CAT — 13 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-05-13
Quebec — Committees
La Présidente (Mme Dansereau) :
S'il vous plaît, à l'ordre! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques. En entrée de jeu, je voudrais souhaiter la bienvenue à la ministre,
aux députés présents et à nos invités.
La commission est réunie afin de poursuivre les consultations
particulières des auditions publiques sur le projet de loi n° 16, Loi
visant principalement l'encadrement des inspections en bâtiment et de la
copropriété divise, le remplacement de la dénomination de la Régie du logement et
l'amélioration de ses règles de fonctionnement et modifiant la
Loi sur la
Société d'habitation du Québec et diverses dispositions législatives concernant
le domaine municipal.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Perry Mélançon (Gaspé)
est remplacée par M. LeBel (Rimouski).
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Nous entendrons cet
après-midi les organismes suivants : l'Association des inspecteurs en bâtiment du Québec, l'Ordre des
évaluateurs agréés du Québec, le Barreau du Québec, l'Association des syndicats de copropriété du Québec, la Corporation
des inspecteurs vérificateurs en qualité de la propriété et le Front d'action
populaire en réaménagement urbain.
Donc, je
souhaite la bienvenue à l'Association
des inspecteurs en bâtiment du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à
commencer votre exposé.
M. Parent
(Pascal) : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je me présente,
Pascal Parent, président de l'Association
des inspecteurs en bâtiment du Québec. J'ai
à mes côtés Pierre Berrard, vice-président de l'Association des inspecteurs en
bâtiment du Québec, et Me Martin Janson, en fait, qui est conseiller juridique
à l'association depuis 2003.
Mme la
ministre, Mmes et MM. les députés membres de la Commission de l'aménagement du
territoire, si vous saviez à quel
point nous attendions ce moment, et depuis autant d'années. L'Association des
inspecteurs en bâtiment du Québec
existe depuis maintenant 27 ans, et au moins la moitié a servi, entre
autres, à demander aux différents gouvernements du Québec d'encadrer la
profession. Aujourd'hui, on peut dire : Enfin!
Notre association, pour ceux qui ne la
connaissaient pas, est la plus importante et la plus ancienne association
provinciale d'inspecteurs au Canada. On
regroupe aujourd'hui plus de 500 membres répartis sur tout le territoire
québécois. La principale mission de
l'AIBQ est, depuis sa création, d'assurer la protection du public. Elle l'a
fait de plusieurs façons, d'abord par l'encadrement et la surveillance des
activités de ses membres grâce à un processus d'admission rigoureux, des
obligations en formation continue, une formation de pratique... une norme de
pratique, un comité de discipline.
Pour être membre de l'AIBQ, un inspecteur doit
avoir complété et réussi les examens sur les connaissances techniques du bâtiment, respecter un code de
déontologie, suivre une formation continue chaque année, détenir une couverture
d'assurance responsabilité professionnelle, réussir la vérification d'un
rapport d'inspection sur le terrain.
De plus, pour adhérer à l'AIBQ, toute formation
doit être reconnue par le ministère de l'Éducation du Québec. En fait, l'AIBQ fonctionne de manière pratiquement
identique à un ordre professionnel, en veillant au développement des meilleures pratiques en matière d'inspection de
bâtiments et en se donnant les moyens d'en assurer le respect. En d'autres
mots, l'AIBQ s'est dotée de tous les outils qui lui permettent de mieux
protéger le public.
Faisons un petit retour en arrière. Lors de la
création de notre association, en 1992, l'AIBQ était la première au pays. Ce sont des inspecteurs qui ont décidé de
se réunir dans le but de professionnaliser le métier. L'AIBQ a donc agi en pionnière en développant la première norme de
pratique professionnelle d'inspection au Canada et en mettant en place
les premiers cours collégiaux en inspection de bâtiments, en collaboration avec
le ministère de l'Éducation du Québec.
M. Janson
(Martin) : La norme de pratique de l'AIBQ a d'ailleurs servi à maintes
reprises de référence par les tribunaux afin d'établir la règle de l'art
au Québec en matière d'inspection préachat. C'est cette norme de pratique qui informe les consommateurs de la nature et de la
portée d'une inspection avant l'achat d'une propriété. Elle donne les lignes
directrices en matière d'inspection tant lors de l'inspection elle-même que
lors de la rédaction du rapport d'inspection. La norme définit les termes d'inspection de
bâtiments pour assurer la même compréhension pour tout le monde, le public
comme l'inspecteur.
Nous
mettons aussi à la disposition des inspecteurs une série de documents
juridiques, comme sa convention de service,
les annexes à cette convention-là, pour assurer un encadrement uniforme de l'ensemble des membres de l'Association des
inspecteurs.
Aussi,
l'AIBQ participe sur une base régulière, avec d'autres organismes du domaine de
la construction puis de l'immobilier,
à promouvoir le professionnalisme des inspecteurs en bâtiment au Québec.
Elle a bâti, l'AIBQ, le programme de formation technique d'inspection en
bâtiment et en biens immobiliers au collège CEI, qui permet l'obtention d'une
attestation d'études collégiales.
Mais
cet encadrement, même s'il est rigoureux et strict, n'existe que
sur une base volontaire au Québec présentement.
Il n'y a aucune obligation légale ou réglementaire entourant la profession d'inspecteur. Pour être clair, si
quelqu'un veut devenir inspecteur aujourd'hui, il n'a aucune obligation
de se conformer aux règles que je viens de vous parler. Cette personne n'a besoin d'aucune connaissance, aucune
assurance, ni même d'éthique, pour assurer la sécurité des bâtiments et,
évidemment, des individus qui recourent aux services des inspecteurs en
bâtiment.
L'AIBQ
a ensuite tenté de convaincre le gouvernement du Québec d'encadrer la pratique,
parce que les acheteurs québécois sont exposés, lors de l'acquisition
probablement la plus importante de leur vie, à un risque énorme en
faisant affaire avec un inspecteur en
bâtiment non qualifié. C'est cette absence de règles qui explique une large
partie des cas de poursuites judiciaires dans ce domaine au Québec.
combien de reportages télévisés qui ont relaté des histoires d'horreur? C'est
par centaines qu'on constate, chaque année devant les tribunaux, des acheteurs
de maison face à des gens sans qualification, qui se sont improvisés
inspecteurs en bâtiment. D'ailleurs,
ce sont les normes de l'AIBQ qui servent très souvent de référence, dans la
jurisprudence québécoise de nos tribunaux, pour apprécier le travail
d'un inspecteur, quel qu'il soit.
M. Parent (Pascal) : C'est pourquoi, depuis 15 ans maintenant, l'AIBQ
revendique l'encadrement par le gouvernement. Nous avons été les seuls à investir temps, argent et énergie à cette
fin. Pendant ce temps, la plupart des provinces se sont dotées d'instances
similaires à l'AIBQ. Les gouvernements de la Colombie-Britannique, de l'Alberta
et de l'Ontario, qui regroupent plus
de 60 % de la population du pays, ont mis en place différentes lois et
règlements pour encadrer la profession.
Ici,
au Québec, c'est finalement au printemps 2018 qu'un projet de loi, n° 401, proposait d'encadrer l'inspection, déposé par la ministre de
l'Habitation et de la Protection du consommateur de l'époque, Mme Lise
Thériault. Mais ce projet est mort au feuilleton après les élections du
1er octobre 2018. Heureusement, aujourd'hui, le nouveau projet de loi n° 16 de la ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation, Mme Andrée Laforest, reprend les mêmes
principaux jalons du défunt projet n° 401 afin
d'envisager l'encadrement que nous avons tant demandé.
M. Berrard (Pierre) : Le projet de loi n° 16, à l'instar du projet n° 401,
prévoit que l'inspecteur, pour pratiquer son travail, reçoive désormais un certificat à cette fin, décerné par la
Régie du bâtiment du Québec ou par un organisme reconnu par celle-ci. Les conditions et modalités
resteraient à être déterminées par voie de règlement. Nous approuvons cette
approche. L'inspection de bâtiments résidentiels est et doit être formellement
reconnue comme une discipline unique et distincte de la construction, de
l'ingénierie, de l'architecture, de l'évaluation immobilière et de l'inspection
municipale.
La première étape
législative allait de soi, donner la capacité légale à une entité du
gouvernement de pouvoir réglementer cette
responsabilité nouvelle. La Régie du bâtiment a pour mission de veiller à la
qualité et à la sécurité des bâtiments
et des installations. Elle est, entre autres, responsable de la qualification
des entrepreneurs en construction et des constructeurs propriétaires.
Cette mission lui revient donc à juste titre.
Ainsi,
l'article 6 prévoit l'insertion d'un nouveau
chapitre dans la
Loi sur le
bâtiment indiquant les modalités d'encadrement.
À l'article 86.8, il est proposé qu'une personne physique doit obtenir un
certificat pour exercer les fonctions d'inspecteur.
Nous sommes en faveur de cette proposition qui établit la création d'un
certificat, tout comme nous sommes favorables
à l'article 86.9, à l'effet que désormais seul un titulaire de ce
certificat pourra effectuer les fonctions d'inspecteur.
L'article
suivant confirme que la régie agira par voie réglementaire afin de déterminer
l'ensemble des conditions pour émettre un certificat. Cette voie donne, à notre
avis, la flexibilité nécessaire à la RBQ afin d'ajuster et d'affiner les
modalités d'encadrement selon l'évolution de la profession.
L'article 86.11 clarifie les conditions selon lesquelles la régie pourra refuser de délivrer, de modifier, de
renouveler un certificat ou même le suspendre. L'AIBQ est donc favorable
à ces conditions.
Mais, sur
l'article 86.12, que nous souhaitons attirer votre attention, il est
précisé que la régie peut reconnaître des
personnes ou des organismes pour procéder à la certification des inspecteurs en
bâtiment. Aucun détail n'est précisé sur les critères de qualification des personnes ou organismes qui pourraient
être reconnus par la régie afin de procéder à la certification des inspecteurs. Nous sommes inquiets à l'utilisation du pluriel, alors que nous sommes d'avis qu'il faut prévoir une application
uniforme de l'encadrement au Québec.
Pour
nous, il est essentiel que l'encadrement proposé atteigne un niveau de qualité
aussi élevé pour la profession que celui qu'assure l'AIBQ auprès de ses propres
membres. Pour nous, c'est l'esprit de cette loi que nous voulons qu'il
soit compris par le législateur dans le cadre des travaux parlementaires
actuels.
M. Parent (Pascal) : À
titre indicatif, l'AIBQ voit d'un bon oeil le mode d'encadrement déjà assuré par la régie auprès de la Corporation des maîtres électriciens
et la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec. Une série de règlements en ce sens a d'ailleurs été
rédigée par l'AIBQ, lesquels, advenant l'adoption de ce projet de loi, seront
soumis pour réflexion à la RBQ, le cas échéant.
C'est pour toutes ces
raisons que l'AIBQ se positionne globalement en faveur du projet de loi n° 16 et de ses propositions
visant l'encadrement de la
profession d'inspecteur. Elle souhaite son adoption par les parlementaires.
Nous sommes d'avis que
cette étape est essentielle afin d'en arriver un jour à la seconde phase, qui
permettra une protection plus complète du public, l'obligation d'inspection. L'AIBQ milite depuis trop longtemps en faveur d'un
encadrement obligatoire de
l'inspection et ne souhaite absolument pas échapper l'opportunité offerte par
le projet de loi n° 16. Il en va de la sécurité financière des
consommateurs et de la sécurité physique des bâtiments.
La Présidente (Mme Dansereau) : Je
vous remercie. Votre temps est écoulé. Merci.
M. Parent (Pascal) : Merci. Il me
reste une ligne.
Présidente (Mme Dansereau) : Je m'excuse. Merci pour votre exposé.
Nous allons maintenant débuter la période d'échange. Mme la ministre, la
parole est à vous. Vous disposez de 16 min 30 s.
Laforest : Merci à vous. Bonjour, MM. Parent, Berrard et Janson.
Alors, bonjour. Ça me fait plaisir aussi de vous accueillir. Bonjour à
tous les députés qui vont travailler avec nous pour le projet de loi.
Écoutez, je
vois que vous êtes très, très en faveur du projet de loi. Je suis très
contente, très heureuse. Bien entendu, je
vois aussi tout le travail qui a été fait de votre côté par rapport à
l'inspection de bâtiments. Puis l'inspection en bâtiment, bien, c'est certain
que ça a été une question qui a été réfléchie, hein, discutée, chez nous,
énormément, parce qu'on se posait la
question si on n'allait pas obliger tout de suite l'inspection en bâtiment pour
les copropriétés, exemple, ou pour tous les achats quelconques de
résidences. Puis je ne vous cacherai pas qu'on a eu quand même divergence
d'opinions parce qu'il y en a qui étaient
tout à fait en faveur d'obliger tout de suite ou encore de donner un délai,
peut-être, dans deux ans. Maintenant, on pourrait être obligé... ou
encore dans trois ans, dans cinq ans.
Vous
comprendrez que, moi, ma question... Bien, en fait, j'ai deux questions, parce
que je voulais que vous me parliez comment... parce qu'il y a quand même... Je
voyais 500 membres qui sont chez vous. Alors, je voulais savoir comment vous voyez l'inspection en bâtiment.
Est-ce que c'est une inspection qui serait uniforme à la grandeur ou encore...
Ceci étant
dit, aussi, quand vous dites, tantôt... Il y a toutes sortes d'inspecteurs. Il
y en a qui sont plus ou moins formés, si je peux dire. Il y a une question de
reconnaissance des acquis également. Est-ce qu'on va les former avec une
A.E.C.? Bref, le côté inspection et inspecteur, comment vous voyez ça, au niveau
de la formation, au niveau du délai, dans
notre projet de loi? Est-ce qu'on oblige... Est-ce qu'il y a des années que
vous seriez en mesure de dire... Si vous dites, admettons : En 2021-2022, on serait prêts à obliger l'inspection en
bâtiment... Ça, ce serait mon autre question aussi, parce que ça a
été... On a besoin de vos réponses à ce sujet-là.
Puis après ça j'ai d'autres questions aussi
concernant les assurances, qui m'intriguent vraiment aussi. Alors, est-ce que
je peux vous entendre sur ces deux questions-là?
M. Parent (Pascal) : La première,
c'est l'obligation d'inspection, c'est de savoir ce qu'on en pense?
Laforest : Oui, et qui la ferait, et la reconnaissance aussi au
niveau des inspecteurs qui sont déjà
inspecteurs mais qui n'ont pas la formation nécessairement.
M. Parent (Pascal) : Bien, a priori,
je pense, c'est important d'avoir un bon projet de loi pour l'inspection. C'est sûr que, l'obligation, nous, on ne peut pas être contre parce qu'on croit vraiment à notre profession puis on pense qu'on protège le public. Donc, oui,
on est en faveur. Par contre, il va falloir que ça soit bien installé. C'est-à-dire qu'il va falloir que ça soit
fait de la bonne façon. Je veux dire, ce n'est pas... Nous, écoutez,
là, ça fait 15 ans qu'on demande... ça fait que c'est sûr qu'on n'est pas à quelques semaines près.
Bien, par contre...
Mme Laforest : Ça fait
15 ans que vous demandez que l'inspection en bâtiment soit...
M. Parent (Pascal) : Ça fait
15 ans que, oui, on...
Mme Laforest : Pas l'inspection
en bâtiment? Pardon?
M. Parent (Pascal) : Qu'on ait
un encadrement au niveau de l'inspection, ça fait 15 ans qu'on travaille
sans...
Mme Laforest : Ça fait
15 ans?
M. Parent (Pascal) : En fait,
on n'a jamais eu de temps d'arrêt. 15 ans.
Mme Laforest : ...aller vite,
là. Il faut se dépêcher, hein?
M. Parent
(Pascal) : Bien là, le problème
est que n'importe qui, vous le savez, peut le faire. C'est à vous de
voir quand est-ce que
vous voulez protéger le public. Je peux vous dire, par contre,
personnellement, qu'il y en a quand même pas mal qui font ça
surtout les week-ends et qui font ça en ayant un deuxième travail. Donc, ils
n'ont pas nécessairement de formation.
Ils ne sont pas assurés. Ils ne protègent pas nécessairement... puis ils
n'ont pas aucune... En fait, ils n'ont pas de norme de pratique. Il n'y a personne qui les
légifère ou les encadre. Nous, en fait, on encadre le plus sévèrement possible
nos membres, mais c'est sûr qu'on ne peut
pas empêcher le grand public de travailler dans ce milieu-là ou de s'improviser...
Ça fait qu'à partir du moment... Tant et aussi
longtemps qu'il n'y aura pas l'encadrement, bien, votre public ne sera jamais protégé complètement. En fait, n'importe
qui peut le faire. Ça fait que c'est sûr qu'à ce niveau-là nous, on est prêts, à ce niveau-là, à vous supporter puis à
vous donner toutes nos connaissances qu'on a acquises depuis 27 ans, à ce
niveau-là, n'importe quand. Puis d'ailleurs c'est sûr que ça fait 15 ans...
On commence à avoir hâte d'être reconnus enfin
comme une entité propre, là, de professionnels, que n'importe qui ne peut pas
se donner... en fait, pour que le
titre soit un
titre réservé. Ça fait
qu'à ce moment-là...
M. Janson
(Martin) : Moi, j'ajouterais... Sur la question de l'inspection
obligatoire, vous savez, la garantie de qualité des bâtiments, au Québec,
présume, pour qu'elle trouve application, qu'il y ait eu une inspection faite
par un acheteur prudent et diligent...
qui est, à chaque fois, observée dans les dossiers en vices cachés devant les
tribunaux. Alors, est-ce que mon acheteur, dans le contexte, ici, a été
prudent et diligent?
un jour, vous en veniez qu'à imposer l'inspection obligatoire, on s'assurerait que
tous nos acheteurs auraient fait, de
facto, une inspection prudente et diligente, parce que, l'inspecteur, c'est son
rôle premier que de rencontrer minimalement cette inspection obligatoire là, que se devrait de faire tout acheteur.
Or, vous savez que, dans le marché, là, tous les acheteurs n'ont pas les mêmes
connaissances. Juste ici, dans la salle, si on faisait le tour, là, puis qu'on
se mettait à énumérer toutes les
composantes qui sont observées par un inspecteur en bâtiment, je suis certain
que, plusieurs d'entre elles, vous ne seriez même pas capables de les identifier. Et pourtant ça devrait faire
partie
de l'inspection prudente et diligente, déjà, d'un acheteur ordinaire.
Donc,
oui, ultimement, ça pourrait être très intéressant. Mais, dans un premier
temps, c'est l'encadrement légal que nous recherchons, parce que c'est très
important que quiconque ne puisse pas faire de l'inspection en bâtiment au
Québec.
Laforest : Puis, au niveau des délais, admettons, vous voyez ça à
partir de quelle année ou quand est-ce qu'on pourrait dire : À
partir de telle année, maintenant, c'est obligatoire, d'après votre expérience?
M. Parent (Pascal) : Écoutez, à l'AIBQ, je dois vous le dire, pour nous, on est prêts demain
matin. Ça fait 27 ans, ça fait
que... Puis ça fait 15 ans qu'on le demande. Donc, si vous me demandez si
le plus tôt possible c'est diligent et prudent de demander l'obligation,
je ne peux pas vous dire non à ça. Oui, le plus tôt possible.
Laforest : Puis, l'inspection, j'imagine, vous la voudriez uniforme à
la...
M. Parent (Pascal) : Un des buts principaux, il faut que ça soit uniforme. On ne peut pas...
Là, le problème, au Québec, est que,
justement, il y a plusieurs façons de procéder. Il y a plusieurs... Bon, il y a
d'autres groupes qui procèdent, puis
ils font de l'inspection d'une autre façon. Bon, ce n'est pas pour dire que
nous... Vu que ça fait 27 ans, puis on est la plus ancienne, c'est sûr qu'on est un petit peu
plus... On a évolué. On a plus d'ancienneté. Donc, on a plus de connaissances.
Nous, qu'est-ce qu'on demande, c'est qu'il y
ait au moins le minimum de qu'est-ce que nous, on demande puis qu'est-ce
qu'on exige à nos membres. Parce que tout le
monde le sait, dans le domaine, notre association, c'est la plus difficile à
adhérer. Tout le monde sait ça.
Le problème,
qu'est-ce qu'on ne veut pas, on ne veut pas un genre de «boys' club», là, une
association qui est très facile, puis on
fait un chèque qu'on rentre, là. Ça, on n'en veut plus. Nous, on demande ça,
c'est clair. On veut que les
inspecteurs soient professionnels, et non pas du monde qui ne sont pas
qualifiés ou qui font ça à temps partiel. Parce qu'aujourd'hui ça coûte
tellement cher, pratiquer, que quelqu'un qui fait ça à temps partiel ne peut
pas payer tout qu'est-ce que nous, on exige dans une année. C'est impossible.
Laforest : Mais ceux qui font de l'inspection présentement, qui ne
sont pas reconnus, qui ne sont pas formés, mais qui font de l'inspection
depuis, admettons, cinq à 10 ans, au niveau de la formation, ce serait
comment?
M. Parent
(Pascal) : Pour eux ou pour nous?
Laforest : Pour eux.
M. Parent
(Pascal) : Bien, nous, on exige...
Laforest : Les délais, est-ce que vous avez prévu, au niveau...
M. Parent (Pascal) : Nous, on exige toujours un minimum... Une attestation collégiale
reconnue par le ministère de l'Éducation, c'est le minimum qu'on exige. Ça peut
être, après... Bien, c'est ce qui existe sur le marché. Bien, au niveau
du ministère, de toute façon, ça peut être un D.E.C. en architecture, mais le
minimum, c'est ça.
Laforest : Quelqu'un, même, qui a cinq à 10 ans, admettons,
d'expérience, vous l'obligez pareil...
M. Parent
(Pascal) : Oui.
M. Berrard (Pierre) : Ou, alors,
dans ce cas-là, il va chercher des équivalences, des reconnaissances d'acquis.
Mme Laforest :
Oui, c'est ça.
M. Berrard
(Pierre) : On a déjà accepté
des personnes qui avaient une expérience, à côté, d'entrepreneur, avec
de l'électricité, de la plomberie, des cours. On lui demandait un cours de
rédaction de rapports. On lui demandait...
M. Parent (Pascal) : Bien, en fait,
c'est le collège qui le demande, mais on a déjà des ententes avec le collège à
ce niveau-là.
M. Berrard (Pierre) : C'est ça.
Laforest : O.K., ça, c'est correct. On a discuté ici auparavant, la
semaine passée, des gens qui disaient que ce serait peut-être une bonne idée pour des acheteurs de refuser les
inspections... qui sont responsables... Oui, qu'est-ce que vous en
pensez?
M. Parent
(Pascal) : S'ils ne veulent
pas être diligents et responsables, qu'ils en prennent pleine responsabilité?
Mme Laforest : Qu'ils renoncent
complètement à l'inspection, qu'est-ce que...
M. Parent
(Pascal) : Bien, je pense
que ça motiverait les acheteurs à faire l'inspection. Puis ça les motiverait à
être responsables et diligents, parce
qu'il ne faut pas oublier que, quand l'inspecteur fait l'inspection, il prend
la responsabilité. Donc, je pense, ça serait une bonne source de
motivation, à faire ça, oui.
Laforest : O.K. Je vais y aller... parce que j'ai quand même pas mal
de questions. Au niveau des assurances, je vais vous poser une question,
mais je ne sais pas s'il me reste encore du temps.
La Présidente (Mme Dansereau) : ...
Mme Laforest : Vous mentionnez
l'obligation de détenir une couverture d'assurance professionnelle, puis le
montant... Avez-vous les montants? Comment vous voyez ça au niveau des montants
pour l'assurance?
M. Parent
(Pascal) : Ce que
l'association a fait, c'est qu'on a notre programme d'assurance à l'interne. Ça
fait que c'est obligatoire de prendre
notre programme, parce qu'on veut contrôler un petit peu... Ça dépend des
programmes. Les programmes sont beaucoup ajustés selon ce que... en fait,
comment que l'inspecteur a travaillé. C'est sûr, s'il a eu des
poursuites, son programme d'assurance va coûter plus cher.
Puis, je vous
le dis, les programmes d'assurance, en erreurs, omissions, ce n'est pas juste à
l'AIBQ, ce n'est pas juste au Québec,
c'est mondial. C'est une crise présentement. Ils ont beaucoup de pertes au
niveau de Lloyd's. Ça fait qu'ils sont en train de resserrer. Ils sont en train
d'augmenter les assurances. Là, exemple, à l'Ordre des technologues, on l'a vu,
là, ils ont triplé. Nous, on s'attend à une augmentation de 100 %. Puis ce
n'est pas une question du marché au Québec. C'est beaucoup plus loin que ça. Ça
fait que nous, bien, vous voyez, là, on vient... On est en train de négocier un
nouveau programme d'assurance. La moyenne va être autour de 4 000 $,
pour débuter, par année. Ça peut aller jusqu'à 10 000 $, 15 000 $, dépendamment. Ça fait que
c'est obligatoire. Avec 1 million... Nous, on demande 1 million de
responsabilité civile, minimalement. Ça peut aller jusqu'à
2 millions, dépendamment du marché que l'inspecteur fait.
Laforest : O.K., c'est bon. Puis, si on parle des logements, pour
l'inspection des logements, est-ce que vous avez un maximum du nombre de
logements?
M. Parent (Pascal) : On est en train
d'édifier une nouvelle norme de pratique. On est rendus à notre cinquième version. Avant, on était à un nombre d'étages. On
a enlevé le nombre d'étages parce que c'était trop complexe. Un pourcentage
de commercial, avec résidentiel... Il fallait qu'en tout cas il y ait un
pourcentage... Je ne pense pas que l'inspecteur calculait... Ça fait que, dans notre nouvelle norme, c'est sûr qu'on va
regarder les cinq étages et moins, mais, le pourcentage, en commercial ou pas, ou le multilogement, ça, on
ne le calculera plus. Ça ne change rien. Franchement, là, dans la pratique,
dans le multilogement, c'est souvent du copier-coller, là. Que tu en fasses 24
ou 36, c'est pas mal tout le temps la même affaire qui revient. Mais on
va se restreindre à cinq étages et moins pour l'instant.
Laforest : Après ça, j'avais comme question... J'ai une question
vraiment particulière pour un programme assez particulier, d'ailleurs, parce qu'on en a parlé ici aussi la
semaine passée... le problème de la mérule pleureuse. Je voudrais vous entendre sur ça, parce qu'on a
tellement de «oui, on peut corriger ça, non, c'est difficile». On a maintenant
plusieurs souches au niveau... Qu'est-ce que
vous avez vécu comme expérience avec cette problématique-là? Est-ce que
vous avez vécu...
M. Parent
(Pascal) : Bien, parce que,
là, bien, moi, je peux... Au niveau de l'inspecteur en tant que tel, lui, dès
qu'il voit moindrement un signe de contamination, il va demander une expertise
à ce niveau-là. Premièrement, l'inspecteur n'a même pas le droit de dire dans son rapport qu'il a vu une
moisissure. Il est obligé de dire qu'il a vu apparence, parce que, tant
et aussi longtemps que ça n'a pas été élaboré en laboratoire, pour détecter,
c'est vraiment ça.
À partir de là, moi personnellement,
qu'est-ce que je peux vous dire, c'est... Moi personnellement, on en fait au
bureau. Ils vont demander à, bon, ceux qui sont dans des ordres professionnels,
là, un technologue ou un architecte, de faire un plan et devis pour une
décontamination, pour le donner ensuite à l'expert en décontamination, celui
qui la fait.
vais vous dire, bien franchement, à ce niveau-là, il n'y a pas énormément de
bases de données précises au Québec, là, très, très précises, de façons de
procéder. Bien, moi, j'ai vu plusieurs rapports passer sur mon bureau, puis
c'était très différent, la façon de
procéder. Ça fait que vous, vous demandez si nous, on a un paramètre clair
là-dessus. En inspection, en préachat, on n'établit pas de paramètres.
En fait, nous détectons la déficience.
Janson (Martin) : Si je peux me permettre d'ajouter, il faut bien
comprendre... L'inspecteur préachat, c'est le médecin généraliste de l'inspection de bâtiments, c'est l'entrée en
matière. Lui, il est là pour soulever les drapeaux rouges, identifier : il y a quelque chose d'anormal
qui se passe ici. Mais ensuite, tout comme le médecin spécialiste, il se doit
de référer à un expert en salubrité
microbienne, exemple dans un cas de détection de ce qui pourrait ressembler à
de la mérule pleureuse, ou d'autres moisissures qu'on rencontre très,
très souvent, là, sur le terrain.
Laforest : O.K. J'ai une dernière question très, très rapide parce que
je veux laisser mes collègues poser
des questions. Les coûts de l'inspection... Admettons que l'inspection
devient obligatoire, on dit, du jour au lendemain : L'inspection est obligatoire, est-ce que les coûts
vont ressembler aux coûts, présentement, de l'inspection ou vous allez...
M. Parent (Pascal) : Bien, je ne verrais pas pourquoi il y aurait évolution dans les
coûts. La seule chose qui pourrait être bonne, c'est une uniformité,
justement, pour avoir un volume. Ça fait que ça nous permettrait d'aller
chercher des produits peut-être
un peu moins chers à ce niveau-là. Ça
fait que peut-être...
Je ne verrais pas... Tu sais, ça va aller selon la loi du marché aussi,
dépendamment comment ça va coûter pour, en fait, pratiquer, mais ils vont
s'ajuster.
Mais,
sachez une chose, exemple, quelqu'un qui demande 600 $ pour pratiquer ou pour aller faire
l'inspection de maisons, ce n'est pas
juste de faire l'inspection. Il y a du monde qui a travaillé avant. Il y a un
bureau. Puis la responsabilité sur
l'inspecteur est énorme. Ça fait que ça, ça a une valeur. Moi personnellement...
On passe un peu pour les kamikazes, un peu, dans le marché, en passant.
Tu sais, il n'y a pas beaucoup de professionnels qui veulent toucher à ça.
Laforest : C'est bon. Merci. Moi, ça répond à mes questions. Je vais
laisser mes collègues... Merci beaucoup.
Présidente (Mme Dansereau) : Je cède la parole, il reste un peu moins
de trois minutes, au député du Lac-Saint-Jean. Trois minutes, à peu
près.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Moi, c'est plus au niveau, là, de l'apparence des
conflits d'intérêts, tout ça. Ma question,
ce serait plus au niveau, là... Pourrait-il exister des conflits d'intérêts
potentiels pour un inspecteur en bâtiment? Je fais référence, exemple, à un entrepreneur qui devient inspecteur ou, des
fois, des liens étroits avec un courtier immobilier.
M. Parent (Pascal) : Moi personnellement, je ne pense pas qu'un courtier immobilier
n'aurait le droit de référer un inspecteur en aucun temps. Il y a trop de
potentiel de conflits. Trop dangereux, c'est trop facile. Je ne pense pas non
plus qu'un inspecteur devrait être entrepreneur non plus. Trop facile de se
référer un contrat, autant que c'est trop, pour le courtier puis
l'inspecteur, facile de faciliter une transaction immobilière. Moi, je ne crois
pas.
Girard (Lac-Saint-Jean) :
Donc, vous ne connaissez pas d'anciens entrepreneurs qui sont devenus
inspecteurs?
Janson (Martin) : Le danger,
ce n'est pas qu'il traverse puis qu'il devienne inspecteur. Le danger, c'est
qu'il fasse les deux en même temps.
Puis le danger auquel référait M. Parent, c'était la proximité de ces
acteurs-là sur le terrain, qui, à l'occasion, peuvent laisser craindre des
conflits d'intérêts. Comme, évidemment, le courtier immobilier, lui, il ne
touchera une rétribution que s'il y a une
transaction, alors son objectif premier, c'est que la transaction passe. Et, s'il
réfère à un inspecteur en bâtiment, on peut craindre qu'il va lui faire
passer la transaction.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
O.K. Mais un entrepreneur qui n'est plus un entrepreneur, qui va inspecter... Mais on sait que les entrepreneurs, des fois, ont
des liens avec des courtiers immobiliers du temps qu'ils étaient entrepreneurs.
M. Berrard (Pierre) : Dans notre code de déontologie, il est bien spécifié qu'il ne doit pas
être en conflit d'intérêts avec une
profession qui touche la construction. Donc, si notre conseil de discipline,
notre syndic a une plainte comme quoi un inspecteur a fait un travail en
électricité ou quoi...
Une voix :
...par le passé.
M. Berrard
(Pierre) : ...ça va retontir au conseil de discipline.
M. Parent
(Pascal) : Bien, retenez le courtier avec l'inspecteur, ça, je...
C'est ce que je vous recommande.
La Présidente (Mme
Dansereau) : ...secondes. Ça va?
M. Thouin :
Oui, en quelques secondes, à mon tour... Bonjour, messieurs, très content de
vous recevoir.
Petite question au niveau de la formation. Vous
avez dit tantôt : «Un diplôme d'études collégiales minimal». Mais les gens qui sont déjà membres d'un ordre
professionnel, là, un architecte, un ingénieur, un technologue, est-ce que
ces gens-là ont besoin d'une autre formation
complémentaire ou ils ne sont pas déjà suffisamment formés, de par leur
expertise, pour être capables de...
M. Parent
(Pascal) : ...de la
formation. S'il a une formation qui est reliée directement au bâtiment ou, exemple,
je ne sais pas, un technologue en architecture, exemple, ça, on va l'accepter.
Mais, si ce n'est pas lié au bâtiment ou c'est trop loin, on ne
l'acceptera pas.
M. Janson (Martin) : Il y a également
des... Encore une fois, l'inspecteur en bâtiment est le généraliste de la construction. Alors, l'architecte peut être
excellent en architecture mais, en mécanique du bâtiment, avoir très, très,
très peu de connaissances.
Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Notre temps est écoulé. Je cède donc maintenant la parole à la
porte-parole de l'opposition officielle. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
vous disposez de 11 minutes.
Thériault : Merci, Mme
la Présidente. Je sais que je n'ai
pas le droit de souligner l'absence de quelqu'un, mais il manque un groupe parlementaire à la table.
Donc, je vous avise que mon collègue et moi voudrions prendre le temps qui leur
est alloué, de consentement avec notre collègue.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Consentement? Donc, vous disposez de 13 min 12 s.
Thériault : Merci. Vous allez le rajuster? Parfait. Merci, Mme la Présidente. Deux minutes de plus, des fois, c'est important. Donc, vous
comprenez qu'on va prendre tout ce qu'on a à notre disposition.
Merci,
M. Berrard, M. Parent, Me Janson, d'être avec nous aujourd'hui. J'ai dit à la ministre, bien aimablement, qu'il y avait certains groupes qui n'étaient pas contents de son projet de loi, qui n'étaient aussi pas contents du 401, quand j'avais déposé... Là,
je vais dire à la ministre que, dans le cas qui nous occupe, vous êtes aussi
contents de son projet de loi que de celui que j'avais déposé. Il y a
des bouts de communiqués qui se
ressemblent. De toute façon, moi, je les ai comparés. Donc, on a trouvé
ça très, très correct. Donc, c'est dire que la ministre est quand même au bon
endroit.
Tout ceci pour dire qu'on ne vous fera pas
attendre encore plusieurs années. Le fait d'avoir déposé le projet de loi n° 401 à la fin de la
session, sachant pertinemment bien qu'on ne pouvait pas l'adopter, était un
minimum d'engagement. Puis ça aura eu le mérite, à tout le moins,
lorsque la ministre est arrivée, qu'elle a pu le sortir, le dossier, et le
regarder, et dire : Qu'est-ce qu'on
fait ? Qu'est-ce qu'on regarde? Qu'est-ce qu'on change? Donc, je vous rassure,
vous ne passerez pas cinq ans à vous
demander ce qui va arriver avec vous.
Je n'ai pas l'intention non plus de retarder l'adoption du projet de loi, mais on va bien faire la
loi, tant qu'à faire la loi.
Donc, dans
une première question que je vais vous poser... Je pense
que je vais rester sur la question du député
de Rousseau, lorsqu'il
vous a posé la question par rapport aux autres ordres professionnels. C'est sûr
qu'un architecte dessine des plans,
mais on sait que, présentement, il y a des technologues qui oeuvrent aussi. Il
y a des ingénieurs qui sont qualifiés pour
pouvoir vérifier. J'ai bien compris que vous vous qualifiez de médecins généralistes qui travaillent avec des spécialistes. Donc, on
pourrait certainement qualifier les autres ordres professionnels de spécialistes.
Quels sont les ordres
professionnels qui sont
incontournables pour s'assurer que, si vous avez besoin d'un spécialiste,
on puisse tisser des liens avec? Parce que
ça a de l'air de rien comme ça, mais là on va vous donner le fardeau de tout ce
qui s'appelle qualité en inspection des
bâtiments. C'est sur vous que ça va reposer. Bien, vous avez besoin des voies
de passage avec les autres ordres
professionnels, parce que
vous ne serez pas un ordre
professionnel, vous allez être une
corporation, je comprends, comme les maîtres
mécaniciens en tuyauterie puis les maîtres électriciens. Donc, à défaut d'être
sur l'Office des professions avec les autres professions, vous allez relever de
la Régie du bâtiment.
M. Parent
(Pascal) : ...être clair, je
vais vous donner un exemple : l'ingénieur en génie civil, là, très bon
dans le sol. Le béton, parfait.
L'enveloppe, la mécanique, il ne connaît rien là-dedans. Il n'a aucun... Où je
veux aller... Un ingénieur en mécanique du bâtiment, l'enveloppe du bâtiment,
zéro. C'est parce que les généralistes... L'inspecteur, la différence, c'est qu'il a des connaissances sur à peu près tout, je
dis, en général, le généraliste. Tandis qu'eux, ils ont des connaissances
pointues, mais ils n'en ont pas du
tout dans d'autres, du tout. Donc, un inspecteur ne peut pas inspecter s'il n'a
pas de connaissance dans tous les points à inspecter.
Ça fait qu'à
ce moment-là je pense que... Nous, qu'est-ce qu'on fait, c'est qu'on les
accepte à l'adhésion, mais on leur
fait passer des tests, à ce moment-là. Puis, s'ils ne les passent pas, qu'ils
soient ingénieurs ou qu'ils aient une maîtrise, ou un bac, ou un doctorat, ça
ne change rien. C'est qu'il faut qu'il soit capable de nous démontrer qu'il
peut pratiquer. Puis ça ne veut pas
dire nécessairement, qu'il est architecte ou il est ingénieur, qu'il est
capable... parce que les ingénieurs, c'est très pointu, puis les architectes aussi. On le sait, l'architecte, c'est les
plans, l'enveloppe. Bien, quand on lui parle de fondation puis de drain
français, là, on le perd. Puis autant, là, l'ingénieur mécanique, si je lui
parle de fondation ou de drain français, encore là on le perd
totalement. L'ingénieur, par contre, qui va faire le bac en génie des matériaux
ou de la construction, lui, oui, lui, il a une généralité, lui. Un ingénieur
civil, non, non, non. Je le sais parce que j'en ai au bureau. Puis je les
prends six mois en stage, puis ça prend six mois. J'en ai un que je viens de
sortir. Puis en maîtrise... Ça a pris six mois avant qu'il soit apte, parce que
son plan de cours, ça n'a rien à voir.
Alors
là, rendu là, je pense que c'est sûr que l'attestation collégiale... je pense
qu'un jour, de toute façon, ça va être un
D.E.C., ça va venir un jour, mais, pour l'instant, je pense, c'est celle qui
est la plus apte pour l'inspection. Mais, ceux qui sont proches du bâtiment, il faut faire attention, ça va être
important de leur faire faire des examens de qualification pour
démontrer comme quoi ils peuvent pratiquer, parce que ce n'est pas toujours le
cas, et loin de là.
Mme Thériault : Mais j'entends également que vous
devez avoir des liens tissés déjà avec les autres professions qui sont
sur l'Office des professions.
M. Janson
(Martin) : C'est certain qu'il y a des liens, parce que, dans les
rapports d'inspection, sur 10 rapports d'inspection que vous allez
lire, il y en a très certainement neuf qui réfèrent à une expertise
additionnelle, suivant des symptômes qui ont été décelés par l'inspecteur en
bâtiment. Alors, ceux que, déjà, là, on rencontre le plus souvent, dites-moi si je me trompe, là, mais il y a déjà
tout ce qui est expert en salubrité microbienne. On pense à des
microbiologistes, des chimistes.
C'est très fréquent qu'on se doit de référer à un spécialiste dans ces
domaines-là. À chaque fois qu'il y a un problème de fondation, évidemment qu'on recommande le recours à des
ingénieurs en structure. C'est ultra-important. Quand on a des problèmes d'enveloppe de bâtiment, c'est
la référence à un architecte, qui est faite, très, très, très souvent. Alors,
il y a déjà des liens de tissés avec
d'autres ordres professionnels de par le rôle d'inspecteur, qui, encore une
fois, est notre généraliste du domaine de la santé du bâtiment.
Mme Thériault : Parfait. Je sais que vous ne
représentez pas les autres ordres professionnels, mais pensez-vous que, dans le projet de loi, on doit prévoir la
possibilité que les autres ordres professionnels doivent faire
partie des
inspecteurs en bâtiment?
M. Parent
(Pascal) : Bien, moi personnellement,
je ne pense pas qu'il y
ait de l'intérêt, tant, de leur part, premièrement. Puis, deuxièmement, comme je vous répète, moi, je n'ai pas de problème tant et aussi longtemps
qu'ils sont qualifiés puis qu'ils sont aptes à le faire, mais il va
falloir qu'ils démontrent qu'ils peuvent le faire.
Mme Thériault : ...d'accord avec vous. Vous avez
dit quelque chose tout à l'heure qui m'a fait tiquer. Vous avez dit... Vous n'avez même pas le droit d'écrire
qu'il y a de la moisissure. Vous devez écrire absolument qu'il y a apparence
qu'il y a de la moisissure. Qu'est-ce que
vous avez besoin pour écrire qu'il y en a, de la moisissure, dans le projet de
loi?
Puis je vais
vous expliquer. Nous, là, on fait des lois, hein? Entre «la ministre
peut faire telle affaire» dans la loi et
«la ministre doit faire telle affaire»... Moi, moins il y a
de «peut», plus il y a de «doit», meilleure je me sens, parce que la ministre est obligée de faire quelque
chose.
Là, quand
j'entends que vous le voyez, vous le savez... Vous êtes les experts, hein? Ce
n'est pas vrai que tu vas peinturer une petite tache de moisissure.
Bien, elle va revenir aussi vite, hein? Bon, bien, pourquoi vous n'avez pas le droit de l'écrire? Et qu'est-ce qu'on peut faire, dans la loi, pour vous donner le droit de l'écrire? Je
comprends qu'il y a une question de s'exposer aux recours, puis tout ça, là, mais quand même...
Tu sais, tu n'es pas à moitié vivant, là. Tu es vivant ou tu es mal en
point, mais tu es vivant.
M. Janson
(Martin) : ...un recours,
comme avocat, dans un dossier de vice caché sur un panneau d'OSB qui avait
été laissé pour former une fondation de
béton, parce qu'il y avait des taches noires qui, à l'évidence, aux
yeux de tous, et incluant les experts
en salubrité microbienne qui étaient passés, étaient de la moisissure. Or,
quand, par frottis, on est allés faire un prélèvement, on s'est rendu compte
que c'était l'encreuse du panneau d'OSB qui avait fait des taches sur le
panneau et qui avait donné
l'impression d'un panneau d'OSB contaminé. Il y avait de la moisissure,
mais elle n'était pas située là.
Bref, quand ça sent, ça goûte, que ça a l'image
de, c'est sûr qu'à un moment donné on peut se dire qu'on se rapproche d'un
champignon ou d'une moisissure, mais la seule véritable façon d'en confirmer
l'existence, c'est par une analyse
microbiologique. Alors, est-ce que c'est nécessaire? Quand l'inspecteur dit : On rencontre des
éléments qui ont toutes les
apparences et l'odeur d'une moisissure, et on réfère à un expert en salubrité
microbienne, on vient de faire la job sans l'identifier...
M. Parent
(Pascal) : Bien, ça va
encore un peu plus loin, par
exemple. Il y a
une chose, la moisissure, mais, en gros,
l'inspecteur, il doit recommander, peu
importe le matériau. Parce qu'il
y a des normes, des règles de l'art, en assèchement puis en déshumidification, hein? Grosso modo, le
matériel, s'il n'est pas asséché ou déshumidifié en dedans de 72 heures,
il recommande automatiquement sa
décontamination. Ce n'est pas compliqué. Ça fait que, là, s'ils veulent
une expertise, c'est parce que, oui... Ça fait que, sinon, bien, c'est
sûr qu'aussi... Visuellement, il n'y a personne au monde qui peut valider que c'est de la moisissure, même si tout le monde le sait. Puis c'est justement une question de recours. Si ce n'est pas ça, bien...
C'est une question de recours.
Mme Thériault : Il me reste un peu moins de cinq minutes. J'imagine que vous avez
consulté vos membres en
fonction du projet de loi et qu'ils sont heureux, eux autres aussi.
M. Parent (Pascal) : Oui, ils
sont très heureux.
Mme Thériault : Parfait. Parce qu'il y a d'autres associations d'inspection en
bâtiment qui existent, d'inspecteurs en bâtiment.
voix : Ah! nous, on ne le sait pas.
Mme Thériault : Vous, vous ne
le savez pas. O.K. Non, bien, il y a d'autres regroupements
sous l'égide de qui il y a d'autres inspecteurs en bâtiment. J'imagine que
vous vous connaissez et vous discutez aussi. Est-ce que ces gens-là étaient heureux aussi du projet de loi? Parce qu'on ne les entendra pas en commission parlementaire. On a été limités dans la quantité de
groupes qu'on pouvait entendre.
M. Parent
(Pascal) : Bien, en fait, à notre connaissance... Il y en a une que
vous allez rencontrer, là, en fin d'après-midi,
que... Je pense, ils sont une vingtaine. Je ne le sais pas, je ne les connais
pas vraiment, franchement. On n'est pas tout
à fait, de toute façon... de la même vision des choses. Puis l'autre, c'est une association américaine. Ça fait qu'eux,
ils n'étaient pas pour le projet de loi, de
toute façon, a priori, au départ. Bien, je ne le sais pas. On n'entend plus
parler d'eux depuis ce temps-là. Ils n'étaient pas pour.
Mme Thériault : Je les aurais entendus avec plaisir quand même nous expliquer
comment on ne peut pas avoir de hauts
standards dans notre industrie, ici, pour protéger nos gens. J'aurais trouvé ça
intéressant, mais ce n'est pas grave. On comprend que vous, vous êtes
bien heureux de faire en sorte qu'on vienne encadrer la profession.
vous demanderais, si vous avez la baguette magique, vous... demain matin, là,
vous l'avez, O.K? J'ai bien compris la
ministre quand elle vous a posé la question par rapport à ce qu'on vient...
pour l'obliger. On comprend que, si on veut protéger les acheteurs, on peut finir par l'obliger, mais il faut encore
avoir les conditions préalables. Moi-même, à l'époque, je disais : Encore faut-il faire la formation
au niveau... que tout le monde soit regroupé, que tout le monde fonctionne de
la même manière, qu'on a toutes les
mêmes protections. Un coup que tout ça, c'est fait, c'est décidé, qu'on sait
quelle formation on donne, honnêtement, l'obligation de la faire,
l'inspection... on va protéger le monde. Et je comprends aussi qu'il y a des
gens qui sont venus nous dire, la semaine passée : Bien, à moins qu'on
renonce à une inspection. Qu'en pensez-vous?
M. Janson
(Martin) : Tu sais, si on regarde juste ce qui s'est passé dans les
plans de garantie adoptés en vertu de la
Loi sur le bâtiment pour la propriété
neuve, les «timers» des garanties débutent avec l'attestation de réception,
soit des parties privatives soit des parties communes, et on a imposé
que, pour les parties communes, ça se fasse par un professionnel. Et déjà on a noté que, soudainement, les attestations de
réception des parties communes étaient beaucoup plus complètes qu'elles
l'étaient il y a bien des années.
Actuellement,
l'inspection des parties privatives se fait avec l'entrepreneur, très souvent,
ou même son vendeur. Ils font le tour, ils regardent ça puis, quand il y a de
quoi qui est vraiment parlant, ils l'écrivent sur le petit formulaire.
Mais la plupart des gens se fient aveuglément au représentant du constructeur,
qui est là puis qui les accompagne.
Alors,
je pense qu'inévitablement ça pourrait éventuellement être positif que
d'atteindre une inspection préachat obligatoire,
peut-être en entrant en matière par le neuf puis peut-être en enchaînant éventuellement sur tout type de propriété. Mais ça serait certainement positif.
Mme Thériault :
Parfait. La ministre va se demander pourquoi je ne l'ai pas posé, je n'ai pas
oublié, le Code de construction...
Parce que, présentement, il y a quand même des gens qui prennent la version
1985 du Code de construction plutôt que de prendre la 2010. La 2015 devrait
sortir en 2020. Il y a différentes versions du code. Pour vos inspecteurs à
vous, j'imagine que... Si on s'enlignait sur
une ou deux versions de code seulement plutôt que d'avoir recours au code de
1985 puis au code de 1995, il me semble que ça simplifierait drôlement les
affaires. Qu'en pensez-vous?
M. Parent
(Pascal) : ...faciliterait grandement, oui.
Mme Thériault :
Ça faciliterait grandement.
M. Parent
(Pascal) : Oui, grandement.
Mme Thériault : Est-ce
que vous pensez que ça va nécessairement
coûter plus cher si on prend les versions plus récentes du Code de
construction? Parce que certaines municipalités vont invoquer que, le fait de
prendre des versions plus vieilles du Code de construction, ils vont sauver des
coûts, les plus petites municipalités, notamment.
M. Parent
(Pascal) : Pour la construction?
M. Parent (Pascal) : Bien, c'est sûr que le bâtiment, il a changé, mais, de là de passer à
1985 à 2005... La différence, oui, est... mais pas de là à que ça soit
extrême, non.
Mme Thériault :
C'est minime. Donc, on ne cause pas tant de dommages que ça.
M. Parent
(Pascal) : Puis je pense que ça vaudrait la peine aussi, oui.
M. Janson (Martin) : En réponse à
votre question, c'est beaucoup en expertise que l'importance des codes de construction intervient. En inspection préachat,
on est là pour s'assurer que le bâtiment fonctionne. Parce qu'on va continuer
à inspecter des bâtiments de 1935, de 1950, de 1970.
Alors, on n'ira pas à toutes les fois vérifier s'il a été construit en
conformité du code qui était applicable dans les années de sa construction.
Mais l'important, c'est de savoir que la construction neuve se fera partout au
Québec de la même façon. Ça, j'en conviens. Et c'est les experts, ensuite,
quand ils sont référés par les inspecteurs préachat, qui, eux, doivent aller
voir si la maison, pour l'élément qui est soulevé par l'inspecteur, a été
construite conformément au code qui était applicable. Et là, qu'il y ait autant
de diversité de codes selon les municipalités, c'est là où ça complique leur
travail.
M. Parent (Pascal) : Ça reste qu'ils
se basent tous sur les normes pour donner...
Mme Thériault : ...règlement
qui est déjà écrit, vous avez mentionné que vous aviez déjà commencé à écrire
des règlements, dans votre mémoire, étant donné que le projet de loi était
devant nous. Est-ce que vous auriez la gentillesse
de partager ce que vous avez déjà fait comme travail avec l'équipe ministérielle
ou, à tout le moins, les gens de la
Régie du bâtiment, pour ne pas qu'on réécrive, qu'on recommence tout à zéro?
Bien, il y a quand même une base de travail
qui, il me semble, pourrait être récupérée pour pouvoir avoir des règlements
qui rentrent en vigueur plus rapidement.
Thériault : À la demande de la Régie du bâtiment, j'imagine,
oui. Parfait. D'accord. Je veux juste sauver du temps, hein, vous comprenez? Je pense
que vraiment... Vous avez des demandes qui ont perduré au fil des
ans. Là, on est dedans, puis, s'il manque des choses, c'est le temps de
les faire tout de suite. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole au porte-parole du troisième
groupe d'opposition. M. le député de Rimouski, vous disposez de
3 min 18 s.
M. LeBel : Merci. Bien, bonjour.
C'est compliqué, votre affaire. Non, bien, vous connaissez ça. Moi, j'écoutais tantôt,
bien, je comprends l'encadrement puis je
pense que c'est clair, là, qu'on fait
des gains, mais toute la formation... Vous avez dit : Là, c'est
l'attestation. Vous avez dit : Éventuellement, ça va devenir un D.E.C., on
n'aura pas le choix. Moi, j'aimerais ça savoir comment ça fonctionne, parce
qu'il y a plusieurs associations, les plans de cours. Quand on fait
l'attestation, est-ce que vous collaborez à ces plans de cours là? Comment ça
fonctionne? Est-ce que c'est correct pour l'instant? Est-ce que ça pourrait
être mieux pour former les gens?
M. Parent
(Pascal) : ...de la façon
que ça... Bien, premièrement, on a déjà développé, on a déjà bâti un plan de
cours avec un collège. On est la seule association qui a déjà bâti un cours.
Bien, qu'est-ce qu'ils font...
M. Parent
(Pascal) : CEI. Ça fait que
qu'est-ce qu'on fait... En fait, c'est que les collèges nous approchent, puis
ils vont nous demander si on reconnaît, en
fait, leur formation. Parce que, oui, tu as des formations différentes
dépendamment des heures. Bien, c'est
sûr que nous, on va exiger une formation minimale, parce qu'il y a des
formations qu'on va juger plus ou
moins acceptables, à l'association. Mais la plupart, c'est correct. Ça se
ressemble tout pas mal. Il y a au-dessus de 19 collèges qui donnent la formation présentement. Je pense qu'ils
sont 19. Ça fait que nous, on a des liens avec tous ces collèges-là.
M. LeBel : Ils ne donnent pas tous
le même cours.
M. Parent
(Pascal) : La base reste la
même. Puis des fois on est obligés d'intervenir parce que le cours, à un moment
donné, il s'éloigne un peu trop. Puis on intervient à ce moment-là parce que,
des fois, on a des retours des étudiants. Ça fait qu'à peu près tous les étudiants, ils reviennent à l'AIBQ. Puis
on est la centralisation à ce niveau-là. Ça fait que, oui, on intervient
quand ils s'éloignent trop. Ça fait qu'on sait comment en bâtir un parce qu'on
en a déjà bâti un.
LeBel : ...un cours, il me semble, le ministère de l'Éducation
devrait... Il me semble, un cours, c'est un cours, là. Le cours qui doit être donné doit se ressembler
un peu partout. Il doit y avoir une base. Il doit être... Il me semble, si tu
es formé
à une place, il ne faut pas... puis tu as ton attestation, il faut qu'il ait la
même valeur que celui-là qui a été formé ailleurs.
M. Janson
(Martin) : C'est le problème
de l'absence d'encadrement légal. C'est qu'à l'heure actuelle on ne peut
que choisir, trier les gens qui se
présentent chez nous puis exiger qu'ils rencontrent les exigences suivantes,
qui sont les tests par des examens
qu'ils ont à passer à l'interne. On n'a aucun pouvoir d'imposer la formation
pour le moment ou même d'imposer aux cégeps, aux collèges, d'offrir un
cours selon ce que nous, on prescrit.
M. Parent (Pascal) : ...votre
question, c'est si on préconise certaines formations? Oui.
M. LeBel : Et comment qu'on pourrait
faire pour uniformiser?
M. Janson (Martin) : Ce que vous
êtes en train de faire présentement.
M. LeBel : C'est parce
que ça n'a pas de sens que les cours
ne soient pas la même chose. Puis, quand vous avez dit :
«Éventuellement, un D.E.C.», ça a sorti comme ça ou vous pensez vraiment qu'éventuellement
on...
M. Parent (Pascal) : Je ne dis pas demain matin, j'ai dit : Ça va venir
un jour, parce qu'il y a une
évolution, dans l'inspection de
bâtiments, nette, là, claire. Avant, c'était comme une profession secondaire.
Là, c'est une profession propre. Non
seulement il faut qu'ils connaissent à peu près tous les éléments du bâtiment,
il faut qu'ils sachent rédiger aussi, il faut qu'ils sachent faire comprendre
aussi. Puis, souvent, c'est des entrepreneurs autonomes. Donc, il faut qu'ils
soient... il faut qu'ils connaissent
un petit peu la business. Je pense que ça va venir un jour, oui. C'est parce
que je la considère, la profession, l'équivalent de quelqu'un... d'un
technologue aujourd'hui.
LeBel : Oui, puis les choses avancent vite, là. On parlait de la
mérule pleureuse. Dans mon coin, j'ai eu un cas, là, puis je ne connaissais
pas ça, ces affaires-là. Et c'est sûr que les inspecteurs en bâtiment étaient
comme un peu débordés par l'affaire. Puis on
me dit que c'est assez nouveau, ça, le phénomène de la mérule pleureuse. Depuis
cinq, six ans, ça prend de l'ampleur. Ça fait que, je me dis, s'il y a
une bonne formation, puis les gens pourraient détecter mieux...
La Présidente (Mme
Dansereau) : ...M. le député. Le temps, malheureusement, est écoulé.
Merci pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les
travaux pour quelques instants afin de permettre au prochain groupe de prendre
place. Merci, messieurs.
(Suspension de la séance à
14 h 47)
Présidente (Mme Dansereau) :
Je souhaite la bienvenue à l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec. Je vous
rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange
avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter
puis à commencer votre exposé. Madame, monsieur.
M. LaHaye (Richard) : Alors, bon après-midi. Mon nom est Richard LaHaye. Je suis le président
de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec.
Je suis accompagné de Me Nathalie Parent, directrice générale et
secrétaire de l'ordre, qui m'accompagne cet après-midi.
Donc,
Mme la Présidente, Mme la
ministre, Mmes et MM. les députés membres de la commission, nous vous remercions sincèrement de votre aimable invitation aujourd'hui dans le cadre de cette consultation particulière sur invitation.
L'Ordre
des évaluateurs agréés du Québec compte plus de 1 000 évaluateurs agréés à travers le Québec. Spécialistes
de l'évaluation et de la gestion immobilière,
nos membres sont tous impliqués dans tous les secteurs de l'immobilier, qu'ils
soient privés, publics ou parapublics.
Pour
être admis à l'ordre, les candidats à l'exercice de la profession doivent
réussir plusieurs conditions préalables. Le profil typique est un baccalauréat en administration des affaires,
incluant des aspects en gestion urbaine, immobilière et en évaluation, évidemment, un programme de
formation professionnelle sous l'égide de l'ordre afin de complémenter la formation de base, un stage de
48 semaines et un examen d'admission.
L'évaluateur agréé
est notamment consulté par le public, les entreprises et les instances
gouvernementales de divers paliers afin d'obtenir une opinion impartiale et
motivée de la valeur des biens ou des droits immobiliers. Cette expertise des évaluateurs agréés, alliée à leur
connaissance du secteur immobilier, confère notamment à nos membres un
rôle déterminant en matière de copropriété, où ils sont fréquemment appelés à
intervenir.
Depuis
sa création, en 1969, l'ordre prend régulièrement position sur des enjeux
sociétaux en lien avec le secteur immobilier québécois, et ce, dans une
perspective de toujours mieux protéger le public, mission première des
46 ordres professionnels régis par le Code des professions du
Québec. Ainsi, depuis 2012, nous avons participé à chacune des consultations au sujet de la propriété.
D'ailleurs, nous avons toujours donné notre appui à une réforme législative en
matière de copropriété divise.
Les modifications
proposées au projet de loi n° 16 vont dans le même sens que les travaux
effectués par l'ordre depuis plusieurs
années. Par le dépôt de ce mémoire, nous souhaitons réitérer notre appui à la
réforme législative en matière de
copropriété divise afin de protéger adéquatement les copropriétaires et de
préserver de façon durable le parc immobilier québécois.
Tout
d'abord, nous saluons les modifications proposées qui imposent l'étude du fonds
de prévoyance et le carnet d'entretien
au syndicat de copropriété. L'ordre est d'avis que ces mesures sont
essentielles pour protéger adéquatement le public et préserver de façon durable le parc immobilier. Nous croyons
que ces modifications contribuent à une gestion saine et prudente des
actifs des copropriétaires actuels et futurs.
Concernant
le fonds de prévoyance, nous désirons insister sur l'importance que revêt sa
constitution, et son étude, puisqu'il crée un impact important sur la
valeur marchande des copropriétés et, par le fait même, sur le patrimoine des copropriétaires et des syndicats. L'ordre estime
que l'exigence d'obtenir une étude de fonds de prévoyance et sa mise à jour
par le syndicat tous les cinq ans est très judicieuse, et voire impérative.
Concernant
le carnet d'entretien, il devrait être constitué et maintenu à jour afin de
faciliter l'étude périodique du fonds de prévoyance. En effet, un entretien
préventif diligent pourrait différer certains travaux majeurs ou de
remplacement qui sont inclus à
l'étude du fonds de prévoyance. De même, un entretien déficient a un impact sur
les montants et les échéances des travaux majeurs ou de remplacement des
composantes de l'immeuble.
Nous sommes d'avis que l'étude du fonds de
prévoyance et le carnet d'entretien doivent être réalisés par un professionnel externe compétent et indépendant,
membre d'un ordre professionnel, et donc régi par le Code des professions,
et qui ne participe pas à la gestion de la
copropriété. En effet, le professionnel qui est membre d'un ordre professionnel
détient une formation initiale
reconnue par le gouvernement par voie réglementaire. De plus, il est tenu
obligatoirement de maintenir sa
formation continue à jour, sous peine de radiation du tableau de l'ordre, et il
détient aussi une assurance responsabilité professionnelle. Finalement, il est régi par un code de déontologie
strict. D'ailleurs, le gouvernement a adopté en 2018 la dernière version du code de déontologie des
membres de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec, et ce, après plusieurs
années de travaux intensifs. Au même
titre que l'étude du fonds de prévoyance,
nous recommandons un encadrement réglementaire relativement au carnet
d'entretien.
Concernant maintenant
l'inspection en bâtiment, en 2008, à l'issue d'une réflexion concertée de plusieurs
experts issus des ordres
professionnels associés au bâtiment, l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec,
l'Ordre des architectes du Québec et
l'Ordre des technologues professionnels du Québec ont uni leurs efforts pour
produire les Normes de pratique professionnelle pour l'inspection de bâtiments résidentiels . Ces normes, qui sont jointes au présent document
qu'on vous a remis, s'inscrivent dans
la mission des ordres, soit de protéger les intérêts du public en uniformisant
et en encadrant la pratique des
inspecteurs en préachat membres du système professionnel québécois. De plus,
cette publication a pour but d'informer
le public sur la nature et la portée d'un mandat d'inspection en bâtiment de
même que sur les règles qui régissent les
professionnels qui rendent des services au public en cette matière. Ce document
pourrait servir de point de départ pour la mise en place de nouvelles normes devant encadrer ce champ de
pratique, et nous sommes disposés à collaborer à ce sujet avec nos
partenaires.
Même si la
gestion de la copropriété est absente du projet de loi n° 16,
nous recommandons, à l'instar de nombreux autres intervenants, que le gestionnaire de copropriété soit
obligatoirement membre d'un ordre professionnel. Les évaluateurs agréés, pour ne nommer qu'eux, détiennent une
formation universitaire en administration reconnue, qui intègre des notions
financières, comptables, juridiques,
économiques, et particulièrement en évaluation et en gestion immobilière, soit
autant d'acquis nécessaires à la
saine gestion d'une copropriété, tel qu'énoncé par les nouvelles règles de
bonne gouvernance des organisations.
Nous
aimerions également souligner que, depuis 2012, l'ordre a constitué un comité
consultatif sur la copropriété. Actuellement, ce comité élabore un
projet de nouvelles normes de pratique professionnelle en plus de mettre à jour
les formations professionnelles relatives à
l'étude des fonds de prévoyance et aux carnets d'entretien, et ce, en étroite
collaboration avec les partenaires de
l'ordre. De plus, à la suite d'une récente réforme du cadre de gouvernance de
notre ordre, conformément à la loi n° 11, le conseil d'administration de l'ordre a décidé d'accorder un plus
large mandat à cet important comité
consultatif de l'ordre, et ce, à la lumière du projet de loi n° 16. En
outre, ce comité suit de très près les nouvelles
dispositions législatives de la loi n° 23 en matière
d'évaluation pour les fins d'assurance en matière de copropriété divise.
À cet effet, nous collaborons étroitement avec le ministère des Finances du
Québec.
La Présidente (Mme Dansereau) :
...minute.
M. LaHaye
(Richard) : Finalement, nous
offrons, évidemment, notre soutien et notre expertise à la ministre dans le cas de la mise sur pied d'un groupe de travail
ou d'un comité concernant la réglementation découlant du projet de loi n° 16. Alors que nous fêterons en
juin prochain notre 50e anniversaire, à l'instar des premiers jalons de la
copropriété divise au Québec, nous sommes heureux de l'avancée rapide de
ce projet de loi majeur et des bénéfices notables qu'il engendre pour la
protection du public et la société québécoise en général. Nous vous remercions
de votre attention.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie pour votre exposé. Nous
allons maintenant débuter la période d'échange. Mme la ministre, la
parole est à vous. Vous disposez de 16 min 30 s.
Mme Laforest :
Oui. Alors, Mme Parent, M. LaHaye, bonjour. Bienvenue ici. Je suis
très heureuse de vous accueillir, parce que vous êtes un petit peu l'image du
ministère des Affaires municipales et l'Habitation. Vous rejoignez les deux. Alors, ça me fait vraiment plaisir de
vous accueillir. Je vous comprends tout à fait. Je suis sensible évidemment
à vos demandes.
Je vais y aller avec ma première question parce
que... Si j'ai bien lu, vous recommandez que le premier carnet d'entretien et la première étude du fonds de
prévoyance soient réalisés par un membre d'un ordre professionnel. Si j'entends
bien, ça veut dire que, pour vous,
l'essentiel, c'est le premier. Puis après ça comment vous verriez les autres?
Est-ce que c'est toujours la première fois qu'on fait évaluer? Admettons
qu'on fait notre carnet d'entretien pour les nouvelles réparations à avoir, comme là, quand le règlement va passer, et...
Admettons, si on dit qu'aux cinq ans on
réévalue, aux cinq ans, est-ce que
vous êtes pour toujours avoir des professionnels ou c'est juste le premier
carnet d'entretien et... Vous comprenez ma question?
M. LaHaye (Richard) : Je
comprends votre question.
Mme Laforest : Parce que
c'était indiqué comme ça ici, là, ça fait que... dans votre...
LaHaye (Richard) :
Effectivement, c'est ce que nous préconisons, que ces deux rapports
d'expertise là soient préparés par
des membres d'un ordre professionnel. Au début, là, avant... Disons que ce qui est un
peu particulier dans les circonstances,
c'est que, normalement, lorsque le syndicat prend possession de la propriété,
lorsqu'un certain nombre de transactions ont été complétées et que le promoteur transfère la responsabilité au syndicat, normalement, il y a la réception, qu'on appelle, des parties communes, et cette réception des parties
communes là, normalement, va faire état des problèmes
qui peuvent être rencontrés par la propriété.
Selon nous, à ce moment-là, ce serait l'occasion, justement,
de dresser et le carnet d'entretien
et le fonds de prévoyance par un expert qui est membre d'un ordre professionnel, et par la suite, évidemment,
aux cinq ans.
Et ce pour
quoi on demanderait que les carnets d'entretien soient aussi sous l'égide, là,
des prolongements impliqués, comme je le disais dans mon allocution, c'est qu'il y a quand même
une interrelation importante entre le degré d'entretien effectué sur les propriétés et son impact, justement,
sur le cycle de remplacement des composantes. Pour avoir déjà
effectué ce genre de travail là dans mon domaine d'affaires personnel, j'ai déjà vu
des copropriétés où on a dû changer les fenêtres après même pas 10 ans d'existence de la copropriété. Donc, il peut
y avoir des vices au niveau de l'installation, il peut y avoir des problématiques qui doivent être soulevées lors, justement,
et de l'inspection préliminaire pour le carnet d'entretien et pour le
fonds de prévoyance, pour être bien certain que tous ces éléments-là sont pris
en compte dans l'analyse.
Mme Laforest : Puis, pour le
carnet d'entretien, quel ordre professionnel vous verriez?
M. Lahaye
(Richard) : Bien, pour les
carnets d'entretien, je suis certain qu'au niveau des technologues, au niveau des ingénieurs, au niveau des architectes, il y a définitivement des membres d'autres ordres
professionnels qui sont impliqués au
niveau du bâtiment et qui pourraient, évidemment, travailler en collégialité,
là, à la rédaction de ces expertises-là. De toute façon, il est rare qu'un seul professionnel, là, soit impliqué,
là, dans ces expertises-là. Souvent, le travail se fait en collégialité
avec des membres de divers ordres professionnels ensemble.
Mme Laforest :
O.K. Vous recommandez que les seuils de valeur foncière puis les seuils de
valeur locative soient fixés par voie réglementaire. Si je comprends bien, vous
voudriez que ça passe par un règlement par la suite. C'est ça?
M. Lahaye
(Richard) : Oui, c'est la réglementation 6 qui est au niveau de
la fiscalité municipale. Évidemment, ce
qu'on préconise, c'est, lorsque ces éléments-là doivent être basés sur la
valeur de la propriété, soit sa valeur marchande ou soit sa valeur
locative, que ça passe au niveau d'une expertise préparée par un évaluateur
agréé. Évidemment, vous comprenez qu'en
fiscalité municipale, bon, le signataire de rôle ne peut être qu'un évaluateur
agréé. Donc, il y a une réserve d'acte à ce niveau-là. Et c'est dans cet
esprit-là que nous préconisons, là, cette recommandation-là.
Mme Laforest :
O.K. Puis, au niveau de la gestion des copropriétés, vous recommandez que
l'activité de la gestion des
copropriétés devienne un acte réservé aux membres d'un ordre professionnel. Ça,
c'est immédiatement dès que le projet de
loi serait adopté ou vous accepteriez qu'il y ait un délai? Puis, s'il y a un
délai, comment vous verriez ça à ce moment-là?
M. Lahaye (Richard) : Écoutez,
ça ne fait pas
partie du projet de loi dans l'immédiat, mais évidemment nous souhaiterions que ça le devienne, disons,
peut-être à moyen terme, sur un horizon à peu près de deux, trois ans. Et je
pense que c'est important que la gestion des copropriétés soit aussi effectuée
par des membres des ordres professionnels et que le syndicat puisse bénéficier, dans le fond, de la
protection qu'offre le travail d'un membre d'un ordre professionnel régi par
le Code des professions.
Mme Laforest :
O.K. Puis moi, j'ai une question plus générale, en fait, parce que, parfois, on
se fait dire qu'étant donné que, maintenant, l'inspection va être
obligatoire pour toute... Mais en fait le projet de loi, s'il va bien, s'il
passe bientôt, il y en a qui disaient que,
maintenant, on allait peut-être freiner les achats des résidences au Québec.
Qu'est-ce que vous en pensez?
M. LaHaye (Richard) : Je ne pense
pas que ça ait un frein au niveau des transactions. Au contraire, je pense que, déjà, une bonne
partie des acheteurs
utilisent les services d'un inspecteur en bâtiment pour s'assurer, dans le
fond, de la qualité de la propriété
qui est achetée. C'est un réflexe que je vois de plus en plus commun, là, dans
la vie de tous les jours. Je ne vois pas que ça crée un frein à
l'investissement, au contraire.
Mme Parent
(Nathalie) : Il faut dire aussi, c'est l'achat le plus important de M.
et Mme Tout-le-monde, et c'est important
que ça soit bien fait, selon les standards très hauts de qualité, que ça soit
tous les professionnels qui sont impliqués dès le départ, là, pour une transaction. Donc, il y a une panoplie de
professionnels, et je pense que, pour protéger le public pour cet achat aussi important là, c'est important
que ça soit bien fait. Il faut prendre le taureau par les cornes et bien faire
les choses.
Et, si on
parle en termes de réglementation ou même de formation, on a vu des très
grandes réformes au Québec, au niveau du droit civil, notamment, et tous
les professionnels avaient été, par leurs ordres professionnels... où on avait
imposé des formations par le conseil d'administration, et ça s'est très bien
passé. Il faut juste bien faire les choses.
Laforest : Oui, c'est vrai. En fait, je voudrais avoir une explication
au niveau de... Vous avez parlé du comité consultatif sur la
copropriété. Comment ça se ferait, ça? Comment vous verriez ça?
M. LaHaye (Richard) : Bien, écoutez, il peut y avoir des travaux, là,
où certains comités ont déjà été mis en place. On n'a qu'à penser, en 2012, lorsque les comités avaient été créés,
justement, sur la copropriété, il y avait quand même eu des rencontres entre divers groupes, là,
intéressés à ce niveau-là. Et ça pourrait impliquer, là, la participation de
représentants du ministère à l'occasion de ces travaux-là.
Il y a quand même du
travail de fait depuis plusieurs années, là, au niveau de la copropriété au
Québec, par divers groupes d'intérêt. Il y a des ordres professionnels...
Laforest : Et c'était avec des inspecteurs aussi à ce moment-là? Dans
votre comité, il y avait plusieurs inspecteurs, à ce moment-là, en 2012?
M. LaHaye
(Richard) : Inspecteurs?
Laforest : Oui. Est-ce qu'il...
M. LaHaye
(Richard) : Non, il n'y avait pas vraiment d'inspecteurs en bâtiment.
Je ne pense pas, de mémoire en tout cas, que... Ça impliquait quelques ordres
professionnels, mais pas d'association au niveau de l'inspection en bâtiment,
non.
Parent (Nathalie) : Nous, juste en complément, si vous me permettez,
Mme la ministre, on a un comité interne de travail, à l'ordre, en matière de copropriété. Cela dit, on est
habitués de travailler en interdisciplinarité avec les autres ordres professionnels. C'est la tendance chez les
46 ordres professionnels, que ça soit dans le domaine médical ou d'administration aux affaires, on travaille
ensemble. On travaille également avec des regroupements pour améliorer les
normes de pratique, avoir des canevas de base pour avoir les mêmes standards.
Donc, ça, c'est monnaie courante dans notre
domaine. Et on a d'ailleurs communiqué avec plusieurs ordres professionnels la
semaine dernière pour travailler en étroite collaboration, pour avancer.
Laforest : D'accord, merci. Moi, je vais laisser mes collègues poser
leurs questions. Merci à vous.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Député de Rousseau, la parole est à vous.
Thouin : Oui. Bonjour, monsieur. Rapidement parler de fiscalité
municipale, on y a passé un petit peu tantôt, mais peut-être revenir,
là, sur le seuil de valeur locative. Vous proposez d'augmenter le seuil de la
valeur locative d'un établissement
d'entreprise à partir duquel on doit envoyer un avis d'évaluation dans les
60 jours suite à un nouveau rôle, là,
de cette valeur locative là. Le seuil, aujourd'hui, il est à
100 000 $. Vous proposez qu'il devrait être augmenté. Donc, ma question, en deux temps : Il devrait être
augmenté à combien et comment on a déterminé le montant? Pourquoi
150 000 $? Pourquoi pas 135 000 $? Et pourquoi
175 000 $? Pourquoi pas 200 000 $?
M. LaHaye (Richard) : On n'avait pas indiqué de montant à l'intérieur de notre présentation,
mais ce qu'on disait, dans le fond,
c'est que ces montants-là, étant donné que ce sont des règlements qui
s'appliquent depuis quand même un bout
de temps, devraient être éventuellement augmentés. Par contre, comme on vous
dit, c'est que la recommandation qu'on a
faite, c'est que ces seuils-là devraient être augmentés par réglementation,
mais surtout la recommandation était à l'effet que, lorsque ces éléments-là sont quantifiés, bien, ça le soit par un
évaluateur agréé et apte, justement, à mesurer ces éléments-là.
Parent (Nathalie) : Et, en complément, au niveau de la réglementation,
nous, on a des experts en fiscalité municipale, parce que c'est vraiment une
expertise autre, on pourrait s'asseoir à une table et discuter avec eux pour
voir qu'est-ce qui serait le mieux pour vous recommander d'un prochain
règlement.
M. Thouin :
O.K. Parce que... Oui, c'est ça, il n'y aura pas de montant de mis dans ça.
Mme Parent
(Nathalie) : Non, c'est ça.
Thouin : Mais, comme vous proposez de l'augmenter, je me disais que
peut-être vous aviez une proposition à nous faire en ce sens-là. Ce
n'est pas le cas.
Mme Parent
(Nathalie) : On n'a pas voulu fixer de montant.
M. Thouin :
Merci. Pour moi, ça va.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Le député du Lac-Saint-Jean.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Oui, j'aurais une question, mais j'ai combien de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Dansereau) : 4 min 41 s.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Quatre minutes? O.K. Je fais référence à votre mémoire à la page 9
puis moi, je vais retourner au niveau du fonds de prévoyance, vous dites que...
vous recommandez que... vous êtes d'avis que l'étude
du fonds de prévoyance va être réalisée par un professionnel externe, compétent
et indépendant qui ne participe pas à la gestion de la copropriété. Et vous dites aussi qu'à l'instar d'autres
professionnels régis par le Code des professions les évaluateurs agréés
sont tous désignés pour réaliser ce type d'étude. On sait que l'institut
canadien souhaite que le gouvernement autorise ses membres à réaliser des études de
fonds de prévoyance si ceux-ci devaient présenter une demande, O.K., à
l'ordre. Quelles seraient vos exigences?
M. LaHaye
(Richard) : Un membre de
l'Institut canadien des évaluateurs? Il y a une entente de réciprocité qui
existe depuis, écoutez, aussi longtemps que je suis membre de l'ordre, puis ce
n'est pas d'hier. Il y a une entente de réciprocité
qui fait en sorte qu'un évaluateur accrédité de l'institut canadien peut faire
une demande d'avoir son titre. Et, s'il rencontre les exigences, qui
sont maintenant les mêmes ou à peu près, là, automatiquement il a son
titre
d'évaluateur agréé et peut devenir membre de
l'ordre. Donc, il n'y a pas de frein, il n'y a pas de barrière à l'entrée. Il y
a une entente de réciprocité qui fonctionne dans les deux sens.
J'ai
moi-même, à l'époque, obtenu mon
titre de l'Institut canadien des évaluateurs
exactement de cette façon-là, par réciprocité. J'avais terminé mon parcours
académique, j'ai eu mon
titre d'évaluateur, j'ai fait une demande à l'institut
canadien, qui m'a octroyé le
titre à ce moment-là, et vice versa, évidemment.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : O.K. Donc, il y a une réciprocité. Donc, les
paramètres sont là, tout est bien établi.
M. LaHaye (Richard) : Tout est en
place. Il n'y a aucune restriction à ce niveau-là.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
monsieur. C'est tout pour moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) : Mme
la ministre.
Laforest : Bien, moi, je
vais vous poser une dernière question, parce qu'auparavant on disait que, pour
être inspecteur, ça prend une
formation collégiale, pour être inspecteur en bâtiment, que c'était la seule possibilité d'être bien formé. Et, moi,
c'est certain que ça me remettait en... ça me faisait poser des questions parce
que, je me disais, quelqu'un que ça
fait... Tantôt, je disais : Quelqu'un que ça fait cinq ans ou 10 ans
qu'il est déjà inspecteur en bâtiment, il y a sûrement une formation au
niveau de la reconnaissance des acquis qui est possible. Mais on me disait que
non parce que la vraie formation pour être
inspecteur, c'était celle qui se donnait dans les cégeps. Qu'est-ce que vous en
pensez? Puis qu'est-ce que vous
pensez également des inspecteurs qui sont là depuis... Il y en a
qui sont là depuis très, très longtemps. Également, suite à ça, le lien
qu'il y a entre un inspecteur et un entrepreneur, et un inspecteur
et un courtier immobilier. Ça fait que je voudrais vous entendre à ce
sujet-là.
M. LaHaye (Richard) : Bien, comme on
le disait dans le cadre de l'allocution, nous avions développé, depuis
plusieurs années, là, des normes de pratique avec l'Ordre des architectes et
l'Ordre des technologues. Et il y a même un répertoire sur Internet qui existe,
ça peut être consulté aujourd'hui. L'adresse, c'est :
inspectionpreachat.com. Donc, il y a quand
même des membres de ces ordres professionnels là qui ont une formation et qui
travaillent déjà dans le domaine en
suivant les normes de pratique qui avaient été développées de concert avec
l'Ordre des évaluateurs agréés, l'Ordre des architectes et l'Ordre des
technologues. Même que l'Ordre des ingénieurs avait été impliqué, au départ,
dans l'exercice.
Mme Laforest : On pourrait avoir
l'ordre des inspecteurs aussi.
M. LaHaye
(Richard) : Ça pourrait, éventuellement, devenir un ordre des inspecteurs en bâtiment ou les intégrer
dans...
Mme Parent (Nathalie) : Ou les
intégrer au sein d'un ordre actuel.
M. LaHaye
(Richard) : ...exactement,
ou les intégrer au sein d'un ordre qui est déjà existant et qui traite du
bâtiment. Alors, il n'y a pas vraiment
de problème à ce niveau-là. Nous, dans le fond, ce qu'on préconise, c'est que
ces gens-là soient redevables, au
même
titre que les ordres professionnels, soumis à des normes de pratique, à un
code de déontologie, l'inspection par les pairs, et ainsi de suite.
Mme Laforest : Puis les liens
avec...
M. Lahaye (Richard) : Donc, c'est le
propre du système.
Mme Laforest : Excusez-moi.
M. Lahaye (Richard) : Oui, je vous
en prie.
Mme Laforest : Les liens avec un
entrepreneur, ou un courtier, ou...
M. Lahaye
(Richard) : Bon, écoutez, c'est certain que quelqu'un qui aurait été
entrepreneur toute sa vie peut avoir, effectivement, un bagage de connaissances
qui fait en sorte...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le temps est écoulé. Je vous remercie. Je cède maintenant la parole au porte-parole
de l'opposition officielle. Mme la députée Anjou—Louis-Riel, vous disposez de
13 min 12 s.
Mme Thériault : Merci,
Mme la Présidente. Me Parent, M. LaHaye, merci de votre présence en commission
parlementaire. Je vais vous faire sourire. Quand j'ai acheté ma première maison,
voilà beaucoup, beaucoup, beaucoup d'années,
je ne dirai pas combien de temps, mais beaucoup d'années, le premier professionnel avec qui j'ai
fait affaire, c'était un évaluateur parce que
je voulais être certaine que la propriété que j'achetais valait bien le montant qu'on me
disait qu'elle valait.
Donc, dans le
temps — puis
vous allez voir que je fais une grande histoire, mais vous allez comprendre où est-ce que je vais — dans
le temps, il y avait la petite inspection et la grande inspection, O.K.,
qui faisait qu'on avait moins de points
qu'on évaluait. Est-ce que c'est encore comme ça aujourd'hui? Puis c'est quoi, la différence, pour les gens qui nous écoutent, là... pas pour moi, mais pour les gens
qui nous écoutent, quelle est la différence entre le rôle qu'un évaluateur va
jouer par rapport à l'acquisition d'une maison, ou d'une
copropriété, ou autres... Quelle est la différence de votre rôle entre
vous et celui d'un inspecteur en bâtiment, si on oblige l'inspection des
bâtiments?
M. Lahaye
(Richard) : Bon. Évidemment,
nous, le travail qu'on fait, évidemment, comme vous l'avez dit, c'est d'estimer la valeur
d'une propriété. Dans votre exemple, là, d'une propriété
unifamiliale, notre évaluateur fait, évidemment,
une inspection de la propriété,
dans le cadre de son mandat d'évaluation, parce
que certains éléments doivent être
pris en compte. Si je peux faire une analogie, lorsqu'on regarde une
étude de fonds de prévoyance, c'est une étude qui traite, dans le fond, de la dépréciation de la propriété, soit de la dépréciation actuelle ou de la
dépréciation future, dans le temps. La
dépréciation physique, normalement, bien, est liée à l'état physique des lieux de
la propriété qui est évaluée. Donc, oui, il y a
une inspection qui se fait au niveau
de la propriété par l'évaluateur
agréé, mais cette inspection-là se fait dans le cadre de son mandat d'évaluation
pour jauger, justement, de la nature et de l'état d'entretien de la propriété.
L'inspection en bâtiment, normalement, va un peu
plus loin dans le détail, où là on va, de façon peut-être plus pointue, examiner certaines composantes du
bâtiment, certains éléments de mécanique, de chauffage, de plomberie, de
climatisation, et ainsi de suite. L'évaluateur le fait mais ne donne pas son
opinion de la même façon qu'un inspecteur en bâtiment le ferait dans la rédaction de son rapport
d'expertise, parce que le but premier du geste professionnel de
l'évaluateur, bien, c'est de donner
une opinion motivée de la valeur marchande de la propriété avec, dans le fond, tout ce qui l'entoure.
Mme Thériault : Avec le carnet d'entretien, puisque, présentement, il n'est pas tout à fait obligatoire, il y a eu... Bien, en tout cas, il n'est pas obligatoire
là. Mais, avec une étude de fonds de prévoyance puis un carnet d'entretien, qu'est-ce
que ça va changer pour les évaluateurs? Est-ce que les évaluations vont être
plus... les évaluations estimées, j'entends
bien, est-ce qu'elles vont être plus près de la réalité parce que
vous allez savoir exactement ce qui a été fait au fil des années sur
une bâtisse, ou pas, exemple, comme une copropriété?
M. Lahaye
(Richard) : C'est sûr que, lorsqu'un évaluateur a à évaluer une unité de
copropriété, un élément qui est très
important, bien, c'est justement de faire référence soit au carnet d'entretien
ou soit à l'étude de fonds de prévoyance parce que ça peut avoir un impact important sur la valeur de la
propriété. Vous comprenez que, s'il y a pour des centaines de milliers de dollars de travaux différés sur
l'enveloppe du bâtiment, bien, la journée où on a une cotisation spéciale,
bien, ça a un impact direct sur la
valeur de la propriété. Donc, l'acheteur qui désirerait vendre son unité de
copropriété pourrait s'en voir
affecté. Normalement, l'évaluateur doit consulter non seulement ces
documents-là, mais l'ensemble des documents qui entourent les opérations de la copropriété, incluant les
procès-verbaux, les budgets d'opération, et ainsi de suite. Donc, il doit avoir une vue d'ensemble des opérations de
la propriété puis de toutes les éventualités auxquelles l'acheteur ou le
vendeur doivent faire face.
Mme Thériault : Dans le projet de loi, par rapport
à la copropriété, on oblige la divulgation de certains documents soit par
l'association de copropriétaires ou
par le vendeur, là, un des deux. Est-ce
que vous pensez qu'on devrait prévoir
quelque chose de particulier pour qu'on puisse vous remettre, à vous aussi...
pour que vous fassiez bien votre travail? Parce
que, là, je pense
qu'on vient dire soit au vendeur soit à l'association de copropriété
de remettre tel document, c'est leur
responsabilité, ils sont obligés, mais, j'imagine, pour que
vous puissiez bien faire votre travail, vous devez, vous aussi, nécessairement...
peut-être retrouver dans le projet de loi? Lorsqu'on
dit qu'on doit remettre tel document à l'inspection en bâtiment, bien, peut-être
qu'on devrait ajouter l'évaluateur, non?
M. LaHaye
(Richard) : Bien, c'est sûr
que l'évaluateur doit normalement s'assurer d'obtenir toutes les informations
requises dans la préparation de son évaluation. Et ces documents-là sont très
importants. On l'a dit tantôt, c'est d'une importance
primordiale que l'évaluateur ait accès à ces documents-là pour justement
mesurer quel peut être l'impact sur la valeur.
Deux copropriétés identiques bâties en même temps peuvent se retrouver avec des
unités d'une valeur bien différente, dépendamment du niveau d'entretien et du
niveau dans lequel, justement, le fonds de prévoyance est pourvu. Parce
que non seulement on doit considérer ce qui
se fait au présent, mais on doit s'assurer d'avoir suffisamment mis d'argent de
côté pour assurer les réparations futures. C'est cette mentalité-là qu'il faut
essayer de changer dans la tête, là, des usagers de la copropriété.
Mme Thériault :
Vous mentionnez, à votre recommandation n° 1, «que
l'étude de fonds de prévoyance doit être
réalisée par un professionnel externe, compétent [...] indépendant — membre d'un ordre professionnel — qui ne participe pas à la gestion de
la copropriété». Vous parlez de l'étude de fonds de prévoyance, mais vous ne
parlez pas des règles d'utilisation des
fonds de prévoyance. Puis je vais soulever la question parce que, tout à
l'heure — je pense
que c'est vous, de toute façon — vous avez dit que, quand le nouveau syndicat
prend en main le transfert parce qu'il y a un nombre d'unités qui est
vendu, c'est lui qui va décider ce qu'il va faire faire, évidemment.
Mais, en fin de semaine, j'avais une discussion
avec quelqu'un qui est promoteur d'un projet immobilier en copropriété, qui me disait qu'il a transféré, lui,
les finances, donc le fonds de prévoyance, les finances, à l'association de
copropriété, et que, là, il y avait un
problème, il semblait y avoir un problème avec l'intercom, O.K., le système
d'intercom, là, sonnette, etc., et le
président de copropriété, au lieu de faire affaire avec la compagnie qui a posé...
et qu'il y avait encore garantie, a
changé le système au complet, puis ça a coûté comme plus que
10 000 $. Honnêtement, moi, je n'ai pas de problème à dire que ce soient les copropriétaires, mais on
peut-u venir aussi mettre des balises dans l'ordre? Exemple, ça semble être
la logique de dire qu'on va retourner voir
le gars qui l'a posé parce qu'il y a certaines garanties alors que c'est des nouvelles
copropriétés, surtout pour les nouveaux. Mais, tu sais, tu ne peux pas
t'improviser gestionnaire comme ça puis dire : On change ça, c'est juste 10 000 $. Je m'excuse, le
10 000 $ qu'on sort en début de mandat, dans 20 ans, ce
10 000 $ là vaut beaucoup parce qu'on a perdu tous les
intérêts qui allaient avec, puis on va être obligés d'augmenter, à un moment
donné, les cotisations parce qu'on a fait une dépense qui n'était absolument
pas prévue dans le fonds de prévoyance.
Donc, de là
ma question. Le questionnement que ça suscite en moi, c'est : Est-ce qu'il
ne devrait pas y avoir un certain
nombre de règles qui devraient être suivies, dictées et suivies? S'il faut les
mettre dans un règlement, mettons-les. Je
ne dis pas qu'il faut tout mettre dedans la loi, mais il faut se donner la
possibilité de faire dans la loi... Qu'on le fasse par règlement après, parce qu'on ne rouvre pas les
lois à toutes les années, on comprend ça, mais il y a un minimum de choses qui doit aller avec le fonds de prévoyance.
Outre l'étude puis le carnet d'entretien, est-ce qu'on ne peut pas définir
un minimum de règles? Et, si oui, quelles seront-elles?
M. LaHaye
(Richard) : Je pense
qu'effectivement la problématique que vous soulevez, c'est justement le but
premier d'avoir un carnet d'entretien
qui est bien rempli et qui est bien comblé. Ces éléments-là, qui ont, de
nature, soit une garantie ou une documentation de produit qui est installé dans
la copropriété, devraient faire
partie du carnet d'entretien. Donc, le système de communication dont vous parlez, s'il
était sous garantie, normalement ces éléments-là devraient se retrouver dans le carnet d'entretien. Le promoteur devrait
documenter jusqu'à cette étape-là puis plus loin tout ce qui est disponible,
justement, comme documentation et de
garantie parce que c'est justement le propre du contenu du carnet d'entretien
d'avoir cette information-là.
Et, dans
le fond, ce dont vous parlez, c'est
de l'imposition d'une norme au sujet de ce qu'on doit retrouver dans le carnet d'entretien, et ça, ça peut se faire de façon
réglementaire. Puis il y a déjà quand
même plusieurs organismes qui se
sont penchés sur le sujet, dont notre ordre.
Thériault : Au niveau de la gestion
comme telle... P arce que, dans le n° 401, il y avait
l'encadrement des gestionnaires. La ministre l'a retiré.
Par contre, je pense qu'à la lumière des discussions qu'on a eues avec à peu
près tous les groupes qui sont venus dire
qu'il faudrait au moins encadrer les gestionnaires... Parce que
c'est beaucoup de sommes d'argent dans le fonds de
prévoyance. Qu'est-ce que vous pensez qu'on devrait rajouter au projet de loi
ou de quelle manière est-ce qu'on devrait le faire? Il y a Me Joli-Coeur qui
est venu nous dire : Donnez-nous la possibilité — sans peut-être
mettre tout ce qu'il y avait dans le n° 401, là — de
faire en sorte qu'on vienne encadrer les gestionnaires. Qu'est-ce qu'on devrait
faire? Puis pourquoi devrait-on le faire?
M. Lahaye
(Richard) : Bien, écoutez,
nous, nous sommes d'avis, et c'est une de nos recommandations, évidemment, que cette gestion-là soit confiée à des membres des ordres professionnels, définitivement, ne serait-ce que, oui, en fonction des codes de déontologie et des
normes de pratique que les gens doivent respecter.
Pour ce qui
est des sommes dans les fonds de
prévoyance, bien, évidemment, il faut que ces comptes-là soient établis de façon
à ce que le gestionnaire en ait, dans
le fond, un certain usage, mais soit quand même
limité au niveau des dépenses qui
peuvent être faites, que ce soit autorisé normalement par les membres du
conseil d'administration, qu'on ne donne pas, là, disons, carte blanche au gestionnaire pour
utiliser les fonds du fonds de prévoyance. Comme vous le savez, le fonds de
prévoyance possède, dans le fond, un échéancier de travaux à effectuer dans le temps, et on doit
s'assurer que ces sommes-là, qui sont mises de côté pour des éventualités sur
des éléments bien spécifiques, bien, ne servent qu'à ces fins-là. Et
donc il faut que ce soit vraiment bien, bien géré à ce moment-là et qu'on
s'assure...
Thériault : J'ai deux petites questions rapides, parce qu'il
me reste moins de deux minutes. Est-ce
que vous pensez qu'un code de construction unique serait
intéressant pour enfin, au Québec, qu'on puisse bâtir sur la même base? Puis vous allez commencer à répondre à ça, puis je
vais revenir avec l'autre que j'ai échappée, ma question, qui était très
bonne, d'ailleurs. Le code de construction unique, vous en pensez quoi?
M. Lahaye (Richard) : Code de
construction. Bien, écoutez, c'est toujours un peu particulier d'avoir plusieurs
codes de construction, là, approuvés à
différentes étapes. Dans mon esprit, il devrait y avoir un code de construction
avec ses révisions, là. J'ai fait des études au niveau technique, puis à
l'époque, bien, oui, il y avait un code, on apprenait le code actuel, mais on savait qu'il y avait
des révisions qui allaient venir dans le temps. C'est le propre de tous les
codes d'être revus éventuellement. Mais je pense que, d'application, ça
devrait être le code qui est en vigueur, point.
Thériault : Ma question qui est revenue... La ministre
vous posait des questions par rapport au comité-conseil ou ce qui a été fait dans le passé. Bon. Dans le passé, il y avait
le Bureau d'assurance du Canada, il y avait le Barreau, la Chambre des notaires, l'organisation
des courtiers, bon, il y avait un comité restreint de cinq ou de six, là, qui
était là. Quels ordres professionnels devraient faire
partie d'un
comité-conseil pour la ministre? Exemple, si on décidait d'aller sur un comité-conseil pour la suite des choses, étant
donné qu'il y a d'autres phases qui ne sont pas faites, bien, j'imagine que
l'Ordre des évaluateurs, vous voulez être là. Mais ça pourrait être composé de
quels autres ordres professionnels?
M. Lahaye (Richard) : On était là
depuis 2012. Oui, évidemment.
Mme Thériault : C'est ça,
vous êtes là depuis 2012. Ça fait qu'on comprend que vous allez vouloir être
M. Lahaye (Richard) :
Définitivement.
Thériault : On
comprend que les inspecteurs en bâtiment vont vouloir y être. Quels autres
associations ou ordres professionnels devraient être là?
M. Lahaye (Richard) : Je vais
laisser...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la députée. Je cède...
La Présidente (Mme Dansereau) : Oui,
mais je cède maintenant la parole au porte-parole du troisième groupe
d'opposition. M. le député de Rimouski, vous disposez de
3 min 18 s.
M. LeBel : Merci. Si j'aurais eu un
peu plus de temps, je l'aurais laissé répondre, mais il ne m'en restera plus.
Moi, je
m'intéresse à la page 13 de votre mémoire, là, sur les normes de pratique
professionnelle pour l'inspection de bâtiments résidentiels. Tantôt, on
me disait qu'il y avait 19 collèges qui donnaient de la formation
d'inspecteur des bâtiments puis que la formation n'était pas pareille dans les
19, qu'il y avait des différences, et j'ai trouvé ça un peu surprenant. Vous, est-ce que vous êtes en lien
avec les collèges? Est-ce que vous êtes en lien avec ces formations-là? Est-ce
que vous influencez ces... On vous consulte ou...
M. Lahaye (Richard) : Notre niveau
de formation est au niveau universitaire. Donc, l'exigence pour devenir
évaluateur agréé...
M. LeBel : Non, mais je parle des
inspecteurs en bâtiment.
M. Lahaye
(Richard) : Non, mais c'est
ça, c'est que notre exigence, nous, de formation est au niveau universitaire.
Et, au niveau de nos programmes de
formation, oui, on a une entente... Bien, c'est un comité obligatoire en vertu
du Code des professions, c'est le comité de formation, et notre lien est avec
les universités et non pas avec les collèges. Alors, il y a des programmes en évaluation de niveau collégial
aussi, mais à ce moment-là ce serait l'ordre des technologues, au niveau
technique.
M. LeBel : Est-ce que... Allez-y.
Mme Parent
(Nathalie) : En fait, ce que je pourrais dire en complément
d'information, si vous me permettez, tous les ordres professionnels sont régis. Ils ont le même cadre. Ils ont un
règlement de formation initiale, qui est approuvé par le gouvernement, donc avec
des standards. Que ça soit une technique à l'ordre des technologues, il y a un
règlement qui encadre les programmes.
Et il y a le comité de formation initiale, chez tous les ordres professionnels,
pour avoir un certain arrimage et une
certaine homogénéité au niveau des programmes de formation, qu'on retrouve dans
les 46 ordres professionnels.
Donc, c'est
sûr que, l'Association des inspecteurs en bâtiment, c'est un autre régime,
mais, pour les 46 ordres, on essaie de respecter une certaine homogénéité.
Il y a des problématiques, ce n'est pas parfait, mais on essaie de le faire du mieux
qu'on peut et on fait des représentations avec tous nos partenaires
généralement.
LeBel : O.K., ça fait que, quand vous... à votre page 13, là,
l'inspection des bâtiments... Là, vous parlez des ordres, vous donnez... Vous
n'avez pas d'opinion sur les inspecteurs en bâtiment, comme on a rencontré
tantôt. C'est autre chose.
M. LaHaye (Richard) : Effectivement,
c'est une association...
M. LeBel : J'ai l'impression que
vous avez une opinion quand même.
Mme Parent
(Nathalie) : On connaît plus les ordres professionnels, c'est
normal — moi, ça
fait 28 ans que je fais
partie
du système professionnel — c'est normal que c'est un milieu qu'on connaît un peu plus. C'est
réglementé par le Code des professions, qui a été
constitué en 1974, qui a 365 000 professionnels régis par ce code,
donc c'est normal qu'on connaît plus le
système professionnel que les autres associations qui, parfois, ont des
missions différentes, soit pour représenter leurs membres ou, comme on a
entendu tantôt, qui avaient une mission particulière de protection du public.
LeBel : Parce que c'est un peu... Dans ce que vous dites, vous dites
que, pour protéger, on est mieux de passer par des ordres, à cause du Code de professions, que passer par des
associations qui sont là souvent pour défendre les intérêts de leurs
membres.
Mme Parent
(Nathalie) : C'est ce que nous croyons.
M. LaHaye
(Richard) : Effectivement, c'est ce qu'on constate.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Je vous remercie pour votre contribution aux travaux de
la commission.
suspends les travaux pour quelques instants afin de permettre au prochain
groupe de prendre place. Et je fais un rappel aussi de fermer les
sonneries des appareils électroniques.
(Suspension de la séance à
15 h 33)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous reprenons les travaux. Je souhaite la bienvenue au Barreau du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
puis nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de
la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer votre
exposé. Merci.
M. Mallette (André-Philippe) : Mme la ministre, Mme la Présidente de la commission, Mmes
et MM. les députés, mon nom est André-Philippe Mallette, secrétaire adjoint du Barreau du Québec. Je suis accompagné de Me Marc Poirier,
président du comité Régie du logement du Barreau du Québec, ainsi que Me Yves Papineau
et M. Michel Lespérance, membres du
Groupe de travail sur la copropriété. Je tiens également à souligner la
présence dans l'assistance de Me Yves Joli-Coeur, également
membre du groupe de travail, qui a participé à l'élaboration de notre mémoire.
bâtonnier et le Barreau du Québec souhaitent vous remercier pour l'invitation
de la commission à participer à vos travaux. Il aurait souhaité être présent
mais, en raison d'un empêchement, nous a délégués à
titre de représentants du
Barreau du Québec pour vous faire part de notre position.
Barreau du Québec a pour mission la protection du public et la primauté du
droit. Le projet de loi soulève des enjeux, en matière d'accès à la
justice, d'administration de la justice et de protection des personnes
vulnérables, qui interpellent le Barreau dans l'exercice de sa mission.
Nous
souhaitons vous faire part de certains commentaires relativement à deux
domaines importants traités dans le
projet de loi, soit la copropriété divise et le Tribunal administratif du
logement. Ce projet de loi est primordial puisqu'il touche directement des millions de Québécoises et
de Québécois qui vivent sous un toit qu'ils louent ou qu'ils détiennent en copropriété. Comme vous le savez, au Québec, de
plus en plus de ménages choisissent la copropriété divise comme mode
d'accession à la propriété. En 2017, il y avait près de
300 000 ménages québécois vivant en mode de copropriété.
Depuis plusieurs
années, le Barreau du Québec et divers intervenants du milieu de la copropriété
expriment publiquement leurs préoccupations concernant les lacunes de la
législation encadrant la copropriété au Québec. Le Barreau du Québec est un acteur de premier plan dans la réflexion sur la
nécessaire réforme de la copropriété au Québec, notamment en participant
aux travaux du Comité consultatif sur la copropriété en 2011 et en 2012 et en
créant un groupe de travail pour étudier spécifiquement
l'encadrement législatif de la copropriété, dont plusieurs membres sont ici
aujourd'hui. Nous avons d'ailleurs commenté
les dispositions législatives du projet de loi n° 141 relativement à
l'assurance en matière de copropriété.
D'entrée de jeu, le
Barreau du Québec souhaite saluer le dépôt du projet de loi qui vient combler
ou répondre à certaines lacunes du régime
actuel, notamment les insuffisances de plusieurs fonds de prévoyance au Québec
et la déficience de l'information fournie aux copropriétaires et aux acheteurs
de copropriété. Cependant, le projet de loi ne constitue pas la
nécessaire réforme en profondeur du droit de la copropriété réclamée par tous
les acteurs dans le domaine.
Barreau réitère sa crainte que la législation à la pièce en matière de
copropriété entraîne des oublis ou des impacts qui n'ont pas été envisagés. Il
serait donc de loin préférable de prévoir toutes les conséquences juridiques
dans une loi particulière plutôt que
d'apporter certaines modifications au Code civil et d'adopter des règlements.
Cette loi permettrait une vision
d'ensemble plus facile d'accès aux copropriétaires et un véhicule législatif
plus souple qui pourrait évoluer avec les besoins du marché.
la même façon, il serait préférable, afin de faciliter la vie des
copropriétaires, d'adopter un seul règlement qui traiterait de l'ensemble des enjeux en lien avec la copropriété, que ce
soit en lien avec le présent projet de loi ou le projet de loi
n° 141.
Considérant les nombreuses modifications au régime
de la copropriété et les impacts importants sur la vie des copropriétaires, il est primordial pour le
gouvernement de faire une campagne d'information, en collaboration avec les
acteurs majeurs du milieu, à l'intention des copropriétaires et gestionnaires
de copropriété.
Nous
tenons à saluer et souligner l'importance de plusieurs mesures prévues dans le
projet de loi qui sont réclamées depuis
de nombreuses années. Les nouvelles obligations du syndicat d'établir un carnet
d'entretien et d'obtenir une étude du
fonds de prévoyance sont d'une importance capitale pour éviter la vétusté des
immeubles et assurer que les futures générations de copropriétaires
n'auront pas à supporter seules le fardeau financier des travaux liés aux
composantes majeures de l'immeuble.
L'obligation de fournir de l'information à l'acheteur et la protection des
acomptes versés doivent également
être soulignées comme moyens de mieux protéger le public. Ces nouvelles mesures
sauront contribuer à la mise en valeur de la copropriété comme mode
d'accession à la propriété.
Le Barreau du Québec déplore, comme plusieurs
autres intervenants, l'absence de plusieurs grandes mesures réclamées depuis des années, notamment
l'encadrement des gestionnaires de copropriété, les copropriétés par phases et
la création d'un tribunal administratif de la copropriété.
Particulièrement, le Barreau juge qu'il serait important de prévoir l'encadrement des gestionnaires, à l'instar de ce
qui existe déjà ailleurs au Canada et dans le monde. En effet, malgré toute la volonté démontrée par le législateur dans son projet de loi, si les
nouvelles obligations créées sont mal comprises ou appliquées ou ne sont pas respectées, l'objectif
recherché par ce dernier, soit de mieux protéger les intérêts des
copropriétaires, ne saurait être atteint.
Afin
d'assurer la protection du public, le Barreau est d'avis que les gestionnaires
de copropriété, à l'instar de ceux qui
la construisent, devraient obligatoirement être membres d'un ordre
professionnel et avoir complété avec succès une formation reconnue. En effet, un immeuble détenu en copropriété est
souvent le bien le plus important du patrimoine d'une personne. Ainsi, si l'administration de ce bien
n'est pas faite par une personne compétente et intègre, il pourrait en découler
un grave préjudice pour les copropriétaires.
L'encadrement
des gestionnaires de copropriété par un ordre professionnel, tel qu'il était
prévu par le projet de loi
n° 401, aurait plusieurs effets bénéfiques, notamment d'assurer une formation
de qualité des gestionnaires de copropriété, leur assujettissement à des
normes déontologiques et la souscription à une assurance responsabilité
professionnelle.
Le Barreau
souhaite aussi la création d'un tribunal administratif de la copropriété, qui
aurait comme mission de centraliser
et diffuser l'information sur le droit de la copropriété, de faire de la
prévention et de la conciliation des différends et d'offrir un tribunal
spécialisé plus rapide, moins coûteux et plus accessible pour les citoyens que
les tribunaux judiciaires.
Finalement, le Barreau invite les
parlementaires, comme d'autres acteurs l'ont mentionné auparavant, à profiter de l'enthousiasme de tous ces acteurs du milieu de
la copropriété et du premier jalon que constitue le projet de loi n° 16
afin de créer une commission qui verrait à
poursuivre les travaux entamés en travaillant sur les chantiers à terminer et
avoir une meilleure cohérence dans
les dispositions législatives en matière de copropriété. Le Barreau du Québec
offre d'ailleurs sa pleine collaboration pour piloter ou participer aux
éventuels travaux de cette commission.
Deuxièmement,
nous souhaitons discuter des dispositions relatives à celui que nous devrons
maintenant appeler le Tribunal administratif du logement. Le Barreau du
Québec estime que la
Loi sur la Régie du logement mérite une réforme complète. Les modifications proposées par
le projet de loi sont insuffisantes pour régler les problèmes de délai et
d'injustice quant à certains dossiers plus
urgents, notamment les dossiers d'insalubrité et les dossiers d'expulsion de
personnes vulnérables.
Le Barreau du
Québec note une amélioration de l'importance accordée au mode alternatif de
résolution de différends qu'est la
conciliation dans le projet de loi. La conciliation devrait cependant être
offerte à toutes les parties, sauf circonstances exceptionnelles.
Également, nous saluons, dans un objectif
d'accès à la justice, la possibilité donnée à certaines personnes vulnérables d'être assistées devant le tribunal par
un tiers de confiance, qui devrait cependant être mieux balisée pour éviter
les abus qui pourraient survenir.
Deux absents
notables du projet de loi : les dossiers d'insalubrité et les dossiers
d'expulsion. Les plus récentes études démontrent que le délai pour
obtenir un jugement pour insalubrité du logement à la régie oscille entre 790
et 973 jours. Il s'agit d'un délai trop long, décourageant le justiciable,
alors même qu'il s'agit d'un enjeu crucial pour sa santé et sa sécurité. Par ailleurs, dans un contexte où les
baux de logement sont, à la majorité, signés pour un an, cela revient à dire
qu'un locataire n'obtiendra pas de jugement
avant la fin de son bail, le laissant devant le délicat choix d'abandonner son
logement pour préserver sa propre santé.
Rappelons
qu'à Montréal seulement, plus de 30 % des logements ont des problèmes
d'insalubrité. C'est 36 % des enfants
de six mois à 12 ans qui vivent dans un milieu présentant des problèmes
d'humidité excessive et de moisissure. Par ailleurs, une cause décrétée
urgente par la Régie du logement mettra 1,7 mois à être entendue par le
tribunal.
Afin
d'améliorer la situation, le Barreau du Québec croit essentiel d'ajouter une
disposition à la loi voulant que les
dossiers d'insalubrité doivent être jugés d'urgence, ce que le législateur
prévoit d'ailleurs déjà dans d'autres matières.
Également, la
loi devrait permettre au tribunal d'émettre, à la demande du locataire, une
ordonnance forçant le locateur à
maintenir tous les services prévus au bail et l'accès au logement. Par exemple,
en juin dernier, plus de 40 aînés d'une
résidence privée de la Beauce ont reçu un avis d'expulsion dans les
48 heures, poussant ses résidents à un branle-bas de combat pour trouver un nouveau toit. Le Barreau
souhaite l'ajout d'une disposition établissant la possibilité de requérir
une ordonnance de sauvegarde de maintien dans les lieux.
Également, le
projet de loi judiciarise le processus préaudition, alors que la procédure
devant un tribunal administratif de
proximité, comme est la Régie du logement, devrait demeurer plus souple et
informelle. À cet égard, il serait nécessaire de prévoir que le Tribunal
administratif du logement a pour objet d'affirmer la spécificité de la justice
administrative et d'en assurer la qualité, la célérité, l'accessibilité,
de même que d'assurer le respect des droits fondamentaux des administrés.
La Présidente (Mme Dansereau) : Une
minute.
Mallette (André-Philippe) :
Le Barreau du Québec demande donc que le Tribunal administratif du
logement garde une procédure souple et accessible pour une clientèle majoritairement
non représentée par avocat. Le formalisme procédural est incompatible avec la
nature du tribunal.
Par ailleurs,
concernant les nouvelles mesures prévoyant la fermeture de dossier en cas de
non-respect de la procédure, les parties devraient, par souci d'équité, être
avisées des conséquences du non-respect avant la fermeture du dossier.
Finalement,
l'utilisation des moyens technologiques ne devrait être privilégiée que dans
les causes simples ou lors de
conférences de gestion. Le Barreau du Québec demande que les dispositions en
matière de moyens technologiques soient balisées afin de prendre en
compte les risques pour la sécurité des parties, de respecter les principes de
justice naturelle, notamment quant à la
possibilité d'apprécier la crédibilité des témoins et à l'importance d'une
présence physique pour les auditions
au mérite. Les auditions ont des impacts importants sur les parties, et le
membre du tribunal devrait être présent. L'utilisation de la technologie est favorable pour une saine
administration de la justice, mais, lorsqu'il s'agit d'une audition au
mérite, il faut éviter de mettre en place deux sortes de justice...
La Présidente (Mme Dansereau) : Le
temps est écoulé.
M. Mallette (André-Philippe) :
...une pour les centres et une pour les régions.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Je vous remercie pour votre
exposé. Nous allons maintenant débuter la période d'échange. Mme la
ministre, la parole est à vous, vous disposez de 16 min 30 s.
Laforest : Oui. Alors, bonjour, MM. Poirier, Papineau, Lespérance et
M. Mallette. Ça me fait plaisir de vous rencontrer. Je suis très heureuse, j'avais hâte de vous rencontrer,
d'ailleurs. J'aime ça, le Barreau, ça m'intéresse, ça fait
partie de ma
famille. Je suis très heureuse de vous rencontrer.
Ceci étant
dit, c'est intéressant, aussi, vous avez plusieurs commentaires, plusieurs
questionnements aussi. Puis je vous
reconnais d'ailleurs dans vos notifications. Je vais y aller tout de suite
parce que j'ai quand même plusieurs questions. Au niveau du tribunal de la copropriété... Parce que vous dites,
justement, au niveau du tribunal de la copropriété, qu'on aurait dû pencher... «La création d'un tribunal de
la copropriété pour centraliser l'information aux copropriétaires et aux
syndicats», comment vous verriez ça? Parce que, là, c'est sûr qu'on a la Régie
du logement, qu'on tend vers le Tribunal administratif du logement, puis
c'est certain qu'on va avancer aussi là-dedans, parce qu'on avait pensé au
tribunal de l'habitation, au tribunal des copropriétés. Mais vous, vous verriez
vraiment un tribunal de la copropriété spécifique?
Papineau (Yves) : Je pense
que la formule n'est peut-être pas essentielle, ou le nom. Ce qui est
important, et ce n'est pas de la
jalousie, là, c'est qu'on calcule que les locataires et les locateurs ont plus
de services du gouvernement que les
copropriétaires et les syndicats. Je vous donne un exemple. Le site de la Régie
du logement... Malheureusement pour ceux qui ne seront pas de mon avis,
moi, je trouve que la Régie du logement fait un superbon travail. Elle a un
site d'information extraordinaire. En
copropriété, on n'a rien de ça. Elle a des dépliants, elle a de l'information.
En copropriété, on n'a rien de ça.
On a un
tribunal en matière de logement — je parle avec Me Poirier — maximum... un locataire arrête de payer,
maximum deux mois après on a un jugement. En
matière de copropriété, les délais... et je m'excuse auprès de mes amis de la Cour du Québec, mais les délais varient
entre 12 et 16 mois avant d'avoir une audition, pas d'avoir le jugement.
Alors, c'est plus facile et plus rapide de percevoir un loyer que de
percevoir les charges de copropriété.
Alors, moi,
je pense, qu'on ait un tribunal de l'habitation avec une
section logement et
une copropriété ou autrement, je
pense, ce n'est pas ça qui est important. Ce qui est important, c'est le
principe : qu'on ait plus de rapidité et plus d'information.
Mme Laforest : O.K., d'accord. En
fait, vous lisez dans nos pensées parce qu'on...
M. Papineau (Yves) : J'espère que je
ne lis pas toutes vos pensées, là.
Laforest : Ça irait très bien, ne soyez pas inquiet. Je vous le
souhaite. O.K., c'est intéressant, quand même, mais c'est... On n'est
pas fermés à ça. Je trouve ça intéressant.
L'autre
question que j'ai... parce que vous voudriez que les greffiers spéciaux soient
des avocats, puis j'aimerais vous entendre par rapport à ça. Dans quelle
mesure vous voudriez ça?
M. Poirier
(Marc) : En fait, c'est
qu'au moment où on se parle... on me corrigera si je fais une erreur, là, mais,
au moment où on se parle, un
régisseur peut être un notaire de formation ou un avocat. Historiquement, la
revendication du Barreau, c'est que
les régisseurs soient des avocats. Mais le greffier spécial, actuellement, a
une compétence plus limitée, on parle
des causes en fixation de loyer et du non-paiement de loyer par défaut.
Essentiellement, au plan pratique, c'est ça. Alors, nous, on pense qu'effectivement la justice serait bien servie si
on exigeait que les greffiers spéciaux soient nécessairement des avocats. Actuellement, ils peuvent être notaires, je
ne sais pas s'ils peuvent être d'autre chose, techniquement, mais je pense que ceux qui sont formés pour le litige, ceux qui sont capables
d'apprécier effectivement une preuve au mérite sont, par définition,
les avocats qui ont fait une carrière en litige. Voilà. Je ne sais pas si je
réponds à votre question.
Mme Laforest : Oui. Oui. J'ai une autre question
aussi. Tantôt, je vous entendais dire... j'avais pris en note «l'ordonnance
de sauvegarde». Comment vous voyez ça? Parce que vous le savez, les résidences
de personnes pour... les résidences de personnes âgées,
en fait, on est en train quand même de bien structurer ça avec la ministre des
Aînés, Marguerite Blais. Puis il y a quand
même plusieurs mesures qui vont être prises pour les résidences pour aînés,
justement, pour éviter toutes les
fermetures qu'on a connues dans le passé. Puis il y a aussi qu'on va travailler
avec les municipalités pour que les
municipalités puissent, justement, aider ces résidences-là pour qu'elles restent
ouvertes. Mais, quand vous parliez tantôt qu'on devrait avoir la possibilité
d'offrir l'ordonnance de sauvegarde pour les résidences, comment vous verriez
ça? Puis les délais seraient lesquels?
M. Mallette
(André-Philippe) : En fait,
c'est que la mesure qu'on demande est de façon un peu plus large que pour les
aînés. Évidemment, c'est sûr qu'on a toujours en arrière de la tête, vous me
permettrez l'anglicisme, les personnes vulnérables. Donc, c'est
certainement que, dans les cas de personnes vulnérables, ce serait à propos.
Quand il y a une expulsion sans droit, il
faudrait que ces gens-là puissent aller devant le Tribunal administratif du
logement plus rapidement que d'attendre leur audition, au fond, pour
contester l'expulsion.
Donc, nous,
ce qu'on dit, c'est : Il devient un peu illusoire... si ça prend un délai
de quelques mois pour être entendu sur
une demande d'expulsion de quelqu'un qui est à l'extérieur, qui a été chassé de
son logement, si on doit attendre tout ce temps-là, alors que ça a été
fait sans droit, ça devient sans objet. Donc, cette personne-là, son véritable
droit serait d'être réintégrée rapidement.
Et à l'heure actuelle il n'existe pas de mesure rapide ou urgente pour prévoir
ça. Donc, nous, ce que l'on dit, c'est que, dans ce cadre-là, il devrait
y avoir un mécanisme d'urgence qui est prévu à cet effet-là.
Mme Laforest :
O.K. Oui. Après ça, les copropriétés, vous dites que ce serait important
d'adopter des dispositions spécifiques pour encadrer les propriétés et
les copropriétés, mais y aller par phases. Pourquoi y aller par phases à ce
moment-là?
M. Papineau (Yves) :
C'est-à-dire, ce n'est pas tout à fait ça. C'est qu'il existe, en matière de
copropriété, la copropriété connue, savoir un
immeuble sur un terrain, et l'immeuble est divisé. Il existe aussi ce qui est
appelé la copropriété par phases, alors on a un grand... un terrain plus
grand sur lequel il va y avoir cinq immeubles, ou trois, ou 10 immeubles.
Et cette notion-là est une création juridique qui n'existe pas au Code civil.
Alors, il n'y a aucune norme, il n'y a aucune règle, to