House Proceedings — 19 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-04-19
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante et une
minutes)
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes,
bonjour à tous. Nous allons prendre quelques instants de réflexion et
nous allons, tout de suite, commencer nos travaux. Merci. Prenez place.
Alors, à la rubrique Déclarations des députés,
je reconnais la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci,
M. le Président. La lune du castor, la lune du froid, la lune du loup, la lune
des neiges, ce sont des soirées de pleine lune où cet hiver, M. le Président,
on pouvait buissonner dans les sentiers du parc nature du lac Beattie.
Je crois depuis longtemps au leadership
municipal en matière de protection et d'accès à la nature. Je tiens donc à
saluer la sagacité du canton de Gore, qui, depuis plus de 10 ans,
multiplie inlassablement les démarches pour offrir aux communautés d'Argenteuil l'accès à ce trésor local de plus de
300 hectares. Ce n'est pas rien, M. le Président. C'est le seul accès public à un lac dans un rayon de plus
de 1 200 kilomètres carrés. Je souligne aussi la précieuse
collaboration des élus voisins de la ville de Lachute pour préserver ce
joyau.
Pour cet engagement salutaire, tout simplement
merci. Vous êtes, à mes yeux, de preux chevaliers de la nature.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée. Au
tour, maintenant, du député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le Président. Le 10 avril, nous avons
souligné le 25e anniversaire de l'accord de paix du Vendredi saint
en Irlande du Nord.
Cet accord
permet de se mieux entendre sur les principes de fonctionnement administratifs
et sociaux de l'Irlande du Nord.
Ainsi, ce traité prévoit avant tout de donner à l'Irlande du Nord la capacité
de s'administrer, sans pour autant passer par le gouvernement de Londres. L'accord a mis fin aux troubles, une
période de 30 ans où le conflit nord-irlandais provoquera la mort
de 3 500 hommes, femmes et enfants.
25 years later, we must continue to
keep the peace in uncertain times. With the devolved Northern Ireland Assembly still not functioning and the
shape of the cross-border relationship changing because of the post-Brexit
deal, we must be vigilant. President
Biden visited Ireland recently and said that his priorities for this trip were
to make sure the Irish accords and the Windsor Agreements stay in place.
Keep the peace, and that's the main thing.
Canada
and Québec are friends of the Irish people. We have deep historical ties, and
we must do whatever is needed to assist diplomatically
to support peace in Northern Ireland.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Jacques-Cartier. Je cède maintenant la parole au député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Je
tiens aujourd'hui, M. le Président, à saluer M. Marc Boulanger ainsi que
sa famille, qui sont dans nos
tribunes, d'ailleurs, ce matin. Alors, plus tard, j'aurai l'occasion de remettre
la Médaille de l'Assemblée nationale à
M. Boulanger afin de souligner son engagement, notamment dans la vie
communautaire et sportive de Vanier.
Employé du
gouvernement du Québec de 1958 à 1995, M. Boulanger a laissé sa marque
dans le quartier auprès de différents
organismes sportifs et sociaux tels que le bowling, le badminton, la
Corporation du mérite sportif et culturel de Vanier, le gala du Mérite sportif
et culturel de Vanier et le club Optimiste, pour ne nommer que ceux-ci.
J'aurais pu continuer.
Il a aussi
collaboré à la Maison Zoé-Blais, La Ruche Vanier, à la construction de l'aréna
et du complexe culturel et sportif.
M. Boulanger
est un ambassadeur majeur de Vanier, et c'est pour cette raison que je suis
fier, aujourd'hui, de lui rendre hommage. Merci pour tout,
M. Boulanger!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Vanier-Les Rivières.
Je reconnais maintenant le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de
Mme France Laget Chambefort.
haut de ses 95 ans, elle est une pionnière dans l'éducation de la petite
enfance au Québec. Elle fait
partie de ces
immigrantes qui ont pris l'initiative de créer les tout premiers services de
garde, il y a un demi-siècle, pour répondre aux besoins des parents qui ne pouvaient pas compter sur un tissu familial
quand ils et elles étaient au travail, un modèle qui jouera un rôle
central dans la création de ce qui deviendra plus tard le réseau des CPE et des
garderies du Québec.
C'est
plus de 5 000 enfants qui sont passés par la garderie de
Mme Chambefort, que les enfants, les parents et les collègues surnomment affectueusement la
«Maman 2». La musique, la respiration, la diction, la connaissance des
matériaux, le corps humain, la
peinture, l'attachement à son milieu, à son quartier et au Québec sont tous des
éléments auxquels les enfants sont introduits encore aujourd'hui par
elle et son équipe incroyable.
Merci
pour votre énergie, votre travail et votre dévouement pour accompagner et
former les jeunes citoyens de demain.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Maurice-Richard. Et la parole revient maintenant à la
députée de Vimont.
Mme Schmaltz : Merci, M. le Président.
Hier, le 18 avril, marquait un anniversaire bien particulier pour le Club
de l'âge d'or de Vimont. En effet, c'est en 1973, il y a 50 ans, qu'il fut
fondé.
bienfaits des clubs de l'âge d'or sont bien connus, on entend souvent parler
des activités de bingo, les whists militaires,
les soirées dansantes, etc., mais ce qui est le plus fondamental, c'est la
socialisation que permettent ces activités. Ce sont les liens d'amitié qui se créent entre nos aînés, l'entraide qui
se développe et la communauté qui se mobilise pour créer de beaux
moments.
Depuis
le premier président, M. Georges Gazzola, le Club de l'âge d'or de Vimont
compte sur une pléiade de bénévoles qui
s'impliquent et, au premier chef, la présidente actuelle, Mme Florida
Vaillancourt, également Mme Danielle Spinelli, la vice-présidente, Mme Lise Émard, secrétaire et
trésorière, ainsi que Nicole Brais et Élyse Otis, des administratrices
bénévoles. Je sais ce que vous faites, et vous le faites par plaisir. Eh bien,
sachez que c'est un plaisir qui est partagé par toute la communauté.
50e anniversaire au Club d'âge d'or de Vimont! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée. Je reconnais maintenant Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci. Alors, j'ai
assisté récemment au dévoilement d'un nouvel outil par Autisme Montérégie. Le
titre Autistes et non-autistes, mieux se comprendre révèle bien
l'objectif de cet outil.
Autisme
Montérégie a réalisé un travail colossal et fort utile en intégrant un volet
particulièrement éclairant sur ce que peuvent vivre des personnes autistes en
contexte de soins dentaires, d'incendie et de prévention des incendies, de
premiers soins, de soins hospitaliers, de criminalité, de procédures
judiciaires et de travail. Toutes les personnes qui interviennent dans ces
milieux gagneraient à lire les fiches
tirées de cet outil pour mieux comprendre les défis auxquels les personnes
autistes font face dans ces situations.
Merci et
félicitations à toute l'équipe d'Autisme Montérégie pour ce travail essentiel
et exceptionnel.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de La Pinière. Je reconnais maintenant Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa :
Merci beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un
couple inspirant. Jean-Paul Lachance et
Jeanne d'Arc Plante, deux pionniers de la circonscription, célébreront tous
deux, d'ici la fin de l'année, leur 100e anniversaire de naissance.
deux résidents de Saint-Laurent-de-l'île d'Orléans, mariés depuis 71 ans, je
répète, 71 ans de mariage, ont été cultivateurs pendant 40 ans. Ils ont eu six enfants,
11 petits-enfants et 11 arrière-petits-enfants.
Malgré leur âge, ils
sont encore
très actifs et vivent toujours dans leur maison. Imaginez. Jusqu'à 75 ans,
M. Lachance était capable de débarquer 10 000 balles de foin.
Sa femme vendait des fraises et trayait encore des vaches.
M. le Président, M. Lachance, Mme Plante
incarnent un modèle de vaillance et d'amour indéfectible pour les générations qui les ont suivis. Alors, j'invite
mes collègues à leur souhaiter avec moi une bonne santé et du bonheur pour
encore bien des années. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée. La
parole revient maintenant à Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert : M. le Président,
Moisson Estrie vient de voir reconnaître de nouveau son oeuvre considérable,
cette fois comme organisme lauréat des prix Hommage bénévolat-Québec.
La création du poste de coordonnatrice des
activités bénévoles y est pour quelque chose. Celle-ci agrémente la tâche de 250 bénévoles en veillant à ce
que l'indice du bonheur soit toujours élevé. Leurs horaires sont flexibles, ils
sont bien accompagnés et peuvent
dîner gratuitement au restaurant de l'organisme. La reconnaissance de leur
travail s'exprime aussi par le tirage de prix chaque semaine et par
l'organisation de fêtes saisonnières.
Moisson Estrie souligne la Semaine de l'action
bénévole en permettant aux intéressés de démontrer l'étendue de leurs talents
artistiques, par exemple en danse ou en musique. Finalement, une infolettre
mensuelle les informe des changements et des bonnes nouvelles.
Ces attentions sont efficaces, car le nombre de
volontaires surpasse l'effectif nécessaire de Moisson Estrie. Moisson Estrie fait face à d'importants défis, et
la coordination du bénévolat est essentielle pour lui permettre de répondre
aux besoins. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée. Au tour, maintenant, du député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M.
le Président, lundi matin, avant de revenir au parlement, je suis passé par le
camp d'entraînement des Tamalous au parc Pierre-Benoît, à Saint-Luc.
Les Tamalous, c'est une ligue de balle l'été et
de quilles et de hockey l'hiver. La petite histoire nous dit que tout a commencé il y a une vingtaine d'années par
le recrutement de retraités de 55 ans et plus qui se taquinaient en disant
tous avoir mal quelque part, de là le nom, «t'as mal où?».
J'avais eu le plaisir d'aller assister aux
derniers matchs de balle pendant la campagne électorale, en septembre. Ce jour-là, André Sirard, une petite jeunesse de
bientôt 88 ans, arbitrait le premier match avant de débuter le deuxième au
monticule. Leur président, André Surprenant, 79 ans, me racontait qu'ils
sont une soixantaine qui jouent régulièrement deux matins par semaine tout
l'été.
Le match
d'ouverture de la saison doit avoir lieu le 8 mai, et je vous promets
d'aller les applaudir pour vous et au nom de tous mes concitoyens,
tellement ils sont beaux et bons à voir. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Saint-Jean. Et je reconnais maintenant Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, dans le cadre de la Semaine de l'action
bénévole, je profite de l'occasion pour remercier le service d'aide
communautaire, qui est un organisme bien installé dans Anjou depuis 1977.
Le SAC se
démarque par son travail auprès des personnes plus vulnérables. C'est grâce à
un réseau impressionnant d'une
centaine de bénévoles que l'organisme réussit, année après année, à offrir un
éventail de services avec autant de succès. Leurs champs de compétence sont nombreux. Que ce soit l'alphabétisation,
l'autonomie alimentaire, le service aux familles ou aux aînés et même la persévérance scolaire, l'organisme a une seule
vision, et c'est d'être un agent de changement qui lutte contre la pauvreté et
qui contribue de façon durable à la promotion sociale dans son milieu. Cette
vision leur permet, depuis 46 ans, d'être au service de la
communauté angevine de zéro à 100 ans.
Alors, je joins ma voix à celle de mon équipe de
comté pour remercier tous les bénévoles et les employés du SAC Anjou. Sachez
que vous faites une énorme différence dans le quotidien de plusieurs personnes.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Je reconnais maintenant le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci.
Aujourd'hui, je tiens à souligner les efforts soutenus d'un jeune de
Saint-Alexandre-de-Kamouraska, Florent Montpetit. Il pratique depuis six
ans un sport fascinant, l'«ultimate» Frisbee.
Il a été sélectionné, d'ailleurs, par l'équipe
masculine Hydra, la formation nationale qui regroupe les meilleurs athlètes québécois. Il est d'ailleurs le premier
joueur à atteindre ce niveau d'excellence dans notre région. Il a aussi réussi
à faire sa place parmi un groupe de joueurs issus en majorité des grands
centres.
Nous sommes
fiers, M. le Président, de nos régions. Nous sommes aussi fiers de nos enfants.
Et aujourd'hui je tiens à souligner la présence de Florent et de ses
parents, Marc Montpetit et Nadia Dolbec, ici, au salon bleu.
Dernièrement,
il a partagé ses talents sur la scène internationale en Colombie lors d'une
compétition importante, où il s'est, d'ailleurs, fait remarquer par son
jeu.
J'en profite pour inviter les jeunes à se mettre
en mouvement et à développer leurs passions. Bravo, Florent!
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député. Et
je cède maintenant la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. En cette Semaine de l'action bénévole, je souligne
l'engagement et la générosité de Mme Denise Marquette, 85 ans.
Impliquée
depuis 18 ans dans le comité de résidents du Manoir Cousineau et dans le
journal mensuel, rien ne l'arrête. Elle
s'est longtemps occupée d'organiser des événements sociaux comme des tournois
de cartes pour briser l'isolement des résidents et resserrer le tissu
social.
Mais ce qui me touche le plus, M. le Président,
c'est que Mme Marquette souligne tous les anniversaires des 225 résidents
du Manoir Cousineau en leur apportant un petit gâteau le jour de leur fête.
Imaginez à quel point ils sont heureux, eux qui ont rarement de la visite,
d'avoir cet événement qui est souligné.
En cette
Semaine de l'action bénévole, rappelons-nous qu'il n'y a pas de petit geste, il
n'y a pas d'âge pour donner au
suivant. Chaque année, ce sont 385 millions d'heures qui sont consacrées
pour faire du bien aux autres et ainsi assurer un monde meilleur. Alors, merci à tous ceux et celles qui, comme
Mme Marquette, font une différence dans la vie des autres. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Vachon. Cela met fin à la rubrique Déclarations
des députés.
Je vais donc suspendre les travaux durant
quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 56)
Présidente : Bonjour, tout le monde. On a beaucoup de
visiteurs. Distingués invités, Mmes, MM. les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de la présidente du Parlement
écossais, la très honorable Alison Johnstone, accompagnée d'une
délégation de députés écossais.
Et j'ai
également le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de
l'ambassadeur de Belgique, Son Excellence M. Patrick Guido Van Gheel, à l'occasion de sa visite officielle. Et il
est accompagné du consul général de Belgique à Montréal, M. Geert
Paul Vansintjan.
Nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme
la Présidente, je vous demande d'appeler l'article a.
Présidente : À l'article a du feuilleton, j'ai reçu le rapport de la
directrice de la législation sur le projet de loi
n° 203, Loi concernant les fins et les pouvoirs de la Corporation
archiépiscopale catholique romaine de Montréal. La directrice de la législation a constaté que les
avis ont été faits et publiés conformément aux règles de fonctionnement des
projets de loi d'intérêt privé. Je dépose ce rapport.
conséquence, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis présente le projet de loi d'intérêt privé n° 203,
Loi concernant les fins et les pouvoirs de la Corporation
archiépiscopale catholique romaine de Montréal.
Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Présidente : Adopté. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente,
bonjour. Conformément au premier alinéa de l'article 267 du règlement,
je propose la motion suivante :
«Que
le projet de loi d'intérêt privé n° 203, Loi concernant
les fins et les pouvoirs de la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Montréal, soit renvoyé pour
consultations et étude détaillée à la Commission des institutions et que
le ministre de la Justice soit membre de ladite commission pour la durée de ce
mandat.»
Présidente : Cette motion est-elle adoptée?
Présidente : Adopté.
À la rubrique Dépôt
dépose aussi le rapport du Comité consultatif indépendant sur la révision de
l'indemnité annuelle des membres de
l'Assemblée nationale intitulé Valorisation de la fonction des
parlementaires et rémunération juste : une équation gagnante
pour la démocratie . Ce comité avait été formé par décision du Bureau de
l'Assemblée nationale le 16 février dernier.
Enfin, je dépose le
rapport d'activité 2021-2022 de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 702 pétitionnaires. Désignation...
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le service de soutien pédagogique à l'intégration des élèves ayant un
handicap physique — le
SSPI — existe
depuis 42 ans;
«Considérant que les orthopédagogues du SSPI ont
développé une expertise en soutien direct et personnalisé à des élèves
vulnérables ayant un handicap physique ou une déficience organique;
«Considérant
que ce service est essentiel pour l'inclusion scolaire et la réussite éducative
de ces élèves;
«Considérant
que ni les 22 orthopédagogues du SSPI, ni l'Alliance des professeures et
professeurs de Montréal, ni les
200 élèves bénéficiaires ou encore leurs parents n'ont été consultés par
le CSSDM dans leur décision d'abolir ce service;
«Considérant
que le plan d'engagement vers la réussite du CSSDM 2018-2022,
présentement en vigueur, est explicite sur
sa vision de l'éducation inclusive tenant compte de la diversité des élèves,
axée sur les groupes vulnérables et défavorisés, et dont l'objectif est
d'en finir avec toute forme de discrimination et de favoriser la cohésion
sociale;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'annuler la
décision du CSSDM d'abolir le SSPI;
s'assurer que le CSSDM effectue une analyse rigoureuse des besoins des élèves
ayant un handicap physique ou une déficience organique;
s'assurer que le CSSDM assume son devoir de consultation avec l'Alliance des
professeures et professeurs de Montréal.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. À nouveau, Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 87 pétitionnaires.
Désignation...
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le service de soutien pédagogique à l'intégration des élèves ayant un
handicap physique — SSPI — existe
depuis 42 ans;
«Considérant que les
orthopédagogues du SSPI ont développé une expertise en soutien direct et
personnalisé à des élèves vulnérables ayant un handicap physique ou une
déficience organique;
«Considérant que ce
service est essentiel pour l'inclusion scolaire et la réussite éducative de ces
élèves;
«Considérant
que ni les 22 orthopédagogues du SSPI, ni l'Alliance des professeures et
professeurs de Montréal, ni les 200 élèves bénéficiaires ou encore leurs
parents n'ont été consultés par le CSSDM dans leur décision d'abolir ce
service;
«Considérant
que le plan d'engagement vers la réussite du CSSDM 2018-2022
présentement en vigueur est explicite sur
sa vision de l'éducation inclusive tenant compte de la diversité des élèves,
axée sur les groupes vulnérables et défavorisés, et dont l'objectif est
d'en finir avec toute forme de discrimination et de favoriser la cohésion
sociale;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'annuler la
décision du CSSDM d'abolir le SSPI;
s'assurer que le CSSDM effectue une analyse rigoureuse des besoins des élèves
ayant un handicap physique ou une déficience organique;
«De s'assurer que le
CSSDM assume son devoir de consultation avec l'Alliance des professeures et
professeurs de Montréal.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période des questions et des réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle en question principale.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Les promesses
rompues, c'est ce qui caractérise le cinq ans caquiste, Mme la Présidente, promesses rompues. Ça les fait bien rire,
ça, aujourd'hui, de considérer que les gens de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches,
pendant cinq ans, ont été niaisés par la CAQ, Mme la Présidente, quand on
pense au troisième lien.
La Présidente :
Oui, M. le leader du
gouvernement, je sais ce que vous allez nous dire. Je vous écoute, brièvement,
et j'ajouterai s'il y a lieu.
Jolin-Barrette : Bien, Mme la Présidente, on prête des intentions.
Ce sont des propos blessants. Ce n'est pas digne de la fonction du chef
de l'opposition officielle.
Présidente : Je vous rappelle que la journée ne fait que
commencer. Nous devons demeurer respectueux et ne pas prêter
d'intentions. M. le chef de l'opposition officielle, vous le savez. Poursuivez
dans le respect.
M. Tanguay : La
CAQ a promis un tunnel autoroutier coûte que coûte. Le 25 janvier 2018, le
député de La Peltrie, l'actuel ministre, disait, et je le cite : «La
promesse, c'est d'aller de l'avant avec le projet de troisième lien dès le
premier mandat. S'il y a un recul de la CAQ,
je démissionne.» Fin de la citation. Ça, c'est le collègue de La Peltrie,
l'actuel ministre. La question qui se pose : Que vaut la parole du
ministre de la Cybersécurité et du Numérique?
Également, le
27 mars 2017, il y a plus de cinq ans, Mme la Présidente, le premier
ministre, avant les élections de 2018, disait, et je le cite : «Il faut
que les études soient faites rapidement et que ça soit réalisé dans le premier
mandat. [...]Il ne faut pas que ça
soit une promesse en l'air. Les gens de Québec sont tannés de se faire
niaiser.» Fin de la citation. C'était le premier ministre lui-même, il y
a plus de cinq ans, qui le disait.
La question qui se pose : Que vaut la
parole du premier ministre?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui. Mme la
Présidente, le chef de l'opposition officielle continue à chaque jour de dire
que ça fait cinq ans qu'on est au
gouvernement. Je veux juste lui préciser que les élections ont lieu au mois
d'octobre, donc que ça fait quatre ans et demi.
Maintenant,
j'en profite pour lui faire remarquer que les libéraux ont été au pouvoir
15 ans, 15 ans, Mme la Présidente, et, pendant ces
15 ans, ils ont promis un troisième lien, dépromis, promis, dépromis.
Et, Mme la
Présidente, je pense que tout le monde comprend qu'on a eu une pandémie, que la
pandémie a accéléré le développement
du télétravail. On pensait que c'était temporaire. Mais demain la vice-première
ministre aura l'occasion de dévoiler toutes les données qu'on a fait...
qu'on a demandées pour être capable de voir l'achalandage, entre autres, aux heures de pointe, parce que, Mme la
Présidente, vous allez le voir demain, il n'y a pas eu seulement des changements
du côté du télétravail, mais il y a eu aussi
des changements du côté des voyagements en auto durant les heures de pointe.
Donc, Mme la
Présidente, je pense que, comme gouvernement, quand il y a un changement de
contexte, on doit être capables de
s'adapter, on doit être pragmatiques, c'est la force de la CAQ, et on doit être
responsables, parce qu'on gère les fonds des Québécois.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Tanguay : C'est un classique, c'est
la faute de la pandémie. Postpandémie, juin 2022, le même député de La Peltrie, je le cite : «...c'est un projet
pour lequel je suis prêt à me battre jusqu'à ma dernière goutte de sang.» Fin
de la citation. Postpandémie. Postpandémie, 29 août 2022, le ministre de
l'Éducation : «On a déjà un projet de troisième lien [...] il est
bon! [...]Les citoyens sont tannés du taponnage[...] : c'est le tunnel
Québec-Lévis [...] CAQ.»
Question : Que vaut la parole du ministre
de l'Éducation?
La Présidente : M. le premier
ministre.
Legault : Bien, Mme la
Présidente, je sais que le chef de l'opposition officielle a hâte à demain,
mais je l'invite à être patient. On
ne parle pas de mois ou même de semaines, on parle... Demain, on pourra avoir
des échanges intelligents avec les
données qui vont être déposées par la première ministre. Mais je rappelle, Mme
la Présidente, que la pandémie qu'on a vécue a eu des impacts sur le
télétravail et continue d'avoir des impacts, même maintenant que la pandémie
est sous contrôle.
Présidente : Deux petites
choses. Je vous rappelle que l'on ferme ses téléphones cellulaires, ses
appareils. Et on appelle nos collègues par leur nom. Il s'agit de la
vice-première ministre et non de la première ministre.
La Présidente : Silence, je vous
prie! On écoute le chef de l'opposition officielle.
Tanguay : Mme la Présidente,
M. le premier ministre parle d'avoir un dialogue intelligent. Ça fait cinq ans
qu'on attend un dialogue intelligent à la vue des études. Le premier ministre a
encore comme excuse la pandémie. On en a soupé, de l'excuse de la
pandémie. Et j'ai cité le ministre de l'Éducation et le ministre du Numérique,
qui ont fait des commentaires postpandémiques pour dire que ça prend le tunnel.
Dans le fond, le tunnel, le troisième
lien, c'est comme la réforme du mode de scrutin, quand le premier ministre
disait : Je ne ferai pas un Justin Trudeau de moi-même. Encore une
fois, que vaut sa parole?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, d'abord, je veux rassurer tout le monde, je suis encore
là pour longtemps. Et peut-être que dans
deux, trois mandats il y aura effectivement une course à la chefferie. Je ne
sais pas s'il y aura autant de
candidats, candidates qu'il y en a actuellement au Parti libéral, mais en tout
cas. Donc... La vice-première ministre pourra prendre ses décisions.
Maintenant, Mme la
Présidente, concernant la pandémie puis la période postpandémique, honnêtement...
La Présidente :
En terminant.
M. Legault :
...beaucoup de personnes pensaient qu'après la pandémie on reviendrait à la situation...
La Présidente :
Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Là, Mme la Présidente, là, c'est un peu surréel.
J'ouvre une parenthèse, là. Je ne sais pas si le premier ministre vient de lancer une course à la chefferie
à la CAQ puis je ne sais pas s'il vient de désigner... je ne sais pas s'il
vient de désigner la vice-première ministre comme étant sa successeure, son
successeur légitime. Je referme la parenthèse, mais c'était surréel.
Promesses brisées de
la CAQ. Ça fait cinq ans. Il parlait du 15 ans libéral; nous, on parle du
cinq ans caquiste. Promesses brisées, c'est,
entre autres, les services de garde, éliminer la liste d'attente. C'est rendu à
69 000 noms. Autre promesse brisée, rappelez-vous du
90 minutes pour voir un médecin aux urgences.
Encore une fois, que
vaut la parole du premier ministre?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, d'abord, je veux être très
clair, là, pour l'instant j'ai encore l'intention de faire quelques mandats
additionnels. Donc, je comprends qu'il peut y avoir peut-être des personnes,
éventuellement, qui vont être
intéressées, dans cinq ans, 10 ans ou plus, mais je... Puis, pour
l'instant, je n'ai pas l'intention de favoriser qui que ce soit dans cette éventuelle course à la
chefferie, surtout que ça aura lieu dans 10 ans. Donc, c'est quelque chose
qu'on verra à cette époque-là. Comme le disait quelqu'un qu'on connaît
bien : On verra.
Présidente : En terminant.
M. Legault : Maintenant,
bon, je vois qu'il y a beaucoup de candidats...
Présidente : C'est terminé. En question principale...
La Présidente :
Bon, ça fait toujours bien, un
peu d'humour. Il n'y a rien de méchant dans ce qui a été dit. Maintenant,
on retourne à la période de questions. En question principale, je reconnais le
député de l'Acadie. On l'écoute.
M. Morin : Merci,
Mme la Présidente. Hier, nous apprenions, dans un
article du Journal de
Québec , que la promesse-phare du
gouvernement de la CAQ de construire un troisième lien autoroutier devenait un
lien pour le transport collectif. Ce nouveau revirement est le plus
récent dans une longue lignée de changements. La population de Québec et de Lévis a perdu cinq ans. Cependant, je suis
heureux d'apprendre que le gouvernement va se ranger du côté de la science
et du transport collectif. Nous passons
maintenant d'un mégaprojet à un projet qui est mal défini. Espérons que cette
fois, c'est la bonne.
Est-ce
que le projet va tenir compte des enjeux environnementaux? Et est-ce que la
ministre des Transports peut s'engager à rendre toutes ses études
publiques?
La Présidente : Pour sa réponse, je
reconnais la ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci pour la question. Ça va me
permettre de compléter les réponses du premier ministre, qui ont vogué
d'un sujet à l'autre dans la précédente question.
Alors,
bien, c'est sûr que, d'entrée de jeu, je vais inviter mon collègue de l'Acadie
à être patient, parce qu'effectivement, demain, je vais faire une annonce en
bonne et due forme concernant une mise à jour du projet de tunnel
Québec-Lévis, un projet qui, effectivement,
est une promesse de... qui a été un engagement de la Coalition avenir Québec
lors de la dernière élection, lors de
celle de 2018 aussi, mais un projet qui, comme n'importe quel projet, comme
n'importe quelle action que pose un gouvernement,
dans un contexte où il y a eu une pandémie mondiale que personne n'avait vue
venir, qui a une incidence énorme sur les habitudes de vie des
Québécois, qui a eu une incidence énorme, notamment, sur la manière dont ils se
déplacent, dont ils organisent leur temps,
dont ils organisent leur vie au quotidien, dont ils travaillent, télétravail,
selon les diverses journées de la semaine aussi... Alors, ce serait de
l'aveuglement volontaire et du déni scientifique que de faire semblant que la pandémie n'a pas eu d'incidence
sur le quotidien des gens, notamment ceux de la Capitale-Nationale et de
Chaudière-Appalaches.
Présidente : En terminant.
Guilbault : Alors, je donnerai plus de
détails demain.
Présidente : Première complémentaire.
M. Morin : Merci. Alors, nous sommes heureux d'apprendre que
le gouvernement reconnaît finalement l'importance d'avoir une étude
avant de faire des annonces. Mais, grâce à ces fameuses études, le troisième
lien autoroutier entre la ville de Québec et Lévis est mort, faisant plutôt
place au transport collectif.
Maintenant
que la saga semble terminée, pour en prendre une nouvelle, plusieurs citoyens
de la Rive-Nord et de la Rive-Sud se posent des questions. Quel sera le
type ou le mode de transport collectif envisagé...
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Alors, c'est ça, Mme la Présidente, je vais donner plus de détails
demain en ce qui concerne la mise à
jour du projet de tunnel Québec-Lévis. Mais d'entrée de jeu, et je me fais la
porte-parole de mes 15 collègues de la Capitale-Nationale et de
Chaudière-Appalaches, d'entrée de jeu, je veux rassurer effectivement les
citoyens de nos deux régions sur le fait que, contrairement à bien des discours
qui ont été portés à l'époque par le gouvernement libéral, par le député de Pontiac, qui a été brièvement ministre des Transports et qui a tenu des propos, disons, surprenants à
l'époque sur des hyperloops, sur
toutes sortes d'options plus ou moins réalistes dont on savait très bien que ça
n'aboutirait à rien, contrairement à cette époque-là...
Présidente : En terminant.
Guilbault : ...nous irons de l'avant avec
un projet porteur pour nos deux régions.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Morin : Alors, voilà. Bien, espérons que le projet sera
porteur, maintenant que le gouvernement a fait ses devoirs, ce qu'il
aurait dû faire il y a cinq ans, et on peut se pencher maintenant sur un réel
projet de société.
Cependant,
grâce au transport collectif, nous pouvons penser que Québec aura accès aux
sommes du gouvernement fédéral disponibles pour ce type de transport. Est-ce
que la ministre peut nous renseigner sur le coût de ce nouveau projet?
Présidente : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, je suis contente que mon collègue libéral évoque la
pertinence et l'opportunité d'une éventuelle
contribution fédérale à un projet de transport important pour nos deux régions.
Et je parlais tout à l'heure du député de Pontiac. On ne peut pas s'empêcher de
se remémorer la proximité du député de Pontiac avec l'actuel premier ministre libéral fédéral. Alors, encore une fois,
si les collègues libéraux veulent nous aider dans la recherche de financement
fédéral pour un projet porteur pour nos deux régions, ils sont les bienvenus.
La Présidente : En
question... Pas de commentaire après les réponses. Je vous ai entendu. En
question principale, je reconnais la députée de La Pinière.
Mme Caron : Mme la Présidente, samedi dernier, en désespoir de
cause, Mme France Lefebvre est sortie dans les médias pour dénoncer la situation vécue par sa
mère de près de 90 ans dans une ressource intermédiaire en Mauricie.
Depuis maintenant deux mois, deux mois, cette dame couche dans un lit infesté
par des punaises. Le corps de cette dame est recouvert de plaies sur les bras, les membres inférieurs, dans
le dos, sur l'abdomen. Les photos, vraiment, donnent la chair de poule.
Devant l'enfer vécu
par sa mère, Mme Lefebvre a tenté de dénoncer à l'interne pour obtenir des
réponses. Malheureusement, elle s'est butée à
des boîtes vocales, à des courriels sans réponse. Elle a été obligée d'aller
dans les médias.
Est-ce
que la ministre est au courant de la situation? Est-ce qu'elle peut nous dire
ce qu'elle fait pour assurer la santé et la dignité de cette dame?
Présidente : Mme la ministre...
Présidente : Pas de commentaire après les questions. Mme la ministre
déléguée à la Santé et aux Aînés.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente. Merci pour la
question de ma collègue députée de La Pinière. Et, oui, je suis très au
courant, et j'ai fait un suivi, et je peux confirmer que la situation des
punaises est une situation que personne ne devrait vivre, y compris nos
aînés qui demeurent dans des ressources intermédiaires. J'ai pris la peine de
demander à l'entreprise quelles avaient été
les mesures qui avaient été mises de l'avant. Alors, c'est une situation qui
est très difficile à contrôler. Les mesures sont présentes. Le CIUSSS de
la Mauricie-et-Centre-du-Québec et les équipes de services de soutien à domicile accompagnent cette ressource intermédiaire
pour s'assurer que l'ensemble des interventions puissent se répéter dans le temps, parce que,
malheureusement, ce genre de situation est très souvent difficile à contrôler,
et il faut répéter l'ensemble des
mesures d'hygiène, de salubrité. Alors, je ne veux pas rentrer dans le détail
ici ce matin, mais je suis très au courant de la situation.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Caron : Mme la Présidente, ça fait deux mois que ça dure.
Certains employés disent que ça remonte même à deux ans, mais surtout que les
matelas ne sont pas remplacés. Reconnaissons que c'est une situation invivable
pour quiconque, notamment pour les
personnes plus vulnérables. Alors, la direction de l'établissement est au
courant, le CIUSSS est au courant, la ministre est au courant, mais, même si
tout le monde est au courant, la situation perdure, ça traîne encore.
Est-ce que la
ministre trouve que c'est normal qu'il faille aller dans les médias pour se
faire entendre?
Présidente : Mme la ministre.
Bélanger : Mme la Présidente, aller dans les médias pour se faire
entendre, ce n'est jamais la solution optimale.
Les CISSS et les CIUSSS sont responsables de l'ensemble des soins et services
dans leur environnement. Et les entreprises qui offrent des services,
que ce soit en RI, en RPA, en CHSLD privés, ont aussi une responsabilité.
Maintenant,
quand tout cela arrive dans les médias, c'est que, de toute évidence, il y a eu
un problème de communication.
Dès que j'ai été au courant, que j'ai été mise au courant de cette situation,
j'ai fait les interventions nécessaires.
Présidente : En terminant.
Bélanger : Moi, j'ai confiance que les équipes vont venir à bout de
cette...
Présidente : ...complémentaire.
Mme Caron : Mme la Présidente, ce qui est inquiétant, c'est
que le porte-parole des résidences privées pour aînés de la Mauricie dit que ce n'est pas un cas unique.
Le président du Conseil pour la protection des malades dit que c'est un
problème majeur, puis il faut appliquer des traitements-chocs.
Alors, ma question est simple : Que
fait la ministre pour éviter que ça se reproduise dans d'autres
établissements?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, les ressources
intermédiaires, au Québec, sont des partenaires extrêmement importants. Les équipes sont mobilisées, ils font
un travail extraordinaire. Des plans d'action sont faits pour donner des
soins et services de qualité dans l'ensemble
des ressources intermédiaires au Québec. Les CISSS et les CIUSSS sont en
partenariat avec les ressources intermédiaires. Et j'ai confiance que, malgré
que des situations comme celle-là, que je déplore,
puissent survenir... j'ai confiance que la qualité des soins et services est
prise en charge et que les équipes de soutien à domicile accompagnent
les équipes des ressources intermédiaires pour donner les meilleurs services,
de qualité.
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Merci, Mme la Présidente. Ça fait
des semaines qu'on vous dit que les progrès de l'intelligence
artificielle vont bouleverser le milieu du travail dans tous les domaines, et
ça inclut la culture.
Vous
savez, au Québec, nous avons une industrie du doublage qui fait la fierté des
Québécois et qui nous permet d'avoir des films qui sont traduits au Québec par
des Québécois, pour des Québécois. Malheureusement, cette industrie,
aujourd'hui, est menacée par les progrès de l'intelligence artificielle. En
effet, il est maintenant possible d'utiliser des logiciels pour doubler des acteurs dans toutes les langues, tout en
conservant leurs voix originales. Si rien n'est fait, un ordinateur à
Los Angeles pourrait effectuer le travail des quelque 3 700 artistes
du Québec.
question pour le ministre de la Culture est toute simple : Qu'est-ce que
son gouvernement va faire devant l'arrivée de l'intelligence
artificielle dans le monde de la culture?
Présidente : La réponse du ministre de la Culture et des
Communications.
M. Lacombe : Merci,
Mme la Présidente. Bien, c'est une excellente question de ma collègue.
D'ailleurs, je la remercie, parce qu'après quelques mois déjà ici c'est sa
première question principale. Donc, j'espère qu'il y en aura bien d'autres. Mais je le dis sincèrement parce
que je pense qu'on parle trop peu de culture ici. Et c'est un sujet tellement
important dont vient de parler notre
collègue de Mont-Royal—Outremont, un sujet qui est évidemment important, mais
qui dépasse de loin les frontières du monde de la culture.
a vu récemment, bien sûr, des experts qui oeuvrent dans ce domaine de
l'intelligence artificielle, des scientifiques, nous dire que ça avance vite et
que ça avance peut-être parfois trop rapidement, si bien qu'on doit évidemment
se poser des questions. C'est vrai,
effectivement, dans beaucoup de domaines, mais, en culture, sujet, évidemment,
qui me préoccupe, ça l'est aussi. Et
on a vu récemment aux États-Unis, par exemple, deux chanteurs américains voir
leurs voix être copiées par l'intelligence artificielle et chanter une
chanson qu'ils n'avaient jamais enregistrée, jamais écrite.
Donc,
oui, c'est préoccupant. En, même temps, c'est un problème qui est très large,
sur lequel on va continuer de travailler avec l'industrie. Mais, vous savez,
Mme la Présidente, on n'a pas la prétention ici, au Québec, d'être capables
de freiner...
Présidente : En terminant.
M. Lacombe :
...un phénomène mondial comme celui-là de fond en comble. Par contre, ce qui
est important, c'est de continuer d'aider nos créateurs.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, ce n'est pas
juste une question d'emplois, c'est aussi une question d'intégrité du processus
artistique. Les ordinateurs étant capables de calquer les voix des artistes, ça
veut dire que quiconque peut carrément créer de fausses chansons comme si elles
venaient d'eux. De nombreuses questions éthiques se posent face à cette
nouvelle technologie.
gouvernement a annoncé, la semaine passée, un comité pour étudier les impacts
de l'intelligence artificielle. Or, le ministre de la Culture n'était
pas présent. Ma question est donc la suivante : Qui représentera les
enjeux...
La Présidente : ...ministre
de la Culture.
M. Lacombe : Mme la Présidente, je pense qu'on est bien
capables de travailler en équipe. Et, comme je vous le mentionnais, c'est un enjeu qui touche
probablement l'ensemble des secteurs ici. Donc, faire des comités à
30 personnes, j'ai rarement vu
quelque chose d'aussi inefficace que ça. Je pense que c'est important d'être
efficace, c'est important que tous les sujets soient traités, mais c'est
un sujet qui dépasse bien largement le monde de la culture.
Mais
le monde de la culture est touché, Mme la Présidente, c'est vrai. On va
continuer de suivre la situation. Mais je
pense que le meilleur moyen d'y arriver, c'est de continuer, notamment, à
soutenir nos producteurs. On parle évidemment de nos producteurs dans le monde musical. On a vu cet exemple aux
États-Unis, qui, moi, m'a beaucoup frappé. C'est vrai que c'est
préoccupant.
Présidente : En terminant.
M. Lacombe : Mais dans l'industrie du doublage ça l'est aussi.
Puis, Mme la Présidente, on va continuer, évidemment, le travail.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Setlakwe : Ce n'est pas que le monde
du doublage qui est menacé par l'intelligence artificielle, le monde de l'art l'est tout autant. En effet, il suffit d'ouvrir
les réseaux sociaux pour voir les nombreux logiciels de création d'images
personnalisées dans le style de votre artiste préféré. Or,
l'intelligence artificielle ne se nourrit pas de rien, elle se nourrit des
réalisations de nos artistes et produit des copies de leur travail sans
compensation. C'est donc l'oeuvre de nos artistes qui est en jeu.
Qu'est-ce que le ministre
compte faire pour protéger la propriété intellectuelle de nos artistes?
Présidente : M. le ministre de la Culture.
M. Lacombe :
Mme la Présidente, je vais me répéter. C'est clair que c'est un enjeu qui
est important. En même temps, c'est un enjeu
qui est mondial. Je ne sais pas si notre collègue a des solutions à proposer,
parce que je pense que, des solutions
miracles, il n'en existe pas. Il n'y a pas d'interrupteur où on peut
dire : Voici, on arrête tout ce qui se fait en intelligence
artificielle et on empêche les gens d'utiliser l'intelligence artificielle pour
créer ce genre de produit là.
contre, effectivement, il y a des moyens sur la table pour essayer de prévenir,
pour essayer d'améliorer ce qu'on fait,
pour donner plus de moyens à nos créateurs, à nos créatrices dans le monde de
la culture, parce que c'est ce dont on parle,
de faire leur travail puis d'avoir une valeur ajoutée. Donc, oui, on va
continuer le travail. Bien sûr, mon collègue...
Présidente : En terminant.
M. Lacombe : ...le ministre de
l'Économie et de l'Innovation travaille là-dessus, puis on va travailler en
collaboration.
La Présidente :
En question principale, je reconnais le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente.
Contrairement à ce que nous demandait de faire l'actuel ministre de
l'Éducation, on n'a pas lâché le gouvernement avec les GES et avec
l'environnement, et je suis très content que ça ait fonctionné. Alors, maintenant que l'autoroute sous
le fleuve du premier ministre est définitivement morte et enterrée, j'aimerais
qu'on parle d'infrastructures, mais pas des
infrastructures du passé, des infrastructures de l'avenir, parce que ça ne
prend pas une boule de cristal pour savoir ce qui s'en vient au Québec. C'est plus
de météo extrême, plus d'inondations, plus de feux de forêts, plus d'érosion
des berges. On est déjà en train de vivre les changements climatiques. On a
besoin d'un grand chantier d'adaptation, et plus on attend, plus ça va
nous coûter cher.
Hier,
j'ai demandé au premier ministre s'il allait aider les villes. Il m'a
dit : Ne vous en faites pas, on n'a pas besoin de plus d'argent, il y a déjà 9 milliards sur
la table. De toute évidence, il est un peu mélangé dans ses chiffres, parce
que, selon son gouvernement — ce
sont ses chiffres dans son plan — il
y a à peu près 650 millions de dollars de réservés pour l'adaptation. Ce que les villes nous disent
aujourd'hui, c'est que, dans les 10 prochaines années, on a besoin de
10 milliards. 650 millions, 10 milliards, le calcul du premier
ministre ne marche pas. Gouverner, c'est prévoir.
Question
simple : Est-ce que le premier ministre est capable de nous dire à combien
il estime les besoins du Québec en adaptation aux changements
climatiques?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente,
c'est un sujet, je pense, qui fait consensus. On a eu, hier, pas mal tous les
députés, une présentation, entre autres, par
le groupe Ouranos, et il faut, d'un côté, réduire les GES, puis il faut, de
l'autre côté, s'adapter. Il y a de l'érosion des berges, il y a du
travail à faire sur les infrastructures pour éviter les impacts des changements
climatiques.
Dans
le plan, qui était à 7,6 milliards avant le dernier budget, il y avait
effectivement un montant qui était, entre autres, réservé pour l'adaptation.
Dans l'ajustement qui a été fait, quand même pas minime, là, 1,4 milliard
de plus, bien là le ministre de l'Environnement est en train de répartir ce 1,4 milliard
de plus entre les mesures pour réduire les GES et les mesures
d'adaptation. Puis on aura l'occasion, dans les prochaines semaines, les
prochains mois... je ne veux pas lui mettre
trop de pression, là, mais j'ai hâte de voir la mise à jour de ce plan. Puis,
effectivement, il y a des mesures additionnelles qui vont être incluses.
rappelle aussi au chef du deuxième groupe d'opposition qu'on a déposé, à part,
un plan pour faire face aux impacts des inondations, un plan de
479 millions.
Présidente : En terminant.
M. Legault :
Je rappelle aussi que les municipalités doivent aussi faire leur part.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Bien, Mme la Présidente,
je suis obligé, à nouveau, de me réjouir de l'évolution de la position du premier ministre. Ce n'est pas juste sur le
troisième lien qu'il change d'idée, parce qu'hier à cette même question il m'a
dit : On met 9 milliards, c'est bien assez. Aujourd'hui, il concède
qu'il faut en faire plus en adaptation aux changements climatiques. On
avance, Mme la Présidente, on avance.
Mais il n'a pas
répondu à ma question. Est-ce qu'il a une estimation de combien ça va nous
coûter, au Québec, l'adaptation climatique?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, on l'a vu hier soir, il y a des gestes importants qui vont
être à poser d'ici 2050. Là, pour l'instant,
le Plan pour une économie verte, le PEV, c'est pour les cinq prochaines années.
Puis on parle de 9 milliards, ce
qui est beaucoup d'argent, Mme la Présidente. Donc, on est en train, avec le
ministre de l'Environnement, de
répartir ces sommes, de voir est-ce que c'est dans les municipalités, dans les
entreprises où on a le meilleur impact. Donc, je lui demande d'être
patient.
Présidente : En terminant.
M. Legault : Dans
les prochaines semaines, les prochains mois, on va avoir une mise à jour de ce
plan-là.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Face aux événements
climatiques extrêmes, on a deux choix, c'est la prévision ou l'improvisation.
Moi, je veux qu'on choisisse la prévision. C'est pour ça qu'il faut savoir
combien ça va nous coûter.
Je comprends que le
premier ministre, à ce stade-ci, n'a pas d'estimation, n'a pas de chiffre sur
combien ça va nous coûter, au Québec,
adapter nos infrastructures à l'heure des changements climatiques. Est-ce qu'il
peut, aujourd'hui, s'engager à chiffrer les besoins du Québec en matière
d'adaptation aux changements climatiques?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, je pense que le chef du
deuxième groupe d'opposition est très mal placé pour parler d'improvisation. On se rappelle tous que, pendant la
campagne électorale, il avait promis de réduire de 55 % les GES. Il
n'a jamais été capable de nous dire où il prendrait l'énergie propre pour y
arriver.
Donc
là, il voudrait qu'on ait un plan d'ici 2050. Je répète : Actuellement, le
Québec a le meilleur plan en Amérique du Nord pour atteindre ces
objectifs-là, puis on va encore l'améliorer.
La Présidente : Question principale.
Je reconnais la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, Mme la
Présidente. Cette semaine encore, dans ma circonscription, 15 locataires
sont abandonnés aux mains des spéculateurs
notoires. Henry Zavriyev, ça vous dit quelque chose? Ce monsieur-là mérite bien
la réputation de rénovicteur en série. Ça
fait plus d'un an qu'il tient les aînés du Mont-Carmel en haleine. Et, plus que
ça, aujourd'hui il récidive, dans la
plus grande indifférence du gouvernement, qui ne fait rien pantoute pour
s'assurer de protéger les familles à revenus modestes.
Marie-Lise,
sa mère, sa fille et son enfant ont reçu leurs papiers d'éviction. Elles ont
déjà de la misère à survivre avec leur
chèque de 600 $... avec leur loyer de 600 $. Qu'est-ce qui va se
passer? Elles ne retrouveront pas la possibilité de se reloger.
Quand est-ce
que la CAQ va avoir le courage de dire à ces requins de l'habitation que la vie
des Québécois vaut plus que leur portefeuille?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Affaires municipales.
Laforest : Oui, merci, Mme la Présidente. Alors, je comprends
très, très bien que, pour les locataires, ce n'est pas évident quand ils
reçoivent des avis d'éviction.
Alors, on a mis en place, il y a plus de deux
ans, un traitement rapide des problématiques avec les évictions au Tribunal administratif du logement, ce qui veut dire qu'on a engagé 24 préposés
de plus, 10 régisseurs de plus, au tribunal administratif, pour traiter les causes d'éviction. Maintenant, un
propriétaire ne peut pas évincer un locataire, même s'il vend l'immeuble, comme
dans des cas comme celui-ci, il y a des règles à suivre, et le tribunal
administratif est là pour juger la cause.
On le sait,
dernièrement, on l'a vu dans les derniers mois, ce qu'on a mis en place depuis
deux ans, bien, vous avez vu, les
propriétaires, parfois, ne gagnent pas leur cause, parce que maintenant le
Tribunal administratif du logement a les outils, prend les responsabilités et protège les locataires. Alors, nos
mesures fonctionnent. C'est 24 millions qu'on a investis au
Tribunal administratif du logement.
Et, oui, on
va protéger les locataires. Et, si les gens se sentent lésés, déposez tout de
suite une demande au TAL, si c'est possible.
La Présidente : Première
complémentaire.
Massé : Mme la Présidente, je pense que, de l'autre côté
de la Chambre, on ne sait pas ce que ça veut dire, vivre avec un loyer de 600 $ parce que tu y
habites depuis 20 ans, en pleine crise du logement, ou la charge alors que
tu es intimidé par ton propriétaire,
le stress que ça cause, tu as un animal que tu ne pourras pas ramener avec toi,
ça fait 25 ans que tu habites dans ce loyer-là. Aller au TAL, c'est
une grosse charge. C'est ça, votre solution?
La Présidente : Mme la ministre.
Laforest : Oui, je comprends tout à fait la situation, parce
qu'au tribunal administratif on a même ajouté les causes par visioconférence, on a même ajouté les
causes... les demandes communes pour plusieurs locataires. Donc, on
ajoute les mesures pour protéger les locataires.
Par contre,
on le sait très, très bien, on est arrivés en poste, il y avait
15 000 logements qui avaient été annoncés, non construits. On reprend le retard du passé. On
ajoute des PSL. Dans le dernier budget, vous le savez, on a annoncé énormément
de PSL, des programmes supplément au loyer, pour loger les locataires à faibles
revenus.
Maintenant,
on continue d'augmenter l'offre, on augmente nos programmes, le Programme
d'habitation abordable Québec...
La Présidente : En terminant.
Laforest : ...qui peut loger les gens à faibles revenus. Et,
je le demande, déposez vos demandes au tribunal...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Massé : Juste Henry Zavriyev, 1 000 portes.
1 000 portes. Je ne vous dis pas «1 000 personnes» parce que,
lui, ça ne le préoccupe pas. Ce genre
de spéculateurs briseurs de vie, ils ne veulent pas savoir ce qui se passe
derrière les portes.
J'entends,
de l'autre côté de la Chambre, qu'on a fait ce qu'on avait à faire. L'enjeu,
c'est qu'il y a des personnes qui
vivent actuellement dans des logements, en pleine crise du logement, qui se
font dire : Dehors! On va augmenter ton logement. Et
malheureusement il n'y en a pas, de logement qu'ils vont pouvoir se relouer.
La Présidente : Mme la ministre.
Laforest : Oui. Il faut comprendre que, je le dis, les
locataires doivent être entendus au Tribunal
administratif du logement, on doit les protéger, mais en même temps il faut
augmenter l'offre de logements. On le sait, au Québec, on est arrivés en poste
avec 15 000 logements en retard. Donc, qu'est-ce qu'on fait? On
construit rapidement, on augmente nos
programmes. On a investi, jusqu'à ce jour, 3,8 milliards en habitation,
dont, au dernier budget, 1 milliard en habitation. Même, tous les
offices d'habitation, maintenant, peut traiter des causes en urgence pour loger
les locataires.
Alors, moi, je le dis, les propriétaires qui
agissent dans ce sens, ça n'a aucun bon sens pour les locataires. Et demandez
d'être entendus au Tribunal administratif du logement.
La Présidente : En terminant.
Mme Laforest : Ils seront entendus
en 48 heures. Il y a des causes urgentes, maintenant.
Présidente : En question principale, je reconnais le chef du
troisième groupe d'opposition. La parole est à vous.
St-Pierre Plamondon : Merci, Mme la Présidente. Hier, après avoir appris
la nouvelle que la CAQ reculait sur le
volet autoroutier du troisième lien et qu'elle allait désormais défendre la
position du Parti québécois d'un lien exclusivement de transport collectif, je me suis mis à réfléchir
plus largement et à me poser une question toute simple : Comment peut-on
faire une campagne électorale en disant
quelque chose d'une manière aussi ferme, aussi solennelle, et ensuite faire
exactement le contraire quelques mois plus tard?
Au Parti québécois, on est d'avis que ce qu'on dit à la population, ça a une valeur, qu'on
a un devoir de respecter l'intelligence
des gens. Et il y a un autre dossier que je veux aborder, un autre
180 degrés de la CAQ, et particulièrement du premier ministre, qui
est absolument spectaculaire.
On a appris récemment que le Québec est en train
de fracasser des records en termes de nombre d'immigrants accueillis. En 2022, on a atteint 150 000, un
record de tous les temps. Et d'ailleurs l'ancien record appartenait également
à la CAQ, 98 000, en 2019. Pour
l'immigration permanente, on est à près de 70 000. Or, en campagne, le
premier ministre a affirmé que
d'avoir des seuils plus hauts que 50 000, c'était, et je le cite, «suicidaire».
Il parlait également de louisianisation.
Est-ce qu'il peut nous dire, si à 50 000 c'est
suicidaire, quels seraient... — et
je le cite, là, ce n'est pas mes mots — quels seraient ses mots pour
150 000?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Bien, deux questions dans la question du chef du
troisième groupe d'opposition. Première, une grosse introduction sur le
troisième lien. Je lui rappelle, là, peut-être que c'était avant qu'il soit là,
mais que le Parti québécois, pendant le
dernier mandat, pendant longtemps, était contre tout troisième lien, incluant
pour le transport collectif. Donc, quand on parle de virages, disons
qu'il y en a eu beaucoup au Parti québécois, là. Je vois le député de Matane
qui s'en souvient bien.
Maintenant, concernant l'immigration, d'abord,
je pense qu'il faut distinguer l'immigration permanente puis l'immigration
temporaire. Quand on parle de seuils, on parle de l'immigration permanente.
Maintenant, les immigrants temporaires qui
veulent devenir permanents devront répondre à un certain nombre de critères. On
sait que, pendant que le Parti
québécois était au pouvoir, ils n'ont
pas mis de critère important pour la connaissance du français. On aura
l'occasion de corriger cette erreur du Parti québécois. Donc, je lui
demande d'être patient pour quelques semaines.
La Présidente : Première...
Je vous entends, M. le député! Première complémentaire.
St-Pierre Plamondon : En
2016 — et
je sais que le premier ministre aime beaucoup parler des libéraux — en 2016,
sous les libéraux, on accueillait
12 000 immigrants temporaires. En 2022, sous la CAQ, c'est sept fois
plus, 87 000. En 2018, sa promesse, c'était
40 000 immigrants permanents. On est rendu à 70 000. Et là la
CAQ considère augmenter davantage les seuils.
Je veux savoir :
Est-ce qu'il pense qu'on a la capacité d'accueillir autant de gens, sur le plan
du logement? Et est-ce qu'il constate un renversement du déclin du français?
La Présidente :
M. le premier ministre.
Legault : Oui. Mme la
Présidente, je ne sais pas si le chef du deuxième groupe d'opposition fait
exprès pour mélanger les seuils qui s'appliquent à l'immigration
permanente et le nombre de travailleurs, entre autres, parce que, dans les immigrants temporaires, ce sont beaucoup
des travailleurs qui viennent ici de façon temporaire, Ça le dit, «temporaire»,
donc, ils sont ici temporairement.
Elles
sont actuellement logées, ces personnes-là. Quand on parle du logement, il faut
faire beaucoup de distinctions. Il y a le logement abordable, il y a aussi le
prix du logement. Évidemment, quand un travailleur a un bon salaire, c'est...
La Présidente :
En terminant.
M. Legault :
...plus facile de payer plus, donc...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, je ne mélange rien. Sur le
plan de l'immigration permanente, il s'est fait élire, en 2018, avec
40 000. On est rendu à près de 70 000, et il a l'intention... en tout
cas, la CAQ considère augmenter ce chiffre. Et, sur le plan de
l'immigration temporaire, on est à sept fois plus que sous les libéraux.
question, à nouveau, elle est simple : Si les mots du premier ministre
étaient «suicidaire» pour 50 000, quels sont ses mots rendu à
150 000?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bon, Mme la Présidente, je suppose que le chef du troisième groupe d'opposition
sait très bien qu'en 2018... je sais qu'il
n'était pas chef du Parti québécois à l'époque, mais que la CAQ avait proposé
temporairement de réduire de 50 000 à 40 000 et,
par la suite, de revenir à 50 000. C'est ce qu'on a fait dans le premier
mandat. C'est ce qui avait été promis.
Maintenant, Mme la
Présidente, quand on parle de seuils, ce qui est important pour le chef du
deuxième groupe d'opposition et moi, c'est
l'avenir du français, donc ce qui est important, ce sont les exigences
concernant la connaissance du français. Pendant que le Parti québécois
était au pouvoir...
La Présidente :
En terminant.
M. Legault :
...ils n'ont rien fait de ce côté-là. Nous, on va agir.
La Présidente :
En question principale, je reconnais le député de Rosemont. La parole est à
vous.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Notre réseau de santé va mal. Les urgences débordent,
les malades croupissent sur des listes
d'attente ou dans des corridors, sur des civières. Tout le monde souhaite du
changement, le problème n'est pas là.
C'est que le ministre de la Santé arrive avec un projet de loi qui mise,
dit-il, sur la décentralisation, seulement, sur le terrain, tout le monde parle de centralisation. Dans les mémoires
que l'on reçoit, on parle de centralisation. Alors, tout le monde se
trompe, apparemment, sauf le ministre.
Prenez le Conseil de
la protection des malades, qui nous dit que la participation citoyenne de
proximité sera pratiquement abolie, avec le
projet de loi n° 15. Le ministre pense qu'une poignée d'usagers sur
un conseil national, c'est suffisant. Ce n'est évidemment pas suffisant.
Est-ce
que le ministre peut admettre que les usagers, qui commencent à voir la vérité
dans ce projet de loi, vont perdre leurs pouvoirs une fois adopté?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé :
Alors, Mme la Présidente, je pense que le député de Rosemont, qui a très, très
hâte qu'on commence l'étude détaillée du
projet de loi... Puis je le comprends, parce que je pense que tous les
Québécois ont hâte qu'on se mette à la tâche, parce que c'est un projet
très important. Donc, on partage le même objectif.
la demande spécifique du comité des usagers, j'ai aussi pris connaissance de
certains commentaires, puis on aura
la chance d'en reparler, Mme la Présidente, avec le député au cours des
prochains jours, mais il y a une chose : les articles 144 et 145 du projet de loi sont
très clairs, très, très clairs, les gens ont toute la latitude de continuer à
participer de la façon dont il va être décidé.
Alors, moi, au lieu
de rentrer dans le détail, aujourd'hui, j'aimerais rassurer les gens qui nous
écoutent que le processus parlementaire qui va être conduit avec une
quarantaine de groupes au cours des trois à quatre prochaines semaines va écouter tout le monde. Je l'ai dit,
que le projet de loi était perfectible, mais il y a des articles spécifiques
qui non seulement demandent aux
usagers de continuer à participer, mais de participer à un niveau plus élevé
dans la hiérarchie, pour être sûrs que leurs voix se feront entendre.
La Présidente :
En terminant.
M. Dubé :
Je pense que c'est vraiment une question de décentralisation.
La Présidente :
Première complémentaire.
Marissal : Le conseil de
protection des malades affirme, et je cite : «[La CAQ] s'oriente
vers une gouvernance de plus en plus centralisée avec une participation
citoyenne [...] bien affaiblie.» Ce sont les mots de Paul Brunet.
Le ministre dit qu'il
agit d'abord et avant tout pour le bien-être des patients, des usagers. Il dit
qu'il agit par décentralisation. Mais
comment peut-on parler de décentralisation quand on s'éloigne des premiers
concernés par sa réforme et par le réseau de santé, c'est-à-dire les
usagers?
Présidente : M. le ministre.
M. Dubé : Mme la Présidente, j'aimerais ça répéter
exactement ce que je viens de dire à la première partie, parce que, pour moi, c'est très clair, quand les gens
auront eu la chance de pouvoir discuter, de lire ce qui est écrit, notamment
aux articles 144 et 145 du
projet de loi n° 15, je pense que les gens vont comprendre qu'on est
vraiment en train d'attaquer le changement
de culture, d'avoir la participation réelle, Mme la Présidente, réelle des
usagers pas uniquement dans l'installation où ils sont, mais au niveau de l'établissement. C'est deux choses
complètement différentes, parce que, si vous vous plaignez d'un mauvais service à l'installation et
que la nouvelle ne se rend jamais à l'établissement, ce n'est pas ça, de la
décentralisation.
Présidente : En terminant.
M. Dubé : Alors, Mme la Présidente, on va avoir l'occasion
d'en discuter ensemble. Puis je suis certain que le député...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Marissal :
Je suis sûr que le ministre de la
Santé ne vient pas de dire que M. Brunet n'a pas compris
l'article 144, je suis sûr qu'il
n'a pas dit ça. Sa collègue, tout à l'heure, disait que ce n'est pas idéal
d'aller vers les médias. Non, ce n'est pas l'idéal, mais c'est le
dernier recours.
Est-ce
qu'elle comprend, elle et son collègue de la Santé, qu'en coupant les liens
entre le comité des usagers et les décideurs
le dernier recours, d'aller vers les médias, va devenir le premier recours, et
ça va devenir le seul recours? Est-ce qu'il comprend ça, le ministre,
qu'il est en train de couper le lien essentiel avec les gens qu'il dit vouloir
représenter?
Présidente : M. le ministre.
M. Dubé : Écoutez, Mme la
Présidente, là, je pense que j'ai eu beaucoup de collaboration avec le député
de Rosemont dans les derniers mois. Je
comprends ce qu'il dit aujourd'hui, mais je pense que, quand on va s'asseoir
ensemble avec, justement, les
représentants des usagers, il pourra leur donner le forum pour reposer la question,
et ils auront ma réponse. Et, s'il y a des ajustements à faire, on va les faire. Mais, je veux
rassurer tout le monde, Mme la Présidente, notre objectif, c'est de donner la voix aux usagers par toutes
sortes de mesures et non de leur en enlever. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la Présidente.
Au Québec, les personnes sans domicile fixe reçoivent des contraventions
qu'elles ne peuvent payer et sont
incarcérées pour défaut de payer des amendes par le tribunal. Le tribunal,
souvent, les condamne par défaut, ils
ne sont même pas là, et le tribunal ne peut s'enquérir et être convaincu que le
défendeur a la capacité de payer.
sont des personnes qui n'ont pas de domicile fixe, et ces personnes,
normalement, ne devraient pas se retrouver en prison. Le tribunal émet
un mandat d'arrestation, ces gens-là sont arrêtés et sont emprisonnés. Ce sont
des personnes vulnérables qui ne devraient pas être emprisonnées.
Est-ce
que le ministre de la Justice peut s'engager à faire en sorte que cette
situation cesse et donner des instructions aux percepteurs des amendes
en ce sens?
Présidente : La réponse du ministre de la Justice.
Jolin-Barrette : Oui, merci, Mme la Présidente. Je remercie la
collègue de l'Acadie de soulever cette question-là,
parce que la loi a été modifiée, à l'époque, par ma prédécesseure, donc,
l'ancienne députée de Gatineau et ministre de la Justice, à l'époque, pour faire en sorte, justement, que les
individus en situation d'itinérance qui se retrouvent avec beaucoup de constats d'infraction puissent enfin
être libérés de ces constats d'infraction là, pour faire en sorte de diminuer
le fardeau qui leur est imposé et surtout
les amener vers une réinsertion sociale, les accompagner, souvent, dans le
cadre de problématiques de santé mentale.
Donc, déjà, l'ensemble
des municipalités sont en train de faire en sorte de suivre la directive qui a
été mise par voie législative dans le cadre
du projet de loi qui avait été adopté ici, à l'Assemblée nationale, et toutes
les municipalités vont se conformer à
ces orientations-là, justement, pour faire en sorte que les personnes qui sont
en situation d'itinérance ne se
retrouvent pas surjudiciarisées et que, plutôt que de recevoir des pénalités,
des constats d'infraction pénaux, bien, on puisse les accompagner et les sortir de la rue en fonction de leurs
besoins particuliers à tous et chacun. Et l'ensemble du système de
justice est mobilisé pour, justement, trouver des solutions pour bien les
accompagner.
Présidente : Alors, cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis. Et, pour ce faire, je cède la place au troisième vice-président de
l'Assemblée nationale. Je vous souhaite une belle journée à toutes et à tous.
Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, à la rubrique des motions sans préavis, en
fonction de nos règles et de l'ordre
de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du
groupe formant l'opposition officielle. M. le leader.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
le député de Matane-Matapédia et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la hausse importante de l'immigration
temporaire au Québec sous le gouvernement
de la Coalition avenir Québec, telle que démontré par les données de l'Institut
de la statistique du Québec;
«Qu'elle
rappelle que toute personne immigrante, qu'elle soit au Québec de façon
temporaire ou permanente, a un impact
sur la capacité d'accueil du Québec puisqu'elle a des besoins de bases qui
doivent être comblés tels que le logement et qu'elle consomme des services publics, tout en mesurant également les
impacts positifs de leur apport pour le Québec en matière de
main-d'oeuvre, de développement économique, culturel, démographique et autre;
«Qu'enfin, elle exige
du gouvernement caquiste qu'il rende public un portrait clair de la capacité
d'accueil du Québec, appuyé par des données précises sur le nombre d'immigrants
permanents et temporaires au Québec et ce avant la tenue de la consultation sur la planification pluriannuelle de
l'immigration prévue par la
Loi sur l'immigration au Québec.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Alors,
je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. C'est M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci,
M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée pour débattre de
la motion suivante conjointement avec le député des Îles-de-la-Madeleine :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que les données actuelles ne justifient pas
un tunnel autoroutier entre Québec et Lévis.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement
pour débattre.
Alors, maintenant, je
reconnais un membre du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : ...m'essayer, M. le Président. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Marguerite-Bourgeoys, la députée de Verdun et la députée de Vaudreuil, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse l'apport des micro-distilleries québécoises à l'offre de
produits locaux et à la reconnaissance internationale du savoir-faire québécois
en matière de spiritueux;
«Qu'elle
prenne acte de la croissance remarquable du secteur ces dix dernières années
qui a su s'implanter dans 15 régions,
créer plus de 400 emplois, générer des ventes de plus de 900 millions
de dollars et offrir plus de 300 nouveaux produits aux
consommateurs et consommatrices du Québec;
«Qu'elle reconnaisse
que plusieurs entreprises du secteur connaissent d'importantes difficultés
financières qui risquent de porter atteinte à leur capacité à innover et à
commercialiser des spiritueux locaux de qualité;
«Qu'en
conséquence, l'Assemblée nationale s'engage à abolir la majoration perçue par
la Société des alcools du Québec
sur les ventes effectuées sur les lieux de fabrication des produits et incite
cette même société à adapter ses pratiques commerciales et
promotionnelles à la réalité des micro-distilleries...»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Alors, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant le gouvernement. M. le ministre de la
Santé.
M. Dubé : Alors,
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'urgence d'agir et la volonté de changement
de l'ensemble des Québécois pour rendre notre réseau de la santé et des
services sociaux plus humain et plus efficace;
«Qu'elle énonce
clairement que le statu quo en santé n'est pas une option;
«Qu'elle
rappelle l'importance que tous contribuent à réaliser les changements
nécessaires à notre réseau de santé pour redonner aux Québécois les
soins et les services qu'ils méritent;
«Qu'elle
sollicite l'entière collaboration de l'ensemble des parlementaires afin de
permettre le cheminement diligent du
projet de loi n° 15, dont les travaux débutent aujourd'hui, dans le respect de
l'ensemble des commentaires formulés lors des consultations
particulières et de l'ampleur du projet de loi.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Consentement, sans débat.
Cette motion est-elle
adoptée? Adopté.
Alors,
à la rubrique touchant les travaux des commissions, avis du gouvernement, M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président,
merci. La Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 12, Loi portant sur la
réforme du droit de la famille en matière de filiation et visant la protection
des enfants nés à la suite d'une agression sexuelle et des personnes victimes
de cette agression ainsi que les droits des mères porteuses et des enfants issus d'un projet de
grossesse pour autrui, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures
à 18 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Commission de l'aménagement du territoire poursuivra les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 16, la Loi modifiant la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme et d'autres dispositions,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions, pour
une durée de 1 h 35 min, et de 15 heures à
18 h 15, à la salle Pauline-Marois;
Commission de l'économie et du travail poursuivra les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 19, la
Loi sur l'encadrement du travail des enfants, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions, pour une durée de 1 h 35 min, et de
15 heures à 18 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de la santé
et des services sociaux entreprendra les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi
n° 15, la Loi visant à rendre le
système de santé et de services sociaux plus efficace, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions, pour une durée de 1 h 50 min, et de
15 heures à 18 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Vice-Président (M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour déroger à
l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions? Consentement.
Alors, je
vous informe qu'il y aura sanction du projet de loi n° 10, Loi limitant le recours aux services d'une agence
de placement de personnel et à de la
main-d'oeuvre indépendante dans le secteur de la santé et des services sociaux, demain, le 20 avril 2023, à
9 heures, au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 1 du feuilleton.
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, à l'article 1 du feuilleton,
M. le ministre de la Sécurité publique propose l'adoption du
principe du projet de loi n° 14, Loi modifiant diverses dispositions
relatives à la sécurité publique et édictant la Loi visant à aider à retrouver
des personnes disparues.
Alors, je reconnais M. le ministre de la
Sécurité publique.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Très heureux d'intervenir
aujourd'hui pour l'adoption de principe du projet de loi n° 14, que j'ai déposé le 15 mars
dernier, qui s'intitule la Loi
modifiant diverses dispositions relatives à la sécurité publique et édictant la
Loi visant à aider à retrouver des personnes disparues. Comme je le mentionnais, très heureux de prendre la parole aujourd'hui pour vous
soumettre... pour le soumettre afin que cette même Assemblée en adopte le
principe.
C'est un projet de loi, M. le Président, qui
vise à mettre en place les premiers jalons permettant la réforme de la police
au Québec. Il faut comprendre que cette réforme n'a pas été édictée... amendée
depuis une vingtaine d'années. Il poursuit
trois grands objectifs : celui d'accroître l'efficience de l'activité
policière, notamment en matière d'enquête de disparition de personnes, puis je vais y revenir, ensuite, mieux
prévenir et contrer le profilage racial et social, on en a parlé
longuement, et renforcer la confiance du public envers la police.
Puis le
projet de loi n° 14 répond à un engagement clair de notre gouvernement,
celui de mettre en oeuvre une réforme policière axée sur la modernité, la
confiance et l'efficience afin de répondre aux attentes de la population et de
tenir compte des nouvelles réalités
auxquelles les policiers, policières du Québec sont confrontés à chaque jour.
Puis il permet aussi de remédier à
certaines problématiques observées en matière de libérations conditionnelles et
de sécurité incendie. J'y reviendrai un peu plus tard. Puis, du point de
vue du gouvernement, il s'agit d'une première vague de changements législatifs
qui visent à mettre en place la police de demain pour le Québec.
Il faut
comprendre que ce projet de loi, qui n'est pas nouveau, qui a été déposé sous
l'ancienne législation, qui n'a pas été adopté, faute de temps, est le fruit du
travail de plusieurs, plusieurs, plusieurs intervenants, le Comité consultatif
sur la réalité policière qui a travaillé pendant des mois et des mois, qui a
déposé 138 recommandations, qui a reçu plus de 80 mémoires, donc, ils ont établi... Et plusieurs de ces
recommandations sont dans le projet de loi n° 14 qui a été déposé,
comme je le mentionnais, le 14 mars
dernier. Il y a le Groupe d'action contre le racisme, aussi, M. le Président,
qui a travaillé à émettre des
recommandations. Mon collègue le ministre responsable de la Lutte contre le
racisme a été
partie prenante, avec moi aussi, après les fêtes de cette
année, pour rencontrer différents groupes, pour entendre leurs inquiétudes. Et le défi reste toujours quand même de trouver un
équilibre important pour répondre à leurs inquiétudes, et surtout à certains
cas de profilage que certaines personnes
racisées nous ont invoqués, du peu de confiance aussi que certains avaient avec
la déontologie, commissaire à la
déontologie. Et, là-dessus, vous allez le voir un peu plus loin dans ce que je
vais énumérer, je pense qu'on a
trouvé des points qui étaient sensibles, importants pour eux, et qui vont
répondre à leurs inquiétudes, et surtout
dans l'accompagnement que ceux-ci auront s'ils avaient à porter plainte dans le
futur pour autres cas de profilage comme tels.
points... Je vais vous énumérer quelques points qui, pour moi, touchent
spécifiquement le projet de loi. Le premier, nécessairement, on le dit dans le
titre du projet de loi, c'est les
personnes disparues. On a eu des cas, on a eu des cas malheureux. On a
M. Roy, président de Savoura, qui est disparu, qui s'est écrasé avec son
hélicoptère et son fils, là, voilà quelques... quelques mois déjà. Je pense que
vous vous souvenez, M. le Président, ça avait fait les manchettes. Puis je l'ai
souvent répété, je pense, les corps de
police en conviennent aussi, chaque minute, suite à une disparition, chaque
minute compte. Et, avant, les
policiers n'étaient pas capables... pas d'intervenir, mais d'obtenir des
informations précises sur la géolocalisation d'un téléphone cellulaire, d'infos bancaires, d'infos santé, de ce que
la personne disparue ou qui accompagne une personne disparue pourrait nous dévoiler sur leurs
téléphones cellulaires, donc, sur les réseaux sociaux, les textos, les
échanges, les écrits. Donc, je le disais, chaque minute compte.
Alors, ce
qu'on va souhaiter adopter, c'est que, suite à une ordonnance d'un juge ou d'un
juge de paix magistrat, bien, les
policiers pourront obtenir rapidement... Et il faut faire attention, ce n'est
pas juste la personne disparue, c'est la personne qui pourrait accompagner aussi une personne disparue, exemple,
un enfant. Donc, rapidement, les policiers pourront, suite à l'ordonnance, à l'autorisation d'un juge
de la Cour du Québec ou d'un juge de paix magistrat, comme je mentionnais,
obtenir, M. le Président, ces informations
qui sont cruciales, cruciales pour rapidement être capables de retrouver ces
personnes disparues et aussi, un point important, de diffuser
publiquement certaines informations qui pourraient aider le public à aider les policiers, la Sûreté du Québec ou
autres, dans leurs recherches de ces personnes qui sont disparues. Donc, c'est
des points, pour moi... ou c'est le point le
plus... un des points les plus importants de ce projet de loi, c'est d'aller
faire un pas en avant pour donner des
outils additionnels. On a, nécessairement, fait une évaluation de ces mesures
que d'autres provinces ont mises de
l'avant aussi, pour ne pas nommer le Manitoba et l'Ontario qui l'ont fait, si
je ne me trompe pas, le Nouveau-Brunswick, dernièrement. Donc, on fait un pas en avant, je crois, qui a été qui a
été bien reçu par, je pense, l'ensemble des partenaires qui sont venus nous voir, les organismes qui sont
venus nous voir pour statuer sur ce quoi on pourrait améliorer, sur ce
quoi on pourrait modifier, aussi, dans ce projet de loi.
Un autre
point important, c'est les mesures qui visent la prévention et la lutte contre
le profilage racial et social et la déontologie
policière. Je l'ai mentionné, quand j'ai rencontré certains groupes, beaucoup
m'ont invoqué leurs mauvaises expériences,
je vais le dire ainsi, leurs mauvaises expériences avec la déontologie, le peu
d'accompagnement, avec le travail que
la commissaire faisait et versus celui qui... sur lequel la plainte reposait,
le policier, le syndicat qui l'accompagne, et tout ça.
Puis, avant
toute chose, avant d'aller plus loin sur les points spécifiques qui vont
toucher les plaignants, bien, il est important pour moi qu'on puisse
établir des lignes directrices, des lignes directrices qui vont à l'ensemble
des corps de police. Parce que,
présentement, il y a des mesures qui sont prises pour contrer le profilage dans
les différents corps de police, M. le
Président, ça se fait, mais, pour nous, d'établir des lignes directrices pour
l'ensemble des corps et que ceux-ci soient bien compris par ces corps de
police pour répondre aux interpellations aléatoires... les interpellations,
pardon, policières et les interceptions
routières. Bien, vous comprendrez que, pour moi, il va être important que ces
interpellations ne se fassent pas sur
des motifs discriminatoires. Ça, ce n'est pas négociable, ce n'est pas
négociable. Donc, on va établir des lignes spécifiques pour accompagner
le travail des policiers, qui le font déjà très bien.
Malheureusement, il existe, oui, des cas de
profilage, je l'ai déjà mentionné, comme ça a été médiatisé dans les derniers mois, sinon les dernières années. Et,
pour la première fois, ce qu'on va demander aux corps de police, c'est une
forme de reddition de comptes, une forme de reddition de comptes pour que...
déjà, les policiers le font, certains corps le
font, remplir, suite à une interception ou une interpellation... les policiers
vont remplir un petit document rapide, rapide. On ne veut pas non plus que ce document soit lourd puis qu'après chaque
interception le policier doive prendre 20, 30 minutes à se dire : O.K., je
dois remplir tel, tel, tel document pour colliger ceci et cela. Il faut que ça
se fasse de façon rapide pour les policiers.
Donc, cette reddition de comptes annuelle nous sera envoyée au ministère. Là,
on pourra, pour une première fois, colliger,
et s'adapter, et peut-être amener des mesures qui seront, de façon importante,
améliorées dans le futur pour améliorer le travail des policiers. Je l'ai souvent dit, les policiers
d'aujourd'hui, leur travail est bien différent de celui de voilà 25 ans,
et il sera encore bien différent dans les
prochaines années. Donc, je pense que cette reddition sera importante et va
surtout nous permettre de renforcer l'efficience du travail des
policiers.
Pour ce qui
est, madame... M. le Président, pardon. Ce qui est important pour moi aussi,
c'est d'être capable de donner, comme
je le mentionnais, des outils d'accompagnement pour les plaignants. Pour les
plaignants, quand je disais d'accompagnement, ils se sentaient bien
seuls quand ils étaient face aux policiers, face aux membres du syndicat qui l'accompagnaient. Donc, à partir de maintenant,
les plaignantes, plaignants pourront être accompagnés par des personnes qui seront formées, qui seront formées
spécifiquement à la déontologie pour être capables de travailler avec eux et de
les aider, là, à poursuivre le
parcours, s'ils le souhaitent, d'une plainte comme telle face au tribunal. Donc
ça, c'est un ajout qui était... qui n'était pas dans l'ancien projet de
loi.
On va aussi
modifier la formule de conciliation. Avant, la conciliation était obligatoire.
Maintenant, ce sera un libre choix. C'est ce qu'on nous demandait aussi du côté
de certains organismes. Donc, c'est une... c'est un pas important.
Du côté de la
déontologie aussi, la commissaire pourra mettre de l'avant une enquête, si elle
le souhaite, s'il le souhaite, un peu
comme le Bureau du coroner. Le coroner peut décider par elle-même, par
lui-même, si une enquête doit se tenir sur un cas, sur un meurtre ou un
cas particulier. Donc, du côté de la déontologie, ce sera la même chose.
Du côté de la
mission, de la compétence et de l'indépendance des corps de police et de leurs
membres, on souhaite moderniser aussi
pour inclure les notions de concertation et de... partenariat, pardon, entre
les organisations policières et les intervenants du milieu. On souhaite mettre
en place des mesures qui vont nous permettre de mettre en place également
des garanties supplémentaires en termes
d'indépendance, de compétence, d'intégrité et d'imputabilité. On signale, à ce
chapitre, les précisions introduites quant à
l'indépendance des corps de police et de leurs membres, notamment par rapport
aux élus. Ça, c'est un point que l'Union des
municipalités nous a soulevé, où je n'étais pas nécessairement d'accord, et je
ne le suis pas encore, d'accord, mais le projet de loi propose d'énoncer
clairement le droit, pour tout directeur ou membre d'un
corps de police, de refuser, de refuser de communiquer des renseignements dont
la divulgation pourrait avoir une incidence
sur l'administration de la justice ou la sécurité publique. Donc, pour nous,
c'est important d'avoir cette indépendance du corps de police versus les informations qu'on pourrait donner à
certains élus en termes d'enquêtes qui pourraient modifier ou mettre
fin, possiblement, peut-être, à une enquête que les policiers font.
Un point,
pour nous aussi, important, la main-d'oeuvre spécialisée et la formation. La
formation, je pense, ça a été le sujet qui a été évoqué pour chaque organisme,
chaque groupe qui est venu nous voir. La formation en continu devra être
importante, devra être mieux encadrée dans
le futur. Et c'est un point sur lequel on s'attarde aussi dans le projet de
loi. Et je l'ai déjà mentionné, il faut faire la distinction entre la
requalification des policiers pour le maniement d'armes ou autres, ou la conduite ou autres, versus la formation
continue. Que ce soit, M. le Président, pour le profilage ou... social, racial,
peu importe, alors tout ce qui
pourrait changer, changer ou améliorer le comportement... pas le comportement,
mais le travail des policiers dans le
futur, je pense que c'est un point non négligeable. Et certains corps de police
le font déjà, mais on va nécessairement
émettre, dans ce projet de loi, des points précis pour accompagner... ou, je
vais dire, mettre en place des pouvoirs réglementaires pour accompagner
les policiers dans plusieurs aspects de leur formation future.
Le Bureau des enquêtes indépendantes, le BEI, pourra aussi, M. le Président, mettre
fin à une enquête à condition de communiquer les motifs de sa décision
au public. Donc, c'est une mesure d'efficience qui va être importante.
Je le disais
tantôt, la déontologie policière, rapidement, j'y reviens parce que c'est un
point non négligeable, donc, le commissaire pourra tenir une enquête de
sa propre initiative, comme je l'ai mentionné.
On prévoit
également que la décision d'aller ou non en conciliation va revenir au
plaignant. Les citoyens qui déposent une plainte pour discrimination
vont pouvoir bénéficier d'un service d'accompagnement, comme je l'ai mentionné,
par un agent de liaison en équité, diversité
et inclusion. Et on crée aussi un processus de signalement pour les personnes
qui ne sont pas directement
impliquées dans un événement, mais qui souhaiteraient le dénoncer. Donc, ceux
qui craignent des représailles pourront faire un signalement anonyme,
anonyme, donc ça, c'est important de le mentionner.
Les derniers petits points sur les services
correctionnels. Donc, on va rendre publiques pour la première fois les décisions qui sont prises par les membres de
la libération conditionnelle pour que le public soit informé. Avant, bien,
il y avait des demandes d'accès à l'information qui entraient semaine après
semaine, sinon des dizaines et des centaines qui
étaient reçues par les libérations conditionnelles. Alors, pour moi, en termes
de transparence, c'est important que la population puisse savoir
pourquoi telle ou telle décision a été prise par ces membres des libérations
conditionnelles.
Du côté de la
sécurité incendie, on va également profiter du dépôt du projet de loi pour
remédier à certains problèmes observés en matière de sécurité incendie.
Le projet de loi propose des modifications en lien avec le fameux schéma de couverture de risques en sécurité incendie. Et
puis, selon la loi, présentement, sur la sécurité incendie, les administrations
régionales, les MRC, les agglomérations et l'Administration régionale Kativik doivent se doter d'un schéma de couverture
de risques, et ce schéma permet de planifier les mesures à prendre en
prévention et en intervention, notamment par les municipalités, en s'assurant
d'une gestion efficiente des ressources disponibles à l'échelle régionale. Ce
schéma est actuellement de cinq ans et
prévoit un an pour sa révision. Et le processus de révision des schémas, on
nous l'a mentionné, est extrêmement
exigeant de la part des municipalités. Donc, pour nous, afin de tenir compte de
cette réalité, le projet de loi va proposer maintenant un délai qui va
être jusqu'à 10 ans et qui va inclure deux ans pour la prévention, donc à
partir de la huitième année. Donc, ça va
donner un peu plus de temps pour ces municipalités qui... à répondre,
nécessairement, là, donc, à ces schémas de couverture qui sont
importants.
Donc, je
termine, M. le Président, en vous disant que les consultations particulières se
sont bien déroulées. Je veux remercier
mes collègues de l'opposition, là, qui étaient... qui m'accompagnaient,
nécessairement la députée de l'opposition officielle, qui a été
partie prenante de ces discussions. Je l'ai
souvent mentionné, on aura... Dans tous les projets de loi que j'ai déposés dans les quatre dernières années,
j'essaie de trouver l'équilibre entre ce que les groupes nous font valoir,
entre les plaignants, les rencontres que nous avons à gauche et à droite. Je
sais très, très bien qu'il y a certaines petites choses qui se sont dites qui
pourraient être améliorées. Je pense qu'on va être à la même place. Et je serai
très pragmatique dans mon approche
pour être capable d'améliorer le projet de loi. Je ne dis pas que ce projet de
loi est entièrement parfait, il peut être amélioré sur certains points. Je vais nécessairement évoquer ces points
avec la députée pour être capable de faire avancer ce projet de loi, pas
nécessairement le plus rapidement possible, mais de le travailler en
collégialité avec les oppositions pour qu'on
puisse répondre, comme je le mentionnais, là, à tout ce travail-là qui a été préparé
dans les dernières années. C'est une sorte d'omnibus, quand même, là,
qui a été déposé le 14 mars dernier, puis je pense qu'on va être capables
de bien travailler pour être capables de donner tous les outils possibles aux
policiers, à la déontologie, au BEI et de renforcer l'efficience de ces différents partenaires dans le travail qu'ils ont à
faire jour après jour pour rassurer notre population, sécuriser nos
rues. Donc, merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci. Merci, M. le ministre. Alors, je reconnais
maintenant Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Et d'emblée je veux remercier M. le ministre pour ses remarques. C'est sûr, on est toujours contents quand on a des
ministres pragmatiques. C'est «music to my ears», comme on dit. Alors, je suis contente de savoir et je suis aussi
également contente, comme porte-parole en matière de sécurité publique, de
prendre la parole en ce qui concerne
le projet de loi n° 14, Loi
modifiant diverses dispositions relatives à la sécurité publique et édictant la Loi visant à aider à retrouver des
personnes disparues. Un long
titre
qui va amener beaucoup de débats. Un projet de loi qui ne fait pas un consensus à travers les
groupes qui sont venus témoigner, qui a des choses, oui, en effet, pour
renchérir sur les remarques de M. le
ministre, à bonifier, mais aussi des éléments dans un premier aspect de cette
loi où on va continuer à faire un débat constructif, des éléments qui sont
bienvenus aussi par les groupes qui ont passé en commission parlementaire. Alors, je remercie, encore une
fois, le ministre pour sa collaboration et j'ai hâte à continuer à avoir un
débat constructif avec lui et son
équipe, qui va sûrement nous accompagner en études détaillées lors de la
prochaine étape de l'avis de ce projet de loi.
le répète souvent, quand je prends la parole ici, en Chambre, M. le Président,
qu'au moment qu'un projet loi est
déposé ici, à l'Assemblée nationale, pour être étudié en commission
parlementaire, ça appartient par la suite à la population. C'est maintenant le projet de loi de la
population. Puis nous avons tous une responsabilité et un devoir d'être à
l'écoute de la population. Nous
sommes des porte-parole. Alors, ce n'est pas nécessairement notre parole qui
compte, mais la parole des citoyens
dont nous, on représente, que ce soit de nos comtés ou bien comme porte-parole dans les
dossiers qu'on porte pour nos
formations politiques. Alors, je trouve que j'ai vraiment de la chance de
porter le dossier pour la sécurité publique. C'est un dossier, pour moi,
qui est très personnel.
je vais parler un petit peu plus, plus tard, mais je veux aussi remercier le
collègue de Marguerite-Bourgeoys, qui m'accompagne aujourd'hui, qui n'a
pas pu assister parce qu'il porte beaucoup de dossiers, lui aussi, pour
l'opposition officielle, mais il a levé la
main pour participer et prendre la parole en ce qui concerne cette étape de la
loi, pour l'adoption du principe, et
je suis reconnaissante parce que je sais que, pour lui aussi, c'est une loi qui
est importante, qui mérite notre attention.
Et j'espère que des gens vont porter une attention au projet de loi n° 14, parce qu'il présente beaucoup de changements et modifications qui vont changer plein de choses, non
seulement pour la société civile mais aussi pour nos professionnels en uniforme, pour les personnes
disparues. Il y a beaucoup d'éléments, il va y avoir des changements pour les
municipalités, pour les services incendie, le volet de services correctionnels.
Alors, il y a beaucoup de modifications qui sont abordées.
C'est
un projet de loi de 155 articles, puis, auparavant, j'aurais dit d'un
projet de loi que 155 articles, c'est vraiment un gros projet de
loi, mais maintenant qu'on voit des projets de loi d'au-dessus de
1 300 articles, je ne sais pas comment qu'on appelle ce type de projet de loi, mais, bref, c'est important puis
ça a généré beaucoup d'attention. Nous avons entendu quelques groupes en
commission, alors, pour les consultations particulières, ça fait qu'aussi je
veux remercier tous les groupes qui sont
venus témoigner. Sachez que toutes les informations que vous avez partagées
avec nous, comme membres de la commission qui vont faire le débat à la
suite de ce projet de loi, toutes les remarques, toutes les recommandations seront prises en considération avec une certaine
neutralité de s'assurer qu'on trouve un équilibre dans cette loi puis d'aussi
aider le gouvernement à adopter une loi qui
est perfectible, qui mérite d'être bonifiée, mais aussi au respect de tous vos
droits, de tous vos besoins, puis à l'image
de la société québécoise, et pour les jeunes qui vont hériter toutes les lois
que nous sommes actuellement en train de débattre, en débattre ici, à
l'Assemblée nationale. Ça fait que, merci pour vos témoignages, merci aussi pour tous les mémoires qui ont été déposés, que
nous avons lus avec une grande attention, parce que ce que vous partagez avec nous, surtout toutes les
recommandations pour les amendements possibles, puis de la façon que
vous voyez la bonification de cette loi, c'est toujours le bienvenu, et votre
voix est très importante.
Je veux aussi faire une petite mention pour les
groupes qui n'ont pas passé à l'Assemblée, qui n'ont pas pu venir témoigner en
commission parlementaire. C'est quelque chose que j'ai partagé à maintes
reprises, M. le Président, que je trouve que la période de consultations
particulières est souvent trop courte. Les groupes ont très peu de temps à se
préparer puis souhaitent partager
leur point de vue, mais on n'a pas assez de temps qui est consacré dans le
cadre législatif. Dans le calendrier, qui est géré par le leader du
gouvernement et le gouvernement entier, on ne donne pas assez d'importance à
cette étape vraiment importante dans la vie
d'un projet de loi. Alors, je dois dire que c'est un élément que je regrette
beaucoup puis je souhaiterais qu'on change.
Puis,
dans le cas du projet de loi n° 14, bien, évidemment, l'Assemblée des premières
nations Québec-Labrador, l'APNQL,
nous ont envoyé une lettre puis ils dénoncent vraiment ce processus, parce
qu'avec un cinq jours pour se préparer pour venir témoigner en
commission, pour préparer un mémoire sur un enjeu qui est fondamental puis très
important pour eux de consulter leur monde,
c'est un manque de respect envers les groupes qu'on souhaite entendre. Alors,
je veux renchérir un peu là-dessus,
parce que c'est important, M. le Président, il faut donner le temps à la
population de se préparer, il faut
donner le temps à la population de venir nous aider dans nos travaux. Encore
une fois, nous sommes des porte-parole.
Puis,
pour l'APNQL, qui ont dénoncé le manque de temps pour préparer, c'est aussi le
manque de cohérence qu'ils voulaient
qu'on voie à l'intérieur du projet de loi n° 14.
Alors, pour porter leur voix un peu dans le dossier des Premières Nations, ils
font la démonstration qu'il y a un manque de cohérence parce que leur souhait
de collaborer n'est pas toujours reflété
dans le processus que le gouvernement met vers l'avant en ce qui concerne le
débat sur les lois. Puis, pour le projet de loi n° 14, bien, évidemment, eux, ils souhaitent qu'on
harmonise avec les intentions du fédéral d'aller de l'avant avec un projet de loi qui accélérera la mise en place d'un
cadre juridique pour reconnaître les services de policiers des Premières
Nations comme un service essentiel.
Alors, nous avons une lacune, un retard, nous avons une responsabilité de
trouver le chemin pour harmoniser, et
de faire ce type d'accompagnement, mais, encore une fois, avec le respect, avec
un accompagnement, avec une
consultation. C'est une responsabilité que nous avons. Alors, en espérant qu'il
y a quelque chose qui va changer à l'égard des demandes pour l'APNQL.
suis peut-être nouvelle dans le dossier de sécurité publique, mais, comme
j'avais mentionné peut-être à quelques reprises,
ça fait que ce n'est pas la première fois que les gens vont l'entendre, je ne
suis pas nouvelle en ce qui concerne le milieu. Je suis une fille d'un policier. Je ne suis pas policière, ça
fait que je ne peux pas parler de la réalité policière, mais je peux
parler, je pense, de l'aspect humain.
I saw the toll that the job
takes on the people that wear the uniform, I grew up in a household where you
could see how damaging and how difficult it
was for my father, and I can only say that now because he's passed, he's passed
on. And, while
I miss him terribly... I had such a huge respect for everything that he did,
but I could see how the role was so challenging
and so difficult for him, and how he was often alone to face the psychological
trauma, that there wasn't a lot of accompaniment
at the time. And I know that we've changed and I know that we've seen a lot of
advances, and society has evolved as
well, when we're talking about mental health and those types of issues, but I
don't think it's as easy as what people think, even today, for our police officers, for the people that wear a
uniform, the people that are there to protect us. I don't think that we realize how much help that, maybe,
they need and how difficult it is for them to raise their hand and say that,
«I need you to protect me in order for me to protect you».
so, I'm hoping that we're going to see a lot of that in this bill, because the humanity,
behind everything that we're doing, is essential, and it's important. And we know that it's
difficult for the people that are supposed to be strong to show weakness and we don't want to create more
disengagement. We want to make sure that we're accompanying our police officers, that we're accompanying our
firefighters, that we're accompanying all the people that wear a uniform. And so,
that's what is going to be guiding a lot of the principles, for me, in the
debate of this bill.
C'est d'amener la
lumière sur la réalité policière pour éviter qu'on a d'autres policiers et
policières qui se retrouvent seuls, qui font
face à des injustices, eux aussi, mais aussi l'angle de protéger la population.
Comme le ministre l'a dit, le
profilage racial, c'est inacceptable. Il faut aussi protéger la population, il
faut aussi trouver un juste milieu, il faut aussi travailler là-dessus,
parce qu'il n'y a aucun cas de discrimination qui devrait être accepté.
Alors, quand je pense au projet de loi
n° 14, ce n'est pas juste un projet de loi, pour moi, c'est aussi très
humain. C'est le suivi du dossier d'une
personne disparue, pour les familles. Puis on a entendu des histoires
crève-coeur. On a eu des mémoires qui
ont été déposés qui vont vraiment influencer, je pense, la direction que nous
allons aller en ce qui concerne cette
loi, quand on parle du projet de loi n° 14. Puis l'humanité, c'est la vie,
au quotidien, de nos policiers qui nous protègent. C'est le système correctionnel du Québec et le
traitement des personnes incarcérées, comme Nicous D'Andre Spring, qui a
perdu sa vie, et que sa famille attend toujours des réponses pour savoir
qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui s'est passé. Puis nous savons qu'il y a une enquête du coroner en ce qui concerne
cette histoire malheureuse, où il a perdu sa vie. Mais je vois en bien
que nous devons avoir des améliorations puis un accompagnement. Ça fait que je
pense qu'il y a des éléments qui sont fort
intéressants, à l'intérieur du projet de loi n° 14, qui vont nous
aider à faire un accompagnement sain, puis je vais élaborer un peu plus
tard dans mon discours, M. le Président.
Depuis mon
arrivée en poste comme porte-parole de l'opposition officielle en matière de
sécurité publique, j'ai rencontré beaucoup de monde. J'ai rencontré les
porteurs d'uniforme, que ce soient les policiers ou les pompiers, des organismes, comme La Vigile, qui aident, qui
viennent en aide aux travailleurs d'urgence qui ont besoin d'aide. Puis je fais
une mention spéciale pour eux, parce que bravo pour ce que vous faites! C'est
tellement essentiel, c'est tellement important, puis c'est seulement regrettable que c'est un service qui n'est pas
disponible pour toutes les personnes en besoin, parce que ce n'est pas
tout le monde qui a des assurances pour couvrir ces soins, quand il se retrouve
avec un besoin fondamental, encore une fois,
pour protéger ceux qui nous protègent. Alors, je veux les remercier pour tous
les travaux qu'ils font, parce que
c'est essentiel, puis en espérant qu'on va trouver du budget pour leur aider. Peut-être
on a des gens qui sont en train de nous écouter.
J'ai
rencontré des associations, j'ai rencontré des gens qui ont accepté à me parler
en secret, parce que, oui, les gens ont
peur de parler, les gens ont peur de parler de tous les aspects, que ce soient
les policiers qui ont peur, peur des représailles, que ce soient les membres de société civile, des
victimes. Il y a plusieurs de gens qui ont peur de s'exprimer. Alors, il faut
éviter cette peur. Il faut avoir une discussion puis un discours qui est
ouvert, qui est transparent, parce qu'il faut... pour adresser les problèmes, il faut les nommer. Il faut parler, il faut
avoir le courage d'en parler pour être en mesure d'avancer comme
société. Alors, je veux leur remercier pour ça.
Puis ce qui
était clair, pour moi, c'est, les gens que j'ai rencontrés, ils ont tous un
désir commun, puis c'est de protéger la
population puis d'aider ceux qui nous protègent à faire leur travail, que ce
soient les policiers qui se sont exprimés ou, encore une fois, les victimes du profilage racial, la population en
général. Mais malheureusement le projet de loi n° 14
n'arrive pas à rassurer le monde. C'est un projet de loi qui méritera
d'être bonifié.
Alors, j'ai
hâte, encore une fois, à arriver aux prochaines étapes de la loi, où nous
pourrons commencer une étude détaillée.
Parce que moi, ce que j'ai constaté en consultation particulière, c'est que la
majorité des groupes qui sont venus témoigner,
oui, il y en avait quelques-uns qui ont été en accord avec la loi puis contents
avec les modifications qui seront apportées
aux lois actuellement en place, mais la majorité des groupes qui ont passé sont
préoccupés, sont défavorables ou souhaitent beaucoup de changements,
comme l'opposition officielle.
Alors, je
souhaite être constructive. Je souhaite aborder des sujets où on va pouvoir
trouver un mi-chemin, parce que je pense que la population mérite à trouver une
loi, à la fin, qui, encore une fois, reflète la réalité de notre société
puis ce qu'ils souhaitent et qui est aussi
une réflexion de tous les groupes concernés. Parce qu'on ne peut pas poursuivre
avec une telle loi qui est si
sensible, qui est aussi très humaine, avec notre tête en bas puis juste de
foncer puis ne pas être à l'écoute. Puis,
tu sais, c'est vrai aussi, tu sais, je peux imaginer que, pour le ministre et
pour son équipe, c'était difficile de mettre à l'oeuvre ce projet de loi, parce que c'est sensible, en quelque part.
On parle de la réalité policière puis, à l'autre côté, on parle aussi du profilage racial. Ça fait qu'il y a
plusieurs groupes. Ça fait qu'il y a tous les groupes confondus qui ont partagé
les préoccupations.
Alors, je
veux revenir aussi un peu sur l'histoire du projet de loi n° 14
parce que je pense que c'est important qu'on se situe pour comprendre comment nous sommes arrivés ici. Ça fait qu'il
faut revenir un peu dans le passé, en décembre 2019, l'ancienne ministre
de la Sécurité publique, notre vice-première ministre, a annoncé une vaste
réflexion sur la réalité policière, le
fameux livre vert. Alors, il y avait cinq experts qui ont formulé des
recommandations. Le comité a rencontré plusieurs
experts, plusieurs rencontres à huis clos avec des intervenants, avec des
citoyens de... puis les intervenants de première
ligne. Il y avait plusieurs mémoires qui ont été déposés, des consultations.
Ils ont fait un sondage auprès des policiers. Bref, c'était un travail
colossal.
Alors, je félicite le gouvernement d'avoir fait
ce travail lors de la dernière législature, parce que, bon, je pense que tout le monde peut être en accord que c'était
un travail important pour amener la visibilité puis la lumière sur la réalité
policière et de travailler en consultation
avec les groupes concernés pour qu'est-ce que nous pouvons faire pour faire
avancer les choses et pour venir à
des lois. Parce que notre rôle, comme législateurs, c'est de pas seulement
faire des consultations, mais on
espère que ces consultations vont porter fruit pour que nous puissions
poursuivre avec des modifications dans le cadre législatif.
Alors, un
rapport était déposé, avec 138 recommandations, puis, en décembre 2021, un
projet de loi omnibus a été déposé.
Mais, depuis ce temps-là, malheureusement, il n'y avait plus de consultation,
le projet de loi était mort au feuilleton, puis c'était juste à la suite, lors du dépôt du projet de loi n° 14, qu'on est revenus avec la suite de tout ce travail colossal pour
consulter les groupes concernés. Puis on est
venus avec le projet de loi n° 14, 137 articles, qui va modifier
13 lois, qui propose deux règlements et qui vient édicter une
nouvelle loi.
Alors, c'est
un gros projet de loi, mais qui vient répondre à peine au quart des
recommandations du comité d'experts, là,
33 recommandations sur 138, qui... Je comprends que le comité, ils sont
contents parce que c'est un départ sur toutes les recommandations, mais
je ne sais pas si on aura une suite. Je ne sais pas si c'est un départ puis on
devrait s'attendre qu'à l'intérieur de cette législature on va avoir plus de travail
qui sera fait, parce qu'encore une fois c'était un travail colossal qui a été fait. On ne veut pas perdre
tout ce travail puis toutes les heures que tous les acteurs confondus ont mis
à l'intérieur de l'établissement de ce livre
vert puis l'oeuvre qui a été déposée, parce qu'il nous reste plus que 100 recommandations dont nous devrons faire
une suite. Alors, j'ai des attentes puis j'espère que le gouvernement va aussi
poursuivre à mettre à l'oeuvre toutes ces recommandations.
Des événements, je dirais, des dernières
semaines, bien, dans le fond, depuis que je porte le dossier de sécurité publique puis je porte beaucoup plus attention, ont
évidemment mis en lumière une réalité que nous oublions trop souvent,
puis c'est la sécurité des policiers. Depuis 2018, le nombre d'appels pour un
état mental perturbé a augmenté de façon inquiétante
au Québec. Dans la région du ministre, depuis 2018, c'est une augmentation de
127 %, puis ça, c'est énorme. Quand
un policier répond à un appel de ce genre, c'est toujours risqué, on appelle ça
les portes tournantes, je veux expliquer ça, mais malheureusement, ce qui arrive, c'est que les policiers n'ont
pas tous les outils nécessaires pour faire leurs travaux comme il faut quand on fait face à cette réalité,
quand on parle d'état mental perturbé. Puis ça a fait couler beaucoup d'encre,
dernièrement.
C'est un
problème réel, et le projet de loi, malheureusement, n'adresse pas cette
question, du tout, même. Je suis surprise.
Alors, malgré que j'aurai l'intention de venir avec des amendements, en ce qui
concerne cette réalité, j'espère aussi que le gouvernement aura
l'intention de venir avec des amendements de leur côté, parce que, si on peut
faire une autre mention pour la sergente
Maureen Breau, on devrait surtout s'assurer qu'elle n'a pas perdu sa vie en
vain. Puis, encore une fois, toutes
mes condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis, à tous ses collègues.
Je ne peux même pas imaginer. On
aurait souhaité que c'est quelque chose qu'on aurait pu éviter. Alors, sache
que je vais faire tout dans mon possible pour m'assurer que c'est la dernière
fois qu'on vit un tel drame, parce que... Je pense qu'encore une fois la loi
est perfectible. Il faut éviter,
vraiment, les portes tournantes. C'est grave. C'est grave, les portes
tournantes, M. le Président. Pourquoi? Parce que nous avons une
responsabilité de changer ça.
Et, si je reviens un peu sur la violence — j'ai
déjà posé des questions en cette Chambre lors de la période de questions — je
suis préoccupée, puis je n'en doute pas, que tous les collègues, tous partis
confondus, sont aussi préoccupés par
la hausse de violence qu'on voit. Il n'y a aucun comté qui est à l'abri de la
hausse de violence. Il n'y a aucune famille qui est à l'abri de ça. Il n'y a aucun Québécois ni Québécoise qui est à
l'abri de la hausse de violence préoccupante dans la province du Québec. Puis je sais que, quand il
s'est fait questionner là-dessus, notre premier ministre a dit : Oui, mais
c'est un phénomène qu'on voit un peu à
travers le monde. Puis, tu sais, je comprends, oui, mais moi, je veux mettre
mon emphase puis mon focus sur mes
responsabilités, puis c'est ici. Je veux travailler sur ce que je peux faire
ici pour améliorer l'effet de... puis la vie au quotidien de mes
concitoyens puis de tous les Québécois et Québécoises.
Juste depuis
le début de l'année 2023, on a des cas crève-coeur qu'on peut lire dans la
revue de presse, en ce qui concerne
la violence. Ça fait que... En janvier, le 23 janvier, un élève attaqué à
coups de marteau à l'école; le 8 février, le drame à Laval avec l'autobus qui a foncé sur une
garderie; le 25 février, un homme ayant proféré des menaces à l'aide d'un
couteau, à Saguenay, qui a mordu un policier
qui tentait de le reconduire au poste de police après son séjour à l'hôpital;
le 12 mars, trois personnes
arrêtées pour agression armée à Sherbrooke; le 13 mars, un camion-bélier
fonce sur des piétons à Amqui; le
17 mars, un triple meurtre à Rosemont, à Montréal; le 20 mars, deux
femmes poignardées à Sainte-Foy; encore une fois, le 20 mars, un passager sauvagement attaqué dans un métro
à Montréal; le 28 mars, une policière tuée lors d'une intervention à Louiseville. Ça fait qu'encore une
fois on revient à Maureen Breau. Puis j'aurais pu continuer, M. le
Président. J'aurais pu passer mon heure à ne parler que de ça, mais,
évidemment, je pense que je n'ai pas besoin d'aller plus loin que ça pour faire la démonstration que nous faisions
face, actuellement, à des problèmes graves et importants. L'état mental de
l'agresseur, qu'on voit, semble être un
facteur directement dans la cause, dans chacune de ces causes, d'où
l'importance d'avoir une meilleure idée de qu'est-ce qui se passe ici,
d'où l'importance d'étudier la question puis de faire une consultation.
C'est pour ça
que, M. le Président, j'avais déposé un mandat d'initiative, que j'ai hâte
à avoir une séance de travail pour entendre la voix du gouvernement.
Puis j'espère, j'ai toujours l'espoir, M. le Président, malgré toute la
dernière législature, chaque mandat
d'initiative que j'ai déposé, le gouvernement a voté contre, malgré... Il y en
avait plusieurs qui, pour moi, ont été très personnels, et j'ai trouvé ça très
difficile, hein, parce que je mets toute mon âme, puis tout mon travail,
puis tout mon amour dans tout ce que je
fais. Ça fait que c'est difficile de ne pas prendre ça à un niveau personnel.
Mais, encore une fois, j'ai de l'espoir, parce que ce mandat
d'initiative, nous avons vraiment besoin... nous avons besoin de poursuivre avec ces
travaux, encore une fois, malgré que nous avons fait beaucoup de demandes
d'information pour avoir une idée du portrait.
Puis, si je
peux juste faire une mention là-dessus, M. le Président, je trouve ça
aussi inquiétant que c'est l'opposition officielle qui est en train d'étudier
ceci, qui est en train de sortir toutes les données, qui est en train de faire
une enquête, quand ça devrait être le
rôle du gouvernement de faire ça. Ils sont au pouvoir puis ils ont un pouvoir
vraiment important, mais on utilise
nos maigres ressources pour faire ce travail, parce qu'on y croit, à faire
avancer les politiques puis notre société québécoise, personnellement, puis je sais que c'est le cas du
gouvernement. On n'a pas un portrait pour savoir qu'est-ce qui se passe en ce qui concerne l'état mental
perturbé, qui fluctue depuis des années. On n'a aucune idée de pourquoi. Puis
c'est non seulement la responsabilité du
corps policier, s'il y a une responsabilité, dans le réseau de santé et
services sociaux, il y a une responsabilité légale. Nous avons une
responsabilité de poursuivre.
Parce que, comme j'ai dit, le nombre
d'interventions pour l'état mental perturbé a augmenté puis varie entre 9 % et 127 %. En 2018, il y avait
au-dessus de 51 000 interventions policières qui ont été nécessaires
auprès d'une personne avec un état mental perturbé, puis, en 2022, ce
chiffre a grimpé à presque 66 000. C'est une augmentation importante.
Puis c'est
quoi, ça, tu sais, pourquoi qu'on adresse ça? Parce qu'on appelle ça... des
policiers appellent ça les portes tournantes. C'est quoi? Un policier va
être appelé pour aller à une intervention, comme on a vu avec Maureen Breau,
à Louiseville, on a un appel, il y a une
personne qui est désorganisée, il y a une... on a peur pour cette personne, peu
importe c'est quoi, la réalité. Puis
juste pour dire que, quand on parle d'un état mental perturbé, ce n'est pas
toujours une personne qui... «who has
a criminal record», par exemple. Ce n'est pas toujours ça. Ça peut être