CAT — 1 December 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2015-12-01
Quebec — Committees
Enfin, ce
projet de loi permettrait de mettre fin à un litige qui perdure depuis
plusieurs années en plus de rendre le fardeau fiscal prévisible pour les
deux parties, M. le Président. Bref, M. le Président, la sanction de ce projet
de loi permettrait la
mise en application de l'entente déjà conclue entre Saint-David-de-Falardeau et
Produits forestiers Résolu. Vous
comprenez bien, M. le Président puis les gens qui nous écoutent, que, de
part et d'autre, les gens se sont entendus. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, ils sont tous ici.
Aujourd'hui, M. le Président, nous permettons à tous de se faire
entendre.
Je suggère
également que nous procédions à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 213, Loi concernant la
taxe foncière applicable à PF Résolu Canada Inc. à
titre d'autoconsommatrice de
l'énergie électrique produite par ses installations
hydroélectriques sur le territoire de la Municipalité de Saint-David-de-Falardeau.
Je vous remercie, M. le Président, de votre écoute.
Le Président (M. Auger) : Merci, M. le député de
Dubuc. Maintenant, M. le ministre des Affaires municipales et de
l'Occupation du territoire.
M. Moreau : Oui. Oui, merci, M. le
Président. À mon tour. D'abord, je veux remercier le député de Dubuc, qui
agit comme parrain du présent projet de loi
et qui, il y a de cela déjà un bon moment, était venu me rencontrer pour m'exposer
la situation qui prévalait à
Saint-David-de-Falardeau, et je devrais dire entre la municipalité de
Saint-David-de-Falardeau et la
compagnie Résolu Canada. Le député de Dubuc l'a abondamment indiqué, le projet
de loi, aujourd'hui, aussi aurait pour
effet de mettre fin à un litige qui existe depuis plusieurs années entre
l'entreprise et la municipalité. Et finalement ce qu'il nous dit, c'est
qu'il représente adéquatement l'entente intervenue entre les parties.
Alors, je vais me permettre de saluer M. le maire, M.
Gauthier; le directeur général, M. Hudon, merci d'être avec nous; M. Blackburn, responsable des relations
gouvernementales de PF Résolu Canada, M. Blackburn, bonjour; et des salutations particulières à Me Stéphanie Turcotte,
M. le Président, qui, jusqu'à tout récemment, était à la Direction des affaires juridiques du ministère des Affaires
municipales et de l'Occupation du territoire et qui, pour une raison obscure,
est tombée en amour avec un individu qui l'a amenée à se déplacer de la Vieille
Capitale vers la région de Saint-David-de-Falardeau,
enfin, je ne sais trop. Alors, évidemment, on ne le nommera pas, mais on va
dire ce qu'on pense de lui. Non, non. Alors, bienvenue, bienvenue à
l'Assemblée nationale.
Voilà, nous, on serait prêts à faire suite à la suggestion
du député de Dubuc de passer à l'étude du projet de loi, M. le
Président.
Le Président (M.
Auger) : Vous avez hâte, je crois.
Le Président (M. Auger) : Ce ne sera pas très,
très long. Mais avant, M. le député de Jonquière, pour vos remarques
préliminaires.
M. Gaudreault : Oui. Merci, M. le
Président. À mon tour de saluer M. le maire de Saint-David-de-Falardeau,
M. Gauthier, Mme Turcotte, M. Hudon, le
directeur général, et évidemment M. Blackburn de Produits forestiers Résolu.
Vous savez, M. le Président, pour les gens qui sont de
l'extérieur du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ils ne savent pas à quel point l'enjeu du contrôle des ressources
hydroélectriques est important au Saguenay—Lac-Saint-Jean et particulièrement le long de la rivière Shipshaw,
dont une bonne portion est sur le territoire de la municipalité de Saint-David-de-Falardeau. Il faut comprendre
qu'historiquement ces centrales hydroélectriques sont parmi les seules au
Québec qui ont échappé à la nationalisation
de l'hydroélectricité, en 1963, pour faire fonctionner des usines de
transformation du bois, des papetières, essentiellement à Kénogami et à
Alma.
Alors, avec, évidemment, des investissements, des emplois
qui sont reliés à ça, il faut comprendre que la rivière Shipshaw est, en amont du Saguenay, force
hydraulique extrêmement puissante, plusieurs centrales de Produits forestiers
Résolu le long de cette rivière, dont la plus
importante est la centrale Jim-Gray, qui est même devenue un genre de métaphore
au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui exprime bien l'importance du contrôle de nos ressources naturelles. Quand on parle de Jim-Gray, ça signifie beaucoup
plus aujourd'hui que strictement la centrale. Mais il se trouve que, même
si les emplois sont à Jonquière et à Alma, physiquement et techniquement, la
centrale est sur le territoire de Falardeau, alors avec les impacts que ça
occasionne évidemment pour la municipalité à tous
égards. Je sais également que la municipalité
a eu des revendications sur l'entretien de ponts pour l'accès à des
villégiateurs, des chemins, etc. On aura peut-être l'occasion de questionner un peu là-dessus parce que
j'imagine... pas j'imagine, je suis convaincu qu'il y a une entente
entre la compagnie et la municipalité. Alors, il faudra savoir ce que contient
cette entente-là.
Alors,
au-delà de son aspect strictement technique, là, je veux bien faire comprendre
ici aux collègues et aux gens qui
nous écoutent qu'il est question, dans le fond, d'une utilisation d'une
ressource naturelle publique, qui sont des droits hydrauliques qui ont été consentis à Produits
forestiers Résolu. Et ça sera très important, là, de bien faire la lumière sur
l'ensemble de cette entente-là.
Et, si
jamais, à travers ça, ils sont capables de nous dire qui était Jim Gray, là,
parce que moi, je l'ai cherché, puis on n'a toujours pas trouvé c'était
qui, probablement un ancien gérant de la compagnie Price, là, mais c'est... On
aura l'occasion de le dire peut-être en même temps, mais c'est vraiment
accessoire, cette question-là.
Donc,
voilà, M. le Président, là, un petit peu l'esprit. On n'est pas contre,
évidemment, le projet de loi, là, mais on
va avoir des questions importantes à poser parce que c'est justement là toute
la question de l'utilisation des ressources naturelles de notre région.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député. Maintenant, nous allons
poursuivre avec le député de Blainville pour ses remarques
préliminaires.
Laframboise : Merci, M. le
Président. M. Gauthier, M. le maire, M. Hudon, directeur général, Me
Turcotte, M. Blackburn, il me fait
plaisir, bon, évidemment de parler de ce dossier-là. Mon passage à l'Union des
municipalités du Québec m'a fait
comprendre qu'il y a plusieurs municipalités, plus de 1 100 au Québec. On
a des problèmes qui sont différents,
et la taxation est un problème. Puis là je pense qu'on le voit par, tantôt,
l'historique que M. le député de Dubuc nous
a donné, que, bon, il y avait des procédures judiciaires qui étaient en train
de s'enclencher. Moi, je suis notaire, vous l'avez vu tantôt, là. Donc, la meilleure des ententes vaut mieux que le
pire des procès, là, puis je pense qu'on va questionner par rapport à ça, mais ça va me permettre... si on
peut éclaircir les choses. Mais, d'entrée de jeu, on semble favorables à cette
entente que vous avez négociée.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Blainville. Est-ce qu'il
y a d'autres membres de la commission qui souhaitent faire des remarques
préliminaires?
Si ce n'est
pas le cas, j'invite maintenant les représentants de la municipalité
Saint-David-de-Falardeau à se présenter et nous expliquer les grandes
lignes de ce projet de loi. Vous disposez d'environ cinq minutes. À vous la
parole.
Gauthier (Serge) : O.K. Oui. Mon nom est Serge Gauthier, maire de la
municipalité de Saint-David-de-Falardeau. M. le Président, M. le ministre, MM. les députés, Mmes les députées, il
me fait plaisir d'être ici aujourd'hui pour vous expliquer un petit peu
qu'est-ce qu'on entend, nous... quels sont les avantages pour
Saint-David-de-Falardeau.
Donc, PF Résolu Canada inc. possède un réseau
hydroélectrique situé sur le territoire de la Municipalité de Saint-David-de-Falardeau, comprenant plus
particulièrement les trois centrales suivantes et les ouvrages qui en sont les
accessoires : donc, on parle vraiment de la centrale Jim Gray, de la
centrale Adam-Cunningham et puis la centrale de Chute-aux-Galets. En passant, je ne suis pas capable de vous répondre;
Jim-Gray, là, je ne le sais pas. Ce réseau sert à alimenter en
électricité l'usine Kénogami et Alma, appartenant aussi à cette compagnie.
PF Résolu
Canada inc. est ainsi une autoconsommatrice d'énergie électrique et,
conséquemment, est assujettie au
régime particulier de taxation prévu aux articles 222 et suivants de la
Loi sur
la fiscalité municipale,
chapitre C-73. Suivant ce régime, le montant de taxe
foncière payable par les autoconsommatrices n'est pas fonction de la valeur des
constructions et des ouvrages mais est
plutôt fonction en l'augmentation des revenus d'imposition de la municipalité
pour une année par rapport à l'année précédente.
L'article 223
de cette même loi établit le mode de calcul de la taxe payable à
titre de taxe
foncière municipale. On peut
sommairement, là... C'est une règle de trois seulement qui dit que les revenus
de taxation budgétés de l'année courante, divisés par les revenus de taxation budgétés de l'année précédente,
multipliés par le montant de lieu de taxe foncière de l'année précédente, ça donne le montant lieu de
taxe foncière pour l'année courante. Donc, vous comprendrez que, dans
cette règle de trois, ce qui est très important, c'est que le montant de
taxation de nos gens a un impact majeur sur les contributions de PFR dans les
tenants lieu de taxe.
L'article 223 prévoit également que le montant
payable pour l'exercice courant de la municipalité ne doit pas être inférieur à celui de l'année
précédente. Très important. Donc, on ne peut jamais baisser le niveau de
taxe, on peut juste augmenter PFR. L'application de ce mode de taxation a engendré au fil des années un phénomène
particulier de par son ampleur à
Saint-David-de-Falardeau, principalement depuis le début des années 2000, et ce, en raison
des obligations de
mise à niveau, pendant ces décennies, de plusieurs équipements municipaux devenus désuets et d'investissements
pour soutenir le développement, dont
notamment : rénovation de l'aréna pour un montant de 3,2 millions;
alimentation en eau potable, village, pour 3,7 millions;
construction du pont de Cunningham pour 2,8 millions.
Bien qu'une
partie de ces dépenses ait été
subventionnée, il a tout de même découlé des revenus d'imposition
supplémentaires pour permettre à la municipalité de couvrir le service de la
dette qui avait augmenté en raison de ces investissements. Ces revenus de
taxation supplémentaires, même s'ils ne rendaient pas la municipalité plus
riche, puisqu'ils servaient à rembourser une dette, influaient annuellement sur
le calcul du montant de taxe tenant lieu de taxe
foncière payable par PF Résolu Canada. Dans le fond, si vous regardez le
tableau I, vous allez vraiment voir qu'on voit, dans la courbe, la courbe du bas, qui est la courbe des
contribuables, ce qu'ils paient en taxe imposée aux contribuables, tandis que la courbe 1, qui est celle du haut, ce
qu'on s'aperçoit, là, c'est qu'au fil des ans il y a un écart considérable qui
se produit entre PF Résolu et la
municipalité de Saint-David-de-Falardeau.
Et, si on extrapolait dans les 20 prochaines années, on verrait encore
un écart qui s'agrandit entre PFR et Saint-David-de-Falardeau.
PF Résolu Canada et/ou les entités qui, au fil du temps, ont
possédé les constructions et ouvrages qui font
partie de son réseau faisaient régulièrement pression sur
les membres du conseil de la municipalité pour limiter les augmentations
de sa taxation, ce que la municipalité ne
pouvait que partiellement contrôler puisque le calcul devrait se faire en
fonction de l'article 223 de la Loi
sur la fiscalité municipale. Donc, nous, on devait essayer de faire toujours
attention pour n