CAT — 20 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2023-09-20
Quebec — Committees
(Onze
heures dix-huit minutes)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je
vous souhaite la bienvenue à tout le monde. Et juste vérifier vos téléphones
cellulaires, que la... le son soit bien fermé.
Alors,
la commission est réunie aujourd'hui afin de poursuivre les consultations
particulières du projet de loi n° 31, Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière
d'habitation.
Mme la secrétaire,
est-ce que nous avons des remplaçants?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Ciccone (Marquette) est
remplacé par Mme Caron (La Pinière).
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, ce matin, nous allons
entendre la ville de Gatineau, qui sont avec
nous en visioconférence, et la Fédération des locataires d'habitations à loyer
modique du Québec.
Alors, tout de...
tout de suite, nous allons du côté de la ville de Gatineau. Alors, bonjour à
vous trois. Alors, à tour de rôle, vous présenter avec vos titres, et par la
suite vous avez un 10 minutes pour présenter votre mémoire, et on
poursuivra avec une période d'échange avec les députés. C'est à vous.
Mme Bélisle (France) : Merci, M. le Président.
Bonjour à tous et toutes. Mon nom est France Bélisle. Je suis la
mairesse de Gatineau.
Mme Marchand (Catherine) : Bonjour. Je suis Catherine
Marchand, directrice générale adjointe au développement durable, à la
ville de Gatineau.
M. Bisson
(Martin) : Bonjour à tous. Je suis Martin Bisson, conseiller politique
au cabinet de la mairesse France Bélisle.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...alors, on écoute votre mémoire.
Mme Bélisle
(France) : Parfait. Alors... (panne de son) ...du temps que vous
accordez à la ville de Gatineau pour qu'on puisse vous présenter une synthèse
du mémoire qui vous a été déposé. Je vous félicite aussi, comme membres de la
commission, de vous pencher sur cette question extrêmement importante.
Il faut rééquilibrer
l'écosystème du logement au Québec. Il y a un lien direct entre la pénurie de
logements et les crises que vivent non seulement nos populations vulnérables,
mais aussi, de plus en plus, les gens de la classe moyenne. Il m'apparaît crucial
qu'on réalise collectivement que la participation financière des gouvernements
fédéral, provinciaux et des villes dans le logement social, ce n'est pas une
dépense mais bien un investissement. J'ai d'ailleurs la conviction que les
solutions à court, à moyen et à long terme ne passent pas uniquement par les
mains d'une seule ministre. À notre avis, le projet de loi n° 31 doit être
vu comme un point de départ. Accueillons notre responsabilité collective de
tous faire
partie de la solution. Ne nous voyons pas comme des adversaires mais
bien comme des partenaires pour régler cette crise.
Comme Gatineau est
frappée durement par une crise du logement et, vous l'avez certainement vu dans
l'actualité récente, une crise aussi de l'itinérance, on vous offre aujourd'hui,
bien humblement, d'autres pistes à considérer. Nos propositions sont le fruit
de discussions nombreuses avec des partenaires du milieu communautaire,
associatif, coopératif, mais aussi les gens de l'équipe de la ville de
Gatineau, et, je vais... je vous dirais aussi, politiquement, ce qu'on a vécu
dans les programmes actuels qui ont été déployés. Les propositions qui sont
faites commandent aussi, de la part du gouvernement, l'ouverture de reconnaître
les spécificités régionales. On a formulé 15 recommandations et on les
considère, vous le comprendrez bien, toutes pertinentes. Par contre, on va
s'attarder sur certaines d'entre elles pour être dans le temps qui nous est
alloué aujourd'hui.
Avec l'arrivée de
divers programmes tant au provincial qu'au fédéral, les villes sont de plus en
plus sollicitées pour compléter les montages financiers dans le développement
du logement. À cet effet, il serait important d'intégrer des dispositions
d'aide complémentaire à la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Je vous réfère
donc à la recommandation n° 3 que vous voyez dans notre mémoire. La
ville de Gatineau recommande d'intégrer des dispositions
d'aide complémentaire à la loi avec l'objectif d'accélérer les appuis des
villes à des projets en logement
social et communautaire, le tout pour optimiser les processus et surtout
diminuer les délais pour les mises en chantier.
L'intégration à la loi de
dispositions d'aide complémentaire, ça peut prendre différentes formes :
des crédits de taxes, des dons de terrains, des interventions pour les
infrastructures ou encore d'autres montants en argent additionnels qui
donneraient les coudées franches aux villes pour soutenir le développement,
mais aussi ralentir le processus administratif. En fait, je devrais dire
ralentir la bureaucratie et accélérer les choses. Ça permettrait aux villes
d'éviter l'adoption de règlements discrétionnaires visant l'adoption de
programmes d'aide complémentaire. Il s'agit aussi d'une mesure qui accélérerait
les choses dans notre administration. Ça offrirait aussi une flexibilité
d'arriver avec d'autres options.
Je vous donne un exemple concret. Hier soir, au
conseil municipal, la ville de Gatineau a donné son appui à près de
886 logements dans le cadre de l'appel de projets du programme PHAQ. Si
l'ensemble des projets étaient retenus, et
j'espère bien qu'ils le seront, ça représenterait, pour la ville, en argent
sonnant, 45 millions de dollars. C'est beaucoup d'argent et
c'est difficile dans le cadre actuel de la situation financière. Faire des changements
à l'aide complémentaire, ça nous permet d'intervenir autrement.
Il faut aussi aborder l'enjeu du financement ou
du sous-financement pour la décontamination des terrains. À la recommandation 6, on propose une
bonification des enveloppes. Dans les villes qui ont un passé industriel, il y
a des terrains stratégiques qui ont un passé industriel, qui sont
lourdement contaminés, et le coût pour les décontaminer vient freiner le
développement de projets. C'est majeur et c'est une façon autre d'intervenir.
Troisièmement, il faut améliorer la mécanique
entourant la contribution fédérale du logement social et communautaire. À la recommandation 7, la
ville recommande au gouvernement de négocier avec le fédéral un programme
autoportant et structurant qui pourrait
s'inspirer du Programme de la taxe sur l'essence et de la contribution du
Québec, mieux connu sous le nom de la TECQ.
Quatrièmement, il faut modifier les mesures
fiscales en lien avec la taxe de vente du Québec. À la recommandation 10,
la ville de Gatineau recommande que le gouvernement du Québec modifie la Loi
sur la taxe de vente du Québec afin que les
projets de logements sociaux et communautaires hors marché bénéficient d'un
remboursement de TVQ à 100 %.
Enfin, à la recommandation 15, la ville de
Gatineau recommande que le gouvernement du Québec... modifie, pardon, la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin d'introduire le zonage différencié, qui vise à bonifier la
densification dans le cadre de projets sociaux et abordables.
J'attire votre
attention sur la recommandation 4 et 5 qui touchent le milieu
communautaire. Malheureusement, étant donné le sous-financement de
nombreux organismes au Québec, et plus spécifiquement dans notre région, je
vous rappelle que l'Assemblée nationale du Québec a voté à l'unanimité, à
l'automne, pour reconnaître qu'il y a un sous-financement en Outaouais. Ça
devient très difficile pour les organismes communautaires de lever la main et
de jouer pleinement leur rôle d'alliés sur le terrain.
Enfin, je me permets aussi de souligner la
nécessité d'exempter tous les projets de logement hors marché des processus
d'approbation référendaire, et que cette mesure soit inscrite dans la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. Ce sont des projets qu'on veut voir dans notre cour.
Alors, il s'agit de notre recommandation 14.
Il faut aussi raffiner la passerelle entre les
interventions sur le terrain faites par les partenaires terrain, souvent du milieu communautaire, et l'offre de
soins structurée par le gouvernement du Québec dans le réseau de la santé
et des services sociaux.
En conclusion, M. le Président et membres de la
commission, je vous dirais que ne pas agir, c'est appauvrir le Québec, c'est mettre un frein à son
développement. Ne pas agir, c'est ne pas pouvoir loger correctement nos étudiants,
les travailleurs de demain, qui sont si importants dans un contexte de pénurie
de main-d'oeuvre. Ne pas agir, c'est refuser
de créer des conditions de succès pour les nouveaux arrivants. Ne pas agir,
c'est tourner le dos au développement et
à l'épanouissement des régions du Québec dans leur développement économique.
C'est rendre très difficiles l'attraction et la rétention de talents. Ne
pas agir, c'est fragiliser des aînés qui ont pourtant contribué à la société
québécoise toute leur vie. Agir en logement, ça doit se faire sur tous les
fronts. Agir, c'est offrir aux Québécois, peu importe leur situation, des
conditions de succès pour qu'ils contribuent pleinement à la société
québécoise.
On associe beaucoup la crise du logement à son
impact sur les plus vulnérables. Il y a un lien direct avec le social, c'est
vrai, mais on parle trop peu du frein au développement économique. Ne pas
investir en logement et créer des conditions
où les gens paient trop cher pour leur logement, c'est freiner la formation des
étudiants, qui constituent une relève pour nos entreprises et nos
institutions publiques. C'est ne pas pouvoir attirer et retenir de jeunes
talents. C'est mettre une pression immense sur des entrepreneurs actuels qui
voient leurs employés avoir de la difficulté à joindre les deux bouts, qui
viennent faire des demandes pour des hausses salariales et, s'ils ne peuvent
pas les offrir, qui voient leurs employés tourner. Et ça déstabilise nos
entreprises. Ça mine également la compétitivité du Québec à attirer des talents et de l'expertise, d'ailleurs,
parce que la disponibilité de logement est souvent un frein pour dire oui.
Merci beaucoup de m'avoir écoutée.
Président (M. Schneeberger) : Alors, merci beaucoup. Alors, nous allons
commencer une période d'échange en
commençant avec... du côté... ministériel, pardon, avec la ministre. Alors, Mme
la ministre, vous avez la parole pour 16 min 30 s.
Duranceau : Merci. Merci. Bonjour, Mme Bélisle. Bonjour à
toute l'équipe. Merci de prendre le temps de nous donner une perspective
de l'Ouest du Québec.
Mme Bélisle (France) : Merci,
Mme Duranceau.
Mme Duranceau : Alors,
je vais aller peut-être un petit peu, là, dans l'ordre de vos recommandations,
pas que je veux m'étendre indéfiniment sur la notion de cession de bail, mais
je me demandais : Avez-vous des données, vous, empiriques, là, qui vous
réconfortent dans votre position à cet égard-là? Puis je vous fais le parallèle
avec la ville de Longueuil, qui a dit : Bien, sais-tu quoi, moi, je n'ai
pas de données qui me... qui me disent que ça va améliorer la situation, puis
que ce n'est pas tant la cession de bail que le registre des loyers, là. Parce
que c'est ça, votre recommandation.
Mme Bélisle (France) : Oui. Bien, en
fait, je vais fournir une réponse, puis j'inviterais soit M. Bisson, dans mon
équipe, ou Mme Marchand à compléter, si vous le voulez bien. Il y a, au-delà de
la recommandation à laquelle vous faites référence, Mme Duranceau, une
préoccupation chez nous, parce que, bien, on a une crise du logement avec un
taux d'inoccupation de 0,8 %. On fait aussi
partie des villes, au Québec,
qui connaissent une croissance fulgurante. C'est un beau problème. Ça fait donc
en sorte qu'on... Il y a beaucoup de bails dans l'univers gatinois. C'est
aussi... aussi, vous le savez très bien, on l'a mis dans le mémoire, où un
quatre et demie, ça coûte le plus cher au Québec.
Alors, pour nous, l'idée d'un registre de
loyers, c'est une façon, je dirais, respectueuse d'assurer un prix raisonnable
aux loyers, une façon aussi d'être transparent dans une ville qui, comme nous,
connaît une croissance particulière. Alors, j'inviterais, là... Je ne sais pas
si c'est M. Bisson ou M. Marchand qui... Mme Marchand, pardon, qui
pourrait compléter ma réponse.
Mme Marchand (Catherine) : J'ajouterais,
Mme la ministre, qu'on n'a pas de données probantes qui permettent de faire le
lien directement, mais il faut se rappeler que le logement actuel, c'est là où
on trouve le logement abordable. Les logements, à Gatineau, qui ont été
construits avant 2005, qui sont des logements locatifs, c'est là qu'il y a du
logement abordable, et donc c'est là où l'écart entre le prix de ces
logements-là, souvent occupés depuis longtemps, et le prix du nouveau
logement... l'écart est le plus grand. Donc, notre réserve de logements
abordables, elle est à l'intérieur des logements qui sont déjà occupés par des
gens, parfois, depuis plusieurs années.
Mme Duranceau : OK. Merci. Ensuite,
ça, je suis... La recommandation n° 3, j'aimerais ça
avoir plus de précisions quand vous dites : Bien, on aimerait ça que les
villes soient capables d'avoir des participations, là, au-delà de leur
participation financière. Peut-être juste préciser les bloquants puis... pour
que je sois capable de bien porter votre message, s'il y a lieu.
Mme Bélisle (France) : Martin,
est-ce que tu souhaites... Bien sûr. M. Bisson.
M. Bisson
(Martin) : En fait, Mme la ministre, c'est que ces
dispositions-là existent déjà, il y a des possibilités de le faire à l'intérieur de la
Loi sur la Société
d'habitation du Québec, mais ces dispositions d'aide complémentaire là s'appliquent
spécifiquement à des programmes. Donc, il faut adopter... les villes doivent
adopter des règlements discrétionnaires, un pour, par exemple, AccèsLogis, un
autre pour le PHAQ, un autre pour les fonds fiscalisés. L'enjeu que ça représente... C'est un enjeu, pour les villes, d'adopter
à chaque fois, à chaque nouveau programme, des dispositions d'aide
complémentaire pour les différents programmes qui existent.
Il y a aussi
d'autres sources de revenus qui commencent à prendre forme pour le logement
social et communautaire. Donc,
d'inscrire à l'intérieur de la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme des
dispositions qui automatiseraient ces aides complémentaires là pour
éviter que ce soient des règlements discrétionnaires par les villes,
c'est-à-dire on l'inscrit dans la loi, au
même titre, par exemple, qu'on le fait pour la revitalisation des
centres-villes, il y a une durée de temps qui a été mise, je pense qu'à l'ensemble du Québec ça pourrait être
bénéfique, surtout... Je prends l'exemple de Mme la mairesse. Dans l'appel aux projets PHAQ, la ville
de Gatineau, d'ailleurs, a déposé 886 logements. Évidemment, vous comprendrez que, demain matin... Même les plus
petites villes, c'est un enjeu de sortir du capital. Donc, c'est de
l'automatiser dans le but d'accélérer les mises en chantier.
Duranceau : OK. Ça, je vous entends. C'est intéressant.
Recommandation n° 4, là, vous faites référence aux groupes de
ressources techniques. Pour moi, là, les groupes communautaires qui nous
aident, là, dans tout ça puis qui ont porté ces projets-là depuis AccèsLogis,
tu sais, c'est des entreprises d'économie sociale, là, si on veut parler avec
le jargon de 2023. Puis, que ce soit un GRT, que ce soit un OBNL, que ce soient
les offices d'habitation, c'est tout du monde qui est impliqué, puis qui
contribue, là, puis dont on a besoin. Là, de soutenir spécifiquement... Je
pense qu'il y en a qui font très bien, là, puis qui n'ont pas besoin d'aide
pour être soutenus puis pour rester en vie. Ceux qui ont actualisé leurs
pratiques puis leurs méthodes d'intervention puis de financement, bien, ils
réussissent à livrer des superbeaux projets.
Alors, qu'est-ce que vous suggérez, là, ici? Une aide spécifique pour ces
groupes-là, pour ceux qui n'ont pas actualisé leurs affaires puis qui
ont de la difficulté?
Mme Bélisle (France) : Bien, je me
permettrais un début de réponse, puis M. Bisson, qui est, au cabinet, la
personne qui traite, notamment, avec les GRT, pourrait compléter.
Vous avez raison, Mme Duranceau, l'offre
des GRT au Québec, elle est parfois asymétrique. Il y a des GRT, selon les
marchés, selon, je vous dirais aussi, la stabilité au sein même de leur
organisation, qui sont peut-être plus performants que d'autres. Et ça n'a rien
à voir avec la compétence ou le désir d'accomplir des choses. Ça a juste à
voir... Dans certaines régions, il y a plus de roulement. On le vit, nous, à
Gatineau, avec certains de nos GRT.
Alors,
y a-t-il lieu de soutenir les GRT dans une forme d'attente, de standard, de
professionnalisation des GRT? Et notre recommandation, elle est un peu dans ce
sens-là, pour venir vraiment nous donner des outils à la grandeur du
Québec pour avoir des GRT qui sont performants, parce qu'ils sont aussi
soutenus dans leur développement. Alors, M. Bisson pourrait un petit peu
compléter puisqu'il est bien au fait des défis qu'on peut avoir.
M. Bisson (Martin) : Mme la
ministre, pour les groupes de ressources techniques, un des enjeux qu'on vit à
Gatineau, c'est... puis, en fait, qui n'est pas vraiment un enjeu, mais mes
gros groupes promoteurs, mes gros groupes sociaux n'ont pas de difficulté à
faire lever des 100, des 150 portes, des 200 portes. Là où on
identifie un risque, nous, au niveau des
GRT, c'est vraiment au niveau des clientèles vulnérables. Par exemple,
l'itinérance, les déficiences intellectuelles,
c'est des plus petits groupes qui portent ces projets-là, et, souvent, les
groupes qui portent ces projets-là, ce n'est pas leur mission première
d'offrir du logement. Donc c'est des gens, par exemple... Je prends l'exemple
de la Maison des Apprentis, à Gatineau, qui va accueillir une clientèle de gens
avec des déficiences intellectuelles, qui... Ce
n'est pas dans son «core business» de faire du logement social. Lui, il pense
qu'en offrant... en ajoutant cette offre de service là pour sa
clientèle, ses usagers, ça va être bénéfique.
S'il n'y a pas de plus petit groupe de
ressources techniques qui aide ces petits organismes là à les développer, ces petits projets... C'est des petits projets.
C'est des 15... Des fois, c'est des maisons de femmes violentées, des
15 portes, des 20 portes. Il y a un ajout à garder les GRT
pour pouvoir aider ces plus petits groupes là communautaires à développer du
logement pour des clientèles très spécifiques.
On le vit, nous, dans l'Outaouais. On a un GRT
qui se spécialise dans le social. Mais un GRT, c'est un peu comme une
entreprise, à la limite. Plus tu as un volume, plus tu as des rentrées. Je
prends l'exemple de nos GRT qui font des 15, 20 portes, qui n'ont pas
nécessairement les rentrées qu'un 150 portes va donner. Ça leur cause des
enjeux. Et il y a un risque, à l'intérieur de l'écosystème social, à Gatineau,
de perdre, puis je suis convaincu que c'est dans
d'autres régions du Québec, la capacité de développer des projets pour les plus
petites clientèles ou les clientèles les plus vulnérables.
Mme Duranceau : OK. Je vous
entends. Je vous entends. Je vous entends.
Pour ce qui
est... Il n'y a pas d'enveloppe, là, au niveau de la recommandation 6, au
niveau de la décontamination de terrain. Il n'y a pas d'enveloppe
spécifique qui est dédiée aux villes pour ça. C'est ça que vous me dites.
Mme Bélisle
(France) : En fait, il y a
parfois des enveloppes de décontamination, je vais dire, dans différents
programmes gouvernementaux. Puis
Mme Marchand pourrait... puisqu'elle a une grande expérience à la ville,
pourrait le confirmer.
Mais je me
permets de vous donner un exemple. Il y a deux ans, alors que je venais d'être
élue, votre collègue, M. Girard, faisait un peu une tournée des nouveaux
maires et mairesses du Québec, puis j'abordais, avec son équipe, la question de la décontamination. Et il
disait : Tu sais, vous savez, les besoins sont tellement grands qu'on
pourrait prendre Gatineau, Québec et
Montréal, puis ces trois villes-là, à elles seules, videraient l'enveloppe.
Alors, il y a des enveloppes qui existent, mais, clairement, elles sont
insuffisantes.
On a un projet, vous êtes venue à Gatineau pour
l'annoncer, un projet, clairement, là, d'une dizaine de logis pour des familles
à risque d'itinérance à Gatineau, qu'on appelle le projet Saint-Étienne, qui
était complètement bloqué parce qu'il manquait 800 000 $ pour
décontaminer le terrain. Et ça, ça aurait fait mourir le projet. C'est la ville
de Gatineau, finalement, qui a voté une aide d'urgence pour venir sauver ce
projet-là.
Alors, vous comprenez, dans une ville comme
Gatineau, puis il y en a plein, là, des villes au passé industriel à travers le Québec, s'il faut toujours intervenir
à coups de 800 000 $ ici et là... On n'a même pas fait
d'investissement dans des portes. On est juste en train de gérer des terrains.
Alors, on a besoin d'aide. Et une meilleure intégration puis une
bonification de l'enveloppe de décontamination, ça viendrait vraiment, vraiment
nous aider.
Je dirais aussi que ça fait, à mon avis, écho à
ce qui a été déposé par Mme Laforest, d'être capables de revitaliser, de
densifier des centres-villes, d'agir là où il y a un passif environnemental.
Et, dans ce contexte-là, on devrait bonifier et... bonifier les enveloppes, les
augmenter et être capables de les associer plus directement à des projets de
logements sociaux et abordables.
Mais, Mme Marchand, si vous voulez
compléter ma réponse avec des exemples plus concrets, administratifs, je
l'apprécierais. Merci.
Mme Marchand (Catherine) : Très
sommairement, l'enjeu, c'est que les programmes gouvernementaux pour la
décontamination ne sont pas dédiés. Donc, c'est des gens qui soumettent ces
appels à projets. Et, comme le disait Mme la mairesse, ces enveloppes-là ne
sont pas capables de répondre à l'ampleur des problèmes. Donc, le fait qu'il n'y ait pas d'enveloppe dédiée pour de la
décontamination liée, par exemple, à des projets de logement abordable
ou à la construction de logements fait que tous ces projets-là sont en...
toutes ces demandes-là sont en concurrence. Et c'est, je pense, la portée de la
demande exprimée par la ville.
Mme Duranceau : OK.
Non, je vous entends. Puis je me souviens, dans le projet dont vous parlez,
justement, de l'enjeu. Ça fait
partie des bloquants, justement, pour les
projets d'habitation. Ça fait que... OK. Ça, je vois ça.
L'autre chose... Bien, au niveau d'UTILE... On
les a rencontrés la semaine dernière, je pense. Effectivement, votre
recommandation va dans le sens de ce qu'ils proposaient. Je ne sais pas s'il y
a d'autres choses que vous vouliez ajouter à ce sujet-là. Non? OK.
Peut-être...
Je vais vous amener sur le zonage différencié versus le zonage incitatif, qui
est déjà prévu par la LAU, là, suite aux modifications qui ont été faites. Puis
ma compréhension à moi, c'est que... Pour reprendre l'expression qui m'a été
donnée, c'est comme un peu des poupées russes, puis le zonage incitatif
inclurait le zonage différencié. Ça fait que vous auriez déjà les pouvoirs pour
faire ça. Alors, si je ne comprends pas comme il faut, expliquez-le-moi.
M. Bisson
(Martin) : Bien, en fait, Mme la ministre, vous avez raison que le
zonage différencié puis le zonage incitatif peuvent être liés. L'avantage... Je
prends l'exemple de Gatineau, où on a une pénurie de terrains et où les entrepreneurs, les promoteurs
communautaires puis les promoteurs privés compétitionnent pour le même terrain.
Avoir une disposition de zonage différencié au moment de l'achat du terrain...
Parce que le zonage incitatif va nécessiter une approbation du conseil
municipal, par exemple, au travers des processus, comparativement à un zonage
différencié, qui l'automatiserait. Donc, au moment de la négociation pour un
terrain, par exemple, si un OBNL compétitionne contre le privé dans l'achat
d'un terrain, l'avantage d'être capable de faire automatiquement plus de
logements que... avec un zonage incitatif pour lequel il y a un retour au
conseil municipal leur permet d'avoir un avantage d'acquérir des terrains,
d'être plus compétitifs par rapport au privé.
Mme Duranceau :
Mais là, vous dites, vous feriez
ça «on the spot», là. Chaque fois qu'il y a une transaction, vous
pourriez, pour cette transaction donnée là, modifier le zonage.
M. Bisson
(Martin) : Non. Il serait inscrit dans les grilles de zonage,
c'est-à-dire que... Le zonage incitatif n'est pas inscrit à l'intérieur de la
grille de zonage. Mme Marchand pourrait peut-être me corriger là-dessus,
mais le zonage différencié, ce qu'il fait, c'est qu'il est inscrit dans la
grille de zonage, c'est-à-dire que, pour un OBNL, là, c'est automatique qu'il
peut faire plus de logements. Ce n'est pas au même sens que le zonage
incitatif, où il faut que ce soit propre au conseil municipal, sur des
conditions, et il y a de la négociation qui doit être faite avec la ville. Ce
que ça fait, le zonage différencié, notre compréhension, c'est que ça
automatise cette plus-value au niveau du logement abordable, donc, rend nos
OBNL plus compétitifs dans un marché où le terrain est quand même assez rare.
L'exemple de Gatineau, là, c'est particulier.
Mme Bélisle
(France) : Mme Marchand, est-ce que vous souhaitez compléter?
Mme Marchand
(Catherine) : ...
Mme Duranceau :
OK. Bon, bien, parfait. Ça me va.
Je vais passer la parole à ma collègue députée de Labelle et adjointe
parlementaire.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, députée de Labelle, vous avez la parole pour
1 min 50 s.
Jeannotte : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la mairesse. Écoutez,
moi, je suis impressionnée par votre discours. Je vous félicite, parce que vous
avez beaucoup parlé d'horizontalité. Vous avez un beau discours qui dit qu'il
ne faut pas être adversaires puis qu'il faut être partenaires. Puis, les
efforts que fait la ville de Gatineau, je vous salue, parce que, si toutes les
villes en faisaient autant, peut-être qu'on... En tout cas, c'est ça, il faut
travailler en équipe. Ça fait que félicitations!
Puis,
l'horizontalité, on est là-dedans, hein, le Tourisme avec ma collègue, les
Affaires municipales, le Travail avec M. Boulet, qui va travailler au
niveau de la CCQ, France-Élaine. Donc, on est vraiment en équipe. Puis vous
avez raison d'en parler.
Puis moi, dans mon
comté de Labelle, là, je reconnais les mêmes suggestions que vous faites. Je le
vis dans mon comté. Donc, c'est intéressant, là. Toutes vos suggestions aussi,
un coup de chapeau à vos suggestions. C'est très intéressant.
La TECQ, qui pourrait
venir, là, aider, comme modèle, avec nos négociations avec le fédéral,
j'aimerais vous entendre là-dessus. Et puis d'ailleurs avez-vous interpelé,
tant qu'à faire, M. Trudeau, qui vous a lancé un coup de... un petit cri,
ça ne fait pas longtemps? Donc, je voudrais vous entendre sur la TECQ, s'il
vous plaît. Merci.
Mme Bélisle
(France) : Bien, M. Trudeau n'est pas loin, hein? Je faisais des
blagues que je suis prête à aller chercher un chèque pour le gouvernement du
Québec. Ça me prend 10 minutes de traverser le pont.
Peut-être que
Mme Marchand pourrait compléter, mais, je vous dirais, sur le plan
administratif et politique, la TECQ est un programme...
Le Président (M.
Schneeberger) : 15 secondes.
Mme Bélisle
(France) : ...est un programme duquel on peut s'inspirer. Je pense
que, quand on est en politique, on ne veut pas toujours réinventer la roue, et
cette possibilité-là est intéressante. Alors, Mme Marchand ou Martin, je
ne sais pas si vous voulez compléter, voir quels sont les liens, là, qu'on voit
ou le potentiel de prendre la TECQ comme un modèle qui pourrait aussi
s'appliquer en logement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Malheureusement, on n'a plus de temps. Alors,
peut-être qu'on pourra revenir avec les oppositions là-dessus. Alors,
excusez-moi, il faut faire respecter les minutes pour tout le monde. Alors,
nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec la députée de Mille-Îles.
Vous avez 10 min 24 s qui vous est accordé.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, d'abord, merci, Mme la mairesse et les deux personnes qui vous
accompagnent, d'être présents avec nous ce matin. Je dois vous dire que j'ai
beaucoup... j'ai eu à beaucoup insister pour que vous soyez présents. Je tenais
absolument à vous entendre. Et, après plusieurs refus, heureusement, vous êtes
ici. Donc, je suis très heureuse. Et la raison pourquoi je voulais autant vous
entendre, c'est que vous êtes à proximité d'une autre province, qui a des
règles assez différentes des nôtres par rapport à la construction, et vous
vivez une réalité qui est vraiment distincte du reste du Québec. Donc, vous en
parlez dans votre mémoire. C'est fort intéressant.
Avant de rentrer dans les détails, je voudrais
juste souligner que j'apprécie d'entendre que le logement social, ce n'est pas
une dépense, mais que c'était un investissement. On l'a vu avec le sommet de
l'itinérance la semaine dernière. Donc, merci d'avoir porté ce bâton de pèlerin
là, Mme la mairesse, dans les dernières semaines.
Donc, peut-être venir avec... Justement, on a vu
l'Ontario annoncer qu'ils allaient aller dans le sens, dans le fond, du fédéral
pour leur taxe de vente sur les matériaux de construction. Et, dans votre
mémoire, vous en parlez, là, en page 11. Vous aimeriez que le Québec également,
dans le fond, modifie la
Loi sur la taxe de vente du Québec pour, dans le fond, exempter les logements sociaux
et communautaires. Est-ce que vous pourriez en parler un peu plus?
Qu'est-ce que vous pensez que ça aurait comme impact chez vous?
Mme Bélisle (France) : Je vais
demander à Martin de compléter la réponse, mais merci de me poser cette
question-là. Je vais me permettre de dire quelque chose que j'ai entendu,
justement, au sommet la semaine dernière. Vous étiez présente. Quelqu'un a
dit : «One-size-fits-all fits nobody», c'est-à-dire que, si on fait du
mur-à-mur, on ne répond aux besoins de personne. Et, je veux dire, je suis
mairesse, vous êtes députés, vous êtes ministre, c'est vraiment plus simple
pour une organisation gouvernementale de faire du mur-à-mur. C'est plus facile
pour nous sur le plan administratif, mais ça
ne répond pas bien aux besoins. Et la région de l'Outaouais et de Gatineau,
elle a, oui, des spécificités régionales. Et je comprends bien que les
1 100 maires et mairesses au Québec vous diraient qu'ils sont tous spéciaux et uniques, mais, si on veut être
capables d'atteindre des résultats, il va falloir faire preuve de souplesse
et venir mettre des lunettes. Et vous avez complètement raison. Ce que Gatineau
vit dans sa situation frontalière de pression
sur le logement, de... Une couverture pour un itinérant, là, c'est une
couverture, qu'il soit l'autre côté du pont ou de ce côté-ci. Alors, ça
demande une vision comme ça.
Je vais
demander à M. Bisson, dans mon équipe, de vous parler parce qu'il est...
C'est lui qui a eu des discussions avec
les gens de l'ACQ et de l'APCHQ dans ce dossier de la construction, puis il
pourrait répondre, là, plus précisément à votre question sur les freins
que ça engendre, la situation puis la réglementation actuelles.
M. Bisson
(Martin) : Oui. Par rapport à la région, de notre proximité
avec Ottawa, autant au niveau du marché locatif privé que du marché...
le hors marché, on a... on compétitionne, Gatineau, avec les entrepreneurs
d'Ottawa, même au niveau de la
main-d'oeuvre, au niveau des talents. Donc, on a cette compétition-là. Si, par
exemple, à Gatineau... Puis souvent Gatineau, par les programmes puis
par sa proximité avec Ottawa... Je vais vous donner un exemple. La construction
à Gatineau est 17 % plus chère qu'à Montréal. Ça fait qu'on pense souvent
que le marché de Montréal, c'est où c'est le
plus cher au Québec, construire. Gatineau, c'est 17 % plus cher, puis il y
a un impact qui est directement lié avec l'Ontario.
En octroyant un crédit de taxes au niveau des...
du logement social et communautaire hors marché, ça nous permet d'être un peu plus... d'être plus
compétitifs, de baisser nos coûts, évidemment, parce qu'au final c'est... au
même
titre qu'au privé, au social, communautaire, bien, c'est une
question de chiffres puis de montage financier.
Dans un exemple... Puis, même pour le marché
locatif privé, si l'Ontario adopte un crédit pour sa TVH, bien, l'impact pour
nos entrepreneurs de Gatineau, c'est qu'ils deviennent automatiquement
15 % moins compétitifs que le logement qui se construit l'autre côté de la
rivière. Je pense que d'inscrire ça, ça permet une certaine compétitivité puis,
dans la relance qu'on vit présentement, ça donne un avantage au logement social
et communautaire, c'est-à-dire que, le temps
que les taux d'intérêt descendent, il y a une possibilité pour le Québec de
mettre la pédale au fond pour le logement social et communautaire. Ça
nous donne cette opportunité-là, le temps que le marché se rééquilibre au
niveau du marché locatif privé. Donc, c'est une des avenues que nous, on
suggérait.
On a aussi mis dans notre mémoire le fait que,
pour le marché locatif privé, ça pourrait être intéressant de le faire aussi,
mais, dans le mémoire, ce qu'on inclut, c'est une notion de le faire dans des
axes à haut niveau de service de transport
collectif et dans des zones densifiées, justement, pour qu'à court, moyen, long
terme, bien, ça... on puisse avoir un retour sur notre... que le
gouvernement puisse avoir un retour sur son investissement.
Dufour : Merci beaucoup. Il y a aussi une autre réalité que
vos voisins vivent, c'est l'accès aux sommes du fédéral avec l'ICRL. Là, il y a eu une sortie, la semaine dernière,
du président de l'Union des
municipalités du Québec,
est-ce que... qui demandait, justement, que l'entente soit rapidement signée ou
que les villes puissent directement aller
chercher les sommes au fédéral. J'ai entendu hier, je crois que c'était hier,
la ministre qui parlait des conditions qui seraient exigées. Mais, entre
ne pas avoir l'argent et attendre versus on perd du temps, qu'est-ce que vous
en pensez? Puis est-ce
que vous... est-ce que vous voyez un impact, justement, qu'Ottawa ou... et même
Toronto vont... puissent avoir accès à cet argent-là et pas vous?
Mme Bélisle (France) : Je vais
répondre parce que la question est peut-être un petit peu plus politique. Tu sais, j'ai le goût de vous dire, là : Moi, au
final, là, ça ne me dérange pas, c'est quoi, le système, mais il peut-tu
marcher? Tu sais, on peut-tu se
parler? On peut-tu faire descendre de l'argent? Il y a quelque chose qui est
complètement aberrant de vivre une crise comme on vit en ce moment et de
savoir que cet argent-là ne descend pas sur le terrain. C'est inacceptable.
Alors, moi,
j'ai le goût de vous dire, au gouvernement du Québec et au gouvernement
fédéral : Assoyez-vous, trouvez une solution puis arrangez-vous
pour que ça fonctionne. Moi, que l'argent vienne directement aux villes ou
qu'elle transite par Québec, bien franchement, ça m'importe peu. Ce qui
m'importe, c'est qu'elle arrive le plus rapidement dans ma ville pour qu'elle
arrive le plus rapidement avec une pépine sur un terrain qui va faire du
logement pour des gens qui en ont besoin.
Mme Duranceau et moi, on a déjà eu cette
discussion-là. Moi, je vais vous dire, je fais peut-être
partie des mairesses,
au Québec, qui ont des liens plus étroits avec le gouvernement fédéral à cause,
justement, de cette proximité où j'ai la chance de voir des ministres fédéraux.
Alors, je pense que tout le monde est plein de bonne volonté. Je sais que
Mme Duranceau a eu des échanges souvent avec le fédéral à cet égard-là.
J'ai le goût, un petit peu, de vous renvoyer la balle puis de dire :
Dites-moi qu'est-ce que ça prend. Si vous avez besoin d'aide, je vais aller
vous aider.
Mme Dufour : Merci. Merci pour ce...
Ça venait du coeur. On parlait aussi de la proximité de l'Ontario, là. C'était
intéressant, je trouvais. En page 12, vous parlez de la mobilité des
travailleurs de la construction. Puis ça, c'est un enjeu. Il y a une pénurie de
main-d'oeuvre dans le domaine de la construction. On parle de plus en plus, là,
d'avoir des gens issus de l'immigration dans ces domaines spécifiques là. Bien,
vous, ce que vous demandez, c'est que les 500 Québécois qui travaillent en
Ontario, donc, juste l'autre bord de la frontière, puissent venir construire chez vous. Puis actuellement ce n'est pas
possible. Donc, peut-être vous entendre un peu plus là-dessus, s'il vous plaît.
Mme Bélisle (France) : Martin,
veux-tu aborder cette question-là de la mobilité de la main-d'oeuvre?
M. Bisson (Martin) : Oui,
absolument. Il y a une entente qui existe entre le Québec, l'Ontario et
d'autres provinces de l'Atlantique, justement, pour la mobilité de la
main-d'oeuvre. Un des enjeux particuliers de Gatineau, c'est que... bien, puis
du Québec, c'est qu'il y a le système de cartes de compétence. Ce qui arrive à
Gatineau, c'est que j'ai des travailleurs
qui vont acquérir de l'expérience en Ontario, OK, qui deviennent des
charpentiers-menuisiers, des gens de métier, qui ne peuvent pas, parce
qu'ils n'ont pas de carte de compétence, venir travailler au Québec, sauf si,
par exemple, le bassin s'ouvre ou s'ils vont faire des formations
professionnelles. Ce qu'on considère qui serait avantageux pour l'Outaouais, ce
serait, justement, de décloisonner ça et de permettre à ces travailleurs-là,
sous des conditions particulières à l'Outaouais, de pouvoir intégrer le marché
de la construction à Gatineau, en Outaouais, pour, justement, là, se donner un
avantage ou une chance... une condition de succès additionnelle.
Mme Dufour : Oui. Et un des enjeux
au Québec, c'est justement la multiplication des cartes de compétence. Puis, en Ontario, il y en a beaucoup moins. Donc,
est-ce que... Dans le fond, c'est sûr qu'on voit que c'est plus efficace.
Est-ce que vous voyez des différences dans les temps de réalisation des
chantiers entre Ottawa et chez vous?
M. Bisson (Martin) : Donc, cette
question-là particulière, Mme la députée, je ne pourrais pas vous... Je ne
pourrais pas vous répondre, à savoir est-ce que c'est plus vite en Ontario ou
au Québec, là. Je pense que chacun des marchés a ses particularités. Les façons
dont les corps de métier et les inspections sont gérés d'une province à l'autre
sont trop différentes. Je ne pourrais pas me positionner là-dessus.
Mme Dufour : Parfait. Peut-être un
dernier point. Vous demandez, là, un taux d'imposition différencié pour les
OBNL, les coopératives d'habitation. Dans le fond, ce qu'on comprend, c'est
que, comme ville, vous souhaiteriez pouvoir les aider en les taxant sur un taux
différencié que le reste du résidentiel qui se compare actuellement. C'est bien
Mme Bélisle (France) : Oui. Martin,
tu peux ajouter, mais le... En fait, l'idée... C'est ce qu'on entend... Ce
qu'on entend beaucoup, c'est la capacité ou l'incapacité, parfois, à faire des
réinvestissements ou des investissements pour maintenir l'infrastructure.
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
Mme Bélisle (France) : Donc, s'il y
avait une pression moindre, on fait le pari que les organismes pourraient se garder certaines réserves pour faire un
meilleur entretien, et donc offrir des logements de meilleure qualité pour les
gens.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec
le député de Laurier-Dorion. Vous avez 3 min 28 s.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Bélisle,
Mme Marchand et M. Bisson. Écoutez, je vais y aller tout de suite avec votre première recommandation, là, les
cessions de bail, là. Vous ne parlez pas de cession de bail. Vous parlez
de registre des loyers. Donc, on est forcés de faire, comment dire, un
raisonnement mental pour se dire que vous préférez... En fait, c'est la
question que je vous pose, là. À la lecture de votre mémoire, on dirait que
vous préférez nettement le registre des loyers à la cession de bail, là. Est-ce
que c'est ça, votre raisonnement?
Mme Bélisle
(France) : Martin, veux-tu parler du débat qu'on a eu là-dessus?
M. Bisson
(Martin) : En fait, nous, on voit le registre des loyers comme une
mesure de contrôle des loyers, mais la cession de bail comme telle, c'est entre
le locateur et le locataire. La ville de Gatineau, elle, n'est pas ni un ni
l'autre, OK? Le registre des loyers, ce qu'on trouve, c'est que c'est une
opportunité, à notre avis, d'être moins contraignants, autant pour le locataire
que le locateur, puis qui permet... Un des avantages, au-delà du contrôle du
bail, d'avoir des données en temps réel du marché, qui peut... qui, à notre
avis... Ça, c'est un des avantages, d'avoir ces données-là, pour savoir ils se
dirigent où vers le marché. Si mon parc de logements abordables a une hausse
plus significative, par exemple, que mon marché privé, bien, avec un registre
de loyers, nous, on a la prétention que ça nous permettrait puis ça permettrait
au gouvernement de pouvoir ajuster le tir en cours de route et ne pas se
retrouver devant des faits accomplis.
M. Fontecilla :
Très bien. Je vais aller sur
votre recommandation n° 5, donc, «intégrer, dans le développement
des projets d'habitation pour les clientèles vulnérables, les mises à niveau
pérennes et suffisantes de ressources humaines».
Donc, vous parlez d'une planification de besoins en santé et services sociaux.
Bon, on le sait, on a tous et toutes entendu
votre cri du coeur, Mme Bélisle, la semaine dernière, concernant
l'itinérance et la nécessité absolue de s'attaquer à cette
problématique-là. Croyez-vous que, dans l'état actuel des choses, le
développement du logement social et communautaire n'est pas assez arrimé à de
l'accompagnement, de l'assistance en termes de santé et services sociaux, en
particulier pour les populations en situation d'itinérance?
Mme Bélisle
(France) : Merci, M. le député, de me poser cette question-là. Je
reviens à ce que j'ai dit au début de mon
mémoire, où je disais que Mme Duranceau ne pourra pas, seule, porter ce
dossier. C'est l'affaire de tous et c'est l'affaire d'autres ministres
et d'autres ministères au gouvernement.
Je reviens à votre
question. Si on ne voit pas les défis de notre réseau de la santé, si on ne
voit pas les défis de notre réseau de services sociaux, si, avec nos CISSS, on
n'est pas capables de s'asseoir à la table et d'avoir des discussions
productives pour voir comment on passe de l'intervention terrain à la phase
soins, bien, on fait juste pomper des millions et on n'est pas dans une
réflexion de solutions du système. Et donc j'ai le goût de vous dire que le succès par rapport, notamment, à l'itinérance
mais aussi à d'autres personnes vulnérables et fragilisées, il repose aussi,
en grande partie, sur notre capacité de travailler en équipe sur tous les
fronts.
Le Président (M.
Schneeberger) : En terminant.
Mme Bélisle
(France) : Alors, la faiblesse ou la force d'un réseau de santé et de
services sociaux efficace a un impact direct sur les clientèles qu'on essaie
d'aider.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour votre réponse. Alors, nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine.
Alors, vous avez 2 min 38 s, M. le député.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la mairesse, membres de votre équipe.
Je voudrais d'abord saluer la teneur puis l'approche de votre mémoire, qui
est... je qualifierais d'humaniste et d'holistique, dans la mesure où on veut
aborder les problèmes en collaboration avec les autres, mais de façon globale.
Vous parlez de santé. Vous parlez de logement. Les deux sont interreliés.
J'imagine que vous pourriez parler aussi d'environnement. Et, sous cet
angle-là, je pense que c'est une bonne façon de voir les choses.
On voit qu'il y a des
recommandations pour soutenir les projets de résidences étudiantes. On a aussi
des propositions pour soutenir les organismes communautaires. Vous avez aussi
votre rôle à jouer, le gouvernement également. Alors, moi, je trouve que
l'approche est très intéressante.
Puis, pour entrer
dans le vif du sujet, puisqu'on a peu de temps, j'aimerais savoir... On a
beaucoup parlé de cession de bail. Vous
refusez de vous prononcer là-dessus, en disant : Ce n'est pas
nécessairement l'affaire des villes. Mais, sur le registre des loyers,
vous prenez position. On est d'accord avec vous. La ministre, hier, a semblé
suggérer que ce n'était pas le travail du gouvernement mais plutôt l'affaire de
Vivre en ville ou même des villes, si elles voulaient en développer un. Quelle
est votre réaction à ce point de vue?
Mme Bélisle
(France) : Nous, on maintient qu'un registre des loyers à portée, je
veux dire, nationale est intéressant. Il est intéressant pour les locataires.
Je pense aussi qu'il est intéressant dans la collecte de données pour le
gouvernement, autant le gouvernement du Québec que pour les villes. Je ne sais
pas quelle serait la bonne solution. Vivre en ville a fait une proposition très intéressante, que nous, on a appuyée, par
rapport à son registre. Il y a déjà des mécanismes qui existent entre le
gouvernement du Québec et les propriétaires. Je vais prendre, par exemple, le
relevé 31, que les propriétaires doivent faire et doivent fournir à leurs
locataires. Est-ce qu'il n'y a pas là une façon d'intégrer une nouvelle donnée
ou une nouvelle question qui permettrait de colliger le prix des loyers?
Alors,
je... moi, je pense que cette idée-là, elle est très intéressante pour protéger
les locataires, pour tenir aussi les locateurs imputables, mais pour
permettre aussi au gouvernement du Québec, puis là je reviens à mon discours économique,
de voir comment ça va dans l'économique de ses régions, de voir quel est le
profil ou la pression sur certaines populations et villes du Québec par rapport
à d'autres. Et ça, c'est très important. Je vous dirais, dans une région comme
Gatineau, de façon plus granulaire, et vous le voyez dans le mémoire... Je n'en
ai pas parlé ici aujourd'hui parce que vous
l'avez sous les yeux, mais on est le logement abordable d'Ottawa. On est la
ville, au Québec, où le quatre et demie coûte le plus cher, mais on est
presque 400 $ moins cher que le côté d'Ottawa. Alors, il y a une pression
immense.
Donc, ce genre de... En fait, ce registre des
loyers permettrait peut-être d'aller chercher de la donnée fine autre que
seulement propre au logement, mais pour voir et pour moduler, sur le plan
économique, qu'est-ce que ça donne dans une population.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la mairesse. Alors, merci pour votre précieuse contribution à nos travaux.
Alors, nous
allons suspendre quelques instants pour permettre au prochain groupe de prendre
place. Bonne journée.
Mme Bélisle (France) : Merci. Merci
à vous.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons la séance. Alors, je souhaite la bienvenue à la Fédération des
locataires d'habitations à loyer modique du Québec. Alors, bonjour à vous
quatre. Alors, dans un premier temps, peut-être juste vous présenter très
rapidement, parce que c'est à l'intérieur du 10 minutes qui vous est
consacré pour présenter votre mémoire. Alors, je vous laisse la parole.
M. Dubé
(Yves) : ...je vais vous présenter les membres qui sont avec
moi. J'ai la vice-présidente, Mme Marie-France Poirier, organisatrice
communautaire, Patricia Viannay, notre trésorier, M. Lucien Dionne, et
moi-même, le président, Yves Dubé. Alors, Mme la ministre, Mmes et MM. les
députés, bonjour. Les présentations sont faites, alors je vais passer à un
petit topo de la fédération.
Alors, bien, en premier lieu, au nom de la
fédération, je tiens à vous remercier pour l'invitation à participer à cette
commission parlementaire. La fédération a toujours été une force de
proposition, et nous sommes contents de pouvoir contribuer, avec nos
commentaires, à l'avancement du droit au logement au Québec.
Il y a 30 ans, la fédération voyait le
jour, et aujourd'hui elle parle au nom de 65 000 ménages administrés
par les 149 offices d'habitation du
Québec. Elle regroupe près de 300 associations de locataires et une
centaine de comités consultatifs de résidents répartis sur tout le
territoire.
Depuis sa fondation, notre fédération se soucie
d'assurer la bonne gestion et la pérennité du parc de logements publics au Québec, notamment en favorisant l'implication des
locataires à la gestion de leur office d'habitation. La fédération est dirigée par un conseil
d'administration composé de 18 locataires représentant les différentes
régions du Québec.
D'entrée de jeu, ici, il est important pour nous
de préciser que nous n'interviendrons pas sur la modification proposée par la
ministre concernant la cession de bail et le fonctionnement du Tribunal
administratif du logement. Cependant, nous
attirons votre attention sur des sujets qui sont très importants pour la
fédération et les 65 000 familles que nous représentons :
en premier lieu, la préservation du parc immobilier HLM, un patrimoine
collectif de plus de 30 milliards de
dollars; ensuite, nous proposerons des solutions à la crise du logement grâce à
un nouveau programme HLM et à des
mesures législatives pour augmenter l'offre de logement; finalement, nous
aborderons des articles sur la gouvernance des offices.
Et, sur ces
quelques mots, je vais céder la parole à Patricia Viannay, qui va développer
davantage sur le contexte et notre amendement à l'article 19 de la
loi n° 31. Merci.
Mme Viannay (Patricia) : Merci,
Yves. Donc, en effet, nous, à la fédération, bien, vous l'avez vu à la lecture
de notre mémoire, on a choisi de se concentrer sur les articles 19 et 22,
directement en lien avec le parc HLM, la gouvernance des offices, et, je vous
dirais, en particulier l'article 19. C'est l'article, donc, qui ouvre la
possibilité, en cas d'aliénation d'un immeuble ou d'un terrain, que le produit
de cette aliénation serve à reconstruire du logement HLM ou du logement
abordable. Donc, c'est plus sur le «ou du logement abordable» qu'on
souhaiterait intervenir.
C'est sûr que
la vente de HLM, la démolition, la reconstruction, c'est encore quelque chose
qui se fait rarement. C'est déjà
possible. Ça se fait à certaines conditions. C'est encore rare. On lit aussi,
dans les programmes gouvernementaux, que ça ne
semble pas être l'intention de diminuer le nombre de logements HLM. On n'a pas
l'intention d'en vendre. On l'a bien lu. On aimerait ça le lire dans la loi
aussi. En fait, finalement, c'est ça, notre point.
Pourquoi on trouve que c'est important que ce
soit enchâssé dans la loi et dans l'article 19 actuellement? C'est parce que, bien, la crise du logement a fini
par nous rattraper. On ne voudrait pas que le contexte qu'on vit en ce
moment en HLM finisse aussi par nous rattraper.
Qu'est-ce que
j'entends par «le contexte HLM»? Bien, sans surprise, l'état du parc. On a
beaucoup échangé avec le gouvernement, à la fédération, sur l'état du
parc. On sait, on partage tous le fait qu'il y a d'énormes défis à relever par
les offices. On a applaudi le Programme de rénovation HLM au mois de juin. On
est rassurés que le 2,2 milliards soit consacré à ce programme-là puis on
y voit des opportunités de rénovation ou modernisation. On le voit. Mais, la réalité étant ce qu'elle est, le programme va
aussi permettre, dans des conditions particulières, de vendre ou de démolir
pour reconstruire, tu sais, puis démolir pour reconstruire... Tu sais, démolir,
c'est plus facile que reconstruire. Donc, c'est ça qu'on veut vraiment
préciser avec l'article 19.
Un autre élément du contexte qu'on ne peut pas
passer sous silence, c'est, bien, l'appétit plus ou moins grand, hein, des
administrations, des municipalités d'investir dans le logement social. Donc, on
l'a vu. Puis je n'irai pas dans les détails des exemples, mais on peut citer
des municipalités qui ont fait le choix de ne pas entretenir leurs parcs HLM et
qui ont fait le choix de vendre ensuite, une fois qu'ils étaient barricadés,
pour faire place à des condos. Dans certains cas, les locataires ont réussi à
bloquer ce mauvais projet. Dans d'autres cas, ils n'ont pas réussi. Donc, ça
pourrait être ça, tu sais, le... C'est ça, le contexte HLM qui nous dit... On
ne peut pas laisser ça ouvert : Ah oui! on va démolir, on va reconstruire
en HLM ou en logement abordable. Ce n'est pas juste une question de sémantique.
Vous savez ce qu'on pense du logement abordable,
à la Fédération des locataires de HLM. Ça ne répond pas aux mêmes besoins que
les HLM, pas juste en termes de coûts de loyer, mais aussi qui accède au
logement abordable. On a fait les vérifications. À date, le programme de
logement abordable ne prévoit pas que la
partie abordable soit attribuée en
fonction des règlements d'attribution des offices. Donc, ce n'est pas les gens
qui sont sur les listes d'attente des offices qui iront dans le logement
abordable.
C'est pour ça qu'on propose une reformulation de
l'article 19 pour s'assurer que... Si c'est l'intention du gouvernement de
sauvegarder le parc, de ne perdre aucun HLM, il faut que l'article garantisse
que toute démolition entraînera une reconstruction égale ou supérieure en
logement à loyer modique, et non pas abordable, et avec l'assentiment des
locataires, parce qu'ils ont leur mot à dire. Ils sont impliqués dans la
gestion, et on veut qu'ils soient impliqués dans ces réflexions-là.
Donc, c'est vraiment le coeur de nos
changements, l'article 19. Il y a quelques éléments sur la gouvernance des
offices qu'on trouve intéressants dans le projet de loi, donc je vais laisser
M. Dionne les préciser.
M. Dionne (Lucien) : Merci, Mme
Viannay. Le premier article, l'article 20, qui réfère à l'article de la
Loi de la SHQ, 85.1, on attire votre attention sur l'énoncé suivant : «Les
dispositions de la présente
section s'appliquent à un organisme d'habitation qui est un organisme sans but lucratif...»
Nous autres, on voudrait qu'on insère, après «qui est», à ce moment-là,
«ou un organisme sans but lucratif». Ça donnerait l'occasion, à ce moment-là,
d'éclaircir que la loi s'applique également à l'office d'habitation.
L'article 21, lui, concerne la période de
mise en tutelle. Alors, on est d'accord avec l'article 21 qui prescrit, à ce moment-là, de passer d'une période de trois
mois à une période de 12 mois de façon à éviter des mandats répétitifs.
L'article 22, qui concerne la période
d'inhabilité à siéger, on est d'accord pour une période de trois ans. Cet
article-là modifie l'article 85.5 de la SHQ, qui, lui, est imprécis à cet
effet. On aimerait, par contre, l'article 41 du code de déontologie des administrateurs, que... ça devrait être la même
durée aussi, de façon à demeurer cohérents entre les articles.
J'ai terminé. Je passe la parole à notre
vice-présidente.
Mme Poirier (Marie-France) : Merci,
M. Dionne. La crise du logement, la solution, c'est vraiment les HLM. Nous avons des propositions pour cette crise.
La... Voyons! La colocation entre les locataires peut... peuvent être proposée, donner le pouvoir aux offices de
construire des HLM, les moyens. C'est pourquoi on veut un nouveau programme.
En conclusion, le 80-20 pour relancer la construction, c'est un must pour
contrer et relancer. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci pour votre présentation. Nous allons débuter une période d'échange
avec... du côté ministériel avec Mme la ministre. Vous avez un
16 min 30 s.
Mme Duranceau : Parfait. Merci.
Bien, merci de vous être déplacés pour nous rencontrer. Ça ne fait pas
tellement longtemps qu'on s'est rencontrés, mais là on est précisément sur ce
sujet-là du projet de loi. Merci bien.
Je comprends vos modifications. Je trouve que
vos propositions sont très pertinentes. Puis, clairement, l'idée, ce n'est pas
de réduire le nombre de logements sociaux. Ça fait que, sur ça, je peux vous
rassurer d'emblée, je pourrais... Ça fait que, sur les modifications
techniques, là, j'ai bien compris, puis on va les analyser, puis on pourra en
reparler en temps et lieu.
Peut-être, on en a parlé brièvement quand on
s'est vus l'autre fois, mais, tout l'enjeu de colocation, j'aimerais ça qu'on
aille un peu plus dans le détail sur cette question-là, colocation à
l'intérieur des HLM, pour le bénéfice de tout le monde, puis qu'on voie comment
on peut bonifier ça, puis aussi l'impact que ça peut avoir sur les listes
d'attente, puis le respect de la liste d'attente. Ça fait que je vous écoute.
Viannay (Patricia) : Donc, le règlement actuel... Vous savez, en HLM,
bon, il y a le règlement d'attribution pour entrer dans les HLM, et le
règlement ne permet pas, actuellement, à des gens qui ne font pas
partie d'une
même famille d'habiter un même logement, à moins que la personne soit reconnue
comme aidante naturelle. Mais c'est... On
parle de logement... La volonté du législateur, à l'époque, j'imagine... On
parle de logements familiaux, puis l'intention, c'était vraiment que ces
logements soient réservés à la cellule familiale.
Actuellement, ce
qu'on constate, c'est qu'il y a à peu près 10 % du parc HLM qui est en
sous-occupation. Donc, on parle quand même
de plusieurs milliers de logements. Il y a plusieurs raisons. Il y a des... Ça
dépend vraiment de la demande, évidemment, mais l'essentiel des
situations de sous-occupation qu'on retrouve, ça va être, par exemple, souvent
une femme qui va avoir élevé sa famille dans son logement en région. Pourquoi
dans les plus petits centres? Parce que c'est là où il y a... où l'offre est la
moins diversifiée, finalement. On connaît qu'il y a des immeubles, c'est
10 logements, c'est toute la même taille, ou 20 logements. C'est tous
les mêmes, le même modèle. Donc, cette personne-là, elle a le droit au maintien
dans les lieux, évidemment, elle a encore besoin de son HLM, mais l'office ne
peut pas lui offrir de logement adapté à sa taille. Elle voudrait avoir un
trois et demie, mais il n'y en a juste pas, de trois et demie, dans la région.
Donc, elle reste dans un quatre, voire dans un cinq et demie. C'est des
situations... Ça, c'est un exemple de sous-occupation.
À Montréal, ça va
être une autre raison. Par exemple, il y a des immeubles qui ont été construits
avec, à chaque bout du corridor, des quatre et demie, puis c'est des immeubles qui
sont destinés à des personnes âgées. Bien, le niveau de revenus actuel ne
permet pas à deux personnes âgées de cohabiter. Ils ne sont pas éligibles. Ils
dépassent les revenus. Donc, on a beaucoup de difficultés à louer certains
quatre et demie dans des résidences de personnes âgées à Montréal. Donc, on
comprend pourquoi ces logements sont vides. Il y a des raisons de programme, de
règlement. Mais là les locataires... Vous savez, nous, quand on disait qu'on a
une force de proposition, c'est venu des locataires. C'est les locataires qui
ont dit : Bien, nous, on pourrait louer, on pourrait partager ces
logements-là...
Duranceau : ...vous interrompre. Est-ce que c'est un enjeu, au niveau
des règlements, du côté HLM, ou c'est au niveau de la
loi sur la sécurité
sociale, ou...
Mme Viannay (Patricia) : Non. Là, c'est vraiment
le règlement d'attribution qui ne permet pas la colocation. C'est ça
qu'il faudrait changer. C'est sûr qu'il y aura des arrimages à faire, parce
qu'on sait que, quand il y a partage de logement, ça peut avoir un impact de
revenus, un impact sur le revenu en termes de sécurité sociale, la sécurité...
le soutien au revenu.
Mme Viannay
(Patricia) : Tout à fait. Mais c'est pour ça que nous, on l'amène comme...
Regardez, il y a 10 % du parc qui est en sous-occupation. Il y a aussi
10 % du parc qui est en suroccupation. Bien, ce 10 % du parc en
sous-occupation, il y a des locataires, à notre congrès, qui ont levé la main
et qui ont dit : Mais moi, j'ai des voisins, voisines, ça fait cinq ans
qu'ils attendent sur la liste, j'ai un cinq et demie, je pourrais partager avec
eux. Donc... Mais le règlement ne le permet pas actuellement. Donc, c'est un
chantier qu'on pense qu'il faut qu'on travaille ensemble. Il y a quelque chose
là. Il faut le penser. Il faut que ce soit sur une base volontaire, parce qu'on
sait que la cohabitation... On ne veut pas que ça finisse par entraîner
d'autres problèmes de vivre ensemble. Donc, c'est un chantier à entreprendre
ensemble, mais on y voit au moins une
partie de la solution pour loger
certaines personnes, en effet, sur les listes d'attente.
Duranceau : Parfait. Je pense, je vais passer la parole à ma collègue
de Labelle.
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée... députée de Labelle. Oui, allez-y.
Jeannotte : Oui. Merci, M. le Président. Dans le fond, j'aimerais vous
entendre, parce que vous proposez également, là, que vous... Vous seriez
capables, dans le fond, de gérer un programme vous-mêmes. C'est ce que je
comprends dans une des propositions.
Mme Viannay
(Patricia) : On n'avait pas tout à fait cette ambition, pour être
honnête. Non. En fait, le programme qu'on propose, le 80-20, donc, pour nous...
Pour nous, le logement social, le logement public, c'est une mission du
gouvernement. Ça fait... On veut... On a le droit au logement. On reconnaît
l'importance du droit au logement au Québec, qu'il soit dans les textes de loi
ou pas, là. À la commission, ici, on veut tous que tout le monde ait un toit
sur la tête. On reconnaît ce droit-là. Puis, pour certains ménages les moins
fortunés ou les gens qui vivent de la discrimination dans l'accès au logement,
c'est le logement public qui permet ceci ou le logement social et
communautaire. Donc, nous, c'est sûr qu'on mise sur le logement public. Il y a
des administrations en place. Il y a des offices. Il y a des locataires
impliqués. Les offices sont en lien avec les municipalités. Donc, on y voit...
On voit les offices puis on pense, tu sais, avec la tournée qu'on voit
actuellement sur l'optimisation du réseau, qu'on partage ça avec le
gouvernement, les offices pourraient développer et gérer les HLM.
Jeannotte : Oui, c'est plutôt ça, dans le fond.
Viannay (Patricia) : Dans le fond, nous, c'est un programme
gouvernemental. Ça reste un programme gouvernemental.
Jeannotte : Est-ce que vous pourriez expliquer comment les offices
pourraient s'y prendre?
Mme Viannay
(Patricia) : C'est ça. Donc, l'idée, en fait... Puis ça, c'est des...
En tout cas, on est dans différents groupes de travail, de réflexion. On n'a
pas pensé ça tout seuls. On l'a déjà, même, discuté un petit peu avec la SHQ.
L'idée, en fait, c'est que... Ce qui était reproché au programme HLM, c'étaient
ses coûts sur le long terme, des engagements à 35, 45 ans qui engageaient
les municipalités et les gouvernements sur du long terme, tout ça. Puis ça, on
l'a entendu, on l'entend tout le temps, c'est un enjeu. Donc, on a essayé de
penser déjà à un programme qui serait plus un coût à court terme, élevé, je ne
dis pas le contraire. On le sait, que ça coûte cher pour faire du logement
social. Les premières fois qu'on parlait de ça, on était à 250 000 $,
300 000 $ la porte. Je pense qu'on est rendus pas mal à 400 000 $
la porte. Donc, tu sais, on ne nie pas que c'est un investissement qui va
coûter de l'argent, mais il va être à court terme, il va être prévisible.
80-20,
pour nous, c'est... 80 %, c'est de l'argent gouvernemental, 20 %,
c'est la contribution des municipalités. Je sais qu'en ce moment on le pense
plus 10 %, quand on pense le programme HLM. 20 % des municipalités, ce
n'est pas forcément un chèque. C'est des terrains. Il y en a plein, de terrains
à développer. On sait qu'on entend tout le temps qu'on manque de terrains, mais
il y en a, des terrains qui ne sont pas développables, parce qu'il faudrait
changer la Loi des cités et villes, par exemple. Mais les offices ont des
terrains qu'ils pourraient densifier, qui sont des terrains municipaux. Donc,
on pense qu'il y a une contribution comme ça, municipale, qui pourrait être de
l'ordre de 20 %.
Pourquoi ce serait
géré par les offices? Parce qu'on veut absolument vider cette liste. On veut
s'assurer que les locataires qui bénéficient de ces investissements, ce soient
ceux qui en ont le plus besoin. C'est ceux qui sont à plus faibles revenus et
ceux qui vivent toutes sortes de discrimination quand ils appliquent dans du
logement. Puis, les HLM, on ne vit pas ça. Les offices, justement, règlent ce
problème-là.
On dit 80 %
d'attribution selon le règlement, 20 % selon les besoins municipaux, parce
qu'après tout c'est vrai que c'est une contribution municipale. Peut-être que,
dans certaines municipalités, il y aurait un 20 % qui pourrait servir à d'autres
besoins. On le voit maintenant. On est obligés de faire des décrets pour
dire : Bien, telle municipalité peut augmenter un petit peu son plafond de
revenus parce que ça correspond mieux à sa réalité locale. Bien, on pourrait le
prévoir dans le programme, d'avance. C'est sûr que, les offices, comme les
grandes villes, Montréal, qui ont des listes d'attente interminables, il y a
des chances qu'ils utilisent 100 % de leurs logements pour vider leurs
listes, mais il y aurait cette flexibilité-là dans le nouveau programme HLM
qu'on voudrait.
Jeannotte : Puis, peut-être, si j'ai encore du temps, est-ce qu'il y a
une différence entre ce que vous venez d'expliquer et une deuxième génération
de HLM, là, que vous verriez?
Mme Viannay
(Patricia) : Pour nous, c'est ça, la deuxième génération. Puis
pourquoi on dit «deuxième génération»? Parce qu'on va apprendre de nos erreurs
passées. Entre autres, on pense, tu sais, à des immeubles multigénérationnels.
On l'entend beaucoup. C'est une demande qu'on entend beaucoup dans le milieu.
Les gens veulent rester dans leur milieu. Il y a toute sorte d'entraide qui se
fait. C'est un exemple, tu sais, de pourquoi on parle de nouvelle génération.
Jeannotte : Est-ce que les loyers seraient encore toutes sortes de
grandeurs ou... Avez-vous réfléchi aussi à ça? Non?
Mme Viannay
(Patricia) : Bien, pas... Oui, nous, on fait le lien entre un
programme 80-20 HLM et le programme PSL, c'est sûr. On veut que les loyers
soient à 25 % des revenus. Il n'y a pas de marge de manoeuvre budgétaire,
malheureusement, dans les ménages avec qui on travaille. Donc, il faudrait que
ce ne soit pas abordable, mais à 25 % des revenus.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Alors, nous retournons du côté de la ministre.
Mme la ministre, c'est à vous.
Duranceau : Oui. Vous mentionnez être d'accord, dans votre mémoire,
là, avec la prolongation des délais pour les administrations provisoires. Moi,
je vais vous avouer, ça me décourage toujours quand j'ai ça sur mon bureau à
approuver. Là, je vais les avoir dans une fréquence un peu moins élevée.
Mais je voulais vous
entendre. Je pense qu'à l'égard des offices d'habitation ce n'est pas
applicable. C'est à l'égard des OBNL qui s'occupent des HLM privés, disons, là,
ceux qu'on qualifie de HLM privés parce qu'ils sont sous un OBNL. Quelle est
votre perspective sur ça, sur le mode de gestion, justement, au niveau des OBNL
dans ce contexte-là versus, peut-être, les offices d'habitation? Avez-vous des
recommandations à formuler?
Mme Viannay
(Patricia) : Bien, j'aurais tendance à laisser ça au regroupement des
OSBL en habitation. Bien, pourquoi...
Mme Duranceau : Vous être bien
placés pour commenter.
Mme Viannay
(Patricia) : Bien, en fait, on connaît bien le programme HLM, tu sais.
À Ottawa, quand le programme a été pensé... On sait comment il fonctionne. Le
déficit d'exploitation, les... tu sais, toutes les règles d'attribution, ça, c'est pareil, mais la gestion
est complètement différente, après, quand c'est un office et quand c'est un OBNL.
Un OBNL, on parle vraiment d'un conseil d'administration autonome qui gère ces
logements-là.
Nous, la beauté, je vous dirais... En tout cas,
je pense, les deux répondent à des besoins différents. L'avantage du HLM
public, c'est, bien, son volume, mais c'est aussi l'implication des locataires
dans la gestion. Je vous dirais, c'est là, nous, qu'on voit la principale
différence, l'implication des locataires dans la gestion. Quand le HLM, il est public, géré par l'office, bien,
l'implication, elle est structurée. Elle fait même
partie de la loi, maintenant,
de la SHQ. Elle fait
partie du guide de gestion. C'est un
chapitre au complet.
Et ça fait toute une différence. Les locataires sont sur le conseil
d'administration. Je sais que, sur les OSBL aussi, là, il y a des sièges
réservés aux administrateurs, mais ce n'est pas facile d'être un administrateur
locataire autour... tu sais, quand on gère des HLM. Mais, en HLM, les
administrateurs, ils ont l'appui d'un comité consultatif des résidents, qui est
une obligation du gouvernement d'avoir un... imposée par la SHQ, d'avoir des
comités consultatifs. Il y a des associations locales. Donc, il y a toute une
prise en charge, dans les HLM, qui est peu connue.
Tu sais, on pense plus... HLM, on ne pense pas
prise en charge. On pense prise en charge quand on pense coop, mais on n'y
pense pas en HLM. Mais, pour avoir travaillé dans toutes les tenures, je peux
vous dire que, dans les HLM, il y a une implication qui est énorme, qui fait
une différence et qui rend, selon nous, les offices pas mal plus intelligents, pas mal plus flexibles dans
leur gestion, parce que les locataires apportent des idées. Puis on pourrait
en parler longtemps. Les locataires ont toutes sortes de propositions, même
pour peut-être diminuer le déficit d'exploitation, parce qu'ils disent :
Bien, nous, il y a une
partie des jobs qu'on pourrait faire. Il y a énormément
de choses qui se font bénévolement, que, si
on n'allait chercher que des intervenants et intervenantes de milieu pour faire
ce qu'eux, ils font sur le terrain, ça coûterait pas mal plus cher. Donc, en
termes de gestion, nous, on trouve que la place centrale que prennent de plus
en plus les locataires, c'est une bonne garantie aussi d'une bonne gestion.
Duranceau : Parfait. Merci. Puis, au niveau des listes,
évidemment, on parle toujours de la liste d'attente, là, des HLM, puis
il faut, effectivement, que ça diminue, c'est quoi, votre perspective sur la
gestion de ces listes-là? Êtes-vous confiants qu'on a les bons chiffres,
confiants que... Outre le fait qu'il faut construire plus, là, la gestion,
l'attribution, avez-vous des recommandations à faire sur ça?
Viannay (Patricia) : Bien, la liste d'attente, tu sais... Puis on le
sait, qu'il y a des travaux, en ce moment, pour revérifier si toutes les
personnes qui sont sur les listes sont bel et bien en attente. Moi, je vous
dirais qu'il y en a plus qui ne sont pas sur les listes qui ont besoin d'un HLM
qu'il y en a sur les listes qui n'en ont plus besoin. Tu sais, on peut les
faire, les appels, mais combien il y en a qui vont dire : Ah non! moi, ça
ne m'intéresse plus, un HLM, si on le rejoint? Parce que c'est une chose de
vider la liste parce qu'on n'a pas rejoint la personne; c'est une chose de vider la liste parce qu'elle nous a confirmé
qu'elle n'en avait plus besoin. Si on se fie aux besoins en logement, la liste,
elle sous-estime les besoins.
Après, en termes de gestion de liste, c'est sûr
que mettre de l'énergie pour gérer une liste ne nous semble pas le meilleur
choix. Tu sais, si on veut mettre de l'énergie, ce que, nous, les locataires
nous disent, c'est qu'ils veulent que quelqu'un réponde au téléphone quand ils
appellent. Ils veulent quelqu'un sur le terrain. Puis les offices ont des
budgets limités. Donc, plus ils mettront d'énergie à gérer la liste, moins ils
en mettront à parler aux locataires qui sont déjà en place.
Dans la gestion de la demande de logement
social, c'est sûr qu'on trouve intéressant, par contre, de fusionner les listes
des différentes tenures, parce que c'est là où, des fois, les locataires, c'est
moins clair pour eux. Ils ont appliqué dans un OBNL puis ils croient qu'ils
sont sur la liste de logement social, mais en fait ils ne sont pas sur la liste
de l'office, ou, inversement, ils ont appliqué à l'office puis ils ne
comprennent pas pourquoi ils n'ont jamais été appelés par le nouvel OBNL. Donc,
ça, ça peut être... pour les besoins des locataires, ça pourrait être quelque
chose d'intéressant.
Mme Duranceau : Un guichet.
Mme Viannay (Patricia) : Un guichet.
Mme Duranceau : Un guichet unique,
peut-être, là, à imaginer. OK. Parfait. Bien, écoutez, c'est bon. Moi, ça fait
le tour de mes questions. Merci beaucoup.
Président (M. Schneeberger) : ...comme ça, alors nous allons maintenant du côté
de l'opposition officielle, avec 10 min 24 s, madame.
Députée de Mille-Îles, c'est à vous.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Et merci à vous tous d'être ici ce matin, en personne en plus. Vraiment un
grand plaisir. Et, désolée, là, j'ai dû m'absenter juste au début de votre
présentation. Par contre, j'ai pris connaissance de votre mémoire entièrement
avant.
Peut-être juste préciser que ça fait quand même
longtemps que ça se parle, hein, de faire un registre central de listes
d'attente. Donc, ce n'est pas une nouvelle idée. Je pense que vous en avez déjà
parlé. Ça a été demandé, là, par les milieux
il y a quand même plusieurs années. Donc, on va espérer que ça puisse se faire,
parce qu'effectivement, moi, les échos que j'ai sur le terrain, c'est la même chose, c'est que
les gens ne s'inscrivent plus sur la liste compte tenu des délais qu'ils
voient, des gens qui sont déjà sur la liste et qui attendent depuis sept, huit,
neuf ans. Donc... donc, voilà.
Je vais venir peut-être à votre... à vos
propositions. Vous parliez... Ça, je trouvais ça assez intéressant. Bon, le
nouveau programme de HLM, vous en avez évoqué un peu avec la ministre, mais...
C'est en page 7, voilà, et vous parlez, dans le fond, qu'actuellement les
offices d'habitation qui souhaient faire du développement de nouveaux logements
sociaux doivent créer un genre d'OBNL pour être capables de le faire. Puis il y
a un groupe qui nous a parlé de ça, c'est... je crois, hier aussi. C'était, je
crois, la CMM qui parlait de ça et... sinon, c'était l'UMQ, mais, il me semble, c'est la CMM. Puis ils demandaient un
peu sensiblement ce que... J'ai l'impression que c'est la même chose.
Vous dites que «la Loi de la SHQ doit cesser de
cantonner les offices d'habitation au simple rôle de gestionnaire d'immeuble».
Et on sait qu'il y a quand même une bonne... comment dire, une bonne expertise
dans les offices. Il y en a qui sont très
professionnalisés et qui seraient en mesure de faire du développement, qui le
font, d'ailleurs, mais par
l'entremise, comme vous dites, d'un OBNL. Donc, peut-être vous entendre un peu
plus davantage sur qu'est-ce qu'il faudrait qui soit modifié pour ouvrir
ça un peu.
Mme Viannay
(Patricia) : En fait, actuellement, en effet, il y a quelques
offices qui ont fait le choix de développer, tu sais, ce n'est pas tous
les offices, mais il y en a, sauf qu'il n'y a pas de programme dédié aux
offices, tu sais. Le programme HLM, anciennement, comme on le connaissait,
lancé par le fédéral, il était pensé pour les offices, puis la loi encadre comment les offices, ensuite,
gèrent... gèrent les immeubles. Là, maintenant, si un office, il veut
développer du logement social, il doit y aller avec les programmes
existants. Déjà, un office ne peut pas emprunter par lui-même, tu sais, il ne peut pas... C'est ça. Il est lié par
la loi. Donc, il y a des choses qu'il ne peut pas faire. Donc, il ne peut pas
se dégager lui-même ses propres fonds. Donc, ça, c'est un problème.
Puis, dans les programmes actuels, tous ceux qui
ont déposé actuellement, que ce soit, anciennement, AccèsLogis, le PHAQ,
maintenant, le programme n'est pas autoporteur. Il n'arrive pas à couvrir
l'ensemble... l'ensemble des coûts. Donc là, les offices qui arrivent à construire
font... ils mixent toutes sortes de programmes pour que ça sorte de terre. Ils
sont obligés de mélanger toutes sortes de programmes. Ils sont obligés, tu
sais, avec les fonds fiscalisés, d'aller chercher des emprunts, d'aller
chercher... Et ça, ils ne peuvent pas le faire. La loi ne leur permet pas.
Donc, ils le... Pour le faire, il faut qu'ils créent un apparenté, un OBNL,
qui, lui, même s'il reste... peut faire ça.
Donc là, ça multiplie les structures de gestion, parce que c'est les mêmes
salariés, c'est le même monde, mais qui sont à l'office ou dans une
structure apparentée, puis là... Donc, ça, ça rend le développement possible,
mais ça le complique énormément. Il faut
être une structure solide pour commencer à embarquer dans ce genre de
développement.
Donc, tu sais, si on veut que les offices aient
les coudées franches, vraiment, pour développer, bien, il faut leur donner les
coudées franches en, peut-être, assouplissant les choses qu'actuellement ils ne
peuvent pas faire, soit par la Loi de la SHQ soit dans la Loi des cités et
villes aussi, là, qui les restreint de toutes sortes de manières quand ils
vont... quand ils doivent faire affaire, afin qu'ils puissent vraiment être des
outils de développement.
Mme Dufour : Le groupe que je
vous parlais nous parlait aussi des conditions d'appel d'offres qui étaient
plus complexes versus un groupe privé qui part et qui va en construction, par
exemple. Et donc ça rendait les délais plus longs, de construction, notamment,
donc...
Mme Viannay (Patricia) : C'est
en lien avec la Loi des cités et villes, notamment, oui.
Mme Dufour : Exact, exact. Et
là vous parlez d'une formule de prêt sans intérêt, peut-être même utiliser
l'équité des HLM. Vous avez sûrement entendu parler de Plancher, là. Ça se
discute pour les... Je crois que c'est les OBNL en habitation. Donc, de plus en
plus de groupes... UTILE aussi fait ça. Donc, ils vont chercher de l'équité sur
les immeubles existants. Mais, dans le cas des HLM, j'essaie juste de
comprendre, il y a déjà des déficits d'opération. Est-ce qu'il n'y aurait pas
une tentation, dans le fond, de la... je ne sais pas si c'est la SHQ, mais qui
va aller garder les loyers, une fois un immeuble libre d'hypothèque... Mais
est-ce qu'ils ne seraient pas tentés d'utiliser ça pour, dans le fond, combler
les déficits d'opération?
Mme Viannay (Patricia) : Bien,
actuellement, ce n'est pas possible de le faire comme ça. Nous, quand on parle
d'équité, tu sais... Puis on est bien conscients, on a eu la discussion,
notamment, avec Mme Duranceau, que, tu sais,
réemprunter, bien, même si on a la bâtisse, tout ça, pour... à proposer, ça
augmente la dette du gouvernement. Mais déjà, si on se concentrait...
Vous savez, il y a 19 000 des 65 000 logements HLM, là, qui sont
libérés de ça. Il n'y a plus d'hypothèque. Les... Donc, ils appartiennent, en
ce moment, aux villes ou aux offices. Il y a 19 000. Ce 19 000... Ces
19 000 unités, juste à elles toutes seules, c'est un
5 milliards. Donc, on a déjà... Ça ne va pas augmenter la dette du gouvernement,
tu sais. Donc, on pourrait déjà partir de ça pour réinvestir dans des nouveaux
logements, où c'est vraiment en commençant par ça, déjà, qu'on pourrait dégager
des possibilités d'emprunt.
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup. Peut-être, votre... L'idée du programme 80-20, je sais que vous
avez dit tout à l'heure que ce serait 20 %, la contribution des
municipalités, puis vous disiez : Bien, actuellement, les autres
programmes HLM, c'était 10 %. Mais, dans les faits, avec les nouveaux programmes
comme le PHAQ, c'est beaucoup plus élevé que ça pour les municipalités, là. On
est plus dans l'ordre du 30 %, 40 %, donc... et même plus, parfois.
Donc, je pense qu'ils seraient très ouverts à votre proposition du 80-20. Ça,
c'est certain.
Peut-être, je voudrais
venir sur l'aliénation des HLM. Ça, moi, c'est une clause que j'ai dénoncée dès
que le projet de loi est sorti, vous m'avez peut-être entendue là-dessus, parce
que ça m'inquiète depuis le début. On semble, actuellement, affaiblir le...
vouloir affaiblir le logement social. Et ça, c'est une des mesures qui pourrait
contribuer à ça encore davantage. Donc, je sais qu'il y a des exemples que vous
avez cités, là, mais peut-être que vous pourriez en parler, là, de... un peu plus davantage, là, de qu'est-ce qui pourrait
arriver si cette clause-là était appliquée telle quelle.
Et peut-être vous entendre aussi sur la mobilité
des projets, parce que vous, vous demandez que ça reste dans la même ville. Et
vous le justifiez bien, là. Vous donnez l'exemple de Waterloo, là, qui a une
liste d'attente et, malgré tout, qu'on va retirer... Je pense qu'on souhaitait
retirer de là et le déménager à Granby, si je crois... si je ne me trompe pas.
Mais il y a aussi les... la FQM qui est venue nous dire que, dans le fond, ils
aimeraient que ce soit géré au niveau de la MRC. Et donc je voudrais vous
entendre sur cette proposition-là.
Mme Viannay (Patricia) : Bien, sur
les exemples, en tout cas, on peut... Je ne sais pas lequel est le plus
choquant, là, mais on peut prendre, par exemple, l'exemple de Daveluyville,
parce que... Nous, ça nous a choqués, parce qu'on s'en est rendu compte,
c'était démoli. Parce qu'en fait ce qui est arrivé à Daveluyville, c'est que,
les immeubles, ça faisait des années qu'ils n'étaient plus du tout habités,
puis, tu sais, il y avait juste cet immeuble-là. Donc là, tu n'as plus de...
C'est ça, le... C'est... Tu n'as plus d'association, tu n'as plus de locataire,
tu n'es plus en contact, il y a juste l'office, tu sais, qui sait qu'est-ce qui
se passe. Puis ils n'ont jamais été rénovés. Il n'y a jamais eu un
investissement dans cet immeuble-là... dans ces immeubles de 32 logements
à Daveluyville. Ils n'ont jamais été rénovés. Et il est arrivé ce qui finit par
arriver : le toit coule, les fondations sont fragilisées. Donc, les
immeubles finissent par être barricadés. Ils sont non habités. Les gens
n'appliquent plus. Il n'y en a plus, de logement.
Donc là, à un moment, tu te retrouves avec,
apparemment, la situation où tu n'as plus le choix de les démolir. Ils ne sont
absolument plus habitables. Il n'y a plus personne sur les listes parce que
personne ne pense qu'un jour ils pourraient être réhabitables. Et on réalise,
un jour, un matin, que, bien, il y a un permis de démolition qui a été donné,
puis il n'y en a plus, de HLM, puis l'immeuble... Le terrain, donc, a été vendu
à des promoteurs qui ont fait des condos à la place. Donc, ça arrive. Je l'ai
dit au début, ça reste rare pour l'instant, mais, si on se dit que... Pour que
ça, ça arrive, il a fallu qu'il y ait un déficit d'entretien chronique pendant
des années, un désintérêt de la municipalité locale, qui ne voulait... qui
faisait du «pas dans ma cour» avec les personnes à plus faibles revenus. C'est
des situations qui existent encore en 2023. Donc, c'est ça, notre crainte, tu
sais, que ça réarrive et... C'est ça.
Mme Dufour : Sur la mobilité à
l'intérieur d'une MRC...
Mme Viannay (Patricia) : Bien, c'est
sûr que nous, on a toujours été en faveur d'offices régionaux. Les premières
fusions au début des années 2000, ça a permis d'éliminer beaucoup de
petits offices où quelqu'un travaillait quelques heures par semaine, puis où ça
n'allait vraiment pas bien. Ce n'était pas suffisant. Il y a eu un deuxième
tour de regroupement. Ce n'est pas suffisant. On est contents. Il y a une
tournée actuellement...
Le Président (M. Schneeberger) : 30 secondes.
Mme Viannay (Patricia) : ...il y a
une tournée de la SHQ actuellement, qui veut... qui veut optimiser ce réseau-là.
Puis de ce qu'on voit, c'est que les discussions se font à une échelle
régionale. Nous, on trouve qu'un office régional, en effet, aurait plus de...
aurait plus les coudées franches pour faire une bonne job mais devrait
s'assurer de répondre aux besoins de l'ensemble, de tout le monde. Puis ça
aussi, ce serait un avantage, parce qu'actuellement, les villes où il n'y en a
pas, de logement social, bien, les gens, c'est fini. S'il n'y a pas de HLM, ils
n'appliquent pas, là. Une vision régionale pourrait permettre, justement,
peut-être une meilleure mobilité.
Il ne faut pas qu'elle soit forcée non plus. Il
ne faut pas qu'on concentre tous les HLM à un endroit. Les HLM, ça a été
vraiment une façon de développer des milieux de vie partout au Québec, dans des
petits villages, dans des centres-villes. On veut garder ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup. Alors, on a déjà dépassé. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition. Alors, vous avez un 3 min 28 s. M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci. Mesdames
messieurs, merci beaucoup d'être ici et de vous être déplacés. Écoutez, je vais
y aller tout de suite. J'ai été, comment dire, agréablement impressionné par
l'affirmation de Mme Poirier, qui disait, là : La solution à la crise
du logement, c'est les HLM. On n'a pas... C'est la première fois qu'on entend
parler de ça ici, à l'Assemblée nationale. On oublie souvent les HLM, là. Et je
constate également vos solutions novatrices, là, en termes d'utilisation, par
exemple, de l'équité du parc immobilier, là. Il nous manque un peu
d'imagination, peut-être, au Québec, là, pour aller de l'avant, là, répondre
aux besoins des populations les plus défavorisées, justement, là. C'est là
qu'il faut intervenir en priorité.
Puisque vous
vous êtes déjà exprimés sur le sujet, là, je vais aller sur... dans une autre
direction, là, la préservation du parc HLM. Oui, tout à fait d'accord
avec vous, là, il faut développer les parcs d'HLM, là, mais il faut, d'abord et
avant tout, je pense, là, conserver ce qu'on a, là. J'aimerais vous entendre
parler sur cette nécessité-là.
Mme Viannay (Patricia) : Bien, c'est
sûr que le parc HLM... Tu sais, en moyenne, les HLM ont entre 38 et
48 ans, tu sais. Donc, comme tout projet immobilier, si tu n'as pas
investi au fur et à mesure ce qu'il fallait pour l'entretien,
tu te retrouves, après 38, 48 ans, avec certains immeubles ou certains
logements qui ont vraiment des déficits d'entretien énormes. Et les indices de
vétusté sont... peuvent être très gros.
Tu sais, je peux vous
inonder de chiffres, si vous voulez, mais, tu sais, quelques-uns marquants, là,
tu sais, de... Même, selon le recensement même du gouvernement, il y a près de
5 000 logements HLM, en ce moment, qui sont vides, juste parce qu'ils
ne sont pas rénovés, tu sais, 4 480, juste parce qu'ils ne sont pas
rénovés. Donc, une chance, il y a le
programme HLM qui a été mis en place pour ça, mais c'est ça, la réalité. On
parle de 27 000 ménages qui vivent dans des logements cotés D
et E. Ce n'est pas juste... C'est beaucoup de monde, là,
27 000 ménages dans des D et E. On parle de... Puis surtout,
peut-être, le chiffre le plus alarmant, je vous dirais, c'est que ça ne cesse
de se détériorer. Tu sais, on est passés de 29 %, à peu près, de vétusté
du parc, en 2020, à 40 % en 2022. Donc, ça se détériore, puis ça se
détériore vite. Donc, c'est sûr que ça, ça nous inquiète. On a beaucoup... On
n'a parlé presque que de ça, je vous dirais, dans la dernière année. On a
documenté ça. On a démontré les besoins.
On s'est aussi réjouis
en juin 2022. C'est sûr que nous, on est contents qu'il y ait le Programme de
rénovation HLM. Le Programme de rénovation HLM, c'est la garantie que le
2,2 milliards d'Ottawa, il va servir à la rénovation des HLM. Ça ne
suffira pas. Il y a encore... On est un peu dans les technicalités, mais il y a
encore du RAM, là, le budget partagé entre la SCHL et la SHQ, qui s'ajoute à
Donc, ça nous prenait
ce programme-là pour vraiment lancer le message. Tu sais, pour nous, c'est une
façon aussi de dire : On va les rénover, les HLM. Nous, maintenant, à nos
membres, on parle objectif 2028.
Le Président (M.
Schneeberger) : 30 secondes.
Mme Viannay
(Patricia) : On demande aux associations de locataires de faire la
liste de tout ce qu'il faut qui soit rénové dans les HLM. Le programme de
rénovation va permettre qu'il y ait des projets de rénovation qui s'étalent sur
trois, quatre ans. Bien, collectivement, là, donnons-nous l'objectif 2028.
Les locataires ont leurs listes de travaux. Les offices ont les bilans de santé
immobiliers. Puis allons demander à la SHQ les budgets qu'il faut. Le programme
doit le permettre. Il y a les trois volets qui doivent le permettre. Mais il
faut le faire, puis il faut le faire vite. Il faut commencer tout de suite pour
ne pas avoir à tout à dépenser en 2027. Sinon, on va perdre des logements.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté
du député des Îles-de-la-Madeleine pour 2 min 38 s.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Merci à vous d'être là et d'évidemment nous éclairer
sur la situation des HLM, qui est quand même assez dramatique, selon ce que
vous nous présentez, là. Oui, vous représentez 65 000 familles ou
personnes, mais il y en a 38 000 qui attendent, presque 39 000 qui
attendent des logements. Et, vous venez de le mentionner, il y en a 5 000
qui sont déserts parce qu'ils ne sont pas salubres ou pas habitables. Vous nous
dites : Bon, on est rassurés parce qu'il y a de l'argent, puis on va
construire.
Malgré tout, l'argent, là, il a été débloqué... en fait, il a été
annoncé il y a déjà un certain nombre d'années, et pourtant, les deux dernières
années, ça n'a cessé de se détériorer.
Alors,
ma question est la suivante. C'est... Même si vous dites : Bien, on est
rassurés parce qu'il y a de l'argent, vous mentionnez quand même qu'il
s'agit d'un énorme défi. Bon, quel est votre degré de confiance que, d'ici
2028, on arrive à la fois à rénover le parc des HLM et en construire des
nouveaux?
Mme Viannay
(Patricia) : On a le goût d'être optimistes. Je vous dirais, de 2018 à
2022, on a déchiré notre chemise sur la place publique. Tu sais, on était
contents qu'il y ait une annonce dans le cadre de la stratégie canadienne, mais
ça a pris, c'est vrai, trop de temps, on est d'accord, pour arriver, en 2022, à
ce programme-là. Je ne vous dirai pas le
contraire. Puis on le voit, les conséquences. On a accumulé. On espère qu'avec
tout le bruit et toutes les démonstrations qui ont été faits depuis, avant
ceci, là... que c'est rendu clair, là : Si on n'agit pas tout de suite, il
y en aura plus, de détériorés dans deux ans. Il n'y en aura pas moins.
Puis l'objectif,
objectif 2028, c'est de rénover l'ensemble du parc et même de le
moderniser. C'est sûr que ça va être un gros défi. On le sait. Mais nous, on
n'a pas le choix d'être optimistes. Il faut que cet argent soit dépensé d'ici
2028. Puis c'est pour ça... Tu sais, on est... Nous, on travaille avec la SHQ,
les offices, il y a une table des partenaires sur les HLM publics, puis, nous,
je peux vous dire qu'on suit puis on demande à la SHQ c'est quoi, les travaux
demandés, combien ont été engagés, pour monitorer ça de proche puis... Bien,
regarde, si... Pourquoi l'argent n'est pas engagé? Pourquoi il n'est pas
dépensé? Et c'est là où on rejoint toutes sortes d'autres demandes qui vous ont
été présentées pour faciliter ces dépenses.
M. Arseneau :
...les propositions que vous faites concrètement pour contribuer, là, à la
page 7 de votre document, on en a parlé tout à l'heure, bien, vous parlez
d'aller utiliser, évidemment, là, votre parc actuel pour pouvoir développer de
nouveaux projets. Quand vous parlez de formule de prêt sans intérêt, vous
pensez à quoi? Garanti par le gouvernement, un programme particulier, une
caisse particulière du gouvernement, ou aller auprès des banques, mais garanti
par le gouvernement du Québec?
Le Président (M.
Schneeberger) : 10 secondes.
Mme Viannay (Patricia) : C'est sûr
que ce n'est pas... Nous, on n'est pas fiscalistes, et tout ça, mais, oui, on
pense que c'est à partir du gouvernement. La SCHL l'a fait... Est-ce que c'est
elle? Est-ce que c'est la SHQ, plutôt? C'est sûr que, nous, notre interlocuteur
privilégié, ça reste la SHQ, ça reste le gouvernement du Québec, qui développe,
donc...
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, merci beaucoup pour votre
contribution à nos travaux.
Alors, nous... je vais suspendre la commission
jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 48)
Président (M. Schneeberger) : Alors, bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend
ses travaux. Alors, bien, veuillez éteindre vos sonneries si, des fois, ce
n'est pas fait.
Alors, nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques du projet de loi n° 31, Loi modifiant
diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
Cet après-midi, nous entendons les témoins
suivants : l'Association des propriétaires du Québec, en visioconférence,
qui sont présents avec nous, le Front d'action populaire en réaménagement
urbain, le Regroupement des comités de logement et associations de locataires
du Québec et Association des juristes progressistes.
Alors, tout de suite, nous commençons avec
l'Association des propriétaires du Québec. Alors, bonjour à vous quatre. Alors,
dans un premier temps, juste vous nommer à tour de rôle ou une personne qui le
fait pour les quatre, et par la suite vous... vous nous présentez notre
mémoire... votre mémoire. Vous avez 10 minutes. Et il y aura ensuite
une... un échange avec les députés et ministre. Voilà. Allez-y.
M. Messier (Martin A.) : Parfait.
Bonjour, M. le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés. Je suis
accompagné aujourd'hui de M. Alain
Dion, propriétaire de logements dans la belle région de l'Estrie, de Me
Jean-Olivier Reed, avocat, et de Mme Estelle Fabre, directrice,
Développement des affaires.
L'APQ,
l'Association des propriétaires du Québec, représente plus de
17 000 propriétaires, gestionnaires immobiliers depuis 1984.
On est heureux de pouvoir vous faire part de notre vécu, particulièrement en ce
qui concerne le projet de loi n° 31, et on est également heureux de voir
que le monde locatif se retrouve sur vos planches à dessin, et qu'on puisse
regarder ensemble pour faire... faire évoluer les choses.
On tient à souligner, évidemment, que,
concernant le projet le n° 31, on est principalement en accord avec
l'article 7 du projet de loi concernant la réforme des cessions des baux,
donc, cette possibilité-là, qui aurait toujours dû être celle du propriétaire,
de pouvoir choisir son locataire, qui redevient mise de l'avant avec le projet
de loi. Pour nous, le choix du locataire, c'est essentiel, hein? Ça fait
partie
de la vie de notre immeuble. Ça fait
partie de nos devoirs de propriétaire de
s'assurer de la sensibilité des uns et des autres, de la santé et sécurité, de
la jouissance paisible des lieux. Donc, choisir son locataire, c'est vraiment
une façon, là, de s'assurer du bon fonctionnement de notre investissement
immobilier. Donc, on considère que, par cet article, en fait, on respecte la
visée initiale de la cession de bail, qui était vraiment de permettre au
locataire d'être libéré de son bail, de pouvoir, donc, cesser d'avoir à payer
le loyer avant la fin du bail.
On retrouve ça dans la modification proposée et
on vient mettre fin à, malheureusement, ce qu'on a vu grandir dans les
dernières années, une vente aux enchères, en quelque sorte, du droit au bail,
donc, des locataires qui viennent céder leurs baux en disant : Je vais
vous le vendre, parce que j'ai un loyer pas cher, et donc ça vaut de l'argent, et donc qui viennent, finalement,
bouleverser un petit peu le... ce que devrait être le marché, particulièrement
dans un contexte locatif où on a des contrôles de loyer très sévères, très
lourds, trop lourds. D'ailleurs, on va en parler un petit peu plus tard avec
d'autres... d'autres de mes collègues.
Mais c'est d'autant plus difficile, quand on a
cette cession de bail là, parce que l'occasion du départ d'un locataire, pour
nous, ça devrait être l'occasion d'un renouveau dans l'immeuble, d'un renouveau
dans le prix du loyer. Et c'est pour cette raison qu'on considère que la clause
G devrait également faire
partie des modifications, parce qu'on croit qu'elle
devrait purement et simplement être abolie, que la protection conférée au prix
pendant que le locataire occupe le logement,
c'est une chose, mais de maintenir cette protection-là alors que le logement
est vide, pour nous, c'est une situation qui devrait... qui devrait
cesser.
On voit également, dans les articles sur les
modifications en matière de reprise de logement et d'éviction, les
articles 2 à 6, un mauvais message lancé aux propriétaires, alors qu'on
veut stimuler les réinvestissements puis on veut dire aux gens :
L'immobilier, c'est intéressant. Ça nous prend des logements. Ça nous prend,
donc, des gens qui veulent investir dans ce secteur-là. On vient rendre encore
plus difficiles les règles et, en fait, on vient, en quelque sorte, proposer, à la base, que le propriétaire
est de mauvaise foi dans sa démarche de reprise, puisqu'il doit se défendre
en faisant état de sa bonne foi, il doit
prouver sa bonne foi. Donc, c'est un peu comme si on devait prouver son innocence
au lieu d'être présumé de bonne foi, qu'on doive la prouver. Pour nous, ça
lance un mauvais message, alors que le Tribunal administratif du logement a,
selon nous, déjà les outils et qu'il les a utilisés. Il y a plusieurs décisions
qui ont été rendues, là, qui ont été très sévères, à juste titre, dans
plusieurs cas, avec des propriétaires qui avaient utilisé leur droit à la
reprise ou l'éviction d'une façon inadéquate.
Le montant des indemnités
est également important. Donc, c'est une préoccupation, parce qu'évidemment un
immeuble, là, où on prévoit un changement de vocation, un changement
d'affectation, c'est souvent un immeuble qui
doit être redressé, tant au niveau de son entretien que de sa place dans le
marché. Ça demande des investissements importants. Et là, quand on parle
d'aller jusqu'à 24 mois d'indemnité, pour nous... pour nous, c'est
beaucoup. Et ça risque d'encore une fois empêcher ces immeubles-là qui ont
besoin d'un redressement.
Je vais passer la parole à Me Jean-Olivier Reed
pour la clause F et le dépôt de garantie.
M. Reed (Jean-Olivier) : ...
M. Messier (Martin A.) :
Ton micro, Jean-Olivier, je pense.
M. Reed
(Jean-Olivier) : Alors, bonjour, M. le Président, Mme la ministre,
MM. et Mmes les députés. Le projet de loi aborde la clause F du bail sur
la construction d'immeubles neufs et sur la fameuse clause des cinq premières
années. À prime abord, nous appuyons l'adoption de cet article, mais nous
souhaitons que des précisions soient apportées sur la modification législative.
Notamment, étant donné que plusieurs projets sont en construction, déjà
planifiés ou en chantier, il serait important que cette loi-là ne soit pas
d'application immédiate pour permettre aux... (panne de son) ...en cours et aux
futurs projets, que ce soit... que les futurs projets de construction... et que
la loi soit appliquée à ces futurs projets
là. Donc, il serait important, pour éviter une confusion avec les propriétaires
d'immeuble, pour savoir qu'est-ce qu'on fait avec les baux qui sont
actuellement en vigueur et qui disposent d'une clause F actuellement...
Pour finir, nous souhaitons souligner que le
projet de loi n° 31 doit être vu comme un grand changement. Et surtout
deux éléments primordiaux qui ont été oubliés ici et qui n'ont pas été
discutés, c'est le dépôt de garantie et le taux de rentabilité des travaux.
Donc, le dépôt de garantie devrait être discuté
au niveau de la société québécoise et devrait faire partie, à tout le moins,
des discussions pour permettre aux propriétaires d'immeuble de pouvoir avoir
une garantie, puisque ce n'est pas seulement
une demande qui est profitable aux propriétaires, mais c'est aussi parce qu'il
y a... Le gros niveau de logements saccagés fait en sorte que les
logements saccagés ne sont pas sur le marché, et souvent les propriétaires n'ont pas les moyens de les réparer rapidement.
C'est un... Un dépôt de garantie est un ajout financier supplémentaire. Et
la plupart des pays, la France, les autres provinces, ont, en certaines... dans
certaines circonstances, ce dépôt-là. Il faudrait, dans ces circonstances-là,
que le Parlement se penche sur cette possibilité-là pour qu'on puisse
améliorer, disons... surtout, par exemple, pour les bungalows, qui est une des
choses les plus difficiles à louer en ce moment. Ça fait qu'à travers les exemples des autres pays on devrait pouvoir
trouver une solution pour permettre aux propriétaires d'immeuble à
revenus de disposer, dans certaines circonstances, d'un dépôt de garantie.
Et voilà, donc, pour moi. Je vais transférer la
parole à M. Alain Dion pour la fin de notre petit exposé. Merci beaucoup...
M. Dion
(Alain) : Bonjour, M. le
Président, Mme la ministre, MM., Mmes les députés. Moi, je suis propriétaire
immobilier. Et, la commission, il y a une
chose qu'elle n'aborde pas, c'est la rentabilité et les pourcentages de
rentabilité quand on fait des travaux majeurs. Présentement, dans les
cinq dernières années, les taux ont été ridiculement bas. Je vais vous donner un exemple. J'ai mis une toiture,
sur un 12 logements, qui m'a coûté 50 000 $. Ça va prendre
50 ans pour récupérer ma dépense, puis la dernière toiture a duré
15 ans. Ça fait que c'est... Il n'y a aucun encouragement à faire des
travaux. Je trouve ça un peu... pas raisonnable.
Puis aussi ce que je dénonce, c'est qu'on ne
peut même pas... si on fait des travaux vraiment majeurs, on ne peut même pas
s'entendre avec le locataire pour le répartir sur trois ans. Moi, quand j'ai un
bon locataire, là, je veux qu'il reste. Si je fais des travaux majeurs, je veux
pouvoir m'entendre puis l'étaler. Je pense que ça fait des années qu'on parle
de la rentabilité sur les investissements. Il faut qu'il y ait un encouragement.
Notre parc immobilier se dégrade, et il faut que ce soit corrigé.
M. Messier (Martin A.) :
Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Il vous reste 30 secondes.
M. Messier (Martin A.) : Donc, ça met terme, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Ça... OK. Ça met fin. Alors, nous allons maintenant passer aux périodes d'échange. Alors, on commence avec... du
côté ministériel avec Mme la ministre. Vous avez un 16 min 30 s.
Mme Duranceau : Merci. Bien, écoutez,
merci de prendre le temps de nous rencontrer. Vous avez des positions bien
énoncées dans votre document, là, et je vais vous poser quelques questions. Je
vais commencer par la fin, concernant le lissage, si on veut, des dépenses, là,
dans un contexte où il y a des travaux qui sont... qui sont faits. Vous
dites : Bien, on n'a même pas la possibilité d'étaler ça sur un certain
nombre d'années, parce que, si on ne fait pas notre augmentation
l'année 1, bien, dans le fond, après ça, la méthode de calcul de fixation
de loyer ne nous permet pas de nous rattraper ou d'ajuster l'année suivante.
Bien, vous n'êtes pas au fait de situations où, finalement, il y a eu une
entente entre le propriétaire puis le locataire, et il y a un loyer qui est
fixé à un montant x, mais on accorde un rabais pour tenir
compte du fait qu'on ne veut pas, l'année 1, imposer toute la hausse,
compte tenu des travaux qui ont été faits? Ce n'est pas une alternative, là, de
le faire de cette façon-là?
Messier (Martin A.) : Ce n'est pas une
alternative, malheureusement, Mme la ministre, parce que la loi va prévoir, si
j'accorde des rabais, que, dans la méthode de calcul, on va tenir compte des
12 derniers mois réellement payés par
le locataire. Donc, on vient, finalement, faire la moyenne des 12 derniers
mois. Donc, actuellement, pour un propriétaire... Et je trouve ça
heureux, moi, que des propriétaires viennent nous dire ça. Souvent, on parle des propriétaires, là, qui veulent toujours tout
avoir tout de suite. Moi, j'ai souvent des propriétaires, comme M. Dion,
qui me disent : Bien là, moi, je voudrais... oui, j'ai une hausse de taxes
ou d'assurance, mais je ne veux pas perdre mes locataires, je suis prêt à
absorber une partie, mais je ne veux pas la perdre pour tout le temps, est-ce
que je peux convenir d'un étalement d'un an, deux ans, trois ans? Puis la
réponse, malheureusement, c'est non. Si on procédait avec un système de rabais,
bien, le locataire pourrait ensuite demander le rabattement du coût de son
loyer. C'est l'objet de la méthode actuelle, ce qu'on demande, d'ailleurs, de
changer, Mme la ministre. Ça permet de voir qu'un propriétaire et un locataire
devraient pouvoir s'entendre.
Encore... encore, ce
matin, en fait, il y a un propriétaire qui nous a expliqué avoir négocié un
bail avec un locataire. Il a rempli la clause G, il s'est entendu sur un prix
de loyer, puis, quelques heures plus tard, le locataire était au tribunal pour faire réduire le loyer à la baisse, ce qui est
permis actuellement par la loi. Alors, c'est assez spécial, ça, de dire,
propriétaire et locataire, on s'entend sur un prix... Oui, le loyer était payé,
je ne sais pas, exemple, 800 $, puis maintenant on s'entend sur
900 $, je signe avec le locataire, on est tous les deux consentants, et
lui, dans les heures qui suivent, il s'en va
au tribunal puis il fait ramener ce loyer-là au loyer le plus bas. On pense,
Mme la ministre, que ce type de
situation là, d'abord, ça nuit aux relations propriétaire-locataire, c'est une
mauvaise façon, avouons-le, de décoller... de décoller la relation, mais
également que la place au libre marché, quand le logement est libre, c'est ce
qui vient insuffler une certaine vigueur au marché, ce qui permet de combler à
d'autres lacunes qu'on a en termes de taux de rendement puis de permettre de
garder notre parc immobilier en santé.
Duranceau : Vous trouvez que le marché n'est pas assez rigoureux en ce
moment.
Messier (Martin A.) : Bien, le marché est
très rigoureux. Le contrôle des loyers est absolument atroce pour les
propriétaires, là. Puis, quand on... On en discutait ce matin, en fait. La
méthode donne des rendements qui sont très longs puis elle ne tient pas compte
du fait qu'actuellement je vais devoir payer des intérêts pour ça. Donc, on...
Quand on parlait tantôt d'un taux de rendement, là, qui varie de, mettons,
disons, 26 ans, pour l'année dernière, à plus de 50 ans, qu'on a déjà
vu, bien, ça, c'est un peu comme si on disait : Il faut prendre l'argent
qu'on a, si on a l'argent dans un tiroir, dans la... dans la cuisine, parce
que, sinon, ça ne tient pas compte du fait qu'il faut que je paie des intérêts
pour emprunter cet argent-là ou que je n'en ai pas parce que je dois
réinvestir. Donc, ce rendement-là est vraiment à revoir.
Duranceau : Bien, ça, je vous l'accorde, là, qu'il y a une hausse des
coûts pour tout le monde puis que les taux d'intérêt pour... dans un contexte
où tu es propriétaire puis que tu finances, effectivement, ça a un impact sur
le rendement, là.
vais vous amener sur le dépôt de garantie. Il n'y a rien, actuellement, dans le
projet de loi, qui est prévu là-dessus. Je suis bien consciente
qu'ailleurs, dans d'autres pays ou même dans les autres provinces canadiennes,
c'est... c'est monnaie courante, là, d'avoir un dépôt de garantie. Comment vous
géreriez ça? Puis moi, je vous le dis, j'ai une préoccupation, là. Il y a des gens qui n'arrivent pas à payer leur
loyer, ça fait que de leur demander un dépôt de garantie, à prime abord,
ça me semble difficile à réaliser. Mais donc comment vous voyez ça, justement,
pour des locataires à faibles revenus?
Messier (Martin A.) : Bien, j'avoue que ce
n'est pas simple, comme... comme enjeu. Par contre, c'est important, c'est
important de voir que, là, présentement, il n'y a, à toutes fins pratiques, pas
d'enjeu pour les locataires qui quittent en laissant le logement en mauvais
état. Et c'est le but du dépôt de garantie. C'est de s'assurer que le logement
est en bon état, puis que le prochain locataire va bénéficier d'un logement en
bon état. Donc, on pense, par exemple, à une implémentation graduelle, là,
commencer... au lieu de demander un mois de loyer, y aller avec un montant
minimal qui s'accumule au fil... au fil des mois, au fil des années pour venir
constituer un montant. Bien, il ne faut pas... je dirais, il ne faut pas
s'arrêter, de façon absolue, au fait que, parce qu'on n'en a pas, on ne peut
pas en avoir. Tu sais, ce... ces mécanismes-là, ils ont débuté partout, dans
tous les autres pays. Et, bon, en permettant, justement, un étalement des
délais, des façons de combler, on réussit à y arriver.
Je pense que
l'objectif, c'est de permettre qu'on ait un parc immobilier en meilleur état,
avec des gens qui sont conscientisés, qui ont, je dirais, un intérêt direct,
là, à respecter les obligations, dont celle de laisser le logement dans l'état
où ils l'ont reçu. Et, pour nous, c'est important. Donc, il faut... il faut, à
un moment donné, se dire : Ce n'est pas
parce qu'on ne l'a pas qu'il faut se dire... que, parce que c'est difficile à
mettre en place, on ne le mettra jamais.
Duranceau : Non. Vous avez raison. On peut... on peut réfléchir,
effectivement. Ce n'est pas parce que ce n'est pas là que ça n'a pas de besoin
d'être là. Mais on a un contexte qui est difficile, en ce moment, pour ça, je
vous dirais. Mais je vous entends bien.
Au niveau de la
section 3 de votre mémoire,
reprises de logement et éviction, la discussion qui est faite là réfère à des
reprises où on devrait compenser les gens, là. Puis vous donnez l'exemple d'une
jeune famille qui veut reprendre son logement pour se
loger elle-même puis que, là, elle devrait payer une compensation. Les mesures
qui sont proposées, ça vise seulement les évictions dans un contexte où tu veux
agrandir, subdiviser ou changer l'usage, ça fait que... des projets, à la
limite, commerciaux, là, et non un cas de reprise pour soi-même. Je voulais
juste préciser ça, là.
Messier (Martin A.) : Oui, bien, je vous
remercie de la précision. Il faudrait... Parce que, dans certains cas, la
reprise est à double effet, là. Donc, on reprend possession, parfois, d'un ou
deux logements pour en faire un plus grand, pour obtenir le nombre de chambres
voulu pour loger notre famille. Donc, il faudrait peut-être s'assurer que la distinction soit faite puis, dès lors que
c'est la reprise, bien, qu'à ce moment-là, même s'il y a un agrandissement
qui est... qui est sous-jacent à cette reprise... qu'il n'y ait pas d'impact,
là, pour... pour les familles qui agissent ainsi.
Duranceau : OK. Je vais passer la parole à ma collègue de Labelle.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. OK. Alors, députée de Labelle, allez-y.
Jeannotte : Merci, M. le Président. Bonjour. Oui, vous avez raison,
hein, c'est un équilibre délicat entre les locataires et les propriétaires.
C'est ce qu'on... ce que la ministre recherche, bien sûr. Vous nous amenez des
bonnes pistes intéressantes pour améliorer les méthodes. J'aimerais revenir...
Vous dites : Les méthodes de calcul lorsqu'on fait des rénovations...
Est-ce que vous pourriez être un petit peu plus concrets? Qu'est-ce que vous
proposeriez que le TAL change, là, dans... lorsqu'il fait sa méthode de calcul
pour des rénovations?
Messier (Martin A.) : Bien, en fait, je
dirais qu'un des irritants... il y en a plusieurs, à plusieurs niveaux, mais
l'irritant majeur, c'est vraiment sur les travaux majeurs. Donc, quand on veut,
justement, donner de l'amour à notre
immeuble, lui permettre de retrouver son sourire et d'avoir, donc, des
investissements, fenêtres, toit, maçonnerie, ça coûte très cher. Et là
on a des rendements qui sont basés sur une méthode qui est désuète, qui nous
donne des taux de rendement, là, de 26 ans d'amortissement, de plus de
50 ans d'amortissement, sans tenir compte qu'aujourd'hui la plupart des
propriétaires qui vont se financer vont devoir payer du 7 % ou 8 %
pour aller... pour aller chercher l'argent requis pour faire ces
transformations-là. Donc, c'est ce qu'on demande d'être révisé, d'avoir un taux
d'amortissement entre 10, 12 ans, 15 ans, ce qui est la durée de vie
du toit de M. Dion de tout à l'heure, et qu'on... qu'on arrive à quelque chose
de raisonnable, que je sache que, si j'ai investi dans mon immeuble, je vais
pouvoir retrouver cet investissement-là.
Puis
aussi, à un moment donné, il faut que je puisse me financer, hein? Si je vais
voir une institution financière, puis je lui fais part de mon immeuble avec ses
revenus, puis je dis : Bien, j'aurais besoin de plusieurs centaines
de milliers de dollars, bien, il faut que ça génère un revenu supplémentaire,
hein? Sinon, je ne suis pas en mesure d'aller chercher mon financement, sauf
par d'autres sources d'actifs, sources de revenus que j'ai.
Donc, c'est important
pour le marché, c'est important pour les propriétaires, puis, ultimement, je
suis fondamentalement convaincu que c'est important pour les locataires. Il
faut qu'on puisse avoir ça pour avoir un parc en bon état puis inciter nos
propriétaires à investir dans les immeubles.
Jeannotte : Puis vous savez à quel point c'est chaud, quand même,
politiquement, ne serait-ce que de parler de cession de bail. Ça fait que, de
parler de dépôt de garantie, vous comprendrez que c'est... Ça ne veut pas dire
que ce n'est pas... On reçoit bien, là, votre recommandation, mais vous
comprenez à quel point ça peut être difficile. Donc, entre les deux, entre le
dépôt de garantie puis améliorer la méthode du calcul des rénovations, laquelle
vous choisiriez?
Messier (Martin A.) : C'est un choix pas
facile, mais certainement que le fait de pouvoir avoir un rendement sur les
investissements qui est plus important, de s'assurer qu'on soit en mesure de
redonner au parc immobilier des années qu'il a perdues à attendre cette
réforme-là... je pense que M. Dion pourra me corriger s'il n'est pas
d'accord, mais, je pense, ce serait, pour plusieurs, la priorité.
Jeannotte : Dernière question, si je peux encore. Dans le fond, le
TAL, vous suggérez énormément de... On a la chance d'avoir un expert ici,
derrière. Le Tribunal administratif du logement, vous suggérez plusieurs
choses. J'aimerais vous réentendre là-dessus, là. Vous suggérez d'engager plus
de juges administratifs. Vous... vous parlez d'un principe basé sur les petites
créances. Alors, allez-y. On est là pour vous entendre.
Messier (Martin A.) : Bien, certainement.
Donc, au niveau du Tribunal administratif du logement, on a quelques enjeux qui nous sont soulevés. D'abord,
évidemment, les conflits sont souvent plus longs ou plus compliqués,
particulièrement quand il y a un phénomène de rareté de logements, là. Les
gens, évidemment, n'ont pas le désir de quitter, par le biais d'une entente, plus rapidement. Bien, ça prend des
ressources. Ça prend de plus en plus de ressources pour qu'on soit
entendus rapidement.
Tu sais, quand on a
un problème dans un immeuble à logements, l'enjeu, c'est que j'ai un locataire
qui ne s'entend pas avec un autre locataire, donc, c'est... c'est un enjeu
important, ou un qui ne s'entend pas avec plusieurs, puis là c'est tout le monde qui se voit empêché de vivre, finalement,
dans l'immeuble en attendant que le tribunal puisse intervenir. Donc,
d'être capable d'avoir des ressources... des ressources supplémentaires, je
pense que c'est... c'est une bonne idée.
y a certaines mesures, selon nous, qui seraient plus faciles. On en a déjà
avancé certaines dans le passé, notamment en cas de non-paiement de loyer. Si
le locataire ne se manifeste pas, parce qu'il y a plusieurs cas où, ces
causes-là, les locataires ne se présentent pas parce qu'ils n'ont tout
simplement pas payé leur loyer, ça fait qu'il n'y a pas... pas grand-chose à dire, donc, qu'on puisse procéder par défaut en
soumettant le bail, l'état de compte, et qu'on puisse, tout simplement, recevoir la décision, là, sans
être obligé de se déplacer au tribunal pour faire valoir cette situation-là.
a des enjeux en termes de compréhension. Puis je vois toute la correspondance
que le tribunal fait parvenir quand on dépose une demande. Il y a un
délai de 45 jours maintenant. Donc, la loi a été modifiée. Il faut déposer
la preuve de notification. Ça fait que, finalement, la preuve que j'ai envoyé
le document à l'autre partie, au locataire ou au propriétaire, il faut que je
dépose ça au tribunal. Il y en a plusieurs qui...
Malgré que c'est écrit, on
dit que c'est écrit noir sur blanc, bien, ce n'est pas tout le monde qui est en
mesure de bien saisir les écrits, et on voit qu'il y a un enjeu avec ça. Il y a
des propriétaires et des locataires, on le voit des deux côtés, là, qui perdent
des droits en raison de ça. Donc, je pense
que le... un mécanisme qui permettrait un rappel aux gens avant la fermeture du
dossier, donc, que les propriétaires
ou locataires puissent recevoir un rappel : Attention, vous n'avez pas
produit votre avis, si on ne le reçoit pas, on va fermer votre
dossier... qu'il y ait un mécanisme comme ça qui puisse être établi.
Jeannotte : Merci. Est-ce qu'on a... est-ce qu'on...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, il y a du temps, trois minutes.
Jeannotte : Tu veux-tu reprendre ou... Non? Est-ce qu'on pourrait
entendre l'expert là-dessus, si c'est quelque
chose qui pourrait se faire, ou si c'est prématuré? Je ne sais pas. Est-ce que
M. Simard pourrait intervenir, si le président l'accepte? Est-ce
que c'est une suggestion qui pourrait être facilement mise en oeuvre?
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
moi, avec le... Si tout le monde... consentement, il n'y a pas de problème pour
prendre la parole.
Jeannotte : Bien, la dernière suggestion de monsieur.
M. Messier (Martin A.) : D'avoir un rappel avant la fermeture d'un dossier pour permettre aux
justiciables de corriger la situation.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Oui. Alors, s'il y a une personne en arrière qui
veut intervenir, moi, il n'y a pas de problème, mais avec le consentement des
députés ici. Alors, s'il y a consentement, juste... la personne peut intervenir
avec... en nommant son nom et son titre, et puis après ça il est libre.
M. Simard (Patrick) : Bien, merci, M. le
Président. Je suis Patrick Simard, le président du Tribunal administratif du logement.
Alors,
à l'égard de cette proposition-là, le législateur a déjà, dans le cadre du
projet de loi n° 16 de la première législature, statué sur
le délai. Alors, si c'est un élément qui peut être porté à la connaissance des
députés pour la commission, M. le Président, on sera là pour participer aux
réflexions.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la députée de Labelle.
Jeannotte : Ça semble déjà là. Donc, non, je... C'est bon pour moi. Je
n'ai pas d'autre question.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Mme la ministre.
Duranceau : Oui. Alors, peut-être, avec le temps qu'il nous reste, il
y a plusieurs groupes, là, qui ont... qui nous ont présenté leurs mémoires, là,