Institutions — 19 September 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
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31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
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20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
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13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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jeudi 19 septembre 2024
Vol. 47 N° 82
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du système professionnel et visant l’élargissement de certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-cinq minutes)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
matin à tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des institutions ouverte.
La Commission est réunie afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques du projet de
loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du
système professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Asselin, Vanier-Les Rivière, est remplacé par M. Allaire,
Maskinongé; Mme Maccarone, Westmount-Saint-Louis est remplacée par Mme Caron,
La Pinière; M. Zanetti, Jean-Lesage, est remplacé par M. Cliche-Rivard,
Saint-Henri-Sainte-Anne.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Ce matin, vous allez
entendre deux groupes, donc l'Ordre des ingénieurs du Québec. Mais il me fait
plaisir de débuter avec les représentants et représentantes du Barreau du
Québec. Bienvenue. Je vous disais à la blague mais on est contents de vous
re-re-revoir à la Commission des institutions. Donc, Mme la bâtonnière, je vous
laisse la parole. À vous.
Mme Claveau (Catherine) : Merci.
Alors, merci, M. le Président. Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, Mme la
Présidente de l'Office des professions. Je suis Catherine Claveau, bâtonnière
du Québec. Je suis accompagnée aujourd'hui de maître Sylvie Champagne, à ma
gauche, qui est le secrétaire de l'Ordre et directrice des affaires juridiques,
ainsi que de Maître Nicolas Le Grand Alary à ma droite, qui est avocat au
secrétariat de l'ordre et aux affaires juridiques du Barreau du Québec. Le
Barreau du Québec vous remercie de l'avoir invité à participer aux
consultations entourant le projet de loi n° 67, qui constitue le premier
jalon important de la réforme du système professionnel québécois.
Ce vaste chantier de modernisation a
débuté, rappelons-nous-le, l'an dernier, soit en 2023, l'année du 50e anniversaire
du code de professions, le code qui a été adopté en 1973. C'est fort de son
expérience et de sa volonté de réaliser pleinement sa mission que le Barreau du
Québec vous soumet ses commentaires sur le présent projet de loi.
Tout d'abord, le projet de loi n° 67
octroie au Gouvernement le pouvoir d'adopter un projet pilote relatif à toute
matière applicable au code de professions et aux lois constitutives des ordres
professionnels. Ce projet pilote peut proposer des normes différentes de même
que suspendre l'application de toute règle et disposition inconciliables d'une
loi ou d'un règlement.
Le Barreau du Québec salue cet ajout au
code de professions. Toutefois, nous constatons que ce mécanisme est limité à l'initiative
du Gouvernement. Nous sommes d'avis que ce pouvoir devrait être élargi aux ordres
professionnels afin que ceux-ci puissent agir avec la flexibilité requise.
Ainsi, nous soumettons que ce mécanisme ne devrait pas être conditionnel à un
décret du Gouvernement. Une autorisation de l'Office des professions du Québec
ou du ministre responsable de l'application des lois professionnelles serait
suffisante.
Nous pouvons témoigner en toute
connaissance de cause, puisque dans la
Loi sur le Barreau, nous possédons déjà
un pouvoir de cette nature en ce qui concerne le programme de formation, notamment
à l'École du Barreau...
Mme Claveau (Catherine) :
...forts de notre récente expérience, nous proposons que ce pouvoir soit élargi
à d'autres domaines et inscrits au Code des professions afin de permettre
notamment des initiatives en matière d'accès à la justice et d'encadrement de
l'intelligence artificielle par le biais de programmes de bac à sable
d'innovation. Un tel pouvoir, assujetti à un processus d'adoption non
réglementaire, offrira suffisamment de souplesse et d'agilité au Barreau du
Québec et aux ordres professionnels, tout en permettant à l'Office des
professions d'exercer son rôle de surveillance et de conseil. Par ailleurs, le
projet de loi propose de permettre à tous les ordres professionnels d'autoriser
leurs membres à exercer leur profession au sein d'une personne morale sans but
lucratif connue sous le nom de PMSBL. Plus particulièrement, le projet de loi
abroge les différentes modifications apportées par la loi visant à améliorer
l'accès à la justice en bonifiant l'offre de services juridiques gratuits ou à
coûts modiques qui avaient permis au Barreau et à la Chambre des notaires
d'adopter un règlement encadrant en PMSBL par les membres et les transferts de
ces dispositions au Code des professions. Le Barreau du Québec est fier d'avoir
participé à l'élaboration de l'encadrement de l'exercice au sein d'une PMSBL.
L'accès à la justice est un dossier prioritaire pour l'avenir de la justice au
Québec et l'exercice au sein d'une PMSBL constitue un moyen attendu et réclamé
par les organismes à vocation juridique et les cliniques juridiques pour
répondre plus adéquatement aux besoins particuliers des citoyens en matière de
justice. Puisque nous sommes un précurseur dans le domaine, nous souhaitons
vous faire part de quelques réflexions visant à bonifier cette
section du
projet de loi qui permettront aux autres ordres professionnels de favoriser
l'accès du public à leurs services professionnels en adoptant des règles
encadrant l'exercice au sein d'une PMSBL. Tout d'abord, on retrouve au Code des
professions une disposition précisant que tout professionnel exerçant ses
activités professionnelles au sein d'une PMSBL ne doit pas permettre que soient
exigés des honoraires ou des frais qui, globalement, excèdent un coût modique.
Or, la notion de coût modique n'est pas définie dans le projet de loi. Il n'y a
donc pas un montant chiffré qui correspond à un tel coût modique. Selon notre
expérience, ce coût modique peut varier selon les circonstances. En effet, un
simple chiffre mathématique ne prend pas en considération tous les enjeux
relatifs à l'exercice au sein d'une PMSBL comme le lieu ou la région
d'exercice. La nécessité d'attirer des avocats de qualité comme salariés et les
dépenses opérationnelles d'un tel organisme. Le Barreau du Québec soumet que
cette exigence devrait être retirée. En effet, les ordres professionnels, par
leur pouvoir d'adopter un code de déontologie, ont déjà les outils nécessaires
pour encadrer la facturation d'honoraires au sein d'une PMSBL. De plus, le Code
des professions prévoit que le conseil d'administration d'un ordre
professionnel a le pouvoir de suggérer un tarif horaire professionnel que les
membres de l'Ordre peuvent appliquer à l'égard des services professionnels
qu'ils rendent. Ce pouvoir pourrait être renforcé en prévoyant la possibilité
d'établir des lignes directrices obligatoires quant aux honoraires exigés pour
des services professionnels offerts au sein d'une PMSBL. En outre, le projet de
loi modifie la procédure d'approbation de certains règlements, notamment ceux
donnant effet à une reconnaissance mutuelle des compétences professionnelles
connue comme étant l'ARM, de même que ceux permettant l'exercice d'activités
professionnelles au sein d'une société en nom collectif à responsabilité
limitée, la S.E.N.C.R.L. ou d'une société par actions, la S.P.A.. Le Barreau du
Québec salue ces modifications qui permettent d'alléger le processus d'adoption
de certains règlements.
• (11 h 30) •
Nous sommes toutefois déçus de constater
que les mesures concernant l'allègement du traitement réglementaire s'arrêtent
ici. Le projet de loi aurait été l'occasion parfaite de présenter une réforme
réelle du mécanisme d'adoption réglementaire dans le système professionnel. Le
projet de loi aurait pu notamment proposer la création d'un processus non
réglementaire pour les dispositions qui concernent uniquement l'ordre
professionnel et ses professionnels, par exemple, la formation continue
obligatoire ou les normes d'exercice professionnel. Il s'agirait également de
ce qui concerne la régie interne des ordres, par exemple les élections ou la
gestion du tableau de l'ordre. En terminant, le Barreau du Québec tient à
réitérer son appui au projet de loi qui se veut le premier jalon d'un grand et
ambitieux chantier de la modernisation du service... du système professionnel,
pardon. Beaucoup de travail reste à faire et le Barreau du Québec répond
présent pour mettre l'épaule à la roue. Au fil des consultations publiques,
plusieurs sous-chantiers, si vous me permettez l'expression, se sont dessinés.
Nous...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) Mme Claveau (Catherine) : ...attendons
avec impatience les propositions législatives et réglementaires qui permettront
de mettre en œuvre ces grands changements qui porteront notamment sur les
fondements de la structure du système professionnel, l'allègement réglementaire
de même que la définition de la mission de protection du public et des ordres
professionnels.
Le présent projet de loi ne constitue qu'une
partie de la réforme, et nous sommes d'avis qu'il est primordial de compléter
rapidement tous les travaux pour l'achever. Il est essentiel que cet important
chantier législatif constitue un véritable projet sociétal pour le Québec
visant à améliorer la protection du public tout en s'assurant de sa confiance
envers les institutions du système professionnel. D'autres commentaires se
trouvent dans notre mémoire. Nous vous remercions, encore une fois, pour cette
invitation et nous sommes disponibles maintenant pour répondre à vos questions.
Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, Mme la
bâtonnière. Donc, je me tourne vers le gouvernement, pour 14 minutes. Mme
la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. Alors, merci, Mme la bâtonnière, je dirais même, merci, Mme ma
bâtonnière, de votre présentation aujourd'hui. Ça va être un plaisir de pouvoir
échanger avec vous, parce que je pense qu'on a ici, autour de la table, avec
les collègues aussi de l'opposition, le même objectif, c'est-à-dire de... de
donner le plus d'air à notre système professionnel mais tout en ne
compromettant pas sa mission première. Parce que je pense qu'il faut être très
fier, au Québec, du système professionnel qu'on a mis en place dans les 50 dernières
années, mais force est de constater qu'il est temps de voir comment on peut à
la fois respecter les objectifs de protection du public et de la confiance du
public dans nos professionnels et de voir comment on peut lui donner un peu d'air,
là, pour le moderniser. Alors, merci beaucoup de vos commentaires, c'est
toujours très apprécié.
Je vais vous amener peut-être sur deux ou
trois sujets particuliers. Et l'objectif est de creuser un peu plus avec vous,
là, votre... votre point de vue pour nous... pour alimenter nos réflexions en
vue de l'étude détaillée, et, si... comme je le disais à tout le monde, s'il y
a quoi que ce soit d'autre pour lequel vous n'êtes pas en mesure pour l'instant
de répondre, il n'y a aucun problème, vous enverrez vos commentaires
supplémentaires à la commission, puis on va pouvoir en bénéficier quand on fera
entre nous les débats
article par article. Parlons des projets pilotes. Je sais
que ça existe dans plusieurs lois professionnelles. L'objectif, aujourd'hui,
est d'amener cette notion-là à la grandeur du Code des professions. Et c'est un
peu le même objectif dans certaines notions, hein? On parlait hier des permis
plus restrictifs, et l'Ordre des infirmières nous disait : Bien, dans mon
cas, c'est moins utile parce que ma réalité est différente. Mais l'idée, c'est
d'en faire bénéficier à tous. Donc, parlons des projets pilotes. Vous parlez...
vous mentionnez qu'en plus de la possibilité pour le gouvernement de pouvoir
autoriser la mise en œuvre d'un projet pilote, et on verra peut-être le niveau
d'autorisation... c'est bien compris, là. Puis ça a été mentionné par d'autres,
que peut-être que le niveau d'autorisation n'est pas nécessaire au niveau d'un
décret, mais qu'on pourrait penser à une autorisation ministérielle dans
certains cas. Ça fait
partie des autres commentaires. Donc, on le met dans
notre... dans notre réflexion. Vous parlez des ordres qui pourraient initier
eux-mêmes un projet pilote. C'est quand même beaucoup plus large que de revoir
le niveau d'autorisation. Je serais un peu intéressée, avec vous, de voir...
peut-être nous aider et nous illustrer dans quel but un ordre professionnel,
dans... de sa propre initiative, pourrait initier un tel projet et comment on
ferait pour le circonscrire, là aussi, parce que c'est important d'avoir aussi
cette notion-là.
Mme Champagne (Sylvie) : Alors,
en fait, ce n'est pas un remplacement qu'on veut, c'est un ajout. Donc, on
comprend que l'article pour le projet pilote à l'initiative du gouvernement
demeurerait au Code des professions, et c'est une bonne chose, mais on ne peut
pas non plus couper l'herbe sous le pied aux ordres professionnels qui ont
peut-être des bonnes idées au niveau de l'innovation. Et, comme on sait qu'on n'a
pas tout de suite l'allègement réglementaire, ça serait une façon pour nous d'essayer
des changements avec les pouvoirs réglementaires qu'on a déjà, et, plutôt que d'aller
avec un décret, on irait avec une autorisation de l'Office des professions.
Donc, il y aurait cet encadrement-là, mais ça viendrait à l'initiative de l'ordre.
Et nous, on l'a fait, au Barreau. On est fiers de dire qu'on le fait pour la
formation professionnelle. Alors, on a obtenu un projet pilote. L'office a
révisé notre projet pilote. Le conseil d'administration a quand même adopté un
règlement, qui est le règlement du projet pilote. Ça a été très transparent
pour les étudiants, ça a été mis sur notre site Web. Et ça l'a permis,
justement, de mettre en œuvre assez rapidement et de façon efficace ce projet
pilote, qui éventuellement est devenu un règlement. Donc, ça permet aux ordres
professionnels d'avoir de bonnes initiatives. Puis on pense que, pour l'innovation,
si on veut que le Québec, là, soit...
Mme Champagne (Sylvie) : ...toujours
à l'avant-garde, parce qu'on peut être, comme vous avez dit, fiers de notre
système professionnel au Québec qui assure la protection du public. Bien, cet
outil-là est nécessaire pour tous les ordres. Puis ce seraient les ordres qui
sentent le besoin de mettre sur pied des projets pilotes, qui pourraient le
faire, évidemment, ça ne serait pas tous les ordres.
Mme LeBel : Donc, bon, ce que
vous nous dites, c'est que vous avez présentement une possibilité de mettre sur
pied certains projets pilotes. Je comprends qu'ils sont approuvés par l'ordre
et révisés par l'Office, mais approuvés par l'Ordre au final. Dans le fond, ce
qu'on vient faire ici dans le code, c'est qu'on introduit une nouvelle notion
de projet pilote, ce qui ramène effectivement le niveau d'approbation au niveau
gouvernemental. Ce que... ce qui m'intéresse, dans le fond, c'est de savoir,
par rapport à la notion que vous avez déjà, bon, je comprends l'écart avec ce
qu'on propose, là, mais votre espèce de solution où on pourrait avoir divers
projets pilotes approuvés par divers niveaux d'approbation en fonction du
projet pilote, est-ce que ça vous donnerait un peu plus que ce que vous
possédez déjà, un peu... ou à peu près la même chose?
Mme Champagne (Sylvie) : Non,
ça nous donnerait... ça nous donnerait plus, parce que, là, il est spécifique.
Premièrement, ça ne bénéficie qu'au Barreau du Québec, et nous, on voudrait
qu'effectivement les autres ordres puissent en bénéficier aussi. Et nous, on
l'a... pour mettre en œuvre pour la formation professionnelle, on voudrait que
ce soit étendu à d'autres domaines. Évidemment, tout le monde sait que
l'intelligence artificielle est à nos portes et on sait que beaucoup d'autres
barreaux canadiens ont mis en place des bacs à sable d'innovation. Nous, le
Barreau du Québec, on est très intéressés. On a un conseiller qui travaille
avec nous sur l'intelligence artificielle puis on aimerait pouvoir tester des
choses. Et on trouve que la meilleure façon de le faire, ce serait par le biais
d'un projet pilote. Et, comme ce serait à l'initiative de l'ordre, évidemment,
on comprend qu'on doit discuter avec l'Office des professions, parce
qu'évidemment on peut avoir des très bonnes initiatives, mais il faut s'assurer
qu'il y ait un certain encadrement. Et, comme on l'a fait dans le... la version
de la formation professionnelle, on voudrait vraiment être capables de
l'étendre à d'autres domaines.
Maintenant, ce que vous pensez, vous,
parlementaires, est-ce que l'approbation de l'Office des professions serait
suffisante ou prendrait l'approbation ministérielle? On n'est pas fermés, mais
on ne voudrait pas, comme vous avez dit, au niveau de peut-être différents
types, là, d'approbation, aller jusqu'au décret. Donc, ça devrait être
modulable, mais d'avoir une belle ouverture pour les ordres qui ont des
initiatives à mettre en œuvre.
Mme LeBel : Bon, la
disposition qui est introduite par le biais du projet de loi n° 67, dans
le Code des professions, demande l'approbation gouvernementale par le biais
d'un décret, mais ne spécifie pas nécessairement que les projets doivent être à
l'initiative du gouvernement. On se comprend que le gouvernement, bon, on...
qui veut initier des projets pilotes avec un ordre ou des ordres
professionnels... À
titre d'exemple, l'intelligence artificielle pourrait être
par un regroupement d'ordres professionnels, exact? Parce qu'on pourrait penser
que ça touche plus... plus qu'un. Je pense... je dirais, moi, il y a deux
ordres professionnels qui me viennent en tête avec l'intelligence artificielle,
c'est la santé, les domaines de la santé, et le domaine juridique qui
pourraient, bon, se regrouper.
• (11 h 40) •
Donc, l'idée n'est pas d'avoir des projets
initiés par le gouvernement, mais approuvés par le gouvernement. Êtes-vous en
mesure de nous donner peut-être des catégories? Parce que, là, vous avez parlé
de la formation professionnelle. Si on réfléchit à avoir dans le Code des
professions, au bénéfice de toutes... de toutes les professions, introduire une
notion de projet pilote modulé en fonction des domaines ou des initiatives avec
des niveaux d'approbation différents, quels sont les domaines, on parle de la
formation professionnelle, qui pourraient demeurer au niveau des ordres? Quels
sont certains domaines qui pourraient être au niveau de l'Office ou d'un arrêté
ministériel, parce qu'ils regroupent plusieurs ordres tout en étant... en
n'introduisant pas encore une fois un niveau de complexité? Je ne dis pas que
c'est idéal, ce qui est là-dedans, au contraire. Je dis juste que d'avoir une
façon unique de faire vient aussi simplifier les procédures. Donc, l'idée c'est
que... et encore une fois, je réitère, même si vous n'avez pas la réponse
complète aujourd'hui, c'est... Des fois, je lance des pistes de réflexion pour
nous aider, là.
Quand on commence à penser à des niveaux
d'approbation différents pour des catégories différentes, spontanément, j'ai
l'impression qu'on ne va pas dans la bonne... dans la direction de l'allègement
et de la simplification. Mais, en même temps, je comprends que le niveau
supérieur n'est pas toujours le niveau idéal pour tout. Donc, juste nous aider
à réfléchir à la façon dont on pourrait...
Mme LeBel : ...structurer tout
ça, disons, là.
Mme Champagne (Sylvie) : C'est
sûr qu'on n'a pas toutes les réponses ce matin, comme vous dites, Mme la
ministre...
Mme LeBel : Ce n'était pas
l'objectif.
Mme Champagne (Sylvie) : ...puis
on va y réfléchir. Mais c'est sûr que nous, en ayant vécu la façon de mettre en
œuvre un projet pilote pour la formation professionnelle qui était très souple,
quand on a vu la disposition dans le projet de loi n° 67, ça nous a un peu surpris
en se disant : On n'aura pas la même flexibilité puis l'agilité qu'on
souhaiterait avoir. Puis ça fait plusieurs années qu'on veut justement déployer
un bac à sable pour l'intelligence artificielle. Puis on a beaucoup... on le
voit, il y a beaucoup de très bonnes idées pour favoriser l'accès à la justice.
Donc, pour nous, que d'autres ordres professionnels veulent en mettre en place,
probablement que ça va être pour des objectifs différents. Donc, c'est pour ça
qu'à l'initiative des ordres, c'est plus facile, mais ça n'empêche pas que le
gouvernement puisse avoir son... ses propres idées aussi et d'en déployer.
Mais donc, pour faire des catégories, on
pourrait vous revenir. Je pense évidemment à l'inspection professionnelle, où
il y a certainement des nouvelles façons d'inspecter nos membres, mais sans
avoir à changer la réglementation sur l'inspection professionnelle, on pourrait
essayer des nouvelles choses. On a parlé de problèmes de santé mentale chez nos
membres. Il y aurait certainement des choses qu'on pourrait changer, nos façons
de faire, être plus en approche collaborative et sans avoir à changer
nécessairement nos règlements. Donc, ça, c'est quelque chose qui me vient ce
matin, mais il y en aurait... il y en aurait sûrement beaucoup d'autres, parce
qu'on est toujours à la recherche, là, d'améliorer nos processus dans un
processus d'amélioration continue pour mieux protéger le public.
Mme LeBel : Je vous lance la
réflexion, on va la poursuivre de notre côté, évidemment.
Les PMSBL, revenons. Dans la
loi sur le
Barreau, dans a la
loi sur les notaires, depuis 2022, la notion de coût modique
est déjà intégrée. On a repris grosso modo, là... j'allais dire mutatis
mutandis, mais on a repris grosso modo la même notion pour la ramener au niveau
du Code des professions, l'idée étant que, quand on travaille dans une PMSBL,
c'est d'avoir des services accessibles pour les citoyens aussi. Donc, la notion
de coût modique pour moi, d'entrée de jeu, de mon... du point de vue,
peut-être, d'une avocate, n'est pas choquante, au contraire. On a entendu hier
différentes... différents discours là-dessus. Des gens nous disent : Dans
certains secteurs, oui et non, d'autres : On n'est pas contre, mais il
faut se laisser le choix. Mais elle existe déjà, cette notion, depuis 2022.
Donc, j'imagine qu'elle est déjà définie ou est déjà connue.
Peut-être me donner un peu qu'est-ce qu'il
se fait depuis 2022, puis, si on la retire du code, quelle serait l'assurance
qu'elle demeure, que les honoraires n'explosent. Parce que je me dis : Si
un avocat veut charger ses pleins honoraires, il ira ailleurs que dans une
PMSBL, c'est... le tout respectueusement soumis. C'est mon opinion à moi. Elle
n'engage personne d'autre que moi.
M. Le Grand Alary (Nicolas) : Non,
mais... Oui, tout à fait. Écoutez, le projet de loi n° 34 à l'époque, là, puis
le
titre du projet de loi, la bâtonnière l'a mentionné lors de l'allocution,
c'était vraiment d'améliorer l'accès à la justice. L'objectif, c'est vraiment
d'améliorer l'accès aux services professionnels. Je comprends qu'avec le projet
de loi ici, c'est également ça, l'objectif. Et donc ça s'est transposé dans la
loi sur le Barreau par une exigence, là, qui était sur le caractère modique des
honoraires.
Il faut comprendre que le terme «modique»
n'est pas autrement défini. Il y a des chiffres qui ont été évoqués à l'étude
détaillée, là, par le ministre de la Justice notamment, un 50 $ de
l'heure. Lors de la mise en œuvre de la réglementation, puis on a fait une très
belle collaboration avec l'office, avec la Chambre des notaires, avec le
ministère de la Justice, pour mettre en place le règlement, là, d'application,
on a eu des consultations auprès des personnes morales sans but lucratif et
d'autres organismes qui étaient intéressés par notre... par la possibilité
d'être réglementés de cette façon-là puis d'offrir des services. Et c'est une
question qui est revenue souvent. Et il y a un enjeu d'application parce que
c'est difficile de quantifier réellement le chiffre.
Ce que nous, on propose, c'est d'au lieu
d'avoir une ligne stricte dans le Code des professions là-dessus... c'est de
peut-être le prévoir soit dans une ligne directrice, soit dans une obligation
de... réglementaire, que l'ordre puisse déterminer selon les circonstances. Il
y a différents cas de figure qui n'ont peut-être pas été vus en 2022 lors de
l'adoption de la loi, qui s'est faite quand même rapidement, notamment les
services de PMSBL qui offrent des services à d'autres entreprises. On peut
penser à différentes entreprises qui elles-mêmes sont à but non lucratif, là,
différents organismes, qui offrent des services au public, mais qui veulent
mutualiser des services professionnels, par exemple de comptabilité, ça peut
être d'ingénierie, des services juridiques aussi, et donc ils créent une
coopérative ou ils créent une structure juridique qui offre des services
uniquement à ces entreprises-là.
L'enjeu de protection du public puis
l'enjeu d'éviter que les coûts explosent pour le public, c'est vraiment
lorsqu'on a une PMSBL qui offre des services juridiques, pour le cas des
avocats...
M. Le Grand Alary (Nicolas) : ...au
public. Quand on parle de PMSBL qui peuvent offrir des services à d'autres
entreprises selon d'autres... modèles d'affaires, bien, c'est... c'est... c'est
tout ça qu'il faut tenir en compte. Et c'est... c'est... c'est pour ça qu'on
demande un peu peut-être de la souplesse et l'agilité là-dessus, pour pouvoir
s'assurer que le niveau de contrôle puis la surveillance qu'on fait au niveau
des honoraires est approprié selon les circonstances et selon les cas de
figure.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Je cède
maintenant la parole à l'opposition officielle pour un bloc de 10 minutes
30 secondes. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, Mme la bâtonnière, Maître Champagne, Maître Le Grand Alary,
bonjour, bienvenue. Merci pour votre... pour votre mémoire et votre exposé.
J'ai... J'ai quelques questions pour vous, en fait, pour... puis vous nous
invitez à le faire avec... dans votre mémoire, au tout début, parce que vous
parlez des opportunités à explorer. Et vous comprendrez que, comme députés dans
l'opposition, on est toujours intéressés à soumettre des propositions au
gouvernement pour bonifier un projet de loi pour qu'évidemment il soit tout à
fait approprié pour l'ensemble de la population québécoise. Donc, dans les
opportunités à explorer, vous en mentionnez deux. Vous parlez des mesures
concernant l'allègement du traitement réglementaire. Le projet de loi, ce que
je comprends, n'irait pas assez loin. Et est-ce que vous avez des suggestions
ou des exemples très précis qu'on pourrait mettre en œuvre? Si vous n'en avez
pas maintenant, ce matin, vous... je vous invite évidemment à les faire
parvenir à la commission. Mais j'aimerais... j'aimerais qu'on puisse discuter
de ça, parce qu'il y a d'autres ordres professionnels qui nous ont dit que ça
n'allait pas assez loin, puis qu'il y avait aussi une lourdeur bureaucratique
qui faisait que ça pourrait mettre un frein, finalement, à la réforme que veut
opérer le gouvernement.
M. Le Grand Alary (Nicolas) : Oui.
Effectivement, le projet de loi prévoit certaines mesures concernant
l'allègement réglementaire, là, de certains règlements. La bâtonnière les a
évoquées dans l'allocution, notamment au niveau des ARM, de l'exercice en... si
vous me permettez les différents acronymes. Lors de... dans le cadre des
différents travaux, là, de réforme, il y a beaucoup de propositions qui ont été
émises sur la table, d'allègement réglementaire. On pense qu'il y a beaucoup de
travail qui a déjà été fait de la part de l'office là-dessus et donc on vous
invite à y aller de l'avant sur l'allègement.
Puis, sans vouloir revenir au niveau de
l'approbation, mais il y a également, dans le Code des professions, au niveau
des différents règlements, différents niveaux d'approbation. Certains
règlements qui sont peut-être les plus importants, par exemple le code de
déontologie des membres d'un ordre, sont soumis à l'approbation, là, du Conseil
des ministres, tandis qu'il y en a d'autres qui sont uniquement, là, approuvés
par l'Office des professions, on peut penser notamment, là, à la formation
continue obligatoire, l'inspection professionnelle, des règlements qui sont
plus dans la relation entre le membre et son ordre professionnel. Et il y a
certains... Et il y a d'autres mécanismes qui sont uniquement, là, de l'ordre.
Et donc nous, ce qu'on... ce qu'on propose puis ce qu'on évoque comme piste de
solution, c'est ceux peut-être qui sont uniquement de la gestion interne, là,
par exemple la gestion du tableau de l'ordre, la gestion des élections, la
composition des conseils d'administration, des choses comme ça, qui sont
prévues actuellement par règlement, pourraient être prises sans doute par résolution
du conseil, puis, ce qui est actuellement des règlements, là, par exemple, Code
de déontologie et autres, mais ils pourraient être transférés vers le régime de
95-deux. Là, c'est un peu technique, ce que je dis, mais c'est le régime qui
est essentiellement uniquement l'approbation par l'office, là. Je pense qu'il y
a différents modèles puis il y a différents règlements. Puis je pense que c'est
des choses qui ont déjà été réfléchies. Donc, nous, on le voyait juste
peut-être comme une opportunité de le faire. Je sais que les travaux ont été
déjà avancés dans ce sens-là, là.
• (11 h 50) •
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie. Dans les autres opportunités, vous soulignez également «clarifier des
règles applicables lorsqu'un juge du Tribunal des professions est absent ou
empêché d'agir.» Donc, vous suggérez d'adopter une disposition similaire, mais
qui viserait les comités statutaires des ordres professionnels. Quel est...
Quel est l'enjeu que vous vivez présentement, puis comment on pourrait le corriger?
Mme Champagne (Sylvie) : Oui.
En fait, c'est des situations évidemment qui sont exceptionnelles, qu'on ne vit
pas souvent. Mais ça arrive que, par exemple, un comité d'accès à la profession
convoque un candidat pour déterminer s'il va être admissible à notre
profession. Alors, le comité est composé de trois membres désignés par le
conseil d'administration. Ils font l'audition. Ils prennent le dossier en
délibéré. Et, pendant le délibéré, bonne nouvelle, un des membres est nommé à
la magistrature. On est très heureux pour ce membre, mais il fait en sorte
qu'on n'a pas de modalité dans la
loi sur le Barreau ni dans le code pour
déterminer ce qu'on... ce qu'on fait avec le dossier qui était en délibéré.
Donc, soit que le candidat accepte qu'un troisième membre soit nommé et qu'il
continue, ou on est obligés de tout recommencer. Donc le code est muet à ce
sujet-là. Et on n'est pas le seul ordre qui a des comités statutaires, là, qui
rendent des décisions...
Mme Champagne (Sylvie) :
...c'est individuel. Il pourrait y avoir pour d'autres ordres. Évidemment, ça
ne serait pas la nomination de la magistrature, mais ça serait peut-être un
autre élément heureux ou, des fois, malheureux, là, à cause de maladie ou...
Alors, on croit que le Code des professions devrait. C'est une correction, là,
qui est simple corriger cette situation-là pour permettre aux ordres de rendre
des décisions, là, dans des délais optimaux.
M. Morin : Je vous remercie
beaucoup, Me Champagne! Donc, évidemment pour la réponse, la précision aussi
que vous apportez, c'est très utile. Donc, je comprends, là, que comme vous
l'avez dit, comité d'accès à la profession, ce comité-là se réunit
régulièrement, là. Mais si un des membres qui ne peut qui n'est plus capable
d'agir, évidemment, de consentement, on peut tout faire ou à peu près, là,
quand on demeure dans le domaine de l'ordre public, bien sûr, mais si la
personne intéressée ne consent pas, vous êtes obligés de recommencer au
complet.
Mme Champagne (Sylvie) : Tout
à fait. Tout à fait ça et donc, ça entraîne des délais pour le candidat à
l'admission à la profession. Mais on peut penser dans d'autres cas aussi, ça
pourrait empêcher un ordre, par exemple, il y a des délégations de pouvoir avec
des comités qui vont déterminer si une personne doit subir un examen médical.
Qu'est-ce qui arrive donc pour tous les comités statutaires, on pense qu'il
devrait y avoir une disposition dans le Code des professions qui prévoit le
mécanisme de remplacement de membre qui est empêché d'agir alors qu'il a
commencé à siéger sur un comité.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie beaucoup, c'est très, très éclairant. J'ai une autre question. On a
parlé des PMSBL et dans votre mémoire, il y a... il y a des références aussi
aux avocats qui sont inscrits au tableau à
titre d'avocat à la retraite et. Et
donc, est-ce que je comprends qu'il faudrait peut-être modifier le projet de
loi actuel pour s'assurer qu'il pourrait donner des conseils juridiques. Ce
n'est pas le cas présentement?
M. Le Grand Alary (Nicolas) :
Non, en fait, en fait, les avocats à la retraite, puis c'est une des
innovations, là, du projet de loi n° 34 que, maintenant, ils peuvent
donner des consultations à vie d'ordre juridique au sein d'une PMSBL. La
modification qu'on demande là-dessus, c'est réellement une modification de
concordance concernant l'obligation de formation continue obligatoire de ces
avocats-là qui, vu qu'ils exercent une composante de la profession, devraient
être assujettis, là, à une obligation de formation continue obligatoire. Puis
il y a eu différentes modifications, mais ils peuvent également être médiateurs
accrédités aux petites créances. Et donc on demande, on modifie déjà le
règlement FCO, le règlement formation continue obligatoire du Barreau dans le
projet de loi, à
titre de concordance. Mais on demande de juste arrimer le tout
pour que tous les avocats à la retraite qui exercent d'une certaine façon la
profession, soit en donnant des consultations, soit en agissant à
titre de
médiateurs agréés aux petites créances soient assujettis à l'obligation de
faire le 9 heures de formation FCO qui avait été, là, déterminé lors de
l'adoption, là, du projet de loi n° 34.
M. Morin : Ce qui n'est pas
le cas présentement?
M. Le Grand Alary (Nicolas) :
Non, pour les médiateurs accrédités, effectivement, il y a eu un oubli à ce
niveau-là.
M. Morin : O.K., parfait. Je
vous. Je vous remercie. Maintenant, on a parlé aussi des montants ou des frais,
là, que ce soit modiques ou autres, bon, je comprends. Et puis j'ai, en fait,
je partage ça avec vous. Il y a des centres de justice de proximité. C'est un
des moyens que le gouvernement a mis de l'avant pour faciliter l'accès à la
justice. Je comprends que présentement, ils donnent beaucoup d'informations
juridiques, mais qu'éventuellement il y aurait peut-être une possibilité qu'ils
donnent des conseils juridiques. Donc, mais c'est des organismes à but non
lucratif. Donc, comment? Qu'est-ce qu'on pourrait faire si ça arrive, pour
s'assurer qu'ils vont pouvoir charger quand même des honoraires, s'ils donnent
du conseil juridique tout en ne n'empêchant pas l'accès à la justice?
Finalement, dans le cadre de ce projet de loi là?
M. Le Grand Alary (Nicolas) :
Tout à fait. En fait, notre compréhension pour les centres de justice de
proximité, c'était que leur intention était d'offrir des services juridiques
gratuits, là, qui auraient été subventionnés en bonne
partie par l'État, un
peu en service complémentaire au service d'aide juridique pour une population
qui n'était pas admissible à l'aide juridique, mais qui n'a pas les moyens de
payer un honoraire d'avocat. Puis c'est un peu la conception de ce
règlement-là. Le concept de ça, c'était d'offrir des services pour ceux qui ne
sont pas admissibles à l'aide juridique, ceux qui n'ont pas les moyens de payer
un avocat, donc. Mais nous, ce qu'on propose, c'est qu'au lieu de l'avoir peut
être dans le Code des professions, l'obligation d'avoir des honoraires modiques
peut être de plus, orienter l'exercice au BNL, PMSBL dans le Code des
professions comme étant pour favoriser l'accès aux services professionnels,
puis ainsi, puis permettre à l'ordre d'établir soit des lignes directrices,
soit...
M. Le Grand Alary (Nicolas) : ...une
autre façon, là, par un règlement, un barème ou, en tout cas, une évaluation
des cas de figure, puis je les ai évoqués précédemment. Il peut y avoir
différents types d'organismes qui vont avoir différents besoins. La Bâtonnière
l'a mentionné également dans l'allocution, il peut avoir aussi des cas... par
exemple, entre les régions, ça n'a été pas les mêmes coûts d'opération pour
avoir un bureau ou, tu sais, offrir ce service-là. Ça peut être aussi selon le
domaine, selon la nature de certains dossiers ou de certains clients, si on parle
d'un client qui est une entreprise par exemple. Donc, je pense qu'il faut
qu'on... soit qu'il faut donner à l'ordre la possibilité d'évaluer toutes ces
conditions-là puis d'ensuite arriver avec quelque chose qui s'assure qu'il y a
une offre de services juridiques gratuits à coût modique, que les honoraires
demeurent raisonnables et modiques dans les circonstances puis que ça réponde
aux besoins aussi des clientèles et que ça protège le public.
M. Morin : Merci. Je vais
céder la parole...
Le Président (M.
Bachand) : Il reste 35 secondes.
M. Morin : Désolé.
Mme Caron : ...vous entendre
sur la modification que vous proposez pour rendre public le fait qu'il y a une
enquête... Alors, je... je ne prends pas plus de temps, je vous laisse le reste
du temps pour...
Le Président (M.
Bachand) : Rapidement, s'il vous plaît.
Mme Claveau (Catherine) : ...les
cas souvent qui font l'objet de... de nouvelles. Alors, tous les gens savent
qu'on a un membre qui est surveillé et on... Lorsqu'on nous pose des questions,
malheureusement on ne peut pas répondre tant que l'enquête n'est pas terminée.
Donc, c'est un peu pour démontrer qu'on agit, évidemment, sans donner les
informations qui seraient... qui seraient trop confidentielles dans certains
cas, pas dans tous les cas. Dans certains cas, ça pourrait être, pour le
public, donner l'image et l'assurance que, oui, comme ordre professionnel, on
fait une enquête, on agit, maintenant on attend les conclusions de l'enquête
pour voir si, effectivement, il y a une violation.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci beaucoup. M. le
député de Saint-Henri-Sainte-Anne, pour 3 min 30 s, s'il vous
plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup. Merci au Barreau du Québec d'être là. Mme la Bâtonnière, bonjour,
chers collègues, confrères, consœurs. Pas beaucoup de temps, donc je vais y
aller directement.
L'article 6, là, qui parle d'autorisation spéciale en
cas d'urgence, beaucoup de groupes nous ont parlé de baliser la définition.
Est-ce que vous avez une proposition ou une position sur ça?
Mme Champagne (Sylvie) : En
fait, effectivement, la notion d'urgence n'est pas précisée dans la
disposition. Alors, vous avez deux options, soit que vous la définissez de
façon positive ou que vous dites ce qui n'est pas inclus comme urgence. Et
nous, on favorise toujours une façon positive de rédiger, de dire ce que
constitue une urgence pour que ce soit plus clair. Évidemment, ce qu'on pense,
nous, quand on pense à des urgences, c'est évidemment la COVID, ça, qui nous
vient tous en tête, peut-être le verglas. Mais il faut que ce soit quand même
des situations assez exceptionnelles, et ne pas vouloir pallier à d'autres
problématiques, comme on a entendu hier, là, la pénurie de main-d'œuvre, qui ne
devrait pas faire
partie de...
M. Cliche-Rivard : On
pourrait permettre à des non-avocats de pratiquer le... C'est quand même assez
particulier, là. Il faudrait vraiment qu'on... Ça fait que ce que vous dites,
c'est qu'il faudrait vraiment que ce soit précisé. La formulation telle quelle,
vous ne la trouvez pas suffisante.
• (12 heures) •
Mme Champagne (Sylvie) : Mais,
en fait, peut-être qu'en matière d'urgence nous, on n'avait pas une situation
pour les avocats, c'est pour ça, qu'on n'avait pas commenté cette
disposition-là, à moins qu'il n'y ait plus d'avocat qui soit en vie, là, sur...
au Québec, et là je regarde la ministre, je... ça serait assez exceptionnel et
assez urgent. Mais, blague à part, ça nous avait moins frappés peut-être que
d'ordres professionnels en matière de santé, parce qu'évidemment on vient de
vivre la COVID, et ça, c'est... c'est plus frappant pour nous. Mais on pensait
quand même... Tu sais, une région qui serait complètement isolée à cause d'une
catastrophe naturelle ou... peut-être d'autres services que des services
professionnels, l'avocat, là, devrait être rendu... Tu sais, par exemple, je ne
sais pas, moi, si quelqu'un a vraiment besoin de soins médicaux puis... c'est
peut-être mieux d'être assisté de quelqu'un qui a certaines connaissances que
par n'importe qui d'autre, alors... Mais on n'avait pas approfondi notre
réflexion. On peut le faire et vous revenir peut-être avec une... une
proposition.
M. Cliche-Rivard : Je serais
intéressé, pour une proposition de balise. Puis vous avez formulé quelque chose
en disant : Si on ne dit pas ce que c'est, il faudrait dire ce que ce
n'est pas. Ça, je trouve ça quand même intéressant, comme approche. Donc, s'il
y a des réflexions au Barreau, je suis preneur, vous pourrez les faire
acheminer à la commission.
Sur les OBNL, les médecins... le Collège
des médecins hier nous a parlé de, eux, difficultés qu'ils avaient des fois à
accéder aux dossiers des patients. Je sais que, pour le Barreau, ce n'est pas
un problème. Pour... en sociétés commerciales, quand ce n'est pas directement
des professionnels qui la dirigent, des avocats en l'occurrence ou des
médecins, comment vous, vous êtes sorti de ça pour que ça n'arrive pas au
Barreau du Québec?
M. Le Grand Alary (Nicolas) : Mais
il y a deux choses. Dans le règlement sur l'exercice en PMSBL puis aussi dans
les règlements sur l'exercice en SPA, SENCRL, tout ce qui est qu'un cabinet
d'avocats...
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12 h (version non révisé
e) M. Le Grand Alary (Nicolas) : ...en
tout cas, où il y a des avocats qui exercent, c'est sûr qu'il y a un engagement
de la société de donner accès à tous les documents et autres dossiers. Je
dirais aussi de... il y a des... qui est prévu, mais si on est dans d'autres
structures, peut-être, c'est sûr que les pouvoirs du Code des professions,
normalement, ont été interprétés par la Cour suprême, notamment dans
Pharmascience contre Binet, que les ordres professionnels peuvent aller
requérir les dossiers. C'est quelque chose qu'on avait déjà mentionné par le
passé de codifier ce pouvoir-là pour éviter d'avoir à référer à la
jurisprudence de la Cour suprême pour aller saisir un dossier. Il y a peut-être
un petit effort là-dessus à faire, mais la réalité pour le Barreau, c'est que
normalement, lorsqu'on parle de cabinet ou de lieu où il y a des services
juridiques, il y a un engagement, et normalement on a une collaboration là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Le temps passe
très rapidement. Encore une fois, merci beaucoup d'être... d'avoir été avec
nous. Puis on se dit : Bien, à la prochaine. Merci beaucoup.
Je suspends les travaux quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
(Reprise à 12 h 08)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Merci beaucoup. La commission reprend ses travaux. Ça nous fait plaisir
d'accueillir les représentants, représentantes de l'Ordre des ingénieurs du
Québec. Merci beaucoup d'être avec nous. C'est un grand privilège. Alors, comme
vous savez, vous avez 10 minutes de présentation, après ça on aura un
échange avec les membres. Donc, je vous invite d'abord à vous présenter et,
après ça, à débuter votre exposé. Merci beaucoup.
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : ...est-ce
que le... Parfait. Merci beaucoup. Donc, merci beaucoup, M. le Président. Mme
la ministre, Mme la Présidente de l'Office des professions, chers membres de la
commission. Nous sommes ravis de participer à cet exercice de consultation, qui
est un premier pas dans la bonne direction pour l'avenir du système
professionnel au Québec. Avant de commencer, j'aimerais présenter les membres
de notre équipe qui sont présents aujourd'hui. Je suis accompagnée de M.
Patrick Savard, ingénieur et directeur général de l'ordre, et de Maître
François-Xavier Robert... avocat à l'ordre, pardon. Pour ma part, je suis
Sophie Larivière-Mantha, présidente et ingénieure de l'Ordre des ingénieurs du
Québec depuis 2022.
Permettez-moi de dire quelques mots sur
notre ordre professionnel. L'ordre des ingénieurs du Québec a célébré son
100e anniversaire en 2020. Il compte plus de 72 000 membres et
personnes candidates à la profession d'ingénieur. Nos membres assurent la
sécurité, la fiabilité et la durabilité des ouvrages d'ingénierie dans de
multiples domaines de l'économie.
Le système professionnel actuel date de
1973 et sa création constituait alors une avancée majeure pour la société
québécoise. Toutefois, celui-ci n'a pas connu de réforme d'envergure dans les
50 dernières années. Ceci a amené à un certain décalage entre le Code des
professions et les réalités de l'exercice des professionnels au
XXIe siècle ainsi qu'aux besoins opérationnels des ordres. Nous
accueillons donc très favorablement la modernisation du système professionnel
annoncée par la ministre en 2023.
Le projet de loi n° 67 constitue un des
premiers jalons de cette réforme. Ce projet de loi nous permet à la fois de
renforcer la protection du public, d'intégrer plus facilement des
professionnels formés à l'étranger et d'augmenter la souplesse du système
professionnel. Cette modernisation est essentielle pour assurer la pérennité du
système professionnel et le maintien de la confiance du public envers ce
dernier.
Le projet de loi propose plusieurs
améliorations au système professionnel, tout d'abord la création d'un permis
spécial, qui est un élément très positif du projet de loi. Cette demande a été
formulée par l'Ordre des ingénieurs à de nombreuses reprises dans le passé afin
de faciliter l'intégration de personnes formées à l'étranger. La création de ce
permis nous permettra d'atteindre deux objectifs : la protection du public
et l'intégration de professionnels aux profils atypiques.
Par exemple, une personne peut être très
spécialisée dans les trains d'atterrissage sans pour autant être en mesure
d'exercer dans les autres aspects du génie mécanique. Le permis spécial lui
donnera la possibilité d'exercer des activités relevant de sa compétence
spécifique.
• (12 h 10) •
Seule petite ombre au tableau : il serait
préférable de corriger le projet de loi pour éviter qu'une personne puisse
cumuler un permis d'ingénieur et un permis spécial, comme nous le proposons
dans la première recommandation de notre mémoire.
Nous croyons également qu'il serait
pertinent de préciser au Code des professions le caractère public du type
d'activités professionnelles qui peuvent être exercées par un membre. Ainsi, un
citoyen pourrait vérifier si un membre peut exercer telle ou telle activité.
Ceci ne ferait que renforcer la mission de protection du public.
La possibilité de réaliser des projets
pilotes est un autre élément qui va contribuer à rehausser la qualité de la
réglementation professionnelle en permettant d'explorer différentes mesures qui
vont favoriser l'innovation dans le système professionnel. Pour l'ordre, il
s'agit d'une excellente initiative qui apportera la flexibilité nécessaire pour
suivre l'évolution de nouvelles technologies telles que l'intelligence
artificielle.
Le projet de loi prévoit aussi que les ordres
professionnels devront refuser de divulguer certains renseignements sur un
membre lorsque la sécurité de la personne est en jeu. L'Ordre des ingénieurs
accueille favorablement cette disposition, car elle répond à un problème réel.
Effectivement, il arrive qu'un membre, plus souvent une femme, soit victime de
violence conjugale ou de harcèlement. À l'heure actuelle, une personne mal
intentionnée peut tenter d'obtenir certains renseignements auprès d'un ordre
professionnel afin de nuire à sa victime.
Le projet de loi vise à autoriser des
professionnels... les professionnels à exercer au sein d'organismes à but non
lucratif. D'après notre analyse, ce mode d'exercice est déjà permis et il y a
déjà des ingénieurs qui contribuent au bien-être du public au sein d'OBNL.
Toutefois, les dispositions proposées viendront en réalité rendre cette
pratique impossible pour nos membres pour deux raisons. D'une part, adopter un
nouveau règlement pour autoriser une pratique particulière prendra plusieurs
années, surtout si on considère l'état actuel du délai de traitement des
règlements soumis par les ordres professionnels. D'autre part, pour être
viables, les OBNL en génie doivent facturer des honoraires qui leur permettent
de couvrir leurs frais. Or, le projet de loi introduit la notion d'honoraires
modiques, qui est mal définie et qui causera des problèmes d'application...
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : ...les
règles proposées vont nuire à des OBNL existants comme Coop carbone et la
Fédération québécoise des municipalités. De plus, cette disposition obligerait
l'ordre à créer un règlement pour un très petit nombre de membres, ce qui va à
l'encontre du concept de réglementation intelligente énoncée par le Conseil des
ministres et qui devrait être au cœur du système professionnel.
Selon nous, une approche conforme à ces
principes de réglementation intelligente consisterait à autoriser par défaut
l'exercice en OBNL sans formalité particulière. Cependant, si un... un ordre
professionnel identifiait des problèmes relatifs à l'exercice en OBNL, il
pourrait fixer des règles pour les corriger. De leur côté, les... les ordres
pour qui l'exercice en OBNL ne représente pas de risque significatif pourraient
décider de ne pas réglementer ce type de pratique sans pour autant pénaliser
les professionnels ainsi que leur clientèle. C'est pourquoi nous croyons que
les modifications... que des modifications significatives doivent être
apportées au projet de
loi sur ce sujet. Vous pouvez consulter la
recommandation numéro trois de notre mémoire pour plus d'informations.
L'Ordre propose d'autres modifications qui
seraient simples à mettre en place. Celles-ci ne viendraient pas bouleverser le
système professionnel et s'inscriraient dans l'esprit du projet de loi, qui est
de générer des gains rapides au sein du système professionnel. Pour nous, il
est important de saisir l'occasion pour éliminer les règles qui sont... des
règles qui sont trop rigides ou qui n'apportent aucune plus-value à la
protection du public.
Tout d'abord, nous pensons qu'il serait
opportun de prévoir la radiation d'un membre qui fait défaut de remplir les
formalités requises pour le maintien de son inscription au tableau, en
particulier, la déclaration annuelle. Bien qu'elle ne soit pas prévue
explicitement dans le Code des professions, cette déclaration s'est généralisée
depuis longtemps dans le système professionnel. Les renseignements qu'elle
permet d'obtenir sont essentiels au travail de l'ordre, notamment pour la
planification des inspections.
De plus, l'Ordre des ingénieurs
souhaiterait bénéficier de plus de souplesse à propos de la délégation des
pouvoirs du conseil d'administration. Présentement, certains pouvoirs peuvent
être délégués uniquement à un comité exécutif, même si ce n'est pas une
pratique qui est optimale du point de vue de la gouvernance des organisations.
Un ordre professionnel devrait également pouvoir limiter définitivement le
droit d'un de ses membres d'exercer des activités non réservées lorsqu'il a
échoué à plusieurs reprises un cours de perfectionnement. À l'heure actuelle,
si un membre se voit imposer de réussir des mesures de perfectionnement et
qu'il les échoue à plusieurs reprises, nous pouvons seulement le limiter de
manière permanente dans le cadre de ses activités réservées. Cette distinction
entre les activités réservées et non réservées nous apparaît incohérente, et
nous souhaiterions qu'elle soit éliminée.
Finalement, nous voudrions... nous
voudrions proposer de modifier le Code des professions afin de retirer
l'interdiction d'utiliser le
titre de spécialiste lorsque celui-ci n'est pas
régi par un certificat de spécialiste. Cette disposition est unique au Québec
et elle peut entraîner des situations qui frôlent l'absurdité. Prenons
l'exemple d'une ingénieure en environnement qui travaille dans la même
entreprise qu'une biologiste en réhabilitation des terrains contaminés. Cet
ingénieur ne pourra utiliser le
titre de spécialiste en environnement,
contrairement à sa collègue biologiste. En plus de causer certains soucis pour les
employeurs, ce règlement crée un double standard qui dévalue l'éthique
professionnelle et qui amène de la confusion au sein de la clientèle. Nous
voyons mal en quoi cela contribue à protéger le public.
En terminant, ce projet de loi n'est que
la première étape de la modernisation du système professionnel. Je profite de
cette tribune pour rappeler les objectifs visés par l'Ordre des ingénieurs dans
la perspective d'une réforme plus large.
Pour nous, une telle réforme devrait viser
l'atteinte des objectifs suivants : mieux informer le public sur le
système professionnel; améliorer le traitement réglementaire, ce qui peut être
fait par divers moyens, notamment en éliminant les règles qui ne présentent
aucun gain réel; dans le Code des professions, privilégier les objectifs plutôt
que les moyens en recadrant les rôles et les responsabilités des ordres;
disposer d'un mécanisme administratif de révision périodique de la législation
et de la réglementation professionnelle; finalement, reconnaître la spécificité
des ordres professionnels en évitant l'uniformisation excessive.
C'est en prenant compte de l'ensemble de
ces recommandations que nous serons en mesure d'adapter le système
professionnel afin qu'il ait la flexibilité nécessaire pour répondre aux réalités
de notre époque et pour protéger le public adéquatement. Je vous remercie de
votre temps et pour l'invitation d'aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) : Merci infiniment. Donc, je me
tourne vers le gouvernement, Mme la ministre, pour un bloc de 15 minutes
30 secondes.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. Merci, Mme Larivière-Mantha. C'est très intéressant. Puis je vais
même... Il y a beaucoup de choses d'ailleurs qui se recoupent avec ce qu'on a
déjà entendu, mais c'est parfait, ça veut dire qu'on est dans la bonne
direction. Puis je vous remercie pour votre enthousiasme. Et non...
Mme LeBel : ...seulement
aujourd'hui, mais à la participation des travaux qui mènent à ce qu'on fait
aujourd'hui et qui vont mener aux autres étapes, là. Je sais que l'ordre est
très impliqué dans tout ça. Donc, je profite de l'occasion pour vous remercier,
parce que ça nous permet de faire... Vous avez... vous avez qualifié ça de
premier jalon, donc ça veut dire qu'il va y en avoir d'autres, et d'ailleurs
toute la
section de «Autres recommandations», je le prends comme des réflexions
pour la suite, et on va les regarder avec beaucoup d'attention.
Je vais vous amener sur quelque chose
dont... un sujet dont on a parlé avec les autres, mais je veux peut-être avoir
votre point de vue sur le fameux... ce que... le permis restrictif permanent,
là, ce qu'on appelle le «PRP» ou le «permis spécial», là, on va prendre... on
va prendre les termes du projet de loi. Beaucoup sont très favorables, je sais
que l'ordre y est très favorable, là. Quand j'ai eu l'occasion de demander aux
ordres professionnels, dans le début, là, de mon second mandat avec vous, quels
étaient les... ce que j'appelais les «gains rapides», ce type de permis là est
revenu... je ne dirais pas à l'unanimité, ce serait exagéré, mais à la
quasi-unanimité. Vous faisiez
partie des... du groupe le plus en... un des
groupes les plus enthousiastes. Je sais que ça se fait déjà ailleurs, le permis
modulable.
Plusieurs ont parlé de confusion de
permis. Pouvez-vous nous expliquer un peu? Vous, vous dites : Il n'y a pas
de risque de confusion. Je pense qu'on est capables de ne pas avoir de risque
de confusion. Mais pouvez-vous l'aborder un peu sur l'utilité de ce permis-là,
sur ce qui se fait ailleurs et, peut-être pour notre fin de compréhension,
illustrer ce qu'on échappe présentement parce qu'on ne l'a pas, dans certains
cas?
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : En
fait, oui, pour nous, ce permis-là est important. En fait, ça fait
partie du
coffre d'outils que les ordres vont avoir en termes de permis. Il y a plusieurs
types de permis, puis je ne pense pas qu'on va s'étendre sur les détails de
chacun ici, mais ça fait
partie des outils supplémentaires. On a déjà des
permis restrictifs qui sont temporaires, on a déjà des permis pour projets.
Celui-là vient pour vraiment quelqu'un qui va venir pour un emploi qui est
permanent.
Si je donne l'exemple, par exemple, de
quelqu'un qui serait spécialisé dans les trains d'atterrissage, mais qui ne
pourrait pas faire l'ensemble de ce qui doit être fait en génie mécanique, on
pourrait lui donner un permis restrictif qui serait permanent, le fameux
parmi... permis spécial, et ça lui permettrait d'exercer au Québec. Ce n'est
pas que c'est beaucoup de demandes pour l'Ordre des ingénieurs, on pense qu'on
aurait peut-être 100, 150 personnes qui bénéficieraient de ce permis-là,
mais pour nous c'est 100, 150 personnes qui auraient accès à ça. Ça ne les
empêcherait pas non plus, s'ils faisaient l'ensemble des prescriptions requises
pour avoir un plein permis, d'éventuellement transiger vers un plein permis
d'ingénieur. Mais, s'ils le souhaitent, ils pourraient rester et travailler
simplement avec un permis qui est restrictif. Donc, pour nous, c'est vraiment
intéressant.
• (12 h 20) •
On aurait aussi... On a des cas de figure
de gens qui sont des gestionnaires de projets multidisciplinaires avec des
compétences particulières à qui on pourrait octroyer des permis d'ingénieur. On
pourrait penser aussi, dans le domaine de l'économie circulaire :
quelqu'un qui aurait seulement une petite facette du génie, par exemple génie
de l'environnement ou d'un autre type de génie, pourrait venir exercer chez
nous dans ce domaine spécifique là. Donc, pour nous, c'est vraiment un outil
supplémentaire.
Pour ce qui est de la confusion, ce n'est
pas parce qu'on a des nouveaux types de permis qu'on a des nouveaux titres.
Donc, à proprement parler, pour le public, ça va vraiment être à l'ordre de
décider : Est-ce que ce nouveau type de permis là requiert un
titre qui
serait légèrement différent du
titre normal? Mais ce n'est pas automatique.
Donc, nous, on a moins de titres qu'on a de types de permis qu'on octroie, à
l'ordre. Donc, ça va vraiment être une analyse que les ordres vont pouvoir faire,
à savoir comment on va informer le public que cette... que cette personne-là,
elle est restreinte dans sa pratique. Donc, quel va être le meilleur moyen? À
ce moment-ci, on ne peut pas nécessairement le dire, parce qu'on a très, très
hâte de le mettre en application. Mais c'est ça. Donc, c'est vraiment ça ici.
Peut-être, pour des exemples de ce qui se
fait à l'international, je passerais la parole à mon collègue, Me Robert... ou
ailleurs.
M. Robert (François-Xavier) : Bien,
à l'international... Bon. En tout cas, c'est ça, on va reparler du reste du
Canada. Peut-être, c'est un peu moins ambitieux. Bien, il y a effectivement en
ce moment quatre provinces qui ont déjà un type de permis comme ça, qui
s'appelle en général un permis... un «permis restrictif», là, ou «limited
licence». Le nom peut varier évidemment d'une province à l'autre, mais c'est un
peu le même principe, c'est-à-dire que c'est vraiment un permis qui permet de
faire une gamme d'activités qui est restreinte puis qui est déterminée de façon...
par... ad hoc, là, en fonction du profil du candidat. Ils en donnent. Ça... En
tout cas, personne ne nous a dit que ça ne fonctionnait pas.
Et, peut-être pour compléter ce que disait
notre présidente, au niveau de la confusion, il y a une chose qu'il faut se
rappeler, c'est que, même si vous... si vous avez un permis, vous êtes inscrit
au tableau, puis, si vous êtes inscrit au tableau, vous avez les mêmes
obligations que tous les autres ingénieurs. Ça fait que les gens qui vont être
titulaires d'un permis spécial vont avoir la formation continue, ils vont avoir
une assurance responsabilité qui est la même, ils vont avoir le même code de
déontologie, qu'on aimerait bien moderniser par ailleurs. Donc, il y a... c'est
les mêmes obligations.
La confusion va peut-être être au niveau du droit
d'exercice. Mais ça, justement, on a une recommandation qui vise à rendre ça
public, puis, je pense, ça va régler le problème. Mais déjà, vous savez...
M. Robert (François-Xavier) :
...deux ingénieurs qui ont le même permis, ils ne peuvent pas faire
nécessairement les mêmes choses. Un ingénieur en génie électrique ne peut pas
commencer à faire de la réhabilitation de terrain contaminé demain matin, là.
Mme LeBel : Je reçois de
votre remarque qu'il y a beaucoup d'appétit pour la suite de nos travaux et on
va être au rendez-vous. Donc, il n'y a pas d'enjeu là-dessus, mais il y a, il y
a. Bon, je vais simplifier à outrance, là, pour les fins des travaux, parce
que sinon on pourrait entrer dans des choses complexes, mais la... la...
l'objectif du permis du permis spécial est... était de deux natures, hein? Le
premier objectif était de pouvoir accueillir des gens qui viennent, qui ont été
formés à l'étranger, dont la formation n'est peut-être en totale adéquation
avec la nôtre, qui fait qu'aujourd'hui c'est, je vais le dire, c'est du tout ou
rien, c'est-à-dire ou bien ils se mettent à niveau, ou font ou complètent la
formation à notre satisfaction entre guillemets, ou bien ils ne peuvent pas et
ne peuvent pas exercer comme professionnel. Donc, accueillir des étrangers et
leur permettre d'exercer dans leur domaine où la formation est, je dirais,
concomitante avec la nôtre et/ou bien des gens qui ont pris leur retraite et
veulent revenir pratiquer et que vous donnez trains d'atterrissage à cette
personne-là dans les 20 dernières années de sa vie, a pratiqué ou exercé
uniquement dans ce domaine-là, bien, elle revient et elle ne veut pas , bon,
réactiver tout sa, bon... et on pourrait lui donner un permis spécial ou a
permis restrictif. Il y a des gens qui ont soulevé une préoccupation qui me
préoccupe parce que ce n'est pas l'objet de ça. Puis j'aimerais voir selon ce
que vous avez vu ailleurs aussi, comment ils le font. La notion de
déprofessionnalisation de la profession, de dé professionnaliser les
professionnels. Je m'explique. L'idée n'est pas de prendre quelqu'un au Québec
qui fait, je vais le dire vraiment de façon quasi scandaleuse, qui va faire
trois quarts de la formation, on va lui donner trois quarts d'un permis. On se
comprend, ce n'est pas ça l'idée du tout. Et je le dis pour les fins du débat
parlementaire, hein, quelle est l'intention du législateur? Ce n'est pas
celle-là, mais comment on peut s'assurer que parce que vous avez semblé évoquer
quelque chose qui m'a un peu titillée, mais je suis convaincue que ce n'est pas
ça que vous vouliez dire donc, je vais vous donner l'idée de l'objet,
l'opportunité de débattre puis de le circonscrire, comment on peut s'assurer
qu'on vient pas donner, tu sais, trois quarts de la formation ou qu'on
dit : Bien, je forme, là, je manque d'imagination avec les ingénieurs, là,
parce que je ne connais pas votre profession, mais que quelqu'un fait un cours
avancé, accéléré de train d'atterrissage. Bon, je sais que ce n'est pas ça, là,
que c'est plus complexe, puis qu'il va venir taper à la porte de l'ordre, puis
dire : Bien, moi, je peux faire... Comprenez-vous ce que je veux dire?
Donc, comment on s'assure de ces balises-là? Parce que, pour moi, quand on
parle de ce permis-là, il y a une notion de formation complète, sous-jacente,
et, après ça, d'exercice partiel et non pas de formation partielle. Peut-être
que je suis en train de répondre à ma propre question, finalement, ça m'arrive,
mais j'aimerais vous entendre.
Mme Larivière-Mantha (Sophie) :
Merci. Excellent! Je vais permettre à mon collègue , Me Robert...
M. Robert (François-Xavier) :
Bien, en fait, il peut y avoir plusieurs situations puis, effectivement, je
pense aux ordres, le législateur doit faire confiance aux ordres, ils sont
capables d'analyser, C'est ça? Et puis aussi, vous remarquez que le projet de
loi ne dit pas qu'on doit donner un permis spécial qu'on peut donner. Donc il
faut quand même que ça soit justifié par l'intérêt public, comme le reste de
nos décisions. Par ailleurs, en génie, ce qui peut se passer souvent, si on
prend l'exemple typique, ce sont les professeurs d'université. Ils ne sont pas
nécessairement le bac en génie qui est d'habitude qui est la clé pour rentrer à
l'Ordre des ingénieurs, c'est d'avoir un diplôme de premier cycle de cinq ans,
là, au Canada. Donc nous autres, c'est trois ans, c'est quatre ans plus la
dernière année de cégep. Mais les professeurs universitaires vont souvent avoir
étudié dans d'autres choses et vont après ça, par contre, avoir fait beaucoup
d'études supérieures, hein, on parle de maîtrise, doctorat, postdoctorat en
génie, dans certains cas, ces gens-là, ils ont, ils ont des compétences, dans
certains cas, qui sont plus élevées que certains ingénieurs, mais vraiment dans
un domaine très précis. Donc ce n'est pas et ce n'est pas, ce n'est vraiment
pas le cas que vous soulevez, à savoir quelqu'un qui a lâché à mi-bac puis qui
a décidé d'aller faire de la sociologie à la place par exemple, là. C'est très
un projet très louable, mais c'est ça que ça donne... Ce n'est pas une personne
qui devrait normalement se faire voir donner un permis spécial, ce n'est pas Il
y a aucune compétence particulière dans son domaine. On n'est pas là pour
donner des permis pour des gens qui vont faire un travail de technicien. Il y
en a un autre ordre qui serait peut être plus approprié dans un cas comme ça,
mais donc, moi, je ne vois pas, effectivement, vous avez raison, ça ne devrait
pas. Je pense qu'il y a un ordre qui déciderait de faire un peu des permis à
rabais dans un style-là je pense qu'il se tirerait dans le pied, puis je pense
qu'il n'accomplirait peut-être pas son mandat, c'est sûr? Si j'étais l'office,
je poserais des questions, disons...
Mme LeBel : Bien, je suis
contente de vous entendre parce que le fait que la question soit soulevée,
c'est légitime. On doit y réfléchir. D'un autre côté, c'était tellement loin de
l'intention que nous avions et des cas de figure qui étaient illustrés que je
me suis mise... je me suis mise à me demander : Est-ce qu'on devrait
vraiment baliser? Parce qu'effectivement, vous avez raison, il y a la
formation. Vous avez parlé de la...
Mme LeBel : ...formation
régulière, classique, celle où on coche, là, le bac égale permis... bien, sous
réserve de, etc., mais on se comprend, et quelqu'un peut avoir une formation,
un chemin différent, mais remplir quand même les objectifs de compétence, donc.
Mais donc vous nous conseillez de ne pas baliser à outrance, peut-être,
peut-être avoir certains indicateurs, par contre, pour guider les ordres et
l'office qui devra peut-être exercer son rôle, mais de ne pas trop barrer les
ordres dans un carcan où ils ne pourraient pas avoir l'agilité de dire :
Bien, moi, je reconnais d'autres types de maîtrise comme étant une compétence
suffisante pour avoir un permis dans une... restreint, finalement.
Une voix : Le principe de ce
permis-là, c'est de passer... c'est d'aller chercher les gens qui passent entre
les craques du trottoir, si on veut. Si vous commencez à mettre des balises
fermes dans le projet de loi, bien, à ce moment-là, en fait, on va vraiment
avoir d'autres craques qui vont se créer, puis vous n'atteindrez pas
l'objectif. Maintenant, si on peut avoir une réflexion entre ordres avec
l'office, dire : Bien, dans quel cas c'est opportun de donner ça. Puis ça
peut servir à outiller les ordres qui auraient peut-être... seraient peut-être
un peu plus au dépourvu dans des situations comme ça. Mais si on prend le...
train d'atterrissage, là, il n'a pas étudié un demi-bac, là. C'est quelqu'un
qui a... qui a été agréé par Transports Canada, ce qui veut dire qu'il a un
minimum de six ans d'expérience dans ce domaine-là avant d'être agréé. On parle
d'experts, là. Ces gens-là, c'est des experts, c'est juste qu'ils sont experts
dans un spectre assez étroit.
Mme LeBel : Voilà. Bien,
merci, merci, Ça va pour moi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée
de La Pinière, pour 15 minutes, 30 secondes.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, merci à vous trois pour votre présence et pour les travaux
effectués. Alors, un petit peu en lien avec le permis, ce que je comprends des
discussions, c'est que le permis spécial va faciliter les choses pour permettre
de reconnaître, de donner le
titre à des personnes qui, comme vous avez dit,
passent dans les craques du trottoir, qu'ils soient formés à l'étranger ou ici,
peu importe. Et la question que je vais vous poser, qui dépasse un petit peu le
projet de loi, c'est que... En fait, je m'étais fait dire que l'Ordre des
ingénieurs était un modèle dans l'intégration de travailleurs formés à
l'étranger. Alors, est-ce que c'est... Qu'est- ce que vous faites que d'autres
ordres, peut-être, ne font pas, ou peut-être ne peuvent pas faire? Mais
qu'est-ce que vous faites, dans ce sens-là, qui peut aider, outre ça, ce
nouveau permis qui vous aiderait...
• (12 h 30) •
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Je
vais me concentrer dans ma réponse sur ce que l'ordre fait. Je préfère qu'on ne
fasse pas de comparatif, mais pas pour les besoins de la commission, là. Donc,
nous, entre 2018 et 2023, nos délais de traitement des dossiers sont passés de
18 mois à six mois. Ce qu'on a fait là-dedans, c'est qu'on est allé voir non
seulement ce que les gens avaient comme études, parce que chez nous, ce qui est
qualifié, c'est le bac, mais, en plus, on a tenu compte de toutes les
expériences de travail qu'ils avaient par la suite, qui pouvaient combler les
lacunes qui étaient potentiellement dans leurs études, si on regardait
exclusivement les études. Donc, on est allé faire ça, on est allés
personnaliser davantage l'étude des dossiers qu'on faisait. On est allés
améliorer évidemment nos mécanismes derrière, et toutes ces modifications-là,
finalement, nous ont permis d'être plus rapides sur l'analyse du dossier. Ça ne
fait pas qu'il n'y a personne qui a refusé, des fois, les qualifications ne
sont pas là ou, des fois, les prescriptions sont très longues, et ça prend
quand même du temps.
Donc, avec ce processus-là, on est parti
de beaucoup, beaucoup de prescriptions à beaucoup moins. On parle de l'ordre de
deux à trois fois moins de prescriptions parce qu'on tient compte davantage du
parcours de la personne. Donc, ça nous a permis de personnaliser et d'accélérer
beaucoup le délai de traitement, ça fait qu'on est très fiers des avancées
qu'on a fait dans ce domaine-là. On a une grosse proportion de nos candidats
qui rentrent, nos candidats à la profession d'ingénieur, qui sont des personnes
formées à l'étranger. D'année en année, là, on est entre 20 et 30 % des
gens qui rentrent à l'ordre, qui sont issus de ces profils-là. Donc, c'est
quand même des gros volumes chez nous, là, considérant qu'on a 72 000 membres
et candidats à la profession, c'est quand même beaucoup, là.
Mme Caron : Donc, un effort
vraiment d'optimisation et de personnalisation des dossiers...
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Exact.
Mme Caron : ...et non pas
juste cocher des cases. C'est ce que je comprends...
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Non,
c'est ça, c'est ça. Puis on en a beaucoup, bon, qui viennent de rentrer dans la
profession, mais, globalement, on en a peut-être 17 % actuellement, là,
quand on le met sur le 72 000, donc... après ça.
Mme Caron : D'accord. Merci
pour cette réponse. Maintenant, vous avez évoqué tout à l'heure, peut-être, des
membres des professionnels qui malheureusement seraient victimes de violence
conjugale ou autres. Et je n'ai pas tout à fait saisi ce que vous vouliez... ce
que vous vouliez apporter comme amendement aux recommandations.
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Oui,
en fait, le projet de loi prévoit qu'il serait possible de ne pas divulguer
certaines informations qui sont normalement de nature publique sur un membre.
Quand on pense notamment aux lieux d'exercice, aux numéros de téléphone au
travail puis, parfois, il y en a qui travaillent de la maison, donc...
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12 h 30 (version non révisé
e) Mme Larivière-Mantha (Sophie) : ...un
lieu de travail qui serait normalement public, parce que c'est de l'ordre
public, vu que c'est un professionnel, pourrait, dans ces cas-là, ne pas être
divulgué à quelqu'un qui en ferait la demande, particulièrement quand c'est des
cas de protection du public. Il faut comprendre qu'on en a déjà, des demandes
de cette nature-là et évidemment, on les accepte. Ceci dit, comme il y a un
flou à savoir si on peut ou pas les accepter, on préfèrerait que ça devienne...
que ça devienne plus clair. Et c'est ça, mais je ne veux pas que vous pensiez
qu'on laisse aller ces cas-là, évidemment, là, on prend sur nous de le faire.
Mme Caron : Bien sûr. Mais l'information
sur les champs de pratique, par exemple, de cette personne-là sont toujours...
ça, on n'y touche pas, c'est toujours accessible au public, aux employeurs, et
tout ça.
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : On
souhaite que ça soit accessible, effectivement, là, y compris les nouvelles
dispositions qui sont proposées dans la loi, que ce soit accessible. Est-ce que
tu veux préciser les...
M. Robert (François-Xavier) : Bien,
je pense que ça irait de toute façon. Si on pense d'une situation de violence
conjugale ou d'un harceleur, je dirais que c'est ça que la précaution s'impose.
Puis même dans certains cas, avec certains domaines d'exercice, les gens
peuvent avoir une bonne idée d'où ils travaillent. Ça peut être délicat, ça
fait que c'est sûr, je pense que c'est une situation qui serait au cas par cas,
vraiment, dans d'autres cas, c'est sûr quelqu'un qui travaille en génie civil,
il y en a tellement, ça ne vous aidera pas à trouver, à retracer votre ex, là.
Mais... parce que, malheureusement, c'est une situation qu'on voit, mais
effectivement, l'important... c'est sûr qu'au niveau... surtout qu'il y a des
gens qui travaillent de la maison. Ça, c'est sûr qu'il faut absolument taire
cette information-là. Et on est... on le fait déjà, mais là on est vraiment
content que le projet de loi l'officialise, si on peut dire, puis qu'il en
fasse même un devoir aux ordres professionnels.
Mme Caron : Oui, de
protection de ses membres, finalement. Parfait. Maintenant, parmi les
recommandations que vous avez faites pour aller plus loin, parce qu'on
comprend... puis d'autres ordres aussi, vous n'êtes pas les seuls, il y a d'autres
ordres qui nous ont dit : C'est un bon premier pas. Comme vous avez dit au
début de votre présentation, c'est un premier jalon, puis on veut aller plus
loin. Et il y a... On sent un empressement de vouloir aller plus loin aussi.
Parmi les recommandations que vous avez pour aller plus loin, est-ce qu'il y en
a qui sont prioritaires et que vous aimeriez... dont vous aimeriez parler
davantage?
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Bien,
en fait, il y en a... il y en a quatre qui sont proposées dans notre mémoire.
Et, bien, on pense que c'est des gains qui peuvent être relativement rapides.
Il y avait notamment l'abolition de l'obligation de déléguer certains pouvoirs
du conseil d'administration seulement au comité exécutif. Donc, on souhaiterait
que les mêmes pouvoirs puissent être délégués à n'importe quel comité nommé par
le conseil d'administration. On peut penser au cas d'un candidat à la
profession d'ingénieur qui serait sous enquête par le bureau du syndic, donc,
pour un cas de déontologie. Ces dossiers-là ne peuvent pas aller au conseil de
discipline, ils doivent aller au conseil d'administration. Et là, au conseil d'administration,
on est 15 membres, plus le support, ça fait beaucoup de gens devant qui
aller pour témoigner, si c'est le cas. Donc, on veut faire ça dans un plus
petit comité, mais ça ne peut être délégué qu'à une instance qui s'appelle le
comité exécutif. On souhaiterait pouvoir appeler ça d'une autre manière. On
pense qu'au niveau des règles de gouvernance, le comité exécutif a une
connotation qui est comme un C.A. dans un C.A. Alors, on voudrait juste que ça
soit retiré, que les mêmes pouvoirs soient délégués, mais que le mot... l'obligation
d'être dans un comité exécutif soit retirée.
On avait aussi la déclaration annuelle. On
souhaiterait qu'elle devienne obligatoire. On pense que c'est un outil pour les
ordres qui s'est largement répandu dans les dernières années. Et actuellement,
il serait possible pour un membre de seulement payer sa cotisation sans faire
sa déclaration annuelle. Nous, ça nous aide énormément, notamment en
inspection. Je vais utiliser cet exemple-là. En inspection, on a un programme d'inspection
basé sur le risque. Donc, on va vraiment aller regarder quelle est la pratique
du membre. On a des domaines à risque qu'on établit en regardant autant des
dossiers avec la CNESST. On va regarder aussi les assurances, les déclarations
d'assurance qu'on a et on va établir ces domaines-là puis on va regarder dans
quoi le membre pratique quand on va établir notre plan d'inspection. Donc, pour
nous, que les déclarations annuelles soient faites annuellement, finalement, ça
a un impact, ça a un impact sur tous nos mécanismes de protection du public qui
se servent de cette information-là également.
On avait aussi des limitations
permanentes, donc, des activités. On peut actuellement limiter de façon
temporaire un membre dans des activités réservées et non réservées. Mais au
bout de quelques manquements, donc de plusieurs moments où il va faire les
cours, par exemple, s'il y avait des échecs répétés ou s'il ne faisait pas les
cours, on pourrait le limiter de façon permanente seulement dans des actes qui
sont réservés et non pour des actes qui sont non réservés. On souhaiterait qu'il
y ait de la cohérence à ce niveau-là.
Mme Caron : ...soit dans les
deux, autant réservés que non réservés?
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : ...que
non réservés, qu'on puisse limiter de façon permanente. Parce qu'actuellement
les limitations permanentes sont seulement dans les cas d'actes réservés. Donc,
il y a des cas d'application...
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : ...là,
où on souhaiterait limiter pour un membre, c'est ça, qui ne ferait pas, dans le
fond, les prescriptions qui lui sont données par l'ordre, là, à plusieurs
reprises. Ça nous permettrait à ce moment-là de le limiter.
On avait aussi, là... je l'ai mentionné en
introduction, là, mais le
titre de spécialiste, que, si une profession n'a pas
régi le
titre de spécialiste... que les membres de cette profession-là puissent
l'utiliser, là, s'ils le souhaitent, comme les gens qui sont non membres de
l'ordre, en fait.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Il reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) : Six minutes.
Mme Caron : Il reste six
minutes. Alors, est-ce que vous... il y a des choses que vous n'avez pas...
pour lesquelles vous n'avez pas eu le temps de parler durant la présentation du
mémoire et que vous voudriez approfondir?
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Bien,
je ne sais pas. D'entrée de jeu, on avait parlé des OBNL. Est-ce que c'était
clair pour vous, notre position? En fait, au niveau des organismes à but non
lucratif, nous, ce qu'on souhaiterait, c'est que les ordres professionnels
puissent régir s'il y avait un besoin, mais qu'il n'y ait pas d'obligation de
régir. Comme c'est écrit actuellement dans le projet de loi, on aurait
l'obligation. Cette obligation-là ferait que l'ensemble des ordres
professionnels ou presque, parce qu'il y en a quelques-uns qui ont déjà des
règlements, devrait déposer des règlements pour encadrer. Alors, nous, ce qu'on
souhaiterait, c'est qu'on puisse. Donc, des ordres qui, comme nous, n'ont pas
d'enjeu avec l'exercice en OBNL ne seraient pas obligés de faire un règlement.
Ça serait, selon nous, là, plus juste de le faire de cette façon-là. Ça
éviterait aussi d'embourber le système réglementaire, qui est actuellement, là,
surchargé. Donc, on pense que ça, c'est important.
Et, au niveau des honoraires qui sont
modiques, c'est vraiment plus au niveau de la définition de modique que
vraiment sur le fait que les honoraires sont peut-être moins chers en OBNL.
Donc, pour nous, le concept d'un OBNL fait que, comme ils sont limités dans les
profits qu'ils peuvent faire, bien, ils sont également, peut-être, limités dans
ce qu'ils peuvent faire avec ça. Puis nous, on a différentes coops et on a des
gens qui travaillent dans ces coops-là actuellement, qui nous disent que leurs
tarifs ne sont pas nécessairement modiques, mais qu'ils sont en dessous du
marché. Alors là, ça... c'est ça, au niveau de l'interprétation, ça serait plus
difficile pour nous, là, d'interpréter ça, le concept de modique, pas qu'on
n'est pas d'accord avec le fait qu'il y ait des tarifs d'ingénierie qui soient
moins chers que d'autres, donnés par des OBNL, c'est vraiment la difficulté
pour nous, là, d'interpréter ce titre-là. Ça fait que c'est peut-être ça, là.
• (12 h 40) •
Mme Caron : D'accord. Alors,
est-ce que... est-ce que le fait qu'il y ait ou non une définition de coûts
modiques ou d'honoraires modiques, ça serait aidant ou pas nécessairement parce
que ça peut venir restreindre plus, ou pas de différence pour vous?
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Bien,
peut-être... Tu me diras si tu veux compléter, là, mais je me lance. Au niveau
du «modique», je ne sais pas si on serait capable de le définir pour les 46
professions, parce que : Que veut dire «modique» d'un côté ou de l'autre?
Ça dépend d'où on part. Pour nous, si les professionnels exercent dans des
OBNL, il y a déjà une forme de limitation au niveau des profits. Tu sais, on
peut penser notamment à la Fédération québécoise des municipalités, qui va
offrir des services d'ingénierie et de d'autres professionnels comme des avocats
à des petites municipalités qui ne sont pas capables d'avoir des départements
d'ingénierie. Donc, évidemment, les tarifs qu'ils offrent sont moins chers que
celles des... par exemple, des firmes privées, mais ils ont besoin d'un
minimum, là, pour fonctionner également.
Ça fait que c'est vraiment dans la
définition. Je ne sais pas comment on le définirait. Je ne sais pas si ce
terme-là est nécessaire pour certaines applications, peut-être dans d'autres
ordres. Je sais qu'il y a eu énormément de discussions sur le sujet dans les
derniers jours également, mais nous, de notre côté, c'est vraiment la
difficulté d'application du «modique». On ne sait pas comment on le définirait.
Est-ce que c'est... moins que le marché, c'est modique? Puis là, quel serait le
marché? Parce qu'on a des firmes privées, on a beaucoup d'ingénieurs qui
travaillent dans des ministères également. Ça fait que comment on établirait
cette espèce de seuil là, ça pourrait être une difficulté un petit peu plus
grande chez nous.
Puis ce n'est pas tout à fait comme l'aide
juridique non plus, qui, elle, est en
partie subventionnée par le gouvernement.
Donc là, on sait que c'est plus modique. Ça fait que c'est ça, on... Voilà.
Puis je vais être honnête avec vous, nous,
dans nos recherches, on a trouvé trois coopératives en ingénierie. Ça fait que
ce n'est pas... ce n'est pas des gros volumes non plus, là, d'où la
non-nécessité, selon nous, là, d'avoir un règlement, là, pour ces gens-là, mais
voilà.
Mme Caron : Et ma dernière
question, à propos du... des OBNL : Est-ce que vous... Parce que vous avez
mentionné : Autant de règlements qu'il y a d'ordres, ça pourrait être...
ce serait... En fait, d'autres ont mentionné que ce serait beaucoup. Vous
semblez préférer que ce soit à l'ordre. Mais, s'il y avait... si c'était dans
le code où tout le monde était... avait cette obligation-là, est-ce que ça
causerait un problème à l'Ordre des ingénieurs?
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : Bien,
en fait, nous, on souhaite que les ordres puissent réglementer s'ils en...
Mme Larivière-Mantha (Sophie) : ...et
non le besoin. Actuellement, c'est «doit» réglementer. Si on va dans le «doit»
réglementer, on a des gens qui travaillent dans des coopératives actuellement
qui ne pourront pas travailler tant qu'on n'adoptera pas de règlement. Étant
donné la quantité de règlements et le gel réglementaire actuel, ça peut prendre
quelques années. Donc, il y a des services qui ne seront pas donnés.
Donc, nous, ce qu'on souhaite, c'est
vraiment que les ordres puissent réglementer si c'est nécessaire et non doivent
réglementer. Donc, on dit essentiellement la même chose que nos collègues, dans
beaucoup de cas, là.
Mme Caron : Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. À moi de vous remercier,
ça a été très, très, très agréable et très instructif.
Et, sur ce, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 14 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 43)
Haut de la page
13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît. Bon
après-midi à tout le monde. La Commission des institutions reprend ses travaux.
Donc, on poursuit les consultations
particulières et auditions publiques sur projet de loi n° 67,
Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du système
professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques professionnelles
dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Cet après-midi, on aura le privilège d'entendre
les associations professionnelles suivantes : l'Association des dentistes,
l'Association canadienne des compagnies d'assurances, mais il nous fait plaisir
d'accueillir, pour débuter, l'Association des pharmaciens des établissements de
santé de Québec.
Alors, merci beaucoup d'être avec nous.
Alors, vous connaissez les règles, 10 minutes de présentation, après ça,
on aura un échange avec les membres. La parole est à vous. Merci.
Racicot
(Julie) : Merci. M. le Président de la commission, Mme la ministre,
Mmes et MM. les parlementaires, merci aux membres de la Commission des institutions
de nous permettre de commenter ce projet de loi. Je suis Julie Racicot,
pharmacienne et présidente de l'Association des pharmaciens des établissements
de santé du Québec, et je suis accompagnée aujourd'hui de Mme Linda
Vaillant, directrice générale de l'association.
D'entrée de jeu, nous tenons vraiment à
souligner que L'A.P.E.S. adhère au plan santé, aux principes qu'il soutient,
bien sûr. Toutefois, pour nous, le projet de loi n° 67
laisse une impression d'oeuvre inachevée. Un pan important des conditions d'exercice
qui permettent aux pharmaciens d'améliorer l'accès et la sécurité des soins est
absent, à notre avis. Cet élément manquant, c'est l'instauration de pharmaciens
spécialistes au Québec, au même
titre que des médecins spécialistes et des
infirmières praticiennes spécialisées. Sans ça, le plan santé ne pourra pas se
concrétiser complètement et nous permettre d'atteindre pleinement les objectifs
visés avec lesquels nous sommes d'accord.
D'abord, ce type de spécialistes seraient
attribués aux pharmaciens qui détiennent une maîtrise en pharmacothérapie
avancée, diplôme que détiennent une majorité de pharmaciens dans les hôpitaux
notamment. Alors, on parle ici de 1 500 pharmaciens sur un total de
10 000 au Québec. Le contexte de pratique des pharmaciens d'établissements
de santé au Québec, leur formation unique et de haut niveau sont des atouts
desquels le réseau de la santé peut tirer encore plus profit pour répondre aux
besoins de la population. On a aujourd'hui une belle opportunité de le faire.
La formation générale du pharmacien est constituée déjà d'un doctorat
professionnel de premier cycle contingenté, très exigeant, mais à cela s'ajoute,
pour le pharmacien d'établissement, une formation postdoctorale...
Haut de la page
14 h (version non révisé
e) Racicot
(Julie) : ...de deuxième cycle, une maîtrise en pharmacothérapie
avancée qui inclut une résidence en établissement. Et c'est là où sont
enseignées les thérapies novatrices, les médicaments de recherche, les
médicaments injectables comme la chimiothérapie intraveineuse, par exemple. C'est
là qu'on voit aussi toutes les situations cliniques urgentes, graves, aiguës,
instables, complexes. C'est à la maîtrise qu'on apprend ça.
En 2024, ça nous apparaît inconcevable que
ces pharmaciens hautement qualifiés doivent encore dépendre de lourdes ententes
administratives à convenir, en partenariat avec les médecins et les infirmières
praticiennes spécialisées, et autres instances, pour qu'elles nous autorisent à
prescrire les médicaments. Donc, on doit obtenir leur permission. Lorsque de
telles ententes sont finalement instaurées dans un établissement et appliquées
par tous les pharmaciens, ça conduit à une réduction de la durée d'hospitalisation
des patients, une diminution des consultations médicales et une meilleure
transition des soins entre l'hôpital et le domicile. Mais malheureusement, ces
pratiques-là ne sont pas la norme au Québec. Elles sont issues de mesures
administratives très lourdes. Et surtout, il faut savoir qu'elles dépendent de
la volonté des pharmaciens eux-mêmes et de la volonté des médecins et des
infirmières praticiennes spécialisées à déléguer aux pharmaciens cette
possibilité-là. Donc, on laisse le choix aux professionnels.
Par exemple, on peut voir des ententes de
partenariat instaurées dans les unités de soins, par exemple en psychiatrie. En
psychiatrie, le pharmacien, où il y a une entente d'établie, va pouvoir
prescrire la médication, même pour les conditions médicales physiques, comme
par exemple le diabète, que le patient peut développer suite à la prise d'antipsychotiques,
même d'antidépresseurs. Donc le pharmacien initie les traitements pour réussir
à avoir le contrôle, par exemple, du diabète du patient. Donc, ce pharmacien-là
va jouer complètement le rôle d'un médecin de famille ou d'un interniste que le
psychiatre aurait demandé en consultation dans le dossier. Donc, il s'assure
également aussi que le traitement va être adéquat pour ces conditions de santé
là, et évidemment va participer à l'ajustement des médicaments comme les
antipsychotiques, les antidépresseurs.
Qu'est-ce qu'on a fait au plus haut de la
pandémie lorsque les médicaments contre la COVID 19 sont arrivés au début au
compte-gouttes? Dans un contexte de crise, on avait des médicaments nouveaux,
complexes qui présentaient plusieurs interactions médicamenteuses et contre-indications.
Certains étaient intraveineux, d'autres en comprimés et les quantités étaient
très, très, très limitées. Ce qu'on a fait au Québec, c'est qu'on a demandé aux
pharmaciens d'établissements de contrôler l'accès et de s'assurer de leur usage
judicieux et sécuritaire et de les... de les prescrire. Une fois la
prescription faite, quand c'est intraveineux, c'était donné dans les hôpitaux
et les centres de perfusion, pour le Paxlovid, on remettait la prescription au
patient et il était dirigé vers la pharmacie privée de première ligne où on lui
servait le médicament. Mais le pharmacien d'établissement demeurait toujours en
référence et disponible au pharmacien de première ligne. Donc, au tout début,
dans la pandémie, c'est ce qu'on a fait et on s'est tourné vers ces pharmaciens
spécialistes.
Reconnaissons ces pharmaciens à juste
titre, pour ce qu'ils sont, des spécialistes. Donnons-leur la responsabilité d'être
en soutien au réseau, notamment aux pharmaciens de première ligne, et pas
seulement dans un contexte de pandémie. Des responsabilités additionnelles
viennent avec un type de spécialiste, et elles rendraient les trajectoires de
soins plus efficientes et sécuritaires. Comment peut-on dire non à ça dans le
contexte actuel, si on veut réellement améliorer les soins et les rendre plus
efficients? Les pharmaciens spécialistes vont aussi pouvoir faire des
consultations, rédiger des ordonnances d'admission, de départ. Ils vont aussi
pouvoir prendre en charge la pharmacothérapie de certains patients de cliniques
externes spécialisées et en assumer, comme spécialistes, l'entière
responsabilité. On parle ici de patients qui sont atteints de VIH, qui ont reçu
une greffe cardiaque, qui sont sous dialyse. Ils dégageraient ici les médecins
de famille, aussi les médecins spécialistes qui pourront se consacrer davantage
à la prise en charge de patients en cabinet, en GMF ou en clinique externe. Je
cède maintenant la parole à ma collègue, Linda Vaillant.
Mme Vaillant (Linda) : Merci.
Bonjour à tous. Alors, vous aurez compris à ce moment-ci que la principale
recommandation d'association, c'est d'inclure, en fait, la spécialisation en
pharmacothérapie avancée au projet de loi. On pense que ces modifications-là
permettraient rapidement de mettre en place une nouvelle organisation du
travail et des trajectoires de soins formels en pharmacie. Ça pourrait
également, cette spécialisation-là permettre à la population en général et aux
autres professionnels de la santé d'identifier le pharmacien qui possède les
compétences pour traiter une population qui a des besoins de santé plus
complexes. Et cette différenciation...
Mme Vaillant (Linda) : ...différenciation
permettrait aussi aux autorités concernées de définir des paramètres clairs
pour la pratique spécialisée et les rôles et responsabilités spécifiques, on en
parle à l'instant, et d'en assurer le déploiement uniforme partout au Québec.
Je voudrais prendre un bref instant pour
vous parler des infirmières praticiennes spécialisées, les IPS. En 2002, le
Québec a choisi de se doter de superinfirmières. En 2002, il n'y avait pas de
programme de formation. La loi a été adoptée, le programme a été fait par la
suite. Aujourd'hui, c'est un programme de maîtrise auquel les pharmaciens
d'établissement contribuent pour former les IPS à prescrire des médicaments.
En pharmacie, le programme de deuxième
cycle en pharmacie d'hôpital existe depuis 1961. C'est devenu un programme de
maîtrise en 1992, et, depuis 2011, on le connaît sous sa forme actuelle, soit
la maîtrise en pharmacothérapie avancée. Quand on analyse ça, il nous semble
que c'est de nature à vous convaincre, à convaincre le législateur et à le
rassurer sur les compétences des pharmaciens d'établissement et leur capacité
d'utiliser pleinement ces compétences-là pour augmenter l'accès et améliorer la
fluidité.
La pratique hospitalière a toujours été à
l'avant-garde de la pharmacie en général. Les deux derniers projets de loi, qui
ont été des réformes importantes de la
Loi sur la pharmacie, projet de loi
n° 41 et 31, ont permis, je dirais, de rendre conforme cette pratique
hospitalière. Cependant, ces changements-là n'ont pas nécessairement permis aux
professionnels que sont les pharmaciens d'établissement de progresser, d'en
faire plus pour le réseau de la santé, de prendre en charge davantage les
clientèles et les patients instables et complexes. On a même l'impression, de
notre point de vue, que le Québec laisse stagner jusqu'à un certain point le
groupe de professionnels qu'on représente.
C'est pour toutes ces raisons-là qu'on
vous demande d'intégrer dans le projet de loi la notion de spécialisation en
pharmacie, à l'instar de ce qui s'est fait pour les IPS dans la
Loi sur les
infirmières et les infirmiers du Québec. Pour nous, c'est la seule façon de
garantir une mise en œuvre rapide de son application et de prévoir un
changement rapide et efficient.
D'ailleurs, je tiens à vous dire que cette
demande de l'association est appuyée par de nombreux partenaires de l'APES.
Vous aurez peut-être remarqué à l'annexe 6 de notre mémoire, nous avons
les collègues, la grande famille pharmaceutique, qui ont tous appuyé la
demande, mais aussi les collègues médecins. Les médecins appuient la demande
parce qu'ils savent que les pharmaciens d'établissement peuvent en faire encore
plus pour augmenter leur contribution et les libérer, eux, davantage de
certaines tâches.
• (14 h 10) •
Si on ne fait rien, qu'est-ce qui va
arriver? On va conserver le modèle actuel, le modèle que nous, on qualifie de
courtepointe ou de fromage gruyère, c'est-à-dire qu'il y a certains endroits où
on aura des... un accès aux soins plus efficients et d'autres, ce ne sera pas
le cas, il y aura des trous. On va continuer à laisser les professionnels et
les gestionnaires décider de l'accès aux soins. On va maintenir les iniquités
pour les patients. Les pharmaciens occupent une place importante dans le projet
de loi n° 67, mais les pharmaciens d'établissement, à notre avis, en sont
absents. On pense qu'il faut faire faire un petit pas supplémentaire, qui
pourrait avoir l'effet d'un pas de géant, dans la question de l'accès aux soins
et la question de la fluidité aussi. Pour nous, c'est une façon d'optimiser les
ressources. On vise aussi l'efficience par cette recommandation, on vise aussi
à augmenter l'accès. C'est une question d'avoir le bon professionnel qui pose
le bon geste au bon endroit et au meilleur coût.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Malheureusement, le
10 minutes est passé, mais on va avoir du temps avec la période d'échange.
Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oui. Merci, M. le
Président. Effectivement, on a du temps, et, si ça vous... vous avez l'envie ou
vous sentez le besoin d'ajouter quelque chose, n'hésitez pas, là, on est là
pour échanger. Donc, je constate que vous... l'essentiel de votre propos,
finalement, est sur cette notion-là. Donc, vous n'avez pas de commentaire sur
les permis restreints, pas de commentaire sur les permis spéciaux, sur les
projets pilotes, sur l'essence du projet de loi n° 67, qui, quant à moi,
est quand même un projet de loi assez important, là, même si, selon votre
notion, il est inachevé. Mais, sur l'essentiel de ce qui est dans le projet de
loi, je pense que... je considère que, si vous n'avez... vous ne commentez pas,
c'est que, pour l'essentiel, vous êtes en d'accord. Est-ce que je peux vous
mettre ces mots-là dans la bouche, ou vous pouvez les... vous pouvez les
corriger aussi, là?
Racicot
(Julie) : Ce qui est proposé, nous sommes d'accord avec ça. Puis je
vous dirais que le rôle de l'association ici... on sait qu'il y a nos collègues
de l'Ordre des pharmaciens, ça relève davantage d'eux, puis on fait beaucoup de
travail à ce niveau-là. Nous, il y a... Je vous dirais que l'éléphant dans la
pièce, pour nous, c'est le pharmacien spécialiste et c'est sur ça qu'on a
choisi de se consacrer.
Mme LeBel : O.K. Bien,
d'ailleurs, l'ordre est venu mentionner cet aspect, le Collège des médecins est
venu également mentionner cet aspect. Mais plus sur l'angle des objectifs à
... avec un grand respect, que de nommer un
titre de spécialiste, pour moi,
c'est le moyen, alors que...
Mme LeBel : ...je pense qu'il
faut... qu'on soit... qu'on profite de l'occasion pour clarifier à nouveau le
fait que sur l'objectif de faire en sorte que les gens détenteurs de la
maîtrise en pharmacothérapie avancée aient un pouvoir accru de prescription
dans les cas de figure que vous avez nommés, que l'ordre et le Collège des
médecins a bien illustré est un objectif qu'il faut... qu'il faut atteindre,
là. Donc, je peux vous rassurer, c'est l'intention de faire en sorte que les
gens qui ont la formation appropriée pour le faire puissent avoir ce pouvoir
accru de prescription. Donc, je pense que c'est clair. L'intention est de le
faire par voie réglementaire, pour toutes sortes de raisons. Comme toute...
comme toute comparaison, je pense qu'il y a une limite avec la comparaison des
IPS. Quand vous parlez des infirmières praticiennes spécialisées, pour avoir
travaillé aussi sur le projet de loi précédent, ces infirmières-là ont des
actes réservés différents des infirmières... des infirmières qui ne sont pas
IPF alors qu'ici tous les... l'acte réservé, l'acte de prescription qui va être
offert à tous les pharmaciens, mais dans le cas des... des pharmaciens qui ont
la fameuse maîtrise, ils auront un pouvoir accru de prescription. Donc l'idée,
c'est de savoir comment on atteint cet objectif-là. Est-ce que c'est à l'instar
de ce que les sexologues nous ont présenté hier? Une attestation de formation
qui fait que, dans le cas des sexologues, ils ont le droit de diagnostiquer,
alors que ceux qui n'ont pas l'attestation de formation n'ont pas le droit au
diagnostic et ils n'ont pas nécessairement un
titre de sexologue spécialisé en
diagnostic. Alors, j'ai beaucoup de mal à comprendre.
Je suis capable de voir le point de vue
d'une association, mais du point de vue de la protection du public, parce que
je suis avec vous sur l'accès. Considérez que je suis avec vous sur l'accès, je
suis avec vous sur le fait de permettre à ces pharmaciens-là qui ont une
formation importante et différente ou, en tout cas accrue, puissent exercer
cette formation-là. Là-dessus, j'en suis, mais j'ai du mal à voir comment c'est
la création d'un
titre de spécialiste à tout prix, alors que présentement, par
le biais d'ententes, d'ententes, de pratiques avancées en partenariat qui ont
le défaut de ne pas être uniformes, mais on pourrait penser à une entente de
pratique en partenariat qui s'applique à l'ensemble du Québec, là, à travers
Santé Québec. Mais je ne veux pas aller là-dedans. Ce que je veux dire, c'est
que ça se fait déjà sans
titre spécialisé. Ça se fait déjà, le problème, c'est
que ça se fait par entente, et là, là-dessus, je suis d'accord avec vous, ça
n'a pas de sens que ça ne soit pas uniforme à travers le Québec.
Donc, partons des postulats où on est
d'accord, hein? Ça va être plus facile. Mais j'ai beaucoup de mal, alors que
même le Collège des médecins nous a dit hier : Moi, le
titre de
spécialiste, on pense que c'est une bonne solution, mais ça pourrait être par
voie réglementaire. C'est le Collège médecins qui a dit : Ça pourrait être
par voie réglementaire tant qu'on atteint l'objectif. D'autres ordres
professionnels atteignent ces mêmes objectifs-là par d'autres outils. Et on
connaît toutes les implications à créer un autre
titre et on est dans la voie
de l'allègement du système professionnel ou pas et pas de la complication de ce
système-là. Donc, j'essaie de trouver une façon d'atteindre l'objectif tout en
ne créant pas des titres nécessairement ou d'autres ordres même au final.
Racicot
(Julie) : Vous parliez de protection du public tantôt, moi, je me
ramène à ça beaucoup parce que c'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'être
pharmacienne. Présentement, il y a des soins qui ne sont pas offerts aux
patients au Québec. Les patients ne bénéficient pas des soins qu'ils pourraient
recevoir totalement. Il y a des craques dans les corridors de soins. Les
patients sortent de l'hôpital. La prescription, ce n'est pas clair. Le
pharmacien communautaire est tout seul le vendredi soir à cinq heures, personne
au bout du fil. Il ne sait pas qui rappeler, plein de questions.
Je travaille à l'Institut universitaire de
cardiologie et de pneumologie à Québec, il n'y a pas une journée sans qu'on
n'ait pas des multiples appels de pharmaciens communautaires à l'hôpital qui
cherchent à qui parler parce que la prescription n'est pas claire puis qu'ils
ne savent pas quoi faire puis qui... à travers qu'on essaie de, bon,
débroussailler et leur donner un coup de main là-dessus et tout. Ça fait qu'à
ce niveau-là, c'est sûr qu'on va améliorer l'accès. Pour moi, en fait, pour
nous, ce qu'on voit, ce n'est pas la recherche d'un
titre absolu, c'est de
donner des responsabilités additionnelles avec ça. Ça fait qu'on est tout à
fait en phase. Je n'aurai pas le discours de l'Ordre des pharmaciens qu'ils ont
eu hier, ils vous l'ont bien expliqué. Il y a une vigie certaine à avoir sur la
formation, la qualification des pharmaciens à qui on donne une extrême
responsabilité. Donc, on parle ici d'aller prescrire des médicaments aux soins
intensifs, des patients qui viennent d'avoir un nouveau cœur, des... donc on
parle de très, très grandes responsabilités auxquelles présentement ce sont
souvent, dans nos hôpitaux, avec qui on travaille, les médecins spécialistes,
qui le font. Donc, on commence à le faire par des ententes balisées. Mais c'est
une chose de donner à quelqu'un le droit de le faire ou de prendre la décision
au Québec, c'est ça que ça fait un pharmacien spécialiste, puis quand on te
nomme spécialiste, puis que t'as une responsabilité à l'égard de ça, puis t'as
la responsabilité d'établir des trajectoires directes de consultations. Entre
un médecin de famille et un médecin spécialiste, on voit ça. Entre une
infirmière, une infirmière praticienne...
Racicot
(Julie) : ...on voit ça. Nous, on est pharmaciens. On a tous le même
type d'emploi, on est pharmaciens. Le pharmacien communautaire qui a besoin
d'un collègue, il a besoin du spécialiste... on va lui donner plus de
responsabilités, au pharmacien en pharmacie communautaire aussi. Ce pharmacien-là
atteint sa limite : le patient n'a pas de médecin de famille. Ça prend des
corridors. Il y a un pharmacien spécialiste en néphrologie. On en voit, dans
les secteurs de l'hôpital, ils sont là, en établissement. Je vais appeler mon
pharmacien spécialiste en établissement, il va pouvoir m'aider. Donc, on aurait
ce rôle-là en établissant des corridors formels de consultation.
Donc, oui, il vient, avec le
titre de
spécialiste, des responsabilités additionnelles déterminées par l'Ordre des
pharmaciens, qui décernera ce certificat-là au pharmacien. Donc, c'est un
engagement encore plus grand qu'on demande aux pharmaciens d'établissement de
tout simplement leur donner le droit de le faire, demain matin, sans
paperasserie administrative.
Mme LeBel : Donc, j'entends
beaucoup corridor de soins, formation, collaboration entre les collègues,
savoir vers qui se tourner. Je pense que ce sont des enjeux qui sont
extrêmement louables, des enjeux qu'on doit régler, puis on le sait, à partir
du moment où on est dans des grands systèmes, il y a toujours certains
enjeux : vers qui se tourner, comment se tourner. Donc, dans le fond, ce
que je comprends également, moi, ce que je retiens, puis je vais continuer à
retenir les objectifs, c'est un accès uniforme parce qu'il y a des... mais il y
a des pharmaciens qui sont détenteurs de cette formation spécialisée là, qui
est la maîtrise avancée, qui, présentement, parce qu'il n'y a pas d'entente de
partenariat, n'ont pas l'occasion d'exercer leurs pleines compétences. Je pense
qu'il faut trouver une solution ou un moyen de faire en sorte que ces
gens-là... où qu'ils soient, aient cet accès-là. Le fait de leur donner un
pouvoir accru de prescription, on en est, mais est-ce que c'est par voie
réglementaire? Est-ce que c'est par type de spécialistes, je vais vous avoue
que je demeure à être convaincue, mais on va faire nos nos analyses de notre
côté.
Mais je vois aussi qu'il faut y avoir de
meilleures communications. À
titre d'exemple, et je vais prendre un exemple,
encore une fois, un peu boiteux, mais, comme je le disais tantôt, les
infirmières praticiennes spécialisées, elles ont des actes réservés, qui sont
des actes qui n'existent pas pour une autre infirmière. Donc, on est vraiment
dans un autre paradigme, mais il y a aussi toute la question du permis
restreint, où il faut bien identifier, dans le cadre du permis restreint, ce
que quelqu'un est à même de faire. Donc, on pourrait penser aussi à voir
comment on peut bien informer les gens sur... les gens qui ont l'attestation de
formation, à
titre d'exemple, sont capables de faire, à l'instar des autres
ordres, qui nous disent : Bien, moi, quand ils ont une attestation de
formation, ils peuvent diagnostiquer, quand ils n'ont pas l'attestation de
formation, ils ne peuvent pas, ils ne peuvent pas faire tel acte.
• (14 h 20) •
Donc, ne comprenez pas mes propos comme
une fermeture ou un manque de respect envers la formation et la capacité. Au
contraire, j'en suis, parce que je pense qu'il faut être capable de les mettre
à contribution pleinement et que ce sont des personnes qui ont un apport
extrêmement important et crucia