Public Finance — 4 May 2010 (39th Legislature, 1st Session)
CFP 2010-05-04
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39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
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37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
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33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
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27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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39 e législature, 1 re session
(13 janvier 2009 au 22 février 2011)
Le mardi 4 mai 2010 - Vol. 41 N° 64
Étude des crédits budgétaires 2010-2011 du ministère des Finances
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Table des matières
Discussion générale (suite)
Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ)
Bilan des changements apportés
Responsable de la gestion du risque
Système de gestion du risque
Offre de produits indiciels
Réduction des dépenses
Perspectives concernant l'effectif
Relations avec les déposants
Responsable de la gestion du risque (suite)
Mandats confiés à l'externe
Investissements au Québec
Fonds Teralys Capital
Circonstances du départ de dirigeants
Relations publiques
Investissements dans Citibank et CIBC
Relations avec les déposants (suite)
Système de gestion du risque (suite)
Impact de la situation en Grèce
Réduction des frais de gestion
Utilisation des cotes de crédit
Réduction des frais de gestion (suite)
Fête en l'honneur de M. Henri-Paul Rousseau
Défense de l'Autorité des marchés financiers
Dépôts du FARR et de la RRQ
Perspectives face à une crise des marchés
Refinancement de dette
Contrat avec McKinsey & Company
Dette immobilière
Politique de rémunération
Dépôts du FARR et de la RRQ (suite)
Progression des placements privés
Retrait du marché bousier en 2008
Avenir de la caisse
Co-investissement des dirigeants
Système de gestion du risque (suite)
Confiance dans les agences de notation
Système de gestion du risque (suite)
Choix d'indices en immobilier
Cotes de crédit internes
Revenus de placement en 2008 et en 2009
Autorité des marchés financiers (AMF)
Fonds d'indemnisation des services financiers
Mesures de contrôle en place
Inscription obligatoire des intervenants
Fonds d'indemnisation des services financiers (suite)
Frais juridiques externes
Commission pancanadienne des valeurs mobilières
Système de passeport
Niveau d'investissement public dans les infrastructures
Objectifs visés par le budget
Déficits d'établissements des réseaux de la santé et de l'éducation
Hausse du service de la dette
Taux d'intérêt sur les emprunts
Taux de rendement sur les titres à long terme
Lutte contre le travail au noir dans l'industrie de la construction
Adoption des crédits
Documents déposés
Intervenants
M. Irvin Pelletier, président suppléant
M. Raymond Bachand
M. Emmanuel Dubourg
M. Jean-Martin Aussant
M. Raymond Bernier
M. Stéphane Billette
Mme Charlotte L'Écuyer
M. François Bonnardel
M. François Rebello
M. Nicolas Marceau
M. Marc Carrière
* M. Michael Sabia, CDPQ
* M. Bernard Morency, idem
* M. Robert Tessier, idem
* M. Roland Lescure, idem
* M. Claude Bergeron, idem
* M. René Tremblay, idem
* M. Normand Provost, idem
* M. Bernard Turgeon, ministère des Finances
* M. Luc Monty, idem
* M. Jean St-Gelais, AMF
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Dix heures cinq minutes)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): ...s'il vous plaît. À l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission des finances publiques ouverte. Je demanderais à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir fermer la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Finances pour l'année financière 2010-2011. Nous avons effectué quatre heures sur l'enveloppe globale de 11 heures dont nous disposons pour l'étude de ces crédits. Nous procéderons donc aujourd'hui aux sept heures restantes ainsi qu'à la mise aux voix des crédits, à environ cinq minutes afin la fin du temps qui nous est imparti.
Nous devions commencer à... faire de 10 heures à midi. Il est 10 h 5. Est-ce qu'il y aurait consentement pour terminer à 12 h 5?
Des voix: Consentement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Consentement. Merci. Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire: Non, M. le Président.
Discussion générale (suite)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Nous allons maintenant poursuivre l'étude des crédits avec un nouveau bloc d'interventions du côté ministériel. Et je suis prêt à reconnaître M. le ministre des Finances.
M. Bachand (Outremont): Merci, M. le Président. Très brièvement, d'entrée de jeu, nous avons eu une excellente séance de discussion sur les crédits globaux du ministère des Finances vendredi. Nous avons eu l'occasion aussi d'entendre les gens de la Société des alcools, de Loto-Québec. Aujourd'hui, au-delà des crédits de l'ensemble du ministère des Finances, les gens de la Caisse de dépôt sont à notre disposition ce matin et cet après-midi; les gens de l'Autorité des marchés financiers seront à notre disposition ce soir.
Je vous représente Gilles Paquin, sous-ministre des Finances, qui est à côté de nous; Mélissa Dumais, de mon cabinet politique.
Et j'aimerais simplement d'entrée de jeu, comme je l'ai fait vendredi, mais c'est une nouvelle séance, il y a des nouvelles personnes, réitérer mon appui personnel, celui du gouvernement, envers les gens qui gèrent l'État du Québec, la qualité de la fonction publique que nous avons au Québec, cette équipe d'hommes et de femmes, de sous-ministres, de sous-ministres adjoints, de directeurs, de professionnels, de spécialistes, des travailleurs syndiqués, à tous les niveaux de la fonction publique, dans le réseau de la santé et dans le réseau de l'éducation, et dans nos... les organismes et dans nos sociétés d'État commerciales, financières, comme la Caisse de dépôt, comme l'Autorité des marchés financiers, qui est un organisme à part.
Nous sommes chanceux, comme Québécois, d'avoir des gens qui sont compétents, qui sont dévoués, qui travaillent de longues heures -- ça, j'ai été à même de le constater dans ma vie antérieure, quand je faisais affaire avec le gouvernement, mais comme ministre du Développement économique et maintenant comme ministre des Finances -- et qui n'ont qu'un seul intérêt à coeur, c'est l'intérêt du Québec, l'intérêt de nos citoyens, la prospérité du Québec, et le partage aussi de la richesse.
Alors, je trouve qu'il est important, quand on commence les blocs d'étude de crédits, de ne pas oublier aussi de rendre hommage à l'ensemble des gens qui travaillent, qui travaillent pour nous, « nous » étant non pas nous, ministres, mais nous, la population du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. le ministre. Je reconnais maintenant le député de Viau.
Caisse de dépôt et placement
du Québec (CDPQ)
Bilan des changements apportés
M. Dubourg: Merci, M. le Président. Bien, tout d'abord, je voudrais saluer le ministre des Finances, qui est ici aujourd'hui, saluer aussi mes collègues de l'opposition et puis mes collègues, aussi, du côté ministériel. Et, M. le Président, j'en profite pour saluer M. Tessier, M. Sabia et tous les membres de la Caisse de dépôt et de placement qui sont ici. Le ministre nous a dit que, bon, la caisse était à notre disposition.
Donc, j'aimerais, M. le Président, profiter de cette occasion pour pouvoir questionner la caisse, car, M. le Président, vous savez que, dans bientôt deux semaines et demie à peu près, dans deux à trois semaines, la Caisse de dépôt va venir ici pour nous faire une reddition de comptes, mais...
M. Bachand (Outremont): Excusez-moi, M. le député de Viau. Vous voulez commencer avec la Caisse de dépôt?
M. Dubourg: Oui. Oui, monsieur...
M. Bachand (Outremont): Parfait. Je vais demander aux dirigeants... je m'excuse de vous interrompre, je vais demander aux dirigeants de venir se joindre à nous. Merci.
** (10 h 10) **
M. Dubourg: D'accord. Merci. Oui. Donc, oui, donc j'aimerais bien effectivement que les dirigeants de la Caisse de dépôt et de placement se présentent à l'avant parce que mes questions, M. le Président, vont s'adresser à eux. Et... Mais entre-temps, pendant que les membres s'installent, M. le Président, on doit rappeler que, bon, nous sommes à l'étude de crédits, et... suite au budget que le ministre des Finances a déposé le 30 mars dernier.
Et on se rappelle bien que ce budget, M. le Président, va nous ramener à l'équilibre budgétaire en 2013-2014 tout en maintenant les services aux citoyens, les services aux Québécoises et aux Québécois, malgré le fait que, M. le Président, nous savons qu'ici, au Québec, nous donnons 17,5 milliards de services de plus que l'Ontario. Et voilà que le ministre nous a présenté un budget audacieux, un budget courageux qui nous permet, entre autres, de revenir à l'équilibre budgétaire.
Mais, maintenant que les dirigeants de la Caisse de dépôt et de placement du Québec sont installés, M. le Président, on se rappelle que la caisse a passé une période difficile, pour ne pas dire extrêmement difficile, avec des pertes de 40 milliards du bas de laine des Québécois. Et je peux dire qu'il y a un nouveau président, M. Michael Sabia, qui est ici avec nous, qui est à sa première année. Il a eu à dire que c'était une année de transition, parce qu'on connaît les incertitudes, les problèmes d'environnement économique et financiers remplis d'incertitude qu'a connus la caisse.
Donc, j'aimerais profiter, M. le Président, de sa présence pour que le président nous dise, au cours des derniers mois de 2009, quels sont les changements qu'il a effectués au sein de la haute direction. C'est-à-dire que je sais qu'il a apporté des changements au niveau organisationnel, des changements au niveau de la stratégie, aussi, d'investissement pour pouvoir rétablir l'équilibre financier de la Caisse de dépôt et placement.
Nous savons que la caisse a émis un certain nombre de communiqués pour nous faire part des dirigeants de haut calibre à qui ils ont fait appel pour venir les appuyer dans la gestion de la caisse, que ce soit M. Roland Lescure... On sait aussi qu'au niveau finances il y a M. Ghislain Parent, aussi, qui... Enfin, il y a eu des changements à ce niveau-là, au niveau finances et aussi au niveau des opérations. Il y a eu aussi abolition d'un certain nombre de postes. Donc, voilà qu'on est à une année.
Donc, M. le Président, j'aimerais que les dirigeants de la caisse nous brossent un portrait de la situation, nous disent c'est quoi, les principaux gestes qu'ils ont posés de façon à rétablir l'équilibre financier de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Merci, M. le Président. Je vais demander à... On a avec nous... le plaisir d'avoir le président du conseil, M. Robert Tessier, Michael Sabia, le P.D.G. Je vais lui demander de présenter son équipe aussi. Et je pense que c'est M. Sabia qui va prendre cette question.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Est-ce qu'il y a consentement pour entendre M. Sabia? M. Sabia, si vous voulez vous identifier pour les besoins de l'enregistrement. Et après vous continuez. Vous avez la parole.
M. Sabia (Michael): Oui. Merci, M. le Président. Évidemment, je suis Michael Sabia, P.D.G. de la Caisse de dépôt et placement du Québec. À ma droite, Roland Lescure. Roland s'est joint à nous en octobre. Il est chef de placement, donc une position très importante à la Caisse de dépôt. Évidemment, Robert Tessier, directement à ma droite. il est président du conseil.
Et, à l'autre côté de la table, Bernard Morency; Bernard est responsable de notre planification stratégique et en même temps il a un poste très important, il est responsable de nos relations avec les déposants, nos clients, donc un poste très important. Et on a plusieurs membres de notre équipe de direction de la caisse. Et, si vous êtes à l'aise, quand quelqu'un pose une question ou... peut-être que je vais demander à mes collègues de se joindre à nous à la table pour répondre à une question donnée.
Donc, juste pour faire quelques commentaires en ce qui concerne nos progrès pour l'année 2009... Et, oui, vous avez, M. le Président... le député a déjà mentionné l'idée d'une année de transition, et évidemment 2009 a été une année de transition, mais je dirais une année pendant laquelle nous avons fait beaucoup de progrès.
Quand je suis arrivé à la caisse, en mars 2009, à cause de la situation sur les marchés qui étaient en pleine crise, la situation de la caisse était difficile. Maintenant, je crois que nous sommes en train de mettre en oeuvre les choses nécessaires pour renforcer cette grande institution, pour bâtir les fondations plus solides. Et, si je peux vous donner une idée centrale pour l'année 2009, c'était l'idée de renforcer, de bâtir les fondations de la caisse.
Donc, notre stratégie... notre stratégie a plusieurs éléments: 1° Nous avons renouvelé notre équipe de direction avec les leaders les plus performants, à long terme, de la caisse, qui connaissent la caisse en profondeur, et en même temps avec les exécutifs de l'extérieur, des autres dirigeants de l'extérieur de calibre mondial pour nous donner des idées fraîches.
Plusieurs autres éléments: nous avons simplifié nos activités de placement, nous avons simplifié la structure de la caisse, nous avons restructuré, sous le leadership de mon ami René Tremblay, nous avons restructuré le groupe immobilier, nous avons diminué de façon importante notre utilisation des produits dérivés, nous avons fermé, par exemple, juste pour vous donner un autre exemple, nous avons fermé notre portefeuille de produits de base. Pourquoi? Parce que ce n'est pas au centre de nos compétences fondamentales.
En même temps, nous avons fait un travail, et le travail continue, pour renforcer de façon fondamentale nos capacités de gérer le risque, sous le leadership de Claude Bergeron, et je crois que nous avons fait du progrès très important. Nous avons rééquilibré nos portefeuilles parce qu'au début notre exposition sur les marchés boursiers baissait jusqu'à 21 %, 22 %, mais maintenant c'est plus normal. Nous avons ajouté presque 10 milliards, transféré presque 10 milliards de revenus fixes des marchés boursiers. Donc, étant donné les conditions sur les marchés boursiers, c'était un transfert urgent et important.
Donc, en même temps, nous avons fait des choses pour renforcer des fondations financières de la caisse. Une émission de dette de 7,2 milliards, et nous sommes juste au point de faire une autre émission de dette, peut-être 1 milliard, en Europe, plus tard, mais ça dépend sur... ça dépend de la situation en Europe, étant donné la situation en Grèce. Nous avons augmenté nos liquidités de façon majeure. Maintenant, nous avons plus de 40 milliards de dollars de liquidités. Au début de l'année...
Au début de l'année et en automne 2008, évidemment, la caisse a eu des gros enjeux en ce qui concerne la question de liquidités. Nous avons diminué notre passif de 41 %, donc... juste pour vous donner quelques idées, mais je crois que nous allons mettre en oeuvre maintenant des fondations financières solides pour l'avenir de cette institution.
Si je peux peut-être... quelques minutes, si je peux regarder vers l'avenir, la clé de notre stratégie est de mettre nos clients, les déposants, au coeur de la caisse, au coeur de la caisse. Ça, c'est l'idée centrale, et nous avons identifié et établi cinq priorités centrales pour l'année 2010 et un élément de 2011. Nous sommes en train de restructurer de façon fondamentale nos portefeuilles pour mieux répondre aux besoins de nos clients, et en même temps nous avons fait, je crois, un peu de progrès, mais il reste encore travail à faire. Nous avons augmenté nos positions ici, au Québec.
Nous avons identifié le développement économique du Québec, qui est un élément de notre mandat, comme une priorité centrale et très importante pour la caisse.
Donc, M. le Président, évidemment nous avons d'autres choses à faire, le travail continue, mais je crois que, pour l'année 2009, nous avons... nous avons lancé le processus de bâtir une nouvelle caisse, une caisse forte et compétente et une caisse qui sera capable de résister aux tempêtes.
** (10 h 20) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Sabia. M. le député de Viau.
M. Dubourg: Merci, M. le Président. M. le Président, avant de poser ma prochaine question, en écoutant M. Sabia, tout de suite il y a une idée qui me vient à l'esprit. J'aimerais demander à M. Sabia, oui, il nous a expliqué, cette année-là, les changements qu'il a apportés au niveau de la structure, au niveau des placements, au niveau de l'immobilier, au niveau des risques, j'aimerais savoir, bon, comme on dit en anglais, son « gut feeling » , là, est-ce qu'il est satisfait? J'aimerais savoir de la part de M. Sabia: Est-ce qu'à ce jour il est satisfait de l'avancement de la caisse, où est-ce que la caisse se trouve maintenant face à ses obligations, face à son mandat?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): M. le Président, le député, il a posé une question difficile. Pourquoi c'est difficile? Parce qu'en français et en anglais, franchement je comprends le sens du mot « satisfait » ... D'après moi, dans le monde des affaires, il faut continuer à travailler de façon rigoureuse, avec un dévouement total. Et je crois à ce moment, à la caisse et autour de la table du comité de direction et avec tous nos employés, on a une mobilisation pour continuer le processus de rebâtir cette institution.
Donc, est-ce que nous avons fait des progrès importants pour l'année 2009? Oui. Mais, est-ce que nous avons des défis importants, il faut faire face à ces défis pour l'avenir? Oui, parce que le monde a changé. Et, pour nous, ce qui compte est d'être capables de répondre aux besoins de nos clients. Et il faut trouver des façons d'en même temps gérer le risque et en même temps de générer le rendement, mais générer le rendement dans un monde qui est de plus en plus difficile.
Et c'est vrai que la situation sur le marché à ce moment est beaucoup mieux par rapport, disons, un an; pas de question. Mais, quand je regarde les grandes tendances qui existent dans le monde actuel, l'émergence de Chine et Inde et au Brésil, quand je regarde le processus de... l'impact sur les évaluations des ressources naturelles, beaucoup, beaucoup de choses, ces choses... ces tendances, elles représentent, oui, des occasions, mais en même temps des grands défis. Donc, satisfait? Jamais. Mais déterminé, oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Viau.
M. Dubourg: Merci. Merci, M. le Président. M. Sabia... et en effet vous avez parlé de progrès, et il faut dire que, oui, nous l'avons constaté effectivement, les progrès. C'est vrai que vous avez apporté un certain nombre de changements et que les résultats, on les voit, commencent à arriver, et que, nous le savons aussi, M. le Président, que la caisse, c'est sur du long terme. D'accord, je viens de parler que ces pertes-là que la caisse a connues il n'y a pas longtemps.
Mais ce qu'il faut dire, c'est que, lorsque, le président, ils ont présenté, lors d'une conférence de presse, les résultats de 2009, la caisse avait bien fait au deuxième semestre. En fait, la caisse, elle se trouvait au premier quartile dans les six derniers mois de l'année.
Alors, il est évident que les changements que le président, M. Sabia, vient de nous dire, effectivement on en a constaté, de ces changements-là. On n'a pas été les seuls. D'ailleurs, M. le Président, la CSST, un des déposants de la caisse, M. Sabia vient de dire qu'une de ses priorités, c'est de mettre les déposants au coeur de l'organisation, et la CSST disait, en communiqué de presse le 29 mars dernier, que les fonds confiés à la caisse en 2009 ont généré un rendement de 9,7 %, soit plus que nécessaire pour assurer le respect de leur engagement envers les victimes.
Donc, j'aimerais poser cette question-là à M. Sabia, à savoir: Est-ce qu'il pense que la caisse peut redevenir une institution de premier ou de deuxième quartile pour le bien des déposants de la Caisse de dépôt et de placement, s'il vous plaît?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia, pour 1 min 30 s.
M. Sabia (Michael): Je n'ai pas besoin d'une minute. Ma réponse est oui.
M. Dubourg: D'accord.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia...
Une voix: ...attendait pas à ça.
M. Dubourg: Non, je ne m'attendais pas à ça, mais... Non, mais c'est important de voir à quel point que le président est catégorique, et je crois que c'est ce que les déposants ont besoin de savoir, de sentir une direction ferme comme telle. Donc, personnellement, je suis très satisfait et je présume, M. le Président, que cette réponse-là est valable pour tous les déposants et non seulement pour la CSST, M. le Président.
M. Sabia (Michael): Oui. Maintenant, si vous allez me donner un peu plus de temps, je vais commencer le processus de patinage. Donc, évidemment, oui, mon niveau de confiance est très fort à cause des compétences de mes collègues, à cause des compétences de tous les employés de la caisse, mais évidemment nous vivons sur le marché, et notre performance dépend en une mesure de la situation sur les marchés. Mais, en ce qui concerne notre capacité, nos compétences de réagir, d'ajuster nos affaires dans le contexte des changements sur le marché, je crois que nous sommes en train de bâtir une institution agile. Et le mot « agile » , dans le contexte des marchés, est un mot excessivement important.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Sabia. Pour un deuxième bloc de 20 minutes, on s'en va à l'opposition officielle, et je reconnais M. le député de Nicolet-Yamaska.
Responsable de la gestion du risque
M. Aussant: Merci, M. le Président. Bienvenue à tous les membres de direction de la caisse. Je voudrais tout de suite, d'entrée de jeu, toucher un des cinq points prioritaires de la caisse, en fait de la gestion du risque. Et, dans le rapport annuel en fait, on voit qu'actuellement la gestion du risque est menée par un avocat, finalement, le vice-président aux affaires juridiques, suite au départ supposé de Mme Kudzman. Et j'aimerais donc savoir en fait qu'est-ce qui se passe en gestion du risque à la caisse? Qui mène l'équipe? Combien de gens ont été embauchés exactement?
Et pourquoi Mme Kudzman a quitté et pourquoi c'est M. Bergeron, donc un avocat, qui est maintenant en charge de la gestion du risque?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Oui. M. le Président, le... Quelques commentaires en ce qui concerne cette question. Évidemment, au début, en hiver 2009, la caisse... la caisse faisait face au défi majeur en ce qui concerne la gestion du risque, et, peut-être plus tard aujourd'hui, je peux vous donner juste quelques exemples de la situation à l'époque.
Donc, quand je suis arrivé à la caisse, l'organisation a eu un plan pour améliorer les compétences de la caisse en matière de gestion du risque, mais un plan sur trois ans. Et, étant donné la situation et le niveau d'incertitude sur les marchés, après une collaboration importante avec les membres de notre conseil, nous avons décidé d'accélérer la mise en oeuvre de ce plan de façon majeure. Donc, pour... et donc notre travail... nous avons débuté notre travail.
Un peu plus tard, Mme Kudzman, qui a rendu service extraordinaire à la caisse pendant une période exceptionnellement difficile, pendant l'année 2007 et 2008, elle est devenue malade. Elle m'a demandé une période de temps, et, étant donné la situation, d'après moi, c'était tout à fait approprié pour elle de prendre un congé de maladie. Donc, pour laisser la porte ouverte à Mme Kudzman, j'ai demandé à Claude Bergeron d'accepter le poste. Et je voudrais vous dire, M. le Président, que le travail de M. Bergeron est extraordinaire. Le député, il a fait référence à la formation professionnelle de Claude.
C'est vrai, il est un avocat. Quelquefois, je crois que c'est un gaspillage, pour un homme de qualité comme Claude, d'être un avocat, mais ça, c'est une autre chose.
** (10 h 30) **
Une voix: Oui, je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Sabia (Michael): Mais vous êtes une autre chose maintenant, oui. Donc... Mais, M. Aussant, M. le Président... M. Aussant, je suis sûr que vous comprenez, étant donné vos expériences à PSP et dans le métier des investissements. Je suis sûr que vous êtes au courant de la participation, par exemple, de Claude Bergeron dans la restructuration de ABCP, de PCAA. Et je suis très confiant que vous soyez au courant du fait qu'aux yeux de beaucoup de gens Claude était l'architecte de cette restructuration.
Donc, Claude, il a démontré une compétence exceptionnelle par rapport à un dossier extrêmement complexe, et vous êtes... vous comprenez les enjeux, en ce qui concerne le dossier PCAA, très, très bien.
Donc, on a à la caisse, avec Claude, quelqu'un exceptionnel et quelqu'un qui comprend la caisse en profondeur. Et je dirais qu'à cause de ses efforts, et à cause de l'effort de notre équipe, et en même temps à cause de la contribution de McKinsey, dans les circonstances, nous avons fait un progrès exceptionnel. Au début: trois ans. Moi, j'ai décidé, O.K., 18, maximum, et maintenant nous avons réalisé nos objectifs en neuf mois, neuf mois par rapport à trois ans, et sous le leadership de Claude Bergeron. Donc, d'après moi... je suis très confiant maintenant.
Nous avons mettre en oeuvre des nouveaux outils, nous avons mettre en oeuvre des nouveaux processus. Nous avons augmenté la taille de notre équipe, c'est... plus ou moins, nous avons doublé la taille entre... je crois, nous avons débuté à 21, 22 membres de notre équipe gestion des risques, et maintenant c'est 46 ou 47, je crois, donc une augmentation assez importante.
Nous avons changé notre stratégie, nous avons engagé des experts métiers, qui travaillent juste à côté, juste dans le milieu des gens d'investissement, pour changer la culture, parce que la meilleure façon de gérer le risque est de changer la culture. Donc, moi, je suis très à l'aise et je crois que nous avons fait beaucoup de progrès.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Sabia. M. le député de Nicolet-Yamaska.
M. Aussant: Oui. Merci. En fait, je suis content d'entendre M. Sabia parler de changement de culture. Nous, on pense que ça va venir avec un changement de mandat, le changement de culture à la caisse, parce que, quand on a un mandat d'atteindre des rendements, la culture en est une de poursuite des rendements. Donc, le débat sur le mandat de la caisse, j'espère, est loin d'être clos.
Est-ce qu'on comprend de votre réponse, M. Sabia, qu'il n'y a pas de recherche en ce moment pour un nouveau chef des risques? Est-ce que M. Bergeron va rester en poste à
titre de chef des risques?
M. Sabia (Michael): Non. Nous sommes en train d'examiner à travers le monde pour identifier le meilleur possible, donc... Et je crois que nous avons une responsabilité, disons, fiduciaire de nous assurer que nous avons examiné toutes nos options, et donc nous sommes en train d'examiner toutes les options, et en même temps déterminer les prochaines étapes avec Mme Kudzman.
Système de gestion du risque
M. Aussant: Est-ce que les systèmes de risque à la caisse sont complétés? On sait qu'il y avait des systèmes qui étaient en train d'être implantés, disons, et ça prenait plusieurs années. Est-ce que le principal système commercial de gestion de risque, à la caisse, est maintenant pleinement fonctionnel?
M. Sabia (Michael): Ça dépend du sens du mot « principal » . Je crois que vous avez utilisé le mot « principal » .
M. Aussant: Des firmes comme Algorithmics, par exemple?
M. Sabia (Michael): Donc, ça dépend. Nous avons fait beaucoup de choses, nous avons mettre en oeuvre un nouveau système d'évaluation de « market VaR » , maintenant, quotidiennement, pas mensuellement. Nous sommes en train d'implanter, de mettre en oeuvre un nouveau système pour la gestion de risque du crédit, mais nous avons un petit travail à faire pour finaliser cette affaire. Nous avons déjà mis en oeuvre une nouvelle approche de tests de tension, et, d'après moi, ces tests de tension sont... franchement, ils sont la plus efficace façon de déterminer le niveau de risque.
Et donc, maintenant, nous avons fait beaucoup de progrès là-dessus. Nous avons changé nos politiques d'investissement, et, comme vous le savez, M. le Président, ces politiques d'investissement, qui est extrêmement important parce qu'ils encadraient les activités des gestionnaires d'actifs... donc nous avons révisé toutes nos politiques d'investissement, nous avons changé le processus décisionnel à l'intérieur de la caisse. Donc, dans ce sens, oui, nous avons fait des changements majeurs et importants.
De l'autre côté... Je vais revenir juste deux, trois secondes en ce qui concerne le travail des experts métiers. Qu'est-ce que c'est, un expert métier? Un expert métier est quelqu'un qui comprend l'activité, qui comprend le métier d'un investisseur, mais en même temps il est un expert de risque. Donc, l'idée est d'introduire au milieu de nos équipes d'investissement les autres dirigeants, qui sont très crédibles aux yeux des investisseurs mais qui en même temps comprennent en profondeur les éléments les plus importants de la gestion de risque. Donc, avec ces gens, notre objectif est...
Pour revenir au même sujet, l'idée est d'accélérer le changement de la culture, parce que la meilleure façon de gérer le risque est avec les investisseurs eux-mêmes.
Donc, à cet égard, nous avons plus de travail à faire, beaucoup plus de travail à faire pour continuer le processus de changement culturel à la caisse. Donc, ma réponse est: Non, le travail n'est pas terminé, et, dans un sens, peut-être, le travail va continuer toujours, parce que le monde change, et donc il faut s'adapter à ces changements. Donc, complété, terminé? Non. Beaucoup de progrès? Oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Nicolet-Yamaska.
M. Aussant: Merci. Est-ce que le contrat de McKinsey, selon ce qu'on comprend, qu'il pourrait valoir jusqu'à 10 millions de dollars, est-ce que c'était surtout pour l'implantation de système ou pour la formation du personnel engagé en gestion de risque?
** (10 h 40) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Oui. M. le Président, laissez-moi expliquer le travail de McKinsey, parce que nous avons... je dirais que nous avons adopté une approche, oh, disons, peut-être un peu innovatrice. Donc, je viens de mentionner l'idée d'un plan à trois ans, et évidemment ce n'était pas acceptable. Donc... Et, à l'époque, avec une équipe de 21, 22 personnes, des personnes compétentes, mais une très petite équipe. Et le problème était à cause, quoi, des lacunes importantes dans nos systèmes de gestion de risque. Le défi était de comment mobiliser cet exercice, comment accélérer cet exercice.
Donc, après avoir discuté de la situation avec le conseil et étant donné l'ampleur du défi auquel nous devons faire face... nous devions faire face, nous avons décidé d'engager McKenzie. Pourquoi McKenzie? McKenzie, à cause du fait que, d'après nous, ils sont parmi les meilleurs au monde, avec une spécialisation, à Montréal, en ce qui concerne la gestion du risque. Donc, nous avons... Et cette équipe à Montréal et leur équipe à New York, à Londres, à travers dans le monde, ils étaient... ils travaillaient avec les autres grandes caisses de retraite, les sociétés d'assurance, beaucoup d'autres.
Donc, ils ont une pratique, une spécialisation, une compétence, une expertise de calibre mondial. Et, pour moi, d'après moi, notre engagement est de bâtir une caisse, une institution de calibre mondial. Donc, au possible, je préfère toujours travailler avec les gens de calibre mondial. Juste entre parenthèses, c'est pourquoi j'ai engagé Roland, monsieur.
Donc, le mandat. Évidemment, nous avons eu des problèmes de nos systèmes, de nos processus, de nos outils, donc on a eu beaucoup de travail à faire. Le mandat était de travailler avec notre équipe, d'utiliser les meilleures pratiques au monde, qui étaient disponibles à McKenzie, et de transférer ces compétences à notre équipe. Donc, c'était un élément de... Nous avons créé une équipe unifiée entre l'équipe de McKenzie et notre équipe. Ils ont travaillé ensemble pendant une période de six, sept, huit mois, je crois, et, les deux ensemble, ils ont mis en oeuvre plusieurs changements, toute une gamme de changements, c'est immense.
Donc, le mandat était: expertise, meilleures pratiques et, oui, un élément de formation, mais formation dans le sens d'un transfert de compétences. Donc, maintenant, à cause de ce travail, nous avons réglé nos problèmes, disons, techniques de gestion du risque et en même temps nous avons bâti une équipe unifiée et très hautement compétente. Et, pendant la même période, nous avons doublé la taille de cette équipe. Donc, le mandat était... le mandat a eu plusieurs dimensions.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Nicolet-Yamaska.
M. Aussant: Oui, merci. Il me reste quatre minutes, c'est ça?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Un petit peu moins, oui.
Offre de produits indiciels
M. Aussant: Bien, juste pour continuer sur le contexte... ou le thème du risque, plutôt. En finances, il y a deux côtés de la médaille: le rendement et le risque. Et évidemment, si on ne prend pas de risque, on n'a pas de rendement, et, si on veut des rendements très élevés, il faut prendre beaucoup de risques.
Et on a appris qu'en fait la caisse commençait à offrir des produits indiciels à ses déposants, si les informations étaient justes. Donc, est-ce que c'est justifié que la Caisse de dépôt, avec son équipe de plusieurs centaines de personnes, surtout en gestion active, offre des produits indiciels?
M. Sabia (Michael): O.K.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): M. le Président, je vais faire quelques commentaires, mais en même temps peut-être Roland, ou Bernard, veut ajouter quelque chose, si vous êtes à l'aise.
Quelques commentaires. Numéro 1. Quand on parle de mettre les déposants au coeur de la caisse, qu'est-ce que c'est, le sens? Que veut dire au centre... « au coeur de la caisse » ? D'après moi, ça demande, ça exige une culture, une perspective qui répondent toujours aux besoins des déposants.
Donc, dans ce sens, notre décision d'offrir des options, la flexibilité de quelques portefeuilles indiciels, ça représente, de notre part, un effort d'augmenter les choix, d'améliorer le niveau de choix disponible de nos clients.
Deuxième point, et quelque chose primordial: À la Caisse de dépôt, et pendant l'année 2009, nous avons passé beaucoup de temps pour déterminer qu'est-ce que c'est, nos avantages compétitifs. D'après moi, il faut identifier nos avantages comparatifs parce qu'ils représentent la fondation pour nos opérations. Donc, dans quelques secteurs... Je vais vous donner un ou deux exemples. Marchés boursiers à l'extérieur du Canada, pays émergents, à ce moment-ci, est-ce que, la Caisse de dépôt et placement du Québec, nous avons un avantage comparatif en ce qui concerne la gestion des actions en Asie?
Ça, ce n'est pas évident. D'après moi, il faut bâtir ces compétences pour l'avenir. Mais, en ce moment, est-ce que nous avons les compétences nécessaires?
Donc, dans ces circonstances, notre stratégie d'offrir le choix d'une gestion indicielle, et en même temps nous allons offrir le choix de gestion active. C'est compliqué. Continuer, non, ou quoi?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): ...continuer, ce serait sur le temps...
M. Bernier: En ce qui nous concerne, nous, du côté ministériel, on va permettre au président de la Caisse de dépôt...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): De continuer?
Une voix: De poursuivre.
M. Bernier: ...de poursuivre sa réponse, et nous reprendrons par la suite notre bloc, avec...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Alors, M. Sabia, vous continuez sur le temps du parti ministériel.
M. Sabia (Michael): 10 minutes. 10 minutes.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): D'accord.
M. Sabia (Michael): Merci. Vous êtes gentil.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): ...20 minutes.
M. Sabia (Michael): Donc, en même temps, nous allons offrir une gestion active dans un autre portefeuille. Et, pendant la période, nous allons continuer d'investir pour augmenter nos compétences pour leur donner une gestion active efficace. Donc, ce n'est pas une question, M. le Président, de ne pas donner la gestion active ou de choisir toujours la gestion indicielle, notre objectif est d'offrir les choix à nos clients. Mais, au moment où... Bernard?
M. Morency (Bernard): Peut-être...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Est-ce que... Excusez-moi, est-ce qu'il y a consentement pour entendre M. Morency?
Une voix: Consentement, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Est-ce que vous voulez vous identifier, s'il vous plaît, pour fins d'enregistrement?
M. Morency (Bernard): Bernard Morency. En fait, M. le Président, je voudrais insister sur deux choses. La première, c'est que la caisse est, demeure et demeurera une institution qui croit à la gestion active des avoirs de ses déposants. C'est un premier principe qu'il est extrêmement important de comprendre.
Le second principe, comme le député le disait, pour obtenir des rendements, il faut prendre des risques. Les risques, c'est une denrée rare, il faut savoir les cibler. Et ce qu'on a fait, comme M. Sabia le disait, on a regardé là où on avait des avantages comparatifs et on a décidé de cibler la prise de risque sur ces portefeuilles-là. Donc, ça nous permet d'assurer un meilleur rendement pour chaque prise de risque qu'on prend.
Troisième point aussi qui est important, comme M. Sabia le disait, c'est un choix. Et nos déposants ont déjà commencé à faire ces choix-là, ils l'ont exercé entre une gestion active et une gestion passive. Basé sur les choix qu'on voit présentement, la gestion indicielle, en date du 1er juillet de cette année, avec les choix qui ont été faits, va représenter autour de 15 % à 17 % des avoirs de la caisse. Donc, c'est important de mettre ça en perspective: ce n'est pas la moitié des avoirs, ce n'est pas trois quarts des avoirs, c'est 15 % à 17 % des avoirs.
** (10 h 50) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Morency. M. le député de Huntingdon.
Réduction des dépenses
M. Billette: Merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre, c'est un plaisir de vous retrouver, M. Sabia et toute votre équipe de professionnels, les membres du cabinet également. Je pense, c'est un moment important. Je me souviens, voilà un an, où on avait rencontré les gens de la Caisse de dépôt et placement, et il fallait regarder vers l'avenir. On est présentement vers l'avenir, donc c'est très important, je pense, et on va avoir la chance de vous revoir également ultérieurement en commission parlementaire.
Ce que je voudrais parler avec vous, M. Sabia, c'est suite à votre sortie du 14 avril 2010 que vous avez effectuée sur la réduction des dépenses. Vous savez, mon collègue le ministre, qui est assis à votre gauche, a déposé un bon budget, très bon budget, pour ne pas dire excellent, même, qui faisait face à la sortie d'une des pires récessions que le milieu économique n'a pas connue, et au niveau mondial. Le Québec s'en est sorti mieux: vous voyez, le taux de chômage est rendu plus bas qu'en Ontario, qu'au Canada, que partout également.
Je pense qu'on est devenus un modèle au niveau de pouvoir avoir réussi à passer à travers cette crise-là. Et ce que les gens vont retenir du budget, je pense, c'est assez évident, c'est qu'on a demandé à tous les Québécois et Québécoises de se serrer la ceinture, donc de participer à un effort de l'ordre de 38 %, 31,7 % pour les entreprises, et l'État va assumer, à ce moment-là, 62 %. Et, pour réaliser le 62 %, c'est sûr et certain qu'on va avoir besoin d'un effort de tous et de chacun.
Et, lorsqu'on parle de tous et chacun, souvent les gens vont penser au niveau des fonctionnaires, mais, je pense, ces sociétés d'État vont jouer un rôle très important dans les outils ou l'aide qu'ils vont pouvoir nous apporter pour permettre de réussir ce beau défi, de léguer à nos générations futures, je pense, une santé financière publique en très bon état.
Vous avez parlé beaucoup de changement de culture, vous changez de culture au niveau de la caisse de placement. Tout ça se fait dans l'ordre du redressement des finances publiques. Et je vais vous citer, si vous n'avez pas d'objection.
Vous avez dit, lors de votre sortie, que vous vouliez réduire les dépenses d'exploitation de 20 millions de dollars additionnels en 2010, et je vous cite: « Les mesures annoncées aujourd'hui s'inscrivent dans un continuum d'amélioration de notre productivité et de contrôle des dépenses amorcé en 2009, en même temps que nos efforts pour simplifier et recentrer les activités de la caisse sur ses métiers de base. Elles confirment le souci de la caisse de continuer à s'ajuster aux exigences d'un monde financier en plein changement et de répondre aux attentes de ses déposants. »
Pour ceux qui ne seraient pas informés, l'an dernier, je crois que vous avez réussi à descendre... à diminuer les dépenses de 43 millions de dollars, ce qui est un exercice, selon moi, vraiment exceptionnel. Ça prend un certain redressement, ce n'est pas un organisme de petite taille non plus. Donc, réussir à trouver un 43 millions de dollars, c'est un fait, je pense, qu'il est important de souligner. J'ai resté encore plus surpris lorsque vous êtes sorti en conférence de presse, le 14 avril, et vous nous avez dit: On va réduire encore d'un autre 20 millions.
Donc, je pense que le message a été bien compris, a été bien reçu de la part de votre groupe, et je pense que vous avez bien expliqué comment vous vouliez venir à ça, soit couper dans les dépenses de fonctionnement de chacun des secteurs, des frais de gestion externe, services professionnels et les projets de technologie de l'information, les quatre sujets sur lesquels vous aurez un oeil attentif, à ce moment-là, pour s'assurer de réduire les dépenses.
J'aimerais, M. Sabia, que vous nous expliquiez un petit peu plus, de cette annonce, de façon détaillée, comment vous allez parvenir à atteindre... comment vous allez atteindre 43 millions et comment vous allez pouvoir atteindre un autre 20 millions supplémentaire.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): M. le Président, je dirais que le député, il a volé mon tonnerre. C'est dommage, oui. Et, pour l'année 2009, nous avons réduit nos dépenses de 43 millions, et les éléments les plus importants de ces réductions sont, un, nos traitements et avantages sociaux. C'est à cause du fait... principalement à cause du fait qu'il y a une réduction de l'effectif de la caisse. Une réduction de l'effectif, pourquoi? À cause de la simplification de nos activités.
Donc, nous avons fermé quelques portefeuilles avec une, disons, performance peut-être un peu faible, des sources... des pertes importantes pendant l'année 2008. Donc, nous avons fermé quelques portefeuilles. Nous avons simplifié nos structures. Sous le leadership de Normand Provost, nous avons fusionné le groupe Technologies de l'information avec un autre groupe, Opérations, et maintenant les deux travaillent ensemble. Donc, à cause de ces changements, ça a été possible pour nous de diminuer l'effectif à la caisse, et par conséquent on a une réduction de nos dépenses.
En même temps, un autre facteur important est le facteur... et vous avez fait référence à ce facteur, c'est la question de gestion à l'externe. Et nous avons diminué nos dépenses pour la gestion externe, je crois, de 30 millions de dollars, 30 millions, à cause du fait qu'en vérité, un, la taille de notre actif est abaissée un peu, mais, deuxièmement, à cause d'une décision de transférer un certain pourcentage de cette gestion à long terme de la caisse, et pas à l'externe. Donc, ça représente une diminution de nos coûts assez importante.
Et en même temps nous avons... et, dans les circonstances, sur les marchés, on a eu une très bonne occasion pour négocier une réduction des frais avec les fournisseurs. Donc, ça représente à peu près 30 millions de dollars.
Vous avez mentionné notre engagement de diminuer nos coûts, par rapport à notre budget, de 20 millions de dollars pour l'année 2010. Ça, ça représente une autre étape. Et quelques éléments: traitement et avantages sociaux, 1 à 2 millions -- pas majeur; technologies d'information, une réduction assez importante, à peu près 7 ou 8 millions. Pourquoi? À cause du travail de Normand Provost et son équipe, de trouver des façons pour améliorer notre efficacité, notre productivité dans l'utilisation de nos systèmes informatiques.
Un autre élément: nous allons continuer de baisser le coût de gestion externe, un autre 5 ou 6 millions. Et finalement une réduction de services professionnels, à peu près 4 ou 5 millions. Donc, les chiffres sont importants, mais ce qui est peut-être un peu plus important est notre engagement de continuer à trouver les façons d'améliorer le niveau de productivité et d'efficacité de la Caisse de dépôt.
Je suis fier de vous dire que, pour l'année 2010, et dans le contexte de nos actifs, nos coûts totaux: à peu près 0,2 centesimo. À ce niveau, les opérations de la caisse sont absolument alignées avec les meilleures pratiques au monde; pas au Québec, pas au Canada, au monde. Donc, nous sommes un fournisseur très efficace, très, très, très efficace. Et notre engagement est de continuer, trouver les façons d'améliorer cette situation, et, je crois, peut-être, dans l'avenir, il y aura des autres occasions.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Sabia. M. le député de Huntingdon.
M. Billette: Merci beaucoup, M. le Président. Je trouve ça très intéressant, M. Sabia, je vais vous dire honnêtement, je pense que vous avez... le 20 millions, c'est de le trouver. Il y a deux mots que je retiens de votre réponse, qui sont « efficacité » et « productivité » . Je pense, c'est une mentalité d'entreprise qu'on doit... lorsqu'on parle de changement de culture, arriver avec un nouveau de... culture, et le budget le reprenait souvent, d'aller chercher l'efficacité et la productivité.
C'est sûr et certain, je regarde le 20 millions de coupures additionnelles aux 43 millions, ça fait 63 millions au total. Donc, c'est 63 millions supplémentaires annuellement dans les poches des Québécois, dans notre bas de laine. Donc, je pense, ça va être apprécié par chacun des citoyens et des citoyennes du Québec.
Vous avez parlé beaucoup, là, au niveau des réductions, de traitements, des avantages sociaux, de 2 millions, la technologie de l'information, de 7 millions, la gestion externe va être réduite de 7 millions, les services professionnels également de 5 millions. Donc, ce sont des coupures très importantes qui s'additionnent aux 43 millions que vous aviez faits précédemment.
Perspectives concernant l'effectif
Une question que je me pose en temps de récession. Le gouvernement a tout fait -- nous -- pour maintenir les gens à l'emploi. Je crois que les résultats sont là, je l'ai dit en préambule tantôt. On a un des taux de chômage les moins élevés au Canada, on est en bas de l'Ontario et du Canada. Et la question que je me pose, qu'on a fait des efforts, nous, pour conserver les gens à l'emploi: Est-ce que ces mesures-là ou le changement de culture que vous implantez présentement à la Caisse de dépôt et de placement... est-ce qu'il y aura des risques de pertes d'emploi ou une réduction d'effectif au niveau des employés dans votre institution?
** (11 heures) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Oui, M. le Président, c'est une question très importante. Je viens de dire que, pendant l'année 2009, à cause de nos efforts de simplifier et améliorer le fonctionnement de la caisse, nous avons diminué le niveau d'effectif à la caisse. Mais notre objectif, quand on regarde vers l'avenir, notre objectif n'est pas de continuer de diminuer l'effectif de la caisse. D'après moi, ce n'est pas nécessaire. Peut-être, nous allons trouver quelques opportunités, des opportunités pour optimiser le fonctionnement de la caisse, et, si on peut trouver ces occasions, évidemment nous allons les faire, mais ce n'est pas notre objectif.
Nous avons, à la caisse, si je peux... vous me donnez juste deux minutes... Je voudrais dire que, quand je suis arrivé à la caisse, il y a un an, je trouvais... j'ai découvert une équipe dédiée, hautement compétente, dédiée à la caisse, mais en même temps et peut-être plus important, dédiée au Québec.
Et je voudrais dire à tout le monde que, d'après moi, cette équipe de gestionnaires qui travaillent quotidiennement à la Caisse de dépôt et de placement du Québec, ces équipes représentent un actif précieux pour tout le Québec, parce que, moi, j'ai rencontré et maintenant j'ai le plaisir de travailler, ensemble, chaque jour avec des équipes hautement compétentes. C'est extraordinaire. Je participe à je ne sais pas combien de rencontres, mais je suis fier de vous dire que, pendant 90 % de ces réunions, le P.D.G. est la personne la moins intelligente dans la salle.
Ces gens sont extraordinaires, absolument extraordinaires.
Et avec peut-être quelques changements, des nouvelles stratégies, les idées fraîches de Roland, et Bernard et mes collègues, moi... Vous avez posé la... M. le Président, notre député a posé la question, il y a une demi-heure, en ce qui concerne le niveau de confiance. Mon niveau de confiance est fondé sur les compétence de ces équipes, et je crois que c'est important. Et, franchement, pour mettre mes cartes sur la table, pendant l'année 2007 et pendant l'année 2008, c'était... ce n'était pas facile, travailler à la caisse de dépôt, à cause de... à cause d'un débat, disons, un débat.
Maintenant, je crois que la situation est peut-être, peut-être un peu plus calme, mais tout est relatif. Mais, malgré ces circonstances, malgré ces pressions, les équipes de la caisse, ils ont continué, et maintenant, à cause de quelques changements, nous sommes en train de livrer la marchandise, à cause de leurs efforts. Et, moi, je suis très, très reconnaissant de leur engagement et leur contribution et j'espère que tous les Québécois et les Québécoises comprennent la qualité de ces équipes.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci. Mme la députée de Pontiac, il reste 2 min 30 s à votre bloc.
Relations avec les déposants
Mme L'Écuyer: Merci, M. le Président. Je vais commencer, aller rapidement. Moi, je veux parler de la relation avec les déposants. Vous venez de parler de deux années difficiles. On ne reviendra pas sur le passé. On va revenir... on va bâtir.
M. Sabia, d'abord, je veux vous féliciter pour votre détermination. On sent que vous y croyez. Je pense que, si on parle des déposants, tantôt, le fait d'avoir dit « les déposants, les clients sont le coeur et au coeur de la caisse » , je pense qu'on sent qu'il y a un vent d'optimisme. Et vous avez, à votre arrivée, dans une lettre ouverte, en janvier dernier, parlé de cinq priorités dans vos relations avec les déposants: un modèle de collaboration, développer un nouveau modèle; agir dans un esprit fiduciaire; exercer le leadership de la caisse au Québec; renforcer les gestions de risques; créer une culture de service.
Votre première priorité, celle que vous avez annoncée en janvier, c'était la collaboration avec les clients. Tantôt, vous avez parlé qu'on... que vous vouliez... la caisse veut offrir des choix aux clients. C'est une caisse capable de résister aux tempêtes, une institution agile. Cette phrase, ou ce mot, m'a frappée, parce que souvent on a tendance à dire que nos institutions... et, pour avoir vécu la période 2007-2008, cette tempête, souvent c'était de dire: On n'a pas su réagir à temps. J'aimerais ça que vous m'expliquiez un peu, quand vous parlez d'une « institution agile » ...
Et l'autre: Qu'est-ce que ça signifie pour les déposants? Je sais que tantôt vous avez parlé... « offrir des choix aux clients et être au coeur de cette organisation-là » ... Et je vais en profiter aussi pour saluer les gens et être... comme vous, leur faire signe de leur implication au niveau de la caisse, c'est grâce à eux si, aujourd'hui, on s'en va vers demain.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia, pour 30 secondes.
M. Sabia (Michael): M. le Président, je vais faire quelques commentaires et, si vous êtes d'accord, je vais demander à mon ami Bernard Morency, parce qu'il passe beaucoup de temps avec les déposants à chaque jour...
Mais, encore une fois, il y a un an et je ne sais pas quoi... le niveau de confiance de nos déposants était ébranlé à cause de la performance de la caisse et peut-être à cause de quelques mauvaises surprises. Donc, un de nos objectifs au début, au point de départ, était trouver des façons de renforcer leur niveau de confiance, parce que, fin du compte, les déposants sont nos clients, donc. Et nous avons discuté de... O.K. Qu'est-ce qu'on va faire? D'après moi, et c'est très simple, c'est la logique d'une société commerciale... Une société commerciale a des clients.
Et, des sociétés commerciales qui vont gagner sur le marché sont les sociétés commerciales qui mettent à leur coeur leurs clients. Donc, l'idée, très simple: nous allons faire exactement la même chose à la caisse et nous allons essayer de mettre en oeuvre une stratégie pour démontrer à nos déposants que nous avons... Nous sommes déterminés de faire ce qui est nécessaire pour répondre de la meilleure façon possible à leurs besoins. Et leurs besoins, évidemment, c'est excessivement important ici, au Québec, à cause du fait que c'est la RRQ et les autres, donc beaucoup de monde.
Et le bien-être des Québécois et des Québécoises dépend de capacité de nos clients de faire ce qui est nécessaire pour faire des prestations et d'autres choses. Donc, c'était quelque chose extrêmement important.
** (11 h 10) **
Donc, nous avons identifié deux priorités: un nouveau modèle de collaboration et, en même temps, d'agir dans un esprit de fiduciaire. Parce qu'en fin du compte, d'après moi, la Caisse de dépôt et placement du Québec est un fiduciaire, pas dans un sens légal, mais dans le sens de notre culture et notre engagement; il faut agir dans l'esprit d'un fiduciaire, donc: collaboration.
Nous avons établi, et Bernard peut vous donner les détails, mais nous avons établi une charte d'engagements. L'idée est simple, c'est inspiré par des contrats privés entre les sociétés commerciales et leurs clients. Très simple. Nous avons établi un forum de consultation pour améliorer notre capacité de discuter des enjeux de la caisse et de discuter des enjeux des déposants, ensemble, pour mieux comprendre de notre part et de la part des déposants. Nous sommes en train de changer notre service-conseil, un service qui est important entre la caisse et les déposants. Donc, beaucoup de choses.
En ce qui concerne cette question d'un esprit fiduciaire, ça touche la question de nos stratégies d'investissement. Et, si vous voulez, je peux demander à Roland... parce que Bernard et Roland sont les deux architectes de cette transformation dans la structure de nos portefeuilles pour mieux protéger les déposants contre, par exemple, les taux d'intérêt, le risque d'inflation, toutes les meilleures façons de livrer le niveau de croissance nécessaire, dans beaucoup d'autres choses. Et nous avons changé la structure, nous sommes en train de changer, à ce moment, cette structure de portefeuille.
Et ça représente -- je ne sais pas, peut-être le mot « révolution » est un peu trop fort, mais pas trop fort, un peu, mais pas trop -- donc beaucoup, beaucoup de changements. Mais, M. le Président, si vous êtes à l'aise, Roland, pour ajouter des choses, ou Bernard.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Est-ce que... Bien, on pourrait... on pourrait passer à ce monsieur-là au prochain bloc du parti ministériel, pour tout de suite passer la parole au représentant de la deuxième opposition. Parce que vous avez déjà dépassé le bloc, avec le consentement du parti ministériel, là, de 4 min 53 s. Alors, on pourrait passer à monsieur, le monsieur que vous voulez... à qui vous voulez passer la parole, au prochain bloc ministériel. Alors, pour le moment, je céderais la parole à M. le député de Shefford pour 15 minutes.
Responsable de la gestion du risque (suite)
M. Bonnardel: Merci, M. le Président. Salutations aux collègues, M. le ministre, M. Sabia et toute l'équipe qui vous accompagne. Revenons sur Mme Susan Kudzman et la gestion du risque, qui, soit dit en passant, Mme Kudzman donc est en congé de maladie depuis septembre dernier; on va lui souhaiter prompt rétablissement. Sûrement qu'on aurait aimé l'avoir avec nous aujourd'hui pour lui poser aussi des questions.
Ici, je veux m'attarder sur le cas de Mme Kudzman, parce que c'était une personne très importante, qui est devenue première vice-présidente des déposants et risques lorsque M. Guay a été nommé comme président et chef de la direction, lorsque M. Rousseau est parti. Et Mme Kudzman a sûrement été l'instigatrice du premier rapport de gestion de risques, qui a été demandé à Price Waterhouse pour l'année 2009, comme responsable du risque. On s'en souvient, ça a été un dossier qu'on a parlé énormément. Et, quand ce rapport a été déposé, au printemps 2009, il y a sûrement eu l'évaluation sur le travail de M.
Guay, premièrement, qui était responsable du risque, et de M. Rousseau. On n'a jamais été capables d'en obtenir copie quand on avait demandé l'accès à l'information.
Vous arrivez, M. Sabia, quelques mois plus tard, quelques semaines plus tard, Mme Kudzman est première vice-présidente de la gestion du risque, une personne qui a travaillé de nombreuses années, comme vous l'avez dit, à la Caisse de dépôt, qui s'y connaît bien en risques, aussi. Et ce qu'on apprend dans les journaux en septembre 2009, c'est que Mme Kudzman est tombée malade. Est-ce qu'il y a eu mésentente? Est-ce qu'elle a été énormément fatiguée sur le travail qu'elle a fait pour l'année 2008, qui a été catastrophique pour la caisse et pour tous les Québécois? Elle est tombée en congé de maladie.
Et, quelques mois plus tard, vous avez nommé M. Bergeron à l'intérim de cette gestion du risque.
En 2008, on a Mme Kudzman qui apparaît dans le rapport annuel 2008, Mme Kudzman qui gagne près de 500 000 $ avec la rémunération variable. C'est particulier, dans le rapport annuel de 2009, Mme Kudzman, qui est en congé de maladie, donc encore à l'emploi de la Caisse de dépôt et placement, n'est plus là, n'apparaît plus. Vous avez dit tantôt évaluer toutes les options avec Mme Kudzman.
J'ai une question simple à vous poser. Vous avez engagé une firme de chasseur de têtes lors du départ de Mme Kudzman, en septembre dernier. S'il y avait le moindrement de respect sur une personne qui tombe en congé de maladie, qui a donné énormément d'efforts à la Caisse de dépôt, on n'engage pas, M. le Président, une firme de chasseur de têtes, qui s'appelle Egon Zehnder International, exactement le jour même ou presque qu'une personne qui a donné de nombreuses années à la Caisse de dépôt part en maladie.
C'est un contrat que vous avez donné, à la hauteur de 500 000 $, pour trouver une remplaçante le jour même ou presque où Mme Kudzman a quitté la Caisse de dépôt. Est-ce que vous pouvez m'expliquer s'il y avait un vrai congé de maladie, une mésentente sur la gestion du risque -- future -- de la Caisse de dépôt ou des conflits de personnalité? Parce que, là, c'est quand même assez particulier, si on engage une firme pour remplacer une personne aussi importante qu'elle quelques jours après que cette dame est
partie en congé de maladie, il y a sûrement des explications à donner. Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Ah! M. le Président, ma réponse est très simple. Nous avons engagé la firme Egon Zehnder. Nous avons déclenché un processus de recherche à la demande de Mme Kudzman, parce que Mme Kudzman est une haute dirigeante très, très responsable. Et, dans les circonstances, en automne, ce n'était pas évident à Mme Kudzman, c'était une question ouverte: revenir ou non. Donc, elle m'a dit que...
Michael, je crois que, dans les circonstances, c'est mieux pour la caisse, vous pourriez utiliser une période de temps pour identifier vos autres options, et, si je décide de revenir, tant mieux, sinon une autre chose. Donc, c'est normal, c'est... d'après moi, c'est un élément de nos responsabilités fiduciaires, et nous avons agi à la demande de Mme Kudzman.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Shefford.
M. Bonnardel: Pourquoi, M. le Président, ne pas l'avoir congédiée immédiatement, s'il y avait entente ou quelque chose comme ça? Pourquoi, si Mme Kudzman décidait de mettre tout de suite des chasseurs de têtes à sa demande...
M. Sabia (Michael): Non, c'est juste...
M. Bonnardel: ...pourquoi avoir décidé de garder Mme Kudzman? Encore, si... je vous souhaite...
M. Sabia (Michael): Non, parce qu'elle a le droit, monsieur, elle a le droit de retenir son poste. Elle a bien servi les intérêts de la caisse. Et, d'après moi, comme un principe de leadership d'une organisation, moi, je vais traiter les autres dirigeants et tout le monde à la caisse avec un très haut niveau de respect. Donc, c'est pourquoi, c'est la raison pour laquelle nous avons géré cette situation, oui, un peu difficile à cause de la situation de la santé de Mme Kudzman.
M. Bonnardel: M. le Président, c'était...
M. Bachand (Outremont): M. le Président, en complément...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): ...oui, en complément, simplement pour s'assurer qu'il n'y ait pas de confusion, parce que j'ai vu des gens sursauter, j'ai cru entendre le député de Shefford parler d'un contrat de 500 000 $, alors qu'à l'élément 36 des réponses aux crédits c'est un contrat de 100 000 $. J'ai entendu 500, c'est juste...
M. Bonnardel: ...M. le Président, 500 000 $, parce que je vais y revenir... Je vais revenir, Egon a eu un contrat de 500 000 $ pour d'autres mandats spécifiques, mais, si c'était la demande même de Mme Kudzman, M. Sabia, moi, si je suis en congé de maladie -- et je souhaite peut-être qu'on cherche un remplaçant pour moi-même -- Mme Kudzman est encore à l'emploi de la Caisse de dépôt. Pourquoi elle n'apparaît plus dans le rapport annuel 2009?
Si cette dame, comme vous le dites, a décidé de... que vous vous permettiez de trouver un remplaçant ou une remplaçante pour elle, qui a donné tant d'années pour la caisse, et je sais que c'est une personne excellente dans tout ça, pourquoi elle n'apparaît plus? Pourquoi vous l'avez radiée du rapport annuel? Parce que son nom n'est plus là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): M. le Président, tout simplement, ce n'est pas un grand mystère ici. C'est juste à cause du fait que Mme Kudzman, elle n'est plus dans le poste actuellement, donc notre effort, dans le rapport annuel, est de présenter les faits, la situation actuelle. Et donc, au moment de la publication de notre rapport annuel, nous avons décidé de présenter l'équipe de direction qui était l'équipe de direction actuelle. Ce n'est pas grand-chose.
** (11 h 20) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Shefford.
M. Bonnardel: Oui. Merci, M. le Président. Vous savez, dans son rôle, qui était très important, premièrement, Mme Kudzman est à l'emploi de la caisse encore aujourd'hui; elle l'a été pour la moitié de l'année en 2009. Vous avez engagé, vous avez doublé le nombre de personnes en gestion du risque; c'est passé de 12 à 47 en l'espace de 6 ans. Vous avez engagé une firme, Price Waterhouse, dans un appel d'offres avec McKinsey, qui a évalué cette gestion du risque, où, malgré le fait que le premier effort que vous vouliez donner à la caisse était la transparence, les parlementaires n'ont jamais pu avoir ce rapport Price Waterhouse. Vous avez aussi...
M. Sabia (Michael): M. le Président, M. le Président, voulez-vous avoir une copie de...
M. Bonnardel: Ah, bien ça, c'est parce que je le...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Excusez, M. Sabia.
M. Bonnardel: Oui, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): La parole est au député de Shefford.
Mandats confiés à l'externe
M. Bonnardel: L'an passé, j'en voulais une copie, oui. L'an passé, j'en voulais une copie, mais, si vous désirez, M. Sabia, nous en faire part ou déposer ce rapport Price Waterhouse, qui avait été demandé pour l'année à... au début de l'année 2009, ça va nous faire plaisir, comme parlementaires, de le recevoir.
Et tout ça va aller aussi, M. Sabia, sur ce dernier contrat que vous avez... Vous avez octroyé à McKinsey un contrat qui, comme vous le dites, est un contrat de coaching, si on peut appeler ça comme ça, qui est un contrat d'expertise de meilleures pratiques, de transfert de compétences.
Dans le mandat de chasseur de têtes que vous avez donné à Egon, il y a: chef de la Direction des placements. Vous avez trouvé une sommité mondiale en matière de placements, M. Lescure, qui s'est joint à votre équipe. Vous avez aussi trouvé un premier vice-président de la gestion des talents et de développement organisationnel à la Caisse de dépôt. C'est les meilleurs dans le monde. Quand on demande à une firme de chasseur de têtes d'amener ces personnes-là et de vous dire: Voici les C.V... à laquelle vous avez le mandat de choisir, vous choisissez les meilleurs au monde, c'est vous qui l'avez dit tantôt.
Expliquez-moi donc, avec McKinsey, encore une fois, s'il n'y a pas un rapport ou une évaluation de la gestion du risque, parce que McKinsey... Vous avez dit aussi tantôt: McKinsey est un spécialiste aussi en gestion du risque. Pourquoi, à notre demande, notre formation politique... Lors d'un accès à l'information de février dernier, nous vous avons demandé le mandat précis, le coût, aussi, de McKinsey... Parce que, selon les lettres, qui ont été reçues par différents médias, c'est des travaux cosmétiques que McKinsey aurait faits à la Caisse de dépôt pendant la dernière année: des millions de dollars qui ont été dépensés par la caisse, quand vous avez les meilleurs au monde avec vous.
Voici, M. Lescure arrive d'Europe, d'une grande firme, avec des façons de faire qui sont différentes des nôtres. J'ose croire qu'avec un lac-à-l'épaule où les meilleurs vice-présidents, hommes et femmes, qui sont
partie de votre comité de direction vous auriez pu mettre en place, sûrement, ces travaux que vous avez demandés à McKinsey... donc de dépenser des millions de dollars pour faire donc l'expertise de la meilleure pratique et de transfert de compétences, quand vous nous écrivez, sur notre lettre ici, sur la lettre que vous m'avez répondu: Vous comprendrez sûrement que le contenu des documents visés comprend des informations confidentielles et stratégiques -- stratégiques -- sur la meilleure pratique, sur de l'expertise, quand vous avez les meilleurs au monde avec vous, j'aimerais avoir une explication pour ça, M. Sabia.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): M. le Président, je suis un peu confus, parce que je ne suis pas certain que je comprends l'objectif ou le sens de la question du député. Mais, quelques commentaires... et, peut-être, si je peux, je voudrais poser une question au député.
Ma question est simple, très simple. Je suis arrivé en mars: les marchés, pleine crise; la caisse, situation très difficile. Donc, si le député n'est pas à l'aise avec l'idée d'améliorer la situation aussi vite que possible, aussi rapidement que possible, je m'intéresse à sa position en ce qui concerne... Oh!
Peut-être, il aurait été mieux de continuer avec des lacunes majeures dans nos systèmes de gestion de risques; peut-être, il pense que l'avoir des déposants, l'avoir des Québécois et des Québécoises n'est pas assez important pour faire le maximum pour mieux protéger cet avoir dans un contexte extrêmement, extrêmement dangereux à l'extérieur de la caisse, donc... Mais, moi, je ne suis pas d'accord; je ne suis pas d'accord.
Et, si je peux trouver une occasion, monsieur, trouver de... je ne sais pas, à 5 millions, à 10 millions, à 15 millions, à 25 millions pour protéger 10 milliards de l'avoir des déposants, 5 milliards, 1 milliard, 500 millions, je vais vous dire, franchement, je vais vous dire: Je vais le faire, point à la ligne. Je vais le faire, parce que notre objectif, notre engagement, notre mandat est de faire ce qui est nécessaire pour protéger l'avoir des Québécois et des Québécoises.
Et, dans une situation de pleine crise, est-ce qu'il aurait été mieux de nous asseoir sur nos mains, peut-être à l'église, le dimanche, pour prier au Bon Dieu de nous protéger contre les circonstances du marché actuel? Moi, je ne pense pas. Moi, je suis convaincu, il faut agir. Il faut prendre contrôle de la situation. Et, si je peux travailler avec McKinsey, avec les experts pour le faire, je vais le faire.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Shefford.
M. Bonnardel: Alors, rapidement, M. le Président...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Pour 2 min 15 s.
M. Bonnardel: Oui, rapidement.
M. Sabia (Michael): ...sa réponse.
M. Bonnardel: Oui, bien rapidement, M. le Président, pour... Donc, je pense que le... Je vois que M. Sabia veut s'ouvrir à notre demande d'accès à l'information. Puis, sûrement, il n'y en a pas eu non plus... il n'a pas eu accès à ce que j'ai demandé. Je vais reposer les mêmes questions qui étaient... Je vais poser des questions qui étaient fort simples: une copie du contrat octroyé à McKinsey. Est-ce qu'il y a eu un appel d'offres à McKinsey? Ça, on n'a jamais eu de réponse à ça. Il y en a un, quand vous avez donné le contrat à Price Waterhouse, McKinsey aussi était là-dessus. Vous avez engagé McKinsey.
On ne sait pas s'il y a eu un appel d'offres. Vous dites que vous êtes prêt à me dire si ça a coûté 10, 15, 20, 25 millions. C'était une demande: le montant octroyé à McKinsey, le mandat précis et la durée de ce mandat, des choses fort simples qui ne sont certainement pas axées sur la confidentialité ou des éléments stratégiques de la caisse. Alors, si vous voulez répondre aux parlementaires de ces informations, ça nous fera extrêmement plaisir que vous démontriez votre transparence là-dessus.
Les actions posées par McKinsey depuis le début de son mandat: alors, si c'est seulement de l'expertise, de la meilleure pratique et des transferts de compétences, sûrement que vous auriez pu m'écrire, dans cet accès à l'information, ces choses-là, qui sont, ma foi, fort simples, aujourd'hui; et, depuis le 1er janvier 2008, tous les montants octroyés à des firmes externes concernant des mandats reliés à la gestion du risque. Vous le savez, j'en ai fait mention, dans votre rapport annuel, à la page 124, où vous dites: « Le comité de gestion [du] risques n'a pas fait appel à des services d'experts externes... »
Vous dites qu'il y a eu des lacunes majeures en gestion du risque, vous venez de le dire. Alors, vous ne me ferez pas croire que McKinsey n'a pas évalué non plus cette gestion du risque. Si c'est un mandat qui vient directement du conseil d'administration de la caisse, c'est aussi un mandat pour évaluer cette gestion du risque. À quelque part, ça vient de quelqu'un. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
Une voix: ...
M. Tessier (Robert): Oui, mon nom est Robert Tessier, je suis président du conseil...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Est-ce qu'il y a consentement pour M. Tessier? Il faut vous identifier, M. Tessier, pour les besoins de l'enregistrement.
M. Tessier (Robert): Robert Tessier, président du conseil de la caisse.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci. Vous avez la parole.
M. Tessier (Robert): Juste pour vous... votre question de... Le conseil d'administration et ses comités ont la capacité de donner des contrats directement à des consultants pour leurs fins propres. Alors, si nous voulons avoir une expertise qui s'adresse directement au conseil, nous avons donc la capacité de ce faire.
Dans le cas qui nous concerne, McKinsey, c'est une initiative de la direction qui s'est présentée avec les arguments que M. Sabia vient d'invoquer, pour dire: Écoutez, on est dans une situation extrêmement difficile. Il y a une volatilité extrême sur les marchés. On a un programme d'activités qui s'échelonne sur trois ans, il va falloir accélérer. On a une équipe compétente mais qui est limitée. On va procéder à l'engagement... On va doubler cette équipe au cours des prochains mois. Mais, entre-temps, on a besoin de support et on va donner un contrat à McKinsey pour venir supporter cette équipe avec l'expertise dont ils disposent, c'est-à-dire les meilleures pratiques.
C'est des gens qui sont venus physiquement sur le terrain travailler avec nos équipes. L'équipe de risques était, dans le fond, composée de façon mixte, jointe, de personnel de la caisse et le personnel de McKinsey; McKinsey n'était pas dans sa tour en train de rédiger un système, ils travaillaient avec nos gens à monter ce qui est maintenant opérationnel.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Tessier. Votre temps est terminé; même, on a dépassé d'une minute. Est-ce qu'il y a le consentement pour prendre la minute sur le temps ministériel?
M. Bernier: Vous êtes toujours en train d'utiliser mon temps, vous, là, M. le Président!
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Je vous remercie beaucoup de votre consentement.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bernier: Vous êtes en train de vider ma caisse! Vous êtes en train de vider ma caisse!
** (11 h 30) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Pour un bloc de 15 minutes, maintenant, je reconnais le parti ministériel. Et la parole est au député de Montmorency.
M. Bernier: Merci, M. le Président. Et là je vais prendre mon 15 minutes, je ne vous le donne pas.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Donc, la minute, on la reportera à cet après-midi.
Investissements au Québec
M. Bernier: Je veux saluer tous les dirigeants de la caisse, saluer M. le ministre, qui est ici ce matin pour répondre aux questions, qui est fort intéressant, fort intéressant. Parce que, vous savez, au niveau des Québécoises et des Québécois, on suit maintenant de très, très près les activités de la Caisse de dépôt parce que la Caisse de dépôt, ce sont les fonds de la Régie des rentes, vous l'avez mentionné, c'est la CSST, c'est également les fonds en ce qui regarde les pensions des gens de l'État. Donc, c'est leur bas de laine, et ces gens-là, les Québécoises et les Québécois, sont préoccupés par rapport à ce qui s'est passé en 2008.
Par contre, la Caisse de dépôt est un des fleurons au Québec. La Caisse de dépôt a le même statut qu'Hydro-Québec par rapport à la fierté des Québécoises et Québécois, parce que celle-ci est active non seulement au Québec, mais active partout dans le monde, partout de le monde, et la caisse a bonne réputation. D'ailleurs, l'arrivée de gestionnaires et d'administrateurs qui proviennent d'un peu partout le démontre très, très bien.
En ce qui concerne la caisse, elle a également été l'un des initiateurs de plusieurs projets au niveau du Québec. Elle a été, si on veut, le banquier ou elle a été celle qui a cru à des projets de Québécoises et de Québécois. L'ex-député de Rousseau avait posé plusieurs questions sur ce sujet, en ce qui regarde la participation de la Caisse de dépôt au niveau d'investissements sur des projets, qui se trouvent maintenant des entreprises qui opèrent ici, au Québec.
Et son opinion était que la caisse était moins présente, même si les données financières démontraient des niveaux d'investissement aussi importants, au point de vue statistique, il y avait une diminution par rapport au pourcentage global des fonds de la caisse.
Lors de votre nomination, j'ai eu l'occasion de vous écouter lorsque vous avez pris la barre de la caisse, et vous avez démontré... vous avez mentionné votre intention d'être davantage présent au Québec sur le plan financier. J'aimerais connaître votre stratégie, votre vision par rapport aux investissements qui seront faits ou qui sont faits par la caisse au niveau des entreprises qui opèrent au Québec.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Oui, M. le Président. Évidemment, une autre question importante parce que ça touche un élément central, clé, primordial de notre mandat tout en contribuant au développement économique du Québec. Donc... C'est la raison pour laquelle nous avons identifié l'importance d'exercer notre leadership et aussi, ici, au Québec, une priorité parmi une de nos cinq priorités. Et, pendant l'année 2009, nous avons débuté le processus de mettre en oeuvre des changements nécessaires pour, je dirais, augmenter l'importance de notre engagement ici, au Québec, d'augmenter l'importance de cette idée dans les opérations quotidiennes de la Caisse de dépôt.
Mais je voudrais vous dire une autre chose, et je vais revenir à l'idée de nos avantages comparatifs, parce que, quelquefois, je comprends que les affaires de la caisse... il semble que ces affaires soient très complexes, mais, d'un autre sens, les opérations de la caisse, et c'est vrai pour toutes les sociétés, sont plus ou moins simples. Et cette idée d'avantages comparatifs, compétitifs, c'est une idée clé pour toutes ces sociétés et c'est important pour nous.
Donc, lors de nos conversations en ce qui concerne la stratégie de la caisse, il est devenu évident qu'ici, au Québec, nous avons un avantage comparatif parce que nous avons une connaissance profonde du marché québécois, des industries québécoises, des sociétés québécoises. Nous comprenons ce milieu, et donc, si on accepte le principe qu'information est l'outil le plus important dans le métier des investissements, ici, au Québec, nous avons beaucoup d'informations.
Donc, c'est pourquoi je n'accepte pas ce débat entre les éléments du mandat de la caisse, parce que, d'après moi, rendement, participation ici, au Québec, les deux vont de pair, les deux vont ensemble. Et pourquoi? À cause de notre avantage comparatif ici, au Québec. On peut générer du rendement et en même temps on peut faire une contribution à Québec.
Donc, la stratégie. Trois volets: nos opérations en tant qu'investisseur, nos investissements; deuxième élément, l'établissement des partenariats; troisième élément, une idée... une image, la caisse, un carrefour d'expertises pour le Québec. Donc, nous sommes en train de bâtir une stratégie fondée sur ces trois principes.
En ce qui concerne les investissements, pendant l'année 2009, nous avons augmenté notre actif investi dans le secteur privé. Pourquoi le secteur privé? Parce que le secteur privé est le moteur économique. Et nous avons augmenté de 1,4 milliard. En même temps, nous avons lancé 1,6 milliard de nouveaux investissements et nouveaux engagements. Donc, ça représente... c'est seulement un début, mais un point de départ, un début, une amélioration. Et évidemment nous avons encore du travail à faire, mais ça commence maintenant.
Deuxième élément, les partenariats. Je vais faire référence à deux seulement. Nous avons établi un partenariat entre la caisse et le Mouvement Desjardins pour aider, pour travailler avec les petites et les moyennes entreprises du Québec. 600 millions sur trois ans: 200 millions, petites entreprises, 400 millions, moyennes entreprises. Pourquoi petites et moyennes entreprises? Parce qu'ensemble ils représentent, d'après moi, le coeur de l'économie québécoise, la création de l'emploi, ils sont des sources d'innovation, investissements.
Et, nous, nous sommes convaincus, avec un partenariat, par exemple, avec Desjardins, avec le réseau de Desjardins, qui touche toutes les régions du Québec... Parce que ce n'est pas une question d'aider et travailler seulement avec les entreprises qui existent à Montréal à cause de la présence de la caisse à Montréal, il faut établir, il faut utiliser un réseau plus large, qui touche toutes les régions.
Nous sommes convaincus que nous avons une occasion de, disons, faire une différence pour améliorer le niveau de productivité de ces entreprises et, par conséquence, le niveau de productivité de l'économie québécoise.
Un autre partenariat, avec la grande firme Axa, de France, une société d'assurance immense, qu'est-ce que c'est, l'objectif?
Nous avons établi un partenariat entre la caisse et Axa pour créer les ponts, pour aider des entreprises, disons, domestiques, des entreprises du Québec... ou les entreprises en Europe, en France, de simplifier leurs efforts, de faire des investissements, par exemple, une société québécoise, de faire un investissement en Europe, d'établir une présence à l'extérieur du Québec et, de notre part, travailler avec les sociétés européennes pour aider leurs efforts de faire des investissements ici. Donc, juste deux exemples de l'idée de l'importance des partenariats.
Et, à cause de la taille de la caisse, à cause de la présence de la caisse sur les marchés du monde, c'est possible pour nous de faire ces partenariats. Et donc, d'après moi, ça représente une façon majeure, une opportunité pour la caisse d'aider les entreprises québécoises à cause de notre position sur ces marchés à l'extérieur du Québec.
Carrefour d'expertise. Carrefour d'expertise, ça représente un effort de notre part d'utiliser l'expertise de calibre mondial qui existe à la caisse pour aider les sociétés québécoises, pour créer les colloques. Et nous avons déjà établi quatre colloques: à Montréal, à Québec, à Saint-Georges de Beauce et à Lévis. L'idée est de convoquer les entrepreneurs dans la même salle avec les gens de la caisse, avec les experts, et de créer une occasion d'échanger, de débattre comment régler une certaine situation, ou n'importe quoi. Mais l'idée est d'utiliser notre expertise, nos réseaux pour créer les occasions pour les entrepreneurs d'avoir l'aide et l'expertise de la caisse et des autres.
Donc, ça représente trois éléments de notre stratégie. Il nous reste encore du travail à faire. Et, pendant l'année 2010, nous allons prendre une autre étape pour formaliser, encadrer ces trois éléments dans une stratégie au complet pour notre participation ici, au Québec.
** (11 h 40) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Montmorency, pour 2 min 30 s.
M. Bernier: Oui. Je trouve ça extrêmement intéressant, M. Sabia, et c'est surtout... Le premier ministre et notre gouvernement a mis de l'avant, bien sûr, et informé la population de notre décision -- on est un parti au niveau de l'économie -- de développer des nouveaux marchés vers l'Europe.
Moi, j'ai eu l'occasion de travailler aux Relations internationales et de voir tout le travail, comme gouvernement, de créer ces ententes. Mais concrètement, pour la population, ce qui est intéressant, c'est de voir justement que vous êtes un de... un des outils que le gouvernement possède pour réaliser ces ententes et réaliser ce développement. Que ce soient des entreprises d'Europe qui viennent s'installer ici ou que ce soient des entreprises du Québec qui se rendent maintenant vers l'Europe pour développer des projets, c'est exactement la volonté gouvernementale, du gouvernement du Québec de pouvoir développer ces nouveaux marchés.
Bien sûr, nos partenaires demeureront... nos partenaires essentiels demeureront toujours les... nos voisins du côté du Canada, avec le marché américain, mais il reste qu'on se doit... Et ça, vous l'avez mentionné à plusieurs reprises, les marchés changent, changent radicalement dans plusieurs domaines.
L'évolution... ce qui prenait trois ans antérieurement, aujourd'hui, prend six mois, et il y a des changements radicaux qui se produisent, donc d'où l'importance d'amener le Québec vers ces nouveaux marchés, et je crois sincèrement que la Caisse de dépôt est un des outils que nous possédons pour permettre de développer cette nouvelle économie, d'où l'importance de poursuivre dans le sens que vous l'avez mentionné, tout en se préoccupant de permettre à nos entreprises du Québec de continuer leur prospérité.
Il me reste un petit peu de temps, monsieur...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): À vous, oui.
Fonds Teralys Capital
M. Bernier: Je veux juste vous entendre sur un élément un petit peu plus pointu. La Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité FTQ et le gouvernement du Québec ont confirmé la création d'un fonds, Teralys, Teralys Capital. J'aimerais vous entendre sur ce fonds qui est voué... destiné à investir dans des entreprises de technologie évoluant notamment dans des secteurs comme les sciences de la vie, les technologies de l'information, des technologies propres. J'aimerais vous entendre sur ça d'une façon un petit peu plus précise.
M. Sabia (Michael): Oui...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia, juste un instant. Maintenant, votre bloc est terminé. Alors, s'il y a consentement, la réponse peut amputer votre temps de cet après-midi?
Des voix: ...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Ça va. Allez-y, M. Sabia.
M. Bernier: Il reste encore du temps, on revient cet après-midi, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Ce soir aussi.
M. Bernier: Oui, ce soir également.
M. Sabia (Michael): Ce soir aussi?
Une voix: Non, pas vous.
M. Bernier: Pas vous.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Sabia (Michael): Mon Dieu! Il y a un match de hockey ce soir.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Sabia (Michael): On a des choses...
M. Bernier: Avez-vous investi dans le Canadien, M. Sabia?
M. Sabia (Michael): Non.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Sabia (Michael): Non, mais, s'ils gagnent ce soir, on verra.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bernier: Non, je pense qu'il peut... Allez-y sur... Il y a consentement, sur le Fonds Teralys.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Allez-y, M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Ah! O.K. Oui. Il y a un an, avec le Fonds de solidarité, nous avons établi le Fonds Teralys avec la participation du gouvernement du Québec. La caisse a contribué 150... je m'excuse, 250 millions, donc, et le gouvernement du Québec, 200 millions. Donc, l'objectif de cet exercice est d'établir un fonds de capital du risque pour continuer les efforts de, quoi, créer ou stimuler la création d'une industrie peut-être un peu plus forte en ce qui concerne le capital du risque. Pourquoi? Parce que le capital du risque, c'est toujours, c'était toujours un enjeu majeur ici, au Québec, et au Canada.
Et ce n'est pas facile d'expliquer pourquoi, au Canada et au Québec, nous avons eu des problèmes, parce que, par rapport à nos... Juste pour vous donner un exemple, nos efforts au Canada, par rapport les succès aux États-Unis, c'est tout une autre affaire entre les deux pays.
Donc, pour améliorer cette situation, nous avons décidé, avec le gouvernement et avec le Fonds de solidarité, de créer quelque chose qui s'appelle Teralys. Teralys représente le fonds le plus important au Canada. Et maintenant le Québec est... Québec, maintenant, a la présence la plus importante au Canada dans cette industrie du capital du risque. D'après nous, ça représente une occasion, une opportunité de stimuler l'innovation. Donc, c'est pourquoi nous avons identifié les sciences de la vie, le développement durable et technologies de communication, les trois volets les plus importants du mandat de Teralys.
Donc, nous avons établi une équipe de gestionnaires. Et maintenant Teralys est en fonction et nous sommes en train de faire des investissements importants. Nous avons un très haut niveau de confiance en cette institution, et je crois que nous allons voir des investissements et le développement des sociétés... et des sociétés québécoises dans ces secteurs de sciences de la vie, technologies et développement durable. Donc, ça représente un investissement stratégique pour accélérer le développement d'une industrie qui est importante pour l'avenir du Québec.
M. Bernier: Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Sabia. Maintenant, pour un dernier bloc de 20 minutes pour cet avant-midi, je reconnais l'opposition officielle, et la parole est au député de Nicolet-Yamaska pour 20 minutes.
Circonstances du départ de dirigeants
M. Aussant: Merci, M. le Président. Je suis, en fait, assez content d'entendre M. Sabia dire que notre expertise au Québec est naturellement plus grande que notre expertise en Corée ou à l'étranger. C'est ce qu'on disait l'an dernier, quand on regardait que les investissements au Québec pourraient être un peu plus élevés, à la Caisse de dépôt. Donc, au moins, on s'entend là-dessus.
Et je voudrais revenir aussi sur un point que M. Sabia a mentionné: la compétence de l'équipe en place. Je connais plusieurs gestionnaires à la caisse personnellement et je suis d'accord, tout à fait d'accord, que les gestionnaires de portefeuille et les équipes de gestion en général sont des professionnels de très haut niveau. Mais, quand on regarde les résultats des deux dernières années, on doit conclure que, dans la haute direction, il y a eu de très mauvaises décisions qui ont été prises. Et je veux juste rapidement dire pourquoi je dis ça. En 2008, la caisse...
Tout le monde a perdu de l'argent en 2008, mais la caisse a perdu quand même 10 milliards de plus que ses grands fonds comparables, si on prend... toutes proportions gardées, et, en 2009, bien que la caisse affiche un rendement positif de 10 %, elle a fait quand même 6, 7 milliards de moins que ses grands comparables en termes de rendement comparatif.
Donc, c'est à peu près 16 milliards de dollars de retard, en deux ans, que la caisse a accumulé sur ses grands fonds comparables, et, malgré ça, on a vu plusieurs départs avec des primes au départ, en fait, qui étaient difficiles à justifier aux yeux de la population. Et j'aimerais donc entendre M. Sabia sur les six départs, qui sont dans les questions détaillées qu'on a posées aux crédits. De ces six départs-là, est-ce que ces gens-là faisaient
partie des équipes compétentes dont M. Sabia parlait? Dans quelles conditions ils sont partis? Et comment on peut justifier, dans un contexte actuel, qu'ils soient partis avec des bonis cumulés de plusieurs millions de dollars?
** (11 h 50) **
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Oh! M. le Président, le député, il a posé, disons, plusieurs questions, et je voudrais répondre à ses commentaires. Donc... Oui, O.K. Au début, vous avez mentionné, au début de vos commentaires... Oui, l'année 2008 a été une année difficile pour tout le monde, et surtout à la caisse. Ça, c'est clair.
Et évidemment l'expérience de 2008 a démontré la nécessité de faire, de mettre en oeuvre quelques changements pour changer les circonstances, pour améliorer l'avenir, pour renforcer l'avenir de la caisse et pour établir une caisse qui pourra résister à une autre tempête, mais de façon beaucoup, beaucoup plus efficace, avec beaucoup plus de succès que l'expérience triste de 2008.
Donc, nous avons mis en oeuvre beaucoup de choses, et je ne vais pas à ce moment répéter tous les changements. Je dirais, parce que vous avez fait référence à la performance de la caisse pour l'année 2009: je regarde l'année 2009 en deux parties. Premier semestre: une période pendant laquelle c'était nécessaire pour nous d'ajuster les évaluations de notre portefeuille immobilier et surtout nos investissements dans les instruments de dette immobilière, d'ajuster ces valeurs aux valeurs du marché.
Et, à cause d'une situation presque épouvantable sur le marché immobilier, oui, ça représente des baisses de valeur non matérialisées, mais des baisses de valeur majeures et très importantes. Deuxième
partie de l'année... Mais, d'après moi, c'est... ça représente un élément, de mettre la caisse sur les rails.
Deuxième élément de l'année, deuxième semestre: tout une autre histoire! Une amélioration importante, une performance qui a battu nos indices pendant le deuxième semestre de l'année, donc une amélioration majeure par rapport à nos performances, par rapport aux indices, pendant le premier semestre et surtout pendant l'année 2008. Donc, un virage assez important.
Dans ce contexte, oui, après mon arrivée et après une période d'évaluation, j'ai décidé de faire quelques changements au niveau du comité de direction. Pourquoi? Parce qu'après une perte de 40 milliards de dollars, évidemment, il faut réévaluer, réviser en profondeur les stratégies, les pratiques, les processus et, franchement, l'équipe de direction de l'institution pour déclencher un processus de changement, pas seulement des changements techniques, mais des changements culturels, et les deux vont ensemble, pour bâtir une institution plus solide.
Donc, oui, avec le président du conseil, le comité des ressources humaines du conseil, nous avons pris les décisions nécessaires pour renouveler le comité de direction et pour installer un nouveau comité de direction. Et par conséquence, et c'est toujours difficile, mais, dans ce contexte, cinq ou six membres du comité de direction, il n'est plus à l'emploi de la caisse.
Et en ce qui concerne leur droit d'une indemnité de départ, nous avons suivi les règles de la caisse, nous avons suivi la jurisprudence, nous avons révisé chaque fois, et ce que nous avons fait est très, très, très bien aligné avec les meilleures pratiques et la jurisprudence.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Nicolet-Yamaska.
M. Aussant: Oui. Merci. Est-ce qu'à l'avenir ces pratiques-là de ressources humaines vont être modifiées? Parce qu'un boni, on est d'accord avec le principe qu'une année spectaculaire doit être récompensée quand les rendements sont au rendez-vous, mais, des primes de séparation ou de départ quand les résultats ont été ce qu'ils ont été, il faut vraiment éviter ça. Donc, est-ce que, maintenant, c'est impossible que ça se reproduise, des pertes à la caisse, qu'on congédie les responsables et qu'ils sortent avec des centaines de milliers de dollars en prime?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): C'est toujours une question de... et je ne vais pas répondre aux questions hypothétiques, parce que la vie est une vie de circonstances, et les circonstances sont toujours importantes. Mais je vais vous dire que, comme une société d'État et une société d'État... un fleuron du Québec, je crois que c'est toujours important pour nous de respecter, un, des pratiques de la caisse, les processus, les principes de la caisse et en même temps la jurisprudence. Donc, on verra dans l'avenir. Mais ça dépend des circonstances... Donc...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Nicolet-Yamaska.
Relations publiques
M. Aussant: Merci. Dans un tout autre domaine, j'aimerais parler des relations publiques à la Caisse de dépôt. Dans une firme comme une banque ou une firme de gestion privée, c'est peut-être normal qu'il y ait une armée aux relations publiques, aux relations avec les médias, aux communications, pour aller chercher de nouveaux clients ou pour essayer de tempérer des crises commerciales, mais, à la Caisse de dépôt, qui est un gestionnaire en situation de monopole, je dirais, et dont les clients sont plutôt captifs, est-ce que c'est vraiment nécessaire d'avoir une telle armée de relations publiques?
On a vu récemment l'annonce d'un nouveau P.V.P. à la Caisse de dépôt, un nouveau premier vice-président aux affaires publiques, M. Couture. Il y a aussi la vice-présidente aux communications, Mme Mercier, et il y a un directeur des relations avec les médias, M. Chagnon. Donc, j'aimerais savoir dans quel contexte la caisse a besoin d'une telle armée de relations publiques, alors qu'elle est une firme parapublique en monopole dont les clients sont captifs, pour la plupart.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Bachand (Outremont): M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, juste avant de passer la parole à M. Sabia. Je suis un peu surpris de la question, parce que n'importe quel journaliste du Québec, n'importe quel député sait que la Caisse de dépôt n'est pas comme une autre institution.
Il n'y a pas grand autre institution qui vient témoigner en commission parlementaire pendant sept heures de temps, probablement, aujourd'hui, un autre quatre heures de temps, qui est soumis à cette batterie et cette pression médiatique, à juste titre... ce n'est pas une critique, c'est 130 milliards de nos avoirs, mais dont la réputation est particulièrement importante aussi, au niveau de ses cotes de crédit, et donc que l'ensemble de la direction de la caisse ait à sa disposition une équipe pour les relations publiques, il me semble que ça va de soi.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
** (12 heures) **
M. Sabia (Michael): Oui, M. le Président. Après avoir passé une année à la caisse, je peux comprendre l'importance des gens des communications, parce que souvent ça arrive qu'à la télévision, dans les journaux, on a quelque chose en ce qui concerne la caisse. Nous ne cherchons pas ce niveau de profil, pas du tout. Mais, pour des raisons que je ne peux pas comprendre, nous avons un profil intéressant, aussi, au Québec. Donc, moi, je serais bien content, énormément content de ne pas avoir besoin d'une équipe de communication. Mais, dans les circonstances actuelles, je crois que c'est important pour nous, dans les circonstances.
Mais, peut-être un peu plus sérieusement, à cause de la nature de la caisse et à cause de -- parce que le député, il a utilisé un mot important -- à cause du fait que la caisse, malgré les événements de 2008, 2007 et 2008, la caisse reste un fleuron du Québec. Et donc, pour moi, un de mes objectifs est, oui, de renforcer le niveau de confiance de nos clients, mais en même temps d'essayer de renforcer le niveau de confiance des Québécoises et les Québécois, parce qu'en fin du compte nos actifs sont fondamentalement l'avoir des Québécoises et les Québécois.
Donc, moi, je suis convaincu que c'est important pour nous d'essayer de communiquer, d'essayer d'agir d'une façon plus transparente, peut-être pas parfaitement transparente, mais plus transparente, et, oui, c'est important pour nous de mettre nos stratégies en oeuvre. Pourquoi? Pour améliorer le niveau de performance, parce que la confiance des Québécoises et les Québécois, en fin du compte, reste sur la question de nos rendements et de notre participation ici, au Québec.
Donc, pour moi et d'après moi, cette question de communication, de transparence, ce n'est pas, dans un bon français, « window dressing » , pas du tout, pas du tout, mais ça touche un enjeu clé, un enjeu central de la caisse, et c'est de répondre aux incertitudes, répondre à une situation difficile pour les Québécoises et les Québécois, parce que les opérations de la caisse touchent leur vie, et il faut communiquer avec eux étant donné l'importance de notre travail.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de Nicolet-Yamaska.
M. Aussant: Dans la mesure où on est dans un contexte de restrictions, tout ce qui est dépenses publiques... et que la Caisse de dépôt, c'est l'argent des contribuables aussi, on avait déjà...
M. Sabia (Michael): Je voudrais dire...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M Sabia...
M. Aussant: ...on avait déjà un directeur aux relations avec les médias et une vice-présidente aux communications, est-ce que d'ajouter une couche de plus avec un premier vice-président était nécessaire actuellement?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): Oui, M. le Président. Ma réponse est: À cause de notre engagement vers l'efficacité, la productivité de la caisse, à cause des réductions... de nos réductions de dépenses de 43 millions, et un autre 20 millions, nous sommes -- et maintenant je me répète -- dans le monde, un des plus efficaces gestionnaires d'actif au monde. Donc, si on peut augmenter, améliorer notre capacité de communiquer avec le grand public et en même temps maintenir un niveau de dépenses très bas, très, très, très concurrentiel par rapport au secteur privé...
C'est minuscule, nos dépenses sont minuscules, par rapport au secteur privé. Donc, si on peut trouver des façons de mieux communiquer et en même temps livrer la marchandise à un coût qui est très, très bas, je suis très à l'aise, très à l'aise.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. le député de La Prairie.
Investissements dans Citibank et CIBC
M. Rebello: Merci, M. le Président. Salutations à M. Sabia et à son équipe, à M. le ministre, chers collègues. Petite question concernant la gestion des risques. En fait, j'aimerais connaître votre avis sur deux décisions, en fait, que... cette année, qui concernent la gestion des risques puis qui, à mon avis, vont à l'encontre d'une bonne gestion des risques, contrairement à votre politique, à vos objectifs. Je vous ai d'ailleurs transmis une lettre avant pour être sûr que vous ayez le temps de bien réfléchir à tout ça et me donner une réponse précise.
Premièrement, cette année, vous avez acheté des obligations, vous avez augmenté votre portefeuille d'obligations de Citibank, la banque américaine, la grande banque. On avoisine maintenant les 50 millions d'obligations de Citi. Citibank, ici, au Québec, puis un peu partout dans le monde, font des prêts aux particuliers à des taux très élevés. On parle, ici, à Montréal, ou n'importe où, là, il y a quelqu'un qui peut aller chercher un prêt, là, avec un taux qui va dépasser les 30 %. Un prêt personnel à plus que 30 %, là, ça commence à être du « subprime » , là. C'est une prime plus élevée pour des gens qui ne sont pas capables de se qualifier à la banque normale. O.K.?
Est-ce que vous êtes d'accord avec ce type de pratique là, un? Puis, deux, comment vous évaluez l'impact de ça sur le risque pour la Caisse de dépôt? Est-ce que vous êtes d'accord pour continuer à investir dans le « subprime » malgré tout ce qui s'est passé puis malgré que ce soit la base, dans le fond, d'une crise économique majeure? C'est quoi votre directive sur le « subprime » ?
Deuxièmement, à l'assemblée de la CIBC qui a eu lieu en février dernier, il y avait une proposition d'actionnaire qui demandait à la CIBC de produire un rapport sur son exposition aux paradis fiscaux. Est-ce... Comment la caisse a voté? La caisse a voté contre cette proposition-là. Contrairement à beaucoup d'actionnaires québécois qui ont supporté la proposition, vous, vous avez voté contre. J'aimerais savoir comment vous pouvez gérer vos risques tout en refusant d'obtenir plus d'information sur la façon dont les banques sont exposées aux paradis fiscaux.
Puis, je vous dirais, la CIBC, ils sont rendus à plus du tiers de la valeur de la banque, expliqué par la... les paradis fiscaux. On veut en savoir plus, puis, notre Caisse de dépôt, ce qu'elle fait, elle va être contre la proposition. C'est quoi, votre directive, M. Sabia, sur une question comme les paradis fiscaux? Est-ce que les paradis fiscaux et les « subprimes » font
partie du risque? Puis comment, à la caisse, on tient compte de ce risque-là? Et quelles sont vos directives à vous comme nouveau président de la Caisse de dépôt sur ces questions-là?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia, pour trois minutes.
M. Sabia (Michael): O.K. Tout d'abord, j'ai reçu une lettre, hier, de votre collègue M. Rebello...
Une voix: ...
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Sabia (Michael): Ah! monsieur, je m'excuse, je m'excuse! Je m'excuse. Non, je m'excuse, parce que quelqu'un m'a dit, hier soir, qu'il aurait... impossible pour vous de participer aujourd'hui, donc je m'excuse. Donc, évidemment, vous étiez très gentil à envoyer cette lettre.
Donc, en ce qui concerne vos questions, la situation, le dossier de Citi... de Citibank, Citigroup, nous avons voté contre deux administrateurs pendant 2009 et en même temps nous avons voté contre l'approbation de la rémunération des dirigeants; et nous avons voté en faveur d'une divulgation accrue. Donc, la position... notre position dans les actions de Citigroup à ce moment, ils sont dans une... dans un portefeuille indiciel. Nous n'avons pas une position très importante dans le contexte d'une société de la taille de Citigroup. Donc, notre stratégie est de démontrer une...
Et juste pour expliquer: Citigroup est dans un portefeuille indiciel, parce que, quand on a un portefeuille indiciel, il faut acheter avec la pondération qui existe dans l'indice, les actions des sociétés qui sont incluses dans l'indice. Donc, nous avons choisi... nous avons choisi une approche indicielle en ce cas, et par conséquence il faut acheter des obligations et des actions de Citigroup. Mais nous avons utilisé le droit de vote de... d'exprimer un certain inconfort en ce qui concerne ces questions.
Deuxième question, les paradis fiscaux. Dans cette situation, nous avons rencontré, et nous allons continuer de rencontrer, avec la banque CIBC pour exprimer notre inconfort avec cette situation. Donc, nous sommes fondamentalement... nous sommes un peu mal à l'aise et nous sommes en train de chercher les meilleures façons d'exprimer ce niveau d'inconfort en ce qui concerne cette question.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci, M. Sabia. Vous êtes très discipliné, puisque le bloc de 20 minutes est terminé. Alors, compte tenu de l'heure, je suspends les travaux de la commission jusqu'après les affaires courantes, soit vers environ 15 heures. Merci et bon appétit.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
(Reprise à 15 h 12)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des finances publiques reprend ses travaux. Je demanderais à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir fermer la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Je vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Finances pour l'année 2010-2011.
Considérant qu'il est 15 h 8... 15 h 12 -- oui, c'est vrai, c'est l'autre -- 15 h 12, est-ce qu'il y a consentement pour terminer à 18 h 12?
Des voix: Consentement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): Merci beaucoup. Pour continuer, alors on est rendus au bloc... un bloc du parti ministériel, et je reconnais Mme la députée de Pontiac.
Relations avec les déposants (suite)
Mme L'Écuyer: Merci, M. le Président. Rebonjour. Nous sommes ensemble pour au moins jusqu'à 18 h 12. Je reviens avec ma question. Je vais être très brève parce que je veux entendre M. Lescure et M. Morency. C'est ça, Morency? C'était la relation avec les déposants.
On avait commencé... M. Sabia, vous en aviez parlé et vous avez dit à quel point c'était important. J'aimerais ça entendre... Il y avait deux volets. Il y avait le volet... Puis vous l'avez dit: Nous sommes les fiduciaires de cet argent-là... et créer la culture de service envers les clients. Ça fait que, M. le ministre, vous me désignez qui va répondre -- je sais qu'on doit vous poser la question -- qui répond à ces questions, ou M. Lescure ou M. Morency?
M. Sabia (Michael): Oui...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Sabia.
M. Sabia (Michael): M. le Président, je suggère M. Morency parce qu'il travaille chaque jour au sein des déposants. Donc, Bernard...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski): M. Morency.
Mme L'Écuyer: M. Morency.
M. Morency (Bernard): Oui. Bon, bien, je vais reprendre peut-être en débutant avec ce que Michael a dit ce matin. Alors, il y a un an, en avril, mai 2009, la confiance de nos déposants, elle était ébranlée suite aux résultats qu'on avait eus en 2008. Alors, ce que j'aimerais, c'est parler de ce qu'on a fait pour rétablir cette confiance-là avec nos déposants.
On a débuté avec toute une série de rencontres. On a rencontré chacun des déposants à plusieurs reprises avec trois objectifs en tête: un, leur expliquer exactement ce qui était arrivé en 2008, pourquoi on avait eu les rendements qu'on avait eus; deuxièmement, discuter avec eux de leurs enjeux à eux et de nos enjeux à nous pour partager ces choses-là, pour que chacun comprenne bien les défis qui étaient en avant de nous; et aussi pour convenir ensemble des améliorations puis des changements qu'il fallait qu'on apporte à nos façons de faire. Il est ressorti de ça plusieurs éléments.
Je vais revenir sur les principaux. Le premier, c'est qu'on a amélioré de façon significative la reddition de comptes, donc l'information qu'on fournit à nos déposants sur les stratégies d'investissement qu'on utilise, sur notre façon de gérer activement l'argent, de façon à ce qu'on évite les mauvaises surprises que certains de nos déposants ont eues à la fin de 2008.
La deuxième chose qu'on a faite, c'est de revoir en profondeur notre offre de portefeuilles spécialisés. On en parle longuement dans notre rapport annuel, mais j'aimerais attirer l'attention sur c'est quoi, les objectifs qu'on s'était donnés en faisant cette révision-là en collaboration avec les déposants.
Le premier, c'était une simplification et une amélioration de la transparence des options qui sont offertes à nos déposants.
Le deuxième, c'était de leur donner, pour chacun des portefeuilles, un profil de rendement et de risque très clair de façon à ce qu'ils sachent, s'ils investissent dans le portefeuille a, exactement quel rendement ils peuvent espérer et quel risque et quelle stratégie on va utiliser dans ce portefeuille-là.
Et la troisième chose qu'on a faite, c'est qu'on a ajouté des options qui n'existaient pas pour nos déposants. On leur permet maintenant, à travers des stratégies qui sont personnalisées à chacun d'entre eux, de mieux gérer le risque de change, de mieux gérer le risque de taux d'intérêt et de mieux gérer le risque de taux d'inflation.
Alors, tous ces changements-là à l'offre de portefeuilles ont été très, très bien accueillis par les déposants, et ils sont à être mis en place. On a eu une première phase en janvier 2010, une seconde phase en avril 2010, une troisième phase qui arrive en juillet. D'ailleurs, vendredi dernier, j'étais ici avec plusieurs de mes collègues responsables de nos groupes d'investissement, on a tenu un séminaire pour 70 de nos déposants. 70 représentants de nos déposants ont passé toute la journée avec nous, vendredi, pour revoir en détail tous les changements qui sont dans les portefeuilles, bien comprendre les philosophies d