Transportation and the Environment — 10 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CTE 2022-02-10
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-huit minutes)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, bonjour,
chers collègues. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 102, Loi
visant principalement à renforcer l'application des lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une gestion responsable
des pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du plan pour une
économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission.
Je souligne que cette
séance se déroulera à la fois dans la salle Louis-Joseph-Papineau, où je me
trouve, et dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Fortin (Pontiac) est
remplacé par M. Benjamin (Viau); M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)
est remplacé par M. Gaudreault (Jonquière).
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le
secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, hier soir, la commission
avait adopté l'article 158 tel qu'amendé. Nous sommes donc à...
Présidente (Mme Grondin) : Oui, M. le
député de Jonquière.
Gaudreault : Je voudrais savoir si on reprend à partir de l'amendement
sur les municipalités, là, l'article...
Gaudreault : ...11.1, hein, c'est ça, qui introduisait 92 je ne sais
plus quoi, là. Alors, moi, je voudrais qu'on revienne sur cet amendement.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc,
moi, ce que je vous propose, c'est qu'on termine, parce que c'est des articles
suspendus. Il ne nous en reste pas beaucoup pour terminer le bloc sur la sécurité
des barrages ou ça va vous empêcher...
Gaudreault : Bien, en fait, là, 92... 11.1, là, il est sur la
sécurité... il est dans le même bloc.
Présidente (Mme Grondin) : O.K. Donc...
Gaudreault : Ça concerne les barrages.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, les
dispositions transitoires, dans le fond, vous avez besoin qu'on revienne sur
l'article suspendu pour être capable de... c'est ça? C'est ça que j'entends?
Gaudreault : Bien, moi, je voudrais qu'on... en fait, qu'on continue
avec l'article... qu'on reprenne avec l'article qu'on avait suspendu...
Présidente (Mme Grondin) : Dès maintenant?
Gaudreault : ...qui était l'amendement du ministre. Oui.
Présidente (Mme Grondin) : Dès maintenant. Mme la députée de
Verdun.
Melançon : Bien, je suis du même avis que le député de Jonquière. Nous
avions suspendu préalablement. On avait promis au ministre d'être rapides, là,
pour pouvoir y revenir pour, justement, pouvoir faire avancer les autres articles par la suite. Donc, je suis du même avis que le ministre,
celui qui s'est dit qu'il ferait un très bon ministre, donc, que le député de
Jonquière, à ce moment-ci, si le ministre est d'accord aussi.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, j'entends que le ministre
semble d'accord. Donc, il y a comme consensus, mais j'aurais besoin d'un
consentement...
M. Charette :
Consentement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Grondin) : ...pour revenir à l'article suspendu. Mme la
députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, ça vous va aussi?
Lessard-Therrien : Oui.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, on revient à
l'article qui est suspendu, c'est l'article 131, hein, en fait? Non? M. le
secrétaire va me dire comment ça fonctionne, clairement.
Présidente (Mme Grondin) : C'est l'amendement, hein, qui
introduisait un article, 11.1. Donc, nous allons revenir à... M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Naturellement, j'imagine que les... Bien, tout
d'abord, bonjour, tout le monde. Bonjour, collègues. Bonjour, Mme la
Présidente, les gens qui nous accompagnent.
J'imagine que les
collègues ont aussi pu échanger avec les gens du milieu municipal depuis hier.
Et nous, ce qu'on a réitéré de notre côté et avec une certaine insistance,
c'est que c'est quelque chose qui est attendu de la part du milieu municipal,
là, depuis plusieurs années. On insistait, naturellement, hier, et ça nous a
été réitéré, là, à travers nos échanges en cours de journée, c'est une
possibilité qu'on offre au milieu municipal et non pas une obligation. Donc, ce
n'est pas une responsabilité qui leur est imputée, mais les municipalités
auront avec cet article-là la possibilité d'agir sur un barrage privé qui peut
être une problématique, là, pour leur milieu.
On pourra
certainement échanger, là, mais j'ai des copies de résolutions qui ont été
adoptées, autant par les MRC, autant par la FQM, et c'est un combat, là, de
leur côté... je dis combat, sans armes et sans que ça soit belliqueux, c'est
une demande de la part du milieu municipal depuis plusieurs années. Et on a
récupéré hier des résolutions, là, qui remontent aussi aux années 2018,
2019. C'étaient des demandes qui étaient adressées au MAMH, le ministère
titulaire, et le projet de loi maintenant nous permet, là, de répondre à ces
demandes-là. Donc, je mets ça en perspective, mais avec les échanges on pourra
répondre aux questions des collègues, là, si questions il y avait.
Présidente (Mme Grondin) : Peut-être, juste avant, juste pour
vous donner l'information que... En fait, sur cet amendement, on a calculé le
temps qui reste, donc ça va vous donner une idée. Donc, Mme la députée de
Verdun, il vous reste 2 min 20 s. Et M. le député de Jonquière,
il vous reste 7 min 45 s. Et Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue
ainsi que M. le député de Viau, vous avez 20 minutes. Ça vous convient?
Parfait. Donc, Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci, Mme la Présidente. Bonjour. Bonjour à tout le monde.
Alors, comme il me reste 2 min 20 s, je vais rapidement mettre
la table. Et je crois que la proposition que j'ai faite hier était plus que
sage. On a donc parlé avec la FQM, et je
retiens deux grandes choses, d'abord, que la FQM a été contactée hier, là, ou
ce matin par le cabinet du ministre
pour pouvoir avoir un échange, alors qu'on nous disait que l'échange avait eu
lieu un petit peu avant.
Et voici ce que je
retiens de l'échange avec la FQM, là. C'est qu'après analyse de ce qui est
déposé au 11.1, ça semble répondre à la demande de la FQM, mais demeurera
probablement sans suite parce qu'aucune municipalité ne prendra le risque qui
en découlera sans les éléments qui faisaient aussi
partie des recommandations,
c'est-à-dire s'assurer qu'une municipalité intervenant dans ce contexte ne
puisse être tenue responsable de dommages occasionnés dans le cadre de ses interventions, sauf en cas de faute lourde, deux,
de pouvoir transférer la facture et le coût des travaux aux
propriétaires, bénéficiaires. Donc, les deux éléments sont essentiels pour la
FQM, pour favoriser les interventions. Et, à
titre d'assureur de plus de 80 %
des municipalités du Québec, la FQM est extrêmement préoccupée par l'impact
éventuel de l'adoption de cet amendement. Ils ne nous proposent pas d'aller de
l'avant avec l'amendement tel que rédigé.
Donc, on a bien fait
de parler avec la FQM, là. D'ailleurs, je dois... je dois vous dire qu'il y a
eu... Il y a un consensus, là, puis on a parlé avec les gens de la FQM, ils ne
peuvent pas cautionner cette proposition d'amendement. C'est aussi clair que
ça, Mme la Présidente. Ça, c'est l'échange que nous avons eu avec la FQM.
J'imagine que les autres collègues ont dû avoir des échanges aussi avec la
fédération, je leur laisserai le temps, mais de mon côté, là, voici les
échanges que nous avons eus. Et difficile pour moi de dire que la FQM est
contente puis que c'est une de leurs demandes. Ils me disent totalement
l'inverse.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, madame. M. le ministre... ou
je cède la parole...
M. Charette : Bien, peut-être, oui,
répondre à l'intervention de la collègue. On a validé, ces dernières heures, le
contenu. La FQM, elle est contente, hein, ceci dit, on ne peut pas dire le
contraire, elle est contente de la possibilité qui leur
est offerte, mais ils ont des inquiétudes au niveau du pouvoir, de leur
responsabilité, et au niveau du budget. Ce qu'on leur dit, les juristes
pourront compléter, c'est que le droit municipal est déjà très clair à ce
niveau-là. Donc, l'amendement qu'on souhaiterait voir aborder, de leur côté,
l'UMQ a une préoccupation semblable, dans les faits, n'est pas nécessaire,
compte tenu du droit municipal. Donc, ils ont une inquiétude, oui, mais les
juristes pourront répondre à cette inquiétude-là.
Au niveau de leur responsabilité, au niveau du
pouvoir de taxation, la réglementation, la législation municipale leur permet
déjà de faire ce qu'ils souhaiteraient faire en autant, bien sûr, que cet
article-là soit adopté. Cet article-là va leur donner la possibilité d'agir.
Et, à partir du moment où la possibilité leur est donnée, là, le droit
municipal peut prendre le relais et les protéger sur les inquiétudes, là,
qu'ils ont partagées. Mais à la base, le premier, premier principe, elles
doivent avoir le pouvoir d'intervenir, ce qu'elles n'ont pas présentement.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, effectivement,
je pense qu'on a bien fait de suspendre cet
article hier. Nous, on a fait nos
devoirs également, ce notre côté, on a également interpelé la FQM, la Fédération
québécoise des municipalités, et visiblement, là, on a eu à peu près les mêmes
contacts que l'opposition officielle.
Je vais me permettre, Mme la Présidente, de lire
carrément le courriel qu'on a reçu à la suite des demandes d'information qu'on
a faites auprès de M. Pierre Châteauvert, qui est directeur des politiques
à la FQM. Et M. Châteauvert, notamment, était venu ici, en commission,
quand on a reçu la FQM en auditions. Alors, je ne vois pas comment... À la
suite de la lecture, là, vous allez voir, là, Mme la Présidente, mais je ne
vois pas comment le ministre peut dire : On a consulté la FQM, ils sont
satisfaits.
Écoutez bien, M. Châteauvert nous dit, et
ça, c'est ce matin — hier
soir? — ce
matin, là : «Le cabinet du ministre, l'opposition officielle et la
troisième opposition nous ont contactés hier et ce matin pour nous demander
notre avis sur un amendement proposé à
l'article 11.1 du projet de loi n° 102. Après analyse et en fonction
de nos recommandations contenues dans
notre mémoire déposé à la commission parlementaire, le 23 novembre 2021,
nous ne pouvons cautionner cette proposition d'amendement. À première
vue, celui-ci peut sembler répondre à notre demande, mais demeurera probablement
sans suite, parce qu'aucune municipalité ne prendra le risque qui en découlera
sans les éléments qui faisaient aussi
partie de nos recommandations :
premièrement, de s'assurer qu'une municipalité intervenant dans ce contexte ne
puisse être tenue responsable de dommages occasionnés dans le cadre de ses
interventions, sauf en cas de faute lourde,
deuxièmement, de pouvoir transférer la facture et les coûts de ces travaux aux
propriétaires et bénéficiaires. Ces
deux éléments sont essentiels pour favoriser ses interventions. Et, à
titre
d'assureur de plus de 80 % des municipalités du Québec, la FQM est
extrêmement préoccupée par l'impact éventuel de l'adoption de cet amendement.
«Par ailleurs, nous avons constaté que plusieurs
amendements ont aussi été adoptés sans consultation préalable et nous
procéderons à leur analyse pour vérifier si d'autres problématiques se posent.»
Alors, Mme la Présidente, on en a parlé dans un
autre dossier, j'ai le goût d'appliquer le principe de précaution. Tu sais, la
FQM, visiblement, je ne sais pas si je peux répéter, là, mais il nous dit, à la
fin de son premier paragraphe : «Nous ne pouvons cautionner cette
proposition d'amendement.» Alors là, moi, je suis extrêmement préoccupé par le
fait que le ministre nous dit : On a consulté, il y a des résolutions de
municipalités. Il peut y avoir des résolutions de municipalités depuis 2018,
mais la résolution de municipalité peut dire : On voudrait avoir un
pouvoir pour intervenir sur les barrages, mais que le libellé du texte ne
corresponde pas à ce qu'ils disent. Puis là c'est visiblement le cas. Alors, je
trouve ça déplorable, je trouve ça préoccupant, et ce, sans compter les autres
éléments que j'ai soulevés hier dans notre discussion concernant la saine
gouvernance, l'éthique.
Bon, je comprends que le monde municipal est
soumis à d'autres lois et d'autres règles en cette matière, sur l'éthique, la
gouvernance, la transparence, puis ils y seront soumis de toute façon, mais je
ne vois pas pourquoi, par un amendement introduit subitement comme ça, on
ouvrirait la porte à soulever des questions sur des enjeux d'éthique, à peut-être être obligé de faire appel,
éventuellement, s'il arrive des problèmes, à des règles sur l'éthique, la
gouvernance en matière municipale. Je ne trouve pas que c'est un bel
amendement.
Alors, moi, je pense que le ministre n'a pas
beaucoup le choix, à la suite de ce qu'on vient d'entendre de la FQM, de
retirer son amendement ou, l'autre chose, c'est de dire : On le retire,
mais on va retravailler pour éventuellement avoir quelque chose de mieux qui
répond plus aux demandes, aux vraies demandes municipales. Puis moi, je suis
prêt à travailler avec le ministre là-dessus, il nous reste encore quelques
semaines, en tout cas, au moins quelques heures de commission parlementaire. On
peut même amener des amendements à la prise en considération au salon bleu. Si
on s'entend tous sur un libellé d'amendement qui pourrait correspondre à la
réelle volonté municipale, je pense qu'on serait capable d'arriver à quelque
chose.
Mais je pense qu'on doit se rendre à l'évidence.
En plus de ce qu'on a dit hier, en cette commission, je pense à la députée de
Verdun, je pense à mes interventions, pour soulever des doutes sur la validité
de cet amendement, en plus de ce qu'on a reçu comme message de
Pierre Châteauvert, directeur des politiques à la FQM, je vois mal comment
on pourrait adopter cet amendement-là. Moi, je tends la main au ministre pour
dire : Retirons-le, travaillons différemment, on a encore de l'espace pour
l'amener, un amendement qui a de l'allure. Et aussi regardons... si ce n'est
pas possible dans ce projet de loi là, il y en aura d'autres, des omnibus sur
l'environnement, ça pourrait être l'année prochaine qu'on le fera. Donnons-nous
le temps de le faire correctement.
Et je termine cette intervention en vous disant
que moi, je demeure préoccupé par le fait que l'amendement, puis ça me fatigue,
là, terriblement, dans sa rédaction, ne met pas la sécurité en premier, au
sommet. Puis je ne dis pas que le ministre ou le
ministère n'est pas préoccupé par la sécurité, mais, quand on lit l'amendement,
là, la première chose qu'on voit, là, c'est : «Toute municipalité locale
peut accorder une aide pour la réalisation de travaux d'entretien». La
sécurité, là, l'enjeu de sécurité apparaît au quatrième paragraphe dans la
deuxième ligne. C'est la première fois qu'on voit apparaître le mot «sécurité»,
quand on parle «d'un risque sérieux pour la sécurité des personnes ou des
biens». Mais avant d'arriver à ça, là... Tu sais, normalement, là, je trouve
que cet
article 91.12 devrait se dire : Pour des raisons de sécurité
des biens et des personnes — des
personnes, d'abord — et
des biens, une municipalité pourrait... blablabla. Bon. Mais là ce n'est pas
ça, c'est l'aide financière qui prime dans le texte de la loi, dans le texte de
l'amendement.
Alors, je suis obligé de dire... Parce que moi,
je n'étais pas fermé, je vous l'ai dit, je suis très ouvert à la
décentralisation, mais là avec les doutes qu'on soulève, avec ce message clair
de la FQM, je suis obligé de dire non, non, non à cet amendement et de proposer
au ministre de le retirer, ça va être tout à fait correct, tout le monde va
être content, puis de le retravailler pour l'amener mieux rédigé, soit dans les
quelques heures de travaux qu'il nous reste ou soit dans un autre omnibus
l'année prochaine. Et je pourrai...
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député de Jonquière...
M. Gaudreault : ...contribuer avec
le ministre. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : ...je suis désolée, il vous reste une seconde. Mme
la députée de Verdun, il vous reste cinq secondes. Donc, oui, M. le
ministre.
M. Charette : En fait, on va y aller
dans l'ordre. Non, il n'est pas question de retirer ce débat-là. Les municipalités
seraient les grandes perdantes. Les collègues parlent beaucoup de la FQM.
J'espère qu'ils ont aussi consulté l'UMQ. L'UMQ dit oui, nous propose un
amendement, et cet amendement-là revient au rôle de la responsabilité et du pouvoir de taxation municipal. Comme je vous dis,
et je laisserai les juristes qui nous accompagnent répondre à ça parce
que, dans les faits, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, avec le pouvoir qu'on
leur donnera avec cet article-là, ils seront en mesure d'avoir les assurances
nécessaires au niveau du pouvoir de taxation mais également au niveau de leurs
responsabilités.
Peut-être évacuer la
partie qui est la plus
facile, soit celle des problèmes éthiques potentiels. Hier, je le mentionnais
d'entrée de jeu, il n'y a pas une loi, il n'y a pas un règlement qui va
empêcher tout le monde de magouiller ou de mal faire. Malheureusement, on le
souhaiterait tous, mais on sait fort bien que les gens qui veulent mal faire
trouvent souvent un moyen de le faire. Ce qui peut nous rassurer, c'est qu'au
niveau du code d'éthique des élus municipaux, du Code criminel également, tout
ceci est très, très bien encadré. Donc, c'est un volet, là, pour ma part, qui
ne m'inquiète pas du tout.
Pour ce qui est de la responsabilité du pouvoir
de taxation, ce sont des questions très, très légitimes. Peut-être vous
proposer la formule suivante : on a Me Grignon qui pourrait nous
répondre ou nous orienter au niveau de la responsabilité des municipalités, et
ça, c'est la
partie moins agréable, on est dans deux salles, ce matin, de
l'autre côté, mais bien, bien avec nous malgré tout, un juriste du ministère
des Affaires municipales qui pourrait prendre le relais pour ce qui est du
pouvoir de taxation. Donc, avec consentement, on pourrait laisser Mme Grignon,
là, nous parler et tenter de nous rassurer, là, par rapport à la responsabilité
des municipalités.
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce qu'il y a consentement pour laisser parler
Me Grignon? Oui, il y a consentement? Donc, allez-y, je vous... Pardon?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, je vous invite à vous présenter, s'il vous
plaît.
Mme Grignon (Karine) : Oui. Bonjour.
Karine Grignon, avocate au ministère de la Justice.
En fait, ici, au niveau de la responsabilité de
la municipalité, donc, ce n'est pas une obligation qui lui est faite de faire
des travaux. Donc, c'est un pouvoir, comme elle a d'autres pouvoirs, là, en
matière municipale, par exemple l'entretien de cours d'eau, donc ça existe déjà
au niveau de la
Loi sur les compétences municipales, et c'est les règles de
responsabilité normales, là, donc elle doit exécuter ces travaux d'une manière
adéquate. Puis, si jamais il arrive une faute, bien, il pourra y avoir recours,
là, à l'encontre des travaux, là. Donc, c'est les recours normaux par rapport à
la responsabilité civile, là, qui s'appliquent à ce moment-là. Donc, ici, ce
n'est pas traité différemment.
Puis, au niveau des règles, en fait, ce n'est
pas parce qu'on accorde ce pouvoir-là à la municipalité qu'on écarte toutes les
autres règles, par ailleurs, là. Donc, tout ce qui concerne la sécurité des
barrages, qu'on a étudié précédemment, va demeurer applicable. À partir du
moment où il s'agit d'un barrage à forte contenance, par exemple, il devra y avoir des règles, là, qui pourront
s'appliquer et qui devront être respectées par la municipalité, à ce moment-là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci. Y a-t-il... Ça va? Donc, parce que, M. le
ministre, vous souhaitez donner la parole...
M. Charette : Dans l'autre salle, si
c'est possible.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, bonjour, maître, j'imagine.
Donc, je vous... Il y a consentement pour qu'on poursuive? Et donc je vous
invite à vous présenter, s'il vous plaît.
M. Fontaine (Nicolas) : Oui.
Bonjour. Nicolas Fontaine. Je suis directeur des orientations et de la
gouvernance municipales au ministère des Affaires municipales dans la Direction
générale des politiques.
Donc, c'est dans... notre équipe qui avons
préparé cette disposition-là. Différents commentaires, là, que je pourrais
formuler par rapport aux interventions qui ont été faites. L'idée de la disposition,
c'est de donner un outil à un intervenant sur le terrain qui peut résoudre
certains problèmes. On constate, par exemple, qu'il y a des barrages privés
pour lesquels, par exemple, les propriétaires ne s'entendent pas ou ne peuvent
trouver une personne pour prendre en charge les travaux. Donc, on a ici un
acteur public qui peut réaliser les travaux au bénéfice, par exemple, des
propriétaires riverains d'un bassin qui a été créé par l'installation du
barrage. Et la municipalité, l'intérêt qu'il y a, c'est qu'elle peut par la
suite taxer les bénéficiaires pour financer les travaux. Parce que, lorsqu'on a
plusieurs propriétaires autour d'un bassin qui est par barrage, parfois il n'y
a pas entente.
Et la disposition est effectivement en deux
volets. On a un volet pouvoir d'aide et on a un pouvoir... un volet
intervention directe, donc de réaliser les travaux. C'est au choix de la
municipalité. Et, comme Me Grignon vient de le mentionner, il n'y a
effectivement pas d'obligation. Donc, ici, on vient donner un pouvoir dans un
champ de compétence qui est occupé par des municipalités qui sont autonomes,
qui sont... qui ont été reconnues comme gouvernement de proximité.
Et l'idée derrière ça, ce n'est pas non plus de
protéger les municipalités contre elles-mêmes. Donc, si elles souhaitent
procéder à des travaux, elles peuvent le faire. Si elles préfèrent ne pas le
faire parce qu'elles n'ont pas l'expertise, elles peuvent, en vertu de la
disposition qui est sur la table... elles pourraient verser une aide financière,
par exemple, à des propriétaires riverains pour qu'ils engagent un contracteur
qui s'y connaît en matière de barrages et qui réalise lui-même les travaux.
Dans ce cas-là, la responsabilité de la municipalité n'est pas engagée.
Sinon, l'idée de ne pas avoir prévu
d'exonération de responsabilité pour le milieu municipal dans une disposition
comme celle-là, c'est de garder un certain équilibre entre la municipalité, qui
veut, bien sûr, être protégée comme organisme d'intérêt public, et le public lui-même,
qui doit quand même avoir la possibilité éventuellement d'avoir des recours
s'il y avait vraie faute. Donc, c'est l'idée.
Et les municipalités ont les pouvoirs fiscaux
nécessaires pour financer les éventuels travaux qu'ils pourraient faire, soit
en taxant les bénéficiaires ou, éventuellement, à leur choix, là, à leur
entière discrétion, ils pourraient financer une
partie des travaux à même la
taxe générale et une
partie aux bénéficiaires. Donc, selon le contexte, là, la
municipalité serait en mesure de déterminer la meilleure façon de financer ces
travaux-là.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci,
M. Fontaine. Donc, je vois Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue. Vous souhaitiez intervenir?
Mme Lessard-Therrien : Oui, merci,
Mme la Présidente. J'ai plusieurs questions. D'abord, «si le propriétaire d'un
barrage est introuvable, la municipalité peut, au plus tôt le 30e jour
suivant la publication d'un avis public annonçant son intention, y réaliser des
travaux visés au premier alinéa». Mais, si on est dans le cas d'un barrage qui
est problématique, qui doit avoir des rénovations dessus, des travaux, le
propriétaire est introuvable, là, la municipalité peut, mais si la municipalité
ne peut pas, c'est la responsabilité de qui de s'assurer que les travaux soient
faits sur le barrage? C'est ma première question.
M. Charette : Je le mentionnais
hier, ce n'est pas une obligation. Le milieu municipal, à juste titre, a comme
revendication depuis plusieurs années, lorsqu'on leur donne une nouvelle
responsabilité, c'est d'avoir les budgets en conséquence pour pouvoir
l'assumer. Là, on ne leur donne pas une obligation de responsabilité, on leur
donne une possibilité. Donc, ça vient répondre un petit peu à l'enjeu, là, du financement.
Mais, à partir du moment où elles ont cette possibilité-là, elles ont à leur
disposition ce que nos deux juristes nous ont expliqué, elles ont des moyens
qui viennent avec ce pouvoir-là. Elles auront la possibilité de faire financer
les travaux, ce qu'elles ne pourraient pas avoir étant donné qu'actuellement
elles n'ont tout simplement pas le droit d'entreprendre ce type d'intervention
là. Et par la suite, si tel est le souhait, elles auraient la possibilité de se
faire rembourser par les citoyens d'un secteur en particulier ou ça serait aux
municipalités de voir quelles seront les modalités de remboursement, est-ce que
c'est la totalité, une partie, est-ce que c'est un secteur qui est visé.
Donc, il faut être bien, bien, bien clair, et je
comprends la revendication du milieu municipal, mais il n'y a aucune obligation qui leur est formulée à travers
cet amendement-là. Et je pourrais vous lire, et je ne le ferai pas, mais...
les résolutions, justement, qui allaient
dans ce sens-là, des MRC et municipalités, là, qui souhaitaient avoir la
possibilité d'intervenir.
Mme Lessard-Therrien : Ce n'était
pas exactement ça ma question, Mme la Présidente. Ça, je comprends bien ça.
Mais, si elle n'utilise pas son pouvoir pour agir, il reste qu'il y a une
problématique sur le barrage, le propriétaire est introuvable, la municipalité
dit : Moi, je ne peux pas, ça fait que là, ça revient à qui, la
responsabilité d'effectuer les travaux?
M. Charette : En fait, là, on ajoute
un partenaire potentiel en les municipalités avec cet amendement-là. Mais vous
avez tout à fait raison, puis j'essayais de le mentionner hier, il ne faut pas
oublier tous les autres articles que l'on a adoptés. Donc, si jamais cet
amendement-là n'était pas accepté, si on le laissait tomber, on revient à la
case départ, oui, pour ce qui est des municipalités, mais
tous les autres pouvoirs continuent de s'appliquer. Et même s'il était adopté,
si la municipalité... si une municipalité, pour x raisons que ce soit, ne
veut pas s'investir dans ce projet-là, bien, c'est tous les autres articles qui
s'appliquent, c'est-à-dire toutes les obligations à l'égard du propriétaire, la
possibilité pour le ministère de prendre en charge des travaux si le
propriétaire n'est pas identifié. On se souvient qu'on se donne même la
possibilité, si on identifie le propriétaire après coup, de se retourner vers
le propriétaire. Donc, tout ça, là, tous les articles précédents viennent
s'appliquer. Celui-ci, cet amendement-ci, c'est une option de plus que les
municipalités souhaitent avoir.
Lessard-Therrien : Les
municipalités ont des tailles assez différentes. Il y a des très petites
municipalités qui ont des barrages sur leur territoire, qui ont des fois un
employé et demi, tu sais, si elles se lancent dans, tu sais, dans la
réalisation de ces travaux-là parce qu'elles identifient un enjeu, parce qu'il
faut agir rapidement, parce qu'elles ont envie de le faire, tu sais, moi, des
fois, je me pose la question, puis là vous me dites qu'il y a des résolutions,
mais c'est quoi, leur intérêt d'aller de l'avant? Parce que, tu sais, après, il
faut qu'ils courent après des factures, tu sais, une fois qu'ils ont réalisé
les travaux. Puis elles le font déjà, là, des fois il y a des enjeux de
ponceaux sur des chemins privés, les propriétaires, tu sais, on se renvoie la
balle : Ce n'est pas notre responsabilité, c'est la responsabilité de la
municipalité, gnagna. Là, ça devient très compliqué pour ces petites
municipalités-là qui ont réalisé les travaux pour des enjeux de sécurité, mais
là, après, elles doivent courir après... Ils ont une facture à refiler aux citoyens,
doivent courir après leurs sous, des fois il y a des démarches judiciaires qui
sont entamées. Ça devient vraiment comme, tu sais, un bordel. Puis les
municipalités ont parfois peu de moyens. Ça fait que moi, j'aimerais peut-être
entendre quand même le ministre sur... Je comprends que c'est un partenaire
supplémentaire, mais c'est quoi, l'avantage que les municipalités vont chercher
avec cet amendement-là?
M. Charette : Très, très bonne
question. Puis je peux parler, là, de nombreux cas dans la région. Si un
barrage n'était pas entretenu, par exemple... Et là on revient davantage, là,
on ne parle pas de gros, gros barrage, là, pour des productions
d'hydroélectricité, ou autres. On a plusieurs lacs au Québec, dans les différentes
régions, notamment beaucoup dans les Laurentides, qui, sans ce barrage-là, vont
tout simplement disparaître. On a vu l'actualité d'ailleurs, ces derniers mois,
j'en ai dans les Laurentides, des lacs qui sont disparus. C'est tragique, très
certainement, mais ce que ça veut dire, c'est que la valeur foncière de la
municipalité diminue énormément. Donc, c'est là, son avantage. À partir du
moment où il y a une série de riverains qui sont riverains mais qui ne le sont
plus parce que le lac a disparu, bien, la valeur foncière, le potentiel foncier
de la ville diminue énormément. Donc, c'est là où il y a un intérêt majeur de
la part des municipalités d'intervenir.
Et c'est vrai que le propriétaire peut ne pas
être solvable. On le disait dans les dernières séances, le propriétaire, ça
peut être une association, ça peut être un propriétaire bien, bien malgré lui,
en ce sens que le barrage est sur son terrain, mais qui, dans les faits, ne l'a
pas souhaité ou n'en a pas assumé la responsabilité. C'est là où la ville
souhaite avoir la possibilité d'intervenir. Et ensuite, la ville a quelques
options, on les a mentionnées, à travers un pouvoir d'emprunt, de faire
financer ces travaux-là par la suite, soit d'éponger la facture parce qu'elle
est consciente que ce barrage-là vient donner de la valeur à son assiette
fiscale, en quelque sorte, ou répartir en
partie ou en totalité la facture
auprès des gens du secteur qui bénéficient directement de cette
infrastructure-là.
Donc, l'avantage, il est indéniable, indéniable
pour les municipalités. Et c'est vrai qu'on en a de toutes petites. C'est vrai
que certaines n'ont à peu près pas de personnel ou de personnes qualifiées pour
faire ce type de travaux là. C'est pour ça qu'à travers l'amendement aussi, non
seulement elles ont le pouvoir, mais ce n'est pas une obligation qu'elles le réalisent
elles-mêmes. Elles peuvent engager les ressources nécessaires, que ce soit
consultant, que ce soit ingénieur, que ce soit la personne nécessaire, là, pour
réaliser le travail. Donc, ce n'est pas une obligation que ce soit le
fonctionnaire de la ville qui fasse les travaux. De surcroît, si la personne
n'a pas les compétences, elle n'aurait tout simplement pas le droit de le faire
en vertu des articles aussi qu'on a adoptés, là, précédemment.
Mme Lessard-Therrien : Je remercie
le ministre pour son explication éclairante. Ça soulève quand même quelques
bémols chez moi. D'abord, je trouve qu'avec cette réponse-là, quand même, on
s'éloigne de la préoccupation du député de Jonquière sur l'enjeu de sécurité.
Les municipalités ont intérêt à se saisir elles-mêmes des travaux sur les
barrages pour maintenir une capacité fiscale, c'est-à-dire de garder des
valeurs élevées aux terrains en bordure de l'eau. Là, je trouve vraiment qu'on
s'éloigne de la préoccupation de la sécurité. Puis, en même temps, je comprends
que, comme le ministre le dit, ce n'est peut-être pas le bon endroit dans ce
projet de loi pour remettre en question la fiscalité municipale, mais c'est
définitivement un enjeu au Québec. Puis là ce que je me rends compte, c'est
qu'on dépose cet amendement-là, finalement, pour encourager les municipalités à
subir un régime fiscal qui est de plus en plus inadéquat. Je trouve ça quand
même particulier comme explication, finalement, de la part du ministre.
M. Charette : Je vais tenter de la
rassurer, et on a toujours l'expertise aussi du juriste du MAMH, là, pour
l'enjeu, là, d'assiette fiscale ou de marge de manoeuvre au niveau des
municipalités. D'abord, la question de sécurité, le collègue de Jonquière l'a
posée aussi, cette question-là. Elle n'est pas mauvaise, mais le mot
«sécurité», dans le paragraphe, s'il est avant ou s'il est après, ça n'a pas
moins d'importance, là, ça n'a pas moins de portée sur le pouvoir, là, qui
serait possible pour les municipalités. Mais, pour l'enjeu fiscalité, avec
consentement, toujours, on pourrait retourner, là, auprès du collègue, là, du
MAMH.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, ça va? M. Fortin.
M. Fontaine
(Nicolas) : Oui, M. Fontaine, en réalité.
La Présidente (Mme
Grondin) : Fontaine, je suis désolée, je
m'excuse.
M. Fontaine (Nicolas) : Il n'y a pas
de problème, donc, Nicolas Fontaine.
Effectivement, l'intérêt pour une municipalité,
là... Comme le ministre l'a bien expliqué, il y a la conservation de la valeur
foncière, mais on peut voir ça aussi, de manière plus large, comme la
conservation d'un milieu de vie.
Imaginons, par exemple, là, dans les
années 70, un promoteur trouve un ruisseau, installe un barrage, ça crée
un étang artificiel, les maisons sont construites autour. Les gens vivent avec
ce barrage-là à proximité et en profitent. Éventuellement, si le barrage qui
crée ce lac-là, artificiel, venait à disparaître, bien, le lac disparaîtrait.
Les gens, au lieu d'être à quelques mètres, en respectant les bandes riveraines
évidemment... à quelques mètres du lac, bien, se retrouveraient beaucoup plus
loin. Donc, la municipalité, elle n'a pas seulement l'intérêt de la valeur
foncière, c'est sûr que ça fait
partie des considérations, mais la conservation
d'un milieu de vie de qualité pour sa population, et ça passe par là aussi.
En matière de sécurité, il peut y avoir un
intérêt, pour la municipalité, pour entretenir un barrage privé. Par exemple,
ces barrages-là, parfois, créent des bassins qui peuvent être utilisés par les
pompiers, en cas d'incendie, avec une borne sèche. C'est un exemple. On
pourrait vouloir, pour la municipalité, conserver ce barrage-là pour éviter que
le bassin éventuellement se vide et fasse des dommages matériels en aval.
Donc, c'est un autre intérêt, pour la
municipalité, d'intervenir sur ce barrage-là en particulier, dans sa mission de
poursuite de l'intérêt public pour les contribuables, les habitants, la
population de son territoire. Puis, encore une fois, d'un point de vue fiscal,
si la municipalité souhaite s'impliquer dans ce genre de travaux là, elle a
tous les outils nécessaires actuellement pour les financer dans les lois
municipales générales, soit la
Loi sur la fiscalité municipale, la
Loi sur les
cités et villes et le Code municipal, en fonction de la municipalité à laquelle
il s'applique.
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, Mme la députée.
Mme Lessard-Therrien : Bien, on
dirait que je n'arrive pas à être convaincue, Mme la Présidente. Bon, j'entends
l'argument, la conservation du milieu de vie, mais est-ce que ce n'est pas
aussi une préoccupation du gouvernement du Québec de maintenir la qualité de
ces milieux de vie là? Tu sais, est-ce que c'est parce qu'on va... En s'adjoignant,
comme ça, d'un nouveau partenaire, est-ce que c'est parce qu'ils ont plus
d'agilité, ils peuvent faire les travaux plus rapidement que ce que le
gouvernement du Québec actuel pourrait faire? Moi, on dirait, je crains à ce
qu'il y ait un genre de déresponsabilisation, peut-être, du rôle du ministère
sur ces enjeux-là, de maintenir la qualité de vie, de maintenir la sécurité. Ça
fait que j'ai encore besoin d'être convaincue, Mme la Présidente.
M. Charette : ...est très, très
légitime, mais, encore une fois, il ne faut pas oublier les autres articles
dans cette même section, dans ce même bloc, qui ont été adoptés. Donc, ce n'est
pas, d'aucune, d'aucune façon, une façon de se délester d'une responsabilité qui
revient au ministère. N'oublions pas, même dans l'éventualité où une ville
voulait s'impliquer sur un barrage privé,
les autres dispositions sont maintenues, et la responsabilité première reste au
propriétaire, et, si le propriétaire ne fait pas la job, bien, le ministère a
tous les pouvoirs qu'on a eu l'occasion de débattre, là, ces derniers jours,
c'est-à-dire carrément d'entreprendre lui-même les travaux, si c'est jugé
nécessaire de le faire.
Donc, ce n'est pas une déresponsabilisation, ce
n'est pas du délestage de responsabilité, c'est qu'on a des partenaires qui
veulent avoir un rôle qui serait aidant pour le ministère s'ils veulent s'en
prévaloir, mais, encore là, il n'y a aucune, aucune obligation. Je pense, c'est
hier, on disait : Ce serait peut-être... ou ce matin. On finit par perdre
la notion du temps, moi le premier. Mais ce n'est pas vrai que c'est juste les
grosses municipalités qui veulent ce type d'option là à leur disposition. Il y
a plusieurs, plusieurs petites municipalités... Les cas de figure qu'on a
exposés ces dernières minutes, que ce soit un bassin d'eau pour les pompiers,
que ce soit un lac qui vient profiter au cadre de vie des citoyens, c'est rarement de grosses municipalités, là... Donc, les
petites municipalités ont un intérêt très, très marqué, et les plus
grandes aussi, très, très certainement.
Mme Lessard-Therrien : Mais, comme je disais, effectivement, moi, je
suis très sensible aux petites municipalités. J'en ai énormément sur mon territoire. En même temps, tu sais, il était
dit tantôt : Bien, soit la municipalité va entreprendre les travaux
elle-même ou elle va pouvoir financer les riverains qui, eux, vont engager un
contracteur pour réaliser les travaux. Moi, je reste quand même préoccupée sur,
tu sais, à quel point, des fois, ça peut mettre la municipalité entre l'arbre
et l'écorce.
Puis je reste quand même très sensible à
l'argument de la FQM, puis, bon, la FQM, qui sont généralement les
représentants des plus petites municipalités, où ça peut mettre la municipalité
dans une position difficile, où là tu as des citoyens qui disent : Tu as
le droit, finance-moi, c'est dans tes responsabilités de nous financer pour
qu'on engage un contracteur pour ne pas qu'on perde notre qualité de vie. Mais,
si, pour x raisons, la municipalité est préoccupée, on dit : Elle pourrait
se rembourser à même l'impôt foncier.
Là, ça a un impact sur toute la municipalité.
Là, c'est-tu une poignée de riverains puis c'est-tu des riverains, par exemple,
qui sont là juste l'été, une
partie de l'année, puis c'est des villégiateurs
qui viennent de l'extérieur profiter d'un lac? Mais, tu sais, ça engendre
beaucoup de questions. Ça met les municipalités dans des positions délicates.
Puis là on a l'avis de la FQM qui dit :
Nous, on ne veut pas aller là. Ça fait que, là, moi, j'ai l'impression qu'il y
aurait peut-être matière à retravailler cet amendement-là.
M. Charette :
Là, c'est certain que ça peut sembler par personne interposée du... parce qu'on
a tous parlé à, notamment, la FQM, mais je vous demande aussi de ne pas oublier
l'UMQ. Mais, la FQM, deux préoccupations, responsabilité municipale et le
pouvoir de taxation, et je pense... Ce n'est pas moi qui l'ai mentionné, je
n'ai pas la fine connaissance de la compétence au niveau juridique, mais je
pense que nos deux juristes ont clairement dit : Ce qu'il manque,
actuellement, c'est le pouvoir d'agir, et, à partir du moment où ce pouvoir
d'agir là est donné, la loi existante, tantôt aux Affaires municipales et
tantôt à l'Environnement... Les lois existantes, la réglementation existante,
viennent répondre de façon très, très claire au volet responsabilité et au
volet pouvoir de taxation ou possibilité fiscale, là, pour une municipalité.
Mme Lessard-Therrien : Je
n'aurais pas d'autre commentaire, Mme la Présidente, pour l'instant. Je ne sais
pas si le collègue de Viau veut commenter.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, bonjour, collègues. Donc, Mme la Présidente, avant qu'on
arrive à l'article 11.1, j'avais l'impression, en fait, pour les périodes
où j'ai pu participer à cette étude détaillée, que l'intention du ministre,
pour ce qui est de la sécurité des barrages, était quand même, somme toute,
assez claire. D'ailleurs, ma collègue la députée de Verdun, d'ailleurs que je
salue et que je remercie pour sa grande contribution dans cette étude
détaillée, a posé plusieurs questions notamment sur l'identification de ces
barrages, les mécanismes de sécurité, les mécanismes de pouvoirs octroyés dans
le cadre de ce projet de loi par rapport à la sécurité des barrages, mais
l'article 11.1 qu'on a devant nous me donne une impression tout
autre, une impression... En fait, j'ai une impression de délestage et j'ai une
première question. Est-ce que le ministre peut nous dire combien de barrages
qui seraient susceptibles de se retrouver dans cette situation? Est-ce qu'il a
une idée combien de barrages, à peu près, seraient susceptibles de se retrouver
dans cette situation?
M. Charette : En fait, on a partagé
aux collègues, avant-hier, je pense, un tableau... des tableaux qui établissent
très, très clairement la répartition par région, le type de barrage, barrages
privés... Donc, c'est une information, là, qui est déjà entre les mains du
collègue. On peut revenir sur certains chiffres, mais c'est une information,
là, qui vous est déjà connue. Est-ce que le sous-ministre adjoint pourrait
donner un portrait des barrages, encore une fois, au Québec?
M. Benjamin : ...en lien avec
l'article 11.1, est-ce qu'on a une idée de combien de barrages, en lien
avec l'article 11.1, qui seraient susceptibles de tomber dans cette
situation?
M. Rousseau (Michel) : Je ne vous donne, évidemment, pas un chiffre... Excusez,
consentement...
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, ainsi que de vous
présenter, s'il vous plaît.
M. Rousseau (Michel) : Michel Rousseau, sous-ministre adjoint.
Difficile pour moi de vous donner un chiffre
là-dessus, là. Je ne suis pas dans les intentions municipales, là, mais
retenons que ça concerne beaucoup, beaucoup les barrages à faible contenance et
les petits barrages, là. Je ne dis pas que c'est exclusif, là, mais ça touche
beaucoup ce genre de barrage là. Donc, on a le nombre, comme le ministre a dit. Maintenant, c'est surtout des barrages pour
lesquels... C'est simple, un barrage, hein? Le plus sécuritaire des
barrages, c'est quand il n'existe pas. Il n'y a pas de danger. Il n'y a pas
d'eau de retenue.
Donc, si le propriétaire d'un barrage... petit
barrage à faible contenance n'est pas en mesure de l'entretenir, ne peut
rien... bien, la solution, ça va être de le démolir, évidemment, avec les
conséquences qu'on a nommées tantôt. Donc, on perd de l'eau, on ne peut pas
aller à la pêche, on ne peut pas faire de canot, etc. Donc, ça va être les cas
où les municipalités trouvent que, pour la communauté puis le bien de tous,
c'est important que ce barrage-là soit maintenu parce qu'il crée un milieu de
vie, comme disait le...
Donc, combien de cas ça représente, je n'ai pas
le nombre, là, mais j'ai envie de dire, c'est surtout les cas de lacs de
villégiature, puis c'est souvent des lacs à faible contenance puis de petits
barrages. Mais l'autre solution... Puis c'est un outil de plus, hein? Ça va
vraiment améliorer la sécurité, parce que la réalité, c'est que c'est un joueur
de plus qui peut venir investir dans la sécurité des barrages. Si ce pouvoir-là
n'est pas là, bien, on reste avec les propriétaires. Et, si les propriétaires
n'ont pas les moyens, bien, on va revenir à la situation où, éventuellement,
s'ils ne peuvent pas le sécuriser, ils vont être obligés de le démolir. Donc,
c'est un joueur de plus qui vient sécuriser les barrages. C'est vraiment une
mesure, à mon avis, qui augmente la sécurité.
M. Benjamin : Merci. Un des
intervenants tantôt a évoqué l'importance de l'intérêt... de regarder l'intérêt
public, et je suis d'accord. Comme élus, que nous soyons des élus à l'Assemblée
nationale, peu importe le palier, des élus municipaux, l'intérêt public est
important. Et c'est ça aussi, je trouve, toute la beauté des études détaillées
de projets de loi, ça nous permet de poser les bonnes questions, les questions
les plus judicieuses, qui vont dans le sens justement de l'intérêt public et des
enjeux. C'est le collègue de Jonquière qui évoquait les enjeux éthiques. Moi,
j'ose évoquer ici les enjeux d'imputabilité aussi par rapport à cette
question-là.
Moi,
je ne veux pas faire jouer une instance contre une autre. Je ne veux pas faire
jouer l'Union des municipalités contre la Fédération québécoise des
municipalités. Ce sont deux instances importantes, deux outils importants que
les municipalités du Québec se sont dotés pour faire
valoir les intérêts, les enjeux, les réalités de nos municipalités partout à
travers le Québec. Les deux associations ont fait parvenir des mémoires, et il
y a une qui a participé aux consultations, c'est la Fédération québécoise des
municipalités. Et l'argument principal du ministre que j'ai entendu hier,
c'était à l'effet que c'était une demande des municipalités. C'est l'argument
maître du ministre qui justifiait l'article 11.1.
Or, et je cite
M. Châteauvert, qui parle au nom de la Fédération québécoise des
municipalités, qui nous dit que la Fédération québécoise des municipalités est
extrêmement préoccupée par l'impact éventuel de l'adoption de cet amendement.
Pour paraphraser un autre, ce n'est pas banal, Mme la Présidente. Ce n'est pas
banal, ce qu'on a devant nous, ici, comme commentaire, et, force de cela, je vais
déposer... Et il y a une perche qui avait été tendue au ministre tout à
l'heure. Malheureusement, je pense que... Je croyais qu'il allait la saisir,
mais malheureusement il nous a catégoriquement dit non. Alors, face à cela, je
dois... je vais déposer un amendement. Donc, si vous voulez suspendre un
instant, Mme la Présidente, le temps que je fasse vous parvenir un amendement.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. M. le ministre.
M. Charette :
Je partage tout à fait... Et peut-être juste résumer... J'apprécie l'échange
que nous avons, là, c'est très, très constructif. C'est des préoccupations qui
sont bien réelles, mais je vous laisserais le préparer. Mais je vais en
profiter pour peut-être faire une petite lecture, ce qui ne vous empêche pas de
transmettre l'amendement dans l'intervalle. Donc, on parle de la FQM. On parle
de l'UMQ. Là, je vais vous lire une résolution d'une assemblée générale de la
FQM. Donc, c'est long. Bien, je vous ai lu quelques articles plutôt longs
jusqu'à maintenant, donc, mais c'est plus court. C'est plus court que certains
articles, je vous rassure, mais ça permet de mettre le tout en contexte.
Donc :
«Considérant que plus de 6 000 barrages publics et privés sont érigés
sur le territoire québécois;
«Considérant que
l'entretien des barrages privés comporte des enjeux importants pour les
municipalités et génère une insatisfaction de la part des citoyens;
«Considérant
l'obligation pour tous les propriétaires de barrages d'exécuter des travaux de
réfection et de mise aux normes selon la
Loi sur la sécurité des barrages;
«Considérant
que l'abandon de certains barrages de forte contenance pourrait avoir des
conséquences importantes sur la valeur foncière des propriétés
riveraines et causer des dommages importants en aval de ces installations;
«Considérant que la
difficulté tient, pour des considérations légales — c'est important — à
l'incapacité des propriétaires des barrages privés à mettre à contribution tous
les bénéficiaires du plan d'eau (bassin desservi), certains refusant d'assumer leur part des frais. Ceux-ci
peuvent être très onéreux : analyses techniques de différentes natures,
plans et devis, documents d'appel d'offres et réalisation des travaux;
«Considérant que
l'article 70 de la
Loi sur les compétences municipales permet aux
municipalités d'entretenir une voie privée
ouverte au public par tolérance du propriétaire ou de l'occupant, sur requête
d'une majorité des propriétaires ou occupants riverains;
«Considérant
que les municipalités ont également la capacité de prendre en charge la mise à
niveau des installations septiques dans certains secteurs, selon un
programme bien défini, pour ensuite taxer les citoyens concernés;
«Considérant qu'il
serait opportun que ce principe s'applique aussi aux barrages privés, afin
qu'une municipalité puisse ainsi exécuter ou faire exécuter les travaux
nécessaires à l'entretien et au maintien de ces infrastructures pour ensuite
taxer, par secteurs, les citoyens concernés;
«Il est proposé par
M. Sylvain Breton, maire d'Entrelacs, et appuyé par M. Gérard Jean,
maire de Lanoraie, de demander à la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation de permettre aux municipalités de prendre en charge l'entretien
d'un barrage privé et de lever une taxe de secteur pour financer les travaux
nécessaires à son entretien et/ou à sa restauration.»
Donc, l'UMQ, je vous
le dis d'emblée, est favorable au libellé et satisfaite, de ce que je
comprends, des explications qu'on a pu fournir depuis. La FQM, la résolution de
l'assemblée générale est assez éloquente à ce...
M. Charette :
Oui, bien, en fait, je peux même la déposer, avec consentement, au secrétariat.
C'est une information publique. Ça, ça a été adopté... assemblée générale...
ça, c'est septembre, neuvième mois... oui, septembre, 26 septembre 2019.
Donc, c'est une résolution, là, à leur assemblée générale, qui a été adoptée.
Donc, encore une
fois, il y a deux volets. Il y a deux volets à la demande, d'avoir le pouvoir
d'agir et ensuite d'avoir la possibilité de lever une taxe de secteur pour
financer les travaux. Ce volet-là, je pense qu'on y a bien répondu par
l'entremise des juristes qui nous accompagnent. C'est le premier volet qui est
manquant, c'est la possibilité d'agir. Actuellement, là, ils n'ont tout
simplement pas le droit de tenter une action. Ils n'en ont pas la possibilité.
C'est ce que vient proposer l'amendement en question. Et je veux être bien,
bien clair avec les collègues. Quand j'ai dit que je ne voulais pas renoncer à
cet amendement-là, ce n'est pas que la discussion n'est pas intéressante. Elle
est fascinante, mais c'est une demande historique du milieu municipal, qui
voulait être réconforté ou rassuré.
Donc, je pense que
les deux éléments d'inquiétude, encore une fois, responsabilités et pouvoirs
fiscaux, ont été clairement établis, là, ce matin, là, par les explications qui
ont été fournies.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, vous souhaitez toujours
déposer un amendement... En fait, ça serait un sous-amendement, M. le député de
Viau. Donc, je vais suspendre les travaux. C'est bien ça?
Benjamin : Mais, si vous permettez, Mme la Présidente, avant de
suspendre, donc, j'aimerais... En fait, une courte réponse au ministre. En
fait, j'apprécie de plus en plus les compétences de lecteur du ministre, donc,
et, vraiment, je trouve ça intéressant.
M. Benjamin :
Voilà, et... mais j'aurais aimé aussi que le ministre nous donne lecture
des recommandations 2 et 3 des consultations qui ont été tenues en
novembre dernier. Donc, les consultations, en novembre dernier... Il nous a
parlé d'un document qui datait de septembre. Moi, je suis encore dans
l'actualité avec lui, donc, consultations tenues en novembre dernier, et les recommandations en... Il y a
eu trois... plusieurs recommandations de la FQM, mais je pense que, dans
le cas qui nous concerne, les recommandations 2 et 3 la FQM sont très
éloquentes, et ces recommandations-là sont en écho avec ce qu'on a devant nous
aujourd'hui, c'est-à-dire que la FQM soit préoccupée, extrêmement préoccupé,
par l'impact éventuel de l'adoption de cet amendement.
Alors, voilà, donc, maintenant,
je suis prêt à déposer mon sous-amendement, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc,
avant de suspendre les travaux, je vois que la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue
souhaite intervenir. Allez-y.
Mme Lessard-Therrien :
Oui, Mme la Présidente. Bien, l'extrait que vient de lire le ministre a
soulevé des questions chez moi. Je noterais quand même que, tu sais, ça date de
2019, là, mais, quand même, je... Il y a la question de la possibilité d'agir
puis il y a la question de lever une taxe de secteur. Moi, j'aimerais peut-être
mieux comprendre qu'est-ce que ça veut dire, lever cette taxe de secteur là.
Est-ce que ça veut dire qu'on va juste hausser les taxes municipales du
terrain... du propriétaire à qui appartient le barrage? J'aimerais avoir plus
d'informations sur ce que ça veut dire, lever une taxe de secteur.
M. Charette :
Ce n'est pas dans notre libellé à nous, là. C'est ce que la FQM demande. Notre
libellé à nous, compte tenu des pouvoirs existants, là, par loi et par
règlement, permet aux municipalités, en autant qu'elles aient le droit
d'intervenir, là, si elles n'ont pas droit d'intervenir, c'est un pouvoir,
naturellement, qu'elles n'ont pas... mais de cibler comment le... ou
d'identifier comment ces travaux-là vont être financés. Est-ce que c'est une
facture que la ville voudra assumer entièrement? C'est possible. Est-ce que
c'est une facture que la ville voudra refiler partiellement, et, si c'est le
cas, est-ce que c'est une facture qu'elle voudra refiler partiellement aux
riverains du lac qui serait ainsi protégé? Tout à l'heure, je parlais de
valeurs foncières. Naturellement, une maison qui est sur le bord d'un lac a une
plus grande valeur qu'une maison, là, qui
est sur le bord d'un pré, qui était anciennement... un ancien lac. Donc, c'est
la municipalité qui va déterminer quelle serait la façon pour elle de financer
ces travaux-là et de se faire rembourser par la suite, si tel est son souhait.
Donc, on ne rentre pas dans le détail parce que c'est un pouvoir municipal, là,
que les municipalités ont déjà, en autant qu'elles aient le droit d'intervenir
sur le lieu, ce qui, actuellement, n'est pas possible.
Lessard-Therrien : J'ai vraiment de la misère à comprendre, Mme la
Présidente, la question de la facture. En quels cas la municipalité va vouloir
assumer la facture d'un barrage qui n'est pas bien entretenu par un
propriétaire? Je vois là un gros risque, là. Puis même de refiler cette
facture-là sur les riverains parce qu'il y a un propriétaire qui ne gère pas
bien ou qui n'entretient pas bien son barrage, je m'explique mal... Puis, pour
moi, tu sais, cette possibilité d'agir... Puis moi, je comprends très bien les
municipalités, tu sais, de vouloir avoir... Je pourrais comprendre... En fait,
plutôt, je pourrais comprendre une municipalité de vouloir avoir ce pouvoir
d'agir là, parce qu'elles sont à petite échelle. Elles ont une marge de
manoeuvre, parfois, qui est plus facile, une agilité, mais, pour moi, ça, ça
reste quand même symptomatique d'un échec du ministère à rendre la marchandise.
Si les municipalités...
Puis, tu sais, là, on
le voit dans le contexte des barrages, mais on pourrait... Je veux dire, les
municipalités réclament maintenant de pouvoir plus contribuer dans le réseau de
CPE parce que c'est un... Encore là, c'est un aveu d'échec de la part du
ministère de la Famille dans le contexte des CPE, mais c'est juste pour
illustrer que, quand les municipalités sont rendues à vouloir avoir plus de
pouvoirs pour agir sur des responsabilités qui relèveraient au ministère ou au
gouvernement du Québec, pour moi, ça reste un aveu de... un symptôme que le
gouvernement n'a pas fait sa job, puis ça, ça reste préoccupant, puis j'espère
qu'on va tous garder ça en tête ici autour de la table.
M. Charette :
Peut-être, encore là, rassurer la collègue, le sous-ministre l'a bien
mentionné, le barrage le plus sécuritaire, c'est celui qui n'existait pas.
Donc, ce n'est pas toujours un enjeu de sécurité. Dans certains cas, c'est un
enjeu de pouvoir permettre à une population de bénéficier d'une infrastructure,
soit un lac, mais ce n'est pas toujours une question de sécurité. À la limite,
ce barrage-là, on le laisse aller, on le démolit, mais c'est un lac,
ultimement, là, qui va disparaître, et c'est là où l'intérêt des municipalités
intervient. C'est la municipalité qui va déterminer quelle est l'importance de
ce lac-là pour ses citoyens, ses citoyennes, quel est... à quel point la municipalité
tient...
Puis, entre nous, des
lacs, il en disparaît à tous les ans, là, mais c'est la municipalité qui va
déterminer... puis ce sont des lacs qui ont été créés de façon artificielle,
là, on s'entend là, mais c'est la municipalité qui va déterminer à quel point
elle y tient, et c'est souvent ce qui va déterminer son désir de s'impliquer
dans le dossier. Puis les citoyens, entre eux, qui bénéficient du lac en
question, vont apprécier que la municipalité entame la démarche, qu'elle
permette la réalisation des travaux. Et ensuite les citoyens qui en
bénéficient, là, ils seront les premiers heureux que leur lac soit préservé,
et, dans certains cas, ça pourrait vouloir dire qu'une taxe sectorielle qui
leur sera imputée... parce qu'un citoyen, individuellement, ne peut pas régler
la situation.
Et, pour ce qui est de la
fiscalité ou de la taxe de secteur, je serais tenté, de nouveau, de passer la
parole au juriste du MAMH, là, pour répondre à la préoccupation, là, de la
collègue.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, allez-y, M. Fontaine.
M. Fontaine (Nicolas) : Oui,
bonjour. Donc, il existe différentes sortes de taxes qu'une municipalité peut
lever. La plus connue, c'est sans doute la taxe foncière générale. Quand on
reçoit un compte de taxes, on a une taxe qui est basée sur la valeur de notre
propriété à un certain taux, puis c'est pareil pour l'ensemble des
contribuables... la municipalité. Ça, c'est destiné à financer les services
publics généraux.
Maintenant, il peut y avoir des situations où,
je donne un exemple, une municipalité refait une avenue dans un secteur donné
de la municipalité qui bénéficiera seulement aux gens qui habitent dans ce
secteur-là parce que ça ne connecte pas avec d'autres secteurs de la
municipalité. On pourrait imaginer des municipalités avec plusieurs noyaux
villageois, où il va y avoir des interventions vraiment dans un noyau
villageois en particulier. Donc, il y aura un intérêt de la municipalité de ne
pas faire financer ces travaux-là par l'ensemble des contribuables puisqu'il y
en a seulement une
partie déterminée qui en bénéficie. Ça fait que, dans ce
cas-là, la municipalité va pouvoir imposer une taxe de secteur, c'est-à-dire
une taxe qui doit être basée sur la valeur foncière de l'immeuble, mais qui va
être facturée seulement aux gens d'un secteur délimité. Donc, c'est ça, une
taxe de secteur.
Dans le cas qui nous intéresse, ça pourrait
représenter justement les propriétaires qui sont le plus directement concernés
par les travaux de la municipalité sur un barrage, donc ceux qui jouxtent...
dont le terrain jouxte le lac, là. Ceux-là pourraient se faire donner une
partie de la facture sous forme d'une taxe de secteur, mais il peut y avoir
différents montages.
On pourrait imaginer, dans un autre cas de
situation, que le barrage privé crée un bassin autour duquel il y a une plage
municipale. Donc, la municipalité, elle a une plage, c'est un service public,
donc elle, elle bénéficie de ce barrage-là. Ça fait qu'elle pourrait
dire : Je vais entretenir le barrage même si je n'en suis pas propriétaire
puisque que c'est un barrage privé et je vais faire en sorte qu'il y ait une
partie des travaux qui soit financée à même une taxe de secteur pour les
maisons autour du lac, par exemple, et une
partie à même la taxe générale pour
l'ensemble des contribuables parce que j'ai une plage publique qui est un
équipement public. Donc, ça, c'est un exemple de montage là où la municipalité
pourrait financer en
partie par une taxe de secteur, puis en
partie par une
taxe générale.
J'espère que ces explications-là ont pu
éclaircir un peu, là, la nature de la taxe de secteur.
La Présidente
(Mme Grondin) : Ça va? Oui, M. le
ministre, allez-y.
M. Charette : Des fois, on se
demande si nos travaux sont suivis. Je vous confirme que oui, à tout le moins l'UMQ. On vient de recevoir un courriel :
Bien, merci pour le suivi, les interventions du ministre, appuyé par Me
Fontaine, sont très claires. Donc, l'UMQ... et je ne veux pas parler pour elle,
mais, de ce que je comprends, elle se satisfait des explications que l'on vient
de donner. Et pour ce qui est de la FQM qui a essentiellement les mêmes
préoccupations, responsabilités et pouvoirs de fiscalité ou pouvoir de taxation
municipale, là, je pense que les explications, là, données ces derniers
instants, là, sont très claires à cet effet-là.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, nous allons
suspendre les travaux, si ça vous convient, pour permettre la réflexion.
(Suspension de la séance à 12 h 33)
La Présidente
(Mme Grondin) : Nous reprenons nos travaux. Donc, nous en
sommes... M. le député de Viau, vous proposez un sous-amendement à l'amendement
déposé par le ministre qui introduit l'article 11.1. Je vous invite à en
faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme
la Présidente, donc... Alors, l'amendement... le sous-amendement, pardon, se
lirait comme suit. Donc, si on irait jusqu'au troisième paragraphe, dans un
premier temps : «Si le propriétaire d'un barrage est introuvable, la
municipalité peut, au plus tôt le 30e jour suivant la publication d'un
avis public annonçant son intention, y réaliser des travaux visés au premier
alinéa. La municipalité peut transférer les coûts de ces travaux aux
propriétaires et bénéficiaires des travaux.»
Et la deuxième modification, Mme la Présidente,
constituerait en l'ajout d'un autre paragraphe vers la fin, en disant ce qui
suit, et je lis : «Une municipalité intervenant en vertu de cet
article ne
peut être tenue responsable [des] dommages occasionnés dans le cadre de ses
interventions, sauf en cas de faute lourde.» Voilà.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député. Souhaitez-vous...
M. Benjamin : Ah! brièvement,
brièvement, pour indiquer... s'il est vrai que nous avions, dans le cadre des consultations, reçu deux mémoires, dont celui de l'Union des municipalités du Québec et celui de la Fédération québécoise des municipalités,
nous avons pensé qu'il fallait tenir compte de toutes les opinions qui nous ont
été formulées, dont à travers même des recommandations lors de ces mémoires. Et
je crois que cet amendement... ce sous-amendement, pardon, viendrait répondre
aux demandes de l'Union des municipalités du Québec, mais aussi aux
préoccupations émises par la Fédération québécoise des municipalités. Voilà,
Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la Présidente. Merci au collègue pour
la proposition d'amendement. Naturellement, on ne redira pas tout ce
qu'on a dit, là, dans les instants précédents, mais, sur la forme, il n'y a pas
à s'inquiéter, mais sur la formulation, puis on ne jouera pas, là... bien, ce
n'est pas un jeu, là, mais on ne se lancera pas dans cette dynamique-là. Tel
que libellé, là, de façon légistique, là, ce ne serait pas acceptable. Mais,
pour ce qui est des deux principes, on revient transférer les coûts. Je pense que
le juriste du MAMH a été très, très, très clair. Ce sera possible dès que
l'amendement sera adopté. Mais, pour que ce soit possible, il faut qu'une
municipalité ait la possibilité d'aller sur un barrage privé, ce qui n'est pas
le cas, d'intervenir sur le barrage privé, ce qui n'est pas le cas
présentement. Et, pour ce qui est de la responsabilité, ça aussi, je pense
qu'on l'a largement, largement explicité.
Donc, ce sont deux inquiétudes très, très
légitimes, autant FQM, UMQ, mais c'est couvert par la législation, autant MAMH
que ministère de l'Environnement et la réglementation de ces deux
ministères-là, en autant, bien sûr, que les municipalités aient le droit
d'intervenir sur un barrage privé, ce qui n'est pas le cas présentement.
La Présidente (Mme Grondin) :
Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci. Je
remercie à mon tour le député de Viau pour le dépôt de son amendement, parce
qu'il est vrai, à ce moment-ci, donc, que nous devons porter attention à ce que
dit la Fédération québécoise des municipalités. Et j'écoutais avec attention,
mais dans le silence, parce qu'il ne me restait plus de temps tout à l'heure,
Mme la Présidente, ce que disait le ministre au sujet, donc, d'une résolution
datant de septembre 2019. Nous, ce que nous avons comme information, ça ne date
pas de septembre 2019. Ça date de ce matin. Et je crois que le député de
Jonquière a été extrêmement transparent. Il a lu l'entièreté, donc, du courriel
qui nous a été envoyé par Pierre Châteauvert.
Et, selon, donc, la fédération, actuellement, tel que libellé... Puis eux aussi
connaissent assez bien, dans le fond leur... bien, je voudrais dire leur
carré de sable, leurs membres, les... ce qui... les intérêts de leurs membres
aussi. Parce qu'ils représentent beaucoup de municipalités, et de petites
municipalités, et des municipalités qui n'ont pas toujours, justement, et la
connaissance et le personnel pour pouvoir aller de l'avant. Et j'ai bien
entendu ce que le ministre a dit, tout à l'heure, en disant : Mais ce
n'est pas une... ce n'est pas un devoir, c'est un pouvoir qu'on leur donne.
Mais il faut connaître, quand même, le monde municipal pour savoir à quel
point... Puis vous le savez, là, dans votre région, par exemple, les maires se
connaissent bien, ils connaissent bien aussi les citoyens, ils connaissent bien
le territoire. Et, à un moment donné, ils veulent bien desservir leur
population. Et, quand il va arriver des demandes, ça va être difficile, c'est
les municipalités qui vont avoir un poids. Puis les gens vont venir dire :
Bien, tu l'as, le pouvoir, tu peux l'exercer. Puis là les municipalités vont
dire : Oui, mais c'est parce qu'on n'a pas ce qui va avec. Je ne suis pas
certaine, moi, que ça, ça vient contrebalancer.
Je reviendrais au courriel qui nous a été envoyé
ce matin, la réponse de la Fédération québécoise des municipalités. Et tel
que... Parce qu'on n'a pas pu échanger avec eux, Mme la Présidente, lorsqu'ils
sont venus nous voir en consultations particulières, on n'a pas pu échanger sur
ce sujet-là parce qu'il s'agit d'un amendement qui est arrivé après. Alors,
moi, si on se fie sur septembre 2019 pour arriver avec l'amendement, alors que
je dis : Bien, attention, parce qu'il y a aussi... il a coulé de l'eau
sous les ponts depuis 2019. Il a tellement coulé de l'eau sous les ponts que
M. Jean, Gérard Jean, de Lanoraie, n'est plus maire aujourd'hui. Et je le
salue. C'est un homme avec qui j'ai eu le bonheur et le plaisir de travailler.
Cependant, Mme la Présidente, en date d'aujourd'hui et non pas en date de septembre 2019, ce que nous recevons comme
information, c'est : «Après analyse et en fonction de nos
recommandations contenues dans notre mémoire
déposé à la commission parlementaire le 23 novembre 2021, nous ne pouvons
cautionner cette proposition d'amendement.» Alors, moi, je trouve très
difficile le fait que le ministre nous dise, ce matin : Bien là, il faut
faire attention, la FQM est d'accord. Mais non, la FQM n'est pas d'accord, Mme
la Présidente, je viens de vous en faire lecture. On pourrait même le déposer
si le ministre souhaite que nous déposions le courriel ici, à la commission, je
n'ai aucun problème avec la transparence, mais, actuellement, il demande à ce
que le risque qui en découle soit amoindri et il ne voit pas, à l'intérieur de
l'article et de l'amendement, que ce risque est amoindri. Alors, c'est difficile
pour nous. Puis, si on doit trouver quelque chose, une voie de passage à
l'intérieur de l'amendement qui a été déposé par le collègue de Viau, bien,
faisons-le, moi, j'ai une ouverture.
Moi, ce que je veux, dans le fond, c'est qu'on
puisse répondre, en temps réel, aux demandes de la Fédération québécoise des
municipalités. Et j'entends que les gens de l'UMQ ont écrit au ministre, et
c'est tant mieux. Mais, tout comme le député de Viau, Mme la Présidente, je ne
suis pas de celles qui va vouloir, justement, diviser les membres de l'UMQ et
les membres de la FQM. Moi, je n'entrerai pas là-dedans, vraiment pas. Moi, ce
que je souhaite, dans le fond, à ce moment-ci, c'est qu'on puisse véritablement
répondre à des demandes.
Je n'ai pas
introduit, à l'intérieur, et je le dis rapidement pour le député de Jonquière
et pour la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, la notion de sécurité, qui
aurait même pu être ajoutée à cet amendement-là. Parce qu'il est vrai... Puis
le ministre, tout à l'heure, disait : Bien, il peut y avoir des enjeux de
sécurité, mais ce n'est pas toujours le cas. Souvent, c'est pour l'assiette
fiscale. Un n'empêche pas l'autre. Puis, moi, honnêtement, l'assiette
fiscale... à ce moment-ci, là, moi, je suis plutôt dans un omnibus en environnement,
et pour l'environnement et pour la sécurité des barrages,
c'est comme ça qu'il s'appelle, d'ailleurs, dans le projet de loi, là, c'est
exactement comme ça qu'on l'a libellé, hein, Loi visant principalement à
renforcer l'application des lois en matière d'environnement et de sécurité des
barrages, assurer une gestion responsable des pesticides et de mettre en oeuvre
certaines mesures du Plan pour une économie verte 2030 concernant les
véhicules zéro émission, alors, moi, à partir du moment où on est sur la
sécurité des barrages, moi, je pense que c'est l'aspect sur lequel aussi on
doit principalement se pencher.
Je me demandais...
tout à l'heure, j'écoutais Me Fontaine qui nous parlait puis qui nous
expliquait... hier, j'ai quand même soulevé... puis je profite de sa présence,
dans le fond, parce que, lors du projet de loi n° 67, il y a beaucoup de
responsabilités supplémentaires qui ont été ajoutées aux municipalités, mais
l'argent n'a pas suivi. Et je sais que c'est encore une demande des municipalités.
Alors là, on ne va pas leur faire une obligation, mais ils auront ce pouvoir-là dorénavant. Et ce que je retiens principalement
de la Fédération québécoise des municipalités, c'est qu'ils disent
ceci : Il parle de deux... je vais repartir : «À première vue,
celui-ci — en
parlant de l'amendement — peut
sembler répondre à notre demande, mais demeurera probablement sans suite parce
qu'aucune municipalité — donc
on ne répondra pas à la volonté — ne
prendra le risque qui en découlera sans les éléments qui faisaient aussi
partie
de nos recommandations :
«1. s'assurer qu'une
municipalité intervenante dans ce contexte ne puisse être tenue responsable de
dommages occasionnés dans le cadre de ses interventions, sauf en cas de faute
lourde;
«2. de pouvoir transférer
la facture et les coûts de ces travaux aux propriétaires et bénéficiaires. Ces
deux éléments sont essentiels pour favoriser ces interventions. Et à
titre
d'assureur de plus de 80 % des municipalités du Québec, la FQM est
extrêmement préoccupée par l'impact éventuel de l'adoption de cet amendement.»
On ne peut pas faire
fi d'inquiétudes exprimées par le directeur des politiques de la Fédération
québécoise des municipalités, qui est Pierre Châteauvert. Je ne pense pas qu'on
puisse faire fi de ça, et c'est pourquoi on a déposé, donc, un amendement qui
reprend, ni plus ni moins, dans le fond, ce que la Fédération demande. Et je
pense qu'en l'inscrivant à l'intérieur de l'amendement qui a été apporté par le
ministre lui-même dans son omnibus à lui, je pense que si ça vient, justement,
enlever le flou autour de l'amendement, tout le monde va être content, et ça va
répondre aux demandes de la FQM. Et je le répète, Mme la Présidente, la FQM
représente des petites municipalités qui sont justement visées par l'article
ici. Ils sont très, très bien positionnés pour savoir ce qui est dans l'intérêt
de leurs membres. Et moi, en ce sens là, j'invite les collègues, bien sûr, à
appuyer l'amendement, et au ministre, je lui tends la main en disant : On
est prêt à travailler. S'il faut le libeller différemment avec les légistes, on
va le faire. Moi, je n'ai pas l'armée de
légistes derrière moi, là. Je le répète, mon sous-ministre, mon légiste et mon
ami, bien, il s'appelle Karl Filion.
Présidente (Mme Grondin) : Vous me voyez venir, Mme la députée,
hein, dans le sens où dans le fond, peut-être juste avant, là, de vous
remercier pour votre collaboration, là, compte tenu de l'heure, je veux vous
rappeler que la résolution de la FQM a
été... qui est transmise par le ministre, est maintenant déposée, est
disponible dans le greffier.
Et donc, la
Commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures cet après-midi.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, bon après-midi, chers
collègues. Donc, à l'ordre s'il vous plaît!
La Commission des
transports et de l'environnement reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 102, Loi visant
principalement à renforcer l'application des lois en matière d'environnement et
de sécurité des barrages, à assurer une gestion responsable des pesticides et à
mettre en oeuvre certaines mesures du Plan pour une économie verte 2030
concernant les véhicules zéro émission.
Je vous rappelle que
cette séance se déroulera à la fois dans la salle Louis-Joseph-Papineau, où je
me trouve, et dans la salle salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Je souhaite
donc la bienvenue aux collègues qui se trouvent dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Lors de la suspension
de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions au sous-amendement de
l'amendement qui introduit l'article 11.1. Donc, ce sous-amendement-là a
été déposé par le député de Viau. Souhaitez-vous intervenir, M. le député, à ce
moment-ci?
M. Benjamin :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Je pense que nous étions au point où est-ce
que c'était le ministre qui souhaitait intervenir. Donc, je pense que c'est M.
le ministre qui voulait intervenir.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Déjà, réitérer à quel point j'apprécie, ce sont de
beaux échanges et ce sont des questions légitimes qui sont posées. Je pense
aussi, ce matin, qu'on a réussi à démontrer qu'il y avait très, très
certainement deux inquiétudes du milieu municipal, que ce soit l'UMQ ou la FQM.
Un, à la base, là, on
s'entend, c'est un pouvoir ou une possibilité qu'elles souhaitent avoir, les
municipalités. Mais elles ont deux inquiétudes qui sont aussi très légitimes,
c'est-à-dire : quelle sera leur responsabilité et quel sera leur pouvoir
de taxation, quel sera leur pouvoir pour être remboursées ou se faire
rembourser, si elles le souhaitent, ces travaux-là. Donc, ce sont deux
inquiétudes, deux préoccupations, là, qui sont, encore une fois, très
légitimes.
je pense qu'à travers les propos des juristes que nous avons entendus ce matin
on a pu les rassurer que la responsabilité, elle est très bien encadrée et
qu'ils ont... et qu'elles auraient, c'est-à-dire, avec ce nouveau pouvoir là,
la possibilité de trouver des formules de financement pour se faire rembourser
les travaux, on l'a mentionné, que ce soit à travers une taxation sectorielle,
que ce soit... Bref, les possibilités existent, en autant qu'elles aient le
pouvoir d'aller sur les barrages.
Et c'est là où on
revient à l'amendement lui-même. Puis on se l'est dit, ce matin, le libellé,
là, d'un point de vue légistique, pourrait être revu. Mais, étant donné que ces
pouvoirs-là sont déjà bien confirmés, on ne commencera pas, là, à ajouter des
éléments qui n'ajoutent rien, là. Quand c'est prévu, c'est prévu. Donc, pour ce
qui est de la municipalité, elle peut transférer les coûts de ces travaux aux
propriétaires et bénéficiaires des travaux. On ne le dirait pas comme ça, mais,
dans les faits, c'est quelque chose qui sera effectivement permis.
Pour ce qui est du
deuxième, là aussi, d'un point de vue légistique, il y a certainement une
problématique au niveau du libellé lui-même, parce que, tel que lu, ce que ça
représenterait, ce serait une forme d'immunité pour les municipalités. Leurs
pouvoirs, leurs responsabilités, c'est encadré, on l'a dit. D'ailleurs, on a
adopté plusieurs, plusieurs articles, au cours des dernières séances, qui
viennent déterminer un petit peu les façons de faire. Dans tous les cas, il n'y
a personne qui peut avoir d'immunité. Quand je dis personne, pas un individu,
pas une personne morale, pas davantage une municipalité. Donc, c'est là où les
attentes sont irréconciliables, en quelque sorte.
Mais, encore une
fois, la responsabilité elle-même, elle est très bien encadrée, et les
municipalités qui voudront, d'aventure, se permettre ce pouvoir-là auront
l'encadrement nécessaire, auront le soutien nécessaire par le ministère,
notamment, s'il y avait des questions, des façons à préciser au niveau des
procédures à entreprendre. Mais c'est là où, malheureusement, l'amendement
proposé par le collègue pose problème.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M.
le ministre. Donc, M. le député donc de Viau.
M. Benjamin :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Nous allons, M. le ministre, si vous
permettez, prendre un pas de recul par rapport à l'amendement que nous avons
devant nous, nous allons essayer d'imaginer le scénario suivant. S'il advenait
que l'amendement soit rejeté, ne soit pas adopté, donc qu'on adopterait votre
article tel quel, imaginons le scénario suivant : un barrage, sur le
territoire d'une municipalité X, pour lequel il aurait été demandé de faire des
travaux, et la municipalité aurait refusé de s'y engager, à cause des coûts,
des enjeux. Et on ne souhaite pas, évidemment, qu'il y ait quelque chose qui
arrive, qu'il y ait un désastre quelconque qui arrive.
Vous voyez tout de
suite. Moi, à mon sens, on va tout de suite reprocher à cette municipalité-là
de n'avoir rien fait. Non? Moi, en tout cas, je serais citoyen de cette
municipalité-là, j'aurais probablement pointé du doigt les élus municipaux,
pour leur dire que vous aviez la possibilité de faire quelque chose et vous n'aviez
rien fait. Et là je vois très bien le ministre de l'Environnement qui va
probablement, quand on va le pointer du doigt... En fait, quand je dis «le
ministre de l'Environnement», pas vous, ne le prenez pas personnel, M. le
ministre, donc un ministre de l'Environnement, en fait, qui va tout de suite
rejeter la balle dans la cour de la municipalité pour dire : Nous avions
donné cette compétence-là aux municipalités, ils avaient le pouvoir d'agir.
Vous comprenez? Qu'est-ce que vous... est-ce que ça va être ça, votre réflexe?
M. Charette :
Encore une fois, les questions sont très pertinentes, et ça mérite de
rassurer et les collègues et les municipalités. Il n'y a aucune obligation qui
est faite aux municipalités. Donc, la municipalité n'est pas obligée
d'intervenir. Donc, on ne dit pas : Le ministère de l'Environnement,
dorénavant, n'est plus responsable, c'est la municipalité de ce barrage X là
qui aurait la responsabilité. Donc, tous les articles qu'on a longuement
débattus avec de beaux échanges, au cours des dernières séances, s'appliquent
de plein droit. Donc, on ne restera pas sans... les bras croisés, si on savait
qu'une situation posait problème. Et, on l'a vu, le ministère peut intervenir
par lui-même, si jamais le propriétaire n'est pas collaborant, si jamais le
propriétaire est inconnu. Donc, d'aucune façon, là, on pourra jeter le blâme à
une municipalité.
Les citoyens qui vont
demander à leur municipalité d'intervenir sont les citoyens qui bénéficient de
ce lac-là, donc ce sont des bénéficiaires directs de l'infrastructure. Et la
ville pourra très bien leur dire : Bien, voici, j'ai la possibilité
d'intervenir, mais naturellement vous êtes les premiers bénéficiaires de cette
infrastructure-là, donc, ultimement, vous aurez vraisemblablement une
contribution à faire pour éponger totalement les coûts ou, sinon, une
partie
des coûts. Mais la ville sera de son plein droit d'avertir les citoyens.
Mais n'oublions pas
que les citoyens sont les premiers bénéficiaires. Les citoyens sont les
premiers à vouloir toujours un lac à quelques mètres de leur résidence et non
pas une plaine parce que le lac aurait complètement disparu. Et, encore une
fois, il y a des lacs, comme ça, qui disparaissent... je dis «à chaque année»,
je n'ai pas de statistique, mais très, très certainement régulièrement. Dans
les Laurentides, cet été, là, je pourrais vous donner quelques cas.
Donc, les citoyens
qui se retournent vers leur municipalité se feront dire par la
municipalité : Bien, vous jouissez de cette infrastructure-là, donc on
veut bien, on veut bien entreprendre des travaux, mais vous aurez une
partie
des coûts assumés étant donné que vous êtes les premiers bénéficiaires, là, de
la présence de ce lac-là. Donc, d'aucune, d'aucune façon c'est une déresponsabilisation
du ministère, parce qu'on a tous les outils pour agir. Cependant, le milieu
municipal est celui qui nous demande d'avoir ce pouvoir-là. Reste ensuite à la
municipalité de déterminer si elle va vouloir s'en prévaloir. Une municipalité
pourra dire : Bien, moi, ce lac-là, sur mon territoire, bon, je n'ai pas
le sentiment qu'il me revient de le mettre en valeur ou de le protéger, donc la
municipalité, dans ce cas là, elle sera tout à fait dans son droit de
dire : Non, je n'interviens pas dans ce cas-là.
Benjamin : J'aimerais savoir quelle est votre intention sur les...
quand vient le temps de parler des coûts des travaux. Est-ce que votre
intention, c'est de... véritablement, est-ce que ce soit que la municipalité
puisse assumer ces coûts-là, que la municipalité... En fait, il y a trois
scénarios possibles, tel que votre
article le présente : que soit que la
municipalité les assume, ces coûts-là, que la municipalité puisse les
transférer en totalité aux propriétaires, aux bénéficiaires ou, du moins,
puisse les assumer en partie. Quelle est votre intention là-dessus?
M. Charette :
C'est à la municipalité. En fait, on donne un moyen qui est réclamé par les
municipalités, mais la municipalité va se gouverner comme elle le souhaite.
C'est certain, quand on parle de barrages, souvent, là, pour plusieurs d'entre
nous, on peut avoir Manic-5 en tête, là, mais, dans bien, bien des cas, pour ce
qui est des barrages concernés ou
susceptibles d'être concernés par cet amendement-là, ce sont de petits barrages
qui ont un rôle clé pour préserver un lac, mais ce n'est pas des
infrastructures, là, dans bien, bien des cas, qui sont géantes. Donc, à chacune
des fois, on ne parle pas de millions et de millions de travaux, là. Donc, ça
peut être une facture qui n'est pas gargantuesque.
Et la ville décidera.
Si la facture, justement, là... si c'est quelques milliers de dollars ou
quelques dizaines de milliers de dollars, la ville pourra bien dire : Bon,
je vais l'assumer. Mais, si le montant est un petit peu plus dispendieux, bien, elle aura la possibilité d'en
refiler une
partie aux citoyens qui bénéficient de cette présence-là d'un
lac ou la totalité, mais on ne s'ingère pas dans la décision qui sera celle des
municipalités. Et ce serait difficile de s'ingérer ou d'indiquer une intention,
à ce moment-ci, parce que, comme je vous dis, on peut parler de quelques
milliers, dizaines de milliers de dollars à quelques centaines de milliers, à
quelques... peut-être des montants plus élevés, tout dépendant, mais c'est variable.
On l'a vu, là, il y a
plusieurs milliers de lacs, donc ce serait impensable et certainement pas notre
intention de dire : Bon, vous refilez 50 % de la facture aux citoyens
ou... C'est les municipalités qui, d'abord, décideront si elles veulent intervenir
et, deux, qui pourront utiliser les outils à leur disposition. Puis il y en a
de nombreux, que ce soit à travers l'Environnement ou à travers le MAMH, comme
le disait maître... là, c'est son... Nicolas...
M. Charette :
...Fontaine, Me Fontaine, voilà. C'est à mon tour d'hésiter sur le nom de
famille. Donc, c'est un petit peu ce qu'il nous disait ce matin, les
municipalités vont avoir différentes possibilités, là, d'action de leur côté.
M. Benjamin :
C'est vrai. Et, quand vous parlez des barrages, vous parlez de la diversité des
barrages et des lacs, de nos cours d'eau,
mais aussi la réalité des municipalités est pareille. Les municipalités sont de
toutes tailles, et ce n'est pas vrai
que... et je pense que ma collègue de Verdun l'a rappelé à quelques reprises,
toutes les municipalités n'ont pas les mêmes moyens, n'ont pas les mêmes
potentiels. Aussi bien intentionnées qu'elle soit pour pouvoir agir ou intervenir, elles n'auront pas les mêmes moyens
pour pouvoir agir. Moi, je viens du monde municipal, M. le ministre, et souvent les demandes du monde municipal de pouvoir
de proximité, des demandes de pouvoir sont souvent accompagnées aussi de
demandes de compensations financières. Est-ce qu'il y a des compensations financières
qui sont prévues?
M. Charette :
En fait, comme je le mentionnais hier, pour que le... PAFMAN... J'ai de la
misère avec les noms, cet après-midi. Mais
ce programme-là, il est disponible pour les propriétaires, les villes
propriétaires. Donc, il y aurait une possibilité. Et ça, c'est très,
très possible, là. Si une ville dit : Cet ouvrage-là, là, pour la
valorisation de mon milieu, j'y tiens et je veux assumer son entière
responsabilité, je veux en devenir propriétaire, là, elle devient admissible,
donc ça pourrait être financé par le gouvernement du Québec, là, directement.
Sinon, c'est les formules de financement qu'on se partageait.
Mais tout est dans
l'importance du barrage et du lac qui en découle. Il y a des municipalités qui
vont se dire : Oui, O.K., je sais que tel plan d'eau sera appelé à être
asséché en très grande partie, parce que le barrage, on le laisse aller, il
sera démoli. Donc, c'est la ville qui va déterminer un intérêt de s'impliquer
ou non. Et je comprends et je connais le passé municipal, là, du collègue.
C'est très, très légitime pour une ville de dire : Vous nous donnez une
responsabilité ou un mandat, on veut du financement en retour. Mais là on ne
leur donne aucun mandat, on leur dit : Vous avez la possibilité d'intervenir,
mais il n'y a pas d'obligation.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci. Bien, c'est à mon tour de faire une fleur au
ministre en lui disant que les échanges sont non seulement importants, je pense
qu'on peut se dire ici qu'on tente, à notre façon, bien sûr, aussi... de tenter
de prévenir ce qui pourrait parfois ne pas être fait lorsqu'on arrive dans le
détail de projets de loi comme celui qui nous est présenté aujourd'hui.
J'ai quelques
questions, et vous connaissez mon goût certain pour des exemples concrets. Et
ça fait quelques reprises, là, dont vous parlez de plans d'eau asséchés. Est-ce
que vous pouvez nous donner des exemples concrets, là, qui arrivent
actuellement à cause de barrages qui n'ont pas été entretenus, s'il vous plaît?
M. Charette :
On peut échanger.
Melançon : Bien sûr.
M. Charette :
Laissez-nous quelques minutes. Mais j'en ai en tête, là, dans les
Laurentides... mais je ne me souviens pas de leur nom. Mais, quelques secondes,
on va pouvoir...
Mme Melançon : Pas de problème. Bien
sûr, bien sûr, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, ça va? Est-ce que vous souhaitez poser...
La Présidente (Mme
Grondin) : Je vais suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 14 h 19)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux. Donc, Mme la
députée de Verdun, je pense que... je vous cède la parole.
Mme Melançon : Merci. Donc, je sais
que le ministre et son équipe sont en train de faire des vérifications, puis on
va arriver avec les exemples concrets que je demande, parce que... La raison
pour laquelle j'en viens à ça, c'est que je comprends, je comprends les
municipalités de vouloir, bien sûr, avoir ce pouvoir-là, mais je sais qu'en
même temps ce pouvoir-là peut être repoussoir, je vais le dire comme ça, pour
certaines autres municipalités.
Et moi, je suis ici comme législatrice, bien
sûr, mais je suis aussi là pour prendre l'information qui me vient du ministre,
qui me vient du sous-ministre, qui me vient des légistes aussi, et je dois
prendre votre parole. Et il y a des points très importants que vous avez
mentionnés, tout à l'heure, avec lesquels je suis plutôt en accord. Restent
certaines zones grises sur lesquelles je
souhaite, encore une fois, me faire rassurer, principalement, donc, sur le
pouvoir de transférer, justement, les
coûts des travaux des propriétaires, là... aux propriétaires ou aux bénéficiaires.
Celui-là, vous avez dit à plusieurs reprises que ce sera permis. J'ai
bien entendu les légistes, aussi, sur ce sujet-là. Ça, pour moi, c'est un peu
plus clair.
Donc, moi, je veux savoir... Puis, comme
ministre, vous rencontrez des élus, là, puis, comme nous, comme députés, comme
vous, Mme la Présidente, comme le député de Viau, comme les autres collègues,
on rencontre des maires, des mairesses qui
nous font des demandes et qui, à un moment donné, disent : Bien, c'est
parce que, si vous ne me donnez pas ce pouvoir-là, malheureusement,
bien, on va se trouver dans des situations qui deviendront intenables. Et, moi, c'est ce que je veux éviter, des situations
intenables. J'ai quelques exemples en tête, Mme la Présidente, et je
veux à tout prix éviter cela.
Ce qui me trouble, et je l'ai dit au ministre
juste avant la pause pour le dîner, c'est que la FQM, ce que le ministre nous
disait, c'est qu'en 2019 ils avaient une certaine position, et la position
semble avoir changé et... avec ce que me donne le ministre comme information,
quant au pouvoir de facturer, de taxer, ni plus ni moins, de façon sectorielle,
dans le fond, les endroits où il pourrait y avoir des problèmes avec des
barrages et de pouvoir transférer, donc, la facture avec les riverains qui sont
propriétaires.
Puis moi, je veux juste aussi... puis je vais le
dire, je ne pensais pas aller là, mais je vais y aller. Je ne veux pas que ce
soit juste pour des riverains fortunés ou des municipalités fortunées, pour un
groupe de propriétaires sur le bord d'un cours d'eau, qui, pour des raisons x,
y, z, là, sont en train de perdre l'eau puis qu'il y a une dévaluation de la
grosse maison sur le gros bord de l'eau. Moi, ce n'est pas juste à eux à qui je
veux penser. Puis je pense que le ministre comprend très bien sur quoi je me
dirige, là. Moi, j'ai envie de penser à l'ensemble, au groupe, et on est là
pour, justement, avoir une vision d'ensemble du Québec, et non pas d'un lac.
Puis je vous le dis, je vais être très honnête
avec vous, Mme la Présidente. Vous savez, la pandémie nous a amenés à vouloir
aller jouer à l'extérieur. Puis la pandémie m'a aussi ramenée, moi la première,
à l'extérieur puis de me dire : Ah! c'est vrai que c'est le fun, un cours
d'eau, c'est vrai que c'est le fun, un bord d'eau. Avec les enfants, partir
puis aller faire un peu de planche, c'est chouette, puis d'aller se promener à
canot, c'est chouette, puis d'aller pêcher avec les enfants, c'est chouette. Je
ne sais pas si vous avez vu le prix des petits chalets sur le bord de l'eau,
dernièrement. J'ai vraiment sursauté. Donc, je le dis avec un sourire, juste
pour bien exprimer, dans le fond, au ministre que, ce que je souhaite, c'est
qu'on puisse parler pour le groupe. Puis, pour moi, le groupe, bien, c'est
l'ensemble des municipalités. Et je voudrais juste éviter, comme je le disais
tout à l'heure, qu'on puisse aller dans des municipalités... Je ne les nommerai
pas, là, mais, tu sais...
Je vois des endroits assez formidables, aussi.
On parlait beaucoup des Laurentides, mais je sais qu'il y a aussi de très, très
beaux bords d'eau qui se situent dans les Cantons-de-l'Est, par exemple, avec
des grosses, grosses, grosses maisons. Puis on a vu, justement, dernièrement,
des grosses, grosses, grosses maisons qui ont décidé de couper tous les arbres
sur le bord de l'eau, qui aimaient mieux payer le 60 000 $ en arbres,
là, qui venaient... en disant : Ce n'est pas grave, on va mettre ça dans
les pertes, là, puis le bord d'eau puis l'environnement, là, ce n'est pas grave,
ça va faire
partie du tout, mais je vais t'avoir une belle vue sur mon lac.
Moi, ce n'est juste pas à eux uniquement que je veux penser.
Donc, je crois que le ministre trépigne de me
répondre sur, principalement, les exemples dont nous parlions tout à l'heure.
M. Charette :
Bien, en fait, je pourrais citer quelques-uns, effectivement, mais je veux
rassurer la collègue, on ne veut pas... ce
n'est pas un amendement ou un article, là, qui vise les citoyens privilégiés,
sinon fortunés, au contraire, c'est sans doute ceux qui seraient les
plus à même de se retourner de bord par eux-mêmes pour préserver leurs biens.
Juste... Là, je sais bien qu'on... Difficile,
avec les caméras, et tout ça, mais... vous donner un exemple très, très simple.
Et c'est l'été dernier, dans ma région, dans les Laurentides, le lac Sapinière — je
m'excuse, là, ce n'est pas à la portée de tout le monde — avec
un barrage et un barrage, ensuite, qui n'a pas été entretenu et réinstallé,
s'est littéralement asséché, asséché, asséché. J'ai d'autres cas, là, sur le
côté de Chertsey aussi. Donc, on en a, on en a sans doute à tous les étés, des
cas d'espèce de cette nature-là. Et naturellement, lorsqu'une ville veut
compter sur un lac, bien, ça, ce n'est plus un lac, là, ça peut devenir... il
peut y avoir de la végétation en l'espace de quelques semaines, si l'eau ne
revient pas. Donc... Et on ne parle pas de grosses municipalités là. Val-David,
ce n'est pas gros, Chertsey, ce n'est pas gros, une ville dans les Laurentides,
l'autre sur le côté de Lanaudière.
Donc, c'est des cas, là, uniquement à
l'été 2021, donc l'été dernier. Et c'est là où les municipalités
aimeraient, dans certains cas, intervenir. C'est des cas d'espèce, là, c'est
certain qu'il y a d'autres enjeux pour ces deux lacs-là aussi, mais c'est des
cas assez flagrants. Puis, on le disait tout à l'heure, puis c'est sans ironie,
le barrage le moins dangereux, c'est le barrage qui n'existe pas. Donc, à la
limite, on pourrait se dire : On ne veut plus de ce lac-là, mais, en même
temps, on sait que la municipalité veut capitaliser. Et de surcroît, là, dans
le cas du lac la Sapinière, de ce que je
comprends, là, il y a une auberge. Donc, pour la municipalité, c'est une façon
d'attirer des touristes ou des villégiateurs, aussi. Donc, c'est la
municipalité qui détermine l'importance qu'elle accorde à cette
infrastructure-là.
Mme Melançon : Je vais faire sourire
le ministre quelques instants. Il y a le Lac Lacoursière à Verdun. Je sais que
vous êtes venus marcher à l'Île des Soeurs. Lac Lacoursière, là, Mme la
Présidente, c'est un lac, donc, à l'Île des Soeurs, qui n'est pas un lac, qui a
déjà été une veine d'eau et qui a besoin d'une grosse pompe. Donc, on pompe
dans le fleuve pour remplir le bassin d'eau. Et malheureusement, au ministère
de l'Environnement, c'est reconnu comme un lac, ce qui ne nous permet pas
d'aller nettoyer le bassin, ce qui amène beaucoup de puanteur, qui amène... Et
c'est l'image de votre lac qui m'a fait sourire, M. le ministre, parce qu'en
2018, en pleine campagne électorale, les pompes du lac se sont arrêtées. Là, je
n'avais plus un lac, j'avais un bassin vide. Alors j'espère qu'on va pouvoir
trouver une solution pour le lac Lacoursière de Verdun. Et là je pense à mes
citoyens, là, qui travaillent très, très fort pour le Lac Lacoursière, qu'on
trouve une solution.
Cela étant dit, Mme la Présidente, je remercie
le ministre. Moi, je ne veux pas allonger de façon volontaire le débat ici. Je
comprends... J'aurais souhaité que nous puissions aller plus loin, je comprends
que le ministre n'est pas capable d'aller plus loin. On a eu des discussions à
micro fermé, aussi. Moi, ce que je vous propose, c'est que nous puissions
peut-être voter sur notre amendement — vous imaginez qu'on va être
pour notre amendement — puis
par la suite on ira voter sur l'amendement... sur notre sous-amendement, puis
par la suite sur les amendements du ministre.
Mais j'espère
que le ministre entend quand même de l'inquiétude de la part de la Fédération.
Et je vais inviter la Fédération,
bien sûr, à entrer en communication directement avec le cabinet, à ce
moment-ci, pour pouvoir peut-être régler les petits... Bien, je pense
qu'il y a de la mauvaise communication ou une communication qui va devoir être
établie. Voilà.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup, Mme la députée de Verdun. M. le
député de Viau, souhaitez-vous intervenir ou... sur le sous-amendement?
M. Benjamin : Sur le sous-amendement,
rapidement, Mme la Présidente, donc, pour dire que ce sous-amendement-là, nous
l'avons amené en écho avec ce que nous avons entendu comme préoccupations. Et
ces préoccupations-là, pour nous, demeurent, et en espérant qu'on pourra y
répondre, soit en adoptant cet amendement, ce sous-amendement, pardon, ou au
fil... tout au long de l'étude détaillée. Nous y verrons, oui, nous y
reviendrons.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci beaucoup. Donc, s'il n'y a plus
d'intervention, nous pourrions procéder à la mise aux voix de ce
sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
La Présidente
(Mme Grondin) : Est-ce que le sous-amendement est adopté?
M. Benjamin : Nous allons
demander un vote...
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, un vote par appel nominal. Parfait.
Donc, puisque nous demandons un vote par appel nominal, pour les membres de la
salle... Non, je ne le lis pas. Ça, c'est vous qui le... Parfait.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Benjamin (Viau)?
Le Secrétaire :
Mme Melançon (Verdun)?
Le Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
Le Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
Le Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
Le Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
Le Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette-Saint-Maurice)?
Le Secrétaire :
M. Bussières (Gatineau)?
Le Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, le
sous-amendement à l'article... de l'amendement qui introduit l'article 11.1 est rejeté. Nous revenons à l'amendement
déposé par le ministre qui introduit l'article 11.1. Y a-t-il des
interventions? Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Très rapidement, Mme la Présidente, je souhaite simplement ici mentionner que
ma volonté, ce n'est pas, donc, de nuire à des municipalités. Et j'invitais
donc le bureau du ministre, là, à parler rapidement avec la Fédération. Je
pense que la volonté du ministre est là aussi, il me l'a dit, puis on a eu une
discussion, je le disais tout à l'heure, à micro fermé. Alors pour moi, et
c'est important que je puisse le dire, il faut qu'il y ait des municipalités
qui puissent... qui veulent avoir ce pouvoir, qu'on puisse leur donner, ceux
qui ne le veulent pas, ce n'est pas une responsabilité, alors pourront le
laisser, mais, devant quand même le petit côté partagé, là, à cause de la FQM,
de notre côté, là, je tiens à le mentionner,
moi, je vais m'abstenir, ce qui va permettre aux municipalités qui le
souhaitent... parce qu'il y a une
majorité ici, du côté gouvernemental, mais il manque quand même un peu
d'information à ce moment-ci. Ce
n'est pas contre ce que le ministre nous a expliqué, mais je tenais à le faire
et à le dire à micro ouvert, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Merci, Mme la députée
de Verdun. Donc, et s'il n'y a pas d'autres interventions sur cet amendement,
je demanderais... je ferais la mise aux voix. Est-ce que cet amendement est
adopté?
Mme Melançon :
Abstention.
Présidente (Mme Grondin) : Donc un vote par appel nominal?
La Présidente
(Mme Grondin) : Oui.
Est-ce que... effectivement. Donc, nous étions dans la salle Louis-Joseph
Papineau. Donc, est-ce que cet amendement est adopté dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine? Je ne vous entends pas. Est-ce que c'est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Adopté? Parfait. Merci
beaucoup. Donc, l'amendement est adopté.
Nous... Donc, cet
amendement-là introduit un nouvel article, qui est l'article 11.1. Donc,
nous en étions à l'article de la dernière
section du bloc 4, portant sur
la sécurité des barrages, et là, nous étions dans la thématique Dispositions
transitoires, l'article 159. Je le sais, M. le ministre, donc, vous
ne l'avez pas lu et vous proposez aussi un amendement. Est-ce que c'est bien
ça, si je me rappelle bien?
M. Charette : Oui,
effectivement, et c'est un peu ce qui ce qui avait été discuté hier, là, au
niveau de la date de référence. Donc 159. Et je lis la version originale :
Le propriétaire d'un
barrage dont un exposé des correctifs a été approuvé par le ministre en vertu
de l'article 17 de la
Loi sur la sécurité des barrages au plus tard le — inscrire,
naturellement, la date d'entrée en vigueur, là, de la présente loi — doit
apporter ces correctifs à ce barrage au plus tard le 31 décembre 2022, si
à cette date le calendrier de mise en oeuvre... afférent, pardon, expire ou est
expiré.
En cas de non-respect du premier alinéa, les
articles 35.8 et 41 de la
Loi sur la sécurité des barrages, édictés
respectivement par les articles 139 et 141 de la présente loi,
s'appliquent.
Le commentaire : Cette disposition vise à
fixer au 31 décembre 2022 la date limite pour réaliser sur un barrage les
travaux correctifs approuvés dans un exposé des correctifs au plus tard à
l'entrée en vigueur du présent projet de loi et dont le calendrier de mise en
oeuvre afférent expire au plus tard à cette même date limite.
Elle rend aussi applicables, en cas de
non-respect de cette obligation, les dispositions relatives aux sanctions
administratives, pécuniaires et aux sanctions pénales applicables.
Et l'amendement se lirait ainsi :
Donc : À l'article 159 du projet de
loi :
1° remplacer, dans le premier alinéa, «2022» par
«2023»;
2° remplacer, dans le deuxième alinéa, «35.8 et
41» par «35.7 et 40».
Commentaires : Les modifications au premier
alinéa ont pour effet de repousser au 31 décembre 2023 la date à laquelle
un propriétaire de barrage dont un exposé des correctifs a été approuvé par le
ministre au plus tard à l'entrée en vigueur de la loi devra apporter ses
correctifs.
La modification effectuée au deuxième alinéa est
requise pour corriger les références au mauvais
article de la
Loi sur la
sécurité des barrages. Ce sont les articles 35.7 et 40 de cette loi qui
prévoient les sanctions pertinentes en cas de non-respect de l'approbation et
non les articles 35.8 et 41.
Essentiellement, oui, il y a une erreur... Pas
une erreur, mais c'est-à-dire, il y a une concordance à rétablir, et il y a le
même enjeu de date, là, qu'on a pu discuter hier à l'article précédent.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc Mme la députée
de Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, un peu comme hier, puis hier, j'ai voté donc contre parce que je ne comprends toujours pas pourquoi,
dans le temps, on est à 31 décembre 2023. Et, pire encore, à ce
moment-ci, c'est que le propriétaire d'un barrage dont un exposé des correctifs
a été approuvé par le ministère, là, et par le ministre, doit apporter les correctifs au barrage au plus
tard le 31 décembre 2023. Je trouve ça excessivement fort, surtout pour
des travaux. Là, on n'est pas en train de dire... On demande... Tout a été
fait, là. À partir du moment où le propriétaire du barrage a été... dont un exposé de correctifs a été approuvé, bien, là,
on leur donne jusqu'en 2023 pour faire les correctifs.
Je trouve qu'on manque un petit peu d'ambition.
Je pense que nous pourrions exiger à ce moment-ci, justement, d'aller un petit
peu plus rapidement. Hier, je me rappelle que le député de Jonquière et moi
avions fait des propositions, là, pour quand même se ramener dans le temps.
Mais moi, j'aimerais ça comprendre, encore une fois et surtout à ce moment-ci,
si le propriétaire d'un barrage dont un exposé des correctifs ont été
préalablement, là, donc, approuvés par le ministre, bien, pourquoi est-ce qu'on
va attendre 2023 pour faire les correctifs.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, M. Rousseau.
M. Rousseau
(Michel) : Oui, merci. Oui, effectivement, rapidement, là, les
arguments qu'on amenait hier, là, tiennent aussi pour ça, dans le sens que
c'est vraiment une considération de capacité du milieu à se conformer,
considérant que c'est quand même des travaux qui nécessitent, là, différentes
expertises, des arpenteurs, des ingénieurs, il y a des forages à faire, bref,
on revient toujours au fait que c'est le temps qu'on pense que ça va prendre.
Être plus court que ça, bien, on ne serait pas réaliste. Et puis on se retrouverait
avec des situations de non-conformité.
Je comprends très bien, par contre, que là, ici,
on n'est pas dans les études, on est dans les travaux comme vous dites. Donc,
ça peut sembler effectivement plus préoccupant de dire qu'on retarde des
travaux. J'ai déjà moi-même posé cette question-là il y a un certain temps, et
la réponse est assez simple, puis en même temps, moi, j'ai confiance dans cette
façon de faire les choses : c'est qu'on les connaît déjà, ces cas-là,
parce qu'il y a eu des exposés de correctifs. Donc, c'est sûr et certain que,
s'il y a des cas... s'il y avait des cas urgents là-dedans, on serait déjà
intervenu, et, si dans ces cas-là il y en a pour lesquels ça prend des travaux
immédiats, avec l'article 2.1 qu'on a adopté, en mettant le barrage en bon
état, on va pouvoir agir.
Donc, ça donne le temps au milieu de faire le
travail et ça n'empêche pas qu'on peut agir sur les situations où les travaux
devraient se faire plus rapidement en utilisant d'autres articles. Et ça, les
ingénieurs chez nous ont déjà regardé ça
dans l'esprit que, si la loi était adoptée, c'est quoi, je pense que c'est
80 cas ou à peu près, là, est-ce qu'il y a des cas là-dedans que le
délai est trop long et est-ce qu'on doit mettre de la pression pour que les
travaux se fassent plus rapidement avec d'autres articles. À date, on me dit
qu'il n'y a pas vraiment beaucoup de cas, mais j'ai demandé qu'on refasse un
tour de roue très sérieux là-dessus pour être sûr que ce délai-là ne va pas
amener des situations comme vous dites, Mme la députée de Verdun. Donc, c'est
la meilleure réponse que je pourrais vous donner là-dessus, là. Mais c'est
vraiment la capacité du milieu à agir, mais ce n'est pas n'importe comment,
puis c'est sûr qu'on va veiller au grain pour ne pas que ça amène de risques en
ayant un tel délai.
Mme Melançon : En tout respect,
j'entends, mais je ne comprends pas, parce qu'à partir du moment où il y a
80 cas, et, comme le disait le sous-ministre, là, l'exposé de correctifs,
là, est connu, bien, je pense qu'on doive mettre ça de
l'avant le plus rapidement possible, puis, la journée où l'exposé de
correctifs, disons qu'on a fini, là, le... on a fini la loi, là, aujourd'hui,
puis tout, tout roule, là, je ne pense pas que les prochains qui vont avoir des
exposés de correctifs vont avoir deux ans pour faire la correction. Là, c'est
ce qu'on va donner à ceux qui sont déjà fautifs, qui ont déjà en main l'exposé
de correctifs. Donc, je ne comprends tout simplement pas.
Moi, j'ai une question pour la légiste, peut-être
que Me Grignon va pouvoir m'éclairer, mais est-ce qu'on pourrait mettre
n'importe quelle date à l'article 159? Est-ce que... Je vais le reprendre
autrement. Est-ce que je suis obligée de prendre la même date qu'il y a dans
l'article 158 à l'article 159 ou on pourrait mettre n'importe quelle
date à l'article 159?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, Me Grignon.
Mme Grignon (Karine) : Oui, c'est
deux types de travaux différents, là. Effectivement, on pourrait mettre des
dates différentes, là.
Mme Melançon : Parfait. Donc, je ne
suis pas en train de... Parce qu'on se le dit souvent, là, puis on se regarde
souvent avec le sourire en disant : Nous, on n'est pas légistes, là. Donc,
je ne suis pas légiste, alors j'ai besoin d'avoir l'avis de Me Grignon
là-dessus.
Moi, je pense qu'on pourrait aller un peu plus
rondement, puis moi, je suis prête à... j'ai démontré ma très grande ouverture,
là, depuis le départ. Mais là, à partir du moment où c'est des travaux qui
doivent être faits, à partir du moment où l'exposé des correctifs est connu...
Et là, ce n'est même pas sur le ministère où on se dépose, mais c'est vraiment
sur ceux qui sont des propriétaires et qui doivent justement bouger. On parle
de 80 cas, quand même, 80, c'est des
travaux, là qui sont à être mis sur le terrain. Moi, je pense très honnêtement
que nous devrions penser à, justement, devancer la date. Toujours prête,
moi, à vouloir mettre de l'eau dans le vin, là, mais je trouve que... Je
comprends qu'il y a des ministres qui n'aiment
pas ça, mettre de l'eau dans le vin, mais, à un moment donné, il faut ce qu'il
faut, et là je trouve qu'il y en a qui prennent juste du vin puis il y
en a qui boivent juste de l'eau. Alors, je serais plutôt d'avis, donc, à ce
moment-ci, puis je le dis avec le sourire, mais je serais d'avis à ce moment-ci
de faire une proposition peut-être au ministre et de voir avec lui est-ce
qu'il y a une possibilité d'ouverture pour que nous puissions, justement,
exiger à ce que les travaux aillent plus rondement.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
M. Charette : Je dirai aussi avec le
sourire qu'une sage a dit hier que mettre de l'eau dans son vin, ça goûtait mauvais, mais je le dis avec le sourire. Mais oui.
Dans les faits, là, le... Et on est différents, on est dans un cas de figure
différent de celui d'hier, les délais
généraux lorsqu'il y a un changement important de cette nature-là, c'est
18 mois. Donc, ce qu'on pourrait...
On trouverait la bonne formulation, là, mais essentiellement, ce que je dirais,
ce serait 18 mois après l'adoption du présent projet de loi. Donc,
il se pourrait qu'on gagne quelques semaines ou quelques mois, là, le cas
échéant.
Mme Melançon : Bien, vous
voyez, pour moi, c'est déjà mieux. J'ai une question cependant avant de...
Avant de dire que cette offre est acceptée, je voudrais que nous puissions,
peut-être, voir avec M. Rousseau la... Disons qu'on est en 2024. On s'en
va dans le temps, là, 2024, il y a un propriétaire de barrage qui reçoit donc
un exposé de correctifs. Il doit aller de l'avant. Il aura combien de temps
pour faire ces correctifs?
M. Rousseau
(Michel) : Vous parlez pour les prochains cas qui vont venir,
M. Rousseau
(Michel) : Bien, en fait, l'exposé des correctifs est toujours
prévu. Justement, dans l'exposé des correctifs, il y a une date de prévue des
travaux. Et c'est ça qui est négocié. Bien, négocié... c'est ça qui est analysé
par nous. Et cette date là, bien, elle doit être raisonnable. Elle doit
convenir autant au demandeur qu'à nous. Donc, ça dépend. Ça peut être variable
parce qu'il y a des travaux qui peuvent se faire plus rapidement. Donc là,
c'est vraiment pour la période transitoire, là, que le ministre parle de
18 mois. Mais, pour les autres, c'est vraiment, dans le cas... dans le
roulant, c'est-à-dire, on approuve une date proposée par l'ingénieur. Puis si
on pense que c'est trop long, là, on fait réduire, un peu comme il se passe
ici, là.
Mme Melançon : Mais,
M. Rousseau, ce que je tente simplement de voir, c'est est-ce que les gens
vont avoir plus que 18 mois. Selon vous, habituellement, là, la moyenne
pour faire exécuter justement les travaux, dans l'exposé de correctifs, on
parle de combien de temps?
M. Rousseau
(Michel) : Bien, je vous dirais, ça va dépendre vraiment de
l'ampleur des travaux, là, mais c'est rare que... C'est rare que c'est en bas
d'un an parce qu'il y a toute la dynamique d'appel d'offres. Puis ça dépend
toujours... Là, on le vit dans les sols contaminés, là. Si on peut faire
l'appel d'offres pendant l'hiver, c'est génial parce que, là, on prend ce
temps-là pour régler l'administratif. Mais il y a des cas où il y a des travaux
majeurs qu'on pourrait donner jusqu'à trois ans pour faire les travaux si on pense
que ça prend ça. Donc, je dirais que le délai usuel, il est plus souvent de l'ordre de trois ans qu'il va être de
l'ordre d'un an. Donc, ça dépend vraiment de l'ampleur des travaux,
mais...
Mme Melançon :
Donc, de donner 18 mois à ce moment-ci, à partir du moment où on aura un
projet de loi bien en vie, qui deviendra
donc une loi bien en vie, d'y aller avec 18 mois, c'est quelque chose qui
pourrait bien convenir. Puis moi, je suis bien prête, là, parce qu'hier
je vous ai bien entendu aussi, M. Rousseau, il faut leur donner une belle
saison pour exécuter les travaux. Ça, j'ai bien saisi ça. Donc, à la lumière de
ce que vous me dites, s'il était possible, en effet, d'y aller avec peut-être
une proposition d'amendement, ici, je serais... Je serais très, très, très
réceptive à ça.
M. Charette : On pourrait
suspendre, là, peut-être quelques petites minutes, le temps de préparer le
libellé.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à 14 h 49)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons nos
travaux. Mme la députée de Verdun, vous proposez un sous-amendement à
l'article 159.
Mme Melançon : Exactement.
Exactement, Mme la Présidente, en remerciant bien sûr le ministre et ses
équipes qui me permettent justement de pouvoir déposer cet amendement.
«Remplacer le paragraphe 1° de l'amendement
proposé à l'article 159 du projet de loi par le suivant :
1° remplacer, dans le premier alinéa,
«31 décembre 2022» par, ouvrir la parenthèse, «(indiquer ici la date qui
suit de 18 mois celle de l'entrée en vigueur de la présente loi)», fermer
la parenthèse.
Voilà. Dans le fond, ça revient exactement aux
discussions que nous avons eues avant la pause qui nous ont permis d'arriver à
la rédaction de cet amendement, de ce sous-amendement, devrais-je dire, et dans
lequel justement on vient... Comme ce sont des travaux, comme on peut presser
un peu plus le pas, et... ça va nous permettre justement, dans les 80 cas
de barrages, là, qui ont déjà un exposé de correctifs, de pouvoir aller de
l'avant plus rapidement. Donc, on va avoir des barrages en bon état
18 mois... Bien, en tout cas, les travaux vont commencer 18 mois
après, justement, l'entrée en vigueur de la présente loi.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. M. le ministre,
souhaitiez-vous intervenir?
Présidente (Mme Grondin) :
Ça va? Donc, y a-t-il d'autres interventions sur ce sous-amendement? Est-ce
que ce sous-amendement est adopté?
La Présidente (Mme Grondin) : Ici, dans la salle Louis-Joseph-Papineau, mais,
dans la salle Louis-Joseph-LaFontaine, est-ce que le sous-amendement est
adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Merci. Donc, le
sous-amendement à l'article 159 est adopté. Nous revenons donc à
l'amendement, tel qu'amendé, proposé par le ministre. Y a-t-il des
interventions à ce sujet? Non. Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 159 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que dans la salle
Louis-Joseph-LaFontaine, est-ce que c'est adopté, l'amendement?
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Merci. Donc, l'amendement est adopté. Nous
revenons à l'article 159, tel
qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Ça va? Donc, est-ce que cet article, tel
qu'amendé, est adopté, ici?
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que dans la salle
Louis-Joseph-LaFontaine, c'est adopté?
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, l'article 159, tel
qu'amendé, est adopté. Nous poursuivons à l'article 160. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Donc : 160. Jusqu'à l'entrée en vigueur d'un règlement pris en
vertu de l'article 22.1 de la
Loi sur la sécurité des barrages, édicté par
l'article 131 de la présente loi et malgré toute disposition contraire, le
propriétaire d'un barrage à forte contenance dont le niveau des conséquences
d'une rupture est «faible» ou «minimal» et
qui n'est pas situé sur le pourtour du réservoir d'un barrage dont le niveau
des conséquences d'une rupture est égal ou supérieur à «moyen» au sens
du Règlement sur la sécurité des barrages n'a pas :
1° à faire effectuer ni à transmettre au
ministre une étude, visée à l'article 16 de la
Loi sur la sécurité des
barrages, visant à évaluer la sécurité de ce barrage;
2° à communiquer au ministre, pour approbation,
un exposé des correctifs qu'il entend apporter à ce barrage et le calendrier de
mise en oeuvre afférent visés à l'article 17 de la
Loi sur la sécurité des
barrages;
3° à apporter à ce barrage, toujours, les
correctifs approuvés par le ministre conformément à l'article 17 de la Loi
sur la sécurité des barrages; et
4° à préparer et à tenir à jour un plan de
gestion des eaux retenues visé au premier alinéa de l'article 19 de la Loi
sur la sécurité des barrages.
Et le
commentaire : Cette disposition vise à mettre en place certains
assouplissements applicables aux propriétaires de barrages à forte
contenance dont le niveau des conséquences d'une rupture est faible ou minimal
et qui n'est pas située sur le pourtour du réservoir de barrage dont le niveau
des conséquences est égal ou supérieur à moyen, et ce, jusqu'à l'entrée en
vigueur d'un règlement pris en vertu du nouvel
article 22.1 de la
Loi sur
la sécurité des barrages édictée par l'article 131 du projet de loi.
Ce propriétaire n'a pas à faire d'études visant
à évaluer la sécurité du barrage ni à transmettre d'exposé des correctifs ou de
calendrier de mise en oeuvre de ces derniers. Il n'a pas non plus à apporter de
correctifs normalement prouvés à la suite d'une telle étude. Finalement, ce
propriétaire n'a pas à préparer ni tenir à jour un plan de gestion des eaux retenues.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la
députée de Verdun.
Mme Melançon : Bon, là, je vais dire
quelque chose, puis je sais que je vais faire sourciller les gens du ministère,
là, mais je vais me permettre... puis je pense que ça va faire l'affaire du
ministre que je me permette à ce moment-ci...
Moi, j'ai toujours... puis je vous le dis, je
pense que c'est chat échaudé craint l'eau froide. Quand on y va avec les seuils
«faible», «minimal», moi, j'ai toujours peur qu'on échappe quelque chose. Et je
vais prendre l'exemple le plus probant, là, l'affaire des porcheries. Vous
savez, on a décidé d'y aller avec... il y a des seuils ou... vous ne pouvez pas
être... tu sais, dans le fond, les porcheries n'étaient pas dans les niveaux
élevés, donc on avai