House Proceedings — 11 June 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-06-11
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, chers collègues, je vous souhaite une très bonne séance.
Veuillez prendre place.
Nous en sommes
à la rubrique de la déclaration de
députés, et je cède la parole à M. le député de Trois-Rivières.
M. Girard :
Merci, M. le Président. Jusqu'au 1er octobre, plusieurs artistes
sculpteurs exposeront 31 oeuvres le long des rues Nérée-Beauchemin, des Bouleaux et des Frênes à
Trois-Rivières. Le projet Ma ville, mon quartier, ma rue est une exposition extérieure qui permet de
contempler l'art public et mettre en valeur de nombreux artistes de la région.
Depuis
maintenant trois ans, l'instigatrice du projet, Mme Thérèse
Thibodeau-Paquin, travaille à rassembler des artistes pour créer des oeuvres uniques et les exposer en plein air afin
d'embellir le quartier. C'est une belle collaboration entre les propriétaires et les artistes et qui
offre une grande visibilité à ce beau quartier de Trois-Rivières. Nombreux sont
les visiteurs qui se déplacent pour admirer les oeuvres.
Je tiens à
souligner la mémoire de M. Pierre Landry, sculpteur trifluvien, décédé le
mois dernier. Une de ses oeuvres fait d'ailleurs
partie de l'exposition.
Thérèse, je
te félicite, toi et ton équipe, pour votre travail, votre dévouement pour l'art
ainsi que votre désir de mettre en valeur des artistes d'ici. Bravo! Et
longue vie à ce beau projet!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Trois-Rivières. M. le député de Labelle, à vous la parole.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Alors, L'Ordre des Filles d'Isabelle, Cercle 1158
de Saint-Jovite, célèbre cette année
son 50e anniversaire. C'est sous la devise Unité, amitié et charité que,
depuis de nombreuses années, ces femmes catholiques viennent en aide à un nombre incalculable de personnes de
notre communauté grâce à leur implication dans des oeuvres charitables, sociales et éducatives. 50 ans et
tellement de chemin parcouru depuis la création de l'organisation en
1968! Elles ont toutes les raisons de célébrer.
Le succès de
cette longévité, M. le Président, provient de leur dynamisme, de leur dévouement
et de la générosité, bien sûr, de celles qui s'y impliquent. De plus, elles
font la promotion et encouragent une qualité de vie enrichissante, le
développement et le progrès personnels.
Au nom de la
population que je représente à l'Assemblée
nationale, j'adresse donc mes plus
sincères remerciements à toutes les bénévoles pour leur engagement
exemplaire. Bravo! Je les félicite.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Labelle. Mme la députée de Vaudreuil, à
vous la parole.
Mme Nichols : Merci, M. le Président.
Jeudi dernier, entourée de ses proches, une très grande citoyenne de Vaudreuil s'est éteinte à la maison des soins
palliatifs de Hudson. Mme Line Lebrun, une femme de coeur, laisse derrière
elle l'image d'une battante, qui a lutté de
façon remarquable, sans jamais baisser les bras, pendant plus de 20 ans,
contre le cancer.
Récemment, le 25 mai dernier, elle a
participé toute la nuit jusqu'à l'aube pour paver la voie à tous ceux qui marchaient à ses côtés dans le cadre du Relais
pour la vie de Vaudreuil-Soulanges, et ce, pour une 15e année consécutive,
alors qu'elle savait que ses jours étaient comptés.
toute sa famille et ses amis, sachez que vous êtes privilégiés d'avoir
accompagné cette grande dame. Elle a été une source d'inspiration pour
nous tous. L'héritage demeure et continuera. Line sera maintenant et pour
toujours un luminaire qui brillera sur notre parcours.
Mes sincères
condoléances à ses parents, son conjoint Marc, ses deux fils, Kenny et Karl,
ainsi qu'à l'ensemble de sa famille,
de ses amis, de ses fidèles collaborateurs de la Société canadienne du cancer.
Mes sympathies à vous tous.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Vaudreuil. Mme la députée de Repentigny, à vous la parole.
Lavallée : Merci, M. le Président. Pour une 15e année consécutive
se tiendra le Relais pour la vie de Repentigny,
et ce, au magnifique parc de l'Île-Lebel. Durant toute une nuit, des centaines
de personnes marcheront, unies pour une seule et même cause : le
cancer.
Au cours de cette marche, nous célébrerons les
personnes qui ont gagné leur combat contre le cancer, nous rendrons hommage à celles qui nous ont quittés et
nous soulignerons notre engagement à continuer notre lutte contre le cancer en encourageant la recherche. Pour y avoir
participé pendant sept ans, je peux vous assurer que cette marche en est une
d'espoir et qu'elle nous marque à jamais.
M. Jean-Claude
Lelièvre, président du relais, est entouré d'une équipe de bénévoles chevronnés
qui se distinguent par leur dévouement, leur apport inestimable et leur
implication remarquable. Au cours de toutes ces années, plus de
3 millions ont été versés à la Société canadienne du cancer par le relais
Repentigny.
Bravo et
merci aux organisateurs et aux marcheurs qui rendent l'événement unique année
après année! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, Mme la députée de Repentigny. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé, je vous cède la parole.
Mme de
Santis : M. le Président, le
monde juridique est d'emblée difficile d'approche. Si des barrières supplémentaires comme la langue, la pauvreté ou le
niveau de scolarisation viennent entraver davantage notre accès, il se
peut que nous baissions les bras. Et souvent
nous restons aux prises avec ces enjeux sans vraiment savoir vers qui nous
tourner.
C'est pour
offrir des solutions à ces problèmes que, depuis le 12 mars dernier,
L'Association des étudiants noirs en
droit de l'UQAM offre des cliniques juridiques gratuites au Centre
communautaire multi-ethnique de Montréal-Nord. Toute
la communauté nord-montréalaise peut venir consulter un étudiant bénévole, qui
profite de l'occasion pour mettre
en oeuvre ses connaissances.
Le centre communautaire, qui avait déjà offert
ces services dans le passé, veut poursuivre ce partenariat gagnant-gagnant; un exercice enrichissant pour les
élèves et de l'aide et des conseils pour la communauté. Il suffit de passer
le mot pour en profiter.
Merci à
L'Association des étudiants noirs en droit de l'Université du Québec à Montréal
et au Centre communautaire multi-ethnique...
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé. M. le député de Gouin, à vous la
parole.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. J'aimerais prendre un instant
aujourd'hui pour porter la voix des femmes de mon comté à l'Assemblée
nationale du Québec.
En effet, lors d'une soirée-spectacle féministe
organisée par les groupes membres de la Coalition 8 mars de
La Petite-Patrie, 135 participantes ont signé un manifeste. J'aimerais
vous en lire quelques extraits.
«Pour chacune
des femmes habitant La Petite-Patrie[...], nous sommes l'écho de ces voix
[...] qui foncent et qui dénoncent : Non aux violences faites aux
femmes!
«#etmaintenant, les femmes de
La Petite-Patrie réclament :
«Un quartier sécuritaire[...];
«Une
volonté et un engagement politiques qui s'attaquent au patriarcat afin
d'abattre ce système qui tolère et légitimise le harcèlement de rue, les
agressions verbales, physiques et sexuelles, les viols et l'inceste[...];
«Des
lieux qui nous permettent d'échanger, de témoigner, [...]d'être crues et
entendues et d'organiser nos luttes[...];
«Des alliés sur qui
chacune peut compter au quotidien [...] et en public, en famille et au travail[...].
«Ensemble, nous
pouvons transformer notre quartier, notre société... le monde!» Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Gouin. Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré,
à vous la parole.
Mme Simard :
Merci, M. le Président. Je suis heureuse de souligner le succès de la sixième
présentation du projet Tuning-moteur de
persévérance qui a été mis en place à l'école secondaire du Mont-Sainte-Anne
par le Carrefour jeunesse-emploi
Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Les membres de l'équipe, composée de huit élèves confrontés à des
difficultés d'apprentissage, ont vécu de beaux moments au 49e salon de
l'Auto sport de Québec, se méritant la troisième place dans la catégorie M-Built.
Après
d'innombrables heures consacrées à restaurer une Porsche 917K, une réplique
de cette voiture de course mythique
connue pour avoir remporté les 24 heures du Mans en 1970, les participants
ont appris et compris également que
les efforts mènent bien souvent à des résultats et que, s'ils mettent les mêmes
efforts dans leurs études, les résultats devraient suivre, une façon de
penser, d'ailleurs, qu'ils pourront reproduire dans tous les aspects de leur
vie.
Je tiens à féliciter les jeunes pour ce bel
accomplissement et remercier les mentors du projet, MM. Christian Fortin,
Christian Lajeunesse et Alain Tremblay. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
M. le député d'Arthabaska, je vous cède la parole.
Lefebvre : Merci beaucoup, M. le Président. Le 30 avril dernier, la polyvalente La
Samare de Plessisville a accueilli
pas moins de 1 091 donneurs dans
le cadre de sa huitième collecte de
sang d'Héma-Québec. L'organisation a ainsi
établi un record mondial pour une collecte de sang organisée dans une école
secondaire. L'exploit a d'ailleurs été reconnu
dans le cadre d'un congrès des
centres de prélèvement de sang américain à Dallas en mai dernier. Il s'agissait
de la toute première mise en nomination d'Héma-Québec lors de cet événement
international.
Vous
comprendrez que c'est avec une immense fierté qu'aujourd'hui je rends hommage à
l'instigateur de la collecte de sang,
l'enseignant M. François Gagnon, qui est avec nous ici, ainsi qu'à
l'enseignante Mme Nathalie Fillion, également présente. Et j'en profite pour féliciter tous les
élèves, tout le personnel de la polyvalente La Samare de Plessisville ainsi
que tous les généreux donateurs. Merci du fond du coeur.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
d'Arthabaska. M. le député de Huntingdon, à vous la parole.
M. Billette : Merci beaucoup, M. le Président. Je profite de la tribune qui m'est
offerte aujourd'hui pour souligner le 30e anniversaire de la
Cidrerie du Minot.
Établie
à Hemmingford depuis 1987, cette entreprise familiale est un incontournable au
Québec. Avec une expertise de plus de
150 ans, la famille Demoy est lauréate de nombreux prix et de
reconnaissances nationales et internationales pour leur savoir-faire et la grande qualité de leurs produits. En plus
d'offrir une dizaine de cidres, la famille Demoy a à coeur la communauté
et organise depuis maintenant quatre ans une foire estivale en plein air.
tiens donc aujourd'hui à féliciter M. et Mme Demoy ainsi que la
relève familiale pour le développement de leur entreprise à travers ces 30 années. Votre travail exemplaire offre
une très belle visibilité à la région et au cidre québécois.
En terminant, je
souhaite à la Cidrerie du Minot beaucoup de succès dans les années à venir.
Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Huntingdon.
Enfin, M. le député de Rimouski, à vous la parole.
LeBel : Merci, M. le Président. En cette fin de session parlementaire,
permettez-moi de saluer Elsa Lambert, attachée politique à mon bureau de
comté.
Elsa,
c'est une collaboratrice exceptionnelle qui nous quittera pour d'autres
projets. Elle nous a annoncé il y a quelque
temps qu'elle partira en octobre prochain pendant un an en Haïti avec l'UPA
Développement international dans le
cadre du programme Les Savoirs des gens de la terre en Haïti. Elle fera de la
formation pour permettre aux communautés de se développer autour de
l'agriculture, pour réduire la pauvreté en accroissant leurs revenus.
Elsa,
c'est une féministe qui refuse les injustices. C'est à mon bureau de comté
qu'elle reçoit des cas, entre autres, de
l'aide sociale ou d'autres cas comme ça. C'est elle qui travaille sur ces
dossiers-là d'une façon acharnée pour trouver des solutions. Puis elle
le fait pour mon bureau de comté, mais elle reçoit des appels de partout au
Québec. Des gens qui la connaissent ou par
mon dossier de porte-parole pauvreté la rejoignent pour les aider, et elle le
fait partout, partout, partout.
Elsa,
tu es une femme de coeur, puis des femmes comme toi, avec du coeur autant, ça
donne de l'espoir pour l'avenir. Et j'espère que tu vas avoir une belle
mission en Haïti, et on a hâte de te revoir. Salut!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Rimouski.
Voilà qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 52)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je voudrais souligner
la présence, dans nos tribunes, de Mme Danielle St-Amand, notre ancienne collègue
de Trois-Rivières. Et maintenant vous pouvez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Il n'y a pas de
déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Le Président :
C'est mieux.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre de l'Énergie.
Moreau : Alors, M. le Président, j'ai l'honneur de déposer le premier plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques du Québec.
Il couvrira la période 2018-2023.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre des Forêts.
Blanchette : Alors, M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs concernant la
reconnaissance et le financement de la Fédération québécoise des gestionnaires de
zecs pour les années 2016, 2017 et 2018.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions présentées par la députée de
Repentigny le 25 avril 2018, la députée
de Taillon le 1er mai, le député de Matane-Matapédia le 3 mai, le député de Granby le 8 mai et le député de
Gaspé le 10 mai dernier.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose une lettre que j'ai reçue concernant le rapport du comité
directeur de la Commission de l'Assemblée nationale sur les suites du mandat d'enquête découlant de
la motion présentée par le député de Groulx en
vertu des articles 324 à 327 du règlement.
la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission des finances publiques et député
de Montmorency.
M. Bernier :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des finances
publiques qui, les 20, 21 et
22 février, 13, 14, 15, 20, 21 et 22 mars, 17 avril, 3, 8, 9,
10, 17, 29, 30 et 31 mai et 5 et 6 juin 2018, a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi n° 141, Loi visant principalement à
améliorer l'encadrement du secteur financier, la protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des
institutions financières. La commission a adopté le texte du projet de
loi avec de nombreux amendements.
Président : Ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission de l'aménagement du territoire et député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui, le 14 mai 2018, a tenu des
auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur le mandat
d'initiative portant sur l'accès aux
services financiers de proximité en région. La commission s'est également
réunie en séance de travail les 15 mars, 14 mai et 7 juin
relativement à ce mandat. Ce rapport contient quatre recommandations.
Le Président :
Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : M. le Président, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 570 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que tous
les citoyens sont égaux et ont droit sans distinction à une égale protection de
la loi;
«Considérant
qu'il est inadmissible que, sous le couvert de la liberté de religion, des
gestes illégaux puissent être posés par des groupes à dérives sectaires
sans être sanctionnés;
«Considérant que nos
lois sanctionnent l'incitation au suicide et la non-assistance à une personne
en danger;
«Considérant
qu'il est nécessaire d'examiner l'impact de l'endoctrinement sur la validité du
consentement libre et éclairé;
«Considérant
que nos lois protègent les citoyens de fraudes ou d'extorsions, mais que sont tolérées
les pressions pour financer certaines organisations;
«Considérant
que certains enfants se retrouvent sans protection en raison de la difficulté
d'intervention de la DPJ;
«Considérant
que des groupes conviennent de tribunaux internes et appliquent une justice
parallèle, notamment en cas d'abus sexuel;
«Considérant que nous
ne pouvons tolérer que des enfants n'aient pas accès à l'éducation;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons que la Commission des institutions se saisisse d'un mandat
d'initiative pour examiner la possibilité
que, sous le couvert de la liberté de religion, des gestes illégaux puissent
être posés par des groupes à dérives sectaires sans être sanctionnés et
qu'elle entende à cette fin tous les groupes qu'elle jugera pertinents.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question
de droit ou de privilège.
J'ai
toutefois été avisé qu'après la période de questions et de réponses
orales il pourrait y avoir un vote ou des votes requérant l'approbation
des deux tiers des membres de l'Assemblée.
Entre-temps,
nous en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et
je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
Une chose a été confirmée en fin de semaine, c'est que le président américain a
une obsession contre le système de
gestion de l'offre canadien et où le Québec a beaucoup à gagner et beaucoup à
perdre. Pourquoi est-il obsédé par ça
en particulier? Parce que c'est le maillon faible, et il a bien vu qu'à chaque
fois qu'une négociation internationale est
devenue chaude Ottawa a laissé tomber des morceaux de la gestion de l'offre.
C'est-à-dire, ils disent : On est pour le système, mais on ouvre la
porte à plus d'importations de lait étranger.
Le premier ministre,
libéral, a laissé passer, avec l'accord européen, une perte de
250 millions de dollars non compensée
par année pour nos producteurs de lait. Le premier ministre libéral actuel n'a
rien dit lorsque M. Trudeau a signé l'entente transpacifique qui ajoute
une perte annuelle de 300 millions pour nos producteurs. La semaine
dernière, M. Trudeau a déclaré
qu'il allait faire preuve de flexibilité avec les États-Unis sur la question du
lait. Ça, ça veut dire des importations laitières supplémentaires.
Est-ce que le premier
ministre va dire ici aujourd'hui que c'est terminé, il y aura zéro dollar
supplémentaire d'importation de lait accepté par son gouvernement et cette
Assemblée?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard :
Non seulement, M. le Président, je vais le dire ici, mais je suis même persuadé
que la grande majorité des Québécoises et
des Québécois vont également être solidaires envers leurs agriculteurs et leurs
agricultrices. Pourquoi avons-nous un
système de gestion de l'offre? Est-ce que c'est par une affection particulière
pour un système de gestion
quelconque? Non. Parce que ça indique le type d'agriculture que nous voulons
développer chez nous, qui est une agriculture
à taille humaine, à visage humain et à nom humain — n-o-m. Mon collègue le ministre de
l'Agriculture a eu cette belle
formule l'autre jour, lorsqu'on a lancé la politique bioalimentaire : Chez
nous, les fermes ont un nom de famille. Et ça, on veut tous et toutes le garder. Je suis persuadé qu'on est tous
unis d'ailleurs, ici, à l'Assemblée, autour de cette question.
va être important parce que le président américain, à travers toutes sortes de
déclarations intempestives, a décidé clairement qu'il allait, entre autres,
cibler le domaine de la gestion de l'offre. On n'est pas à la veille, je crois, de reprendre les négociations
là-dessus, compte tenu de l'ambiance dans laquelle s'est déroulé le G7.
Mais cependant il est
très, très important... D'ailleurs, j'aurai une motion conjointe avec mes
collègues, qui réaffirme notre soutien
entier au système de gestion de l'offre, et on aura l'occasion de la faire
parvenir ensemble, comme témoin de la
volonté collective des Québécois. Je dis «collective» parce que ce n'est pas
uniquement les gens des villes ou des
campagnes, c'est tous les Québécois, tous les Québécois qui vont vouloir
manifester leur soutien envers leurs agriculteurs, et le type de gestion de l'agriculture que nous
voulons mettre en place, et, au-delà de ça, le type d'agriculture que nous
voulons au Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Vous comprenez mon inquiétude, parce que, sous le gouvernement libéral actuel,
l'industrie laitière québécoise a
perdu 500 millions par année à cause des concessions qui ont été faites
sans résistance du gouvernement libéral.
Et là, cette motion que vous avez déposée, M. le premier ministre, je vous le
dis, M. le Président, nous avons voulu ajouter
les mots «refus absolu de toute concession sur les importations laitières»,
votre parti a refusé de mettre ça dans la motion.
Pourquoi voulez-vous
ne pas refuser toute concession dans les importations?
Président : M. le premier ministre.
M. Couillard : C'est quand même un peu surprenant sur le plan historique,
alors que c'est le Parti québécois qui, le
premier, a donné son accord à l'accord de libre-échange européen, y compris la
chose très explicite qui était contenue sur les produits laitiers. Je le
signale en passant.
Mais, au-delà de ça,
je pense que ce qu'il faut dire aux Américains, par l'intermédiaire de cette Assemblée
et autrement également, c'est que, s'il y a
un pays qui soutient massivement son agriculture par des subventions et des tarifs, c'est bien les États-Unis d'Amérique. Il y a
des tarifs massifs sur les arachides, sur le tabac, sur le sucre. Dans le
domaine laitier, on estime que trois
quarts des revenus des producteurs laitiers sont directement ou indirectement liés au soutien gouvernemental que le gouvernement américain et
les États apportent à cette industrie.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard :
Ils n'ont pas de leçons à donner à personne là-dessus.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Ils n'ont pas de leçons, mais le premier ministre non plus. Je lui ai demandé
ici, notre parti lui a demandé, à lui, de ne
pas ratifier l'accord commercial avec l'Europe tant que nous n'avions pas une
compensation entière de notre industrie laitière. Il a dit : Je vais signer de toute
façon. Exactement comme le chef de la CAQ, qui a dit : Je vais
signer de toute façon.
pourquoi refuse-t-il de mettre dans sa motion le «refus
absolu de toute nouvelle augmentation des importations laitières»? Pourquoi?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Je continue mon petit rappel historique. Ici, dans Le Devoir , le
19 octobre 2013, je cite le titre, et il y a une fort jolie photo de
notre collègue député de Marceau : Libre-échange Canada-UE :
un appui sans réserve du Québec . Sans réserve. Sans réserve,
c'est sans réserve. Alors, je pense qu'il n'y a pas de leçons à donner à
quiconque maintenant de la part du Parti québécois. «Sans réserve», c'est bien
ce qui est marqué.
Alors,
M. le Président, on va bien sûr veiller aux intérêts du Québec. Je pense que le
premier ministre Trudeau a bien fait son travail en fin de semaine en
résistant à M. Trump avec un mélange de fermeté et en évitant également l'escalade verbale, ce qui m'apparaît utile dans
ce contexte-ci. Mais nous, on va veiller particulièrement aux intérêts du
Québec, dont la question de la gestion de l'offre et l'exception culturelle, en
passant.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Alors, ceux qui savent se souvenir des choses savent
qu'à la motion de ratification de l'accord avec l'Europe le gouvernement a voté pour, la CAQ a voté pour, le Parti
québécois a voté contre parce qu'il n'y avait pas de compensation de nos
agriculteurs, comme nous nous étions engagés lorsque nous étions au
gouvernement.
Mais pourquoi le
premier ministre continue-t-il à jouer sur les mots? On est pour le maintien de
la gestion de l'offre, mais on ne veut pas mettre dans notre motion un refus de
toute augmentation des importations. Pourquoi?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, il ne faut pas jouer non plus sur l'histoire. Le collègue... Je
m'excuse, la photo manque de perspective
un peu, mais je vais quand même montrer l'article. Le
titre disait : Un
appui sans réserve du Québec. «Entrevoyant
des "gains significatifs" pour l'économie québécoise, le gouvernement
péquiste appuie sans réserve l'entente de principe — sans
réserve — sur
le vaste accord de libre-échange conclue...»
Alors, c'est un
exemple, encore une fois, de double discours : le discours de l'opposition
et le discours du gouvernement. On a pris
l'habitude, on le voit dans nos nombreux secteurs. Tiens, les services de
garde, l'autre jour, c'était exactement ça.
Président : C'est une belle photo, mais ce n'est pas un
tableau. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, en principale.
Poirier : Alors, M. le Président, le bilan de ce gouvernement
en éducation ne passera pas à l'histoire, ça, c'est le moins qu'on puisse dire. Rappelons-nous la chaise musicale du
début de mandat, où les ministres se sont succédé, ensuite les deux projets de réforme proposés par
le gouvernement qui ont été des échecs monumentaux. Les deux premières années ont été celles des coupures :
375 professionnels en moins, des coupes dans l'aide aux devoirs, des
coupes dans les organismes de
décrochage scolaire, on a même vu des chaînes humaines autour des écoles pour
dire au gouvernement d'arrêter de couper.
ministre actuel est arrivé avec ses bonnes intentions. Il a pris quelques mois
pour faire une consultation, il a sorti son plan sur la réussite. Les mêmes observateurs qui ont souligné les
bonnes intentions du ministre à l'époque sont en train de dégonfler. En effet, dans les 10 mesures-phares de sa
politique, seulement qu'une — une, M. le Président — est pleinement
réalisée, pas d'institut national d'excellence, rien sur la qualité du français
de nos enseignants, rien sur l'âge de fréquentation scolaire, rien sur
les élèves en difficulté dans nos écoles.
Ça, c'est votre
bilan, M. le ministre...
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation. Merci.
M. Proulx :
Oui, M. le Président. Depuis 2016, on a fait passablement de choses, puis je
vais prendre quelques instants pour
l'expliquer, M. le Président. D'abord, dans cette première année où on a fait
le projet de loi n° 105, on a fait une réelle décentralisation puis un changement au niveau de la
gouvernance, M. le Président. On a fait, effectivement, cette consultation pour la Politique sur la
réussite éducative. Dans la même année, M. le Président, on a consulté partout
au Québec, on a travaillé avec l'ensemble des gens.
Vous
savez on a fait quoi? On a rédigé cette politique et on l'a présentée. Depuis, M.
le Président, il y a
12 mois d'écoulés à peu près,
12 mois sur 13 ans d'une politique. Pourtant, dans cette même période, M. le Président, on a fait ceci. On s'est
donné les moyens financiers de mettre de l'avant nos mesures, il y a
des budgets importants et récurrents, plus importants
en éducation. On a mis de l'avant, M. le Président, des mesures
pour embaucher du personnel, des professionnels
et des enseignants, un plan sur cinq ans. On a mis de l'avant des mesures pour
pouvoir rénover des écoles, M. le Président, et en construire de nouvelles, c'est en cours, ça va se faire. Le
changement, M. le Président, à l'égard des élèves avec des besoins
particuliers, juste la façon de financer leurs services, M. le Président, qui
devait être faite, c'est fait, ce sera prêt à l'automne.
le Président, sincèrement, les gens veulent que ça aille rapidement. J'en suis.
Est-ce qu'on peut tout faire dans la même année? La réponse, c'est non. Est-ce
qu'en éducation des fois c'est plus long? La réponse, c'est oui. Pourquoi?
Parce que les changements, ils sont très importants, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
À écouter le ministre, M. le Président, une chance qu'ils ont fini par avoir ce
ministre-là, sinon il n'y aurait absolument rien marché dans ce
gouvernement-là.
Alors,
un autre caillou dans le soulier du ministre, on se rapproche de la fin de
l'année scolaire et on ne sait toujours pas ce qui va arriver avec le cours d'éducation à la sexualité, M. le
Président. On ne sait même pas encore qui va enseigner, on n'a toujours
pas le bilan des projets pilotes.
Alors, M. le
Président, est-ce que le ministre peut nous dire ce qui va se passer en
septembre avec les cours d'éducation à la sexualité ou c'est encore un autre
échec de son gouvernement?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président. Je constate que la collègue change de sujet,
parce que j'ai raison, au niveau de la
politique, ça va prendre des années pour tout mettre en application. Les cours
d'éducation à la sexualité, M. le Président, sont une autre réalisation concrète de ce qu'on a fait. On en a discuté
avec la collègue, il y avait un momentum pour agir. Ils ont été coupés par le chef de la deuxième
opposition, il n'y en a plus, M. le Président, dans nos écoles. Il y en aura, à
partir de septembre, dans toutes les écoles du Québec. Pourquoi? D'abord, parce
que ces apprentissages-là ont été proposés,
ont été enseignés, et aujourd'hui tous les conseillers pédagogiques, M. le
Président, qu'ils veulent couper, en passant,
ont été formés dans chacune des commissions scolaires pour pouvoir le faire. Et
ceux qui restent, M. le Président, s'il
en restait, ce sera fait dans les prochaines semaines. Les écoles peuvent
choisir, M. le Président, ce sera des enseignants, des professionnels,
des organismes communautaires.
Le Président : En terminant.
M. Proulx :
En septembre, M. le Président, éducation à la sexualité pour tout le monde.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Et, comme si ce n'est pas suffisant, M. le Président, après 15 années de
gouvernement libéral, nos enfants ont
plus de chances de tomber dans une école vétuste que dans une école saine. Ah!
Puis j'oubliais, d'ailleurs, la plus
grande réalisation du ministre. Savez-vous c'est quoi, M. le Président, son
legs? Bien, c'est d'avoir donné la plus haute baisse de taxe scolaire, qui fait en sorte que c'est : aucun
service à nos enfants. C'est la plus haute baisse de taxe...
Mme Poirier :
Oui, c'est ça. En tout cas, la plus grosse baisse de taxe scolaire — on va l'avoir. M. le Président, M. le Président, le legs de ce ministre-là, ça va
être d'avoir coupé les taxes scolaires, pas d'avoir augmenté la réussite
de nos enfants.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président. Respectueusement dit, je vais continuer à répondre aux
questions. Très honnêtement, nous sommes dans la situation
suivante : il y a de la mobilisation, M. le Président, il y a des gens qui
adhèrent actuellement... il y a des gens,
tout un milieu, qui se sont mis en mouvement. Ce que fait la collègue, c'est
nier ce qui se passe dans les écoles, M. le Président. Il y a de
l'espoir, il y a de la confiance. Oui, il y a encore des défis, oui, il y a encore des choses à régler. Vous savez
quoi? On a initié le mouvement, et ça va continuer avec le gouvernement
libéral, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : M. le Président, je m'apprêtais ce matin à poser une
question sur l'encadrement des groupes à dérive sectaire, un sujet important,
mais une remarque du ministre de la Sécurité publique m'amène à d'abord faire
ce pour quoi je suis élue,
c'est-à-dire représenter les gens de Québec et les gens de Taschereau. Il a dit
ce matin refuser de s'engager à ce
que les commerçants qui ont perdu des revenus à cause du G7 soient dédommagés.
Il y aura donc 650 millions de dollars
pour assurer la sécurité et rien pour les commerçants qui ont vécu cette fin de
semaine dans une ville déserte. Ce qui devrait être la norme, c'est que
le fédéral accepte de payer toute la facture. C'est son G7, c'est à lui à le
payer.
Est-ce
que le ministre peut enfin prendre fait et cause pour les commerçants de Québec
et leur dire qu'ils vont se battre pour qu'ils soient complètement
compensés pour cette fin de semaine?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Ce n'est pas
seulement cette semaine, M. le
Président, qu'on va prendre fait et
cause pour les citoyens et les
commerçants de Québec. La semaine dernière, on prenait fait et cause
pour eux alors que la députée de
Taschereau anticipait du vandalisme
partout. Et j'ai toujours dit qu'avant de constater des dégâts je pense que la priorité
devait être de prévenir ces dégâts.
Alors, la députée de Taschereau, aujourd'hui, devrait se réjouir du fait que
les stratégies policières en place
ont non seulement permis aux gens de manifester dans l'ordre et la paix, mais
qu'en plus on a évité de la casse, on
a évité des dommages, et c'était la principale préoccupation des commerçants.
Et on va rester aux côtés des commerçants. Il existe des programmes fédéraux, puis on va être là pour appuyer les
commerçants dans toute demande à cet égard. Ceci dit, ce qui leur
importait beaucoup, c'était d'éviter la casse, et nous l'avons évitée.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Justement, hier,
Joël Lightbound, le ministre fédéral, a déclaré... Il est ministre? Il est député. Il a déclaré que seuls les commerces qui ont été fermés
pourraient être compensés dans le programme fédéral.
Alors, la
question, c'est : Est-ce que vous allez vous battre ici pour que les commerces
qui ont été désertés en fin de semaine, comme je l'avais prévu, soient
compensés? C'est ça, la question.
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Je ne sais pas si
la députée de Taschereau avait bien
prévu les événements, parce que, la semaine dernière, elle nous annonçait une casse monumentale à Québec et elle
nous accusait de ne pas prendre les moyens pour la prévenir. Et j'ai
insisté sur le fait qu'on prenait tous les moyens pour la prévenir et qu'on
s'était assurés, avec le gouvernement fédéral, que les coûts en matière de
sécurité nous soient remboursés.
Je répète, et
on était en mode préventif, là aussi, avec les commerçants, mon
collègue, qui n'est pas seulement ministre de
l'Éducation, mais ministre
de la Capitale-Nationale, était aux côtés de la ville de Québec
pour annoncer qu'on allait s'occuper des commerçants aussi, le cas échéant où il y aurait
de la casse. On va toujours rester du côté des citoyens, du côté des
commerçants. Il existe des programmes fédéraux, on va appuyer les commerces.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Le programme fédéral... Ce que vous évitez de
dire, ce que le ministre évite de dire, je vais le dire. Le programme
fédéral renvoie, un, aux assurances, deux, ne s'adresse qu'aux commerces qui
ont été fermés. Or, la grande majorité des commerces, comme je l'avais dit à la ville de
Québec, ont voulu rester ouverts, parce
qu'il y a des gens qui vivent, qui résident puis qui sont touristes dans
cette ville-là.
Or, la semaine dernière, je lui ai posé la
question. Il a refusé de dire : Oui, on va se battre pour qu'ils soient
dédommagés, ceux qui sont restés ouverts. Allez-vous le faire?
Le Président : On s'adresse à
la présidence. M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : J'ai été très clair. La députée de Taschereau nous
disait : Puis, s'il y a du vandalisme, allez-vous être aux côtés des commerçants? J'ai dit oui. Mon
collègue ministre responsable de la Capitale-Nationale
était aux côtés de la ville de Québec. On avait attaché des choses pour
s'assurer qu'effectivement on n'allait laisser personne tomber.
La députée
de Taschereau nous parle des programmes fédéraux. Il existe effectivement des programmes fédéraux, et
nous, on va appuyer les commerçants. Mais, à ce titre, je pense que ce qui
était le plus important, puis je pense qu'elle doit le reconnaître,
c'est qu'on a évité la casse et c'était la principale crainte des commerçants.
Les stratégies ont fonctionné, nous avons été préventifs, mission accomplie.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
la semaine dernière, la Commission des droits de la personne a sorti un rapport
accablant sur les services aux enfants qui
ont des difficultés d'apprentissage au cours des 15 dernières
années. On apprend dans ce rapport, entre autres, qu'il y a des enfants qui ont attendu deux à trois ans pour
avoir un diagnostic, que d'autres parents ont dû payer des coûts
exorbitants au privé pour avoir un diagnostic.
On apprend
que le nombre de plaintes sur les services pour les enfants qui ont des difficultés
d'apprentissage ont augmenté
substantiellement au cours des 15 dernières années, et la Commission des
droits de la personne conclut que plusieurs élèves en difficulté n'ont
pas reçu les services auxquels ils avaient droit, ce qui a compromis leur
réussite scolaire. C'est ça, la négligence
des 15 dernières années. Il y a des enfants qui auraient dû avoir des services,
qui ne les ont pas eus, et ça a compromis leur réussite.
Est-ce que le premier ministre a pris connaissance
du rapport de la Commission des droits de la personne? Est-ce qu'il peut
reconnaître aujourd'hui qu'à cause de ses décisions il y a des enfants qui
n'ont pas reçu les services auxquels ils avaient droit?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, je vais
répondre à mon collègue par un discours qui a déjà été
le sien — en
passant, on a même des citations — que
la chose qu'il fallait faire, c'est redonner au Québec les moyens de ses
ambitions, parce que, comme
il le disait, on ne peut pas, d'un côté, parler de nos enfants dans les écoles
puis, de l'autre côté, leur laisser un déficit qui va limiter notre capacité d'agir. J'ai la citation complète, on
pourra la reprendre tantôt. Alors, il faudrait quand même qu'il parle du même côté de la bouche, selon les
périodes dans lesquelles il s'exprime, parce qu'il y a une époque où il était... les coupes, laissez-moi vous
dire, étaient vraiment sérieuses, on ne parlait pas de ralentissement des
croissances de dépenses, on parlait d'amputation.
Maintenant,
on a réussi, nous, à mettre 2,4 milliards de dollars dans le système
d'éducation. Ça veut dire quoi, pour
les parents qui nous écoutent? Ça veut dire qu'en septembre 2018 il y aura
3 100 enseignants de plus, et enseignantes, et, dans quatre ans, 7 700 de plus. Ça, c'est
des gens qu'on voit, des personnes qui sont là pour s'occuper de nos enfants,
pour leur réussite. Alors, il fallait
retrouver les moyens de notre ambition, c'est ce qu'on a fait au Québec,
d'ailleurs, en santé, en éducation et pour notre économie. Les résultats
sont là pour le démontrer.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Je veux mettre les choses bien claires : jamais je n'ai coupé dans l'aide
aux enfants qui ont des difficultés d'apprentissage et jamais — je
mets le premier ministre au défi — je n'ai appuyé les coupes dans l'aide aux
enfants qui ont des difficultés d'apprentissage.
Le Président :
S'il vous plaît!
Legault : Le premier ministre nous dit : Dans les
premières années, j'ai coupé et maintenant je remets l'argent. Bien, il
est trop tard pour ces enfants-là.
Est-ce que le premier
ministre comprend que c'est lui qui a compromis l'avenir de milliers d'enfants?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : On va faire jouer le vidéo encore pour pouvoir... regarde. Alors, je le
cite, là, 5 mai 1999 : «Au cours des dernières années, le
ministère de l'Éducation, comme la plupart de ministères au gouvernement du
Québec, a dû procéder à des compressions
pour réduire à zéro le déficit, une chose qui était souhaitable pour tous les
jeunes du Québec. On ne peut pas,
d'un côté, travailler pour l'avenir des jeunes dans nos écoles et continuer à
leur laisser un déficit annuel important.»
Est-ce qu'il prétend qu'à cette époque il n'y a pas eu de compressions dans les
écoles? Il vient de dire qu'il a dit le contraire.
Maintenant,
nous, ce qu'on a fait avec l'argent qu'on a pu réinjecter, grâce au
rétablissement de la santé de nos finances
publiques, c'est de nous donner plus de professeurs, offrir des services plus
tôt pour les élèves en difficulté. Notre collègue a annoncé qu'il intervenait dès le début, dès le signalement,
avant même que les diagnostics aient été complétés.
Le Président :
En terminant.
Couillard : C'est ça, agir pour l'avenir de nos enfants, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Je répète, jamais je n'ai coupé dans l'aide aux
enfants les plus vulnérables. Il y a
une différence de parler en général
de l'éducation puis de parler de l'aide, des services aux
enfants qui ont des difficultés d'apprentissage...
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
Bon, ça va?
Président : Je vous demande d'être moins bruyants, c'est clair?
M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Il ne faut jamais, jamais couper dans les services
aux enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, ce sont des gens
vulnérables. Honte au premier ministre.
Le Président : S'il vous plaît!
Le Président : Là, j'attends
que tout le monde se soit calmé, là. M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, le collègue
crie. Moi, je vais garder mon calme. Je vais lui répéter que les citoyens et
citoyennes pourront porter un jugement sur quelqu'un qui vient de dire ce qu'il
a dit, alors qu'il disait exactement le contraire.
Là, je comprends qu'il a ajusté le message : il a coupé en général. Alors,
ce n'est pas pareil, il nous a bien expliqué la différence. Mais il a très bien dit, il y a quelques années... et, à
moins qu'il ait dit ça dans une autre incarnation, il a dit exactement
ce qu'il est en train de nous reprocher, il l'a fait.
Maintenant,
moi, je me souviens, et c'est plus près de son époque à lui, quand je suis
arrivé comme ministre de la Santé et
des Services sociaux, les parents des enfants autistes poursuivaient le
gouvernement du Québec — tiens, c'était le ministère
de la Santé, ça, d'ailleurs — parce qu'il y avait zéro service pour les
autistes, ils poursuivaient le gouvernement. On a réparé ça, on a mis de
l'argent, on a créé le système...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...alors on n'a pas
rien à apprendre de lui, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député...
Le Président : M. le leader.
Principale, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, en septembre 2017, le ministre de
l'Éducation a promis de régler le problème des frais scolaires abusifs facturés aux parents. Jeudi dernier, neuf mois
plus tard, le ministre nous a encore promis de régler le problème dans un éventuel prochain mandat. Ça,
c'est l'inaction libérale dans toute sa splendeur, un chef-d'oeuvre de pelletage par en avant, je pense que ça leur a
pris une souffleuse. Il n'y a pas eu de conférence de presse à
60 000 $ cette fois-là, pas
de robot, pas de vedette, pas de son et lumière, il était peut-être gêné un
petit peu. Le ministre a dévoilé une directive qui entretient la
confusion et qui laisse même planer la menace de nouveaux recours collectifs de
la part des parents. Le ministre a tenu une
consultation qui aboutit sur une directive floue et une promesse de
consultation. On n'avance pas, M. le Président.
Est-ce que le
ministre reconnaît qu'il s'est traîné les pieds et qu'il entretient le flou sur
ce qui pourra ou ne pourra pas être chargé aux parents en septembre
prochain?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Proulx : M. le Président, ce
qu'on a fait en matière de gratuité, c'est ce qu'il fallait faire. La première
chose, c'est interpréter la loi, parce
qu'on ne peut pas, par une directive, aller au-delà de la loi. Vous allez me
donner raison, vous qui connaissez la
procédure, M. le Président. Alors, on a interprété la loi de façon à ce que ce
soit clair pour l'an prochain.
Ce qu'on a
également dit, M. le Président, c'est qu'il y avait des questions à se poser,
puis, socialement, ce débat-là, il va falloir
le faire. Mais on va le faire quand? On va le faire à partir et à compter de la prochaine session, quand le ministère de l'Éducation va initier une démarche administrative qui deviendra une démarche
parlementaire et consultative. Qui va nous
amener à quoi? À préparer et à déposer des modifications à la
Loi sur
l'instruction publique pour qu'on puisse convenir ensemble de ces zones,
M. le Président, où la décision, on ne peut pas la prendre maintenant.
Alors, ce qu'on a fait, M. le
Président, c'est ce qui est attendu par le milieu, c'est ce qui est reconnu par
les parents, c'est ce qui est reconnu
par le milieu scolaire. Et on l'a fait au moment où ce recours collectif, qui
n'est pas réglé en passant, mais pour
lequel il y a des ententes, M. le Président, va bientôt connaître sa fin, et
tant mieux si cela arrive dans les meilleurs délais.
Alors,
ce qu'on a fait, M. le Président, c'est d'être responsables. Le collègue, il a
déposé un projet de loi, il ne règle rien.
Il ne parle pas des sorties scolaires, il ne parle pas des fournitures. Il
parle du transport, des affaires qui existent déjà.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
M. le Président, on vient d'assister à un aveu d'échec. Mais, dès 2007, la
Commission des droits de la personne sonnait l'alarme, et je cite le
rapport : «...il devient impératif pour les commissions scolaires qui
imposent de tels frais de les abolir
immédiatement et de mettre fin aux pratiques illégales exercées par certaines
d'entre elles.» Ça fait 11 ans, et le ministre, jeudi dernier, nous
a annoncé des consultations, on n'avance pas.
Est-ce
que le ministre reconnaît que son gouvernement et lui-même ont échoué à
protéger le portefeuille des familles et à clarifier la situation?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : M. le Président, on l'a dit maintes et maintes fois ici, on ne peut pas
intervenir dans ces recours juridiques, on ne peut pas intervenir. Le collègue peut, s'il veut, là, il peut
s'inscrire, il peut même s'inscrire comme parent. Il pouvait faire tout
ça, M. le Président, c'est son choix.
qu'on a fait, c'est de se dégager l'espace, M. le Président, où, au moment où
ça a été réglé... Parce qu'en passant on
a fait ce qu'il fallait pour permettre au milieu d'être capable de s'entendre,
nous avons déposé cette directive. Directive qui dit quoi, M. le Président? Voici la loi, voici ce qu'on a le droit
de faire, voici ce qu'on va faire l'an prochain. Et on met même en place, M. le Président, des ressources
pour accompagner les milieux, pour être capables de s'assurer qu'il n'y ait
pas de débordement. On fait ce qu'il faut, on est à l'intérieur de nos limites.
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
Il faudra modifier la loi, on le fera dès la prochaine session. Peut-être...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
M. le Président, le ministre va déployer une escouade d'experts en
interprétation de règlements flous. C'est quand même quelque chose. Ce
que les familles voulaient, c'était une loi claire qui allait empêcher les
commissions scolaires, encore une fois, de facturer des frais abusifs, mais le
ministre n'a pas livré.
Est-ce
que le ministre peut nous garantir que son règlement flou sera interprété de la
même manière dans toutes les écoles et qu'aucun parent ne se fera
imposer des frais abusifs? Moi, je ne pense pas.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : M. le Président, vous regarderez les communications de la Fédération
des comités de parents du Québec, c'est
18 000 parents impliqués dans toutes les écoles, ils sont satisfaits.
Ça, c'est la réponse au collègue, M. le Président. Moi, je les rencontre, ces gens-là, je vais dans
leurs associations, je vais dans leurs assemblées ou leurs congrès. Vous
savez quoi? Ils voulaient une directive qui
mette les choses au clair, mais ils voulaient aussi qu'à terme on soit capables
de s'entendre et de faire en sorte qu'il
n'y en ait plus, des recours comme ceux-là. C'est ce qu'on va faire, M. le
Président. Ça prend deux étapes pour
s'y rendre. On est responsables, on va faire les deux étapes. Vous savez quoi?
Je vais la faire, la consultation. Elle débutera en automne, et, au
printemps prochain, on aura réglé ça une fois pour toutes.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le
Président. Le français au Québec, c'est important et sérieux. 9 751
citoyens ont exigé le respect de la
décision unanime des élus du peuple québécois ici, en cette Chambre, en mettant
en vigueur les dispositions de
l'article 1 de la loi n° 104 modifiant la Charte de la langue française
pour mettre fin au bilinguisme institutionnel de l'administration
publique dans ses communications écrites avec les autres gouvernements et les
personnes morales, donc les corporations
établies au Québec. M. le Président, je dépose ici le document, la pétition des
9 751 citoyens qui l'ont signée. Le 13 février dernier, j'appuyais Maxime Laporte,
de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui a lancé cette pétition avec les Partenaires pour un Québec français, le Syndicat
pour la fonction publique et aussi le Parti
québécois et Québec solidaire. Il serait juste normal que l'appareil de l'État
fonctionne uniquement en français avec les corporations établies ici.
Est-ce
que le gouvernement libéral va dire oui
aux 9 951 citoyens et appliquer l'article 1 de la loi n° 104, tel
qu'il s'était engagé à le faire en votant pour le projet...
Président : Mme la députée, une question comme cela, est-ce que
le document que vous voulez déposer est une pétition?
Mme Ouellet :
C'est un document qui est une pétition électronique, mais qui n'est pas,
malheureusement, admissible à la
section des pétitions. Donc, je le dépose en
document ici, donc, qui est déposé.
Président : Je ne pourrai pas la recevoir, madame, parce que,
justement, elle n'est pas admissible comme une pétition ici, mais on vous
reviendra. Mais je ne pourrai pas la recevoir ni même avec le consentement des
gens. À moins qu'il y ait consentement, mais, normalement, notre
règlement ne le prévoit pas, prévoit qu'on ne peut pas le recevoir.
Mme la ministre de la
Culture, j'imagine?
Le Président :
Oui, Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : M. le Président, c'est un document. Je ne le
dépose pas en tant que pétition, je le dépose en tant que document.
Donc, c'est pour témoigner...
Le Président :
Ça va, ça va, ça va. Je vais régler ça moi-même. Mme la députée de Vachon,
c'est que notre jurisprudence est très
claire sur cette question-là, on ne peut pas déposer une pétition qui n'a pas
été acceptée pour le dépôt ici.
Alors, dans un sens ou dans l'autre, je ne peux pas faire le contraire de ce
qu'on ne pourrait pas me permettre. Et, en principe, vous pourrez la déposer... si vous pouviez la déposer, vous
pourrez la déposer au moment du dépôt des pétitions.
Mme la ministre de la
Culture.
Montpetit : Je vous remercie, M. le Président. Bien, d'entrée
de jeu, je pense,
ce n'est pas la première fois qu'on a des échanges là-dessus
avec la députée de Vachon. Donc, je vais lui rappeler encore une fois que, depuis le dépôt de ce
projet en 2002 sous un gouvernement péquiste, aucun gouvernement n'a appelé et n'a
mis en oeuvre les dispositions de ce projet
de loi, non plus sous le gouvernement du Parti québécois en 2012‑2013.
Donc, il y a des raisons pour
lesquelles ça n'a jamais
été appelé. Tout le monde reconnaît que le français est la langue officielle
du Québec, tout le
monde reconnaît que c'est la langue
de travail au Québec également.
Il n'y a pas de question
de bilinguisme institutionnel. Au contraire,
les ministères et les organismes communiquent exclusivement en français,
et ça, la députée de Vachon le sait très bien, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : Malheureusement, M. le
Président, ce que dit la ministre,
ce n'est pas exact. Ce n'est pas vrai que l'administration publique
communique uniquement en français avec les corporations, et c'est pour ça que cet
article
1 était là.
Et je trouve ça
dommage que la ministre répète encore la même réponse. Il n'est pas trop tard
pour bien faire, M. le Président. Ce n'est pas parce que ça n'a pas été fait
dans le passé que ça ne peut pas se faire aujourd'hui. Et je ne crois pas qu'il y ait de bonnes raisons pour lesquelles ça n'a pas été
fait. Je pense que c'était une question de temps, et il n'est
pas trop tard pour le faire aujourd'hui. Ça fait 15 ans que ça a été voté à l'unanimité, c'est notre responsabilité de parlementaires de respecter notre parole, M. le
Président.
Le Président :
Je pense qu'au départ il faut accepter la parole de chacun des membres de cette
Assemblée. Mme la ministre de la Culture.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, M. le Président, de le souligner, effectivement, parce
que je pense qu'entre parlementaires... Je prends les questions, je
pense qu'il faut écouter les
réponses et prendre la parole également des élus quand on y répond.
Donc,
c'est malheureux, je veux dire, j'ai été interpelée à plusieurs reprises, oui, je réponds la même chose parce que c'est toujours la même question qui m'est posée par la députée de Vachon, et,
oui, les correspondances par les gouvernements se font de façon exclusive en français. Je pense que la nuance qu'elle veut y apporter... Si elle connaissait son article, l'article, ce qu'il dit, c'est «uniquement
en français», ce n'est pas «exclusivement en français».
Ce que la loi prévoit présentement, c'est «exclusivement en français»,
et c'est ce qui se fait, M. le Président, le français...
Le Président : En terminant.
Mme Montpetit : Et c'est ce qui
se fait, M. le Président. Je vous remercie.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : M. le
Président, vous me voyez très
surprise de voir c'est quoi, la nuance entre «exclusivement» et «uniquement». Pour moi, ça veut dire que c'est seulement
qu'écrit... seulement qu'en français, qu'il
n'y a pas aussi une communication en anglais, donc, sinon, ça devient
bilingue. Donc, ce qu'on demande, c'est que ça soit soit «exclusivement»
ou «uniquement». Pour moi, ça veut dire la même chose, ce sont des synonymes. La ministre n'a pas l'air de trouver que c'est un synonyme, elle a l'air de trouver une
différence entre ces deux choses-là. Donc, ce n'est pas vrai, ce n'est pas
exact qu'actuellement les communications sont exclusivement, uniquement
en français, et c'est ça qu'on veut changer, M. le Président.
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, M. le Président. Bien, écoutez, je
pense que la députée
de Vachon essaie de nous amener dans un débat où, de toute évidence, aucun gouvernement, aucun parlementaire n'a jamais voulu... à part elle, où elle continue de nous
amener dans ces questions-là. Il
y a des raisons pour lesquelles,
depuis 2002, il n'y a pas de gouvernements qui ont adopté cette disposition, qui ne l'ont pas mise en oeuvre. Je le répète, il y a
des raisons pour lesquelles c'est
comme ça. Il y a des raisons pour lesquelles, effectivement, on n'a pas adopté «uniquement», mais le «exclusivement», ça permet de mettre des lettres de courtoisie, entre autres, qui accompagnent des correspondances
en français pour des pays étrangers. Notamment, il y a plein de
dispositions qui permettent d'avoir certaines exceptions qui permettent de
communiquer dans certaines occasions... Mais, de façon générale, il n'y a pas
de bilinguisme institutionnel...
Le Président : En terminant.
Mme Montpetit : ...et on répond en
français, au gouvernement du Québec. Merci.
Le Président : Principale, M.
le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. On va se le dire, les gens de
Québec, les gens de la ville de Québec se sont fait avoir en fin de
semaine. On leur avait dit : Barricadez-vous, tous aux abris, il y a une
horde de méchants manifestants violents qui
s'en vient vous envahir. On a rempli les rues de milliers de policiers, on a
fermé le Parlement, on a mis
10 000 fonctionnaires en congé, on a fermé une douzaine d'écoles et
de garderies, on a fait voler des hélicoptères pendant trois jours en empêchant
les gens de dormir à Québec. Tout ça pour quoi, M. le Président? Tout ça pour
des manifestations très, très
majoritairement pacifiques. 400 millions de dollars plus tard, le ministre
de la Sécurité publique a des comptes à rendre en termes d'évaluation de
la menace. C'est une exagération...
Le Président : Est-ce que...
Président : Non, non, j'aimerais entendre la fin de la
question, j'ai de la misère à l'entendre. M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : En termes
d'évaluation de la menace, M. le Président, c'est une exagération
spectaculaire, un ratage total.
J'aimerais savoir comment le ministre de la
Sécurité publique...
Président : M. le ministre de la Sécurité publique.
Le Président :
Excusez-moi, excusez-moi. Je m'excuse, M. le député de Gouin, dans ma tête,
j'étais en complémentaire. Allez, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : La troisième fois sera la bonne, M. le Président.
Très
mauvaise évaluation de la menace. Comment le ministre explique-t-il une
situation aussi gênante, une aussi grande disproportion entre les moyens
sécuritaires et la menace réelle?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Dans l'une des tentatives — parce qu'il y a eu trois reprises,
malheureusement, pour que la question me
soit posée, M. le Président — le député de Gouin m'a demandé de rendre des
comptes. Bien, je suis assez heureux de
rendre des comptes aujourd'hui, bien honnêtement, là, je suis très, très, très
heureux de rendre des comptes parce que, la semaine dernière, tout le
monde s'ameutait ici en annonçant, effectivement, du vandalisme, de la casse,
des dégâts monumentaux, et la grande question était : Qui va payer? Qui va
payer?
Bien,
savez-vous quoi, M. le Président? Les comptes à rendre sont les suivants. On a
évité une telle situation, on a permis
aux gens de manifester en respectant les lois, on a permis aux gens d'énoncer
leurs opinions sur ce qu'ils pensaient de
ce G7, de ce qu'ils pensaient de certaines injustices qu'ils voulaient
identifier. Et, en même temps, ils l'ont fait dans le calme, dans l'ordre, et les commerces n'ont pas
été saccagés et n'ont pas été vandalisés, il n'y a pas eu de violence. Alors, on a tout lieu d'être heureux de cette
situation. Et ce n'est pas sans lien avec les mesures policières qui ont été
mises de l'avant, et je dis bravo aux forces policières, qui ont fait un
travail remarquable.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : M. le Président, le ministre ne répond pas à ma
question. On a paralysé la région pendant trois jours, il y a des gens
qui ont vu leur ville, leur quartier transformé en forteresse militaire. Je ne
niaise pas, M. le Président, il y avait des mitraillettes, là, des vraies
mitraillettes dans les rues de Québec.
Est-ce
que le ministre trouve ça normal? C'était ma question. Est-ce qu'il trouve ça
normal, en démocratie, une aussi grande
disproportion entre la manifestation de force des forces policières et les
manifestations, qui, elles, étaient très, très majoritairement
pacifiques?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Et une démocratie, M. le Président, une démocratie en santé
permet à ses citoyens de s'exprimer librement
et évite la violence et la casse. Et c'est exactement le type de démocratie
qu'on a au Québec, et, effectivement, il
n'y a pas eu personne qui a été brimé dans ses droits. Il y a des itinéraires
qui ont été annoncés, il y a des gens qui ont manifesté dans la paix,
dans l'ordre, qui ont émis leurs opinions. Les gens qui regardaient à la
télévision, ils étaient interviewés, ils
pouvaient exprimer toutes leurs opinions. Mais il n'y a pas eu de casse, il n'y
a pas eu de violence, et ce n'est pas
sans lien avec les stratégies policières qui ont été mises en place. Alors,
encore une fois, on doit se réjouir. Si le collègue de Gouin ne se
réjouit pas, je me demande qu'est-ce qu'il aurait souhaité?
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
Mais, en fait, on a maintenu la paix.
Le Président :
M. le député de Gouin, en deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît, j'aimerais l'entendre, le député de Gouin. M. le député de
Gouin.
M. Nadeau-Dubois : M. le
Président, le caractère prévisible des allusions du ministre me fait sourire.
On est en démocratie, la liberté
d'expression, c'est fondamental, et, à La Malbaie, on a organisé, on a aménagé
un enclos à manifestants.
Est-ce
que c'est ça, pour le ministre de la Sécurité publique, un exercice sain de la
liberté d'expression en démocratie, un enclos à manifestations? Est-ce
qu'il est fier de ça, lui?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Je ne sais pas, M. le Président, pour le député de Gouin, ce
qu'est une manifestation réussie. En ce qui me concerne, comme ministre de la
Sécurité publique, une manifestation réussie, c'est une manifestation au cours
de laquelle les gens ont exprimé leurs
opinions en toute liberté et qu'on ait, en même temps, évité de la violence,
qu'on ait évité de la casse et qu'on
ait protégé les manifestants qui se sont exprimés librement de ceux et celles
qui auraient voulu s'infiltrer pour
faire de la casse et qui sont tout le contraire, qui sont tout le contraire,
selon moi, d'une manifestation réussie. Ça aurait été une manifestation
ratée. Alors, on a préservé la paix...
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
...l'ordre puis la sécurité, et les manifestants se sont exprimés.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, l'année 2018 aura été marquée par une
prise de conscience collective concernant la
triste réalité de la prostitution juvénile. Plusieurs groupes sont d'avis que
nous n'avons pas de portrait de ce phénomène
grandissant à la grandeur du Québec. Selon la stratégie pour prévenir et
contrer les violences sexuelles, il est de la responsabilité du ministre de la Sécurité publique de produire un
portrait de la situation. Un an et demi après l'annonce de la stratégie, rien. Pire, le ministre, lors de
l'étude des crédits, n'était même pas au courant que c'était sa responsabilité.
Force est de constater que le gouvernement,
dans ce dossier, navigue à vue, sans plan, sans boussole et sans destination.
Comment
le gouvernement peut-il affirmer être préoccupé par le sort des victimes
d'exploitation sexuelle et de prostitution juvénile s'il ne cherche même
pas à connaître l'ampleur du problème à la grandeur du Québec?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Bien là, ici, M. le Président, il faut savoir
que c'est un travail de plusieurs ministères qui sont interpelés — le mien à commencer — par tout ce qui concerne la réadaptation
dans les centres jeunesse, les fugues, et tout ça, et nous avons déposé, M. le Président, un plan de fugue qui
était audacieux et qui nous a permis de, justement, faire davantage de
prévention.
Mais, avec mon
collègue de la Sécurité publique, vous vous souviendrez qu'on a aussi annoncé
ensemble le programme Prévention jeunesse,
qui faisait en sorte que les forces policières et les forces des services
sociaux pouvaient travailler ensemble, communiquer davantage pour faire en
sorte que nos jeunes filles puissent demeurer dans les centres de
réadaptation.
Mais il y a eu aussi
beaucoup de prévention qui a été faite auprès des parents pour faire en sorte
d'être bien à l'écoute de ces jeunes filles. Il y a eu multiples gestes. Il y a
eu ma collègue ici, à la Condition féminine, qui a aussi annoncé des mesures
pour prévenir et contrer l'exploitation sexuelle, et tout ça.
Alors,
M. le Président, ce n'est pas un ministre, ce n'est pas une ministre, c'est un
ensemble de gestes posés par plusieurs ministères qui font en sorte que
nous pouvons mieux protéger ces jeunes filles, mais aussi les femmes dans
l'ensemble, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, nous avons fait adopter ici une motion
pour demander la signature du décret fédéral
pour la loi C-452 afin d'imposer des peines plus sévères contre les
proxénètes. La ministre de la Justice nous a répondu d'aller défendre nous-mêmes notre motion à Ottawa. Nous avons
déposé un projet de loi pour faciliter l'accès à l'IVAC aux victimes d'exploitation sexuelle. La ministre de la Justice
n'a pas daigné donner suite à notre projet de loi.
Est-ce
que le gouvernement reconnaît qu'il a échoué à protéger davantage
les victimes d'exploitation sexuelle et de prostitution juvénile?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le
Président, je vais juste rappeler,
notre collègue nous a interpelés en 2018 sur cette question-là.
Moi, j'avais écrit en 2016 à la ministre
fédérale. Depuis plusieurs années, nous n'avons cessé de poser des gestes
pour soutenir non seulement les victimes de traite, mais les victimes
d'agression sexuelle de façon générale.
Nous avons
déposé, avec ma collègue députée
d'Anjou et ministre responsable de la Protection des consommateurs, à l'époque où elle était à la Condition féminine,
un plan sans précédent en matière de lutte aux agressions sexuelles qui
interpelle l'ensemble des intervenants, l'ensemble des ministères. Et le
ministère de la Justice a posé des gestes sans précédent en investissant plus
de 50 millions de dollars...
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : ...pour modifier
l'IVAC et apporter un support direct.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, ce n'était pas important pour le gouvernement de se doter d'un portrait de la situation,
ni d'agir plus sévèrement contre les proxénètes, ni de faciliter l'accès à
l'IVAC aux victimes d'exploitation sexuelle
et de traite des personnes. Le Québec tout entier a fait une prise de conscience
collective, mais les libéraux, eux, sont restés lymphatiques. La CAQ ne
tolérera jamais que nos filles puissent être considérées...
Le Président : S'il vous
plaît!
Lavallée : ...comme des
proies faciles à des arrêts d'autobus, dans les rues du Québec
et dans les médias sociaux. Nous allons agir.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Je pense que la
collègue omet un certain nombre d'actions importantes. Et puis je pense
qu'on a indiqué ici que c'était le travail de tout gouvernement, mais on a mis sur pied au ministère
de la Sécurité publique, avec le concours des corps policiers, une escouade de
lutte contre le proxénétisme, et ça donne des résultats, M. le Président. Ça donne des résultats. À ce jour, l'équipe intégrée de lutte contre le
proxénétisme a reçu 91 dossiers d'enquête, 91 depuis sa création, des
enquêtes qui ont mené déjà à 31 arrestations, 31 arrestations.
J'aimerais, M. le Président, si vous pouviez
maintenir l'ordre de l'autre côté, j'entends un peu de bruit.
Le Président : En terminant.
M. Coiteux : Au dépôt de 200 chefs
d'accusation...
Le Président : Principale, Mme
la députée de Taillon.
Mme Lamarre : 35 % des citoyens
à Montréal sont orphelins, 35 %. En Montérégie, 25 % qui n'ont pas de
médecin de famille. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
il y a 10 000 personnes qui sont sur le guichet d'accès...
Le Président : S'il vous
plaît!
Lamarre : ...dont 4 500 orphelines juste à Jonquière, comme l'a
documenté mon collègue de Jonquière. En plus, aucun médecin ne peut
venir s'y établir parce que le PREM est complet à Jonquière. Dans l'est de
Montréal, 40 médecins ont pris leur retraite, ils vont
être remplacés par six, 80 000 personnes vont être orphelines. Des gens vulnérables sont bloqués hors des CLSC qui ferment
leur sans rendez-vous, hors des GMF qui n'ouvrent plus leurs portes, hors des supercliniques qui sont saturées et qui
ont moins d'offres de places sans rendez-vous qu'avant. La seule assurance que
ces orphelins ont, ce n'est pas l'assurance médicale, c'est l'assurance d'être
bloqués des années sur un guichet.
Est-ce que le ministre reconnaît qu'il a bloqué
tous les accès pour ces patients?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : 1,2 million de personnes qui ont accès à un médecin de famille, M. le Président, grâce à des lois que nous
avons adoptées, contre lesquelles se sont opposées toutes les oppositions,
c'est un résultat. 45 supercliniques qui donnent accès partout sur le
territoire du Québec à la clientèle orpheline. Le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
prenons l'exemple de notre collègue, qui a dépassé largement ses taux
d'inscription et son taux d'assiduité.
M. le Président, la réalité est que les changements que nous devions apporter dans le
réseau l'ont été. Évidemment,
il faut continuer dans cette direction-là. Je pense que nous avons pris les bonnes décisions qui nous amènent vers la bonne
destination.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Et nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Il faudrait la collaboration des collègues. Alors, M. le premier ministre...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
C'est pour une motion? Donc, c'est une motion qui requiert le vote des deux
tiers des...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Oui, alors, il y a cinq motions.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
D'accord. Alors, je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour être adoptées, ces cinq motions doivent être approuvées
par au moins les deux tiers des membres de l'Assemblée nationale et elles doivent donc être suivies d'un vote
par appel nominal.
Alors, M. le premier ministre, je vous cède la
parole.
M. Couillard : Pour la première, bien
sûr. On les fait une par une, hein? Alors :
«Que,
conformément aux articles 104, 104.1 et 105 de la
Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics et la protection des renseignements
personnels, Me Jean-François Gauthier, greffier et directeur des services
juridiques [à] ville de Saint-Sauveur, soit
nommé, suivant la procédure de sélection des personnes aptes à être nommées
membres de la Commission d'accès à l'information établie par règlement
l'information, affecté à la
section juridictionnelle, pour un mandat de cinq
ans à compter du 26 juin 2018, et que sa
rémunération et ses autres conditions de travail soient celles contenues dans
le document ci-annexé que je dépose.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, merci, M. le premier ministre.
Alors, je mets aux voix la motion de M. le
premier ministre, qui requiert un vote aux deux tiers des membres.
Alors, que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Couillard (Roberval); M. Fournier
(Saint-Laurent); M. Billette (Huntingdon); Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel); M. Leitão (Robert-Baldwin); M. Arcand (Mont-Royal),
M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx
(Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Nichols
(Vaudreuil), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau),
Mme Charlebois (Soulanges), M. Barrette (La Pinière),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay),
M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), Mme Vien (Bellechasse),
Mme Ménard (Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay
(Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), M. Ouellette (Chomedey),
Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet (Jean-Lesage),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau),
M. Bolduc (Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont), M. Auger
(Champlain), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est),
M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy
(Saint-François), M. Merlini (La Prairie), M. Plante (Maskinongé),
M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Sauvé (Fabre).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais
(Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron (Verchères),
Mme Richard (Duplessis), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet), M. Rochon
(Richelieu), M. Pagé (Labelle), M. Cousineau (Bertrand),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier),
Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne),
M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Busque
(Beauce-Sud), M. Lelièvre (Gaspé).
Vice-Président (M. Ouimet) : Que les députés contre cette
motion veuillent bien se lever.
a-t-il des abstentions?
Secrétaire adjointe : M. Legault (L'Assomption),
M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Paradis (Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), M. Khadir (Mercier), Mme Ouellet (Vachon).
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, nous en sommes en train de compiler les résultats. Sommes-nous prêts?
M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 84
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En conséquence, la motion, elle est adoptée.
Pour une deuxième
motion, M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le Président, la motion se lit comme suit :
«Que,
conformément aux articles 104,
104.1 et 105 de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels, Me Guylaine Giguère, secrétaire générale, Commission scolaire des
Navigateurs, soit nommée, suivant la
procédure de sélection des personnes aptes à être nommées membres de la Commission d'accès à l'information établie par
règlement du Bureau de l'Assemblée nationale, membre de la Commission d'accès à l'information, affectée à la
section
juridictionnelle, pour un mandat de cinq ans à compter du 16 juillet 2018,
et que sa rémunération et ses autres
conditions de travail soient celles contenues dans le document ci-annexé [que
je dépose].»
857 Le Vice-Président (M. Ouim et) :
Alors, merci, M. le premier ministre. Donc, que les députés en... M. le leader
adjoint... M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Vous étiez à le dire, M. le Président, mais je suis informé que le vote sera à peu près identique, à
moins que j'aie des signaux contraires, auquel cas on pourrait enregistrer le
même vote, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour enregistrer le même vote?
Consentement. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 84
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, la motion, elle est adoptée. Pour la présentation d'une troisième motion,
M. le premier ministre.
M. Couillard :
Motion qui se lit comme suit :
«Que,
conformément aux articles 104,
104.1 et 105 de la
Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics et
sur la protection des renseignements
personnels, Me Rady Khuong, avocate
associée chez Stein Monast, soit nommée, suivant la procédure de sélection des personnes aptes à être nommées
membres de la Commission d'accès à
l'information établie par règlement
du Bureau de l'Assemblée nationale, membre de la Commission d'accès à l'information, affectée à la
section
juridictionnelle, pour un mandat de cinq ans à compter du 26 juin 2018, et
que sa rémunération et ses autres conditions de travail soient
celles contenues dans le document ci-annexé [que je dépose].»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M. le
premier ministre. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Avec les mêmes regards, je proposerais le même vote.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour procéder au même vote?
Consentement. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Le Secrétaire :
Pour : 84
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En conséquence, la motion, elle est adoptée.
Pour une quatrième motion maintenant, M. le premier ministre.
M. Couillard :
M. le Président :
«Que,
conformément aux articles 104,
104.1 et 105 de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, Me Marc-Aurèle Racicot, syndic adjoint, Chambre
de la sécurité financière, soit
nommé, suivant la procédure de sélection des personnes aptes à être nommées
membres de la Commission d'accès à l'information établie par règlement
l'information, affecté à la
section juridictionnelle, pour un mandat de cinq
ans à compter du 26 juin 2018, [...]que sa rémunération et ses autres conditions
de travail soient celles contenues dans le document ci-annexé [que je dépose].»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le premier ministre. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
J'ai l'impression d'être un peu répétitif, mais je vous demanderais
d'enregistrer le même vote.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il y a consentement
pour procéder au même vote? Oui. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 84
Vice-Président (M. Ouimet) : En conséquence, la motion, elle est adoptée.
Pour une autre motion sans préavis, M. le premier ministre.
Couillard : Oui. La dernière des cinq, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : La cinquième.
Couillard : «Que, conformément aux articles 104, 104.1 et 105 de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels, Me Martine Riendeau, avocate, soit nommée, suivant la procédure de sélection des personnes
aptes à être nommées membres de la Commission
nationale, membre de la Commission d'accès à l'information, affectée à la
section juridictionnelle, pour un mandat de cinq ans à compter du 26 juin 2018,
en remplacement de Me Christiane Constant, et que sa rémunération et ses autres conditions de
travail soient celles contenues dans
le document ci-annexé — que
je dépose.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le premier ministre. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Même vote, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Consentement pour procéder au même vote? Consentement. Résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 84
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En conséquence, la motion, elle est adoptée.
Nous
tombons maintenant dans la rubrique des motions sans préavis, et je cède la parole à nouveau à M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement de l'Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le
député de Sanguinet,
le chef du deuxième groupe d'opposition, le
député de Gaspé et
la députée de Vachon :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle le haut niveau d'intégration de toutes les économies nord-américaines,
dont celle du Québec;
«Qu'elle se prononce
en faveur du maintien de relations commerciales ouvertes avec les États-Unis;
«Qu'elle déclare
qu'elle s'attend à une saine collaboration provenant des élus américains dans
le cadre des négociations commerciales qui ont le but d'avantager les travailleurs
et les entrepreneurs de nos deux pays;
«Qu'elle réitère son
appui à l'ensemble des travailleurs et entreprises du secteur de l'aluminium et
de l'acier québécois;
«Qu'enfin elle réaffirme son soutien entier au
maintien intégral du système de gestion de l'offre et aux agriculteurs qui y participent.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le premier ministre. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat et de procéder par un vote par appel
nominal, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, il y a consentement pour
procéder sans débat?
Alors, que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent),
M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Arcand (Mont-Royal), M. Coiteux (Nelligan),
Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour
(Rivière-du-Loup—Témiscouata),
Mme Nichols (Vaudreuil), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée
(Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges), M. Barrette
(La Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Blanchette
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay),
M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), Mme Vien (Bellechasse),
Mme Ménard (Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay
(Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), M. Ouellette (Chomedey),
Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet (Jean-Lesage),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau),
M. Bolduc (Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont), M. Auger (Champlain),
M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), M. Plante
(Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Sauvé (Fabre).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais
(Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron (Verchères),
Mme Richard (Duplessis), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet), M. Rochon
(Richelieu), M. Pagé (Labelle), M. Cousineau (Bertrand),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier),
Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne),
M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Paradis (Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Nadeau-Dubois (Gouin),
M. Khadir (Mercier), M. Busque (Beauce-Sud), M. Lelièvre
(Gaspé), Mme Ouellet (Vachon).
Vice-Président (M. Ouimet) : Que les députés contre veuillent
bien se lever. Y a-t-il des abstentions? Sinon, pour le résultat du vote, M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 105
Contre :
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En conséquence, la motion, elle est adoptée.
Toujours à la
rubrique des motions sans préavis, M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Donc, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Borduas, le député
de Gouin, le député de Gaspé, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse l'importance qu'elle accorde à la protection des
renseignements personnels des électeurs ainsi que les préoccupations de la
population du Québec à cet égard;
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le Directeur général des élections a,
dans une lettre datée du 5 avril 2018, suggéré l'adoption au cours
de la présente session parlementaire d'une loi accordant temporairement un
mandat et les pouvoirs nécessaires afin que soient évaluées les pratiques des
[bonnes pratiques] quant à la collecte, à l'utilisation,
à la communication, à la conservation et à la sécurité des renseignements
personnels des électrices et des électeurs;
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que ces travaux du Directeur général des
élections permettraient de dresser un
état de situation et de proposer par la suite un encadrement législatif quant à
la protection de la vie privée des électeurs;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que les partis politiques représentés à
l'Assemblée nationale ont tous exprimé publiquement leur appui à la
suggestion du Directeur général des élections;
«Que
le Directeur général des élections demande immédiatement aux partis politiques
de s'engager à signer un guide des bonnes pratiques qui respectera les
renseignements personnels des électeurs;
«Que l'Assemblée
nationale demande au Directeur général des élections de proposer au comité technique
un protocole d'évaluation des bonnes pratiques;
«Qu'à
la suite de l'acceptation de ce protocole l'Assemblée nationale procède à
l'étude du projet de loi n° 188 d'ici la fin de [la] présente
session parlementaire.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Labelle. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Tanguay :
Il n'y a pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. M.
le député de Deux-Montagnes, à vous la parole.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
l'importance du libre-échange pour l'économie mondiale;
«Qu'elle souligne la force des liens économiques
existant entre le Québec et les États-Unis;
«Qu'elle donne son appui au premier ministre
canadien dans la défense des intérêts du Canada suite aux déclarations du
président américain tenues en marge du Sommet du G7.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à
vous, M. le député de Deux-Montagnes. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Ah! il n'y a pas de consentement. Désolé. Très
bien. Pas de consentement. M. le député de Gouin, pour la présentation d'une
autre motion sans préavis.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président...
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors,
écoutez, il n'y a aucun commentaire à faire sur le fait qu'il n'y ait pas
de consentement. M. le député de Gouin, vous avez la parole.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de
l'Assemblée pour...
Nadeau-Dubois : Il y a de la fébrilité aujourd'hui, hein, ça parle.
Alors, M. le Président, je demande le consentement de
l'Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec le
député de Verchères, la députée de Vachon, le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée
nationale affirme que les manifestations sont un moyen légitime pour les
citoyens de faire connaître leur point de vue et que les mesures de sécurité ne
doivent pas avoir pour effet de limiter ce droit;
«Que l'Assemblée nationale dénonce les coûts astronomiques
pour l'organisation et la sécurité liées au G7 ainsi que les effets
négatifs vécus par les citoyens et les pertes encourues par les commerçants.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci à vous, M. le député de Gouin. Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a
pas de consentement. Y a-t-il d'autres motions sans préavis? M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui, M. le Président. Alors,
je sollicite pour une seconde fois le consentement afin de présenter une deuxième motion qui touche la tenue de
consultations particulières quant au projet de loi n° 88, et qui donne
suite à ce que demande le DGEQ, et pour lequel nous avons le consentement de la
deuxième opposition et de Québec solidaire.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y
a-t-il consentement pour déroger à l'article 84.1 et permettre la lecture
d'une autre motion sans préavis? M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé :
Pas pour cette fois.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il
n'y a pas de consentement. Très bien. Y a-t-il d'autres motions sans
préavis? Pas d'autre motion sans préavis.
Nous allons maintenant passer aux avis touchant les travaux
des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. M. le Président,
j'avise cette Assemblée que la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles entreprendra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 184, Loi favorisant l'établissement
d'un service public de recharge rapide pour véhicules électriques, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Finalement,
M. le Président, la Commission de la culture et de l'éducation entendra les intéressés
et procédera à l'étude détaillée du
projet de loi d'intérêt privé n° 239, Loi concernant la subdivision des
lots situés dans l'aire du site patrimonial
de Percé, le jeudi 14 juin 2018, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement, pour ces avis.
À la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée...
Alors, la période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour. Pour la suite des choses, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. M. le Président, je vous prierais d'appeler l'article 23, s'il vous
plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : À l'article 23 de notre
feuilleton, Mme la ministre de la Culture et des Communications propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 400, Loi modifiant la Loi concernant la succession de l'honorable Trefflé Berthiaume et la Compagnie
de Publication de La Presse, Limitée. Alors, Mme la ministre de la
Culture et des Communications, à vous la parole.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, M. le Président. Alors, le monde des médias traverse une
période de défis importants. Alors que les revenus de publicité fondent
au profit des géants du Web américain, les entreprises doivent trouver des façons innovantes d'y faire face et
ainsi assurer une offre d'information diversifiée et de qualité pour tous les
citoyens.
quotidien La Presse , comportant la plus grande salle de presse
francophone en Amérique du Nord, fait
partie des entreprises ayant décidé de
transformer leurs modèles d'affaires pour faire face aux nouveaux défis de
notre époque. En l'occurrence, son
actionnaire principal, le groupe Power Corporation, souhaite se départir de ses
actifs investis dans La Presse .
Presse , M. le Président, contrairement aux autres médias du Québec,
constitue un cas unique en raison de lois privées adoptées uniquement pour elle en 1955, 1961 et 1967. La loi de
1967 a conservé son
article qui prévoit notamment qu'«aucune vente, cession, transport ou
nantissement de droits ou d'un nombre d'actions de toute compagnie qui aurait
pour objet ou comme résultat de déplacer le contrôle de la compagnie de
publication de La Presse Limitée ne peut être validement fait ou
consenti sauf avec l'autorisation de la législature». En raison de cette loi privée
du siècle dernier, La Presse ne peut se donner de nouveaux propriétaires ou
disposer de ses biens sans que nous lui donnions les moyens juridiques
de le faire, contrairement à tous les autres médias du pays.
derniers jours, M. le Président, nous avons clairement entendu les
représentants du quotidien La Presse nous demander de leur assurer leur indépendance. Ils nous demandent d'être
traités comme tous les autres médias du Québec. Le président de La Presse , M. Pierre-Elliott Levasseur, nous
a rappelé que, comme tous les médias écrits, le plus grand journal francophone
d'Amérique est menacé par la crise qui secoue l'industrie. Ils veulent innover
pour préserver l'une des plus grandes
salles de rédaction au pays et plus de 500 emplois. Il nous a souligné que le
rôle des élus est de favoriser l'innovation,
non pas de s'ingérer dans la gouvernance et dans les opérations d'un média
écrit. Par une loi que la Fédération professionnelle
des journalistes du Québec a qualifiée d'anachronisme historique, le quotidien La
Presse s'est retrouvé à devoir
demander l'aval des élus de l'Assemblée nationale pour pouvoir décider de son
avenir. Et c'est dans ce contexte particulier
que La Presse , Power Corporation, la Fédération nationale des
communications, affiliée à la CSN, le Syndicat des travailleurs de
l'information de La Presse , le Syndicat des travailleurs et
travailleuses du Québec, la Fédération professionnelle
des journalistes du Québec et Le Devoir nous ont tous vivement
encouragés à abroger la loi rapidement et
sans réserve. En levant ces dispositions d'un autre temps, nous permettons tout
naturellement à La Presse d'évoluer mais aussi de demeurer à jamais la propriété d'une institution
québécoise à part entière. Et, comme nous l'a rappelé la Fédération nationale des communications, notre
responsabilité, comme élus, n'est pas d'attester de la qualité du modèle
d'affaires qui est proposé par La Presse ,
pas plus que nous avons la responsabilité de trancher à savoir si le bon modèle
est celui du Devoir ou de Québecor.
Nous
avons, par ce projet de loi, un média qui nous demande de lui donner la liberté
nécessaire pour décider de son
avenir, un quotidien qui s'est présenté à l'Assemblée nationale en ayant
l'appui de ses dirigeants, actionnaires, employés et syndicats pour aller de l'avant.
M. Crevier, éditeur de La Presse , nous a assuré que, tout au long
du processus, ils ont communiqué et
partagé toute l'information nécessaire avec les employés et le syndicat. Il y a
donc une compréhension profonde de la part des syndicats et employés, et
ils adhèrent à la position des dirigeants tout comme ils appuient la stratégie
qui est mise en place.
Fédération professionnelle des journalistes du Québec nous a sagement rappelé
que La Presse estime devoir
transformer sa structure pour assurer sa
pérennité et que l'État n'a pas à se prononcer sur ce choix tout comme il n'est
pas appelé à se prononcer sur les choix
stratégiques et organisationnels que font ses 89 concurrents. D'autres
quotidiens québécois nous ont partagé leurs inquiétudes sur le respect de la ligne devant séparer le politique
des médias. Brian Myles, directeur du
Devoir , a dit : «...il vous appartient [, comme parlementaires,] de
déterminer ce que vous allez faire de cette loi privée de 1967, mais[...], à mon avis, [...]cette loi-là a épuisé
son utilité et n'a plus sa raison d'être dans le contexte de 2018.» Il ajoutait que «je ne souhaiterais pas
être obligé de venir témoigner de l'indépendance de [sa] structure devant
des parlementaires».
Nous nous
sommes aussi questionnés, M. le
Président, sur l'urgence de la
demande de La Presse . On sait que les revenus publicitaires des médias ne cessent de fondre au profit de
géants étrangers et qu'en peu de temps la part des revenus se déplaçant chez
eux est passée de 50 % à
80 %. Mme Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des
communications, a souligné qu'en moins de 10 ans près de 50 % des emplois
dans les médias ont disparu et qu'il y a une accélération importante ces
dernières années. Elle nous a rappelé qu'une année dans la vie d'un média,
c'est très long et qu'actuellement
nos médias se trouvent dans un contexte précaire. Nous avons entendu que ce qui
inquiète les employés de La Presse ,
ce ne sont pas les enjeux que certains ont tenté de mettre de l'avant. Ce qui
inquiète vraiment les employés, c'est de savoir s'ils seront capables de se
transformer rapidement. M. Charles Côté, président du Syndicat des travailleurs
de l'information de La Presse , nous a
présenté le sentiment partagé par les artisans de la salle de rédaction, les
journalistes, photographes,
graphistes, réviseurs, éditeurs photo et recherchistes de La Presse . Ces
employés vivent dans l'urgence depuis
longtemps. Ils comprennent très bien la recherche de solutions de leurs patrons
et les appuient. Le statu quo pour les syndicats n'est décidément plus
une option, nous a-t-il rappelé.
Il m'apparaît
clair que, dans le contexte actuel, il y a urgence d'agir, urgence de donner à La
Presse la liberté de prendre ses décisions comme c'est le cas pour
l'ensemble des médias au Québec. Il faut éviter de faire l'erreur que semblent faire certains. Nous ne sommes pas ici
pour étudier ou octroyer le statut de charité à qui que ce soit. Nous ne
faisons ni de nouvelles règles de
financement pour La Presse et n'intervenons pas dans les conditions
fédérales. Nous nous penchons
uniquement sur l'obligation à laquelle seule La Presse est soumise, soit
celle d'obtenir l'autorisation de l'Assemblée nationale pour se départir
d'un actif.
Nous avons pu
entendre Mme St-Onge affirmer fermement : «La pire chose qui puisse nuire
à la démocratie, c'est l'impression que le politique a la mainmise ou empêche
le libre exercice de la justice ou de la liberté de presse. [...]Il peut
y avoir des gens en désaccord avec la ligne
éditoriale de La Presse , mais ce n'est certainement pas à l'Assemblée
nationale d'en imposer une autre.»
Alors, je
rappelle à mes collègues que les dirigeants de La Presse ont jugé avoir
trouvé le meilleur moyen pour assurer la pérennité de La Presse ,
assurer qu'ils pourraient poursuivre leur mission de poursuivre de produire une
information de qualité accessible aux
Québécois. Il est de notre devoir, comme parlementaires, de ne pas s'ingérer
dans la gestion d'un groupe de presse, et nous ne devons pas franchir la
ligne devant séparer le politique des médias.
Le projet de
loi n° 400 a pour unique but de corriger une situation fondamentalement
inéquitable et d'assurer la totale liberté des groupes de presse de déterminer
leur avenir. C'est donc un projet qui vise à rendre plus autonome et indépendant le plus grand média d'information
francophone en Amérique du Nord, un média qui désire assurer sa pérennité
et s'affranchir d'une contrainte législative injustifiée dans une saine
démocratie. Je vous invite donc à appuyer non seulement
le principe de ce projet de loi, mais aussi un principe fondamental de toute
société démocratique : l'indépendance des médias. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la ministre de
la Culture et des Communications. Je cède maintenant la parole à M. le
leader de l'opposition officielle et député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui, en ma qualité de leader
parlementaire de l'opposition mais
également de porte-parole en matière de communications, je vais vous livrer
l'essentiel de la réflexion du caucus de l'opposition officielle, du
Parti québécois, quant au projet de loi n° 400, portant sur le journal La
Presse .
D'abord,
rappeler le caractère particulier de ce projet de loi, qui aurait dû être un
projet de loi privé, à l'origine, et qui
arrive en fin de session parlementaire et vient presser l'ensemble des élus de
l'Assemblée nationale d'une adoption. Ce
projet de loi, nous ne l'avons pas réclamé, et certainement pas La Presse
non plus. Mais La Presse a fait le choix de changer sa structure. C'est son choix. Or, il
apparaît que, pour changer sa structure, il faut passer par une loi de
l'Assemblée nationale. Alors, ne
comptez pas sur les parlementaires du Parti québécois pour abdiquer leurs
responsabilités de parlementaires.
La ministre
notamment nous indique que le politique
ne devrait jamais s'occuper des médias, qu'il faut rester loin.
À la rigueur, il ne faudrait même pas parler
ici et laisser passer ce projet de
loi, de ne pas faire le travail pour
lequel on a été élus, c'est-à-dire d'étudier les projets de loi et de poser des questions. Je rappelle à la ministre,
qui a cette sensibilité que le politique ne se mêle pas des médias, que son gouvernement, en décembre dernier, a accordé un prêt de 10 millions de dollars à Capitales Médias
moins d'un an avant l'élection. Alors, ça, c'est le choix que le gouvernement a fait. Et je n'ai pas entendu, à l'époque, le gouvernement dire
qu'il ne fallait pas se mêler de ça. Et aujourd'hui on voudrait dire aux parlementaires
dûment élus de l'Assemblée nationale qu'il ne faudrait pas trop poser de questions.
Et pourquoi et au bénéfice de qui?
Rappelons un
certain nombre de concepts, d'entrée
de jeu. Le Parti québécois est en faveur, évidemment pour une saine démocratie, de la pluralité
des voix, qui sont différentes, qui sont essentielles. On a besoin de médias
forts, notamment dans le domaine de la presse écrite, des médias
forts, des médias indépendants qui sont capables de faire en sorte que leurs artisans puissent rapporter les faits,
nous informer, nous faire réfléchir, faire
en sorte d'évoluer, faire évoluer
notre société à travers différents courants de pensée, différents courants de
pensée.
Mon propos aujourd'hui va porter sur la
nécessité des médias, nombreux au Québec, leur indépendance, leur transparence,
voire même leur saine gouvernance.
À partir du moment où Power Corporation, une grande entreprise, décide de se
départir de son journal, plusieurs
questions se posent d'abord sur ses motivations. On a appris par Power
Corporation, en privé, avec le chef de l'opposition,
avec une rencontre commune des parlementaires, et mercredi dernier, lors des auditions, qu'il apparaît que ce n'est
plus un journal qui est rentable ou
qui est viable pour l'avenir de Power
Corporation. Ainsi donc, on se
départit du journal avec un legs de
50 millions de dollars et une nouvelle structure. Parlons-en. On a posé
des questions sur cette structure. De quoi serait-elle faite? Qu'est-ce qu'elle permettra de faire? Elle permettra notamment de recueillir des
fonds qui étaient autrefois inaccessibles au journal.
Et là je veux
faire une distinction, parce que je sais que de nombreux artisans de l'information nous suivent, entre toutes
ces personnes qui travaillent à l'information — ils
sont plus de 500 — et
les patrons. D'abord, notre sympathie totale, entière et notre
concours, nous les apportons aux artisans de l'information, ces gens qui,
quotidiennement, font un travail remarquable au service de l'information.
D'ailleurs, on est en contact, nous, quotidiennement, à l'Assemblée nationale, avec la presse parlementaire, les
représentants, sur la colline Parlementaire, du journal La Presse .
Alors, à ces personnes, nous leur
souhaitons ce qu'il y a de mieux pour l'avenir. Nous souhaitons le maintien du
journal La Presse , évidemment.
Nous souhaitons que cette grande institution puisse demeurer une des voix au
Québec dans le domaine de l'information,
une grande tradition mais aussi un produit de qualité en termes d'information. Alors,
à toutes ces personnes qui sont des
artisans de l'information de La Presse , nous leur disons que notre
questionnement ne touche pas leur travail à eux. Notre questionnement s'adresse ailleurs, s'adresse aux patrons de
Power Corporation, et là on a des questions importantes.
On nous a rappelé en auditions que ça faisait
50 ans, 50 ans que Power Corporation avait acquis le journal La Presse . Alors, voilà un clin d'oeil de l'histoire : la propriété de la
famille Desmarais, du journal La Presse , accompagne les
50 années d'existence du Parti québécois.
Or, il se
trouve que les militants du Parti québécois sont de fins observateurs. Ils ont
remarqué une chose, et ça explique peut-être pourquoi la ministre est si
entichée à l'idée que rien ne change avec La Presse et qu'on se
rende invariablement aux arguments de La Presse , à chacune des
élections, M. le Président, invariablement, 1970, 1973, 1976, 1981, 1985, 1989, 1994, 1998, 2003, 2007, 2008, 2012 et 2014, plus
le référendum de 1980, plus le référendum de 1995, invariablement, La Presse
a appuyé le Parti libéral du Québec et l'option fédéraliste. Pas de marge
d'erreur, toujours le même résultat, la
pièce tombe toujours du même côté. C'est un choix éditorial et c'est ce que le
propriétaire de La Presse appelle le droit du propriétaire. Est-ce
qu'on peut poser des questions sur une telle orientation à partir du moment où l'État consent un statut d'organisme à
but non lucratif? Le droit de propriétaire, il s'exerce par celui qui paie.
La famille Desmarais aurait pu faire un choix
différent, aurait pu décider d'acheter le journal et de l'opérer. Je pense qu'ils en ont les moyens. Ils ont fait un
autre choix. Alors, à partir du moment où, devant les parlementaires, on
nous dit : Pour l'avenir de notre
journal, on a besoin d'une nouvelle structure, nous disons : Oui, nous
allons l'étudier. À partir du moment
où on nous dit : Ça va nous permettre d'aller chercher des revenus
supplémentaires, aidez-nous, on répond présent, mais on pose des
questions.
Alors, j'ai
posé la question de l'orientation idéologique de ce journal et, encore une
fois, sans remettre en cause les
500 fiers artisans de l'information, et on m'a dit au salon rouge de
l'Assemblée nationale du Québec que, oui, il y avait une position depuis 1972, de l'époque de Roger
Lemelin, et, candidement, M. Desmarais m'a dit qu'il souhaitait que ça
puisse se poursuivre et puis qu'il avait bon espoir, en plus. Et on m'a
également indiqué que La Presse était une organisation qui
était là notamment pour défendre le fédéralisme et aussi faire en sorte que
jamais, et je cite, un parti séparatiste ne
soit élu, d'accord? Alors, le député indépendantiste que je suis, du parti de
René Lévesque, un parti avec une grande tradition démocratique qui n'a
pas un héritage déshonorant, de se faire dire ça à l'Assemblée nationale du Québec, M. le Président, j'avoue qu'au nom de
toutes les personnes que je représente qui soutiennent cette option et toutes
ces personnes qui ne la soutiennent pas mais
la respectent cette remarque était d'une autre époque et elle mérite d'être
entendue. Elle a le mérite, à tout le moins,
de démontrer quelles étaient les prédispositions, pendant 50 ans, d'une
famille qui a été propriétaire d'un journal et qui a exercé, à juste
titre, c'est son choix, son droit de propriétaire. Mais, à partir du moment où on change de structure et qu'on vient
devant les parlementaires, qu'on ne nous dise pas qu'on ne peut pas poser des questions, parce que moi, je
n'abdiquerai pas mon rôle de parlementaire. Et il se trouve que certains
journalistes ont critiqué les
questions que j'ai posées et celles de ma formation politique parfois avec
insistance, devenant le coup d'un tweet ou d'un message Facebook des
éditorialistes. Je leur dis la chose suivante : On a un immense respect
pour le travail que vous faites. Jamais il
ne me viendrait à l'idée d'indiquer à un chroniqueur ou à un journaliste quoi
faire. J'espère que jamais des
chroniqueurs ou des journalistes ne diront aux députés quoi faire. On sait
quelle est notre responsabilité. On
sait quels sont les enjeux pour La Presse , pour les
journalistes, pour leurs familles, pour l'avenir. On sait à quels défis sont confrontés les médias électroniques et les
médias écrits. On le sait. On le vit. On est dans un monde très médiatisé
où les choses ont changé pour des années. Ça ne sera plus jamais la même chose.
Alors, oui,
on a posé la question de la position éditoriale. On avait cette occasion. On
l'a posée. Oui, on a posé les
questions de gouvernance et on a demandé — puis on l'avait demandé même dans la
rencontre privée — comment
on va nommer le conseil d'administration.
Parce que, si Power Corporation et la famille Desmarais veulent rompre ce lien
à travers un legs de 50 millions, à
travers le fait qu'ils se départissent de La Presse — puis on sent que c'est un déchirement,
puis avec raison, ça faisait
partie de la
tradition d'entreprise et de la tradition familiale — il faut que la rupture soit réelle. Quand je pose la question, qui est une question de
saine gouvernance, et c'est des enjeux qu'on aborde ici régulièrement, à
savoir : Comment sera nommé le président du conseil
d'administration?, et on m'indique que c'est le patron actuel, Pierre-Elliott Levasseur, qui va nommer le
président du conseil d'administration, donc son patron, il m'apparaît qu'il y a
là un manque de distance si le patron nomme le président du conseil
d'administration. C'est des règles élémentaires, élémentaires de gouvernance. J'ai posé la question à M. Desmarais. Il
m'a indiqué qu'il avait pleinement confiance dans l'administration de M. Levasseur, et qu'il va
nommer le président du conseil d'administration, et que le président va nommer
le reste des membres du conseil d'administration.
Alors, quant à l'indépendance du conseil
d'administration, je me pose des questions. M. Desmarais a nommé M. Levasseur, et il se trouve... et c'est une
information que je n'avais pas, qui est essentielle quant à son indépendance,
M. Levasseur est dans la famille de M. Desmarais, et je ne parle pas de la
famille d'affaires seulement, il est dans sa famille. Alors, sur l'indépendance, je ne sais pas
s'il y a des sujets qui vont être proscrits lors des
rencontres familiales, mais c'est une
réalité, et je l'ai déjà fait dans d'autres domaines où il faut
évoquer l'ensemble du tableau. Je le fais encore aujourd'hui.
Alors, l'orientation idéologique d'une publication de presse, oui, nous avons posé la
question, n'en déplaise à ceux que ça
agace, et, manifestement, ça agaçait la ministre. 40 ans et plus d'appui
systématique au Parti libéral du
Québec, il m'apparaît que c'est particulier. Donc, doit-on comprendre
que le prochain éditorial est déjà écrit pour l'automne prochain? D'autres journaux... Et heureusement ils sont venus à
l'Assemblée nationale nous le dire parce que, n'eût été des invitations du Parti québécois, jamais on
n'aurait entendu Le Devoir. Mais Le Devoir , qui avait
comme éditorialiste Claude Ryan en
1976, mais lui a choisi de faire un choix différent, et Claude Ryan, dans un
éditorial en 1976, a indiqué que son
journal appuyait une formation politique qui s'appelle le Parti québécois, ce
qui ne l'a pas empêché ensuite d'être un candidat à la direction du
Parti libéral du Québec, choix qu'il a fait, et d'en devenir chef. Alors, ce
n'était pas systématique. Le Devoir a une grande tradition de
réflexion, et ils sont arrivés à ce choix-là.
Et, lorsque
j'ai entendu son fils, Me André Ryan, qui était là comme président du conseil
d'administration, qui poursuit
l'engagement familial dans Le Devoir, et beaucoup Brian Myles...
S'il y a une intervention qu'il faut écouter, c'est Bryan Miles, le
caractère exceptionnel de son analyse sur la situation. Ce n'est pas rien,
accorder un tel statut à La Presse , parce qu'il faut savoir
les efforts considérables qui ont été consentis par les artisans du journal Le Devoir .
Le journal Le Devoir s'est
structuré d'une façon, je dirais, humble, modeste, mais sincère. Ils font appel
aux lecteurs. Ils font appel à la philanthropie. Ils font appel aussi à
une collaboration où chacun des artisans se sent impliqué dans les décisions et connaît, je dirais, de façon
générale, la situation financière du journal. C'est une structure qui a
beaucoup de mérite. Et j'espère que,
lorsque Le Devoir aura besoin d'aide à Ottawa, on sera là aussi
pour eux parce que ce qu'on nous
propose avec La Presse , c'est, entre autres, une structure
qui va permettre d'aller chercher des fonds, notamment à Ottawa, et
peut-être que les critères changeront, mais ça, c'est un des objectifs.
Donc, la ligne éditoriale, nous avons posé la
question — je
sais que ça agace des personnes, je l'ai fait, je l'assume, M. le
Président — la
transparence également, la contribution aussi des artisans de l'information
dans cette administration pour la pluralité
des voix puis pour les échanges, je dirais, intellectuels sur l'organisation.
Alors, est-ce qu'on peut garantir des
places aux journalistes sur le conseil d'administration, aux lecteurs qui sont
à la base de ce journal-là? C'est un
journal qui est là pour les lecteurs. Il n'y a pas de garantie là-dessus, puis
on nous a dit qu'on allait négocier, et même, à la rigueur, certaines personnes nous ont dit que ce n'était pas
de nos affaires. Ce n'était pas une bonne idée de nous dire ça, M. le
Président. Ce n'était pas une bonne idée parce que, pour chaque pièce
législative...
Puis vous me
connaissez, M. le Président, vous êtes un observateur attentif, là, de mes
discours en Chambre. C'était le cas
l'automne dernier dans un enjeu pas mal plus tendu que ça. N'eût été des
questions que j'ai posées, je peux vous dire qu'il y a bien des choses qui ne seraient pas arrivées, puis on a
peut-être empêché des choses d'arriver. Mais, dans ce cas-là, qu'on ne blâme pas les parlementaires
d'exercer leur rôle de parlementaire. Et, encore une fois, jamais il ne me
viendrait à l'idée de dire à d'autres corps de métier quoi faire, et je suis
convaincu qu'ils ne le feront pas.
On a posé
d'autres questions parce qu'on a été interpellés aussi. Il y a 500
travailleurs, plus de 500 travailleurs, artisans de l'information — j'aime
beaucoup cette expression-là, moi, artisans de l'information — à La Presse ,
mais il y a 1 100 retraités. Et
certains d'entre eux nous ont fait part d'inquiétudes qu'ils avaient, et j'en
ai parlé lors des auditions, de la
situation des retraités. Et j'étais heureux d'apprendre, il y a quelques jours,
qu'il y avait des engagements qui avaient été pris de la part de La Presse
pour les rassurer, et je les en remercie. Alors, si une de mes questions a
contribué à ce résultat, ce sera déjà ça
parce qu'ultimement c'est la majorité qui décidera, mais le gouvernement a déjà
annoncé que, quant à La Presse ,
ils peuvent compter sur eux, c'est le moins qu'on puisse dire. Alors, ils
assument leur position, mais nous, on va poser des questions.
Il ne faut
pas s'inquiéter des questions des parlementaires, M. le Président. Ce qui est
préoccupant pour l'avenir de La Presse ,
ce n'est pas les questions que le leader parlementaire de l'opposition pose, ou
que mes collègues posent, ou que le
chef de l'opposition pose. Le défi, il réside
dans la nouvelle structure et sa capacité à faire face aux défis qui sont les siens dans un environnement nouveau, avec
le caractère très compétitif qu'on retrouve avec les médias et aussi de
grandes organisations sur Internet qui accaparent une grande
partie des revenus
publicitaires.
Alors, moi,
je souhaite bonne chance à La Presse . Je dis aux artisans de l'information — alors, s'ils ne le savent pas, ils le sauront : On est capables de dire
à la fois qu'on veut maintenir les emplois, qu'on a du respect pour eux, que
nous n'avons rien à dire sur la qualité de
l'information qui est... C'est partagé, ça. Tous les artisans, qu'ils soient
journalistes, qu'ils soient
chroniqueurs, qu'ils contribuent dans le domaine de la photo, de l'édition,
l'éditeur, toutes ces personnes-là ont
notre respect, comme c'est le cas pour l'ensemble des médias, d'accord? Mais
laissez-nous poser ces questions aux patrons.
Nous comprenons qu'il y a front
commun, mais je connais assez bien les centrales syndicales pour vous dire que
je serais surpris qu'ils nous
reprochent de poser des questions lorsqu'il y a des enjeux de cette nature-là.
Je comprends leur position, mais ils doivent comprendre la nôtre
également.
Alors, nous posons ces questions avec
un sens des responsabilités, avec une volonté que La Presse
puisse obtenir, je dirais, la poursuite de son aventure, pas
nécessairement un nouveau départ, mais une nouvelle impulsion, avec des idées
nouvelles, avec une façon de voir le monde qui n'est plus celle qu'on
retrouvait lors de l'achat, en 1967. Et ce journal-là a tellement de talents,
tellement de talents à travers ses artisans, qu'il est une voix essentielle.
D'ailleurs,
c'est le premier journal que je lis le matin, M. le Président. Et moi, j'aime
bien, là, personnellement, j'aime bien
cette formule qui me permet de lire sur un appareil électronique. Je pense que
beaucoup de collègues, juste à voir,
là, à l'Assemblée nationale, aiment bien lire ça. Il me semble que c'est un
modèle qui a été un pari audacieux,
qui n'a pas remporté le succès
estimé, mais le produit est un produit de qualité. C'est un produit de qualité
que moi, j'apprécie, en tout cas, M. le Président, je peux vous le dire.
Alors,
les gens qui nous écoutent vont se dire : Qu'est-ce que
recherche le Parti québécois à travers ça? Pourquoi il questionne, par exemple, la politique