House Proceedings — 18 March 2009 (39th Legislature, 1st Session)

2009-03-18

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 18 March 2009 (39th Legislature, 1st Session)

2009-03-18

Quebec — Debates (Hansard)

Journal des débats de l'Assemblée nationale

Version finale

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39 e législature, 1 re session

(13 janvier 2009 au 22 février 2011)

Le mercredi 18 mars 2009 - Vol. 41 N° 8

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Table des matières

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur le discours d'ouverture et sur les motions de censure

M. Emmanuel Dubourg

M. Bertrand St-Arnaud

M. Norbert Morin

M. Claude Cousineau

M. Éric Caire

Mme Lucie Charlebois

M. Alexandre Cloutier

Motion de censure

Présence de la directrice de l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la

Francophonie, Mme Fatima Dia Touré, et de M. Jean-Pierre Ferland,

auteur-compositeur-interprète

Souligner le départ à la retraite de M. Serge Breault, sergent d'armes adjoint

Affaires courantes

Présentation de projets de loi

Projet de loi n° 27 ? Loi affirmant le caractère collectif des ressources

en eau et visant à renforcer leur protection

Mme Line Beauchamp

Mise aux voix

Projet de loi n° 16 ? Loi favorisant l'action de l'Administration

à l'égard de la diversité culturelle

Mme Yolande James

Mise aux voix

Dépôt de documents

Rapports annuels 2006-2007 et 2007-2008 du Centre de recherche industrielle,

de la Société Innovatech du Grand Montréal et de la Société Innovatech Régions

ressources et rapport annuel du Fonds de la recherche en santé

Rapport annuel de Revenu Québec résultant de la comparaison, du couplage ou de

l'appariement des fichiers de renseignements inscrits au plan d'utilisation

Dépôt de pétitions

Soutenir les organismes communautaires

Questions et réponses orales

Plan d'action pour atténuer les effets du ralentissement économique

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Processus de nomination à la direction de la Caisse de dépôt et placement

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Rôle et mandat du président et chef de la direction

de la Caisse de dépôt et placement

M. Jean-Martin Aussant

Mme Monique Jérôme-Forget

M. Jean-Martin Aussant

Mme Monique Jérôme-Forget

M. Jean-Martin Aussant

Mme Monique Jérôme-Forget

Augmentation du salaire minimum

M. Amir Khadir

Mme Monique Jérôme-Forget

M. Amir Khadir

M. Jean Charest

M. Amir Khadir

M. Jean Charest

Rapport d'enquête sur les communications intervenues en 2008

entre Persistence Capital Partners et M. Philippe Couillard, alors

ministre de la Santé et des Services sociaux

Mme Agnès Maltais

M. Jacques P. Dupuis

Mme Agnès Maltais

M. Jacques P. Dupuis

Mme Agnès Maltais

M. Jacques P. Dupuis

Politique de gestion du risque de la Caisse de dépôt et placement

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

Encadrement de la gestion du risque par le conseil d'administration

de la Caisse de dépôt et placement

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

Protection de la confidentialité des sources d'information des journalistes

Mme Véronique Hivon

Mme Kathleen Weil

Mme Véronique Hivon

Mme Kathleen Weil

Motions sans préavis

Offrir des condoléances à la famille et aux proches du père Fernand Lindsay,

fondateur du Camp musical et du Festival d'été de Lanaudière

Mise aux voix

Souligner la Journée internationale de la Francophonie et la contribution

de l'auteur-compositeur-interprète Jean-Pierre Ferland

Mise aux voix

Souligner le Mois de l'épilepsie

Mise aux voix

Souligner la Journée internationale pour l'élimination

de la discrimination raciale

Mise aux voix

Souligner la fête du Norouz et la contribution

de Québécois originaires de l'Asie centrale

Mise aux voix

Procéder à des consultations particulières sur le projet de loi n° 25 ? Loi

modifiant la

Loi sur l'équité salariale

Mise aux voix

Avis touchant les travaux des commissions

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur le discours d'ouverture et sur les motions de censure

M. Michel Pigeon

M. Benoit Charette

Mme Danielle St-Amand

Mme Lisette Lapointe

Document déposé

M. Norman MacMillan

M. Pierre Curzi

Motion de censure

M. Claude Bachand

M. François Bonnardel

Mme Marie Bouillé

Motion de censure

M. Tony Tomassi

Ajournement

Journal des débats

(Dix heures trois minutes)

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.

Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur le discours

d'ouverture et sur les motions de censure

Aux affaires prioritaires, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 17 mars 2009, sur le discours d'ouverture de la session prononcé par M. le premier ministre le 10 mars dernier et sur les motions de censure présentées par Mme la chef de l'opposition officielle, Mme la députée de Lotbinière, M. le député de Mercier, M. le député d'Ungava, M. le député de Marie-Victorin et M. le député de Richelieu.

Avant de donner la parole au prochain intervenant, je vous informe que 15 h 6 min ont été utilisées dans le cadre de ce débat. Il reste donc un total de 13 h 53 min, réparties comme suit: 6 h 25 min au groupe parlementaire formant le gouvernement; 5 h 49 min au groupe parlementaire formant l'opposition; 38 minutes aux députés indépendants affiliés à l'Action démocratique; 60 minutes au représentant du gouvernement pour sa réplique.

Je suis maintenant prête à céder la parole au prochain intervenant. M. le député de Viau.

M. Emmanuel Dubourg

M. Dubourg: Merci, merci. Merci, Mme la Présidente. Bon matin. Je suis heureux de prendre la parole à l'occasion de cette Trente-neuvième Législature. J'en profite pour saluer les 124 autres parlementaires de cette Assemblée et leur souhaiter un franc succès, car nous avons tous été élus pour servir nos concitoyens.

J'ai écouté, Mme la Présidente, avec beaucoup d'intérêt le discours inaugural du premier ministre du Québec, et tous les citoyens ont pu constater la vision qu'il a pour tous les Québécois. C'est une vision très claire, qu'il a présentée dans un plan en trois phases: d'abord, des mesures pour faire face à la récession, des mesures pour rebondir après la récession et enfin des mesures pour préparer l'avenir.

Nous sommes conscients que c'est le plan qu'il faut, car notre gouvernement a déjà pris des mesures dans le passé. Qu'il s'agisse de baisses d'impôt pour la classe moyenne, d'investissements importants en infrastructures, pour ne nommer que celles-là, nous avons continué en janvier dernier à investir dans l'économie du Québec avec notre programme de rénovation domiciliaire, l'augmentation aussi du salaire minimum et la contribution de 1 milliard à la Société générale de financement et 1 milliard dans le programme Renfort pour investir dans les entreprises québécoises.

Mme la Présidente, hier, aux États-Unis, le président Obama a annoncé 15 milliards pour venir en aide aux entreprises qui ont des problèmes avec les liquidités. Or, nous, ici au Québec, c'est 2 milliards. Donc, toutes proportions gardées, Mme la Présidente, c'est cinq fois plus que nous avons décidé d'investir pour aider les entreprises du Québec. Pendant que le Canada, les États-Unis et l'Europe se demandaient comment faire face à la crise économique, nous, au Québec, nous étions déjà dans l'action avec un investissement de 41 milliards dans les infrastructures.

Les économistes ont reconnu que ces investissements et la baisse d'impôt ont permis au Québec de résister encore à cette récession.

Toutefois, la crise est mondiale, nous le savons. Le Québec ne peut s'échapper, puisque 75 % de nos exportations se font vers les États-Unis. Il y a une baisse aussi de la consommation, et les revenus du gouvernement ne cessent de chuter.

Malgré le fait que les données de cette crise, Mme la Présidente, sont différentes de celles que nous avons déjà connues par le passé, où le taux de chômage, par exemple, atteignait 12 %, le taux d'inflation était de 12,4 % et aussi les taux hypothécaires, si on se rappelle bien, étaient de 18 % à 20 %, nous savons en même temps que des familles québécoises sont inquiètes, il est donc de notre devoir de prendre des mesures pour contrer cette récession.

Le premier ministre du Québec a donc décidé de faire de l'emploi sa priorité. Il faut maintenir les personnes à l'emploi, bien que 92 % de la population active est au travail. Le gouvernement fait le choix d'investir massivement tout en aidant les entreprises à garder les Québécois au travail. Ensuite, nous allons créer de la richesse par le biais du nouvel espace économique, grâce à l'entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre, à l'entente Québec-France et aussi au développement du plan Nord dont on parle grandement. Enfin, le premier ministre misera sur la formation et l'éducation pour mieux rebondir.

Le Pacte pour l'emploi nous donne cette avance pour accompagner les travailleurs. Nous allons continuer à former les travailleurs en assouplissant les programmes de formation, nous allons les aider à acquérir de nouvelles connaissances.

D'entrée de jeu, le premier ministre a affirmé que nous allons même prendre toutes les mesures pour garder les étudiants étrangers qui souhaitent demeurer au Québec en leur offrant un certificat de sélection pour immigrer ici, chez nous. Oui, Mme la Présidente, nous sommes ici chez nous. Nous sommes des Québécois, pour la plupart, venus d'ailleurs, nous payons des taxes et des impôts, nous contribuons à l'essor économique et social du Québec, donc il est tout à fait normal que nous puissions postuler à des postes les plus importants dans les grandes entreprises du Québec, à la hauteur de nos compétences et de nos aspirations.

(10 h 10)

Le Québec est une société inclusive. Nous y croyons, nous, du Parti libéral du Québec. Voilà pourquoi les Québécois nous ont fait confiance, Mme la Présidente, pour un troisième mandat consécutif. Nous sommes le parti de l'économie, et notre première priorité, Mme la Présidente, c'est l'emploi. Et c'est tout à fait normal ensuite que les Québécois aient permis au premier ministre d'avoir les deux mains seul sur le volant pour diriger le Québec et faire prospérer le Québec.

Bientôt deux ans que je travaille au sein du gouvernement, je peux affirmer que le premier ministre prend le temps nécessaire de transformer cette vision en plan de match qu'il partage tant avec les ministres, les députés, le parti afin que nous soyons tous

partie prenante pour le progrès économique et social du Québec.

Suite aux élections du 8 décembre dernier, le premier ministre m'a fait confiance en me nommant adjoint parlementaire à la ministre des Finances. C'est un privilège pour moi d'appuyer au meilleur de ma connaissance la ministre titulaire de ce portefeuille. Nous avons déjà commencé, car nous avons, je dirais, une belle complicité, puisque la ministre m'a demandé de l'accompagner dans le processus budgétaire. Le fruit de ce travail vous sera présenté demain, et ce budget reflétera notre vision pour le Québec.

Je souhaite, par cette fonction, appuyer encore plus le secteur industriel de mon comté à la recherche de liquidités pour faire face à la crise économique. Ces entreprises pourront profiter de prêts, de garanties de prêt et aussi du Pacte pour l'emploi pour continuer à prospérer, à créer et à maintenir des emplois de qualité dans le comté. Si aujourd'hui j'ai le privilège de siéger à l'Assemblée nationale du Québec, Mme la Présidente, c'est grâce aux citoyens de la circonscription de Viau. Aujourd'hui, je veux leur dire merci et leur témoigner de ma profonde admiration.

Ils m'ont accordé leur confiance pour la seconde fois et, cette fois-ci, avec une majorité accrue. C'est une grande responsabilité, certes, accompagnée d'une grande fierté pour moi de les servir avec respect et loyauté.

En deux ans, nous avons réussi... nous avons accompli beaucoup de choses dans le comté, que ce soient des places en garderie, la création de nouveaux logements sociaux, des investissements aux centres d'hébergement, de l'amélioration de la sécurité dans Saint-Michel et des investissements à la Tohu et à l'École nationale de cirque, pour ne nommer que ceux-là. Nous travaillons, Mme la Présidente, à changer l'image négative, propagée par les médias, du comté, ou de Saint-Michel plus spécifiquement.

La preuve, il y a environ deux semaines, le Complexe environnemental de Saint-Michel a été choisi pour être l'un des seuls exposants à Shanghai, en 2010, où plusieurs millions de visiteurs pourront admirer ce modèle de réussite qui réunit les facettes environnementale, culturelle et sociale sous un même toit, à Saint-Michel, et malheureusement ça a presque passé sous silence. Saint-Michel a été choisie comme seule ville en Amérique du Nord à cette exposition à Shanghai.

J'en profite pour saluer les organismes communautaires du comté pour leur implication afin d'améliorer la qualité de vie des citoyens du comté et favoriser l'implication citoyenne. Ils font un travail extraordinaire avec de multiples tables de concertation pour faciliter l'intégration des Québécois venant de plus de 69 pays différents.

Il nous reste beaucoup à faire encore. Toutefois, il faut souligner nos succès. Nous continuons à développer la rue Jarry, où le CLSC vient de déménager pour offrir, avec un personnel compétent, de meilleurs soins à la population avoisinante. Sur la rue Jean-Talon, nous avons le Petit-Maghreb qui prend de plus en plus d'expansion grâce à des gens dévoués et soucieux du bien-être des gens du comté. Nous avons donc l'espoir que le Petit-Maghreb sera renommé au même

titre que la Petite-Italie.

Permettez-moi, Mme la Présidente, que je salue les acteurs qui jouent un rôle important ou essentiel même, je dirais, dans le comté: d'abord, les élus tant du côté fédéral que municipal, le corps de police et son commandant. J'en profite aussi pour saluer un jeune homme de 82 ans, M. Léo Bricault, qui est fondateur du Journal de St-Michel , qui m'a accompagné pendant toute la campagne électorale, faire du porte-à-porte. Je peux vous dire, Mme la Présidente, que M. Bricault était plus en forme que moi pendant ces 33 jours.

Mme la Présidente, j'aimerais aussi remercier d'autres personnes qui m'ont beaucoup aidé. Encore une fois, j'aimerais dire merci, et un merci tout spécial à la famille Cusano, William Cusano, qui fut jadis député de Viau de 1981 à 2007, ainsi que son épouse. Je veux les saluer et je veux leur dire merci pour leur appui incontestable qu'ils m'apportent effectivement lors de ma campagne et durant tout mon mandat. Et j'en profite aussi pour dire aux bénévoles italiens... (S'exprime en italien).

J'aimerais remercier aussi la présidente de mon association, Mme Lucy Rodrigues, et son conjoint. C'est une famille d'origine portugaise qui est toujours présente dans toutes mes activités, et je veux aussi leur dire merci, et à leurs parents respectifs. Merci aussi à toute mon équipe du bureau qui... Sans cette équipe-là, je ne pourrais pas donner ces services aux citoyens de mon comté.

Je veux aussi saluer mes compatriotes haïtiens et les remercier de leur appui, sans oublier les professionnels du taxi qui encore une fois ont laissé tomber une journée de travail pour venir m'aider lors de ma campagne électorale. Vous savez, Mme la Présidente, la devise de notre cher Haïti, c'est L'union fait la force , alors... (S'exprime dans sa langue). Mme la Présidente, encore une fois, le créole à l'Assemblée nationale, c'est une tradition, donc c'est ma deuxième législature, et j'en profite pour effectivement m'adresser en créole à mes chers concitoyens aussi.

Je salue, pour terminer, ma famille, la famille Dubourg, mes frères et soeurs, mes nièces, mes neveux, mes cousins et spécialement ma soeur qui est rentrée d'Haïti, Mimine, pour venir s'assurer de ma réélection dans le comté de Viau. Je salue fièrement mes deux garçons Edwin et David que j'aime beaucoup. Ils ont beaucoup participé à ma campagne, et, je veux leur dire, malgré mes absences répétées, mon amour pour eux ne cesse de grandir.

En conclusion, Mme la Présidente, je remercie le Tout-Puissant de sa bienveillance à mon égard et je rendrai hommage à chaque fois que je peux à mes parents, ma mère Elvire et mon père Simon, qui sont présentement enterrés à Saint-Marc, ma ville natale. Mme la Présidente, je vous remercie de votre écoute active. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Je vous remercie, M. le député de Viau. Je reconnais maintenant M. le député de Chambly. M. le député.

M. Bertrand St-Arnaud

M. St-Arnaud: Merci, Mme la Présidente. C'est avec une certaine émotion et beaucoup de fierté que je me lève aujourd'hui pour prononcer mon premier discours en cette enceinte, où, depuis 1886, soit près de 125 ans, se réunissent les représentants élus de notre nation.

Vous comprendrez, Mme la Présidente, que mes premiers mots iront aux électeurs et électrices de la circonscription de Chambly qui, le 8 décembre dernier, m'ont fait l'honneur de me confier le mandat de les représenter ici, à l'Assemblée nationale. Je les remercie de leur confiance et je leur assure que je ferai tout pour être à la hauteur de celle-ci.

La circonscription de Chambly, Mme la Présidente, elle est située en Montérégie et elle comprend six municipalités: au nord, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Basile-le-Grand; au sud de la circonscription, Chambly, Carignan, Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu. Vous ne serez pas surprise, Mme la Présidente, d'autant plus que vous êtes... vous vous occupez... vous représentez une circonscription qui est voisine de la mienne, vous ne serez donc pas surprise, Mme la Présidente, si je vous dis qu'il s'agit d'une très belle circonscription.

Effectivement, c'est une circonscription très verte comprise entre montagnes et rivières, entre le mont Saint-Bruno, bien connu des amateurs de plein air et de ski, au nord, et la rivière Richelieu, qui traverse toute la circonscription, à l'est. C'est aussi une circonscription jeune, puisque près des deux tiers de la population a moins de 45 ans. Vous aurez compris que c'est une circonscription de jeunes familles généralement avec enfants.

(10 h 20)

Finalement, Mme la Présidente, Chambly est une circonscription où d'importants jalons de notre histoire nationale se sont déroulés. Ainsi, dès 1609, il y a donc exactement 400 ans, Samuel de Champlain, après avoir fondé Québec, remonta la rivière Richelieu en compagnie de Montagnais et de Hurons. Il passa par le bassin de Chambly avant de poursuivre sa route jusqu'au magnifique lac qui porte maintenant son nom, le lac Champlain.

Ce passage de Champlain sur le Richelieu est important historiquement, car il permit notamment à Champlain de consolider son alliance avec les Montagnais et les Hurons, alliance qui lui permit de poursuivre sans problème son établissement à Québec. C'est aussi ce passage de Champlain qui ouvrit la voie de communication qu'est la rivière Richelieu. Au cours de la prochaine année, nous tiendrons d'ailleurs plusieurs activités dans ma circonscription et dans quelques circonscriptions voisines pour commémorer ce 400e anniversaire du passage de Champlain sur la rivière Richelieu.

La circonscription de Chambly, comme plusieurs circonscriptions de la Montérégie, fut aussi, et il m'apparaît important de le souligner ce matin, un haut-lieu de la lutte des patriotes pour la liberté et la démocratie, en 1837. Mme la Présidente, depuis 1867, je suis le 24e député de Chambly. Parmi mes prédécesseurs, on retrouve Louis-Olivier Taillon, qui fut premier ministre du Québec à la fin du XIXe siècle, et Pierre Laporte, député de Chambly de 1961 à 1970.

On me permettra aussi de mentionner feu Denis Lazure, qui fut le premier député de Chambly issu de ma formation politique en 1976 et auprès de qui j'ai fait mes premiers pas en politique il y a déjà 32 ans, Mme la Présidente. Et finalement on me permettra également de souligner... de mentionner celle qui a représenté avec brio la circonscription de Chambly de 1994 à 2003 et dont j'ai eu l'honneur de diriger le cabinet politique pendant près de trois ans et demi au ministère des Relations internationales, mon amie l'actuelle députée de Rosemont.

Vous aurez compris de mes propos, Mme la Présidente, que j'aime le comté de Chambly, un comté où j'ai passé l'essentiel de ma vie et où je réside toujours, et que j'aime les gens qui y habitent et que je représente ici. Ces gens de Saint-Bruno, Saint-Basile, Chambly, Carignan, Richelieu et Saint-Mathias, je les rencontre constamment depuis mon élection. Plusieurs d'entre eux me transmettent aussi des messages électroniques. Et je peux vous assurer d'une chose, Mme la Présidente, les citoyens de Chambly sont en colère. Depuis quelques mois, ils ont l'impression qu'on les a trompés durant la campagne électorale.

Que ce soit sur l'état des finances publiques, sur le montant de la péréquation versée au Québec ou sur les pertes de la Caisse de dépôt, ils ont l'impression, Mme la Présidente, pour reprendre l'expression populaire, de s'être fait avoir.

En effet, qu'est-ce que le premier ministre et la ministre des Finances ont dit et redit aux Québécois durant la dernière campagne électorale? Entre autres, trois choses: d'abord, qu'il n'y aurait pas de déficit ni cette année ni l'an prochain; deuxièmement, que la diminution de la péréquation, cette année, pour le Québec, ne serait que de 75 millions; et, troisièmement, que la Caisse de dépôt et placement était entre bonnes mains et que les Québécois n'avaient aucune raison de s'inquiéter des pertes appréhendées.

Or, une fois la campagne électorale terminée, qu'est-ce que les Québécois ont appris, Mme la Présidente? Exactement le contraire: premièrement, qu'il y aurait un déficit dès cette année, et on saura demain que c'est un déficit vraisemblablement de plusieurs milliards de dollars; deuxièmement, que le manque à gagner en péréquation pour le Québec, cette année, serait non pas de 75 millions, comme on nous avait dit en campagne électorale, mais de 1 000 millions, 1 milliard de dollars.

De 75 millions, en campagne électorale, 1 000 milliards, c'est ce qu'on a appris après la... 1 000 millions, oui, 1 milliard, c'est ce qu'on a appris après la campagne électorale. Et, troisièmement, bien entendu, ils ont appris après la campagne électorale que le rendement, en 2008, de la Caisse de dépôt serait de moins 25 % et que les pertes de la caisse atteindraient 39,8 milliards de dollars, 39 800 millions.

À la lumière de ces faits, Mme la Présidente, on peut donc comprendre pourquoi mes commettants de la circonscription de Chambly sont en colère. Pourquoi? Ils ont l'impression d'avoir été trompés par le Parti libéral durant la dernière campagne électorale. Et je suis convaincu, Mme la Présidente, et les sondages nous le démontrent d'ailleurs, que ce n'est pas que dans Chambly que les gens, que les citoyens sont en colère mais que c'est maintenant partout au Québec.

Cette colère, Mme la Présidente, elle est présente depuis déjà un bon deux mois, depuis le début de 2009, mais, depuis la semaine dernière, depuis le message inaugural que le premier ministre a prononcé en cette Chambre le 10 mars dernier, cette colère, cette insatisfaction à l'endroit du gouvernement, elle s'est accentuée.

Vous le savez, Mme la Présidente, vous êtes parlementaire depuis bientôt 15 ans, un message inaugural, c'est un moment important dans la vie d'un Parlement, encore plus un message inaugural qui est prononcé en début de législature où on a quelques années devant nous. C'est là qu'un gouvernement doit normalement présenter sa vision du développement du Québec, et ce, dans tous les secteurs, économique, social, culturel. C'est là qu'un gouvernement doit nous présenter des propositions concrètes, des projets de loi concrets pour faire avancer notre nation.

J'ai en mémoire, Mme la Présidente, le discours inaugural prononcé par le premier ministre René Lévesque au début de la Trente-et-unième Législature, le 8 mars 1977, un discours rempli de projets emballants, enthousiasmants pour l'avenir du Québec, et ce, dans tous les secteurs d'activité. Je poursuivais alors mes études collégiales, Mme la Présidente. Et, je m'en rappelle, c'était vibrant.

De même, à l'ouverture de la première session, vous y étiez, Mme la Présidente, à l'ouverture de la première session de la Trente-cinquième Législature, vous faisiez vos premiers pas en cette Chambre, le 29 novembre 1994, on assista à un grand discours substantiel, un discours rempli d'idées et de projets concrets de la part du premier ministre Jacques Parizeau.

Mardi dernier, le 10 mars 2009, on était loin de ce type de discours, Mme la Présidente. C'était, je vous l'avoue candidement, c'était pathétique; un discours sans vision, sans âme, sans projet précis, sauf peut-être un ou deux. Et je ne suis pas le seul, Mme la Présidente, à avoir été déçu, tous les commentateurs de la scène politique ont dit essentiellement la même chose: ce message inaugural du premier ministre était mauvais, était insuffisant, était désespérant. Je vous en cite quelques-uns, Mme la Présidente, rapidement.

D'abord, dans Le Soleil , Jean-Marc Salvet, qui, dans un texte intitulé Pas à la hauteur , dit ceci: « Le discours inaugural prononcé hier par Jean Charest est le plus inintéressant de ceux qu'il a présentés. Sur la forme... »

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): M. le député de Chambly, je vous prie de nommer un député par son

titre et non pas par son nom. Merci.

M. St-Arnaud: J'en prends note, Mme la Présidente. Alors, il dit ceci: « Le discours inaugural prononcé hier par [le premier ministre] est le plus inintéressant de ceux qu'il a présentés. Sur la forme, il est le moins senti. Sur le fond, il est le moins engageant. » Et plus loin: « [Le premier ministre] ne s'est engagé à rien, hier. Il n'a posé aucun jalon sur la feuille de route de son gouvernement. »

De même, dans Le Devoir , Mme la Présidente, Michel David, dans une chronique intitulé Le pilote automatique , dit ceci: « Il ne fallait donc pas s'attendre ? parlant toujours du premier ministre ? à ce qu'il entreprenne son troisième mandat sous le signe de l'hyperactivité.

« De là à se mettre d'entrée de jeu sur le pilote automatique, il y a cependant une marge. Surtout de la part d'un homme qui réclamait l'exclusivité du volant. Des discours inauguraux qu'il a prononcés jusqu'à présent, celui d'hier était certainement le moins concret. L'entendre évoquer le 50e anniversaire de l'élection de "l'équipe du tonnerre" dirigée par Jean Lesage avait l'air d'une mauvaise blague.

« Entre le recyclage de mesures annoncées pour la énième fois et l'évocation d'une lointaine prospérité d'après-crise, le jour où le quasi mythique "plan Nord" portera ses fruits, il est bien difficile d'y trouver ce qui pourrait nourrir l'espoir de ceux qui sont touchés de plein fouet par la tempête que les libéraux promettaient de nous faire traverser sans trop de mal. » Et il ajoute: « Comme c'est le cas depuis le tout premier jour de la campagne électorale de l'automne dernier, le discours inaugural donnait la désagréable impression qu'on se payait notre tête. » Et je pourrais continuer.

Dans le comté même du premier ministre, La Tribune de Sherbrooke, un éditorial de Denis Dufresne, Insuffisant , où l'éditorialiste, parlant du premier ministre, dit que ce dernier « n'a présenté que du réchauffé » , que les moyens annoncés par Québec pour faire face à la crise sont « insuffisants » , « dénués d'imagination » .

Dans Le Devoir, Bernard Descôteaux parle d'un discours décevant. Dans le même journal, Robert Dutrisac, Un début léthargique , « discours inaugural, terne et sans surprise » . Et je pourrais continuer, Mme la Présidente, longtemps comme ça. C'est unanime. Le message inaugural du premier ministre était, de l'avis de tous, un mauvais discours inaugural, un mauvais message inaugural.

Et c'est probablement ? et ce sera ma dernière citation ? la chroniqueuse Lise Payette qui, dans son texte de vendredi dernier intitulé Sommes-nous des valises? , a le mieux résumé le tout à propos du premier ministre. Parlant du premier ministre, elle dit ceci: « ...il a ressorti toutes ses vieilles fiches des années passées pour les resservir à la sauce du jour dans son discours inaugural. » Et un peu plus loin: « L'homme aux deux mains sur le volant ne sait visiblement pas où aller.

Alors que tout un peuple est là, en attente d'une direction, d'un objectif, d'une idée nouvelle à se mettre sous la dent, il ressert le même pâté chinois sans aucune imagination. Alors qu'on attend de lui une lueur de mobilisation, un espoir vrai qui nous donne envie de mettre l'épaule à la roue, il joue le petit comptable sans envergure et sans imagination. Même quand il élève la voix, quand il hausse le ton, quand il mord dans ses mots pour rendre une formule plus crédible, nous n'y croyons plus.

Le discours inaugural doit servir à annoncer les grands projets législatifs, les entreprises du gouvernement, les transformations sociales envisagées, pas la liste d'épicerie des dernières années. Plus terne que ça, tu meurs. »

n (10 h 30) n

Mme la Présidente, le gouvernement du Parti libéral a été réélu il y a exactement, aujourd'hui, 100 jours. Il est pourtant déjà ? et c'est bien triste ? sans vision, sans véritable projet, sans âme.

À l'inverse, Mme la Présidente, de ce côté-ci de la Chambre, vous avez 51 députés de tous les âges, des gens de 25 ans, de 45 ans, de 65 ans, des gens qui ont des formations académiques diversifiées, des expériences professionnelles dans tous les grands secteurs d'activité de notre société, une équipe compétente, dynamique et, comme l'ont souligné plusieurs observateurs, Mme la Présidente, il faut bien le dire, de fort calibre. Nous avons aussi une chef, la députée de Charlevoix, qui a une expérience ministérielle comme personne dans l'histoire du Québec et dont tous ici reconnaissent les immenses qualités.

Mais surtout, Mme la Présidente, de ce côté-ci de la Chambre, nous avons des idées, nous avons des projets, dont un grand projet emballant: faire du Québec un pays, donner un nouveau pays au monde.

Mme la Présidente, nous sommes une nation, nous avons notre propre histoire, notre propre culture, surtout nous avons nos propres valeurs. Pourquoi ne déciderions-nous pas de franchir le dernier pas et de devenir un pays? Pourquoi ne déciderions-nous pas tous ensemble de dorénavant faire ici, au Québec, toutes nos lois en fonction de ce que l'on est, en fonction de nos valeurs, plutôt que de laisser une majorité de gens d'une autre nation, à Ottawa, légiférer pour nous?

Pourquoi, de même, Mme la Présidente, ne déciderions-nous pas de dorénavant percevoir toutes nos taxes et tous nos impôts et donc de garder ici, au Québec, tout l'argent recueilli via ces taxes et ces impôts pour pouvoir ensuite affecter toutes ces sommes en fonction de nos priorités, de nos valeurs? Peut-être, à ce moment-là, Mme la Présidente, mettrions-nous un peu moins d'argent dans les chars d'assaut et les sous-marins et un peu plus pour aider notre monde ordinaire, notre classe moyenne.

Finalement, Mme la Présidente, pourquoi ne pourrions-nous pas être présents en notre nom sur la scène internationale, comme seuls les pays souverains peuvent le faire? Mme la Présidente, le Québec a une contribution originale à apporter au monde, j'en suis profondément convaincu. Mais, pour vraiment apporter cette contribution originale, le Québec doit être assis aux tables où les vraies choses se discutent, à l'ONU, à l'OMC et à toutes ces tables, ce qu'il ne peut pas faire parce qu'il n'est pas un pays. C'est aussi simple que ça, Mme la Présidente.

Je vous le disais, Mme la Présidente, un peu plus tôt, j'ai oeuvré pendant trois ans et demi au ministère des Relations internationales du Québec à

titre de directeur de cabinet de la ministre. Il se fait dans ce ministère, avec des moyens limités, des choses formidables. Le personnel du ministère est hautement qualifié. Mais disons les choses telles qu'elles sont: Le Québec n'étant pas un pays, on n'est pas dans les ligues majeures, là où les vraies choses se passent, là où les vraies choses se décident.

En devenant un pays, à l'exemple des pays aux dimensions modestes, comme les pays scandinaves, les pays nordiques ? je pense à la Norvège qui fait des choses extraordinaires en matière internationale ? en devenant un pays, nous pourrions être véritablement présents sur la scène internationale, nous pourrions y parler en notre nom, nous pourrions y apporter un message original conforme à nos valeurs, notamment pacifiques et écologiques, et modestement nous pourrions contribuer vraiment à changer le monde.

Mme la Présidente, voilà un projet emballant: donner un nouveau pays au monde, un nouveau pays pacifique, préoccupé par les questions environnementales et épris de justice sociale, un pays conforme à ce que nous sommes. Ce projet emballant, j'entends y travailler ardemment comme député de Chambly au cours des prochaines années. Et je suis convaincu qu'un jour, toute notre histoire nationale cheminant en ce sens, un jour probablement pas si lointain, les Québécois, comme bien d'autres avant eux, se tiendront debout et sauront se dire: Oui. Je vous remercie, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Je vous remercie, M. le député de Chambly. Je cède maintenant la parole à M. le député de Montmagny-L'Islet. M. le député.

M. Norbert Morin

M. Morin: Merci, Mme la Présidente. Avant de débuter mon allocution, j'aimerais vous féliciter pour votre réélection en tant que députée et en tant que vice-présidente. Vous connaissant, je sais que vous allez nous faire un très, très, très bon travail.

C'est avec grand plaisir et empreint d'une très grande fierté que j'ai repris mon siège en cette Chambre. Ce retour, je le dois à tous les électeurs et électrices du comté de Montmagny-L'Islet qui ont su traduire leurs attentes par un vote de confiance. Je leur dis merci et leur réitère mon désir de poursuivre mon travail de façon passionnée... que je l'ai fait dans le passé.

Mme la Présidente, je tiens également à remercier mon équipe, indispensable, dirigée par M. Gaston Caron, et mon président de l'association libérale, M. Yvan Godbout. Vous savez comme moi qu'une campagne électorale dépend de la force de l'organisation. À tous ces gens: Mille fois, mille fois merci.

Merci également à ma famille immédiate qui m'a soutenu tout au long de ces 33 jours: à ma conjointe Diane, qui est à mes côtés depuis 40 ans, à René, son fils, et à sa conjointe Josée, à mes enfants tant chéris, Sophia, Claudia, Nicolas et Olivier, de même que leurs conjoints et conjointes, Louis, Bernard et Anne, en pensant aussi à mes sept petits-enfants que je chéris tant.

Merci aux gens qui m'ont accueilli lors de mon porte-à-porte. Merci aux résidents, aux industriels, aux commerçants, aux professionnels, aux agriculteurs, aux propriétaires de résidences pour personnes âgées et aux divers responsables des secteurs publics de m'avoir accordé de leur temps.

Connaissant votre longue expérience, Mme la Présidente, vous serez sûrement d'accord avec moi qu'il n'est pas farfelu de souligner à la population la force du travail en équipe et la nécessité de communiquer nos succès.

Mme la Présidente, me voilà donc de nouveau député du beau comté de Montmagny-L'Islet, un comté exceptionnel où la qualité de vie prévaut et où il fait bon vivre. Un environnement physique hors du commun, des attraits touristiques exceptionnels, des événements au rayonnement international et un milieu culturel en pleine éclosion en font l'un des comtés les plus vivants au Québec. Montmagny-L'Islet compte 26 municipalités et couvre un territoire de près de 3 700 km². Il est bordé à l'ouest par la circonscription de Bellechasse, au sud par l'État du Maine, à l'est par Kamouraska et au nord par notre beau fleuve Saint-Laurent.

L'aménagement du territoire est géré par deux municipalités régionales de comté, dont Montmagny, qui compte plus de 23 000 habitants, répartis dans 14 municipalités. Près de 80 % de la population est concentrée dans 20 % de la superficie du territoire, la ville de Montmagny étant la plus populeuse. Pour ce qui est de la MRC de L'Islet, elle est composée de 14 municipalités locales, dont 12 sont dans mon comté. Elle compte plus de 17 000 habitants, dont les municipalités les plus populeuses sont L'Islet, Saint-Jean-Port-Joli, Saint-Pamphile.

Notre économie, au cours des années, s'est beaucoup diversifiée. Plusieurs entreprises dominent dans leurs sphères d'activité grâce à une tradition industrielle qui est omniprésente depuis près de 175 ans, qu'il s'agisse de pièces de scanner pour les hôpitaux, de ressorts et de pièces de précision destinés au domaine de l'automobile et de l'aérospatiale, de maisons et chaloupes pliables et dépliables, concept unique au monde, et combien d'autres. En marge de notre économie, la population a su se mobiliser et développer un milieu de vie axé sur la préservation de l'environnement et sur des services de qualité.

Mme la Présidente, nous avons un hôpital qui a subi une cure de rajeunissement tant dans sa structure que dans ses équipements, une nouvelle génération de CHSLD qui pourrait être adoptée par plusieurs autres organismes de la santé dans la province, trois arénas, trois terrains de golf, un terrain de soccer à surface synthétique, un parc régional dédié aux activités de plein air, un centre récréotouristique pour les quadristes et les motoneigistes, pour ne nommer que ceux-là.

Mme la Présidente, l'occasion est trop belle, j'ai le goût de vous parler de nos événements à rayonnement international. En juin 2008... dans une petite localité, Notre-Dame-du-Rosaire, qui a été l'hôte de Fortissimus, la plus grande compétition de force des temps modernes, en hommage à la mémoire de Louis Cyr. Pour cette compétition, la municipalité a accueilli les 14 hommes les plus forts au monde. En juin 2009, c'est la ville de Montmagny qui sera l'hôte de cette compétition.

En janvier dernier, Saint-Just-de-Bretenières a également été l'hôte d'une manifestation mondiale en accueillant les Championnats du monde de traîneau à chiens. Écoutez bien ça, Mme la Présidente: quelque 350 équipes provenant de 18 pays avec pas moins de 2 000 chiens. Ça fait du chien! Ces équipes ont pris part aux plus hauts niveaux de compétition dans ce sport. C'était une première à l'est de l'Amérique du Nord.

n (10 h 40) n

Mme la Présidente, laissez-moi vous parler du Carrefour mondial de l'accordéon, qui accueille plus de 45 000 visiteurs et génère des retombées économiques de 8 millions sur la Côte-du-Sud. Également, le Festival de l'oie blanche, qui fêtera ses 38 ans cette année. Nul besoin de rappeler que l'oie blanche est l'emblème de la ville de Montmagny. Le Festival du bûcheux à Saint-Pamphile, qui met en évidence le caractère forestier de notre région en présentant, pendant les quatre jours de festivités, des activités forestières, sportives et socioculturelles. Cet événement attire près de 25 000 personnes. C'est à voir.

Les fêtes d'hiver de Saint-Jean-Port-Joli, l'Internationale de la sculpture, Les violons d'automne et la Fête des chants de marins qui accueillent un grand nombre de visiteurs à Saint-Jean-Port-Joli. D'ailleurs, en août prochain, neuf choristes du choeur La marée chante, accompagnés de la directrice artistique et de quatre musiciens, iront représenter Saint-Jean-Port-Joli ? écoutez bien ça, Mme la Présidente ? lors du Festival international du chant de marins à Paimpol en Bretagne.

Passionnés de culture et d'histoire, les musées sont omniprésents sur le territoire afin de faire découvrir la richesse du patrimoine de mon comté. Le Musée de la mémoire vivante, à Saint-Jean-Port-Joli, en est un exemple. Cette institution novatrice est consacrée exclusivement au patrimoine immatériel que sont les témoignages et récits de vie en plus de faire le relais de l'oeuvre de Philippe Aubert de Gaspé et des principales fonctions qu'il exerçait à son manoir au XIXe siècle.

On retrouve également le Musée maritime du Québec à L'Islet, autrefois connu sous le nom de Musée maritime Bernier en l'honneur du capitaine Joseph-Elzéar Bernier, que tout le monde connaît. Cet homme s'est illustré pour avoir affirmé la souveraineté canadienne sur le territoire arctique, combien important aujourd'hui. Ce musée est le plus important du genre au pays. Il est le fier propriétaire de la collection nationale maritime du Québec tout en mettant l'emphase sur la conservation et la mise en valeur du patrimoine maritime se rattachant à notre si beau fleuve Saint-Laurent.

Pourtant, Mme la Présidente, le comté de Montmagny regorge d'enjeux. Notre plus grand défi pour la région est celui d'améliorer le niveau de vie des citoyens et citoyennes. Le profil socioéconomique démontre malheureusement une certaine réalité: huit des 26 municipalités sont reconnues dévitalisées. Mon rôle sera donc de les accompagner dans leurs initiatives concrètes de développement. Des aides spécifiques de mon gouvernement tels que le Pacte rural et le financement des politiques familiales leur permettront de reprendre le chemin de la prospérité.

Je vais travailler également à la diversification de l'économie du comté et mettre tous les efforts nécessaires pour accélérer les démarrages d'entreprises. La mise en place du Fonds de diversification saura certes bien supporter le milieu dans ses nouvelles initiatives.

Un bel exemple du côté de la forêt: les produits forestiers non ligneux. Ces produits comprennent, entre autres, mais pas exclusivement, le ginseng sauvage, les produits de l'érable, les crosses de fougère, les couronnes de sapin baumier, les champignons comestibles et l'huile extraite des feuilles de thuya. Une coopérative a donc vu le jour dans L'Islet. Celle-ci axe ses activités sur l'implantation agroforestière, la cueillette et la transformation de ces produits à valeur ajoutée.

Cette coopérative assurera la diversification économique, la mise en valeur des ressources de notre territoire, la création d'emplois, le transfert du savoir et le développement d'une niche de marché innovatrice contribuant ainsi à la notoriété de la région.

Toutefois, Mme la Présidente, il y a des dossiers d'importance qui doivent se concrétiser sous peu. Je parle ici de PurGenesis Technologies, anciennement PureCell Technologies. Cette société est une entreprise spécialisée dans le secteur cosméceutique et du médicament botanique. Il existe à ce jour seulement trois entreprises dans le secteur du médicament botanique à l'échelle planétaire; PurGenesis sera la quatrième, ainsi que la première au Canada.

La région résolument fait preuve de créativité pour offrir à PurGenesis un partenariat d'affaires. Une importante implication de la ville de Montmagny, de la Caisse Desjardins de Montmagny, du CLD de la MRC de Montmagny, des partenaires privés de la MRC de Montmagny ont permis de charmer l'entreprise à venir s'établir chez nous. Avec mon gouvernement, nous tenterons de finir d'attacher les ficelles pour construire l'usine et débuter la production localement.

Un autre projet que j'aimerais voir se concrétiser, c'est un parc d'engraissement biologique. Ce projet innovateur permettrait de dynamiser l'agriculture et aiderait à rentabiliser la production vaches-veaux chez les producteurs de la MRC de L'Islet. Ce projet est aussi associé à un ensemble de projets intégrés et de circuits courts, tel le développement des autres productions animales et de culture biologique, la construction d'un abattoir et la transformation alimentaire des viandes biologiques chez nous.

Les avantages sont nombreux pour le dynamisme de la région: des producteurs plus autonomes financièrement et des terres plus fertiles, plutôt que des terres en friche. Un tel projet s'avère nécessaire pour l'avenir de l'agriculture de mon comté, et il est de mon devoir de l'appuyer et d'apporter au promoteur tout le soutien nécessaire à son accomplissement.

Mme la Présidente, en ce qui concerne les organismes communautaires, ils sont très présents dans Montmagny-L'Islet, et je me ferai un devoir de les appuyer dans leur mission, entre autres ceux qui touchent aux aînés, car il deviendra essentiel d'encourager le concept de vieillissement actif. Les aînés représentent 14,1 % de la population québécoise, soit plus de 1,1 million de personnes. Près de 87 % d'entre elles vivent à domicile. Elles sont en bonne santé et souhaitent continuer de contribuer à la société.

Qu'il s'agisse d'emploi, de bénévolat, de soutien à la famille ou de loisir, le concept de vieillissement actif vise à créer des environnements qui permettent aux personnes âgées de s'épanouir. Comme le disait si bien ma collègue ministre responsable des Aînés hier, dans un discours enflammé, la société québécoise a besoin de personnes aînées afin de poursuivre son évolution sociale, économique et culturelle. Leur expérience doit être mise à profit. Qu'elle a donc raison!

Mme la Présidente, dans Montmagny-L'Islet, nous avons des organismes qui ne lésinent pas sur le fait de valoriser les aînés. Je pense ici à l'organisme Hop! la vie! du sud de L'Islet qui contribue au développement local et à divers projets mobilisateurs pour les 50 ans et plus. J'y vais de temps en temps. Je pense aussi à RAPSAR, qui regroupe des activités pour la santé des aînés et des retraités. Ce ne sont que deux exemples, mais ces deux organismes sont le reflet de ce que mon gouvernement préconise au sujet des aînés.

Je pourrais vous entretenir encore longtemps sur les enjeux de mon comté, mais retenez que le bien-être de mes concitoyens et concitoyennes sera au centre de mes priorités au cours de ce mandat.

En conclusion, Mme la Présidente, vous conviendrez que le but recherché sera d'occuper de façon dynamique le territoire, dans une perspective de développement durable, à l'exemple de notre si belle région, Chaudière-Appalaches. Les gens de mon comté peuvent être assurés que je ne ménagerai aucun effort pour les représenter. L'ardeur à la tâche et ma disponibilité à les rencontrer au quotidien leur... est assurée, ainsi que ma présence sur le terrain, parce que, vous le savez, je suis un gars de terrain. Mme la Présidente, vous savez, c'est un grand privilège de siéger à l'Assemblée nationale et surtout de vous y retrouver tous et toutes, Merci.

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Merci, M. le député de Montmagny-L'Islet. Je cède maintenant la parole à M. le député de Bertrand.

M. Claude Cousineau

M. Cousineau: Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, d'entrée de jeu, j'aimerais remercier sincèrement les citoyens et citoyennes de la circonscription de Bertrand pour la confiance qu'ils m'ont accordée le 8 décembre dernier, et ce, pour un quatrième mandat consécutif. C'est avec rigueur et professionnalisme que je continuerai à les représenter ici, à l'Assemblée nationale, pour les quatre prochaines années. La circonscription de Bertrand, elle est au nord de Montréal, à cheval sur les Laurentides et Lanaudière; quatre municipalités dans Lanaudière et 14 dans les Laurentides.

Mme la Présidente, j'ai fait l'exercice, durant les derniers jours, de comparer le discours inaugural du premier ministre, le 4 juin 2003, à celui déposé la semaine dernière, le 10 mars 2009. On se souvient tous du Nous sommes prêts! On nous disait, en 2003, qu'il fallait, par exemple en santé, diminuer les listes d'attente dans les urgences; qu'il fallait faire en sorte que le réseau des GMF, les groupes de médecine familiale, soit complété pour un total de 350 sur le territoire du Québec d'ici les cinq prochaines années, pour que tous les Québécois et les Québécoises soient couverts par un médecin de famille.

n (10 h 50) n

Malheureusement, Mme la Présidente, aujourd'hui, six ans plus tard, les urgences sont encore bondées. Dans plusieurs hôpitaux, les taux d'occupation des urgences dépassent largement la limite acceptable. J'ai eu l'occasion de rencontrer, dans ma circonscription, Mme la Présidente, des personnes âgées à la recherche d'un médecin de famille. Quatre personnes sur 10 présentement, dans Lanaudière et Laurentides, sont à la recherche d'un médecin de famille. C'est inacceptable, Mme la Présidente.

En 2003, le premier ministre, accompagné de son célèbre ministre de la Santé du temps, le Dr Couillard, les deux, les mains sur le coeur, juraient que le dossier de la santé serait réglé. Promesse creuse que l'on retrouve encore aujourd'hui dans le discours cuvée 2009 du premier ministre. Par exemple, dans les Laurentides, l'équité interrégionale n'est toujours pas réglée. Le manque à gagner pour cette région est de plus de 40 millions de dollars.

Mme la Présidente, il y a trois semaines à Saint-Sauveur, j'ai rencontré un couple de personnes âgées à la recherche d'un médecin de famille. Ces personnes venaient de perdre leur médecin après 15 ans de suivi. Ce dernier, ayant migré vers une clinique privée, leur a demandé chacun 200 $ pour l'ouverture d'un dossier. Voilà une

partie du legs du Dr Couillard. Malheureusement, dans ce cas ici, ce sont des personnes âgées qui sont touchées. Leur revenu annuel ne leur permet pas de telles dépenses. À 70 ans et plus, ils doivent se remettre à la recherche d'un médecin de famille, avec tout le stress que cela comporte à leur âge. C'est malheureux. Voilà un exemple de l'augmentation du privé en santé.

Mme la Présidente, nous, du Parti québécois, nous réitérons notre attachement et notre soutien au réseau public de santé. Le discours inaugural de la semaine dernière est muet sur les intentions du gouvernement à ce sujet. Nulle part on ne dénonce la mise en place, par l'ex-ministre de la Santé, des lois et décrets favorisant le privé et l'implantation de cliniques privées. Le silence à ce sujet en dit long.

Le gouvernement a-t-il l'intention de poursuivre dans la voie du Dr Couillard? À tout le moins, nous aurions aimé retrouver, dans le discours inaugural du premier ministre, des intentions claires en faveur du système public.

Mme la Présidente, le premier ministre disait en 2003, et je le cite: « ...notre premier souci sera la qualité des services aux citoyens. » Force est de constater, pour ce qui est de la santé, que cet objectif est loin d'être atteint puisque la situation est pire qu'en 2003. Dans le discours inaugural de 2009, six ans plus tard, on émet le même souhait, mais cette fois-ci les Québécoises et les Québécois ne se laisseront pas endormir par de belles paroles.

Mme le Présidente, qu'en est-il de l'éducation, autre grande mission qu'on retrouvait dans le discours de 2003? Le premier ministre disait, et je cite: « Nous allons intervenir dès le primaire afin de prévenir le décrochage scolaire. [...]Dans cinq ans, le taux de décrochage scolaire aura diminué » considérablement. Eh bien, Mme la Présidente, six ans plus tard, la situation est encore très alarmante dans beaucoup de régions du Québec. Dans les régions de Laurentides et Lanaudière, les taux de décrochage scolaire sont alarmants, principalement chez les garçons. Le discours de mars 2009 nous ramène les mêmes promesses. Peut-on y croire?

Dans son discours inaugural, le premier ministre mentionne, et je cite: « ...nous avons fait des progrès importants sur le plan du raccrochage scolaire. » Évidemment, je suis d'accord avec mon confrère le député de Groulx, plus le décrochage scolaire est anormalement élevé, ce qu'on vit au Québec, plus, on l'espère, le raccrochage sera élevé. La question est de savoir comment on empêche les jeunes de décrocher, surtout les garçons. Travaillons sur ce fléau en premier lieu et arrêtons de se péter les bretelles sur des statistiques de raccrochage.

Mme la Présidente, en 2003, dans son discours inaugural, le premier ministre disait qu'il fallait « mettre en place des services de stimulation précoce destinés aux enfants autistes du Québec » . Qu'en est-il aujourd'hui, six ans plus tard? J'ai rencontré dernièrement un groupe important de parents dont les enfants souffrent de cette anomalie. Nous avons dû réserver une salle pour les recevoir, tellement ils étaient nombreux. Leur situation est invivable. Ils se plaignent du manque de services pour leurs enfants, du manque de soutien, du manque d'accompagnement. Ils ont besoin de répit.

Malheureusement, aujourd'hui, en 2009, ces parents courageux se sentent abandonnés. J'ai lu et relu le discours inaugural de 2009. Nulle part, on ne parle de cette problématique. Le discours de 2003, pourtant, contenait au moins une ligne. Une promesse non remplie, devrais-je plutôt dire.

« Nous soutiendrons les cégeps et les universités, tout spécialement en région » , disait le premier ministre en 2003. Il est facile de vérifier, en 2009, que ces institutions de haut savoir sont toutes en attente d'une aide substantielle. De 2003 à 2006, pendant trois ans, les crédits d'impôt reliés à la recherche et développement ont été à la baisse. Les universités du Québec ont pris du recul face aux autres maisons de haut savoir en ce qui a trait à la recherche. C'est malheureux. Aujourd'hui, dans le discours inaugural de la semaine dernière, le premier ministre en fait une priorité.

Doit-on le croire lorsqu'il dit: « Nous avons soutenu l'innovation et le développement technologique » ? Les chiffres le démontrent clairement, de 2003 à 2006 ont été des années de recul, et 2006 à 2009, des années de rattrapage concernant les crédits d'impôt reliés à la recherche. Aujourd'hui, en 2009, on se retrouve au même point qu'en 2002.

Mme la Présidente, en ce qui a trait à la famille, le discours inaugural de 2003 nous porte à réfléchir et à nous questionner concernant les promesses non tenues. Voici quelques citations: « Nous protégerons les garderies à 5 $ par jour pour le plus de gens possible. » Aujourd'hui, en 2009, le tarif est à 7 $ par jour. Pas de citation dans le discours de mars 2009. Que doit-on en conclure? Aurons-nous encore des augmentations de tarifs dans ce secteur névralgique? L'avenir nous le dira.

Mme la Présidente: « [Les familles] seront privilégiées dans la distribution des réductions d'impôt » , disait le premier ministre en 2003. Souvenez-vous de cette phrase célèbre: Nous baisserons les impôts de 1 milliard de dollars par année pendant cinq ans. Mais ça, ça fait 5 milliards. Où en sommes-nous aujourd'hui? Les familles québécoises sont loin, très loin du compte. Il est vrai qu'il y a eu quelques centaines de millions de dollars de baisses d'impôt, mais les tarifs d'électricité, d'immatriculation, de garderie, et j'en passe, n'ont jamais cessé d'augmenter.

L'année 2009, suite aux piètres résultats de la Caisse de dépôt, nous amènera un train d'augmentations de cotisations et de tarifs, c'est incontournable.

Mme la Présidente, en 2003, le premier ministre s'est engagé à répondre aux besoins exprimés par les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence: « Nous allons ? disait-il ? miser sur la prévention, le dépistage, la sensibilisation et la formation. » Demandez aujourd'hui, en 2009, si cette promesse est tenue. Les directrices des CALACS, par exemple, à l'unisson vous diront que nous sommes très loin du compte. Il est impossible de répondre aux besoins grandissants. Le discours de 2009 est muet à cet égard.

En ce qui a trait à la lutte contre la pauvreté, le discours inaugural de 2009 nous laisse sur notre appétit, Mme la Présidente. Il y a bien quelques phrases creuses comme: « Nous allons aussi honorer nos responsabilités envers les plus vulnérables. » Le premier ministre s'appuie sur un texte de Pierre Fortin pour dire que la pauvreté est à la baisse au Québec.

Il est facile, Mme la Présidente, de dire que nous sommes moins pauvres qu'ailleurs, mais j'invite le premier ministre à se rendre dans les comptoirs alimentaires, à visiter les banques alimentaires: les lignes d'attente pour obtenir de la nourriture sont de plus en plus longues. On y rencontre de nouveaux pauvres, des pères et des mères de famille qui sont grandement affectés par la crise économique. C'est scandaleux qu'en 2009, ici, au Québec, nous en soyons arrivés là.

Mme la Présidente, il y a trois semaines, j'ai rencontré... Dans ma circonscription, à Sainte-Agathe, j'ai provoqué une rencontre avec une cinquantaine d'intervenants du milieu politique, du milieu communautaire, du milieu des affaires afin de faire le point pour trouver des solutions durables pour notre région pour, premièrement, sauver et soutenir les organismes dont la mission est de venir en aide aux plus démunis et, deuxièmement, sensibiliser les gens à la pauvreté grandissante en région. Tous ont convenu de l'urgence de la situation.

J'aurais aimé, Mme la Présidente, voir, dans le discours inaugural du premier ministre, une stratégie, un plan d'action solide, élaboré, visant à poursuivre la lutte contre la pauvreté plutôt que de se contenter de statistiques. Le meilleur baromètre, c'est le terrain.

n (11 heures) n

Du point de vue économique, Mme la Présidente, en 2003, le premier ministre, dans son discours inaugural, disait qu'il voulait aider nos PME, les petites et moyennes entreprises. « Pour les aider ? disait-il ? nous allons commencer par arrêter de leur nuire. » Dans son discours inaugural de la semaine dernière, il nous rappelle la mise en place d'un nouveau programme pour aider les entreprises à passer les mois difficiles à venir, conséquence de la crise économique, le programme Renfort, qui fait la fierté du ministre responsable du Développement économique.

La réalité, Mme la Présidente, est tout autre. Dans plusieurs régions du Québec, des petites entreprises qui emploient cinq, 10, 15 employés tombent comme des mouches. Les CLD n'ont pas les programmes pour les aider, et, si les programmes existent, comme les FLI, les fonds ne sont pas disponibles.

Par exemple, Mme la Présidente ? un exemple vaut mille mots ? une petite entreprise en construction et rénovation de Lanaudière qui avait une douzaine d'employés l'automne dernier, avant leur mise au chômage, s'est vu refuser de l'aide malgré trois années de bilan positif. La réponse que l'entrepreneur a reçue au CLD, malgré le fait que l'aide demandée ne dépassait pas 30 000 $, a été d'aller voir Investissement Québec ou encore d'augmenter ses investissements. La réponse d'Investissement Québec à ce petit entrepreneur: Nous ne finançons pas des montants inférieurs à 250 000 $. Il en est de même pour le programme Renfort dont parle le premier ministre dans son discours inaugural.

Dans plusieurs régions du Québec, Mme la Présidente, des centaines de petites entreprises comme celle mentionnée ci-haut ferment leurs portes parce qu'il n'y a pas de programme adéquat pour les aider à passer ces quelques mois difficiles. On parle ici de milliers d'emplois, de travailleurs et de travailleuses qu'on place en situation financière précaire. Le premier ministre, dans son discours inaugural, n'annonce aucun plan, aucune intention d'aider ces petites entreprises. C'est malheureux.

L'annonce d'un programme d'aide spécial pour les petites entreprises, un programme pour faire face à la crise, pour permettre à ces petits entrepreneurs de tenir le coup pour les prochains mois aurait été le bienvenu. Malheureusement, le discours inaugural est muet à cet égard. Le programme Renfort ne fonctionne pas pour les petites entreprises.

Mme la Présidente, la Caisse de dépôt a perdu, par exemple, 2,3 milliards de dollars à l'étranger à l'aéroport d'Heathrow, à Londres. Perte nette non récupérable. Comment dire et expliquer, Mme la Présidente, aux petits entrepreneurs de chez nous qu'on n'a pas de programme pour les aider ici, au Québec, et que des sommes faramineuses, de l'argent des Québécois, sont perdues à l'étranger? Mettons-nous dans leur peau, Mme la Présidente. Avouez que c'est frustrant. Je rappelle que, dans son discours inaugural de 2009, le premier ministre nous dit, et je cite: « Nous allons [...] soutenir nos entreprises. »

Comment nos petits entrepreneurs doivent-ils interpréter ces paroles, eux qui sont pour un bon nombre au bord de la faillite à cause du manque d'aide pour traverser cette crise économique?

Mme la Présidente, je terminerai avec la Caisse de dépôt. Nous sommes présentement en commission parlementaire. Nous questionnons la mission, les investissements au Québec, le rôle de la gouvernance. Nous ferons une analyse des portefeuilles ainsi que la politique concernant les bonis.

Ce qui est questionnable aujourd'hui, face à cette perte de 40 milliards de dollars, c'est le fait qu'avant 2004, avant le changement de mission par le gouvernement libéral, là où le bât blesse, les investissements au Québec dépassaient 32 %. Aujourd'hui, on apprend que la Caisse n'investit au Québec que 17 % de ses actifs.

Mme la Présidente, de plus, on apprend que le portefeuille d'investissement au Québec est plus rentable que les investissements à l'étranger. Plus d'investissement au Québec par la caisse nous aurait peut-être aidés à garder Alcan chez nous et à protéger nos fleurons québécois. Sur 15 portefeuilles, 11 ont été déficitaires à l'étranger. Les rendements ont été pires que les indices de marché depuis les cinq dernières années.

Mme la Présidente, le premier ministre, dans son discours inaugural de juin 2003, disait: « [Il est] important de rappeler les résultats décevants, inquiétants de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, qui constituent pour nous une préoccupation très sérieuse. » Aujourd'hui, dans son discours inaugural de mars 2009, six ans plus tard, le premier ministre nous dit: « Le gouvernement assumera ses responsabilités pour rétablir la confiance des Québécois envers la Caisse de dépôt et de placement. »

On doit en conclure, Mme la Présidente, que les mesures que le gouvernement a mises en place durant les dernières années, depuis le changement de mission en 2004, ont été pour le pire. Prendre ses responsabilités, c'est d'avouer que le gouvernement s'est trompé, en 2004, en changeant sous bâillon la mission de la Caisse de dépôt.

Mme la Présidente, je ne suis pas certain que la nomination de M. Michael Sabia sans véritable consultation, sans qu'un comité de sélection soit mis en place soit de bon augure.

Le passage de M. Sabia à BCE n'a pas fait l'unanimité en ce qui a trait à l'héritage qu'il a laissé. Pour certains, il a laissé un goût amer. Déjà, il a laissé savoir, en conférence de presse, qu'aucun fleuron québécois n'est à l'abri de changement de mains.

Le passage de Bombardier ou de la Banque Nationale entre les mains d'investisseurs étrangers n'est pas exclu. Ce qui compte avant tout, c'est le rendement. Le Québec est-il à vendre? Même credo que le gouvernement. Souvenez-vous du passage d'Alcan vers Rio Tinto, une entreprise australienne. Québécois et Québécoises, surveillez votre bas de laine.

Mme la Présidente, malheureusement, le discours inaugural de mars 2009 du premier ministre est de la redondance. Il confirme des promesses non tenues du discours de 2003. Il contient toute une série de phrases creuses qui laissent les Québécois et les Québécoises perplexes. Ce discours n'a rien de rassurant pour la suite des choses. Les citoyens et citoyennes du Québec s'attendent à plus de leadership. Le premier ministre nous annonce dans ce discours des mois difficiles: budget déficitaire, coupes dans différents programmes, hausse de cotisations, hausse de tarifs. La nomination de Michael Sabia est le début de la série des mauvaises nouvelles.

Le Parti québécois, Mme la Présidente, propose un projet porteur, rassembleur: de faire du Québec un pays. La souveraineté, c'est l'avenir du Québec. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Je vous remercie, M. le député. Et je cède maintenant la parole à M. le député de La Peltrie.

M. Éric Caire

M. Caire: Merci, Mme la Présidente. Je pense que, comme c'est de coutume, mes premiers mots seront pour remercier les électeurs du comté de La Peltrie. Plusieurs ici, Mme la Présidente, ont vécu une première victoire électorale. C'est toujours très grisant. C'est toujours un sentiment de satisfaction extrêmement important. Mais je dois dire qu'une réélection ça a un cachet qui est particulier, d'autant plus quand cette réélection-là se fait dans un contexte difficile.

Je pense que de se faire témoigner autant de confiance de la part de ses électeurs, c'est une marque de reconnaissance qu'on apprécie à sa juste valeur. Et, pour ça, je veux remercier les électeurs du comté de La Peltrie qui m'ont fait confiance pour une deuxième fois dans un contexte, comme je le dis, qui était très difficile.

Je veux aussi remercier tous les bénévoles qui ont travaillé à cette campagne électorale, des heures qui ont été données sans compter, du travail qui a été fait. Puis je pense que tout le monde ici, on sait à quel point les bénévoles qui travaillent à notre campagne électorale le font avec dévouement, le font avec coeur. Ce n'est pas toujours facile. Plus la campagne avance, plus le travail devient ardu. La fatigue, le stress, tout ça s'accumule, et, malgré tout, on garde le cap, on reste focussé sur l'objectif qui est l'élection, la réélection dans certains cas. Et, pour ça, je pense qu'il faut en être éternellement reconnaissant à ces gens-là.

Puis je veux aussi avoir, Mme la Présidente, une pensée pour les membres de ma famille, ma conjointe Marie-Ève, nos enfants, Julie-Anne, Gabriel et la petite Rosalie, qui subissent en même temps la campagne électorale, parce que c'est l'absence... C'est, eux aussi, le stress: on arrive à la maison, puis des fois ça ne s'est pas bien passé, donc c'est eux qui servent de tampon. On ne voit pas toujours ça parce qu'on est un peu... En campagne électorale, on est un peu dans notre bulle, hein? On vit ça très intensément, puis c'est un peu le centre de notre univers.

Alors, je veux les remercier pour toutes les fois où ils ont supporté mes sautes d'humeur ou mes silences qui des fois étaient encore pires que les sautes d'humeur, parce que je sais que ce n'est pas facile. Ils l'ont fait pour moi. Je les remercie et je les aime profondément.

n (11 h 10) n

Je veux aussi avoir une pensée, Mme la Présidente, pour mes collègues qui ont été défaits à la dernière campagne électorale, des gens de qualité, quoi qu'on en dise, qui ont servi le Québec pendant 18 mois à

titre de membres de l'opposition officielle, qui ont offert le meilleur d'eux-mêmes, qui ont fait leur travail en leur âme et conscience et qui malheureusement... bien, pour toutes sortes de raisons, n'ont pas été réélus. Mais je pense que, dans toutes les formations politiques, on vit cette situation-là où on perd des collègues, des amis, dans le courant d'une élection. Et c'est une situation qui est difficile, mais, bon, ça fait

partie de la démocratie. Et, quand on fait ce métier-là, on sait qu'on s'expose à ce genre de situation là. Mais je veux quand même aujourd'hui avoir une pensée pour mes collègues qui n'ont pas été réélus et qui, je pense, méritaient de l'être, mais ça, évidemment, vous comprendrez que c'est une opinion bien personnelle. Quoique, quand la population s'exprime, quand la démocratie s'exprime, il faut s'incliner devant le jugement de la population, ce que je fais de bonne grâce, ce qui ne m'empêche pas quand même, Mme la Présidente, d'avoir une pensée pour tous ces gens.

Je veux aussi souhaiter la bienvenue à tous les nouveaux collègues de toutes les formations politiques qui siègent pour la première fois à l'Assemblée nationale et à mes autres collègues qui, eux aussi, ont été réélus au cours de la dernière élection.

Je pense qu'au-delà des partis politiques, s'il y a quelque chose qui nous unit, c'est ce moment-là, c'est le fait d'avoir un siège ici, c'est ce privilège que la population du Québec nous donne de les représenter, de siéger en leur nom, de faire le travail qu'on fait à l'Assemblée nationale, et ça, comme je dis, au-delà des formations politiques, je pense que, tous, on l'apprécie, ce qui fait que l'Assemblée nationale devient, au-delà des discours politiques, une sorte de confrérie unie par ce sentiment-là qu'on est des privilégiés dans le travail qu'on fait, dans la mission qui nous est confiée et dans notre désir, individuel et collectif, de faire avancer le Québec, de le faire progresser, de le faire progresser, Mme la Présidente, dans les échanges qui nous animent, dans les différences que nous exprimons et dans cette tranche de la population que nous représentons, parce que, comme député de l'Action démocratique du Québec, je représente tous mes électeurs, quels qu'ils soient.

Bien sûr, je les sers avec tout le dévouement que nécessite ce travail-là, mais en même temps je suis porteur de valeurs, je suis porteur d'une idée, d'une vision du Québec, comme mes collègues du Parti québécois, comme mes collègues du Parti libéral. Et ce qui fait que notre démocratie est en santé, c'est que, tous ici, nous avons une enceinte privilégiée pour exprimer ces valeurs-là, pour exprimer ces différences-là, et, à travers nos échanges, bien, représenter nos citoyens et tous les courants de la société.

Mon collègue de Québec solidaire aussi, qui fait son entrée à l'Assemblée nationale, porteur d'une nouvelle vision du Québec. Je pense qu'au-delà de nos différences, au-delà de notre vision différente, je pense que le travail qu'on fait ici est extrêmement important.

Ce qui m'amène, Mme la Présidente, à parler évidemment de cette réforme parlementaire qui est sur la table présentement et qui vise justement à donner les outils à tous les parlementaires, de quelque formation politique que ce soit, en fonction évidemment de leur importance à l'Assemblée nationale, de l'importance du courant social qu'ils représentent, de leur donner les outils pour travailler. Et j'en profite pour lancer un message à tous mes collègues de toutes les formations politiques.

Je pense qu'il est important que nous ayons, ensemble et collectivement, une pensée pour le travail que nous avons à faire mais pour les citoyens que nous représentons. Et cette réforme parlementaire, Mme la Présidente, doit d'abord et avant tout refléter cette fonction, cette mission, ce travail que nous avons à faire de représenter des citoyens. Je pense qu'il faut être en mesure, pour l'avenir, pour le fonctionnement de l'Assemblée nationale dans l'avenir, d'avoir à l'esprit qu'on n'est pas ici pour négocier entre membres d'une formation politique.

On est ici pour se donner des règles de fonctionnement qui vont faire en sorte que les 125 élus de l'Assemblée nationale sont en mesure de faire leur travail correctement. Et là-dessus j'en appelle à une vision non partisane de ce que devrait être l'Assemblée nationale, une Assemblée nationale moderne, représentative de ses citoyens, capable de travailler efficacement.

Sur le discours inaugural à proprement parler, Mme la Présidente, je ne vous cacherai pas l'énorme déception qui m'a habité en écoutant le premier ministre ne pas nous parler de la santé. Je n'ai pas compté le nombre de mots, parce que, de toute façon, j'aurais probablement eu assez de mes 10 doigts pour le faire, du paragraphe où on parlait... où on ne parlait pas, plutôt, de la santé.

C'est dommage, Mme la Présidente, parce qu'aux dernières nouvelles la santé, c'était encore la portion la plus importante du budget du Québec, c'est encore le plus gros ministère du gouvernement du Québec et c'est encore la priorité numéro un des Québécois qui a été exprimée clairement jusqu'à tout récemment, à la dernière campagne électorale.

Or, dans le discours du premier ministre, je comprends que l'économie, c'est une situation extrêmement préoccupante qui doit retenir toute notre attention, c'est clair, mais je pense qu'un gouvernement doit être capable de faire plus qu'une chose à la fois. Et le fait que nous soyons dans une récession... dans une crise économique plutôt, ne doit pas nous empêcher de s'acquitter de notre mandat fondamental, qui est d'offrir des services à notre population, notamment des services de santé.

Je n'ai rien entendu sur le CHUM, rien entendu sur le CHUQ. Si ne me trompe pas, Mme la Présidente, ces deux projets-là avoisinent les 3 milliards de dollars. 3 milliards d'investissement pour deux projets, le CHUM de Montréal et l'Hôtel-Dieu de Québec. Il n'y avait rien dans le discours inaugural.

Pourtant, Mme la Présidente, c'est deux projets extrêmement préoccupants, extrêmement préoccupants non pas par la mission mais par le fait que la mauvaise gestion du gouvernement de ces deux projets-là fait en sorte qu'aujourd'hui on est en droit de se dire que le CHUM, bien ça va être un peu comme des extraterrestres: tout le monde en parle, mais personne n'en a jamais vus. Puis, si on continue comme ça, ça va rester comme ça, il n'y en aura pas, de CHUM. Il n'y en aura pas, de CHUM. Puis l'Hôtel-Dieu de Québec, ça va rester un beau projet sur papier.

Mme la Présidente, j'ai interrogé le ministre de la Santé hier sur une ronde de consultation qui recommence à Montréal. La première fois, ça avait pris 19 mois, 19 mois à l'Office des consultations publiques pour faire le tour des consultations, valider le projet, faire en sorte que le conseil exécutif de la ville de Montréal puisse changer son règlement pour l'adapter aux réalités du CHUM. Il faut recommencer tout ça. On a recommencé, on a redéfini le projet du CHUM, et à chaque fois on a la même réponse: Oui, mais, quand on va commencer, on va savoir vraiment où on s'en va.

Le problème, c'est qu'on s'en va nulle part. On le sait, où on s'en va: on s'en va nulle part. Et on va recommencer, et recommencer, et recommencer.

Le ministre de la Santé nous a dit: Bien, il faut arrêter de regarder en arrière, il faut oublier le passé. Mais oublier le passé, Mme la Présidente, là, ça, ça s'appelle de l'amnésie, puis l'amnésie, là, ça nous condamne à recommencer toujours les mêmes erreurs. Puis c'est exactement ce qui se passe avec le gouvernement libéral dans le dossier du CHUM, dans le dossier de l'Hôtel-Dieu, on répète systématiquement les mêmes erreurs. Je veux dire, le CHUM, là, c'est une version 2 du jour de la Marmotte: on recommence les mêmes erreurs systématiquement.

Or, j'aurais aimé, dans le discours du premier ministre, qu'il nous traduise une vision claire de ce qui sera le CHUM, de comment ça va se passer, de c'est quoi, l'échéancier, de c'est quoi, la date où on va l'inaugurer, de c'est quoi, les budgets finaux, de c'est quoi, le projet. Rien. Rien. Rien pour l'Hôtel-Dieu. 3 milliards. 3 milliards d'investissement, Mme la Présidente.

Rien sur les urgences. Ce n'est pas important, les urgences au Québec. Ce n'est tellement pas important qu'on n'a même plus de cible pour se dire de quelle façon on va progresser. Actuellement, le temps d'attente dans une urgence, en tout cas selon les dernières statistiques, 16 h 30 min. Vous comprendrez que ce n'est pas le 30 minutes qui est important, c'est le 16 heures. C'est long en ti-péché, 16 h 30 min sur un ti-banc ça de large quand tu es malade. C'est très long.

J'écoutais mon éminent collègue du Parti québécois nous dire à quel point le privé était une mauvaise chose en santé. Bon, on peut avoir des avis divergents. Moi, j'ai eu l'occasion de visiter certains hôpitaux en France qui, soit dit en passant, appliquent la mixité de la pratique, donc un système de santé public avec un système de santé privé. Un Français en moyenne dans une urgence attend, pour des cas légers, là, hein, pour un cas léger, le plus longtemps qu'il va attendre dans une urgence, en France, c'est quatre heures. Quatre heures. Première chose qui m'a frappé.

Deuxième chose qui m'a frappé, c'est, quand vous vous promenez dans un corridor d'un hôpital en France, il est vide. Ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas de patients. C'est parce que, leurs patients, eux autres, ils ne les mettent pas dans les corridors, ils les mettent dans des chambres. Ah! je trouvais ça bon comme façon de fonctionner, moi. Je trouvais que ça avait du sens de mettre un patient dans une chambre puis de laisser un corridor pour circuler. Je trouvais que ça pouvait servir à ça.

Puis de me dire qu'eux, quand ils ont le nez qui coule, ils attendent quatre heures, puis, moi, quand ma fille a un accident puis que je suis inquiet de sa santé, j'attends 16 heures, je me disais: Hum! il y a quelque chose qu'ils font de mieux que nous. Bien, notre ministre de la Santé, lui, il se dit: Des cibles pour les urgences, on n'a pas besoin de ça parce que la meilleure façon de ne pas rater sa cible, c'est de ne pas en avoir. C'est logique, hein?

n (11 h 20) n

Sauf que c'est un peu triste quand le premier administrateur du réseau de la santé fait un tel aveu d'incompétence qu'il se dit: Pour ne pas être jugé, la meilleure façon, c'est de ne pas avoir de barème de comparaison. Vous ne pourrez pas me juger, vous ne saurez pas c'est quoi, mes cibles, vous ne saurez pas c'est quoi, mes objectifs. Vous ne saurez pas si je les ai ratés; donc vous ne pourrez pas porter de jugement sur ma performance.

C'est triste parce que ce même administrateur là ne se gênera pas, lui, pour aller dans ces organisations et en donner, des cibles, aux agences, en donner, des cibles, aux CSSS, en donner, des échéanciers. Alors, la méthode Toyota s'est transformée, c'est devenu la méthode « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » . Mais ça, on la connaissait déjà, celle-là; on n'avait pas besoin de lui. Je veux dire, il y a bien de ses prédécesseurs qui l'ont appliquée.

En campagne électorale, le Parti libéral est arrivé avec un plan sur la santé. C'était extraordinaire. C'était incroyable. Le Parti québécois disait: Nous, on va faire des GMF; le Parti libéral dit: Nous, on va en faire plus. Ah! C'est original. Puis là il y en a une autre, petite originalité, aussi: Tiens, on va donner des primes aux infirmières. Tu sais, on va leur donner une petite bonification; comme ça, on va être capables d'augmenter la rétention. Je ne sais pas si j'ai bien entendu, mais récemment il me semble que le ministre de la Santé a dit que les primes, il allait les abolir.

Bon, je ne sais pas où le programme du Parti libéral s'est perdu en cours de route, mais visiblement ils l'ont oublié quelque part, ou il a oublié de le relire.

Le résultat de ça, Mme la Présidente, le résultat de ça, c'est qu'on a un problème énorme de rétention du personnel, qu'il ne se fait rien, qu'il ne se passe rien. Et la conclusion, la finalité de tout ça, c'est que la qualité des services en souffre, en souffre. Parce que qu'est-ce qui se passe quand on n'a pas d'infirmières? On n'est pas capables d'avoir des lits aux soins intensifs. Qu'est-ce qui se passe si on n'est pas capables d'avoir des lits aux soins intensifs? On n'est pas capables d'opérer les gens qu'on devrait opérer. Qu'est-ce qui se passe? On annule des chirurgies. Ça, ça coûte cher.

Ça coûte cher puis c'est stressant pour la personne qui doit avoir une chirurgie puis qui ne l'a pas.

Qu'est-ce que ça veut dire si on n'est pas capables de retenir nos médecins? Hein, ce matin, on voit un article, là, des médecins qui sont formés à McGill, qui quittent; au lieu de pratiquer au Québec, ils s'en vont ailleurs. Je reviendrai là-dessus parce qu'encore là il y a des solutions dont j'entends parler qui sont plutôt douteuses. Bien, il se passe évidemment, Mme la Présidente, comme le soulignait mon collègue tout à l'heure, qu'il y a des gens qui ont besoin d'un médecin de famille, qui n'en ont pas. Il y a des gens qui ont besoin d'une consultation puis ils n'en ont pas.

Or, il y a un prix à payer pour ça. Et il a été chiffré, Mme la Présidente, ce prix-là: l'attente, au Québec ? une étude qui a été publiée en 2008 ? nous coûte au-delà de 1 milliard de dollars. 1 milliard de dollars, là, ça, c'est l'augmentation nécessaire pour suivre l'augmentation des dépenses de programme en santé. Ça, c'est ce qu'on perd à cause de l'attente au Québec, parce qu'on n'est pas capables de garder notre monde parce qu'on n'est pas attractifs.

Pourtant, il y en a, des solutions; il y en a, des solutions. Évidemment, ces solutions-là nécessitent qu'on s'ouvre à une nouvelle façon de faire. Ces solutions-là nécessitent qu'on soit innovateurs, ou même pas parce que, dans bien des cas, elles ont été utilisées tout à l'heure. Puis c'est sûr qu'avec un discours comme je viens d'entendre de la part de mon collègue: Il ne faut pas de privé en santé, ce n'est pas bon, ça prend un système juste public... Bon, premièrement, là, je dis: Le bilan du PQ en santé est aussi lamentable que celui du Parti libéral, hein?

Je veux dire, ils ont fait la démonstration que gérer un système de santé, ils n'étaient pas capables de faire ça. Mais en plus ce que j'entends, c'est que, si jamais il y avait des solutions porteuses, on va les écarter, on ne prendra même pas la peine de les évaluer.

Pourtant, quand on parle de mixité de la pratique, c'est des choses qui se font partout dans le monde. Vous savez, Mme la Présidente, on fait partie, le Canada, d'un club sélect. Il y a trois pays dans le monde qui ont un monopole d'État en santé: à

part le Canada, il y a la Corée du Nord puis il y a Cuba. Comme élan naturel, je vous dirais que ce n'est pas le genre de club auquel j'ai envie d'appartenir. De façon naturelle, là, je voudrais plutôt appartenir au club de ceux qui performent, au club de ceux qui sont capables de donner des services.

Et, quand on fait la bataille d'un système plutôt qu'un autre, on oublie de faire la vraie bataille, qui est la bataille de l'efficacité, qui est la bataille des services. Et, tant et aussi longtemps qu'on va se fermer à ces solutions-là, qu'on n'a pas inventées, qu'on pourrait juste importer chez nous, faire ce qui se fait ailleurs, qui a été vérifié, qui fonctionne... Pensez-y, Mme la Présidente: quatre heures, quatre heures d'attente maximum. Nous, on est à 16,3, là, puis on n'est même plus à l'étape de penser qu'on pourrait peut-être ramener ça à 12.

Mais ce n'est pas grave, le système est parfait, il n'y a rien à changer. Il faut un petit peu plus d'argent, puis deux, trois... un petit coup de tournevis ici, puis il est parfait, notre système.

Bien, tant qu'on aura des mentalités comme ça, tant que le premier ministre, lui, se confinera au silence dans son discours, tant qu'il n'y aura pas une volonté politique de regarder ce qui se fait de bien dans le monde, de le faire chez nous puis de se dire que je ne fais pas la bataille pour un réseau de santé privé, Mme la Présidente, je ne fais pas la bataille pour un réseau de santé public, je fais la bataille pour un réseau de santé qui va soigner le monde puis qui va faire en sorte que les listes d'attente qui n'en finissent plus puis des chirurgies annulées à ne plus finir, bien ça, ça va être terminé...

Puis un ministre de la Santé qui n'a plus le courage de mettre sa tête sur le billot pour se donner des objectifs puis des cibles atteignables, parce que le constat qu'il fait, c'est qu'il ne sera pas capable de les atteindre, bien, ça, il faut que ça arrête.

Les Québécois, qui mettent 25 milliards de dollars dans un système de santé, des sommes énormes, sont en droit de s'attendre à beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Mais ça, ça commence par le leadership politique, et ce que le discours inaugural nous apprend, c'est que, du leadership politique en santé au Québec, il n'y en a plus. Ce qui, Mme la Présidente, me donne à penser que la pertinence de l'ADQ, en cette matière-là, n'est plus à faire. Parce que, s'il y a un parti qui a fait des propositions qui ont été retenues et appuyées par trois fédérations médicales, c'est l'ADQ.

S'il y a un parti qui se distingue du discours généralement reçu de « il ne faut rien changer, tout est parfait » , c'est l'ADQ. Puis, si, un jour, on veut avoir un système de santé qui fonctionne, bien il faudra faire ce que ceux qui font de bien dans le monde font, puis il y a un parti qui propose ça, Mme la Présidente, c'est l'ADQ.

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Merci, M. le député de La Peltrie. Je suis prête maintenant à reconnaître Mme la députée de Soulanges, whip adjointe du gouvernement. Mme la députée.

Mme Lucie Charlebois

Mme Charlebois: Merci, Mme la Présidente. Alors, tout d'abord, je tiens à vous féliciter, Mme la Présidente, pour votre élection dans votre comté évidemment, mais aussi à la vice-présidence de l'Assemblée nationale et je suis convaincue que vous allez vous acquitter de vos responsabilités avec le professionnalisme et le respect que nous vous connaissons déjà. En effet, l'expérience que vous comptez en tant que parlementaire fait de vous une candidate toute désignée pour assurer cette fonction honorable. Alors, bon succès dans ce que vous entreprenez.

Vous savez, Mme la Présidente, c'est avec beaucoup d'émotion, à chaque début de législature, que nous prenons la parole, en tout cas que, moi, je prends la parole, et je veux exprimer en début de discours ma reconnaissance à certaines personnes qui m'ont permis d'être élue députée de Soulanges pour une troisième fois. Un merci très spécial à ma famille, mon mari, mon précieux conseiller, Luc, mes deux enfants, Marc-André et Jessica, qui m'appuient depuis mon entrée en politique, et même avant, et qui me fournissent une aide très, très précieuse.

Je veux aussi remercier Geneviève, la conjointe de mon fils, et Simon, l'ami de coeur de ma fille, pour leur contribution. Vous savez, Mme la Présidente, la politique, ça se fait en famille, ça se fait en équipe, et, chez nous, ça ne fait pas... ce n'est pas différent de tous mes collègues ici, et c'est vraiment, ce qu'on pourrait dire, un sport d'équipe, et j'apprécie beaucoup leur appui.

Je désire aussi exprimer toute ma gratitude à ma mère, qui est sûrement à l'écoute en ce moment. Merci, maman, pour ton appui, et sache que je te suis très, très reconnaissante pour toutes les valeurs que tu m'as inculquées. Merci beaucoup.

Merci également aux militants, aux membres de l'Association libérale de Soulanges, à Marc Montpetit, mon organisateur et mon sage ? c'est mon sage conseiller ? tous ceux qui se sont dévoués tous les jours, je pense, entre autres, à... je ne veux pas nommer tous les noms mais Francine Baillargeon, Lucie Desmarais, et j'en passe. À tous ceux qui se sont dévoués pendant la campagne électorale et tous ceux qui ont contribué à mon succès, au succès de la campagne, un très grand merci.

n (11 h 30) n

Mme la Présidente, je veux aussi offrir mes sincères remerciements, vous le savez bien, aux citoyens de Soulanges. Je suis très fière et honorée de la confiance qu'ils me témoignent depuis maintenant cinq ans. Je vous remercie énormément pour le privilège que vous m'accordez encore une fois... que vous m'avez accordé encore une fois le 8 décembre dernier, et sachez que je suis tout à fait consciente de la grande responsabilité que vous m'avez confiée.

Mon équipe, que je remercie d'ailleurs en passant, Carole St-Yves, Viviane Giroux, Lise Sauvé et Marc Montpetit, qui êtes mes précieux collaborateurs de tous les instants, merci beaucoup pour votre appui, merci beaucoup pour faire le succès de l'équipe du bureau de Soulanges. Alors, mon équipe et moi sommes à l'écoute, présents et accessibles pour vous servir, chers citoyennes et citoyens de Soulanges. Sachez que j'entreprends ce mandat pour vous représenter à l'Assemblée nationale avec toute la détermination, le dévouement et surtout toute la passion qui m'animent et que vous me connaissez.

Les gens qui me connaissent savent à quel point je souhaite travailler dans un but très précis, celui d'améliorer la qualité de vie des concitoyennes et des concitoyens.

Je souhaite également profiter de cette occasion pour remercier très sincèrement le premier ministre pour ma nomination à

titre de whip adjointe du gouvernement. C'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'assumerai cette fonction importante au sein de notre aile parlementaire. Et, comme vous le savez, ce sera aussi un grand plaisir pour moi de seconder le whip en chef du gouvernement dans ses fonctions, évidemment. Mme la Présidente, c'est un honneur pour moi de faire

partie de ce gouvernement qui a mis en place des mesures appropriées pour aider le Québec à passer à travers la crise économique. Notre gouvernement, non pas pour une cause politique, mais pour le bien-être de toutes les Québécoises et pour les Québécois, non seulement notre gouvernement a doté le Québec d'outils qui lui permettront de faire face à la tempête, mais il a aussi travaillé pour faire en sorte que notre économie rebondisse après.

Le premier ministre a eu l'occasion de réaffirmer, lors de son discours inaugural prononcé le 10 mars dernier: L'économie, la création d'emplois et le maintien d'emplois constituent des priorités absolues pour notre gouvernement. En cette période d'incertitude économique, le Québec subit les secousses de la crise, tout comme ses voisins. Depuis trois mois, Mme la Présidente, il s'est perdu plus de 2 millions d'emplois aux États-Unis. De plus, dans le dernier trimestre de 2008, l'économie américaine a accusé un recul de 6,2 %. Le Québec subit évidemment les contrecoups de cette situation dramatique.

Rappelons qu'au Canada un emploi sur trois dépend directement de l'économie américaine. À l'heure actuelle, le taux de chômage au Québec demeure plus bas que celui de l'Ontario. Il se situe à 7,9 % au Québec par rapport à 8,7 % en Ontario. Toutefois, notre gouvernement a posé des gestes qui ont fait en sorte qu'à plusieurs égards notre économie résiste mieux qu'ailleurs en Amérique du Nord.

Le Québec a réussi à maintenir le nombre de ses emplois en 2008. Ajoutons à cela le fait que l'économie québécoise conserve l'avantage d'une économie diversifiée. Le programme d'infrastructures annoncé à l'automne 2007 a récemment fait l'objet d'une bonification qui en fait maintenant un projet de près de 41,8 milliards de dollars pour la période, Mme la Présidente, de 2008 à 2013. Ce programme a littéralement mis le Québec en chantier et procurera des dizaines de milliers d'emplois dans toutes les régions.

Puisque le secteur de la construction représente l'un des premiers touchés en temps de récession, notre gouvernement a agi dès les premiers signes du ralentissement afin de maintenir et de stimuler l'emploi dans ce secteur hautement fragilisé par les aléas de l'économie. Le plan de redressement de l'état du réseau routier a permis des investissements considérables dans l'ensemble des routes du Québec. Entre 2003 et 2010, les investissements routiers annuels, à l'échelle nationale, ont passé, de 2003, parce qu'avant c'était plus bas que ça, là...

Mais, à partir du temps où on est arrivé au gouvernement, c'était 930 millions de dollars la première année, Mme la Présidente, et nous en sommes maintenant à 3,7 milliards de dollars.

Chez nous, dans le comté de Soulanges, parce que les citoyens de Soulanges, eux autres, ce qu'ils veulent savoir, c'est ce qui les touche, bien je ne peux pas vous parler d'avant 2003 parce qu'il n'y avait à peu près rien, Mme la Présidente, mais ce que je peux vous dire par ailleurs, c'est que nous sommes passés, de 2003, à l'arrivée de notre gouvernement, de 4,3 millions de dollars à 147,3 millions cette année. Il y a évidemment le chantier de l'autoroute 30 qui figure dans ces chiffres-là. Si on enlève le chantier de l'autoroute 30, c'est au-delà de 40 millions.

Alors, vous pouvez constater qu'il y a une hausse très importante dans les budgets d'infrastructures routières. Mme la Présidente, les investissements publics se déploient également en matière énergétique. Depuis notre élection en décembre dernier, le gouvernement a mandaté Hydro-Québec afin d'accélérer le développement de la puissance du Québec en énergie renouvelable. Rappelons que la stratégie énergétique du Québec lancée en 2006 comportait une enveloppe de 10 milliards de dollars sur 10 ans et prévoyait la création de 70 000 emplois. Le chantier Eastmain-1-A? Sarcelle?Rupert est déj? en cours.

En outre, le Bureau d'audiences publiques en environnement vient de donner son aval à un projet sur la Basse-Côte-Nord, qui représente une capacité énergétique supplémentaire de 1 550 MW et qui représente l'un des plus gros chantiers au monde, Mme la Présidente, c'est-à-dire celui de La Romaine.

Il s'agit d'investissements publics sans précédent au Québec qui fourniront cette année du travail à plus de 100 000 personnes. Tel qu'annoncé par le premier ministre lors de son discours inaugural, les investissements en infrastructures et en énergie représentent un montant record de 13,9 milliards de dollars pour les deux prochaines années. Cela représente 275 millions de dollars d'investissement par semaine, 275 millions de dollars d'investissement par semaine, et ce, pendant 52 semaines, pour les deux prochaines années.

Dans ses efforts visant à soutenir l'économie et l'emploi, notre gouvernement a également rendu disponibles 2 milliards de dollars pour venir en aide à nos entreprises en leur donnant accès aux liquidités nécessaires pour leur bon fonctionnement. Le gouvernement a mis sur pied le programme Renfort qui comporte 1 milliard de dollars en fonds de roulement et d'investissement visant la stabilisation et la relance d'entreprises. D'ailleurs, j'ai en tête une entreprise de mon comté qui se prévaut de ce programme. Il a par ailleurs annoncé le versement d'une contribution de 1 milliard de dollars au capital de la Société générale de financement du Québec.

Il est impératif que nous mettions en oeuvre différentes mesures visant à renforcer notre économie. Au printemps 2008, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale a annoncé le Pacte pour l'emploi. Il s'agit d'investissements de près de 1 milliard de dollars sur trois ans. Cet effort sans précédent vise à améliorer la participation au marché du travail et la productivité des entreprises.

Le Pacte pour l'emploi permet de favoriser l'intégration en emploi de quelque 50 000 prestataires de l'assistance sociale et soutenir 52 000 personnes de plus dans leurs démarches d'insertion au marché du travail ou de formation. Dans le comté de Soulanges, Mme la Présidente, l'appui du gouvernement pour le développement de la main-d'oeuvre a pris forme à travers certains projets. Par exemple, je pense à l'implantation du nouveau centre de distribution Canadian Tire à Coteau-du-Lac.

Ce projet, qui représente un investissement total de 3,8 millions de dollars sur trois ans, permettra l'embauche et la formation de 600 personnes d'ici 2012. Le gouvernement du Québec a apporté une contribution de 1 million de dollars dans ce projet. Ça, c'est du concret, Mme la Présidente.

La circonscription de Soulanges connaît actuellement une forte croissance démographique. Beaucoup d'entreprises s'y sont installées au cours des dernières années. Parce que notre gouvernement a fait de l'emploi une priorité absolue, parce qu'il a soutenu l'innovation et la formation de la main-d'oeuvre pour rendre nos entreprises productives et compétitives, l'économie régionale arrive à tirer son épingle du jeu en cette période d'incertitude économique. En août dernier, l'entreprise Delta Daily Food, de Rigaud, a bénéficié d'une aide financière. C'est aussi dans mon comté, Mme la Présidente.

Elle a bénéficié d'une aide financière gouvernementale de plus de 6,4 millions de dollars visant à appuyer un projet global d'investissement de 41,9 millions de dollars qui permettra la création de 150 emplois.

Il s'agit de quelques exemples qui illustrent bien que notre gouvernement a agi de façon responsable et solidaire en posant des gestes visant à stimuler l'emploi et l'économie alors que pointaient les premiers signes du ralentissement à l'horizon. Le Québec se tire mieux d'affaire que d'autres provinces ou États nord-américains. Nous devons tous collaborer et poursuivre les efforts qui permettront au Québec de passer à travers la crise. Nous devons voir plus loin encore. Avec les mesures mises de l'avant par notre gouvernement, c'est littéralement l'avenir du Québec que nous sommes amenés à préparer.

Les grands projets d'infrastructures et énergétiques ne doivent pas seulement servir à affronter la tempête, ils doivent profiter aux générations futures. Les projets hydroélectriques doivent permettre au Québec de devenir un leader des énergies propres en Amérique du Nord, voire même au monde. Lors de son discours inaugural, le premier ministre a souligné que cette crise offrait des opportunités de passage vers l'avenir. À l'heure actuelle, les sociétés les plus riches du monde sont celles qui ont du pétrole, mais demain les sociétés les plus riches seront celles qui auront de l'énergie propre et renouvelable.

Le Québec doit utiliser son potentiel énergétique et son savoir-faire. Il doit exercer un véritable leadership en matière de développement durable. Pour ce faire, c'est l'ensemble de la société qui peut faire en sorte que le développement durable devienne un projet de société. Le nouvel espace économique qui se déploie actuellement permettra au Québec de tirer profit de son expertise en la matière.

n (11 h 40) n

Mme la Présidente, les députés de l'opposition ne semblent pas aimer notre vision du Québec et de son futur. En ces temps de ralentissement économique, d'ailleurs qui ne sont pas seulement au Québec, c'est à travers le monde qu'il y a un ralentissement économique, il suffit de regarder ailleurs qu'au Québec pour s'en apercevoir, parler de ce plan déjà amorcé et que nous poursuivons leur apparaît futile.

Eux, on le sait, Mme la Présidente, à l'époque où la députée de Charlevoix était... qui est actuellement chef de l'opposition officielle, était ministre des Finances, nous ont montré de quoi ils étaient capables, ils ont montré c'était quoi, leurs choix. Leurs choix, c'étaient des coupures dans les budgets, des mises à la retraite de médecins pour lesquelles nous payons encore le prix, des mises à la retraites d'infirmières, des mises à la retraite de spécialistes dans le monde de l'éducation. Ils nous parlaient alors encore de la souveraineté comme ils le font maintenant.

Maintenant, l'économie est en crise. L'économie, l'emploi, la formation de la main-d'oeuvre, le soutien aux entreprises, les investissements massifs pour nos infrastructures, les investissements massifs pour une énergie propre et renouvelable, c'est ce que notre gouvernement veut offrir aux Québécois. Le Québec, c'est une société ouverte sur le monde. Le repli sur soi n'est guère envisageable dans un contexte où nous devons préparer l'avenir du Québec. Moi, je suis contente de faire

partie de ce gouvernement qui avait déjà mis des mesures en place et qui les poursuit, qui les intensifie. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Merci, Mme la députée de Soulanges. Je cède maintenant la parole à M. le député du Lac-Saint-Jean.

M. Alexandre Cloutier

M. Cloutier: Merci, Mme la Présidente. Alors, voilà maintenant la deuxième fois que je prends la parole au nom des citoyens de Lac-Saint-Jean à l'occasion de l'ouverture de la session parlementaire. C'est ma deuxième élection et donc mon deuxième discours d'ouverture avec toujours ce même droit, celui de m'exprimer librement au nom des gens de chez nous, des citoyens de Lac-Saint-Jean, des gens fiers, chaleureux et travailleurs. Ce sont des travailleurs remarquables qui se distinguent principalement dans les domaines de l'agriculture, la foresterie et des services.

Mme la Présidente, je souhaite prendre cette opportunité pour remercier particulièrement les 26 463 électeurs qui se sont déplacés pour exercer leur droit de vote et bien sûr les 14 536 personnes qui m'ont accordé leur confiance afin de me permettre d'exercer cette responsabilité que j'assume avec beaucoup de bonheur. À chaque fois que je me lève dans cette Chambre et que je vois mon nom inscrit sur ce pupitre avec à côté « député de Lac-Saint-Jean » , ça me rappelle que j'ai une immense responsabilité et que mes décisions devraient toujours se prendre dans l'intérêt de la population.

Je constate aussi, Mme la Présidente, que mon nom s'enlève relativement facilement du bureau et que c'est à moi de mériter la confiance de mes électeurs tout au long du mandat qui m'est confié. Alors, je m'engage donc envers eux à agir avec coeur, honnêteté, sincérité et beaucoup de ténacité. Je veux aussi profiter de cette tribune pour souligner l'excellent travail des nombreux bénévoles qui m'ont accompagné. Au fil du temps, le comté de Lac-Saint-Jean a réussi à mettre sur pied une équipe de haut niveau habituée à travailler ensemble. À chaque élection, on avoisine le nombre de 500 bénévoles.

Je veux particulièrement remercier ma doc de campagne, qui nous permet, élection après élection, de dépasser nos objectifs, Mme Cynthia Tardif; mon responsable des communications, et son équipe, M. Pierre Bouchard; mon agent officiel, Michel Hudon; et Mmes Rose-Aimée Goulet et Johanne Savard, respectivement responsables de l'organisation. Je veux aussi souligner le travail de Mme Marina Savard, responsable de l'agenda; M.

Patrice Villeneuve, au soutien; Lise Duchesne, pour sa joie de vivre et sa bonne humeur dans notre local électoral; sans oublier Diane D'Amours, notre réceptionniste, et Solange Guay, pour son fantastique sucre à la crème, Mme la Présidente. Je veux aussi mettre en évidence l'excellent travail de l'équipe responsable de l'installation des pancartes du jour J, l'exécutif du Parti québécois dans notre comté de même que tous les autres bénévoles qui ont fait de la dernière élection dans mon comté une grande victoire.

Je veux enfin féliciter les autres candidats qui se sont présentés à l'élection dans le comté de Lac-Saint-Jean, particulièrement le candidat de Québec solidaire, le jeune candidat de Québec solidaire, qui a eu le courage de se présenter à chacun des débats; le candidat de l'Action démocratique, M. Sylvain Carbonneau, qui s'est distingué particulièrement par son éloquence; et enfin le candidat libéral, M. Pierre Simard, pour ses efforts.

Mme la Présidente, les Québécois s'attendent de nous, en cette période de crise économique trouble, qu'on leur propose des projets de développement novateurs

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2009-03-18
Typehansard
Volume / chapterfr travaux-parlementaires assemblee-nationale 39-1 journal-debats 20090318 11007
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierd965c1f2b2b7998b2a076a65cb9164893dc32169

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