Public Finance — 15 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2017-11-15
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-cinq minutes)
Le Président
(M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission
des finances publiques ouverte et je
demande, bien sûr, aux personnes dans la salle d'éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 108, Loi
favorisant la surveillance des contrats des organismes publics et
instituant l'Autorité des marchés publics.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Bonnardel (Granby) est remplacé par M. Caire (La
Peltrie) et M. Spénard (Beauce-Nord) est remplacé par M. Laframboise
(Blainville).
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Donc, bienvenue aux parlementaires qui vont
participer à nos travaux aujourd'hui. Bienvenue également aux recherchistes et
aux gens des cabinets et des organismes qui vont nous assister.
Lors
de l'ajournement de nos travaux, hier, nous en étions rendus à
l'étude de l'article 114 du projet de loi. Mais je
crois qu'avant, M. le ministre, vous avez un document à déposer.
M. Poëti :
Oui, exactement, suite à la demande sur le document de localisation des
employés qui sont transférés à l'AMP, et
donner la nomenclature. Alors, pour
la députée de Pointe-aux-Trembles, voici le document, tel que promis,
que nous étions pour déposer.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Donc, la distribution se fait actuellement.
S'il y a des questions sur le document, nous y reviendrons.
Donc, on va passer à
l'étude de l'article 114.
M. Poëti :
114. Je m'excuse, M. le Président, mon adjoint n'était pas prêt.
Le Président
(M. Bernier) : Je vais rendre ma décision cet après-midi.
M. Poëti :
Cet après-midi? Donc, comme je disais, mon adjoint n'étant pas prêt, je vais me
rendre à 114. Nous y sommes, M. le
Président. Alors, l'article 114 tel que déposé : Cette loi est
modifiée par l'addition, après l'article 21.48, de ce qui
suit :
«Chapitre V.3.
Évaluation du rendement.
«21.49. L'Autorité
des marchés publics tient et rend accessible aux organismes publics un
sommaire
des évaluations du rendement des
contractants, lequel permet l'établissement d'une cote de rendement aux fins
notamment de l'évaluation de la qualité d'une soumission.
cette fin, chaque organisme public désigné par règlement doit, dans les cas et
suivant les conditions déterminés par règlement, transmettre à
l'autorité copie des évaluations visées.»
commentaires :
L'article 114 du projet de loi propose d'ajouter un
chapitre particulier concernant les évaluations
de rendement dans la
loi sur les contrats des organisations publiques. Le
nouvel
article 21.49 confie à l'Autorité des marchés publics la responsabilité d'obtenir les évaluations de
rendement réalisées par les organismes publics puis d'en dresser un
sommaire qu'elle rendra accessible afin
qu'une cote de rendement puisse être établie à l'égard des entreprises visées. Le deuxième alinéa de cet
article prévoit
que l'envoi des évaluations se fera dans les cas et selon les conditions
qu'un règlement du gouvernement déterminera.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
On avait un groupe qui avait dit... qui nous avait souligné d'indiquer à l'article 114
les critères objectifs d'évaluation qui seront utilisés par l'AMP et de donner
la possibilité au DOP de prendre connaissance de l'évaluation et de contester, le
cas échéant, avant que cette évaluation ne soit rendue publique.
M. Poëti :
Mme Arav, sur le même consentement.
Le Président (M. Bernier) : Consentement pour que Mme Arav participe à nos travaux aujourd'hui? Consentement. Donc,
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Oui. Alors, tout le mécanisme d'évaluation du rendement
existe déjà. Il est dans la réglementation.
Ce que vient faire cette disposition-là, ce n'est pas d'établir le mécanisme
d'évaluation du rendement, c'est de
centraliser l'information auprès de l'AMP pour que ça puisse servir à
l'ensemble des organismes et ministères du gouvernement. Donc, tout ce qui existe, là... Ça existe déjà,
l'évaluation du rendement, comment ça se fait, de quelle façon, quand
est-ce qu'on doit la faire, c'est dans la réglementation qui existe déjà, et
auxquels sont soumis les ministères et organismes.
Cette disposition-là va permettre... Si jamais un organisme veut voir une
entreprise dans un appel d'offres avec
qualité-prix, comment je peux l'évaluer, bien, il peut voir les évaluations que
les autres organismes publics ou les autres ministères vont avoir
données pour cette entreprise-là.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée.
Mme Léger :
Est-ce qu'un contractant peut se plaindre de l'évaluation à l'AMP?
Mme Arav
(Carole) : Non. En fait, le processus est tout dans la réglementation.
C'est qu'il peut faire ses commentaires lorsque l'organisme
ou le ministère l'évalue, il y a une procédure qui est établie, mais il n'y a
pas de plainte à l'AMP sur l'évaluation qu'il a eue.
Mme Léger :
Mais, quand vous parlez de la réglementation, vous parlez de quelle
réglementation?
Mme Arav
(Carole) : En fait, c'est le règlement sur les contrats de services,
le règlement en matière de construction,
le règlement en matière de TI. Donc, chacun des règlements, la même
section a
été ajoutée sur l'évaluation du rendement des contractants.
Mme Léger :
Et est-ce que chacune des réglementations sont harmonisées? Quand vous dites la
même, c'est qu'ils sont tous semblables?
Mme Arav
(Carole) : Oui, ils sont harmonisés.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Quand on dit «accessible aux organismes publics»,
«organismes publics», ça comprend les municipalités aussi?
Le Président
(M. Bernier) : Ça va?
M. Poëti :
Oh! Il y a un petit doute.
Mme Arav
(Carole) : Comme dans la
LCOP. Excusez-moi, non. C'est non, la réponse. Oui. Alors, en fait, on
est dans les modifications de la loi qui
vise la
Loi sur les contrats des organismes publics, donc les municipalités
ne sont pas soumises à cette loi-là. Donc, ça ne les vise pas dans les modifications
qu'on est en train de faire.
M. Laframboise : Ça veut dire qu'ils ne pourraient pas s'adresser à l'AMP pour avoir une
évaluation d'entreprises avec lesquelles ils font affaire.
Mme Arav
(Carole) : Au niveau
des municipalités, il existe un autre régime d'évaluation de rendement, qui est différent de celui qui est prévu à la Loi
sur les contrats des organismes publics.
Président (M. Bernier) : Ça va? Donc, est-ce que l'article... Oui, Mme
la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Je veux juste voir le cheminement pour un entrepreneur, là, si un entrepreneur
se sent lésé ou tout ça. Alors, c'est quoi,
comment il peut si un fonctionnaire le tasse puis qu'il sent, je veux dire, il
n'a pas la... l'évaluation au rendement, qu'il ne peut pas le contester,
Mme Arav (Carole) : En fait, la...
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Merci. La
réglementation prévoit de faire une évaluation de rendement des contractants, donc on n'est pas dans le cadre de soumissions, on
est vraiment... ils sont en train d'exécuter un contrat, principalement
dans les cas de rendement insatisfaisant,
pour les contrats de plus de 100 000 $,
dans les cas de rendement satisfaisant aussi. Alors, l'organisme public produit son évaluation. Il y a une période de
commentaires pendant laquelle le contractant peut faire valoir des
arguments à l'encontre de l'évaluation qui a été produite à son égard auprès de
l'organisme public.
Mme Léger : O.K. Ça fait que jamais il ne fait le lien avec... ou
un accompagnement ou un lien qu'il a
avec l'AMP. C'est toujours le contractant, toujours, avec son donneur
d'ouvrage.
Mme Léger : Et pourquoi qu'on n'a pas ouvert la porte à l'AMP
pour... Parce que, si l'entrepreneur
se sent lésé quelque part, il est
pris avec le même organisme, puis les mêmes fonctionnaires, puis le même monde
avec qui il a eu des... qu'il ne se sent pas... qu'il se sent lésé dans
ça. Alors, pourquoi l'AMP ne jouerait pas son rôle?
Mme Arav (Carole) : En fait...
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Merci. L'AMP, son rôle est de s'assurer de l'application du
cadre normatif. Dans l'application du
cadre normatif, il y a l'évaluation de rendement. Le rôle de l'AMP n'est pas un
tribunal d'appel quand on est insatisfait d'une décision d'un organisme.
Mme Léger :
C'est là le problème. C'est toujours là que... ça bogue là tout le temps parce
que, quand il n'est pas... il n'est jamais signataire, ce n'est pas lui
le donneur d'ouvrage, ce n'est pas lui... On est souvent pris, les gens qui se
sentent lésés, par le... S'il y avait un système bien établi... Et puis ils
n'arrivent pas à s'en sortir, là. En tout cas. O.K.
Le Président (M. Bernier) :
Ça va? Est-ce que l'article 114 est adopté?
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Bernier) :
Adopté sur division. Donc, l'article 115. M. le ministre.
M. Poëti : 115, M. le
Président, je vais le lire tel que déposé, ensuite à l'amendement :
L'article 23 de cette loi est modifié :
1° par la suppression des paragraphes 8° à 13°;
2° par l'insertion, après le paragraphe 13°, du suivant :
«13.1°
déterminer dans quels cas et à quelles conditions les évaluations du rendement
des contractants doivent être
transmises à l'Autorité des marchés publics aux fins du
sommaire visé à
l'article 21.49 ainsi que les organismes publics qui doivent les
lui transmettre.»
Aux commentaires :
L'article 23 de la
Loi sur les contrats des organismes publics dresse l'ensemble des habilitations
réglementaires conférées au gouvernement.
L'article 115 du projet de loi
propose d'abord de supprimer les
habilitations en lien avec certaines mesures applicables en matière d'inadmissibilité aux contrats publics,
celles-ci n'étant plus requises en
raison des modifications apportées aux dispositions du
chapitre V.1 de
cette loi.
L'article 115 propose également
l'ajout d'une nouvelle habilitation en lien avec l'établissement du mécanisme
central d'information relatif aux évaluations de rendement que propose
l'article 114 du projet de loi.
À l'amendement, M. le Président :
L'article 115 au projet de loi est modifié :
1° par le remplacement du paragraphe 2° par le
suivant :
2° par l'insertion, après le
paragraphe 13°, des suivants :
«13.1° déterminer les conditions et les
modalités applicables aux plaintes visées à l'article 21.0.4 ainsi qu'à leur traitement;
«13.2°
déterminer dans quels cas et à quelles conditions les évaluations du rendement
des contractants doivent être
transmises à l'Autorité des marchés publics aux fins [des
sommaires visés] à
l'article 21.49 ainsi que les organismes publics qui doivent les
lui transmettre;»;
par l'ajout, à la fin, du paragraphe suivant :
3° par l'ajout, à la
fin, du paragraphe suivant :
«16° établir, malgré
toute disposition inconciliable d'une loi générale ou spéciale, un mécanisme
visant le règlement des différends
susceptibles d'avoir un impact sur le paiement d'un contrat public ou d'un
[sous-contractant] public et déterminer dans quels cas, à quelles
conditions et suivant quelles modalités ce mécanisme s'applique.»
commentaires : La première modification proposée à l'article 115 du
projet de loi confère au gouvernement le pouvoir de déterminer par règlement les conditions et modalités
applicables aux plaintes concernant certains processus contractuels prévus à l'article 21.0.4 de la Loi
sur les contrats des organismes publics. La deuxième modification vise à
conférer au gouvernement le pouvoir d'établir par voie réglementaire un
mécanisme de règlement des différends facilitant le paiement des contrats
publics et des sous-contrats publics.
Président (M. Bernier) : Merci. Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles, sur l'amendement et l'article 115.
Mme Léger :
Alors, ce que j'en comprends, c'est, s'il y a un contractuel, dans le fond, on
va y aller par règlement pour voir les modalités, là, puis les
conditions, par rapport aux plaintes et comment... le mécanisme de règlement de
différends parce que... Dans le fond, c'est si un contractant ne paie pas, s'il
y a un problème de paiement. C'est ce que je comprends?
M. Poëti :
Oui. Oui, oui.
Mme Léger :
Mais c'est qui qui est le payeur? Ça peut être différents... Est-ce que c'est
le gouvernement?
M. Poëti :
Je ne comprends pas votre question. Peut-être réitérer votre question.
Mme Léger :
Qui est le payeur? Dans le fond, c'est le gouvernement qui est le payeur pour
un...
M. Poëti :
Ça dépend si c'est le gouvernement qui donne le contrat, le ministère qui donne
le contrat.
Mme Léger :
Si le ministère donne...
M. Poëti :
C'est le ministère qui donne le contrat. Donc, oui, c'est le gouvernement, mais
l'organisme physique, donc un ministère, à
titre d'exemple, est le
payeur. Je comprends que c'est l'argent gouvernemental, mais c'est le ministère
qui est le payeur.
Mme Léger :
Oui, mais, lorsqu'on parle qu'il faut avoir un règlement entre les différends,
c'est qui, les parties des différends?
M. Poëti :
Ça va venir aussi un peu plus loin dans d'autres amendements qui expliquent les
délais puis ces choses-là. Il y a un petit lien à faire.
Mme Léger :
Non, mais là on dit : Pouvoir établir par voie réglementaire un mécanisme
de règlement des différends. Quels sont les différends? C'est qui, ces
personnes-là?
Le Président
(M. Bernier) : Quels sont les acteurs qui vont nommer les
différends.
M. Poëti :
Bien, entre le ministère puis un entrepreneur général, ils pourraient ne pas
s'entendre sur un différend ou un
avenant. Puis ça peut être aussi entre le sous-contractant... Donc, ça pourrait
être aussi le sous-contractant et l'entrepreneur général, il pourrait y
avoir un différend.
Mme Léger :
Donc, ça peut être le contractant avec son sous-contractant?
Mme Léger :
O.K. Puis le sous-contractant sous... Tu sais, quand on revenait au sous-sous,
M. Poëti :
Oui, oui. Non, mais c'est...
Mme Léger :
Donc, tout le temps, entre deux, là... Les différends, c'est entre deux parties
qui ont un contrat qui touche un donneur public, là.
M. Poëti :
Exact, oui.
Mme Léger : O.K. C'est
correct.
Le Président (M. Bernier) : Ça
va? M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Si je saisis bien, là, le deuxième paragraphe, établir malgré toute disposition
inconciliable un mécanisme visant le règlement des différends concernant le
paiement, est-ce que ça va s'appliquer contrat par contrat ou par organisme
public?
M. Poëti : C'est contrat
par contrat.
M. Laframboise : Contrat par
contrat. O.K.
Le Président (M. Bernier) : Ça
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que... Oui, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles?
Mme Léger :
Un mécanisme de règlement des différends, quel genre de mécanisme on pourrait
avoir, de règlement de différends?
Est-ce que c'est une décision? Est-ce que ça vient aider? Est-ce qu'il oblige?
Est-ce que c'est exécutoire? C'est quoi?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti :
En fait, votre question est pertinente. On le définit davantage à 115.2. Mais,
dans ce cas-ci, on appellera un
intervenant expert indépendant qui va trancher sur une problématique, qui est
exécutoire, mais qui laissera la porte ouverte,
éventuellement, pareil, si quelqu'un n'est pas satisfait au bout, bien qu'il va devoir
respecter cette décision-là, d'avoir des recours juridiques.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Est-ce que l'amendement à l'article 115 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'article 115, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Bernier) : Nous avons un amendement qui introduit
un nouvel article, l'article 115.1. M. le ministre.
M. Poëti : Parfait, M.
le Président. Donc, oui, effectivement, un nouvel
article complet :
115.1.
L'article 23.1 de cette loi est modifié par le remplacement de «aux
paragraphes 1°, 3°, 14° et 15° du premier alinéa de l'article 23»,
par «à l'article 23».
Aux commentaires :
L'article 23.1 de
la
Loi sur les contrats des organismes publics permet au gouvernement d'édicter
des dispositions réglementaires applicables à un contrat d'un organisme visé à
l'article 7 de cette loi. L'application
de cette disposition s'est traduite par l'édiction du Règlement sur les
contrats d'approvisionnement de services et de travaux de construction des organismes visés à l'article 7 de
la
Loi sur les contrats et les organismes publics. Les articles 173 et 174 du projet de loi
proposent par ailleurs des modifications à ce règlement dont la nature n'est
actuellement pas couverte par l'habilitation prévue à l'article 23.1 de la
Loi sur les contrats des organismes publics.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Alors là, on
ne touche pas les municipalités?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
1141 Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
Mme Léger : Qu'est-ce
qui se passe avec les municipalités?
M. Poëti : Peut-être
juste éclaircir votre question.
Mme Léger :
Mais là on y va par règlement pour établir des mécanismes, ce qu'on avait
avant. Là, on confère au gouvernement le pouvoir de déterminer par
règlement tous les éléments, là, comme vous avez. Alors, ça permettrait également au gouvernement de prévoir par règlement
des dispositions. Donc, qu'est-ce qui arrive au niveau des municipalités?
M. Poëti :
Ce qu'on me dit, Mme la députée, c'est qu'ils ont déjà dans leur loi qui les
régit ce type de règle là, c'est déjà à l'intérieur des lois
municipales. C'est pour ça qu'on n'en parle pas ici.
Mme Léger :
C'est un règlement qu'ils ont, ça aussi? C'est par un règlement?
M. Poëti :
Les lois et règlements.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va?
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Blainville, ça va?
M. Laframboise :
Ça va. Aucun commentaire.
Le Président
(M. Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant
l'article 115.1 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté.
Article 116. M. le ministre.
M. Poëti :
Donc, 115.2. Nous allons le déposer immédiatement. Et je tiens à souligner et
remercier la collaboration des oppositions.
Nous en avions parlé, et il était opportun d'inclure à l'intérieur de notre
projet de loi un volet qui était une
problématique sur les retards de paiement. Et ça nous permet ici, et je vais
vous la définir clairement, la possibilité de venir intégrer à
l'intérieur de ce projet de loi des modifications et des règles, je vous
dirais, importantes relativement à une problématique face aux retards de
paiement au Québec.
Président (M. Bernier) : Je vais suspendre quelques instants pour
permettre aux parlementaires de recevoir copie de l'amendement. Je
suspends.
(Suspension de la séance à
11 h 44)
Président (M. Bernier) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, M.
le ministre, vous introduisez un
amendement qui permet d'introduire un nouvel article, l'article 115.2.
Donc, si vous voulez nous le présenter et le commenter.
Mme Léger :
Mais juste avant, M. le président, c'est parce que...
Le Président
(M. Bernier) : Oui, Mme la députée?
Mme Léger : En tout
cas, on peut écouter le ministre,
mais j'aurais aimé qu'on le suspende, si c'était possible, parce que,
là, ce n'était pas dans le projet de
loi initial, c'est toute une nouvelle...
je trouve qu'on introduit quelque
chose de nouveau. J'aurais aimé juste avoir un petit peu un temps de recul pour le regarder d'une façon plus précise avec
l'équipe aussi, là, parce que
ça a un... On introduit quand même une mise en oeuvre de projet, là, pilote puis... Alors, si on
peut le suspendre, j'y reviendrai cet après-midi, s'il y a lieu, là, sans
problème.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Bien, peut-être j'aurais pu vous le lire, mais... puis on pourrait le suspendre
après, ça vous donnerait peut-être une
partie de l'interrogation que
vous avez, puis qu'on le regarderait en début d'après-midi.
Le Président
(M. Bernier) : Donc, faites-nous-en la lecture, et par la suite
je demanderai un consentement.
M. Poëti :
Alors, le nouvel article, M. le Président :
115.2. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 24.2, des suivants :
«24.3. Le président
du Conseil du trésor peut, par arrêté, autoriser la mise en oeuvre de projets
pilotes visant à expérimenter diverses
mesures destinées à faciliter le paiement aux entreprises parties aux contrats
publics que détermine le Conseil du trésor et aux sous-contrats publics
qui y sont liés et à définir des normes applicables en cette matière.
«Dans le cadre d'un projet pilote, le président
du Conseil du trésor peut notamment, malgré toute disposition inconciliable d'une loi générale ou spéciale,
prescrire l'application de différents calendriers de paiement, le recours à
un mécanisme de
règlement des différends et des mesures de reddition de comptes selon [les]
conditions et des modalités qu'il édicte, lesquelles peuvent différer de
celles prévues par la présente loi et ses règlements.
«Le président
du Conseil du trésor peut, en tout temps, modifier un projet [de loi] ou y
mettre fin. Il peut également
déterminer, parmi les conditions et modalités d'un projet pilote, celles dont
la violation constitue une infraction et fixer les montants minimum et maximum
dont est passible le contrevenant. Ces montants ne peuvent être
inférieurs à 2 500 $ ni supérieurs à 40 000 $.
«Les conditions et les modalités d'un projet
pilote doivent être publiées sur le site Internet du Secrétariat du Conseil du
trésor. Ces conditions et modalités peuvent varier selon les organismes publics
et les contrats et les sous-contrats publics visés.
«Le Conseil du trésor peut, pendant une période
d'une année suivant l'entrée en vigueur des conditions et modalités visées au deuxième alinéa, déterminer
les contrats publics soumis à un projet pilote. Cette période peut être
prolongée par celui-ci pour une durée n'excédant pas un an.
«24.4. Un organisme public doit, sur demande du
président du Conseil du trésor, lui transmettre la liste des contrats qu'il
projette de conclure et qui répondent aux conditions que celui-ci détermine.
«24.5. Les
organismes publics et les entreprises parties aux contrats publics et aux
sous-contrats publics soumis à un projet pilote en application [à]
l'article 24.3 doivent, dans le cadre de l'application du mécanisme de
règlement des différends prescrit, recourir,
[...]requis, aux services de la personne morale de droit privé à but non
lucratif ayant conclu une entente avec le président du Conseil du trésor
pour mettre en oeuvre ce mécanisme.
«24.6. Le
président du Conseil du trésor ou toute personne qu'il désigne comme enquêteur
peut faire enquête sur toute matière de sa compétence relative à
l'application [du] projet pilote édicté en vertu de l'article 24.3.
«Sur demande,
l'enquêteur s'identifie et produit le certificat signé par le président du
Conseil du trésor attestant sa qualité.»
Aux commentaires :
L'article 115.2 du projet de loi vise à donner
suite à la 15e recommandation de
la commission Charbonneau, qui
proposait au gouvernement d'adopter des mesures législatives pour régler la
problématique touchant les délais de paiement des contrats publics et
des sous-contrats liés aux contrats publics.
Ainsi, les nouveaux articles 24.3 à 24.5
qu'il propose d'introduire dans la
Loi sur les contrats des organismes publics
accorderaient au président du Conseil du trésor le pouvoir d'édicter des
projets pilotes pour expérimenter différentes
mesures visant à faciliter les paiements dans les contrats publics et les
sous-contrats qui y sont liés. L'approche par projet pilote permettrait
notamment d'évaluer les impacts des mesures mises en oeuvre sur l'industrie et
les organismes publics et d'en dresser un bilan.
En fonction
des résultats obtenus, un règlement établissant une solution permanente
pourrait être ensuite pris. Il appartiendrait
au Conseil du trésor d'identifier pendant une année — à l'article 24.3 — les contrats soumis au projet pilote,
lesquels pourront notamment être identifiés
à partir d'une liste transmise par des organismes publics — l'article 24.4.
Ces contrats seraient soumis aux conditions
et modalités particulières que le président du Conseil du trésor aura
déterminées au préalable à
l'article 24.3. Ces conditions et modalités fixeraient notamment un
calendrier de paiement qui imposerait le processus de règlement des différends à utiliser en cas de
mésentente —
article 24.3
et 24.5. Un projet pilote se terminerait lorsque la reddition de comptes effectuée par l'exécution des contrats
visés serait complétée. Le non-respect des mesures prévues dans un
projet pilote pourrait, après enquête — à l'article 24.6 — donner
lieu à des infractions pénales, qui est l'article 24.3.
Mme Léger : Si vous me
permettez, j'aurais quelques questions. Puis vous me donnerez l'occasion de le suspendre, si possible, pour être sûre de valider
certaines choses, si on permet, mais on va essayer d'éclaircir des
choses.
D'abord, dans
le fond, c'est une des recommandations de la commission Charbonneau, qui
touchait particulièrement les délais de paiement. Dans ça, vous utilisez
l'approche d'un projet pilote. Pourquoi cette approche-là?
M. Poëti : Bien, dans un
premier temps, il est exact de souligner que c'est la 15e recommandation
de la commission Charbonneau. Vous
connaissez mes intentions face à ce rapport-là et l'amélioration continue du
gouvernement à travers des projets
législatifs, à travers des lois. Dans cette loi-là, ce qu'il nous permet de
faire... C'est-à-dire que le projet pilote
est quand même incorporé sur le plan législatif, c'est-à-dire qu'il est force
de loi durant le projet pilote, on parle d'un an, qui pourrait être
reconduit pour une autre année.
Le projet
pilote va nous permettre d'expérimenter l'utilisation de nos intentions
légales, c'est-à-dire de s'entendre avec
les contractants, avec l'industrie, je prends de la construction mais peut-être
ailleurs, sur la façon dont on va opérer. C'est-à-dire qu'il y
a une entente qui engage le gouvernement à payer, à
titre d'exemple, puis on le verra dans les détails du
règlement, 30 jours après la fin des travaux, payer l'entrepreneur général. Une fois que l'entrepreneur
général est payé, il y aurait diffusion sur le site du gouvernement de
la date de paiement à l'entrepreneur général.
Nous arrivons
maintenant à la
partie dont vous soulevez souvent la problématique, les
sous-contractants. Donc, 30 jours,
l'apport du gouvernement pour payer l'entrepreneur général. Pour les
sous-contractants, une fois qu'ils savent, et ce sera public, diffusé sur le site Internet, le paiement au contracteur
principal, l'entrepreneur principal aura sept jours pour payer le sous-contractant. Si jamais il y a
un différend entre le contracteur principal et le sous-contractant, il y
aurait un intervenant expert indépendant qui aura le pouvoir, durant le projet
de loi, de trancher un montant précis pour une entente face au différend que les deux auront, et ce sera exécutoire.
Donc, s'il y a un débat entre les deux... Et là parce que souvent c'est ces discussions-là qui viennent
arrêter le processus de paiement et parfois, évidemment, qui
s'éternisent et qui mettent même en péril la vie d'entreprises. Donc, le projet
pilote va permettre à un intervenant expert d'émettre une recommandation exécutoire très rapidement. Et, si
jamais, suite à ça, un des sous-contractants ou le contracteur principal
ne serait pas d'accord
avec la décision, il aurait droit quand même à des recours juridiques à la
suite de ça, mais la décision devra s'appliquer par l'intervenant
expert.
ceci, nous croyons qu'en cours de route... Et nous allons choisir et
sélectionner un grand nombre d'entreprises de différents milieux parce que chaque entrepreneur a des contraintes
particulières, parfois, alors donc pour trouver un éventail le plus factuel possible de la réalité du
terrain, et on va le faire avec les gens de la Coalition contre les retards de
paiement, avec qui nous avons parlé depuis le
début. Je tiens à souligner que la coalition représente les contracteurs
généraux principaux et aussi les
sous-contractants. Donc, c'est un effort qu'ils ont fait, vraiment, et des
recommandations que nous avons écoutées de
leur part, et je peux dire qu'ils s'attendent à des décisions de notre part, et
voici une solution qui nous amène vers une amélioration des retards de
paiement dans plusieurs industries.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
Mme Léger :
Là, c'est que l'approche par projet pilote... c'est qu'on peut faire plusieurs
projets pilotes. Donc, ce n'est pas
un projet pilote où l'ensemble de l'industrie est là, on peut... Parce qu'un
projet pilote va déterminer les conditions et modalités, fixerait notamment un calendrier de paiement et imposerait
un processus de règlement des différends. Donc, ça peut être un projet
pilote pour un contractuel. Ce projet pilote, ce n'est pas l'ensemble de
l'oeuvre, là, c'est pour...
M. Poëti :
C'est la
partie des paiements. Le projet pilote fait partie... Le calendrier
d'entente d'un contrat, ça leur appartient.
Quand nous, on arrive au bout du chemin, et là il y a un calendrier de
paiement, et que l'entrepreneur général doit payer, mais, parce qu'il y a eu un avenant, une difficulté, en cours de
route, pour des bonnes ou mauvaises raisons, et qu'il y a une mésentente... Parfois, le contracteur
principal ou le sous-contractant qui l'avait donné à un autre sous-contractant
stoppait le paiement complet quand peut-être 80 % du travail était fait.
Dans ce cas-ci, hypothétique, l'adjudicateur indépendant
viendrait déterminer que 80 % du travail est fait, mais que la retenue de
100 % du travail est déraisonnable en rapport de la mésentente qu'il y a, donc pourrait exiger de payer
80 % des travaux qui sont faits et que la discussion se ferait sur
le 20 %. Alors, ce sera le rôle de l'adjudicateur indépendant de le faire.
Donc, les projets pilotes...
Mme Léger :
L'adjudicateur indépendant doit... Pour qu'il puisse exercer son rôle, on y va
par projet pilote.
M. Poëti :
En fait, oui, là, en fait, on le met dans un projet pilote. Il y aura plusieurs...
en fait, un projet pilote dans plusieurs
contrats des différentes sphères gouvernementales, donc ça peut être à la
santé, ça peut être aux transports, ça peut
être à l'éducation, ça peut être — on va répartir ça — le CSPQ. Alors, on va pouvoir prendre des
exemples et, là, travailler avec la
coalition, travailler avec les gens et expérimenter l'objectif de notre projet
de loi et — c'est
toujours perfectible — l'améliorer où il le faut, modifier où il le
faut. Mais à ce moment-là, à la fin de l'année, et je suis convaincu qu'on aura ces résultats-là, bien, il aura force de loi par l'obligation de
continuer le projet de loi, comme tel. Et, s'il y a des ajustements à faire, on va les faire par
règlement, ce qui ne nous demande pas de réouvrir un projet de loi. Et on
serait déjà force de loi en appliquant le
projet de loi dans plusieurs endroits, avec plusieurs contrats. Et ensuite on fait juste, par un arrêté
ministériel ou un décret, un décret ministériel...
Une voix :
Un arrêté ministériel.
Poëti : ...un arrêté, bon, bien, je voulais le bon terme, donc
arrêté ministériel, le prolonger... c'est-à-dire pas le prolonger mais
le mettre force de loi, donc ça se continue, on serait déjà en action.
Léger : Donc, si je prends comme exemple... Si on adopterait
demain matin le projet de loi, là, mettons, le projet de loi était adopté, on redonne la possibilité au président du
Conseil du trésor d'avoir un projet pilote, ce que vous avez l'intention de faire. Il le fait, ça prend un
an, de mémoire c'est un an, puis il pourrait avoir un an de plus, là, en
tout cas, avoir...
Après
ça, on a les informations, on a recueilli ce qu'il faut pour améliorer, tout
ça. De ces recommandations-là, on procède par certains ajustements
réglementaires.
M. Poëti :
Par règlement.
Mme Léger :
Après c'est par règlement. Et après est-ce qu'on revient à des projets pilotes,
par après...
M. Poëti :
Non. Après ça...
Léger : ...ou c'est juste le temps pour la mise en oeuvre, pour
raffiner le projet de loi avec l'industrie puis avec les gens?
M. Poëti :
Exact. Et ça devient la règle pour tous.
Mme Léger :
Et pourquoi l'idée d'un an et... Pourquoi l'idée d'un an?
Poëti : Bien, parce que, vous savez, lorsque les appels
d'offres arrivent et, là, que les... et les gens sont sélectionnés... Évidemment,
on ne parle pas du pont Champlain, comme appel d'offres, là, c'est fédéral,
mais au-delà de ça il y a beaucoup du provincial. Mais de grands, grands
chantiers, c'est beaucoup plus qu'un an.
Maintenant, on veut
des projets aussi importants. Alors, si on avait pris six mois ou trois mois,
c'est des petits projets dans le milieu de la construction. Donc, on veut
l'établir à la réalité du terrain qui nous permettrait d'envisager que, dans le
choix du projet pilote, de sélectionner des chantiers d'importance qui, sur un
délai réaliste entre les gens avec qui on va parler, d'un an, huit mois,
10 mois, pourraient être une planche de travail réelle et, je vous dirais,
qui dégageraient de l'information pour nous. Et l'objectif, c'est de travailler
avec les membres de la coalition, de travailler avec les entrepreneurs qui se
plaignent eux-mêmes de ça et qui disent : Nous, on ne demande pas mieux.
Et c'est eux qui se sont approchés en levant la main, et ça fait longtemps
qu'ils réclament cela. Donc, voici, pour les législateurs, l'occasion de
pouvoir régler une problématique rapidement, oui, par un projet pilote, mais
qui est force de loi et qui donne des dents à l'adjudicateur indépendant et qui
est exécutoire. Ensuite, à la lumière de ce qui est perfectible, on le fait,
et, par règlement, il devient pour tous la façon de fonctionner.
Léger : Et ce travail-là qui peut se faire par projet pilote,
pourquoi ça ne revient pas aux parlementaires, quelque part, dans le
processus?
M. Poëti :
Je comprends mal la question.
Léger : Une fois que l'année a été faite, le projet pilote a
été fait, on a écouté l'industrie, et l'industrie a des recommandations, puis, les recommandations, après,
on change le règlement ou la loi, s'il y a lieu, parce que j'imagine qu'on peut peut-être toucher la loi. Si on touche
la loi, on va ouvrir la loi, les parlementaires vont pouvoir intervenir.
Si c'est juste par règlement, les
parlementaires ne pourront pas rien y faire. Alors, est-ce qu'il y a une
ouverture pour que les parlementaires puissent être consultés puis avoir
un processus législatif avec les parlementaires?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Je vous suis en partie, en ce sens que nous allons, à travers les projets pilotes,
bonifier, c'est notre intention, ou
dire : Bien, on est vraiment content de la façon que ça fonctionne, on
laisse ça comme ça, on fait le règlement, force de loi pour tous. C'est
perfectible, on peut l'améliorer, on l'améliore. Par voie de règlement, ça se
fait instantanément.
Réouvrir
la loi ou refaire une loi, beaucoup plus complexe. Et je suis d'accord avec
vous que si cependant des éléments
inattendus, qu'on ne soupçonne pas actuellement, qui nécessiteraient de revenir
devant les parlementaires, nous le ferions.
Mais à ce stade-ci, on ne le croit pas, parce que le règlement est beaucoup
plus rapide et nous permet de le laisser force de loi, nous permet de l'appliquer à tous immédiatement, donc
faire profiter l'ensemble des gens de l'industrie des projets pilotes qui nous ont éclairés. Et à partir
de là, bien, on aura fait ce qu'il fallait, et on est actuel, on est
immédiat et on est constructif dans la période d'ajustement.
nous apparaissait une façon logique de travailler avec les gens de l'industrie
et surtout, à mon avis, de régler un
problème rapidement et de participer à l'économie de nos entreprises qui, dans
certains cas, et je le réitère encore une fois, pour de bonnes ou mauvaises raisons, des retards indus dans les
paiements affectent les jeunes entreprises, parfois de plus petites
entreprises, et qui les acculent même à l'occasion à la faillite.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée.
Mme Léger : Je comprends. Je pense qu'on est tous d'accord
de la recommandation de Charbonneau par rapport aux délais, puis
tout ça, puis c'est pour ça que j'interroge sur le processus.
Mais c'est sûr que souvent, un gouvernement, on utilise la réglementation,
ce qui est très facilitant, parfois, règle des problèmes rapidement, d'une
façon généralement satisfaisante, mais
parfois non aussi. Parfois, on utilise beaucoup la réglementation sans nécessairement aller revoir la loi. Effectivement, ouvrir une loi, ce n'est pas comme changer un règlement,
on en convient. Mais là c'est qu'on est dans le début, on est dans un nouveau projet
de loi, un nouvel organisme, on
introduit une nouvelle façon de faire qui est par projet pilote. Je m'interroge
juste de l'espace que le législateur mais particulièrement les parlementaires
auront face aux recommandations que toute l'industrie ou que le projet pilote va... alors l'espace qu'on... Parce
que ça reste dans les mains du gouvernement, ce qui est correct, et c'est sa prérogative. Ça
va aux mains du président du Conseil
du trésor, qui a une vision quand
même plus large de l'ensemble de ses responsabilités par rapport à tout ce qui est l'octroi des contrats
publics.
Alors, je vais
vouloir prendre un petit temps de suspension pour aller vérifier quelque chose.
Poëti : Je vais quand même
vous souligner, pour la
partie qui vous inquiète... C'est-à-dire que vous savez que les règlements
sont toujours en prépublication, et les parlementaires ont accès, et on peut rediscuter avec les parlementaires advenant une problématique. Cette option-là est toujours
là, elle est présente. Ça ne vous exclut pas, parlementaires, de revenir nous parler d'une inquiétude ou d'un changement
quelconque.
Léger : Mais on n'y
va pas par voie de parlementarisme, là, on y va par voie de recommandation. C'est des mémoires qui
peuvent être déposés, c'est... On a un avis de tant de temps pour donner notre
opinion, on y va comme citoyen ou comme... mais, comme parlementaires,
c'est une autre partie, là. Mais je comprends le processus, là, c'est un peu plus
clair.
Pourquoi les chiffres 2 500 $ et
40 000 $ sont... Ils viennent d'où, ces montants-là?
M. Poëti : Bien, on
a pris, en fait, ce qui se ressemble dans d'autres lois. Cependant, le montant
de 40 000 $ est un peu plus élevé, parce que le monde de
l'industrie de la construction, si vous avez un contrat de 3 millions ou
de 2 millions, c'est sûr qu'une amende de 3 000 $ n'aura pas
l'impact attendu, là, de ce qu'on veut faire.
25.10 de la loi, on expliquerait les montants, mais on veut que les pénalités
soient... Je m'excuse, je ne suis pas capable de lire. C'est défini à un
article. À 27.10, on le définit, je vais vous le lire : «Une entreprise
qui omet d'aviser l'autorité, conformément à
l'article 21.40, de toute modification — ça, c'est un autre
article — relative aux renseignements déjà transmis pour l'obtention d'une
autorisation — on prend
un exemple — commet
une infraction et est passible d'une amende de 2 500 $ à
13 000 $ dans le cas d'une personne physique et de 7 500 $
à 40 000 $...»
Donc,
c'est un critère un peu établi à travers déjà l'autorité dans le projet de loi,
qui ne touche pas spécifiquement celle-là, mais on a fait un genre de
concordance. Ça nous apparaissait assez...
Léger : Ça fait qu'un contrat de 10 millions ou un contrat
de 1 million, c'est le chiffre 40 000 $ pareil. Ça
n'aurait pas pu être un pourcentage, nécessairement, du... un pourcentage, vu
le type de contrat, ou d'autres façons de faire?
M. Poëti :
En fait, c'est sûr que le coût global du contrat est une chose, la pénalité en
cas d'infraction, mais l'objectif principal de ces articles-là, c'est de
s'assurer que le paiement est fait du contracteur au sous-contractant, du sous-contractant à l'autre sous-contractant, dans
des délais prescrits — c'est là que j'ai besoin de votre aide — dans des délais prescrits. Et là, bien, si on dit : Oui, mais il y a une
mésentente... Et là ce qui se passe, actuellement, on s'en va sur le plan juridique. Les coûts, le temps, honnêtement,
il y a des entreprises, d'un côté comme de l'autre, je ne les juge
pas, qui ne survivent pas à cela. En
général, les gens sont toujours de bonne foi, mais ceux qui ne le sont pas
utilisent comme levier cette
mésentente-là d'un avenant pour ne pas payer les sous-contractants, parce que
lui-même, le contracteur principal, je le prends à
titre
d'exemple, est pénalisé, à tort ou à raison, je le dis encore une fois,
parce que je ne peux pas prendre un exemple
concret. Si j'en avais un, ce serait peut-être plus facile, mais on ne peut pas
faire ça ici. Alors, à ce moment-là, il y a une pénalité, il y a une
conséquence pour le sous-contractant ou pour l'entrepreneur général, parfois.
Donc,
en encadrant ça de cette façon-là puis en nous laissant la porte ouverte — et c'est là qu'est l'avantage de notre proposition sur des ajustements en cours de
route — bien, il
me semble que ça nous amène à un résultat probant supérieur à un projet
de loi qu'on prendrait tout seul puis qu'on installerait.
Mme Léger :
Est-ce qu'on permettrait de...
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Blainville, vous avez du questionnement?
Laframboise : Oui, un questionnement dans le sens où on va demander la
suspension, là, si on peut se l'accorder,
puis je vais vous donner une raison. Il
me semble que je vous ai entendu
faire un discours, lorsque vous étiez, M. le ministre, sous une autre
fonction, devant une association, dans lequel vous vous étiez engagé... vous étiez
au Trésor, là, vous étiez adjoint au
Trésor puis vous aviez eu le mandat de vous attaquer, justement,
à ce dossier-là, puis, dans votre présentation, là, vous vouliez régler
ça, là.
Donc, mon problème...
Je vous suis, on est d'accord avec ça, il y a un problème. C'est 7,2 milliards
d'impact économique que la coalition avait, dans son mémoire, en 2015, évalués,
donc c'est très important.
Il y a
deux choses. Pourquoi la suspension? D'abord,
la coalition n'a pas été invitée parce que ce n'était pas dans le projet de loi, donc elle n'a pas comparu devant la
commission. À ce qu'on me dit, là, vous n'avez pas entendu la coalition ici, en comité. Il va falloir que vous nous
laissiez un peu le temps de leur parler, parce que... Est-ce qu'ils sont
d'accord avec ce que vous déposez aujourd'hui?
Est-ce qu'ils en ont eu copie ou ils l'apprennent comme nous aujourd'hui?
C'est juste ça, là.
Poëti : Parfait. Bien, écoutez, votre question est tout à fait
pertinente. J'allais vous dire qu'on agit spécifiquement à la demande de l'industrie. Et je salue la coalition de
s'être regroupée parce que,
si on n'avait eu que les contracteurs
principaux, généraux, les plus importants, je parle en chiffre d'affaires, par rapport aux sous-contractants, je serais de votre côté, mais ils se sont
regroupés ensemble.
c'est vrai que, lorsque j'ai eu le mandat, j'étais adjoint parlementaire au Trésor, donc, je me suis intéressé à ce dossier-là et voir de quelle façon on pouvait le
régler. Et j'ai compris que c'était par une législation, ce pourquoi j'ai
besoin de votre collaboration pour pouvoir le faire aujourd'hui et à la demande
même de la coalition.
Donc,
oui, ils sont informés de nos intentions. C'est suite à leurs revendications,
ils sont en accord avec ce que je vous
propose aujourd'hui. On pourra suspendre puis vous allez pouvoir le
vérifier avec eux. Moi, je n'ai aucun problème à ce niveau-là.
faut que je vous dise aussi, et ça, c'est vraiment constructif, là, je
n'ai entendu personne, moi, des commissions, parce que je n'étais pas là.
Alors... Mais j'en ai pris connaissance, j'ai lu, j'ai une équipe extraordinaire qui m'ont fait de l'information sur le dossier. Mais, dans le cas des retards de
paiement, je m'en étais occupé personnellement,
donc j'ai eu plusieurs rencontres avec la coalition.
Alors,
maintenant, lorsqu'on est arrivés sur le plan législatif, nous apparaissait une
belle occasion ici, ensemble, tous
ensemble, de dire comment on pourrait régler une problématique qui est là
depuis déjà un certain temps. Mais on doit légiférer. On doit légiférer
pour donner un cadre sérieux à cette situation-là.
Donc, moi, je
n'ai pas de problème de suspendre si vous voulez valider, puis on peut revenir
cet après-midi. Ce serait, pour moi, très constructif.
Le Président
(M. Bernier) : Donc, nous allons suspendre, de consentement,
l'étude de l'amendement qui introduit l'article 115.2. Merci.
M. Poëti :
L'article 25 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le deuxième
alinéa...
Le Président
(M. Bernier) : 116. 116.
M. Poëti :
116, M. le Président, 116 :
L'article 25 de cette loi est modifié par
l'insertion, dans le deuxième alinéa et après «un organisme public», de
«ou un organisme visé à l'article 7».
commentaires :
L'article 25 de la
Loi sur les contrats des organismes
publics est une disposition d'exception qui, dans son deuxième alinéa,
confère au Conseil du trésor le pouvoir d'autoriser un organisme public à
conclure un contrat à des conditions différentes de celles prévues dans la
réglementation.
L'article 94
de la
Loi sur l'intégrité en matière de contrats publics a, de façon
transitoire, modifié cet alinéa afin qu'il
s'applique également aux contrats des organismes visés à l'article 7 de la
Loi sur les contrats des organismes publics jusqu'à ce que le paragraphe 2° de l'article 18 de la
Loi sur
l'intégrité en matière de contrats publics entre en vigueur. Cette disposition transitoire devait cesser
d'avoir effet à compter de la suppression de cet
article 7. Puisque
celui-ci ne sera finalement pas
supprimé et que l'article 18 de la
Loi sur l'intégrité en matière de
contrats publics n'est jamais entré en vigueur, il convient de rendre
permanent le deuxième alinéa de l'article 25 de la
Loi sur les contrats
des organismes publics tel qu'introduit par l'article 94 précité.
L'article 116 du projet de loi atteint cet objectif.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va. M. le député de Blainville, ça va? Est-ce
que l'article 116 est adopté?
Président (M. Bernier) :
Adopté.
L'article 117. Pour lequel vous avez un amendement
qui vient remplacer le texte du projet de loi.
Poëti : Alors, c'est
changé en intégralité... pardon, au complet, finalement. Alors, je ne vais
pas lire l'article tel que déposé, je
vais vous lire l'amendement du nouvel article... en fait, de l'article
modifié : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 25,
des suivants :
«25.0.1. Le Conseil
du trésor peut, lors de circonstances exceptionnelles, permettre à un organisme
public de conclure de gré à gré un contrat
ou permettre à un tel organisme ou à
un organisme visé à l'article 7 de poursuivre un appel d'offres public malgré le fait que ce contrat ou
cet appel d'offres soit visé par une ordonnance de l'Autorité des
marchés publics rendue en vertu du paragraphe 1° ou du paragraphe 2° du premier
alinéa de l'article 27 de la Loi favorisant la surveillance des contrats des organismes publics et instituant
l'Autorité des marchés publics (indiquer ici l'année et le numéro de
chapitre de cette loi). Le Conseil du trésor peut assortir cette permission de
conditions.
«De plus, le Conseil
du trésor peut, pour un motif d'intérêt public, permettre à un organisme public
ou à un organisme visé à l'article 7 de
poursuivre l'exécution d'un contrat malgré le fait que ce contrat soit visé par
une décision de l'autorité prise en
vertu du paragraphe 6° du premier alinéa de l'article 27 de cette loi. Le
Conseil du trésor peut assortir cette permission de conditions.
«25.0.2.
Dans les 30 jours suivant la notification par l'autorité de
l'inadmissibilité d'une entreprise aux contrats publics, un organisme public ou un organisme visé à l'article 7
peut, pour un motif d'intérêt public, demander au Conseil du trésor de permettre la poursuite de l'exécution
d'un contrat public. Le Conseil du trésor peut assortir cette permission
de conditions, notamment celle que
l'entreprise soit soumise, à ses frais, à des mesures de surveillance et
d'accompagnement.
«25.0.3.
Malgré l'article 21.4.1, le Conseil du trésor peut, lors de circonstances
exceptionnelles, permettre à un organisme
public ou à un organisme visé à l'article 7 de conclure un contrat avec
une entreprise inadmissible aux contrats publics ou permettre à une
entreprise de conclure un sous-contrat rattaché directement à un contrat public
avec un [sous-contrat] inadmissible aux contrats publics. Le Conseil du trésor
peut assortir cette permission de conditions, notamment
celle que l'entreprise ou le sous-contractant inadmissible soit soumis, à ses
frais, à des mesures de surveillance et d'accompagnement.
outre, malgré l'article 21.4.1, lorsqu'un public ou un organisme visé à
l'article 7 constate qu'il y a urgence et que la sécurité des personnes ou des biens est en cause, le dirigeant de
cet organisme peut permettre de conclure un contrat avec une entreprise inadmissible aux contrats
publics ou permettre à une entreprise de conclure un sous-contrat
rattaché directement à un contrat public
avec un sous-contractant inadmissible aux contrats publics. Le dirigeant de
l'organisme doit toutefois en aviser par écrit le président du Conseil du
trésor dans les 15 jours.
«Les
dispositions des premier et deuxième alinéas s'appliquent également, avec les
adaptations nécessaires, lorsqu'il s'agit de
permettre la conclusion d'un contrat public ou d'un sous-contrat rattaché
directement à un contrat public avec une entreprise qui ne détient pas
une autorisation de contracter alors qu'une telle autorisation est requise.
président du Conseil du trésor rend public sur un site Internet, dans un délai
de 15 jours suivant la décision du conseil ou dans un délai de 15 jours suivant l'avis que ce dernier
reçoit du dirigeant de l'organisme, le nom de l'entreprise ou du sous-contractant ayant conclu un contrat ou
un sous-contrat en application des premier et deuxième alinéas. Le président
publie également le nom de cette entreprise ou de ce sous-contractant à la Gazette
officielle du Québec .
«25.0.4. Dans les
30 jours suivant la notification donnée par l'autorité en application du
deuxième alinéa de l'article 21.39 de
l'expiration de l'autorisation de contracter de l'entreprise, un organisme
public ou un organisme visé à l'article 7
peut, pour un motif d'intérêt public, demander au Conseil du trésor de
permettre la poursuite de l'exécution d'un contrat public. Le Conseil du trésor peut assortir cette permission de
conditions, notamment celle que l'entreprise soit soumise, à ses frais,
à des mesures de surveillance et d'accompagnement.»
commentaires : Les modifications proposées à l'article 21.0.1 de la Loi
sur les contrats des organismes publics
précisent notamment que cet
article s'applique aux organismes visés à
l'article 7 de cette loi. Les modifications proposées à l'article 25.0.2 de cette loi visent essentiellement à
préciser que le délai de 30 jours qui y est prévu s'applique à
l'organisme public pour présenter sa demande au Conseil du trésor.
Le Président (M.
Bernier) : Les suivants? Les modifications proposées...
Poëti : Les modifications proposées à l'article 25.0.3 étendent
pour leur
part l'application de cette disposition aux entreprises qui ne détiennent pas
d'autorisation de contracter tel que le prévoit actuellement
l'article 21.20 de la
Loi sur les contrats des organismes publics.
Enfin,
le nouvel
article 25.0.4 de la
Loi sur les contrats des organismes publics, que
l'article 117 du projet de loi propose
d'ajouter, introduit un mécanisme d'exception similaire à celui contenu à l'article 25.0.2 de cette loi. Il
permet à un organisme public qui a un contrat avec une entreprise dont l'autorisation
de contracter est expirée alors qu'aucune demande
de renouvellement n'a été présentée, de demander au Conseil du trésor la permission de poursuivre l'exécution du contrat malgré cette
expiration.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles, sur l'amendement qui vient modifier l'article 117.
Léger : Là, le Conseil du trésor, lors de circonstances exceptionnelles ou lors d'un motif d'intérêt public, peut permettre soit l'exécution du contrat public ou, bon, toutes les
mesures que le président du Conseil
du trésor peut vouloir faire, mais il
publie... Parce que moi, je veux savoir quand est-ce que
c'est rendu public, là. Puis là, si je... on le voit dans la... après le 25.0.3, le quatrième paragraphe,
le président du Conseil du trésor rend publics sur un site Internet dans un délai de 15 jours, bon, la décision... ou dans un délai de 15 jours suivant l'avis de ce dernier — je reviendrai sur ça tout à l'heure,
là — le
nom de l'entreprise ou le sous-contractant ayant conclu un contrat ou un
sous-contrat. Donc, on n'explique pas qu'il y a
une circonstance exceptionnelle ou qu'il
y a un motif d'intérêt
public, on fait juste dire publiquement sur le site du Conseil du trésor
le nom de l'entreprise qui a eu un contrat. C'est ça que je comprends.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre, Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : On va indiquer le nom de l'entreprise, le fait qu'elle a eu
un contrat, même si elle était inadmissible à un contrat public.
Mme Léger :
Est-ce qu'on va le savoir, qu'elle était inadmissible?
Mme Arav
(Carole) : Oui.
Mme Léger :
Mais, quand le Conseil du trésor le publie...
Arav (Carole) : Bien, on le
publie... Oui, mais on le publie vraiment dans les cas d'entreprises qui
étaient inadmissibles et qui ont eu un
contrat, qui ont été autorisées par le conseil
du... oui, par le Conseil du trésor à
continuer à avoir un contrat.
Léger : ...la mesure
exceptionnelle ou l'intérêt public. Parce
que, dans le 25.0.1, on parle de
circonstances exceptionnelles puis intérêt
public. 25.0.2 et 25.0.3, c'est là que vous établissez que c'est public, mais,
dans le premier, 25.0.1, il n'est pas public, là.
Bien, en tout cas,
j'ai deux, trois choses à vous dire en même temps, là. On va y aller une après
l'autre.
M. Poëti :
En fait... Voulez-vous y aller par celle-là?
Le Président (M.
Bernier) : Une chose à la fois.
Mme Léger : Oui, allons-y par
celle-là.
Poëti : Parfait.
Alors, une image vaut mille mots, bien souvent un exemple aussi. Donc, on l'a déjà
fait puis on a publié, donc on a un avis ici, et je vous lis ce qui est
écrit : «L'absence des correctifs de sécurité de l'assistance nécessaire
en cas de problèmes majeurs sur le système d'exploitation[...] — je ne
relève pas le nom — augmenterait
substantiellement la vulnérabilité des
serveurs concernés et induirait des risques dont les impacts seraient
dommageables aussi bien pour les organismes
publics à l'échelle gouvernementale que pour les services à la population.
L'utilisation du système sans correctif de
sécurité augmenterait considérablement les risques de cyberattaque, réduirait
l'efficacité des logiciels antivirus
autrement utilisés et exposerait les organisations aux vulnérabilités
informatiques n'ayant jamais été identifiées ou n'ayant aucun correctif
[contenu].» Donc, il y a beaucoup de détails qui sont donnés dans l'avis.
Mme Léger : Bien, ça, c'est
l'avis, mais est-ce que c'est l'avis qui a été rendu public, là?
M. Poëti : La Gazette
officielle .
Mme Léger : C'est l'avis qui
a été rendu public dans la Gazette ?
Mme Léger : O.K. Bon. Mais ça
s'applique où, celle-là? Ça s'applique au 25.0.3?
Le Président (M. Bernier) : Mme
Arav.
Mme Arav (Carole) : Oui.
Mme Léger : Mais le 25.0.1,
ça ne s'applique pas là.
Mme Arav (Carole) : Non.
Mme Léger : Comment on...
Bien, on va finir 25.0.3 puis on va revenir à 25.0.1.
Dans 25.0.3,
on a un avis, mais... Là, on a donné les détails de la circonstance, là, mais
ce n'est pas ça qui est... Dans l'amendement que vous apportez, il n'est
pas écrit. Il est écrit juste le sous-contractant, le nom de l'organisme puis
le contrat. Il n'est pas écrit de dire
quelle mesure exceptionnelle ou la raison de. L'exemple que le ministre me
donne, il est écrit la raison de. Mais dans l'article que j'ai devant
moi, on n'a pas besoin de le dire, la raison, là.
M. Poëti : C'est sûr que
l'article prévoit le nom au contrat mais pas la raison. Ce n'est pas écrit dans
le texte.
Mme Léger : Mais l'exemple
que vous nous donnez, de l'avis, il y a eu les raisons.
M. Poëti : On le fait. On le
met, bien oui.
Mme Léger : Alors, est-ce
qu'on devrait l'ajouter pour... Parce que, là, on pourrait avoir juste le nom
du contractant, tout ça, puis on ne sait pas pourquoi. Parce que, là, on parle
de mesures exceptionnelles, là...
M. Poëti :
Oui, mais, écoutez, la vérité, oui, on va le faire, Mme la députée, ça va de
soi qu'ils vont les mettre. Mais je
comprends que... Bien, moi, je pense ça, là, vraiment, là, je suis sérieux...
Mais on va l'ajouter. Voulez-vous le faire? On peut le faire, si vous
voulez.
Mme Léger :
O.K. On va faire un amendement sur ça... un sous-amendement. On va faire un
sous-amendement. On va finir l'ensemble puis on va voir, si vous voulez...
Président (M. Bernier) : Bien, c'est ça, éclairez vos points,
puis après ça on reviendra avec les corrections...
Mme Léger : C'est parce que
j'ai beaucoup de points à...
Le Président (M. Bernier) :
Sinon, si on y va à la pièce, là, on va se ramasser avec un puzzle incroyable.
Mme Léger : Oui. Vous êtes
sage, M. le Président, vous êtes sage. O.K.
Maintenant, dans la
partie 25.0.1, lorsque...
Parce que, 25.0.1, on parle de circonstances exceptionnelles et de l'intérêt
public qui touchent un contrat, là. Est-ce que, là, on rend public, 25.0.1?
Le Président (M. Bernier) :
Mme Arav.
Mme Arav (Carole) : Tel que c'est
écrit, non.
Mme Léger : Et pourquoi on ne
le rendrait pas public?
Poëti : Bien oui, je pense qu'on pourrait le faire.
Mme Arav
(Carole) : On pourrait le faire. On pourrait tous les rendre publics.
Le Président (M.
Bernier) : Deuxième élément.
Mme Léger :
O.K. Bien, on va faire le même amendement, peut-être, tout ça, là...
M. Poëti :
On va le mettre ensemble.
Mme Léger :
On va le mettre ensemble.
Le Président (M.
Bernier) : Prenez des notes, prenez des notes.
M. Poëti :
Bien, si vous êtes correcte avec ça.
Mme Léger :
Je pense que... O.K. Je crois que j'ai toutes mes questions que j'ai voulu. On
va faire les amendements, puis ça va...
Le Président (M.
Bernier) : Ça va?
Le Président (M.
Bernier) : Bon. Est-ce que...
Poëti : ...juste suspendre, on va faire les deux amendements
puis on va vous le mettre à 1 aussi, parce qu'en théorie vous allez me demander de le mettre à 1, si l'idée était bonne
pour... Alors, on pourrait le mettre à 1, la même chose.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? Ça va, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles?
M. Poëti :
Je commence à vous deviner. Non, mais c'est logique, c'est logique.
Mme Léger :
...bonne collaboration du ministre.
Le Président (M.
Bernier) : Donc, je vais suspendre de façon à permettre de
faire les sous-amendements.
M. Poëti :
Oui. On va changer l'amendement.
Le Président (M.
Bernier) : Vous allez changer l'amendement?
Donc, je suspends les
travaux afin d'apporter les modifications nécessaires. Je suspends.
(Suspension de la séance à
12 h 27)
Président (M. Bernier) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, étant
donné que nous sommes en rédaction
sur l'amendement qui modifie l'article 117, nous allons donc suspendre
temporairement cet
article et poursuivre avec l'article 118.
Poëti : Donc, l'article 118
tel que déposé. Il y aura un
amendement qui suivra.
L'article 25.1 : «Le Conseil du trésor peut établir des politiques pour déterminer
des conditions concernant la désignation des responsables de
l'observation des règles contractuelles et établir des mesures visant à les
soutenir et à favoriser la cohérence dans l'exécution de leurs fonctions.»
commentaires :
L'article 25.1 de la
loi sur les contrats des
organisations publiques confère actuellement au Conseil du trésor le pouvoir de prendre une politique destinée
essentiellement à soutenir les responsables de l'observation des règles
contractuelles et favoriser la cohérence dans l'exécution de leurs fonctions.
L'article 118
du projet de loi propose de modifier cette disposition afin de permettre qu'une
telle politique puisse aussi déterminer certaines conditions à respecter
lors de la désignation de ces responsables. Une telle habilitation permettrait
notamment d'exiger que ces personnes détiennent une bonne connaissance de la
Loi sur les contrats des organismes publics
et ses règlements afférents et disposent d'un haut niveau d'autorité en matière
de gestion contractuelle.
Le Président (M. Bernier) :
L'amendement.
M. Poëti :
À l'amendement, M. le Président, à l'article 118 : Remplacer, dans
l'article 25.1 de la
Loi sur les contrats des organismes publics que
propose l'article 118 du projet de loi, «responsables de l'observation»
par «responsables de l'application».
Aux commentaires :
Cet amendement est de concordance avec la modification apportée à
l'article 21.0.2 de la
Loi sur les contrats des organismes publics
par l'article 82.1 du projet de loi.
Le Président (M. Bernier) : Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles. Ça va? M. le député de Blainville.
Le Président (M. Bernier) : Ça va?
Est-ce que l'amendement à l'article 118 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'article 118, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Adopté.
Nous passons à l'article 119. M. le ministre.
M. Poëti : Merci, M. le
Président.
L'article 119 :
L'article 26 de cette loi est modifié
par l'insertion, dans le premier alinéa et
après «Ces directives peuvent», de «notamment déterminer des cas où
l'autorisation du dirigeant d'un organisme public est requise. Elles
peuvent».
Aux commentaires :
L'article 26 de la
Loi sur les contrats des organismes publics confère actuellement au Conseil du
trésor le pouvoir de prendre des directives en matière de gestion
contractuelle. Cette habilitation s'avère insuffisante
pour prévoir dans ces directives diverses situations nécessitant une
autorisation du dirigeant des organismes publics.
L'article 119
du projet de loi propose de modifier cette disposition afin de permettre que
ces directives puissent comprendre des mesures exigeant une autorisation
du dirigeant de l'organisme.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Le Président (M. Bernier) : Ça va. M.
le député de Blainville.
Le Président (M. Bernier) : Ça va.
Est-ce que l'article 119 est adopté?
Président (M. Bernier) :
Adopté. Vous avez un amendement qui introduit un
article 119.1. M. le ministre.
M. Poëti : Oui, pour un
nouvel article, M. le Président, donc :
119.1.
L'article 27 de cette loi est
modifié par le remplacement de «de documents standards applicables aux
organismes publics ou à un groupe d'organismes publics en particulier» par
«d'autres documents standards de même que des clauses types de documents
applicables par les organismes publics qu'il détermine».
Aux commentaires :
Cet amendement vise à clarifier le pouvoir du Conseil du trésor de rendre obligatoire l'utilisation de documents ou de clauses
particulières de documents.
Le Président (M. Bernier) : Merci. Mme
la députée, ça va?
Le Président (M. Bernier) : M. le
député de Blainville.
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'amendement qui introduit l'article 119 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Adopté.
Article 120.
Poëti :
L'article 120, M. le Président, dans lequel il y
aura un amendement. La lecture de l'article tel que déposé :
L'article 27.1 de cette loi est modifié par le remplacement du premier
alinéa par le suivant :
«Afin de favoriser
l'amélioration continue de la gestion contractuelle des organismes publics, le
président du Conseil du trésor a compétence
pour vérifier l'adjudication et l'attribution des contrats d'un organisme ou
d'un groupe d'organismes visés par la présente loi ainsi que l'application
qu'ils font des autres mesures de gestion contractuelle touchant ces contrats.»
commentaires : Le
chapitre VIII.1 de la
Loi sur les contrats des
organismes publics, comprenant les articles 27.1 à 27.4, confère actuellement
au président du Conseil du trésor des pouvoirs de vérification en matière de contrats publics. Telles que rédigées, ces dispositions pourraient faire double emploi avec les pouvoirs de vérification
que le projet de loi confère à l'Autorité des marchés publics.
L'article 120 du projet de loi propose de
modifier l'article 27.1 de cette loi afin de distinguer l'objet des pouvoirs de vérification du président du Conseil du
trésor de ceux de l'autorité.
Ainsi, alors que l'autorité a pour fonction
de vérifier si un processus contractuel d'un organisme public ou si sa gestion
contractuelle est conforme au cadre normatif, le président du Conseil du trésor
sera chargé de vérifier l'ensemble des processus contractuels d'un organisme public ou d'un groupe
d'organismes publics dans un objectif d'amélioration
continue de leurs processus.
Ainsi, outre la finalité de la vérification qui diffère, le président du Conseil du trésor pourra intervenir simultanément
auprès de plusieurs organismes, alors que l'autorité effectuera ses
vérifications sur une base individuelle.
Le Président (M.
Bernier) : Merci.
M. Poëti :
L'amendement.
Le Président (M.
Bernier) : Donc, sur l'amendement.
Poëti : 120, texte
anglais de l'article 27.1 de la
Loi sur les contrats des organismes
publics : Dans le texte anglais du
premier alinéa de l'article 27.1 de la
Loi sur les contrats des organismes
publics que l'article 120 du projet propose de remplacer, supprimer
«tendering or».
commentaires : Il s'agit d'un amendement demandé par le service de la traduction de l'Assemblée nationale qui vise à assurer une concordance avec le texte
anglais du terme «adjudication» contenu dans la loi des organismes publics.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. L'amendement et l'article...
Mme Léger :
...l'amendement, ça va aller, mais juste... Le président du Conseil du trésor
n'avait pas cette compétence-là avant, de
vérifier l'adjudication et en même temps l'application de la gestion
contractuelle? Pourquoi on vient introduire ça? Ce n'était pas habituel,
normal?
Le Président (M.
Bernier) : Mme Arav.
Arav (Carole) : Oui. En fait, le président du Conseil du trésor avait
le pouvoir de désigner, effectivement, un
organisme pour avoir une vérification d'adjudication ou d'exécution d'un
contrat, et il y avait une équipe de vérificateurs qui pouvait vérifier ça et faire des
recommandations. Avec l'introduction de l'AMP, maintenant, le cadre normatif et
la vérification de l'adjudication, etc., se
fait par l'AMP, donc on vient modifier les pouvoirs de l'équipe de vérification
du Conseil du trésor pour être plus des pouvoirs d'amélioration continue.
Autrement dit, au lieu d'aller vérifier un seul processus ou une seule entreprise, c'est plutôt un élément qui pourrait
être vérifié mais auprès d'un secteur d'activité ou auprès de plusieurs organismes et ministères.
Alors, on pourrait aller vérifier dans les bonnes pratiques le fait de
changer de soumissionnaire en bas des
seuils, d'avoir une rotation des soumissionnaires, ça pourrait être un exemple,
ou encore une autre bonne pratique
que l'on met de l'avant, tout ça dans le but d'aider les organismes et les
ministères à s'améliorer.
Le Président (M.
Bernier) : Merci.
Léger : On n'est pas obligé de laisser le président du Conseil
du trésor assis sur sa chaise puis dire : L'AMP fait l'ouvrage. Alors, ça permet maintenant de
s'assurer que... Alors, je trouve ça bien, quand même, cet article-là.
Ça permet aux gens du Conseil du trésor de
continuer d'avoir vraiment... de pouvoir... en continu de toujours s'assurer
que tout se fait correctement pareil.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Est-ce que, M. le député de Blainville, vous avez
des questions?
Laframboise : Non, ça va.
Le Président (M.
Bernier) : Non. Donc, est-ce que l'amendement à l'article 120 est
adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 120, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Bernier) : Vous avez un amendement qui introduit l'article 120.1.
M. le ministre.
M. Poëti :
En fait, qui est un nouvel article, M. le Président :
120.1.
L'article 27.2
de cette loi est abrogé.
commentaires : La suppression de l'article 27.2 de la Loi
sur les contrats des organismes publics est en lien avec les modifications apportées au pouvoir de vérification du président du Conseil du
trésor par l'article 120
du projet de loi. Elle vise à éviter le double emploi avec les pouvoirs
de vérification confiés à l'Autorité des marchés publics par le projet de loi.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Ça va? M. le député de Blainville.
Laframboise : Non, ça va.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 120.1
est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté. Nous passons donc à l'article 121. M. le
ministre.
Poëti :
L'article 121,
M. le Président :
L'article 27.4 de cette loi est modifié par
la suppression de «dont des mesures
de surveillance ou d'accompagnement pouvant comprendre l'obligation d'obtenir
l'autorisation du Conseil du trésor pour conclure des contrats publics».
Aux commentaires :
L'article 27.4 détermine les différentes mesures pouvant être prises à la
suite d'une vérification effectuée par le président du Conseil du trésor.
Puisque l'objectif de ces vérifications concerne l'amélioration continue de la gestion contractuelle des organismes publics, il n'est plus approprié de prévoir l'imposition de mesures de surveillance et d'accompagnement. De telles
mesures pourront faire l'objet de recommandations de la part de l'Autorité des marchés publics en application du paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 29
du projet de loi ou encore prendre la forme d'une ordonnance concernant le recours à un vérificateur de processus tel que le prévoit le
paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 27 du projet de
loi.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée, ça vous va? M. le député de
Blainville?
Laframboise : Ça va.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va. Est-ce que l'article 121 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
L'article 122.
Poëti :
L'article 122 :
L'article 27.5 de cette
loi est modifié par le remplacement de «l'Autorité dans le but
d'obtenir, de renouveler ou de conserver une autorisation visée à
l'article 21.17» par «l'Autorité des marchés publics dans le but
d'obtenir, de renouveler ou de conserver une autorisation visée aux
articles 21.17 à 21.17.3».
commentaires : La modification proposée par l'article 122 du projet
de loi à l'article 27.5 de la
Loi sur les contrats des organismes
publics est requise en raison de l'ajout des articles 21.17.1 à 21.17.3
dans cette loi, lesquels déterminent diverses situations entraînant la
présentation d'une demande d'autorisation de contracter à l'Autorité des
marchés publics. Ainsi, toute personne qui ferait des déclarations fausses ou
trompeuses à l'autorité pour obtenir cette autorisation commettrait une
infraction et serait passible d'une amende.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Je vérifie, là. On introduit l'Autorité des marchés
publics, elle n'y était pas, et là on ajouterait... Qu'est-ce que c'est,
21.17.3, exactement?
Le Président (M.
Bernier) : Mme Arav.
M. Poëti :
On va vous dire ça.
Mme Arav
(Carole) : Les autorisations de contracter, c'est les cas dans
lesquels on doit obtenir une autorisation de contracter. Avant, il y avait
juste l'article 21.17. Là, on l'a séparé en trois articles : 21.17.1,
21.17.2 et 21.17.3. C'est pour ça qu'il y a une modification.
Mme Léger : On les a
suspendus, ceux-là, là.
M. Poëti : Oui, suspendus.
Le Président (M.
Bernier) : C'est correct?
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Blainville.
Mme Léger :
...tout ce qui concerne 21.17. Mais c'est correct pour...
Le Président (M.
Bernier) : O.K. Ça va? Est-ce que l'article 122 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) :
L'article 123.
M. Poëti :
L'article 27.7 de cette loi est remplacé par le suivant :
«27.7.
Une entreprise qui est inadmissible aux contrats publics ou qui n'est pas
autorisée en vertu du premier alinéa de
l'article 21.17 ou en vertu de l'article 21.17.1 alors qu'elle
devrait l'être et qui présente une soumission pour un contrat public
lorsque ce contrat fait l'objet d'un appel d'offres ou conclut un contrat
public commet une infraction et est passible
d'une amende de 2 500 $ à 13 000 $ dans le cas d'une
personne physique et de 7 500 $
à 40 000 $ dans les
autres cas, sauf s'il lui a été permis de conclure un contrat en vertu de
l'article 25.0.3.»
commentaires :
L'article 123 du projet de loi propose de
modifier l'article 27.7 de la
Loi sur les contrats des organismes
publics afin que cette disposition pénale s'applique également aux entreprises
inadmissibles aux contrats publics qui,
malgré cette inadmissibilité, présentent une soumission pour conclure un tel
contrat ou concluent un tel contrat sans que la permission du Conseil du
trésor visée à l'article 25.0.3 de cette loi n'ait été obtenue.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
Mme Léger :
Ça me rappelle, M. le Président, le 25.0.3.
Mme Léger :
O.K. C'est celui-là. O.K. Puis on reste entre notre 2 500 $ à
40 000 $, on reste conforme. O.K.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Oui. Pour le bien-être des gens qui nous écoutent, là, c'est juste... le fait
de déposer une soumission les rend passibles d'amende, c'est ça?
M. Laframboise :
Donc, pour ne pas engorger le système ou quoi que ce soit.
M. Poëti :
Exactement ça.
M. Laframboise :
Parfait.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Est-ce que l'article 123 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) :
Article 124.
M. Poëti :
L'article 124 :
L'article 27.8 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«27.8. Une entreprise
qui, dans le cadre de l'exécution d'un contrat avec un organisme public ou avec
un organisme visé à l'article 7,
conclut un sous-contrat avec une entreprise inadmissible ou qui n'est pas
autorisée en vertu du premier alinéa
de l'article 21.17 ou en vertu de l'article 21.17.1 alors qu'elle
devrait l'être commet une infraction et est passible d'une amende de 2 500 $ à 13 000 $ dans le
cas d'une personne physique et de 7 500 $ à 40 000 $ dans
les autres cas, sauf s'il lui a été
permis de conclure un contrat en vertu de l'article 25.0.3. Ce
sous-contractant inadmissible ou non autorisé commet également une
infraction et est passible de la même peine.»
commentaires :
L'article 27.8 de la
Loi sur les contrats des organismes publics est une disposition
pénale applicable à l'endroit d'une entreprise
partie à un contrat public qui
conclut un sous-contrat avec une entreprise non autorisée à contracter alors qu'une telle
autorisation est requise.
L'article 124 du projet de loi propose de
modifier cet
article afin d'en
étendre la portée d'une part aux entreprises qui concluent un sous-contrat public avec une entreprise inadmissible aux contrats
publics sans que le Conseil du trésor l'ait permis et, d'autre part, aux
sous-contractants eux-mêmes, qu'ils soient inadmissibles aux contrats publics
ou non autorisés à contracter par l'Autorité des marchés publics.
Le Président
(M. Bernier) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
C'est là qu'on vient clarifier mon sous-sous-sous-contractant.
Le Président
(M. Bernier) : Sous-sous-sous-contractant.
Mme Léger :
Alors, c'est là qu'on confirme que l'entreprise qui fait un contrat, je veux
dire, qui exécute un contrat, mais qui le... qui conclut un
sous-contrat, dans le fond, par un organisme qui serait inadmissible, là, il a
l'amende, l'amende est inscrite aux montants qui sont là, là.
M. Poëti :
Exactement, Mme la députée.
Mme Léger :
Ça fait que ça rend la responsabilité à l'entreprise contractuelle, là, face à
un autre contractant.
M. Poëti :
Oui. Exact.
Mme Léger :
O.K. Bien, un sous-contractant, là, peu importe le terme. O.K. Bon. Je suis
contente, celui-là.
M. Poëti :
Aujourd'hui, elle a été contente à plusieurs reprises, je trouve, hein?
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? M. le député de Blainville...
Mme Léger :
Oui, oui, c'est ça. On n'est pas dans le «crunch», là.
M. Poëti :
On a une bonne journée.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. M. le ministre, pour, encore une fois, les gens qui nous écoutent,
ça, ça veut dire que le général est responsable de vérifier si ses
sous-contractants sont conformes. Puis, s'il ne l'a pas fait, il est à
l'amende, puis les sous-contractants aussi.
M. Poëti :
Exactement. C'est l'objectif de l'article.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? Oui.
Mme Léger :
Et jusqu'au bout, tout le temps.
M. Poëti :
J'allais le dire. Et les sous-contractants face à un autre sous-contractant.
C'est comme donner au suivant.
Mme Léger : C'est parce
que l'ancienne formulation n'allait
pas jusqu'au sous... ne donnait pas la responsabilité jusqu'au...
tous les contrats.
M. Poëti :
Oui, au sous-sous-sous.
Mme Léger :
C'est pour ça que, là...
M. Poëti :
On gardait le premier niveau, là.
Mme Léger :
...conclut un sous-contrat avec une entreprise non autorisée...
M. Poëti :
...on a étendu la portée, là, à l'ensemble de l'oeuvre, on a étendu la portée
au sous-contractant.
Mme Léger :
Marc me pose la question. Dans le libellé, comment qu'on le voit dans le
libellé?
Le Président (M.
Bernier) : Ça va?
Mme Léger : Quel numéro, vous
me dites?
Arav (Carole) : ...je vais vous trouver l'article, là.
Mme Arav
(Carole) : 21.4.1.
Mme Arav
(Carole) : 92? 92. C'est l'article 92 du projet de loi.
Mme Léger :
92? «21.4.1. Une entreprise inadmissible aux contrats publics ne peut, pour la
durée de son inadmissibilité, présenter une soumission pour la conclusion d'un
contrat visé à l'article 3 avec un organisme public, conclure un tel
contrat, ni conclure un sous-contrat public.»
Léger : Ah oui! C'est
ça. Probablement que c'est ça, la différence. L'ancien
article
disait : «...ni conclure un sous-contrat
relié directement à un tel contrat.» Là, en enlevant «directement» permet que ce n'est pas juste direct avec le premier contrat, ça
peut aller avec les... C'est ce que je comprends?
Mme Léger :
O.K. Ça va, oui.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 124 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
Article 125.
M. Poëti :
Parfait. Merci, M. le Président. 125, l'article 125 :
L'article 27.9 de cette loi est modifié par le remplacement de «, conformément au deuxième alinéa de
l'article 21.38, le nom de chaque organisme public visé dans cet
alinéa» par «un renseignement requis en vertu du deuxième alinéa de
l'article 21.12 ou du deuxième alinéa de l'article 21.38».
commentaires :
L'article 27.9 de la
Loi sur les contrats des
organismes publics est une disposition pénale applicable principalement à l'endroit d'une entreprise
partie à un
contrat public ou à un sous-contrat public qui omet d'en informer l'Autorité des marchés publics alors que
celle-ci a refusé de lui délivrer ou de renouveler une autorisation de contracter ou a révoqué son autorisation.
L'article 125 du projet de loi propose de modifier cet
article afin d'en
étendre la portée aux entreprises qui, alors qu'elles sont parties à un contrat
public, deviennent inadmissibles au contrat public. Celles-ci commettront donc une infraction et seront passibles d'une
amende si elles omettent de transmettre à l'autorité le nom des
organismes publics avec qui elles sont liées contractuellement ainsi que le nom
des entreprises dont elles détiennent au moins 50 % des actions votantes.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée.
Léger : Je regarde
juste les commentaires soulevés par les... lors des consultations, là, il y en avait plusieurs,
pour voir si ça correspond. On disait...
Entre autres, il y en a un, un groupe, qui nous disait : «Apporter
des précisions quant au concept
d'influence pour ne pas faire en sorte que les représentants et leurs
employeurs s'exposent à d'importants risques, même s'ils n'ont aucune
intention d'influencer l'octroi d'un contrat.»
M. Poëti :
C'est dans l'article prochain, Mme la députée, pas dans celui-ci, le prochain.
Mme Léger :
Ah! Dans le prochain. O.K.
disaient aussi : «Préciser que cette interdiction est valable à partir de
la publication de l'appel d'offres
jusqu'à l'adjudication du contrat.»
Mme Arav
(Carole) : Actuellement, on est dans les dispositions pénales, donc
c'est une entreprise qui n'a pas fait quelque chose que la loi exigeait qu'elle fasse, elle se ramasse avec une pénalité.
Ça fait que votre commentaire va peut-être avec une autre disposition du
projet de loi ou est peut-être accroché à celle du prochain article.
Mme Léger :
...l'avaient mis avec le 126...
Mme Arav
(Carole) : On est à 125.
Mme Léger : Puis c'est à 126
qu'ils veulent... O.K.
Le Président (M.
Bernier) : C'est beau? M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. C'est
plus dans les commentaires, là. Parce
qu'on dit, dernier paragraphe, là : «...l'autorité le nom de l'organisme public avec qui elles sont
liées contractuellement — ça, je peux comprendre — ainsi que le nom des entreprises dont elles détiennent au moins
50 % des actions votantes.» Donc, si tu as une participation minoritaire,
en bas de 50 %, là, ça veut dire que tu n'es pas obligé de dévoiler
tes investissements dans une entreprise.
Le Président (M. Bernier) : Mme
Arav.
Mme Arav (Carole) : Oui. En fait,
pour les inscriptions au registre des entreprises non autorisées, c'est les
entreprises liées, on considère, dans la loi, les entreprises liées étant
celles que la personne physique ou morale qui a commis une infraction détient
plus de 50 % des actions à l'intérieur de cette entreprise-là. Ça fait de
cette deuxième entreprise là... elle aussi,
elle devient inadmissible aux contrats publics. Donc, ce n'est pas dans les cas
de minoritaire, c'est seulement dans les cas de majoritaire.
M. Laframboise : Puis vous n'avez
jamais analysé ça, la possibilité de ou... vous avez respecté ça.
Mme Arav
(Carole) : En fait, on a prévu que c'est un des critères, lorsque ce
n'est pas majoritaire, mais que c'est minoritaire,
à l'article 21.28, je pense, de la loi, que l'AMP va en tenir compte pour
faire son évaluation, de savoir si elle donne ou pas une autorisation.
Mais ce n'est pas un critère fatal, là, ce n'est pas une perte automatique.
Le Président (M. Bernier) : Ça vous
va? Est-ce que l'article 125 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Adopté.
Donc, l'article 126 est remplacé par un amendement, M. le...
M. Poëti : Exactement. Dans
son... Au complet, finalement.
Alors, l'article 126 : Remplacer
l'article 126 du projet de loi par le suivant :
126. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 27.10, des suivants :
«27.10.1.
Quiconque, avant l'adjudication d'un contrat, communique ou tente de
communiquer, directement ou indirectement, avec un des membres [du]
comité de sélection dans le but de l'influencer à l'égard d'un appel d'offres
commet une infraction et est passible d'une amende de 5 000 $ à
30 000 $ dans le cas d'une personne physique et de 15 000 $
à 100 000 $ dans les autres cas.
«Le premier
alinéa ne s'applique pas lorsque les documents d'appel d'offres prévoient
qu'une telle communication doit s'effectuer après la date de réception
des soumissions aux fins de leur évaluation.
«27.10.2. Un membre [du] comité de sélection qui
révèle ou fait connaître, sans y être dûment autorisé, un renseignement de nature confidentielle qui lui est
transmis ou dont il a eu connaissance dans le cadre de ses fonctions au
sein du comité commet une infraction et est passible d'une amende de
5 000 $ à 30 000 $.»
commentaires :
L'article 27.10.1 du projet de loi prévoit une
infraction pour quiconque communique ou tente de communiquer avec un membre d'un comité de sélection pour
l'influencer. Il appert que cette
interdiction a pour effet d'empêcher
le déroulement de certaines étapes qu'on peut retrouver dans le cadre d'un processus d'adjudication.
C'est le cas notamment lors de la présentation de campagnes publicitaires ainsi
que lors de la tenue de bancs d'essai.
modification proposée à l'article 27.10.1 vise donc à permettre une
communication avec les membres d'un comité
de sélection dans la mesure où une telle communication est prévue dans les
documents d'appel d'offres et qu'elle s'effectue après la date de
réception des soumissions aux fins de leur évaluation.
L'ajout de l'article 27.10.2 vise à créer
une infraction à l'endroit d'un membre d'un comité de sélection qui divulgue
sans autorisation une information confidentielle dont il a eu connaissance dans
le cadre de ses fonctions au sein du comité.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Mme la députée, avez-vous des questions?
Mme Léger : Oui. Donc, dans
le fond, on s'assure qu'aucun contractuel ne communique avec un membre de
comité de sélection. On le clarifie, là.
M. Poëti :
Oui, bien, en fait, en ajoutant dans le cadre d'un processus d'appel d'offres
et en ajoutant que... suite, évidemment, à une recommandation de
Charbonneau.
Mme Léger :
Et, une fois que l'appel d'offres est fait, est terminé, le... a le contrat,
ensuite il n'a plus affaire avec le comité de sélection. Il est déjà
choisi, le comité de sélection a...
M. Poëti :
Je comprenais aussi que les comités de sélection sont créés pour choisir un
soumissionnaire, c'est tout.
Mme Léger : Alors, après, il
n'y a plus de... Il n'y a pas rien qui... s'il y a une communication qui se
fait...
Mme Léger :
...le contrat est donné, ça fait que...
Président (M. Bernier) : On va avoir l'occasion de poursuivre cet
après-midi. Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte
tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle poursuivra son mandat.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Président (M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, la Commission
des finances publiques reprend
ses travaux. Je vous rappelle que la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 108, Loi favorisant la surveillance des
contrats des organismes publics et instituant l'Autorité des marchés publics.
Alors, bon après-midi
à tous. Nous allons reprendre nos travaux avec l'article 126, pour lequel...
il avait été présenté, et les commentaires du ministre également. Nous en étions aux discussions. Et par la suite
je rendrai ma décision en ce qui regarde l'article 104 et l'amendement
proposé par Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Donc, nous
poursuivons avec l'article 126. La parole est à vous.
L'article 126
avait été introduit par un amendement qui remplaçait le texte qui était au projet
de loi.
Le Président
(M. Bernier) : Oui, c'est un amendement du gouvernement. Oui.
Nous en étions là.
Mme Léger :
Alors, les chiffres qui ont été... Au 126 — là, on est au 126 — si on
commet une infraction, on est passible d'une
amende de 5 000 $ à 30 000 $ et de 15 000 $ à
100 000 $. Est-ce qu'on peut m'expliquer d'où vient ce
chiffre? Pourquoi on a fait ce choix de chiffres là?
Mme Arav
(Carole) : En fait, il y a...
Le Président
(M. Bernier) : Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Merci. Il y a deux sections de chiffres, il y en a un pour
les personnes physiques puis il y en a un
pour les personnes morales. On a essayé d'avoir une cohérence, à l'intérieur de
la loi, par rapport aux amendes que l'on donnait. Donc, les
amendes varient, dans le projet de loi, entre 2 500 $ et
100 000 $, qui est prévu là. Et on considère
que l'infraction d'essayer d'influencer un membre de comité de sélection est
une infraction grave qui nécessite donc le montant de
100 000 $ pour une personne morale.
M. Poëti : Puis je les ai écoutés, Mme la députée, parce que je me demande si je n'aurais pas mis plus. Mais c'est
très bien. C'est grave, ce genre de chose là, puis cette amende-là est
dissuasive puis importante à nos yeux.
Mme Léger :
C'est correct, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va. M. le député de Blainville.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va. Est-ce que l'amendement à l'article 126
est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Est-ce que l'article 126, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Bernier) :
Adopté. Nous allons donc retourner à l'amendement proposé par Mme la députée de Pointe-aux-Trembles à l'article 104.
Donc,
à l'article 104, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles a proposé un amendement qui visait ceci : Ajouter, après le
premier paragraphe de l'article 104, le paragraphe suivant :
1.1° par
l'insertion, dans le premier alinéa, après les mots «égale ou supérieure», des
mots «à 100 000 $ ou, s'il est inférieur,».
Alors, c'est la proposition qui a été faite, d'amendement,
par Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, pour laquelle je vais rendre la
décision suivante.
Concernant la
recevabilité de l'amendement proposé par Mme la députée de Pointe-aux-Trembles à l'article 104 du projet de loi, cet
article apporte des modifications
à l'article 21.17 de la
Loi sur les contrats des organismes publics,
chapitre C-65.1. L'amendement
vise à ce que toute entreprise qui souhaite conclure un contrat avec un organisme
public comportant une dépense égale ou
supérieure à 100 000 $ doive obtenir une autorisation de l'Autorité des marchés publics. Actuellement,
ce seuil d'autorisation est déterminé par le gouvernement. Il est de 1 million
pour les contrats de services — décret 435-2015 du 27 mai 2015 — et de
5 millions pour les contrats de construction — décret 786-2014 du
10 septembre 2014.
Lors de
l'analyse de la recevabilité d'un amendement, la présidence doit tenir compte
de l'ensemble des critères élaborés par la jurisprudence. Ainsi, pour
qu'un amendement soit recevable, il doit concerner le même sujet que la motion principale et ne pas aller à l'encontre de
son principe. Plus généralement, il doit être conforme à l'esprit du projet
de loi et à la fin qu'il vise.
Dans le cas présent, la présidence n'a pas à
juger de l'effet qu'entraînerait la modification proposée par l'amendement de Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles par rapport au décret adopté par le gouvernement. Il revient aux parlementaires, dans leur rôle de législateurs,
de juger de l'opportunité ou non d'apporter la modification. Et je vous
rappelle par ailleurs qu'une loi a préséance sur un décret.
Quant à
savoir si l'amendement se rapporte au principe du projet de loi, rappelons que ce dernier institue l'Autorité des marchés publics. Ce nouvel organisme sera chargé de surveiller l'ensemble des contrats
des organismes publics et sera responsable
d'appliquer la
Loi sur les contrats des organismes publics, notamment
concernant l'autorisation préalable à l'obtention d'un contrat public.
En ce sens, le projet de loi apporte plusieurs
modifications à cette loi, il n'est pas possible d'en dégager un principe unique. Toutefois, le fait que
l'article 104 du projet de loi modifie l'article 21.17 de la
Loi sur
les contrats des organismes publics
ne rend pas de facto recevable tout amendement touchant cet
article — décision 197/8. De même, le fait
qu'une
partie du débat sur l'article 104 ait porté sur le seuil
d'autorisation ne constitue pas un critère de recevabilité.
Bien que les
niveaux du seuil d'autorisation ne soient pas visés explicitement par le projet
de loi, la présidence constate
toutefois que certains articles y font référence. Ainsi, l'amendement de Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles qui
vise à baisser ce seuil ne constitue pas un nouveau principe et ne dépasse pas
la portée du projet de loi. La modification proposée constitue plutôt
une simple modalité à l'un des principes du projet de loi.
En conséquence, je déclare l'amendement
recevable.
Nous allons donc reprendre nos discussions sur
le projet d'amendement déposé par Mme la députée de Pointe-aux-Trembles. La
parole est à vous.
Mme Léger : Bon, M. le
Président, l'amendement était d'introduire, en fin de compte, un seuil. Parce
que le ministre nous a parlé que c'était
particulièrement par décret qu'on établissait le seuil. J'ai réfléchi aussi sur
le seuil dans le sens de savoir...
C'était par règlement, ça fait quand même plusieurs années maintenant qu'on
utilise le règlement. Le ministre m'a parlé que, par le règlement, il y
a davantage de latitude, d'être capable de pouvoir modifier ou pas. Oui, effectivement, le règlement peut permettre ça. Ça,
j'abonde comme lui à ce niveau-là. Mais ça a aussi l'effet inverse,
c'est que ça permet, le règlement, d'avoir
la latitude, ce qui permet au gouvernement de pouvoir réfléchir aussi, pendant
ce moment-là, de pouvoir réfléchir à la possibilité de changer ou ne pas
changer le règlement ou, encore là, de légiférer.
C'est dans
notre avantage à nous tous aussi qu'on puisse le mettre dans une loi. Pourquoi
je l'introduis dans la loi? C'est que
je veux faire avancer aussi le gouvernement à ce qu'on puisse revenir ou, en
tout cas, réfléchir sur le fait que, là,
actuellement, on est à 1 million. Au-delà du fait des discussions que j'ai
eues avec le ministre de savoir qui ou quoi, qui pouvait le faire, qui ne pouvait pas le faire... Il m'a dit hier,
particulièrement, qu'on n'est pas pour regarder le passé. Moi, je suis
dans le présent. Alors, sachant qu'il y a eu un long moment de pouvoir
réfléchir parce que c'était dans le règlement,
qu'on avait la possibilité maintenant, dans la nouvelle loi qui devrait être adoptée,
si tout le monde le veut, si tout le monde est en accord — le
gouvernement est majoritaire, malgré tout, dans tout ça — on
aurait pu le mettre dans la loi là, là.
Moi, je n'en
suis pas sur le 100 000 $ nécessairement. Oui, j'en suis
personnellement, par ma formation politique, de le descendre à 100 000 $, on s'est engagés, nous-mêmes,
mais, si on regarde pour l'avenir, moi, je crois que le gouvernement a eu amplement le temps, par son règlement, à
l'époque, son règlement qui est toujours en vigueur, que ce soit à
1 million et 5 millions pour la
construction, le domaine de la construction, entre autres... il aurait eu
amplement le temps de le modifier.
Alors, le ministre m'a comme dit qu'il était
ouvert, que, oui, on pourrait le garder, mais il n'est pas prêt tout de suite, là. Ça fait quand même quelque temps. Je
sais que lui arrive dans ce poste-là, particulièrement pour ce projet de
loi là qu'on a devant nous, mais ce n'est pas d'hier qu'on demande que ce soit...
que le seuil baisse à 100 000 $.
Pourquoi je réinsiste encore, et je l'ai dit
hier, mais je réinsiste aujourd'hui pour mon explication de cet amendement-là? Il y a quand même, à date,
82 % des contrats qui ont été examinés qui ont eu l'autorisation de
l'AMF, mais il reste quand même un 18 %
qui ne sont pas regardés par l'AMF, présentement, et ça, c'est beaucoup
d'entreprises. Et c'est là, c'est ça
qui devrait nous guider, à mon avis, c'est ça qui devrait guider le
gouvernement et c'est ça qui devrait guider le ministre, que, 18 %,
on en est presque à 2 milliards, là, de contrats, avec ça, qui ne sont pas
soumis.
Et moi, là,
je mets 100 000 $, je veux arriver à 100 000 $. Je peux
mettre 500 000 $, là, je peux mettre 300 000 $, j'ai plein d'amendements possibles, là,
500 000 $, 800 000 $, 100 000 $, je peux tous...
Le montant que je suggère,
c'est 100 000 $. Mais est-ce que le ministre peut faire un bout de
chemin quelque part pour qu'on ait un seuil qui soit écrit dans le projet de
loi?
Parce qu'on a l'occasion, avec ce projet de loi
là, de faire... de l'inscrire dans le
projet de loi. Le règlement a été long.
On a eu assez de temps de le regarder, le règlement. À mon avis, le gouvernement a pu réfléchir, depuis les
dernières années, à ce qu'il y a quand même
des contrats qui nous échappent. Et, si on va voir ceux du domaine de la
construction, parce qu'il y en a eu beaucoup suite à la commission Charbonneau...
C'est tout ça, c'est pour ça qu'on est là aussi aujourd'hui. Puis le ministre le dit souvent, qu'il est très fidèle,
dans le fond, à la volonté que... les recommandations de la commission
Charbonneau et puis qu'il est très à l'aise à voir...
Depuis un an
qu'on le travaille, ce projet de loi, parce qu'il a été déposé en 2006, il faut
quand même se le rappeler. Je disais aujourd'hui que ça a été son
collègue aux Finances qui l'a déposé, et ça a été après le collègue ancien président du Conseil du trésor qui a fait la
consultation, et puis c'est le ministre devant moi qui fait actuellement
l'étude détaillée. Alors, ça fait quand même un an de ça, et le règlement était
bien avant ça. Alors, pour moi, à mon avis... Est-ce que le ministre avance ou
on reste encore...
Et il me
parlait du 82 %. Il est content du 82 %, bon, tout ça, on ne va pas
revenir nécessairement dans le passé, comme
il dit, j'abonde aussi dans ce sens-là. Mais quel est le chemin qu'on a fait
pour prochainement? Et, pour moi, le projet
de loi qui était devant nous avait cette possibilité-là. C'est pour ça que
j'inscris vraiment, dans cet amendement-là, que ce soit à 100 000 $ ou, s'il est inférieur, au montant
déterminé. Je lui dis que je suis ouverte à modifier, là, le chiffre, mais j'aimerais qu'il avance, parce que, là, on
reste quand même... ce qui est là depuis tout le temps, qui reste depuis
les deux ou trois dernières années, on reste
au montant de 1 million. Alors, l'année passée, peu importe, ça fait quand
même plus qu'un an, là. Alors est-ce qu'il y
a possibilité que... un, de le mettre dans la loi? Je veux entendre le
ministre. Et est-ce qu'il y a un
chiffre qu'on pourrait établir et convenir pour qu'on puisse... Parce que ce
n'est pas rien, là, 18 % de contrats qu'on ne voit pas, qu'on ne
regarde pas, là, pour des raisons de ressources.
Puis je demande la démonstration au ministre. M.
le Président, j'ai demandé quelques explications, il m'en a données un peu, il m'a donné quelques chiffres,
mais en même temps je vois qu'on ne justifie pas pourquoi qu'on laisse
le seuil à 1 million. On me dit juste
que, là, on l'a fait. On constate qu'on a eu 1 600 entreprises qui ont
été vérifiées, puis il y a un délai
moyen de six à huit semaines. C'est 82 % des contrats. Ça vaut quoi en
dollars? Il faudrait le voir. Je n'ai pas eu cette réponse-là. Le nombre
de ressources qui sont allouées pour ça, là, je l'ai eu... j'ai eu le nombre de
ressources... voyons, à l'AMF, mais je ne
l'ai pas de l'AMF comment est-ce qu'il y a de ressources actuellement
pour avoir statué sur les 1 600 entreprises qui sont là.
Donc, il y a
quand même un tableau facile à faire. Nombre d'entreprises couvertes :
1 600 à 3 500 ou à 6 000, et peut-être plus.
Mme Léger : Je le
sais. Le ministre me dit que c'est plus complexe. Oui, mais on l'a vécu, l'AMF
l'a vécu, là, ce n'est pas... L'AMF a
été instituée, là, on est capable d'avoir un portrait de ce que fait l'AMF
depuis ces derniers mois, dernière année. On met le 1 600. Il y a
un délai moyen de six à huit semaines. Bon, bien, combien est-ce que c'est si
c'était 3 500 entreprises? Combien est-ce que c'est si c'était
6 000 entreprises? On devrait être capable de faire cet exercice-là.
Le pourcentage de contrats, à 1 600, il y en a 82 %. Si c'était à
3 500, le ministre dit peut-être à 90 %. Si c'était à 6 000, peut-être à 97 %. Ça vaut quoi en dollars,
ça? Et le nombre de ressources qu'on aurait besoin? Si on était à
1 600... Comment, actuellement, il y a des ressources à l'AMF? Si on en
avait pour... on étudierait pour 3 500, ça demande combien d'ETC, d'employés permanents? Et même chose si on en
avait 6 000. C'est un tableau, à mon avis, que l'AMF devrait produire au ministre pour être
capable de prendre une décision qui ne nous laisse pas sur le seuil de
1 million.
Alors, le ministre ne m'a pas justifié pourquoi
qu'il reste au seuil de 1 million, et puis, pour moi, ça a été une décision qui était avant lui, c'était une décision
qui a déjà été prise. Maintenant, est-ce qu'aujourd'hui il est prêt à
regarder un seuil plus bas pour aller
chercher 18 % des contrats, en tout cas, d'y aller avec un... Si on ne les
fait pas tous aujourd'hui, 18 %,
c'est quoi, sa vision pour cette année, l'année prochaine? Je n'en ai pas là,
actuellement. On nous dit juste
qu'on laisse à 1 million puis que... On est quand même satisfaits de 82 %. On veut bien
l'améliorer, mais on ne nous donne pas les moyens qu'on va faire pour
les améliorer. Alors, c'est pour ça que, dans mon amendement, M. le Président,
je mets ce seuil-là. Mais je lui dis que je suis ouverte à le modifier pour s'y
rendre.
Alors, en
terminant, pour cette première
partie là, qu'est-ce que le ministre
entend faire pour diminuer le seuil ou se
rendre à ce qu'on puisse analyser toutes les entreprises... à donner l'autorisation aux entreprises, faire les vérifications à toutes les entreprises qui sont
concernées par l'AMF? Alors, il va sûrement me dire : Quelque part, à un moment donné, je
ne peux pas toutes les faire, c'est tout
complexe, tout ça. Oui, je suis d'accord avec lui. Mais qu'est-ce qui va se
passer? Quel est son plan par rapport à ça? Et comment l'AMF entend se rendre
jusqu'à toutes les entreprises?
Ça fait que c'est ça,
mon point, M. le Président. Alors, si le ministre me dit : Bien
là, on fait le projet de loi, puis ça
va être par règlement, on le fait, bien, je vois qu'il n'y a pas eu...
à mon avis, il n'y a pas eu d'avancement, depuis
qu'on a décidé que c'était 1 million, puis ça reste à 1 million.
J'imagine que, quand on est passé de 40 millions à 10 millions, à 5 millions, à 1 million... Est-ce qu'on en reste là pour tout le temps? On reste à 1 million? Quand est-ce qu'on va bouger pour se rendre plus bas, jusqu'à
100 000 $? Le vérificateur
général de Montréal,
lui, l'a mis à 100 000 $. Effectivement, c'est la ville
de Montréal, ce n'est pas tout le Québec,
puis ce n'est pas tous les organismes du Québec. Je le comprends, ça aussi, M.
le Président. Mais ça reste quand même
qu'il y a des contrats actuellement qui ne sont pas
soumis sous la loupe de l'AMF, et ça
devrait être un objectif du ministre, qui est le ministre de l'Intégrité, qui a
son
titre de l'intégrité, de s'assurer que toutes les entreprises soient
soumises à cette loupe-là.
Alors, c'est
quoi, le plan du ministre pour ça? Moi, je lui suggère, avec cet amendement-là,
qu'on puisse aller à 100 000 $.
Mais, s'il veut faire une amélioration de 1 million, de 900 000 $ à 800 000 $,
regardez... Est-ce que le gouvernement bouge sur
ça ou il reste fermé, puis on reste au règlement, puis on ouvrira au règlement
en temps et lieu? On a la loi. Qu'on
l'instaure aujourd'hui, là. Alors, je trouve que c'est un moment opportun
et très pertinent de le faire. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Poëti : Bien, M. le
Président, on a parlé beaucoup sur le sujet. J'entends la demande de la députée
de Pointe-aux-Trembles. Il y a une chose qui est inexacte, lorsqu'on dit qu'on
demeure figés. En fait, étonnamment, en plaçant des seuils dans la loi, mon interprétation, là, on se fige, on se fige
solide parce qu'on ne peut pas changer une loi à moins de l'ouvrir. Tandis que, dans le règlement,
oui, on a cette possibilité-là. C'est une des raisons importantes
pour laquelle nous désirons le garder dans le règlement parce qu'on peut
s'ajuster à abaisser les seuils, et c'est notre objectif. Là-dessus, on se
rejoint.
Maintenant,
il faut aussi vous dire que j'ai demandé d'avoir le nombre d'émissions... de
demandes d'autorisation qui ont été
émises par l'AMF... par l'autorité, pardon. 3 681. Donc, on a près de
4 000 autorisations qui ont été émises. Ça a débuté en 2013.
Depuis 2013. Aux trois ans, on doit renouveler l'ensemble. Aux trois ans,
chaque demande est renouvelable à sa date
d'émission. Donc, on parle de 4 000, plus ou moins, là, dans le temps qui
vient. Il ne nous est pas possible
d'évaluer exactement le temps d'une nouvelle demande. On peut
l'évaluer en disant : Ça prend peut-être
25 % moins de temps, mais, encore là, il y a
trop d'extrants qu'on ne connaît pas. Parce que chaque demande vient avec un
certain nombre de difficultés, parfois, pour les entreprises, d'autres plus
faciles, ça va être un peu plus facile.
Donc, ce que
nous, on préconise, c'est la capacité de pouvoir l'abaisser rapidement,
rapidement, lorsqu'on sait que la machine fonctionne bien, qu'on a ajouté du personnel. La simple
action d'ajouter du personnel — j'ai
même suggéré si, en hypothèse, on le doublait — ne
nous permettra pas de penser qu'on va être capables de livrer dans des délais
raisonnables l'ensemble des demandes de faites.
Il y a une
nouvelle chose qui se passe actuellement aussi, c'est-à-dire que les édifices
bancaires, les établissements bancaires
viennent faire des demandes. Et je ne suis pas contre. Mais là vous comprenez
qu'ils sont placés... évidemment, pas en priorité, on fait les autres
avant. De plus en plus, il y a des demandes qui sont faites à l'autorité pour
avoir ces demandes-là. Donc, ce que nous, on
veut, c'est livrer le plus rapidement possible. Où je rejoins la députée,
c'est notre intention de les
abaisser. Et, par règlement, je pourrais le faire rapidement
avant la fin de notre mandat. Maintenant, si c'est dans un projet de loi, je pense
que ça pourrait nous être impossible.
Alors, moi,
je vous dis juste qu'avant... laissez-nous la chance de pouvoir le faire. Et ce
n'est pas depuis tout le temps
que c'est comme ça. Vous l'avez quand
même souligné par après qu'on est
partis de 40, à 10, à cinq, à un. Moi, je vois là quand même, à travers le temps, une volonté d'abaisser les
seuils. C'est ce qu'on veut faire. Je n'ai pas l'intention, à ce stade-ci, de changer ça. Mais je vous dis que
je m'engage avec mon gouvernement à s'assurer d'être capables de baisser les
seuils plus bas, dans un avenir de court ou moyen terme, par voie de règlement.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée.
Mme Léger : Je comprends... Bien, j'écoute ce que le ministre
me dit. Je vois qu'il insiste fortement par règlement puis qu'il ne veut pas par loi. Je veux juste lui dire que
c'est sûr qu'un règlement, c'est toujours plus facile de le modifier. Mais je reste sur le fait que, si ça avait été si
facile, on aurait pu aussi l'abaisser dernièrement.
Puis ça fait un petit bout de temps
que je questionne le gouvernement sur ça. Le ministre arrive, là. O.K., je
comprends. Mais une loi, on peut l'ouvrir n'importe quand, nous aussi, hein? Il ne faut quand même pas s'énerver
avec une loi, là, tu sais? C'est sûr que ce n'est pas un règlement, mais
on peut ouvrir les lois. On ouvre des lois juste pour un petit mot, là. On met
«peut» ou on met «doit». On le fait souvent,
ouvrir des lois. Ça fait que je ne m'inquiète pas pour ouvrir une loi. Si
c'était dans la loi, je ne m'inquiète pas pour ça.
Sauf que, si
le ministre dit... Je vois que le ministre me parle aussi du renouvellement des
entreprises aux trois ans, puis que,
là, c'est une nouvelle cohorte qui arrive, là, puis que ça, ça fait
partie de
la donne qui est là devant nous. Mais ce que je veux m'assurer du
ministre, c'est que... S'il ne veut pas le mettre dans la loi, il le met dans
le règlement, ça, on pourrait s'obstiner longtemps, ce n'est pas ça mon but,
puis je ne veux pas rallonger d'une façon indue non plus. Ce n'est pas ça, mon objectif. Mais, pour moi, je
veux lui dire que c'est, pour moi, important, ce point-là. On ne se
rejoint pas sur le fait de le mettre dans la loi, on semble se rejoindre sur le
fait que de l'abaisser est une voie possible avec le gouvernement. Là, il me dit : D'ici la fin du mandat. Je le
souhaite ardemment que ce soit d'ici la fin du mandat. Il ne nous en reste pas beaucoup, d'ailleurs, il ne reste pas
beaucoup de mois. Mais je pense qu'il y a un travail à faire avec l'AMF.
Peut-être qu'il a déjà fait ce travail-là, mais
il n'est pas exprimé ici du fait que... de voir tous ces scénarios-là, si on en a 3 500 entreprises, on en a à
6 000, avec toutes les cohortes après trois ans. Dans six ans, il va y
avoir l'autre cohorte de trois ans.
Tout ça, cette planification-là pour les cinq, 10 prochaines années doit
se faire parce que, si l'objectif du gouvernement
est de vraiment remplir la recommandation de la commission Charbonneau, on doit
se doter d'une Autorité des marchés
publics, mais aussi de s'assurer que 18 % des contrats qui ne sont pas vus
encore soient vraiment vus. Je pense que c'est un objectif à planifier
et à faire. Et ça, pour moi, c'est un travail, avec l'AMF et le ministre, de
s'assurer qu'il y ait une planification de
ça. Parce que c'est sûr qu'il y a toujours des problèmes, au cours du temps,
puis qu'il y a toujours des
complexités de tout ça. Un contrat en lui-même est unique, ça fait que... Une
entreprise, pas un contrat, une entreprise
est unique en elle-même. Bon, ça, j'en conçois. Alors, M. le Président, c'est
ce que j'ai à dire pour le moment.
Le Président (M. Bernier) : On
va aller voir M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Bien, écoutez, moi, mon questionnement, Mme la députée, est plus sur
l'efficacité. Parce que je n'ai pas
d'objection nécessairement avec le 100 000 $. Mon problème, il est
administrativement. Oui, c'est 18 % de l'enveloppe, bon, 82 %
qui est traité. 18 % de l'enveloppe, on pourrait peut-être en traiter...
M. Poëti :
...souligner, peut-être je n'ai pas été clair, mais c'est 82 % de la
valeur des contrats.
M. Laframboise :
C'est ça. Non, c'est ça, là, de l'enveloppe, là, des...
M. Poëti :
Peut-être j'ai... Parce que tantôt je vous ai entendu, j'ai entendu Mme la
députée, puis je m'excuse de vous
interrompre... bien, pas de vous interrompre, mais je voulais vous éclaircir
ça. C'est 82 % de la valeur des contrats, ce n'est
pas 82 % des contrats. Juste pour la forme technique.
M. Laframboise : Donc, le 18 % qu'il reste... Si on en traite 97 %, ça veut
dire qu'on irait en chercher 15 % sur le 18 %. Là, le nombre de contrats... Parce que, là, le problème
administratif, c'est dans le nombre, comment il y en a. Ce nombre-là, il est peut-être, probablement, plus
important que les 82 % qu'il y a en nombre de contrats à traiter. Donc
là, il est là, mon problème, l'efficacité de
l'organisation. C'est-à-dire que, d'abord, ça va être une nouvelle entité. Oui, c'est vrai qu'on prend du personnel qui était déjà à l'AMF, c'est ça, hein, bon, et là on l'envoie à l'AMP, mais on en prend
aussi du ministère des Transports, on en prend à d'autres ministères.
Donc là, il va falloir être efficace, là. Puis, comment on va être
capable de traiter de dossiers, je suis conscient de ce que vous dites, les renouvellements,
puis tout ça. Moi, mon questionnement, il
est plus là, là. Est-ce qu'on a fait une analyse? Si on faisait ça, d'abord,
combien de nouveaux dossiers on
devrait traiter puis combien de personnel ça nous prendrait? Ça,
qualité-prix, là, nous, à la CAQ, on a un petit problème avec ça, là, c'est-à-dire
qu'il faut y trouver notre investissement, là.
M. Poëti : Bien, peut-être vous donner une idée, parce que, vous l'avez compris, il y a beaucoup
d'intrants qu'on ne peut pas qualifier exactement. Juste l'avenue des
renouvellements, pour moi... Puis ça reste quand même une jeune organisation. Et je n'ai pas d'inquiétude sur la
compétence des gens qui sont là et qui vont suivre de l'AMF à l'AMP, là,
d'aucune façon. Maintenant, quand je parle
d'intrants qui sont difficiles à évaluer, tu sais, je l'ai posée, la
question : Est-ce que c'est
beaucoup plus rapide, faire un renouvellement? On me dit oui, mais approximatif
c'est peut-être 25 % moins long en théorie. Alors, tu
sais, c'est un élément à faire, là, on va en avoir 3 000, 4 000 à
refaire.
Alors,
ce qu'on disait, c'est qu'actuellement, là, 1 million au niveau des
services, 5 millions pour la construction, ça touche la valeur de 82 % des permis. Donc,
ça, c'est 1 600 entreprises. Si on disait hypothétiquement, comme la
députée de Pointe-aux-Trembles disait, donnons des chiffres hypothétiques, là... si on descendait ça à 1 million pour
construction et services, les deux ensemble, là on augmenterait de vérifier la
valeur des permis de 3 %, si on le baissait à 1 million, pour 1 700 entreprises différentes,
c'est juste 100 entreprises de plus qu'on irait chercher si on allait à
1 million. Donc là, on toucherait 88 %... en fait, on
augmenterait de 3 %, là, la couverture des contrats.
On continue l'exercice en chiffres hypothétiques.
Si on allait à 500 000 $, construction et services, les
deux ensemble, là on atteindrait
90 % en valeur des contrats, donc on augmente de 5 %. Là, par contre,
on monte à 3 500 entreprises. Et, si on allait à 100 000 $, parce que ça a été une hypothèse de
soulevée, construction et services, on monterait à 97 % de la
valeur des permis, mais là on passe à 6 000 entreprises.
Moi, je veux ça. La
vérité, là, je ne suis pas en désaccord sur le fond, sur le fond de la
proposition puis l'explication de la députée de Pointe-aux-Trembles puis de la
vôtre également, mais moi, je veux être réaliste dans la capacité de le réaliser et me donner la
possibilité de le baisser au moment où... Est-ce que, lorsque... Puis là je ne
serai pas le patron, moi, de l'AMP, là.
Bien, moi, il me semble que celui ou celle qui va être là, là, elle va regarder
l'efficacité puis le temps, puis elle va faire ces analyses-là. Puis, si
tout d'un coup elle ou il décide de faire un investissement davantage pour améliorer ça... Parce que moi, je vais leur
demander d'améliorer ça. Puis, s'ils me disent : Bien... Parce que,
même si je disais : Je vais mettre plus de gens, on me dit : Vous
savez, il y a une
partie qui s'en va à l'UPAC, qui n'est pas nous du tout, là,
non, non, ça s'en va à l'UPAC. Alors, eux attendent que l'UPAC fasse son bout.
Alors, quand même ils voudraient aller plus vite, ils ne peuvent pas.
L'autre chose, la
personne qui arrive, il y en a qui ont des conseillers juridiques, qui ont des
gens dans leur entreprise qui sont bien au
fait d'une demande de ce type-là, font ça dans la même enveloppe, les papiers
sont pas mal tous là. Il y en a d'autres, ce n'est pas le cas du tout,
et là ils sont confrontés à ça : Ah! bien, il vous manque un document. Ah!
celui-là n'est pas conforme. Ah! celui-ci a ci. Celui-ci a ça. Ça a l'air de
rien, mais ça prend du temps.
Alors,
moi, mon inquiétude, c'est que, là, si on laisse traîner des dossiers, pas par
de la mauvaise volonté, pas par un manque,
nécessairement, de personnel mais à cause du volet administratif de la chose...
Mon objectif : Je veux l'améliorer. Vraiment. Mais voici pour nous, voici pour l'AMP. Puis les anciennes
personnes de l'AMF qui vont s'en aller là, qui... je sais, quelques-uns dans la salle, ici, là, de
dire : Regardons de quelle façon on pourrait améliorer ça, ils nous
entendent, là. Pour la décoration, on a la
place, là. Eux, là, ils savent exactement où ils s'en vont tantôt. Et les
préoccupations que vous soulevez sont
importantes, dans la réalité, puis ils vous entendent également. Ces gens-là
entendent tout le tour de la table, parce
que c'est notre mandat à nous autres, de faire ça, et votre réflexion aussi.
Maintenant, comment on peut y arriver? Bien, il faut donner le moyen à
l'AMP de livrer, de ne pas ralentir les choses, de vivre le premier
renouvellement de trois ans. Je ne vais pas
attendre neuf ans, là, mais, tu sais, j'aimerais ça voir comment leur premier
renouvellement s'est bien passé.
Mieux que prévu? Moins bien que prévu? Alors là, là, les lumières sont
allumées, là, et ils le savent. Alors, c'est juste ça.
Si je n'avais
pas mis mon intention dans le règlement de pouvoir le changer rapidement, on
serait vraiment en très grand
désaccord. Moi, je pense qu'on n'est pas en très grand désaccord. Où on
s'entend moins, c'est sur le temps pour le faire. Et, compte tenu de la nouvelle entité qui
va être créée, compte tenu du premier renouvellement à vie, d'une courte
vie, de 2013, compte tenu des obligations
qui nous viennent, je voulais me donner, je voulais nous donner un peu de
temps d'agir. Et là je pense que le moment est opportun pour ajouter les ressources
où il le faudra.
Mais mettre
des ressources où ça ne changera rien parce qu'on attend après l'UPAC, bien là,
je vais parler à mon collègue, puis
il va voir ce que l'UPAC peut faire. Parce que, tantôt, moi, si on me
dit : C'est un peu long avec l'UPAC, moi, je vais faire comme
madame ici, Mme la députée, je vais demander des chiffres, du temps, puis
pourquoi, puis combien de dossiers vous avez et aussi pourquoi ça prend tant de
temps.
Alors, tu
sais, c'est juste ça. Il n'y a pas de mauvaise foi de ne pas vouloir le faire.
J'abonde dans le sens que 100 %, moi,
j'aimerais ça parce qu'on va prendre tout le monde des valeurs des contrats,
puis je suis convaincu qu'on va y arriver. Est-ce qu'actuellement c'est le bon timing, si vous me permettez l'expression?
Je ne le crois pas. Parce que je ne veux pas les ralentir, mais je pense
qu'on pourrait peut-être le faire beaucoup plus vite qu'on le croit. C'est mon
intention.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Puis c'est que le faire par règlement, ça vous
donne cette marge de manoeuvre là. Mais là vous rajoutez l'UPAC parce
que, là, si on donne plus de travail à l'UPAC, ça prend du personnel aussi à
l'UPAC, là, je veux dire. Les miracles, ça n'existe pas, là, finalement, là.
M. Poëti : Et ce n'est
pas... Pour moi, je le réitère encore une fois, ce n'est pas juste le parallèle
du nombre d'individus. Parce que je l'ai dit, là, moi, on travaille ensemble,
je l'ai dit aux gens, puis j'ai dit : Écoutez, là, je fais une
hypothèse — je
n'aime pas ça trop, les hypothèses, mais il faut en faire à l'occasion pour se
donner un portrait plausible. Si je double
le personnel, allez-vous diminuer de 50 %? On aimerait ça vous dire oui,
monsieur, mais on ne peut pas parce
qu'il y a des choses qu'on ne contrôle pas qui retardent la sortie de ça, et la
venue des institutions bancaires et d'autres
organismes qui le font, c'est nouveau pour nous. Alors, est-ce qu'il faudrait
qu'on ait une autre branche qui gère ça, qui vont payer les frais reliés à ça, qui vont... Peut-être. Moi, quand
j'ente