House Proceedings — 24 September 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-09-24
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Bon
mardi matin, chers collègues. Avant de débuter nos travaux, je nous invite,
s'il vous plaît, à bien vouloir nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Alors, pour
le début de cette journée de travaux, M. le leader adjoint du gouvernement,
qu'avons-nous au menu?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Bonjour, M. le Président. D'abord, je veux vous saluer, saluer les collègues.
C'est un bonheur de vous retrouver en ce mardi matin pour une nouvelle semaine
de travaux parlementaires à Québec en cette belle journée ensoleillée.
Donc, je vous demanderais de bien vouloir
appeler l'article 1 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le leader adjoint. Donc, à l'article 1 du feuilleton,
l'Assemblée reprend le débat ajourné le 19 septembre 2024 sur l'adoption
du principe du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra
Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif.
Au moment de l'ajournement de ce débat-là, M. le
député de Nelligan avait utilisé les sept premières minutes de son temps de
parole. Alors, M. le député de Nelligan, je vous cède la parole pour poursuivre
votre intervention.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Et, écoutez, je suis privilégié. À un certain moment, en rentrant au
salon rouge, je me suis dit : Est-ce que je suis dans un caucus caquiste?
Je tiens à remercier mes collègues. Je suis le seul représentant des trois
partis d'opposition, aujourd'hui, à prendre parole ou presque. Oui, oui, ce
n'est pas grave. Ce n'est pas grave. Je tiens juste à remercier mes collègues,
mais... Je tiens à remercier mes collègues...
M. Derraji : Je tiens à
remercier mes collègues, qui vont, avec plaisir, aimer ce que je vais dire sur
le projet de loi, sur certains... Mais, bon, bonjour, chers collègues. Heureux
de vous revoir tous en forme. Bon début de semaine à l'ensemble des collègues.
Et, M. le Président, merci. Merci de gouverner, hein, les travaux.
Vous l'avez très bien mentionné, effectivement,
la semaine dernière, nous avons entamé le débat, un débat qui est, somme toute,
très intéressant par rapport au projet de loi n° 61, et, je tiens juste à
rappeler, ce projet de loi vise la création
de l'agence Mobilité Infra Québec. Donc, ce projet de loi qui va créer une
nouvelle agence que le gouvernement nomme Mobilité Infra Québec... Nous
avons assisté, avant la création de l'agence de santé... Vous avez vu tout ce
qui se passe au niveau de l'agence de santé, mais, aujourd'hui, le débat, je
vais le concentrer plus sur cette nouvelle agence qui s'appelle Mobilité Infra
Québec.
La semaine dernière, M. le Président, quand j'ai
commencé ma présentation, je parlais d'un élément qui est, pour moi, révélateur, révélateur, parce que, vous savez, on peut utiliser beaucoup de choses pour critiquer ce projet de
loi. Et je le dis parce que c'est un projet de loi qui manque de vision
et, on l'a dit, parce qu'on ne peut pas venir, aujourd'hui, créer une agence
sans justifier le pourquoi de la création de l'agence.
Donc, Mme la
ministre essaie de dire, au niveau de... sur la place publique : C'est
parce qu'on n'a pas l'expertise, c'est parce qu'on n'a pas réalisé de
grands projets et que ça fait longtemps qu'on n'a pas lancé des grands projets.
Et je tiens à rappeler à Mme la ministre que la
dernière réalisation, d'ailleurs libérale, c'est le REM. Donc, le REM était un bon projet où il y avait une
mobilisation d'acteurs, et on l'a réalisé dans le temps. Et il y a quelques
lignes qui vont être finalisées au courant des prochains mois.
Donc, je reviens au manque de vision. Et, je
l'ai mentionné, c'est Philippe Gougeon... Et Philippe Gougeon, c'est qui, M. le
Président? C'est un ex-chef du cabinet de la CAQ, et il était au ministère des
Finances. Et regardez qu'est-ce qu'il dit. Il était avec le ministre des
Finances dans son cabinet, et, je tiens à le mentionner, ça a été dans le cadre du balado Question d'intérêt , avec
l'excellent journaliste Gérald Fillion. Il a dit la chose suivante : «En
matière de transport collectif, alors que le gouvernement a du mal à
articuler une vision claire sur ce sujet et à mettre en branle les projets pourtant nécessaires.» Et
il donne en exemple le tramway : «Ça a été tellement difficile à Québec.
Trop de monde avait sa voix, trop de monde était écouté, je parle ici
des élus et du personnel, trop de gens disaient : Voici ce qu'on devrait
faire.»
Et là, M. le Président, vous savez que, depuis
plusieurs années... Vous me connaissez, vous m'avez vu prendre parole sur
beaucoup de projets de loi. Et ce projet de loi m'interpelle beaucoup parce que...
Ma première critique à ce projet de loi : Qu'est-ce
qu'on va changer? Premièrement, c'est quoi, la problématique? Qu'est-ce qu'on
va changer? Et c'est quoi, les résultats escomptés de ce projet de loi?
D'ailleurs, c'est comme ça qu'on doit travailler.
Le constat,
il est très clair : six ans de ce gouvernement, aucun projet structurant
en matière de transport collectif. Ce sont des faits. Le PQI, même... Et
d'ailleurs les groupes l'ont mentionné, le Plan québécois d'infrastructures, le
gouvernement mise beaucoup sur les routes que sur les projets de transport
collectif. Mais ce qui est hallucinant un peu,
c'est que, venant de quelqu'un qui était dans la machine, qui travaillait au
ministère des Finances, qui dénonçait le manque de vision, c'est là, le
problème. Et d'ailleurs, tout au long des échanges que nous avons eus en
commission parlementaire, la plupart des groupes disaient oui à l'agence,
mais... Et le «mais», il est très important, et vous allez comprendre pourquoi.
Et là je
continue avec la déclaration de M. Philippe Gougeon, c'est : «Sur le
tramway, tout le monde s'est braqué, si bien que nous sommes encore
aujourd'hui à la case départ.»
M. le Président, la CAQ est là depuis 2018, et
il y avait un projet, et il y avait un tracé. L'ancien maire, M. Labeaume, a bien travaillé, il a fait ses
devoirs, mais le projet a tardé parce que le gouvernement n'avait pas de
vision. Il y avait trop de politique
dans le dossier, hein? Et vous êtes un député de la région, vous savez très
bien et vous comprenez ce que je suis en train de dire.
Et donc aujourd'hui la question qu'on doit tous
se poser : Est-ce que ce projet de loi va régler quelque chose? Est-ce
que, ce projet de loi, dans le quotidien, des Québécoises et des Québécois vont
voir que la future agence Mobilité Infra Québec est une agence qui va créer...
qui va résoudre un problème de mobilité ou bien, encore une fois, c'est une nouvelle agence, une nouvelle structure qui va
nous faire perdre du temps, de l'argent, sans résultat? C'est ça, le fond. Et,
jusqu'à maintenant, M. le Président, malheureusement, je n'ai pas vu un signal
clair de la part de la ministre.
On va le voir
lors de l'étude détaillée, mais on est à une étape très importante. La ministre
a un devoir à faire°: aller relire les mémoires des gens, aller écouter
les intervenants par rapport à la définition de la mission.
Maintenant,
on revient à l'incurie du gouvernement. Et ce ne sont pas mes propos, parce que
c'est Philippe Gougeon, je vous dis qu'il dit ça : «L'incurie du
gouvernement sur le transport collectif part du fait que la vision initiale
n'était pas claire.» Il n'y avait pas de vision en matière de transport
collectif, et on peut l'appliquer sur plusieurs projets. Et, en tant que leader
parlementaire, je le vois dans plusieurs dossiers.
Malheureusement, le gouvernement n'a pas de
vision et il n'a pas répondu à la question : Qu'est-ce qu'on veut faire en transport en commun? Qu'est-ce qu'on veut
faire en transport en commun, sachant qu'en 2018 il y avait un plan?
Il y a un plan qui était très clair. Il y avait
un REM à Montréal. Nous avons vu les annonces du gouvernement. Un certain
moment, je me disais : Comment ils vont faire pour ramener tous ces REM?
Comment ils vont faire pour tout lancer? Un REM à Chambly, un REM à l'est. Le
premier ministre, dans sa chambre de commerce locale, s'est engagé pour le PSE,
le plan structurant de l'est. Il y avait un troisième lien à Québec. Il y avait
un tramway à Québec. Six ans plus tard, M. le Président, combien de projets,
ils ont vu le jour? Combien? Un? Deux? Trois? Quatre? Cinq? Non. Zéro. Zéro, M. le Président. Donc, en six
ans, malheureusement, en matière de transport collectif, ce... le bilan du
gouvernement, il est juste nul.
Donc, c'est ça, le départ. Avant d'aller dans le
projet de loi, le gouvernement fait lui-même le constat d'échec. Et ce constat
d'échec, il est très alarmant, parce que la ministre du Transport, elle l'a
échappé, que ce soit au niveau des routes, parce qu'on voit l'état des routes,
d'ailleurs, le rapport de la VG était très clair que, malheureusement, l'état
des routes se dégrade, se dégrade énormément... Et là je rajoute le
désengagement de l'État. Souvenez-vous que, pour Mme la ministre, ce n'est pas
la mission de l'État de s'occuper du transport. On ne lui a jamais demandé de
gérer les sociétés de transport, mais on a demandé à l'État d'avoir une vision,
et ça, c'est très important.
Donc, ça,
c'est l'élément important, initial, M. le Président, c'est que... où nous
sommes aujourd'hui. L'absence de vision a été dénoncée, a été mentionnée par
des gens qui étaient, jusqu'à quelques jours, membres du cabinet
caquiste, M. le Président. Et donc je le rappelle encore une fois, ce n'est pas
les commentateurs politiques, ce ne sont pas les partis de l'opposition, ce ne
sont pas les porte-parole de l'opposition, M. le Président, c'est un ancien
collaborateur qui a été au cabinet du
ministre des Finances qui disait clairement que le gouvernement n'avait pas de
vision en matière de transport collectif.
Alors, voilà, M. le Président. Nous sommes à une
étape où l'absence de vision, l'absence de projet concret en matière de transport collectif force le
gouvernement à aller avec une agence. Donc, le gouvernement veut, selon les
propos de la ministre, penser à une façon de dire : Vu l'absence de
vision en matière de transport collectif, on va se doter d'une agence, et cette agence va régler l'ensemble
des problèmes qu'on a, on va accélérer les projets. D'ailleurs, il y a un
autre projet de
loi sur la table, qui est
les contrats collaboratifs, où on va aller plus vite pour que ça nous coûte
moins cher.
Et, sur ce point, M. le Président, je vais
ouvrir une parenthèse, parce que j'ai siégé dans les deux projets de loi. Quand
on prend la littérature à l'échelle internationale, les pays où on a fait ce
genre de contrats, il n'y a aucune confirmation que les coûts vont baisser. Ce
qu'on a vu, et ça a été démontré au niveau de la littérature, c'est que, oui, c'est vrai, il y a un impact sur les délais, mais
il n'y a pas d'impact sur le prix. Et ce qui nous fait mal au Québec
aujourd'hui, et d'ailleurs ce sont les propos de Mme la ministre, c'est
qu'on n'a plus d'argent.
Donc, qu'est-ce qu'on fait dans un contexte où on
n'a plus d'argent? On fait des choix, parce qu'on ne peut pas tout financer, parce que le gouvernement a
perdu le contrôle des finances publiques. C'est normal. Quand tu as hérité,
7 milliards de dollars, et tu te
ramasses avec un déficit, ça ne prend pas un doctorat en mathématiques pour
comprendre que, malheureusement, le gouvernement a perdu le contrôle des
finances publiques.
Et donc,
suivez-moi, je parlais de manque de vision, et, le manque de vision, ce n'est
pas le leader de l'opposition officielle qui le mentionne, c'est un
caquiste qui le mentionne : Absence de vision en matière de transport
collectif. Ça, ça sort
de la bouche de l'ex-directeur du cabinet du ministre des Finances. Ce
n'est pas rien, M. le Président. Ce n'est pas moi qui le dis. Donc, le gouvernement caquiste répond quoi à cet
ancien collaborateur caquiste qui disait que ce gouvernement, le gouvernement où lui-même travaillait... disait qu'il
n'y avait pas de vision en matière de transport collectif?
Donc, pas de
vision en matière de transport collectif, et, un autre fait qui se rajoute, il
n'y a pas d'argent. D'ailleurs, jeudi, quand j'ai commencé à parler de ce
projet de loi, en prenant la route du retour, j'ai eu trois appels. Sur les
trois appels, on m'annonce qu'il n'y a plus
d'acceptation par rapport à certains projets en électrification du transport,
et des compagnies à qui on refuse maintenant ce que le gouvernement
lui-même a promis. Donc, c'est un fait qu'il n'y a plus d'argent.
Donc, pas de vision, contexte économique très
difficile parce que le gouvernement doit faire des efforts pour revenir à
l'équilibre budgétaire qu'eux-mêmes, ils ont perdu le contrôle, et j'espère
qu'on ne va pas me dire encore une fois : C'est à cause de la COVID, et,
voilà, le gouvernement veut créer une agence.
L'idée de la création de l'agence remonte à
plusieurs années. Et d'ailleurs je vous ai mentionné que le collègue le ministre de la Cybersécurité... Vous savez, ce
que j'aime avec mon collègue le ministre de la Cybersécurité, c'est des
magnifiques citations. Sérieux, c'est le roi des citations qu'on peut toujours
utiliser au salon rouge, maintenant, au lieu du bleu. Je me suis amusé à aller
chercher ce qu'il disait sur l'agence, M. le Président. Ça va rafraîchir la
mémoire des collègues. Qu'est-ce qu'il
disait, le ministre de la Cybersécurité, il y a quelques années? «Créer une
agence, c'est créer une agence de
favoritisme. Créer une agence, c'est créer une instance qu'on éloigne du
contrôle parlementaire.» Fin de citation. Donc, je ne sais pas où il se
situe aujourd'hui, le député de... La Peltrie? Oui, c'est ça, député de La
Peltrie? Je ne connais pas tous les comtés,
M. le Président. Le ministre de la Cybersécurité, est-ce qu'il pense que sa
collègue ministre du Transport et de la Mobilité durable va créer une
agence qui va éloigner le rôle des parlementaires du... le contrôle parlementaire? Est-ce qu'il pense que, toujours,
sa collègue va créer une agence qui va favoriser le favoritisme? J'ai bien
hâte de l'entendre, qu'est-ce qu'il pense de
la future agence de sa collègue. Alors, M. le Président... Et d'ailleurs la CAQ
avait dit qu'elle serait contre le projet de
loi qui crée l'agence des infrastructures de transport collectif, le projet de
loi n° 68, à l'époque. C'était
en 2013. Bon. Mais, vous savez, on peut toujours changer d'avis, et c'est
fréquent au sein de ce gouvernement.
Donc, manque de vision. Un manque de vision, il
doit être traduit par une vision claire à l'intérieur de ce projet de loi, et d'ailleurs c'est ce qu'on va faire. Et,
je vous le dis, il y a matière... il y a matière à avoir des amendements pour
corriger le manque de vision à l'intérieur du projet de loi et même au niveau
de la mission du MIQ.
Sur les finances publiques, M. le Président, je
n'ai pas de réponse, sauf que la seule chose que j'ai, c'est que ce
gouvernement a perdu le contrôle. Et je me demande... Même si, à l'intérieur,
on va mettre des projets et qu'on veut les réaliser, il y a un problème
d'argent, manque de liquidités. C'est un fait.
Troisième élément extrêmement important... Ça,
ce n'est pas uniquement la responsabilité de Mme la ministre mais de son
collègue ministre des Infrastructures. Il nous disait, il nous disait que son
projet de loi va révolutionner le monde des
contrats, hein, c'est ce qu'il dit. Et d'ailleurs les deux ministres disaient
que les deux projets de loi sont interliés.
Mais je reviens à l'argument important. Le
ministre des Infrastructures, qui leade le projet de loi en question, le projet
de loi n° 62, ramenait un nouveau mode contractuel dit de contrats
collaboratifs, mais, je l'ai mentionné tout à
l'heure, M. le Président, il n'y a aucune garantie qu'on va avoir des prix
compétitifs, une baisse, une pression sur les prix. Au contraire, ça a été démontré que, oui, au
niveau du délai, il y a un gain, mais ça coûte plus cher, parce qu'il y a une
notion de risque, et le risque, il
est partagé. Mais, en tant que parlementaire, est-ce que je dois défendre le
risque de l'entrepreneur ou le risque des contribuables québécois? Si je
suis là, c'est pour défendre les Québécoises et les Québécois. Ce n'est pas aux Québécoises et aux Québécois de payer les
frais d'un entrepreneur qui a mal calculé son risque et qui a mal géré
son chantier. Et qu'est-ce qu'on va assister? Qu'est-ce qu'on va voir
dorénavant? C'est qu'à l'intérieur de ces contrats... Et d'ailleurs c'est
démontré dans la littérature, la notion du risque est incluse, ce qui exerce
une pression sur les prix. Et on va se
ramasser avec des infrastructures coûteuses, c'est vrai, dans un délai
respecté, mais qui vont nous coûter cher. Mais, quand, une fois, je vous
dis ça, bien, ça va à l'encontre de ce que le ministre... la ministre disait.
Elle disait qu'on a un problème de compétence. On crée une agence parce qu'on
va avoir l'ensemble des compétences à l'intérieur de cette agence. Et, avec le
mode de contrats collaboratifs, on va avoir une pression sur le prix et sur le
délai. Ce n'est pas réaliste, M. le Président. Ce n'est pas ce qu'on a vu à
l'extérieur, dans d'autres juridictions. Donc...
Et, tout ça, je n'ai pas encore commencé des
consultations, hein? Pourquoi je n'ai pas encore commencé, je dirais, ma présentation avec les consultations?
C'est parce que l'idée même de la création du MIQ, j'essaie de trouver un
mot qui est parlementaire et un qualificatif
juste, ce n'est pas la bonne chose à faire. C'est parce que... Règle déjà la
vision. Est-ce que tu as une vision de mobilité? Tu as un problème de
finances publiques, et ton projet qui vise des contrats de collaboration ou collaboratifs ne va pas t'aider à avoir une pression
sur les prix. Donc, déjà, les éléments de base ne sont pas réunis pour
que l'agence puisse bien jouer son rôle.
Mais souvenez-vous, M. le Président, l'ex-chef
de cabinet caquiste, Philippe Gougeon, qu'est-ce qu'il disait sur l'absence de vision. Vous allez m'entendre
beaucoup parler de vision et mission parce que c'est le nerf de la guerre de
ce projet de loi.
Maintenant,
M. le Président, nous sommes rendus aux consultations, et, avec quatre jours de
consultations, presque 27 groupes
entendus... Et, je dois l'avouer, parce que Mme la ministre a posé la question
à beaucoup de groupes, beaucoup de
groupes sont favorables, mais avec un mais — je dis bien un mais, c'est le fameux mais qui est
très important — avec
des modifications. Mais la plupart des intervenants étaient un peu sceptiques,
mais la majorité dit que le statu quo n'est pas
tenable. Donc, on ne peut pas dire que le statu quo, il est tenable, mais il y
a un grand mais. Et, le grand mais, je vais l'illustrer tout au long des
prochaines... prochaines minutes.
Premièrement, la mission. Est-ce que vous êtes
surpris? Non. Ça rejoint un peu ce que Philippe Gougeon disait, l'ex-chef de
cab du ministre des Finances. Le gouvernement avait un beau projet sur la
table. Ils l'ont échappé parce qu'il y avait beaucoup d'intervenants. Et d'ailleurs il est où, le
troisième lien? Il est où, le tramway de Québec, M. le Président? Ça fait six ans. Donc, c'est là le problème. Et
donc, si on ne règle pas l'histoire de la mission de l'agence, on risque de
tourner dans le vide et on risque de
perdre un temps précieux pour l'avenir du transport au Québec. Je dis bien
«transport collectif».
La notion de
complexe, hein, complexe, c'est que... Projet complexe, pas le complexe, là, mais projet
complexe de transport. La
plupart des intervenants disaient la chose suivante : L'agence a comme
mission la réalisation de projets complexes de transport. Un, il faut
définir c'est quoi, un projet complexe. Est-ce que le troisième lien est un
projet complexe? Est-ce que le tramway de Québec est un projet complexe? Est-ce
que le plan structurant de l'est est un projet complexe? Donc, il faut
absolument définir la notion du projet complexe.
Et l'élément le plus important, M. le
Président : Est-ce que l'agence Mobilité Infra Québec va faire uniquement
des projets de transport collectif ou bien d'autres projets? Et c'est là,
encore une fois, si on ne définit pas la mission... C'est comme si, aujourd'hui, on va créer un organisme, une agence, et
cette agence va être responsable de la mobilité, mais, la mission, on ne
la circonscrit pas en transport collectif. Et ça, c'est un élément important.
Pourquoi? Je vais avoir un conseil
d'administration, qui, lui, doit s'inspirer de la mission qu'on va lui donner.
Avec cette mission qu'on va lui donner, il doit livrer les projets.
Donc, il va y avoir un P.D.G., un conseil d'administration, mais le conseil
d'administration, M. le Président, ne va pas réécrire la mission ni la vision.
Il doit s'inspirer du projet de loi qui va devenir une loi.
La notion de mobilité durable, notion très
importante, c'est à définir, et la plupart des groupes l'ont mentionné. D'ailleurs, c'est un... c'est un débat qu'on a
toujours à l'intérieur de notre caucus. Et je remercie ma collègue la députée
de Mille-Îles, qui nous rappelle à
chaque fois l'importance de parler de la mobilité durable. Elle-même, elle
s'est levée, au nom des Lavalloises et des Lavallois, pour dénoncer la
coupure de lignes.
Souvenez-vous qu'est-ce que je disais il y a
quelques minutes, manque d'argent, M. le Président. Quand on a commencé à
fermer des lignes d'autobus extrêmement... des lignes extrêmement importantes...
J'en suis sûr et certain, que ma collègue la
députée de Mille-Îles, l'excellente députée lavalloise, va le mentionner tout à
l'heure. Quand c'est rendu qu'on
coupe des lignes un peu partout et on vient, aujourd'hui, dire à l'ensemble des
Québécoises et des Québécois : Écoutez, le problème qu'on a, c'est un
problème de compétence, problème qu'on a besoin d'une agence pour créer des
projets... Le problème, il est un problème de financement. D'ailleurs,
un peu plus tard, je vais revenir à la question du financement, M. le Président. La plupart des sociétés de
transport, des intervenants, dans le cadre de la mobilité, nous ont dit :
Écoutez, il y a un enjeu de financement, c'est l'éléphant dans la pièce.
Donc, un des
enjeux majeurs, M. le Président, un des enjeux majeurs, c'est que, dans ce
projet de loi, si on ne définit pas la mission de l'agence, si on ne
définit pas la notion d'un projet complexe de transport, vous allez être
d'accord avec moi qu'on démarre très bien la
mission du MIQ. Parce qu'on ne peut pas dire au MIQ : Écoutez, projet
complexe, sans le définir. Mais est-ce qu'on va les aider, M. le
Président? Comment le MIQ va définir la notion du projet complexe? Si on ne leur dit pas que vous devez travailler
sur des projets de mobilité durable, est-ce qu'on va les aider? Quand on ne
va pas leur dire : Écoutez, votre mission, c'est du transport collectif...
l'air très clair, à moins qu'on veuille dédoubler l'appareil gouvernemental.
Et ça, M. le Président, vous allez me ramener
sur un champ que j'aime beaucoup, la taille de l'État. Et, vous savez, dans ce
gouvernement... Et d'ailleurs je salue le député de Saint-Jérôme, ex-député
caquiste, qui disait que, face à n'importe quel problème, le gouvernement,
qu'est-ce qu'il faisait, garrochait l'argent, et il n'y a pas de résultat. Et
c'est ça qu'on doit tous questionner aujourd'hui. Est-ce que l'argent des
Québécoises et Québécois a été bien géré? Et est-ce
que ce qu'on va faire avec la future agence, si on ne définit pas la mission,
si on ne définit pas la nature des projets complexes... Est-ce que, vraiment, on est en train de créer une agence
qui va juste être là, une nouvelle structure qui va complètement être une agence qui va refaire les
travaux de l'ensemble des sociétés de transport et les bureaux de projets?
Donc, mission de l'agence, c'est le fameux
article 4, M. le Président, et j'en suis sûr et certain, qu'on va avoir
des heures et des heures de plaisir, d'échanges avec le gouvernement sur la
définition de ces éléments qui, à mon avis, sont des éléments importants.
Maintenant,
l'autre élément, l'autre enjeu, l'indépendance de l'agence. Vous savez, vous
savez que je vous ai dit que j'ai
quelqu'un que j'aime beaucoup et que je cite à l'intérieur de ce parlement
parce qu'il a pas mal fait d'interventions dans pas mal de choses depuis
les 10, 15 dernières années, c'est le député de La Peltrie et ministre de
la Cybersécurité. Il y a beaucoup
d'intervenants. Ils nous ont dit : «Écoutez, possibilité d'ingérence
politique», hein, écoutez, M. le Président, ce sont des propos tenus lors des consultations. Manque d'autonomie,
possibilité d'ingérence politique. Mais qu'est-ce qu'il disait, le député de La
Peltrie, il y a quelques années? Je vais relire sa citation : «Créer une
agence, c'est créer une agence de favoritisme. Créer une agence, c'est
créer une instance qu'on éloigne du contrôle parlementaire.»
C'est exactement ce qu'on ne veut pas. On ne
veut pas, aujourd'hui, se donner une instance qu'on veut qui soit indépendante
et qui gère des projets de mobilité durable et de transport collectif, et qu'on
ne lui donne pas l'autonomie nécessaire. Et
ça aussi, c'est un point extrêmement important. Je ne veux pas un conseil
d'administration à la merci d'orientations
politiques. Si on veut vraiment des orientations en matière de transport
collectif, ça nous prend une vision.
Et d'ailleurs un des groupes qui est venu, le
dernier groupe, d'ailleurs, j'ai eu l'occasion de leur mentionner, sur
l'aménagement des territoires : Est-ce qu'aujourd'hui on va travailler une
mission de mobilité durable pour les 10, 15,
20 ou 30 prochaines années? C'est ce qu'il nous manque, M. le Président,
c'est avoir une vision sur le long terme et dire : En telle année, peu importe le gouvernement qui va
être en place, nous sommes dus à faire tel tronçon, nous sommes dus à faire tel projet de mobilité durable. Pourquoi
c'est très important? C'est parce qu'on doit prendre en charge l'ensemble
des éléments, l'aménagement du territoire, la densification, la présence des
quartiers industriels.
permettez-moi d'ouvrir une parenthèse que, disons... que c'est des entreprises
privées qui paient pour ramener leurs
employés. Je ne pense pas que c'est leur mission, faire ça. Ils le font parce
qu'il y a un désengagement gouvernemental en matière de
transport collectif. Combien d'entreprises, elles ont les reins solides, M. le
Président, de se payer un service de navette pour ramener les employés d'un point
a à un point b? Il n'y a pas beaucoup, M. le Président. Permettez-moi de
prendre une gorgée d'eau.
Donc, au niveau de l'indépendance de l'agence,
c'est un élément qu'on va suivre de près à l'intérieur de ce projet de loi, et je vous ai dit pourquoi. L'agence
ne peut agir que si le gouvernement lui en confie le mandat. Ça veut
dire : Demain, on sait ce qui se passe avec le troisième lien. Si ce n'est
pas précisé pour le transport collectif, est-ce que l'agence, la nouvelle agence, création du gouvernement, va
avoir comme premier mandat le troisième lien? Elle est où, l'autonomie
de l'agence? Elle est où, la vision de l'agence?
Et, quand je vous dis qu'il y a un enjeu, c'est
que même le plan structurant de l'est, et, j'en suis sûr et certain, ça rappelle
des souvenirs à beaucoup de collègues autour de la table, c'est un engagement
ferme du premier ministre. Ça inclut son comté, ça inclut plusieurs comtés de
pas mal de collègues caquistes autour de la table. Il est où, ce projet? Est-ce
qu'il verra le jour?
municipalités, M. le Président. Donc, je vous ai parlé de la mission,
l'indépendance de l'agence. Les municipalités, maintenant. Les municipalités, elles sont venues nous rappeler
l'importance de respecter les compétences et l'autonomie des municipalités.
Et je me permets de parler d'un élément important, Société de transport de
l'Outaouais. J'ai posé une question très
simple : Avez-vous besoin de l'aide de cette agence? Figurez-vous, M. le
Président, la réponse a été très claire, sec : Non. J'ai répété ma
question : En quoi l'agence va vous aider, les gens de l'Outaouais? Non,
parce qu'ils ont déjà un bureau de projet. Et j'ai posé la question :
Est-ce qu'il y a un problème de compétence? Parce que ce qu'on nous dit, c'est qu'on était incapables de livrer
des projets, au Québec, parce que ça fait longtemps qu'on ne les a pas livrés.
Mais, à Gatineau, la Société de transport de
l'Outaouais, ils nous ont démontré que leur bureau de projet fonctionne.
D'ailleurs, ils ont fait un
communiqué de presse pour dire : Nous, l'agence, là, on n'en a pas besoin,
nous, on a déjà un bureau de projet qui
fonctionne très bien. Les études avancent très bien par rapport au tramway. Ils
ont des échanges avec le gouvernement provincial
mais aussi avec le gouvernement fédéral. Donc, en quoi, en quoi l'agence
Mobilité Infra va changer, aujourd'hui, la vie des citoyens de Gatineau,
de l'Outaouais en général?
Vous comprenez, M. le Président, pourquoi c'est
très important de prendre le temps de bien faire les choses. Ce n'est pas parce
qu'ils l'ont échappé pendant six ans en matière de transport et mobilité
durable que ça nécessite une agence pour dire : Écoutez, le gouvernement
agit parce que, soudain, on vient de découvrir que le gouvernement n'a rien livré en matière de transport collectif. Il
n'y a pas de troisième lien. Il n'y a pas de tramway. En termes de mobilité,
les sociétés de transport souffrent,
et vous avez vu, l'année dernière, les échanges entre les municipalités,
maires, mairesses, et le gouvernement.
L'article 74,
ça, c'est un
article qu'on va surveiller. À défaut d'une entente avec les
municipalités, le gouvernement fixe
unilatéralement les montants de la contribution financière exigible aux
municipalités. La plupart des villes qui sont venues, Montréal, Laval,
l'ensemble des sociétés de transport que nous avons entendues, ils ont insisté
sur une chose très importante, sur
l'importance de la collaboration et non pas d'imposer. Ça aussi, c'est... On
doit le clarifier à l'intérieur du
projet de loi. J'espère que ma collègue la députée de Mille-Îles, ancienne
conseillère municipale, qui, elle, siégeait sur ces dossiers...
Collaborer avec les villes, ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Les
villes s'occupent de la mobilité à l'intérieur de leur territoire. Ils gèrent
aussi avec leurs sociétés de transport, ils contribuent à la gestion de la
mobilité durable à l'intérieur des villes.
Donc,
comment, aujourd'hui, on va dire aux villes : On veut collaborer avec
vous, là, mais, vous savez, l'article 74, s'il n'y a pas d'entente
avec vous, là, on va fixer unilatéralement les montants de la contribution
financière exigible aux municipalités? Si je vous dis ça, vous êtes maire ou
conseiller municipal, porte-parole du dossier de la mobilité, comment vous allez interpréter cet article? Et le
gouvernement, et même MIQ, a besoin des municipalités. On ne peut pas
lancer un projet de loi sans parler avec les villes. Il y a beaucoup de choses
qui rentrent en jeu, y compris la contribution financière. D'ailleurs, la FQM,
que vous connaissez très bien, rappelle que l'expertise de MIQ... ne doit
réserver son expertise qu'aux grandes municipalités, avec raison, parce que
l'enjeu du transport touche l'ensemble du territoire.
Donc, M. le Président, nous avons parlé de la
mission de l'agence à clarifier, la notion du projet complexe, l'indépendance
de l'agence, élément important, le rôle des municipalités. Le rôle des
municipalités est extrêmement important. Et
je vais vous parler de l'éléphant dans la pièce, le financement, et c'est le
coeur du problème, M. le Président. Je ne vais pas analyser tout le
portefeuille de la ministre responsable de la Mobilité durable, mais, quand je
vois le gouvernement parler
d'électrification du transport, la décarbonation, faire un effort sur les GES...
Écoutez, rien que le chantier de
l'électrification du transport, on parle de 15 milliards. Combien le
gouvernement a budgété? 5 milliards, mais il n'y a même pas
d'argent.
Je vous le
dis, je reçois des appels. Il y a des projets complètement arrêtés, je ne sais
pas pourquoi. Probablement, il y a une mise à jour budgétaire au mois de
novembre, et le ministre des Finances est tellement dans le pétrin parce qu'il
l'a échappé et il veut redorer l'image de son gouvernement qu'il y a une
pression sur les dépenses, M. le Président. Ce
sont les faits, il y a beaucoup d'appels, la dernière semaine, que les gens
reçoivent pour : Écoutez, soyez patients, soyez patients, des gens
qui ont reçu des lettres, des gens qui ont reçu des lettres pour un financement
de leurs... des projets, l'enveloppe était réservée, mais il n'y a plus
d'argent.
Comme je vous ai dit que le nerf de la guerre,
c'est le financement, il n'y a rien dans le projet de loi pour régler le
problème. Donc, on va créer une agence. D'ailleurs, on ne sait pas combien ça
va coûter. Les premiers six mois, on parle
de 3 millions, mais on ne sait pas comment cette agence va financer les
futurs projets, parce que, si on va, encore une fois, perdre du temps pour dire qu'on est en train d'établir une vision
sur le long terme et ne pas attacher ça avec de l'argent et du
financement, on tombe toujours dans la rhétorique des projets mal ficelés. Les
gens ne veulent plus des annonces, veulent des projets attachés, ça veut dire
des projets de mobilité durable bien financés dans un cadre qui respecte les finances publiques. Mais,
quand il n'y a juste... annoncé, on revient à ce que le député
de Saint-Jérôme disait : le gouvernement, face à un problème, il garroche l'argent, mais il n'y a pas de résultat.
Ce n'est pas moi qui le dis, encore une fois, c'est un collègue, un
ex-collègue de ce gouvernement.
Donc, il n'y a rien dans le projet de loi pour
régler le problème. Tout le monde veut plus de transport collectif, M. le
Président, mais il faut que l'argent soit au rendez-vous, qu'on pense aussi à
l'entretien et au maintien d'actif.
Un élément
important, et on le voit dans la plupart des sociétés de transport, ils nous
disent : Au-delà des projets... Et on l'a vu avec l'électrification
des bus, vous m'avez vu parler pas une fois, pas deux sur ce projet qui coûte
cher au trésor public, qui coûte cher aux Québécoises et aux Québécois,
et, quand on voit des autobus soi-disant électriques, on utilise le gaz pour le
chauffage, quand on voit des autobus électriques qui... leur coût d'intégration
dans la machine coûte 2, 3 millions de
dollars, il y a des questions à se poser, M. le Président. Est-ce qu'on a les
moyens de continuer dans ce sens? Et
c'est là, le nerf de la guerre, parce que, mobilité durable, oui, c'est très
important, mais est-ce qu'on a les moyens d'avoir une mobilité durable
avec les orientations du ministère? Et je l'ai mentionné, ce n'est pas une
fois, pas deux, quand le même gouvernement
lance un décret pour l'achat d'autobus hybrides un an plus tard, il voit que...
il revient à l'électrique, mais il voit qu'il n'y a pas assez de bus
électriques. Mais une fois qu'on commence à acheter des bus électriques, on se
rend compte... on se rend compte que c'est tellement cher et que c'est très
difficile de suivre le rythme parce que ça prend des garages, ça prend une
adaptation locale de l'ensemble des sociétés de transport, et ça, ça a été
mentionné, M. le Président, par plusieurs, plusieurs intervenants autour de la
table.
Le nerf de la
guerre... Souvenez-vous de ce que je disais depuis le début, l'ancien chef de
cab caquiste parlait d'un manque de vision, l'absence de vision en matière de
transport collectif. Au niveau de l'agence, si on ne détermine pas la mission, c'est comme si on dit au futur conseil
d'administration : Analysez avec votre propre gré ou bien ils vont
recevoir les commandes, les commandes
du gouvernement par rapport à des projets bien précis. Mais le nerf de la
guerre, comment on va financer ces
projets? Est-ce qu'on va, encore une fois, suivre les sondages? La population
n'aime pas le troisième lien, on le
retarde. La population aime le troisième lien, on fait une sortie.
Souvenez-vous, saga du troisième lien, parfait exemple à l'intérieur de
cette Assemblée, combien de versions ce gouvernement a présentées. Le dernier
argument, c'est quoi? Un argument
économique. Il était où, cet argument, il y a plusieurs années? La même
ministre a ramené, pas une version, plusieurs versions, M. le Président.
Donc, quand
on vous dit qu'il y a un problème de vision à l'intérieur de ce gouvernement en
matière de transport collectif, c'est un fait. Donc, est-ce qu'aujourd'hui le
MIQ va le régler? Est-ce que le MIQ, la future agence, va se donner une
réelle vision? Ce sont des questions existentielles par rapport à l'avenir du
transport, M. le Président. Et, encore une fois, si on ne détermine pas la
mission, si on ne définit pas la notion de projet complexe, si on ne donne pas
les moyens à l'agence, je suis d'accord avec les propos de... le ministre de la
Cybersécurité, député de La Peltrie, que cette agence risque juste de nous
éloigner du contrôle parlementaire.
Un autre
élément, M. le Président, j'aurais aimé... j'aurais aimé, parce que j'ai fait
la demande, avoir une analyse d'impact réglementaire. D'ailleurs, nous
avons eu la réponse suite à notre demande d'accès. La réponse que j'ai eue, je
vais vous la partager : «Par ailleurs, nous vous informons qu'aucune
analyse d'impact réglementaire n'a été produite dans le cadre de ce dossier.» Et un peu plus tard, on nous dit :
Écoute, il n'y a pas d'impact pour les entreprises. Mais, écoutez, M. le Président, que ce soit la Fédération des
chambres de commerce, Conseil
du patronat... Pomerleau était là,
Pomerleau était là, ils sont venus nous parler du mode de contrat
collaboratif, même si c'est dans le cadre d'un autre projet de loi. Les contrats, c'est réglé dans un autre projet de
loi, et ça, on va en revenir, en commission parlementaire, parce que j'ai
siégé dans ce... dans les consultations, j'ai commencé l'étude détaillée avec
le ministre des Infrastructures. Mais, quand je lui ai dit : Est-ce que le
transport est concerné? Non, ça, ce n'est pas moi, parlez avec la ministre
responsable.
Donc, dans le cadre du projet de loi, nous aimerions
voir ça, ce mode de contrats
collaboratifs, parce que j'en ai beaucoup,
de choses à dire. Sur les contrats collaboratifs, il faut que le gouvernement
soit clair, M. le Président. Le ministre des Infrastructures, en
préparant sa sortie avec Mme la ministre, ils ont dit à tout le monde :
Écoutez, là, on prépare une révolution, ça
va coûter moins cher aux contribuables québécois, et on va réaliser les projets
plus rapidement. M. le Président, aucune étude à l'international, aucune
étude à l'international n'a démontré pas ça... n'a démontré ça, aucune étude. Aucune étude n'a démontré ça, M. le
Président, aucune. D'ailleurs, que ce soit en Australie ou bien en Angleterre,
ce qu'on a constaté avec les contrats collaboratifs, c'est une explosion de
coûts, une explosion de coûts. Donc, le projet de loi n° 62, le projet de loi n° 62, qui est le projet de loi
du ministre des Infrastructures, implante la possibilité d'aller en contrat collaboratif. Les municipalités et les
sociétés de transport en veulent, mais, dans le cadre de ce projet de loi n° 62, le gouvernement refuse de le faire, donc on veut savoir
pourquoi.
M. le Président, tout à l'heure, je vous ai
parlé d'un élément important, un élément important qui touche le financement. Ça, c'est un élément qu'on... c'est
l'élément qui est sur la table. Et souvenez-vous de ce projet de loi que j'ai déposé
il y a quelques mois, projet de loi n° 791, Loi permettant à des organismes
publics de transport en commun de développer
des projets immobiliers aux abords ou au-dessus de leurs infrastructures de
transport en commun. Ça, M. le
Président, on parle d'un projet de loi qui «modifie la
Loi sur les sociétés de
transport en commun et la
Loi sur le Réseau de transport métropolitain afin de
préciser qu'une société de transport en commun ainsi que le Réseau de transport
métropolitain disposent de tous les pouvoirs nécessaires pour réaliser des
projets immobiliers aux abords ou au-dessus de
leurs infrastructures ainsi que les activités de gestion et d'exploitation de
leur parc immobilier», O.K.? Je vais prendre quelques minutes pour
expliquer ce projet de loi.
Les sociétés de transport, quand ils sont venus
en commission parlementaire, en analysant le projet de loi que nous avons
devant nous, ils nous ont dit : Nous, on n'est pas intéressés uniquement à
vendre nos immeubles, ce qu'on veut, c'est
vraiment un développement immobilier, comme à l'image de ce qu'ont fait... ce
que les sociétés de transport à Vancouver, par
exemple, Washington, en Europe... C'est de la densification, régler l'enjeu de
l'habitation. Et d'ailleurs vous avez vu ma collègue de Mille-Îles qui se lève
depuis plusieurs mois pour dénoncer l'inaction du gouvernement en matière de logement. Mais quelle bonne idée, M.
le Président, de travailler ensemble et permettre à ces sociétés de transport
qui ont des projets sur la table... mais ils
ne peuvent pas parce que la loi ne leur donne pas ce pouvoir. Mais je vous pose
la question : Est-ce que cette solution existe dans le projet de loi de
Mme la ministre? La réponse est non.
Donc, on crée
une agence. On n'a pas encore défini la mission, on n'a pas défini la nature
des projets complexes, mais est-ce
qu'on donne les moyens nécessaires aux sociétés de transport pour avoir des
revenus autonomes, des revenus qui vont les aider à faire face aux coûts
d'exploitation très élevés, au maintien d'actif? Ce sont de très bonnes
questions, M. le Président, que les sociétés
de transport se posent. Et d'ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs, ils sont venus,
ils sont venus en commission
parlementaire le mentionner, ils sont venus nous dire : Écoutez, ce qu'on
veut, nous, là — et
d'ailleurs même l'ATUQ l'a mentionné — ce
qu'on veut, c'est des revenus supplémentaires, parce que, pour faire face aux
enjeux de la mobilité durable, aux coûts très élevés du maintien
d'actif, nous avons besoin de sources de financement.
Donc, prenez
un pas de recul. On a une crise de mobilité durable, on a une crise de transport
collectif au Québec. Ça, c'est un
fait, on le voit. La plupart des sociétés de transport lèvent la main : On
a un problème de finances. Le
gouvernement aussi vit dans une crise des finances publiques, parce
qu'ils l'ont complètement échappé, il n'y a plus de surplus, on est en déficit. Ce contexte, il faut le prendre aussi
dans le cadre de ce projet de loi. Si le gouvernement vit dans un
contexte où ils ont perdu le contrôle des finances publiques, est-ce que c'est
le moment de créer une agence qui va, encore
une fois, utiliser les ressources de l'État? Ce n'est pas une agence qui va
créer des revenus. Ce n'est pas une Hydro-Québec ou une société d'alcool
ou de loterie. On est dans une agence qui doit être efficace pour gérer les
futurs projets de transport collectif, mais comment on va la financer dans le
contexte actuel?
Et c'est là, le nerf de la guerre, quand je vous
ai dit, M. le Président, que les sociétés de transport voulaient avoir des
leviers à l'intérieur de ce projet de loi pour que les sources de revenus
qu'ils vont avoir vont être des sources de
revenus autonomes, d'où l'importance de ne pas uniquement leur donner le droit
de vendre des immeubles, parce que ce n'est pas ça qui les intéresse. Ce
qui les intéresse, et je l'ai très bien mentionné dans le cadre de mon projet
de loi, c'est de pouvoir développer avec des partenaires privés des projets, un
plan de développement immobilier de manière concomitante, un plan stratégique.
Ça, c'est un élément important.
Donc, si Mme
la ministre veut régler le problème de financement, je lui offre mon projet de
loi. Qu'elle le dépose ou bien qu'elle amende son projet de loi, c'est comme ça
qu'on va régler amicalement. Je vous l'offre, Mme la ministre, acceptez-le. Je sais que vous êtes une personne
gentille, vous acceptez les offres de projets de loi, mais réglons le problème
de financement des sociétés de transport. Ce qu'ils veulent, c'est développer
des projets immobiliers, ils ne veulent pas vendre des immeubles, et ils
ont beaucoup de projets.
Et, vous savez quoi, là, là, on va être beaucoup
plus sévères au niveau des audits, on va suivre cela, parce que, si on va leur donner des revenus supplémentaires...
Là, le gouvernement a le droit de dire : Je vous donne des leviers. Le
gouvernement n'a pas une source inépuisable d'argent. Au bout de la ligne, on
est mandatés à gérer l'argent des Québécoises
et des Québécois, on doit le faire d'une manière responsable. Mais les sociétés
de transport aussi doivent gérer d'une manière responsable les fonds
publics. Ils sont mandatés à gérer le transport, mais ils sont financés avec
l'argent du public, que ce soit le municipal, ou que ce soit le provincial, ou
même le fédéral.
d'ailleurs, sur ce point, je suis d'accord avec Mme la ministre, le fédéral
doit agir très rapidement et il doit débloquer les sommes nécessaires pour le transport collectif au Québec. C'est
assez. Si on va avoir deux discours, un discours, au fédéral, qu'on va s'occuper des enjeux de GES et
que, de l'autre côté, on ne libère pas l'argent pour les projets de transport
collectif... Avec la ministre, je dénonce aussi l'inaction du gouvernement
fédéral en matière de transport collectif parce que je trouve ça inacceptable qu'on lance des projets et qu'on va
dire : Déposez-les dans deux ans. L'urgence, elle est là. Si on a besoin d'argent, c'est maintenant, pour le
transport collectif, parce que la plupart des sociétés de transport vivent
des moments difficiles, je dirais, même, des sociétés de transport qui font une
crise d'angoisse.
Les villes aussi innovent avec de la taxation.
Pourquoi? Parce qu'il y a un problème d'argent, M. le Président. Tout le monde essaie d'innover pour pallier au
manque d'argent. Mais le gouvernement fédéral, il est où dans tout cela?
Donc, sur ce point, nous sommes d'accord, je
suis d'accord avec Mme la ministre, il faut que le gouvernement fédéral
accélère son investissement en matière de mobilité durable.
Alors, M. le Président, je vois le temps filer,
mais je tiens à prendre quelques secondes pour dire : Si on veut vraiment faire les choses bien, encore une fois,
on doit écouter les groupes. Premièrement, si on ne définit pas la mission
de l'agence, on ne donne pas les outils nécessaires au futur conseil
d'administration ni à la haute direction de bien faire les choses. Extrêmement
important, la mission, l'article 4.
Deux, élément important, définir la nature des
projets complexes. C'est quoi, un projet complexe, hein? Demain, là, un citoyen
va vous interpeler, M. le Président, il va vous demander : Vous avez
voté une loi — pas
vous, l'ensemble des élus — sur
un projet complexe en matière de transport collectif, pouvez-vous me le
définir? Vous devez être en mesure de dire : Monsieur, voilà c'est quoi,
un projet complexe, et ça, c'est le rôle de Mme la ministre. Ça dépend de son ouverture, mais je reste quand même très
confiant sur l'ouverture de Mme la ministre de définir le projet complexe.
Bien entendu, l'article 74, moi, je veux
une alliance avec les villes. Mme la ministre a parlé qu'on ne va pas imposer, s'ils ont un projet, s'ils ne veulent
pas. Mais je veux envoyer un message clair : Les municipalités sont des
alliées en matière de transport
collectif, et ça, c'est très important si on veut bien faire les choses en
matière de transport collectif.
Et, bien
entendu, je serai heureux et extrêmement heureux si le projet de loi que j'ai
déposé, 791, soit inclut dans son
intégralité dans le projet de loi de Mme la ministre, le projet de loi
n° 61. Pourquoi? Parce que j'y crois, M. le Président. Je crois, M. le Président, qu'en donnant des
outils et des leviers financiers à l'ensemble des sociétés de transport, on va
régler une partie, on
va régler une
partie et on va plus parler d'une vision à long terme. Regardez
ce qui se passe à Vancouver, regardez
ce qui se passe en Ontario, regardez ce qui se passe en Europe — Mme
la vice-première ministre est allée en Europe, elle a vu des exemples — c'est
comme ça qu'on développe les projets futurs, avec la densification, répondre à
la crise du logement et améliorer la notion de mobilité durable.
Alors, M. le
Président, j'ai terminé ma présentation. J'ai bien hâte, j'ai bien hâte à
commencer l'étude détaillée, et j'espère qu'on va avoir de très bonnes
discussions pour l'avenir de la mobilité durable. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Nelligan. Alors, maintenant, je suis prêt à reconnaître la prochaine intervenante, et ce
sera Mme la ministre des Transports
et de la Mobilité durable. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Bon mardi à vous. Bon mardi, tout
le monde. Bon début de semaine parlementaire à tous mes chers collègues
ici présents pour ce grand jour où on franchit une autre étape du processus
parlementaire du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif.
J'ai écouté
une bonne
partie de l'exposé de mon collègue d'en face. Rien de nouveau, ceci
étant dit, dans l'exposé en question, mais toujours les mêmes choses qui
reviennent, sur lesquelles je pense que c'est important de demeurer très
factuels. Je l'ai dit souvent en auditions
particulières la semaine dernière, notamment à des groupes qui venaient parler
de l'argent, du financement du
transport collectif, et je me dois, madame... M. le Président, excusez... En
général, on fait l'erreur inverse, on
appelle les dames «monsieur». Alors, c'est dans la modernité et dans l'air du
temps, je pense, de faire l'erreur dans l'autre sens.
Donc, M. le Président, en tout respect, donc, je
pense que c'est important de rester très, très factuels, parce que la réalité... Et je le dis souvent, là, moi, à
chaque fois que je me lève ou presque à chaque fois que je me lève ici, les
quelques fois où j'ai des questions,
c'est sur le transport collectif. Et j'ai, évidemment, mon tableau, vous vous
en doutez, je pense, tout le monde se doute, cette semaine et ce matin,
que je ne pourrai pas faire l'économie de ce tableau-là, mais je vais y
revenir. Donc, c'est important de rester très, très factuels sur le financement
du transport collectif.
Et je vais
d'emblée dire, parce que je... et je prends des extraits du propos du collègue,
qui dit : Tout le monde veut plus de transport collectif, mais il faut que
l'argent soit au rendez-vous. Il vient de dire ça. Et ça, moi, c'est souvent
quelque chose que j'ai dit en
consultations. Il emprunte peut-être ma phrase, d'ailleurs, et c'est bien
correct, parce que c'est vrai. Tout le monde nous parle de transport collectif
sans arrêt, entre autres Québec solidaire, qui n'a que ces mots à la
bouche : Plus de logements, plus de
transport collectif, plus de tout, plus de salaire, plus d'appui aux syndicats,
plus de tout, mais pas de déficit, pas de dépenses, pas rien qui les
intéresse sur les revenus pour payer tout ça. Tu sais, ce n'est que des dépenses, des dépenses, des dépenses, sans
s'attacher à des considérations, des réalités de faisabilité des choses. Ça,
c'est Québec solidaire. Mais, pour le
Parti libéral, ils ont été au pouvoir 15 ans, M. le Président, donc, pour
moi, c'est surprenant d'entendre des choses qui ne sont pas
nécessairement toujours factuelles. Alors, je vais prendre le temps ce matin,
sans prendre trop de temps non plus, mais peut-être un cinq, 10 minutes,
pour revenir sur certains éléments.
Alors, moi, je suis d'accord avec le propos qui
reprend mes propres collègues, donc... mes propres... je suis d'accord avec le collègue, plutôt, qui reprend mes
propres propos, donc ce serait étrange que je ne sois pas d'accord. Oui,
tout le monde veut plus de transport collectif, et, oui, il faut que l'argent
soit au rendez-vous. Mais il faut aussi que les moyens d'en faire plus soient au rendez-vous, et c'est là l'énorme
lacune des deux précédents gouvernements, les libéraux, 15 ans, avec un an et demi de PQ à travers ça.
L'un comme l'autre n'ont pas réussi à doter la nation du Québec de moyens
concrets pour pouvoir être souverain, non pas dans le sens de souveraineté,
mais dans le sens de capacité de gérer la vision,
le destin et le développement du transport collectif sur notre territoire. Ils
n'ont pas donné les moyens. Le PQ a essayé,
a déposé... Je ne sais pas s'ils ont déposé le projet de loi, enfin, le
précédent... le ministre des Transports de l'époque, M. Gaudreault,
a déposé quelque chose, ça n'a pas fonctionné. Je ne sais pas si son
gouvernement n'y croyait pas, peu importe, ça n'a pas fonctionné. Et les
libéraux ont contourné le problème en créant la CDPQ Infra. C'est un diagnostic
que j'ai souvent fait ouvertement et publiquement, et je le maintiens. Ça a été
ça, la réalité. Et aujourd'hui l'un comme l'autre
sont ici à nous dire : Pourquoi on n'est pas capables de faire du
transport collectif? Bien, M. le Président, je suis obligée de répondre : Parce que personne ne
s'en est occupé à l'époque où on aurait pu voir venir et s'en occuper. Mais
nous, aujourd'hui, on s'en occupe, M. le Président, notamment avec le
projet de loi n° 61, et je vais y revenir.
Mais il me
parle de l'argent. Alors, je vais commencer, tiens, avec l'argent. L'argent,
c'est quoi, M. le Président? Je dis souvent : Un gouvernement parle par
ses investissements, parce qu'on peut dire beaucoup d'affaires, tout le monde peut dire beaucoup d'affaires, faire des points de presse, peu importe,
mais, dans la réalité de la vraie vie, on parle par nos choix
d'investissement.
Or, M. le
Président, en transport collectif, il y a deux choses : le soutien aux
opérations et le fameux PQI, le soutien aux immobilisations et aux
infrastructures de transport collectif.
Prenons le
soutien aux opérations. J'arrive avec mon tableau. Ce tableau-là, il est on ne
peut plus clair. Personne ne peut
réfuter ce tableau-là, M. le Président. La
partie bleue, qui est la
contribution gouvernementale, n'a jamais été aussi élevée. On se
rappelle que la CAQ est arrivée ici, là. La CAQ est arrivée ici :
39 %, 35 %, 51 %, 51 %, 43 %, 48 %. Donc... Et les libéraux, ici, là, le parti de mon
ami en face : 37 %, 30 %, 36 %. Donc, c'est factuel, que
les libéraux mettaient moins d'argent
dans le soutien aux opérations du transport collectif, là. Il nous dit :
Les sociétés de transport s'arrachent les cheveux. Oui, mais on leur
donne quand même plus d'argent que le Parti libéral à l'époque. Alors, imaginez
si on était encore dans le régime libéral à 30 % au
lieu de 48 %, ils s'arracheraient plus que les cheveux de sur la tête, je
pense, M. le Président. Donc, ça, c'est le soutien aux opérations.
Pour le PQI,
et je réfère mes collègues au volume 6 de notre dernier budget,
page A.30, de mémoire, alors, oui, page A.30, PQI, transport collectif, 13,8 milliards de
dollars; PQI libéral en 2015, PQI de 2015-2025, 7,2. 7,2, les libéraux,
13,8 milliards, la CAQ. Comme dirait mon collègue, pas besoin d'un
doctorat en mathématiques pour comprendre que c'est presque le double. Donc,
sur le soutien à l'exploitation, sur les immobilisations, on met énormément
plus d'argent que le Parti libéral, donc, qui ne finançait pas autant le transport collectif et qui n'a
pas souhaité donner au gouvernement du
Québec, non pas une filiale de la Caisse de dépôt, mais au gouvernement du
Québec... En tout respect, parce qu'il faut dire que, le REM, ils sont
capables de le réaliser.
Donc, moi, j'ai énormément de respect pour la
capacité de réalisation de la CDPQ Infra, mais je ne pense pas que les Québécois ont envie que notre destin en
transport collectif dépende systématiquement de la CDPQ Infra, qu'il y ait
des considérations de rentabilité
nécessaires pour pouvoir rentabiliser et gérer ses déposants. À un moment
donné, c'est nos fonds de retraite qui sont là-dedans aussi. Alors, eux
autres, c'est normal qu'il y ait d'autres considérations, ce n'est pas une
mission de services publics comme ça peut l'être pour le gouvernement. Donc,
ils ont contourné le problème et ils n'ont pas donné au gouvernement du Québec
leurs propres moyens.
Alors, aujourd'hui, on en est avec le projet de
loi n° 61, où là, enfin, on va se donner ces
moyens-là. Et mon collègue disait, en parlant toujours de l'argent, le
gouvernement fédéral, il dit : Je vais aider la ministre, je vais joindre
ma voix à celle de la ministre. Bien, belle occasion, M. le Président, parce
que, vous voyez, ici, j'ai une photo de notre cher
ami M. Rodriguez, ici, là, dans un
article de La Presse , qui dit : Ottawa n'exclut pas d'accélérer
le financement . Et...
Mme Guilbault :
Je n'ai pas le droit de mettre ça? Ah bon. Bien, ce n'est pas grave. Je peux le
lire ou...
Mme Guilbault :
Oui? Parfait. Alors, M. Rodriguez disait... Parce qu'il est habitué de
m'entendre répéter les mêmes affaires sur le
fait que non seulement son collègue fédéral, M. Guilbeault, a dit :
Nous, on ne paie plus de routes, ce n'est plus à la mode, les routes, en
2024, mais en plus on ne paie pas non plus le transport collectif, bien qu'on
ait un discours constant sur le transport collectif. Comme je disais, en
auditions particulières, certains ont la parole verte et le geste très gris,
dans la réalité. Donc : «Le ministre Pablo Rodriguez — à
l'époque ministre — n'exclut
pas de devancer le financement associé au nouveau Fonds permanent afin de
soutenir les transporteurs.»
Alors, vous voyez, M. Rodriguez, justement,
sera peut-être chef du Parti libéral du Québec ou, du moins, va faire la
chefferie. Donc, j'espère que, dans ses nombreux discours sur sa vision pour le
Québec, il y aura des intentions très
claires de demander au gouvernement fédéral de non seulement parler de
transport collectif, mais de parler aussi par ses choix d'investissement, comme
je disais. C'est ce que nous, on fait, à la CAQ, on parle par nos choix
d'investissement. Alors, ce serait intéressant que le futur, peut-être,
possiblement, chef du Parti libéral du Québec soit cohérent avec ses propres
propos quand il était à Ottawa et nous aide à obtenir plus d'argent, parce que
ce n'est pas réaliste de penser qu'on va mettre des milliards, et des
milliards, et des milliards à l'infini si on n'a pas d'aide du fédéral. Ce
n'est pas les municipalités qui vont être capables de fournir des milliards,
là. On comprend très bien qu'à un moment donné les citoyens ne peuvent pas
payer des taxes à l'infini non plus. Donc, dernier point là-dessus.
Et ensuite il a parlé de l'argent et il a parlé
de la vision en disant : Il n'y a pas de vision en transport collectif. Mais qu'est-ce que ça veut dire, M. le Président,
avoir une vision en transport collectif? Parce que je reviens au Parti québécois, qui a déposé un projet sans lui donner suite. Alors, en termes de
vision, c'est difficile de rédiger un projet de loi, le déposer, c'est
quand même du travail qui a été fait, mais après ça on ne fait rien avec.
Alors, en termes de vision, c'est assez abrupt comme fin de vision. Donc, ça,
c'est le Parti québécois.
Et le Parti libéral, je l'ai dit, a choisi de contourner le problème, ils ont créé la CDPQ
Infra, c'est une bonne chose. Et qu'a fait la CDPQ Infra? Comme par
hasard, un REM dans l'ouest de Montréal. Donc, en dehors de s'occuper du West Island, la vision du transport collectif pour
le Parti libéral, c'était assez limité, je dois dire, M. le Président, et ça
l'était aussi pour l'est de Montréal.
Et ça, c'est surprenant parce que la députée de Jeanne-Mance—Viger, ici,
qui aime, comment dire, se plaindre
du fait qu'il n'y a pas de projet dans l'est de Montréal, mais qui a été 15 ans... Elle a été élue en quelle
année, elle? 2008, peut-être? Enfin, plusieurs années. C'est comme la
députée de Vaudreuil qui était là dans le temps que le pont de
l'Île-aux-Tourtes aurait dû être remplacé puis qui n'a rien fait, et
aujourd'hui elle se demande pourquoi le pont de
l'Île-aux-Tourtes est congestionné en attendant que le nouveau soit construit,
c'est le même principe. La députée de Jeanne-Mance—Viger,
le député de LaFontaine aussi qui pourrait... tu sais, alors, ces gens-là
étaient dans le gouvernement. Ils ne se sont pas occupés de développer
un projet de transport collectif dans l'est de Montréal, et aujourd'hui ils
sont ici à se demander pourquoi il n'y a pas de projet dans l'est de Montréal,
mais, M. le Président, ils ont été là 15 ans.
Alors, nous...
oui, c'est compliqué. C'est compliqué pour quoi? Parce qu'on n'a pas le projet
de loi n° 61, qu'on est en
train de vouloir faire avancer, pour enfin être capables de faire un projet
dans l'est de Montréal, parce que, pour nous, l'est de Montréal, c'est important. Eux se sont occupés de l'ouest,
continuent de s'occuper de l'ouest seulement, et nous, on va s'occuper
de l'est, mais on a besoin de ces moyens-là. Donc, j'espère que la députée de
Jeanne-Mance—Viger
va suggérer à son collègue de Nelligan
d'être, comment dire, diligent dans la conduite de nos travaux parlementaires,
tout en étant évidemment
consciencieux, mais d'être diligent dans l'avancement de l'étude détaillée,
dans l'éventuelle adoption, on le souhaite, du projet de loi n° 61, pour
qu'on soit capables d'aller de l'avant, de mettre en place cette agence-là et
de lui confier un projet... un mandat pour faire un projet dans l'est de
l'île puis qu'enfin on avance.
Mais, malgré tout, malgré tout, à défaut d'avoir
le projet de loi n° 61, la CAQ a passé le dossier d'affaires préliminaire du prolongement de la ligne bleue en
juin 2022, en juin 2022. Ligne bleue, c'est quoi, c'est l'est de Montréal, ça.
La députée de Jeanne-Mance—Viger, le député de LaFontaine et d'autres à l'époque auraient pu
réaliser le prolongement de la ligne bleue. Aujourd'hui, ils nous en
parlent, puis ils nous en parlent, puis c'est long. Bien, pourquoi c'est long, M. le Président? La CAQ est arrivée en 2018. Ça
faisait déjà 25 ans qu'on en parlait, et ils ont été là 15 ans sur
les 25, 30 ans qu'on en a parlé.
Je pense que, si quelqu'un aurait pu faire la ligne bleue, c'est bien eux, mais
ils ne l'ont pas faite, et nous, on l'a faite.
Vous voyez, M. le Président, malgré un manque de
moyens, malgré de l'argent de plus en plus rare et malgré une complexité, parce
que c'est vrai que c'est complexe, le transport collectif, parce que c'est
relativement nouveau par rapport au routier, aux viaducs, aux échangeurs, aux
routes, et tout ça, mais, malgré tout, on fait la ligne bleue. J'ai passé le
dossier d'affaires cet été, là, quand j'ai réussi à attacher le surplus de
financement fédéral dont on avait besoin. Merci, ça a fini par fonctionner.
Alors, merci. Donc... Alors donc, c'est ça, et là on est en train de faire la
ligne bleue, qui va se rendre... les cinq nouvelles stations, les six
kilomètres de la ligne bleue.
Donc, c'est la CAQ, M. le Président, qui a fait
le seul dernier projet qui est en réalisation, à
part le REM du West Island des libéraux, c'est la CAQ le
prolongement de la ligne bleue. Et c'est comme ça, je pourrais vous en nommer...
Le tramway, là, sur lequel on a pris une décision, on a eu le rapport de la
caisse en juin, c'est la CAQ qui va le réaliser. Donc, imaginez ce qu'on serait
capables de faire de manière cohérente, de manière... avec une vraie vision
nationale, si on avait nos propres moyens, parce qu'encore une fois la ligne
bleue, c'est la STM, le tramway, ça va être encore la caisse, le REM, c'est la
caisse. Il nous faut notre propre... nos propres moyens, comme gouvernement,
comme nation du Québec, de prendre le contrôle du destin du transport
collectif. C'est une évidence pour tout le monde.
Et je reviens à nos consultations particulières.
27 groupes sont venus nous rencontrer, ont pris le temps de venir nous rencontrer en personne ici, au parlement, pour
plusieurs, ça implique un déplacement à Québec, mais ils sont venus nous
présenter leurs opinions, et, vous savez quoi, sur les 27, 23 ont appuyé très
clairement le projet de loi, et, sur les quatre autres, il y en a qui étaient
contre, mais il y en a que c'était plus nuancé. Mais, tu sais, je ne veux pas
leur mettre des mots dans la bouche, donc je
ne les classe pas dans ceux qui étaient pour, mais il y en a que c'était très
nuancé puis, d'une certaine façon,
étaient pour. Mais j'en avais 23 sur 27 qui étaient... qui étaient pour le
projet de loi, qui l'appuyaient fermement,
avec, oui, des commentaires, puis c'est normal, c'est la même chose à chaque
projet de loi, mais qui appuyaient le projet de loi fermement parce
qu'ils font le même constat que moi.
Moi, je suis
arrivée il y a deux ans et j'ai fait plusieurs constats au ministère des
Transports : problèmes d'agilité, d'efficacité.
C'est pour ça aussi qu'on a le projet de loi n° 62 chez mon collègue au
Trésor, parce qu'on fonctionne avec des
règles qui sont au Trésor. Donc, il faut, en parallèle, modifier aussi les
façons de faire puis les modes contractuels avec le marché. C'est ce
dont s'occupe mon collègue, qui va être utile pour la future agence.
Mais on ne
peut pas juste dénoncer des problèmes à l'infini sans, après ça, vouloir
participer activement à l'adoption diligente des solutions. Ça me fait
penser dans le temps qu'on a fait le projet de
loi sur Santé Québec, où on a
gardé le ministre de la Santé en commission
pendant des dizaines, des centaines d'heures, tout en dénonçant que ça ne
s'améliore pas en santé. Tu ne peux
pas dénoncer que ça ne s'améliore pas en santé puis, après ça, t'opposer à ce
qu'on adopte le projet de loi de mon collègue pour pouvoir aller de
l'avant puis trouver des solutions.
C'est le même principe ici, M. le Président. On
entend des discours sur le transport collectif à tous les jours, à chaque semaine, et aujourd'hui la CAQ a l'audace
et la volonté de présenter la solution à ce problème-là, de doter notre
nation du Québec de ses propres moyens, de prendre le leadership qu'un
gouvernement devrait prendre en matière de transport
collectif en 2024. C'est ce qu'on fait aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est
l'adoption de principe. On aura l'étude détaillée qui va suivre. Donc,
pour moi, M. le Président, c'est une très grande fierté, et pas seulement pour
moi, manifestement, puisque, comme je vous
dis, une grande
partie des groupes qui sont venus en consultations appuient
fermement le projet de loi et souhaitent qu'il aille de l'avant. Donc, j'espère
que mon collègue a été aussi attentif que moi aux propos de ces gens qui
sont venus et souhaitera, tout comme eux et tout comme moi, être diligent dans
la conduite desdits travaux, parce qu'on en
a besoin pour développer notre transport collectif, et pas seulement à
Montréal, encore moins seulement dans l'ouest de Montréal, mais bien
aussi dans l'est de Montréal et un peu partout au Québec, à la faveur des
projets et de l'appétit pour les villes d'avoir plus de transport collectif
mieux structuré et une vision nationale du transport collectif.
Donc, je m'arrête là-dessus, M. le Président, en
remerciant encore une fois tous les groupes qui sont venus, en remerciant mes
équipes du ministère, ça a été beaucoup de travail de confectionner le projet
de loi, et, bien sûr, en remerciant mes collègues députés, de tous les partis,
mais notamment de la banquette gouvernementale, qui m'ont accompagnée pendant ces 30 heures de
consultations particulières. Nul doute qu'on s'embarque pour plusieurs dizaines
d'heures encore, connaissant mes collègues,
mais c'est toujours un plaisir, M. le Président, de faire avancer notre Québec.
Alors, merci à vous.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Et maintenant je suis prêt à reconnaître la prochaine
intervenante, et ce sera Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Écoutez, je vais commencer par revenir sur les propos que la
ministre des Transports vient juste d'émettre par rapport au projet de
loi sur la santé, sous-entendant que le travail avait été fait pour étirer le temps, alors
que c'est tout à fait l'opposé de ce qui s'est passé. Et je rappellerai que
c'était un projet de loi de plus de
1 200 articles avec, écoutez bien ça, 700 amendements provenant
de la
partie gouvernementale. Alors, que ce soit fait à l'intérieur d'un
trois mois et qu'on se soit rendus sous bâillon, c'est entièrement le résultat
du travail du gouvernement et non pas les oppositions. Et même le ministre de
la Santé lui-même l'a admis, les oppositions ont très bien travaillé dans ce
projet de loi là, et tout s'est fait diligemment. Et c'est la même chose qui se
passera avec le projet de
loi sur l'agence Infra Québec... Mobilité Infra
Québec.
Alors, maintenant, je vais en parler. Alors, M.
le Président, une autre session, une nouvelle agence. Ça semble être rendu une habitude de créer des agences,
agences pour tout. Et d'ailleurs mon collègue le député de Nelligan a dit :
J'espère qu'un jour on ne va pas changer le nom de la Coalition avenir Québec
pour Agence avenir Québec, parce que ça semble être une tendance, où est-ce
qu'il y a un problème, on crée une agence. Est-ce que c'est toujours la
solution? Il faut se poser la question.
D'ailleurs, c'est un peu étonnant qu'on n'ait
pas produit d'étude d'impact pour cette agence-là, pour ce projet de loi là. Et ça fait quand même quelques projets
de loi auxquels je participe, et, dans tous les projets de loi, il y a eu des
études d'impact qui ont été réalisées. D'ailleurs, j'étais précédemment...
j'étais dans les consultations particulières pour
le projet de
loi sur les mines, j'étais, la semaine dernière, dans les
consultations particulières pour le projet de
loi sur la gouvernance
énergétique, plus tôt, l'année passée, j'étais dans un... bien, plus tôt dans
l'année, j'étais sur le projet de
loi sur l'efficacité énergétique des
bâtiments, dans tous les cas, il y a eu des études d'impact réglementaire.
Aussi, la fiscalité municipale que j'ai participé, comme projet de loi, et,
dans tous les cas, on a produit cette étude d'impact réglementaire. Mais semble-t-il que la ministre n'a pas jugé nécessaire
d'en commander une cette fois-ci. Et ça, ça démontre encore une fois
qu'on est devant un projet de loi brouillon, qui semble, en fait... En fait,
les consultations particulières semblent
être l'étude d'impact réglementaire. Et on s'attend à ce que les groupes
viennent commenter, et, comme ça, on pourra
ajuster le projet de loi. C'est quand même un peu décousu comme approche, et je
pense qu'on peut avoir manqué certains fils, là, qui n'auront pas été
attachés correctement.
Le projet de loi, donc, je vais revenir sur ce
qu'il prévoit, donc : «...d'effectuer, lorsque le gouvernement lui confie la responsabilité, [une] analyse
d'opportunité, la planification et la réalisation de projets complexes de
transport.» Qu'est-ce que c'est, un
projet complexe? Ça, le projet de loi ne le dit pas. On dit que «Mobilité Infra
Québec peut également réaliser des
analyses en transport à la demande du ministre responsable des Transports[...] — on
espère — et
exécuter tout autre mandat que le
gouvernement lui confie». Encore une fois, qu'est-ce que c'est, ces tout autres
mandats? Ce n'est pas clair.
Le projet de loi permet, en fait, à Mobilité
Infra Québec «d'acquérir, par expropriation, les immeubles qu'elle juge nécessaires dans le cadre de sa mission pour
son propre compte ou pour le compte du gouvernement, d'une municipalité locale [ou] d'une société de transport en commun».
Et ça, je vais y revenir, mais les municipalités ont une inquiétude par
rapport à ça. Elles ont déjà le pouvoir d'expropriation, les municipalités.
Et une autre inquiétude pour les
municipalités : «Le projet de loi modifie la
Loi sur le ministère des
Transports pour prévoir qu'à défaut
d'entente avec le ministre, le montant de la contribution financière d'une
municipalité ou d'un autre organisme à un projet complexe de transport
est fixé par le gouvernement.» Alors, quand on vient à peine de signer, il y a, quoi, c'est... même pas un an, M.
le Président, le gouvernement... la ministre des Affaires municipales a signé
une entente avec les municipalités, qui, en fait, remplace le pacte fiscal, où
on s'est entendu que, dorénavant, on serait des
partenaires, bien, ce projet de loi là, il ne vient pas dire qu'on est des
partenaires, il vient dire qu'on pourrait vous imposer une façon de
faire, une contribution financière si on n'est pas capable de s'entendre.
Alors, ça, ce n'est pas tout à fait la façon qu'on travaille quand on est des
partenaires.
Donc, je vais revenir à... le projet complexe de
transport. Plusieurs groupes ont signalé qu'il faudrait, lors des consultations particulières... qu'il faudrait
préciser à quoi on fait référence. On parle de mobilité durable. Est-ce qu'on
parle juste de transport collectif? Mais est-ce que ça peut être des
projets autoroutiers aussi? Est-ce que ça, c'est un projet complexe de transport? Est-ce que c'est une agence
qu'on crée pour faire spécifiquement le troisième lien? Est-ce que... Est-ce que le tramway, par exemple, pourrait en faire
partie? Mais... Le tramway de Québec, pardon. Mais il pourrait aussi
rester dans le bureau de projet de la ville de Québec, qui était d'ailleurs
bien en selle, qui faisait très, très bien son travail à ce niveau-là. Donc,
ici, il y a beaucoup d'ambiguïté, ce n'est pas clair.
Mon collègue le député de Nelligan en a parlé
tout à l'heure, le noeud du problème, c'est le financement, en transport collectif, c'est clairement le
financement. Et le projet de loi, bien, en parle très, très peu, très, très
peu, c'est très timide. Et le
financement des sociétés de transport, elles sont toutes venues en parler,
c'est un enjeu actuellement majeur.
Et, aussi, un autre élément qui est dans le
projet de loi, ça concerne l'expropriation, ce que je vous mentionnais tout à
l'heure. À cet égard-là, je vais juste trouver ce que l'Union des municipalités
du Québec est venue parler à ce niveau-là...
ici, voilà. Donc, ils en ont parlé, et ça, c'est, pour eux, une inquiétude,
définitivement. Dans le fond, ce qu'ils ont demandé, en fait, c'est deux choses, mais ce qu'ils voudraient,
c'est que les municipalités restent... donc, qu'on garde, qu'on préserve
l'autonomie municipale. Et ce qu'on dit, c'est que la façon que le projet de
loi est écrit, ça pourrait compromettre, donc, sérieusement, cette autonomie
municipale là. Et, par rapport à la contribution financière, on dit : «Le projet de loi prévoit que le gouvernement fixe
unilatéralement la contribution financière des municipalités pour les
projets complexes de transport avant de leur confier l'exploitation.»
Ça, c'est sûr qu'on le sait, les municipalités
ne peuvent pas faire de déficit, M. le Président, c'est une réalité, elles
doivent produire un budget équilibré. Mais là ça va amener une incertitude par
rapport au budget, parce qu'on ne saura pas quel sera le montant, éventuellement,
que les municipalités auront à assumer, et la part de celles-ci pourrait s'avérer être beaucoup plus importante que ce
qu'elles s'attendraient normalement de payer. Et là ce qu'on dit, bon, que
Québec s'entend qu'ils veulent le faire de
façon... de négocier avec les municipalités, mais, à défaut d'entente, là,
c'est le gouvernement qui va fixer le montant de la contribution
financière.
on l'a vu dans les dernières années, les montants ont augmenté, les coûts
d'opération ont augmenté de façon importante, les coûts des projets
aussi, hein? On impose l'électrification, par exemple, des autobus. C'est rendu
que ça coûte une fortune, M. le Président. Les coûts, on sait, tous les coûts
de construction ont augmenté, mais tout ce qui est projet d'énergie, ça a augmenté beaucoup, beaucoup plus rapidement
que l'inflation. Et j'ai l'exemple de la Société de transport de Laval, qui est la ville où je suis
députée, où j'ai oeuvré à
titre de conseillère municipale de nombreuses années,
bien, les coûts ont vraiment augmenté pour
leur projet qu'ils avaient de créer un garage pour accueillir les véhicules,
les autobus électriques.
Et donc,
sachant que tous ces coûts-là augmentent, bien, c'est un peu naturel qu'on peut
s'attendre que les projets de
transport, les projets... comment ils appellent ça, là, les projets majeurs de
transport qui ne sont pas... complexes, pardon, projets complexes de
transport, qu'on ne sait pas encore la définition, bien, ils vont aussi
augmenter. Et là la part des municipalités, bien, nécessairement, va vraiment
augmenter. Par contre, les municipalités, elles sont toujours prises avec le même bassin de taxation, contrairement au
gouvernement. Lorsque l'inflation augmente, le gouvernement, lui, il génère plus de taxes, parce que les coûts des
biens augmentent, donc les revenus de TVQ, de la taxe de vente du Québec,
augmentent. Ce n'est pas le cas pour les municipalités, la taxe foncière
n'augmente pas au même rythme que l'inflation. Pourquoi? Parce que, si c'était le cas... En fait, c'est qu'il y a comme
un effet, aussi, multiplicateur au niveau du gouvernement, contrairement
aux municipalités, qui, elles... Oui, peut-être qu'il y a une inflation au
niveau de l'immobilier, mais elles doivent
ajuster, généralement, le taux de taxation à la baisse pour que l'impact ne
soit pas trop important. Mais surtout les dépenses des municipalités, elles
augmentent souvent à un rythme plus élevé que l'inflation, parce que, le panier
de services que les municipalités achètent, notamment les projets de construction,
bien, eux augmentent beaucoup plus rapidement.
Je me rappelle à une époque où l'inflation était
autour de... entre 2 % et 3 %. Cette année-là, nous, on avait, la ville de Laval à l'époque, des projets de
construction qui avaient augmenté de 15 % à 20 %. Alors, vous
comprendrez qu'à ce moment-là ça vient... ça fait un écart. Puis on le
sait, qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre dans le domaine de la construction, et donc cette pénurie de
main-d'oeuvre là fait une pression à la hausse sur les salaires, mais sur les
coûts, les... il y a de moins en
moins d'entreprises aussi qui soumissionnent. Alors, les projets, l'inflation
augmente encore plus. C'est pour ça que je dis : Les villes ont une
pression supplémentaire du fait qu'elles doivent assumer une part plus grande.
Et là, bien, avec les contributions dont... qui
seraient prévues au projet de loi, bien, on ne sait pas, les villes ne savent
pas à quel point on va pouvoir... En fait, on ne sait pas à quel point on va
pouvoir l'absorber sans que ce soit un choc tarifaire pour les citoyens. Donc,
c'est... il y a vraiment un équilibre, ici, qu'on est peut-être en train de
perdre.
Il y a un
autre élément, dans le projet de loi, qui... que plusieurs groupes ont soulevé,
c'est le fait que le gouvernement se
donne tous les pouvoirs, notamment en ce qui a trait à l'expropriation qui se
ferait au nom des villes. Les villes ont été habituées, là, c'est quelque
chose qu'elles sont... qu'elles utilisent allègrement. Et ce qui est étonnant
là-dedans, c'est qu'on veut s'arroger ce pouvoir-là que les villes ont pour...
probablement parce qu'il y a un intérêt financier à faire ces
expropriations-là, mais, du même coup, il y a deux ans à peine, trois ans, le...
bien, en fait, en 2020, le gouvernement de
la Coalition avenir Québec a exigé des villes qu'elles exproprient, pour le
gouvernement, les terrains des écoles. Donc, ça, c'est... dans ce cas-là, c'est une dépense directe, puis on
dit : Vous allez les exproprier, les terrains, puis vous allez assumer
la facture. Mais là, ici, quand il y aurait
peut-être une possibilité de faire des sous avec ça, ah! là, on dit : Bien
non, non, on va le faire, nous, on va les... on va exproprier au nom des
villes. Les villes sont tout à fait en mesure d'exproprier, et même, comme je
disais, le gouvernement les oblige à le faire dans le cas des écoles.
Je vais revenir au financement. Là, on
dit : C'est l'élément... l'éléphant... mon collègue de Nelligan a parlé de
l'éléphant dans la pièce, le financement. Moi, je voudrais vous parler du
transport en commun à Laval, mais, avant de faire
ça, je vais revenir sur les propos de la ministre des Transports, qui a dit
que... qu'elle a dit : Le Parti libéral du Québec, tout ce qu'il a fait, c'est le REM du West Island.
Ce sont ses termes à elle, elle a utilisé ça. D'abord, je voudrais rappeler
à la ministre que non seulement le REM va dans l'Ouest-de-l'Île, mais il va
aussi à Brossard, qui est sur la Rive-Sud de Montréal, il va aussi dans l'ouest
de Laval et il va jusqu'à Deux-Montagnes, M. le Président. Alors, de... c'est
assez réducteur de dire que c'était... que
ce projet-là n'avait que pour but de desservir une clientèle anglophone. Ce n'est
pas tout à fait le cas, c'est même toute la région métropolitaine qui
est desservie par ce projet-là.
Et j'ajouterais, j'ajouterais, M. le Président,
que c'est sous le gouvernement de Jean Charest que le train de Mascouche a été développé. Le train de Mascouche,
là, il passe par l'est de Montréal, il passe par Terrebonne, par Mascouche,
ça, je ne pense pas qu'on est dans l'Ouest-de-l'Île de Montréal. Ce n'est pas le West Island, là, on est
vraiment, vraiment, vraiment dans une autre
section du Québec. Alors,
j'inviterais la ministre à revoir sa géographie à ce niveau-là et les
réalisations du Parti libéral du Québec.
Mais je vais venir à Laval. À Laval, une
promesse-phare que la CAQ avait faite à l'administration municipale à l'époque où j'y étais, c'était d'ouvrir et de
créer un bureau de projet pour le prolongement de la ligne orange, la branche
ouest. Donc, celle qui se termine à Côte-Vertu devait se prolonger. Il devait y
avoir un bureau de projet pour étudier le prolongement jusqu'à Laval. Vous allez
me dire : Il y a déjà le métro à Laval. Oui, c'est vrai. C'est vrai qu'il
y a déjà le métro à Laval, mais c'est du
côté est, la branche est. Et là, juste pour vous situer, ça, c'est du côté
Montmorency qui... en fait, qui a été
prolongé depuis Henri-Bourassa. Ça aussi, c'était à l'époque du gouvernement de
Jean Charest, M. le Président.
Mais donc, ce
prolongement-là, ce métro-là, ce qui arrive, c'est que, dès les premiers trains
qui arrivent à Montmorency, avant
même d'être rendus à Henri-Bourassa, ils sont pleins à pleine capacité. Les
gens qui prennent le métro sur la ligne orange, quand ils arrivent à Sauvé,
quand ils veulent rentrer puis se rendre à Berri-UQAM puis qu'ils rentrent à
Crémazie, bien, ils n'ont pas de place,
c'est tellement... On appelait ça, nous... Dans le temps, on le disait, c'était
la classe sardine parce qu'on était
coincés, je l'ai fait pendant des années, coincés, coincés, coincés. Et donc ce
qui a été étudié par tous les groupes de transport de la région
métropolitaine, c'est que la meilleure façon de désengorger cette ligne qui...
ailleurs, la ligne bleue rentre aussi sur cette ligne-là. Quand le prolongement
de la ligne bleue va être terminé, où
est-ce qu'ils vont aboutir, les gens qui vont rentrer? Ils vont arriver à
Jean-Talon. Qu'est-ce qui va arriver à Jean-Talon? Ils ne pourront pas
rentrer dans le train. Pourquoi? Parce qu'il est déjà plein depuis Laval. Donc,
ça, c'est la réalité de la ligne orange. Alors, ceux qui vont passer de la
ligne bleue, là, vont trouver ça bien difficile. Et tout le monde l'a dit, il
faut absolument prolonger la ligne orange du côté ouest pour qu'il n'y ait pas
une... pour ne pas que ça explose quand la
ligne bleue va être... va s'ouvrir. Puis là actuellement il ne se passe rien.
Le bureau de projet n'a pas été ouvert du tout, M. le Président.
Et pourtant la ville de Laval... Et ça, c'était
une promesse... En 2022, M. le ministre, à l'époque, des Transports, qui est
aujourd'hui ministre de la Sécurité publique, avait promis le projet... le
bureau de projet. Là, il va être créé, mais ce n'est toujours pas au PQI, M. le
Président. Il n'y en a pas. Et pourtant la ville de Laval est même prête à
financer à parts égales ce bureau de projet là. Et on considère que, si le
prolongement de la ligne orange se faisait à Laval, on pourrait construire,
écoutez ça, M. le Président, 50 000 logements. Ça, c'est le potentiel
qui est estimé sur le long de cette ligne,
où se trouverait cette ligne-là. Les terrains, une grande partie, appartiennent
déjà à la ville. Il n'y aurait pratiquement pas d'expropriations pour
faire ce projet-là. Alors, j'invite... et j'espère qu'enfin, si cette agence se
crée, que le projet de... le projet de... voyons! J'espère que, si cette agence
est créée, le premier projet qu'ils feront, c'est le prolongement de la ligne
orange du côté ouest. On en a tous besoin dans la région métropolitaine.
Maintenant,
le financement, la réalité, c'est que, malheureusement, tout le monde l'avait
dit, il y aurait des coupes dans les services éventuellement. Alors, à
Laval, je vais vous parler de Laval, ça a commencé... en fait, ça a commencé en
décembre, où la Société de transport de Laval a dû abolir une quarantaine de
postes, essentiellement administratifs. On n'a pas trop touché aux services. On
a réussi à s'en sortir. Ensuite, en juin, on a aboli une autre vingtaine de
postes, et là on a dit :
Malheureusement, il y aura des choix difficiles qui viendront. Cet été, M. le
Président, et ça, c'est vraiment directement
relié aux coupes de budget, au manque de budget que la STL fait face, et ce
n'est pas parce que la ville de Laval n'a
pas augmenté sa contribution, parce qu'elle l'a augmentée énormément, mais,
malheureusement, la STL a dû suspendre des lignes qui desservaient
37 résidences pour personnes aînées, des lignes qui leur permettaient de
sortir de chez eux et d'aller, par exemple,
vers un centre commercial et les bibliothèques, et ça, maintenant, elles sont
complètement abolies. Ensuite, on a
dit qu'il faudrait réduire de 6 % l'offre par rapport au printemps, et,
malheureusement, il y a une douzaine de lignes dont on a mis fin aux voyages après 22 h 30. On a coupé
plusieurs lignes, dont, et là je vais parler de ma circonscription, la ligne express 942, qui reliait le quartier
de Saint-François, qui est absolument... qui est tellement loin du reste de
Laval, M. le Président. Et cette
ligne-là amenait les gens à la station de métro Montmorency de façon expresse,
en prenant l'autoroute. En coupant
cette ligne, M. le Président, on ajoute, sur une direction, 35 minutes de
déplacement, ça, c'est matin, 35 minutes de soir. Que pensez-vous qu'il va
se passer? Malheureusement, les gens vont prendre leurs voitures, parce qu'il
n'y a pas d'autre option qui soit
raisonnable. Prendre l'autobus des lignes régulières, c'est tellement long, M.
le Président, que c'est beaucoup,
beaucoup plus rapide, malheureusement... en autobus. Et on pénalise, de ce
fait, les étudiants qui se rendaient au collège Montmorency, au collège
Letendre.
Alors, M. le
Président, tout ce que je peux dire, c'est que, malgré les... en fait, je peux
dire que l'agence Mobilité Infra Québec ne réglera pas cette situation.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée des Mille-Îles. Je suis maintenant prêt à reconnaître
la prochaine intervention, et ce sera Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci,
M. le Président. Donc, bonjour à tous. À mon tour d'intervenir ce matin dans le
cadre de l'adoption du principe du
projet de loi n° 61, Loi
édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif. C'est un projet de loi extrêmement important,
M. le Président, pour lequel nous allons, comme d'habitude, accorder tout le
sérieux, toute la rigueur que vous nous connaissez dans l'analyse du fin
détail.
Rappelons que «le projet de loi institue
Mobilité Infra Québec, qui a pour mission — d'une part — d'effectuer,
lorsque le gouvernement lui en confie la
responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification et la réalisation de
projets complexes de transport».
Également, le projet de loi précise que Mobilité Infra Québec, la nouvelle
entité, pourra «également réaliser des analyses en transport à la demande du
ministre [...] et exécuter tout autre mandat que le gouvernement lui
confie».
Évidemment, «le projet de loi détermine les
règles d'organisation et de fonctionnement de la nouvelle agence et l'assujettit
à la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État».
gouvernement... Le gouvernement! «Le projet de loi permet notamment à Mobilité Infra
Québec d'acquérir, par expropriation, les immeubles qu'elle juge
nécessaires dans le cadre de sa mission pour son propre compte ou pour le
compte du gouvernement, d'une municipalité locale, d'une société de transport
en commun, du Réseau de transport métropolitain ou de l'Autorité régionale de
transport métropolitain. [Donc] le projet de loi prévoit que seule Mobilité Infra Québec a compétence à l'égard d'un projet
complexe de transport dont le gouvernement lui a confié la planification
ou la réalisation.»
Je vais y revenir plus tard, M. le Président,
mais moi, ma... je vais porter la voix des municipalités ce matin. Elles ont exprimé, par le biais de l'UMQ, de la
FQM... En fait, ce qu'elles disent, et c'est très clair, c'est qu'il faut
s'assurer de maintenir l'autonomie des villes dans le dossier du
transport. Moi, dans le cadre de mes rencontres avec des maires, mairesses, c'est un sujet qui revient tout le
temps. La question du transport est un des enjeux les plus importants, un des
dossiers chauds qui préoccupent, donc, les
maires, mairesses à la grandeur du Québec. Et donc il faut traiter les
municipalités comme de véritables partenaires dans ce dossier.
projet de loi prévoit que la nomination des employés par Mobilité Infra Québec — bon — [va
se faire] selon le plan d'effectifs», etc.
«Le projet de loi
modifie la
Loi sur le ministère des Transports pour prévoir qu'à défaut
d'entente avec le ministre, le montant de la contribution financière d'une
municipalité ou d'un autre organisme à un projet complexe de transport est fixé
par le gouvernement.» Ici, on touche, donc, à une décision qui est prise au
niveau du gouvernement, qui a un impact important sur le terrain, au niveau des
villes. J'y reviendrai.
projet de loi modifie également, donc, une série de lois : la
Loi sur les
infrastructures publiques, etc. On prévoit donc, c'est ça, toute la
gestion, là, autour de cette nouvelle société.
Mais ce que je
retiens, c'est que c'est extrêmement important comme projet de loi, c'est
une... Encore une fois, comme on a vu en
santé, on vient mettre sur pied une agence, on fait un brassage de structures
et on se demande, donc, est-ce que
cette... l'arrivée de cette nouvelle agence, cet effort énorme qui est mis, en
termes de revoir les structures, est-ce que ça va donner des résultats
concrets. On sait que l'offre de transport collectif est inadéquate, à la grandeur
du Québec, il y a beaucoup de défis. Et
donc, un peu comme en santé, où les défis sont importants, sur le terrain, on
se dit : Est-ce que l'agence va vraiment permettre d'atteindre de
meilleurs résultats? Bien, la question se pose aussi au niveau du transport.
Il y a de nombreux enjeux qui sont soulevés, qui ont été rapportés et qu'on
continuera donc à suivre. M. le Président, notamment,
Mobilité Infra Québec, on comprend, se fera confier les projets complexes de
transport. C'est un terme qui n'est pas défini, qu'est-ce qu'on entend
par un projet complexe de transport.
D'ailleurs,
la FQM le mentionne aussi, là, dans son mémoire. La Fédération québécoise des municipalités dit que «la
création de Mobilité Infra Québec modifiera fondamentalement les pratiques dans
la réalisation des projets complexes de
transport, une notion non définie, en les confiant à une autorité dépolitisée»,
donc cette fameuse agence. «Ce changement de paradigme aura des impacts
à moyen et long terme.» Et on se rappelle que l'objectif initial semble
d'accélérer les projets déjà envisagés dans les grands centres urbains.
Donc,
ici, on voit que la FQM met de l'avant, donc, ses préoccupations, ses priorités
et se dit que, oui, il y aura... il
semblerait qu'il y aura donc des bénéfices ou on souhaite qu'il y ait des
bénéfices dans la réalisation des grands projets dans les grands centres
urbains, mais ce que la FQM nous dit, c'est : N'oublions pas... Et c'est
ce qu'ils disent : «Il est difficile
d'identifier les bénéfices qu'en retireront les MRC et les municipalités
situées à l'extérieur des zones desservies par l'une des 10 sociétés
de transport.»
Donc,
la portée du projet de loi donne un très grand pouvoir à la nouvelle agence, et
on s'attend donc à ce qu'on puisse répondre aux besoins en transport des
personnes hors des centres urbains également, qui n'exigent pas toujours des
gros projets d'infrastructure ou des investissements financiers majeurs.
pour les citer encore une fois, la Fédération
québécoise des municipalités, ils
nous disent «qu'il sera intéressant de
voir les retombées dans nos communautés». Et ils rappellent que «le monde
municipal est un acteur légitime, incontournable, et pourtant sa place n'est définie nulle part dans
ce projet de loi». Donc, ça, c'est probablement un élément qui devra être
bonifié, M. le Président.
Ensuite,
les enjeux entourant le financement et les sources de financement des sociétés
de transport sont timidement adressés dans le projet de loi. Pourtant,
il s'agit d'une préoccupation centrale. En fait, c'est le noeud du problème au
niveau du transport, c'est le financement, le manque d'argent, le manque de
liquidités. Il est là, le problème.
Et permettez-moi
donc, encore une fois, de citer ce qui nous est rapporté par le monde municipal
dont... cette fois-ci, je me réfère au mémoire de l'UMQ, l'Union des
municipalités du Québec, qui nous parle, donc, des enjeux de financement dans
son mémoire. Ils nous disent que... Bien, premièrement, ils nous disent que les
municipalités veulent être traitées comme
des partenaires, elles souhaitent «travailler de concert avec le gouvernement
du Québec afin de trouver des solutions pérennes aux enjeux de
financement du transport collectif». Ils nous rappellent que régler d'abord
l'enjeu du financement des opérations est
essentiel pour permettre la croissance de l'offre de transport collectif. À
l'heure actuelle, ils nous disent que chaque nouveau projet creuse le
déficit d'opération.
Donc, ce qui est
important pour eux, c'est de «se doter d'un cadre financier prévisible, sur
cinq ans, qui assurera une croissance de l'offre de transport collectif partout
au Québec», et que, donc, c'est «d'une importance capitale pour le
développement des régions et pour atteindre nos cibles collectives de réduction
des gaz à effet de serre».
Le gouvernement
caquiste, M. le Président, affirme que l'objectif du projet de loi n° 61
est fait dans le but de retirer la politique
des décisions, mais permettez-nous de questionner cette affirmation, là. Le
projet de loi semble, en fait, indiquer le contraire. Donc, c'est
quelque chose qu'on aura à l'esprit dans le cadre de l'étude détaillée. Par ce
projet de loi, le gouvernement se donne tous
les pouvoirs, notamment en ce qui a trait à l'expropriation qui se fera
également au nom des villes. Qu'en est-il, M. le Président, de l'autonomie des
municipalités dans le cadre de ce dossier? Je l'ai mentionné, et, s'il y a un message que je souhaite qui soit
retenu ce matin, c'est vraiment de ne pas oublier ici que les municipalités
sont les mieux placées pour connaître
les besoins sur le terrain, les spécificités de leur territoire, et qu'il ne
faut pas ici, donc, les mettre de côté et adopter une attitude
paternaliste.
La question de
l'autonomie des municipalités, on y reviendra plus d'une fois durant l'étude
détaillée du projet de loi. Permettez-moi,
encore une fois, de me référer au mémoire de l'Union des municipalités du Québec, qui parle du respect des compétences et de l'autonomie municipale
qui sera une condition de succès incontournable pour la nouvelle agence Mobilité Infra Québec. Je les cite, donc,
nos partenaires — ce
sont nos partenaires, là, l'UMQ, le gouvernement l'a dit souvent, il
faut les écouter : «Étant les actrices les plus à même de connaître les
besoins de leurs milieux, il est primordial que les municipalités soient
parties prenantes de la prise de décision sur les projets complexes de
transport déployés sur leurs territoires.
Ceux-ci auront des effets significatifs tant sur l'aménagement du territoire et
l'urbanisme que sur les finances des municipalités impliquées.»
Finalement,
bon, la composition des membres gouvernant l'agence ne semble pas claire. Qui
pourra en faire partie? Qui
déterminera qui peut y accéder? Quelle latitude pourra-t-elle avoir? Ce sont
des questions qu'il reste à poser, M. le Président.
On l'a dit, là, la
création de cette agence, avec un mandat clair, transparent et surtout bien
financé, est d'une importance capitale, car
c'est l'avenir de tous les futurs prochains projets structurants en transport
du Québec qui en dépend.
Il faut le rappeler, M. le Président, donc,
depuis l'arrivée en poste du gouvernement de la CAQ, les crises en transport collectif se sont multipliées. Et, on
peut se demander, est-ce que le projet de loi n° 61
est la solution à ces crises? Est-ce que le projet de loi n° 61
va contribuer, donc, à régler cette problématique? Tout ça reste à voir.
Le financement, j'en ai parlé, il est au coeur
du problème. C'est dans... En fait, c'est l'éléphant dans la pièce. Pourtant,
le gouvernement demeure totalement silencieux sur la question du financement,
alors que c'est ici qu'il faut pourtant rassurer les municipalités, de même que
répondre aux ambitions des municipalités qui souhaitent, on le sait, bonifier
l'offre de services en transport en commun.
En créant la nouvelle agence, est-ce que la
ministre tente de se déresponsabiliser? On comprend que ce n'est pas son intention, mais la question se pose, là.
Plus que jamais, en transport en commun, il faut que le gouvernement montre
qu'il est engagé. La dernière chose qu'il doit faire, c'est se désengager de
cette responsabilité qui lui incombe. Il lui faut
plutôt montrer que, plus que jamais, le gouvernement est un leader dans ce
dossier-là et qu'il a une vision dans ce dossier. J'entendais la ministre, un peu plus tôt, parler
de cette vision. On l'espère qu'elle... donc, que la poursuite de l'étude du
projet de loi va permettre de bien saisir quelle est la vision du gouvernement
dans ce dossier-là.
Je me remets
encore... je m'en remets encore au mémoire de l'Union des municipalités du
Québec. Moi, comme vous le savez, là, je suis porte-parole de l'opposition
officielle au niveau des affaires municipales. Donc, je porte la voix
des municipalités qui sont les premières, donc, qui sont concernées par ce
dossier extrêmement important qui est le transport collectif. Ce qu'ils nous
disent, d'entrée de jeu, dans leur mémoire, et c'est ce que j'entends à chaque
fois que je parle à un maire ou une
mairesse, c'est l'importance du transport collectif. C'est important pour les
municipalités dans leur développement. Une municipalité ne peut pas se
développer, ne peut pas attirer des entreprises, retenir ses jeunes, retenir sa
population, assurer un service adéquat à ses citoyens, s'il n'y a pas une offre
adéquate de transport collectif.
On nous dit
que «le transport collectif constitue un service de première importance pour
soutenir le développement économique et territorial des municipalités, ainsi
que pour atteindre plusieurs objectifs collectifs et cibles établies par
le gouvernement du Québec. De plus, il améliore significativement l'accès de la
population aux lieux de travail et de loisirs — bien entendu — ainsi
qu'aux biens et services, tels que les services de santé et d'éducation. C'est
pourquoi il est essentiel d'en faire une véritable priorité nationale.»
C'est ce que
les villes demandent. Et donc on espère... Et on croit la ministre sincère
quand elle dit qu'elle ne se désengage pas, qu'au contraire cette agence
va permettre de réaliser les projets plus rapidement. On lui demande donc de ne
pas oublier d'impliquer les municipalités dans le cadre de ce dossier, dans le
cadre de son mandat.
L'offre de services... l'offre de nouveaux
services en transport au Québec est plutôt au neutre, à notre sens, là, depuis l'arrivée de la CAQ, j'entendais ma
collègue la députée de Mille-Îles aussi donner des exemples, et ce, sans
omettre les multiples interruptions dans les projets en cours. Donc, si
le projet de loi n° 61 peut finalement ramener le
transport collectif sur les rails, sans faire de jeu de mots, nous serons de la
partie, M. le Président.
Permettez-moi
donc de poursuivre avec... un peu plus en détail, là, au niveau des recommandations qui nous sont émises, qui nous sont
faites par l'Union des municipalités du Québec. Ils nous demandent, ils nous
implorent... donc, il y a trois volets
importants à leurs revendications. C'est d'assurer un financement des
opérations du transport collectif stable, prévisible et pérenne. Ils
nous demandent aussi de développer l'offre de transport collectif dans toutes
les régions du Québec, et c'est dans ce
sens-là aussi que va le mémoire de la FQM. Et troisièmement, on réclame, au
niveau de l'UMQ, une planification des projets complexes de transport
collectif qui respectent l'autonomie municipale.
On ne peut pas le dire assez souvent, il faut
respecter l'autonomie municipale. L'idée, ce n'est pas de centraliser et d'adopter une attitude paternaliste qui,
essentiellement, dira aux municipalités : On sait mieux que vous, on s'en
occupe, vous, on va vous tenir informés une fois que les décisions
seront prises. Ça ne peut pas du tout être la voie à suivre, M. le Président.
Donc,
revenons au premier objectif, au... la première revendication au niveau du
financement, ce que les municipalités demandent, c'est un cadre
financier sur cinq ans pour assurer une gestion la plus efficace possible qui
prend en compte le moyen et le long terme.
Il est important de pouvoir compter sur un financement conséquent du transport
collectif qui soit stable, prévisible
et pérenne. Et on nous dit que la révision du cadre financier a été repoussée à
plusieurs reprises puis que le Québec se trouve dans une impasse à
chaque fin d'année financière, alors que les sociétés de transport peinent à
boucler leur budget.
Donc, il y a
des recommandations qui sont mises de l'avant dans ce sens-là, dans le mémoire
de l'UMQ. J'implore le gouvernement
d'en prendre compte et... de les prendre en compte et d'y donner suite.
Également, de revoir les programmes
d'aide financière du transport collectif afin qu'ils soient plus prévisibles,
arrimés avec les budgets municipaux et qu'ils requièrent moins de
redditions de comptes. C'est quelque chose qu'on entend beaucoup dans nos
discussions avec les maires, mairesses, la reddition de comptes. Elle est
simplement trop lourde. Il y a vraiment trop de bureaucratie qui est imposée au niveau des villes. Ils
souhaitent qu'on ajuste les sources de revenus traditionnelles en fonction de
la hausse des coûts. Ils souhaitent également, on en a souvent entendu
parler, M. le Président, ils souhaitent qu'on puisse diversifier les sources de
revenus pour aider, justement, à combler le déficit d'exploitation.
On nous parle, et là je pense que ça vaut la
peine de les citer, là, on nous parle du rôle du gouvernement du Québec dans le
financement des opérations des nouveaux projets complexes de transport
collectif. Ils nous rappellent, à l'UMQ, que
«le transport collectif, c'est une mission de l'État et qu'à ce
titre
l'engagement financier du gouvernement du Québec en ce qui concerne les
nouveaux projets complexes de transport collectif — c'est ce dont le projet de loi n° 61 parle — doit aller au-delà de la
planification et la réalisation de ces projets. L'exploitation des nouvelles
infrastructures
occasionnera des coûts importants pour les décennies suivant leur réalisation.
Donc, il est important pour l'UMQ que le gouvernement du Québec prenne un
engagement clair et sans équivoque du fait de son rôle prépondérant dans le financement des opérations des nouveaux
projets complexes, planifiés et réalisés par la nouvelle agence, dont la
facture d'exploitation ne reposera pas uniquement sur le milieu
municipal et les usagers. Et nous demandons clairement de clarifier, dans le
projet de loi, que le gouvernement du Québec jouera un rôle prépondérant dans
le financement des opérations de ces nouveaux projets complexes.»
Je reviens aussi sur leur deuxième... le
deuxième volet de leur mémoire. Il y a des projets qui sont attendus dans toutes les régions, pas seulement dans les
grands centres. On nous rappelle que «les citoyennes et citoyens comptent
sur leurs élus pour leur offrir des alternatives à la voiture. Cette volonté
citoyenne existe dans les grandes villes, mais également partout au Québec. Et,
pour financer ces nouveaux projets aux investissements importants, il est
primordial d'avoir un financement des
immobilisations conséquentes.» On nous demande de retirer les barrières légales
et réglementaires à l'augmentation de l'offre en région, etc. Leur
mémoire est très détaillé, étoffé, comme à l'habitude. On remercie donc l'Union
des municipalités du Québec pour leur contribution aux travaux de la
commission.
Et finalement, il me reste quelques instants, je
reviens sur l'élément central. Je l'ai mentionné, c'est le message clé de mon intervention, c'est de respecter
l'autonomie des municipalités. On demande une planification des projets
complexes de transport collectif qui respectent cette autonomie
municipale, justement. De façon plus spécifique, on nous dit que le projet de
loi n° 61 prévoit que le gouvernement du Québec se réserve le droit de
fixer la contribution financière des municipalités pour chaque projet complexe
de transport et lui en confie ensuite l'exploitation sans entente préalable entre les deux parties. Cette perspective
représenterait, selon l'UMQ, une atteinte sérieuse à
l'autonomie municipale et pourrait avoir un impact majeur sur les
finances de cette municipalité. Ça va de soi.
Donc, quand
on impose un fardeau financier à une tierce partie, puis on ne devrait pas
considérer les municipalités comme une tierce
partie ici, il est tout à fait
normal qu'on les implique en amont au préalable, et qu'ils soient donc
partie prenante à la prise de décision, et qu'ils soient bien conscients, donc,
de l'impact que tout ça aura dans leur quotidien. Ils demandent que le projet
de loi n° 61 soit modifié afin de garantir qu'il y ait une entente entre
la municipalité et le gouvernement pour qu'un projet puisse être réalisé sans
nécessairement exiger de contribution municipale au montage financier. Et
finalement il y a la question de l'aménagement du territoire qui est de
responsabilité, on le rappelle, des municipalités. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont. Et maintenant je reconnais Mme la députée
de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci,
M. le Président. Donc, je suis aussi ici aujourd'hui pour intervenir sur le
projet de loi n° 61,
loi sur la Mobilité Infra Québec et à modifier
certaines dispositions relatives au transport collectif, qui nous semble
accorder une importance excessive à
la rapidité de la mise en oeuvre des projets d'infrastructure au détriment de
la qualité, de la durabilité et,
notamment, un manque de vision globale et d'une vraie stratégie à l'échelle de
la province dans les régions et dans les villes en matière de transport
en commun.
En favorisant
une approche axée sur la vitesse au détriment de l'évaluation minutieuse des
besoins réels en matière de transport, le projet de loi n° 61 risque de
conduire à des décisions précipitées et potentiellement préjudiciables
pour l'environnement et les communautés locales.
De plus, ce
projet de loi manque de transparence et de mécanismes adéquats de reddition de
comptes. En accordant des pouvoirs
étendus à l'organisme Mobilité Infra Québec sans les garde-fous nécessaires, le
projet de loi n° 61 risque de créer un climat d'opacité et
d'opportunisme qui pourrait nuire à la confiance du public dans le processus de
planification et de la mise en oeuvre
des projets d'infrastructures de transport. Je vais... En tant que porte-parole
pour l'opposition officielle en matière de personnes vivant avec un
handicap ou sur le spectre de l'autisme, je vais mettre l'attention aujourd'hui
sur la question de l'accessibilité pour les
personnes à mobilité réduite ou avec un handicap, mais, avant d'arriver,
quelques remarques générales.
Donc, dans le projet de loi... L'offre de
nouveaux services en transport au Québec est au neutre, depuis l'arrivée de la CAQ, et ce, sans omettre les multiples
interruptions dans les projets en cours. Parmi les éléments qui manquent dans
le projet de loi dans sa forme actuelle, il est essentiel d'impliquer
activement les citoyens, les communautés locales et les parties prenantes dans le processus de planification et de décision
des projets d'infrastructures de transport. Si ce projet de loi renforçait les mécanismes de consultation
publique et garantissait la transparence des processus décisionnels, on
aurait pu s'assurer que les besoins et les préoccupations des citoyens seraient
pris en compte de manière adéquate, mais ce n'est pas le cas dans la version actuelle
de ce projet de loi.
Il serait aussi important d'intégrer des
critères de durabilité environnementale, sociale et économique dans la
planification et la mise en oeuvre des projets d'infrastructures de transport.
En favorisant des solutions innovantes et respectueuses
de l'environnement, on pourrait contribuer à réduire l'empreinte carbone des
transports et à promouvoir un développement urbain plus durable.
Quant au risque de précipitation et de manque de
transparence, des préoccupations ont été soulevées lors des consultations quant
au risque de la précipitation dans la mise en oeuvre des projets
d'infrastructure visés par le projet de loi
n° 61 ainsi que sur le manque de transparence et de reddition de comptes.
Il est primordial de veiller à ce que tous les projets d'infrastructures de transport soient conçus de manière à
garantir l'accessibilité pour tous, notamment pour les personnes à mobilité réduite et pour les personnes
vivant avec un handicap physique ou neurologique. En intégrant des critères d'inclusion et d'accessibilité universelle
dès le début de la planification des projets, on peut favoriser une plus grande équité dans l'accès aux services de
transport car tous les Québécois, avec ou sans handicap, ont le droit de
pouvoir accéder aux transports en
commun pour se rendre au travail, à un rendez-vous médical ou juste pour se rendre quelque part,
plutôt que de devoir rester isolés chez eux.
Il est complètement désolant qu'aucun groupe
représentant spécifiquement les intérêts des personnes vivant avec un handicap ou à mobilité réduite n'ont été
invités lors des consultations, ce qui démontre du manque d'intérêt de ce
gouvernement de prendre en considération les réalités d'accessibilité des
personnes avec un handicap dans le cadre de ce projet de loi qui aura un impact
majeur sur les futures infrastructures en matière de transport.
Les lacunes du projet de loi n° 61
en matière d'accessibilité pour les personnes vivant avec un handicap et les besoins de transport adapté mettent en lumière l'importance
de garantir une approche inclusive, équitable et respectueuse des droits
des personnes en situation de handicap, dans le cadre de la planification et de
la mise en oeuvre des projets d'infrastructures de transport au Québec.
Ce projet de loi n'a pas prévu de consultation
adéquate des personnes avec un handicap et des organisations représentant leurs
intérêts dans le processus de planification et de prise de décision. Donc, je
me permets, au nom de cette population, de
représenter à vive voix les commentaires de la table de concertation sur
l'accessibilité universelle des transports collectifs de Montréal, dans
le mémoire qu'ils ont soumis dans le cadre du projet de loi n° 61.
Ce projet de loi démontre, d'après eux et
d'après la communauté de personnes qui représentent les intérêts des personnes vivant avec un handicap... ce projet de
loi démontre un manque flagrant d'attention aux besoins de ces usagers
car il n'accorde aucune attention aux besoins des usagers de transports en
commun, notamment en ce qui concerne l'accessibilité,
la qualité des services et la prise en compte des besoins spécifiques des
différentes populations. Nulle part dans ce projet de loi est-ce qu'on
fait mention du mot «accessibilité», encore moins le mot «handicap». Ça démontre
du désintérêt de ce gouvernement pour les
personnes vulnérables vivant avec un handicap, comme ils l'ont démontré en
refusant l'amendement de mon parti politique pour ajouter «services sociaux» au
nom de Santé Québec.
De plus, le projet de loi n° 61
pourrait accorder... excusez-moi, le projet de loi n° 61
n'accorde pas une attention suffisante à l'accessibilité physique des
infrastructures de transport pour les personnes vivant avec un handicap. Cela comprend l'accès aux stations de transport en
commun, aux véhicules adaptés, aux arrêts d'autobus et aux aménagements urbains facilitant la mobilité des personnes en
situation de handicap. Le pire est que le projet de loi n° 61
ne prévoit pas suffisamment de mesures pour garantir la disponibilité et
l'accessibilité des services de transport adapté pour cette population. Il est essentiel que les personnes
ayant des besoins particuliers en matière de transport aient accès à des
services adaptés et fiables pour assurer leur mobilité et leur
autonomie.
Quant à la formation du personnel et la
sensibilisation aux réalités et les besoins des populations des personnes vivant avec un handicap ou à mobilité réduite, le
projet de loi n° 61 n'inclut pas des dispositions suffisantes pour
assurer la formation du personnel des services de transport en matière
d'accueil, d'assistance et de sensibilisation aux besoins de personnes avec un handicap. Il est très important
que le personnel soit sensibilisé à ces enjeux d'accessibilité et soit formé
pour offrir un service inclusif et respectueux.
Malgré leur popularité, les services de
transport adapté se sont considérablement dégradés, dans les dernières années, affectant la qualité de vie de sa
clientèle qui en dépend pour se déplacer et sortir de l'isolement. C'est ce que
dénonce un regroupement d'usagers qui réclame la création d'un programme
de recrutement de chauffeurs. Selon l'Alliance des regroupements des usagers du
transport adapté du Québec, les usagers sont au bout du rouleau. À la source de
leur mécontentement : le nombre
insuffisant de chauffeurs et de véhicules pour répondre à la demande de
déplacement des usagers, qui augmente d'année en année. Donc, un
programme de recrutement de chauffeurs est réclamé.
Suite à des
critiques dans presque toutes les régions du Québec par rapport au manque
d'offre de transport adapté, en mars
dernier, le gouvernement a annoncé la mise en place d'un comité dédié au
transport adapté au Québec, mais on n'a rien entendu depuis. Quand
est-ce que ce comité va se rencontrer? Quand est-ce que ce comité va arriver
avec des recommandations pour remédier à la
situation? On ne le sait simplement pas. En attendant, des personnes vivant
avec un handicap sont privées de pouvoir travailler ou se divertir en
raison d'un manque de transport adapté.
mobilisations ont eu lieu un peu partout à travers la province, dans la
dernière année, pour dénoncer ce manque d'intérêt et l'inaction du gouvernement en matière de transport adapté. L'urgence est
d'autant plus grande que le nombre d'usagers est en constante
augmentation avec le vieillissement de la population. Dans plusieurs régions,
le manque de chauffeurs cause régulièrement
des interruptions de service. Les horaires de service ont été réduits le soir
et la fin de semaine.
Vice-Président (M. Lévesque) : Mme la députée de D'Arcy-McGee, je dois vous demander, à cette étape-ci, est-ce que vous avez
complété votre intervention? Vous n'avez pas complété. Alors, à la reprise du
débat sur ce projet de loi, vous allez pouvoir poursuivre votre intervention.
Et, compte
tenu de l'heure, et afin de permettre la tenue des affaires courantes, cet
après-midi, le présent débat sur l'adoption de principe du projet de loi
n° 61 est ajourné.
Les travaux sont également suspendus jusqu'à
13 h 40. Alors, bon appétit à tous et à toutes.
(Suspension de la séance à 12 heures)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bonjour
à toutes et à tous. Vous pouvez vous asseoir.
Alors,
nous allons débuter nos travaux aux affaires courantes, à la rubrique des
déclarations de députés, et, sans plus tarder, je vais céder la parole à
Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Je reçois à l'Assemblée nationale, notre maison citoyenne,
Mme Suzanne Leclerc, qui a oeuvré pour le bien de sa communauté pendant
plus de quatre décennies.
Mme Leclerc
a veillé sur chaque jeune et même chaque intervenant qui a franchi la porte de
sa maison des jeunes avec bienveillance, et ce, durant 17 ans.
Maison des jeunes des quatre lieux est située à Saint-Césaire. C'est un lieu
d'accompagnement et d'intervention où Mme Leclerc a veillé sur ses
usagers et l'équipe avec la bonté d'une vraie mère.
Toujours présente,
Mme Leclerc était littéralement le pilier de la maison des jeunes. Pour
elle, les jeunes ont toujours été la priorité, et la continuité du service
était essentielle pour que les ados se trouvent en sécurité et créent des liens
significatifs en ces lieux.
Mme Leclerc
vient de prendre sa retraite. Je peux vous assurer qu'elle est bien méritée.
Donc, pour la remercier, je prends parole au nom des citoyens.
Vraiment,
merci de votre ouverture d'esprit, pour tout l'accompagnement et le temps
consacré à votre équipe et aux jeunes. Bravo, Mme Leclerc!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
C'est avec émotion que je prends la parole dans cette enceinte pour
souligner la mémoire de Mme Janyce Lauer, régisseure des lo