Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 22 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-11-22
Quebec — Committees
M. Rochon : Bien, pour vous faire
remarquer, M. le Président — je
m'excuse — pour
vous faire remarquer, M. le Président, que je n'ai pas entendu, le député de Bonaventure...
Le Président (M. Pagé) : Pour
le député de Bonaventure, j'imagine que c'est qu'il a 40 minutes au
complet.
Secrétaire : M. Roy, député de Bonaventure, je n'ai pas eu
l'information qu'il remplaçait, donc il faudrait le consentement pour...
Président (M. Pagé) : Ah! O.K. Donc, effectivement, il est en
remplacement ce soir. Alors, est-ce que j'ai le consentement pour accepter la
présence en remplacement, le député de Bonaventure. Est-ce qu'il y a
consentement? M. le ministre ne semble pas certain.
Président (M. Pagé) : Finalement, oui, vous êtes chanceux, vous
avez l'autorisation de la
partie gouvernementale. Alors, M. le député de
Bonaventure, bienvenue. Alors, vous pourrez effectivement disposer de
40 minutes comme les autres collègues sur l'article 7. Alors, voilà.
M. le député de Richelieu, vous souhaitez
prendre la parole sur l'article 7?
Rochon : Oui, d'abord pour
me réjouir que les citoyens de Bonaventure puissent voir leur député exprimer
ce qu'il pense du projet de loi n° 106.
Vous notiez
tout à l'heure, M. le Président, que nous nous étions quittés, à la dernière
séance, sur un amendement que j'avais soumis à cette commission, et qui
en a disposé par la négative, malheureusement. Il visait, vous vous en souviendrez, à ce que, suite à la découverte par
une personne d'un puits dans son terrain et l'avis écrit que cette personne
devra, en vertu du projet de loi sous
examen, transmettre avec diligence au ministre... je souhaitais donc qu'après
ce premier geste s'inscrive un second
geste qui aurait été celui des démarches du ministre, explicité en quatre
courtes lignes, alors : «Sur
réception de cet avis, le ministre avise, avec diligence et par écrit, la
personne concernée des démarches qui seront entreprises en vue de déterminer si des actions
sont requises pour rendre le puits sécuritaire.» Et, cette suggestion que
je faisais de voir cet amendement s'inscrire
au septième
article du projet de
loi sur les hydrocarbures, je soumettais donc
cet
article non parce que j'avais ou que je
cultive des réserves quant aux compétences du ministère, ce n'est pas du tout
ça. C'était plutôt dans l'esprit de
voir noir sur blanc dans le projet de loi apparaître ce devoir que le ministre
opposait à mon opinion, le fait qu'il coule de source. Je souhaitais
quand même qu'il soit exprimé.
22 novembre, aujourd'hui, Tache d'huile constatait dans un communiqué avec
perplexité — c'est un
organisme, ça — «la fin mystérieuse d'une étude sur l'état
des puits abandonnés au Québec», signalait que la péninsule de la Gaspésie
en compte plusieurs. Est-ce à dire, demande
Maude Prud'homme, porte-parole de ce mouvement, que des puits abandonnés de la Gaspésie ne seront pas inspectés? Et elle
réfère à ce reportage diffusé dans la grande région de Québec dans lequel
les téléspectateurs apprenaient que, sur un
peu plus de 100 puits répertoriés par le collectif mémoire alternative
vigilance, une trentaine présentaient des fuites de plus ou moins grande
envergure.
Alors, cette
situation inquiète ce mouvement. Certains de ces puits ont, note Tache
d'huile, rejeté du pétrole après leur
abandon, peut-être contaminé l'environnement. Il s'attend, ce mouvement, à ce que tous les puits forés renfermant des hydrocarbures soient, comment dire, colmatés, hein, mais il y a
chez ce mouvement du scepticisme, du scepticisme.
Et il y a
là, suite au communiqué émis par l'organisme, une série de questions,
une série de questions posées ce jour
même, par exemple celle-ci. Il est possible que le ministre,
et là je le dis en toute honnêteté, là, y ait déjà répondu, mais je vais quand même... vous savez que
je souhaite jouer le rôle de porte-parole des citoyennes et des citoyens et de leurs préoccupations à l'égard du projet de loi, je souhaite quand même
faire état, là, des questions que se pose le groupe : «Comment le ministère
compte-t-il honorer ses promesses de terminer l'inspection et la documentation
des 700 puits inactifs d'ici 2017 alors
que ses hauts fonctionnaires ont mis fin prématurément en janvier 2016 au
partenariat avec l'AQLPA et les équipes terrain du CMAVI?» Ça, c'est une
question, là, posée ce jour même par le mouvement Tache d'huile. Le
ministre peut-il y répondre?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre, est-ce que vous souhaitez répondre ou réagir?
Arcand : D'abord, M. le
Président, je vous ferai remarquer qu'un des points importants, c'est
qu'aujourd'hui nous avons fait une
annonce de façon définitive, d'une part, sur le plan de travail qui touche
l'industrie minière. Toute la question
des puits abandonnés, on s'est donné jusqu'en 2022 pour que, dans le domaine
minier, l'ensemble des puits qui avaient été considérés comme des puits
abandonnés, au cours, donc... d'ici ces prochaines années là, on puisse
restaurer ces puits abandonnés, nous l'avons fait au niveau minier, alors, que,
dans les régions comme le Nord-du-Québec, comme des régions comme l'Abitibi en particulier, comme des régions
comme la Côte-Nord, il y a des montants d'argent importants, c'est
620 millions qui vont être dépensés uniquement pour restaurer ces puits
qui sont abandonnés.
Nous avons ce
même principe qui est devant nous. Ce que l'on dit, c'est que, sur la question
qui touche les puits d'hydrocarbures, nous avons maintes fois indiqué...
et nous avons déjà commencé à faire le travail, mais nous avons indiqué que, d'ici les sept prochaines années, il
y aurait un travail à la fois d'inspection et un travail de correction qui
serait apporté aux puits d'hydrocarbures au Québec.
Comme vous le
savez maintenant, et il faut bien comprendre un certain nombre de choses, c'est
que, sur toutes ces questions-là,
maintenant, quand on a à présenter les états financiers du gouvernement, quand
on a des puits qui sont abandonnés,
ça devient un passif environnemental. Donc, le Vérificateur général nous
demande de mettre ça au niveau de nos états financiers et de le
comptabiliser de cette façon-là.
Donc, je
pense qu'il était important de bien comprendre ces éléments-là. Et, à partir du
moment où on fait le travail de correction qui est nécessaire, le
travail d'inspection qui est nécessaire, à ce moment-là, je pense, nous allons
non seulement rendre service aux citoyens,
mais cela va contribuer à améliorer de façon, évidemment, importante la
question qui touche la sécurité des
biens et des personnes, mais également la faune au Québec. Et aussi je vous
dirais que ça va contribuer à
améliorer l'image du Québec un peu partout à l'extérieur, parce qu'on vit malheureusement avec un passé qui est devant nous, à une époque où certains puits
ont été réalisés dans des conditions qui étaient à peu près inexistantes,
et donc on se retrouve aujourd'hui avec plusieurs puits... Ça existe dans le domaine minier, ça existe aussi
dans le domaine des hydrocarbures.
Moi, ce que
je peux dire, cependant, puis je le répète encore une fois, c'est que
l'inspection, la première inspection qu'on
a faite de l'ensemble de ces puits nous indique, en tout cas à notre
connaissance, qu'il n'y a pas de danger immédiat pour la population.
Mais, ceci étant dit, il faut procéder, et accélérer les inspections, et faire
les corrections qui sont nécessaires au cours des prochaines années.
Le Président (M. Pagé) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Pagé) : Peut-être, M. le député de Richelieu, juste avant
que vous preniez la parole, je vous ai induit
en erreur tantôt parce que, quand on a demandé à l'ensemble des collègues pour
accepter la présence du collègue de
Bonaventure, on n'avait pas spécifié en remplacement de qui, et, compte tenu
qu'il est remplacement du député de Berthier, il ne dispose pas de
40 minutes mais plutôt de 21 minutes, parce que le député de Berthier
avait déjà utilisé 19 minutes. Alors,
je pense que c'est important de le dire pour que le député puisse préparer son
intervention en conséquence.
Alors, M. le député de Richelieu, ceci dit, je
vous écoute.
M. Rochon : En toute transparence, M. le Président, je vous
trouvais, tout à l'heure, bien généreux, bien généreux. Mais là je suis
sûr que vous venez, comment dire, de provoquer beaucoup de tristesse chez les
collègues d'en face en diminuant le temps d'intervention de l'ami de
Bonaventure.
Autre
question, M. le ministre, du mouvement Tache d'huile : «Quand le ministère
compte-t-il rendre public le travail effectué par les citoyens et
l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, qui ont
réussi à trouver et à documenter plus d'une centaine de puits inactifs et
découvert qu'une trentaine d'entre eux avaient des problématiques
environnementales?» Alors, quand le ministère compte-t-il rendre public ce
travail?
Le Président (M.
Pagé) : Oui, je pense que la réponse va venir. M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, le ministère est en train de faire les analyses, et sous peu ce sera
quelque chose qui sera rendu public.
Le Président (M.
Pagé) : Merci. M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. Merci, M. le ministre. «Le ministère — je vais changer ça pour "le
ministre" — croit-il
que de se limiter à mettre une
clôture autour d'un puits problématique, comme dans le cas du puits inactif de
Sainte-Françoise au Centre-du-Québec, permet d'assurer la sécurité des
citoyens et [de régler] les problèmes de fuites significatives?»
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
C'est-à-dire que, écoutez, c'est déjà un premier geste pour le sécuriser.
Maintenant, il faut bien comprendre que
parfois ces puits-là peuvent être vandalisés, comme ça a été le cas, vous avez
vu les récents événements qui se sont
produits, il semble qu'il y ait certaines tentatives de... J'ai vu au cours de
la fin de semaine, entre autres, ce qui
s'est produit à Anticosti, où des équipements de Pétrolia ont été vandalisés,
on sait que dans bien des cas il y a des puits qui ont été aussi vandalisés. Alors, évidemment, de mettre une
clôture aide à sécuriser les lieux, dans la mesure où ce n'est pas vandalisé, mais il est clair aussi
que le ministère va pousser ses inspections plus loin de façon à ce qu'on
prenne les mesures qu'il faut pour sécuriser encore davantage les lieux.
Le Président (M.
Pagé) : Merci. M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Autre question — je
ne vais pas toutes les passer, là, en revue — du groupe Tache
d'huile : «Qu'advient-il des puits
abandonnés [...] situés sous des cadres bâtis? Combien de puits inactifs sont
dans cette situation?»
M. Rochon :
Sous des cadres bâtis, dit la question.
Arcand : Écoutez, on va prendre note de votre question, qui nous
apparaît un peu particulière, mais on va vérifier l'information et on
pourra y répondre.
Le Président (M.
Pagé) : Parfait. Merci, M. le ministre. M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. Bon, une dernière
question : «Avec votre projet de loi n° 106 sur les hydrocarbures,
pourquoi ouvrir grande la porte [au
forage] d'autres puits alors que n'est pas connu parfaitement l'état de
situation des puits déjà forés?»
Arcand :
C'est-à-dire que... Et je pense que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que
notre objectif, c'est d'encadrer le
développement futur. On veut corriger ce qui a été fait dans le passé, mais,
vous le savez... Puis je prends cet
exemple-là parce que j'étais au congrès de Québec Mines aujourd'hui, et on
a parlé, évidemment, des problématiques reliées, entre autres, à différents dossiers miniers, et je sais très
bien, très bien que, s'il n'y avait pas eu un encadrement minier... Je pense qu'il aurait pu y avoir
d'autres problèmes. On sait que depuis, maintenant, qu'on a un encadrement dans
le secteur des mines, ces problèm