Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 20 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2018-04-20
Quebec — Committees
Depuis
l'acquisition des infrastructures de Pointe-Noire, d'importants travaux ont été
réalisés pour permettre la relance des opérations de transbordement du minerai.
En 2016 et 2017, respectivement
250 000 tonnes et 1 million de tonnes de minerai ont été transbordées, et nous
anticipons le transbordement de 10 millions de tonnes en 2018, un chiffre
qui pourrait doubler encore d'ici 2020. Pour répondre à ces besoins
grandissants, nous devions permettre rapidement l'utilisation du quai multiusager du port de Sept-Îles. Des plans ont
été élaborés en priorité, au cours de la dernière année, afin de construire un convoyeur qui permettait cet
accès. C'est maintenant chose faite, j'ai eu la chance d'inaugurer ce
convoyeur à la fin du mois dernier.
Nous avons,
du même coup, annoncé un plan d'investissement de 280 millions de dollars
supplémentaires afin de développer
les actifs de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire. Ce plan
permettra de répondre à la demande croissante
des clients actuels et futurs de la société. Le gouvernement du Québec a
annoncé une première contribution de 30 millions
de dollars dès cette année. Cette somme servira d'abord à amorcer la connexion
de l'ensemble des installations de la
Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire au nouveau quai multiusager du
port de Sept-Îles. Elle permettra également
de s'assurer que le développement du site de Pointe-Noire se fasse en conformité
avec les normes en matière de protection de l'environnement.
installations de Pointe-Noire ont joué un rôle primordial dans la reprise des
activités à la mine de la société Minerai
de fer Québec, à Fermont, en 2017‑2018. Le redémarrage de la Mine du lac Bloom
a notamment amené la création de
450 emplois directs de qualité. Et ce n'est qu'un début. La mise en
opération d'autres mines est à prévoir dans un avenir très rapproché.
La Société du
Plan Nord a également amorcé la coordination d'un projet pilote de valorisation
énergétique des matières résiduelles
et de serre commerciale en milieu nordique à Kuujjuaq l'an dernier. Ainsi, la
Société du Plan Nord dispose d'une
enveloppe de 5 millions de dollars pour la réalisation, au Nunavik, d'un
projet pilote de serre commerciale qui
sera chauffée grâce à l'utilisation de matières résiduelles, notamment les
déchets domestiques. Le projet pilote est coordonné conjointement par la
Société du Plan Nord et le village nordique de Kuujjuaq, avec la collaboration
de RECYC-QUÉBEC.
Et ce n'est
pas le seul projet de serre soutenu par la société. Un programme de
développement des serres communautaires
lancé l'été dernier suscite beaucoup d'intérêt dans le Nord québécois. Ce
programme, qui dispose d'une enveloppe
annuelle de 600 000 $, vise à encourager la construction ou la mise à
niveau de serres communautaires ou la réalisation
d'études préalables. Au 31 mars dernier, des fonds avaient été accordés à trois
villages nordiques du Nunavik et une communauté crie d'Eeyou Istchee
Baie-James.
La Société du
Plan Nord gère également le Fonds d'initiatives du Plan Nord, un autre levier
de développement économique et
social. Grâce à un développement annuel de 3 millions de dollars, ce
programme permet à des initiatives locales qui favorisent le mieux-être
des communautés du Nord de prendre leur envol.
Une des
principales conditions de réussite du Plan Nord est de faciliter l'accès aux
territoires situés au nord du 49e parallèle.
En juillet 2017, les gouvernements du Canada et du Québec ont conjointement
investi près de 265 millions de
dollars pour améliorer la route de la Baie-James ainsi que le chemin de
Chisasibi, des infrastructures routières vitales dans l'ouest du territoire du Plan Nord. De ce montant, 157 millions
de dollars ont été investis par l'entremise du Fonds du Plan Nord.
La Société du Plan Nord poursuit également, avec
le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, la préparation
des travaux pour le prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord. Il en
est de même pour le programme d'amélioration
de la route 389 qui relie Baie-Comeau à Fermont, pour laquelle la Société
du Plan Nord est la principale bailleuse de fonds.
Les routes ne
sont pas les seules voies d'accès au territoire, l'avion est un moyen de
transport des plus stratégiques pour parcourir les longues distances sur
le territoire du Plan Nord. À certaines périodes de l'année, il est aussi le
seul moyen de transport qui permet
d'atteindre certains villages nordiques. Dans ce contexte, la société a
participé à l'organisation du Sommet
sur le transport aérien régional avec le ministère des Transports, de la
Mobilité durable et de l'Électrification des transports en février
dernier. Ce sommet a permis au gouvernement du Québec d'annoncer plusieurs
mesures qui permettront d'améliorer le
transport aérien régional et d'améliorer la qualité de vie des Québécois en
leur permettant de se déplacer plus facilement et plus rapidement sur le
territoire du Plan Nord.
La société a assuré l'organisation de quatre
consultations sur le territoire nordique québécois en 2017 afin de rencontrer les principaux acteurs socioéconomiques
concernés. La tournée régionale qui s'est arrêtée à Chibougamau, à
Sept-Îles, à Kuujjuaq et à Gros-Mécatina a permis d'alimenter la réflexion en
vue du sommet de février.
Améliorer les
infrastructures de télécommunications
au nord du 49e parallèle est une autre condition de réussite du Plan Nord. L'accès aux technologies numériques
de pointe est essentiel au développement économique et social du
territoire, notamment sur le plan des services de santé, de l'éducation et de
la justice.
Au cours de
la dernière année, nous avons inauguré la deuxième phase du réseau de fibre
optique de l'organisme Réseau de
communications Eeyou. Les communautés cries d'Eastmain et de Waskaganish ont
maintenant accès à un service Internet
haute vitesse fiable et efficace et rejoignent donc les 11 autres
communautés déjà desservies en Eeyou Istchee Baie-James. Le gouvernement du
Québec a accordé 6,5 millions de dollars par l'entremise de la Société du
Plan Nord pour la réalisation de la
deuxième phase de ce projet. Nous continuons d'ailleurs à déployer des efforts
considérables afin d'améliorer
l'accès à Internet et à la téléphonie mobile au Nunavik, en Basse-Côte-Nord et
dans la région de Schefferville, où des projets majeurs et structurants
sont en cours de réalisation.
conclusion, M. le Président, il faut le dire, après trois ans d'existence, la
Société du Plan Nord est devenue indispensable pour répondre aux besoins
des populations et des entreprises du territoire nordique. Elle est la plaque tournante de la mise en valeur du potentiel
économique du Nord pour le développement et le mieux-être des communautés
nordiques et pour la protection de
l'environnement du territoire au nord du 49e parallèle puisqu'il s'agit
bien plus qu'un projet
de développement économique, mais un vaste projet de développement social,
environnemental, économique et touristique.
Nous avons mis en place un modèle novateur, qui est envié à l'extérieur de nos
frontières et dont nous pouvons être fiers.
vous remercie de votre attention. Et je suis maintenant disposé, avec mes
collaborateurs, à répondre aux questions des membres de la commission.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Maintenant,
j'invite la porte-parole de l'opposition officielle, Mme la députée de
Duplessis, à faire ses remarques préliminaires, pour un maximum de sept
minutes.
Mme Richard :
Merci, M. le Président. Tout d'abord, je vais vous adresser mes salutations
ainsi qu'à M. le ministre, le nouveau
ministre des Ressources naturelles, la première fois que je vais faire les
crédits avec celui-ci; M. Robert
Sauvé, son équipe et tous les collègues qui sont autour de la table ce matin.
Donc, je vais nous souhaiter un bon avant-midi.
vous comprendrez, M. le ministre, que le Plan Nord, pour moi, c'est extrêmement
important. Donc, beaucoup de
questions. Nous avons quatre heures. Ça peut paraître beaucoup, mais c'est
quand même des blocs d'une vingtaine de
minutes. Donc, comme le temps est extrêmement précieux, à l'Assemblée
nationale, je vais conserver mon temps, je vais plutôt le reporter pour le conserver sur les prochains blocs, donc je ne
ferai pas plus longtemps de remarques préliminaires. Tout ce que j'espère, c'est qu'on aura un bon
échange, parce qu'il y a beaucoup de choses qui, pour moi, sont nébuleuses, dans
le cahier de crédits, et on aura beaucoup de questions, au niveau de
l'opposition. Merci.
Le Président
(M. Hardy) : Merci beaucoup, Mme la députée de Duplessis.
Maintenant, je cède la parole au porte-parole
du deuxième groupe d'opposition pour ses remarques préliminaires, pour un
maximum de cinq minutes. À vous, M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre, bon matin. Chers collègues du
gouvernement, de l'opposition, tous les gens qui nous accompagnent.
Philippe Gougeon, mon recherchiste qui m'accompagne.
moi aussi, j'ai des questions, naturellement, ce matin, et je suis content
qu'on puisse travailler ensemble pour justement pouvoir éclairer
certaines de nos questions avec ces études de crédits là.
en ce vendredi, puis avec la fin de semaine qui arrive bientôt, permettez-moi
de faire rire un peu les collègues en disant que je ne savais pas que le
thème du matin était le mauve, en voyant mes collègues du gouvernement...
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Lefebvre :
Malheureusement, je n'ai pas suivi la directive.
M. Lefebvre :
Alors, là-dessus, je souhaite une bonne matinée à tous.
Le Président
(M. Hardy) : Merci, M. le député d'Arthabaska. Maintenant, je
suis prêt à reconnaître une première
intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Mme la
députée de Duplessis, à vous la parole pour 17 min 36 s.
Mme Richard : Merci, M. le Président. M. le Président, le ministre l'a dit d'entrée
de jeu, la société ferroviaire et portuaire
est extrêmement importante dans tout le développement du Nord, c'est un accès
incontournable à tout ce qui peut se
retrouver que ce soit dans la fosse du Labrador, on a des projets, aussi,
miniers qui s'en viennent. Donc, c'était important d'être capable d'avoir un accès pour tous ceux qui peuvent en
profiter, parce que vous savez qu'avec Cliffs, bon, il y avait
énormément de problèmes.
gouvernement du Québec, lors de la faillite de Cliffs, a fait l'achat, a acquis
les installations de Cliffs. On a des chiffres.
On nous parle, à un moment donné, de
120 millions, 100 millions. Moi, ce que j'avais comme chiffre, c'est que
l'achat, bon, l'achat des installations, c'était 67 millions de dollars.
Après, on a parlé du convoyeur, bon, pour une quinzaine
de millions. Si on calculait tout ça, nous, il restait comme
un 20 millions. Donc, est-ce
que ce serait possible, ce matin, d'avoir le chiffre exact, jusqu'à
présent, ce qui a été investi, incluant l'achat, le convoyeur, combien ça a
coûté pour faire les acquisitions?
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Moreau : Oui. Vous me permettrez de demander à
M. Sauvé de répondre. Mais, juste avant, d'abord, moi aussi,
c'est la première fois que je fais des crédits avec Mme la députée de Duplessis,
je suis très heureux de le faire. On a eu l'occasion de collaborer dans certains déplacements, justement,
qui touchent le Plan Nord. Simplement un petit mot pour dire que l'acquisition de la
Pointe-Noire, des actifs de la Pointe-Noire, suite à la faillite de Cliffs, est
une initiative de notre
regretté collègue Jacques Daoust. Et je voudrais profiter des crédits pour le
souligner aux membres de cette Assemblée. Je pense
que ça a été une initiative et un geste extrêmement visionnaire pour
donner accès à tout ce secteur est du territoire du Plan Nord à partir
des installations de Sept-Îles.
Maintenant,
M. Sauvé pourrait donner la ventilation des coûts. Alors, vous avez
demandé l'acquisition... en fait, la ventilation des coûts
d'acquisition.
Président (M. Hardy) :
Ça me prendrait un consentement pour que M. Sauvé... Consentement? M. Sauvé, veuillez vous identifier et quelles fonctions
vous occupez.
M. Sauvé (Robert) : Robert
Sauvé, président-directeur général de la Société du Plan Nord.
Le 120 millions se découpe essentiellement en trois grandes rubriques. Il y a
67 025 000 $ ou
70 millions, si on arrondit un
peu, pour l'achat comme tel des infrastructures, il y a 15 millions qui a
servi à la construction du convoyeur. Le
restant, essentiellement, c'est des frais d'opération puis le fonds de
roulement qui nous a permis d'opérer pendant les deux premières années, le temps que tout se remette en place. Ça fait
que c'est des frais de redémarrage et de fonctionnement,
essentiellement.
Mme Richard : Merci. Vous comptez investir 30 millions
cette année dans la société ferroviaire et portuaire, c'est ce qu'on a vu. Ça, c'est grâce à un 190 millions
qui vient de la Stratégie maritime. Je pense que, lors de son séjour à
Sept-Îles, récemment, le ministre en
a fait mention. Et on parle, après, dans le 280 millions sur cinq ans...
Je vous avoue que, quand j'ai dit qu'il y avait beaucoup de choses qui étaient
nébuleuses, c'est assez difficile de s'y retrouver. Si je comprends
bien, dans le 190 millions qui vient de
la Stratégie maritime, la société ferroviaire en récupère un 30 millions
qui va s'appliquer sur de nouvelles installations ou, en tout cas...
Pouvez-vous m'en dire un peu plus?
M. Moreau :
Oui. Essentiellement, ce que l'on fait pour la mise en oeuvre du plan
d'investissement, là, on dit... Pour la Société ferroviaire et portuaire
de Pointe-Noire, on a un plan d'investissement de 280 millions. Une
partie
de ce 280 millions là fera l'objet d'un
financement par le gouvernement fédéral, et, dans l'autre partie, qui est celle
du Québec, on a annoncé immédiatement
30 millions cette année pour permettre particulièrement, le
30 millions, et M. Sauvé pourra développer là-dessus, le
respect des normes environnementales des opérations qui se font sur la
Pointe-Noire. Mais essentiellement
l'objectif, à terme, est d'aller... les sommes provenant du gouvernement du
Québec servent de levier aussi pour obtenir du financement privé significatif,
parce qu'il y a une part du financement, du 280 millions, qui est
l'enveloppe globale, qui viendrait du
gouvernement fédéral, une
partie importante du gouvernement du Québec et une
partie importante aussi des investisseurs privés qui bénéficient des
installations de la Pointe-Noire.
M. Sauvé, voulez-vous donner plus de
détails ou...
Le Président (M. Hardy) :
Peut-être...
Mme Richard : Bien, peut-être
juste une question, à ce moment-ci. Merci pour vos explications, mais vous comprenez que ce n'est pas facile de s'y
retrouver. Vous nous parlez d'un investissement du fédéral. Est-ce qu'il y a eu
des démarches avec le fédéral pour que celui-ci
investisse? Est-ce qu'il investit comme un nouveau partenaire dans la
société — vous
en avez déjà deux — ou
qu'il investit juste sur les infrastructures aéroportuaires?
M. Moreau :
Oui. Alors, pour le gouvernement fédéral, il y a le fonds national des
corridors de commerce qui a été
sollicité pour une participation du gouvernement fédéral au plan
d'investissement de 280 millions. Nous avons des discussions avec le gouvernement fédéral, et
honnêtement, à cet égard-là, on est assez confiants de voir les investissements
se réaliser. Maintenant, il y a aussi une
sollicitation qui est faite de la part des entreprises qui tirent un bénéfice
direct des installations. L'objectif
dans l'acquisition des actifs et de la création de la Société ferroviaire et
portuaire de Pointe-Noire, c'est
véritablement d'assurer à tout jamais que la situation qui existait lorsque Cliffs était propriétaire de ces installations-là
ne se reproduise pas, c'est-à-dire un engorgement ou un obstacle pour accéder à la fosse du Labrador et à l'ensemble
des projets miniers qui peuvent voir
leurs minerais transiter à travers les installations ferroviaires qui s'y
trouvent. Et c'est dans cette
perspective-là que la société ferroviaire et portuaire demande des
participations du secteur privé mais maintient une participation du
secteur public, pour éviter de recréer une enclave.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M.
le Président. Puis, pour les membres
de la commission, c'est important de savoir que, oui, on est pour la société ferroviaire puis de faire en sorte que ce soit désenclavé pour permettre à plusieurs utilisateurs d'avoir accès, sauf que le gouvernement du Québec, via la société, a créé une filiale. Vous avez des partenaires,
qu'on connaît, Tata Steel, Champion,
Minerai de fer Québec, bon, et vous êtes comme le troisième partenaire,
c'est ce que je
comprends, trois partenaires. Ça inclut...
M. Moreau : À ce
moment-ci, il y a
trois partenaires, mais la société est ouverte à d'autres partenariats. Mais
ce qui est important — je
pense que votre question est tout à fait pertinente — ce
qui est important, c'est de constater que l'objectif de la société est de maintenir un accès et non pas de recréer
une enclave que la propriété privée avait permis de faire.
Mme Richard : J'ai tout compris ça, M. le ministre. Soyez assuré que je suis ça de très près et j'ai compris ça. Ce que je trouve, par contre, de la société,
c'est qu'il y a une opacité, M. le Président. On a demandé...
Vous comprenez que c'est des fonds
publics. Vous comprenez que, jusqu'à présent, la société ferroviaire, c'est
presque exclusivement vous et moi qui l'avons payée, tous les Québécois,
là. C'est extrêmement difficile de connaître le partenariat. On a fait des
demandes via l'accès à l'information, on n'en a pas eu.
Ce que je comprends, M. le ministre, c'est que vous avez des partenaires. J'ai beaucoup
de questions, mais, je vous l'ai dit, je vais peut-être revenir sur le
deuxième bloc, j'ai beaucoup de questions par rapport à ça. Vous avez
deux partenaires, on ne connaît pas
le deal que vous avez avec ces partenaires-là. Déjà, juste pour transiter,
vous avez un de vos partenaires qui a
investi énormément dans les installations portuaires. Ils n'ont pas nécessairement investi le même montant, ce n'est pas tout à fait...
Puis je vais
juste terminer là-dessus, juste pour qu'on se comprenne bien. Ça, je ne
pense pas que j'aurai de réponse, ça
fait que je ne passerai pas mon avant-midi là-dessus, soyez-en sûrs. Il y aura d'autres moyens, à un moment donné,
peut-être d'avoir un peu plus d'éclaircissements par rapport au deal que vous
avez fait.
Juste une question
comme ça. Vous nous dites que, bon, c'est pour l'accès. Si éventuellement, bon,
vous avez un nouveau partenaire, mais
que celui-ci n'a pas investi dans les installations comme c'est le cas de
Minerai de fer Québec ou de Tata,
est-ce que celui-ci paiera la même chose pour pouvoir avoir accès aux
installations? Quelle grille d'analyse en faites-vous? Parce que, vous
le savez, c'est la porte d'accès de tout ce qui peut provenir du Nord. Donc, si
moi, j'investis comme Tata Steel, qui a
investi énormément dans les infrastructures portuaires, et que mon voisin,
c'est un nouveau qui arrive dans le
marché, il veut, lui aussi, avoir accès... C'était ça, le but de
l'acquisition de Cliffs, c'est que tout le monde ait accès. Comment
vous calculez ça, par rapport à une certaine rentabilité?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Bien, vous avez eu un préambule où vous laissez entendre qu'il y a des choses
qui sont nébuleuses ou cachées.
Alors,
d'abord, d'une part, la question des partenaires dans la société ferroviaire et
portuaire, ce n'est pas un élément qui
est caché, les noms sont connus. Ce qui peut faire l'objet d'une restriction
sur l'accès, c'est la nature commerciale des ententes, pour des raisons qui sont évidentes. N'importe quelle
transaction, même d'une société d'État, avec des sociétés commerciales qui sont cotées en bourse, relève...
il y a un aspect qui est un aspect commercial confidentiel, et le fait que la
société soit une société d'État ne change rien à cet état de situation là, mais
vous pouvez obtenir toutes les informations à savoir qui compose la
société ferroviaire et portuaire, d'une part.
D'autre part,
il ne faut pas mêler les choses, il y a le port multiusager de Sept-Îles et il
y a les actifs de la Société ferroviaire
et portuaire de Pointe-Noire. Je vais demander d'ailleurs à M. Sauvé de
faire la distinction entre les deux. Mais je ne sais pas quelle
information autre qu'une information de nature commerciale aurait pu vous être
refusée dans les demandes d'accès que vous avez faites, là. Moi, je ne les ai
pas vues, ces demandes d'accès là.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M. le Président. Je n'ai pas besoin de...
Merci beaucoup, là, M. le ministre, mais je n'ai pas besoin que M. Sauvé me parle du port et des
installations de Cliffs. Je suis
allée à plusieurs reprises, je connais le terrain, je connais ces deux
entités.
M. Moreau : Non, mais je
ne dis pas que vous ne connaissez pas le terrain...
Mme Richard : Non, mais je
comprends... Mais c'est ça...
M. Moreau : ...mais
c'est parce que, dans le préambule de votre question, vous laissez entendre
qu'il y a des informations que vous
souhaitez avoir et que vous n'avez pas eues. Moi, ce que je vous dis,
essentiellement, c'est que ce qui est
accessible doit être rendu accessible, mais, dans toute entente commerciale
avec des entreprises cotées en bourse, il y a des éléments qui font l'objet d'une confidentialité et qui, en vertu
de nos lois, ne sont pas accessibles. Alors, si vous me dites qu'on a caché des choses qui auraient dû
normalement être accessibles, dites-mois lesquelles, on va vous les donner
tout de suite.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée.
Mme Richard : Parfait. Merci, M. le Président. M. le ministre,
je comprends que, bon, s'il y a des choses qui sont confidentielles avec vos partenaires... sauf que vous comprendrez
que, pour moi, puis je ne suis pas la seule, quand le gouvernement investit de telles sommes, puis
qu'on a deux partenaires, puis que la société a créé une filiale, on aimerait
bien en savoir un peu plus. Ceci étant dit...
M. Moreau : ...ce que
vous voulez savoir, on va... Ce qui est accessible, on va vous le dire.
Mme Richard :
Bon. Parfait. Mais je ne perdrai pas mon temps sur ça, j'ai compris la réponse.
Je vais vous demander juste une chose, M. le
ministre : Est-ce que tous les partenaires, puisqu'on ne peut pas tout
connaître les chiffres, je ne vous en
demanderai pas, mais est-ce que tous les partenaires ont le même coût pour
utiliser les installations de Cliffs? C'est simple comme question.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau :
M. Sauvé pourrait peut-être répondre.
Le Président (M. Hardy) :
M. Sauvé.
M. Sauvé
(Robert) : Les ententes qu'on est en train de mettre en place sont
faites entreprise par entreprise en fonction
de leurs besoins, en fonction du volume, en fonction des équipements qui sont
sur place. Donc, on s'assure d'avoir une
équité entre chacun des partenaires. Il y a des... Chacun des partenaires va
investir dans les infrastructures pour les infrastructures qui les concernent plus directement, qui les concernent
de façon exclusive, si on veut, alors que nous, on investit davantage dans les infrastructures
multiusagers, qui vont servir à tout le monde. Et ça, ça fait en sorte que le
prix, bien, c'est un amalgame des
investissements qu'ils font et des coûts d'opération comme tels. Ça fait qu'au bout
de la ligne, oui, il y a une équité d'assurée entre chacune des
entreprises mais en fonction de la réalité de chacune.
M. Moreau :
En d'autres termes, ils ne paient pas tous le même prix parce qu'ils n'ont pas
tous le même usage ou la même utilité puis il y a une
partie de leurs
coûts qui est liée à des infrastructures qui leur sont bénéfiques à elles
seules. Alors, il y a une inégalité dans les montants finaux, mais il y a une
équité dans le traitement des partenaires.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M. le Président. Et, même si une compagnie
n'avait pas de part participative dans la société ferroviaire, elle
pourrait quand même utiliser les installations via une grille d'analyse sur son
tonnage, etc.?
M. Sauvé (Robert) : Tout à
fait.
Mme Richard : Parfait. Vous avez parlé... Bon, on est presque à
1 million de tonnes. On voudrait que Minerai de fer Québec, éventuellement, ce soit
15 millions de tonnes. Vous savez, bon, je vous l'ai dit dès le début, le
gouvernement du Québec a investi beaucoup. C'est un geste qui a été salué parce
qu'on avait besoin que l'accès... faciliter l'accès pour notre développement. Mais est-ce que vous prévoyez
la rentabilité juste en fonction du tonnage? Parce que, comme on ne connaît pas le deal puis que vous dites que
c'est confidentiel, on peut le comprendre, c'est extrêmement difficile pour
quelqu'un... une personne comme moi, de l'opposition, de savoir la rentabilité,
parce qu'on ne connaîtra pas le deal qui est fait avec différents partenaires. Mais vous avez, sur un horizon, je
ne sais pas, moi, de 10 ans, de 15 ans et... Pour prévoir la rentabilité, est-ce que celle-ci se fait...
C'est sûr que plus on l'utilise, plus les utilisateurs, bon, vont payer des
frais, mais vous savez comment le
marché du fer, à un moment donné, a monté puis comment, en tout cas
particulièrement ma région, on s'est retrouvés quand celui-ci a chuté.
Donc, est-ce que c'est exclusivement par rapport au tonnage, par rapport à
l'utilisation? Quel est le plan de match via la rentabilité des installations?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Bon, la rentabilité est prévue suivant le tonnage et les garanties d'accès qui...
aux installations. Et, selon les projections qui ont été faites par la
société, on estime que la rentabilité pourrait être atteinte dès 2019.
Mme Richard : Parfait. Dernière question pour ce bloc-ci. Vous
nous avez parlé de la part du fédéral, mais vous avez un partenariat avec du privé. Bon, c'est une société d'État, mais
elle a quand même un partenariat avec des entreprises privées. Est-ce que le fédéral si... parce que,
là, je comprends que vous allez faire des démarches pour éventuellement
investir...
M. Moreau : ...sont en
cours.
Mme Richard : ... — elles
sont en cours — pourrait
devenir un partenaire de la société?
M. Moreau : Le gouvernement
fédéral?
M. Moreau : Non. La participation qui est demandée du gouvernement fédéral n'implique pas une participation
dans les actifs, c'est une participation dans le cadre d'un programme fédéral qui fait un financement pour les corridors de commerce. Et essentiellement c'est une contribution financière mais à l'égard
de laquelle il n'y a pas de contrepartie de participation en
termes de propriété ou d'actionnariat.
Mme Richard :
O.K. Présentement, vous avez deux partenaires qui sont connus mais...
Mme Richard :
Oui, on les connaît bien. Parallèlement à ça, vous savez que, bon, quand même,
à la fosse du Labrador, il y a beaucoup
de gens qui regardent, bon... on parlait même de l'ouverture d'une mine peut-être
prochainement. Est-ce que, dans votre philosophie de développer la société
comme une entreprise, vous pensez juste que les nouveaux, ceux qui auraient besoin des installations de la société,
pourraient être éventuellement des partenaires ou juste des utilisateurs?
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Moreau : M. Sauvé me corrigera, mais l'objectif,
c'est d'augmenter le nombre de partenaires dans la société ferroviaire
sur la base des utilisateurs. Mais pourrait-il arriver que des utilisateurs ne
soient pas des partenaires? Je pense qu'il ne faut pas l'exclure non plus, ce
serait possible que ça arrive. Et, dans ce cas-là, évidemment,
bien, la contrepartie d'utilisation prendrait la forme d'une
tarification, j'imagine, plutôt que d'une participation dans la société.
Mme Richard : Donc, c'est ça, vous l'avez quand
même calculé, s'il y a
une participation ou pas, par
rapport aux frais que vous pourriez charger. Est-ce que vous avez
regardé aussi le fait qu'un partenaire pourrait se retirer?
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Moreau : Bien, les ententes qui sont négociées avec les
partenaires comportent certainement des clauses aux cas de retrait d'un partenaire parce
qu'il y a des coûts fixes qui sont
encourus et que la société ne doit pas se retrouver devant une situation où elle encourt des
frais à l'égard d'un partenaire qui se retire. Alors, j'imagine qu'il y a
des clauses dans... des contrats d'accès et des clauses, probablement,
qui tiennent compte des coûts liés au retrait d'un partenaire.
Mme Richard :
Ça me rassure un petit peu de voir que vous l'avez gardé, parce que ça peut
arriver.
Président (M. Hardy) : Merci beaucoup. Maintenant, je cède
la parole du côté gouvernemental et je demanderais au député d'Ungava de bien vouloir faire sa...
Pardon?
M. Boucher :
Combien de temps?
Le Président
(M. Hardy) : 21 minutes.
M. Boucher : 21 minutes. Alors, merci beaucoup, M. le Président. À mon tour de saluer tout le monde, collègue d'Arthabaska, collègue de Duplessis, collègues du côté gouvernemental, M.
le ministre, M. le président de la Société du Plan
Nord, Robert Sauvé.
Écoutez,
je vais vous faire un petit peu un tour d'horizon, là, de l'importance du Nord.
Bon, tout le monde le sait, je
pense que... j'allais dire : Je vous casse les oreilles avec ça souvent,
là, mais c'est tout à fait amical, avec mon comté, qui est le comté d'Ungava, qui... Le territoire
couvert par le Plan Nord, on parle de 1,2 million de kilomètres
carrés, mais il y a 72 %
de cette portion-là qui est uniquement mon comté. Donc, on a quand même parlé,
dans les dernières minutes, quand
même abondamment de la région de la Côte-Nord, Sept-Îles, ces coins-là, le
port, les installations ferroviaires, la fosse du Labrador. Moi, je vais peut-être plus me concentrer un peu chez
nous puis vous souligner, bon, l'importance que la Société du Plan Nord
a pour le comté d'Ungava puis les populations que je représente.
Souvent,
vous êtes à Montréal, Québec puis vous parlez à des gens, là, qui sont
peut-être moins bien informés, plus
néophytes, puis on dit : Ah! le Plan Nord, ça ne marche plus, ça, ça a été
abandonné, ça a tombé à l'eau parce que... Tu sais, ce n'est pas parce que quelque chose ne fait pas la nouvelle
quotidiennement au Téléjournal que ça ne fonctionne plus. Lors de la loi constitutive de la Société du
Plan Nord puis le lancement de la Société du Plan Nord, c'est bien sûr que,
bon, les activités ont fait la nouvelle, ont
fait la manchette, ont fait les journaux, mais maintenant ce n'est pas parce
que ça ne fait plus la une que ça
n'existe plus. Ça fait que je suis content, ce matin, d'avoir cette
opportunité-là d'étude de crédits pour
faire une espèce de tour d'horizon, de voir quelles sont les activités qui sont
menées par la Société du Plan Nord puis en quoi tout ça vient affecter puis améliorer le niveau de vie, là, des
populations que je représente, que ce soient les Inuits, les Cris ou les
Jamésiens, dans le...
Vous allez m'excuser,
je suis un petit peu congestionné, là, puis...
M. Moreau :
Bien, je vous dirais que ce n'est pas juste un petit peu, là.
M. Boucher :
Bien, par chance, vous êtes à bonne distance, je pense que vous êtes dans une
zone sécuritaire. Mais je peux me reculer si vous préférez.
M. Moreau : Non, non,
non, ça va très bien.
M. Boucher :
Alors, toujours est-il que le Plan Nord, bon, pour les populations chez nous,
ce n'est pas une fiction de l'esprit,
ce n'est pas quelque chose d'imaginaire ou quelque chose, là, qui ne fonctionne
pas, bien au contraire, c'est quelque
chose qui suscite beaucoup
d'engouement et puis qui, comme... Je vais paraphraser mon ami le maire de
Matagami, René Dubé. Il dit :
Regarde, il dit, nous autres, on ne veut pas la charité, ce n'est pas des subventions
qu'on veut, ce n'est pas de l'argent
qui tombe du ciel, on veut les outils pour se développer puis on veut occuper
notre territoire. Je pense qu'à travers la Société du Plan
Nord c'est un bon levier pour arriver à cette fin-là.
Il y a
les développements miniers qui sont en ébullition après une phase
qui a peut-être été plus calme un peu. On parlait, bon, de la mine Renard à Stornoway, où
présentement on a des bons résultats, les choses vont de mieux
en mieux. On parle de la mine
Éléonore, là, propriété de Goldcorp, située, bon, plus au nord, dans le coin de
Wemindji, dans ces coins-là. Il y a
d'autres mines aussi, bon, la mine Raglan, par exemple, située... où il y a
des projets qui sont vraiment intéressants, où on a failli aller visiter l'éolienne, mais, question
de logistique, ça n'a malheureusement pas pu se faire. Puis les élections s'en viennent vite. Des fois, on voudrait arrêter le
temps, ralentir le temps, mais... Bon, j'ai espoir que peut-être
qu'on pourra le faire. Si ce n'est pas avant les élections, ce sera
possiblement après, si la population nous fait confiance. Mais c'est des initiatives, là, qui... On parlait, hier, avec Hydro-Québec des minicentrales, où souvent les villages nordiques doivent se produire eux-mêmes leur
propre électricité à partir de centrales au mazout, bon, gaz à effet de serre, etc., technologies du passé, entre guillemets, bien que ça rende
encore des grands services aujourd'hui,
mais il y a des initiatives, par
exemple, comme l'éolienne à Raglan qui peuvent, finalement, suppléer ou même
produire l'électricité pour un village, où le diesel pourrait seulement être, pardonnez-moi l'expression, mais
en «backup», là, pour des périodes moins venteuses ou moins propices à l'utilisation de ces
équipements-là. Je pense que là-dessus, côté de la mine de Raglan, on a un bel
exemple.
Il y a des
mines dans le coin de... Si jamais vous voulez ajouter ou commenter mes dires,
n'hésitez pas à me couper dans mes
élans. Il y a des mines qui sont installées depuis plus longtemps, dans le
secteur de Matagami, par exemple, la mine
de Glencore, où, bon, on prévoit encore des activités jusqu'en 2020, 2021, dans
ces coins-là, mais on est quand même à la
recherche de nouveaux gisements, de nouveaux minerais. On a une usine de
transformation sur place, là, qui permet, là, de... Même si le gisement n'est pas localisé à Matagami comme tel,
dans la région, on peut amener du minerai là pour le transformer.
Il y a, en
fait, l'ouverture de la route, là, en direction ouest, là, qu'on souhaite puis,
je sais, sur laquelle la Société du
Plan Nord travaille pour désenclaver ces régions-là, pour permettre
l'exploration minière puis donner du souffle à la ville de Matagami. On parle, bon, d'Osisko, dans
le coin de Lebel-sur-Quévillon, par exemple, où tout ça va bien, on est train, là, de regarder pour bâtir des
installations à Lebel qui vont vraiment, du côté de Lebel, donner encore une
fois un nouveau souffle. Je taquinais le maire de Lebel-sur-Quévillon
puis je disais : Alain — Alain Poirier, que je salue, en passant — je lui dis, dans pas beaucoup d'années, tu
vas m'appeler puis tu vas me dire : Bien là, Jean, là, notre aéroport,
ça ne marche pas, c'est trop petit. Bien là,
l'école, là, il faut l'agrandir. Bien là, il manque une garderie. Bien là, la
clinique est trop petite. Bien là, ça
prendrait des nouvelles rues. On veut bâtir des maisons, ça prend des
infrastructures municipales. Tout ça,
c'est une roue qui tourne. C'est des beaux problèmes à régler, hein? C'est plus
plaisant travailler sur l'expansion que travailler sur le recul et la...
M. Boucher : ...la
décroissance — merci,
M. le député d'Arthabaska. Donc, tout ça, c'est des beaux projets.
On parle
d'Internet. Du côté des communautés cries, il y aurait des investissements où
je pense que, d'ici l'été, à peu près
toutes les communautés cries vont être branchées sur la fibre optique, donc
auront accès à l'Internet haute vitesse au même
titre qu'au centre-ville de Montréal, Québec, etc. Donc, c'est
une grande avancée pour eux. Télévision par fibre optique aussi, 400 quelques
canaux de télévision. Donc, fini les antennes satellites, là, où, quand il fait
trop tempête, on ne voit rien puis,
s'il vente fort puis qu'elles se déplacent de quelques degrés, il faut remonter
sur le toit pour aller arranger ça. Et puis téléphone par fibre optique
aussi, qui est une nette avancée.
Dans ce sens-là, je vous ferais part d'une
demande des communautés jamésiennes, qui, eux, voient une forme d'injustice, entre parenthèses, disant : Bien
là, écoutez, là, on va se ramasser que nous, à Chibougamau, par exemple, ou
Chapais, ou Lebel, on va avoir un Internet
de moindre qualité, bien que c'est quand même très bien, là, comparé à d'autres
régions des fois pas si loin que ça, dans le
coin de Drummondville ou en Estrie, où il y a zéro Internet ou un Internet très
déficient. Mais là, ils disent, nous,
on va avoir un Internet moins rapide, alors que nos voisins auront accès à la
fibre optique. Puis ce n'est pas
juste une question de caprice, de dire que, quand je regarde mon film en
streaming, ça me dérange ou pour aller sur YouTube ça me dérange, mais c'est
aussi du côté développement économique, hein? Si quelqu'un veut se partir une entreprise en ligne à Chibougamau,
bien, il n'aura pas le même avantage que s'il était localisé à Oujé-Bougoumou,
à à peu près 35 minutes de route. Donc,
là-dessus, c'est des dossiers sur lesquels il faudra regarder puis travailler
dans le futur. Je pense qu'il y a déjà des choses dans ce sens-là.
Si on
continue sur la vague de l'Internet, il y a au Nunavik, par exemple, où,
contrairement à ce que bien des gens pensent...
Les gens pensent souvent : Ah! le Nunavik, tu sais, ça doit bien juste prendre...
ça doit tout prendre pour avoir le téléphone,
puis encore, probablement pas partout. Non, il y a l'Internet tout partout,
sans fil, à part de ça, donc... Sauf que ce qui est considéré comme Internet rapide ici, c'est l'Internet... je
veux dire, «ici» en parlant du Nunavik, là, je me projette toujours comme ayant les deux pieds là-bas, bien,
à Québec, c'est peut-être l'Internet de voilà 10 ans, de voilà
15 ans, là.
Donc, encore
une fois, ce n'est pas juste une question de dire : Bien là, un caprice,
quand je vais sur YouTube, là, ça me
prend du temps à regarder les vidéos de petits minous, puis de chats, puis de
chiens qui jappent, là, mais c'est surtout
des applications comme la télémédecine, par exemple, comment quelqu'un dans un
village nordique pourrait subir une échographie puis avoir le médecin à Montréal,
en temps réel, qui interprète l'examen. Donc, ça évite un déplacement au médecin. Un service plus rapide, parce que
c'est sûr que le médecin, il ne va pas là en dedans de 24 heures, là, il
va peut-être là une journée par mois,
une journée par deux mois. Puis ça évite aussi à un patient de se déplacer à
Montréal, de se déplacer au sud puis,
des fois, de perdre une semaine de travail pour un examen qui peut peut-être
durer 30 minutes.
donnais l'exemple à des collègues, je disais : Bon, quelqu'un dans un
village nordique qui souffre de cataractes, par exemple, un certain âge, 50 quelques années, 60 ans, il a une
moins bonne vision, il voit embrouillé, ça fait qu'il va à sa clinique dans son
village, le médecin le regarde : D'après moi, tu as des cataractes, il
faudrait que tu ailles à Kuujjuaq voir
le médecin. Donc, il prend un rendez-vous, il prend l'avion, il s'en va à
Kuujjuaq. S'il fait beau, il va se rendre dans la même journée. Alors là, il va aller voir le médecin, le médecin va
dire : Effectivement, tu as des cataractes. Le lendemain, il va retourner à son village. S'il fait beau, ça
aura pris seulement deux jours. Là, il va avoir son rendez-vous à Montréal
peut-être un mois, un mois et demi après. Il
va repartir de son village, Kuujjuaq, aller à Montréal. Si ça va bien, il va
faire ça dans la même journée puis là
il va aller voir son spécialiste qui va l'opérer cette même journée-là si tout
va bien, si la salle d'opération
n'est pas cancellée, si le médecin n'a pas une autre urgence, si, si, si, comme
ça arrive normalement pour nous ici.
Alors là, il va se faire opérer. Deux, trois jours après, il va retourner chez
lui. Là, deux semaines après, il faut voir si l'opération a réussi, donc il faut qu'il retourne à Montréal, etc. Ça
fait que, pour une opération aussi banale qu'une cataracte à l'oeil, qui normalement, là, prendrait peut-être quelques
jours du temps du patient, c'est des semaines de travail manqué.
Donc,
en ce sens-là, la télémédecine devient vraiment quelque chose d'important.
C'est sûr qu'on n'opérera pas par Internet,
vous allez me dire, mais il y a des examens qui pourraient se faire en temps
réel pour éviter des déplacements, là, qui
sont coûteux en temps pour les populations et puis aussi, bien, qui étirent la
tolérance des employeurs. Parce que c'est sûr que là-bas c'est un autre rythme de vie qu'ici, et puis on comprend
que quelqu'un doit partir une semaine pour aller faire un examen de la
vue à Montréal, c'est normal. Ici, on n'aurait pas idée de dire... je n'aurais
pas idée d'aller dire à mon whip :
Regardez, la semaine prochaine, je ne serai pas aux crédits de la semaine parce
qu'il faut que j'aille passer un
examen de la vue. Je pense qu'on me dirait : Non, non, Jean, tes affaires,
ça ne marche pas. Mais, du côté du Nunavik, c'est comme ça. Qu'est-ce
que vous voulez, le rythme de vie est comme ça.
Donc,
du côté de l'Internet, le déployer au Nunavik, c'est quelque chose que je
voudrais entendre parler un petit peu
plus tard, là, de la bouche de M. le ministre et puis du président de la société, autant ce que je vous
soulevais, là, bon, la petite problématique du côté de la Jamésie,
autant de voir... M. le ministre semble vouloir...
M. Moreau :
Bien, c'est parce qu'on m'indique qu'il reste huit minutes. Je pense que
M. Sauvé pourrait...
M. Boucher : Bon, bien, c'est beau. Donc, je continuerai à
brosser mon tableau plus tard, on va dire que c'est la première
partie
du tableau.
M. Moreau :
«Good.» Bien.
Alors,
pour la question des branchements Internet en Jamésie, justement,
M. Sauvé m'indiquait que les programmes qui ont bénéficié, par
exemple, aux communautés autochtones
comme Oujé-Bougoumou sont des programmes spécifiques au ministère fédéral des Affaires indiennes et que ce
programme-là prévoyait le branchement à la maison, alors que le programme québécois ne le prévoyait pas. Mais, lorsque
M. Sauvé a été informé de ça, je pense, la semaine dernière... on commence
une réflexion, d'ailleurs je lui demanderai de vous en faire part, et en même temps d'enchaîner sur la question de l'accès Internet dans la
partie
la plus nordique, compte tenu de la situation toute particulière que vous
décriviez.
Le Président
(M. Hardy) : Merci, M. le ministre. M. Sauvé.
M. Sauvé
(Robert) : Effectivement, les communautés autochtones ont eu droit à un programme qui leur a
permis de brancher Internet par fibre
optique jusqu'à la maison, pas les villages non autochtones et
les villes non autochtones. Il y a une demande qui a été faite qui n'a pas été
retenue dans un premier temps, on est en discussion avec les gens qui gèrent le programme sur le branchement numérique
pour voir qu'est-ce qu'on peut faire. Ce qui est clair, c'est que, dans un
premier temps, ce qu'on a convenu
avec les communautés qu'on a rencontrées la semaine dernière, c'est de
regarder d'abord pour brancher les entreprises qui en ont besoin,
parce qu'ils ont besoin de la capacité, et ça fait la
différence, d'avoir le branchement
par fibre optique jusqu'à la maison. Et, pour les résidences, bien, on va
regarder comment on peut faire évoluer
ce dossier-là, les discussions sont encore en cours, et on va essayer de
trouver une solution à ça, effectivement.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député...
M. Sauvé
(Robert) : Mais ils sont
déjà branchés sur la fibre optique. J'ai oublié de mentionner qu'au niveau de
la municipalité la fibre optique va jusqu'à
la municipalité, mais c'est le branchement à la maison qui n'est
pas fait encore.
M. Moreau :
Et sur les grandes communautés nordiques...
M. Sauvé
(Robert) : Exactement.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député d'Ungava.
M. Boucher : Et puis c'est
ça, bon, si on parle des communautés
plus nordiques, par exemple du Nunavik, là, je sais qu'il y a des
efforts qui sont faits en ce sens-là. J'aimerais que vous me parliez de ça un
petit peu.
Le Président (M. Hardy) :
M. Sauvé.
M. Sauvé (Robert) : Du côté des
communautés nordiques, on a un grand plan, qui est ambitieux, qui vise à éventuellement brancher chacune des communautés inuites — il y a
14 villages — par la
fibre optique. La solution privilégiée
pour le faire, c'est de passer par voie maritime. Ça représente des coûts
énormes. Il a été convenu avec Tamaani, qui est l'instance inuite qui s'occupe des télécommunications au
Nunavik, de procéder par phases. On
travaille de près avec le fédéral
dans ce dossier-là. On avance assez rapidement. Il y a déjà des études qui ont été faites, l'an dernier,
de préfaisabilité pour voir comment...
ce que ça impliquait en coûts de brancher chacun des 14 villages par voie
maritime en faisant une boucle autour
de chacun des villages, tant du côté de la baie d'Hudson que de la baie
d'Ungava et du Nord. Donc, tout ça est
maintenant assez bien connu, on a un plan qui est assez bien
élaboré, et il y a des phases de réalisation qui vont se
concrétiser dès cette année, là, il y
a des travaux qui vont se faire.
L'étude de faisabilité étant complétée, on sait pas mal plus comment les
choses vont évoluer et combien ça coûte pour faire l'ensemble des travaux.
Ça fait qu'on avance là-dedans. Ce qui est très
clair, c'est qu'on veut rapidement faire en sorte qu'une bonne part de la population bénéficie d'une amélioration des services
sensibles, mais, compte tenu des coûts, ça va devoir s'étaler sur un certain nombre d'années. Mais tout ça est
en cours, et on travaille de près... Et, dans ce dossier-là, on est vraiment en partenariat avec le gouvernement
fédéral et Tamaani, pour la réalisation de ces travaux-là.
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. Sauvé. M. le député d'Ungava.
M. Boucher : Combien de temps
encore?
Le Président (M. Hardy) :
Quatre minutes.
M. Boucher : Quatre minutes. O.K. Un des problèmes aussi,
bon, c'est ce qu'on appelle le navettage de la main-d'oeuvre, le
«fly-in/fly-out». Souvent, bon, c'est ce que... un reproche qui est fait,
dire : Bien, écoutez, il y a des mines,
mais, tout ça, ce que ça amène, c'est du transit à l'aéroport, c'est des vols de plus,
mais ça n'amène pas de citoyens au nord qui magasinent chaque jour, qui vont
faire leur épicerie, dont les enfants vont à l'école. J'aimerais voir, bon, quel est un petit peu... C'est sûr qu'on ne
peut pas forcer les gens, dire : Bien là, regarde, toi, tu déménages là,
mais est-ce qu'il y a des efforts qui sont faits, là, auprès des
minières puis des grands employeurs, de dire... pour amener des citoyens
à habiter le Nord pour, finalement,
bien, occuper notre territoire, là, que tout ça, ce ne soient pas comme des
camps de travail? C'est sûr qu'il y a
des mines, comme Éléonore, par
exemple, où, c'est normal, la personne
va passer 14 jours là puis revient à la maison, mais est-ce qu'il y
a des efforts pour faire en sorte que la maison, ce soit Chibougamau ou
Matagami plutôt que Montréal ou Québec?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau : Oui. Une des priorités d'action qui est indiquée...
du Plan Nord à l'horizon 2035, justement, c'est de documenter les questions relatives au «fly-in/fly-out», qu'on appelle,
le navettage aéroporté, d'abord pour en mesurer les effets sur les entreprises, les travailleurs, les communautés du territoire, puis ultimement de cibler les pistes d'intervention qui sont les plus prometteuses.
Puis, je dois vous dire, et Mme la députée de Duplessis
s'en souviendra, dans notre déplacement, lorsqu'on a participé, tous les deux, à la relance de la Mine du lac Bloom, dès
notre déplacement de Québec elle m'indiquait : Il faut absolument
qu'on aborde cette question-là avec les représentants de Champion, que l'on
allait rencontrer, qui sont les opérateurs
de la Mine du lac Bloom. Et, dès notre arrivée, on a eu une conversation avec
les représentants, puis effectivement
eux-mêmes voient un intérêt à avoir une
main-d'oeuvre à proximité. Alors là, il y a une question de formation et
d'aménagement des installations pour
assurer la rétention de ces gens-là, mais c'est un phénomène qui fait l'objet
des préoccupations.
La société, au
premier chef, le mentionne précisément dans son plan d'action. Peut-être que,
M. Sauvé, vous pourriez élaborer sur
certains des éléments, mais c'est... Et, de toute façon, si on ne l'avait pas à
l'esprit, les députés qui habitent le territoire comme vous, comme Mme la députée de Duplessis, comme en Abitibi aussi...
Les gens de l'Abitibi se préoccupent de ces situations-là, avec raison, parce qu'on souhaite, évidemment... Et
c'est l'objectif très large du Plan Nord. On dit : Ce n'est pas un développement économique qui doit
bénéficier au Sud, c'est un développement économique, un développement social qui doit aussi bénéficier et de façon
importante aux communautés qui habitent le territoire. Ça, c'est la Côte-Nord,
c'est Sept-Îles, c'est les gens du Grand
Nord, c'est les Jamésiens, c'est les gens du Nunavik. Et je pense que les
orientations sont clairement définies en ce sens-là.
M. Sauvé, peut-être vous pourriez nous
donner une indication des efforts qui sont faits là-dessus.
Le Président (M. Hardy) : M.
Sauvé, en 35 secondes.
M. Sauvé (Robert) : En
35 secondes? O.K.
M. Moreau : On pourra
revenir aussi.
M. Sauvé
(Robert) : Oui, je pense qu'on va revenir. Bien...
M. Sauvé
(Robert) : Il en reste 20? Je fais ça rapidement.
Oui,
il y a plusieurs gestes qui sont posés dans ce sens-là. D'abord,
on étudie... je vais les donner en vrac, et on pourra peut-être revenir là-dessus plus tard,
mais on étudie tout le phénomène de «fly-in/fly-out» pour bien comprendre les avantages, les nécessités
et les inconvénients, et comment on peut y remédier, puis comment ça se fait
ailleurs dans le monde aussi. On a
aussi des gestes très concrets qu'on pose sur la formation de la main-d'oeuvre,
particulièrement chez les autochtones
mais aussi chez les non-autochtones, pour occuper les emplois. On a un
comité qui a été mis en place sur la Côte-Nord
pour favoriser l'embauche des gens de la Côte-Nord sur les projets, que ce soit
Hydro-Québec ou par le ministère des
Transports, où on a eu des succès quand même assez intéressants au cours des
dernières années. Et on a aussi entrepris un chantier où on regarde pour faire appel à une
main-d'oeuvre de l'extérieur du Québec pour combler les postes qu'on ne
réussit pas à combler à l'interne.
Donc,
on a plusieurs chantiers à la fois pour traiter de ce dossier-là, toujours avec
l'idée d'optimiser les retombées pour les gens qui vivent sur le
territoire.
Président (M. Hardy) : Merci, M. Sauvé. Je vous ai laissé
répondre, on a pris du temps pour le prochain bloc sur le côté gouvernemental. Maintenant, j'aimerais
entendre la première intervention du deuxième groupe d'opposition, M. le
député d'Arthabaska, pour 22 min 35 s.
M. Lefebvre :
Merci beaucoup, M. le Président. Tantôt, j'ai salué tout le monde, mais je vais
me permettre également de saluer M. Sauvé qui est avec nous ce
matin pour nous aider dans... nous éclairer dans nos différentes questions.
Et je dois dire...
woups! il vient de quitter, là, mais je trouve tout le temps très agréable
d'entendre le député d'Ungava nous parler des réalités de son comté qui... On
n'est pas dans cette réalité, là, là. Quand chez nous on est à 10 minutes de l'hôpital puis on a dit qu'on a
pris... on a eu du trafic pour se rendre à l'hôpital, là, c'est deux réalités
qui sont complètement, complètement différentes.
Heureux
d'être ici ce matin. Je suis porte-parole du développement économique régional,
également forêts, mines et forêts, et
de l'Abitibi-Témiscamingue pour mon parti, et Côte-Nord et Grand Nord québécois, et j'ai quelques petites préoccupations ce matin.
Tantôt,
j'étais content d'entendre le ministre nous parler de l'importance d'Internet.
Quand je vais parler dans les
régions, je dis toujours que maintenant... À l'époque, on parlait de l'importance de l'électrification partout au Québec. On avait pris le taureau par les cornes, on
l'avait fait. En 2018, je suis persuadé maintenant qu'on se doit de
parler d'Internet partout au Québec.
Et ça, je pense que tout le monde, on est d'accord avec ça.
Sauf
que ce que j'entendais tantôt du député
d'Ungava va un peu à l'encontre de ce qu'on a eu ce matin dans les journaux... hier, excusez-moi, oui, jeudi, où on
parle que, naturellement, la panne d'Internet, on est extrêmement vulnérables,
dit M. Réjean Poirier, qui est le
président de l'Assemblée des MRC de la Côte-Nord. M. Poirier nous dit que
«la Société du Plan Nord a dans ses
cartons un projet d'amélioration du réseau de fibre optique dans la région», et
il dit qu'«il est grand temps qu'on passe à l'action». Il croit,
naturellement, que ça passe d'abord et avant tout par le gouvernement.
J'aimerais
savoir ce que le ministre pense ou a comme réaction par rapport à ce que
M. Poirier nous a dit hier du côté de Radio-Canada.
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Moreau : Effectivement, je
pense qu'hier le maire Porlier a fait
des entrevues parce qu'il y a eu une panne du réseau, d'où l'expression «fragilité», je pense, à laquelle vous
référiez dans votre préambule. Mais la question d'Internet
dans ces territoires-là, puis dans le territoire
du Plan Nord certainement, puis dans toutes les régions du Québec, c'est
un projet qui tient à coeur au premier ministre.
Moi,
je me souviens d'avoir assisté au forum des idées, c'était à Saint-Hyacinthe un peu plus tôt cette année, où on avait invité... Puis c'est un forum qui est très
transpartisan, il y avait des gens de tous les partis qui étaient là et des
experts internationaux qui sont venus nous dire à partir des expériences
à quel point, en Europe ou ailleurs dans le monde, le développement d'Internet
sur leur territoire avait permis des phénomènes, un, d'abord, d'amélioration
des conditions de vie, bien sûr,
parce qu'on rend l'information accessible, et de permettre aussi la rétention
des jeunes dans les régions, parce
que, quand les jeunes savent qu'ils
peuvent étudier, ils peuvent avoir les services, développer, démarrer des entreprises
et les faire progresser grâce à Internet,
bien, c'est un actif additionnel ou c'est un élément additionnel dans la
décision qu'ils prennent de s'établir en région.
Donc,
il y a un grand projet de déploiement d'Internet qui est piloté par ma collègue
la ministre du MESI et qui est vice-première ministre.
Et, dans ce contexte-là, je pense qu'il est clair que l'intention du
gouvernement est de promouvoir le développement d'un réseau Internet sur
l'ensemble du territoire.
M. Sauvé
expliquait qu'il y a des réalités qui sont incontournables, cependant. Quand on
parle des 14 villages inuits, ce
sont des villages qui sont extrêmement isolés, et les technologies requises
pour rendre cette... les infrastructures, devrais-je dire, requises pour rendre ces technologies-là disponibles
partout sont extrêmement dispendieuses, d'où le fait que les communautés
inuites elles-mêmes reconnaissent l'importance de procéder par phases.
Donc,
peut-être, M. Sauvé, on pourrait aller sur certains éléments, là, qui
relèvent de la Société du Plan Nord dans le déploiement d'Internet, mais évidemment, la priorité, il faut y aller
par phases là-dedans parce que... On dit souvent que
le mieux est l'ennemi du bien. Donc, la priorité, c'est d'améliorer d'abord le service
là où l'Internet est moins performant — on peut parler de la
Basse-Côte-Nord, on peut parler de la région de Schefferville, on peut parler
du Nunavik — et après de s'attaquer aux régions où, là,
le service est inexistant. Mais il faut d'abord tabler sur un réseau
existant, quitte... pour l'améliorer avant de passer à de nouveaux territoires.
M. Sauvé...
M. Lefebvre : ...des villages
inuits. On parle de Trinité puis de Port-Cartier, là.
M. Moreau : Oui, oui.
Bien, exactement. Mais c'est pour ça que le maire... Pardon?
M. Lefebvre : Ce ne sont pas
les villages isolés inuits, là.
M. Moreau :
Non, c'est ça. Mais c'est pour ça que
je vous dis : La priorité, c'est d'abord de mettre les efforts là
où le réseau existe pour l'améliorer, parce qu'il existe, mais il n'y a pas la
vitesse qui est essentielle pour ce type d'infrastructure là. Donc, on veut d'abord prioriser les efforts
là où le réseau existe pour l'améliorer et en accélérer la vitesse, puis
après ça, bien, on va aller vers les autres territoires.
M. Sauvé, voulez-vous ajouter...
M. Lefebvre : Bien, ça
va pour tout de suite. J'ai une question complémentaire. Quand, tantôt, M. Sauvé,
vous avez dit, on... bien, M. le ministre, vous avez dit que M. Sauvé a dit : On commence une réflexion
et on a un plan assez élaboré, je
dois vous dire, là, que je ne suis pas très rassuré quand j'entends qu'on
commence une réflexion puis qu'on a un plan assez élaboré.
M. Moreau : Bien, dans la Stratégie numérique 2017, l'objectif,
c'est quand même 100 %
d'accès Internet haut débit d'ici 2022. Alors, c'est l'objectif que l'on
se fixe.
Maintenant,
il y a une façon d'y arriver, et la façon séquentielle d'y arriver, c'est
d'abord d'aller là où les réseaux existent mais sont moins performants pour les
passer à un réseau haut débit et par la suite continuer, un peu à la manière d'une pelure d'oignon, puis de développer ce
réseau-là où il est inexistant, parce que dans certains secteurs il est
inexistant.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci, M. le
Président. Une de mes craintes, puis là je parle de façon globale, là, au
niveau de l'accessibilité Internet, c'est que présentement je trouve qu'on est
en train de créer deux classes de citoyens, on a les citoyens qui ont Internet puis on a les citoyens qui n'ont pas Internet.
Puis juste vous dire, M. le ministre, là, avec Québec branché, chez nous, il y a un village qui a eu une
subvention, mais le conseil de ville a refusé à l'unanimité la subvention
parce que ça créait deux classes de citoyens,
on ne se rendait pas au bout du rang chez l'agriculteur qui a des robots de
traite, où est-ce que lui aussi a besoin,
puis la municipalité a dit : Non, nous, on n'aura pas deux classes de
citoyens. On veut que, quand le gouvernement va passer chez nous, tous
nos citoyens vont être branchés.
Et ce que je
voyais tantôt, quand j'entendais qu'il y avait eu la subvention du côté fédéral
pour brancher les villages autochtones
puis que, là, les villages et les villes non autochtones n'ont pas été
branchés, bien, je reviens encore à l'exemple où est-ce qu'on crée deux
classes de citoyens. Puis ça, pour moi, c'est une préoccupation présentement.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Oui. Bien, on ne fait pas la gestion des programmes fédéraux, mais ce n'est pas
qu'il y a des villages autochtones branchés puis que le village à côté
n'est pas branché. Il est branché, mais il n'est pas sur la fibre optique, il n'est pas sur la même technologie. Et l'idée...
Et ça, à l'heure actuelle, depuis la création de la société, en 2015, on a
déjà 23,5 millions d'investis pour améliorer les télécommunications sur le
territoire du Plan Nord, 6,5 millions sur le territoire Eeyou Istchee Baie-James, 12 millions au
Nunavik et 5 millions à Schefferville, sur la Côte-Nord. Et on doit,
pour aller plus loin, et parce que
l'intention est d'aller plus loin... puis il y aura des annonces qui seront
faites dans les prochaines semaines à ce sujet-là, mais il faut aussi
avoir une approche séquentielle qui tient compte des meilleures technologies pour le branchement des communautés
isolées qui ne le sont pas déjà. C'est plus compliqué qu'il n'y paraît. Que ce soit pour de la fibre, que ce soit pour un
raccordement d'énergie, que ce soit pour des télécommunications, dès qu'on
parle des communautés nordiques il y a des coûts qui sont importants parce que
les conditions ne sont pas des conditions comparables à celles qu'on retrouve
dans le Sud.
Maintenant,
l'idée n'est pas de faire deux classes de citoyens, parce que l'objectif de la
politique, c'est de couvrir tout le
monde avec un haut débit sur un horizon de cinq ans, d'ici 2022. Mais il faut y
aller par étapes. Et on déroule la fibre.
Et donc il y a un moment où on commence à dérouler, puis il va y avoir un bout de
fibre, à un moment donné, à l'autre bout du réseau.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député.
M. Lefebvre : C'est des gros
rouleaux.
M. Lefebvre :
C'est des gros rouleaux.
M. Moreau :
Bien, je vais vous dire, moi, là, une des choses qui m'a frappé le plus,
lorsque le premier ministre m'a fait la confiance de me confier le
dossier du Plan Nord, c'est de voir l'immensité du territoire. J'avais eu comme
député, en 2005, l'occasion de vérifier
l'application des politiques nordiques, puis c'était une des premières fois où
je me rendais dans le Nord, et, à
chaque fois qu'on y va, on voit l'immensité du territoire. Puis ce n'est pas
que les villages isolés, là, c'est
beaucoup plus vaste que ça. Le territoire de Mme la députée de Duplessis ou le
territoire de notre collègue d'Ungava... Vous, c'est 50 %, à peu près, du territoire du Québec? On est
longtemps en avion sans voir les électeurs, mais... Il y a pas mal de territoire. C'est la même chose chez vous.
Le porte-à-porte est loin, c'est ça. Alors, ça prend des gros rouleaux,
vous avez raison.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Oui. Bien, juste une petite parenthèse : La semaine dernière, on avait de
la visite des gens du Nigéria, des
élus du Nigéria, qui sont 190 millions. Quand ils voyaient notre
territoire, avec notre 8 millions de population, là, ils trouvaient
ça assez spécial.
Je reviens,
tantôt, aux allocutions de notre collègue d'Ungava quand on a parlé du
«fly-in/fly-out». L'occupation du
territoire, on parlait tantôt qu'on a un plan qu'on élabore jusqu'en 2035 au
niveau des objectifs, pour documenter les différents objectifs. Ça aussi, 2035, là, je pense qu'on est capable
sûrement de faire mieux un peu au niveau des délais.
M. Moreau :
Bien, c'est-à-dire qu'il y a déjà, sur la main-d'oeuvre, beaucoup d'éléments
qui sont pris en compte. On n'attend pas 2035, on dit... l'objectif,
c'est l'objectif général de la Société du Plan Nord.
Mais
M. Sauvé disait tantôt... Je regarde certaines des initiatives, là. En
2016, la société a signé avec le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur une entente pour mettre en
place des matières de formation pour les communautés du Nord, notamment il y a un projet de soutien en formation
générale aux adultes et formation professionnelle chez les autochtones. Il y a un portrait de la
situation au nord du 49e parallèle sur l'offre de services en formation
parce que c'est important — si ces gens-là sont formés sur place, si on
est capable d'avoir une main-d'oeuvre qualifiée qui correspond aux emplois disponibles sur le territoire, on
augmente les chances d'avoir des gens qui y travaillent et qui s'y établissent
définitivement — et puis le financement d'une mesure pour
l'organisation, la gestion et l'exploitation d'un centre régional
d'éducation des adultes à Uashat-Maliotenam.
Et je vais vous donner juste quelques petits
éléments de statistique sur l'embauche. La Société du Plan Nord coordonne les travaux d'un comité qui s'appelle le
Comité sur l'embauche et la main-d'oeuvre régionale notamment sur la Côte-Nord, et ils ont développé un plan
d'action à compter de 2015, puis les résultats sont positifs, on voit une
progression du taux d'embauche des
salariés de la construction domiciliés sur la Côte-Nord, qui est passé de
61,1 %, en 2015, à 65,3 % en 2016 et à près de 69 %,
68,9 %, en 2017.
Alors, quand
il y a des actions coordonnées... Ça prend du temps, ce n'est pas immédiat,
mais, quand les actions sont
coordonnées puis qu'elles sont bien campées, on voit des résultats. Mais est-ce
qu'on peut faire mieux? La réponse est sans
aucun doute oui. Est-ce qu'on doit faire mieux? Oui. Puis est-ce que les
efforts sont faits? Moi, je pense qu'il y a des éléments qui sont très
structurants là-dedans.
C'est sûr
qu'on donne tout le temps un horizon, mais ça ne veut pas dire qu'il faut
ralentir un rythme ou qu'on ne fait
rien jusqu'à ce que ce soit atteint. Donc, je pense que les résultats sont
bons, et on peut s'en réjouir puis continuer dans le même sens.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Parce que, pour moi, l'occupation du territoire, je pense... Tantôt, je parlais
d'Internet, l'importance qu'on soit
partout au Québec. Puis l'occupation du territoire québécois, là, je parle,
même du côté de l'Abitibi, c'est des préoccupations
qu'on a, où est-ce qu'on doit s'assurer que nos gens puissent habiter dans nos
régions puis que les gens qui y habitent puissent avoir des services,
M. Moreau :
Tout à fait. Moi, vous savez, on m'a confié la responsabilité de la Gaspésie et
des Îles-de-la-Madeleine, ce sont des
régions qui voient aussi un intérêt à ce que les jeunes restent là puis
s'établissent là, avoir des services d'éducation,
puis puissent faire prospérer des entreprises. Puis ce n'est pas pour rien que,
quand on regarde, par exemple, le plan
d'immigration... Moi, ce qui m'a frappé dans toutes les régions où je suis
allé, notamment en Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, lorsqu'on parle aux maires, aux élus locaux, eux,
ils disent : Regardez, là, l'immigration, on en a besoin parce
qu'on a des postes à combler, chez nous, puis on a un manque de main-d'oeuvre.
Alors, il y a
deux éléments, deux fronts sur lesquels on peut travailler : un, la
formation d'une main-d'oeuvre locale pour éviter le «fly-in/fly-out»,
pour avoir de la formation, pour avoir des jeunes qui restent dans les régions;
deux, le développement d'Internet à haute
vitesse pour permettre aux jeunes d'avoir des technologies qui font en sorte
qu'ils sont intéressés et qu'ils ont
la possibilité de rester dans leurs régions, de fonder des entreprises et de
les faire progresser; puis, troisièmement,
combler aussi avec l'immigration, une immigration qui est bien formée, vers les
métiers qui sont ouverts, pour les
postes qui devront être comblés et que la seule natalité du Québec ne permet
pas de combler dans les régions du Québec.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci beaucoup, M. le Président. On va changer de sujet. Je veux qu'on parle un
peu de l'entente... bien, pas de l'entente,
mais je veux parler du dossier de Copper One. 18 décembre, le
gouvernement a annoncé une entente pour
l'acquisition des titres miniers de Copper One sur son projet de
lac Barrière, qui a coûté, bon, 8 millions au gouvernement. Le gouvernement avait évoqué, en
janvier 2017, les risques de violence pour suspendre l'exploration. Est-ce
que le ministre peut nous dire qu'est-ce qui leur a fait croire qu'il pourrait
y avoir un risque de violence?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau : Il y a plusieurs informations, dont
certaines qui relèvent de la sécurité publique, mais il y a plusieurs
informations qui étaient convergentes, qui laissaient voir qu'il y avait un
risque très important pour la sécurité des personnes,
quelle que soit leur implication dans ces dossiers-là, aux alentours du
lac Barrière. Et, je vais vous dire honnêtement, le ministère avait suspendu les droits liés aux
claims détenus par la société Copper One pour l'exercice de ses opérations
minières.
La société a intenté des
procédures contre le gouvernement du Québec pour casser la décision du
gouvernement de suspendre les droits sur les claims.
Et, de façon
générale, je pense que... j'apprécie que vous posiez la question, parce que ça
me permet de faire ceci. Hier, vous
savez, lorsqu'on a parlé du développement minier, un des éléments qui est
important pour les investisseurs dans
le secteur minier, c'est la prévisibilité, et c'est à contrecoeur que le
gouvernement avait suspendu les droits. Dans le contexte d'une contestation judiciaire, les procureurs du
gouvernement ont recommandé qu'il y ait un règlement hors cour, compte tenu de
l'établissement... du régime de droit minier qui existe au Québec. Et c'est
dans ce contexte-là que des négociations pour un règlement hors cour du
dossier se sont amorcées, négociations qui se sont conclues par une indemnisation versée à Copper One en
compensation des droits. Et la seule raison qui a incité le gouvernement à agir
de la sorte dans ce dossier-là, c'est
véritablement pour prévenir que des violences ou des éléments de sécurité
fassent en sorte que la sécurité des personnes puisse être compromise.
M. Lefebvre : M. le Président,
les claims, ils ont été suspendus une première fois en 2011.
M. Moreau : Ah! même
avant, je pense.
M. Lefebvre : En tout cas, aux
alentours, là, l'année n'est pas... On disait que...
M. Moreau : Oui, vous
avez raison, 2011. De 2011 à 2016.
M. Lefebvre : C'est ça,
exactement.
M. Moreau :
On a suspendu la période de validité des claims de Copper One sur une
partie du territoire visé par les ententes.
M. Lefebvre : On a la même
fiche, M. le ministre.
M. Moreau : O.K., c'est
M. Lefebvre :
Suspension, 2011, pour des raisons de sécurité publique. 2016, comme vous
l'avez dit, la suspension avait été
levée. Pourquoi la suspension avait été levée en 2016? À ce moment-là, il n'y
avait plus de menace? Puis après ça... Il y a une raison pourquoi la
suspension avait été levée à cette époque-là.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau :
En fait, je ne connais pas la raison pour laquelle la suspension a été levée en
2016 parce qu'honnêtement je n'ai pas l'information sur le fait... les raisons
pour lesquelles la suspension a été levée, mais la suspension a été rétablie en 2017. Le 20 janvier, le ministère a
avisé Copper One de son intention de suspendre la période de
validité sur la base des informations qui avaient été fournies au gouvernement
par la Sûreté du Québec.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska... Excusez.
M. Moreau : Alors, je ne
sais pas ce qui, entre les deux, a fait en sorte que les droits ont été
rétablis, mais à l'évidence ce n'était pas une
situation qui s'est stabilisée puisque, subséquemment, sur la base des
informations obtenues par la Sûreté
du Québec, il y avait un risque inhérent à la sécurité. Et d'ailleurs c'est, je
vous dirais, de façon extrêmement exceptionnelle que le gouvernement
agit de cette façon-là à l'égard des droits relatifs aux claims.
M. Lefebvre :
Donc, l'élément déclencheur, pour lequel on est arrivés à une entente à
8 millions, qu'on a dû payer, c'est en 2016, quand on a rétabli...
M. Moreau :
Non, parce qu'en 2011... La situation a changé entre 2011 et 2017, parce qu'il
y a eu un rétablissement, mais ce qui
avait justifié la suspension en 2011, c'est ce qui a justifié la deuxième
réaction gouvernementale qui allait... qui a fait en
sorte qu'on a informé Copper One de l'intention de resuspendre à nouveau.
Et la société fonctionne exactement
sur les mêmes claims, alors sur les mêmes droits. Alors, que ce soit en 2011 ou
en 2017, éventuellement, si une contestation
judiciaire avait été engagée sur les gestes posés par le gouvernement pour
suspendre les droits miniers, la situation aurait été à peu près la
même.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Mais, si on
n'avait pas rétabli les claims en 2017, on aurait...
M. Moreau :
On aurait contesté la suspension de 2011 comme on a contesté celle subséquente.
En fait, la situation de 2011,
rétablie en 2017 lorsqu'on
resuspend ou qu'on informe Copper One de l'intention de suspendre, que ce
soit en 2011 ou en 2017, les droits
des parties s'établissaient sur les mêmes règles de droit, puisque c'est la même loi
qui s'applique en 2011 et en 2017. Or,
la contestation judiciaire a été introduite par Copper One sur l'intention
du gouvernement, subséquente au rétablissement de ses
droits, mais la même situation juridique prévalait aux deux époques.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Arthabaska. 1 min 30 s.
M. Lefebvre : Oui, rapidement.
J'ai un peu de difficultés
parce que, dans une citation que vous avez dite : «Puisqu'il
s'agit d'une entente entre le gouvernement et une entreprise privée, le ministre confirme que les
détails de l'accord demeureront secrets.»
M. Moreau : C'est-à-dire que les ententes... Je vais vous laisser
poursuivre votre question, mais simplement que les ententes
hors cours font l'objet de négociations, et un des éléments de la négociation, c'est que les éléments déterminants de la négociation sont...
M. Lefebvre : Mais ça, ce bout-là, honnêtement, je voulais vous dire que j'étais à l'aise avec ça. Où est-ce que j'étais un peu moins à l'aise, c'est que, si le Québec a
payé 8 millions pour des droits miniers acquis au coût de
850 000 $, c'est en raison
des dépenses déjà engagées par l'entreprise. L'entreprise a réclamé beaucoup plus que ça. J'ai un
peu de difficultés, comme ancien
entrepreneur, que, si l'entreprise avait demandé... Ça a été quoi, la raison
pour laquelle l'entreprise a accepté beaucoup moins?
M. Moreau : Parce
qu'il y a eu une négociation, parce que la négociation hors cour a principalement consisté
à négocier le quantum des dommages et a
demandé à l'entreprise une
justification des dépenses engagées. L'attitude adoptée par le gouvernement dans ce dossier-là était de
dire, bon, sur la base de la recommandation des procureurs du gouvernement,
qui suggéraient que le dossier soit réglé
hors cour, il restait un élément à négocier, qui était le quantum des dommages,
et, ces dommages-là, ce que le gouvernement
a fait, il s'est enligné sur ce qui avait été fait, par exemple, à Anticosti
lorsqu'on a dû indemniser les
entreprises et a demandé à l'entreprise de justifier les dommages qui avaient
été encourus, c'est-à-dire les
dépenses engagées à l'égard des droits miniers qui étaient suspendus. Et la
négociation a été de demander à l'entreprise de justifier la réclamation, qui était supérieure à celle qui a conduit
au règlement hors cour, et finalement la recommandation a été d'accepter
de verser l'indemnité de 8 millions de dollars.
Le Président (M. Hardy) : Merci
beaucoup. Votre temps est écoulé.
Président (M. Hardy) : Maintenant, je passe du côté
gouvernemental. M. le député d'Abitibi-Est, vous avez 20 minutes.
M. Bourgeois :
Merci, M. le Président. Juste par
respect pour les gens qui habitent le territoire du Plan
Nord, je pense qu'évidemment on veut parler de projets qui sont à
l'intérieur du Plan Nord. Là, le collègue d'Arthabaska nous a parlé beaucoup d'un projet qui n'est même pas
en Abitibi-Témiscamingue, là, qui est dans l'Outaouais, là, et donc moi,
je vais vous parler du Nord. Je vais vous parler du Nord mais avec la
perspective de ce qu'il peut représenter comme potentiel pour l'intérêt étranger, en tant que potentiel de
développement à la fois économique, social, touristique et culturel,
parce que, oui, c'est un vaste territoire, mais en même temps c'est un
territoire avec des facettes fort intéressantes.
Et, de ce
côté-là, je sais que vous, M. le ministre mais également les membres de
l'équipe de M. Sauvé avez travaillé énormément au niveau du
rayonnement du Plan Nord sur la scène internationale, sur la scène canadienne
également. Il y a eu, donc, une stratégie
qui a été établie, un déploiement qui s'est fait. À l'origine, on a, donc,
élaboré un plan de match, qui s'est
intensifié au cours des derniers mois encore plus intensément. Et je pense que
ce rayonnement-là sur la scène
internationale doit se faire pour être capable de faire une prospection au
niveau des investissements, au niveau d'être capable d'amener une
diversification économique sur ce vaste territoire-là et également de regarder
des partenariats technologiques.
On le sait,
c'est un vaste territoire, avec des enjeux, entre autres, climatiques. L'aspect
environnemental, dans le Nord, est
amplifié dans des problématiques, par exemple, au niveau du pergélisol qui font
en sorte que, peu importe dans quel domaine d'activité économique, peu importe
dans quelle localité on se situe, on est impacté et on a besoin d'avoir à la
fois une acquisition de connaissances plus large, d'échanger avec d'autres
acteurs au niveau mondial qui ont ces compétences-là, qui vivent ces
situations-là, qui peuvent donc contribuer à améliorer à la fois notre sort, le
sort des populations qui habitent dans ces
territoires-là et également le sort de leur population, parce que, quand on
travaille en recherche, on peut faire
en sorte d'améliorer et de résoudre des problématiques qui s'adressent... qui
s'amplifient dans les territoires.
On veut
également se doter de meilleures façons d'intervenir pour faire l'exploitation
de ces territoires-là. Et, pour ce faire, il faut les faire connaître.
Il faut voir avec les acteurs concernés comment on peut travailler ensemble. Et
la première obligation qu'on a, c'est d'en
parler, d'aller le présenter sur des forums les plus larges possible pour se
donner à la fois cette visibilité-là mais également cette reconnaissance
de ce qu'on fait chez nous, de comment on le fait.
Et là-dessus, bien, vous comprendrez que,
lorsque les gens du territoire du Nord ont vécu la phase I et la phase II — parce que je vais les appeler comme ça — du Plan Nord, il y a eu un léger épisode où
on a vu des stratégies, une approche
qui a été différente. Moi, j'ai l'ai vécu très, très clairement, entre autres,
par rapport à un développement d'un
projet majeur dans le comté d'Ungava, de mon collègue, où on a découvert une
mine de diamant, mais, pour exploiter cette mine de diamant là, il y
avait un enjeu important : l'accès au territoire.
À l'époque,
il y a une décision qui avait été prise qui était de créer une dorsale, là,
moi, j'appelle ça plus qu'une route,
c'est une dorsale pour donner accès au territoire. Partout, partout, toutes les
tribunes dans lesquelles j'ai eu l'occasion de participer, au cours du dernier mandat, j'ai eu l'occasion d'aller en
Ontario, entre autres, dans le secteur de Sault Ste. Marie, où on était
un groupe de parlementaires avec des chercheurs, on a échangé énormément sur
comment développer les territoires, quels étaient les principaux enjeux pour
favoriser le développement, l'accès au territoire.
L'accès au
territoire, c'est fondamental parce que, quand on parle avec les promoteurs,
ils nous disent très clairement :
Écoutez, nous, là, ce qu'on fait, on est spécialistes dans notre domaine.
Demandez-nous notre opinion sur... par
exemple, dans le cas de l'exploration minière, d'identifier les potentiels, de
les questionner par des séances de forage qui vont nous permettre de mieux identifier le potentiel. Mais évidemment il faut se rendre dans ces territoires-là.
Et, si on se rend par voie
aéroportuaire, par hélicoptère, on met plus d'argent sur le transport que sur
les travaux d'exploration. Et ça, ça
amène une problématique parce
qu'on est dans des travaux qui
coûtent cher et sur lesquels on est toujours en mode de recherche de financement.
Et évidemment
le fait d'avoir un accès routier de qualité permet un accès qui change complètement la donne pour faire des
travaux d'exploration minière, par
exemple. Mais, quand on veut également
développer... Puis c'est là où on doit avoir cette perspective d'avoir une
vision, et c'est ça que le Plan Nord fait, avoir une vision de développement d'un territoire exceptionnel, avec un potentiel qui est très
large, parce que, oui, quand j'amène une route vers une mine, je
donne accès à un territoire
vaste qui peut me permettre de développer également l'industrie touristique de ce territoire-là. Et on l'a vu dans le comté d'Ungava.
L'accès au territoire
qui a été développé pour la route de Stornoway, ça a également
permis de donner accès à un grand
parc, qui maintenant devient un attrait touristique majeur pour le territoire, avec une communauté
autochtone crie qui dit : Nous, on veut être
partie prenante de ça. Non
seulement on veut être
partie prenante, on veut même être opérateurs du parc. Ça fait que vous comprendrez, M. le ministre, que, ces actions-là, quand on va les présenter au niveau
des autres acteurs, que ce soient les partenaires provinciaux, les joueurs
internationaux, de voir cette vision-là qui est présentée dans un cadre beaucoup plus large que seulement un investissement minier, ça fait toute une différence.
Mais évidemment il faut se doter des outils les
plus appropriés. Et là, là-dessus, je reviens avec la conférence à Sault Ste. Marie. Les gens nous ont dit :
On est jaloux de vous, on est jaloux parce que cette vision-là, là, il y a un
temps aussi où vous l'avez faite
avant qu'il y ait la création du Plan Nord, à l'époque de
Robert Bourassa. Il y a eu un choix, à cette époque-là, d'y aller avec l'hydroélectricité. On a construit ce
que l'on pourrait appeler l'autoroute de la Baie-James, donc la fameuse route de la Baie-James, qui actuellement, encore là, dans cette vision-là, elle a permis de construire un
très grand complexe hydroélectrique, qui maintenant
fait la fierté de tous les Québécois. Hier, on a eu l'occasion d'échanger avec les gens d'Hydro-Québec, mais, pour faire
ce projet-là, il fallait être prêts à investir des sommes importantes
pour donner accès au territoire. Puis qu'est-ce que ça a permis? Ça a permis de
désenclaver aussi les communautés autochtones cries qui sont installées du long de la
Baie-James. Donc, vision de pouvoir développer un territoire, de l'exploiter en
symbiose avec les acteurs qui l'habitent et également d'en développer d'autres
potentiels, touristiques.
Hier, les gens
le disaient, quelques collègues nous ont parlé qu'ils avaient eu l'occasion
d'aller visiter les installations de la centrale Robert-Bourassa, et moi-même, je
l'ai fait, je l'ai fait, je dirais, à plusieurs occasions, et non pas dans une perspective touristique mais plutôt de travail, mais toujours,
toujours je me disais : Chaque Québécois
devrait voir ces installations-là. On est à faire la réfection de
cette route-là actuellement parce qu'elle a travaillé fort, dans les
40 dernières années, et il y a eu une baisse un peu d'achalandage pour les
visites, mais maintenant, en faisant cette réfection-là,
on va redonner accès à un territoire merveilleux, qui mérite d'être visité par
tous les Québécois et Québécoises; oui,
les étrangers sont bienvenus, mais premièrement les Québécois et Québécoises,
pour qu'ils s'approprient la fierté qu'on doit avoir face à ces
installations.
Évidemment,
quand je vous en parle comme ça, je veux inciter les Québécois à y venir, mais,
M. le ministre et M. le président de
la Société du Plan Nord, on vous a confié un mandat important, celui de faire
connaître ce fort potentiel, cette
vision de développement tout à fait particulier en relation avec à la fois les
différents aspects qui peuvent permettre une exploitation sur le territoire
mais dans le respect des populations qui l'habitent. Comment faire pour pouvoir
mieux connaître ce territoire-là? Et vous
avez eu des missions fort importantes, et j'aimerais ça que vous puissiez nous
entretenir de vos récentes missions que vous avez tenues, M. le
ministre, en lien avec ces tournées à l'international.
Le Président (M. Hardy) :
Merci. M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Je vous remercie, M. le député. Avant d'aller sur les missions, vous avez
parlé et avec beaucoup d'à-propos du fait que l'importance de l'accès au
territoire est quelque chose qui est une stratégie-clé. Et vous avez parlé de la route de la Baie-James, de
l'autoroute de la Baie-James. M. Sauvé me disait : C'est un exploit,
parce que c'est une route de
400 milles qui a été réalisée en 400 jours et qui a coûté
400 millions de dollars, puis aujourd'hui ça fait 40 ans qu'elle est là. Alors, le
chiffre 4 a quelque chose à voir avec cette route-là. Et hier on a eu
l'occasion, dans le cadre de nos
travaux, d'indiquer que, par un effort conjoint du gouvernement fédéral et du
gouvernement du Québec, on a investi 265 millions
dans la réfection de cette route-là, qui a besoin d'amour, aujourd'hui, et qui
demeure un lien fort important pour l'accès au secteur ouest du
territoire du Plan Nord.
Et, toujours sur la question des routes, la
Société du Plan Nord a un budget de 20 millions, là, dès cette année,
2018‑2019, dans le plan économique du Québec
pour soutenir les entreprises minières qui réalisent des travaux de réfection
majeurs dans les chemins d'accès multiressources
et pour leur permettre d'atteindre le tiers du coût de réfection des chemins.
Alors, ça, c'est très important.
Et l'autre
élément pour l'avenir... Ça, c'est cette année. Puis, pour l'avenir, la société
a reçu un mandat de créer un comité
pour voir comment on pourrait financer les nouvelles infrastructures multiusagers, et on a établi déjà des principes pour le financement de ces
actions, de ces infrastructures d'accès multiusagers : d'abord, donner
accès à des territoires isolés qui présentent un fort potentiel de développement et qui peuvent favoriser l'accès à des populations locales enclavées,
ce qui est donc très important, parce qu'on dit toujours : C'est un
développement économique, mais c'est aussi un développement social; qui peut bénéficier au plus grand nombre
d'utilisateurs potentiels et desservir au moins deux projets dont la probabilité de réalisation est élevée et
dont l'acceptabilité sociale est démontrée. Donc, on voit que la coordination
ou les critères sur lesquels reposent les
actions à venir sont en lien directement avec les actions de la société puis
l'objectif derrière le Plan Nord.
C'est vrai
qu'on a fait plusieurs missions pour faire connaître la Société du Plan Nord,
et on l'a toujours fait en coordination
avec les représentants de la société. La première mission qu'on a faite, c'est
en Norvège, à Tromsø. Tromsø, c'est
au nord du 69e ou à peu près à la hauteur du 69e parallèle, c'est très
haut, et il y a une heure et quart, à peu près, d'ensoleillement à
l'époque où on y est allés. Je suis allé avec M. Sauvé et d'autres
représentants de la Société du Plan Nord. Et
ça, c'était véritablement l'aspect de développement social : Comment
intégrez-vous, les sociétés nordiques, les
gens qui habitent les territoires nordiques? Quelle est la résilience de ces
populations-là? Et comment sont-ils intégrés aux éléments de prise de décision qui concernent leur territoire?
M. Sauvé a été un des conférenciers du panel. Moi, j'ai participé à une espèce de panel ouvert qui était
présidé par un animateur assez connu de la BBC. Et on était assis là, à côté
des Russes, à côté des Norvégiens, à côté
des pays nationaux, des États nationaux qui ont des intérêts dans le
développement du Nord. Je peux vous
dire que le Québec n'a pas à rougir des efforts qu'il fait pour, justement,
impliquer les communautés nordiques.
Par la suite,
on a fait d'autres missions qui touchaient la promotion du Plan Nord, notamment
au Mexique, où j'étais présent avec Mme Boucher, qui est
vice-présidente de la société, justement pour faire connaître le Plan Nord et pour aller chercher des potentiels
investisseurs sur le territoire de la Société du Plan Nord. On a eu des
rencontres aussi avec les
représentants du ministère de l'État mexicain, l'État fédéral des mines. Et ce
que l'on a vu là, c'est des investisseurs privés qui étaient extrêmement intéressés par le potentiel du Plan Nord
non seulement en raison de la richesse et de la variété des ressources
qu'on trouve sur le Plan Nord, mais sur les éléments de stabilité, de
prévisibilité qu'amène la Société du Plan
Nord; impressionnés aussi par le rôle de la société, qui est un facilitateur
pour les investissements étrangers, pour
les mettre en relation avec l'ensemble des services qui sont offerts par le
gouvernement du Québec et par les différents ministères et organismes, pour faciliter les investissements; et aussi
très impressionnés, les Mexicains, sur, d'abord, la fiabilité du réseau électrique et les bas tarifs
d'énergie ici, au Québec, alors qu'eux sont dans un pays où les fluctuations
sont énormes. Et à telle enseigne, que cette
mission a été intéressante, on a retrouvé certains de ces investisseurs-là lors
du forum canadien, le PDAC, à
Toronto, qui sont venus demander des compléments d'information en vue
d'investissements sur le territoire du Plan Nord, notamment dans le
secteur de la Côte-Nord.
Alors, on
réalise que les effets combinés des efforts que fait la société et de l'appui
du gouvernement du Québec dans ces
démarches-là permettent des rencontres de haut niveau et permettent de faire
connaître et donner un rayonnement international
au Plan Nord, parce que le Québec s'est classé sixième dans l'échelon mondial
sur les endroits où l'industrie minière
préfère investir, et, pour se classer
sixième, on a fait huit sauts dans l'échelle. C'est dire que les efforts qui
sont déployés par la société
pour faire connaître le Plan Nord, pour mettre en valeur les ressources naturelles
du Québec et les efforts qui sont déployés par les autres intervenants, notamment Hydro-Québec, qui permet d'avoir de l'énergie à un taux
qui est prévisible, qui est stable et qui est bas, à l'échelle internationale,
favorisent la position du Québec et le développement
économique du Québec dans le secteur
minier — puis
on le verra probablement aussi un
peu plus tard dans nos échanges
aujourd'hui — et
permet au Québec de montrer à quel point le dossier du Plan Nord est une
vitrine extraordinaire de
développement social, aussi, d'intégration des communautés, de retombées pour
les communautés et de développement
économique, en même temps, mais qui soient harmonieux avec les principes de
respect de l'environnement.
Alors, moi,
je pense que c'est probablement une histoire à succès. C'est une histoire à
succès, on le voit d'ailleurs dans la
croissance économique des régions qui sont situées sur le territoire du Plan
Nord. Et moi, je pense qu'il faut remercier la société.
D'ailleurs, vous me permettrez de souligner que
c'est probablement les derniers crédits de M. Sauvé comme président-directeur général de la Société du Plan
Nord, qui nous a annoncé à regret qu'il allait non pas changer ses horizons
du Nord, mais changer ses horizons de
carrière pour prendre une retraite bien méritée. M. Sauvé est un des
grands serviteurs de l'État depuis de
nombreuses années. Moi, je me souviens d'avoir travaillé avec lui alors que
j'avais la responsabilité des Affaires
municipales, justement, pour me donner les notions importantes liées à la
Société du Plan Nord. Il est là depuis le début. C'est quelqu'un qui est très bien connu
des entreprises du secteur minier et de tous ceux qui, dans cette Assemblée,
représentent des circonscriptions où la
Société du Plan Nord peut agir, je ne connais pas de personne qui connaît plus
les dossiers du Nord que
M. Sauvé. Puis je veux profiter des quelques secondes qui me restent pour
le remercier et lui dire tout le plaisir qu'on a de travailler avec lui.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député d'Ungava... pas d'Ungava mais d'Abitibi-Est. 30 secondes.
M. Bourgeois :
30 secondes. Bien, évidemment, vous me permettrez également de partager ces
bons voeux, avec un peu de déception
parce qu'avec Robert on a vécu de très, très bons moments à vouloir faire en
sorte que ce magnifique projet qui
était le Plan Nord voie le jour. N'eût été son travail, on serait encore loin
du compte. Mais je pense qu'il mérite tout notre respect, donc, de
l'ensemble de l'équipe.
Président (M. Hardy) : Merci beaucoup. Vous m'excuserez de
m'avoir trompé de comté, mais vous êtes tous habillés de la même
couleur, ça fait que ce n'est pas...
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Hardy) :
Maintenant, Mme la députée de Duplessis, à vous la parole pour 17 minutes.
Mme Richard : Merci beaucoup, M. le Président. M. le Président,
est-ce qu'il serait possible pour le ministre de nous déposer la grille
tarifaire pour les utilisateurs de Pointe-Noire?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau : Un instant,
on va vérifier si c'est possible de le faire.
Mme Richard : Si vous ne l'avez pas avec vous présentement, est-ce que vous pouvez prendre un engagement de nous la fournir?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Moreau : Alors, ce que monsieur... O.K. Ce que M. Sauvé m'explique, puis il
pourra développer là-dessus, c'est
qu'il n'y a pas de grille tarifaire, étant donné qu'on est dans du cas par cas,
sur les besoins spécifiques des utilisateurs des infrastructures, dans certains... puis ce qu'il expliquait tantôt,
c'est-à-dire qu'il y a certaines parties des infrastructures qui sont plus utilisées par certaines entreprises,
d'autres par moins, d'autres secteurs qui sont utilisés de façon exclusive,
puis il y en a qui sont utilisés sur la base d'un volume qui varie d'une
entreprise à l'autre.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée.
Mme Richard : Si vous permettez, M. le Président... Je
comprends tout ça. Si c'était possible pour le ministre que... Il m'a
dit, au tout début de nos échanges, qu'il était prêt à une bonne collaboration.
Si c'était possible pour le ministre, là, je
comprends que ce ne sera pas aujourd'hui, mais de nous envoyer une certaine
grille d'analyse qui vient à une certaine tarification...
M. Moreau :
Bien, comment ça fonctionne, je vais vous résumer ce que j'ai ici, sur cette
fiche, la tarification est adaptée en fonction des besoins particuliers
de chacun des clients selon notamment le type de matériel à transborder et les équipements qui devraient être utilisés
pour réaliser les opérations. Ainsi, il n'existe actuellement pas de grille
tarifaire générale pour l'utilisation des services de la Société
ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire. C'est ce que nous avons répondu à la demande de renseignements
particuliers présentée par l'opposition officielle. C'est la réponse à la
question particulière n° 30.
Président (M. Hardy) : Merci. Vous savez, Mme la députée de
Duplessis, il n'y a aucune obligation au ministre de déposer si la
grille n'existe pas.
Mme Richard : Ah! je comprends très bien ça, M. le Président.
C'est quand même mon devoir de le demander. Comme on est...
M. Moreau :
Non mais... Oui, oui, tout à fait. Puis je ne veux pas que ce soit vu comme...
Si on peut le faire, on va le faire, là. Mais ici il n'y en a pas, de
grille tarifaire.
Mme Richard : D'accord.
Parfait. Comme nous sommes régis par le temps, comme je le dis très souvent
ici, M. le Président, mon temps est précieux, donc on va passer à un autre
sujet.
M. le ministre, vous savez, bon, je
l'ai dit, c'est tout nouveau pour vous, vous arrivez comme un nouveau ministre
des Ressources naturelles et vous avez
particulièrement la responsabilité du Plan Nord. L'année passée puis même quand
on a mis sur pied la Société du Plan Nord,
et via les antennes satellites, j'avais une préoccupation — et je suis certaine que certains de mes collègues, présentement, du
gouvernement s'en souviennent très bien — qu'il n'y ait pas une centralisation à
Québec. On s'est rendu compte qu'au fil du temps la société avait plus de
personnel à Québec via les antennes qui
étaient déployées en région. Et, quand on vient des régions, particulièrement
des régions visées par tout le développement nordique, on aime que les
décisions se prennent chez nous, sur nos territoires respectifs.
Votre
prédécesseur, M. le ministre, l'année passée, avait dit qu'on voulait arriver à
peu près à un chiffre de 40 %, il
allait y avoir de nouvelles embauches, il y aurait plus de gens dans les
régions. Malheureusement, M. le Président, ce que je constate encore cette année, bon, on avait 35 employés au
siège social, 10 dans les antennes — je vous rappelle qu'il y a quatre antennes sur tout le territoire
du Plan Nord — 35, 10,
on est rendus à 41, 12. Est-ce que vous avez la même volonté, M. le ministre, que votre prédécesseur,
c'est-à-dire donner plus d'autonomie aux antennes régionales, que les
gens travaillent en région pour les régions?
Le Président
(M. Morin) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Alors, la réponse est oui, j'ai la même intention que mon prédécesseur.
D'ailleurs, quand on regarde, de 2017...
La société a été fondée en 2015. Quand on regarde 2017 avec les prévisions de
2019, il y a une augmentation. En
2017, le total des employés était de 45, 22,2 % de ces employés étaient en
région, je ne donnerai pas le détail,
là, parce que je ne veux pas couper du temps, mais en 2018 il y avait
57 employés, 24,6 % étaient en région, et les prévisions pour 2019 est de passer de 24 % à
31 % le nombre d'employés en région. Alors, au fur et à mesure que les
années avancent et que les actions de
la société se précisent, on voit qu'il y a de plus en plus d'employés de la
société qui vont être déployés en région.
Mme Richard : M. le Président, est- ce que le ministre peut déposer les prévisions
qu'il a pour les employés...
M. Moreau :
Oui, oui. Bien oui, je peux... En fait, on va vous faire un extrait de ce
tableau-là, parce que c'est...
Mme Richard :
C'est quel document que vous faites référence? Nous, ce n'est pas ce que nous
avons, là.
M. Moreau :
Bien, ça, c'est une note de travail, mais on pourra vous sortir... Regardez, je
peux vous donner, là... En 2019, les prévisions, ce serait un total
d'employés de 71, 31 % en région, puis là c'est réparti selon Baie-Comeau,
Chibougamau, Roberval, Sept-Îles, Kuujjuaq,
Nemaska, Matagami, pour un total de 22 en région. On va vous donner ça
sur un tableau.
Mme Richard : Je comprends, M. le Président, que, bon, c'est des prévisions pour
2019. Je comprends également, puis
c'est pour ça que je veux voir le document dont nous fait référence le ministre...
C'est parce qu'on parle de créer une nouvelle antenne satellite, là,
n'est-ce pas, dans le territoire d'Ungava?
M. Moreau :
Attendez un peu. Il y en a une, deux, trois, quatre, cinq, six... Il y en a
une, deux, trois, quatre, cinq...
Mme Richard :
Donc, c'est sûr qu'en créant une nouvelle antenne on donne deux antennes sur le
territoire d'Ungava... c'est sûr que j'espère qu'on va mettre au moins une
personne ou deux.
M. Moreau :
Oui, bien, c'est ça. Bien, il y a deux autres antennes satellites...
Mme Richard :
Ça ne fait pas nécessairement... Vous comprenez, M. le Président, d'augmenter...
Le Président
(M. Morin) : Un instant, là, un instant. Chacun son tour
d'échange, parce que ça devient...
M. Moreau :
Bon, bien, regardez, en 2018, il y a Baie-Comeau, Chibougamau, Roberval,
Kuujjuaq et Sept-Îles, et en 2019 on
ajouterait, j'essaie juste de voir... Nemaska et Matagami. Donc, on augmente le
pourcentage d'emplois en région de 24,6 % qu'il est cette année à
31 %, selon les prévisions qui sont faites pour 2019.
Le Président
(M. Morin) : Si j'ai bien compris, vous vous engagez à
déposer...
M. Moreau :
Bien, c'est-à-dire que ce qu'on va... Je ne peux pas déposer ce document-là...
Le Président
(M. Morin) : Non, non, mais vous allez faire un tableau.
M. Moreau :
...mais on va faire un extrait de l'évolution des effectifs en régions de 2017
à 2019 avec les chiffres que je viens
de donner là, et on va les déposer, M. le Président, auprès du secrétariat de
la commission pour en envoyer une copie à nos collègues.
Le Président (M. Morin) :
Parfait. Merci beaucoup. Allez, Mme la députée.
Mme Richard : Merci. M. le ministre, si vous avez l'intention...
Bon, on verra ce que vous allez nous transmettre comme information. Avez-vous l'intention aussi de changer les façons de
faire, c'est-à-dire de donner plus d'autonomie aux antennes satellites
en région? Juste un oui ou non, puis après on... si on est là, là, vous et moi,
bien, écoutez...
M. Moreau : Bien,
c'est-à-dire que je sais que...
Mme Richard : On a encore
quelques mois, là, on verra si ça donne du concret.
M. Moreau : Ah! on est
là pour encore longtemps, je suis convaincu. Mais...
Mme Richard : Mais vous ne serez peut-être pas à cette
place-là, et moi, pas ici nécessairement. C'est dans ce sens-là. Mais on pourra...
M. Moreau : Ah! Non,
mais ça ne fait rien, on aura...
Mme Richard : On va en jaser
plus tard.
M. Moreau : On peut s'intéresser à ces sujets-là, même si on
n'en est pas directement responsable. Alors, on aura l'occasion de
s'en reparler encore longtemps.
Mais ce que
je veux vous dire, par exemple : Pour Sept-Îles, là, dans les prévisions, on passe de quatre personnes
à six personnes, dans la
prévision 2019. L'idée, est-ce
que... il y a des décisions qui sont
prises... le fonctionnement de la société fait en sorte que ces
décisions sont prises par le conseil d'administration. Alors, est-ce qu'on est
capable de donner plus de responsabilités aux régions? La réponse, c'est oui, mais il y a
des éléments décisionnels qui, sur la base structurelle de
fonctionnement de la société, sont prises par le conseil d'administration.
Mme Richard : Merci,
M. le Président. Je comprends que le conseil d'administration peut donner une certaine autonomie aux antennes. Il faut comprendre, par contre, que... Je vous dirais, particulièrement, même, moi, dans mon travail de députée, on a souvent des gens qui nous
interpellent, qu'on réfère, moi, je les réfère parce que c'est mon territoire,
et aux antennes satellites, à Sept-Îles, ils n'obtiennent pas nécessairement de très grands résultats. Pour plusieurs
dossiers, M. le Président, je vais directement au P.D.G., qui a une très grande ouverture pour...
C'est facile d'avoir accès à M. Sauvé, il nous revient, mais, pour ce qui est de l'autonomie des antennes...
Puis je ne pense pas, soit dit en passant, parce qu'il y a quand même
des gens qui nous écoutent... ce n'est pas le conseil d'administration qui
gère les antennes au quotidien.
Comme le temps nous est compté, M. le Président...
Je vais vous donner la parole, M. le ministre...
M. Moreau : ...me posiez
une question. C'est correct, je m'excuse.
Mme Richard : Non, bien, vous permettez que vos collègues
fassent des commentaires. Je peux en faire, moi aussi, même si j'ai
beaucoup de questions.
Considérant
les fonds d'initiative, vous savez, fonds d'initiative pour l'ensemble du territoire
du Plan Nord, il était
de 2 millions auparavant, on l'a augmenté à 3 millions. J'ai vu, bon,
quand on a demandé certains renseignements puis qu'on a eu les cahiers de crédits
pour étude, bon, il y avait quand même beaucoup de projets. Auparavant, bon, il n'y avait pas tellement de critères à la société pour octroyer les
projets, moi, je l'avais dénoncé à maintes reprises, c'était plus un
fonds discrétionnaire. Disons qu'on a resserré un petit peu.
Je voudrais vous demander : Est-ce que vous
considérez que le fonds de 3 millions est suffisant? Puis est-ce que ce
serait possible, là... Parce que, là, j'ai les projets qui ont été octroyés. Est-ce que
ce serait possible, un, d'avoir les projets
qui n'ont pas été retenus... ou combien, si je n'ai pas la liste, au moins
combien de projets n'ont pas été retenus? Et est-ce que l'enveloppe de 3 millions,
qui a été bonifiée, est suffisante?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre, je vous donne la parole.
M. Moreau : Ah! bien,
vous êtes gentil. Merci beaucoup. Bien, moi, j'aime ça parce que Mme la députée
de Duplessis, elle montre l'importance puis elle a le dynamisme qui montre
l'importance qu'elle accorde à ce dossier-là, puis je trouve que c'est tout
à fait correct.
Le Fonds d'initiatives du Plan Nord, Mme la députée, a permis
de soutenir financièrement 101 projets, dont 48 sur la Côte-Nord, alors, en 2017‑2018, ce qui... J'ai ici
le tableau des dossiers, des projets qui ont été retenus. Mais est-ce qu'on
a un tableau pour les projets qui n'ont pas été retenus?
Mme Richard : ...M. le ministre, je voulais juste savoir
combien il y en avait qui avaient été rejetés. Les retenus, je les ai.
M. Moreau :
O.K. Ah! Bon, bien... Voulez-vous
répondre, M. Sauvé? M. Sauvé va répondre à la question,
là, il y a une petite embûche.
Le Président (M. Hardy) :
M. Sauvé.
M. Sauvé
(Robert) : Particulièrement sur les projets non retenus, on ne les
rend pas publics parce que, dans certains
cas, ces projets-là continuent d'évoluer. Ce sont des projets qui, comme ils ne
sont pas retenus, appartiennent exclusivement
à son promoteur, et ce n'est pas à nous à diffuser les projets des promoteurs,
qu'ils ont déposés. S'ils ne sont pas
retenus, ça demeure leurs projets, jusqu'à ce qu'il y ait une entente. Quand on a une
entente puis qu'il y a de la contribution, bien là, ça devient
public, à ce moment-là.
Mme Richard : Je comprends très bien, là. Je vous demande juste le nombre. Je ne veux
pas savoir c'étaient qui, les promoteurs.
M. Moreau :
Le nombre?
Mme Richard : Je veux savoir combien de projets n'ont pas été retenus. 100? 50?
Trois? Quatre? 20? Peu importe. Un chiffre.
M. Moreau :
O.K. En 2017‑2018, il y a eu en tout 290 demandes qui ont été reçues au
cours de l'année, puis il y en a 101 qui ont été retenues.
Mme Richard :
Parfait. On y arrive.
Vous avez... On a
parlé du programme des serres communautaires. Bon, il y avait
600 000 $ de disponible, M. le
Président, mais nous n'avons dépensé que 160 000 $, qu'on a accordé à
des projets. Pourquoi? Parce qu'on avait quand même des disponibilités dans l'enveloppe budgétaire, ce qui est
extrêmement rare, parce que la plupart du temps, quand moi, j'appelle pour des projets, le programme, ça ne s'adapte pas
à nos réalités, on n'est pas bon dans le programme, il n'y a plus de sommes. 600 000 $, puis
on n'en a juste dépensé... on a dépensé 160 000 $. Qu'est-ce qui
s'est passé? Vous n'aviez pas assez
de demandes, ou ça n'a pas assez fonctionné, ou ce n'est pas assez connu comme
programme?
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Moreau :
Bon, alors, ce qu'on m'explique, c'est que, oui, il y a des projets qui sont
toujours à l'étude et qui pourraient
bénéficier de ces crédits-là. Alors, à l'heure actuelle, il y a un certain
nombre de projets qui ont été retenus puis qui ont été autorisés, ce qui explique les sommes qui ont été dépensées.
Maintenant, l'enveloppe n'est pas perdue, cette enveloppe-là existe, et il y a toujours des projets qui sont sous
analyse et qui pourraient bénéficier des crédits de l'enveloppe qui ne
sont pas encore décaissés.
Le Président
(M. Hardy) : Mme la députée.
Mme Richard : Donc, je peux conclure que, sur le 600 000 $ qui avait été
octroyé pour les serres communautaires, on en a juste dépensé
160 000 $...
M. Moreau :
Sur la base des projets dont l'analyse a été complétée. Et il y en a toujours
qui ont été soumis et qui seraient
toujours visés par la somme de 600 000 $, qui sont sous analyse, puis
il va y avoir d'autres projets qui vont être retenus. Cette somme-là
n'est pas perdue, elle est toujours là.
Mme Richard : Non, ça, je comprends ça, mais, écoutez, on l'avait l'année passée, on
a quand même resté avec un surplus qui n'a pas été dépensé. Je ne sais
pas si on l'a rajouté ou pas, là, mais...
M. Moreau :
Non, on ne l'a pas rajouté. En fait... On ne l'a pas rajouté. On prend une
enveloppe de 600 000 $, il
y a des projets qui sont soumis, on les analyse, puis, tant et aussi longtemps
que l'enveloppe ne sera pas épuisée, on va aller de l'avant avec des
projets.
Mme Richard : Est-ce que, M. le Président, c'est toujours la priorité... Parce que
c'était une de leurs priorités, à la
société, le développement de la filière des petits fruits, c'est clairement
indiqué dans les priorités de la société. Est-ce que ça demeure, M. le
ministre, une de vos priorités encore?
M. Moreau :
Je veux juste vous donner un petit... avant de répondre à votre question, là,
pour vous donner plus de précisions,
il y a quatre projets qui ont été acceptés, jusqu'à maintenant, pour une
contribution de 428 000 $. Alors, sur le 600 000 $,
là, il y a plus que... vous avez indiqué...
M. Moreau :
Oui, 160 000 $, mais il y en a
d'engagé déjà 428 000 $. Alors, les projets
totalisent... Il y a d'autres projets
qui sont en analyse, il y a sept nouveaux grands projets pour la prochaine
année, puis on pense que l'ensemble
des crédits devraient être engagés. Et là je m'excuse, je vais vous demander de
répéter votre question, parce que je...
Mme Richard : Écoutez, c'est sûr, M. le Président, comme je vous
l'ai dit d'entrée de jeu, c'est extrêmement
difficile, quand on fait les crédits, et
tout ça puis qu'on n'a pas tout, on est régis par le temps... Écoutez, moi, là,
je fais référence
à ce qu'on nous a donné comme renseignements, là, je fais référence à ce qu'on
nous donne, et ce qu'on avait, là, ce
qu'on avait, là, dans les projets des
serres communautaires, c'était le
village nordique de Kangiqsualujjuaq,
99 000 $, et première nation de Whapmagoostui,
60 000 $. Donc là, vous me donnez d'autres projets que je n'avais
pas. Mais, écoutez, on pourra éventuellement... Je vais vous demander de nous
les fournir. Puis, si vous avez...
M. Moreau :
Oui, mais ce qui est dans les crédits, Mme la députée, c'est ce qui existait au
28 février, l'année continue. Alors, vous me demandez aujourd'hui
où est-ce qu'on est rendus. Aujourd'hui...
Mme Richard : ...vous
comprenez, M. le ministre, que, moi, c'est ce avec quoi je dois travailler.
M. Moreau :
Bien oui, mais je travaille avec la même chose que vous. Et puis, en date
d'aujourd'hui, vous me posez la
question; je vous donne l'information que j'ai en date d'aujourd'hui. Ce n'est
pas parce qu'on veut cacher des affaires,
c'est parce que l'année financière, elle ferme à un certain moment donné. Et
donc je vous donne l'information au
moment où l'aide financière termine. C'est ça, l'exercice des crédits. Je ne
sais pas... puis je ne voudrais pas vous laisser entendre qu'on essaie de camoufler de l'information. Au contraire, le gouvernement a tout avantage à vous dire que, sur le
600 millions, il y en a 428 d'engagés puis... Comment?
Mme Richard : Bon, écoutez, je
comprends...
M. Moreau : 600 000 $,
pardon.
Mme Richard : Je
comprends très bien
ça, M. le Président. Et tant mieux s'ils ont plus de projets, que ce soit au niveau des serres
communautaires, au niveau des petits fruits. Je comprends qu'il me reste très,
très peu de temps.
Le Président (M. Hardy) :
1 min 40 s
Mme Richard :
1 min 40 s. Je vais garder mes autres questions pour les autres
blocs, qui sont extrêmement importants. Je
vais terminer avec les antennes, M. le Président. Ce que je peux comprendre du
ministre, il veut une plus grande
autonomie pour les antennes en région, faire en sorte... bon, ouvrir une
deuxième antenne du côté d'Ungava, donc, plus d'employés, on va essayer
de décentraliser, c'est toujours des bons voeux.
Les petits
fruits demeurent une priorité pour la Société du Plan Nord. Moi, je n'ai pas vu
d'action concrète, en tout cas, par
rapport aux petits fruits. Si j'avais du temps, M. le Président, ou si je
devais faire du temps, je pourrais vous parler pendant une heure d'un beau projet pour développer les bleuets sur la
Côte-Nord, comment ça a été un dédale administratif. Et ça aurait été un super de beau projet pour la
Société du Plan Nord, pour démontrer qu'il y avait une réelle priorité pour
développer la filière des petits fruits sur la Côte-Nord. Et malheureusement,
écoutez, moi, je me suis retrouvée dans énormément de ministères pour n'aboutir
à aucune avancée par rapport à ce projet-là.
Et, quand je
dis qu'il faut de l'autonomie aux antennes régionales, on a même quelqu'un qui...
Parce que, là, on n'en
a pas parlé. On aurait pu parler du bureau de commercialisation, on aurait pu
parler des... on aurait pu parler comment ça a coûté, tu sais...
Mme Richard : Bien... Oui, bien, moi aussi. Bien, écoutez, je
vais conclure sur ce bloc-là, parce
qu'on va reparler d'autre
chose après, mais je voulais finir sur cette note-là.
Le Président (M. Hardy) :
Allez-vous donner une petite réponse courte, M. le ministre?
M. Moreau : Oui, bien,
regardez, sur le beau projet dont ils parlent, là, ce n'est pas vrai qu'on est
arrêtés. Le problème, c'est que le projet,
tel que présenté, ne répond pas aux critères de multiusager. Les discussions
se poursuivent, il est en train de
trouver un partenaire, l'entreprise est en pourparlers avec des partenaires
pour un partenariat multiusager, et le dossier continue d'évoluer.
Alors, quand quelqu'un
arrive avec un projet, on ne dit pas : Non, vous ne rencontrez pas les
critères, on vous dit : Regardez, ce serait plus facile si vous
rencontriez les critères suivants. Alors là, je comprends qu'il y a des efforts
qui sont faits, les pourparlers sont toujours
en cours, et ce n'est pas parce
qu'aujourd'hui une décision n'est pas prise qu'elle ne sera pas prise
dans l'avenir.
Alors, il y a
une différence entre avoir ce qu'on veut exactement tout de suite, sans égard
au programme, et se conformer au programme pour être rendu éligible.
Nous, on travaille en collaboration avec ces gens-là, il n'y a pas d'opposition, on travaille pour les aider, pour
faire en sorte que le projet se réalise. Donc, tout n'est pas noir au pays des
bleuets.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Merci, du côté
gouvernemental, qui a donné du temps pour répondre à Mme la députée de
Duplessis. Maintenant, je cède la parole au député d'Ungava.
M. Boucher :
Alors, merci, M. le Président. Alors, je voudrais dire que cette réponse du M.
le ministre était une gracieuseté de l'enveloppe du temps du député
d'Ungava.
M. Moreau : Tout à fait.
On montre bien la collaboration...
M. Boucher : Vous connaissez ma
magnanimité légendaire. Donc, ça a été un plaisir pour moi.
M. le
ministre, M. Sauvé, avant de l'oublier, puis des fois j'ai peur de manquer
de temps, moi aussi, je voudrais, bon,
saluer... J'espère toujours un peu que l'annonce du départ de M. Sauvé,
c'est un peu comme le dernier Bye-Bye de Dominique Michel. Donc,
j'espère qu'on le reverra aux crédits. Mais je vais quand même prendre quelques...
M. Boucher :
C'est ça. Mais je vais quand même prendre quelques minutes pour, moi aussi,
saluer son travail, son dévouement.
Et puis, comme on dit, il n'y a personne d'irremplaçable, mais il y en a qui
sont plus difficiles que d'autres à
trouver un successeur, puis la personne, que ce soit homme ou femme, aura des
grands souliers à chausser et puis aura... Je peux vous dire que les
attentes envers le ou la successeure vont être élevées.
On en
discutait encore dernièrement, quand j'ai appris ça, puis la nouvelle s'est
répandue comme une traînée de poudre,
puis on a dit : Bon, bien là, qui tu vois dans ton radar, qui va être là?
Bien là, premièrement, ce n'est pas moi qui fais le recrutement. Puis, deuxièmement, c'est sûr que ce n'est pas
n'importe qui qui peut aller là. Mais je souhaite très bonne chance à la personne qui... bon, qui sera
nommée un de ces jours, je ne sais pas quand, là. Et puis vous ne serez pas facile à remplacer. Et puis votre successeur,
là, a une tâche titanesque, et puis j'espère qu'il sera aussi dédié et aussi,
comment dire...
Une voix : À l'écoute.
M. Boucher :
...à l'écoute, c'est ça, à l'écoute pour continuer votre bon travail puis
poursuivre là où vous aurez transmis le flambeau à la personne en
question.
Le Président (M. Hardy) : ...M.
le député d'Ungava.
M. Boucher :
M. le ministre, tantôt, vous avez vendu certains de mes punchs. Je devrais vous
en vouloir un peu. Je pense, pour vous punir, je vais vous transmettre
ma grippe avant de partir.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Boucher :
Alors, je vais vous parler un petit peu d'accès du territoire puis de tourisme,
hein, parce que souvent, le Plan
Nord, on dit : Bon, bien là, écoute, le Plan Nord, c'est l'exploitation
des mines, c'est les ressources naturelles, mais ce n'est pas juste ça.
C'est le développement social, c'est le développement touristique, c'est le
développement des infrastructures. Parce que
souvent on oublie que, dans ces territoires-là, il y a des gens qui vivent là,
il y a des gens qui sont nés là, qui
vont faire leur vie là, qui auront leurs enfants là et qui vont décéder là. Et
puis, pour eux, bien, c'est leur chez-eux,
puis je pense que, des infrastructures, ils ont autant droit d'en avoir que les
gens du Sud, même si souvent les attentes
ne seront pas les mêmes, parce qu'on ne peut pas s'attendre à avoir le style de
vie de centre-ville de Montréal quand on habite à Ivujivik, mais on a
quand même un minimum auquel on doit rencontrer.
Vous parliez
tout à l'heure de la route de la Baie-James, hein, qui avait été construite...
à l'époque, là, c'était une route...
qui fait maintenant, bon, 620 kilomètres. Le kilomètre zéro est dans le
coin de Matagami puis le kilomètre 620 est au barrage Robert-Bourassa.
400 milles en 400 jours
pour 400 millions. Puis ce n'était pas une trail, comme on dit en bon français, c'était une route où on pouvait
avoir du transport lourd hors norme, avec des ponts. Ce n'est pas juste des
petits ponceaux avec un tuyau en fer blanc,
là, c'est des ponts qui sont quand même assez impressionnants, traversent
la rivière Rupert, entre autres.
Puis cette
route-là, bon, a amené beaucoup de touristes, hein? On le disait hier :
Selon moi, tout bon Québécois qui se
respecte, qui en a les moyens, devrait aller au moins visiter une fois dans sa
vie les installations électriques de la Baie James. C'est une fierté. Puis je pense que... Mais malheureusement
ce tourisme-là avait largement ralenti. Il y avait le maire de Matagami qui me disait... Il dit :
Jean, avant, l'hôtel de Matagami, c'était plein tout l'été. Les mototouristes,
les autobus de voyage organisé, que
ce soient, bon, des gens du troisième âge, que ce soient des élèves des écoles
qui partaient en voyage. Ça avait
beaucoup ralenti dû au mauvais état de la route. Cette route-là, qui était
comme un tapis qui se déroulait jusqu'au
nord, était rendue une route cahoteuse, hasardeuse, où tu avais plus de chances
de casser ta suspension que de ramener des photos-souvenirs.
Donc, il y a
quand même 280 millions qui ont... Puis je peux vous dire que j'ai fait