Public Finance — 2 February 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2015-02-02
Quebec — Committees
Lors
du dépôt du budget 2014‑2015, le gouvernement a énoncé une volonté claire de
réduction de la croissance des
dépenses de l'État et d'atteinte du déficit zéro. Nous croyons qu'en plus de
limiter la croissance des dépenses l'État devrait aussi mettre en place des conditions favorables aux
investissements privés, ce qui lui permettrait d'entrevoir une
croissance des revenus. Dans cet esprit, l'exploration et surtout
l'exploitation des hydrocarbures québécois sont une opportunité de travailler sur la colonne des revenus. À cet effet, nous
saluons la volonté gouvernementale de miser sur le développement des ressources naturelles, ce qui s'est traduit
notamment par la création de Capital Mines Hydrocarbures. Ce fonds sera
à même d'apporter son soutien et d'offrir une rampe de lancement aux
entreprises qui développent le territoire
québécois. D'ailleurs, à ce propos, par le biais d'Investissement Québec — maintenant Ressources Québec — avant même la création de Capital Mines Hydrocarbures, rappelons que le
gouvernement a investi 10 millions de dollars dans le capital-actions de Pétrolia par le biais de
Ressources Québec. Cet investissement a permis la découverte de 1 Tcf de
gaz naturel dans la région de Murdochville
en Gaspésie. 1 Tcf de gaz. C'est cinq fois la consommation annuelle du
Québec. Nous en consommons pour 200 Bcf. Nous en avons, sur deux
puits au milieu de la Gaspésie, pour 1 Tcf.
plus, il est important de souligner que le gouvernement possède directement
35 % du projet Anticosti par la société
en commandite Hydrocarbures Anticosti, dont la présidence du conseil
d'administration est assumée par Ressources Québec. Pétrolia et Corridor
Resources ont contribué dans la constitution de cette société par la mise en
commun de l'ensemble de leurs permis
d'exploration pétroliers respectifs. Ressources Québec, quant à elle, avec
Saint-Aubin, filiale de
Maurel & Prom, se sont, quant à eux, engagés à financer des
travaux d'exploration pouvant atteindre 100 millions de dollars. Ainsi, Ressources Québec s'est engagée à
investir jusqu'à 56,6 millions de dollars, et Saint-Aubin,
43,3 millions de dollars, sur le projet d'Anticosti au cours des
prochaines années.
gouvernement du Québec a donc créé un effet de levier afin de susciter
un investissement privé pour la mise en valeur du territoire
québécois. Cet investissement privé aurait été impossible sans le travail en
amont de petites sociétés comme la
nôtre et celle de Corridor Resources, qui ont su croire dans le potentiel du
projet sans que de grandes compagnies s'y
intéressent. En fait, c'est exactement le même pattern dans l'industrie des
hydrocarbures que celui dans le minier : de petites sociétés font
des découvertes qui sont dérisquées jusqu'à en devenir des projets en
production.
mise sur pied de Capital Mines Hydrocarbures pourrait permettre de voir émerger
au Québec le même modèle d'affaires
qui a permis à l'Alberta de devenir ce qu'elle est. Il est intéressant de
rappeler la façon dont est née une
partie de l'industrie dans l'Ouest du
Canada. En effet, en 1975, le gouvernement albertain prenait des parts pour
50 % dans la création de l'Alberta
Energy Corporation, qui deviendra, en 2002, après une fusion avec la
PanCanadian Energy, la société Encana. Le gouvernement de la Saskatchewan
a fait exactement la même chose avec la création de SaskOil, qui est devenue
Wascana et ensuite le géant Nexen.
Si le Québec veut
pouvoir profiter de leviers économiques que constitue l'exploitation des
hydrocarbures, Capital Mines Hydrocarbures
devrait jouer un rôle important afin de permettre l'émergence de compagnies
suffisamment importantes pour attirer
dans leur sillage toute une panoplie de fournisseurs et de compagnies de
services dédiés à l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures.
Plus précisément, pour nous, Capital Mines Hydrocarbures devrait favoriser la création d'une ou deux compagnies
championnes de l'industrie au Québec qui permettraient un développement ordonné de l'industrie tout en assurant aux
Québécois une participation lucrative à l'émergence de ce secteur d'activité
tout comme les Norvégiens récoltent
aujourd'hui les fruits de la prévoyance de l'État en matière d'investissement
dans les hydrocarbures.
Rappelons que le
secteur des hydrocarbures est un levier économique fantastique notamment en
matière d'investissement privé et de
création d'emplois. Au Canada, c'est ce secteur qui génère la majorité des
investissements privés. Chez nos
voisins américains, ce sont les hydrocarbures qui ont permis en
partie la
relance après la crise de 2008. Cette
relance a permis de ramener des entreprises manufacturières qui avaient été
délocalisées dans leurs opérations, un «buzzword»
très à la mode par ailleurs qui s'appelle le «reshoring», présent dans le monde
financier. À
titre d'exemple, plus particulièrement en Ohio, pour la
même formation géologique que celle présente sur l'île d'Anticosti, les autorités ont estimé que le nombre d'emplois
directs et indirects générés par l'exploitation de ces sites serait de 204 520 emplois en 2015. L'industrie s'attend
par ailleurs à verser près de 12 milliards de dollars en salaires durant
une période de cinq ans. Et je vous
rappelle que le secteur de l'Utica en Ohio, en termes de superficie, est
sensiblement le même que celui du Macasty d'Anticosti.
boom des hydrocarbures non conventionnels aux États-Unis a fait tomber le
taux de chômage à moins de 3 % dans certains États comme celui du Nord
Dakota. Selon la Canadian Association of Oilwell Drilling Contractors,
l'arrivée d'une foreuse génère à elle seule près de 135 emplois directs
et indirects. Imaginons une transposition de ces chiffres maintenant à l'est du
Québec.
Comme je vous le disais
plus tôt, tous nos projets sont situés, justement, dans l'est du Québec. Que ce
soit en Gaspésie ou sur l'île d'Anticosti,
notre société est bien implantée dans ces régions, ce qui nous permet de faire
un certain nombre de constats sur
l'état de l'économie de cette région. Outre l'industrie éolienne, la Gaspésie
cherche actuellement un second souffle afin de relancer son économie,
et, pour sa part, la Côte-Nord, Anticosti étant reliée à la Côte-Nord, a
beaucoup souffert du contexte québécois et mondial en matière d'extraction du
minerai.
En plus des
emplois que pourrait créer notre industrie, la production et la distribution du
gaz naturel associées à nos projets pourraient aussi attirer de
nouvelles industries dans le «reshoring» comme ça se fait aux États-Unis, sans oublier que cela constituerait aussi un avantage
concurrentiel pour les entreprises existantes. De plus, cela permettrait à
l'État de générer des économies substantielles et une réduction des GES
par la conversion du chauffage au mazout vers le chauffage au gaz naturel pour les institutions en région. Mais ces deux
régions ont quelque chose en commun : aucune des deux n'est branchée sur le réseau de
distribution de Gaz Métro, ce qui représente un frein à la deuxième et
troisième transformation sur la
Côte-Nord tout en privant la Gaspésie d'un atout économique important qui
pourrait lui permettre d'attirer des
entreprises créatrices d'emplois. La mise en valeur et la production du gaz
naturel présent dans le sous-sol de
la Gaspésie et d'Anticosti pourraient faciliter la diversification et
l'épanouissement économique de ces deux régions tout en permettant au Québec d'enfin avoir des deuxième et troisième
transformations sur une grande échelle. À
titre de promoteur et de futur exploitant de cette
ressource, qui appartient par ailleurs à tous les Québécois,
nous croyons que le rôle de l'État, notamment
de Capital Mines Hydrocarbures, est de travailler de concert avec nous pour
mettre à la disposition des Gaspésiens et des Nord-Côtiers les
ressources nécessaires à leur développement économique.
De notre
côté, notre société s'est engagée à mettre cette ressource à la disposition des
régions, et ce, à un coût concurrentiel mais, surtout, fixe dans le
temps...
Le Président (M. Bernier) :
Je vous invite à conclure, M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : ... — eh
bon Dieu! — ce
qui permettrait d'insuffler à l'est du Québec beaucoup plus en termes de diversification économique. En fait, vous savez, cette ressource est
disponible, nous avons la capacité de le faire, elle est présente, et, s'il est vrai que l'achat local est bon pour
les fraises et les tomates, je crois qu'il est aussi vrai pour les
hydrocarbures.
Président (M. Bernier) : Merci, M. Gagnon. Vous aurez l'occasion de poursuivre votre
présentation et vos données en
échangeant avec les parlementaires. M.
le ministre, je vous invite à briser
la glace en cette journée très froide.
Leitão : Une journée
glaciale. Merci, M. le Président. Bonjour, chers collègues, M. Gagnon, M.
Mc Lellan, merci d'être là,
encore une fois, en cette journée un peu glaciale. C'est très intéressant, ce
que vous avez décrit. Moi aussi, je
partage beaucoup de ce que vous avez
dit en termes de l'importance des hydrocarbures et de l'industrie des
ressources naturelles en général, mais les hydrocarbures en particulier,
dans le développement économique du Québec.
Une question
d'abord un peu plus précise en ce qui concerne Anticosti. Depuis cet été, vous
avez poursuivi vos recherches. Où est-ce que nous en sommes dans
l'évolution de ce dossier-là?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Merci, M. le
ministre. Le projet Anticosti a débuté cet été. Nous devions faire de 15 à 18 sondages stratigraphiques, durant l'été,
sur l'île. Nous avons débuté la saison un peu en retard, il y a eu le contexte
électoral, le temps de reconfirmer les ententes.
Ceci étant
dit, les travaux ont eu lieu, cinq sondages ont été complétés, quatre sondages
de surface ont été faits, et tous les
sites de forage ont été préparés. Nous nous apprêtons à reprendre les
opérations à la mi-avril pour compléter la campagne de sondages stratigraphiques, qui devrait nous amener à
l'été 2016 pour les forages pétroliers avec fracturation.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Leitão : Merci. Maintenant, ce
qui m'intéresse, parce que je la connaissais moins, c'est la filière de gaz naturel. Donc, vous avez mentionné que, selon vos
estimés, il y en a beaucoup en Gaspésie et que ça pourrait subvenir à
nos besoins pour longtemps.
Deux
questions en ce qui concerne le gaz naturel. D'abord, où sommes-nous... où
êtes-vous, plutôt, en termes d'exploration
et est-ce qu'on est proche ou pas d'une éventuelle commercialisation? Et,
deuxièmement, vous avez mentionné que
le raccordement au réseau de Gaz Métro n'est pas là, et, sur la Côte-Nord
évidemment il y a un grand besoin de sources d'énergie alternatives. Comment vous voyez le gaz naturel liquéfié dans
ce portrait-là? Donc, sur vos réserves de gaz naturel, et où on est en
termes d'exploration, et sur le gaz naturel liquéfié.
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Alors, pour le projet Bourque, qui, lui, est un
projet de type «tight gas» — ce n'est pas un projet de shale, ce n'est pas un projet conventionnel, c'est un
peu entre les deux dans le continuum des genres de projets qui existent dans les hydrocarbures — nous savons qu'il y a 1 Tcf de gaz qui
est initialement en place, certifié par
une firme indépendante de Calgary, Sproule and Associates. Nous savons que ce
gaz-là est associé avec du condensat et du pétrole, donc condensat éthane, butane,
propane, là, ce qu'on utilise notamment pour le camping et les barbecues,
et du pétrole très léger, du «sweet crude».
Nous avons fait des tests, des essais aux tiges, nous avons produit et du gaz
et du pétrole. Nous sommes à l'étape juste avant la confirmation pour des
réserves, c'est-à-dire qu'il reste à faire des travaux pour environ une
quinzaine de millions de dollars pour confirmer que cette ressource-là peut
être produite commercialement. Nous
connaissons sa porosité, nous connaissons l'épaisseur de la formation, nous
venons même de compléter un
traitement sismique, mais, pour aller de l'avant, il faut réunir certaines
conditions et — pour
faire le lien avec votre deuxième
question — il faut
trouver un client pour le gaz. On ne peut pas seulement produire les condensats
et le pétrole, il faut aussi valoriser le gaz naturel, et en fait nous croyons
que c'est une opportunité importante de développement économique de valoriser
ce gaz-là.
Comme
je l'ai mentionné, nous sommes prêts, en tant que producteurs, et seulement un
producteur peut le faire, d'offrir ce
gaz naturel là à prix fixe dans le temps. Un peu comme on a pu faire avec les
tarifs d'Hydro-Québec, c'est de le faire
pour partir cette industrie-là en Gaspésie en offrant des tarifs fixes dans le
temps pour la prévisibilité pour les entreprises qui pourraient l'utiliser. En Gaspésie, nous n'avons pas cette masse de
clients là pour pouvoir prendre le gaz. Notre volonté, en s'associant avec certains partenaires, dont
Tugliq, c'est d'amener par liquéfaction ce gaz naturel là sur la Côte-Nord,
où est-ce qu'il y a de la deuxième et troisième transformation possible et des
besoins actuels en cours de conversion.
qu'il faut, c'est donc confirmer ces clients-là pour prendre du gaz, réduire
leurs GES et réduire leurs coûts. Quand
on sait que parfois pour une minière l'énergie représente jusqu'à 50 % de
leurs coûts, de pouvoir les réduire avec du gaz naturel plutôt que du
mazout et du «bunker», je pense qu'on y est gagnants. Et c'est de confirmer
donc ces clients-là, de confirmer une chaîne
d'approvisionnement et de financer les travaux. En réunissant ces trois
conditions-là, nous pouvons, à
l'intérieur d'une année ou de 18 mois, confirmer la ressource. Donc, nous
sommes tout près, mais il manque ce petit coup d'accélérateur pour
arriver à bon port avec ce gaz naturel là liquéfié.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le ministre.
Leitão : Merci. Je note aussi que vous recevez avec... vous êtes
positifs en ce qui concerne le fonds Capital Mines Hydrocarbures, que ça
pourrait jouer un rôle important, intéressant.
Une dernière question
avant de passer la parole à mes collègues que j'ai posée aussi à vos collègues
d'autres groupes : la situation
actuelle du prix du pétrole, qui a baissé de moitié depuis six mois, sept mois.
D'abord, dans votre boule de cristal,
parce que vous devez en avoir une aussi, est-ce que vous pensez que c'est
quelque chose de temporaire... ou,
enfin, combien de temps ça pourrait durer? Et est-ce que ça a un impact sur vos
activités de financement, donc sur votre capacité d'attirer du capital,
ou c'est vraiment un peu plus secondaire à votre étape?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Merci. Je vous dirais que, dépendamment des
projets, le prix du baril impacte beaucoup ou peu notre société. Si on parle du projet d'Haldimand, qui est un
projet de pétrole conventionnel, nos coûts estimés de production avec un succès sont environ à 22 $
le baril. Donc, au prix du baril actuel, en fait, nous allons faire un peu
moins de marge bénéficiaire, et l'État fera un peu moins de revenus sur
les redevances.
Pour
un projet comme Anticosti, la production, advenant une campagne positive, n'est
pas avant 2017, donc le prix actuel a
plus ou moins d'importance, et les partenaires, je crois, sont tous présents
pour cet horizon-là de 2017 jusqu'à la
fin de la confirmation du programme. Et, si on regarde ce qui a été écrit par
Goldman Sachs, la Banque Royale du Canada, l'Agence internationale de l'énergie, à l'horizon 2017, tout le monde
voit un prix stabilisé entre, disons, 70 $ et 80 $. C'est à peu près le chiffre que nous prenons
actuellement nous-mêmes pour la prévision du scénario économique d'Anticosti,
un prix à 70 $, sachant qu'à court terme ça a peu d'impact.
la capacité de financement, la capacité de financement, je vous dirais qu'elle
est beaucoup reliée actuellement, dans notre cas, sur l'incertitude qui
existe au niveau réglementaire, légal, sur exploration versus exploitation.
Nous n'avons pas une histoire fantastique, je dirais, de succès en termes de
développement des hydrocarbures jusqu'à aujourd'hui,
j'espère que nous allons pouvoir changer cette manière-là dont l'industrie se
développe, mais c'est ce qui a eu le
plus d'impact sur notre capacité de financement, plutôt que le prix du baril,
et nous continuons d'avoir ce facteur-là qui nous pèse dessus, qui est
un facteur qui est appelé le risque politique, entre guillemets.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. Gagnon.
Leitão : Merci. Je note aussi l'exemple très intéressant, très utile,
qu'on rappelle à tous ceux qui nous écoutent, de l'Alberta Energy Corporation. Je pense que c'est un modèle
intéressant. Bon. Je passe la parole à mes collègues maintenant.
Le Président (M.
Bernier) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé, bon après-midi.
Parlons de pétrole.
de Santis : Bon après-midi. Merci, M. le Président.
Bonjour, bienvenue, merci d'être présents, d'avoir fait votre présentation. Et j'ai maintenant une copie de
votre mémoire. Je remarque que vous n'êtes pas membres de l'Association
pétrolière et gazière du Québec. Est-ce que j'ai tort ou j'ai raison?
Le Président (M.
Bernier) : ...
M. Gagnon (Alexandre) : Vous avez
raison, nous ne sommes pas membres.
Mme de Santis :
Vous n'êtes pas membres, hein? O.K. Vous dites que, ce que vous faites
maintenant, vous utilisez une façon
plus conventionnelle pour sortir le pétrole, mais, la fracturation hydraulique,
est-ce que ça va devoir être très important pour vous si vous augmentez
vos explorations, exploitations? Il faut répondre.
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Pour le projet Haldimand en Gaspésie, c'est un
projet conventionnel, il n'y a pas de fracturation.
Pour le projet d'Anticosti, c'est un «shale play», il est clair qu'il faut
avoir recours à la fracturation. Nous devrons
fracturer sur l'île pour connaître son potentiel économique, et c'est un
potentiel énorme, comme j'ai mentionné, qui est l'équivalent de l'Utica de l'Ohio, mais, pour avoir la réponse
finale, nous devrons aller au bout du programme, qui est de compléter
les trois programmes, les rois forages pétroliers avec fracturation. Il existe peut-être
du pétrole conventionnel également
sur l'île, mais le but actuellement de ce qui est mené sur Anticosti, c'est de
déterminer le potentiel commercial du Macasty, qui est un pétrole de
roche-mère.
Le Président (M.
Bernier) : Merci.
de Santis :
Est-ce que vous avez une explication pourquoi la fracturation hydraulique est
moins acceptée par les Québécois qu'ailleurs en Amérique du Nord?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Ça va être une réponse teintée un peu de mon
opinion personnelle versus ce qui s'est passé. Je n'étais pas présent dans l'industrie au moment où est arrivé
le développement des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. Je vous dirais que c'est une
industrie qui nous est inconnue et je vais vous raconter plus une anecdote
pour répondre à votre question.
J'étais en tournée de
financement pour expliquer notre projet. J'étais à Montréal, les gens
manifestaient cette journée-là, et c'est sérieux, contre les projets
pétroliers, pas le nôtre directement mais contre des projets pétroliers en général. J'étais à Toronto le lendemain, et les
gens étaient dans la rue, ils manifestaient contre l'industrie éolienne, juste
en bas de buildings à Bay Street, contre l'industrie éolienne. Ils ne veulent
pas d'éolienne en Ontario. Et j'étais arrivé à
Calgary, et les gens manifestaient contre des pylônes électriques. Je crois
que, de ce que nous ne connaissons pas, nous en avons peur. Et nous avons donc un devoir, et je crois que, si l'État
aussi veut aller de l'avant avec les projets d'hydrocarbures, il a ce même devoir que nous, comme promoteurs,
d'expliquer, d'expliquer, d'informer, d'informer encore. Et nous devrons
être transparents, être armés de patience et
le faire encore et encore — et parfois ça prend plus de temps — et d'avoir ce programme-là sur trois
ans sur Anticosti pour faire connaître la technique, d'avoir le temps
d'expliquer les choses, de bien définir ce
que nous ferons va nous permettre à quelque part de gagner une
partie
d'acceptabilité sociale, mais elle ne
sera pas gagnée d'avance. Je crois qu'elle va se gagner au fil du temps avec le
développement de l'industrie, par preuve de démonstration.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. Gagnon. Mme la députée.
de Santis :
Dans votre mémoire, votre première recommandation c'est «la mise sur pied d'une
politique visant à favoriser le
financement et l'émergence d'une filière de production et de distribution
gazière propre à l'est du Québec». Est-ce que vous pouvez élaborer?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : C'est ce que j'ai répondu en
partie avec la
chaîne de liquéfaction sur comment relier les ressources en
hydrocarbures de la Gaspésie avec les besoins de la Côte-Nord.
Nous
n'avons pas, comme j'ai mentionné, d'infrastructure de distribution dans l'est
du Québec comme il existe à Montréal, Québec
ou au Saguenay, alors nous devons penser autrement. Ce autrement-là, pour nous,
c'est par cette chaîne de création de valeurs qui est la liquéfaction du gaz
naturel en Gaspésie pour l'amener sur le marché de consommation l'autre côté du fleuve et, au passage, notamment
utiliser le fleuve Saint-Laurent, dont la stratégie maritime pourrait être mise à contribution à travers ce projet-là. Donc,
c'est par cette manière-là que nous croyons qu'une politique,
un encadrement, une volonté claire
d'utiliser nos hydrocarbures en région peuvent servir un paquet de chantiers gouvernementaux si on en a une vision intégrée. En amenant le gaz naturel liquéfié
sur la Côte-Nord, non seulement
on développe la Gaspésie en créant des emplois, on développe l'industrie des
hydrocarbures, on met à profit la stratégie maritime, on réduit également les
GES par la conversion et on apporte des revenus à l'État.
Donc, je crois que
cette manière de voir une politique intégrée pour les ressources, notamment
celle des hydrocarbures en Gaspésie, apporte des solutions non seulement à
l'industrie et aux gens de la région, mais aussi au gouvernement.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée.
Mme de Santis : Est-ce
que nous avons une idée du potentiel
de l'industrie gazière au Québec? Parce que
vous proposez que ça se fasse au Québec
et qu'ensuite on en apporte par gaz liquéfié à la Côte-Nord. Déjà, le
gouvernement, comme il a été expliqué
par le ministre, a fait une démarche pour approvisionner la
Côte-Nord par du gaz naturel liquéfié. Vous pensez que ça va être moins
coûteux de le faire de la façon que vous proposez; mais basés sur quoi?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : Deux éléments
de réponse ici. Ce qui a déjà été annoncé, c'est d'approvisionner la Côte-Nord par gaz naturel liquéfié à partir de camions provenant de Montréal, qui a une limite dans sa capacité. À terme,
si toutes les minières actuellement... pas les nouvelles, seulement les
minières actuellement en place sur la Côte-Nord transformaient leurs utilisations du mazout ou du
«bunker» vers le gaz naturel, cette usine de liquéfaction que Gaz Métro
va agrandir n'est pas suffisante pour répondre à tous les besoins. Premier
élément de réponse.
Deuxième
élément de réponse : Gaz Métro ne peut qu'acheter le prix du gaz naturel
provenant d'ailleurs au coût qu'il
lui arrive après avoir payé sa part d'infrastructures, notamment les pipelines
de transport, que ce soit au Canada ou aux
États-Unis. Le gaz naturel est environ à 6,50 $, rendu à Montréal, du Mcf.
En le prenant directement du producteur, nous pouvons l'offrir au prix à la tête de puits comme il se transige
sur le Henry Hub et l'offrir à 3,50 $, 4,50 $ le Mcf, donc déjà une économie de 2 $ du Mcf pour le
client final, qui est la compagnie minière. Donc, c'est par cette manière-là
que l'on croit que, un, parce qu'il y aura
une demande plus grande pour le gaz et qu'actuellement ce qui existe ou ce qui
sera mis en place ne sera pas suffisant et,
de deux, seul un producteur peut garantir un prix plus bas et, surtout, fixe
dans le temps comme on a pu le faire
dans le passé avec le tarif L d'Hydro-Québec... Donc, c'est de cette manière-là
qu'on propose de créer de la valeur et d'ajouter à ce qui a déjà été
annoncé.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Leitão : Si je peux poser...
Le Président (M. Bernier) :
Oui, oui, allez-y, M. le ministre.
M. Leitão : ...pas nécessairement
une question, mais une précision pour ceux qui nous écoutent.
Le Président (M. Bernier) :
Allez-y.
Leitão : Tant le projet Bourque qu'Haldimand sont des dépôts
d'hydrocarbures qui seraient explorés éventuellement, conventionnels. On
ne parle pas ici de gaz de schiste.
M. Gagnon (Alexandre) : Il n'y a pas
de gaz de schiste en Gaspésie.
M. Leitão : C'est ce que je voulais,
qu'on soit bien clair à tout le monde. O.K. Merci.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet :
Merci, M. le Président. Écoutez, en écoutant ma collègue et le ministre et en
vous écoutant, puis en sachant aussi
l'opinion publique par rapport à tout cela depuis quand même un certain
temps — vous
avez mentionné le gaz de schiste, et
tout ça — est-ce
que ce problème-là... Parce que je pense qu'on ne peut pas être, personne,
contre ici le fait de la vertu, de se comparer à d'autres qui ont pu se
créer de la richesse par rapport à l'exploitation de ces hydrocarbures-là. Et
je trouve ça difficile de voir aujourd'hui que même en région... On voit que,
surtout dans des régions, surtout,
particulièrement, la Gaspésie, auxquelles l'emploi est toujours mis en
situation, l'économie de la place et
tout le contexte... pourquoi que l'opinion... Vous en avez mentionné à ma
collègue, mais j'aimerais insister là-dessus, par contre. Je trouve que moi, en tant que responsable du côté
entrepreneurial au sein de mon caucus, avec le ministre Girard... Et je
trouve ça déplorable de voir que ça soit rendu comme ça, que l'opinion publique
soit aussi défavorable à ça. J'aimerais que
vous insistiez davantage, surtout les emplois. Vous avez parlé tantôt de
l'emploi créé par rapport à ça, à un niveau de tant de salaire par
année, quasiment 100 000 $ par année.
Pourquoi on
est contre? On sait qu'il y a un risque, on le sait, mais on a les preuves
qu'ailleurs ça s'est fait, ça s'est fait de bonnes pratiques. Je veux
vous écouter davantage là-dessus.
Le Président (M. Bernier) : M.
Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : C'est tout
un défi, l'acceptabilité sociale. Je vous dirais, si on prend le temps de regarder les chiffres... Parce que nous avons
sondé la population, que ça soit au niveau national ou que ça soit juste à
Gaspé. On l'a fait à différents
moments dans le temps. D'autres groupes que nous l'ont fait également. Et,
lorsqu'on regarde ces chiffres-là,
qui sont assez stables sur deux ans, le taux d'appui des Québécois aux projets
de développement des hydrocarbures est à peu près 70 %, de manière
générale.
Peu importent
les sondages que l'on fait, qu'on les fasse seulement en Gaspésie ou à la
grandeur du Québec, on arrive
toujours autour de 70 % en faveur du développement des hydrocarbures. Au
local, vous savez, nous avons vécu un
problème d'acceptabilité sociale avec un de nos projets, qui s'appelle
Haldimand, et c'est un regroupement
de personnes mais qui est très vocal
et qui fait... en fait, qui a accès aux médias facilement. Alors, ça crée
aussi de la nouvelle dans des petites communautés, et on a l'impression souvent
que c'est amplifié, alors qu'au final il
y a cette opposition-là, qui est
réelle, avec qui il faut dialoguer, mais
elle paraît souvent pire qu'elle est réellement. Je voulais vous apporter ça comme précision.
Si on regarde pour les projets comme Bourque ou
Anticosti, nous avons même l'appui de la mairesse soit à Murdochville ou du maire d'Anticosti pour le développement de la filière, mais ces choses-là ne sont pas entendues. On entend souvent parler des gens qui sont contre,
mais on n'entend jamais parler des gens qui sont pour. Et
l'autre élément que je voudrais
susciter pour la réflexion pour l'acceptabilité sociale : le promoteur
seul, je crois, pour les hydrocarbures n'arrivera
pas à gagner l'acceptabilité sociale. Vous savez, nous faisons
partie d'un
pacte un peu. La ressource appartient à
l'État, nous en sommes le locataire et nous la mettons en valeur pour l'État. Par ailleurs, pour les hydrocarbures, c'est l'État qui touche le plus d'argent, la redevance étant
sur le brut, contrairement aux
miniers, dont la redevance est sur le net. Donc, pour chaque baril de pétrole qui sortira un jour du Québec, l'État
touche jusqu'à un maximum de 40 % dès que le baril sort à la tête de puits. Donc, l'État en est
le propriétaire, l'État en est le plus gros bénéficiaire, et je crois qu'il
devra, avec le promoteur, dans le cas
des projets d'hydrocarbures, jouer un rôle un peu plus important pour le
développement de la filière.
Et, si on parle de Capital Mines Hydrocarbures,
je crois que ça remplit déjà un premier pas en ce sens-là. En participant dans les projets, ça assure notamment
au gouvernement, que ça soit sur ce qu'on a fait à Bourque ou ce
qu'on a fait à Anticosti, de le faire selon les meilleures pratiques, de
faire un développement ordonné, et ça donne voix au
chapitre à l'État à
l'intérieur des projets. Mais l'État
peut quand même garder son chapeau de régulateur mais a aussi son
chapeau d'investisseur, et je crois que les Québécois,
au-delà des redevances, y voient aussi le fait qu'ils vont avoir une réception à leur contribution en étant aussi
actionnaires de ces projets-là. Donc, je pense que Capital Mines Hydrocarbures
remplit un des volets de l'acceptabilité sociale, mais je pense qu'on va devoir
aussi passer du côté de l'acceptabilité politique pour créer un mouvement de confiance envers cette
industrie-là et cesser un peu ce cercle de la méfiance dans
lequel nous sommes enfermés depuis quatre ans maintenant au Québec pour cette
filière-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Gagnon. M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet : Merci. Ça serait
correct. Merci.
Le Président (M. Bernier) :
C'est bien. M. le député de Rousseau, bon après-midi à vous.
M. Marceau : Oui. Vous aussi.
Le Président (M. Bernier) :
On continue à parler de pétrole?
M. Marceau : On va continuer. Merci, M. le Président. Bonjour, M. Gagnon, bonjour, M. Mc Lellan. Merci pour
votre mémoire, merci pour ce que vous avez dit jusqu'à maintenant. J'ai
quelques questions.
Un sujet que
vous n'avez pas eu le temps d'aborder, je pense, parce que c'est allé plus
vite que vous le pensiez, dans votre présentation initiale, là, c'est la
question des crédits d'impôt. Alors, moi, je vais vous donner l'opportunité
d'en parler. Vous nous dites à la page 8...
dans le bas, en fait, il y a un tableau là, et puis je vais... juste pour
m'assurer que nous convenons et
comprenons les mêmes chiffres. Si je
comprends bien, pour 2013, la baisse
des crédits d'impôt annoncée vous
coûte 746 000 $ et puis,
pour 2014, on parle de 280 000 $, parce que, bon, l'ampleur des
travaux est moins importante. C'est
ce que je comprends. Donc, premièrement, là-dessus, on se comprend. Ma
compréhension des chiffres est bonne?
M. Mc Lellan (Karl) : Oui,
exactement.
Le Président (M. Bernier) :
M. Mc Lellan, oui? C'est clair?
M. Mc Lellan (Karl) : Oui.
M. Marceau : Parfait. Et vous suggérez dans votre recommandation 2 à la page 11 que le gouvernement, le temps de compléter l'EES, sursoie à la réduction des crédits d'impôt. Est-ce qu'on peut dire que,
si c'était maintenu, ça pose problème pour la suite des choses pour
vous?
Le Président (M. Bernier) :
M. Mc Lellan.
M. Mc
Lellan (Karl) : En fait,
nous, notre plus grosse source de financement est, depuis les trois dernières
années, le financement par actions accréditives. Si on exclut le
financement qu'on a fait pour Bourque, dont le gouvernement avait pris une position de 10 millions, 100 %
de nos financements étaient accréditifs. À l'intérieur de ces financements-là,
c'était très dur d'avoir des investisseurs individuels, si vous voulez. Donc,
la majorité des preneurs de parts de ces financements-là
sont des fonds d'investissement accréditifs. Sans eux, je pourrais vous dire
que ça aurait été extrêmement difficile
de lever les fonds pour développer Haldimand, ça va être extrêmement dur de
lever des fonds dans le futur pour développer d'autres projets qui sont
moins avancés que le projet Haldimand, qui est l'exploration pure et simple.
Donc, de nous
enlever ou de réduire l'avantage au niveau des actions accréditives aux investisseurs va limiter de façon
drastique l'accès aux capitaux des petites sociétés comme nous qui sont sans
revenus. Comme vous savez, lorsqu'on émet des actions
accréditives, bien ça permet à l'émetteur d'émettre des actions à des prix
supérieurs aux marchés. Donc, pour nous, c'est une façon un petit peu d'aller
chercher plus de sous en limitant la dilution. Donc, en réduisant le crédit d'impôt, également, de 20 %,
ça limite l'accès à des fonds qui, normalement, auraient pu être levés
sans émission d'actions.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : O.K. Bien, regardez, moi, je pense que... puis j'ai relevé
une phrase dans notre mémoire, qui dit que...
je suis à la page 8, que la «réduction des crédits d'impôt ne permettra pas au
gouvernement d'atteindre les cibles qu'il
s'est fixées en matière de développement économique». Effectivement, moi, je
pense que c'est inquiétant pour une entreprise
comme vous, qui êtes en fait le seul exemple d'entreprise, je pense, au Québec,
présentement qui approche de résultats.
Effectivement, c'est inquiétant, et peut-être que le ministre va vous entendre
et va vous écouter. Enfin, on verra.
le lien... parce que, bon, il y a beaucoup de gaz naturel, là, en Gaspésie, sur
le lien entre le Nord et le Sud, peut-être
juste nous dire qu'est-ce que vous avez en tête précisément, là. Vous parlez
d'une liquéfaction en Gaspésie, le gaz étant transporté par bateau
jusqu'à vos clients sur la Côte-Nord. Est-ce que c'est ça que vous avez en
tête?
M. Gagnon (Alexandre) : En fait, c'est de reprendre un peu le modèle norvégien
ou, plus récemment, le modèle colombien, où est-ce que des barges de
liquéfaction sont développées en chantier maritime. Ces barges-là sont donc développées dans les chantiers maritimes en Asie
ou ailleurs. On pourrait penser le faire ici, au Québec, éventuellement.
Elles sont transportées vers les sites de
production. En Colombie, par exemple, cette barge de liquéfaction, qui est une
unité flottante, dans le fond, flotte à deux
kilomètres de la côte pour liquéfier du gaz d'un champ producteur, pour ensuite
alimenter une ville qui est à proximité. Donc, on voit un peu le même
scénario : sortir le gaz de Bourque; par petits pipelines, l'amener jusqu'à la côte, à un des endroits favorables pour
le faire; installer une barge de liquéfaction qui serait développée, notamment, par le groupe Exmar, qui va
livrer une barge semblable en Colombie pour Pacific Rubiales; et, ensuite, par les petits remorqueurs du Groupe
Océan, qui est une entreprise du Québec, mettre ce gaz liquéfié là sur ces
petites barges et d'aller livrer, en temps presque continu et réel, les
utilisateurs de la Côte-Nord.
Alors, nous, notre rôle est d'être le producteur,
mais ce qu'il faut, c'est mettre en place cette chaîne de distribution là
et avoir des clients au final. Et ça crée
toute une chaîne de création de valeurs à travers ce processus-là, qui est de
l'extraction au transport, liquéfaction, livraison au client.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
Marceau : Oui. Et puis, tenant compte, là, des investissements
quand même importants qu'il y aurait à réaliser pour la mise en place de la chaîne en question, vous dites que vous
seriez capables de livrer à vos clients à 4 $ du millier de pieds
cubes?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Nous, l'engagement qu'on prend, c'est de livrer
ce gaz-là à la tête de puits à un prix faible
et fixe dans le temps, autour du Henry Hub, là. On parle de 3,50 $,
4 $, 4,50 $, maximum. Mais c'est de déterminer avec les
clients quel sera ce prix en fonction des coûts de production, qui ne devraient
pas être différents du reste de l'industrie, et d'aussi donner cette
mécanique-là pour être fixe dans le temps. Nous... s'arrête notre engagement.
Ensuite,
vient la chaîne de transport et cette chaîne de transport là, qui a été
présentée notamment à la Coalition Plein
gaz sur le Nord, notamment, fait état d'une chaîne d'approvisionnement qui
permettrait d'être concurrentiels face au prix du «bunker fuel» ou du
mazout. Donc, le but, c'est de venir remplacer ces énergies-là. Les clients
finaux doivent y trouver leur compte. Donc,
dans cette chaîne de création de valeurs là, de transport, ce qui arrive aux
clients est plus bas que ce qu'ils
utilisent actuellement. Ça donne un coût qui peut varier entre 12 $ et
16 $ du gigajoule, sachant qu'ils paient actuellement 16 $ du
gigajoule pour le moins cher et parfois jusqu'à 30 $ du gigajoule, ces
clients-là miniers.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : Puis les prix du gaz, évidemment, ils ne sont pas
parfaitement synchronisés avec ceux du pétrole, mais, bon, il y a quand même une certaine proximité. Est-ce que vous
vous attendez aussi à une... C'est quoi, vos estimés pour le prix du gaz
dans trois ans, dans quatre ans, dans cinq ans?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Pour le prix du gaz, on le voit à peu près
stable. Vous savez, c'est un marché continental pour l'instant. Tant que les infrastructures pour sortir ce gaz-là, qui
est produit abondamment par les «shale plays» aux États-Unis, n'auront pas de débouché, par la
liquéfaction, vers les marchés de l'Europe ou de l'Asie, nous allons avoir
un contexte continental avec un prix du gaz naturel plutôt faible.
Américains sont en train d'améliorer la connectivité de la côte Est américaine
pour éviter d'avoir des... comme il
existe actuellement, à 20 $, 22 $ durant l'hiver. Donc, lorsque cette
connectivité-là va être faite, la disparité continentale va être presque disparue,
et on va devoir compter sur l'exportation. Mais ces projets-là sont énormes en
termes d'infrastructures.
Donc, à
terme, nous, sachant cela, le prix du gaz, on le voit plutôt stable. Et on est
près, justement, à donner cette garantie-là d'un prix fixe
dans le temps, sachant cela, quitte à perdre de l'argent au final, mais le but,
c'est de lancer l'industrie, et ça prend
cette bougie d'allumage là, et c'est notre contribution qu'on est prêts à faire
pour, nous, produire de ce
gisement-là, démontrer que c'est possible et faire notre portion de profits sur
les condensats et le pétrole, quitte à offrir le gaz presque à coût
coûtant.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : O.K. Merci. Je vais revenir à Anticosti. Première
des choses, vous avez mentionné que la campagne de forage de l'été n'était pas complétée, qu'elle va se compléter à
partir d'avril et que par la suite vous allez à la... parce que ça a été un peu rapide. On va aller à l'été
2016 finalement et non pas à l'été 2015. Est-ce que c'est ce que j'ai bien
compris?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : La campagne de
travaux va se poursuivre à partir de mi-avril 2015 pour les stratigraphiques,
elle devrait être complétée cet été, ce qui devrait nous amener aux trois
forages pétroliers avec fracturation à l'été 2016.
M. Marceau : ...de retard,
dans le fond, là. C'est ce que je comprends.
M. Gagnon (Alexandre) : ...calendrier,
on parle plus de six mois.
M. Marceau : O.K. Je sais
bien qu'on est dans le commercial. Y a-t-il des résultats préliminaires ou à ce
stade-ci il va falloir attendre à la fin de
l'été? Parce que je me rappelle qu'il était prévu qu'à la fin de la première
campagne on puisse porter un jugement
sur l'état des réserves sans que ce soit définitif, là, évidemment. Mais, à ce
stade-ci, donc, il est encore trop tôt, j'imagine?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : Nous n'avons
pas encore reçu tous les résultats des carottes qui ont été prélevées sur
l'île. Tous les résultats vont alimenter
l'étude environnementale stratégique du volet Anticosti qui a été annoncée par
le gouvernement. Donc, nous, nous
allons donner les résultats pour les intégrer dans leur étude environnementale
stratégique, qui inclut notamment
un volet économique qui tiendra compte du résultat des carottes, et les autres
arriveront après la campagne de 2015.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Marceau : O.K. Peut-être vous demander... Vous avez mentionné les
difficultés qu'il y a, au plan de l'acceptabilité
sociale, avec Haldimand et puis le fait qu'avec Bourque et puis avec Anticosti
ça se passe bien. Qu'est-ce qui
explique ces différences, d'après vous? Parce que, d'après moi, il y a la
proximité de la population, du lieu d'exploitation, là, qui est un facteur, en tout cas intuitivement,
assez évident, mais peut-être qu'il y en a d'autres. Vous êtes sur le terrain,
vous le savez mieux que moi. Peut-être si vous pouvez élaborer un peu
là-dessus.
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : Oui. En fait,
dans l'opposition, je vous dirais qu'il y a des gens qui sont contre. Peu
importe, ils sont contre les hydrocarbures;
qu'on les produirait n'importe où, ils sont contre le fait qu'il y ait des hydrocarbures. Et je crois qu'on ne pourra jamais
rien y faire pour ces gens-là. On aura beau les rencontrer, renseigner, donner l'information, il n'y a rien à faire. Il y
a les gens qui sont, je vous dirais, les contre avec des questions, qui eux...
je pense qu'on doit se faire l'effort d'informer, et tout ça. Et je crois qu'il
y a la peur qui existait sur la proximité, mais
cette peur-là était basée sur l'eau, et, bon, le gouvernement a mené à terme
une étude hydrogéologique qui a démontré qu'il n'y avait pas eu de risque dans le passé pour la contamination,
que les risques futurs étaient faibles, voire inexistants. Mais nous ne connaissons pas cette industrie-là,
au Québec. Vous savez, en Alberta, des puits pétroliers ou autres sont tout près des maisons. En Alberta, il y a 25
000 puits en production. C'est juste qu'on ne la connaît pas, cette
industrie-là, donc pour les gens, j'imagine, la première fois, ça peut
faire peur, surtout à cause de la proximité.
Je vous
dirais qu'il y a un autre élément, c'est que pour ces communautés-là, quand on
est proche de la communauté, pour
elles, je pense qu'elles ne voient pas le bénéfice d'une production éventuelle
de cette ressource. Et en ce sens je salue la volonté du gouvernement de mettre en place une manière de partager la
redevance avec les communautés locales qui, je crois, va faciliter
l'acceptabilité sociale dans des projets qui sont plus près des communautés
comme celui d'Haldimand.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Marceau : Oui. Parlant de l'eau, là, il y a eu un règlement sur
les distances séparatrices qui a été adopté... enfin, qui a été... oui, c'est ça, l'été dernier, de
mémoire, là. Est-ce que ce règlement vous convient? Est-ce que vous croyez
qu'il convient aussi à la population? Vous pouvez peut-être nous dire ce
que vous en pensez.
Le Président (M. Bernier) : M.
Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : Merci. Ce
gouvernement nous convient. On a pu reprendre les travaux. Si vous me demandez mon opinion sur la distance... j'aimerais
qu'au final ce soit un processus dans lequel on se lance tous ensemble,
qu'avec les démonstrations scientifiques on puisse reconsidérer certains
éléments qui ont pu être mis dans un souci, justement,
de nouveauté et qu'au fur et à mesure que l'industrie évoluera on pourra
revisiter certains des paramètres du règlement.
Mais, ceci
étant dit, je crois que c'est un règlement, tout comme la future
loi sur les
hydrocarbures est un élément important
dans l'ensemble de la réglementation, pour rassurer la population et les communautés, surtout lorsqu'à proximité.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Marceau :
Dans le projet Anticosti, vous faites appel à Maurel & Prom, là, pour
l'expertise que ces gens-là ont, évidemment.
Est-ce que, dans les projets Bourque et Haldimand, vous êtes, entre guillemets,
autonomes, est-ce que vous avez
développé cette expertise ou croyez-vous qu'à terme vous allez avoir cette
expertise et pouvoir même, éventuellement, la transmettre puis
l'utiliser dans d'autres projets?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
Gagnon (Alexandre) : Pour
Anticosti — premièrement,
je suis très heureux que nous soyons opérateurs — donc, le projet est sous opération d'une société québécoise. On est assistés
de Maurel & Prom, et leur réseau international est très important
pour nous.
Pour le projet
Bourque, c'est un projet qui est détenu à 100 % par nous, nous cherchons
des partenaires éventuellement comme
nous l'avons fait soit pour Haldimand ou Anticosti, ce qui m'amène à Haldimand,
où est-ce qu'on peut compter, là aussi, sur un partenaire. Et c'est
peut-être un peu moins connu, mais le projet Haldimand est à 50 % Pétrolia, 50 % SCDM, ou Québénergie.
Québénergie appartient à SCDM, qui est une filiale privée des frères Bouygues,
Martin et Olivier Bouygues, le consortium
français. Donc, eux, ils ont un investissement direct dans le projet à
Haldimand. Ils l'ont à 50 %,
nous détenons l'autre 50 %, et nous sommes là, encore une fois,
l'opérateur. Donc, c'est notamment grâce à eux qu'on a pu faire le forage d'Haldimand n° 4. Le coût était de
8,2 millions. Ils ont assumé, eux, environ 5 millions de dollars, et nous, on assume la balance de
3 millions. En tout, ils auront mis sur le projet Haldimand, à travers
Québénergie, 15 millions de
dollars pour la valorisation de ce projet-là. Donc, c'est le même principe
qu'on se dit : Si on peut avoir le même genre d'environnement favorable, on peut répéter la même chose sur
Bourque, comme on l'a fait pour Haldimand ou encore Anticosti.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député, ça va?
M. Marceau : Ça va aller.
Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M. Bernier) :
Ça va aller. M. le député de La Peltrie, la parole est à vous.
Caire :
Merci, M. le Président. Bonjour à vous deux. Dans votre mémoire, à la page 8,
quand vous faites état de la
réduction des... en fait, de l'impact de la réduction des crédits d'impôt, vous
parlez aussi de la diminution des travaux à faire. Moi, ce que je vois, c'est qu'on passe d'un peu plus de
10 millions à 4 millions. Est-ce que ça, c'est un impact
direct de la réduction des crédits d'impôt?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Non, c'est
seulement l'historique des travaux qui ont été effectués. On a eu une année 2012 plus importante. Le tableau, je pense,
fait référence à 2013‑2014. 2013 a été une année plus calme, notre forage
à Gaspé avait été arrêté, et, 2014, on est
en train de relancer, dans le fond, les travaux. Donc, ça correspond juste à
notre réalité, mais ce n'est pas un impact direct d'une réduction.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Caire :
Je vois aussi que, l'impact, on parle de 746 000 $ dans les revenus;
pour l'année subséquente, 280 000 $. Ça, c'est l'impact pour vos revenus. Vous chiffrez... bien, en fait, le
gouvernement a chiffré les bénéfices ou les économies qu'ils font en abolissant le crédit d'impôt. Mais,
dans la mesure où vous semblez dire que ça peut avoir aussi un impact sur vos opérations, est-ce que vous avez
tentativement estimé la perte que ça pourrait représenter pour le gouvernement?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
Caire : ...il va recevoir évidemment des dividendes
là-dessus, étant partenaire, il y a de la fiscalité.
M. Gagnon (Alexandre) : La réponse est un peu plus complexe. Pétrolia n'a
pas de revenu pour l'instant, on est une
société purement d'exploration. Ces crédits d'impôt là nous permettent
notamment de financer nos opérations et de faire plus de travaux, comme
M. Mc Lellan le mentionnait. Ce que ça aurait comme impact potentiel si
elles étaient mises en place, ces
réductions-là, c'est que ça va diminuer notre capacité de financer nos
opérations pour mettre en valeur le
territoire québécois. Et c'est sur cet aspect-là qu'on met de l'importance, sur
le pacte qui existe entre le propriétaire de la ressource, l'État, et le promoteur, qui en est le locataire, et
comment on a besoin de ces outils-là, qui ont été mis en place au fil du temps pour s'assurer qu'on puisse
faire le développement du territoire par se mise en valeur. Donc, c'est l'impact potentiel sur des travaux futurs, et donc
des découvertes éventuelles. Et c'était pour cette raison-là... j'expliquais
à la petite introduction, ce sont des
petites sociétés qui vont dans les endroits délaissés par les grandes
compagnies qui font des découvertes.
donc, si on n'encourage pas, comme on le fait dans le minier, les petites
sociétés, bien on met en péril la mise en valeur du territoire québécois
et ses ressources naturelles.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire : Vous dites... notamment sur la Côte-Nord, bon, ce
n'est pas relié au réseau de Gaz Métro, l'exploitation des puits que vous faites en Gaspésie pourrait
vous amener à fournir du gaz, notamment à la Côte-Nord, de la deuxième, troisième transformation, mais est-ce que vous
avez fait une évaluation des marchés potentiels puis de la rentabilité de ça?
Parce que vous dites : Là, nous, on est
prêts pour démarrer l'industrie, on est prêts à vendre le gaz à petit prix,
voire même à prix coûtant, mais,
éventuellement, là, il va falloir qu'il y ait une rentabilité à ça, parce que
vous ne pourrez pas être au «cost» bien longtemps, là.
Donc, est-ce que vous
avez évalué le marché potentiel puis la rentabilité de ces marchés-là?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Alexandre) : Pour le producteur, nous, le projet Bourque
renferme environ 60 %, 70 % de gaz, 30 % de pétrole et de
condensat. Donc, nous, on est prêts à offrir au coûtant...
M. Gagnon (Alexandre) : Condensat, c'est butane, éthane, propane. Le
butane, c'est les petites bouteilles pour le camping. Propane aussi. Ça, c'est des condensats, et c'est très payant
pour un producteur. Donc, si on peut trouver des clients pour le gaz, nous, nous ferons notre rentabilité
sur la vente du condensat et du pétrole léger qui vient avec la production de
gaz.
Pour la chaîne de
distribution totale, Hatch, la firme d'ingénierie, a fait une étude sur la
rentabilité du projet dans son ensemble, et
des partenaires sont déjà présents dans l'ensemble du projet. Que ce soit nous,
que ce soient des gens comme Tugliq,
Groupe Océan, Exmar, ce sont des gens qui font
partie de ce consortium-là pour
mettre en place cette chaîne de création de valeurs à travers le gaz
naturel liquéfié.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire : ...ou de la commercialisation du gaz, parce que vous
dites : C'est une industrie à relancer. Le potentiel de ça, au Québec, est-ce qu'il est existant? Vous
parlez de deuxième, troisième transformation, vous dites : Si la Côte-Nord
exploitait son plein potentiel dans ces
marchés-là, Gaz Métro ne suffirait pas à la demande. Donc, dans une perspective
aussi de rentabiliser cette ressource-là de gaz... là, je comprends que le
condensat, ça, c'est payant, mais, dans la perspective
d'exploiter et de rentabiliser le gaz... Parce qu'au final, là, ce que je
comprends, c'est qu'on veut aussi qu'il y ait une rentabilité, là. Les
crédits d'impôt, si ça nous amène vers une rentabilité, ça peut être
intéressant.
Est-ce
qu'ici, au Québec, il y a une possibilité d'exploiter, de façon payante, ça où,
là, vous dites : Après ça, c'est le marché nord-américain?
Le Président (M.
Bernier) : M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut y aller par étapes.
Premièrement, il n'y a pas d'infrastructure
en Gaspésie ni sur la Côte-Nord. Ce qu'on dit, c'est : Relions les deux
par une infrastructure maritime, un
consortium aidé par les clients qui signent puis un privé, seulement avec un
signal par contre que c'est possible. Il faut enlever les barrières à
mettre en production puis clairement affirmer qu'on veut exploiter nos
ressources, notamment.
Caire :
...serait le maintien... ou un de ces signes-là serait le maintien des crédits
d'impôt?
M. Gagnon
(Alexandre) : Exact, et d'affirmer cette volonté d'aller vers
l'exploitation des ressources.
Caire :
...puis, excusez-moi de vous interrompre, là, mais, si je vous suis, vous
dites : Un des impacts négatifs de
retirer ce crédit d'impôt là, c'est qu'on envoie un signal négatif sur le
potentiel d'exploitation de nos ressources, de bâtir les infrastructures,
de s'assurer de...
M. Gagnon
(Alexandre) : ...
Caire :
O.K. Donc, il y a aussi ça, puis ça, c'est plus difficile à quantifier,
j'imagine, parce qu'en termes de pertes d'investissement pour vous
j'imagine que ce n'est pas quantifiable.
M. Gagnon
(Alexandre) : C'est
difficile de quantifier quelque chose qui n'existe pas. C'est pour ça qu'on a
pris, dans le passé, ce qu'on aurait perdu si ça avait été mis en place.
Mais ce qu'on dit, c'est que c'est...
Caire : ...puisque
vous connaissez vos besoins financiers.
M. Gagnon
(Alexandre) : Bien, c'est là
que ça devient un incitatif, ces crédits d'impôt là, soit autant pour nous,
comme société, les crédits à
l'exploration, que pour ce qu'on passe aux investisseurs par l'accréditif. Donc, ce sont des outils qui étaient disponibles pour aider à la
valorisation du territoire et pour aider les sociétés d'exploration de plus
petite taille. Dans le fond, ces
outils-là sont nécessaires jusqu'à tant qu'on en arrive à la production. La
journée où est-ce que Pétrolia génère des revenus par la mise en
production, bien ces outils-là deviennent moins importants.
Caire : Donc là,
vous acquérez une certaine autonomie quant au développement.
M. Gagnon (Alexandre) : Exactement.
Caire :
Je comprends. Donc, dans le fond, ce que vous avez besoin, c'est... Vous ne
demandez pas d'avoir ça éternellement, là, vous dites : Donnez-nous
une petite chance pour partir.
M. Gagnon (Alexandre) : Non. Pour
partir, puis ensuite ça pourrait être arrêté, là.
Caire : Et le
potentiel, il est là.
M. Gagnon (Alexandre) : Le potentiel
est là. Nous, nous avons cette certification-là autant pour Bourque, Haldimand qu'Anticosti, qui sont trois
certifications qui sont indépendantes à nous. Dans chacun des cas, par contre,
ce qu'il reste à démontrer de manière tout à fait transparente, c'est le
potentiel commercial, mais pour ça il faut faire des travaux, donc, il faut les
financer et les mener à bien.
Caire : Est-ce
qu'on est capables d'évaluer le potentiel...
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le député.
Caire : Déjà. Mon
Dieu! On se...
Le Président (M. Bernier) :
C'est juste faciliter les enregistrements qu'on soit capables de différencier
les choses. Je comprends que vous êtes en
mode interrogation, ça va, là, mais j'essaie de ne pas vous interrompre pour
que vous puissiez...
Caire : Non. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
C'est juste pour essayer de... Avez-vous d'autres questions?
Caire : Bien oui,
oui, oui, une petite dernière, parce que...
Le Président (M. Bernier) :
Vous avez du temps, vous pouvez y aller.
Caire :
Merci, M. le Président. Ce que je comprends, c'est que, pour le départ, le
gouvernement... Vous, vous dites :
C'est un... vous voyez ça comme un investissement. Mais ce que j'essaie de
voir, c'est est-ce que vous êtes capables dans votre «pitch» de vente de dire au gouvernement : Oui, vous...
tant à travers les crédits d'impôt, mais le potentiel de rentabilité par l'assiette fiscale, qui est
inévitable... Si vous faites des profits, vous payez des impôts. Si vous payez
des impôts, vous êtes profitables pour
le gouvernement. Est-ce que vous êtes capables d'évaluer c'est quoi, l'assiette
fiscale dans laquelle le gouvernement
va pouvoir piger à terme, et donc aller rechercher cet argent-là et avec des
profits pour le contribuable?
Le Président (M. Bernier) :
M. Gagnon.
M. Gagnon
(Alexandre) : Je le
mentionnais un peu plus tôt, le gouvernement
du Québec est le premier bénéficiaire
à l'exploitation des hydrocarbures, il
touche, autant sur le gaz que le pétrole, une royauté sur le brut. Donc, contrairement au minier, qui est sur le net, c'est sur le brut à la tête de puits.
Pour le projet Anticosti, le gouvernement mène actuellement une étude environnementale stratégique qui va
amener un volet économique qui va être un «pitch» de vente pour démontrer
quel est le potentiel
fiscal, notamment pour le Québec, les royautés, les impôts ou la création
d'emplois. Donc, tout ça sera dans l'EES, qui, j'espère, sera annoncée
sous peu.
Pour
Haldimand, je vous ai mentionné que le projet représente en revenus pour nous
environ 420 millions de dollars au prix actuel du baril. Nous avons estimé au taux moyen de redevances
présent dans le budget de mars 2012 que c'est environ 100 millions
de redevances pour l'État, seulement pour les redevances.
Caire : Juste pour
Haldimand.
M. Gagnon
(Alexandre) : Juste pour
Haldimand. Pour le projet Bourque maintenant, qui renferme 1 Tcf de gaz avec les condensats et le pétrole léger, on n'est
pas assez avancés pour l'affirmer, mais on pourrait prendre des hypothèses
de production comme ailleurs et bâtir ce même
scénario là pour savoir combien est-ce que ça peut rapporter éventuellement, mais, encore là, c'est ce que l'on connaît actuellement. Ce que nous, nous disons, c'est : En lançant l'industrie, en
accélérant le rythme, nous allons confirmer de plus en plus de ressources
comme ça se fait ailleurs.
Pour vous
raconter une anecdote; sur le conseil
d'administration d'Hydrocarbures
Anticosti, il y a un cinquième membre indépendant qui ne représente aucune entreprise
ni partenaire, cette personne, c'est M. Kjell Pedersen. M. Pedersen, c'est l'ancien CEO de Petoro. Petoro, c'est le
bras d'investissement du gouvernement de la Norvège dans tous les projets d'hydrocarbures. Donc, nous avons la chance de le
compter comme membre indépendant sur le conseil d'administration d'Hydrocarbures
Anticosti, et il apporte cette vision-là de comment l'État peut développer les
hydrocarbures avec ses deux
chapeaux : d'investisseur et de régulateur. Il l'a vécu, il l'a fait. Il
nous racontait... il s'est fait poser la question : Combien la Norvège a-t-elle produit de pétrole à
ce jour? Il a répondu : Il y a 10 ans, nous avions produit 50 % de nos réserves, aujourd'hui nous avons produit 50 % de nos réserves et,
dans 10 ans, nous aurons probablement produit 50 % de nos réserves.
Tout ça pour vous démontrer qu'en faisant de
plus en plus de travaux on améliore de plus en plus notre compréhension du sous-sol, des complexes en
hydrocarbures qui y sont présents et on augmente la ressource en place et notre capacité à en produire. Bien, pour ça, il
faut faire des travaux, il faut lancer le bal. C'est en ce sens-là que je
réponds à votre question en disant : C'est en faisant des travaux
qu'on va lancer la roue et permettre à elle seule, après ça, de s'entretenir et
de s'accélérer, mais il faut la lancer, cette roue-là.
Président (M. Bernier) : Merci, M. Gagnon, M. Mc Lellan. Merci,
M. le député de La Peltrie. Merci de votre participation fort
intéressante à la Commission des finances publiques.
Je vais donc
suspendre quelques instants afin de permettre au Conseil du patronat du Québec
de prendre place.
(Suspension de la séance à 15 h 3)
Le Président
(M. Bernier) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons
donc reprendre nos travaux et souhaiter la bienvenue au Conseil du patronat du Québec. Bienvenue, M. Yves-Thomas
Dorval et Mme Norma Kozhaya, merci d'être ici cet après-midi. La parole
est à vous pour votre présentation.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Merci, M. le
Président. Merci aux membres de la commission de nous avoir invités pour
commenter le projet de loi n° 28 et répondre à vos questions.
Tout d'abord, peut-être rappeler que le Conseil
du patronat du Québec est une organisation qui regroupe des employeurs, des employeurs soit sur une base
associative soit sur une base corporative, et, lorsqu'on fait nos recensements,
on peut affirmer qu'on représente plus de 75 000 employeurs au Québec — petites entreprises, moyennes, grandes entreprises
de toutes les régions du Québec.
Alors, évidemment, ce projet de loi n'a pas
seulement un angle, il a plusieurs dispositions, donc on a abordé certaines des questions dans notre mémoire. On est
prêts à répondre à toutes vos questions, peu importent les sujets, et je
voudrais également remercier la commission d'avoir interverti... pour des
raisons de mauvais état de route, non pas parce que le gouvernement ne fait pas
des bonnes choses, mais parce que la température est vraiment très mauvaise.
Le Président (M. Bernier) : ...pas
le ministre au climat. C'est au niveau fédéral.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Le Conseil
du patronat appuie les efforts de rigueur budgétaire et le retour à l'équilibre
des finances publiques pour l'année financière 2015‑2016. Il estime que le
Québec n'a pas d'autre choix étant donné l'importance
du fardeau fiscal actuel de ses contribuables comparativement aux autres États
en Amérique du Nord ainsi que de
l'ampleur de sa dette parmi les provinces canadiennes. Il souhaite également
attirer l'attention sur l'importance de la création de richesse comme
moyen pour atteindre et maintenir cet objectif à plus long terme.
part l'importante question du retour à
l'équilibre budgétaire, nous avons commenté brièvement dans notre mémoire quelques éléments du projet de loi qui
interpellent plus particulièrement les employeurs que nous représentons.
Dans les faits, nous avons lancé une
consultation auprès de nos membres, nous avons demandé à nos membres de nous
faire part de leurs
commentaires et nous reflétons la plupart de ces commentaires. Parfois, M. le
Président, ce n'est pas toujours
facile, parce que, dans notre organisation, on peut avoir des organisations qui
sont concurrentes les unes avec les
autres. Alors, notre devoir est d'essayer de trouver des points de convergence.
Alors, ça fait
partie de notre travail. Et, bien sûr, nous sommes
ouverts à recevoir toutes vos questions.
On veut
rappeler dans notre mémoire — et on le rappelle ici — que le Québec connaît des déficits
budgétaires depuis 2009. Plusieurs
ont qualifié ces déficits de structurels. Le Québec se classe au dernier rang
des provinces au
chapitre de sa
dette. Je comprends qu'on peut parler de bonne dette, mauvaise dette, des
dettes d'infrastructure, ça reste des dettes, mais, au-delà de ça, lorsqu'on a un déficit d'opération structurel, ça,
c'est de l'accumulation, dans la dette, constante. Dans les années à venir, pour des raisons démographiques notamment... Et ça, c'est le
point le plus important, parce que, dans toutes
les discussions où on fait... on peut discuter des avantages et des
inconvénients, il y a aussi des incontournables. Le Québec présentement comporte quatre personnes en âge de travailler pour une personne de
65 ans et plus. Dans 15 ans seulement, il n'y aura plus que deux personnes en âge de
travailler, au Québec, pour une personne de 65 ans et plus. Et ça
ne veut pas dire qu'on peut arrêter de
travailler après 65 ans, mais vous comprendrez qu'on a pris juste des
caractéristiques, là, d'âge et
sociologiques. Et ça, ça veut dire que, dans n'importe quel contexte, le développement économique va se faire de façon beaucoup
plus ardue. C'est pourquoi le gouvernement ou les gouvernements actuels doivent absolument trouver des
solutions pour faire en sorte que cette dette, le déficit accumulé, ne se
produise plus.
Nous ferons
face à un ralentissement de croissance économique,
ce qui ne veut pas dire une
réduction, mais un ralentissement de
croissance économique, et à une
hausse certaine des dépenses de façon marquée, plus marquée même que dans plusieurs autres provinces et pays de
l'OCDE étant donné notre structure démographique. Le gouvernement doit
donc faire preuve d'une grande vigilance dans le contrôle de sa dette.
Kozhaya (Norma) : Nous avons
assisté également, depuis quelques années, comme vous le savez, à une multiplication de hausses de taxes et de tarifs,
pensons notamment à la taxe santé et à la taxe sur l'essence, l'indexation
de tarifs et, plus récemment, la diminution
de 20 % de la plupart des crédits d'impôt aux entreprises. De plus, comme
les taux d'imposition au Québec sont
déjà assez élevés, et ce, avant même l'effet du vieillissement dont parlait
M. Dorval, il est contre-indiqué, selon nous, de tenter de générer
davantage de revenus de taxation sans nuire à l'économie.
Par ailleurs,
une fois le retour à l'équilibre budgétaire atteint, le défi est de le
maintenir pour les prochaines années. Le
Conseil du patronat a déjà recommandé l'instauration d'un cran d'arrêt sur
toute nouvelle dépense publique qui ne serait
pas compensée par une réduction équivalente dans les programmes existants et
constate avec satisfaction que le gouvernement a repris à son compte
cette idée, et on l'invite à s'y tenir également. Nous avons également invité
le gouvernement à réviser, dans une
perspective globale, l'ensemble de ses programmes, donc, et des avantages
offerts par l'ensemble des programmes
en les ramenant éventuellement à un niveau comparable à la moyenne canadienne
tant que notre richesse ne surpassera pas celle de la moyenne
canadienne. Le conseil rappelle aussi l'importance de toujours avoir à l'esprit l'impact de différentes mesures
budgétaires, fiscales ou réglementaires sur la compétitivité des entreprises
et, donc, la croissance économique, parce
que seule une croissance économique soutenue permet le maintien de finances
publiques saines.
Le Conseil du patronat salue par ailleurs
l'obligation de publication d'un rapport préélectoral sur les finances publiques pour cinq années financières et la
préparation, par le Vérificateur général, d'un rapport portant sur la
plausibilité des prévisions et des
hypothèses présentées. Un tel rapport non seulement apporte plus de
transparence, mais également est
susceptible de réduire l'ampleur d'éventuelles promesses électorales coûteuses
et irréalistes. On sait que le Québec s'est
doté, au fil des ans, de programmes souvent plus généreux que les autres
provinces, même si on n'avait pas toujours les moyens financiers pour
les soutenir.
Pour ce qui
est de quelques commentaires plus spécifiques, je vais parler de l'attestation
de Revenu Québec dans le secteur de
la construction et pour les agences de placement. Évidemment, les employeurs
appuient fermement les efforts de
lutte à l'évasion fiscale. L'équité est de rigueur lorsqu'il s'agit de
contribuer au trésor. Il s'agit aussi d'éliminer une forme de concurrence déloyale entre des
entreprises qui se conforment à leurs obligations et celles qui ne le font pas.
Il est important toutefois, comme dans tout, de faire preuve de
discernement, de distinguer les entreprises qui abusent du système des entreprises honnêtes et éviter que le
processus de lutte à l'évasion fiscale impose un fardeau administratif
indu aux entreprises.
À ce sujet,
les nouvelles exigences d'attestation dans le secteur de la construction et des
agences de placement soulèvent quelques préoccupations. Le Conseil du
patronat ne s'oppose pas à l'idée d'attestation, nous soumettons cependant quelques commentaires qui contribueront,
nous l'espérons, à permettre à ces nouvelles obligations de mieux atteindre l'objectif sans nuire aux entreprises
honnêtes. En effet, comme on le dit souvent, une réglementation intelligente
vise toujours les objectifs et non les moyens.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Cette
procédure pour obtenir l'attestation semble facile a priori, il faudrait
s'assurer cependant qu'elle le soit
dans la pratique également. Il faudrait examiner aussi la possibilité
d'utiliser de façon optimale les
supports technologiques nécessaires et d'informatiser le processus tant au plan
de l'obtention et de la validation que celui
de la conservation de l'attestation. Nous avions demandé une étude d'impact en
conformité avec la politique d'allégement
réglementaire et administratif, politique qui a été adoptée par le précédent gouvernement
et reconduite par l'actuel gouvernement, et une telle demande a été
déposée vendredi, et nous ne l'avons toutefois pas analysée.
Pour ce qui
est du secteur de la construction, si une telle attestation existe déjà dans
l'octroi des contrats publics, il faut reconnaître que la réalité n'est
pas la même dans le secteur privé, notamment en ce qui concerne la taille des entreprises, la
fréquence, le volume et la valeur des contrats. Dans notre mémoire, nous
soulevons plusieurs irritants et difficultés
d'implantation qui ont été portés à notre attention, mais nous traitons
également... Puisque le temps quand même est limité, nous allons tout
simplement signaler que nous traitons également d'autres sujets dans notre
mémoire, notamment des questions qui ont
trait à la santé, les décisions que le gouvernement veut mettre en place au
secteur de la santé et également
Capital Mines Hydrocarbures, en rappelant que nous accueillons favorablement la
création du Capital Mines Hydrocarbures Québec, qui envoie un signal que
le gouvernement est intéressé par ce secteur.
Devant les
différents défis qui nous guettent, l'augmentation de notre richesse constitue
la seule avenue qui s'offre à nous
non seulement pour maintenir les revenus fiscaux et l'équilibre budgétaire,
mais également notre niveau de vie. Pour
y arriver, un environnement d'affaires favorable, particulièrement en matière
de fiscalité et de réglementation, s'avère nécessaire. Il est clair que le gouvernement du Québec a intérêt à
contrôler ses dépenses courantes, et tout le monde doit faire sa part dans la poursuite de l'équilibre
budgétaire, mais le défi demeure toutefois de faire preuve de discernement
et de regarder à long terme. Merci, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. Dorval, Mme Kozhaya, merci
de votre présentation. Nous allons donc débuter nos échanges. M. le
ministre.
M. Leitão : Merci, M. le Président.
Mme Kozhaya, M. Dorval, bonjour, merci d'être là. Intéressants, comme d'habitude, les propos. Si on veut peut-être
poursuivre un petit peu ce que vous avez commencé, en ce qui concerne les
dépenses de l'État, vous avez mentionné le
cran d'arrêt. Très bien. Il y a aussi la commission de révision de programmes,
qui, elle, est permanente et, donc, qui nous donnera des signaux au fur et à
mesure des ajustements à apporter — tant mieux — mais,
comme vous le savez très bien, le Québec fournit tout un éventail de services
publics qui est assez étendu.
Dans votre
opinion, est-ce que c'est assez, est-ce que c'est beaucoup, est-ce que ce n'est
pas assez, est-ce qu'on devrait avoir
plus, on devrait avoir moins? C'est-à-dire, évidemment, tout dans la vie a un
coût, bien sûr, mais est-ce que la
présence de l'État dans l'économie, que ce soit à travers des services publics
ou autres... Dans votre opinion, est-ce qu'on a été trop loin déjà ou
est-ce qu'il y a encore de la place pour prendre de l'expansion?
M. Dorval (Yves-Thomas) : Je pense
que vous vous doutez...
Le Président (M. Bernier) :
M. Dorval.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, M. le Président. Je pense que le ministre
se doute un petit peu de notre réponse à
ce sujet-là, en disant simplement : Ce n'est pas une question de
dire : Est-ce qu'on en est trop, est-ce qu'on n'en fait pas assez, etc.? En fait, il y a un principe qui
veut qu'on crée de la richesse pour pouvoir après ça la redistribuer et faire
en sorte que, par solidarité, l'ensemble de
la société puisse bénéficier d'un niveau de vie et de qualité de vie
intéressant.
Ce n'est
pas nous, mais c'est le ministère des Finances qui a publié un petit fascicule
juste au début de la commission de
révision sur la fiscalité, et, dans son fascicule, le ministère des Finances
démontre que finalement, si on regarde au plan des ponctions fiscales,
que ce soit pour les entreprises ou les individus — on va prendre le cas
des employeurs, des entreprises — il y a plus éléments de la fiscalité qui est
avantagée au Québec, et ça, il faut le reconnaître. Tu sais, souvent on parle des difficultés qu'on a au Québec. Il faut
reconnaître qu'on a des avantages. Parmi ceux-ci, on parle de taxation sur le capital, impôt sur l'incorporation, et
ainsi de suite, le taux effectif d'imposition sur l'investissement, et ainsi de
suite. Cependant, quand on regarde le
portrait fiscal global, c'est là où le ministère des Finances conclut que,
quand on inclut à ça les cotisations
sur la masse salariale, qui sont là pour financer bien sûr des programmes et
qui sont quand même une charge fiscale et pour le citoyen dans certains
cas, par exemple : régime des rentes du Québec, c'est 50-50; assurance parentale, c'est 40-60; CSST, par contre, c'est
entièrement les employeurs... donc, quand on prend l'ensemble de cette fiscalité additionné à l'ensemble, bien là on se
trouve dans une position où la fiscalité est plus lourde au Québec. Ça, c'est un élément : le
plan fiscal.
Deuxième
élément, en termes de croissance, PIB. Quand on regarde... puis on publie notre
bulletin sur la prospérité chaque
année, et qu'on regarde chaque année où se situe le Québec en termes de PIB par
habitant, à parité de pouvoir d'achat — pour comparer des pommes avec des
pommes — par
rapport aux ensembles des provinces les plus populeuses au Canada, la moyenne canadienne, les pays de
l'OCDE... si on compare au Canada, notre PIB est toujours en bas de la moyenne. En fait, il y a quatre quartiles dans
notre bulletin; c'est le troisième quartile. Or, le Québec bénéficie d'atouts
extraordinaires. Alors, on a un potentiel
qu'on ne libère pas tout à fait, puis on a un PIB, une croissance économique
plus faibles, puis on a une ponction
fiscale globale plus lourde, parce qu'on a des quoi?, des programmes qui, en
général, sont un peu plus généreux, dans certains cas.
Si je prends
spécifiquement les cas des programmes financés pour des cotisations sur la
masse salariale et que vous regardez
tous les programmes, ils sont tous un petit peu plus généreux que la moyenne
canadienne. Ce n'est pas parce qu'ils
ne sont pas intéressants. Ils peuvent produire des résultats. On ne nie pas ça.
C'est pour ça qu'on avait développé le
principe du cran d'arrêt, il y a six ans, au Conseil du patronat, parce qu'on
s'est dit : Ce n'est pas parce qu'on ne doit pas faire des choses et que les gouvernements ne
doivent pas faire des choses, mais, à un moment donné, il y a une limite
à la capacité de payer, il y a une limite à
créer des ponctions, donc il faut regarder puis se comparer. L'étalonnage — en anglais,
le «benchmarking» — est
toujours intéressant. Donc, quand on se compare avec les autres provinces
comparables, on peut regarder puis se
dire : O.K., qu'est-ce qui se passe? Si nos programmes sont plus généreux
et nos revenus sont plus bas, puis
que notre dette est plus élevée, puis que nos revenus fiscaux sont à la limite,
on n'a pas le choix, il faut regarder la générosité des programmes. Peut-être qu'on peut
choisir des programmes qui sont plus généreux que d'autres pour des raisons particulières. Par exemple, on a un
problème démographique, peut-être qu'on peut envisager des programmes plus
généreux pour aider, hein, la croissance
démographique. Mais on ne peut pas faire ça dans tous les domaines, il faut, à
un moment donné, faire des choix.
Alors, nous,
ce qu'on dit, c'est : Regardons la moyenne canadienne. Tant qu'on n'aura
pas un revenu plus important que la
moyenne canadienne, tant que notre dette ne sera pas la plus élevée parmi les
provinces canadiennes, regardons l'ensemble,
réajustons la générosité de ces programmes-là selon les priorités. Donc, le
gouvernement a tout à fait le choix. Si
même le gouvernement veut réintroduire un nouveau programme pour d'autres
raisons tout à fait légitimes, bien à ce moment-là il faut réduire un
autre programme de la même façon. C'est ce qui est le cran d'arrêt. Et,
globalement, ce qu'on se dit, c'est :
Il faut donc revenir à une considération où la générosité de nos programmes
doit être en ligne avec notre
capacité de payer, doit être en ligne avec notre problématique de dette et doit
être en ligne aussi avec les comparables dans un environnement commun
qui est celui du Canada.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Merci, M. Dorval. M. le ministre.
Leitão : Très bien. Merci. Je vous amène maintenant dans un autre...
enfin, continuation de ce même ordre d'idées,
mais en ce qui concerne l'investissement. Évidemment, dans la création de
richesse, l'investissement, surtout et particulièrement l'investissement
privé, est l'élément clé, bien sûr.
Selon vous et
vos membres, quel est le rôle de l'État dans le processus d'investissement
privé? Souvent, on entend dire de la
part d'entreprises : Nous trouvons ce que vous faites, M. le ministre,
extraordinaire, seulement ne touchez pas à ci, ça, et ça, et ça. Bon. Mais, dans un processus d'investissement,
quand une compagnie décide, choisit d'investir, à votre avis, quel est l'élément essentiel de la
part de l'État pour favoriser, pour encourager un investissement additionnel?
Parce que vous nous avez mentionné, avec,
tout à fait, raison, bien sûr, le... nous avons besoin d'accélérer la
croissance économique au Québec pour faire face, entre autres, aux
questions démographiques, qui sont très sérieuses.
Le Président (M. Bernier) :
M. Dorval.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, M.
le Président. La première des choses, en termes d'environnement d'affaires — on vient de parler de fiscalité, je ne
reviendrai pas là-dessus — il y a la question de l'environnement réglementaire.
On a un
environnement plus lourd en matière de réglementation qui génère des coûts
d'administration plus élevés et des délais aussi d'administration plus
élevés que dans bien d'autres exemples, alors c'est pour ça qu'on appuie la politique d'allégement réglementaire, le comité,
sur lequel le conseil siège également, d'allègement réglementaire, qu'on
va poursuivre dans ce sens-là. Ce qu'il faut
juste faire attention, c'est qu'à chaque fois qu'on travaille sur quelque chose
qui existe il se crée toutes sortes de
nouvelles choses. Je pense que l'exemple précis dans le projet de loi, c'est
les nouvelles mesures d'attestation.
On peut bien vouloir alléger la réglementation; si en même temps on en
introduit de nouvelles qui procurent
une administration plus compliquée, plus longue, avec des délais, punitive
parfois, bien là on va à l'encontre de l'idée qu'on compte sur
l'entrepreneuriat puis le développement économique.
Alors, le
premier point, c'est l'environnement, puis je viens de parler de la
réglementation, et là-dessus, spécifiquement, au niveau de
l'administration fiscale, là je vais faire un cri du coeur. On a tendance, malheureusement...
et je vois qu'il y a un ancien ministre des Finances ici, il
y a le ministre des Finances actuellement devant nous, il y a... Souvent, on regarde l'administration, les règlements, etc., par rapport aux entreprises comme si la prémisse de départ, c'est que
l'entrepreneur va essayer de déjouer le
système pour essayer d'éviter le plus possible... et pour même, je dirais...
dans le contexte de la construction,
on l'a vu, avec des possibilités de faire des activités qui ne sont pas
légales ou légitimes, etc. Malheureusement, on oublie que la grande majorité... je ne sais
pas combien il y a de centaines, voire de milliers d'entreprises de construction, petites, moyennes et grandes, ce n'est pas tout le monde qui ont baigné dans des problématiques, mais là il faudrait faire
attention qu'en mettant de la réglementation on ne vienne pas tuer toutes ces entreprises-là
avec de l'alourdissement réglementaire parce qu'il y en a qui n'ont pas été
correctes.
Et là je vais vous faire un autre cri du coeur
qui n'a rien à avoir avec le projet de loi, c'est la fiscalité des entrepreneurs
lorsqu'on veut faire un transfert d'entreprise. Lorsqu'un entrepreneur veut
transférer son entreprise à quelqu'un de sa famille, fiscalement, ça lui revient plus
dispendieux que s'il la vend à un étranger, question d'imposition de gain en capital versus le gain en dividende. À quelque part, quand j'ai posé la question au ministère
des Finances, à travers les périodes, aux anciens ministres
des Finances, on m'a dit toujours : C'est parce
qu'on a peur que l'entrepreneur trouve
une façon d'éviter de... en fait, de payer moins d'impôt en organisant sa
structure familiale, et éviter donc d'avoir une imposition... et d'avoir une imposition plus faible. Donc, dans
l'esprit même de plusieurs personnes au niveau de l'administration, c'est que l'entrepreneur est une organisation qui
éventuellement va essayer de flouer le système — imaginez-vous dans la construction avec tout
ce qui s'est passé maintenant — alors que la réalité, ce n'est pas le cas. Notre système fiscal n'est pas basé
là-dessus, notre système fiscal est basé sur : normalement, l'entreprise...
ou le citoyen, il va faire sa déclaration,
il va faire ça correctement. Alors, imaginez-vous, quand on étend ça maintenant
plus seulement à la fiscalité, mais à
l'administration en demandant des attestations pour vous assurer qu'untel,
untel a bien l'attestation, et ainsi de suite, ça devient très lourd.
Moi, je vous
donner un petit exemple qu'on a vécu chez nous : une pénalité
administrative, à un moment donné, parce
qu'on n'a pas vérifié qu'un numéro de taxe était là dans... Ce n'est pas vrai,
on l'a fait. Quand on a passé un contrat, on l'a fait. Mais, en cours de route,
l'entreprise a été achetée par une autre entreprise, est tombée sur le nouveau
numéro de taxe
de l'autre entreprise, nous, on ne le sait pas, et là on arrive avec une
cotisation en disant : Vous avez une pénalité parce que vous n'avez pas demandé... ce n'est pas
le bon numéro de taxe. Oui, mais on l'a fait au début. Là, ça a changé en cours d'année, puis là on se ramasse avec... on
ne le savait pas, puis là on va se ramasser avec une cotisation. Finalement,
ça a été effacé. Mais toutes les démarches
pour nous pour défendre cet... alors, imaginez-vous ça, à la grandeur du Québec,
des petites entreprises qui n'ont pas toutes
les ressources qu'on peut avoir ou des grandes entreprises quand il y a
beaucoup, beaucoup de... on fait
affaire avec beaucoup de fournisseurs. Et là, si on va dans la construction,
bien, imaginez-vous, un entrepreneur
général qui fait affaire avec plusieurs fournisseurs, le nombre, la fréquence,
la fois qu'il faut rechanger, demander une attestation, faire valider
ça, ça peut devenir très, très, très lourd.
Tout ça pour
dire que l'État a quand même un défi énorme : il faut qu'il encaisse les
sommes dues. Et les entrepreneurs qui agissent de façon loyale et
légale, qui paient leur dû, ils ne veulent pas que d'autres bénéficient de passe-droits, ils ne veulent pas qu'il y ait du
laxisme puis qui fasse en sorte qu'eux autres paient plus cher que l'autre à
côté qui ne joue pas les règles. Donc, la
question, ce n'est pas qu'on ne veut pas des règles puis des règlements, on
veut que le traitement soit très, très, très équilibré, mais en même
temps on veut que ça se fasse d'une façon pour ne pas considérer, en partant,
les entreprises, les entrepreneurs comme des potentiels malhonnêtes, mais
plutôt... Puis, c'est intéressant, il y a des
économistes autour de la table, M. le Président, il y a eu un colloque, au mois
de septembre, international avec 300 économistes à l'échelle de la
planète qui ont discuter de comment est-ce qu'on pouvait faire repartir l'économie à travers la planète, et,
qu'on soit un économiste de gauche, un économiste de droite ou un économiste
de centre, qu'on soit en Asie, en Amérique
latine, en Europe ou en Amérique du Nord, il faut développer l'entrepreneuriat,
c'est le coeur du succès de croissance économique, et, pour ça, ça prend un
environnement fiscal, un environnement réglementaire.
Et, quant aux
aides financières, parce que l'État doit intervenir dans les aides financières,
on a déjà dit à quelques reprises — je vais terminer là-dessus,
M. le Président : Il y a quatre éléments qui nous apparaissent avoir un
levier extrêmement important : tout ce
qui touche à l'innovation, parce qu'on est juste 8,3 millions d'habitants,
ça fait qu'il faut innover si on veut
concurrencer; tout ce qui touche l'amélioration de la productivité, parce qu'on
est moins productifs au Québec, donc il faut améliorer notre
productivité si on veut réussir; tout ce qui touche la réduction de l'empreinte
environnementale, parce qu'on n'aura pas le choix, dans le commerce futur, dans
l'environnement futur, d'avoir une meilleure performance environnementale; et
la commercialisation, parce que c'est beau faire de la R&D; si on ne la commercialise pas, la commercialisation à
l'international... Encore une fois, avec 8,3 millions de population, il
faut qu'on fasse de l'exportation.
Alors, dans
tout ça, là, je vous ai donné les quatre leviers principaux sur lesquels on
doit aider financièrement les entreprises.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Dorval. M. le ministre.
Leitão : Très bien. Merci beaucoup. En effet, les quatre leviers, on
s'est déjà parlé souvent à cet égard-là, et ce sont de très bonnes idées. Vous n'avez pas mentionné, dans votre
liste d'obstacles potentiels, le niveau de taxation, surtout l'impôt sur le revenu des entreprises.
Seriez-vous d'accord maintenant pour dire qu'au Québec en particulier, au
Canada en général, le Québec en particulier,
si on prend l'impôt sur le revenu... faisant abstraction de toutes les autres
charges qui peuvent être très lourdes, mais l'impôt sur le revenu, nous
sommes maintenant dans une position qui est généralement concurrentielle avec
nos voisins?
M. Dorval (Yves-Thomas) : Tout à
fait. Dans notre bulletin sur la prospérité, on fait...
Le Président (M. Bernier) :
M. Dorval.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Je vous
remercie, M. le Président. Je vais trop vite. Tout à fait. Dans notre bulletin
sur la prospérité, on parle des forces puis
des faiblesses; parmi les forces, les taux d'imposition, effectivement. De
façon plus précise, quand on regarde
ces éléments-là, on a vraiment une situation concurrentielle intéressante.
Évidemment, il y a des différences
entre les PME puis les grandes entreprises par rapport aux autres PME puis les
autres grandes entreprises, mais c'est le fardeau fiscal global, à la
fin, qui touche... Puis, comme je vous ai mentionné, on paie 45 % de plus
de cotisations sur la masse salariale que la
moyenne canadienne, donc, quand on rajoute ça sur l'ensemble du fardeau fiscal
des entreprises, bien là c'est là que,
malheureusement, on n'est pas en concurrence. Mais, en termes d'impôt
corporatif, oui; la taxe sur la capital, oui.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Leitão : Un dernier élément, parce que je vois que mes collègues
veulent aussi poser des questions et je prends déjà...
Le Président (M. Bernier) :
Tout le monde veut poser des questions.
Leitão : Tout le monde lève la main. Mais moi, j'ai encore une
question que j'aimerais vous amener dans cette direction-là, c'est un peu continuer dans la même trajectoire. Une chose
qui me préoccupe beaucoup, moi, et je suis sûr que mon prédécesseur aussi, et tous les autres ministres des Finances au
Canada et ailleurs, c'est la compétition fiscale. On voit beaucoup d'entreprises, surtout les
grandes entreprises, qui jouent à juridiction a contre juridiction b : Si
tu ne me donnes pas ci, je vais aller
là. Comment vous, donc représentants du patronat, voyez l'évolution de cet
élément que moi, je trouve dangereux? Comment vous voyez des moyens de
contrer ce dérapage?
Le Président (M. Bernier) :
M. Dorval, une courte réponse.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : C'est une
réalité, puis M. le ministre a énoncé une problématique qui est une réalité.
On le voit aux États-Unis actuellement, on
fournit beaucoup d'incitatifs pour réindustrialiser, hein, on fournit toutes
sortes de choses. Et il y a des ententes de libre-échange de plus en
plus qui s'établissent pour essayer de mettre en place des mécanismes de régulation, si j'allais dire, pour
faire qu'on ait des comparables dans le libre commerce. C'est une réalité,
et je ne le cache pas.
Et l'autre
réalité, c'est que, encore une fois je le répète, le Québec, c'est juste
8,3 millions d'habitants. Une ville comme New York toute seule,
c'est 8,5 millions d'habitants. Alors, vous comprendrez que, nous, un
autre problème qu'on a, c'est qu'on n'a pas
nécessairement la masse critique. Notamment au niveau des donneurs d'ouvrage
publics, on n'a pas la masse
critique. On l'avait pour Hydro-Québec. On ne l'a pas nécessairement aussi
grande que la Défense américaine ou
la NASA au niveau de l'aérospatiale, etc., donc on fait face à ces enjeux-là.
Alors, le gouvernement n'a pas le choix que d'essayer de trouver des façons, des leviers. C'est pour ça que la
stratégie de grappes industrielles aussi est intéressante, de faire en sorte qu'on ait des écosystèmes, parce
qu'il peut y avoir des économies puis d'un intérêt d'être ensemble. Mais
en même temps, au plan de la fiscalité
internationale, c'est des démarches qui sont vraiment, au plan international,
difficiles à, je dirais, équilibrer
pour nous aussi qui sommes, dans le fond, un grand, grand pays, si je parle du
Canada, et quand même une population
relativement restreinte avec un marché commun et un marché interne relativement
restreints, d'où l'importance pour nos entreprises d'exporter.
Mais je vais
vous donner l'exemple du domaine de l'acier, l'acier qui est sorti public il y
a deux semaines, qui a dit :
Écoutez, on fait face à une problématique de réglementation puis de «Buy
America», etc. L'entreprise et les entrepreneurs...
puis je pense, entre autres, à M. Dutil, de Canam Manac, qui est sorti
publiquement en disant : Écoutez, nous,
on peut construire la prochaine usine au New Hampshire, on peut la construire
dans le Maine puis on va desservir tout
ce qu'on a à desservir comme territoire. Il ne parlait pas au nom de ses
poches, il ne parlait pas au nom des investisseurs, ça ne fait pas de différence, il parlait à sa
responsabilité sociale par rapport aux travailleurs au Québec en disant :
Moi, si je défends l'acier au Québec,
là, c'est pour les travailleurs du Québec. Alors, il demandait, dans le fond,
l'intervention du gouvernement.
Comment le gouvernement peut-il intervenir, que
ce soit fédéral ou provincial, par rapport à la dynamique du «Buy America»? C'est tout un dossier. Je me
souviens, dans les années... moi, j'ai été impliqué dans le domaine du bois
d'oeuvre, puis ce n'est pas évident. Alors, on doit tous travailler ensemble, M.
le Président.
M. Leitão : Très bien. Merci.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Dorval. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Merci,
M. le Président. M. Dorval, Mme Kozhaya, merci d'être là avec nous
aujourd'hui.
Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais, la
semaine dernière, on a publié l'analyse d'impact réglementaire particulièrement en ce qui touche les attestations
du ministère du Revenu, et l'agence, Revenu Québec, note qu'il y a des problèmes et particulièrement dans l'industrie de
la construction et avec les agences de placement de personnel, et il y a
toute une liste de problèmes auxquels ils
font référence : l'utilisation de fausses factures; démarrage et fermeture
à répétition d'entreprises; travail
au noir; l'approbation de fonds; réclamations indues; cessation d'activités
d'une entreprise à la suite d'interventions
de Revenu Québec; recours à des sociétés-écrans dans le but de réaliser des
activités illicites ou de mettre des
actifs à l'abri du fisc; la collusion et de nombreux litiges fiscaux. Et ça
continue. Et une solution à ça semblerait une imposition d'obtenir une attestation du ministre du Revenu. Et Revenu
Québec, dans son analyse, nous dit que pour une entreprise, que ce soit dans la construction ou agence de placement, ça
coûterait environ 184 $ par année pour demander, quatre fois par année au maximum, l'attestation et
la transmettre au donneur d'ouvrage et aussi pour vérifier la validité
et l'authenticité des attestations reçues.
J'aimerais
savoir quelle est votre opinion sur ce rapport et aussi quelles autres
solutions vous pouvez peut-être nous présenter quant aux problèmes qui
ont été listés et soulignés par Revenu Québec.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme Kozhaya.
Kozhaya (Norma) : Oui. Tout
d'abord, vous avez complètement raison, il y a beaucoup de problèmes. Et on
a vu l'étude d'impact vendredi. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de la
regarder comme il faut.
J'ai
l'impression que c'est un petit peu optimiste d'évaluer seulement ça à
180 $, puisque... ça m'avait frappée, mais, bon, je ne suis pas en mesure de me prononcer sur : Est-ce
que c'est ça, ce que ça coûte? Et c'est pour ça que, comme j'ai dit, l'idée d'attestation, on n'est pas
contre. Par contre, et je suis certaine que vous avez peut-être entendu des
entreprises de la construction, si on
parle, par exemple, aux pénalités — on donne un exemple dans notre mémoire,
parce que des membres nous ont fait
part... — on voit
qu'il y a une multiplication de pénalités : par exemple, si l'entreprise
n'a pas obtenu l'attestation et
ensuite si elle a reçu des montants parce qu'elle n'a pas obtenu... les
pénalités s'ajoutent et s'additionnent. Et tout ça, c'est quand même un oubli administratif, donc, on ne parle
pas ici de fraude ou de connivence, parce qu'on est
tous d'accord que, dans les cas de fraude, il va y avoir des pénalités
conséquentes. Ici, on parle d'une question administrative, donc une attestation
qu'on n'a pas, peut-être parce que le personnel a changé et qu'ils ne l'ont pas
obtenue. Et on propose, par exemple, aussi que... mettons, pour des entreprises
suspectes, qu'il y ait un suivi serré, qu'il
y ait une vérification mais qu'à un moment donné on évalue aussi si une
entreprise est exemplaire, parce qu'il y en a plein — la
majorité des entreprises sont honnêtes, il faut le rappeler — par exemple, qu'il y ait une sorte de
certification.
y a aussi le problème... les entreprises qui font des soumissions, le... je
m'excuse de l'anglicisme, le «timing» ou comment... le renouvellement de l'entreprise par rapport à leurs
contrats. Donc, c'est des problématiques qui ont été portées à notre attention, que c'est une réalité dans le
secteur de la construction, qui est déjà un secteur ultraréglementé, donc,
qui s'ajoutent. C'est juste tenir compte de
cette réalité-là et voir comment les entreprises et Revenu Québec peuvent
travailler ensemble pour, justement, quand il y a des problèmes,
détecter les problèmes et remédier aux problèmes mais que les entreprises
honnêtes ne soient pas indûment pénalisées.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Il reste deux minutes. M. le député de
Portneuf, vous manifestez...
Matte : Merci, M. le Président. Rapidement, parce qu'avec seulement
deux minutes c'est court. Mme Kozhaya, vous
avez mentionné dans votre préambule, dans votre petit laïus qu'il y avait des
problèmes au niveau de l'évasion fiscale et aussi une compétition déloyale particulièrement au niveau de la
construction. J'aimerais que vous puissiez élaborer davantage, d'une part, et, deuxièmement, nous dire
est-ce que vous avez des moyens à suggérer pour pouvoir contrer ces deux
éléments-là.
Le Président (M.
Bernier) : Mme Kozhaya.
Mme Kozhaya (Norma) : Donc, tout d'abord, comme j'ai dit que nous appuyons complètement les
efforts de lutte contre l'évasion
fiscale et qu'effectivement, pour les entreprises honnêtes, l'évasion fiscale,
c'est aussi un problème tout autant
que pour le gouvernement, donc, c'est ce que je voulais soulever dans ces... Il
y a eu certaines propositions par des
entreprises de la construction quant à la vérification qui peut être faite par
Revenu Québec, quant, par exemple, à
la question de certification, quitte à ce qu'une entreprise qui n'a pas rempli
ses obligations... qu'il y ait une révocation de cette certification. Donc, il y a des éléments qu'on pourrait
peut-être aussi vous les faire... qui ne sont pas dans notre mémoire,
mais qu'on pourrait vous faire parvenir si ça vous intéresse.
Le Président (M.
Bernier) : Une courte question, M. le député? Oui, oui,
allez-y, monsieur.
M. Drolet :
...M. le Président. Vous avez mentionné tantôt dans votre présentation que vous
faites
partie du comité de l'allègement
réglementaire, puis, moi, bien ça m'interpelle beaucoup parce qu'on est
là-dessus présentement et puis...
Mais est-ce que ça va bien? Est-ce que les employeurs, dans l'ensemble, que
vous consultez... Parce que vous avez dit tantôt que, vous, quand vous les
consultiez, ce n'est pas tout le monde qui est d'accord avec différentes façons
de faire, peu importent les décisions qu'on prend, nous, ou vous, de
votre côté, par rapport à vos opinions. Mais est-ce que ça s'aligne vers une
bonne pratique? Est-ce que vous avez des bons commentaires à date là-dessus?
Le Président (M.
Bernier) : Courte réponse, M. Dorval.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Ce comité a commencé dans les précédents
gouvernements, a été poursuivi, et de façon
générale il y a un travail très intéressant qui est fait, parce que les
sous-ministres des ministères siègent au comité. Donc, lorsque les
décisions se prennent, elles sont automatiquement cooptées et, je dirais,
intégrées.
Cependant,
ce qu'on disait, c'est qu'il faut faire attention. Je vous donne un
exemple : la question des permis de boisson dans les restaurateurs. Ça fait, je pense, 15 ans qu'on en
parle, on en a parlé, le comité est d'accord, le rapport a été remis; le gouvernement, il y a eu un projet de
loi, il y a eu deux projets de loi, il y a eu des changements de gouvernement, mais, imaginez quoi?, on n'a
toujours pas réglé la question des permis de boisson pour les restaurateurs.
Alors, malgré les efforts, c'est lent.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau, porte-parole
officiel en matière de finances.
Marceau : Merci, M. le Président. Mme Kozhaya, M. Dorval,
bonjour, bienvenue, merci pour votre mémoire et votre présentation.
Premièrement,
sur les coupes dans les crédits d'impôt, vous avez une ligne dans votre
mémoire. Juste avant vous, Pétrolia est venue nous dire que ça avait un
impact sur son programme d'exploration. La semaine dernière, on a eu l'Association de l'exploration minière du Québec
qui nous a dit la même affaire. Y a-t-il d'autres secteurs d'activité dans
lesquels, là, il y a peut-être des ajustements
à apporter, où ça semble avoir un impact à la baisse sur l'activité économique?
Le Président (M.
Bernier) : M. Dorval.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Oui. Bien,
écoutez, tout d'abord, je vous dirais qu'il y a plusieurs crédits d'impôt
notamment en recherche et développement,
notamment en informatique, jeux vidéo, etc., qui ont été touchés, et... pense
qu'il y a eu
énormément de représentations qui ont été faites devant la commission de
révision sur la fiscalité. J'ai bien hâte
de voir le rapport. C'est très bientôt, je pense, alors on va suivre ça de très
près et voir comment le gouvernement, dans
son prochain budget, va mettre en... je dirais, va intégrer les recommandations
qui sont faites dans ces mesures-là.
C'est vrai qu'au Québec — on va
garder toujours les questions de forces et faiblesses, si vous me permettez, M.
le Président — on
est l'endroit où on investissait... par exemple, en R&D, probablement un
des endroits où qu'on investissait le plus au Canada, si ce n'est pas même à
travers la planète. Dans notre bulletin sur la prospérité, là, on figurait, là, en haut de la liste, là, en termes
de dollars investis en R&D au Québec, notamment parce que nos gens et nos
universités ont été très, très, très bons, là, très, très bons pour aller
chercher les crédits d'impôt au fédéral aussi pour investir au Québec. Cependant, on s'est aperçus aussi que,
malheureusement, on n'était pas aussi bons dans l'innovation qu'on l'était dans les... des dépenses de R&D.
Alors, ça, c'était une préoccupation qu'on devait avoir. Le gouvernement
fédéral a revu ça avec un comité. Le
gouvernement provincial a commencé à revoir cette question-là. Et nous, on
croit que certains secteurs sont plus
touchés que d'autres, je pense, entre autres, au secteur, par exemple,
informatique. Vous aviez les gens du pétrolier tout à l'heure qui
parlaient des accréditives, et ainsi de suite. Il y a sûrement des impacts.
Évidemment,
il est trop tôt pour nous... puis il faut toujours faire attention de crier au
loup puis de dire : Ah! c'est épouvantable,
l'industrie va tomber, puis etc. Il faut prendre le temps de regarder ça et
surtout avoir l'ouverture et de corriger les choses si on s'aperçoit qu'il y a des secteurs économiques qui peuvent
en bénéficier, et ça, moi, je n'ai pas de doute qu'il n'y a aucun gouvernement qui veut faire les bonnes choses. Des
fois, on va vite, des fois on prend des décisions sur la base de
certaines informations, puis il y a de nouvelles informations, puis il y a
l'expérience qui nous amène ça.
Mais ce qui
nous inquiète le plus à travers ça, c'est que, les entreprises, ce qu'elles
cherchent d'abord et avant tout,
c'est la prévisibilité, et la prévisibilité, ça, ça veut dire qu'on pense faire
un investissement puis que l'environnement, entre autres, fiscal ou réglementaire dans lequel on est assez
prévisible, donc on peut aller de l'avant parce qu'on escompte un retour sur notre investissement. Dans le
domaine des ressources naturelles, c'est vrai pour les hydrocarbures, mais ça a
été vrai pour le domaine minier, ça a
beaucoup nui parce qu'il y a eu beaucoup, beaucoup de débats où on changeait...
est-ce qu'on va changer la tarification, les
redevances, les ci, la réglementation, ce qui fait en sorte qu'à la fin
l'investisseur va être très, très,
très froid par rapport aux investissements tant qu'il n'aura pas un portrait
très clair, prévisible, parce que, quand
on fait un investissement dans le secteur des ressources naturelles, ce n'est
pas pour seulement deux, trois ans, c'est pour 25, 50, 100 ans. Alors, c'est sûr qu'à ce moment-là la
prévisibilité est importante. Puis je dois dire sincèrement que, de ce
côté-là, encore là, on a des améliorations à faire, au Québec.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Dorval. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Merci, M. Dorval. Réponse très, très complète. Je vous en demanderais
peut-être une un peu moins complète
ou, en tout cas, un peu plus courte pour la prochaine, parce que je veux faire
trois questions avant de passer la parole à ma collègue.
Sur les CLD,
la gouvernance de développement économique local et régional — votre mémoire en discute un peu à la page 9 — il y a certaines personnes qui ont suggéré
que, pour s'assurer d'une saine gouvernance, soient mis en place des
comités d'investissement, ce qui n'est pas prévu présentement par la loi, des
comités d'investissement de manière à créer
une saine distance entre les élus locaux, qui seront ultimement responsables
d'octroyer des aides financières, et
les projets eux-mêmes, donc de créer une distance, parce que, bon, on le sait,
les élus ne sont pas toujours les personnes les mieux placées pour
attribuer des aides financières dans différentes communautés locales.
Est-ce que
vous êtes d'accord ou pas avec cette idée, qu'il faudrait améliorer la
gouvernance prévue dans le projet de
loi n° 28 quand on s'apprête à confier aux... le soin du développement
économique puis le soin d'octroyer des aides financières?
Le Président (M. Bernier) :
M. Dorval.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : On n'a pas
fait l'examen, M. le Président, de cette recommandation-là spécifique. Je vous dirai que je comprends pourquoi il y en a
qui veulent ces éléments-là. Ça dépend toujours de la région, ça dépend toujours de ce qui se passe. Chose certaine, si,
au Québec, on décide de prendre le pari que les élus municipaux vont être
en mesure de répondre aux besoins des
collectivités puis qu'ils vont avoir les outils et les instruments, bien c'est
une façon de procéder.
Puis, je vais
vous dire, contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, je fais
le tour des régions. Et j'étais dans
une région récemment, là, très peu populeuse où l'économie n'est pas très
forte, là, et puis ils avaient cette crainte
que... pas que les municipalités ou que les élus municipaux n'étaient pas
corrects, mais que ça devienne un débat entre certains élus pour, dans le fond, saupoudrer. On prend une tarte
puis on dit : O.K., chacun va avoir sa portion de tarte. Ce n'est pas nécessairement au mérite des
besoins, mais c'est davantage pour des intérêts politiques. Puis moi, je
connais aussi beaucoup d'élus municipaux qui sont capables aussi de faire, avec
du leadership, les bonnes décisions. Alors,
qui sommes-nous aussi, là, pour dire exactement quel est exactement le meilleur
modèle? Je ne le sais pas. Il y a une
proposition qui est faite, parce qu'il y a des gens qui sont inquiets — probablement que c'est le cas dans certaines
régions — puis
il y a d'autres régions qui sont capables de le faire aussi.
Alors, la
seule chose que je pourrais vous dire là-dessus, c'est que le problème, c'est
qu'il y a beaucoup de monde là-dessus,
c'est qu'il y en a beaucoup trop, d'organisations. Et il y a même des
organisations d'aide au développement aussi qui se rajoutent à ça, hein?
On a vu des sondages, dans certaines régions, où est-ce qu'on était rendus avec
une soixantaine d'organisations d'aide au développement. Ça fait beaucoup de
monde, ça.
Alors, l'idée de rationaliser tout ça,
de ramener ça... Puis, s'il y a un débat avec les municipalités, là, je vais
laisser le gouvernement débattre de ces questions-là avec les
municipalités.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. Dorval. M. le député de Rousseau.
Marceau : Parfait. Je suis plutôt d'accord avec le fait que...
C'est le danger de saupoudrage, moi, qui m'inquiète plus, c'est n'est pas le
népotisme, ce n'est pas le fait qu'on veuille favoriser quelqu'un, un ami, là.
C'est le fait qu'on veuille favoriser sa municipalité et puis qu'on ne
tienne pas compte des avantages qu'il y a pour l'ensemble de la région à attribuer, à choisir un projet. Alors, on a les
mêmes préoccupations. Et présentement le projet de loi est silencieux... alors,
bon, moi, j'espère qu'il en sera tenu compte dans les amendements qui nous
seront éventuellement proposés.
vais finir par un commentaire avant de céder la parole, je veux juste revenir
sur la question de l'attestation de Revenu
Québec pour le secteur de la construction. Vous êtes favorables à cette attestation-là, mais vous dites : Dans le fond, les modalités pourraient être revues, en tout cas on pourrait y réfléchir, de
façon à s'assurer qu'il y ait un fardeau réduit pour les
entrepreneurs. Puis je très sensible à cela. Je peux vous dire que d'autres
sont venus et qu'ils nous ont dit la même chose, entre autres l'Association
des professionnels en construction et habitation du Québec, et puis même, parallèlement à ça, pour la mise en place des
modules d'enregistrement des ventes dans les bars et restobars, le même
genre d'enjeu a été soulevé. Alors, la chose
que je voudrais vous dire, c'est la suivante : C'est que, premièrement, nous, on va porter les préoccupations que vous exprimez dans votre mémoire et on va poser des questions au ministre
lors de l'étude détaillée. Par ailleurs, ça serait bien que vous nous transmettiez votre compréhension puis
votre analyse de l'analyse d'impact qui a été mise en ligne vendredi
dernier, de manière à ce qu'on puisse, justement, réagir.
D'ailleurs,
pour finir sur ce point-là, moi, j'invite Revenu Québec à passer une par
une les recommandations qui ont
été faites par vous puis par les autres partenaires puis à nous dire pourquoi
ce n'est pas une bonne idée, pourquoi ça ne permet pas d'arriver à l'objectif
qu'on s'est fixé, de façon à ce qu'on ne perde pas trop de temps rendus à
l'étude détaillée. Alors, peut-être donner une réponse claire à chacune des
recommandations et des suggestions qui sont faites.
Alors, je m'arrête
là-dessus. Je vous cède la parole, si vous le voulez bien.
Président (M. Bernier) : Je veux, simplement pour... dans la
continuité des demandes du député de Rousseau, si vous avez un document à produire, de nous l'adresser au niveau du
secrétariat de la Commission des finances publiques pour que nous
puissions le redistribuer aux membres qui participent à cette commission. C'est
bien? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci. Alors, bienvenue à vous deux. Votre mémoire ne
traite pas du
chapitre VI du projet de loi, qui est la hausse des tarifs de garde, en tant que tel, et j'aurais aimé
ça vous entendre, justement, parce qu'il y aura des impacts. Certains
groupes nous ont parlé des impacts qu'il y aura sur cette modulation, et vous
n'en faites pas du tout mention, alors j'aurais aimé ça vous entendre
là-dessus.
Le Président (M.
Bernier) : M. Dorval.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, M. le Président. D'abord, on représente
des employeurs, et vous comprendrez que,
les premières propositions qu'on fait ou les commentaires qu'on va faire, on va
les axer surtout sur : Des employeurs nous ont fait part de leurs préoccupations x, y, z. Vous soulevez la
question, et nous sommes ouverts pour en répondre.
Première
des choses, c'est que, quand on a fait des mémoires dans le passé, et on l'a
fait encore récemment au gouvernement
ou à une commission de révision sur la fiscalité... On croit beaucoup à
l'importance de la transparence de l'information,
etc. Puis la meilleure façon aussi que ça se fasse, c'est que les gens soient
bien conscients des coûts associés à
tel ou tel programme. Pour ça, ça fait en sorte que les gens sont, je dirais,
plus responsables lorsqu'on parle de ces coûts-là. Nous, on a regardé... lorsque les garderies ont
été mises en place, ça avait un certain coût, et, avec le temps, le coût a pris
un accroissement exponentiel beaucoup
plus grand que le coût de la vie puis beaucoup plus grand que la capacité, je
dirais, de l'État à... de ses propres
revenus pour, je dirais, supporter ou appuyer le coût. Alors, nous, notre
position, c'était de dire : Il faut
que, à quelque chose comme dollar constant, là, la contribution des parents
demeure quand même... Et d'ailleurs je pense que le gouvernement
précédent avait fait, dans son dernier budget, une proposition dans ce sens-là.
vous tombez sur la question de la modulation, et, honnêtement, là-dessus, on
n'a pas, nous, de position plus particulière
que de dire que de façon générale, en autant que la sensibilisation se fait,
comment aller chercher ces... je dirais, c'est la responsabilité de l'État, mais la question de la modulation des
coûts doit se faire dans une perspective globale, financière. Si on a déjà un impôt progressif, et
c'est la mesure avec laquelle généralement, hein, l'État va aller chercher les
revenus dont il a besoin, outre la
tarification à l'usage, qui peut être une autre façon aussi... mais, quand on a
l'imposition progressive, bien on va
chercher, chez les gens qui gagnent davantage, leurs contributions. Est-ce
qu'on peut le faire? Puis on l'a fait
dans certains domaines. Ce n'est pas le premier, là... ce n'est pas le premier
domaine avec... Comment ça se fait,
tout ça? L'arbitrage, évidemment, le gouvernement doit le faire. Nous, on ne
prétend pas qu'on a la compétence de
tout répondre à ces questions-là. Il y a des principes, puis peut-être que ça
respecte le principe puis que ça s'en va dans un tout. L'impôt santé, ça a été fait de façon progressive aussi. Alors,
toutes ces choses-là doivent être prises en considération. Chose certaine, M. le Président, on ne peut pas
laisser la contribution ne pas augmenter alors que les coûts augmentent de façon importante, parce qu'à ce moment-là on
perd la connexion entre la contribution parentale et le service qu'il reçoit.
Alors, pour nous, ça, c'est important.
Pour le
reste, il faut toujours protéger... puis on a le crédit de la solidarité fait
pour ça, il faut toujours protéger les
citoyens à faibles revenus. Puis, en plus de ça, on a des crédits d'impôt
maintenant fédéral, ou etc., qui se
rajoutent là-dessus. À la fin, peut-être que la somme d'argent
n'est pas nécessairement très significative pour ceux qui en
subissent...
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Bien, écoutez,
j'aurais aimé aussi vous entendre parler sur la présence des femmes en milieu
de travail. Est-ce que
le fait de cette modulation-là aura aussi un impact peut-être
sur certains couples de décider de... plutôt qu'un des deux reste à la maison, puisque c'est un des impacts dont on
nous a parlé ici? Et ça, comme employeur, ça, ça a un impact au
niveau de la main-d'oeuvre disponible. Alors, ça aurait été sur ce point-là que je me serais
attendue à... mais je ne reviens pas là-dessus.
Vous
nous parlez des pharmaciens, dans votre mémoire. On en a beaucoup entendu parler ici, des pharmaciens. Vous, d'ailleurs, je vous cite, vous nous dites
que «[nous] soulignons que les pharmaciens propriétaires sont des entrepreneurs
qui oeuvrent sur une base locale et qui
contribuent à la vitalité économique de nos villes et [...] nos villages»,
donc, le maintien en région, justement,
de services est important, mais vous nous dites que vous souhaitez que soit
harmonisé pour tous les Québécois le
régime d'assurance publique et privée, en tant que tel. Est-ce que vous
pourriez nous expliquer votre vision là-dessus?
Le Président (M.
Bernier) : Mme Kozhaya.
Mme Kozhaya (Norma) : Merci, M. le Président. C'est par rapport aux nouveaux actes, parce
qu'on sait qu'en ce moment, bon, le
régime d'assurance médicaments, les personnes assurées dans le régime public,
c'est à peu près 40 %, et à peu près 60 % sont assurées dans
le secteur privé par des assurances collectives qui sont, en grande partie,
souvent payées par les employeurs aussi, et
les tarifs et les honoraires ne sont pas toujours les mêmes, parce que le
gouvernement a un certain pouvoir de
négociation que les entreprises privées n'ont pas, nécessairement. Donc, on se
dit que, pour les nouveaux actes qui
ont été introduits, je crois, par le projet de loi n° 41, donc qui ont été
introduits récemment, pour ces nouveaux
actes là, il y ait la même tarification pour le régime privé et pour le régime
public pour que les coûts pour les assureurs,
pour les employeurs, donc, dans le secteur privé soient comparables. Donc,
c'est essentiellement en ce sens-là. On
sait également que dans le secteur privé il n'y a pas une disposition qui
existe dans le secteur public — mais ça, ce n'est pas dans le projet
de loi — par
rapport au prix le plus bas.
Donc,
en tout, ce qu'on dit finalement, c'est que, dans toute cette question-là, il y
a plusieurs questions qui sont interreliées,
et évidemment on comprend la volonté du gouvernement de chercher des économies.
En même temps, il y a des questions
par rapport, donc, aux coûts que ça représente dans le secteur privé. Il y a
aussi, également, donc, la question de...
c'est qu'on veut aussi qu'il y ait de nouveaux médicaments qui soient sur le
marché, parce que, l'innovation, on sait que ça aide et que les
pharmaciens et les pharmaceutiques, ça apporte aussi un soulagement, donc, dans
le...
Le Président (M.
Bernier) : Mme Kozhaya, merci.
Mme Kozhaya
(Norma) : Merci.
Président (M. Bernier) : Nous allons poursuivre nos discussions
mais avec cette fois-ci le député de La Peltrie. La parole est à
vous, M. le député.
Caire : Merci, M. le Président. Bien, je vais faire du pouce
sur la question de ma collègue, parce que ce que je comprends, c'est qu'il y a une négociation avec les pharmaciens et le
secteur public pour le remboursement des honoraires des pharmaciens, mais comment ça se passe au
niveau des assureurs privés? Chaque compagnie va faire sa négociation ou...
Comment les tarifs sont fixés? C'est fixé par chaque pharmacie? Comment ça se
passe?
Le Président (M.
Bernier) : M. Dorval.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, M. le Président. Il n'y a pas de
négociation dans le secteur privé, et là-dessus il faut comprendre aussi qu'il y a des lois anticoncurrence, hein?
Alors, comment voulez-vous que des assureurs privés se mettent ensemble pour commencer à négocier avec
les pharmaciens, etc., des choses pour l'ensemble des assureurs? Parce que, là, il y a toute la question de :
Est-ce que ça devient un monopole, un oligopole, un contrôle, etc.? L'État, ça
en est un, il a un certain monopole,
alors lui, il le fait. Pour les entreprises, ils ne l'ont pas. Tout ce
dossier-là, là, de médicaments, de
coûts à la santé, moi, ce que je reconnais, ce que le conseil reconnaît, c'est
l'effort que le gouvernement veut
mettre à essayer de faire en sorte... parce que la croissance du budget de
l'État en santé augmente tout le temps, et, parmi les différents éléments, il y a les salaires, la
rémunération des professionnels, il y a le coût des médicaments, et ainsi de
suite.
Donc, c'est
tous des éléments... et le gouvernement essaie, par toutes sortes de façons,
d'arriver à faire en sorte de
ralentir... ne pas la descendre, mais la ralentir, la croissance, et cette
question des médicaments rentre en jeu à ce moment-là, puis là il y a
des parties prenantes différentes, parce qu'il y a les compagnies
pharmaceutiques qui produisent des médicaments,
qui font de la recherche, etc., il y a les pharmaciens propriétaires qui en
font, je dirais, la vente, la distribution mais aussi qui font l'acte professionnel de conseiller au niveau de la
thérapie, de l'administration médicamenteuses, il y a le prescripteur
qui est le médecin. Alors, c'est beaucoup d'éléments, et tout ça, ça doit être
cohérent. Puis, comme le remboursement se fait en
partie dans le secteur public, au niveau du
médicament, mais en
partie dans le secteur privé, c'est là où on
dit :