Health and Social Services — 14 August 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-08-14
Quebec — Committees
La Présidente (Mme
Tremblay) : Parfait. C'est correct pour tout le monde? Oui?
Turcotte :
Consentement pour respecter le plan d'étude qui nous a été présenté par la ministre.
La Présidente (Mme
Tremblay) : Parfait. Alors, c'est accepté, aucun problème, pour l'article
Charlebois :
Alors, Mme la Présidente, je vous parlerais donc de l'article
51.0.1. Et est-ce que j'avais un amendement à retirer? Je ne le
croirais pas. Il remplaçait l'amendement que nous avions déposé, qui était à l'article
51.2. Alors, 51.0.1 va remplacer 51.2.
Alors, insérer, après l'article 51 du projet de
loi, l'article 51.0.1.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Vous pouvez
le lire, puis ensuite on va le distribuer. Juste pour être certains. Est-ce
qu'il y a une objection?
Turcotte : Bien, il
ne faut pas retirer l'amendement qui a déjà été...
Charlebois : Le 52
a déjà été adopté?
Turcotte : Non,
mais il n'a pas été déposé encore. On en a jasé.
Charlebois : Oui,
je l'avais déposé à la dernière session.
Turcotte : C'est ça,
mais il ne faut pas le retirer, cet amendement-là, le 51.2? On le maintient?
Charlebois : C'est
ça qu'on vient de faire. On le
remplace, parce que, vous vous souvenez, j'avais déposé les amendements
en liasse.
Turcotte : O.K. Ça
fait que c'est un sous-amendement. Comment on a fait ça?
Charlebois : En
fait, on enlèverait 51.2.
Turcotte : Ça fait
qu'il faut le retirer puis en présenter un.
Charlebois : Je le
retirerais, c'est ça.
Turcotte : Donc, il
faut donner notre consentement pour le retirer.
Charlebois :
Exact. O.K. Excusez.
La Présidente (Mme Tremblay) : Est-ce
qu'il avait été...
On va
suspendre une petite minute juste pour bien comprendre puis, tout le monde, être sur la même longueur d'onde, puis on vous revient. Ce ne
sera pas long.
Charlebois : Oui.
(Suspension de la séance à 14 h 12)
Présidente (Mme Tremblay) :
Alors, nous reprenons les travaux. L'amendement 51.0.1 a été distribué. Alors, Mme la
ministre, vous pouvez en faire la lecture.
Charlebois : Alors, à l'article 51, on demande d'insérer, après l'article
51 du projet de loi, l'article suivant :
51.0.1. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 82, du suivant :
«83. Une
personne ou une famille d'accueil est admise à l'audience de toute demande
relative à l'enfant qui lui est confié.
«Elle peut
témoigner et présenter ses observations au tribunal lors de l'audience et, à
ces fins, être assistée d'un avocat.
«À moins d'avoir obtenu l'autorisation du
tribunal, elle ne peut participer autrement à cette audience.
«Sauf dans le
cas d'une demande visée à l'article 47, le directeur doit, dans les meilleurs délais,
informer la personne ou la famille
d'accueil de la date, de l'heure et du lieu de l'audience de toute demande
relative à l'enfant qui lui est confié, de l'objet de cette demande ainsi que de son droit d'être admise à
l'audience et d'y participer dans la mesure prévue par le présent
article.»
Est-ce que vous voulez que je commente maintenant?
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui.
Charlebois :
Alors, cet amendement vise à introduire l'article 83 de la loi afin de
prévoir le droit d'une famille d'accueil ou
d'une personne de participer à l'audience de toute demande concernant l'enfant
qui lui est confié, dans la mesure décrite par cet
article, notamment en étant admise à l'audience et en ayant la possibilité de témoigner et de présenter
ses observations au tribunal. À cette fin, cet amendement
prévoit également le droit d'une famille d'accueil ou d'une personne d'être informée par le
directeur, évidemment, de la tenue de cette audience concernant
l'enfant qui lui est confié, sauf s'il s'agit d'une demande de
prolongation des mesures de protection immédiate faite en vertu de
l'article 47 de la loi.
je vous dirais, Mme la Présidente, que c'était une demande qui était vraiment
faite avec beaucoup d'insistance et je crois que c'est quelque chose qui va rendre heureuses l'association mais aussi les familles d'accueil comme telles.
La Présidente (Mme
Tremblay) : Parfait. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui.
Charlebois :
51.0.1.
La Présidente (Mme
Tremblay) : M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci, Mme la Présidente. Donc, effectivement,
c'est un amendement qui nous satisfait. Pour ma part, au nom de l'opposition officielle, c'est une... Ça va dans le
sens, principalement, là, grosso modo, de la demande, effectivement, des familles d'accueil, qui
souhaitaient pouvoir avoir un statut, sur le plan juridique, là, dans le
processus judiciaire. Donc, nous, ça
nous satisfait. Je vois aussi que, suite à cet amendement-là, la ministre aura
sûrement d'autres amendements ou
sous-amendements, peu importe, sur un certain nombre, là, de discussions que
nous avions, effectivement, suspendues.
C'est pour ça qu'il y a eu un petit micmac, là, à ce sujet-là, parce que
beaucoup d'articles ont été suspendus en
raison de l'attente de l'étude de cette pièce maîtresse, hein? C'est une clé
importante dans l'étude du projet de loi n° 99. Donc, nous sommes très heureux que la ministre
s'est rendue à nos arguments, aux arguments des familles d'accueil, et je
crois que pour le bien des enfants ça sera
une bonne chose que les familles d'accueil puissent avoir, effectivement, un
statut qui leur est propre dans ce processus-là.
Donc,
nous voyons d'un bon oeil l'amendement qui est présenté par la ministre
actuellement et nous allons voter en sa faveur.
La Présidente (Mme
Tremblay) : Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Schneeberger : Bien, bonjour à tous. Mme la Présidente, je
veux premièrement souligner l'ouverture de la ministre là-dessus. Alors, je la félicite pour cette belle ouverture
puis je pense que c'est un bon point pour non seulement les familles d'accueil, mais aussi pour les
enfants, parce qu'étant donné que les familles d'accueil pourront aussi amener
leurs points de vue devant le juge ça marque une avancée importante pour les
enfants. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Tremblay) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement introduisant le nouvel article, 51.0.1, est adopté?
La Présidente (Mme
Tremblay) : Alors, le nouvel article, 51.0.1, est maintenant adopté.
Nous allons passer maintenant au bloc Émancipation. Il n'y a pas de changement.
Donc,
L'article 29. Mme la ministre.
Charlebois : Alors, l'article 29 — Mme la Présidente, nous touchons,
effectivement, le bloc Émancipation : Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 70, de la
section suivante :
«70.0.1. Lorsque le
tribunal est saisi, en vertu du troisième alinéa de l'article 37 du Code
de procédure civile (chapitre C-25.01),
d'une demande portant sur l'émancipation d'un enfant, le directeur doit lui
présenter une évaluation de la situation sociale de cet enfant
accompagnée d'une recommandation sur cette demande.
«Le tribunal peut,
selon le cas, déclarer la simple ou la pleine émancipation.
«Les règles du Code
civil s'appliquent à cette émancipation.»
Est-ce que je peux
commenter tout de suite, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Tremblay) : Allez-y.
Charlebois : Ce que je vous dirais, c'est que c'était
demandé par beaucoup de personnes, pour ne pas dire par tout le monde. Ici, ce
qu'on vise à introduire dans cette section, c'est d'introduire dans la loi
l'article 70, qui établit les règles
applicables à une demande d'émancipation
d'un enfant assujetti à la loi lorsque telle demande est présentée à la Cour du Québec, chambre de la jeunesse. Lorsque le tribunal est
saisi d'une telle demande, le directeur
de la protection de la jeunesse doit, comme je le disais en lisant l'article,
présenter une évaluation de la situation sociale de l'enfant de même qu'une recommandation
portant sur cette demande-là. Alors, ce sont les règles portant sur
l'émancipation prévues au Code civil qui
s'appliquent à l'émancipation pouvant être déclarée en vertu de la loi
notamment quant aux effets qui découlent d'une telle déclaration, et le
tribunal peut, comme le prévoit le Code civil, déclarer simple ou pleine
émancipation, et il faut savoir que ça va
demeurer sous la Loi de la protection de la jeunesse. Mais, à ce moment-ci, si
je ne me trompe pas, c'était prévu à la Cour supérieure mais pas prévu à
la Cour du Québec, et c'est ce qu'on vient rectifier avec cet amendement...
avec cet article, plutôt. Excusez-moi.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Il y a des interventions? Le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, Mme la Présidente. Au fond, quand on dit, là : «...d'une demande
portant sur l'émancipation d'un
enfant, le directeur doit lui présenter une évaluation de la situation
sociale», qui peut faire la demande d'émancipation?
Charlebois :
L'enfant lui-même, s'il y a un besoin, ou un curateur.
Turcotte :
O.K. Dans leur mémoire, le Barreau mentionne qu'il souhaiterait avoir un
mécanisme plus... eux, ils disent de prévoir un mécanisme pour permettre
au jeune lui-même de faire sa demande. Si le jeune peut le faire actuellement puis que le Barreau prétend qu'un
mécanisme serait appréciable d'être mis en place, ça veut dire que soit
que le mécanisme qui est en place n'est pas clair ou soit qu'il n'y en a pas.
Charlebois : Non.
Excusez, je vous coupe, je ne suis pas polie. Excusez-moi.
Turcotte : La
ministre semblait avoir un début de réponse. Elle peut y aller, puis je vais
poursuivre, là.
Charlebois : En
fait, c'est ce que vient faire cet article-là, qui n'était pas là auparavant.
Mme Gagnon (Amélie) : Bien...
Charlebois : Me
permettez-vous de permettre à...
Turcotte :
Consentement.
La Présidente (Mme Tremblay) : Il y
a consentement.
Charlebois : Il
faudrait vous présenter.
Mme Gagnon (Amélie) : Oui. Amélie
Gagnon, du ministère de la Justice.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Allez-y, Mme Gagnon.
Mme Gagnon (Amélie) : Oui. En fait,
là, première chose, c'est que, cette disposition-là, la compétence de la Cour du Québec a été donnée en 2016 avec le Code de procédure civile, donc depuis 2016 la Cour du Québec est compétente pour entendre des demandes d'émancipation dans le
cadre d'une demande en protection de la jeunesse.
L'article 70.0.1, qu'est-ce qu'il vient faire, c'est que, dans le
cadre de cette compétence-là, quand la Cour du Québec l'exerce, on vient
prévoir que le directeur doit présenter une
évaluation. Ça fait que c'est l'ajout qu'on vient faire. Mais actuellement la
Cour du Québec peut entendre déjà une
demande d'émancipation en chambre de la jeunesse... depuis 2016, en fait, et
c'est comme la Cour supérieure :
les mêmes règles, qui encadrent l'émancipation, s'appliquent autant à la Cour
du Québec qu'à la Cour supérieure, en fait.
Puis je peux
peut-être rajouter aussi. Quand vous disiez «faciliter», c'est sûr que,
l'émancipation, qu'est-ce qu'on cherche,
c'est l'autonomie de l'enfant. Un enfant qui demande l'émancipation doit faire
la preuve, la justification d'une certaine
autonomie, d'où l'importance que ça soit lui qui initie la demande, dans la
plupart des cas. Mais c'est sûr que le directeur
pourrait pour une simple émancipation aussi... Comme le Code civil ne prévoit
pas exceptionnellement juste l'enfant, bien, dans le fond, le directeur
pourrait également faire la demande pour l'enfant, pour la simple.
Turcotte : O.K. Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui.
Turcotte :
J'entends ce qui est dit actuellement. Cependant, j'ajouterais, le Barreau
mentionne : «Ceci étant, il y aurait lieu de prévoir, compte tenu
des objectifs de la [Loi de la protection de la jeunesse], une procédure de
simple et pleine émancipation propre au
droit de la jeunesse, similaire à celle prévue pour la tutelle.» Donc, selon
moi, si le Barreau mentionne ça, c'est que, pour eux, le mécanisme qui
est présent n'est peut-être pas si clair que ça.
La Présidente (Mme Tremblay) : Mm