Transportation and the Environment — 15 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CTE 2022-02-15
Quebec — Committees
(Quinze heures vingt minutes)
La Présidente (Mme St-Pierre) : À
l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 102, Loi visant principalement à renforcer l'application des lois
en matière d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une gestion
responsable des pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du Plan pour
une économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Reid (Beauharnois) est remplacé par Mme Guillemette (Roberval); Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacée par Mme Dorion (Taschereau); et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par M. Gaudreault (Jonquière).
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, lors de l'ajournement de
nos travaux, la semaine passée, la commission avait adopté un amendement
à l'article 78 du projet de loi. Nous en sommes à l'étude de
l'article 78 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article tel qu'amendé? Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : D'abord,
bonjour, Mme la Présidente, et bonjour à tous les membres de la commission, au
personnel aussi, bien sûr, qui accompagne le ministre.
Nous en étions à la définition de «personne», et
là je regarde la juriste avec un sourire parce qu'on a terminé en se disant
que, dans le fond, on vient définir le terme «personne». Et je le disais, là,
parce qu'on a quand même terminé, jeudi soir dernier, sur cet article-ci, et je
trouvais qu'on venait alourdir, dans le fond, l'article. Puis souvent on se
fait dire par les légistes, bien sûr : La loi, là, il ne faut pas... tu
sais, il faut éviter de donner trop de mots puis il faut essayer de rendre ça
le plus englobant possible. Et là moi, je m'y suis perdue.
J'aimerais bien que... et pour le bénéfice, bien
sûr, de l'ensemble des gens de la commission, peut-être que la légiste puisse
reprendre, là, du début l'explication qui, ma foi, jeudi dernier, était un peu
complexe. Et je ne dis pas que l'explication de la juriste était complexe, mais
que l'application qu'on veut en faire devient un peu complexe. Alors, je
demanderais simplement à la juriste de bien vouloir peut-être nous éclairer,
là, avec les définitions du terme «personne»
à ce moment-ci. Parce que, là, c'est les municipalités. Là, la municipalité est
elle une personne, oui ou non?
Et, Mme la Présidente, je tiens à dire quelque
chose, je suis quand même allée voir dans d'autres lois, puis ce n'est pas
nécessairement la même définition. Et là je trouve que ça va devenir confondant
si le ministère de l'Environnement a cette
définition, contrairement à d'autres ministères, aussi, qui peuvent arriver
avec des définitions un peu différentes, du moins dans l'application,
là. Et c'est là-dessus où j'aimerais bien entendre la juriste. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
vais avoir besoin d'un consentement.
Mme Melançon : Consentement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Et,
avant que vous donniez votre... Avant que vous preniez la parole, Mme la juriste, j'ai omis de vous dire qu'il y a
des amendements, au bloc 6, qui ont été déposés dans le greffier, si vous
voulez les consulter. Alors, veuillez décliner votre
titre et votre nom, s'il
vous plaît.
Mme Grignon (Karine) : Oui. Bonjour.
Karine Grignon, je suis avocate au ministère de la Justice. Alors, bien, c'est... avec raison, là, c'est un concept
qui est relativement complexe, effectivement, la notion de personne. Donc,
au niveau environnemental, c'est nécessaire
d'aller un petit peu plus loin, parce qu'on vise des obligations, évidemment,
environnementales, puis le «qui» est important, qui on vise, pour après ça être
capables d'aller sanctionner les bonnes personnes.
Donc, le concept de personne réfère en général
au concept de personnalité juridique. Ça fait qu'en droit les seules personnes
qui ont la personnalité juridique, c'est une personne physique et une personne
morale. Par contre, au Québec, il n'y a rien de simple, donc il y a plein
d'autres façons de faire... d'exploiter une entreprise, de faire des affaires
au Québec, puis on n'a pas nécessairement besoin d'avoir la personnalité juridique
pour faire ça. Je peux penser
aux sociétés en nom collectif, aux sociétés en commandite, aux fiducies,
notamment, donc il y a plein, plein d'autres possibilités.
Donc, c'est nécessaire, en fait, ici, pour
l'application de la
Loi sur la qualité de l'environnement, étant donné qu'on
vise des obligations environnementales, d'aller un petit peu plus loin dans le
concept de personne pour que ces autres types de sociétés là soient aussi visés
par les obligations environnementales. Parce que, si on ne le faisait pas, le
mot «personne» utilisé seul ne les viserait tout simplement pas.
C'est... par analogie, vous avez raison, là,
c'est traité un petit peu différemment d'une loi à l'autre, là, mais une loi transversale, je vais l'appeler comme ça,
là, comme la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui s'applique à plein
d'activités diverses, que ce soit agricole,
que ce soit industriel, que ce soit résidentiel, par exemple, donc c'est
important de bien cibler le qui. Puis ça, les lois de ce genre-là, là, qui
visent une multitude d'entreprises, je peux vous citer la
Loi sur les contrats des organismes publics qui va
aussi viser une série de personnes, qui va être similaire, là, à celle qu'on
vise, là, par la définition.
Mme Melançon : J'entends bien.
Merci. Merci, d'abord, Me Grignon, pour vos explications. Je me demande
simplement s'il n'aurait pas été plus simple, à ce moment-ci, d'ajouter
directement ceux que nous visons directement plutôt
que de redéfinir le concept même à l'intérieur de la loi... bien, du projet de
loi n° 102, là, qui deviendra loi, j'imagine, prochainement, là,
quand on aura fini l'étude de celle-ci. Mais c'est juste que d'arriver avec
différents concepts dans une loi... qui n'est pas le même concept dans chacune
des lois, dans le fond, je trouvais ça particulier.
Puis, quand l'explication, pour moi, devient
même un peu complexe, j'imagine que l'application même faite par d'autres
légistes dans d'autres situations, là... à ce moment-ci, Me Grignon, vous êtes
quand même légiste pour le gouvernement du Québec, bien, j'imagine que, dans
l'application et dans la compréhension, il pourrait y avoir des débats, même, un peu plus grands. Je suis juste
inquiète pour la suite, là, je tiens à le mentionner ici, parce que... bien,
parce que c'est d'une complexité. Et, pour ceux et celles qui ont tenté de nous
suivre depuis jeudi dernier sur cette question-là, c'est loin d'être simple.
Moi, j'aime bien quand les choses sont nommées,
compréhensibles et claires. Là, à ce moment-ci, on vient élargir un concept
pour englober certains autres concepts mais qui ne sont pas tout à fait définis
ou clairs. Dans le fond, là, j'aimerais ça
savoir c'est qui on vise qu'on ne visait pas. Aussi clair que ça. Puis j'aime
bien ça avoir des exemples concrets, là, parce que je veux savoir
pourquoi et pour qui on travaille, actuellement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la juriste.
Mme Grignon (Karine) : Oui. En fait,
la définition existe depuis longtemps, donc on vient tout simplement la
bonifier. Donc, on l'a mis dans la nouvelle loi qu'on a étudiée plus tôt, donc
c'est superimportant, ce concept-là, pour
les sanctions, parce qu'il y a des présomptions qui s'appliquent aux
administrateurs, aux dirigeants, aux associés, notamment, là. Donc, ça
va être important au niveau de la sanction.
Mais ce qu'il faut retenir, là, dans la
Loi sur
la qualité de l'environnement, ce qui est ajouté dans la liste, c'est les
fiducies. Tous les autres étaient déjà nommés, là, que ce soit à
titre de
personne physique, à
titre de personne morale,
à
titre de société, là, coopérative aussi, là, tout ça, c'était déjà visé par
la définition actuelle. Il y a «municipalités» qu'on a englobé dans le
concept de personne, évidemment, et il y a «fiducies» qu'on a ajouté, parce
qu'une fiducie ça vise l'administration de biens et non pas un regroupement de
personnes en tant que tel.
Mme Melançon : Je vais terminer
là-dessus, Mme la Présidente, parce que je ne veux pas faire du temps puis je ne suis pas légiste, donc je ne veux pas...
mais il me semble que ça aurait été plus facile d'indiquer, dans le fond...
garder toutes les mêmes définitions et d'ajouter «fiducies», «municipalités»,
mais clairement dans un autre concept. Il me
semble que ça aurait été beaucoup plus simple que de tenter de l'intégrer,
alors que, lorsqu'on va étudier d'autres projets de loi... Puis là peut être que je serai moi-même dans la plus
grande des confusions en croyant que les fiducies ou les municipalités
seront intégrées dans le même concept de personne.
Donc, je voulais simplement le mentionner ici,
parce que je trouve ça un peu lourd. Et habituellement le législateur est donc
réputé pour ne pas parler pour ne rien dire, c'est souvent ce qu'on nous a
servi lors de l'étude de l'actuel projet de loi, et il me semble que de le
définir et d'ajouter les termes plutôt que de redonner un nouveau sens à une
définition aurait été plus simple. Mais je m'arrête là, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions relativement à l'article 78 tel
qu'amendé? Puisqu'il n'y a pas d'intervention à l'article 78 tel
qu'amendé, est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'article 78, tel qu'amendé, est adopté. M. le ministre,
l'article 79, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Donc 79 :
L'article 21 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«21.
Quiconque est responsable d'un rejet accidentel, dans l'environnement, d'un
contaminant visé à l'article 20 ou d'une matière dangereuse doit,
sans délai, en aviser le ministre.
«Ce responsable doit également, sans délai :
«1° faire cesser le rejet;
«2° dans le cas d'un rejet d'un contaminant,
récupérer, nettoyer ou traiter sur place les matières contaminées par le rejet
ou, si cela ne peut être effectué, enlever les matières contaminées de la zone
affectée par le rejet et les expédier vers un lieu autorisé;
«3° dans le cas d'un rejet de matières
dangereuses, gérer les matières contaminées par le rejet conformément aux
articles 70.5.1 à 70.5.5.
«Le gouvernement peut, par règlement, prévoir
les cas où une autre personne que le responsable est tenue aux obligations
visées au deuxième alinéa, aux conditions et selon les modalités qu'il
détermine.»
Le commentaire.
L'article 21 concerne les
rejets accidentels de contaminants dans l'environnement.
La modification vise à ajouter l'obligation de
récupérer, de nettoyer ou de traiter sur place les matières contaminées par un
rejet de contaminant ou de les expédier vers un lieu autorisé. Cette obligation
était déjà prévue dans la loi pour les matières dangereuses, donc un renvoi aux
dispositions pertinentes est prévu pour ces matières dangereuses.
L'obligation de récupérer les matières est faite
au responsable du rejet de contaminant, mais le gouvernement pourra déterminer,
par règlement, qu'une autre personne est tenue aux obligations prescrites par
cet article.
À noter qu'une modification à
l'article 70.5.1 sera aussi proposée par l'article 89 du projet de
loi pour faciliter le suivi des matières
récupérées à la suite d'un rejet accidentel de matières dangereuses dans
l'environnement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Alors, simplement, donc, ici, on parle des rejets accidentels, là,
de... puis là on parle des contaminants. Lorsqu'on parle de l'obligation...
Parce que, là, ce je comprends, c'est que, dans le texte actuel, c'est :
«Quiconque est responsable d'un rejet accidentel dans l'environnement d'un
contaminant visé par l'article 20 doit, sans délai, faire cesser le rejet
et aviser le ministre», alors qu'à ce moment-ci on vient ajouter les étapes
qu'ils doivent franchir, c'est-à-dire, donc, de récupérer — bien,
d'abord, il faut le signaler, là, bien entendu — nettoyer ou traiter
sur place les matières contaminées. Moi, je pensais que c'était quand même déjà
dans la LQE où on avait ce devoir-là. Qu'est-ce qu'on vient vraiment ajouter à
l'article 79?
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le sous-ministre adjoint. J'ai besoin d'un consentement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Alors,
vous déclinez votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Rousseau (Michel) : Michel Rousseau, sous-ministre adjoint. Effectivement, la
question est intéressante parce qu'on peut tous penser que ça existait, mais
non. En fait, l'obligation dans la loi était de... n'était pas là, là, avec
toutes les étapes de récupérer, mais elle existait, elle existe encore pour les
matières dangereuses.
Donc, pour les matières dangereuses, ça a été
ajouté dans la loi et c'est aussi dans le règlement, l'obligation de récupérer,
et tout ça. Donc, ce qui faisait que la majorité du temps, lorsqu'il y a des
déversements accidentels susceptibles de
contaminer, on est face à des matières dangereuses, donc c'était déjà couvert.
Mais il existe des contaminants qui ne sont pas des matières
dangereuses. Jusqu'à maintenant, les gens récupéraient. On utilisait
l'article 20, mais, tu sais, on n'avait pas... et des exemples de ça, bien
ça peut être aussi simple qu'un gros déversement de fumier, là, que je me suis
dit qu'on avait un camion de fumier qui s'était renversé dans un petit
ruisseau. Ça peut vraiment contaminer longtemps, alors que le fumier n'est pas
considéré comme une matière dangereuse en soi, mais c'est un contaminant. Ça
peut être du lait. Les déversements de lait, ça arrive quand même assez
souvent. Si ça tombe dans un milieu sensible, ça peut être un contaminant
important.
Donc, c'est vraiment pour venir se coller avec
ce qui existe déjà pour les matières dangereuses. Donc c'est un ajout qui
met... On aurait pu penser que ça soit... que c'était inscrit dans la loi, mais
non. Et là, avec ça, ça va être très clair et non contestable.
Mme Melançon : Donc, ce que je
comprends, c'est que c'étaient les contaminants non catégorisés comme matières
dangereuses, dans le fond, qu'on vient encadrer ici. Je vais vous poser une
question qui peut être un peu surprenante, mais disons qu'il y a un déversement
de lait dans un cours d'eau qui est sensible ou dans un espace sensible,
jusqu'à présent, qui, donc, était responsable de récupérer, nettoyer ou tout
faire? Est-ce que ça tombait entre les mains du gouvernement?
M. Rousseau (Michel) : Non. Bien, en fait, c'est qu'on demandait au responsable du
déversement, en vertu de l'article 20, de ne pas contaminer. Donc, on
étirait un peu la portée de l'article 20 pour obliger quelqu'un à se
ramasser. Souvent, dans le cas du lait, c'est de faire vraiment une barrière
physique pour empêcher que ça s'écoule plus loin. Et à ce moment-là le
responsable du déversement faisait récupérer, mais l'assise légale pour le
faire était moins solide que pour les matières dangereuses, on va dire ça comme
ça. Donc, c'est quelque chose qu'il était nécessaire d'ajouter, mais, dans la
pratique, généralement, les gens récupèrent. Là où on a des problèmes, c'est
vraiment dans les cas où les gens n'ont pas les moyens, les compagnies
d'assurance ne vont pas payer. Mais, en général, là, on réussit à faire
récupérer par le responsable ou la compagnie d'assurance, mais là ça va être
plus clair. Puis, tu sais, aussi, il n'y a pas de débat,
là. Justement, certains peuvent penser : Oui, ce n'est rien que du lait,
ce n'est pas grave, là, mais ça dépend où est-ce qu'il tombe, ton lait. Ça
dépend, ton fumier, où est-ce qu'il tombe. Donc, avec ça, là, on évite les
débats qu'il pourrait y avoir.
Mme Melançon : Merci beaucoup.
Simplement, au dernier paragraphe, où on lit ceci : «Le gouvernement peut
[donc], par règlement, prévoir les cas où une autre personne que le responsable
est tenue aux obligations visées au deuxième alinéa, aux conditions et selon
les modalités qu'il détermine», est-ce que je peux juste comprendre qui nous
visons à ce moment-ci et pourquoi?
M. Rousseau (Michel) : Dans ce cas-ci, ce qu'on veut, c'est venir préciser... je
vais essayer de trouver des exemples, là, mais un qui est courant et qui ne
pose pas problème, mais qui est illustré par ça, quelqu'un qui rentre dans un
poteau de téléphone, le transformateur tombe par terre, ça arrive assez
souvent... bien, ça arrive. Ça arrive quand même une fois par année. La
personne qui a commis l'accident, c'est lui qui est responsable de récupérer
tout ça. Plus souvent qu'autrement, quand la personne ne le fait pas pour
toutes sortes de raisons, parce qu'il est parti au poste de police ou je ne
sais pas quoi, c'est Hydro-Québec qui va le récupérer. Donc, Hydro n'est pas,
en soi, tenu responsable parce qu'il n'est pas responsable d'un accident, mais
on comprend que, dans ces cas là, c'est eux qui vont agir. Donc, c'est pour
venir préciser des cas où on pourrait aller plus loin que le responsable, mais
aussi aller vers le propriétaire. Et ça va nécessiter, dans la réglementation,
une assez bonne réflexion. Par exemple, les municipalités sont venues nous
dire : On ne veut pas être désignées responsables, parce que quand... ça
arrive quand même souvent que les municipalités vont récupérer. Quand ils le
font, c'est en vertu de leur plan d'urgence, leur responsabilité de gérer le
territoire. Mais ils ne veulent pas nécessairement... Bien, en tout cas, il y
aura des discussions à avoir avec eux, là. Mais, par règlement, on va pouvoir
venir définir qui pourrait être responsable autre que celui qui a causé
l'accident. Mais, plus souvent qu'autrement, c'est les propriétaires du produit
qui pourraient être en cause, là.
Melançon : Et ce règlement-là devrait sortir à quel moment,
donc? On prévoit... Parce que ce sera fait par règlement. J'imagine que,
justement, les municipalités vont être interpelées plus directement avec l'UMQ
puis la FQM.
M. Charette : C'est difficile à ce
moment-ci de préciser, on est dans le même calendrier, probablement d'ici deux
ans, là. C'est essentiellement ce qu'on visait. On a des omnibus réglementaires
qui sont prévus être déposés au cours des
prochains mois, mais je doute bien honnêtement que cet item-là en particulier
soit abordé. Donc, on est dans l'horizon des deux ans, là, qu'on
évoquait pour la réglementation spécifique à ce projet de loi.
Mme Melançon : Je faisais... Je
posais la question, Mme la Présidente, parce que, et là le ministre vient quand même de le dire, là, on sera dans un omnibus
réglementaire. On comprend qu'il va y avoir du règlement qui va sortir
en voie... en tout cas, sur la voie rapide, probablement. Et je tiens simplement
à mentionner qu'il y a plusieurs groupes qui
sont venus nous dire, lors des consultations particulières, qu'il y avait
beaucoup de règlements actuellement à regarder.
Moi, j'ai peur, j'ai peur qu'on échappe
certaines choses, et à la fois parce qu'on décide d'y aller par voie réglementaire, du côté du gouvernement caquiste,
pour, bien, je vais le dire, des situations qui demeurent quand même
préoccupantes, mais aussi, je pense, que ce soit le Conseil du patronat en
environnement, ou encore à la FQM, ou encore du côté de l'UPA, où on nous a
dit : Honnêtement, là, il y a beaucoup de règlements qui sortent, puis
moi, j'ai peur qu'on échappe certaines choses.
C'est pour ça que je demandais, tu sais, quel
était le calendrier. Moi, quand j'entends «d'ici deux ans» puis que j'entends, dans la même phrase, le ministre
nous parler d'omnibus réglementaire... Un omnibus, là, c'est un peu comme
ce qu'on vient d'étudier, là, c'est... Il y a un fourre-tout, je vais dire ça
comme ça. C'est pour ça qu'on appelle ça des mammouths, hein? Souvent, c'est
lourd comme projet de loi. Ça va dans plusieurs directions.
Dans le cas actuel, là, on a regardé, bien sûr,
l'application des lois en matière d'environnement. Donc, on parlait d'un tronc
commun. On a parlé de la sécurité des barrages, on a parlé de la gestion
responsable des pesticides. On parle bien de certaines mesures pour le Plan
pour l'économie verte 2030 avec les véhicules zéro émission. On est allés
dans toutes les directions. Vous le savez, vous avez été... vous avez présidé
l'actuelle étude de ce projet de loi.
Et, lorsque j'entends qu'il y aura des omnibus
réglementaires qui vont aller, là aussi, dans plein de directions, j'ai juste
peur qu'on donne certains maux de tête à certaines personnes qui veulent bien
sûr contribuer, qui veulent une fois de plus se faire entendre aussi sur
certains oublis ou des omissions, disons ça ainsi, qui pourraient apparaître dans les règlements. Puis je tiens juste à vous
dire, Mme la Présidente, que les partis d'opposition, lors des règlements,
je vais juste vous le mentionner, là, on n'est pas nécessairement mis dans le
coup.
Et, en tout cas, je ne referai pas ce qu'on a
déjà fait lors du dépôt de ce projet de loi n° 102 ou encore au départ du
principe, mais il m'apparaît qu'il va y avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de
règlements. Et ça, c'est des petits caractères, là. C'est un peu comme quand on
signe un contrat d'achat de voiture, là. Vous savez, les petits caractères en
bas, là, qu'il faut quand même prendre le temps de lire, bien, ça me fait un
peu penser à ça ici, où on va rentrer dans
des détails, mais ô combien importants. Alors, je le souligne ici, juste pour
que les groupes qui nous écoutent actuellement... parce que, je le dis,
là, c'est un drôle de projet de loi. Des fois, on trouvait ça très, très
technique, mais il y a des gens qui nous suivent avec beaucoup d'attention,
alors je tenais simplement à le mentionner pour ceux et celles qui suivent nos
travaux. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) : M. le député de Jonquière, vous avez
demandé la parole.
M. Gaudreault :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, bonjour à tous et à toutes. Question de
base, là : Une matière dangereuse n'est-elle pas automatiquement un
contaminant? Un contaminant n'est pas nécessairement une matière dangereuse, mais une matière dangereuse n'est-elle pas
nécessairement un contaminant? En tout cas, moi, j'aime bien qu'on précise, là, «matière dangereuse», mais est-ce qu'on
précise pour rien, là? C'est quoi, la différence entre contaminant et
matière dangereuse?
M. Rousseau
(Michel) : Bien, en fait... Excusez. Si on le précise pour les
matières dangereuses... En fait, les matières dangereuses, effectivement, sont
des contaminants. Pourquoi on le distingue? C'est que, dans les matières
dangereuses, il y a vraiment dans la loi, là, aux articles 70.5.1, il y a
vraiment une
section spécifique à cela. Et puis on vient rajouter... bien, on explique qu'il y a des... on parle aussi
de contaminants, qui incluent tout le reste. Est-ce que mettre seulement «contaminants» inclurait
«matières dangereuses»? Là, il faudrait voir la façon de le rédiger légalement.
Mais, oui, une matière dangereuse, c'est un contaminant. La raison pourquoi on
le sépare, c'est qu'il y a un régime quand même distinct, là, pour la gestion
des matières dangereuses, là, que ce soit l'entreposage, la gestion... Les
matières dangereuses en soi ont un règlement. Donc, c'est pour ça que c'est
précisé, là, au point 3°, là. Je ne sais pas si le légiste veut ajouter...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Me Grignon.
Mme Grignon
(Karine) : En fait, oui, effectivement, c'est un contaminant, une
matière dangereuse. Mais ce que ça vient faire, c'est que ça évite d'avoir à
prouver à toutes les fois que la matière dangereuse est un contaminant. Donc, à
partir du moment où c'est nommé, l'obligation, c'est de faire cesser le rejet
de la matière dangereuse. On a juste besoin d'établir que c'est dans la liste
de matières dangereuses.
M. Gaudreault : O.K. Un genre de trop fort ne casse pas, là. O.K. Parce que je regarde
l'article d'origine, là, 21, puis on l'a touché... on y a touché, c'est-à-dire,
en 2017, c'était probablement au précédent 102, là, en 2017. Puis ça
m'étonnerait qu'en 2017 on n'ait pas pensé, comme législateurs, que
«contaminant» ne voulait pas dire «matière dangereuse».
Mais
est-ce qu'il y a d'autres endroits maintenant dans la loi... Vu qu'on amène
cette distinction-là, «contaminant», «matière dangereuse», est-ce qu'on
risque d'en échapper ailleurs ou on parle juste de contaminants? Et là un fin
finaud va dire : Ah! Ha! Donc, moi, j'ai une matière dangereuse, mais ce
n'est pas un contaminant. Parce que, si on prend
la peine de le dire là, il ne faudrait pas qu'ailleurs ça ait un effet... un
dommage collatéral qui fasse en sorte que ça vient exclure ainsi les
matières dangereuses.
Mme Grignon
(Karine) : Bien, on a fait cette analyse-là quand on a fait la
modification, et, à notre avis, non, il n'y
a pas de crainte à avoir, là. D'ailleurs, le lien est fait avec la
section sur
les matières dangereuses, pour laquelle l'obligation de récupérer la
matière existait déjà, là, à l'article en question, 70.5.1. C'est
justement cette obligation-là qu'on a élargie à l'article 21 pour qu'elle
puisse s'appliquer à tous les contaminants.
M. Gaudreault :
O.K. Parce que ce que je retourne dans la définition de la LQE, là, à
l'article 1, il y a vraiment deux définitions différentes pour
«contaminant», puis «matière dangereuse». Ça veut dire que, là, on vient se
protéger en venant réécrire l'article 21 avec l'ajout de la notion de
matière dangereuse. Parce qu'on vient couvrir, au fond, la définition de «matière
dangereuse» au sens de l'article 1 des définitions.
Mme Grignon (Karine) : Oui, tout à fait. En fait, on n'était pas obligé
de le mettre, comme je vous le dis, là. La matière dangereuse était déjà
incluse dans la notion de contaminant. Mais, en le mettant, ça fait en sorte
qu'on n'aura pas besoin de prouver que c'est un contaminant, on va juste avoir
besoin de prouver que c'est une matière dangereuse.
M. Gaudreault :
O. K. Merci. Maintenant, M. le sous-ministre en a parlé tout à l'heure en
répondant à une question de ma collègue de Verdun, mais je voudrais aller un
petit peu plus loin. Quand on dit au dernier alinéa : «Le gouvernement
peut, par règlement, prévoir les cas où une autre personne que le responsable
est tenue aux obligations visées au deuxième alinéa», blabla, bon, les autres
personnes, là, je comprends, là, l'exemple du sous-ministre qui dit : Quelqu'un qui rentre dans un poteau de
téléphone mobile, puis le transfo tombe puis il se répand, mais, bon, ça, c'est
un cas, là, mais «les autres personnes», ça va aller jusqu'où, là, dans
les intentions réglementaires du ministre? Une autre personne, est-ce que c'est
le ministre lui-même? Est-ce que... C'est qui, ça, les autres personnes, là,
qui sont couvertes? Est-ce qu'on peut avoir une liste un petit peu plus
exhaustive qu'une situation anecdotique, finalement, là, en tout respect, là,
pour le sous-ministre, là? Mais est-ce qu'on peut avoir une liste un peu plus
exhaustive de qui sera couvert par «les autres personnes» dans le projet de
règlement?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le sous-ministre. M. le ministre. M. le sous-ministre
adjoint.
M. Rousseau (Michel) :
Oui. Bien sûr, comme c'est par règlement, et, je dirais, les
consultations débutent là-dessus, là, il y
a... et ce que je vais donner comme exemple, je ne veux pas qu'on pense que
c'est ce qui va avoir dans le règlement, mais
c'est ce qui pourrait être dans un règlement, par exemple. Ça pourrait être le
propriétaire, oui, du produit, et, dans ce cas-là, on parle de tout type de
produit. On peut penser aussi à l'endroit où ça va tomber sur la route. Est-ce que ça peut être le propriétaire de
l'endroit où c'est tombé qui ait une certaine responsabilité? Donc, dans
ce cas-ci, le MTQ dans bien des cas. Donc, c'est... ça peut être, bon, je ne
sais pas, une station-service, l'exploitant qui exploite la station-service qui
fait un déversement, mais il y a une bannière derrière ça, donc être capable
d'aller demander à la bannière de récupérer. Donc, l'objectif, c'est d'aller le
plus loin possible sans viser les gens qui n'ont pas de lien avec des gens qui
ont une certaine responsabilité sur ce produit-là, qui ne sont pas nécessairement
eux... ont créé le dégât. Donc, c'est tout ça qui faut qui soit regardé.
expérience, je dirais, là, dans les matières dangereuses, généralement, les
propriétaires, là, de la marchandise, même s'ils avaient donné en
contrat le transport, vont souvent interagir pour venir aider à récupérer parce
qu'ils veulent assumer leurs responsabilités, mais ils pourraient, à la limite,
s'en dégager puis dire : J'ai donné le contrat de transport à Untel, puis
c'est lui qui est responsable. Donc, c'est d'être capable d'aller chercher le
plus loin possible dans la chaîne de responsabilité pour ne pas que ce produit
reste orphelin sur le sol, là. C'est vraiment ça, l'objectif. Et ça va
s'appliquer, j'oserais dire, surtout, je pense, aux matières dangereuses, là,
qui sont la plupart des cas qu'on peut penser, là.
M. Gaudreault : Ça va aller, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Melançon : Oui. Juste une petite
question, parce qu'on parle de rejet accidentel. On sait qu'il y a des gens qui
font certains rejets qui ne sont pas nécessairement accidentels. Je comprends
qu'habituellement on vise plutôt les matières dangereuses, là, quand on parle
de matières... en tout cas quand on parle de déversement pas nécessairement
accidentel. On le sait, là, il y a des criminels notoires qui ont été... bien,
qui n'ont pas été encore tout faits... qui ne sont pas derrière les barreaux,
nécessairement, mais qui ont quand même été sous enquête. Pourquoi est ce qu'on
a ajouté «de rejet accidentel»? Parce qu'on le sait qu'il y en a que ce n'est
pas des rejets accidentels, je le répète,
là, de contaminants. Est-ce qu'en ajoutant «accidentesl»... Parce qu'on aurait
très bien pu lire, hein :
L'article 21 concerne les rejets de
contaminants dans l'environnement, tout simplement, au lieu de parler
d'accidentel.
M. Rousseau (Michel) : En fait, lorsque ce n'est pas un rejet accidentel, là,
parce qu'une entreprise qui a des rejets à
l'eau, à l'air, un peu partout, là, est dans un régime, soit que son projet est
autorisé, soit qu'il y a des règlements qui s'appliquent. Donc, à ce
moment-là, c'est le régime des règlements qui va s'appliquer. Tu ne peux pas
rejeter, par exemple, plus que tant de matières en suspension dans ton rejet
d'une carrière sablière. Mettons, c'est 25 ppm. Mais la journée qu'il
arrive un événement dans la fameuse carrière sablière, et, tout d'un coup, il y
a une digue qui lâche, puis là c'est un «flush» de matières en suspension, bien
là on n'est plus dans le régime habituel d'opération d'une sablière, on est
dans le contexte d'un accident. D'où le pourquoi... Sinon, les gens,
théoriquement, nous aviseraient à chaque jour qu'ils opèrent, parce que des
rejets, il y en a dans tous les types d'entreprises, ce qui respecte... qui
doivent respecter les normes. Et, si ça ne respecte pas les normes, bien là on
va tomber dans notre autre régime.
Par contre, si, par exemple, quelqu'un opère une
usine, puis il y a un dépoussiéreur, ça enlève la poussière puis, à un moment donné, ça dépasse les normes,
puis souvent c'est un bris d'équipement qui est arrivé dans... un
dépoussiéreur... un des dépoussiéreurs qui lâche, bien là il doit nous
aviser. Et cet article-là est quand même assez utilisé là-dessus parce qu'on demande vraiment d'être prévenu chaque
fois que l'équipement, là, cesse d'être opérationnel, puis qu'on n'est
plus dans les opérations standard de l'usine avec les rejets normaux. Donc
c'est vraiment dans cet esprit-là que le terme «accidentel» est ajouté.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est ce qu'il y a d'autres interventions
relativement à l'article 79? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 79 est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'article 79 est adopté.
L'article 80, M. le ministre.
Charette : Merci, Mme la Présidente.
L'article 80. Donc, l'article 30 de cette loi est remplacé
par le suivant :
«30. Le titulaire d'une autorisation doit
obtenir du ministre une modification de celle-ci avant d'effectuer un
changement à son projet ayant l'un des effets suivants sur l'exercice de ses
activités autorisées :
«1° la possibilité qu'un rejet d'un contaminant
dans l'environnement non visé par l'autorisation initiale ou qu'une
augmentation d'un rejet déjà autorisé survienne, que ce rejet ou cette
augmentation soit réel ou potentiel;
«2° une augmentation de la production d'un bien
ou d'un service au-delà de la quantité autorisée;
«3° un assujettissement d'une activité à une
autorisation en vertu de l'article 22 dans le cas où il ne l'était pas
lors de la présentation du projet initial;
«4° la possibilité qu'une modification de la
qualité de l'environnement survienne;
une incompatibilité avec l'autorisation délivrée, notamment avec l'une des
conditions, restrictions ou interdictions qui y sont prévues.
«Une telle
modification est également requise dans les cas suivants :
lorsque le titulaire entend exercer une nouvelle activité assujettie à une
autorisation en vertu de l'article 22;
«2° il s'agit d'une
modification à une installation d'élimination de matières résiduelles ou à une
activité de gestion de matières dangereuses;
«3° tout autre cas
déterminé par règlement du gouvernement.
demande de modification doit comprendre les renseignements et les documents
déterminés par règlement du gouvernement.
«Le ministre peut
modifier toute condition, restriction ou interdiction prescrite pour une
activité déjà autorisée dans le cadre du
projet ou en imposer de nouvelles lorsque cela est nécessaire pour tenir compte
de l'impact de la modification demandée et protéger l'environnement.
«Avant de prendre
unilatéralement une décision en vertu du deuxième alinéa, le ministre doit
notifier à l'intéressé du préavis prescrit par l'article 5 de la
Loi sur
la justice administrative et lui accorder un délai d'au moins 15 jours
pour présenter ses observations.»
Et le commentaire.
L'article 30 de la
Loi sur la qualité de l'environnement concerne la
modification d'une autorisation délivrée par
le ministre. Il est remplacé afin de clarifier les cas dans lesquels une
modification d'autorisation est requise.
premier alinéa vise plus précisément un changement apporté à un projet
initialement autorisé qui procède... qui
possède, pardon, l'un des cinq effets énumérés par cet alinéa. Les motifs
relativement au nouveau rejet de
contaminants et à la modification de la qualité de l'environnement font
désormais chacun l'objet d'un paragraphe distinct.
De plus, est ajouté
le motif de l'assujettissement d'une activité à une autorisation dans le cas où
elle ne l'était pas lors de la présentation
du projet initial ainsi que celui où le titulaire entend exercer une nouvelle
activité assujettie à une autorisation.
Enfin, il est
précisé, au troisième alinéa, que le préavis qui est prévu et transmis au
demandeur lorsque le ministre prend
unilatéralement la décision de modifier des conditions conformément au deuxième
alinéa, les modifications convenues avec le demandeur ne seront donc pas
soumises à cette obligation.
Melançon : Alors, Mme la Présidente, j'aurai différentes questions à
ce moment-ci parce que, bon, on s'aperçoit donc qu'il y a cinq effets énumérés,
là, à l'article 30. Cependant, j'aimerais bien comprendre juste le
processus à ce moment-ci, comment ça fonctionnait et comment ça va fonctionner.
Et là on parle des
délais à la toute fin, dans le dernier paragraphe, à ce moment-ci. Mais
j'aimerais juste savoir, actuellement, là, s'il y a des possibilités d'un
rejet, ou une augmentation de production, ou encore une modification de la
qualité de l'environnement, qu'est ce qu'on fait actuellement et pourquoi
est-ce qu'on fait, dans le fond, la
modification. On va mieux comprendre avec l'explication de sous-ministre,
probablement. Savoir quelle est la différence notoire entre ce qui est
fait actuellement et ce qu'on propose de faire à l'article 80.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Mme la juriste.
Mme Grignon
(Karine) : Oui. Donc, principale modification. D'entrée de jeu, c'est
au niveau de l'alinéa introductif. Donc, avant ça, c'était une modification
préalable d'une autorisation pour les changements qui étaient énumérés dans
l'article, le 30, là, dans ce qu'il y avait actuellement. Ce qu'on propose
plutôt, c'est de viser une modification préalable à une autorisation pour un
changement qui a un effet qui est énuméré dans l'article. Donc, c'est un petit
changement d'approche, là, parce qu'avoir un effet par rapport à un changement
versus un changement énuméré, ça peut avoir des répercussions sur la preuve
comme telle du changement, là.
Donc, c'est un petit
peu plus large de couvrir l'effet, en fait, produit par le changement en
question. Donc, en termes d'énumération des changements dont il est question,
il n'y a pas une grosse différence entre l'ancien et le nouveau, je vous dirais. La principale modification, c'est l'ajout d'une
activité, en fait, le paragraphe 3°, notamment, là, du premier alinéa. Donc, quand on
ajoute à une activité à son projet pour laquelle, quand on a présenté le
projet... par exemple, je vous donne un exemple de prélèvement d'eau. Le
prélèvement d'eau était en deçà du 75 000 litres par jour quand il a
présenté son projet initial. Puis là, au fur et à mesure qu'il a avancé dans
son projet, il vient de dépasser les seuils de 75 000 litres par
jour. Donc là, une modification de son autorisation serait requise parce qu'un prélèvement d'eau de plus de
75 000 litres par jour requiert une autorisation maintenant. Donc,
c'est la petite nouveauté.
Puis,
par exemple, je vous donne un autre cas d'une ferme, par exemple, de
l'exploitation d'un lieu d'élevage, si on veut ajouter une exploitation
d'une fromagerie, par exemple. Donc là, on vient comme ajouter quelque chose au
projet initial. Donc, ce n'est pas
nécessaire au projet, mais on vient... on vient augmenter, là, un petit peu
l'exploitation du lieu. Donc, on
va... À ce moment-là, j'ai une modification de l'autorisation parce que tout ce
pan-là de la fromagerie n'était pas analysé, là, dans le cadre du projet
initial.
Mme Melançon :
Ici, Mme la Présidente, il est question, donc, de contaminants. Et je reviens à
la question du député de Jonquière tout à
l'heure, là, quant à matières dangereuses et contaminants ici. Juste pour être
bien certaine, parce que je sais qu'on va voir dans les articles
suivants... on va parler des matières dangereuses, ici, il n'est pas question
nécessairement de matières dangereuses ou on l'introduit aussi quand même?
Mme Grignon
(Karine) : Ça ne vise pas spécifiquement les matières dangereuses,
mais je vous ramène quand même à l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement,
qui constitue les déclencheurs de l'autorisation préalable. Puis la gestion des
matières dangereuses en fait partie. Donc, c'est sûr qu'une modification
d'autorisation, ça peut viser aussi la gestion de matières dangereuses, même si
ce n'est pas nommé spécifiquement.
Mme Melançon :
D'accord. Et, à partir du moment où on s'aperçoit qu'il y a une modification,
dans le fond, à l'exercice, bien, dans le fond, on a un certificat permettant
l'exercice d'activités autorisées. À partir du moment où on s'aperçoit qu'il va
y avoir modification, est ce que c'est sur-le-champ? Combien de jours on a pour
pouvoir demander au ministre la modification? Et combien de jours a le ministre
pour répondre?
Mme Grignon
(Karine) : Je peux répondre pour le premier volet, là, donc, au niveau
de quand la personne doit faire sa demande. En fait, c'est une demande
préalable. Donc, avant de commencer son activité ou son changement, donc, elle
va devoir présenter sa demande et, tant que ça, ça ne sera pas fait, elle ne
pourra pas faire le changement en question, là. Pour ce qui est de la réponse
du ministère, peut-être que je laisserais...
M. Rousseau
(Michel) : On parle du délai pour l'analyser ou... Bien, en
fait, comme on dit, là, les gens ne peuvent pas faire l'activité tant que ce
n'est pas autorisé. Donc, ça, c'est le délai. Pour ce qui est du temps
d'analyse, ça dépend du projet. L'engagement du ministère, là, sauf erreur, là,
je crois qu'on est encore dans le 75 jours, mais ça fait un petit bout que
je n'ai pas travaillé dans le domaine des autorisations, ça va varier en
fonction des projets puis aussi de la vitesse à laquelle le demandeur va
répondre, mais, pour l'environnement, tant que ce n'est pas autorisé, tant que
ce n'est pas modifié, ils ne peuvent pas l'exercer. Donc, souvent, ça va être
fonction aussi de la vitesse qu'on va avoir les infos, là.
Mme Melançon :
Alors, j'imagine qu'à ce moment-là, si jamais il y avait, pour une raison
ou une autre, là... dans le procédé, on s'aperçoit que, malheureusement, là, on
va au-delà de ce qui nous est permis par le certificat ou par l'acceptation, ça
veut dire que ça devient un rejet accidentel. Parce que, si, par exemple,
l'entreprise, là, s'aperçoit, en disant : Oupelaïe! Là, je suis en train de
dépasser, pour une... Je ne sais pas si c'est volontaire ou involontaire, là,
je ne voudrais pas mettre quoi que ce soit, mais, dans un cas comme celui-là,
on traiterait ça comme un rejet accidentel?
M. Rousseau
(Michel) : Ou plutôt comme exploiter sans
autorisation, dans le fond, là.
M. Rousseau
(Michel) : S'il exerce une activité qu'il
n'a pas le droit, qui n'est pas prévue à son autorisation, puis qu'il n'a pas
demandé la modification avant, c'est exercer une activité sans autorisation...
bien, en général, là. Évidemment, chaque cas, c'est...
Mme Melançon :
Et la demande, donc, préalable... Dans le fond, on est en train... Puis je
comprends bien la demande préalable, là, pour pouvoir y arriver. Mais on n'a
pas... J'imagine que ce sera dans le règlement. Est-ce qu'on va avoir un peu plus d'information quant au mode procédural ou
dans le processus pour pouvoir y arriver, avec le ministère, ou on laisse ça...
Parce que, si quelqu'un dit : Bien, moi, O.K. j'ai... je vais faire une
demande préalable, là, quelqu'un qui veut bien suivre la loi, tel qu'on
l'exige ici, puis qui fait des demandes au ministère... Moi, je veux juste
savoir, dans le fond, quelqu'un, là, qui se plie à toutes les demandes puis qui
est de bonne foi, combien de jours ils peuvent avoir pour, à leur tour, avoir
une réponse du ministère.
M. Rousseau
(Michel) : Bien, dans l'engagement, sur le
site du ministère, on dit que le traitement d'une demande, c'est toujours à
l'intérieur de 75 jours. Je dirais que c'est un défi, c'est un défi qu'ont
les gens qui font l'analyse des projets. Puis, on le sait, dans les dernières
années, il y a eu beaucoup de travail qui a été fait au ministère. L'arrivée du
REAFIE, la révision de la loi étaient aussi dans cet esprit-là d'avoir plus de
temps à consacrer sur des plus gros projets
selon le risque, et tout, et tout. Mais le chiffre magique demeure toujours
autour de 75 jours, là.
Mme Melançon :
Oui, c'est ça. O.K. Merci.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, merci. J'écoutais Mme la légiste, tout à l'heure, puis les exemples
qu'elle nous donnait, elle nous parlait
elle-même de petite nouveauté, c'est une petite nouveauté dans l'autorisation
ou dans les changements. Mais jusqu'où qu'on tire la ligne de la petite
nouveauté, là? Je veux dire, des changements ou des modifications à une
autorisation, ça peut être large, là. Qu'est-ce qui nous dit qu'on va demeurer
quand même dans l'univers de l'autorisation
initiale ou que la modification, finalement, ne vient pas faire indirectement
ce qu'on ne peut pas faire directement par une autorisation? Alors, moi,
c'est ça, ma première question, là.
Mme Grignon (Karine) : Oui. En
fait, bien, ça, il n'y pas de nouveauté, là c'était déjà comme ça quand on l'a
adoptée dans le premier projet de loi n° 102. Donc,
il y a la notion, notamment, de l'incompatibilité avec l'autorisation
initiale. Donc, souvent, une autorisation va comprendre des conditions, donc
c'est pour ça, on va devoir respecter certaines conditions, par exemple, en
respectant un seuil ou en respectant un emplacement pour placer son aire de
stationnement. Donc, s'il le déplace, s'il ne respecte pas comme telle la
condition qui est prévue à son autorisation, donc, on peut parler d'une
incompatibilité, là, à l'autorisation initiale. Donc, ça, cet élément-là en soi
va courir quand même assez large, là, effectivement.
Puis l'arrivée du REAFIE depuis 2020, le
31 décembre 2020, prévoit différents cas de figure, là, à l'intérieur même du règlement, ou des modifications ciblées,
l'augmentation dans un lieu... dans un lieu d'élevage, par exemple. Là, on va venir cibler directement la
modification, puis il va y avoir toute une procédure à suivre, des
renseignements à fournir, notamment, là, à l'intérieur même du
règlement.
M. Gaudreault : Donc, le test, c'est
la compatibilité ou l'incompatibilité?
Mme Grignon (Karine) : Bien, un des
tests, effectivement, dans ce qui est énuméré, là, donc, c'est un des
paragraphes au niveau de la compatibilité, effectivement. Mais il pourrait y
avoir aussi un rejet d'un nouveau contaminant. Si, par exemple, on se met à
brûler quelque chose, alors qu'on ne le faisait pas auparavant, ça va faire des
rejets atmosphériques qu'on n'avait peut-être pas initialement. Donc, on va
aussi, là, couvrir un changement qui va être visé par le paragraphe. Mais ça,
ce n'est pas nouveau, ça existait déjà, là, en vertu de l'article 30
initial, là, qui avait été adopté en 2017.
M. Gaudreault : O.K., mais
l'incompatibilité, c'est le paragraphe 5°.
Mme Grignon (Karine) : L'incompatibilité...
Attendez un petit peu, là.
M. Gaudreault : «Une incompatibilité
avec l'autorisation délivrée...» Donc, s'il y a incompatibilité... Mais ma
question, c'est... à moins que ce soit moi qui comprenne mal, là, mais ma
question, c'est plus : Qu'est-ce qui fait qu'on est dans une modification
qui mérite juste une autorisation supplémentaire du ministre, là? Tu sais, on
dit : «Le titulaire d'une autorisation doit obtenir du ministre une
modification de celle-ci...» Bon, mais ça veut dire que le ministre, il n'est pas obligé de dire oui. À quel
moment il va dire non? À quel moment on va dire : Bien là, non, tu étires trop la sauce, là, tu étires trop l'élastique, tu
ne te qualifies pas, là? Tu sais, l'incompatibilité, on l'interprète comment,
l'augmentation de la production d'un bien? Jusqu'où on tire une ligne, là?
Mme Grignon (Karine) : Oui. Bien, en
fait, ça va être le même processus d'analyse que la demande initiale, que 22,
là. Donc, tous les articles qui sont associés à l'analyse d'une autorisation,
donc le cadre d'analyse, le pouvoir de refus, notamment, là, pour des motifs
environnementaux, vont s'appliquer aussi à la demande de modification. Donc, l'analyste qui va avoir à traiter la demande
de modification va devoir vérifier les impacts à l'environnement, l'impact de
l'incompatibilité ou l'impact du nouveau rejet. Puis, si ce n'est vraiment pas
acceptable sur le plan environnemental, bien, on va pouvoir refuser,
effectivement, la demande de modification.
M. Gaudreault : Ou quitte à repartir
toute la machine de l'évaluation environnementale?
Mme Grignon
(Karine) : Pourrait être un exemple, effectivement, ou
imposer des conditions supplémentaires, dire : Regarde, là, comme tu me l'as présenté, ce n'est pas
acceptable, mais, si tu fais ça, ça, ça, là, ça devient acceptable, mais
tu vas devoir respecter ça.
M. Gaudreault : O.K. Et ces
modifications-là à l'autorisation initiale sont publiques, la demande, là, de
modification du ministre?
Mme Grignon (Karine) : Oui, toutes
les demandes font
partie du registre, là.
M. Gaudreault : O.K. Quand on dit
que «ces cinq effets énumérés», les changements apportés à un... Je
regarde dans les commentaires, là : «Un changement apporté à un projet
initialement autorisé qui possède l'un des cinq effets énumérés [à cet
article].» Je trouve ça un peu drôle, parce que, dans le fond, c'est huit, au
moins, effets. Parce qu'on dit : «Une
telle modification est également requise dans les cas suivants», puis là on
dit : 1°, 2°, 3°, et le
3°, c'est : «Tout autre cas déterminé
par règlement du gouvernement.» Enfin...
Mme Grignon (Karine) : C'est ça,
le...
M. Gaudreault : Ce n'est pas
vraiment cinq, là. Je veux dire, le paragraphe... l'alinéa qui commence par
«une telle modification est également requise dans les cas suivants», on ne
serait pas obligés de le mettre, là, puis on pourrait...
Mme Grignon (Karine) : Bien, c'est
parce que ce n'est pas un effet. C'est ça, les cinq premiers, c'est un effet du changement; les trois autres, c'est
des changements en soi, donc c'est une modification. Ça fait que c'est pour
ça qu'on les a distingués, là.
M. Gaudreault :
O.K., O.K., O.K.
Grignon (Karine) : C'est une technicalité, là, mais effectivement,
dans les faits, il y en a huit.
Gaudreault : Oui, minimum, parce qu'il peut en ajouter aussi dans
les...
Mme Grignon
(Karine) : Dans le règlement.
Gaudreault : ...par le règlement, c'est ça. Alors, il faut bien quand
même savoir de quoi on parle, là. C'est plus
que cinq. Mais je comprends qu'il y a cinq effets et trois... au moins
trois cas additionnels qui s'insèrent. Alors, il faut bien comprendre ce qu'on fait, là, quand même, comme article,
là. Ça va aller pour l'instant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions
relativement à l'article 80? Oui, Mme la députée de Verdun.
Melançon : J'ai simplement une question, là, puis pardonnez-moi si je
peux être hors d'ordre, mais, vous savez, on
qualifie les projets selon la dangerosité, je vais dire ça comme ça, avec les
trois... bien, les différents paliers. Si,
par exemple, d'un palier faible à moyen, si on n'applique pas le même
processus, si, par exemple, il y a un changement, à l'intérieur de la production,
qui nous amène dans un autre processus, est-ce que ce serait une façon, en
procédant dans une demande préalable, de court-circuiter ce qui est sur place
actuellement avec la LQE?
Mme Grignon
(Karine) : Bien, on ne pense pas, là. En fait, à partir du moment où
le changement... un des huit changements...
des huit cas de figure, plus ceux qui sont prévus par règlement, sont
rencontrés, donc, la personne va devoir produire sa demande de
modification, là. Donc, elle va devoir être analysée, au niveau de ses impacts,
par le ministère.
Mme Melançon :
Mais l'analyse actuellement au ministère entre... Puis là je pense que ce
n'est pas le bon exemple et je ne donne pas le bon exemple en parlant de faible
à moyen, mais je pourrais parler de moyen à élevé dans la dangerosité. Je sais
que ce n'est pas les mêmes processus, ce n'est pas le même temps non plus, là.
On parle souvent d'un processus qui est beaucoup plus long, plus on s'en va
vers la dangerosité. C'est pour ça que, tantôt, je posais la question sur le
75 jours, de répondre à l'intérieur de 75 jours. Mais on sait très
bien que, si on prend le long processus, on en a pour plusieurs mois, voire
années, avec l'actuelle
Loi sur la qualité de l'environnement.
Est-ce qu'on n'est
pas en train... Quelqu'un, là, qui se dit : Bien, moi, je suis sur la
ligne, là — puis
il y en a qui jouent vraiment avec la ligne, on le sait — je
suis sur la ligne, je vais rester sur la ligne puis je ferai une demande
préalable, par la suite, qui va peut-être m'envoyer dans un autre processus,
mais ils vont devoir me répondre en 75 jours, vous comprenez un peu où je
veux en venir? Juste pour qu'on puisse s'assurer, bien sûr, que ce soit traité
à l'intérieur d'une même zone de danger, je vais dire ça comme ça. Est-ce que
c'est ce qui est prévu? Ou la personne qui
change de zone de danger devrait reprendre complètement le processus pour s'en
aller dans le long processus dans ce cas-là?
Mme Grignon
(Karine) : Oui, exactement, c'est ça, là.
Mme Melançon :
Parfait. Merci.
Mme Grignon (Karine) : Je
pense qu'on parle de la procédure d'évaluation environnementale. Donc, à partir
du moment où on est dans un seuil couvert par la procédure d'évaluation
environnementale, là, on va suivre cette procédure-là qui est distincte, avec d'autres types de délais,
effectivement, qui sont beaucoup plus longs. Mais là, ici, là,
l'article 30, on parle vraiment de l'autorisation du ministre. Puis, quand
ça va être une modification dans le cadre d'une
procédure environnementale, on va l'étudier plus loin, là, il a son propre
article de modification. On va l'étudier.
Mme Melançon : Ah! parfait. Bon, bien,
merci, c'est exactement ce que je souhaitais entendre, là. Je suis désolée,
avec les changements, on s'y perd un peu, là, dans le projet de loi. Mais c'est
exactement ce que je souhaitais, là, c'est
qu'on puisse assurer la procédure environnementale dans l'ordre prescrit et
qu'on n'ait pas de mauvaise surprise, là, justement, de ceux qui
voudraient jouer sur la liste puis dire : Bien, je viens de trouver un
raccourci puis je suis capable de passer ailleurs. Alors merci, merci pour cet
éclaircissement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions relativement à l'article 80? Puisqu'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 80 est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'article 80 est adopté. M. le ministre, on va à l'article 86
maintenant, et vous allez avoir un amendement.
M. Charette : Je n'ai pas
d'amendement.
Présidente (Mme St-Pierre) : L'amendement, moi, je l'ai. C'est
parce qu'il est....
M. Charette :
...dans le cahier. En fait, ce que je vais faire...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Je l'ai déposé dans Greffier.
M. Charette :
Je ne n'ai pas sur mon cahier à moi. Ce que je vais faire, je vais lire
l'article initial, puis ça va me laisser le temps, là, de le recevoir de mon
côté.
Donc
86 :
L'article 31.7 de cette loi est modifié par le remplacement des
premier et deuxième alinéas par les suivants :
«Le titulaire d'une
autorisation doit obtenir du gouvernement une modification de celle-ci avant
d'effectuer un changement à son projet ayant l'un des effets suivants sur la
réalisation des travaux, des constructions, des ouvrages ou de toute autre
activité de son projet autorisé :
«1° la
possibilité qu'un rejet d'un contaminant dans l'environnement non visé par
l'autorisation initiale ou qu'une augmentation d'un rejet déjà autorisé
survienne, que ce rejet ou cette augmentation soit réel ou potentiel;
«2° la
possibilité qu'une modification de la qualité de l'environnement survienne;
«3° une
incompatibilité avec l'autorisation délivrée, notamment avec l'une des
conditions, restrictions ou interdictions qui y sont prévues.
«Le premier alinéa ne
s'applique pas aux changements assujettis à la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts en
vertu de l'article 31.1. Dans un tel cas, le titulaire
d'autorisation doit suivre la procédure prévue à la présente sous-section et
obtenir une nouvelle autorisation du gouvernement.
«Le titulaire d'une
autorisation doit fournir tous les renseignements requis pour évaluer les
conséquences sur l'environnement des changements proposés. Il doit de plus
approfondir toute question posée et doit entreprendre les recherches demandées
à cette fin.»
Et le commentaire se
lirait comme suit :
L'article 31.7 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement concerne la modification d'une autorisation délivrée au terme
de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement.
Les modifications
apportées à cet
article visent à clarifier les motifs pour lesquels un
titulaire d'autorisation gouvernementale doit demander une modification
d'autorisation.
Le premier alinéa est
reformulé pour séparer en paragraphes distincts chacun des motifs exigeant une
modification d'autorisation.
Le nouveau deuxième
alinéa reprend plus clairement la même règle qui était prévue au premier alinéa
à l'effet que la modification d'autorisation visée par cet
article ne concerne
pas les modifications qui sont des déclencheurs de la procédure prévus par
règlement du gouvernement.
Et le nouveau
troisième alinéa, quant à lui, reprend l'obligation, qui s'appliquait déjà par
l'effet du renvoi à l'article 31.4, de fournir les renseignements requis
pour évaluer les conséquences du changement, ce qui simplifie la lecture de
l'article.
pour l'amendement, je vais juste essayer d'avoir une petite mise à jour. Voilà.
La beauté de la technologie. Donc, je l'ai maintenant sous les yeux,
j'en fais la lecture : Remplacer, dans le texte anglais du troisième
alinéa de l'article 31.7 proposé par l'article 86 du projet de loi,
«certain matters» par «any matter.»
Et le commentaire. Il
faudrait remplacer «certain» par «any» dans le texte en anglais afin de mieux
rendre le sens de «toute», car «certain» pourrait donner l'idée que ça ne vise
que certaines questions qui pourraient être posées, alors que cela n'est pas le
sens voulu ici.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, nous allons commencer par l'amendement. Est-ce
qu'il y a des commentaires relativement à l'amendement? Puisqu'il n'y a pas de
commentaire, est-ce que l'amendement à l'article 86 est adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'amendement à l'article 86 est adopté. Nous
allons maintenant à l'article 86 tel qu'adopté... tel qu'amendé, pardon.
M. le ministre... Vous avez fait votre lecture. Est-ce qu'il y a des
commentaires? Oui, Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci, Mme la Présidente. Donc, on vient ici, justement,
éclaircir la question préalable... préalablement posée, là, et par le député de
Jonquière et moi-même, dans la procédure d'évaluation et d'examen des impacts
sur l'environnement.
Les motifs, là...
pourquoi est-ce qu'on veut clarifier les motifs, à ce moment-ci? Je comprends
que, pour certains, il va y avoir pour des
raisons contractuelles ou... Mais est-ce que, dans le document qui se devra
d'être envoyé au ministre par la personne visée, à ce moment-ci...
est-ce qu'on va exiger, d'ailleurs, ces motifs-là, qu'ils soient bien expliqués
pour obtenir l'approbation du ministre?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la juriste.
Grignon (Karine) : Oui. Ici, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est
que, pour la procédure d'évaluation environnementale, la plupart des
changements qui déclenchent la procédure sont prévus dans le règlement lui-même, là. Donc, à partir du moment
où ce n'est pas un changement qui est prévu dans le règlement lui-même,
bien, on ne veut pas nécessairement déclencher toute la procédure. Donc, c'est
pourquoi on a instauré l'article 31.7.
Donc, à ce moment-là,
sans refaire toute la procédure, à partir du moment où il y a un des
changements qui est énuméré à l'article 31.7 qui est de moindre impact un
petit peu, là, mais qui doit quand même être analysé, ça va prendre quand même
une modification de l'autorisation, là, du décret du gouvernement pour, par
exemple, autoriser un nouveau rejet de contaminants mais qui ne serait pas, par
ailleurs, un déclencheur de la procédure, parce que, là, on va vouloir que la
procédure, elle soit refaite dès le départ, là.
Donc,
il y a cette balise-là, là, qui est importante, là, à l'intérieur de l'article
puis qu'on maintient, là, en vigueur.
Melançon : Au dernier paragraphe, donc, de l'article 86, on y lit
que «le titulaire d'une autorisation doit fournir tous les renseignements
requis pour évaluer les conséquences sur l'environnement des changements
proposés. Il doit de plus approfondir toute question posée et doit entreprendre
les recherches demandées à cette fin.» Est-ce qu'on demande, à ce moment-là,
lorsqu'il y a des changements qui peuvent être plus qu'esthétiques, là, à ce
moment-ci... est-ce qu'on demande des études, des analyses plus poussées? Parce
que, tel que dit comme ça, là, c'est comme
pour approfondir toute question, mais j'imagine qu'on va vouloir se baser
encore une fois sur ce qu'on demande depuis deux ans aux Québécois,
c'est-à-dire la science?
Mme Grignon
(Karine) : Oui, effectivement. Donc, par exemple, pour documenter un
nouveau rejet de contaminants, bien, ça se pourrait que les promoteurs doivent
déposer une étude supplémentaire. Donc l'article, c'est ce que ça vise, là.
Donc, à partir du moment où c'est nécessaire pour analyser les impacts, non, on
n'exige pas une nouvelle procédure d'évaluation environnementale. On va quand
même t'exiger une étude pour qu'on puisse évaluer l'impact sur l'environnement.
Melançon : Et, dans les faits, ces documents-là, ce sera directement
avec la direction régionale que ce sera déposé, auprès de qui ce sera déposé, et
qu'il y aura les échanges, ou est-ce qu'on sera directement en lien avec le
ministère ici, à Québec, ou on continue à passer comme c'était le cas avec les
directions régionales?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le sous-ministre adjoint.
Rousseau (Michel) : En fait, tout ce qui
est en... En fait, c'est la même direction générale, là. Tout ce qui est en lien avec les évaluations
environnementales, il y a une direction qui s'occupe de ces projets-là. Les
régions peuvent autoriser parfois des parties de projets, là, il y a
la... les tâches sont réparties. Mais je dirais que l'équipe de direction des évaluations environnementales, c'est elle qui
est à Québec, qui s'occupe de tout ce qui a rapport aux autorisations du
gouvernement.
Mme Melançon :
Je pose justement la question, parce que, là, il peut n'y avoir que des
parties du projet où on peut avoir une augmentation sans changer nécessairement
dans l'évaluation environnementale ou si c'est... Je ne sais pas, mais je veux
juste savoir : Est-ce que tout sera, donc, recentré vers Québec ou s'il y
a des autorisations qui seraient possibles par la direction régionale?
M. Rousseau (Michel) : Pour les modifications au décret, c'est au central, il y a des... C'est
ça, c'est au central.
Mme Melançon :
Parfait. Et est-ce qu'il y a
beaucoup de demandes en ce sens-là qui sont faites habituellement quand
il y a des modifications? Parce que, bon, je comprends que ce n'était pas prévu
exactement comme ça dans la loi, mais il y a
quand même des demandes de modifications qui sont faites sur une base
régulière. Vous en avez combien par
année, habituellement, de ces demandes de modification? Et est-ce qu'on va
avoir... est-ce qu'on aura le personnel requis pour répondre à ces
demandes-là?
Rousseau (Michel) : Je dirais environ une dizaine par année. Ce
n'est pas...
Melançon : Ah! O.K. Pas plus que ça?
Rousseau (Michel) : Non, pas tant.
Melançon : Si c'est pour une dizaine par année, je pense que je vais
passer pour le reste, merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
est-ce que l'article 86, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'article 86, tel qu'amendé, est adopté. Nous allons à l'article 89,
M. le ministre.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente.
L'article 70.5.1 de cette loi est modifié par
l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«De plus, le responsable de la matière
dangereuse rejetée dans l'environnement doit noter la nature et la quantité de
matières contaminées récupérées ainsi que, le cas échéant, les coordonnées du
destinataire des matières enlevées. Il doit
conserver ces informations pour une période minimale de cinq ans et les fournir
au ministre à sa demande.»
commentaire.
L'article 70.5.1 de la
Loi sur la qualité de l'environnement
concerne des obligations relatives au rejet accidentel de matières
dangereuses.
L'ajout d'un alinéa permet d'exiger du
responsable d'un rejet de matières dangereuses qu'il note et conserve divers
renseignements relatifs à ce rejet et qu'il les fournisse au ministre sur
demande.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Verdun.
Melançon : Bien, encore une fois, je serai très... je serai
vraiment dans l'application, là. Mais j'imagine que, lorsque... Parce
que, là, on parle de matières dangereuses, je tiens à le rementionner.
J'imagine que, lorsqu'il y a un rejet dans
l'environnement, on veut savoir il y en a combien qui ont été rejetés, de la
matière, et là, à ce moment-ci, on demande donc de noter la nature et la
quantité de matières, donc, récupérée, ça fait que, comme ça, on va pouvoir
savoir il y a combien de matière qui a été rejetée dans l'environnement puis on
en a récupéré combien. Puis j'imagine qu'on est capable de savoir, au bout de
la ligne... Mais j'imagine qu'on devait déjà demander c'était quoi, la nature
du rejet et les quantités de matières récupérées. J'imagine que oui. Et
j'aimerais simplement savoir pourquoi cinq ans, pourquoi on garde cette
information-là durant cinq ans. Pourquoi ce n'est pas deux, pourquoi ce n'est
pas sept? Bref, voilà, c'est mes petites questions.
M. Rousseau (Michel) :
Ça ressemble beaucoup à ce qu'on parlait tout à l'heure. Dans les faits, dans
la pratique, bien sûr qu'on sait ce qui est déversé. On demande aux gens de le
récupérer, de nous donner les factures, à quel
endroit ça se trouve... ça a été envoyé, tout ça. L'enjeu, c'était vraiment
l'assise légale. Donc, c'est vraiment parce que, justement, il y a
l'occasion, dans cet omnibus-là, de venir préciser ce qui se faisait déjà, mais
qui peut toujours poser des problèmes.
Rappelons-nous qu'on est dans un omnibus qui vise
à faciliter le contrôle. Donc, avec ça, il n'y a pas de doute, les gens doivent
le faire, doivent nous donner l'info, ce qui, auparavant, était une négociation
à chaque fois et pouvait nécessiter des... Donc, on avait une assise légale
beaucoup moins solide. C'est vraiment venir confirmer ce qui se fait la
majorité du temps sur le terrain et le rendre obligatoire.
Le cinq ans, bien, c'est le délai raisonnable,
je dirais, là, puis, pour des urgences comme celles-là, là, c'est très rare
qu'on... Une urgence, par définition, là, ça se règle dans les jours, les
semaines qui suivent, en général, puis, bon,
après ça, on n'en parle plus, c'est enlevé, et tout, et tout. Donc, cinq ans,
c'est amplement suffisant, là, pour ma part.
Mme Melançon : Moi, je pensais que
cinq ans, c'était pour, par exemple, s'il y a une poursuite ou... J'imagine qu'il y a aussi un peu de ça, là, à
savoir à l'intérieur... je ne sais pas, quand ça va avancer, là, à la cour, on
veut se donner des délais, bien sûr, pour garder toute cette
information-là pertinente.
M. Rousseau (Michel) :
Oui, il y a un certain lien avec ça puis il y aussi le lien avec la
prescription, qui est de cinq ans, on en a parlé, là. Donc, c'est une période,
là, de... effectivement, de délai judiciaire autant pour ce que vous venez de
mentionner que pour le délai de prescription pour poursuivre. Donc, c'est un
délai qui est cohérent avec tout le reste qu'on a fait à date, là.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions relativement à l'article 89? Puisqu'il
n'y a pas d'autre intervention à... est-ce que l'article 89 est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, l'article 89 est adopté. Nous allons maintenant à l'article 90,
et vous aurez aussi un amendement, M. le ministre.
M. Charette : Effectivement. Merci.
Mais là je vous le confirme...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
l'avez, là?
M. Charette : ...je l'ai sous les
yeux. Donc, 90 :
L'article 95.1 de cette loi est modifié, dans le
premier alinéa :
1° par le remplacement du paragraphe 13° par les
suivants :
«13° déterminer les modalités selon lesquelles
doit être faite toute demande d'autorisation, d'approbation, d'accréditation ou de certification ainsi que
toute demande pour leur modification, leur renouvellement, leur maintien,
leur suspension, leur révocation ou leur annulation et les conditions
applicables à de telles demandes;
«13.1° déterminer les
modalités selon lesquelles doit être transmis un avis de cession exigé en vertu
de la présente loi et les conditions applicables;»;
2° par la suppression des paragraphes 17° et
19°;
3° dans le paragraphe 20° :
a) par l'insertion, après «registres , de
«, les rapports, les documents et les renseignements»;
b) par le remplacement de «la période de
leur conservation» par «les conditions relatives à leur conservation, notamment
la période»;
4° par le
remplacement, dans le paragraphe 21°, de «leur forme et leur contenu ainsi que
les conditions relatives à leur conservation et à leur transmission» par
«les conditions et les modalités relatives à leur transmission»;
5° par l'insertion, après le paragraphe 21°, du
suivant :
«21.1° déterminer, parmi les renseignements et
les documents exigés dans
un règlement pris en vertu de la présente loi, ceux ayant un caractère
public;»;
6° par l'insertion, après le paragraphe 25°, du
suivant :
«25.1° prescrire les modalités selon lesquelles
et le format dans lequel les données, les prélèvements et les analyses doivent
être recueillis, compilés et transmis au ministre ainsi que les modalités selon
lesquelles et le format dans lequel les calculs, les vérifications et tout
autre suivi doivent être effectués et transmis au ministre;»;
7° par la
suppression, partout où ceci se trouve, de «ou municipalité», «ou
municipalités», «ou une municipalité», «ou d'une municipalité».
Et le
commentaire.
L'article 95.1 concerne des pouvoirs réglementaires de nature
diverse confiés au gouvernement.
modifications de concordance avec celle effectuée à la définition de «personne»
à l'article 1 sont apportées aux paragraphes 9°, 12°, 14°,
15°, 16°, 20°, 21° et 25°.
paragraphe 13° est remplacé afin d'inclure dans ce pouvoir l'ensemble des
demandes pouvant être présentées au ministre en vertu de la loi. Sont ainsi
ajoutés le renouvellement, le maintien, la suspension, la révocation et
l'annulation d'une autorisation. La précision sur la variation de la norme n'a
pas été reprise puisque cette précision est inutile, une telle variation
étant inhérente au pouvoir de réglementation confié. Rappelons de toute façon
qu'une telle mention se retrouve régulièrement dans la loi et se retrouve
notamment à l'article 23, l'article concernant spécifiquement une demande
d'autorisation.
paragraphe 13.1° est ajouté pour traiter plus spécifiquement des modalités
applicables à un avis de cession. Ce type d'avis étant d'une autre
nature que l'une des demandes mentionnées au paragraphe 13°, son
traitement s'effectue d'une manière spécifique.
Le paragraphe 13° de cet
article est
supprimé en concordance avec la suppression de l'article 115.8 auquel il
fait référence. L'obligation de transmettre une déclaration d'antécédents fera
partie des modalités et des conditions applicables à une demande en vertu du
paragraphe 13°.
Le paragraphe 19° de cet
article est
supprimé puisque la forme d'une autorisation est déterminée par la loi. Voir
notamment l'article 27 de la LQE.
Les paragraphes 20° et 21° de cet
article
sont reformulés à des fins de compréhension pour bien camper le rôle de chacun de ces paragraphes. Ainsi, le
paragraphe 20° concerne les rapports, les documents et les renseignements
tenus et conservés par un assujetti tandis
que le paragraphe 21° concerne les rapports, les documents et les
renseignements devant être fournis au ministre.
Le nouveau
paragraphe 21.1° permettra au gouvernement de déterminer le caractère
public des renseignements et des documents exigés par règlement.
Enfin, le nouveau paragraphe 25.1°
permettra au gouvernement de déterminer les modalités et le format des données,
des prélèvements, des analyses, des calculs, des vérifications et des autres
suivis qui doivent être effectués par un assujetti et qui doivent par la suite
être fournis au ministre.
(Interruption) Une gorgée d'eau à votre santé, Mme la Présidente. Et l'amendement se
lirait ainsi — heureusement,
il est plus court : Remplacer le
paragraphe 21.1° de l'article 95.1, proposé par le
paragraphe 5° de l'article 90 du projet de loi, par
le sous-paragraphe suivant :
«21.1° déterminer les renseignements et les
documents ayant un caractère public ainsi que, le cas échéant, les modalités
concernant leur diffusion;».
Et le commentaire. Cette modification est
requise pour s'arrimer avec la proposition effectuée à l'article 69 du
projet de loi et attribuer ainsi un pouvoir réglementaire complet en matière
d'accès à des renseignements et à des documents.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Jonquière. Vous êtes sur l'amendement?
M. Gaudreault : Oui. Bien, peut-être
juste une petite technicalité, là. Et c'est que le ministre, quand il a lu le
commentaire, il s'est trompé de chiffre, là, à un moment donné, là, il a dit 13°
au lieu de 17°, là. Alors, juste pour que ça
reste dans le Journal des débats , là, je pense que je ne suis pas le
seul à l'avoir remarqué. Bon, ça, c'était un détail.
Maintenant, sur l'amendement. «21.1° déterminer
les renseignements et les documents ayant un caractère public ainsi que, le cas
échéant, les modalités concernant leur diffusion.» Qu'est-ce qui ne serait pas
public? Parce qu'on disait à l'article 21.1° d'origine : «Déterminer,
parmi les renseignements et les documents exigés dans un règlement pris en vertu de la présente loi, ceux
ayant un caractère public.» Là on dit : «Déterminer les renseignements
et les documents ayant un caractère public [et] les modalités...» Je veux juste
bien comprendre, là. On vise quoi, ici, comme documents, là, à rendre publics?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la juriste.
Mme Grignon (Karine) : En fait,
c'est vraiment une reformulation ici, là, pour viser l'ensemble des
renseignements qui pourraient être exigés dans un règlement. Comme on ne les
connaît pas à l'avance, on veut utiliser la formulation la plus large possible.
Qu'est-ce que ça pourrait être? Par exemple, un règlement peut prévoir qu'un
exploitant doive tenir un registre, mais qu'il le conserve à son niveau, puis
le ministre lui demande des renseignements sur demande, en fait. Donc, on
pourrait exiger que ce registre-là de l'exploitant, qui n'est pas tenu par le
ministre, là, soit rendu public par l'exploitant lui-même, là, en fait. Donc,
ça pourrait être un exemple parmi tant d'autres.
M. Gaudreault : O.K. Ça va aller,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement? Puisqu'il n'y a pas
d'autre commentaire relativement à l'amendement à l'article 90, est-ce que
l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'amendement à l'article 90 est adopté. Nous allons maintenant discuter de
l'article 90 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires relativement
à l'article 90 tel qu'amendé? Je comprends qu'il n'y a pas de commentaire.
Mme la députée de Verdun?
Mme Melançon : Bien, je veux
simplement ici signifier... parce que, pour le reste de l'article,
l'importance, c'est beaucoup de la concordance, là, à ce moment-ci, où on vient
simplement interagir. Je veux juste que ce soit... Parce que c'était assez long
comme lecture, donc je ne veux pas laisser le ministre en pan en se
disant : J'ai tout lu ça. On l'a lu avec attention, et la compréhension, à
ce moment-ci, et je vois que Me Grignon me fait signe que c'est le cas,
là, on est beaucoup, beaucoup dans de la concordance dans tout ce qu'on a
étudié jusqu'à présent. Alors, pour moi, Mme la Présidente, ça convient très
bien.
La Présidente (Mme St-Pierre) : D'autres
interventions? Puisqu'il n'y a pas d'autre intervention relativement à
l'article 90 tel qu'amendé, est-ce que l'article 90, tel qu'amendé,
est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'article 90, tel qu'amendé, est adopté. M. le ministre, vous allez
maintenant, selon notre feuille de route, à l'article 111.
M. Charette : Effectivement, avec un
amendement aussi qui serait proposé.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Ah!
je ne l'ai pas, moi. Oui? O.K.
M. Charette : Donc, j'en fais la
lecture, de l'article original :
L'article 118.12 de cette loi est
modifié :
1° par la suppression, dans le premier alinéa,
de «la municipalité ou»;
2° par le remplacement du paragraphe 5° du
deuxième alinéa par le paragraphe suivant :
«5° refuse
d'approuver un plan de réhabilitation qui lui est soumis en vertu de la
section IV du
chapitre IV du
titre I, l'approuve avec
modifications ou refuse une modification d'un tel plan demandée en vertu de
l'article 31.60;».
Et le commentaire.
L'article 118.12 de la
Loi sur la qualité de l'environnement concerne les contestations devant le Tribunal
administratif du Québec.
Cet
article est modifié à des fins de
concordance avec la modification effectuée à la définition de «personne» proposée à l'article 78 du projet de loi. Il
est également modifié pour prévoir spécifiquement la possibilité de contester
devant le Tribunal administratif du Québec un refus d'approbation d'un plan de
réhabilitation.
Et l'amendement se lirait ainsi : Ajouter,
à la fin de l'article 111 du projet de loi, le paragraphe suivant :
«3° par la suppression du paragraphe 10° du
deuxième alinéa.»
Et le
commentaire. Cet amendement vise à effectuer une modification de concordance
requise par l'abrogation de l'article 115.10.1 de la
Loi sur la
qualité de l'environnement.
Rappelons que le contenu de
l'article 115.10.1 se retrouve maintenant à l'article 36 de la
nouvelle loi et qu'une contestation devant le TAQ est prévue à
l'article 40 de la nouvelle loi.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Verdun, vous êtes sur l'amendement?
Melançon : Oui, s'il vous plaît, Mme la Présidente. Juste
pour une bonne compréhension à ce moment-ci, là : «3° [...]la
suppression du paragraphe 10° du deuxième alinéa». Je comprends à ce
moment-ci que nous rayons seulement «prend une décision en vertu de
l'article 115.10.1», mais on laisse le reste des deux paragraphes
suivants. Est-ce que je comprends bien à ce moment-ci?
Mme Grignon
(Karine) : Exactement. Donc, les deux autres modifications pourront
être étudiées, là, avec l'article. Puis l'amendement vise l'ajout du troisième
seulement.
Mme Melançon : Très bien pour moi,
Mme la Présidente. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions relativement à l'amendement? Puisqu'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 111 est
adopté?
Présidente (Mme St-Pierre) : L'amendement à l'article 111 est adopté.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions relativement l'article 111
tel qu'amendé? Puisqu'il n'y a pas d'intervention à l'article 111 tel
qu'amendé, est-ce que l'article 111, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'article 111, tel qu'amendé, est adopté. M. le ministre, selon notre plan
de route, nous allons à l'article 117. Notre feuille de route, pardon.
M. Charette : Merci. Et déjà je
m'excuse auprès des collègues, une longue énumération nous attend, donc, et
l'amendement sera lu par la suite.
Donc : 117. Cette loi est modifiée par la
suppression, avec les adaptations nécessaires, de «municipalité» et de
«municipalités» — au
pluriel — dans
les dispositions suivantes :
1° les premier et quatrième alinéas de
l'article 2.2;
2° le premier alinéa des articles 23 et
23.1;
3° le premier alinéa des articles 29 et
31.0.5.1, partout où cela se trouve;
4° le deuxième alinéa de l'article 31.0.6;
6° le deuxième alinéa des articles 31.0.10
et 31.0.11;
7° le premier alinéa de l'article 31.3.1;
8° le deuxième alinéa et le paragraphe 2°
du cinquième alinéa de l'article 31.3.5;
9° le paragraphe c du premier alinéa de
l'article 31.9;
10° le deuxième alinéa de l'article 31.20;
11° l'article 31.43, partout où cela se
trouve;
13° le premier alinéa de l'article 31.49;
14° les articles 31.50, 31.51.0.1 et 31.58,
partout où cela se trouve;
15° le premier alinéa des articles 31.59 et
31.60;
16° les articles 31.61 et 31.62, partout où
cela se trouve;
17° le deuxième alinéa de
l'article 31.68.3;
18° le paragraphe 1° du troisième alinéa de
l'article 31.76;
19° le paragraphe 7° de
l'article 31.80;
20° le paragraphe 1° du premier alinéa de
l'article 31.100;
21° le premier alinéa des articles 46.1 et
46.8, partout où cela se trouve;
22° le sous-paragraphe a du
paragraphe 3° de l'article 46.8.2;
23° le premier alinéa de l'article 46.9;
24° les articles 46.11 et 46.15, partout où
cela se trouve;
25° la dernière phrase de l'article 49;
26° les articles 53.31 et 58;
27° le premier alinéa de l'article 64.4;
28° le deuxième alinéa de l'article 64.7;
30° le deuxième alinéa et la première phrase du
troisième alinéa de l'article 65, partout où cela se trouve;
32° le premier alinéa de l'article 65.4;
33° les articles 65.5 et 68.1;
34° le quatrième alinéa de
l'article 70.5.4;
35° l'article 70.7, partout où cela se
trouve;
36° le troisième alinéa de l'article 70.8;
37° la deuxième phrase du deuxième alinéa de
l'article 94;
39° le premier alinéa de l'article 114.3;
40° l'article 115.0.1, partout où cela se
trouve;
41° le troisième alinéa de l'article 115.1;
43° le deuxième alinéa de
l'article 115.4.2;
44° la deuxième phrase du premier alinéa de
l'article 115.28;
45° le premier alinéa de l'article 118.4;
46° le paragraphe k de
l'article 118.5;
47° l'article 118.6, partout où cela se
trouve;
48° le deuxième alinéa de l'article 118.7;
49° le premier alinéa des articles 118.8 et
118.11;
51° le premier alinéa de l'article 124.5;
52° l'article 199, partout où cela se
trouve.
Et le commentaire. L'ensemble de ces
modifications sont apportées à des fins de concordance avec la modification
effectuée à la définition de «personne» à l'article 78 du projet de loi.
Ce changement
n'apporte pas un changement dans le traitement des obligations applicables aux
municipalités puisqu'elles étaient déjà visées par de telles
obligations.
Et je vous ferais la lecture de l'amendement,
une petite énumération, mais plus courte cette fois-ci. À l'article 117 du
projet de loi :
1° remplacer le paragraphe 3° par le
suivant :
«3° le premier alinéa de l'article 29;»;
2° supprimer le paragraphe 12°;
3° remplacer le paragraphe 14° par le
suivant :
«14° les articles 31.50 et 31.51.0.1,
partout où cela se trouve;».
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Bien, je comprends
qu'il y a eu certaines coquilles, je comprends aussi que ce n'est que de la
concordance, et je comprends que ceux qui tentent de comprendre ce qu'on est en
train de faire doivent être un peu dans le champ actuellement parce que c'est
un peu comme si on avait lu dans une autre langue très peu connue par les
citoyens ce qu'on vient de faire. Mais, juste pour rassurer les gens, là, il
s'agit actuellement de concordance. Et je
comprends qu'avec l'article, justement, on parlait des municipalités, mais,
comme c'était arrivé avec un amendement précédemment, on est venus
corriger, là aussi, la situation avec l'amendement, donc, à l'article 117.
Alors, pour moi, Mme la Présidente, je fais
confiance ici aux légistes parce que vous comprenez qu'on n'est pas allés revoir chacun des points. Je sais que le
travail a dû se faire avec beaucoup de sérieux, là, du côté des légistes.
Vous comprenez qu'il y a beaucoup, beaucoup de concordance à ce moment-ci et
qu'on doit, bien sûr, à un moment donné,
faire confiance au travail des légistes sur ce bout-là. Mais je voulais surtout
spécifier que, pour l'amendement, là, on comprend qu'avec le terme
«municipalité», que nous avions revu dans les articles précédents, je comprends
qu'il y ait eu un amendement. Alors, voilà.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Alors,
est-ce qu'il y a... Oui, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Bien, que dire de
plus? Quand j'étais jeune puis qu'on allait à la messe de Pâques, je ne me souviens plus lequel, là, je ne sais pas si
c'était le jour de Pâques ou le Vendredi saint, il y avait la litanie. Je ne
sais pas si vous vous souvenez de ça. Puis là j'écoutais le ministre
puis je repensais aux litanies, tu sais, sainte Thérèse, priez pour nous, saint Paul, priez pour nous. Ça me fait
penser à ça. J'ai comme eu un flash, là. Alors, voilà, c'était juste un
commentaire inutile, mais, en cette société laïque...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
êtes un petit peu hors d'ordre, mais on s'est amusés.
M. Gaudreault : Non, mais c'est
parce qu'il faut que ça reste dans les mémoires, quand même, de notre culture
judéo-chrétienne, là, les litanies, puis c'est un peu ça, là, finalement.
Alors, voilà, c'est tout. Moi, je suis d'accord avec l'article, avec l'amendement
puis l'article.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Alors,
on va commencer par l'amendement. Est-ce que l'amendement à l'article 117
est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Donc,
l'amendement à l'article 117 est adopté. Est-ce que l'article 117,
tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) : J'aurais
dû vous demander avant s'il y avait d'autres interventions à l'article 117 tel qu'amendé. J'avais compris
que vous aviez fait le tour. Donc, l'article 117, tel qu'amendé, est
adopté. Maintenant, j'ai besoin d'avoir votre
consentement pour que le ministre puisse amener un amendement pour un nouvel
article, c'est l'article 110.1. M. le ministre. Oui, j'ai besoin d'un
consentement. Consentement? D'accord.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc, insérer, après l'article 110 du projet
de loi, le suivant :
110.1.
L'article 118.9 de cette loi est modifié :
1° par la
suppression, dans le troisième alinéa, de «la déclaration exigée par le
ministre en vertu de l'article 115.8 ainsi que»; et
2° par le
remplacement, dans le quatrième alinéa, de «115.5 à 115.7» par «31 à 33 de la
Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages».
Voilà. Et le
commentaire serait le suivant : Cet amendement vise à corriger un oubli de
concordance à la suite de l'abrogation de l'article 115.8 de la
Loi sur la
qualité de l'environnement par l'article 96 du projet de loi. Cet amendement vise aussi à corriger une coquille
puisque les articles 115.5 à 115.7 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement se retrouvent maintenant dans la nouvelle loi.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Donc, puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement... l'article 110.1...
Comment je dois dire ça, M. le secrétaire? L'amendement à l'article 110.1
ou l'amendement 110.1?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, voilà, est-ce que l'amendement 110.1 est
adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'amendement 110.1 est adopté. Et maintenant,
selon notre feuille de route, nous allons à l'article 149.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 9 de ce règlement est
remplacé par le suivant :
«9. Tout aménagement,
toute infrastructure, tout ouvrage ou toute [réalisation] visé par le présent
règlement doit être maintenu dans un bon état et utilisé de manière optimale en
fonction de l'usage pour lequel il est conçu.»
Et le commentaire.
Cette modification en est une de concordance. Elle a pour effet de reformuler
l'article 9 pour tenir compte du nouvel
article 123.5 de la LQE.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 149 est adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'article 149 est adopté. Maintenant,
l'article 150. M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 27 de ce règlement est modifié
par le remplacement de «paragraphes 1 à 4 du premier alinéa» par «premier
et deuxième alinéas».
commentaire. Cette modification en est une de concordance pour tenir compte de
la reformulation de l'article 30 de la LQE proposée par
l'article 80 du projet de loi.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a des commentaires? Puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce
que l'article 150 est adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'article 150 est adopté. 151. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 28 de ce règlement est
abrogé.
Commentaire.
Cette modification en est une de concordance.
L'article 28 du REAFIE n'est
plus utile puisque son contenu se retrouve désormais à l'article 30
de la LQE tel que modifié par l'article 80 du projet de loi.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce
que l'article 151 est adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'article 151 est adopté. Nous allons
maintenant à la
section 5.2 du bloc 5, et vous devez lire
l'article 29. M. le ministre.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente.
Loi sur le ministère du Règlement durable, de
l'Environnement et des Parcs.
29. La Loi
sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs est
modifiée par l'insertion, après l'article 9, du suivant :
«9.1. Le ministre peut déléguer l'exercice des
pouvoirs qui lui sont attribués par la présente loi ou par une autre loi dont
il est chargé de l'application au sous-ministre, à un membre du personnel du
ministère ou à un titulaire d'emploi de son ministère.
«Il peut, par écrit, autoriser la subdélégation
des pouvoirs qu'il indique.»
Et le commentaire. Le nouvel
article 9.1
vise à permettre la délégation de pouvoirs du ministre à d'autres personnes,
notamment des fonctionnaires du ministère.
Ce pouvoir de
délégation se distingue de celui sur la délégation de signature prévu à
l'article 7 de la loi, lequel concerne uniquement les actes qui
engagent le ministre ou qui peuvent lui être attribués. Aucune modification
n'est d'ailleurs proposée à cet article.
L'article 143 du projet de loi
apporte toutefois des ajustements aux modalités de signature afin de faire l'arrimage entre le futur acte de délégation qui
sera utilisé pour la mise en oeuvre de l'article 9.1 et les
modalités de signature.
L'article 154 du projet de loi précise
également qu'un pouvoir exercé avant la date d'entrée en vigueur du projet de loi est présumé valide, à moins d'une
démonstration du ministre qu'une personne n'était pas autorisée à agir
en son nom.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Verdun.
Melançon : Bon, j'aimerais simplement voir pourquoi est-ce
qu'on élargit, donc, ce pouvoir de délégation du ministre à ce
moment-ci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la juriste.
Mme Grignon (Karine) : Oui. En fait,
c'est ça, il y a eu une décision récente devant les tribunaux qui est venue
interpréter restrictivement, là, la notion de ce que pouvaient accomplir les
fonctionnaires, en fait, à l'emploi du ministère, là. On s'entend que la loi confie
généralement les différents pouvoirs au ministre lui-même. On ne peut pas
nécessairement s'attendre à ce que le ministre lui-même exerce tous les
pouvoirs qui sont énumérés dans les lois. Donc, il y a un principe
d'interprétation qui s'applique, qu'on appelle la délégation implicite. Donc,
un fonctionnaire qui agit dans le cadre de son emploi, raisonnablement, donc,
peut agir au nom du ministre au nom de ce principe-là.
Dans la décision du tribunal en question, on a
remis ce principe-là un petit peu en question, ce qui fait en sorte qu'à partir du moment où on n'a pas un
document écrit spécifique avec une désignation pour chaque fonctionnaire
avec le pouvoir qu'il peut exercer ça peut devenir problématique et ça peut
être contesté devant un tribunal. Donc, pour éviter ce genre de situation, on a
prévu l'article. Et il va y avoir, évidemment, un acte qui va être produit par
le ministre, là, en vertu de cet article-là,
qui va nommer chacun des fonctionnaires et chacun des pouvoirs qu'il va pouvoir
accomplir.
Mme Melançon : Merci. Merci,
Me Grignon. Je me rappelle, au début de l'étude du présent projet de loi,
on avait parlé beaucoup de la délégation, justement, des pouvoirs puis on
demandait : O.K., mais pourquoi est-ce qu'on donne cette délégation-là?
Puis on ne définissait pas, à ce moment-là dans la loi, qui avait, justement,
cette capacité ou encore ce pouvoir-là, justement, d'exercer ce que le ministre
voudra bien remettre entre ses mains, là.
Encore une fois, ici, si on me dit que les tribunaux
ont quand même remis en question ce concept-ci, on ne définit quand même pas qui aura l'autorisation ou l'application des
pouvoirs désignés. Par exemple, là, on note, à 9.1, le «sous-ministre ou
membre du personnel du ministère ou à un titulaire d'emploi de son ministère».
C'est assez large. Est-ce qu'un tribunal,
quand c'est ainsi défini, pourrait dire qu'encore une fois on est un peu flou,
là? Parce que je ne trouve pas qu'on
vient ajouter beaucoup de clarifications. On vient dire qu'il peut y avoir
justement une délégation de l'exercice des pouvoirs, mais on ne dit pas
à qui et pourquoi ou dans quel cas. Est-ce qu'on ne devrait pas être un peu
plus précis à ce moment-ci?
Mme Grignon (Karine) : En fait, ça,
c'est le pouvoir qui va permettre au ministre d'agir, donc on essaie de
généraliser les catégories d'emploi, là, pour ne pas avoir une liste longue
avec des catégories d'emploi qui changent au
gré du temps. Par contre, dans l'acte que le ministre va signer, là, on va
avoir cette précision-là. Donc, pour chaque pouvoir identifié dans la
loi, on va avoir le... la fonction précise de la personne, par exemple, c'est
un directeur régional de telle région. Donc,
on va avoir cette précision-là dans l'acte de délégation lui-même, mais, pour
ce qui est du pouvoir qui est prévu par la loi, là, ce n'est pas
nécessaire.
Mme Melançon : D'accord. Donc, je
comprends tout de même que les questions que nous avions il y a de cela je ne
sais pas combien de semaines, là, parce que c'est depuis le mois de novembre,
quand même, qu'on est à l'étude du projet de loi n° 102,
et nous sommes quand même le 15 février, je me souviens tout de même que
nous ayons posé des questions et je disais à ce moment-là : Mais ce n'est
pas clair, ce n'est pas clair qui a le droit, puis là on me disait : Bien non, mais c'est dans la direction générale ou
c'est le sous-ministre, dans la direction générale, on aura une
personne. Donc, on posait quand même les bonnes questions, puis je tiens juste
à le souligner ici. Et ce que je comprends avec l'article 29, c'est qu'on va venir définir, à l'intérieur
du règlement, qui sera autorisé. Est-ce que c'est bien ce que je
comprends?
Mme Grignon (Karine) : Non, c'est
ça, il y a une différence, là. Donc, vraiment, le règlement qui existe, c'est
les modalités de signature, donc il y a une petite distinction ici. Ça, ça va
demeurer. Par contre, la délégation de signature, ça emporte seulement une
délégation pour signer un document, mais ça n'emporte pas nécessairement la délégation pour prendre la décision par laquelle
le document y est nécessaire. Donc, le 9.1 vise à pallier cette lacune-là.
Donc là, ça se ne fera pas par règlement,
c'est le ministre qui va avoir ce pouvoir-là. Donc, il va avoir une liste
publiée sur Internet qui va pouvoir varier un petit peu plus, selon le
type de fonction, les changements de structure du ministère, notamment, donc
elle va pouvoir mieux vivre, là, cette liste-là.
Melançon : Et là vous venez de dire : Ce sera sur le
site Internet. C'est sous quelle rubrique qu'on pourra retrouver, à
partir de là, ces modalités?
Grignon (Karine) : Ce sera à vérifier, là, j'imagine qu'il va y avoir
un classement précis, là, puis que les personnes vont pouvoir se rendre
directement, là, consulter la liste. C'est en construction actuellement.
Mme Melançon : Et ça va entrer en
fonction à quel moment, cette modalité-là?
Mme Grignon (Karine) :
L'article est
supposé entrer en vigueur au même moment que le reste de la loi, là, donc
30 jours après sa sanction.
Mme Melançon : Donc, dans une
trentaine de jours, donc, on saura ces modalités-là. Moi, j'aimerais simplement
savoir, parce que je serais intéressée à aller lire qui aura cette capacité ou
ce pouvoir-là qui seront attribués par la
présente loi, là, donc, j'aimerais simplement savoir où est-ce qu'on va pouvoir
trouver ces modalités-là, parce que
c'est une chose de le mentionner, et, quand on dit que ça va être sur le site
Internet, vous savez à quel point le site Internet du ministère, il est
vaste et il y a beaucoup, beaucoup d'informations, là, simplement pour nous
faciliter le travail lorsque ce sera le cas.
M. Rousseau (Michel) : Je dirais, de façon générale, notre site Internet est en
processus d'être amélioré et doit l'être, parce que, vous l'avez dit, il y a
beaucoup d'informations sur ce site-là, il y a beaucoup de documents
scientifiques, mais, de façon générale, ce genre de liste là va se retrouver
dans la
section plus administrative avec le rapport annuel, l'organigramme.
Donc, dans la
section où on retrouve l'organigramme, on devrait retrouver aussi
la fameuse liste approuvée par le ministre,
liste qui va être prête au moment où l'article va venir en vigueur, et
peut-être, pour ajouter, essentiellement, ça vient confirmer ce qui se
fait déjà. L'exemple du cas qu'on a dit qui avait été amené en cour, le
jugement Lamontagne, je crois, là, bien, c'était la directrice des ressources
financières qui envoyait une facture, demandait un remboursement pour des
frais, et c'est elle qui le fait habituellement, et tout ça, puis c'est ça qui
était mis à contester.
Donc c'est vraiment de venir confirmer ce que
les différents fonctionnaires font, et cette liste-là a été employée par le
ministre, mais elle devient, après ça, incontestable. Puis c'est la même
approche qu'on avait prise dans les sanctions administratives, c'est un autre
article qui vient le définir. À l'époque des sanctions administratives, la
question s'était posée, comment ça va être... et là on l'avait précisé, le
ministre va préciser qui applique les sanctions, mais là on vient le faire pour
tout le reste des documents qui sont signés par les employés du ministère
Mme Melançon : ... Ça va pour moi,
madame.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, est ce qu'il y a d'autres interventions relativement à l'article 29?
Comme il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 29 est
adopté?
Présidente (Mme St-Pierre) :
L'article 29 est adopté. Donc, maintenant, j'ai besoin de votre
consentement pour que le ministre puisse amener un autre amendement,
c'est-à-dire un autre
article qui constitue un amendement. Alors, est-ce que
j'ai un consentement? Il s'agit de l'article 10.1. M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Insérer, après l'article 10 du projet de loi, le
suivant :
10.1.
L'article 62.1 de cette loi est
abrogé.
Commentaire. Cet amendement vise à apporter une
modification de concordance pour tenir compte de l'ajout du nouvel
article 9.1
de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs proposé par l'article 29 du projet de loi. Ainsi,
l'article 62.1 de la loi VZE n'est plus utile, car son contenu est
maintenant visé par ce nouvel article.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est ce qu'il y a des interventions? Puisqu'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'amendement à l'article 10.1 est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc l'article... l'amendement est adopté. Et le nouvel
article 10.1 est
donc adopté. M. le ministre, l'article 82, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. 82. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 31.0.10, du suivant :
«31.0.10.1. Le déclarant d'une activité
admissible à une déclaration de conformité doit fournir au ministre, à sa
demande, tous les renseignements et les documents qui sont nécessaires à
l'évaluation de la conformité d'un rejet de contaminants aux normes prévues par
règlement du gouvernement de même qu'aux conditions, restrictions ou
interdictions déterminées dans un règlement pris en vertu de
l'article 31.0.6 qui sont applicables à cette activité.»
Et le commentaire. Ce nouvel
article prévoit
l'obligation à un déclarant d'une activité admissible à une déclaration de
conformité de fournir au ministre, à sa demande, tous les renseignements et
documents nécessaires à l'évaluation de la
conformité d'un rejet de contaminants. Cette obligation est déjà prévue pour
les titulaires d'autorisation à l'article 31.0.4.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est
qu'il y a des interventions? Puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 82 est adopté?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, l'article 82 est
adopté. Nous allons maintenant l'article 110. M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. 110. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 118.6, du suivant :
«118.6.1. Le gouvernement peut, par règlement, dans
les cas et aux conditions qu'il détermine, fixer des conditions d'exploitation
applicables aux personnes accréditées ou certifiées.»
Le commentaire. Le nouvel
article 118.6.1
donne au gouvernement le pouvoir de réglementer les conditions d'exploitation applicables aux personnes
accréditées ou certifiées en vertu de la
Loi sur la qualité de l'environnement.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Est ce qu'on
pourrait avoir juste plus de détails ici, là? Parce que, pris comme ça, hors
contexte, c'est un peu difficile pour la compréhension. Donc, peut-être avoir
quelques informations supplémentaires.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le sous-ministre adjoint.
M. Rousseau
(Michel) : Oui. Donc, ici,
on est dans la
section des certificats d'accréditation et de certification
qui sont en lien avec les laboratoires. Donc, les laboratoires sont accrédités
par le ministère. C'est eux qui peuvent faire des analyses environnementales.
Donc, c'est vraiment de permettre, par règlement, de venir vraiment clarifier
quelles sont les conditions d'exploitation, c'est quoi... tout ce qui est
associé à l'accréditation, la performance analytique, bref, ce qui existe déjà
de façon administrative, mais de permettre, par règlement, de venir le
préciser. Évidemment, par la suite, ça
permet de mieux l'appliquer, là. Donc, c'est un secteur où il y a beaucoup
d'accréditation qui se fait à chaque année. Et là on veut venir, par
règlement, vraiment préciser les conditions pour être accrédité. Donc, c'est de
prendre ce qui est déjà administratif puis le rendre plus réglementaire.
Mme Melançon : On parle de
combien d'accréditations annuellement?
M. Rousseau (Michel) :
Bonne question. J'avais le chiffre tantôt, là. On pourrait l'avoir dans pas
long.
Mme Melançon : Bien, peut-être,
pendant que le sous-ministre cherche, puis je le remercie pour le travail qu'il
effectue actuellement, là... Dans le fond, ce qu'il nous dit, c'est de rendre
ce qui était administratif plus par voie réglementaire, là. Mais qu'est-ce que
ça va amener de faire cette transformation-là à ce moment-ci?
M. Rousseau
(Michel) : On parle d'environ... Il y a environ 62
laboratoires qui sont accrédités, donc, cinq qui sont en processus, donc
on est autour de 70 laboratoires. On a même des laboratoires qui ont plus
d'un certificat d'accréditation. Donc...
Puis, pour revenir... Oups! Excusez, je vais ôter mon masque, là... Quand vous
disiez qu'est-ce que ça va apporter de plus, en fait, c'est un peu de
mettre de l'ordre là-dedans pour être capable de faire un meilleur contrôle, de
venir vraiment clarifier de façon légale c'est quoi, les données qu'on s'attend
des laboratoires accrédités, à quelle fréquence ils doivent faire certaines
mesures, tout ce qui est le cadre applicable pour qu'on reconnaisse une
accréditation, de venir vraiment le préciser dans un règlement. Les essais
d'aptitude annuels qu'ils ont à faire selon les paramètres qu'ils analysent,
donc, c'est un ensemble de critères qui sont là pour évaluer la performance
d'un laboratoire. Des échantillons inconnus qui sont envoyés avec des... les
gens, les labos doivent prendre une mesure de ces échantillons-là, dire que les
concentrations de tel contaminant se retrouvent dans ça. Bon, il y aura en ce
moment, là, des fréquences de précisées pour tel type...
selon les types de paramètres. Donc, c'est vraiment de venir détailler,
finalement, là, toutes les règles qui s'appliquent et rendre ça plus clair puis
plus prévisible pour les laboratoires, là.
Puis je finirais en
disant actuellement, aussi, quand ils font les certificats d'accréditation,
bien, toutes les conditions qui seraient dans un règlement sont incluses dans
le certificat, donc le certificat devient assez lourd, devient... Donc, ça va,
en même temps, alléger le côté administratif, parce que, dans le fond, il y a
un règlement qui va dire qu'est-ce que ça
prend pour être accrédité. Donc, ça va être plus facile de suivre les certificats
d'accréditation. C'est vraiment...
c'est dans cet esprit-là, là, de clarifier, de prévisibilité puis de venir
mettre... de préciser bien clairement dans un règlement et de ne plus
faire de cas par cas, mais vraiment une gestion uniforme, là.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Puisqu'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 110 est adopté?
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Donc, l'article 110 est adopté. Nous
allons à l'article 116. Et vous aurez un amendement, M. le ministre.
M. Charette :
Effectivement. Merci, Mme la Présidente. Je vais commencer par l'article
original. 116. Les articles 123.4 et 123.5 de cette loi sont remplacés par
les suivants :
«123.4.
Toute personne qui exerce une activité visée à l'article 22 sans détenir
une autorisation puisque celle-ci n'était
pas requise lorsque cette activité a débuté doit, pour la suite de son
activité, fournir au ministre, dans les conditions, selon les modalités
et dans le délai qu'il détermine, tout renseignement et tout document
permettant de vérifier la conformité de cette activité avec les règles qui lui
sont applicables.
«123.5. Toute
personne qui utilise un appareil ou un équipement pour réduire le rejet de
contaminants dans l'environnement doit le maintenir en bon état de
fonctionnement et l'utiliser de manière optimale.»
Et le commentaire
pour 123. 4. Cette modification en est une de concordance avec la nouvelle loi
proposée par l'article 1 du projet de loi. Le contenu de
l'article 123.4 se retrouve maintenant à l'article 90 de la nouvelle
loi. Le nouvel
article 123.4 prévoit une nouvelle obligation à l'effet
qu'une personne qui exerce une activité sans qu'une autorisation soit requise
doit fournir au ministre tout renseignement ou document permettant de vérifier
de la conformité de cette activité.
Et le commentaire
pour le 123.5. Cette modification en est une de concordance avec la nouvelle
loi proposée par l'article 1 du projet de loi. Le contenu de
l'article 123.5 se retrouve à l'article 89 de la nouvelle loi. Et le
nouvel
article 123.5 reprend
l'obligation prévue au premier alinéa de l'article 9 du REAFIE concernant
l'état de fonctionnement et d'utilisation d'appareils ou d'équipements.
Une modification à l'article 9 du REAFIE sera donc proposée par
l'article 149 du projet de loi.
l'amendement se lirait ainsi : Supprimer, dans l'article 123.4
proposé par l'article 116 du projet de loi, «, pour la suite de son
activité,».
le commentaire. Cet amendement vise à clarifier que la transmission des
renseignements et des documents demandés par
le ministre n'a pas de lien avec la poursuite ou non de l'activité. Le défaut
de transmettre les renseignements et les
documents sera requis... requis... sera plutôt sanctionné selon la règle
générale prévue pour la transmission de renseignements et de documents,
notamment l'imposition d'une SAP en vertu de l'article 115.23 de la Loi
sur la qualité de l'environnement.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Verdun, vous êtes sur l'amendement?
Melançon : Oui, s'il vous plaît, Mme la Présidente. Donc, lorsqu'on
enlève «pour la suite de son activité», est-ce dire à ce moment-ci qu'ils ne peuvent
pas poursuivre l'activité, tout simplement? Est-ce que c'est pour ça qu'on
retire ce petit bout-là? Parce que «toute personne qui exerce une activité
visée par l'article 22 sans détenir une autorisation puisque celle-ci
n'était pas requise lorsque cette activité a débuté doit», là, on enlève pour
«fournir au ministre, dans les conditions, les modalités». Donc, est-ce qu'ils
peuvent tout de même poursuivre leur activité?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...Mme la juriste.
Mme Grignon (Karine) : Oui, c'est ça. C'est pour
ça qu'on l'enlève. En fait, c'était un peu trop contraignant, en fait,
d'arrêter la poursuite de l'activité. Il y a des sanctions qui sont prévues
pour ça, notamment 115.23, là, au niveau des SAP, là. Donc, oui, effectivement,
c'est pour ça qu'on l'enlève, là, on ne veut pas nécessairement stopper
l'activité.
Melançon : Donc, on mettait trop... on avait trop de dents, là, ce
moment-ci, donc on allait un petit peu trop loin. C'est ce que je comprends. Donc,
c'est pour ça qu'on le retire. Et on le retire, c'est vraiment dans l'esprit de ce que nous avions vu précédemment. Donc, pour
moi, ça, ça convient pour l'amendement. Là, je ne sais pas si les autres
collègues ont des questions sur l'amendement, mais ça me convient pour le
moment.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est ce qu'il y a d'autres interventions?
Puisqu'il n'y a pas d'autre intervention... excusez-moi, est-ce que
l'amendement à l'article 116 est adopté? Bon, l'amendement à
l'article 116 est adopté. Est-ce qu'il y a des interventions relativement
à l'article 116 tel qu'amendé? Alors, je comprends qu'il n'y a pas
d'intervention à l'article 116 tel qu'amendé? Donc, est-ce qu'il est
adopté?
L'article 116, tel qu'amendé, est adopté.
L'article 120, s'il
vous plaît, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 84.6 de cette loi est
remplacé par le suivant :
«84.6. Lorsque le
ministre du Revenu affecte, après la délivrance du certificat de recouvrement
et conformément à l'article 31 de la
Loi sur l'administration fiscale, un
remboursement dû à une somme par suite de l'application d'une loi fiscale au
paiement d'une somme due par cette personne en vertu de la présente loi, cette
affectation interrompt la prescription prévue au Code civil quant au
recouvrement de ce montant.»
Le commentaire. Cette
modification consiste tout simplement à reformuler l'article 86... 84.6,
pardon, à des fins de concordance avec l'article 68 de la nouvelle loi
proposée par l'article 1 du projet de loi. Aucun changement n'est apporté
quant à son contenu.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est
ce qu'il y a des interventions? Puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce
que l'article 120 est adopté? Donc, l'article 120 est adopté.
Maintenant, l'article 143, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. 143.
Les Modalités de signature de certains documents du ministère du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs sont modifiées par l'insertion, après l'article 1, du suivant :
«1.1. En sus des
personnes visées à l'article 1 et aux mêmes conditions, un membre du
personnel du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs ou un titulaire d'emploi de ce ministère à qui un pouvoir a été délégué
en vertu de l'article 9.1 de la
Loi sur le ministère du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs peut signer tout document relatif à
l'exercice du pouvoir ainsi délégué lorsqu'un tel document vise à engager le
ministre ou à lui être attribué.»
Et le commentaire.
Cet
article apporte des ajustements aux modalités de signature afin de faire
l'arrimage entre le futur acte de délégation qui sera utilisé pour la mise en
oeuvre de l'article 9.1 de la
Loi sur les ministères et les modalités de
signature de documents actuelles. Ainsi, les personnes désignées dans le futur
acte de délégation pour exercer un pouvoir
du ministre auront aussi le pouvoir de signer tout document relatif à
l'exercice de ce pouvoir.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Verdun.
Melançon : Je m'excuse, c'est juste une question de directive, si vous
me permettez à ce moment-ci, Mme la Présidente. Il y a l'article 116, que
moi, j'avais à l'intérieur de mon cahier, par-dessus lequel on a...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : 116?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, on a adopté un
article 116 amendé.
Melançon : Tel qu'amendé. Parfait. Merci beaucoup. Vous voyez, hein?
Je voulais juste être sûre que je n'avais rien loupé. Donc, je vous remercie.
Et, pour ce qui est de 143, je n'ai pas de questions, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Je veux juste bien
comprendre.
L'article 143 dit : «Les Modalités de signature de
certains documents du...» On parle des modalités de signature avec un m
majuscule, comme si c'était un règlement ou un document. Je veux juste comprendre c'est quoi, ça, les modalités de
signature de certains documents du ministère. C'est un document
administratif?
Mme Grignon
(Karine) : Les modalités de signature, en fait, c'est un règlement du
gouvernement, donc, qui... À peu près tous les ministères au gouvernement ont
ce genre de règlement là, là, donc, comme je l'expliquais. Donc, ça vise à
permettre à certains fonctionnaires de signer des documents, mais pas
nécessairement d'exercer le pouvoir décisionnel derrière le document. Donc...
Gaudreault : C'est vraiment une délégation.
Mme Grignon
(Karine) : Délégation de signature, donc, exactement.
Gaudreault : Donc là, on vient, par la loi, modifier le règlement qui
s'appelle «Modalités de signature».
Mme Grignon
(Karine) : Exactement. Exactement.
Gaudreault : Puis on vient faire quoi au juste, là? On vient
ajouter du monde, là, qui peuvent signer? C'est ça?
Grignon (Karine) : Oui, exactement. Le nouvel acte, là, dont on a
parlé, on a adopté, là, à 9.1 de la
loi sur le ministère, va déléguer le
pouvoir. Donc, à partir là où je peux exercer le pouvoir, c'est implicite que
je peux signer le document. Par contre, quand je peux signer le document, ce
n'est pas implicite que je peux exercer le pouvoir. Mais, quand la personne,
elle va être désignée dans le nouvel acte, on vient préciser, dans les
modalités de signature, qu'elle peut, à toutes les fois, signer le document.
Gaudreault :
O.K.,
O.K., O.K.. Puis ce qu'on avait déjà, l'article 1, ce n'était pas
suffisant, là.
Mme Grignon (Karine) : Non, ça, c'est un
article
général, là, qui vient préciser quelles personnes, là, peuvent signer,
là, le contexte général, là, des modalités de signature.
Gaudreault : O.K. Ça va aller, Mme la Présidente?
Melançon : Est-ce qu'il y a d'autres interventions relativement à
l'article 143? Puisqu'il n'y a pas d'autre intervention,
l'article 143 est-il adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'article 143 est adopté. Nous allons
maintenant l'article 153.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 354 de ce règlement est modifié
par le remplacement des paragraphes 2° et 3° par le suivant :
«2° ne maintient pas
un aménagement, une infrastructure, un ouvrage ou toute installation visée par
le présent règlement en bon état ou ne
l'utilise pas de manière optimale en fonction de l'usage pour lequel il a été
conçu.»
Et le commentaire.
Cette modification en est une de concordance. Elle a pour effet de reformuler
les paragraphes 2° et 3° actuels en un nouveau paragraphe 2° pour
tenir compte du changement apporté à l'article 9 du REAFIE et du nouvel
article 123.5 de la LQE.
Mme Melançon :
Est ce qu'il y a des
interventions? Puisqu'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 153 est adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, l'article 153 est adopté. M. le ministre,
article 154, s'il vous plaît.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
Chapitre III. Dispositions transitoires et
finales
154. Tout pouvoir
susceptible d'être délégué, en application de l'article 9.1 de la
Loi sur
le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs édicté
par l'article 29 de la présente loi, exercé avant le (indiquez ici la date de l'entrée en vigueur de la
présente loi) par le sous-ministre, un membre du personnel ou titulaire
d'emploi de ce ministère est présumé valide.
Seul le ministre peut
toutefois repousser cette présomption s'il démontre qu'un membre du personnel
ou un titulaire d'emploi de son ministère n'était pas autorisé à agir en son
nom.
Commentaire. Cet
article précise qu'un pouvoir du ministre exercé par une autre personne que le
ministre avant la date d'entrée en vigueur du projet de loi est présumé valide,
à moins d'une démonstration du ministre que cette personne n'était pas
autorisée à agir en son nom.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Oui, merci. Je comprends qu'à ce moment-ci on vient ajouter ceci
justement pour répondre au tribunal puis s'assurer que les délégations
qui ont déjà été faites, parce que c'était chose courante, on l'exerçait déjà,
là, puissent être reconnues devant la cour.
Mme Grignon (Karine) : Oui, exactement. Donc, on
fonctionnait actuellement avec le principe de délégation implicite, donc
on n'a pas nécessairement de documents en tant que tels, mais les
fonctionnaires peuvent prendre des décisions
au nom du ministre. Donc, pour sécuriser tout ça devant la cour, là, à
l'avenir, on vient prévoir un article, là, qui vient valider les
décisions que ces fonctionnaires-là ont pu prendre.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions relativement à
l'article 154? Puisqu'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 154 est adopté?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, nous allons prendre une pause, une pause santé pour
aussi, avec le secrétaire... puis qu'on puisse discuter de la prochaine étape.
Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 30)
La Présidente (Mme St-Pierre) : Alors,
nous reprenons nos travaux. M. le ministre va introduire un amendement, mais je
dois faire une correction de forme à cet amendement. Donc, l'amendement doit se
lire «86.0.1 à 86.0.7». Et la deuxième
correction de forme, après 86.0.5, on va avoir... 86.0.6, pardon, on aurait
86.0.7 au lieu de 86.0.8. Maintenant, j'ai besoin de deux consentements,
un premier consentement pour que le ministre puisse introduire des articles au projet de loi. Est-ce que j'ai le
consentement? Et mon deuxième consentem