Public Finance — 1 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2017-11-01
Quebec — Committees
(Quinze heures six minutes)
Président (M. Bernier) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des finances
publiques ouverte. Et je demande aux
personnes présentes, bien sûr, d'éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 108, Loi
favorisant la surveillance des contrats des organismes publics et
instituant l'Autorité des marchés publics.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Carrière (Chapleau) remplace M. Girard (Trois-Rivières);
M. Habel (Sainte-Rose) remplace M. Matte (Portneuf); et M. Caire (La
Peltrie) remplace M. Bonnardel (Granby).
Président (M. Bernier) :
Merci beaucoup. Donc, avant l'ajournement de nos travaux, le 26 octobre
dernier, nous avions adopté
l'article 17. Je vous rappelle qu'il a été convenu de procéder à une étude
par sujets. Nous sommes donc toujours dans le sujet n° 1 concernant
la mise en place de l'Autorité des marchés publics et nous poursuivons donc
avec les articles 18 à 32. Donc, l'article 18. M. le ministre.
M. Poëti : Merci, M. le
Président. Alors, l'article 18 : «L'autorité a pour mission :
«1° de surveiller l'ensemble des contrats publics,
notamment les processus d'adjudication et d'attribution de ces contrats;
«2° d'appliquer les dispositions du
chapitre V.1 de la
Loi sur les contrats des organismes publics concernant
l'inadmissibilité aux contrats publics;
d'appliquer les dispositions du
chapitre V.2 de cette loi concernant
l'autorisation préalable à l'obtention d'un contrat public ou d'un
sous-contrat public;
«4° d'appliquer les dispositions du
chapitre V.3 de cette loi concernant les évaluations du rendement;
«5° d'établir les règles de fonctionnement du
système électronique d'appel d'offres en collaboration avec le Secrétariat du
Conseil du trésor.
«L'autorité a
également pour mission de surveiller tout autre processus contractuel déterminé
par le gouvernement, aux conditions qu'il fixe.»
Le Président (M. Bernier) :
Explications.
M. Poëti : Alors, le paragraphe 1° du
premier alinéa concerne la surveillance des contrats publics tels que
définis à l'article 19 et principalement la surveillance des processus d'appel d'offres, processus
d'adjudication et des processus devant mener à la conclusion de gré à
gré de contrats, processus d'attribution.
paragraphe 2° de cet alinéa confère à l'autorité la responsabilité d'appliquer les dispositions de la
Loi sur les contrats des organismes
publics relatives à l'inadmissibilité aux contrats publics, dont celles
concernant le Registre des entreprises non admissibles aux contrats
publics que tient actuellement le président du Conseil du trésor.
paragraphe 3° de cet alinéa confère pour sa part à l'autorité la
responsabilité d'appliquer les dispositions de la
Loi sur les contrats
des organismes publics qui concernent les autorisations de contracter que
délivre actuellement l'Autorité des marchés
financiers. La commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats
dans l'industrie de la construction
avait d'ailleurs recommandé que le régime d'autorisation de contracter,
actuellement sous la responsabilité de l'Autorité des marchés financiers,
soit confié à l'Autorité des marchés publics.
paragraphe 4° de cet alinéa attribue pour sa part à l'autorité le soin
d'appliquer les nouvelles dispositions de la
Loi sur les contrats des organismes publics qui concernent
l'accessibilité aux évaluations de rendement des contractants.
Enfin, le
paragraphe 5° de cet alinéa demande à l'autorité d'établir, avec la
collaboration du Secrétariat du Conseil du trésor, les règles de fonctionnement du système électronique d'appel
d'offres approuvées par le gouvernement. Cet élément faisait
partie des recommandations 1.1 de la Commission
d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans
l'industrie de la construction.
Le deuxième alinéa de l'article 18 permet au
gouvernement de confier ultérieurement à l'autorité la responsabilité de surveiller d'autres processus contractuels. Ce
pouvoir pourrait notamment être exercé pour viser la surveillance d'un appel d'intérêt du Centre de services partagés du
Québec préalable à la conclusion de contrats d'acquisition de biens et
des services infonuagiques. Merci, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Oui, merci, M. le Président. Alors, de ce que je peux voir sur... Parce que,
là, on rentre dans la mission, donc c'est tous les éléments qu'on voit pour
donner à l'autorité quelle est sa mission, qui concernent... plus détaillée. Est-ce que vous avez tenu compte...
Parce que je vois qu'il n'a pas partout tenu compte de tout ce que les
gens sont venus nous dire en consultations. Pourquoi avoir choisi ces cinq
alinéas-là plus spécifiquement?
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le ministre.
M. Poëti :
Bien, écoutez, c'est la volonté du gouvernement sur les représentations qui ont
été faites. Maintenant, vous savez
que je n'étais pas à l'ensemble des présentations. J'ai lu le maximum des
demandes qui ont été apportées ici. Et,
en accord avec les gens qui ont rédigé le projet de loi, on a identifié ces
articles-là, qui sont, à notre avis, essentiels pour établir la mission
de l'autorité.
Mme Léger :
Est-ce que, M. le Président...
M. Poëti :
Aussi, peut-être juste en... Je m'excuse. On s'inspire énormément aussi des
recommandations de la commission
Charbonneau. Pour moi, je l'ai dit en début avec vous, je le réitère encore, la
commission Charbonneau a émis des
recommandations, des conseils et des commentaires. On a été non seulement
sensibles, mais on les a appliqués dans le projet de loi.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Mme la députée.
Mme Léger :
Par contre, j'en vois un qui n'est pas là, déjà, que j'ai un amendement, là, ça
fait que je vous reviendrai... de la
commission Charbonneau, des recommandations de la commission Charbonneau, bien,
sur le Bureau des soumissions déposées, là, entre autres. Je reviendrai
sur ça tout à l'heure.
Mais,
l'ensemble des gens qui sont venus en consultations, il y avait la
partie de la
mission, mais il y avait la
partie aussi
de tout le rôle de prévention que peut avoir l'Autorité des marchés publics,
entre autres sur la formation, la prévention et la formation. Il y a l'Association de la construction du Québec, il y
en a plusieurs, là, plusieurs groupes qui sont venus nous donner...
entre autres confier à un ou plusieurs organismes la responsabilité de
développer, coordonner, diffuser différentes formations portant sur l'octroi et
la gestion des contrats publics, donc tout l'aspect plus formation; faire assumer par l'Autorité des marchés publics, entre
autres, une fonction d'analyse, de contrôle, d'expertise centralisée et d'accompagnement des donneurs d'ouvrage. On avait
aussi être capable de confier à l'Autorité des marchés publics le rôle de coordonner et donner les formations en gestion
contractuelle, comme la demande... la recommandation qu'il y a eu de la commission Charbonneau, le comité de suivi de
la commission Charbonneau, plus précisément. Aussi, il y avait tout un autre aspect qui est l'aspect de performance et
qualité, donc, dans le fond, dans la mission, d'introduire des notions
de performance et qualité dans la mission de
surveillance de l'autorité pour maximiser, dans le fond, l'efficience,
assurer du bon usage des fonds publics, etc.
Alors,
on a beaucoup de groupes qui sont venus... bien, certains groupes... pas
beaucoup, mais nécessairement certains
groupes qui sont venus spécifier ça. Alors, quand je vois ce qui est dans la
mission, bien, il y a encore d'autres éléments qui n'y sont pas. Donc,
je veux savoir... Commençons par la formation. Dans l'ordre des consultations,
les recommandations d'ajouter de la formation, pourquoi qu'il n'est pas, à ce
moment-ci, dans cet article-là?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Écoutez, la réponse va être en deux temps, dans un premier temps moi, et
Mme Arav ensuite sur les pôles
d'expertise, sur la formation en amont, sur la formation en amont puis aussi le
volet, qui est particulier, de dire que, si on engage des firmes qui donnent la formation sur la gestion
contractuelle et, tantôt, qu'on vérifie des gens qui ont reçu la
formation par une firme, il ne faut pas se retrouver non plus en conflit
d'intérêts avec les gens qui vont former les gens à bien faire les contrats.
Mais
je vais laisser Mme Arav vous expliquer ça, parce qu'il y a des pôles
d'expertise qui sont prévus pour donner de la formation. Et l'AMP, évidemment,
va donner de l'information, il y a une nuance entre les deux, mais la formation
n'est pas prise en compte, là. Je vais laisser Mme Arav, si on est toujours
de même consentement...
Le Président
(M. Bernier) : Alors, consentement pour que Mme Arav...
Mme Léger : Juste avant, si vous me permettez, M. le Président, donc, dans la mission de
l'Autorité des marchés publics, on ne voit pas... Parce que c'est là,
l'endroit de la mission, là. On est à l'article 18, c'est celui-là qui
donne vraiment les éléments de sa mission principale. On ne voit pas, dans la
mission de l'AMP, au-delà de qui donnera les contrats
à qui, de ce que dit le ministre, mais on ne donne pas, dans sa mission,
qu'elle a la responsabilité de faire de la formation. C'est plus là, mon
point.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Mais parce que ça va être un peu difficile d'évaluer des gens qui auront reçu
la formation de la même personne qui
vont venir évaluer leur travail. Alors, je veux dire, si nous, on fait la
formation, puis ils donnent des contrats, puis là, après ça, on vient évaluer ce qu'ils ont fait... Alors, je
pense que c'est prévu d'une autre façon pour la formation.
Mme Léger : Bien, on va
écouter madame, peut-être que ça...
Le Président (M. Bernier) :
Consentement pour que Mme Arav...
Une voix : Oui, oui,
consentement.
Le Président (M. Bernier) :
Consentement. Mme Arav, en vous identifiant.
Mme Arav (Carole) : Bien, en
fait, on va voir plus tard, à l'article 20, dans les fonctions de l'AMP
qu'elle a une fonction de veille des
contrats publics, donc de regarder ce qui se fait au niveau des contrats
publics. Et à ce niveau-là elle va
pouvoir diffuser de l'information, diffuser des choses et s'assurer... et
donner des recommandations auprès du SCT, entre autres, et du ministère
des Affaires municipales pour que les formations soient adaptées aux
problématiques qu'elle peut soulever et qu'elle peut voir. Alors, ce n'est pas
sa mission première. Il faut savoir que l'AMP, c'est un organisme de surveillance et de contrôle, ce n'est pas un organisme
régulateur. C'est le SCT qui demeure l'organisme régulateur qui a pour
fonction de former sur les lois et les règlements.
Cela étant
dit, alors, dans un premier temps, elle va pouvoir faire de la veille, elle va
pouvoir donner des conseils pour les formations,
elle va pouvoir commenter ces formations-là, les diffuser sur son site Internet
si elle le veut, mais ce n'est pas sa mission première. Et, pour
accompagner les organismes, bien là, de l'accompagnement, il va y avoir des pôles d'expertise qui vont être créés, entre
autres, il va y en avoir un au ministère des Affaires municipales, il va y en
avoir aussi au niveau des organismes et
ministères pour vraiment aider les ministères, organismes et municipalités à
planifier leurs appels d'offres, réfléchir à
leurs stratégies d'acquisition, etc. On ne peut pas confier ce rôle-là à l'AMP
parce que l'AMP, elle accompagne les
ministères et les organismes. Après ça, elle a le rôle de vérifier ce qui a été
fait vraiment. Elle tombe donc dans
un conflit d'intérêts entre le moment où elle les accompa