CAT — 12 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-02-12
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(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)
Le mardi 12 février 2013 - Vol. 43 N° 12
Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, volet Régions et Ruralité
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Table des matières
Régions et ruralité 1
Remarques
préliminaires 1
M. Gaétan Lelièvre 1
Mme Dominique Vien 3
M. Sébastien Schneeberger 4
Discussion
générale 4
Documents déposés 47
Adoption des
crédits 55
Documents
déposés 55
Autres intervenants
Mme Noëlla Champagne, présidente
M. Denis Trottier
M. Luc Trudel
M. Daniel Breton
M. Sylvain Gaudreault
M. Daniel Ratthé
Note de l'éditeur :
La commission a aussi siégé en matinée pour l'étude des
crédits du ministère du Conseil exécutif. Le
compte rendu en est publié dans un fascicule distinct.
Journal des débats
(Quinze heures cinquante et une minutes)
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
Alors, bonjour à tous. On regrette le retard,
mais on est tous dans le même bateau. Alors, nous allons reprendre nos travaux.
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Régions et ruralité
des crédits budgétaires du portefeuille Affaires municipales, Régions et
Occupation du territoire pour l'exercice financier 2013‑2014.
Alors,
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente.
Mme Gadoury-Hamelin (Masson) est remplacée par M. Trottier (Roberval); M. Villeneuve (Berthier) est remplacé
par M. Trudel (Saint-Maurice); Mme Boulet (Laviolette) est remplacée par Mme Vien (Bellechasse); et M. Spénard
(Beauce-Nord) est remplacé par M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs).
Régions
et ruralité
La Présidente (Mme Champagne) : Merci. Alors, nous allons débuter par
les remarques préliminaires. Et nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs de 20 minutes, incluant les questions et les réponses, bien
sûr. La mise aux voix des crédits sera
effectuée à la fin du temps qui est alloué à l'étude des crédits sur ce... sur
ce volet. Ça va bien.
Puisque nous avons débuté nos travaux à
15 h 50 et qu'une période de deux heures... pas deux heures — trois heures, à l'étude des crédits — trois heures doit être consacrée à l'étude
de ce programme, y a-t-il consentement pour
poursuivre les travaux au-delà de l'heure prévue, soit 18 h 50? Vous
êtes d'accord… on peut aller, trois heures?
voix : Quand est-ce qu'on va souper?
Présidente (Mme Champagne) : Manger n'étant
pas une priorité, alors nous allons…
voix : Ha, ha, ha!
Remarques
préliminaires
La Présidente (Mme Champagne) : …nous allons nous en passer. Voilà.
Alors, écoutez, je vais donc permettre au ministre et à la porte-parole de l'opposition
officielle ou au porte-parole du deuxième groupe d'opposition de faire
des remarques préliminaires. Alors, nous allons débuter avec les remarques
préliminaires. M. le ministre, allez-y. Vous avez droit à 10 minutes.
Gaétan Lelièvre
Lelièvre : Merci, Mme la Présidente.
En premier lieu, j'aimerais saluer les membres de la commission parlementaire,
donc, premièrement, vous saluer, Mme la Présidente, et ainsi que les autres
participants du côté des deux groupes d'opposition.
J'aimerais également présenter les gens qui
nous accompagnent au niveau du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation
du territoire : à ma gauche, M. Romain Gagné, qui est le chef de cabinet;
à ma droite, M. Sylvain Boucher, qui est sous-ministre; Mme Linda Morin,
sous-ministre adjointe; M. Marc-Urbain Proulx, sous-ministre adjoint également; directeur du développement rural,
régional et de l'économie sociale, M. Yannick Routhier, qui est à l'arrière;
le directeur général des services à la gestion, M. Raymond Sarrazin; directrice
des ressources humaines et matérielles, Mme
Sylvie Plante; et leurs collaborateurs, dont notamment Mme Marie-Josée Ouellet,
Mme Danielle Leduc, M. Daniel Roberge,
Mme Mireille Pruneau, M. Martin Garneau, M. Philippe Parent, Mme Dany Hamel et
Mme Doris Brochu. Donc, c'est les gens qui nous accompagnent et qui font
partie de notre ministère.
Mme la Présidente, collègues de la
commission, mesdames, messieurs, d'entrée de jeu, qu'il me soit permis de préciser les
responsabilités ministérielles qui m'ont été confiées. Je suis membre et
vice-président du Comité ministériel de la région Gaspésie—Les Îles,
comité présidé par la première ministre, Mme Pauline Marois. En plus d'être
ministre délégué aux Régions, ces dernières
fonctions appellent une nuance puisque mon rôle de ministre délégué aux
Régions consiste à encadrer les dossiers
relatifs à la ruralité et tout spécialement celui du renouvellement de la
Politique nationale de la ruralité
2007‑2014, qui doit être remplacée ou retravaillée pour un dépôt au Conseil des
ministres et au gouvernement, là, dès l'automne prochain. La séance que
nous entreprenons sera donc consacrée au volet de la ruralité du ministère des
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire et aux
actions qui visent le développement de la région de la Gaspésie et des
Îles-de-la-Madeleine.
Du côté de la
Politique nationale de la ruralité, le renouvellement de la Politique nationale
de la ruralité est un sujet qui concerne les collectivités dans toutes les
régions du Québec et qui mobilise le ministère. Cette entreprise me tient particulièrement
à coeur puisqu'à
titre de ministre délégué aux Régions j'ai le mandat de le
mener à bon terme. Pour vous mettre
en contexte, Mme la Présidente, je rappelle que c'est un gouvernement du Parti
québécois qui a adopté la première
Politique nationale de la ruralité en 2001, afin d'appuyer concrètement la
prise en charge de leur développement par
les communautés rurales. Depuis, plus de 10 000 projets régionaux de
développement ont vu le jour. Une deuxième génération de cette politique
a été rendue publique en 2006 et celle-ci arrivera à échéance en mars 2014.
Avec le temps, la
Politique nationale de la ruralité s'est imposée comme une référence mondiale.
En 2009 notamment, l'OCDE a d'ailleurs
reconnu la justesse de son approche locale, décentralisée et multisectorielle.
Des mesures telles que le Pacte rural,
le soutien aux produits de spécialité et l'aide aux laboratoires ruraux, le
financement des agents ruraux et des groupes de travail ont permis de
participer concrètement à la vitalité des milieux ruraux. En termes de retombées positives, à elle seule, la mesure du
Pacte rural a généré quelque 7 500 projets locaux et régionaux. Avec
une contribution de 128 millions de
dollars, le ministère a permis des investissements de 915 millions qui
sont à l'origine de près d'une
dizaine de mille emplois. À la suite des consultations en cours avec le Comité
des partenaires de la ruralité, je devrais déposer un projet de
politique d'ici la fin de l'automne 2013.
Nous souhaitons aussi
renouveler et bonifier les pactes ruraux en portant une attention particulière
aux municipalités dévitalisées. Pour l'avenir,
la pérennité, la diversification et la relance des communautés rurales, je
persiste à croire qu'il faut miser sur les ressources humaines, naturelles et
culturelles de nos territoires.
Un autre volet dont j'ai
la responsabilité est le volet du programme Communautés rurales branchées. Mme
la Présidente, notre gouvernement s'est
aussi engagé à étendre Internet à haute vitesse à toutes les régions du Québec,
car il s'agit d'un outil de développement
régional indispensable. Le programme Communautés rurales branchées vise à
rendre accessibles à tous les ménages, les organismes et les entreprises des
territoires ruraux du Québec les services Internet à haute vitesse de qualité, et ce, à des coûts concurrentiels. Sur les 24 millions
de dollars alloués au programme, près de 21 millions ont déjà été
investis dans une soixantaine de projets, ce qui a généré plus de
55 millions de dollars en investissements.
Grâce à ce programme, environ 68 000 ménages dans près de 400 municipalités
ont dorénavant accès à ce service. Au
cours des prochains mois, le ministère souhaite mener des travaux en vue d'actualiser
ce programme, qui vient à échéance en mars 2014. Je souligne enfin que l'expérience
de Communautés rurales branchées constitue un jalon important dans la Stratégie
de l'économie numérique du Québec.
Pour ce qui est du
dossier du plan de développement… ou de la stratégie de développement de la
région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, j'aimerais
maintenant donner quelques exemples de l'engagement de notre
gouvernement envers ce dossier. À
titre de
ministre responsable et de vice-président du Comité ministériel de la région
Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, je suis aussi fier de mentionner qu'une
enveloppe de 6 millions de dollars sera affectée à mon ministère afin de soutenir le développement de la
région dans différents exercices, tant au niveau de la consolidation, de
la diversification que du développement de la région.
Un nouveau programme
viendra remplacer le Fonds d'intervention stratégique régional et le fonds d'aide
aux territoires en difficulté afin de mieux
répondre aux particularités de la région. La région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
est aux prises avec différents enjeux, différentes problématiques, pour n'en
mentionner que quelques-unes, et c'est sur la base de ces enjeux-là que notre
gouvernement a décidé d'intervenir de façon particulière, notamment au niveau
des transports. Beaucoup de défis à relever
au niveau du transport : maintien du chemin de fer, qui est menacé; le
service aérien à un coût exorbitant, pour ne pas dire inaccessible.
Main-d'œuvre. Une
pénurie de main-d'oeuvre. Qui aurait dit que la Gaspésie, un jour, aurait une
pénurie de main-d'oeuvre, autant non
spécialisée que spécialisée? On sait qu'on a 600 000 Gaspésiens et
Gaspésiennes d'origine à l'extérieur de la région, mais malheureusement
on en perd beaucoup.
ressources naturelles sont aussi un défi très important. On entend beaucoup
parler du pétrole, des mines. Donc, notre région vit une deuxième course au
développement au niveau des ressources naturelles, mais beaucoup de défis
à relever, dans un contexte où les réglementations, les lois doivent être
révisées.
région avec beaucoup de potentiel au niveau touristique, hein? Une reconnaissance
de National Geographic . Donc, la région a été
reconnue parmi les 20 plus belles destinations au monde et parmi les 10 plus
belles destinations en Amérique du…
en Amérique du
Nord. Je m'excuse. Donc,
beaucoup de potentiel, mais un besoin d'un support particulier pour mettre en place ce qu'on appelle les
conditions de base au développement, notamment au niveau transport, santé,
éducation.
Et aussi, bon, une
crise économique qui est accentuée beaucoup, dans les dernières semaines, par
notamment la réforme de l'assurance-emploi, qui affecte directement la
saisonnalité. Donc, les travailleurs saisonniers sont très durement touchés par
cette réforme du gouvernement fédéral.
• (16 heures) •
Par ailleurs, au mois de
janvier, j'ai participé, avec mes collègues le député de Bonaventure, Sylvain
Roy, et la députée des Îles-de-la-Madeleine,
Mme Richard, à une tournée régionale afin de faire avancer les démarches pour
doter notre région d'une stratégie
gouvernementale. Nous avons rencontré les six MRC, au-delà de tout près de 400
personnes ont été contactées, rencontrées, municipalités, MRC, organismes
communautaires, les nations autochtones, et il y a une très belle ouverture de
collaboration à l'égard de notre démarche.
Cette tournée faisait
suite à l'engagement de la première ministre à mettre en place et à présider un
comité ministériel dont le mandat principal serait d'assurer la coordination
puis la cohérence des politiques et des actions gouvernementales, d'alimenter et d'éclairer le Conseil des ministres, en
plus de faciliter la mise en oeuvre des actions qui seront prévues dans
cette future stratégie. Outre Mme Marois et moi, ce comité regroupe quatre
autres ministères, soit le MAPAQ, le
ministère du Développement économique, le ministère du Tourisme et le ministère
des Ressources naturelles.
Le comité s'est donné un échéancier très court afin de se
mettre en mode action rapidement, comme le
réclament les intervenants socioéconomiques
du milieu. C'est dans cette optique qu'il envisage un lancement de la stratégie
dès le mois d'avril prochain. Je
crois sincèrement que la mise en oeuvre de la stratégie va contribuer à
apporter un souffle nouveau au développement et à la diversification
économiques de la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine.
Mme la Présidente, c'est
sur ces propos que je termine ce tour d'horizon
sommaire des initiatives en
cours et à venir. Et je suis à votre disposition pour répondre aux questions en
matière de ruralité et qui touchent la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine.
Merci.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, M. le ministre,
pour votre discipline. Vous êtes même arrivé à l'intérieur des temps, alors le temps qu'il reste va être remis du côté
ministériel. Alors, j'invite donc maintenant la porte-parole de l'opposition
officielle et députée de Bellechasse à faire ses remarques préliminaires, pour
un maximum également de 10 minutes.
Mme Dominique Vien
Vien : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Puis je suis contente de vous retrouver là, vous,
à la présidence de cette commission, compte
tenu du sujet que nous abordons cet après-midi et compte tenu aussi du sujet
que nous aborderons également ce soir, parce
que vous êtes une fille des régions. Et, quand on parle des enjeux, des
problématiques, des défis qui sont à la porte des régions, bien vous comprenez
ce langage-là et vous savez de quoi il en retourne.
mon tour de saluer M. le ministre et les personnes qui l'accompagnent, M. Mme
les sous-ministres, M. le chef de cabinet et tous ceux et celles, ces vaillants
serviteurs de l'État qui sont toujours là à donner les réponses et les renseignements
également que l'opposition officielle et les oppositions, finalement, demandent
dans le cadre de cet exercice de grande transparence qu'est l'exercice des
crédits.
mon tour de vous présenter les gens qui m'accompagnent, Russell O'Farrell,
également M. François Caouette et, de la
recherche, Florent Tanlet et Mme Denise Gagné, qui sont avec moi cet après-midi
pour cette étude des crédits portant sur les régions.
Je suis contente d'y
participer, je suis contente d'être là parce que j'ai un intérêt d'abord comme
députée de Bellechasse. Tout le monde l'aura
compris que, depuis plus de 20 ans, j'habite cette région-là, j'y ai étudié, j'y
ai pratiqué le journalisme pendant très longtemps, de nombreuses années.
J'ai quitté la ville un jour pour venir travailler en région, participer à un projet de développement qui était
la mise en place d'une radio communautaire qui devenait un outil de développement,
un levier important, là où j'ai commencé ma carrière de journaliste et, par la
suite, bien entendu, j'ai poursuivi sur
cette lancée en travaillant avec Jacques Proulx, à Solidarité rurale du Québec.
C'est vous dire tout l'intérêt que j'ai,
tout l'intérêt que j'ai pour la question de la ruralité. Et, aujourd'hui, de
pouvoir participer justement à ces crédits, c'est une chance pour moi de
porter la voix des ruraux et aussi, en même temps, je dois le dire, M. le
ministre, de porter l'inquiétude des ruraux.
Je pense que nous
allons passer un bon moment ensemble parce que je pense vous savoir de bonne
foi, et vous travaillez dans l'intérêt des
ruraux, j'en ai absolument... j'en suis profondément convaincue. Force est de
constater, par ailleurs, que certains
enlignements actuellement pris par le gouvernement du Québec nous questionnent
profondément, sur l'enlignement que vous voulez donner au développement des
régions du Québec. Vous représentez, vous-même, une région, qui est la Gaspésie, vous savez les défis qui sont les leurs et
qui représentent aussi, d'une certaine façon, les défis qui sont ceux
des ruraux.
Gentilly-2,
c'est 800 familles inquiétées aujourd'hui. La Mine Jeffrey, c'est aussi des
familles qui sont inquiétées aujourd'hui. Murdochville, c'est aussi des
familles qui sont inquiétées aujourd'hui. Je le sais, j'ai parlé à la mairesse,
j'ai parlé à des gens qui habitent Murdochville, j'ai parlé à des gens qui
travaillent dans le développement économique de Murdochville. Évidemment, il y
a de l'inquiétude, là aussi. On ne peut pas passer sous silence cette décision…
comment je... je n'arrive pas à la
qualifier, cette décision de procéder à l'arrêt des projets des minicentrales.
Six projets importants, dans lesquels
projets les communautés avait investi temps, argent, motivation, et qui aujourd'hui
se retrouvent Gros-Jean comme devant, avec rien.
Comment
allons-nous faire aujourd'hui pour dire à ces gens-là : Vous devez vous
remobiliser, vous devez vous trouver d'autres
projets? On nomme le ministre des Affaires municipales à la tête d'un comité
puis on lui dit : Tu vas trouver des solutions, des alternatives pour ces
gens-là. Il n'y a personne, à matin, qui croit à ça. Il n'y a personne, à matin, qui trouve ça crédible. Il n'y a surtout personne, à matin, dans ces six
municipalités-là, dans ces six régions-là, qui
vont avoir envie de se lever pour continuer.
On leur a coupé l'herbe sous le pied. On vient de leur dire : Les
décisions que vous avez prises, qui étaient
les vôtres… en fonction d'ailleurs d'un enlignement que, nous-mêmes, le
gouvernement du Québec, on leur avait
donné, leur dire : Développez-vous, développez des projets, on va vous
supporter. Ce n'est pas ça du tout qui arrive aujourd'hui.
loi sur la décentralisation qui tarde à venir. Honnêtement, nous l'attendions à
l'autre session, elle n'est pas arrivée. Et un comité interministériel, dont vous
parliez, M. le ministre, il y a quelques instants, qui, à notre avis,
manque un peu d'élan. Vous saurez nous
convaincre du contraire peut-être, mais, très honnêtement, j'ai des citations
où la première ministre disait en campagne électorale que, dès le
lendemain de l'élection, le 5 septembre au matin, on allait être au travail : Je vais présider ce comité-là; à
mes côtés, l'actuel ministre responsable de la Ruralité et d'autres collègues.
Au mois de novembre, à la fin de novembre,
il n'y a pas un travail qui était abordé, pas un travail qui était amorcé.
Alors, un petit peu dans le néant, on
regarde ce qui se fait pour les régions depuis le mois de septembre puis,
honnêtement, là, on se questionne. On se questionne. Puis je pense qu'on
est en droit de se questionner.
Alors, je n'ai pas l'intention
d'être dans un esprit belliqueux, pas du tout. Je vais vouloir avoir des réponses
à mes questions,
par ailleurs. Je m'attends à une transparence complète. J'ai confiance
également aux gens qui vous accompagnent, je suis certaine que vous
saurez nous donner les informations dont on a besoin pour se faire une tête, justement. Mais, Mme la Présidente, honnêtement,
je trouve que le gouvernement actuellement est bien mal enligné en ce qui a trait à la défense des intérêts des régions
et des intérêts des ruraux. Alors, on aura, bien évidemment, un certain
nombre de sujets qu'on voudra aborder avec le ministre.
Il a abordé les questions du comité; bien
entendu, j'ai des questions là-dessus. La Politique nationale de la ruralité, on ne pourra pas, bien sûr, passer au côté. Oui,
l'Internet haute vitesse, je pense aussi que c'est un sujet qui devra être abordé aujourd'hui, mais j'en ai d'autres,
également. Et, comme la ruralité, vous l'aurez compris, comme la
ruralité est un sujet qui est transversal, je m'attends, bien entendu, à ce que
le ministre puisse répondre à d'autres questions qui débordent ce champ d'action
qu'il a mentionné tout à l'heure, c'est-à-dire les trois sujets en particulier.
Merci.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci, Mme la députée. Donc, comme
vous n'avez pas pris tout votre temps, le
temps qu'il reste va vous être remis au niveau des périodes de questions,
réparti correctement par les personnes qui nous accompagnent. Alors, nous
allons donc céder la parole au député de Drummond—Bois-Francs... J'aime mieux dire «Drummond—Bois-Francs» que votre nom parce que j'ai de la difficulté à le prononcer. Et vous êtes, bien sûr,
porte-parole du deuxième groupe d'opposition. Alors, je vous invite à faire vos
remarques préliminaires, pour une durée de cinq minutes.
M. Sébastien Schneeberger
Schneeberger : Schneeberger, mon nom.
Présidente (Mme Champagne) :
Schneeberger. Je vais me pratiquer.
(16 h 10) •
M. Schneeberger : Oui. Merci, Mme la Présidente. M. le
ministre et les collègues qui l'entourent, chers
collègues de l'Assemblée, il me fait plaisir
d'être ici, aujourd'hui, pour justement discuter de ce… qui aura lieu aussi au
niveau du projet de loi que vous avez mentionné tantôt.
Moi, qui viens du milieu agricole, qui ai
grandi sur une ferme laitière, je connais en
partie les problématiques au niveau des régions.
Aujourd'hui, j'habite une ville, qui est Drummondville, et puis mon comté,
moi-même, ici, que je représente est
très disparate au niveau de la réalité. Alors, juste pour vous faire... Des
fois, ça fait sourire les gens. Juste pour
vous faire un lien, je représente des villages qui ont moins de 300 habitants,
et, à Drummondville, j'ai des foyers de personnes âgées qui ont plus de
300 habitants. Alors, c'est totalement une autre... une proportion vraiment...
une réalité très différente.
Je remarque aussi, en faisant la tournée des
villages, qu'il y a une problématique parfois au niveau des couvertures de risques — c'est sûr qu'à ce moment-là ce n'est
pas vos liens — couvertures au niveau du risque, au
niveau des pompiers, et tout, et surtout le pouvoir
qu'ont les villes centres face aux petites municipalités proche… C'est-à-dire,
si, moi, je regarde maintenant, aujourd'hui,
Drummondville, qui a un pouvoir d'attraction énorme pour les industries, et les
villages entourant Drummondville, qui en profitent
de par justement les populations qui y résident, mais, par contre, les
villages qui sont au-delà, eux, il y a un vide au niveau de ce pouvoir d'attraction
de pouvoir justement implanter de nouvelles industries
et implanter, dans le fond, des emplois de qualité. Alors, c'est une approche
qui… je pense qu'il faudrait se pencher là-dessus au cours des prochains
mois pour remédier à ces lacunes, qui sont, disons, des fois un peu dures pour
certains élus municipaux que j'ai rencontrés. Alors, je n'irai pas plus loin
que ça. Je me garde du temps pour les questions. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci beaucoup, M. le député. Donc,
on va comptabiliser le temps, là, pour le temps qui vous est imparti : deux
périodes, je crois, une période de 14 minutes, qui va ressembler plus à
16 minutes. Donc, vous aurez droit à un 16 minutes à l'occasion de
votre bloc de discussion.
Discussion générale
Alors, je vais passer la parole à l'opposition
officielle. Alors, Mme la députée porte-parole, vous avez 21 minutes qui vous est alloué pour ce premier bloc là.
Vien : 21 minutes?
Présidente (Mme Champagne) :
21 minutes.
Vien : J'étais meilleure en français
qu'en calcul. M. le ministre... Est-ce qu'on peut... Moi, je n'ai pas tellement
l'habitude de ça, j'étais de l'autre côté, avant. Est-ce qu'on peut s'appeler «M. le
ministre», «Mme Vien»? Comment ça... Non?
Présidente (Mme Champagne) : Vous
pouvez vous interpeller. Puis, si ça accroche...
Mme Vien : O.K. Je ne suis pas obligée de passer par vous, là.
Présidente (Mme Champagne) : ...on
devra passer par moi.
Vien : O.K. Ça
marche. M. le ministre, le 2 novembre dernier, si ma mémoire est bonne, nous
étions à la Journée
de la ruralité ensemble. C'était à Duchesnay. Vous aviez, à ce moment-là,
partagé aux gens qui étaient assis à la table avec vous, dont j'étais, que vous pensiez… — je le dis dans mes mots — que vous pensiez peut-être fermer
Murdochville.
Quelque
temps après, Radio-Canada sort la nouvelle, effectivement, que tous les
scénarios sont sur la table, que c'est quelque
chose auquel vous songez. On sait que Murdochville, c'est une situation qui est
préoccupante. Il y a eu deux référendums déjà il y a une dizaine d'années. Les
deux référendums ont été en faveur de fermer la ville. On sait que Murdochville était une ville
mono-industrielle, très axée sur la mine. Et, aujourd'hui, avec ce que vous
avez annoncé, bien entendu, ça crée une onde de choc.
Je vous l'ai dit d'entrée
de jeu, j'ai parlé avec des gens de l'économique à Murdochville, j'ai parlé
avec la mairesse de Murdochville, j'ai parlé
avec des citoyens de cette municipalité-là et je peux vous dire déjà que...
probablement qu'elle vous l'a transmis
également, c'est que la mairesse n'entend pas du tout parler... ne veut pas du
tout entendre parler de fermeture de sa ville. On sent que c'est une
combative. Elle vous a même déposé un projet de développement. Si ce n'est pas
encore fait, ça devrait l'être bientôt. J'espère que vous saurez m'en parler un
peu.
Mais ce que je sais
aujourd'hui, c'est que cette déclaration que vous avez faite a fait paniquer
beaucoup de personnes, a eu l'effet d'une
bombe. Et il y a une citoyenne qui me disait : Je sais même qu'il y a des
gens qui avaient peut-être des projets puis qui ont tout arrêté. Je ne
suis pas en train de vous blâmer, là, je suis en train de vous mettre dans le
contexte.
Moi,
la question que je me pose, très honnêtement… Parce que vous avez parlé
beaucoup en campagne électorale, votre chef a
parlé beaucoup aussi en campagne électorale, vous avez fait toujours vos choux
gras des régions. Et, comme je l'ai dit en
préliminaires, c'est qu'on se rend compte qu'au niveau des régions, là, il y a
des faiblesses, là, très honnêtement, au niveau de l'action
gouvernementale, à mon point de vue à moi.
Alors,
la première question que j'aimerais vous poser concernant Murdochville :
Comment se fait-il qu'on ne vous a pas entendu parler...à moins que j'aie la berlue, mais je suis une femme qui
cherche, qui sait comment faire de la
recherche, j'en ai fait beaucoup dans ma vie, puis que je n'ai pas vu ça, moi,
en campagne électorale, tout ce questionnement que vous aviez autour de
Murdochville.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Effectivement, le dossier de
Murdochville est un dossier qui est très important pour la région Gaspésie—Les
Îles. Murdochville est une ville mono-industrielle, hein, qui a été fermée
pratiquement de toute industrie en 2002, quand Mines Gaspé a décidé d'interrompre
ses activités.
Effectivement,
il y a eu un référendum officiel, il y a eu des... je parlerais d'un référendum
officiel où il y avait une forte majorité de la population, tout près des
deux tiers qui souhaitaient quitter, mais les conditions demandées par
les gens à l'époque, au gouvernement, à notre gouvernement, qui était le
gouvernement du Parti québécois qui était en place à l'époque, étaient jugées peut-être inopportunes compte tenu du court
délai, hein? Notre gouvernement a décidé de donner une chance à Murdochville, une seconde chance. Et
finalement la reprise est extrêmement difficile, malgré des efforts, je pense, de l'ensemble des gouvernements qui se sont
remplacés. Puis, après 10 ans, même un peu plus de 10 ans, la
ville n'a pas réussi à relancer son
économie, hein? Présentement, on est même dans une phase très difficile. Il y a
eu une vague de relance économique avec le créneau éolien qui s'est
construit autour de Murdochville mais dont on a très peu de retombées permanentes à Murdochville. Entre
autres, au niveau des redevances, il n'y a aucunes redevances qui sont
versées à la ville, alors qu'on a deux parcs
éoliens sur le territoire. Murdochville a servi un peu de cobaye,
malheureusement, au niveau de l'éolien au Québec.
Pour ce qui est de la
possibilité ou du scénario possible de la fermeture, effectivement c'est une
discussion qui a eu lieu notamment en
décembre, lorsque je faisais mon bilan des 100 premiers jours. Puis c'est, bon,
la question d'un journaliste à l'effet :
Est-ce que le scénario de la fermeture est un des scénarios envisageables? J'ai
répondu oui. Oui, j'ai répondu
en positive à la question parce que c'est la vérité. Mais ce qu'il est
important de savoir, c'est que ce n'est pas la volonté de notre gouvernement d'imposer une fermeture de Murdochville,
mais moi, comme député, comme un gars des régions, un gars de cette région-là, je suis convaincu que, si la
question se pose, elle va se poser par la population et non pas par le
gouvernement.
Présentement,
Murdochville vit beaucoup de… a beaucoup de défis à relever. C'est une ville qui a 60 ans d'existence. Après 60 ans, on connaît l'état
des infrastructures, hein? Aqueduc, égouts, l'aréna, le centre de ski, l'hôtel
de ville, tout est à refaire. Donc, le
momentum est excellent pour se questionner sur l'avenir de Murdochville. Puis,
pour ce qui est de l'étude qui a été
déposée, c'est plus un rapport sur l'état des infrastructures qui a été
déposé... qui m'a été remis de façon
privilégiée dans la dernière semaine. Et ce rapport-là, qui a été commandé par
la ville, va faire état de l'ensemble des besoins pour remettre à niveau
la ville, pour lui permettre d'avoir un avenir, hein? Donc, la municipalité a
reçu le rapport très, très récemment. J'en
ai reçu une copie, je l'ai examiné et je dois rencontrer la ville au cours des
prochaines semaines pour en discuter avec eux.
Pour revenir sur le scénario de la fermeture,
ça, je tiens à le confirmer ici, puis c'est une position qui a été rendue publique par notre gouvernement, les paroles mêmes
de notre chef, de ma part aussi, on ne forcera pas la fermeture de Murdochville. Ce n'est pas la volonté de notre
gouvernement. Mais de dire que Murdochville ne doit pas envisager le
scénario de la fermeture, ce serait ne pas être transparent, ne pas être
honnête. Je vais essayer, hein, je vais essayer de tout faire pour rester le
plus longtemps possible transparent dans ma carrière politique. Puis, quand la
question m'a été
posée, quitte à déplaire, j'ai répondu la vérité : C'est un scénario
possible, oui, malheureusement. Mais de dire que ce scénario-là ne peut
pas être... ne sera pas évalué, à mon avis, ce serait dire des faussetés. Mais
on espère qu'on n'en arrivera pas là. On va tout faire, mais on a un gros défi
à relever.
Et, le 21 décembre, en revenant de Québec
pour le congé des fêtes, justement, compte tenu de tout l'émoi que ça a causé dans la
communauté, c'est des gens que je connais, que j'ai travaillé avec eux, pour
eux, dans mon ancienne vie d'agent de développement CLD-MRC, oui, j'ai
senti que ça a dérangé. Ça fait que j'ai rencontré les gens. Il y avait au-delà de 150 personnes à l'hôtel de ville, le 21
décembre. Et j'ai pris pratiquement deux heures pour discuter avec les
gens de Murdochville, avec le conseil
municipal, de la situation et expliquer le contexte, que, oui, la nouvelle
avait peut-être frappé dur, mais il
fallait quand même relativer, là, ce n'était pas une volonté affirmée de notre
gouvernement de fermer Murdoch, c'était
uniquement de dire que, oui, c'est un des scénarios qu'on doit évaluer. Puis
peut-être qu'il va venir du milieu.
Parce qu'on a aussi des gens dans le milieu qui se disent : Après
10 ans d'efforts de relance en vain, puis rendus à une étape où on doit investir dans les
infrastructures… Capacité de payer réduite du milieu, un taux de taxes de
5,80 $, c'est dans cette optique-là que le scénario de la fermeture va
peut-être être évalué, mais ce n'est pas un scénario qui sera imposé par notre
gouvernement.
Présidente (Mme Champagne) : Merci,
M. le ministre. Alors, la parole est à vous, Mme la députée de Bellechasse.
(16 h 20) •
Mme Vien : Rapidement — vous êtes comme moi, vous parlez
beaucoup — rapidement, quand vous me dites, à moi : À l'époque,
les conditions demandées étaient inopportunes, les conditions demandées
probablement par les gens qui devaient être relocalisés?
Présidente (Mme Champagne) :M. le ministre.
Lelièvre : Il y a des conditions qui
avaient été demandées autant par les gens d'affaires que par certains
citoyens...
Vien : C'étaient quoi, les
conditions, M. le ministre, à ce moment-là?
Lelièvre : Bien, les conditions, c'étaient
des... on entendait des chiffres assez élevés en termes de coûts de
relocalisation.
Vien : Comme?
Lelièvre : Ah! On parle des… En
dollars, écoutez, en dollars 2002, on parlait d'au-delà de 150 000 $
par résidence pour être relocalisé. Il y a
des commerces qui avançaient aussi certains chiffres, là, relativement élevés.
Et le gouvernement a décidé de tenter
plutôt de diversifier, de relancer l'économie avant d'arriver à évaluer la
possibilité de la fermeture de la ville.
La Présidente (Mme Champagne) : Mme la députée, je veux juste vous
demander de… je dirais, d'avoir un petit temps d'arrêt, parce que, pour ceux qui
enregistrent, ce n'est pas simple s'il y a une intervention comme ça. Donc, on
va s'assurer qu'on repasse par l'intermédiaire de la présidence; ça va être
plus simple, ma chère.
Vien : Avec plaisir…
Présidente (Mme Champagne) : Alors,
Mme la députée, allez-y.
Mme Vien : Avec plaisir. Donc, si je vous
comprends bien, M. le ministre, c'est que, en 2002, quand vous avez pris la décision
de ne pas suivre le vote du référendum, c'était une question financière. Je
veux dire, c'est ça qu'on comprend. Ce que
vous me dites, c'est : Dominique, ça coûtait 150 000 $ minimum
pour déménager un foyer, une maison. Puis là on ne parle pas des
commerces. Alors, vous avez décidé de garder ça ouvert, de ne pas respecter le
vote et de plutôt mettre 6 millions. C'était une économie pour vous.
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
Lelièvre : Écoutez, c'est beaucoup
plus complexe que ça, hein? On peut l'interpréter comme ça, mais je pense que ça serait incomplet, honnêtement, là. Il
y avait une question financière, il y avait une question aussi de
division dans le milieu, la communauté était
largement divisée, et c'était... À l'époque, écoutez, je n'étais pas au
gouvernement à l'époque, mais ce que j'ai vu comme acteur du développement dans
la région, c'était que...
Le gouvernement voulait aussi relancer,
tenter de relancer. Il faut qu'on se reporte… En 2002, on était au début du premier plan
de relance de la Gaspésie et des Îles. On a parlé d'éolien tout à l'heure,
Murdochville était vouée apparemment à
un grand avenir au niveau éolien. On a même implanté des centres de recherche,
qui malheureusement, au fil du temps, ont quitté, ils sont déménagés
dans d'autres communautés, faute de services adéquats. Puis il y avait eu un
fonds de diversification qui a été transféré aussi à la ville par le
gouvernement du Québec. Il y a eu beaucoup de démarchage. Il y a eu des
entreprises qui ont été rencontrées mais finalement peu de retombées
économiques.
Donc, je crois que la
volonté du gouvernement était aussi... Ce n'était pas uniquement une question financière, c'était une
question aussi, compte tenu de l'absence d'un consensus, de donner une chance à
Murdochville peut-être de se donner un deuxième avenir, autre qu'avec la
minière.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Vien : Bien, à sa face même, c'était
évident qu'il y avait un intérêt financier pour le gouvernement du Québec de donner 6 millions plutôt que d'en
donner 150 000 $ fois... Il y avait, à ce moment-là, peut-être
1 400 personnes qui vivaient… Je ne sais pas ça représente combien
de foyers, mais enfin.
M. le ministre, s'il devait y avoir un autre
référendum… Parce que Le Pharillon puis d'autres médias dans votre coin, hein, ils
couvrent ça beaucoup, cette histoire-là. Puis il y a même un papier qui a été
fait… je ne me souviens plus du nom
du journal, là, je l'ai dans mes choses, mais il y a un papier qui a été fait,
un éditorial : Vers un autre référendum. La question
à 1 million, hein, c'est : S'il devait y avoir un autre référendum,
allez-vous respecter le vote final?
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
Lelièvre : Écoutez, je ne me
prononcerai pas là-dessus, aujourd'hui. Vous le savez bien, vous êtes plus expérimentée que moi en politique, hein? Vous devez
vous douter que cette réponse-là, ce n'est pas moi qui peux être autorisé à la donner. Mais la question va être...
Moi, je peux vous dire que, comme député de Gaspé, si on va de l'avant vers un second référendum, à mon avis, le
gouvernement va devoir considérer très, très, très sérieusement le résultat
du référendum. J'espère que le résultat sera
significatif, par exemple. Parce que c'est une décision qui est très
importante de fermer une première ville. Oui, Murdochville est une ville
minière, mais Murdochville n'est quand même pas isolée comme d'autres villes peut-être l'ont été dans le passé et ont fait l'objet
de fermeture. Donc, c'est une question quand même très délicate.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Vien : Il me reste combien de temps,
Mme la Présidente?
Présidente (Mme Champagne) : Un gros
neuf minutes.
Mme Vien : Ah, ah! Ah, mon Dieu, c'est l'abondance!
Est-ce que je vous comprends bien? Là, je vais faire un petit peu de judo,
là. Vous êtes le parti politique qui multiplie les référendums. Je vous demande :
S'il y a un référendum qui s'en
vient, qui se tient, allez-vous respecter, cette fois-ci, le résultat que vous
n'avez pas respecté en 2002? Vous me dites : Ce n'est pas à moi à
répondre à ça, peut-être, probablement.
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
M. Lelièvre : Écoutez, c'est une question qui est
très subjective. Premièrement, là, à quelque part, on n'est pas en face d'un
référendum. On verra. D'abord est-ce qu'il y aura un référendum? Moi, je peux
vous dire que, quand je parle à Mme Délisca Roussy Ritchie, la mairesse,
là, elle ne voit pas de référendum dans sa tasse de thé le matin, là. Donc, on est assez loin, je crois, d'un référendum
actuellement. Puis, comme vous l'avez bien mentionné en introduction
tantôt, Mme la mairesse, pour l'instant, ne
veut pas... n'est pas rendue à l'étape d'envisager la fermeture, donc elle n'est
pas rendue à l'étape non plus d'envisager un référendum. Mais elle est
quand même consciente que le scénario de la fermeture fait
partie des scénarios
possibles, mais ce qu'elle souhaite, c'est de ne jamais y arriver. Donc, la
représentante de la communauté, hein, qui
est la mairesse, c'est le message qu'elle me dit, moi, comme député, aujourd'hui.
Donc, on verra si on arrive à un
référendum. Puis c'est sûr que, comme je vous le dis, si jamais il y a un
référendum, si on se rend là, ce sera le gouvernement qui prendra la
décision et non pas le député et le ministre régional.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Mme Vien : Quels seraient les… peut-être les
critères ou les situations qui feraient en sorte que vous accepteriez de dire :
Oui, on garde Murdochville ouverte, on fonce puis on y va? C'est quoi, les
conditions que vous accepteriez, qui feraient en sorte que Murdochville
resterait ouverte puis qu'elle pourrait procéder?
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
Lelièvre : Une des conditions, ou un
groupe de conditions qui m'apparaît incontournable, c'est de s'assurer qu'on maintienne Murdochville dans un
état… dans une situation d'occupation du territoire digne. Puis ça, c'est
un mot qui est très important pour moi, là.
On se gargarise depuis des années, pour ne pas dire des décennies, à dire
qu'on a des politiques d'occupation du
territoire, qu'on veut aider le développement des régions, mais
malheureusement, souvent, au fil des ans, on se rend compte qu'on enlève
beaucoup d'outils essentiels aux régions puis finalement, dans certaines
communautés, ils sont plus en mode survie qu'en mode diversification ou
développement. Donc, si Murdochville doit demeurer, moi, comme député, une de
mes préoccupations, c'est que Murdochville puisse demeurer mais de façon digne,
c'est-à-dire avec minimalement les services que toute communauté a droit au
Québec.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Mme Vien : Vous avez parlé, tout à l'heure, que la mairesse vous
avait fait parvenir effectivement l'étude. Ce
qu'elle m'a dit aussi, effectivement, là, que c'est une étude qui... D'ailleurs,
Murdochville, vous l'avez dit, qui fête 60 ans en 2013. Hein, il y a comme un timing, là, il y a quelque
chose qui se passe. Effectivement, elle vous a déposé, au ministère, une étude sur l'état des lieux au
niveau des infras, là, qui datent, puis ce qu'elle m'a dit, c'est qu'effectivement
on est de plus en plus restreint pour payer la facture.
y avait des gros montants, qu'elle me disait au téléphone, des gros chiffres. Je
comprends, là, que vous voulez regarder cette
étude-là, là, mais, si vous étiez chouette, vous nous en parleriez un petit
peu, après-midi, de l'étude, ce que vous allez faire avec ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre, la
parole est à vous.
Lelièvre :
Écoutez, à la demande de la municipalité… Puis j'ai d'ailleurs encore parlé au
directeur général ce matin, et on a convenu de fixer une rencontre dans les prochaines
semaines, possiblement pas la semaine prochaine mais dans l'autre, à
Murdochville, pour rencontrer le conseil municipal et en discuter. Vous
comprenez que le document appartient à la
municipalité, puis on m'a demandé de garder le document pour l'instant… je
dirais, de le regarder avec un oeil
très attentif mais de façon très discrète. Puis, écoutez, je pense qu'avec
toute l'expérience des gens qui sont assis autour de la table on peut imaginer qu'est-ce qu'une
ville, après 60 ans, hein, qui a eu pratiquement peu d'investissements
dans la réhabilitation de ses infrastructures,
peut avoir comme besoins. Donc, c'est clair que ce sont des besoins qui se
chiffrent en termes de… hein, de dizaines de millions de dollars.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de
Bellechasse.
• (16 h 30) •
Vien : Je
cherche une information, M. le ministre. Je vous reviendrai dans la continuité
de ce dossier-là de Murdochville. Mais, en marge, en marge de l'avenir de la ville de
Murdochville, il y a aussi, en même temps, l'avenir d'un certain nombre de services à Murdochville. Si
ma mémoire m'est fidèle, il y a eu deux manifestations, au cours des
dernières semaines, concernant les services de santé à Murdochville.
sais que vous avez dit, en campagne électorale, que votre priorité, pour
vous... vous feriez, en tout cas, de la santé votre priorité. On a vu que votre collègue le
ministre au Tourisme a maille à partir avec un dossier chez lui, là, qui
est un dossier de résidence pour personnes âgées. Il semble tourner le dos à la
population, qui, elle, voudrait garder ce service-là dans son territoire. En ce
qui vous concerne...
Vous
savez, quand on imagine peut-être qu'une ville peut fermer, là, il y a un
centre d'appels qui est là, qui avait été mis en place par les libéraux, il y a le CLSC
qui est là, des gens qui y travaillent, ça coûte des sous, c'est des
points de service, etc. On comprend ça.
Mais, quand on sait qu'en filigrane à quelque part, là, la menace peut-être de
la fermeture de la municipalité est
là, à quelque part, là, on est peut-être moins — comment je vous dirais? — volontaires pour garder ce service-là ouvert.
Tout
ça arrive drôlement, hein, l'avenir du CLSC, l'avenir de la ville. Vous vous
positionnez comment par rapport à ce
service-là, qui est le service d'urgence de nuit, alors qu'on sait très bien
que ce sont des grandes distances, là, hein, entre… vous le savez mieux que
moi, entre ces villages-là, entre ces municipalités-là pour avoir des services
d'urgence de santé la nuit, par exemple?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui.
Écoutez. D'abord, je suis obligé d'amener une petite rectification. Le centre d'appels
qui a été mis
en place, qui a créé une soixantaine d'emplois, a été mis en place sous le
régime du Parti québécois par M. Bernard Landry, là, c'est clair, net et
précis. Puis, pour ce qui est du service de santé, c'est une démarche qui est
nationale, hein? Il n'y a pas de... Il faut
quand même faire attention, là. Présentement, le ministère de la Santé a donné
mandat à toutes les agences de toutes les régions du Québec d'évaluer
les temps d'intervention, l'ensemble des services d'urgence, surtout durant la
nuit. Puis c'est une problématique qui est provinciale. Et la Gaspésie en fait
partie.
Donc,
le questionnement sur les urgences de Murdochville, de Paspébiac et de
Grande-Vallée, trois communautés dans ma
région, fait
partie du questionnement national. Mais ce n'est pas un
questionnement qui n'est typique qu'à notre
région. Ce n'est pas un questionnement qui est typique à Murdochville. Donc,
oui, ça peut paraître peut-être être un élément de questionnement supplémentaire, on n'avait peut-être pas
besoin de celui-là, mais il ne faut quand même pas penser que c'est une…
c'est uniquement ces trois CLSC là qui sont touchés. C'est vraiment une mesure
nationale.
La Présidente (Mme
Champagne) : ...véritablement une
minute. Mme la députée de Bellechasse.
Vien : Vous
savez, M. le ministre, tout à l'heure vous disiez : Ça a été un peu un
cobaye, Murdochville, malheureusement, puis, dans le dossier des éoliennes, ils ne reçoivent
pas de redevances. C'est ce que vous avez dit. Moi, en tout cas, je finirais peut-être sur un
commentaire. Vous trouvez ça dommage que la ville ne reçoive pas de
redevances, nous aussi d'ailleurs. Mais,
quand on voit les minicentrales que vous avez annoncées dans... l'arrêt de ces
minicentrales-là, vous comprenez également
que ces municipalités-là, c'est territoires-là n'auront pas de redevances. Ça,
c'est sûr et certain. Ça fait que je présume que vous vous attristez de
ça aussi.
M. Lelièvre : Absolument. Je trouve ça dommage.
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
Lelièvre : Absolument. En termes de
dynamique de développement régional, effectivement, ce n'est pas une bonne
nouvelle pour les communautés qui sont visées par cette décision-là, j'en
conviens.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, nous arrivons pile à notre 21
minutes. Nous sommes d'une discipline
exemplaire. Donc, on va passer la parole maintenant au groupe parlementaire
avec le député de Roberval.
Trottier : Oui, bonjour. Merci, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Champagne) : Pour 20
minutes.
M. Trottier : Merci. Tout d'abord, je dois dire que
je suis content de voir que l'opposition est contente d'être ici, parce que
ce n'est pas toujours le cas. Et je suis content aussi du ton aussi qui est
donné, parce que je pense qu'on est ici pour essayer de trouver des solutions. Parce que, dans le fond, trop
facile d'identifier des coupables puis après ça, bien, d'oublier. Puis c'est sûr aussi que des problèmes, il y en a
eu. Il y en a encore. Il va y en avoir encore. Moi, je me rappelle du
temps où j'ai été dans l'opposition. C'est
qu'on a connu, avec la crise forestière qui a attaqué beaucoup de petites
communautés, beaucoup de communautés
mono-industrielles forestières, 30 000 emplois qu'on a perdus à cette
époque-là, à partir de 2005 à aller jusqu'à aujourd'hui, puis ça a fait
mal à beaucoup d'endroits parce que non seulement quand… Quand l'usine ferme... Quand une usine ferme dans une
petite communauté, c'est que non seulement les gens perdent leur emploi,
mais la valeur de leurs maisons tombe à peu
près à rien aussi. Parce que ça, ce n'est pas le même phénomène qu'à
Québec. Si vous perdez votre emploi à
Québec, si votre maison vaut 250 000 $, le lendemain que vous avez
perdu votre emploi, elle vaut encore
250 000 $. Mais, si vous êtes dans une petite communauté forestière
avec une seule usine puis que votre... vous perdez votre emploi, l'usine ferme, bien, votre maison également ne vaut
plus rien. Ça fait qu'on en a vécu. Puis je souhaite qu'on travaille
ensemble à trouver des solutions.
Puis, quand ma collègue disait : Ce
seraient quoi, les conditions, là, pour prendre des décisions?, bien, c'est sûr que, s'il y avait des consensus à l'Assemblée
nationale, si l'ensemble des députés étaient d'accord pour dire : C'est
ça, la meilleure solution, puis qu'il y
avait moins de partisanerie, peut-être que ça aiderait à prendre des
solutions... ce genre de solutions là ou en tout cas de trouver une voie
de passage intéressante à ce niveau-là.
Je voudrais dire aussi, Mme la Présidente,
que moi, la question de la ruralité me préoccupe, a préoccupé ma famille depuis bien
longtemps. Mon arrière-grand-père a fondé Péribonka sous les ordres, entre
guillemets, du curé Labelle qui pensait que c'était important d'ouvrir
des terres à cette époque-là, entre autres dans les années 1888. Il a toujours
été très préoccupé par cet aspect-là.
Dans ma communauté également... dans mon
comté, il y a plusieurs communautés. J'ai 23 communautés chez nous, un
territoire qui est très vaste. Quand on parle de ruralité, là, on parle d'immenses
territoires. Entre autres, je salue les gens de Lac-Bouchette qui sont
ici, des gens qui sont fiers de leur communauté, qui travaillent à continuer à
développer leur communauté et que je travaille avec eux autres aussi pour que
ça puisse se confirmer.
Puis juste une petite anecdote en passant,
peut-être pas une anecdote, mais peut-être un chiffre. Quand moi, je pars de ma
municipalité, Péribonka, puis je vais jusqu'au Lac-Bouchette, c'est plus de
2 h 15 min en auto, ça fait que c'est la distance
Québec-Montréal à l'intérieur du même comté. Ça fait que, ça, il faut être
conscient, là, que... Tu sais, il y a des
gens qui n'ont vraiment pas conscience de cette réalité-là. Puis, quand on
prend des décisions au Québec, bien, il va falloir qu'à la fois les ruraux connaissent mieux la réalité des urbains
mais également de l'autre côté. C'est comme ça qu'on va réussir à
trouver des solutions.
Je voudrais dire aussi, parce que, pour moi,
c'est important, quand on parle d'immenses paysages, là, j'ai eu une opportunité assez
extraordinaire, cet été, de pouvoir voir toute l'embouchure… à partir de
Saint-Pierre-et-Miquelon jusqu'au Saguenay,
toute l'embouchure du fleuve. J'ai vu les Îles-de-la-Madeleine à partir d'un
bateau à voile et puis également toute
la pointe de la Gaspésie tout le long. Puis je peux vous dire que, les gens qui
ont l'occasion de voir ça, ça marque, parce qu'autant on pourrait dire
que les îles, c'est comme de la dentelle, puis on voit, là, toutes les douceurs
puis toute, on pourrait dire, là, la fragilité
de ce paysage-là, autant la Gaspésie, c'est la solidité ancrée dans le roc.
Puis moi, j'incite les gens à faire
cette expérience-là. Puis j'ai l'impression que les gens vont voir toute une
partie importante de la réalité du Québec. Puis c'est ce qui fait que, d'après
moi, des gens comme Louis Hémon, quand ils sont arrivés au Québec, qu'ils ont
vu ces paysages-là, ont été impressionnés et ont mis en valeur le Québec de ce
moment-là.
la question de la ruralité, il y a des... Je suis bien content que ma collègue
dise qu'elle a travaillé avec Jacques Proulx parce que j'ai beaucoup de respect
pour Jacques Proulx. Puis, entre autres, il y a une phrase que j'ai répétée des
centaines de fois puis que je vais répéter aujourd'hui, phrase de Jacques Proulx,
qui disait : Tant va le village va le pays.
voix : ...
M. Trottier : C'est ça, tant va le village, tant va
le pays. C'est que la… ça, c'est assez fondamental. Les gens ne se rendent pas
compte que cette petite phrase là, elle vaut beaucoup de choses. Parce que,
vous savez, il y a quelqu'un qui me disait, ce matin, que le coeur se
pourrit par ses extrémités. Bien, on pourrait dire que sa vivacité aussi
provient des extrémités.
J'avais fait une conférence de presse à un bon moment
donné... Puis, vous savez, au Québec, en tout cas, on a eu longtemps l'idée que c'était par les pôles de
croissance qu'on allait développer le Québec. C'est sûr que des grandes villes comme Montréal doivent avoir une
préoccupation particulière, c'est sûr qu'on doit s'en occuper, mais, si on
s'occupe juste des pôles, si on ne s'occupe
pas des extrémités, on va avoir des problèmes. Parce que vous savez le cœur,
comment ça fonctionne, là, il fait pas mal
plus chaud au coeur qu'au bout des pieds. Puis, quand on ne peut plus marcher
puis quand on ne peut plus écrire, il
n'y a plus grand-chose... comme pays, ça ne vaut plus cher vraiment. Ça fait
que, là, pensons aux mains, pensons aux pieds qui sont essentiels au
développement du Québec.
Puis
il y en a une autre, phrase, que j'aime bien, qui est toujours sur la question
de la ruralité, qui dit que ce sont les petits
ruisseaux qui font les grands fleuves et non l'inverse. Parce que, si on ne s'occupe
pas des petits ruisseaux... Puis ça va avec
la phrase de Jacques Proulx, ça, dans le fond, là. S'il n'y a plus de petits
ruisseaux, il n'y aura pas de grand fleuve. C'est les petits ruisseaux
qui font les grands fleuves.
• (16 h 40) •
Puis, quand on
investit de l'argent dans une petite communauté, là, le village le plus éloigné,
qu'il soit au Nord-du-Québec, dans ma
communauté, ou Gaspésie, ou ailleurs, là, c'est que cet argent-là finit
toujours par descendre vers la grande
ville, va toujours finir par se ramasser à quelque part, là. Dans le fond, là,
c'est que l'argent va descendre, pourquoi?
Parce que tu vas avoir investi dans le commerçant qui a acheté son stock en
bas, en ville, ou la personne va finir par
aller en ville, etc., alors que, quand on investit en ville, ça ne remonte pas,
là. C'est comme les grands fleuves, ils ne remontent pas dans les ruisseaux. Ça fait que je pense qu'il faut qu'on
ait ça à l'esprit, puis, si on garde ça, ça va bien aller. Puis je terminerais cet aspect-là, avant ma
question, sur une phrase de Confucius qui dit que seul, ça va plus vite,
mais ensemble, ça va beaucoup plus loin. Et
je souhaite qu'autant les... on pourrait dire les différents partis politiques,
on travaille davantage ensemble que les communautés, qu'elles soient
grandes ou petites.
ça m'amène à ma première question. M. le ministre, moi, j'ai été très fier du
fait que le Parti québécois a mis en place la
Politique nationale de la ruralité. Je peux vous dire que c'est comme une
reconnaissance qu'il y avait une préoccupation
importante. Puis j'étais maire, à ce moment-là, de Péribonka, puis ça m'a
permis de faire un certain nombre de projets. Puis toutes les petites
communautés ont été contentes de ça.
Puis
M. Parizeau, je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'il dit, là, mais je
vous dirais qu'il y a une phrase que j'ai bien aimée, il disait qu'il y a un gros
avantage avec les petites communautés : ça ne coûte pas cher pour qu'ils
soient contents. Tu sais, c'est que, là, tu
vas donner 50 000 $ à une petite communauté, ils vont être bien
contents. Tu vas donner, je ne sais pas, moi, 100 millions à une
très grande ville, ils vont dire que ce n'est pas assez. Ça fait que je pense
que ça ne coûte pas cher de soutenir les petites communautés, puis le projet
national de la ruralité était dans ce sens-là, là, ça a beaucoup aidé.
ce que je voudrais savoir, c'est, bon, la première ministre s'est engagée à
renouveler la Politique de la ruralité. Est-ce que vous pourriez nous parler des démarches
qui vont mener justement à ce qu'on pourrait appeler la Politique nationale de la ruralité n° 3… ou, en tout cas, je ne sais pas si
on va l'appeler d'un autre nom, mais si vous pouviez nous indiquer qu'est-ce qu'il en est, comment ça va se
passer puis est-ce que vous avez un échéancier.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le ministre, M. le ministre, vous avez reconnu
la passion de notre collègue, alors 9 min 18 s plus tard, vous allez pouvoir
répondre à la Politique de la ruralité. Alors on vous entend là-dessus,
M. le ministre, allez-y.
M. Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, bon, ça me fait
plaisir, oui, de vous expliquer un peu le déroulement des prochaines étapes. D'abord,
le 2 novembre dernier, il y a eu la journée nationale de la ruralité qui s'est tenue avec environ 100, 125 participants, des
gens qui sont pour la plupart impliqués directement dans la Politique nationale de la ruralité, beaucoup d'agents de
développement, de maires, de préfets, d'intervenants du développement
local et régional. Donc, ça a été un peu le lancement de la démarche pour ce qu'on
appelle la PNR3, hein, la Politique nationale de la ruralité troisième version.
C'est
une consultation qui a été tenue. Puis j'ai aussi, bon, fait part aux
participants de ma vision comme nouveau
ministre responsable de ce dossier-là. Il y a également un comité des
partenaires qui existe depuis le tout début. Ce comité-là est composé de
représentants de la Fédération québécoise des municipalités, de l'Union des
municipalités du Québec, de l'Association
des CLD du Québec et, bien sûr, de Solidarité rurale. On va possiblement...
fort possiblement aussi ajouter un
représentant des jeunes à ce comité-là. C'est mon intention de... J'ai annoncé
cette volonté-là à la dernière rencontre
du comité des partenaires, et possiblement que tout ça pourrait se mettre en
branle, là, assez rapidement, l'objectif étant de reconnaître l'importance des jeunes dans l'occupation et le
développement des régions et des territoires, bien sûr. On parle d'une
durée d'une politique... possiblement d'une durée de six ans pour ce qui est de
la prochaine.
M. Trottier : Six ans.
M. Lelièvre : Six ans, une politique, oui, qui pourrait être d'une durée
de six ans avec, fort possiblement, un moment d'évaluation à mi-parcours, donc
au bout de trois ans. Après évaluation, on arrive à la conclusion que la
politique actuelle, d'une durée de sept ans, c'est peut-être long, sept ans,
avant de revoir une politique d'une aussi grande
importance, à mon avis, pour les régions. Donc, une durée de six ans pourrait
être à propos, avec une évaluation à mi-parcours. C'est l'orientation qu'on
se donne.
Il va y avoir... Puis l'objectif que nous
avons, c'est d'imposer, à l'automne 2013, au gouvernement une nouvelle politique révisée qui débutera, bon, dès 2014,
son application. Parmi les éléments nouveaux qu'on souhaite apporter et qui ont fait l'objet
de discussions auprès du comité des partenaires, on veut, après quand même 12
ans, là… Il faut être conscient, la première PNR a duré cinq ans, la
seconde va durer sept ans. Donc, après 12 ans, on pense qu'on est... le moment est
opportun pour vraiment être audacieux puis élever la barre en termes d'attentes
par rapport à la ruralité puis à cette politique-là.
Donc, mon souhait, ce serait qu'on puisse
élargir à d'autres partenaires qui sont des partenaires de premier plan au niveau de l'occupation
du territoire, mais au niveau de la ruralité, puis je pense immédiatement au
domaine scolaire, au domaine de la santé.
Souvent, dans les communautés rurales, on va retrouver un partenariat qui se
fait de façon naturelle avec le
domaine... le secteur de la santé, notamment les CLSC, qui ont des agents
communautaires qui sont souvent ferrés dans des dossiers avec les municipalités,
avec les CLD. Moi, personnellement, j'ai vécu beaucoup d'alliances avec le
personnel des CLSC dans... quand j'étais au service d'une MRC, d'un CLD. Puis
on pense qu'on pourrait également inclure la dimension scolaire, notamment les
commissions scolaires, les écoles, les conseils d'établissement. Il y a
beaucoup d'équipements qui sont partagés en commun entre le scolaire et le
municipal. Donc, souvent, ça serait...
C'est des choses qui se font de façon
naturelle depuis un bon... un certain nombre de temps. Ça peut varier d'une communauté à l'autre, mais on a constaté, dans les
bons coups de la ruralité, que plusieurs projets étaient menés en concertation
entre le scolaire, l'éducation, le municipal… la santé et le municipal. Donc,
on voudrait forcer un peu cette
concertation-là. Bien que ça va bien dans certains milieux, il y a d'autres
milieux où c'est plus difficile. Donc, on voudrait amener peut-être des
éléments, probablement d'ordre financier, qui pourraient être réservés
spécifiquement pour encourager des
initiatives, ce qu'on appelle intersectorielles. Donc, on doit, après 12 ans, à
mon avis, sortir du créneau municipal et transcender, là, au niveau d'autres
acteurs. Puis il nous apparaît que le secteur municipal serait prêt pour travailler
davantage avec le secteur de l'éducation et de la santé.
Présidente (Mme Champagne) : M. le
député de Roberval.
M. Trottier : Oui. Bien, merci beaucoup, M. le
ministre. Je trouve ça très intéressant, d'autant plus que je sais qu'entre autres
dans certains pays comme en Finlande, c'est qu'ils ont décidé que l'école, c'était
comme le lieu commun, puis ils vont
installer... Il va y avoir un restaurant, ça va devenir le restaurant du
village qui sert à la fois de cafétéria le midi pour les enfants puis
aussi de lieu de rassemblement. Ça permet, je veux dire, à tout le monde de
développer, on pourrait dire, une vision
commune ou, en tout cas, un lieu de rendez-vous. Parce que vous savez qu'aujourd'hui,
là, tout le monde est dans son petit bocal, là, puis là ça… Puis je
pense que ça, ça peut être une façon, justement, de mettre la communauté en
action.
Comme le temps file vite, je vous demanderais :
La première ministre a aussi annoncé le renouvellement puis la bonification des pactes ruraux. Comment vous allez
donner suite à cet engagement-là? Qu'est-ce qui va se passer? Parce qu'on... je
veux dire, les deux vont un peu ensemble, là.
Présidente (Mme Champagne) : Alors,
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lelièvre : Au niveau du budget, donc, d'abord,
la bonne nouvelle, c'est que, cette année, l'enveloppe dédiée à la ruralité a
été pratiquement non touchée par les contraintes financières. Donc, on a quand
même maintenu la plupart des enveloppes
qui sont nécessaires pour se rendre à notre dernière année de la PNR2. Et, pour
ce qui est des budgets à venir, l'orientation
de notre gouvernement, c'est sûr qu'elle va aller dans le sens de soutenir la
ruralité. Donc, si on veut soutenir la ruralité,
si notre première ministre a pris la peine de me donner comme principal mandat
d'être responsable du dossier de la ruralité, je crois que c'est un
message clair qu'on envoie à l'effet que, dans les budgets, les crédits vont
devoir être au rendez-vous.
Donc, moi, j'ai l'impression que, comme
ministre responsable de ce dossier-là et comme gouvernement, c'est un dossier qui
devrait prendre, je dirais, de l'expansion, hein, dans les prochaines années.
Et c'est un dossier, comme vous l'avez mentionné, qui est très
important, qui est porteur. Puis, si on regarde les retombées économiques
directes et indirectes reliées aux
investissements dans la ruralité, ce n'est pas une dépense, là, c'est carrément
un investissement; en argent, oui,
mais c'est un investissement aussi dans notre société, au sein des populations
qui vivent dans ces communautés-là. Puis,
quand je parlais tantôt d'occupation digne d'un territoire, bien le budget de
la ruralité est un des moyens qui permet hors de tout doute, là, de
maintenir nos régions dans des états, dans des situations d'occupation de
territoire qui sont acceptables, qui répondent, hein, mieux aux besoins des
communautés en 2013.
Présidente (Mme Champagne) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Roberval.
(16 h 50) •
M. Trottier : Oui, merci. Je peux vous dire que j'aime
mieux vous entendre que la présidente de la
Fédération des chambres de commerce, qui ne comprenait pas que l'occupation du
territoire, ça puisse être une mission de l'État. Je pense que madame était présente lorsque ça s'est dit. Moi,
personnellement, je n'en revenais pas. Puis autant l'opposition puis le
gouvernement, là, on est restés un peu, je dirais, abasourdis d'entendre ce
genre de chose là en 2012, là, mais ça a l'air que ça existe encore.
M. le ministre, la première ministre a
rappelé que le déploiement d'Internet haut débit était une priorité pour le gouvernement. On
sait qu'aujourd'hui, là, pas d'Internet haute vitesse, là, c'est pareil comme,
on pourrait dire, de ne pas avoir le courant, presque, en 1960, là. Puis
on sait que le programme de Communautés rurales branchées vient à échéance au
31 mars 2014 puis on sait qu'il y a plusieurs ménages qui n'ont toujours pas
accès à l'Internet haute vitesse. Est-ce que vous pourriez nous dire qu'est-ce
qui en est, là, à ce moment-ci puis à quoi on peut s'attendre pour l'avenir?
Présidente (Mme Champagne) : Alors,
M. le ministre, vous avez deux minutes pour entamer une réponse, quitte à
continuer dans le prochain bloc.
M. Lelièvre : O.K. Je vais tenter d'être assez rapide. De toute façon, c'est
des chiffres. Je pense que tout le monde est convaincu de la nécessité de
poursuivre nos interventions pour tenter de brancher le maximum de familles à Internet haute vitesse. Donc, ça va quand même
relativement bien, mais le travail n'est pas terminé. Le programme a commencé en 2009 et disposait d'une enveloppe de
24 millions de dollars sur cinq ans. Au moment où on se parle, on a
plus de 21 millions d'argent d'engagé.
On a investi ça dans 60 projets, c'est tout près de 68 000 ménages et près
de 400 municipalités qui ont été ajoutés à la liste des municipalités et
ménages desservis.
Puis
quelques chiffres en rafale. Avant 2009, on avait, dans le monde rural,
66 % des… — voyons! — desménages qui étaient reliés, qui bénéficiaient du service d'Internet
à haute vitesse; en 2012, on parle de 85 %; donc, 66 % à
85 %. Et, l'ensemble des ménages du
Québec, on a passé, de 2009, qui était 91 %, à 96 % en 2012. Donc, c'est
le monde rural qui est le grand
gagnant avec une amélioration de tout près de 20 % des communautés qui ont
été branchées à Internet haute vitesse.
Quelques
exemples, là, de communautés récemment qui ont été desservies : la MRC de
la Minganie, un projet de 1,45 million,
et la MRC d'Acton, tout près de 1 million de dollars, qui ont été investis
uniquement dans ces deux MRC là au cours de l'automne 2012, donc, puis il
reste... Puis c'est notamment pour la fibre optique et permettre aux communautés d'avoir Internet à haute vitesse. Mais
il y a encore du travail à faire, et on vise, avec le prochain budget, d'atteindre
95 % de la population des régions rurales.
Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le ministre. Alors, le temps est écoulé de ce
côté-ci, du côté du gouvernement. Nous allons aller du côté de l'opposition officielle. Mme
la députée de Bellechasse, vous avez un gros 21 minutes à vous.
Vien : Merci
beaucoup. Moi, M. le ministre, je ne suivrai pas nécessairement les traces de
vos collègues, alors je vais suivre mon agenda, ça va vous demander évidemment de faire
un recul, revenir. Ce n'est pas grave, je vous sais capable. Moi, je vais revenir sur Murdochville. Le 23 décembre
dernier, vous disiez que «selon
le ministre — c'est dans La Presse — "les 10 ans qu'on s'est donnés nous ont
permis de poser un meilleur diagnostic". "Si la communauté s'entend [pour fermer la ville], c'est clair
que des indemnités devraient être versées", a aussi déclaré le ministre.»
Dans
un premier temps, M. le ministre, quand vous dites que «les 10 ans qu'on s'est donnés nous ont
permis de poser un meilleur diagnostic», quel
est le diagnostic que vous avez posé sur Murdochville?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui,
Mme la Présidente. Écoutez, sans prétendre qu'il y a un diagnostic en bonne et
due forme qui a été réalisé, je crois qu'on
peut convenir de certains constats, hein? D'abord, il y a eu des
investissements qui ont été supportés... qui
ont été versés par les deux paliers de gouvernement fédéral et provincial pour
permettre à la municipalité de réaliser
des démarches de diversification. Et, comme je le disais un peu plus tôt durant
cette commission, malheureusement il
y a peu d'impacts, là, significatifs qui sont constatés. Pourtant, la
communauté a été quand même accompagnée, là, avec des fonds quand même,
là, à la bonne hauteur, et, malgré tout ça, peu d'investissements, peu de
réalisations qui se sont révélés durables.
Du côté de la population, la population, bon, on
parle d'une population qui a diminué de tout près de 500 habitants depuis sa
fermeture, mais une certaine augmentation de la population, ce qui peut être un
élément intéressant. Donc, malgré le
peu de reprise économique, il y a une population qui se maintient, puis même qu'elle
a augmenté légèrement.
taux de taxe, un taux de taxe, donc une capacité de payer des citoyens qui est
extrêmement réduite, qui est rendue à son maximum. On parle d'un taux de taxe,
là, qui frise les 6 $ du 100 $ d'évaluation pour un compte de
taxes moyen autour de 2 100 $ par résidence.
Donc,
si on regarde les revenus, beaucoup de personnes retraitées à Murdochville,
oui, une certaine
partie de la population avec
des salaires intéressants, mais aussi malheureusement une
partie de la clientèle
aussi ou des citoyens qui ont des revenus
très, très bas, donc une capacité d'investissement dans les infrastructures
municipales assez restreinte pour l'avenir.
Donc, le bilan, quand
on parlait tantôt de... tout à l'heure, des investissements qui sont requis
dans les infrastructures, la hauteur des investissements va avoir un impact
direct ou va commander, là, une réponse, là, ou une évaluation très sérieuse de la part de la population. Est-ce que la
population, elle va avoir les moyens d'être au rendez-vous?
Oui,
le gouvernement va devoir accompagner la communauté avec les programmes d'aide
qui sont disponibles, mais il va y avoir un
défi, là, financier à Murdochville pour maintenir les infrastructures dans un
état convenable. Maintenant, il y a tous les services de santé aussi,
éducation, qui se maintiennent relativement bien, mais, notamment au niveau de
la santé, c'est plus précaire; au niveau de l'éducation, ça va mieux.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de
Bellechasse.
Mme Vien : Là, vous êtes devant un enjeu majeur,
là. Probablement que ça va être l'enjeu de... ça va être un des grosenjeux de votre mandat, en tout cas comme ministre, je
pense. Évidemment, la Politique nationale de la ruralité, c'est quelque chose d'important, mais ce n'est
pas... il y a des vies qui sont en jeu. Vous comprenez ce que je veux dire. C'est
des familles, il y a des gens qui sont là depuis
toujours, et ce n'est pas simple. Vous me dites : C'est un enjeu
financier, un peu comme...
Moi, la lecture que j'en fais, c'était aussi un
enjeu financier auquel a fait face le Parti québécois en 2002. Il a pris une
décision en fonction des données financières qu'il avait devant lui. Moi, j'ai
l'impression que vous allez être encore une fois devant ce genre d'enjeu là.
Si, à tout événement… On sait ce que ça coûte, aujourd'hui, changer une
canalisation de conduite, des égouts, des... c'est exponentiel, ça n'arrête pas
de finir, là.
Il y a ça puis il y a aussi toute la question
financière, si on devait indemniser les gens. Parce que c'est sûr que vous allez devoir les
indemniser s'ils quittent Murdochville. C'est clair, vous l'avez dit vous-même.
Alors donc, on connaît l'ampleur du
défi que vous aurez devant vous. Quand vous dites, M. le ministre, là : C'est
clair que des indemnités devraient être
versées, avez-vous commencé à regarder ça? Moi, je ne peux pas croire, là, que
vous ne vous êtes pas penché sur cette question-là,
que vous ne l'avez pas encore envisagée, que vous n'avez pas commencé à faire
des calculs, que vous n'avez aucune
idée des demandes de la municipalité. Je veux dire, vous ne pouvez pas me dire
ça à moi aujourd'hui, là, ça ne se peut pas. Devant quel genre... ou
quelle est l'ampleur du défi qui est devant vous actuellement?
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
M. Lelièvre : En ce qui a trait à l'ampleur du
défi, c'est un beau défi. C'est un beau défi, effectivement, pour la région et pour le
Québec aussi, parce que c'est une décision... Murdochville est un emblème aussi
pour le Québec. Parce que, chaque fois qu'on ferme ou qu'on envisage,
hein, de fermer une communauté, il y a toujours une prochaine communauté qui devient la prochaine ou le prochain
cas à évaluer. Donc, ce n'est pas uniquement... on ne doit pas traiter,
comme gouvernement, le dossier de Murdochville uniquement de façon… je dirais
uniquement dans l'optique de Murdochville.
On doit traiter ce dossier-là aussi dans l'optique de l'occupation du
territoire puis se dire, comme je l'ai dit tout à l'heure, qu'il y a un
deuxième Murdochville à quelque part, au Québec, puis un troisième aussi.
Puis c'est toute la question... c'est une
question qui est complexe. Vous l'avez mentionné, c'est une question, oui, qui commande une évaluation à partir de données
financières, mais il y a aussi la dimension humaine, hein? Il y a aussi la dimension… quel message, quel message le
gouvernement envoie à la balance du Québec à partir du moment où ce que tu envisages de fermer une communauté.
Puis, je le redis, Murdochville n'est pas une communauté isolée au sens pur, là. On n'est pas à 500 kilomètres du prochain
village, là, on est à 100 kilomètres, hein, de villes à l'est et à l'ouest.
Donc, c'est ce qui complexe... c'est ce qui
rend très complexe le dossier de Murdochville. Oui, on est relativement
isolés, mais 100 kilomètres aujourd'hui, ce n'est pas un défi surhumain non
plus.
Donc, c'est une évaluation qui va devoir être
faite, oui, par notre gouvernement, mais avec la communauté. Moi, c'est le message
que je vous porte aujourd'hui, c'est le message qui est transparent, c'est la
vérité puis c'est le message que je transmets à mon gouvernement. Puis j'ai
cette écoute-là, dans le sens que ce n'est pas uniquement une question
financière, mais, oui, l'aspect financier est un élément important, mais,
au-delà de l'aspect financier, il y a toute une négociation, il y a toute une
évaluation à faire avec la population et la municipalité qui est directement
concernée.
(17 heures) •
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée.
Mme Vien : Moi, je reprends la balle au bond,
là. Il y a un deuxième, il y a un troisième Murdochville. Où sont ces villages? Avez-vous des villages en tête? Et
est-ce qu'il y a... À quoi vous faites allusion quand vous dites ça?
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
M. Lelièvre : Je n'ai pas de village en tête, mais
c'est clair que toute la question de la ruralité... Je parle avec des confrères, des consoeurs qui sont également en
politique, puis on a tous, dans nos régions, des municipalités qui sont en difficulté à différents niveaux. On n'est pas
obligés... Là, on parle de Murdochville aujourd'hui, mais, écoutez, sans
nommer, pour causer des préjudices à
certaines municipalités, je parle avec... Puis je suis certain que vous en
connaissez beaucoup aussi, hein, compte tenu
de votre expérience puis votre connaissance du dossier de la ruralité. Il y a
d'autres communautés au Québec qui sont aussi aux prises avec des
problématiques, là, extrêmement sérieuses, puis on n'est pas obligé d'aller en Gaspésie pour en trouver,
là. Donc, oui, Murdochville, c'est un cas important, mais il faut quand
même dédramatiser un peu puis se dire que toute la question de la ruralité puis
de l'occupation du territoire ne se limite pas à Murdochville, hein? Il y a d'autres
communautés, au Québec, aussi qui ont des défis aussi importants que
Murdochville à relever.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Vien : Certainement qu'on aura l'occasion
de s'en reparler, parce qu'évidemment je vais continuer à m'intéresser à ce dossier-là parce que c'est un
dossier éminemment important. On me dit également qu'il y a peut-être
des ressources pétrolifères ou pétrolières,
je ne sais pas comment on dit, dans le cas de Murdoch. Donc, il y a peut-être
quelque chose là, là, c'est évident. Au-delà
du fait qu'on s'occupe de l'intendance, on s'occupe des tuyaux puis on s'occupe
de l'aqueduc puis de l'égout, bien il y a
peut-être aussi une
partie d'avenir, là, qui peut être intéressante. Alors, on
va suivre ça avec beaucoup d'intérêt. Je vais suivre surtout aussi ce
qui arrivera avec un éventuel référendum puis ce que vous allez faire avec.
Lelièvre : ...votre message.
Mme Vien : Oui. On va parler de la Politique
nationale de la ruralité, M. le ministre, la Politique nationale de la ruralité qui est
un outil que personne ne remet en question, hein? Honnêtement, c'est vrai que c'est
un document qui a été lancé par le
Parti québécois à l'époque, qui a été poursuivi par le Parti libéral puis qui
porte ses fruits à tous les jours dans toutes
les régions du Québec. Puis tout le monde adhère à ça, c'est... Il y a une
communauté de pensée au niveau et autour de la Politique nationale de la ruralité. Je ne répéterai pas tout ce
que vous avez dit tout à l'heure, mais effectivement, là, que ce soit au
niveau des projets municipaux — pardon — des laboratoires ruraux. Également, il y avait les produits
du terroir, ça aussi, ça a été très intéressant.
Maintenant,
j'ai un certain nombre de questions, M. le ministre, concernant cette troisième
Politique nationale de la ruralité, cette troisième version. Donc, vous avez
apporté un certain nombre d'enlignements qu'on verra si ça a de l'allure
avec vous. Mais, d'entrée de jeu, je dois
vous dire également que j'ai parlé avec Claire Bolduc, que vous connaissez
comme moi, qui est la présidente de
Solidarité rurale du Québec, qui est celle, entre autres, parmi le comité des
partenaires, qui porte la voix des
ruraux et qui la porte haute et forte, hein, il faut le dire, il faut le
rappeler également, puis je la salue au passage. C'est une femme que j'aime beaucoup et qui est... qui focusse sur les
régions et qui... Son seul leitmotiv, c'est celui-là.
Vous
disiez tantôt, puis, si je me trompe, vous me le direz, mais que, bon, la
ruralité, elle n'a pas subi de coupures. Moi, quand je regarde les livres de crédits, ce n'est
pas tout à fait ce que je vois. Politique nationale de la ruralité,
quand je suis aux crédits de transfert,
là... Vous me direz, peut-être qu'on s'est trompés de notre côté. Moi, je suis
prête à reconnaître qu'on puisse s'être trompés, mais, si ce n'est pas
le cas, vous allez m'expliquer comment ça que c'est comme ça. En 2012‑2013, on
avait budgétisé 39 500 000 $ et, cette année, on est à
38 790 000 $. Si je calcule bien, ça fait à peu près
800 000 $ de moins pour le dossier de la Politique nationale de la
ruralité. Est-ce que j'erre?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : Non. Effectivement, quand j'ai dit, tout à l'heure, que
les coupures n'avaient pratiquement pas atteint le dossier de la ruralité, je n'ai
pas dit «aucunement», pratiquement pas, dans le sens qu'on a une coupure, effectivement, là, de 800 000 $ sur un
budget de 38 millions. Donc, effectivement, il y a une...
700 000 $ même, on me dit. Ce n'est pas 804 000 $,
mais c'est 700 000 $ de coupures.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de
Bellechasse.
Vien :
800 000 $, 700 000 $, on coupe. C'est ça que je remarque, c'est
qu'on coupe. On coupe où, M. le ministre? Parce que, dans une dépêche que j'ai du Pharillon ,
ici, du 19 décembre, vous prenez la peine de dire que vous ne coupez pas
dans le poste budgétaire d'agents ruraux ni dans celui des pactes ruraux. L'effort
demandé de 700 000 $, il est demandé où? À qui?
Lelièvre : C'est
dans deux volets principalement. Il y a deux volets qui sont touchés par les coupures.
Il y a un premier volet qui s'appelle les
produits de spécialité, qui sont coupés de 500 000 $, et un second
volet, qui s'appelle Initiatives pour l'avenir rural, qui, lui, est coupé de
200 000 $. Donc, ça totalise le 700 000 $ de coupures.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de
Bellechasse.
Vien : Mais
encore, pourriez-vous nous justifier ces coupures-là dans les produits de
spécialité — tantôt, j'ai dit
produits du terroir, mais je voulais dire produits de spécialité — et les
initiatives rurales?
Lelièvre : Ce
sont deux programmes dans lesquels on n'atteignait pas nos cibles, dans le sens
qu'il y avait très peu de demande. C'est deux programmes qui étaient beaucoup moins
convoités, puis, chaque année, on devait transférer les budgets. Donc,
en théorie, et il y a des fortes chances qu'en pratique, là, il y a très peu de
clients… de clientèles qui soient touchées par ces cibles-là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée.
Mme Vien : Il y a très peu de chances ou vous le savez?
M. Lelièvre : Non, vous dire que je le sais, je ne suis pas devin, pas
encore. Mais c'est quand même une coupure…
On s'entend, dans le contexte difficile où le gouvernement doit oeuvrer, moi,
je dis merci au Conseil du trésor de m'avoir permis de conserver
pratiquement la même enveloppe que l'année dernière dans un contexte beaucoup
plus difficile, là, sur le plan financier.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de
Bellechasse.
Mme Vien : Bien, disons que ça aurait été assez
particulier, là, parce que votre première ministre... la première ministre a annoncé, en campagne électorale, en
fait, et aussi dans son discours inaugural, qu'elle allait relancer la Politique nationale de la ruralité et a même
annoncé également que le pacte… comme disait le collègue en face tout à l'heure, que
le Pacte rural allait être bonifié. Alors, c'est assez particulier, là, qu'on
vienne couper 700 000 $. Je
comprends qu'on ne le coupe pas dans le
Pacte rural puis qu'on ne le coupe pas dans les agents ruraux, mais quand même
on vient donner
un coup de barre, à ce niveau-là, à la Politique nationale de la ruralité, qui
fait votre fierté et qui fait la nôtre, bien entendu. Alors, moi, je
vous invite à la prudence à ce niveau-là. Puis je trouve ça un petit peu
spécial qu'on vienne encore une fois taper
sur les doigts des régions, là, dans ce sens-là. Je comprends que vous me dites
que ça impacte peu de gens, mais bon, ça, c'est... Je veux bien prendre
votre parole, là, mais ça commence à faire pas mal de choses.
J'ai parlé, donc, à des gens du monde rural,
à Solidarité rurale du Québec, et on a une crainte pour la prochaine Politique nationale de la ruralité, M. le
ministre, la troisième. On anticiperait — je parle au
conditionnel — on anticiperait une
coupure de 20 millions de dollars dans la troisième politique. Est-ce que
c'est vrai ou est-ce que c'est faux?
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
Lelièvre : Écoutez, c'est la première
fois que j'entends, là… que j'entends cette préoccupation-là. Honnêtement, pour le moment, ce n'est pas dans nos
cartons. Ce n'est même pas au niveau des discussions. Donc, non, pour l'instant,
cette alternative-là n'a jamais été envisagée à ma connaissance.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Mme Vien : Quand on dit qu'on va bonifier les
pactes ruraux, vous entrevoyez bonifier à quelle hauteur, de quelle façon? Comment tout ça va s'arrimer, M. le
ministre?
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
(17 h 10) •
M. Lelièvre : ...au moment où on se parle, on n'est
pas en mesure de vous donner des chiffres précis, hein? Le travail est en train de se dessiner avec le comité des
partenaires. Ce qu'on peut vous... ce que je peux vous dire, c'est qu'en date d'aujourd'hui puis pour la prochaine
année, 2013‑2014, toute la question du budget des agents ruraux… Parce qu'une grande
partie des budgets affectés à la
ruralité se retrouve, là, dans le volet des pactes ruraux, hein, puis des
agents qui sont affectés, dans les MRC, à la ruralité, donc. Puis ces volets-là
ont été augmentés pour la prochaine année. Donc,
on va travailler avec le comité des partenaires pour définir les budgets, mais
aussi le partage des enveloppes au sein de l'ensemble des volets de la PNR3. Puis moi, je vais travailler ça
avec le comité des partenaires que j'ai mentionné tantôt. Puis, pour l'instant, la menace de
20 millions n'est pas au rendez-vous, là, honnêtement, à mon ministère,
puis des gens me confirment, du côté des sous-ministres, que ce n'est
pas un scénario qui est sur la table.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse.
Mme Vien : Tant mieux. Tant mieux. Vous disiez,
tout à l'heure, M. le ministre, que six ans, ça vous apparaît, à vous, raisonnable, une politique sur six ans.
On comprend que cinq ans, c'était peut-être un peu court, là, la prévisibilité n'est pas là, ça ne donne pas le
temps de voir à accoucher nos projets, des fois, c'est long, etc. À
Solidarité rurale du Québec, on souhaiterait
que ça se poursuive pour sept ans, là. Est-ce que vous êtes campé dans le six
ans ou si...
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre. Oui.
M. Lelièvre : Merci. Non, il n'y a rien de campé.
Il y a une orientation, il y a une suggestion que j'ai amenée au comité des
partenaires, l'automne dernier, pour une période de six ans. Puis, au-delà du
six ans, ce qui m'apparaissait le plus important, c'est vraiment à
partir des commentaires que j'ai entendus des partenaires, mais aussi d'autres
acteurs qui sont impliqués, les CLD, les
MRC, on a trouvé que sept ans était long pour refaire le point. Vous savez, tu
sais, on vit dans une société où tout
évolue quand même relativement vite. Même si les régions rurales sont, dans
certains cas, éloignées, on fait
quand même
partie de cette société-là, puis je crois que c'est important de
réviser nos mécanismes, nos programmes avant
sept ans. Donc, on vise six ans, mais on n'est pas... moi, personnellement, si
on me convainc que sept ans serait plus profitable, je ne ferme pas la
porte. Mais l'important, c'est de faire une évaluation en mi-mandat. Pour moi,
c'est ce qui m'apparaît important à ce moment-ci, là.
Présidente (Mme Champagne) : Mme la
députée de Bellechasse, en deux minutes.
Vien : C'est même souhaitable. La
Politique nationale de la ruralité, vous y croyez?
Lelièvre : Oui, absolument. J'y crois
sans réserve.
Vien : Sans réserve?
Lelièvre : Sans réserve. C'est une...
c'est un... Bon, la reconnaissance de la PNR, hein, par l'OCDE, c'est quand même quelque chose, là. On n'a pas beaucoup
de politiques, au Québec, qui ont été reconnues de cette façon-là. Puis c'est aussi un bel exemple de décentralisation.
Moi, ça m'apparaît un des beaux exemples de décentralisation, hein, un beau terme qu'on prêche depuis des décennies au
Québec, puis c'est un bel exemple à appliquer dans d'autres domaines, à
mon avis.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de
Bellechasse.
Vien : À la page 49 de la Politique
nationale de la ruralité, chacun des ministères et organismes, dans ce
document-là, avait à cibler des actions. En page 49, le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune ciblait de favoriser la production d'énergie renouvelable et la petite production d'énergie
électrique de moins de un mégawatt, et de permettre aux MRC de mettre en oeuvre des projets de développement d'énergie
éolienne. Vous ne trouvez pas que votre gouvernement est en train de
bafouer la Politique nationale de la ruralité avec les décisions, dernièrement,
qui ont été prises, des minicentrales?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Je ne
crois pas qu'on est en train, non, pour reprendre votre terme, de bafouer la
PNR. Quand cette politique nationale là a été écrite, elle remonte... c'est peut-être un
des exemples qui fait en sorte que sept ans, c'est trop long. C'est peut-être une orientation qui était
noble à l'époque, qui était prise de bonne foi, mais on doit s'ajuster
avec le... je dirais, les circonstances.
Puis, bien que je trouve regrettable que des communautés perdent, là, un outil
de développement, hein, qu'étaient
les minicentrales, moi, je supporte quand même la décision de mon gouvernement
dans les motifs qui nous ont amenés à
prendre cette malheureuse décision-là. Puis, au niveau éolien, il y a des
projets communautaires qui ont vu le jour.
Bon, c'est mentionné aussi dans cette politique-là. Puis je pense à l'objectif
qu'on doit maintenir, maintenant, dans les
modalités puis dans les... on n'arrive pas toujours, effectivement, à réussir à
répondre à cent pour cent à nos attentes.
Présidente (Mme Champagne) : M. le ministre, merci. Alors, le temps est écoulé.
Alors, nous allons donc passer maintenant du côté des députés ministériels
pour un 20 minutes. Alors, je reconnais le député de Saint-Maurice.
Trudel : Mme la
Présidente, bonjour, M. le ministre, chers collègues. M. le ministre, je vous
entends parler de votre région, puis, c'est drôle, la mienne est un peu plus loin que la
vôtre, au Centre-du-Québec, mais j'ai l'impression qu'on se ressemble beaucoup dans nos réalités, ce
qui m'amène à vous poser des questions qui vous touchent un peu plus, peut-être particulièrement sur votre propre
région, mais, en même temps, je crois que vous écouter, ça va m'éclairer
sur ce qui se passe chez nous puis peut-être des pistes de solution.
J'aimerais ça, pour
commencer, que vous me parliez un peu des secteurs d'activité économique que l'on
retrouve chez vous. Probablement que vous
allez me parler de tourisme d'abord. Décrivez-moi donc un peu, là,
faites-moi un peu le portrait de votre... de la Gaspésie puis parlez-moi des
importants employeurs ou les secteurs d'activité qu'on retrouve.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui,
bon, peut-être brièvement. La Gaspésie est quand même une région ressource et
aussi une région touristique. Malheureusement, au niveau des ressources, on a subi
beaucoup de revers dans les dernières années. On a subi un effritement
des ressources naturelles, notamment au niveau de la pêche, au niveau de la
forêt, les mines. Donc, les principaux
employeurs de la Gaspésie, dans les 12 dernières années, ont pratiquement
été... ont tous fermé. Donc, le premier plan de relance de 2001 du gouvernement du Québec était vraiment
justifié parce qu'on était vraiment en crise. Ça a amené une forme de diversification. Ce plan-là a permis
de se donner des créneaux de développement spécifiques, entre autres l'éolien, la mariculture, le développement
touristique. Ce sont des créneaux qui sont encore, à mon avis, encore
fragiles et qu'on doit supporter, même après 10 ans.
Puis je vous dirais
que l'un des principaux défis, à mon avis, qui nous interpelle comme région, et
c'est fort possiblement un des éléments qui
va sortir, qui va transcender de façon majeure dans la stratégie
gouvernementale de développement de
la région, c'est toute la question des transports. Puis là ce que je vais vous
livrer comme message, je suis certain
que ça peut s'apparenter à ce que vivent beaucoup d'autres régions aussi au
Québec. À mon avis, comme ministre délégué
aux Régions, je suis extrêmement sensible à cette cause-là, puis c'est une
cause qui me tient très, très, très à coeur. Ça fait 29 ans que je travaille dans le développement des régions
sous différentes formes, dans différentes organisations. Bon, là, j'ai le privilège d'occuper le poste de
ministre délégué aux Régions, puis ça me permet de voir et d'intervenir
dans le développement des régions à un autre
niveau, et je me rends compte que c'est extrêmement complexe et que les
régions doivent faire valoir énormément
leurs problématiques puis leurs défis. Souvent, c'est une problématique de
méconnaissance de la réalité des régions qui fait en sorte qu'on a de la
difficulté, hein, dans les régions, à réaliser ou à... à réaliser nos dossiers,
nos dossiers.
des principaux défis que je vous disais qu'on va probablement avoir à relever
dans les prochaines années, c'est toute la question des infrastructures. Moi, dans
mon jargon, je me plais souvent à dire que les régions doivent d'abord
avoir un coffre à outils, hein? Ça te prend
des conditions de base pour te développer. Ces conditions de base là, à mon
avis, ce sont les transports, la santé, l'éducation, les communications. Puis
malheureusement plusieurs régions, dont la région de Gaspésie—Les Îles, on est présentement affairés à travailler, à
développer, à remettre en place ce qu'on appelle nos conditions de base au développement. Donc, on
demande aux communautés de se prendre en main, de se développer, d'être audacieuses, de faire preuve de dynamisme, mais
souvent, au fur et à mesure, hein, du temps, on leur a retiré ce qu'on
appelle, là, ce qu'on appelle leurs conditions de base, notamment au niveau des
transports.
Pour
vous donner un exemple du défi qu'on a à relever, avant même de penser à
diversifier puis à développer notre économie,
la région de la Gaspésie doit s'assurer de maintenir son service de chemin de
fer. Trouvez-moi d'autres régions au Québec
qui n'ont pas de service de chemin de fer ou qui sont en train de perdre leur
service de chemin de fer. Donc,
quatre MRC en Gaspésie ont dû acheter le chemin de fer, depuis 1996, de façon
successive, différents tronçons. Donc, ça revient à la région, à quatre MRC d'assurer
le service de chemin de fer sur leur territoire, autant au niveau des
marchandises que des passagers. C'est tout un défi.
Même
chose au niveau du transport aérien. Présentement, si on prend l'avion à l'aéroport
de Gaspé… D'abord, c'est un aéroport qui a été
transféré du fédéral à la ville de Gaspé en 1998 avec un déficit de
400 000 $ par année. La communauté
a dû, suite à des menaces d'abandon de l'aéroport, le prendre à sa charge. Et
présentement un billet d'avion Gaspé-Québec : entre
1 200 $ et 1 600 $ du billet. Ça fait que, tu sais, c'est
quand même un handicap, là. On parle de transport aujourd'hui comme quelque
chose d'acquis, mais, dans les régions, ces conditions de base là, elles ne
sont pas acquises encore.
• (17 h 20) •
Donc,
avant même de penser à diversifier notre économie, à développer des nouveaux
créneaux, à prendre en main, hein, ces dossiers-là, à se concerter, on doit se
battre pour des services aussi basiques, aussi élémentaires que le
transport en 2013. Je pourrais vous parler
de services de santé, des gens qui doivent aller chercher des services de santé
spécialisés à 1 000 kilomètres
aller-retour de Gaspé, hein, notamment à Rimouski. Je pourrais vous parler
aussi de nos étudiants, aucun centre
universitaire en Gaspésie. Donc, le point le plus près, l'université la plus
près est Rimouski, 1 000 kilomètres aller-retour. Après ça, c'est Québec, c'est Montréal. Donc, on parle beaucoup,
là, des enjeux de l'éducation ce temps-ci. Moi, j'aimerais qu'on parle de l'enjeu et des impacts de l'éducation sur les
régions. Nous, un Gaspésien ou une Gaspésienne qui s'en va à Montréal, ou à Québec, ou à Rimouski
étudier, ce n'est pas 3 000 $ d'inscription par année ni
2 800 $. C'est 17 000 $ que ça coûte à leurs
parents. C'est ça, la réalité d'être en Gaspésie puis d'occuper un territoire.
Donc, ça, c'est la réalité des régions.
Donc,
beaucoup de défis à relever, mais beaucoup de potentiel. Au niveau touristique,
on a des beaux projets sur la table. On a développé le produit des croisières
internationales. 50 000 visiteurs viennent à Gaspé et à Percé depuis un
an. On a quadruplé la clientèle des 10
dernières années grâce à des investissements au niveau touristique. Les
Îles-de-la-Madeleine aussi ont des...
bon, font
partie de ma région. Les Îles-de-la-Madeleine sont une… ce sont des
gens... des insulaires. Donc, ils
vivent aussi avec toutes les problématiques reliées à l'éloignement, à l'insularité,
les coûts plus élevés des denrées, hein? Un panier d'épicerie qui coûte, à Gaspé ou à Rimouski, 100 $, il est
peut-être 125 $ aux Îles-de-la-Madeleine. Donc, même problématique
pour les études, la santé. Donc, ça, c'est la réalité des régions.
Donc,
moi, mon message que je veux livrer comme ministre délégué aux Régions, c'est :
Oui, on doit accompagner les régions, mais on
doit reconnaître la vraie réalité des régions. Puis l'éloignement, hein, c'est
un des éléments qui m'apparaît, là, essentiel
à prendre en compte. Avant même de demander aux gens de prendre en main leur
développement, est-ce qu'on pourrait s'assurer que les conditions de base
soient disponibles à ces communautés-là?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de
Saint-Maurice.
M. Trudel : Oui. Je vous ai entendu parler de la question
aéroportuaire et puis du transfert du gouvernement fédéral. On a quelque chose en commun, votre région et la mienne :
deux parcs nationaux qui ont... Nous en Mauricie, il y a un parc national qui a été comme la bougie d'allumage,
l'amorce, là, du développement touristique et qui a entraîné d'autres
choses. Quelle est la situation chez vous par rapport à l'exploitation du parc
Forillon puis l'impact, là, du parc sur le développement touristique chez vous?
M. Lelièvre : Le parc Forillon a été créé en 1970, une décision qui s'est
prise en termes de semaines. On a fusionné ou
regroupé de force 12 municipalités pour créer le parc national de Forillon. C'est
issu d'un rapport gouvernemental qu'on appelle le BAEQ, le Bureau d'aménagement
de l'Est du Québec, qui prévoyait qu'en créant un parc national on aurait amené
un million de visiteurs en Gaspésie et créé tout près de 1 000 emplois.
Une voix : ...
M. Lelièvre : 1970. Aujourd'hui, l'évaluation de tout ça après 40 ans, c'est
qu'on n'a jamais dépassé le 225 000
visiteurs, c'est loin du million de visiteurs prévus; et on a à peine dépassé
les 200 emplois, c'est quand même assez loin aussi du 1 000 emplois
prévus. Le parc Forillon devait être, là, un peu un des fers de lance, là, du
développement touristique. Malheureusement,
ça n'a jamais été le cas. Et pire, 2006, la région a tenu des audiences
publiques avec Parcs Canada pour déterminer l'avenir du parc, les
investissements qui seraient requis, puis on avait au rendez-vous une commande
35 millions d'investissement pour remettre à niveau le parc Forillon, qui
a été vraiment délaissé. Donc, le produit ne répond plus aux attentes du
tourisme. En termes de publicité, les budgets sont énormément diminués. Et même au niveau des coupures de personnel, là, à l'automne
dernier, sur 80 postes, on a eu près d'une trentaine de postes qui ont
été affectés par des coupures budgétaires, dont 11 postes coupés de façon
permanente.
Donc,
il y a vraiment... C'est vraiment un enjeu pour la région. La communauté s'est
mobilisée. Et on a perdu confiance comme communauté. La région a perdu
confiance en la capacité et en la volonté du gouvernement fédéral de relancer Forillon, ce qui fait qu'on a avancé,
pendant la dernière campagne électorale, la possibilité que Québec se
porte acquéreur, avec compensation, du parc
Forillon pour l'inclure dans son circuit. On a le parc de la Gaspésie qui est
au nord de la Gaspésie, le parc qui
appartient au Québec, le parc de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé au sud,
et on aurait, à la pointe, le troisième parc pour former un triangle,
pour offrir à la communauté, tant nationale qu'internationale, une destination
de choix au niveau touristique en Gaspésie.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de
Saint-Maurice.
Trudel : Je viens d'entendre les
mots, là, «désengagement du fédéral», là, pour le développement du
parc Forillon. Ça amène le milieu à investir
lui-même pour compenser certains retraits ou trouver des ressources ailleurs
pour maintenir la vocation touristique du
parc Forillon, entre autres, là. J'ai déjà entendu... ouï-dire de certaines
interventions qui ont été faites, par vous,
entre autres, ou par la communauté, supporter des bénévoles, ainsi de suite, le
CLD... Je crois que vous vous sentez responsable malgré tout de
maintenir l'activité puis d'assurer que ces activités-là demeurent bel et bien
vivantes, même si, pour le gouvernement fédéral, c'est peut-être moins
intéressant ou il a moins d'intérêt.
Lelièvre : À l'automne
dernier, le fédéral a annoncé la fermeture de certains services, là, en période hivernale, notamment les sentiers de ski de fond. C'est
une activité qui était quand même... qui collaborait à l'offre de produit touristique hivernal. Et, bon, Parcs Canada a
décidé de fermer ce service-là. Donc, effectivement, la communauté a dû
se prendre en main pour remettre en place un
minimum de services. Donc, le CLD a investi de l'argent. Moi, comme
député, j'en ai également investi un peu, et
la ville de Gaspé, Puis tout ça a permis, avec l'aide de nombreux bénévoles,
d'assurer la reprise des services ou du
produit, qu'est le ski de fond dans le parc de la Gaspésie... dans le parc de
Forillon, je m'excuse. Donc, on a
sauvé, hein, si on peut dire, la saison à minuit moins une, en janvier dernier.
Mais là il y a une réflexion à plus long
terme qui s'amorce dans la communauté, à savoir comment on peut faire pour ne
pas être dans la même situation l'année
prochaine puis essayer de se donner un plan à moyen et long terme avec la
collaboration, on l'espère, puis une reprise, là, des investissements de
Parcs Canada. Et le milieu est prêt à collaborer pour soutenir ce service-là.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de Saint-Maurice.
Trudel : Bon,
autrement dit, le gouvernement fédéral se retire, on assume et puis on paie
pour. Pendant ce temps-là, c'est toujours notre argent, nos taxes, nos impôts qui sont
envoyés à Ottawa, Mme la Présidente, là, qui servent ailleurs, qui ne
servent pas... qui ne viennent pas appuyer les gens de votre milieu.
Ces temps-ci, j'entends
d'autre chose aussi concernant l'action du gouvernement fédéral, entre autres
avec l'assurance chômage. Encore là, je vous
ai parlé des similarités avec notre région, la belle région de la Mauricie.
Chez nous, l'industrie touristique, la plupart des intervenants touristiques,
sans parler des employés, sont particulièrement préoccupés sur le maintien de
la qualité des investissements et de la main-d'oeuvre, entre autres. Parlez-moi
donc de ce qui se passe chez vous là-dessus, l'impact, là, des coupures sur l'assurance
chômage.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre, oui.
Lelièvre : C'est
sûr que, sur le plan économique, l'assurance-emploi fait malheureusement
partie
de la réalité des régions et de la Gaspésie, hein, notre région aussi, Gaspésie—Les
Îles. Les principaux employeurs sont notamment au niveau des pêches, de la forêt et du tourisme.
Donc, ce qu'on appelle la saisonnalité fait
partie de notre réalité. Ce
n'est pas qu'on n'aimerait pas ça que tous
les travailleurs et les entreprises fonctionnent à l'année, mais on n'a pas
encore réussi à mettre des filets
dans la mer à travers la glace puis on n'a pas encore réussi à attirer autant
de visiteurs dans le tourisme hivernal
qu'on le souhaiterait, même s'il y a beaucoup d'efforts qui sont déployés, dans
les dernières années, par différentes organisations et différents
intervenants qui tentent de développer de plus en plus le tourisme hivernal.
Mais
la notion de distance est un élément qui est incontournable pour nous. Puis,
avec la situation des transports que je vous faisais part tantôt, c'est clair que,
oui... On a, par exemple, dans les Chic-Chocs, là, apparemment des
conditions de neige qui se rapprochent de ce
qu'on trouve en Europe puis dans l'Ouest canadien. Mais, quand tu pars de Paris
pour te rendre au Québec faire du
ski, puis ça te coûte 500 $ de billets d'avion, de Paris à Montréal, puis
on t'en charge 1 600 $ de Montréal à Gaspé, disons que tu vas
peut-être bifurquer par le nord de Montréal au lieu de venir en Gaspésie. C'est
ça, la réalité. Le train, même chose au
niveau du train, on a un gros défi à relever. Donc, le train est interrompu en
termes de service. Donc, tout ça fait en
sorte que le développement du tourisme, qui est un des créneaux très porteurs
pour la région, ce développement-là
est rendu très difficile, notamment en raison, là, de la situation, là,
précaire des modes de transport.
partir de ça, bon, la réforme de l'assurance-emploi, écoutez, je pense que tout
le monde l'a entendu largement dans les
dernières semaines, on est rendus à une étape où on revient à des conditions
qui avaient été écartées huit ans passé,
puis aujourd'hui on nous présente pire que ces conditions-là en termes de
rémunération pour les prestataires de l'assurance-emploi.
Donc, écoutez, ce n'est pas facile, les gens sont... Les nouvelles mesures font
en sorte qu'on a très peur aussi de
perdre notre main-d'oeuvre. On parlait, en début d'étude de crédits, tout à l'heure,
de pénurie de main-d'oeuvre en Gaspésie. Mais nos travailleurs
saisonniers, c'est une clientèle qui est incontournable puis qu'on a besoin.
Oui, on vise à les faire travailler à l'année longue, mais, comme je le
mentionnais tantôt, c'est quand même un défi de taille.
• (17 h 30) •
Donc, on a quand même
besoin de cette clientèle-là saisonnière, cette masse de travailleurs là. Mais,
quand la réforme de l'assurance-emploi leur
dit qu'ils vont devoir faire, par exemple, deux démarches par semaine
obligatoires pour tenter de se trouver un
emploi jusqu'à 100 kilomètres de leur lieu de résidence et à accepter jusqu'à
70 % du salaire qu'ils gagnent dans leur premier emploi, c'est des
conditions qui sont très difficiles. Donc, ce qu'on craint, c'est que ces conditions-là vont amener les gens à se déplacer.
Cette main-d'oeuvre-là va devoir se déplacer vers des lieux où il y aura
de l'emploi puis où le déplacement de 100 kilomètres ne sera plus une menace.
Donc, c'est vraiment très, très critique, là, ce qui se passe présentement au niveau de l'assurance-emploi. Puis c'est les
travailleurs saisonniers, mais aussi les industries saisonnières. J'ai parlé à
des gens de l'industrie de la pêche, des gens du tourisme qui vraiment, là, craignent de perdre une grosse
partie de leur
main-d'œuvre. Puis c'est dommage, parce que, présentement, le
gouvernement du Québec, avec ses partenaires, les CRE, les MRC, les CLD, les
municipalités, un paquet
d'organismes, on tente de diversifier notre économie par des mesures, notamment
comme la Politique nationale de la
ruralité, par d'autres programmes qui s'appliquent aux régions, puis, en même
temps où on fait de petits gains, bien cette
réforme-là nous fait reculer de beaucoup, notamment, là, par le risque de
perdre notre main-d'œuvre, qui est notre ressource la plus importante,
nos ressources humaines.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le ministre. Alors, M. le
député de Saint-Maurice, il vous reste un
quatre minutes.
M. Trudel : Oui. Merci beaucoup. Vous savez, dans
votre région, je crois qu'il y a un peu d'eau. S'il y a de l'eau, bien il y a des
bateaux, puis les bateaux, il faudrait les accrocher en quelque part.
Parlez-moi donc un peu, là, de l'industrie portuaire et puis tout l'impact
que le transport fluvial pourrait avoir chez vous, là.
Présidente (Mme Champagne) : M. le
ministre.
Lelièvre : O.K. Vous faites
probablement allusion à la flotte de bateaux de pêche, je présume?
M. Trudel : Bien, entre autres, mais aussi tout
ce qui touche le transport portuaire, soit un autre des modes de transport qui est présent chez vous.
M. Lelièvre : O.K. Disons, ce qu'on appelle le
cabotage, le Québec a une politique fluviale qui remonte quand même à un bon
bout de temps, hein, plusieurs années, une dizaine d'années, cette politique-là
n'a pas été vraiment mise en branle ou, je vous dirais, mise en
application, en Gaspésie, pour différentes raisons.
Mais je pourrais peut-être aborder toute la
question des infrastructures de transport, les infrastructures de quais, hein, les quais.
La Gaspésie, bon, avait à peu près un quai, dans chacun de ses villages, dans
les dernières décennies. Puis, avec la politique
de fermeture ou d'abandon des quais, soit de Pêches et Océans ou de Transports
Canada… Parce que les quais qui sont dédiés à
la pêche sont sous juridiction de Pêches et Océans Canada, puis les quais qui
sont de juridiction… transport de marchandises
sont sous la juridiction de Transports Canada. Les deux types de quais ont subi des grosses rationalisations au cours
des dernières années, ce qui fait que les municipalités qui souhaitaient
conserver, soit pour maintenir leurs entreprises de transformation de produits marins ou maintenir leurs activités de
pêche, ces municipalités-là qui voulaient maintenir leurs infrastructures, leurs quais, et, suite à la
menace, là, de Pêches et Océans de les fermer, bien ont dû devenir
propriétaires aussi de ces infrastructures-là.
Donc, les premières années, on avait des
budgets pour la remise à niveau de ces infrastructures-là, la municipalité acquérait le quai avec une enveloppe de mise
à niveau, mais 10 ans, 15 ans, 20 ans après, avec tous les
changements climatiques, avec la météo qui
est de plus en plus imprévisible, ces infrastructures-là aujourd'hui sont en
très mauvais état pour la plupart. Et
seules les infrastructures qui sont toujours propriété du gouvernement fédéral
réussissent à être mises à niveau,
mais celles qui ont été abandonnées par le programme de retrait, là, du fédéral
sont généralement en très mauvaise condition
puis souvent deviennent dangereuses, même des nuisances dans le village puis
doivent être condamnées. Donc, c'est
sûr qu'au niveau de la pêche les gros centres de pêche sont relativement bien
desservis, mais les petites communautés, eux, sont aux prises avec souvent d