CRC — 22 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CRC 2022-02-22
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Votre
attention, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 1, Loi modifiant la
Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance afin d'améliorer l'accessibilité au
réseau des services de garde éducatifs à l'enfance et de compléter son
développement.
Je souligne que cette séance se déroulera à la
fois dans la salle Louis-Joseph-Papineau, où je me trouve, et dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Lévesque (Chapleau) est remplacé par M. Caron
(Portneuf); M. Poulin (Beauce-Sud), par M. Reid (Beauharnois); et M. Bérubé
(Matane-Matapédia), par Mme Hivon (Joliette).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de débuter, je vous rappelle qu'il avait été convenu de suspendre l'étude des amendements proposés par la
députée de Sherbrooke et par la députée de Westmount—Saint-Louis
à l'article 59.7, inséré dans l'article 30 du projet de loi.
Lors de l'ajournement de nos travaux la semaine
dernière, nous en étions toujours à l'étude de l'article 30 du projet de
loi. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet article? Oui, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, merci, Mme
la Présidente. Bon matin aux collègues.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bon
matin.
Mme Maccarone : Un plaisir
d'être parmi vous aujourd'hui.
Je vais reprendre la balle au bond. Quand nous
avons ajourné nos travaux mercredi passé, on était sur le sujet du 59.12 puis
l'idée qu'un enfant qui a des besoins particuliers pourrait avoir un refus
d'accès dans le service éducatif. Et la question que j'avais posée à M. le
ministre, c'était s'il y avait une possibilité de s'assurer que ceci serait
voté, par exemple, par le C.A. pour s'assurer que ce serait... Je comprends
l'idée de la lettre, ce n'est pas parce que la lettre n'est pas bonne, mais j'aimerais bonifier l'article pour
s'assurer qu'il y aura au moins une autre mesure. Puis j'avais fait le
parallèle avec le réseau scolaire. Si jamais
il y a un enfant à l'école secondaire qui serait expulsé pour x, y, z
raisons — évidemment,
ça doit être grave, rendu là — bien, ce n'est pas seulement la
directrice ou le directeur d'école qui va prendre cette décision, ni le
directeur général ou la directrice générale, ça, c'est quelque chose qui est
voté par le conseil d'administration ou le conseil des commissaires. Alors, il
y aura quand même une séance publique qui sera tenue. Le nom de l'élève sera
quand même rédacté. Alors, on ne saura pas c'est qui, mais il y aura quand même
une séance publique qui aura été tenue et un vote qui aura été pris en ce qui
concerne l'accès à ce réseau public pour l'élève en question. Alors, la
question que j'avais posée la semaine passée, c'est : Est-ce que ce serait
possible, dans le cas où un enfant a déjà une place et là on constate que, pour
les raisons qui vont être écrites dans la lettre, les motifs justifiant le
refus, que ceci sera quand même voté par le conseil d'administration de
l'installation?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Des commentaires? M. le ministre.
M. Lacombe : Bien, peut-être
juste une réponse pour vous dire qu'il revient à chaque CPE, avec son conseil
d'administration, d'établir sa régie interne. Puis, dans ces cas-là, bien,
c'est une décision qui revient effectivement au CPE, comme c'est une décision, aussi, qui revient effectivement aux
écoles, là, quand on en parle plus largement. Mais, sur la question de
voter ou non cette décision-là par le conseil d'administration, ça revient
vraiment à chaque corporation.
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Le but de mon
intervention, c'est de savoir s'il y aurait une place dans le projet loi pour
s'assurer que ceci ferait
partie de la loi. Comme on demande une lettre qui sera
envoyée, dans le cas, aux parents pour aviser pourquoi cet enfant aurait un
refus, bien, si nous allons mettre ceci dans la loi, est-ce que nous pouvons
aussi mettre dans la loi qu'il y aura quand même une obligation de la part du
C.A. de prendre un vote en ce qui concerne le refus d'un enfant à besoins
particuliers de l'installation? Je comprends que c'est leur décision de prendre
s'ils veulent, oui ou non, mais nous sommes en train de
faire un débat en ce qui concerne beaucoup d'aspects de la loi comme l'accessibilité,
le guichet unique, les subventions, etc. Alors, pour moi, ça fait
partie de
leur fonctionnement. Alors, est-ce que ça, c'est quelque chose que nous
pourrons penser à mettre ici à 59.12.1, si vous voulez, Mme la Présidente, ou
59.13, mais de s'assurer... ou même un amendement de 59.12 pour s'assurer que
ceci se fera par un vote?
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions? M. le ministre.
M. Lacombe : Bien, pour
l'instant, ce n'est pas... ce n'est pas prévu, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Y
a-t-il d'autres interventions sur l'article 30? Oui, Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Bien, on
attendait, il me semble, un amendement de la part du ministre pour réviser
plusieurs éléments dont on a discuté, là, dans chacun des volets de
l'article 30. Je ne sais pas si le ministre peut nous dire si cet
amendement-là est prêt.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Westmount.
Mme Maccarone : Je voulais
juste terminer le partage avec le ministre en ce qui concerne cette idée de
s'assurer que le C.A. a quand même une voix en ce qui concerne le refus d'une
enfant parce qu'actuellement, de refuser à un enfant un accès, c'est le D.G.
qui prend cette décision. Ça fait que ça se peut que le C.A. ne sera même pas
informé en ce qui concerne cette décision.
Ça fait que moi, ce que je souhaite, c'est au moins d'informer le C.A. pour
qu'il puisse s'exprimer. C'est quand même, là, géré par eux. Je
comprends très bien l'idée de subsidiarité, puis j'y crois, mais je pense que
ce serait quand même une responsabilité de s'assurer qu'eux sont au moins
informés puis qu'ils auront au moins un mot à dire en ce qui concerne
l'expulsion d'un enfant handicapé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre.
M. Lacombe : J'ai peut-être une
question. Qu'est-ce qu'on fait, dans ce cas-là, par exemple, avec les garderies
subventionnées qui n'ont pas de conseil d'administration? Donc, il y a un enjeu
là. Je ne sais pas ce que vous en pensez.
Mme Maccarone : Bien, eux, si,
mettons, il doit y avoir des votes en ce qui concerne le budget, comment que
nous allons octroyer le budget, dans ce cas ici? Ils font quoi? C'est quoi, le
parallèle pour ces installations qui n'ont pas de C.A.? Est-ce qu'ils vont...
Où est-ce qu'ils vont, eux, s'il faut consulter pour prendre une décision en ce
qui concerne le budget, par exemple?
M. Lacombe : Bien, c'est une
entreprise, donc c'est sûr que le fonctionnement est très différent d'un OBNL,
comme un centre de la petite enfance qui a un C.A. qui est majoritairement
formé de parents. Ça fait que je comprends l'idée
de la députée de Westmount—Saint-Louis dans le cas d'un C.A. constitué de parents, mais, dans le cas d'une
garderie subventionnée qui est une entreprise avec un propriétaire, je me
demande juste comment cette idée-là se transpose, là.
Mme Maccarone : Ils ont un
comité de parents. Ça fait que ça peut être une consultation auprès du comité
de parents, puis eux, ils pourront prendre la décision, un peu comme on fait,
mettons, dans un conseil d'administration ou le conseil des commissaires. C'est
majoritairement compris de citoyens ou de parents, puis c'est eux qui vont
prendre une décision finale en ce qui concerne l'enfant. Ça fait que ça peut
être ça, comme un lien.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien,
peut-être que... En fait, je proposerais peut-être... Si la députée de Westmount—Saint-Louis a un amendement à proposer
là-dessus, tu sais, elle pourrait peut-être le déposer puis on pourrait... on
pourrait l'étudier, après ça regarder ça... regarder ça ensemble, parce que je
veux être certain de bien saisir la proposition.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme Maccarone : Oui, avec
plaisir, Mme la Présidente. Nous allons travailler là-dessus.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions?
Mme Maccarone : Je vais déposer
un amendement. Si les collègues n'ont pas d'autre point, on va rédiger quelque
chose rapidement. Ça ne sera pas long.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 9 h 58)
La Présidente (Mme D'Amours) : ...amendement
de la députée de Westmount—Saint-Louis.
Donc, Mme la députée, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous
plaît.
Mme Maccarone : Oui.
L'article 59.12 qui est introduit par l'article 30 du projet de loi
est remplacé par le suivant :
«59.12. Un titulaire de permis de centre de la
petite enfance ou de garderie dont les services de garde sont subventionnés qui
refuse d'accueillir un enfant qui lui est référé par le guichet unique doit
préalablement aviser le parent de son intention, obtenir une résolution de son
conseil d'administration ou de son comité de parents, aviser l'administrateur
du guichet unique ainsi que le parent et indiquer par écrit à ce dernier les
motifs justifiant le refus.»
La raison pour l'amendement, Mme la Présidente,
encore une fois, c'est suite aux discussions que nous avons eues la semaine
passée, puis j'ai hâte d'avoir un échange avec le ministre. Je comprends que
c'est compliqué puis je comprends que... Moi, je veux aller au-delà de le refus
puis aussi pour l'expulsion, alors peut-être ce serait un autre amendement à
déposer par la suite de ceci. Mais la semaine passée, quand on avait parlé de
la raison qu'on avait besoin de le 59.12 dans le projet de loi n° 1, comme
le ministre a dit : Bien, ça va quand même être gênant pour eux d'au moins
envoyer une lettre de pourquoi on refuse accès à cet enfant-là, qui a peut être
été sur la liste d'attente pendant trois ans, par exemple : On vous refuse
un accès. Ça fait que ce qu'on essaie de faire, c'est d'avoir un empêchement, à
quelque part, un effet dissuasif pour refuser un accès.
Moi, mon point, c'est que, quand c'est un enfant
handicapé, c'est encore plus difficile. Ça fait que je comprends le sens de ce
qu'on veut accomplir avec le 59.12, mais j'aimerais le bonifier, parce que
juste d'envoyer une lettre pour dire, bien, pourquoi l'enfant est refusé. Ce
que je souhaiterais faire avec ce type d'amendement... Puis évidemment, comme
habitude, Mme la Présidente, je suis très ouverte, si le libellé n'est pas
conforme avec la façon qu'un légiste aimerait le voir de façon écrite pour être
une bonne réflexion de la loi actuelle, on pourra le modifier. Mais, moi, ce que je souhaite faire, c'est de donner au moins
une occasion aux parents de... et d'avis préalablement pour qu'ils
puissent faire une intervention, pour qu'ils puissent parler avec le C.A., par
exemple, pour dire : Bon, vous avez l'intention de ne pas accepter mon
enfant, de refuser accès de mon enfant à votre centre, bon, moi, je veux mieux
comprendre pourquoi. Merci pour l'information, mais je veux assurer que je
pourrais porter la voix de mon enfant auprès du C.A. pour faire une
intervention, un lobby puis pour dire... C'est ça, le rôle d'un parent... de
tous les parents, mais surtout quand c'est un enfant avec des besoins
particuliers. Souvent, il faut des... il faut faire des interventions pour
s'assurer que leurs enfants sont inclus et qu'il n'y aura pas de la
discrimination. Alors, comme ça, ils vont pouvoir aller rencontrer le C.A.
avant que le C.A. prenne une décision finale en ce qui concerne... ou au moins
une consultation et ils vont être... avis.
Comme ça, le C.A. vont pouvoir parler avec la directrice ou le directeur
général de l'installation pour dire :
Bien, ils nous ont, tu sais, informés, puis, oui, toute la suite... oui,
informés par lettre pourquoi, mais il doit y avoir une base pour le
refus.
Puis, si on
dit que c'est important d'envoyer une lettre puis on utilise ça comme un effet
dissuasif, bien, je présume qu'il n'y en a pas une tonne qui vont se
retrouver dans cette situation. Alors, pourquoi ne pas inclure les parents au
début de le processus et leur donner une occasion de parler directement avec le
C.A. et donner le pouvoir au C.A... ou le comité de parents de prendre cette
décision ou au moins être informé de ce qui se passe dans l'installation?
Voilà un peu le principe de ce que je souhaite
faire, mais je comprends que ça va peut-être nécessiter un autre amendement en
ce qui concerne les expulsions, par exemple, dont j'ai parlé un peu plus tôt
aujourd'hui, ce matin.
La Présidente (Mme D'Amours) : Une
intervention? M. le ministre.
M. Lacombe : Bien, c'est sûr
que... Bien, d'abord, c'est ça, il faut distinguer, là, les refus d'admission
puis les expulsions, Mme la Présidente, donc, c'est deux choses. C'est clair
que l'amendement, comme il est présenté, on dit «aussitôt qu'on refuse
d'admettre un enfant», donc il n'y a pas de spécification, c'est quand on
«refuse d'accueillir un enfant qui lui est référé par le guichet unique doit
préalablement aviser le parent de son intention, obtenir résolution du C.A.».
C'est sûr que moi, je ne pourrai pas voter pour ça.
Mais, une fois que j'ai dit ça... parce que, là,
il faut comprendre que ce processus-là se fait habituellement très rapidement,
là, puis on ne parle pas nécessairement d'enfants qui ont des besoins
particuliers, là, on parle de tous, tous les enfants, là-dedans. Donc, moi, je
pense qu'ultimement, avec 59.4, quand on dit qu'effectivement, en cas de refus,
il doit y avoir une justification par écrit, ce qui n'était pas le cas
auparavant, donc, effectivement, ça nous prémunit contre la discrimination. Je
pense qu'on sera... on sera mieux protégé.
Même chose pour... même chose pour
l'article 59.12, donc, qui dit que, quand on refuse d'accueillir un
enfant... Bien, en fait... C'est ça, pardon, à 59.12, je pense qu'on sera mieux
protégés parce que, quand les services vont refuser... les services de garde
éducatifs vont refuser un enfant, ils devront donc le... bien l'expliquer,
donc, c'est ce que je viens de vous dire. Puis à 59.4... Je pense, j'ai inversé
les deux articles. À 59.4, on dit déjà que le gouvernement peut déterminer par
règlement, donc, les documents qui doivent lui être fournis en ce qui a trait à
l'admission ou à l'exclusion des enfants.
Donc, je
pense qu'on pourrait s'inspirer de la proposition de la députée de Westmount—Saint-Louis et de dire : Puisque
c'est déjà une pratique courante dans le réseau, que les CPE, par exemple,
aient recours au conseil d'administration pour expulser un enfant...
puis on a déjà un guide... je l'ai fait... on a déjà un guide où on dit aux
gens : Bien, voici les bonnes
pratiques, puis on nous dit, sur le terrain, que c'est appliqué, bien, on
pourrait... on pourrait effectivement peut-être l'inclure dans notre
règlement pour que ce soit officiel, même si, dans les faits, c'est déjà...
c'est déjà appliqué.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Combien de
refus avons-nous par année? Puis c'est quoi, les motifs des refus? Le ministre
a dit que ça se fait dans cinq minutes, ça fait que... est-ce qu'il y en a
plusieurs?
M. Lacombe : On n'a pas ces
données-là, c'est géré par les CPE directement.
Mme Maccarone : Parce qu'on
sait que, la Vérificatrice générale, ça fait
partie de ce qu'elle avait soulevé
comme problématiques à corriger, on a parlé de... il n'y a aucune information
sur les refus d'admission ou les expulsions. Alors, évidemment, on comprend
qu'une reddition de comptes sera faite, qui est une bonne chose, mais je pense
que ça serait bien aussi de faire le lien avec les parents. Si on dit que ça se
fait dans cinq minutes puis on juge que c'est important, maintenant,
d'informer les parents par lettre parce qu'on veut avoir un effet dissuasif,
j'aimerais savoir, tu sais, est-ce que... On parle d'à peu près combien? Est-ce
qu'on a un estimé? On dit que ça se fait dans cinq minutes, ça fait que...
M. Lacombe : Non, non, non.
Mme Maccarone : Mon Dieu!
C'est...
M. Lacombe : Bien, un instant,
là. Je n'ai pas dit que, pour les enfants handicapés, ça se fait en
cinq minutes, j'ai dit «souvent». Parce que, là, ce que vous nous
proposez, relisons bien, là... les gens, là, ne le voient peut-être pas sur le
tableau, là, mais on ne parle pas d'enfants handicapés, là. Vous nous
dites : À chaque fois qu'il y a un enfant qui est refusé — pas s'il
est handicapé, là, s'il est refusé — pour peu importe la raison, il faut... il faut
une justification du C.A., il faut dire ça à tout le monde. Là, il faut
comprendre, là, que ça va ajouter des semaines de délai avant que des enfants
puissent obtenir des places, puis on ne parle pas d'enfants handicapés, là, ça
fait que c'est pour ça que je vous dis... alors qu'en ce moment ça peut se
faire, là, en cinq minutes, là, si ce n'est pas des cas complexes, là. Ça
fait que ça, ça viendrait alourdir de façon
magistrale le travail des CPE puis ça n'amènerait rien, nécessairement, de
mieux pour les enfants handicapés. Donc, c'est pour ça que je dis, moi,
je ne voterai pas pour cet amendement-là.
Mais ce que je vous propose... La Vérificatrice
générale dit effectivement qu'il y a une différence de 10 %, à peu près,
dans la moyenne des enfants qui sont admis, ceux qui sont handicapés, ceux qui
ne le sont pas. Donc, effectivement, il faut travailler... J'aurai un
amendement, plus tard, là-dessus en ce sens-là, d'ailleurs, je vous le dis tout
de suite, je vous l'avais dit la semaine dernière. Puis ce que je propose,
c'est qu'en plus de dire : Quand il y a un refus, maintenant, bien là, il
doit y avoir une justification par écrit, quand il y a une expulsion, bien, il
devra y avoir, maintenant, une
comptabilisation qui est faite, puis ça, c'est une recommandation. On suit
exactement la recommandation qui nous a été faite par l'association des
parents qui...
M. Lacombe : ...d'enfants à
besoins particuliers. Donc, je pense qu'on ne se trompe pas, on fait exactement
ce qu'ils nous ont demandé. Puis, en plus de ça, je vous dis que, dans la...
dans le règlement, on pourrait effectivement venir officialiser quelque chose
qui se fait déjà par le biais d'un document d'orientation qu'on a au ministère
et qui est appliqué dans pas mal tous nos CPE sur le terrain, selon ce qu'on
nous dit.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Maccarone : Oui, j'entends
le ministre. Évidemment, ce que je souhaite faire, c'est de donner la parole
aux parents pour leur donner une occasion de s'exprimer avant qu'une décision
finale est prise. Ce n'est pas normal, mettons, d'être en attente pendant trois
ans, puis là, finalement, j'ai une place qui est attribuée ici, je reçois une
lettre qui dise, bien, pourquoi que j'ai un
refus. Je pense que ça serait bien que les parents auront été informés
préalablement qu'une décision est prise pour qu'ils puissent au moins
avoir une conversation avec le C.A. Ça fait que, s'il faut modifier
l'amendement pour que c'est écrit «pour les enfants à besoins particuliers», je
suis ouverte à faire ceci. Je comprends que ça peut être pour x, y, z raisons
qu'on ne sait pas, parce qu'il n'y a rien qui est comptabilisé, on ne sait pas
c'est quoi, les raisons pour avoir un refus. Ça fait que moi, je peux juste
imaginer, dans le cas des enfants ayant un handicap ou un besoin particulier,
que les raisons sont très difficiles, puis ça doit être crève-coeur. Bien,
souvent, si on parle avec les parents, les parents veulent être des
collaborateurs. Ça fait que c'est pour ça, ce que j'évite... je veux éviter,
c'est des refus. C'est de chercher un partenariat avant qu'une décision finale
est prise. Puis comment le faire, bien, ça prend un dialogue, ça prend de la
conversation, ça prend de la communication, puis il faut inclure les parents
dans ce processus avant que cette décision est prise. Ça fait que moi, je
serais très ouverte à faire une modification pour...
si c'est à la base d'un comportement,
si c'est à la base d'une difficulté en ce qui concerne le handicap,
diagnostiqué ou non, mais que, si
c'est lié à des tels motifs, bien, au moins, il y aura une discussion avec le
parent avant que cette décision est prise.
Et, comme j'ai dit, je trouve que c'est très
juste qu'on interpelle le C.A. ou le comité de parents, c'est eux qui sont
responsables du OBNL. Ça fait que c'est eux qui devront aussi avoir le droit de
parole en ce qui concerne la gestion et donner quand même leur avis en ce qui
concerne plusieurs situations, dont un refus ou, par la suite, une expulsion
d'un enfant.
Présidente (Mme D'Amours) : Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Oui. Je veux juste dire que je suis vraiment d'accord avec cet
amendement-là. La semaine dernière, quand on s'est quittés, je soulignais que
je trouvais que c'était un pas dans la bonne direction, 59.12, de devoir
justifier le refus, mais, ceci dit, il n'y avait aucune suite. Donc, peut-être que
ça exerce une petite pression. Bien, tu
envoies la lettre disant que tu n'admettras pas cet enfant-là, et puis c'est
sans suite. Là, minimalement, on sait qu'il y a un vrai regard qui va
être posé sur ça. On sait que le parent va être impliqué.
Et puis je comprends
ce que le ministre veut dire. Est-ce qu'on va s'embarquer dans quelque chose
qui va être très long? Bien, normalement, la place, là, tu ne l'as pas une
semaine avant, tu sais que tu vas avoir ta place, mettons, dans trois mois,
dans quatre mois. Puis, à partir du moment où tu es notifié de l'intention,
libre à toi de dire... ils vont aller jusqu'au C.A. pour voir si cette
décision-là est confirmée, s'il y a une résolution. Donc, si tu dis :
Bien, moi, je ferme tout de suite puis je veux qu'on m'offre l'autre plage, je
ne veux pas vivre aucune incertitude... ou, si tu dis : Non, c'est
vraiment le CPE où je voulais aller...
Donc, moi, je trouve
que c'est dans les mains du parent, puis c'est parfait comme ça, puis au moins
il y a un vrai processus. Parce que, là, il n'y a pas de processus, il y a
juste une lettre qui dit qu'on refuse puis pourquoi, mais il n'y aura aucune
suite. Ça fait que, même si les motifs ne tiennent pas la route, ce n'est pas
grave, on accepte la lettre, alors que,
là... ce n'est pas aussi loin que, moi, ce que j'aurais voulu, qu'on puisse
ensuite avoir un vrai... une vraie pression pour que l'enfant soit
admis, mais au moins il y a un dialogue puis un processus. Ça fait que moi, je
suis en faveur de cet amendement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres interventions? M. le ministre.
M. Lacombe :
Oui. Juste pour dire, encore une fois, qu'on ne parle pas d'enfants
handicapés dans cet amendement-là ou d'enfants à besoins particuliers à aucun moment,
là, ça fait que je veux juste préciser ça. Donc, ça veut dire qu'un enfant dont
l'horaire ne fonctionne pas, le CPE dit : Non, non, moi, je ne peux pas
l'accueillir, mes horaires ne fonctionnent pas comme ça, ça prend une
résolution du C.A. Ça fait que, tu sais, moi, je ne suis pas d'accord avec ça, mais c'est correct, on est d'accord
d'être en désaccord. Je veux... Je veux juste dire... Je vais avoir un
amendement, de toute façon, ça fait que je ne veux pas avoir l'air de couper
court à la discussion, parce que, de toute façon, moi, j'ai dit ce que j'avais
à dire là-dessus. Bien, je vais avoir un amendement, plus tard, qui va un petit
peu dans le sens de ce que disait la députée de Westmount—Saint-Louis
tantôt, ça fait que j'espère que ça pourra être accueilli positivement. Ça fait
que j'aurai l'occasion de le déposer tantôt.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Juste pour préciser, la Vérificatrice générale, elle aussi, elle ne parlait
pas uniquement des enfants handicapés, elle parlait des refus tout crachés, ça
fait que... tous les refus. C'est ça qu'elle disait. Ça fait qu'elle non plus,
elle ne précisait pas. C'est pour ça qu'on n'a pas osé d'aller jusqu'à les
enfants à besoins particuliers. C'est juste qu'évidemment, dans mon
imagination... parce que je n'ai pas des données, ça fait que je ne peux pas
dire le nombre de refus que nous avons annuellement puis c'est quoi, les
catégories de refus. Je donne ça comme exemple parce que... bien, parce que
c'est aussi ça que je connais, c'est le nombre de plaintes que je reçois, comme
le ministre doit recevoir, ça aussi. C'est
pour ça que nous ne sommes pas allés jusqu'à ce point-là, parce que ce qu'elle
souhaitait, la Vérificatrice
générale, c'est de s'assurer qu'il y aurait quand même un processus en place,
non seulement une comptabilisation de le pourquoi... Oui, ça prend une
reddition de comptes, mais je pense qu'on a besoin d'avoir quelque chose en
place pour... comme je dis, oui, il y a un
effet dissuasif, mais je pense qu'il faut aller au-delà de ceci. Si c'est une
question... parce que ça ne comprend
pas l'horaire, bien, peut-être... Je fais confiance au C.A. puis à la
directrice de l'installation d'établir un processus en place qui va être
efficace et probablement plus rapide qu'en comparaison avec un cas comme le
refus d'un enfant à besoins particuliers. Je leur fais confiance. Je peux
imaginer que, dans un tel cas, oui, ça se peut que ce serait plutôt rapide
puis, oui, que ça se passe par le conseil d'administration. Je vois ça aussi
d'un bon oeil, parce que je pense que c'est
important de tenir au courant les gestionnaires, la population, les gens qui
sont responsables. Ça fait que, que
ça soit le comité de parents... J'ai siégé à plein de comités de parents,
conseils d'administration, conseils d'établissement, commissions scolaires, puis l'information, c'est
important, même si c'est juste par mesure de consultation ou de
l'information. Qu'ils sont informés, c'est important. Ils ont un portrait de
comment ça se passe côté gestion.
Puis, si c'est parce
qu'on... On ne devrait pas avoir une douzaine par mois, je présume, mais,
mettons, on a deux par mois, bien, ça devient aussi un peu le quotidien, ça va
faire
partie d'un ordre du jour. Est-ce que nous avons eu des refus? Est-ce que
nous avons des lettres à envoyer à des parents? Est-ce qu'il y a des parents
qui aimeraient venir témoigner pour dire... parce qu'ils ne sont pas d'accord
avec un potentiel refus puis ils aimeraient s'impliquer, ils aimeraient avoir le droit de parole? Tu sais,
c'est... Quand on dit qu'il y a des décisions qui peut se faire en cinq
minutes parce que c'est facile, oui, O.K., mais ça n'enlève pas, selon mon
avis, Mme la Présidente, l'obligation d'informer quand même les responsables,
que ça soit le comité de parents ou le C.A.
Bien,
moi, je serais prête aussi... Si le ministre souhaite, on pourra retirer
l'amendement et redéposer l'amendement puis préciser en particulier...
les enfants à besoins particuliers ou les enfants handicapés, mais ce n'est
vraiment pas ce que je souhaite. Je ne veux pas être restreinte. Moi, je veux
vraiment suivre la ligne directrice qu'on a entendue de la Vérificatrice
générale. Je pense que c'est une responsabilité.
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres interventions?
S'il n'y a pas d'intervention, nous allons passer
à la mise aux voix de l'amendement de la députée. Donc, est-ce que...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, avec plaisir. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Le Secrétaire :
M. Lacombe (Papineau)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Contre.
Le Secrétaire :
Dans la salle La Fontaine, M. Reid (Beauharnois)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
Le Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Le Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
Le Secrétaire :
Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Nous
revenons à l'article 59.12, où il y avait des discussions. Est-ce que j'ai
des interventions? Oui, M. le ministre.
M. Lacombe :
Bien, je ne sais pas trop à quel moment je pourrai le faire, mais, quand la
discussion sera terminée sur 59.12... C'est ça, j'aurai... Bon, bien, je pense
que...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Bon, un instant, s'il vous plaît. On était à 59.12.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur 59.12?
Mme Maccarone :
...déposer un 59.13, mais je ne sais pas comment que ça rentre dans notre
façon... ça fait que je veux juste... je m'exprime de même.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Merci. Si on n'est pas à 59... S'il ne reste plus
d'intervention à 59.12... Mme la députée de Soulanges, vous avez levé la main?
Mme Hivon : ...on
ne ferme pas... de toute façon, l'article n'est pas fermé en soi.
(Interruption) Excusez-moi. Donc, on peut
estimer... C'est parce que ça va nous aider de voir les amendements que le
gouvernement ou la députée veulent déposer pour savoir si on a terminé la
discussion ou pas terminé la discussion. Vous me suivez?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
on a terminé la discussion sur tous les articles. Rien ne nous empêche de
revenir, mais l'entente, c'était qu'à chaque fois moi, je fais la demande, puis,
si on a fait le tour, on avance comme ça. Bien, si on veut toujours revenir en
arrière, moi, je n'ai aucune objection, là. Je fais mon travail de la façon
dont l'entente... qu'on a eue ensemble. Ça fait que, donc, si on veut revenir à
un autre article, ça aurait été bien de finir avec 59.12 puis de revenir à un
autre article. Est-ce que j'ai des interventions? Mme la députée de Soulanges.
Mme Picard : J'ai
un sous-amendement, Mme la Présidente, pour l'article 30 :
L'amendement de l'article 59.4 de la
Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, proposé par l'article 30 du projet de loi, est
modifié par l'insertion, à la troisième... à la fin du troisième alinéa, de la
phrase suivante...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...besoin
d'un consentement, parce que c'est un amendement qui avait été voté, donc j'ai
besoin d'un consentement pour réouvrir l'amendement et déposer un
sous-amendement à l'article 59... attendez, je ne veux pas dire de
conneries... 59.4. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Vous venez de dire
que... que ça avait été adopté? Parce que moi, je n'ai pas souvenir qu'on avait
adopté quoi que ce soit dans cet article-là. On avait discuté... On avait pu
dire qu'on avait terminé de discuter sur certains articles de
l'article 30...
La Présidente (Mme D'Amours) : Il y
a des amendements qui ont...
Mme Labrie : ...mais on n'a
pas...
La Présidente (Mme D'Amours) : Pardon.
Excusez.
Mme Labrie : Il n'y a pas...
Moi, à ma connaissance, on attend toujours des amendements de la
partie gouvernementale sur l'ensemble de
l'article 30, puis on n'a pas voté sur quoi que ce soit jusqu'à
maintenant. Je suis un peu...
La Présidente (Mme D'Amours) : Cet
amendement avait été adopté...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...à
59.4, elle avait été adoptée. Donc, parce qu'elle a été adoptée, pour la réouvrir, pour déposer un sous-amendement, j'ai
besoin de votre consentement. Est-ce que... Oui, Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon : ...là, mais, avant
de donner mon consentement, je... C'est parce que je comprends qu'on a fait la
discussion, on s'entend tous,
article par article, mais on était en attente
d'un amendement qui allait toucher plusieurs des préoccupations qu'on a
soulevées à différents articles. Moi, ça m'éclairerait beaucoup de voir autant
l'amendement de la collègue que l'amendement du ministre pour avoir une vue
d'ensemble, pour être capable d'avoir une discussion vraiment éclairée, là. Je pense que ça nous aiderait puis ça
gagnerait... ça nous ferait gagner du temps aussi. C'est ce que je suggérerais, parce que... C'est pour ça que je
vous disais un peu... Moi, 59.12, je peux dire : Oui, oui, on arrête d'en
discuter, mais peut-être qu'on va y revenir aussi à la lumière des... de
l'amendement, là. Donc, si on veut être un peu efficaces, c'est la suggestion
que je nous ferais, de juste voir sous nos yeux les différents éléments, parce
qu'on a vu que tout est imbriqué, hein? Moi, je peux bien considérer 59.4,
mais, si après il y a une contradiction avec un autre article, là...
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres interventions? Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Avant que le
ministre procède avec son amendement, j'aimerais déposer le mien. Puis je veux
juste qu'on se rappelle qu'on a aussi deux sous-amendements qui sont aussi en
attente.
Alors, peut-être, juste avant de continuer avec
un autre sous-amendement qui pourra peut-être rejoindre ce que le ministre va
aussi déposer, je ne sais pas...
M. Lacombe : ...mais on n'est
pas obligés de les déposer non plus, là.
Mme Maccarone : Tout à fait.
Présidente (Mme D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il vous plaît, M. le technicien.
(Suspension de la séance à 10 h 51)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux.
Donc, nous en étions à la demande de la députée
de Soulanges de déposer un sous-amendement, et j'ai un sous-amendement à l'amendement 59.4. J'ai besoin du consentement
pour réouvrir l'amendement du 59.4. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : De
l'autre côté, dans la salle, consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Donc, Mme la députée de Soulanges, si vous voulez en faire la lecture,
de votre sous-amendement, s'il vous plaît.
Mme Picard : Merci, Mme la
Présidente.
L'amendement à l'article 59.4 de la
Loi sur
les services de garde éducatifs à l'enfance, proposé par l'article 30 du
projet de loi, est modifié par l'insertion, à la fin du troisième alinéa, de la
phrase suivante : «Ce règlement doit faire en sorte de faciliter l'accès
aux services de garde éducatifs pour les enfants à besoins particuliers.»
En commentaire : Cet amendement prévoit que
le règlement du gouvernement, qui détermine notamment les exigences, les
critères et les priorités d'admission des enfants chez un prestataire ou une
catégorie de prestataires de services de garde, doit faire en sorte de
faciliter l'accès aux services de garde éducatifs pour les enfants à besoins
particuliers. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que j'ai des interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Mme la
Présidente, je veux juste comprendre le souhait du gouvernement, parce que
c'est exactement le même amendement que moi,
j'ai déposé à exactement le même
article la semaine passée, puis le
gouvernement a voté contre cet amendement. Là, il redépose un amendement qui
est exactement le même amendement que j'ai fait la semaine passée, qu'ils ont
voté contre.
Alors, évidemment, je veux mieux comprendre
pourquoi ils ont voté contre, et maintenant on redépose, du côté du
gouvernement, le même amendement. Je ne sais pas s'il y a... Je ne connais pas
tous les règlements en ce qui concerne le fonctionnement d'une commission,
mais, si c'est exactement le même amendement, évidemment, j'aimerais réouvrir
le mien et comprendre pourquoi on a voté contre et maintenant on veut voter
pour, parce que c'était déjà déposé la semaine passée.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien là,
d'abord... Tu sais, moi, je veux juste vous dire, là, l'opposition fait... peut-être
que, en tout cas, on pourra voir les façons dont on travaille, l'opposition
nous fait des demandes. Moi, je suis ouvert. On travaille. Mais là, tu sais,
c'est ça, en même temps, là, je vois ce matin que, peut-être, ça ne fait pas
l'affaire. Mais là ce qu'on me dit, c'est que ce n'est peut-être pas... On est
en train de vérifier, là, ce n'était peut-être pas exactement la même façon
dont c'était écrit.
Moi, là, je n'essaie pas de me sauver avec le
lunch de la députée de Westmount—Saint-Louis,
là, je veux dire, on va lui donner tout le mérite. Félicitations! Bravo, c'est
une bonne idée! Moi, je le dis honnêtement, là, je veux dire, on n'est pas...
je pensais qu'on le faisait en collaboration. Maintenant, je vous reviendrai
quand on aura la réponse, la réponse exacte, là, mais je pense, c'est une
question de formulation.
Mme Maccarone : La
différence, c'est un mot, Mme la Présidente, au lieu de «favoriser», c'est
«faciliter». Mais, comme j'ai dit,
évidemment, je m'excuse si je partage un peu ma frustration, ce n'est pas une
question de dire : C'est elle ou une
autre personne qui l'a fait, c'est parce qu'on a fait un débat là-dessus, on a
passé beaucoup de temps là-dessus, on s'est exprimés là-dessus. Alors, évidemment, je ne comprends pas la nature de
pourquoi on recule dans le temps. Je suis contente, c'est l'amendement
que j'avais déjà déposé pour s'assurer que les enfants handicapés puis à
besoins particuliers auront un accès, mais évidemment j'ai vécu une tristesse
parce que le gouvernement avait voté contre la semaine passée.
Ça fait qu'il
faut comprendre un peu ma position. C'est comme si ça donne l'impression qu'on
a voté contre parce que c'est moi qui
l'ai déposé, puis là, cette semaine, parce que c'est le gouvernement qui le
dépose, que, maintenant, on est pour. Je comprends que ce n'est
peut-être pas la volonté du ministre, mais vous allez me pardonner, Mme la
Présidente, évidemment, c'est une
perception, donc, que j'ai parce qu'on a fait le débat la semaine passée, puis
c'est le même amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien là, Mme la
Présidente, il y a des gens qui nous écoutent, là, ça fait que je pense qu'il
faut que ce soit clair. En même temps, là, je veux dire, on peut bien jouer
aussi le jeu parlementaire de la commission. Moi, les
amendements que j'ai, en toute bonne foi, je les dépose d'avance. Je veux que
vous les voyiez, je veux que vous soyez capables de travailler avec. Il faut
comprendre que l'opposition ne fait pas ça. L'opposition nous dépose ça, là, à
l'instant même, et là ils nous disent : Oui, mais c'est parce que, là, ça
m'inspire, ce que vous dites, puis là je vous dépose... D'accord, mais là on
n'est pas en train de modifier notre journal intime, là, on modifie la loi. Ça
fait que c'est sûr que, parfois, là, bien, nous, on n'est pas préparés à
recevoir ces demandes-là de l'opposition.
Ça fait que moi, je répète la demande que j'ai
faite la semaine dernière. S'il y a des affaires avec lesquelles vous... s'il y
a des choses sur lesquelles vous voulez vraiment qu'on travaille puis que vous
voulez nous les donner d'avance, bien, peut-être, ça va être plus productif.
Là, après ça, si vous nous les donnez à la dernière minute... Puis ils ont le
droit de le faire, là, je ne suis pas en train de dire qu'ils n'ont pas le
droit, mais après ça on ne peut pas venir dire : Oui, mais là c'est parce
que vous nous dites... puis là, après ça, vous revenez pour accéder à notre
demande, puis on trouve ça bizarre. Bien là, écoutez, tu sais, si on les a
d'avance puis qu'on veut le faire en collaboration, on le fera. Puis sinon,
bien, ce que je comprends, c'est qu'il ne faut pas qu'on change d'idée. Ça fait
que, si au début je suis réfractaire, parce qu'on n'est pas préparés, bien là,
il ne faut pas que je change d'idée, parce que sinon, bien, je vais me le faire
dire en commission après. Ça fait que, tu sais, je veux juste que les gens qui
nous écoutent comprennent bien, aussi, la dynamique autour de la table, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Avec beaucoup
de respect, Mme la Présidente, ce sous-amendement n'a pas été déposé d'avance.
On vient de prendre considération de ceci là. Ça fait que ce n'était pas déposé
en avance pour qu'on puisse le prendre en considération puis l'étudier. Puis,
comme j'ai dit, je réitère, évidemment, je serai pour, Mme la Présidente. Mais,
comme j'ai dit, la perception de ceci, c'est qu'on a fait le débat la semaine
passée, le ministre aurait pu dire : On va suspendre ceci, donnez-nous une
occasion de regarder; je suis pour, mais j'ai besoin d'avoir le temps d'étudier, comme on l'a fait avec autres articles.
Mais c'est quand même particulier qu'on redépose le même amendement la
semaine prochaine, puis que le gouvernement a voté contre, ça me donne une
mauvaise impression. Mais je serai pour, Mme la Présidente, je suis pour aider
ces enfants-là, mais avoir un aperçu, bien, tu sais, on aurait peut-être déposé
différemment, on aurait peut-être jasé différemment, oui, ou mieux comprendre.
Mais, si on va rouvrir tous les articles que
nous avons déjà fait le débat parce que le ministre a un changement d'avis
parce qu'il a eu la chance de faire une tête là-dessus, bien, on va rouvrir le
2, Mme la Présidente, puis on va recommencer le débat sur un accès universel.
Tu sais, c'est... mettez-vous dans ma place, c'est quand même particulier. Je
veux travailler de la bonne volonté, «but I'm not on the wrong side, here». C'est
bizarre.
M. Lacombe : Bien, regardez,
moi, j'apprends, hein, j'apprends. Puis, tu sais, il y a des choses que je vous
dis hors micro, aussi, qui n'ont aucun bon sens, là. Puis je ne veux pas dire
ça devant la caméra parce que, tu sais, je veux ménager les susceptibilités,
mais, si on veut se dire tout ça «on air», là, bien, on le fera, puis c'est
correct, tu sais, «game on», comme on dit. Sauf que, moi, ce que je veux vous
dire, là, c'est que cet article-là, la façon dont vous l'aviez présenté, ce n'était, d'abord, pas au bon endroit, puis
effectivement il y a un mot qui n'est pas le même. Donc, c'est...
Mme Maccarone : ...le même
endroit.
M. Lacombe : Ce n'est pas au
même endroit. Moi, c'est ce qu'on me confirme, O.K.? Donc là, on revient avec
une nouvelle proposition qui répond à vos besoins. Puis là je comprends que
vous n'êtes pas d'accord, mais cet amendement-là, là, si vous y teniez tant,
là, ce n'est pas vrai que vous avez eu cette idée-là... je veux dire, ça ne se
peut pas que vous ayez eu cette idée-là le matin même, là, vous le saviez
d'avance. Si vous nous l'aviez donné à l'avance, savez-vous quoi, je me serais
assuré que ce soit bien écrit, puis ça m'aurait fait plaisir que vous le
déposiez. Ça fait que, là, tu sais, à un moment donné, si on veut vraiment le
faire ensemble, bien, faisons-le ensemble. Puis là, après ça, quand on revient,
parce que vous ne l'aviez pas écrit correctement puis vous nous aviez déposé ça
séance tenante, bien là, après ça, si on revient pour répondre à votre demande
puis on se fait critiquer, vous comprenez que, tu sais... Puis je trouve que...
Je pense que ça, c'est bon, nous, on va voter pour, en tout cas.
La Présidente (Mme D'Amours) : S'il
vous plaît, j'aimerais que vous vous adressiez à la présidence.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
même...
La Présidente (Mme D'Amours) :
J'aimerais passer la parole à Mme la députée de Sherbrooke, je reviendrai avec
vous après. Mme la députée.
Mme Labrie : Je pensais que
vous pointiez ma collègue de Joliette.
Moi, évidemment, je vais être en faveur de cet
amendement-là. Je fais simplement me poser la question : Comment on va
faire, par le règlement, pour faciliter l'accès aux services de garde éducatifs
pour les enfants à besoins particuliers? Est-ce que le ministre a des idées en
tête de comment il va procéder par règlement pour le faciliter? Parce que la
discussion qu'on avait eue portait aussi sur la priorisation de ces enfants-là,
pas seulement le fait de faciliter leur accès. Moi, de ce que je connais de la
situation des familles qui ont un enfant à besoins particuliers, la difficulté qu'ils vivent, c'est que, dans certains milieux qui ne sont
même pas visés par cet article-là, bon, ils sont simplement refusés. Je parle
des garderies privées puis de certains milieux familiaux qui ne sentent pas
équipés pour les recevoir et qui donc ne choisissent pas ces enfants-là.
Comment le ministre va faire pour s'assurer que ça soit facilité? Je ne comprends
pas comment le règlement va le faire.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre, avez-vous des... une intervention, une réponse?
M. Lacombe : Bien, il y a
plusieurs façons d'y arriver, mais, encore une fois, étant donné la nature de
notre réseau, qui est décentralisé, qui est en
partie communautaire, qui est en
partie opéré par des entreprises, on va s'assurer de faire le travail avec les
prestataires de services de garde éducatifs sur le terrain... pardon, qui ont
des idées. Et moi, je pense qu'en se donnant cette obligation-là dans la loi,
bien, ça nous oblige à un résultat, donc on s'assurera d'atteindre ce résultat.
Puis, comme les collègues de l'opposition ont vu, j'ai aussi déposé un autre
amendement, là, qui est dans le système, qu'ils peuvent voir. Donc, on aura
l'occasion de prolonger la discussion, à ce moment-là, avec des façons
concrètes aussi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Est-ce que ça
veut dire, par exemple, que l'enfant va devoir... bien, le fait que sa famille
va devoir déclarer dans son inscription au guichet unique qu'il y a, par
exemple, besoins particuliers? Puis pas que je suis contre ça du tout, au
contraire, mais par contre j'ai une crainte, c'est que, si ce n'est pas prévu
explicitement par la loi, qu'ensuite ces enfants-là doivent être priorisés,
j'ai quand même la crainte que ça serve, dans certains cas, à les discriminer.
Donc, j'aimerais qu'on soit peut-être un peu plus rigoureux, puis que, si
l'objectif, c'est de faciliter vraiment leur accès à une place, et donc qu'on
leur demande d'inscrire dans le formulaire du guichet unique qu'il y a des
besoins particuliers, par exemple «cet enfant a un trouble du spectre de
l'autisme ou est en processus de dépistage pour un trouble du spectre de
l'autisme», qu'on ait, de l'autre côté, dans la loi, une obligation de
prioriser cet enfant-là pour pas que, simplement, ça serve à le discriminer
dans le recours au guichet unique parce que, là, les différents prestataires de
services vont voir ça, peut-être, vont dire : Oui, je n'appellerai pas
celui-là en premier. Moi, c'est une crainte que j'ai. Puis je ne suis pas en
train de dire qu'il ne faut pas qu'ils l'inscrivent dans le guichet unique, je pense
qu'on a besoin de le savoir pour anticiper les besoins, mais ça prend le
contrepoids de l'autre côté pour empêcher que ça puisse servir de
discrimination.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Oui. J'aimerais
juste avoir l'explication, parce que, la semaine dernière, quand on a parlé de
cet enjeu-là qui est fort important, on a parlé de «prioriser», ensuite il y a
eu un amendement de ma collègue de Westmount—Saint-Louis avec le terme «favoriser»,
et là, aujourd'hui, on nous suggère «faciliter». Alors, je voulais savoir
pourquoi le ministre a choisi le terme «faciliter». Selon moi, c'est moins
intense que «favoriser», donc, je veux comprendre si j'ai la bonne lecture.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien, d'abord, sur
la question de la députée de Sherbrooke, moi, je pense qu'on aura l'occasion
d'en discuter profondément avec l'amendement que je vais déposer. Mais, non, il
n'y a pas d'obligation de le dévoiler, mais c'est sûr que, s'ils ne le
dévoilent pas, bien là, on ne peut pas vraiment offrir les services puis se
préparer en conséquence. Mais j'aurai l'occasion de vous faire ma proposition
tantôt.
Et le mot «faciliter», je pense que c'est la
suggestion de la Protectrice du citoyen, donc, c'est la formulation que
suggérait la Protectrice du citoyen. Et je répète qu'il y avait aussi un enjeu,
là, de l'endroit où c'était situé dans l'article qu'on a corrigé avec notre
proposition à l'excellente suggestion de la députée de Westmount—Saint-Louis,
à qui je donne tout le mérite.
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça
va, madame... Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : C'est juste que
j'ai aussi le futur amendement à 59.9 du ministre, là, dont il se sert pour me
répondre. Je l'ai sous les yeux, puis moi, je ne vois pas là la priorisation
dont on a parlé. Ça fait que ma crainte, ce n'est pas qu'on oblige les parents
à déclarer ou pas, là, évidemment qu'ils vont avoir la latitude de choisir s'ils
remplissent cette case-là ou pas, mais j'aimerais que, quand ils le fassent, ça
n'entraîne pas de préjudice, de discrimination, qu'on en soit certains. Parce
que l'amendement à 59.9 que le ministre va nous présenter tout à l'heure
prévoit seulement qu'il y ait une perspective d'anticipation des mesures qui
pourraient être requises pour permettre l'intégration
d'un enfant à besoins particuliers, là, nulle part on ne dit qu'il y a une
obligation de prioriser ces enfants-là.
Ça fait que moi, je pense que le risque existe.
Et les parents qui ont un enfant dans cette situation-là, ils en ont vécu, de
la discrimination, ils en ont vécu souvent dans leur recherche de places en
garderie éducative, en particulier. Moi, je pense qu'ils pourraient être
craintifs que de remplir ces informations-là dans le guichet unique, ça leur
nuise plus que ça les aide, surtout si on ne prévoit nulle part dans la loi une
disposition qui prévoit explicitement qu'on va prioriser ces enfants-là. La réponse du ministre par rapport à son
prochain amendement à 59.9 ne répond pas du tout à ça.
Présidente (Mme D'Amours) : M. le ministre.
M. Lacombe : Bien,
on aura l'occasion d'en reparler à 59.9, là, de la raison pour laquelle je
dépose ça, mais au moins, là, on fait un début de proposition dans ce cas-ci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Bien, moi, j'accueille très bien le début de proposition, là, de la
collègue de Soulanges, là, je vais voter pour, mais, je vous le dis, ça va
prendre un contrepoids, là, parce qu'il y a un risque réel. Puis je la regarde,
la députée de Soulanges, elle connaît beaucoup de parents d'enfants handicapés,
elle connaît cette réalité-là de vivre de la discrimination dans l'accès à des services.
Quand on déclare qu'on est dans cette situation-là, il faut que ça serve à nous
aider, il ne faut pas qu'il y ait une crainte que ça puisse nous nuire. Puis là
il n'y a pas le contrepoids, en ce moment, dans le projet de loi qu'on étudie
pour être certains que ça ne va pas causer de préjudice à ces familles-là. Puis
elles ont des histoires, là, de discrimination, plein.
Donc, moi, je pense
que ça ne sera pas une crainte déraisonnable de leur part, là, d'anticiper que,
peut-être, si elles indiquent dans le formulaire que... des besoins
particuliers à leurs enfants, ça ne va pas leur nuire. Elles savent que les
prestataires de services de garde éducatifs ont accès à ça. Si leur enfant est
polyallergique, par exemple, si leur enfant a un diagnostic qui peut être...
parfois être lourd, elles vont savoir que les garderies privées qui ont aussi
accès à ça risquent de ne pas choisir leur enfant, parce qu'elles, elles n'ont
pas accès aux subventions pour accueillir un enfant comme ça, donc elles
risquent bien de ne pas se faire appeler par ces garderies-là, par exemple. Ça,
c'est un des préjudices que j'anticipe dès maintenant, là, puis je suis
certaine que les gens autour de la table qui connaissent des parents d'enfant à
besoins particuliers anticipent ça aussi, là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Pour revenir au
sous-amendement, évidemment, je vais voter pour, Mme la Présidente. Je suis contente de voir que le gouvernement a
changé le fusil d'épaule, puis je trouve que c'est bien. Mais je veux
juste rectifier que c'est vrai que c'est exactement le même amendement. Je sais
que le ministre a dit que ça se peut que c'est ailleurs. Vous pouvez consulter le 59.4 dans le Greffier, des
amendements qui ont été refusés, c'est le même amendement, sauf la...
même place, même libellé, sauf un mot. Ça fait que je serais contente de voter
pour ce sous-amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, je mettrais aux voix le sous-amendement de la députée de
Soulanges sur l'amendement 59.4.
Est-ce que le
sous-amendement est adopté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté.
Donc, nous revenons à
l'amendement tel qu'amendé... sous-amendé, le terme exact.
Donc, est-ce que
l'amendement sous-amendé est adopté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le
ministre.
M. Lacombe :
Merci, Mme la Présidente. Donc, je ne sais pas... Je souhaitais déposer un
amendement à... donc, c'est à 59.9.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'amendement a été déposé, et les gens en ont pris
connaissance, donc je vous demanderais d'en faire la lecture immédiatement,
s'il vous plaît.
M. Lacombe :
Oui. Dans l'article 59.9 de la
Loi sur les services de garde éducatifs
à l'enfance, proposé par l'article 30 — d'abord :
1° remplacer, dans le
deuxième alinéa, «se fait» par «se font»; et
2° ajouter, à la fin,
l'alinéa suivant :
«La référence et
l'appariement se font également dans une perspective d'anticipation des mesures
qui pourraient être requises afin de permettre l'intégration d'un enfant qui
présente des besoins particuliers chez un titulaire de permis.»
Donc, c'est un
amendement qui vise à faire en sorte que, lorsqu'un enfant qui présente des
besoins particuliers est référé à un titulaire de permis de centre de la petite
enfance ou de garderie dont les services sont subventionnés par le guichet
unique, cette référence et l'appariement d'un enfant avec un prestataire
doivent se faire — donc,
doivent se faire — en
anticipant les mesures qui pourraient faciliter son intégration.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que j'ai des interventions sur l'amendement
du ministre? Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Est-ce que ça,
ça veut dire qu'il y aura un lien avec Retraite Québec? Est-ce que c'est ça,
l'intention?
M. Lacombe : Ça veut
effectivement dire qu'il pourrait y avoir un lien avec Retraite Québec. Là, ce
qu'on établit dans la loi, c'est un principe. Après ça, dans la mécanique, c'est
effectivement quelque chose qui pourrait être possible si c'est le meilleur
moyen, donc, effectivement, oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Maccarone : Pourquoi ne pas
le mentionner? Pourquoi ne pas mentionner Retraite Québec? Pour moi, ce n'est
pas clair que le lien est ici. Est-ce qu'il n'y a pas un moyen de faire
référence, comme «notamment Retraite Québec», ou quelque chose comme ça, pour
que ça soit plus clair?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : C'est que le
supplément... Quand on parle de Retraite Québec, on parle du programme qui est
le supplément pour enfant handicapé, qui est un programme. Donc, après avoir
consulté mon équipe, on me signale que ce n'est pas possible d'inclure un
programme dans la loi parce que le programme peut toujours changer, peut
changer de nom, peut changer de... peut-être il peut y avoir une refonte, il
peut y avoir... Bref, ce n'est pas... Mais, de toute façon... la fin en soi, ce
n'est pas d'avoir un lien avec Retraite Québec, ça, c'est un moyen. La fin,
c'est de faire en sorte qu'on soit capables d'accueillir, avec les bons moyens,
dans les bons milieux, aux bons endroits, les enfants qui ont des besoins
particuliers.
Donc, s'il faut effectivement passer par
Retraite Québec pour avoir des informations, puis qu'il y ait une discussion,
puis qu'on s'en serve, bien, oui, tout à fait, là, ça pourra être le cas.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Maccarone : Alors, nous, on
y va avec cet amendement, que je trouve très intéressant, ça veut dire qu'on y va au-delà des enfants qui sont reconnus par
Retraite Québec, ça fait que, là, ça englobe plus des enfants, ça fait que
le ministre va plus loin, donc, que nous avons fait le débat la semaine passée.
O.K., je trouve que c'est très bien, Mme la Présidente. Est-ce qu'il peut
expliquer un peu comment ça va fonctionner? Parce qu'il y avait quand même des
préoccupations, la semaine passée, en ce qui concerne... ça se peut qu'on
aurait des enfants qui n'auront pas de diagnostic. Ça fait que le
pratico-pratique, comment ça fonctionnerait sur le terrain?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : On s'est vraiment
posé, encore une fois, la question, puis on a essayé, avec les commentaires des
collègues, là, au cours des derniers jours, en parlant aussi avec les gens sur
le terrain... parce qu'il ne faut pas l'oublier, il n'y a pas juste nous ici, autour
de la table, il y a des experts sur le terrain qui font vivre le réseau à
chaque jour. Donc, le débat sur la priorisation, je trouve que la meilleure
façon, peut-être, de l'exprimer, c'est : À quoi sert de prioriser un
enfant si c'est seulement pour qu'il se fasse refuser plus rapidement? Tu sais,
à quoi ça sert de le prioriser dans la liste d'attente si ultimement, bien,
tout ce qu'il fait... tout ce qui arrive, c'est qu'il reçoit un refus plus
rapidement parce que le CPE ou la garderie n'est pas adaptée puis n'est pas
prêt à le recevoir? Je vous avoue que cet argument-là m'a assez convaincu,
parce que c'est vrai, si on priorise en théorie, mais qu'on a beau les
prioriser, ces enfants-là, mais, à la fin,
quand le téléphone sonne puis que c'est un enfant avec un besoin particulier,
si le CPE n'est pas prêt, là, à
l'impossible nul n'est tenu, donc là il y a un enjeu. Donc, je répète, tu sais,
à quoi ça sert de prioriser un enfant si c'est pour que, quand le téléphone sonne ,
bien, le CPE dise : Non, non, oubliez, là, ça, là, nous, finalement, on
n'est pas prêts?
Donc, je pense que la proposition qu'on fait,
c'est, d'après moi, le bon... pas le bon compromis, mais je dirais que c'est la
bonne proposition, parce qu'on propose de travailler vraiment en amont,
c'est-à-dire dès qu'il y aura inscription au guichet unique puis qu'il y aura,
donc, connaissance du fait que cet enfant-là a un besoin particulier, bien là,
vous voyez, ce qu'on fait, c'est qu'on se donne une obligation de venir
travailler pour que l'opérateur du guichet unique, là, par exemple, qui en a
connaissance, bien, fasse des liens avec des services de garde pour préparer
l'arrivée de cet enfant-là, préparer les services de garde puis s'assurer que,
bien, il puisse avoir toutes les chances d'avoir un milieu qui va être adapté à
ses besoins. Donc, s'il faut l'adapter, par exemple, bien, en le sachant
d'avance, en ayant travaillé d'avance avec le service de garde, bien, s'il faut
faire même des adaptations, là, physiques, là, dans le CPE ou dans la garderie, bien, ça pourrait être possible. Donc, je
pense que c'est une bonne proposition en ce sens-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Maccarone : Moi, ma lecture
de ça, c'est qu'on va faire un lien, c'est... on fait quand même un lien avant que l'enfant rentre, ce n'est pas
nécessairement de prioriser. Je sais qu'on a deux amendements qui sont
suspendus que nous allons faire le débat pour ceci. Moi,
ce que je ne comprends pas, c'est la référence et l'appariement, ça va se faire de quelle façon. Est-ce qu'il y aura une
note du médecin, du CISSS, un papier de référence? Comment allons-nous
faire cette référence et cet appariement si ce n'est pas lié à Retraite Québec,
par exemple? C'est ça qui me manque, pour moi. Je trouve que l'idée est bonne.
C'est ça qu'on souhaite, on veut être prêts pour accueillir cet enfant qui aura
des besoins. Ça fait que je dirais qu'en principe, oui, je suis pour, mais ce
que je veux comprendre, c'est comment ça va se faire. L'interprétation de la
référence et l'appariement, c'est quoi? Comment est-ce qu'eux, ils vont
recevoir cette information pour être en mesure de faire le lien pour accueillir
le tout-petit qui aura des besoins particuliers ou qui est handicapé? Comment
ça va... C'est ça qui m'échappe un peu.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien, c'est sûr
qu'on n'a pas toutes les réponses. Encore là, dans la loi, on se donne un
objectif, là, qui est plus large, puis ensuite de ça, dans la façon de le
faire, de travailler avec Retraite Québec, le ministère de la Santé,
évidemment, on le fait par la suite. Mais l'objectif, c'est effectivement que,
lorsque le parent inscrit son enfant, que l'enfant est inscrit, puis, encore
là, on est en train de travailler sur le guichet unique, dès que,
effectivement, cet enfant-là est inscrit, que le parent dit : Bien, mon
enfant a, je ne sais pas, moi, un handicap physique ou un trouble du langage,
bien, ça nous donne quelques mois, parce que probablement que ce n'est pas pour
tout de suite, ou ça nous donne, en tout cas, un temps supplémentaire pour être
capables de faire le lien avec des services de garde pour dire : Bon, là,
vous voyez, il y a un enfant qui s'en vient sur la liste d'attente, par
exemple, qui a ce type... Tu sais, on est capables de voir aussi les services
de garde qui sont peut-être déjà adaptés, on est capables de faire du
démarchage qui n'est pas nécessairement le cas, actuellement. Donc, en soi, ce
serait, je pense, une belle avancée pour les enfants qui ont des besoins
particuliers et leurs parents.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Maccarone : Alors, est-ce
que ça veut dire il y aura comme des papiers à remplir ou quelque chose comme ça pour faire référence et appariement?
C'est juste, je me mets dans la place de ce parent, parce que déjà, s'il
faut que je fais application à Retraite
Québec pour avoir les suppléments, il y a beaucoup de papiers à remplir. Est-ce
que ça, ça veut dire que j'aurais un autre papier à remplir parce qu'il
n'y aura pas comme un lien à une subvention en particulier?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien, vous savez,
dans l'excellente stratégie numérique du gouvernement, il y a un principe où on
dit : Dites-le une fois. Donc, c'est... Moi, j'ai pris connaissance de ça
dans le cadre de ces travaux-là, je trouve que c'est effectivement un très bon
objectif pour que, lorsque les parents l'ont déclaré une fois, on ne leur
demande pas de le déclarer deux, trois, quatre fois à des guichets différents.
Donc, c'est là où je vous dis, on n'a pas encore toutes les réponses parce
qu'on va travailler sur la façon d'y arriver. Mais vous parliez de Retraite
Québec, ça peut être le cas, ministère de la Santé, ça peut être le cas. Donc,
on veut faciliter, effectivement, la vie des parents avec ce qu'ils vont nous
déclarer, eux aussi.
Donc, ça, on aura du travail qui sera fait,
mais, voyez, l'objectif est là, on veut qu'il y ait un appariement puis on...
je veux dire, c'est fort, là, tu sais, on le met dans la loi, donc l'objectif
est là, puis ensuite de ça, bien, ça sera à nous de l'atteindre.
Mme Maccarone : ...oui, c'est
très bien. C'est juste une question. Si, mettons, c'est un enfant, comme le
ministre a dit, qui pose des troubles de langue, ça fait que... puis cet
enfant-là, il n'a peut-être pas un diagnostic encore, ça fait qu'il n'a pas
fait les démarches pour Retraite Québec encore, mais il aurait quand même des
besoins ou quelque chose comme ça à l'intérieur, ça fait que c'est pour ça que
je dis : Comment ça va fonctionner? Est-ce qu'il y aura quand même un
formulaire, ou est-ce qu'il faut fournir, peut-être, les diagnostics d'un
professionnel? Juste pour que les gens comprennent un peu comment ça fonctionnerait,
parce que ce n'est pas tellement inscrit. Oui, le signaler une fois, c'est
bien, je trouve ça bien qu'on ne veut pas toujours répéter : J'ai déjà
fait cet exercice, toujours remplir des formulaires, puis là reremplir les
formulaires. Ça fait que de le faire une fois, c'est bien. Mais, pour ceux qui
n'ont peut-être pas fait cet exercice encore, est-ce que ce serait la porte
d'entrée, peut-être pour Retraite Québec, par exemple, juste pour garder le
même lien, ou est-ce qu'il va falloir qu'ils fournissent des évaluations des
professionnels ou quelque chose comme ça? C'est juste, ils se basent sur quoi,
dans le fond?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Pas
nécessairement, mais on est en train de faire ce travail-là, actuellement, à
l'interne, au gouvernement. Puis on le fera aussi, évidemment, avec les
partenaires, donc on va s'assurer d'arriver au meilleur résultat possible.
Mais, si on peut éliminer de la paperasse, moi, c'est mon souhait, là. On le
fait avec les RSG, par exemple. Si on peut éliminer de la paperasse avec les
parents, aussi, d'enfants handicapés, tu sais, il y a tout un travail qui a été
fait déjà, là, tu sais, entre autres, dans les programmes, etc. Évidemment,
l'idée, ce n'est pas de multiplier, là, les formulaires. Donc, on a un guichet
unique, puis ce guichet unique là, qui sera géré par le gouvernement, bien,
parlera à d'autres entités. Puis l'objectif, c'est ça, c'est de sauver du temps
puis de l'énergie aux parents.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : De mémoire, en ce
moment, les CPE, garderies subventionnées, deux fois par année, peuvent déposer des demandes de subvention pour
l'intégration d'enfants à besoins particuliers. Est-ce que cette disposition-là
vient remplacer ce processus-là? Parce que, là, maintenant, ça va être fait en
amont.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Non, pas du tout,
pas du tout.
Mme Labrie : Donc, il va quand
même y avoir ce processus-là au cas où, par exemple, des besoins particuliers
se manifestent après que l'enfant est intégré. Mais, quand on va le savoir à
l'avance, on n'aura pas besoin de passer par ce processus-là, puisque ça va
être fait en amont, c'est bien ça?
M. Lacombe : Bien, c'est
bien... on pourrait le résumer comme ça, oui. C'est une façon... c'est une
façon de le résumer.
Mme Labrie : O.K. Donc, il n'y
aura plus la situation dans laquelle, par exemple, un CPE doit assumer financièrement
des dépenses supplémentaires pour l'intégration d'un enfant en attendant de
savoir si on lui autorise cette subvention-là, par exemple? Parce que, là, on
entend parler de situations où, pendant plusieurs mois, un CPE doit couvrir la
dépense d'ajouter, par exemple, une éducatrice spécialisée ou de faire, tu
sais, l'adaptation en attendant la réponse, là, de cette demande de subvention
là. Là, ça va être réglé au moment de signer l'entente d'admission, là,
l'entente de services.
M. Lacombe : Quand c'est
possible, effectivement, quand c'est possible, c'est l'objectif de ça, donc,
c'est vraiment de le faire d'avance, de s'assurer, mais on ne peut pas tout
prévoir. Puis en même temps, bon, il y a beaucoup de CPE qui ont des surplus
qu'ils peuvent utiliser à ces fins-là. On ne les laisse pas, évidemment, à
eux-mêmes, là, on veut que ça fonctionne bien. Mais donc, c'est ça, quand c'est
possible, oui, effectivement.
Mme Labrie : O.K. Moi, je
trouve que c'est un bon amendement... bien, un sous-amendement, sauf que, pour
moi, il va quand même manquer la priorisation de ces enfants-là. Parce que,
comme le ministre l'a dit, là, effectivement, d'ajouter la priorisation sans
prévoir des mesures comme celle-là, il aurait manqué un morceau, pas juste
prioriser ces enfants-là sans prévoir ce qu'on va mettre en place pour qu'ils
soient accueillis avec les bons moyens pour les intégrer. Mais là, si on fait
ça puis qu'on ne prévoit pas la priorisation, moi, je maintiens qu'il y a un
risque important de discrimination pour ces enfants-là.
Donc, je vois que le ministre va poser des
jalons importants avec l'amendement de la députée de Soulanges. Celui-là, on
met en place des choses pour nous permettre de faire la priorisation de ces
enfants-là en leur permettant d'inscrire dans le formulaire du guichet unique
leurs besoins particuliers, en permettant d'anticiper les besoins pour les services de garde éducatifs qui vont les
accueillir. Mais, s'il n'y a nulle part une obligation de prioriser ces enfants-là,
je pense qu'on va échouer à leur offrir des
services puis on va même potentiellement créer des situations de
discrimination.
Ça fait que j'encourage le ministre à poser un
troisième jalon. Puis on a déjà des amendements qui sont suspendus par rapport
à ça, ou le ministre pourrait arriver avec le sien, avec sa formulation qui lui
convient, mais je pense qu'il manque un morceau, en ce moment. Puis là le
ministre franchit des pas vraiment intéressants. C'est vrai que juste prioriser
sans prévoir une disposition comme celle-là, ça aurait pu créer des situations
dans lesquelles les enfants étaient admis sans qu'on ait déployé les
ressources, là, puis on ne veut pas ça, personne, mais là il manque quand même
l'autre morceau de la priorisation.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous passerions à
la mise aux voix de l'amendement de l'article 59.9.
Est-ce que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Dans
l'autre salle, de l'autre côté?
La Présidente (Mme D'Amours) : L'amendement...
Merci.
Donc, nous revenons à l'article 30, où nous
avons passé tous les articles de 59.1 à 59.12, et que nous avons aussi parlé des
intitulés. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Oui, quand on s'est
laissés, la semaine dernière, sur le 59.12, le ministre, il me semble, avait
dit qu'il allait regarder s'il y avait un moyen de rendre cette obligation-là
un petit peu plus significative pour que le refus ne soit pas juste un refus
pour la forme... c'est-à-dire la justification du refus d'accueillir un enfant
ne soit pas qu'une espèce de lettre pour la forme, mais
qu'elle ait une certaine portée puis un certain sens. Alors, je voulais juste
savoir s'il avait réfléchi à ça et... ou s'il estime qu'il faut laisser ça tel
quel.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien, je... il n'y
aura pas deux ministres, je serai conséquent avec moi-même, avec ce que j'ai
dit la semaine dernière, c'est-à-dire qu'à mon sens, si à la fin on ajoute un
mécanisme, mais que la fin reste la même, c'est-à-dire que, comme ministère, on
n'a pas plus de pouvoirs, moi, je trouve que c'est inutile. Donc, en ce
sens-là, assumons que les CPE ont cette autonomie, assumons, par contre, qu'on
fait un pas de plus dans leur encadrement, en disant : Bien, maintenant,
il doit y avoir une justification, mais ne franchissons pas un pas qui... À mon
sens, c'est un peu une illusion de dire : Bien, prévoyons un autre
mécanisme, mais qui n'aura absolument pas de dents, parce qu'on ne sera pas en
mesure de contraindre, de toute façon. Donc, c'est la position que... c'est la
réflexion que j'ai eue au cours des derniers jours.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Hivon : Est-ce que le
ministère va faire une analyse des refus qui vont avoir été communiqués au
guichet unique, à l'administrateur du guichet unique? Est-ce qu'ils vont en
rendre compte? Est-ce qu'ils vont faire une certaine reddition de comptes de ce
qu'ils perçoivent comme principaux motifs allégués de refus?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Certainement que
ce sera un intrant qui va nous permettre de mieux faire notre travail, parce qu'on sera capables de voir non seulement est-ce
qu'il y a des enfants qui sont touchés, principalement, est-ce qu'il y a
des services de garde éducatifs qui sont
surreprésentés. Moi, je pense que ça nous aidera, effectivement, à faire notre
travail, puis à déceler peut-être des
endroits où il y a davantage de problèmes, puis être capables de les
accompagner. Donc, ça, évidemment, ce
n'est pas écrit dans la loi, parce que ça n'a pas à l'être, mais c'est
effectivement le souhait, implicitement, là, qui est formulé. En étant
capables de le documenter, de le mesurer, bien, on est capables de l'améliorer.
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres interventions? Oui, Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, j'ai un
amendement à déposer, Mme la Présidente, le 59.13. C'est déjà sur le Greffier,
ça fait un petit bout, ça fait qu'on ne peut pas dire qu'on n'a pas eu la
chance de le consulter.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
est-ce que tout le monde l'a consulté, ou si vous aimeriez un temps de
réflexion?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mmes
les députées de l'opposition, on peut continuer? Merci.
Donc, Mme la députée, si vous voulez bien en
faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Maccarone :
L'article 30
du projet de loi est modifié par l'ajout, après l'article 59.12 qu'il
introduit, de l'article 59.13 :
«59.13. Un titulaire de permis de centre de la
petite enfance ou de garderie dont les services de garde sont subventionnés qui
désire expulser un enfant doit préalablement aviser le parent de son intention,
obtenir une résolution de son conseil d'administration ou de son comité de
parents et informer par écrit le parent en indiquant les motifs justifiant
l'expulsion.»
Ça fait que c'est en lien avec le débat que nous
avons fait pour le 12... le 59.12, en ce qui concerne des refus, mais cette
fois-ci on ne parle pas des refus, on parle exclusivement des expulsions, en
lien avec ce que la collègue de Joliette vient de dire puis les interventions
que nous avons faites plus tôt aujourd'hui ainsi que la semaine passée. Ceci,
c'est vrai, maintenant, ce serait vraiment, je pense, dissuasif en ce qui
concerne les exclusions des enfants. Ça arrime très bien avec l'article 30
et tous les 59.9, 59.10, 59.11, 59.12, c'est un... c'est de la logique en
termes de la continuation de ce que nous voulions faire en termes de protéger
nos enfants et de s'assurer qu'on va prioriser leur accès dans le réseau des
services éducatifs.
Je pense que c'est juste parce qu'ici on ne doit
pas parler de quelque chose qui se fait en cinq minutes ou rapidement. Il
ne doit pas y avoir, j'espère... je sais que c'est... on n'a pas une reddition
de comptes là-dessus, mais on ne doit pas avoir 200 par année. Ça fait que, si,
mettons, on a les exceptions, bien là, on va gérer ça d'une façon
exceptionnelle pour s'assurer, encore une fois, que, si ça arrive, au moment
qu'on dit : Au secours, nous ne pouvons plus,
puis on s'est déjà dit ce n'est pas parce que la bonne volonté n'est pas là,
c'est parce que, souvent, nous faisions face à beaucoup de difficultés, bon, bien, il va falloir qu'on fait ça en
collaboration, en équipe, en partenariat avec les parents.
Ça fait qu'avant d'aviser les parents qu'il y
aura une expulsion puis de leur envoyer une lettre, là, maintenant, il va falloir que les parents sont informés, les
parents auront maintenant un recours auprès de... le conseil
d'administration ou le comité de parents, où ils pourront dire... mieux
comprendre et aussi de faire un exposé. C'est très important pour eux de s'exprimer et de faire un lobby pour leurs enfants,
de protéger leurs enfants, parce que c'est eux, la voix de ces enfants. Alors,
ils vont pouvoir parler avec le comité de parents, parler avec le conseil
d'administration, et ultimement ce seraient le conseil d'administration et le
comité de parents qui vont pouvoir prendre une décision en collaboration avec
la directrice de l'installation. Ça fait que moi, je trouve que c'est vraiment
une belle collaboration. Puis ça se peut qu'on va sauver quelques enfants de
cette façon, parce que ça se peut que les parents vont dire : Bien,
donnez-nous une chance, on a des idées, on veut collaborer. C'est vraiment un
partenariat. Ça prend un village pour élever nos enfants, puis c'est encore
vrai quand on parle des enfants à besoins particuliers et handicapés. C'est une
façon de favoriser leur accès dans le réseau et de s'assurer qu'ils ont leur
pleine place ici.
Je pense que nous tous, on doit recevoir des
plaintes de ces parents, c'est crève-coeur, on entend souvent ces histoires. Ce
serait une protection supplémentaire. Puis, comme j'ai dit, ça ne dénature pas
les travaux, ce que nous faisons ici, je pense que c'est... ça arrime très bien
avec des discussions que nous avons eues, avec la volonté que nous avons tous
de protéger ces enfants et de s'assurer qu'ils auront une voix et une place
dans les services éducatifs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement de la députée? M. le
ministre.
M. Lacombe : Peut-être
juste une question de précision. Dans le cas d'un comité de parents, le comité
de parents, selon ma compréhension...
mais ne fait pas de résolution. Les conseils d'administration en font, mais le
comité de parents en est un qui est consultatif. Donc, dans cette
perspective-là, c'est quoi, l'avis de la députée de Westmount—Saint-Louis
là-dessus?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Maccarone : De procéder
avec au moins une consultation, d'informer le comité de parents, comme ça, ils vont pouvoir toujours travailler en
collaboration. Ça fait que, moi, il me fera plaisir, si le ministre le souhaite,
de retirer l'amendement et de le redéposer en rajoutant «obtenir une
résolution de son conseil d'administration ou de consulter son comité de
parents». Je trouve que c'est très juste. Il faut aller en lien avec les
responsabilités de chaque entité. Ça fait que, pour moi, je serais contente de
poursuivre de cette façon, Mme la Présidente, si c'est souhaité par le
ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? M. le ministre.
M. Lacombe : Bien, est-ce que
la députée de Westmount—Saint-Louis
veut nous reproposer quelque chose qui tient peut-être davantage compte du
comité... du caractère consultatif du comité de parents, qui n'est pas
décisionnel dans une garderie?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Maccarone : Avec la
permission de Mme la Présidente, suite à une consultation des collègues, je
serais prête à retirer l'amendement et le redéposer rapidement avec un
changement.
La Présidente (Mme D'Amours) : J'ai
besoin d'un consentement de tout le monde, de tous. Consentement? Dans l'autre
salle, de l'autre côté, j'ai besoin de votre consentement. Je ne vous entends
pas. Non, je n'entends rien encore, désolée.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Donc, je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 41)
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, Et, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, si vous voulez bien nous faire
la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Oui, merci, Mme
la Présidente.
L'article 30 du projet de loi est modifié
par l'ajout, après l'article 59.12 qu'il introduit, de
l'article 59.13 :
«59.13. Un titulaire de permis de centre de la
petite enfance ou de garderie dont les services de garde sont subventionnés qui
désire expulser un enfant doit préalablement aviser le parent de son intention,
obtenir une résolution de son conseil d'administration ou après consultation de
son comité de parents et informer par écrit le parent en indiquant les motifs
justifiant l'expulsion.»
Alors, les
changements, suite aux échanges que nous venons d'avoir, Mme la
Présidente, sont «après consultation de son comité de parents», car,
comme le ministre l'avait mentionné, ils ne font pas de résolutions au sein de
cette entité, mais ils vont pouvoir être consultés, et
comme une... encore une fois, Mme la Présidente, avoir cet échange. Ça fait que
je pense que c'est une juste façon de s'assurer que nous pouvons, encore une
fois, protéger les enfants à besoins particuliers et handicapés. C'est quelque
chose de plus dans leur banque pour s'assurer que leurs droits seront
respectés.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Des interventions sur l'amendement de la députée? M. le ministre.
M. Lacombe : Bien, je veux
remercier la députée de Westmount—Saint-Louis d'avoir déposé ça. Je veux vous
dire, par ailleurs, que je suis d'accord avec le principe, que ce temps de
suspension nous a permis aussi, pendant qu'elle travaillait là-dessus, de faire
des vérifications de notre côté, puis j'en viens à la conclusion que, bien que
je sois d'accord, donc, avec le principe de mieux encadrer ça, moi, je serais
prêt à le faire, mais à l'intérieur du règlement pour qu'on ait davantage de
temps puis qu'on ait davantage l'occasion d'en discuter avec les associations,
notamment de CPE, pour qu'on arrive au meilleur résultat possible.
Il faut comprendre que c'est déjà une pratique
qui existe, qui est répandue, qui est généralisée. C'est dans les bonnes
pratiques que nous, on suggère, qui sont d'ailleurs publiées sur notre site Web.
C'est effectivement fait par la plupart des CPE. Donc, je veux juste aussi
souligner qu'actuellement ça... c'est déjà... c'est déjà en vigueur, même si ce
n'est pas officiel, et que moi, je serais prêt à faire un pas de plus,
peut-être, dans le règlement, plutôt, le règlement qui nous permet déjà d'aller
en ce sens-là.
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Bien,
évidemment, le ministre ne sera pas surpris, de dire que, pour moi, évidemment,
que ce soit écrit dans un règlement, ce n'est pas assez. Ce que je cherche
vraiment, c'est d'avoir quelque chose qui est écrit dans la loi. Je pense que
ce qu'on demande ici, ce n'est vraiment pas trop, là, parce qu'on ne doit pas
parler de 1 000 enfants, j'espère, par année. Alors, on parle des cas
exceptionnels, on espère, puis, dans des cas exceptionnels, bien, ça prend des
mesures exceptionnelles.
De dire que ceci serait écrit dans la loi, je
pense que ça fait aussi la suite de «si jamais il y a quelque chose», parce
qu'on dit : O.K., on va envoyer une lettre, votre enfant, il est expulsé,
on envoie une lettre, mais, comme l'a dit la collègue de Joliette, bien, il n'y
a pas de suite de ça. On a une suite, maintenant, avec ceci, mais ça donne
encore toute... Toute, toute, toute la responsabilité réside quand même avec
l'OBNL. Ils vont pouvoir quand même agir. Le ministre va pouvoir quand même les
épauler, les accompagner, mais maintenant, au moins, les parents ont un levier,
mais maintenant, au moins, il y a une reddition de comptes, il y a un lien,
c'est quelque chose qui est écrit en noir et blanc, qui ne peut pas être changé
dans un règlement.
Je vois mal pourquoi... Parce qu'on parle d'un
nombre d'enfants, j'espère, restreint, mais parce qu'on n'a pas de reddition de
comptes, parce qu'on n'a pas comptabilisé ceci, évidemment, c'est difficile de
dire ça va avoir un impact sur combien d'enfants. Mais, s'il y a un effet
dissuasif puis si ça va encourager de la collaboration, de la communication et
de s'assurer que toutes les parties prenantes vont travailler ensemble, je vois
ça d'un très bon oeil. C'est vraiment une façon de travailler sur l'intégration
de ces enfants et d'éviter de la discrimination.
Tu sais, comme j'ai dit, encore une fois, je
répète, je pense que tout le monde est là de bonne foi puis de bonne volonté.
Puis on a entendu, en commission parlementaire, les gens qui sont venus
témoigner, quand ils ont parlé des enfants handicapés, à besoins particuliers,
tout le monde voulait travailler pour leur intégration. Que pouvons-nous faire
pour s'assurer qu'on a des mesures de succès, des bonnes pratiques en place? On
aura un guide qui sera développé par le ministre suite à la recommandation de
Ma Place au travail, c'est un très bon départ, mais là on a quelque chose, ici,
qui veut vraiment dire : Là, on a quelque chose de concret, puis c'est le
concret que... pour moi, est très important.
On pourra rajouter peut-être des précisions à
l'intérieur d'un règlement, s'il le faut, mais ici, comme j'ai dit, je pense
que ça va être la façon de s'assurer que les... ces enfants-là sont protégés.
Je ne vois pas plus un avantage de le mettre dans le règlement que de le mettre
dans la loi. Ici, ça va être clair, tout le monde comprend c'est quoi, les
consignes, on est tous sur la même page, puis c'est ça qu'il nous faut.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? M. le ministre.
M. Lacombe : Donc, je répète
que je suis d'accord pour intégrer ça au règlement plutôt qu'à la loi pour des
questions de travail d'équipe, notamment, puis de meilleures pratiques,
s'assurer qu'on a bien tout réfléchi. Parce que, encore une fois — je vous
fais un clin d'oeil, Mme la Présidente — ça nous est soumis comme ça, de
notre côté, ça n'a pas été pesé, soupesé. Donc, peut-être que, si on l'avait eu
d'avance, on aurait eu plus de temps. Mais là je pense qu'on va regarder ça
avec nos partenaires, mais moi, j'aimerais qu'on puisse l'intégrer,
effectivement, au règlement, parce que je suis d'accord avec l'esprit.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, juste pour
préciser, je l'avais déposé en avance pour donner du temps à l'équipe du
ministre de vérifier ce matin, alors c'était déjà sur le Greffier. Mais moi, je
serais prête à suspendre, si le ministre veut le vote pour ceci, pour lui
donner la chance de se faire une tête là-dessus.
Je pense que c'est
très important. Ici, on parle vraiment d'un enjeu qui est directement en lien
avec des mesures de protection pour ces enfants, qui se retrouvent souvent face
à des murs, et leurs familles, qui sont encore fragilisées face à des expulsions puis le manque de
compréhension. Ce qu'ils souhaitent, c'est vraiment de travailler en
concertation. Je suis contente que le ministre voie ça d'un bon oeil puis qu'on
va mettre ça peut-être, potentiellement, dans un règlement, mais c'est parce
que, là, on demande à avoir une carte blanche.
Moi, ce que je
souhaite vraiment, c'est d'avoir quelque chose qui est concret dans la loi. Je
pense que ces enfants méritent ça, leurs familles méritent ça. Puis je pense
que ça envoie aussi un message clair de c'est quoi, la volonté de nous tous
ici, autour de la table, de qu'est-ce qu'on veut accomplir en ce qui concerne
ces enfants, que l'expulsion sans motif, sans collaborer, sans avoir une
communication, sans travailler ensemble, sans s'assurer que toutes les parties
prenantes font
partie intégrale de cette conversation, bien, c'est non. C'est
ça, le message. Ça fait que je comprends que ça va peut-être faire
partie d'un
règlement, mais je vois mal pourquoi on ne peut pas mettre ça aujourd'hui dans
la loi, à moins qu'il y a quelqu'un qui me dit que ça représente énormément de
travail.
Mais là on rajoute
une étape, on rajoute une étape de consultation, on rajoute une étape d'un
vote, on inclut les parties prenantes. Puis, tu sais, c'est la vie d'un enfant,
je pense que ça mérite ça. Puis de l'avoir dans un règlement, c'est loin, c'est
long, «it's not a commitment». Moi, ce que je cherche, vraiment, c'est d'avoir
quelque chose, «it's a commitment», ça va
être clair, ça va être enchâssé dans la loi, tout le monde va comprendre c'est
quoi, les consignes, c'est quoi, les
directives. Puis c'est une conséquence d'une décision qui doit être
crève-coeur, mais là on va s'assurer que tout le monde est sur la même page, même si nous ne sommes pas tous d'accord,
mais que tout le monde est sur la même page.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres interventions sur l'amendement?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, je vais le mettre aux voix, donc...
Mme Maccarone :
Par appel nominal, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, Mme la députée. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Le Secrétaire :
M. Lacombe (Papineau)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
Le Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Le Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
Le Secrétaire :
Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons à
l'article 30... Oui, Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Oui, après discussion, tantôt, vous aviez demandé : Est-ce que 59.12
était terminé? Puis il l'était pour cet instant-là. Je voulais voir si le
ministre allait revenir avec quelque chose.
Donc, j'aurais un petit amendement, qui vous a
déjà été transmis, et, pendant que chacun peut le voir, je veux juste, pour ne
pas qu'on... perdre de temps, qu'on perde de temps, juste expliquer qu'en
relisant 59.12 je vois que c'est seulement le parent qui
doit être avisé des motifs qui justifient le refus. Donc, on avise
l'administrateur et le parent qu'il y a un refus, mais les motifs du refus,
c'est juste le parent qui est tenu de les recevoir.
Alors, ça va... je pense que ce n'était pas ça,
la volonté, parce que depuis tantôt qu'on discute que l'administrateur du
guichet unique va recevoir les motifs du refus et que le ministre va pouvoir
analyser tout ça et en tirer des conclusions. Alors, je pense que ça prend
absolument un amendement pour dire «par écrit à ceux-ci» ou «à ces derniers»,
on a préparé les deux, là. Donc, notre proposition initiale, c'est «à ceux-ci»,
mais je ne voudrais pas qu'on me refuse parce que ce serait mieux «ces
derniers», ça fait que j'en ai préparé un autre, si jamais c'est mieux «ces
derniers».
Mme Hivon : ...de
suggérer de mettre au pluriel. Au lieu d'«à ce dernier», «à ceux-ci», pour bien
comprendre que les motifs du refus vont devoir être transmis autant à
l'administrateur du guichet unique qu'aux parents. Vous devriez donc l'avoir.
Présidente (Mme D'Amours) : Donc, ce que j'en comprends, c'est que vous faites
la proposition d'amendement.
Mme Hivon : Oui, je fais une
proposition d'amendement avec le texte qui vous a été soumis à 59.12.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, il faut le lire, Mme la députée, ce qu'on m'a dit...
La Présidente (Mme D'Amours) : Exact.
Super. Donc, on serait prêts à vous entendre lire votre amendement, s'il vous
plaît.
Mme Hivon : Lire mon
amendement... ça ne sera pas long... il est à l'écran, c'est formidable, donc.
Alors, l'amendement se lit ainsi, c'est :
Remplacer les mots «à ce dernier» par «à ceux-ci» dans l'article 59.12 de
la loi qu'introduit l'article 30 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que j'ai des interventions concernant cet amendement? Je n'ai pas
d'interventions? M. le ministre.
M. Lacombe : Est-ce qu'on
pourrait suspendre, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Nous avons eu la lecture de l'article... de l'amendement, c'est-à-dire, de la députée de
Joliette. Est-ce que j'ai des interventions sur l'amendement? M. le
ministre.
M. Lacombe : Peut-être juste,
Mme la Présidente, un commentaire pour dire... Ce n'est pas l'objectif, là.
L'objectif, c'est que le parent puisse avoir cette justification-là, qu'il
puisse intenter un recours ou qu'il puisse, à tout le moins, avoir cet outil-là
dans son coffre à outils s'il souhaite avoir un recours. Puis, pour ce qui est
des statistiques qui vont être montées, bien, par la suite, je pense que, si
effectivement il y a un problème qui est décelé à quelque part, bien, on sera
en mesure, avec d'autres dispositions dans la loi, dans le règlement de faire
en sorte que les CPE ou les garderies nous justifient ces... donc, qu'ils nous
remettent, par exemple, les lettres qu'ils ont remises aux parents. Donc, ça,
c'est quelque chose qui est déjà possible. Donc, en ce sens-là, moi, je vais
voter contre, là, parce qu'on ne souhaite pas l'inclure de façon systématique.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Juste pour être
bien précise, là, ici, on parle bien des refus, pas des expulsions comme
telles.
Deuxième chose, depuis le début de la
discussion, je pense qu'on était plusieurs à ne pas avoir saisi la nuance que
seulement le parent serait avisé, et donc on a fait toute la discussion sur la
base que l'administrateur du guichet unique serait avisé des motifs de refus,
le ministre aussi. Il y a, un peu plus tard, quelques minutes, le ministre dit
que... quand je lui ai demandé si on en tiendrait compte, s'il y aurait une
évaluation faite par le ministère des motifs de refus, s'il y aurait une forme
de reddition de comptes, le ministre m'a dit : Oui, tout à fait, on va
regarder tout ça, ça va être un outil précieux. Et là je dois vous dire que je
vis un certain malaise et incompréhension que le ministre nous dise que non, en
fait, l'administrateur du guichet unique n'aura même pas en main les motifs du
refus. Alors, comment pouvait-il, il y a quelques
minutes, me dire qu'il l'utiliserait cet outil-là pour documenter la chose et
que ce serait un outil précieux, alors que, là, il ne le veut pas, il veut...
il s'en prive?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien, je comprends
que la députée de Joliette veut peut-être illustrer le fait, encore une fois,
qu'il y a deux ministres, mais il y en a un seul. Puis ce que je peux vous
dire, c'est qu'on est très en mesure de déterminer qu'il y a un problème
quelque part quand il y a un nombre plus important d'enfants qui est expulsé,
par exemple, puis que, dans cette mesure là, on est capables, effectivement, de
dégager des constats puis de poser des questions. Donc, je pense que c'est tout
à fait conciliable.
Puis là, si... je veux dire, la discussion a été
faite. La députée de Joliette dit, sur la base, que... Je pense que... puis elle n'a pas dit ça, mais je pense que
personne n'a induit personne en erreur, là, c'est écrit comme ça, la discussion
a eu lieu comme ça. Puis, s'il y a d'autres
questions, moi, je peux bien y répondre, là, mais, tu sais, honnêtement, je
pense que j'ai aussi clairement indiqué ce que nous, de notre un côté, on a en
tête.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Hivon : Oui. Bien, je
rappelle que ça ne parle pas des expulsions, ça parle des refus, ici, là, juste
pour qu'on soit bien clairs. On a discuté abondamment, la semaine dernière, et
un peu plus succinctement ce matin, de l'importance de pouvoir franchir ce pas,
et donc de connaître les motifs du refus, et on a eu une discussion sur le fait
que, pour l'administrateur du guichet, on pourrait documenter ça, que le
ministère aurait cet outil-là. Donc, c'est sûr que je suis très surprise qu'on
ait eu une discussion à ce sujet-là, le ministre, et moi, et les collègues, et
que, là, finalement, on nous dit que l'administrateur du guichet n'aura pas
besoin de cette information-là, qu'on va se priver de cette information-là. Je
ne comprends pas pourquoi on s'en priverait, donc, il me semble que c'est une
source d'information très précieuse. Le
ministre nous dit : S'il y a un problème à un endroit... L'enjeu, ce n'est
pas juste qu'il y ait un problème à un
endroit, il peut y avoir un problème généralisé dans le système — j'oserais utiliser le mot «systémique» — pour
discriminer certains enfants. Moi, je ne le sais pas, là, je ne peux pas juger,
on ne l'a pas, à cette heure-ci, les motifs de refus, et je pense que ce serait
une donnée très précieuse pas juste pour voir s'il y a un problème avec un milieu de garde éducative en particulier,
mais de manière générale dans le réseau, si on voit que certains enfants
sont systématiquement refusés.
Donc,
j'aimerais juste comprendre pourquoi le ministre refuse que cette
information-là soit donnée à l'administrateur du guichet unique, et
ensuite que le ministère puisse donc y avoir accès, et qu'il approfondisse,
donc, cet élément-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Si
on veut y avoir accès, on peut y avoir accès. Donc, on va le prévoir dans les
règlements qui sont... dans le règlement
qui nous dit quels documents on peut exiger des services de garde. Donc, c'est
tout à fait mon intention. Donc, quand on voudra y avoir accès parce
qu'on juge qu'il y a un problème, on pourra effectivement y avoir accès.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Hivon : Je me permets
d'insister, Mme la Présidente, parce qu'on a un
article qui porte précisément
sur cet élément-là, alors je ne vois pas pourquoi on irait, après, jouer dans
quelque chose par règlement si le ministre souhaite avoir accès, parce qu'on
pourrait le documenter de manière globale. Donc, ce seraient des données
importantes à avoir, plutôt que de dire que le ministre va, au cas par cas,
juger s'il doit demander de recevoir cette information-là après avoir été
alerté, par exemple, d'un potentiel problème. Je comprends que ça peut être une
bonne idée, mais par ailleurs je pense qu'on devrait le faire de manière
globale pour que ces données-là existent et soient compilées quelque part et
qu'on puisse avoir un tableau d'ensemble des motifs qui sont à la base des
refus des enfants. Alors, vu que, déjà, on crée une nouvelle obligation que les
parents soient avisés par écrit des motifs alors que l'administrateur du
guichet unique, lui, est simplement avisé qu'il y a un refus, il me semble
qu'on devrait le faire de manière tout à fait claire, limpide au coeur même du
projet d'amendement, là... bien, je veux dire de 59.12, du nouvel article.
Donc, on saurait à quoi s'en tenir, on saurait que ça va être documenté, puis
on saurait qu'on n'a pas besoin d'avoir de la fumée ou une alerte qui nous est
faite pour pouvoir se tourner vers un service de garde éducatif x, mais qu'on
va avoir toute l'information et que, donc, le ministère va pouvoir agir de
manière ciblée ou de manière plus large en ce qui concerne tout le réseau.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui, je dois dire
que je suis assez surprise que le ministre ne soit pas favorable à cet
amendement-là, parce que la teneur de notre discussion qu'on avait, depuis le
début, sur 59.12, moi, je comprenais également que le ministre aurait accès à
cette information-là. Pour moi, c'est une correction qui est nécessaire, puis
je dirais même que c'est plus simple pour tout le monde de procéder comme ça,
parce qu'en fait, là, la façon dont c'est rédigé,
ça demande aux titulaires de permis d'envoyer deux lettres différentes. Je ne
vois pas en quoi c'est problématique de leur demander d'envoyer
simplement la même lettre à l'administrateur du guichet unique puis aux
parents. Ça, il n'y a aucune surcharge de travail à leur
demander d'envoyer la même lettre aux deux, c'est même plus de travail de leur
demander d'en envoyer deux différentes, là. Je pense que tous les arguments de
ma collègue de Joliette sont excellents. On a besoin d'avoir accès à ça pour...
du côté du ministère pour documenter les motifs.
Même, on a
besoin... Moi, j'aime l'idée que, quand le ministre est informé des motifs de
refus, il puisse peut-être même intervenir pour remédier à ce refus-là.
Donc, je trouve ça pertinent qu'il soit avisé des motifs en avance pour
peut-être éviter ce refus-là. Je ne comprends pas pourquoi on se priverait, là,
de faire en sorte que le... je dis «le ministre» parce que, quand on a discuté
de ça, là, c'est écrit «l'administrateur», mais le ministre nous disait que,
dans son esprit, l'administrateur, ce serait le gouvernement. Donc, on parle du
ministère de la Famille, ici, là. Je pense que c'était nécessaire qu'on fasse
cette correction-là. Je ne vois absolument aucun argument, là, pour ne pas
procéder à l'amendement soumis par ma collègue.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Bien, moi
aussi, je veux juste dire que j'appuie fortement cet amendement. Je trouve que,
dans le fond, «it's a fine», là, c'est quelque chose qui ferme la boucle, à
quelque part, non seulement parce que la Vérificatrice générale a dit que ça va
être très important d'avoir un recensement puis une reddition de comptes,
toutes les données, ça va faire le lien puis ça va s'assurer que les liens
seront faits, mais ça va aussi donner la possibilité, dans les guichets, de
voir rapidement s'il y a une irrégularité, un drapeau rouge, s'il le faut, mais
ça peut sortir des éléments qui vont être très importants. Puis, comme... juste
renchérir sur l'intervention de la collègue, aussi, ça ne représente pas plus
de travail. Au lieu de le faire plus tard pour dire : Oui, on va le faire,
mais on a une occasion, ici, en or de corriger, je pense, quelque chose qui est
un oubli dans le projet de loi pour s'assurer qu'on aura ces données. Encore
une fois, la Protectrice du citoyen, la Vérificatrice générale, les gens l'ont
soulevé, ça fait que c'est très juste, cet amendement déposé par la députée de
Joliette. Je pense qu'on devrait reconsidérer et voter pour.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Oui, je veux juste,
si ça peut convaincre le ministre, là, c'est à la page 12 du mémoire de la
Protectrice du citoyen aussi, donc, elle fait une recommandation formelle, la
recommandation 8, qu'on prévoie vraiment que le ministre et le parent
soient avisés des motifs. Je suis le même raisonnement. Je n'avais pas le
sentiment qu'il fallait préciser «ministre», puisque l'intention semble claire
que le guichet unique ne sera pas géré par un administrateur
externe, auquel cas je pense qu'on peut parler de «l'administrateur». Mais je
comprends tout à fait pourquoi elle fait
cette recommandation-là. Je comprends tout à fait pourquoi, tantôt, j'avais
cette discussion-là avec le ministre, je pense qu'on est tous conscients de l'importance de cette donnée-là,
alors ce serait important, là, de faire la modification.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions sur l'amendement? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Pendant que le
ministre recherche... Pourquoi pas dans la loi? Parce que je vois mal les
arguments contre. Pourquoi pas? Si on dit qu'on va quand même consulter ces
informations, puis ça se peut que je vais le mettre dans un règlement, mais
pourquoi pas le mettre dans la loi? C'est quoi, l'empêchement?
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous serions prêts à la
mise aux voix de cet amendement.
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Je pense que la
question de ma collègue est bonne, là, si le ministre veut juste nous dire quel
est l'enjeu d'avoir systématiquement accès, au ministère, au refus. Pourquoi
non?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien là, c'est une
question de perspective. Ça fait que je dirais, là : Pourquoi absolument
le mettre dans la loi, alors qu'on peut déjà
le faire puis qu'on a ce pouvoir-là de le demander? Donc, ça devient une
question de perspective. Moi, je vous dis
ça, c'est notre avis à nous. Donc, je pense que j'avais déjà répondu à cette
question-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Joliette.
Mme Hivon : Bien, je vais me
permettre de dire que ce n'est pas du tout la même chose parce que ça va
demander une initiative du ministère de se demander s'il devrait demander les
motifs qui sont à la base du refus à la lumière d'informations qui proviennent
du terrain, à la lumière d'un problème qui semble, par exemple, particulier à
un endroit, alors que, si on accepte l'amendement, c'est quelque chose, c'est
une information qui va être donnée de manière automatique et qui va aider le
ministère à évaluer ce que sont, de manière générale, tout autant que
particulière, les motifs qui sont à la base des refus.
Puis on a discuté
abondamment de l'enjeu de la discrimination à l'accès la semaine dernière. Là,
on a un outil en or pour pouvoir documenter le phénomène potentiel et voir si
le simple fait d'introduire 59.12 va aider à changer la donne, va mettre, donc,
une volonté plus grande, qui va être clairement affichée, d'accepter tous les
enfants qui ont besoin d'une place. Donc, moi, je pense
que c'est une donnée vraiment précieuse, puis je ne comprends pas pourquoi le
ministre et son ministère se mettraient un fardeau sur les épaules de se
dire : O.K., dans tel cas, on va le faire puis ça va être notre
initiative, alors qu'ils pourraient avoir l'information à la base puis avoir
vraiment le portrait d'ensemble. Je pensais que le ministre m'aurait donné des
raisons très concrètes, là, mais je trouve que, là, ça ne me rassure pas, à
savoir qu'on va être capables d'utiliser cette donnée-là pour tout ce qu'elle
devrait nous apporter d'éclairage sur les problèmes d'accès des enfants qui ont
des besoins particuliers, ou des caractéristiques particulières, ou qui
viennent de milieux particuliers. Donc, vraiment, là, je ne la comprends pas,
celle-là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Je rajouterais que c'est aussi en lien... J'avais déposé un mandat
d'initiative, Mme la Présidente, vous allez vous en souvenir, en ce qui
concerne l'accès au réseau de services de garde pour les enfants handicapés à
cause des exclusions, à cause des refus, à cause des expulsions. Alors, de
faire cette modification, bien, on aurait pu avoir ces données. Ça fait que
c'est quand même très logique, malgré le fait que le gouvernement a voté contre
ce mandat d'initiative, pour avoir ces données puis d'avoir une reddition de
comptes pour s'attaquer au problème, bien là, on va avoir de l'information.
Puis, si le ministre s'engage à dire : Bien, on va quand même aller
consulter, mais on dépose une loi parce qu'on veut des leviers, bien, voici, on
a un levier qui est opportun, qu'on va pouvoir
mettre dans la loi pour s'assurer que c'est vrai et bel... ce sera fait, qu'on
va avoir ce data qui est archi-important.
On s'attend à avoir
une reddition de comptes et de l'information, puis je pense que ça va être mal
vu par la Vérificatrice générale et la Protectrice du citoyen si on ne fait pas
la poursuite de ceci, étant donné que nous avons une opportunité en or de
s'assurer que ces informations seront comptabilisées.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. La députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
En fait, j'ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi le ministre lui-même ne
voit pas l'intérêt d'avoir accès systématiquement aux motifs de refus
d'accorder une place à un enfant. Il nous dit souvent qu'il y a certaines
choses qu'il n'est pas prêt à faire parce qu'il a peur de se retrouver dans Le Journal de Montréal , par exemple, mais il peut être certain que, quand
un parent va recevoir une lettre avec un refus, lui, le parent, il va savoir
les motifs dans la lettre, ça se peut qu'il sorte dans les médias. Puis le
ministre, lui, il va savoir qu'il y a un refus, mais il ne saura pas pourquoi.
Il va falloir qu'il fasse des démarches, ça va lui prendre un certain temps,
peut-être une couple d'heures, peut-être une couple de jours, avant de savoir
les motifs de refus. Il me semble que, comme ministre, il serait mieux équipé
s'il avait, en même temps, la même information que le parent a reçue pour
pouvoir réagir. J'ai vraiment du mal à m'expliquer comment se fait-il qu'il ne
voie pas à quel point c'est important pour lui, comme ministre, de savoir, pour
chacun des cas des refus, c'est quoi, les motifs. C'est comme volontairement se
mettre les mains sur les yeux, là. On a besoin, quand on est en position de
diriger un ministère, de connaître ces informations-là. Ça aurait dû venir même
de lui, la proposition d'amendement pour corriger cela, pour dire : Je les
veux, les motifs, j'en ai besoin pour bien faire mon travail. Je ne comprends
pas, là, son refus.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, je
serais prête à le mettre aux voix.
Mme Hivon :
Par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, parfait. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Hivon (Joliette)?
Le Secrétaire :
M. Lacombe (Papineau)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Le Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Le Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté.
Nous sommes donc de retour à l'article 30,
avec tous ses articles. Nous avions deux amendements en suspens.
Donc, si nous
voulions revenir aux amendements, j'ai besoin de votre consentement pour
reprendre les deux amendements, un amendement de la députée de
Sherbrooke et un amendement de la députée de Westmount—Saint-Louis. Donc, est-ce que
j'ai le consentement? Consentement. Dans l'autre salle, est-ce que j'ai le
consentement pour reprendre les deux amendements qui étaient en suspens? Je
n'ai pas de... Je m'excuse, je n'avais pas de son.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, c'est un ou l'autre, je ne peux pas faire les deux en même temps, pour...
Présidente (Mme D'Amours) : Oui, oui. Mais là le consentement était pour
ramener les deux amendements. Et là je commence avec un amendement, et,
en principe, c'est celle de la députée de Sherbrooke. Donc, l'amendement qui
avait été suspendu, dans l'ordre, c'était votre amendement en premier.
Ça fait que,
donc, est-ce que j'ai des interventions sur l'amendement de la députée de
Sherbrooke? Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Bien, quand
on a discuté de ça la dernière fois, juste pour rappel, peut-être, c'est un
amendement qui vise à ce qu'on ajoute un facteur de priorisation pour l'accès à
une place. Donc, le ministre ajoute déjà les enfants qui vivent dans des
contextes de précarité socioéconomique, et je lui proposais d'ajouter également
«et ceux qui sont référés par le réseau de la santé et des services sociaux».
Il pourrait prévoir les modalités de ça par règlement.
C'est de ça dont on a discuté la semaine dernière. Il devait y réfléchir, il
devait en discuter avec son ministère, possiblement,
même, son collègue... ses collègues au ministère de la Santé et des Services
sociaux. Donc, j'aimerais entendre quels sont les fruits de ses
discussions et réflexions.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre.
M. Lacombe : Après,
effectivement, avoir réfléchi à ça au cours des derniers jours, j'en viens
vraiment à la conclusion que ce qu'on offre déjà avec... ce qu'on offre déjà
avec les places protocoles, bien, ça vient répondre... ça vient répondre à ça,
parce qu'il peut effectivement y avoir des enfants qui sont référés, parce que,
tu sais, je vous dis... parce que, par exemple, les parents vivent une
situation difficile, les parents ont besoin de répit, des enfants qui ont un
besoin qui est important parce qu'il y a un manque de stimulation, parce que
l'enfant a un problème de développement global ou toute autre raison jugée
valable. Donc, il y a déjà ce canal-là qui existe qui fait en sorte qu'il y a
un certain contrôle, mais en même temps il y a aussi une certaine latitude, là,
donc je pense que c'est un bon équilibre. Puis justement là, les places protocoles
ne débordent pas, là, en ce moment, donc on a encore de l'espace pour
accueillir des enfants. Donc, je pense que ce qu'on a fonctionne, et on
pourrait l'utiliser encore davantage. Donc, pour cette raison-là, je pense
qu'on en a déjà un bon outil qui existe.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Et qu'est-ce que
le ministre répond à la discussion qu'on a eue plus tôt, à savoir, là, qu'on
était en train de placer dans la loi des dispositions pour faciliter la
reconnaissance, disons, dans le guichet unique des enfants qui ont des besoins
particuliers ensuite pour faciliter la mise en place en amont de ce qu'il faut
pour mieux intégrer ces enfants-là, mais que, de l'autre côté, on n'est pas en
train de leur prioriser l'accès?
Moi, ce que je lui ai exprimé, c'est une crainte
sérieuse que ça mène à plus de discrimination de ces enfants-là si on ne vient
pas aussi ajouter dans la loi, comme l'autre patte de ça, là, le balan qui fait
en sorte qu'on va prioriser ces enfants-là. Parce que, là, on demande aux
parents : Mettez-nous un petit drapeau, là, rouge, là, sur votre dossier dans le guichet unique pour nous dire que votre enfant a des
besoins particuliers. On dit aux parents : Quand vous aurez fait ça,
les... pas toutes les garderies, hein, celles qui sont subventionnées puis les
CPE, vont avoir... vont pouvoir travailler en avance pour accueillir votre
enfant, mais on ne donne absolument aucune garantie aux parents que ça va leur servir à quelque chose et que, même, ça ne
leur nuira pas de mettre ce petit drapeau rouge là sur leur dossier. Il
n'y a absolument aucune garantie que ça ne leur nuira pas puis que ça va les
aider.
Moi, je pense que ça peut les aider pour
certains types de services de garde pour lesquels on a ajouté une disposition
pour dire qu'en amont ils vont pouvoir préparer l'intégration de ces
enfants-là. Ça peut favoriser qu'ils soient appelés par ces services de garde
éducatifs là, mais ça pourrait tout à fait leur nuire pour les autres types de
places. Il n'y a aucune protection pour ça, puis ce n'est pas certain non plus
que ça va les aider pour les CPE puis les garderies subventionnées.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Lacombe : Bien, c'est faux,
là, je veux dire, on ne peut pas dire ça, là. C'est faux, parce que... parce
que la façon dont on suggère de procéder, là, les prestataires vont recevoir,
par exemple, un, deux noms, s'ils refusent ces enfants-là, ils vont devoir justifier ça par écrit. Et en contrepartie
on dit : Puisque vous nous avez signalé que votre enfant a un
besoin particulier, on va préparer le terrain pour vraiment maximiser les
chances que votre enfant soit accueilli dans un
cadre où il y a toutes les ressources dont il a besoin. Donc, dans quelle
mesure est-ce qu'on peut affirmer, là, en étant sérieux, que ça va nuire
aux enfants parce qu'ils vont être étiquetés?
Je veux dire, il n'y aura pas un bassin de
100 enfants dans lequel le service de garde va pouvoir piger en faisant
bien... en prenant bien soin de ne pas regarder ceux qui sont handicapés, là,
ce n'est pas comme ça que ça va fonctionner. On va leur dire : Voici le
nom de l'enfant que vous devez appeler. Si lui, il refuse... il refuse de
l'admettre, bien là, il devra le justifier.
Moi, je pense que... Est-ce que c'est parfait? Non, mais il faut conjuguer avec
les particularités de notre réseau puis il faut perfectionner ça avec
les gens sur le terrain. Donc, on n'a pas de baguette magique pour arriver avec
la solution parfaite. Mais de dire que, les enfants, là, il va y avoir un
risque de discrimination parce qu'ils signalent leurs besoins, moi, je ne suis
pas prêt à dire ça du tout, là. Il ne faut pas donner cette impression-là aux
parents, parce qu'au contraire on fait en sorte que ce ne soit plus le cas.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bon
après-midi. Nous reprenons nos travaux.
Et, lors de la suspension de nos travaux de cet
avant-midi, nous étions rendus à l'étude de l'amendement de la députée de
Sherbrooke. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Labrie : Bien sûr. Merci,
Mme la Présidente.
Je veux revenir sur la réponse que le ministre
m'a donnée tout à l'heure, comme quoi, selon lui, c'était faux de prétendre
qu'il y aurait de la discrimination avec ce qu'on a, en ce moment, entre les
mains. J'aimerais rappeler au ministre que, malheureusement, il y en a,
actuellement, de la discrimination, il y en a de manière très, très courante.
Je pense que, s'il questionne les collègues de son caucus, plusieurs vont être
en mesure de lui dire qu'ils ont reçu des témoignages
de la part de parents dont l'enfant a une situation particulière qui fait en
sorte que ça complexifie considérablement leur quête d'accès à une place
en service de garde éducatif. On sait que c'est difficile pour tout le monde,
mais c'est vraiment tout un parcours du combattant quand on a un enfant avec
des besoins particuliers.
Puis la réalité, c'est qu'il y a des milieux, en
ce moment, qui ne peuvent pas recevoir ces enfants-là, et, quand ils les
reçoivent, ce n'est pas nécessairement par mauvaise... quand ils les refusent,
ce n'est pas nécessairement par mauvaise volonté, mais c'est parce qu'ils ne se
sentent pas capables de les recevoir. Je pense aux garderies privées non
subventionnées qui n'ont pas accès aux subventions qui leur permettent de
mettre en place des moyens supplémentaires pour accueillir ces enfants-là, et,
quand ils... quand ils refusent un enfant qui a des besoins particuliers, c'est
possible que ça leur fasse bien de la peine. Mais, s'ils n'ont pas accès à quoi
que ce soit pour leur permettre de recevoir l'enfant, ils vont le faire pareil
parce qu'ils ne veulent pas recevoir un enfant à qui ils ne réussiront pas à
offrir des services adéquats. Il y a des
milieux familiaux régis, non régis qui font exactement le même choix, de ne pas
recevoir un enfant comme ça,
simplement parce qu'ils sentent qu'ils ne sont pas en mesure, dans leurs
milieux, de répondre aux besoins de cet enfant-là.
Donc, au moment où on se parle, on a déjà des
parents qui vivent cette situation-là de discrimination. Et moi, j'ai une
crainte réelle, sincère, qui est confirmée par ce qui existe en ce moment comme
situation dans la vraie vie, que des parents soient exclus s'ils indiquent dans
le guichet unique que leur enfant a des besoins particuliers, puis je veux
qu'ils puissent le faire. Je pense qu'on sait... c'est pertinent de le savoir
d'avance pour préparer les milieux à les recevoir, mais il y a des milieux qui
ne pourront pas se préparer à les recevoir parce qu'ils n'ont pas accès à ces
subventions-là. Et ce qui risque d'arriver, c'est que ces milieux-là vont faire
ce qu'on