Labour and the Economy — 31 August 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-08-31
Quebec — Committees
C'est avec
plaisir que je suis devant vous tous, collègues, ce matin, pour poursuivre les
étapes qui concernent le projet de loi n° 58, Loi regroupant
la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances et la
Régie des rentes du Québec. J'espère que
vous partagez tous aujourd'hui le même enthousiasme que moi à l'idée de mettre
sur pied un pôle d'expertise en matière de
retraite qui s'appellerait Retraite Québec, une organisation crédible et
performante qui poursuivrait les missions des organismes fondatrices.
Il m'apparaît évident qu'il y a beaucoup
d'avantages à créer ce nouvel organisme qui naîtrait du groupement de la CARRA et de la Régie des rentes du Québec.
Ce nouvel organisme, qui est sous réserve de l'adoption de projet de loi
par les élus de l'Assemblée nationale,
pourrait voir le jour le 1er janvier prochain. J'ai hâte d'entendre
l'opinion des groupes qui se sont
inscrits à cette consultation. Je les remercie d'ailleurs à l'avance pour leur
intérêt ainsi que pour l'effort qui a été fait pour la préparation de
cette consultation.
Ce regroupement a été inclus dans le budget 2015‑2016
présenté par mon collègue le ministre des Finances le 26 mars dernier. Les raisons expliquant ce regroupement sont
pour créer un pôle unique d'expertise en matière de régime de retraite, pour unir les forces de ces organismes
qui cumulent 93 années d'expérience et faire face aux défis des
prochaines années en matière de retraite et
pour gérer de façon rigoureuse et responsable les dépenses publiques
réalisées — à
partir de 2018, des
économies annuelles évaluées à 20 millions de dollars — pour renforcer les services offerts à la
clientèle et en accroître leur efficience.
Alors que les
besoins évoluent rapidement, alors que les enjeux liés à la retraite et à la
sécurité financière sont au coeur de
bien des débats partout dans le monde et dans différentes administrations, le
Québec pourrait compter sur un organisme
bien ancré et reconnu, un véritable pôle d'expertise en retraite où une forte
équipe multidisciplinaire serait au service
des Québécois. Retraite Québec regrouperait certes une équipe d'actuaires
chevronnés mais aussi des économistes, des
spécialistes en démographie et des avocats qui naviguent bien dans les
législations complexes reliées à la retraite. Tous les efforts convergeraient vers un partage et une
application des meilleures pratiques. Enfin, des conseillers, analystes,
agents de rentes et préposés mettraient aussi toutes leurs connaissances à
l'oeuvre afin d'accompagner le client de Retraite Québec dans cette étape
importante de leur vie et ainsi simplifier leurs démarches.
Avec la mise
en commun de l'expertise viendrait également la mise en commun des ressources,
la réduction de certaines dépenses
administratives, et le partage des ressources permettrait la réalisation
d'économies. Elles atteindraient à partir
de 2018, comme je l'ai dit, 20 millions de dollars. En détail, nous
parlons de l'équivalent de 120 employés à temps complet en attrition, pour 10 millions de
dollars, et une mise en commun des ressources informationnelles et
administratives pour encore environ 10 millions. Ces économies seraient
réalisées au bénéfice de fonds de retraite administrés par la nouvelle entité et donc des travailleurs et des
travailleuses du Québec. Nous ferons les choses dans l'ordre, la bonne
foi, la dignité et le respect des personnes en place et des conditions de
travail négociées avec nos partenaires syndicaux.
La qualité du
service à la clientèle sera également au coeur des valeurs du nouvel organisme,
il ne faut pas s'en surprendre. La Régie des rentes compte
4 058 000 cotisants, 1 867 000 prestataires d'une
rente et 862 000 familles bénéficiant
du Soutien aux enfants. Du côté de la CARRA, les participants actifs et
inactifs dépassent le million de clients, et 351 242 Québécois
reçoivent des prestations de l'un des 30 régimes y étant administrés. Il
importe de satisfaire ces nombreux clients.
M. le
Président, cela fait un peu plus de cinq ans que le regroupement est annoncé.
Il est important de rappeler que les deux organisations poursuivent
leurs activités actuelles tout en préparant le regroupement, jusqu'à la
création de la nouvelle entité.
Alors, bien sûr, nous aurons le temps, M. le
Président, d'entendre les groupes et d'en discuter et échanger ensemble. Je
vous remercie.
Le Président
(M. Cousineau) : Merci, M. le ministre. Alors, j'invite
maintenant le représentant de l'opposition officielle pour le Conseil du trésor et en matière de régimes de
retraite, député de Sanguinet. Vous avez, M. le député,
3 min 30 s pour vos remarques préliminaires. À vous la parole.
Therrien :
Merci, M. le Président. Je
voudrais d'abord vous saluer, vous et votre équipe; saluer le
ministre, son équipe; saluer
M. St-Gelais; saluer les gens de la CARRA et de la Régie des rentes; saluer nos amis députés du gouvernement; saluer mon collègue de Nicolet-Bécancour,
de la deuxième opposition. Et évidemment je suis très heureux d'être ici avec
vous aujourd'hui.
C'est quand
même un pas important
dans le monde des régimes de retraite, ce qu'on franchit aujourd'hui, en tout cas le
début de la réflexion qu'on va apporter pour la fusion de la CARRA et de la
RRQ. Vous savez, il y a des questions qui se posent. Quand on regarde ça, il y a des questions
qui se posent par rapport à l'économie qu'on pourrait faire. On mentionne... Le ministre le mentionnait dans les documents
que j'ai lus, qu'on parlait d'une possibilité de 20 millions d'économies. Les gens qui... En tout cas, en lisant les mémoires, je m'aperçois que les
gens avaient l'air assez d'accord avec l'idée
qu'il pourrait y avoir des économies. Est-ce que c'est 20 millions? De toute façon, on en reparlera plus tard, mais les gens
avaient l'air d'accord avec l'idée qu'on pourrait faire des économies de cette
façon-là. C'est plus au niveau des services,
de l'efficience qu'on a des questions. Et on a, nous, de notre côté, beaucoup
de questions, et c'est pour ça qu'on a demandé des consultations,
pour justement essayer d'avoir un éclairage qui nous permette ensuite d'arriver
à l'étude détaillée mieux outillés, pour qu'on puisse faire une analyse et justement
une analyse pointue, une analyse de qualité, pour
qu'on puisse faire en sorte d'avoir le meilleur projet de loi possible. Et je
suis convaincu que le ministre va se prêter à ce jeu, justement, d'améliorer le projet de loi du mieux qu'il
pourra également, et moi, je lui assure ma collaboration
pour aller dans ce sens-là, de faire en sorte, justement, qu'on trouve réponse
à des questions qui sont soulevées par ma lecture mais aussi qui seront
soulevées par les gens de qualité qui viendront nous faire part de leurs
réflexions.
Alors, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que
j'entreprends avec vous ce projet de loi. Et je suis convaincu, M. le Président — votre
réputation vous précède — que
vous saurez mener cette réflexion d'une main de maître. Merci.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Sanguinet. Alors, maintenant, je vais passer la parole au représentant
du deuxième groupe d'opposition, M. le député de Nicolet-Bécancour, qui est
critique, porte-parole en matière d'emploi et de solidarité sociale. M. le
député de Nicolet-Bécancour, vous avez 2 min 30 s.
Martel : Merci beaucoup, M. le Président. Bien, à mon tour,
je veux vous saluer, je veux saluer le ministre, saluer les collègues gouvernementaux, mon collègue de l'opposition
officielle, député de Sanguinet. Je veux saluer les gens de la RRQ, de la CARRA, tout le personnel
politique qui facilite notre travail en vue de ce dossier quand même
important. Je tiens à souligner que moi et ma formation
politique abordons de façon constructive les travaux sur ce projet de
loi n° 58. Je dis «de façon constructive»; j'aurais dû
rajouter «comme toujours».
Notre démarche, il
s'agit d'un projet de loi somme toute important qui vise à fusionner la Régie
des rentes du Québec, mieux connue sous le
nom de RRQ, avec la Commission administrative des régimes de retraite et
d'assurances, mieux connue sous le nom de
CARRA. À travers cette fusion, le gouvernement vise des économies d'échelle de
20 millions récurrent à compter de 2018. C'est bien connu, à la CAQ nous
sommes en faveur de ce genre d'économies. Toujours faut-il que celles-ci soient
réalisées correctement, en tout respect pour la population et les services
qu'elle est en droit d'attendre de ces
organismes publics. Nous fixons donc comme condition à notre appui au projet de
loi des aménagements ou des
engagements clairs sur une préservation et même sur une amélioration générale
du niveau des services offerts, autant par
la RRQ que la CARRA. Nos questions envers les groupes reçus viseront d'ailleurs
à trouver des solutions aux défis qu'ils vivent chaque jour dans leurs
interactions avec les deux organismes fusionnés.
Nous
sommes donc favorables au projet de loi qui est aujourd'hui devant nous. Nous
serons exigeants envers le gouvernement par rapport aux objectifs que
nous nous fixons au nom des contribuables québécois.
Malgré cela, nous nous garderons de tomber dans la basse
partisanerie, qui ne servirait pas bien les intérêts des Québécois et des
Québécoises en matière de retraite. C'est
pour cette raison que je profite de cette tribune pour une nouvelle fois, dès
le début de ces travaux, tendre la main au ministre afin d'oeuvrer
ensemble constructivement à l'adoption de ce texte de loi. Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Alors, merci, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Alors, les remarques préliminaires étant terminées, nous allons passer aux
auditions. Je souhaite la bienvenue à l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et
préretraitées. Je vous invite à vous présenter ainsi que les personnes
qui vous accompagnent et à faire votre
exposé. Vous disposez d'un maximum de 10 minutes. Je crois que c'est
Mme Gagnon qui est la porte-parole. Si vous voulez présenter les gens qui sont avec vous. Alors,
vous allez avoir... vous avez 10 minutes, par la suite nous
passerons aux périodes de questions.
Mme Gagnon
(Judith) : Merci beaucoup. Mon nom est Judith Gagnon, je suis la
présidente de l'AQDR nationale. Je suis
aussi retraitée de la fonction publique du Québec. Je vous présente, à ma
droite, Mme Nicole Laveau, qui est
membre du comité Revenu et fiscalité de la l'AQDR nationale qui concerne toutes
les questions de retraite, qui est une retraitée
du gouvernement fédéral. Et je vous présente, à ma gauche, M. Serge
Gravel, qui est membre aussi du comité Revenu et fiscalité et qui est
retraité de la ville de Québec. Alors, au niveau de l'administration publique,
on a tous les secteurs d'activité.
ne lira pas le mémoire, on va aller dans les choses les plus importantes. On
est une association qui existe depuis 36 ans.
On est composés de femmes et d'hommes retraités à travers 45 sections
partout au Québec, environ 27 000 membres. Notre mission fondamentale, c'est la défense des
droits des personnes retraitées, alors nous, on intervient pour défendre
la voix des aînés et des retraités dans différentes choses. On a participé à la
commission parlementaire pour le projet de loi n° 3 parce qu'on
considérait que c'était très important, parce que ça axait sur la retraite. Et
en particulier ce qu'on défend... En
considération de sa vision du vieillissement, les prises de position de l'AQDR
s'inscrivent dans toutes les problématiques
qui concernent les personnes de 50 ans et plus : régimes de retraite,
revenus, logement, sécurité, violence, âgisme,
exclusion sociale, santé, soins à domicile, transport, vie sociale. Ainsi,
l'AQDR se soucie de l'ensemble des facteurs qui peuvent influencer la
qualité de vie des aînés, particulièrement en ce qui concerne les aînés les
plus vulnérables. Notre vision du
vieillissement, c'est important : une vision dynamique du vieillissement.
On considère que, même si on prend de
l'âge, on est capable de s'exprimer, on est capable de participer aux choses,
on est capable de participer aussi aux changements. Alors, voilà.
Mme Laveau.
Mme Laveau
(Nicole) : La mise en contexte. La retraite est généralement quelque
chose que l'on planifie. En tenant compte du
fait qu'elle dure presque aussi longtemps que la vie active, la plupart des
aspects de la vie ont été réfléchis et organisés avant qu'elle ne soit
prise, notamment pour les sources de revenus. C'est pourquoi, lorsque les différents paliers de gouvernement, tant fédéral,
provincial que municipal, annoncent des changements au niveau de la retraite et des régimes de retraite, cela crée de
l'incertitude chez les personnes préretraitées et retraitées, qui se
demandent ce qui va leur arriver. On a beau
dire que les changements ne les affecteront pas, il n'en demeure pas moins que
le doute persiste. Mais, comme
plusieurs événements récents sont venus altérer la confiance de la population
québécoise envers des principes quasi
inaliénables, notamment ceux à l'égard des contrats signés, les personnes
retraitées et préretraitées sont inquiètes des répercussions que
pourrait avoir sur elles la réorganisation de services qui les concernent
directement.
Le Président (M.
Cousineau) : M. Gravel.
M. Gravel
(Serge) : Je vais prendre la suite. Une solide brèche dans la
confiance en nos institutions a eu lieu.
L'adoption du projet de loi n° 3, qui est devenu la
loi n° 15, le 4 décembre 2014, est venue ébranler la confiance
de la population québécoise envers le
gouvernement, qui posait le geste inhabituel d'intervenir directement dans des
contrats dont il n'était pas l'une des parties.
Nonobstant ce geste exceptionnel, un
consensus entre les parties avait émergé, lors de la commission
parlementaire, sur le fait qu'il fallait
sécuriser la vieillesse des aînés et stabiliser le financement des régimes, à
prestations déterminées plus particulièrement. L'AQDR croit aux
bienfaits de la négociation et du respect des contrats signés. Une personne retraitée qui, à la suite d'une décision
gouvernementale, se retrouve avec moins de rentes n'a plus le temps de
reprendre le manque à gagner en retournant sur le marché du travail.
Les récentes
nouvelles touchant la retraite nous apprennent que le Canada fait
partie des
pays développés les moins performants en
termes de régimes de retraite et que la situation pourrait même se détériorer
dans un avenir prochain. Cette
situation ne changera pas prochainement, puisque l'OCDE anticipe que les
dépenses publiques canadiennes pour les
pensions augmenteront jusqu'à 6,3 % d'ici 2050, 5,3 % plus bas que ce
qui est prévu en moyenne dans les autres pays. Dès mars 2012, le gouvernement
du Canada nous apprenait que l'âge de retraite passerait graduellement de 65 à
67 ans, affectant directement les termes d'octroi de pension de sécurité
de la vieillesse, et un impact certain sur les régimes provinciaux. Au Québec,
en raison de l'abolition récente du fractionnement du revenu pour les retraités
de moins de 65 ans — pour près de 85 000 ménages que ça
a lieu — leur
créant du même coup une hausse annuelle d'impôt moyenne de 600 $, rien ne garantit que la RRQ ne soit
pas tentée d'harmoniser l'âge des prestations avec celui du gouvernement
fédéral. Ceci est un niveau d'inquiétude
très important au niveau des retraités, on se fait poser régulièrement des
questions à ce propos-là.
qui est d'autant plus navrant, c'est de constater que les personnes retraitées
et préretraitées ne sont à peu près jamais consultées sur les sujets qui
les concernent directement. En effet, il n'y a pas d'adéquation entre l'ampleur
du phénomène de vieillissement et la place
de prise de parole qu'on leur donne. C'est pourquoi nous pensons que la
création d'un processus de consultation
continue entre, d'une part, les préretraités et les retraités et, d'autre part,
le gouvernement contribuerait à rétablir et à maintenir la confiance
entre les deux parties. Nicole.
Laveau (Nicole) : Oui. Améliorer, mais à quel prix? L'AQDR reconnaît
l'importance, pour le gouvernement du
Québec, d'assurer une saine gestion des ministères et organismes et d'en
améliorer la gouvernance. Cependant, elle ne voudrait surtout pas que les préretraités et retraités fassent les frais
de la présente fusion administrative de deux entités d'une importance
aussi primordiale pour eux, soit la RRQ et la CARRA.
Rappelons que la
retraite est un moment déjà très exigeant et insécurisant de la vie, notamment
sur le plan financier. Il s'agit d'une
décision sans retour qui peut avoir des conséquences importantes sur les conditions
de vie de la personne. Les
préretraités doivent apprendre, si ce n'est déjà fait, les lois et les
différents droits qu'ils peuvent exercer et qui sont reliés à leur prise
de décision. Cependant, il faut être conscient que le parcours de chacun ne le
prépare pas nécessairement à une décision éclairée.
L'AQDR
tient donc à souligner l'importance de maintenir et d'améliorer l'accessibilité
et la fiabilité des services, la courtoisie
des échanges, la simplicité et l'accompagnement dans des démarches. Par
ailleurs, il faudrait aussi profiter de l'opportunité de cette réorganisation administrative pour améliorer des
pratiques de gestion. L'amélioration des performances financières ne
doit pas se faire au détriment de la clientèle.
Mme Gagnon (Judith) : Alors, préoccupations concernant le projet de loi n° 58. On a
une préoccupation tangible, et je
vais vous l'exprimer rapidement, au niveau de la qualité des services. C'est
sûr qu'on veut diminuer le coût, faire un pôle au niveau de la retraite, ça, c'est vraiment très intéressant, mais
il ne faudrait pas que les retraités ou les préretraités soient lésés au
niveau de la qualité des services. Ça, c'est très important. Parce qu'on a
regardé un petit peu dans les dernières
années ce qui se passait à la CARRA, et aussi, l'AQDR, étant donné qu'on est un
organisme de revendication et de
défense collective, il y a des retraités qui nous appellent pour nous faire
part de certaines choses qui leur sont arrivées au niveau de la retraite. Alors, je vous fais part,
on n'est pas des experts, mais de certains éléments qui sont importants.
Ce qu'on a vu, c'est qu'il y a eu un grand
chantier, quand on a regardé l'historique de la CARRA, il y a eu un grand
chantier de 2005 à 2010 pour la
modernisation des technologies et des processus d'affaires de la CARRA, pour
assurer la pérennité des données et améliorer l'efficacité des services
offerts. Alors, il y a eu un grand chantier qui a voulu amener cette chose-là.
Et nous, on s'est mis à regarder les rapports annuels de gestion de la CARRA et
on a regardé que, quand le grand chantier a commencé, en 2009, il y avait
640 employés à la CARRA, et à la fin, en 2014, il y en avait 1 057.
Le Président (M.
Cousineau) : En conclusion, Mme Gagnon.
Mme Gagnon (Judith) : En conclusion, ce qu'on
demande, c'est vraiment de faire une fusion qui tient compte de la
qualité des services, de faire une fusion qui permette aux retraités et
préretraités d'avoir des services de qualité; amélioration aussi de tout ce qui concerne, si vous
voulez, les services à la clientèle; la rente, les informations sur la
rente.
notre dernière chose, c'est aussi... On a regardé, à la RRQ il y a un
article
qui permet les décisions en équité, l'article 152, quand il y a des
erreurs administratives, et il n'y a pas... on ne retrouve pas cet article-là
au niveau de la CARRA. Et nous, on demande,
compte tenu qu'il y a une fusion, compte tenu qu'on veut être vraiment plus
importants au niveau de la retraite...
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Gagnon...
Mme Gagnon
(Judith) : ...qu'on retrouve ça là-dedans.
Le Président (M. Cousineau) :
De toute façon, durant les échanges, vous pourrez compléter votre façon de voir
les choses.
Alors,
maintenant, nous allons passer à la période de questions. Avant de céder la
parole à M. le ministre, j'aimerais vous
donner la ventilation du temps pour les prochaines minutes : alors, pour
les 50 minutes à venir, il y a 25 minutes pour le gouvernement, 15 minutes pour l'opposition
officielle et 10 minutes pour le deuxième groupe d'opposition. Si
nous recevons la visite d'un député indépendant, bien ils ont droit à trois
minutes, que je retrancherai sur votre temps.
Donc, M. le ministre, vous avez 25 minutes
au niveau du questionnement.
Hamad : Oui, merci,
M. le Président. Alors, Mme Gagnon, Mme Laveau, M. Gravel,
merci. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Merci de prendre le temps de préparer
un mémoire et de présenter...
J'ai compris,
là, de votre présentation... il y a quelques éléments que je retiens,
évidemment il y en a plusieurs, mais
vous voulez maintenir... en fait s'assurer la qualité des services à vos
citoyens, à vos retraités, particulièrement les... Ça, on le partage, il
n'y a pas de doute.
J'ai vu aussi
que, dans le mémoire — vous ne l'avez pas mentionné — vous parlez d'un nombre de retraités
au conseil d'administration. De un,
actuellement, vous pensez que... Il y en a un, vous voulez en avoir deux.
Alors, on va régler ça tout de
suite : il y en a deux. Donc, il y a un autre point de réglé, il y aura
deux représentants des retraités dans le conseil d'administration, plus d'autres, probablement, retraités représentants
des régimes, mais en tout cas il y en a deux, retraités, dans le conseil
d'administration. Donc, vous le souhaitez, avoir deux; il y en a déjà deux.
Donc, ça, c'est réglé.
Maintenant,
j'ai compris, là... vous donner le temps parce que vous n'avez pas assez de
temps pour présenter. Au niveau des services rendus, c'est notre défi,
en fait, et notre objectif dans la fusion, c'est maintenir les services et les améliorer, ça, c'est clair pour nous. Évidemment,
les services, en bonne partie, c'est les retraités, bien sûr, pour la
CARRA. De l'autre côté, la Régie des rentes,
il y a les cotisants, il y a aussi ceux qui reçoivent la rente, et bien sûr
aussi il y a les allocations familiales qu'on fait pour les centaines de
milles de familles au Québec.
Donc, pour
nous, là, on est dans la même place, nous deux, là, c'est-à-dire on veut
merci. Puis, si vous avez quelque chose à ajouter, ça me fait plaisir.
Mme Gagnon
(Judith) : Bien, je voudrais...
tantôt j'ai manqué de temps, M. le ministre, mais c'est que nous, l'AQDR, on reçoit souvent des retraités qui, à un
moment donné, il y a des erreurs administratives dans leurs dossiers au
niveau de la CARRA, et, ces erreurs administratives là, il y a une révision au
troisième anniversaire, dans la Loi de la CARRA,
qui permet à la CARRA de réviser la rente, même en cas d'erreur, et on voit des
retraités qui sont obligés, à un moment
donné, de remettre, rembourser des sommes quand même assez importantes. Ils
sont obligés. Et la loi permet à la CARRA, avec la révision au troisième
anniversaire, de revenir sur ces cas-là.
Et ce que
nous, on demanderait, ce serait qu'il y ait une clause, quand c'est une erreur
administrative de la CARRA ou d'un
organisme, comme tel, bien, qu'il y ait une clause qui permette une décision
administrative pour reconnaître l'erreur de l'organisme, pour ne pas imputer le retraité. Des fois, on en a, des
retraités, qui doivent remettre jusqu'à des 40 000 $, qui sont
déjà à la retraite, qui ont moins d'argent. Peut-être que ça peut s'échelonner,
mais ce n'est pas leur erreur, et ils sont
lésés là-dedans. Ça, nous, on se demande... on souhaiterait, avec la fusion des
deux organisations, qu'on voie à un mécanisme
pour permettre, en cas d'erreur de l'organisation, qu'il y ait comme une
démarche qui ne soit pas pénalisante pour
le retraité, parce que
ce n'est pas vrai que tous les retraités peuvent tout voir dans leur profil de
retraite puis dans les sommes qui
leur sont allouées, il y a des fois que c'est difficile et ce n'est pas
compréhensible, puis après un certain temps ils sont obligés de rembourser puis ils ont de la difficulté
à le faire. Ils se sentent lésés. Ils sont obligés de poursuivre au civil pour reconnaître l'erreur de la CARRA, entre
autres, là ça va être un nouvel organisme, et
puis ça, c'est trop lourd, c'est trop lourd. Finalement, ça fait un
manque de confiance.
Au niveau
de la représentativité, vous nous l'avez indiqué, nous, on souhaiterait une
représentativité de deux retraités.
C'est important, au moins deux retraités, parce que, pour la bonne
marche, il faut que les retraités donnent leur point de vue.
Et on
souhaiterait, avec la fusion, qu'il y
ait une amélioration des services à
la clientèle aussi — ça,
je pense qu'on a ça en commun — pour que les gens comprennent mieux leur profil de
retraite, comprennent... et soient assistés aussi dans leurs démarches de retraite, parce que
tu arrives à un point de ta vie, il n'y a plus de retour, hein, tu ne
retravailles plus, là, à 68,
69 ans, là, ou c'est très difficile.
Puis, quand c'est tout canné, ton profil d'argent, bien c'est difficile après
de revenir là-dessus. Ça fait qu'il
faut que les gens aient vraiment une bonne... des chiffres sûrs, pas d'erreur
de calcul, et puis ils se fassent
accompagner dans leurs démarches. Ça, nous, on considère que c'est drôlement
important. Et puis on ne voudrait pas
qu'avec cette fusion-là, tu sais, ça ait... que ce soit comme dans une démarche
d'érosion des droits des retraités et des services qui sont aux retraités, parce qu'on voit un peu partout un
paquet de choses qui se passent au niveau de la retraite, et ça ne rassure pas les individus, ça ne rassure
pas, ça fait peur. Ça fait qu'on considère que c'est important
d'améliorer les services. On n'est pas
contre le progrès, mais on fait un bémol parce qu'on veut que ce soit bien fait
puis que les retraités soient protégés là-dedans.
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, vous avez... M. Gravel, vous voulez ajouter quelque chose?
M. Gravel
(Serge) : Oui, tout à fait, je voudrais renchérir à ce que
Mme Gagnon vient de dire. C'est que, dans l'ensemble, les inquiétudes que nous avons, c'est au niveau de la
cohérence, de l'intégration des deux organismes. La vision du futur et le plan d'avenir de tout ça, ce n'est
pas synonyme quand... de ce côté-là. Il y a le côté administratif,
comptable, mais il y a l'autre côté.
Je donne
l'exemple. La clientèle de qui... qu'on représente en particulier ne sont pas
très à l'aise avec les nouveaux outils,
l'informatique, ces choses-là, c'est une clientèle qui préfère le contact
humain, direct, et c'est lent, pour différentes raisons qu'on connaît tous, pour être accompagnés
à tout comprendre ça. C'est ces inquiétudes-là qu'on a encore, et
j'espère que le projet de loi ou en
particulier la nouvelle entité va en tenir compte dans leurs règles de
gouvernance, tout ça, de cet aspect-là
d'une clientèle qui est particulière. Vraiment, là, on arrive au dernier...
bien, le dernier tiers... un tiers de vie qui va être très... qui
devrait être productif, mais au niveau de l'individu auparavant c'est ramasser
les biens.
Ça fait que
c'est pour ça qu'on dit... Les points, c'est de l'inquiétude que les retraités
ont. Et ils ne se posent pas de
question, ils reçoivent le chèque : Ah! il y a un fonctionnaire qui a
calculé ça, c'est correct. C'est à ce niveau-là qu'il faut vraiment porter cette attention-là, adapter
les services à ce type de clientèle particulier qui sont les personnes
aînées.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. Gravel. M. le ministre.
Hamad : Parfait. On
partage les mêmes principes.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Est-ce qu'il y d'autres
intervenants du côté ministériel? Sinon, je vais passer à l'opposition
officielle. M. le député de Sanguinet, vous avez 15 minutes.
Therrien : Merci,
M. le Président. Alors, je salue Mme Gagnon, Mme Laveau et
M. Gravel. Très content de vous entendre.
J'ai lu avec attention votre mémoire. Vous avez
discuté... J'avais beaucoup de questions, mais il y a certaines questions qui
ont été éclairées, là, par votre intervention et aussi les réponses que vous
avez destinées au ministre.
À la
page 4, je vais vous citer puis ensuite je vais vous demander de
commenter, là, un petit peu ce que... vous voulez peut-être en rajouter par rapport à ce que vous avez déjà
écrit : «Mais comme plusieurs événements récents — donc à la page 4, quatrième
paragraphe — sont
venus altérer la confiance de la population québécoise envers des principes
quasi [malléables], notamment ceux à l'égard des contrats signés, les personnes
retraitées et préretraitées sont inquiètes
des répercussions que pourrait avoir sur elles la réorganisation de services
qui les concernent directement.» On sait qu'on a... les deux gouvernements,
on s'est succédé, puis on est intervenus, suite à la commission sur le rapport
D'Amours, on est intervenus avec la réflexion qu'il fallait faire des
modifications dans les régimes de retraite. Si on regarde la trame historique,
là, depuis deux, trois ans, là, j'aimerais ça vous entendre un peu plus sur ces
propos que vous nous adressez.
Mme Gagnon
(Judith) : Bien, écoutez, ça
a fait une brèche, le projet de loi n° 3. Comment est-ce qu'on
aurait pensé autrement, ça a fait une
brèche. On était conscients des problématiques, mais ça a fait une brèche dans
la confiance des gens. Parce que,
vous savez, nous, on parle au nom des retraités, c'est sûr. Écoutez, quand on
dit qu'on peut toucher à l'indexation
des rentes de retraite, alors que c'étaient des contrats qui ont été dûment
négociés, et puis tout ça... Les gens se sont dit : Mais qu'est-ce qui peut arriver? On peut perdre nos
rentes de retraite à un moment donné. Qu'est-ce qui se passe? Ça a comme eu une vague d'inquiétude. Et on voit
se profiler d'autre chose au niveau de la retraite, d'autres
changements. Mais, écoutez, les gens, ce
n'est pas tous des parlementaires, hein? Les gens, c'est M. puis Mme
Tout-le-monde, on est plus ou moins...
Ils voient les nouvelles arriver à ce niveau-là, là, ils se disent : Ah!
on se souvient, le projet de loi n° 3, O.K., il y a eu des choses qui ont été faites, mais il y a eu une brèche
dans la confiance, il y a eu... Puis même, au niveau des retraités, ah!
on peut, à un moment donné, toucher l'indexation, c'est sûr. Alors, quand il
arrive un changement, quel soit-il, le monde
est inquiet parce qu'ils regardent ça. Puis là les gens ne sont pas fous, hein,
vous le savez, ils regardent le pattern
qui a été mis en place avec le projet de loi n° 3, on pense aux
régimes... le projet de loi n° 57 qui s'en vient, on pense à
tout ça, on voit le déroulement des choses. Alors là, ils se disent :
Bien, qu'est-ce qui va se passer?
Puis, quand
on voit une fusion administrative — il y en a eu des tonnes et des masses depuis
des années — bien là les gens se demandent : Mais,
voyons, une autre fusion administrative! Qu'est-ce que ça va toucher? Est-ce
que ça va vraiment améliorer les services? Comment ça va être?
C'est dans cette lignée-là qu'on mentionnait ça.
Il y a eu comme un soubresaut, là, les gens se sont dit : Sacro-sainte chose, on ne pensait pas... les
contrats, c'était supposé être quelque chose de figé, mais là il y a eu une
brèche là-dedans, ça fait que qu'est-ce qui se passe? Ça fait que ça fait peur,
ça dérange.
C'est pour ça
qu'on voudrait qu'il y ait beaucoup d'information de donnée, on voudrait... On
s'est présentés comme étant des gens qui participaient aux choses, qui
étaient capables d'entendement. On pourrait peut-être faire un comité de partenaires sur... puis parler avec les grands
groupes aînés sur votre vision de la retraite, éventuellement donner nos
points de vue, vous écouter, retransmettre
ça pour ne pas que les gens... qu'il y ait un bris de confiance. Très
important, la confiance, pour suivre les
choses. Quand on ne les comprend pas puis qu'on voit arriver des choses un peu
éparses, bien on a un mouvement de
recul, puis là ça marche moins bien. Alors, c'est ça qui s'est passé. Ça a été
un choc pour les personnes.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien : Je
voudrais juste rajouter. Vous dites : Je ne suis pas une parlementaire,
mais, bon, j'ai des inquiétudes, mais moi, je suis parlementaire, j'ai
participé au projet de loi n° 3 et je partage vos inquiétudes par rapport à ce qui s'est fait à ce moment-là. Et on
va travailler de façon à ce que justement on y aille le plus possible à
visière levée, dans l'évolution de ce projet
de loi là, parce que moi, j'ai été marqué, justement, par la perte de confiance
qu'on pouvait avoir suite à ce genre de démarche là.
Je voudrais revenir
sur l'équité entre la RRQ et la CARRA, vous en parlez à la page 9. C'est-u
ça, la page 9? Ne bougez pas, je ne
veux pas faire d'erreur. La page 9, oui, en effet. Vous parlez des erreurs
de calcul. J'aimerais ça vous entendre là-dessus,
parce que vous avez mentionné à quelque part... à un moment donné vous
dites : Bien, la façon qu'on traite les
erreurs de calcul par la RRQ, par la CARRA, il y a comme une différence.
Qu'est-ce qui nous attend pour la suite des événements, suite à cette
fusion-là? Quel modus operandi on va prendre par rapport à cet aspect? Donc,
j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Gagnon.
Mme Gagnon (Judith) : Oui. Nous autres, ce qu'on souhaiterait, vu qu'il y a une fusion, on
s'est dit : C'est une opportunité de changement. Bon, alors,
qu'est-ce qu'on souhaite?
Dans la
Loi sur la
CARRA, l'article 147.0.1, la CARRA peut réviser le montant de la rente sur
une période de trois ans. Lorsqu'il y a
erreur de calcul de la part de la CARRA, le retraité se voit obligé de
rembourser les sommes versées en trop, même si ce dernier ne pouvait
détecter de prime abord l'erreur. Comprenez-vous?
Moi,
j'arrive, je reçois mon avis de rente, on me dit que je vais avoir tant de
rente par année, tout est correct, casé, puis tout ça. On me parle de ma coordination RRQ à 65 ans, je
reçois ça. Bon, moi, je me dis : Bien, c'est parfait, ils ont bien
calculé ça. Je regarde à peu près, tout ça.
On a vu des cas, parce que l'AQDR, on est vraiment
de la défense des droits, des gens qui nous appelaient et qui nous
disaient qu'ils ont été contactés par la CARRA, qui leur ont dit : Bien,
il y a eu erreur. Mettons j'ai 30 000 $ de base de ma rente. Ils sont contactés un peu plus tard... Et, la CARRA,
des fois c'est même arrivé qu'on les appelait pour leur dire : Écoutez, on a fait une petite erreur
dans vos calculs, ce n'est pas 30 000 $ que vous avez droit, c'est
40 000 $. Tout de suite
après, alors là la personne dit : Bien, voyons donc, c'est pourquoi?, puis
tout ça, puis on dit : Bien, c'est 40 000 $, dans les chiffres donnés il y a eu des erreurs, puis
tout ça. Ça fait que, la personne qui devait avoir 30 000 $, on lui
affirme qu'elle a le droit à
40 000 $. Alors là, elle continue. On lui donne une petite
rétroaction parce qu'elle était supposée d'avoir 40 000 $
depuis le début. Là, la personne est contente, aïe! Ça va bien, l'affaire, la
vie est belle. Trois ans, un peu moins de trois
ans, elle reçoit une lettre de la CARRA qui lui dit qu'elle doit rembourser
tant parce qu'il y a eu erreur, il y a eu erreur, et puis que ce n'est
pas 40 000 $ qu'elle avait droit, c'est 30 000 $, et qu'il
y a eu erreur et qu'elle doit rembourser le montant.
Et là c'est sûr qu'on peut échelonner le montant qu'elle doit rembourser, le
montant après... par mois, tant par mois,
puis on calcule le montant qu'elle doit rembourser, mais la personne, voyons,
elle ne pouvait pas se douter, elle ne calcule
pas tout le temps, là, elle n'a pas toujours un actuaire à côté, son comptable,
tout ça. Elle passe, la vie. La vie, elle passe. Là, mettons on lui dit, là... mes chiffres ne marcheront pas, là,
ne pensez pas que c'est parce que je les ai mal calculés, mais mettons on lui dit qu'elle doit
30 000 $. Elle n'a plus de travail, elle est à la rente. Elle doit
rembourser ça. Puis ce n'est pas son erreur, elle est victime de
l'erreur administrative.
fait qu'à ce moment-là, nous, ce qu'on demande, c'est qu'on permette dans la
loi de faire... Là, si la personne va en
réexamen, vous comprenez bien, la première étape de révision administrative, on
ne lui accorde pas le réexamen parce que
l'article 147.0.1 dit que la CARRA a le droit de faire une révision au
troisième anniversaire. Alors, on ne lui accorde pas. Si elle s'en va au tribunal d'arbitrage, on ne lui accorde pas non
plus parce qu'on se base sur l'article 147.0.1 puis la jurisprudence arbitrale. Alors, la personne, si
elle ne veut pas payer ça ou si elle veut faire déclarer l'organisme
imputable de faute, elle est obligée d'aller
devant le tribunal civil. Non contente d'avoir été lésée, victime, elle est
obligée d'aller au tribunal civil.
Nous, on se
dit : Ça n'a pas de bon sens, il faudrait trouver un mécanisme pour
permettre à la personne qui... vraiment qui a été lésée... Il y a eu une
erreur, à la face même, dans son dossier, puis ce n'est pas de sa faute. Bien,
coudon, qu'on ait une décision administrative — on peut appeler ça une
décision d'équité — quand
ce n'est pas dû... quand c'est une erreur de
l'organisation, qui permette d'effacer le montant, là, ou de faire quelque
chose, de corriger, de donner une
chance à la personne, c'est très important, parce que des fois les erreurs ne
sont pas détectables, et ce n'est pas le retraité qui fait une erreur,
c'est l'organisme qui émet le montant de la rente. Ça fait que le retraité est
lésé puis le retraité n'a plus vraiment le
choix que de payer, payer, payer. Ça n'a pas de bon sens. Alors, on demande
qu'il y ait une clause, qu'il y ait
une clause, parce qu'on s'est aperçus... l'article 152 au niveau de la
Régie des rentes qui dit : «La régie peut, même après que la
décision soit devenue exécutoire, faire remise de la totalité ou d'une
partie
de la dette si elle juge qu'elle ne devait pas la recouvrer eu égard aux
circonstances», alors pour ne pas faire faire tout le mécanisme au retraité. Ce n'est même pas de sa faute. Puis,
rendu à un certain âge, tu n'as pas de possibilité de te reprendre tant
que ça dans ton revenu. C'est ça qu'on demande, de bien voir pour qu'il y ait
une possibilité d'équité envers la personne. Et c'est très important.
Président (M. Cousineau) : D'accord, Mme Gagnon. On va
prendre une autre question. Une autre question, M. le député de
Sanguinet?
Therrien :
Oui, oui, absolument. Bien, d'abord, juste vous demander, ce que vous
dites — moi,
je trouve que c'est le gros bon sens, là — est-ce que vous... Vous
avez sûrement lu le projet de loi, là. Est-ce qu'à quelque
part il n'y a pas une trace où on pourrait deviner
quelle orientation va prendre le gouvernement par rapport à ces cas
litigieux là? Est-ce qu'à quelque part...
Moi, j'ai lu, là, le projet de loi puis je ne suis pas sûr d'avoir vu quelque
chose, un signal qui nous dise,
là : Regarde, on devrait aller dans un sens plutôt que dans un autre, je
pense qu'on n'a pas vu ça. Est-ce que vous, vous avez décelé quelque
chose qui ressemblait à une orientation quelconque de ce que vous dites?
Mme Gagnon (Judith) : Non, on ne l'a pas vu. On l'a signalé, on ne l'a pas vu, parce qu'on a
vu que c'est plus dans la question de regroupement administratif puis
toutes ces choses-là, changement de nom de loi puis changement de lois qui
s'appliquent à... Mais, au niveau de ce que je viens de dire, on ne l'a pas vu.
Mais nous, on a cru bon de
le mentionner parce qu'on défend les droits des personnes retraitées et on a un
paquet de gens qui nous appellent, à l'AQDR,
et qui nous montrent leurs cas, et qui nous en parlent. Vous l'avez vu
dans La Presse à l'heure actuelle, il y a quelqu'un qui a sorti
un cas tout dernièrement. On a accompagné des gens et on demande ça. On sait que vous voulez améliorer les
services, on comprend qu'on s'en va vers... qu'il faudrait aller vers le
meilleur, mais il faudrait faire ce petit bout-là pour améliorer vraiment la
chose.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Mme Gagnon. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Bien, d'autant plus que les gens qui se retrouvent à la retraite souvent ont
moins d'opportunités de rembourser des paiements comme ça quand ce n'est
pas prévu.
Mme Gagnon (Judith) : Non.
Therrien : Ils
peuvent difficilement aller travailler ou... bon, on sait la situation laquelle
ils vont vivre, ça fait en sorte qu'ils ont
beaucoup de difficultés à arriver devant des imprévus comme ça. Je ne sais pas
si c'est dans votre mémoire ou dans
un autre, peut-être... j'oublie, là, mais on mentionne justement les problèmes
liés aux gens qui sont à la retraite
puis qui ont prévu des traitements salariaux, bien, des traitements de revenus,
puis finalement sont très dépendants de ce qui va se passer sur leurs
chèques de retraite.
Dernière question. Je ne sais pas combien qu'il
me reste de temps.
Le Président (M. Cousineau) :
Bien, il vous reste deux minutes.
Therrien : O.K.
Bon, j'aimerais ça que vous clarifiiez quelque chose, parce que je l'ai lu...
je ne l'ai pas lu rapidement, je l'ai lu, et
possiblement que c'est mon intelligence qui fait un blocage à la compréhension,
j'imagine, mais, page 10, vous parlez d'indexation de rente. Je voudrais
juste que vous m'expliquiez un peu, là, en quoi ça consiste...
Mme Gagnon (Judith) : Bon, écoutez...
Therrien :
...pour être sûr, parce que j'ai compris, là, mais il me semble que je n'irais
pas me battre dans les autobus avec ça, là. J'ai de la misère à vous
dire, là...
Mme Gagnon (Judith) : Vous n'irez
pas vous battre dans les autobus? Écoutez...
Therrien :
C'est une façon de parler, là, ce n'est pas mon... Mais, tu sais, j'aurais de
la misère à dire que ma compréhension est costaude. Je vous laisse aller
là-dessus.
Mme Gagnon
(Judith) : O.K. Alors,
écoutez, dans les régimes publics, l'indexation, il n'y a pas eu de
pleine indexation tout le temps, vous le
savez, il y a des revendications qui se font au niveau du secteur public.
Alors, les gens qui ont acquis leur rente après juillet 1982, date à
laquelle la loi a été changée pour une indexation à l'indice des prix à la
consommation moins 3 %, les taux d'indexation étant beaucoup plus élevés
qu'aujourd'hui... Non, c'est-à-dire que, écoutez, pour faire une histoire
simple, je ne veux pas compliquer l'affaire, c'est qu'à la CARRA les gens qui
sont retraités des services publics, ils n'ont pas une pleine indexation de
toutes leurs années. Il y a des années qu'il y avait des calculs, puis il n'y en avait pas, puis il y en a d'autres qu'il y
en avait IPC moins un certain pourcentage. Alors, les gens se déclarent lésés de ça parce qu'ils vivent
avec la somme après, là. Je veux dire, on a bien beau dire que c'est une
rente de retraite, mais tu dois vivre après.
Alors, c'est pour ça qu'on se dit : Avec la fusion, est-ce qu'il va
arriver quelque chose là-dessus? On ne peut pas revenir en arrière, mais
on indique cette problématique-là.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme Gagnon. Alors, c'est
tout le temps que nous avions pour le premier groupe d'opposition, alors
je vais passer la parole au député de Nicolet-Bécancour pour les
10 prochaines minutes.
Martel :
Merci, M. le Président. Bien, bienvenue à vous trois. Très content de vous
recevoir. Puis je veux vous féliciter
pour l'engagement que vous avez de représenter des retraités. Souvent, la
société est faite en fonction des gens qui
sont actifs sur le marché du travail, des étudiants, des choses comme ça, mais,
à un moment donné, les gens, ils quittent, puis c'est important pour eux
d'avoir des représentativités, puis, à cet effet-là, je trouve que votre
organisme est très significatif par rapport au projet de loi qu'on étudie.
Mais, juste
pour mon bénéfice, mais peut-être pour le bénéfice aussi des gens qui nous
écoutent, j'aimerais ça savoir qui est membre de votre association,
comment ça fonctionne, c'est ça.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Gagnon.
Mme Gagnon (Judith) : Je vais vous
l'expliquer avec grand plaisir. Nous, on regroupe des gens de 50 ans et plus toutes catégories confondues, on regroupe des
retraités de tous les secteurs d'activité, pas nécessairement juste du secteur public, du secteur privé, de tous les gens
qui sont retraités ou préretraités. On n'a pas de catégorisation comme certains groupes qui catégorisent les gens. Alors,
nous, on a une masse de gens qui peut être plus riche, mais on a une
grosse masse qui peut
être plus pauvre, qui ont juste leur rente de retraite, leur pension de
vieillesse ou différentes petites choses. Alors, on regroupe une grosse
masse de personnes mais pas catégorisée.
Martel : Mais
combien vous êtes? Je veux dire que...
Mme Gagnon (Judith) : 27 000 membres,
à l'heure actuelle.
Martel : C'est ça.
Quelqu'un qui est retraité, il n'est pas automatiquement membre chez vous.
Mme Gagnon (Judith) : Non.
Martel : Il y a une
cotisation, j'imagine, hein?
Mme Gagnon (Judith) : Très faible, parce
que nous, on est vraiment à but non lucratif, parce qu'on croit au pouvoir gris aussi, c'est clair. C'est que nous,
on demande une cotisation très faible, de 20 $ par année, pour que les
gens deviennent membres de chacune de leurs
sections de l'AQDR, où ils reçoivent des services, ils reçoivent même des...
ils ont droit à des séances d'information,
ils ont droit des fois, dépendamment des sections, à de l'accompagnement
juridique parce qu'on a des partenariats
avec les universités, ils ont le
droit à différentes affaires. Nous, notre mot d'ordre, c'est vraiment
d'accompagner les aînés dans leur cheminement pour qu'ils soient le plus
autonomes possible et qu'ils apprennent à défendre leurs droits.
Martel : Donc, vous
représentez des gens qui sont bénéficiaires seulement de la Régie des rentes du
Québec et des gens qui sont bénéficiaires de la CARRA puis, à un moment donné,
de la Régie des rentes du Québec?
Mme Gagnon
(Judith) : Non, c'est plus
que ça. Il peut y avoir des gens qui sont bénéficiaires, comme madame,
de retraites fédérales, de leurs fonds de retraite. Il y en a qui sont aussi
bénéficiaires de l'université, de...
Martel : Non, mais,
je veux dire, par rapport au projet de loi qu'on...
Mme Gagnon (Judith) : Oui, oui, oui.
Par rapport au projet de loi, oui.
Martel : O.K. Si, de la façon que vous traitez avec les deux
organismes... Parce que, quand il
y a une fusion, évidemment,
il y a l'influence d'une... ça va être une nouvelle entité, mais ça va
être influencé beaucoup... peut-être plus par une
organisation que l'autre. Dans la façon que vous avez de
procéder, quand vous avez à procéder, avec les deux organismes, s'il y
avait un modèle que vous souhaiteriez
qui soit plus influencé par rapport à l'autre, ce serait quoi?
Mme Gagnon
(Judith) : Écoutez, on ne
peut pas vraiment faire la comparaison. Très clairement, la Régie des rentes, c'est plus facile que les rentes CARRA, mais on
considère que — puis on n'a pas vraiment suivi — c'est plus facile, c'est plus simple, pour quelqu'un, d'avoir son
chèque de Régie des rentes que d'avoir son chèque de rente CARRA, que c'est plus compliqué. Mais ce qu'on souhaiterait,
c'est que... Même si c'est plus compliqué, quand tu as ton chèque de
rente de la CARRA — ce ne sera plus ça maintenant, du régime
public — on
voudrait qu'il y ait un service à la clientèle de haut de gamme, de haut
niveau pour permettre à la personne de bien comprendre les choses. On considère
qu'il y a eu une amélioration des services
exceptionnelle à la Régie des rentes, mais... C'est plus simple, on vous le
dit. CARRA, ce n'est pas facile dans les calculs. Mais, si, lors de la
fusion des deux, bien, les deux vont être ensemble, puis il va y avoir une
amélioration globale, on souhaiterait ça.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Gravel, vous voulez ajouter quelque chose?
M. Gravel
(Serge) : Oui. Pour rajouter quelque chose à ce que Judith, elle
parle, pour vous donner un exemple, vous regardez avec la dernière
modification qui a eu lieu au niveau du service au téléphone, ça a été
l'explosion, ça a monté à 100 000. Ça,
c'en est un parfait exemple qui prouve ce que je disais tout à l'heure, qui
appuie ce que je disais tout à l'heure,
c'est-à-dire que c'est une clientèle qui a besoin de plus... a plus de
questions. Ça, c'est comme la marmelade : quand tu n'en as pas beaucoup, tu l'étends. Puis, quand tu en as
beaucoup, bien ça, c'est une autre histoire. Les gens, ils commencent à
prendre de l'information, mais il faut qu'ils la digèrent. Avant, il n'y en
avait pas, ils ne savaient pas. C'était un
peu... On pourrait parler de d'autres exemples, c'est plein de même. C'est de
ça qu'on parle. Il faut que les gens aient plus de services, dans ce
sens-là, adaptés à eux, clientèle très particulière.
Il ne faut
pas oublier aussi que notre association — moi, je simplifie à l'inverse — elle représente tout le monde, finalement, parce que pratiquement tout le monde
sauf les... même pas, ont une régie des rentes, un supplément, ainsi de
suite. On représente tout le monde. On ne fait pas de poids entre les
syndiqués, non-syndiqués.
Par contre, à
votre question, qui est fort intéressante, et on se l'est posée, la question,
mais, comme le but de la loi, c'est
l'intégration de la régie et de la commission, on n'a pas voulu y embarquer,
mais là vous me donnez l'occasion, oui, je l'ai remarqué, que, dans... on a remarqué que, dans l'attribution du
bureau de direction, à 17 membres... Oui, ça nous vient à l'esprit. Les 17 membres, les régimes en
question, ça va être quoi, leur poids par rapport aux représentants retraités?
Moi, je réponds par mon expérience, j'ai été
26 ans président de régime de retraite à Sainte-Foy, à Québec, Québec
j'étais dans l'administration,
et, par les lois de gouvernance, qu'on a appris avec le temps, il existe des
outils dans lesquels ledit conseil d'administration peut s'encadrer pour
gouvernance... les règles de gouvernance,
plutôt, c'est quelque chose qui est... un outil qui est fort intéressant pour
dire, parce qu'on doit appliquer le règlement. C'est ce volet-là aussi, pour
répondre à votre question plus précise. Oui, il y a une inquiétude à ce
niveau-là, mais il faut faire le bon équilibre des choses.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Nicolet-Bécancour, il vous reste trois minutes.
Martel :
Oui, très rapidement. Tantôt, vous avez abordé la question de l'informatique, puis, tu sais,
l'objectif, c'est de s'améliorer, c'est
d'être efficace, puis inévitablement il faut mettre à profit la technologie d'aujourd'hui, mais la clientèle... Je
vais parler plus des retraités. Moi, je pense à mes parents qui ont plus que
80 ans, tous les deux, là. Ma mère, Facebook , c'est pas pire,
là, mais, si je leur demande de faire du travail par rapport à l'informatique, ça peut être assez compliqué. Est-ce que vous avez des craintes par rapport à ça? Moi, j'aimerais ça vous entendre si vous
avez des messages à lancer aux
personnes qui vont être en charge de faire le regroupement que, même si de plus
en plus, pour la population, l'informatique, ça devient... c'est aussi simple
que le téléphone, là, pour une bonne
partie de la population, ce n'est pas aussi simple que ça.
Le Président (M.
Cousineau)
: Mme Gagnon.
Mme Gagnon
(Judith) : Bien, écoutez, je pense que vous ouvrez une porte qu'on va prendre. Écoutez, c'est sûr que l'informatique, c'est la voie
d'avenir, mais il y a des gens plus âgés qui n'ont pas suivi le développement
de la société, et ce n'est pas de leur faute,
parce qu'avant... Ça a été très rapide, ce
développement-là, puis avant il y en avait
plus ou moins. Alors, quand tu demandes à des gens d'aller en ligne
constamment, d'aller chercher leur information, de faire leur calcul en ligne, d'être capable de comparer leurs choses,
bien c'est impossible, c'est impossible parce que tu ne peux pas prendre
des personnes qui n'ont jamais fait ça ou qui ne le font pas quotidiennement pour les amener à un autre niveau, ça ne
marche pas. Alors, ces gens-là vont toujours
dire : Oui, oui, oui, puis ça va faire correctement, mais il faudrait améliorer les services à la
clientèle, le téléphone, améliorer les services pour que la même
information soit donnée par deux personnes différentes... ne pas qu'on retrouve
des fois à la même question deux avis différents. Il faudrait aussi améliorer
les services sur place où les personnes peuvent se rendre. Il faut donner des
moyens à une clientèle qui est moins habile au
niveau informatique mais qui a tout aussi droit à son information.
Le Président (M.
Cousineau)
: Merci, Mme Gagnon. Il reste...
Martel :
Non, merci beaucoup. C'est ça que je voulais
entendre. Merci...
Président (M. Cousineau)
: Ça va, M. le député de Nicolet-Bécancour? De toute façon, ça termine le temps qui vous était alloué. Alors, nous allons
revenir à M. le ministre. Vous avez encore
17 minutes, M. le ministre.
Hamad : Je reviens. C'est
important, ce que vous dites, Mme Gagnon, puis vos deux collègues. Dans votre esprit, là, on se comprend que, si quelqu'un a fait une mauvaise
déclaration, pas volontaire, mais une mauvaise déclaration, on ne peut pas... la CARRA ne peut pas être
responsable des erreurs après, parce que
ces erreurs-là sont engendrées par une mauvaise
déclaration. Est-ce que ça, c'est clair
dans votre esprit? Lorsqu'on parle d'une erreur, on parle d'une erreur
où la CARRA elle-même, en faisant le calcul, le fonctionnaire qui a fait les
calculs, il s'est trompé...
Mme Gagnon (Judith) : Exactement.
Hamad : ...mais on
ne parle pas d'une erreur, mettons, que le citoyen lui-même, il a fait une
fausse déclaration...
Mme Gagnon (Judith) : Non, non, non,
M. le ministre.
Hamad : ...pas
volontaire, mais par erreur il a dit : J'ai travaillé 30 ans à la commission
scolaire, alors... On se comprend là-dessus?
Mme Gagnon
(Judith) : Non, mais ça, M. le ministre, vous ouvrez une bonne porte aussi. On s'entend : quand c'est une erreur dans les processus
administratifs de la CARRA, une
erreur de calcul ou d'un employé qui arrive à une donnée, comme tel, où
le retraité ne peut pas... Ce n'est pas lui, ce n'est pas de sa faute.
Hamad :
C'est correct. Deuxième question. Vous avez dit qu'il y a beaucoup de monde qui
vous appellent puis ils ont des problèmes
d'erreur. Avez-vous une idée des montants et du nombre de personnes qui vous
appellent? Parce que vous avez dit «beaucoup».
Mme Gagnon
(Judith) : Oui. Oui, on a dit «beaucoup». On en a eu beaucoup pour
la
section Québec, l'AQDR Québec, on en a eu une vingtaine
dans l'année. C'est beaucoup.
Hamad :
Une vingtaine. Des montants de...
Mme Gagnon (Judith) : Des montants
allant de 500 $... La dernière, c'était 27 000 $.
Hamad : Ça, c'est
la dernière la plus grosse ou...
Mme Gagnon (Judith) : La plus grosse
qu'on a eue.
Hamad : O.K., la
dernière, c'est-à-dire que la marge, c'est entre 500 $ et
27 000 $.
Mme Gagnon (Judith) : Mais ce qu'on
a vu, c'est un petit échantillon, M. le ministre.
Hamad :
C'est correct, oui, oui. Mais en fait les gens vous ont appelés, et tout ça,
là? O.K. Puis le 27 000 $, c'est une erreur sur quelques
années, ça? Ils se sont trompés de...
Mme Gagnon
(Judith) : C'est une erreur
qui a été faite par la CARRA, une erreur qui a été faite par la CARRA
puis que la dame, elle ne pouvait pas voir ça, là, ce n'est pas elle... Elle
n'a eu aucun mot à dire là-dedans.
Hamad : C'est
correct, O.K., je comprends ça. Parfait, O.K.
Là, on change
de sujet. Au niveau des services, juste vous dire, là, le principe, ce qu'on a
sur la table, c'est qu'on fusionne
les services ensemble et on essaie de les améliorer en ayant un pool plus
d'expertise. Exemple, à la CARRA, il
y a plusieurs actuaires actuellement, puis là on va avoir un pool d'actuaires
des deux, de la régie et la CARRA ensemble, qui va améliorer, qui va renforcer les équipes. Le service à la
clientèle, le taux de satisfaction que j'ai vu, ils me disaient que c'est 92 %. Mais là notre objectif,
l'objectif de la fusion, c'est apprendre des deux, parce que, là, vous avez
deux organisations qui fonctionnent probablement bien, parce qu'on a des
sondages, puis les taux de satisfaction sont bons, mais, je pense, en fusionnant, on va évidemment viser à
améliorer les services. Je veux vous rassurer : L'objectif, c'est
améliorer les services. L'objectif, ce n'est
pas couper dans les services. Pourquoi? Parce qu'on ne coupe pas dans les
budgets, on ne coupe pas, on n'élimine pas les budgets. Donc,
normalement...
Et on maintient aussi... un autre élément
important pour vous, Mme Gagnon et M. Gravel... Parce que, vous, c'est le fédéral, si j'ai compris,
Mme Laveau, mais, pour vous deux, il y a des comités de retraite dans vos
fonds. Comme vous, là, probablement que c'est le RREGOP, hein, Mme Gagnon?
Mme Gagnon (Judith) : Oui.
Hamad : O.K. Alors,
le RREGOP, il y a un comité de gestion du fonds, hein, vous savez ça.
Mme Gagnon (Judith) : Oui, très
bien.
Hamad : Bien
sûr. Alors, ce comité-là, on ne le touchera
pas. Et même la demande du président de comité... Ils nous ont dit : Nous autres, on a un actuaire
qui travaille pour nous qui va faire l'analyse pour le RREGOP, pour voir...
l'analyse actuarielle, etc., et on les a
rassurés, c'est que les mêmes services qu'ils reçoivent maintenant,
ils vont continuer à les recevoir.
Alors donc, les 30 fonds gérés par la CARRA, par exemple, on maintient les mêmes structures, c'est-à-dire comité de gestion
du fonds, etc., qui est géré par les membres, les membres, et c'est là que ça
se passe. Et d'ailleurs ces
gens-là paient la CARRA pour les services rendus, les régimes, là, le RREGOP,
etc., paient — vous
le savez, mais c'est le bénéfice de ceux qui
nous écoutent. Ces gens-là paient, donc ils demandent un rendement pour le
paiement qu'ils font puis ils
demandent des comptes à rendre. Ils demandent : C'est quoi, les services
qui m'ont été rendus?, et par la suite ils
vont payer pour les services rendus. Donc, il y a une évaluation. Puis, après
mes rencontres avec eux, j'ai senti qu'il y a un système rigoureux de
contrôle des dépenses.
Puis en
passant il y a une bonne gestion, parce
qu'on regarde les rendements, par exemple, les rendements à la Caisse de dépôt actuellement ne sont pas mauvais.
Malgré tout ce qu'on entend dans les rendements, ils sont corrects. Et à
la régie on a un rendement de 7 % à peu
près. Donc, c'est des bons rendements, c'est les rendements qu'on a prévus
au départ pour assurer la pérennité des régimes. Alors, là-dessus, ça, on ne
touche pas à ça. Qu'est-ce qu'on va toucher dans la fusion, c'est les services
administratifs, c'est les services de communication, des conseils, etc., ceux
qui ne touchent pas nécessairement, là, les régimes comme tels. Ça, c'est un
élément.
L'autre
élément, c'est qu'évidemment il y en a qui vont venir dire ici : Bien là,
si vous changez le système de paie, vous
mettez un nouveau système de paie, vous en avez deux avant, ça peut coûter plus
cher. Probablement ils ont raison, et on ne touchera pas à ça. Pourquoi?
Parce qu'on ne veut pas faire des projets pour engendrer des coûts
additionnels.
Alors,
l'objectif, vraiment, c'est renforcer l'expertise dans le but de donner un
meilleur service soit à la clientèle qui est les régimes à la CARRA puis
la clientèle de la Régie des rentes, les citoyens, les rentiers et ceux qui
cotisent à la Régie des rentes. Alors, c'est
comme ça; l'objectif de le faire. Là, on n'est pas dans la loi n° 3,
n n'est pas dans la gestion des régimes, c'est important de le
mentionner.
L'autre
élément, la Régie des rentes fait une tournée de consultation, vous le savez, à
chaque cinq ans, probablement que
vous allez venir faire un mémoire, et, dans cette tournée-là, la Régie des rentes
demande aux citoyens : Qu'est-ce que vous en pensez, de la
retraite, de l'avenir, des possibilités, l'âge de la retraite?, pour la Régie
des rentes, là, on parle de la Régie des rentes, on ne parle pas de l'âge de la retraite pour
tout le monde. Alors, tous ces éléments-là, la régie, à chaque année... à chaque cinq ans fait une
tournée, on fait la consultation. Je vous rappelle qu'on a fait la
consultation il y a quelques années, et la
consultation que nous avons faite nous a permis, le gouvernement, peu importe
lequel, d'adopter... de créer un
régime qui s'appelle le régime volontaire de retraite. Alors, ça, c'est suite à
la consultation qu'on a faite. J'étais là dans le temps, lorsqu'on a fait la consultation. Et ça a mené à créer un
nouveau régime qui s'appelle le régime volontaire de retraite. Donc, la
consultation sert à échanger puis à entendre les opinions. Ça, c'est un
élément.
Il y a aussi
le service à la clientèle où le citoyen, il peut aller. Moi, je vois, là, des
fois, dans mon bureau, il y a des citoyens
qui montent pour la CARRA parce qu'ils ont des... probablement des problèmes ou
une demande d'information, il y a des
séances d'information qu'on fait. Évidemment, peut-être on ne fait pas assez,
je suis d'accord avec vous, il faut toujours
faire plus. Puis je tiens compte aussi de ce que vous avez dit, M. Gravel.
Évidemment, on fait appel peut-être à une clientèle un peu plus âgée et...
pas vous, là, vous, vous avez l'air d'un gars qui contrôle l'ordinateur et
capable de travailler là-dedans facilement,
mais peut-être ceux qui sont plus vieux que vous de plusieurs dizaines
d'années, vous avez raison, c'est
ceux qui sont encore sur le papier. Évidemment, il faut s'adapter à cette
réalité-là. Et évidemment l'autre génération qui arrive, votre génération,
la génération de Mme Gagnon, il va être encore plus facile de rentrer dans
les systèmes informatiques puis moins de
papier, etc., mais c'est clair qu'il faut encore travailler dans ce système-là,
il y a toutes sortes de monde.
Remarquez, là, vous êtes quand même... Les retraités, lorsqu'on parle des
anciens fonctionnaires municipaux,
fédéraux, provinciaux, normalement vous êtes habiles dans ces choses-là, mais
évidemment ça fait
partie du défi de la nouvelle Retraite Québec de
tenir compte des services à la clientèle.
Donc, ce que je veux vous rassurer, c'est qu'on
n'amène pas de changement aux régimes. On change juste la
Loi sur la CARRA, pas la
Loi sur le RREGOP, par
exemple. Ce que vous parlez, l'article 147, c'est la Loi du RREGOP,
c'est lui qui dit ça, là, donc il faut
demander aux gens du RREGOP. Ça veut dire... Il y a deux parties, le
RREGOP : ceux qui reçoivent la
rente puis ceux qui cotisent pour la rente. Ceux qui cotisent à la rente, c'est
le gouvernement du Québec mais aussi
vos collègues fonctionnaires qui cotisent. Les participants, eux autres, on va
leur dire : Maintenant, les pertes par erreur, vous allez l'absorber dans votre régime. Il faut leur demander
leur opinion, hein, je pense que c'est normal. Alors donc, l'approbation
de tout ça, ça se fait par ces gens-là mais pas par cette loi-là. Cette loi-là
ne touche pas la Loi du RREGOP. Cette loi-là, c'est une loi mécanique pure. Il
n'y a pas de changement d'âge de la retraite, il n'y a pas de changement
d'organisation, tout ce qu'on fait... pas de changement d'organisation dans le
sens qu'on fait une fusion mécanique entre
deux dans le but d'avoir le meilleur des deux, pour avoir une meilleure
organisation et surtout rejoindre des équipes
ensemble. Autrement dit, il y en a actuellement, je pense, plus, d'actuaires, à
la CARRA qu'à la Régie des rentes, alors
ça va être une équipe encore plus forte, plus forte pour faire l'analyse pour
les régimes comme vous mais aussi pour les régimes privés. Vous avez parlé tantôt de régimes privés. Alors, il va y
avoir des modifications, les régimes des universités, il va y avoir des modifications, le suivi, la
surveillance des régimes de retraite au Québec où des millions de
travailleurs sont impliqués.
Alors, c'est
comme ça qu'on veut faire. Donc, on n'a pas l'intention de jouer avec l'âge de
la retraite, jouer avec les conditions, ce n'est pas ici, dans ce projet
de loi là. Ça vous rassure, Mme Gagnon, en partie...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Gagnon.
Hamad : ...pas
totalement nécessairement aujourd'hui?
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, Mme Gagnon.
Mme Gagnon
(Judith) : On était
conscients, M. le ministre, que ce n'était pas le propre du projet de loi,
c'était plus mécanique de fusion, mais on jugeait ça important de vous déposer
nos inquiétudes. On était conscients de ça, M.
le ministre. Ce que vous avez dit, c'est important aussi de le redire, mais on
savait que ce n'était peut-être pas le propos. Mais on voulait
manifester notre inquiétude, alors on l'a fait aussi.
Hamad :
...ça, c'est important de le dire, de rappeler. Souvent, c'est qu'oublie, là,
il faut nous le rappeler. Mais on est
d'accord, en passant, il n'y a pas de... Puis moi, je vous dis, de notre côté...
j'entends vos inquiétudes, et c'est normal. Vous l'avez dit vous-mêmes : Les changements, ça peut être une
amélioration, mais toujours il y a une inquiétude dans le changement, vous avez tout à fait raison. S'il n'y
a pas d'inquiétude dans le changement, c'est parce que peut-être qu'on
est trop naïf, mais vous ne l'êtes pas, donc c'est normal. Puis notre job à
nous ici et la job des collègues aussi, c'est de s'assurer que ce qu'on fait,
ça va vous rassurer après. Alors, on est dans la bonne direction, les deux
parties, là.
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, M. Gravel.
M. Gravel (Serge) : Je renchérirais
à ce que vous venez de dire là. Vous avez utilisé un point que j'ai apporté
tout à l'heure, la gouvernance, justement vous faites allusion à... Ceux qui
ont oeuvré dans les comités de retraite
connaissent. Par le biais des comités
de retraite, par les règlements de gouvernance, on peut faire... répondre
à certaines demandes qu'on a faites, justement, au niveau de l'équité, c'est
possible effectivement. Mais on voulait passer le message.
Hamad : Le message est bien reçu, puis ça vaut la peine
de rencontrer le comité de gestion du RREGOP puis d'en parler, de votre
problème, parce que, dans votre problème, moi, je vois qu'il y a une inéquité là-dedans.
C'est quelqu'un qui commet une erreur, puis l'autre paie.
Il y a une inéquité, pour moi, que je ne suis pas à l'aise avec ça. Et surtout on attaque des personnes qui ont un
faible revenu, c'est encore pire, tu sais, et je n'aime pas ça. Donc, ça
vaut la peine aussi en même temps — vous êtes articulés, vous
êtes bien préparés — de
rencontrer le RREGOP, dire : Bon, vous
gérez ça, puis regardez le montant qu'on parle par rapport à l'ensemble du
fonds, peut-être que ça
va faire partie... Par contre,
si la personne qui traite les dossiers, elle fait des erreurs souvent, là, on
va se poser des questions aussi.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Laveau.
Mme Laveau (Nicole) : Oui, bon,
j'aimerais apporter une précision à ce que vous avez dit, M. Hamad, un peu
plus tôt...
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Mme Laveau (Nicole) : ...concernant
qu'on faisait une demande pour avoir deux représentants de personnes
retraitées. Ces deux... oui, on les a dans
le projet de règlement, qu'il y avait déjà deux représentants, mais, nous, c'étaient deux représentants dans le groupe de neuf, soit au paragraphe 4° de
l'article 8. En tout, finalement, ce seraient trois personnes
retraitées, c'était juste une précision que j'aimerais apporter. À la
page 5 du projet de loi.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : ...c'est une question mathématique, là. Ce
n'est pas parce qu'on fusionne deux organisations, on prend 15 membres du conseil d'administration de la régie plus 15, ça fait 30. Le but, ce n'est
pas... Tu sais, dans un conseil, à
30, là, ça fait une grande table, là. Là, on fait un conseil de 17. Alors, on
ne peut pas prendre un là, un là, puis on double, vous comprenez, là, on
ne peut pas faire ça, là, sinon on va doubler les membres du conseil d'administration,
on va arriver à 30.
Donc là, ce
qu'on fait, on fait le meilleur. Dans la CARRA, avant, il y avait
un retraité dans la CARRA, parce que vous avez l'air à connaître la CARRA davantage.
Là, aujourd'hui, dans le nouveau conseil d'administration, il va y en avoir deux, retraités, donc c'est le double de ce qu'il y avait avant à
la CARRA. Par contre, dans la Régie des rentes, vous en avez deux, ils
maintiennent deux, O.K.?
Mais où c'est plus important, je pense, c'est
les comités de retraite, c'est le comité qui gère le RREGOP. Ce comité-là, là, c'est eux autres qui décident de la
politique de placement, c'est eux autres qui gèrent le fonds, là. Votre
fonds, Mme Gagnon, là, c'est ce comité-là qui gère pour vous, là, ça,
c'est important. Vous aussi, monsieur... Quel fonds, les employés municipaux? Y
en a-tu à la CARRA?
Hamad : Les élus,
pas les... O.K. Donc, vous, vous avez un comité ailleurs, pas à la CARRA, là,
vous, là, monsieur.
M. Gravel
(Serge) : Nous, c'est complètement à part. C'est dans le régime
complémentaire des municipalités.
Hamad : O.K., vous
êtes... O.K. Mais ça a l'air que les élus municipaux sont à la CARRA.
M. Gravel (Serge) : Ça, c'est
d'autre chose, ils sont avec vous.
Hamad : Oui, oui,
c'est une autre chose. C'est vos anciens patrons.
M. Gravel (Serge) : Oui, exactement.
Hamad : Oui. Mais
ces gens-là, ils ont un comité de retraite géré qui décide de leurs placements.
Je voudrais revenir au RREGOP parce qu'il
est majeur, le RREGOP représente la majorité du montant d'argent géré
par la CARRA. Donc, ce comité-là, il a un rôle majeur, et, la représentativité
de la clientèle du RREGOP, là c'est important d'avoir
vraiment... Puis je pense que c'est 50-50, si ma mémoire est bonne. Oui, c'est
ça. C'est là que c'est important, parce que moi, si j'étais comme vous, Mme Gagnon, ce qui est important
pour moi, c'est le comité qui gère le RREGOP qui est important pour moi, c'est eux autres qui prennent
les décisions de placement puis c'est eux autres qui vont me donner un
bon rendement si ça marche. Évidemment, il y a la Caisse de dépôt, mais il y a
une politique de placement que le RREGOP, il
a une politique complètement différente, par exemple, que la Régie des rentes,
que les autres, les RPP. Puis il y en a plein, il y a 30 régimes.
Mme Gagnon (Judith) : On est
conscients de ça, M. le ministre.
Hamad : Oui, mais
c'est important de le mentionner pour ceux qui nous entendent.
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, il reste une minute, M. le ministre.
Hamad :
Juste ajouter... Dans le conseil, il y a aussi la clientèle, il y a des sièges
pour la clientèle, il y a trois... deux, mais, dans les représentants de la
clientèle, ça peut être des retraités aussi.
Mme Gagnon
(Judith) : Il y a seulement
un représentant... Ah! dans la clientèle? Quel article, M. le ministre?
Hamad :
Il y en a deux, il y en a deux, représentants des employés participant aux
régimes, représentants du milieu de
travail. Alors, les représentants de régimes administrés par la CARRA, comme le
RREGOP, le RRPE, là, il y en a deux, les employés participant aux
régimes. Ça, c'est les participants. Ça, c'est les participants, ici. Il y en a
au total deux, O.K., on va revenir à deux.
Président (M. Cousineau) : Alors, nous allons conclure, il reste 30 secondes peut-être.
Conclusion? Non, ça va? Ça va. Alors,
Mme Gagnon, Mme Laveau puis M. Gravel, merci de votre
participation à cette commission parlementaire.
Je vais suspendre quelques instants et demander
au prochain groupe de bien vouloir prendre place, s'il vous plaît. Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 1)
Président (M. Cousineau) : À l'ordre, s'il vous plaît! Je souhaite... Ça va? Oui, merci. Alors, je
souhaite la bienvenue à l'Association
québécoise des retraité-e-s du secteur public et parapublic.
Donc, je vous invite à faire votre présentation.
Comme le groupe précédent, vous avez 10 minutes, puis par la suite nous allons procéder à 50 minutes d'échange.
Alors, je crois que c'est M. Tremblay qui
va prendre la parole.
M. Tremblay
(Donald) : Exact, oui.
Le Président (M. Cousineau) :
Vous pouvez présenter les gens qui vous accompagnent, M. Tremblay?
Tremblay (Donald) : Oui. M. le Président, M. le ministre, chers membres
de la commission, bonjour. Je
me présente : Mon nom est Donald
Tremblay, je suis le président de l'AQRP. Et, à ma droite, je suis accompagné
de Normand Bérubé, qui est le premier vice-président, et, à ma gauche,
M. Gabriel Pinard, qui est notre directeur général.
Alors, nous
sommes ici au nom de plus de 30 000 membres provenant de tous les secteurs
de l'appareil public. L'AQRP a pour mission de défendre et de promouvoir
les droits et les intérêts non seulement des personnes aînées du Québec... de
ses membres, pardon, mais aussi des quelque 1,4 million de personnes
aînées du Québec, dont 319 000
proviennent des retraités de l'État. Comme à toutes les fois que se dessinent
des changements qui concernent cette catégorie de population, nous
croyons de notre devoir de soulever certains aspects du projet de loi actuel.
C'est essentiellement la raison de notre présence, et nous vous remercions
infiniment de nous accueillir.
Les changements proposés par le projet de loi n° 58
nous laissent entrevoir des opportunités, certes, mais ils soulèvent également de façon tout aussi certaine
des inquiétudes. Si le passé est garant de l'avenir, les modifications
de structure dans l'appareil gouvernemental
n'ont pas toujours été très heureuses pour les citoyens que nous sommes,
surtout quand elles sont motivées par la rigueur budgétaire. Ne perdons pas de
vue non plus que la CARRA n'est pas encore complètement remise des derniers
changements informatiques, amorcés, je vous le rappelle, il y a sept ans.
Il va de soi que la fusion de deux organismes de
la taille de la Régie des rentes et de la CARRA entraînera nécessairement une
réorganisation de l'ensemble des activités des deux organismes. En ce sens,
nous croyons que vous devez en revoir les
procédures afin de sélectionner les meilleures pratiques. Nous estimons que les
membres de la commission doivent
porter une attention particulière aux différents enjeux que nous soulèverons
afin que cet exercice aille au-delà du simple regroupement de deux
organismes et qu'il ajoute un plus aux services à la clientèle.
D'entrée de
jeu, nous souhaitons d'abord apporter à votre attention trois lacunes qui ont
entaché la crédibilité de la CARRA et
entraîné des préjudices pour plusieurs retraités : les délais de
traitement des prestations, la qualité et la fiabilité de l'information
transmise à l'administré et, enfin, l'absence de possibilité d'une remise de
dette lorsqu'il y a erreur administrative que le prestataire ne pouvait
raisonnablement déceler.
En 2013‑2014,
le Protecteur du citoyen dresse un portrait peu élogieux de certaines pratiques
jusqu'ici en vigueur à la CARRA, dont
le refus de la CARRA d'assumer ses erreurs et de dédommager des citoyens pour
les préjudices causés, l'inéquité découlant du fait que la CARRA réclame
des intérêts à des citoyens pour des délais auxquels elle a, dans certains cas,
largement contribué et, enfin, l'absence d'information importante dans la
documentation fournie par la CARRA aux clients. Alors, lorsque le Protecteur du
citoyen stipule clairement que les citoyens ne doivent pas se fier aveuglément à l'information transmise par la
CARRA, il y a une question qui s'impose d'elle-même : Comment
Retraite Québec pourrait-elle devenir plus
fiable et plus diligente que la CARRA dans sa relation avec le citoyen? En
d'autres mots, qu'est-ce que l'actuel projet de loi vient améliorer à ce
chapitre?
À cet effet,
Mme Saint-Germain, en 2009‑2010, recommandait d'agir pour que soit modifié
le Règlement d'application de la
Loi sur le RREGOP pour y inclure la
possibilité d'une remise de dette découlant d'une erreur administrative que le prestataire ne pouvait
raisonnablement déceler. Alors, selon le Protecteur du citoyen, et avec
raison d'ailleurs, les citoyens sont en
droit de se fier à l'information que leur transmet la CARRA, ils n'ont pas à
assumer une erreur non raisonnablement décelable d'un organisme. Le
Protecteur du citoyen souligne également qu'en pareilles circonstances d'autres
ministères et organismes disposent des moyens d'accorder une remise de dette,
alors que la réglementation actuelle de la
CARRA n'en prévoit pas la possibilité. Enfin, le protecteur mentionne que tout
délai dans la correction de cette situation ajoute au risque que
d'autres personnes soient lésées de la même manière.
Alors que la
CARRA s'était dite en accord avec ces recommandations, on se retrouve cinq ans
plus tard, et rien ne semble avoir
bougé, ce qui fait que plusieurs autres prestataires ont continué à se voir
réclamer des montants parfois exorbitants sans qu'ils aient un réel
pouvoir d'obtenir gain de cause. On en a pour preuve deux cas patents, identifiés
par notre service d'aide, que nous avons
documentés dans notre mémoire, soit ceux de Michel Pellerin, qui a été
victime, lui, d'une erreur dans la date de prise de retraite, qui a entraîné,
pour lui, une réclamation de 18 000 $, 18 000 $, et il y a Gisèle, qui est un pseudonyme, elle a été
victime d'une erreur dans la saisie des données qui a entraîné, pour elle,
une réclamation de 8 000 $. Devant ces situations, une question se
pose : Si les citoyens sont réputés responsables de leurs actes, pourquoi
n'en est-il pas de même pour l'administrateur de leur régime de retraite?
Une des
composantes essentielles d'un service efficace concerne non seulement la
courtoisie, la disponibilité du personnel,
la qualité et la fiabilité des informations transmises, mais aussi la mise en
place d'une trajectoire de révision transparente,
complète et accessible lorsqu'il est question de remise de dette et autres
considérations financières. Dans le modèle
CARRA, le comité de réexamen et le tribunal d'arbitrage ne sont pas habilités à
se saisir de ce type d'erreur selon les diverses lois et règlements
d'application sur les régimes de retraite en vigueur. De son propre aveu, là,
recueilli à même deux jugements prononcés respectivement en 2011 et 2014, le
tribunal d'arbitrage de la CARRA va jusqu'à statuer qu'il n'est pas compétent
pour traiter ce type de litige et que le recours approprié relève plutôt des
tribunaux judiciaires. Pour nous, cela n'a
aucun sens. L'AQRP croit qu'un citoyen en litige avec un organisme public à la
suite d'une erreur qui ne lui est pas directement attribuable ne devrait
jamais être contraint de débourser des sommes encore plus importantes pour
tenter d'obtenir une réparation devant un tribunal judiciaire.
Il faut
savoir qu'actuellement la Régie des rentes s'engage, contrairement à la CARRA,
à effectuer une remise de dette en
cas d'erreur administrative ne pouvant être raisonnablement décelée. La régie
peut également, sur demande de tout
intéressé, réviser toute décision qu'elle a rendue, et non seulement toute
décision relevant de champs d'intervention particuliers. La remise de
dette à la RRQ prévoit aussi que la régie peut, même après que la décision soit
devenue exécutoire, faire remise de la dette en totalité ou en
partie si elle
juge qu'elle ne devrait pas la recouvrer eu égard aux circonstances. Alors, en
comparaison de la situation qui prévaut à la CARRA actuellement, c'est le jour
et la nuit en matière d'équité et de responsabilité administrative.
Une autre
particularité de la Régie des rentes est que, si le bénéficiaire conteste la
décision de la régie, il lui est possible
non pas d'effectuer un recours devant un tribunal d'arbitrage, mais plutôt au
Tribunal administratif du Québec, qui favorise en principe une
trajectoire de révision plus complète et ultimement un jugement plus impartial
et équitable pour le prestataire.
Sur cette
base, l'AQRP voit mal comment le gouvernement pourrait volontairement établir
un système de plainte à deux vitesses
qui n'offre pas les mêmes garanties de transparence et de protection de la
clientèle en cas d'erreur administrative.
À ce sujet, deux solutions que nous vous proposons, l'option 1 étant celle
d'accroître le champ d'intervention des
comités de réexamen et du tribunal d'arbitrage pour les régimes de retraite
publics ou parapublics, et l'option 2, c'est celle d'uniformiser le processus de révision à
Retraite Québec en se basant sur celui qui prévaut actuellement à la
Régie des rentes.
Parlons
maintenant de la représentation de la clientèle retraitée à Retraite Québec. Le
projet de loi n° 58 vous offre une
occasion idéale de bonifier les structures existantes et d'assurer une plus
grande équité de représentation entre les diverses clientèles au sein de
Retraite Québec.
Si on combine
la composition actuelle des conseils d'administration de la Régie des rentes et
de la CARRA, on remarque que les
retraités ont présentement trois représentants. Si le projet de
loi n° 58 est adopté tel quel, on en perdrait donc un.
De plus, la
proportion des participants actifs sur le conseil d'administration de la CARRA
est de 53 %, alors que celle des
retraités est de 7 %. Cette sous-représentation des retraités est un
non-sens eu égard au contexte démographique actuel et à l'afflux
important de travailleurs qui prendront leur retraite au cours des prochaines
années.
Le Président (M. Cousineau) :
En conclusion, M. Tremblay.
M. Tremblay (Donald) : Alors, je
conclus presque, M. le Président, si vous me permettez. Une minute.
L'AQRP exige
que la disproportion de représentation des personnes retraitées, spécialement
dans un contexte de vieillissement de
la population, soit immédiatement corrigée. Également peut-être un petit mot...
On réclame également une réflexion un
peu plus sérieuse sur les enjeux de la représentation des retraités. Puis là
j'attire votre attention sur cette petite phrase : Les personnes
retraitées ont encore une contribution pertinente à apporter à la société
québécoise sur de nombreux aspects, les
évacuer est une erreur. Pour toutes
ces raisons, on considère que nous devrions également être consultés quant à la représentation des personnes
retraitées sur le conseil d'administration de Retraite Québec.
Et je conclus, M. le Président. On pense que,
dans sa forme actuelle, le projet de loi n° 58 ne répond pas aux attentes de la clientèle retraitée du secteur
public, qui souhaite avant tout être traitée avec équité et diligence afin
d'éviter les situations
d'impuissance. On pense que ça doit être revu. Et, je dirais, le principe de la
clientèle devrait prévaloir sur toute autre notion à l'intérieur de ce projet
de loi. Merci.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. Tremblay. Alors, je cède la parole à M. le ministre pour les
25 prochaines minutes. M. le ministre.
Hamad : Merci, M.
le Président. M. Tremblay, M. Bérubé, M. Pinard, merci. Et vous
devriez continuer à travailler, vous avez
une très bonne qualité de mémoire. Je ne sais pas qu'est-ce que vous faites à
la retraite, messieurs, vous êtes très utiles et...
M. Tremblay (Donald) : ...vaillants,
M. le ministre.
Hamad : Vous êtes
encore bons. Très bons, même.
M. Tremblay (Donald) : Merci
beaucoup.
Hamad : Excellent
mémoire, et c'est clair. D'ailleurs, ça renforce un peu... Je voyais
Mme Gagnon en arrière, elle souriait en
même temps que vous. Elle a dit : Bon, bien, je ne suis pas toute seule à
dire ça, il y en a un autre qui dit
la même chose puis... Alors là, on voit encore... on revient au même point, là,
c'est une erreur administrative, on fait payer le retraité, je pense que vous êtes autour de ça. Et j'ai vu, dans
votre mémoire vous amenez des exemples, et par hasard ils sont tous dans le ministère
de l'Emploi et Solidarité, où on travaille bien, ça a l'air, vous amenez ça
comme exemple. Puis là, vous savez, la CARRA relève du Trésor, il faut que je
parle à mon collègue parce que c'est lui qui est
responsable... sur un ton plus sérieux, c'est lui qui est responsable de la
CARRA comme de la loi, là, et le RREGOP aussi, ça relève de lui. Mais,
le point, je pense que vous avez bien souligné le point.
Alors, moi,
je vais... C'est la même discussion de tantôt. Avez-vous des cas, vous? Vous
connaissez des cas? Est-ce qu'il y a des collègues qui se sont plaints
qu'ils étaient maltraités?
M. Tremblay (Donald) : Vous savez,
le sens de notre propos, c'était pour illustrer les deux situations qu'on vous a apportées, une personne qui s'est
identifiée, l'autre qui n'a pas voulu s'identifier, mais l'essence de notre
propos n'est pas là, c'est pour donner un exemple. Ce qu'on trouve important,
nous, c'est que la façon dont sont traités les prestataires, lorsqu'il est
question de considérations financières, ça doit être révisé absolument.
Vous savez, M. le ministre, la CARRA, c'est l'administrateur de notre régime de retraite; les retraités que
nous sommes, nous dépendons financièrement
de ce qu'il y a dans ce régime-là. Et là je ne parle pas des placements puis
je ne parle pas de la Caisse de dépôt, je parle seulement de l'administrateur
de notre régime. Il doit veiller à ce que toute l'administration de ce
régime-là se fasse de façon juste et équitable pour tous.
Et je comprends
également qu'il doit voir aussi à la santé du régime, je n'ai pas de problème
avec ça, mais ce qu'on trouve
important, c'est qu'on devrait profiter de cette occasion-là que nous donne le
projet de loi n° 58. Et, malgré le fait que nous l'avons lu et relu, on ne sent pas, je
dirais, la préoccupation première qui est le service à la clientèle et
l'amélioration du service au citoyen. Ça, on
voudrait que ça transparaisse beaucoup plus à l'intérieur du projet de loi et
on pense que vous avez l'opportunité de pouvoir le faire lors des
auditions qui se passent actuellement.
Et je pense que c'est important parce qu'on
dépend... c'est un peu... Vous savez, comparons ça à lorsqu'on travaillait. On avait un employeur. Notre
employeur, là, il devait faire en sorte de gérer de façon à ce que nous
puissions avoir notre salaire, et que le
moins possible il y ait de retenues ou de ci ou de ça, puis qu'on ait le
salaire juste, et qu'on n'ait pas de
réclamation à faire. Une réclamation qui arrive après coup comme les cas qu'on
a documentés à l'intérieur de notre mémoire, là, je vais vous dire que
ce n'est pas plaisant. Mais ça, c'est juste pour illustrer.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre va vous répondre.
Tremblay (Donald) : Mais
tout ça pour dire que ce qui est important, pour nous, c'est que ça
transparaisse à l'intérieur du projet de loi n° 58, qu'on profite de
ça pour faire en sorte que les meilleures pratiques et de l'un et de l'autre
soient importées à l'intérieur de Retraite Québec pour faire quelque chose d'un
peu supérieur.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Tremblay, M. le ministre va vous répondre. M. le ministre.
Hamad :
M. Tremblay, vous siégez sur le RREGOP?
M. Tremblay (Donald) : Vous êtes
bien informé, M. le ministre.
Hamad : Oui, hein?
Tremblay (Donald) : Je siège
effectivement comme représentant des retraités sur le comité RREGOP,
mais je suis ici actuellement comme représentant de l'AQRP et comme président
de l'AQRP...
Hamad : Je sais,
mais...
Tremblay (Donald) : ...ce
qui n'est pas le cas lorsque je siège au comité sur le RREGOP. On m'a bien
dit que j'étais un représentant de retraités, point à la ligne.
Hamad : Je
comprends, mais la question que je vous pose... Je le sais, mais la question
que je vous pose : Avez-vous amené ce
point-là à votre comité RREGOP? C'est eux autres, là, qui disent qu'ils n'en
veulent pas, de faire ça. Avez-vous amené ce point-là?
Tremblay (Donald) : Je pense
que, ce point-là, il est important de l'amener ici, lors des auditions
concernant ce projet de loi là spécifiquement.
Hamad : O.K., vous
l'avez réussi.
Tremblay (Donald) : Et, puisque nous parlons, dans notre mémoire, de la
représentation des retraités au sein du conseil d'administration de
Retraite Québec, on pourrait également éventuellement, si jamais vous voulez le
faire, amener la question de la
représentation des retraités en général sur les comités de retraite, là. Mais
l'objet de la consultation, à notre sens, n'est pas ça, et c'est le
terrain sur lequel on ne voulait pas aller délibérément.
Hamad :
O.K., oui, mais, M. Tremblay, vous êtes un bon président, là. Là, la
question est simple. Là, vous êtes
sur le comité du RREGOP qui gère le RREGOP, puis le RREGOP, à mes
connaissances, c'est eux autres qui refusent votre demande aujourd'hui. Alors, vous-même, vous siégez au RREGOP.
Est-ce que vous l'avez souligné, ce point-là, au RREGOP, de dire : Écoutez, les amis, là, collègues autour de la
table, là, ça ne se peut pas qu'on accepte un cas d'inéquité comme vous
l'avez présenté?
Tremblay (Donald) : Ce dont
on vous explique dans notre mémoire, c'est que les pouvoirs attribués à la
fois au comité de réexamen et à la fois au tribunal d'arbitrage de la CARRA ne
font pas
partie de ces pouvoirs-là, et les jugements
qu'ils ont rendus l'ont dit clairement. Alors, nous, on dit : Il faut
qu'il y ait autre chose, il faut qu'il y ait autre chose. Et la
proposition qu'on fait, c'est ça, c'est, je dirais, de...
Hamad : Ça, c'est
l'association, c'est la...
M. Tremblay (Donald) : C'est notre
association. Ce n'est pas le comité de retraite qui parle ici...
Hamad : O.K. Mais
je reviens au RREGOP...
M. Tremblay (Donald) : ...ni le
représentant des retraités au Comité de retraite du RREGOP.
Hamad : O.K., je
comprends. Mais, M. Tremblay, si on veut régler le problème, celui qui
doit régler ce problème-là, c'est le RREGOP, vous êtes d'accord.
M. Tremblay (Donald) : Bien, en
fait, c'est une question qui concerne la CARRA.
Hamad : Non, vous
l'avez dit vous-même. La CARRA gère, avec un mandat du RREGOP, le régime du RREGOP, puis ce régime-là, il est dirigé par un
comité qui gère le fonds. Et, ce comité-là, ce que j'ai appris, comme
vous, là, j'ai appris, moi, que la CARRA a fait la demande au RREGOP, puis le
RREGOP dit : Non, on ne veut pas qu'on paie
les erreurs des gens. Alors, juste voir si on est dans la bonne place, parce
que moi, je pense que... je suis de votre bord comme retraité, là, O.K.?
Et là, le RREGOP, on verra où vous êtes, là, mais ce que je vous dis, c'est
que, si un fonctionnaire, il s'est trompé
dans les calculs de retraite, puis après ça on fait payer la pauvre personne
retraitée, qui est démunie devant cette situation-là, moi, je trouve ça
inacceptable, puisque dans la majorité des autres lois on le fait.
Maintenant, le RREGOP, c'est un régime privé,
c'est le régime de la fonction publique, c'est votre régime de retraite. Il est géré par un comité qui prend les
décisions sur les coûts de la gestion de ce régime-là, et les coûts,
quand ils vont... La CARRA, c'est un
gestionnaire de fonds, ils vont charger de l'argent au régime qui est le
RREGOP. Le RREGOP, il y a un comité
qui le gère, et ce comité-là peut dire à la CARRA : O.K., il y a des
erreurs par année, je ne sais pas, moi, 200 000 $ sur
7,7 milliards... En passant, les... pas les cotisations, les prestations
sont 7,7 milliards, et les cotisations sont
2 point quelques milliards, donc, écoutez, là, si on a 200 000 $ par
année, des erreurs administratives, je pense qu'on devrait l'absorber. Alors, ça, c'est le RREGOP qui
devrait... D'ailleurs, je n'ai pas parlé au RREGOP, parce que je viens
de vous entendre, mais vous, vous êtes mieux
placé que moi parce que vous les voyez plus souvent que moi. Mais, de
dire ce problème-là, il me semble qu'on devrait réfléchir là-dessus. Êtes-vous
d'accord, M. Tremblay?
M. Tremblay (Donald) : Confidence
pour confidence, M. le ministre, vous les avez...
Hamad : On est tout
seuls, là, ici, là.
Tremblay (Donald) : ...vous
les avez rencontrés également, je pense, le comité RREGOP, au cours des
derniers jours. Ils vous ont sûrement dit qu'est-ce qu'ils avaient à dire.
Mais
je suis ici comme représentant du comité... de l'AQRP, comme président, alors
je ne m'embarquerai pas sur ces
choses-là. Puis j'ai fait bien attention, je vous dirais, là, de ne pas
utiliser les informations obtenues dans un lieu pour en faire profiter
un autre. Alors, là-dessus, là, je vais en rester là.
Hamad : Je respecte
ça, je respecte ça. Mais je peux dire que je peux compter sur vous pour m'aider
pour parler au RREGOP, pour présenter votre
point de vue? Parce que, là, comme retraité, vous avez un bon point de vue,
puis je pense que c'est... Moi, là, ce que
je n'aime pas, dans la vie, c'est l'injustice. Ça, il faut toujours travailler
pour avoir une justice. Puis, quand
on fait une erreur puis on fait payer les autres pour nos erreurs, ça c'est...
j'ai de la misère avec ça, donc...
Tremblay (Donald) : M. le
ministre, vous pouvez compter sur moi
si on travaille dans le même sens, qui vise l'équité et la responsabilité de l'administrateur
de notre régime et qui fait en sorte que les gens sont traités avec équité
et transparence, avec des possibilités de recours neutre et d'être traité,
justement... On va travailler dans le même sens.
Hamad : Excellent.
Le premier point, je pense qu'on s'entend.
Le deuxième
point, vous avez parlé de qualité de services, et qualité de services, pour
moi, là, c'est fondamental. Ce n'est
pas un choix, c'est un devoir et une obligation, pour une organisation. Puis,
je pense, ce que j'ai vu, parce que je suis plus en contact avec la
régie, mais depuis un certain temps je suis en contact avec la CARRA, il y a
une sensibilité. Évidemment, il faut parler
2015. Évidemment, tout le monde va parler de l'épisode 2005‑2010 que même j'ai
entendu parler, ça a l'air qu'il y a eu un
cauchemar là. Là, on est rendus à 2015, on va regarder pour l'avenir. L'avenir,
pour nous, c'est cette fusion-là.
C'est évidemment échanger les meilleures pratiques des deux organisations,
essayer d'apprendre de nos erreurs,
parce qu'on fait tous des erreurs, dans la vie, puis, une organisation, c'est
moins acceptable, l'erreur, parce qu'on est plus nombreux.
Donc, l'objectif dans ça, c'est évidemment
chercher le meilleur service pour les citoyens, puis je l'ai dit, je le répète. Puis évidemment, lorsqu'il va y avoir les
dirigeants, les vice-présidents, un des éléments, c'est la qualité de
services et aussi le pouvoir de transition, qu'ils vont réussir à le faire
pendant la transition pour arriver à donner des services. Il va y en avoir, des erreurs, moi, je suis
convaincu qu'il va y en avoir. Il faut les minimiser puis les corriger, c'est
clair. Mais mettre un
article dans la loi, dire : Vous allez assurer une
qualité de services, c'est comme l'évidence même, là. Ils sont là pour ça, ils sont mesurés. Un des éléments, la mesure de
performance des dirigeants, c'est la qualité de services, alors, si on a des sondages qui nous donnent...
envers la clientèle qui disent que la qualité a baissé à 80, 85, ça ne va
pas bien pour le P.D.G. ni ses
vice-présidents, je peux vous le garantir. Mais actuellement ils ont des bons
records. Moi, j'aurais aimé ça, 99, mais ils sont à 92. Ce n'est pas
pire, mais ils peuvent faire mieux, c'est sûr. Mais quand même c'est très bon dans... Lorsqu'on regarde d'autres sociétés
privées, je pense, ils sont dans les bons, alors... Mais je reçois votre
message, c'est insister sur la qualité des services pour les citoyens et
surtout s'adapter aussi à la clientèle, parce que la clientèle des retraités, elle est différente. Vous, comme,
les trois, je trouve que vous êtes pas mal... je pense vous ne devriez
pas arrêter de travailler, vous êtes très
bons, et évidemment vous êtes une clientèle avertie, mais il peut y en avoir
d'autres, clientèles, qu'un peu moins que vous, puis je pense qu'il faut
s'adapter.
Je vais laisser mon temps là pour le moment,
laisser l'opposition...
Le Président (M. Cousineau) :
D'accord, M. le ministre. Alors, vous avez encore 13 minutes pour la suite
des choses.
Hamad : Oui, dans
la banque.
Président (M. Cousineau) : Alors, M. le député de Sanguinet
pour votre temps de parole pour questionner. 15 minutes.
Therrien :
Merci, M. le Président. Je souhaite la bienvenue à M. Tremblay,
M. Bérubé et M. Pinard. Écoutez, on vous a déjà entendus il y a jadis, vous aviez fait un effet boeuf, si
je peux me permettre. Alors, je suis content de vous revoir aujourd'hui.
Écoutez,
bien, je pense que les questions qui ont été posées par le ministre ont permis
un certain éclaircissement. Je vous
dirais même, à la limite, là, qu'il m'a un peu volé certaines de mes questions,
mais je vais revenir là-dessus parce que, écoutez, ça tourne autour de
ça. Quand on parle du projet de loi, on parle de quoi? Bien, on parle des
problèmes vécus par la CARRA dans le passé,
on parle des problèmes via les erreurs que la CARRA a faites et fait encore et
qui pénalisent, comme le groupe avant a très
bien mentionné, pénalisent les individus, là, de façon souvent surprenante.
On parle des services, on a un peu peur de
voir les services s'effilocher dans cette fusion-là, puis je pense que c'est
des peurs qui sont légitimes.
On parle aussi, puis vous en aviez parlé l'an
passé quand on s'était vus, je me rappelle... vous parliez de l'importance de
laisser de la place aux retraités dans les décisions concernant les retraités.
Et à l'époque vous aviez fait un grand
plaidoyer là-dessus, moi, j'ai lu, et vous en parlez beaucoup, mais j'aimerais
ça vous entendre, là, si on veut, un résumé
de ce que moi, porte-parole de l'opposition officielle qui va travailler avec
le ministre pour améliorer le projet de loi, là... Essayez de me faire une leçon que je vais me rappeler pour que je
puisse ensuite faire en sorte d'améliorer ce projet de loi. Qu'est-ce que je dois retenir, là?
Faites-moi, tu sais, un condensé, là, dire, là... Si vous étiez à ma place, là,
quand on va défendre... quand on va travailler sur le projet de loi, là,
l'étude
article par article, là, qu'est-ce que vous aimeriez que je me rappelle
de tout ce que vous avez dit?
Président (M. Cousineau) : M. Tremblay.
M. Tremblay
(Donald) : En fait, M. Therrien, je vais vous répondre. D'abord,
vous semblez dire que j'avais déjà fait un plaidoyer vibrant, alors j'espère ne pas
me répéter, mais quand même je vais vous dire que ce qu'on veut que la
commission retienne aujourd'hui, là, il y a trois enjeux principaux qu'on a
soulevés : celui de l'introduction de la possibilité d'une remise de dette à l'intérieur de Retraite Québec
lorsque tout ça sera fusionné; le deuxième élément, c'est celui des recours pour le prestataire qui s'estime
lésé compte tenu de certaines considérations financières, parce qu'actuellement
les instances de la CARRA ne le permettent pas; le troisième élément, c'est
ajuster la représentation des retraités
à la réalité d'aujourd'hui et de celle qui s'en vient. Tout le monde le dit
partout, les experts, les économistes, les démographes, tout le monde le dit, la population du Québec est
vieillissante. Il va arriver puis il arrive actuellement de plus en plus de travailleurs à la retraite qui ont 60,
65, 70 ans, et la représentation n'est pas ajustée à cette réalité-là
actuellement. Alors, pour nous, c'est
fondamental, parce qu'en plus il ne faut pas considérer les retraités comme des
fardeaux, comme un mal nécessaire,
là. Ce n'est pas vrai qu'à partir du moment où on quitte notre travail rémunéré
on devient moron ou on a perdu notre
jugement, là, on est encore capables de contribuer activement aux différentes
instances de gouvernance, là, et apporter
des points de vue fort éloquents, là. Puis je pense que ça, c'est important de
ne pas le perdre de vue, parce qu'on a une
tendance, puis je ne parle pas nécessairement des gens ici, là, mais on a une
tendance en général à mettre de côté, à mettre sur la touche les personnes qui arrivent à 65, 70, 75 ans,
considérant qu'elles sont toutes en perte soit physique soit cognitive, etc., mais ce n'est pas le cas, là. Les
retraités, là, ce n'est pas vrai qu'ils sont tous avec des marchettes,
puis avec des cannes, puis dans les CHSLD,
là. Ils sont sur le terrain, ils vivent, ils consomment et ils veulent avoir un
niveau de vie décent. Et avoir un niveau de vie décent, pour une grande
partie de la population, là, de retraités, c'est très important également pour
la société québécoise, là, ça, il ne faut pas le perdre de vue non plus, là.
Alors, ça, c'est le message qu'on veut laisser.
Également,
on voudrait... Parce qu'actuellement
ce qu'on constate, c'est que toutes les questions qui concernent les régimes de retraite, actuellement, elles sont
traitées à la pièce, projet de loi n° 3 qui est devenu la
loi n° 15 des municipalités, les
universités vont y passer tantôt, la fonction publique est en train de revoir
un certain nombre de choses selon ce que le ministre Coiteux annonce, le projet de loi n° 58, donc toutes
des choses traitées à la pièce, et on ne voit pas de vision globale.
Comment ça se fait qu'il n'y a pas un débat plus élargi sur toute la question
de la retraite au Québec et des gens qui s'en
viennent vers la retraite? Alors, pour nous, le projet de loi n° 58,
ça devenait un beau prétexte, je dirais, de venir redire nos messages,
entre autres, et souligner certaines lacunes qui existaient.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Merci, M. le Président. Oui, écoutez, vous avez
répondu abondamment par rapport à la représentativité
des personnes qui sont à la retraite, je pense que j'ai trouvé pas mal
chaussure à mon pied à ce niveau-là. Vous parlez, là, de pas de vision
d'ensemble, pas de vision globale. Bien, écoutez, des fois je regarde aller les
choses puis je ne suis pas en désaccord avec
vous là-dessus. Et, quand on avait travaillé sur la commission D'Amours, je
trouve que des bouts on s'éloigne un peu de
l'esprit premier de la commission D'Amours, c'était de favoriser les régimes à
prestations déterminées, puis des fois j'ai l'impression qu'on s'éloigne de ça
beaucoup.
vais revenir sur le nombre de membres. On parle de deux membres, le ministre
l'a mentionné tantôt, c'est écrit aussi dans le projet de loi, deux
membres sur 18. C'est ça, hein, 18?
Champlain.
Alors, deux sur 17. Vous, là, quand on parle de représentation, ça irait
d'abord en augmentant le nombre de membres, j'imagine. Est-ce que c'est
ça ou ce serait... Concrètement, là?
M. Tremblay
(Donald) : Je ne sais pas si ça doit se faire en augmentant le nombre
de membres au conseil d'administration de Retraite Québec, mais il y a
une chose qui est sûre, il faut que ce soit fait en proportion de la population
que nos représentons de plus en plus et que
nous représenterons dans les années à venir. Alors, moi, je pense qu'il
faut tenir compte de ça dans le projet actuel, parce que des projets de loi, ça ne
se change pas aussi souvent, là, qu'un règlement ou des choses comme ça. Donc, je pense que c'est important que ce soit
enchâssé dans le projet de loi actuel pour tenir compte de cette
proportion-là, là, qui existe actuellement. Comme on le soulignait tantôt, là,
actuellement, à la CARRA, 53 %
représentait les actifs, 7 % les retraités, alors que partout on nous dit
que de plus en plus il y a moins de travailleurs
pour le nombre de retraités. Alors, qu'est-ce qui se passe? Comment ça se fait
que le niveau de représentation n'est pas à la hauteur de ces
proportions-là?
L'autre
élément, M. le ministre soulignait tout à l'heure, les comités de retraite,
c'est un lieu également... Il y a deux représentants des retraités sur
24 personnes au comité de retraite. Alors, déjà, ça en dit long sur le
degré de représentation et le ratio de représentation.
Therrien :
O.K. Vous aviez... Combien j'ai de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Cousineau) : Il vous reste 6 min 35 s.
Therrien : O.K., merci. Dans votre présentation, vous parlez des erreurs,
entre guillemets, là, de la CARRA. Je ne veux pas, tu sais, condamner la
CARRA, là, mais, bon, il y a eu des erreurs de calcul, puis vous avez parlé de deux exemples, là, dans votre mémoire. Et vous
parlez aussi en disant que ce projet de loi là, c'est l'occasion de
redorer le blason à la CARRA, c'est de dire : Écoutez, je pense que ce
serait le temps, à partir de ce remue-ménage qu'on fait à l'intérieur de ces deux structures-là... bien une
façon d'améliorer, justement, l'efficacité ou les façons de faire de la
CARRA, entre autres, parce que vous parlez de la situation de la CARRA. J'ai
posé la question au groupe précédent. Dans le projet
de loi, il n'y a rien là-dessus, en tout cas je n'en ai pas vu, puis, le groupe
précédent, je leur posais la même question, ils m'ont dit la même chose. Peut-être que vous, vous avez vu quelque
chose. Je sais que le ministre... Je connais bien le ministre, ça fait plusieurs fois qu'on travaille
ensemble, et, quand il nous dit : Bien oui, il faut assurer un service,
j'y tiens, tout ça, moi, j'ai
tendance à le croire, je le connais puis j'ai tendance à la croire. Il faut
juste, par contre, s'assurer que ça se fasse,
dans les faits. Comment pourrait-on, à l'intérieur de ce projet de loi là,
s'assurer, premièrement, qu'on a profité de l'occasion pour revamper la
façon de faire de la CARRA et de la RRQ possiblement? Mais, dans un deuxième
cas, comment faire pour que ça devienne une façon plus efficace et
incontournable parce que, là, dans le projet de loi, on a identifié la marche à
suivre?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Tremblay.
Tremblay (Donald) : Avant de
passer la parole à mon collègue, M. Pinard, je voulais juste vous dire que
vous avez raison quand vous dites que tout
n'est pas noir à la CARRA, là, loin de là, hein? Et, vous savez, quand on
aborde des propos comme ceux-là, souvent il
faut les illustrer, et c'est la raison pour laquelle on l'a illustré avec ces
deux exemples, mais tout n'est pas noir à la CARRA, il y a eu des
améliorations notables. Je sais que les efforts ont été faits de ce côté-là et que l'amélioration est là. Il y a
encore quelques améliorations à apporter, mais les améliorations principales
sont quasiment... presque terminées. Je vais laisser la parole à
M. Pinard.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Pinard.
M. Pinard
(Gabriel) :
M. Therrien, au niveau du service à la clientèle, nous, on pense que,
quand on dépose un projet de loi, ça
doit généralement avoir des gains, puis des gains généralement pour la
clientèle. Nous, on a analysé ça puis on n'en a pas trouvé beaucoup. On
voit par contre qu'il va y avoir une déstabilisation des équipes, des équipes
opérationnelles, pendant un bon bout de temps. Et, quand on nous dit que le
fait de regrouper des actuaires, ça peut amener
des gains à la clientèle, bien moi, j'ai travaillé avec des actuaires; avec le
respect que j'ai pour eux, ce ne sont pas des gens qui sont sur le
terrain, là, alors on s'entend qu'on est loin vraiment, là, du service à la
clientèle, là.
Alors, nous,
on demande aux gens qui ont pensé ce projet de loi là... Puis ça peut être,
comme on disait, un aspect mécanique, comme on a entendu tout à l'heure,
mais la mécanique, elle va coûter beaucoup de dollars puis elle doit rapporter quelque chose, alors il faudrait
peut-être nous montrer effectivement les gains éventuellement, soit pour le
client ou soit pour le payeur. On n'en voit pas.
Therrien : O.K.
Merci. Merci bien de votre réponse. Juste pour faire du pouce un peu sur ce que
vous avez dit, moi non plus, je ne condamne
pas la CARRA. Ce n'est pas ça, l'idée, là, je veux dire, on est ici pour
améliorer les choses. Puis il ne faut pas
percevoir mes propos comme étant, là, quelqu'un qui lance la pierre de façon
aveugle sur une institution, ce n'est
pas ça, l'idée, mais, bon, on profite de l'occasion pour réfléchir puis
apporter des solutions nouvelles à une situation que l'on connaît.
Alors donc, écoutez, moi, je vais vous
dire, j'ai pas mal... J'ai lu avec attention votre mémoire,
qui est extrêmement, extrêmement détaillé, et, je vais vous dire, j'ai
pas mal posé les questions que je voulais poser, parce que j'ai trouvé beaucoup
de réponses là-dedans. Donc, si je m'arrête ici, ce n'est pas nécessairement parce que vous ne m'avez pas inspiré mais peut-être parce
que vous avez su répondre à beaucoup des questions que je me posais. Je vous en
remercie beaucoup. Merci.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Sanguinet. Nous allons maintenant passer à M. le député de Nicolet-Bécancour pour un
temps de 10 minutes.
Martel : Merci, M.
le Président. Bonjour à vous trois, merci de votre présence. Puis, un peu dans
la même veine que mon collègue
de Sanguinet, vous avez fait un mémoire vraiment
complet, vraiment... Vous êtes critiques par rapport au projet
de loi, mais il y a vraiment un fondement à l'intérieur de ça, puis je veux
vous féliciter. Puis les réponses que vous avez données depuis le début de l'après-midi
sont conformes à la rigueur que vous avez mise dans votre mémoire.
Vous savez, nous, on s'est prononcés assez favorablement
à l'égard de ce projet de loi là parce qu'on pense qu'il peut y avoir des économies, mais sincèrement, quand on fait une
réforme comme ça, pour moi, là, il y a deux objectifs qu'on doit avoir. Le premier, c'est qu'il faut, au
niveau économique, qu'on y trouve le compte, mais, deuxièmement, il faut
que ce soit plus efficace aussi. Si on fait
juste des économies puis on n'améliore pas, moi, je dis, l'exercice n'en vaut
pas la peine, il faut revoir.
Là, nous, on étudie un projet de loi qui va
donner des espèces de «guidelines», mais ça va se faire par du monde, là, il y a des gens qu'il va falloir qu'ils
travaillent ensemble, il y a des mentalités, il y a des cultures
d'entreprise qu'il va falloir adapter, et le
législateur, à ce moment-là, il n'y a plus grand-chose. Sauf que, là, on est en...
Donc, il y a des messages
qu'on peut passer, puis je veux... pas vous aider, parce que ça paraîtrait
prétentieux, mais je veux cibler quand même les messages importants à
passer à tous ces gens-là qui vont faire l'exercice.
Dans un
premier temps, je veux vous parler des délais. Vous en avez parlé tantôt. Quand
on regarde les délais au niveau de Régie des rentes du Québec, on est
dans le... je pense que c'est 25 jours ou quelque chose comme ça, puis,
quand on arrive au niveau de la CARRA, on est plus dans le 90 jours. Moi,
j'ai eu beaucoup de griefs, je ne parle pas de
la CARRA, j'ai beaucoup de griefs à l'égard de... Comment je pourrais dire ça?
La culture du délai, au Québec, on dirait
que c'est quelque chose qu'on a accepté. Puis je ne lance pas la pierre au
gouvernement actuel ou à l'ancien, c'est vraiment une culture générale.
On a des délais au niveau de la justice, au niveau de la santé, puis c'est
comme si ça devenait une défaite acceptable. Mais, oui, il y a des délais.
Par rapport
aux délais, le fait de fusionner les deux organisations — il y en a une que les délais
m'apparaissent, en tout cas, plus raisonnables que l'autre — pensez-vous
qu'on peut faire des gains à ce niveau-là?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Tremblay? M. Pinard?
Tremblay (Donald) : Je vais
répondre un petit bout là-dessus puis je vais passer la parole à mon collègue
à ma gauche. Sauf votre respect, M. le
député, je suis en... bien, en accord et en désaccord avec ce que vous amenez
comme propos, à savoir que... le premier
objectif étant l'économie et, le deuxième, essayons d'avoir des gains au niveau
de la clientèle. Nous, je dirais qu'on est un peu à l'inverse. Un
objectif de changement doit d'abord et avant tout, pour un gouvernement, être fondé sur l'amélioration du
service au citoyen. Tant mieux si on voit des économies en bout de
ligne, mais l'objectif premier, selon nous, là, ça doit être d'abord le service
à la clientèle.
En ce qui
concerne toute la question des délais, je dirais que je ne répondrais pas à ça
personnellement, là, parce que ce
sont des questions qui touchent davantage la CARRA et la gestion du service à
la clientèle à la CARRA, et il y a des gens qui sont en mesure de
répondre beaucoup mieux que moi à ça, sur cet aspect-là. Puis je vais laisser
poursuivre M. Pinard.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Pinard.
M. Pinard
(Gabriel) : M. le député de
Nicolet-Bécancour, vous avez parlé d'économies. C'est bien sûr que, par
le contexte actuel, le gouvernement doit penser ça, tout le monde doit se
mettre l'épaule à la roue pour trouver des solutions.
On a vécu des exercices de
réingénierie plusieurs fois et on n'a toujours pas eu de
démonstration de gain de ça, alors
que, là, on voit des gens qui vont être «shakés» puis on voit des pertes assez importantes.
L'histoire du service à la clientèle, c'est une question de philosophie,
hein, c'est une question vraiment, là, de travailler au niveau... Puis vous l'avez dit, là, la culture, actuellement, là, il faut absolument que les fonctionnaires à tous les niveaux — je m'incluais à l'époque, là — vraiment pensent le client au coeur de nos préoccupations. Ça, on ne voit pas ça nulle
part dans ça puis on ne sent pas le changement, c'est ça qui nous
inquiète.
Quant à l'idée de fusionner deux organisations
comme ça, quant à moi, ce sont deux business différentes, ce n'est pas la même chose. On peut bien dire que
dans les deux on parle de la rente, là, mais c'est deux business
différentes. On ne sent pas, nous, l'apport
de un par rapport à l'autre, en termes de meilleures pratiques, pour... en tout
cas on ne l'a pas analysé, on ne l'a pas obtenu. On ne l'a pas vu.
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
En tout respect, là, juste pour clarifier ce que j'ai dit, je dis que
l'exercice ne vaut pas la peine si on ne retrouve pas l'efficacité. On
est dans un contexte où on est les plus taxés, les plus endettés, toutes les
économies sont importantes pour les payeurs de taxes, c'est un objectif
fondamental, mais je dis que l'exercice ne vaut pas la peine si on n'améliore
pas l'efficacité en bout de ligne.
Je vous ai
parlé des délais parce que moi, j'essaie qu'on fasse en sorte de rendre ça le
plus efficace possible. Je veux parler
des recours aussi. Quand on regarde les recours qu'il y a au niveau de la Régie
des rentes, ça peut sembler beaucoup plus
facile qu'au niveau de la CARRA, compte tenu qu'il n'existe pas de mécanisme
comme tel, là. Est-ce que cet aspect-là vous sécurise ou vous auriez des propositions à faire pour s'assurer que
les recours, dans le cas de la CARRA, deviennent beaucoup plus
efficaces?
M. Tremblay (Donald) : En fait, ce
dont vous faites mention, c'est la question des recours lorsqu'il y a erreur ou qu'il y a des choses... des
considérations financières dans un litige qui concerne un prestataire. Nous, ce
qu'on dit... Je ne sais pas si c'est plus
facile à la Régie des rentes. Ce qu'on dit, cependant, c'est que c'est plus
équitable et plus clair, le prestataire ne doit pas se présenter devant
un tribunal issu du régime ou de l'administration mais a accès au Tribunal administratif du Québec, qui garantit un certain
nombre... en tout cas il y a certaines conditions dans ça qui permettent
de croire que le prestataire va être plus justement traité.
Et l'autre élément à ne pas oublier, c'est qu'on
n'a pas besoin d'avoir des recours des tribunaux judiciaires, qui, soit dit en passant, l'accès à la justice,
c'est une chose, d'y avoir accès, mais aussi financièrement, avoir accès à
la justice, ce n'est pas évident non plus
pour un prestataire d'une rente de retraite. Alors, ces éléments-là nous font
croire... d'après l'analyse qu'on a faite à
la fois de la Régie des rentes et de la CARRA nous laissent croire que ce qui
se passe à la Régie des rentes nous
semble plus juste et équitable. Probablement qu'une analyse plus approfondie
que celle que nous avons faite pourrait peut-être apporter des nuances,
là, mais à première vue c'est les propositions qu'on apporte.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, M. le député de Nicolet-Bécancour. Il vous
reste deux minutes.
Martel :
Bien, rapidement, dans la même... Je vous ai parlé de délai, je vous ai parlé
de recours. Service à la clientèle,
j'ai posé un peu la question tantôt. Tu sais, quand on crée des nouvelles
structures comme ça, on veut utiliser les moyens de l'époque, évidemment. Ça fait en sorte qu'il peut y avoir
beaucoup plus d'informatique, la téléphonie, etc. Est-ce que vous avez
des inquiétudes, des recommandations, des demandes à faire par rapport à ça?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Pinard.
M. Pinard (Gabriel) : Si vous me
permettez, vous allez poursuivre vos travaux en commission; j'espère que vous
allez avoir une démonstration des gains économiques. Quant aux services
informatiques, moi, je vous dis, mon expérience,
c'est «small is beautiful». Plus on essaie de faire des architectures
gouvernementales puis de mettre tout le monde au même niveau dans des business différentes... Moi, je ne pense
pas qu'il va y avoir des économies puis des gains pour le client dans
cette chose-là.
M. Tremblay (Donald) : On n'en est
pas persuadés. Cependant, nous savons... Puis là ça va faire plaisir peut-être à M. le ministre, je vais parler un
petit peu comme ayant eu vent de ce qui s'est passé au comité RREGOP. Je
sais qu'à la CARRA il y a un excellent service à la clientèle dans le sens où
il y a une préoccupation constante de son vice-président
et du président actuel, alors, ça, ça nous rassure, mais il reste que, pour
nous, devant les parlementaires, ce qui
est important, ce n'est pas ce qui se passe à la CARRA, à l'interne, mais c'est
ce qui se passe à l'intérieur d'un projet de loi qui va s'implanter, et
on veut que le plus possible le projet de loi prévoie ces améliorations-là.
Martel : Merci.
Merci beaucoup.
Président (M. Cousineau) : Alors, ça termine le temps que nous
avions pour le deuxième groupe d'opposition. Je peux revenir à M. le
ministre. Il vous restait 13 minutes, M. le ministre.
Hamad :
Oui, je vais... Permettez, M. Pinard. Vous avez répété plusieurs fois,
vous avez dit : L'économie du gouvernement, l'économie du
gouvernement. En passant, ces deux sociétés-là, il n'y a pas une cent qui va
aller au gouvernement. L'argent va revenir
dans les sociétés, donc ça va revenir pour le contribuable ou les
bénéficiaires. Ça, vous le savez,
mais c'est important de le dire. Ce n'est pas une économie que le gouvernement
cherche, c'est vous qui va être le bénéficiaire de ces économies-là,
c'est les retraités, c'est les gens qui cotisent à la Régie des rentes du
Québec. Ça, c'est très important de le dire. Il n'y a pas une cent dans les
poches du gouvernement, on fait ça pour les citoyens. Il n'y a pas d'économie. Les états financiers des
deux ne sont pas liés au gouvernement du Québec. Ça, c'est très
important que ce soit clair pour mes
collè