Blackburn. Et, oui, je
souhaite aussi la bienvenue à toutes les personnes de votre équipe.
Alors,
nous sommes rendus à la période d'échange avec les membres de la commission.
Nous allons commencer par un bloc d'intervention du groupe parlementaire
formant le gouvernement. Donc, Mme la députée de, excusez-moi, Mme la
députée de Lotbinière-Frontenac...
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Oui.
Le Président (M.
Leitão) : ...et vous disposez d'un bloc de 12 minutes.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Parfait. Merci. Bonjour, tout le monde. Donc,
moi, j'aimerais ça parler de la
maternelle quatre ans. Ma fille qui a... on se sert toujours un petit peu de
nos exemples personnels puis... Donc, moi, je voulais vous dire que ma fille, qui a maintenant 23 ans, elle a
commencé l'école à Toronto, et puis, à Toronto, en Ontario, il y a la
maternelle quatre ans obligatoire. Donc, ça a été une belle expérience pour
elle puis pour nous aussi. Puis, moi, je suis vraiment contente qu'on implante
la maternelle quatre ans ici, pas juste pour les milieux défavorisés, mais pour
tout le monde. Et puis, en plus, que ce soit au choix des parents, mais je suis
vraiment contente. Puis j'encourage les parents à inscrire leurs enfants à
l'école, à la maternelle quatre ans.
On le sait que, bien,
les jeunes de cet âge-là apprennent beaucoup par le jeu. Il y a déjà
beaucoup... plusieurs classes, de nouvelles classes dans mon comté puis...
bien, je pense que ça va être positif, parce que les listes d'attente sur les garderies, j'imagine que ça va se dégager
un petit peu, puis il y a certaines familles qui vont opter pour la maternelle quatre
ans, puis... donc ça va faire un petit peu plus de place dans les garderies.
J'aimerais vous entendre concernant le
dépistage précoce, puis qu'est-ce que ça va avoir comme impact, la maternelle
quatre ans, sur la réussite, le décrochage puis le taux de diplomation.
Merci.
M. Blackburn
(Eric) : Alors, merci. Écoutez, en fait, d'une façon très générale, on
sait que l'intervention précoce, hein, c'est une des stratégies à privilégier
pour augmenter les chances de succès de tous les enfants. C'est vrai pour le Québec, mais c'est vrai aussi partout dans le monde. On
va prendre la France, par exemple, qui, elle-même, a pris les
devants en inscrivant, dans leur curriculum, d'offrir des services aux enfants
à partir de trois ans. Et qu'est-ce qu'il
y a derrière ça? En fait, c'est au-delà, des fois, la tendance qu'on
pourrait avoir à associer la prévention pour les enfants en bas âge avec les milieux défavorisés, milieux
favorisés ou défavorisé