CAT — 25 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-06-25
Quebec — Committees
Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole de l'opposition officielle en
matière d'habitation, la parole est à vous pour un premier bloc
d'échange d'environ 20 minutes.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, permettez-moi de
saluer M. le ministre, M. le président de la Société d'habitation, M. le président de la Régie du
logement, chers collègues, la personne qui m'accompagne à la recherche,
Laurence Fouquette.
Puisqu'on n'a
une période seulement que de deux heures, je vais demander si on peut avoir de
la part du ministre et des personnes qui l'accompagnent des réponses les
plus courtes possible afin qu'on puisse couvrir le maximum de terrain puisque le dossier de l'habitation est un
dossier vaste, mais pour lequel demeurent plusieurs questions, pour
lesquelles je pense que le ministre va être à même de nous fournir l'ensemble
des réponses, mais pour lesquelles je pense qu'on a besoin des
éclaircissements.
Alors, dans
un premier temps, je nous ferais remarquer que le taux d'inoccupation,
actuellement, a chuté de façon importante.
On voit qu'à Montréal on est à un taux de 2,1 % actuellement; il était de
3,4 % l'an passé. Alors, on est en train de revenir à une situation qu'on a connue au tournant des années
2000, une situation assez dramatique et qui fait en sorte que la recherche d'un logement devient de
plus en plus difficile, et ce qui fait en sorte aussi que le coût des
logements devient de plus en plus cher. Quand je regarde qu'actuellement un
coût moyen pour un appartement, entre autres, à Montréal est de 742 $, pour un appartement, et, quand je pense
qu'une personne à l'aide sociale reçoit 624 $ par mois pour se
loger, je pense qu'on a là déjà l'expression des besoins.
Il y a encore
20 000... Je regardais dans les documents de crédits, il y a encore
20 000 personnes à Montréal qui sont en attente d'un logement HLM,
d'un logement à prix modique. Donc, il y a une demande, il y a une pression qui
est faite sur le logement. Il y a une
pression qui est faite sur les locataires, entre autres. Il y a aussi une
pression qui est faite sur les propriétaires, qui eux n'ont pas la
possibilité d'augmenter leurs loyers parce qu'il n'y a pas de capacité de
payer, tout simplement. Alors, il y a un problème global.
Il y avait un comité de travail qui avait été
mis sur pied avec la SHQ et le ministre des Affaires municipales précédent vers une politique nationale
d'habitation. Alors, j'aimerais connaître l'intention du ministre, à
savoir : Est-ce qu'il y aura une politique nationale d'habitation?
Est-ce que les travaux sont poursuivis? On s'en va où, au Québec, en matière
d'habitation?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Alors, la
question est vaste. Je veux saluer d'abord la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
et lui dire que, dans la mesure du possible,
je vais faire des réponses courtes. Avec un préambule semblable et un vaste
champ comme ça, je vais essayer de me
limiter, mais quand même revenir sur certains éléments de son préambule. Je
veux saluer le député de Blainville
de même que le député de Beauce-Nord, que j'ai le plaisir de retrouver à cette
commission pour l'étude des crédits, de même que mes collègues, mes deux
adjoints parlementaires et les députés du côté ministériel.
Sur la question du taux
d'occupation, ce que l'on a ici, depuis 2003 on constate une remontée des taux d'inoccupation, une augmentation des logements
disponibles dans les grands centres urbains. Et ce que l'on voit, c'est que le résultat de l'enquête sur les logements
locatifs qui a été menée en avril 2014 par la Société canadienne
d'hypothèques et de logement montre une
stabilité dans la plupart des marchés locatifs au Québec. Alors, ce n'est pas
vrai qu'on est dans une situation alarmante. En comparaison avec avril
2013, le taux d'inoccupation dans les centres urbains du Québec s'élevait en moyenne à 2,9 % en avril 2014,
comparativement à 3,1 % pour la même période en 2013. Alors, on n'est
pas dans une situation dramatique. Il y a
une évolution, on le constate, on est au fait de cette situation-là, mais on ne
peut pas dire qu'il y a une évolution qui soit dramatique.
Ce qui est
important, cependant, c'est de nous assurer, dans un contexte économique
difficile, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, de répondre aux
besoins des gens qui sont le plus démunis, et, dans ce contexte-là, je suis particulièrement heureux de l'annonce qui a
été faite par mon collègue le ministre des Finances dans le discours du budget, où nous nous sommes engagés à investir
250 millions de dollars pour construire 3 000 logements par
l'entremise du programme AccèsLogis Québec de la SHQ. Ça, c'est des
investissements qui vont permettre à des ménages dans le besoin d'avoir accès à
un plus grand nombre de logements décents et abordables. Et d'ailleurs après
l'adoption des crédits nous aurons l'occasion d'annoncer en collaboration avec
les municipalités mandataires la répartition de ces 3 000 logements, et
nul doute que la région de Montréal sera considérée. D'ailleurs, au nombre des
3 000 logements en question, il y en a
500, dans une mesure budgétaire, qui sont destinés aux gens en situation
d'itinérance ou à risque d'itinérance. Alors, il y a véritablement une
préoccupation à cet égard-là.
Quant aux éléments de la politique nationale sur
l'habitation, j'aurai, avec les représentants de la SHQ, des rencontres subséquentes aux crédits, à l'étude des
crédits, pour voir quels sont les éléments qui pourraient être dégagés dans une politique semblable, mais il y a des
discussions additionnelles à avoir lieu. Et ce qui compte, pour l'instant,
c'est véritablement de faire les investissements au bon endroit, les
investissements au bon endroit malgré un contexte économique, je le rappelle, qui est extrêmement difficile, compte tenu
de l'impasse budgétaire avec laquelle nous sommes arrivés, et donc que
cet investissement-là aura un effet positif sur les personnes qui sont en
besoin d'habitation et qui malheureusement sont en grand nombre au Québec.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Merci, M. le
ministre. M. le Président, je veux juste rappeler au ministre que le précédent
gouvernement avait annoncé 3 250 logements sociaux. Donc, son
gouvernement en a annoncé 250 de moins.
Mais on nous
a annoncé aussi, en parallèle, une coupure de 28 millions au programme de
rénovation... oui, c'est ça, à l'amélioration de l'habitat. Alors, c'est
une coupure importante qui aura probablement un impact sur, justement,
l'émergence de logements sociaux.
Alors,
j'aimerais qu'il puisse me donner la ventilation de ce 28 millions là. Qui
va affecter lequel des programmes? Est-ce
que c'est le programme de rénovation d'urgence, l'aide pour l'adaptation de
domicile, Réno Québec... RénoVillage ou Logements adaptés pour les
aînés? Alors, le 28 millions, il se répartit comment dans cette enveloppe-là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Oui, merci, M. le Président. Avant d'arriver au 28 millions, je veux dire à la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve qu'on
a beau faire des annonces de logements, lorsqu'on ne les finance pas et qu'il
n'y a aucune mesure budgétaire pour les soutenir, on n'est pas en mesure
de dire qu'on a annoncé des logements; tout au mieux, là, on a fait un «stunt» publicitaire ou une annonce
gouvernementale. Le fait est que les logements qui ont été annoncés n'ont
jamais fait l'objet d'un détail parce qu'on n'a jamais eu de crédits
budgétaires, rappelez-vous, sous l'ancien gouvernement, suite aux annonces qui ont été faites. Et je me rappelle amèrement de
mon arrivée au ministère des Affaires municipales, où je voyais pour plusieurs projets — et je reviendrai rapidement sur le logement,
là — notamment
pour celui de Mégantic, où on avait annoncé une aide de 25 millions
de dollars qui se résumait à un communiqué de presse. Alors, à un moment donné, il faut, en quelque part, que, quand on
fait des annonces, on soit capables de les soutenir. Et, dans le cas qui
nous occupe, lorsque nous annonçons 3 000 logements par l'entremise du
programme AccèsLogis, nous y consacrons 250 millions. Non seulement il y a
une mesure budgétaire, mais aujourd'hui on se retrouve devant vous, M. le Président, à 10 h 15 ce matin pour
défendre les crédits, et les crédits, ce que c'est, c'est ce qui appuie la
mesure budgétaire. Alors, nous, ce
qu'on dit, on suit les sommes, on fait des annonces puis on applique l'argent
pour le faire. Premier élément.
Deuxième
élément : Effectivement, ce qui s'est passé sous l'ancien gouvernement,
c'est qu'à la SHQ il y avait des surplus qui avaient été accumulés au
cours des années. Le montant des surplus était de l'ordre de 160 millions
de dollars. On est allés nettoyer l'ensemble
des surplus, on a vidé la caisse à hauteur de 120 millions de dollars, ce
qui explique aujourd'hui que la SHQ se retrouve devant une situation où
il y a moins d'argent dans la caisse, parce qu'on est allés chercher les surplus. Dans une seule année, on est
allés chercher 120 millions sur 160 millions de dollars, ce qui
n'est pas une bonne façon de gérer parce
que, quand on est dans une situation économique... Particulièrement dans le
domaine du logement, M. le Président,
on doit avoir une gestion à long terme, et les surplus budgétaires, bien qu'ils
ne doivent pas être encouragés, peuvent être utilisés pour tempérer,
pour une mesure de lissage lorsqu'on aura des années difficiles. Malheureusement, nous, on arrive; on a vidé la
caisse. Alors, on travaille avec ce qu'on a. Puis on est dans un
contexte budgétaire difficile, je le rappelle.
Alors, ce que
nous allons faire, la SHQ pourra aussi bénéficier... Est-ce que je peux avoir
juste le livre des crédits, là? Alors, la différence ici entre 76 et
48 millions de dollars dans le programme Aide à l'amélioration de
l'habitat, nous allons
favoriser les programmes qui viennent en aide aux personnes les plus vulnérables,
exemple les handicapés, alors la modification des logements pour les personnes qui souffrent d'un handicap, la modification des logements pour les personnes
qui sont des personnes âgées et...
Alors donc, Programme d'adaptation de domicile, Réparations d'urgence, Amélioration des maisons d'hébergement et
programme Réno Québec sont ceux qui sont privilégiés. Nous allons faire
une répartition de ces sommes-là, étant
entendu qu'en cours d'année, si dans un des programmes la demande était moins
forte que dans l'autre, on pourra
éventuellement faire les transferts nécessaires pour s'assurer de répondre le
plus adéquatement aux demandes.
Mais, je le répète, M. le Président, dans ce
contexte-là, on ne peut pas voir ici une coupure. On voit ici un effort additionnel qui est fait en matière de
logement et un effort additionnel qui est fait après que nous ayons pris la
maison dans un état de délabrement
passablement avancé alors qu'on avait affecté les surplus budgétaires de la SHQ
dans une seule année. On a fait le ménage, on a nettoyé la caisse, puis
là on dit : Bien, qu'est-ce que vous faites maintenant? Parce que
rappelons-nous une chose, là, c'est que les crédits que l'on étudie aujourd'hui
reflètent aussi l'état des lieux qui nous a été laissé par le précédent
gouvernement. Je le déplore, mais c'est la situation.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée.
Mme Poirier : Alors, M. le
Président, est-ce que le ministre peut nous donner des données exactes, à
savoir la répartition de ce que va être le...
Je répète la même question, là. Alors là, ce qu'il nous dit, c'est qu'il va
aller vers, dans le fond, le PRU, là, la rénovation d'urgence,
l'adaptation de domicile, Réno Québec. Je vois qu'il ne nous a pas rien donné
pour RénoVillage et le Programme de logements adaptés pour aînés. Est-ce qu'on
a une répartition, là, de ça?
Le Président (M. Auger) : M. le