Culture and Education — 15 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CCE 2022-02-15
Quebec — Committees
(Onze heures six minutes)
La Présidente (Mme
Thériault) : Attention, s'il vous plaît! Donc, ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation
ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 96,
Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Guillemette (Roberval) sera remplacée par M. Lévesque (Chapleau);
Mme St-Pierre (Acadie), par M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee); Mme Dorion (Taschereau), par Mme Ghazal (Mercier); et Mme Hivon
(Joliette), par M. Bérubé (Matane-Matapédia).
Présidente (Mme Thériault) :
Merci beaucoup. Donc, lors de l'ajournement, jeudi dernier, la commission
en était à l'étude de l'article 20 du projet de loi. Et, M. le ministre,
vous m'avez signalé avoir un amendement à déposer sur cet article-là?
M. Jolin-Barrette : Oui. Faisant
suite, Mme la Présidente... Mais, tout d'abord, bonjour. Faisant suite aux
discussions que nous avons eues jeudi dernier, vous savez, il y avait des
représentations, notamment, qui étaient faites par l'ordre des CPA, notamment
la Chambre des notaires également, relativement à qui va payer pour les frais de traduction, il y avait une inquiétude
relativement... et on avait un cas d'exemple qui avait été souligné par la
députée de Marguerite-Bourgeoys relativement au fait que qu'est-ce qui
arrive dans l'éventualité où une personne morale, dans le fond, demande ses états financiers à un comptable, et il les
demande dans une autre langue que le français, et là un actionnaire
demande de les avoir en français, les états financiers, parce que c'est une
personne qui est autorisée. Donc, l'amendement qu'on va introduire, Mme la
Présidente, c'est pour faire en sorte que ça soit la personne morale... lorsque
c'est une personne morale, c'est elle qui va assumer les frais et non pas le
professionnel.
Et donc je vous lis l'amendement, Mme la
Présidente.
Ajouter, à la fin de l'article 20 du projet
de loi, le paragraphe suivant :
3° par l'ajout à la fin de l'alinéa
suivant :
«Malgré le premier alinéa, lorsque le client
ayant fait appel aux services du membre d'un ordre professionnel est une
personne morale, les frais de traduction d'un document visé au premier alinéa à
la demande d'une personne autorisée à obtenir ce document, autre que ce client,
sont à la charge de celui-ci.»
Donc, l'article 30.1 de cette charte est
modifié. Là, je vous lis... pardon, le commentaire. Cet amendement prévoit que
les frais de traduction, à la demande d'un tiers, d'un document rédigé par un
professionnel sont à la charge du client de ce professionnel lorsque ce client
est une personne morale.
Donc, c'est ça, on vient faire en sorte
justement que l'article 30.1, tel qu'amendé, se lirait ainsi : «30.1.
Les membres des ordres professionnels doivent fournir en français et sans frais
de traduction tout avis, opinion, rapport, expertise ou autre document qu'ils
rédigent à toute personne autorisée à les obtenir et qui leur en fait la
demande. Cette demande peut être faite à tout moment.
«Malgré le premier alinéa, lorsque le client
ayant fait appel aux services du membre d'un ordre professionnel est une
personne morale, les frais de traduction d'un document visé au premier alinéa à
la demande d'une personne autorisée à obtenir ce document, autre que ce client,
sont à la charge de celui-ci.»
Donc, ça signifie que, si le client est une
personne morale puis qu'il y a une demande de frais de traduction, c'est le
client, personne morale, qui va les assumer.
La Présidente (Mme Thériault) : C'est
bon. Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
David : Bien, ça commence bien la semaine, Mme la
Présidente. Nos discussions ont porté fruit. Je pense que les arguments
convaincants de l'Ordre des comptables professionnels agréés sont
irréfragables.
M. Jolin-Barrette : Je n'irais pas
jusque là, Mme la Présidente.
Mme David : Même votre expert trouve
que c'est... il est même étonné de ma courbe d'apprentissage. Alors, je pense que nous avons là un excellent amendement
qui protège... moi qui a été pendant longtemps, entre autres, dans mes
nombreuses vies, une professionnelle autonome qui faisait des contrats,
justement, d'expertise psycholégale, je me serais très difficilement vue être
obligée de traduire, et de traduire, et de traduire, alors que mon client,
c'était une personne morale. Alors la personne morale a
les reins plus solides que le pauvre professionnel autonome. Donc je pense que c'est sage. Je pense que c'est avisé et
je pense que c'est rendre justice aussi à un excellent mémoire des CPA.
Je le dis en passant,
je l'ai relu attentivement pour préparer nos heures de discussion aujourd'hui.
Celui-là et celui des notaires sont vraiment excellents. Vous pouvez prendre
des notes, M. le conseiller, parce que vous verrez mes sources d'inspiration
pour discuter. Mais, quand il y a des bons mémoires, des gens qui ont travaillé
longtemps, qui se préoccupent... Évidemment, je l'avais dit, qu'on entrait dans
une zone complexe, qui est celle des ordres professionnels, missions de
protection du public. C'est une zone à la fois très légale et très... en tout
cas, moi, je n'ai jamais trouvé ça très simple, toute la question des ordres
professionnels, mais en lien avec l'enseignement, les programmes d'études, mais aussi les inspections, le code de déontologie,
les sanctions, les radiations. J'ai été moi-même membre de la formation continue de mon ordre. J'ai été très impliquée,
et c'est d'une complexité législative importante. Alors, de mettre la langue
française là-dedans, on comprend qu'on n'est pas dans le
chapitre le plus
simple de... Alors, même, des fois,
je demanderai un peu de compréhension au ministre si jamais je me trompe dans
les mots, les expressions. Mais, pour ça, ici, j'ai bien compris que ça
causait un vrai problème et je suis très satisfaite de l'amendement.
La Présidente
(Mme Thériault) : Parfait. S'il n'y a pas d'autre question,
commentaire, on peut mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté?
La Présidente
(Mme Thériault) : Adopté. Parfait. M. le ministre,
l'article 21
M. Jolin-Barrette :
Il ne faut pas adopter 20?
La Présidente (Mme Thériault) : Excusez-moi.
Article 20, maintenant, tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 20?
Désolée.
Mme David :
Donc, c'était le commentaire vraiment principal.
La Présidente (Mme Thériault) : Il n'y a pas d'autre commentaire. Donc, est-ce
que l'article 20, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente
(Mme Thériault) : Adopté. Parfait. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui. 21, Mme la Présidente.
L'article 32 de
cette charte est modifié :
1° dans le premier
alinéa :
a) par l'insertion,
après «utilisent», de «uniquement»;
b) par l'insertion,
après «écrites» de «et orales»;
par le remplacement de «de leurs membres» par «ou une
partie de leurs membres
et des candidats à l'exercice de la profession»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «Ils peuvent toutefois répondre dans
la langue de l'interlocuteur lorsqu'il s'agit d'» par «Sauf disposition
contraire à la présente loi, ils utilisent uniquement cette langue lorsqu'ils
communiquent oralement ou par écrit avec».
Commentaire.
L'article 21 du projet doit modifie l'article 32 de la Charte de la langue
française pour faire en sorte que les ordres
professionnels n'utilisent que le français dans leurs communications écrites et
orales avec l'ensemble ou une
partie de leurs membres et des candidats à
l'exercice de la profession. De plus, les ordres professionnels devront
uniquement utiliser le français dans leurs communications orales ou écrites
avec un de leurs membres, sous réserve de ce
qui est prévu par l'article 40.2 de la Charte de la langue française,
proposé par l'article 27 du projet de loi. Et je vais avoir un
amendement, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Thériault) : Oui. Si vous pouviez en faire la lecture.
M. Jolin-Barrette :
Article 21. Remplacer le paragraphe 2° de l'article 21 du projet
de loi par le paragraphe suivant :
2° par le
remplacement du deuxième
article par le suivant :
«Sauf
disposition au contraire de la présente loi, ils utilisent uniquement cette
langue lorsqu'ils communiquent oralement ou par écrit avec un membre ou
un candidat à l'exercice de la profession en particulier.»
Commentaire.
Par concordance avec les modifications apportées au premier alinéa de
l'article 32 de la Charte de la langue française par le
paragraphe 1° de l'article 21, cet amendement ajoute une référence
aux candidats à l'exercice de la profession au libellé du deuxième alinéa de
l'article 32 de la Charte de la langue française.
Donc, tel qu'amendé,
là, ça se lirait :
«32. Les ordres professionnels utilisent
uniquement la langue officielle dans les communications écrites et orales avec
l'ensemble ou une
partie de leurs membres et des candidats à l'exercice de la
profession.
«Sauf
disposition contraire de la présente loi, ils utilisent uniquement cette langue
lorsqu'ils communiquent oralement ou par écrit avec un membre ou avec un
candidat à l'exercice de la profession en particulier.»
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée de Marguerite-Bourgeois.
Mme David :
Alors, écoutez, moi aussi, je vais avoir un amendement, un amendement que
j'aime beaucoup. Je vous le dis, je suis fière de cet amendement-là. Je vous
dirai après ma source pour ne pas trop donner d'indices, sauf que j'aimerais ça déposer mon amendement
assez rapidement, parce que, si on accepte mon amendement, je vais
accepter l'amendement qui est déposé là. Un va un peu avec l'autre parce qu'on
parle d'ajouter «candidat». Je vois la logique de mettre les candidats avec les
membres, mais je... Il y aurait un «mais» avant qui serait dans mon... qui serait dans mon amendement. Alors, est-ce que je
peux demander la permission de déposer le mien dans le même espace
temporel que celui du ministre ou pas? Ça doit être un puis après l'autre et
lors des...
M. Jolin-Barrette :
Bien, c'est... Là, on peut en discuter, mais, dans la mécanique, il faut
traiter de celui que je viens de déposer.
Mme David :
Un avant l'autre.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça, mais on peut quand même... Vous pouvez quand même en discuter. Puis
on va faire la discussion sur les... sur les deux en même temps, si vous
voulez.
Mme David :
Mais en discuter, ça veut dire quoi? Ça veut dire quoi, le déposer puis en
discuter?
La Présidente
(Mme Thériault) : Bien là, vous avez 20 minutes à discuter
sur l'article... sur l'amendement du ministre. Après ça, on revient sur
l'article. Ça fait que, puisque, vous introduisez quelque chose, vous pouvez
prendre dans le temps où vous voulez. Il n'y a pas de problème. Puis, à ce
moment-là, le ministre va savoir... avoir une meilleure idée d'où vous voulez
aller avec un amendement possible aussi. Donc, moi, je suis... On est dans le
cadre de l'article, là. Je n'y vois pas... Je n'y vois pas de...
Mme David :
Bien, je vais commencer tranquillement, là. Je vais commencer tranquillement
par une question quand même assez intéressante, qui est celle de... C'est une
question que j'ai souvent posée au ministre, qui était pourquoi il mettait
seulement «par écrit» quand il parlait des communications. Puis on en a
beaucoup discuté. Je pense, c'était 13.1 ou... Écrit inclut l'oral. Avec le mot
du ministre, que je ne comprends toujours pas, c'est : L'écrit emporte
l'oral. Mais je pense qu'«emporte» ça veut dire «inclut». Enfin, je suis sûre
que j'interprète bien, là. Le... l'écrit inclut l'oral quand on parle des
communications, etc., mais que c'était trop compliqué de mettre l'oral, la
communication orale pour les communications avec les citoyens, avec les
organismes de l'État. Pourquoi ici, qua