Labour and the Economy — 12 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-05-12
Quebec — Committees
Le projet de loi
propose également d'instituer une seule instance pour entendre les litiges en
matière du travail : le Tribunal
administratif du travail. Il serait issu du regroupement de la Commission des relations du travail et de
la Commission des lésions professionnelles.
M. le Président, il
est important de souligner d'entrée qu'il n'y aura pas de réduction de
services, et je le répète pour attirer l'attention de mes collègues, il n'y aura
pas des réductions de services ni de perte d'expertise, je le répète, M.
le Président, pour attirer
l'attention de mes collègues, ni de perte d'expertise, personne ne perdra son
emploi. Au contraire, nous croyons que les
regroupements proposés permettront d'offrir des meilleurs services aux
citoyens, notamment en région. En regroupant la CSST, la Commission des
normes du travail et la Commission de l'équité salariale, nous allons créer une
porte d'entrée unique pour tous les services gouvernementaux en matière de
travail.
Et, j'insiste sur un
point, la mission propre à chacune de ces organisations serait préservée. Et
j'insiste, M. le Président, pour mes collègues en face, la mission propre à
chacune de ces organisations-là serait préservée.
La Commission des
normes du travail continuerait d'intervenir, par exemple, pour protéger les
droits des personnes vulnérables. Elle le
fait déjà entre
autres auprès des travailleurs
agricoles étrangers, la commission a développé des outils en langue espagnole pour bien informer
ces travailleurs des dispositions de la loi québécoise sur les normes
du travail. Il n'est pas question de réduire ces services, on souhaite même les
améliorer.
Il n'y aura
pas non plus de recul sur la mission de la Commission de l'équité salariale.
Je répète, M. le Président, pour attirer l'attention de mes collègues à l'opposition : Il n'y aura pas non plus de recul sur la mission de la
Commission de l'équité salariale. Au contraire, ces services seraient bonifiés et
accessibles partout au Québec. Actuellement, la commission n'a pas de bureaux régionaux; le nouvel organisme, en revanche, serait
présent partout. Les femmes auraient aussi leur place dans la
gouvernance du nouvel organisme, une vice-présidence à l'équité salariale est
prévue dans le projet de loi.
De plus, je tiens à préciser que le comité
consultatif des partenaires est également maintenu. Celui-ci a pour fonction de
donner son avis sur toute question que le ministre ou la nouvelle vice-présidence
à l'équité salariale lui soumet relativement à l'application du mandat
d'équité.
travailleurs, les employeurs et les acteurs du monde du travail pourraient
désormais s'adresser à un seul endroit pour
toutes leurs demandes touchant l'équité salariale, les normes du travail ainsi
que la santé et la sécurité du travail. Dans le quotidien, la clientèle serait avantagée, et l'accès aux services
serait simplifié : un centre de renseignements unifié avec un seul
numéro de téléphone, un site Internet unique et un seul point de service.
Le projet de
loi prévoit un autre regroupement, celui de la Commission des relations du
travail et la Commission des lésions
professionnelles. Les activités de ces deux organismes seraient regroupées au
sein du Tribunal administratif du travail.
La création de cette nouvelle entité permettrait de rappeler au sein d'un même
organisme l'audition des... en matière du travail, que ce soit par la
voie de la conciliation ou par le biais d'une audience.
La Commission
des relations du travail n'a actuellement aucun bureau en région. Elle pourrait
aussi bénéficier des locaux de la
Commission des lésions professionnelles, qui a un pied-à-terre dans toutes les
régions du Québec. Le Tribunal administratif du travail serait donc
présent dans toutes les régions du Québec.
Avec la
création du nouveau tribunal, les règles de preuve et de procédure seraient
harmonisées. Les clientèles auront plus de facilité à les comprendre et
à les respecter.
M. le
Président, je veux souligner que les deux regroupements entraîneraient,
uniquement au plan administratif, des économies
récurrentes de près de 15 millions de dollars à partir de la troisième
année. Les économies se feront notamment par l'attrition.
Le Président (M. St-Denis) : ...ça
vous va?
Hamad : Alors, je
vais résumer, hein, si vous me donnez le temps de résumer.
Président (M. St-Denis) : C'est terminé, mais je vais vous permettre
peut-être dans les échanges tantôt de passer
vos messages. J'inviterais maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de travail et député de Beauharnois à faire ses
remarques préliminaires pour une durée maximum de 3 min 30 s.
M. Leclair : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, à mon tour de vous saluer ainsi que le secrétariat de
la commission. Je voudrais saluer M. le ministre, les gens qui l'accompagnent
du ministère, les collègues de la
partie gouvernementale;
bien entendu, ma collègue la députée
d'Hochelaga ainsi que la
recherchiste, ma chère Mélanie, qui nous accompagnera, ainsi que la
deuxième opposition et tous les gens qui vont participer à la commission.
Bien entendu,
d'entrée de jeu, M. le Président, j'irais avec une critique que je pense que
toutes les oppositions font à chaque
fois qu'on est à l'opposition. Puis malheureusement cette fois-ci le projet de
loi n° 42 est un aspect assez technique, puis on a déposé le
projet de loi il n'y a pas si longtemps. Encore ce matin, on va recevoir des
groupes qui malheureusement auront tout fait pour nous donner leurs mémoires,
mais ils vont avoir manqué de temps peut-être entre
le dépôt du projet de loi et les audiences publiques. Alors, ça aurait été
plaisant de donner un peu plus de temps pour s'assurer que les gens
puissent regarder le projet de loi de fond en comble puis s'assurer de remettre
des mémoires à la hauteur de nos attentes et
à la hauteur surtout de leurs attentes à eux aussi qui auront à se présenter
ici, et malheureusement on n'aura pas pu peut-être évaluer toute
l'ampleur, là, de leurs mémoires.
Ceci dit, M.
le Président, plusieurs inquiétudes. Le ministre se faisait rassurant dans ses
remarques préliminaires. Alors, c'est
sûr que nous allons vérifier
article par article, nous allons entendre les
groupes, s'assurer que ça se reflète bien, mais on entend déjà des inquiétudes sur les pertes d'expertise. Le
ministre l'a mentionné, mais, les pertes d'expertise, lorsqu'on parle de fusion, souvent on échappe de
l'expertise. Le ministre se fait rassurant. Nous, on est inquiets, il y
a beaucoup de groupes qui sont inquiets face à ça, alors on va s'assurer que la
perte d'expertise... qu'il n'y en ait pas, si possible.
Puis,
lorsqu'on parle aussi d'équité salariale, le ministre nous dit : Il y aura
une vice-présidence à l'équité salariale. Alors, peut-être qu'on se
bataillera un petit peu
article par
article pour avoir peut-être une
présidence. Les gens sont inquiets aussi de
l'équité salariale. Il faut s'assurer que tous les efforts qui ont été donnés
au fil des ans... bien, qu'on ne perde pas ces efforts-là dans un
regroupement de gens.
Alors, sur ce, M. le Président, je vais nous
souhaiter un bon travail. Bien entendu, le but de l'opposition ici sera, comme toujours, de travailler
constructivement, s'assurer qu'on échappe le moins d'items possible tout au
long du projet de loi n° 42, en
espérant qu'on rencontrera les attentes des groupes, car je sais qu'il y a
plusieurs attentes de plusieurs groupes
qui vont venir nous rencontrer, M. le Président. Donc, nous travaillerons
constructivement avec M. le ministre et toute son équipe. Merci
beaucoup, M. le Président.
Président (M. St-Denis) : Merci, M. le député. Merci pour ces remarques
préliminaires. J'invite maintenant
la porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de travail et députée
d'Arthabaska à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de
2 min 30 s.
Mme Roy (Arthabaska) : Merci,
M. le Président. Je veux vous saluer, le personnel de la commission, M. le ministre,
son personnel, les collègues et tous ceux qui participent ou assistent à cette
commission, ma collègue aussi, également, la députée de Repentigny ainsi que
mon recherchiste, c'est important. C'est surtout important dans un projet de loi qui des fois peut sembler technique
puis... Mais il faut quand même voir que ce projet de loi modifie
40 lois, ce n'est pas rien. Puis, comme
on dit toujours, le diable se cache dans les détails, et ce qui peut sembler
anodin des fois a des répercussions
assez importantes, parce que mon premier poste, c'est d'être députée, et dans
mon comté il y a beaucoup de gens qui
viennent pour des problèmes reliés avec la CSST, la Commission des lésions,
moins pour l'équité, mais c'est des problèmes que vivent dans leur chair
des citoyens qui nous interpellent de façon hebdomadaire, donc il va falloir
être assez attentifs.
Ce que je
regrette, comme mon collègue, c'est qu'on reçoive les mémoires... Comme celui
que vous allez présenter, on l'a reçu
hier soir. Je sais que vous mettez beaucoup d'énergie, que vous êtes compétents
puis que vous voulez faire avancer
les choses, faire valoir votre point de vue, c'est préférable d'avoir le temps
de le lire correctement avant. Donc, je regrette le délai qui est trop court entre le moment où on a déposé le
projet de loi et la loi. Je pense que, si c'était possible de faire diligence pour les prochains groupes qui
vont venir nous parler... parce que c'est sérieux, puis eux autres se
préparent puis ils ont fait un mémoire
qu'ils ont fait accepter par leur groupe et qu'ils viennent nous le présenter,
et je pense que c'est une marque de respect que de pouvoir le lire
avant.
Donc, c'est mon simple commentaire, mais j'offre
toute ma collaboration. Puis il va falloir faire un travail, je pense, méticuleux pour que ça convienne, parce
qu'il va y avoir autant d'employés mais moins de budget, plus de
services. C'est un tour de passe-passe que,
si le ministre réussit à le faire, je vais inviter ses autres collègues à le
faire. Mais on va être là, au rendez-vous, pour l'aider.
Président (M. St-Denis) : Alors, merci, Mme la députée. Merci pour vos remarques préliminaires. Nous
allons maintenant débuter les auditions. Donc, je souhaite la bienvenue à
l'Ordre des conseillers en ressources humaines et à son président-directeur
général, M. Florent Francoeur.
Alors, M. Francoeur, je vous invite à vous présenter ainsi que les
personnes qui vous accompagnent et à faire votre exposé. Vous disposez d'un maximum
de 10 minutes.
Francoeur (Florent) : Alors,
merci, M. le Président. Alors, M.
le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, M. le Président, Mmes et MM. les députés, membres de
la commission. Alors, je me présente comme demandé : Florent
Francoeur, CRHA, P.D.G. de l'Ordre des conseillers en ressources humaines
agréés. Et je suis accompagné, à ma droite,
de Me Édith Rondeau, qui est responsable de la qualité de la pratique à
l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Question de
transparence, je vous précise que je suis aussi actuellement président par intérim de la Commission des partenaires du marché
du travail et que je siège aussi à la Commission des normes du travail.
Alors,
permettez-moi donc tout d'abord de vous présenter l'ordre. Alors, l'Ordre des
conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés
est le cinquième plus grand regroupement au monde dans son domaine. Il compte près de 10 000 membres qui portent
le
titre de conseiller en ressources humaines agréé, CRHA, et conseiller
en relations industrielles agréé, CRIA. Il
est le seul organisme au Québec à décerner à des professionnels de la gestion
et des ressources humaines un
titre qui atteste de leur compétence. Dans le
cadre de sa mission de protection du public, il soutient le perfectionnement continu des CRHA et CRIA et participe ainsi
au maintien de l'équilibre entre le bien-être des travailleurs et la réussite des organisations. En
fait, par un processus d'admission rigoureux, une formation
universitaire pertinente, une assurance
responsabilité professionnelle obligatoire, des inspections régulières des
membres et la formation continue obligatoire, nous nous assurons que nos
membres, les CRHA et CRIA, puissent agir avec compétence dans les dossiers
touchant le travail et l'emploi.
D'entrée de jeu, je tiens à préciser, M. le
Président, que l'ordre voit d'un bon oeil le regroupement des trois commissions
chargées des questions du travail et la création d'un tribunal administratif
spécialisé dans l'ensemble des questions
touchant le monde du travail et de l'emploi. L'instauration d'un centre de
services unique, s'il est réussi, constitue
sans doute, pour nous, une valeur ajoutée pour la protection des droits des travailleurs
et ceux des entreprises qui oeuvrent au Québec. En corollaire, l'ordre
est également satisfait de la promesse de gains administratifs prévue avec la
création de la Commission des droits, de la santé et de la sécurité du travail.
L'ordre désire
toutefois rappeler d'entrée de jeu que les dossiers touchant les questions du
droit du travail et de l'emploi ainsi
que de santé et sécurité du travail sont souvent complexes. À cet égard, nous
désirons nous assurer que la création
de la Commission des droits, de la santé et de la sécurité du Québec
s'effectuera sans perte d'expertise. En effet, au fil des ans, la
Commission de la santé et de la sécurité du travail, la Commission des normes
du travail ainsi que la Commission de
l'équité salariale ont toutes développé une expertise qui leur est propre et
qu'il sera important de conserver. Il est impératif qu'à terme les travailleurs ainsi
que les entreprises reçoivent un service approprié à leur situation
particulière et d'une grande qualité. Pour l'ordre, cela est une réalité.
Je vous amène
maintenant d'entrée de jeu au niveau de la gouvernance de la CDSST — ça pourrait s'appeler la CDSST. Alors, l'ordre se questionne quant à
l'absence de règles de gouvernance de la future Commission des droits,
de la santé et de la sécurité du travail. À
notre sens, le projet de loi n° 42 demeure assez, voire même trop
nébuleux sur ce sujet. Il aimerait
donc avoir davantage de précisions sur les règles de gouvernance prévues afin
de savoir si ces dernières s'inscriront dans la lignée des principes
généralement connus de saine gouvernance.
En fait, selon ce que nous comprenons du projet
de loi, le conseil d'administration paritaire de l'actuelle Commission de la
santé et de la sécurité du travail deviendra le conseil d'administration de la
future Commission du droit, de la santé et
de la sécurité du travail. Sans oser remettre le paritarisme en question,
l'ordre considère qu'il serait important
de définir les compétences qui doivent nécessairement être présentes chez un ou
plusieurs membres du conseil d'administration
de la CDSST. Par exemple, on peut penser qu'un ou plusieurs membres devraient
avoir des compétences en gestion
financière, des compétences en ressources humaines, en gouvernance, etc. Ces
principes sont actuellement exigés pour
les comités relevant des conseils d'administration des sociétés d'État. Selon
la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État,
chaque conseil d'administration doit avoir un comité de gouvernance et
d'éthique, un comité de vérification et un comité des ressources humaines. Concernant le comité de vérification, il
doit compter parmi ses membres des personnes ayant une compétence en matière comptable ou financière. Ceci permet
donc que ces comités puissent étudier de façon diligente et rigoureuse
des questions dont ils sont chargés de traiter.
M. le Président, l'ordre est conscient que la
CDSST n'est pas une société d'État. Or, il ne faut pas oublier que la CSST gère un budget de plusieurs milliards
de dollars, plus de 4 000 employés et, bien sûr, des clients. Par le
projet de loi n° 42, le gouvernement aurait avantage à s'assurer que ce budget
et ces ressources soient gérés de manière rigoureuse et diligente, c'est pourquoi l'ordre croit qu'en plus
de créer des sous-comités traitant de sujets précis les compétences des membres du conseil d'administration
devraient être davantage définies afin d'assurer une gestion pérenne de
l'organisation.
Également, dans l'actuel conseil
d'administration de la CSST, une personne occupe le poste de président du conseil d'administration et également, en
même temps, le poste de chef de la
direction. Or, les meilleures pratiques en matière de saine gouvernance
reconnaissent qu'une seule et même personne ne devrait pas occuper
simultanément le poste de président du conseil d'administration et le poste de P.D.G. À cet effet, la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État empêche
que les fonctions de président du conseil et de P.D.G. de la société
soient cumulées. L'ordre considère donc, M. le Président, qu'un
changement devrait avoir lieu à cet égard.
Toujours
concernant les règles de gouvernance, finalement, la question
de la rémunération des administrateurs n'est
pas abordée. Or, c'est un secret de Polichinelle qu'il existe actuellement, disons, une compensation financière, et nous croyons qu'en toute
transparence on devrait profiter du projet de loi pour en discuter ouvertement.
En bref, lorsqu'on
parle de gouvernance, la fusion d'organismes est toujours un moment privilégié
pour parler de gouvernance, et ici nous pensons que c'est une occasion
qui a été ratée.
Concernant la
question des surplus engendrés par l'actuelle Commission des normes du travail, alors, selon les états financiers présentés par le rapport de gestion 2013‑2014
de la Commission des normes du
travail, le surplus accumulé
se chiffre à plus de 89 millions de dollars, notamment grâce au travail de M. St-Gelais. Alors, il
est important de rappeler que ce sont les employeurs du Québec qui financent la Commission des normes du travail.
Ces surplus représentent donc le cumul des portions de la cotisation des
employeurs à la CNT qui n'ont pas été employées.
À l'article 229 du projet de
loi n° 42, il est proposé de verser ces surplus au fonds consolidé du
revenu et de l'appliquer au crédit du Fonds des générations. Nous comprenons qu'en rédigeant l'article 229
le législateur avait comme intention
que le 89 millions de dollars de surplus accumulés ne devrait pas dormir dans
les coffres de la future Commission des
droits, de la santé et de la sécurité du travail. Je ne peux vous cacher, M. le Président, que l'ordre se questionne sur cette
partie de l'article 229
du projet de loi. Pourquoi ne pas s'assurer que les surplus accumulés
retournent directement aux employeurs et aux
travailleurs du Québec? Et ici je vais probablement faire sourire le ministre du Travail et de l'Emploi parce
que, par exemple, on pourrait penser qu'un transfert de ces surplus au fonds
qui est sous la responsabilité de la Commission
des partenaires du marché du travail assurerait que ces derniers soient
investis directement pour les entreprises et les travailleurs. Alors qu'on parle de plus en plus d'adéquation
formation-emploi, alors que le Québec a besoin d'avoir des employés qui
sont qualifiés, alors pourquoi ne pas consacrer ces sommes qui ont été versées
par les employeurs à aider la formation de ces entreprises... de ces
travailleurs?
ce qui concerne l'institution d'un tribunal administratif du travail, qui est probablement
la pièce maîtresse du projet de loi,
l'ordre estime que la création de ce tribunal représente une avancée importante
à la fois pour le Québec et pour le
droit du travail. Cependant, M. le Président, l'ordre remet en question
l'article 52 du projet de loi.
L'article 52 du projet de loi n° 42 s'énonce comme suit :
«Seul peut être membre du tribunal un avocat ou un notaire qui possède une
connaissance de la législation applicable et
une [expertise] pertinente de 10 ans à l'exercice des fonctions du
tribunal.» Vous comprendrez, M. le Président, que l'ordre s'oppose au fait de
limiter aux avocats et aux notaires le rôle de juge administratif, il demande que l'article 52 du projet de loi soit
modifié afin d'inclure la profession de conseiller en ressources
humaines agréé et de conseiller en relations industrielles agréé. Ainsi,
l'ordre estime que l'article 52, sous sa forme actuelle, doit être modifié
pour les raisons suivantes : il ne tient pas compte du fait que les CRHA
et CRIA ont les compétences et l'expertise
en matière de droit du travail et de l'emploi, ce qui les rend compétents à
devenir membres du tribunal au même
titre que les avocats et les notaires; il néglige le fait que les CRHA et CRIA
possèdent des compétences en matière
de relations de travail et de ressources humaines, de santé et sécurité, ce qui
assure des décisions de qualité en matière de milieu de travail; et il
oublie que plusieurs CRHA et CRIA agissent actuellement à
titre de
commissaires, ce qui
démontre leur compétence pour être nommés juges administratifs alors que les
règles de procédure sont sensiblement les
mêmes; et, bien sûr, il engendre un risque important pour la protection du
public en raison de la grande perte d'expertise qu'il occasionnerait.
Alors,
en terminant, M. le Président, l'ordre considère qu'il serait sage d'utiliser
le momentum créé par le projet de
loi n° 42 afin de se pencher sur la modernisation des textes de loi
en matière du travail. Ainsi, on pourrait penser à la modernisation de la
Loi sur la santé et sécurité du
travail et la
Loi sur les accidents de travail et les maladies
professionnelles, toutes deux n'ayant pas fait l'objet d'une modernisation
depuis plus de 30 ans. Considérant que le paysage de la santé et de la sécurité du travail a vraisemblablement
évolué dans les 30 dernières années, il pourrait être bénéfique de
s'attarder à la modernisation des textes de loi traitant de ces questions.
on parle de l'équité salariale, adoptée en 1996 — et je termine, M. le Président — la
Loi sur l'équité avait pour objectif de corriger la discrimination
systématique à l'égard des emplois. Force est de constater, 20 ans plus
tard, que, contrairement aux attentes, il subsiste encore des attentes,
alors on pense qu'il pourrait être temps aussi d'entamer une réflexion en
profondeur à cet égard.
Et, M. le ministre,
mesdames et messieurs, nous sommes prêts à répondre à vos questions.
Président (M. St-Denis) : Alors, je vous remercie, M. Francoeur,
pour votre exposé. Nous allons débuter la période d'échange. Alors, M.
le ministre, la parole est à vous.
Hamad : Merci, M. le Président. Alors, M. Francoeur,
Mme Rondeau, merci d'être ici ce matin et merci de prendre le temps
de préparer votre mémoire et surtout aussi les bonnes idées que vous avez
proposées.
Alors,
en premier lieu, je note d'entrée de jeu, moi aussi, là, ce que vous avez dit,
en fait l'Ordre des conseillers en ressources
humaines agréés voit d'un bon oeil le regroupement des trois commissions et la
création d'un tribunal administratif
spécialisé dans l'ensemble des questions touchant le monde du travail. Puis je
note aussi dans votre mémoire ce que
vous dites aussi : «L'instauration d'un centre de services unique est à
son sens une valeur ajoutée pour la protection des droits des
travailleurs et de ceux des entreprises qui oeuvrent au Québec.»
Et vous avez souligné
trois points quand même. Les trois points que vous avez soulignés, le premier,
c'était relativement à la nomination des
avocats et des notaires pour le tribunal. En fait, vous avez en
partie raison
parce que, la Commission des
relations du travail, il y en a, des commissaires ou des juges administratifs
qui ne sont pas ni des avocats ni des
notaires; dans la Commission des lésions professionnelles, la majorité sont des
avocats. On est ouverts de regarder comment on peut voir ça, surtout les
relations de travail. Alors, ça, c'est le premier point.
deuxième, vous avez parlé de surplus. En fait, le surplus, ça fait longtemps
qu'il est consolidé, là, ce n'est pas dans
la loi qu'on le consolide, ça fait des années et des années que le
89 millions, il est parti, là, ça fait qu'on... Mais par contre
parlons des diminutions quand même. La CSST, depuis 2011, il y a quand même une
baisse d'à peu près 324 millions, ça
veut dire que les employeurs ont payé moins 324 millions, et en 2016 ce
qu'on a vu, les rapports annuels, on
s'en va encore vers une bonne nouvelle de baisse de cotisation. Donc, quand
même, il y a eu à peu près 400 millions de retour depuis quelques
années aux entreprises.
Vous
avez probablement noté aussi dans la loi, c'est inscrit dans la loi, c'est très
rare qu'on fait ça, on a mis qu'il va y
avoir une baisse de cotisation à la Commission des normes — et ça, c'est très rare qu'on l'écrive dans
une loi — parce qu'on
veut que la commission ou la future commission des droits le fasse, et c'est
une baisse de 12 % de cotisation pour les employeurs. En fait, c'est un partage de bénéfices pour tout le monde,
donc ceux dans... parce que, ces organisations-là, c'est uniquement les
employeurs qui paient, alors on va partager ensemble les bénéfices des deux
côtés. Ça, c'est très important à ce niveau-là.
Pour troisième point,
vous avez souligné la gouvernance. Vous le savez, actuellement, que nous avons demandé au Comité consultatif du travail de
regarder la gouvernance de la CSST. D'ailleurs, il y a une résolution ici,
à l'Assemblée nationale, demandant la même
chose. L'ancien gouvernement a mandaté le P.D.G. de faire l'analyse, et
là on s'est entendus de donner le mandat
pour revoir l'ensemble, moderniser, en fait, actualiser et moderniser la CSST.
Donc, dans le mandat, il y a une revue de l'ensemble, alors entre autres la
gouvernance.
Donc,
pour nous, la loi qui est là, ici, c'est important, mes collègues, là, la loi
ici, elle fait juste le regroupement, on n'ira pas changer la loi de la CSST pour ajouter d'autres articles... ou
la Commission des normes, Commission d'équité salariale, on ne touche
pas à ces lois-là dans le sens de qu'est-ce qu'elle fait. Plutôt, ce qu'on
fait, on prend ces organisations-là, on les
regroupe, point final. Les tribunaux administratifs, on les groupe, point
final, on ne touche pas sur les lois comme telles.
Évidemment,
le regroupement, puis là je fais référence aux commentaires de ma collègue, en
le regroupant on touche une quarantaine de lois. C'est juste pour
s'accorder, ce n'est pas pour changer.
Alors
donc, comment vous voyez ça dans la révision qu'on va demander au comité
consultatif sur le travail? Vous le
connaissez bien, là, c'est présidé par votre collègue de l'autre côté,
Me François Lamoureux. Et, dans
ce comité-là, c'est un peu le modèle de la Commission des partenaires,
où vous avez les patrons d'un côté et vous avez les syndicats de l'autre côté,
puis ça discute en matière du travail.
Francoeur (Florent) : En
fait, deux, trois commentaires là-dessus. Le premier, c'est qu'effectivement, au niveau du projet
de loi, nous, ce qu'on a vu, c'est vraiment
un projet de loi qui était relié essentiellement à la
structure des organisations. Alors, on n'a pas vu... On a bien regardé. Je
pense que, dans tous les cas, on a été rassurés quant au fait que la mission qui était liée à la mission
d'équité salariale, la mission des normes du travail, la mission, bien sûr,
qui était liée à la santé du travail, en ce qui nous concerne, c'est respecté, on ne touche pas sur le fond.
Puis même la création, par exemple, d'une vice-présidence liée
spécifiquement à l'équité salariale, je pense que ça nous rassure quant à ça.
Au niveau, je dirais, on pourrait
dire, de la gouvernance, normalement ce qu'on dit, c'est que, lorsque...
on profite toujours
de, je dirais... Si on regarde dans le privé, essentiellement — vous connaissez ça aussi
bien que moi — dans
le privé, lorsqu'il y a fusion
d'organisations, on en profite toujours pour revoir... on dit toujours : C'est le moment idéal pour revoir les questions de gouvernance,
et nous, on vous le soulève là-dedans en disant : Ça aurait pu être un
moment privilégié pour aborder cette
question-là en disant, par exemple, dans ce qu'on vous a mentionné : Séparation
des rôles entre le P.D.G. et le président du conseil. Encore une fois,
il y a quand même, je dirais, une réflexion à faire au niveau du paritarisme.
Comme j'ai bien mentionné, on n'a pas osé soulever la question du, je dirais...
remettre en question le paritarisme, mais par
contre, on se dit, les gens, je
dirais, qui de part et d'autre seront nommés, on pense que pour, je
dirais, le... comme je disais, c'est quand même
une structure de 4 milliards, c'est une structure de 4 000 employés, c'est énorme, et d'avoir des gens autour de la table qui, tout en
ayant, je dirais, un chapeau, disons, patronal, syndical, devraient, en
ce qui nous concerne, avoir, je dirais, une
certaine connaissance, je dirais, des enjeux, pour gérer une structure aussi
importante.
Mais
essentiellement ce qu'on vous dit, c'est : Ça aurait pu être un beau
moment pour amorcer cette réflexion-là. Si vous nous dites que ça va se
faire, tant mieux.
Hamad :
Bien, c'est très pertinent, M. le Président, ce que M. Francoeur dit.
D'ailleurs, on a lancé la question... il
reste deux... on a mis actuellement dans le projet de
loi surtout paritaire,
mais on a aussi lancé la question dans le sens représentation des femmes
puis représentation de non-syndiqués, parce que dans le conseil,
définitivement, aujourd'hui, tel que décrit
dans le projet de loi, ces deux catégories-là ne sont pas là, et donc c'est à
réfléchir, là. Et moi, je suis ouvert
à regarder, dans le projet de loi, l'ouverture, nous sommes ouverts.
D'ailleurs, j'ai déjà mentionné aux... les patrons et les syndicats cette ouverture-là. On ne l'a pas mis pour le
moment, mais on veut... parce que je veux que mes collègues participent
avec moi puis qu'on le regarde, mais, vous avez raison, la gouvernance, c'est
important, puis, je pense, c'est un élément
essentiel. Donc, je retiens encore une fois, je répète encore une fois
l'ouverture sur les relations de travail et les tribunaux
administratifs, mais, quand on parle plus matière relations de travail que la
matière qui touche le droit ou... Et ça, je pense, on s'entend là-dessus.
Puis
j'insiste sur l'autre point, là, sur le 89, parce que je l'ai entendu d'autres
groupes aussi. Le 89 millions,
ça fait longtemps qu'il est parti, ça fait longtemps qu'il est consolidé dans
les états financiers. Là, en faisant la fusion, les gens se rappellent.
Mais, de l'autre
côté, il y a deux éléments importants. Il y a 400 millions de baisse, à date,
dans la CSST depuis cinq ans. Quand même,
c'est... Et ça, évidemment, on le sait très bien, c'est la CSST qui
paie... c'est les employeurs qui paient, alors c'est une baisse pour les
employeurs. Puis l'autre élément, si on réussit — ce n'est pas «si», en
fait, il faut — la
fusion va amener une obligation de baisser le taux de cotisation des employeurs
de 12 %, 12,5 % pour la Commission
des normes, donc c'est un avantage pour les employeurs, sans, évidemment,
baisser les services. Ce n'est pas une
recette magique, là. Tantôt, on parlait comment on va augmenter les services,
baisser... ce n'est pas... C'est que,
quand on regroupe des services ensemble, et vous le savez, vous êtes spécialistes
là-dedans, le regroupement nous permet de regrouper les services informatiques, les services de communication, les
services légaux ensemble, et avec le volume qu'on a ça va nous
permettre, avec les départs à la retraite, de donner... continuer à offrir le
meilleur service.
avantages qu'on voit ici aussi, c'est que vous avez des bureaux régionaux à la
CSST, les normes du travail, vous
siégez sur le conseil, il y a 17 bureaux régionaux, et l'équité salariale,
aucun bureau régional, aucun. Alors là, ça va permettre à ces gens-là d'avoir de l'accès. Commission des lésions
professionnelles, je me souviens
quand j'étais ministre du Travail, dans les années 2009, on avait un
problème d'avoir des locaux pour la commission de... la CRT dans les régions, il
y avait un problème, je me souviens, Matane ou Mont-Joli, Port-Joli ou
Mont-Joli, Mont-Joli, je pense, et finalement, en ayant les locaux de la Commission des lésions
professionnelles, ça va aider d'avoir une dynamique assez intéressante pour les autres. Alors, ceux qui
parlent au nom des régions, bien là ça va être un avantage pour les
régions, par exemple.
Donc, je retiens de
vous... Je vois encore, je répète, encore, dans votre
sommaire, c'est que vous
trouvez que l'idée est bonne, de faire ce
projet de loi là. Évidemment, votre point le plus essentiel, si je comprends
bien, c'est les juges administratifs avocats, ouverture aux conseillers
en relations humaines, surtout les relations de travail que vous êtes ouverts,
puis je pense que c'est une bonne idée aussi parce que la réalité aujourd'hui,
c'est cela. Donc, c'est possible qu'on aura une ouverture avec ça, de laisser...
votre recommandation mise en application, avec la discussion avec les
collègues. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
St-Denis) : Merci. C'est terminé pour vous?
Hamad :
Combien de temps qu'il...
Le Président (M.
St-Denis) : Il vous reste 7 min 30 s si vous avez
d'autres questions, là.
Hamad :
Ah! O.K., bien je pensais que... Qu'est-ce que vous en pensez, de... donc
tantôt je vous parlais de laisser l'ouverture aujourd'hui, une ouverture pour
une place pour le représentant spécifique des femmes et un représentant des
non-salariés, parce qu'actuellement, la CSST, les non-salariés ne sont pas là,
ne sont pas au conseil, comme vous l'avez
mentionné, et, dans cette nouvelle structure là... une représentativité des non-salariés,
des femmes.
Puis peut-être avoir
votre commentaire... Vous avez parlé des missions, j'ai compris que vous avez
noté que les missions sont maintenues. Peut-être des commentaires là-dessus.
M. Francoeur (Florent) : En fait, deux choses. Au niveau de la représentation femmes ou autres groupes, en fait, essentiellement, ce qu'on dit, c'est qu'en faisant ça, en quelque sorte, on ouvre un
peu la canne de vers, avec la remise en question un peu du paritarisme.
Nous, je veux dire, on n'allait pas jusque-là, jusqu'à remettre en question, je
dirais, dans cette structure-là, tout ce qui
concerne le paritarisme. En même temps, si on dit... Bien là, s'il y avait, par exemple, je dirais, un souhait d'ajouter des personnes provenant, je dirais, de
différents groupes, ça, évidemment, je dirais, pour nous, on est ouverts à ça. L'important, en fait, c'est
qu'on ait autour de la table des gens qui puissent prendre une décision
éclairée sur, d'une part, je dirais, la
gestion même de l'organisation et, d'autre part, je dirais, le fonctionnement
un peu, je dirais, de l'ensemble des lois du Québec.
Concernant un peu la
mission, comme je vous disais tout à l'heure, nous, on est assez rassurés, en
disant... Par cette structure, là, je
répète, nous, on a compris que c'était, je dirais, un projet de loi qui est
essentiellement, je dirais, de structure,
on a compris que les gains étaient liés beaucoup plus à, je dirais, un seul
directeur des ressources humaines, un seul
directeur des services administratifs, des choses comme ça. On n'a pas compris
que... Même s'il y avait effectivement plusieurs
lois qui sont modifiées, il y en a beaucoup qui sont, je dirais... on est
quasiment dans le cosmétique. On n'a pas vu rien qui pouvait, je dirais, nous inquiéter quant au fait que, par cette
nouvelle structure-là... qu'il y avait des éléments qui nous
permettaient de dire que, là, tout à coup, on va abandonner, je dirais, tout ce
qui va concerner l'équité salariale, tout ce
qui... abandonner les normes. On s'est dit... Non, je pense que la
partie
d'être plus présent, je dirais, plus présent en région est un gain important, je dirais, pour les travailleurs. Ça vaut
pour les entreprises aussi. D'avoir des points de chute uniques, je pense que c'est un gain important. Il
y a des économies d'échelle à réaliser, je pense qu'on le savait tous.
Et, dans la mission, bien, évidemment, je
dirais, là, il y a une équipe qui est derrière ça, là, et puis, je dirais, on
fait confiance un peu, je dirais, aux
gestionnaires pour s'assurer que toutes les demandes qui sont liées à l'équité
ou aux normes vont être traitées, je dirais, adéquatement, comme elles
le sont actuellement, ça fait qu'on n'est pas très inquiets à ce niveau-là.
Hamad : Comment vous voyez ça, le... Là, j'ai dit tantôt «non-salariés»,
je m'excuse, c'est non-syndiqués, mais comment vous voyez ça, la
présence... peut-être en ajout de représentante des femmes, de groupes de
femmes, et un représentant de non-syndiqués au conseil? Est-ce que ça répond un
petit peu à...
M. Francoeur
(Florent) : En fait, pour nous, ce qui est important, c'est que,
lorsqu'on prend des décisions, admettons, autour d'une table du conseil ou
autrement, je dirais, les personnes qui sont concernées puissent se faire entendre, quel que soit le mécanisme. Ça peut
être, je dirais... ça peut être des comités aviseurs, ça peut être
différentes choses, mais, pour nous, c'est, je dirais, que ces gens-là aient
une place.
qu'on questionne, je dirais, c'est sur le long terme. C'est que, lorsque, je
dirais, il y a une représentation égale patronale et syndicale, je
dirais, ça fait en sorte qu'en quelque sorte, je dirais, on s'entend sur les
consensus puis, je dirais, on ne touche pas
aux questions, je dirais, qui sont, en ce qui me concerne, les plus
importantes, les questions où on accroche.
Alors, nous, on dit... Au niveau de la gouvernance, ce qu'on suggère, je
dirais, au gouvernement, c'est de dire : Là, il y a une réflexion à
faire, on pense que vous devriez profiter de ce projet de loi là pour faire
cette réflexion-là, mais on dit aussi, je
dirais... en ne l'abordant pas, c'est un peu comme, je dirais... ou en
demandant des avis à des gens qui sont tous concernés, c'est un peu
comme, en ce qui me concerne, laisser les singes gérer le panier de bananes. Je
me dis... À ce moment-là, je pense qu'il y a une décision, je dirais,
gouvernementale à prendre, à ce niveau-là, qui vous appartient. Je dirais, on peut avoir des avis, mais on va tous avoir des
avis qui sont un peu teintés, je dirais, par différentes... par qui on
est, hein, je dirais. D'abord et avant tout, on est des citoyens, mais on est
aussi des représentants d'ordres, d'associations,
et ainsi de suite. Puis moi, je pense
que c'est important, à ce moment-là, que le gouvernement
tranche, en quelque sorte, en disant est-ce qu'on veut une organisation
paritaire ou pas et, je dirais, quels sont les outils qu'on va mettre en place
pour pouvoir le faire.
Tantôt,
on a parlé de la Commission des partenaires. C'est un lieu où on s'entend essentiellement.
Il n'y a pas, je dirais... il n'y a pas de paritarisme, mais ça
fonctionne quand même. Alors, je dirais, il y a peut-être d'autres façons de le
regarder.
Hamad :
Je veux juste vous rassurer : Quand les deux ne s'entendent pas, on a tranché,
à date, puis on va trancher, on va trancher.
Il y a plusieurs lois qu'on va proposer ici sur les régimes privés, les régimes
universitaires de retraite, et on
tranche. À la CSST, on va trancher parce que, quand ils n'arrivent pas à une
entente, les deux, à un moment donné il faut avancer, vous avez raison,
donc il faut trancher.
Alors, moi, je...
Terminé pour nous, M. le Président.
Président (M. St-Denis) : Je vous remercie. Alors, merci pour vos
échanges. Nous allons continuer la période d'échange avec les
représentants de l'opposition officielle. M. le député de Beauharnois, la
parole est à vous.
Leclair : Merci, M. le Président. Alors, M. Francoeur, Mme Rondeau,
bienvenue. Merci pour votre mémoire. Bien entendu, on approfondira le
mémoire, on va le lire attentivement, mais je crois que vos commentaires de ce
matin sont très clairs pour vos enlignements et vos revendications, là, ou vos
inquiétudes face au projet de loi n° 42.
commencerais... Je vais avoir plusieurs questions, bien entendu. À la
page 4 de votre mémoire, j'ai cru lire : «[On] est également satisfait de la promesse de
gains administratifs», alors qu'on va restreindre un peu en fusionnant
des groupes. Vous semblez y voir des gains
administratifs. J'aimerais vous entendre là-dessus. Quels gains vous y voyez,
de ce regroupement-là, côté administratif?
Francoeur (Florent) : Je dirais, quoi d'autre que vous répondre qu'on
voit des gains administratifs dans le sens où, comme je vous disais
tantôt, ce qu'on a compris, c'est, disons, fusion des directions de ressources
humaines, fusion des directions financières, fusion des services de
technologie, alors ce que, je dirais... ce que nous, on appelle communément le
«back office», là, je dirais, ce qui ne touche pas vraiment le citoyen parce
qu'on ne touche pas aux fondements de la
loi, et on se dit, là, je dirais, là-dessus, il y a quelques gains importants à
faire. Et, je dirais, quand on regarde, quand on fait une analogie avec
le privé, c'est un peu la même chose, hein? Lorsque deux, trois entreprises
fusionnent ensemble, normalement on va faire une fusion, je dirais, des
fonctions administratives. Et, en général, lorsqu'on
annonce ces fusions-là et que ça se concrétise, il y a des gains, des gains de
productivité, mais les entreprises continuent à vendre, les entreprises
continuent à développer, ce qui fait que leur mission même est protégée.
Moi, dans ce
cas-là, nous, ce qu'on a vu, on s'est dit : La mission, la mission
première de chacun des organismes est préservée. On voit des gains, qui
ne sont pas si considérables que ça pour une organisation, je dirais, de
plusieurs milliards de dollars, mais alors c'est pour ça qu'on s'est dit :
Ce ne sont que des gains administratifs liés aux fusions de ces structures-là.
M. Leclair :
O.K., bien, merci de la réponse. Puis, lorsqu'on parle de ces gains
administratifs là, autant que ça peut être
positif, tel que vous le décrivez, vous n'avez aucune inquiétude face aux
services lorsqu'on regroupe administrativement parlant dans... Même si
vous êtes convaincus — je
le suis ni plus ni moins, on va le regarder
article par article, mais... — lorsqu'on parle de fusion, de services
rendus, en bout de piste, vous, votre oeil, votre regard face à ça, vous
ne semblez pas avoir d'inquiétude du fait
que la mission semble ne pas être touchée ou affectée parce qu'on ne va pas
toucher directement dans les projets de loi, donc, côté services, ces gains
administratifs là, vous, ne vous inquiètent pas face à la mission ou les
services redonnés aux gens?
M. Francoeur (Florent) : En fait,
quand on regarde un peu les fusions d'organisations, comme je disais, ça peut être une fusion d'organisations comme ces
trois-là ou une fusion d'organisations, je dirais, dans le privé, il y a
en général deux éléments : il y a la
fusion des structures, je dirais, et il y a la fusion des cultures. Et, je
dirais, à ce niveau-là, dans la
fusion des structures, je dirais, ce n'est pas apparent normalement, je dirais,
pour le client, ce n'est pas apparent pour la majorité... le cas des
citoyens.
En ce qui
concerne la fusion des cultures, nous, ce qu'on comprend, c'est qu'il y a trois
cultures actuellement qui sont en place et que ces trois cultures-là
vont être préservées parce qu'on conserve à l'intérieur de l'organisation, je dirais, ces mêmes structures, c'est-à-dire qu'on
va être capable encore de voir à long terme la gang de l'équité
salariale, puis la gang des normes, puis...
Et, en ce qui nous concerne, ça, c'est la question de la culture. Alors, on les
développe puis on les préserve.
Alors, ce que moi, je vous disais, c'est : En général, où ça accroche,
c'est les fusions de cultures, et là il n'y en a pas, de fusion de
cultures, dans ce qu'on comprend du projet de loi. Alors, le danger, pour nous,
il n'est pas là.
M. Leclair :
O.K. Bien, lorsque
vous me dites : Souvent, dans l'administratif,
à haut niveau ce n'est pas apparent pour
la personne en bas, bien ce n'est quand même pas toujours garant de succès non
plus, là. Ce n'est pas parce que ça ne se voit pas d'en bas que, tu
sais, la fonctionnalité des trois organismes va essentiellement bien aller, là.
Francoeur (Florent) : C'est vrai, mais en même temps... là, là, je ne
veux pas me mettre... ce n'est pas moi qui... ce n'est pas mon projet de
loi, là, mais en même temps, je vous dirais, quand on regarde, essentiellement,
si on prend juste les technologies de l'information, les sites Web, et ainsi de
suite, on peut voir, d'un côté, je dirais, il peut y avoir fusion de ces structures-là. Pour le citoyen,
il va gagner, il va y avoir, je dirais, un seul et unique point d'accès.
Nous, on voit du positif pour le citoyen à cet endroit-là. Et les fusions,
normalement, encore une fois, de «back office», là, de TI et de ressources
humaines, de finances, ça ne paraît pas pour le citoyen.
M. Leclair :
O.K. Ma prochaine question, bien j'irais sur le côté expertise. Lorsqu'on parle
peut-être de fusion administrative, comme vous dites, là, souvent on
peut peut-être bien s'en sortir. Lorsqu'on parle d'expertise, là, on descend, là, d'une couple de niveaux, là, puis on
se rapproche un peu, là, des gens et des services. Je n'ai pas vu
exactement dans votre mémoire encore, là, si vous avez des craintes face à ces
pertes d'expertise là.
Francoeur (Florent) : Bien, on en a vu, en fait, il y en a un peu, là,
je dirais. Bien, en fait, il va y avoir un peu, je dirais, de
l'expertise, encore une fois, de ce qu'on a compris, au niveau, je dirais, de
la portion administrative des choses. Pour
le reste, et on l'a mentionné dans notre mémoire, c'est qu'on dit : Gérer
l'équité salariale ou gérer donc d'un
point de vue... c'est assez différent de gérer les normes du travail et c'est
assez différent de gérer, je dirais, toute la question de santé et
sécurité du travailleur. Nous, dans la mesure où on se dit : Ce même
service-là, de ce qu'on a compris, là...
évidemment on travaille avec ce qu'on a compris, puis ce qu'on a compris, c'est
qu'il n'est pas question, je dirais,
de couper dans ces services-là. Et on se dit : Bien, à ce moment-là, je
dirais, pour le citoyen, il y a un point de chute, mais après ça ça va
se répartir en trois, et le citoyen devrait se retrouver pareil. Mais on n'a
pas entendu, là — je
travaille avec ce qu'on nous a dit — on n'a pas entendu d'endroit
où on va dire : Bien là, ça va être une diminution, je dirais, du nombre de personnes qui vont
travailler au niveau du service pour les normes du travail ou pour... On a
juste perçu que c'était, encore une fois j'insiste là-dessus, là, le «back
office».
Alors, dans
la mesure où les trois missions des organisations... dans la mesure où les
trois cultures sont préservées, pour l'instant, je vous dirais... bien,
sous réserve de surprise, bien sûr, là, mais on n'a pas vu rien pour nous
alarmer à ce niveau-là.
M. Leclair :
Bien, tout au long de l'article par article, là, on tentera de répondre à ces
questions-là. Je me ferai un plaisir de questionner le ministre pour qu'on ait
clarification à ce sujet-là.
reviendrais sur votre côté... Vous avez parlé, lors de votre présentation de
mémoire, du côté paritaire peut-être un peu mal défini en ce moment, là, tel que le projet de loi est rédigé.
Alors, pouvez-vous nous donner des exemples de ce que vous aimeriez voir
dans la définition du comité paritaire, là, si c'est vraiment point par point,
ou plus de précisions?
M. Francoeur (Florent) : Bien, en
fait, on ne peut pas définir le comité paritaire, dans le sens où, là, actuellement, c'est une structure qui est, je
dirais, à représentation égale patronale et syndicale. Ce qu'on questionne,
c'est : Est-ce que c'est en... Et, je
dirais, c'est pour ça qu'on a bien dit... on n'a pas osé, je dirais, l'attaquer
de cette façon-là, en disant :
Ce qu'on questionne, est-ce que c'est encore pertinent aujourd'hui? Peut-être
que la réponse est oui, peut-être que... Et là c'est vous les... je
dirais, c'est vous qui en décidez. Peut-être que la réponse est oui, peut-être
que la réponse est non. Ce qu'on dit, c'est
qu'on ne l'a tout simplement pas abordé. Et ce qu'on suggère, c'est que,
lorsqu'on... dans cette question-là,
comme on parle de fusion d'organisations, ça aurait pu être pertinent d'aborder
la question du paritarisme d'abord en se posant la question :
Est-ce que c'est encore l'outil privilégié pour prendre des décisions lorsqu'on
gère un organisme de cette structure-là?
D'un autre
côté, est-ce qu'il y a d'autres joueurs qui pourraient être impliqués dans les
structures? Tantôt, M. le ministre a
parlé des femmes, on peut parler de différentes minorités, on peut parler de
différents éléments. Dans la mesure où
on inclut des problématiques nouvelles... Dans le sens que, dans
l'organisation, là, je dirais, gérer la CSST, c'est une chose. Quand on
ajoute les normes, quand on ajoute l'équité salariale, peut-être que la
représentation telle qu'elle est définie
actuellement au niveau de... On se dit : Bien, tout ça s'en va, en bout de
piste, à une commission qui est paritaire. Est-ce que c'est encore le véhicule idéal? Et ce qu'on vous suggère,
c'est de dire : Bien, aujourd'hui, lorsqu'on aborde des questions
de gouvernance, est-ce qu'il n'y a pas d'autres modèles qui pourraient être
plus pertinents? Et notamment on dit :
Bien, si vous choisissez de prendre un modèle paritaire, bien vous pourriez, à
ce moment-là, regarder un petit peu qui sont les représentants de chacun des groupes pour s'assurer que ces
gens-là ont des compétences, je dirais, particulières dans différents
domaines et... ou on dit : Bien, non, on est plus ouverts que ça et, je
dirais, on remet en question le paritarisme.
À ce moment-là, il y a différents modèles, comme par exemple le modèle sur...
la loi qu'il y a pour les conseils d'administration
des sociétés d'État qui pourraient être, je dirais, un outil qui pourrait vous aider dans votre
réflexion.
M. Leclair : Bien, merci, M. Francoeur. Donc, si je comprends bien, puis je résume, ce n'est
pas la pertinence de la parité qui vous inquiète mais peut-être
l'ouverture d'esprit qu'on pourrait peut-être se poser, rendu en 2015, sur ce côté paritaire là. Est-ce qu'il est vraiment
nécessaire? Et, si on reste avec un côté paritaire tel qu'il est mentionné en
ce moment, bien peut-être de s'assurer des
compétences, vu que le regroupement sera justement des trois entités. Alors,
c'est ça que je comprends bien.
M. Francoeur (Florent) : Absolument.
Ou de s'assurer que, tout en respectant le paritarisme, il y ait une
représentation qui soit en fonction de différents groupes.
M. Leclair : C'est bien. Je
reviendrais... Il reste combien de temps?
Le Président (M. St-Denis) :
40 secondes.
M. Leclair : 40 secondes. Je vais quand même
vous lancer la question, peut-être vous me répondrez par e-mail.
Vous parliez
du président du C.A. qui aura le titre... et P.D.G en même temps. Vous semblez très inquiets face à ça. Alors, en
10 secondes.
Francoeur (Florent) : Bien,
on est inquiets dans le sens où ça ne fait pas partie, je dirais, des nouvelles
règles de gouvernance. Aujourd'hui, la plupart des grandes sociétés
sont gérées en séparant clairement les deux rôles. Dans le cas de la CSST, ça a déjà été séparé. Là, c'est revenu
dans un même poste, ils ont dû... Dans les règles de gouvernance
actuelles, la séparation des postes joue un rôle, d'autant plus que, je dirais,
autour de la table de la CDSST, là, autour de la table, je dirais, il y a une question aussi, je dirais, d'animer les
partenaires. Alors, à ce moment-là, pour nous, ça fait
partie du rôle du
président du conseil...
Le Président (M. St-Denis) : Je vous
remercie.
M. Francoeur (Florent) : ...et ces
deux rôles-là devraient être séparés.
Le Président (M. St-Denis) : Je vous
remercie. Merci, M. le député. Alors, nous allons poursuivre avec les
représentants du deuxième groupe d'opposition, et j'entendrais Mme la députée
d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : Merci, M. le Président. La première chose que je
note, c'est que vous désirez que les personnes
qui vont assumer des pouvoirs quasi judiciaires, de prendre les décisions, ce
soient aussi... ce ne soient pas que des
notaires et des avocats — puis là c'est un hasard, mais je suis avocate et notaire — sauf qu'au Code des professions les seules personnes habilitées à donner des opinions
juridiques sont les avocats et les notaires, puis c'est un droit
exclusif. J'ai toujours trouvé que ça arrivait un peu en confrontation avec le
Code des professions. Une avocate va me répondre.
Mme Rondeau (Édith) :
Présentement, à la Commission des relations du travail, c'est également... ce
n'est pas juste des avocats ou des
notaires, ce n'est pas prévu, donc. Et comme il n'y a pas de changement
majeur... On institue effectivement un tribunal, on parle de tribunal
administratif, mais il n'y a pas nécessairement de changement majeur. C'est les mêmes litiges qui vont être tranchés en
vertu du Code du travail, donc ce n'est pas nécessairement un
changement. Et c'est des fonctions de juge,
donc de juger, de juge administratif, de juger de la décision, et les membres
qui sont là, CRHA, CRIA, ils ont une
compétence spécialisée en droit du travail, ils ont une compétence en gestion
des ressources humaines ou en
relations industrielles qui leur permet de mieux saisir les litiges puis de
prendre une meilleure décision. Donc, comme c'est fait présentement, et
il n'y a pas de changement majeur, il est possible de continuer.
Francoeur (Florent) : C'est
un ajout, là, hein? Je dirais, ça fonctionnait. Tout à coup, on arrive avec un
ajout supplémentaire, avocats, notaires, qui sort un peu de nulle part.
Mme Roy
(Arthabaska) : Oui, mais il en a été question lors de la commission
Gomery, des nominations au TAQ, au Tribunal administratif du Québec. Et puis je ne suis pas certaine, moi, quand je lis
des décisions, que c'est vraiment ces
personnes-là qui les ont rédigées, quand je vois des... très, très étoffées en
droit par des personnes qui ont été plutôt les sujets de nomination
partisane. Donc, je pense qu'on aurait dû peut-être travailler... Même si ça ne
change pas, on peut améliorer les choses.
Francoeur (Florent) : Oui,
mais, en même temps, quand on
regarde, par exemple, ce qui se passe au niveau de la Commission des relations du travail, où on a
spécifié c'est quoi, mettons, je dirais, qu'est-ce que ça prend pour
être commissaire, ça couvre quand même, je dirais... ce n'est pas n'importe qui
qui fait ça, là, mais ce n'est pas limité aux avocats
et aux notaires. Le seul point, ce n'est pas de dire... on n'est pas en train
de dire qu'il faut le restreindre, on dit : Pourquoi simplement les avocats et les notaires? On pense qu'il y a
d'autres professions, dont la nôtre, qui sont spécialisées beaucoup plus
dans les questions du droit de travail et des relations de travail qui peuvent
être une partie, qui peuvent contribuer. On
n'est pas dans la partie, je dirais, aller chercher un monopole, au contraire,
là, on dit : On peut avoir une place à jouer qui peut contribuer de
façon positive à la prise de décision.
Roy (Arthabaska) : Je ne veux pas, M. le Président,
nécessairement prêcher pour ma chapelle. Simplement vous dire qu'un avocat peut rédiger une mise en
demeure, puis quelqu'un qui ne l'est pas ne peut pas. Donc, il va
falloir qu'on fasse des ajustements au Code
des professions, si on veut être logique et cohérent dans cette dynamique-là,
parce que je ne nie pas l'expertise de
d'autres personnes qui ne sont pas des personnes ayant fait leur bac en droit,
là, je ne nie pas cette expertise-là, sauf qu'il faut être cohérent dans
tous les chapitres et concernant le Code des professions.
Mme Rondeau
(Édith) : En fait, premièrement, les CRHA et CRIA ont quand même une base en droit dans
leur parcours, donc une base en droit, ils
connaissent les lois sur les relations du travail, toutes les lois qui
concernent le domaine du travail. Puis ce n'est pas juste... Comme c'est
un tribunal spécialisé... Puis c'est ça, le but des tribunaux spécialisés, c'est d'avoir des professionnels qui
sont spécialistes dans le domaine, qui connaissent la réalité pour
pouvoir mieux juger, et on
parle vraiment de juger. Puis la représentation devant ces tribunaux-là
n'est pas réservée aux avocats, donc
les membres CRHA et CRIA sont appelés souvent à traiter ces dossiers-là et à
plaider devant... à représenter le citoyen devant ces tribunaux-là. Donc, nous, ce qu'on prétend, c'est qu'il est
normal qu'à un certain point ils peuvent devenir juges administratifs
devant ces tribunaux-là.
Roy (Arthabaska) : M. le Président, le ministre a parlé de 12 % de baisse de cotisation.
Pouvez-vous nous dire ça équivaut à peu près à quelle valeur?
M. Francoeur
(Florent) : Bien, c'était de...
M. Francoeur
(Florent) : C'est ça, c'est 0,01 $. C'est...
Hamad :
...par 100 $ de salaire.
Mme Roy
(Arthabaska) : Ça équivaut à combien en tout et partout?
Mme Roy
(Arthabaska) : Huit quoi?
Hamad : Vous
permettez? Sur 0,08 $... Actuellement, là, les employeurs, pour la Commission des normes, paient 0,08 $
par 100 $ de salaire. Alors, la baisse, ça va être 0,01 $ sur 100 $,
ce qui correspond à 12,5 %.
Mme Roy
(Arthabaska) : Oui, mais 12,5 %, ça correspond à quel
montant à l'ensemble du Québec?
Hamad :
8 millions.
Roy (Arthabaska) : 8 millions.
Francoeur (Florent) : Ce qui correspond à peu près au surplus de la
Commission des normes actuellement. Annuel.
Hamad :
Bien non, on ne fait pas de lien avec le surplus puis la baisse, là.
M. Francoeur
(Florent) : Non, non, c'est ça.
Hamad :
La baisse, c'est en plus...
Mme Roy
(Arthabaska) : Excusez-moi... Ah! bien, prenez le micro, puis
ça...
Hamad :
Oui, si vous...
Mme Roy
(Arthabaska) : Ça ne me dérange pas que ce soit le ministre qui
réponde, là, je veux juste mieux comprendre.
Le Président (M.
St-Denis) : Allez-y, M. le ministre.
Hamad : Oui. Actuellement, il y a un surplus, mais ce qu'on
demande, ce n'est pas que le surplus équivaut à la baisse, c'est une
baisse en plus du surplus, là, c'est... aucun lien avec le surplus.
Roy (Arthabaska) : Bien, si j'ai bien compris, le surplus, là,
vous dites que vous l'aviez déjà monopolisé dans les coffres du Trésor...
Hamad :
Tous les gouvernements, pas juste nous autres, là.
Roy (Arthabaska) : ...mais on a besoin d'écrire un
article pour
le dire. C'est ça que je ne comprends pas. Si c'est déjà fait...
Expliquez-moi, là.
Hamad :
C'est parce qu'en fait on met fin à la Commission des normes. Donc, en mettant
fin, on...
Mme Roy
(Arthabaska) : Ah! vous faites un «write-off».
Hamad :
Bien, un beau «write-off» de 89 millions au gouvernement.
Mme Roy (Arthabaska) : O.K. Une radiation, pour parler
français, même si le député de Saint-Jérôme n'est pas là.
Hamad : Puis le 89 millions... Oui, puis, Mme la
députée d'Arthabaska, le 89 millions, il ne va pas dans... il va
dans le Fonds des générations...
Le Président (M.
St-Denis) : Un instant, s'il vous plaît. Juste un instant, M. le
ministre. Oui, M. le député.
M. Leclair :
M. le Président, question de procédure. Je n'ai rien contre, là, qu'on
s'échange ou on parle en profondeur
peut-être du projet de loi, mais je pense, pour le respect des gens qui sont
venus expliquer leur mémoire... Je pense
qu'on aura amplement le temps dans l'article par
article de revenir sur ce
point-là entre le ministre et les oppositions, alors je questionnerais
plus les gens qui ont venu nous rencontrer.
M. Leclair :
Je suis d'accord, mais c'est pour le respect des gens, ce n'est pas pour nous.
Hamad :
...si tu veux embarquer, tu embarqueras...
M. Leclair :
Non, je vais y aller au bon endroit, à la place.
Le Président (M.
St-Denis) : C'est bon. Alors, on va éviter les échanges directs.
Alors, je vais vous
permettre, Mme la députée d'Arthabaska, de poursuivre. Il reste
30 secondes.
Roy (Arthabaska) : Merci, M. le Président. Je vais prendre ces
30 secondes là pour vous dire que je ne veux pas vous offusquer,
que je vous ai entendus et que je suis bien étonnée de la pertinence de votre
rapport, que j'aurais aimé avoir auparavant. Cependant, pour la suite des
choses, je demeure disponible si vous voulez me contacter.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, je vous remercie. Je vous remercie, tout le monde.
Alors, nous allons suspendre quelques instants
pour procéder à l'écoute du prochain groupe. Merci pour votre exposé.
(Suspension de la séance à 10 h 59)
Président (M. St-Denis) :
Alors, à l'ordre, tout le monde! Nous allons poursuivre. À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, je souhaite la bienvenue à la Fédération des
chambres de commerce du Québec ainsi qu'à sa présidente-directrice générale, Mme Françoise Bertrand.
Mme Bertrand, je vous invite à vous présenter ainsi que les personnes qui
vous accompagnent et à faire votre exposé. Vous disposez d'un maximum de
10 minutes.
Mme Bertrand (Françoise) : Bonjour, M.
le Président, M. le ministre, MM. et Mmes les députés et MM. et Mmes les présidents des organismes concernés ce
matin. Merci beaucoup de l'invitation, on apprécie énormément.
Je suis accompagnée ce matin d'Alexandre
Gagnon, coordonnateur aux questions de main-d'oeuvre à la fédération, particulièrement dévoué aux questions concernant la CSST, ainsi que
de M. Marcel Curodeau, président de Médial, qui est organisme qui travaille beaucoup avec les entreprises sur les questions de
prévention, et qui a le bonheur de présider le comité aviseur CSST au
sein de la fédération.
Je veux m'excuser auprès de vous parce que nous
n'avons pas transmis notre mémoire, qui est encore en finalisation, et vous
comprendrez que le temps imparti explique les choses. Alors, désolée. Mais on
va tenter par nos réponses et la présentation de vous dire l'essence de nos
débats que nous avons eus à l'interne. Et je peux vous dire que nous avons beaucoup
cheminé.
D'abord, permettez-moi de vous dire ce que vous
savez déjà, parce que plusieurs d'entre vous connaissent le mouvement des
chambres de commerce du Québec — je vois que nous contribuons beaucoup à
la formation des députés et des ministres
ici, alors je suis très contente. C'est 140 chambres qui représentent 60 000 entreprises dans tous les secteurs d'activité, et c'est ce qui explique que
notre mémoire ne soit pas déposé à ce moment-ci, parce que nous avons
évidemment des processus de consultation pour s'assurer d'une bonne
gouvernance, question dont nous allons parler quant au projet de
loi n° 42.
Alors,
d'entrée de jeu, je dois dire qu'à la Fédération des chambres de commerce nous
pensons... que le projet de loi nous a un peu surpris au départ, mais
que nous avons compris qu'on ne pouvait pas dire une chose et son contraire. Dans la mesure où nous avons encouragé les
gouvernements successifs à faire des efforts de rationalisation pour
assainir les finances publiques et de
trouver des façons de hausser la productivité, quand un gouvernement ose des
transformations, s'ajuster aux défis de
l'heure, on ne peut que... non pas s'incliner bêtement mais plutôt saluer cet
effort-là et de plutôt travailler à
quelles sont les recommandations que nous faisons pour s'assurer que ce qui est
poursuivi va être rencontré non seulement
dans le texte de la loi, mais dans l'esprit de la loi. Et, pour nous, ce dont
il est question, c'est évidemment toutes les questions d'économies, qui nous posent vraiment certaines
interrogations. On comprend que le texte de loi précise les montants, nous parle aussi de reddition de
comptes, mais on veut s'assurer qu'au bout de la ligne les économies dont
on nous parle seront rencontrées et que
cette reddition sera vraiment au rendez-vous. On sait que plusieurs gouvernements
successifs ont souvent parlé de rationalisation, puis, la vie étant ce qu'elle
est... Je dis toujours que c'est comme un bonhomme
Pillsbury, ça reprend sa forme dès qu'on enlève le poing dans le ventre. Alors,
il faut vraiment s'assurer...
Et nous pensons que, pour ce faire, ce qui serait important, c'est qu'il y
aurait une déclaration aux 18 mois ou aux années auprès de l'Assemblée
nationale pour parler... On comprend bien que la vocation même de ces
organismes fait en sorte que, si on prend un
programme d'assurance, évidemment, on ne peut pas dire : On va avoir un «price
cap», on est forcé de jouer avec les événements,
mais, au plan administratif, il faut être capable d'avoir vraiment
une mesure qui va nous dire : On n'augmentera pas les frais
administratifs, et c'est ça qu'on va monitorer dans la reddition de comptes pour
s'assurer que nous avons vraiment l'esprit de la loi.
Nous voulons évidemment que, malgré cette
fusion, l'entité ou l'identité de chacune des parties demeure. Nous pensons que
chacune des vocations a sa raison d'être et nous avons à coeur qu'elle soit
maintenue à l'intérieur de ce grand
parapluie. On comprend qu'au plan administratif il puisse y avoir des économies,
mais, au plan de l'expertise, il nous faut préserver ce qui est très
précieux et ce qui a été gagné au fil des années.
Nous avons par ailleurs, dans cette fusion, quelques hésitations au nom proposé par le projet de loi. Nous aimons toutes les questions de droit, surtout en présence
d'avocats, on est très, très en faveur des gens qui défendent le droit, mais nous pensons que cette commission
devrait davantage référer aux normes et aux droits, ce qui
appellerait, finalement, aux responsabilités des uns et des autres et
non seulement des droits des travailleurs. Nous pensons que c'est une relation,
c'est un rapport qui existe entre les employeurs et les travailleurs et que
nous devons en appeler de vraiment la contribution de chacun.
Le financement des
organismes, on comprend qu'il y a un 15 millions d'annoncé dans le projet
de loi. On comprend mieux par Le Courrier
parlementaire ce dont on parlait sur ce 15 millions, où se faisaient
les économies. Alors, je ne veux pas indûment revenir sur cette question, mais, pour nous, ces
économies, on ne veut pas qu'elles se fassent sur
le dos des employeurs, étant entendu que le gouvernement est un employeur, mais, quand on sait que par exemple, sur l'équité salariale, c'était entièrement payé par les dépenses gouvernementales, lorsque tout est amené dans cet amalgame, nous voulons être capables de vraiment
suivre le fil des choses et s'assurer que le 6 à 8 millions sera vraiment
pris pour une économie aux employeurs, parce que, si tout ça ne
contribue pas à une diminution des responsabilités financières des employeurs et qu'au contraire ce soit l'occasion
d'augmentations pour les employeurs, vous comprendrez qu'un organisme
comme le nôtre, je veux dire, on ne s'étendra pas dans la rue mais pas loin.
Alors, vraiment, s'il vous plaît, ayez à coeur cette dimension-là.
vais aller évidemment sur le même front que mon collègue
qui a précédé la comparution, M. Florent
Francoeur, qui a parlé évidemment que c'est
formidable qu'on passe de 0,08 $ à 0,07 $ pour la question des normes
du travail, mais on trouve que ce
0,08 $ à 0,07 $, c'est un cadeau relatif, très, très relatif dans la
mesure où on se rend compte qu'avec les années nous avions un très grand
surplus, que le gouvernement choisit, à ce moment-ci, d'aller puiser dans ce
surplus pour enrichir le Fonds des
générations. C'est quand même mieux que de s'occuper de l'épicerie avec ce
montant-là, on reconnaît ça, mais quand même on estime que le geste
surprend, et certainement qu'on aura l'occasion d'en parler tout à l'heure. Mais on note la diminution, mais
on dit : C'est une diminution qui va de soi dans la mesure où se
créaient des grands surplus au conseil des normes pour... bien, à cause d'une
bonne gestion sûrement, me dirait le président.
Et, bon, où est-ce
que je vais aller? C'est parce que j'essaie de prendre... Combien il me reste
de temps, M. le Président?
Le Président (M.
St-Denis) : 2 min 30 s.
Mme Bertrand
(Françoise) : Aïe, aïe, aïe! O.K.
Nous sommes un peu
inquiets de l'approche qui est proposée, qui nous semble de façon... je ne
dirai pas exagérée, mais quand même
signifiait qu'on va vers une certaine judiciarisation des différents processus.
Pour nous, c'est un peu... je ne veux pas utiliser le mot «inquiétant»,
mais on soulève des questions à cet effet-là.
Pour
nous, par exemple, la FCCQ désire mentionner que l'article 113
du projet de loi qui modifie l'article 329 de la Loi
sur les accidents du travail et maladies professionnelles en reconnaissant dorénavant
à un travailleur déjà handicapé, lorsque se
manifeste une lésion professionnelle, la possibilité d'intervenir devant le tribunal à tout
moment, ce droit d'intervention est un droit
nouveau qui ne devrait pas faire partie, selon nous, du projet de loi n° 42, dont la
raison d'être est tout autre. Ce droit d'intervention constitue clairement une
question de droit substantif. Pour nous, cette question devrait faire
partie de
l'exercice de consultation auquel la fédération participe présentement — en
effet, la fédération fait
partie du groupe de travail concernant la
modernisation de la loi de santé et sécurité au travail — et ne
devrait pas se retrouver ici à ce moment.
Nous sommes aussi...
Il y avait-u une autre place où...
Une voix :
Oui, concernant le Code du travail.
Mme Bertrand (Françoise) : Oui. Nous parlons aussi que l'état actuel du
droit... Selon l'article 47.2 du Code du travail, une association syndicale dûment accréditée a un devoir de
représentation à l'égard des salariés compris dans l'unité de négociation qu'elle représente, que ces salariés soient ses
membres ou non. Elle ne doit donc pas agir de mauvaise foi ou de manière arbitraire ou discriminatoire ni faire
preuve de négligence grave à l'endroit de ces salariés.
L'article 47.3
du Code du travail, dans sa formation actuelle, prévoit la possibilité pour un
salarié de porter plainte à la CRT.
Ce changement revêt
une importance considérable pour les entreprises dont les salariés sont
représentés par une association syndicale.
Dorénavant, toute décision prise par un employeur et susceptible de faire
l'objet d'un grief ou d'une réclamation est assujettie au devoir de
représentation de l'association syndicale.
Le Président (M.
St-Denis) : En terminant.
Mme Bertrand
(Françoise) : Il en découlera nécessairement — une
minute? — ...
Le Président (M.
St-Denis) : En terminant, il ne reste plus de temps.
Mme Bertrand
(Françoise) : ...une augmentation considérable des litiges, et, pour
nous, ça nous inquiète énormément, c'est des
coûts supplémentaires, puis on se demande pourquoi ça ne devrait pas aller, à
ce moment-là, à un autre organisme, soit la commission...
Une voix :
La Commission des services juridiques.
Mme Bertrand
(Françoise) : Voilà. Merci.
Président (M. St-Denis) : Alors, je vous remercie pour votre exposé.
Alors, nous allons débuter la période d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous.
Hamad :
Merci. Merci, Mme Bertrand, M. Curodeau, M. Gagnon. Merci d'être
ici ce matin.
L'économie,
juste en rafale, là, quelques commentaires que vous avez faits... D'abord,
merci. Je comprends que vous trouvez
ça bien et je comprends que, dans l'ensemble, vous êtes d'accord. Il y a
quelques détails que vous voulez... et c'est tout à fait normal, vous
faites bien de nous rappeler certains détails.
Sur l'économie, en passant, dans le
15 millions il y a deux parties d'économie. La première, c'est
8 millions sur une dépense de
454 millions, c'est 1,7 %. Alors, ça, c'est l'économie la première.
Donc, ce n'est pas une économie majeure qui va toucher l'expertise, c'est une économie de gestion et
d'administration. L'autre économie est carrément parce qu'on va... les assesseurs qui étaient à la Commission
des lésions professionnelles, qui coûtent 6,9 millions par année, on
met fin à ça. Donc, 6,9 plus 8, c'est à peu
près 14, 15 millions, voici les économies. Et c'est surtout sur les
départs de 80 personnes, à peu près, sur un potentiel de départs de
400. Donc, on est allés un peu doux, mollo, on n'a pas forcé, puis, je pense,
c'est très raisonnable. Ça, c'est l'économie.
L'expertise
va avec parce que, si les économies étaient majeures, on peut peut-être dire
qu'il y a un impact sur l'expertise, mais il n'y aura pas d'impact.
Tantôt, M. Francoeur, il a dit quelque chose de très intéressant : C'est
un mariage de structures et ce n'est pas un mariage de cultures, dans le sens
qu'on les garde, les structures, à la même place,
mais on ne fait pas de mariage de cultures, c'est-à-dire qu'on ne mélange pas.
Et le meilleur exemple, que j'ai par expérience :
l'AMF, l'Autorité des marchés financiers. Et l'AMF, c'est une fusion de cinq
organismes, cinq lois différentes, c'est
important. Et les lois, les cinq lois
de l'AMF, il y a une
loi sur les institutions de dépôt;
une autre, c'est la
Loi sur les assurances,
alors les dépôts, les assurances, c'est complètement différent; une
loi sur les valeurs
mobilières, c'est complètement différent; sur la distribution des
services financiers, c'est complètement différent. Ça, c'est un mariage de
cultures qui a été fait, puis on a ajouté il y a deux ans la loi à l'AMF pour
appliquer.
Donc,
la reddition de comptes, l'article 261 de la loi demande à la nouvelle
organisation de faire une reddition de comptes.
Donc, on va avoir le temps de le voir, et évidemment les membres du conseil
vont avoir le temps aussi de le voir.
Le surplus, la
commission était dans le périmètre comptable du gouvernement, donc quand il y
avait des... Et les surplus, c'était suite
aux demandes du gouvernement de réduire des dépenses. Alors, le gouvernement,
il a profité des surplus là et il l'a rentré dans le Fonds des
générations.
Maintenant,
la commission, elle va sortir en dehors du périmètre comptable, et en plus on
exige que l'économie va aller à l'employeur, donc là vous allez profiter
de ces économies-là. Tantôt, je donnais l'exemple de 400 millions à la CSST
qui étaient retournés complètement à l'employeur, alors les économies depuis
2011, c'est-à-dire une baisse de cotisation, on va l'appeler plus une baisse de
cotisation. Quand même, il y a une baisse de cotisation. C'est le même principe : le régime va bien, on baisse les
cotisations. Là, on va gérer mieux, on va gérer plus efficacement avec une
grande structure, donc il va y avoir une baisse de cotisation. Et, comme j'ai
dit tantôt, c'est une première, moi, je n'ai pas vu ça depuis 12 ans,
qu'on le met dans le projet de loi. Alors donc, ça devient une obligation
légale, et c'est encore plus fort qu'un souhait, après, qu'on dit qu'on
souhaite avoir un montant de diminution.
Alors,
ça, c'est les points que vous avez soulignés. Il reste l'article 113. On
est en train de vérifier qu'est-ce qu'il fait là, c'est quoi, le rôle de
cet article-là.
Maintenant, ma
question : Les non-syndiqués puis les femmes ne sont pas représentés
actuellement dans la structure, telle que le
projet de loi décrit. Qu'est-ce que vous en pensez avec ces deux catégories de
personnes? Qu'est-ce qu'on peut faire avec?
Mme Bertrand
(Françoise) : C'est-à-dire au niveau du conseil d'administration, au
niveau de...
Hamad :
Oui, oui.
Mme Bertrand (Françoise) : Bien, nous, on a approuvé le fait que ça
resterait paritaire tel que présentement. Comme vous le savez, au
conseil d'administration, même si nous sommes là avec des représentations liées
à soit la fédération ou le Conseil du
patronat, pour ce que sont les employeurs et les grandes centrales, il reste
que, dans le conseil, il y a des
hommes et des femmes, et je ne crois pas que tout à coup on se dissocie comme
personnes de cette responsabilité. Puis je pense qu'en tout cas par
rapport à la fédération... je ne crois pas qu'il y a besoin...
M. Curodeau
(Marcel) : ...
Mme Bertrand
(Françoise) : Oui, en plus. Mon collègue, M. Curodeau... Bien, vas-y
donc, Marcel.
M. Curodeau
(Marcel) : Bien, c'est que la FCCQ, qui est présente... Oui. La FCCQ,
qui est présente sur le conseil d'administration...
Le Président (M.
St-Denis) : Juste un instant, s'il vous plaît. Avant de permettre
votre échange, juste vous nommer puis indiquer votre poste, s'il vous plaît.
Curodeau (Marcel) : Marcel Curodeau. Je suis le président du
comité santé et sécurité de la Fédération des chambres de commerce du
Québec et également président de Médial Conseil Santé Sécurité, une firme qui
oeuvre au niveau santé et sécurité. Et j'ai
le plaisir d'être dans ce domaine-là à temps plein depuis 1982 pour représenter
les employeurs.
que je mentionne, et, M. le ministre, pour répondre à votre question plus
spécifiquement, la fédération, si on faisait le décompte, la majorité de
nos clients qui sont des employeurs sont des entreprises non syndiquées.
Mme Bertrand
(Françoise) : Dans les chambres de commerce...
M. Curodeau
(Marcel) : Alors, au niveau employeur, les entreprises étant non
syndiquées sont nettement représentées, et voilà.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
M. le ministre.
Hamad : Pour
l'article 113, on va le vérifier en détail. En fait, il existait dans le
Code du travail. Avant, c'était le 359,
juste... c'est un détail, là, vous connaissez bien, M. Curodeau,
l'article 359. C'est le même droit qu'avant. Là, c'est une question de durée, on va le vérifier, si
ça donne plus de droits ou moins, mais l'objectif, on l'a mentionné
tantôt, c'est une fusion de structures, on
ne veut pas modifier la loi, là. On ne veut pas jouer dans la loi, on veut
juste modifier les structures. Alors,
peut-être dans l'enthousiasme ça a été ajouté, on va le vérifier, mais, à date,
ce que j'ai en main, c'est une clarification d'un
article qui existe
déjà.
M. Curodeau (Marcel) : Nous, il nous
semblait que l'article 114 et 131 auraient pu être et devraient être, dirais-je, retirés de ce projet de loi parce que
ça amène un droit substantif nouveau. Alors,
l'article 329 parle d'imputation, et cet article-là est un
article qui existait dans la
Loi des accidents du travail antérieurement à 1979. Et c'est des cas qui
sont relativement complexes. Le fait de convoquer de manière systématique les
travailleurs, ce n'est pas nécessaire. Le commissaire
qui entend la cause a toujours pu, a toujours le pouvoir de convoquer le travailleur, personne
n'est lésé, et je ne crois pas qu'il y ait une demande d'un côté ou de l'autre à cet effet-là. Et, pour la
modification du Code du travail, elle nous semblait superflue dans un projet
de loi qui vise la fusion. Voilà.
Hamad : On va prendre note des commentaires puis on va le
regarder. Correct là-dessus, O.K. Pour moi, ça complète mes questions.
Le Président (M. Drolet) : Merci. Je
vais maintenant vis-à-vis l'opposition officielle.
M. Leclair : Merci, M. le
Président. Alors, M. Gagnon, M. Curodeau et Mme Bertrand, merci
d'être là. Bien entendu, comme vous dites,
vous avez peut-être manqué de temps de rassembler tous les mémoires
et les idées de tout votre groupe, mais on l'attendra avec plaisir, là,
s'il rentre par la suite.
On vous
entend très bien ce matin. Vous semblez rassurés par la mission,
que les missions ne seront pas touchées avec l'amalgame des conseils
d'administration qui seront fusionnés. Je comprends bien ça de vos dires?
Mme Bertrand (Françoise) : En effet,
M. le député.
M. Leclair : O.K. Puis, lorsque
l'on parle d'expertise, vous avez porté une attention particulière, lors de vos
échanges tantôt, de nous assurer qu'on ne
diluera pas l'expertise, qu'elle est très importante à vos yeux à vous
aussi; qu'on doit s'assurer, nous, à la fin de ce projet de loi là,
qu'on n'ait pas dilué l'expertise.
Bertrand (Françoise) : Oui.
Au fond, c'est les mêmes défis qui confrontent les entreprises
quand elles font des acquisitions
puis qu'on parle des synergies qu'on va créer. Je pense qu'il y a
vraiment une possibilité de le faire ici avec la fusion dont on parle, mais il faut que
s'assurer que la rationalisation se fait au niveau administratif tout en
permettant que chacune des factions puisse continuer. On parle de cultures
différentes, de le maintenir, et qu'on puisse apprendre les uns des autres des
meilleures pratiques pour peut-être même, dans ces vocations-là, être capable
d'améliorer notre productivité puis nos façons de faire.
M. Leclair : Merci. Puis parlez-moi... Tantôt, vous avez
spécifié aussi, là, le comité paritaire, pour vous, qui est très important,
peut-être même au-delà du fait... du côté légal. On ne veut pas tasser les
gens, là, qui ont une expertise en droit,
que ce soient des notaires, des avocats, mais vous sembliez dire aussi :
Il faut s'assurer que ce comité paritaire là d'hommes et de femmes avec
expérience y soit aussi. Est-ce que c'est ça que j'ai compris?
Bertrand (Françoise) : Non,
bien c'est-à-dire qu'au
niveau du conseil d'administration, pour nous, la parité syndical et employeur nous apparaît extrêmement
importante. Nous sommes par ailleurs d'avis qu'un président ou une présidente indépendante serait probablement plus
facile, comme les règles de gouvernance l'exigent maintenant, pour permettre à la fois de distinguer les rôles de
chacun et de vraiment avoir cette indépendance-là sur le conseil
d'administration.
La question
de la parité qu'on retrouve, par exemple, à la Commission des lésions
professionnelles avec la question des représentants à la fois syndicaux
et patronaux, nous, on estime... on a eu une longue discussion sur le sujet, et
nous nous rangeons du côté du gouvernement.
La majorité de nos membres estiment que, oui, il y a eu des utilités, il
n'est pas question de dire que ça n'a jamais
été utile ou bénéfique, mais dans l'ensemble nous pensons qu'il y a plus
d'avantages à ne plus avoir ces représentants que de les préserver.
M. Leclair :
O.K. Puis j'aimerais vous entendre... Vous parliez que vous avez certaines
inquiétudes ou certains questionnements,
au ministre tantôt, face aux économies lorsqu'on parle du 15 millions.
Vous vouliez vous assurer que c'étaient des économies qui étaient
simplement du côté administratif et non dans les services plus bas.
Est-ce
que vous êtes inquiets lorsque vous entendez le ministre dire... bien il l'a
dit d'entrée de jeu, je ne sais pas si vous l'aviez entendu : Bien,
on peut même utiliser peut-être les bureaux des CLP qui sont existants dans à
peu près toutes les régions, comme ça on sera sûrs de
donner un service à un peu tout le monde sans en oublier ou le moins possible?
Est-ce que vous avez une inquiétude que ces frais administratifs là... Parce
que vous donniez l'exemple du M. Pillsbury.
Donc, on a plein de bonnes
intentions, mais, lorsqu'on va commencer, justement, à meubler certains
bureaux avec de nouveaux personnels, est-ce que vous avez des inquiétudes face
aux coûts que ça pourrait engendrer?
Mme Bertrand (Françoise) : Vous avez tout lu notre mémoire, ma foi du bon
Dieu! Oui, on a des inquiétudes là-dessus.
M. Leclair :
C'est de la télépathie.
Mme Bertrand (Françoise) : Ça doit être ça. Non, je pense
que c'est important. Nous, ce qu'on exprime dans notre
mémoire, là, c'est que c'est important d'utiliser les installations déjà
existantes mais pas de multiplier de façon indue.
Il est évident que, le réseau des
chambres de commerce étant partout en région, on souhaite garder un lien
avec l'employeur là où il est, mais sans multiplier, puis peut-être de donner
un service à la clientèle avec un point d'arrêt mais d'être bien attentif qu'on
garde un regard sur l'administratif et qu'on ne se mette pas, pour des bonnes
raisons sûrement, mais à engendrer des coûts inutiles. Ça, ça nous est très,
très important.
Puis
notre dernier
chapitre avant d'aller à notre conclusion, c'est sur la question
de la productivité, de s'assurer que ce soit l'opportunité non pas
simplement du 15 millions. En fait, on pense, nous, qu'on serait capable
de mieux que 15 millions si on a l'oeil
vraiment sur qu'est-ce qu'on peut faire mieux que ce qu'on fait et non pas
simplement faire une addition des pratiques qui existent déjà.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Puis, d'après vous... Vous parlez qu'on pourrait
peut-être faire mieux. Est-ce que vous
croyez que juste dans la structure en ce moment, actuelle, telle qu'elle est
là, on peut faire une plus grande économie
sans rentrer point par point dans les projets de loi? Vous êtes convaincus
qu'on pourrait encore restreindre... J'aimerais
vous entendre peut-être un petit peu plus loin, là, là-dessus, sans dire...
Parce que tout le monde dit : On est inquiets, on ne veut pas
toucher aux missions premières de chaque organisme, mais vous semblez dire
qu'on pourrait peut-être même regarder, là, plus en profondeur encore. Donc,
est-ce que vous me parlez seulement que de côté administratif ou sauter sur
l'occasion pour faire quelques changements dans les lois?
Mme Bertrand (Françoise) : Ah! nous en ferons, des suggestions à cet
effet-là, parce qu'on va participer à tout l'exercice de la modernisation, qui commence d'ailleurs,
là, cette semaine. Alors, ça, c'est certain qu'il y a des recommandations.
Mais je vais laisser mon collègue, M. Curodeau, là, parler de là où on
voyait des avantages.
Curodeau (Marcel) : Oui. Je
crois qu'il y aurait des avantages à faire certaines
rationalisations à l'intérieur de... Par exemple, au niveau de la CSST, la révision administrative, qui est une révision qui est
presque un contrôle de qualité, bien on en a fait un quasi-tribunal à
l'interne où, lorsqu'il y a une contestation soit de la part du travailleur ou
de l'employeur, c'est référé à une révision administrative
dans chacune des régions. Ça pourrait être, je crois, remplacé par un
contrôle de qualité, mais ça pourrait être relativement facilement aboli, je
vous le soumets respectueusement.
Autre
problématique qui pourrait aider la Commission de la santé et sécurité du
travail : les communications se font encore beaucoup... les
dossiers sont transmis soit par courrier soit par fax. Même chose pour les
contestations que les travailleurs doivent
faire ou les employeurs, on parle encore de courrier et de fax. Alors,
imaginez-vous, bientôt on n'aura plus
de pièces pour réparer nos fax. Je vous dis ça, mais il y a une possibilité ici
d'amélioration, et je lance un défi à la Commission de la santé et
sécurité.
Et ce serait
probablement un point important, avec ce projet de loi là, de rendre possibles
les contestations de part et d'autre, employeur, travailleur. Les
communications lors des contestations devant les tribunaux administratifs, vous avez des documents, là, qui font couper des
milliers d'arbres, il y a beaucoup de papier qui est transité à
l'intérieur de ce processus-là, et beaucoup de numérisation pourrait être
faite. Je vous lance le défi.
Leclair : Alors, bien, j'imagine que vos recommandations
futures, pour une autre commission qui se tiendra, seront sûrement
entendues et écoutées de la part du ministre et du groupe qui se penchera
là-dessus. Et, si on revient un petit peu au projet de loi, je crois que vous
nous avez quand même bien avisés ou bien avertis de faire attention au ministre, là, parce que, dans le projet de loi...
je vous porte des mots, bien entendu, à la rigolade, mais, dans le projet
de loi, vous dites : Il faut faire attention pour justement, là, ne pas
aller toucher aux missions ou aux choses existantes qui pourraient être soit du droit nouveau... Parce que vous avez sorti une
couple d'articles. Le ministre, il dit qu'il va vérifier pour s'assurer, parce qu'il nous rassure
en disant : Bien, ce n'était pas le but. S'il y a quelque chose qui s'est
glissé... Ce n'était peut-être pas un
malentendu, mais dans le sens qu'on ne veut pas modifier les lois existantes. Alors,
si je vous entends bien, vous voulez qu'on s'assure tout au long du projet de
loi qu'on n'aille pas toucher aux articles qui réfèrent à certains groupes,
autre que de la concordance, là, si tel était le cas.
M. Curodeau
(Marcel) : Oui, absolument.
M. Leclair : Bien, sur ça, M. le Président, je tiens à
vous remercier, puis il me fera plaisir de lire votre mémoire. Moi, ma
collègue avait quelques questions.
Mme Poirier :
Oui. Alors...
Le Président (M. St-Denis) :
Allez-y, Mme la députée
Mme Poirier : Merci. Vous
avez dit entre autres que vous souhaitez que chaque entité garde son identité. J'aimerais ça que vous alliez un petit peu loin là-dessus pour nous préciser... Moi, ce qui me préoccupe particulièrement, c'est, entre
autres, la Commission de l'équité salariale. Alors, comment la commission va
garder son identité dans cette nouvelle formule, selon vous?
Le Président (M. St-Denis) : En
30 secondes.
Bertrand (Françoise) : En
30 secondes. Bien, écoutez, pour nous, c'est extrêmement important. On
est partenaires, à la fédération, avec la Commission de l'équité salariale, on
a travaillé beaucoup à aller rejoindre les plus petites entreprises pour les rendre conscientes de leurs obligations, de
leurs responsabilités. Donc, cette responsabilité ne disparaît pas.
Au fond, la
CSST a un double mandat aussi. Elle n'est pas simplement en réparation, elle
est aussi en prévention. Il est
possible, sous un même parapluie, d'avoir des vocations particulières... qui ne
sont pas, d'ailleurs, en contravention. On ne peut pas être pour
l'équité salariale puis contre les autres missions...
Le Président (M. St-Denis) : En
terminant.
Mme Bertrand (Françoise) : ...c'est
tout à fait convergent pour s'assurer qu'on a des milieux de travail les plus
harmonieux possible.
Le Président (M. St-Denis) : Je vous
remercie. Alors, nous allons poursuivre la période d'échange avec le deuxième
groupe d'opposition. Je reconnais Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : Merci, M. le Président. C'est tout à fait
pertinent. Les documents, là, ça s'applique aussi à nous, les députés. On en reçoit des tonnes et
des tonnes, et puis je remplis mon bac de recyclage à tous les jours. Je
pense qu'il y aurait moyen d'envoyer des clés USB, puis, les informations qu'on
veut aller souscrire, on va les chercher, parce que le trop est souvent... le
mieux est l'ennemi du bien, donc...
Mme Roy (Arthabaska) : Oui.
Bon, bien, on le partage. Et puis je n'ai pas compris vos appréhensions parce que c'était vite, hein, 10 minutes, ce n'est
pas long, puis l'article 329, je l'ai repris pour que nos
auditeurs... — ils
doivent être certainement des milliers à
nous écouter — et ça
dit, l'article 329 : «Dans le cas d'un travailleur déjà handicapé
lorsque se manifeste sa lésion professionnelle, la commission peut, de sa
propre initiative ou à la demande d'un employeur, imputer tout ou
partie du
coût des prestations aux employeurs de toutes les unités.
«L'employeur qui présente une demande en vertu
du premier alinéa doit le faire au moyen d'un écrit contenant un exposé des
motifs à son soutien avant l'expiration de la troisième année qui suit l'année
de la lésion professionnelle.»
Ça, c'était ce qu'il y avait avant. Puis on
ajoute : «Le travailleur visé au premier alinéa — donc
le travailleur handicapé — peut, à tout moment jusqu'à la fin de
l'enquête et de l'audition, intervenir devant le tribunal dans un
recours relatif à l'application du présent article.»
Qu'est-ce que ça change dans les faits, là?
Expliquez-nous.
M. Curodeau (Marcel) : C'est que,
dans les faits, l'employeur ou son représentant soumet une demande à la CLP, et c'est souvent des demandes écrites, avec
les documents, les documents médicaux, la preuve médicale, et c'est soumis à la CLP, et dans la majorité des cas c'est
traité sur dossier. Alors, si on fait une audience là-dessus, vous
imaginez qu'on vient ajouter, pour l'employeur, pour le travailleur également,
pour la
partie syndicale, pour tous les gens qui représentent ces dossiers-là,
beaucoup de temps, d'énergie et d'argent.
C'est des
dossiers qui sont très souvent administratifs. Cet article-là existait, 329,
dans la LAT avant, c'est un
article qui
est là depuis de très nombreuses années, vous allez... Et je suis obligé de
vous mentionner qu'il sert beaucoup, cet article, parce qu'il y a une présomption dans la loi, l'article 28,
et de par cet
article une blessure qui arrive sur les lieux du travail
alors que le travailleur est à son travail est présumée une lésion
professionnelle. Alors, vous allez comprendre que
les manifestations de condition personnelle sont acceptées comme des accidents
du travail de manière très facile, c'est une problématique dans la loi.
Donc, on se retrouve avec beaucoup de manifestations de condition personnelle
que l'employeur doit gérer, voilà. Alors, si
on ajoute des... Actuellement,
c'était souvent réglé avec des documents qui étaient acheminés à la Commission
des lésions professionnelles, et la décision était rendue sur dossier.
Mme Roy (Arthabaska) : Je
peux comprendre de vos propos, là, que vous avez considéré que les mots «intervenir dans le tribunal», ce n'était pas...
c'était devant une audience qui ne pouvait pas intervenir par écrit?
C'est ce que vous comprenez?
Mme Bertrand
(Françoise) : Exactement, exactement. Ce qui, pour nous, signifiait un
accroissement de la judiciarisation.
Curodeau (Marcel) : Mais,
s'il intervient d'une manière au d'une autre, ou la
partie syndicale, vous
allez comprendre qu'il va y avoir des
échanges supplémentaires de part et d'autre. Et, si on doit faire de la
preuve à cet égard-là, bien il va y avoir une audience parce que, le
commissaire, de la preuve, ça se produit avec une audience.
Mme Roy (Arthabaska) :
L'autre question que je viens de comprendre : Quand vous dites «des
conditions personnelles», est-ce que ça veut
dire, ça, qu'un employeur aurait moins tendance à engager quelqu'un qui est
handicapé? Je ne vous demande pas d'admettre qu'il y a de la discrimination, je
ne vous le demande pas jusque-là.
Curodeau (Marcel) : La réponse
est non. C'est la raison pour laquelle cet article-là existe depuis des
décennies, c'est pour ne pas empêcher
l'embauche de travailleurs handicapés.
L'article énonce en partant que, s'il y
avait des coûts eu égard à ces
travailleurs handicapés là, il y aurait un partage de coûts dans le fonds
général. Mais là il ne faut pas rendre la chose encore plus complexe,
vous comprenez?
Mme Roy
(Arthabaska) : Oui,
mais j'aimerais qu'on appelle un chat un chat puis qu'on explique qu'est-ce
que ça veut dire puis comment on le comprend pour qu'on puisse arriver à une
bonne solution.
Curodeau (Marcel) : Le statu
quo est une excellente solution. La loi existe déjà, l'article existe déjà, et
on ne voyait pas l'ajout de droit substantif nouveau, au même
titre que pour
l'article 131, nécessaire. Alors, voilà.
Mme Roy
(Arthabaska) : De ma
pratique d'avocate, Barreau 1988 — je ne me rajeunis pas, là — et puis depuis 12 ans députée,
j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de difficultés pour les employés
d'obtenir des prestations de la CSST. J'en
vois de plus en plus, ça puis la régie du... voyons, la Régie des rentes du
Québec. Et puis je ne sais pas, si on empêche ces personnes-là
d'intervenir... si ça va aller dans un bon exercice de règle audi alteram
partem.
Curodeau (Marcel) : Non, alors, absolument pas, parce que
l'article 329 se fait en toute fin du traitement du dossier. Le dossier est admis, le travailleur est
payé, et ça n'a aucun impact sur l'indemnisation, absolument pas. Ça va
dans le fonds général, on est à... Et d'ailleurs les traitements en partage de
coûts administratifs sont faits lorsque le travailleur est consolidé, ça se
fait à la toute fin, c'est le dernier... Donc, ça ne touche pas son
indemnisation.
Et, pour ce
qui est de votre impression à l'effet que les travailleurs ont de plus en plus
de difficultés, nous, comme employeurs, on a exactement l'impression
inverse. Je vous le soumets respectueusement, madame.
Mme Roy
(Arthabaska) : C'est peut-être que je suis passée d'un comté où
il y avait 32 000 électeurs à un comté où il y en 59 000,
là. Ça peut être seulement statistique, là.
M. Curodeau (Marcel) : Probablement.
Mme Roy (Arthabaska) : Mais
je vous remercie, c'est très pédagogique de vous entendre.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je vous remercie. Il vous reste 30 secondes pour...
Bertrand (Françoise) : Bien,
je voulais juste dire à Mme la députée qu'on est d'accord avec le fait
que ce soient des gens qui soient soit notaires ou avocats pour la commission
des... pour les tribunaux administratifs.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
merci. Donc, je vous remercie de votre collaboration.
La commission suspend ses travaux jusqu'après
les affaires courantes afin de poursuivre son mandat. Je vous remercie.
(Suspension de la séance à 11 h 39 )
Président (M. St-Denis) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs téléphones cellulaires.
Nous allons poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 42, Loi
regroupant la Commission de l'équité salariale, la Commission des normes du
travail et la Commission de la santé et de
la sécurité du travail et instituant le Tribunal administratif du travail. Cet après-midi, nous recevons le Conseil du patronat du Québec, la Fédération
des travailleurs et travailleuses du Québec, la Commission de l'équité
salariale et la Centrale des
syndicats démocratiques.
Est-ce qu'il y a consentement pour poursuivre
au-delà de 18 heures, étant donné l'heure que l'on débute? Consentement?
Consentement, c'est bon. Du côté ministériel, consentement? C'est bon.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va
aller, ça va aller, c'est bon.
Le Président (M. St-Denis) : O.K.,
merci. Merci, Mme la députée, c'est bon.
Donc, je souhaite d'abord la bienvenue au Conseil
du patronat du Québec. Je vous invite à vous présenter ainsi que les personnes
qui vous accompagnent et à faire votre exposé. Vous disposez d'un maximum de
10 minutes.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, M.
le Président. Merci de nous accueillir aujourd'hui pour discuter du projet de
loi n° 42, la Loi regroupant la Commission de l'équité salariale, la
Commission des normes du travail et la Commission
de la santé et sécurité du travail et instituant le Tribunal administratif du
travail. Je suis accompagné, à
ma droite, de Mme Carmel Laflamme, qui
est vice-présidente Santé et sécurité du travail au Conseil du patronat et qui siège également au conseil
d'administration de la CSST et de
l'IRSST. À ma gauche, M. Guy-François Lamy, directeur des affaires
juridiques au CPQ qui également est responsable notamment de la formation, à la
Commission des lésions professionnelles, des membres issus des organismes
d'employeurs. Alors, mesdames messieurs, merci, donc, de nous accueillir.
Peut-être
un petit rappel des motivations qui nous amènent ici. Le CPQ est la seule
confédération patronale du Québec, dans le sens que, pour être un membre
du Conseil du patronat, il faut être un employeur ou une association d'employeurs, c'est pour ça qu'on est une
confédération d'employeurs. Et on
représente directement ou indirectement plus de 75 000 employeurs au Québec. Et à travers... depuis nos
origines, il y a 46 ans, nous avons été particulièrement impliqués
dans tous les dossiers qui touchent les ressources humaines, les relations de
travail, la santé et sécurité du travail, les normes
du travail, et ainsi de suite. Et plus particulièrement, puisqu'on représente
les employeurs, il est bon de noter que les employeurs financent à 100 % la CSST, la Commission des normes du
travail et, de ce fait, la Commission des lésions professionnelles également, qui est financée par
la CSST, et une importante
partie de la Commission des relations du
travail. Étant donné notre spécificité, on a
aussi, depuis nos origines, la responsabilité de coordonner les représentants
patronaux dans les différentes organisations
qui touchent notamment la CSST. Et enfin notre objectif, bien sûr, est de
contribuer de manière constructive aux présents travaux parlementaires par des
commentaires sur le projet de loi.
Alors, de
façon générale, la position du CPQ sur le projet de loi est que le projet de
loi n'origine pas, n'est pas issu d'une demande du milieu des employeurs
ou du milieu des travailleurs, à ce que l'on sache, mais davantage d'une décision gouvernementale, et en ce sens on
l'accueille, et, comme ça n'a pas fait l'objet d'un exercice, par exemple,
de planification stratégique au sein des organisations auxquelles on siège ou
on participe, évidemment, on prend acte de l'intention du gouvernement, et on
va faire des commentaires ou des analyses par rapport à cette décision-là.
On est, bien sûr, très favorables, comme représentants
des employeurs, aux mesures qui visent à assainir les finances publiques, à faire en
sorte qu'on contrôle davantage les éléments de dépenses publiques et, dans le
cas plus précis de santé et sécurité du travail, bien sûr, à faire en
sorte que les cotisations des employeurs, c'est vrai pour tous les domaines, que ce soit la Commission des normes,
que ce soit la CSST ou les autres cotisations des employeurs, etc.,
soient ramenées... soient diminuées, parce
que, quand on regarde le fardeau fiscal global des employeurs au Québec, il est
de 45 % plus élevé que la moyenne canadienne.
Alors, vous comprendrez qu'on est très intéressés à avoir une réduction
constante des cotisations sur la masse salariale, parce que ça fait
partie du
fardeau fiscal global des employeurs.
Les mesures
qui sont proposées visent à apporter une réduction du nombre d'organismes et
d'en réduire le coût total au niveau de l'administration. Évidemment, ce
qu'on aimerait voir poursuivi aussi, c'est une amélioration quant à l'efficience, à l'efficacité et l'amélioration des
services aux clientèles à desservir en même temps. Donc, tout ça, ça
peut se faire. Et on ne conteste pas, au contraire, les objectifs du
gouvernement, mais on voudrait soulever ici les différents enjeux ou les
risques associés à ça et également les effets bénéfiques.
Puisqu'on
parle des effets bénéfiques découlant d'un projet de loi comme celui-là, c'est
important d'avoir une analyse
d'impact. On a communiqué sur la place publique certains objectifs d'économie,
et ainsi de suite, et d'amélioration de
services, alors nous, on dit : Bravo! Maintenant, il faut être en mesure
de mesurer l'atteinte de cet exercice-là et d'en faire une reddition de
comptes pour s'assurer que, les économies escomptées ou les bénéfices en termes
d'amélioration de services, on puisse les retrouver effectivement dans la
réalisation concrète.
Et, peu
importent les résultats de la consultation sur le projet de loi, nous aimerions
mentionner qu'il est important que,
des finalités entre un régime, par exemple, d'assurance, puisque la CSST, entre
autres, administre... la fiducie du fonds de CSST, c'est, entre autres, l'administration d'un régime d'assurance
avec sa finalité propre, versus les autres régimes qui ont trait d'abord et avant tout au respect de
règles, et de normes, et ainsi de suite, on fasse en sorte que les finalités,
hein, soient respectées dans la nouvelle
organisation et qu'on fasse bien attention à la question de la culture
organisationnelle ou les pratiques à l'intérieur de ces organisations-là pour
qu'on tienne compte de ces finalités-là.
Comme position
particulière du CPQ, la première des choses : mentionner qu'on aimerait
voir un changement de nom quant au
projet de loi. Les gens pourraient penser que c'est cosmétique, mais ça ne
l'est pas parce que ça transmet une valeur importante dans
l'organisation. Ici, on parle d'une commission, dans le projet de loi... une
commission des droits, de la santé et de la
sécurité du travail. À notre avis, on devrait parler davantage d'une commission
des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité reliés au
travail, parce qu'il y a déjà une commission des droits de la personne qui englobe beaucoup de
droits de la personne, y compris ceux des travailleurs et des travailleuses,
mais qu'ici on parle de questions qui
ont vraiment trait au... reliées au travail. Donc, on suggère d'avoir cette
commission qui serait une commission des normes, de l'équité, de la
santé et de la sécurité reliés au travail.
Le conseil
d'administration, actuellement, de la CSST, on considère qu'il devrait avoir
aussi un rôle actif dans la transition
vers la nouvelle commission. La plupart des organisations, lorsqu'il y a des
changements organisationnels, vous comprendrez que le conseil
d'administration est une
partie prenante importante et devrait être consulté et
faire
partie de la planification du fonctionnement de l'organisation, de la
nouvelle organisation.
Le conseil
d'administration de la nouvelle commission devrait aussi avoir le pouvoir de
déterminer annuellement le taux de cotisation établi en application de
la
Loi sur les normes du travail. Vous savez que l'identification du taux était
par règlement, ce règlement-là n'avait pas été revu depuis des années. S'il y a
eu un surplus accumulé, hein, à la Commission des normes, c'est parce que, dans
le fond, le taux de cotisation était plus élevé que les besoins de la
Commission des normes, donc il s'est créé un surplus, et ce surplus-là,
aujourd'hui, parce qu'il ne fait pas
partie de la loi mais du budget, veut être récupéré pour être ramené dans le Fonds
des générations. À ce niveau-là, on croit que, même si ça ne fait pas
partie de la loi, ça ne devrait
pas être le cas, puisque c'est des cotisations d'employeurs qui ont été
versées pour financer des activités d'une
organisation de travail. On considère que, puisque justement on a besoin de
réduire les cotisations sur la masse salariale au Québec, on devrait
donc retourner ces trop-perçus, finalement, aux employeurs, peut-être par l'entremise d'une réduction du taux
additionnelle, du taux de cotisation, en ce qui concerne la commission...
pas la commission mais les questions de normes du travail.
Finalement, le... pas finalement mais par
ailleurs on a différents autres éléments qu'on mentionne dans notre mémoire que vous avez entre les mains. Sur le
financement des activités, on est heureux et satisfaits de constater que
le gouvernement positionne dans la loi même
une réduction de 0,01 $ de la cotisation des employeurs en vertu de la Loi
sur les normes du travail. Je le répète que,
dans le fond, c'est un trop-perçu, puisque, s'il y avait des surplus, c'est
parce que les montants perçus étaient
plus élevés que ce qui était requis comme besoins. On pourrait donc y aller
davantage, puisqu'il y a déjà des surplus.
Deuxièmement, sur les dispositions visant
l'application des régimes, il y a des dispositions qui ne visent pas seulement la restructuration ou l'organisation
administrative mais également des modifications au régime. C'est le cas
de l'article 113 qui modifie... La
modification, oui, par l'article 113 du projet de loi à l'article 329
de la
Loi sur les accidents du travail
fait
partie non pas d'une réforme administrative mais davantage d'une réforme
quant au régime. La même chose pour la modification prévue par
l'article 131 qui est prévue ici, qui pourrait être l'objet plutôt de
discussions dans le cadre de la modernisation du régime au sein du Comité
consultatif de travail et main-d'oeuvre, le CCTM.
Concernant
plus spécifiquement — et je
termine là-dessus — l'abolition
des membres issus des associations de la Commission des lésions professionnelles — et j'aimerais signaler, M. le Président, aux
membres de la commission que derrière
moi il y a des membres issus des organismes d'employeurs qui siègent à la CLP
et qui nous ont communiqué leurs perceptions quant à l'intention
d'abolir la fonction — je
voudrais dire...
Le Président (M. St-Denis) : En
terminant, en terminant.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : En
terminant, je voudrais dire que leur fonction est utile, que malheureusement,
étant donné que leur travail se fait en délibéré, donc confidentiellement, évidemment,
on ne peut pas connaître, tout
le monde, les avantages ou la plus-value de leur rôle et que...
Le Président (M. St-Denis) : Je dois
vous remercier, je dois vous remercier.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Oui, d'accord.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je vous remercie pour votre exposé. Nous allons débuter la période d'échange. M.
le ministre, la parole est à vous.
Hamad : Merci, M.
le Président. Alors, merci et
bienvenue. Je comprends que vous êtes d'accord sur le projet de loi, avec quelques
commentaires à gauche, à droite. Et je suis surpris parce que
je pensais que vous connaissiez un
petit peu la Commission des normes, un peu plus davantage, parce que les normes, ce n'est pas un
régime, c'est une loi, puis un régime
d'assurance, c'est un régime d'assurance. Donc, je suis surpris que vous
parliez de régime, normalement ce n'est pas un régime, là. Mais peut-être
c'est une erreur dans votre mémoire.
Et vous savez
très bien qu'on ne mêlera pas le régime d'assurance avec une loi, vous le savez
bien, parce que ce qu'on fait ailleurs, c'est exactement la même chose.
La SAAQ, il y a un régime d'assurance, puis en même temps il y a le contrôle routier, puis en même temps il y a
l'émission des permis, puis les gens là-bas ne sont pas mêlés entre une
loi sur la sécurité routière puis une loi
sur le régime d'assurance qui est à la SAAQ, ils ne sont pas mêlés. La même
chose ici, là, ce qu'on a à la CSST. Il y a
l'aspect fiduciaire de la... fiduciaire que, je comprends, il est indépendant,
mais le reste, ça n'empêche pas les gens...
Un autre
exemple que je donnais ce matin — et je pense que vous avez appuyé lorsqu'on a
mis en place l'Autorité des marchés
financiers, l'AMF : Dans l'AMF, il y avait cinq lois, puis le monde n'ont
pas mêlé non plus ces affaires-là. Par exemple, dans l'AMF, il y a la
loi sur les institutions de dépôt, Desjardins, c'est une loi. À la même place, il
y a une
loi sur les assurances, puis à la même place il y a une
loi sur les
valeurs mobilières, puis il y a une autre
loi sur la distribution des services
financiers. Puis en 2013‑2014 on a voté pour une autre loi, de vérification.
Mais les gens à l'AMF,
ils n'étaient pas mêlés avec tout ça, il y avait des structures qui permettent
d'appliquer les cinq lois en même temps sans problème.
Alors là,
dans votre première recommandation, je suis surpris parce que ce n'est pas un
régime, les normes du travail, c'est une loi, comme l'équité salariale,
c'est une loi, puis il y a un régime d'assurance que vous connaissez beaucoup
mieux que moi.
L'autre
élément : Est-ce que je dois comprendre... Puis je suis surpris, là, je
suis vraiment surpris de voir le Conseil du patronat... Êtes-vous contre les économies que le gouvernement va
faire? Êtes-vous contre moins de structures? Et en plus, les économies qu'on va faire, vous allez les
partager puis... Êtes-vous contre ça? Je veux juste comprendre parce
que, là, peut-être je n'ai pas tout compris,
puis je pense que je suis dans l'erreur, mais j'aimerais ça que vous me le
confirmiez.
Le Président (M. St-Denis) :
Allez-y.
M. Dorval (Yves-Thomas) : M. le
Président, j'ai l'impression que, comme notre mémoire est arrivé peut-être un petit peu tard, on n'a pas bien lu le mémoire, parce
que c'est bien dit qu'on souscrit aux
objectifs du projet
de loi en termes d'économies, en termes de réduction du nombre de
structures, d'organisations, et ainsi de suite. Ce qu'on fait valoir ici, c'est
les enjeux.
Vous avez parlé... M. le Président, le ministre
a parlé de la question de régime, hein? Un régime juridique, là, ça peut comprendre plusieurs choses. Là, on parle de
finalité, j'ai bien utilisé non pas la question du mot «régime» mais la
question de finalité. Finalité, si c'était
si évident qu'on peut tout regrouper ces matières-là ensemble... Puis encore
une fois on n'a pas d'objection à le
faire, on fait juste préciser que, comme c'est des finalités différentes, il
faut que ce soit fait et traité de manière distinctive, avec des
pratiques, des règles et des façons de faire qui tiennent compte de finalités
différentes, tout comme les organismes que
le ministre a mentionnés. Mais, si c'était si évident, on se
poserait la question : Pourquoi, partout à travers le Canada, tous
les régimes de santé et sécurité du travail sont dans un organisme séparé,
toutes les fonctions de prévention relèvent du ministère du Travail ou des ressources
humaines dans les différentes provinces concernées? Et, si c'était aussi clair
que ça, il n'y aurait pas de problème.
Nous, on
n'est pas en objection au projet de
loi. Donc, dans le mémoire, je pense
qu'on dit que ce qu'on veut faire, c'est
dire : Oui, on est d'accord avec des objectifs de réduction, d'économies, et ainsi de suite. Cependant, on dit aussi : Mais il
y a des enjeux, donc c'est
important... pas parler de régime, là, on parle de finalité. Et finalité d'un
régime d'assurance, c'est une chose; finalité d'un régime de respect des
normes, de respect des règles, c'en est une autre. Mais on n'a pas d'objection à ce que ce soit regroupé, mais, si on
prend bien en considération que c'est des finalités différentes, on
peut, à ce moment-là, mieux adapter la structure, l'organisation, les choses
pour protéger ces finalités-là différentes.
Cela dit, les
économies, si on prend 80 quelques millions
de surplus payés par les employeurs puis qu'on les envoie au Fonds
des générations, ce n'est pas les
employeurs qui l'ont, c'est dans le fonds, le fonds consolidé, ultimement,
en fait c'est la population du Québec. Encore là, ça peut être un choix politique,
sauf qu'il ne faut pas penser que toutes ces économies-là vont être produites,
d'autant plus que l'équité salariale n'était pas payée par les employeurs à 100 %,
était payée par le fonds consolidé. Là, les
employeurs vont assumer la totalité de la facture, y compris l'équité
salariale.
Cela dit,
encore une fois, on est d'accord avec les objectifs du projet de loi de procéder
à des économies, on les appuie, que
ce soit très clair. Maintenant, on dit : Attention! Il y a quand même des
enjeux, et on les souligne. Alors, je pense que c'est assez clair, en
tout cas, dans ce qu'on essayait d'expliquer.
Le Président (M. St-Denis) : Merci,
M. Dorval. M. le ministre.
Hamad :
Mais juste le surplus, là, la Commission des normes, là, ça fait longtemps
qu'il est rendu dans le Fonds des
générations, hein, ce n'est pas aujourd'hui, là. Le 89 millions, là, le fonds consolidé, ça fait longtemps qu'il est rendu là, là, ce n'est pas avec cette loi-là qu'on va le
rendre là, juste pour votre information. Je sais que le monde pense qu'avec cette
loi-là on le fait la première fois.
l'autre élément, c'est que, dans cette loi-là, puis je pense que le Conseil du
patronat le sait... c'est qu'on fait des économies
pour les citoyens puis on fait des économies pour l'employeur, on partage les économies
ici, là. C'est que l'économie de l'employeur, c'est écrit dans la loi,
c'est la baisse de 12,5 % de la cotisation des employeurs pour la
Commission des normes. Et c'est écrit dans la loi, là, ce n'est pas un voeu, ce
n'est pas une volonté, c'est plus une obligation. Donc, ce qu'on dit là, il y a
des économies à faire pour les deux parties.
Puis évidemment, l'autre côté, le
gouvernement du Québec, là, c'est un des plus importants employeurs dans
toute la gang, là. On peut parler des autres
employeurs, là, mais la CSST, la contribution du gouvernement du Québec,
c'est 500 millions. C'est énorme, là. Et, lorsqu'on prend les autres
cotisants, donc, le gouvernement du Québec, c'est un employeur, mais en même temps les citoyens sont des employeurs. Alors,
moi, je pense qu'il y a des économies à partager puis je pense que, si
on ne fait rien, il n'y a pas d'économie nulle part pour personne.
Puis
l'autre élément, je tiens à le dire, c'est écrit dans la loi, mais c'est
important et ça répond à la demande du
Conseil du patronat, c'est que les missions sont protégées, et donc on n'ira
pas jouer dans la fiducie au détriment des autres missions. Alors,
chaque mission, elle est protégée. Puis, dans la structure qu'on a mise en
place — on
peut la changer, la structure, là, mais
c'est une loi qui fait juste une structure — on les protège, on protège l'équité
salariale, on protège la santé et sécurité et comme on protège aussi les
normes. Alors, ça, c'est important.
Donc,
l'autre recommandation, que le conseil d'administration de la CSST devrait
avoir un rôle actif dans la transition vers
la nouvelle commission en collaboration avec le comité de transition,
évidemment le conseil d'administration de
la CSST travaille avec son président, son président, la CSST, fait
partie du
comité de transition. Est-ce que c'est suffisant pour avoir les messages par le biais du conseil
d'administration au comité de transition? C'est une question pour le moment, et je vais revenir avec
d'autres.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : Alors, pour
les commentaires faits précédemment, je vous inviterais aussi à revenir aux transcriptions de ce que j'ai dit au début parce que
j'ai bien mentionné que ce n'était pas la loi qui faisait en sorte qu'on
transférait le montant au Fonds des générations, je l'ai bien dit, ce n'est pas
la loi qui fait ça. Alors, comme je l'avais précisé, je comprends que c'est
important à souligner.
La deuxième
des choses aussi, j'ai bien dit qu'on félicitait le gouvernement de mettre dans la loi la question de la réduction de 0,01 $ en
termes de cotisation sur la Commission des normes. Alors, je pense que de ce
côté-là on s'entend, il n'y a pas de problème.
Du côté du
rôle du conseil d'administration, en fait, je l'ai pris au sens d'une saine
gouvernance d'une organisation, quelle
qu'elle soit. On a tous et chacun probablement eu la chance de travailler dans
les organisations, j'ai eu la chance de travailler dans plusieurs
organisations avec des conseils d'administration, et ces conseils
d'administration là étaient des partenaires
dans les réflexions en matière de planification stratégique et en matière de
restructuration d'organisation. Alors, oui, notre président est P.D.G.
et président du conseil d'administration et fait partie... ou en tout cas est
dans la discussion. Ce qu'on dit tout
simplement, c'est qu'un conseil d'administration peut être un vecteur, un
élément positif, contributif dans ce
genre de réflexion là parce qu'ultimement, des gens qui travaillent sur les
conseils d'administration, quelles
que soient les organisations, leur rôle est justement de regarder
l'administration au-delà de l'administration de l'organisation comme
telle mais dans une perspective plus large, en ayant à coeur toutes les parties
prenantes, pas se