Culture and Education — 14 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)

CCE 2026-05-14

Quebec — Committees

Culture and Education — 14 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)

CCE 2026-05-14

Quebec — Committees

Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation - Assemblée nationale du Québec

sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube

Députés

La présidente

Les députés depuis 1764

Coordonnées des députés

La fonction de député

Fonctions parlementaires des députés

Composition des commissions

Indemnités et allocations

Cercle des femmes parlementaires

Cercle des jeunes parlementaires

Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec

Fondation Jean-Charles-Bonenfant

Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager

Travaux parlementaires

Calendrier hebdomadaire des travaux

Journal des débats

Index du Journal des débats

Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale

Propos non parlementaires

Assister aux travaux

Travaux de l'Assemblée

Toutes les séances

Documents déposés

Projets de loi

Cheminement des projets de loi

Registre des votes

Travaux des commissions

Liste des commissions

Mandats en cours

Documents déposés

Rapports et documents de réflexion

Exprimez votre opinion!

Pétitions

Signer une pétition électronique

Consulter une pétition présentée à l'Assemblée

Lancer une pétition

Suivre le cheminement d'une pétition

Consultations publiques

Comment participer à une consultation

Liste des consultations publiques

Commenter un sujet à l'étude

Présenter un projet de loi d'intérêt privé

Vidéo

En direct et webdiffusions à venir

Archives des travaux et activités parlementaires

Travaux de l'Assemblée

Travaux des commissions

Activités de presse

Activités spéciales et institutionnelles

Députés

Le Canal de l'Assemblée

Émissions et capsules promotionnelles

Espace jeunesse

Commander un extrait

Calendrier

Ouvrir

En direct

Calendrier détaillé

_date_du_jour

Aujourd'hui

_heure_en_cours

En cours

Activités du jour

Exposition(

s) Drapeau(

x) sur l'hôtel du Parlement

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.

Pour plus de renseignements

L'ABC de l'Assemblée

Visiteurs

Restaurants

Actualités et salle de presse

Bibliothèque

Publications

Éducation

Diplomatie

Histoire

Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation

Travaux parlementaires

Journal des débats

Index du Journal des débats

Travaux de l'Assemblée

Registre des votes

Travaux des commissions

Administration publique

Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles

Aménagement du territoire

Assemblée nationale

Culture et éducation

Économie et travail

Finances publiques

Institutions

Relations avec les citoyens

Santé et services sociaux

Transports et environnement

Mandats en cours

Rapports et documents de réflexion

Cheminement des projets de loi

Projets de loi

Documents déposés

Dépôts du jour

Calendrier hebdomadaire des travaux

Mots clés

Type de documents

Tous les documents

Documents déposés

Feuilletons et préavis

Journaux des débats

Mémoires

Procès-verbaux de l'Assemblée

Projets de loi

Rapports et documents de consultation des commissions

Type de travaux

Travaux de l'Assemblée et des commissions

Travaux de l'Assemblée

Travaux des commissions

Commission de la culture et de l’éducation

Commission de la santé et des services sociaux

Commission de l'administration publique

Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles

Commission de l'aménagement du territoire

Commission de l'Assemblée nationale

Commission de l'économie et du travail

Commission des finances publiques

Commission des institutions

Commission des relations avec les citoyens

Commission des transports et de l'environnement

Sous-commission de la réforme parlementaire

Période

De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>

Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>

Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.

" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />

La date de début doit précéder la date de fin.

Session

Toutes les sessions

Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )

43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)

43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)

42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)

42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)

41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)

40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)

39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)

39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)

38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)

37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)

37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)

36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)

36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)

35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)

35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)

34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)

34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)

34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)

33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)

33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)

32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)

32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)

32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)

32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)

31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)

31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)

31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)

31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)

31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)

31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)

30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)

30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)

30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)

30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)

29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)

29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)

29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)

29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)

28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)

28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)

28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)

28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)

28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)

27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)

27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)

27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)

27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)

26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)

26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)

25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)

25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)

25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)

25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)

24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)

20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)

18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)

18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)

17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)

16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)

16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)

16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)

15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)

15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)

15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)

15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)

14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)

14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)

14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)

13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)

13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)

13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)

13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)

12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)

12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)

12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)

12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)

11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)

Partager

Diagramme de l'Assemblée

En direct sur le Web

Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation

Version préliminaire

Retour à la liste des séances du Journal des débats

43 e législature, 3 e session

(début : 5 mai 2026)

Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

jeudi 14 mai 2026

Vol. 49 N° 4

Étude des crédits budgétaires du ministère de la Culture et des Communications

Aller directement au contenu du Journal des débats

Heures

11 h 30

12 h

12 h 30

13 h

Intervenants par tranches d'heure

11 h 30

Guillemette, Nancy

Zanetti, Sol

Cadet, Madwa-Nika

Lacombe, Mathieu

12 h

Lacombe, Mathieu

Zanetti, Sol

Guillemette, Nancy

Cadet, Madwa-Nika

12 h 30

Lacombe, Mathieu

Cadet, Madwa-Nika

Guillemette, Nancy

Gentilcore, Catherine

Dufour, Pierre

13 h

Guillemette, Nancy

Cadet, Madwa-Nika

Lacombe, Mathieu

Journal des débats

11 h 30 (version révisée)

(Onze heures quarante minutes)

La Présidente (Mme Guillemette) :

Donc, bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de

la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.

La commission est réunie aujourd'hui afin

de procéder à l'étude de crédits budgétaires du portefeuille Culture et Communication

pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de deux heures a

été allouée pour l'étude des crédits, mais on a un petit peu de retard, donc

les temps de tout le monde, avec le consentement de tout le monde, ont été

ajustés en conséquence.

Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des

remplacements?

La Secrétaire : Non, Mme la

Présidente, il n'y a pas de remplacement.

Discussion générale

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci. Donc, nous allons procéder maintenant à une discussion d'ordre général,

incluant questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera faite à la

fin de la séance, soit vers 13 h 15.

M. Zanetti : ...le temps a

été compressé comment?

La Présidente (Mme Guillemette) :

C'est trois minutes par groupe, là, proportionnellement avec ce qu'on a, là.

M. Zanetti : OK. Puis qui a

donné le consentement, de notre côté, pour ça? Moi, je n'ai pas consenti, là.

La Présidente (Mme Guillemette) :

Et nous, on nous a dit qu'il y avait eu consentement de tout le monde. Je ne

sais pas si c'est votre leader...

M. Zanetti : On peut-tu

suspendre deux minutes? Je vais faire des vérifications.

La Présidente (Mme Guillemette) :

On ne peut pas suspendre. Vous pouvez vous informer pendant qu'on déroule

la séance. Si on suspend, on va devoir suspendre sur votre temps.

Donc, comme je le disais, la mise aux voix

va être mise vers 13 h 15. Donc, je céderais la parole, pour un

premier bloc d'intervention, à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.

Mme Cadet : Merci, Mme la

Présidente. Bonjour, M. le ministre. Donc, je plonge immédiatement. Merci de

vous prêter à l'exercice de l'étude des crédits budgétaires.

Donc, je commence avec un sujet qui a

quand même, donc, défrayé les manchettes il y a quelques jours, peut-être pas

celui que vous pensez en premier, mais celui d'en fin de semaine, qui était le

dossier sur l'intelligence artificielle. Donc, on a vu un dossier du Journal

de Montréal, donc, qui parlait des œuvres de centaines d'artistes du Québec

utilisées sans leur accord. On a vu, donc, des témoignages quand même assez

poignants, là et au cours des derniers mois, des dernières semaines, même, des

simulations qui ont été faites, qui étaient quand même assez troublantes.

De mon côté, je ne sais pas si vous aviez

vu ça, en février dernier, moi, j'avais déposé une demande de mandat d'initiative

demandant, donc, une... donc, une commission, là, qu'une de nos commissions

parlementaires se penche sur le dossier de l'intelligence artificielle. De mon

côté, c'était du côté des médias, hein, vous vous souvenez des sites de fausses

nouvelles qui pullulaient en ligne, donc, notamment sur les plateformes de

médias sociaux. Je me disais : Bien, je pense qu'à Québec, donc, on a la

juridiction pour pouvoir se pencher sur ces questions-là.

Donc, ma première question pour vous :

D'abord, est-ce que vous acceptez cette demande de mandat d'initiative? Puis

ensuite, donc, plus largement, voir quelles sont les initiatives qui sont

faites au niveau de l'intelligence artificielle à l'égard du ministère de la

Culture.

M. Lacombe : Bien, en fait,

sur la question du mandat d'initiative, évidemment, vous le savez encore plus

que moi, la commission... la commission peut... est souveraine, donc ce n'est

pas à moi, comme ministre, de vous dire si, oui ou non, ça va arriver. Par

contre, par contre, je pense que c'est un sujet transpartisan qu'il serait

intéressant de traiter de cette façon-là. Maintenant, on comprend aussi que le

temps avance, le temps file, donc est-ce que c'est, de façon réaliste, quelque

chose qu'on aurait le temps de traiter d'ici la fin de la session parlementaire?

Ça me semble... ça me semble assez hasardeux. Mais honnêtement c'est le type d'initiative

que j'aurais pu soutenir parce que je trouve que c'est un enjeu qui est

transpartisan, comme beaucoup d'enjeux culturels, d'ailleurs.

Sinon, sur ce qui est fait, sur ce que

nous faisons, je dirais qu'on a porté une attention particulière, dans les

derniers mois, parce qu'on a eu des cas, notamment avec des médias, j'ai un

exemple en tête, où on s'est fait interpeler parce que le contenu était généré

par l'intelligence artificielle. Et évidemment que, pour nous, ce n'est pas

quelque chose, dans le domaine de l'information, précisément, dans ce cas-ci,

qui est souhaitable, donc on s'est assurés qu'on puisse, par exemple dans le

cadre de nos programmes, s'assurer que le travail soit fait par des humains.

Donc, ça, c'est le cas.

Ensuite, pour tout le reste, bien,

évidemment, c'est un immense chantier, je n'ai pas la prétention de vous dire

qu'on a réglé ça, je pense qu'on devra le faire avec le milieu. Vous avez <soulevé

une...

M. Lacombe :

... qu'on

a réglé ça, je pense qu'on devra le faire avec le milieu. Vous avez > soulevé

une une piste, tantôt, de véhicule pour y arriver de façon transpartisane, mais

sinon on a une attention particulière, que ce soit au Conseil des arts et des

lettres du Québec, que ce soit à la Société de développement des entreprises

culturelles, dans nos programmes, pour nous assurer qu'on ne vienne pas

subventionner du travail qui serait fait par l'intelligence artificielle.

Mais, en même temps, j'ai aussi envie de

vous dire que la ligne est mince, parce qu'on a aussi des créateurs qui nous

disent : On veut utiliser l'intelligence artificielle, mais on veut

qu'elle soit au service de notre création, on ne veut pas qu'elle nous

remplace. Donc, cette ligne-là, elle est très mince. Donc, je réitère

l'importance de le travailler avec le milieu puis, idéalement, aussi, de façon

transpartisane.

Mme Cadet : Merci. Hier soir,

justement, il y a un

article qui a été publié sur le site de Radio-Canada qui

concernait le fait que le Regroupement pour l'Art Humain dénonçait l'usage de

l'IA par Télé-Québec. Vous avez peut-être vu ça passer. Donc, Télé-Québec,

donc, a été quand même assez transparent dans son usage de l'intelligence

artificielle, à créé, donc, un épisode, donc, complet d'une série jeunesse, Lotus

et Cali , par intelligence artificielle générative. Puis, bien évidemment,

c'est sûr que ça inquiète un peu le milieu. On ne vous a pas entendu sur ce

dossier-là. Vous, qu'est-ce que vous en pensez?

M. Lacombe : Bien, je me

réfère à ce que je viens de dire dans ma précédente réponse, c'est-à-dire que

la ligne est mince. La ligne, elle est mince, mais je ne pense pas qu'on puisse

écarter du revers de la main le recours à l'intelligence artificielle

lorsqu'elle est au service des créateurs et des créatrices. Je pense que là où

ça devient un problème, c'est quand ça remplace les créateurs et les créatrices

et quand on se prive, donc, de leur créativité, de la créativité humaine. Donc,

ça, c'est évidemment non négociable, il faut protéger ça non seulement au

Québec, mais partout dans le monde. Maintenant, est-ce qu'on doit laisser le

train passer puis regarder ça en ne faisant rien? Je ne pense pas. Je pense

qu'on doit se dire que l'intelligence artificielle est là pour rester. Comme, à

l'époque, la dernière transformation, ça a été l'arrivée d'Internet. Bien,

Internet, on pouvait bien se dire que ce serait passager. Évidemment, ce ne

l'était pas, c'était là pour rester. Donc, il faut en tenir compte puis il faut

travailler.

Donc, que Télé-Québec... que Télé-Québec travaille

avec l'intelligence artificielle non pas pour remplacer les créateurs et les

créatrices, mais pour voir comment on peut mettre l'intelligence artificielle

au service de la création des créateurs et des créatrices, bien, moi, je pense

que c'est bien, je pense que c'est bien, mais il faut évidemment le faire de

façon très, très prudente et ne pas remplacer la création humaine par le

recours à l'intelligence artificielle.

Mme Cadet : Mardi, lors de

l'étude... l'étude de crédits budgétaires en langue française, j'avais noté

dans le cahier de crédits que le ministère de la Langue française avait fait

appel à ElevenLabs pour un montant de 101 $. Ça fait que, là, je me

demandais, donc, c'est quoi, ça, puis on m'a expliqué que c'était pour une voix

hors champ. Donc, je comprends que le ministère de Langue française avait

voulu, donc, réaliser des capsules et puis s'est dit : Ah! bien, on va

utiliser l'IA, donc, pour faire une voix hors champ, plutôt que d'utiliser,

donc, un être humain. Qu'est-ce que vous, vous pensez de cet usage de l'IA par

le ministère de la Langue française?

M. Lacombe : Je vais les

laisser répondre à ces questions-là, je pense que... Vous avez discuté déjà de

ça avec mon collègue en étude de crédits?

Mme Cadet : ...on a

discuté...

M. Lacombe : Bon, bien, il

vous a donné sa réponse, j'imagine.

Mme Cadet : Bien, j'ai

soulevé, donc, une inquiétude et puis je pense qu'il a pris la balle au bond,

qu'il s'est dit qu'effectivement qu'il y avait peut-être du travail à faire de

ce côté-là. Donc, je vous rassure, donc, votre collègue l'a dénoncé, cet

usage-là, puis qu'ils vont en prendre acte. Mais à vous, donc, je vous pose la

question : Est-ce que vous pensez que le gouvernement du Québec, donc,

devrait avoir une politique sur l'exemplarité de l'usage et l'intelligence

artificielle dans des cas comme celui-là?

M. Lacombe : Bien, une

politique d'exemplarité en toute chose, je pense que, oui, évidemment, on doit

montrer l'exemple. En matière de culture, je pense que je peux quand même le

souligner, parce que c'est important, mais, par exemple, lorsqu'on est en

campagne électorale, bien, on s'engage à faire affaire avec des créateurs, des

créatrices qui sont des humains, donc la création humaine, et ne pas avoir

recours à l'intelligence artificielle pour ça. Je pourrais vous dire aussi

qu'on s'assure de toujours faire affaire avec des artistes qui sont représentés

par l'UDA. Donc, ça, c'est important.

Donc, évidemment, je pense que le

gouvernement doit montrer l'exemple. Mais, ensuite, puis je ne veux pas

m'étendre là-dessus, mais je pense qu'il faut se poser la question pour

l'avenir, parce qu'il y a des métiers qui risquent d'être profondément transformés.

Puis l'idée, ce n'est pas de dire : Bien, tassons-les tout de suite puis

passons à l'intelligence artificielle. Mais il faut avoir la réflexion, il faut

avoir la réflexion parce que c'est inéluctable, ça va amener de grands

changements dans les industries culturelles.

• (11 h 50) •

Mme Cadet : Puis jusqu'à quel

point? Parce que, plus tôt, vous disiez que vous étiez en réflexion là-dessus. Puis

jusqu'à quel point vos réflexions ont avancé? Parce que, quand on regarde le

rapport du GTAAQ, il y avait quand même les recommandations 30 à 32 qui

s'intéressaient à la question de l'intelligence artificielle, on vous demandait

de mettre en place un comité chargé de réfléchir spécifiquement à <l'impact

de...

Mme Cadet :

demandait de mettre en place un comité chargé de réfléchir spécifiquement à

> l'impact de l'essor des IA génératives sur les artistes et autres

professionnels de la culture au Québec. Le rapport sur la découvrabilité aussi,

à sa mesure 68, nous parlait de créer, bon... Bon, pour eux, c'était un

observatoire responsable de la transformation numérique en IA, là. Mais il y

avait, donc, les questions d'intelligence artificielle, donc, qui étaient...

vous étaient, donc, soumises. Donc, jusqu'à quel point, donc, vous avez un

sentiment d'urgence puis jusqu'à quel point vous avez avancé dans la mise en

oeuvre de ces recommandations du rapport du GTAAQ?

M. Lacombe : Bien, je suis

animé d'un sentiment d'urgence à tous les jours, je suis dans l'urgence, mes

équipes peuvent en témoigner, on est toujours en train d'essayer de voir

comment on peut en faire plus. Dans le... Sur les points précis que vous

soulevez, qui sont dans le... dans les recommandations du Groupe de travail sur

l'avenir de l'audiovisuel, la première ministre l'a mentionné lors du discours

d'ouverture, je vais avoir l'occasion de présenter les suites que nous

donnerons au rapport du Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel d'ici

la fête nationale. Donc, à ce moment-là, ce sera sous la forme d'une stratégie

québécoise de l'audiovisuel, je l'ai déjà dit publiquement. À ce moment-là, on

pourra répondre à ces questions-là. Donc, je ne ferai pas les annonces avant

l'annonce, mais évidemment que...

Mme Cadet : ...

M. Lacombe : Pardon?

Mme Cadet : Non, je poursuis,

parce que je regarde le temps. Alors, parlons-en, d'audiovisuel. Parce que

l'autre nouvelle de la semaine, c'est la sortie de M. Péladeau sur la

fragilité, la grande fragilité du secteur audiovisuel. Donc, vous avez dit,

effectivement, donc, que cette stratégie s'en venait pour vous. Mais plus

précisément, donc, tu sais, vous, qu'est-ce que vous avez pensé de ce cri du

coeur là?

M. Lacombe : Je pense que

c'est un dossier dans lequel il y a beaucoup de nuances. Je pense que c'est un

défi qu'on doit relever collectivement, où le gouvernement a un rôle à jouer,

où les institutions publiques ont un rôle à jouer, mais où les entreprises

privées aussi ont un rôle à jouer, parce qu'évidemment on n'est pas aux

commandes de ces entreprises, puis elles ont la responsabilité de s'adapter au

nouvel environnement d'affaires dans lequel elles sont.

On ne reviendra pas en arrière. Je le

disais tantôt pour l'IA, c'est la même chose pour les plateformes numériques.

On ne reviendra pas à une époque où tout le monde va s'abonner massivement au

câble, c'est terminé. C'est une industrie qui est en décroissance. Les revenus

liés à l'industrie du câble, les revenus publicitaires sont en décroissance,

même chose pour les chaînes spécialisées. L'écosystème a complètement changé.

Donc, il faut que les entreprises adaptent leurs modèles d'affaires. Puis

adapter son modèle d'affaires, ça ne veut pas dire demander des subventions au

gouvernement, parce qu'à ce titre-là ça voudrait dire nationaliser les chaînes

privées, si on y pense puis si on va au bout du raisonnement. Donc, les

entreprises ont leur rôle.

Mais, de notre côté, les institutions

publiques, le gouvernement du Québec ont un rôle dans la façon dont les

programmes sont conçus, évidemment, dans la hauteur des investissements qui

sont faits. Puis c'est ce qu'on vise à faire avec la stratégie québécoise de

l'audiovisuel, c'est de donner au milieu tous les moyens que nous pouvons lui

donner, comme gouvernement, comme institution publique, pour qu'il puisse

affronter les défis de ce nouvel écosystème là.

Mme Cadet : Par exemple, dans

sa présentation, M. Péladeau demandait l'ajout d'un incitatif fiscal

supplémentaire pour les achats publicitaires dans les entreprises médiatiques

québécoises. Donc, vous, qu'est-ce que vous pensez de cette recommandation-là?

M. Lacombe : Bien, encore une

fois, je réserve mes commentaires sur les solutions pour la présentation de la stratégie

québécoise de l'audiovisuel, parce que c'est dans quelques semaines. Donc, je

ne vous donne pas rendez-vous l'année prochaine, on pourra en parler à ce

moment-là.

Mais je tiens quand même à dire qu'on a

posé des gestes, déjà, dans le dernier budget. Je pense notamment à cette

demande de longue date des entreprises, comme le Groupe TVA, mais aussi comme

Cogeco, comme Bell, par exemple, et d'autres diffuseurs, aussi, privés en

région, d'avoir accès au crédit d'impôt pour le salaire des journalistes. C'était

accessible seulement pour la presse écrite. À mon sens, ça n'avait pas de sens.

Les journalistes qui travaillent à la radio dans nos régions, qui travaillent à

la télévision dans nos régions mais aussi dans la métropole, dans la capitale

font un travail qui est aussi important. Donc, on est allés... on est allés de

l'avant avec cette demande-là qui va... qui va leur donner de l'air puis qui va

permettre aux citoyens, aux Québécois, aux Québécoises, d'avoir accès à de

l'information partout au Québec.

Mme Cadet : Bien, d'ailleurs,

vous avez tardé un petit peu, là, on... il y avait quand même plusieurs motions

à l'Assemblée nationale qui demandaient, donc, la mise en oeuvre de cette

recommandation-là. Donc, oui, effectivement. Donc, finalement, ça a été fait.

Donc, il y a peut-être d'autres aspects

sur lesquels vous voulez peut-être vous prononcer avant la mise en oeuvre de

cette stratégie-là. Par exemple, on sait que le gouvernement... On revient à

l'exemplarité, donc, en fait, des achats publicitaires, donc, sur... au sein,

donc, de nos médias québécois. C'est quoi, le niveau d'engagement du

gouvernement en ce qui concerne les dépenses publicitaires, donc, des

ministères et sociétés d'État, donc, auprès de nos médias?

M. Lacombe : Bien, je pense

qu'on peut dire qu'on... Je confirmais juste si le chiffre n'avait pas changé,

mais, de mémoire, on était à 85 % d'achats dans nos médias, ici, les

médias québécois, puis à peu près un 15 % sur les plateformes, parce

qu'évidemment il faut aussi rejoindre les gens là où ils sont. Donc, de

mémoire, ce sont les derniers chiffres que j'avais. Donc, <quand on

parle...

M. Lacombe :

... où

ils sont. Donc, de mémoire, ce sont les derniers chiffres que j'avais. Donc, > quand

on parle d'exemplarité, je pense qu'on peut dire qu'on... qu'on fait notre

part.

Mme Cadet : Sujet connexe,

parce qu'on va rester dans l'audiovisuel, vous avez peut-être vu une lettre

d'opinion disant, donc, qu'il fallait miser sur la musique, une lettre d'opinion,

donc, il y a quelques semaines, qui vous disait, bien : Ce serait

important que le gouvernement mette en place des incitatifs financiers pour

aider les créations audiovisuelles à intégrer davantage de musique québécoise.

Une mesure simple et efficace serait de rendre admissible aux crédits d'impôt

le coût des licences de synchronisation de musique québécoise. Est-ce que ça va

faire

partie de votre stratégie qui arrive bientôt?

M. Lacombe : Bien, encore une

fois, je ne dévoilerai pas la stratégie avant de la dévoiler, mais la question

porte sur l'industrie musicale, bien, je peux peut-être vous répondre ceci. Je

trouve que, dans le cadre du mandat qui a été le mien dans les quatre dernières

années, le mandat s'achève, on a fait énormément de travail pour l'industrie

audiovisuelle, pour le milieu des arts aussi, avec la bonification des budgets

du CALQ. On a eu plusieurs initiatives très structurantes. Mais, vous savez, à

un moment donné, il y a 24 heures dans une journée, il y a sept jours dans

une semaine, on ne peut pas tout faire en même temps. Mais l'industrie

musicale, l'avenir de notre industrie musicale, de la chanson, de la musique

québécoise, je pense qu'au début d'un prochain mandat, peu importe le

gouvernement qui sera là, je pense vraiment que ça devrait faire l'objet d'une

priorité ministérielle, pour aller un peu dans le même sens que ce qu'on a fait

avec le Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel québécois. Je pense

qu'on doit se poser de sérieuses questions sur l'avenir de la musique et de la

chanson québécoise. Mais, évidemment, bon...

Mme Cadet : Merci. Puis le

18 février dernier, j'avais déposé une motion à l'Assemblée nationale,

donc, pour reconnaître l'apport indéniable des quotidiens hebdomadaires et

magazines imprimés qui renseignent, éclairent et divertissent des millions de

Québécois. Vous le savez, M. le ministre, donc, l'industrie, donc, de nos

médias imprimés, donc, vit aussi, donc, des difficultés. Je sais que vos... que

c'est... donc, le milieu, donc, rencontre également, donc, vos collègues à

l'Environnement, qui vous disent : Bien, écoutez, donc, tout ce qui

concerne, donc, le recyclage des médias imprimés, c'est compliqué, ça nous

coûte excessivement cher, nous, on a besoin d'une exception à cette réforme-là.

Est-ce que vous acquiescez à leur demande?

M. Lacombe : Bien, en fait,

puis là je vais résumer parce que je sais que le temps est compté, mais je vais

vous dire la chose suivante. À un moment donné, j'ai dû prendre une décision à

savoir si je faisais des demandes budgétaires pour subventionner ces frais-là

qui sont chargés à nos entreprises. Parce qu'il a été un moment où on leur

envoyait une subvention pour qu'ils soient capables de payer cette facture-là, et,

pour moi, ça n'avait plus de sens. Les coûts augmentaient, d'ailleurs, et ça

revenait à dire... à demander à tous les contribuables québécois de

subventionner la copie papier des gens qui voulaient en obtenir une, donc...

Mme Cadet : ...pourraient en

être exemptés. Ce n'est peut-être pas une subvention.

M. Lacombe : Bien, c'est une

excellente question. Puis je vous dirais que c'est une discussion qui doit

avoir lieu avec la ministre de l'Environnement. Mais je vous dirais que cette

discussion-là, elle est...

Mme Cadet : Est-ce que vous

l'avez, cette discussion-là, avec votre collègue?

M. Lacombe : Oui.

Mme Cadet : Oui, puis vous

lui dites... Dans le fond, je comprends, c'est que votre recommandation, ce

serait que nos médias imprimés soient exemptés de la réforme?

M. Lacombe : Il y a d'autres

juridictions qui le font. Je pense que c'est un dossier qui est compliqué, mais

c'est un dossier qu'on continue de travailler, que ma collègue au premier chef,

la ministre de l'Environnement, parce que c'est sa prérogative, continue de

travailler, entre autres, avec les médias.

Mme Cadet : Merci. Combien de

temps on a, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme Guillemette) :

1 min 30 s.

Mme Cadet : OK. Parfait. Bon,

on a du temps. Dans ce cadre-ci, M. le ministre, donc, vous parliez plus tôt, donc,

que le gouvernement continue d'acheter, donc, sur les médias sociaux, parce que

vous dites : Bien, les jeunes, donc, sont là-dessus. Vous avez peut-être

vu le documentaire de Mounir Kaddouri, il y a quelques jours, donc, qui

parlait, donc, de la transformation du milieu. Je sais, là, que cet automne

vous aviez, donc, fait une annonce, donc, en lien avec nos créateurs

numériques. Est-ce qu'on devrait aller plus loin?

M. Lacombe : Bien sûr qu'il

faut aller plus loin. Non, mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin. Puis là

vous me partez, quand vous parlez de ça, mais je sais que le temps est compté,

mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin. C'est l'avenir, c'est une

partie de

l'avenir de la diffusion de notre culture. Puis, quand on dit... Et là-dessus

je rejoins notamment Maire de Laval, c'est son nom d'artiste, je rejoins sa

vision des choses. C'est-à-dire, on ne peut pas dire que les jeunes ne

consomment plus de culture québécoise, c'est-à-dire, ils ne la consomment pas

de la même façon que leurs parents puis ils consomment autre chose aussi. Donc,

il faut aussi investir là-dedans puis arrêter de lever le nez là-dessus, parce

que, sinon, ils vont consommer du contenu qui vient d'ailleurs, les jeunes.

Donc, oui, il faut... il faut agir. Puis, dans la stratégie québécoise de

l'audiovisuel, il y aura des éléments là-dessus.

La Présidente (Mme Guillemette) :

10 secondes, neuf...

Mme Cadet : Parfait. Merci

beaucoup, M. ministre. On se reverra, donc, au prochain échange.

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci beaucoup, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Donc, je cède la parole au

député de Jean-Lesage.

M. Zanetti : Pour combien de

temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme Guillemette) :

17 min 36 s.

M. Zanetti : Parfait. Merci.

Merci beaucoup, M. le ministre. Merci à tout le monde qui <l'accompagne...

M. Zanetti :

Parfait. Merci. Merci beaucoup, M. le ministre. Merci à tout le monde qui > l'accompagne.

C'est vraiment impressionnant de vous voir toutes et tous ici en même temps.

• (12 heures) •

Je veux revenir sur le sujet de

l'intelligence artificielle générative. Il y a eu un gros dossier dans Le

Journal de Québec récemment, puis on en parle depuis longtemps. Et je vais

vous rappeler ces images que vous avez déjà vues. Il y a une de ces planches de

bande dessinée là qui a été faite par Elise Gravel, et l'autre qui a été faite

par l'intelligence... — je vous vois essayer de deviner lequel est

lequel — l'intelligence artificielle générative. Alors, les deux...

Une voix : ...

M. Zanetti : Oui, c'est ça,

l'intelligence artificielle est ici. Les deux sont signées, hein, quelqu'un qui

ne connaît pas trop Elise Gravel pourrait vraiment être trompé, là, dire :

Wow! C'est des beaux dessins. Dans les deux cas, c'est beau, mais, bon, on

préfère celui avec du texte, le vrai. Mais ça pose la question du droit

d'auteur et de l'éthique qui encadre l'intelligence artificielle générative.

Je vous ai entendu avoir des échanges au

sujet de comment est-ce que le Québec va encadrer cette pratique-là. Le gros

problème... Puis les illustrateurs et illustratrices du Québec sont très

mobilisés sur cette question-là, ils disent : Bien, ça va faire

disparaître nos emplois, ça va faire disparaître nos revenus, ça va nous faire

disparaître, et il faut agir de façon... Puis en plus, toutes les... tout ce

qui va être créé est créé en rupture puis en bafouant les droits d'auteur.

Donc, il y a un problème là.

Alors, quand on dit, par exemple... Parce

que je vous entendais dire : On va s'assurer que l'intelligence

artificielle ne remplace personne. Mais, tu sais, on peut difficilement

empêcher qu'elle soit utilisée par des artistes dans le cadre de leur processus

de création, je résume vos mots. Mais, en même temps, même là, il y a le

problème du droit d'auteur qui est bafoué parce que l'utilisation de l'IAG créé

ce problème-là.

Alors, la question que je vais vous poser,

c'est : Est-ce que vous êtes ouverts à amener des conditions au soutien

financier aux organisations qui le reçoivent? Je vais... Ça

part compliqué, ma

question, je la reformule plus simplement : Est-ce qu'il serait possible

que les subventions qui sont données viennent avec des conditions de ne pas

utiliser l'intelligence artificielle générative?

M. Lacombe : Bien, votre

question est intéressante. En fait, elle est sensiblement identique à la

question de notre collègue, précédemment, mais il y a une distinction

importante quand même dans le terme que vous utilisez. On parle d'intelligence

artificielle générative. Bon, évidemment, c'est... ça le dit, ça produit

quelque chose, c'est-à-dire une image, une chanson, une séquence vidéo. Mais,

en même temps, l'intelligence artificielle, plus largement, elle est aussi

utilisée par certains créateurs, certaines créatrices, dans l'exercice de leur

art. Je vous donne un exemple. On m'expliquait, par exemple, qu'en créativité

numérique, donc, installation, son, lumière, par exemple, bien, il y a des gens

qui utilisent l'intelligence artificielle pour aider à synchroniser puis à

créer des séquences qu'ils imaginent, mais qui, ensuite, peuvent être

appliquées par l'intelligence artificielle de la même façon dont on utiliserait

un autre outil informatique. Est-ce qu'on doit s'empêcher de faire ça si les

créateurs nous disent : Ça, on en a besoin? C'est un exemple.

Donc, moi, je suis assez mal à l'aise à

dire aujourd'hui : Il faut freiner ça, puis de le faire unilatéralement,

sans d'abord avoir consulté, sans d'abord voir quelles sont les meilleures

pratiques un peu partout dans le monde. Donc, je pense qu'il faut avoir cette

discussion-là, il faut s'assurer, là, évidemment qu'on ne subventionne pas

n'importe quoi. Ça, je vous l'ai dit, SODEC, CALQ, ministère, on s'en assure. Mais,

quand on veut aller plus loin puis revoir nos politiques publiques à ce

sujet-là de façon plus profonde, bien, je pense qu'il faut avoir la discussion

avec le milieu, et cette discussion-là, elle n'est pas... elle n'est pas

terminée puis, je dirais, elle n'est même pas commencée officiellement de façon

organisée.

J'ai regardé aussi ce qui se fait ailleurs

dans le monde. Par exemple, l'exemple de la France est intéressant. J'ai

rencontré des parlementaires, avec qui je dois m'entretenir à nouveau

prochainement, qui souhaitent que, par exemple, la France se dote d'une loi

pour renverser la présomption... c'est-à-dire le fardeau de la preuve dans des

cas où des artistes disent : L'intelligence artificielle a usurpé mes

droits, mes droits d'auteur. C'est très difficile pour les artistes de prouver

ça. Donc, les Français ont ce souhait-là. Est-ce que c'est une bonne ou une

mauvaise idée? J'ai entendu des opinions d'un côté ou de l'autre, donc on est

en train de... Moi, en tout cas, j'ai l'oeil là-dessus. Mais, encore une fois,

il faut le travailler avec le milieu, parce que je ne pense pas qu'on peut

prendre une décision unilatérale.

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci, M. le ministre.

M. le député.

M. Zanetti : Alors, je vais

passer à un autre sujet, pour des raisons de temps, mais ce que j'espère, c'est

que ces discussions-là vont aller rapidement, parce que l'intelligence

artificielle générative, ça va très, très vite. Malheureusement, on est en fin

de législature, il peut être tard pour déposer d'autres projets de loi, mais je

compte... j'espère que le ministre va faire tout ce qui est en son pouvoir,

d'un point de vue réglementaire et de consultations, pour au moins que le

prochain gouvernement, quel qu'il soit, soit outillé pour agir très <rapidement...

Haut de la page

12 h (version révisée)

<17955

M. Zanetti :

...pour au moins que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, soit outillé

pour agir très > rapidement, parce qu'on pourra difficilement se

permettre d'attendre une autre année. Puis je ne peux pas ne pas souligner le

fait que c'est bien tannant, hein, que les lois sur le droit d'auteur se décident

à Ottawa pendant qu'on est ici à attendre devant cette inaction. Vive le Québec

libre!

Maintenant, je veux vous parler de livres,

ce qui a été fait par la ministre de l'Éducation par rapport au budget des

livres. En fusionnant des enveloppes, bien, les budgets pour l'achat de livres

et des sorties culturelles se sont fusionnés avec des budgets pour faire des

projets spéciaux, et des activités sportives, et toutes sortes d'autres d'affaires.

Ça crée un grand mécontentement dans le milieu, qui s'était dit : Wow! On

a réussi à faire un gain, on a eu l'écoute du gouvernement, on a protégé les

sommes, sauf que, là, les sommes, finalement, sont fusionnées dans des

enveloppes puis elles pourraient être utilisées à d'autres choses.

Alors, moi, ce que j'aimerais savoir, c'est

qu'est-ce que le ministre de la Culture pense de ça. Est-ce qu'il est d'accord

avec cet enlignement ou est-ce qu'il souhaiterait qu'il y ait un retour à une

enveloppe dédiée pour les activités culturelles et les livres?

M. Lacombe : Bien, moi,

je pense qu'il n'y a jamais trop de livres dans les écoles. Il faut investir

dans l'achat de livres. Il faut s'assurer que ces investissements-là se fassent,

et je dirais que j'ai confiance... que je sais que c'est ce que souhaite aussi

ma collègue, puis que j'ai confiance que le réseau scolaire, donc, les

directions d'établissement vont prendre les bonnes décisions, parce que je suis

certain qu'ils sont animés de la même passion que nous puis du même souhait que

nous, que les jeunes aient davantage de livres entre les mains.

M. Zanetti : On peut le

souhaiter. On peut le souhaiter. Évidemment, ça met en péril, notamment, les

sorties culturelles, les livres aussi, mais les sorties culturelles dont dépend

une grande partie, notamment, de tous ceux qui font du théâtre jeune public,

pour ne prendre que cet exemple-là, mais il y en a beaucoup d'autres aussi. Est-ce

que le ministre a été consulté par rapport à ça par la ministre de l'Éducation?

M. Lacombe : Bien, moi,

je vais vous dire la chose suivante. Sur l'utilisation des sommes, j'entends

évidemment tout ce qui se passe puis je travaille aussi, en ce moment, avec le

milieu culturel, même chose pour ma collègue, pour voir quelles sont leurs

inquiétudes puis comment on peut peut-être mettre sur la table des éléments

pour les rassurer, pour aussi s'assurer que les dépenses se fassent, mais je...

J'ai oublié ce que j'allais vous dire. J'ai oublié ce que j'allais vous dire.

J'ai oublié ce que j'allais vous dire.

M. Zanetti : Est-ce que

vous avez été consulté?

M. Lacombe : Oui, bien,

je dirais... je dirais qu'évidemment c'est une décision gouvernementale qui

relève de la ministre de l'Éducation, mais, à la fin, c'est une décision

gouvernementale qui appartient au ministère de l'Éducation. Je pense que ce

dont il faut s'assurer, c'est que ces sommes-là soient dépensées pour l'acquisition

de livres.

M. Zanetti : Alors, on

vous sent plus solidaire que consulté et d'accord, mais je vais passer à un

autre sujet et laisser planer le doute, le règlement sur le livre. Il me reste...

Oui, j'ai le temps, OK. Le règlement sur le livre, le milieu du livre... Vous

avez annoncé plus tôt, bien, il y a quelques mois, une modification au

règlement entourant toute l'industrie du livre. Vous avez rencontré le milieu. Ça

devait être des changements plutôt ciblés. Ils vous ont écrit une lettre parce

qu'en voyant sortir les travaux ils ont réalisé que, finalement, c'était

beaucoup plus global. Ça les inquiète, il y a une inquiétude. C'est un

écosystème très fragile, toute la chaîne du livre, et puis ils ne se sont pas

sentis, mettons, mis dans le coup de cette affaire-là.

Je voulais savoir... La demande qu'ils

vous font... Puis là je recherche la... ah oui! c'est ça, la lettre qu'ils vous

ont envoyée demande une suspension de l'application de ce règlement-là pour pouvoir,

eux autres, réfléchir à ça, puis vous donner des enlignements plus clairs, et

puis que la chose soit faite en consultation avec eux. Est-ce que vous êtes

ouvert à faire une suspension de l'application de ce règlement et de la

réflexion pour mettre le milieu du livre dans le coup?

M. Lacombe : Bien, d'abord,

le règlement, il n'est pas édicté, là. Ça, c'est la première chose. Si on

décidait d'aller de l'avant... si on décidait d'aller de l'avant, il y aurait

une prépublication qui sert bien exactement à ça, consulter, recueillir les

commentaires, puis, à la fin, il peut y avoir des modifications, il peut y

avoir retrait. Donc, ça, c'est une chose. J'entends ce que... ce que Livres

Québec nous dit dans ce cas-ci. Vous savez, nous, on veut que ça fonctionne. S'il

y a des inquiétudes qui sont partagées par plusieurs acteurs du milieu du

livre, on n'ira pas de l'avant. Si on va de l'avant, encore une fois, on va

consulter. Donc, la décision, elle n'est pas prise, elle n'est pas prise à ce

moment-ci.

M. Zanetti : OK. Donc, ce

que j'entends, c'est que, si le <milieu du livre a des inquiétudes...

M. Zanetti :

...j'entends,

c'est que, si le > milieu du livre a des inquiétudes, vous allez les

écouter puis travailler avec eux autres pour être sûr que ce qui sort est bon.

• (12 h 10) •

M. Lacombe : Ce qu'on

fait déjà depuis de nombreuses années, j'ai envie de dire, parce que ça ne date

pas du mois passé, là, ça date d'il y a sept ans, huit ans?

Une voix : ...

M. Lacombe : 14 ans, bon.

M. Zanetti : OK, parfait.

Sur la question du rapport sur l'avenir de l'audiovisuel, vous avez dit que

vous allez annoncer quelque chose avant la fête nationale. Bien content. J'ai

une question juste de principe. Je ne vous demanderai pas de faire des

préannonces, là... des préannonces, je sais que vous n'en ferez pas, mais, sur

le principe... Tu sais, je regardais, cette semaine, le Groupe TVA, et son PDG

disait : On n'arrive plus, il va falloir couper sur les salaires des

artistes, et des artisans, et peut-être aussi avoir plus de subventions, puis

assouplir les règles, blablabla. Puis là on voit que la maison mère de Groupe

TVA, Québecor, tu sais, il y a un

article qui sort, ils ont fait 22 %

d'augmentation de profit dans le premier trimestre. Ils ont des profits annuels

d'à peu près 1,4 milliard de dollars. C'est presque le budget du

ministère de la Culture. À 1,9, 2 millions, tu te dis : C'est

stratosphérique. Alors, on voit bien que l'argent est là quelque part,

peut-être pas dans la division Groupe TVA, mais il n'est pas... il n'est pas

loin.

Ça amène, en fait, le sujet de la

redistribution de la richesse puis d'où est-ce qu'on va aller chercher l'argent

pour financer notre culture. Évidemment, il y a les GAFAM, mais là, ça, on laisse

ça entre les mains d'Ottawa encore une fois, puis là ils se mettent à plat

ventre devant Donald Trump sans rien donner en échange. Donc, il y a comme un

peu un cul-de-sac. Je me dis : Il va falloir peut-être aller taxer les

grandes fortunes au Québec. Est-ce que vous êtes d'accord que ça vaudrait la

peine d'envisager des modes d'imposition des grandes fortunes, on ne parle pas

des citoyens, là, normaux, là, et... pour être capable de financer adéquatement

la culture au Québec, juste comme sur le principe?

M. Lacombe : Bien, je ne

pense pas que c'est le moyen que j'utiliserais. C'est-à-dire, imposer les

grandes fortunes pour financer la culture, je ne pense pas que c'est le moyen

que j'utiliserais, mais c'est un débat qui... qui est légitime, là, mais... Je

ne pense pas que c'est le moyen que j'utiliserais.

M. Zanetti : Quand le

Groupe TVA dit : On n'a pas assez d'argent, on doit couper dans les

conditions des artistes, puis qu'après ça, après, on réalise que, dans le fond,

Québecor, la maison mère, augmente ses profits de 22 %, est-ce que ça vous

émeut?

M. Lacombe : C'est plus

compliqué que ça, c'est... mais la vérité, c'est que c'est plus compliqué que

ça. On peut dire : C'est noir ou c'est blanc, voici les gentils, voici les

méchants, mais la réalité, c'est que c'est plus compliqué que ça. Puis,

évidemment, comme ministre, il faut que je garde la tête froide, il faut que je

regarde ce qui est en train de se passer.

Groupe TVA, est-ce que vous achèteriez ça demain

matin si vous aviez l'opportunité? Je pense que les gens ne se bousculeraient

pas pour en faire l'acquisition, dans le sens où c'est une marque qui est

prestigieuse, ça fait

partie de notre paysage audiovisuel, mais, en même temps,

c'est un groupe qui ne fait pas d'argent, qui n'est pas rentable quand vous

prenez le groupe en tant que tel. Puis, je veux dire, ces données-là sont

publiques. Bon, ils ont annoncé, cette semaine, que, pour la première fois, ils

ont eu un trimestre où ils ont renoué avec la rentabilité, ce qui n'était pas

arrivé depuis des années, puis, vous regardez, la ligne a été franchie à peu

près, là, en 2014. À partir de 2014, les diffuseurs se sont mis à faire des

pertes. Ça revient à ce que je disais tantôt. Le modèle d'affaires ne

fonctionne plus dans le nouvel environnement.

Donc, demain matin, et ce n'est pas pour

prendre sa défense, c'est factuel, il pourrait décider, M. Péladeau, de se

départir du Groupe TVA en disant : Ceci n'est plus rentable, je m'en

départis. Est-ce que ce serait souhaitable? C'est une décision qui lui

appartient, évidemment. Mon rôle, ce n'est pas de dire aux diffuseurs :

Voici comment vous devriez changer votre modèle d'affaires, mais c'est de les

inciter à le faire en ayant, de notre côté, du côté gouvernemental, des

programmes d'aide qui sont adaptés à ce nouvel environnement là puis qui dirigent

un peu le trafic vers l'innovation puis vers le changement des modèles

d'affaires.

Donc, est-ce que ça m'émeut? Moi, j'ai

envie que TVA continue d'exister, mais, en même temps, ce n'est pas vrai qu'on

va faire un chèque aux diffuseurs. On ne nationalisera pas par la bande des

diffuseurs privés. Ça, c'est impossible.

M. Zanetti : Sur un

autre sujet, bon, en 2015, le projet nationaliste de la Coalition avenir Québec

incluait l'idée de rapatrier les fonds fédéraux en culture et aussi... pas

nécessairement de rapatrier tous les pouvoirs en culture, mais d'assurer

l'autonomie, hein, des pouvoirs en culture au Québec puis une prépondérance des

pouvoirs dans le domaine de la culture. Malheureusement, ce n'est pas arrivé.

Pouvez-vous nous dire quels obstacles se sont trouvés sur votre route pour

aller faire ces rapatriements nationalistes?

M. Lacombe : Le

gouvernement du Canada?

M. Zanetti : Oui.

M. Lacombe : Je dirais

que c'est ça, l'obstacle. Bien, c'est-à-dire, c'est sûr que, dans un domaine

comme la culture, il y a une compétition. C'est-à-dire, Ottawa veut dire qu'ils

font leur part au Québec parce que c'est éminemment émotif, parce que c'est <très

identitaire...

M. Lacombe :

...au

Québec parce que c'est éminemment émotif,

parce que c'est > très

identitaire. Vous avez vu, d'ailleurs, qu'ils ont renommé leur ministère du

Patrimoine canadien en le nommant ministère de la Culture et de l'Identité

canadienne. Donc, il y a cette volonté-là de l'État fédéral de dire aux États

fédérés : On fait... on fait ce travail-là nous aussi.

Ce n'est pas comme en économie, par

exemple, où, bon, c'est beaucoup plus fluide, c'est-à-dire, quand on signe la

venue d'une grande entreprise ici, que ça génère des retombées économiques

positives, il n'y a pas de compétition entre Ottawa et Québec. Il y a vraiment

un travail... Dans beaucoup de dossiers, on essaie de travailler conjointement.

Je dirais qu'on arrive à le faire, mais moi, je pense qu'il n'y aura pas de

jour où Ottawa va nous dire tout bonnement : Bien, voici les clés, on vous

donne ces pouvoirs-là.

Moi, je pense qu'il ne faut pas demander

la permission. Moi, je pense qu'on ne doit pas demander la permission puis on

doit poser des gestes unilatéraux dans notre champ de compétence, comme on l'a

fait, par exemple, avec le projet de loi n° 109 pour encadrer les géants

numériques. On se faisait dire : C'est de notre compétence à nous, ça, à

Ottawa, on ne veut pas que vous vous mêliez de ça, si vous vous mêlez de ça,

vous allez compliquer les choses, ça ne vous appartient pas, ce n'est pas dans

votre champ de compétence. Je leur ai dit : Je suis en désaccord, on va

légiférer. On n'a pas eu à demander la permission. On le fait de façon

unilatérale. C'est comme ça.

Puis l'écosystème, j'y reviens encore, il

est en train de changer. Tout se dirige dans le numérique. Donc, l'époque où

Ottawa réglementait le câble, réglementait la radio sur la bande FM, tout ça,

là, c'est en train d'être révolu. On est en train de transformer l'écosystème,

et c'est le moment, en ce moment, pour le Québec, d'occuper sa place, d'occuper

son champ de compétence, de déposer des projets de loi, que ce soit

l'intelligence artificielle, que ce soit l'encadrement des géants, que ce soit,

par exemple, la modernisation du Fonds des médias du Canada. Pourquoi on ne se

doterait pas d'un fonds ici, chez nous, au Québec, qui fonctionnerait d'une

façon différente, adaptée à l'univers numérique? Donc, on n'a pas besoin de

demander la permission.

M. Zanetti : Alors,

est-ce que vous seriez d'accord pour qu'on fasse une loi pour protéger le droit

d'auteur dans la conjoncture de l'intelligence artificielle générative?

M. Lacombe : Je pense

qu'on doit utiliser tous les leviers qu'on a, et, quand on a une chance

raisonnable... Parce qu'évidemment vous savez bien que ce n'est pas moi qui

écris les projets de loi dans mon bureau, le soir, avec un verre de vin rouge.

Je travaille avec... je travaille avec les experts du ministère, d'abord, pour

élaborer ce qu'on veut comme politique publique, ce qu'on veut faire avec le

projet de loi, ensuite avec nos légistes à la Direction des affaires

juridiques, puis, quand c'est plus compliqué, bien, avec les Affaires

constitutionnelles aussi puis avec mon collègue le ministre Jolin-Barrette. Donc,

moi, je pense qu'il faut étirer l'élastique constitutionnel le plus possible

pour occuper notre champ de compétence, puis on est capables de le faire. Donc,

si, dans ce cas-là, on est capables de le faire, faisons-le. Si on est capables

de le faire dans d'autres domaines, faisons-le. Quand on a une chance

raisonnable, quand on se dit : On pense que ça passe le test devant les

tribunaux, faisons-le.

M. Zanetti : Auriez-vous

été plus heureux...

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci, M. le...

M. Zanetti : Ah non!

C'était la...

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci, M. le député de Jean-Lesage. On l'avait calculé, il était dans votre

temps.

M. Zanetti : Ah bon!

La Présidente (Mme Guillemette) :

Mme la députée de Bourassa-Sauvé, c'est à vous.

Mme Cadet : Merci, Mme la

Présidente. M. le ministre, livres à l'école, vous n'avez pas répondu à la

question du collègue. Est-ce que vous avez été consulté ou non sur la décision

de la ministre de l'Éducation?

M. Lacombe : Ma réponse

là-dessus, c'est que, pour moi, ce qui est important, maintenant que la

décision est prise, c'est de m'assurer que les achats de livres vont continuer

de se faire dans les écoles. Donc, vous pouvez compter sur moi et ma collègue,

d'ailleurs, aussi pour veiller là-dessus.

Mme Cadet : Bien, hier,

la ministre de l'Éducation, elle a répondu que vous aviez été consulté. Donc,

vous avez été consulté, oui ou non?

M. Lacombe : Je vais

vous dire que je vais m'assurer qu'on continue d'acheter des livres dans les écoles.

C'est, je pense, mon rôle comme ministre de la Culture, puis je suis certain

que ma collègue est animée de la même passion pour les livres et pour la

jeunesse. Donc, on va faire ça ensemble.

Mme Cadet : Persuadée

que vous êtes un fervent défenseur du milieu du livre, là, M. le ministre. Donc,

j'ai confiance en votre... en votre esprit de chevalier pour notre milieu, mais

vous ne répondez pas à la question. Est-ce que vous avez été consulté?

M. Lacombe : Je vais

vous réitérer la même réponse que je viens de vous faire. Vous savez, c'est une

décision qui relève de la ministre de l'Éducation. À la fin, c'est une décision

gouvernementale. Mon rôle, là-dedans, c'est de m'assurer, comme la ministre de

l'Éducation, donc on va le faire ensemble, que les achats de livres dans les

écoles ne soient pas à la baisse puis que les sommes qu'on donne aux directions...

On leur fait confiance que ces sommes-là continuent de servir à la question de

livres.

Mme Cadet : Bien, en

fait, ce n'est pas exactement ça qu'on a saisi de la part de la ministre de

l'Éducation. Donc, ce qu'elle disait, c'est qu'elle ne voulait pas, en fait,

garantir l'achat de livres, qu'elle laissait ça, donc, à la discrétion du

milieu, mais qu'elle garantissait la lecture, donc, essentiellement, donc, que

les jeunes vont pouvoir lire du Martine , là, ou peut-être qu'on va

continuer de lire, donc, du Aurélie Laflamme , ce qui est extraordinaire.

Mais aussi l'objectif de la politique sur l'achat de livres, bien, c'est qu'ils

puissent avoir, donc, des nouveaux ouvrages, hein, dans les <milieux

scolaires. Donc, ce qu'elle disait...

Mme Cadet : ...des

nouveaux ouvrages, hein, dans les > milieux scolaires. Donc, ce qu'elle

disait, c'est : Non, non, on va garantir la lecture parce que c'est ça qui

est important pour l'apprentissage. Bien, ce qu'elle nous a dit, c'est que vous

aviez été consulté, puis on a cru comprendre que vous étiez, donc, en accord.

Je comprends que vous êtes solidaire de la décision gouvernementale, mais

est-ce que vous pouvez nous confirmer, maintenant qu'on sait que vous avez été

consulté, que vous étiez en accord avec sa décision?

• (12 h 20) •

M. Lacombe : C'est une

décision qui relève de la ministre de l'Éducation. C'est sa prérogative. À la

fin, c'est une décision gouvernementale, et je pense que mon rôle, je le

réitère, c'est de m'assurer non pas, ligne par ligne, que les écoles dépensent

tel montant ou tel montant, mais que, globalement, il n'y a pas une chute

drastique, par exemple, dans l'acquisition de livres. Je pense que, ça, on est

capable de veiller à ce que ça n'arrive pas tout en permettant aux écoles,

parce que c'était l'objectif de ma collègue... tout en permettant aux écoles

d'avoir plus de latitude dans leurs règles budgétaires. Donc, c'est la décision

qu'elle a prise. C'est sa prérogative. Puis, à partir de maintenant, elle et

moi, de façon solidaire, je pense que notre rôle, c'est de nous assurer que la

lecture puis l'accès aux livres dans les écoles ne soient pas en baisse.

Mme Cadet : OK, bien,

vous savez, donc, moi, mercredi... mardi, plutôt, donc, j'ai tenu un point

presse avec les gens du milieu du livre, avec l'ensemble de la chaîne du livre,

qui se dit... qui est excessivement inquiète. Je peux entendre la ministre de

l'Éducation qui, sous se chapeau-là, nous dit : OK, mais, pour la réussite

éducative, bien, moi, ce qui est important pour moi, c'est de garantir la

lecture, mais vous, comme ministre de la Culture, vous, vous avez le mandat de

veiller à ce que le milieu du livre continue d'être... d'être prospère.

Puis, on l'a vu l'année dernière, donc, il

y a une baisse de 10 %. Donc, grâce à Gaspard, il y a eu une baisse de

10 %... grâce à Gaspard, on est capable de voir, donc, qu'il y a eu cette

baisse-là au niveau des livres jeunesse vendus aux collectivités. Donc, ça,

c'est l'équivalent de 250 000 livres qui ne se sont pas vendus. On

connaît la loi n° 51. On sait à quel point, donc,

c'est important pour la vitalité du milieu du livre que les ventes aux

collectivités demeurent à un certain niveau, un certain seuil.

Donc là, il n'y a pas de garantie d'achat

de nouveaux livres. Ce que... c'est littéralement ce qu'elle nous a dit :

Bien, écoutez, bien là, peut-être que, dans telle municipalité, les jeunes vont

pouvoir aller à la bibliothèque à côté, il n'y aura pas besoin d'avoir les

livres à l'école, ils vont marcher jusqu'à la bibliothèque qui est en face, il

fait beau, on s'en va là. Donc, vous, est-ce que ce scénario-là, il vous

satisfait?

M. Lacombe : Mme la

députée, ce que... ce que je vous dirais, là, comme ministre... comme ministre

de la Culture et des Communications, comme père de deux enfants qui sont à

l'école primaire, je peux vous assurer que, sous ma gouverne, je n'accepterais

pas qu'il y ait une baisse drastique d'achats de livres dans nos écoles,

certainement pas, puis je suis certain, je suis persuadé que c'est la même

chose pour ma collègue ministre de l'Éducation.

Donc, je pense qu'on peut résumer ça comme

ça. On donne plus de flexibilité au réseau scolaire, aux écoles, mais, si ça

devait se traduire par une baisse marquée, par exemple, de l'achat de livres

puis, ultimement, d'accès à la lecture pour nos jeunes, je pense qu'on aurait

de sérieuses questions à se poser, mais je fais confiance aux directions des

établissements, aux gens qui sont à la tête de notre réseau scolaire. C'est la

même chose évidemment pour ma collègue la ministre de l'Éducation, Mme LeBel.

Donc, on va être vigilants là-dessus, mais

certainement qu'on ne pourrait pas accepter ça. Comme ministre de l'Éducation,

je ne pourrais pas vous dire que je serais à l'aise avec ça, ni comme père de

deux jeunes enfants qui sont à l'école primaire.

Mme Cadet : Je suis

persuadée que les directions des 72 centres de services scolaires sont de

bonne foi. Je suis persuadée qu'ils ont besoin de cette latitude-là, de façon

générale, au niveau des nouvelles règles budgétaires, mais, maintenant, ces

mêmes directions là, parfois, ils ont des arbitrages difficiles à faire. Vous

venez de dire que vous n'accepteriez pas une baisse drastique. Ça veut dire

quoi, pour vous, une baisse drastique?

M. Lacombe : Bien, je

pense que je ne me lancerai pas là-dedans, mais vous comprenez ce que je veux dire,

Mme Cadet : Bien, l'année

passée, il y a eu une baisse de 10 %. Est-ce que c'est une baisse

drastique pour vous ou pas?

M. Lacombe : Moi, je

pense que plus il y aura de livres dans les écoles, mieux la nation va se

porter puis plus beau sera l'avenir du Québec.

Mme Cadet : C'est

poétique.

M. Lacombe : Bien, c'est

la vérité. Donc, je pense qu'il faut tendre... il faut tendre vers ça.

Maintenant, il y a une décision qui a... qui a été prise. C'est une décision

gouvernementale, puis je pense que, là, pour la suite, il faut s'assurer... Maintenant

qu'on leur a donné cette flexibilité au réseau scolaire, il faut s'assurer que

ça ne se traduise pas par des conséquences malheureuses sur l'accès à la

lecture. Ce n'est pas du tout, évidemment, l'intention gouvernementale, puis

j'ai assez confiance aux gens sur le terrain pour croire qu'ils vont continuer

de prioriser l'achat de livres, même chose pour les sorties culturelles aussi,

d'ailleurs. Donc, je pense que, si ce n'était pas le cas, bien...

Mme Cadet : ...même

enveloppe, d'ailleurs, donc, livres, sorties culturelles, sports, loisirs,

projets particuliers, c'est large.

M. Lacombe : C'est sûr

que c'est plus large. C'était l'objectif de ma collègue, de simplifier

l'administration de tout ça. C'était réclamé par le milieu de l'éducation.

Donc, je comprends la décision qui a... qui a été prise par ma collègue, mais elle

a la même préoccupation que moi, c'est-à-dire de s'assurer qu'il n'y a pas <non

plus de baisse...

M. Lacombe :

...de

s'assurer qu'il n'y a pas > non plus de baisse.

Mme Cadet : J'ai

mentionné Gaspard. C'est l'outil qui nous a permis de savoir qu'il y avait eu

une baisse significative, une baisse marquée des ventes des livres jeunesse aux

collectivités l'année passée, mais, justement, donc, Gaspard est... donc, il y

a des modifications qui sont réclamées, donc, encore une fois, donc, par le

milieu du livre.

Je vous avais posé une question en Chambre

en décembre dernier. Je sais que vous venez d'avoir un peu l'échange avec mon

collègue ici, mais, en décembre, là, je vous demandais, bien, d'une part, quand

est-ce que... bien, en fait... le règlement, donc, devrait être mis à jour sous

peu, parce que c'est ce que vous aviez laissé entendre au milieu du livre, peut-être

une première question là-dessus parce que je ne suis pas certaine d'avoir bien

saisi ça dans votre échange avec le collègue. Est-ce que la modification du

règlement s'en vient rapidement ou pas?

M. Lacombe : Bien, en

fait, le projet de règlement, il est prêt. La décision, à savoir si on va en

prépublication ou pas n'est pas encore prise. C'est-à-dire, est-ce qu'on le dépose

ou pas? La décision, elle n'est pas encore prise. Nous, on est prêts, mais, en

même temps, j'entends qu'il y a des inquiétudes de certains acteurs dans le

milieu. Puis évidemment l'objectif, là, ce n'est pas d'arriver avec quelque

chose qui ne fera pas... qui ne fera pas consensus. Est-ce que ça fera

l'unanimité? C'est difficile, l'unanimité, mais, à tout le moins, consensus,

c'est ce qu'on vise. Donc, on va prendre le temps de bien faire les choses. Ça

fait 14 ans. Donc, je me dis qu'on n'est peut-être pas à quelques semaines

près de s'assurer que ce soit bien reçu.

Mme Cadet : Non, effectivement,

tu sais, je n'ai pas l'impression que le milieu se dit qu'on est à quelques

semaines près, puis qu'ils ont... ils ont besoin d'avoir le nouveau règlement

en prépublication demain matin, mais il y avait certaines revendications qui

étaient... qui étaient mises de l'avant, puis, si vous prenez plus de temps,

justement, pour répondre... répondre à ces revendications-là, je pense que ça

va être apprécié de la part du milieu du livre. Donc, est-ce que vous êtes en

train de nous dire que, là, vous êtes en hésitation parce que, là, vous

regardez pour qu'un acteur bien présent dans le milieu du livre puisse aussi

dévoiler ses données sur la plateforme Gaspard? C'est pour ça que ça prend plus

de temps?

M. Lacombe : C'est comme

Voldemort, on dirait que vous ne voulez pas le nommer, Renaud-Bray, Renaud-Bray,

qui est un partenaire important, parce que, grosso modo, la vente de livres au

Québec, de mémoire, c'est 50 % à peu près chez Renaud-Bray, 50 % dans

nos librairies indépendantes. Donc, les deux sont importants. Nos librairies

indépendantes, souvent, sont dans les plus petites communautés. Elles ont une

expertise extraordinaire, sont menées par des gens qui ont ça à cœur, même

chose...

Mme Cadet : ...aux collectivités

aussi, oui.

M. Lacombe : Pardon?

Mme Cadet : Ils vendent

beaucoup aux collectivités aussi, dont les écoles, mais on continue, oui.

M. Lacombe : Oui, exactement,

donc, pour les sources d'approvisionnement, donc les trois sources, par

exemple, où les institutions doivent s'approvisionner, mais, en même temps,

Renaud-Bray, c'est une grande entreprise culturelle qui est présente souvent

dans les plus grands centres puis qui fait rayonner le livre, notamment le

livre québécois.

Mme Cadet : Donc, M. le

ministre, parce que, là, je vous entends depuis tantôt, évidemment, on a le

même constat sur le rayonnement de Renaud-Bray, mais est-ce que vous êtes en

train de nous dire que vous êtes en communication avec Renaud-Bray pour qu'ils

puissent dévoiler leurs données sur la plateforme Gaspard comme le fait

50 % du marché?

M. Lacombe : C'est une

discussion qu'on a eue avec à la fois les librairies indépendantes et

Renaud-Bray, la question du partage de données, parce qu'évidemment ça, c'est...

Effectivement, en fait, c'est une demande des librairies indépendantes que

Renaud-Bray partage ses données de vente, bien, en fait, plus largement ses

données, et, de l'autre côté, Renaud-Bray aussi a des demandes.

C'est-à-dire, ils souhaitent que, par

exemple, l'approvisionnement... quand on parle de trois sources pour nos

institutions, que ce soit fait de façon plus équitable, parce qu'en ce moment

on peut avoir trois sources, par exemple, puis dire : Bien, j'achète

80 % dans un... chez un des libraires, 15 % chez l'autre, puis

5 % seulement chez l'autre, et eux nous disent qu'ils sont désavantagés

par ça. Donc, ils veulent qu'on agisse.

Donc, des deux côtés, il y a des demandes,

et là le jeu d'équilibriste, c'est d'arriver avec le règlement qui va faire

consensus, où on ne répondra pas à toutes les demandes des librairies

indépendantes, où on ne répondra pas à toutes les demandes de Renaud-Bray, mais

où on arrivera avec le meilleur résultat.

Mme Cadet : ...pour

parler des librairies indépendantes, là, pas nécessairement toutes les

demandes, là, mais, celle-là, est-ce que vous êtes prêt à répondre à cette

demande précise là des librairies indépendantes?

M. Lacombe : Quand on

déposera le règlement, si on le dépose, les gens pourront... pourront voir ce

qu'il y a à l'intérieur, puis je dirais même qu'ils vont pouvoir le commenter,

parce que c'est pour ça qu'on... qu'on... évidemment que... qu'il y a une

prépublication, mais là la décision n'est pas prise.

Mme Cadet : Mais je vous

entends... Est-ce que... la décision n'est pas prise, mais il y a une...

M. Lacombe : À savoir si

on dépose.

Mme Cadet : OK, mais là

est-ce que la décision... Je comprends que la décision n'est pas prise de

savoir si vous déposez, mais je comprends que la décision n'est pas prise non

plus à savoir si Renaud-Bray devra publier ses données sur la plateforme

Gaspard.

M. Lacombe : Bien, le

règlement, il est écrit, là. Le règlement, il est écrit, mais là on a entendu...

Mme Cadet : ...actuel du

règlement qu'est le...

M. Lacombe : Bien, je ne

vous le dirai pas. On va... on va déposer quand on sera prêts à déposer, puis,

à ce moment-là, on pourra avoir la discussion, puis les gens vont pouvoir

commenter, les gens vont pouvoir faire leurs <suggestions, vont pouvoir

nous dire...

M. Lacombe :

...les

gens vont pouvoir faire leurs > suggestions, vont pouvoir nous dire... puis,

à la fin, on pourra... si on dépose, puis que les gens nous font des

recommandations, on pourra faire des modifications, ultimement, mais là la

décision, à savoir si on va de l'avant ou pas, elle n'est pas prise parce que,

visiblement, il y a encore des gens qui ont des inquiétudes, puis je n'ai pas

envie et je ne pense pas que ce serait bien d'aller de l'avant avec quelque chose

qui ne ferait pas consensus. Donc, on va... on va regarder ça rapidement. J'ai

pris acte de ça, là, dans les derniers jours, puis on va prendre notre décision

ensuite. Je prendrai ma décision ensuite.

• (12 h 30) •

Mme Cadet : Parfait.

PAFOFA, Programme d'aide au fonctionnement des organismes de formation en art,

est-ce que le programme, il est indexé?

M. Lacombe : Pardon?

Mme Cadet : Est-ce que

le programme est indexé?

M. Lacombe : Indexé?

Mme Cadet : Oui, est-ce

que les sommes qui sont attribuées à ce programme-là ont été indexées?

M. Lacombe : Bien, on n'a

aucun programme... on n'a aucun programme qui... qui est indexé. En fait, je ne

pense même pas que... avoir vu un programme gouvernemental indexé. Les

indexations, dans nos programmes, on n'a pas ça. On a souvent des ententes, là,

dans certains programmes. Prenez les musées, par exemple, ou les ententes qu'on

fait avec le CALQ, les organismes culturels, quand on est en demande

budgétaire, on augmente nos demandes souvent pour être capable de couvrir

l'inflation, mais il n'y a pas... il n'y a pas d'indexation en tant que telle.

Mme Cadet : OK, et c'est

quand, la dernière fois que le programme a été augmenté, alors?

M. Lacombe : La dernière

fois que le programme a été augmenté?

Mme Cadet : Oui,

puisqu'il n'y a pas de... évidemment, donc, vous venez de dire, donc, qu'il n'y

a pas d'indexation, donc, c'est quand, la dernière fois qu'il y a eu une

augmentation de budget pour ce programme-là?

M. Lacombe : Bonne

question. OK. Donc, la triennale... Je vous disais qu'on fonctionne souvent par

ententes, donc, triennales. Dans ce cas-ci, 2019-2022, on était à

40,6 millions de dollars pour l'enveloppe totale, et, si vous prenez

la triennale 2022-2025, donc celle qui a suivi, on est à 47,5 millions de

dollars. Donc, il y a eu une augmentation de 17 % entre les deux

triennales, ce qui... Bon, il faudrait voir quelle a été l'inflation entre 2019

et 2025, mais ça me semble quand même suivre...

Mme Cadet : Parce que

vous comprenez que, parmi ceux qui reçoivent l'enveloppe du PAFOFA, bien, on a

les écoles supérieures en art. Ces écoles-là, donc, sont en concurrence avec,

bien, par exemple, donc, ici, au Québec, le Conservatoire de musique et d'art

dramatique du Québec, mais ils sont aussi en concurrence avec plusieurs, donc,

écoles de leur propre discipline partout au Canada, puis, de ce qu'on comprend,

donc, de leur grande préoccupation, c'est qu'ils se disent : Bien, nous,

on a un peu l'impression d'être les grands oubliés puis qu'avec cette

concurrence-là, bien, c'est un... c'est un peu difficile de se démarquer. On

arrive quand même à tirer notre épingle du jeu, donc, au niveau supérieur,

hein, parce que, bon, il y a de la formation, donc, parfois, plutôt générale où,

donc, il y a des gens qui vont suivre leur cursus, mais, quand ils arrivent au

niveau supérieur, bien, ils disent : On tire notre épingle du jeu, on

arrive à former des jeunes qui sont sur les plus belles planches au monde, mais

on le fait à coût excessivement réduit, surtout quand ils se comparent au

conservatoire ou avec d'autres... d'autres institutions du genre. Qu'est-ce que

vous pensez de leurs préoccupations?

M. Lacombe : Bien, ce

sont des préoccupations légitimes. Je dis souvent : On pourrait tripler,

quadrupler le budget du ministère de la Culture et des Communications puis on

n'aurait pas trop d'argent parce qu'on peut toujours en faire plus.

Mme Cadet : ...par

exemple, au conservatoire, un professeur va gagner en moyenne

55 000 $ par année, alors que, pour les autres écoles supérieures

d'art, bien, les professeurs, donc, ont une rémunération moyenne de

17 310 $, est-ce que vous trouvez ça normal?

M. Lacombe : Bien, c'est

une préoccupation qui est... qui est légitime, puis je dirais que c'est une

préoccupation qui est partagée par mon collègue aussi, député de Côte-du-Sud,

qui est mon adjoint gouvernemental, qui s'est notamment penché sur cette

question-là. Donc, M. le député, j'aurais aimé ça que vous puissiez répondre à

la question, mais...

Mme Cadet : ...

M. Lacombe : Oui, c'est

ça, mais je comprends ces revendications-là, qui sont légitimes. On a vu

l'augmentation, quand même, de budget. Donc, je pense que les gens voient qu'il

y a une volonté, mais je pense qu'effectivement il y a des questions à se poser

sur l'avenir du programme, qu'est-ce qu'on peut faire différemment. Donc, je

pourrais vous dire qu'on n'a pas l'intention de faire de changement, mais, en

fait, ce que je vous dis précisément, c'est que mon collègue le député de

Côte-du-Sud m'en a parlé abondamment. Je sais que ça lui tient à coeur. Le

milieu nous en a parlé, puis on pense qu'effectivement on devrait faire des

modifications, mais là on n'est pas... on n'est pas à l'étape où on est prêts à

faire ça.

Mme Cadet : Non, c'est ça,

parce que, là, je pense que, dans le budget, il y avait comme une ligne

budgétaire qui parlait d'un financement, mais, en bout de ligne, donc, le

milieu s'est fait dire : Non, non, ça, c'était une erreur, c'était déjà

dans le budget qui était... qui leur était alloué <précédemment...

Haut de la page

12 h 30 (version révisée)

<19261

Mme Cadet :

...c'était une erreur, c'était déjà dans le budget qui était... qui

leur était alloué > précédemment. C'est-tu... C'était-tu une erreur? C'était

quoi, ça?

M. Lacombe : Non, ce n'était

pas une erreur, c'est qu'il nous manquait... Vous savez, parfois, en temps

budgétaires difficiles, il faut être créatif. Donc, plutôt que de faire des

compressions, par exemple, dans l'enveloppe, on a décidé d'aller de l'avant

avec seulement deux années de financement confirmées, qu'on est venu compléter

par une troisième année. Là, on parle d'un 2,8 millions de dollars?

Mme Cadet : Oui, c'est

ça, exactement.

M. Lacombe : Oui? Donc, c'est

la somme qui a servi à boucler la troisième année de financement.

Mme Cadet : Je comprends.

Il reste peu de temps. Programme d'Aide aux immobilisations. Dans le cahier de

réponses, on voit que le montant s'élève seulement, donc, à près de 7 millions

cette année, comparativement à 53 millions l'année passée. Comment vous

expliquez ça?

M. Lacombe : Bien, j'explique

ça par le fait que le... on a moins d'argent que l'année dernière. C'est

littéralement tel quel. C'est sûr qu'on a... on a eu beaucoup moins de sommes,

ce qui a fait en sorte... Puis je pense que ça a une valeur, quand même, là, qu'on

se concentre sur le maintien, c'est-à-dire ce qu'on appelle dans le jargon le

P1, priorité 1, donc le maintien de nos infrastructures...

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci. Merci, M. le ministre.

Mme Cadet : Merci

beaucoup.

M. Lacombe : Oui. Donc...

La Présidente (Mme Guillemette) :

Prochain bloc, Mme la députée, peut-être. Donc, je cède la parole à la députée

de Terrebonne. Mme la députée.

Mme Gentilcore : Merci, Mme

la Présidente. M. le ministre. Merci à tous d'être ici aujourd'hui. Toujours un

plaisir de se retrouver.

L'ensemble de votre mandat a été rythmé

par vos échanges avec le milieu de l'audiovisuel, qui, je pense, tout comme

nous, attend avec impatience votre stratégie. On en a beaucoup parlé l'automne

dernier alors que vous avez déposé le rapport du GTAAQ. On peut penser, d'ailleurs,

que, n'eût été des bouleversements internes à la CAQ, peut-être qu'on aurait

déjà cette stratégie-là en main. Je laisse le soin aux gens à la maison de... d'en

décider ou de l'apprécier.

Vous nous avez dit que la stratégie allait

être présentée d'ici le 24 juin. Est-ce que ça va être présenté avant la

fin des travaux parlementaires? Est-ce qu'on va avoir l'occasion d'en discuter?

Est-ce qu'on va avoir l'occasion de pouvoir en parler avant de quitter pour la

campagne électorale?

M. Lacombe : Bien, avant

la campagne électorale, bien sûr, parce que Mme la première ministre a indiqué

que ce serait avant la fête nationale, le 24 juin. Donc, c'est mon

anniversaire le 23 juin. Ce sera un beau cadeau de fête.

Mme Gentilcore : Non,

mais ce que je veux dire, c'est qu'on arrête de siéger quelque part à la

mi-juin. On aimerait ça pouvoir prendre état de ce... de votre plan avant ça. C'est

quand même quatre années de travail pour vous. Ça a été au centre de vos

actions. Ça fait longtemps qu'on attend ça. Il y a eu plusieurs étapes,

plusieurs consultations, un rapport qui a été déposé, et là on attend, quand même,

cette stratégie-là depuis longtemps. Donc, moi, ce que je veux savoir, c'est :

Est-ce qu'on va avoir le temps, cette législature-ci, d'en discuter avant de

repartir dans nos circonscriptions?

M. Lacombe : Bien, c'est

une bonne... c'est une bonne question, à laquelle je ne peux pas... je ne peux

pas répondre. On a donné l'horizon de temps, fête nationale du Québec, donc 23

ou 24 juin. Mais, bon, d'ici là, la date, elle n'est pas arrêtée encore.

Mme Gentilcore : Mais la

stratégie est prête, elle est écrite, vous l'avez vue?

M. Lacombe : Bien oui,

bien sûr.

Mme Gentilcore : OK.

M. Lacombe : Je l'ai vue,

je l'ai lue, je...

Mme Gentilcore : Non,

mais, tout à l'heure... Non, mais c'est intéressant, parce que, tout à l'heure,

vous avez fait...

M. Lacombe : Je l'ai commentée

dans le suivi des modifications de Word. Je ne sais pas si vous utilisez ça,

mais moi, je suis très mauvais avec ça.

Mme Gentilcore : Vous

avez fait un vibrant plaidoyer, tout à l'heure, nous disant qu'il ne fallait

pas attendre l'aval du fédéral pour agir puis qu'on avait des mécanismes pour

agir, et vous avez évoqué le fonds québécois des médias. Est-ce que c'est ça,

le plan que vous allez nous présenter, votre stratégie, de fonder un fonds

québécois des médias?

M. Lacombe : Non, non, ce

n'est pas ce que... ce que je vais proposer, mais je pense qu'on devrait se

poser la question. Moi, je me pose la question en ce moment.

Vous savez, le Fonds des médias du Canada

fonctionne de la façon suivante : les câblodistributeurs mettent 5 %

de leurs revenus dans le fonds pour financer la création québécoise et, bien

évidemment, canadienne, canadienne et québécoise. Mais, évidemment, les revenus

sont en décroissance parce que les abonnements au câble sont en décroissance.

Donc, le gouvernement fédéral, ponctuellement, doit rajouter de l'argent.

C'est un modèle qui est dépassé, le Fonds

des médias du Canada. Donc, dans un contexte où ce modèle-là est dépassé,

pourquoi le Québec ne se doterait pas de son propre outil puis ne laisserait

pas le gouvernement du Canada se doter du sien? Moi, je pense que, quand on

parle de souveraineté culturelle au Québec, ça, c'est un bon exemple.

Mme Gentilcore : Mais,

si c'est le meilleur plan, selon vous, pourquoi ce n'est pas ça qui se

retrouverait dans votre stratégie?

M. Lacombe : Bien, c'est-à-dire,

c'est un outil. Un fonds comme ça, ce serait un outil. Moi, je pense que le

prochain ministre de la Culture, quel qu'il soit, peu importe le parti d'où il

viendra, devra se poser cette question-là. Mais ça ne devient pas une stratégie,

un fonds québécois des médias, ça devient plutôt un outil pour financer une

stratégie québécoise de l'audiovisuel. Donc, je pense que, comme outil, il

faut... il faut <l'envisager...

M. Lacombe :

...Donc,

je pense que, comme outil, il faut... il faut > l'envisager.

• (12 h 40) •

Mme Gentilcore : Vous

avez évoqué aussi la loi n° 109, évidemment, qu'on a adoptée, là, il y a

plusieurs mois de ça maintenant. Plusieurs des acteurs qui sont ciblés par

cette loi-là, donc, qu'on veut réglementer, que je pense à Netflix, par

exemple, Amazon, les... plusieurs géants, ne se sont pas présentés en

commission parlementaire, ne sont pas venus débattre démocratiquement ou

exposer leurs points de vue.

Depuis l'adoption du projet... de la loi,

on n'a pas entendu grand-chose là-dessus. On a beaucoup entendu parler du GTAAQ

puis de l'audiovisuel, mais très peu des suites de ce... de cette loi-là. Qu'en

est-il, Lucille? J'imagine que vous avez des discussions avec ces géants-là. J'imagine

qu'il y a des... certaines portes qui s'ouvrent, peut-être, ou pas. Est-ce

qu'il y a des portes ouvertes de leur part? Est-ce qu'il y a des négociations

qui sont en cours? Est-ce que ça a avancé? Parce que, là, la loi est là, elle a

été votée, j'en conviens, mais elle n'est pas opérationnelle. Quand est-ce

qu'elle sera opérationnelle? Puis quand est-ce qu'on va avoir une idée de... des

règlements mis en place autour de ça?

M. Lacombe : Bien, vous

avez raison que, pour que la loi prenne effet, il faut adopter les règlements.

Donc, la première étape, ça a été de se doter de la loi. C'était la première

fois qu'on légiférait en cette matière-là, donc ça nous a pris un certain temps.

J'ai envie de dire qu'on a été très rapides quand on se compare au gouvernement

canadien, qui a pris à peu près une décennie pour être capable d'y arriver.

Maintenant, là, les règlements, on est en

train d'y travailler. Le premier règlement... Est-ce que je peux le dire

publiquement? C'est le règlement... bien, en fait, ce n'est pas très... ce

n'est pas très sexy, mais c'est... c'est le règlement sur l'enregistrement des

entreprises, donc, parce qu'évidemment les entreprises doivent s'enregistrer,

et tout ça, c'est très technique. On est en train de travailler sur celui-là,

mais plus largement aussi sur les autres qui vont être édictés au fur et à

mesure qu'ils vont... qu'ils vont être prêts. C'est la discussion qu'on avait

eue dans le cadre de l'étude du projet de loi. Donc, ça, c'est... c'est en

train d'être fait. Et, à ceux qui trouvent ça long, je réitère que — comparons-nous

à Ottawa — je trouve qu'on est rapides.

Mme Gentilcore : Est-ce

qu'on a un horizon, quand même?

M. Lacombe : Bien, le

premier règlement, ce ne sera pas pendant mon mandat, ça va être au début d'un

prochain mandat, sous le prochain gouvernement, mais nos...

Mme Gentilcore : ...québécois,

finalement...

M. Lacombe : Bien,

c'est-à-dire, le fonds des médias québécois, moi, je pense que c'est quelque

chose que le prochain ministre de la Culture doit travailler puis devrait

mettre de l'avant. Je trouve que ce serait un geste éminemment structurant, où

nous n'avons pas besoin de demander la permission à Ottawa. On n'a pas besoin

de demander la permission, on n'a pas besoin de négocier, on va de l'avant de

façon unilatérale. Moi, je pense qu'il faut le faire. Il faut arrêter de

négocier sur des éléments où on a la légitimité d'agir.

Dans le cadre du projet de loi, le

règlement, je ne dirais pas que c'est la même chose que le fonds des médias,

c'est-à-dire, là le travail, il est bien enclenché, là c'est du travail

administratif qui se fait. Puis on n'est pas en train de négocier avec les

plateformes. La loi, elle est adoptée, il n'y a pas de négociation. Les gens

vont être soumis... Les entreprises vont être soumises à la loi, puis après on

pourra négocier des ententes avec elles, des... dans le cadre des mesures de

substitution, mais il n'y a pas de négociation. La loi, c'est la loi.

Mme Gentilcore : Parlons-en,

d'Ottawa, un petit peu. Vous savez, c'est un sujet que j'aime. Mark Carney s'est

présenté comme le défenseur de l'identité canadienne unique, avec son nouveau

ministère, vous l'avez dit tout à l'heure, le ministère de l'Identité

canadienne. Ça pose évidemment plusieurs questions, la première : le

mandat de Radio-Canada, qui est en train d'être redéfini. Vous aviez annoncé

que vous aviez des exigences par rapport à ça, par rapport au mandat de

Radio-Canada. Vous vouliez, entre autres, voir inscrite dans la charte de

Radio-Canada la spécificité du Québec. Est-ce que vous avez eu cette

discussion-là avec votre homologue fédéral, M. Miller? Et, si oui, comment

ça s'est passé?

M. Lacombe : Bien, ça

s'est passé.

Mme Gentilcore : Mais

encore?

M. Lacombe : Bien,

c'est-à-dire, il n'y a aucun appétit de leur côté pour faire ces

modifications-là. Ça, c'est un élément sur lequel nous, on ne peut pas agir de

façon unilatérale, parce que c'est une institution canadienne, qui relève,

donc, du gouvernement du Canada, c'est une société d'État. Mais, en même temps,

je réponds aussi à mon homologue fédéral puis au gouvernement canadien que, si

on a été capables de s'entendre pour qu'il y ait des juges québécois à la Cour

suprême, on devrait être capables de s'entendre pour qu'il y ait des administrateurs

québécois nommés sur recommandation du gouvernement du Québec au CA de

Radio-Canada. Mais, bon, c'est une décision qui appartient au fédéral. Nous, on

leur a... on leur a dit ce qu'on... ce qu'on souhaiterait voir.

Mme Gentilcore : Mais

c'est une fin de non-recevoir, la porte est fermée, rien à faire?

M. Lacombe : Ça me donne plus

de temps pour me concentrer sur l'avenir de notre diffuseur public à Télé-Québec.

Mme Gentilcore : Autre

point avec nos amis du fédéral, dans la foulée des difficultés de TVA, là, on

en parle beaucoup depuis... depuis que je suis là, en fait, depuis que je suis

en poste. Vous avez dit cette semaine que vous étiez prêt à retirer Télé-Québec

du marché publicitaire. Vous avez...

M. Lacombe : ...

Mme Gentilcore : ...oui,

que, bien... Bien, envisager, être prêt... Vous avez discuté de cette

éventualité-là et vous avez aussi demandé à Radio-Canada, le cas échéant, de

faire la même chose. Ça fait des mois que je demande ça de mon côté. J'ai,

d'ailleurs, republié votre message et j'abonde dans votre sens. Mais, très

rapidement, ce qu'on a vu <ensuite...

Mme Gentilcore :

...j'abonde

dans votre sens. Mais, très rapidement, ce qu'on a vu > ensuite, c'est

que le gouvernement fédéral a fermé la porte à l'idée de sortir Radio-Canada du

marché publicitaire. Comment va votre relation avec le fédéral?

M. Lacombe : Bien, moi,

on m'a questionné là-dessus, c'est-à-dire, je n'ai pas fait de sortie publique,

je n'ai pas émis un communiqué, je n'ai pas formulé une exigence ni une

recommandation. On m'a dit : Est-ce que... On m'a demandé si, à mon avis,

Radio-Canada devrait se retirer du marché publicitaire, j'ai répondu ce que je

pense profondément, c'est-à-dire oui, parce que nos médias privés vivent des

moments difficiles, puis je pense que plus on sépare l'assiette publicitaire,

bien, moins ça en laisse pour nos médias privés.

Maintenant, s'ils décident de ne pas le

faire, ce qui, vraisemblablement, est en train d'arriver, si je me fie à la

réponse de mon homologue, ça leur appartient. Moi, ce n'est pas une exigence

que je formule, ça leur appartient comme décision.

Mme Gentilcore : Donc,

pas de gain là non plus. Sinon, mon collègue parlait tout à l'heure des

rapatriements des pouvoirs, des budgets fédéraux. Juste pour savoir, par acquit

de conscience, c'est quand, la dernière fois que vous avez tenté de rapatrier

les budgets en culture, les pouvoirs qui nous appartiennent, au Québec?

M. Lacombe : Ce n'est

pas le style de la maison, c'est-à-dire, je ne cognerai pas...

Mme Gentilcore : ...de

votre parti, vous voulez dire?

M. Lacombe : Bien, en

fait, moi, ce n'est pas la façon dont je me gouverne. Ce n'est pas vrai que,

comme ministre de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec,

comme représentant du gouvernement des Québécois, je vais aller supplier le

gouvernement fédéral de nous faire des concessions alors qu'ils ne veulent pas...

ils ne veulent pas en faire en matière de culture.

La solution, c'est de poser des gestes de

façon unilatérale. Je vous parlais tantôt, par exemple, d'un fonds québécois

des médias. Il y a une fenêtre d'opportunité là, on peut le faire. Ça demande

du travail. Moi, je pense que le prochain ministre de la Culture devrait faire

ça. Puis quel serait le résultat, quel serait le résultat à la fin? Le

résultat, ce serait que l'argent serait ici, l'argent ne serait pas à Ottawa.

Donc, c'est une façon, ça, de rapatrier les sommes qui sont investies en

culture au Québec sans avoir à négocier, sans avoir à demander la permission à

un autre gouvernement, qui n'est pas notre gouvernement national.

Mme Gentilcore : Je

comprends ça, mais vous dites que ce n'est pas le style de la maison, mais

c'était pourtant dans la longue liste de ce que la CAQ avait comme désirs de

rapatriement de la part du fédéral. C'était... C'était en tête de liste, là, rapatrier

les pouvoirs en culture. Vous dites que ce n'est pas dans la... dans le style

de la maison. Donc, c'est quoi, le style de la maison? Là, vous êtes en train

de me dire que vous...

M. Lacombe : Bien,

rapatrier puis négocier pour rapatrier, c'est deux choses.

Mme Gentilcore : Non,

mais vous voulez de nouveaux mécanismes pour essayer d'aller chercher de

l'argent, je comprends ça, mais rapatrier les pouvoirs en culture, c'est quand

même bien quasiment 1 milliard de dollars par année qu'on... auquel on n'a

pas accès puis qu'on pourrait dépenser selon nos priorités culturelles et

linguistiques, là.

M. Lacombe : Bien, je

dirais d'abord qu'Ottawa investit... puis là je n'ai pas les chiffres exacts

d'Ottawa, mais investit probablement de moins en moins, là, quand on regarde

sur la dernière décennie, quand on ajuste tout ça à l'inflation. Donc, ça,

c'est... c'est préoccupant.

Mais, de toute façon, je fais une nuance,

là, dans ce que vous venez de dire. Négocier le rapatriement de pouvoirs, ça,

c'est une chose. Rapatrier les pouvoirs, ça, c'est une autre chose. Moi, je ne

pense pas qu'on doive négocier. Je ne pense pas qu'on doive négocier parce que

le gouvernement fédéral ne veut rien savoir puis je pense qu'on doit poser des

gestes unilatéraux pour rapatrier, non pas négocier pour rapatrier, mais pour

rapatrier. Projet de loi n° 109, c'est un bon exemple...

Mme Gentilcore : C'est

ça. Donc, c'est l'échec de la troisième voie dans sa... toute sa splendeur. C'est

parfait.

M. Lacombe : Bien, est-ce

qu'on considère que PL n° 109, c'est un échec?

Mme Gentilcore : Bien, à

vous de me dire. Je veux dire, pour l'instant, il n'y a rien qui... on n'a pas

les... on n'a pas les éléments, il n'y a rien qui a été...

M. Lacombe : Bien, on a

légiféré.

Mme Gentilcore : Vous

avez légiféré, mais il n'y a rien qui se passe en ce moment. Puis, les géants,

à ce qu'on sache, on n'a pas de nouvelles d'eux.

M. Lacombe : Mais là on

parle de... on parle de champ de compétence sur le fond. Quand on parle de

rapatrier des compétences, rapatrier des leviers, bien, ça, c'est un bon

exemple. Puis là, après, évidemment, bon, on légifère, puis la loi prend un

certain temps avant de produire ses effets. Mais, sur le fait d'avoir plus de

pouvoirs, qui étaient auparavant exercés par Ottawa, bien, le projet de loi n° 109,

c'est un bon exemple.

Mme Gentilcore : Le

1er mars, vous avez dit à l'émission Tout peut arriver que ce qui

est une menace à notre culture, la vraie menace à notre culture, ce sont les

GAFAM. Et, pour autant, votre gouvernement a dépensé 20 millions de

dollars en publicité dans les GAFAM dans les cinq dernières années. Est-ce que

c'est cohérent, selon vous?

M. Lacombe : Bien, je

pense que ce qui est... ce qui est cohérent, c'est la proportion. C'est-à-dire,

quand on investit 85 % de nos dépenses publicitaires... quand on fait

85 % de nos dépenses... Bon, on me dit 83 %, pour être plus exact. Ma

mémoire n'était quand même pas très loin de la réalité. 83 %, je trouve

que ça témoigne de notre engagement envers les médias québécois. Après, il faut

aussi investir sur les plateformes parce qu'il faut rejoindre... quand on fait

une campagne contre l'alcool au volant, quand on fait une campagne contre la

violence conjugale, il faut aussi rejoindre les gens qui ne sont pas... qui ne

sont pas exposés aux médias traditionnels. Donc, il faut aussi aller sur les

plateformes.

Mme Gentilcore :

Je vais quand même revenir sur la saga sorties scolaires

et livres dans nos <écoles

Mme Gentilcore :

Je vais quand même revenir sur la saga sorties

scolaires et livres dans nos > écoles, parce que je pense que c'est

important d'en discuter. En fait, ce que la ministre de l'Éducation a dit hier

en crédits, c'est qu'avant de couper dans les sorties culturelles scolaires

vous avez été consulté, on vous a demandé un avis. Alors, moi, je veux savoir. Est-ce

que c'était un avis écrit? Y a-tu des traces de ça? Si je hacke votre

ordinateur, est-ce que je vais trouver l'information?

• (12 h 50) •

M. Lacombe : Bien,

d'abord, je dois vous dire que je ne suis pas juriste, mais je vous déconseille

de pirater un ordinateur gouvernemental. Je pense que ça pourrait mal virer.

Mme Gentilcore : Je ne

saurais pas comment faire, pauvre de moi!

M. Lacombe : Vous allez

avoir le MCN sur le dos.

Mme Gentilcore : C'est

déjà le cas.

M. Lacombe : C'est déjà...

Puis l'autre élément qui me fait tiquer dans votre... dans votre question,

c'est que vous dites qu'on a coupé. Il n'y a pas eu de compressions. Ça, c'est

important de le dire. C'est-à-dire, on n'a pas diminué de budgets. Les budgets

sont là, les budgets sont au rendez-vous. Les dépenses vont pouvoir être au

même niveau. Donc, il n'y a pas eu de coupes dans les budgets.

Mme Gentilcore : Non,

mais avant de... avant de procéder à la fusion des enveloppes, là. Donc, est-ce

qu'il y a un avis écrit? Est-ce qu'on peut y avoir accès? Qu'est-ce que vous

avez dit?

M. Lacombe : Je vais m'en

tenir à ma réponse précédente. L'important, pour moi, là, c'est qu'on s'assure

que, maintenant que cette décision-là est prise... qu'il n'y ait pas de

conséquence dommageable pour l'accès aux enfants à la lecture, aux livres. Puis

je pense que les directions d'école... ma collègue, en premier lieu, puis les

directions d'école ont aussi cet objectif-là.

Mme Gentilcore : Mais il y a...

il y a les sorties scolaires aussi. Moi, j'ai rencontré aussi plusieurs

diffuseurs. Vous qui êtes tout le temps partout et de toutes les premières,

vous avez bien dû en croiser plusieurs qui ont dû vous dire leur inquiétude.

Parce que, moi, ce qu'on m'a dit, c'est : Ça représente tant de pour cent

de mon budget, les sorties scolaires, quand les jeunes viennent chez nous, puis

là c'est très incertain à savoir s'ils vont revenir. Là, on a annoncé qu'on

remettait les sous, puis tout ça, puis... mais là on se rend compte que ce

n'est pas une enveloppe, ce n'est plus une enveloppe qui est dédiée, comme on

l'a dit avec mes collègues plus tôt. Maintenant, c'est laissé au jugement,

finalement, des centres de services scolaires et des écoles.

Qu'est-ce que vous dites à ces

diffuseurs-là pour les rassurer? Parce qu'en région c'est un... c'est un vrai

enjeu, là. C'est une bonne portion de leurs revenus. Ils doivent être inquiets.

Qu'est-ce que vous leur dites pour les rassurer par rapport à ça?

M. Lacombe : Bien,

d'abord, l'objectif d'avoir deux sorties scolaires, c'est un objectif qui, pour

moi, est essentiel, donc je pense qu'il faut le réitérer, deux sorties

scolaires pour lesquelles les établissements scolaires vont avoir... deux

sorties culturelles, pardon, pour lesquelles les établissements scolaires vont

avoir le budget, parce qu'il n'y a pas eu de diminution de budget, malgré les

changements qui ont été effectués par ma collègue dans les règles budgétaires.

Puis, pour les rassurer, bien, c'est de

les asseoir à la table avec nous. Donc, c'est ce que je leur ai proposé, qu'on

s'assoie, Culture, Éducation et eux, parce que je pense que leurs

préoccupations sont légitimes puis je pense qu'il ne faut pas les revirer, là,

puis dire : Bien, vous n'avez pas raison d'être inquiets. Quand les gens

du milieu sont inquiets comme ça, il faut s'asseoir avec eux, c'est ce qu'on

est en train de faire, pour voir comment on peut les rassurer. Mais, au-delà

des paroles, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour essayer de garder cette

flexibilité-là, parce que je pense que l'objectif est noble, dans le milieu

scolaire, d'avoir plus de flexibilité, moins de paperasse pour les directeurs,

pour le personnel, mais qu'en même temps il n'y ait pas de conséquences

négatives pour l'accès à la culture? Ça fait que, le milieu culturel, je pense

que c'est un bon... va être de bon conseil là-dedans. Donc, on est... on est

là-dedans.

Mme Gentilcore : Dernière

petite question pour vous. Vous avez fait une belle annonce, que je salue,

récemment pour aider nos musées dans les régions éloignées. Donc, merci pour ça.

Lequel de ces musées-là vous allez visiter cet été? Moi, je m'en vais en

Gaspésie. J'avais visité le Musée de la Gaspésie, je suis allée il y a

longtemps, mais ça va être un bonheur pour moi d'y retourner. Est-ce que vous

avez l'intention de vous promener un peu puis d'aller en visiter un? Si oui, lequel

vous intéresse le plus?

M. Lacombe : Bien, je vous

dirais... là, j'étire un peu, mais je dirais le Musée national de l'histoire du

Québec.

Mme Gentilcore : Ah! ce

n'est pas en région éloignée, ça.

M. Lacombe : Ce n'est

pas en région éloignée. Vous avez dit en région éloignée?

Mme Gentilcore : Bien

oui. Oui, oui. Mais il ne sera pas prêt cet été, là.

M. Lacombe : En région

éloignée? Bien, c'est une... c'est une bonne question. Je pourrais aller

visiter la région de Mme la Présidente, n'est-ce pas? Mais les musées,

honnêtement, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sont incroyables. Bien, partout au

Québec, en fait. Mais je pense que nos musées de l'Est ont mené une bonne

bataille, je vais dire ça.

Mme Gentilcore : Oui. Je

les salue.

M. Lacombe : Puis ça a

été fait de façon très correcte, mais ils ont mis leurs souliers de course,

leurs gants. On a eu des bonnes discussions constructives. Donc, je pense que

j'irais visiter un musée de l'Est pour leur lever mon chapeau.

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci. Merci, M. le ministre. C'est tout le temps que le bloc permettait.

Donc, je cède la parole au député d'Abitibi-Est.

M. Dufour : Merci. Très

simplement, M. le ministre, vous le saviez, on en avait déjà parlé l'autre

jour, 72 % du budget culturel va dans les régions de Montréal, Québec, ce

qui m'amène à vous amener un cas typique... puis ce n'est pas le seul, là, je

vais... je vais donner un exemple, là, mais, le Centre de musique et de danse

de Val-d'Or, ça fait 15 ans qu'il remplit des formulaires, puis il n'y a

jamais d'augmentation sur le <budget...

M. Dufour :

...remplit

des formulaires, puis il n'y a jamais d'augmentation sur le > budget, il

n'y a aucune majoration qui vient apparaître, même si on leur demande des

indicateurs de performance, des inscriptions additionnelles ou des choses comme

Trouvez-vous ça normal qu'un organisme,

puis c'est... comme je vous le dis, là, ce n'est pas le seul, mais je donne

l'exemple de celui-là, que ça fait 15 ans qu'il n'y a aucune majoration,

alors que les coûts d'opération augmentent à chaque année, là?

M. Lacombe : ...l'organisme?

M. Dufour : Le Centre de

musique et de danse de Val-d'Or, par exemple. Mais c'est ça que je dis, c'est

que ça fait 15 ans qu'on leur demande de faire des formulaires, de remplir

des indicateurs de performance, mais, malgré tout ça, il n'y a jamais rien qui

apparaît additionnel au niveau du budget.

M. Lacombe : Bien, est-ce

que je trouve ça normal? Là, c'est hypothétique, parce que je ne connais pas le

dossier précisément de cet organisme-là, qui doit être financé au PAFOFA,

programme d'aide au...

Une voix : ...

M. Lacombe : ...c'est ça,

dont on a parlé un peu plus tôt. Il faudrait que je voie, mais, bon, je pense,

c'est une évidence, là, de dire que, si vous êtes... si vous avez une

subvention au fonctionnement qui n'a pas été augmentée depuis 15 ans, ça

me semble problématique. Mais, en même temps, je trouve ça surprenant, parce

que le PAFOFA, justement, a augmenté de 17 % entre les deux triennales.

Donc, il faudrait... il faudrait voir...

Une voix : ...

M. Lacombe : ...il

faudrait voir, oui, l'évaluation du... l'évaluation du dossier, parce

qu'évidemment on ne fait pas non plus juste des chèques pour faire des chèques,

on s'assure qu'il y a des critères bien précis qui sont remplis. Je prends le...

ce n'est pas l'objet de votre question, mais, par exemple, au Conseil des arts

et des lettres du Québec, quand on renégocie les... là j'ai un blanc de mémoire

sur le nom, les ententes...

Une voix : ...

M. Lacombe : ...non, mais,

quand on... quand on octroie le financement aux organismes culturels qu'on

finance avec les... avec les ententes quadriennales, bien, il y en a qui

augmentent, parfois il y en a qui baissent, parce que, si on... si l'organisme

ne se qualifie pas ou se qualifie moins, il peut y avoir du mouvement. Mais il

faudrait voir.

M. Dufour : Mais je

pense que ce qu'il est important de retenir, puis toute votre équipe est ici en

arrière, là, c'est qu'on n'arrête pas de demander de remplir de la paperasse à

ces gens-là, et ça ne donne pas grand, grand-chose au bout de la ligne. Donc,

je pense que c'est... vraiment, l'élément central de tout ça, c'est qu'à un

moment donné je comprends qu'il y a des restrictions budgétaires ou il y a des

enjeux budgétaires...

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci.

M. Dufour : ...mais on

peut-tu raccourcir, à un moment donné, les délais?

La Présidente (Mme Guillemette) :

Merci, M. le député. Merci. Donc, je cède la parole à la députée de Bourassa-Sauvé

pour son dernier bloc.

Mme Cadet : Merci, Mme la

Présidente. Bien, je vais rester sur la paperasse, parce que je trouvais le

dossier... la question du collègue assez intéressante ici.

M. le ministre, donc, vous savez, il y a les

ententes de développement culturel municipales et régionales, donc, qui sont...

qui sont signées, donc, qui permettent, donc, aux municipalités, aux MRC de

pouvoir avoir une certaine forme, donc, de flexibilité sur l'offre culturelle

qui se déploie sur leurs territoires. La raison d'être du programme, c'est... c'est

de valider le fait qu'en raison de leur proximité avec leurs... la population

puis de leurs champs de responsabilité, bien, elles sont les plus aptes à

répondre aux besoins culturels de leurs territoires. Donc, ces ententes-là

existent. Et, pour avoir fait le tour... bien, le tour du Québec, puis, en

fait, donc, des tournées, donc, dans différentes régions, ce qu'on constate,

c'est que, parfois, c'est un petit peu difficile, tu sais, dans son application.

Je vais peut-être, alors, dans ce cas-ci,

tu sais, vous poser une question, puis ça va peut-être vous donner une idée.

Par exemple, mettons qu'on a un jeune artiste qui vient de finir... qui vient

de gagner Secondaire en spectacle, donc, on a ça partout au Québec, donc, on ne

pourra pas identifier la région comme ça... a gagné Secondaire en spectacle, la

MRC veut l'embaucher pour qu'il puisse, donc, être en prestation, donc, en

vertu de cette entente-là. Est-ce que, selon vous, ça, ça devrait être une

dépense admissible?

M. Lacombe : C'est une

bonne question. L'embaucher pour faire de l'animation culturelle?

Mme Cadet : Oui, c'est...

exactement, pour de l'animation, oui, culturelle, oui.

M. Lacombe : Bien, c'est

une bonne question. J'aurais envie, instinctivement, de vous dire oui. Mais là j'imagine

que vous allez me dire que ce n'est pas possible dans le cadre des règles

actuelles?

Mme Cadet : Bien, ce

n'est pas exactement ça, mais c'est... je vous donne un demi-point, donc, pour

la réponse ici. C'est qu'en fait, oui, donc, en vertu des ententes de

développement culturel, dans les dépenses admissibles, donc, on a les cachets

d'artistes locaux et émergents pour de l'animation, de la médiation culturelle

ou de la formation, de la création, de la diffusion au bénéfice de la... de la

citoyenne ou du citoyen. Donc, ça, c'est très clair. Vous voyez, donc, j'ai...

on a... j'ai vraiment consulté l'ensemble des ententes pour voir si ce qu'on me

disait... est-ce que ce n'est vraiment pas possible. Donc, en le lisant, je me

dis : Bien, en théorie, je vois bien que, sur papier, c'est possible, mais,

quand on a des MRC qui viennent nous dire : Bien, regardez, là, on soumet,

c'est bien compliqué... on est bien ceux qui sommes bien au courant, donc, de

ceux qu'on est capable, donc, d'embaucher pour ce type de contrat là, non?

M. Lacombe : Bien,

écoutez, là, je ne sais pas trop quoi vous répondre. Il faudrait... Il faudrait

voir, là. C'est très niché puis technique, c'est contractuel. Il faudrait voir.

Mais, tu sais, dans des... dans des cas comme... vous

savez, dans des cas comme ça, nos directions <régionales ...

M. Lacombe :

...dans

des cas comme... vous savez, dans des cas comme ça, nos directions > régionales

sont là pour ça. Et, s'il y a des MRC, des municipalités, des villes qui ont

des enjeux de ce type-là, bien, elles peuvent se tourner vers nos directions

régionales, puis on va... on va les aider. Puis, si vous avez un cas concret,

vous pouvez nous le partager aussi, puis on...

• (13 heures) •

Mme Cadet : La question que

j'ai pour vous ici... puis, tu sais, vous voyez, là, j'ai donné, donc, un

exemple, donc, assez... assez précis, mais, tu sais, c'est un peu, donc, ce

type de... Disons, là, ce que les MRC... ce que certaines MRC nous disent,

c'est que, oui, bon, on sait très bien que les directions régionales, donc,

sont là pour nous appuyer, mais, parfois, c'est un peu difficile, tu sais, on a

l'impression qu'on ne nous donne pas, donc, l'autonomie nécessaire pour prendre

ce type de décision là, puis disent : Bien, voyons donc, on est quand même

bien ceux qui sommes en mesure de pouvoir prendre ce type de décision là. Là,

on nous dit : Non, non, non, tel artiste, ça, ça ne marche pas, il ne

reçoit pas de subvention du CALQ, donc là ça, ce ne sera pas une dépense admissible.

Je vous ai donné un exemple, donc, très

concret, réel de jeunes de Secondaire en spectacle, parce que, là, on ne peut

pas identifier la MRC quand je donne cet exemple-là, mais il y en a d'autres du

type qui nous disent : Bien, comment ça se fait qu'on a besoin d'avoir

autant de va-et-vient avec nos directions régionales? Il me semble que, si on

veut plus de culture en région, tu sais, si on se dit qu'en vertu même de la

raison d'être de l'entente... bien, qu'on dispose de l'autonomie nécessaire, disons,

qu'on est considérés comme les plus aptes à répondre aux besoins culturels du

territoire, bien, encore faudrait-il, donc, que ce soit facilité par les

directions régionales.

Donc, vous, est-ce que vous vous engagez à

partager une directive, à donner une directive au ministère puis dire :

Bien, regardez, on... tu sais, on va regarder ça, tu sais, pour faciliter les

interactions de nos MRC avec vous?

M. Lacombe : Bien,

d'abord, c'est sûr qu'on a des normes à suivre, notamment qui sont discutées,

qui sont approuvées ensuite avec le Secrétariat du Conseil du trésor. Donc, ça,

c'est une chose. Mais, en même temps, nos ententes de développement culturel,

c'est probablement un des véhicules les plus flexibles qu'on a, où on,

justement, contribue à hauteur, par exemple, de 50 %, la municipalité, un

autre 50 %, puis on peut financer, avec ça, des projets culturels. Entre

autres, par exemple, à Gatineau, dont je représente une

partie du territoire, il

y a plusieurs beaux projets qui ont vu le jour grâce à ça.

Maintenant, est-ce que ça peut être plus

simple, plus flexible? On peut toujours améliorer ça, évidemment. Mais donc,

là, vous soulevez quelque chose, peut-être, dont je n'étais pas au courant.

Mme Cadet : ...l'interprétation

administrative ici, là.

M. Lacombe : Oui. Je

n'étais pas au courant de ça. On ne m'a pas rapporté ça. Ce n'est pas quelque

chose pour lequel on... Ce n'est pas... Ce n'est pas quelque chose qui a été

porté à mon attention par les partenaires. Donc, si c'est un irritant, puis là

vous semblez dire que c'est le cas pour certains partenaires, bien, on pourra

peut-être se parler après. On pourra, sinon, voir avec... C'est difficile d'aider

les gens quand on ne sait pas exactement d'où ça vient, mais on verra... on

verra qu'est-ce qu'on peut faire.

Mme Cadet : On pourrait

voir, donc, pour peut-être même clarifier l'interprétation, s'assurer que ce

soit fait, donc, de façon uniforme, parce que vous semblez dire que c'est un

programme qui est déjà assez flexible.

M. Lacombe : Bien, c'est

l'objectif, en tout cas, oui.

Mme Cadet : C'est ça,

bien, c'est ce que je lis aussi. Donc, c'est l'objectif du programme. Ça fait

que je pense que c'est un objectif qui est partagé. Je vous l'ai dit, moi,

quand on m'a dit : Non, non, ça, ce n'est pas admissible, je suis allée

regarder l'ensemble de l'entente en me disant : Ça n'a absolument pas de

bon sens, puis, en le lisant, effectivement, on comprend bien que, sur papier,

c'est flexible, mais, si, dans les faits, il y a ces irritants-là, je pense que

ça demande qu'on puisse regarder ça puis s'assurer qu'on puisse respecter la

raison d'être du programme.

M. Lacombe : C'est bien

entendu. Puis le programme va être en révision. Le renouvellement est prévu

pour l'an prochain, donc en avril 2027, au 1er avril 2027. Donc, ce sera

l'occasion, au cours de la prochaine année, de se pencher sur le programme.

Donc, on prendra ça en considération. C'est noté.

Mme Cadet : Parfait.

Toujours au niveau des MRC, je me demandais, M. le ministre... Parce que je

sais qu'au 1er avril 2026 c'était le délai pour que plusieurs MRC

complètent leurs inventaires du patrimoine immobilier, donc ça ne fait pas très

longtemps. Est-ce que vous avez une idée de combien de ces MRC et municipalités

là ont complété leurs inventaires?

M. Lacombe : Bien,

actuellement, il y en a 65 qui ont été adoptés. Donc, ça, c'est le chiffre

total qui...

Une voix : ...

M. Lacombe : 106 doivent

le faire... Pas au total?

Une voix : Oui.

M. Lacombe : Au Québec?

Une voix : Oui.

M. Lacombe : Ah oui? Il

me semble, c'est peu. Mais 106, donc, doivent le faire, 65 l'ont... l'ont

adopté, 32 sont en cours, huit sont en préparation puis un n'a pas encore

débuté. Je pense qu'il faudrait qu'il commence.

Mme Cadet : Bien, un

peu, c'est ça, parce que... y a-tu des sanctions pour les municipalités qui ne

l'auraient pas complété avant le 1er avril?

M. Lacombe : Est-ce

qu'il y a une sanction pour... Bien, en fait... en fait...

(Consultation)

M. Lacombe : Il faudrait

que je vous revienne avec la <réponse...

Haut de la page

13 h (version révisée)

<17927

Lacombe : Il faudrait que je vous revienne avec la > réponse.

Là, je vous avoue que je n'ai pas cette réponse-là.

La Présidente (Mme Guillemette) :

...vous engagez, M. le ministre, à... M. le ministre, à donner la réponse, à revenir

pour la réponse?

Mme Cadet : Bien, je l'ai peut-être

pour le ministre.

La Présidente (Mme Guillemette) :

Allez-y.

Mme Cadet : Moi, ce que je

comprends, c'est, bon, il y a quelque temps, donc, le ministère de la Culture rappelait

que l'obligation de réaliser un inventaire est connue depuis plus de cinq ans,

donc c'est votre prédécesseure, donc, qui avait déposé le projet de loi, et

prévient que, tant qu'ils n'auront pas été complétés, les municipalités seront

privées de financement en rapport avec le patrimoine. Les immeubles qui ne sont

pas inscrits dans un inventaire admissible ne seront pas admissibles au

Programme d'ententes en patrimoine à partir du 1er avril 2026.

M. Lacombe : Bien, je pense

que vous venez d'apporter une

partie de la réponse, là. Vous aviez fouillé

cette question-là précisément. Sinon, ce qu'on m'explique...

Mme Cadet : ...avec... Est-ce

que c'est toujours d'actualité?

M. Lacombe : Bien, il y a ce

dont vous venez de parler, qui est un bon exemple, ce que vous venez de

souligner. Mais, en même temps, les municipalités doivent respecter la loi. C'est

comme ça dans toutes les lois. Donc, il n'y a pas de sanctions, précisément,

qui sont prévues, par exemple, une sanction financière ou... mais, bon, les

municipalités doivent respecter les lois québécoises, celle-là comme toutes les

autres.

Mme Cadet : Bien sûr.

M. Lacombe : Puis, il y a des

effets ensuite, notamment celui dont vous venez de parler.

Mme Cadet : Oui, bien sûr, je

pense qu'il n'y a personne qui est en train de dire qu'une municipalité, donc,

ne devrait pas respecter la loi. Je pense que c'est assez clair. Mais l'objectif

ici, c'est de voir : Est-ce que... Tu sais, est-ce que vous considérez que

le délai, donc, qui est imparti était assez long pour une municipalité? Parce

que, quand on a peut-être, quoi, 60 %, tu sais, à peu près 60 % des

municipalités qui ont complété en date du 1er avril, est-ce qu'elles avaient

l'accompagnement nécessaire pour pouvoir réaliser l'inventaire?

M. Lacombe : Bien, honnêtement...

Mme Cadet : Est-ce que vous

êtes satisfait, alors, de cette note de passage, là, 60 %?

M. Lacombe : Bien, je dirais

que, bien honnêtement, là, elles ont eu suffisamment de temps, puis on a mis

des ressources en place dont le nombre m'échappe, là, mais on a mis des

ressources en place pour les aider à faire ces inventaires-là. On a été... Je

pense qu'on peut dire qu'on a fait preuve d'ouverture et de flexibilité.

Maintenant, il faut que... il faut que les

municipalités respectent la loi. Donc, je vous ai donné les chiffres tantôt,

puis après ça, bien, il y a des conséquences, c'est-à-dire pas des sanctions,

mais il y a des conséquences à ne pas respecter la loi, c'est-à-dire... vous

savez, vous en avez parlé tantôt. Ensuite, quand on est... si on veut que les

bâtiments soient...

Mme Cadet : ...additionnel

pour... une nouvelle échéance pour ceux qui ne l'ont pas... le 40 % qui ne

l'ont pas respectée?

M. Lacombe : Bien, on ne

donnera pas une nouvelle échéance. Ça va être... le plus rapidement possible, ils

doivent se conformer à la loi. La loi, c'est la loi. Donc, on ne va pas leur

donner un délai supplémentaire. Ils sont... Ils vont être en contravention de

la loi, puis il va falloir qu'ils remédient à ça. Parce que, sinon, il y a des

conséquences, encore une fois, pas des sanctions, mais des conséquences, qui s'appliquent,

c'est-à-dire, par exemple, perdre l'accès à des sommes qui pourraient... qui

auraient pu être octroyées, par exemple, pour la rénovation de bâtiments

patrimoniaux qui, là, ne seraient plus accessibles parce que l'inventaire n'est

pas complété.

Donc, je pense que les municipalités ont

tout intérêt à... bien, en fait, elles doivent respecter la loi, puis, en plus

de ça, bien, ça va leur permettre de continuer à avoir accès à du financement.

Mme Cadet : Parfait.

M. Lacombe : ...le chiffre,

là, c'est près de 11 millions, 10,7 millions qui ont été octroyés

pour les aider à réaliser cet inventaire-là.

Mme Cadet : Parfait. Patrimoine

religieux, pour avoir rencontré, donc, certains acteurs du milieu, c'est... ce qu'on

me disait, c'est : Bien, écoutez, le gouvernement de la CAQ nous a fait des

promesses, bien, en partie, bien, en théorie, ils peuvent dire : Regardez,

on l'a réalisé, voici le budget, mais là on vous retire, donc, le budget auquel

vous aviez accès, donc, pour la rénovation du patrimoine religieux. Je comprends,

puis je pense que, M. le ministre, vous vous êtes déjà exprimé là-dessus dans l'espace

public, en disant : Bien, écoutez, il y a tellement de demandes, c'est

beaucoup plus populaire que ce à quoi on s'attendait. Donc, dans cette

perspective-là, bien, il faut qu'on mette ça sur pause pour réfléchir à la

suite des choses pour le patrimoine religieux.

Aujourd'hui, est-ce que vous avez réfléchi

à ça? Elle est... Elle en est à quelle étape, votre réflexion?

• (13 h 10) •

M. Lacombe : Bien, quand on

parle de réflexion, on fait allusion, donc, au Comité national sur le

patrimoine religieux immobilier. Donc, ça a été un groupe de travail qu'on a

créé, où on a mis plusieurs personnes à la table, des représentants des grands

propriétaires des immeubles religieux, qui ont une grande valeur patrimoniale, <évidemment...

M. Lacombe :

...des

grands propriétaires des immeubles religieux, qui ont une grande valeur

patrimoniale, > évidemment, des gens aussi de l'UMQ, de la FQM, puis ce

qu'on a voulu déterminer, c'est, par exemple, quel est le rôle... en fait,

quels sont les rôles, quelles sont les responsabilités des différents

intervenants, comment on peut arriver à avoir une meilleure... une meilleure

gestion, une gestion plus saine de ses actifs immobiliers, assurer aussi la

viabilité des projets de conservation, de transformation, les approches de

financement aussi.

Mme Cadet : Est-ce que vous

trouvez...

M. Lacombe : Donc, les travaux

ne sont pas encore terminés, ça va se terminer à l'automne 2026. Donc, à

ce moment-là, on sera en mesure de décider ce qu'on fait pour la suite.

Mme Cadet : OK. Parfait.

Conseil du patrimoine religieux du Québec, moi, j'ai un cas, donc, d'une... de

travaux, donc, qui a... pour lesquels, donc, un organisme, donc, avait reçu,

donc, les... la subvention pour la première étape, pour la deuxième étape,

mais, la troisième étape, ils n'ont pas été capables de recevoir leur dernière

subvention parce que... bien, selon eux, bien, il n'y avait aucun fonds qui

avait été accordé p

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2026-05-14
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-43-3 journal-debats CCE-260514
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierdd508cdb7805cdef4c47d8ec95b6ed76f10d6d08

Source file is stored in the law ingest library (html).