Institutions — 23 March 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2021-03-23
Quebec — Committees
Jolin-Barrette : Bien, les articles précédents, là, je ne sais pas si
le député de LaFontaine se souvient... Dans le fond, on avait 37, 37.1, 38,
38.1. L'aide financière...
M. Tanguay :
90 %, là.
Jolin-Barrette : Bien oui, dans le fond, 90 % pour la personne
qui est sans emploi, sans revenu. Dans le fond, vous aviez l'aide financière
qui pallie la perte de revenu. Donc, vous êtes en emploi. Vous subissez
l'infraction criminelle. Vous ne pouvez plus
travailler. Donc là, c'est de l'aide palliant la perte de revenu. Vous n'avez
pas d'emploi. Vous n'avez pas de
revenu. Vous subissez une infraction criminelle. On venait vous attribuer un
revenu. Mais, pour faire en sorte que la personne sans emploi puisse
avoir un revenu, bien, dans le fond, on appelle ça maintenant de l'aide
financière compensant certaines incapacités, parce que la personne ne subit pas
de préjudice, parce qu'elle, elle n'avait pas de revenu.
Donc, on parlait des activités
habituelles, la majorité de ses activités habituelles, aussi, de la personne.
On avait eu la discussion avec la
députée de Sherbrooke aussi là-dessus. Donc, c'est les articles 36, 37.1,
38.1. On avait eu un long débat là-dessus la semaine dernière. Là, à 42,
on est vraiment sur la durée de temps à laquelle l'aide financière, elle est
versée, donc un maximum de trois ans.
Président (M. Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, merci. Et le deuxième volet des amendements, quand on dit qu'on remplace
«agression à caractère sexuel» par «violence sexuelle», dans 29, 26.1, comment
c'est libellé déjà?
Jolin-Barrette : Donc, c'est «agression à caractère sexuel».
M. Tanguay :
Et là on l'élargit... Ça, c'est une concordance. Je sais qu'on l'avait fait un
peu plus avant.
Jolin-Barrette : C'est ça. Dans le fond, partout dans le projet de
loi, maintenant, «agression à caractère sexuel» va devenir «violence sexuelle»
pour que ce soit le terme plus englobant qui est utilisé depuis 2016 par le
gouvernement. Donc, on veut faire en sorte que même le type d'infraction qui
n'a pas nécessairement de contact physique soit couvert par «violence
sexuelle».
M. Tanguay :
Puis le ministre est parfaitement au courant... Puis je ne referai pas tout
l'argumentaire que nous avions fait, mais je pourrais verser, à ce stade-ci, à
cet amendement-ci, sous le
chapitre «violence sexuelle», tout ce qu'on avait
dit, le débat qu'on avait eu par rapport à inclure, au-delà de la définition du...
des définitions des infractions au Code criminel prévues dans le Code criminel,
d'inclure des définitions québécoises qui auraient été plus larges que le Code
criminel. Donc, j'aimerais, par fiction, M. le Président, verser tous mes
commentaires. Puis est-ce que j'exclus les réponses du ministre? Non, pour que
l'histoire se rappelle ce qui s'est dit à ce moment-là, mais c'est le même débat. Alors on aurait aimé avoir une définition.
Est-ce que le ministre a eu l'occasion de réfléchir et de cheminer,
d'abondant?
Jolin-Barrette : Alors, M. le Président, le député de LaFontaine
m'avait dit, à la dernière séance, si c'était de la redite, de lui dire. Alors
là, c'est de la redite. On a déjà eu le débat. Et donc même position du député
de LaFontaine, même position du côté gouvernemental.
M. Tanguay :
Ce n'est pas de la redite, M. le Président. Justement, ce n'est pas dit. Ce
n'est pas de la redite et ça ne sera jamais de la redite que de demander au ministre :
A-t-il réfléchi et a-t-il cheminé depuis?
Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, par fiction, tel que le
propose le député de LaFontaine, en versant ses propos et en versant les miens,
c'est comme si c'était chose avérée. Donc, vu que ce sont les mêmes propos, en
quelque sorte, ça constitue de la redite, mais, cela étant...
M. Tanguay :
Si j'ai le même prix politique, M. le Président, je vais le dire. Je vais
toutes les verser. Je vais toutes les redire. Donc, je lui donne la version
courte. S'il veut la version longue, puis j'ai le même prix politique... Puis
je vois, M. le Président, votre enthousiasme délirant, mais le ministre — question — le
ministre a-t-il cheminé ou conserve-t-il... Parce que ça sert à ça aussi,
l'article par article. Conserve-t-il sa même position? Ça, ce n'est pas de la
redite.
M. Jolin-Barrette : Oui, je conserve la même position, pour tous les motifs énoncés
explicitement, M. le Président, aux précédentes séances, qui ont été
versés généreusement par le député de LaFontaine dans le cadre du débat sur
l'amendement de l'article 42.
Tanguay : Ça fait que
je n'ai pas de... Sur l'amendement, M. le Président, je n'ai pas de commentaire
autre.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions sur l'amendement du ministre?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'amendement. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque
(Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
Secrétaire : Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement à
l'article 42 est adopté. Merci beaucoup. Donc, on revient à l'étude de
l'article 42 tel qu'amendé. Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui. J'aimerais juste que le ministre nous explique... Donc, 42, c'est le
premier
article sous la
section III, intitulée «Durée du versement de
l'aide financière». Puis là, pour comprendre, évidemment, on se fait des notes, des schémas, puis le ministre nous a
expliqué ça à un moment donné. On a eu une formation, une heure de formation,
reconnue par le Barreau, par le ministre, quand il nous a expliqué un peu
comment ça allait fonctionner. On se fait des
schémas. On essaie de comprendre. Mais là on parle de «l'aide financière
palliant une perte de revenu est versée [...] pour une période maximale de trois ans...» Et plus bas... Ça, c'est le premier alinéa, puis on voit les
catégories de personnes. «L'aide
financière palliant une perte de revenu est versée, à l'égard d'un même
événement, pour une période maximale de deux ans consécutifs ou non» Et ça,
c'est dans notre fameux tableau : les parents d'un enfant mineur blessé,
aide financière palliant la perte de revenu
de deux ans, et les témoins, aide financière palliant la perte de revenu de
deux ans.
Donc, de ce que je
comprends, il y a le trois ans, l'aide financière, perte de revenu. Dans
certains cas, deuxième alinéa, il y a du deux ans, puis, ça, on l'avait dans
notre tableau, et est-ce que c'est... Ce n'est pas, donc, à cet article-là.
C'est peut-être, je pense, au suivant, où on parlait de la fameuse quatrième,
cinquième année pour la réinsertion. Ça, c'est à quelle...
Jolin-Barrette : C'est plus loin. Dans le fond, c'est l'aide pour la
réinsertion. Donc, ça va se retrouver à l'article 51.
M. Tanguay :
O.K., l'aide pour la réinsertion. Et, comme notre compréhension est à l'effet
que l'aide pour la réinsertion ne sera pas nécessairement à la quatrième et
cinquième année, si vous êtes consolidé après un an, vous pourriez avoir l'aide
de 51 à la réinsertion pour la deuxième et la troisième année, qui serait dans
votre cas, là.
M. Jolin-Barrette :
Oui, c'est ça.
M. Tanguay :
Là, on arrive à la définition, bon, d'un même événement. Puis là on essaie de
se remettre dans le bain, M. le Président. On avait eu, dans un
article
précédent, une discussion, justement par rapport à 42, lorsqu'il définit un
même événement. On dit :
«Est considéré comme
un même événement :
«1° une ou plusieurs
infractions du même type perpétrées la même et unique journée par le même
auteur [et] par [...] auteurs différents; après ça
«2° la même
infraction...»
Donc,
autrement dit, il y a... Puis j'avais listé les concepts de la définition d'un
même événement. Il y a la notion d'infraction,
la notion d'auteur, la notion de même journée et la notion «de manière continue,
sur plus d'une journée». Est-ce que
le ministre peut nous rappeler dans le contexte de quel
article précédent on
avait parlé de ça, «même événement»? J'essaie de le retrouver, M. le
Président.
M. Jolin-Barrette :
Oui. On va vous revenir, M. le Président, avec l'article, parce que l'objectif
est de faire en sorte que la personne soit indemnisée.
M. Tanguay :
Ça serait 20, in fine, à la fin, mais je pense qu'on l'avait enlevé par
amendement, le dernier alinéa de 20.
M. Jolin-Barrette :
Parce qu'un des objectifs, c'est que, la personne, elle puisse faire une
demande par rapport à une infraction
criminelle. Donc, l'événement arrive. Donc, la personne est indemnisée par
rapport à cet article... à cet événement-là. Donc, s'il y a une autre
infraction criminelle qui amène des atteintes, bien là, à ce moment-là, la
personne aura un autre événement pour indemnisation, et, oui, c'était à
l'article 20, mais on a enlevé le dernier paragraphe.
M. Tanguay : Oui, c'est
ça, puis on avait enlevé le paragraphe. Ça, c'était 20, anciennement : «Une demande de qualification vaut pour tout préjudice
subséquent lié au même événement...» Donc, on avait enlevé la notion de
«préjudice subséquent lié au même événement». Donc :
«Est considéré comme un même événement :
la même infraction — je
suis à 2° — ou
le même type d'infraction perpétrée de manière répétée [...] consécutives ou
non...» Quand on dit : «De manière répétée sur plusieurs journées
consécutives ou non», est-ce que le ministre a un exemple d'application ici?
M. Jolin-Barrette :
Sur le fait qu'une infraction surviendrait à...
M. Tanguay :
Oui, bien, de quel type d'infraction a-t-il en tête? «Le même type d'infraction
perpétrée de manière répétée sur plusieurs
journées consécutives ou non...» Plusieurs journées, ce serait... Je ne sais pas si le ministre a un exemple.
M. Jolin-Barrette : Bien, exemple : séquestration. La personne
est séquestrée pendant plusieurs jours. Ça, ça pourrait être un exemple.
Ça pourrait être un cas d'abus sexuel et physique commis par un parent à
l'égard de son enfant.
M. Tanguay :
Et je trouve ça un peu... Évidemment, on a déjà eu le débat, entre autres, à
l'article 13, où on disait... Là, on a
une définition d'«événement» à l'article 42. Dans le contexte de
«palliant», l'aide financière palliant une perte de revenu, pouf! on a la définition de «même événement».
On avait déjà fait le commentaire que, peut-être, il aurait été intéressant d'avoir un
article de définition, mais, bon, là,
semble-t-il, il y a eu une évolution dans la légistique, puis c'est la
façon de rédiger ça.
Est-ce
qu'on est sûrs, avec la définition... Quand on dit, à 3° : «Une ou plusieurs
infractions perpétrées de manière continue durant plus d'une journée par
le même auteur ou par des auteurs différents», quel est le... parce qu'on parle
d'événement versus une infraction criminelle. L'objectif
de la définition, c'est de s'assurer de, le cas échéant, définir, par cette définition-là, un acte criminel commis et peut-être
d'en séparer, pour un autre dossier et d'autres indemnisations, un autre acte criminel dont aura été victime une même
personne. Autrement dit, c'est d'être capable de dire : Bien, ça, c'est
deux événements distincts, on va le traiter séparément.
Jolin-Barrette : Non, mais l'idée, c'est de regarder la situation de
la personne, parce que, dans le cas qui est
présenté, là, par le député de LaFontaine, là, c'est une personne qui subit l'infraction,
donc, rattachée à l'événement. Supposons
que la personne, elle est séquestrée et elle est battue et agressée
sexuellement, il y a trois, supposons, infractions criminelles à l'intérieur,
mais il s'agit du même événement, donc, on va regarder l'événement
dans son ensemble.
M. Tanguay :
Quand on dit...
Jolin-Barrette : Mais c'est pour, également, éviter que, si une
personne subit une infraction criminelle une
journée x par une personne, là, elle a le droit d'être indemnisée. Puis,
supposons, deux mois après, elle subit une autre infraction criminelle
lors d'un autre événement par une autre personne, on veut qu'elle soit
indemnisée aussi pour celle-ci s'il y a des
atteintes rattachées à cette seconde infraction. On ne veut pas faire en sorte
que le premier événement
cannibalise le deuxième événement aussi. Il faut que la personne, lorsqu'elle
subit une infraction criminelle, quand c'est dans deux événements distincts,
elle puisse être indemnisée dans le cadre des deux événements distincts.
M. Tanguay :
O.K., et, à ce moment-là, effectivement, donc, que l'on ne... Puis ça ne sera
pas traité comme un seul dossier. C'est sûr que ça va être le dossier de la
même personne, mais ça va être deux dossiers, événements distincts. Puis elle va être compensée pour ce qu'on
pourra, à ce moment-là, déterminer : Bien, ça, ça relève du premier
événement, puis ça, ça relève du deuxième événement. Il pourrait y arriver des
cas où ce soit le même auteur, mais que ce ne soit pas le même acte criminel.
Autrement
dit, les différentes parties de la définition, les quatre ingrédients, là,
infraction, auteur, même journée ou
de manière continue, il faut retrouver ça... Et, si on le retrouve de façon
isolée, même si c'est la même victime, bien, ce sera autant de dossiers
distincts pour lesquels on essaiera de dire : Bien, ça, ce dommage-là, ce
préjudice-là relève de
l'événement deux, puis ça... Puis ça a de l'air un peu tiré par les
cheveux, l'exemple, M. le Président,
mais il y a des gens qui sont
victimes de plus d'un acte criminel, puis ça, ces préjudices-là relèvent de
l'événement quatre, par exemple, puis on va gérer ça de cette
façon-là.
Dans
les calculs des délais aussi, il n'y aura jamais de mélange entre le
dossier un et le dossier deux. Lorsqu'on parle de consolider puis d'atteindre des paliers,
bien, on va essayer d'y aller selon les préjudices qui relèvent de
l'événement deux. Le palier n'est pas là, mais, pour l'événement un,
le palier est là. Donc, j'imagine, ça va être géré de cette façon-là. Il n'y aura pas d'entrecroisement,
entre autres, pour la computation des délais, là, le trois ans, le ci, le
ça, là.
Jolin-Barrette : Non, c'est des événements distincts. Puis ce dont on
veut s'assurer, là, en agissant de la sorte,
en le faisant par événement, c'est le fait de s'assurer que la personne puisse,
le plus rapidement possible, lorsqu'elle subit une infraction criminelle, elle puisse être réhabilitée et elle
puisse être prise en charge le plus rapidement possible. Alors, ce que l'on fait dans la loi, c'est que, un,
on ne veut pas pénaliser la personne qui est victime de plusieurs infractions criminelles à différents moments.
Donc, la personne qui subit une infraction criminelle est admissible à l'IVAC,
avec son pourcentage d'incapacité en lien
avec l'événement, mais, si elle subit une autre infraction aussi, on veut
qu'elle puisse être indemnisée. C'est pour ça.
M. Tanguay :
On a vu dans les articles qui précèdent, M. le Président, comment était
considéré... Pour pallier à la perte
de revenu, tantôt, vous avez tel salaire, tantôt, vous êtes travailleur
saisonnier, tantôt, vous n'avez pas de revenu, vous êtes étudiante, et ainsi de suite. Qu'en
serait-il si, d'aventure, ce qu'on ne souhaite pas, une victime qui était depuis
deux ans, par exemple, sur l'IVAC subit un événement deux? Nous
calculerions à ce moment-là son revenu basé sur son indemnité de l'IVAC? Parce
que c'est dans les 12 mois qui précèdent l'évaluation de santé. Qu'en
serait-il si le revenu de la personne, ce serait déjà une indemnisation de
l'IVAC? Est-ce qu'à ce moment-là on lui donne la plus généreuse des
deux options, soit un pourcentage de son indemnité? Puis je ne pense pas
que ce soit réellement plus généreux que 90 % du salaire minimum.
Jolin-Barrette : C'est une bonne question. On va faire les
vérifications. Puis il faut réaliser, là, qu'avec la façon dont c'est libellé,
dans le fond, on s'assure de faire en sorte que... Si, supposons, vous avez une
infraction criminelle, vous avez, dans le
fond, par... Dans le fond, par événement, vous avez un dossier à l'IVAC, O.K.?
C'est sûr que ça va être dans...
L'agent qui va s'occuper de la personne, c'est la même personne. Donc, le
dossier va être regardé en totalité. Mais ce n'est pas parce qu'une
atteinte cesse dans le premier dossier, puis que, là, vous aviez été victime
d'une seconde infraction criminelle... mais, dans le fond, vous allez pouvoir
poursuivre vos aides avec le deuxième événement.
Dans le fond, le fait
que vos blessures ou votre atteinte cesse dans le premier événement, dans votre
premier dossier, vos aides vont quand même se poursuivre dans le deuxième.
Donc, ça va vraiment être analysé séparément. C'est sûr que le service à la
clientèle, la personne... Tous ces dossiers vont être ensemble, mais ça va
vraiment être regardé pour toujours s'assurer que la personne bénéficie du
maximum des aides. Donc, si le préjudice est terminé sous le premier événement, ça ne met pas fin aux aides qui sont disponibles
sous le deuxième événement. Ça, c'est clair.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
s'il vous plaît.
Mme Weil :
Merci, M. le Président. Donc, c'est de voir comment on va traiter, par exemple,
le phénomène de l'exploitation sexuelle, la violence conjugale aussi, en
continu. Donc, l'événement est en continu pour ce qui est de l'exploitation sexuelle, mais, dans le cadre...
Donc, la personne... une fois que la personne demande de l'aide, donc, change
le cours de sa vie et s'en va à l'IVAC pour évaluer tout ça, donc, ça sera vu
comme un événement, donc, cette période d'exploitation sexuelle.
Et, si, dans le cadre
de ça... On le voit avec des fugues, il y a... Oui, il y a des fugueuses à
répétition, et, dans ça, il y a de la violence sexuelle qu'elles subissent, et
parfois il y a des incidents, qui ont été rapportés récemment, extrêmement brutaux, vraiment avec une brutalité extrême. Donc, tout ça va être
évalué dans un contexte d'événement, un
événement en continu, à moins que... Disons que la personne
s'est rétablie, change le cours de sa vie, puis, quelques années plus
tard, il y a une rechute... Par exemple, une rechute... Alors, je voulais voir
comment on voit toute cette... une traite des personnes, etc.
Jolin-Barrette : Comme le dit la députée de Notre-Dame-de-Grâce, dans
le cas qu'elle présente, c'est deux événements distincts. Donc, elle pourrait
être indemnisée par rapport au premier événement et elle pourrait être
indemnisée par rapport au deuxième événement aussi.
Weil : Dans
l'événement en continu, avec, comment dire, comme je le disais, des actions
extrêmes contre la personne, tout ça va faire
partie de ce même dossier, et
donc d'un événement, mais avec des séquelles graves, etc.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien, prenons, là, le cas, là, d'un dossier, supposons, où une
jeune femme est victime d'exploitation
sexuelle, est victime, par le fait même, de violence conjugale, supposons,
d'agression sexuelle, donc là, à
ce moment-là, il y a trois types d'infractions. Supposons, dans le cadre de
violence conjugale, vous auriez des voies de fait.
Donc, vous avez trois infractions
criminelles qui seront couvertes.
Donc, c'est regardé dans l'ensemble. C'est le même événement
continu de... parce que ça implique le même auteur puis les mêmes
atteintes par rapport à la personne, mais elle sera pleinement indemnisée par
rapport à son atteinte totale.
ça, supposons que c'est traité, supposons... La députée de Notre-Dame-de-Grâce nous disait : Dans le cadre d'une fugue, événement un,
fugue un, il arrive tous ces événements criminels, là, O.K.? Donc, fin de l'événement, supposons, la personne revient, et arrive, deux mois plus tard, un autre
événement similaire, autre fugue, proxénétisme,
exploitation sexuelle, tout ça, ça aussi, ça va être un second événement, parce
que, dans le fond, on veut s'assurer que la personne, par rapport à cette
atteinte-là, par rapport au deuxième événement, soit également indemnisée.
Donc, c'est sûr que,
sur le continuum de la personne, elle, cette personne-là va... Supposons, au
niveau de son pourcentage d'incapacité, il
risque fort probablement d'être aggravé aussi, rattaché au fait du
deuxième aussi. Donc, on veut s'assurer qu'elle puisse être indemnisée
aussi, puis on puisse lui offrir les aides par rapport au deuxième événement. Ça
fait que je disais tantôt au député de LaFontaine : Le premier événement,
là, les aides sont faites, mais, dans le fond, s'il arrive un deuxième événement
aussi... Supposons que la personne est rétablie par rapport au premier événement,
mais qu'il arrive un deuxième événement aussi, elle va pouvoir bénéficier de la
durée du temps complet des aides du second événement
aussi. Ce n'est pas parce
que, dans le cadre de l'atteinte subie
dans le premier, ça s'est résorbé que ça met fin aux aides du deuxième événement.
Donc, ça sera toujours le régime le plus généreux, pour la personne victime, par
rapport à chacun des événements.
Mme Weil : Dans le cas... Prenons le cas des fugues, par exemple. C'est un peu comme l'exploitation
sexuelle. Donc, même si c'est
des années plus tard... Évidemment, c'est souvent des années plus tard. Donc,
il y a des jeunes, quand
ça arrive la première fois, les fugueuses... Mais, plus tard, peut-être,
ça pourrait prendre 10 ans avant qu'elle ne se rende compte vraiment des séquelles qu'elle vit. On va traiter ces événements
de fugue, et chaque événement, et ce qui s'est passé, comme des événements
séparés, distincts?
Jolin-Barrette : Bien oui, pour l'indemnisation, pour vraiment
pleinement indemniser la personne qui est
victime de cela. Mais, si, entre-temps, la personne avait été chercher de
l'aide puis avait fait une demande à l'IVAC, elle ne sera pas pénalisée du fait qu'elle a fait une première demande.
Donc, arrive la survenance d'un second événement, aussi, la personne va
bénéficier des aides et du soutien.
Mme Weil :
Donc là, pour la violence conjugale...
M. Jolin-Barrette : Là, il n'y a pas de prescription, là. Il faut le dire aussi, en
violence conjugale, il n'y a pas de prescription, violence sexuelle non
plus.
Mme Weil :
Pas de prescription? Il peut y avoir, comme vous le dites, des événements
séparés. Disons que le deux ans... Donc, séparation, elle n'est plus avec son
conjoint, mais il vient la retrouver éventuellement, puis c'est un autre événement
parce que ce n'était pas en continu... Cet aspect de continuité... Mais, si
c'est continu pendant deux ans de mariage ou deux ans de vie commune, ça, c'est
un événement ou chaque fois... Est-ce que chaque...
Jolin-Barrette : Bien, ça dépend. Si c'est en continu de façon
contemporaine, c'est le même événement. Mais,
s'il y a de la violence, supposons, en mars 2021, il arrive un événement
à cette occasion-là, puis il arrive un autre événement en
mars 2023, dans deux ans, c'est deux événements distincts, là.
Mme Weil :
Deux événements.
Jolin-Barrette : Tu sais, la question du continu... Puis ça dépend de
la nature de l'infraction criminelle aussi. Mais l'objectif, là, c'est qu'à
l'IVAC, là, pour la personne, là, ça va être centralisé. Elle va avoir,
supposons, plusieurs dossiers parce que c'est des événements distincts, mais
son dossier va être regardé dans sa globalité. Donc, c'est ça que je veux dire.
Dans le fond, le continuum de services, il est là pour la personne, mais elle
ne sera pas pénalisée du fait qu'il lui arrive un événement supplémentaire.
L'idée du régime, c'est de faire en sorte qu'elle soit pleinement indemnisée
pour chacun des événements qui surviennent.
Président (M. Bachand) : Interventions? M. le député de LaFontaine,
s'il vous plaît.
M. Tanguay :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais une suspension de quelques minutes
pour qu'on puisse rédiger un amendement, s'il vous plaît.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, là, peut-être pour compléter, là, c'est ça, à la question du
député de LaFontaine, là, pour l'aide palliant la perte de
revenu en lien avec le deuxième événement, si la personne est déjà en aide
palliant la perte de revenu, l'effet de l'article 42 est que nous allons
poursuivre le versement de l'aide pour une nouvelle période de deux ou trois
ans. Donc, ça s'ajoute. Donc, dans le fond, la personne, elle était déjà sur
l'aide palliant la perte de revenu, subit
une infraction criminelle. Elle est sur l'aide palliant une perte de revenu,
arrive un autre événement, une
infraction criminelle, l'aide palliant la perte de revenu se rajoute aux deux
ans ou trois ans, donc, pour la même période,
et le calcul va se faire sur la même base salariale que le premier événement.
Donc, ça signifie que la personne qui avait été indemnisée à hauteur de,
supposons, 90 % de son salaire, bien, dans le fond, puisqu'elle était sur
ce régime-là, arrive le second événement... Pour les années supplémentaires par
rapport à l'indemnisation par rapport à son manque à gagner par rapport à son
emploi, c'est la même formule de calcul que s'il n'y avait eu qu'un seul
événement, donc 90 % de son salaire.
M. Tanguay :
Je comprends, puis...
M. Jolin-Barrette :
C'est ajouté, l'aide est revalorisée. Elle n'aura jamais moins que ce qu'elle
recevait dans le cadre de la première indemnisation, l'aide palliant la perte
de revenu.
M. Tanguay :
Alors, on a déjà fait le calcul pour le premier événement. On est encore sur
cette prestation-là. On rajoute le deux ou trois ans. On ne refait pas le
calcul puis on ne lui donne pas 90 % du 90 %, là.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Tanguay : On ne
descend pas une marche. Parfait. Puis, si la personne avait quitté cette
prestation-là et avait été sans revenu pendant six mois, à ce moment-là,
j'imagine qu'on va considérer les 12 derniers mois. Il y aura six mois sans revenu. On
pourrait peut-être calculer son six mois... le premier six mois qu'elle était
sur cette prestation-là comme revenu, mais, à la fin de la journée, elle n'aura
pas... Elle n'aura jamais moins que le 90 % du salaire minimum,
puis c'est ce qu'on va lui donner si toute autre forme de calcul arrivait plus
bas que ça.
M. Jolin-Barrette : C'est toujours... On prend toujours la situation
la plus généreuse pour la personne victime.
M. Tanguay : Puis qui
sera toujours le plancher du 90 % du salaire minimum.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Tanguay : O.K.,
parfait. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, en attendant l'amendement, on va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 59)
Président (M. Bachand) :
Merci. À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. M. le député de LaFontaine, s'il vous plaît.
M. Tanguay : Oui. Est-ce
qu'il est sur Greffier, M. le Président? Je ne le vois pas.
Le Président (M.
Bachand) : Oui.
M. Tanguay : Il faudrait peut-être s'en assurer avant
qu'on revienne en ondes parce que là on n'est pas efficaces, je trouve.
Le Président (M.
Bachand) : Amendements en cours.
M. Tanguay : J'ai amendements
adoptés, amendements non adoptés...
M. Tanguay : Je rafraîchis.
M. Jolin-Barrette : Moi, je l'ai, M.
le Président. Voulez-vous que j'en fasse la lecture?
Le Président (M.
Bachand) : Merci de votre générosité.
M. Tanguay : Alors, M. le
Président,
article
L'article 42 du projet de loi est modifié
par :
1° le remplacement, dans le premier alinéa, des
mots «pour une période maximale de trois ans consécutifs ou non» par «pour la
durée de la perte ou des incapacités :»
2° le remplacement, dans le deuxième alinéa, des
mots «pour une période maximale de deux ans consécutifs ou non» par «pour la
durée de ladite perte ou des incapacités :».
Alors, on
enlèvera «ladite perte», là, pour... c'est une erreur, peu importe. Alors, l'amendement, M. le Président, on ne veut pas limiter à trois ans, on
l'a entendu durant les auditions, on veut revenir, le cas où... du cas par cas,
basé sur l'évaluation de la personne.
Dans certains cas, la perte de revenu sera sur un an, deux ans, dans certains
cas, ce sera sur sept, huit ans ou plus, mais que l'on s'harmonise ici
avec les deux autres régimes, pour ce qui est de l'assurance automobile, pour
ce qui est victimes d'accident du travail également. Alors, dans ces deux
cas-là, le régime peut, si votre cas le justifie, vous accompagner jusqu'à 65
ou 68 ans, à partir du moment où, là, vous pourrez être pris en charge par
la Régie des rentes du Québec et les différents autres régimes. Donc, à toutes
fins pratiques, c'est toute la durée de la vie active.
L'approche privilégiée par le ministre, parce
qu'on dit qu'il va y avoir plus de monde invité à la table, alors il faut s'assurer de donner des plus petites pointes
à tout le monde parce qu'on va avoir plus de monde, bien, nous,
on dirait, M. le Président : Oui, bravo! On va élargir le nombre de
personnes qui seraient indemnisées, on parle d'à peu près 4 000 personnes,
mais on va faire en sorte aussi qu'elles ne le soient pas moins, mais qu'elles
le soient, comme elles en ont besoin, suivant l'analyse qui en est faite par
les médecins, les spécialistes, et tout ça.
Alors, à l'article 42, c'est là où on doit
déposer cet amendement-là, c'est là où on demande au ministre de revenir au
régime actuel dans la proposition qu'il fait et de ne pas limiter, pour
certaines catégories, à trois ans, et, pour d'autres catégories, à deux ans, de
ne pas limiter à cela, mais pour la durée de la perte ou des incapacités, dans
les deux cas, ça, très clairement, ça a été exprimé par les groupes, par les
victimes, par les groupes représentant les victimes, c'est du cas par cas. Et
socialement, si on va là, on ne peut pas dire : Bien, on va vous laisser
tomber après trois ans maximum ou après quatre, cinq ans,
si, d'aventure, vous étiez éligible pour la réinsertion sociale, les deux
années qui s'ajoutent à la première, deuxième ou troisième, selon le cas, deux
années pour la réinsertion sociale.
Alors, c'est
ici qu'on devait déposer l'amendement, M. le
Président, et, encore une fois, c'est basé sur l'incapacité réelle ou la durée réelle, soit les
conséquences suivant l'infraction
criminelle. Je pense que c'est
réellement faire écho de ce que les victimes nous ont dit haut et fort,
et les groupes représentant les victimes. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Intervention? M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le
Président, on en a beaucoup discuté durant les consultations particulières, on en a discuté aussi ici en étude détaillée, M. le Président, j'étais à l'écoute des demandes des groupes de victimes, le critère
le plus important, ce qu'elles
demandaient le plus, M. le Président, c'était à l'effet que les personnes sans emploi,
sans revenu puissent bénéficier de la création d'un revenu, donc c'est
ce qu'on a fait, et l'amendement que j'ai déposé, c'est des investissements supplémentaires de 10 millions
de dollars annuellement. Alors, ce
qu'on fait, par la création des amendements que j'ai déposés, c'est de
faire en sorte que les personnes victimes qui n'ont pas de revenu, qui n'ont pas d'emploi et qui subissent une infraction criminelle, bénéficieront au minimum de 90 % du salaire
minimum. Donc, on va venir leur attribuer un revenu durant une période
de trois années, justement pour les soutenir, pour faire en sorte que ces
victimes-là puissent être pleinement indemnisées, et donc le remplacement de
revenu aura une durée de trois ans dans le temps. Pour les gens qui étaient en
emploi, dans le fond, il va pouvoir y avoir de la réinsertion professionnelle
pour une quatrième et une cinquième année.
Et là on a eu les discussions relativement au
fait que ça peut débuter avant si votre indemnité de remplacement de revenu se
termine plus tôt, considérant le fait que vous êtes apte au travail. Il faut
bien le voir, l'indemnité de remplacement de revenu, l'aide palliant la perte de revenu et l'aide palliant...
l'aide financière compensant certaines incapacités, c'est pour faire en
sorte que... c'est donné lorsque la personne ne peut pas réaliser ses activités
quotidiennes, la majorité de ses activités quotidiennes. Sinon, il n'y a pas de
remplacement de revenu ou il n'y a pas d'aide compensant certaines incapacités.
Alors, on est dans un régime qui fait en sorte, M. le Président... de
solidarité sociale, qui vise à outiller la personne pour lui donner les outils
pour qu'elle se réhabilite suite à cet événement malheureux, une infraction
criminelle. Alors, c'est ce qu'on fait dans le cadre du projet de loi.
Alors, j'ai entendu les différents groupes, les
différentes personnes victimes, M. le Président, et ça démontre l'ajout avec
une augmentation du soutien de 10 millions de dollars par année, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Intervention? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Est-ce que le
ministre peut d'abord nous rappeler quelle proportion des victimes, en ce
moment, bénéficie d'une aide financière compensant le revenu plus que trois
ans?
M. Jolin-Barrette : Oui, on va
vérifier.
Mme Labrie : Parce que, de
mémoire, ça avait été nommé en commission parlementaire et c'était une assez
faible proportion. On peut penser que ce sont les personnes qui sont vraiment
le plus hypothéquées par le crime qu'elles ont subi. J'ai entendu que le
ministre avait une volonté, par cette limitation-là du nombre d'années, d'avoir
une meilleure prévisibilité sur des coûts du régime, mais j'aimerais ça savoir
s'il y a de la souplesse de son côté par rapport au nombre d'années.
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, pour le nombre d'années, non, c'est vraiment le maximum que je peux
aller, d'aller à trois ans. Tout cela est motivé par le fait, notamment, de
faire en sorte de mieux accompagner les victimes.
Et là, il y a l'indemnité de remplacement de revenu, mais on change l'IVAC
aussi pour mieux accompagner la personne aussi en amont, dès le départ.
Donc, on veut la prendre dès le départ. Avant, on avait besoin de la demande de
qualification pour lui offrir du soutien psychologique. Là, dès le moment où la
personne cogne à la porte, on va mieux l'accompagner, on va l'informer sur
toutes les aides qu'elle bénéficie, son noyau familial aussi va en bénéficier.
Alors, c'est le choix que nous faisons, d'accompagner en amont, puis l'objectif
n'est pas de faire en sorte que les personnes restent longtemps sur l'aide
palliant la perte de revenu, l'important, c'est de les outiller, les
accompagner et les aider le plus rapidement possible.
Mme Labrie : Je partage cet
objectif-là, puis j'espère que ça va fonctionner, puis que les gens auront la
possibilité de se rétablir le plus rapidement possible grâce au soutien du
régime, et donc qu'ils ne vont avoir besoin de
l'aide financière que sur une période aussi courte que possible, mais il y a
des personnes qui ont vécu des situations qui sont plus lourdes que
d'autres, je vais dire ça comme ça, on a notamment des victimes qui nous en ont
témoigné, là, ici, notamment des sévices subis pendant l'enfance. Il y a des
situations pour lesquelles on peut concevoir assez facilement que les
préjudices vont durer longtemps, même avec toute l'aide que le régime va
pouvoir apporter.
M. Jolin-Barrette : Oui. Juste
sur ce point-là, sur l'exemple cité par la députée de Sherbrooke, exemple les
violences subies pendant l'enfance, avec notre réforme, la personne va avoir de
l'aide qu'elle n'aurait pas eue. Donc, on
part de zéro, point barre, qu'elle n'avait rien parce qu'elle était hors délai,
la personne, et là, maintenant, elle va être pleinement indemnisée au
moment où elle le souhaitera. Ça, c'est une avancée significative parce que,
dans le fond, la
personne qui disait : Moi, j'ai subi de la violence pendant
l'enfance, elle n'était pas indemnisable. Là, on dit : C'est imprescriptible. Et là, puisque c'est imprescriptible, bien là, le régime s'ouvre pour
elle, indemnité de forfaitaire, aide palliant la perte de...
remplacement de revenu. Donc, on part de zéro à tout.
Mme Labrie : Oui. Bien, zéro à
tout...
Jolin-Barrette : Même chose
en matière de violence conjugale, même chose en matière de violence sexuelle,
ce qui est une...
Mme Labrie : D'ailleurs, je n'ai pas
eu la réponse à ma question de la dernière fois sur le pourcentage
d'incapacité, là. J'avais demandé... On nous avait soumis des scénarios puis on
nous avait expliqué que c'était des scénarios qui relevaient des situations où
le pourcentage était parmi les plus élevés. J'avais demandé quel était le
pourcentage moyen, là, d'une victime... Parce que les montants qu'on nous avait
présentés semblaient... pouvaient sembler élevés, mais on comprenait que
c'était des cas quand même extrêmes, et que la majorité du temps, ce serait
moins élevé comme indemnité totale.
M. Jolin-Barrette : On me dit que je
vais pouvoir le déposer aujourd'hui.
Mme Labrie : Parfait. Parce que
quand on en saura plus là-dessus, ça va nous donner une idée aussi de ce que ça représente, les sommes forfaitaires, mais
je comprenais que c'était des cas extrêmes qu'on nous avait présentés la
dernière fois, donc je m'attends à des sommes forfaitaires plus faibles, là,
pour la moyenne des gens.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'était
des cas où le pourcentage d'incapacité était élevé, effectivement.
Mme Labrie : C'est ça. Donc, moi, je
pense qu'on ne va pas assez loin avec la question des trois ans ou même deux
ans, selon la personne, et je crains que ça nuise au rétablissement. Je pense
que la majorité des victimes n'auront pas besoin de toute cette période-là.
Puis d'ailleurs, le ministre nous confirmera, là, mais ça semblait minimal, la
proportion des victimes qui avait besoin de plus que trois ans de remplacement
de revenu auparavant, mais il y a des
personnes qui vont avoir besoin de plus que ça, et ces personnes-là, le fait
d'avoir le couperet qui tombe après
trois ans, ça met une pression, ça cause un stress, une anxiété par rapport à une éventuelle diminution de revenu qui, à mon sens, est contre-productive,
là, pour le rétablissement.
M. Jolin-Barrette : En réponse à la question
de la députée de Sherbrooke, là, pour l'année 2018, là, avant trois ans,
c'était 77 %, puis avant cinq ans, c'était 92 %.
Labrie : Parfait. Donc, on a, disons, seulement 8 % des victimes
qui ont encore besoin de remplacement de
revenu après cinq ans. Donc, c'est un nombre minimal. Moi, ces personnes-là, je
pense... Bien, c'est-à-dire, je dis ça dans
le sens où c'est beaucoup de gens, mais ça a un impact qui n'est pas si
considérable que ça, au niveau du financier, sur les coûts du régime
parce que c'est la minorité des prestataires.
M. Jolin-Barrette : Il faut juste,
dans le cadre de la discussion, là... C'est parce que ça, c'est en vertu de
l'ancien régime, où est-ce que l'ancien régime accompagnait moins bien les
personnes dès le départ puis au niveau du
soutien, au niveau de l'accompagnement, tout ça. Alors, le changement de
philosophie du régime va faire en sorte, et je le souhaite, que les
personnes soient réhabilitées le plus rapidement possible.
Alors là, on
regarde ça avec notre lunette de l'IVAC actuelle, avec toutes les problématiques qui ont été identifiées, notamment
par la Protectrice du citoyen, notamment par l'ensemble des groupes, mais là on
sort de ça puis on arrive avec un nouveau régime. Donc, c'est sûr qu'on peut le
transposer puis...
Mme Labrie : Tout à
fait, puis le ministre
m'alimente en disant ça, là, parce
que, si le régime fonctionne mieux,
il risque d'y avoir effectivement beaucoup moins de personnes que ça qui ont
encore besoin d'un remplacement de revenu
après cinq ans. C'est effectivement ce que le ministre pense qui va arriver,
de ce que je comprends qu'il me dit, je le souhaite aussi, et
donc ça veut dire qu'il y a un très faible nombre de personnes qui vont encore
en avoir besoin après l'écoulement de ces années-là.
Donc, moi, ce que j'aimerais qu'on fasse, c'est
qu'on pense à ces personnes-là puis qu'on puisse concevoir ici que ça va leur
mettre une pression puis un stress qui ne sont pas favorables au
rétablissement. Et, considérant que ça ne représentera probablement pas beaucoup
de personnes, compte tenu de tout ce qui va être fait très tôt dans le parcours
de la victime, je pense que ça ne représente pas des coûts déraisonnables, là,
d'envisager de pallier la perte de revenu plus longtemps pour ces personnes-là.
Je ne sais pas s'il y a une évaluation qui en a
été faite, mais si on s'attend qu'il y ait de moins en moins de personnes qui aient besoin de dépasser cinq ans
pour avoir besoin d'un remplacement de revenu, je ne vois pas pourquoi on
s'entêterait à garder une limite aussi rigide, alors que ça peut nuire à
certaines personnes qui sont vraiment dans une situation plus difficile, là.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Je comprends puis je saisis bien la position de la députée de Sherbrooke, c'est
plein de logique, M. le Président. Cela étant, le nouveau régime que nous
mettons en place vise à accompagner dès le départ les personnes avec un nombre
limité d'années pour la réhabilitation, donc trois ans, cinq ans. Je comprends
le souhait de la députée de Sherbrooke. Il y a d'autres régimes aussi de solidarité
sociale qui peuvent s'appliquer dans certaines circonstances, mais, dans le
cadre du programme de l'IVAC, ça serait trois ans, cinq ans.
Mme Labrie :
Sauf qu'il y a des choses qu'on ne contrôle pas, là, M. le Président, là, le...
On ne peut pas... Puis malheureusement ça a été essayé en santé puis ça ne
fonctionne pas non plus, là, on ne peut pas décider d'avance combien de temps
ça va prendre pour se rétablir, là, que ce soit une plaie dans un hôpital ou
que ce soit la capacité de la personne
à retourner travailler après avoir vécu un acte criminel. Ce n'est pas en
mettant une date butoir que ça va fonctionner.
Probablement que la large majorité des gens vont réussir à le faire dans le temps
prévu, puis je suis convaincue de ça puis j'espère qu'on va leur donner assez
de soutien pour y arriver, mais il y
a des gens pour qui ça ne
fonctionnera pas dans le temps prévu,
puis c'est une pratique qui est nuisible, là, à tous les niveaux, là, c'est
nuisible dans le système de
santé qu'on fasse ça en ce moment, là, c'est nuisible qu'on veuille le faire
aussi pour ces personnes-là. Le fait que la
date existe et de voir même cette date-là arriver, pour les personnes qui n'ont
pas réussi à se rétablir malgré l'aide qu'on leur offre, ça peut même accentuer leur détresse puis les amener dans
une spirale qui nuit à leur rétablissement encore plus, là.
Le ministre m'a
dit : Il y a d'autres régimes d'aide qui existent. Bien tant et aussi
longtemps que le régime d'aide sociale ne permettra pas aux gens d'avoir au
moins le seuil de sortie de pauvreté, je ne pense pas que c'est une réponse raisonnable de leur dire : C'est ça
qui vous attend, là, après la fin des années de l'IVAC, là. C'est sûr que ça
accentue la détresse de gens... Je suis certaine que le ministre est aussi au
courant que moi qu'en ce moment, il y a plein de gens qui sont sur l'aide sociale qui doivent vendre des services sexuels
pour pouvoir payer leurs dépenses courantes, là, parce que ce n'est pas
suffisant, les montants qui sont sur l'aide sociale en ce moment, notamment des
victimes de l'IVAC qui n'ont pas réussi à se
rétablir puis qui sont sur l'aide sociale. Puis, moi, j'en ai rencontré. J'en
ai rencontré. Puis c'est très
courant. C'est même un lieu commun, là, d'avoir à trouver des façons comme ça
d'arrondir les fins de mois pour les
gens qui sont sur l'aide sociale. Ça fait que, si la réponse, c'est : Ah
bien, écoutez, Mme la députée de Sherbrooke, il y a d'autres régimes d'aide après. Moi, tant que ces régimes-là ne sont
pas satisfaisants, je ne vais pas être satisfaite, là. Je préférerais
qu'on dise, au lieu de la période maximale de trois ans, on va y aller vers
10 ans, je ne le sais pas, tu sais, je
cherche où peut être la position de compromis avec le ministre, là, parce qu'il
y a un besoin pour une très faible proportion de personnes de pouvoir
dépasser ça sans leur mettre une pression, là, qui va nuire à leur
rétablissement.
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien, comme je l'ai dit, je comprends tout à
fait la députée de Sherbrooke. Je comprends qu'elle soit insatisfaite
par rapport à la proposition qui est faite, considérant le fait que, dans un
monde idéal, tout serait couvert tout le temps, avec une durée indéterminée. La
réalité, c'est qu'on rajoute près d'un quart de milliards de dollars dans la réforme, on a fait des avancées
significatives, on vient attribuer un revenu à des gens qui n'avaient pas
de revenu pour favoriser leur rétablissement. C'est un régime de solidarité
sociale où tous les Québécois paient. Le régime
que nous avons présentement est déjà le plus généreux de toutes les provinces
canadiennes, et il le sera encore plus avec l'argent qu'on rajoute.
suis très sensible à ce que la députée de Sherbrooke dit. Cela étant, au niveau
du nombre d'années, trois ans, cinq ans, la majorité des individus
seront couverts par ce régime-là. Et, encore une fois, je le répète, on change
la mentalité à l'IVAC, on change la mentalité du régime, c'est vraiment la
personne qui va être au coeur du processus et, aussi, son entourage aussi va
bénéficier de toutes ces aides-là.
Alors, je saisis très
bien ce que la députée nous dit du fait que le régime ne devrait pas avoir de
limite. Malheureusement, dans les régimes d'indemnisation comme celui-là, des
régimes de solidarité sociale, il y a une limite à quelque part. Puis le
gouvernement a fait ce choix-là, d'aller à trois ans, d'aller à
cinq ans. Pour... lorsqu'on regarde l'ensemble du régime, ça apparaît
comme étant une proposition qui est généreuse, une proposition qui vise le plus possible à accompagner les personnes
victimes. Donc, c'est sûr que, quand... lorsqu'on regarde le portrait global,
avec tout l'argent qui est mis, l'élargissement des victimes, l'absence de
prescription pour les victimes d'exploitation sexuelle, violence conjugale,
violence subie pendant l'enfance, ça fait en sorte que ces victimes-là qui
n'étaient pas admissibles vont maintenant devenir admissibles, la somme
forfaitaire pour ces personnes-là.
Dans ce cadre-ci, je
comprends l'intervention de la députée de Sherbrooke. Je sais qu'elle comprend
aussi ce que je dis par rapport au régime. Il n'y a pas de système parfait,
parfait, parfait. On vit dans une réalité financière, entre autres, où, déjà,
le régime de l'IVAC est très, très généreux. Alors, je suis très sensible, mais
malheureusement, dans le cadre de la réforme, présentement, je ne peux pas
aller avec la proposition qu'elle m'a faite.
Mme Labrie :
Mais, si le ministre fait confiance au régime qu'il est en train de mettre en
place pour aider au rétablissement des
victimes, s'il fait confiance à ce régime-là, il doit s'attendre comme moi à ce
que finalement il n'y ait seulement qu'une poignée de personnes qui ne
réussissent pas à se réhabiliter puis à ne plus avoir besoin d'une aide
financière pour pallier la perte de revenus après trois ans. Il me semble
que, si on a la conviction que ça va fonctionner,
ce qu'on met en place, et qu'il y aura très peu de personnes qui auront besoin
d'aide passé trois ans, pourquoi on n'a pas un peu plus de
souplesse pour la poignée de personnes qui vont, elles, en avoir besoin?
Jolin-Barrette : Ça, M. le Président, je comprends que c'est un nombre
limité de personnes, on est dans la fourchette la plus basse. Il y aura des
gens qui vont réussir à occuper leur emploi, dans certaines circonstances, d'autres non, mais on se retrouve avec des
capacités financières, avec une limite de temps. Et le choix de l'État québécois,
le choix du gouvernement, dans ce cas-ci,
c'est de faire en sorte de permettre, pendant trois ans, de bénéficier de
90 % du revenu de la personne ou de 90 % du salaire minimum si
la personne n'avait pas de revenu, pas d'emploi. Mais je réitère que c'est un
choix collectif, relativement au fait de l'IVAC, et déjà, je pourrais le
répéter à de nombreuses reprises, c'est un
régime qui est extrêmement généreux. Dans certaines circonstances, il y a certains individus qui vont arriver au bout du régime de l'IVAC par rapport au remplacement de revenu ou l'aide palliant certaines...
compensant certaines incapacités, effectivement, j'en suis conscient, et
c'est pour ça que j'accrédite le propos de la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Puis est-ce que le ministre
va travailler auprès de son collègue responsable de la Solidarité sociale pour
qu'au moins les autres régimes d'aide vers lesquels les victimes dans cette situation-là
vont devoir se tourner ne les mènent pas à la précarité financière extrême?
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est sûr,
M. le Président, puis on a déjà commencé à travailler ensemble, puis on a eu
des discussions la semaine dernière là-dessus, relativement au montant
forfaitaire pour les victimes d'infraction criminelle, pour que les sommes
soient protégées. Alors, je sais que, là, le ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale travaille extrêmement fort pour les clientèles notamment
vulnérables qui se retrouvent sur l'aide sociale, l'aide de dernier recours, pour s'assurer qu'elles puissent bénéficier
de tout le soutien et de revenus pour assurer qu'elles puissent vivre
décemment.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui. Merci, M. le Président. Qu'il soit
utile et qu'il soit permis de citer le Barreau et le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Le Barreau
dit : «Ainsi, nous recommandons de revoir cette période très
courte, qui ne sert pas l'objectif du projet de loi de répondre adéquatement
aux besoins des victimes.»
Dans leur mémoire, le Barreau précise :
«...le Barreau du Québec soulève un changement majeur par rapport au régime
actuel puisque l'aide serait versée pour une période maximale de trois ans
seulement.
«Le Barreau du Québec a toujours cru important
d'établir une harmonisation et une certaine équité lors de l'indemnisation des
victimes d'actes criminels par rapport à ce que l'on retrouve dans le cadre
d'autres régimes d'indemnisation au Québec,
en l'occurrence l'indemnisation des victimes d'accident du travail ou
d'accident de la route. Par exemple,
ces régimes prévoient le versement d'une indemnité de remplacement de revenu
jusqu'à l'âge de 68 ans si la personne est inapte à exercer tout
emploi suivant son préjudice corporel.» Fin de la citation.
Et le
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale dit ce qui
suit dans leur mémoire : «Enfin, l'article 42 nous apprend que cette
aide financière sera versée au maximum pendant trois ans. Qu'arrivera-t-il
aux victimes qui ne seront pas complètement rétablies et qui ne pourront
reprendre l'occupation qu'elles avaient avant la commission du crime?»
«Maintenir l'aide financière palliant une perte
de revenu jusqu'à la consolidation.
«L'article 42 du projet de loi n° 84 prévoit
que l'aide financière palliant une perte de revenu est versée pour un maximum
de trois ans, alors que la loi actuelle ne trace aucune limite. Or, une
telle disposition peut avoir pour effet que
l'aide financière palliant une perte de revenu n'est plus versée à la victime
même si son état n'est toujours pas consolidé.» Fin de la citation.
Alors, comme le ministre vient de reconnaître, M.
le Président, que c'est un choix, c'est un choix financier, reconnaître également qu'aujourd'hui, pour à la hauteur d'à peu
près 43 millions, 44 millions, il y a du viager qui est donné. Donc, il y a plusieurs Québécois,
Québécoises qui sont sur le viager. Donc, le ministre
reconnaît aussi, puis il me détrompera si
j'ai mal reformulé, qu'il y a des gens qui ne pourraient pas être complètement
rétablis après une période de trois ans ou cinq ans. Socialement, qu'est-ce qu'on leur dit aujourd'hui? Qu'est-ce
qu'on leur dit aujourd'hui? Ils devront... Ils se verront couper leur aide financière.
Comment pouvons-nous accepter ça? Puis je le sais, que c'est une question de
choix, je sais que c'est une question financière, mais qu'est-ce qu'on leur
dit, aujourd'hui, à ces gens?
M. Jolin-Barrette : Bien, moi, M. le
Président, ce que je dis, c'est que, durant des années, il y a des milliers de
personnes victimes qu'on n'a pas indemnisées parce qu'elles n'étaient pas
admissibles, parce qu'elles étaient hors délai.
Là, en rendant imprescriptibles les infractions à caractère sexuel, les
agressions sexuelles, la violence conjugale, la violence subie pendant
l'enfance, toutes ces personnes-là qui, antérieurement, n'avaient pas le droit
à un sou de l'IVAC, pas une cent, là, rien, elles avaient subi une infraction
criminelle puis on leur disait : Vous êtes hors délai, vous avez passé
l'année de réclamation, désolé, on ne peut pas vous aider, là, nous, on ouvre
la porte à toutes ces victimes-là, puis on leur dit : Vous avez le droit
d'avoir du soutien psychologique, vous avez le droit d'être accompagnées, vous
avez le droit d'être soutenues, vous avez le droit d'avoir une indemnité
forfaitaire, vous avez de l'aide palliant la perte de revenus ou de l'aide
financière compensant certaines incapacités. Donc, ça, c'est des centaines,
voire des milliers de personnes à qui on ouvre la porte, qui, sans la réforme,
n'avaient rien du tout, rien. Alors, dans le régime que nous avons maintenant,
on fait en sorte de couvrir beaucoup plus large le nombre de personnes
victimes admissibles, des victimes qui n'étaient pas admissibles auparavant qui
vont devenir admissibles, et on ajoute près d'un quart de milliard de dollars
dans la réforme.
Alors, c'est sûr, M.
le Président, si on le regarde, supposons, en silo, comme le Barreau l'a fait,
c'est vrai qu'il y a des personnes qui, au bout de trois ans, n'auront
plus accès à cette aide financière là. Mais, si on prend le même cas, c'est possible aussi qu'avec l'IVAC
actuelle, la personne, elle n'avait rien du tout, sa demande était rejetée.
Moi, je me dis : Qu'est-ce qui est préférable? Est-ce que c'est préférable
d'être soutenu, d'être accompagné dès le moment où vous dites : Je lève la
main, là, moi, je suis prêt, ça fait des années, là, que je garde ça en dedans,
ça fait des années que je souffre, puis j'ai
besoin d'une bouée de sauvetage, puis là je fais le geste, là, de dire :
Je m'adresse à l'IVAC, là, j'ai besoin d'aide, j'ai du soutien, j'ai du soutien
immédiat, j'ai du soutien en matière d'accompagnement tout de suite ou
de se faire dire, avec le régime actuel : Je suis désolé, on va regarder
votre demande, ça prend plusieurs semaines, puis on voit que vous l'avez
déposée trop tard, ça fait qu'on est vraiment désolé, puis on ne vous offre
rien?
Alors, moi, je fais
le choix d'accompagner beaucoup plus de victimes. Ça amène des choix,
effectivement, pour dire que la personne victime aura, un temps limité, de
l'aide palliant la perte de revenus. Mais, d'un autre côté, elle a un montant
forfaitaire, elle a du soutien dès le départ. On a un programme d'urgence pour
sortir les personnes vulnérables des milieux toxiques. Alors, lorsqu'on regarde
l'économie de la réforme en général, c'est vraiment davantage positif. Alors,
c'est les nuances que je souhaitais apporter parce qu'il faut le regarder d'une
façon globale, ce projet de réforme là.
Président (M. Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Est-ce que le ministre... Est-ce qu'on a déjà eu le chiffre? Le
42 millions, là, le dernier chiffre que l'on a sur le viager actuel,
est-ce que l'on a le nombre de Québécois, Québécoises que ça couvre?
M. Jolin-Barrette :
Le nombre de bénéficiaires?
M. Tanguay :
De bénéficiaires, oui. On me dit : Il y a 3 600 personnes en
incapacité totale temporaire. Mais, sur le 42 millions qui ont du
viager...
M. Jolin-Barrette :
Dans le rapport annuel, je crois que nous l'avons.
M. Jolin-Barrette :
...M. le député de LaFontaine a une autre question aussi, en même temps,
pendant que je cherche.
M. Tanguay :
Et l'autre question que j'ai suite à ça, M. le Président, c'est... Évidemment,
il y a une clause qui fait en sorte que ces personnes qui, aujourd'hui, sur le
régime actuel, bénéficient du viager ne se verront pas couper leurs
prestations. Eux, il y a une clause grand-père qui va leur permettre de
poursuivre, n'est-ce pas?
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, tous ceux qui sont déjà dans le régime présentement, qui
bénéficient d'une rente viagère, ils bénéficient d'une disposition de droits
acquis, une clause de droits acquis.
M. Tanguay :
O.K. Est-ce qu'à eux aussi il sera offert... Est-ce que consigne sera donnée ou
pas de revisiter ces dossiers et, peut-être, de s'asseoir avec les personnes
pour dire : Bien, vous savez qu'en vertu de l'article — on va
le voir, là, je pense que c'est 51 et suivants — vous pouvez bénéficier
de professionnels pour une réinsertion professionnelle, et ainsi de suite?
Est-ce qu'eux il y aura des approches qui seront faites auprès d'eux pour leur
offrir les outils? Parce que je suis certain qu'il y aura des outils
supplémentaires, de l'aide nouvelle qui sera offerte. Est-ce que ça, ça leur
sera offert, aux personnes qui sont, à l'heure actuelle, sur le viager?
Le Président (M. Bachand) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : O.K. Donc, même si vous êtes sur le viager déjà, avec
les nouvelles aides, les personnes victimes vont pouvoir bénéficier de
l'ensemble du panier de services, donc, vont pouvoir bénéficier de l'aide pour
la réinsertion professionnelle. Mais ils ne seront pas doublement... ils
n'auront pas leur rente viagère plus une aide financière palliant la perte de
revenus, parce qu'ils sont déjà sur du viager. Mais, pour de l'accompagnement,
de la réorientation, ça, ils vont pouvoir bénéficier, avec... du panier de
services qui va être offert maintenant.
M. Tanguay :
Évidemment, sans qu'on leur dise — il va sans dire, mais on va le dire dans
le micro — sans
qu'on leur dise : Bien, vous avez deux ans, dorénavant, si vous
embarquez dans ce programme-là, pour vous trouver un emploi, puis après ça...
Jolin-Barrette : Eux, ils sont sur le modèle, dans le fond, de la
rente viagère, donc ils bénéficient de la rente viagère leur vie durant. Donc,
ceux qui sont dans l'ancien régime vont bénéficier de la rente viagère, mais
vont aussi bénéficier des nouvelles aides, du soutien pour faire en sorte de
les réorienter.
Tanguay : Est-ce que
les modes de calcul pourraient faire en sorte que, si, d'aventure, le projet de loi n° 84 était adopté tel quel, nouveau régime se
met en place, est-ce qu'il pourrait arriver... est-ce qu'on a bonifié les modes
de calcul qui pourraient faire en sorte que l'on pourrait revisiter les rentes
viagères qui sont offertes sous l'ancien régime — je ne sais pas si vous
comprenez ma question — ou
si on dit : Non, non, non, de toute façon, les modes de calcul vont être
exactement les mêmes, plutôt que de l'avoir sur trois ans, eux, ils l'ont
dans l'ancien régime sur le viager, ou on se dit : Non, avec le 84, sous
tel aspect, tel aspect, tel aspect, telle personne, qui aujourd'hui est en
viager, si elle avait été calculée sur le 84, elle aurait eu un peu plus, oui,
sur trois ou cinq ans, mais elle aurait eu un peu plus? Est-ce que, de un,
cette possibilité-là existe, et, de deux, si le calcul du 84 est un peu plus
généreux, est-ce qu'on va leur permettre d'avoir une augmentation de leur
viager ou pas?
M. Jolin-Barrette : Non, la rente viagère demeure la rente viagère qu'ils avaient au moment
de l'établissement. Mais ces personnes-là vont pouvoir bénéficier des
autres aides qui sont offertes, notamment la réorientation.
M. Tanguay :
Parce qu'il y aura sûrement... le ministre me comprend, il y a sûrement des
aides financières qu'introduit le 84 qui ne sont pas à l'heure actuelle
possibles pour certains viagers. Est-ce qu'à ce moment-là... à moins qu'il me
dise : Non, non, non, je ne vois pas aucune aide financière...
Jolin-Barrette : ...pas l'aide financière palliant la perte de
revenus. Il n'y aura pas l'aide financière pour la réinsertion professionnelle
parce que la personne bénéficie déjà... elle, elle est déjà consolidée puis
elle bénéficie de sa rente mensuellement par mois.
Tanguay : O.K. Et
les modes de calcul ne seront pas plus généreux — perte de revenus — que ne l'aurait été un calcul perte de
revenus sur le régime actuel?
M. Jolin-Barrette : Non, mais parce que, dans le fond, la rente viagère, c'est l'équivalent
du nouveau forfaitaire. Ce n'est pas du remplacement de revenu.
M. Tanguay :
O.K., mais, sur la rente viagère, dans le régime actuel, il y a une portion
perte de revenus.
Jolin-Barrette : Mais c'est calculé différemment.
M. Tanguay :
C'est ça.
Jolin-Barrette : On l'a vu, de la façon que c'est calculé. Mais la
rente qui est accordée reste intacte.
M. Tanguay :
Et, si, d'aventure, elle avait été sous le mode de calcul, je ne parle pas du
délai, le délai, il est plus long sur l'actuel que sur le trois ans,
cinq ans, 84, mais, si les calculs... si ça avait été calculé, votre
viagère, avec le 84, vous auriez eu un peu plus. Ça, si, d'aventure, je n'ai
pas de cas d'espèce, on ne va lui permettre d'«upgrader» son viager, là.
M. Jolin-Barrette :
Non, mais parce que le calcul est différent. Dans le fond, le 84, c'est le
forfaitaire, ce n'est pas le viager. Le
viager, il appartient à l'IVAC. En 2018, là, il y avait
4 814 personnes qui avaient une rente viagère.
M. Tanguay :
Et 4 814, qui représentent — merci pour le chiffre — 42 millions.
M. Jolin-Barrette : Puis... Oui, et là, dans le fond, les... Avec le nouveau régime, là,
dans les règles transitoires, qu'on va voir plus loin dans le projet de
loi, peut-être la semaine prochaine, M. le Président... avec le nouveau régime,
dans le fond, les personnes qui ont des besoins vont être analysées en fonction
du nouveau régime. Donc, vous, vous étiez
sur la rente viagère, vous avez votre rente viagère, il va y avoir l'entrée en
vigueur du projet de loi n° 84, et là il y a des nouvelles aides qui
sont offertes, donc ça va être traité en fonction des nouvelles aides qui sont
offertes. La personne qui a des besoins psychologiques, qui a des besoins de
réorientation va être traitée à la lumière des nouvelles aides qui sont
offertes.
Tanguay : Donc, le 4 814 dont le ministre nous mentionne,
c'est le 42 millions, ça, dans le dernier rapport annuel, c'est ça?
Jolin-Barrette : Oui, le nombre de bénéficiaires de rentes, ce sont
ceux qui bénéficient du viager.
M. Tanguay : O.K., puis une
chose qui mérite d'être dite, puis ce n'est pas une statistique, mais, quand on
divise 42 millions par 4 814, ça nous donne un ordre de grandeur
moyen de 8 724. Donc, comme on peut voir, ce n'est pas le Klondike non
plus, là, à l'heure actuelle.
Jolin-Barrette : Non, mais c'est ça, là, la rente viagère de l'IVAC,
elle est là pour indemniser les gens, mais elle n'est pas là pour remplacer le
revenu de la personne. Le régime ne sert pas à ça, ça sert à donner un coup de main. Puis nous, avec la réforme qu'on
fait, c'est vraiment pour bien outiller la personne
pour qu'elle puisse retrouver une vie normale. Mais, avec la hauteur des
sommes, voyez-vous, ce n'est pas suffisant pour vivre.
M. Tanguay : C'est une moyenne, là, mais effectivement ce n'est pas... Alors, nous, M. le Président, on a déposé l'amendement, on a dit ce qu'on avait à dire, puis on
fait écho... J'allais dire, c'est notre prétention, mais aucune prétention
là-dedans, on fait simplement écho, comme porte-parole, de ce qui s'est dit
lors des auditions. Puis le ministre, je pense
qu'il a très bien compris le message, puis c'est un choix. Puis, je veux dire,
on comprend la rationnelle dernière ça, mais on voulait faire écho de
certaines personnes qui, nécessairement, après trois ans ou cinq ans
dans le nouveau régime, là, n'auront plus d'assistance financière. Alors, voilà,
M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la députée de Joliette.
Hivon : Moi, je
veux juste dire que j'appuie l'amendement parce que je... Puis mes collègues
ont très bien plaidé, donc je ne reprendrai pas toutes les plaidoiries. Mais je
pense que ça crée un niveau d'anxiété puis un stress
chez les victimes de savoir qu'il y a une date butoir, et donc, qu'importe ce
qui leur arrive, il va y avoir cette date d'échéance là même si elles ne
peuvent pas retourner travailler comme victimes. Donc, je veux juste joindre ma
voix aux collègues, parce que je pense que
de créer une exception, puis on pourrait bien l'encadrer, l'exception, nous
permettrait de vraiment minimiser ces effets très indésirables puis,
selon moi, contre-productifs de la réforme pour ce nombre-là.
Puis le
ministre l'a dit, on peut le voir de deux côtés. C'est un nombre limité,
donc il peut dire : Bien, ça ne touchera pas tant de gens, nos
changements. Mais, en même temps, on peut plaider comme ma collègue de
Sherbrooke, que... bien, vu que ce n'est pas
un nombre excessif, mais ça ne sera pas des coûts excessifs non plus si on
permet une exception. Alors, c'est pour ça que je vais voter en faveur
de l'amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Pour les membres de
l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Contre.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Contre.
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. On
revient donc à l'article 42 tel qu'amendé. Interventions? M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay : J'aimerais
comprendre, le ministre peut-il m'expliquer? Le premier alinéa, là, la dernière
portion, là, «pour une période maximale de
trois ans consécutifs ou non», dans quel cas d'espèce le trois ans pourrait ne pas
être consécutif?
M. Jolin-Barrette : C'est pour...
Consécutif ou non, M. le Président, c'est pour couvrir le cas de la personne
qui... Supposons, elle pensait être capable de retourner travailler, elle
retourne travailler, supposons, durant deux semaines, ou trois semaines,
ou un mois, supposons, suite à l'événement, donc son incapacité de travailler cesse, mais finalement elle est retournée
travailler, mais elle n'était pas prête à retourner travailler. Donc, il y a eu
bris dans la chaîne de versement de l'aide palliant la perte de revenus.
Mais, dans le fond, après, supposons, deux, trois semaines, elle se rend
compte qu'elle n'est pas capable de travailler, puis la personne n'est pas
fonctionnelle, puis elle retombe en incapacité de travailler. Dans le fond,
supposons que son incapacité de travailler, dans le fond, elle
n'était pas... elle était toujours présente, malgré le fait qu'elle est
retournée travailler, donc on veut faire en sorte que la personne peut
continuer son trois ans.
Donc, ce n'est pas parce
que vous retournez travailler que ça amène un bris au niveau de l'aide. Donc,
cette aide-là, elle est comme suspendue.
Puis, dans le fond, si vous retombez en incapacité par rapport à l'événement original... originel, bien là, à ce
moment-là, votre trois ans se poursuit, là, c'est le délai de
trois ans total.
Tanguay : Est-ce que
cette possibilité... Je suis sur le remplacement de revenu pendant un an,
je dis : O.K., je m'essaie, je retourne travailler. Je retourne
travailler six mois, ça ne fait pas, je reviens. Si je retourne travailler
six mois et je reviens, je reviens sur
le calcul qui m'était donné dans ma première année. On ne va pas réouvrir le
calcul : Bon, pendant
six mois, vous avez gagné tant, ou ainsi de suite. Si j'étais... Par exemple, si ça avait été calculé sur un salaire de 70 000 $, acte criminel, vous me calculez 90 %, je
reviens six mois à 40 000 $, on ne va pas réouvrir : Bien
là, six mois, 40 000 $, on va vous baisser.
Jolin-Barrette : Non. C'est la même base de calcul que vous aviez.
M. Tanguay :
Non. Même base.
Jolin-Barrette : Puis surtout, dans le fond, on... ce
trois ans-là, il est fait pour que... Dans le fond, l'aide palliant la
perte de revenus, c'est toujours le revenu original, dans le fond, en fonction
de ça. Donc, vous retournez travailler,
mais, dans le fond, on vous indemnise par rapport à ce montant-là.
Donc, c'est la base de calcul originale, la personne qui a occupé un
emploi, c'est quoi, sa perte de revenus rattachée à l'événement qu'elle
occupait... pardon, à l'emploi qu'elle occupait lors de l'événement.
M. Tanguay :
Je vais poser une question puis je vais risquer une réponse. Quelle est la
période maximale de suspension du paiement? Je vous dirais, c'est
trois ans moins un jour, en vertu de l'application de l'article 20.
M. Jolin-Barrette : Oui, la personne n'a pas de durée maximale pour prendre son
trois ans. Donc, ça voudrait dire
que ça pourrait excéder le trois ans, dans le sens où la personne, là,
elle a son événement, sur le coup, elle n'a pas d'incapacité de
travailler par rapport à l'événement, elle devient consolidée.
Exemple, c'était une
blessure physique, tu aurais une blessure physique, puis la personne, elle a
continué à travailler pendant trois ans
ou quatre ans, puis, au bout de la quatrième année, les séquelles
psychologiques apparaissent, supposons,
puis elle se retrouve en incapacité de travailler.
Bien, même si la personne avait été consolidée par rapport aux blessures
qu'elle a eues, même si elle avait retourné travailler, là, son incapacité de
travailler est rattachée à l'événement, mais
se produit quatre ans plus tard, là, à ce moment-là, elle va pouvoir
bénéficier de l'aide de remplacement de revenu.
M. Tanguay :
Autrement dit, le ministre vient de donner un cas d'application de
trois ans,
article 20, suivant la connaissance du préjudice. Donc, la
connaissance du préjudice peut venir quatre ans après, ce n'est pas
trois ans de l'acte criminel, c'est trois ans de la connaissance du
préjudice. Puis, comme vous dites, je peux ne pas avoir tenté d'avoir une
indemnité pour perte de revenus, je peux ne pas l'avoir mentionné pantoute,
mais, quatre ans après, on se rend compte, puis là preuve à l'appui scientifique,
que c'est un préjudice, l'incapacité de travailler quatre ans après. Donc,
il n'y a pas de délai de prescription extinctive, notamment à
l'article 42, là, quand on parle «période», «délai maximal de
trois ans», il n'y a pas de prescription extinctive de trois ans.
Si j'ai commencé à
travailler pendant cinq ans, puis là, pouf! ça me revient, je recroise mon
agresseur, par exemple, comme on... on prend cet exemple-là, là, le dossier a
été ouvert il y a 10 ans, vous avez recommencé à travailler il y a cinq ans, bien, à ce moment-là, je peux prendre
la dernière portion, mais ce sera réellement la dernière portion du
trois ans, n'est-ce pas?
Jolin-Barrette : Oui, vous pouvez l'utiliser.
M. Tanguay :
O.K. Plus le deux ans qu'il va pouvoir peut-être même, après 10 ans,
qui pourrait se rajouter à ce moment-là.
M. Jolin-Barrette : Oui, à partir du moment où vous vous retrouvez dans une situation où
l'événement provoque, chez vous, une incapacité de travailler, vous
allez pouvoir l'utiliser. Puis là, dans le fond, les aides financières sont
construites pour toujours faire en sorte que la personne, on puisse
l'accompagner.
M. Tanguay :
C'est beau, M. le Président, pour moi.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée... de Notre-Dame-de-Grâce,
pardon.
Mme Weil :
Oui. Je ne sais pas si on en a déjà parlé, là, je ne me souviens pas. Qu'est-ce
qui a déterminé le trois ans? Est-ce qu'il y a eu des débats sur
trois ans, cinq ans? Est-ce que c'était basé sur d'autres programmes
qui existent déjà au gouvernement ou basé sur des études de... bon, le minimum
que ça prend pour remettre quelqu'un sur ses pieds? Ça, c'est la première question.
Jolin-Barrette : Bien, statistiquement, la majorité des dossiers sont
réglés à l'intérieur de trois ans et même
à l'intérieur de cinq ans. On a vu les chiffres tout à l'heure, là, 77 % à l'intérieur
de trois ans, 92 % à l'intérieur de cinq ans des dossiers.
Mme Weil :
Donc, il y a cet élément-là dans un contexte aussi de capacité de payer de
l'État. Est-ce que...
M. Jolin-Barrette : Peut-être, si je peux rajouter, également, dans
le rapport Lemieux, qui a été rendu en 2008 par Me Lemieux...
et il recommandait dans le rapport une durée de trois ans.
Mme Weil :
Et, durant cette période, parce qu'on a parlé d'accompagnement pour remettre
les gens sur la bonne route, pour reprendre leur vie, le cours de leur vie,
on... et disons que c'est quelqu'un qui a toujours travaillé, mais qui, là, ne peut pas travailler, donc on...
La philosophie derrière tout ça, c'est d'accompagner cette personne vers
le retour au travail, si la personne le veut, tout en s'assurant que la
personne comprend que ça ne sera pas préjudiciable, le fait qu'il ne trouve pas
d'emploi ou qu'il trouve un emploi et...
M. Jolin-Barrette :
Bien, l'idée, là, c'est de faire en sorte, là, que la personne puisse retrouver
le plus possible une vie normale. Donc, supposons que la personne, suite à une
infraction criminelle, elle travaillait puis elle n'est plus capable de retourner dans son emploi. Donc, l'aide pour la
réhabilitation est là pour faire en sorte de pouvoir l'aider à
réorienter sa carrière, de lui faire suivre une formation, ou tout ça. L'idée,
pour qu'elle redevienne un acteur actif de
la société... Dans le fond, l'idée, c'est vraiment de pouvoir l'accompagner
dans son cheminement pour qu'elle puisse être outillée pour reprendre une vie
normale. Parce que, dans certains cas, en raison de la gravité de la blessure
la personne ne pourra pas reprendre l'emploi qu'elle occupait.
Mme Weil :
Mais, en même temps, suite aux questions de mon collègue de LaFontaine, c'est
que la personne comprenne que, si elle fait une rechute, ça ne sera pas
préjudiciable.
M. Jolin-Barrette :
Non, non, non.
Mme Weil :
C'est-à-dire, on va s'essayer. Si ça marche, tant mieux. Si ça ne marche pas,
inquiétez-vous pas, votre compensation sera là.
M. Jolin-Barrette : C'est ça, le trois ans en cours. Mais, dans
l'exemple que donnait le député de LaFontaine tout à l'heure, si c'est
en lien, supposons, avec l'emploi que la personne occupait, là, vous avez le
trois ans d'aide palliant la perte de
revenus plus vous avez le deux ans aussi de réhabilitation, qui va être le
même montant versé que l'aide sur le remplacement de revenu.
Mme Weil :
Donc, tout ça, évidemment, M. le Président, je pense qu'on revient
éventuellement sur la première
partie du projet de
loi sur les droits,
puis etc. Il me semble qu'il y avait quelques articles qu'on allait revenir.
M. Jolin-Barrette :
Oui, 1 à 9, dans le fond, on a...
Mme Weil :
Donc, tous ces principes...
M. Jolin-Barrette :
...ou 3 à 9, on a suspendu pour l'aide. Donc, on va y revenir, là, suite...
Mme Weil :
Bien, c'est utile, parce que, là, on voit que, tout en accompagnant, on veut
l'informer de ses droits, de ses
possibilités, des recours qui seront toujours disponibles, qu'il prenne... qu'il fasse un choix ou l'autre. Donc,
ça aide à réfléchir à ces notions de droit, droits acquis, là, au moment où il
prend... il fait son choix, mais qu'il a une occasion de moduler pour se
remettre sur pied, mais sans préjudice s'il fait une rechute ou autre
situation.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
Mme Weil :
Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Juste, tout simplement pour dire, le ministre se rappellera qu'on avait déposé
un amendement qui nous tenait particulièrement à coeur à l'article 36, je
veux juste y faire écho ici, l'amendement qui visait à ajouter à une
nouvelle... à la définition de l'article 36, ajouter à l'article 36 :
«2.1. Les parents d'un enfant majeur qui est décédé ou qui subit une atteinte à
son intégrité en raison de la perpétration d'une infraction criminelle contre
cet enfant si ce dernier, au moment de son
décès ou lors de l'atteinte à son intégrité, n'a aucun conjoint ni aucun enfant
ou, malgré qu'il ait un conjoint ou un enfant, ce parent subvenait à plus de
50 % de ses besoins;».
On avait
formellement, à 36, déposé l'amendement 2.1 qui a été battu. Et après ça,
on avait fait écho qu'on aurait pu le déposer, mais on ne l'a pas fait, mais il
aurait été également battu, ça a été confirmé. On aurait pu ajouter un 5.1
également, dans le contexte de la définition à l'article 11, là, des
interventions civiques.
Ici, à 42, qui met en
application, à son troisième paragraphe du premier alinéa, l'article 36,
et même chose au niveau du premier paragraphe, deuxième alinéa, on réfère à 36,
juste pour faire écho, M. le Président, du fait qu'on aurait trouvé tout à fait
justifié, à 36, d'ajouter, donc, les parents des enfants majeurs ayant subi des
séquelles d'une infraction criminelle ou qui en sont décédé, et notamment celles et
ceux, les parents d'enfants majeurs qui subviennent, dans bien des cas, à plus de 50 % des besoins dudit enfant majeur, bien, on
aurait aimé le voir à 36. Ça a été battu à 36, 2.1, et ça l'aurait été à 5.1. Et 42 y aurait fait écho
et aurait donc permis à ces parents d'enfants majeurs d'avoir accès à une
aide palliant une perte de revenu.
Je ne déposerai pas l'amendement parce que ça
serait fait exactement le même débat, mais je pense que c'est important pour moi de souligner qu'ici, on voit de
façon très tangible, là, la porte qui a été fermée, là, tout simplement.
Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le député. Autres interventions? Sinon,
nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Sur
l'article tel qu'amendé.
Le Président (M.
Bachand) : Tel qu'amendé, oui.
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
M. Tanguay : Abstention.
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Mme Labrie : Abstention.
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
Mme Hivon :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'article 42 tel qu'amendé est adopté.
Merci beaucoup. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. À l'article 43, M. le Président... et
j'aurais un amendement également, M.
le Président, qui a déjà été déposé sur Greffier.
Le Président (M.
Bachand) : Qui va être déposé.
M. Jolin-Barrette : Ah! qui va
être déposé, je suis désolé.
Le Président (M.
Bachand) : Exactement.
M. Jolin-Barrette : Mais c'est
l'amendement d'il y a deux semaines. C'est ça.
Le Président (M.
Bachand) : Pardon, excusez-moi?
M. Jolin-Barrette : C'est
l'amendement d'il y a deux semaines. C'était dans la liasse d'amendements?
Le Président (M.
Bachand) : C'est qu'on a reçu un nouvel amendement.
M. Jolin-Barrette : Ah! oui, c'est ça. Excusez-moi, M. le Président,
vous avez raison. Dans le fond, l'amendement qui sera déposé reprend l'amendement que nous avions déposé il y a deux
semaines. Par contre, suite aux discussions que
nous avons eues la semaine dernière, relativement à la majorité des activités
quotidiennes de la personne, dans l'ancien
amendement, il y avait un nombre d'heures, alors là on a enlevé le nombre
d'heures. Donc, vous allez pouvoir voir, mais ça faisait suite à la
discussion qu'on a eue la semaine dernière.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Alors, M. le Président :
«43.
Malgré
l'article 42, une personne victime cesse d'avoir le droit à l'aide
financière palliant une perte de revenu ou voit cette aide suspendue :
«1° lorsqu'elle
devient capable d'occuper un emploi, d'exercer un travail ou d'assumer les
fonctions d'une occupation qui lui procure un revenu et qui comporte le même
nombre d'heures ou qui rapporte minimalement le même revenu que son emploi, son travail ou son occupation lui procurait
avant l'évaluation de santé visée au paragraphe 2° de
l'article 37, sous réserve des cas où elle peut continuer de bénéficier de
cette aide dans le cadre de sa réadaptation professionnelle;
«2° lorsqu'elle
refuse ou néglige de participer à l'obtention des soins requis pour son
rétablissement ou de suivre les prescriptions médicales;
Alors,
l'amendement de l'article 43 : À l'article 43, remplacer ce qui
précède le paragraphe 2° par ce qui suit :
«43.
Malgré l'article 42, une personne victime cesse d'avoir droit à l'aide
financière palliant une perte de revenu ou à l'aide financière
compensant certaines incapacités ou voit cette aide suspendue :
«1° lorsqu'elle est
dans l'une ou l'autre des situations suivantes :
elle devient capable d'occuper un emploi, d'exercer un travail ou d'assumer les
fonctions d'une occupation qui lui procure minimalement le même revenu
que son emploi, son travail ou son occupation lui procurait avant l'évaluation
de santé visée au paragraphe 2° de l'article 37, sous réserve des cas
où elle peut continuer de bénéficier de cette aide dans le cadre de sa
réadaptation professionnelle;
«
b) alors qu'elle
n'est dans aucune des situations visées aux sous-paragraphes a à c
du paragraphe 1° de l'article 37, elle devient de nouveau capable
d'accomplir la majorité de ses activités habituelles;».
Commentaires :
Par concordance avec les amendements proposés précédemment, cet amendement
prescrit la cessation du versement de l'aide
financière compensant certaines incapacités quand une personne victime, qui
avait été déclarée admissible parce qu'elle ne pouvait plus vaquer à ses
activités régulières, redevient capable de vaquer à celles-ci.
Donc, l'article tel
que modifié :
«43.
Malgré l'article 42, une
personne victime cesse d'avoir droit à l'aide financière palliant une perte de
revenu ou à l'aide financière compensant certaines incapacités ou voit
cette aide suspendue :
«1° lorsqu'elle est,
selon le cas, dans l'une ou l'autre des situations suivantes :
elle devient capable d'occuper un emploi, d'exercer un travail ou d'assumer les
fonctions d'une occupation qui lui procure minimalement le même revenu que son
emploi, son travail ou son occupation lui procurait avant l'évaluation
de santé visée au paragraphe 2° de l'article 37, sous réserve des cas
où elle peut continuer de bénéficier de cette aide dans le cadre de sa
réadaptation professionnelle;
«
b) alors qu'elle est
dans la situation visée au paragraphe 1° de l'article 37.1, elle
devient de nouveau capable d'accomplir la majorité de ses activités
habituelles;
lorsqu'elle refuse ou néglige de participer à l'obtention des soins requis pour
son rétablissement ou de suivre les prescriptions médicales;
Donc, essentiellement,
M. le Président, ça fait part des discussions que nous avons eues précédemment
sur le régime. L'ouverture du régime pour
l'aide palliant la perte de revenu ou l'aide palliant certaines incapacités,
cette aide-là s'ouvre lorsque la personne n'est pas capable de
travailler ou n'est pas capable de remplir la majorité de ses activités régulières, pour l'aide palliant certaines
incapacités. Donc, ce qu'on dit, c'est ça, l'ouverture pour bénéficier de ces
aides-là.
si vous êtes dans cette situation-là, vous bénéficiez des aides, mais là, si,
en cours de route, vous vous retrouvez à être capable de travailler ou que vous
êtes capable maintenant de remplir la majorité des activités, bien, c'est là
que l'aide cesse. Donc, cette aide, elle est
temporaire puis elle se termine soit au bout du délai de trois ans ou soit à
partir du moment où vous retournez travailler, vous êtes capable de
remplir la majorité de vos activités. Donc, c'est le but de l'article 43.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Lorsqu'on dit, dans l'amendement, 1°.a) : «Lorsqu'elle est [...] dans l'une ou l'autre des
situations suivantes :
a) elle
devient capable d'occuper un emploi...» et ainsi de suite, comment est
déterminé qu'elle devient capable?
M. Jolin-Barrette :
J'imagine, c'est par une évaluation.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, c'est par le médecin qui fait le suivi du dossier de la personne,
l'évaluation de santé de la personne. Donc, il y a l'évaluation, puis ensuite
la personne se fait suivre par un médecin vu son état de santé, puis lorsque le
médecin dit : Bien, vous êtes apte à retourner au travail. Un peu comme ça
se fait en matière de santé et sécurité.
M. Tanguay : On a vu, dans le régime du projet de loi n° 84, que le ministre a loisir de faire une
contre-expertise. J'imagine que la personne
qui contesterait ça, cette évaluation — vous
êtes capable, monsieur, de retourner travailler — pourrait faire une contre-expertise, la
verser au dossier, et pourrait donc... on parle de justice administrative ici,
là, il pourrait y avoir... voir une décision révisée suite à sa
contre-expertise. Comment ça fonctionnerait, à l'interne?
M. Jolin-Barrette : Je vous
dirais oui.
M. Jolin-Barrette :
Alors, oui, il y a un droit de révision qui est prévu. Dans le fond, c'est le
médecin de la personne, c'est le médecin traitant de la personne qui fait son
suivi avec elle. Si jamais la personne... Si jamais le médecin disait :
Oui, vous êtes apte à retourner au travail, bien, à ce moment-là, oui, la
personne peut toujours faire une contre-expertise si elle le souhaite, mais, à
la base, c'est son médecin traitant, là.
M. Tanguay :
Mais donc c'est-tu son médecin de famille, ça, ou c'est les médecins de l'IVAC?
M. Jolin-Barrette : Non, c'est... Dans le fond, elle a le choix du
professionnel, elle a le choix de son professionnel.
M. Tanguay :
C'est son médecin.
M. Jolin-Barrette :
Donc, ça peut être son médecin de famille, ça peut être le médecin qu'elle a.
Et donc la personne, dans le fond, lorsqu'elle fait son suivi médical, lorsque
le médecin dit : Bien non, je termine ton arrêt de travail parce que tu es
apte à retourner travailler, donc là, à ce moment-là, elle retourne travailler.
Dans l'éventualité où la personne dirait : Non, moi, je ne suis pas apte à
travailler, elle peut faire une contre-expertise. Mais, puis pour l'IVAC aussi,
il y a la possibilité toujours de faire contre-expertise, mais ce n'est pas...
Vous avez vu, là, pour l'année 2018, c'était 103 sur
8 000 dossiers, là, donc ce n'est pas une pratique qui est courante,
ce n'est pas là qu'on souhaite aller, là, c'est des cas très, très extrêmes,
M. Tanguay :
Et la contre-expertise qui serait déposée, le cas échéant... Donc, le médecin
de famille dit : Non, je pense que vous
êtes capable de retourner, c'est versé au dossier, oups! moi, je trouve un
autre médecin, je fais une contre-expertise, je la verse au dossier, il y
aura... ce ne sera pas la même personne administrateur, administratrice
de l'IVAC qui va restatuer. Est-ce que ça va être escaladé à un tiers à
l'interne qui va jeter un second regard, un regard neuf au dossier?
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le fond, l'agent qui est au dossier de
la personne, c'est l'agent qui évalue le tout, mais il y a toujours le
processus de révision qui est en place.
M. Tanguay :
Interne, là, sans aller au TAQ?
M. Jolin-Barrette :
Oui, c'est ça. Mais, dans le fond, en vertu de la
Loi sur la justice
administrative, lorsqu'il y a une décision qui est rendue à l'encontre d'un
administré, il y a un processus de révision. Et là l'agent qui avait le
dossier, ce n'est pas lui qui est en révision, là, c'est un autre département.
M. Tanguay :
Non, c'est ça, ça va être un autre département. Il y a la notion de revenu et
nombre d'heures.
Est-ce que... À
prime abord, ça ne semble pas couvrir, cette rédaction de 43, le cas où mon
médecin... — là,
je suis arrêté à 100 % — mon médecin dit : Écoutez, je pense
que vous pourriez revenir au travail temps partiel, des demi-journées. Donc, ça
semble être tout ou rien, tel que rédigé : «...devient capable d'occuper
un emploi, d'exercer un travail ou d'assumer les fonctions d'une occupation qui
lui procure un revenu et qui comporte le même nombre d'heures ou qui rapporte
minimalement le même revenu que son emploi...» Alors, juste sur le temps
partiel, est-ce que ça pourrait être fait,
le cas d'espèce où on me dit : Bien, je pense, vous pourriez revenir à la
demi-journée, ce qui ferait donc en
sorte, puis détrompez-moi si j'ai tort, que je serais coupé de moitié de mon
indemnité? Comment ça fonctionnerait?
M. Jolin-Barrette : C'est prévu
à l'article suivant, l'article 44 : «Lorsqu'une personne victime
commence ou recommence à occuper un emploi, à exercer un travail ou à assumer
les fonctions d'une occupation de manière progressive
ou [temporaire] selon un horaire allégé, à la suite d'une prescription médicale
à cet effet, l'aide financière palliant une perte de revenu est réduite
d'un montant qui correspond au revenu net qu'elle reçoit pour cet emploi, ce
travail ou cette occupation.»
Donc, à 44, on vient dire exactement le cas qui
est soulevé par le député de LaFontaine, pour dire : On va prendre en considération... Donc, vous aviez une
aide financière, supposons 100 %, puis là vous retournez travailler
une journée par semaine, 20 %. Donc, pour la
partie que vous gagnez, dans
le fond, votre aide financière, elle est réduite.
M. Tanguay : Et jusqu'à
concurrence où... Il pourrait y avoir des cas d'espèce, où je reviens, par
exemple, trois jours semaine, ce qui me rapporte, sur une base annuelle,
35 000 $, puis que mon indemnité était de 27 000 $, à ce
moment-là, je viens de l'annuler complètement avec mon trois jours semaine.
C'est de même qu'il faut le lire?
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais ça veut dire que vous auriez eu une promotion, là.
M. Tanguay :
Bien, j'aurais pu changer d'emploi, effectivement, j'aurais pu changer d'emploi,
faire autre chose aussi parce que j'étais plus manuel avant puis là je suis
dans un bureau puis, bon, ça... J'ai été... Ça adonne bien, là. On ne
parlera pas, ici, de l'effet CAQ, tout de même pas, là.
M. Jolin-Barrette : Pourquoi
pas?
M. Tanguay : On a fini
la semaine là-dessus, là, on ne va pas recommencer, là.
M. Jolin-Barrette : Moi, je
trouve, surtout, M. le Président, avec le budget qui sera déposé jeudi, le
député de LaFontaine sera à même de constater l'effet CAQ, et j'espère qu'il
aura de meilleurs mots pour le budget que le député de Rosemont.
M. Tanguay :
Mais je pense que le député de Rosemont peut dire qu'il y a un manque de vision
parce que, lui, il a tellement de vision qu'il peut voir qu'il n'y a pas
de vision dans le budget.
M. Jolin-Barrette : Mais ce que
je constate, M. le Président, c'est que le député de Rosemont peut changer d'idée, il nous en a déjà fait la démonstration
dans le passé, alors peut-être qu'il changera d'idée par rapport au budget
lorsqu'il le verra.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Alors, sur l'amendement.
M. Jolin-Barrette : Je vis
d'espoir, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Sur l'amendement.
M. Tanguay :
Donc, «elle devient capable d'occuper un emploi, d'exercer un travail ou
d'assumer les fonctions», dans le fond, est-ce que ma compréhension de 43, là,
sur l'amendement, c'est un peu d'essayer de viser le cas du temps
complet, puis 44, ça va être le cas du temps partiel, c'est ça?
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est
parce que 43, c'est la règle générale. Dans le fond, lorsque vous redevenez apte à travailler, à occuper votre emploi ou votre
fonction, vous vous retrouvez dans la situation où ce qui donne ouverture
à l'aide financière palliant la perte de revenu, elle n'est plus avérée. C'est
le même cas de la personne, là, qui... Elle subit l'infraction criminelle, elle
subit une atteinte, mais elle a toujours été en mesure de travailler,
supposons, mais, pour elle, si elle n'arrête pas de travailler, elle n'a pas
droit à l'aide palliant la perte de revenu. Donc là, on est dans le cas où la
personne, elle a eu l'infraction criminelle, elle est en incapacité de
travailler, mais, au cours du trois ans, supposons, elle redevient capable de
travailler, alors là, à ce moment-là, l'aide palliant la perte de revenu cesse
de lui être versée sous réserve de...
tantôt, on avait le cas d'espèce qui était soulevé, la personne retourne
travailler, mais elle tombe en rechute. Là, à ce moment-là, son trois
ans recontinue. À ce moment-là, elle n'est pas pénalisée.
M. Tanguay : Elle
revient travailler... Si elle revient travailler, que ce soit temps plein ou
temps partiel, si elle fait plus que l'indemnité, l'indemnité est annulée. Elle
va prendre son salaire, temps complet...
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est
M. Tanguay : Dans
l'autre cas d'espèce, elle revient à temps plein... parce que c'est le terme
«le même nombre d'heures», elle revient à temps plein, elle fait un
37 heures et demie ou un 40 heures, mais elle gagne moins que
l'indemnité, est-ce qu'on va lui donner l'excédent, ou l'indemnité va s'annuler
à ce moment-là?
M. Jolin-Barrette : Avec
l'amendement, on a enlevé «le nombre d'heures».
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, le dernier, dernier amendement de 43, qu'on a déposé sur Greffier, celui que je vous ai lu, dans le fond, à 1°.a, là,
c'est : «elle devient capable d'occuper un emploi, d'exercer un travail ou
d'assumer les fonctions d'une occupation qui lui procure minimalement le
même revenu que son emploi, son travail ou son occupation...» On n'est pas sur
le nombre d'heures.
M. Tanguay : Ah! moi,
dans la version que j'aie de l'amendement...
M. Jolin-Barrette : C'est ça, mais, dans le fond, ça, c'est l'amendement
qu'on a déposé. Celui que vous avez...
M. Tanguay : C'est le
vieux, ça. Ah! il y en a un autre?
M. Jolin-Barrette :
...c'est celui qui a été déposé il y a deux semaines.
M. Tanguay :
Ah! je n'avais pas catché.
M. Jolin-Barrette : Puis là, quand j'ai fait la lecture, dans le
fond, il n'y a pas «le nombre d'heures», c'est ça, la différence entre
les deux, parce que ça faisait suite aux discussions qu'on a eues la semaine
passée.
M. Tanguay :
O.K. Donc, indépendamment du nombre d'heures, je reviens avec ma question, si
je fais du... je reviens temps plein, mais
mon indemnité, supposons, est à 28 000 $, mon indemnité, je reviens temps plein et ça me donne un
25 000 $... Non. Mon indemnité était à 32 000 $, je reviens
temps plein à 28 000 $, salaire minimum, je perds mon
4 000 $, là, que j'avais, là, sur l'indemnité.
M. Jolin-Barrette : Non, parce qu'«elle devient capable d'occuper un
emploi, d'exercer un travail ou d'assumer les fonctions d'une occupation qui lui procure minimalement le même
revenu que son emploi». Donc, si vous retournez travailler, dans le
fond, l'aide palliant la perte de revenu, la différence va vous être versée
parce que le critère, c'est «minimalement le même revenu».
M. Tanguay :
O.K., la différence va m'être versée...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
...pour la durée de trois ans.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
O.K. Ça, c'est cas d'espèce... Je trouve... O.K., j'espère que ça va être perçu
comme ça parce que plusieurs pourraient
dire : Bien, logiquement, il revient travailler, il gagne moins, mais il
revient travailler, il n'est pas dans l'incapacité de travailler. Il
gagne, on arrête tout.
M. Jolin-Barrette :
Non, cette discussion-là, on l'a déjà eue la semaine passée ou il y a
deux semaines. L'aide palliant la perte de revenu, elle est là pour
compenser la personne parce que, dû à l'infraction criminelle, elle subit une perte de revenu. Si elle avait continué,
là, sa vie durant, là, sans avoir d'infraction criminelle, sur un continuum
de temps, elle aurait gagné, supposons, 30 000 $, 30 000 $,
30 000 $, mais là, dû à l'infraction criminelle, elle subit une perte
de revenu, alors c'est pour ça cette aide-là, c'est pour venir pallier sa perte
de revenu. Donc, la personne, elle n'est pas désavantagée. Puis le 44, c'est si
elle fait un retour progressif.
M. Tanguay :
Et dans l'amendement, je pense qu'on fait écho aussi par rapport à... Les
activités... Est-ce que l'amendement traite des activités, là, quand on parlait
des activités pour une personne à la retraite?
M. Jolin-Barrette : Oui, donc, c'est à b, alors qu'elle est dans la
situation visée au paragraphe 1° de l'article 37.1, «elle devient
de nouveau capable d'accomplir la majorité de ses activités habituelles». Donc,
on fait référence à 37.1.
M. Tanguay :
O.K., et, dernière question, ça, ce régime-là, là, de l'amendement, c'est valable
pour l'indemnité dans la première portion du trois ans, est-ce que
ça pourrait être valable, également, dans la portion de l'article 51 et suivants, le deux ans où, là, réinsertion, je
travaille, je ne travaille pas, ou on va voir que c'est un autre régime rendu
là, là?
M. Jolin-Barrette : Mais, ça, c'est différent parce que la personne,
justement, est en réinsertion. Donc, son aide palliant la perte de
revenu va pouvoir lui être octroyée.
M. Tanguay :
O.K. J'imagine qu'il y aura des dispositions spécifiques pour 51 et suivants...
M. Tanguay :
...ou on va se référer à 43, mais là 43 a vocation de préciser 42.
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, lorsqu'on est sur l'aide pour la
réinsertion, cette aide-là s'applique aux gens qui bénéficient d'une
aide palliant la perte de revenu parce que, dans le fond, prenons le cas du
retraité, le retraité, lui, il ne se réoriente pas, là.
M. Jolin-Barrette :
Donc, ça s'applique à cette catégorie-là.
M. Tanguay :
O.K. Mais ce que l'on voit à 43, que si je... et je m'essaie puis je reviens,
puis là, à temps partiel, les revenus, papi, papa, ça, c'est pour le
trois ans, 43 explicite 42, mais est-ce que dans la réinsertion
professionnelle, 51 et
suivants, est-ce qu'on va voir que, évidemment, là, il y aura beaucoup,
peut-être, de va-et-vient, je reviens au marché du travail, ça ne marche
pas, papi, papa, mais il y a une prestation qui va m'être donnée... il y aura,
j'imagine, des compensations qui vont... on va voir ça à 51 et suivants, là.
M. Jolin-Barrette : Oui, pour son deux ans, mais la personne va
avoir droit jusqu'à deux ans pour la réinsertion. Ça fait que cette
aide-là, financière, va lui être donnée pendant la durée totale de deux ans...
M. Tanguay :
Et ça va être la même logique. Si, après six mois de mon deux ans, je
reviens...
M. Jolin-Barrette :
Puis ça ne marche pas...
M. Tanguay :
...une demi-journée, ça ne marche pas... Ça va être la même logique à 51 que ce
qu'on voit là?
M. Jolin-Barrette :
Oui, c'est la même logique.
Président (M. Bachand) : J'aurais la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Oui. Très petite question. Quand on dit : «Elle devient capable d'occuper
un emploi», le sens de «capable» selon son évaluation?
M. Jolin-Barrette :
Non.
Mme Weil :
Ce n'est pas... Ou c'est le... Donc, on détermine...
M. Jolin-Barrette : Non, comme on discutait tout à l'heure, dans le
fond, c'est en fonction de son évaluation de santé. C'est son médecin
traitant qui la suit, cette personne-là.
Mme Weil :
Ah oui! O.K. D'accord.
M. Jolin-Barrette : Parce que, dans le fond, le... Bien, c'est la
même chose que, supposons, quand vous occupez un emploi puis vous êtes en... Le médecin, là, vous place en arrêt de maladie,
là, pour une dépression, pour une chute, pour quelque chose, c'est le
médecin traitant qui évalue quand est-ce que vous êtes apte à retourner au
travail.
Mme Weil :
Comme «apte», on détermine que cette personne est apte.
M. Jolin-Barrette :
C'est le médecin traitant qui le fait, de la personne.
Président (M. Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui. L'étudiant qui ne travaillait pas puis qui a 90 % du salaire minimum,
à 51, est-ce qu'il aura droit à la réinsertion professionnelle?
Le Président (M. Bachand) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette :
Alors, l'étudiant aura droit à toutes les aides pour la réinsertion
professionnelle prévues à 51, mais pas pour la perte de revenu, par contre.
Donc, on va pouvoir avoir accès à un orienteur, va pouvoir se faire rembourser
des frais de cours à l'université ou une réorientation de carrière, un D.E.P.,
ou ce que vous voulez, mais pas l'indemnité de remplacement de revenu.
M. Tanguay :
Et ça, c'est pour tous ceux... Parce que vous vous rappelez, on a fait des
amendements à 38.1, on en a fait, je pense, à 40.1, puis, à un moment donné, il
y avait un quatrième paragraphe, on parlait du 90 %. Alors, est-ce que je
peux résumer ainsi, tous les cas de remplacement, fictifs, entre guillemets, de
90 %, puis on voit qu'il y a trois articles qui y font écho, est-ce
que, dans tous ces cas-là, le régime de 51, réinsertion professionnelle, ne
s'applique pas à eux autres?
M. Jolin-Barrette :
Non, parce que le régime de 51, c'est un régime de réinsertion professionnelle.
Donc, exemple, l'étudiant, tel que le député de LaFontaine le souligne, dans le
fond, il va avoir le droit à certaines aides qui sont dans le régime de réinsertion professionnelle, exemple payer les
frais de scolarité, payer une formation, payer un orienteur, payer un accompagnateur pour le
réorienter professionnellement, mais il n'aura pas le droit à la
partie
remplacement de revenu qui lui était octroyé, le 90 % du salaire
minimum arrête à trois ans.
M. Tanguay : C'est-tu la
même chose pour tous les cas de 90 %? Je pense à la dame, violence
conjugale, qui se prend en main, qui part avec ses enfants puis qui dit :
Bien, moi, je vais me trouver une job parce que c'était M. violent qui
amenait la paie à la maison. Elle dit : C'est assez. Elle, après trois
ans, elle n'aura plus son 90 %, là?
M. Jolin-Barrette :
Non, le remplacement de revenu pour ceux qui sont sans revenu, c'est trois ans.
M. Tanguay :
O.K. Mais vous dites qu'il y aura de l'aide à se trouver un emploi, à la
réinsertion, puis...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. Ça, c'est couvert.
M. Tanguay :
Ça va être quelle forme d'aide? C'est du counseling? Il y a-tu de l'argent à ce
niveau-là?
M. Jolin-Barrette : Exemple, vous allez voir l'orienteur, exemple,
vous vous inscrivez à une formation, D.E.P., D.E.C., université, les
frais pourraient être couverts. C'est vraiment de la réinsertion
professionnelle.
M. Tanguay :
Les frais...
M. Jolin-Barrette :
Les frais de scolarité.
M. Tanguay :
...de scolarité seraient couverts. O.K. Mais il n'y aura pas de remplacement de
revenu. On n'aurait pas pu...
M. Jolin-Barrette :
Non, parce que la logique de base, c'est que le remplacement de revenu, il est
là pour les personnes qui ont un revenu.
M. Tanguay :
Oui, mais c'est la même logique, il n'y avait pas de logique sur le premier
trois ans, alors... mais on leur en donne un pareil. J'aurais continué pareil
sur le 90 % durant la réinsertion. Tu sais, là, on s'arrête en bon chemin,
M. Jolin-Barrette :
Je comprends. C'est un investissement de 10 millions de dollars récurrent.
M. Tanguay :
Ah! vous l'avez évalué?
M. Jolin-Barrette : Non, ce qu'on a annoncé, le fait d'attribuer un
revenu de 90 %, c'est 10 millions de dollars annuellement.
M. Tanguay :
Ça veut dire que ça serait 7 millions de dollars pour les deux autres
années.
M. Jolin-Barrette :
Non, chaque année, c'est 10 millions de dollars.
M. Tanguay :
Chaque année, 10 millions, oui.
Président (M. Bachand) : J'aurais la députée de Sherbrooke,
s'il vous plaît.
Mme Labrie :
Il faut clarifier parce que là le ministre a dit qu'un étudiant n'aurait pas
droit à du remplacement de revenu, mais s'il avait un revenu, il va y
avoir droit.
M. Jolin-Barrette :
Oui, si...
Mme Labrie :
Puis s'il n'avait pas de revenu, il va avoir droit à 90 % du salaire
minimum.
M. Jolin-Barrette : Oui. Dans le fond, la question du député de
LaFontaine, c'est sur les deux ans supplémentaires. Dans le fond, la
personne qui a droit... Dans le fond, la personne qui est sans revenu, elle qui
n'occupait pas un emploi, elle, elle a droit à 90 % du salaire minimum
durant une période de trois ans. Le député de LaFontaine dit : Est-ce que l'indemnité de remplacement de revenu pour le deux ans supplémentaires, pour la
réinsertion professionnelle, s'applique aux gens qui n'avaient pas
d'emploi? La réponse, c'est non.
Mme Labrie :
Eux, ils n'ont pas de prolongation.
M. Jolin-Barrette : Eux, ils n'ont pas de prolongation sauf qu'ils
vont quand même avoir, supposons, les frais de scolarité payés,
conseiller d'orientation, toutes les autres aides rattachées à la réinsertion
professionnelle. Eux, ils vont l'avoir.
Mme Labrie : Donc, les victimes de violence conjugale, par
exemple, qui étaient dans l'incapacité de travailler avant parce que
leur conjoint les enfermait à la maison, qui se sortent de ça, touchent l'IVAC,
vont avoir accès juste à trois ans, ils n'auront pas accès à une prolongation.
M. Jolin-Barrette : C'est ça,
mais vont avoir accès, supposons, aux frais de scolarité payés, vont avoir
accès aux conseils d'un professionnel pour la réinsertion professionnelle.
Le Président (M. Bachand) :
Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Sur l'amendement,
ça me va.
Le Président (M.
Bachand) : S'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Donc, pour l'amendement
que j'ai proposé, pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque
(Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Donc, on
revient à l'article 43 tel qu'amendé. Interventions? M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay : 43.2°, M.
le Président, parce que, là, on a parlé tout ce qui précédait... deuxième
paragraphe. Alors, deuxième paragraphe, «lorsqu'elle refuse ou néglige de
participer à l'obtention des soins requis pour son rétablissement ou de suivre
les prescriptions médicales», ça, est-ce que c'est le cas dans le régime actuel
ou il y a des nouveautés là-dedans?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre
M. Jolin-Barrette : C'est ça, dans la loi actuelle, il n'y a rien qui
est prévu. Alors, l'objectif de la disposition, c'est de faire en sorte
que la personne puisse faire ses suivis médicaux, puisse suivre le processus
pour obtenir une réhabilitation.
M. Tanguay : Est-ce que,
dans les deux autres régimes, on retrouve une telle disposition?
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, oui, à la CNESST, il y a
une disposition semblable, et je crois également
que dans le régime de la Société de l'assurance automobile du Québec
aussi.
M. Tanguay : Est-ce que...
Si on pouvait avoir les articles, j'aimerais juste... je serais juste curieux
de voir la rédaction.
M. Jolin-Barrette : Oui. Donc, dans la
Loi sur la Société de l'assurance automobile du Québec, c'est l'article 83.29, donc : «La société
peut refuser une indemnité, en réduire le montant, [ou] suspendre ou en cesser
le paiement dans les cas suivants :
[...]entrave un examen exigé par la société ou omet ou refuse de se soumettre à
cet examen; entrave les soins médicaux ou paramédicaux recommandés ou
omet ou refuse de s'y soumettre.»
M. Tanguay : O.K. 83.29. Et, dans l'autre régime, je ne sais pas si
le ministre, M. le
Président, s'il vous plaît, a l'article...
M. Jolin-Barrette :
Oui, on va vous fournir l'article.
M. Tanguay : ...parce
qu'à prime abord ça semble être de même rédaction. Je voulais juste, en posant
la question, m'assurer que l'on ait le même standard d'exigence.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions, en attendant la réponse? Est-ce qu'il
y a d'autres interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Non. On
peut suspendre peut-être en attendant...
M. Jolin-Barrette : Bien...
M. Tanguay :
...sinon... parce que je ne veux pas faire du temps pour faire du temps, vous
savez que ça m'horripile.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Juste...
L'article 142, M. le Président.
M. Tanguay : 142?
Excusez-moi.
M. Jolin-Barrette : Oui, de la
Loi sur les accidents du travail,
maladies professionnelles. Donc : «La commission peut réduire ou
suspendre le paiement d'une indemnité :
«
a) fournit des renseignements inexacts;
«
b) refuse ou néglige de fournir les
renseignements qu'elle requiert ou de donner l'autorisation nécessaire pour
leur obtention;
«2° si le travailleur, sans raison
valable :
«
a) entrave un examen médical prévu par
la présente loi ou omet ou refuse de se soumettre à un tel examen, sauf s'il
s'agit d'un examen qui, de l'avis du médecin qui en a charge, présente
habituellement un danger grave.»
M. Tanguay : Ici, je ne
retrouve pas, par contre, la notion de soins. On sait que chaque personne est
maître de sa personne, justement, puis peut refuser des soins médicaux. Je ne
retrouve pas dans le régime la notion de l'obtention
des soins requis. Autrement dit, tel que rédigé, 43, c'est... À moins que le
ministre dise : Non, non, il y a la notion de soins requis, parce
qu'on vous paie... Puis, je veux dire, là, rendu là, ça va être une question
d'opportunité, puis c'est à nous de le
décider comme législateurs. Mais vous refusez des soins, à ce moment-là, il y a
un coût à ça, on va vous couper votre indemnité.
M. Jolin-Barrette : Mais c'est
parce qu'on se retrouve dans une situation où, supposons, là, que vous avez le bras cassé, là, puis vous refusez d'aller en
physiothérapie, ça a pour effet que vous êtes indemnisé par le régime étatique. Mais, si vous refusez d'y aller puis de suivre les prescriptions
requises, ce n'est pas à l'ensemble des Québécois de payer pour votre refus de votre
réhabilitation.
M. Tanguay : Par contre,
au niveau de l'aide psychologique aussi, c'est la même chose, là, si vous
refusez de consulter.
M. Jolin-Barrette : C'est la
même chose, parce qu'on veut faire en sorte... L'idée, c'est
de réhabiliter la personne, de l'accompagner, de lui donner les outils.
Donc, c'est le sens de la disposition.
M. Tanguay : Alors, la personne
peut toujours refuser tout soin, ça relève de notre libre arbitre.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Tanguay : Mais c'est sûr que, si vous êtes sous ce
régime-là, vous refusez un soin que l'on juge, nous, pour vous,
salutaire, bien, on va vous couper.
M. Jolin-Barrette : Bien, dans
le fond, l'idée, c'est de donner les outils à la personne pour se réhabiliter.
La personne qui dirait : Bien, moi, je refuse toute aide pour m'accompagner
là-dedans, bien là, l'IVAC, à ce moment-là, pourrait dire : Bien, écoutez,
on se retrouve dans une situation où on souhaite vous aider, mais là la
personne refuse systématiquement.
M. Tanguay : Quand on
dit «refuse de suivre les prescriptions médicales», ici, le terme «médicales»
touche aussi le psychique, là.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est
ce que le médecin propose effectivement.
M. Tanguay : Le médecin.
Mais ça peut être, donc...
M. Jolin-Barrette :
Bien, de prendre la médication rattachée à ce que le médecin pourra
l'accompagner.
M. Tanguay :
Mais le «médicales», ici, «prescriptions médicales», c'est réellement médecine
physique, ce n'est pas le psychologique, hein, mais le psychologique est
couvert par le 2°?
M. Jolin-Barrette :
Le psychologique est couvert par le 2°.
M. Tanguay :
Par les soins requis, j'imagine.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
O.K. C'est correct pour moi.
Président (M. Bachand) : Merci. D'autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention, M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 43, tel qu'amendé, est adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : À l'article 44, M. le Président, et on aura un amendement
aussi qui avait été communiqué
il y a deux semaines de cela... la semaine
dernière... bien, il y a une semaine et demie, en tout cas, il est déjà
communiqué, M. le Président.
«44. Lorsqu'une
personne victime commence ou recommence à occuper un emploi, à exercer un
travail ou à assumer les fonctions d'une
occupation de manière progressive ou, [temporaire], selon un horaire allégé, à
la suite d'une prescription médicale
à cet effet, l'aide financière palliant une perte de revenu est réduite d'un
montant qui correspond au revenu net qu'elle reçoit pour cet emploi, ce
travail ou cette occupation.»
l'amendement de l'article 44 : À l'article 44 du projet de
loi, ajouter l'alinéa suivant : «Lorsqu'une personne victime commence ou recommence à occuper un
emploi, à exercer un travail ou à assumer les fonctions d'une occupation
qui lui procure un revenu moindre que le revenu de son emploi, son travail ou
son occupation lui procurait avant l'évaluation
de santé visée au paragraphe 2 de l'article 37, l'aide financière
palliant une perte de revenu peut continuer de lui être versée selon les
prescriptions du règlement du gouvernement.»
Donc,
essentiellement, l'amendement, ce
qu'il fait, il vise à faire en sorte que la personne qui a une perte de revenu,
on peut continuer de lui verser la somme.
Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Donc, on
dit «ajouter», hein? Dans le fond, on garde le premier alinéa, il va y en avoir
deux, c'est ça?
Jolin-Barrette : Il y a deux alinéas. Donc, le premier alinéa qu'on...
reste là.
M. Tanguay : ...«L'aide financière palliant une perte — je
suis dans le premier alinéa — de
revenu est réduite d'un montant qui correspond au revenu net qu'elle
reçoit pour cet emploi, ce travail ou cette occupation». Donc, si vous gagnez...
Et le deuxième alinéa...
Jolin-Barrette : C'est : «Lorsqu'une personne victime commence ou
recommence à occuper un emploi, à exercer un travail ou à assumer les fonctions
d'une occupation qui lui procure un revenu moindre que le revenu de son emploi, son travail ou son occupation lui
procurait avant l'évaluation de santé visée au paragraphe 2° de l'article 37,
l'aide financière palliant une perte de revenu peut continuer de lui être
versée selon les prescriptions du règlement du gouvernement.»
M. Tanguay : Et les fameuses
prescriptions du règlement du gouvernement vont prévoir — ça va
être la logique qui va être appliquée — qu'on
va lui donner, le cas échéant, la portion supérieure qui ne serait pas, par
ailleurs, couverte par son retour partiel à l'emploi?
M. Jolin-Barrette : Oui, dans le
fond, là, la personne, lorsqu'elle a un horaire allégé puis elle gagne moins,
la différence va être faite. Ça fait qu'elle ne sera pas pénalisée.
M. Tanguay : Pour l'étudiant qui se fait donner 90 % du
salaire minimum, quand il revient aux études à temps partiel ou complet,
est-ce que c'est là que cesse le 90 %?
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le
fond, c'est ses activités habituelles.
Jolin-Barrette : C'est ça. Ça fait que, dans le fond, lui, ce n'est
pas l'aide financière palliant la perte de revenus que l'étudiant reçoit,
c'est, dans le fond...
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Bon,
dans votre cas d'exemple, est-ce qu'il travaille à temps partiel, l'étudiant,
ou il ne travaille pas?
M. Tanguay : Il ne
travaillait pas pour commencer puis, après ça, on prendra il travaille à temps
partiel.
M. Jolin-Barrette : O.K. Il ne
travaillait pas, l'étudiant. Donc, lui, il a l'aide financière palliant
certaines incapacités. Donc, lui, il a de l'aide tant qu'il n'est pas capable de
réaliser la majorité de ses activités. Donc, à partir du moment où il réalise
la majorité de ses activités...
M. Tanguay : Il perd tout,
M. Jolin-Barrette : ...il perd...
M. Jolin-Barrette : ...100 %,
parce que son critère, c'est la majorité de ses activités.
Pour ce qui est de l'étudiant qui travaillait à
temps partiel, supposons, lui, sa base de calcul salariale, supposons qu'il travaillait
15 heures-semaine, bien, il bénéficie quand même de 90 % du
salaire minimum, donc plus que ce qu'il faisait. Donc, lui, c'est
différent. S'il retourne à temps partiel, là, à ce moment-là, il va bénéficier...
M. Tanguay : C'est là qu'on a
eu le débat. Je disais, c'était comme du tout ou rien, quand c'était la
majorité des activités, vous perdiez tout. Dans le cas de mon étudiante qui
avait l'horaire normal, cinq cours-session, là elle revient à temps partiel,
elle a trois cours-session, là, c'est la majorité, parce que c'est 3/5, elle va
tout perdre.
M. Jolin-Barrette : Bien non, il
faut juste faire attention, là, parce que le critère, ce n'est pas uniquement...
Dans le critère de l'emploi, l'aide
financière palliant la perte de revenus, puis on l'a vu à l'article
précédent, c'est est-ce que j'ai le même revenu. C'est ça, le
critère. Tandis que, lorsque vous êtes... l'étudiant, supposons, c'est la
majorité de ses activités. Mais la majorité
de ses activités, ce n'est pas parce que vous faites, supposons, trois cours à
l'université sur cinq, que c'est la majorité de vos activités. C'est une
analyse qui est faite propre à chaque personne.
Donc, si la personne est juste capable d'aller à
ses cours puis n'est pas capable de faire le reste de ses activités, puis,
supposons, elle dit : Bien, écoute, moi, suite à l'infraction criminelle,
je veux me changer les idées, je veux aller à mes cours, mais que ça lui prend
tout son petit change pour faire ça, puis le reste de sa journée, elle n'est
plus capable de rien faire, ce n'est pas la majorité de ses activités. Donc,
c'est vraiment une analyse qui est faite en fonction de