Public Finance — 23 August 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-08-23
Quebec — Committees
Et on avait
depuis longtemps… je parlais à mes employés, en leur disant :
C'est le citoyen, le citoyen, le citoyend'abord, dans tous nos services. Là, on leur disait : Écoute, le citoyen,
là, qui n'a pas de pension
alimentaire, là… qui n'apas de
pension de… qui n'a pas de régime de pension, c'est lui qui va être obligé d'être
taxé davantage pour améliorer la vôtre.
Ça ne fera pas, là, ça ne peut pas marcher, on va frapper un mur. Alors, on s'est
donc assis ensemble et on a travaillépendant
trois ou quatre ans, on a travaillé ensemble. On en est venus à la conclusion
suivante. Je vous fais un résumé,parce
que, tout à l'heure, j'aurai l'occasion… vu que j'ai juste 10 minutes, là, tout
à l'heure, j'aurai l'occasion d'aller plus en profondeur dans l'ambiance, puis tout ça, suite à vos questions. Mais
j'aimerais, tout de suite, vous dire quelle sorte d'entente qu'on a
obtenue avec tout le monde, O.K.?
D'abord, 55
ans pour prendre sa retraite, on a dit : C'est trop jeune, les gens,
aujourd'hui, c'est peut-être heureux, là,
mais ça ne meurt plus, hein? On a une retraitée qui a 100 ans. Alors, à un
moment donné, ça coûte cher, tout ça, çacoûte beaucoup d'argent. Puis on n'est pas pour dire : On arrête de
payer à 85 ans ou à 90 ans, il faut payer tout le temps.Et là on s'est entendus pour 60 ans, au lieu de 55
ans, 60 ans. Tout le monde a accepté ça, sauf deux, les policiers et lespompiers. Policiers et pompiers, là, tout le
monde sait que c'est un régime un petit peu particulier, la négociation, tout
lemonde sait ça, mais vous allez
voir qu'ils ont accepté l'ensemble de nos principes, mais pas celui-là. Puis,
si on comprenaitqu'un policier, ça
prend vraiment une forme particulière, un pompier aussi… Alors, tout le monde a
accepté le 60 ans. Alors, maintenant, la règle du 85 ne s'applique plus,
tu ne peux plus sortir de la ville avant 60 ans.
Évidemment,
l'employé qui prenait sa retraite l'année prochaine, on ne disait pas,
là : Tu viens de reculer de cinq ans.On disait : C'est pour les nouveaux qui arrivent. Ceux qui sont
ici, votre régime de 60 ans commence maintenant. Autrementdit, si vous prenez votre retraite dans 10 ans, on
fera une proportion. Au lieu d'être 55, ça va peut-être être 57 ou 58. Oncomprend ça, le régime de 60 ans commence
maintenant. Donc, s'il y en a un qui prenait sa retraite la semaine suivante
à 55 ans, il continue de la prendre. Alors, ça, ça a marché, ils ont accepté
ça. La règle du 85, terminé.
Ensuite,
quand on faisait… quand ils prenaient leur retraite, la base de calcul, c'était
les trois meilleures années. On a
dit : Écoute, ça, ça coûte cher. Au lieu de prendre les trois meilleures
années, on s'est entendus pour les cinq meilleuresannées. Ça, ça vaut pour les policiers et pompiers
aussi, ça vaut pour tout le monde. Alors, ce sont les cinq. Ça, c'est beaucoup
d'argent.
Une autre affaire. La retraite, quand vous
partez, elle est garantie 15 ans. Si vous décédez avant une période de 15 ans, on remet le reste à votre conjoint ou à
votre héritier pour les années qui restent. On s'est entendus pour 10 ans. Là-dessus, tu sais, de toute façon, ça ne vous
fera pas mal, vous ne serez pas là, puis, nous autres, ça permet d'aller
chercherpas mal d'argent. Alors, ça,
ils ont accepté, pour les policiers et pompiers aussi, au lieu d'être 15 ans, c'est
devenu 10 ans.
On avait un
«double bridge». Vous savez, ça a déjà été bien, les caisses de retraite, puis
on négociait, là, hein?Je me
souviens, moi, il y a 10, 15 ans, là, on était larges, il y avait de l'argent
en masse, on ne savait plus quoi faire avec. Alors là, ils avaient, chez nous, négocié un «double bridge», c'est-à-dire
que, quand tu prenais ta retraite, il y avait unecompensation pour la Régie des rentes puis le
fonds de pension jusqu'à 65 ans. Mais, quand ils avaient leur Régie desrentes à 60 ans, on ne s'occupait pas de ça puis
on leur donnait pareil jusqu'à 65 ans. On a dit : Ça ne fait pas, ça. Ils
ontdit : C'est correct. On l'a
accepté, tout le monde a accepté. Alors, les syndicats ont été, là, je dois
vous le dire, là… c'estlong, ces
négociations-là, mais les syndicats étaient compréhensifs, puis l'ambiance
était vraiment exceptionnelle, on voyait qu'ils voulaient avancer.
Maintenant,
quand ça a commencé, je me souviens, à un moment donné, j'ai demandé à mon
monde : Faites-moi un scénario.
Là, là, j'ai dit : Écoutez, le scénario que vous me présentez, là, moi, si
j'étais syndiqué, je n'accepterais pas ça.C'est impossible, là, ils n'accepteront jamais, ne demandez donc pas l'impossible,
là. Si on arrive avec une affaire de même,ils vont dire qu'on n'est pas sérieux. Il faut que tu demandes des
choses que toi-même, t'accepterais. T'accepterais-tu?Bon. Mais si on l'accepte… Ça, je l'accepterais,
on va y aller avec ça. Puis inutile de vous dire que ce que je vous dis là,c'est ce qu'on a signé. On a demandé un peu
plus, hein? Quand on négocie, c'est ça, tu n'obtiens pas tout ce que tu veux,
là. Vous ne pensez pas qu'on est arrivés, puis tout ça c'était dessiné d'avance,
puis ils ont dit : Exactement ce que vous demandez, on signe ça, là. Ce n'est
pas tout à fait de même, là.
Après ça, la
pénalité. Quelqu'un qui prenait sa retraite avant le temps — hein, ça arrive, ça, qu'une personne prendsa retraite à 50 ans pour différentes raisons — dans
ce temps-là, il y avait une pénalité de 3 % par année. Cette pénalité-làa été ramenée à 4,5 % par année. Oh! Ça, ça fait pas mal d'argent
aussi. Parce que, là, ça commence à partir des villes. Avant ça, ça ne partait pas jeune, mais là l'entreprise
privée commence à offrir des conditions intéressantes, puis il faut...en tout cas, chez nous, là, il faut que tu t'occupes
de ton monde quand tu en as des bons parce qu'ils risquent de partir.
Donc, ici, la pénalité devient 4,5 % par année. Là, avant de partir, tu y
penses un peu plus.
Finalement,
on a dit : Écoute, on ne veut pas... On a fait un mur. On a dit : Là,
on part une nouvelle caisse. Pource
qui est du déficit, on sait que c'est la ville. On a la règle du banquier qui
va nous aider, on regarde tout ça. Mais, pourl'avenir, ça peut se reproduire, ce qui s'est produit là. Des crises
économiques, il peut y en avoir une pire. Il faut se créerune réserve. Alors, on a dit… La réserve, bon, on
en a parlé, le montant, combien. C'est sûr, le syndicat, lui, plus on enmettait, mieux c'était. Mais là on a
dit : Écoute, là, il faut que ça soit raisonnable. Mais, quand même, la
réserve, on aréussi à s'entendre sur
une réserve de 700 000 $ par année pour tout le temps, il n'y a pas
de date… il n'y a pas de fin, 700 000 $ par année, payés par l'employé
et l'employeur. Mais c'est l'employé qui paie le plus... l'employeur paie plus,
il paie 1 %; l'employé 0,4 %. Mais ça, c'est une réserve au
cas où il arriverait des déficits, une situation semblable.
Et puis, si
jamais on a trop d'argent… Ça peut arriver aussi, ça. Moi, je l'ai vécu, puis
ça ne fait pas 100 ans queje suis maire.
J'ai vu des années où on avait trop d'argent. Là, on paiera une indexation s'il
y a trop d'argent. Ça n'arriverapas
demain, je le sais, mais, des fois, les situations économiques, ça change vite,
hein? Dans cinq ans, dans 10 ans, on ne sait pas où on se retrouvera.
Alors, tout
ça mis ensemble, là, le coût du régime, qui était de 21 % de la masse
salariale, il est devenu 17,6 %,et
ça a fait sauver à la ville 1,8 million par année. Alors, c'est… J'ai
beaucoup d'autres détails, là, mais c'est... Vous m'avezdonné 10 minutes pour faire une introduction, j'en
ai pris un petit peu plus, mais... parce que vous aviez l'air intéressés.
Alors, je vais répondre à vos questions. Merci.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci beaucoup, M. le maire. Effectivement, c'était très intéressant.
Et nous procédons maintenant à une période d'échange, et je cède la parole à
Mme la ministre.
Maltais :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le maire. C'est vraiment un plaisir de vous
voir ce matin, et de voir un maire qui a réussi à traverser la difficile
négociation autour des régimes de retraite et d'arriver avec une solution qui semble le rendre heureux, à voir le
sourire que vous avez à nous présenter ce matin. Il y a une certaine
satisfaction, je pense, à vous regarder, de réussir à régler ce problème-là.
conditions de succès. Vous savez, on tenait beaucoup à vous avoir parce qu'on
se disait : Il a réussi à le faire.Des modèles comme ça, il n'y en a pas beaucoup. Dans une période où le
dossier des régimes de retraite fait jaser beaucoup,on n'a pas beaucoup entendu parler de la ville de
Saguenay. Tout à coup, si on en entend parler, c'est parce qu'il y a une
solution, il y a un règlement.
J'aimerais ça
que vous nous disiez vraiment qui a fait le travail, comment vous avez fait ça.
J'aimerais que vous élaboriez vraiment sur les conditions qui vous ont
amenés à être capables d'amener un règlement.
M. Tremblay
(Jean) : Bon. Comment on a
fait le travail? Ce n'est pas magique, là, c'est… Nos employés municipaux qui s'occupent des ressources humaines,
avec nos syndicats, il y a eu des réunions pendant trois ouquatre ans, là, à se réunir. Mais je pense que ce
qui vous intrigue un peu, c'est pourquoi on en arrive à ça, hein? Puis cen'est pas le seul succès qu'on a, puis je
voudrais vous dire pourquoi. On a, chez nous — puis c'est le ministère des Affairesmunicipales qui le dit — on a une charge fiscale, c'est-à-dire ce qu'on
facture à nos citoyens pour donner le service, onn'en parle pas souvent de ça, mais 648 $ plus
basse que la moyenne des grandes villes. Autrement dit, chez nous, si onenvoyait une facture de 648 $ à chaque
citoyen, on serait dans la moyenne des grandes villes. Ah, il y en a qui
disent :Saguenay, oui, il y a
peut-être moins de services là. Arrêtez-moi ça! J'ai dit : Le taux de
satisfaction est à 87 %. J'ai dit :Ça ne doit pas être ça, là. Puis un camion de pompiers à Saguenay puis
un policier à Saguenay coûtent le même prix qu'à Lévis, Trois-Rivières,
Gatineau, va n'importe où. Puis une tonne d'asphalte ne coûte pas moins cher.
Bon.
On a réglé
notre plan d'urbanisme. Le plan d'urbanisme,
c'est 250 réunions. Il n'y a aucune grande ville qui l'afait depuis la fusion; c'est leur rêve. Moi, je
dis toujours : Si
vous voulez savoir quelle est la
qualité d'une ville, ses services,la
qualité de son administration, allez voir son plan d'urbanisme. Notre plan d'urbanisme
est complété depuis longtemps, notre schéma d'aménagement... Je le dis parce
que les autres villes ne l'ont pas fait.
Comment ça se
fait qu'on l'a fait puis... C'est que, quand je suis arrivé, il y a
16 ans, j'avais un slogan, c'était Le citoyen d'abord . Bah! Tout
le monde s'est dit : Bon, c'est
un slogan politique pour se faire élire, comme tout, dans deux
mois, le monde va avoir oublié son slogan, puis on va passer à d'autres choses.
Bon. Ça va faire cinq élections, toujours le même slogan politique. Et je l'ai tellement... j'en ai tellement parlé, là, ils doivent être tannés de l'entendre.Je vous le dis, là, il n'y a
pas une heure dans ma vie que je ne le leur dis pas. Tout ce qu'on fait, «le citoyen», «la citoyenne»,
«les citoyens». Et on a embarqué nos employés dans ça. Et c'est incroyable
comme les employés...
Moi, je dois
vous dire que j'avais une mauvaise opinion des fonctionnaires avant d'arriver,
tu sais, comme tout lemonde. Pas
vraiment, mais je me disais : Aïe, fonctionnaire, fonctionnaire... Hein.
Je m'en rappelle, au début, je riais de ça. Il y en a un qui m'avait demandé : Combien d'employés... il y a
combien de personnes qui travaillent à la ville? Je luiavais répondu : À peu près la moitié. Puis,
tu sais, je n'avais pas vraiment de respect. Puis, à un moment donné, je mesuis rendu compte qu'il y avait du monde de
grande qualité dans ça, qu'il y avait du monde... sauf qu'il fallait qu'ils
soient orientés. Il fallait avoir une idée commune ensemble : On s'en
va où avec ça? On fait-u juste attendre notre fonds de pension, puis on s'en va… On sert le citoyen, on sert le citoyen,
toujours pour le citoyen. Et je peux vous dire que ça acréé une ambiance, une ambiance, là... je n'arrêterai
jamais de le dire. Vous entrez dans mon bureau, il y a un tapis sur
lequel c'est écrit, c'est écrit partout Le citoyen d'abord.
Et, quand on est arrivés à la caisse de retraite,
cette ambiance-là était déjà existante, puis là on le savait… Écoute,c'est nos citoyens, puis ils le savent comment je
pense à nos citoyens. Puis je me dis : C'est avec ensemble... Moi, j'ai
la même mission que vous autres. Ce n'est pas parce que je suis un politicien
que c'est différent. On est ensemble, on travaille
ensemble pour aider nos citoyens. Ce qui nous valorise quand on va la
prendre... Quand on va le prendre, notrefonds de pension, là, ce qui va nous valoriser le plus, c'est de
dire : Moi, là, j'ai travaillé pour mes citoyens, j'ai conscienced'avoir vraiment fait des efforts pour les
citoyens. Alors, tout ça fait en sorte qu'on arrive avec une taxe beaucoup plusbasse, parce que ça fait partie... Le
premier service que tu peux lui rendre, c'est de lui donner le meilleur service
au meilleurprix possible. Puis la
caisse de retraite, bien là on se voyait devant... Écoutez, tous les efforts qu'on
a faits, tout ce que vous avez fait ensemble pendant toute votre vie,
puis moi aussi, puis tout ça, on est après, là, gruger cet argent-là, puis là,
là, c'est nos enfants qui vont payer pour ça. Alors, dans cet esprit-là,
tranquillement...
Alors
là, moi, je pense que, quand c'est harmonieux, là, puis qu'on a une vision
commune... Je vais vous fairerire,
là, Albert Einstein, il disait : L'école, ils seraient bien mieux de
former des étudiants harmonieux que des spécialistes.Moi, les grands spécialistes qui n'arrivent à
rien, là, puis qui ont les grandes théories, là, puis ça n'arrive jamais à
rien,mais ils ont des grandes
théories qui coûtent cher... Là, on a travaillé dans cet esprit-là, puis je
tiens à vous dire que cen'était pas
pénible, là, comme négociations, puis pas du tout. Je vous emmènerais chez nous
faire un tour quand il y ades
travaux, voir les ouvriers, là, ce n'est pas pénible de travailler. Je leur ai
dit souvent : Si c'est plate de travailler, là,ça va être plate pour moi, être plate pour vous
autres, ce n'est pas le fun. On peut travailler et que ça soit agréable. Et lesnégociations se sont faites dans une
ambiance, là, exceptionnelle, puis on arrive à des résultats comme ça, puis
tout le monde est heureux.
Maltais : Merci. Le
résultat final est intéressant, vous avez réussi à régler à votre satisfaction,
à la satisfaction des citoyens, à
avoir une entente négociée, mais est-ce
que ça va permettre vraiment
aux régimes de retraitede votre municipalité de sortir la tête de l'eau et de régler le déficit actuariel? Est-ce que ça va avoir... Je sais que ça a unimpact
donc directement sur le budget de la ville, 1,8 million. J'aimerais
savoir sur combien… combien c'était avant. Puis, d'autre part, est-ce qu'à
long terme ça règle une grande partie, une petite
partie de vos problèmes?
Tremblay (Jean) : Non, ça ne
règle pas le déficit, ça règle l'avenir. Le déficit, il est là, il est
catastrophiquedans toutes les
villes, et c'est partout pareil. Même, j'entends que dans... Même Rio Tinto, n'importe
qui, là, le déficitest très, très
élevé. Résolu me parlait, l'autre jour... Mais, non, on n'a pas réglé le
déficit, on espère que le marché va sereplacer.
Il se replace pas mal depuis le mois de janvier, là, ça se peut que ça continue
comme ça. Sauf que, non, ça n'apas réglé...
Ça a réglé pour l'avenir. Bien, 1,8 million, c'est loin d'être suffisant, la
ville est obligée d'en mettre encore. Et je regardais Montréal cette
semaine, 580 millions qu'ils ont mis, hein?
Alors, non,
on ne peut pas dire qu'on a réglé le déficit du passé, non. Je dois vous
répondre qu'on n'a pas régléle
déficit du passé, sauf qu'on s'est organisés pour être beaucoup
plus prudents pour l'avenir puis, là, on sait qu'on vadevoir payer chaque année… Chaque année, la ville
en met beaucoup. Je regarde les autres villes, on est tous
pareils, maison fait face à un problème majeur. Et là, en mettant…
en ayant une réserve de stabilisation
comme ça, on espère ne plus jamais avoir à vivre ce qu'on a vécu.
Parce que
je dois vous dire que moi, depuis 2008, là, honnêtement, là, je voyais ça
comme un cauchemar. Je medisais :
Aïe… Puis je trouvais que le monde ne réagissait pas assez. Je me
disais : Écoute, quand tu fais
une petite dépensede
10 000 $, des fois, qui est mal pensée — ça arrive — bien là, là, tu es à la page 2 du journal,
puis ils parlent de toi, tuas fait
une dépense de 10 000 $. Mais j'ai dit : Aïe, des déficits de
caisses de retraite, là, ça n'a aucune commune mesureavec ça. On dirait que, des fois, quand le chiffre
est trop gros, le monde ne réagit pas. Mais les déficits de caisses de
retraite, au Québec, c'est épouvantable.
Maltais :
M. le maire, vous avez dit : On en est rendus à payer 1,8 million par
année ou on a économisé 1,8 million?
M. Tremblay (Jean) : Non. Je vous
dis que les mesures qu'on a apportées…
M. Tremblay (Jean) : …nous font
sauver 1,8 million par année.
Maltais : Sur un
budget…
M. Tremblay (Jean) : Tout le temps.
Maltais : Oui.
Mais ce que j'essaie de comprendre, c'est combien… vous payiez combien avant?
Tremblay (Jean) : Bien, le
budget de la ville, c'est 290 millions. Mais, si je pense seulement à la
caisse deretraite, là, la caisse de
retraite, vois-tu, c'était 21 % de la masse salariale, c'est devenu
17,6 % de la masse salariale. C'estun effort important. Mais, d'un autre côté, il ne faut pas rêver en
couleur non plus, puis penser qu'on va s'asseoir avecles syndicats puis qu'on va tout régler, tout,
tout, tout, là, du jour au lendemain, là. Ça ne se réglera pas comme ça. Ça sefait à petits pas. Ça a pris trois ans pour
en arriver à ça. Mais on a une situation qui est beaucoup plus réaliste que
cellequ'on avait avant. Puis il faut
bien penser qu'on n'a pas obtenu tout ce qu'on a demandé, là. On a demandé plus
que çapas mal. Quand on négocie
pendant trois ans, c'est sûr qu'on a demandé plus. Mais on est satisfaits, on a
réglé. Et puis, quand on a lu le
rapport D'Amours, on s'est rendu compte que ça allait pas mal dans nos cordes.
Tu sais, c'est pas mal la même philosophie. Lui non plus, là, il le sait
qu'on ne peut pas tout régler du jour au lendemain. Sauf…
Puis, on a
établi la règle du banquier, il y en a beaucoup qui ne l'ont pas. Alors, ça, la
règle du banquier, pour nous,c'est
important. On ne l'avait pas au début… c'est-à-dire, quand je suis arrivé, moi,
comme maire, on n'avait pas de règledu
banquier. Ça, la règle du banquier dit, comme vous le savez, que, si jamais on
a des surplus, hein, si jamais on a dessurplus… Ça va arriver un jour, là. Il y a des moments… Là, c'est un
mauvais moment à passer, mais, un jour, on va avoirun surplus. À ce moment-là, le surplus va d'abord
servir à rembourser la ville pour tout ce qu'elle a payé en trop. Alors,on a ça. Ça sera être… Puis là, la règle du
banquier peut s'appliquer dans 25 ans. Si, dans 10 ans, dans 15 ans, à un
moment donné,
il y a un surplus extraordinaire — ça va arriver, ça — à ce moment-là, la première chose à faire
avec cet argent-là, c'est de rembourser la ville. Il y a des villes qui
n'ont pas ça. Le surplus, il ne sert pas à rembourser la ville.
Maltais :
Merci, M. le maire, je vais revenir, mais j'ai des collègues, que vous
connaissez bien, qui veulent absolument vous poser quelques questions.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Dubuc.
Claveau :
Bon, bien, bienvenue, merci, M. Tremblay, d'être présent. C'est un
résultat qu'on voulait partageravec
l'ensemble, là, des intervenants dans le monde, là, des régimes, entre autres,
des régimes municipaux, puis la recette que vous avez appliquée chez
vous.
Deux
questions au départ. Est-ce que c'est une première étape? Parce que le problème
du déficit de la caisse n'estpas réglé.
Puis est-ce que vous entrevoyez d'autres moyens? Mais auparavant on sait que la
situation dans d'autres villescomparables
n'est pas réglée ou en
partie réglée. Est-ce que vous avez eu des échanges avec
d'autres villes pour faire partde
votre expérience et puis peut-être transférer des façons de faire qui
pourraient donner des résultats aussi, également?
M. Tremblay (Jean) : Bien, d'abord,
la première question, c'est que, non, le déficit passé n'est pas réglé. La situation s'améliore, on se fie sur deux choses, l'amélioration
du marché et puis la règle du banquier, on se fie là-dessuspour régler le déficit du passé. Pour ce qui est
des nouvelles règles, au moins on est partis… ça nous fait respirer. On est
partis dans un meilleur… vers un meilleur avenir.
Maintenant,
pour ce qui est des autres villes, entre villes… on lit les journaux, là, mais
dire que les villes se…dire que les
villes viennent nous voir, puis qu'ils disent : Aïe, qu'est-ce que tu as
fait pour y arriver? C'est comme les taxes, ça, il n'y a pas bien, bien des villes qui viennent me voir puis
dire : Aïe, j'aimerais ça savoir comment tu fais pour baisserles taxes, là. Non, ils aiment mieux tenir ça
mort, parce que la… On est des humains, hein, puis, quand quelqu'un a unsuccès comme ça, bien, moins on en parle,
des fois… Mais moi, j'aime ça en parler, là. Les taxes, j'en parle puis je le
distout le temps. Il y en a qui me
disent : Oui, oui, je le sais, je le sais. Mais tu ne le sais pas assez, je vais te le répéter. Je le dis en
masse qu'on a des taxes qui sont les plus basses puis…
Claveau : Ça, ça
va. Je vous laisse la ministre…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Mme la ministre.
Maltais : M. le maire, le rapport D'Amours nous recommande
de changer de méthode de financement et depasser
à la capitalisation améliorée. À première vue, cette règle, la capitalisation
améliorée, nous amènerait à avoir unehausse
du déficit actuel, à le calculer autrement, ce qui amènerait à le considérer
comme étant plus élevé. Qu'est-ce que
vous avez pensé de cette règle de la capitalisation améliorée? Avez-vous des
commentaires là-dessus?
M. Tremblay (Jean) : Alors, vous me
dites qu'ils veulent avoir…
Maltais : C'est qu'au lieu de parler de solvabilité, c'est-à-dire aller voir s'il y avait tout à coup terminaisondu régime, on verrait quelle est la… qu'est-ce qui est dû aux retraités, on parlerait
de capitalisation améliorée, c'est-à-dire qu'on verrait à ce que le
régime soit complètement capitalisé constamment et qu'il ne soit jamais en
déficit. Bon.
M. Tremblay (Jean) : Oui, mais payé
par qui?
Maltais :
Bien, c'est toujours payé par les mêmes. Ça ne change pas les joueurs, ça ne
change que la façon de décaisser et de remplir… Ça veut dire que vous
seriez considérés comme étant à un déficit encore plus élevé.
M. Tremblay (Jean) : Oui, oui, oui.
Maltais :
Par contre, ça permet de s'assurer que, dans l'avenir, il n'y ait plus de
déficit potentiel. Remarquez que vous, vous avez un fonds de
stabilisation, c'est une nouveauté, là.
Tremblay (Jean) : Oui, c'est
une nouveauté, là. Bien, c'est un peu à ça que ça sert, le fonds de
stabilisation.Sauf que
700 000 $ par année, ça va s'accumuler avec les années. On peut faire
ça, ce qu'il dit, sauf que ça va coûter pluscher. Alors, à un moment donné, il faut arrêter de taxer, là, ça n'a
plus de bon sens, là. Ça veut dire qu'à un moment donné,si ça coûte trop cher, on se paie ce qu'on n'a pas
le moyen de se payer. C'est ça que je disais au syndicat : On a-tu le
moyen de se payer ça? Si on n'a pas le moyen de le payer…
Parce que
moi, la taxe, là, je vais vous le dire, sous toutes ses formes, là, j'en ai
jusque-là, de la taxe, là. Je trouvequ'on
est… sur tout, en tout, on a toujours un moyen d'aller en chercher une autre.
On ne pense rien qu'à ça : Il faut aller en chercher une autre, il
faut aller en chercher une autre. Chez nous, les stationnements sont gratuits,
les piscines, les bibliothèques, c'est tout gratuit parce que, je me dis,
sinon, c'est des taxes indirectes.
Alors, ici,
si on prend une méthode de calcul comme vous dites, bien là, à ce moment-là, il
va falloir payer. Çaveut dire que la
ville, elle va en payer encore plus. Puis là on va demander aux employés aussi
de participer, d'en payer encore plus. Écoutez, quand tu es rendu à 20 % de la masse
salariale — chez
nous on a baissé à 17,6 %, là, mais j'imaginequ'il y a beaucoup de 20 % — ça commence à faire de l'argent, ça. On ne
donnera toujours bien pas la moitié de notresalaire pour notre fonds de pension, là. On ne travaille pas juste pour
ça non plus, il faut vivre aussi. Là, c'est beau, des beaux principes,
mais, quand vient le temps de les appliquer, là, puis de payer, il faut taxer,
il n'y a pas d'autre choix.
Maltais :
Quand vous nous avez présenté la façon… votre règlement, là, vous nous avez
présenté l'ensemble. J'aimerais savoir : Est-ce que vous avez…
Quels sont les éléments qui ont été les plus porteurs pour vous, qui ont
été — je
vais oser le dire, là, — les
plus payants, là, les plus intéressants financièrement pour la municipalité?
Tremblay (Jean) : Je ne les
ai pas par montants pour… Je sais que chacun de ces éléments-là représente desparties importantes, puis ça se tient, là,
tu sais? De 55 à 60 ans, il y a… Si on regarde, par exemple, le 4,5 %...
Quand tu partais, avant là, tu avais 3 % par année, puis là on a
4,5 %. C'est dur à calculer parce qu'on vient juste de constater, depuis deux, trois ans, nous autres, que, dans les
villes — on s'informe
un peu partout — ils
commencent à perdre desemployés.
Avant ça, un employé, ça ne partait pas de la ville. Il rentrait à la ville
puis il finissait sa carrière à la ville. Donc, le 3 %, il ne
coûtait pas cher, là. Mais là ça commence, là. Donc, ça change à chaque année.
Le 55 à 60 ans, ça, ça représente
pas mal d'argent, de 55 à 60 ans, sauf que ça va prendre plusieurs années parce qu'on commence maintenant, là. Un employé
qui rentre à la ville aujourd'hui, il a la garantie, il est sûr qu'il n'aurajamais son fonds de pension avant 60 ans. Il
n'y a plus de règle de 85, il n'y a plus rien, là. Il a beau rentrer à 15 ans,
il nesortira pas avant 60 ans,
personne avant 60 ans. Alors, ça, ça va paraître avec les années, mais, suivant
le nombre d'employésqu'on va avoir,
là, le montant exact que ça va donner... Aujourd'hui, ça ne donne pas
grand-chose, aujourd'hui. Sur le1,8 million,
là, cet aspect-là, il ne donne à peu près rien parce que c'est seulement pour
les employés qui rentrent aujourd'hui.Ceux
qui vont prendre leur retraite dans cinq ans, ils vont en subir un petit peu,
dans 10 ans, ils vont en subir un petit peu.Plus ça va aller, avec les années, plus ils vont en subir. Mais, dans
plusieurs années, ça va valoir beaucoup plus d'argent,ça, le 55 à 60 ans. Autrement dit, on a pensé à l'avenir.
On a dit : Là, il faut faire des règles, là, qui nous emmènent plusloin qu'aujourd'hui. Après ça, le 15 ans, 10 ans, bon, bien, ça, si
une… C'était garanti 15 ans, c'est garanti 10 ans. Bien là,l'espérance de vie, elle ne finit plus de monter. Ça fait qu'il y en a plusieurs qui vont vivre
encore assez longtemps. Alors, ça, ça ne paraîtra pas non plus beaucoup.
C'est tout ça. Mais tout mis ensemble, ça fait 1,8 million.
Maltais :
Vous avez parlé de flexibilité dans l'âge de départ à la retraite entre le 55
et le 60. Vous avez…Avez-vous une
méthode de calcul que vous avez introduite? Pour quelqu'un qui est, mettons, à
50 ans puis qui soit actif dans le régime de retraite que, s'il partait,
ça pourrait être 57, 58 ans. Comment vous calculez ça?
Tremblay (Jean) : Oui, il y a
une méthode de calcul très précise. Celui qui arrive, il ne peut pas partir
avant60 ans. Et celui qui est déjà au
travail, lui, c'est sûr qu'il va pouvoir prendre sa… S'il est déjà au
travail aujourd'hui, c'estsûr
qu'il va pouvoir partir avant 60 ans, s'il est là aujourd'hui. Sauf qu'il y a un calcul qui se fait à partir de maintenant.C'est
un pourcentage. Alors, s'il part, s'il lui reste 10 ans à travailler, bien,
lui, il va peut-être pouvoir prendre sa retraite,au lieu d'être 60 ans, ça va peut-être
être 58. Il y a un tableau de fait, là. S'il part à… S'il reste
juste deux ans, bien, il va partir presque à 55 pareil. Mais, s'il reste
20 ans, il va partir à 59.
Alors, il
fallait leur faire accepter ça, là. Ils n'ont pas passé du 55 à 60, paf, tout d'un
coup. Ils ont dit : On va y allerd'une
façon graduelle. Puis on a fait un tableau. On a dit : Regarde, ce qui va
vous arriver, là. Alors, là… Puis c'était…Ils ont compris ça puis ils ont dit : C'est correct. Mais il n'y en a pas un seul, là, qui va partir à 55, à moins de prendresa retraite demain matin. Ils vont tous la prendre
plus tard que… entre 55 puis 60, ceux qui sont déjà là, puis ceux qu'on
embauche aujourd'hui, c'est 60.
Maltais : O.K.
Donc, ça introduit une graduation au fil du temps, ce qui fait…
M. Tremblay (Jean) : Oui. Avec un
beau tableau bien préparé. Ils le savent.
Maltais : Qui fait
partie de l'entente.
M. Tremblay (Jean) : Qui fait
partie
de l'entente.
Maltais : Bien, merci
beaucoup, M. le maire.
M. Tremblay (Jean) : Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va? Je cède la parole maintenant à M. le député de Verdun.
Gautrin : Je vous souhaite la bienvenue, d'abord,
parmi nous. Je vais essayer de clarifier avec vous commentfonctionne votre caisse de stabilisation et d'indexation,
si vous me permettez. Depuis le début de cette commission, j'ai, àpeu
près devant toutes les personnes qui
viennent témoigner devant nous, posé comment ils réagissaient à une caisse
commecela, et, en général,
l'accord est assez général, et on pourrait le généraliser à tout le monde. Si j'ai bien compris commentfonctionne
la caisse de stabilisation et d'indexation, c'est qu'elle est une comptabilité
différente à l'intérieur du régime depension. La clause banquier s'applique simplement s'il y a
des écarts de… des rendements supérieurs, c'est-à-dire des surplus dans la caisse à partir du service courant. Par contre, dans la caisse de stabilisation, qui irait justement
si ça marchemal… Mais, si la caisse
de stabilisation, qui a une comptabilité à part, si elle génère, elle aussi,
des surplus, on pourra, le cas échéant, l'utiliser pour indexer a
posteriori — j'ai
bien compris — les
retraites des pensionnés.
M. Tremblay (Jean) : C'est exactement
Gautrin : C'est exactement
M. Tremblay (Jean) : C'est exactement
Gautrin : Alors, je dois vous dire que vous avez innové. Et
on verra bien quelles seront les recommandationsde la commission, on n'a pas encore eu la chance d'échanger, mais je dois vous dire que de
mon côté, personnellement,c'est quelque chose sur laquelle je trouve à la fois innovant et qu'on devrait probablement insérer dans beaucoup de caisses de retraite avec l'avantage,
voyez-vous, que le risque, à ce moment-là, c'est-à-dire la probabilité qu'on
se… devient beaucoup plus faible.
M. Tremblay (Jean) : Exact.
Gautrin : Je ne reviendrai pas sur les détails de votre convention collective. Je comprends que vous avez régléen partie, si je puis dire, la question
pour le service futur. Donc, ça, on s'entend. Le service passé, vous nous dites :
Bon,on a la clause banquier, ça nous
aidera éventuellement. Ça, je comprends ça. La ministre
vous a posé une question, et je voudrais
avoir votre point de vue. Le rapport D'Amours propose une manière
différente de comptabiliser, en
quelque sorte,les déficits actuariels. Jusqu'à maintenant, vous deviez combler à la fois les déficits — jusqu'en 2008, je pense — lesdéficits de solvabilité et les déficits de
capitalisation. En 2008, on vous a dit : Bien, écoutez,
avant qu'une ville fasse faillite, ça va peut-être prendre un
tremblement de terre ou quelque chose comme ça.
M. Tremblay (Jean) : Détroit a fait
faillite.
Gautrin : Je le sais. Écoutez, on donne toujours
cet exemple-là. Mais je ne pense pas que Saguenay va fairefaillite à court terme. Donc, on a dit : Vous
ne seriez plus obligés de faire des tests de solvabilité pour calculer votre
déficitactuariel. Et on a dit :
Vous allez faire strictement des tests de capitalisation. Le rapport D'Amours dit : Bien, on va trouverquelque
chose à mi-chemin entre la… de
capitalisation et les tests de solvabilité, c'est ce qu'ils appellent la
capitalisation améliorée.
Comment ils
font la différence? C'est qu'ils changent… c'est qu'ils ont un taux d'actualisation
différent pour lesretraités et la
partie du passif qui dépend… pour la prise de retraite que par rapport aux actifs. L'élément pratique, à l'heureactuelle, c'est que, pour les personnes qui ne sont plus
soumises au test de solvabilité, ça augmente, en quelque sorte, votrepassif actuariel. Les universités, qui sont
soumises au même régime que le vôtre… pas au même régime, mais à la dispense,en quelque sorte, des tests de solvabilité, sont venues nous
dire : Ça augmente considérablement notre passif actuariel, vous ne
devriez pas nous soumettre à ça.
J'ai cru
comprendre, quand vous répondiez à la ministre tout à
l'heure sur les questions, que vous
non plus, vousne voulez pas voir
votre passif actuariel augmenter parce
que, quelque part, on change la
manière de le calculer, et vousdites :
Même si vous changez la manière de le calculer, ça coûte des sous. Et
implicitement vous nous dites, c'est ce que j'ai cru comprendre dans votre
réponse : Ne changez pas la manière de calculer notre passif actuariel, ça
nous coûte déjàassez cher de le couvrir, ne l'augmentez pas, parce que
vous le calculez différemment. Est-ce
que je comprends votre position?
Tremblay (Jean) : Écoutez, c'est
une façon d'augmenter les taxes. Tu sais, on va avoir des beaux chiffres,mais, disons, c'est une façon d'augmenter
les taxes. Moi, je ne crois pas qu'on va toujours être dans une
situation semblable.Ça a mal été,
mais, regardez, depuis le mois de janvier, ça va beaucoup mieux. Mais là, si on
dit : Écoute, dès que ça vamal, on va taxer davantage pour en remettre…
C'est facile, taxer. Mais là il faut le faire d'une façon douce, en tout cas,parce que, là, ça demanderait aux villes…
Puis, chez nous, on ne l'est pas beaucoup, puis moi, je suis réticent. Imaginezles villes qui sont déjà très taxées, on va
leur demander d'en remettre encore pour mettre ça dans les caisses de retraite.
Là, moi, je
vais me poser la question, à un moment donné : On a-tu le moyen de se
payer des caisses de retraitesemblables?
Peut-être qu'on constatera, dans 10 ans, dans 15 ans, qu'on s'est payé un luxe
qu'on n'était pas capables dese
payer, je ne le sais pas, là, on ne peut pas connaître l'avenir, avec le
développement, la mondialisation, puis tout ça.Mais, pour le moment, je crois qu'on est capables d'en arriver à payer
nos affaires. Je pense qu'avec le système actuel... que ça va arriver.
Gautrin : J'avais
bien compris ça. Je vous remercie. J'ai une deuxième question. Dans le rapport
de M. D'Amours, pour régler le service
passé… bon, vous, vous avez la clause banquier puis vous pensez le faire avec
cetteapproche-là, mais propose
peut-être de rouvrir des négociations sur le service passé. Si jamais les
négociations échouent, le rapport D'Amours
limite les négociations sur des cas bien particuliers — vous les avez déjà abordés — mais dit : La ville pourrait
éventuellement avoir un pouvoir de l'imposer.
particulier, vos partenaires du SCFP sont venus témoigner devant nous en
disant : Écoutez, cette approche quisoit unilatérale est une approche qui est difficilement acceptable pour
nous — vous
comprenez — et on
préférerait une approche
de médiation, c'est-à-dire qu'il y ait une médiation avec deux assesseurs, donc
c'est un assesseur qui serait nommépar
la ville et un assesseur qui serait donné par le syndicat, pour pouvoir régler,
si jamais il y a mésentente, c'est-à-dire, si on n'arrive pas à s'entendre,
qu'il puisse y avoir une décision dans ce sens-là. Est-ce que vous avez
réfléchi sur ces questions?
M. Tremblay (Jean) : Oui, oui. Je vais vous dire, là, quand on s'assoit à une table pour
négocier avec un syndicat,si une des
deux parties sait très bien que l'autre a un pouvoir additionnel puis si on ne
s'entend pas, il va y avoir un coupde
marteau sur la tête parce que ça ne fera pas. Ça ne peut pas négocier, ça ne
fait pas une ambiance, ça là, ça ne peut pasmarcher, là. Moi, je ne me vois pas, là, dans une situation semblable.
Le syndicat va… Là, à ce moment-là, tu ne fais pasd'efforts, tu dis au syndicat : Écoute, là,
vous êtes mieux de plier parce que moi, de toute façon, là, l'année prochaine,
là,c'est moi qui vais vous dicter
vos règles. Ça fait toute une ambiance, ça. Ça ne marchera pas, ça. Ça ne
pourra pas marcher.Quant à ça,
imposons-les tout de suite, les règles. Imposons-les à tout le monde puis
imposons-les tout de suite. De toute façon, c'est ça qui va arriver. Le
syndicat ne marchera pas là-dedans, je suis convaincu.
Pour
que ça marche avec une ambiance qui
produit des résultats avec un syndicat, il faut se respecter mutuellementpuis avoir des pouvoirs qui nous sont…Tu
sais, il y a un droit de lock-out puis un droit de grève. Bon,
on a chacun nosaffaires. Nous
autres, on n'a pas le lock-out dans les villes, là, mais, je veux dire, normalement. Alors, on a chacun certainspouvoirs,
on le sait, ça. Quand on s'assoit, on sait qu'on a chacun nos pouvoirs. Puis,
en plus, le politicien, des fois, il a lepouvoir du micro, il peut s'en aller devant des caméras puis dire :
Ah, là, là, les fonctionnaires sont tous de même. Ah, il peut tout faire ça.
Puis, ça, le syndicat, il le sait qu'on peut faire ça puis… Bon. Puis le
syndicat, d'un autre côté, lui,il
dit : Si vous ne voulez pas marcher comme nous autres, là, bien l'asphalte,
ça ne se posera pas vite… Il ne dit pas ça, mais tu te dis : Je
vais avoir plus de problèmes dans mes affaires.
Tout
ça, on le sait. Sauf qu'à un moment
donné, on peut s'asseoir puis
dire : Écoute, on peut-u, là, on peut-u separler comme des hommes honnêtes, des hommes francs qui… puis avancer
tranquillement? Mais, s'il y en a un des deux qui a un pouvoir démesuré, comme ça serait le cas, bien
l'autre n'aimera… Moi, je n'aimerais pas si le syndicat avait un pouvoirdémesuré devant nous autres, là, puis qu'il
pouvait faire ce qu'il veut, puis je n'avais plus d'outils, je ne serais pas à
l'aisede négocier. Mais là moi, je
trouve que c'est d'établir une ambiance malsaine avant de partir.
Assoyons-nous, essayonsde nous
parler. Ça ne veut pas dire que le gouvernement ne pourrait pas établir des règles, par exemple. Il pourrait établirdes
règles, mais je pense qu'il ne faut pas que les règles viennent d'une des deux
parties, il faut que les règles viennent d'en haut. Si les règles
viennent d'une des deux, ça ne marchera pas.
Gautrin : Bien, je
vous remercie. Vous êtes très éclairant comme position. Peut-être
que mon collègue d'Outremont…
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
Bachand : Bonjour,
bonjour, M. Tremblay. Ça me fait plaisir de vous voir. Merci d'être ici. Et je
vais continuersur ce sujet-là parce que
je pense que, globalement, quand on regarde le rapport D'Amours, quand on regarde votre situation,on
commence à avoir une idée assez claire sur les régimes de prestations
déterminées dans le secteur privé, les problèmesmajeurs que cause la capitalisation améliorée dans le secteur public, universités,
municipalités. Félicitations pour ce quevous avez fait, c'est vrai. Puis c'est le même
syndicat, le SCFP, qui a réglé les cols bleus de Montréal. Ça a pris du temps,
mais c'est un processus qui prend du temps. Puis philosophiquement vous avez
raison, on est en politique juste pour travailler
pour les gens, rien d'autre. Sauf que ce qu'on ne dit pas souvent assez, c'est
qu'il faut arrêter de promettre des choses qu'on n'a pas les moyens de
se payer. Ça, c'est fondamental.
vous avez réglé. Si vous n'aviez pas été capables, si vous aviez eu un syndicat
borné... On sait que ce n'estpas le cas, là, c'est pour ça que je prends… mais
il y a beaucoup, beaucoup de situations différentes. Et ultimement votreproblème, là, c'est le compte de taxes qui…
c'est le contribuable qui paie. Là, le rapport D'Amours suggère un pouvoirunilatéral. Je n'aime pas ça, je l'ai déjà
dit et je pense effectivement que ça change complètement tout le climat de
discussion. C'est aussi bien de ne pas discuter quand tu as un pouvoir
unilatéral.
SCFP nous suggère un mécanisme, si ça va mal à la table de négociation, qu'il y
ait une conciliation parallèle, en
quelque sens, spécialisée juste sur les régimes de retraite avec des
assesseurs, puis c'est quelque chose qui nous sourit, qui est
intéressant, etc.
Mais j'aimerais aller
plus loin : si ça ne marche pas. Là, je suis dans le scénario… Nous, on
est législateurs. D'Amours, il dit :
Unilatéral. Il y a bien des gens, évidemment, qui prennent ça, disent oui.
Comment on arrive à avoirun cadre
qui fait que les gens vont régler? Parce que, vous avez raison, quand il y a…
quand tu sais qu'il faut que tu règles, ça peut être volonté morale, en disant : On a le même souci de nos
citoyens quand on travaille… Quand on est syndiqué,on travaille pour les citoyens quand… Si vous ne
vous étiez pas entendus… Puis je suis un politicien, je n'aime pas répondreà « si ». Parce que vous vous
entendez bien depuis longtemps. Mais je pense aux autres villes du Québec, je
pense à… les universités. Est-ce qu'on met en place un mécanisme? Parce
qu'il y a une limite, la limite est frappée. Le mécanisme, est-ce que ça pourrait être… Bien, ça ne peut pas
représenter plus que tant de pour cent de la masse salariale, ça ne peutpas représenter plus que tant pour cent du
compte de taxes, puis débrouillez-vous avec ça… Quel mécanisme on met…Parce que, c'est clair, depuis 20 ans, que ça n'a
pas marché, puis ce n'est pas juste la crise de 2008, c'est… la démographie
a changé, tout ça. Quel mécanisme suggéreriez-vous, pour les autres
municipalités, de mettre en place?
Tremblay (Jean) : C'est sûr
que… D'abord, au niveau du gouvernement, il peut établir des règles, des règlesde bon sens. Il y en a, des règles de bon
sens, qu'il pourrait établir, puis dire : C'est bien de valeur, mais voici
le cadre dans
lequel, là, vous devez négocier dans l'avenir puis voici ce à quoi vous devez
vous entendre. Ça, c'est une chose que vous avez sans doute pensé puis
qui arrivera probablement, mais en tout cas, ça, ce n'est pas notre domaine.
Si vous me
demandez, à moi, ce que j'aurais fait si on ne s'était pas entendus, vous
prétendez… Un syndicat quine veut
rien comprendre. Des fois, c'est un politicien qui ne veut rien comprendre, des
fois, c'est un syndicat qui… Çaarrive,
hein? Bon, ça ne marche pas. Ça ne veut pas marcher. À ce moment-là, ça aurait
pu m'arriver comme à n'importequi,
puis on n'en serait pas… Je n'étais pas certain, moi, d'avoir ce résultat-là au
début, là, là, pas du tout. On ne sait pas comment… Même si l'ambiance
était bonne, ça aurait pu changer.
Évidemment,
on a chacun des moyens, des fois, d'arriver à nos fins. Je vois souvent… On le
sait, les syndicats, bien tout le monde connaît les moyens qu'ils
prennent, des fois, pour arriver à leurs fins, puis c'est connu, puis c'est comme ça. Pour les politiciens, souvent c'est d'alerter
l'opinion publique, de parler, de faire part à l'opinion publiquedu fait qu'on n'est plus capable. C'est sûr que je
n'ai jamais fait de menaces semblables, là, puis je ne voudrais pas enfaire non plus, mais aller dire aux
citoyens : Écoutez, je suis obligé d'augmenter vos taxes parce que le
syndicat ne veut pas comprendre puis les caisses de retraite, ça n'a
plus de bon sens.
Puis, tu
sais, les employés de la ville, là — en tout cas, chez nous, je n'ai pas de… — ils veulent avoir une bonneréputation puis ils y tiennent à ça autant que les
politiciens. C'est tannant, là, pour un employé de la ville de se faire
dire :Tu es un fonctionnaire,
toi, puis tu es… dans ta famille, partout. Quand le fonctionnaire est valorisé,
qu'il sait qu'il faitun travail
important, qu'il sait qu'il est là pour le bien-être de la communauté, qu'il
fait avancer sa communauté, il est heureux de ça.
Puis, chez
nous, là, je ne me gêne pas pour le dire qu'on n'a pas de misère avec nos
syndicats puis on a des bonsemployés.
Puis c'est vrai qu'on a des bons employés. Je ne fais pas ça juste pour essayer
d'avancer les affaires, je le pense.On
a un bon chef de pompier, en plus, bon chef de police. On a déjà eu un
directeur général qu'on n'aimait pas, puis çan'a pas duré longtemps. On a une belle organisation. Puis l'ambiance…
Mais je le dis, ça, puis je me fais plaisir à le répéter. Ça leur fait
plaisir, puis c'est vrai, puis quand ils font un bon coup, je le dis.
Maintenant,
si ça n'allait pas, je le dirais aussi : Ce n'est pas travaillable,
regardez ça, ce n'est pas travaillable.Je le dirais aussi. Maintenant, ce n'est pas comme une menace que je
leur dis, là. Je ne leur dis pas : Si vous faites mal ça, je vous
menace de ça. Non, je n'ai jamais agi de même. Ce que je fais quand ça ne
marche pas — parce
qu'il y a des employés, comme partout, hein,
qui sont ordinaires, ça arrive — on les rencontre. On dit : Écoute,
es-tu heureux, toi? C'est quoi qui se passe, là?
Moi, là, j'en
ai vu un, je vais vous conter, là. J'en ai vu un la semaine passée, là… Je dis «la semaine passée», puisce n'est pas vrai, ça fait quasiment deux, trois
mois. Il me dit, en sacrant un peu, là, il dit : Mon boss, je vais le
tuer. Il dit :Ça ne fait pas,
ça ne fait pas… Bien, on l'a pris, puis on l'a envoyé ailleurs, puis là je ne
vous conte pas tout le scénario.Il
est très heureux, il me remercie. Tu sais, ils le sentent, puis ça se dit qu'on
s'occupe d'eux autres, qu'on veut qu'ils soientproductifs. Que des fois ils n'aiment pas ce qu'ils font, on les change
de place. Mais on arrive à ces résultats-là parce queles employés savent qu'on est sincères dans notre
affaire. Ils savent qu'on veut leur bien, puis je pense qu'ils veulent le
nôtre aussi, puis ils veulent vraiment le bien des citoyens.
Mais, si ça n'avait
pas marché… Ça aurait pu, ça aurait pu. Parce que vous savez que la réputation
syndicale cheznous, elle est assez
prononcée, hein, puis… sont assez prononcés. Sauf que, je tiens à vous dire une
chose, quand on sait separler, on
arrive à des résultats. Parce qu'on me dit souvent que les… Oui, le syndicat
est peut-être fort chez nous, mais la qualité des travailleurs est aussi
prononcée, elle est très bonne.
Bachand :
…parce qu'il ne reste pas… il ne me reste pas grand temps. Et, oui, puis des
fois il y a des leaderssyndicaux de
bonne foi, puis ils ont des difficultés aussi dans leurs... Est-ce que les
facteurs gagnants, ici… Évidemment, c'est que vous êtes une ville de
taille moyenne, le monde se connaît, hein?
M. Tremblay (Jean) : Tout le monde
se connaît…
Bachand :
Tout le monde se connaît. Il n'y a pas l'anonymat qu'il y a entre des milliers
de cols blancs et decols bleus de
Montréal et puis, les citoyens. Ils se voient dans la rue, mais ils ne restent
pas à côté l'un de l'autre. Ils ne serencontrent
pas à la piscine, etc. Ça doit faciliter aussi, dans une région, le fait qu'on
vit ensemble. Puis c'est un plus, c'est un facteur de… quelque chose de
favorable.
Tremblay (Jean) : Je me fais
dire ça souvent. Souvent, quand on arrive avec des résultats exceptionnels, je
me fais dire : Ah, chez vous, c'est facile, tu sais?
Bachand : Je n'ai
pas dit que c'était facile.
Tremblay (Jean) : Mais,
regarde, Lévis, Trois-Rivières, pareil, Sherbrooke, Gatineau, Longueuil. Moi,
là, jeregarde des maires des petites
villes, des fois, autour de chez nous, là — Alma, Saint-Félicien, Dolbeau — je trouve quec'est plus dur, des fois, administrer une petite ville parce que
justement ils se connaissent trop. Alors, non, je pense quec'est le contraire. Je pense que c'est le
contraire. Ce n'est pas plus facile parce que les gens se connaissent plus.
Puis ils ne se connaissent pas nécessairement beaucoup plus, là. Non.
Regarde, chez
nous, là, les chicanes de clocher entre Jonquière puis Chicoutimi, ça a été la
première surprise quej'ai. Moi, je
viens de Jonquière puis j'étais maire de Chicoutimi. Ma première surprise, en m'assoyant
à la table, c'est deconstater qu'ils
haïssaient autant Jonquière. J'ai dit : Qu'est-ce que vous faites là? Où
est-ce qu'on s'en va avec ça, là? On haït Jonquière. Bien oui, bien oui. Je viens de
Jonquière, en plus, moi. Alors, tu sais, ça, là, dans les petites villes, c'est
néfaste souvent, alors, plus que… Tu sais, les gens de Montréal, ils ne
haïssent pas les gens de Laval, tu sais. Ils ne s'occupent pas de ça, c'est plus dans les petites villes. Non, je pense
que c'est le contraire. Le fait de se connaître un peu plus, là, ça ne
fait pas en sorte que ce soit plus facile. Ce n'est pas ça, là, non.
Bachand : O.K.
Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va? Merci beaucoup.
Gautrin : Il me
reste du temps?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Il vous resterait une minute et demie, M. le député de Verdun.
Gautrin :
Bon. Alors, brièvement, M. le maire, si vous me permettez, en une minute, je
vais poser ma question.Nous sommes
des législateurs, nous devons modifier actuellement les lois. Qu'est-ce que
vous pensez qu'il est prioritaire,à
l'heure actuelle, de modifier dans la
Loi sur les régimes complémentaires de
retraite pour les législateurs que nous sommes?
M. Tremblay (Jean) : Bien, je pense
que chacun des points que j'ai apportés, là, qu'on a corrigés dans nos conventions collectives, chacun de ces points-là,
d'après moi, devrait… Tu sais, l'histoire de la retraite à 55 ans, là… Moi,là, tu sais, j'ai 64 ans, moi, puis je veux
travailler encore 15 ans, moi. Tu sais, 55 ans, je trouve que ça n'a pas de bon
sens,c'est vraiment du luxe de
prendre sa retraite. Après ça, l'histoire de la pénalité. Écoutez, quand on
leur a fait comprendreque la
pénalité à 3 % par année quand
ils prennent leur retraite avant le temps, ça n'avait pas de bon sens… C'est
parceque 4,5 %, c'est le coût
réel. Il faut qu'ils paient le coût réel. Ça, ça devrait être appliqué partout.
La réserve, en cas devivre une
situation semblable, ça devrait être appliqué partout. Après ça, la garantie 15
ans, ça devrait être 10 ans partout.Tous
ces points-là, là, ça a été accepté par les nôtres, nos syndicats, mais je
pense que ça devrait être universel, ça devraitêtre appliqué partout. Puis je ne vous dis pas qu'il y a seulement ça,
mais celles-là, entre autres, ça m'apparaît un gros bon sens que ça s'applique
à tout le monde.
Gautrin : Merci
beaucoup, M. le maire.
M. Tremblay (Jean) : Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Merci. Je cède maintenant la parole à M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Merci beaucoup, M. le Président. M. Tremblay, tout d'abord, je veux vous
féliciter pour votre règlement,comme
beaucoup de gens l'ont fait. Puis vous aviez bien expliqué que vous avez réglé
les services courants mais que vousavez
décidé, pour le moment, de mettre les services passés… et de vivre avec, si je
peux résumer ça comme ça, parce que moi non plus, je n'ai pas beaucoup
de temps.
En fait,
est-ce que vous croyez que ce qui est suggéré par le rapport D'Amours… Parce
que vous avez été trèsclair tout à l'heure,
vous avez dit : Il ne peut pas y avoir une négociation forcée si on pense
que le syndicat se sent soit enposition
de faiblesse par rapport au rapport de force qui est changé… Dans le rapport D'Amours,
quand même, sur lesnégociations pour
les services passés, on dit : On peut forcer après un certain temps, mais
en autant qu'il y ait un investissement de la part de la ville. Vous me
suivez? On a dit : On peut forcer un règlement du passé qui attaque les
choses comme l'indexation, etc., mais il y a
aussi un engagement de la municipalité. Donc, ce n'est pas tout à fait juste à
un sens. Et jeveux vous entendre
là-dessus. Parce que vous avez aussi dit qu'à moins que ce règlement-là soit
imposé par le gouvernement, pas la
municipalité, vous seriez peut-être ouvert à ça. Mais je veux voir la
différence de ce que vous avezdit
versus cette ouverture-là que vous pouvez peut-être faire. Parce que la
difficulté, on le sait tous, est dans les servicespassés. Il y a moins de variables dans les
services passés que celles que vous avez utilisées dans les services courants.
Ça fait que je voudrais vous entendre là-dessus, s'il vous plaît.
Tremblay (Jean) : Dans toutes
les réflexions qu'on pourra avoir dans le futur, on ne peut pas mettre de côté
que toutes les villes sont dans une situation financière très difficile et vont
devoir payer. Puis le gouvernement, à ce qu'on
entend dire, là, il n'a pas d'argent pour payer ça. Donc, les villes doivent
trouver… Ils vont payer non seulementla
règle… La règle du banquier puis l'amélioration du régime ne suffiront pas. C'est
sûr, là. On ne paiera pas… Chez nous, c'est
140 millions. On ne réussira pas ça. On va payer, c'est sûr. Puis, à
chaque année, on paie, hein? Cette année, on en met dans notre budget,
puis, à chaque année, on en paie.
M. Dubé : Le
140 millions, c'est le déficit dont vous parliez tout à l'heure…
M. Tremblay (Jean) : C'est le
déficit.
M. Dubé : …qui est
principalement maintenant du passé, là.
M. Tremblay (Jean) : C'est du passé.
Dubé : C'est du passé.
M. Tremblay (Jean) : Mais il va falloir le payer. Là, le 140 millions s'est amélioré
depuis le 1er janvier. Je nepeux pas
vous dire à combien il est rendu. Mais il reste qu'on va devoir le payer. Cette
année, on paie. Puis ça fait plusieurs années qu'on paie. Mais c'est sûr
que la ville…
Dubé : …juste vous demander : C'est quoi, le rapport de
force que vous pensez qui serait correct? Parce qu'ily en a un qui est présenté dans D'Amours. Y en
a-tu un autre, selon vous, qui pourrait être conservé pour faciliter cette
négociation-là?
M. Tremblay (Jean) : Bien, il n'y en a pas… il n'y a pas de miracle, c'est soit l'employé
soit l'employeur. Puis, si on veut faire payer ça par l'employé, bonne
chance! Bonne chance! C'est sûr que ça va être une levée de boucliers. Peut-être qu'il y a un chemin à faire, là,
peut-être qu'il y a une chose à faire. Mais, vous savez, dans le passé, on a
peut-êtreété insouciants, je ne le
sais pas, moi, en permettant... en confirmant que c'est la ville qui serait
responsable de tout le déficitpuis
en faisant des régimes comme ça, à prestations déterminées. Aujourd'hui, on… On
ne pensait pas ça, par exemple, là.Même
il y a 10 ans, on ne pensait pas que
ça deviendrait comme ça, mais on se retrouve dans une situation difficile. Maisje pense que les villes vont devoir le payer, ce déficit-là. Il faut qu'ils
trouvent un moyen pour le payer. Puis on a commencé,chez nous, puis on n'est pas les seuls, là, il y a
des… Écoute, Montréal,
580 millions cette année. Les autres villes paient aussi. Mais je
ne vois pas comment on peut arriver autrement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le député de Lévis. Il vous reste une
minute et… Oui, M. le député de Dubuc.
Claveau : M. Tremblay, vous avez parlé tout à l'heure de la
mobilité de la main-d'oeuvre qui frappe aussi,également les villes de plus en plus pour des postes spécialisés et puis
également de mesures incitatives pour essayer de garder les employés.
Bien, est-ce que vous pouvez nous parler un peu de ces mesures incitatives dans
vos…
M. Tremblay (Jean) : C'est comme une pénalité qu'on leur donne. On va leur dire : Si tu
pars, tu es pénalisépour le fonds de
pension. C'est sûr que, si ça fait trois ans qu'il est à la ville, ça ne le
dérange pas. Mais, si on a un employéqui
doit prendre sa retraite dans 10 ans puis il veut partir… Normalement, quand
ils veulent partir pour aller travaillerailleurs, là, c'est parce qu'ils sont bons, parce que c'est l'extérieur
qui les ont vus travailler puis ils ont dit : Aïe, tu t'en viens!
en a perdu un, ingénieur, nous autres, l'année passée, c'était notre meilleur.
Bien, c'est sûr, tous les contracteursde
la région le connaissaient, ils ont dit, lui : Viens-t'en. Ils lui ont
certainement donné pas mal plus cher qu'à la ville parcequ'il est parti puis il était heureux à la ville.
Sauf que, là, lui, il a perdu 3 % par année. Alors, s'il lui restait 10
ans à travailler,il a perdu 3 %
de son fonds de pension par année. Aujourd'hui, il perdrait 4,5 %. Son
calcul ne serait pas le même. Peut-êtrequ'il dirait : Avant de m'en aller ailleurs… Si c'était juste les
pas bons qui partaient, on dirait : Tant mieux, allez-vous-en!Mais ce n'est pas ça. Les pas bons, habituellement
on leur fait un chèque pour partir. Ça fait que, là, là, ça fait différent, là,
alors, il ne faut pas… Je pense que cet incitatif-là va faire réfléchir ceux
qui veulent partir.
Claveau :
En fait, c'est que la pénalité est plus grande.
M. Tremblay (Jean) : Elle est plus grande, elle est pas mal plus grande. Elle passe de
3 % à 4,5 % par année. S'il reste 10 ans, c'est 4,5 %
multiplié par 10. Il perd 45 % de son fonds de… Il y pense deux fois avant
de partir.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci beaucoup, M. le maire. Alors, le temps est
écoulé. M. Tremblay, merci beaucoup de votre participation à notre
commission.
Et je suspends nos
travaux deux minutes maximum pour permettre aux représentants de la ville de
Québec de prendre place.
(Suspension de la séance à 10 h 32)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, nous reprenons nos travaux en souhaitant
la bienvenue à M. lemaire Labeaume,
de la ville de Québec, et les gens qui l'accompagnent. Merci d'être présents à
notre commission. Commevous avez pu
voir comment ça se passait tout à l'heure, vous avez une dizaine de minutes
pour présenter les gens qui vousaccompagnent
et présenter votre mémoire, et par la suite nous procéderons à une période d'échange.
M. le maire, vous avez la parole.
M. Labeaume
(Régis) : Alors, c'est 10 min 37 s, M. le Président. Alors…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Il n'y a pas de problème.
M. Labeaume (Régis) : ...vous allez me permettre de vous présenter les
personnes qui m'accompagnent : M.
Richard Côté, vice-président du comité exécutif de la ville de Québec;
M. Yves Courchesne, trésorier, directeur du Service des finances; Mme
Michèle Bilodeau, directrice des relations de travail; ainsi que la directrice
des relations gouvernementales et municipales, Mme Nathalie Prud'homme.
Messieurs
dames, les régimes de retraite, c'est la patate chaude du Québec.
Cette année, lors de l'exercice budgétaireannuel, la ville doit jongler avec une facture pour les fonds de
retraite qui prend des proportions pyramidales. Même uneembellie des rendements boursiers ne nous
permettrait pas de faire face au déficit accumulé, et d'ailleurs
c'est ce que précise avec sagesse le comité D'Amours.
plus, comme ces conditions des
régimes de retraite ont été convenues au cours des 25, 35 dernières années,dans une période où les villes se
structuraient et engageaient un grand nombre de ressources humaines, le nombre
potentielde bénéficiaires des
régimes de retraite devient de plus
en plus important.
De cette cohorte d'employés, plusieurs ont déjàaccès aux programmes de retraite et d'autres
sont en voie de l'être, ce qui augmente de manière significative le budgetnécessaire aux caisses de retraite. Enfin,
ces retraités jouissent d'une espérance de vie qui, selon les statistiques, s'est
en moyenne bonifiée de 10 années, et conséquemment les prestations à la
retraite s'en trouvent allongées d'autant.
Alors,
qui doit payer pour ces changements? Nul doute que ce sont ceux qui en
bénéficient le plus qui doiventen
assumer une plus grande part. Cependant, les lois et les conditions de travail
qui gouvernent les municipalités nouslimitent
dans notre pouvoir d'action, et c'est pour ça que nous réclamons des outils,
des moyens qui nous permettront de faire évoluer le rapport de force
entre la ville et les entités associatives ou syndicales de négociation.
Nous
réitérons, M. le Président, l'urgence d'agir, d'établir au plus vite un plan d'action.
Les constats du comitéD'Amours confirment que nous avions complètement
raison et nous
informent que la situation est encore bien pire quece qui était prévu. En effet, les municipalités du
Québec estimaient les déficits de capitalisation des fonds de pension des
employés de l'ensemble des villes entre 4 et 5 milliards de dollars.
Le rapport, quant à
lui, établit ce déficit total à 9 milliards en déficit de solvabilité. Et
pourquoi? Parce que, considérant les faibles
rendements des placements, les cotisations ne sont pas conséquentes des
promesses et des réalitésfinancières;
parce que la gestion des risques est déficiente, sans compter que les coûts
inhérents au manque à gagner sont systématiquement imputés à l'employeur,
donc à la population, via les déficits; parce que les taux de rendement estimés sont beaucoup trop élevés par rapport aux
réalités financières; et finalement parce qu'un déficit est généré par
des hypothèses actuarielles trop optimistes.
À
titre d'exemple, j'aimerais
vous décrire l'état du déficit des régimes de retraite de la ville de Québec
entre 2010 et 2012. En effet, les
évaluations actuarielles, au 31 décembre 2010, démontraient un déficit de
capitalisation de516 millions
de dollars. Or, compte tenu des rendements des années 2011 et 2012, ce déficit
était estimé, au 31 décembre2012, à
580 millions. En utilisant les taux d'actualisation en vigueur à la fin de
2012, ce déficit grimperait de 150 millions pour atteindre
730 millions, et ce, sans tenir compte de la nouvelle table de mortalité.
Et, par ailleurs, en instaurant la capitalisation
améliorée, le déficit augmentera à 1,3 milliard de dollars environ.
Concrètement, le coût annuel du déficitdes régimes de retraite représenterait, en 2013, 24 % des taxes,
soit, à
titre d'exemple, pour une résidence unifamilialemoyenne de 260 000 $, une contribution
de 624 $ pour ce payeur de taxes. Les élus des autres villes feront bien
ce qu'ilsveulent avec cette patate
chaude, mais jamais, jamais la ville de Québec ne fera porter l'entièreté du
fardeau de la dette des régimes de retraite par les citoyens.
Maintenant,
quoi faire? Il faut revenir à un régime de base qui assure un revenu de
retraite d'environ 70 % desdernières
années de travail, et non un régime de retraite qui procure un revenu de
retraite net supérieur à 100 % du revenunet de travail, tel que les régimes de retraite de la ville de Québec le
font actuellement. Avec un régime à 2,4 % de créditsde rente par année de service, le revenu net à la
retraite, pour nos employés, après 30 ans de service, incluant la pensionde vieillesse, la rente du Québec ainsi que
l'absence de diverses cotisations salariales de l'employé, est supérieur à leur
revenu net de travail actuel. Complètement ridicule.
Il faut aussi revoir
les droits acquis des employés actuels, des retraités et des bénéficiaires pour
réduire la croissance phénoménale des
déficits. D'ailleurs, et je le répète, ces déficits ne peuvent continuer à être
entièrement supportéspar les
contribuables. Pour y arriver, la ville de Québec demande que l'Assemblée
nationale adopte le plus rapidementpossible
une loi qui donne suite aux recommandations du comité D'Amours relatives aux
régimes à prestations déterminées. Cette loi devrait inclure les
éléments suivants :
1. Adopter
la capitalisation améliorée pour la sécurité financière des régimes pour le
futur, tel que proposé parle rapport
D'Amours. Et, même si les municipalités sont pérennes, les placements qui
assurent le paiement des prestationsaux
retraités et aux bénéficiaires doivent être très sécuritaires et non spéculatifs,
et les hypothèses de rendement prévu de ces placements doivent être plus
réalistes.
2. Rendre
obligatoires les cotisations à 50-50 pour le service courant, mais en s'assurant
de corriger les lois fiscales en conséquence;
3. Permettre le partage
à 50-50 pour les cotisations reliées au déficit en s'assurant encore une fois
que les lois fiscales ne rendent pas plus
complexe cette solution. Actuellement, les déficits sont payés uniquement par les
contribuables,même s'ils ne sont pas du tout responsables de la
baisse des rendements et de l'allongement de l'espérance de vie. De plus, il ne faut pas passer sous silence, comme le
souligne le rapport D'Amours, qu'au total 61 % des travailleurs du Québec, soit 2,4 millions de
travailleurs, ne bénéficient pas d'un régime à prestations déterminées ou à
cotation déterminée.
4. Il faut permettre
le partage 50-50 du remboursement de la dette accumulée.
5. Permettre la
réduction rétroactive des droits acquis pour les employés actuels.
Permettre la réduction des droits acquis pour les retraités et les
bénéficiaires, en particulier quant à l'indexation, mais en protégeant complètement
la rente de base.
7. Adopter la mesure relative au
calcul de la valeur de transfert, selon la recommandation du rapport D'Amours.
De porter à 15 % du passif de
solvabilité la provision pour écarts défavorables alors qu'elle doit être
actuellementde 7 %. En effet,
pour ne plus revivre la situation actuelle, il faut une réserve financière
beaucoup plus costaude pour éviter les soubresauts des marchés
financiers.
Quand une telle loi
sera adoptée, la ville de Québec aura les assises juridiques lui permettant de
négocier une solution globale pour assurer l'avenir
des régimes de retraite, mais surtout une solution juste et équitable pour les
employésactuels et les retraités. C'est
l'ensemble de ces mesures qui sont nécessaires
pour permettre des solutions qui respectentl'équité intergénérationnelle. Et cette loi doit être adoptée
d'ici le 31 décembre 2013, donc, cette année, compte tenu de l'urgence
et de l'immense travail qu'il restera à faire.
Maintenant,
comment faire tout ça? Eh bien, par la négociation. Oui, la ville
de Québec va continuer à négocier,mais il y a urgence pour les
contribuables, elle ne peut pas continuer encore pendant cinq ans… durant cinq
ans… avoir des résultats concrets.
finalement quels sont les moyens pour le faire? La ville de Québec demande que la période de négociation soitfixée
du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014, soit une année. Sans entente avec les
syndicats, la ville de Québec demandeque
la période pour lui permettre de décréter des modifications aux régimes de
retraite soit fixée du 1er janvier 2015 au31 décembre 2015. Cela donne deux ans en réalité pour négocier et s'entendre
ou décréter les modifications, période quis'ajoute aux actuelles négociations. On ne peut pas dire en même temps : Il y a urgence et on va prendre cinq ans pour
régler le problème. Et, en attendant, je le répète, c'est le contribuable tout
seul qui assume.
La ville de Québec
demande aussi de donner aux municipalités le pouvoir de décréter les modifications
aux régimes de retraite pour les policiers
et les pompiers. Les autres conditions de travail demeurent, comme actuellement, soumises au système d'arbitrage.
conclusion, M. le Président, la ville
de Québec demande à l'Assemblée nationale d'adopter les modificationslégislatives nécessaires pour donner suite
aux recommandations du comité D'Amours relatives aux régimes de
retraiteà prestations déterminées, d'une
part, et aux modifications législatives pour donner aux municipalités
le cadre de négociationqui délimite un temps pour la négociation et un
temps pour la décision, y compris pour les policiers et les pompiers à ce
sujet, car le Québec, comme société, ne peut plus faire l'autruche face aux
régimes de retraite.
Jusqu'à présent, M. le Président, on utilise la
carte de crédit au maximum :
acheter aujourd'hui pour payer plus tard et finalement transférer la
facture à d'autres, les contribuables, qui ne recevront rien ou très, très peu.
Ce faisant, j'ajoute que nous participons à
augmenter les injustices intergénérationnelles. Et n'oublions pas, je le
répète, que 61 % des travailleurs du Québec ne bénéficient pas d'un
régime à prestations déterminées ou à cotisation déterminée. C'est inéquitable, c'est complètement injuste. Et, je le
répète, il n'est pas question pour la ville de Québec de faire payer la
totalité des déficits des régimes de retraite aux gens qui n'en ont pas,
c'est-à-dire les contribuables.
Et je termine en vous
disant ceci. Aujourd'hui, j'aimerais vous sensibiliser à l'importance d'avoir
le courage d'agir, et avec urgence, face à
une situation tellement inquiétante qui nous concerne tous. Nous devons être
responsables et faire partager cette responsabilité entre les décideurs,
les politiciens, les travailleurs, les retraités et la population. Soyons
responsables et arrêtons de pelleter ces déficits par en avant. Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le maire. Et nous passons maintenant à
une période d'échange. Et je cède la parole à Mme la ministre.
Maltais : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, M. le
maire, bienvenue à cette commission parlementaire,c'est un plaisir de vous voir. Je sais que vous
êtes avec un membre de votre exécutif. Bonjour, M. Côté, ça fait plaisir ausside vous voir ce matin, de vous entendre avec
les gens qui vous accompagnent. Bonjour, bienvenue, merci pour ce mémoire.
Je pense que… On s'était rencontrés, M. le maire, et vous avez dit : On va
vraiment regarder, là...
Maltais : ... — on se voit même souvent — on va regarder la situation de près à la
commission parlementairesur le
rapport D'Amours. Je vous remercie de venir nous exposer la situation de votre
ville, qui est préoccupante, on lecomprend
très bien. Et puis vous avez, comme on vous connaît, envie de régler les
problèmes. On va examiner avec vousles
solutions qui sont… qu'on peut mettre en place pour vous aider à régler vos
problèmes. Le rapport D'Amours en présente certaines, alors je suis
contente qu'on puisse débattre sur le fond des choses, vraiment.
Dans le rapport D'Amours,
bon, je vois que vous ne commentez pas la rente longévité. Je pense que votre préoccupation pour la ville est assez grande,
disant : Bon, je vais me concentrer là-dessus. Je ne vous questionnerai
paslà-dessus. Au pire, à la limite,
on aura peut-être des échanges, à l'extérieur, avec la régie pour essayer d'examiner
cetteéventualité-là et l'impact sur
les municipalités si on l'appliquait. Alors, on va surtout parler de la
partie
publique, de vous…
Entre autres, on parle de la capitalisation
améliorée, ce calcul nouveau, cette façon de calculer les régimes de retraitequi est proposée par le rapport D'Amours et
que vous entérinez. Vous dites : Nous, on voudrait voir mettre en place lacapitalisation améliorée. Pourtant, dans
votre mémoire, vous dites bien : Ça voudrait dire que, de fait, on se
trouverait à augmenter le calcul du
déficit de la ville. J'aimerais ça comprendre. Parce que, je vais vous dire,
tous les autres qui sontdu système
public, les autres... entre autres, surtout les… Les universités, par exemple,
sont venues ici, les actuaires sontvenus
ici dire : Attention à la capitalisation améliorée pour le côté public,
pour le système public. Alors, c'est assez étonnantde vous, dire : Écoutez, on est prêts à
encaisser cette hausse-là pour avoir le système de la capitalisation améliorée.
J'aimerais entendre pourquoi vous faites ce choix.
Labeaume (Régis) : On est
totalement d'accord, nous, avec la capitalisation améliorée, et je vais vous
dire pourquoi. Ce qu'on propose, lorsqu'on n'est pas d'accord avec la
capitalisation améliorée, c'est l'idée que la ville est pérenne. Le problème, c'est que les finances des payeurs de taxes ne
sont pas pérennes, et c'est eux qui paient actuellement.Si on n'adopte pas la capitalisation améliorée, on
va garder les hypothèses qu'on a actuellement, qui sont complètement
folles, beaucoup trop optimistes. Donc, on est d'accord avec les hypothèses de
calcul du rapport D'Amours. Et, si on n'adopte
pas la capitalisation améliorée, ça veut dire qu'on n'a pas de plan, ça veut
dire qu'on laisse le problème avecla
patte en l'air. La capitalisation améliorée dit : Nous nous donnons 15 ans
pour régler le problème, et ça, nous, on est complètement d'accord.
Je vais vous
donner un exemple. À Québec, on a ce qu'on appelle la dette de l'ancienne ville
de Québec qu'onne peut pas attribuer
aux retraités ou aux travailleurs actifs, et donc la ville doit la payer au
complet. On pouvait la payersur 30
ans, et on s'est imposés nous-mêmes la capitalisation améliorée, et on la paie
sur 15 ans, exactement comme ledemande
le rapport D'Amours. Alors, le danger, dans tout ça, et c'est ce que tout le
monde dit, c'est ce que les syndicatsdisent,
c'est ce que bien des gens disent, la
ville est pérenne, mais, voyez-vous, la ville pérenne, elle nous a amené dansle trou, là. La ville pérenne nous donne actuellement, et c'est ce qu'on aime du rapport
D'Amours, quand il dit la vérité…
ce n'est pas 700, 800 millions, à la ville de Québec, c'est
1,3 milliard.
Alors, si on
n'adopte pas le plan, qui est la capitalisation améliorée, on laisse le
problème en l'air… le problèmeavec
la patte en l'air, puis on n'a pas de plan. Nous, à la ville de Québec,
on fonctionne comme ça. Pour l'ancien… puisc'est des millions de dollars, là, pour la dette de l'ancienne ville de Québec,
on s'est imposés nous-mêmes de rembourser ça sur 15 ans, et on a
ajusté la taxation en conséquence. Mais nous, on sait, quand on voit à long
terme, que ça finit dans 15 ans.
Et, si on n'adopte pas la capitalisation améliorée à partir du principe que la
ville est pérenne, on ne sait pas où on s'en va.
Maltais : Même si
ça voudrait dire, pour la ville, une charge fiscale plus lourde.
M. Labeaume (Régis) : Écoutez,
madame…
Maltais : Non, je
veux bien comprendre.
M. Labeaume
(Régis) : Eh bien, il y a
deux propositions. Nous autres, on
dit : Capitalisation améliorée, mais on refuse, on refuse que le payeur de taxes assume complètement la dette de
1,3 milliard. Notre principe est celui-ci : la detteaccumulée doit être partagée entre ceux qui en
bénéficient et la ville. Mais la ville, ce n'est pas rien, là, c'est des
payeursde taxes, les deux vont
ensemble. Et, quand on aura atteint un partage de la dette accumulée à 50-50,
on va prendre les moyens, à la ville de Québec, pour rembourser notre
bout en 15 ans. Les deux vont ensemble, c'est structuré, ça.
Maltais :
Au fil de la commission parlementaire, il y a des propositions qui sont venues.
Je pense que lasolvabilité a été
vraiment remise en question. Tout le monde a vu le problème. Il y a des gens
qui nous ont amené deux typesde
solution. Il y a un fonds de stabilisation, qui est vraiment un fonds qui se
cumule, qui permet d'aller vérifier les coupsdurs, puis de faire face aux variations potentielles sur du long terme.
Donc, ça, c'est une hypothèse qui a été faite : au lieu de
capitaliser plus haut, on fait un fonds de stabilisation à côté.
L'autre, ça a
été proposé par l'Université Laval, une soirée, ici, ça a été la capitalisation
renforcée, c'est-à-direcapitalisation,
mais justement en changeant ces règles qui vous fatiguent, qui étaient
peut-être trop optimistes, en faisant
des mesures de… en choisissant des indices plus solides, plus sécuritaires.
Est-ce que vous avez… Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ces
hypothèses et si vous avez une opinion.
Labeaume (Régis) : Si vous
me permettez, et je m'excuse de m'exprimer ainsi, mais je vais utiliser l'expressiond'un de vos collègues : le fonds de
stabilisation, c'est une patente à gosses. Le fonds de stabilisation, c'est
pour faire oublier àla population qu'elle
devra payer toute la dette accumulée. Est-ce que... comprend très bien ce que
va faire le fonds destabilisation?
Et, en plus de ça, le fonds de stabilisation dont on parle, il pourrait même
permettre d'indexer les rentes dessyndiqués
et des retraités. Alors, le fonds de stabilisation, c'est un écran de fumée
pour démontrer à la population qu'on a peut-être trouvé quelque chose
pour le futur.
Mais
admettons que ça a bien du bon sens, admettons qu'on est 100 % d'accord,
ça ne règle absolument pas le passé. Alors, ça, là, ce système-là pour le
futur, là, bon, disons qu'on est d'accord — moi, je ne suis pas d'accord, maisdisons qu'on est d'accord — qui va payer le 1,3 milliard à Québec?
Quand on signe des conventions avec des fonds destabilisation, on ne règle pas le passé. Et, à la ville de Québec, c'est
non, on ne fera pas ça. Alors, pour nous autres, quelque part, c'est une
patente à gosses.
Maltais : O.K.
Oui?
M. Labeaume (Régis) : Deuxième
affaire. Comment vous appelez ça? La capitalisation comment?
Maltais :
Renforcée. En fait, c'est qu'on cherche une façon d'améliorer la capitalisation
améliorée, pour ne pas que ce soit… que ce soit aussi efficace, mais
moins lourd sur les cotisations des…
Labeaume (Régis) : Mme la
ministre, j'ai regardé le… je regarde la compétence des gens qui ont créé le
rapport D'Amours, là, je vais leur faire confiance, à eux autres,
vraiment.
Maltais : Je vais vous dire, on cherche des solutions pour
aider parce que le rapport D'Amours, qui est uneexcellente proposition, est présenté, par M. D'Amours et ses
experts, comme étant un tout. Ça fait que tout ça est calculéen fonction de la mise sur pied d'une rente
longévité, d'où capitalisation améliorée, d'où la renégociation des droits
acquis pour les régimes à prestations déterminées. Toutefois, nous
avons, au fil de la commission parlementaire, entendu beaucoup de gens qui disaient : Ce n'est pas un tout, il y a des
choses urgentes à faire. Sur cette urgence, on a bien compris que, pour
vous, la capitalisation améliorée, c'est véritablement l'urgence.
Labeaume (Régis) : Si je
peux me permettre, là, la rente de longévité, c'est une mesure universelle qui
estune chose, et, nous autres, on a
dit que l'intention était excellente. Dans le fond, c'est pour combattre l'extrême
pauvreté à partir de 75 ans. Il y a là socialement un geste important.
Maintenant,
tout ce qui concerne les fonds de pension des villes, c'est complètement à
part, ça, complètement àpart. Et c'est
pour ça qu'on ne mêle pas ça, nous autres, avec la rente de longévité. Nous
autres, notre problème, à la ville de
Québec, c'est un déficit de 1,3 milliard. Je ne sais pas ce qu'est la
capitalisation ceci, cela; moi, je vous dirai une chose :Ce qu'il y a là-dedans, c'est excellent, et on l'endosse
totalement parce que toute autre formule ne donnerait pas un plan très
clair pour arriver avec une solution au bout de tant d'années.
Et la
capitalisation améliorée, elle insiste sur une chose : les prévisions
actuelles sont folles, les calculs n'ont pasde bon sens, il faut changer ça, puis on est d'accord avec les
changements, et il faut avoir un plan qui finisse dans 15 ans.On veut faire exactement ce qu'on fait avec la
dette de l'ancienne ville de Québec. À un moment donné, il faut que çafinisse, ça, parce qu'on va jouer avec d'autres
notions de capitalisation, mais ça va finir en quelle année, ça? Si les gensont des idées, là, moi, je suis bien ouvert,
mais je veux savoir en quelle année ça va finir puis quelles sont les
hypothèsesde rendement. Je ne veux
pas avoir du… — comment dire? — des adjectifs, là, je veux des chiffres puis
à quelle annéeça finit, puis, c'est
quoi, les hypothèses de rendement. Et c'est pour ça que la beauté et l'intelligence
du rapport D'Amours, quant à la capitalisation améliorée, c'est sa
clarté, mais sa lucidité totale, et c'est pour ça qu'on est d'accord, nous.
Maltais : O.K. Dernière question,
s'il y a des collègues
qui veulent vous poser des questions. Mais vous demandez le pouvoir, après un an, de décréter les modifications au régime.
Est-ce que ça touche tous les droits? Est-cequ'il y a des droits spécifiquement que vous voulez voir dans ce type
de… auxquels vous voulez pouvoir vous attaquer dans ce type de décret?
Labeaume (Régis) : Bien, écoutez,
nous, ce qu'on dit quant à la négociation, c'est : Quand même on prendracinq ans, ça se passe dans les trois dernières
semaines, là. Regardons les choses en face, là : trois ans, cinq ans, deux
ans,ça ne donne rien; ça se passe
dans les trois dernières semaines. Le seul problème, si on prend trois ou
cinq ans, pendantce temps-là,
Baptiste va payer, lui, là, là, le payeur
de taxes va payer. Il va falloir qu'il
continue à payer le déficit, là. Alors,ça ne donne rien, trois ans, ça ne donne rien, cinq ans. C'est un an,
puis on va régler dans les trois dernières semaines de toute façon.
Et je pense
que le rapport D'Amours a eu stratégiquement
l'intelligence de ne pas parler d'un an, pour ne pas que son rapport
soit rejeté d'emblée. C'est brillant. Moi, je vais vous dire, je l'ai dit dit à
Alban D'Amours : C'est très… stratégiquement,
très brillant, mais, j'ai dit, je ne suis pas d'accord avec toi. Alors, comme
il faut régler en trois semaines, là, n'attendons pas cinq ans, n'attendons
pas trois ans. Un an, puis après ça, on procède.
Maltais : M. le maire, vous répondez très bien sur cette idée,
le concept de la durée de cette négociation et du pouvoir de décider qu'offre le rapport D'Amours. Vous m'avez moins… Je vous ai moins entendu sur les droits.Est-ce que
c'est sur l'indexation? Parce que ce que propose le rapport D'Amours, c'est surtout de regarder sur le pouvoird'indexation. Est-ce que c'est l'ensemble, l'ensemble
des droits… On a vu tout à l'heure le maire
Tremblay qui nous aprésenté, par exemple, toute une séquence sur les séries de… sur les ententes, là, qu'il a
eues avec ses employés. Maisil a
regardé plein, plein, plein d'acquis en disant : On change la règle du 85,
on change la règle de l'âge du départ à la retraite. Est-ce que vous
avez une idée des choses que vous voulez toucher? C'est ça que je voulais dire.
M. Labeaume
(Régis) : Juste pour…
Regardez, j'adore Jean, là, mais moi, j'ai décidé que le déficit ne serait
pas payé par la population totalement. Première affaire. Mais j'adore Jean.
Deuxième affaire. Quand on parle, par exemple, des
retraités, il n'est pas question de faire du White Birch, ici, là.On se comprend bien, là? On ne touche pas à la
rente de base, pas du tout. C'est juste qu'il y a des retraités à Québec quiont ce qu'on appelle la pleine indexation.
Ça ne se fait plus aujourd'hui. Ça ne se fait plus. Exemple. C'est un exemple.Ça, on a en plein, des exemples. C'est parce
qu'en 10 minutes, là, c'est dur de défiler tout ça. Puis, en même temps, là,quand tu as 5 000 employés, il y a du
stock. On en a plein, de ça. Sauf qu'on dit, nous autres : Voici les
grands principesde base sur lesquels
on veut s'appuyer pour négocier. Mais, en même temps, on dit : On ne peut
le faire si on n'a pas les moyens légaux.
Maltais : O.K. Ça
va. Merci. Merci beaucoup. Je reviendrai s'il y a d'autres temps.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Chapadeau : Merci,
M. le Président. Merci, M. Labeaume. D'abord, vous saluer et saluer les gens qui vous accompagnent.
Merci pour votre présentation.
Pour revenir un peu sur ce
que Mme la ministre vous a parlé à propos du pouvoir que vous souhaitez avoir
de décréter, cette semaine, on a reçu...
depuis le début de la commission
parlementaire, on a reçu les organisations syndicalesqui sont venues nous dire : D'abord, il faut
faire attention de ne pas déséquilibrer le rapport de force, là. Le succès d'unenégociation, c'est qu'il y ait un rapport de
force qui soit équilibré. Donc, si vous donnez le pouvoir de décréter après un
anou peu importe la durée du temps,
mais le pouvoir de décréter, le risque, c'est que la
partie qui va avoir ce
pouvoir-là vas'asseoir, puis va
juste simplement attendre le moment propice, puis va, de toute façon, avoir sa
piste de solution puis décider à la fin. Donc, ce n'est sûrement pas de
cette façon-là qu'il sera possible d'avoir une entente.
L'autre côté,
ce qu'ils nous disent aussi, c'est que ces conditions-là, ce sont des
conditions de travail qui se sontnégociées
avec des gens qui étaient là avant vous, mais ce sont des élus aussi qui ont
pris un certain nombre de décisions à une certaine époque. Et on a fait
ça, on a négocié ça, ça s'est négocié de bonne foi. Maintenant, on nous demande
unilatéralement de revenir en arrière alors
qu'on a, à l'époque, négocié, on a signé des conventions collectives, ça s'est
fait de bonne foi.
On nous dit
aussi : Les régimes de retraite, ça fait
partie des conditions de travail
globales, ça, on ne peut pas justeles
dissocier. Certains nous ont dit : On a fait des sacrifices sur le salaire
pour investir dans une retraite, et ça, on l'a faitaussi de bonne foi à l'époque, maintenant on veut
qu'on revienne en arrière, donc. Et le maire, tantôt, de Saguenay nous adit : Évidemment, qu'il y ait une
partie… que la
partie patronale ait le droit de décréter, ça ne va pas créer
une façon, entout cas, là, d'avoir...
de négocier avec harmonie, parce que clairement, les craintes, c'est que le
déséquilibre, le rapport de force ne soit plus là, donc.
Et les
centrales syndicales nous ont dit : Imaginez si c'était le contraire.
Imaginez, si c'étaient les syndicats quipouvaient décréter, comment... la réaction qu'auraient les employeurs.
Et là le SCFP est venu nous dire : Bien, il pourraity avoir un mécanisme de conciliation, ce qui
permettrait d'arriver à une entente, mais avec un mécanisme de conciliationqui permettrait de continuer les
discussions, mais qui ne déséquilibrerait pas le rapport de force, qui est
nécessaire pour en arriver à une entente négociée.
Labeaume (Régis) : Bien, écoutez, sur l'harmonie, là, moi, je vis en
temps réel, là. L'harmonie, c'est quand tu ne demandes rien. C'est
toujours harmonieux. Quand tu n'exiges rien, c'est toujours harmonieux. Tu
paies, c'est harmonieux, il n'y a pas problème. Tu as juste à payer, puis ça va
être harmonieux.
En passant, c'est
que, dans les villes, il n'y en a pas, de rapport de force, ça n'existe pas. Le
rapport de force, il està l'avantage
des syndiqués. Savez-vous pourquoi... pas des syndiqués, parce que j'adore mes
employés, c'est les syndicats.Actuellement,
là, ils peuvent garder leurs conventions collectives pendant 100 ans, nous
autres, on ne pourra rien changer. Il
n'y a pas de rapport de force, ce n'est pas bien compliqué, ça n'existe pas
dans les villes. On ne peut rien changer. Onn'a aucun moyen légal de changer. Le rapport de force, il n'existe pas.
Alors, on ne viendra pas le débalancer, il n'existe pas. Ça règle le
problème.
Pour ce qui
est des contrats de voilà 15, 20, 25 ans, moi, mon problème, c'est que ça fait
six ans que je suis mairede Québec,
puis je vis en temps réel, puis j'ai 1,3 milliard de déficit. Je suis un
politicien, j'ai fait des erreurs, puis, dansle passé, il y en a qui ont fait des erreurs puis qui n'auraient pas dû
signer ça. Mais j'en ai fait plein d'erreurs, moi aussi.Mon seul problème, c'est que, peu importe ce qui s'est
passé dans le passé, là, moi, il faut que je règle là, là. Allez expliquerà un payeur de taxes que c'est un contrat
puis on ne peut pas toucher à ça. Allez lui dire ça quand il va payer
600 $ pourdes déficits sur son
compte de taxes, après impôts. Allez lui expliquer ça, pour le fun. Si vous
êtes capables, vous me direz comment vous allez faire ça.
conditions de travail, des sacrifices. Savez-vous comment les employés des
villes de Québec gagnent de plus, totalement,
que par rapport à tous les travailleurs du Québec? Vous allez me permettre de
retenir mes larmes. Vous allezme
permettre de retenir mes larmes. Les sacrifices, ce n'est pas bien compliqué,
les sacrifices, ça touche, et toujours — çaa
toujours été — les
payeurs de taxes. Ceux qui ont... les 61 % qui n'ont pas de régime, là, à
prestations déterminées ou àcotisation
déterminée, quand il y a eu un crash boursier, y a-tu quelqu'un qui va aller
rembourser leurs pertes? Qui va aller rembourser leurs pertes des
portefeuilles des individus payeurs de taxes? Je n'en connais pas un. Pourquoi,
à ce monde-là, qui ont perdu de l'argent, on
va leur demander de rembourser les
pertes des employés de la ville de Québec? Pourquoi? Voulez-vous parler de
sacrifices? Ça ne marche pas pour moi. Sauf mon respect.
Et, regarde, les syndicats disent
ce qu'ils veulent, c'est normal. Et, regardez, on n'a pas le même travail. Un syndicat… Et heureusement qu'on les a eus dans la
vie du Québec, ils ont sauvé des vies, ils ont fait un travail extraordinaire.C'est juste qu'il y en a quelques-uns qui
ont exagéré. Un syndicat, c'est une organisation privée qui défend les intérêtsd'un certain nombre d'individus, et c'est
correct. Une ville, ça gère et ça représente des payeurs de taxes. C'est deux
affairesdifférentes. Et le danger
dans tout ça — puis je
pense que c'est toujours ça qui est problématique — on a tendance à mettresur un pied égal la ville puis les syndicats.
Excusez-moi, là. Non, non, non, ça ne marche pas, ça. C'est une organisationprivée qui défend les intérêts, et ils ont
droit, et heureusement qu'ils étaient là dans le passé, mais faites-moi pas
pleurer avec les sacrifices.
les syndicats, leur devoir à eux, et je les comprends, c'est qu'il y ait le
moins de changements possible pourprotéger
leurs membres. Alors, il n'y a pas de vertu là-dedans, là. Moi, mon problème à
moi, comme maire, il faut que jedéfende
les 517 000 qui sont à Québec. Alors, il n'y a pas de vertu. Je ne
pleurerai pas sur les sacrifices. C'est du… à la limite, du corporatisme
normal. Mais moi, je ne suis pas dans le corporatisme, moi, je suis élu, là.
Chapadeau : Je ne
vous demandais surtout pas de pleurer, là, ce n'était pas…
Des voix : Ha, ha, ha!
Chapadeau :
Je ne m'y attendais pas non plus, même si je vous l'avais demandé. Écoutez,
moi, j'entends ceque vous nous
dites, là, mais ce que j'ai entendu aussi de la part des syndicats qui sont
venus s'asseoir ici, à la table, c'est que, oui, on est prêts à faire
des… on est prêts à en faire d'autres, sacrifices — même si vous dites…
vous parlez de sacrifices, là — on est prêts à s'asseoir, à trouver des
solutions négociées. Et ça, les cols bleus de la ville de Montréal ontréussi. Le maire de Saguenay nous dit : On a
été capables de s'asseoir avec les syndicats puis on a été capables d'avoirune entente négociée. Et les centrales
syndicales, tour à tour, ils ont reconnu qu'il y avait un problème, ils ont
reconnuqu'il y avait un problème,
puis ils ont dit : On est prêts à s'asseoir et à trouver des façons de
régler. Parce que, je vousl'ai dit
tantôt, là, ce sont des ententes qui ont été signées de bonne foi, à l'époque,
et les syndicats doivent retourner expliquerà leurs membres la situation actuelle, et les cols bleus de la ville de
Montréal l'ont fait, et d'autres l'ont fait aussi. Donc,moi, ce que j'ai entendu, là, cette semaine, de la
part des centrales syndicales qui sont venues ici, puis des syndicats… puisceux même qui représentent la ville de
Québec nous ont dit : On est prêts à s'asseoir, à négocier, on va le faire
de bonne foi.
M. Labeaume (Régis) : Mais que voulez-vous qu'ils disent d'autre? Pensiez-vous qu'ils vont
venir vous direqu'ils ne veulent
plus négocier? Montréal, ils feront ce qu'ils voudront. Connaissez-vous le
déficit des fonds de pension de la ville de Montréal? Est-ce que vous
avez le chiffre?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : On va l'avoir tout à l'heure, monsieur.
M. Labeaume (Régis) : Très bien. Quand vous l'aurez, à jour, en capitalisation améliorée,
vous vous demanderez si c'est normal que tout ce déficit doit être payé par les
citoyens de Montréal. Parce que, dans ce qu'ils viennent de signer,c'est les payeurs de taxes de Montréal qui vont
tout payer ça. Ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent, là. Nous autres,
on ne fera pas ça, à Québec, il n'en est pas question. Alors, vous parlez du
deal de Montréal, je pourrais en parler deux
heures, si vous voulez, mais on ne le fera jamais, nous autres. Ce n'est pas
bien compliqué, on ne fera jamais ça.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Si vous me permettez, ce serait le temps de
changer…
M. Labeaume
(Régis) : Excusez-moi.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : …de côté. Vous pourrez continuer avec un
interlocuteur suivant. C'est M. le député de Verdun.
Gautrin : Je vous remercie. Et je vous souhaite la bienvenue
ici, dans cette commission. Je vais essayer quandmême… vous êtes… de soulever plus d'une fois, de
distinguer entre deux choses qui sont différentes : d'un côté, le futur,
les services futurs; et comment on règle le
déficit passé. Je pense que c'est deux questions qui sont différentes. Et le
rapport D'Amours en fait une distinction entre les deux.
Je suis heureux d'entendre
que vous vous prononcez en faveur de la capitalisation améliorée. Vous n'avez peut-être pas… Vous le précisez dans votre
rapport, je vais vous faire… reprendre ce que vous dites : Il est clair qu'il
fautavoir un taux d'actualisation
différent pour les retraités que le taux d'actualisation pour les personnes qui
sont en activité.Et c'est ce qui est
l'esprit même de la capitalisation améliorée. Les gens qui sont venus devant
nous nous disent :
Malgré…Le
rapport D'Amours voudrait, pour les personnes qui sont retraitées, se fixer sur
les rendements des obligations pour lescompagnies de bonne… les compagnies de qualité, en quelque sorte. Il n'y
en a pas assez au Canada, donc il
faudrait trouverun autre indice pour
être en mesure... parce qu'autrement
on aurait trop de fluctuations à l'intérieur des régimes de pension.
Mais l'idée... J'imagine que vous ne tenez pas non plus à ce type de taux d'actualisation.
M. Labeaume (Régis) : Bien, écoutez, ce qui est proposé par le rapport D'Amours, on pense que
c'est ça, on est totalement d'accord avec ça. C'est bête comme ça.
Gautrin :
Y compris le taux d'actualisation?
M. Labeaume
(Régis) : Oui, absolument.
Gautrin :
Même si ça entraîne beaucoup de fluctuations.
M. Labeaume
(Régis) : Pardon?
Gautrin :
Même si ça entraîne d'énormes fluctuations.
M. Labeaume
(Régis) : Ça va juste améliorer la situation actuelle, là.
Gautrin : Vous vous trompez. Je m'excuse de vous le dire,
vous vous trompez si vous dites ça, par rapportà... Avec le taux, vous avez une trop... une variation puisque vous le
faites sur... il n'y a pas assez de compagnies qui ont des bons... des
rentrées, à ce moment-là. Mais enfin, vous...
M. Labeaume (Régis) : Écoutez… Je
peux-tu répondre à ça?
Gautrin :
C'est technique, mais l'idée de fond...
Labeaume (Régis) : Oui,
mais... Vous devez penser qu'on se trompe, mais ça veut dire que le rapport D'Amours
s'est trompé. On est d'accord avec, nous.
Gautrin : Bien,
écoutez, tous les gens qui ont témoigné ici n'ont pas été d'accord avec vous.
Labeaume (Régis) : On n'est
pas d'accord avec ça. Nous autres, on est d'accord avec le rapport D'Amours.
On pense que les taux...
Gautrin :
J'ai compris. Si on vient... le deuxième point, à l'heure actuelle, sur la
question qui est les transferts, vous êtes d'accord qu'il faut le
revoir?
M. Labeaume (Régis) : Les
transferts...
Gautrin : Les
paiements de transferts. Vous avez ça dans votre rapport.
M. Labeaume (Régis) : Pas les
paiements de transferts, les... la...
Gautrin :
Le transfert, c'est-à-dire dans la manière... lorsque quelqu'un quitte, à ce
moment-là, les questions de transfert. Vous comprenez bien néanmoins ce
qui a été soulevé devant cette commission bien des fois, ça a été de rappeler, en quelque sorte, que, dans les
paiements de transferts, il faudrait qu'on ait quand même une position qui soit
identique avec le reste du Canada.
M. Labeaume (Régis) : O.K., ça va.
Ça va toujours rentrer dans les technicalités, là...
Gautrin : Je n'ai
pas compris.
M. Labeaume (Régis) : Bien, on l'a...
Notre position est claire, je pense, là.
Gautrin :
Bien non, mais je vous pose la question. Est-ce que, dans ce qui est...
Autrement dit, lorsque lesgens
quittent, chez vous, comme position, là, à l'heure actuelle, est-ce que ça
nécessite un accord, une harmonisation avec le reste du Canada?
M. Courchesne
(Yves) : On n'est pas dans
ce détail technique là, M. Gautrin. Mais, qu'est-ce que je peux vousdire, qu'est-ce qu'on souhaite… Quand un
employé quitte, bon, il y a un calcul actuariel qui est fait sur le montant
globalqui est versé, par rapport
que, s'il restait, il aurait les montants des rentes, mais on veut qu'il y ait
une équité. Présentement, de la manière que les calculs sont faits, les
gens partent avec une somme plus importante qu'une équivalence.
Gautrin :
Je suis bien d'accord avec vous, à ce moment-là, mais vous voyez qu'il faut
revoir la formule, mais il faudrait qu'on ait la même formule avec les
autres provinces parce que...
Gautrin : ...parce
qu'autrement on a un problème particulièrement par rapport avec les autres
provinces.
Labeaume (Régis) : O.K.
Regardez, là, nous autres, on a fait ça… on tombe dans la fiscalité. Je veux
dire, c'est important, ce que vous dites, mais, à un moment donné, ce n'est
plus dans notre champ de compétence, là.
Gautrin : Ça, je
comprends. Vous vous prononcez contre le fonds de stabilisation comme tel, si j'ai
bien compris. Néanmoins, vous êtes en faveur de l'augmentation des prestations
pour écarts défavorables.
Labeaume (Régis) : Écoutez,
là, nous, on pense que les fonds de stabilisation... On peut vous dire… O.K.,
on peut être d'accord, là, mais ce qu'on vous dit, c'est que ça ne règle pas le
passé, là.
Gautrin : ...d'accord
avec vous.
M. Labeaume (Régis) : Mais moi, je
vous donne...
Gautrin : Attendez
un instant. Je ne prétends pas que ça règle le passé, les fonds de
stabilisation, mais la manière de
comptabiliser, à l'intérieur d'un régime de pension, la
partie qui soit… soit
des prestations pour écarts défavorables
dans un fonds de stabilisation et qu'on ne l'utilise pas à autre chose que de
voir quand on aura une situation qui sera pénible ou qui arrivera, c'est-à-dire
ne plus avoir les tendances qu'on a eues dans le passé de surutiliser les régimes de pension en donnant des congés de
cotisation ou des améliorations de bénéfices, mais qu'on ait réellement... qu'on comptabilise dans
un fonds à part, à l'intérieur du régime de pension, dans le fonds de
stabilisation, ce qui est… à l'heure
actuelle, de manière qu'on diminue, en quelque sorte, le risque. Ça diminue
considérablement le risque qu'on se trouve dans la situation où on est à
l'heure actuelle.
Labeaume (Régis) : C'est un
outil supplémentaire. Mais, tu sais, c'est plus fondamental que ça soit 50-50
sur le passé, sur la cotisation d'équilibre, sur la cotisation d'exercice. Puis
ça, c'est un outil supplémentaire.
Gautrin :
O.K. Je reviens maintenant... Est-ce qu'on se comprend sur… Il faut quand même
qu'on amélioreles régimes dans le
futur de manière qu'on ne se retrouve pas dans la situation difficile où on est
aujourd'hui. Je reviens maintenant sur le passé, à l'heure actuelle.
Vous avez clairement dit, dans votre témoignage, à l'heure actuelle, qu'il n'était pas question de baisser les prestations de
vos retraités, mais il est question de remettre les bénéfices qu'on a... comme
le rapport D'Amours le soulève, qui peut être les bénéfices d'indexation, etc.
C'est ça?
Labeaume (Régis) : On ne
veut pas remettre en question ni la rente de base, ni les bénéfices. Comme le rapport D'Amours le dit, le problème est
tout dans l'indexation, c'est-à-dire l'augmentation annuelle. Je veux bien être
clair là-dessus parce que c'est fondamental. On ne remet pas en question la
rente de base, on ne remet pas en question les bénéfices; c'est l'indexation,
le problème.
Gautrin : Je
comprends…
M. Labeaume (Régis) : Et ce n'est
pas tout le monde, en passant, parce qu'il y a des cohortes, puis il y a des
cohortes qui ont une indexation qui n'a plus de bon sens, à un moment donné.
Gautrin :
Je comprends bien. Et votre volonté, c'est évidemment d'arriver à un partage,
un partage, à l'heureactuelle, entre
l'employeur, c'est-à-dire la ville, et les bénéficiaires actifs et non actifs
pour assumer le déficit actuellement. Est-ce que je comprends votre
position actuellement?
Labeaume (Régis) : Oui,
parce que, vous savez, pas sûr que les actifs voudraient payer pour les
inactifs. Unactif de 30 ans, ça ne
pense pas comme un actif de 55 ans. Quand on parle d'intergénérationnel, c'est
majeur aussi, là.
Gautrin :
Et est-ce que vous avez évalué combien, simplement sur les économies que vous
feriez, par exemple, en oubliant l'indexation, etc., est-ce que vous
avez évalué jusqu'à combien ça pourrait…
Labeaume (Régis) : On a des
chiffres, mais on essaie de ne pas tomber dans la guerre de chiffres parce quec'est prêter flanc à bien des discussions,
là. De toute façon, je vous dirai que notre position, il y a aussi là-dedans et
surtout des questions de principe, là… qui va arriver aux chiffres
qu'on souhaite.
Gautrin : O.K. Dernière chose. Vous nous demandez
éventuellement de vous donner les pouvoirs, éventuellement, si jamais il y a échec des négociations, de
pouvoir décréter des éléments de la convention. C'est ce que j'ai cru
comprendredans votre mémoire. Il y a
d'autres groupes qui sont venus mettre sur la table la possibilité, lorsqu'il y
a échec desnégociations, d'aller dans
un mécanisme de médiation et en médiation avec un assesseur nommé aussi par la
ville et unpar la
partie syndicale,
le cas échéant, et qui auraient pouvoir, s'ils sont tous d'accord, de décréter.
Est-ce que vous êtes…
Labeaume (Régis) : …vous
mentionnez, c'est très intéressant, votre question. Moi, j'avais demandé le
droitde lock-out, l'année passée. Il
y a des gens qui ont dit : Le maire est complètement fou, complètement
dingue. M. Parizeau, à l'époque,
a présidé la Commission d'étude sur les municipalités. J'ai le goût de le dire,
là, c'est incroyable : M. Parizeau, à l'époque, a recommandé que les municipalités disposent d'un droit de
lock-out assujetti aux mêmes conditions en vertudesquelles le droit de grève peut être exercé. M. Parizeau — pas mal moins fou que moi, ça, là, là,
M. Parizeau — pensait,
en 1986, que ça prenait un droit de lock-out. Mais, moi, j'étais fou l'année
passée. Alors, la conciliation…
Gautrin : Moi, je
suis assez d'accord avec vous…
Labeaume (Régis) : …ce que je veux vous dire, la conciliation, M. le député, là, on n'a jamais été bien, biengagnants, les villes, là-dedans, là. Alors,
puis, en passant, un assesseur, un conciliateur, ce n'est pas élu, ça, là. Ce n'est
pas élu. Parce que, là, si c'est
toujours le voisin qui n'est pas élu qui vient toujours décider pour le payeur
de taxes, on a un petit problème, là.
On a un petit problème. S'il faut toujours que ce soit dans la bureaucratie que
règle, alors que moi, jem'en vais en
élections à tous les quatre ans, ça ne marche pas, cette affaire-là. Alors, les
assesseurs, les conciliateurs, c'estnécessaire
dans les relations de travail, mais il y a des limites. Ce n'est pas vrai, là,
que ça va être un tiers qui va décider du compte de taxes du monde. Il y
a des limites, là, tu sais?
Gautrin : Et ça
touche le compte de taxes, mais les conditions de travail aussi de vos
employés.
Labeaume (Régis) : Les
conditions de travail, nous, on ne vous parle pas de conditions de travail, là,
on parle de régimes de retraite. Le reste, regarde, on va s'organiser.
On parle juste de régimes de retraite.
Gautrin :
Alors, dans le rapport D'Amours, et je vous laisse voir comment vous le voyez
fonctionner, il y a la possibilité de
parler avec vos syndicats, mais la nécessité aussi de parler avec vos
retraités. Et moi, je n'ai pas clairement, à l'heure actuelle, l'idée
comment on peut avoir une négociation à trois personnes.
M. Labeaume
(Régis) : Avec?
Gautrin :
Trois personnes, c'est-à-dire un groupe de retraités…
M. Labeaume
(Régis) : Ah! ça, c'est… On le fait séparément, tout simplement.
Gautrin :
… un groupe de retraités, la ville, etc.
M. Labeaume
(Régis) : On s'organise séparément, tout simplement.
Gautrin : Avec… Vous comprenez bien? Bon, c'est comme ça que
vous vous voyez, parler avec l'un et parler avec l'autre. C'est ça?
M. Labeaume (Régis) : Bien, c'est parce que, quand on va parler de ça, vous allez être
surpris, tout le monde ne s'entendra pas entre eux autres.
Gautrin : Croyez bien que je ne suis pas surpris quand vous
dites ça. Je crois que mon collègue d'Outremont a des questions, lui
aussi.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
Bachand : Merci beaucoup. Bonjour, M. Labeaume. Plaisir de vous revoir. On a l'habitude de se
voir dansles consultations prébudgétaires, finances
publiques, puis on s'est toujours
bien entendus. Je pense que, si je comprendsbien, vous êtes d'accord avec les choses du rapport D'Amours. Je pense que ce n'est pas une grosse chicane, là, sur le
premier point. C'est juste que les actuaires sont…
Bachand :
…les actuaires sont venus nous dire qu'en gardant la même intention, le taux
des obligations corporatives, le marché n'est
pas assez profond, trouvons un autre indice Canada-provinces plus. Alors,
je pense que c'est…
M. Labeaume
(Régis) : Oui, c'est ce qu'on veut, nous autres aussi.
Bachand : Tout à fait. C'est pour ça que je voulais… Non, non, c'est parce que
des fois, les médias sont à larecherche
de spectaculaire, puis je pense que ce n'était pas, ce n'était pas ça.
Excusez-moi, les médias aussi. Bon, c'est moi qui vais en manger une,
Deux, deux grandes
choses, il faut régler le problème. Moi, je distingue clairement les gens qui
travaillent aujourd'hui, là, les actifs, des retraités. Les gens qui
travaillent aujourd'hui, les actifs, on ne peut pas continuer à creuser
le trou, il faut… Là, il y a
une série de recommandations sur les régimes
à prestations déterminées qui s'appliquent.
Je vousentends dire : Oui, on
est d'accord avec ça, et il faut absolument que les ententes fassent qu'on ne crée plus jamais
de trou. Puis ça, il y a un large consensus sur ça, je pense, y compris
de la part des syndicats.
Il y a
les retraités. Puis les retraités… Puis je vous entends dire : Ce n'est
pas la faute du contribuable, ce n'estpas
à lui à payer pour ça ou pour tout ça. Ça, je ne suis pas sûr de ce que vous
avez dit. Je pense que vous avez dit : Cen'est pas à lui tout seul à payer pour ça. Je vous
dirais : Des fois… Vous avez dit : Il y en a qui ont fait des
erreurs. Moi, jene porte pas de
blâme. Votre travailleur, là, la personne de 75 ans, à la ville de Québec,
qui a pris sa retraite, là, il y a unedouzaine
d'années ou il y a 15 ans puis qui a vécu de 1970 à l'an 2000… Il n'y
a personne qui a fait une erreur. Les régimes étaient bien calculés, ils
étaient même en surplus souvent. On vivait moins longtemps, les rendements
étaient à 10 %, 12 %, etc. Alors,
ce n'est pas sa faute lui non plus. Mais cette personne-là a fait son budget
familial, il y a une rente qui lui est promise, elle a dépensé l'autre
argent puis elle aussi, elle est en problème.
Alors, on a, au niveau équité… Je suis d'accord
avec vous, ce n'est pas au contribuable à… Ce n'est pas de safaute, le contribuable. Puis ce n'est pas de la
faute des gens à la retraite, mais il n'y a personne qui parle pour eux autres.
Bien, il faut qu'on règle le problème. Il
faut qu'il y ait un cadre très clair. Ça, je suis d'accord avec vous, ça ne
peut pasêtre flou, c'est… Il faut
que le problème soit réglé sur 15 ans, vous dites. Ça peut être réglé sur 20
ans, mais ce n'est pas sur 40, là, avec des solutions.
Là, on est dans : Qui décide de la solution
ultimement? Parce que je comprends que vous représentez les contribuables. Puis le rapport D'Amours suggère
que ça soit ça ultimement. C'est un peu odieux de changer rétroactivement
des conditions de gens qui n'ont pas un mot à dire à la table parce que les
actifs sont là, ils négocient avec vous puis finalement ils peuvent faire une
entente. Alors, comment on trouve une solution à ça? Puis, là, les syndicats
ont dit : Bien, une concession… Mais ultimement…
Labeaume (Régis) : Bien,
moi, votre question est excellente. Il faut bien voir que, pour les retraités,
c'est trèspeu d'argent, là. On ne
changera pas son budget. C'est l'argent de plus qui est imputé à l'indexation,
là. Moi, je dirais :Légiférez
sur l'indexation maximum. Alors, tu sais, ça serait plus simple comme ça parce
qu'effectivement ils sont peu représentés. Le gouvernement peut
légiférer. Mais ce n'est pas beaucoup d'argent, là. Ce n'est pas là que ça se
passe nécessairement au total, hein? Alors,
moi, là-dessus, je pense que ce serait plus simple de légiférer parce qu'effectivement
ils ne sont pas représentés.
Mais,
comprenons-nous bien, là, il y en a qui ont des indexations de 5 %,
inflation complète, ça n'existe plus. Et le problème que les contrats ont été
signés dans le passé : Mais est-ce que, sur la base de ça, on ne bouge
pas? C'est ça, leproblème que j'ai,
moi, là, là. Moi, je suis le maire de Québec. Si on dit : Il y a des
contrats qui ont été signés, on ne bougepas. Parfait! On va laisser payer le monde. Le problème, il est là. On a
un problème de principe. Moi, mon seul principe,c'est la justice puis l'équité pour ceux qui existent, là, et pour ceux
qui étaient là aussi. Puis, honnêtement, là, ce n'estpas beaucoup d'argent, c'est l'indexation à chaque
année, c'est-à-dire l'argent de plus qui va en fonction de l'inflation,
donc du coût de la vie. On ne touche absolument pas sa rente de base.
Bachand :
Je vous interromps parce que le président va me couper la parole bientôt. Je
pense qu'on dit unpeu la même chose.
Effectivement, c'est une question de justice entre les deux. Quand vous
dites : Ce n'est pas beaucoupd'argent,
les universités, ceci étant dit, sont venues nous dire que, si on réglait le
problème de l'indexation des retraités en protégeant leur rente, il y a
une des universités qui a dit : Ça règle mon probablement de déficit.
M. Labeaume (Régis) : Mais,
excusez-moi, mais…
Bachand :
Pour le passé. Et, dans votre cas, quand vous dites : Ce n'est pas
beaucoup d'argent, peut-être que c'est votre cas…
Labeaume (Régis) : Ce n'est
pas beaucoup d'argent individuellement, pour chaque retraité. Au total, c'estbeaucoup d'argent. Les universités ont
totalement raison. Mais, pour chaque individu, c'est très, très, très peu, on
ne lui enlève rien, c'est juste qu'on lui en donne un peu moins de plus
à chaque année. C'est tout simplement ça, c'est une indexation. Au total, ça fait
beaucoup d'argent, et c'est la démonstration qu'a faite le rapport D'Amours, d'ailleurs.
Bachand : Peut-être
que… je ne sais pas si votre actuaire peut réponde. Pour l'indexation…
M. Labeaume (Régis) : … on a fait
par exprès.
Bachand :
L'indexation pour les retraités, ça représente combien dans le
700 millions de déficit pour le service passé, le savez-vous?
M. Labeaume (Régis) : On pourrait le
calculer, là, mais on ne veut pas trop embarquer là-dedans, là.
Bachand : O.K. Ça
va, merci beaucoup.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça va? Et nous passons maintenant la parole à M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, M. le maire et vos collègues,
bienvenue. Vous savez que jen'ai pas
beaucoup de temps, alors je vais aller rapidement. Un, pour vous dire que vous
savez qu'on souscrit énormémentà
votre mémoire, aux propositions, aux suggestions et recommandations que vous
faites, parce qu'on est d'accord
avecvous qu'il y a
urgence de régler le problème. Ce que je pense que je peux vous dire aujourd'hui rapidement, avant de vousposer la question, c'est que, même si c'est un problème complexe, il y a
déjà des consensus qui se dégagent. Et cesconsensus-là… il y a eu beaucoup de travail qui a été fait ici, d'exploration,
soit par D'Amours, soit par la commission,et je veux vous rassurer que je pense qu'il va falloir maintenant
mettre ça rapidement dans un projet
de loi pour arriver avec quelque
chose.
Ce qui m'amène
à dire : Un des consensus, c'est qu'il
y a beaucoup de solutions pour les
services courants ou futurs, ce qui est la difficulté, c'est les
services passés, vous l'avez bien amené, mais il y a déjà un consensus que les
solutions sont assez possibles du côté des services courants.
Sur les
services passés, vous avez entendu, en
tout cas, la position de
M. Tremblay. Vous l'aimez beaucoup, vous l'avez dit ce matin. Mais lui, il a
décidé — peut-être
pour d'autres raisons, mais c'est ça que j'aimerais que vous me répondiez — que lui, il est capable de dire : Bien,
le problème, il est là, je ne peux pas le régler, puis je vais l'absorberavec le temps. Il nous a donné quelques
statistiques de ses taxes, de ses contributions. Je ne veux pas vous faire
rentrerdans une guerre de chiffres,
mais vous, vous avez sûrement... Quand vous parlez d'un déficit de 1,3 milliard
par rapport àvotre potentiel de
taxation, est-ce qu'il y a des éléments qu'on devrait prendre en compte qui
justifient cette urgence-là d'agir?
Je m'explique.
Lui nous disait : Il y a 25 % de la contribution qui est sur les
taxes municipales ou... Est-ce quec'est
des montants qui font que jamais vous ne pourriez dire : C'est impossible
qu'on puisse absorber ça pendant 15 ans?C'est ça que vous avez dit. Mais ce que je vous demande… C'est qu'il n'y
a pas une ville qui a le même cas. Et, danscertains cas, comme vous — on verra Montréal dans quelques
minutes — je veux
comprendre les raisons qui vous forcent ou qui vous poussent à avoir
cette urgence d'agir là.
M. Labeaume (Régis) : C'est tout simplement la capacité de payer du
payeur de taxes. Il n'en peut plus, moi, je pense. 624 $, là, par
année, après impôt, juste pour renflouer le déficit...
M. Dubé :
...c'est 25 % de votre compte de taxes qui va...
M. Labeaume
(Régis) : C'est 24 %.
M. Dubé :
O.K. Alors, moi, quand je prends ce point...
M. Labeaume (Régis) : Et on pense qu'avec le temps, si on applique tout, ça pourrait monter
jusqu'à beaucoup plus haut. Mais, en 2013, là, actuellement, c'est
24 %, actuellement.
Dubé : Alors, ce sera un exercice qu'on devra faire — puis je vais le demander à la
commission — de voir,
dans les villes comme Saguenay, Montréal,
etc., qui ont le même problème, mais probablement pas les mêmes conditions...Parce que, si une ville peut l'accepter
parce qu'elle n'a pas la même taille — vous me suivez? — bien, peut-être qu'euxautres peuvent prendre la décision qu'une portion
plus importante de la population peut le prendre, alors que, dans votre
cas, vous dites : C'est mathématiquement impossible.
M. Labeaume (Régis) : …je vous dirais : C'est un choix politique. Le choix politique qu'on
fait, c'est : Non,on ne veut
pas que le payeur de taxes paie tout. Puis, on pense, en plus — puis là, je ne veux pas me mettre en
contradiction avec les autres — pour nous autres, c'est ça,
être responsable.
M. Dubé :
Je n'ai pas d'autre question, M. le Président. C'est très clair. Merci
beaucoup.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci. M. le député de Verdun.
Gautrin : Bien, je veux revenir avec vous, M. le maire. Nous
sommes des législateurs actuellement. Donc, on a éventuellement à faire une loi et on ne peut pas tout mettre dans la
loi. Comme on l'a vu clairement, il y a des propositions qui nécessitent
une harmonisation, par exemple, avec les partenaires fédéraux. Qu'est-ce que
vous nous suggérez qu'il est absolument nécessaire d'inclure dans une loi?
M. Labeaume (Régis) : ...l'urgence, puis vous nous réinviterez pour la loi, ça va nous faire
plaisir. Mais ce qu'ondit : Il
faut que ça soit fait avant la fin de l'année. Un an de négociation, un an pour
régler le problème. Nous autres, le point, c'est ça, là. Pour le reste,
ça va nous faire plaisir de revenir.
Gautrin : Autrement dit, pour vous, c'est essentiellement
régler le service passé et dans les plus brefs délais?
M. Labeaume (Régis) : Oui, puis redonner... permettre l'établissement d'un vrai rapport de
force, d'un sain rapport de force, parce qu'actuellement le rapport de
force, il est contre les payeurs de taxes.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci. Merci, M. le maire, ainsi que mesdames et
messieurs qui vous accompagnent, pour votre participation à notre
commission.
Nous
suspendons nos travaux deux minutes pour permettre aux représentants de la
ville de Montréal de prendre place.
(Suspension de la séance à 11 h
Président (M. Gautrin) : Nous reprenons nos travaux. C'est avec le plus grand des plaisirs que
nous retrouvons notre ancien président de l'Assemblée nationale. Alors,
M. le membre du comité exécutif et maire de Saint-Léonard encore… C'est ça?
M. Bissonnet
(Michel) : L'arrondissement, c'est ça.
Président (M. Gautrin) : De l'arrondissement de Saint-Léonard. Vous allez être le bienvenu chez
vous. Vousl'avez dit tellement
souvent quand vous accueilliez les gens que je vous le redonne aujourd'hui. Et vous connaissez lesrègles mieux que tout le monde ici, puisque c'est
vous qui les avez calculées. Vous avez à peu près une dizaine de minutes
pour présenter votre mémoire, et après on partagera équitablement entre les
ministériels et l'opposition.
Bissonnet (Michel) : Alors,
M. le vice-président de la commission, M. le député de Verdun, Mme la ministredu Travail, chers membres de la commission,
il me fait plaisir de vous souhaiter mes amitiés. Alors, je me présente, jesuis Michel Bissonnet, membre du comité
exécutif de la ville de Montréal. Je tiens d'abord à remercier la commission
de nous recevoir aujourd'hui.
problématique des régimes de retraite est devenue, au fil des ans, un enjeu de
société et de finances publiques.Dans
ce contexte, il nous semblait tout à fait juste et approprié de contribuer à
vos travaux en vue de trouver des solutions durables à cette crise
structurelle que traversent les régimes de retraite.
Je suis accompagné de M. Jacques Marleau à ma
droite, qui est directeur principal du Service des finances et trésorier adjoint, M. Jean-Yves Hinse, directeur
principal du Service du capital humain et des communications, qui est àma gauche, ainsi que M. Robert Blais, actuaire au
Service du capital humain et des communications. Je ferai une brève
allocution, et nous pourrons répondre à vos questions par la suite, du moins je
l'espère.
Depuis plus
de 10 ans maintenant, la ville de Montréal a souligné à maintes reprises la
problématique associéeau financement
des régimes de retraite et aux engagements qui en découlent. À cette époque, la
ville de Montréal était absorbée par le regroupement des municipalités
de l'île et devenait, par la même occasion, le promoteur de plus de 45 régimes de retraite. La ville a alors décidé de
fusionner les régimes pour que les employés d'une même accréditationpuissent avoir les mêmes conditions de t