Public Finance — 13 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2018-04-13
Quebec — Committees
regarde Radio-Canada qui cite, et je cite, et je dis : «Le
ministre des Finances Carlos Leitão a réussi son pari de mettre de
l'ordre dans les finances publiques en déposant [son] quatrième budget
équilibré de suite.
«Il s'attaque comme
prévu à la dette[...].
«[Il]
profite surtout d'une économie robuste pour réinvestir en santé et en
éducation, [...]une série de mesures à l'intention
des contribuables, à qui il avait déjà consenti [une baisse] d'impôt l'automne
dernier.» Deloitte, qui dit : «Le budget du ministre Leitão
[utilise une
partie de la] marge de manoeuvre pour investir davantage dans ses
priorités [en éducation] des jeunes,
[le service de la] santé...» Le Conseil du patronat, qui dit que «plusieurs
mesures contenues dans ce budget répondent aux demandes prioritaires des
entreprises tout en maintenant le cap sur l'équilibre budgétaire et le contrôle
[des dettes publiques]».
Barreau : «Le Barreau du Québec applaudit l'investissement majeur que le
gouvernement du Québec fait pour le
système de [la] justice.» La Banque Nationale : «Avec un tel soutien du gouvernement, l'économie québécoise
[pourra] croître au-dessus du potentiel pour
les deux prochaines années telles qu'anticipé par le ministère des Finances.
[...]nous saluons l'initiative d'un
décaissement partiel du Fonds des générations pour rembourser la dette.» Le
FM93, le maire de Québec cite :
«Des projets où on avait pris des engagements pendant la dernière campagne sont
là...» La Presse : «Un vrai budget, mais aussi un bon budget, entre autres parce qu'il nous présente
une situation financière saine — pas
de déficit [ou de] stabilisation des
dépenses publiques, [et un] début [de] réduction de la dette.» Et, quand on dit ça, c'est sûr que ça fait
plaisir à mon collègue de Granby d'entendre ça. «Mais surtout, le ministre, qui
disposait enfin d'une marge de manoeuvre
relativement confortable, une dizaine de milliards [de dollars] sur cinq ans,
[...]injecté [...] aux bons endroits.»
Vous
voyez, M. le Président, hein, ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les médias,
ce sont... Alors donc, on ne pourra pas
m'accuser que je fais preuve de chauvinisme, que je manque d'objectivité puis
que je prêche pour ma paroisse, c'est la perception que le milieu a eue
par rapport à notre budget.
ce que je trouve intéressant dans ces réactions-là, ça nous permet de faire le
tour du budget, de constater que nous avons
touché, nous avons pris des engagements et nous les respectons. C'est ce que je
trouve qui est intéressant de constater. Et je me dis : Les engagements, c'est suite à une gestion
rigoureuse des finances publiques que nous sommes rendus à présenter un budget aussi bien perçu. C'est la
marge de manoeuvre qu'on s'est donnée, c'est la marge de manoeuvre et
les moyens que nous avons pris.
sais, puis je suis fier de notre gouvernement, mais je suis fier aussi de mon
collègue ministre des Finances, qui,
lors de la préparation de son budget, il nous a consultés. Il a été vraiment à
l'écoute du milieu. Il me reste combien de temps, monsieur...
Le Président (M.
Bernier) : Ah! allez-y, il vous reste 11 minutes. Je vous
écoute.
M. Matte :
O.K. Je voyais que votre non-verbal m'appuyait, je me disais, c'est-u un manque
de temps ou non, donc...
Puis ça me fait
plaisir de le dire parce que, connaissant la modestie de mon collègue ministre
des Finances, il n'aurait pas osé dire ça, mais je suis fier de dire à mon
collègue : Bravo pour la présentation du budget que vous avez présenté!
me permettrait aussi... hier, lors de l'interpellation de mon collègue le député de Granby,
qui a soulevé une question, mais, manque de temps, vous n'avez pas pu
répondre... Quels sont les revenus disponibles présentement? J'aimerais vous
entendre par rapport à cette question-là, M. le ministre.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le député. Donc, M. le ministre, la parole est à
vous.
Leitão : Très bien.
Merci, M. le Président. Chers collègues, bonjour aussi à tout le monde. On reprend donc nos travaux.
Donc,
la question du collègue sur le revenu disponible, d'une façon
très simple, le revenu disponible est le revenu qui reste dans les
poches des contribuables après taxes et impôts. Ça, généralement, c'est la
définition de revenu disponible, mais, dans
le cas du Québec, je pense que, pour bien comprendre la situation,
on doit aussi ajouter tous les transferts
du gouvernement. Comme vous le savez, au Québec,
nous avons un système de transferts sociofiscaux qui est assez généreux. Et donc, quand on parle de revenu
disponible, on devrait parler aussi... ou faire ces calculs après taxes
et impôts et après transfert, comme ça, on a une idée plus juste.
Par exemple, dans le cas d'une famille monoparentale, généralement, le revenu de travail peut être relativement bas, mais, avec les transferts et l'aide aux
familles, le revenu disponible, dans grand nombre de cas, le revenu
disponible est plus élevé que le revenu du travail, non seulement les impôts
payés sont remboursés, mais il y a de l'aide additionnelle.
Donc,
c'est un portrait qui n'est pas simple. On doit faire... on doit examiner la situation
en ayant recours à des cas types. Et c'est pour cela que, dans le document
budgétaire, nous avions préparé un petit fascicule que, justement, qui
s'appelle Revenus disponibles , et qui analyse cette situation de plusieurs
facettes pour bien expliquer, voilà, à la population quel est le véritable
portrait du revenu disponible au Québec.
Alors, peut-être qu'une bonne façon de commencer, c'est si on se
réfère à ce fascicule — allez
à la page 23 — où,
là, on décrit, en fin de compte, quatre exemples, quatre exemples différents,
quatre situations différentes de familles différentes,
allant d'un couple ayant des enfants à une famille monoparentale, à un couple
sans enfant, à une personne seule, avec un revenu de travail qui serait
similaire, dans ces cas-là, mais on voit que le revenu disponible, pour ces
familles-là, est différent selon leurs situations.
Si on commence, par
exemple, avec un couple ayant deux enfants et un revenu de travail de
90 000 $, donc 45 000 $
chaque, leurs revenus disponibles après taxes et impôts, ce serait de
70 000 $, presque 71 000 $, mais, à cela, il faut
ajouter, donc, les baisses d'impôt que nous avons annoncées dans les derniers budgets.
Aussi, l'abolition de la contribution santé. Ça, c'est une chose. Pour cette
famille-là, c'est à peu près 1 000 $ de plus qu'elle a dans ses
poches. Après ça, il faut ajouter ce que nous avions aussi annoncé dans le budget,
c'est-à-dire les 100 $ par enfant pour les fournitures scolaires. Dans ce
cas de cette famille, ça serait 200 $. Et aussi la hausse des plafonds du
crédit d'impôt remboursable pour les frais de garde. Alors donc, c'est un autre
estimé 300 $. Donc, en tout et pour tout, le revenu disponible d'une telle famille, deux enfants, un
couple ayant deux enfants et 45 000 $ de revenus chaque, donc
90 000 $ pour revenu familial, le revenu disponible de cette
famille-là, c'est de 72 500 $, c'est-à-dire 1 500 $ de plus
après les mesures que nous avons mises en place. 1 500 $ de plus.
Dans
le cas d'une famille monoparentale, donc un seul revenu, les familles ayant un
enfant, un revenu de 45 000 $, c'est presque 1 000 $ de plus en termes de revenus disponibles,
la même chose pour un couple qui n'aurait pas d'enfant, et, pour une personne seule avec un revenu de 45 000 $, c'est
530 $ de plus, donc, de revenus disponibles dans leurs poches.
Alors,
tout ça pour dire quoi? Tout ça pour dire que, quand on parle de revenus
disponibles, au Québec, il faut surtout parler aussi du régime de
transferts sociofiscaux, qui est un régime qui est axé vers le soutien aux
familles. Traditionnellement, c'était le
cas, au Québec, et nous avons continué cette tradition de bien
soutenir ou mieux soutenir les familles. Et le segment de la population
qui était un peu moins bien identifié ou dont l'aide sociofiscale était moins généreuse, c'est les personnes
seules. Et, pour ce groupe-là, nous avons quand même mis en place certaines
mesures, et particulièrement notre collègue le ministre de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, dans son
plan de lutte à la pauvreté, va cibler
beaucoup son action vers deux groupes de citoyens :
les personnes handicapées, donc qui ont de sévères
contraintes au marché du travail, et donc on va certainement améliorer leur revenu de base, et de façon
substantielle, et on va aussi essayer
d'améliorer l'accès au marché du
travail pour les personnes
seules. Parce qu'on se rend compte, et avec raison, que le plus longtemps
une personne reste éloignée du marché du travail, le plus difficile cela
devient pour cette personne de réintégrer le marché du travail. Donc, on avait
et on a toujours un régime en place qui est assez généreux pour les familles monoparentales ou ayant les deux parents.
Ça, il y a un système de soutien qui est généreux, et c'est très bien, mais, avec le nouveau plan de lutte à la pauvreté, les nouvelles initiatives
stratégies de la main-d'oeuvre, on va
aussi cibler les personnes seules pour qu'elles puissent réintégrer le
marché du travail.
Et donc le
revenu disponible au Québec est
important. Et ce qui est surtout important de constater, c'est que
l'écart qu'il y avait... parce qu'il y avait
un écart entre le Québec et les autres provinces, surtout nos voisins de
l'Ontario... que cet écart-là
maintenant a beaucoup diminué, et, en fin de compte, au bout de... bout de
ligne, quand on arrive à 2018 et quand on
ajuste le revenu disponible au coût de la vie, en fin de compte, pour une
famille québécoise, le revenu disponible est plus élevé que le revenu disponible d'une famille
comparable ontarienne. Donc, non seulement l'écart qui existait a fondu,
mais, pour certains cas types,
particulièrement, encore une fois, les familles qui ont des enfants, le revenu
disponible qu'ils ont dans leurs poches après taxes, impôts et
transferts, ce revenu-là est plus élevé, par exemple, à Montréal qu'il ne l'est
à Toronto. Donc, ça aussi, c'est quelque chose qu'il faut prendre, qu'il faut
tenir en considération.
Souvent, nos
collègues des oppositions mentionnent tout simplement le PIB per capita et donc
comparent PIB per capita Québec
versus les autres provinces. À notre avis, c'est une comparaison qui ne tient
pas la route pour plusieurs raisons,
dont la principale est celle que je viens de vous mentionner, qu'elle ne prend
pas en considération le coût de la vie et
surtout, donc, les différences dans le coût de la vie, surtout le logement, et
aussi ce système de transferts sociofiscaux que nous avons au Québec et que, dans les autres provinces... est bien moins
généreux que ce que nous avons ici. Donc, quand on parle de ces
choses-là, il faut toujours prendre ça en considération.
Mais si on
veut rester tout simplement sur les chiffres macroéconomiques, le PIB per
capita, si c'est ça, tout ce qu'on
veut faire, alors faisons-le, mais faisons-le de façon correcte, de façon
logique et de façon cohérente. C'est-à-dire : si on entre dans ce
débat-là, de PIB, alors là on doit le répartir, si vous voulez, on doit faire
les calculs, le PIB par la population
active, parce que ce qu'il faut comparer, c'est la capacité de production dans
deux États, dans deux provinces. Et donc,
si on répartit le PIB per capita mais en utilisant seulement la population
active, les 15-24, le groupe d'âge 15-64, pardon, à ce moment-là, on constate deux choses : on constate
qu'aussi l'écart qu'il y avait entre le Québec et l'Ontario a fondu
aussi, au fil du temps...
Le Président (M. Bernier) : On va
avoir l'occasion d'y revenir.
M. Leitão : Et on y reviendra.
Le Président (M. Bernier) : On y
reviendra.
Le Président (M. Bernier) : On va
aller du côté de l'opposition officielle. M. le député de Rousseau.
Marceau : Alors, bonjour, tout le monde. J'espère que vous avez bien
dormi. Écoutez, moi, ce matin, en me réveillant,
j'ai lu l'article de nos excellents journalistes au Québec, un de ceux qui a
les meilleures sources et qui est le mieux informé, qui s'appelle Denis
Lessard à La Presse , tout le monde le connaît, et il a écrit
un
article qui s'appelle Il était une
fois dans l'Ouest . Et, écoutez,
il soulève des questions, et des points, et des informations qui sont
vraiment préoccupants, M. le Président,
quant à l'indépendance de la caisse. En principe, la caisse devrait agir selon
des principes qui sont édictés dans
nos lois, selon des objectifs qui sont prévus dans nos lois. Mais, une fois que
cela est dit, la caisse devrait agir de manière indépendante.
Or, si ce que M. Lessard dit est vrai, on aura
assisté, dans le cas de l'élaboration du tracé du Réseau express métropolitain, à la plus grande atteinte à
l'indépendance de la caisse jamais observée. On parle ici, M. le Président,
de la ligne du Réseau express métropolitain
qui va jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue, et, selon M. Lessard, le projet initial
ne prévoyait pas... enfin, ne prévoyait pas, certainement, dans une première
étape, que le réseau se rende jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue. Ce qui était
prévu, c'est que ça se rende jusqu'à l'aéroport ou bien jusqu'à Brossard.
C'étaient les deux commandes, effectivement, qui avaient été annoncées à
l'époque par le gouvernement, le gouvernement avait demandé à la caisse de
prévoir un tracé qui rejoindrait l'aéroport et Brossard. Maintenant, une fois
ce tracé-là établi, selon M. Denis Lessard, il y a eu des interventions qui ont
été faites pour que le tracé soit modifié, des interventions politiques,
et ces interventions politiques auraient fait en sorte que le tracé a été
modifié pour ajouter une antenne jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue. Selon
M. Lessard, toujours, il y a trois ministres qui sont intervenus pour modifier
le tracé : il y a
le ministre de la Sécurité publique,
le ministre des Affaires autochtones et puis notre ministre des
Finances.
Alors,
écoutez, j'aimerais juste entendre le ministre des Finances là-dessus. Je
voudrais voir ce qu'il a à dire. Je reviendrai avec des questions plus
précises après. Mais, écoutez, mon étonnement est grand.
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre, sur le sujet présenté.
Leitão : Très bien.
Très bien. C'est un sujet qui n'est pas dans le budget,
mais très bien. Très
bien, parce que ce sont des... écoutez, ce sont des accusations très graves.
Si c'était ça, là, c'est très grave.
Président (M. Bernier) : Je
vais immédiatement vous dire cependant que je vais limiter
le temps par rapport à ce
sujet-là, parce qu'à un moment donné il faut revenir au budget.
M. Marceau : Il n'est pas
dans le budget, le...
M. Leitão : Le tracé du... Non. Le
tracé du REM n'est pas dans le budget. Bon. Revenons donc à...
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
M. Leitão : Revenons donc aux propos
du collègue de...
M. Marceau :
Le tracé du REM, il est dans le budget, là, il y a un fascicule qui s'appelle Mobilité électrique. Mais j'aimerais ça
que le ministre...
M. Leitão : Oui. Mais le choix...
M. Marceau : Bien, écoutez,
toutes les stations sont là, là.
M. Leitão : Oui, bien sûr.
Le Président (M. Bernier) : C'est
beau. Bon, bien, continuez, M. le ministre.
Leitão : Bien sûr.
Mais ce que vous soulevez, la question que vous soulevez, c'est le choix du
tracé. Ça, ce n'est pas dans le budget, parce que ça, c'est une décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Je me rappelle très bien,
dans cette salle-ci même, quand on discutait de cela pour la première fois, le projet de loi n° 38, qui créait la filiale de la Caisse
de dépôt et placement, CDPQ Infra, on
avait discuté longuement de l'indépendance de la Caisse
de dépôt et que le projet qu'on
allait développer, ce serait un projet qui appartenait entièrement à la Caisse de dépôt, ce n'était pas le gouvernement qui
intervenait dans ces décisions-là. Le tracé initial ou l'idée initiale, c'était
de relier la Rive-Sud au centre-ville, à
l'aéroport. Une fois que la Caisse de
dépôt a commencé ses travaux d'étude
et d'analyse, évidemment, le tracé
a évolué, il y a eu aussi des consultations. Et d'ailleurs, parmi les multiples commentaires qui ont été apportés à cet égard-là, moi, j'ai un commentaire en tête hier de M.
Steven Guilbeault, qui disait qu'il n'avait jamais vu, au Québec, pour un projet de cette envergure-là, autant de flexibilité et autant de consultations de la part du promoteur, dans ce cas-ci
la Caisse de dépôt, pour arriver avec un projet final qui ferait le plus grand,
le plus gros consensus possible.
Nous, de
notre côté, en tant que gouvernement, nous n'avons certainement pas interféré
dans le choix du tracé, dans la
décision d'aller à gauche plutôt qu'à droite, c'était une décision de la caisse
basée sur ses analyses. Et d'ailleurs, encore ce matin, hier aussi, mais
encore ce matin, à la radio, à Montréal, M. Sabia, la question lui a été posée
très directement, et M. Sabia a dit : «S'il y a
un mot que j'ai toujours dans ma tête, c'est "indépendance"».
C'est la caisse qui a décidé du
tracé, qui a choisi le tracé qui serait, pour eux, le plus logique. Aussi,
l'autre mot que M. Sabia a utilisé dans toute cette discussion, c'est le mot «logique», ce qui, pour lui, ce
qui, pour l'institution, était le plus logique à faire. Alors, c'est ce qui a été décidé, M. le Président. De prétendre maintenant qu'il y
a eu de l'interférence politique,
c'est... écoutez, moi, ça me rend extrêmement mal à l'aise et vraiment fâché de voir qu'on essaie maintenant
de détourner le débat dans cette direction-là, là. Je trouve ça vraiment
déplorable.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : Dans le REM, l'antenne dont on parle ici augmente de façon
importante le coût du projet et donc a des
répercussions sur le budget du Québec. Et il est tout à fait pertinent d'en
parler ici.
Par ailleurs, je veux juste vous rappeler la discussion que le ministre des Finances avait eue à l'époque avec la coalition du Train de l'Ouest lorsqu'ils
étaient venus ici. Puis là je vais juste vous relire des propos qui avaient été
dits par le ministre des Finances. C'était
le 13 mai 2015, M. le Président. Il commence par dire, vers
11 h 50 : «Avant, j'aimerais juste souligner aussi la nécessité...» Je suis entre guillemets, là. «Avant, j'aimerais juste souligner aussi la
nécessité, que nous comprenons très
bien, et c'est ça, en fin de compte, le projet, que ce Train de l'Ouest soit
vraiment un train de l'Ouest et pas
seulement un train jusqu'à l'aéroport. C'est pour ça qu'on l'appelle le Train
de l'Ouest. Oui, il passera par l'aéroport, bien sûr, mais il ne
faudrait pas qu'il s'arrête là.» Je ferme les guillemets.
Un peu plus tard, toujours entre guillemets, c'est notre ministre
qui parle : «On entend aussi un peu ici et là que peut-être
ce projet-là ne serait pas tout à
fait viable parce que
l'achalandage ne serait peut-être pas au rendez-vous. Moi, je pense qu'il
y a assez d'achalandage...» Et je ferme les guillemets. Alors, M. le Président,
est-ce que le ministre est un spécialiste du
transport en commun puis de l'achalandage sur les tracés de transport en
commun? Je vous dis ça parce que le
BAPE, le bureau d'audiences
publiques, a déposé un rapport quelque temps après la mise en... que le tracé
ait été rendu public, et le BAPE a
été très clair : «La commission [d'enquête] est d'avis que [la caisse] n'a
pas démontré que la demande en services [en] transports en commun le
long de l'antenne Sainte-Anne-de-Bellevue serait suffisante pour justifier la
construction d'une antenne du Réseau électrique métropolitain à cet endroit.»
Et moi, je ne
prétends pas, je ne suis pas un expert en transport en commun, M. le Président.
J'aimerais avoir toutes les
expertises du monde, mais je ne l'ai pas, celle-là. Et, M. le Président, La Presse
dit avoir appris que la Caisse de dépôt, «qui dit être à l'abri des considérations politiques — comme l'a fait M. Sabia ce matin — avait dû mettre de l'eau dans son vin et consentir à prolonger le futur réseau loin
vers l'ouest, jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue, même si l'achalandage ne
le justifiait pas.»
Alors, M. le
Président, là, il y a beaucoup de pièces à conviction. Et moi, je ne lance pas
d'accusation, je n'en lance pas, là. Je suis prêt à croire le ministre.
Mais je dis au ministre qu'il faut qu'il accepte qu'il a dit en commission parlementaire qu'il était favorable à l'extension jusqu'à
Sainte-Anne-de-Bellevue. Il a dit en commission parlementaire qu'il
croyait que l'achalandage était justifié sur la base de je ne sais trop quelle
étude. On sait... bien, enfin, on sait... M. Lessard
nous dit... Puis là moi, je... C'est la parole du ministre contre la parole de
M. Lessard peut-être. Il nous dit que des pressions ont été
exercées.
M. le
Président, moi, je suis très inquiet de la situation. Puis je vais... Au-delà,
là, de ce qui s'est produit réellement, au-delà de ce qui s'est produit réellement, il n'en demeure pas moins
que, quand on regarde les chiffres, l'achalandage quotidien vers Sainte-Anne-de-Bellevue en
proportion de la distance qu'il y a à parcourir puis des coûts de
l'infrastructure, c'est incroyablement cher. Incroyablement cher. On parle de
1,4 milliard dans l'article de La Presse . On parle de
21 400 usagers. C'est énormément d'argent.
Ça ne veut
pas dire que les citoyens de l'ouest ne méritent pas, pas plus que les autres,
là, d'avoir des services de qualité
de transport en commun. Il n'y a personne qui dit ça ici, mais il faut avoir le
bon mode de transport au bon endroit. Et, lorsque la demande n'est pas
suffisante pour justifier 1,4 milliard, on trouve une alternative.
Alors, moi,
j'aimerais que le ministre nous dise sur la base de quoi lui, il considère que
l'achalandage est suffisant, alors
qu'il y a simplement 21 000 personnes qui est prévu selon le BAPE
pour cette antenne-là. J'aimerais qu'il nous dise et qu'il nous affirme,
là, clairement que jamais il n'est intervenu, que jamais il n'est intervenu.
Président (M. Bernier) : Et, M. le député de Rousseau, je
voudrais simplement vous dire... Bon, au niveau budget, il n'y a pas de problème. Il y a des documents au niveau
budgétaire de chiffres de coûts. Ça, ça va. En ce qui regarde la
pertinence au niveau du prolongement et des questions beaucoup plus pointues ou
beaucoup plus techniques, vous savez, nous allons attendre la Caisse de dépôt.
Le Président (M. Bernier) :
Lors de l'étude des crédits. Et vous aurez, à ce moment-là, toute la
possibilité d'interroger M. Sabia par
rapport à ce projet-là au niveau technique, que je vous parle. Donc, c'est pour
ça qu'en ce qui me concerne, moi, mon
rôle, comme Président, en ce qui regarde le travail qui est fait ici
aujourd'hui, ça concerne le budget. Donc,
au niveau des coûts, ça va, mais, au niveau technique, en ce qui regarde ces
choses-là, puis au niveau du choix, je pense que c'est... Je veux juste
recentrer le débat, là, au niveau des coûts. O.K.?
M. Marceau : Puis je ne vais pas
lire mon argument aussi.
Président (M. Bernier) : Donc, je donne la parole au ministre, puis,
par la suite, on poursuivra sur un autre sujet. M. le ministre.
M. Marceau : Oui, pas de
problème.
M. Leitão : Comme il y a plusieurs
choses à clarifier, M. le Président, parce que...
Le Président (M. Bernier) : ...c'est
le 1er mai, là qu'il peut y avoir plus de clarifications.
Leitão : Je sais, mais il y a des choses importantes et graves qui ont
été dites ici et je ne peux pas juste laisser passer comme ça, M. le
Président.
D'abord, d'abord, depuis le début, qu'est-ce
qu'on avait dit? On avait qu'on allait s'engager dans un nouveau modèle, nouvelle façon de faire les choses avec la
Caisse de dépôt et placement. Qu'est-ce qu'on allait faire? On allait
soumettre à la Caisse de dépôt et placement plusieurs idées, plusieurs projets
et, par la suite, la caisse examinerait ces projets-là
et déciderait si, oui ou non, c'était pertinent et c'était rentable pour eux de
faire, de développer ces projets-là.
Alors, en
juillet 2015, M. le Président, le gouvernement a soumis à la Caisse de dépôt et
placement du Québec deux projets. On
a soumis deux projets, le gouvernement. Un, c'était un système de transport
collectif électrique sur le nouveau
pont Champlain, et on a soumis un deuxième projet en juillet 2015 à la Caisse
de dépôt, un système de transport collectif
électrique pour l'ouest de l'île de Montréal. Ce n'est pas une surprise, ça ne
sort pas d'un chapeau, ça a été soumis à la Caisse de dépôt en juillet
Par la suite, la caisse a fait son
travail, la caisse a fait ses analyses, la caisse a fait ses consultations et
elle a décidé, par la suite, en juin
2016... et, après ça, il y a eu les audiences du BAPE , et ça a continué, et,
finalement, en 2017, le tracé... ou vers la fin 2017, en octobre, je
pense, le tracé a été rendu public, après analyse et après étude de la caisse.
Ce n'est pas moi, ce
n'est pas le gouvernement, ce n'est pas les ministres qui ont dit à la caisse
d'aller de ce côté-là. Mais c'est le
gouvernement qui avait soumis deux projets à la caisse, ils les ont analysés,
ils ont décidé que c'était rentable de le faire de cette façon-là.
Alors, M. le Président, je ne comprends pas...
en plus, en plus, M. le Président, si on revient au projet de loi n° 38,
quand on parlait de l'indépendance de la caisse, l'article 1 du projet de loi n° 38 renforce cette
indépendance-là, et donc isole et protège la caisse de toute
interférence politique. Et c'est extrêmement
incohérent et contradictoire de voir que c'est justement le Parti québécois
qui, et un peu aussi la CAQ, qui,
maintenant, eux, quand il s'agit des contrats qui ont été signés pour le
matériel roulant, eux, ils auraient imposé des contraintes et des contenus à la Caisse de dépôt quand on avait
discuté amplement de l'indépendance de la caisse. Alors, on a soumis
deux projets, la caisse les analysés, et, en toute indépendance, ils ont choisi
du tracé. C'est tout.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? Donc, ça répond à la question. Maintenant,
poursuivons sur le budget.
M. Marceau :
Bien, écoutez, M. le Président, en tout respect, là, les coûts du projet ont
été gonflés par la décision de la caisse
d'aller jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue, et il est pertinent, pour l'ensemble
de la Commission des finances
publiques, de se pencher sur les coûts d'un projet qui est un des projets les
plus importants, là, depuis les 50 dernières années, de transport en
commun. Et moi, je m'étonne, je ne le cache pas, de l'existence de cette...
Parce
que, en fait, M. le Président, la difficulté qu'on a tous, c'est que l'antenne
vers l'aéroport, l'antenne vers Brossard,
je pense qu'il n'y a pas grand monde qui ne trouve pas que c'est raisonnable.
Il n'y a pas grand monde qui ne trouve
pas que c'est raisonnable. La difficulté, c'est que, à sa face même, l'antenne
vers Sainte-Anne-de-Bellevue, elle est très
chère, et l'achalandage, sur cette ligne-là, est très faible aussi, et ça pose
la question de la pertinence de ça, et on se demande pourquoi la caisse,
qui veut un projet rentable, a fait cette ligne-là.
Une voix :
Est-ce que je peux ajouter à ça?
Le Président (M.
Bernier) : On va le laisser terminer, là, parce que...
M. Marceau :
Je veux juste finir pour dire...
Le Président (M.
Bernier) : Finissez, là.
Marceau : Tu sais, ce n'est pas le député de Rousseau, là, qui vous dit que l'achalandage est
insuffisant, en passant, là, c'est le
BAPE. Et là il s'agit de gens qui sont mieux versés — en tout cas, que moi — sur
ces questions-là. Et puis
je vous soumets humblement, là, connaissant un peu le parcours du ministre,
qu'ils sont aussi mieux versés que le ministre sur les questions d'achalandage. Et eux autres, ils affirment très
clairement que l'achalandage ne justifie pas. Ils ne disent pas que les services ne doivent pas être améliorés
pour l'ouest, là, il n'y a personne qui dit ça, là, il n'y a personne
qui dit ça, de la même manière qu'il faut
améliorer les services de transport en commun partout. D'ailleurs, nous, on a
une approche qui est différente, puis ce n'est pas ça qui est en cause ici.
Mais moi, je m'inquiète que ce soient les contribuables
du Québec, et/ou les épargnants de la caisse qui vont faire
les frais d'une décision qui est difficile à justifier, là, a posteriori. Alors, on se demande par quel
moyen, de quelle manière les gens à la caisse ont raisonné pour en
arriver à ça. Et il y a beaucoup d'éléments sur la table.
Le Président (M.
Bernier) : Le 1er mai, vous allez pouvoir poser toutes ces questions-là.
M. Leitão :
C'est justement ça, M. le Président, que j'allais dire, parce que ce chiffre
magique qui circule, 1,4 milliard, d'où vient-il? Qui a fait ces calculs-là? C'est le Parti québécois qui circule ces chiffres-là. Moi, je n'ai jamais entendu parler de 1,4 milliard pour... Alors, oui, il faut préciser ça, oui, ça va être précisé, et...
éventuellement et, je pense, dans un avenir assez rapproché, probablement quand la Caisse
de dépôt sera ici, en commission parlementaire, je pense que
l'information concernant les coûts va être publiée. Et 1,4 milliard, ça
n'a aucun sens.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Mégantic, est-ce que...
Bolduc : Je voudrais invoquer l'article 211 et la pertinence de ce
débat qui est sous la responsabilité de la caisse et qui n'est pas
pertinent dans le débat actuel.
Président (M. Bernier) : D'ailleurs, je me suis prononcé tout à
l'heure sur ça, en disant qu'on revenait au budget, puis j'ai permis qu'on pose quelques questions sur le sujet.
Mais je pense que je me suis déjà prononcé, je suis d'accord avec vous, on revient à l'étude du budget
et sur les questions en regard de cet élément-là. Cependant, il y avait
un fascicule qui était déjà disponible dans les documents budgétaires, je ne
peux pas...
Président (M. Bernier) : Oui. Mais, en ce qui regarde ce point,
c'est pour ça que j'ai permis qu'on puisse en discuter quelques minutes.
Bon, poursuivons sur le budget.
Marceau : M. le Président, je pense que... J'entends votre décision,
puis vous savez tout le respect que j'ai pour vous, puis vous savez très
bien que l'article 211 doit être interprété largement.
Le Président (M. Bernier) :
Et c'est ce que j'ai fait aussi.
Marceau : Et c'est ce que vous faites jusqu'à maintenant, puis c'est
parfait. Puis je redis : Le montage financier, vous le savez, prévoit un rendement prioritaire à
la Caisse de dépôt, et ce rendement prioritaire, il va être d'autant
plus difficile à attribuer à la caisse que
les coûts de construction du projet sont élevés. Et ils sont très élevés, à
leur face même, entre autres, parce
qu'il y a un segment où il y a peu de gens puis que, évidemment, il est long.
Le problème, là, quand le ministre
nous demande comment on a calculé... Moi, je me fie à des experts du BAPE, à
des gens qui connaissent ça puis qui
ont fait des calculs. Eux arrivent à 1,4 milliard, c'est d'ailleurs le
chiffre que M. Lessard rapporte ce matin, et c'est un chiffre qui... bon, certainement, dans le bon
terrain de jeu. Puis c'est peut-être 1,3, 1,4, 1,2, mais il est dans le bon
terrain de jeu, en tout cas, ça, c'est certain.
Le Président (M. Bernier) :
...et on pourra faire valider...
M. Marceau : Bien, qui sait,
regardez...
Le Président (M. Bernier) :
Et on pourra faire valider ces coûts le 1er mai.
Marceau : Puis pour ce qui est du coût total du projet du REM, M. le
Président, là, alors... quand on sait que le gouvernement se promène en parlant de 6,5 alors qu'il y a un paquet
de... il y a des centaines de millions d'Hydro-Québec qui ne sont pas calculés, il y a des montants qui
sont dédiés à la construction, par exemple, à des infrastructures
publiques, là, des sorties d'autoroute, et
ainsi de suite, là, des stationnements puis des gares. Tout ça, ils ne le
mettent pas dans le coût, M. le
Président. Ça fait que, là, quand le ministre me dit : 1,2, 1,3, 1,4...
Tout ce qu'on sait, c'est que, si la caisse était plus transparente, on en saurait plus. Alors, nous, on aimerait ça
qu'elle soit et plus indépendante et plus transparente.
En tout cas,
regardez, M. le Président, je vais changer de sujet, là, mais la prochaine fois
que j'entends le ministre ou
quiconque dans le gouvernement me dire quoi que ce soit sur l'indépendance de
la caisse, je vous garantis que je vais leur remettre sur le nez ce
qu'il s'est passé dans le dossier de...
Président (M. Bernier) : ...votre choix politique, et je n'ai pas à intervenir dans votre choix politique
et dans votre vision des choses, ça vous concerne, M. le député de
Rousseau.
Marceau : Les leçons
d'indépendance, là, quand on voit, là... puis il y a beaucoup,
beaucoup d'indices, là, qui pointent dans la
direction d'une intervention qui n'était pas opportune, qui n'était pas
opportune, M. le Président. Combien de temps me reste-t-il?
Le Président (M. Bernier) : Il vous
reste 1 min 30 s.
M. Marceau : Regardez, je vais le
mettre en banque, si vous permettez, puis je reviendrai plus tard.
Président (M. Bernier) : Oui, il n'y a pas de problème. On va le faire
profiter en suspendant, il n'y a pas d'intérêts qui sont payés
là-dessus. Merci.
M. le ministre, c'est vous qui débutez la
période ou si c'est M. le député de... M. le ministre. M. le...
Leitão : J'aimerais revenir sur ce dont on parlait tantôt, parce
qu'encore une fois ce sont des accusations, des accusations très graves d'interférence gouvernementale dans les
décisions de la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. le Président.
C'est déplorable qu'on assiste à un tel spectacle.
Je rappelle à
tout le monde que la base de ce modèle, c'était que le gouvernement allait
soumettre officiellement à la Caisse
de dépôt des projets, et on pourra même soumettre d'autres à l'avenir, et que
la Caisse de dépôt et placement examinerait,
étudierait ces projets-là et puis prendrait une décision sur une base
commerciale si, oui ou non, c'était pertinent d'aller de l'avant avec ce
travail-là.
Alors, c'est
ce qu'on a fait en juillet 2015 : on a soumis deux projets à la Caisse de
dépôt. On n'a pas soumis un projet, on a soumis deux projets à la Caisse
de dépôt : un qui concernait le système électrique sur le nouveau pont Champlain, et on a soumis, à ce moment-là aussi,
en juillet 2015, on a soumis à la Caisse de dépôt un projet sur un
système de transport collectif pour l'ouest
de l'île de Montréal. Oui, nous avons soumis ça. «Guilty». J'assume ma
culpabilité. Nous avons soumis ce projet à la caisse, M. le Président.
caisse l'a examiné, l'a étudié et nous sont revenus par la suite avec des
propositions de projet commercial, qui, selon eux, était rentable. Ils ont décidé du tracé, ils ont décidé
des... Ils ont analysé tout l'enjeu. D'ailleurs, ils sont même arrivés à la conclusion que c'était... on devrait
procéder par un seul projet intégré, plutôt qu'avoir deux projets
séparés. Je vous rappelle aussi qu'au tout
début, quand on regardait cette situation, la caisse, quand elle regardait, la
caisse pensait passer
par le sud, par l'emprise ferroviaire du CN et du CP, mais la caisse s'est
rapidement rendu compte que ça ne pourrait pas marcher. Donc, c'est pour
ça que le tracé a changé, que le projet a changé.
Mais,
finalement, au bout du compte, au bout du compte, quand le projet a été, donc,
soumis à des consultations et à d'autres examens, le gouvernement n'a
pas interféré dans le choix du tracé ni l'emplacement des stations ni quoi que
ce soit.
Pour ce qui est des
questions des coûts, ce sont des questions importantes, bien sûr, et il y a
des... donc, cette information existe, et je
suis convaincu que, dans un avenir très rapproché, ces ententes-là seront
rendues publiques, et, encore une
fois, les dirigeants de la caisse seront ici au début du mois de mai, et donc
cette information-là pourrait leur être, donc, demandée.
moi, je ne suis pas au courant de tous ces chiffres-là, mais, quand je lis,
dans les journaux, le 1,4 milliard pour les quatre stations de
l'ouest de l'île, je trouve ça vraiment invraisemblable. Mais donc on fera la
lumière là-dessus.
Donc,
c'est ce que je voulais ajouter à cet égard-là et il n'y a rien caché, là, il
n'y a rien de... Dans le même fascicule sur le transport collectif,
déjà, dans le budget de mars 2017, à ce moment-là, on avait déjà indiqué
clairement quels étaient les coûts
additionnels qui seraient pris en charge par le gouvernement et par
Hydro-Québec. On arrivait déjà, donc, en
mars 2017, à la page 12 de ce fascicule-là, on arrivait à un coût total de
6 milliards de dollars, incluant les montants d'Hydro-Québec, M. le
Président. Donc, tout était public ici, dans ce sens-là.
Donc,
ça, c'est ce que je voulais ajouter en ce qui concerne le Réseau express
métropolitain. Et, encore une fois, ce matin, la direction de la caisse
a réaffirmé toute son indépendance et que le choix du tracé et le choix du
projet leur appartient entièrement. Et je
trouve que c'est dommage, M. le Président, qu'on essaie de créer des divisions
entre les bons citoyens montréalais
et les moins bons citoyens montréalais qui n'auraient pas droit à un système
moderne de transport collectif.
Bon, donc, c'est ce
que je voulais ajouter à cet égard-là. Je ne sais pas si vous avez d'autres...
Le Président (M.
Bernier) : Passons au budget maintenant.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Mégantic.
Bolduc : Merci, M. le Président. Je voudrais, dans un autre ordre d'idées,
commencer à parler un peu, en fait, de notre situation de l'immigration
et de la situation de la main-d'oeuvre parce que, dans le comté de Mégantic, M.
le Président, c'est un enjeu majeur, et je m'explique. Je pense que l'ensemble
de la population comprend bien la situation démographique
dans laquelle la plupart des pays industrialisés se retrouvent aujourd'hui, où
nous avons retrouvé une réduction du bassin
de main-d'oeuvre progressivement depuis les années 70, ou... Quand
moi, j'ai commencé ma carrière, je
dois dire, il y a quelques années, on avait à peu près sept travailleurs pour un emploi, et actuellement, M. le
Président, dû justement au changement démographique, nous nous retrouvons avec
moins d'un travailleur par emploi disponible.
Tout
cela a des conséquences dramatiques dans le milieu de l'emploi, de l'économie,
du développement de nos régions,
et je m'explique. Parce que, fondamentalement, les familles les plus larges se
retrouvaient dans les milieux ruraux, dans
les petites municipalités, et aujourd'hui nous nous retrouvons dans un environnement où la ruralité comprend de moins
en moins de population. Les enfants partent de nos secteurs ruraux pour
aller à l'université, aller au cégep dans des milieux urbains,
et 85 % de nos jeunes ne reviennent pas dans nos milieux.
pour compenser ce genre d'activité là, on a créé, dû à l'avantage des
technologies, on a créé des satellites, on a créé des moyens d'obtenir
des formations à distance via les ordinateurs, via le Web, via les outils
informatiques pour essayer d'accélérer et de
former nos jeunes à distance de façon à éviter à ce qu'ils quittent nos régions
et ne reviennent pas. Ce phénomène qui s'est produit depuis quelques
décennies nous a amenés à en arriver à une situation où, depuis quelques années, nous sommes en déficit net de
main-d'oeuvre. Je dois dire que, dans le comté de Mégantic, nous avons des centaines d'emplois que l'on ne peut pas
remplir avec la main-d'oeuvre actuelle, et on a un problème de gestion
et de développement qui est très considérable.
dois dire que, grâce aux entreprises du comté et dans le cas spécifique de la
MRC du Granit, nous avons réussi à
établir un plan d'attaque pour assurer que nous allions regarder les bassins
d'immigration qui se retrouvaient dans les villes et dédier des ressources financières pour attirer une
main-d'oeuvre extérieure. Donc, la situation démographique actuellement qui se passe au Québec nous a frappés
durement dans le comté de Mégantic, et l'apport des employeurs et l'apport du gouvernement ont dégagé énormément
d'énergie pour attirer des bassins d'immigrants dans notre secteur.
Puis
je voudrais parler un peu de cette élaboration-là, élaboration des idées, M. le
Président, parce que de remplir le
bassin de main-d'oeuvre de nouvelles gens dans des secteurs ruraux, ça apparaît
relativement simple. On les appelle, on
leur offre un emploi, ils s'en viennent travailler; c'est loin d'être aussi
simple que ça. Et je dois dire qu'après quelques années de travail dans ce milieu-là, où on avait très, très peu
d'immigrants dans notre milieu, et de créer un noyau où ces gens-là s'installent, se retrouvent en zone de
confort, etc., ça a été une espèce de défi qui était un peu... je ne dirais
pas chaotique, mais il a fallu être très systématique. Et je m'explique.
première barrière de résistance que nous avons rencontrée, c'était vraiment
les employeurs qui disaient : Bien là, comment on va gérer ça, des gens qui ont des façons de travailler, des valeurs différentes des nôtres? Et
cette espèce de froideur là a dû être
dissipée, et les employeurs ont appris que finalement les travailleurs
d'origine culturelle différente ne sont
pas si différents que les autres avec lesquels on est habitués et que le
changement pouvait se faire. Donc, on a passé la résistance de
l'employeur.
La deuxième résistance à laquelle on a
fait face, M. le Président, c'est la résistance des employés, la
résistance des travailleurs avec lesquels les immigrants se retrouvaient, et il
a fallu, là aussi, bâtir une espèce d'arrimage où les employés doivent réaliser que l'entreprise, leurs postes mêmes sont en
jeu si on ne réussit pas à les combler pour accomplir les objectifs de l'entreprise elle-même. Et, une
fois, vous savez, qu'on apprend à travailler avec des gens qui sont
différents à côté de nous et qu'on se familiarise, tout d'un coup, la
résistance disparaît. Donc, on a passé la deuxième étape.
Donc,
on s'est dit : Bon, bien, on avance, on progresse, ça va bien. Bien, on a
eu une troisième barrière, le milieu, l'environnement
social, où on retrouve, là encore, une autre barrière de résistance. Souvent,
moi, j'utilise le terme «l'esprit de
clocher». Vous savez, l'esprit de clocher qui existe entre les petites
municipalités puis c'est tous des gens de même origine, de même culture, et, même là, c'est esprit de clocher là est
existant. Et maintenant on fait face à une arrivée de gens de nouvelles valeurs et de nouvelles cultures
et le milieu social, les entreprises, les activités sociales, la
présence de gens de culture et d'origine
différentes dans les milieux, dans les villages, sur les trottoirs, à la
piscine, dans les activités scolaires,
des enfants qui parlent d'autres langues, etc., a créé une espèce de
déstabilisation, encore là, où il a fallu que la population s'apprivoise et s'habitue d'avoir des gens qui sont
différents de ce que les autres étaient habitués, et, après une année ou
deux, une fois que ces gens-là faisaient
partie du milieu, on a passé cette
troisième barrière là.
La raison pour
laquelle j'explique ça, M. le Président, c'est très important, parce que, dans
le budget du gouvernement, nous avons
inscrit des sommes additionnelles pour attirer de plus en plus d'immigrants,
pour recevoir de la main-d'oeuvre de
façon très supérieure. Et je veux assurer la population du Québec que ce n'est
pas quelque chose que nous faisons à
la légère. Mais c'est quelque chose qui est indispensable pour le soutien de
nos entreprises, qui elles-mêmes contribuent
directement dans mon secteur à aider l'apport de main-d'oeuvre supplémentaire
pour maintenir l'opération minimale
pour desservir la clientèle, et, malgré ça, nous avons des déficits de
main-d'oeuvre considérables. On a besoin d'opérateurs spécialisés, on a besoin de programmeurs numériques, on a
besoin de soudeurs, on a besoin d'opérateurs forestiers, on a besoin de personnes pour aller entailler les érables,
M. le Président. On est rendu dans une situation difficile. Même que, dans plusieurs endroits, on nous parle
maintenant que des producteurs laitiers... qui ont de la difficulté à
trouver de la main-d'oeuvre pour s'occuper des productions.
Donc,
le niveau de travail, l'opportunité actuelle, elle est telle que, un, on est
forcés de faire de l'automation, de faire
du développement technologique pour minimiser ce déficit de main-d'oeuvre là
et, en plus, nous travaillons avec un développement d'immigration très vigoureux,
je dirais, parce qu'on n'est pas capable de remplir tous les postes et de maintenir le niveau d'économie au niveau où il est
actuellement. Donc, pour moi, là, il y a, là-dedans,
quelque chose de très fondamental et, je dois dire... parce que
la connexion entre le débat que je suis en train de faire et le budget
des finances actuel, c'est que nous y mettons des budgets considérables.
Et il nous faut attirer de la main-d'oeuvre supplémentaire de façon radicale.
Donc, M. le ministre,
rapidement, parce que je n'ai pas complété mon enjeu...
Président (M. Bernier) :
1 min 30 s. Vous allez avoir l'occasion de le poursuivre. Je ne sais pas si... Il y a peut-être une...
Bolduc : Bien, je pense
que je reviendrai. Je vais terminer puis je reviendrai au ministre
parce que je veux que la population comprenne très
bien que le budget du Québec inclut des sommes importantes en immigration et en
développement. Et j'essaierai, dans le contexte ultérieur,
d'amener finalement une compréhension beaucoup plus large, qui est essentielle au développement économique du Québec. Et le
succès que le gouvernement a connu dans les dernières années grâce au ministre des Finances et à
l'équipe du gouvernement nous a mis dans une situation un peu
inattendue, je dirais, parce que le moteur
économique s'est mis en marche de façon substantielle, ce qui nous a occasionné
un problème de rareté de
main-d'oeuvre et de difficulté d'approvisionnement de nos entreprises en
personnel et a créé des programmes gouvernementaux,
entre autres, pour ramener des jeunes au travail, de prendre des employés
d'expérience, les retourner au
travail et de créer un programme vigoureux d'immigration qui va nous aider à
compenser la vigueur de notre économie québécoise. C'est un beau
problème que nous avons.
Président (M. Bernier) : Mais moi, je vais devoir vous arrêter, M. le
député, parce que le temps est maintenant écoulé. Je vais passer du côté
du député de Granby. Donc, la parole est à vous, M. le député.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Je vais faire un petit
bout de chemin sur le REM de mon côté aussi. J'ai le document, les documents de mobilité électrique
dans les mains. Mon collègue de Rousseau terminait sa discussion tantôt en vous disant qu'il y aura des coûts quand même
additionnels pour ce qui est des actifs connexes, qu'on appelle, dont le
gouvernement et les municipalités auront le
bénéfice de l'utilisation. Vous évaluez ça à 221 millions de dollars. Vous
dites que ce montant est inscrit au Plan
québécois des infrastructures pour les investissements. Ça, c'était 2017, à la
page 16, et on revoit ce même montant
à la page 54 du nouveau document de cette année. Vous dites donc, l'année
passée : «Ce montant de 221 millions
sera inscrit au Plan québécois des infrastructures pour des investissements
connexes au REM.» Est-ce que vous
avez déjà fait cette ventilation de ce montant que vous allez accorder pour ces
actifs connexes, que vous appelez? Vous dites, là-dessus...
Bonnardel :
Vous dites, là-dessus, que 26 millions seront versés directement au REM,
mais, sur ce 221 millions, vous dites
qu'il est dans le PQI. Ça, c'est celui de l'année passée déjà. Alors, hormis le
26 versé directement au REM, est-ce qu'on peut savoir où, comment ce
200 millions restant sera dépensé?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão : Oui. Pour les
221 millions, oui, on a l'information ici. Donc, 135 millions...
Bonnardel : Est-ce
que c'est possible d'avoir ce document, ou une copie, ou...
Le Président (M. Bernier) : C'est un
document qui est disponible, M. le ministre?
M. Leitão : Oui, oui. Excusez-moi.
Le Président (M. Bernier) : Oui. On
va faire une copie pour s'assurer de...
M. Leitão : Voilà, faire des
photocopies. Mais je peux le mentionner : 135 millions, c'est pour un
terminus d'autobus de l'ARTM; 60 millions, c'est la gare à l'autoroute 40,
la gare intermodale; 14,5 millions, c'est l'antenne ferroviaire Saint-François; et 11 millions,
ce sont les bretelles de l'autoroute 10. Donc, je peux vous... Oui, oui, on
peut... Et puis il y a aussi des déplacements des utilités publiques, les fils
électriques, ça, c'est 160 millions. Donc, voilà.
Le Président (M. Bernier) : On fait
des photocopies, là, pour l'ensemble des membres de la commission.
M. Leitão : C'est ça. Excusez-moi.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, si vous voulez poursuivre, M. le député.
Bonnardel : Donc,
pour vous, sur ce 221 millions, il n'y aura rien, il n'y aura aucun... il
n'y a pas de contingence, il n'y a pas rien
de calculé. Pour les prochaines années, là, 2018‑2019, ça se termine là. Il n'y
a pas d'autre montant qui est prévu pour...
Leitão : Pas à ma connaissance. Là, vous êtes dans les questions
surtout de transport. À ma connaissance, non.
Bonnardel : ...parler de la contribution à l'exploitation,
entre les deux documents de l'année passée et ceux de cette année, à la page 19 et à la page 54, vous
aviez prévu, l'année passée, une contribution à l'exploitation pour 2021‑2022 de
76 millions de dollars. Bizarrement, dans le dernier document
de cette année, le montant a baissé considérablement, à 34 millions. Même chose pour 2022‑2023, on prévoyait 133 millions à l'exploitation, et là, soudainement, 71 millions.
Qu'est-ce qui
explique qu'on ait baissé cette contribution de moitié et même plus de ce qui avait été
initialement prévu pour exploiter le REM?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
Leitão : Merci. Comme vous
savez, le projet a été révisé à plusieurs étapes, surtout en novembre 2016, on avait ajouté trois stations; en mars 2017, on
avait aussi fait des changements. Mais, pour ce qui est de la question
précise que vous venez de faire, ça concerne
surtout, donc, les délais, donc ça va se faire plus tard. C'est pour ça que les
montants sont déplacés, déplacés d'une année.
Bonnardel :
Attendez. Là, je ne vous saisis pas trop, là.
M. Leitão : Donc, ça va commencer un
peu plus tard, c'est juste ça.
Bonnardel : Vous
dites : Ça va être plus tard.
Leitão : Ça va commencer
plus tard. Parce qu'on avait déjà prévu les 76 millions à 2021‑2022,
maintenant, ça se déplace, ça commence plus tard.
Bonnardel : O.K. Parce que, logiquement, s'il y a
plus de stations, ça coûte logiquement plus cher. Alors là, les deux premières années d'exploitation, ça coûte
moins cher, ce qui est illogique, là, dans ma... j'essaie de comprendre,
là. Vous prévoyez 76 millions de contribution à l'exploitation
pour la première année, dans le budget de l'année passée, puis, cette
année, vous êtes à 34.
Leitão : M. le Président, si vous permettez et si vous donnez votre
consentement, je demanderais à M. Pierre Côté, qui est là, de peut-être
répondre précisément à ces questions-là parce qu'il était directement...
Président (M. Bernier) : Est-ce qu'il y a consentement pour que
M. Côté puisse prendre la parole? Consentement. En vous identifiant et
en nommant votre titre, s'il vous plaît.
M. Côté (Pierre) : Pierre Côté, je
suis ministre associé au ministère des Finances.
Écoutez, c'est tout simplement une
révision de l'achalandage qui vient puis... Bon. Vous savez que la mise
en service du REM est graduelle. Donc, en
révisant l'achalandage, ça vient coûter un petit peu moins cher au
gouvernement pour ces années-là, parce que la progression est moins importante
que ce qui était prévu l'année dernière.
Bonnardel :
Donc, on prévoit un achalandage à la baisse.
Côté (Pierre) : Pour les premières années, oui, parce qu'on a repoussé
le démarrage d'opération, et c'est plus graduel. Vous vous souvenez, on était supposés de commencer en décembre
2020, et là les premiers passagers vont être en 2021. Donc, ça fait que
c'est plus graduel que prévu l'année dernière, et là, nécessairement, ça coûte
un petit peu moins cher.
Bonnardel :
Juste être plus précis. Combien de stations seront en opération, est-ce que
vous le savez, la première année versus...
M. Côté
(Pierre) : Non. Ça, c'est de l'information que la caisse a, là, avec
la construction. Mais combien de stations exactement, je ne peux pas vous
répondre là-dessus.
Bonnardel : O.K. Je
vous ai demandé, par demande d'accès à l'info, d'être capable de mesurer puis d'avoir le montant qui va être versé à l'exploitation, à
partir de 2023 et plus. Vous m'avez dit : Nous détenons ces renseignements, mais on ne veut pas vous
les donner. Alors, moi, je peux bien comprendre, là, qu'à partir de... le seul
chiffre nouveau que nous avons, dans le document de cette année, c'est 2023‑2024.
Vous l'évaluez à 115 millions, ce qui est plus bas que l'année auparavant,
que vous aviez prévu à 133, qui a été ramené... je vais essayer d'être...
ramené à 115 millions, là. Pourquoi ne pas
donner ces informations qui, soit
dit en passant, selon moi, sont extrêmement importantes? La demande d'accès dit, ici : «En vertu de l'article 47 de la
Loi sur
l'accès aux documents et des organismes
publics et sur la protection des
renseignements personnels, nous vous informons que le ministère des Finances
détient des renseignements concernant votre demande.»
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Cette information, en partie, elle est de nature commerciale. Quand vous avez fait votre
demande d'information, les ententes finales n'avaient pas encore été
signées entre la caisse dépôt et les consortiums. Maintenant que c'est fait, que ça a été fait, je pense que la
caisse elle-même va éventuellement, dans un avenir rapproché, là, je ne peux pas vous dire quand, mais bientôt, va rendre
ces informations-là publiques. Donc, nous, on ne pouvait pas le
faire avant que la caisse le fasse. Une fois
que ces informations vont être publiques par la caisse, nous aussi,
on pourra rendre ce que nous avons
public. Mais vous comprenez aussi qu'il
y a de l'information, par exemple, que vous demandez qui est bien au-delà du cadre financier du gouvernement.
Donc, nous, on a un cadre financier de cinq ans. Pour l'implication au-delà de ces cinq ans, bon, ça aussi, c'est...
on verra bien, mais je ne pense pas que ça soit nécessairement pertinent
de le rendre public.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député.
Bonnardel :
C'est quand même notre argent, quand même l'argent des contribuables. Je peux comprendre que, dans le cadre, vous ne le mettiez
pas, sauf que des projets de 6 point quelques milliards, il n'y en a pas beaucoup. Et d'obtenir toutes
ces informations, je peux comprendre, comme vous le mentionnez,
que c'est décalé, là, mais vous dites
les obtenir, les avoir, ces informations, ne pas vouloir nous les donner présentement. Parce qu'il faut attendre le 1er mai? C'est ça ou...
Leitão : Non, parce que, quand ça avait été fait, et, encore
aujourd'hui, là, c'est le... La première étape, ou ce qu'il faut faire d'abord, c'est que la Caisse de
dépôt et placement... Parce qu'encore une fois nous ne contrôlons pas la
Caisse de dépôt, là, ils sont indépendants.
C'est la caisse qui a signé les ententes commerciales avec les consortiums.
Une fois que la caisse juge opportun de
rendre cette information-là publique, alors nous, on pourrait le faire aussi,
parce que, si nous, on le fait avant
que la caisse le fasse, il y aurait toutes sortes d'informations qui ne
seraient pas, à mon avis, d'intérêt public si l'autre partenaire ne les
rend pas publiques, lui aussi. On est un peu liés pour ça. Mais, une fois que
l'autre partenaire les rend publiques, nous,
l'information qu'on possède, à l'intérieur de notre cadre financier, on va la
rendre publique, nous aussi.
Bonnardel : Vous
devez sûrement avoir les explications qui font que vous avez
réduit ces montants de moitié, et
même plus, pour les premières années d'exploitation. Vous me dites : On a
revu ça à la baisse parce que
l'achalandage sera à la baisse, donc, et on
n'aura pas nécessairement la totalité du réseau en opération au début.
C'est ce que je crois comprendre.
Êtes-vous capable de nous aider d'ici le 1er mai puis nous donner l'information à savoir comment vous en êtes
arrivé à vous dire que la première année, voilà un an, on prévoyait 76
millions, un an plus tard, on est à 34, puis on a encore baissé de moitié entre la deuxième année
d'exploitation... de 133 à 71? Êtes-vous capable de me donner de l'info
qui m'explique... Je veux bien croire, là,
le message, c'est : Il y a
moins d'achalandage. Mais comment vous êtes... en arriver à... Parce que,
là, c'est la moitié moins, là, donc moitié moins du réseau qui sera en
opération dans les deux premières années, là. Est-ce que je fais un
calcul maladroit ou...
Président (M. Bernier) : M. le ministre.
Le Président (M.
Bernier) : M. Côté.
Côté (Pierre) : Écoutez,
nous, quand on a élaboré, là, ces coûts... Nous, quand on a élaboré la
révision, là, de ces coûts-là
d'exploitation, ça a été basé sur un achalandage qui a été fourni par la caisse
à partir du 0,72 $, là, par
passager-kilomètre, donc, et la caisse nous
a dit : Tout l'achalandage prévu pour l'ensemble du réseau sera rendu
public quand on déposera, là, quand
on rendra publiques les fameuses ententes, là, l'entente gestion et réalisation
et l'entente d'intégration avec le
RTM. Or, nous, ce sont des calculs qui ont été faits par la caisse à partir de
cet achalandage-là, et c'est ça qu'on a mis, parce qu'on voulait justement remettre à jour nos chiffres par
rapport à l'année dernière, puis, sachant que ça avait décalé, sachant que les antennes allaient être
mises en service graduellement, bien, on leur a dit : Écoutez, c'est
important qu'on réinforme la population avec ces nouveaux chiffres là, et c'est
ce que ça a donné. Mais, effectivement, on est à 115 plutôt qu'à 133.
Le Président (M.
Bernier) : Merci.
Bonnardel :
Oui. 133, ça, c'est pour l'année 2022‑2023, qui était prévu initialement, que
vous avez rabaissé à 71.
Côté (Pierre) : Comme vous le savez, là, le choix des consortiums a
décalé un petit peu, et tout ça a fait en sorte qu'au lieu de commencer
les travaux, là, en décembre dernier, on est rendu en avril, là.
Bonnardel :
...avoir la méthode de calcul ou cette façon de faire, vous m'avez dit :
Le coût par usager, là. Est-ce que c'est de
l'info que vous pourriez nous donner? C'est quelque chose... Vous vous êtes
basés sur quelque chose, j'imagine, là, pour en arriver... parce que
c'est quand même la moitié moins, là.
Côté (Pierre) : C'est un calcul
qui a été fait par la caisse. Comme je vous dis, c'est à partir d'un 0,72 $ par passager-kilomètre et d'un achalandage estimé par
la caisse. Et ce sera rendu public, là, lorsque les ententes, là, seront
rendues publiques.
M. Bonnardel :
Donc, on peut prétendre que, les premières années, la rentabilité ne sera pas
nécessairement là. Avec les chiffres que vous me confirmez là, on peut
prétendre que ça va peut-être prendre cinq ans, six ans, sept ans, peut-être. C'est ça qui serait peut-être utile à
avoir. M. le ministre, selon vous, là, est-ce que... Vous allez peut-être
me dire que c'est raisonnable, c'est
compréhensible. On démarre. On démarre un réseau qui est tout nouveau. Mais ces
chiffres me démontrent en partant, là, que
la caisse a peut-être mal... je ne veux pas dire mal fait, mal évalué ou mal évalué,
peut-être, cet achalandage initial
prévu, parce que... Moi, ça m'a surpris, là, de voir qu'on a baissé de moitié
l'argent que vous deviez verser pour
l'exploitation. Donc, qu'est-ce que ça vous... Qu'est-ce que ça vous dit? Puis,
selon vous, là, dans combien d'années,
selon vos estimations, là, on va... les actionnaires pourraient recouvrer leur
investissement dans tout ça, là? Quand on
sait qu'on a un pourcentage qui est évalué à 8 %, là, ou à peu près, là,
moi, ça m'inquiète, là. Moi, ce réseau, j'y crois, là. Vous le savez, je l'ai toujours dit, on y croit.
Mais, quand on regarde les deux premières années, tout ça, là, puis là
vous me dites : Baisse d'achalandage, tout ne sera pas en exploitation les
premières années...
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão :
Moi, ça ne m'inquiète pas, parce que je comprends que c'est un... Enfin, je
pense que nous comprenons tous que
c'est un projet de longue durée. C'est à long terme, là. Il faut d'abord
commencer par le construire. Et puis, par la suite, il faudra l'opérer. Et ce n'est pas une opération qui va... On
ne parle pas de trois ans ou cinq ans. On parle de 50 ans. On parle
de même d'au-delà de 50 ans. Donc, c'est un projet à très long terme.
Comme
M. Côté a mentionné, le début du projet a été un peu décalé parce qu'il y
a eu des changements qui ont été
faits. Ça a pris plus de temps pour finaliser les ententes avec les
consortiums. On a aussi, en cours de route, ajouté des stations. Et,
non, je ne parle pas de l'ouest de l'île. On a ajouté des stations au... On a
fait des changements au projet initial en
termes d'une station au bassin Peel, McGill, Édouard-Montpetit. Donc, le projet
a été changé, a évolué. Et il va commencer
plus tard. Donc, initialement, oui, il y aura des répercussions sur
l'achalandage, parce que ça va commencer plus tard.
Mais,
à long terme, moi, je suis toujours très, très confiant, très, très, très
satisfait que, au nom des déposants, parce que la raison pour laquelle
le ministère des Finances s'est aussi un peu impliqué dans ce dossier, c'est
que nous représentons aussi les déposants...
Donc, à long terme, oui, ce projet va être rentable et va être bénéfique pour
les déposants de la caisse que sont nous tous. Et donc je n'ai pas de
préoccupation quant à la rentabilité du projet à long terme.
Président (M. Bernier) : Merci. Nous allons passer maintenant du
côté gouvernemental avec M. le député de Portneuf. La parole est à vous.
M. Matte : Merci, M.
le Président. Alors, en 2017, puis on a connu, le Québec... En 2017, le Québec
a connu sa meilleure performance
économique des 20 dernières années. On avait une croissance économique de
3 %. Entre mai 2014 et février 2018, il s'est créé, au
Québec, plus de 222 000 emplois, ce qui est... On est toujours en
bonne posture pour atteindre notre objectif
qu'on s'était fixé en 2014 de créer 250 000 emplois. Donc, sur cinq
ans, nous avons toutes les raisons de
croire que nous allons atteindre notre objectif. Le chômage est historiquement
bas. Pour 2017, on parle d'un taux, là, de 6,1 % de taux de
chômage. C'est 1,6 % de moins que lorsqu'on est arrivé en 2014.
La qualité des
emplois au Québec est en hausse. M. le Président, dans l'ensemble, la
croissance des salaires moyens au Québec a atteint 2,9 %, alors qu'en
Ontario la croissance a été de 1,1 %. Et donc c'est une croissance, là,
supérieure au Canada, parce qu'au Canada c'est 1,7 %, la croissance qui a
été établie.
production des exportations représente près de 46 % de notre produit intérieur brut au Québec, et ce sont des données de 2016. Depuis 2014, les exportations ont crû de 11,6 %.
Une croissance annuelle de 2,8 %, c'est quand même important de le mentionner et de le souligner. Pour
favoriser l'excellence en entreprise, notre gouvernement, en 2016, a mis en place l'initiative manufacturière. Ça représente un total de 825 millions qu'on a injectés pour favoriser nos PME. De 2013 à 2017, l'investissement
manufacturier est toujours en croissance. Si je prends les données de 2013, qui
étaient de 43,1 milliards, donc, il y a toujours eu une croissance :
en 2014, ça a été de 44 milliards; 2015, 44,8 milliards; et, en 2017,
de 45,9 milliards.
Et nos exportations
des biens, bien, elles sont toujours aussi en croissance depuis 2013. Donc, en
2013, elles étaient de 100 milliards, et, en 2017, nous constatons qu'elles sont de 112 milliards, donc une majoration d'environ 12 %. C'est majeur, c'est important.
On constate qu'il y a une confiance depuis notre arrivée au pouvoir.
Donc,
en 2017, l'investissement dans les entreprises a connu la plus forte croissance. Si je compare,
de 2012 à 2017, c'est 5 %, hein,
de majoration, en termes d'investissements. L'investissement en machinerie a augmenté de 9,1 %. Je regarde, en 2012, l'investissement était de 4,3 %. En 2013, ils étaient de moins 0,9 %, en 2014,
lorsqu'on est arrivés, l'investissement était de moins 18 %. Or, je constate qu'en 2017 on a atteint
9,1 %. Ça démontre qu'il y a toujours
eu un déclin jusqu'à notre arrivée au
pouvoir. Et, lors de notre arrivée au pouvoir, en 2014, la confiance des entrepreneurs était là, on a connu une majoration.
vous me permettez de parler des PME, parce que c'est la croissance économique... Et on constate qu'au cours
des prochains 20 ans la majorité des emplois
qui seront créés au Québec se feront au niveau des PME. Bien, le fardeau
fiscal des entreprises qui favorise... Parce qu'il est en diminution, et j'ai
réussi à le démontrer... puis que je vais continuer à le démontrer, que le taux d'imposition des PME est en
diminution. On prévoit que fardeau fiscal d'ici 2022‑2023... on parle de
diminuer de 6 milliards. Alors donc, c'est 4,1 milliards juste pour
les PME.
si je démontre et je ventile comment ça va se manifester, je regarde, pour les
PME, la cotisation du Fonds de services de santé diminue de
537 millions annuellement. Le taux d'imposition, qui était de 8 %, va
passer à 4 %. C'est quand même
347 millions de moins. Le coût de transport pour les PME qui sont dans des
régions éloignées diminue de
22 millions. Alors donc, juste ce qui concerne... en termes de diminutions
fiscales pour les PME, c'est moins 906 millions annuellement.
mesures qui visent l'ensemble de la société : il y a une baisse du taux
général d'imposition des sociétés de 164 millions.
Il y a une déduction d'amortissement pour appuyer des acquisitions
technologiques de moins 8 millions. C'est toujours annuellement, ça, M. le Président. Les déductions pour
les sociétés innovantes... qu'on en parle de plus en plus, avec la nouvelle technologie, avec la
numérisation, c'est moins 66 millions annuellement. Alors, les autres
mesures... c'est 106 millions. Si je compare, annuellement, c'est plus de
1 milliard de moins, hein, en termes, là, annuels, pour atteindre, en 2022‑2023,
6 milliards qu'on permet de réduire pour nos entreprises.
Souvent,
on nous compare en disant : Avec les autres provinces du Québec, est-ce
que le taux général d'imposition de nos sociétés est plus élevé ou moins
élevé que les autres sociétés dans les autres provinces? Bien, j'ai des bonnes nouvelles, M. le Président, à vous dire qu'en 2018
l'Ontario, le taux, là, d'imposition des sociétés, c'était de 11,5 %
et donc... puis, en 2019, toujours pour l'Ontario, on parle de maintenir à
11,5 %. Le Québec, si on compare l'Ontario à Québec, le Québec, c'est, en 2018, c'est 11,7 % et, en 2019, c'est
11,5 %. Donc, à partir de 2019, on va avoir la même parité avec
l'Ontario.
Donc, c'est quand
même des mesures qui sont concrètes. Et, si je compare le Québec et l'Ontario,
on sera les deux provinces où que le taux
d'imposition est le plus bas. Donc, pour mes collègues de l'opposition qui
souvent se plaisent à dire qu'on paie
plus d'impôt, on a le taux d'imposition le plus élevé, bien, pour les sociétés,
en 2019, ça sera la parité avec l'Ontario.
Grâce
à notre saine gestion, M. le Président, les finances publiques du Québec, on
est en... lorsqu'on est arrivés au Québec... au pouvoir, rappelez-vous,
en 2014, M. le Président, on est arrivés, on était là, on a eu un choc, tu
sais, de constater que les finances
publiques étaient vraiment dans un état, là, qui nécessitait un coup de barre.
Bien, nous avons obtenu, avec notre
saine gestion, avec une gestion rigoureuse et... toutes les compagnies de
notation ont gagné une confiance, puis
on a passé de A moins à AA. C'est quand même très important de constater. Puis
non seulement que notre meilleure cote
donne un meilleur taux d'emprunt, mais je vous annonce que, cette année... puis
il y avait un
article qui disait que le Québec, pour la première année,
on va payer un taux d'intérêt moins élevé que l'Ontario.
Alors
donc, c'est majeur, puis c'est la première fois qu'on voit ça, de mémoire... de
ma mémoire, tout au moins, de constater, de constater...
Une voix :
Des siècles, depuis des siècles.
M. Matte : ...je ne
dirai pas des siècles, mais de constater que le Québec va avoir un taux
d'intérêt plus bas que celui...
Une voix : Ça fait
longtemps...
Le Président (M. Bernier) : Ça fait
longtemps.
M. Matte : C'est bien. C'est
toujours important, tu sais, d'avoir de l'expérience alentour d'une table.
Alors, aussi,
je constate que le Fonds des générations, hein, quand on est arrivés, il
était... lorsqu'on l'a mis en place,
était de 600 millions. Bien là, on est rendu à 12,8 milliards. Il est
toujours en croissance. Puis notre gouvernement, même... on applique toujours, là, le concept de base de Keynes, là, qui
dit : Quand l'économie est bonne, il faut rembourser la dette,
hein, pour pouvoir revoir des années de vaches maigres.
Alors, c'est historique, M. le Président, aussi
loin qu'on remonte, on n'a jamais remboursé notre dette. Donc, sur cinq ans, on va rembourser 10 milliards
de dette... de notre dette. Il faut le souligner, il faut le mentionner. Et je
ne me souviens pas, puis, je pense, vous non
plus, que notre gouvernement a remboursé une dette au cours des dernières
années.
Si je continue toujours dans cette même
perspective de constater que la hausse annuelle des revenus disponibles pour... est en croissance. Tout à l'heure,
le ministre des Finances a démontré que les revenus disponibles étaient là. Je ne voudrais pas reprendre, mais, si vous me
permettez, puis je sais que vous allez me le permettre, c'est de faire
un résumé des faits. C'est : Quels sont ces faits-là qui font que le
revenu des familles va augmenter?
Bien, on a
réduit le fardeau fiscal par une baisse importante d'impôt, dépendamment des
familles, mais aussi par l'abolition
des contributions en santé. On a bonifié le soutien et les revenus des familles
québécoises par un supplément de 100 $
par enfant pour l'achat de fournitures. Donc, c'est quand même, là, 200 $
qu'on va constater. Il y a déjà eu un montant qui a été versé de
100 $ et le prochain sera au mois d'août.
On constate
aussi l'amélioration de l'incitation au travail en augmentant... Donc, le
salaire minimum sera bonifié. Et puis la tendance fait en sorte qu'on
veut le majorer, jusqu'à terme, à 12,75 $.
On renforce
aussi l'aide aux plus démunis, en bonifiant l'aide financière de dernier recours.
On garantit de meilleurs revenus de la
retraite avec la bonification du Régime des rentes du Québec, et les familles
de la classe moyenne bénéficieront
d'un gain supérieur à 1 500 $ par année. C'est important, et
j'insiste là-dessus, là, avec toutes les mesures qu'on a mis, les familles moyennes vont bénéficier de 1 500 $
de plus. Ça, c'est dans leurs poches, là. Ça, c'est avec tous les faits
que j'ai mentionnés et que je continue de mentionner, qu'ils vont avoir.
travailleurs rémunérés au salaire moyen qui vivent seuls profiteront d'une
baisse annuelle de plus de 500 $. Les
travailleurs au salaire minimum, comme je l'ai mentionné tantôt, c'est plus de
1 000 $ qu'ils obtiendront. Les personnes qui reçoivent la
prestation de l'aide financière de dernier recours seule profiteront d'une
hausse annuelle de revenu de 540 $ à 5 382 $. Notre collègue, le
ministre, M. Blais, en a fait l'annonce et il a fait l'explication.
Les futurs retraités verront leur revenu
disponible augmenter grâce à la bonification du Régime des rentes du Québec, et
c'est plus de 160 000 personnes qui sortiront de la pauvreté d'ici 2023.
Donc, le Québec figure parmi les pelotons de tête des nations industrialisées
comptant le moins de personnes à faible revenu.
En résumé,
c'est plus de 1 500 $ par année qu'un couple ayant deux enfants vont
bénéficier, c'est près de 1 000 $ par année pour une famille monoparentale ayant un enfant, et c'est plus
de 1 000 $ par année pour un couple sans enfant, plus de 500 $ par année pour une personne seule.
Donc, vous voyez, concrètement, les gestes qu'on a posés font en sorte
que ce sont les familles qui vont en profiter.
Souvent, on
nous dit qu'on paie plus d'impôts au Québec. C'est vrai qu'on paie plus
d'impôts, puis je suis d'accord. Mais
il ne faudra pas aussi négliger... Pourquoi qu'on paie plus d'impôts? C'est
parce que notre filet social est plus grand
aussi. Donc, s'il fallait que je calcule que mon assurance maladie, mes
médicaments, ma scolarité, tout ça ferait en sorte que j'aurais beaucoup moins d'argent dans mes poches. Ce qui est
important, c'est qu'est-ce que... c'est notre pouvoir d'achat, qu'est-ce qu'il me reste pour pouvoir
poursuivre et vivre pleinement au Québec. Donc, notre filet social est
grand, oui, mais, par contre, si j'avais à
débourser comme si j'étais dans d'autres pays, bien, j'en aurais moins dans mes
poches.
Alors, ce qui
est important, c'est de dire — puis je m'adresse à mon collègue le ministre
des Finances : On a besoin, M.
le ministre, de pouvoir rassurer nos collègues de l'opposition, de rassurer
aussi nos auditeurs qui nous écoutent, en disant... puis on a toujours pris un engagement puis on le respecte,
notre passé est garant du finir... du futur, je veux dire, quelles sont
les raisons de faire en sorte que notre gestion des finances publiques nous
permet d'affronter l'avenir, de répondre aux défis qu'on s'est fixés puis de
faire en sorte que nous allons atteindre nos objectifs qu'on a établis?
Le Président (M. Bernier) : Il vous
reste deux minutes, M. le ministre.
Leitão : Deux minutes, M. le Président, O.K. Je pense qu'on va revenir
quand sera notre tour, mais, de façon générale,
je vous dirais que notre confiance, ce qui nous rend confiants quant à notre
capacité de faire face à l'avenir, c'est principalement deux choses. D'abord, qu'on a remis la maison en ordre,
ça, on le répète assez souvent, mais qu'est-ce que ça veut dire, remettre la maison en ordre?
Qu'est-ce que ça veut dire concrètement? Ça veut dire que les revenus que
l'État génère en taxes et impôts, ces
revenus-là sont suffisants et sont même supérieurs légèrement aux dépenses
auxquelles l'État s'est engagé à faire. Donc, nous sommes dans une situation de
surplus budgétaire pour les cinq prochaines années.
Donc, on a un
cadre financier qui est robuste, parce qu'en partant... on n'est pas comme,
malheureusement, nos voisins en
Ontario, qu'en partant, dans leur budget, ils planifient faire des déficits.
Nous, en partant, on planifie faire des surplus. Donc, nos engagements, ce qu'on va
dépenser, on le fait à l'intérieur de ce qu'on peut faire, à l'intérieur des
revenus que nous avons.
Deuxièmement,
et que vous avez mentionné aussi,
nous avons commencé à rembourser la dette. Alors, le fait que notre... surtout notre niveau d'endettement, notre
ratio dette-PIB diminue quand même assez rapidement, ça, c'est quelque chose qui nous rend...
À chaque fois
qu'on fait ça, donc à chaque année qu'on améliore cette situation-là,
on augmente notre capacité à faire face à des perturbations futures. Ce
qui a rendu certains États très vulnérables, quand il y a eu des répercussions
financières importantes, et ils n'ont pas été capables de faire face à ça... On
se rappelle de nos...
Le Président (M. Bernier) : On va
devoir poursuivre au prochain bloc.
Leitão : Est-ce que
je pourrais vous demander une chose, M.
le Président, faire peut-être
un petit break rapide pour... un break santé. On le prendra de notre
temps.
Le Président (M. Bernier) : Oui, sur
le temps du gouvernement. Oui. Donc, cinq minutes.
Je suspends cinq minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 31)
Président (M. Bernier) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, nous en sommes maintenant avec l'opposition
officielle, avec M. le député de Rousseau. M. le député, la parole est à vous.
Marceau : O.K.
Merci, M. le Président. Je voudrais parler du PQI, M. le Président. Alors, bien, tout
d'abord, je pense que tout
le monde a eu connaissance de cette information, qui a été publiée il n'y a pas trop longtemps,
en fait, au moment du dépôt du
budget, sur la détérioration importante de l'état de nos écoles. Pour ceux qui le voudraient, ils
peuvent consulter le document Les infrastructures publiques du Québec ,
et, dans ce document-là, on le voit très bien, à la page 155 du PQI... et, en
fait, on voit plein de choses dans cette page-là, dans ce tableau-là.
On voit que, par exemple, pour les écoles préscolaires et primaires, il y a
seulement 45 % des écoles, là,
qui sont satisfaisantes. L'indice
d'état moyen est d — d
voulant dire : Insatisfaisant. Mauvais, donc mauvais état. Et c'est la
même chose pour les écoles secondaires, pour les centres de formation
professionnelle.
Donc, deux choses
à faire là-dessus, M. le Président. Premièrement, constater que l'état de nos
écoles est déplorable. Puis, bon,
c'est sûr que des écoles en mauvais état comme ça, ça ne se fait pas du jour au
lendemain, là. C'est un processus graduel
qui a pris du temps. Mais je pense que tout le monde est conscient aussi qu'on
est en 2018, puis qu'en 2003 il y a eu
un gouvernement du Parti libéral qui a pris le pouvoir, puis qu'en 15 ans... je
veux dire, inévitablement, on peut quand même attribuer une partie, sinon une grande proportion de la situation à
ceux qui ont été en place pendant 15 ans. Je veux dire, en 15 ans, on peut faire des choses. En 15
ans, on peut construire une nouvelle école; en 15 ans, on peut
construire des nouvelles routes; en 15 ans, on peut en faire beaucoup, de
choses. Et, en 15 ans, de toute évidence, ça ne s'est pas amélioré.
En fait, ce
qui est quand même assez incroyable, c'est que le déficit de maintien
d'actif... pour nos écoles, hein, strictement,
parce qu'évidemment d'autres infrastructures au Québec ont des déficits de
maintien d'actif aussi... mais, pour
nos écoles, il y a un déficit d'entretien, aujourd'hui, qui s'élève à
3,3 milliards à peu près : 3 292 000 000 $.
Mais il est en forte augmentation cette
année parce qu'on a bien inspecté les écoles plutôt que de les inspecter un
petit peu rapidement. On a fait un
effort d'inspection. Maintenant qu'on inspecte mieux, on va dire ça de même, on
se rend compte que le déficit d'entretien,
pour cette année seulement, a augmenté de 2 milliards de dollars. Il est
passé, donc, de 1,8 milliard à 3,3 milliards. Alors, c'est une
détérioration importante. Puis, M. le Président, j'ai fait oeuvre utile, je
pense, en vous faisant tout simplement ce
qu'il s'est passé depuis trois ans, parce que le même phénomène s'était produit
l'année dernière. Entre 2016‑2017 et
2017‑2018, si on prend le PQI de l'année passée, là, ce document-là, c'était le
même phénomène. Alors, je vous ai fait un beau dessin, je sais que vous
êtes un visuel, vous, comme plusieurs personnes.
Alors, ça,
c'est le déficit d'entretien de nos écoles au Québec, 2016‑2017, 2017‑2018,
2018‑2019. Ça, c'est le constat. Alors, si vous voulez, je...
Président (M. Bernier) :
On peut le faire distribuer aux collègues pour qu'ils puissent en prendre
connaissance.
M. Marceau : On peut le faire
distribuer aux collègues, c'est... Comme ça, on peut le distribuer.
M. Marceau : Bien non.
M. Leitão : ...les dessins aussi, je
trouve ça bien.
M. Marceau : Alors,
évidemment, cette situation-là est inquiétante. On parle d'écoles qui sont en
mauvais état pour nos enfants, et je
suis convaincu que le ministre est aussi embêté par ça que nous le sommes tous.
En fait, je sais bien que c'est quelqu'un qui a à coeur le bien-être de
nos enfants, je ne mets pas ça en cause, là. Mais maintenant, M. le Président,
ce que ça appelle, c'est des correctifs. Qu'est-ce qu'il arrive étant donné
qu'on constate ça?
constat, il est plate, puis je réitère qu'une
partie de ça incombe à ceux qui
ont été en place pendant 15 ans, mais, une fois qu'on a dit ça, ce qui
est encore plus fatigant, c'est : Qu'est-ce qu'il va se passer à partir de
maintenant?
Alors, dans le PQI,
on est capable aussi de voir les gestes qui sont posés par le gouvernement.
Alors, il y a un tableau dans le PQI, il y
en a un qui est à la page 48 du PQI de cette année, puis il y en a un autre qui
est à la page 77 du PQI de l'année
dernière, et puis qui nous donne une image de ce que le gouvernement a décidé
de faire devant la détérioration significative constatée dans l'état de
nos écoles.
Bien,
M. le Président, alors que le déficit d'entretien a augmenté beaucoup, 1,5
milliard, bien, le gouvernement, sur 10 ans, a décidé de consacrer
essentiellement 93 millions de plus. Bon, on se dit : Peut-être que c'est
parce que le gouvernement est limité dans
ses capacités de choix et ne peut pas faire beaucoup plus, mais, pourtant,
quand vient le temps d'autres
secteurs, bien, les montants qui sont attribués sont considérables. Et je
prends simplement les routes, mais j'aurais pu prendre d'autres
secteurs.
Pour les routes, 2,1 milliards de plus, 2,1
milliards de plus dans le PQI, quand on compare 2017-2027 à 2018-2028. Donc, 2,1 milliards de plus pour nos routes, les
routes c'est important, personne ne met ça en cause, mais, quand on
regarde pour les enfants, les écoles,
2017-2027, 2018-2028, c'est 93 millions de plus, et ça, c'est dans le contexte
où il y a une détérioration importante dans... un constat d'un déficit
important dans le maintien des actifs de nos écoles.
Alors,
moi, j'aimerais que le ministre nous explique pourquoi nos enfants ont droit à
93 millions sur 10 ans de plus, alors que nos routes, elles, ont droit à
2,1 milliards.
Le Président (M.
Bernier) : Merci M. le député. M. le ministre.
Leitão : Très bien, M. le Président, plusieurs choses. D'abord, d'une
façon... on va commencer par une façon globale, une façon
macroéconomique, en rappelant au collègue un graphique, je suis sûr qu'il
connaît très bien. À la page A.41 de notre
document budgétaire, c'est stock de capital public, et c'est... nous sommes
tous d'accord qu'au fil du temps il y
a eu une baisse, donc, de ce ratio-là, en proportion du PIB, québécois comme
canadien. Et, oui, des décisions passées,
des gouvernements passés, et c'est bien avant 2000, où on a assisté à cette...
on n'a pas maintenu notre capital public convenablement.
On voit qu'à partir
du milieu des années 2000 — 2004-2005 — on a
commencé — on,
c'est-à-dire le gouvernement québécois comme
le gouvernement du Canada — on a commencé à réinvestir dans notre capital public, donc nos infrastructures, incluant éducation, mais
tout le reste aussi. Et là, maintenant, rendu à 2018, nous sommes dans
une situation qui est... Bon, on n'est pas
encore revenus à la situation qu'on avait dans les années 1990, mais on est
maintenant rendus à peu près à 27 %,
28 %, stock... ratio de capital... capital public, pardon, en proportion
du PIB. Et d'ailleurs c'est une situation
qui est meilleure que celle du Canada dans son ensemble. On a encore du chemin
à faire. On a encore du chemin à faire, mais on a amorcé un mouvement
de... On comprend tous la nécessité de le faire.
Maintenant,
la question, c'est : À quelle vitesse est-ce qu'on peut le faire et
quelles sont priorités qu'on... Parce que capital public, ça inclut
tout. Nous, notre tâche, au ministère des Finances, c'est de déterminer quelle est
notre capacité globale. Donc, qu'est-ce
qu'on peut... jusqu'où on peut aller? Parce que, quand on parle de capital
public, que ce soit pour construire des écoles, des hôpitaux ou des
routes, bon, souvent, il faut aller... souvent, tout le temps, il faut aller emprunter ces... il faut aller sur le marché
financier, emprunter. Donc, jusqu'où est-ce qu'on peut aller? Quel est
notre... Évidemment, on aimerait tout construire en même temps, mais évidemment
on ne sait pas. Alors, nous, nous avons donc
déterminé, cette année, quand on a établi le PQI pour les 10 prochaines années,
2018‑2028, que 100 milliards de dollars,
c'est la limite. Donc, nous avons ajouté presque 10, 9,3 milliards, nous
avons ajouté 10 milliards de dollars au PQI sur 10 ans pour pouvoir accélérer un peu la cadence des travaux
d'infrastructures parce que cela était nécessaire. Et, en même temps, comme on avait déjà discuté ici, je
pense, hier, je ne me rappelle plus si c'était ici ou dans un autre
contexte, mais aussi que les dépenses d'infrastructures sont aussi un moyen
d'accélérer la croissance économique. Bon.
Revenons maintenant à
l'éducation...
Président (M. Bernier) : On doit juste revenir sur la question, parce
que, là, je regarde le temps, il vous reste peu de temps, là, pour
répondre.
M. Leitão :
Oui. Excusez-moi. Donc, revenons à...
M. Marceau :
Le choix des écoles et des routes, là. C'était ça, ma question.
Leitão : C'est ça. Revenons à l'éducation. C'est un équilibre, c'est
un arbitrage qu'on doit faire. Nous avons quand même 16 milliards de dollars dans le PQI éducation. Je pense
que c'est quand même substantiel. Et 80 % de cet ensemble va au maintien de l'actif. Donc, ces
réflexions-là, cet arbitrage est mené par nos collègues du Trésor pour
voir combien on met ici et combien on met
là, dans lequel... Et puis à l'intérieur du Conseil des ministres aussi. Et
nous avons jugé que 16 milliards de dollars sur 10 ans en éducation,
c'est ce qu'on peut faire.
M. Marceau : Juste pour être bien
clairs, là, le PQI éducation... Moi, je vous parle de nos écoles primaires et secondaires dans le PQI parce qu'effectivement il
y a une ligne enseignement supérieur et il y a une autre ligne
ressources informationnelles
et réseau de l'éducation. Je vous parle des écoles, des écoles primaires et
secondaires. Puis, si je fouille un
peu dans le PQI, ce que je suis capable de voir, bon, première des choses,
comme je vous l'ai dit, c'est que le déficit d'entretien, il ne va pas la bonne direction, il va en augmentant et de
façon importante. Par ailleurs, quand je regarde les chiffres plus précis, disons, entre 2016‑2017,
2017‑2018 puis entre 2017‑2018, 2018‑2019, je vois que la résorption du déficit d'entretien est de l'ordre d'environ
500 millions par année, c'est 540, 510. Mais, en même temps, il y a une
détérioration qui découle de plein de
facteurs. Bon, premièrement, on inspecte mieux apparemment aujourd'hui
qu'on le faisait dans le passé. Par
ailleurs, évidemment, il pleut, il neige, le sol gèle, le sol dégèle, les
intempéries sont là, elle est utilisée, l'infrastructure, et évidemment
il y a une dépréciation, hein? L'infrastructure va moins bien.
M. le
Président, moi, ce que je veux savoir — puis ce n'est pas pour le député de
Rousseau, c'est pour les enfants du
Québec : C'est quand que la courbe, elle va s'inverser? Quand est-ce
qu'elle va aller dans l'autre direction? Puis c'est quand, le jour où on va arriver à zéro? Et puis, dans
ce contexte-là, je me demande comment est-ce qu'on peut avoir... alors qu'on voit une trajectoire ascendante pour
l'état de nos écoles en termes de déficit d'entretien, comment est-ce
qu'on peut consacrer 2,1 milliards de
plus en routes et seulement 100 millions pour les enfants du Québec? C'est
ça, la question que tout
le monde se pose. Je ne dis pas qu'il
n'y a pas de projet autoroutier intéressant, je ne dis pas qu'il n'y a pas d'autres projets qui sont importants, mais il me semble
que, s'il y a une priorité
des priorités parmi les priorités, c'est que nos enfants soient dans des milieux de vie qui ont du bon
sens, et ce n'est pas le cas. Et je reviens, là, encore une fois, la question
est très simple, très précise : Quand
est-ce que la courbe va s'inverser puis que le déficit d'entretien va se
remettre à baisser puis qu'on va
arriver... Est-ce qu'on a une prévision, seulement, du moment où le déficit
d'entretien va de mettre à baisser, M. le Président?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre, sur la question.
Leitão : Pour arriver à cet objectif que nous partageons tous, il faut
commencer par rehausser le PQI, chose que nous avons faite depuis 2014. Depuis 2014... le PIQ 2014‑2024 était à
90 milliards de dollars, maintenant, il est à 100 milliards de dollars, donc nous avons
rehaussé le PQI depuis 2014. Et je rappelle gentiment, M. le Président,
qu'une des premières décisions, quand le
collègue était ministre des Finances, qu'il avait prise dans son premier
budget, c'était de réduire le PQI.
Nous, au contraire, on a rehaussé le PQI. Et puis, à l'intérieur de cette
enveloppe globale de PQI, il faut faire
des arbitrages, il y a des hôpitaux qu'il faut construire aussi, il y a de
l'infrastructure publique, routière, aussi de toutes sortes d'autres
infrastructures, et il y a les écoles. Et, pour cela, ce sont nos collègues du
Trésor et du ministère de l'Éducation qui
déterminent l'échéancier et le rythme des travaux de réparation. Comme vous
savez, quand les écoles... il faut
réparer les écoles, mais la fenêtre pour le faire est relativement courte dans
le temps, pendant l'été, quand les enfants ne sont pas... donc, ça nous
donne juste quelques mois par année pour travailler de façon intensive à
réparer les écoles. Donc, c'est ça.
Marceau : ...puis il y a des contraintes dans... pour n'importe quelle
infrastructure, là, dans un hôpital, il y a des malades, puis eux autres, contrairement à nos écoles, ils sont malades,
il y a des gens malades à l'année longue dans nos hôpitaux. Ça fait que ce genre d'argument là...
Puis, quant aux travaux routiers qu'on peut effectuer, vous savez très
bien que les conditions climatiques
québécoises font en sorte que ce n'est pas simple de faire des routes en hiver.
Ça fait que je comprends votre point, mais là n'est pas la question.
Puis je
reviens, encore une fois, à certains chiffres de vos documents. Là, je vous ai
dit, tout à l'heure, il y a plus... dans
vos choix, là, sur 2018‑2028, vous avez décidé, par rapport à l'an passé, de
mettre 2,1 milliards de plus dans les routes. O.K. Maintenant, cette information-là, elle n'est
pas complète, il faut ajouter le fait que ce n'est pas 2,1 milliards
seulement dans les routes, en fait... surtout, là où je veux aller, c'est qu'il
y a 1,5 milliard de nouvelles routes. O.K., alors là, le gouvernement...
Que les gens
me comprennent bien : On a des écoles en mauvais état, un déficit
d'entretien qui augmente de façon importante,
ça, je pense que tout le monde peut voir ça, un déficit d'entretien qui
augmente de façon importante. Pendant ce temps-là, on a des routes qui exigent un certain entretien, et je ne
remets pas ça en cause, mais le gouvernement a choisi de mettre 1,5 milliard de plus en nouvelles
routes. Puis 1,5 milliard de plus en nouvelles routes, c'est 15 fois plus,
hein, on met 15 fois plus pour les nouvelles routes que pour l'entretien
de nos écoles. 15 fois plus.
Alors,
écoutez, M. le Président, je suis comme tout le monde au Québec, j'utilise les
routes du Québec et j'apprécie l'avantage
qu'il y a à avoir un réseau routier en santé. Évidemment, il y a des hôpitaux à
entretenir et il y a plein d'autres infrastructures
extrêmement importantes pour les Québécoises et les Québécois. Mais, moi, il me
semble, là, que, malgré toute
l'importance que ces autres infrastructures ont, le fait de mettre nos enfants
dans des écoles de qualité, des écoles en bon état, c'est la chose la plus importante. Puis je constate que, quand
on met 15 fois plus d'argent dans les nouvelles routes que dans l'entretien de nos écoles, il y a un
problème, puis je réitère la question pour le ministre, là, qui me dit qu'il
faut augmenter le PQI global pour arriver à faire plus. Ce n'est pas vrai, ce
n'est pas vrai qu'en augmentant le PQI global on
arrive à faire plus si, dans l'augmentation de 10 milliards, on en met
seulement 100 millions pour les écoles. Il faut en mettre plus que
ça. Et je réitère ma question très pointue, très précise : Quand la courbe
va-t-elle s'inverser et quand est-ce que ça va recommencer à baisser? Quand
est-ce qu'on va arriver à quelque chose?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : O.K., M. le Président, je pense qu'il faut quand même
remettre les faits en contexte. D'abord,
pour ce qui est du transport, les routes, 83 %, et ça, c'est dans notre
fascicule de mobilité, 83 % des investissements, donc les dépenses en transport,
83 %, c'est pour le maintien d'actifs. Donc, on doit maintenir nos routes,
là. Construire de nouvelles routes?
Oui, on le fait. Mais 83 %, c'est pour le maintien d'actifs. Je pense que
les Québécois aussi ont droit d'avoir des routes qui soient maintenues
pour qu'elles puissent être passables.
Revenons à l'éducation. En éducation, parce
qu'on parle, ici, éducation, donc primaire, secondaire, le PQI éducation, en 2017‑2027, c'est 8,3 milliards.
Le PQI éducation en 2018‑2028, donc le suivant, est de 8,9 milliards.
Donc, c'est 588 millions de plus. Il y a
eu une augmentation de 588 millions. Le collègue aimerait avoir plus que
ça, et je comprends que ça pourrait
être plus que ça, mais, encore une fois, quand on fait les arbitrages à
l'intérieur de ce qui peut être fait, d'un PQI à l'autre, de 2017‑2027 à
2018‑2028, c'est 588 millions de plus.
Le Président (M. Bernier) :
...question d'éclaircissement.
M. Marceau :
Parce que, là, à la page 77, l'année dernière, le PQI éducation, 8879,
page 77. Puis, cette année, 8972. Bien, vous ferez la soustraction,
M. le Président, ça ne donne pas 500 millions.
M. Leitão : Moi, je... Moi, j'arrive à... Moi, j'ai huit,
neuf... 8972, et huit, trois, quatre... 8384, ce qui me donne 588.
M. Marceau : Bien,
voyons donc. Là, c'est vos documents, là. Regardez...
Le Président (M. Bernier) :
Avez-vous les deux les mêmes documents?
M. Marceau : Oui. Je
déposerai le PQI de l'année dernière puis celui de cette année si vous le
voulez, là. Page 77 l'année passée,
page 48 cette année. C'est deux tableaux rigoureusement... Enfin, les
mêmes colonnes, là. Tout est pareil, là. Ça fait que...
M. Leitão : ...du Conseil du
trésor qu'il faudrait peut-être le...
M. Marceau : Il faudrait
peut-être parler au Conseil du trésor, là.
Le Président (M. Bernier) : ...dans les...
M. Marceau : Bien, je
vous déposerai les deux documents, puis vous pourrez...
Président (M. Bernier) :
Bien, j'imagine qu'ils ont les documents. Ça a été publié par le ministère des
Finances.
M. Marceau :
En tout cas, regardez... Bien, ça... Bon, quoi qu'il en soit, continuez. Ma
question, c'est : Quand est-ce
que ça va changer de bord, là? Quand est-ce que la courbe va se remettre à
descendre? Quand est-ce qu'on peut espérer que nos enfants vont être
dans des écoles qui s'améliorent et non pas se détériorent?
M. Leitão :
On va continuer d'augmenter le PQI à chaque année. Et ça, ça serait une
excellente question à poser à nos
collègues du Trésor et de l'Éducation. Comme je vous ai dit, nous, on établit
les limites générales. Pour 2018-2028, à
8,9, c'est presque 9 milliards, 8 973 000 000 $ en
éducation pour le maintien d'actifs, je pense que c'est un... On est à
la limite de nos capacités.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député, il vous reste 1 min 30 s.
M. Marceau :
Bon, regardez, je vais dire une chose très simple, M. le ministre : Le
taux de résorption du déficit d'entretien...
Non, pas le taux. En tout cas, le rythme auquel ça va, c'est dans les documents
que vous avez déposés, en fait, dans
le PQI un peu plus loin, à la page 155. Vous allez voir que cette... Entre
l'année dernière et cette année, on a résorbé
de 500 millions. Mais, évidemment, le fait qu'on évalue mieux a fait en
sorte que ça s'est détérioré de 2 milliards. Ça fait que ça... Évidemment, on est dans le
négatif, là. L'année précédente, c'était la même chose. C'était la même
chose. Moi, je veux savoir, puis je vous
invite à parler à vos collègues de l'Éducation puis du Conseil du trésor, là,
puis de leur dire : Regardez, on
a besoin d'avoir l'assurance pour nos enfants que les écoles du Québec vont
être en meilleur état puis qu'on s'en
va dans la bonne direction. Là, on s'en va dans la mauvaise direction. C'est
tout ce que je peux vous dire. Il faut que ça soit plus rapide que
500 millions par année.
M. Leitão : Ce n'est pas
500 millions, c'est 8,9 milliards par année en matière d'actif...
M. Marceau : Non, non.
Je vous parle de la résorption du déficit, moi.
M. Leitão : Mais il faut y
aller...
M. Marceau : Parce qu'il
se détériore en même temps qu'on... Vous savez comme moi.
M. Marceau :
Pendant qu'on améliore puis qu'on améliore, il y a, de l'autre bord, les
éléments. Il pleut, il neige, ça
gèle, ça dégèle, des enfants qui circulent, des... Et ça se détériore un peu.
Puis c'est normal. Puis, en même temps, on essaie d'améliorer. Mais, si
vous n'êtes pas capable de rattraper, hein, si vous allez moins vite que l'état
auquel ça se détériore, bien, globalement
les enfants sont dans des écoles qui sont en moins bon état. Tantôt, je
calculais, il y a 18 % des écoles au Québec qui ont moins de
50 ans. Toutes les autres ont plus de 50 ans. Il y a quelque chose à
faire, là.
Président (M. Bernier) : Écoutez, on aura l'occasion d'y revenir.
Nous allons passer du côté gouvernemental. Donc, M. le député de
Portneuf, oui. Allez-y.
M. Matte :
Merci, M. le Président. Lors de mon
bloc précédent, M. le ministre avait amorcé, là, une réponse à ma question
qui est à l'effet... Notre gestion des finances
publiques nous permet-elle de relever
les défis de l'avenir? Puis malheureusement, le peu de temps lui restant, il n'a pas pu
compléter cette réponse à ma question. Alors, j'aimerais peut-être,
là, lui donner l'occasion, là, de lui permettre de poursuivre sa réponse, à
savoir... puis de permettre de rassurer nos collègues de l'opposition. M.
le ministre.
M. Matte :
D'après vous, est-ce qu'on a tous les éléments pour pouvoir répondre à nos
attentes, répondre aux défis du futur?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre, la parole est à vous.
Leitão : Merci, M. le député de Portneuf, parce
qu'en effet votre question est fort pertinente, surtout dans le contexte de ce que nous venons de discuter avec
notre collègue de Rousseau. Parce que la première chose à faire, quand
on parle d'infrastructures, quand on parle
de maintien d'actif, quand on parle de rénover, de moderniser nos écoles, nos
routes, nos hôpitaux, pour pouvoir aspirer à
faire tout ça, il faut avoir une situation financière et budgétaire qui nous
permettent de le faire. Comme j'ai dit juste
dans le bloc précédent, la première décision du gouvernement du Parti québécois
en 2014... 2013, pardon, c'était de
diminuer le PQI, parce qu'à ce moment-là il y avait des pressions financières
importantes, et donc notre capacité d'action était plus limitée, et donc
le niveau d'investissement public avait été diminué à ce moment-là, étant donné notre capacité limitée. Alors, le
résultat, la conséquence, le bénéfice de notre retour à l'équilibre
budgétaire et d'une situation financière
beaucoup plus solide maintenant, c'est de nous permettre de relever le niveau
d'investissement public. Et c'est à cet
égard-là que le Fonds des générations devient un outil extrêmement puissant et
extrêmement intéressant.
peux vous faire un parallèle, M. le député, et je pense que vous allez
peut-être apprécier ce parallèle. On peut penser, par exemple... souvent, on aime donner l'exemple d'une famille.
On sait très bien que l'État, ce n'est pas... on ne peut pas gérer l'État comme on gère le budget
d'une famille, mais, à
titre d'illustration, je pense que c'est quand
même pertinent de donner cet exemple-là.
Admettons que nous sommes une famille, une famille typique québécoise qui,
contrairement à... appelons-là la famille
Alberta, qui habite sur le même quartier que nous, mais un peu plus loin, la
famille Alberta a une très grosse maison, la
plus grosse maison du quartier, parce qu'ils sont les plus riches du quartier.
Ils ont un salaire beaucoup plus
élevé que la famille Québec, et donc ils ont une grosse maison, et, en plus,
cette grosse maison est complètement
payée, ils n'ont pas d'hypothèque, O.K.? Ils n'ont pas d'hypothèque, ils ont
une grosse maison, ils ont un gros salaire, donc ils peuvent faire
certaines choses que la famille Québec est un peu plus limitée dans ses moyens.
Pourquoi? Parce qu'on a une maison normale,
comme les autres maisons du quartier, mais, au fil du temps, pour toutes
sortes de raisons, et on pourrait en
discuter longuement pourquoi, mais, pour toutes sortes de raisons, notre
hypothèque n'a pas diminué. Et donc on se
retrouve maintenant, 30 ans plus tard, avec une maison qui a besoin de
réparations, on a besoin de réparer
le toit, on a besoin de réparer... de remettre des nouvelles fenêtres, etc., et
on a encore une hypothèque qui est très élevée. Alors, on va aller voir
notre banquier, on va aller voir notre banquier : Écoute, j'ai besoin
d'une deuxième hypothèque pour faire mes
travaux de réparation, de rénovation. Le banquier nous dit : Bon, O.K., tu
as quand même une certaine équité
dans ta maison, une certaine équité, on peut négocier une deuxième hypothèque,
mais, pour t'accorder ta deuxième
hypothèque pour que tu puisses faire ces travaux-là, il faut que tu me
démontres que tu vas continuer de payer, tu vas diminuer ta première hypothèque. Il faut que ta première hypothèque
baisse, que je sois, moi, en tant que banquier, sois convaincu que ta première hypothèque va baisser
pour que je puisse te prêter pour la deuxième pour réparer... faire les
travaux de réparation.
Alors,
nous, c'est ce que la famille a fait, donc la famille a déposé un plan
d'affaires au banquier, lui montrant qu'ils s'engagent dans un programme d'épargne forcée pour faire diminuer la
première hypothèque et, comme ça, ils peuvent avoir une deuxième qui va
leur permettre de faire les rénovations qui sont nécessaires. Après 30 ans, il
faut mettre un nouveau toit, etc.
Alors,
c'est un peu le parallèle que je fais avec l'État du Québec, parce que nous, on a besoin d'une deuxième hypothèque pour faire nos travaux
d'infrastructures, le PQI, les 100 milliards sur 10 ans qu'on s'engage à
dépenser en routes, oui, mais aussi
écoles, hôpitaux, et tout ça. Ça va être financé. Et ce qui nous permet de
démontrer aux banquiers, aux créanciers que notre première hypothèque
baisse, ce sont deux choses.
D'abord,
finis les déficits, donc, opérationnellement, année après année, on vit à
l'intérieur de nos moyens, on ne dépense pas plus que ce qu'on gagne,
donc, c'est pour ça qu'on doit revoir nos dépenses pour qu'on puisse être à
l'intérieur de ce qu'on peut payer.
Et puis deuxièmement on a ce Fonds
des générations, avec ses propres sources de revenus qui lui sont
dédiées et donc qui nous permettent de faire
baisser la première hypothèque, faire baisser le niveau d'endettement pour
qu'on puisse investir dans les
infrastructures publiques et les mettre à niveau, parce qu'en effet, oui, nous
avons besoin de réparer nos écoles,
de construire de nouveaux hôpitaux, de nouveaux CHSLD, des infrastructures
routières, de transport collectif. Donc, on a besoin de beaucoup d'investissements publics :
100 milliards sur 10 ans. Et la seule façon qu'on peut faire ça,
c'est en maintenant cette approche très
structurée et très disciplinée en ce qui concerne le remboursement ou la baisse
du fardeau de la dette qui découle
des décisions du passé, et donc le Fonds des générations, avec ses propres
sources de revenus, nous permettent de faire ces choses-là.
Donc,
pour revenir à votre question,
pourquoi... comment... qu'est-ce qui nous rend plus confiants quant à
l'avenir, c'est le fait que nous avons cet
outil-là maintenant, le Fonds des générations, donc nous baissons
notre niveau d'endettement de façon systématique, année après année.
Parce
que vous avez commencé à vous dire,
dans le bloc précédent, quand on a constaté des difficultés financières dans certains États, on n'a qu'à voir ce qu'il
s'est passé en Europe, par exemple,
ou même un peu plus proche de chez nous,
ce qu'il s'est passé, ce qu'il se passe présentement dans certaines provinces
comme la Saskatchewan ou Terre-Neuve, surtout Terre-Neuve.
C'est
quand vous avez, pour une raison quelconque, vous avez un choc, vous revenus
sont affectés, vous revenus baissent
et, en partant, vous avez un niveau de dette qui est très élevé, votre réaction
à ce choc-là est beaucoup plus difficile, et là vous devez faire ce que j'appellerais, moi, à ce moment-là, de la
véritable austérité, c'est-à-dire à couper massivement dans les dépenses, par exemple ce qu'il s'est
passé au Portugal dans les années 2009, 2010, 2011, ils ont... En partant,
il y avait une dette publique qui était
élevée, il y avait des déficits structurels, qui, sans être très élevés,
étaient structurels, étaient presque
permanents. Donc, quand il y a eu le choc, ils n'ont pas été capables de
continuer d'avoir des opérations financières,
d'emprunter dans les marchés financiers. Donc, c'était très difficile pour eux
de rouler, de renouveler leur dette. Et là ils ont été forcés de faire
des choses qui ont été pénibles, comme tout simplement, par exemple, quand on
parle d'austérité, ils ont coupé dans les paiements de pensions, ce n'est pas
qu'ils ont coupé l'indexation, ils ont coupé les paiements de pensions, parce qu'il n'avait pas le choix, là. Donc, ça,
c'est de la véritable austérité. Et l'élément principal qui les a forcés
à prendre ces décisions-là était qu'en partant, quand ils ont faire face à un
choc, en partant, leur niveau d'endettement était très élevé.
Donc,
le principal facteur quand on regarde l'avenir et qui nous donne un peu plus de
confiance dans notre capacité de
faire face à des chocs futurs, c'est notre approche très disciplinée et très
structurée de réduction du fardeau de la dette avec le Fonds des
générations.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Portneuf.
Matte : J'aurais aimé aussi...
M. le ministre dit : On démontre qu'on rembourse notre
dette. Mais, malgré tout, notre dette
est toujours en croissance, puis, en même temps, c'était la
différence entre une bonne puis une mauvaise dette, là, tu sais... pouvoir parler, tu sais, j'aurais aimé
qu'on puisse, pour nos auditeurs, là, faire la différence, malgré que
notre dette augmente, mais il y a
une bonne puis une mauvaise dette, là, tu sais. J'ai trouvé que, sur la
mauvaise dette, vous n'avez pas été assez explicite là-dessus, là.
Leitão : Oui, oui, en effet.
Bonne et mauvaise dette, c'est un peu, un peu, pas tout à fait, mais un peu ce que je parlais,
de première et deuxième hypothèque. C'est-à-dire, la mauvaise dette, c'est la dette qui provient
des déficits annuels. Donc, quand
vous n'êtes pas capable de payer vos factures, payer votre épicerie
mensuellement avec vos revenus, quand vous
devez payer votre épicerie avec une carte de crédit, donc la dette s'accumule. À un moment donné, le créancier va venir vous
voir et dire : Écoute, moi, je t'enlève ta carte de crédit ou alors je te
baisse la limite. Et là vous avez un énorme problème. Donc, la mauvaise
dette — et
on l'a accumulée, tous les gouvernements confondus des 30 dernières années — c'étaient des déficits opérationnels, année
après année, pour toutes sortes de raisons, mais on vivait un peu dans cette illusion qui était qu'il n'y avait pas de
problème à donner des services publics, santé, éducation, famille, justice,
en empruntant. Ça ne marche pas, là, quand on fait ça systématiquement, on se
retrouve avec une dette qui provient de l'accumulation
des déficits très élevés. Ça, c'est la mauvaise dette. Et malheureusement, au
Québec, cette mauvaise dette là, donc
les déficits accumulés du passé, maintenant c'est... je n'ai pas le chiffre en
tête, là, je ne vais pas vous donner de mauvais chiffres, on a ça dans les documents, mais c'est quelque chose
comme, je pense, 110 milliards de dollars, quelque chose comme ça,
donc, l'effet des déficits accumulés.
La bonne dette, si on
peut ainsi dire, c'est la dette qui sert à financer un actif. On a besoin de
construire des hôpitaux, on a annoncé
récemment, ce mois-ci, je pense, ou, en tout cas, récemment, par exemple, la
modernisation de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, c'est 1,8 milliard, c'est un projet majeur, là. On
vient de terminer le projet du CHUM, du CUSM, ce sont des projets de plusieurs milliards de dollars. Donc, pour
pouvoir faire ça, pouvoir financer ces projets-là, il nous faut emprunter. Donc, il y a de la dette,
oui, mais ça, c'est ce que je considère la bonne dette, parce qu'elle nous
sert à construire des actifs dont on a besoin, la mauvaise étant l'accumulation
des déficits opérationnels année après année. D'ailleurs,
quand on regarde... il y a presque la moitié... 29 %, disons 30 % de
la dette du Québec, 30 %, ce sont les déficits accumulés. Donc, c'est un montant quand même...
30 % du PIB, pardon, excusez-moi, oui, c'est ça, 30 % du PIB,
donc c'est plus que la moitié. La dette totale, c'est 51 % du PIB, donc,
de ce 51 %, 30 %, c'est la mauvaise dette. Donc, il y en a 20 % et quelques qui est la bonne
dette. Et puis, avec le temps, cette mauvaise dette va en diminuant, parce
qu'on n'ajoute plus, là, finis, les déficits.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Portneuf.
M. Matte : Alors, je
voudrais quand même rassurer mon collègue de Rousseau, qui dit qu'en
éducation... notre immobilisation,
puis on l'a, le ministre de l'Éducation a reconnu, cette semaine,
qu'effectivement... qu'on doit redonner vraiment un coup, là, pour
faire... améliorer nos infrastructures scolaires. Ça, on l'a reconnu.
Mais je voudrais
quand même attirer son attention qu'en éducation c'est une priorité, puis notre
budget... les dépenses sont de
18,9 milliards en éducation. C'est quand même, là, une croissance de
3,5 % qu'on investit en éducation. Puis faudrait dire que
l'éducation, ce n'est pas uniquement, là, le primaire puis le secondaire. Mais
je regarde, là, en enseignement supérieur,
nos collèges et nos universités auront embauché... c'est plus de 1 000
ressources additionnelles à compter de septembre 2018.
matin, je lisais un
article dans Le Journal de Québec , de mon
collègue Égide Royer, avec qui j'ai eu l'occasion de travailler lorsque j'étais au scolaire, et qui
dit bravo, qui nous félicite, parce qu'à compter de septembre il y a déjà
des ressources qui seront données. Et je
voudrais aussi... On parle de milliards, on parle de millions, on
parle d'investissements et de... Bon.
Mais je voudrais vous dire concrètement comment ça se manifeste dans ma
commission scolaire, la commission scolaire de Portneuf, chez nous.
donc, actuellement, on a ajouté deux classes de maternelle quatre ans. C'est
avec les 780 000 $ qu'on a injectés, c'est 10,5 postes de plus. Donc, c'est vraiment des services directement
aux élèves. Il y a un montant de 136 000 $ qui a été donné à
des organismes communautaires, que ça soit le Carrefour FM, que ça soit le CERF
Volant, afin de mieux soutenir nos familles,
et c'est toujours dans un bénéfice de nos enfants. Il y a une aide financière
de 24 000 $ pour un bureau de
coordonnateur des CPE. On a rajouté 125 000 $ pour l'amélioration des
cours d'école. Il y a le programme de hockey-école, qui est parrainé avec le joueur Joé Juneau, qui donne des fruits.
Donc, c'est 1,7 million pour huit écoles. Donc, c'est vraiment l'amélioration de nos infrastructures, de
nos écoles. Donc, ces huit projets-là, c'est des écoles qu'on améliore
afin d'augmenter la qualité des services,
mais aussi l'environnement. Parce qu'on sait que c'est important, un
environnement sain, c'est important pour que nos enfants puissent évoluer, se
développer dans un milieu sain.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le député de Portneuf, pour vos propos.
Président (M. Bernier) : Nous allons passer... M. le député de Granby,
la parole est à vous pour votre bloc.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Un autre petit bout sur
le REM, M. le ministre. Vous avez décidé de verser le montant d'équité, qui était prévu par le
gouvernement du Québec, donc la portion prévue au REM de 1,3 milliard
si on fait un chiffre rond. Premier montant
de 500 millions le 26 mars dernier et 500 millions le 1er juin 2018,
dans quelques semaines, et le dernier montant dans un an, le 1er avril
2018... 2019, pardon, 283 millions de dollars.
Est-ce
que c'est une demande de la Caisse de dépôt, de verser ce montant aussi
rapidement à l'intérieur d'un an?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Bon, est-ce que c'est une demande? Moi, je... Ce n'est pas
une demande comme telle, mais, dans les... puisque le gouvernement du
Québec s'est engagé à participer en équité à ce projet à la hauteur de
1,283... milliard, excusez-moi, des millions, milliards...
Le Président (M.
Bernier) : Ajoutez une couple de zéros.
Leitão : C'est ça. Donc, comme on s'était engagés à
1 280 000 000 $, pour ce qui est du timing du décaissement... Est-ce que c'est maintenant?
Est-ce que c'est le mois prochain? Est-ce que c'est dans six mois? Bon,
ça fait partie... peut-être, M. Côté pourrait expliquer un peu plus que moi
pourquoi le timing, mais ça s'insère dans l'échéancier du projet lui-même. Je
ne pourrais pas vous dire exactement...
Le Président (M.
Bernier) : M. Côté, avez-vous des choses à nous dire?
M. Côté (Pierre) : Bon, tout simplement que ces versements-là étaient prévus dans le
modèle financier de la caisse pour...
puis un versement à la clôture financière, la signature avec les consortiums,
un autre le 1er juin et l'autre, le 1er avril 2019. Tout ça pour...
Bonnardel : Donc, c'est un peu la caisse qui demandait.
M. Côté (Pierre) : Oui, dans le modèle financier. Tout ça, c'était pour une efficacité
financière, réduire les coûts de financement et, en même temps,
favoriser une tarification moins élevée, là.
Bonnardel : Donc,
est-ce que le fédéral a versé son montant lui aussi? Parce que
j'essaie de trouver depuis tantôt, je
ne vois rien qui m'indique que le fédéral, par la banque d'infrastructure,
aurait versé ce montant. Est-ce qu'on a... En tout cas, c'est juste à
nous qu'on a demandé ça ou...
Leitão : Bien, comme vous
savez, le gouvernement fédéral n'a pas encore créé la Banque
d'infrastructure. La BIC, elle est toujours
en processus de création. Donc, le gouvernement fédéral s'est engagé à contribuer aussi à la hauteur de 1 280 000 000 $. Maintenant, pour ce qui
est du timing de ces déboursements-là, ça, ça serait entre la caisse et le gouvernement fédéral. Je n'ai pas vraiment de... À ce que je sache, il n'y a
pas eu encore... aujourd'hui, là, il
n'y a pas eu de participation fédérale, mais je ne peux pas vous
dire que ça va se faire, dans quel mois ou... C'est entre la caisse et
le gouvernement fédéral. Vous pouvez peut-être demander à M. Sabia quand il
viendra ici.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
Bonnardel : Donc,
stratégiquement, vous me dites que la caisse vous a demandé de verser ces
montants à des dates précises selon l'échéancier, le début des travaux,
et tout ça?
Le Président (M.
Bernier) : ...simplement en vous approchant...
M. Côté
(Pierre) : O.K. Oui. Oui, la caisse nous a demandé...
Le Président (M.
Bernier) : ...parce que ce qui est enregistré, c'est votre voix.
Merci.
Bonnardel :
O.K. Je questionnerai la caisse un peu plus... le 1er mai prochain.
Petite
question ou quelques questions sur la fiscalité numérique, le commerce
électronique. Première question, encore
une fois, taxe Netflix, là, ça a été
le sujet pendant un certain nombre de semaines. Le ministre
Morneau avait dit : Pour nous,
il est hors de question de taxer, de vous supporter, en tout cas de nous aider, nous, comme gouvernement,
vous comme gouvernement, là. Il laisse
ouverte la porte. Avez-vous eu des discussions dans les dernières semaines, à savoir : Est-ce
qu'il pourrait y avoir entente commune entre les deux paliers pour la taxe
Netflix, mais taxe numérique? Vous me suivez, là.
Leitão : Oui. Non, on n'a
pas eu de nouveau développement. J'ai lu, comme vous, dans les médias,
certains commentaires de nos collègues
fédéraux. Mais non, on n'a pas eu de... La dernière communication qu'on avait
eue, c'était la réponse à notre
demande, à notre lettre qu'on leur avait envoyée, et la réponse était que le gouvernement fédéral n'avait pas
l'intention de percevoir la TPS, mais que, si nous, on souhaitait le faire,
qu'on le fasse. Et c'est ce qu'on va faire.
Bonnardel : O.K.
Vous dites dans le fascicule sur la culture du Plan économique qu'«à compter du
1er janvier 2019, les fournisseurs
étrangers effectuant au Québec pour plus de 30 000 $ par année de fournitures taxables de biens incorporels et de services, y compris les fournitures en ligne de contenu
numérique, par exemple de la musique ou des films, à des consommateurs québécois auront l'obligation de s'inscrire au
régime de la TVQ et seront tenus de percevoir et de remettre la TVQ à
Revenu Québec», il va de soi. Avez-vous fait une évaluation du nombre de ces entreprises
qui pourraient s'inscrire ou vous avez juste
mis ça dans ce document en vous disant : Bon, on va souhaiter, de façon volontaire, que ces entreprises
s'inscrivent?
M. Leitão :
Oui, non... Oui, non! Pas oui, non, ça, ça ne marche pas, oui, non.
Oui,
nous avons un estimé du nombre d'entreprises. On n'est pas dans les milliers, ni dans les
centaines, ni dans les dizaines, nous
pensons qu'il y a à peu
près une quinzaine d'entreprises qui devraient... donc qui fournissent ces services-là et qui
devraient s'inscrire au régime simplifié de TVQ, une quinzaine d'entreprises.
Bonnardel :
Je le disais, c'est de façon volontaire. Est-ce que vous allez donner des
ressources, ou les ressources sont déjà là à
Revenu Québec ou au ministère pour... Si vous dites une quinzaine, ce n'est pas
beaucoup, là, un coup
de téléphone, à savoir... Qu'on parle de Spotify, ou de Netflix, ou autre, peu
importe, là, allez-vous communiquer avec ces entreprises ou vous leur laissez
le libre choix de...
Le Président (M.
Bernier) : Oui, M. le ministre.
M. Leitão :
Revenu Québec n'a pas besoin de ressources additionnelles pour ça, parce qu'on
parle d'une quinzaine, et Revenu Québec, une fois qu'on aura adopté le projet
de loi, et pour cela... parce que
ça prend un projet de loi pour faire ce changement-là, et nous le déposerons
bientôt, et donc on demanderait la
collaboration de tout le monde pour le
faire asse